Archives pour la catégorie Diplomatie

Pompeo n’exclut pas que Poutine soit invité à un sommet élargi du G7

Pompeo n’exclut pas que Poutine soit invité à un sommet élargi du G7

Par AFP -1 juillet 2020 à 19 h 00 minPartagerFacebookTwitterReddItEmailPrint

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, le 24 juin 2020 à Washington. [AFP]

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, n’a pas exclu mercredi que le président russe Vladimir Poutine puisse être invité à un sommet élargi du G7, tout en soulignant prendre « au sérieux » les activités de Moscou en Afghanistan.

« C’est le président qui décide s’il veut l’inviter à un sommet ou non », a déclaré le secrétaire d’État américain au cours d’une conférence de presse, alors que Donald Trump a été critiqué pour sa volonté d’inviter M. Poutine à ce sommet des pays industrialisés, bien que Moscou soit accusé d’avoir versé des primes aux talibans pour tuer des Occidentaux en Afghanistan.  

« C’est à lui de prendre cette décision », a ajouté M. Pompeo. « Mais je suis convaincu qu’il est absolument important que nous ayons des contacts plus fréquents avec les Russes ».

Selon des médias américains, des agents russes ont distribué de l’argent à des combattants « proches des talibans » pour qu’ils tuent des soldats américains ou de l’OTAN en Afghanistan.

La Russie et les talibans ont démenti en bloc ces informations, mais M. Pompeo a indiqué que les États-Unis surveillaient depuis longtemps les activités de Moscou en Afghanistan.

« Quand nous voyons des informations crédibles qui suggèrent que la Russie met des vies américaines en danger, nous y répondons d’une façon sérieuse », a-t-il déclaré. « Est-ce que nous les mettons en garde, est-ce que nous leur parlons ? La réponse est : bien sûr que nous le faisons ».

« Nous avons pris ceci au sérieux. Nous l’avons géré de façon adéquate. Les Russes vendent des armes qui mettent les Américains en danger depuis 10 ans. Nous avons exprimé notre désaccord », a-t-il ajouté.

Mais d’après ces journaux, qui s’appuient sur des sources anonymes au sein du renseignement américain, les informations ont été transmises à Donald Trump, et le conseil de Sécurité nationale de la Maison-Blanche en a discuté à la fin mars sans qu’aucune action ne soit engagée.

En outre, M. Trump a proposé une nouvelle fois début juin d’inviter au prochain sommet du G7 son homologue Vladimir Poutine, qui avait été exclu en 2014 de ce qui était alors le G8 pour avoir annexé la Crimée.

http://www.45enord.ca/2020/07/pompeo-nexclut-pas-que-poutine-soit-invite-a-un-sommet-elargi-du-g7/

COMPRENDRE LE MONDE ACTUEL, MIEUX ANTICIPER LE MONDE DE DEMAIN…

COMPRENDRE LE MONDE ACTUEL, MIEUX ANTICIPER LE MONDE DE DEMAIN…

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons faire » (Henri Bergson). Tel n’est pas le mantra de nos dirigeants obnubilés par le très court terme, le présentisme, le médiatique, la tactique, la politique politicienne, les coups foireux qui s’apparentent à de vulgaires pétards diplomatiques. Alors que la planète plonge dans une crise sociale, économique sans précédent, consécutive à une pandémie1 et que la défiance à l’égard des dirigeants s’installe dans l’opinion publique, il est indispensable de prendre le temps de la réflexion. Prendre le temps de comprendre où nous nous trouvons aujourd’hui (pourquoi ?) pour mieux imaginer où nous irons demain et après-demain (comment ?).

Dans cette optique, les philosophes peuvent être d’une très grande utilité dans la démarche des internationalistes, des diplomates, des décideurs. Michel Foucault a magnifiquement expliqué, combien la tâche des philosophes, aujourd’hui, consiste à dresser un « diagnostic du présent ». Il a montré comment le rôle de la philosophie n’est pas de colorier les calendriers de l’avenir (Roger-Pol Droit). Le terme « diagnostic » est important par ce qu’il emporte comme conséquences. Nous ne le répèterons jamais assez. À l’instar de ce que nous dit Hubert Védrine, le travail du diplomate est comparable à celui du médecin, ni plus, ni moins. Sa priorité consiste à examiner le patient monde, région « X », État « Y », à l’ausculter avec attention pour dégager le tableau clinique qui s’impose.

Ce n’est que dans un second temps, qu’il peut, raisonnablement, envisager le diagnostic idoine2 permettant d’envisager, le cas échéant, le traitement des maux. Mutatis mutandi, ce n’est qu’au prix d’un diagnostic sans tabou du tableau clinique actuel – très peu encourageant au demeurant – que nous pourrons nous livrer à un exercice sans complexe d’anticipation du futur sans lequel nous nous promettons des jours difficiles3.

UN DIAGNOSTIC SANS TABOU DU TABLEAU CLINIQUE ACTUEL

Sans constat le plus objectif qui soit de la situation du monde en ce printemps 2020 (l’existence d’une polycrise), rien de très sérieux ne sera possible. La pratique du retour d’expérience (les leçons de l’Histoire) chère aux militaires, il paraît difficile, si ce n’est impossible, de répondre à un impératif catégorique (la projection dans l’avenir).

Un constat objectif : l’existence d’une polycrise

Prétendre, avec la plus grande mauvaise foi, que toutes les dérives, les dérèglements du système international sont les conséquences uniques et directes de la pandémie de Covid-19 est mensonger. Les fissures dans l’édifice fondé sur l’interdépendance, bâti après la Seconde Guerre mondiale, étaient déjà présentes depuis plusieurs années à condition de n’être ni sourd, ni aveugles aux signaux faibles et forts concordants. La crise sanitaire a simplement servi de révélateur, d’accélérateur de tendances structurelles largement perceptibles à la fin de l’année 20194. Nous étions face à une crise globale, crise de la mondialisation « heureuse » en particulier5. Tel est l’objectif de l’exercice de bilan auquel nous nous sommes livrés dans les colonnes de ce blog, l’intitulant : « Un monde sans repères »6. La démarche était des plus classiques pour un esprit formé sur les bancs de la faculté de droit et de Sciences-Po Paris, au siècle dernier, précisons-le. Sans grande originalité, nous constations la prégnance d’une fragmentation du monde (prégnance de multiples crises, effondrement de l’ordre international néo-libéral) dont la conséquence directe était l’émergence d’un monde désorienté (montée en puissance de la puissance, déclin progressif du multilatéralisme). Le tout débouchant sur un questionnement du monde du XXIe siècle (effacement continu de la confiance, déficit chronique d’architectes du futur). Un diagnostic largement partagé dans la communauté des chercheurs sérieux. Nous ne parlons pas ni des officines dont la devise est le client est roi, ni du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du Quai d’Orsay7. Notre conclusion était ainsi libellée : « En dernière analyse, pourrons-nous, voudrons-nous, saurons-nous ramasser les débris du monde d’hier pour reconstruire, sur les décombres de l’ancien, les piliers du monde de demain afin qu’il retrouve ses principaux repères ? L’ambition est étroite et l’ambition immense. Aux grands maux, les grands hommes ». Une fois de plus, rien de très original si ce n’est le souci de tirer les conclusions de l’instabilité et de l’imprévisibilité d’un monde en transition exposé à tous les vents mauvais, à toutes les tempêtes imprévues, à toutes les surprises stratégiques. Ce sont des domaines par excellence où l’autonomie, l’indépendance de la pensée, et donc de l’action, sont essentielles pour prévenir les multiples embardées – la crise globale – que nous connaissons depuis le début de la pandémie de coronavirus.

Un retex salutaire : les leçons de l’Histoire

Comme le souligne justement le géographe, Michel Foucher : « Nous serions bien inspirés de prêter plus d’attention aux méthodes de nos militaires en anticipation et retour d’expérience, qu’ils sont bien les seuls à pratiquer »8. Il est vrai que les diplomates – très souvent imbus de leur propre morgue – dédaignent ce genre d’exercice d’introspection qu’ils jugent indignes de leur immense savoir des choses de l’extérieur. Exercice qui leur permettrait d’éviter de reproduire à l’identique les mêmes erreurs impardonnables au fil des ans. Et, le moins que l’on puisse dire est que la conjugaison des fautes et des surprises stratégiques constitue le meilleur carburant des dérives d’un monde qui peine à se restructurer en dépit des coups de boutoir que lui infligent la réalité. Ce ne sont pas les remarques dignes du Café du commerce produites par le brillantissime ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian qui sont rassurantes9. Saurons-nous faire preuve d’humilité pour reconnaître nos erreurs d’appréciation des situations, nos réponses erronées aux crises multiples qui secouent la planète ? Crises auxquelles il faut désormais ajouter la crise sanitaire aux nombreux effets dévastateurs dans tous les domaines : politiques, économiques, énergétiques10, financiers, sociaux, internationaux11, diplomatiques… Petite cause (un virus microscopique), grands effets (un bouleversement planétaire durable, « une catastrophe humanitaire » selon l’ONU). Sommes-nous et serons-nous en mesure de dresser un tableau de toutes les conséquences de cette crise, une fois le tsunami passé pour mieux anticiper l’avenir afin de s’y préparer le plus efficacement possible ? Sommes-nous disposés à nous plier à cette discipline intellectuelle en mettant entre parenthèses notre égo ? L’objectif est simple : mieux s’interroger pour mieux comprendre. Faute de nous livrer à cet exercice salutaire de retour sur le passé, nous nous promettons des lendemains qui déchantent.

