Archives pour la catégorie Dollar

Dé-dollarisation

Dé-dollarisation


Le plan de l’UE visant à lutter contre la domination du dollar ne fonctionnera pas sans la Russie


Euro banknotes


Par Sputniknews – Le 5 décembre 2018 – Source sputniknews.com

Sputnik_logoLe plan de la Commission européenne, récemment divulgué, visant à réduire considérablement la dépendance du bloc vis-à-vis du dollar ne fonctionnera pas sans la participation de la Russie, a noté Ivan Danilov, un collaborateur de Sputnik, suggérant que Paris et Berlin devraient étouffer leurs sentiments anti-russes. 

Il semble que le billet vert puisse finalement se retrouver dans une situation difficile, étant au moins en partie privé de son « privilège exorbitant» : l’Union européenne a élaboré un plan pour lutter contre la domination du dollar sur les marchés mondiaux.

Le 3 décembre, Bloomberg a annoncé avoir obtenu un document de la Commission européenne contenant une feuille de route détaillée sur la montée de l’euro, ajoutant que le projet serait publié par Bruxelles plus tard cette semaine.

« Il est possible pour l’euro de développer davantage son rôle mondial et de réaliser son plein potentiel, reflétant le poids politique, économique et financier de la zone euro », lit-on dans le projet.

A one euro coin is pictured on one US dollar notes on March 13, 2015 in Godewaersvelde, Northern France

Le document propose également d’utiliser l’euro comme devise par défaut dans les transactions énergétiques du bloc avec des pays tiers, ainsi que la création d’un index de référence libellé en euros pour le pétrole. Selon la Commission européenne, le bloc doit créer « un ensemble d’index de référence de taux d’intérêt dignes de confiance » sur les marchés financiers et « un système de paiement instantané entièrement intégré ».

Expliquant le raisonnement derrière cette décision, le projet expose que « des actions unilatérales extraterritoriales récentes par des juridictions de pays tiers comme dans le cas de sanctions à nouveau imposées sur l’Iran, ainsi que des défis récents aux règles internationales de la gouvernance et du commerce sont une alarme quant à la souveraineté économique et monétaire de l’Union européenne ».

Le document fait clairement référence au retrait unilatéral du président américain Donald Trump de l’accord nucléaire avec l’Iran (JCPOA), et à la reprise des sanctions contre la République islamique, qui ont gravement porté atteinte aux intérêts des entreprises européennes.

Swift payment systemDe plus, à en juger par le projet, le bloc européen cherche une alternative viable à SWIFT (Système informatisé de compensation internationale). Bien que l’organisme soit localisé en Europe, il est de facto subordonné aux US. Ainsi, SWIFT a déconnecté les institutions financières de l’Iran, y compris la banque centrale du pays, au début du mois, indépendamment du fait que les signataires du traité JCPOA, y compris l’UE, s’engageaient à plusieurs reprises à respecter les termes de l’accord nucléaire avec l’Iran.

« Bien que les propositions ne soient pas une législation contraignante, leur adoption potentielle par le bloc pourrait renverser le marché mondial de l’énergie », a averti Bloomberg.

Banknotes and coins of the United States

Ivan Danilov, contributeur à Sputnik et économiste, a souligné que, même s’il est peu probable que l’UE mette en place les nouveaux mécanismes financiers du jour au lendemain, le document sonne l’alarme pour le dollar.

Selon l’économiste, la décision du bloc d’acheter des hydrocarbures en euro pourrait porter un coup dur au billet vert, l’UE demeurant le plus gros importateur d’énergie au monde. Ses contrats énergétiques annuels s’élèvent habituellement à environ 341 milliards de dollars.

L’initiative de l’Union européenne a toutefois bien plus à offrir que ce que l’on pourrait croire, a souligné Danilov.

« Ce qui est remarquable dans le grand dessein de la Commission européenne, c’est que le plan ne fonctionnera pas sans la Russie. Cela signifie que Paris et Berlin devront probablement avaler légèrement leurs pulsions antirusses, car elles auront besoin de la coopération de Moscou sur cette question vitale », a souligné l’économiste.

En outre, la Russie reste le principal fournisseur d’énergie de l’Union européenne, a-t-il ajouté. Tout ce qui précède « crée les conditions pour que l’industrie énergétique russe passe aux règlements en monnaie européenne ».

The Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT)Dans le même temps, le 27 novembre, le ministère russe des Finances a émis un emprunt obligataire à 7 ans d’une valeur d’un milliard d’euros (avec un rendement de 3,0%). Selon Leonid Bershidsky, de Bloomberg, le passage de la Russie à l’euro faisait partie du plan global de dé-dollarisation de Moscou.

« Si le test et le plan aboutissent, l’Union européenne aura un allié improbable mais important pour renforcer le rôle mondial de sa monnaie commune », a prédit M. Bershidsky.

Danilov estime que le plan de la Commission européenne devrait susciter une réaction ferme de Washington : « La réduction de la zone dollar n’est rien de moins qu’une menace existentielle pour l’économie et le système financier américains ».

Cependant, la colère des États-Unis est susceptible de profiter à l’UE et à la Russie, car elle pourrait faciliter leur rapprochement, estime l’économiste.

Sputniknews

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/de-dollarisation

 

Publicités

Dedo pour l’empire

Dedo pour l’empire

Publié le 9 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Economie, Etats-Unis

Le hasard faisant bien les choses, dedo(llarisation) signifie « doigt » en espagnol. Il est vrai que le grand mouvement planétaire d’abandon progressif du billet vert doit être particulièrement douloureux pour le système financier américain, pilier de la domination impériale durant des décennies.

Continuant sur la lancée de ce qu’il dit depuis longtemps et avec son célèbre sens de la formule, le facétieux président russe s’en est donné à cœur joie il y a quelques jours en parlant de la sanctionnite aiguë de Washington : « Ce n’est pas nous qui quittons le dollar, c’est le dollar qui nous quitte. Ceux qui prennent de telles décisions ne se tirent pas une balle dans le pied, mais plus haut. »

Pour la Russie, le Wall Street Journal lui-même doit reconnaître que cela commence à porter ses fruits. Même les euronouilles, lassés de toujours payer les pots cassés, veulent s’y mettre, notamment dans les échanges avec l’Iran. Et l’on ne compte plus les pays qui se sont déjà partiellement engagés dans la voie de la dédollarisation. Nous les avons régulièrement cités dans ces Chroniques.

Dernier exemple en date : l’Inde et les Emirats Arabes Unis ont signé un accord SWAP pour commencer à commercer dans leurs monnaies respectives. Objectif avoué : squizzer le dollar dans leurs échanges.

La confiance est, et a toujours été, l’un des fondements de la domination des empires. Que des pays peu suspects d’anti-américanisme comme ces deux-là en arrivent à cette décision montre à quel point la perte de confiance envers Washington s’est durablement installée sur notre planète. Prémisse inévitable du déclin…

 

*****

Chers amis, désolé pour cette longue interruption mais j’étais extrêmement occupé ce dernier mois. Les choses devraient maintenant rentrer dans l’ordre.

Bien à vous tous et merci encore de votre confiance.

Que se cache-t-il derrière l’effondrement du dollar?

Dollars américains. Image d'illustration

Que se cache-t-il derrière l’effondrement du dollar?

© Fotolia / Zwiebackesser
Economie

URL courte
3190

Le dollar chute par rapport à pratiquement toutes les monnaies mondiales. Jeudi dernier, les positions de la devise américaine ont été ébranlées par la déclaration du ministre des Finances des USA Steven Mnuchin, qui a dit soutenir son affaiblissement.

Un nouveau coup a été porté au dollar par le quotidien Wall Street Journal, qui s’est joint aux attaques de Donald Trump contre la Réserve fédérale (Fed) en appelant cette dernière à «se calmer» et à cesser d’augmenter ses taux. Les investisseurs ont immédiatement réagi, mais les analystes sont convaincus que la vraie chute de la monnaie américaine reste à venir.

