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RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

24 Février 2020

Publié par François 24/02/2020 10H50

RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

Sur RT France, Alain Juillet, ancien haut responsable à l’intelligence économique et dirigeant d’entreprises, présentera deux fois par mois, à compter de mars 2020, La Source, une émission de 13 minutes d’analyse sur des sujets stratégiques pour la France.

« Alain Juillet a un parcours exceptionnel et une expertise reconnue. Je suis très heureuse de compter une personnalité de cette envergure parmi nous. Je suis sûre qu’il apportera à nos audiences un éclairage plus approfondi des processus géopolitiques à l’œuvre dans le monde », déclare Xenia Fedorova, Présidente et directrice de l’information de RT France.

RT France lance une émission sur la géopolitique dans laquelle seront traités des sujets tels que la diplomatie, les conflits, le terrorisme, la sécurité, l’intelligence économique, … Alain Juillet, fort de sa longue expérience au plus haut niveau dans le monde de l’entreprise et du renseignement, aborde les sujets les plus complexes avec un objectif : clarifier pour permettre à chacun de voir plus loin et se forger sa propre opinion.PUBLICITÉ

« Hors de toute considération idéologique, la pratique de la géopolitique doit permettre aux citoyens de mieux comprendre la réalité objective », explique Alain Juillet.

La chaîne est disponible sur la Freebox (Canal 359), Fransat (Canal 55), sur les satellites SES 4, Astra 19.2 et Eutelsat 5WestA et sur la plateforme OTT Molotov. Elle est également présente en ligne à l’adresse rtfrance.tv.

http://www.leblogtvnews.com/2020/02/rt-france-annonce-le-lancement-de-la-source-nouvelle-emission-de-geopolitique-avec-alain-juillet.html

Voisins européens. Russie-UE : trente ans de relations, par Sergueï Lavrov

oisins européens. Russie-UE : trente ans de relations, par Sergueï Lavrov 18 déc. 2019 Source: Sputnik A l’occasion des 30 ans depuis l’instauration des relations entre l’Union soviétique et la Communauté européenne, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov livre son analyse sur la période passée et l’avenir des liens entre l’UE et la Russie. Il y a 30 ans, le 18 décembre 1989 à Bruxelles, était signé l’Accord de commerce et de coopération commerciale et économique entre l’URSS et la Communauté européenne.

Cette date a marqué le point de départ de l’établissement des relations officielles de la Russie, en tant qu’État-successeur de l’URSS, avec l’Union européenne. Article publié initialement dans le quotidien russe Rossiïskaïa gazeta, le 18 décembre 2019 Symboliquement, cet accord a été conclu un peu plus d’un mois après la chute du mur de Berlin, événement entré dans l’histoire comme charnière dans la fin de la Guerre froide – période de séparation du continent en blocs idéologiques opposés.

Les fondateurs du partenariat Russie-UE comprenaient qu’il était impossible d’effacer les lignes de démarcation séculaires sur notre continent sans créer en Europe un large champ de coopération. Les deux parties étaient disposées à rendre cette dernière mutuellement avantageuse, durable et résistante aux fluctuations économiques et politiques. Les années qui ont suivi ont été marquées par un travail laborieux sur la mise en place d’une architecture d’interaction à plusieurs niveaux entre la Russie et l’UE. Une base juridique solide a été créée, qui s’appuie encore aujourd’hui sur l’Accord de partenariat et de coopération signé en 1994.

Pendant le sommet Russie-UE à Saint-Pétersbourg en mai 2003, un pas de plus a été fait pour surmonter la division de l’Europe : un accord a été conclu sur l’établissement d’un partenariat stratégique basé sur la création de quatre espaces communs – économique, de sécurité extérieure, de liberté, de sécurité et de justice, de science et d’éducation (incluant les aspects culturels).

Nous avons travaillé ensemble sur des projets à long terme qui, s’ils avaient été menés jusqu’à leur terme logique, auraient apporté des profits tangibles à tous les habitants de notre continent commun, auraient considérablement augmenté le niveau de leur sécurité, de leur bien-être et de leur confort. Il était notamment question de faciliter les conditions pour les voyages réciproques des citoyens de la Russie et de l’UE (jusqu’à un régime sans visa), de l’établissement d’une coopération étroite entre les forces de sécurité pour lutter contre les menaces du terrorisme et du crime organisé, du règlement coordonné des crises et conflits régionaux, et de la formation d’une union énergétique.

Cependant, il n’a pas été possible d’assurer la stabilité du partenariat déclaré dans les relations Russie-UE. Les principes de coopération équitable ont cédé la place à l’illusion que la sécurité euro-atlantique devait se construire uniquement autour de l’Otan Malheureusement, certains occidentaux ont commencé à voir la perspective paneuropéenne uniquement à travers le prisme de «la victoire dans la Guerre froide». Les principes de coopération équitable ont cédé la place à l’illusion que la sécurité euro-atlantique devait se construire uniquement autour de l’Otan, et que la notion même de l’Europe devait être associée uniquement à l’UE.

Tout le reste ne serait que des «cercles concentriques» autour de ces «centres de légitimité». Lire aussi Interdit d’interdire : Jean Radvanyi – Jean-Robert Raviot sur la Russie, l’Ukraine et l’Europe Sur le plan concret, nous assistions de plus en plus souvent dans nos relations avec Bruxelles à «l’absolutisation» des normes supranationales de l’UE et des tentatives de leur application rétroactive dans tous les autres pays. Il nous était proposé d’accepter des décisions déjà prêtes et préparées au sein de l’UE, qui ne supposaient ni leur discussion avec nous ni la prise en compte des intérêts russes – en d’autres termes, de se ranger dans le sillage et de suivre le «bon» cap, ainsi que d’accepter inconditionnellement l’interprétation des «valeurs universelles» allant souvent à l’encontre de la tradition civilisationnelle européenne basée sur la chrétienté.

Nos partenaires de Bruxelles ont commencé à taire honteusement que le travail sur la conception de quatre espaces communs Russie-UE s’appuyait sur la compréhension mutuelle du danger et de la contreproductivité des tentatives de placer nos voisins communs face au choix «l’UE ou la Russie». Avant 2014 déjà, le lancement de l’initiative Partenariat oriental était un signal alarmant dans les relations Russie-UE, qui était de facto orienté, comme cela s’est confirmé par la suite, vers l’objectif d’arracher à la Russie ses voisins les plus proches avec lesquels elle entretenait des liens séculaires.

Les regrettables conséquences de cette politique égoïste se ressentent encore à ce jour. Autrement dit, dans la pratique, l’UE n’était pas prête à l’équité dans les relations avec notre pays. Dans le vocable bruxellois, le terme «Europe» est devenu définitivement synonyme d’«Union européenne». Tout ceci est présenté comme s’il existait une «vraie» Europe – les membres de l’UE – alors que tous les autres pays du continent doivent encore mériter le «grand titre d’européens».

Ainsi on cherche de nouveau à diviser artificiellement le continent, à altérer la géographie et l’histoire, comme le montrent les résolutions adoptées par les structures européennes qui assimilent les nazis, ayant éradiqué les peuples européens, aux guerriers soviétiques qui ont sauvé ces peuples d’une élimination physique. Cette approche est profondément vicieuse et, j’en suis certain, ne profite pas au projet d’intégration européenne, est contraire à son esprit pacifique et unificateur initial.

Géographiquement, historiquement, économiquement et culturellement, la Russie faisait, fait et fera toujours partie intégrante de l’Europe. Dotés d’une identité unique, dont nous sommes fiers à juste titre, nous faisons partie de l’espace civilisationnel européen. Pendant des siècles la Russie a apporté sa contribution à son élargissement – jusqu’à l’océan Pacifique. Notre identité s’est formée notamment sous l’influence des idées européennes progressistes.

De la même manière que la culture européenne contemporaine serait impensable sans un enrichissement réciproque avec la Russie.

En dépit des différends, la Russie et l’UE restent des partenaires commerciaux et économiques importants. Et de très grands voisins capables d’assumer eux-mêmes la responsabilité commune de la paix, de la prospérité et de la sécurité dans cette partie de l’Eurasie. D’ailleurs, si l’UE n’avait pas adopté une position engagée dans le contexte des événements ukrainiens, les échanges entre la Russie et l’UE auraient tout à fait pu atteindre 500 milliards de dollars, en devenant un facteur d’envergure globale comparable aux échanges de l’UE avec les États-Unis et la Chine.