Un impératif catégorique : la projection dans l’avenir

Une fois de plus, dans une démarche marquée au sceau de la logique et muni de notre bilan de l’année écoulée comme tout viatique pour un futur incertain, nous nous sommes autorisés, deux mois après la présentation du bilan de l’année 2019, à esquisser quelques grandes lignes d’action pour une année 2020 qui se présentait, à l’évidence, sous les plus mauvais auspices12. Tout bilan n’a d’intérêt opérationnel que s’il débouche sur quelques propositions d’action. Mais, les dirigeants ont une sainte horreur des Cassandre. Ils préfèrent le « narratif » rassurant des marchands d’illusions. « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » (Antonio Gramsci). Comment mieux résumer la problématique des relations internationales, en cet été 2021, que ne le fait Antonio Gramsci ? Mais que disaient et proposaient, il y a peu de temps encore avec une grande assurance, nos bons docteurs Diafoirus pour guérir ce malade monde bien mal en point ? Rien de très passionnant et de très constructif, attachés aux dogmes13 et à la liturgie d’un passé révolu qu’ils sont. Pour notre part, nous estimions que, si nous voulions disposer d’un quelconque levier d’action pour contribuer au remodelage du mode du XXIe siècle, il fallait relever, au moins, les trois principaux défis suivants : le défi de la parole discréditée, le défi du réalisme, le défi de la créativité. S’agissant de la créativité, voici ce que nous écrivions au début du mois de mars avant que la crise du Covid-19 ne se manifeste sous ses diverses facettes.

« La rénovation de la grammaire des relations internationales devient une ardente obligation, un impératif catégorique. « Rien ne sert d’idéaliser le passénous ne reviendrons pas en arrière », nous rappelle fort justement Yuval Noah Harari. En cette année 2020, le monde est face à un choix stratégique qui l’engagera pour les décennies à venir. En un mot comme en cent, le dilemme de la communauté des nations – nous bannissons de notre langage le concept-valise de communauté internationale qui ne signifie rien de concret – est simple : se réformer ou périr. Mais après la question du quoi vient inexorablement le temps de celle du comment. Et, c’est là que les choses se corsent. Où sont les authentiques hommes et femmes d’État qui sachent voir loin, qui fassent preuve d’un minimum de clairvoyance pour appréhender les défis du monde nouveau dans cette dangereuses phase de transition ? Où sont ceux et celles qui cesseront de faire preuve d’une inquiétante cécité politique ?14 Il reste à espérer qu’ils ou elles sauront répondre au moins en partie à ces défis, notamment celui d’une approche inclusive des crises qui le secouent ».

Bien évidemment, rien de tout cela n’a été fait alors que nous disposions de toutes les cartes en main pour procéder à l’examen clinique de la situation à froid. Ceci explique en partie la situation de désarroi dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui et qui était largement prévisible à condition de ne pas s’arrêter à l’écume des jours, à la dimension purement médiatique et court- termiste des relations internationales, concept appréhendé dans son acceptation la plus large.

Retour sur le passé, analyse sans tabou d’un présent tumultueux, telles sont les conditions incontournables d’une bonne préparation d’un avenir plus serein. Revient toujours de façon lancinante la même question : saurons-nous préparer le « monde d’après », le monde de demain ou bien devrons-nous nous résoudre à le subir ?

UN EXERCICE D’ANTICIPATION SANS COMPLEXE DU FUTUR

Plus l’avenir est incertain, plus la prospective doit reprendre du service pour tenter de réduire les incertitudes. Pour parvenir à cet objectif ambitieux, une révolution copernicienne s’impose. Elle passe par l’adoption d’une méthodologie exigeante (une sorte d’ardente obligation comme le fut la planification au lendemain de la Seconde Guerre mondiale), le recours à une prospective novatrice (une recherche iconoclaste débarrassée des pesanteurs et des conformismes de toutes sortes) et la mise au point d’une feuille de route globale (une indispensable boussole pour fixer un cap pérenne au navire monde dans la décennie future).

Une méthodologie exigeante : une ardente obligation

Le monde d’aujourd’hui. Un impératif catégorique s’impose. Nous devons indubitablement nous débarrasser de tous nos préjugés, nos idéologies, nos a priori, nos élans généreux… pour mettre au point une méthodologie pragmatique permettant de nous projeter sur l’avenir « car le futur se récolte toujours dans le passé » (Dany-Robert Dufour). Vouloir coûte que coûte faire entrer le futur dans des schémas de pensée préétablis devient de plus en plus insupportable, de plus en plus contreproductif, de plus en plus vain. Il n’y aura pas de « jours heureux » (pour reprendre la formule d’Emmanuel Macron) sans une réflexion collective, non seulement sur les causes de nos maux mais aussi sur les échecs de nos remèdes. Si les prédictions de la catastrophe, en tant que telles, semblent aujourd’hui d’une formidable acuité15, les visions esquissées du « monde d’après » font très souvent froid dans le dos16. Toutefois, elles doivent nous aider à imaginer, décrire le « monde d’après », celui d’une éventuelle refondation sur la base de paradigmes novateurs des relations internationales débarrassés des scories de l’ancien monde. Il ne faut pas se le dissimuler, les écueils sont nombreux. En particulier, nous ne saurions nous satisfaire de la tendance des intellectuels médiatiques à deviser, en pleine crise du coronavirus, sur le « monde d’après » en ressassant leurs idées d’avant (Roger-Pol Droit). Si l’on écoute le président de la République, il ne pourra y avoir de « jours heureux » que si nous savons nous réinventer (« beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées, remises en cause », Emmanuel Macron, 12 mars 2020). Merveilleux aveu. Mais pour cela, il va falloir toute l’exigence des cartésiens, des pessimistes et des courageux pour éviter les entourloupes des avant-hier qui déchantent17. Il va falloir également se prémunir contre le risque du « tout change pour que rien ne change » (Lampedusa) qui serait catastrophique pour le monde, ses nations, ses peuples, ses citoyens. Et cela n’est pas tâche aisée dans une époque où les conformismes tiennent le haut du pavé et les dogmes paraissent de plus en intangibles au fur et à mesure où les réalités les démentent avec la plus grande vigueur.

Une prospective novatrice : une recherche iconoclaste

Le monde change. Fini le temps béni de l’insupportable pesanteur du terrorisme intellectuel18, de la clairvoyance rétrospective19, de la prophétie autoréalisatrice20, de la dictature des idées reçues ! Les masques sont tombés. La prospective doit retrouver toutes ses lettres de noblesse en redevenant le réducteur d’incertitudes qu’elle a été et qu’elle n’est plus. Elle doit nous apprendre à vivre, pour longtemps encore, dans un monde frappé au sceau d’un futur flou ; de deux faces de l’incertitude (manque d’exactitude et imprécision, confusion ; de l’imprécis et du confus ; avenir vague et rétif aux prévisions…)21. À la prévision du temps des certitudes doit impérativement faire place la prévision du temps des incertitudes. Nous ne devons pas perdre de vue cette donnée objective sauf à faire fausse route. Changer de modèle22, changer de logiciel de pensée23… Examiner d’abord une idée reçue et la passer ensuite au filtre de la raison critique ! Les prévisionnistes doivent s’atteler à cette lourde tâche. Cette démarche, aussi indispensable qu’audacieuse, serait d’autant plus louable que nous vivons dans un environnement de confusion intellectuelle permanente entre le fait et le commentaire, le droit et la morale, la raison et la passion, le court et le long terme… La conséquence la plus directe de cette situation est la difficulté que nous avons tous – experts ou pas – à démêler le vrai du faux. En dernière analyse, penser contre la bien-pensance ambiante, n’est-ce pas le meilleur biais pour comprendre le monde ? 24 Car « toute vérité n’est pas bonne à croire » comme le souligne Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Notre faillite dans la prévention puis dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 est d’abord la défaillance de la prévision – plus précisément l’absence de prévision audacieuse – de nos dirigeants. Le fameux « gouverner, c’est prévoir ». La prévision ne doit pas être un simulacre de réflexion pour temps de paix mais une authentique remise en question permanente pour temps de guerre. Une fois encore, cela s’appelle une révolution copernicienne dans les esprits des chercheurs, des prévisionnistes et, en dernière analyse, des dirigeants de la planète. Cette démarche est d’autant plus incontournable qu’il va falloir vivre avec l’incertitude, l’intégrer à nos existences et à nos pensées. Grâce à quoi, peut-être, nous pourrons dresser une feuille de route globale pour l’avenir et disposer d’une indispensable boussole pour affronter les tempêtes qui nous attendent.

