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La Russie peut-elle résister à de nouvelles sanctions de Donald Trump ?

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La Russie peut-elle résister à de nouvelles sanctions de Donald Trump ?

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La Russie peut-elle résister à de nouvelles sanctions de Donald Trump ?
Alexei Druzhinin / SPUTNIK / AFP

De nouvelles sanctions américaines contre la Russie devraient entrer en vigueur ce 22 août, suite à l’affaire Skripal. Cette salve de restrictions, beaucoup plus radicales, pourrait avoir un impact sensible sur l’économie russe. Reste que le pays de Vladimir Poutine a des atouts pour résister.

L’oncle Sam repart à l’offensive contre la Russie, après avoir infligé, en avril dernier, des sanctions à l’encontre d’entreprises, d’oligarques et de responsables politiques russes. Des mesures qui avaient plombé la Bourse de Moscou et le rouble, et avaient notamment fragilisé le géant national de l’aluminium, Rusal. Après la pause estivale, le Congrès américain va étudier divers projets de loi prévoyant de nouvelles sanctions à l’encontre de Moscou. “Ces sanctions incluent des restrictions supplémentaires sur les importations et les exportations russes vers les États-Unis et sur l’activité des banques russes sur le territoire américain. Il est également envisagé d’interdire aux citoyens américains d’acheter de nouvelles émissions de dette souveraine russe (emprunts d’Etat de la Fédération russe, NDLR) ayant une maturité supérieure à 14 jours”, rapporte Claudia Calich, responsable de la dette émergente chez la société de gestion britannique M&G Investments.

“Si les États-Unis interdisent vraiment aux investisseurs américains de financer le gouvernement russe, de nombreux investisseurs et banques en Europe devraient en faire de même, en particulier s’ils ont des activités sur le sol américain. Cela réduirait considérablement les volumes négociés quotidiennement sur la nouvelle dette”, relève l’expert de M&G Investments. Reste à voir l’impact sur la capacité de financement du pays de Vladimir Poutine

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“Si on fait l’hypothèse que les investisseurs américains et européens (instruments indirects compris) détiennent 33% du marché des obligations OFZ (c’est-à-dire libellées en rouble, NDLR) et 100% de la dette en devises étrangères, la Russie pourrait faire face à un déficit de financement d’environ 5 à 7 milliards de dollars par an entre 2019 et 2023. Cependant, si l’on se fie à d’anciennes enquêtes auprès des investisseurs, les non-résidents sont très probablement investis dans des obligations qui arriveront à échéance d’ici 5 à 15 ans, tandis que les investisseurs locaux, dont les banques, privilégient plutôt les titres à plus court terme”, rapporte Claudia Calich. Cela donnerait un sursis à la Russie pour s’adapter aux nouvelles sanctions, si celles-ci sont approuvées, juge-t-elle.

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En outre, le bond de près de 50% des prix du pétrole sur un an et le raffermissement de la croissance ont permis à la Russie de “renouer avec un excédent budgétaire, en plus de l’excédent de sa balance courante (solde des échanges de biens, de services, de revenus et de transferts courants, NDLR). Les réserves de change de la Russie, constituées grâce aux achats de dollars par la banque centrale, sont remontées à 450 milliards de dollars, soit un peu moins que le niveau enregistré avant les sanctions de 2014”, souligne Claudia Calich.

Evolution du prix du baril de pétrole (en bleu, échelle de gauche) et des réserves de change de la Russie (en orange, échelle de droite)

M&G Investments

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Si les prix du pétrole “se stabilisent à leur niveau actuel et si les nouvelles représailles américaines ne font pas dérailler la croissance économique via un choc sur la confiance et la liquidité du marché domestique, la Russie, grâce à la solidité de sa situation financière, devrait être capable d’absorber l’impact négatif de nouvelles sanctions”, estime l’expert de M&G Investments.

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La Russie présente des opportunités d’achat pour l’investisseur

Nous jugeons que les emprunts d’Etat russes (code ISIN RU000A0JTK38) constituent une opportunité d’achat, aux niveaux de cours actuels. Leur rendement annuel – 8,6%, à l’heure où nous écrivons ces lignes – est appréciable pour l’investisseur. Ils sont par exemple accessibles via un courtier en ligne tel que Saxo Banque.

