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La fin du jeu économique se poursuit

La fin du jeu économique se poursuit


Par Brandon Smith – Le 3 novembre 2017 – Source alt-market.com

En novembre 2014, j’ai publié un article intitulé « Explications sur la fin du jeu économique ». J’y exposais ce que je croyais être le processus par lequel les globalistes réaliseraient ce qu’ils appellent le « nouvel ordre mondial » ou ce qu’ils appellent parfois la « réinitialisation économique mondiale ». Comme je l’ai montré dans le détail par le passé, le programme globaliste comprend la fin du jeu financier ; un prix ou un trophée qu’ils espèrent obtenir. Ce prix est une structure économique mondiale complètement centralisée, organisée dans une seule banque centrale pour le monde entier, la suppression du dollar américain comme monnaie de réserve mondiale, l’institution du système de panier des DTS qui servira de pont pour une monnaie unique supplantant toutes les autres et, en fin de compte, la gouvernance mondiale de ce système par une poignée d’élites.


Le calendrier de ce processus n’est pas clair, mais il y a des indications indiquant le « début de la fin ». Comme l’a noté The Economist, magazine globaliste, dans un article intitulé « Soyez prêt pour le  Phoenix », l’année 2018 semble être le point de départ de la grande réinitialisation. Ce calendrier est soutenu par les nombreuses mesures déjà prises pour saper la domination du dollar dans le commerce international ainsi que pour imposer le panier de DTS du Fonds monétaire international. Il est clair que les globalistes ont des échéances qu’ils ont l’intention de respecter.

Cela dit, il y a eu de nouveaux développements depuis que j’ai écrit mon analyse initiale sur cette stratégie de fin de partie qui mérite une attention sérieuse. La fin du jeu se poursuit, plus vite que jamais, et voici quelques-uns des indicateurs montrant que les « prédictions » des globalistes de The Economist en 1988 ressemblaient plus à des prophéties auto-réalisatrices et que 2018 reste un point de départ principal pour une ré-ingénierie de notre environnement économique.

Utiliser l’Est pour démanteler le pétrodollar

Comme je l’ai mentionné dans l’article de la semaine dernière, « Mensonges et distractions autour du pétrodollar », il y a eu un grand silence et souvent de la désinformation dans les médias sur le pivot international ouvert et évident pour s’éloigner du dollar comme mécanisme d’achat de facto pour le pétrole. Cette tendance ne devrait que s’accélérer dans deux mois, alors que la Chine commencera à honorer les contrats pétroliers en yuan au lieu du dollar.

Le problème est que même dans les médias alternatifs, il existe un mythe continu selon lequel les pays de l’Est cherchent à « se dégager » de l’ordre international. Je vois souvent l’argument présenté que la perte du pétrodollar ne peut être qu’une bonne chose pour le monde. Je ne suis pas ici pour dire si la fin du pétrole en dollars est une bonne ou une mauvaise chose. Je suis ici, cependant, pour souligner qu’il n’y a absolument aucune indication que les grandes puissances orientales comme la Russie et la Chine agissent pour saper le système globaliste existant.

Au contraire, la Chine et la Russie restent, comme toujours, étroitement associées au FMI et à la Banque des règlements internationaux, et leurs liens avec les monolithes bancaires internationaux comme Goldman Sachs et JP Morgan sont établis depuis longtemps.

Les responsables politiques et économiques des pays de l’Est ont toujours réclamé un nouveau système de réserve supplantant le dollar, c’est vrai. Mais ce que tant d’analystes semblent ignorer, c’est qu’ils appellent AUSSI à ce que ce nouveau système soit dominé par le FMI.

