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Le vernis de la confusion s’est envolé : une remise en cause de la suprématie eu dollar se soldera par des milliers de champignons atomiques, tout le reste n’est que du show-business…

Le vernis de la confusion s’est envolé : une remise en cause de la suprématie eu dollar se soldera par des milliers de champignons atomiques, tout le reste n’est que du show-business…

Strategika51   07/08/2020

L’état-major des armées russes vient d’accuser réception du changement de paradigme stratégique entrepris de façon concrète par les États-Unis et certains de leurs alliés. Les militaires russes soulignent que toutes les initiatives cohérentes et contradictoires à la fois prises par Washington depuis deux décennies relèvent toutes d’une stratégie unique, implacable et déterminée visant en priorité la mise en place d’un mécanisme de frappe globale rapide utilisant aussi bien des armes conventionnelles que nucléaires.

Ce mécanisme universel de frappe rapide inclut l’usage d’armes nucléaires tactiques dans un environnement de guerre hybride à très haut niveau de confusion et à brouillage cognitif constant.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=838213541&adf=1669470802&w=668&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596846651&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=668×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F08%2F07%2Fle-vernis-de-la-confusion-sest-envole-une-remise-en-cause-de-la-suprematie-eu-dollar-se-soldera-par-des-milliers-de-champignons-atomiques-tout-le-reste-nest-que-du-show-business%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=167&rw=667&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChEI8Pez-QUQ44aQhd-91bDWARJMAI-2h3_GZPCefEPIPYiLEo7AQfCdUjuEZWvu5heO6dcbXuHLGJzMBsVynlmjApPaSXvNUHLO9adftHistDV-x–rFTQ30vb5zEp4sA&dt=1596846651856&bpp=5&bdt=2945&idt=-M&shv=r20200805&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0&nras=2&correlator=2395922088854&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596845957&ga_hid=1129867465&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=123&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=3&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=2363&biw=1055&bih=450&scr_x=0&scr_y=573&eid=42530558%2C42530560%2C21066154%2C21066791%2C21066533&oid=3&pvsid=796588577363290&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=0%2C0%2C0%2C0%2C1366%2C0%2C1088%2C570%2C1072%2C450&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=5&uci=a!5&btvi=1&fsb=1&xpc=OeNggYJ0NL&p=https%3A//strategika51.org&dtd=127

Cette stratégie de frappe globale continue les efforts de guerre hybride multiforme et à intensité faible à moyenne en veillant à diluer des actes de guerre extrêmes par la médiaguerre et la guerre psychologique asymétrique à destination de sa propre opinion publique. Cela veut dire que désormais, une guerre biologique en cours ou des attaques de missiles à charge nucléaire de faible puissance peuvent être réduit à des incidents ou de simples faits divers à travers un consensus et une uniformisation de tous les moyens de communication. Les voix divergentes seront systématiquement traitées comme divergentes et par conséquent réduites par le bruit de fond ambiant entretenu par l’appareil de propagande. Celui-ci achevant sa mainmise absolue sur le cyber-espace  en neutralisant toute autre partie perçue comme concurrente.    

Cette inquiétude russe face à une stratégie souterraine déguisée par une autre stratégie d’ingénierie par le chaos a été reflétée par le Conseil de sécurité russe de vendredi dernier et durant lequel le président russe a abordé la situation actuelle dans le monde avec une focalisation sur les manœuvres hostiles affectant ce que les officiels russes désignent comme l’espace post-soviétique.  La nouvelle posture hostile de la Biélorussie, un allié stratégique de Moscou, inquiète la Russie bien plus qu’un éventuel conflit entre l’Azerbaidjan et l’Arménie, l’Ukraine, le renforcement des bases de l’Otan dans les pays Baltes ou encore la Géorgie.

Dans les faits, la crise de la pandémie du COVID-19, récupérée dans lencadrebune opération de guerre psychologique,  l’usage de plus en plus fréquent d’armes prohibées et par dessus tout la disparition de toutes les barrières et a entrevoir la guerre nucléaire comme une option de guerre conventionnelle sont désormais perçus comme les résultats d’un acteur poursuivant des objectifs hégémoniques invariables sous couvert d’une sorte de libéralisme à haut degré d’instabilité systémique et donc de confusion.

Il aurait donc suffit que la Chine et la Russie réduisent leur dépendance au dollar USD lequel demeure une des principales armes de la guerre hybride générale pour que la stratégie de diversion de l’empire révèle son être sous-jacent: un monstre froid qui n’hésitera pas à détruire l’humanité si le show de télé-realité entretenant les masses d’esclaves accrochés aux écrans de leurs appareils fabriqués en Chine.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=838213541&adf=2752661137&w=668&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596846652&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=668×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F08%2F07%2Fle-vernis-de-la-confusion-sest-envole-une-remise-en-cause-de-la-suprematie-eu-dollar-se-soldera-par-des-milliers-de-champignons-atomiques-tout-le-reste-nest-que-du-show-business%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=167&rw=667&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChEI8Pez-QUQ44aQhd-91bDWARJMAI-2h3_GZPCefEPIPYiLEo7AQfCdUjuEZWvu5heO6dcbXuHLGJzMBsVynlmjApPaSXvNUHLO9adftHistDV-x–rFTQ30vb5zEp4sA&dt=1596846651856&bpp=4&bdt=2945&idt=4&shv=r20200805&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C668x280&nras=3&correlator=2395922088854&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596845957&ga_hid=1129867465&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=124&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=3&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=3486&biw=1055&bih=450&scr_x=0&scr_y=573&eid=42530558%2C42530560%2C21066154%2C21066791%2C21066533&oid=3&pvsid=796588577363290&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=0%2C0%2C0%2C0%2C1366%2C0%2C1088%2C570%2C1072%2C450&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=6&uci=a!6&btvi=2&fsb=1&xpc=SvUOOWPQFh&p=https%3A//strategika51.org&dtd=153

Plus la suprématie du dollar est remise en cause et plus on verra de nouvelles armes et plus de guerres hybrides. L’éventuel requiem du dollar ne saurait être qu’un florilège de champignons atomiques s’élevant au-dessus des villes et des mégalopoles d’un monde abruti par le mensonge permanent.

https://strategika51.org/2020/08/07/le-vernis-de-la-confusion-sest-envole-une-remise-en-cause-de-la-suprematie-eu-dollar-se-soldera-par-des-milliers-de-champignons-atomiques-tout-le-reste-nest-que-du-show-business/

Lecture d’été et faits d’hiver

Lecture d’été et faits d’hiver

22 Juillet 2020

Un fort aimable compte-rendu du livre de votre serviteur par la respectée revue Conflits est l’occasion de vous encourager, chers amis, à faire passer le mot autour de vous. Les vacances d’été sont généralement un temps privilégié de lecture et de réflexion ; en cette exaltante ère de changements tectoniques, c’est même plus nécessaire que jamais afin de savoir ce qui nous attend demain.

Monde post-Covid, élections cruciales aux Etats-Unis, bouleversements au Moyen-Orient, affrontement américano-chinois exacerbé, grandes manœuvres pétrolières, Union européenne en perdition, course à l’armement… l’année 2020 restera assurément dans les annales et beaucoup n’auront sans doute pas la chance de comprendre ce qui se passe vraiment. Je ne m’avance pas beaucoup en affirmant que ce sera leur rendre un grand service que de leur conseiller (ou offrir) Le Grand jeu.

Après cet amical conseil de lecture estivale, penchons-nous rapidement aujourd’hui sur quelques nouvelles glaciales pour le système impérial.PUBLICITÉ

  • Hiver transatlantique

Décidément, pour faire suite à notre dernier billet, le Nord Stream II continue de semer la discorde. C’est au tour du puissant Bundesverband der Deutschen Industrie, principale organisation de l’industrie allemande regroupant plus de 100 000 entreprises, de se lâcher en imprécations contre les sanctions américaines.

Le BDI, qui ne dit habituellement pas un mot plus haut que l’autre, est cette fois très remonté, qualifiant les menaces US de « contraires au droit international » et de « sérieuse tension pour les relations transatlantiques ». Un officiel du gouvernement allemand en rajoute une couche sur ces « Etats-Unis [qui] utilisent les sanctions sans vergogne », affirmant que les relations entre l’Europe et l’Amérique « ont touché le fond ». Diantre.

Pour l’instant, le Donald cristallise un peu facilement toutes les rancœurs européennes. Rappelons cependant que les Démocrates, pourtant bien plus amènes envers leurs vassaux qui le leur rendent bien, sont tout aussi fanatiquement « streamophobes ». Une victoire en novembre de Biden et sa poursuite, dans ce dossier, de la politique de Trump marqueraient une rupture colossale dans le lien transatlantique…

  • Congélation schisteuse

Une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, rien ne s’arrange pour l’or noir américain. Halliburton, connue pour avoir fait quelques profits après l’invasion de l’Irak par Bush & Co, veut se détacher progressivement du schiste, qui n’a de toute façon jamais été rentable et qui est maintenant considéré comme une cause perdue.

