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De Gaulle convaincu que les Américains n’ont plus d’or

De Gaulle convaincu que les Américains n’ont plus d’or

Publié par Egon Von Greyerz | 5 févr. 2019 | Articles 1964

Rétameur, tailleur, soldat, marin / Riche, pauvre, mendiant, voleur.

Cette ancienne comptine datant de la fin du XVIIe siècle pourrait être considérée comme une prédiction. De nombreuses personnes, d’origines diverses, se rendront bientôt compte qu’elles pourraient devenir pauvres, mendiants ou voleurs dans les prochaines années, dans un contexte de destruction sans précédent de la richesse.

Un rétameur (tinker) était une personne qui voyageait pour réparer les casseroles et autres ustensiles de cuisine. En anglais, le verbe « rétamer » (tinkering) signifie également falsifier ou manipuler. Ne croyez surtout pas que les puissances en place réparent l’économie mondiale. Non, le bricolage en cours indique que nous sommes au stade final de la plus grande manipulation de l’économie mondiale, des marchés, de l’or, de l’information, de la politique etc. que le monde ait jamais connue.

Le monde n’est pas préparé à ce qui se profile

Comme le niveau de manipulation n’a jamais été aussi important, personne ne peut prédire l’ampleur de l’effondrement qui se profile. Pire encore, 99,99% de la population mondiale n’est absolument pas préparée. Et même la minuscule minorité qui prédit un événement cataclysmique n’échappera pas à la souffrance.

Personne ne sait où et comment cela va se déclencher. Cela peut commencer par un lent déclin de l’économie et des marchés, ou une chute soudaine et brutale qui prendra tout le monde par surprise. Il est certain que les conséquences seront dévastatrices pour la majorité d’entre nous. Beaucoup perdront leur emploi, leurs prestations de sécurité sociale, leurs retraites, leurs soins médicaux et tous les filets auxquels ils sont habitués.

De plus, très peu de personnes se rendent compte que le niveau de vie élevé dans les pays occidentaux au cours des dernières décennies n’a rien à voir avec la croissance économique réelle ou la productivité. Non, tout est basé sur la dette et l’argent imprimé à hauteur d’au moins 500 000 milliards $, en incluant les passifs non capitalisés tels que les soins médicaux et les retraites.

Il n’y a pas de réserves

Une économie mondiale illusoire, basée sur la dette, n’a ni fondations ni réserves. La bulle peut être élargie pendant une période limitée en émettant simplement plus de dette, comme nous l’avons vu depuis la crise financière de 2006-2009. Le faux soutien que l’économie mondiale a reçu au cours des dix dernières années, sous la forme d’une dette additionnelle de 125 000 milliards $, a gonflé les marchés d’actifs au point que les riches s’enrichissent incroyablement et que les pauvres s’endettent davantage. Mais le fait de doubler la dette mondiale en dix ans, pour la porter à 250 000 milliards $, n’a pas seulement doublé le risque. Le risque a augmenté de façon exponentielle, la qualité de la dette s’étant détériorée de façon catastrophique.

La dette mondiale des gouvernements a atteint des niveaux records et insoutenables, tout comme la dette des entreprises et la dette personnelle. Le problème est qu’il n’y a pas de réserves. Pour établir une analogie, les personnes très grosses et très minces vivent en moyenne moins longtemps que celles ayant un surpoids modéré. Parce que les réserves de graisse supplémentaires protègent en période de faiblesse ou de maladie. Il en va de même pour l’économie mondiale: lors de la prochaine crise, il deviendra évident que le monde n’a pas de réserves. Le seul moyen de faire face à la prochaine crise de la dette sera d’imprimer de la monnaie et d’émettre davantage de dettes. Mais il est impossible de résoudre un problème d’endettement avec plus de dettes.

Lorsque la crise frappera, les bénéfices des entreprises seront impactés. Les entreprises fortement endettées ne respecteront pas leurs clauses restrictives, d’autant que les taux d’intérêt augmenteront également avec la hausse de l’inflation et l’effondrement des obligations. Les entreprises feront donc défaut sur leur dette. Même chose pour le marché de l’immobilier. Les locataires ne pourront pas payer les loyers. Même chose pour l’immobilier commercial qui s’effondrera lorsque les dépenses diminueront. L’Occident, et en particulier les États-Unis, regorgent d’espaces de commerce au détail, dont la plupart à des loyers très élevés. Lorsque les gens perdront leur emploi et que les taux d’intérêt augmenteront, le marché immobilier s’effondrera de 75% à 90%.

les transactions journalières sur l’or représentent 850x la production minière quotidienne

L’or est peut-être le pire tous les marchés manipulés. Moins de 0,5% des actifs financiers mondiaux sont investis dans l’or. On peut alors se demander pourquoi le volume brut journalier de transactions sur l’or est deux fois supérieur à celui du S&P 500. Selon le World Gold Council, 280 milliards $ d’or sont échangés quotidiennement. Le volume journalier de transactions sur le S&P est de 125 milliards $.

La production aurifère s’élève à 120 milliards $ par an, ou 329 millions $ par jour. Alors, comment se fait-il que le volume d’échanges journalier soit de 280 milliards $, l’équivalent de 850 fois la production quotidienne ? Qui déplace tous ces milliards de dollars d’or papier ? Certainement pas le marché de l’investissement qui est très petit. Le volume est trop important pour que ce soit les spéculateurs. Le plus probable est que les banques d’investissement négocient des quantités massives d’or pour dissimuler la pénurie majeure d’or physique et surtout d’or des banques centrales. Nous savons que les banques d’investissement et les marchés à terme ne disposent que d’une fraction de l’or physique pour couvrir les engagements papiers.

 

 

La Route de la Soie achète toute la production minière

Les réserves officielles d’or de la Banque centrale sont d’environ 32 000 tonnes. Ce chiffre sous-estime probablement les avoirs de nombreux pays de l’Est comme la Chine. Les achats d’or des pays de la Route de la soie que sont la Chine, l’Inde, la Turquie et la Russie sont incessants. Depuis 2005, ils ont acheté 33 000 tonnes. Les achats se sont accélérés en 2008 et depuis lors, ils ont accumulé 29 000 tonnes. Cela signifie qu’au cours des onze dernières années, les pays de la Route de la soie ont acheté pratiquement la totalité de la production d’or annuelle.

 

 

Les États-Unis ont-ils encore de l’or ?

Les réserves d’or, comme leur nom l’indique, sont censées soutenir la monnaie et la stabilité du pays. Malgré cela, de nombreux pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse ont considérablement réduit leurs réserves. La Suisse et la Grande-Bretagne ont vendu la majeure partie de leur or à des prix très bas à la fin des années 1990. Les États-Unis avaient 20 000 tonnes à la fin des années 1950, mais en ont vendu 12 000 tonnes entre 1958 et 1971. Selon le graphique ci-dessous, les États-Unis ont cessé de vendre de l’or après que Nixon ait mis fin à l’étalon-or, en août 1971. On peut se demander s’ils ont réellement cessé de vendre ou s’ils ont juste arrêté de déclarer leurs ventes ? Jusqu’au 15 août 1971, les États souverains pouvaient exiger le paiement de la dette des États-Unis en or. De Gaulle l’a fait pour la France et c’est l’une des principales raisons pour lesquelles Nixon a supprimé l’adossement du dollar à l’or.

