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Le pétrole, après sa pire semaine en deux ans, ouvre en hausse à New York

Le pétrole, après sa pire semaine en deux ans, ouvre en hausse à New York

New York (awp/afp) – Le prix du pétrole new-yorkais montait à l’ouverture lundi, rebondissant après sa pire semaine en deux ans dans le sillage du regain de vigueur à la Bourse et du repli du dollar.

Vers 14H10 GMT, le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mars, référence américaine du brut, gagnait 71 cents et s’échangeait à 59,91 dollars sur le New York Mercantile Exchange.

Il avait reculé de 9,5% la semaine dernière, sa plus importante chute depuis janvier 2016.

Mais « comme sur les autres marchés financiers, l’état d’esprit a changé et la tendance s’est inversée », a remarqué Matt Smith de ClipperData.

A Wall Street les indices sont repartis avec entrain à la hausse après une semaine chaotique, alimentant l’appétit des investisseurs pour les actifs plus risqués.

Le dollar de son côté se repliait un peu face à un panier de grandes devises, rendant ainsi moins cher le baril libellé dans le billet vert pour les acheteurs utilisant d’autres devises.

En lien plus direct avec le marché du brut, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a dans son rapport mensuel une nouvelle fois revu à la hausse ses prévisions de l’offre américaine cette année, augmentation qualifiée de « préoccupante » par le cartel.

L’Opep s’est en effet associée fin 2016 à 10 autres producteurs, dont la Russie, pour limiter leur production.

Cet accord, qui a été renouvelé jusqu’à fin 2018, ainsi que des perturbations involontaires de la production, notamment au Venezuela, ont fait grimper les prix du pétrole.

Mais les industriels américains ont profité de cette opportunité pour développer leurs coûteuses exploitations de pétrole de schiste. Le nombre de puits actifs a encore augmenté la semaine dernière, selon le dernier décompte de l’entreprise de services pétroliers Baker Hughes.

La production hebdomadaire aux Etats-Unis a dépassé les 10 millions de barils par jour.

« Les investisseurs s’inquiètent; ce qui a fait grimper les prix du brut depuis le mois de septembre, à savoir une demande mondiale robuste, des perturbations de la production et une discipline de l’industrie américaine, pourrait ne pas tenir », ont commenté les analystes de Goldman Sachs.

Toutefois, a souligné Phil Flynn de Pruce Futures Group, « les producteurs répondent à la demande. Ils ne pompent pas juste pour le plaisir de pomper, les réserves de pétrole ont plongé aux Etats-Unis et la demande au niveau mondial est au plus haut ».

L’Opep a d’ailleurs aussi relevé dans son rapport mensuel sa prévision de demande mondiale de pétrole à 98,60 millions de barils par jour, soit une croissance de 1,59 million de barils par jour sur l’année.

afp/rp

(AWP / 12.02.2018 15h26)

https://www.romandie.com/news/Le-petrole-apres-sa-pire-semaine-en-deux-ans-ouvre-en-hausse-a-New-York/889662.rom

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La chute brutale du dollar rend les analystes perplexes

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La chute brutale du dollar rend les analystes perplexes

© Sputnik. Mihail Kutuzov
Economie

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En dépit de nombreux facteurs, qui devraient faire tendre le dollar à la hausse, la devise américaine continue de chuter, relate le site Expert Online. Ainsi, ce vendredi, son indice est tombé à 88,62, son minimum depuis novembre 2014.

En 2018, le cours du dollar a perdu 4% de sa valeur par rapport aux six principales devises mondiales. Selon des analystes, la baisse du billet vert observée dernièrement a lieu malgré de nombreux facteurs qui seraient capables de renforcer la devise américaine, lit-on sur le site Expert Online.Ainsi, le 2 février, l’indice du dollar est tombé à 88,62, tandis qu’au début de l’année ce taux était de 91,83.

Comme le soulignent des spécialistes, le plus surprenant est que le cours de la devise ne réagit pas à l’augmentation de la rentabilité des bons du Trésor des États-Unis. Et c’est notamment cet indicateur qui permettait auparavant de prévoir des mouvements monétaires.

D’après des experts, un tel déséquilibre pourrait être expliqué par le fait que des gros investisseurs se sont mis à diversifier leurs portefeuilles, une des raisons étant, entre autres, la politique économique des États-Unis qui devient de plus en plus incertaine.

Le cours du dollar a fortement chuté ce 31 janvier après l’annonce du secrétaire du Trésor Steven Munchin. L’indice du dollar est tombé à 88,87. En outre, la faiblesse du billet vert a eu deux conséquences indirectes sur le marché des matières premières. Le prix du baril de Brent a franchi le seuil des 71 dollars pour la première fois depuis décembre 2014 et l’or se négocie au plus haut depuis août 2016 à près de 1.360 dollars l’once, portant sa hausse à 10% par rapport à son point bas de la mi-décembre.

https://fr.sputniknews.com/economie/201802031034999935-chute-dollar-analystes-perplexes/

La Russie et la Chine sont déterminées à enterrer le dollar

La Russie et la Chine sont déterminées à enterrer le dollar


« Les nations d’Eurasie développent des moyens propres pour assurer la croissance de leurs économies à l’abri des sanctions financières du Trésor américain. »



2015-02-05_10h48_03Par F. William Engdahl – Le 24 janvier 2018 – Source Russia Insider

Le gouvernement russe a récemment annoncé qu’il émettra l’équivalent de près d’un milliard de dollars en obligations d’État, mais non pas libellées en dollars américains, ce qui est généralement le cas, mais plutôt en yuan chinois. Il s’agit de la première vente d’obligations russes dans cette devise.

Alors que un milliard de dollars peut sembler peu par rapport à la dette totale de la Banque populaire de Chine de plus de 1 000 milliards de dollars ou à la dette fédérale américaine de plus de 20 000 milliards de dollars, sa signification dépasse le faible montant nominal. Il s’agit, pour les deux gouvernements – Russie et Chine – de tester le potentiel de financement par l’État de ses infrastructures, et d’autres projets, à l’abri du risque du dollar provenant d’événements tels que les sanctions financières du Trésor américain.

Dette russe et Yuan chinois

Depuis le défaut souverain de la Russie, en août 1998, déclenché par l’Occident, les finances publiques du pays ont été prudentes. Le volume de la dette publique nationale est le plus faible de tous les grands pays industriels, à peine 10,6% du PIB pour l’année en cours [98% en 2016 pour la France]. Cela a permis à la Russie de résister aux sanctions de la guerre financière imposée par les États-Unis depuis 2014 et a obligé la Russie à chercher ailleurs pour sa stabilité financière. Cet « ailleurs » s’appelle de plus en plus la République populaire de Chine.

Maintenant, le ministère russe des Finances planifie, pour la première fois, la vente de la dette russe sous forme d’obligations libellées en monnaie chinoise. La taille de la première offre, testée sur le marché, sera de 6 milliards de yuans, soit un peu moins de un milliard de dollars. La vente est organisée par la société publique russe Gazprombank, la Bank of China Ltd. et la plus grande banque publique chinoise, Industrial & Commercial Bank of China. Le mouvement est accéléré par des rapports annonçant que le Trésor américain étudiait les conséquences potentielles d’une extension des pénalités, jusqu’à présent concentrées sur les projets pétroliers et gaziers russes, pour inclure la dette souveraine russe dans sa guerre commerciale de sanctions. Le nouvel emprunt en yuan sera négocié à la Bourse de Moscou et destiné à être vendu aux investisseurs de Chine continentale ainsi qu’aux emprunteurs internationaux et russes à des taux d’intérêt intéressants.

Les sanctions occidentales ou les menaces de sanctions forcent la Russie et la Chine à coopérer de façon plus stratégique sur ce qui devient le germe d’une véritable alternative au système du dollar. Les offres de dette russe en yuan donneront également un coup de pouce significatif à la volonté de la Chine d’installer le yuan comme devise internationalement acceptée.

Le pétro-yuan chinois

Les démarches pour commencer à émettre la dette de l’État russe en yuans vont de pair avec un autre développement majeur pour promouvoir une acceptation internationale plus large du yuan vis-à-vis du dollar américain. Le 13 décembre, les autorités de réglementation chinoises ont achevé les tests finaux en vue du lancement d’un contrat à terme sur le pétrole, non soutenu par le dollar, mais par le yuan, et  négocié sur le Shanghai Futures Exchange. Les implications sont potentiellement importantes.

La Chine est le plus grand pays importateur de pétrole au monde. Jusqu’à présent, le contrôle des marchés financiers à terme du pétrole a été la chasse gardée étroitement surveillée des banques de Wall Street et des marchés à terme de New York, Londres et d’ailleurs, qu’elles contrôlent. L’émergence de Shanghai en tant que grand centre de contrats à terme sur le pétrole, adossés au yuan, pourrait considérablement affaiblir la domination du dollar sur le commerce du pétrole.

Depuis le choc pétrolier des années 1970 et la hausse de 400% du prix du pétrole provoquée par les pays de l’OPEP, Washington a maintenu un régime strict dans lequel le produit le plus précieux au monde, le pétrole, serait négocié uniquement en dollars américains. En décembre 1974, le Trésor américain a signé à Riyad, avec l’Agence monétaire saoudienne, un accord secret visant à « établir une nouvelle relation, par le truchement de la banque centrale de New York, avec les opérations d’emprunt du Trésor américain » pour acheter la dette du gouvernement américain avec les pétrodollars excédentaires.

Les Saoudiens ont accepté de faire exécuter, seulement en dollars, les ventes de pétrole de l’OPEP en échange de ventes américaines d’équipements militaires de pointe (achetés en dollars bien sûr) et d’une garantie de protection contre d’éventuelles attaques israéliennes. Ce fut le début de ce que le secrétaire d’État américain de l’époque, Henry Kissinger, a appelé le recyclage du pétrodollar. À l’heure actuelle, seuls deux dirigeants de pays exportateurs de pétrole, l’Irakien Saddam Hussein et le libyen Kadhafi, ont tenté de changer ce système et de vendre du pétrole contre des euros ou des dinars d’or [pour leur plus grand malheur, NdT]. Maintenant, la Chine conteste le système du pétro-dollar d’une manière différente avec le pétro-yuan.

La différence avec Saddam Hussein ou Kadhafi est que des pays beaucoup plus influents, la Russie et maintenant l’Iran, avec le soutien implicite de la Chine, coopèrent pour éviter que le dollar ne soit imposé par la pression américaine. C’est un défi beaucoup plus important pour le dollar américain que ceux que représentaient l’Irak ou la Libye.

Le contrat à terme sur le pétrole, libellé en yuan chinois, permettra maintenant aux partenaires commerciaux de la Chine de payer avec de l’or ou de convertir le yuan en or sans avoir besoin de placer leur argent dans des actifs chinois ou de le changer en dollars américains. Les exportateurs de pétrole, comme la Russie, l’Iran ou le Venezuela, qui sont tous ciblés par les sanctions américaines, peuvent maintenant y échapper en évitant les transactions pétrolières en dollars. En septembre dernier, le Venezuela a réagi aux sanctions américaines en ordonnant à la compagnie pétrolière d’État, et aux négociants, de libeller les contrats de vente de pétrole en euros et de ne plus payer, ni être payés, en dollars américains.