Le taux directeur de la Fed continue de grimper

En octobre, la bourse américaine a été secouée par une vague de ventes. L’indice de l’important marché S&P 500 a fléchi de 8%, et le Nasdaq-100 Technology Sector Index de 9,2%. S’en est suivi un effet domino en Europe et en Asie, qui a conduit à des pertes totales avoisinant les 5.000 milliards de dollars. Ces ventes massives sur les places boursières américaines sont avant dues tout aux craintes des investisseurs face à la hausse des taux d’intérêt.Le durcissement de la politique monétaire de la Fed a conduit à une hausse du rendement des obligations à long terme du gouvernement américain, à l’augmentation des taux d’intérêt pour les prêts immobiliers et, par conséquent, à la diminution des achats immobiliers.

Cette année, le régulateur américain a revu à la hausse son taux directeur à trois reprises, et il ne semble pas avoir l’intention de s’arrêter. Selon les prévisions de l’une des plus grandes banques d’investissement américaines, Goldman Sachs, d’ici fin 2019 la Fed devrait augmenter encore cinq fois son taux directeur — soit deux fois plus que ce qu’attendent actuellement les acteurs du marché. Principaux arguments invoqués: l’économie américaine se rétablit, il ne doit donc pas rester de traces de la politique de stimulation.

L’inflation accroît la probabilité d’augmentation des taux d’intérêt. Selon les chercheurs de l’université de Yale, une période de hausse commence actuellement dans le cycle d’inflation aux USA, notamment à cause des complications commerciales qui s’aggravent.Selon Stephen Roach, chercheur en chef à l’université et ancien patron de Morgan Stanley Asia, dès l’an prochain l’inflation augmentera jusqu’à 3-3,5% aux USA. Ce qui signifie que la Fed devra augmenter son taux directeur.

Trump se révolte contre la Fed

Le locataire de la Maison-Blanche est en désaccord avec la politique actuelle du régulateur financier. En octobre, Donald Trump a qualifié la Fed de «principale menace pour l’économie» américaine. Il a également déploré le fait que la Fed, qui remplit les fonctions d’une banque centrale, soit une structure indépendante et que la Maison-Blanche ne dispose pas de leviers de pression sur elle.

Quand la Fed revoit à la hausse son taux directeur ou prend d’autres mesures pour durcir la politique monétaire, le volume d’«argent bon marché» diminue dans le système financier.Plus le taux directeur est élevé, plus le coût des emprunts pour les grandes entreprises l’est. Cela signifie que les entrepreneurs n’augmentent pas les salaires, investissent moins, et que les actionnaires perçoivent moins de bénéfices. Au final, les compagnies deviennent moins attractives.

Les entreprises avaient activement profité des taux bas pour s’élargir et absorber d’autres compagnies. Mais quand le taux a commencé à augmenter, le remboursement des dettes est devenu très difficile.

Les premières victimes

Selon les statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la part des «compagnies-zombies» qui ne génèrent pas de revenus et vivent à crédit a augmenté ces dernières années jusqu’à 6%, ce qui est un signe «très alarmant», déclare Andreï Kotchetkov, analyste d’Otkrytie broker.General Electric, l’une des plus grandes compagnies américaines, est l’une des premières victimes de l’augmentation systématique des taux d’intérêt.

«Non seulement les indices financiers du géant se sont considérablement détériorés, mais sa capitalisation est descendue en-dessous de la dette corporative de 110 milliards de dollars. La compagnie a de moins en moins d’argent pour se développer parce que des sommes conséquentes servent à rembourser la dette. Par conséquent, la croissance économique va ralentir», explique Andreï Kotchetkov.

Une hausse dangereuse

L’augmentation des taux par la Fed contribue à la hausse du rendement des bons du Trésor, notamment sur dix ans, auxquels sont associés les taux sur les crédits bancaires et les prêts immobiliers. Par conséquent, le pouvoir d’achat de la population diminue.Ce rendement élevé permet d’attirer davantage d’argent des investisseurs des marchés émergents dans l’économie. Mais chaque médaille a son revers.

La Bank of America Merrill Lynch a déjà averti que la hausse des taux d’intérêt aux USA pourrait déclencher une nouvelle crise. Toute l’année, les investisseurs ont vendu leurs actifs dans les marchés en développement à cause de l’augmentation des taux par la Fed, qui a renforcé le dollar.

La situation actuelle, selon les analystes de la banque, «rappelle celle d’il y a vingt ans quand les investisseurs s’étaient retirés massivement des obligations risquées des économies émergentes».

La balance se renverse

A présent que Donald Trump est soutenu par le plus grand journal d’affaires du pays dans ses attaques contre la Fed, le dollar est confronté à la vente. Mais il ne s’agit évidemment pas d’une seule publication.

«Depuis que les économistes ont dit que l’effet des stimulations fiscales était épuisé et que l’économie américaine commencerait à ralentir, des petits poids — sous la forme de déclarations de hauts fonctionnaires et d’experts — se sont mis à tomber sur la balance au profit de la réduction du rythme d’augmentation du taux par la Fed. Résultat des courses: la balance a penché de l’autre côté, ce qui a conduit à l’affaiblissement de la devise américaine», explique Andreï Vernikov, directeur général adjoint pour l’analyse d’investissement de Zerich Capital Management.

De plus, la semaine dernière, le vice-président de la Fed Richard Clarida a déclaré sur CNBC que «certains signes» témoignaient du ralentissement de la croissance économique mondiale. Le nombre d’investisseurs pensant que la Fed augmenterait son taux directeur lors de la réunion de décembre s’est alors réduit.

https://fr.sputniknews.com/economie/201811201038979520-dollar-effondrement-economie-usa/

Comment Wall Street a permis à la révolution foudroyante de perdre des milliards de dollars

Comment Wall Street a permis à la révolution foudroyante de perdre des milliards de dollars


Par Justin Mikulka – Le 4 mai 2018 – Source DeSmog

Wall Street sign
Un panneau de Wall Street à New York. Crédit : domaine public

 

L’industrie américaine du pétrole de schiste saluée comme une « révolution » a brûlé 250 milliards de dollars de plus que ce qu’elle a rapporté au cours de la dernière décennie. Il s’agit d’une entreprise de destruction d’argent d’une ampleur épique.

En septembre 2016, le service de notation financière Moody’s a publié un rapport sur les compagnies pétrolières américaines, dont beaucoup souffraient de la chute massive des prix du pétrole. Moody’s a constaté que « le coût financier de la crise pétrolière ne peut être qualifié que de catastrophique », en particulier pour les petites entreprises qui ont contracté d’énormes dettes pour financer la fracturation dans des formations de schistes lorsque les prix du pétrole étaient élevés.

Et même si les sociétés de schistes ne réalisent toujours pas de bénéfice, Wall Street continue de prêter plus d’argent à cette industrie tout en vantant ces sociétés comme de bons investissements. Pourquoi les investisseurs feraient ça ?

David Einhorn, investisseur vedette de fonds de couverture et fondateur de Greenlight Capital, a qualifié l’industrie du schiste argileux de « farce ».

« Une entreprise qui brûle de l’argent et qui ne croît pas, cela ne vaut rien », a déclaré M. Einhorn, qui va souvent à contre-courant du monde financier.

Les investisseurs ne sont-ils pas censés se concentrer sur l’investissement dans des entreprises rentables ? Bien qu’en théorie, oui, la réalité est tout à fait différente pour des industries comme le pétrole de schiste et l’habitation.

Si la crise financière américaine de 2008 a révélé quelque chose, c’est que Wall Street ne se soucie pas de faire un « deal merdique » quand il s’agit de profits et de bonus pour ses traders et cadres, malgré leurs rôles dans le crash.

Wall Street fait de l’argent en facilitant les transactions comme un bookmaker de Vegas fait de l’argent en prenant des paris. Comme le dit le dicton à propos de Las Vegas : « La maison gagne toujours ». Ce qui est vrai pour les casinos et les jeux de hasard est également vrai pour Wall Street.

Wall Street est à l’origine de la crise financière de 2008, et certains de ses architectes en ont personnellement profité. Cependant, alors que quelques cadres en ont bien profité, le résultat a été une baisse de l’emploi de 8,8 millions de personnes, et selon Bloomberg News en 2010, « à un moment donné l’an dernier [2009], les États-Unis avaient prêté, dépensé ou garanti jusqu’à 12 800 milliards de dollars pour sauver l’économie ».