L’illusion que le monde financier opère est que le FMI est « contrôlé » par les États-Unis. Ce n’est pas le cas. Il est contrôlé par des banquiers internationaux, qui n’ont pas de loyauté envers un pays spécifique. Une fois que l’on comprend ce fait, le sabotage systématique des États-Unis prend tout son sens, ainsi que la collusion entre la Chine, la Russie et le FMI. L’Amérique est un appendice sacrificiel de l’édifice globaliste et elle est détruite pièce par pièce pour nourrir la création de quelque chose de nouveau et peut-être même de plus sinistre.

Comme l’avait proclamé George Soros en 2009, le « nouvel ordre mondial » s’appuierait en partie sur la Chine comme moteur économique de remplacement de la machine globaliste et dépendrait beaucoup moins des États-Unis en perte de vitesse. La Chine servirait de moteur plus petit, mais un moteur de remplacement néanmoins.

La Chine est plus qu’heureuse d’être l’obligée des globalistes avec un programme concerté et incrémental de dé-dollarisation. Mais cela ne signifie pas que l’objectif final soit un « petroyuan ». Non, l’objectif est que le FMI affirme la domination du système de panier des DTS en tant que plaque tournante des monnaies de réserve. Et, la Chine est maintenant le marché phare des DTS après sa récente intégration dans son giron. Il n’y aura pas de monnaie de réserve unique après la fin brutale du dollar. Au moins, pas avant que toutes les monnaies soient homogénéisées grâce au panier des DTS et finalement remplacées par une seule unité monétaire mondiale. D’ici là, le FMI ou la BRI dicteront le commerce de nation à nation et les échanges monétaires.

Il s’ensuit seulement que cette renaissance hautement volatile de l’ordre financier mondial commencerait en partie avec la perte du statut du pétro-dollar. Le commerce du pétrole est l’élément déterminant qui donne au dollar un avantage fondamental sur toutes les autres devises. C’est ce qui nous rapproche le plus du soutien des matières premières pour le dollar et c’est un avantage qu’aucune autre monnaie au monde ne peut encore se vanter d’avoir. Il y a plusieurs façons de détruire le dollar, mais la meilleure méthode serait de mettre fin à son statut de pétro-monnaie.

L’unité monétaire globale est déjà présente

Un argument que j’entendais souvent des détracteurs de la monnaie mondiale était qu’il n’y avait « pas d’unité monétaire avec assez de liquidités pour remplacer le dollar ». Bien sûr, ces personnes n’ont aucune idée de l’existence du panier des DTS et de la façon dont il pourrait être utilisé pour envelopper et absorber la plupart, sinon la totalité, des devises dans un mécanisme de réserve unique. Cela dit, je comprends la confusion. Quand les gens pensent aux devises, ils pensent à des tickets de mesure physiques ; ils veulent voir un morceau de papier avec des symboles, ou ils veulent au moins voir un nom de marque pour le produit, ce que toutes les devises sont vraiment.

Lorsque The Economist, en 1988, a réclamé le lancement d’une monnaie mondiale en 2018, il n’était peut-être pas au courant de la forme exacte que prendrait le destructeur. Même en 2014, je n’étais pas entièrement convaincu que nous disposions de suffisamment de preuves sur ce que serait cette unité de mesure. Aujourd’hui, c’est clair comme le cristal – le système de monnaie unique mondial ne sera pas seulement un système sans numéraire, mais il sera également basé sur la technologie numérique blockchain.

Comme je l’ai examiné dans mon article « La monnaie mondiale globalisée ressemblera beaucoup à Bitcoin », alors que certains politiciens et âmes damnées du système bancaire attaquent publiquement les produits basés sur la blockchain comme Bitcoin ou Etherium, en arrière-plan, ils sont réellement investis dans ces systèmes et sont même en train de construire les leurs. Avec les mascottes des banques centrales comme Ben Bernanke devenant conférenciers d’honneur lors de conférences sur le blockchain, ce n’est pas un secret insaisissable que les banques mondiales aiment la technologie blockchain.

