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Causes réelles de l’élection de Jair Bolsonaro. Conséquences pour l’économie et la diplomatie françaises

Causes réelles de l’élection de Jair Bolsonaro. Conséquences pour l’économie et la diplomatie françaises

Les Brésiliens, dans toute leur complexité raciale, sociale et religieuse, ont fait un choix souverain en toute connaissance de cause, autant par rejet d’un système politique dont ils sont dégoûtés que par adhésion aux quelques idées fortes défendues par Bolsonaro.

 

La première cause de son élection est bien entendu sécuritaire. Le pays du Samba a cédé la place à un enfer sur terre, que les Brésiliens, surtout les plus modestes, subissent au quotidien. Les statistiques de sûreté publique sont largement truquées par la Police elle-même pour des raisons politiques. Seuls les chiffres des homicides ne peuvent être truqués, et ils sont terribles : presque 62.500 morts en 2017, soit environ 171 morts par jour ! Si je les rapportais à la population française, il y aurait plus de 20.000 homicides par an en France, soit environ 25 fois plus qu’actuellement (825 meurtres en 2017). Chaque jour, ce sont les classes moyennes et pauvres qui subissent vols et violences de toutes sortes. A force de bienveillance, de politiquement correct et de mesures éducatives inefficaces, le Parti des Travailleurs (PT) a permis l’explosion de la violence et, ce qui est aussi grave sinon plus, l’expansion incontrôlée des gangs créés dans les prisons. Les deux grands gangs du pays (Comando Vermelho et Primeiro Comando da Capital) se livrent du reste aujourd’hui une guerre totale pour le contrôle du trafic de drogue, et ils sont en passe de devenir plus puissants encore que les cartels mexicains. Ils ont infiltré jusqu’à l’appareil d’état et les institutions politiques dans certaines régions. Ce sont, fort heureusement, les grands perdants de cette élection. La population attend des mesures drastiques en matière de sûreté publique et de défense de la propriété privée, promises par Bolsonaro, dont on peut dire qu’il est pour le moins crédible sur ce sujet.

La seconde cause est la corruption généralisée. Durant plus de 10 années, le Parti des Travailleurs (PT) de Lula et tous ses alliés, allant de l’extrême gauche à la droite conservatrice, ont annuellement détourné l’équivalent de 50 milliards d’euros de sociétés d’état, notamment la Petrobras, souvent avec l’aide plus ou moins volontaire de grandes sociétés privées. Cela relativise forcément la vitrine de progrès social du PT, qui s’est plus qu’enrichi et a franchi toutes les limites de l’affairisme sur le dos des finances publiques et, indirectement, des petites gens. Les partis traditionnels ne sont donc plus audibles sur le sujet de la corruption, et le fait est que nous avons assisté, au-delà de l’élection de Bolsonaro, à un certain renouvellement de la classe politique brésilienne. Nombre de députés fédéraux, dont les deux emblématiques amis du nouveau président, le noir Hélio Barbosa, et la lesbienne Karol Eller, et plusieurs gouverneurs d’états, dont celui de Rio, sont ainsi vierges en politique. Les anciens partis sont toujours là, mais leur influence va être de plus en plus limitée. Les Brésiliens attendent des mesures fortes et des sanctions réelles à l’encontre des corrompus. Bolsonaro est élu depuis 1991 et n’a jamais été poursuivi ou condamné pour corruption ; c’est assez unique au Brésil, et cela le rend très crédible.

La troisième cause est l’inefficacité économique. Le PT a encore ajouté en complexité et en bureaucratie à la Constitution de 1988, qui est déjà un chef d’œuvre en la matière puisqu’elle régule jusqu’au horaires des employés de maison. Les Brésiliens souhaitent beaucoup plus d’agilité et de dynamisme dans l’économie du quotidien, et Jair Bolsonaro leur a promis vouloir « libérer » plutôt que simplement « libéraliser » l’économie en général.

Finalement, la dernière et la plus subtile des raisons de sa victoire tient à mon avis à la fierté nationale des Brésiliens. Cela va en surprendre beaucoup, mais le Brésil n’est pas un énième pays arc-en-ciel dont les habitants, déracinés, se sentiraient Citoyens du Monde. Ils sont bien au contraire, toutes races et classes sociales confondues, particulièrement patriotes et fiers de leurs institutions. Ils vivent très mal l’idée d’appartenir à la huitième puissance économique mondiale et de pourtant, à de nombreux égards, vivre dans un pays du Tiers-Monde. La crise économique, qui est la conséquence d’une crise politique et institutionnelle, est avant tout imputable au PT et à ses alliés. Elle n’a pas arrangé l’état des inégalités sociales, puisqu’elle a de nouveau entraîné une partie de la population vers le chômage, ni celui de l’éducation, de la santé ou des infrastructures publiques. Là encore, Bolsonaro envisage la modernisation du pays, et il dispose d’une équipe économique crédible à cet effet.

Pour conclure, la rupture est totalement consommée entre le peuple Brésilien et le Brésil d’hier. En dehors des zones géographiques dont on peut considérer qu’elles sont encore récemment contrôlées physiquement par la gauche (surtout l’intérieur du Nordeste), il existe au sein de la population un très fort espoir de changer les choses et d’enfin donner au Brésil une place de puissance globale.

L’état des relations franco-brésiliennes va beaucoup dépendre de l’attitude du gouvernement français. On voit mal Bolsonaro, et encore moins son probable futur Ministre des Finances Paul Guedes, cracher dans la soupe et rejeter d’emblée l’investissement des entreprises européennes. Il est même possible voire probable que des entreprises françaises vont se positionner sur le rachat de certains actifs brésiliens, qui devraient être privatisés.

Ce qui va néanmoins changer, c’est la mise en place de critères de défense et de primauté de l’intérêt national, qui prévaudront désormais et surpasseront les intérêts privés ou étrangers. Il est notamment à peu près certain que les industries jugées les plus stratégiques ne seront en aucun cas privatisées. Le cercle restreint autour de Bolsonaro compte plusieurs militaires de haut rang, il est lui-même Capitaine de Réserve, et il y a tout lieu de croire que c’est la doctrine militaire brésilienne qui va prévaloir en la matière.