JP Morgan (ainsi qu’une grande partie de Wall Street) ont eu besoin d’importantes sommes d’argent sous forme de renflouements pour survivre aux retombées de tous les mauvais prêts accordés, qui ont provoqué la crise du logement. Est-ce que JP Morgan s’abstient d’accorder des prêts à l’industrie du schiste argileux ? Non. Bien au contraire.

Comme le montre ce graphique sur les banques qui prêtent de l’argent à la société de shale EOG Resources, sous forme de renflouement, alors que tous les grands acteurs de Wall Street sont sur le coup, JP Morgan a pris les plus gros paris.

Pour comprendre pourquoi JP Morgan et le reste de ces banques prêteraient de l’argent à des sociétés travaillant dans le schiste qui continuent de le perdre, il est important de comprendre le concept de jeu de « la commision ». Merriam-Webster le définit comme « une charge prise (comme par un bookmaker ou une maison de jeu) sur les paris ».

Wall Street gagne de l’argent en prenant une part de l’argent des autres. Pour une maison de jeu, peu importe si tout le monde gagne de l’argent ou en perd, tant que la maison reçoit sa part – sa com, comme on l’appelle dans le monde financier – des frais de gestion.

Comprendre ce concept permet de comprendre pourquoi les investisseurs ont prêté 250 milliards de dollars à l’industrie du schiste, qui les a brûlé. Si vous prenez des commissions sur 250 milliards de dollars, vous avez une grosse pile d’argent. Et même si ces compagnies pétrolières peuvent toutes faire faillite, Wall Street ne rend jamais les commissions.

Trent Stedman de la société d’investissement Columbia Pacific Advisors LLC a expliqué au Wall Street Journal à la fin de 2017 pourquoi les producteurs de schistes continueraient à forer plus de puits même si les sociétés saignent de l’argent sur chaque baril produit :

Certains diraient : nous savons que c’est une mauvaise économie, mais c’est ce que veut The Street.

Et « The Street » obtient généralement ce qu’elle veut, même lorsqu’il est clair que prêter de l’argent à des sociétés dans le pétrole de schistes qui perdent de l’argent depuis une décennie et qui sont déjà très endettées est « une mauvaise économie ». Mais les primes de Wall Street sont basées sur le montant des « frais » qu’un employé peut apporter à la banque. Plus les frais sont élevés, plus la prime est élevée. Et plus de prêts – même ceux qui sont clairement mauvais sur le plan économique – signifient beaucoup plus de frais.

Les sociétés pétrolières de schistes sont les « créatures des marchés financiers »

En 2017, le « légendaire » responsable de fonds spéculatif Jim Chanos a qualifié les sociétés pétrolières de schistes de « créatures des marchés financiers », ce qui signifie que sans l’argent de Wall Street, elles n’existeraient pas. Chanos a également déclaré publiquement qu’il vendait à découvert les actions du géant pétrolier de schiste argileux Continental Resources, car l’entreprise ne peut même pas gagner assez d’argent pour payer les intérêts sur ses prêts.

Et il marque un point. En 2017, Continental Resources a dépensé 294,5 millions de dollars  en remboursement d’intérêts, ce qui représente environ 155 % de son revenu net ajusté de 2017. Lorsque vous ne pouvez même pas payer les intérêts sur vos cartes de crédit, vous êtes fauché.

Et pourtant, en 2017, les capitaux des investisseurs continuaient d’affluer, Continental Resources faisant partie de ceux qui se sont endettés auprès de Wall Street pour un autre milliard de dollars.

En 2017, les sociétés américaines [d’exploration et de production] ont levé plus d’obligations que jamais depuis le début de l’effondrement des prix en 2014, avec des émissions d’environ 60 milliards de dollars, soit près de 30% de plus qu’en 2016, selon Dealogic. Les grandes sociétés comme Whiting Petroleum, Continental Resources, Southwestern, Noble, Concho et Endeavor Energy Resources ont chacune levé 1 milliard de dollars ou plus au cours du second semestre de 2017.

Quel est l’ampleur du problème que pose le prêt d’argent à une industrie qui brûle des milliards de dollars et s’endette ? Il est si gros que le PDG de la compagnie de schistes Anadarko Petroleum blâme Wall Street et demande à ses entreprises d’arrêter de prêter de l’argent à l’industrie du pétrole de schistes. Oui, c’est bien vrai.

En 2017, Al Walker, PDG d’Anadarko, a déclaré  lors d’une conférence d’investisseurs que les investisseurs de Wall Street étaient le problème :

Le plus gros problème auquel notre industrie est confrontée aujourd’hui, c’est vous. Vous pouvez nous aider à nous aider nous-mêmes. C’est un peu comme aller aux alcooliques anonymes. Tu sais, on a besoin d’un partenaire. Nous avons vraiment besoin que la communauté financière fasse preuve de discipline.

Le Wall Street Journal rapporte que Walker affirme : « Wall Street est devenu un catalyseur qui pousse les entreprises à accroître leur production à tout prix, tout en punissant ceux qui essaient de vivre selon leurs moyens. »

Imaginez vous supplier les banques d’arrêter de vous prêter de l’argent. Et d’être ignoré.

La production croissante à tout prix est l’histoire de la « révolution » du schiste argileux. Le coût financier payé jusqu’à présent a été de plus de 280 milliards de dollars que l’industrie a dépensés – de l’argent que ses entreprises ont reçu de Wall Street et, malgré le plaidoyer d’Al Walker, continuent de recevoir.

The Economist résume la situation en 2017 :

Elle [l’industrie du schiste] a brûlé de l’argent, que le prix du pétrole soit à 100 $, comme en 2014, ou à environ 50 $, comme il l’a été au cours des trois derniers mois. Les 60 plus grandes entreprises ont utilisé en moyenne 9 milliards de dollars par trimestre au cours des cinq dernières années.

Les prix plus élevés du pétrole sont maintenant présentés comme le sauveur de l’industrie, mais, comme l’a fait remarquer The Economist, l’industrie du schiste perdait de l’argent même lorsque le prix du pétrole était à 100 $ le baril.

Pourtant, Wall Street continue de donner de l’argent à l’industrie du schiste et l’industrie du schiste continue de le perdre à mesure qu’elle augmente sa production. Pour être clair, cet arrangement rend les PDG des sociétés de schistes et les prêteurs financiers très riches, c’est pourquoi la tendance devrait se poursuivre. Et c’est pourquoi le PDG de Continental Resources, Harold Hamm, continuera de répéter le mythe selon lequel son industrie fait de l’argent, comme il l’a dit à la fin de 2017 :

Quiconque laisse entendre qu’il n’y a pas eu beaucoup d’expansion et de création de richesse dans cette industrie grâce au forage horizontal et à toute la technologie développée ces dix dernières années, je veux dire, c’est tout à fait ridicule.

Personne ne contestera que Hamm et ses partenaires à Wall Street ne sont pas extrêmement riches. C’est ce qui s’est produit malgré la perte de sommes d’argent épiques par l’entreprise de Hamm et le reste de l’industrie de l’emballage. La même année où Hamm a fait cette déclaration, son entreprise ne pouvait même pas couvrir ses remboursements d’intérêts. Pour mettre les choses en perspective, Continental Resources ne pouvait même pas faire l’équivalent du paiement minimum sur sa carte de crédit.

Surveillez ce que fait l’industrie, pas ce qu’elle dit

La hausse des prix du pétrole permet d’avancer plus d’histoires sur la façon dont 2018 sera l’année où l’industrie du schiste argileux réalisera enfin des profits. Harold Hamm l’appelle l’« année de rupture » de Continental Resources. Il est intéressant de voir comment le fait de ne pas perdre d’argent pendant un an est considéré comme une « année exceptionnelle » dans l’industrie du schiste argileux.

Comme indiqué dans DeSmog, l’industrie a certainement bénéficié d’un énorme coup de pouce avec la récente loi fiscale, ce qui aidera les finances à court terme de ses entreprises. À elle seule, Continental Resources a bénéficié d’un allégement fiscal de 700 millions de dollars.