Une feuille de route globale : une indispensable boussole

Le monde est sans boussole. La lutte planétaire contre le coronavirus ne signifie pas la fin des rivalités entre grandes puissances. Mais l’épidémie pourrait hâter le déclin relatif des États-Unis, le désarroi stratégique des Européens et l’influence croissante de la Chine25. Elle risque d’attiser la rivalité sino-américaine26 et de pousser l’Occident à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine27. Polarisée par une hypothétique menace russe, l’OTAN s’éveille à la menace chinoise28. Il est grand temps de ne plus se satisfaire des déclarations lénifiantes de Pékin29. Au-delà de ce constat très général, les experts ne s’accordent pas sur les grandes lignes de force du monde d’après. Quid de l’avenir du système multilatéral ?30 Le Covid-19 peut être le dernier clou planté dans le cercueil du multilatéralisme alors même que, paradoxalement, les maladies infectieuses ont fait l’objet de mesures de préparation dès la fin des années 199031. Face aux fièvres nationalistes, à la montée des égoïsmes et au repli des États, y a-t-il un espoir de reconstruire un système de coopération ou de gouvernance internationale ?32 Rien n’est certain tant nous sommes entrés dans une phase de bipolarité fluide. Il nous faut apprendre à réinventer le bilatéralisme et à créer des coalitions nouvelles sortant des cadres existants qui ont amplement démontré leurs limites intrinsèques. Il nous faut apprendre à faire le deuil d’un multilatéralisme moribond, le remplacer, pour un temps indéterminé, par un « minilatéralisme » pragmatique33. Il nous faut apprendre à faire contre mauvaise fortune bon cœur avec une Europe à bout de souffle, incapable – par la faute du dissensus entre ses États membres – de relever l’immense défi des crises du XXIe siècle34. Il nous faut apprendre à faire sans une Alliance atlantique « en état de mort cérébrale »35 en définissant de manière autonome qui sont nos véritables ennemis : Russie, Chine, États-Unis ? Il nous faut apprendre à repenser, sans le moindre tabou les termes de la prétendue « mondialisation heureuse » et envisager la transition vers un système plus viable, plus tolérable par les peuples36. Ce n’est que, muni de cet indispensable appareillage conceptuel, nous pourrons mieux affronter le monde difficile de demain ainsi que toutes ses turbulences incontournables. La prévision devra nous servir d’aiguillon intransigeant chaque fois que nous serons tentés de retomber dans les ornières du passé, par paresse intellectuelle et par conformisme ambiant.

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur » (Winston Churchill). Tel est le principal défi que devront relever nos dirigeants quand sera venu le temps de tirer les conclusions de la pandémie. Faute de quoi, ils se promettent des lendemains qui déchantent et nous promettent des jours difficiles. Surtout en France, Jupiter devra apprendre à parler à des adultes, comme le fait Angela Merkel, et non à des enfants37. Encore et toujours, nous ne le répéterons jamais assez : comprendre pour se préparer, surtout au pire.

Tel est la clé du succès ou, du moins, de la réduction maximale de l’incertitude, de l’imprévu. Comme le souligne justement, Edgar Morin : « Toutes les futurologies du XXe siècle qui prédisaient l’avenir en transportant sur le futur les courants traversant le présent se sont effondrées … La révélation foudroyante des bouleversements que nous subissons est que tout ce qui semblait séparé est relié »38. Tout est dans tout. Tout devra être repensé, pour assurer dans les meilleures conditions possibles, la transition du monde d’hier vers celui de demain, un « monde à la fois incertain et tragique ». Autonomie de la pensée et inventivité permanente doivent guider nos réflexions pour prévenir erreurs de diagnostic, défaut de prévision et décisions aberrantes comme nous les constatons quotidiennement sur toute une gamme de questions qui couvrent le sanitaire, l’économique, l’institutionnel, l’international, le diplomatique… Le voulons-nous, le pouvons-nous ?
Si cet article vous a plu, aidez-nous et faites un don !

À la manière d’un Milan Kundera, voulons-nous revendiquer l’héritage décrié de Cervantès afin de « comprendre le monde comme ambiguïté » et non comme une certitude scientifique ? Ce n’est qu’à ce prix, lourd de conséquences pour nos « toutologues » et autres habitués des concours de rodomontades et d’effets d’annonce médiatiques, que nous serons mieux outillés afin de comprendre le monde actuel pour mieux anticiper le monde de demain39.

Guillaume Berlat
29 juin 2020

1 Hubert Védrine, Et après ?, Fayard, juin 2020.
2 Jean-Paul Pancracio, For your eyes onlyhttp://observatoire-de-la-diplomatie.com/for-your-eyes-only/, 25 avril 2020.
3 Marc Weitzman, Pourquoi nous n’avons pas écouté les mises en gardehttps://www.lefigaro.fr/vox/societe/marc-weitzmann-pourquoi-nous-n-avons-pas-ecoute-les-mises-en-garde-20200421#xtor=AL-201 , 21 avril 2020.
4 Marc Semo (propos recueillis par), Thomas Gomart : « Cette crise est la première d’un monde post-américain », Le Monde, 9 avril 2020, p. 24.
5 Jacques Fontanel, La globalisation atteinte du coronavirus : inégalités, égoïsmes, ploutocratie, insécuritéwww.afri-ct.org, Thucyblog n° 30, 23 avril 2020.
6 Guillaume Berlat, Revue 2019 : un monde sans repères…, www.prochetmoyen-orient.ch , 30 décembre 2019.
7 Ali Baba, Le CAPS du Quai d’Orsay : haut lieu de la clairvoyance rétrospectivewww.prochetmoyen-orient.ch , 6 avril 2020.
8 Gaïdz Minassian (propos recueillis par), Michel Foucher : « Nous devons apprendre à repenser nos limites territoriales », Le Monde, 21 avril 2020, p. 24.
9 Cyril Bensimon/Christophe Châtelot/Piotr Smolar (propos recueillis par), Jean-Yves Le Drian : « Nous assistons à une amplification des fractures », Le Monde, 21 avril 2020, p. 5.
10 Éditorial, Le nouveau désordre pétrolier mondial, Le Monde, 25 avril 2020, p. 30.
11 Gaïdz Minassian/Marc Semo, Le multilatéralisme à l’épreuve du coronavirus, Le Monde, 25 avril 2020, pp. 24-25.
12 Guillaume Berlat, En route vers 2020 !, www.prochetmoyen-orient.ch , 2 mars 2020.
13 Hadrien Mathoux, Les dogmes ont la vie dure, Marianne, 24-30 avril 2020, p. 373
14 Lawrence Summers, Une inquiétante cécité politique, Le Monde, 29-30 décembre 2019, p. 23.
15 Ali Baba, Collapsologie : pour le meilleur ou pour le pire ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 23 mars 2020.
16 Abel Mestre/Olivia Zappi, La fiction postapocalytique décrit-elle notre avenir ?, Le Monde, 22 avril 2020, p. 28.
17 Natacha Polony, Quels « jours heureux » monsieur le président ?, Marianne, 17-23 avril 2020, p. 3
18 Jean Daspry, L’insupportable pesanteur du terrorisme intellectuelwww.prochetmoyen-orient.ch , 10 février 2020.
19 Ali Baba, Le CAPS du Quai d’Orsay : le haut lieu de la clairvoyance rétrospectivewww.prochetmoyen-orient.ch , 6 avril 2020.
20 Guillaume Berlat, Vers un nouveau concept de droit international : la « prophétie autoréalisatrice », www.prochetmoyen-orient.ch , 29 novembre 2016.
21 Roger-Pol Droit, Endurer l’incertitude, Le Monde, 24 avril 2020, p. 22.
22 Piotr Smolar, Donald Trump torpille le sommet des membres du Conseil de sécurité de l’ONU espéré à Paris, Le Monde, 25 avril 2020, p. 8.
23 Moritz Schularick, « Cette crise est un test énorme pour l’Union monétaire », Le Monde, 23 avril 2020, p. 15.
24 Ali Baba, Penser contre la bienpensance pour mieux comprendre le mondewww.prochetmoyen-orient.ch , 23 mars 2020.
25 Fabien Escalona, La pandémie peut-elle bouleverser l’ordre international ?, www.mediapart.fr , 19 avril 2020.
26 Adrien Jaulmes, La rivalité sino-américaine attisée par la Crise du Covid-19, Le Figaro, 24 avril 2020, pp. 20-21.
27 Patrick Saint-Paul (propos recueillis par), François Godement : « L’Occident veut réduire sa dépendance à la Chine », Le Figaro, 24 avril 2020, p. 20.
28 Isabelle Lasserre, L’OTAN s’éveille à la menace chinoise, Le Figaro, 24 avril 2020, p. 21.
29 Alain Léauthier, Tous contre la Chine ?, Marianne, 24-30 avril 2020, pp. 34-35.
30 Gaïdz Minassian, Le multilatéralisme à l’épreuve du coronavirus, Le Monde, 25 avril 2020, pp. 24-25.
31 Marc-Olivier Bherer (propos recueillis par), Andrew Lakoff : « Les maladies infectieuses ont fait l’objet de mesures de préparation à la fin des années 1990 », Le Monde, 23 avril 2020, p. 25.
32 François Bonnet, Comment échapper au grand désordre mondial ?www.mediapart.fr , 19 avril 2020.
33 Guillaume Berlat, 74ème Assemblée générale de l’ONU : minilatéralisme !, www.prochetmoyen-orient.ch , 30 septembre 2019.
34 Guillaume Berlat, De l’Union européenne à la désunion européenne. Chronique d’un désamour annoncéwww.association-desinternationlistes.org/tribune , 8 juin 2014.
35 Guillaume Berlat, Pour The Economist, Jupiter dynamite l’Europe et l’OTANwww.prochetmoyen-orient.ch , 11 novembre 2019.
36 Guillaume Berlat, Mondialisation heureuse, balkanisation furieusewww.prochetmoyen-orient.ch , 11 mars 2019.
37 Ludovic Lamant/Johann Chapoutot : « Merkel parle à des adultes, Macron à des enfants », www.mediapart.fr , 24 avril 2020.
38 Nicolas Truong (propos recueillis par), Edgar Morin : « Cette crise devrait ouvrir nos esprits depuis longtemps confinés sur l’immédiat », Le Monde, 19-20 avril 2020, pp. 28-29.
39 Paul Dahan (sous la direction de)/Thierry de Montbrial (avant-propos de), Prévoir le monde de demain, Collection Biblis, éditions du CNRS, juin 2020.

https://prochetmoyen-orient.ch/comprendre-le-monde-actuel-mieux-anticiper-le-monde-de-demain/

Une partie de billard à trois bandes : la Russie, l’Arabie saoudite et les États-Unis en pleine crise pétrolière (1/3)

Une partie de billard à trois bandes : la Russie, l’Arabie saoudite et les États-Unis en pleine crise pétrolière (1/3)

Quentin PARES 4 mai 2020 EnergieMondialisation et enjeux Leave a comment

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’épidémie de Covid-19 devrait entraîner une chute historique de la demande mondiale de brut. La contraction pourrait ainsi atteindre les 9,3 millions de barils par jour (b/j) en moyenne cette année. Devant cet effondrement, les pays producteurs se sont entendus le mois dernier sur une baisse presque équivalente de 9,7 millions de barils. Cet accord est historique à plus d’un titre. D’une part, il porte sur un volume de réduction sans équivalent dans l’histoire des marchés pétroliers. D’autre part, et pour la première fois, c’est l’ensemble des pays producteurs de la planète qui se sont entendus sur une réduction de la production. Comment expliquer cet accord historique ? Quels en sont les enjeux pour les acteurs principaux, à savoir la Russie, l’Arabie saoudite et les États-Unis ?