N’en déplaise à certains universitaires, le régime militaire a très largement développé le pays et ses industries d’armement, d’aéronautique, de conquête spatiale, de télécommunications et même d’énergie. Les industriels et les entreprises français vont donc être contraints d’en tenir compte, et probablement devoir approcher leurs vis-à-vis brésiliens dans une optique de coopération et de transferts de technologies – ce qui va ajouter en complexité.

 

Diplomatiquement, il est à déconseiller pour les représentants français de vouloir donner la moindre leçon au nouveau gouvernement brésilien ; les affaires en pâtiraient probablement très rapidement, au profit de plusieurs de nos partenaires européens mieux placés et plus courtois.

https://stratpol.com/causes-reelles-de-lelection-de-jair-bolsonaro-consequences-pour-leconomie-et-la-diplomatie-francaises/

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Poutine reçoit le président cubain pour sa première visite en Russie

Poutine reçoit le président cubain pour sa première visite en Russie

Le président cubain Miguel Diaz-Canel lors d’une cérémonie de dépôt de gerbe à Moscou le 2 novembre 2018 / © AFP / Mladen ANTONOV

Vladimir Poutine devait recevoir vendredi au Kremlin le président cubain Miguel Diaz-Canel, qui effectue sa première visite à son allié russe depuis son arrivée au pouvoir en avril, au moment où Washington menace La Havane de nouvelles sanctions.

« Les relations entre la Russie et Cuba sont traditionnellement très chaleureuses », a déclaré à la presse vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

La Russie « va faire tout son possible » pour « renforcer » les relations russo-cubaines, avait-il déjà assuré jeudi.

L’Union soviétique a longtemps fait figure de soutien indéfectible militaire et économique de Cuba face aux Etats-Unis, avant que sa chute ne provoque une fracture que Moscou et La Havane tentent aujourd’hui de combler avec un rapprochement de plus en plus marqué récemment.

Lorsque Miguel Diaz-Canel a succédé à Raul Castro en avril, Vladimir Poutine s’était dit « prêt à travailler ensemble de manière étroite pour renforcer davantage le partenariat stratégique et une coopération constructive dans tous les domaines ».

Accompagné de son chef de la diplomatie Bruno Rodriguez, Miguel Diaz-Canel est arrivé à Moscou jeudi soir pour une visite de trois jours, alors que Washington a indiqué cette semaine vouloir durcir les sanctions contre La Havane, accusé de faire partie avec le Venezuela et le Nicaragua d’une « troïka de la tyrannie ».

Il s’est déjà entretenu vendredi matin avec le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe) Viatcheslav Volodine. « La politique de Cuba à l’égard de la Russie reste inchangée », a assuré M. Diaz-Canel, lors de cette rencontre, selon ses propos cités par l’agence officielle russe TASS.

Il était attendu au Kremlin dans l’après-midi pour des pourparlers visant à renforcer les échanges commerciaux entre Moscou et La Havane et les liens économiques, selon M. Peskov.

La coopération militaire sera également au menu de discussions, a-t-il précisé, sans plus de détails, en expliquant qu’il s’agissait d’un sujet « très sensible ».

Selon le journal russe Kommersant, la Russie pourrait octroyer à Cuba un prêt de plus de 50 millions de dollars pour l’achat d’armements.

Selon les agences de presse russes, plusieurs contrats parmi lesquels celui sur la modernisation des chemins de fer cubains devraient être signés dans le cadre de la visite de Miguel Diaz-Canel en Russie.

En mai 2016, M. Diaz-Canel, alors premier vice-président cubain, s’était déjà entretenu avec M. Poutine au Kremlin.

L’ancien président cubain Raul Castro s’est rendu en Russie en 2015, alors que Vladimir Poutine s’est rendu à Cuba en 2014 pour rencontrer Raul et Fidel Castro.

(©AFP / (02 novembre 2018 11h05)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Poutine-re-oit-le-pr-sident-cubain-pour-sa-premi-re-visite-en-Russie/967887.rom

Ryad accueille un sommet économique mis à mal par l’affaire Khashoggi

Ryad accueille un sommet économique mis à mal par l’affaire Khashoggi

Conférence lors de la première édition du Future Investment Initiative (FII) à Ryad, le 24 octobre 2017 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

L’Arabie saoudite accueille mardi une conférence économique mise à mal par la crise suscitée par la mort du journaliste Jamal Khashoggi, qui a poussé responsables occidentaux et dirigeants de firmes internationales à boycotter ce forum cher au prince héritier.

Le royaume, dont l’image a été fortement ternie par l’affaire Khashoggi, semble impuissant face à la désaffection grandissante des participants au Future Investment Initiative (FII), surnommé le « Davos du désert » par de nombreux médias.

Alors qu’ils annonçaient il y a une semaine plus de 150 intervenants, les organisateurs ont réduit la liste samedi à 120 personnes.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, la patronne du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde et le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire ont annoncé qu’ils ne feraient pas finalement le voyage à Ryad, tout comme les dirigeants australiens.

De grands médias, comme Bloomberg, CNN et le Financial Times, se sont également désistés.

En 2017, lors de la première édition du FII, lancé en grande pompe, le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, avait été salué comme visionnaire, séduisant les investisseurs en parlant de robots et dressant des plans futuristes pour une mégalopole d’avant-garde appelée NEOM.

Pour beaucoup, cette édition avait permis de projeter une Arabie saoudite autrement que sous le prisme d’une monarchie ultraconservatrice à l’économie pétrolière.

A contrario, l’édition 2018 cristallise l’indignation internationale contre un pouvoir saoudien prompt à faire taire toute voix dissidente, comme celle de Jamal Khashoggi, qui avait plusieurs fois pris la plume contre MBS.

– « Grave crise » –

Un passant dans une rue de la capitale saoudienne devant une affiche montrant (de g. à d.) le prince héritier Mohammed ben Salmane, le roi Salmane d’Arabie saoudite et le fondateur du royaume, le roi Abdel Aziz al-Saoud, le 18 octobre à Ryad / © AFP / FAYEZ NURELDINE

Après avoir fermement démenti être impliqué dans la disparition du journaliste, aperçu pour la dernière fois le 2 octobre entrant dans le consulat saoudien d’Istanbul, les autorités saoudiennes ont finalement samedi admis qu’il avait été tué dans la mission diplomatique, à la suite d’une « bagarre ».