Même les grandes sociétés élitistes comme Amazon semblent prêtes à adopter des produits autour de la blockchain comme devises. Donc, il faut se poser la question : si la blockchain et le Bitcoin sont une menace aussi grave pour la centralisation de l’establishment, pourquoi posent-ils rapidement tous les jalons nécessaires pour que les systèmes blockchain remplacent les monnaies papier ?

Ce qui m’intéresse, c’est que même dans le monde très vigilant de l’économie alternative, bien conscient de cette tendance vers un système monétaire mondial, les systèmes de blockchain sont toujours vénérés comme s’ils devaient nous sauver de la tyrannie des banques centrales. Très peu de gens ont remarqué que l’appel de The Economist pour un cadre monétaire mondial en 2018 est arrivé très tôt ; il a été juste là, sous notre nez depuis plusieurs années. 

Avec des méthodes d’échange autour de la blockchain, une structure de remplacement pour le dollar et toutes les autres monnaies nationales n’est pas très loin.

Le programme d’implosion de la Réserve fédérale se poursuit

Je me souviens qu’avant 2008, les médias ne traitaient presque jamais des actions de la Réserve fédérale comme des nouvelles importantes. En fait, je me souviens de l’époque où l’Américain moyen n’avait jamais entendu parler de la Réserve fédérale, et certains pensaient que l’existence même de l’institution était une « théorie du complot ». Maintenant, la nomination pour la nouvelle présidence de la Fed est au sommet des nouvelles, mais pour de mauvaises raisons.

Le changement de président de la Fed est absolument sans signification en ce qui concerne la politique. Jerome Powell continuera à prendre exactement les mêmes initiatives que Yellen ; les mesures de relance seront supprimées, les taux seront augmentés et le bilan sera réduit, laissant imploser la bulle massive sur les marchés, une bulle que la Fed a créée déjà vulnérable à une implosion. Les actions en particulier affichent le comportement d’un train fou, qui ressemble à la bulle de 2006 / 2007, ou même à l’exubérance délirante qui prévalait avant le krach de 1929. Tout cet optimisme dépend de deux choses – une foi aveugle et stupide que tous les investisseurs vont continuer à agir dans un concert parfait pour toujours « acheter la baisse« , et la foi persistante que les banques centrales interviendront toujours pour entraver et inverser toute correction du marché.

Une personne observatrice aurait cependant pu remarquer que les banques centrales du monde entier agissaient de manière coordonnée pour supprimer le soutien aux stimuli des marchés et augmenter les taux d’intérêt, coupant ainsi les lignes de crédit facile qui ont longtemps été une béquille pour nos économies infirmes. La Banque d’Angleterre a relevé ses taux la semaine dernière, car la Réserve fédérale a annoncé une nouvelle hausse en décembre. La Banque centrale européenne continue de préparer le public aux prochaines hausses de taux, tandis que la Banque du Japon a assuré  au public que les anticipations d’« inflation » ont été satisfaites et qu’aucune nouvelle mesure de relance n’est nécessaire. Si tout cela semble coordonné, c’est parce que c’est le cas.

La politique de la Fed n’est pas dictée par le président de la Fed, et elle n’est certainement pas dictée par Donald Trump. Comme l’a ouvertement admis l’ancien président Alan Greenspan, la banque centrale ne répond PAS au gouvernement, c’est une machine autonome de prise de décision. Les sièges à la Fed sont aussi facilement remplacés que les pièces de tondeuses à gazon ; ce sont des mascottes pour le système bancaire, rien de plus. Une fois qu’ils sont « nommés » par le président, ils prennent leurs ordres d’une source totalement différente, et je remettrais même en question la validité du processus de nomination et la manière dont la liste originale des candidats est définie. Pour les vrais marionnettistes de la Fed, il faudrait se tourner vers une organisation à l’extérieur des États-Unis, appelée Banque des règlements internationaux.