Partie 1 – Entre guerre des prix et coopération mondiale : la position délicate de la Russie face à la crise pétrolière

Devenue deuxième producteur mondial de brut (11,5 millions b/j), la Russie joue un rôle central pour la stabilité des marchés pétroliers. La politique russe fait face cependant à des choix difficiles dans le contexte épidémique actuel. Préférant d’abord jouer sa carte seule, Moscou s’est finalement tournée vers ses partenaires de l’OPEP pour tenter de stabiliser les prix.

“OPEP +” : un intérêt diplomatique plutôt qu’économique

Rosneft et son président Igor Sechin ont toujours été très sceptiques quant au bienfait de l'accord avec l'OPEP.
En pleine crise du Covid-19, les producteurs russes se sont longtemps opposés à tout accord contraignant avec l’OPEP.

Confrontée à l’arrivée massive du pétrole de schiste américain, la Russie signait en décembre 2016 avec l’OPEP et une poignée d’autres pays l’accord « OPEP+ »*. Cet accord visait à réduire la production d’environ 1,5 million de barils par jour. Cette baisse fut ensuite étendue à 1,2 million de barils supplémentaires stabilisant les prix autour des 60 dollars l’unité.

Pourtant, si économiquement l’OPEP+ a connu des succès, son application fut largement critiquée par les compagnies russes. Ce fut notamment le cas de Rosneft et de son président Igor Sechin qui jouit d’une influence considérable à Moscou. Pour les producteurs russes, en effet, réduire la production conduisait à maintenir un prix élevé du baril. Or, ce niveau de prix permettait aux producteurs de bruts non-conventionnels américains de rester sur le marché. Les producteurs russes ont ainsi vu leurs parts de marché s’effriter alors même que leur prix d’équilibre** était nettement plus compétitif.

En outre, les compagnies russes doivent faire face à un manque de flexibilité pour réduire leur production. Situés majoritairement en Sibérie, les champs pétroliers ne peuvent en effet arrêter leur production sans endommager les infrastructures pendant l’hiver. A cela s’ajoutent également les problèmes sociaux posés par la fermeture des puits dans des régions éloignées des bassins d’emploi.

Ce ne sont donc pas les avantages économiques qui ont primé dans la décision du gouvernement russe mais bien des considérations diplomatiques. L’accord OPEP+ permettait ainsi à Moscou d’opérer un rapprochement stratégique avec Riyad. Pour Vladimir Poutine, il s’agissait de conforter l’image de la Russie comme puissance stabilisatrice au Moyen-Orient. Comme souvent, la politique énergétique a servi ici de levier à Moscou pour faire avancer son influence dans la région.

L’effondrement de l’OPEP+ en mars 2020

Le gouvernement russe se retrouva donc tiraillé entre des intérêts diplomatiques d’un côté et l’hostilité des compagnies pétrolières de l’autre. Or, si cette tension fut relativement mise sous le tapis pendant trois ans, elle prit une nouvelle tournure avec la pandémie du Covid-19. D’un côté, Moscou ne souhaitait pas mettre fin à l’accord « OPEP+ ». La Russie proposait ainsi de renouveler simplement les baisses de production décidées lors des accords précédents. D’un autre côté, le gouvernement russe ne pouvait ignorer l’hostilité de ses compagnies nationales devant un effort supplémentaire de réduction.

C’est pourquoi Moscou s’est opposée à la proposition saoudienne de réduire drastiquement l’activité entraînant de facto l’explosion de l’OPEP+ en mars dernier. La Russie pouvait d’autant plus se permettre ce type de position qu’elle possédait, selon elle, suffisamment de marges pour résister à un effondrement des prix. Les compagnies russes bénéficient en effet de coûts de production assez bas et sont relativement peu endettées. De même, les recettes pétrolières ne contribuent qu’à hauteur de 40% du budget fiscal contre 80% pour les saoudiens. Les réserves de change sont elles aussi suffisamment abondantes (570 milliards de dollars) pour servir d’amortisseur à la crise. Enfin, la chute des prix devait permettre de liquider les producteurs non-conventionnels américains.

Le revirement russe et ses conséquences

Moscou abordait donc plutôt sereinement la guerre des prix déclenchée après l’expiration de l’accord « OPEP+ ». Pourtant, un mois après, le gouvernement russe acceptait de participer à un grand accord international visant à réduire la production de 9,7 millions de barils par jour. Comment expliquer ce revirement ?

Deux raisons peuvent être avancées. Tout d’abord, Moscou a subi des pressions diplomatiques importantes de la part de ses partenaires du G20 afin de stabiliser les prix. Pour le gouvernement russe, il s’agit de montrer qu’il est un acteur responsable sur la scène internationale. Plusieurs de ses alliés, comme le Venezuela ou l’Iran, ont également appelé Moscou à revenir à la table des négociations.

De plus, les compagnies russes ont progressivement levé leurs réticences devant l’ampleur du choc crée par la pandémie. Ainsi, leur optimisme de départ se fondait sur la croyance que cette épidémie ne durerait pas dans le temps. Or, la lente reprise de l’activité en Chine montre que le retour à la normale sera long. Dans ces conditions, les prix bas risquaient de dissuader toute décision d’investissement dans des nouvelles capacités. Pourtant, ces investissements sont essentiels pour maintenir un niveau de production stable dans les années à venir. En effet, les champs aujourd’hui en exploitation sont bien souvent arrivés à maturité et commencent à décliner.

Ce problème est d’autant plus important que les réserves encore disponibles sont situées dans des zones plus coûteuses à exploiter. Ceci est particulièrement vrai pour l’Arctique. Les compagnies russes doivent ainsi attendre un renchérissement des prix avant d’exploiter ces réserves. Or, prise entre le déclin des champs matures (brownfields) d’une part et l’absence d’investissements dans de nouveaux champs (greenfields) d’autre part, la Russie risquait de voir sa production rapidement décliner.

Dans ces conditions, les pressions diplomatiques et les incertitudes sur la demande ont eu raison des réticences des compagnies russes à diminuer la production. Le nouvel accord pose néanmoins des difficultés quant au partage du fardeau entre les compagnies pétrolières mais aussi entre les régions productrices. Moscou aura donc des choix cornéliens à faire et ce dans un contexte de grande incertitude pour son industrie pétrolière.

*L’OPEP+ se compose des pays de l’OPEP (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Irak, Iran, Koweït, Venezuela, Equateur, Algérie, Libye, Nigeria, Guinée équatoriale, République du Congo, Gabon, Angola) et des pays non-OPEP (Brunei, Azerbaïdjan, Bahreïn, Oman, Kazakhstan, Malaisie, Soudan, Soudan du Sud, Mexique et la Russie).

**Le prix d’équilibre est le prix du baril de pétrole permettant à l’entreprise de commencer à réaliser un profit.

Sources :

Vitaly Yermakov et James Henderson, « The New Deal for Oil Markets: implications for Russia’s short-term tactics and long-term strategy », The Oxford Institute For Energy Studies, 13 avril 2020.

Marlène Laruelle, « La politique arctique de la Russie : une stratégie de puissance et ses limites », Notes de l’IFRI, mars 2020.

Francis Perrin, « Pétrole : le nouvel accord de l’OPEP+ peut-il faire remonter les prix ? », IRIS, 16 avril 2020.

Henry Foy, « Russian oil groups wrangle over Opec deal », Financial Times, 17 avril 2020.Share

About Quentin PARES

Quentin Pares est diplômé d’un Master 2 de Grenoble Ecole de Management (GEM) et est étudiant à l’IRIS. Il est spécialisé dans les questions énergétiques et d’économie internationale.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/mondialisation-enjeux/43427-une-partie-de-billard-a-trois-bandes-la-russie-larabie-saoudite-et-les-etats-unis-en-pleine-crise-petroliere-1-3

RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

24 Février 2020

Publié par François 24/02/2020 10H50

RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

Sur RT France, Alain Juillet, ancien haut responsable à l’intelligence économique et dirigeant d’entreprises, présentera deux fois par mois, à compter de mars 2020, La Source, une émission de 13 minutes d’analyse sur des sujets stratégiques pour la France.