L’opportunité d’un «nouveau départ» dans nos relations De plus en plus de signaux indiquent que nos partenaires de l’UE prennent progressivement conscience du caractère anormal de la situation actuelle. Après une certaine stagnation, la dynamique de la coopération avec la majorité des États membres de l’UE a repris. Les premiers contacts ont eu lieu avec la nouvelle direction de l’Union européenne, qui a commencé son travail début décembre. Le début d’un nouveau cycle institutionnel au sein de l’UE crée objectivement l’opportunité d’un «nouveau départ» dans nos relations. Au minimum, c’est une bonne occasion de réfléchir à ce que nous représentons l’un pour l’autre dans le monde contemporain en perpétuelle évolution.

Je voudrais espérer que les décideurs de l’Union européenne se laisseront guider par une vision stratégique et respecteront les idées des grands hommes politiques européens tels que Charles de Gaulle et Helmut Kohl, dont la pensée s’appuyait sur la notion de «maison européenne commune». Les restrictions artificielles de la coopération en fonction des intérêts géopolitiques de certains acteurs sont incapables de résoudre les problèmes, ne font que créer de nouvelles complications et affaiblir les positions économiques de l’Europe. Je suis convaincu que le seul moyen de préserver l’individualité et la compétitivité des cultures et des économies européennes dans le contexte de la pression de la mondialisation réside dans l’addition des avantages comparatifs de tous les pays et ensembles d’intégration de notre Eurasie commune.

Lire aussi Emmanuel Macron ne voit pas la Russie comme un «ennemi», mais veut un dialogue «exigeant» avec elle Les relations entre la Russie et l’UE ne se développent pas dans le vide. Le monde multipolaire est désormais absolument réel. De nouveaux centres de force financière, économique, technologique et politique se sont formés dans la région Asie-Pacifique. Nous développons notre politique étrangère et notre coopération avec nos partenaires en tenant compte de ce facteur crucial. Les nouvelles réalités sont porteuses de nouveaux défis transfrontaliers, mais offrent aussi la possibilité de puiser des ressources de développement là où nous n’avions même pas tenté de regarder par le passé. Dans tous les cas, l’addition des efforts multiplie nos capacités. Dans le contexte de la turbulence internationale persistante, il est nécessaire de garantir la suprématie du droit international. Il ne faut pas tentent de substituer à ce dernier un «ordre fondé sur des règles», inventé par l’Occident pour desservir ses intérêts. Ce n’est que de cette manière que nous serons en mesure d’assurer l’efficacité des efforts multilatéraux. Nous considérons l’Union européenne comme un centre du monde multipolaire. Nous visons à développer nos relations avec l’UE dans le cadre de l’initiative du Président russe Vladimir Poutine de former un grand partenariat eurasiatique de l’Atlantique au Pacifique réunissant tous les États de l’Union économique eurasiatique, l’OCS, l’ASEAN et tous les autres pays du continent. La coopération entre l’UE et l’UEEA pourrait servir de base économique à l’adhésion des membres de l’UE à ce partenariat. La jonction des potentiels de deux marchés régionaux importants et l’harmonisation de leurs régimes de commerce et d’investissement favoriseront le renforcement de tous les acteurs du commerce mondial et – ce qui est très important – permettra d’éviter dans le futur la situation qui place nos «voisins communs» devant un choix primitif : soit avec l’UE, soit avec la Russie. Je voudrais rappeler encore une fois que les principes de partenariat ont déjà été posés par nos textes communs. Ainsi, la Feuille de route sur l’espace commun de sécurité extérieure, adoptée le 10 mai 2005 au cours du sommet Russie-UE à Moscou, stipule que les processus de coopération internationale et d’intégration qui réunissent la Russie et l’UE et se basent sur les décisions souveraines des États, jouent un rôle important dans la consolidation de la sécurité et de la stabilité. Il est nécessaire de promouvoir ces processus «en agissant en synergie, dans le cadre d’une collaboration et d’un dialogue étroits et axés sur les résultats, contribuant ainsi dans les faits à la création d’une grande Europe sans clivages et fondée sur des valeurs communes». On ne pourrait pas le formuler mieux aujourd’hui. Il serait bien, désormais, de transformer ces propos en actions réelles. Il n’est possible de former un système de sécurité efficace en Europe que sur une base collective : c’est un axiome. La Charte de sécurité européenne a été signée il y a 20 ans,  le 19 novembre 1999, lors du sommet de l’OSCE à Istanbul. A l’initiative de l’UE, ce texte a également inclus la Plateforme de sécurité coopérative prévoyant une coopération non seulement entre tous les États, mais aussi toutes les organisations de l’espace euroatlantique. Nous avons soutenu cette proposition. Malheureusement, Bruxelles, qui abrite non seulement les institutions de l’UE mais aussi le siège de l’Otan, a plus tard perdu son intérêt pour cette idée. Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE, qui s’est déroulée du 5 au 6 décembre 2019 à Bratislava, les pays occidentaux ont bloqué la proposition russe de confirmer l’initiative susmentionnée prévoyant un dialogue européen égalitaire réunissant l’UE, la CEI, l’Otan et l’OTSC. Il s’avère que l’UE et l’Otan étaient certaines de leur domination quand elles ont avancé cette idée il y a 20 ans, mais craignent aujourd’hui la concurrence des structures qui se développent activement dans l’espace de la CEI, et évitent un dialogue direct avec ces dernières. Nous faisons face à des menaces et à des défis communs Nous appelons l’Union européenne à se lasser guider par les principes fondateurs fixés par les textes consacrés aux bases des relations entre la Russie et l’UE, au lieu de constructions inventées prévoyant une certaine «coexistence forcée».

Nous faisons face à des menaces et à des défis communs : le terrorisme, le trafic de stupéfiants, le crime organisé, l’immigration illégale, etc.

On doute que les restrictions de la coopération avec la Russie et l’orientation vers la confrontation avec elle pourront améliorer les perspectives de l’Union européenne dans le monde moderne. Nous sommes ouverts à une coopération mutuellement avantageuse, égalitaire et pragmatique avec l’UE, en respectant les intérêts de nos alliés et de tous les autres partenaires eurasiatiques.

C’est le seul moyen d’établir un modèle viable de relations durables répondant aux intérêts et aux aspirations des pays et des peuples de tout le continent eurasiatique.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. Raconter l’actualité

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Conflit diplomatique entre Egypte et Ethiopie autour de la construction d’un grand barrage sur le Nil Bleu

10 MIN

Conflit diplomatique entre Egypte et Ethiopie autour de la construction d’un grand barrage sur le Nil Bleu

01/11/2019

Un conflit diplomatique oppose l’Egypte à l’Ethiopie depuis plus de 8 ans, autour de la construction du Grand Barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu. La semaine dernière, la Russie et les Etats-Unis se sont proposés comme médiateurs de ce conflit. Entretien avec le chercheur Franck Galland.

La construction du barrage Renaissance sur le Nil en Egypte, près de la frontière avec l'Ethiopie et le Soudan.
La construction du barrage Renaissance sur le Nil en Egypte, près de la frontière avec l’Ethiopie et le Soudan.• Crédits : Gioia Forster / dpa Picture Alliance – AFP

Un conflit diplomatique oppose l’Egypte à l’Ethiopie depuis plus de 8 ans, autour de la construction du Grand Barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu, construction à l’initiative de l’Ethiopie. L’Egypte dit depuis toujours que ce prochain plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique, va poser pour elle des problèmes d’approvisionnement. Le sujet a été évoqué notamment à Sotchi en marge du sommet Russie-Afrique, la Russie s’est proposée en médiatrice, tout comme les Etats-Unis.

Quant au président éthiopien Abiy Ahmed , pourtant tout juste nommé Prix Nobel de la Paix, il dit que son pays pourra « mobiliser des millions de jeunes » en cas de conflit armé avec l’Egypte.

Franck Galland : Le fleuve Nil Bleu prend sa source en territoire éthiopien. La construction de ce barrage est revendiquée par le peuple éthiopien mais est source d’inquiétude pour les pays de l’aval : le Soudan et l’Egypte. 95% de l’eau consommée en Egypte est issue de ce fleuve. (…) La première pierre de ce barrage a été posée en pleine révolution égyptienne, le 2 avril 2011, par le président éthiopien.  Les autorités éthiopiennes ont profité du chaos de la révolution égyptienne pour accélérer le développement de ce barrage. L’Ethiopie avait besoin de cet ouvrage qui sera, une fois terminé, la plus grande retenue d’eau d’Afrique, et le 13e barrage du monde en termes de capacités hydro-électriques.

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En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie…

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie 12 déc. 2019, 09:22 © Alexander Nemenov Source: AFP Le Kremlin, Moscou. (image d’illustration)

La diplomatie russe a annoncé que Moscou allait expulser deux diplomates de l’ambassade d’Allemagne. Une réponse symétrique après que Berlin a expulsé deux diplomates russes dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien dans la capitale. Moscou a annoncé ce 12 décembre l’expulsion de deux diplomates allemands, en représailles à la décision de l’Allemagne début décembre de renvoyer deux russes après le meurtre commandité, selon Berlin, d’un Géorgien d’origine tchétchène dans la capitale allemande.

Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué ce même jour l’ambassadeur allemand Géza Andreas von Geyr pour lui signifier que «deux collaborateurs de l’ambassade d’Allemagne avaient été déclarés persona non grata et avaient sept jours pour quitter» la Russie.

La diplomatie russe a également fait savoir espérer que ces expulsions – «symétriques» et constituant une réponse «inévitable» de la Russie – ne détérioreront pas les liens diplomatiques bilatéraux entre les deux pays.

La partie allemande a dit regretter la réaction de la Russie, évoquant par la voix de son ministère des Affaires étrangères une expulsion «injustifiée» et un «mauvais signal».

Dans un communiqué, Berlin annonce se réserver «le droit de prendre d’autres mesures dans cette affaire à la lumière des enquêtes» en cours.

Lire aussi Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse Le 4 décembre, Berlin avait sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Le même jour, le parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, avait déjà décidé de se saisir de cette enquête, évoquant un «contexte politique». «Vous avez expulsé nos diplomates, nous expulsons les vôtres. C’est tout», a déclaré le président russe Vladimir Poutine répondant à des questions de journalistes sur ce sujet après un sommet au «format Normandie» qui s’est tenu à Paris le 9 décembre.

C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou Interrogé au sujet de l’affaire par un journaliste allemand, le chef de l’Etat russe s’est également exprimé sur l’identité et les antécédents de la victime, un Géorgien d’origine tchétchène, nommé Tornike K. et identifié comme étant Zelimkhan Khangochvili.

Vladimir Poutine a affirmé que ce dernier avait «participé à des activités séparatistes» et était recherché par les services russes. «C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou», a déclaré Vladimir Poutine. Le président russe n’a pas précisé de quel attentat il s’agissait mais Moscou a connu une série d’explosions meurtrières à partir de 1996. Les attentats dans le métro de la capitale russe ont fait, au total, 106 morts et 520 blessés dans la période entre 1996 et 2010. 

Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, avait évoqué un acte «injustifié» concernant la mesure allemande et promis des représailles. «Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée de questions relatives à une enquête est inadmissible.

Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion», avait déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova. Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour, dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles tirées d’une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».

Tornike K. avait participé à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant d’entrer dans une unité anti-terroriste du ministère géorgien de l’Intérieur, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche. Il était considéré par Moscou comme terroriste.

Déjà visé par plusieurs tentatives d’assassinat, il avait émigré quelques années avant sa mort en Allemagne. Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre aurait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération de Russie, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Le meurtrier présumé est un Russe, depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence.

 Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurent pas dans les bases de données russes. Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

Lire aussi : Selon Poutine, le Géorgien tué en Allemagne était «un combattant, très cruel et sanguinaire» International

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Sommet au «format Normandie» : les quatre dirigeants s’engagent à stabiliser l’est ukrainien 9 déc. 2019

Sommet au «format Normandie» : les quatre dirigeants s’engagent à stabiliser l’est ukrainien 9 déc. 2019, 23:53 © REUTERS/Charles Platiau/Pool Les quatre dirigeants du sommet au format Normandie, le soir du 9 décembre à Paris.

Les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine ont convenu ce 10 décembre, de mettre en œuvre des mesures de soutien au cessez-le-feu pour l’est de l’Ukraine, afin de «stabiliser» la région d’ici la fin de l’année. A l’issue du sommet au «Format Normandie» qui s’est tenu ce 9 décembre à Paris, les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine ont convenu, via un communiqué, des mesures pour stabiliser la situation dans la zone de conflit dans l’est de l’Ukraine.

Dans le détail, il s’agit de «mesures de soutien au cessez-le-feu» pour l’est de l’Ukraine afin de «stabiliser» la région d’ici la fin de l’année. Le retrait de forces dans trois zones disputées devrait être opéré d’ici fin mars 2020.  «Nous avons avancé sur le désengagement, les échanges de prisonniers, le cessez-le-feu et l’évolution politique» et «nous avons demandé pour les quatre mois à venir à nos ministres de travailler […] en vue d’organiser des élections locales, avec l’objectif d’un nouveau sommet dans quatre mois», a précisé le président français, Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse avec les trois autres dirigeants qui concluait le sommet parisien.

Un «pas important» pour Vladimir Poutine Ce sommet au format Normandie constitue un «pas important» vers une désescalade, s’est félicité le chef d’Etat russe Vladimir Poutine, affirmant que des bases avaient été posées pour «croire en un processus de paix qui va dans la bonne direction». Le président russe a insisté à de nombreuses reprises sur le fait que l’Ukraine devait modifier sa Constitution afin d’accorder un statut spécial pour le Donbass, conformément aux accords de Minsk.

Interrogé par la presse sur une possible souplesse sur les accords de Minsk, le chef d’Etat russe a fait valoir qu’il convenait de ne pas toucher aux engagements déjà adoptés par les parties du format Normandie. C’est d’ailleurs l’un des points de divergence bien palpable lors de ce sommet. Sous pression de l’opinion publique dans son pays, le président Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine n’accepterait pas une «fédéralisation» et ne permettra à personne d’«influer son vecteur de développement».  Ne pas oublier «les gens ordinaires» «Nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de queues interminables, que les milliers de gens ordinaires qui vivent dans cette zone puissent passer aisément», a également déclaré Vladimir Poutine, à propos de la ligne de contact entre les territoires sous contrôle des rebelles est-ukrainiens et le reste de l’Ukraine. «N’oublions pas les gens ordinaires qui y vivent. Tous nos accords doivent améliorer leurs vies, non pas dans le futur, mais maintenant.»

En outre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé un important échange de prisonniers avec les rebelles de l’Est ukrainien en décembre. Il a également fait savoir son accord sur un élargissement du mandat de l’OSCE dans le processus de règlement du conflit et lui a accordé un accès total à la zone de conflit. Le chef d’Etat ukrainien a pour autant jugé les avancées issues de ce sommet trop limitées : «Beaucoup de questions ont été abordées, mes homologues ont dit que c’est un très bon résultat pour une première rencontre. Pour moi, je le dis honnêtement, c’est très peu : je voudrais résoudre un plus grand nombre de problèmes», a-t-il déclaré. Un nouveau sommet dans quatre mois

Enfin, la chancelière allemande Angela Merkel et Emmanuel Macron ont annoncé qu’un autre sommet devrait se tenir dans quatre mois entre les représentants des quatre pays.

Le chef d’Etat français a d’ailleurs rappelé, lors de la conférence de presse, que le «format Normandie» constituait le seul format diplomatique permettant de mettre en œuvre les accords de paix de Minsk. Le «format Normandie» a été conçu en 2014 pour tenter d’arrêter le conflit dans l’est de l’Ukraine. Les combats entre les autorités ukrainiennes et deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ont ​​éclaté après un coup d’Etat à Kiev, qui a renversé le président Victor Ianoukovitch. Les pourparlers ont finalement abouti à un plan de paix, connu sous le nom d’«accords de Minsk», début 2015. Lire aussi : «Format Normandie» à Paris : un sommet pour tenter de mettre fin au conflit ukrainien  International

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“Swinging London”

Swinging London

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 03 décembre 2019

   Forum

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Swinging London

3 décembre 2019 – Jamais je n’aurais pensé utiliser pour une “réunion” de l’OTAN cette expression, si à la mode dans les années 1960 entre Beatles et Rolling Stones, caractérisant le rythme effréné de la capitale anglaise sortie de sa soi-disant torpeur victorienne pour balancer les “Swinging Sixties” à la face de la modernité triomphante du monde. C’est pourtant le cas, me semble-t-il, – “never say never”, – pour la “réunion” dont tout le monde vous dit, les amis, que cela va swinguer diablement.

… En effet, “réunion” et pas “sommet”, comme nous le fait remarquer l’avisé WSWS.org dont j’entends bien utiliser, sans vergogne inutile mais avec le respect qui importe, quelques parties et extraits de son texte de ce  3 décembre 2019 fort bien documenté et plein d’espérance pour la classe ouvrière… Explication :

« L’OTAN a déclassé l’intitulé de la rencontre de deux jours à Londres de “sommet” à “réunion des dirigeants”, pour éviter d’avoir à publier un communiqué officiel que Trump ou d’autres chefs d’État pourraient refuser de signer. L’an dernier, on a assisté à l’effondrement spectaculaire du sommet du G7 à Québec, lorsque Trump a refusé à la dernière minute de signer le communiqué convenu par le Canada, le Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l’Italie. Entretemps, au cours de l’année écoulée, les tensions internationales au sein de l’OTAN n’ont cessé de s’aggraver… »

On a déjà vu divers motifs de cette aggravation, à mon avis les plus importants, dans  l’un ou  l’autre texte récent où le président français tient incontestablement la vedette. En effet, c’est une analogie assez étrange que celle qu’on relève entre ces deux personnages-là si différents, d’être, chacun dans leur genre et chacun avec leur style, les deux perturbateurs principaux de l’usine à gaz otanienne, de son ordre établi et paisiblement assoupi, au rythme de furieuses menaces antirusses et anathèmes antichinois qui sont comme comme autant de paisibles ronflements suivant l’aimable cliquetis des chenilles de quelques chars de passage. On vous le dit : si ce n’était eux, avec en plus Erdogan comme Grand Mamamouchi déguisé en cerise sur le gâteau, tout serait pour le mieux dans la meilleure des réunions au sommet, à Londres plus swinging que jamais, demain et le jour d’après.