De l’or pour le pétrole ?

Le Shanghai International Energy Exchange lancera bientôt des contrats à terme sur le pétrole brut libellés en yuans. Le contrat à terme du Shanghai International Energy Exchange rationalisera et consolidera le processus de vente de pétrole en yuan à la Chine, que la Russie a initié après les sanctions en 2014. Cela permettra également aux autres producteurs de pétrole du monde de vendre leur pétrole en yuan plutôt qu’en dollars. Le contrat à terme sur le pétrole brut sera le premier contrat de marchandises en Chine ouvert aux fonds d’investissement étrangers, aux maisons de courtage et aux sociétés pétrolières. Le contournement du commerce en dollar américain pourrait permettre aux exportateurs de pétrole comme la Russie et l’Iran, par exemple, d’ignorer les sanctions américaines.

Pour rendre l’offre plus attrayante, la Chine a lié le contrat à terme sur le pétrole brut avec l’option de convertir facilement le yuan en or physique à Shanghai et à Hong Kong. Selon Wang Zhimin, directeur du Centre pour la mondialisation et la modernisation de l’Institut chinois de l’économie et du commerce extérieur, la possibilité de convertir les contrats à terme sur le yuan en or donnera aux contrats à terme chinois un avantage concurrentiel sur les indices de référence actuels du marché, le Brent et West Texas Intermediate.

Maintenant, la Russie, l’Iran ou d’autres producteurs de pétrole sont en mesure de vendre du pétrole à la Chine en yuans ou en roubles, en contournant entièrement le dollar. Le changement aura lieu dans les semaines à venir lorsque le contrat à terme sur le pétrole en yuan sera officiellement lancé. En octobre, la Chine et la Russie ont mis en place un système de compensation (PVP) entre le yuan chinois et le rouble russe, ce qui réduira les risques de règlement pour le pétrole et d’autres marchandises.

Les ventes de pétrole et de gaz russes à la Chine sont déjà effectuées en roubles et yuans depuis la tentative stupide des États-Unis pour isoler le Qatar dans le golfe Persique. Ce pays qui est un important fournisseur de gaz naturel liquéfié à la Chine s’est tourné vers une tarification en yuans. La pression de la Chine est forte pour que l’Arabie saoudite rompe son pacte de 1974 avec Washington et vende son pétrole également en yuans.

L’Iran va rejoindre l’Union économique eurasienne (EEU)

L’Iran va se joindre à la coopération croissante en Eurasie centrée sur la Chine et la Russie. Selon Behrouz Hassanolfat de l’Organisation iranienne de promotion du commerce, dans une déclaration diffusée par la chaîne publique iranienne Press-TV, l’Iran devrait devenir membre de l’Union économique eurasiatique (EEU) pilotée par la Russie, dès février 2018. Actuellement, l’UEE, créée en 2015, comprend la Russie, le Kazakhstan, le Bélarus, l’Arménie et le Kirghizstan et offre une vaste zone de libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des travailleurs entre les États membres. Actuellement, l’UEE représente un marché de 183 millions de personnes. L’addition de l’Iran, avec ses plus de 80 millions de citoyens, donnerait un coup de fouet aux économies de l’EEU et à son importance économique, créant un marché commun de plus de 263 millions d’individus, avec une main-d’œuvre qualifiée, ingénieurs, scientifiques et un savoir-faire industriel.

F. William Engdahl

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-russie-et-la-chine-sont-determinees-a-enterrer-le-dollar

Faire plonger le dollar, une arme de plus dans la guerre commerciale ?

Faire plonger le dollar, une arme de plus dans la guerre commerciale ?

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin à Washington le 12 janvier 2018 / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a tenté d’estomper jeudi à Davos ses déclarations abruptes de la veille qui se félicitaient d’un dollar plus faible, faisant plonger le billet vert.

La veille, le ministre des finances de Donald Trump avait propulsé l’euro à des sommets depuis trois ans en affirmant qu’un « dollar plus faible » était « bon » pour les Etats-Unis puisqu’il favorise « le commerce et les opportunités ».

L’idée est qu’un dollar plus faible va rendre les exportations américaines plus compétitives tandis qu’en renchérissant les prix à l’importation, il va décourager celles-ci et donc réduire le déficit commercial de la première économie mondiale, un des objectifs du président Trump.

Mais devant les remous des marchés, M. Mnuchin a en partie atténué ses propos au 2e jour de sa visite au Forum économique de Davos. « A court terme, le niveau actuel du dollar n’est pas un problème pour moi (…). A long terme je crois fondamentalement dans la force du dollar », a-t-il déclaré sur la chaîne financière CNBC.

L’éloge surprise d’un dollar faible a été rebutée par le patron de la BCE Mario Draghi à Francfort jeudi. Sans citer son auteur, M. Draghi a dénoncé « la communication » de cette « autre personne » qui « ne se conforme pas aux termes convenus » depuis « des décennies » entre partenaires internationaux.

Il a appelé à la « retenue » et relu haut et fort un des derniers communiqués adopté en octobre lors des réunions du FMI « nous nous abstiendrons de mener des dévaluations compétitives, et nous ne ciblerons pas nos taux de change à des fins de compétitivité ».

– Guerre commerciale –

La position de Steven Mnuchin a semblé brandir une arme supplémentaire dans la guerre commerciale menée par Washington qui veut promouvoir « l’Amérique d’abord ».

« Cela fait un peu partie de la guerre commerciale », a affirmé Joseph Gagnon, économiste au Peterson Institute for International Economics (PIIE) qui se félicite de cette déclaration.

« J’étais content d’entendre ça. Un dollar fort a été très dommageable et cela dure depuis trop longtemps », estime cet économiste, affirmant que l’Europe et surtout l’Allemagne ont profité de cet écart des devises pour gonfler leur excédent commercial avec les Etats-Unis.

« Quand l’euro était tombé à 1,09 dollar, c’était bien trop faible. Je pense qu’à taux d’intérêt et cycle économique comparables, l’euro devrait être à 1,50 », assure cet ancien économiste de la Fed.

Au vu de l’ampleur de la réaction sur le marché des changes, —l’euro ayant passé le cap des 1,25 jeudi à New York–, le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, lui-aussi à Davos, a voulu calmer le jeu avant l’arrivée de Donald Trump jeudi. Il a assuré que son collègue du Trésor n’avait pas voulu agir sur le billet vert: « il ne préconisait rien. Il disait simplement, ce n’est pas la plus grande préoccupation du monde pour nous en ce moment ».

Les mots de Steven Mnuchin auraient-ils dépassé sa pensée ? Pas sûr. Pour Joel Naroff, économiste indépendant interrogé par l’AFP, « M. Mnuchin est un homme qui dit ce qu’il pense, sans trop de filtre ».

« Parlait-il au nom de tout le gouvernement, je ne sais pas. Mais je soupçonne qu’ils vont être contents si le dollar baisse », a-t-il ironisé.

– Stratégie risquée –

Mais pour d’autres observateurs, c’est une stratégie risquée pour l’administration que de faire baisser le billet vert par des commentaires.

« Cela peut provoquer une course des devises vers le bas car tout le monde veut avoir une monnaie plus compétitive que le dollar ou que son partenaire commercial », prévient Greg Daco, économiste en chef d’Oxford Economics aux Etats-Unis.

Certains pays émergents, voire la Chine, pourraient ainsi laisser déprécier leur monnaie pour rester compétitifs commercialement. Il évoque même la zone euro qui « optant pour la façon la moins dérangeante possible pourrait choisir de retarder la remontée des taux d’intérêt » ce qu’a fait Mario Draghi jeudi en excluant que la BCE puisse relever ses taux cette année.

D’autres soulignent aussi que si un dollar plus faible peut réduire le déficit commercial américain, il présente également le risque d’importer de l’inflation.

Les prix à l’importation deviennent plus chers, accélérant l’inflation ce qui peut en retour décourager les consommateurs et ralentir leurs dépenses, moteur de l’économie américaine.

« Il faut garder cela à l’esprit quand on parle de dollar plus faible. Ce n’est pas nécessairement entièrement positif. C’est peut-être une déclaration audacieuse mais est-elle judicieuse ? », s’interroge M. Daco.

(©AFP / 25 janvier 2018 18h23)

https://www.romandie.com/news/Faire-plonger-le-dollar-une-arme-de-plus-dans-la-guerre-commerciale-/884263.rom

La montée de l’euro face au dollar pèse sur la Bourse de Paris. Suez Environnement subit la plus forte baisse de son histoire boursière. De son côté, Wall Street grimpe sur de nouveaux records.

investir.fr | |

La montée de l’euro face au dollar pèse sur la Bourse de Paris. Suez Environnement subit la plus forte baisse de son histoire boursière. De son côté, Wall Street grimpe sur de nouveaux records.

image: https://investir.lesechos.fr/medias/2018/01/24/1736151_1516781805_paris4_565x377p.jpg

Palais Brongniart

La séance de Bourse du 24 janvier | Crédits photo : Shutterstock

Ce début d’année 2018 est le pire que le dollar américain ait connu depuis 1987. Le Dollar Index, qui agrège l’évolution du billet vert face à un panier de devises, a chuté de 3,2% depuis le premier janvier. Le dollar est tombé sur un plus bas de trois ans face à l’euro face à l’euro aujourd’hui. Cela est de bon augure pour Wall Street ; le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont tous inscrit de nouveaux records historiques dès l’ouverture.

Mécaniquement, l’euro recule face au dollar. La monnaie unique a inscrit un nouveau plus haut de trois ans à 1,2403 dollar, ce mercredi, à la veille de la décision monétaire de la Banque centrale européenne. Ce mouvement est par ailleurs soutenu par l’indice préliminaire PMI Markit composite (synthèse entre l’industrie et les services), publié dans la matinée, qui a atteint 58,6, son meilleur niveau depuis juin 2006. Cela témoigne d’une certaine solidité de l’activité du secteur privé dans la zone euro au mois de janvier.

Pour Steve Mnuchin, la baisse du dollar est une aubaine

« La zone euro a pris un excellent départ en 2018, l’activité affichant un rythme d’expansion inconnu en près de 12 ans, compatible avec un taux de croissance particulièrement élevé, proche de 1%, au premier trimestre », prédit Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit. Il s’attend d’ailleurs à ce que « les prévisionnistes relèvent leurs estimations de croissance et d’inflation pour la zone euro en 2018, et à ce que les responsables monétaires se montrent moins accommodants ».

De son côté, le dollar est affecté par les dernières déclarations du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Il a déclaré depuis Davos que la faiblesse du dollar est une aubaine pour les exportations américaines. Le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, a surenchéri en annonçant que les Etats-Unis envisagent des mesures supplémentaires pour soutenir ses exportations. Le billet vert est par ailleurs freiné par la poursuite du ralentissement de la croissance de l’activité dans le secteur des services aux Etats-Unis en janvier, tombée à un plus bas de neuf mois, selon l’enquête PMI Markit, malgré un bon début d’année dans l’industrie.