« Alain Juillet a un parcours exceptionnel et une expertise reconnue. Je suis très heureuse de compter une personnalité de cette envergure parmi nous. Je suis sûre qu’il apportera à nos audiences un éclairage plus approfondi des processus géopolitiques à l’œuvre dans le monde », déclare Xenia Fedorova, Présidente et directrice de l’information de RT France.

RT France lance une émission sur la géopolitique dans laquelle seront traités des sujets tels que la diplomatie, les conflits, le terrorisme, la sécurité, l’intelligence économique, … Alain Juillet, fort de sa longue expérience au plus haut niveau dans le monde de l’entreprise et du renseignement, aborde les sujets les plus complexes avec un objectif : clarifier pour permettre à chacun de voir plus loin et se forger sa propre opinion.PUBLICITÉ

« Hors de toute considération idéologique, la pratique de la géopolitique doit permettre aux citoyens de mieux comprendre la réalité objective », explique Alain Juillet.

La chaîne est disponible sur la Freebox (Canal 359), Fransat (Canal 55), sur les satellites SES 4, Astra 19.2 et Eutelsat 5WestA et sur la plateforme OTT Molotov. Elle est également présente en ligne à l’adresse rtfrance.tv.

http://www.leblogtvnews.com/2020/02/rt-france-annonce-le-lancement-de-la-source-nouvelle-emission-de-geopolitique-avec-alain-juillet.html

Voisins européens. Russie-UE : trente ans de relations, par Sergueï Lavrov

oisins européens. Russie-UE : trente ans de relations, par Sergueï Lavrov 18 déc. 2019 Source: Sputnik A l’occasion des 30 ans depuis l’instauration des relations entre l’Union soviétique et la Communauté européenne, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov livre son analyse sur la période passée et l’avenir des liens entre l’UE et la Russie. Il y a 30 ans, le 18 décembre 1989 à Bruxelles, était signé l’Accord de commerce et de coopération commerciale et économique entre l’URSS et la Communauté européenne.

Cette date a marqué le point de départ de l’établissement des relations officielles de la Russie, en tant qu’État-successeur de l’URSS, avec l’Union européenne. Article publié initialement dans le quotidien russe Rossiïskaïa gazeta, le 18 décembre 2019 Symboliquement, cet accord a été conclu un peu plus d’un mois après la chute du mur de Berlin, événement entré dans l’histoire comme charnière dans la fin de la Guerre froide – période de séparation du continent en blocs idéologiques opposés.

Les fondateurs du partenariat Russie-UE comprenaient qu’il était impossible d’effacer les lignes de démarcation séculaires sur notre continent sans créer en Europe un large champ de coopération. Les deux parties étaient disposées à rendre cette dernière mutuellement avantageuse, durable et résistante aux fluctuations économiques et politiques. Les années qui ont suivi ont été marquées par un travail laborieux sur la mise en place d’une architecture d’interaction à plusieurs niveaux entre la Russie et l’UE. Une base juridique solide a été créée, qui s’appuie encore aujourd’hui sur l’Accord de partenariat et de coopération signé en 1994.

Pendant le sommet Russie-UE à Saint-Pétersbourg en mai 2003, un pas de plus a été fait pour surmonter la division de l’Europe : un accord a été conclu sur l’établissement d’un partenariat stratégique basé sur la création de quatre espaces communs – économique, de sécurité extérieure, de liberté, de sécurité et de justice, de science et d’éducation (incluant les aspects culturels).

Nous avons travaillé ensemble sur des projets à long terme qui, s’ils avaient été menés jusqu’à leur terme logique, auraient apporté des profits tangibles à tous les habitants de notre continent commun, auraient considérablement augmenté le niveau de leur sécurité, de leur bien-être et de leur confort. Il était notamment question de faciliter les conditions pour les voyages réciproques des citoyens de la Russie et de l’UE (jusqu’à un régime sans visa), de l’établissement d’une coopération étroite entre les forces de sécurité pour lutter contre les menaces du terrorisme et du crime organisé, du règlement coordonné des crises et conflits régionaux, et de la formation d’une union énergétique.

Cependant, il n’a pas été possible d’assurer la stabilité du partenariat déclaré dans les relations Russie-UE. Les principes de coopération équitable ont cédé la place à l’illusion que la sécurité euro-atlantique devait se construire uniquement autour de l’Otan Malheureusement, certains occidentaux ont commencé à voir la perspective paneuropéenne uniquement à travers le prisme de «la victoire dans la Guerre froide». Les principes de coopération équitable ont cédé la place à l’illusion que la sécurité euro-atlantique devait se construire uniquement autour de l’Otan, et que la notion même de l’Europe devait être associée uniquement à l’UE.

Tout le reste ne serait que des «cercles concentriques» autour de ces «centres de légitimité». Lire aussi Interdit d’interdire : Jean Radvanyi – Jean-Robert Raviot sur la Russie, l’Ukraine et l’Europe Sur le plan concret, nous assistions de plus en plus souvent dans nos relations avec Bruxelles à «l’absolutisation» des normes supranationales de l’UE et des tentatives de leur application rétroactive dans tous les autres pays. Il nous était proposé d’accepter des décisions déjà prêtes et préparées au sein de l’UE, qui ne supposaient ni leur discussion avec nous ni la prise en compte des intérêts russes – en d’autres termes, de se ranger dans le sillage et de suivre le «bon» cap, ainsi que d’accepter inconditionnellement l’interprétation des «valeurs universelles» allant souvent à l’encontre de la tradition civilisationnelle européenne basée sur la chrétienté.

Nos partenaires de Bruxelles ont commencé à taire honteusement que le travail sur la conception de quatre espaces communs Russie-UE s’appuyait sur la compréhension mutuelle du danger et de la contreproductivité des tentatives de placer nos voisins communs face au choix «l’UE ou la Russie». Avant 2014 déjà, le lancement de l’initiative Partenariat oriental était un signal alarmant dans les relations Russie-UE, qui était de facto orienté, comme cela s’est confirmé par la suite, vers l’objectif d’arracher à la Russie ses voisins les plus proches avec lesquels elle entretenait des liens séculaires.

Les regrettables conséquences de cette politique égoïste se ressentent encore à ce jour. Autrement dit, dans la pratique, l’UE n’était pas prête à l’équité dans les relations avec notre pays. Dans le vocable bruxellois, le terme «Europe» est devenu définitivement synonyme d’«Union européenne». Tout ceci est présenté comme s’il existait une «vraie» Europe – les membres de l’UE – alors que tous les autres pays du continent doivent encore mériter le «grand titre d’européens».

Ainsi on cherche de nouveau à diviser artificiellement le continent, à altérer la géographie et l’histoire, comme le montrent les résolutions adoptées par les structures européennes qui assimilent les nazis, ayant éradiqué les peuples européens, aux guerriers soviétiques qui ont sauvé ces peuples d’une élimination physique. Cette approche est profondément vicieuse et, j’en suis certain, ne profite pas au projet d’intégration européenne, est contraire à son esprit pacifique et unificateur initial.

Géographiquement, historiquement, économiquement et culturellement, la Russie faisait, fait et fera toujours partie intégrante de l’Europe. Dotés d’une identité unique, dont nous sommes fiers à juste titre, nous faisons partie de l’espace civilisationnel européen. Pendant des siècles la Russie a apporté sa contribution à son élargissement – jusqu’à l’océan Pacifique. Notre identité s’est formée notamment sous l’influence des idées européennes progressistes.

De la même manière que la culture européenne contemporaine serait impensable sans un enrichissement réciproque avec la Russie.

En dépit des différends, la Russie et l’UE restent des partenaires commerciaux et économiques importants. Et de très grands voisins capables d’assumer eux-mêmes la responsabilité commune de la paix, de la prospérité et de la sécurité dans cette partie de l’Eurasie. D’ailleurs, si l’UE n’avait pas adopté une position engagée dans le contexte des événements ukrainiens, les échanges entre la Russie et l’UE auraient tout à fait pu atteindre 500 milliards de dollars, en devenant un facteur d’envergure globale comparable aux échanges de l’UE avec les États-Unis et la Chine.

L’opportunité d’un «nouveau départ» dans nos relations De plus en plus de signaux indiquent que nos partenaires de l’UE prennent progressivement conscience du caractère anormal de la situation actuelle. Après une certaine stagnation, la dynamique de la coopération avec la majorité des États membres de l’UE a repris. Les premiers contacts ont eu lieu avec la nouvelle direction de l’Union européenne, qui a commencé son travail début décembre. Le début d’un nouveau cycle institutionnel au sein de l’UE crée objectivement l’opportunité d’un «nouveau départ» dans nos relations. Au minimum, c’est une bonne occasion de réfléchir à ce que nous représentons l’un pour l’autre dans le monde contemporain en perpétuelle évolution.

Je voudrais espérer que les décideurs de l’Union européenne se laisseront guider par une vision stratégique et respecteront les idées des grands hommes politiques européens tels que Charles de Gaulle et Helmut Kohl, dont la pensée s’appuyait sur la notion de «maison européenne commune». Les restrictions artificielles de la coopération en fonction des intérêts géopolitiques de certains acteurs sont incapables de résoudre les problèmes, ne font que créer de nouvelles complications et affaiblir les positions économiques de l’Europe. Je suis convaincu que le seul moyen de préserver l’individualité et la compétitivité des cultures et des économies européennes dans le contexte de la pression de la mondialisation réside dans l’addition des avantages comparatifs de tous les pays et ensembles d’intégration de notre Eurasie commune.