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Quant aux actions russes, elles restent très bon marché. Elles se paient en effet 5,7 fois les bénéfices estimés pour les 12 prochains mois, pour un rendement moyen des dividendes de 7,5%, rapporte Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez la société de gestion genevoise Pictet Asset Management. Elles figurent parmi notre sélection de placements à privilégier pour le second semestre 2018. Les investisseurs souhaitant miser dessus pourront s’intéresser à des fonds, comme Pictet Russian Equities (code ISIN LU0338483075) ou encore des trackers, tels que Lyxor Russia ETF (code ISIN FR0010326140).

https://www.capital.fr/entreprises-marches/la-russie-peut-elle-resister-a-de-nouvelles-sanctions-de-donald-trump-1303833

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Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Publié par wikistrike.com sur 18 Août 2018, 13:06pm

Catégories : #Economie, #Politique internationale

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entraînent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions  » sont la goutte qui fait déborder le vase « , selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs  » continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut « . Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3500 milliards de dollars de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits  » émergents  » comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un  » refuge » par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme  » aussi solides que l’or « , se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, « le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein » (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement  » s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan « .

Ainsi, le coup porté par les Etats-Unis à la Turquie est quadruple  – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la rupiah indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels  reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de l’Accord de Plaza de 1985 n’était pas exactement du quantitative easing, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marchés, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement ‘encaissée’ lorsque l’accord de Plaza a été ‘inversé’, 10 ans plus tard, (par l’accord du Louvres, ndt), un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux Etats-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse ‘ce qu’elle doit faire’ pour ‘rassurer les marchés’ – le Times de mardi, par exemple, exige que  » Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt [c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupures plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump » – car, après tout, « le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir ».

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les ‘mondialistes’ et les ‘nationalistes économiques’ de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les ‘marchés émergents’.

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, « l’économie américaine dépend… de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales « . Wall Street en particulier « dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents ». Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du ‘nationalisme’ et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la ‘mondialisation’. Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les ‘libéraux de l’establishment’ et les ‘insurgés nationalistes’ attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT, Counterpunch, Z magazine, le Morning Star, le Guardian, le New Statesman, l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, « Divide and Ruin: The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis » a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’ »austérité ». Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Article original: Trump just triggered a new financial crisis. Here’s why

Source: https://arretsurinfo.ch/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere/

 

Par Dan Glazebrook, RT

Publié le 17 août 2018 sous le titre Trump just triggered a new financial crisis. Here’s why

Traduction : Dominique Muselet

http://www.wikistrike.com/2018/08/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

[Exclusif] La dette publique française fait un bide à l’international

[Exclusif] La dette publique française fait un bide à l’international

Publié par Philippe Herlin | 26 juil. 2018 | Articles 1279

La France refuse de communiquer les pays qui détiennent sa dette publique, contrairement aux États-Unis, par exemple. Depuis un moment on sait que la Russie et, dans une moindre mesure, la Chine et le Japon, vendent une partie de leurs bons du Trésor américain. Cette information est importante, significative, elle illustre une « dédollarisation » que l’on voit à travers d’autres signaux. Pour la dette française, on ne sait rien. Le seul élément officiellement communiqué est la part des détenteurs étrangers (les « non-résidents »), actuellement de 55%, mais sans plus de précisions.

Mais nous avons quand même trouvé, en exclusivité, quelques données. Même s’il est des lectures d’été plus réjouissantes, la parution le 12 juillet du rapport annuel 2017 de l’Agence France Trésor, l’organisme qui gère la dette de l’État, donne cette répartition par pays concernant deux émissions précises :

– La première est une OAT [obligation assimilable du Trésor] d’une durée de 30 ans lancée le 16 mai 2017 et d’un montant de 7 milliards d’euros (page 37) :

 

 

– La deuxième est une « OAT verte » (destinée à financer la transition énergétique) de 22 ans lancée le 24 janvier 2017 et d’un montant de 7 milliards d’euros (page 40) :

 

 

Les Anglais apprécient les obligations de longue durée, car leur système de retraite fonctionne par capitalisation, ce qui implique de placer de l’argent sur le long terme, d’où leur première place sur l’OAT à 30 ans. L’OAT verte est plus récente et plus « politique » ; le gouvernement a sans doute forcé la main aux banques et aux assureurs français. Mais ce que l’on note de vraiment significatif, c’est la très faible part des États-Unis, de l’Asie et du Moyen-Orient, qui évolue entre 5 et 10%.