De nombreuses modifications subtiles s’ajoutent à une instabilité sans précédent

Je pense qu’il est essentiel que les gens considèrent le temps quand il s’agit d’économie. Les changements que nous pensons abrupts pendant les moments historiques de crise ne l’étaient souvent pas autant que ça. Presque tous les « événements » de crise financière ont été précédés par des années sinon des décennies de fissures croissantes mais subtiles dans les fondations. Si vous deviez revenir en arrière de 10 ans et expliquer à la personne moyenne (ou à l’économiste moyen dans les médias) ce qui se passe aujourd’hui, il se moquerait probablement avec indignation. Pourtant, aujourd’hui, ces choses sont acceptées comme banales, ou ignorées comme sans importance. Le temps et le faible niveau d’attention sont le fléau des sociétés libres.

Le squelette de l’économie du « nouvel ordre mondial » est devant nous. Les déclencheurs d’un changement explosif ont déjà été plantés. Ce qui me préoccupe, c’est que lorsque ces changements se concrétiseront et que la crise suivra, les masses s’en apercevront-elles ?

Brandon Smith

http://lesakerfrancophone.fr/la-fin-du-jeu-economique-se-poursuit

 

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Le pétro-dollar sous pression

Le pétro-dollar sous pression


Par Darius Shahtahmasebi – Le 20 septembre 2017 – Source TheAntiMedia

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Il fut un temps où le dollar américain était soutenu par l’étalon-or dans un cadre bien défini, ce qu’on appelait les accords de Bretton-Woods, signés en 1944. Le dollar avait un prix fixe par rapport à l’or au prix de 35 $ l’once, bien que le dollar ait pu générer des intérêts, marquant une différence notable par rapport à l’or.

Le système a pris fin lorsque le président Richard Nixon a annoncé que les États-Unis abandonnaient l’étalon-or en 1971. En lieu et place, les États-Unis avaient d’autres plans pour l’avenir des marchés mondiaux.

Comme l’a expliqué le Huffington Post, l’administration Nixon a conclu un accord avec l’Arabie saoudite :

L’essentiel de l’accord était que les États-Unis accepteraient de faire des ventes militaires et de défense en faveur de l’Arabie saoudite en contrepartie du commerce du pétrole en dollars américains.

Ce système est devenu le système de recyclage des pétro-dollars parce que des pays comme l’Arabie saoudite devaient investir leurs bénéfices excédentaires aux États-Unis. Il n’a pas fallu longtemps pour que chaque membre de l’OPEP commence à commercialiser le pétrole en dollars américains.

Une théorie économique peu connue, rejetée par les médias dominants, stipule que l’emprise de Washington sur les marchés financiers s’explique au moins partiellement par le fait que toutes les exportations de pétrole sont réalisées par des transactions en dollars américain. Cette relation entre le pétrole et la monnaie permet sans doute de donner au dollar sa valeur, car ce paradigme exige que tous les pays exportateurs et importateurs maintiennent un certain stock de dollars américains, ce qui ajoute à la valeur du dollar. Comme Foreign Policy, un magazine qui rejette la théorie, l’explique :

« Il est relativement important que le commerce se fasse essentiellement en dollars. Cela signifie que ceux qui souhaitent acheter du pétrole doivent acquérir des dollars pour le faire, ce qui augmente la demande de dollars sur les marchés financiers mondiaux. »

Le terme « ceux qui souhaitent acheter du pétrole » englobe presque tous les pays qui ne possèdent pas d’approvisionnement en pétrole – un nombre très significatif de pays. Une demande sans fin de dollars signifie un approvisionnement sans fin, et les États-Unis peuvent imprimer autant de papier que nécessaire pour prendre en compte leurs ambitions impériales. Aucun autre pays au monde ne peut le faire.