« “Les alliés de l’OTAN approchent le sommet de Londres avec un sentiment d’appréhension”, observe Karen Donfried, du groupe de réflexion du German Marshall Fund. “Bien peu prévoient un rassemblement qui unifiera l’ensemble en aveuglant les fissures croissantes dans la cohésion.”
» De plus en plus, Trump n’est plus considéré comme le seul chef d’État dont les remarques pourraient provoquer une crise diplomatique majeure. “Ce serait un grand hommage à la valeur que tous les alliés de l’OTAN accordent à l’institution si nous parvenons à passer cette réunion sans que le président Trump, le président Emmanuel Macron ou le président Recep Tayyip Erdogan ne disent ou fassent quelque chose de dommageable pour l’alliance”, a déclaré Kori Schake, ancien responsable du Conseil national de sécurité dans le gouvernement Bush, à Bloomberg News. »

Effectivement, il aurait été injuste d’oublier l’exotique empoignade entre Macron et Erdogan. Elle est pourtant tellement d’actualité, je veux dire comme illustration du chaos du monde et du billard à 2019 bandes que sont devenus la politique des relations internationales et le classement entre “ami” et “ennemi”, avec des observations de la sorte que “l’ami de mon ennemi est l’ennemi de mon ennemi qui est devenu mon ami”.

Ils s’empoignent tellement, Macron-Erdogan, qu’ils en arrivent à boucler la boucle ; puisqu’Erdogan menace de mettre son veto “aux plans de l’OTAN visant la Russie à partir de la Pologne et des États baltes” si la susdite-OTAN ne proclame pas “terroriste” le YPG kurde tant chéri par Macron ; alors que ce même Macron demande une chose prioritairement, qu’on cesse donc d’ennuyer la Russie avec des postures de menaces et des cliquetis de chenilles de chars en goguette, notamment en Pologne et dans les États baltes.. 

« Au cours des derniers jours, Macron a également échangé des insultes avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré à l’intention de Macron, vendredi : “Je vous le dirai à nouveau lors de la réunion, vérifiez d’abord votre propre mort cérébrale.” Erdogan a également déclaré qu’il n’appartenait pas à Macron de discuter de la question de savoir si la Turquie devait rester au sein de l’OTAN ou si elle devait être expulsée. Erdogan a critiqué Macron pour son soutien à la milice des unités de protection du peuple kurde syrien (YPG), que le gouvernement turc a qualifiée de groupe terroriste.
» Erdogan a également menacé de s’opposer aux plans militaires de l’OTAN visant la Russie à partir de la Pologne et des États baltes, si l’OTAN n’inscrivait pas collectivement le YPG comme organisation terroriste. »

Pourtant, poursuit le commentateur de WSWS.org, l’OTAN a son utilité. Cette organisation sert fort bien à coordonner des déploiements, des provocations, des discours furieux, et même l’une ou l’autre “chouette petite guerre” de temps en temps, ce qui contribue dit-on à faire taire les récriminations de la classe ouvrière et à fabriquer un simulacre d’entente et de coude-à-coude entre tous ces pays qui sont rassemblés en une alliance au succès sans précédent dans l’histoire, et dont je ne sais plus à quoi elle sert… Mais si, pardi ! qui sert “ à coordonner des déploiements, des provocations, des discours furieux, et même l’une ou l’autre ‘chouette petite guerre’”, – ce qui montre combien l’OTAN n’est pas loin d’avoir inventé le mouvement perpétuel.

…Ainsi aurions-nous enfin percé le Grand Mystère qui plonge le Sphinx lui-même dans des abîmes de réflexion : mais à quoi donc peut bien servir l’OTAN, elle qui rassemble sous la houlette américaniste tant de pays qui, pris individuellement, sont autant de marionnettes très-fidèles de l’américanisme, sauf l’un ou l’autre qu’il n’est pas très habile de mélanger aux autres ?

Enfin bref… L’OTAN a inventé le mouvement perpétuel point-barre, et cela suffit à notre bonheur et à l’honneur de notre civilisation.

« Près de 30 ans après la dissolution de l’Union soviétique par la bureaucratie stalinienne en 1991, qui a privé l’OTAN d’un ennemi commun, il est de plus en plus clair que des conflits profondément enracinés selon des intérêts stratégiques et économiques antagonistes déchirent les principales puissances de l’OTAN. Face à la défaite de leur guerre par procuration de huit ans en Syrie et dans les guerres au Moyen-Orient, les puissances de l’OTAN se préparent à une escalade sans le moindre souci de conséquences potentiellement catastrophiques. Cette voie a été empruntée pour tenter de faire face à l’opposition croissante des travailleurs dans les pays membres et aux divisions croissantes entre eux. »

Mais je m’en voudrais de vous faire perdre  de vue l’un des derniers points soulevés par l’article cité, qui concerne l’une des conquêtes les plus fructueuses de l’organisation, – je veux parler de l’Ukraine et de son sémillant président Zelenski. En effet, il faut savoir que ce président Zelenski-là est chapeauté de drôlement près, comme chacun sait, par le truculent oligarque ukrainien Kolomoïski qui est en train d’ébaucher une nouvelle extension de sa fortune vers l’Est, c’est-à-dire vers l’ami russe, au moyen d’un succulent  trafic de Pampers qu’il compte bien vendre à l’OTAN pour que cette sublime organisation en équipe ses innombrables divisions blindées et néanmoins incontinentes… On pourrait imaginer que Zelenski soit invité à suivre par la grosse patte bonhomme de Kolomoïski, non ?

« …En particulier, les divisions tactiques sur la politique étrangère impérialiste américaine qui sous-tendent la campagne du Parti démocrate pour destituer Trump et le dénoncer comme un traître pro-russe sont étroitement liées à des conflits explosifs au sein de l’OTAN.
» Alors que Merkel, Macron, Poutine et le président ukrainien Vladimir Zelenski devaient se rencontrer pour négocier une trêve à Paris le 9 décembre, sans la participation de Washington, le quotidien de référence Washington Post a averti que la crise de destitution pourrait renforcer par inadvertance la main des puissances européennes en Ukraine.
» Dans son éditorial, le Post écrit : “Pratiquement tous les hauts fonctionnaires qui ont travaillé sur les relations (avec l’Ukraine) au cours des deux dernières années ont démissionné ou ont témoigné dans l’enquête de destitution et ont été dénoncés par le président. … Tout cela affaiblit considérablement la position de M. Zelenski, d’autant plus qu’il envisage de rencontrer M. Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. Ces deux derniers feront probablement pression sur les Ukrainiens pour obtenir des concessions pour satisfaire la Russie, car un accord leur permettrait de réparer les relations européennes avec la Russie”. »

En général, je l’avoue, je me méfie des réunions qu’on vous annonce comme “explosives”, ou de tout autre événement à la prévision catastrophique. Cela, c’est un réflexe appris d’“avant”, je veux dire avant le “nouveau monde”, quand on parvenait à s’arranger sur les sujets de grande discorde que l’on voyait venir, grâce à la raison et au sens commun. Mais aujourd’hui, tel ou tel exemple montre qu’il y a un côté “le pire est toujours le plus probable“ dans notre époque, comme si l’idée selon laquelle les catastrophes prévisibles étaient souvent évitables selon l’acte de l’ancienne sagesse, étaient devenues la fatalité que les catastrophes prévisibles sont devenues inévitables, comme si enfin nous n’avions plus ni raison ni sens commun pour écarter des événements sur lesquels nous n’avons plus aucun contrôle.