Des rapports récents dans la presse financière détaillent comment la nouvelle approche dans l’industrie du schiste argileux sera de se concentrer uniquement sur la production rentable de pétrole, et pas seulement sur la production de plus de barils à perte. Comme l’a dit le Wall Street Journal dans un gros titre : « Wall Street dit aux Frackers d’arrêter de compter les barils, de commencer à faire des profits ».

Dans cet article, le PDG de Continental, M. Hamm, assure qu’il est d’accord avec cette nouvelle approche en disant : « Vous prêchez vraiment à la chorale ».

Mais Continental a-t-elle réellement adopté cette nouvelle approche de responsabilité et de restriction financières ?

Pas tant que ça.

L’entreprise de fracturation semble avoir fait le contraire, augmentant la production à des niveaux records, tout comme le reste de l’industrie du schiste argileux. Continental a récemment annoncé son intention de forer 350 nouveaux puits à un coût estimé à 11,7 millions de dollars par puits, ce qui représente plus de 4 milliards de dollars en coûts totaux pour ces puits. La société détient actuellement plus de 6 milliards de dollars de dettes et moins de 100 millions de dollars de liquidités.

Comment Continental financera-t-elle ces nouveaux puits ? Hamm a promis qu’à l’avenir, il n’y aurait « absolument aucune nouvelle dette ». Continental les financera peut-être en vendant des actifs parce que sans dettes supplémentaires, Continental n’a pas l’argent pour financer ces nouveaux puits. Cependant, si le passé est un prélude à l’avenir, Wall Street prêtera volontiers à Continental autant d’argent qu’il le souhaite.

Pourquoi Hamm dirait-il une chose et en ferait-il une autre ? Eh bien, il a personnellement accumulé des milliards de dollars alors que sa société en brûlait tout autant.

Malgré le fait qu’il a mené Continental sur une autre année de perte d’argent en 2017, Hamm a reçu une grosse augmentation.

Justin Mikulka

Note du Saker Francophone

Cet article est tiré d'une série : L’industrie du schiste argileux creuse plus de dettes que de bénéfices.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/comment-wall-street-a-permis-a-la-revolution-foudroyante-de-perdre-des-milliards-de-dollars

 

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

Londres (awp/afp) – La livre lâchait prise jeudi face à l’euro et au dollar, perdant 1,5% par rapport à la veille au soir, alors que les démissions de plusieurs ministres britanniques jettent une ombre sur le projet d’accord sur le Brexit.

Vers 15H00 GMT, la livre valait 1,2787 dollar, contre 1,2992 dollar mercredi soir vers 22H00 GMT.

La monnaie européenne, de son côté, s’échangeait à 88,37 pence pour un euro, contre 87,05 pence mercredi soir.

Face au billet vert, l’euro baissait légèrement à 1,1300 dollar pour un euro, contre 1,1310 dollar mercredi à 22H00 GMT.

« Je ne peux soutenir l’accord proposé pour deux raisons », liées notamment au futur statut de l’Irlande du Nord après le Brexit, a expliqué l’ex-ministre chargé du Brexit, Dominic Raab, dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter, faisant chuter la livre.

Son départ a été suivi par celui de la ministre du Travail et des Retraites, Esther McVey, puis par la secrétaire d’Etat britannique chargée du Brexit, Suella Braverman. Avant eux, c’était le secrétaire d’Etat britannique pour l’Irlande du Nord, le conservateur Shailesh Vara, qui avait annoncé son départ du gouvernement.

« Il y a surtout toujours une bonne chance (disons 50-50) d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord », ont estimé les analystes de Capital Economics.

L’intervention de la Première ministre britannique, Theresa May, devant le Parlement pour défendre l’accord qu’elle a obtenu n’a pas permis à la livre de se relever, mais ne l’a pas envoyé plus bas non plus.

« Le plus inquiétant pour la livre serait qu’un vote de défiance s’ensuive », a jugé Miles Eakers, analyste pour Centtrip, alors qu’un député conservateur pro-Brexit a justement réclamé une telle procédure.

La veille, la livre avait oscillé entre pertes et gains, au gré des rumeurs sur de possibles démissions de ministres, sur un éventuel vote de défiance à l’encontre de Theresa May au Parlement ou sur l’accord en lui-même. Elle avait néanmoins terminé la séance en légère hausse, rassurée par l’aval donné alors par le gouvernement.

Ajoutant aux déboires de la livre, « les chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni (pour octobre) sont un complet désastre avec la plus forte baisse depuis sept mois », a souligné Naeem Aslam, analyste pour Think Markets.

Les ventes au détail au Royaume-Uni ont ainsi reculé de 0,5% en octobre sur un mois, après avoir déjà fléchi en septembre. C’est une mauvaise surprise alors que les économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur un rebond de 0,2%.

Pour le mois de septembre, l’ONS a révisé le chiffre, avec une baisse qui s’établit désormais à 0,4% (contre 0,8% précédemment).

Parmi les autres devises, le dollar était en baisse face au yen, à 113,25 yens pour un dollar jeudi contre 113,63 mercredi soir.

L’euro valait 127,97 yens jeudi, contre 128,51 mercredi.

Le franc suisse progressait face à l’euro, à 1,1358 franc suisse jeudi pour un euro, contre 1,1381 la veille, tout comme face au billet vert à 1,0052 franc suisse pour un dollar, contre 1,0069 mercredi.

L’once d’or valait 1.212,35 dollars, contre 1.210,85 dollars mercredi à 22H00 GMT.

La monnaie chinoise dévissait à 6,9392 yuans pour un dollar jeudi contre 6,9505 yuans mercredi vers 15H30 GMT.

Enfin, le bitcoin s’échangeait pour 5.229,14 dollars, contre 5.551,06 dollars mercredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de jeudi Cours de mercredi

———————————-

15H00 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1300 1,1310

EUR/JPY 127,97 128,51

EUR/CHF 1,1358 1,1381

EUR/GBP 0,8837 0,8705

USD/JPY 113,25 113,63

USD/CHF 1,0052 1,0069

GBP/USD 1,2787 1,2992

afp/rp

(AWP / 15.11.2018 16h22)

https://www.romandie.com/news/La-livre-britannique-chute-en-plein-chaos-sur-le-Brexit/971822.rom

Le monde se dissocie discrètement des États-Unis

Le monde se dissocie discrètement des États-Unis


… et personne n’y prête attention


Par Brandon Smith − Le 9 octobre 2018 − Source Alt-Market.com


La confiance aveugle dans le dollar américain est peut-être l’un des facteurs les plus invalidants dont disposent les économistes pour évaluer notre avenir économique. Historiquement parlant, les monnaies fiduciaires sont des animaux dont la durée de vie est très courte, et les monnaies de réserve mondiales sont encore plus sujettes à une mort prématurée. Mais, pour une raison ou une autre, l’idée que le dollar est vulnérable au même sort est jugée ridicule par les médias dominants.


Cette illusion a aussi récemment perfusé dans certaines parties du mouvement économique alternatif, certains analystes espérant que l’Administration Trump renversera en quelque sorte plusieurs décennies de sabotage des banques centrales en seulement quatre à huit ans. Cependant, cette façon de penser exige qu’une personne ignore complètement la tendance actuelle.

Des années avant que l’on ne soupçonne l’imminence d’une guerre commerciale, de nombreux pays ont établi des accords bilatéraux qui devaient réduire le dollar comme principal mécanisme d’échange. La Chine a été un chef de file dans cet effort, bien qu’elle soit l’un des plus importants acheteurs de titres du Trésor américain et détenteurs de réserves en dollars américains depuis le krach de 2008. Au cours des dernières années, ces accords bilatéraux ont pris de l’ampleur, en commençant par de petits accords, puis en se transformant en accords massifs sur les matières premières. La Chine et la Russie sont un parfait exemple de la tendance à la dé-dollarisation, les deux pays ayant formé une alliance commerciale sur le gaz naturel dès 2014. Cet accord, qui devrait commencer à stimuler les importations en Chine cette année, élimine le besoin de dollars comme mécanisme de réserve pour les achats internationaux.

La Russie et certaines parties de l’Europe, y compris l’Allemagne, se rapprochent également sur le plan commercial. Avec l’entrée de l’Allemagne et de la Russie dans l’accord sur le gazoduc Nordstream 2 malgré les condamnations de l’administration Trump, nous pouvons voir une nette progression des nations s’éloignant des États-Unis et du dollar et allant vers un « panier de devises ».