En 2000, l’Irak a annoncé qu’il n’utiliserait plus de dollars américains pour vendre du pétrole sur le marché mondial. Il a plutôt décidé d’adopter l’euro, ce qui n’était pas une décision facile à prendre. Cependant, en février 2003, The Guardian a signalé que l’Irak avait obtenu un « solide bénéfice » après avoir modifié sa politique. Quiconque rejette cette théorie sur les pétro-dollars devrait pouvoir répondre à la question suivante : si la monnaie n’est pas un facteur important dans les aventures impérialistes américaines, pourquoi les États-Unis ont-ils donc eu l’intention d’envahir un pays (en se basant sur des mensonges froids et durs), si ce n’est d’avoir pour priorité de revenir au dollar pour la vente de pétrole ? S’ils s’intéressaient tellement à l’Irak et à son peuple, comme nous étions supposés l’avoir cru, pourquoi ne pas avoir permis à l’Irak de continuer d’en tirer un « solide bénéfice » ?

En Libye, Mouammar Kadhafi a été puni pour une proposition similaire qui aurait créé une monnaie africaine unifiée soutenue par l’or et aurait été utilisée pour acheter et vendre du pétrole africain. Les courriels fuités de Hillary Clinton ont confirmé que c’était la raison principale pour laquelle Kadhafi a été renversé, bien que les commentateurs continuent d’ignorer et de rejeter cette théorie. Malgré ces dénégations, les courriels fuités de Clinton ont bien précisé que le plan de Kadhafi pour l’avenir des exportations du pétrole africain était une priorité pour les cohortes américaines et de l’OTAN, plus que les prétendues violations des droits humains de Kadhafi. C’est la même Hillary Clinton qui a ouvertement ri à l’époque où Kadhafi a été sodomisé et assassiné, sans regret d’avoir plongé une nation très riche et prospère dans un chaos complet.

Au début de ce mois, le Venezuela a annoncé  qu’il se libérerait bientôt du dollar. À peine une semaine plus tard, le Wall Street Journal a signalé que le Venezuela avait cessé d’accepter des dollars pour les paiements pétroliers en réponse aux sanctions américaines. Le Venezuela est assis sur les plus grandes réserves de pétrole au monde. [Mais coûteuses à extraire, des sables bitumineux, NdT] Les menaces d’intervention militaire unilatérale de Donald Trump, combinées à l’admission par la CIA selon laquelle elle interfère dans ce pays riche en pétrole, peuvent avoir beaucoup plus de sens dans ce contexte.

L’Iran utilise également des devises alternatives, comme le yuan chinois, depuis quelque temps maintenant. Il partage également un lucratif champ de gaz avec le Qatar et pourrait n’être qu’à quelques jours de l’abandon du dollar. Le Qatar aurait déjà réalisé des transactions pour des milliards de dollars en yuan. Tout récemment, le Qatar et l’Iran ont rétabli des relations diplomatiques complètes en snobant totalement les États-Unis et leurs alliés. Il n’est donc pas surprenant que les deux pays aient été vilipendés sur la scène internationale, en particulier sous l’administration Trump.

Dernier coup de dent au dollar américain et à son hégémonie financière mondiale, Times of Israel a signalé qu’une entreprise d’investissement d’État chinoise a fourni une ligne de crédit de 10 milliards de dollars aux banques iraniennes, qui utiliseront expressément le yuan et les euros pour contourner les sanctions dirigées par les États-Unis.

Considérons qu’en août 2015, le secrétaire d’État John Kerry a averti que si les États-Unis devaient s’éloigner de l’accord nucléaire avec l’Iran et forçaient leurs alliés à se conformer aux sanctions que ceux-ci dirigeaient, ce serait un « accélérateur très rapide (…) pour que le dollar américain cesse d’être la monnaie de réserve du monde ».

L’Iran, lié à la Syrie par un pacte de défense mutuelle, aurait travaillé à établir un pipeline de gaz naturel qui traverserait l’Irak et la Syrie dans le but d’exporter du gaz vers les marchés européens, coupant complètement l’herbe sous le pied de Washington et de ses alliés. Ceci, bien sûr, en 2009, avant la guerre de Syrie. Un tel accord de pipeline, maintenant, avec le soutien aérien continu de la Russie et sa présence militaire, pourrait entraîner l’émergence d’un tout nouveau marché qui pourrait facilement être lié à l’euro, ou à toute autre monnaie, au lieu du dollar.