Pour Eurasia Group, une société de conseil en risques, MBS est empêtré dans une « grave crise de relations publiques ».

« Les Uber et les JP Morgan de ce monde ont calculé qu’être associé en ce moment avec le nom de MBS, risque de leur coûter davantage que de perdre l’opportunité de s’emparer d’un morceau de l’économie saoudienne », explique Michael Stephens, expert au Royal United Services Institute.

Mais pour certaines entreprises occidentales, l’enjeu est trop important pour qu’elles se retirent de ce forum, même si elles n’envisagent pas de se faire représenter par les plus hauts dirigeants.

Ainsi, des banquiers d’investissement de HSBC et Crédit Suisse seront présents, alors que leurs PDG ont annulé leur venue, selon Bloomberg News.

Les sociétés chinoises et russes, elles, n’envisagent pas de boycotter la conférence, selon un organisateur.

Un large boycott occidental du forum pourrait accroître les risques d’instabilité politique en Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, et porter un nouveau coup aux investissements directs étrangers (IDE) qui avaient déjà atteint l’année dernière leur niveau le plus bas en 14 ans, selon l’ONU.

« Malgré un discours (porté) sur les réformes, les IDE en Arabie saoudite se sont maintenus bas et le scandale (Khashoggi) ne fera qu’accroître l’incertitude des investisseurs », a souligné la société d’analyse Capital Economics.

Des travailleurs étrangers sur un chantier de construction du métro de Ryad, le 18 octobre 2018 / © AFP / FAYEZ NURELDINE

– « Ca suffit » –

Depuis plusieurs mois, MBS, à qui le roi Salmane a de facto délégué les affaires courantes du royaume, semble avoir intensifié la répression contre tout signe d’opposition: hommes d’affaires, militants des droits de la femme et dignitaires religieux ont été arrêtés.

Suscitant l’inquiétude des investisseurs, Ryad a aussi pris la tête d’une coûteuse coalition intervenant militairement au Yémen contre les rebelles. Et elle a incité des pays alliés du Golfe à imposer au Qatar voisin un embargo.

En annulant leur venue au FII, « les grosses entreprises disent à MBS +ça suffit+ avec l’aventurisme, l’instabilité et l’incertitude », explique Cinzia Bianco, analyste pour le Moyen-Orient pour Gulf State Analytics.

Mais leur absence à la conférence risque de causer « des dommages irréparables » à leurs intérêts commerciaux en Arabie saoudite, prévient Ghanem Nuseibeh, fondateur du cabinet de conseil Cornerstone Global Associates, basé à Londres et qui a pris partie pour le pouvoir saoudien dans l’affaire Khashoggi.

La semaine dernière, des hommes d’affaires saoudiens ont appelé sur les réseaux sociaux les pays du Golfe et les alliés de Ryad à boycotter les entreprises annulant leur participation au FII.

Mais un tel risque de boycott ne semble pas affecter la détermination des entreprises à marquer une distance avec l’Arabie saoudite.

« Faire comme si de rien n’était? Pas à court-terme », a assuré Gregory Gause, spécialiste du royaume à l’Université A&M au Texas.

(©AFP / (21 octobre 2018 11h06)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Ryad-accueille-un-sommet-conomique-mis-mal-par-l-affaire-Khashoggi/963965.rom

La Chine sur les starting-blocks en Syrie

La Chine sur les starting-blocks en Syrie

Alors que le président russe, Vladimir Poutine, lance des appels pressants aux pays occidentaux à participer à la reconstruction de la Syrie après plus de quatre années d’une guerre qu’ils ont provoquée et alimentée, la Chine s’engouffre dans la brèche entrouverte par le retour proche à la paix. Une « bonne volonté » qui n’est pas étrangère aux intérêts économiques chinois.

Le 5 août dernier, l’ambassadeur de la Chine en Syrie, Wang Qi Jian, rendait publique une lettre aux autorités syriennes dans laquelle Pékin se proposait d’intervenir sur le développement des infrastructures ferroviaires et portuaires – dont la construction d’un port à Tartus –  pour favoriser les échanges économiques et apporter une aide financière. « Nous voulons renforcer notre coopération avec la Syrie au niveau politique, militaire, économique et social », écrivait l’ambassadeur Qi Qianjin dans la lettre.

Au cours du Forum de la Coopération arabo-chinoise, en juillet dernier, la Chine annonçait l’apport de $20 milliards de dollars pour le développement et d’un package de $100 millions dédiés à l’aide humanitaire pour la Syrie et le Yémen.

Lors de la 60ème Foire internationale commerciale de Damas à laquelle ont participé plus de 200 entreprises chinoises, la Chine a, également, annoncé son engagement dans la reconstruction des usines d’acier et des centrales électriques en Syrie, la production de voitures chinoises à Homs et soulignait que les touristes chinois revenaient déjà à Damas. Pékin exprimait, également, sa volonté de développer la coopération dans le domaine de la sécurité.

Une façon indirecte et tardive pour la Chine de participer au conflit par des mesures comme le déploiement de personnel, une augmentation des ventes d’armes et d’équipements militaires et l’entraînement des forces militaires.  Une façon d’intervenir sans, toutefois, être présente sur le terrain, notamment en exprimant sa volonté de participer à la lutte contre le terrorisme en « renforçant la coopération internationale dans l’éradication de l’extrémisme en Syrie ».