Endetté jusqu’au cou, le secteur voit se multiplier les faillites, la production n’en finit pas de chuter et l’activité s’effondre :

  • Hibernation du pétrodollar ?

On sait que la possible yuanisation du Seoud, c’est-à-dire la vente de l’or noir moyen-oriental en yuans chinois et non plus en dollars, est dans les tuyaux depuis quelques années. Le jour où Riyad et ses petite sœurs pétromonarchiques franchiront le Rubicon et saperont le pétrodollar, l’empire vacillera. On sait également que cette décision se révélera fort dangereuse pour le royaume wahhabite et ses voisins, tonton Sam ne pouvant accepter de voir disparaître l’un des piliers de sa puissance.

Or, une nouvelle très intéressante nous est parvenue. Les principaux géants chinois de l’or noir sont en discussion pour mettre sur pied un cartel afin de peser de tout leur poids sur le marché pétrolier. Cette centrale d’achat sera un véritable mastodonte, important 5 millions de barils par jour et constituant tout simplement le plus gros acheteur de la planète.

Pression sur les prix et sur les livraisons bien sûr, rien que de très logique et qui n’entre pas dans notre champ d’analyse géopolitique. Mais peut-être aussi, et c’est là que les choses deviennent sérieuses, sur la monnaie de transaction, c’est-à-dire le remplacement du dollar par le yuan. Certains salivent déjà devant ce tremblement de terre. Wait and see…Tag(s) : #Pétrole#Chine#Etats-Unis#Europe#Moyen-Orient

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/07/lecture-d-ete-et-faits-d-hiver.html

La Russie dit que les BRICS recherchent un système de paiement commun sans dollar


La Russie dit que les BRICS recherchent un système de paiement commun sans dollar

Image de profil pour l'utilisateur Tyler Durden

par Tyler DurdenJeu., 14/11/2019 – 21:250ACTIONSTwitterFacebookRedditEmailImprimer

La fracture de l’économie mondiale et la dédollarisation semblent aller de l’avant. 

Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, regroupés sous le nom de BRICS, sont cinq économies nationales émergentes qui développent un nouveau système de paiement universel pour contester le réseau de paiement international SWIFT des États-Unis, a déclaré  jeudi à Reuters un responsable russe  .  

L’effort de dépollution de la Russie a pris de l’ampleur au cours des dernières années, conformément à l’engagement pris par le président Poutine de réduire la vulnérabilité du pays face à la menace persistante de sanctions américaines. Mais il n’y a pas que la Russie qui souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis des dollars pour le commerce, c’est l’ensemble du bloc économique  

Kirill Dmitriev, responsable du Fonds d’investissement direct russe (RDIF), a déclaré que « l’augmentation des risques non liés au marché de l’infrastructure mondiale de paiement » est à l’origine de la volonté de développer un nouveau système de paiement international pour les pairs du BRICS. 

« Un système de paiement BRICS efficace peut encourager les paiements en monnaies nationales et garantir des paiements et des investissements durables entre nos pays, qui représentent plus de 20% de l’afflux mondial d’investissements directs étrangers », a déclaré M. Dmitriev.

M. Dmitriev a indiqué que ses homologues du groupe BRICS avaient également discuté d’une nouvelle crypto-monnaie commune pour les paiements mutuels, en tant que solution de rechange au dollar. 

Il a ajouté que la Russie avait consenti des efforts considérables au cours des dernières années pour réduire le commerce extérieur en dollars. Au cours des dernières années, les paiements du commerce extérieur russe en dollars sont passés de 92% à 50%, tandis que les transactions en roubles sont passées de 14% à 3%, a-t-il ajouté. 

Mercredi, sous – ministre russe des Finances Vladimir Kolychev a été  cité  par Reuters comme disant fonds de richesse souverain russe réduira dollars américains et étudie si elle doit ajouter yuan chinois.  

Le mois dernier, le ministre russe de l’Economie, Maxim Oreshkin, a  déclaré  au Financial Times que le pays continuerait sur la voie de la dédollarisation et commencerait à négocier certaines transactions pétrolières en euros et en roubles.

Le désir de la Russie d’abandonner le dollar est une tendance qui ne cesse de croître – il semble maintenant que les pairs du BRICS pourraient suivre la même voie. Cela va certainement irriter Washington.

 https://www.zerohedge.com/geopolitical/russia-says-brics-looking-common-non-dollar-payment-system

Les Ayatollahs sautent de joie

Les Ayatollahs sautent de joie


Par Dmitry Orlov – Le 15 octobre – Source Club Orlov

Lors de la récente Assemblée générale des Nations Unies, il y avait une personne qui paraissait plus heureuse que les autres, surtout en comparaison des Européens, aux mines plutôt sombres. C’était le président iranien Hassan Rouhani. Il rayonnait positivement de plaisir et de bonne humeur. Bien que son discours ait été dur, contenant des termes tels que « terrorisme économique » et « piraterie internationale », dont il accusait le régime de Washington, son comportement n’était que joie. En passant, il a anéanti les espoirs de Boris Johnson de négocier un rapprochement entre l’Iran et les Washingtoniens, estimant clairement que toute nouvelle tentative de négociation avec eux était tout à fait inutile.


Rohani n’est certainement pas le seul à adopter cette position, même s’il est peut-être le seul parmi les dirigeants nationaux à le faire ouvertement. Les Chinois ont fait traîner les négociations commerciales sans aucune intention de parvenir à un accord. Les Russes considèrent les négociations de maîtrise des armements avec les Washingtoniens comme plutôt inutiles, promettant une réponse symétrique (mais beaucoup moins coûteuse) à toute escalade américaine.

En effet, à quoi bon négocier avec les Américains si, comme l’expérience l’a montré, ils peuvent par la suite revenir à l’improviste sur un accord conclu ? Ils le font soit sans aucune justification (comme ce fut le cas récemment avec les Kurdes syriens), soit sur la base d’un quelconque caprice du moment (comme l’abandon du traité FNI entre les États-Unis et la Russie).

Ce point semble encore mériter d’être répété quelques fois, bien qu’il ait été soulevé à maintes reprises par de nombreux analystes et qu’il devienne de plus en plus flagrant. (Les Russes ont même inventé un nouveau mot pour décrire cette condition : недоговороспособный (« nedogovorosposóbny », littéralement « incapable-de-passer-un-accord ».) Mais il y a un autre point à faire valoir et la plupart des observateurs géopolitiques semblent passer à coté jusqu’à présent. Soit dit en passant, cela explique l’humeur joyeuse de Rohani à l’ONU, et je suis également heureux de le partager avec vous.

Négocier des accords avec le régime de Washington n’est pas seulement inutile, c’est aussi non nécessaire, car il est désormais possible pour tous les grands acteurs géopolitiques d’atteindre leurs objectifs stratégiques sans aucun accord avec les États-Unis, et parfois même sans avoir à engager un dialogue sérieux avec eux. Les exceptions sont le Japon et l’UE, dont la capacité d’affirmer leur volonté souveraine est très limitée, ayant cédé une grande partie de leur souveraineté aux États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et pendant la guerre froide.

Même des joueurs mineurs, comme la Corée du Nord, ont appris cette leçon. Après avoir tenté de négocier avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont rapidement découvert que les Américains venaient souvent les mains vides, essayant d’obtenir des concessions sans rien donner en retour, et qu’ils se livraient à des effets de manche, comme les commentaires spectaculaires et contre-productifs de John Bolton sur l’application du « modèle libyen » en Corée du Nord. (Le dirigeant libyen, si vous vous souvenez, a été sauvagement assassiné par des forces soutenues par les États-Unis.)

Mais en ne parvenant pas à un accord avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont obtenu quelque chose de précieux : la reconnaissance universelle que les États-Unis sont militairement impuissants à s’y opposer. Oui, ils peuvent les détruire, mais la Corée du Sud et le Japon seraient également détruits, et comme il s’agit de deux nations que les États-Unis sont tenus de défendre en vertu d’un traité, prendre des mesures qui entraînent leur destruction n’est pas exactement une stratégie. Ainsi, les États-Unis sont passés d’une position belligérante contre la Corée du Nord, la menaçant militairement, à devoir se contenter d’appliquer des sanctions économiques presque totalement impuissantes étant donné la nature largement autarcique de l’État nord-coréen et son manque de commerce avec les États-Unis.

C’est un exemple intéressant, parce qu’il montre que même des acteurs relativement faibles et mineurs peuvent maintenant obtenir des Américains qu’ils fassent ce qu’ils veulent sans négocier aucun accord avec eux. Mais cette même logique s’applique encore plus aux grandes entités géopolitiques, comme la Chine, la Russie et l’Iran. Pour reprendre quelques métaphores religieuses, ces trois pays forment la Sainte Trinité que le destin a désignée pour vaincre le Grand Satan (les États-Unis, du moins dans le langage politique iranien). Chacun d’eux joue un rôle essentiel.

