Archives pour la catégorie DNR – LNR

Cette guerre du Donbass largement protégée par la communauté internationale

28 novembre
13:40

Cette guerre du Donbass largement protégée par la communauté internationale

La prise, en toute impunité, par l’armée ukraine et le bataillon punitif Aïdar, de deux villages rattachés à la République de Donetsk, en violation des accords de Minsk et sans aucune réaction internationale oblige à poser plusieurs questions. Quelle est la mission de l’OSCE dans le Donbass, protéger la paix ou le pouvoir ukrainien? Quels intérêts défendent ces organismes internationaux, largement sous influence des Etats Unis, ceux d’une mythique communauté internationale intégrée ou les intérêts stratégiques anti-russes des USA? Tout cela rend impossible à ce jour de penser la paix en Ukraine et dans le Donbass, pour le plus grand malheur des populations locales, dont manifestement toutes ces grandes âmes se moquent comme de leur première layette.
Dans la nuit du 22 novembre, l’armée ukrainienne et le bataillon punitif d’extrême droite Aïdar ont pris possession de deux villages situés à proximité de Gorlovka, Gladossovo et Travnevo. Les missions de l’OSCE dans la zone ont eu la bonne idée de ne pas poursuivre leur inspection jusqu’à ces zones. Comme souvent lorsque l’armée ukrainienne mène une opération. Ce qui permet à cette organisation de produire des compte-rendus sur mesure, écrivant objectivement ce qu’ils voient, taisant les raisons de leurs circuits et timing.

Mais cette fois-ci la population ne s’est pas résignée à cette aveuglement sélectif des missions internationales censées les protéger et a adressé une lettre à son responsable, signée par quelques habitants. La voici:

Les habitants y dénoncent des enlèvements et la déportation de civils vers une destination inconnue, organisés par les militaires ukrainiens et demandent que, conformément aux accords de Minsk dont cette mission de l’OSCE est garante, leur village soit rendu à DNR, dont ils font partie.

Le directeur de la mission de l’OSCE dans le Donbass, Alexandre Hug, après un certain temps, a reconnu avoir reçu la lettre … mais a exprimé des doutes quant à son authenticité. Pour autant, afin d’oter ces doutes, alors que la réaction normale en la situation eut été d’envoyer une patrouille sur place, voire de se déplacer lui-même, les accusations étant grave, rien n’a été fait. Depuis le 22 novembre. Rien.

Si l’armée ukrainienne est en droit d’occuper des villages en zone démilitarisée, alors le dirigeant de DNR Zakhartchenko estime que eux aussi sont en droit de le faire, de manière parfaitement symétrique, donc également sans violation des accords de Minsk et des cessez-le-feu.

Pour comprendre la situation, il faut remettre cette violation dans le contexte des violations récurrentes par l’armée ukrainienne, qui pourtant reporte intégralement la faute sur les armées du Donbass. Voici les cartes des violations, diffusée en français par l’agence d’information Novorossia, qui permettent une véritable vision globale de la situation.

Voici les données concernant la semaine du 14 au 20 novembre, qui a précédé cette invasion dans la zone démilitarisée dans la région de Gorlovka:

Voici les données des violations commises par l’armée ukrainienne pour la semaine du 20 au 26 novembre, justement au moment de la prise des villages:

Etrange comportement de l’OSCE, qui se refuse à voir les infractions commises par l’armée ukrainienne. Qu’en est-il de l’impartialité au service de la paix? La mission réelle semble être ailleurs.

Il suffit pour cela de suivre les déclarations du représentant spécial pour l’Ukraine, Kurt Volker, qui estime que les négociations concernant la mission de paix dans le Donbass avec son homologue russe, V. Surkov, régressent. La Russie, donc, ne veut pas la paix. Etrange, vraiment, lorsque l’on voit les propositions américaines sur le sujet:

he U.S. idea, Volker told me, is to create a true U.N. peacekeeping force that would have not only free rein but also security authority throughout contested areas. The force must have access to the Ukraine-Russia border and not have any Russian personnel in it, he said.

Refuser la présence de russes dans cette mission de paix, c’est considérer la Russie non pas comme garant des accords de Minsk, mais comme partie. C’est reprendre la position ukrainienne de la Russie – pays agresseur. Sans oubler qu’il s’agit ici non pas d’une mission qui soit sur la ligne de démarcation, mais qui occuperait tout le territoire de DNR et LNR, mettant de facto fin à une quelconque possibilité de négociation politique de ces territoires, tranformés en Kosovo. Evidemment, c’est inacceptable. Des propositions que les Etats Unis savaient inacceptables, mais quand même lancées, permettant ensuite de rejeter sur la Russie l’échec du processus de paix. Simple, simpliste, voire primitif, mais vu le niveau de conditionnement de l’opinion publique internationale aujourd’hui, c’est suffisant pour fonctionner.