 

 

Pratiquement aucune banque centrale dans le monde ne publie un audit complet de son or physique ou de ses positions en produits dérivés. Les États-Unis ne l’ont pas fait depuis les années 1950. Idem dans la plupart des autres pays. Étant donné que l’or est un actif important détenu par l’État, il semble évident qu’un audit indépendant et détaillé devrait être effectué. La raison pour laquelle aucun pays n’entreprend ou publie d’audit est clairement parce qu’il n’a pas l’or. Un audit complet de l’or des banques centrales occidentales révélerait très probablement que la majorité de l’or a disparu. Certaines banques ont peut-être de l’or papier, mais elles ne récupéreront jamais l’or physique qui a été expédié en Chine et en Inde.

De Gaulle était certain que les États-Unis n’avaient plus d’or

Des sources proches de de Gaulle m’ont informé qu’il était déjà certain, à la fin des années 1960, que les États-Unis n’avaient plus d’or. Évidemment, je n’ai pas de preuve, mais je n’ai pas non plus de preuve que l’or existe réellement. Plus d’informations sur ce sujet dans un prochain article.

L’absence d’audits et l’important volume des échanges d’or papier montrent qu’il se passe quelque chose de louche sur le marché de l’or. Tout cela sera probablement révélé lorsque le dollar sera véritablement sous pression et que le prix de l’or augmentera rapidement. À ce moment-là, les détenteurs d’or papier demanderont la livraison et la Chine et la Russie révéleront leur jeu.

Avant cela, il est impératif de détenir de l’or physique dans un pays sûr et en dehors du système financier.

L’or est en route vers de nouveaux sommets

À court terme, la prochaine montée de l’or a commencé comme je le prédisais depuis un moment. Ce sera un long mouvement vers des niveaux beaucoup plus élevés. Par conséquent, acheter de l’or aujourd’hui, à environ 1 300 $, à des fins de préservation de la richesse, sera vu dans quelques années comme une excellente assurance et l’aubaine de toute une vie.

Source originale: Matterhorn – GoldSwitzerland

https://www.goldbroker.fr/actualites/degaulle-convaincu-que-americains-ont-plus-or-1479

Egon Von Greyerz  Membre du conseil d’administration de Goldbroker.com – Fondateur MAM

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Troc Europe-Iran: ultime solution pour sauver l’accord de Vienne ?

Troc Europe-Iran: ultime solution pour sauver l’accord de Vienne ?

Le 31 janvier 2019, l’Europe a annoncé avoir mis en place un système qui lui permettra de commercer avec l’Iran, sans pour autant se voir imposer des sanctions de la part des Etats-Unis. La forme de cette entité nommée INSTEX,  est une idée novatrice pour les relations Europe-Iran. Pourtant l’initiative soulève de nombreuses problématiques diplomatiques et économiques. Le tout, sur fond de sécurité nucléaire.

L'Iran subit les sanctions américaines et souhaite envoyer un message fort aux américains
L’Europe a annoncé la mise en place d’un système de troc avec l’Iran.  cela devrait permettre de contourner les sanctions américaines. Cette stratégie et vise à sauver l’accord de Vienne

INSTEX : contourner la dollarisation des transactions et maîtriser le nucléaire iranien

En mai 2018, Donald Trump avait retiré les Etats-Unis du traité de Vienne sur le nucléaire iranien, ratifié en 2015. Ce retrait avait obligé des entreprises européennes s’étant réimplanter en Iran à en repartir. Ainsi, plusieurs contrats se chiffrant en milliards de dollars avaient pris fin. En effet, désormais les pays commerçants avec la République islamique d’Iran, tombent sous l’effet de l’extraterritorialité du droit américain et de ses sanctions.

Concrètement, il s’agit d’une entité ad hoc nommée INSTEX (Instrument in Support Of Trade Exchanges), dont la structure juridique est appelée Special Purpose Vehicle. Créée par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, les 28 états membres de l’Union Européenne l’ont acceptée. Cette création est une réaction au rétablissement des sanctions contre l’Iran.  INSTEX fonctionnera comme une chambre de compensation  “dans le cadre d’un troc entre importateurs et exportateurs entre l’Iran et l’Europe. Les entreprises exportant vers l’Iran seront créditées sur INSTEX grâce aux créances des importateurs iraniens, seul le solde de ces flux faisant l’objet de crédits bancaires” (1)

Par INSTEX, l’Europe souhaite convaincre l’Iran de se maintenir dans l’accord de Vienne et donc, limiter une augmentation des tensions au Moyen Orient dûes au programme nucléaire iranien.  La solution est partielle et ne permettra pas de rétablir de véritables flux économiques entre les deux aires. Toutefois, l’Europe montre qu’elle souhaite tenir sa promesse consistant à soutenir le maintien de l’Iran dans l’accord. La mise en place d’INSTEX a été accompagnée de certaines conditions. Par exemple, l’Europe souhaite que l’Iran se conforme aux Gafi (Groupe d’action financière), l’organe qui lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. A terme, l’objectif serait de sortir l’Iran de la liste noire du Gafi et donc des pays soumis à l’embargo américain. Cela serait bénéfique au commerce avec l’Europe.

L’Iran : entre pied-de-nez aux américains et refus de se plier aux normes occidentales

De son coté l’Iran voit en ce mécanisme une nouvelle opportunité de s’opposer aux Etats-Unis.  Par la mise en place du troc, l’Iran estime qu’il y a une « invalidation des sanctions » par les européens. Aussi, Hassan Rohani, le président actuel, voit d’un bon œil cette possibilité de commerce extérieur au moment où la situation économique en Iran se dégrade. Pour autant l’Iran ne compte pas coopérer sur l’aspect Gafi. Le ministère de la justice iranienne a d’ailleurs réaffirmé l’indépendance de la politique étrangère et de défense. Le guide suprême a quant à lui déclaré qu’il n’était pas possible que l’Iran fasse confiance à l’Europe et qu’il s’opposerait à ce projet.

INSTEX, une fausse bonne idée ?

A peine créé, INSTEX est déjà limité. Pour que la chambre de compensation fonctionne, des entreprises doivent se porter volontaires. Or ce sont surtout des PME ne commerçant pas encore en dollars, qui devraient accepter d’intégrer la structure. Ensuite, il faut qu’une entreprise miroir d’INSTEX soit créée en Iran, ce qui pourrait prendre du temps, voir être empêché. Dans la pratique, INSTEX ne permettra pas de débouchés en Europe pour le gaz et le pétrole iraniens, censés doper l’économie iranienne. Cependant INSTEX se concentrera au début sur des produits agroalimentaires et pharmaceutiques, déjà autorisés.

L’Europe affirme que le mécanisme sera prêt à monter en puissance.  D’autres pays pourraient l’intégrer, comme la Russie et la Chine. Ces deux derniers ont par ailleurs des intérêts économiques et diplomatiques en Iran, bien que cela aille à l’encontre de la politique américaine. Or, l’inclusion de telles puissances dans le mécanisme d’initiative européenne pourrait être mal vu par Washington. Effectivement,  la Chine et les Etats-Unis sont sur le point de se livrer une guerre économique tandis que la Russie est accusée d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine.

(1) source : Yves Bourdillon, Les Echos, https://www.lesechos.fr/monde/europe/0600655169264-leurope-mise-sur-instex-pour-commercer-avec-liran-2243324.php

About Eléonore Motel

Eléonore est étudiante en master 2 à Sciences Po Lille. Ses thèmes de prédilection sont l’intelligence économique, les problématiques de défense et de sécurité ainsi que les enjeux maritime

Guerre mondiale économique: Moscou et Beijing tentent de diminuer leur dépendance au dollar US

Guerre mondiale économique: Moscou et Beijing tentent de diminuer leur dépendance au dollar US

La guerre financière fait rage entre les États-Unis, la Russie et la Chine. En quelques mois, la Banque centrale russe a abaissé sa part de réserves de change en dollars à un niveau historiquement bas, en remplaçant l’équivalent d’environ 100 milliards de dollars par des euros, des yens nippons et des yuans chinois.