Alors, prudence prudence… Même les plus fins limiers, comme un Bruno Tertrais, que j’avais rencontré en passant, jeune expert en herbe et imberbe à la DAS (Délégation aux Affaires Stratégiques à la défense) de Perrin de Brichambaut, exultant d’un patriotisme touchant après la victoire de la France en Coupe du Monde (celle de Paris, 1999) ; devenu depuis une anguille sachant naviguer, grand-maître du parti neocon des salons parisiens, exquisement proaméricaniste et otanien du Quai d’Orsay au boulevard Saint-Germain,  – eh bien, même lui adopte une attitude prudente, désapprouvant discrètement la crudité des mots de Macron mais non points ses intentions, et terminant (ou commençant, je ne sais plus très bien et de toutes les façons c’est selon la façon dont on lit l’article qui n’est nulle part ailleurs que  dans Le Monde) par ce “p’têt ben qu’oui, ptêt ben qu’non” : « Il est tout à fait possible que l’OTAN puisse célébrer son 100e anniversaire en 2049. Mais si le sommet de Londres se transforme en un déballage sans précédent des différends entre alliés, il pourrait entrer dans l’histoire comme le début de la fin de l’OTAN. »

Bref, il peut très bien faire très beau demain et après dans le Swinging New London, mais il est bien possible qu’il nous en tombe une sacrée bonne drache… Que Sera Sera

https://www.dedefensa.org/article/swinging-london

Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68557-deux-diplomates-russes-expulses-allemagne-moscou-promet-reponse?

Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse 4 déc. 2019, 12:57 © JOHN MACDOUGALL Source: AFP Ambassade russe à Berlin Estimant que la Russie n’a pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin, l’Allemagne a décidé d’expulser deux diplomates russes.

Le parquet fédéral s’est saisi de l’enquête. Moscou dénonce un acte «injustifié». Berlin a sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», le 4 décembre, accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Cette annonce fait suite à la décision mercredi du parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, de se saisir de cette enquête en évoquant un «contexte politique». «Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident» Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, évoque un acte «injustifié» et promet des mesures de représailles.

«Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée vis-à-vis de questions d’enquête est inadmissible. Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion.», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Ce sont des hypothèses absolument sans fondement Egalement interrogé sur cette affaire, le Kremlin a fait savoir le 4 décembre ne rien savoir du meurtre d’un Géorgien à Berlin l’été dernier. « Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«L’enquête est en cours en Allemagne (…) Nous n’avons aucune information ici». «Ce sont des hypothèses absolument sans fondement », a-t-il ajouté, indiquant que le «sujet est en quelque sorte monté en épingle par les médias allemands» et indiquant qu’en l’absence de «soupçons sérieux» cette affaire ne pèserait pas sur la rencontre prévue le 9 décembre à Paris entre les dirigeants russe, ukrainien, allemand et français.

Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles par une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».  Tornike K. avait participé dans le camp tchétchène à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant de passer dans une unité anti-terroriste du ministère de l’Intérieur géorgien, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche.

Moscou le considère comme un terroriste. Visé déjà par plusieurs tentatives d’assassinat, celui qui était jusqu’ici présenté dans la presse sous le nom de Zelimkhan Khangochvili avait émigré ces dernières années en Allemagne.

  Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre avait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération russe, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Quant au meurtrier présumé, un Russe, est depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence. Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurait pourtant pas dans les bases de données russes.

 Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

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Washington envisage de sortir d’un traité autorisant la surveillance des mouvements militaires des pays signataires

Washington envisage de sortir d’un traité autorisant la surveillance des mouvements militaires des pays signataires

PAR LAURENT LAGNEAU · 10 OCTOBRE 2019

Après avoir dénoncé le Traité sur les forces nucléainres intermédiaires [FNI] au motif que la Russie en avait violé les dispositions en déployant un missile interdit [le Novator « 9M729 », en l’occurrence], l’administration Trump envisagerait d’en faire de même avec un autre texte négocié et signé à la fin de la Guerre Froide.

En 1992, à Helsinki, 34 pays membres de l’Otan et de l’ex-Pacte de Varsovie adoptèrent le traité dit « Open Skies », lequel autorise des vols d’observation non armés au dessus du territoire des signataires, afin de surveiller les éventuels mouvements militaires des uns et des autres. Ce texte est entré en vigueur 2002, après sa ratification par le Parlement russe.

Concrètement, chaque signataire doit accepter un certain nombre de survols de son territoire à des fins d’observation [on parle alors de quota passif]. En échange, il peut effectuer autant de vols qu’il en a reçus [quota actif], à la condition d’adresser un préavis de 72 heures aux autorités du pays concerné.

Outre le fait que ce traité permet de renforcer la confiance mutuelle entre les signataires, il peut aussi être utilisé à des fins plus politiques. Ainsi, par exemple, les États-Unis envoyèrent l’un de leurs deux avions OC-135B « Open Skies » survoler l’Ukraine afin de marquer leur soutien à Kiev après l’arraisonnement de navires ukrainiens par la garde-côtière russe dans le détroit de Kertch, en novembre 2018.

Seulement, selon CNN, qui cite un responsable américain, l’administration Trump a l’intention de dénoncer ce traité au motif que la Russie aurait manqué, là aussi, à ses obligations, notamment en restreignant les vols au-dessus de l’enclave – fortement militarisée – de Kaliningrad. Une annonce en ce sens devrait bientôt être faite.

« [Le président russe] Vladimir Poutine a violé le traité ‘Ciel ouvert’ pendant dans des années en continuer à bénéficier de vols de surveillance au-dessus des États-Unis. Le président [Trump] devrait s’en retirer et redéployer les centaines de millions de dollars que le Pentagone gaspille en vols d’observation pour accroître les capacités de combat des États-Unis », a par ailleurs résumé Tom Cotton, un sénateur républicain.

Cependant, des élus démocrates s’inquiétent du projet de M. Trump. Et cela d’autant plus que, pour le moment, Washington n’a nullement consulté ses alliés au sujet de ses intentions.

« Le retrait du Traité Ciel ouvert, un important accord multilatéral sur la maîtrise des armements, serait un cadeau supplémentaire de l’administration Trump à Poutine », ont ainsi estimé les sénateurs démocrates Bob Menendez et Jack Reed, ainsi que les représentants Eliot Engel et Adam Smith, dans un courrier [.pdf] adressé au chef du Pentagone, Mark Esper, et à Mike Pompeo, le secrétaire d’État.

« Non seulement il n’y a aucune raison de s’en retirer pour des raisons de sécurité nationale et il n’y a eu aucune consultation du Congrès ou de nos alliés au sujet de cette décision », affirment les parlementaires démocrates.

De son côté, un porte-parole du Pentagone a expliqué que la Russie n’avait pas respecté ce traité par le passé et que, en conséquense, les États-Unis avaient imposé des mesures [de restriction] lors du survol par les Russes du territoire américain [en 2017, ndlr]. « Nous continuerons à travailler avec nos partenaires pour faire pression sur la Russie afin qu’elle respecte le traité », a-t-il assuré.

Paradoxalement, les élus démocrates qui ont dénoncé le projet de l’administration Trump ont indirectement reçu le soutien de l’ambassade de Russie à Washington. « Nous considérons que le Traité Open Skies est un instrument important pour assurer la sécurité européenne au même niveau que le document de Vienne de 2011 sur les mesures de confiance et de sécurité », a-t-elle plaidé.

http://www.opex360.com/2019/10/10/washington-envisage-de-sortir-dun-traite-autorisant-la-surveillance-des-mouvements-militaires-des-pays-signataires/

L’échec des pourparlers nucléaires américano-iraniens est imputable à Trump – Rouhani (The Guardian)

L’échec des pourparlers nucléaires américano-iraniens est imputable à Trump – Rouhani (The Guardian)

11111 Rating 0.00 (0 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 2 octobre 2019  Mis à jour : 2 octobre 2019  Création : 2 octobre 2019 Écrit par folamour  Affichages : 9fShare

Si la France pouvoir retrouver son statut d’intermédiaire au niveau mondial, notre pays en ressortirait grandit plutôt que d’être systématiquement soumis à Washington…

Iran 02 10 2019

Hassan Rouhani a déclaré qu’une solution diplomatique était encore possible et a remercié Emmanuel Macron pour sesefforts à l’ONU. Photographie : Yana Paskova/Reuters

Le président iranien a déclaré au gouvernement que le pays était prêt à accepter les termes du plan français de l’ONU

Le président iranien, Hassan Rouhani, a déclaré à son cabinet que si le pays était prêt à mettre fin à son impasse nucléaire avec les Etats-Unis dans les termes définis par la France aux Nations Unies, Donald Trump n’était pas prêt à rendre publique une offre privée apparente de levée de sanctions.

Bien que son récit ne soit pas impartial en soi, c’est la version la plus complète de la diplomatie en coulisse fournie par les Iraniens à l’Assemblée générale de l’ONU.

La revendication de Rouhani est venue en tant que dirigeant suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a livré un message plus dur, disant que l’Iran continuerait à réduire ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire jusqu’à ce qu’il atteigne ses objectifs. Il a pris trois mesures pour s’écarter de l’accord, une tous les 60 jours depuis mai, et menace d’en prendre une quatrième en novembre.