Suez chute de près de 17%, plus forte baisse de son histoire

Le Cac 40 a perdu 0,72% à 5.495,16 points dans un volume d’affaires de 3,5 milliard d’euros. La tendance était similaire ailleurs en Europe.

Suez Environnement était au cœur de l’attention à Paris. Le groupe a revu ses objectifs de rentabilité en baisse pour 2017 et donné des prévisions que le marché a jugé trop peu ambitieuses pour 2018. L’action enregistre ainsi la plus forte baisse de son histoire, et entraine e secteur des « utilities » dans son sillage. Veolia Environnement accuse la deuxième plus forte baisse du Cac 40.

A l’inverse, la progression de Novartis, qui table sur une croissance de son bénéfice opérationnel plus rapide que celle de ses ventes en 2018, soutient Sanofi, quatrième capitalisation du Cac 40. Carrefour surperforme également la tendance alors que Bernstein et HSBC ont relevé leur recommandation sur le titre, de « sous-performance » à « performance en ligne » pour le premier et de « alléger » à « conserver » pour le second.

Enfin, STMicroelectronics enregistre la plus forte baisse de l’indice français après que Morgan Stanley a dégradé l’américain AMS, dans le même secteur, en raison d’une faible demande pour l’iPhone X. Morgan Stanley a déclaré que STMicroelectronics et Dialog Semiconductor devraient également être touchés.

En savoir plus sur https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/cac-40-euro-dollar-petrole-indices-pmi-la-seance-de-bourse-du-24-janvier-1736151.php#s4k9OEfxphGjlLDB.99

Chișinău – Sortez le pétrole du pétrodollar, sortez le dollar du narcodollar

Chișinău – Sortez le pétrole du pétrodollar, sortez le dollar du narcodollar


Par Bogdan Herzog Le 15 décembre 2017

Deuxième colloque de Chișinău (15-16 décembre 2017)

Résultat de recherche d'images pour "Bogdan Herzog"J’ai récemment lu l’interview du professeur Douguine dans le magazine The Economist. C’est une interview très intéressante qui permet d’exprimer notre vision du monde à un public plus large, non eurasiste. J’ai envoyé cet article moi-même à un certain nombre de personnes et il a été loué même par des gens qui n’ont pas nécessairement la même perception de la réalité que nous. Le professeur apparaît comme un intellectuel très distingué, un digne adversaire du libéralisme et cela peut être apprécié par les gens neutres et même par nos ennemis.


Cependant, je suis en désaccord avec une question posée par l’intervieweur et avec la réponse du professeur Douguine. Je proposerais une approche différente. La question posée était : « Pourquoi pensez-vous que l’autre civilisation, l’anglo-saxonne, est économiquement plus performante que la civilisation eurasienne ? » La réponse était la suivante : « Justement parce que l’économie est, pour vous, le destin. Pour nous, l’esprit est le destin. Si vous mettez la valeur matérielle comme valeur la plus élevée, alors vous avez plus de succès dans ce domaine. »

Bien que je comprenne le raisonnement philosophique et religieux derrière la réponse, y compris que vous ne pouvez pas servir deux maîtres, Dieu et Mammon, je préférerais une approche plus directe et plus économique à une telle question. Étonnamment ou pas, Marx, au moins dans ses premiers écrits, avait une approche similaire à celle du professeur Douguine.

En ce qui me concerne, je voudrais d’abord noter la manière dont la question est structurée. C’est une affirmation : « l’Occident est meilleur dans le développement des systèmes économiques » se faisant passer pour une question. Répondre à la question en essayant de donner une explication est une forme d’acceptation de l’hypothèse de l’intervieweur. C’était un piège. À mon avis, la réponse aurait dû être la suivante : « La civilisation anglo-saxonne n’est pas meilleure pour développer des systèmes économiques. Sa prospérité actuelle est due au fait qu’elle peut imprimer une quantité illimitée d’argent à partir de rien et qu’elle a la capacité militaire et politique de forcer les autres à l’accepter comme moyen de paiement. » C’est du vol déguisé. Forcer les autres à abandonner leurs objets de valeur contre rien est une forme de vol. C’est la source de leur prospérité, pas seulement leur obsession pour les biens matériels. En d’autres termes, l’Occident est meilleur pour faire valoir son point de vue à travers le monde, pas pour développer des systèmes économiques supérieurs.

Et ils sont très bons à quelque chose d’autre, dépeindre leur propre intérêt comme étant, d’une manière ou d’une autre, l’intérêt général de l’humanité, de l’humanité dans son ensemble. Ils sont les maîtres de l’audace ! C’est comme un trafiquant de drogue, ou un voleur, qui demande à un enseignant ou à un ouvrier d’usine : « Pourquoi pensez-vous que je suis plus riche que vous ? ». La réponse peut être philosophique : « Vous êtes préoccupé par l’argent » mais cela peut aussi être simple : « parce que vous êtes un voleur ».

C’est un aspect important, ce n’est pas quelque chose à négliger. Puisque nous sommes en guerre, au moins dans le domaine des idées, ne laissez pas l’ennemi prendre le dessus. Stratégiquement, nous ne voulons pas livrer une bataille sur le mauvais terrain. Nous avons la morale la plus élevée, même dans le monde de l’économie. L’ennemi et le grand public devraient en être conscients. Nous avons affaire à un empire construit par des voleurs audacieux, des pirates et des trafiquants de drogue, qui sont toujours venus au nom d’idées généreuses, telles que « liberté » et « libre-échange » et sont partis avec leurs poches pleines d’argent. Ce sont ces gens qui nous font la leçon aujourd’hui !

Donc, mon premier message est : « Ne laissez pas l’ennemi prendre la plus haute position morale. » Je reviendrai sur ces affirmations plus tard, avec une relecture de l’Histoire, plus précisément sur les Guerres de l’Opium.

Ainsi, nous aurons une très brève récapitulation de ce dont le système économique actuel est fait, et des chemins pour le rendre plus juste.

Comme je l’ai déjà dit, la prospérité de l’Occident repose sur deux facteurs : l’impression monétaire et la capacité de forcer les autres à l’accepter. Puisque n’importe qui, n’importe quelle nation, ou même des organismes non étatiques peuvent émettre de l’argent (à Hong Kong par exemple, les billets sont imprimés par des banques commerciales), il est évident que dans cette équation, le facteur important est la capacité à en faire usage. Le système monétaire actuel a un nom, le pétrodollar. Ce n’est pas par hasard. Cela vient du fait qu’en 1971, lorsque les Américains ont mis fin à la convertibilité du dollar en or, ils l’ont remplacée par la convertibilité des matières premières, notamment, mais pas exclusivement, du pétrole. La capacité militaire et politique des Américains à forcer les producteurs de pétrole à vendre leurs produits en dollars est la clé du système. La même logique peut être étendue à toutes les matières premières et au commerce international en général. La présence des troupes américaines au Moyen-Orient assure la dénomination du dollar sur le commerce du pétrole. Leur présence en Europe assure une certaine parité entre l’euro et le dollar, et ainsi de suite. Je n’entrerai pas dans les détails, mais je voulais souligner que, finalement, tout se résume au pouvoir. Ce pouvoir ne se limite pas à la capacité de forcer un accord commercial donné à un pays tiers, mais aussi de sécuriser les routes de transport et de projeter la sécurité dans une zone donnée.

Afin de créer un système économique meilleur et plus juste, il ne suffit pas de signer des accords commerciaux bilatéraux libellés dans d’autres monnaies. Les couloirs de transit et de protection pour les pays désireux de commercer dans d’autres monnaies devront être assurés. Bien sûr, ce ne sont que des réalités déjà bien connues. L’initiative chinoise OBOR et les événements au Moyen-Orient témoignent du fait que ces idées fondamentales ont été comprises et que des mesures sont prises pour aller dans la bonne direction. Nous devons sortir le pétrole du système dollar. C’est le deuxième message de la journée.

Enfin, je voudrais attirer votre attention sur une zone plus cachée et opaque, que je considère comme importante. Il y a un précédent historique au pétrodollar, en tant que monnaie fiduciaire basée sur une projection de pouvoir. Je parle de la livre britannique, une narco-livre. Au début du XIXe siècle, les Britanniques enregistraient des déficits considérables dans leur commerce avec la Chine. Soit dit en passant, c’est la Chine, et non l’Occident − comme affirmé à tort par le journaliste de The Economist − qui, à l’exception de ces quelques 150 ans, a toujours été le centre de l’activité économique de la planète.

Au début du XIXe siècle, comme aujourd’hui, la Chine ne s’intéressait pas aux produits que les Britanniques pouvaient offrir en échange et exigeait que les dettes commerciales soient réglées par le paiement en argent réel sous forme de lingots d’argent. Quelle a été la solution découverte par les Britanniques pour arrêter la « rivière » de l’argent sortant du pays ? Ils ont forcé les Chinois à se droguer et quand ceux-ci ont essayé de s’y opposer, ils ont déclaré la guerre à la Chine. Deux fois. Tout cela au nom du libre-échange et de la paix bien sûr. Je voudrais ajouter que certaines grandes banques et sociétés commerciales d’aujourd’hui plongent leurs racines dans ce commerce infâme : HSBC, Jardine Matheson, Swire, etc. La même chose peut être affirmée sur de nombreuses familles « nobles ». Ces derniers sont devenus des seigneurs, des pairs et des chevaliers de l’Empire britannique. Mais nous ne donnerons pas les noms aujourd’hui.

Pourquoi est-ce pertinent aujourd’hui ? Parce qu’aujourd’hui, comme il y a 200 ans, le trafic de drogue est entre les mains des mêmes réseaux. L’opium est produit en Afghanistan à des niveaux records, même selon les statistiques officielles des Nations Unies. C’est la même chose avec la cocaïne de Colombie, un autre protectorat. Pourquoi cela arrive-t-il ?

Certains disent que parce que l’argent généré par la drogue est nécessaire pour financer des opérations clandestines, ce qu’on appelle « black-ops ». Peut-être, mais pour moi cette réponse est insuffisante. Ce type d’argent est nécessaire pour des pays de second rang. Le système qui est derrière la CIA et le Pentagone possède déjà la machine d’impression monétaire ! Il peut envoyer de l’argent partout où il veut en quantités illimitées. Il peut créer une société fictive dont les comptes peuvent être remplis à volonté. Alors pourquoi ont-ils besoin de contrôler le marché de la drogue et comment est-ce lié au pétrodollar ?

Le système monétaire lui-même est géré comme un cartel de la drogue. La Fed américaine est l’équivalent du producteur, les banques nationales représentent les réseaux de distribution et les banques commerciales représentent les vendeurs de rue. Un système de compensation est prévu pour l’allocation des fonds et des bénéfices. Le produit final, l’argent, génère bien sûr sa propre dépendance.

L’argent qui provient de la drogue a deux caractéristiques : il est disponible en grande quantité et il est généré en espèces. Le problème pour le syndicat de l’argent est de faire en sorte que cet argent soit réintégré dans le système bancaire, sinon il pourrait finir entre de mauvaises mains, qui pourraient demander des actifs réels en retour. Cela pourrait bien sûr générer des déséquilibres majeurs et des fluctuations monétaires. Tandis que dans le système bancaire, l’argent sera compensé et alloué, à travers le mécanisme de compensation.