Si l’OSCE joue un rôle dans le Donbass, ce n’est pas celui du gendarme impartial, son degré de collusion avec le pouvoir ukrainien est beaucoup trop important pour cela. Cette organisation, de facto sinon volontairement, légitime les infractions au processus de Minsk commises par l’armée ukrainienne, par une vision systématiquement tronquée de la situation.

Alors que les Etats Unis se préparent à envoyer des armes létales, alors que les négociations sur cette mission de paix sont au point mort et impossible en l’absence d’une réelle volonté de mettre fin au conflit, aucune sortie de crise n’est prévisible à court terme.

N’oublions pas que l’Ukraine est l’épine plantée dans le talon du pouvoir russe, le levier confortable permettant et de canaliser et de justifier l’hystérie anti-russe qui sert de matrice géopolitique en Occident. Avant les élections présidentielles de 2018, il n’y a aucune raison de faire ce « cadeau » politique à V. Poutine en permettant la résolution du conflit dans le Donbass, au contraire, il faut s’attendre à une aggravation de la situation internationale.

Ce dont, malheureusement, la Russie est consciente. Le Président Poutine a donné ordre à toutes les grandes entreprises du pays à être prêtes, le cas échéant, à passer à l’économie de guerre:

I would like to note that the ability of any economy to rapidly increase the output of defense products and services when it is needed is one of the most important conditions of the nation’s military security. All strategic and… large enterprises must be ready for this,” Putin stated.

Karine Bechet-Golovko

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Après le départ forcé du président de la RPL, que va faire Moscou ?

Actualités

912

26 novembre
19:07

Après le départ forcé du président de la RPL, que va faire Moscou ?

Une possibilité serait de fusionner LPR avec le DPR qui est plus stable en une république rebelle et unie du Donbass

Par Paul Robinson 

Les manigances politiques dans la République populaire de Lugansk (RPL) dans l’est de l’Ukraine ont pris un nouveau tournant aujourd’hui lorsque le président de la RPL, Igor Plotnitski, a fui pour se rendre à Moscou. Le pouvoir à Lougansk repose désormais fermement entre les mains du ministre de l’Intérieur de la RPL, Igor Kornet, qui continue d’insister sur le fait qu’il n’a pas l’intention de renverser Plotnitski, mais simplement de débarrasser la République des traîtres dans l’entourage du président.

Les forces de Kornet ont arrêté un certain nombre de hauts responsables de la RPL, les accusant de travailler secrètement pour le gouvernement ukrainien de Kiev et de se préparer à trahir la RPL au profit de l’armée ukrainienne. Je ne le crois pas. Mon impression est que dans la RPL, la trahison sert de motif d’accusation contre un adversaire dont on veut se débarrasser. Quoi qu’il en soit, les événements de la RPL ont mis le gouvernement russe dans une situation difficile.

Comme je l’ai mentionné dans mon précédent article, Moscou ne contrôle pas entièrement les événements du Donbass. Mais cela ne signifie pas qu’il n’a pas son mot à dire sur ce qui se passe, ni qu’il puisse simplement ignorer ce qui s’y passe. Il me semble qu’il a les options suivantes:

  • Reconnaître que Plotnitsky est une mauvaise carte, la jeter et soutenir Kornet. Jusqu’à présent, le gouvernement russe insiste sur le fait que ce qui se passe à Lougansk est une affaire interne à la RPL. Maintenir cette ligne équivaudrait en fait à cautionner le coup d’Etat de Kornet. La question qui se pose alors est de savoir comment trouver un nouveau président et qui il devrait être.
  • Essayez de trouver une solution qui ramène Plotnitsky à Lougansk en tant que président, mais qui en fait ne le serait que de façade pendant que le pouvoir réel reviendrait à Kornet.
  • Trouver un moyen de restaurer Plotnitsky à sa position d’autorité précédente.
  • Contourner le problème en abolissant la RPL et en la fusionnant avec la République populaire de Donetsk (DPR), et en formant une «Novorossiia» commune.

La troisième option – restaurer Plotnitsky – semble plutôt peu réaliste. Les Russes ne vont pas vouloir déclencher une guerre civile dans le cadre d’une guerre civile, donc une action militaire contre Kornet est probablement hors de question. Peut-être pourrait-on trouver un moyen diplomatique pour le contraindre à abandonner, en lui indiquant par exemple clairement que s’il continue sur sa voie actuelle, Moscou supprimera tout soutien à la LPR. Mais une telle menace n’est pas très crédible. C’est une de ces situations où le patron doit à peu près céder la place au client. Inverser le coup serait probablement une mauvaise option pour Moscou même dans le cas où ce serait ce qu’il eut réellement souhaité.