Lire aussi Emmanuel Macron ne voit pas la Russie comme un «ennemi», mais veut un dialogue «exigeant» avec elle Les relations entre la Russie et l’UE ne se développent pas dans le vide. Le monde multipolaire est désormais absolument réel. De nouveaux centres de force financière, économique, technologique et politique se sont formés dans la région Asie-Pacifique. Nous développons notre politique étrangère et notre coopération avec nos partenaires en tenant compte de ce facteur crucial. Les nouvelles réalités sont porteuses de nouveaux défis transfrontaliers, mais offrent aussi la possibilité de puiser des ressources de développement là où nous n’avions même pas tenté de regarder par le passé. Dans tous les cas, l’addition des efforts multiplie nos capacités. Dans le contexte de la turbulence internationale persistante, il est nécessaire de garantir la suprématie du droit international. Il ne faut pas tentent de substituer à ce dernier un «ordre fondé sur des règles», inventé par l’Occident pour desservir ses intérêts. Ce n’est que de cette manière que nous serons en mesure d’assurer l’efficacité des efforts multilatéraux. Nous considérons l’Union européenne comme un centre du monde multipolaire. Nous visons à développer nos relations avec l’UE dans le cadre de l’initiative du Président russe Vladimir Poutine de former un grand partenariat eurasiatique de l’Atlantique au Pacifique réunissant tous les États de l’Union économique eurasiatique, l’OCS, l’ASEAN et tous les autres pays du continent. La coopération entre l’UE et l’UEEA pourrait servir de base économique à l’adhésion des membres de l’UE à ce partenariat. La jonction des potentiels de deux marchés régionaux importants et l’harmonisation de leurs régimes de commerce et d’investissement favoriseront le renforcement de tous les acteurs du commerce mondial et – ce qui est très important – permettra d’éviter dans le futur la situation qui place nos «voisins communs» devant un choix primitif : soit avec l’UE, soit avec la Russie. Je voudrais rappeler encore une fois que les principes de partenariat ont déjà été posés par nos textes communs. Ainsi, la Feuille de route sur l’espace commun de sécurité extérieure, adoptée le 10 mai 2005 au cours du sommet Russie-UE à Moscou, stipule que les processus de coopération internationale et d’intégration qui réunissent la Russie et l’UE et se basent sur les décisions souveraines des États, jouent un rôle important dans la consolidation de la sécurité et de la stabilité. Il est nécessaire de promouvoir ces processus «en agissant en synergie, dans le cadre d’une collaboration et d’un dialogue étroits et axés sur les résultats, contribuant ainsi dans les faits à la création d’une grande Europe sans clivages et fondée sur des valeurs communes». On ne pourrait pas le formuler mieux aujourd’hui. Il serait bien, désormais, de transformer ces propos en actions réelles. Il n’est possible de former un système de sécurité efficace en Europe que sur une base collective : c’est un axiome. La Charte de sécurité européenne a été signée il y a 20 ans,  le 19 novembre 1999, lors du sommet de l’OSCE à Istanbul. A l’initiative de l’UE, ce texte a également inclus la Plateforme de sécurité coopérative prévoyant une coopération non seulement entre tous les États, mais aussi toutes les organisations de l’espace euroatlantique. Nous avons soutenu cette proposition. Malheureusement, Bruxelles, qui abrite non seulement les institutions de l’UE mais aussi le siège de l’Otan, a plus tard perdu son intérêt pour cette idée. Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE, qui s’est déroulée du 5 au 6 décembre 2019 à Bratislava, les pays occidentaux ont bloqué la proposition russe de confirmer l’initiative susmentionnée prévoyant un dialogue européen égalitaire réunissant l’UE, la CEI, l’Otan et l’OTSC. Il s’avère que l’UE et l’Otan étaient certaines de leur domination quand elles ont avancé cette idée il y a 20 ans, mais craignent aujourd’hui la concurrence des structures qui se développent activement dans l’espace de la CEI, et évitent un dialogue direct avec ces dernières. Nous faisons face à des menaces et à des défis communs Nous appelons l’Union européenne à se lasser guider par les principes fondateurs fixés par les textes consacrés aux bases des relations entre la Russie et l’UE, au lieu de constructions inventées prévoyant une certaine «coexistence forcée».

Nous faisons face à des menaces et à des défis communs : le terrorisme, le trafic de stupéfiants, le crime organisé, l’immigration illégale, etc.

On doute que les restrictions de la coopération avec la Russie et l’orientation vers la confrontation avec elle pourront améliorer les perspectives de l’Union européenne dans le monde moderne. Nous sommes ouverts à une coopération mutuellement avantageuse, égalitaire et pragmatique avec l’UE, en respectant les intérêts de nos alliés et de tous les autres partenaires eurasiatiques.

C’est le seul moyen d’établir un modèle viable de relations durables répondant aux intérêts et aux aspirations des pays et des peuples de tout le continent eurasiatique.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. Raconter l’actualité

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/opinions/69282-voisins-europeens-russie-ue-trente-ans-relations-serguei-lavrov

Conflit diplomatique entre Egypte et Ethiopie autour de la construction d’un grand barrage sur le Nil Bleu

10 MIN

Conflit diplomatique entre Egypte et Ethiopie autour de la construction d’un grand barrage sur le Nil Bleu

01/11/2019

Un conflit diplomatique oppose l’Egypte à l’Ethiopie depuis plus de 8 ans, autour de la construction du Grand Barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu. La semaine dernière, la Russie et les Etats-Unis se sont proposés comme médiateurs de ce conflit. Entretien avec le chercheur Franck Galland.

La construction du barrage Renaissance sur le Nil en Egypte, près de la frontière avec l'Ethiopie et le Soudan.
La construction du barrage Renaissance sur le Nil en Egypte, près de la frontière avec l’Ethiopie et le Soudan.• Crédits : Gioia Forster / dpa Picture Alliance – AFP

Un conflit diplomatique oppose l’Egypte à l’Ethiopie depuis plus de 8 ans, autour de la construction du Grand Barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu, construction à l’initiative de l’Ethiopie. L’Egypte dit depuis toujours que ce prochain plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique, va poser pour elle des problèmes d’approvisionnement. Le sujet a été évoqué notamment à Sotchi en marge du sommet Russie-Afrique, la Russie s’est proposée en médiatrice, tout comme les Etats-Unis.

Quant au président éthiopien Abiy Ahmed , pourtant tout juste nommé Prix Nobel de la Paix, il dit que son pays pourra « mobiliser des millions de jeunes » en cas de conflit armé avec l’Egypte.

Franck Galland : Le fleuve Nil Bleu prend sa source en territoire éthiopien. La construction de ce barrage est revendiquée par le peuple éthiopien mais est source d’inquiétude pour les pays de l’aval : le Soudan et l’Egypte. 95% de l’eau consommée en Egypte est issue de ce fleuve. (…) La première pierre de ce barrage a été posée en pleine révolution égyptienne, le 2 avril 2011, par le président éthiopien.  Les autorités éthiopiennes ont profité du chaos de la révolution égyptienne pour accélérer le développement de ce barrage. L’Ethiopie avait besoin de cet ouvrage qui sera, une fois terminé, la plus grande retenue d’eau d’Afrique, et le 13e barrage du monde en termes de capacités hydro-électriques.

LES DERNIÈRES DIFFUSIONS

13/12/2019Comment l’Algérie peut-elle parvenir à un consensus national?12/12/2019Sur sa boussole idéologique, la social-démocratie cherche l’azimut11/12/2019Pas d’émission ce jourINTERVENANTS

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie…

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie 12 déc. 2019, 09:22 © Alexander Nemenov Source: AFP Le Kremlin, Moscou. (image d’illustration)

La diplomatie russe a annoncé que Moscou allait expulser deux diplomates de l’ambassade d’Allemagne. Une réponse symétrique après que Berlin a expulsé deux diplomates russes dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien dans la capitale. Moscou a annoncé ce 12 décembre l’expulsion de deux diplomates allemands, en représailles à la décision de l’Allemagne début décembre de renvoyer deux russes après le meurtre commandité, selon Berlin, d’un Géorgien d’origine tchétchène dans la capitale allemande.

Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué ce même jour l’ambassadeur allemand Géza Andreas von Geyr pour lui signifier que «deux collaborateurs de l’ambassade d’Allemagne avaient été déclarés persona non grata et avaient sept jours pour quitter» la Russie.

La diplomatie russe a également fait savoir espérer que ces expulsions – «symétriques» et constituant une réponse «inévitable» de la Russie – ne détérioreront pas les liens diplomatiques bilatéraux entre les deux pays.

La partie allemande a dit regretter la réaction de la Russie, évoquant par la voix de son ministère des Affaires étrangères une expulsion «injustifiée» et un «mauvais signal».

Dans un communiqué, Berlin annonce se réserver «le droit de prendre d’autres mesures dans cette affaire à la lumière des enquêtes» en cours.

Lire aussi Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse Le 4 décembre, Berlin avait sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Le même jour, le parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, avait déjà décidé de se saisir de cette enquête, évoquant un «contexte politique». «Vous avez expulsé nos diplomates, nous expulsons les vôtres. C’est tout», a déclaré le président russe Vladimir Poutine répondant à des questions de journalistes sur ce sujet après un sommet au «format Normandie» qui s’est tenu à Paris le 9 décembre.

C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou Interrogé au sujet de l’affaire par un journaliste allemand, le chef de l’Etat russe s’est également exprimé sur l’identité et les antécédents de la victime, un Géorgien d’origine tchétchène, nommé Tornike K. et identifié comme étant Zelimkhan Khangochvili.