Vous rappelez-vous quand Pablo Escobar avait l’habitude de cacher des milliards de dollars en espèces dans la jungle colombienne ? Je suis convaincu que c’est l’une des principales raisons pour lesquelles il a été éliminé. Ce n’était pas pour l’élimination du commerce de la cocaïne, qui a explosé depuis lors. Nous devons sortir la drogue du narcodollar. C’est le troisième et dernier message pour aujourd’hui. Pourquoi ?

Pour le moment, le système n’a pas besoin du commerce de la drogue pour financer les « opérations occultes » clandestines, mais il doit s’assurer que ce commerce, comme tous les échanges commerciaux, soit libellé dans sa monnaie et que l’argent liquide revienne dans son système. Tout comme le pétrole, l’énergie, le cuivre ou le zinc, l’héroïne et la cocaïne doivent être payées en dollars créés à partir de rien.

Il est également important d’avoir la capacité de cibler la population des États rivaux avec la drogue. De ce point de vue, l’Afghanistan est idéalement situé à la frontière avec les deux principaux rivaux du système, la Chine et la Russie [Et aussi l’Iran, NdT]. Dans le même temps, ce pays présente l’avantage que les réseaux de distribution qui en découlent traversent les pays musulmans d’Asie centrale, de sorte que des réseaux de distribution de la drogue sur base ethnique peuvent être développés en créant des espaces pour de futurs conflits inter-ethniques.

L’anéantissement des centres de production de la drogue est nécessaire non seulement pour le bien de la population. Sa sortie du système dollar entraînera d’importants déséquilibres monétaires. La monnaie va quitter le système et ne reviendra plus, ce qui ajoutera une pression sur les déficits commerciaux existants. Les bénéficiaires secondaires, dans les pays de niveau secondaire, devront être financés directement, ce qui nécessitera la réaffectation des ressources.

C’est une ironie du sort, ou de la justice karmique peut-être, qu’en retirant le dollar du narco-dollar, l’Eurasie peut rendre au monde anglo-saxon le cadeau empoisonné qu’il a reçu il y a 200 ans. Nous ne parlons pas d’encourager la consommation de drogue, comme le faisaient les Anglo-Saxons, car ce serait une infamie, mais en neutralisant cette arme, aujourd’hui encore entre les mains du système, avec un concurrent au pétrodollar, la « Rivière d’argent » recommencera à couler, elle qui avait l’habitude de quitter l’Ouest et voler vers l’Eurasie au XVIIIe siècle. Cela signifierait le retour à l’économie réelle.

Je vous remercie !

Bogdan Herzog

Note du Saker Francophone

Mine de rien, cet article est fondamental. C'est la première fois que je vois lié de façon aussi claire le dollar et le trafic de drogue mis en  parallèle avec les Guerres de l'Opium. La situation actuelle est saisissante. On peut comprendre les tensions croissantes en Afghanistan et pourquoi l'armée US n'est jamais vraiment partie après l'échec de sa campagne militaire.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/chisinau-sortez-le-petrole-du-petrodollar-sortez-le-dollar-du-narcodollar

 

L’euro monte face au dollar, aidé par des données européennes

L’euro monte face au dollar, aidé par des données européennes

Londres (awp/afp) – L’euro montait face au dollar jeudi, aidé par des données encourageantes en zone euro tandis que le billet vert souffrait d’une certaine prudence de la Réserve fédérale américaine (Fed) malgré un bond des créations d’emplois dans le secteur privé aux États-Unis.

Vers 14H00 GMT (15H00 HEC), l’euro valait 1,2066 dollar, contre 1,2014 dollar mercredi vers 22H00 GMT.

La monnaie unique européenne montait également face à la devise japonaise, à 136,10 yens pour un euro – grimpant même vers 13H45 GMT à 136,22 yens, un nouveau plus haut depuis fin octobre 2015 – contre 135,17 yens mercredi soir.

Le billet vert montait un peu face à la monnaie nipponne, à 112,79 yens pour un dollar contre 112,52 yens la veille.

« L’euro a repris sa hausse face au dollar après la publication d’indicateurs sur le secteur des services dans plusieurs grands pays de la zone euro (en particulier en Allemagne) biens reçus » par les cambistes, a observé David Madden, analyste chez CMC Markets.

Mais le ton sur le marché des changes restait donné par le billet vert, qui souffrait un peu depuis le début de la séance jeudi de la publication la veille du compte-rendu de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) qui avait débouché le mois dernier sur une troisième hausse des taux d’intérêt en 2017.

« Les minutes n’ont pas permis de fournir plus d’indices sur les perspectives de la politique monétaire de la Fed au-delà de ce qui a déjà été communiqué en décembre », a relevé Lee Hardman, analyste chez MUFG.

Elles ont en effet « confirmé que presque tous les membres du Comité ont réaffirmé s’attendre à ce que des hausses progressives des taux soient appropriées » en 2018 en raison d’une croissance un peu supérieure à la tendance, un marché du travail robuste, une amélioration des conditions financières et le stimulus économique découlant de la réforme fiscale, a expliqué l’analyste.

Mais les membres de la Fed se sont tout de même montrés plutôt divisés sur l’évolution des taux d’intérêt en 2018, car les perspectives d’inflation restent source d’interrogations.

« L’impression générale qui se dégage de la réunion de décembre est que l’obstacle qui sépare la Fed d’une accélération de son resserrement monétaire, au-delà de ses prévisions de trois nouvelles hausses en 2018, reste élevé », a résumé M. Hardman.

Et comme l’a fait remarqué Lukman Otunuga, analyste chez FXTM, « si les responsables (de la Fed) ont exprimé un certain optimisme sur le marché du travail américain et pensent que la baisse des impôts pourrait relancer les dépenses de consommation, les inquiétudes sur la faiblesse de l’inflation ont continué d’imprégner les minutes ».

Jeudi, les cambistes digéraient l’annonce d’un bond inattendu des créations d’emplois dans le secteur privé aux États-Unis en décembre, mais restaient prudents à la veille de la publication du rapport officiel mensuel sur l’emploi et le chômage dans la première économie mondiale, un indicateur majeur pour en jauger la santé économique.

Vers 14H00 GMT, la livre britannique baissait face à la monnaie unique européenne, à 89,14 pence pour un euro, mais montait face au billet vert, à 1,3535 dollar pour une livre.

La devise suisse baissait face à l’euro, à 1,1772 franc suisse pour un euro, mais montait face à la devise américaine, à 0,9756 franc pour un dollar.

La monnaie chinoise s’appréciait face au billet vert, à 6,4960 yuans pour un dollar contre 6,5030 yuans mercredi vers 15H25 GMT.

L’once d’or a fini à 1.313,70 dollars au fixing du matin, contre 1.314,90 dollars mercredi au fixing du soir.

Le bitcoin valait 14.577,55 dollars contre 15.029,47 dollars mercredi vers 22H00 GMT, selon des chiffres compilés par le fournisseur de données financières Bloomberg.

Cours de jeudi Cours de mercredi

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14H00 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,2066 1,2014

EUR/JPY 136,10 135,17

EUR/CHF 1,1772 1,1739

EUR/GBP 0,8914 0,8890

USD/JPY 112,79 112,52

USD/CHF 0,9756 0,9771

GBP/USD 1,3535 1,3515

acd/js/la

(AWP / 04.01.2018 15h31)

https://www.romandie.com/news/L-euro-monte-face-au-dollar-aide-par-des-donnees-europeennes/877807.rom

L’impérialisme économique de l’oligarchie étasunienne

L’impérialisme économique de l’oligarchie étasunienne


Par Michael Hudson – Le 29 novembre 2017 – Source Counterpunch

En théorie, le système financier mondial est censé aider tous les pays à être gagnants. L’enseignement traditionnel de la finance internationale, du commerce et de l’« aide étrangère » (définie simplement comme n’importe quel crédit gouvernemental) dépeint un système quasi utopique qui profiterait à tous les pays, au lieu de les dépouiller de leurs actifs et de leur imposer l’austérité. La réalité, depuis la Première Guerre mondiale, est pourtant que les États-Unis ont pris l’initiative de façonner le système financier international de manière à favoriser les gains pour leurs propres banquiers, leurs exportateurs agricoles, leur secteur pétrolier et gazier, leurs acheteurs de matières premières à l’étranger – et surtout, à recouvrer les créances qui leur sont dues.

Chaque fois que ce système mondial s’est effondré au cours du siècle dernier, la principale force déstabilisatrice a été l’emprise excessive des États-Unis et la volonté de leurs banquiers et de leurs détenteurs d’obligations de réaliser des gains à court terme. Le système financier centré sur le dollar laisse de plus en plus de pays industriels et de pays du Tiers Monde à la traîne. Ses trois piliers institutionnels – le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) – ont imposé une dépendance monétaire, budgétaire et financière, dont les derniers à en pâtir ont été les pays baltes, la Grèce et le reste de l’Europe méridionale. Les tensions qui en résultent atteignent maintenant un tel point qu’elles sont en train de rompre les arrangements mis en place après la Seconde Guerre mondiale.

La fiction la plus destructrice de la finance internationale est que toutes les dettes peuvent et doivent être payées, même si cela doit faire s’écrouler les économies en les forçant à l’austérité – pour sauver les créanciers, pas le travail et l’industrie. Pourtant, les pays européens, et en particulier l’Allemagne, se gardent bien de rechercher une économie mondiale plus équilibrée qui favoriserait la croissance pour tous les pays et éviterait le ralentissement économique actuel et la déflation de la dette.

Imposer l’austérité à l’Allemagne après la Première Guerre mondiale

Après la Première Guerre mondiale, le gouvernement des États-Unis s’est écarté de la politique européenne traditionnelle : annuler la dette du soutien militaire. Les responsables américains ont exigé le paiement des armes expédiées à leurs alliés dans les années qui ont précédé l’entrée des États-Unis dans la Grande Guerre, en 1917. Les Alliés se sont tournés vers l’Allemagne pour obtenir des dommages de guerre afin de payer ces dettes. Dirigés par John Maynard Keynes, les diplomates britanniques ont cherché à se débarrasser de la responsabilité des conséquences de cette dette en promettant que tout l’argent qu’ils recevraient de l’Allemagne serait directement retransmis au Trésor américain.

Les sommes étaient si astronomiques que l’Allemagne a été poussée à l’austérité et à l’effondrement économique. La nation a souffert d’hyperinflation quand la Reichsbank a imprimé des billets pour en inonder le marché des changes. Le Mark a alors baissé, les prix à l’importation ont grimpé en flèche, ce qui a également fait grimper les prix sur le marché intérieur. La déflation de la dette ressemblait beaucoup à celle des débiteurs du Tiers Monde, il y a une génération, et à celle des PIIGS du sud de l’Europe actuellement (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne).

Prétendant que les réparations et l’enchevêtrement de dettes entre alliés pouvaient être rendus solvables, un flux triangulaire de paiements a été facilité par une politique alambiquée d’argent facile de la part des États-Unis. Les investisseurs américains recherchaient des rendements élevés en achetant des obligations locales allemandes ; les municipalités allemandes remettaient à la Reichsbank les dollars qu’elles recevaient en échange de monnaie nationale ; et la Reichsbank utilisait cette devise étrangère pour payer les dommages de guerre à la Grande-Bretagne et aux autres alliés, ce qui permettait à ces pays de payer aux États-Unis ce qu’ils demandaient.