Pendant le conflit, la Chine a opposé son veto aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui sanctionnaient les forces militaires extérieures intervenant dans la guerre et s’est limitée à des déclarations d’usage telles que la nécessité pour la communauté internationale de coopérer dans la lutte contre le terrorisme, la priorité d’un règlement politique de la question syrienne, l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Syrie et la nécessaire médiation de l’ONU. L’ambassadeur QI n’avait-il pas déclaré dans le passé que « Le peuple chinois partage les souffrances du peuple syrien » et que « quand (la Chine et la Syrie) auront surmonté la crise actuelle, l’amitié sino-syrienne sera aussi forte que Palmyre et la Grande Muraille »…

Christine Abdelkrim-Delanne

http://www.afrique-asie.fr/la-chine-sur-les-starting-blocks-en-syrie/

Sévère mise-en-garde de la Russie qui est prête à réagir à une nouvelle frappe en Syrie

C’est en tout cas ce que la Russie veut faire savoir et à bon entendeur, salut! En effet la Russie a annoncé de vastes manœuvres navales en Méditerranée, alors « que l’USS Ross, un destroyer américain, est entré en Méditerranée le 25 août dernier, armé de 28 missiles de croisière Tomahawk capables de frapper n’importe quelle cible en Syrie,«  Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

«Nous prévoyons de déployer plus de 25 navires sous le commandement du croiseur lance-missiles Amiral Oustinov. Près de 30 avions participeront à ces exercices, dont des bombardiers stratégiques Tu-160», a fait savoir le ministère de la Défense russe dans un communiqué de presse. Les manœuvres devraient avoir lieu du 1er au 8 septembre.

Alors que l’ONU évoque la présence de quelque «10 000 terroristes» dans la province d’Idlib, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : «Le foyer de terroristes qui s’est formé là-bas n’annonce rien de bon si l’inaction actuelle se prolonge.»

Les manœuvres navales engagées par la Russie, principale alliée de la Syrie, constituent donc selon lui une «hausse des mesures de précaution tout à fait fondée et justifiée.»

Ceci alors que depuis un mois la Russie ne cesse de dénoncer le projet d’une nouvelle fausse attaque chimique en Syrie, prétexte à de nouveaux bombardements occidentaux dont la menace a été brandie par John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale le 22  août. Menace réitérée par Emmanuel Macron récemment. Attaque chimique dont l’armée syrienne serait accusée alors que celle-ci s’apprête à  délivrer la région d’Idlib des supplétifs islamistes non avoués de la coalition américaine. Comme pour les prétendues attaques chimiques de la Ghouta ou d’Alep par Damas, à chaque fois il s’agit pour la coalition occidentale de protéger ses supplétifs terroristes qui combattent sous faux drapeau pour ses intérêts cachés. Il en est ainsi à chaque fois que ceux-ci sont acculés par l’armée syrienne. Une diabolisation médiatique est un bon moyen de faire diversion en pointant du doigt « le régime de Bachar el-Assad » afin de paralyser l’élan libérateur. Un piège qui a déjà souvent fonctionner mais aujourd’hui la Russie sonne la fin de la récréation.

Hier c’était l’envoyé spécial des Nations unies (ONU) en Syrie, Staffan de Mistura, qui faisait part de sa préoccupation du risque d’une catastrophe humanitaire dans la province d’Idlib, alors que l’armée syrienne est en passe de reprendre le contrôle de cette région où les groupes djihadistes seraient au nombre de 10 000 selon une estimation du représentant de l’ONU. L’homme demandait étrangement, hier, à Moscou, Téhéran et Ankara de convaincre Damas de surseoir à son offensive dans la province d’Idlib, redoutant que les deux camps n’aient recours à des armes chimiques. (Source) Étrange façon de lutter contre les terroristes et les armes prohibées que de demander au pouvoir légitime de ne pas finir de libérer son pays de l’occupation ennemie!

Les précédentes frappes américano-anglo-françaises dans la Ghouta orientale contre la Syrie, en avril dernier, avaient pris pour prétexte de semblables prétendues attaques chimiques attribuées sans la moindre preuve à Damas. Il semble d’ailleurs, qu’en réalité il n’y ait pas eu d’attaque chimique tandis que des témoins au contraire, ont dénoncé une mise-en-scène de la part de l’Occident et de ses alliés islamistes sous faux drapeau, pour simuler une telle attaque, ainsi que le dénonce clairement et arguments à l’appui, plus bas, l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov, dans un message qu’il a publié sur Facebook et dans lequel il met en garde Washington.

Sévère mise-en-garde de Mocou

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien tenue ce 30 août, a fait part de la détermination de la Russie à aider la Syrie à mener à bien la reconquête intégrale de son territoire. «Nous avons des faits sous les yeux [la mise en chantier de’une fausse attaque chimique ndlr], et nous avons adressé une mise en garde forte à nos partenaires occidentaux de ne pas jouer avec le feu», a-t-il annoncé. Des navires russes ont d’ailleurs été aperçus ces derniers jours faisant route vers la Syrie, avant même l’annonce des manœuvres.

Cité par Reuters, le Ministre russe des Affaires étrangères a rappelé que le gouvernement syrien avait parfaitement le droit de combattre les groupes djihadistes. «Il reste encore la tâche de liquider les foyers restants de terrorisme, avant tout dans la zone de désescalade d’Idlib», a-t-il déclaré. De son côté, le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Moualem, a confirmé que la Syrie était déterminée à «aller jusqu’au bout» dans sa lutte pour libérer la province d’Idlib, dont il estime qu’elle est principalement tenue par les islamistes du Front al-Nosra ou Front Fatah al Cham (branche syrienne d’Al-Qaïda). Sergeï Lavrov a encore exhorté les Occidentaux, qui font mine de considérer les djihadistes comme de simple rebelles à Bachar-el-Assad, à ne pas utiliser les djihadistes comme des «pions» sur l’échiquier géopolitique.

Alors que l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’inquiétait d’un usage d’armes chimiques par l’armée syrienne ainsi que par les combattants rebelles, le ministre syrien a martelé que son pays ne possédait pas d’armes chimiques. Il a en outre assuré que l’armée syrienne tenterait autant que possible d’éviter les pertes civiles lors de l’offensive à venir.

Dans un message Facebook publié le 30 août, «en réponse aux questions des médias», l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov a confirmé avoir rencontré des représentants spéciaux des États-Unis pour la Syrie, le 27 août:

Vendredi dernier, nous avons envoyé une lettre au Département d’État des États-Unis pour demander l’arrangement [d’une] réunion dès que possible. Nous sommes reconnaissants à David Satterfield et à ses collègues pour leur brève réaction à notre demande. (…).