Moscou a entamé cette opération, en se débarrassant d’obligations du Trésor étasunien, à partir du mois de mai 2018, lorsque Washington accentua ses pressions sur la Russie.

Une vente de 81 milliards de dollars a suivi la sanction prononcée par les États-Unis contre des hommes d’affaires, des sociétés, des banques et des représentants du gouvernement russes au moment présidentielles russes.

Ce qui est assez remarquable est qu’entre les seuls mois de mars et juin 2018, le dollar est passé de 43,7% à 21,9% des réserves de devises de la Banque centrale de Russie selon son dernier bulletin trimestriel. Ce qui explique la montée des tensions entre Washington et Moscou tout au long de l’année 2018.

La somme tirée des réserves en dollars a été redistribuée pour porter la part de l’euro de 25% à 32% et celle du yuan chinois de 0 à 14,7%. Moscou et Beijing ont en effet signé une dizaine d’Accords bilatéraux pour exclure complètement le dollar de leurs échanges commerciaux.

Les données concernant la Chine font défaut mais Beijing a convenu avec Téhéran d’exclure toute transaction en dollar dans leurs échanges commerciaux bilatéraux comme le fait déjà avec la Corée du Nord au profit du yuan chinois.

Une petite révolution est en marche!

Guerre mondiale économique: Moscou et Beijing tentent de diminuer leur dépendance au dollar US

L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

Paris (awp/afp) – L’euro effaçait lundi ses pertes de vendredi face au dollar, des informations de presse assurant que Donald Trump aurait envisagé de congédier le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell.

Vers 15H15 GMT (16H15 à Paris), l’euro s’échangeait à 1,1429 dollar pour un euro contre 1,1372 vendredi à 22H00 GMT.

Donald Trump aurait discuté en privé de la possibilité de congédier le président de la Banque centrale, étant agacé par la décision mercredi de l’institution d’augmenter les taux d’intérêt, selon des médias américains, une information démentie par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

« Cela fait directement suite à la hausse du taux directeur de la Fed de la semaine dernière, un mouvement que le marché attendait plus restreint et qui a contribué aux pertes des indices boursiers », a commenté Fritz Louw, analyste de MUFG.

En relevant ses taux directeurs, la Fed rend le dollar plus rémunérateur, et donc plus attractif pour les investisseurs. Les cambistes ont donc pu s’inquiéter de voir le président des Etats-Unis peser sur la politique monétaire de l’institution.

« Heureusement, Mnuchin est venu au secours en éloignant cette hypothèse, car j’étais prêt à passer la matinée à vendre mes actifs », a prévenu Stephen Innes, analyste chez Oanda.

Il n’est cependant pas certain que le dollar continuerait à souffrir d’un mouvement de vente sur les marchés.

Cette polémique « ajoute au sentiment d’inquiétude du marché », a jugé M. Louw, qui estime que si elle continue, elle pourrait être négative pour l’économie américaine, mais « le dollar a tendance à profiter de ces périodes d’aversion au risque ».

De même, la menace de blocage des administrations à Washington pesait sur la confiance des marchés.

« En général, il y a un mouvement de vente avant le blocage, mais les marchés se reprennent après l’annonce officielle », ont cependant estimé les analystes de RaboBank.

Par ailleurs, « les volumes devraient rester restreints en cette période de fête », a souligné Naeem Aslam, analyste de Think Markets.

À 15H15 GMT lundi, le yen remontait légèrement face à la monnaie européenne, à 126,19 yens pour un euro contre 126,48 vendredi soir, et plus nettement face au dollar, à 110,42 yens pour un dollar contre 111,22 vendredi soir.

Le franc suisse se stabilisait face à l’euro (1,1292 franc pour un euro contre 1,1300 vendredi) et montait face à la devise américaine (0,9882 franc suisse pour un dollar au lieu de 0,9938 vendredi).

La monnaie chinoise montait face au billet vert à 6,8991 yuans pour un dollar contre 6,9065 yuans vendredi à 15h30 GMT.

L’once d’or valait 1.267,45 dollars, à son plus haut depuis six mois, contre 1.256,05 dollars vendredi.

Enfin, le bitcoin s’échangeait à 4.197,79 dollars contre 3.848,60 dollars vendredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de lundi Cours de vendredi

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15H15 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1429 1,1372

EUR/JPY 126,19 126,48

EUR/CHF 1,1292 1,1300

EUR/GBP 0,8987 0,8998

USD/JPY 110,42 111,22

USD/CHF 0,9882 0,9938

GBP/USD 1,2717 1,2645

afp/rp

(AWP / 24.12.2018 16h52)

https://www.romandie.com/news/L-euro-rebondit-Donald-Trump-s-en-prend-la-Fed_RP/982707.rom

Dé-dollarisation

Dé-dollarisation


Le plan de l’UE visant à lutter contre la domination du dollar ne fonctionnera pas sans la Russie


Euro banknotes


Par Sputniknews – Le 5 décembre 2018 – Source sputniknews.com

Sputnik_logoLe plan de la Commission européenne, récemment divulgué, visant à réduire considérablement la dépendance du bloc vis-à-vis du dollar ne fonctionnera pas sans la participation de la Russie, a noté Ivan Danilov, un collaborateur de Sputnik, suggérant que Paris et Berlin devraient étouffer leurs sentiments anti-russes. 

Il semble que le billet vert puisse finalement se retrouver dans une situation difficile, étant au moins en partie privé de son « privilège exorbitant» : l’Union européenne a élaboré un plan pour lutter contre la domination du dollar sur les marchés mondiaux.

Le 3 décembre, Bloomberg a annoncé avoir obtenu un document de la Commission européenne contenant une feuille de route détaillée sur la montée de l’euro, ajoutant que le projet serait publié par Bruxelles plus tard cette semaine.

« Il est possible pour l’euro de développer davantage son rôle mondial et de réaliser son plein potentiel, reflétant le poids politique, économique et financier de la zone euro », lit-on dans le projet.

A one euro coin is pictured on one US dollar notes on March 13, 2015 in Godewaersvelde, Northern France

Le document propose également d’utiliser l’euro comme devise par défaut dans les transactions énergétiques du bloc avec des pays tiers, ainsi que la création d’un index de référence libellé en euros pour le pétrole. Selon la Commission européenne, le bloc doit créer « un ensemble d’index de référence de taux d’intérêt dignes de confiance » sur les marchés financiers et « un système de paiement instantané entièrement intégré ».

Expliquant le raisonnement derrière cette décision, le projet expose que « des actions unilatérales extraterritoriales récentes par des juridictions de pays tiers comme dans le cas de sanctions à nouveau imposées sur l’Iran, ainsi que des défis récents aux règles internationales de la gouvernance et du commerce sont une alarme quant à la souveraineté économique et monétaire de l’Union européenne ».

Le document fait clairement référence au retrait unilatéral du président américain Donald Trump de l’accord nucléaire avec l’Iran (JCPOA), et à la reprise des sanctions contre la République islamique, qui ont gravement porté atteinte aux intérêts des entreprises européennes.

Swift payment systemDe plus, à en juger par le projet, le bloc européen cherche une alternative viable à SWIFT (Système informatisé de compensation internationale). Bien que l’organisme soit localisé en Europe, il est de facto subordonné aux US. Ainsi, SWIFT a déconnecté les institutions financières de l’Iran, y compris la banque centrale du pays, au début du mois, indépendamment du fait que les signataires du traité JCPOA, y compris l’UE, s’engageaient à plusieurs reprises à respecter les termes de l’accord nucléaire avec l’Iran.