Si l’on en juge par ces deux émissions, la dette publique française se place quasi exclusivement en Europe et, de façon marginale, dans les autres grandes zones économiques. Voilà un piètre résultat qui bat en brèche les discours des ministres des finances qui se vantent régulièrement du succès international des bons du Trésor français…

La dette française marche bien en Europe, parce que le choix est vite fait : l’Allemagne restreint ses émissions parce qu’elle ne fait plus de déficit budgétaire, l’Italie et ses banques vont mal ; ne reste que des pays de taille moyenne. La France offre à la fois du volume (195 milliards d’émission en 2018) et une relative sécurité (pour le moment, si les taux d’intérêt remontent, ce sera une autre histoire). Les investisseurs européens n’ont donc finalement pas tellement le choix. Par contre, en dehors des frontières de l’Europe, c’est plutôt la marginalité, l’échec. L’Amérique du Nord, l’Asie et le Moyen-Orient montrent très peu d’intérêt. L’euro « monnaie de réserve mondiale », on en est encore loin, et certainement pas avec les bons du Trésor français.

Tout cela indique une zone euro qui fonctionne relativement en vase clos, avec des déséquilibres internes croissants (balance Target2, système bancaire malade en Italie, en Grèce, à Chypre, risque Deutsche Bank, trop de banques « too big to fail« ). Bref, rien de très rassurant pour l’épargnant français et européen.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l’équipe éditoriale de Goldbroker.com

https://www.goldbroker.fr/actualit

 

 

Union européenne. Les chiffres de la dette. LHK

Union européenne. Les chiffres de la dette. LHK

Billets ciel

L’histoire de la construction de l’Union européenne est avant tout une histoire d’endettement public. La preuve en un graphique:

dette publique pays europe.PNG

Le volume cumulée d’endettement de l’UE atteint en 2017 le chiffre respectable de 12, 46664 billions d’euros (à ne pas confondre avec le billion américain!).

Cela revient à  un endettement cumulé de 12 466 640 000 000 euros, soit 12 trillions d’euros (référence de mesure US)

Maintenant, la question est de savoir qui a créé la monnaie de crédit équivalente? Vous pensez que ce sont les banques centrales? Eh bien vous n’y êtes pas du tout.

Cette monnaie a été créée par quelques très grandes banques commerciales…

Les élus créateurs de cette monnaie privée à destination du public ET garantie par les peuples et les patrimoines communs se sont enrichis d’autant! Oubliez donc le 1%  que l’on vous présente comme étant les plus riches de la planète… Le méga-pactole est ailleurs…

La confirmation de ce que nous démontrons depuis 2011 a été confirmée par la Radio Télévision Suisse (organe d’Etat). Dans le cadre de la récente votation sur Monnaie pleine, le média écrivit ceci

« Aujourd’hui, la BNS émet les billets de banques et les pièces de monnaie, ce qui représente moins de 10% de la masse monétaire en circulation dans le pays. Le reste, c’est ce qu’on appelle « la monnaie scripturale », la monnaie virtuelle. Elle est créée par les banques privées lorsqu’elles allouent des crédits à une entreprise ou à un particulier. »

RTS, 10h25, « Monnaie pleine » propose un changement de système https://www.rts.ch/info/suisse/9623259-l-initiative-monnaie-pleine-est-balayee-et-la-loi-sur-les-jeux-d-argent-acceptee.html#timeline-anchor-13h55

Le média oublie de préciser que la partie la plus importante de création monétaire est à destination du secteur public.

Ce sont des dettes considérées comme sûres et qui, elles, sont créées à 100% du néant. Les réserves exigées pour les crédits commerciaux et aux particuliers ne sont plus jugées nécessaires dans le cas d’une dette publique garantie par le patrimoine et … les richesses des peuples.

12,5 trillions d’euros est le pactole que s’offre le marché de la haute finance (par opposition aux banques commerciales locales).

L’interface-clé de cette architecture entre l’argent des peuples et la haute finance internationale est la banque centrale qui rachète ces dettes souveraines au prix fort avec… notre argent que notre banque locale est forcée d’y déposer pour répondre aux « exigences de liquidités« , pour assurer la stabilité du système bancaire, etc.

Voilà pourquoi dans le cas de la Suisse, il fallait rejeter Monnaie pleine et dénoncer haut et fort la politique monétaire,  spéculative et orientée vers la haute finance internationale, de la BNS.

LHK

Résultats de l’initiative Monnaie pleine qui fut balayée par le peuple et les cantons suisses:

https://www.rts.ch/imports/flux/votations/rig/module-tabs.html?voteid=4077#rig-vote-4077-result-117045-vs

monnaie pleine NON.PNG

 

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Revue de presse nationale et internationale.

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