Mais les solutions fondées sur des tentatives visant à maintenir en place des dettes d’une telle ampleur en prêtant aux débiteurs l’argent qu’ils doivent rembourser ne peuvent être que temporaires. La Réserve fédérale américaine a maintenu ce flux triangulaire en gardant les taux d’intérêt américains à un bas niveau. Il était donc intéressant pour les investisseurs américains d’acheter des obligations municipales allemandes et d’autres dettes à haut rendement. Cela a également dissuadé Wall Street de retirer des fonds de Grande-Bretagne, ce qui aurait poussé son économie plus profondément dans l’austérité après la grève générale de 1926. Mais sur le plan intérieur, la faiblesse des taux d’intérêt américains et la facilité du crédit ont stimulé une bulle immobilière, suivie d’une bulle boursière, qui ont éclaté en 1929. Le flux triangulaire de paiements s’est effondré en 1931, laissant un héritage de dettes dévaluées pesant sur les économies américaine et européenne. La Grande Dépression a duré jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, en 1939.

La planification de l’après-guerre a pris forme à mesure que la guerre approchait de sa fin. Les diplomates américains avaient appris une leçon importante. Cette fois, il n’y aurait ni dette militaire ni dommages et intérêts. Le système financier mondial serait stabilisé en s’appuyant sur l’or et des règles faites pour les créanciers. À la fin des années 1940, les États-Unis détenaient quelque 75 % du stock mondial d’or de garantie monétaire. Cela a établi le dollar américain comme la monnaie de réserve mondiale, librement convertible en or à la parité de 1933, soit 35 dollars l’once.

Cela impliquait également que, comme dans les années 1920, les déficits de la balance des paiements européenne devraient être financés principalement par les États-Unis. Le recyclage des crédits officiels du gouvernement devait être filtré par l’intermédiaire du FMI et de la Banque mondiale, où les diplomates américains avaient le droit de veto pour rejeter les politiques jugées contraires à leur intérêt national. La « stabilité » financière internationale est ainsi devenue un mécanisme de contrôle mondial, pour maintenir des règles faites pour les créanciers et centrées sur les États-Unis.

Pour obtenir de l’or ou des dollars en guise de garantie de leurs propres systèmes monétaires, les autres pays devaient se conformer aux règles commerciales et d’investissement établies par les États-Unis. Ces règles prévoyaient l’abandon du contrôle des mouvements de capitaux ou de la limitation des prises de contrôle des ressources naturelles et du domaine public par des entités étrangères, ainsi que sur l’industrie et les systèmes bancaires locaux.

En 1950, le système économique mondial fondé sur le dollar était devenu de plus en plus intenable. L’or continuait d’affluer vers les États-Unis, renforçant le dollar ; jusqu’ à ce que la guerre de Corée renverse les choses. De 1951 à 1971, les États-Unis ont vu le déficit de leur balance des paiements s’aggraver, entièrement imputable aux dépenses militaires à l’étranger. (Le commerce et l’investissement du secteur privé restaient en équilibre constant).

La dette du Trésor américain remplace l’étalon or

Les dépenses militaires étrangères qui ont aidé à ramener l’or américain en Europe se sont transformées en déluge pendant que la guerre du Vietnam s’étendait en Asie, après 1962. Le Trésor a maintenu la stabilité du taux de change du dollar en vendant de l’or via le London Gold Pool à 35 $ l’once. Enfin, en août 1971, le président Nixon a arrêté l’hémorragie en cessant la convertibilité du dollar en or.

Il n’existait pas de plan pour ce qui allait se passer ensuite. La plupart des observateurs ont considéré que la fin du lien entre le dollar et l’or était une défaite pour les États-Unis. Cela a certainement mis fin à l’ordre financier d’après-guerre tel qu’il avait été conçu en 1944. Mais ce qui s’est passé ensuite fut tout l’inverse d’une défaite. N’étant plus en mesure d’acheter de l’or après 1971 (sans susciter une forte désapprobation de la part des États-Unis), les banques centrales n’avaient plus qu’un seul actif dans lequel elles pouvaient conserver le surplus de leur balance des paiements : la dette du Trésor américain. Même si ces obligations n’étaient plus « aussi bonnes que de l’or », cela n’a pas empêché les États-Unis d’en émettre à volonté pour financer l’envolée de leur déficit budgétaire.

En passant de la garantie or à celle d’un dollar apporté par le déficit de la balance des paiements des États-Unis, les réserves monétaires mondiales ont continué d’être renforcées par les dépenses militaires américaines, qui ont continué d’inonder les banques centrales étrangères de dollars excédentaires. Le déficit de la balance des paiements américaine a donc fourni les dollars qui ont financé ses déficits budgétaires intérieurs et la création de crédit bancaire – par l’intermédiaire des banques centrales étrangères recyclant les dépenses extérieures américaines vers le Trésor américain.

En fait, les pays étrangers ont été imposés, sans un mot à dire sur la façon dont leurs prêts au gouvernement américain étaient employés. Les banques centrales européennes n’étaient pas encore prêtes à créer leurs propres fonds souverains pour investir leurs apports en dollars dans des actions étrangères ou dans la propriété directe d’entreprises. Elles ont simplement utilisé leurs excédents commerciaux et de paiements pour financer le déficit budgétaire américain. Cela a permis au Trésor de réduire les taux d’imposition intérieurs, surtout pour les tranches de revenus les plus élevées.

L’impérialisme monétaire américain a confronté les banques centrales européennes et asiatiques à un dilemme qui persiste encore aujourd’hui : si elles n’achètent pas d’actifs en dollars, leurs monnaies se renforceront par rapport au dollar. L’achat de titres du Trésor américain est le seul moyen pratique de stabiliser leurs taux de change et, ce faisant, d’empêcher que leurs prix à l’export en dollars n’augmentent et qu’elles ne soient exclues des marchés de la zone dollar.

Le système s’est peut-être développé, au début, sans en prévoir tous les effets, mais il est rapidement devenu délibéré. Mon livre « Super Imperialism » s’est le mieux vendu dans la région de Washington DC, et j’ai obtenu un important contrat de l’Institut Hudson pour expliquer au ministère de la Défense comment ce système financier extractif fonctionnait exactement. J’ai été amené à la Maison Blanche pour l’expliquer, et les géo-stratèges américains ont utilisé mon livre comme manuel pratique (ce qui n’était pas non plus mon intention initiale).

L’attention s’est rapidement concentrée sur les pays exportateurs de pétrole. Après que les États-Unis eurent quadruplé les prix de leurs céréales à l’exportation, peu après la suspension de la convertibilité en or de 1971, les pays exportateurs de pétrole ont quadruplé le prix de leur pétrole. Lors d’une réunion à la Maison Blanche, j’ai appris que les diplomates américains avaient fait savoir à l’Arabie saoudite et à d’autres pays arabes qu’ils pouvaient facturer autant qu’ils le voulaient pour leur pétrole, mais que les États-Unis traiteraient cela comme un acte de guerre s’ils ne conservaient pas les profits de leur activité pétrolière en actifs libellés en dollars américains.

C’est à ce moment-là que le système financier international est devenu explicitement extractif. Mais il a fallu attendre 2009 pour que la première tentative de retrait de ce système se produise. Une conférence a été organisée à Ekaterinbourg (Russie) par l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). L’alliance comprenait la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan, avec le statut d’observateur pour l’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie. Des responsables américains ont demandé à participer en tant qu’observateurs, mais leur demande a été rejetée.

La réponse des États-Unis a été d’étendre la nouvelle guerre froide au secteur financier, de réécrire les règles de la finance internationale à leur profit et à celui de leurs satellites – et de dissuader les pays de chercher à se libérer de la domination financière étasunienne.

Le FMI modifie ses règles pour isoler la Russie et la Chine

Cherchant à isoler la Russie et la Chine, la diplomatie conflictuelle de l’administration Obama a placé les institutions de Bretton Woods sous le contrôle encore plus étroit des États-Unis et de l’OTAN. Ce faisant, elle a perturbé les liens mis en place après la Seconde Guerre mondiale.

Le plan américain prévoyait de tellement nuire à l’économie russe qu’elle serait mûre pour un changement de régime (« révolution de couleur »). Mais cela a eu pour effet de la pousser vers l’Est, loin de l’Europe occidentale pour consolider ses relations à long terme avec la Chine et l’Asie centrale. En pressant l’Europe de transférer ses achats de pétrole et de gaz à ses alliés américains, les sanctions américaines ont perturbé le commerce et les investissements de l’Allemagne et d’autres pays européens avec la Russie et la Chine. Elles ont également fait perdre des occasions aux agriculteurs européens, à d’autres exportateurs et investisseurs – et ont eu pour conséquence un afflux de réfugiés en provenance d’États post-soviétiques en déliquescence attirés dans l’orbite de l’OTAN, le plus récent étant l’Ukraine.

Pour les stratèges américains, ce qui a rendu urgent le changement des règles du FMI, est le paiement d’une  dette de 3 milliards de dollars que l’Ukraine devait au Fonds souverain russe en décembre 2015. Le FMI refusait depuis longtemps d’accorder des crédits aux pays refusant de rembourser d’autres gouvernements. Cette politique visait principalement à protéger les créances financières du gouvernement américain, qui jouait habituellement un rôle de premier plan dans les consortiums avec d’autres gouvernements et les banques américaines. Mais sous la pression américaine, le FMI a modifié ses règles en janvier 2015. Celui-ci a annoncé qu’il serait désormais disposé à accorder du crédit aux pays en retard de paiement envers d’autres gouvernements – implicitement la Chine (que les géo-stratèges américains considèrent comme leur principal adversaire à long terme), la Russie et d’autres pays que les guerriers financiers américains pourraient vouloir isoler pour imposer leurs politiques de privatisation néolibérales. 1.

L’article I de la charte fondatrice du FMI (1944-1945) lui interdit de prêter à un membre engagé dans une guerre civile ou en guerre avec un autre État membre, ou à des fins militaires en général. Une raison évidente de cette règle est qu’un tel pays a peu de chances de gagner suffisamment de devises étrangères pour rembourser sa dette. Par exemple, le bombardement par l’Ukraine de sa propre région, le Donbass, après le coup d’État de février 2014, a détruit son industrie d’exportation, principalement vers la Russie.

Un refus de crédit du FMI aurait pu servir de levier pour forcer l’adhésion aux accords de paix de Minsk, mais la diplomatie américaine a rejeté cette possibilité. Lorsque le chef du FMI, Christine Lagarde, a accordé un nouveau prêt à l’Ukraine au printemps 2015, elle a simplement exprimé un espoir verbal de paix. Le président ukrainien Porochenko a annoncé le lendemain qu’il intensifierait sa guerre civile contre la population russophone dans l’est de l’Ukraine. Un milliard et demi de dollars du prêt du FMI a été accordé au banquier Igor Kolomoiski et a disparu dans les paradis fiscaux, le reste ayant été utilisé pour financer une armée anti-Donbass. Un million de réfugiés ont été chassés vers la Russie ; d’autres ont fui vers l’ouest en passant par la Pologne, pendant que l’économie et la monnaie ukrainienne plongeaient.