À certains égards, la quatrième option – la fusion de la RPD et de RPL – semble optimale. La DPR m’a toujours donné l’impression d’être beaucoup mieux gouverné que la RPL, et son leader, Aleksandr Zakharchenko, a un charisme qui fait défaut à Plotnitsky. La RPD semble sans conteste très attrayante d’un point de vue RPL. En pratique, une fusion serait probablement une prise de contrôle par la DPR et pourrait bien renforcer les deux républiques. Après tout, il est quelque peu ridicule qu’une région aussi petite que le Donbass contrôlé par les rebelles ait deux gouvernements et deux armées séparées.

Mais bien que cette option ait un sens, il y a quelques problèmes. Les deux seuls votes «démocratiques» qui ont eu lieu dans l’histoire de la RPL et de la DPR sont les référendums de mai 2014 qui ont établi les républiques et les élections présidentielles de novembre 2014. Bien sûr, on peut discuter de la qualité de ces élections et à quel point elles étaient vraiment démocratiques, mais les référendums et les élections permettent aux dirigeants des républiques de revendiquer leur légitimité. Si Plotnitsky devait être remplacé, il est difficile de voir de quelle légitimité pourrait se prévaloir son successeur. Et puisque la RPL a été établie par référendum, on peut prétendre qu’elle ne peut être démantelée que par référendum. Dans un sens, il ne s’agit que de formalités, mais les formalités sont importantes, et c’est pourquoi même l’Union Soviétique a adopté les motions d’élections.

Un autre problème avec l’éviction de Plotnitsky est qu’il a signé les accords de Minsk, qui fournissent la feuille de route supposée pour un règlement de paix en Ukraine. S’il s’en va, alors son successeur pourrait prétendre ne pas être lié par l’accord. De plus, si la DPR et la RPL fusionnent, alors Kiev pourrait avoir des raisons de prétendre que puisque les quasi-Etats dont les dirigeants ont signé les accords de Minsk n’existent plus, il n’est plus lié par les accords. Ce n’est pas quelque chose que Moscou voudrait.

Donc, il pourrait être préférable de garder Plotnitsky. Mais il est évident que même s’il retournait à Lougansk, il n’aurait aucune autorité significative. On pourrait imaginer que Moscou veut avoir son propre homme à la première place à Lougansk, quelqu’un sur qui il peut compter pour faire ce que Moscou lui dit au moment où il le faut. Mais un Plotnitsky qui est plus une marionnette de Kornet qu’une marionnette de Moscou ne pourrait pas remplir ce rôle.

Dans l’ensemble, il n’y a pas de bonnes options pour Moscou. À ce stade, Kiev se réjouit probablement du spectacle et pense que les choses vont de son côté. Mais cela pourrait ne pas être vrai non plus. Il y a quelques semaines, le ministre des Affaires étrangères de la RPL, Vladislav Deinovo, a fait remarquer que l’avenir de Lougansk se trouvait en Ukraine. Étant donné que Kornet justifie son insurrection au motif que les responsables de la RPL conspiraient pour trahir la république au profit de Kiev, on soupçonne que personne dans la RPL ne répètera publiquement pendant un certain temps ce que Deinovo a dit. Une ligne intransigeante envers l’Ukraine est plus probable.

En bref, c’est un gâchis. Je ne fais aucune prédiction quant à ce qui va se passer par la suite.

 Source : Irrussianality

Via : http://russia-insider.com/en/after-lpr-president-forced-flee-what-move-will-moscow-play/ri21691

Traduction : Avic – Réseau International

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à la rédaction.

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http://nrt24.ru/fr/news/apres-le-depart-force-du-president-de-la-rpl-que-va-faire-moscou

Que s’est-il passé finalement à Lougansk ?

Actualités

704

27 novembre
13:11

Que s’est-il passé finalement à Lougansk ?

L’ampleur de l’opération anti-terroriste qui a été menée à Lougansk et a conduit au changement de pouvoir dans la jeune république est révélatrice de la fragilité de la situation et de la diversité des armes utilisées dans ce conflit. Médiatique, militaire, politique. Sanglante et de persuasion. Cette guerre est multiforme, à la fois traditionnelle et post-moderne. Que s’est-il passé à LNR?

Le 21 novembre, après l’annonce de la mise à pied du ministre de l’intérieur, I. Kornet, par le dirigeant de la LNR, I. Plotnitsky, des hommes en camouflage sans signe distinctifs et certains avec un bandeau blanc au bras apparaissent dans la ville, en même temps que des véhicules militaires. Pour autant, la vie continue à se dérouler (presque) normalement, les magasins sont ouverts, les gens vaquent à leurs occupations.