Vladimir Poutine a affirmé que ce dernier avait «participé à des activités séparatistes» et était recherché par les services russes. «C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou», a déclaré Vladimir Poutine. Le président russe n’a pas précisé de quel attentat il s’agissait mais Moscou a connu une série d’explosions meurtrières à partir de 1996. Les attentats dans le métro de la capitale russe ont fait, au total, 106 morts et 520 blessés dans la période entre 1996 et 2010. 

Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, avait évoqué un acte «injustifié» concernant la mesure allemande et promis des représailles. «Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée de questions relatives à une enquête est inadmissible.

Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion», avait déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova. Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour, dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles tirées d’une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».

Tornike K. avait participé à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant d’entrer dans une unité anti-terroriste du ministère géorgien de l’Intérieur, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche. Il était considéré par Moscou comme terroriste.

Déjà visé par plusieurs tentatives d’assassinat, il avait émigré quelques années avant sa mort en Allemagne. Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre aurait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération de Russie, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Le meurtrier présumé est un Russe, depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence.

 Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurent pas dans les bases de données russes. Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

Lire aussi : Selon Poutine, le Géorgien tué en Allemagne était «un combattant, très cruel et sanguinaire» International

En savoir plus sur RT France : 

https://francais.rt.com/international/68988-reponse-berlin-moscou-va-expulser-deux-diplomates-allemands-russie?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Sommet au «format Normandie» : les quatre dirigeants s’engagent à stabiliser l’est ukrainien 9 déc. 2019

Sommet au «format Normandie» : les quatre dirigeants s’engagent à stabiliser l’est ukrainien 9 déc. 2019, 23:53 © REUTERS/Charles Platiau/Pool Les quatre dirigeants du sommet au format Normandie, le soir du 9 décembre à Paris.

Les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine ont convenu ce 10 décembre, de mettre en œuvre des mesures de soutien au cessez-le-feu pour l’est de l’Ukraine, afin de «stabiliser» la région d’ici la fin de l’année. A l’issue du sommet au «Format Normandie» qui s’est tenu ce 9 décembre à Paris, les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine ont convenu, via un communiqué, des mesures pour stabiliser la situation dans la zone de conflit dans l’est de l’Ukraine.

Dans le détail, il s’agit de «mesures de soutien au cessez-le-feu» pour l’est de l’Ukraine afin de «stabiliser» la région d’ici la fin de l’année. Le retrait de forces dans trois zones disputées devrait être opéré d’ici fin mars 2020.  «Nous avons avancé sur le désengagement, les échanges de prisonniers, le cessez-le-feu et l’évolution politique» et «nous avons demandé pour les quatre mois à venir à nos ministres de travailler […] en vue d’organiser des élections locales, avec l’objectif d’un nouveau sommet dans quatre mois», a précisé le président français, Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse avec les trois autres dirigeants qui concluait le sommet parisien.

Un «pas important» pour Vladimir Poutine Ce sommet au format Normandie constitue un «pas important» vers une désescalade, s’est félicité le chef d’Etat russe Vladimir Poutine, affirmant que des bases avaient été posées pour «croire en un processus de paix qui va dans la bonne direction». Le président russe a insisté à de nombreuses reprises sur le fait que l’Ukraine devait modifier sa Constitution afin d’accorder un statut spécial pour le Donbass, conformément aux accords de Minsk.

Interrogé par la presse sur une possible souplesse sur les accords de Minsk, le chef d’Etat russe a fait valoir qu’il convenait de ne pas toucher aux engagements déjà adoptés par les parties du format Normandie. C’est d’ailleurs l’un des points de divergence bien palpable lors de ce sommet. Sous pression de l’opinion publique dans son pays, le président Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine n’accepterait pas une «fédéralisation» et ne permettra à personne d’«influer son vecteur de développement».  Ne pas oublier «les gens ordinaires» «Nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de queues interminables, que les milliers de gens ordinaires qui vivent dans cette zone puissent passer aisément», a également déclaré Vladimir Poutine, à propos de la ligne de contact entre les territoires sous contrôle des rebelles est-ukrainiens et le reste de l’Ukraine. «N’oublions pas les gens ordinaires qui y vivent. Tous nos accords doivent améliorer leurs vies, non pas dans le futur, mais maintenant.»

En outre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé un important échange de prisonniers avec les rebelles de l’Est ukrainien en décembre. Il a également fait savoir son accord sur un élargissement du mandat de l’OSCE dans le processus de règlement du conflit et lui a accordé un accès total à la zone de conflit. Le chef d’Etat ukrainien a pour autant jugé les avancées issues de ce sommet trop limitées : «Beaucoup de questions ont été abordées, mes homologues ont dit que c’est un très bon résultat pour une première rencontre. Pour moi, je le dis honnêtement, c’est très peu : je voudrais résoudre un plus grand nombre de problèmes», a-t-il déclaré. Un nouveau sommet dans quatre mois

Enfin, la chancelière allemande Angela Merkel et Emmanuel Macron ont annoncé qu’un autre sommet devrait se tenir dans quatre mois entre les représentants des quatre pays.

Le chef d’Etat français a d’ailleurs rappelé, lors de la conférence de presse, que le «format Normandie» constituait le seul format diplomatique permettant de mettre en œuvre les accords de paix de Minsk. Le «format Normandie» a été conçu en 2014 pour tenter d’arrêter le conflit dans l’est de l’Ukraine. Les combats entre les autorités ukrainiennes et deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ont ​​éclaté après un coup d’Etat à Kiev, qui a renversé le président Victor Ianoukovitch. Les pourparlers ont finalement abouti à un plan de paix, connu sous le nom d’«accords de Minsk», début 2015. Lire aussi : «Format Normandie» à Paris : un sommet pour tenter de mettre fin au conflit ukrainien  International

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68821-sommet-format-normandie-dirigeants-engagent-stabiliser-est-ukraine?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

“Swinging London”

Swinging London

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 03 décembre 2019

   Forum

Il n’y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer 1597

Swinging London

3 décembre 2019 – Jamais je n’aurais pensé utiliser pour une “réunion” de l’OTAN cette expression, si à la mode dans les années 1960 entre Beatles et Rolling Stones, caractérisant le rythme effréné de la capitale anglaise sortie de sa soi-disant torpeur victorienne pour balancer les “Swinging Sixties” à la face de la modernité triomphante du monde. C’est pourtant le cas, me semble-t-il, – “never say never”, – pour la “réunion” dont tout le monde vous dit, les amis, que cela va swinguer diablement.

… En effet, “réunion” et pas “sommet”, comme nous le fait remarquer l’avisé WSWS.org dont j’entends bien utiliser, sans vergogne inutile mais avec le respect qui importe, quelques parties et extraits de son texte de ce  3 décembre 2019 fort bien documenté et plein d’espérance pour la classe ouvrière… Explication :

« L’OTAN a déclassé l’intitulé de la rencontre de deux jours à Londres de “sommet” à “réunion des dirigeants”, pour éviter d’avoir à publier un communiqué officiel que Trump ou d’autres chefs d’État pourraient refuser de signer. L’an dernier, on a assisté à l’effondrement spectaculaire du sommet du G7 à Québec, lorsque Trump a refusé à la dernière minute de signer le communiqué convenu par le Canada, le Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l’Italie. Entretemps, au cours de l’année écoulée, les tensions internationales au sein de l’OTAN n’ont cessé de s’aggraver… »

On a déjà vu divers motifs de cette aggravation, à mon avis les plus importants, dans  l’un ou  l’autre texte récent où le président français tient incontestablement la vedette. En effet, c’est une analogie assez étrange que celle qu’on relève entre ces deux personnages-là si différents, d’être, chacun dans leur genre et chacun avec leur style, les deux perturbateurs principaux de l’usine à gaz otanienne, de son ordre établi et paisiblement assoupi, au rythme de furieuses menaces antirusses et anathèmes antichinois qui sont comme comme autant de paisibles ronflements suivant l’aimable cliquetis des chenilles de quelques chars de passage. On vous le dit : si ce n’était eux, avec en plus Erdogan comme Grand Mamamouchi déguisé en cerise sur le gâteau, tout serait pour le mieux dans la meilleure des réunions au sommet, à Londres plus swinging que jamais, demain et le jour d’après.

« “Les alliés de l’OTAN approchent le sommet de Londres avec un sentiment d’appréhension”, observe Karen Donfried, du groupe de réflexion du German Marshall Fund. “Bien peu prévoient un rassemblement qui unifiera l’ensemble en aveuglant les fissures croissantes dans la cohésion.”
» De plus en plus, Trump n’est plus considéré comme le seul chef d’État dont les remarques pourraient provoquer une crise diplomatique majeure. “Ce serait un grand hommage à la valeur que tous les alliés de l’OTAN accordent à l’institution si nous parvenons à passer cette réunion sans que le président Trump, le président Emmanuel Macron ou le président Recep Tayyip Erdogan ne disent ou fassent quelque chose de dommageable pour l’alliance”, a déclaré Kori Schake, ancien responsable du Conseil national de sécurité dans le gouvernement Bush, à Bloomberg News. »

Effectivement, il aurait été injuste d’oublier l’exotique empoignade entre Macron et Erdogan. Elle est pourtant tellement d’actualité, je veux dire comme illustration du chaos du monde et du billard à 2019 bandes que sont devenus la politique des relations internationales et le classement entre “ami” et “ennemi”, avec des observations de la sorte que “l’ami de mon ennemi est l’ennemi de mon ennemi qui est devenu mon ami”.