Le FMI a enfreint quatre de ses règles en prêtant à l’Ukraine : (1) Ne pas prêter à un pays qui n’a visiblement pas les moyens de rembourser son emprunt  (la règle « No More Argentinas », adoptée après le désastreux prêt du FMI à ce pays en 2001). (2) Ne pas prêter à un pays qui renie sa dette envers des créanciers officiels (la règle initialement destinée à forcer au remboursement des institutions américaines). (3) Ne pas prêter à un pays en guerre – qui, en fait, détruit sa capacité d’exportation et, partant, la capacité de sa balance des paiements à rembourser le prêt. Enfin (4), ne pas prêter à un pays peu susceptible d’imposer les « conditions d’austérité » du FMI ; l’Ukraine a accepté de passer outre l’opposition démocratique et de réduire les retraites, mais sa junte s’est avérée trop instable pour imposer les conditions d’austérité sur lesquelles le FMI avait insisté.

Le néolibéralisme américain promeut la privatisation des pays débiteurs

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis se servaient du dollar comme monnaie de référence et de son rôle dominant au sein du FMI et de la Banque mondiale pour orienter le commerce et l’investissement dans le sens de leur propre économie. Mais maintenant que la croissance de l’économie mixte chinoise a dépassé toutes les autres et que la Russie commence enfin à se redresser, les pays ont la possibilité d’emprunter à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) et à d’autres consortiums non américains.

L’enjeu est bien plus que de savoir quels pays obtiendront les contrats bancaires. La question est de savoir si la philosophie du développement suivra la voie classique fondée sur l’investissement dans les infrastructures publiques ou si le secteur public sera privatisé et la planification confiée à des sociétés d’investissement privés.

Ce qui a fait des États-Unis et de l’Allemagne les principaux pays industrialisés du XXe siècle – et plus récemment la Chine – c’est l’investissement public dans les infrastructures économiques. L’objectif était de faire baisser le coût de la vie et de stimuler le commerce en fournissant des services de base de manière subventionnée ou gratuitement. Au contraire, les investisseurs américains exercent une influence sur l’endettement des pays du Tiers Monde, des économies post-soviétiques et, plus récemment, de l’Europe du Sud pour forcer à la vente des biens publics. Les plans actuels visant à renforcer la politique néolibérale avec le Partenariat transpacifique (TPP), le Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP) et l’Accord de libre-échange transatlantique (TAFTA) vont si loin qu’ils cherchent  à transférer le pouvoir de planification gouvernemental au secteur financier et privé.

De toute évidence, les stratèges américains espéraient que la menace d’isoler la Russie, la Chine et d’autres pays les mettrait au pied du mur s’ils essayaient de faire du commerce ou d’investir avec leur monnaie nationale. Leur choix serait soit de subir des sanctions comme celles imposées à Cuba et à l’Iran, soit d’éviter l’exclusion en acquiesçant au système financier et commercial dollarisé et à ses tentatives de placer leurs économies sous contrôle américain.

Le problème de la capitulation, c’est que ce Consensus de Washington ne fonctionne qu’à court terme, car il sème les germes de la dépendance financière, des bulles d’endettement, de la déflation et l’austérité qui en découle. Ce plan financier consiste à créer des occasions d’escroquerie sur les prix et de gros profits pour les entreprises. Les traités commerciaux parrainés par les États-Unis obligeraient les gouvernements à payer des amendes égales au montant que les réglementations sur l’environnement, les lois protégeant les consommateurs et d’autres politiques sociales ponctionnent les profits des entreprises. Les entreprises seraient en mesure d’exiger des compensations de la part des pays dont les politiques sanitaires, financières, environnementales et d’intérêt public portent atteinte à leurs intérêts, et de saisir les gouvernements devant des tribunaux extrajudiciaires. Ces tribunaux, organisés en vertu des règles de la Banque mondiale et des Nations Unies, auraient le pouvoir d’ordonner aux contribuables de verser un important dédommagement pour compenser une législation considérée comme portant atteinte aux « bénéfices futurs escomptés » d’une entreprise. 2.

Cette menace politique divise le monde entre les économies pro-américaines et celles qui maintiennent les investissements publics dans l’infrastructure, ce qui est considéré comme un capitalisme progressiste. Le néolibéralisme parrainé par les États-Unis, qui soutient ses propres intérêts financiers et corporatifs, a poussé la Russie, la Chine et d’autres membres de l’Organisation de coopération de Shanghai à former une alliance pour protéger leur autonomie économique plutôt que de devenir dépendants d’un crédit en dollars qui les noie dans une dette en devises étrangères.

Au centre de la fracture mondiale actuelle se trouvent les derniers siècles de réformes sociales et démocratiques occidentales. Cherchant à suivre la voie classique du développement occidental en conservant une économie mixte public / privé, la Chine, la Russie et d’autres nations trouvent plus facile de créer de nouvelles institutions telles que l’AIIB que de réformer le FMI et la Banque mondiale. Leur choix se situe entre des gains à court terme dont la face sombre est une dépendance menant à l’austérité, ou un développement à plus long terme mais en toute indépendance et à prospérité ultérieure.

Toute résistance implique le risque d’un renversement militaire ou d’un coup d’État clandestin. Bien avant la crise ukrainienne, les États-Unis avaient déjà abandonné la prétention de soutenir les démocraties. Les dés ont été jetés en 1953 avec le coup d’État contre le gouvernement laïc iranien et le coup d’État de 1954 au Guatemala pour s’opposer à la réforme agraire. Le soutien aux oligarchies clientes et aux dictatures en Amérique latine dans les années 1960 et 1970 a été mis en évidence par le renversement d’Allende au Chili et le programme d’assassinat de l’Opération Condor sur tout le continent. Sous la présidence de Barack Obama et de la secrétaire d’État Hillary Clinton, les États-Unis ont affirmé que le statut de « nation indispensable » des États-Unis d’Amérique leur a valu de soutenir les récents coups d’État au Honduras et en Ukraine et de parrainer l’attaque de l’OTAN contre la Libye et la Syrie, laissant l’Europe absorber les réfugiés.

Le choix de l’Allemagne

Ce n’est pas ainsi que les Lumières étaient censées évoluer. Le décollage industriel de l’Allemagne et d’autres nations européennes impliqua une longue lutte pour libérer les marchés des rentes foncières et des charges financières siphonnées par leurs aristocraties terriennes et leurs banquiers. C’était l’essence même de l’économie politique classique du XIXe siècle et de la social-démocratie du XXe siècle. Il y a un siècle, la plupart des économistes s’attendaient à ce que le capitalisme industriel produise une économie d’abondance et à ce que des réformes démocratiques appuient les investissements dans l’infrastructure publique et la réglementation pour contenir le coût de la vie. Mais la diplomatie économique américaine menace maintenant d’inverser radicalement cette idéologie économique en cherchant à démanteler le pouvoir de réglementation public et à imposer un programme de privatisation radical en vertu du TTIP et du TAFTA.

Les théories commerciales dépeignent le commerce et l’investissement comme aidant les pays pauvres à rattraper leur retard, les obligeant à s’en sortir en devenant plus démocratiques pour surmonter les avantages acquis de leurs oligarchies, selon les principes utilisés par les économies industrielles européennes et nord-américaines. Au lieu de cela, le monde a plutôt tendance à se polariser, et non pas à converger. La bulle financière transatlantique a éclaté en provoquant un passif d’austérité depuis 2008. Les économies endettées sont poussées à surmonter leur ralentissement économique en privatisant leur domaine public.

La question immédiate à laquelle sont confrontés l’Allemagne et le reste de l’Europe occidentale est de savoir encore combien de temps ils vont sacrifier leurs occasions commerciales et d’investissement avec la Russie, l’Iran et d’autres économies en adhérant aux sanctions américaines. L’intransigeance américaine menace de forcer un choix « avec ou contre nous » dans ce qui se profile comme un changement géopolitique systémique sur le rôle approprié des gouvernements : leurs secteurs publics doivent-ils fournir des services de base et protéger les populations contre les monopoles prédateurs, l’extraction de rentes et la polarisation financière ?

La crise financière mondiale actuelle remonte à la Première Guerre mondiale et à ses conséquences. Le principe qui devait être exprimé était le droit des nations souveraines à ne pas être forcées de sacrifier leur survie économique sur l’autel des exigences intergouvernementales et de la dette privée. Le concept de nation inscrit dans le Traité de Westphalie de 1648 a fondé le droit international sur le principe de la parité des États souverains et de la non-ingérence. Sans une solution de rechange globale pour éviter que les dettes ne polarisent les sociétés et ne déchirent les économies, l’impérialisme monétaire des pays créanciers est inévitable.

La fracture mondiale du siècle dernier entre l’économie des créanciers et celle des débiteurs a interrompu ce qui semblait être le destin démocratique de l’Europe de permettre aux gouvernements de prendre le pas sur les intérêts financiers des rentiers. Au lieu de cela, l’Occident suit l’hégémonie diplomatique des États-Unis pour un retour à l’époque où ces intérêts régnaient sur les gouvernements. Ce conflit entre créanciers et démocratie, entre oligarchie et croissance économique (et en fait, survie) restera la question déterminante de notre époque, pour la prochaine génération, et probablement pour le reste du XXIe siècle.

Michael Hudson

Cet article est adapté de l’édition allemande de « Super-Imperialism » (2017).

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

Notes

  1. Je donne le contexte complet dans « The IMF Changes its Rules to Isolate China and Russia », 9 décembre 2015, disponible sur michael-hudson.com, Naked Capitalism, Counterpunch and Johnson’s Russia List
  2. Lori M. Wallach, « The corporation invasion », Le Monde Diplomatique, 2 décembre 2013, http://mondediplo.com/2013/12/02tafta. Elle ajoute : « Certains investisseurs ont une conception très large de leurs droits. Les entreprises européennes ont récemment intenté des actions en justice contre l’augmentation du salaire minimum en Égypte ; Renco s’est battu contre la politique de lutte contre les émissions toxiques au Pérou, en utilisant un accord de libre-échange entre ce pays et les États-Unis pour défendre son droit à polluer (6). Le géant américain du tabac Philip Morris a intenté des poursuites contre l’Uruguay et l’Australie au sujet de leur législation antitabac. » Voir aussi Yves Smith, « Germany Bucking Toxic, Nation-State Eroding Transatlantic Trade and Investment Partnership », Naked Capitalism, 17 juillet 2014, et « Germany Turning Sour on the Transatlantic Trade and Investment Partnership », Naked Capitalism, 30 octobre 2014

 

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La fin du jeu économique se poursuit

La fin du jeu économique se poursuit


Par Brandon Smith – Le 3 novembre 2017 – Source alt-market.com

En novembre 2014, j’ai publié un article intitulé « Explications sur la fin du jeu économique ». J’y exposais ce que je croyais être le processus par lequel les globalistes réaliseraient ce qu’ils appellent le « nouvel ordre mondial » ou ce qu’ils appellent parfois la « réinitialisation économique mondiale ». Comme je l’ai montré dans le détail par le passé, le programme globaliste comprend la fin du jeu financier ; un prix ou un trophée qu’ils espèrent obtenir. Ce prix est une structure économique mondiale complètement centralisée, organisée dans une seule banque centrale pour le monde entier, la suppression du dollar américain comme monnaie de réserve mondiale, l’institution du système de panier des DTS qui servira de pont pour une monnaie unique supplantant toutes les autres et, en fin de compte, la gouvernance mondiale de ce système par une poignée d’élites.