Le ministre de l’Énergie, Rick Perry, a laissé entendre que des sanctions sont possibles à l’égard du projet Nordstream 2, mais les politiques de guerre commerciale ne font que hâter le mouvement international qui s’écarte des États-Unis comme centre d’influence commerciale. Les sanctions américaines contre le pétrole iranien appuient cet argument, car la Chine, la Russie et une grande partie de l’Europe travaillent ensemble pour contourner les restrictions américaines sur le brut iranien.

La Chine a même mis en place son propre marché de pétro-yuans, et les premières livraisons de pétrole du Moyen-Orient vers la Chine payées par un contrat de pétro-yuans ont eu lieu en août de cette année. Les économistes classiques aiment à souligner la petite part du marché mondial du pétrole que représente le pétro-yuan, mais ils semblent ne pas avoir saisi l’ensemble de la situation. Le problème, c’est qu’il existe maintenant une solution de rechange au pétro-dollar là où il n’en existait pas auparavant. Et c’est là l’essentiel de la question qu’il faut examiner : La tendance vers des alternatives, et toutes les alternatives conduisant à la centralisation par les banques mondiales.

Au-delà de l’abandon du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale, il y a une nouvelle question autour des systèmes de paiement internationaux alternatifs. SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) est un réseau mondial de « messages financiers » entre les grandes banques, dont les banques centrales. Les transactions sont enregistrées via le réseau SWIFT, ce qui permet une confirmation rapide des « messages » et des mises à jour de comptes dans le monde entier.

Fondé à l’origine à Bruxelles, SWIFT est depuis des décennies le seul réseau bancaire de ce type disposant d’une capacité mondiale et, jusqu’à récemment, les principaux centres de données étaient situés aux États-Unis et aux Pays-Bas.

Le gouvernement américain a exploité un contrôle économique étendu en utilisant son influence sur SWIFT, notamment en surveillant massivement les transactions financières internationales et en refusant à des pays comme l’Iran l’accès à SWIFT par des sanctions. Par le passé, les États-Unis ont saisi ou gelé des fonds transférés par l’entremise de SWIFT entre des banques à l’extérieur des frontières américaines, y compris des transactions entièrement légales, ce qui indique que les États-Unis exercent un contrôle manifeste sur le système. Le statut de réserve mondiale du dollar, combiné à l’influence des États-Unis sur l’outil le plus important dans les transactions bancaires internationales, a renforcé la domination financière des États-Unis pendant de nombreuses années.

Mais le règne du dollar touche rapidement à sa fin, les banques mondiales comme le FMI cherchant à centraliser l’autorité monétaire dans une structure mondiale unique. La grande illusion perpétrée est que l’« ordre mondial multipolaire » qui est en train de naître est en quelque sorte « anti-globaliste ». Ce n’est tout simplement pas le cas.

Alors, que se passe-t-il réellement ? Le monde se rétrécit à mesure que tout le monde, SAUF les États-Unis, se consolide sur le plan économique. Cela inclut les alternatives à SWIFT.

La Russie vend ses bons du Trésor américain, mais entretient des liens étroits avec le FMI et la BRI, appelant à un système monétaire mondial sous le contrôle du FMI. La Chine fait de même, en resserrant ses liens avec le FMI par le biais de son système de panier de DTS, tout en coupant un par un ses liens avec le dollar. L’Europe se rapproche de la Russie et de la Chine, s’efforçant de défier les sanctions américaines.

Aujourd’hui, tous ces pays construisent de nouveaux réseaux de type SWIFT afin de mettre les États-Unis à l’écart de la boucle. En d’autres termes, les États-Unis sont en train de devenir le méchant de notre soap opera mondial et, du fait de leur orgueil démesuré, ils préparent le terrain pour leur propre destruction. Les États-Unis jouent un rôle de catalyseur en aidant les banques mondiales en faisant peur à leurs ennemis et alliés et en les poussant à une plus grande centralisation. Du moins, c’est le récit que je soupçonne que les futurs historiens reprendront.

Dans le cadre des efforts visant à saper les sanctions américaines contre le pétrole iranien, l’UE a établi un programme pour construire un nouveau système SWIFT en dehors de l’influence américaine. C’est un modèle auquel la Russie, la Chine et l’Iran ont accepté de participer, et la nouvelle a été largement ignorée par le grand public. Le Wall Street Journal a rapporté à contrecœur l’évolution de la situation, mais l’a rejetée comme étant inefficace pour contrecarrer les sanctions américaines. Et cela semble être le consensus parmi les médias – minimiser ou ignorer les implications d’un système SWIFT alternatif.

Les préjugés à l’égard du dollar soulèvent une fois de plus leur vilaine tête, et les dangers de ce genre de déni sont nombreux. Le dollar peut être, et est en train d’être contourné par des accords commerciaux bilatéraux. La domination américaine sur les marchés pétroliers est contournée par d’autres contrats pétroliers. Et maintenant, le contrôle américain des réseaux financiers est contourné par des programmes SWIFT alternatifs. Le seul fil conducteur qui maintient le dollar et, par extension, l’économie américaine ensemble est le fait que ces alternatives ne sont pas encore répandues. Cela va inévitablement changer.

Alors, la question est : quand cela va-t-il changer ?

Je crois que le rythme de la guerre commerciale dictera le rythme de la dé-dollarisation. Plus les tarifs deviendront agressifs entre les États-Unis et la Chine, l’Iran, l’Europe et la Russie, plus vite les systèmes alternatifs déjà existants seront mis en œuvre. À l’heure actuelle, la rapidité du conflit entre les États-Unis et la Chine laisse entrevoir un passage du dollar à un panier de monnaies internationales d’ici la fin 2020, et il faudra environ une autre décennie pour que ce processus se concrétise. En d’autres termes, le système du panier des DTS servira de pont dans le temps vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale, un système monétaire mondial unique.

Avec les tarifs douaniers actuels qui couvrent au moins la moitié du commerce chinois et l’autre moitié qui est menacée si la Chine riposte de quelque manière que ce soit, je pense que ce n’est qu’une question de mois avant que la Chine n’utilise ses propres dollars et réserves de bons du Trésor comme arme contre les États-Unis. Lorsque cela arrivera, la Chine n’annoncera pas publiquement cette mesure, et les grands médias ne sauteront dessus que beaucoup trop tard.

Ne vous attendez donc pas à ce que l’Europe vienne en aide à l’Amérique si cela se produit. Il me semble évident, d’après le comportement récent de l’UE, qu’elle a l’intention de rester neutre, du moins pendant l’escalade, si ce n’est être totalement du côté de la Chine et de la Russie par nécessité économique.

La préparation de cet événement exige autant d’indépendance financière que possible. Cela signifie des alternatives tangibles au dollar, comme les métaux précieux, et des économies localisées basées sur le troc et le commerce. Une fois que le dollar perdra son statut de réserve mondiale, le transfert de l’inflation des prix aux États-Unis sera immense. Les dollars détenus à l’étranger reviendront en masse dans le pays, car ils ne seront plus nécessaires à l’échange international de biens et de ressources. Ce changement pourrait se produire très rapidement, comme une avalanche.

Encore une fois, ne vous attendez pas à recevoir un avertissement avant que les créanciers étrangers ne vendent des actifs libellés en dollars, et attendez vous à ce que les effets négatifs se fassent sentir dans un délai très court sur Main Street.

Brandon Smith

Note du Saker Francophone

Les analyses de cet auteur fortement anti-centralisation semblent parfois s'arrêter là où commencent les intérêts américains. Il est donc intéressant de connaître la vision d'un Américain pur jus, même anti-système, à l'égard de la fin de l'Empire américain. On pourrait le voir se réjouir de contempler la fin de l'Empire et de ces guerres impliquant le retour de la nation. Il devrait se féliciter de voir le dollar débarrassé de ce rôle de réserve mondiale qui désindustrialise son pays et lui vole sa souveraineté.

Certes les USA, s'ils existent encore en un seul morceau, devront faire défaut sur le dollar de la Fed et passer à une autre monnaie. Une monnaie souveraine ?