L’essentiel est que nous ayons exprimé nos inquiétudes concernant les signaux américains de préparer de nouveaux bombardements sur la Syrie sous prétexte de l’utilisation possible d’armes chimiques par les Syriens. Nous avons souligné qu’une telle perspective nous préoccupe beaucoup. Nous avons appelé Washington pour fournir des informations non retardées sur les raisons pour lesquelles le sujet de l’utilisation d’armes chimiques par Damas est alimenté.

Nous avons noté qu’une telle rhétorique du côté américain pourrait servir de signal à différents groupes terroristes et organisations pseudo-humanitaires comme les «casques blancs» pour préparer une autre provocation. Nous avons fourni des détails sur les préparatifs du groupe militant «Front Fatah al cham» (ancien «Front al-Nosra») pour commettre une autre provocation avec l’utilisation d’agents toxiques contre la population civile dans le gouvernorat d’Idlib afin de blâmer les forces gouvernementales pour ce crime.

Nous avons informé nos collègues de la livraison de 8 conteneurs de chlore à la ville de Jisr al-choughour, qui ont ensuite été transférés par les activistes de Hizb al Islami al Turkistani au village de Hallouz où un groupe de combattants spécialement entraînés a déjà été déployés (ont été formés sous la direction de la compagnie militaire privée britannique « Olive Group »). Leur tâche consiste à simuler le sauvetage de victimes d’attaques chimiques. À cette fin, il est même prévu d’exploiter des enfants pris en otage.

Nous avons exprimé directement nos préoccupations. Cette provocation préparée avec la participation active des forces de renseignement britanniques peut servir de prétexte à la «troïka» occidentale (Washington-Londres-Paris) pour lancer une nouvelle frappe aérienne contre les infrastructures militaires et civiles syriennes.

Nous avons averti les États-Unis de ne pas s’engager dans une autre agression sans fondement et illégale contre la Syrie. Une nouvelle aggravation de la situation en Syrie ne serait dans l’intérêt national de personne et seul les terroristes en bénéficieraient. Nous nous attendons à ce que nos préoccupations soient entendues. Nous espérons que les États-Unis déploieront tous les efforts possibles pour empêcher l’utilisation d’agents toxiques par les terroristes et agiront de manière responsable, comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. (Source: message facebook de M. Antonov.)

L’annonce d’importantes manœuvres en Méditerranées de la part de la marine russe aujourd’hui, alors que le destroyer de guerre américain est déjà présent en Méditerranée, semble bien manifester la détermination de la part du Kremlin de donner du poids à ses avertissements pour la cas où ceux-ci n’auraient pas été bien pris au sérieux.

L’arme « invincible » de la Russie

En effet le Pentagone n’ignore pas que la Russie a les moyens de paralyser les systèmes électroniques de n’importe quel bâtiment et autres aéroplanes, depuis ses déboires en Méditerranée ou en Mer Noire. La Russie ayant pris une avance déterminante dans ce domaine technologique. Mais plus performant encore, Vladimir Poutine a annoncé officiellement en mars dernier une série d’armes nucléaires offensives «dont aucune autre armée que la nôtre ne possède l’équivalent», ajoutant: «Nous avons entamé le développement de nouveaux types d’armes balistiques qui n’empruntent pas les trajectoires balistiques durant leur vol vers leur cible, ce qui rend inutiles et tout à fait insensés les systèmes antimissiles». Annonce que le Pentagone a pris très au sérieux, selon de nombreux articles de la presse américaine. Par cette nouvelle technologie d’armement la Russie s’est dotée des moyens de se faire entendre et respecter des USA et de l’Otan, ainsi que le Président l’avait clairement expliqué: Vous n’avez pas voulu nous écouter ? Maintenant vous allez le faire!  Ceci en riposte au mépris constant des USA qui ne cessent de se rapprocher toujours plus des frontières russes en les menaçant, en dépit de leurs engagements.

Photo: Frégate russe Pytlivy traversant le détroit du Bosphore le 25 août 2018

Voir aussi: 

Émilie Defresne

http://www.medias-presse.info/severe-mise-en-garde-de-la-russie-qui-est-prete-a-reagir-a-une-nouvelle-frappe-en-syrie/97298/

Qatar, un pays mis à l’index par la Péninsule arabe

Qatar, un pays mis à l’index par la Péninsule arabe

Par Pascal Le PAUTREMAT, le 29 août 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Docteur en Histoire contemporaine et Relations internationales. Président de la société Actiongeos

Largement compromis par ses réseaux de financement et de soutien apportés à diverses structures salafistes, à connotations jihadiste, le Qatar paie le prix fort en étant mis à l’index, depuis un an, par les autres pays de la péninsule arabe. Les monarchies du Golfe – qui ne sont pas toutes exemplaires en la matière – ont à cœur de faire en sorte que le Qatar prennent ses distances avec les mouvances radicales à connotation jihadiste.

Des informations de la BBC [1] confirment durant l’été 2018 ce que d’autres sources avaient déjà mentionné en 2017 : il semblerait que le gouvernement du Qatar ait payé une rançon exorbitante (certains disent 360 millions de dollars, d’autres 1 milliard) au groupe terroriste Al Nusra.

Pas de doute pour les voisins du Qatar pour qui les révélations de 2017 sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les autres monarchies du Golfe, ainsi que l’Egypte, lancent un boycott du Qatar en même temps qu’ils rompent leurs relations diplomatiques avec Doha, en juin 2017. Pour Riyad et Abou Dhabi, la mansuétude du Qatar est dangereuse et inacceptable dans une région instable où, eux-mêmes, s’appliquent à neutraliser les mouvances terroristes et leurs réseaux de soutiens transfrontaliers. Le Qatar, depuis un an, est ostracisé par les autres pays de la péninsule arabe. Les Emirats Arabes Unis, en particulier, exigent que le Qatar prenne ses distances avec les groupes radicaux qui ont bénéficié de sa complaisance.