La fonction de la Russie est de tirer parti de sa technologie militaire supérieure pour contrecarrer militairement les États-Unis et de rendre tout son complexe militaro-industriel fantastiquement surévalué, impuissant et obsolète, avant de le faire disparaître dans l’oubli. La Réserve fédérale américaine imprime maintenant 60 milliards de dollars par mois, un chiffre qui correspond à peu près au coût mensuel du budget de la défense américaine.

La technologie russe a déjà transformé toute la flotte des porte-avions américains en une pile de déchets flottants inutiles. La Russie a mis au point des armes qui peuvent détruire des porte-avions à une distance de sécurité supérieure à la portée utile de leurs jets. Les missiles hypersoniques russes ont fait la même chose pour l’ensemble des systèmes de défense antimissile américains. De même, tout l’argent que les États-Unis ont dépensé pour développer des avions « furtifs » (1 500 milliards de dollars pour le seul chasseur F-35) a été annulé par les nouveaux systèmes radar russes qui peuvent parfaitement bien voir ces avions supposés invisibles. Ironiquement, le développement de la technologie « furtive » était basé sur les travaux d’un scientifique soviétique, Peter Ufimtsev, qui a émigré aux États-Unis après l’effondrement de l’URSS : ce que la Russie donne, la Russie le reprend aussi.

La Russie a également mis sa technologie de défense à la disposition d’autres pays, notamment les deux autres membres de la Sainte Trinité. À la surprise générale, Vladimir Poutine a annoncé récemment que la Chine sera en mesure d’utiliser le système russe d’alerte rapide en cas d’attaque nucléaire pour détecter les attaques lancées contre le territoire chinois. Cela étendra effectivement les capacités de dissuasion nucléaire de la Russie à la Chine. Et l’Iran a acheté des systèmes de défense aérienne russes S-300 et discute activement de l’achat du S-400 encore plus perfectionné. Ces systèmes feront de l’espace aérien au-dessus de l’Iran et de certaines parties de la Syrie des zones d’interdiction de vol pour les avions américains et de l’OTAN [et israéliens, NdT].

Si les objectifs de la Russie sont de pousser doucement les États-Unis vers l’oubli dans une tentative futile de les suivre dans le développement de nouveaux systèmes d’armes (les systèmes russes ont tendance à être non seulement plus efficaces mais aussi moins chers) tout en réalisant un profit en vendant leurs armes aux pays qui cherchent à s’assurer contre l’agression américaine, les objectifs chinois sont plus ambitieux encore. Au cours des cinquante dernières années, la Chine, qui était un pays agraire rustique, est devenue la plus grande superpuissance industrielle du monde. Entre-temps, aux États-Unis, le segment industriel s’est réduit à environ un dixième de l’ensemble de l’économie, le reste étant maintenant composé de baristas, de toiletteurs de chiens, de moniteurs de yoga et d’autres types de gratte-dos mutuels.

En raison de ce changement spectaculaire, les États-Unis enregistrent un important déficit commercial structurel avec la Chine. Alors qu’auparavant la Chine finançait ce déficit commercial en achetant de la dette américaine sous forme de bons du Trésor, elle a cessé de le faire il y a quelque temps et vend maintenant des bons du Trésor et achète de l’or. Elle n’est pas la seule à le faire (par exemple, la Russie a déjà vendu toutes ses obligations du Trésor américain), ce qui provoque d’importantes perturbations financières aux États-Unis, au point où les institutions financières refusent d’accepter des titres de créances américains en garantie de prêts à un jour [Marché Repo, NdT]. C’est cette évolution qui a forcé la Réserve fédérale à imprimer 60 milliards de dollars par mois tout en empilant dans son bilan les titres de créances américains désormais boudés. La tendance à long terme est indubitable : au cours des 77 derniers mois, les banques centrales étrangères ont vendu les deux tiers des bons du Trésor américain qu’elles avaient accumulés au cours des 35 dernières années.

Il est curieux de constater que, jusqu’à présent, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’a fait qu’aggraver le déficit commercial. Ainsi, la tactique de négociation non négociatrice de la Chine semble fonctionner brillamment. Les États-Unis n’ont que deux moyens de financer leur déficit commercial : 1. vendre des déchets financiers ; et 2. vendre des terres, des usines et du matériel, la propriété intellectuelle, les reins de leur population et tout ce qui a de la valeur. Il n’y a vraiment pas d’autres options. Et comme la vente de déchets financiers ne fonctionne plus, l’option 2 est tout ce qui reste. Cela rappelle le démembrement d’actifs qui a eu lieu dans l’ex-URSS après son effondrement (et qui se poursuit toujours en Ukraine, pays qui se prépare à commencer à vendre ses terres aux sociétés transnationales).

Certains pourraient penser qu’il existe également l’option 3 : ramener l’industrie aux États-Unis. Mais il a fallu 50 ans à la Chine pour devenir une puissance industrielle, avec des taux de croissance réguliers à deux chiffres. Aux États-Unis, le taux de croissance jusqu’à présent au cours de ce siècle, si l’on ne tient pas compte de l’effet du gonflement de la dette, a en fait été négatif. Les États-Unis n’ont pas 50 ans, même pas 10. Et si, au cours de cette hypothétique transformation, elle doit financer son déficit commercial en vendant les usines et les équipements dont elle aurait besoin pour se réindustrialiser, elle n’y parviendra jamais.

Et cela nous amène en Iran avec ses ayatollahs rieurs et souriants. La quête sacrée de l’Iran en tant que partie intégrante de la Sainte Trinité consiste à paralyser les États-Unis et leurs mandataires au Moyen-Orient, rendant la région sûre pour une théocratie démocratique (ou peut être autre chose). Il y a deux proxys américains sur place : l’Arabie Saoudite et Israël. Cette attrition finira sans doute aussi par se produire pour eux, dans le cas de l’Arabie saoudite, lorsque ses plus anciens et plus grands gisements pétroliers, comme celui de Ghawar, cesseront finalement de produire ; dans le cas d’Israël, cela arrivera lorsque le flux d’argent du Trésor américain vers ce pays cessera en raison des difficultés financières mentionnées ci-dessus, malgré le pouvoir considérable du lobby pro-israélien aux États-Unis.

Mais c’est une vision à plus long terme ; dans le cas présent, ce qui fait sourire les ayatollahs, c’est que la séquence récente des événements est une comédie. Les Américains ont renié l’accord avec l’Iran laborieusement négocié sous l’administration Obama et réimposent des sanctions unilatérales (et essentiellement illégales) contre l’Iran. En réponse, la Chine continue d’acheter du pétrole iranien, tout comme la Turquie et plusieurs autres pays.

Pendant ce temps, l’UE regroupe et forme l’INSTEX – un système commercial qui évite le dollar américain et le système de virements électroniques SWIFT et qui est spécialement conçu pour contourner les sanctions commerciales unilatérales américaines, en particulier dans le cas de l’Iran. Ensuite, les Américains se sont lancés dans une guerre de pétroliers – et l’ont perdue rapidement de la façon la plus humiliante possible, car il devient clair qu’ils sont militairement impuissants à patrouiller dans le si important détroit d’Ormuz. Et puis deux événements vraiment ridicules ont eu lieu.

Premièrement, les Yéménites, qui ont été attaqués par une coalition dirigée par les Saoudiens pendant plusieurs années et qui ont subi d’horribles privations, sont parvenus à bloquer la moitié de la production pétrolière de l’Arabie saoudite avec des roquettes et des drones. Les États-Unis ont immédiatement blâmé l’Iran… sauf que cela implique que les batteries de défense aérienne saoudiennes fabriquées par les États-Unis, dont la plupart sont dirigées contre l’Iran, sont des tas de ferraille inutiles incapables d’arrêter de petits drones lents, et volant bas. Pour ajouter à l’humour de la situation, les Américains ont décidé alors d’expédier en Arabie Saoudite encore plus de ces mêmes batteries Patriot inutiles.

Deuxièmement, les Yéménites ont reconquis une parcelle de territoire frontalier que l’Arabie saoudite leur a confisquée il y a plusieurs décennies, détruisant ainsi près de la moitié de la partie relativement fonctionnelle de l’armée saoudienne, avec des soldats réellement Saoudiens (le reste étant essentiellement composé de mercenaires provenant de tout le Proche-Orient). Les Américains, qui ont récemment vendu aux Saoudiens pour 100 milliards de dollars de systèmes d’armement devenus manifestement inutiles, refusent de lever le petit doigt pour les aider.

Pour faire monter l’hilarité d’un cran, Vladimir Poutine, lors d’une conférence de presse conjointe avec le turc Erdoğan et notre vieil ami Rohani, a proposé de vendre des systèmes russes de défense aérienne à l’Arabie Saoudite. Ceux-ci ont été testés au combat sur des drones lancés contre la base aérienne russe de Hmeimimim, en Syrie, par ce qui reste de l’EI. Peu ont pu passer au travers, donc arrêter les drones n’est pas un problème pour les Russes. Il ne fait aucun doute que cela coûterait aux Saoudiens un peu moins cher que les 100 milliards de dollars qu’ils ont donnés aux Américains – et dont ils n’ont rien obtenu d’efficace en retour.