Taduit par Hervé pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/le-monde-se-dissocie-discretement-des-etats-unis

 

L’Inde explore l’abandon du commerce du pétrole en dollars avec la Russie, l’Iran et le Venezuela

L’Inde explore l’abandon du commerce du pétrole en dollars avec la Russie, l’Iran et le Venezuela


Par Tsvetana Paraskova – Le 5 octobre 2018 – Source oilprice.com

oil barrels
L’Inde a discuté jeudi de la possibilité d’acheter du pétrole avec la Russie, le Venezuela et l’Iran soit en roupies indiennes, soit dans le cadre d’un accord de troc, rapporte le quotidien indien The Economic Times, citant un responsable anonyme.

« La possibilité d’un commerce en roupies et par du troc avec des pays où l’Inde achète du pétrole brut comme l’Iran, le Venezuela et la Russie peut être envisagée », a déclaré le responsable à la presse indienne.

Le ministre indien du Commerce, de l’Industrie et de l’Aviation civile, Suresh Prabhu, a tenu une conférence jeudi pour discuter de « l’augmentation de la production intérieure de biens dans les secteurs clés, pour accroître la disponibilité intérieure et promouvoir la croissance économique et la capacité d’exportation », a déclaré le ministère dans un communiqué.

Selon le fonctionnaire, les participants à la réunion ont également discuté de la possibilité de créer un mécanisme de paiement en roupies pour le commerce avec la Chine, et ont discuté de l’acceptation de « toute proposition d’un pays qui est prêt à commercer en euros et en roupies ».

L’idée de l’Inde d’utiliser des roupies ou un système de troc dans son commerce de pétrole avec la Russie, l’Iran et le Venezuela arrive à l’approche des sanctions américaines contre l’Iran et dans un peu plus de quatre semaines. En outre, la hausse des prix du pétrole et la chute de la devise indienne pèsent sur les finances et la facture des importations pétrolières du troisième importateur mondial de pétrole et du deuxième plus gros client du pétrole de l’Iran après la Chine.

La roupie a chuté à un plus bas historique vendredi, franchissant la barre des 74 roupies par dollar.

Au milieu de la hausse des prix du pétrole brut et de la flambée des prix du carburant qui en a résulté, le gouvernement indien a mis en place cette semaine des mesures d’allègement des prix du carburant alors que les prix à la pompe ont continué d’augmenter au même rythme que le prix élevé du pétrole.

Cette décision a été prise après consultation des compagnies pétrolières locales, qui ont accepté de réduire les prix de 0,034 $US (2,5 roupies) par litre d’essence et de diesel, dont elles absorberont 0,014 $US (1 roupie) par litre de carburant, et le gouvernement assumera le reste en réduisant les taxes sur les carburants.

Tsvetana Paraskova

Note du Saker Francophone

Cet article est extrait d'une analyse du blog Les Chroniques du Grand Jeu dont on ne peut que vous recommander la lecture assidue.
Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

 

Toutankhassad

Toutankhassad

Publié le 22 Octobre 2018 par Observatus geopoliticus in Moyen-Orient

Si la malédiction de Toutankhamon était plutôt une invention des tabloïds de l’époque, celle d’Assad semble être bien plus réelle. On ne compte plus les thuriféraires de l’empire ou ses affidés qui, ayant hurlé haut et fort leur ritournelle « Assad doit partir« , sont partis finalement bien avant : Barack à frites, Flamby, l’Hillarante, Cameron pas Diaz…

Certains sont même partis rejoindre leurs amis djihadistes et leurs 72 vierges…

Parmi les fanatiques du départ de Bachar, il est un personnage dont on parle beaucoup ces derniers temps, un certain Jamal Khashoggi, assassiné par les services saoudiens au consultat d’Istanbul.

Sans vouloir tomber dans l’humour le plus noir, force est de constater qu’il a été démembré avant que ne le soit la Syrie… Quant à sa position sur le Yémen, s’il avait mis de l’eau dans son vin ces derniers temps, réclamant d’ailleurs une intervention américaine plutôt que saoudienne ou iranienne, son obsession contre les Houthis rappelle son ancien soutien à la sale guerre de Riyad.

En passant, beaucoup ont beau jeu de moquer l’hypocrisie des dirigeants occidentaux, scandalisés après l’assassinat d’un journaliste alors qu’ils sont restés bien silencieux durant des années sur le massacre de dizaines de milliers de Yéménites par l’Arabie saoudite…

Notre propos n’est pas ici d’évoquer les tortures assez insoutenables et finalement le meurtre de Khashoggi par les sbires du régime wahhabite, mais d’en analyser les conséquences internationales.

Première semi-surprise : la réaction très virulente de la Turquie. D’entrée, le sultan a pointé un doigt accusateur vers les Saoudiens et la presse d’Ankara, porte-voix officiel, ne cesse depuis de publier de nouvelles révélations sur la tuerie, basées sur les « fuites » complaisantes des services turcs.

En décodé, cela semble signifier que la crise entre l’Arabie saoudite et le Qatar n’est pas prête de s’arranger. On se rappelle en effet que la rupture au sein du Conseil de Coopération du Golfe, entre Riyad et Doha l’année dernière, avait vu la Turquie prendre le parti du Qatar :

Alors que des pays – de moins en moins nombreux d’ailleurs – se joignent au coup de sang de Riyad, Doha a reçu un clair soutien de la Turquie, après quelques jours d’atermoiements faut-il préciser. Le parlement d’Ankara a ratifié hier en urgence la signature d’accords militaires avec l’émirat gazier, dont celui consistant à y déployer des troupes. La nouvelle a été reçue comme il se doit au Qatar alors que le Seoud a dû grincer des dents…

Mouvement intelligent du sultan qui se remet au centre du jeu après en avoir été si souvent exclu en Syrie. Décrédibilisé par ses incessants retournements de veste passés (la toupie ottomane), il montre pour une fois qu’on peut compter sur lui, ce qui n’échappera pas aux acteurs de la région.

Le 15 août de cette année, l’émir du Qatar a promis 15 Mds d’investissements dans le secteur bancaire turc, malmené par l’effondrement de la lire. Deux mois plus tard, Ankara retourne la faveur. Nul doute que les accusations contre les Sqoudiens ont dû être douces aux oreilles qataries…

Autre réaction intéressante, celle de l’empire. Première possibilité, la plus sûre : Washington met la pression sur Riyad afin que les grassouillets chekhs signent le pharaonique contrat d’armement de 110 Mds de dollars. C’est sans doute la position du Donald, bon représentant de commerce. On peut également imaginer sans peine que le sourcil froncé de l’oncle Sam pousse les Saoudiens à faire plus dans la guerre qui ne dit pas son nom contre l’Iran. On ne peut pourtant pas accuser le Seoud de laisser sa part au chien dans le grand délire iranophobe qui a pris l’empire.

Toutefois, un point est plus étonnant : la réaction de la MSN impériale, très dure envers le régime wahhabite. Ca, c’est totalement nouveau. Serait-ce à dire qu’il y a encore quelque chose derrière ? Si l’hypothèse se révèle juste, le fidèle lecteur de nos Chroniques aura peut-être été prévenu il y a un an jour pour jour :

En 2015 – sous le titre Pétrodollar : le début de la fin ? – nous écrivions un billet prémonitoire qui n’a pas pris une ride :

A Washington, on doit beaucoup écouter les Doors en ce moment : This is the end, my only friend, the end… Certes, il ne faut pas vendre la peau de l’aigle avant de l’avoir plumé, mais ce n’est pas vraiment un futur radieux qui se profile à l’horizon pour l’empire 2.0.