« Bien que les propositions ne soient pas une législation contraignante, leur adoption potentielle par le bloc pourrait renverser le marché mondial de l’énergie », a averti Bloomberg.

Banknotes and coins of the United States

Ivan Danilov, contributeur à Sputnik et économiste, a souligné que, même s’il est peu probable que l’UE mette en place les nouveaux mécanismes financiers du jour au lendemain, le document sonne l’alarme pour le dollar.

Selon l’économiste, la décision du bloc d’acheter des hydrocarbures en euro pourrait porter un coup dur au billet vert, l’UE demeurant le plus gros importateur d’énergie au monde. Ses contrats énergétiques annuels s’élèvent habituellement à environ 341 milliards de dollars.

L’initiative de l’Union européenne a toutefois bien plus à offrir que ce que l’on pourrait croire, a souligné Danilov.

« Ce qui est remarquable dans le grand dessein de la Commission européenne, c’est que le plan ne fonctionnera pas sans la Russie. Cela signifie que Paris et Berlin devront probablement avaler légèrement leurs pulsions antirusses, car elles auront besoin de la coopération de Moscou sur cette question vitale », a souligné l’économiste.

En outre, la Russie reste le principal fournisseur d’énergie de l’Union européenne, a-t-il ajouté. Tout ce qui précède « crée les conditions pour que l’industrie énergétique russe passe aux règlements en monnaie européenne ».

The Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT)Dans le même temps, le 27 novembre, le ministère russe des Finances a émis un emprunt obligataire à 7 ans d’une valeur d’un milliard d’euros (avec un rendement de 3,0%). Selon Leonid Bershidsky, de Bloomberg, le passage de la Russie à l’euro faisait partie du plan global de dé-dollarisation de Moscou.

« Si le test et le plan aboutissent, l’Union européenne aura un allié improbable mais important pour renforcer le rôle mondial de sa monnaie commune », a prédit M. Bershidsky.

Danilov estime que le plan de la Commission européenne devrait susciter une réaction ferme de Washington : « La réduction de la zone dollar n’est rien de moins qu’une menace existentielle pour l’économie et le système financier américains ».

Cependant, la colère des États-Unis est susceptible de profiter à l’UE et à la Russie, car elle pourrait faciliter leur rapprochement, estime l’économiste.

Sputniknews

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/de-dollarisation

 

Dedo pour l’empire

Dedo pour l’empire

Publié le 9 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Economie, Etats-Unis

Le hasard faisant bien les choses, dedo(llarisation) signifie « doigt » en espagnol. Il est vrai que le grand mouvement planétaire d’abandon progressif du billet vert doit être particulièrement douloureux pour le système financier américain, pilier de la domination impériale durant des décennies.

Continuant sur la lancée de ce qu’il dit depuis longtemps et avec son célèbre sens de la formule, le facétieux président russe s’en est donné à cœur joie il y a quelques jours en parlant de la sanctionnite aiguë de Washington : « Ce n’est pas nous qui quittons le dollar, c’est le dollar qui nous quitte. Ceux qui prennent de telles décisions ne se tirent pas une balle dans le pied, mais plus haut. »

Pour la Russie, le Wall Street Journal lui-même doit reconnaître que cela commence à porter ses fruits. Même les euronouilles, lassés de toujours payer les pots cassés, veulent s’y mettre, notamment dans les échanges avec l’Iran. Et l’on ne compte plus les pays qui se sont déjà partiellement engagés dans la voie de la dédollarisation. Nous les avons régulièrement cités dans ces Chroniques.

Dernier exemple en date : l’Inde et les Emirats Arabes Unis ont signé un accord SWAP pour commencer à commercer dans leurs monnaies respectives. Objectif avoué : squizzer le dollar dans leurs échanges.

La confiance est, et a toujours été, l’un des fondements de la domination des empires. Que des pays peu suspects d’anti-américanisme comme ces deux-là en arrivent à cette décision montre à quel point la perte de confiance envers Washington s’est durablement installée sur notre planète. Prémisse inévitable du déclin…

 

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Chers amis, désolé pour cette longue interruption mais j’étais extrêmement occupé ce dernier mois. Les choses devraient maintenant rentrer dans l’ordre.

Bien à vous tous et merci encore de votre confiance.

Que se cache-t-il derrière l’effondrement du dollar?

Dollars américains. Image d'illustration

Que se cache-t-il derrière l’effondrement du dollar?

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Le dollar chute par rapport à pratiquement toutes les monnaies mondiales. Jeudi dernier, les positions de la devise américaine ont été ébranlées par la déclaration du ministre des Finances des USA Steven Mnuchin, qui a dit soutenir son affaiblissement.

Un nouveau coup a été porté au dollar par le quotidien Wall Street Journal, qui s’est joint aux attaques de Donald Trump contre la Réserve fédérale (Fed) en appelant cette dernière à «se calmer» et à cesser d’augmenter ses taux. Les investisseurs ont immédiatement réagi, mais les analystes sont convaincus que la vraie chute de la monnaie américaine reste à venir.

Le taux directeur de la Fed continue de grimper

En octobre, la bourse américaine a été secouée par une vague de ventes. L’indice de l’important marché S&P 500 a fléchi de 8%, et le Nasdaq-100 Technology Sector Index de 9,2%. S’en est suivi un effet domino en Europe et en Asie, qui a conduit à des pertes totales avoisinant les 5.000 milliards de dollars. Ces ventes massives sur les places boursières américaines sont avant dues tout aux craintes des investisseurs face à la hausse des taux d’intérêt.Le durcissement de la politique monétaire de la Fed a conduit à une hausse du rendement des obligations à long terme du gouvernement américain, à l’augmentation des taux d’intérêt pour les prêts immobiliers et, par conséquent, à la diminution des achats immobiliers.

Cette année, le régulateur américain a revu à la hausse son taux directeur à trois reprises, et il ne semble pas avoir l’intention de s’arrêter. Selon les prévisions de l’une des plus grandes banques d’investissement américaines, Goldman Sachs, d’ici fin 2019 la Fed devrait augmenter encore cinq fois son taux directeur — soit deux fois plus que ce qu’attendent actuellement les acteurs du marché. Principaux arguments invoqués: l’économie américaine se rétablit, il ne doit donc pas rester de traces de la politique de stimulation.

L’inflation accroît la probabilité d’augmentation des taux d’intérêt. Selon les chercheurs de l’université de Yale, une période de hausse commence actuellement dans le cycle d’inflation aux USA, notamment à cause des complications commerciales qui s’aggravent.Selon Stephen Roach, chercheur en chef à l’université et ancien patron de Morgan Stanley Asia, dès l’an prochain l’inflation augmentera jusqu’à 3-3,5% aux USA. Ce qui signifie que la Fed devra augmenter son taux directeur.

Trump se révolte contre la Fed

Le locataire de la Maison-Blanche est en désaccord avec la politique actuelle du régulateur financier. En octobre, Donald Trump a qualifié la Fed de «principale menace pour l’économie» américaine. Il a également déploré le fait que la Fed, qui remplit les fonctions d’une banque centrale, soit une structure indépendante et que la Maison-Blanche ne dispose pas de leviers de pression sur elle.

Quand la Fed revoit à la hausse son taux directeur ou prend d’autres mesures pour durcir la politique monétaire, le volume d’«argent bon marché» diminue dans le système financier.Plus le taux directeur est élevé, plus le coût des emprunts pour les grandes entreprises l’est. Cela signifie que les entrepreneurs n’augmentent pas les salaires, investissent moins, et que les actionnaires perçoivent moins de bénéfices. Au final, les compagnies deviennent moins attractives.