À la lumière de tout cela, ma nouvelle et importante thèse est que les nations souveraines du monde entier, grandes et petites, mais surtout la Sainte Trinité de la Chine, la Russie et l’Iran, peuvent amener les États-Unis à faire ce qu’ils veulent sans négocier avec elle.

Enfin, la photo suivante, qui montre Rohani refusant de serrer la main de Boris Johnson en riant, semble mériter un concours de légendes. Que pensez-vous qu’il a dit à Johnson dans son excellent anglais qui a rendu Johnson et Macron si désorientés ?

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, relu par Kira pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ayatollahs-sautent-de-joie

La Russie dit adieu au dollar ? – Politique-Eco avec O. Delamarche et P. Béchade (TV Libertés)

La Russie dit adieu au dollar ? – Politique-Eco avec O. Delamarche et P. Béchade (TV Libertés)

111111 Rating 1.00 (1 Vote)Catégorie : Divers  Publication : 1 octobre 2019  Mis à jour : 1 octobre 2019  Création : 1 octobre 2019 Écrit par folamour  Affichages : 35fShare

Il reparle de Kadhafi, comme quoi on avais raison, l’info était bonne, pour le reste je suis en train d’écouter, c’est bienmerci à Spartou.

Source : Youtube

https://wordpress.com/block-editor/post/ombre43.com/14339

https://www.crashdebug.fr/diversifion/16605-la-russie-dit-adieu-au-dollar-politique-eco-avec-o-delamarche-et-p-bechade-tv-libertes

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?


Par F. William Engdahl − Le 13 septembre 2019 − Source Russia Insider via Global Research

2015-02-05_10h48_03

Les remarques inhabituelles et les actions du chef de la Banque d’Angleterre, sur le départ, et d’autres initiés de la banque centrale suggèrent fortement qu’il existe un scénario très moche pour mettre fin au rôle du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale. Dans le processus, cela impliquerait que la Fed déclenche délibérément une dépression économique dramatique. Si ce scénario est effectivement déployé dans les mois à venir, Donald Trump entrera dans les annales de l’histoire en tant que deuxième Herbert Hoover et l’économie mondiale sera plongée dans le pire effondrement depuis les années 1930. Voici quelques éléments qui méritent d’être considérés.

Le Discours de la Banque d’Angleterre

Le 23 août, Mark Carney, président de la très spéciale Banque d’Angleterre, a prononcé un discours remarquable lors de la récente assemblée annuelle des banquiers centraux et des élites financières à Jackson Hole dans le Wyoming. Le discours de 23 pages aux autres banquiers centraux et aux initiés de la finance est clairement un signe important de la façon dont les pouvoirs installés, qui gèrent les banques centrales mondiales, envisagent de conquérir le monde.

Carney s’attaque aux failles évidentes du système de réserves en dollars après 1944, en notant que :

«… Une asymétrie déstabilisante au cœur du système monétaire et financier international (IMFS) se développe. Alors que l'économie mondiale est en train de se réorganiser, le dollar américain reste aussi important que lorsque les accords de Bretton Woods se sont effondrés. [en 1971, NdT]» Il a carrément déclaré :«… À plus long terme, nous devons changer le jeu… Les risques augmentent et ils sont structurels».

Il présente ensuite un plan remarquablement détaillé pour la transformation du règne actuel du dollar par la banque centrale mondiale, un changement révolutionnaire.

Carney explique le fait que la Chine, en tant que première nation commerçante au monde, est le candidat évident pour remplacer le dollar en tant que principale réserve. Toutefois, il note :

«… Pour que le renminbi devienne une monnaie véritablement mondiale, il en faut beaucoup plus. En outre, l’histoire enseigne que la transition vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale risque de ne pas se dérouler sans heurts.»

Il indique que cela signifie souvent des guerres ou des dépressions, car il cite le rôle de la Première Guerre mondiale, qui poussa la livre sterling vers la sortir en faveur du dollar américain. Ce que Carney trouve plus immédiat, c’est un nouveau système monétaire basé sur le FMI, destiné à remplacer le rôle dominant du dollar. Carney déclare :

"L’augmentation du renminbi pourrait, avec le temps, fournir une seconde meilleure solution aux problèmes actuels du FMI, mais la première meilleure solution consisterait à mettre en place un système multipolaire. L’avantage principal d’un système multifonctionnel multipolaire est la diversification…" Il ajoute : "Lorsque le changement intervient, il ne devrait pas être possible d’échanger un hégémon monétaire contre un autre. Tout système unipolaire n'est pas adapté à un monde multipolaire…" En d'autres termes, il dit : "Désolé, Beijing, vous devez attendre."

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre propose en effet que le FMI, avec ses droits de tirage spéciaux multidevises (DTS), un panier de cinq monnaies – dollar, livre, yen, euro et désormais renminbi – joue un rôle central dans la création d’un nouveau système :

«Le FMI devrait jouer un rôle central dans la formation des politiques nationales et transfrontalières. … Mutualiser les ressources du FMI et répartir ainsi les coûts entre les 189 pays membres …»

Pour que cela fonctionne, il propose de porter les fonds de DTS du FMI à 3 000 milliards de dollars, qui constitueraient le noyau d’un nouveau système monétaire.

Ensuite, Carney propose que le FMI supervise la création d’une nouvelle infrastructure de paiement basée sur un «stablecoin» [crypto-monnaie] international. Se référant à la Libra privée [crypto-monnaie de Facebook], il déclare clairement qu’une «nouvelle monnaie hégémonique synthétique (CSS) serait mieux fournie par le secteur public, peut-être par un réseau de monnaies numériques des banques centrales. À noter que Carney, un ancien banquier de Goldman Sachs, est mentionné comme un candidat de premier plan pour remplacer Christine Lagarde à la tête du FMI. Son discours est-il un aveu ouvert de ce que prévoient les plus grands banquiers centraux du monde comme prochaine étape vers une monnaie et un contrôle économique mondiaux ? Voyons plus loin.

En savoir plus : La mondialisation est la fin de l’humanité : vers une économie de la paix avec un système monétaire alternatif

Lagarde à la BCE

Le discours de Carney, une fois déchiffré à partir du jargon de la banque centrale, nous fournit pour la première fois une feuille de route claire sur laquelle les pouvoirs qui contrôlent la banque centrale mondiale voudraient nous emmener. Le rôle de réserve mondial du dollar américain doit prendre fin. Il doit être remplacé par une forme de DTS du FMI servant de base à une réserve multidevises, qui à son tour serait finalement basée sur une monnaie numérique, appelée aussi monnaie basée sur la block chain.

Ne vous y trompez pas, ces monnaies seraient entièrement contrôlées par les autorités de la banque centrale et le FMI. Cela nécessiterait l’élimination souvent proposée de toutes les espèces en faveur de la monnaie numérique, où chaque centime dépensé peut être contrôlé par les banquiers l’État. Cette société sans numéraire ouvrirait également la voie à la prochaine grande crise financière et à la confiscation par les gouvernements des dépôts bancaires des citoyens ordinaires en vertu de la nouvelle loi sur le « renflouement des banques » maintenant en vigueur depuis 2014 dans tous les principaux pays industrialisés, y compris l’UE et les États-Unis .

Le FMI est complètement en retard sur le passage aux monnaies numériques mondiales à chaînes de blocs et sur l’utilisation du DTS pour remplacer le dollar américain dominant. Dans un discours peu remarqué du 14 novembre 2018, la directrice du FMI, Mme Lagarde, a clairement indiqué que le FMI était derrière les initiatives de monnaies numériques des banques centrales ainsi que des sociétés sans numéraire. Elle a noté très attentivement :

"Je pense que nous devrions envisager la possibilité d'émettre de la monnaie numérique. L'État pourrait peut-être fournir de l'argent à l'économie numérique.» Elle a ajouté : «Un nouveau vent souffle, celui de la numérisation… Quel rôle restera-t-il pour l'argent dans ce monde numérique ? … La demande de liquidités diminue - comme le montrent les travaux récents du FMI. Et dans dix, vingt ou trente ans, qui échangera encore des bouts de papier ?"

Remarques de Dudley

L’introduction de ce nouveau monde monétaire numérique des banquiers centraux va nécessiter, comme le suggère Carney, des bouleversements dramatiques du statu quo, qui conduiraient à la fin du rôle dominant du dollar américain depuis l’accord de Bretton Woods de 1944. Comme ce rôle de monnaie de réserve en dollars est l’un des piliers de la puissance américaine dans le monde, sa réalisation n’exigerait rien de moins qu’une catastrophe. Est-ce vraiment ce que la Réserve fédérale prévoit discrètement avec ses politiques monétaires ?