Le système financier issu de la Seconde guerre mondiale – notamment les prêts en dollars du FMI ou de la Banque mondiale – assurait l’hégémonie de la monnaie américaine, permettant aux Etats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens en faisant financer leur dette par des pays étrangers tenus d’accumuler des réserves de titres libellés en dollars pour commercer. Ce « privilège exorbitant » (dixit Giscard) fut encore renforcé en 1973 lorsque Nixon se mit d’accord avec les Saoudiens pour que ceux-ci vendent leur pétrole uniquement en billets verts, créant de facto le pétrodollar. L’OPEP suivra deux ans après. Pour les Etats-Unis, des décennies d’argent facile et de guerres financées par des pays tiers…

Jusqu’à ce que ces pays tiers disent stop. Certains d’entre eux du moins. La fronde a commencé vers la fin des années 2000. En Amérique latine, Argentine et Brésil décident de commercer dans leurs monnaies respectives, puis c’est au tour de la Chine et du Brésil, tandis que les pays émergents se rebellent au sein même des instances du FMI et de la Banque mondiale. Curieusement, Poutine était d’abord en retrait dans ce mouvement jusqu’à ce que la nouvelle Guerre froide subséquente à la crise ukrainienne fasse de lui le chevalier blanc de la dé-dollarisation de la planète. C’est, depuis 2014, une avalanche de défections auxquelles fait face le billet vert, contrairement à la fable médiatique hollywoodienne qui voudrait nous faire croire à une « communauté internationale » réunie autour de l’Occident. Russie, Chine, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Inde, Turquie, Uruguay, Iran, Equateur, Egypte, Venezuela, Vietnam, Paraguay, Kazakhstan… tous ces pays ont renoncé au dollar ou sont en voie de le faire dans leurs échanges commerciaux bilatéraux au profit de leur monnaie ou de l’or. Pire ! les propres alliés de Washington (Canada, Corée du sud, Qatar) quittent le navire et s’en vont sifflotant passer des accords SWAP (échanges de devises) avec la Chine.

Comme si cela ne suffisait pas, les BRICS ont décidé au sommet de Fortaleza la création d’un système financier parallèle concurrençant le FMI et la Banque Mondiale d’obédience américaine tandis que la Chine y allait de sa propre banque personnelle vers laquelle se sont précipités les alliés intimes de l’oncle Sam (Angleterre, Australie) comme des enfants turbulents désobéissant au majordome. Il paraît qu’Obama en a interrompu sa partie de golf…

Une chose demeurait, stoïque et inébranlable : le pétrodollar. Saddam avait bien tenté de monter une bourse pétrolière en euros mais il fut immédiatement tomahawkisé. Kadhafi avait lancé l’idée mais les bombes libératrices de l’OTAN tombaient déjà sur Tripoli avant qu’il ait eu le temps de passer un coup de fil. Les stratèges américains pouvaient dormir du sommeil du juste, leurs charmants alliés pétromonarchiques du Golfe resteraient le doigt sur la couture du pantalon.

Sauf que… Une info extrêmement importante, donc passée inaperçue dans la presse française, est sortie il y a quelques jours. La Russie et l’Angola ont dépassé l’Arabie saoudite comme premiers fournisseurs de pétrole à la Chine. Chose intéressante d’après les observateurs, c’est le fait que la Russie (encore ce diable de Poutine !) accepte désormais les paiements en yuans chinois qui a motivé ce changement tectonique. D’après un analyste, si l’Arabie veut reprendre sa part de marché, il faudrait qu’elle commence à songer sérieusement à accepter des paiements en yuans… c’est-à-dire mettre fin au pétrodollar.

Et là, cela risque de poser un sérieux dilemme aux Saoudiens : faire une croix sur leur prééminence pétrolière mondiale ou faire une croix sur le pétrodollar au risque de voir les Américains le prendre très mal et éventuellement fomenter un changement de régime.

Y a-t-il un lien avec la visite de haut niveau des Saoudiens à St Pétersbourg la semaine dernière, quelque chose du genre « Cher Vladimir, vous nous protégerez le cas échéant si on change de devise ? » A suivre…

On ne pouvait pas taper plus dans le mille. Octobre 2017 : un économiste de renom prévoit le remplacement par Riyad du dollar par le yuan, le roi saoudien effectue une visite historique à Moscou et les Russes vont vendre des batteries S400 à l’Arabie saoudite.

Carl Weinberg ne s’est pas souvent trompé dans ses analyses. Aussi, quand il déclare que Riyad est fortement encouragée par Pékin à lui vendre son pétrole en yuans et prédit que d’ici peu, les Saoudiens succomberont à la pression, il vaut mieux le prendre au sérieux :

« D’ici deux ans, la demande chinoise en pétrole écrasera la demande américaine. Je pense que la cotation des cours en yuans est pour bientôt. Dès que les Saoudiens l’accepteront – comme les Chinois les y contraignent – le reste du marché [les pétromonarchies, ndlr] suivra le mouvement. »

En filigrane, l’effondrement du pétrodollar mis en place il y a plus de quarante ans et pilier du système impérial américain. Les liaisons dangereuses entre Bush Junior et l’establishment wahhabite, le tendre baiser de Barack à frites sur le royal arrière-train du Seoud, tout cela n’aura finalement servi à rien…

Ca doit sérieusement grincer des dents le long des corridors néo-cons de Washington et il n’est pas impossible que quelques plans sur la « remodélisation » du royaume saoudien soient soudain sortis des tiroirs. Coïncidence (ou pas), le facétieux Vladimirovitch a justement ironisé sur la chose lors de la réunion annuelle du Club Vadaï à Sotchi :

Est-ce tout à fait un hasard si, dans ces conditions, Salman a débarqué à Moscou il y a deux semaines, la première visite officielle d’un monarque saoudien en Russie. Cela fait des décennies que l’ours et le chameau sont opposés sur à peu près tous les dossiers brûlants de la planète, le second finançant le djihadisme mondial pour le bénéfice de son parrain US afin de diviser l’Eurasie et mettre le premier en difficulté. Que cache donc cette visite historique ?

Au-delà des nécessaires relations entre ces deux poids lourds du pétrole (accord OPEP+), le Seoud suit les pas des autres acteurs du Moyen-Orient, délaissés par l’inexorable reflux de l’empire et qui vont tous rendre visite au nouveau boss de la région. Comme le dit sans ambages Bloomberg :

« Les Israéliens, les Turcs, les Egyptiens, les Jordaniens – tous prennent le chemin du Kremlin dans l’espoir que Vladimir Poutine, le nouveau maître du Moyen-Orient, puisse assurer leurs intérêts et résoudre leurs problèmes. »

Le Seoud ne fait pas autre chose, allant à Canossa, mangeant son keffieh en rabaissant très sérieusement ses folles prétentions syriennes (tiens, Assad ne doit plus partir finalement). Mais il y a peut-être plus, beaucoup plus, et plusieurs voix (ici ou ici) y décèlent un changement tectonique. Nous en revenons à notre pétrole yuanisé et à nos S400…

Certains ont dû avoir le hoquet en lisant qu’après la Turquie, Moscou allait également vendre son inégalable système anti-aérien à son ex-Némésis wahhabite. On le comprendrait mieux s’il s’agit de créer un environnement favorable à une transition saoudienne vers la dédollarisation et la multipolarité eurasienne, voire d’assurer la future défense du pays face aux réactions hystériques de l’empire trahi. L’avenir nous le dira.

Il n’est pas impossible que nous soyons arrivés à l’intant T et que des rumeurs plus qu’insistantes sur la vente du pétrole saoudien à la Chine en yuans soient parvenues aux grandes oreilles de l’empire. Ce n’est encore qu’une hypothèse mais elle permettrait de mieux comprendre l’inhabituel barrage de critiques – méritées, faut-il préciser – que le système impérial assène pour une fois à son cher allié, qui ne l’est peut-être plus tout à fait…

La dé-dollarisation à marche forcée

La dé-dollarisation à marche forcée


Par Arkady Savitsky – Le 15 septembre 2018 – Source Strategic Culture

Arkady SAVITSKYLe Forum économique de l’Est (EEF) s’est tenu à Vladivostok du 11 au 13 septembre 2018. Fondé en 2015, l’événement est devenu une plateforme de planification et de lancement de projets visant à renforcer les liens commerciaux dans la région Asie-Pacifique.

Cette année, l’EFF a réuni des délégations de plus de 60 pays pour discuter sur le thème : « L’Extrême-Orient : Élargir la gamme des possibilités »

Russia’s Eastern Economic Forum Wrap Up: De-Dollarization Tops Agenda

Au cours de ces trois jours, cent événements commerciaux ont réuni plus de 6 000 participants, 1 357 journalistes ont couvert le forum. L’année dernière, le nombre de participants était de 5 000 avec 1 000 représentants des médias impliqués dans les reportages et la diffusion. L’EEF-18 a rassemblé 340 PDG étrangers et 383 russes. Près de 80 start-ups d’Asie du Sud-Est se sont jointes à la réunion.