Insistant sur le fait que la voie de la diplomatie n’était pas encore fermée, M. Rouhani a remercié le président français, Emmanuel Macron, pour les six heures intensives de diplomatie qu’il a consacrées à l’assemblée générale et a déclaré que l’échec des négociations était imputable à Washington.

Macron a fait la navette entre l’Iran et les États-Unis pour tenter de conclure un accord dans lequel l’Iran renonce à toute ambition nucléaire en échange de la levée des sanctions américaines sur les exportations pétrolières iraniennes, le moteur de l’économie iranienne. Le document en quatre points négocié par Macron dans les états de New York : « L’Iran n’acquerra jamais d’arme nucléaire  » et « respectera pleinement ses obligations et engagements nucléaires et acceptera une négociation sur un cadre à long terme pour ses activités nucléaires ». Elle s’abstiendra également de toute agression et s’efforcera d’instaurer une paix et un respect authentiques dans la région par le biais de négociations.

En retour, les États-Unis lèveraient les sanctions contre l’Iran. Macron a même préparé une ligne téléphonique pour que Rouhani puisse parler à Trump, Bur Rouhani a refusé de l’utiliser.

Bien que l’Iran affirme que le document français ne reflète pas pleinement la position iranienne, M. Rouhani a déclaré que l’Iran aurait pu accepter le compromis inhérent au plan français.

C’était le principe que la France avait proposé avec les Américains, et puis il avait été évoqué avec nous, donc le principe qui est maintenant largement diffusé dans les journaux et publications du monde entier, et le président français lui-même l’a confirmé, est correct.

« Nous nous sommes réunis, et celui qui a empêché le résultat, c’est la Maison Blanche, et l’Iran, Paris, Tokyo et le reste des pays n’étaient pas à blâmer ».

Il s’est plaint du fait que les États-Unis avaient dit aux Européens dans des messages privés qu’ils étaient prêts pour un accord, mais dans des déclarations ultérieures, ils ont déclaré à deux reprises qu’ils allaient renforcer leur boycott. Il a demandé : « Comment croire et persuader les Iraniens que nous ne serions pas trompés par le message privé ? »

Il a ajouté : « Le président américain a déclaré à deux reprises, une fois dans son discours aux Nations Unies et une autre fois, explicitement que nous voulons intensifier les sanctions. Je l’ai dit à ces amis européens, alors quelle partie devrions-nous accepter ? Devrions-nous vous croire sur parole que vous dites que l’Amérique est prête ? » Les Européens, a-t-il ajouté, n’ont pas de réponse.

En fin de compte, a dit M. Rouhani, une question aussi importante ne pouvait pas être résolue en quelques heures.

« Bien sûr, il était important pour les Américains d’en faire une bombe à retardement et de changer ainsi certaines de leurs conditions intérieures, mais nous nous moquons de savoir quel est leur but. Pour nous, les intérêts nationaux comptent. »

Dans l’ensemble, M. Rouhani a décrit un pays qui a résisté à des pressions économiques sans précédent et qui est maintenant un acteur de poids dans le monde. « Lors de la visite au siège des Nations Unies, la politique et la diplomatie tournaient autour de l’endroit où se trouvait la délégation iranienne, et tout le monde voulait entendre parler de la dynamique régionale et de la politique mondiale de l’Iran.

« Ils pensaient tous que les actions de l’Iran pouvaient même affecter la politique intérieure des États-Unis. »

a noté Rouhani : « Ce que nous avons ressenti à la fin de notre court séjour à New York, c’est que l’atmosphère négative que l’ennemi cherchait à créer autour de l’Iran avait été détruite et que d’autres conditions s’étaient créées, en particulier alors que nous annoncions la paix et discutions de l’initiative de paix Hormuz que nous avions présentée.

Affirmant que le lobby anti-iranien avait tenté de créer une atmosphère dans laquelle l’Iran serait dépeint comme le pays refusant de négocier, il a déclaré que dans les deux heures suivant son arrivée à New York, l’Iran avait réussi à briser la conspiration qu’ils avaient conçue et a insisté pour que l’Iran ne fuie pas la table des négociations.

« Tous les Européens m’ont dit que votre pouvoir aujourd’hui est plus grand qu’il y a un an », a déclaré le président à son cabinet.

Il a également donné un compte-rendu très optimiste de l’état de l’économie assiégée de l’Iran, affirmant que la valeur de la monnaie nationale était en hausse et l’inflation en baisse mois après mois.

Source : The Guardian

Informations complémentaires :

Crashdebug.fr : Qui a fait sauter le marché pétrolier ? (Le Sakerfrancophone)

https://www.crashdebug.fr/international/16612-l-echec-des-pourparlers-nucleaires-americano-iraniens-est-imputable-a-trump-rouhani-the-guardian

1989 vue de Moscou : déclin ou renaissance ?

L’Europe trois décennies après l’ouverture du rideau de fer

1989 vue de Moscou : déclin ou renaissance ?

Par Cyrille BRET, le 22 septembre 2019      

Cyrille Bret est haut fonctionnaire et géopoliticien. Inspecteur de l’administration, il a travaillé dans les industries aéronautiques, les industries numériques et est aujourd’hui en poste dans un groupe public de défense. Après une formation à l’Ecole Normale Supérieure, à Sciences Po et à l’Ecole Nationale d’administration, il a été auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN).

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C. Bret nous offre une magistrale démonstration des ruptures et retournements des trois dernières décennies en Russie. Décentrons notre regard à Moscou pour mieux comprendre l’Europe géographique – c’est à dire Russie incluse, au moins jusqu’à l’Oural – à ne pas confondre avec l’Union européenne qui en est cependant voisine.

1989, un évènement pour la Russie ?

VUE de Moscou, l’année 1989 est bien différente de celle qui est célébrée à Berlin et Paris. Envisagée depuis la capitale de l’URSS puis de la Russie, 1989 est une des étapes qui conduisent l’Etat soviétique du faîte de sa puissance à sa dissolution, en l’espace d’une décennie. De 1979, année de l’intervention soviétique en Afghanistan, à 1991, qui consacre la dissolution de l’Union, en passant par 1985, date de l’accession de Mikhaïl Gorbatchev au poste de Secrétaire Général du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS), l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques évolue du statut de puissance mondiale à celui de vaincu géostratégique et de naufragé économique. Toutefois, vue de Moscou, l’année 1989 marque aussi un nouveau départ : c’est l’année des premières élections libres depuis la révolution de 1917. Entre fin de la Guerre froide et gestation de la Nouvelle Russie, 1989 prend sa place, dans la mémoire collective, comme un point bas de l’influence européenne du pays mais aussi comme le point de départ d’une nouvelle période.

C’est dans le temps long qu’il faut ressaisir la place de cette année dans le passé de la Russie – et dans son futur immédiat. Sur le plan régional, 1989 marque l’échec de la stratégie européenne que l’URSS a déployée depuis la Deuxième Guerre mondiale : 1989 est la réplique inversée de la victoire de 1945 (I) année où l’URSS est présente partout en Europe orientale jusqu’en Allemagne. Sur le plan intérieur, c’est le point à partir duquel les réformes de Mikhaïl Gorbatchev marquent le pas et annoncent la fin du régime communiste : 1989 prépare 1991 (II). Enfin, dans les représentations collectives, c’est l’année qui inaugure l’affaiblissement des années 1990 et prépare la renaissance de la puissance russe : 1989 annonce 1999, date de l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine. Si 1989 est un moment-clé dans l’histoire de l’Europe, c’est également une date d’importance pour la Russie (III).

1989 vue de Moscou : déclin ou renaissance ?

Cyrille BretCyrille Bret est haut fonctionnaire et géopoliticien

I. De 1945 à 1989 : la fin de l’hégémonie soviétique en Europe orientale

1989 est un événement européen avant d’être un événement intrinsèquement russe. C’est à Berlin, Bucarest, Budapest, Vienne ou encore Vilnius que se déroulent les principaux événements de l’année. Pour la Russie, c’est le moment où l’Europe centrale et orientale sort de son alliance militaire, politique économique et culturelle. Un mouvement de « désoviétisation du flanc est de l’Europe » s’amorce alors qui conduira à l’extension de l’OTAN et à l’élargissement de l’UE dans cette zone d’influence russe.