Un soupçon remarquable de ce qui pourrait être en cours dans les travaux est venu, dans un éditorial, de la personne qui jusqu’en 2018 était le très important président de la Banque de réserve fédérale de New York, Bill Dudley, qui, comme Mark Carney, est un ancien de Goldman Sachs. Dudley n’est pas un acteur mineur dans le monde des banquiers centraux. Jusqu’à l’année dernière, il était également membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI) et présidait le Comité des systèmes de règlement des paiements de la BRI et le Comité du système financier mondial.

Dudley, soulignant la politique de guerre commerciale de Trump et ses dangers économiques, émet ensuite la rare déclaration non-diplomatique suivante :

"La réélection de Trump constitue sans doute une menace pour l’économie américaine et mondiale, pour l’indépendance de la Fed et pour sa capacité à atteindre ses objectifs en matière d’emploi et d’inflation. Si l'objectif de la politique monétaire est d'obtenir les meilleurs résultats économiques à long terme, les responsables de la Fed devraient examiner la mesure dans laquelle leurs décisions affecteront les résultats politiques de 2020."

Bien que cela ait beaucoup choqué, Dudley ne fait que rendre public ce que la Fed a fait depuis sa création en 1913 – influencer furtivement le cours de la politique mondiale et américaine en dissimulant des politiques monétaires «neutres». Dudley suggère non pas «une ingérence russe» mais plutôt une ingérence de la Fed.

La Fed pourrait facilement faire basculer les États-Unis dans la crise. Les niveaux d’endettement de l’économie américaine atteignent des records pour les ménages privés, le gouvernement fédéral et les entreprises américaines. La plupart des sociétés américaines ont utilisé une dette croissante, dépassant les 9 000 milliards de dollars, pour racheter des actions plutôt que d’investir dans de nouvelles installations et de nouveaux équipements, alimentant ainsi une bulle sans précédent dans les actions du S & P. La hausse des actions n’est pas un signe de santé économique, mais une bulle spéculative dangereuse susceptible de s’effondrer.

Si la Fed reprenait maintenant ses hausses de taux et poursuivait son resserrement quantitatif discrètement jusqu’en 2020, une série de défauts de paiement de type domino, de faillites d’entreprises, de saisies hypothécaires résidentielles, de défauts de prêts auto et de prêts étudiants pourrait rapidement rendre plus que douteuse une deuxième présidence Trump en 2020. Cependant, ce ne serait pas une raison pour que le reste du monde, qui s’oppose aux politiques de Trump, se réjouisse. Cela provoquerait également un effondrement des grands pays émergents qui ont emprunté des centaines de milliards de dollars libellés en dollars américains, notamment des sociétés d’État chinoises, la Turquie, l’Argentine et le Brésil, pour n’en nommer que quelques-uns. Les banques européennes, de l’Italie jusqu’à l’Allemagne en passant par la France, feraient faillite.

Que ce scénario de Dudley doive se concrétiser en 2020 ou non, seuls les comploteurs acteurs clés de la banque centrale le savent assurément. Il est clair que près de onze ans après la crise financière mondiale de 2008, les politiques sans précédent en matière de taux d’intérêt zéro de la banque centrale dans l’UE et jusqu’à récemment aux États-Unis ont alimenté la création de ce que certains appellent une «Bulle de Tout», pas seulement des actions, mais aussi dans les obligations des sociétés et publiques et dans les prix des maisons. Si une nouvelle intervention de la Fed, visant à relever les taux et à resserrer le crédit, l’événement prophétisé, à savoir l’éclatement délibéré, par la banque centrale, de cette bulle gonflée, sous le prétexte du danger que représente Trump pour l’économie mondiale, prophétie que Carney a en tête quand il dit, «la transition vers un nouveau la monnaie de réserve pourrait ne pas se dérouler sans heurts» pourrait bien se réaliser ? Espérons que non. Les prochains mois le diront.

F. William Engdahl est consultant et conférencier en risques stratégiques, diplômé en politique de l’Université de Princeton et auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Vous pouvez relire notre note de lecture de son dernier livre publié aux éditions demi-lune.

Note du Saker Francophone

Valérie Bugault, dès 2018, et d'autres encore comme Brandon Smith plus récemment, avait déjà démonté le projet des élites financières concentrées autour du réseau des banques centrales.

On peut aussi noter une atmosphère crépusculaire de fin de règne, et une étrange coïncidence, entre ce discours du directeur de la Banque d'Angleterre et celui de Macron, fin Août, sur les erreurs de l'occident et la place nouvelle de la Chine ou de la Russie. Le Saker US nous a déjà commenté les grandes lignes. Il est quand même surprenant que Macron, dans un discours de deux heures, n'ait pas abordé le sujet financier qui est au cœur des enjeux de pouvoir. Peut-être savait-il que le sujet allait être abordé rapidement par un autre globaliste de poids.

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-elites-mondiales-envisagent-elles-de-renverser-le-dollar

La Russie se débarrasse de ses dollars pour acheter de l’or

EconomiePolitique

La Russie se débarrasse de ses dollars pour acheter de l’or

 Audrey Duperron  26 juin 2019 3 minutes read

Une réserve où sont entreposés des lingots d'or
 Pixabay

Ces dernières années, la Russie, cinquième pays du monde pour la taille de ses réserves en devises internationales, a continuellement acheté de l’or. Elle a poursuivi cette pratique, préférant l’or au dollar, même lorsque le cours du métal précieux était en berne. Récemment, ce dernier est reparti à la hausse, et atteint désormais son plus haut niveau en six ans. La stratégie russe s’avère donc payante. 

Habituellement, le dollar est la devise de réserve préférée d’un grand nombre d’Etats, en raison de la rareté des actifs sûrs. Mais la Russie a montré qu’une autre option était possible, et qu’elle pouvait réduire ses réserves en dollars sans nuire à son économie. « Pour le moment, le pays compte peu d’adeptes, mais les achats d’or par les banques centrales sont en hausse », note Leonid Bershidsky de Bloomberg.

Des sanctions américaines imprévisibles

Il rappelle que la Russie a de bonnes raisons de limiter sa détention de dollars. Elle est en effet la cible de sanctions internationales depuis qu’elle a annexé l’Ukraine en 2014. Depuis, l’UE n’a pas durci ces sanctions, en revanche, les États-Unis l’ont fait. Le gouvernement russe et la Banque central russe jugent maintenant que les sanctions américaines dépendent bien davantage de la politique domestique américaine, que du comportement de la  Russie. Autrement dit, ces mesures sont imprévisibles, ce qui a motivé la banque centrale russe à réduire son exposition à ce risque, en diminuant de moitié la part du dollar dans ses réserves en devises. Parallèlement, elle a augmenté la proportion d’euro et de renminbi (yuan).L’année dernière, la Russie a acheté 274 tonnes d’or, ce qui a fait culminer ses réserves de métal jaune totales à 2 113 tonnes. En effet, le métal, qui est indépendant de tout Etat, ne présente pas de danger politique, et est donc idéal pour couvrir le rouble. Néanmoins, entre septembre 2017 et septembre 2018, la valeur totale de ces réserves s’est légèrement érodée, en raison de la dépréciation du métal. Mais depuis, son cours est reparti à la hausse. Cela signifie que le stock d’or russe a gagné 7 %, soit près de 7 milliards de dollars. Et si cette hausse des prix se poursuit, les réserves de métal précieux russes représenteront rapidement environ 20 % de l’ensemble des réserves internationales du pays. Cela implique qu’à ce moment-là, la Russie détiendra autant d’or que de dollars.

D’autres pays se livrent à cette « dédollarisation »

La Russie n’est d’ailleurs pas la seule à choisir le métal jaune. Au Premier trimestre de cette année, les banques centrales du monde entier ont acquis 145,5 tonnes d’or, soit 68 % de plus qu’au cours de la même période l’année dernière, révèlent des chiffres du World Gold Council (WGC). C’est aussi le niveau le plus élevé depuis 2013. Sur les quatre derniers trimestres, les achats d’or auprès des banques centrales ont atteint le niveau record de 716 tonnes.

La Russie demeure le plus gros acheteur, avec 55 tonnes, devant la Turquie (40 tonnes) et la Chine (33 tonnes). Les achats ont concerné des pays coutumiers de ce type de placement, mais on constate aussi des pays plus inhabituels. L’Équateur, par exemple, a décidé cette année d’acquérir de l’or pour la première fois depuis cinq ans. Le Qatar et la Colombie ont également effectué de gros achats au cours du dernier trimestre.

Ces pays sont principalement ceux qui souhaitent réduire leur dépendance au dollar. Avec ces achats, ces banques centrales cherchent en effet à « dédollariser » les économies de leurs pays respectifs, en substituant le métal précieux à leurs réserves en dollars. Très souvent, il s’agit de pays qui disposent de réserves d’or moins importantes que la plupart des pays d’Europe occidentale.