Cette année, 175 accords d’une valeur totale de 2 900 milliards de roubles (environ 4,3 milliards de dollars) ont été signés. À titre de comparaison, le montant était de 2 500 milliards de roubles (environ 3,7 milliards de dollars) en 2017. Ils englobent le développement des gisements de Baimsky à Tchoukotka, la construction d’un terminal LNG (gaz liquéfié) pour Novatek dans la baie de Bechevinskaya au Kamchatka et l’investissement des pays asiatiques dans des projets agricoles dans l’Extrême-Orient russe. Le fonds d’investissement direct russe (RDIF), le groupe Mail.Ru, Megafon et le chinois Alibaba ont signé un accord sur la création d’une coentreprise commerciale AliExpress. Rosneft et la CNPC chinoise ont signé un accord d’exploration pétrolière.

La délégation chinoise était la plus importante (1 096 personnes), suivie par les Japonais (570 membres). Parmi les invités figuraient le président de la Mongolie et les premiers ministres du Japon et de la Corée du Sud. C’était également la première fois que le président chinois Xi Jinping assistait à l’événement pour rencontrer son homologue russe. La question de la dé-dollarisation était en tête de l’ordre du jour. La Russie et la Chine ont réaffirmé leur intérêt pour l’utilisation accrue des monnaies nationales dans les accords bilatéraux.

Au cours du forum, Kirill Dmitriev, responsable du RDIF, a déclaré que le fonds avait l’intention d’utiliser uniquement les monnaies nationales dans ses transactions avec la Chine à partir de 2019. Il coopérera avec la China Development Bank. Cette « yuanification » fait des progrès visibles, les contrats à terme sur le brut de Shanghai augmentant de 14%, voire plus, leur part des marchés pétroliers. La Chine a signé des accords avec le Canada et le Qatar sur les échanges en devises nationales.

La dé-dollarisation est une tendance qui prend de l’ampleur dans le monde entier. Un nombre croissant de pays souhaitent remplacer le dollar. La Russie mène la course pour se protéger des fluctuations, des tempêtes et des guerres et sanctions commerciales imputables aux États-Unis. Moscou soutient le commerce sans dollar avec Ankara dans le contexte de la crise de la livre turque. La Turquie passe du dollar aux règlements en monnaies nationales, y compris pour ses échanges avec la Chine et d’autres pays. Se débarrasser du dollar américain est l’enjeu de l’ordre du jour de la prochaine réunion du BRICS. Depuis avril, l’Iran a basculé tous ses paiements internationaux en euro.

Les voix appelant à la dé-dollarisation deviennent plus fortes parmi les plus proches alliés européens de l’Amérique. En août, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a appelé à la création d’un nouveau système de paiement indépendant des États-Unis. Selon lui, l’Europe ne devrait pas permettre aux États-Unis d’agir « derrière notre dos et à nos dépens ». Cet officiel souhaite renforcer l’autonomie européenne en établissant des canaux de paiement indépendants, en créant un Fonds monétaire européen et en construisant un système SWIFT indépendant.

Lors de la présentation de son programme annuel, le 12 septembre, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé  l’Union européenne à promouvoir l’euro en tant que monnaie mondiale pour défier le dollar. Selon lui, « nous devons faire davantage pour permettre à notre monnaie unique de jouer pleinement son rôle sur la scène internationale ». M. Juncker estime « qu’il est absurde que l’Europe paie 80% de sa facture d’importation d’énergie – d’une valeur de 300 milliards d’euros par an – en dollars américains alors que seulement 2% environ de nos importations d’énergie proviennent des États-Unis. » Il souhaite que la série de propositions faites dans son discours sur l’état de l’union commence à être mise en œuvre avant les élections du Parlement européen en mai.

70% de toutes les transactions commerciales mondiales utilisent le dollar, tandis que 20% sont réglés en euros et le reste en yuan et autres devises asiatiques. La valeur du dollar est élevée pour que les prix des biens de consommation aux États-Unis soient artificiellement bas. La demande de dollars permet de refinancer l’énorme dette à des taux d’intérêt bas. La politique américaine de guerres commerciales et de sanctions a déclenché le processus mondial de dé-dollarisation. Utiliser des mesures punitives comme outil de politique étrangère revient à  se tirer une balle dans le pied. Cela provoque une réaction brutale pour saper le statut du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale – la base de la puissance économique américaine. La politique d’agression sape l’hégémonie du monde américain en le rendant plus faible, pas plus fort.

Arkady Savitsky est un spécialiste des questions militaire. Il est basé à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francphone

http://lesakerfrancophone.fr/la-de-dollarisation-a-marche-forcee

 

Un billet d’un dollar qui a beaucoup d’une occulte amulette…

Un billet d’un dollar qui a beaucoup d’une occulte amulette…

Publié le par Abdel Hakim


Voilà ce que vous pouvez trouver sur les billets de un dollar « américains ». Alors a première vue il s’agit d’une pyramide avec un oeil lumineux, des chiffres romains et des inscriptions latines. Cette simple observation devrait déjà susciter une première interrogations: quel rapport entre Egypte ancienne, le latin, et les États Unis d’Ameriques?

Intéressons nous maintenant plus précisément a chacun de ces éléments:

L’oeil est en fait l’oeil d’Horus(« divinité » de l’ancienne Egypte, il était représenté avec une tête de faucon), ou oeil d’oudjat. C’est l’oeil qui voit tout, l’oeil omniscient.

En dessous de cet oeil une pyramide de 13 étages. Dans le symbolisme egyptien la pyramide représente une ascension: son sommet est lié au monde spirituel, et sa base au monde terrestre. En ce qui concerne le chiffre 13, c’est un chiffre souvent rapporté au mal dans nombres de mythologies, par exemple dans la religion chrétienne, judas fut la treizième personne présente lorsque Jésus réunit ses apôtres. Il peut également être rapporté aux 13 colonies britanniques fondatrices des États Unis.

A la base de cette pyramide « MDCCLXXVI »: a priori ça ne signifie rien… Sauf qu’en chiffre romain M vaut 1000, D vaut 500, C vaut 100, L vaut 50, X vaut 10, V vaut 5, I vaut 1. Donc si l’on additionne nous avons: 1000+500+100+100+50+10+10+5+1=1776. Il s’agit donc d’une date, l’année 1776. C’est l’année de la déclaration d’indépendance des états unis, mais aussi l’année de la création des illuminés de Bavieres(ce qui prend un sens lorsque l’on sait qui fabrique ce billet… Voir a la fin de l’article).
Nous avons aussi les inscriptions « Annuit Coeptis » 13 lettres qui signifient l’arrivée de quelque chose et « NOVUS ORDO SECLORUM » qui signifie nouvel ordre pour les siècles. Donc l’arrivée d’un nouvel ordre pour les siècles a venir, c’est le nouvel ordre mondial?


Nous avons donc a gauche un symbole qu’on pourrait qualifier d’ésotérique, et a droite un symbole plus patriotique(enfin si l’on s’ y’ intéresse de plus près on peut encore soupçonner un caractère mystique mais cette fois plus subtile) avec un faucon en dessous de 13 étoiles,  ce faucon tient 13 flèches ainsi qu’une branche a 13 feuilles qui représentent les 13 colonies britanniques.

Il y’a également d autres symboles dissimulés sur ce billet, comme cette chouette : Pourquoi une chouette? C’est lié a un mythe cananéen, les gouvernants se comparait alors a des chouettes capables de voir dans l’obscurité. C’est aussi le logo du Bohémian Club(dont son membre entre autre David Rockefeller et George Bush)…

En tout les cas rappelons que ce billet n’est nullement la création des États Unis d’Ameriques, il est imprimé par la reserve fédérale américaine qui est privée! Qui sont ces gens qui mettent des symboles ésotériques, voire sataniques, car seul DIEU est omniscient et certainement pas ce qu’ils appellent Horus, sur de la monnaie? Si vous voulez le savoir je vous propose ce lien:
Le machiavélisme des hécatonchires de la finance internationale