La désoviétisation rapide de l’Europe de l’Est

Plusieurs événements de 1989 consacrent la fin de la puissance mondiale pour l’URSS. En Asie centrale d’abord : le 15 février 1989, les autorités soviétiques annoncent le retrait définitif de leurs troupes d’Afghanistan. C’est la fin d’une opération militaire d’une décennie et l’aveu d’un échec. Cette campagne soviétique en Afghanistan (1979-1989) est surnommée « le Vietnam de l’URSS ». En effet, une superpuissance militaire et nucléaire a échoué à soutenir un régime communiste dans ce pays limitrophe de l’URSS. Cet aveu d’impuissance géopolitique entraîne une série d’événements qui conduisent au délitement, en une année, de l’hégémonie soviétique sur ce qu’on appelait le Bloc de l’Est. La chute – ou l’ouverture – du Mur de Berlinle 9 novembre 1989, est le point d’orgue de ce vaste reflux. Dès le printemps, le 2 mai 1989, la Hongrie communiste ouvre ses frontières vers l’Autriche, avant-poste de l’Ouest, réhabilite Imre Nagy, figure de la résistance à l’URSS en 1956 et met fin au régime communiste le 23 octobre 1989 en proclamant la République. En août 1989, la Pologne n’a plus de Premier ministre communiste : Tadeusz Mazowiecki, membre de Solidarnosc, accède à la primature. Et l’effet « boule de neige » est impressionnant : les citoyens de la République Démocratique d’Allemagne (RDA) fuient le régime communiste par la Hongrie et l’Autriche. Dans ce contexte de recul soviétique rapide, Mikhaïl Gorbatchev, venu à Berlin Est célébrer les 40 ans de la RDA annonce qu’aucune intervention armée ne jugulera le mouvement de sortie du communisme. C’est ce qui précipite la chute du Mur de Berlin, la fin de la RDA et, ultérieurement, la réunification allemande. Devant cette passivité explicite et volontaire, les interrogations sont multiples : s’agit-il d’une ruse pour reprendre ultérieurement la main sur la zone ? Ou bien d’un aveu de faiblesse ? ou encore d’une stratégie destinée à pallier la faiblesse temporaire de l’URSS ?

La Guerre froide est explicitement close par le président des États-Unis Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev le 2 décembre 1989 au sommet de Malte. Quant à la « Révolution roumaine », elle conclut – du 16 au 25 décembre – l’année 1989 en démantelant un régime communiste allié de l’URSS sur le versant sud-Est de l’Europe. Son déroulement est symptomatique de l’emballement historique de 1989 : face à des mouvements de protestation à Timisoara dans l’ouest du pays, la dictature Ceausescu tente de résister en organisant, le 21 décembre 1989 un meeting de soutien au régime. Celui-ci se retourne contre ses organisateurs, contraignant le dictateur à fuir, à être poursuivi puis exécuté, avec son épouse, Elena Petrescu, le 25 décembre 1989. L’URSS reste « neutre » alors même que ses troupes sont présentes dans le pays et sur sa frontière : la Roumanie est alors limitrophe de l’Union soviétique, via la République socialiste soviétique de Moldavie.

Pour l’URSS, 1989 est une année de renversement : lorsque l’année commence, le Bloc de l’Est est contesté mais reste en place. Lorsque l’année se clôt, ce Bloc est en déliquescence.

L’échec de la stratégie stalinienne du glacis occidental

Pour Moscou, les événements de 1989 mettent fin à la stratégie européenne conçue et mise en place par J. Staline dans le sillage de la Deuxième Guerre mondiale. Son but était en effet d’établir un bastion communiste avancé en Europe centrale et orientale. Forte de la présence de ses troupes sur le sol de ces Etats, l’URSS avait organisé l’établissement de « démocraties populaires » autrement dit de régimes communistes non démocratiques en Pologne (1944-1947), Roumanie (1947) Tchécoslovaquie (Coup de Prague en février 1948), Hongrie (1949), etc. La « libération » de ces pays par les troupes soviétiques contre l’Allemagne nazie avait permis à l’URSS d’exercer une véritable tutelle sur ces Etats réduits au rôle de satellites. C’est la stratégie du « glacis européen » pour l’URSS, censée octroyer à l’Etat soviétique une zone tampon et une profondeur stratégique supplémentaire en cas d’attaque de l’Ouest.

Sur le plan économique, l’URSS avait imposé la création du Comecon ou Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM) pour faire pièce au Plan Marshall de 1947. Cette organisation internationale établissait une division du travail et une répartition des rôles entre les différents Etats communistes de la région. Sa mission était avant tout de diffuser les instruments de l’économie planifiée soviétique, d’organiser les échanges commerciaux entre ces Etats et l’URSS. En raison du rôle pivot de la monnaie soviétique, le rouble, et de la dépendance technologique à l’égard de l’URSS, le Comecon permettait à l’URSS de se donner le rôle de leader économique en Europe de l’Est. Si le CAEM ne disparaît formellement qu’en 1991, 1989 marque sa véritable fin en raison de la disparition des régimes communistes dans les principales économies de la région. Si les gains et les pertes pour l’URSS sont difficilement évaluables dans le Comecon, cette organisation régionale marque l’empreinte du « grand frère soviétique » sur le modèle économique des Etats d’Europe orientale.

Sur le plan militaire, le Pacte de Varsovie était l’instrument de l’hégémonie soviétique en Europe centrale et orientale. Fondé sur un traité multilatéral d’amitié et d’assistance entre les alliés de l’URSS, le Pacte réunissait sous la houlette de l’Armée Rouge les différentes forces armées des démocraties populaires. En 1989, il est encore en vigueur et vient d’être reconduit pour vingt ans en 1985. Si le Pacte est dissout officiellement le 1er juillet 1991, il s’efface progressivement dans les faits en 1989. En effet, ces transformations politiques marquaient la fin de la doctrine dite de la « souveraineté limitée » dont la paternité revient à L. Brejnev. L’évolution d’un régime communiste vers un régime libéral étant considérée à Moscou comme une question d’intérêt commun pour tous les régimes communistes, les tentatives de démocratisation de la Hongrie (1956) et de la Tchécoslovaquie (1968) avaient pu être jugulées, dans le sang, par l’Armée Rouge et ses alliés locaux.

En somme, en 1989 la désoviétisation rapide de l’Europe centrale et orientale marque la fin d’un projet géopolitique d’établissement d’un Bloc et d’une zone tampon entre la Russie et le reste de l’Europe. La voie s’ouvre pour une « occidentalisation » de cette partie du continent. Elle aura lieu dès les années 1990.

II. De 1985 à 1991 en passant par 1989 : des tentatives de réformes intérieures à la dissolution de l’URSS

Pour la politique intérieure russe et soviétique, 1989 prend place dans une séquence plus large qui commence avec l’accession de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir le 11 mars 1985 et se clôt fin décembre 1991 avec la dissolution officielle, par ce dernier, de l’URSS. 1989 répond ici à la Révolution de 1917.

Le régime communiste peut-il se réformer ?

Conscient des faiblesses économiques de l’URSS et de son incapacité financière à supporter le coût de la course aux armements avec les Etats-Unis, Mikhaïl Gorbatchev accède au poste de Secrétaire Général du Parti Communiste en 1985. Il lance une vague de réformes internes dans le but de consolider le régime communiste et de faire leur promotion à l’Ouest. Sur la scène internationale, il donne la priorité au désarmement symétrique avec les Etats-Unis afin d’alléger la pression budgétaire que les programmes d’armements faisaient peser sur les finances publiques soviétiques. Mais, sur le plan intérieur, 1986 marque le début des programmes de libéralisation politique et économique. Le programme de « Transparence » (« glasnost ») aboutit à des mesures à haute teneur symbolique : levée des interdits sur de nombreuses productions culturelles dont « Le Docteur Jivago » de Boris Pasternak ; fin de l’exil intérieur du physicien dissident Andreï Sakharov à Gorki.

Dans le domaine strictement politique, la composition du parti communiste est renouvelée pour faire entrer des « réformateurs » dans les sphères dirigeantes. En matière économique, la « restructuration » ou « reconstruction » (« perestroïka ») engage une nouvelle NEP : les prix sont partiellement libéralisés, des entreprises privées sont autorisées et tout un secteur informel émerge. Ce mouvement s’accélère en 1989 : pour élire deux tiers des députés au Congrès des Députés des Peuples d’Union soviétique, les citoyens de l’URSS ont le choix entre plusieurs listes et voient le secret du vote garanti. C’est une évolution décisive pour le pays.

La première période des réformes gorbatchéviennes a une tonalité euphorique… surtout à l’étranger : la « Gorbymania » gagne en effet les États-Unis et surtout l’Europe de l’Ouest en 1987. Toutefois, la popularité interne du dirigeant soviétique est bien moindre, en raison des limites que rencontrent ses réformes [1].