La Chine, qui a eu elle aussi maille à partir avec les États-Unis, a elle aussi commencé à réduire progressivement ses réserves en dollars, en les échangeant contre de l’or. L’Inde, qui fait partie des 10 pays qui détiennent les plus grosses réserves en devises internationales, a elle aussi acheté beaucoup de métal jaune.

Les taux d’intérêt américains au plus bas, la progression de la dette américaine et l’imprévisibilité du gouvernement américain réduisent l’attrait pour le dollar de nombreux pays. Ils lui substituent donc l’or, qui apparaît plus sûr. Il ne serait pas étonnant que dans quelques années, d’autres pays décident de copier le modèle russe, et de privilégier l’or au détriment du dollar.

« L’administration américaine actuelle et future devrait faire preuve de prudence afin d’éviter de donner à d’autres pays des incitations similaires pour qu’ils se débarrassent de leur dépendance au dollar et qu’ils suivent l’exemple du Kremlin », conclut Bershidsky.

https://fr.express.live/russie-reserves-or-dedollarisation/

Le sanctionneur arrosé

Le sanctionneur arrosé

Publié le 20 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisEconomieRussiePétrole

Lorsque les frères Lumière projetèrent, en 1895, le premier film de l’histoire cinématographique, ils n’imaginaient sans doute pas la postérité de leur Arroseur arrosé. Ces derniers temps, le rôle du jardinier crétin est repris avec ardeur, quoiqu’à son corps défendant, par l’empire qui ne semble décidément pas savoir comment s’y prendre avec ses sanctions. Jugez-en plutôt…

Depuis les sanctions contre la Russie décidées par Washington et imposées aux euronouilles en 2014, l’indice de la bourse de Moscou a gagné 100%. Les opérateurs sont stupéfaits : « Ce que le marché russe a fait est incroyable étant données les sanctions. On se demande ce qui se passerait si celles-ci étaient suspendues… » Une chose est sûre : le « philanthrope »-boursier Soros ne s’attendait certainement pas à ça.

Et comme de leur côté, les réserves dépassent à nouveau les 500 milliards d’équivalents-dollars (seul un cinquième est libellé en billets verts), retrouvant leur niveau de 2014, le Kremlin a le sourire. Oh, à propos de dédollarisation, Bruxelles et Moscou sont en discussion pour favoriser les paiements roubles-euros. Pour l’instant, 54% des exportations russes vers l’UE sont encore payées en dollars (34% en euros et 8% en roubles). Pour les exportations européennes vers la Russie, les chiffres sont déjà plus intéressants : 48% en euros, 28% en roubles et seulement 22% en dollars.

Conclusion : un certain chemin a déjà été parcouru sur la voie de la dédollarisation mais l’UE continue de payer l’énergie russe en devises US. Les Russes jouent habilement la carte de l’infatuation des euronouilles envers leur monnaie (Il faut sauver le soldat euro) pour enfoncer un clou supplémentaire dans le cercueil de la domination financière impériale, pilier de sa puissance.

Moscou a également d’autres bonnes raisons de se réjouir tandis que les stratèges de DC la Folle se prennent, eux, la tête à deux mains. Depuis les sanctions états-uniennes contre le pétrole vénézuélien, les raffineurs américains se sont découvert une soudaine passion pour… l’or noir russe, dont les importations ont triplé ! Dans un scénario kafkaïen délicieux à souhait, les USA sanctionnent Caracas mais augmentent les revenus de Moscou qui aide Caracas.

Dans la même lignée, les sanctions impériales contre le pétrole iranien obligent l’Inde, grande importatrice de naphte perse, à regarder du côté de son allié historique russe. D’où ils sont, McCainistan et Brzezinski doivent regarder tout ça d’un air consterné en s’arrachant le peu de cheveux qui leur restent…

NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

Publié le 5 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in PétroleEtats-UnisMoyen-OrientEconomie

Achtung, achtung, les alarmes retentissent à nouveau dans les corridors du système impérial. Les stratèges affolés du Washingtonistan se précipitent à leur table de contrôle global. Interdits, il fixent un voyant rouge qui ne cesse de clignoter : Arabie Saoudite. Eh merde… Sur un mur, un écran affiche la signification première de l’alerte : Pétrodollar en danger.

Avant de continuer le feuilleton, un assez long rappel est nécessaire. En octobre 2017, dans un article qui fit date, intitulé Seoud yuanisé ou l’empire en péril, nous expliquions l’importance colossale (n’ayons pas peur des mots) de la question :

Il est de ces répétitions de l’Histoire… Il y a plus de deux ans – sous le titre Pétrodollar : le début de la fin ? – nous écrivions un billet prémonitoire qui n’a pas pris une ride :

A Washington, on doit beaucoup écouter les Doors en ce moment : This is the end, my only friend, the end… Certes, il ne faut pas vendre la peau de l’aigle avant de l’avoir plumé, mais ce n’est pas vraiment un futur radieux qui se profile à l’horizon pour l’empire 2.0.

Le système financier issu de la Seconde guerre mondiale – notamment les prêts en dollars du FMI ou de la Banque mondiale – assurait l’hégémonie de la monnaie américaine, permettant aux Etats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens en faisant financer leur dette par des pays étrangers tenus d’accumuler des réserves de titres libellés en dollars pour commercer. Ce « privilège exorbitant » (dixit Giscard) fut encore renforcé en 1973 lorsque Nixon se mit d’accord avec les Saoudiens pour que ceux-ci vendent leur pétrole uniquement en billets verts, créant de facto le pétrodollar. L’OPEP suivra deux ans après. Pour les Etats-Unis, des décennies d’argent facile et de guerres financées par des pays tiers…

Jusqu’à ce que ces pays tiers disent stop. Certains d’entre eux du moins. La fronde a commencé vers la fin des années 2000. En Amérique latine, Argentine et Brésil décident de commercer dans leurs monnaies respectives, puis c’est au tour de la Chine et du Brésil, tandis que les pays émergents se rebellent au sein même des instances du FMI et de la Banque mondiale. Curieusement, Poutine était d’abord en retrait dans ce mouvement jusqu’à ce que la nouvelle Guerre froide subséquente à la crise ukrainienne fasse de lui le chevalier blanc de la dé-dollarisation de la planète. C’est, depuis 2014, une avalanche de défections auxquelles fait face le billet vert, contrairement à la fable médiatique hollywoodienne qui voudrait nous faire croire à une « communauté internationale » réunie autour de l’Occident. Russie, Chine, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Inde, Turquie, Uruguay, Iran, Equateur, Egypte, Venezuela, Vietnam, Paraguay, Kazakhstan… tous ces pays ont renoncé au dollar ou sont en voie de le faire dans leurs échanges commerciaux bilatéraux au profit de leur monnaie ou de l’or. Pire ! les propres alliés de Washington (Canada, Corée du sud, Qatar) quittent le navire et s’en vont sifflotant passer des accords SWAP (échanges de devises) avec la Chine.

Comme si cela ne suffisait pas, les BRICS ont décidé au sommet de Fortaleza la création d’un système financier parallèle concurrençant le FMI et la Banque Mondiale d’obédience américaine tandis que la Chine y allait de sa propre banque personnelle vers laquelle se sont précipités les alliés intimes de l’oncle Sam (Angleterre, Australie) comme des enfants turbulents désobéissant au majordome. Il paraît qu’Obama en a interrompu sa partie de golf…

Une chose demeurait, stoïque et inébranlable : le pétrodollar. Saddam avait bien tenté de monter une bourse pétrolière en euros mais il fut immédiatement tomahawkisé. Kadhafi avait lancé l’idée mais les bombes libératrices de l’OTAN tombaient déjà sur Tripoli avant qu’il ait eu le temps de passer un coup de fil. Les stratèges américains pouvaient dormir du sommeil du juste, leurs charmants alliés pétromonarchiques du Golfe resteraient le doigt sur la couture du pantalon.

Sauf que… Une info extrêmement importante, donc passée inaperçue dans la presse française, est sortie il y a quelques jours. La Russie et l’Angola ont dépassé l’Arabie saoudite comme premiers fournisseurs de pétrole à la Chine. Chose intéressante d’après les observateurs, c’est le fait que la Russie (encore ce diable de Poutine !) accepte désormais les paiements en yuans chinois qui a motivé ce changement tectonique. D’après un analyste, si l’Arabie veut reprendre sa part de marché, il faudrait qu’elle commence à songer sérieusement à accepter des paiements en yuans… c’est-à-dire mettre fin au pétrodollar.

Et là, cela risque de poser un sérieux dilemme aux Saoudiens : faire une croix sur leur prééminence pétrolière mondiale ou faire une croix sur le pétrodollar au risque de voir les Américains le prendre très mal et éventuellement fomenter un changement de régime.