Selon RT, le site Internet de l’État russe, le site Web du Kremlin a annoncé mardi que le président russe, Vladimir Poutine, a également demandé au gouvernement d’approuver une loi visant à abandonner le dollar américain dans tous les ports maritimes russes d’ici l’an prochain.

De plus, Asia Times explique que Poutine a laissé tomber une énorme « bombe » lors du récent sommet des BRICS à Xiamen début septembre, en précisant :

« La Russie partage les préoccupations des pays des BRICS concernant l’iniquité de l’architecture financière et économique mondiale, qui ne tient pas compte du poids croissant des économies émergentes. Nous sommes prêts à collaborer avec nos partenaires pour promouvoir les réformes de la réglementation financière internationale et surmonter la domination excessive du nombre limité de monnaies de réserve. »

Selon l’auteur de Asia Times, l’énoncé était un message codé sur la façon dont les pays des BRICS chercheront à contourner le dollar américain ainsi que le pétro-dollar.

La Chine est également à bord avec cette proposition. Bientôt, la Chine lancera un contrat à terme de pétrole brut évalué en yuan chinois qui sera entièrement convertible en or. Comme l’a déclaré Nikkei Asian Review, les analystes ont qualifié ce mouvement de « nouvelle règle du jeu » pour l’industrie pétrolière.

La Russie et la Chine ont déjà acheté d‘énormes quantités d’or depuis un certain temps. Les réserves d’or actuelles de la Russie assureraient 27% de sa petite masse monétaire en roubles, bien au-delà de tout autre pays majeur. La Réserve fédérale des États-Unis a admis il y a des années qu’ils n’avaient plus d’or depuis très longtemps.

La Chine met également en œuvre un projet monumental, connu sous le nom de projet de Route de la Soie, qui est une poussée majeure pour créer une route commerciale permanente reliant la Chine, l’Afrique et l’Europe. Il faut se demander quel contrôle sur ces transactions auront les États-Unis.

Ce ne sont là que quelques-uns des derniers développements qui ont affecté le dollar.

Est-ce que ceux qui continuent à rejeter cette théorie associée au pétro-dollar répondent en toute confiance aux questions suivantes ?

  • Est-ce un hasard si tous les pays énumérés ci-dessus qui se détournent du dollar sont des adversaires de longue date des États-Unis, y compris ceux qui ont été envahis ?
  • Est-ce une coïncidence que l’Arabie saoudite reçoive un blanc-seing pour engager une foule d’actions criminelles du moment qu’elle se conforme à l’ordre financier mondial ?
  • Les préoccupations de l’Arabie saoudite avec le Qatar sont-elles vraiment enracinées dans le prétendu financement de groupes terroristes de ce dernier, même si l’Arabie saoudite mène le monde dans le mur en finançant les groupes terroristes les plus vilains ?

De toute évidence, il y a quelque chose de plus sinistre qui se joue ici et, que ce soit ou non lié à une guerre de la monnaie menée par des psychopathes, cela reste à voir. Les preuves continuent de montrer, cependant, que les positions du dollar américain sont lentement érodées pièce par pièce et once par once – et, alors que les pays adverses font ces développements à l’unisson, il semble ne pas y avoir grand chose que les États-Unis puissent faire sans tout risquer dans une guerre mondiale.

Darius Shahtahmasebi

Note du Saker Francophone

C'est là que le rôle fortuit ou volontaire de Trump peut peut-être éclairer l


a scène. Sa seul présence suffit à paralyser l'action politique à Washington et avec ses vassaux, au moment où l'Empire aurait le plus besoin de cohésion...

 

http://lesakerfrancophone.fr/le-petro-dollar-sous-pression