Qatar, un pays mis à l'index par la Péninsule arabe
Qatar, Doha, la corniche
Source : wikipédia

Le Qatar, ostracisé : le prix d’une collusion avec les filières jihadistes

Les Emirats Arabes Unis condamnent fermement ces soutiens de mécènes qataris en faveur de mouvements qui ont contribué à jeter le discrédit sur le monde arabo-musulman.

Ainsi ces mécènes ont ces dernières années, dans la guerre civile et multiconfessionnelle en Syrie, contribué à la vaste déstabilisation de l’espace syro-irakien, par l’Etat islamique en I’Irak et au Levant (EIIL), apparu dès 2006 dans sa forme initiale et renommé, en 2014, Etat islamique ou Daech. En 2014, les terroristes avaient enlevé une vingtaine de ressortissants qataris venus en Irak pour une expédition de chasse. Les messages obtenus par la BBC montrent que des négociations ont eu lieu dans l’ombre, menées par Doha avec le soutien de l’Ambassadeur Qatari à Bagdad, aboutissant à un transfert important d’argent liquide. Cela provoque un véritable scandale au sein des institutions émiraties tant la mansuétude du Qatar apparait contreproductive alors que nombre de pays s’appliquent à neutraliser de tels réseaux transfrontaliers.
Soutien financier, jeu de collusion dogmatique avec le sunnisme ultra-conservateur, le jeu d’une frange qatarie n’est pas sans interrelations en faveur de la renaissance d’un califat dans la région ; renaissance voulue sciemment, par le président turc Recep Tayip Erdogan.

Jeux d’influence et de financement

Au-delà de la problématique des rançons, identifiée par Georges Malbrunot et Christian Chesnot dans leur livre enquête « Nos très chers Emirs » (éd. Michel Lafon, 2016), Abou Dhabi condamne aussi avec fermeté, le jeu de certains riches qataris en faveur de mouvements qui ont contribué à jeter le monde arabo-musulman dans le chaos. En Syrie, par exemple, où, en 2013, le Qatar reconnaissait lui-même avoir livré des systèmes d’armes létales aux rebelles salafistes. Par vases communicants, cela a contribué à la déstabilisation de l’espace syro-irakien, sous le joug de l’Etat islamique en Irak et au Levant, renommé, en 2014, Etat islamique ou Daech, et de diverses autres mouvances jihadistes.

Les griefs des voisins du Qatar sont encore plus larges. Ils accusent Doha d’intervenir tous azimuts et de mettre en place des stratégies d’ingérence déstabilisatrice. Le Qatar sait, en effet, favoriser une politique de lobbying tous azimuts, en faveur du salafisme, jusque dans les territoires urbains des métropoles européennes, en général, françaises en particulier. En 2011, le Qatar créa même un fonds spécial dédié à assurer des investissements dans les banlieues françaises, à hauteur de 100 millions de dollars, afin d’y favoriser la création d’entreprises et le financement de projets associatifs.

De même, assure-il un soutien puissant au profit du Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, tout en restant assez proche d’Israël jusqu’à l’opération « Plomb durci » en décembre 2008. Le Qatar joua aussi un rôle d’influence au profit des mouvements jihadistes de Libye, dans le sillage de la crise politique et la guerre qui marque la fin de l’ère Kadhafi.

En même temps, le Qatar, tout en étant proche des jihadistes salafistes, n’est pas réticent à tout lien aux Frères musulmans et, en Tunisie, au parti. Au point d’être vivement décrié en 2017, par l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, en raison de son jeu trouble afin de promouvoir, en Tunisie, avec Ennahda, l’envoi de jeunes en Syrien en vertu du jihad.

La duplicité du Qatar est alors fustigée par Abu Dhabi comme par l’ensemble des autres pays du Golfe.

Au cœur d’un blocus des pays arabes dont l’efficacité reste sujette à caution

Toutes ces raisons conduisent les Etats du Golfe, à savoir l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, Bahreïn, mais aussi l’Egypte, à mettre en place, le 5 juin 2017, un embargo qui se traduit par des sanctions commerciales et diplomatiques à l’encontre du Qatar.

A priori, le blocus terrestre, maritime et aérien a des conséquences jugées, pour certaines, encourageantes. Ainsi, en matière de communication, les autorités qataries inscrivent dès lors leur chaîne internationale de télévision Al Jazeera, dans un état d’esprit de retenue et de modération. En mars 2018, le Qatar constituait même une « black list » de plusieurs dizaines de personnes identifiées comme terroristes. Parmi celles-ci figurent des Qataris eux-mêmes accusés par les autres Etats arabes.

Mais, pour le reste, les avis divergent quant à l’efficacité du blocus d’autant que le Qatar ne semble pas prêt de renoncer à ses liens avec l’Iran, malgré les vifs reproches en la matière des pays du Golfe.

En décembre 2017, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes unis dont décidé de créer leur propre alliance politique et militaire, en signe de leur désapprobation quant au manque d’unité du CCG face au Qatar.

Un rapprochement stratégique avec l’Iran

Mis en marge au sein du Conseil de Coopération du Golfe, le Qatar opte pour la consolidation d’un partenariat avec l’Iran, en particulier pour l’exploitation d’un gigantesque gisement gazier off-shore (North Dome). Ce qui se traduit, d’ici mars 2019, par l’installation de six nouvelles plateformes d’extraction.

Les liens de Doha, avec les pays européens et des Etats-Unis – qui disposent d’une base aérienne à Al-Udeid jusqu’en 2023, tout comme ses relations étroites avec les régimes islamistes comme le Soudan et la Turquie, rendent le Qatar, pour Abou Dabi, suspect à bien des égards. Sans oublier sa stratégie de placement à l’international de ses fonds souverains qui font que le petit émirat qatari maîtrise parfaitement les logiques stratégiques du marketing diplomatique, en Europe comme aux Etats-Unis via son fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA).

En juin 2018, les tensions semblent en tout cas persister, d’autant que le Qatar doit prochainement être équipé d’une système antimissiles à base de S-400 russes, ce qui n’est pas pour rassurer la monarchie saoudienne ni les autorités émiraties.