Les entreprises avaient activement profité des taux bas pour s’élargir et absorber d’autres compagnies. Mais quand le taux a commencé à augmenter, le remboursement des dettes est devenu très difficile.

Les premières victimes

Selon les statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la part des «compagnies-zombies» qui ne génèrent pas de revenus et vivent à crédit a augmenté ces dernières années jusqu’à 6%, ce qui est un signe «très alarmant», déclare Andreï Kotchetkov, analyste d’Otkrytie broker.General Electric, l’une des plus grandes compagnies américaines, est l’une des premières victimes de l’augmentation systématique des taux d’intérêt.

«Non seulement les indices financiers du géant se sont considérablement détériorés, mais sa capitalisation est descendue en-dessous de la dette corporative de 110 milliards de dollars. La compagnie a de moins en moins d’argent pour se développer parce que des sommes conséquentes servent à rembourser la dette. Par conséquent, la croissance économique va ralentir», explique Andreï Kotchetkov.

Une hausse dangereuse

L’augmentation des taux par la Fed contribue à la hausse du rendement des bons du Trésor, notamment sur dix ans, auxquels sont associés les taux sur les crédits bancaires et les prêts immobiliers. Par conséquent, le pouvoir d’achat de la population diminue.Ce rendement élevé permet d’attirer davantage d’argent des investisseurs des marchés émergents dans l’économie. Mais chaque médaille a son revers.

La Bank of America Merrill Lynch a déjà averti que la hausse des taux d’intérêt aux USA pourrait déclencher une nouvelle crise. Toute l’année, les investisseurs ont vendu leurs actifs dans les marchés en développement à cause de l’augmentation des taux par la Fed, qui a renforcé le dollar.

La situation actuelle, selon les analystes de la banque, «rappelle celle d’il y a vingt ans quand les investisseurs s’étaient retirés massivement des obligations risquées des économies émergentes».

La balance se renverse

A présent que Donald Trump est soutenu par le plus grand journal d’affaires du pays dans ses attaques contre la Fed, le dollar est confronté à la vente. Mais il ne s’agit évidemment pas d’une seule publication.

«Depuis que les économistes ont dit que l’effet des stimulations fiscales était épuisé et que l’économie américaine commencerait à ralentir, des petits poids — sous la forme de déclarations de hauts fonctionnaires et d’experts — se sont mis à tomber sur la balance au profit de la réduction du rythme d’augmentation du taux par la Fed. Résultat des courses: la balance a penché de l’autre côté, ce qui a conduit à l’affaiblissement de la devise américaine», explique Andreï Vernikov, directeur général adjoint pour l’analyse d’investissement de Zerich Capital Management.

De plus, la semaine dernière, le vice-président de la Fed Richard Clarida a déclaré sur CNBC que «certains signes» témoignaient du ralentissement de la croissance économique mondiale. Le nombre d’investisseurs pensant que la Fed augmenterait son taux directeur lors de la réunion de décembre s’est alors réduit.

https://fr.sputniknews.com/economie/201811201038979520-dollar-effondrement-economie-usa/

Comment Wall Street a permis à la révolution foudroyante de perdre des milliards de dollars

Comment Wall Street a permis à la révolution foudroyante de perdre des milliards de dollars


Par Justin Mikulka – Le 4 mai 2018 – Source DeSmog

Wall Street sign
Un panneau de Wall Street à New York. Crédit : domaine public

 

L’industrie américaine du pétrole de schiste saluée comme une « révolution » a brûlé 250 milliards de dollars de plus que ce qu’elle a rapporté au cours de la dernière décennie. Il s’agit d’une entreprise de destruction d’argent d’une ampleur épique.

En septembre 2016, le service de notation financière Moody’s a publié un rapport sur les compagnies pétrolières américaines, dont beaucoup souffraient de la chute massive des prix du pétrole. Moody’s a constaté que « le coût financier de la crise pétrolière ne peut être qualifié que de catastrophique », en particulier pour les petites entreprises qui ont contracté d’énormes dettes pour financer la fracturation dans des formations de schistes lorsque les prix du pétrole étaient élevés.

Et même si les sociétés de schistes ne réalisent toujours pas de bénéfice, Wall Street continue de prêter plus d’argent à cette industrie tout en vantant ces sociétés comme de bons investissements. Pourquoi les investisseurs feraient ça ?

David Einhorn, investisseur vedette de fonds de couverture et fondateur de Greenlight Capital, a qualifié l’industrie du schiste argileux de « farce ».

« Une entreprise qui brûle de l’argent et qui ne croît pas, cela ne vaut rien », a déclaré M. Einhorn, qui va souvent à contre-courant du monde financier.

Les investisseurs ne sont-ils pas censés se concentrer sur l’investissement dans des entreprises rentables ? Bien qu’en théorie, oui, la réalité est tout à fait différente pour des industries comme le pétrole de schiste et l’habitation.

Si la crise financière américaine de 2008 a révélé quelque chose, c’est que Wall Street ne se soucie pas de faire un « deal merdique » quand il s’agit de profits et de bonus pour ses traders et cadres, malgré leurs rôles dans le crash.

Wall Street fait de l’argent en facilitant les transactions comme un bookmaker de Vegas fait de l’argent en prenant des paris. Comme le dit le dicton à propos de Las Vegas : « La maison gagne toujours ». Ce qui est vrai pour les casinos et les jeux de hasard est également vrai pour Wall Street.

Wall Street est à l’origine de la crise financière de 2008, et certains de ses architectes en ont personnellement profité. Cependant, alors que quelques cadres en ont bien profité, le résultat a été une baisse de l’emploi de 8,8 millions de personnes, et selon Bloomberg News en 2010, « à un moment donné l’an dernier [2009], les États-Unis avaient prêté, dépensé ou garanti jusqu’à 12 800 milliards de dollars pour sauver l’économie ».

JP Morgan (ainsi qu’une grande partie de Wall Street) ont eu besoin d’importantes sommes d’argent sous forme de renflouements pour survivre aux retombées de tous les mauvais prêts accordés, qui ont provoqué la crise du logement. Est-ce que JP Morgan s’abstient d’accorder des prêts à l’industrie du schiste argileux ? Non. Bien au contraire.

Comme le montre ce graphique sur les banques qui prêtent de l’argent à la société de shale EOG Resources, sous forme de renflouement, alors que tous les grands acteurs de Wall Street sont sur le coup, JP Morgan a pris les plus gros paris.

Pour comprendre pourquoi JP Morgan et le reste de ces banques prêteraient de l’argent à des sociétés travaillant dans le schiste qui continuent de le perdre, il est important de comprendre le concept de jeu de « la commision ». Merriam-Webster le définit comme « une charge prise (comme par un bookmaker ou une maison de jeu) sur les paris ».

Wall Street gagne de l’argent en prenant une part de l’argent des autres. Pour une maison de jeu, peu importe si tout le monde gagne de l’argent ou en perd, tant que la maison reçoit sa part – sa com, comme on l’appelle dans le monde financier – des frais de gestion.

Comprendre ce concept permet de comprendre pourquoi les investisseurs ont prêté 250 milliards de dollars à l’industrie du schiste, qui les a brûlé. Si vous prenez des commissions sur 250 milliards de dollars, vous avez une grosse pile d’argent. Et même si ces compagnies pétrolières peuvent toutes faire faillite, Wall Street ne rend jamais les commissions.

Trent Stedman de la société d’investissement Columbia Pacific Advisors LLC a expliqué au Wall Street Journal à la fin de 2017 pourquoi les producteurs de schistes continueraient à forer plus de puits même si les sociétés saignent de l’argent sur chaque baril produit :

Certains diraient : nous savons que c’est une mauvaise économie, mais c’est ce que veut The Street.