 

 

Les bâtiments administratifs sont principalement visés. Surtout celui de la Procuratura générale (le parquet).

Que se passe-t-il alors?

Le ministre de l’intérieur démis de ses fonctions, I. Kornet, non seulement continue à exercer ses fonctions, fort du soutien de ses hommes, mais il lance une opération anti-terroriste contre des personnalités importantes de l’entourage du dirigeant de la république, I. Plotnitsky. Celui-ci finit par lancer un mandat contre, notamment, le procureur général de la république et d’autres personnes haut placées déclarées agents d’influence de l’Ukraine.

La scène qui aurait pu faire tout basculer se déroule autour du bâtiment de la Procuratura (le Parquet). Sachant qu’il est sur le point de se faire arrêter, le Procureur général donne l’ordre à ses hommes de prendre les armes et de défendre le bâtiment jusqu’à la dernière munition contre ce qui est une « provocation ». Finalement, les hommes ne tirent pas, apprennent qu’il s’agit, en face, de représentants du ministère de l’Intérieur, ils déposent les armes. Un bain de sang a été évité.

Pendant ce temps-là, l’opération coup de filet continue. Une dizaine de personne sont concernées, qui sont accusées de représenter les intérêts ukrainiens et d’avoir infiltré les plus hauts cercles du pouvoir de la république, prenant sous leur coupe le dirigeant de la république, I. Plotnitsky.

Le 23 novembre, I. Plotnitsky se rend à Moscou et le 24 il démissionne, pour raison « de santé ». A sa place est élu par le Conseil de la république, à titre temporaire jusqu’aux élections, Léonid Pacetchnik, ancien ministre de la Sécurité nationale. Un homme fort qui a immédiatement déclaré tout faire pour ne pas permettre à une crise institutionnelle d’entraîner LNR dans le chaos. Il a également fait deux déclarations générales: à la fois, L. Pacetchnik confirme l’attachement de LNR aux accords de Minsk et, en même temps, la poursuite du cours d’indépendance par rapport à l’Ukraine choisi par la population lors du référendum de 2014.

L’opération ukrainienne de déstabilisation de LNR a échoué. Ce qui oblige à tirer quelques conclusions, plus générales.

Cette action s’inscrit dans un schéma beaucoup plus général, celui d’une guerre multiforme menée dans le Donbass, par (l’intermédiaire) de l’Ukraine. Si les attaques militaires placent ce conflit dans la perspective d’une guerre classique, les attaques de mortiers n’ont toujours pas cessées (350 en 24h le 25 novembre), l’on ne peut la résummer à cela. Une véritable opération est lancée contre les populations frontalières, pour les « rallier » à la cause, ce qui n’est pas évident.

Les fausses annonces ont afflué ces derniers jours, les sites officiels des jeunes républiques piratés plusieurs fois. Certains annoçaient que DNR avait pris par la force LNR et que les cadavres jonchaient les rues. D’autres lançaient des informations erronées sur l’identité des personnes arrêtées. Le but évident: déstabiliser la population. Par ailleurs, L. Pacetchnik dément l’arrestation de Plotnitsky et remercie Zakhartchenko, le dirigeant de DNR, pour l’aide apportée.

Aux alentours des républiques, la résistance sourde existe réellement. Objectivement, les gens de la zone ATO estiment moins bien vivre sous Kiev. Par exemple, les habitants de Adveevka sont sortis manifester pour demander la restauration des contacts avec Donetsk, car depuis le blocus, ils n’ont plus accès aux médecins et ne peuvent plus se soigner normalement.

Pour éviter que la situation ne dérape, cette fois-ci dans l’autre sens, et puisque que Kiev est absolument incapable d’assumer les conséquences de sa politique suicidaire, les Etats Unis lancent un programme à la fois  pour soutenir l’agriculture dans les zones du Donbass sous contrôle de Kiev, et une opération de films de propagande « pour contrer la propagande russe ». Il faut faire comprendre aux populations de l’ATO la chance qu’ils ont de ne pas être inclues dans DNR LNR.

Face à cela, les deux républiques indépendantistes doivent se renforcer. Pas seulement militairement, mais surtout politiquement et institutionnellement. La manière la plus simple est celle de la réunion sous une personnalité juridique unique. Cette perspective fait peur à Kiev, car unies elles seraient beaucoup plus fortes, justement politiquement, ce qui aurait un impact certain sur ces mythiques « accords de Minsk ».

Karine Bechet-Golovko

Source

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http://nrt24.ru/fr/news/que-sest-il-passe-finalement-lougansk