Reste à savoir si la bienveillance de pays tels que la France ou la Grande-Bretagne – dont on connaît l’intérêt pour les ressources (pétrole et gaz) et leurs productions et les partenariats financiers – à l’égard du Qatar va perdurer, ou si, à l’inverse, le Qatar tient à changer de positionnement en profondeur. Quelle va être la position des Etats-Unis sur ce dossier, dans la mesure où l’armée américaine dispose de sa base d’Al-Udeid (près de 10 000 militaires) et à laquelle Washington n’est sans doute pas prêt à renoncer. Peut-être est-ce pour éviter toute déconvenue que Doha a ordonné, le 24 juillet 2018, des travaux d’agrandissement de la base américaine d’Al-Udeid, tout en ayant fait savoir, à Washington, qu’elle souhaitait que la présence américaine devienne permanente.

Cela ne pourra se vérifier que sur le moyen et long terme. Dans l’immédiat, selon des sources internes au ministère qatari des Affaires étrangères, le Qatar se préparerait à un durcissement du blocus des Etats voisins, au fur et à mesure que se rapproche la Coupe du monde de football de 2022. Une situation qui n’altère pas les négociations qataro-russes portant sur l’achat de systèmes d’armes à la Russie, au grand dam de l’Arabie saoudite qui estime qu’in fine, la sécurité de son espace aérien pourrait être menacée.

Sur le champ économique stricto sensu, le Qatar témoigne par ailleurs d’une volonté stratégique de diversification de ses activités afin de se soustraire progressivement à la dépendance aux hydrocarbures qui lui assurent près de 70% du budget étatique, et mise clairement sur la production d’énergie solaire et la tertiarisation. Le pays s’applique ainsi à trouver de nouveaux partenaires, tant en Afrique qu’en Asie (Inde, Chine) pour attirer les investisseurs étrangers tout en y développant des partenariats industriels.

Août 2018-Pautremat/Diploweb.com

L’ambassadeur russe en Algérie explique pourquoi Alger achète tant d’armes à Moscou

L’ambassadeur russe en Algérie explique pourquoi Alger achète tant d’armes à Moscou

La situation au Proche-Orient et les conflits armés dans les pays voisins sont parmi les raisons qui font que l’Algérie achète beaucoup d’armes russes depuis des années. L’ambassadeur russe à Alger, Igor Beliaïev, a indiqué à Sputnik pourquoi ce pays préfère resserrer les liens avec la Russie.

L’Algérie achète la moitié des armes russes exportées vers l’Afrique pour des raisons historiques, mais aussi à cause de la situation qui règne à ses frontières, a déclaré mardi à Sputnik Igor Beliaïev, ambassadeur de Russie en Algérie.

«La coopération militaire et technique est un domaine clé de nos relations. Cette situation s’est créée à l’époque de la lutte du peuple algérien pour l’indépendance […] où la Russie a joué un très grand rôle. Ces derniers temps, cette coopération ne cesse de se développer sur l’initiative des autorités algériennes, en raison probablement de la situation actuelle au Proche-Orient et en Afrique du Nord», a indiqué le diplomate.

Il a rappelé qu’il y avait beaucoup de conflits armés à proximité des frontières algériennes, notamment la crise en Libye, avec laquelle l’Algérie a une assez longue frontière commune, ou la crise au Mali.

A la question de savoir si Moscou et Alger pourraient œuvrer ensemble pour le perfectionnement d’armes, le diplomate a noté que tout était possible, si les deux pays manifestaient leur intérêt.

Lors de sa visite en Algérie en 2006, le Président Vladimir Poutine a insufflé une forte dynamique au partenariat stratégique signé entre l’Algérie et la Russie en 2001 à Moscou, en effaçant la dette militaire algérienne de 4,7 milliards de dollars. Profitant de l’embellie financière des années 2000 due au prix élevé des hydrocarbures, l’Algérie a mené un vaste programme de rééquipement de son armée, par l’acquisition de nouveaux matériels sophistiqués et la modernisation des plus anciens. La Russie a été le principal partenaire de l’Algérie dans l’effort de remise à niveau de son armée.

Dans sa dernière édition de 2018, le site américain spécialisé dans les questions de défense Global Fire Power (GFP) a classé l’armée algérienne à la 23e place mondiale et en deuxième position en Afrique derrière l’armée égyptienne qui occupe, quant à elle, le 12e rang mondial.

La Russie et l’Algérie collaborent également dans la lutte contre le terrorisme, d’après l’ambassadeur russe Beliaïev.

«Des foyers terroristes se sont formés dans de nombreuses région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord en raison de la politique irréfléchie de certains pays qui cherchent à renverser les régimes qui ne leurs conviennent pas. Les terroristes migrent d’une région à une autre et présentent une menace pour la sécurité de l’Algérie et de la Russie. Voilà pourquoi nos deux pays luttent ensemble contre le terrorisme. L’Algérie a rejoint la base des données sur les terroristes élaborée par le Service fédéral de sécurité russe (FSB)», a-t-il annoncé.

Les relations russo-algériennes sont établies au niveau le plus élevé. Evoquant ses rencontres avec le Président Abdelaziz  Bouteflika, Igor Beliaïev a noté leur ambiance amicale:

«Fin janvier, j’ai assisté à une rencontre de la délégation russe conduite par le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev avec le Président Bouteflika. La rencontre a duré près d’une heure et l’ambiance a été très amicale. Nous avons discuté de la situation régionale et des relations bilatérales. Le Président algérien aime notre pays, notre culture, il connaît les œuvres des célèbres écrivains russes. Et les entretiens se sont ainsi tenus dans une ambiance très chaleureuse. Au moment de nous séparer, le Président nous a fermement serré la main à  tous», a conclu l’ambassadeur Beliaïev.
Sputnik
https://fr.sputniknews.com/international/201807171037245581-russie-algerie-diplomate-armes/

http://www.afrique-asie.fr/lambassadeur-russe-en-algerie-explique-pourquoi-alger-achete-tant-darmes-a-moscou/

Tanzanie : le parti au pouvoir hausse le ton à la suite de critiques américaines

Diplomatie

Tanzanie : le parti au pouvoir hausse le ton à la suite de critiques américaines

19 août 2018 à 11h13 | Par AFP

La Tanzanie est un pays « indépendant » et ne saurait « se laisser intimider », a affirmé samedi le parti au pouvoir, réagissant aux critiques américaines selon lesquelles des élections partielles locales le 12 août avaient été entachées de violences et d’irrégularités.