Et « The Street » obtient généralement ce qu’elle veut, même lorsqu’il est clair que prêter de l’argent à des sociétés dans le pétrole de schistes qui perdent de l’argent depuis une décennie et qui sont déjà très endettées est « une mauvaise économie ». Mais les primes de Wall Street sont basées sur le montant des « frais » qu’un employé peut apporter à la banque. Plus les frais sont élevés, plus la prime est élevée. Et plus de prêts – même ceux qui sont clairement mauvais sur le plan économique – signifient beaucoup plus de frais.

Les sociétés pétrolières de schistes sont les « créatures des marchés financiers »

En 2017, le « légendaire » responsable de fonds spéculatif Jim Chanos a qualifié les sociétés pétrolières de schistes de « créatures des marchés financiers », ce qui signifie que sans l’argent de Wall Street, elles n’existeraient pas. Chanos a également déclaré publiquement qu’il vendait à découvert les actions du géant pétrolier de schiste argileux Continental Resources, car l’entreprise ne peut même pas gagner assez d’argent pour payer les intérêts sur ses prêts.

Et il marque un point. En 2017, Continental Resources a dépensé 294,5 millions de dollars  en remboursement d’intérêts, ce qui représente environ 155 % de son revenu net ajusté de 2017. Lorsque vous ne pouvez même pas payer les intérêts sur vos cartes de crédit, vous êtes fauché.

Et pourtant, en 2017, les capitaux des investisseurs continuaient d’affluer, Continental Resources faisant partie de ceux qui se sont endettés auprès de Wall Street pour un autre milliard de dollars.

En 2017, les sociétés américaines [d’exploration et de production] ont levé plus d’obligations que jamais depuis le début de l’effondrement des prix en 2014, avec des émissions d’environ 60 milliards de dollars, soit près de 30% de plus qu’en 2016, selon Dealogic. Les grandes sociétés comme Whiting Petroleum, Continental Resources, Southwestern, Noble, Concho et Endeavor Energy Resources ont chacune levé 1 milliard de dollars ou plus au cours du second semestre de 2017.

Quel est l’ampleur du problème que pose le prêt d’argent à une industrie qui brûle des milliards de dollars et s’endette ? Il est si gros que le PDG de la compagnie de schistes Anadarko Petroleum blâme Wall Street et demande à ses entreprises d’arrêter de prêter de l’argent à l’industrie du pétrole de schistes. Oui, c’est bien vrai.

En 2017, Al Walker, PDG d’Anadarko, a déclaré  lors d’une conférence d’investisseurs que les investisseurs de Wall Street étaient le problème :

Le plus gros problème auquel notre industrie est confrontée aujourd’hui, c’est vous. Vous pouvez nous aider à nous aider nous-mêmes. C’est un peu comme aller aux alcooliques anonymes. Tu sais, on a besoin d’un partenaire. Nous avons vraiment besoin que la communauté financière fasse preuve de discipline.

Le Wall Street Journal rapporte que Walker affirme : « Wall Street est devenu un catalyseur qui pousse les entreprises à accroître leur production à tout prix, tout en punissant ceux qui essaient de vivre selon leurs moyens. »

Imaginez vous supplier les banques d’arrêter de vous prêter de l’argent. Et d’être ignoré.

La production croissante à tout prix est l’histoire de la « révolution » du schiste argileux. Le coût financier payé jusqu’à présent a été de plus de 280 milliards de dollars que l’industrie a dépensés – de l’argent que ses entreprises ont reçu de Wall Street et, malgré le plaidoyer d’Al Walker, continuent de recevoir.

The Economist résume la situation en 2017 :

Elle [l’industrie du schiste] a brûlé de l’argent, que le prix du pétrole soit à 100 $, comme en 2014, ou à environ 50 $, comme il l’a été au cours des trois derniers mois. Les 60 plus grandes entreprises ont utilisé en moyenne 9 milliards de dollars par trimestre au cours des cinq dernières années.

Les prix plus élevés du pétrole sont maintenant présentés comme le sauveur de l’industrie, mais, comme l’a fait remarquer The Economist, l’industrie du schiste perdait de l’argent même lorsque le prix du pétrole était à 100 $ le baril.

Pourtant, Wall Street continue de donner de l’argent à l’industrie du schiste et l’industrie du schiste continue de le perdre à mesure qu’elle augmente sa production. Pour être clair, cet arrangement rend les PDG des sociétés de schistes et les prêteurs financiers très riches, c’est pourquoi la tendance devrait se poursuivre. Et c’est pourquoi le PDG de Continental Resources, Harold Hamm, continuera de répéter le mythe selon lequel son industrie fait de l’argent, comme il l’a dit à la fin de 2017 :

Quiconque laisse entendre qu’il n’y a pas eu beaucoup d’expansion et de création de richesse dans cette industrie grâce au forage horizontal et à toute la technologie développée ces dix dernières années, je veux dire, c’est tout à fait ridicule.

Personne ne contestera que Hamm et ses partenaires à Wall Street ne sont pas extrêmement riches. C’est ce qui s’est produit malgré la perte de sommes d’argent épiques par l’entreprise de Hamm et le reste de l’industrie de l’emballage. La même année où Hamm a fait cette déclaration, son entreprise ne pouvait même pas couvrir ses remboursements d’intérêts. Pour mettre les choses en perspective, Continental Resources ne pouvait même pas faire l’équivalent du paiement minimum sur sa carte de crédit.

Surveillez ce que fait l’industrie, pas ce qu’elle dit

La hausse des prix du pétrole permet d’avancer plus d’histoires sur la façon dont 2018 sera l’année où l’industrie du schiste argileux réalisera enfin des profits. Harold Hamm l’appelle l’« année de rupture » de Continental Resources. Il est intéressant de voir comment le fait de ne pas perdre d’argent pendant un an est considéré comme une « année exceptionnelle » dans l’industrie du schiste argileux.

Comme indiqué dans DeSmog, l’industrie a certainement bénéficié d’un énorme coup de pouce avec la récente loi fiscale, ce qui aidera les finances à court terme de ses entreprises. À elle seule, Continental Resources a bénéficié d’un allégement fiscal de 700 millions de dollars.

Des rapports récents dans la presse financière détaillent comment la nouvelle approche dans l’industrie du schiste argileux sera de se concentrer uniquement sur la production rentable de pétrole, et pas seulement sur la production de plus de barils à perte. Comme l’a dit le Wall Street Journal dans un gros titre : « Wall Street dit aux Frackers d’arrêter de compter les barils, de commencer à faire des profits ».

Dans cet article, le PDG de Continental, M. Hamm, assure qu’il est d’accord avec cette nouvelle approche en disant : « Vous prêchez vraiment à la chorale ».

Mais Continental a-t-elle réellement adopté cette nouvelle approche de responsabilité et de restriction financières ?

Pas tant que ça.

L’entreprise de fracturation semble avoir fait le contraire, augmentant la production à des niveaux records, tout comme le reste de l’industrie du schiste argileux. Continental a récemment annoncé son intention de forer 350 nouveaux puits à un coût estimé à 11,7 millions de dollars par puits, ce qui représente plus de 4 milliards de dollars en coûts totaux pour ces puits. La société détient actuellement plus de 6 milliards de dollars de dettes et moins de 100 millions de dollars de liquidités.

Comment Continental financera-t-elle ces nouveaux puits ? Hamm a promis qu’à l’avenir, il n’y aurait « absolument aucune nouvelle dette ». Continental les financera peut-être en vendant des actifs parce que sans dettes supplémentaires, Continental n’a pas l’argent pour financer ces nouveaux puits. Cependant, si le passé est un prélude à l’avenir, Wall Street prêtera volontiers à Continental autant d’argent qu’il le souhaite.