Les limites des réformes et la fin de l’empire soviétique

Toutefois, à partir de 1989, les limites des réformes engagées commencent à apparaître. Sur le plan économique, les inégalités se creusent et l’inflation s’accentue, remettant en cause le pacte social soviétique où l’emploi à vie, l’accès à des services publics peu onéreux et l’égalité sociale (relative) étaient garanties en échange de l’obéissance politique. Sur le plan politique strict, les mouvements de scission et de sécession se multiplient. Si Mikhaïl Gorbatchev réussit à se faire élire en 1990 Président de l’URSS, néanmoins, au Parlement, ses partisans sont débordés par les nationalistes et les libéraux, partisans d’une thérapie de choc. Ainsi, dès 1990, la République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie porte à sa tête Boris Eltsine, dont l’autorité entre en compétition avec celle du dirigeant soviétique. La tension entre les réformateurs libéraux emmenés par Eltsine et les conservateurs soviétiques soutenus par l’armée s’exacerbe progressivement sur la scène politique. Elle culmine sur le terrain et les armes à la main dans la tentative de putsch militaire le 20 août 1991. Soutenu par le président américain, le président russe Eltsine s’impose, éclipsant le réformateur communiste et suspendant le parti communiste en novembre 1991. Sur l’échiquier politique russe, le mouvement de décommunisation engagé timidement en 1989 aboutit, quelques mois plus tard, à la fin de l’URSS.

Dans les Républiques fédérées, 1989 voit des forces centrifuges réveillées par la « glasnost ». les aspirations à l’indépendance se manifestent sous une forme qui marquent l’Europe. Dans les Etats baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), des manifestations commencées en 1987 lancent le processus de décommunisation et d’indépendance nationale. Ces mouvements pacifistes culminent le 23 août 1989 en formant une vaste chaine humaine, la Voie Balte, qui réunit les trois capitales (Tallin, Riga, Vilnius) sur plus de 500 kilomètres. C’est l’acte fondateur d’un processus d’indépendance pour la Lituanie (11 mars 1990), l’Estonie (30 mars 1990) et la Lettonie (4 mai 1990). Durant la période qui va de 1989 à 1991, dans cette partie de l’URSS, les affrontements armés sont évités de justesse mais les tensions économiques et politiques sont maximales, tout particulièrement en Lituanie où le blocus économique soviétique est rigoureux.

Le mouvement de sécession des Etats baltes lance une spirale centrifuge qui culmine lors de la dissolution de l’Union soviétique le 8 décembre 1991. Dans le Caucase, l’Arménie devient indépendante (23 août 1990), comme la Géorgie (9 avril 1991) et l’Azerbaïdjan (18 octobre 1991). L’Ukraine et les Républiques d’Asie centrale quittent l’Union entre 1990 et 1991. Qu’il s’agisse d’une stratégie résolue de la Russie face aux coûts de la sur-extension impériale ou d’un abandon forcé, la Russie se désengage de ces périphéries impériales et laisse ces Etats s’éloigner de sa suzeraineté séculaire. La fin de l’URSS, entamée par les mouvements baltes en 1989, est consacrée par la démission, le 25 décembre 1991, de Mikhaïl Gorbatchev de ses fonctions de président d’une Union soviétique… qui n’existe plus depuis deux semaines (8 décembre 1991). C’est la Communauté des États Indépendants (CEI) qui remplace l’Union par une confédération aux liens institutionnels assez lâches. La République puis la Fédération de Russie perdent ainsi la place centrale qu’elle occupait dans le dispositif institutionnel de l’URSS.

En somme, vue de Moscou, sur le plan de la politique intérieure, 1989 est l’année pivot d’une révolution tout à la fois politique, territoriale et économique. Loin de sauver le régime communiste en l’adaptant, la « glasnost » et l’introduction d’une dose de démocratie dans les institutions soviétique ont précipité la chute du PCUS. De même, la renonciation à la violence armée contre les mouvements centrifuges en 1989 ont accéléré le processus de décomposition.

III. De 1989 à 1999 : du déclin au revanchisme russe

Si on considère le futur immédiat de la Russie, 1989 ouvre une décennie douloureuse qui se clôt en 1999 par l’accession de Vladimir Poutine au poste de Président par intérim, élu l’année d’après.

Sur le plan économique, l’échec des « réformes » de la période 1987-1989 entraîne une ère de libéralisation brutale appelée « thérapie de choc » où l’inflation atteint jusqu’à 1000% une année, où le chômage explose et où de nombreuses industries d’Etat disparaissent. Les inégalités explosent et l’Etat Providence est démantelé privant d’accès aux soins, à l’éducation, aux pensions de retraite ou à l’énergie une large partie de la population russe. En revanche, quelques fortunes privées considérables sont constituées en quelques mois par les oligarques qui rachètent à vil prix des fleurons de l’économie dirigée dans la métallurgie, les hydrocarbures ou encore les armements. L’effondrement économique et le pillage des ressources culminent en 1998 au moment où la Russie est frappée par une crise économique violente.

Dans le domaine intérieur, la contraction du PIB et l’effondrement des finances publiques russes mettent à mal les forces armées : les bases militaires sont fermées par dizaine et les commandes industrielles cessent. Conjugué à la vague d’indépendances nationales, l’affaiblissement des forces armées ouvre la voie à des mouvements séparatistes au sein même de la Fédération de Russie. Ainsi, la Première Guerre de Tchétchénie, de 1993 à 1996 voit la Nouvelle Russie réprimer dans un bain de sang des mouvements indépendantistes souvent soutenus par des réseaux islamistes. Ce qui se joue alors, c’est, pour la Russie, la capacité à enrayer sa déliquescence territoriale. La Russie des années 1990, née des chocs de 1998, frôle alors la disparition politique.

Sur le plan de la géopolitique régionale, 1989 prépare la perte de l’étranger proche. L’extension de l’OTAN aux portes de la Fédération de Russie n’est possible que parce que le réseau d’alliance soviétique est ruiné en 1989. En effet, pour la toute jeune Fédération de Russie née en 1991, la décennie 1989-1999 est celle du recul. 1999 marque un renversement militaire majeur sur le continent : la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie rejoignent l’Alliance atlantique, suivies en 2004 par de nombreux autres Etats anciennement parties au Pacte de Varsovie, dont trois anciennes Républiques socialistes soviétiques (Estonie, Lettonie, Lituanie). Vu de Moscou, ce mouvement constitue un revers stratégique de portée historique. En effet, l’Ouest se porte aux frontières même de l’espace russe. C’est dans cette décennie et dans les Révolutions de couleur en Géorgie (révolution des roses en 2003) en Ukraine (révolution orange en 2004), en Kirghizie (révolution des tulipes en 2005) que la Russie réactive sa méfiance envers ses interlocuteurs.

Mais 1989 se clôt véritablement en 1999, date à laquelle Vladimir Poutine met en place progressivement tout à la fois son régime et les éléments d’une renaissance relative pour la Russie. La décennie 1989-1999 est la période matricielle pour comprendre la Russie d’aujourd’hui. Pour faire pièce aux oligarques, il se les subordonne comme clients ou les fait condamner, comme dans l’affaire Khordokovski. Pour remédier à l’expansion de l’OTAN, il lutte pied à pied contre l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie comme contre le déploiement des batteries anti-missile sur le sol européen. Enfin et surtout, pour pallier à la faiblesse militaire russe, il lance en 2009 un vaste plan de modernisation, de croissance et de réforme des forces armées. La force politique et géopolitique de la Russie de 2019 tire directement ses racines du long traumatisme de la décennie 1989-1999. En bref, Vladimir Poutine se pose comme celui qui remédier aux funestes années 1989-1991.

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1989, année pivot pour la Russie (aussi)

Pour l’Europe communautaire, 1989 est une année hautement symbolique et connotée positivement. Cette date est synonyme sur ses marges de libération à Budapest, Varsovie ou Bucarest. Les souverainetés nationales, mises à mal par le XIXème et le XXème siècle, sont recouvrées. A Paris et Bonn puis Berlin, 1989 amorce la réunion de l’Europe autour du projet porté par la Communauté puis l’Union européenne. Après les conflits du début du siècle et la division de la Guerre froide, 1989 annonce l’espoir d’une période de convergence et de paix.

Vue de Moscou, 1989 a un statut plus ambigu. L’année a une charge négative évidente, surtout dans les représentations collectives actuelles : à l’extérieur, elle marque l’échec de la stratégie soviétique de glacis défensif en Europe ; à l’intérieur, elle précipite la fin du régime communiste et prépare le chaos politique et économique de la décennie 1990. C’est pour cette raison que 1989, associée à 1991, est, dans le discours du président Poutine, une annus horibilis pour la Russie. Toutefois, 1989 ouvre une décennie déterminante pour la Russie contemporaine. C’est à partir de 1989 que la Russie poutinienne commence à prendre racine : la création d’une oligarchie mafieuse, les échecs face aux Etats-Unis, etc. tous ces facteurs concourent à l’avènement d’un régime centralisé, fort et assis sur une puissance militaire. Ainsi, la Russie d’aujourd’hui tire ses origines dans 1989 et 1991 autant que dans 1999, année de l’accession au pouvoir de l’actuel président russe.

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