« Nous ne nous laisserons pas intimider, nous ne pouvons pas être intimidés. Même si notre pays est pauvre, nous ne sommes pas prêts à accepter des ingérences dans notre gouvernance, nous continuerons à nous gouverner nous-mêmes », a déclaré samedi Bashiru Ally, secrétaire général du parti au pouvoir, le CCM, lors d’une réunion publique.

Devant la presse jeudi, le secrétaire général avait déjà dit « espérer que les États-Unis d’Amérique et d’autres institutions et pays étrangers respecteront l’indépendance » du pays.

La veille, l’ambassade américaine en Tanzanie avait fait part de la préoccupation des États-Unis face au déroulement des élections partielles du 12 août.

«Violences électorales et irrégularités »

« Des rapports crédibles font état de violences électorales et d’irrégularités, incluant le refus par la Commission nationale électorale d’enregistrer des candidats de l’opposition, l’intimidation par la police de membres de partis d’opposition, des arrestations sans mandat d’arrêt et la suppression des droits de rassemblement et de parole à la veille des élections », avait détaillé l’ambassade dans son communiqué.

Les États-Unis comptent parmi les principaux bailleurs de fonds de la Tanzanie.

Le président tanzanien John Magufuli, dont le mandat entamé fin 2015 est marqué du sceau de l’intransigeance et de l’autoritarisme selon ses détracteurs, a affirmé le mois dernier que le CCM resterait « au pouvoir à jamais ».

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Nigeria : Macron célèbre « la vitalité de la culture africaine » au club mythique de Fela Kuti

Diplomatie

Nigeria : Macron célèbre « la vitalité de la culture africaine » au club mythique de Fela Kuti

04 juillet 2018 à 09h04 | Par Jeune Afrique avec AFP

En visite au Nigeria pour le lancement de la Saison des cultures africaines, le président français Emmanuel Macron a célébré le 3 juillet la créativité africaine dans une salle de concert de Lagos, haut lieu de l’afrobeat contestataire de l’icône nigériane Fela Kuti.

« Il faut donner à voir la vitalité de la culture africaine, dont le Nigeria est une vitrine », a déclaré Emmanuel Macron le 3 juillet avant de se rendre au Shrine. Située dans le quartier d’Ikeja (banlieue nord de Lagos), cette salle de concert a été créée par Fela Kuti, créateur de l’afrobeat, une musique qui fusionne funk, soul, jazz et airs africains, avant d’être relancée par son fils Femi Kuti.

« C’est un lieu iconique », « vibrant », a salué le président français, en racontant l’avoir découvert en 2002 lors d’un concert de Femi Kuti alors qu’il effectuait son stage de l’ENA à l’ambassade de France à Abuja.

« C’est formidable de voir que le président français ait un intérêt si personnel pour la ville de Lagos », confiait dans la salle l’acteur nigérian Ozzy Agu. « On a le sentiment quand on le voit ici qu’on peut aller boire un verre avec lui et papoter. »

Des spectateurs ont néanmoins quitté la soirée – ayant pris beaucoup de retard – sans attendre que Femi Kuti monte sur scène, peu avant minuit, avec ses musiciens et danseuses et fasse monter une ambiance jusqu’alors sage. Dans sa harangue, Femi Kuti a appelé les jeunes africains à « ne pas laisser mourir » les rêves de son père pour une Afrique plus juste et développée. « C’est à vous de vous lever et de les réaliser ! », a-t-il lancé.

Lancement de la Saison des cultures africaines

Pour Emmanuel Macron, la soirée au Shrine a été l’occasion de lancer l’organisation de la Saison des cultures africaines qui se tiendra en France en 2020. Il avait annoncé fin 2017 la tenue de cette manifestation de plusieurs mois lors de son « discours fondateur » de Ouagadougou, déclinant sa stratégie pour relancer les relations entre la France et l’Afrique.

Il s’agit de déployer « une stratégie culturelle et artistique qui remette l’Afrique » au centre, a confié le président français. Car, a-t-il ajouté, « nous avons besoin que les Africains parlent eux-mêmes de l’Afrique ». « On parle toujours de l’Afrique d’avant, mais trop rarement de Nollywood [l’industrie cinématographique du Nigeria est la deuxième au monde en termes de production, ndlr], de la musique contemporaine », portée notamment par les artistes nigérians sur le reste du continent.

Venu de Nouakchott où il avait participé le 2 juillet au sommet de l’Union africaine, Emmanuel Macron a fait une courte étape à Abuja pour s’entretenir avec son homologue Muhammadu Buhari, qui préside le pays le plus peuplé et la première économie du continent. « Un pays incontournable », selon le président français, soucieux de ne pas cantonner l’action de Paris à l’Afrique francophone.

Élargir le partenariat entre la France et le Nigeria

Dans la lutte contre l’insurrection jihadiste de Boko Haram, M. Macron a réitéré les engagements de la France pour un accompagnement dans la « défense et la stabilisation de la région du Sahel », notamment à travers la force conjointe du G5 Sahel. M. Buhari a rappelé que l’ensemble des pays frontaliers du Nigeria sont francophones, et que l’aide de la France est ainsi essentielle pour la bonne coordination de la lutte avec ses voisins.

Emmanuel Macron a insisté sur le fait que « le cœur de cette visite est d’élargir le partenariat entre la France et le Nigeria sur des sujets culturels, économiques et sportifs », le moyen selon lui de donner des « perspectives et des opportunités à la jeunesse » pour qu’elle ne rejoigne pas les mouvements jihadistes.

Mercredi 4 juillet, après une rencontre avec de jeunes entrepreneurs nigérians, le président français devrait inaugurer la nouvelle Alliance Française, qui ambitionne de devenir un haut lieu de démocratisation culturelle à Lagos. Il devrait rencontrer également de jeunes entrepreneurs nigérians, et a assuré vouloir renforcer les liens économiques et estudiantins entre la France et le Nigeria.

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