Le calendrier de ce processus n’est pas clair, mais il y a des indications indiquant le « début de la fin ». Comme l’a noté The Economist, magazine globaliste, dans un article intitulé « Soyez prêt pour le  Phoenix », l’année 2018 semble être le point de départ de la grande réinitialisation. Ce calendrier est soutenu par les nombreuses mesures déjà prises pour saper la domination du dollar dans le commerce international ainsi que pour imposer le panier de DTS du Fonds monétaire international. Il est clair que les globalistes ont des échéances qu’ils ont l’intention de respecter.

Cela dit, il y a eu de nouveaux développements depuis que j’ai écrit mon analyse initiale sur cette stratégie de fin de partie qui mérite une attention sérieuse. La fin du jeu se poursuit, plus vite que jamais, et voici quelques-uns des indicateurs montrant que les « prédictions » des globalistes de The Economist en 1988 ressemblaient plus à des prophéties auto-réalisatrices et que 2018 reste un point de départ principal pour une ré-ingénierie de notre environnement économique.

Utiliser l’Est pour démanteler le pétrodollar

Comme je l’ai mentionné dans l’article de la semaine dernière, « Mensonges et distractions autour du pétrodollar », il y a eu un grand silence et souvent de la désinformation dans les médias sur le pivot international ouvert et évident pour s’éloigner du dollar comme mécanisme d’achat de facto pour le pétrole. Cette tendance ne devrait que s’accélérer dans deux mois, alors que la Chine commencera à honorer les contrats pétroliers en yuan au lieu du dollar.

Le problème est que même dans les médias alternatifs, il existe un mythe continu selon lequel les pays de l’Est cherchent à « se dégager » de l’ordre international. Je vois souvent l’argument présenté que la perte du pétrodollar ne peut être qu’une bonne chose pour le monde. Je ne suis pas ici pour dire si la fin du pétrole en dollars est une bonne ou une mauvaise chose. Je suis ici, cependant, pour souligner qu’il n’y a absolument aucune indication que les grandes puissances orientales comme la Russie et la Chine agissent pour saper le système globaliste existant.

Au contraire, la Chine et la Russie restent, comme toujours, étroitement associées au FMI et à la Banque des règlements internationaux, et leurs liens avec les monolithes bancaires internationaux comme Goldman Sachs et JP Morgan sont établis depuis longtemps.

Les responsables politiques et économiques des pays de l’Est ont toujours réclamé un nouveau système de réserve supplantant le dollar, c’est vrai. Mais ce que tant d’analystes semblent ignorer, c’est qu’ils appellent AUSSI à ce que ce nouveau système soit dominé par le FMI.

L’illusion que le monde financier opère est que le FMI est « contrôlé » par les États-Unis. Ce n’est pas le cas. Il est contrôlé par des banquiers internationaux, qui n’ont pas de loyauté envers un pays spécifique. Une fois que l’on comprend ce fait, le sabotage systématique des États-Unis prend tout son sens, ainsi que la collusion entre la Chine, la Russie et le FMI. L’Amérique est un appendice sacrificiel de l’édifice globaliste et elle est détruite pièce par pièce pour nourrir la création de quelque chose de nouveau et peut-être même de plus sinistre.

Comme l’avait proclamé George Soros en 2009, le « nouvel ordre mondial » s’appuierait en partie sur la Chine comme moteur économique de remplacement de la machine globaliste et dépendrait beaucoup moins des États-Unis en perte de vitesse. La Chine servirait de moteur plus petit, mais un moteur de remplacement néanmoins.

La Chine est plus qu’heureuse d’être l’obligée des globalistes avec un programme concerté et incrémental de dé-dollarisation. Mais cela ne signifie pas que l’objectif final soit un « petroyuan ». Non, l’objectif est que le FMI affirme la domination du système de panier des DTS en tant que plaque tournante des monnaies de réserve. Et, la Chine est maintenant le marché phare des DTS après sa récente intégration dans son giron. Il n’y aura pas de monnaie de réserve unique après la fin brutale du dollar. Au moins, pas avant que toutes les monnaies soient homogénéisées grâce au panier des DTS et finalement remplacées par une seule unité monétaire mondiale. D’ici là, le FMI ou la BRI dicteront le commerce de nation à nation et les échanges monétaires.

Il s’ensuit seulement que cette renaissance hautement volatile de l’ordre financier mondial commencerait en partie avec la perte du statut du pétro-dollar. Le commerce du pétrole est l’élément déterminant qui donne au dollar un avantage fondamental sur toutes les autres devises. C’est ce qui nous rapproche le plus du soutien des matières premières pour le dollar et c’est un avantage qu’aucune autre monnaie au monde ne peut encore se vanter d’avoir. Il y a plusieurs façons de détruire le dollar, mais la meilleure méthode serait de mettre fin à son statut de pétro-monnaie.

L’unité monétaire globale est déjà présente

Un argument que j’entendais souvent des détracteurs de la monnaie mondiale était qu’il n’y avait « pas d’unité monétaire avec assez de liquidités pour remplacer le dollar ». Bien sûr, ces personnes n’ont aucune idée de l’existence du panier des DTS et de la façon dont il pourrait être utilisé pour envelopper et absorber la plupart, sinon la totalité, des devises dans un mécanisme de réserve unique. Cela dit, je comprends la confusion. Quand les gens pensent aux devises, ils pensent à des tickets de mesure physiques ; ils veulent voir un morceau de papier avec des symboles, ou ils veulent au moins voir un nom de marque pour le produit, ce que toutes les devises sont vraiment.

Lorsque The Economist, en 1988, a réclamé le lancement d’une monnaie mondiale en 2018, il n’était peut-être pas au courant de la forme exacte que prendrait le destructeur. Même en 2014, je n’étais pas entièrement convaincu que nous disposions de suffisamment de preuves sur ce que serait cette unité de mesure. Aujourd’hui, c’est clair comme le cristal – le système de monnaie unique mondial ne sera pas seulement un système sans numéraire, mais il sera également basé sur la technologie numérique blockchain.

Comme je l’ai examiné dans mon article « La monnaie mondiale globalisée ressemblera beaucoup à Bitcoin », alors que certains politiciens et âmes damnées du système bancaire attaquent publiquement les produits basés sur la blockchain comme Bitcoin ou Etherium, en arrière-plan, ils sont réellement investis dans ces systèmes et sont même en train de construire les leurs. Avec les mascottes des banques centrales comme Ben Bernanke devenant conférenciers d’honneur lors de conférences sur le blockchain, ce n’est pas un secret insaisissable que les banques mondiales aiment la technologie blockchain.

Même les grandes sociétés élitistes comme Amazon semblent prêtes à adopter des produits autour de la blockchain comme devises. Donc, il faut se poser la question : si la blockchain et le Bitcoin sont une menace aussi grave pour la centralisation de l’establishment, pourquoi posent-ils rapidement tous les jalons nécessaires pour que les systèmes blockchain remplacent les monnaies papier ?

Ce qui m’intéresse, c’est que même dans le monde très vigilant de l’économie alternative, bien conscient de cette tendance vers un système monétaire mondial, les systèmes de blockchain sont toujours vénérés comme s’ils devaient nous sauver de la tyrannie des banques centrales. Très peu de gens ont remarqué que l’appel de The Economist pour un cadre monétaire mondial en 2018 est arrivé très tôt ; il a été juste là, sous notre nez depuis plusieurs années. 

Avec des méthodes d’échange autour de la blockchain, une structure de remplacement pour le dollar et toutes les autres monnaies nationales n’est pas très loin.

Le programme d’implosion de la Réserve fédérale se poursuit

Je me souviens qu’avant 2008, les médias ne traitaient presque jamais des actions de la Réserve fédérale comme des nouvelles importantes. En fait, je me souviens de l’époque où l’Américain moyen n’avait jamais entendu parler de la Réserve fédérale, et certains pensaient que l’existence même de l’institution était une « théorie du complot ». Maintenant, la nomination pour la nouvelle présidence de la Fed est au sommet des nouvelles, mais pour de mauvaises raisons.

Le changement de président de la Fed est absolument sans signification en ce qui concerne la politique. Jerome Powell continuera à prendre exactement les mêmes initiatives que Yellen ; les mesures de relance seront supprimées, les taux seront augmentés et le bilan sera réduit, laissant imploser la bulle massive sur les marchés, une bulle que la Fed a créée déjà vulnérable à une implosion. Les actions en particulier affichent le comportement d’un train fou, qui ressemble à la bulle de 2006 / 2007, ou même à l’exubérance délirante qui prévalait avant le krach de 1929. Tout cet optimisme dépend de deux choses – une foi aveugle et stupide que tous les investisseurs vont continuer à agir dans un concert parfait pour toujours « acheter la baisse« , et la foi persistante que les banques centrales interviendront toujours pour entraver et inverser toute correction du marché.

Une personne observatrice aurait cependant pu remarquer que les banques centrales du monde entier agissaient de manière coordonnée pour supprimer le soutien aux stimuli des marchés et augmenter les taux d’intérêt, coupant ainsi les lignes de crédit facile qui ont longtemps été une béquille pour nos économies infirmes. La Banque d’Angleterre a relevé ses taux la semaine dernière, car la Réserve fédérale a annoncé une nouvelle hausse en décembre. La Banque centrale européenne continue de préparer le public aux prochaines hausses de taux, tandis que la Banque du Japon a assuré  au public que les anticipations d’« inflation » ont été satisfaites et qu’aucune nouvelle mesure de relance n’est nécessaire. Si tout cela semble coordonné, c’est parce que c’est le cas.

La politique de la Fed n’est pas dictée par le président de la Fed, et elle n’est certainement pas dictée par Donald Trump. Comme l’a ouvertement admis l’ancien président Alan Greenspan, la banque centrale ne répond PAS au gouvernement, c’est une machine autonome de prise de décision. Les sièges à la Fed sont aussi facilement remplacés que les pièces de tondeuses à gazon ; ce sont des mascottes pour le système bancaire, rien de plus. Une fois qu’ils sont « nommés » par le président, ils prennent leurs ordres d’une source totalement différente, et je remettrais même en question la validité du processus de nomination et la manière dont la liste originale des candidats est définie. Pour les vrais marionnettistes de la Fed, il faudrait se tourner vers une organisation à l’extérieur des États-Unis, appelée Banque des règlements internationaux.