Ils s’empoignent tellement, Macron-Erdogan, qu’ils en arrivent à boucler la boucle ; puisqu’Erdogan menace de mettre son veto “aux plans de l’OTAN visant la Russie à partir de la Pologne et des États baltes” si la susdite-OTAN ne proclame pas “terroriste” le YPG kurde tant chéri par Macron ; alors que ce même Macron demande une chose prioritairement, qu’on cesse donc d’ennuyer la Russie avec des postures de menaces et des cliquetis de chenilles de chars en goguette, notamment en Pologne et dans les États baltes.. 

« Au cours des derniers jours, Macron a également échangé des insultes avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré à l’intention de Macron, vendredi : “Je vous le dirai à nouveau lors de la réunion, vérifiez d’abord votre propre mort cérébrale.” Erdogan a également déclaré qu’il n’appartenait pas à Macron de discuter de la question de savoir si la Turquie devait rester au sein de l’OTAN ou si elle devait être expulsée. Erdogan a critiqué Macron pour son soutien à la milice des unités de protection du peuple kurde syrien (YPG), que le gouvernement turc a qualifiée de groupe terroriste.
» Erdogan a également menacé de s’opposer aux plans militaires de l’OTAN visant la Russie à partir de la Pologne et des États baltes, si l’OTAN n’inscrivait pas collectivement le YPG comme organisation terroriste. »

Pourtant, poursuit le commentateur de WSWS.org, l’OTAN a son utilité. Cette organisation sert fort bien à coordonner des déploiements, des provocations, des discours furieux, et même l’une ou l’autre “chouette petite guerre” de temps en temps, ce qui contribue dit-on à faire taire les récriminations de la classe ouvrière et à fabriquer un simulacre d’entente et de coude-à-coude entre tous ces pays qui sont rassemblés en une alliance au succès sans précédent dans l’histoire, et dont je ne sais plus à quoi elle sert… Mais si, pardi ! qui sert “ à coordonner des déploiements, des provocations, des discours furieux, et même l’une ou l’autre ‘chouette petite guerre’”, – ce qui montre combien l’OTAN n’est pas loin d’avoir inventé le mouvement perpétuel.

…Ainsi aurions-nous enfin percé le Grand Mystère qui plonge le Sphinx lui-même dans des abîmes de réflexion : mais à quoi donc peut bien servir l’OTAN, elle qui rassemble sous la houlette américaniste tant de pays qui, pris individuellement, sont autant de marionnettes très-fidèles de l’américanisme, sauf l’un ou l’autre qu’il n’est pas très habile de mélanger aux autres ?

Enfin bref… L’OTAN a inventé le mouvement perpétuel point-barre, et cela suffit à notre bonheur et à l’honneur de notre civilisation.

« Près de 30 ans après la dissolution de l’Union soviétique par la bureaucratie stalinienne en 1991, qui a privé l’OTAN d’un ennemi commun, il est de plus en plus clair que des conflits profondément enracinés selon des intérêts stratégiques et économiques antagonistes déchirent les principales puissances de l’OTAN. Face à la défaite de leur guerre par procuration de huit ans en Syrie et dans les guerres au Moyen-Orient, les puissances de l’OTAN se préparent à une escalade sans le moindre souci de conséquences potentiellement catastrophiques. Cette voie a été empruntée pour tenter de faire face à l’opposition croissante des travailleurs dans les pays membres et aux divisions croissantes entre eux. »

Mais je m’en voudrais de vous faire perdre  de vue l’un des derniers points soulevés par l’article cité, qui concerne l’une des conquêtes les plus fructueuses de l’organisation, – je veux parler de l’Ukraine et de son sémillant président Zelenski. En effet, il faut savoir que ce président Zelenski-là est chapeauté de drôlement près, comme chacun sait, par le truculent oligarque ukrainien Kolomoïski qui est en train d’ébaucher une nouvelle extension de sa fortune vers l’Est, c’est-à-dire vers l’ami russe, au moyen d’un succulent  trafic de Pampers qu’il compte bien vendre à l’OTAN pour que cette sublime organisation en équipe ses innombrables divisions blindées et néanmoins incontinentes… On pourrait imaginer que Zelenski soit invité à suivre par la grosse patte bonhomme de Kolomoïski, non ?

« …En particulier, les divisions tactiques sur la politique étrangère impérialiste américaine qui sous-tendent la campagne du Parti démocrate pour destituer Trump et le dénoncer comme un traître pro-russe sont étroitement liées à des conflits explosifs au sein de l’OTAN.
» Alors que Merkel, Macron, Poutine et le président ukrainien Vladimir Zelenski devaient se rencontrer pour négocier une trêve à Paris le 9 décembre, sans la participation de Washington, le quotidien de référence Washington Post a averti que la crise de destitution pourrait renforcer par inadvertance la main des puissances européennes en Ukraine.
» Dans son éditorial, le Post écrit : “Pratiquement tous les hauts fonctionnaires qui ont travaillé sur les relations (avec l’Ukraine) au cours des deux dernières années ont démissionné ou ont témoigné dans l’enquête de destitution et ont été dénoncés par le président. … Tout cela affaiblit considérablement la position de M. Zelenski, d’autant plus qu’il envisage de rencontrer M. Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. Ces deux derniers feront probablement pression sur les Ukrainiens pour obtenir des concessions pour satisfaire la Russie, car un accord leur permettrait de réparer les relations européennes avec la Russie”. »

En général, je l’avoue, je me méfie des réunions qu’on vous annonce comme “explosives”, ou de tout autre événement à la prévision catastrophique. Cela, c’est un réflexe appris d’“avant”, je veux dire avant le “nouveau monde”, quand on parvenait à s’arranger sur les sujets de grande discorde que l’on voyait venir, grâce à la raison et au sens commun. Mais aujourd’hui, tel ou tel exemple montre qu’il y a un côté “le pire est toujours le plus probable“ dans notre époque, comme si l’idée selon laquelle les catastrophes prévisibles étaient souvent évitables selon l’acte de l’ancienne sagesse, étaient devenues la fatalité que les catastrophes prévisibles sont devenues inévitables, comme si enfin nous n’avions plus ni raison ni sens commun pour écarter des événements sur lesquels nous n’avons plus aucun contrôle.

Alors, prudence prudence… Même les plus fins limiers, comme un Bruno Tertrais, que j’avais rencontré en passant, jeune expert en herbe et imberbe à la DAS (Délégation aux Affaires Stratégiques à la défense) de Perrin de Brichambaut, exultant d’un patriotisme touchant après la victoire de la France en Coupe du Monde (celle de Paris, 1999) ; devenu depuis une anguille sachant naviguer, grand-maître du parti neocon des salons parisiens, exquisement proaméricaniste et otanien du Quai d’Orsay au boulevard Saint-Germain,  – eh bien, même lui adopte une attitude prudente, désapprouvant discrètement la crudité des mots de Macron mais non points ses intentions, et terminant (ou commençant, je ne sais plus très bien et de toutes les façons c’est selon la façon dont on lit l’article qui n’est nulle part ailleurs que  dans Le Monde) par ce “p’têt ben qu’oui, ptêt ben qu’non” : « Il est tout à fait possible que l’OTAN puisse célébrer son 100e anniversaire en 2049. Mais si le sommet de Londres se transforme en un déballage sans précédent des différends entre alliés, il pourrait entrer dans l’histoire comme le début de la fin de l’OTAN. »

Bref, il peut très bien faire très beau demain et après dans le Swinging New London, mais il est bien possible qu’il nous en tombe une sacrée bonne drache… Que Sera Sera

https://www.dedefensa.org/article/swinging-london

Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68557-deux-diplomates-russes-expulses-allemagne-moscou-promet-reponse?

Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse 4 déc. 2019, 12:57 © JOHN MACDOUGALL Source: AFP Ambassade russe à Berlin Estimant que la Russie n’a pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin, l’Allemagne a décidé d’expulser deux diplomates russes.

Le parquet fédéral s’est saisi de l’enquête. Moscou dénonce un acte «injustifié». Berlin a sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», le 4 décembre, accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Cette annonce fait suite à la décision mercredi du parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, de se saisir de cette enquête en évoquant un «contexte politique». «Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident» Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, évoque un acte «injustifié» et promet des mesures de représailles.

«Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée vis-à-vis de questions d’enquête est inadmissible. Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion.», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Ce sont des hypothèses absolument sans fondement Egalement interrogé sur cette affaire, le Kremlin a fait savoir le 4 décembre ne rien savoir du meurtre d’un Géorgien à Berlin l’été dernier. « Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«L’enquête est en cours en Allemagne (…) Nous n’avons aucune information ici». «Ce sont des hypothèses absolument sans fondement », a-t-il ajouté, indiquant que le «sujet est en quelque sorte monté en épingle par les médias allemands» et indiquant qu’en l’absence de «soupçons sérieux» cette affaire ne pèserait pas sur la rencontre prévue le 9 décembre à Paris entre les dirigeants russe, ukrainien, allemand et français.

Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles par une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».  Tornike K. avait participé dans le camp tchétchène à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant de passer dans une unité anti-terroriste du ministère de l’Intérieur géorgien, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche.

Moscou le considère comme un terroriste. Visé déjà par plusieurs tentatives d’assassinat, celui qui était jusqu’ici présenté dans la presse sous le nom de Zelimkhan Khangochvili avait émigré ces dernières années en Allemagne.

  Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre avait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération russe, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Quant au meurtrier présumé, un Russe, est depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence. Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurait pourtant pas dans les bases de données russes.

 Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

International Raconter l’actualitéhttps://francais.rt.com/international/68557-deux-diplomates-russes-expulses-allemagne-moscou-promet-reponse?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

En savoir plus sur RT France : h