Pourquoi Hamm dirait-il une chose et en ferait-il une autre ? Eh bien, il a personnellement accumulé des milliards de dollars alors que sa société en brûlait tout autant.

Malgré le fait qu’il a mené Continental sur une autre année de perte d’argent en 2017, Hamm a reçu une grosse augmentation.

Justin Mikulka

Note du Saker Francophone

Cet article est tiré d'une série : L’industrie du schiste argileux creuse plus de dettes que de bénéfices.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/comment-wall-street-a-permis-a-la-revolution-foudroyante-de-perdre-des-milliards-de-dollars

 

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

Londres (awp/afp) – La livre lâchait prise jeudi face à l’euro et au dollar, perdant 1,5% par rapport à la veille au soir, alors que les démissions de plusieurs ministres britanniques jettent une ombre sur le projet d’accord sur le Brexit.

Vers 15H00 GMT, la livre valait 1,2787 dollar, contre 1,2992 dollar mercredi soir vers 22H00 GMT.

La monnaie européenne, de son côté, s’échangeait à 88,37 pence pour un euro, contre 87,05 pence mercredi soir.

Face au billet vert, l’euro baissait légèrement à 1,1300 dollar pour un euro, contre 1,1310 dollar mercredi à 22H00 GMT.

« Je ne peux soutenir l’accord proposé pour deux raisons », liées notamment au futur statut de l’Irlande du Nord après le Brexit, a expliqué l’ex-ministre chargé du Brexit, Dominic Raab, dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter, faisant chuter la livre.

Son départ a été suivi par celui de la ministre du Travail et des Retraites, Esther McVey, puis par la secrétaire d’Etat britannique chargée du Brexit, Suella Braverman. Avant eux, c’était le secrétaire d’Etat britannique pour l’Irlande du Nord, le conservateur Shailesh Vara, qui avait annoncé son départ du gouvernement.

« Il y a surtout toujours une bonne chance (disons 50-50) d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord », ont estimé les analystes de Capital Economics.

L’intervention de la Première ministre britannique, Theresa May, devant le Parlement pour défendre l’accord qu’elle a obtenu n’a pas permis à la livre de se relever, mais ne l’a pas envoyé plus bas non plus.

« Le plus inquiétant pour la livre serait qu’un vote de défiance s’ensuive », a jugé Miles Eakers, analyste pour Centtrip, alors qu’un député conservateur pro-Brexit a justement réclamé une telle procédure.

La veille, la livre avait oscillé entre pertes et gains, au gré des rumeurs sur de possibles démissions de ministres, sur un éventuel vote de défiance à l’encontre de Theresa May au Parlement ou sur l’accord en lui-même. Elle avait néanmoins terminé la séance en légère hausse, rassurée par l’aval donné alors par le gouvernement.

Ajoutant aux déboires de la livre, « les chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni (pour octobre) sont un complet désastre avec la plus forte baisse depuis sept mois », a souligné Naeem Aslam, analyste pour Think Markets.

Les ventes au détail au Royaume-Uni ont ainsi reculé de 0,5% en octobre sur un mois, après avoir déjà fléchi en septembre. C’est une mauvaise surprise alors que les économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur un rebond de 0,2%.

Pour le mois de septembre, l’ONS a révisé le chiffre, avec une baisse qui s’établit désormais à 0,4% (contre 0,8% précédemment).

Parmi les autres devises, le dollar était en baisse face au yen, à 113,25 yens pour un dollar jeudi contre 113,63 mercredi soir.

L’euro valait 127,97 yens jeudi, contre 128,51 mercredi.

Le franc suisse progressait face à l’euro, à 1,1358 franc suisse jeudi pour un euro, contre 1,1381 la veille, tout comme face au billet vert à 1,0052 franc suisse pour un dollar, contre 1,0069 mercredi.

L’once d’or valait 1.212,35 dollars, contre 1.210,85 dollars mercredi à 22H00 GMT.

La monnaie chinoise dévissait à 6,9392 yuans pour un dollar jeudi contre 6,9505 yuans mercredi vers 15H30 GMT.

Enfin, le bitcoin s’échangeait pour 5.229,14 dollars, contre 5.551,06 dollars mercredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de jeudi Cours de mercredi

———————————-

15H00 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1300 1,1310

EUR/JPY 127,97 128,51

EUR/CHF 1,1358 1,1381

EUR/GBP 0,8837 0,8705

USD/JPY 113,25 113,63

USD/CHF 1,0052 1,0069

GBP/USD 1,2787 1,2992

afp/rp

(AWP / 15.11.2018 16h22)

https://www.romandie.com/news/La-livre-britannique-chute-en-plein-chaos-sur-le-Brexit/971822.rom

Le monde se dissocie discrètement des États-Unis

Le monde se dissocie discrètement des États-Unis


… et personne n’y prête attention


Par Brandon Smith − Le 9 octobre 2018 − Source Alt-Market.com


La confiance aveugle dans le dollar américain est peut-être l’un des facteurs les plus invalidants dont disposent les économistes pour évaluer notre avenir économique. Historiquement parlant, les monnaies fiduciaires sont des animaux dont la durée de vie est très courte, et les monnaies de réserve mondiales sont encore plus sujettes à une mort prématurée. Mais, pour une raison ou une autre, l’idée que le dollar est vulnérable au même sort est jugée ridicule par les médias dominants.


Cette illusion a aussi récemment perfusé dans certaines parties du mouvement économique alternatif, certains analystes espérant que l’Administration Trump renversera en quelque sorte plusieurs décennies de sabotage des banques centrales en seulement quatre à huit ans. Cependant, cette façon de penser exige qu’une personne ignore complètement la tendance actuelle.

Des années avant que l’on ne soupçonne l’imminence d’une guerre commerciale, de nombreux pays ont établi des accords bilatéraux qui devaient réduire le dollar comme principal mécanisme d’échange. La Chine a été un chef de file dans cet effort, bien qu’elle soit l’un des plus importants acheteurs de titres du Trésor américain et détenteurs de réserves en dollars américains depuis le krach de 2008. Au cours des dernières années, ces accords bilatéraux ont pris de l’ampleur, en commençant par de petits accords, puis en se transformant en accords massifs sur les matières premières. La Chine et la Russie sont un parfait exemple de la tendance à la dé-dollarisation, les deux pays ayant formé une alliance commerciale sur le gaz naturel dès 2014. Cet accord, qui devrait commencer à stimuler les importations en Chine cette année, élimine le besoin de dollars comme mécanisme de réserve pour les achats internationaux.

La Russie et certaines parties de l’Europe, y compris l’Allemagne, se rapprochent également sur le plan commercial. Avec l’entrée de l’Allemagne et de la Russie dans l’accord sur le gazoduc Nordstream 2 malgré les condamnations de l’administration Trump, nous pouvons voir une nette progression des nations s’éloignant des États-Unis et du dollar et allant vers un « panier de devises ».

Le ministre de l’Énergie, Rick Perry, a laissé entendre que des sanctions sont possibles à l’égard du projet Nordstream 2, mais les politiques de guerre commerciale ne font que hâter le mouvement international qui s’écarte des États-Unis comme centre d’influence commerciale. Les sanctions américaines contre le pétrole iranien appuient cet argument, car la Chine, la Russie et une grande partie de l’Europe travaillent ensemble pour contourner les restrictions américaines sur le brut iranien.