De nombreuses modifications subtiles s’ajoutent à une instabilité sans précédent

Je pense qu’il est essentiel que les gens considèrent le temps quand il s’agit d’économie. Les changements que nous pensons abrupts pendant les moments historiques de crise ne l’étaient souvent pas autant que ça. Presque tous les « événements » de crise financière ont été précédés par des années sinon des décennies de fissures croissantes mais subtiles dans les fondations. Si vous deviez revenir en arrière de 10 ans et expliquer à la personne moyenne (ou à l’économiste moyen dans les médias) ce qui se passe aujourd’hui, il se moquerait probablement avec indignation. Pourtant, aujourd’hui, ces choses sont acceptées comme banales, ou ignorées comme sans importance. Le temps et le faible niveau d’attention sont le fléau des sociétés libres.

Le squelette de l’économie du « nouvel ordre mondial » est devant nous. Les déclencheurs d’un changement explosif ont déjà été plantés. Ce qui me préoccupe, c’est que lorsque ces changements se concrétiseront et que la crise suivra, les masses s’en apercevront-elles ?

Brandon Smith

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Le pétro-dollar sous pression

Le pétro-dollar sous pression


Par Darius Shahtahmasebi – Le 20 septembre 2017 – Source TheAntiMedia

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Il fut un temps où le dollar américain était soutenu par l’étalon-or dans un cadre bien défini, ce qu’on appelait les accords de Bretton-Woods, signés en 1944. Le dollar avait un prix fixe par rapport à l’or au prix de 35 $ l’once, bien que le dollar ait pu générer des intérêts, marquant une différence notable par rapport à l’or.

Le système a pris fin lorsque le président Richard Nixon a annoncé que les États-Unis abandonnaient l’étalon-or en 1971. En lieu et place, les États-Unis avaient d’autres plans pour l’avenir des marchés mondiaux.

Comme l’a expliqué le Huffington Post, l’administration Nixon a conclu un accord avec l’Arabie saoudite :

L’essentiel de l’accord était que les États-Unis accepteraient de faire des ventes militaires et de défense en faveur de l’Arabie saoudite en contrepartie du commerce du pétrole en dollars américains.

Ce système est devenu le système de recyclage des pétro-dollars parce que des pays comme l’Arabie saoudite devaient investir leurs bénéfices excédentaires aux États-Unis. Il n’a pas fallu longtemps pour que chaque membre de l’OPEP commence à commercialiser le pétrole en dollars américains.

Une théorie économique peu connue, rejetée par les médias dominants, stipule que l’emprise de Washington sur les marchés financiers s’explique au moins partiellement par le fait que toutes les exportations de pétrole sont réalisées par des transactions en dollars américain. Cette relation entre le pétrole et la monnaie permet sans doute de donner au dollar sa valeur, car ce paradigme exige que tous les pays exportateurs et importateurs maintiennent un certain stock de dollars américains, ce qui ajoute à la valeur du dollar. Comme Foreign Policy, un magazine qui rejette la théorie, l’explique :

« Il est relativement important que le commerce se fasse essentiellement en dollars. Cela signifie que ceux qui souhaitent acheter du pétrole doivent acquérir des dollars pour le faire, ce qui augmente la demande de dollars sur les marchés financiers mondiaux. »

Le terme « ceux qui souhaitent acheter du pétrole » englobe presque tous les pays qui ne possèdent pas d’approvisionnement en pétrole – un nombre très significatif de pays. Une demande sans fin de dollars signifie un approvisionnement sans fin, et les États-Unis peuvent imprimer autant de papier que nécessaire pour prendre en compte leurs ambitions impériales. Aucun autre pays au monde ne peut le faire.

En 2000, l’Irak a annoncé qu’il n’utiliserait plus de dollars américains pour vendre du pétrole sur le marché mondial. Il a plutôt décidé d’adopter l’euro, ce qui n’était pas une décision facile à prendre. Cependant, en février 2003, The Guardian a signalé que l’Irak avait obtenu un « solide bénéfice » après avoir modifié sa politique. Quiconque rejette cette théorie sur les pétro-dollars devrait pouvoir répondre à la question suivante : si la monnaie n’est pas un facteur important dans les aventures impérialistes américaines, pourquoi les États-Unis ont-ils donc eu l’intention d’envahir un pays (en se basant sur des mensonges froids et durs), si ce n’est d’avoir pour priorité de revenir au dollar pour la vente de pétrole ? S’ils s’intéressaient tellement à l’Irak et à son peuple, comme nous étions supposés l’avoir cru, pourquoi ne pas avoir permis à l’Irak de continuer d’en tirer un « solide bénéfice » ?

En Libye, Mouammar Kadhafi a été puni pour une proposition similaire qui aurait créé une monnaie africaine unifiée soutenue par l’or et aurait été utilisée pour acheter et vendre du pétrole africain. Les courriels fuités de Hillary Clinton ont confirmé que c’était la raison principale pour laquelle Kadhafi a été renversé, bien que les commentateurs continuent d’ignorer et de rejeter cette théorie. Malgré ces dénégations, les courriels fuités de Clinton ont bien précisé que le plan de Kadhafi pour l’avenir des exportations du pétrole africain était une priorité pour les cohortes américaines et de l’OTAN, plus que les prétendues violations des droits humains de Kadhafi. C’est la même Hillary Clinton qui a ouvertement ri à l’époque où Kadhafi a été sodomisé et assassiné, sans regret d’avoir plongé une nation très riche et prospère dans un chaos complet.

Au début de ce mois, le Venezuela a annoncé  qu’il se libérerait bientôt du dollar. À peine une semaine plus tard, le Wall Street Journal a signalé que le Venezuela avait cessé d’accepter des dollars pour les paiements pétroliers en réponse aux sanctions américaines. Le Venezuela est assis sur les plus grandes réserves de pétrole au monde. [Mais coûteuses à extraire, des sables bitumineux, NdT] Les menaces d’intervention militaire unilatérale de Donald Trump, combinées à l’admission par la CIA selon laquelle elle interfère dans ce pays riche en pétrole, peuvent avoir beaucoup plus de sens dans ce contexte.

L’Iran utilise également des devises alternatives, comme le yuan chinois, depuis quelque temps maintenant. Il partage également un lucratif champ de gaz avec le Qatar et pourrait n’être qu’à quelques jours de l’abandon du dollar. Le Qatar aurait déjà réalisé des transactions pour des milliards de dollars en yuan. Tout récemment, le Qatar et l’Iran ont rétabli des relations diplomatiques complètes en snobant totalement les États-Unis et leurs alliés. Il n’est donc pas surprenant que les deux pays aient été vilipendés sur la scène internationale, en particulier sous l’administration Trump.

Dernier coup de dent au dollar américain et à son hégémonie financière mondiale, Times of Israel a signalé qu’une entreprise d’investissement d’État chinoise a fourni une ligne de crédit de 10 milliards de dollars aux banques iraniennes, qui utiliseront expressément le yuan et les euros pour contourner les sanctions dirigées par les États-Unis.

Considérons qu’en août 2015, le secrétaire d’État John Kerry a averti que si les États-Unis devaient s’éloigner de l’accord nucléaire avec l’Iran et forçaient leurs alliés à se conformer aux sanctions que ceux-ci dirigeaient, ce serait un « accélérateur très rapide (…) pour que le dollar américain cesse d’être la monnaie de réserve du monde ».

L’Iran, lié à la Syrie par un pacte de défense mutuelle, aurait travaillé à établir un pipeline de gaz naturel qui traverserait l’Irak et la Syrie dans le but d’exporter du gaz vers les marchés européens, coupant complètement l’herbe sous le pied de Washington et de ses alliés. Ceci, bien sûr, en 2009, avant la guerre de Syrie. Un tel accord de pipeline, maintenant, avec le soutien aérien continu de la Russie et sa présence militaire, pourrait entraîner l’émergence d’un tout nouveau marché qui pourrait facilement être lié à l’euro, ou à toute autre monnaie, au lieu du dollar.

Selon RT, le site Internet de l’État russe, le site Web du Kremlin a annoncé mardi que le président russe, Vladimir Poutine, a également demandé au gouvernement d’approuver une loi visant à abandonner le dollar américain dans tous les ports maritimes russes d’ici l’an prochain.

De plus, Asia Times explique que Poutine a laissé tomber une énorme « bombe » lors du récent sommet des BRICS à Xiamen début septembre, en précisant :

« La Russie partage les préoccupations des pays des BRICS concernant l’iniquité de l’architecture financière et économique mondiale, qui ne tient pas compte du poids croissant des économies émergentes. Nous sommes prêts à collaborer avec nos partenaires pour promouvoir les réformes de la réglementation financière internationale et surmonter la domination excessive du nombre limité de monnaies de réserve. »

Selon l’auteur de Asia Times, l’énoncé était un message codé sur la façon dont les pays des BRICS chercheront à contourner le dollar américain ainsi que le pétro-dollar.

La Chine est également à bord avec cette proposition. Bientôt, la Chine lancera un contrat à terme de pétrole brut évalué en yuan chinois qui sera entièrement convertible en or. Comme l’a déclaré Nikkei Asian Review, les analystes ont qualifié ce mouvement de « nouvelle règle du jeu » pour l’industrie pétrolière.

La Russie et la Chine ont déjà acheté d‘énormes quantités d’or depuis un certain temps. Les réserves d’or actuelles de la Russie assureraient 27% de sa petite masse monétaire en roubles, bien au-delà de tout autre pays majeur. La Réserve fédérale des États-Unis a admis il y a des années qu’ils n’avaient plus d’or depuis très longtemps.

La Chine met également en œuvre un projet monumental, connu sous le nom de projet de Route de la Soie, qui est une poussée majeure pour créer une route commerciale permanente reliant la Chine, l’Afrique et l’Europe. Il faut se demander quel contrôle sur ces transactions auront les États-Unis.

Ce ne sont là que quelques-uns des derniers développements qui ont affecté le dollar.

Est-ce que ceux qui continuent à rejeter cette théorie associée au pétro-dollar répondent en toute confiance aux questions suivantes ?

  • Est-ce un hasard si tous les pays énumérés ci-dessus qui se détournent du dollar sont des adversaires de longue date des États-Unis, y compris ceux qui ont été envahis ?
  • Est-ce une coïncidence que l’Arabie saoudite reçoive un blanc-seing pour engager une foule d’actions criminelles du moment qu’elle se conforme à l’ordre financier mondial ?
  • Les préoccupations de l’Arabie saoudite avec le Qatar sont-elles vraiment enracinées dans le prétendu financement de groupes terroristes de ce dernier, même si l’Arabie saoudite mène le monde dans le mur en finançant les groupes terroristes les plus vilains ?

De toute évidence, il y a quelque chose de plus sinistre qui se joue ici et, que ce soit ou non lié à une guerre de la monnaie menée par des psychopathes, cela reste à voir. Les preuves continuent de montrer, cependant, que les positions du dollar américain sont lentement érodées pièce par pièce et once par once – et, alors que les pays adverses font ces développements à l’unisson, il semble ne pas y avoir grand chose que les États-Unis puissent faire sans tout risquer dans une guerre mondiale.

Darius Shahtahmasebi

Note du Saker Francophone

C'est là que le rôle fortuit ou volontaire de Trump peut peut-être éclairer l


a scène. Sa seul présence suffit à paralyser l'action politique à Washington et avec ses vassaux, au moment où l'Empire aurait le plus besoin de cohésion...

 

http://lesakerfrancophone.fr/le-petro-dollar-sous-pression