Y a-t-il un lien avec la visite de haut niveau des Saoudiens à St Pétersbourg la semaine dernière, quelque chose du genre « Cher Vladimir, vous nous protégerez le cas échéant si on change de devise ? » A suivre…

On ne pouvait pas taper plus dans le mille. Octobre 2017 : un économiste de renom prévoit le remplacement par Riyad du dollar par le yuan, le roi saoudien effectue une visite historique à Moscou et les Russes vont vendre des batteries S400 à l’Arabie saoudite.

Carl Weinberg ne s’est pas souvent trompé dans ses analyses. Aussi, quand il déclare que Riyad est fortement encouragée par Pékin à lui vendre son pétrole en yuans et prédit que d’ici peu, les Saoudiens succomberont à la pression, il vaut mieux le prendre au sérieux :

« D’ici deux ans, la demande chinoise en pétrole écrasera la demande américaine. Je pense que la cotation des cours en yuans est pour bientôt. Dès que les Saoudiens l’accepteront – comme les Chinois les y contraignent – le reste du marché [les pétromonarchies, ndlr] suivra le mouvement. »

En filigrane, l’effondrement du pétrodollar mis en place il y a plus de quarante ans et pilier du système impérial américain. Les liaisons dangereuses entre Bush Junior et l’establishment wahhabite, le tendre baiser de Barack à frites sur le royal arrière-train du Seoud, tout cela n’aura finalement servi à rien…

Ca doit sérieusement grincer des dents le long des corridors néo-cons de Washington et il n’est pas impossible que quelques plans sur la « remodélisation » du royaume saoudien soient soudain sortis des tiroirs. Coïncidence (ou pas), le facétieux Vladimirovitch a justement ironisé sur la chose lors de la réunion annuelle du Club Vadaï à Sotchi (…)

Est-ce tout à fait un hasard si, dans ces conditions, Salman a débarqué à Moscou il y a deux semaines, la première visite officielle d’un monarque saoudien en Russie. Cela fait des décennies que l’ours et le chameau sont opposés sur à peu près tous les dossiers brûlants de la planète, le second finançant le djihadisme mondial pour le bénéfice de son parrain US afin de diviser l’Eurasie et mettre le premier en difficulté. Que cache donc cette visite historique ?

Au-delà des nécessaires relations entre ces deux poids lourds du pétrole (accord OPEP+), le Seoud suit les pas des autres acteurs du Moyen-Orient, délaissés par l’inexorable reflux de l’empire et qui vont tous rendre visite au nouveau boss de la région. Comme le dit sans ambages Bloomberg :

« Les Israéliens, les Turcs, les Egyptiens, les Jordaniens – tous prennent le chemin du Kremlin dans l’espoir que Vladimir Poutine, le nouveau maître du Moyen-Orient, puisse assurer leurs intérêts et résoudre leurs problèmes. »

Le Seoud ne fait pas autre chose, allant à Canossa, mangeant son keffieh en rabaissant très sérieusement ses folles prétentions syriennes (tiens, Assad ne doit plus partir finalement). Mais il y a peut-être plus, beaucoup plus, et plusieurs voix (ici ou ici) y décèlent un changement tectonique. Nous en revenons à notre pétrole yuanisé et à nos S400…

Certains ont dû avoir le hoquet en lisant qu’après la Turquie, Moscou allait également vendre son inégalable système anti-aérien à son ex-Némésis wahhabite. On le comprendrait mieux s’il s’agit de créer un environnement favorable à une transition saoudienne vers la dédollarisation et la multipolarité eurasienne, voire d’assurer la future défense du pays face aux réactions hystériques de l’empire trahi. L’avenir nous le dira…

L’avenir sourit à qui sait attendre et nous n’avons pas encore la réponse à cette interrogation aux conséquences tectoniques. Mais si nos petits stratèges de DC la Folle sont en alerte rouge, c’est que la question revient avec acuité sur le devant de la scène. Riyad vient de menacer Washington d’abandonner la vente de son pétrole en dollars si le NOPEC passe. Traduction : la fin du pétrodollar, l’un des principaux piliers de la puissance impériale depuis un demi-siècle.

NOPEC, quézako ? Dans un article au titre quelque peu neuneu – NOPEC, l’arme de destruction massive de Trump contre l’OPEP – et n’analysant évidemment pas le désastre stratégique que cela constituerait pour les Etats-Unis, la presse nous l’expliquait néanmoins clairement il y a quelques mois :

Alors que Donald Trump veut à tout prix faire baisser les cours du brut, une sous-commission du Sénat va étudier mercredi la loi Nopec qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

Donald Trump sera-t-il prêt à tout pour faire baisser les cours du brut ? Le président américain, qui tente sans succès depuis l’été d’obtenir des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qu’ils augmentent encore davantage leur production afin de faire baisser les prix, pourrait sortir l’artillerie lourde, selon la presse américaine.

Baptisée Nopec, la « loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole », va faire l’objet d’une audition ce mercredi 3 octobre devant le Sénat. Celle-ci modifierait la législation antitrust pour permettre de poursuivre pour collusion les pays de l’Opep et elle interdirait de restreindre la production d’hydrocarbures ou d’en fixer les prix. Rejetée jusqu’ici par Washington soucieux de ménager l’allié saoudien, leader du cartel, la proposition, régulièrement évoquée ces dix dernières années, serait, si elle aboutissait, un véritable coup de force des États-Unis. « L’Opep est la bête noire de Trump qui pourrait soutenir le Nopec ».

Les Saoudiens sont vent debout contre cette loi. Le mois dernier encore, ils annonçaient l’apocalypse lors de rencontres avec l’establishment financier de Wall Street. Il semble qu’ils aient maintenant passé la vitesse supérieure si l’on en croit leur menace d’abandonner le pétrodollar, « l’option nucléaire » comme elle est surnommée, et auprès de laquelle « l’arme de destruction massive » si chère à nos petits binoclards journalistiques fait figure de plaisanterie douteuse. Quand on connaît le poids de l’or noir, dont le commerce (principalement en dollars jusqu’à présent) est plus important que celui de tous les métaux bruts combinés, on comprend la portée de la chose…

Les Chinois sont extrêmement attentifs, eux qui font chaque jour un peu plus pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle leur vende son pétrole en yuans. Les Russes n’en perdent pas une miette non plus, l’option nucléaire saoudienne valant en l’occurrence bien plus que leurs derniers bijoux hypersoniques pourtant redoutables.

Sans surprise, le Deep State US ainsi que le lobby pétrolier s’opposent résolument au NOPEC qui, néanmoins, fait son bonhomme de chemin et passe l’un après l’autre les obstacles au Congrès. Car nous touchons là à l’éternelle contradiction historique entre intérêts nationaux et impériaux. La Rome du dernier siècle de la République en savait quelque chose, mais ceci est un autre sujet…

Ces Sénateurs et Représentants n’ont certes rien contre l’omnipotence américaine dans le monde mais ils ont aussi, petit détail fort incommodant, des électeurs. Eh oui, ces satanés citoyens qui ne s’intéressent, eux, qu’à leur fin de mois difficile et se fichent comme de l’an 40 des bases US dans le Rimland. On se rappelle qu’en 1992, à la grande consternation du Deep State, George Bush Senior, le président qui avait supervisé la chute de l’URSS et pouvait pousser à fond l’avantage de l’empire, avait été battu par un gringalet nommé Bill Clinton, qui ne faisait que promettre des jobs. Si l’Etat profond avait évidemment fini par récupérer ce dernier au bout de quelques années, les néo-cons se sont toujours mordu les doigts de n’avoir pas su placer un des leurs à la Maison Blanche en cette période cruciale du début de la décennie 90.

Pour les membres du Congrès, tournés vers la situation intérieure, l’équation est simple : NOPEC = pétrole moins cher = consommateurs contents = réélection. Avec, en passant, une petite gifle à l’Arabie Saoudite en prime, dont l’image dans le public américain est aussi écornée qu’un parchemin rassis du XIIIème siècle.

Le lobby pétrolier, lui, pense évidemment en sens inverse : or moins cher = moins de profits. Dans le même wagon, les producteurs de pétrole de schiste réclament à cor et à cri un baril au-dessus de 70$ pour couvrir les coûts énormes de la fracturation hydraulique. Quant au Deep State, il grince des dents en imaginant la fin du financement facile de ses guerres/bases/invasions/coups d’Etat, marque de fabrique impériale.

S’il y en a un qui doit être assez désarçonné en ce moment, c’est bien le Donald. Ayant mis un accent sincère durant sa campagne sur le pouvoir d’achat, il se lâche régulièrement en imprécations twitteresques contre l’OPEP, vilipendant le cartel pour cause de pétrole cher. D’un autre côté, au-delà même de savoir s’il a définitivement été drainé par le marais, un président américain peut-il réellement et sciemment laisser tomber le pétrodollar ? Le NOPEC n’est pas nouveau et, en leur temps, Bush Junior et Barrack à frites s’y sont tous deux fortement opposés, brandissant carrément la menace du veto. Si le Donald rêve indéniablement moins de gloire expansionniste que ses deux prédécesseurs et si son inclination personnelle et politique le pousserait à soutenir le NOPEC, va-t-il pour autant franchir le Rubicon ? Rien n’est moins sûr.