La Chine a même mis en place son propre marché de pétro-yuans, et les premières livraisons de pétrole du Moyen-Orient vers la Chine payées par un contrat de pétro-yuans ont eu lieu en août de cette année. Les économistes classiques aiment à souligner la petite part du marché mondial du pétrole que représente le pétro-yuan, mais ils semblent ne pas avoir saisi l’ensemble de la situation. Le problème, c’est qu’il existe maintenant une solution de rechange au pétro-dollar là où il n’en existait pas auparavant. Et c’est là l’essentiel de la question qu’il faut examiner : La tendance vers des alternatives, et toutes les alternatives conduisant à la centralisation par les banques mondiales.

Au-delà de l’abandon du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale, il y a une nouvelle question autour des systèmes de paiement internationaux alternatifs. SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) est un réseau mondial de « messages financiers » entre les grandes banques, dont les banques centrales. Les transactions sont enregistrées via le réseau SWIFT, ce qui permet une confirmation rapide des « messages » et des mises à jour de comptes dans le monde entier.

Fondé à l’origine à Bruxelles, SWIFT est depuis des décennies le seul réseau bancaire de ce type disposant d’une capacité mondiale et, jusqu’à récemment, les principaux centres de données étaient situés aux États-Unis et aux Pays-Bas.

Le gouvernement américain a exploité un contrôle économique étendu en utilisant son influence sur SWIFT, notamment en surveillant massivement les transactions financières internationales et en refusant à des pays comme l’Iran l’accès à SWIFT par des sanctions. Par le passé, les États-Unis ont saisi ou gelé des fonds transférés par l’entremise de SWIFT entre des banques à l’extérieur des frontières américaines, y compris des transactions entièrement légales, ce qui indique que les États-Unis exercent un contrôle manifeste sur le système. Le statut de réserve mondiale du dollar, combiné à l’influence des États-Unis sur l’outil le plus important dans les transactions bancaires internationales, a renforcé la domination financière des États-Unis pendant de nombreuses années.

Mais le règne du dollar touche rapidement à sa fin, les banques mondiales comme le FMI cherchant à centraliser l’autorité monétaire dans une structure mondiale unique. La grande illusion perpétrée est que l’« ordre mondial multipolaire » qui est en train de naître est en quelque sorte « anti-globaliste ». Ce n’est tout simplement pas le cas.

Alors, que se passe-t-il réellement ? Le monde se rétrécit à mesure que tout le monde, SAUF les États-Unis, se consolide sur le plan économique. Cela inclut les alternatives à SWIFT.

La Russie vend ses bons du Trésor américain, mais entretient des liens étroits avec le FMI et la BRI, appelant à un système monétaire mondial sous le contrôle du FMI. La Chine fait de même, en resserrant ses liens avec le FMI par le biais de son système de panier de DTS, tout en coupant un par un ses liens avec le dollar. L’Europe se rapproche de la Russie et de la Chine, s’efforçant de défier les sanctions américaines.

Aujourd’hui, tous ces pays construisent de nouveaux réseaux de type SWIFT afin de mettre les États-Unis à l’écart de la boucle. En d’autres termes, les États-Unis sont en train de devenir le méchant de notre soap opera mondial et, du fait de leur orgueil démesuré, ils préparent le terrain pour leur propre destruction. Les États-Unis jouent un rôle de catalyseur en aidant les banques mondiales en faisant peur à leurs ennemis et alliés et en les poussant à une plus grande centralisation. Du moins, c’est le récit que je soupçonne que les futurs historiens reprendront.

Dans le cadre des efforts visant à saper les sanctions américaines contre le pétrole iranien, l’UE a établi un programme pour construire un nouveau système SWIFT en dehors de l’influence américaine. C’est un modèle auquel la Russie, la Chine et l’Iran ont accepté de participer, et la nouvelle a été largement ignorée par le grand public. Le Wall Street Journal a rapporté à contrecœur l’évolution de la situation, mais l’a rejetée comme étant inefficace pour contrecarrer les sanctions américaines. Et cela semble être le consensus parmi les médias – minimiser ou ignorer les implications d’un système SWIFT alternatif.

Les préjugés à l’égard du dollar soulèvent une fois de plus leur vilaine tête, et les dangers de ce genre de déni sont nombreux. Le dollar peut être, et est en train d’être contourné par des accords commerciaux bilatéraux. La domination américaine sur les marchés pétroliers est contournée par d’autres contrats pétroliers. Et maintenant, le contrôle américain des réseaux financiers est contourné par des programmes SWIFT alternatifs. Le seul fil conducteur qui maintient le dollar et, par extension, l’économie américaine ensemble est le fait que ces alternatives ne sont pas encore répandues. Cela va inévitablement changer.

Alors, la question est : quand cela va-t-il changer ?

Je crois que le rythme de la guerre commerciale dictera le rythme de la dé-dollarisation. Plus les tarifs deviendront agressifs entre les États-Unis et la Chine, l’Iran, l’Europe et la Russie, plus vite les systèmes alternatifs déjà existants seront mis en œuvre. À l’heure actuelle, la rapidité du conflit entre les États-Unis et la Chine laisse entrevoir un passage du dollar à un panier de monnaies internationales d’ici la fin 2020, et il faudra environ une autre décennie pour que ce processus se concrétise. En d’autres termes, le système du panier des DTS servira de pont dans le temps vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale, un système monétaire mondial unique.

Avec les tarifs douaniers actuels qui couvrent au moins la moitié du commerce chinois et l’autre moitié qui est menacée si la Chine riposte de quelque manière que ce soit, je pense que ce n’est qu’une question de mois avant que la Chine n’utilise ses propres dollars et réserves de bons du Trésor comme arme contre les États-Unis. Lorsque cela arrivera, la Chine n’annoncera pas publiquement cette mesure, et les grands médias ne sauteront dessus que beaucoup trop tard.

Ne vous attendez donc pas à ce que l’Europe vienne en aide à l’Amérique si cela se produit. Il me semble évident, d’après le comportement récent de l’UE, qu’elle a l’intention de rester neutre, du moins pendant l’escalade, si ce n’est être totalement du côté de la Chine et de la Russie par nécessité économique.

La préparation de cet événement exige autant d’indépendance financière que possible. Cela signifie des alternatives tangibles au dollar, comme les métaux précieux, et des économies localisées basées sur le troc et le commerce. Une fois que le dollar perdra son statut de réserve mondiale, le transfert de l’inflation des prix aux États-Unis sera immense. Les dollars détenus à l’étranger reviendront en masse dans le pays, car ils ne seront plus nécessaires à l’échange international de biens et de ressources. Ce changement pourrait se produire très rapidement, comme une avalanche.

Encore une fois, ne vous attendez pas à recevoir un avertissement avant que les créanciers étrangers ne vendent des actifs libellés en dollars, et attendez vous à ce que les effets négatifs se fassent sentir dans un délai très court sur Main Street.

Brandon Smith

Note du Saker Francophone

Les analyses de cet auteur fortement anti-centralisation semblent parfois s'arrêter là où commencent les intérêts américains. Il est donc intéressant de connaître la vision d'un Américain pur jus, même anti-système, à l'égard de la fin de l'Empire américain. On pourrait le voir se réjouir de contempler la fin de l'Empire et de ces guerres impliquant le retour de la nation. Il devrait se féliciter de voir le dollar débarrassé de ce rôle de réserve mondiale qui désindustrialise son pays et lui vole sa souveraineté.

Certes les USA, s'ils existent encore en un seul morceau, devront faire défaut sur le dollar de la Fed et passer à une autre monnaie. Une monnaie souveraine ?

Taduit par Hervé pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/le-monde-se-dissocie-discretement-des-etats-unis