A Moscou et à Pékin, on attend la suite du feuilleton avec impatience. Que le NOPEC passe et que les Saoudiens mettent, pour une fois, leurs menaces à exécution, et c’est tout l’édifice impérial qui s’effrite, avec les gigantesques conséquences que l’on sait. Et même si, finalement, les choses rentrent d’une manière ou d’une autre dans l’ordre à Washington (torpillage du NOPEC au Congrès par le Deep State, veto présidentiel), l’épisode restera comme un coup de canif supplémentaire et indélébile à la majesté du pétrodollar. C’est, à ma connaissance, la première fois que les Seoud évoquent publiquement la possibilité d’abandonner le dollar. Une véritable révolution copernicienne devant laquelle Russes et Chinois se frottent les mains…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/nopec-dedollarisation-et-le-casse-tete-de-l-or-noir

Le retour du dragon

Le retour du dragon

Publié le 2 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in ChineAmérique latineRussieEtats-UnisGazEconomie,Ukraine

Telle un dragon tourbillonnant dans le ciel et accaparant l’attention universelle avant de disparaître dans les nuées, la Chine, puissante, incontournable, s’envole parfois mystérieusement de l’actualité sans que l’on sache trop pourquoi. Elle y revient cependant invariabement, toutes ailes et flammes déployées, comme c’est le cas actuellement.

Au Venezuela, l’arrivée d’un contingent militaire russe, dissuasion psychologique appréciable vis-à-vis des organisateurs du changement de régime, avait déjà défrayé la chronique et exaspéré Washington. Les Chinois en rajoutent maintenant une couche, envoyant eux aussi à Caracas, ou plus exactement sur l’île de Margarita, 120 soldats. Si leur mission officielle est de distribuer l’aide humanitaire, notamment les 65 tonnes de médicaments envoyées par Pékin il y a quelques jours, il se murmure que le groupe compte dans ses rangs des spécialistes en cyberguerre. Toujours utile en ces temps de sabotage du système électrique par les petits génies de Langley…

La symbiose sino-russe est tellement entrée dans les mœurs que l’on en parle moins. Elle reste cependant un fait incontournable des relations internationales en ce début de XXIème siècle. Contrairement aux dirigeants occidentaux qui ont fait de la communication leur seul argument politique, Russes et Chinois ne parlent jamais pour ne rien dire. Quand Poutine évoquait en 2017 le « niveau sans précédent des relations sino-russes », que de son côté Xi Jinping considérait à « un plus haut historique et un modèle entre grandes puissances », leur parole était d’or. On en a encore la preuve actuellement au Venezuela, l’envoi des militaires ayant évidemment été coordonné en amont à Moscou et à Pékin.

Exemple parmi beaucoup d’autres de la coopération stratégique entre l’ours et le dragon, le Sila Sibiri est terminé et le gaz devrait couler à flots dès septembre. Ce qui n’empêche d’ailleurs pas les deux compères de reprendre les discussions sur un autre formidable pipeline, l’Altaï. Les stratèges de Washington en ont des sueurs froides et voient avec horreur l’inexorable avancée de ces tubes qui vont de plus en plus irriguer le continent-monde, hors du contrôle de l’empire maritime.

La dédollarisation va bon train elle aussi. Le blog ayant sans cesse de nouveaux lecteurs, un petit rappel n’est peut-être pas inutile :

Bretton Woods, 1944

Alors que la poussière du débarquement de Normandie venait à peine de retomber et que la guerre contre l’Allemagne était loin d’être terminée, les Etats-Unis réunirent une quarantaine de pays à Bretton Woods pour préparer leur domination future. Contrairement à la Première guerre, leur intervention dans le second conflit mondial n’avait rien de débonnaire. C’était décidé, ils allaient s’intéresser aux affaires du monde. Et pour ce pays pétri d’idéologie messianique, convaincu d’être « la nation indispensable », s’intéresser au monde équivalait à le dominer.

Ce 22 juillet 1944, les délégués signèrent ni plus ni moins la domination universelle du dollar pour les décennies à venir, organisant le système monétaire international autour du billet vert. Parmi les nouveautés, un FMI et une Banque mondiale prêtant tous les deux uniquement en dollars, obligeant ainsi les pays demandeurs à acheter de la monnaie américaine, donc indirectement à financer les Etats-Unis. Le dollar était la pierre angulaire de tout le système, intermédiaire unique et indispensable pour demander un prêt, acheter de l’or et bientôt acheter du pétrole (pétrodollar en 1973). De Gaulle s’élevait déjà contre cette capacité inouïe de l’Amérique à « s’endetter gratuitement », donc à faire financer sa domination sur les autres par les autres. Giscard, qui n’avait pourtant rien d’un marxiste anti-impérialiste, parlait de « privilège exorbitant ». Nixon répondait : « notre monnaie, votre problème ».

On ne peut certes pas résumer les causes de la domination états-unienne de l’après-guerre au seul statut de sa monnaie, mais celui-ci a joué un rôle crucial. C’est ce que Washington est en train de perdre…

Oufa, 2015

71 ans après Bretton Woods, la position dominante du dollar commence à battre sérieusement de l’aile. Le mouvement débuta il y a quelques années quand les puissances émergentes commencèrent à dédollariser leurs échanges, rejoints par un nombre toujours plus grand de pays. Chine, Russie, Brésil, Inde, Iran, Argentine, Turquie, Pakistan, Afrique du Sud, Egypte et même maintenant Australie, Canada ou Corée du Sud… tous ces pays commercent, à des degrés divers, en dehors du système dollar ou sont en voie de le faire. Mais c’est la crise ukrainienne qui a été l’accélérateur. Devant ce qu’il voyait comme une volonté hégémonique américaine de contrôler l’Eurasie, Poutine s’est attaqué aux fondations de la domination US, participant à la création d’un système financier entièrement nouveau, parallèle, concurrençant les institutions de Bretton Woods. Chine, Inde ou Brésil, qui réclamaient en vain depuis déjà plusieurs années une redistribution des cartes au sein du FMI ou de la Banque mondiale, ont sauté sur l’occasion.

Depuis des années, Moscou et Pékin s’attaquent au pétrodollar par l’entremise de l’or ou du pétroyuan. Le Kremlin accélère encore le rythme frénétique de ses achats de métal précieux en attendant de se ruer sur le yuan quand celui-ci sera enfin pleinement convertible. En outre, les banques russes se rallient à l’alternative chinoise au système Swift, sis à Bruxelles et toujours susceptible d’être à la merci du délire de sanctionnite aigüe qui plane sur Washington.

Sans surprise, la Russie et la Chine, « plus alignées que jamais dans leur histoire » (dixit le Deep State), représentent la plus grande menace existentielle qui soit pour le système impérial US.

Nos Chroniques ont, à de multiples reprises, insisté sur le changement tectonique que nous sommes en train de vivre, et que Lavrov a imperturbablement résumé il y a quelques jours : « C’est la fin de 500 ans de domination occidentale sur le monde ». Et le facétieux Sergueï d’ajouter : « On comprend que cela soit douloureux pour nos partenaires occidentaux… »

D’autant que dragon et ours entraînent joyeusement à leur suite le nouveau monde multipolaire qui se met en place, et notamment ces deux joyaux de la couronne que sont l’Inde et l’Iran. A eux quatre – mais encore faut-il que les conflits anciens et tenaces de cette partie du monde soient réglés -, ils formeront le quadrige de l’Eurasie qui mettra à mort l’empire maritime américain.

La puissance économique chinoise est même en train de débaucher les euronouilles, vassales depuis toujours de Washington. Nous avons vu récemment que l’Italie entre dans la danse des Nouvelles routes de la Soie, ce qui a provoqué quelques cris d’orfraie en provenance de Berlin, Paris et Bruxelles. Loin d’être opposés par principe au projet pharaonique du dragon, les eurocrates réclament en fait tout simplement leur place à la table du banquet. Tonton Sam en a les dents qui grincent…

Point très combien intéressant, les routes de la Soie s’étendront à la Crimée, dans un clair message de soutien à Moscou et de défi envers Washington et Kiev. On imagine la rage de Poroclown, qui a tout de même réussi à se qualifier de justesse pour le second tour de la présidentielle malgré nos prévisions et la contestation des résultats par Timochenko. A moins d’un miracle fortement aidé par les officines US (comme au bon vieux temps d’Eltsine), le roi du chocolat ne sera de toute façon pas réélu, en dépit de ses appels du pied quelque peu lourdauds à l’establishment impérial, comme la décision de renommer une rue de la capitale pour honorer McCainistan.

Terminons par une région dont on parle peu mais qui, elle aussi, sourit au dragon : l’Arctique. Le réchauffement climatique permet peu à peu d’y dégager la route du grand Nord, qui verra bientôt les navires chinois naviguer pour contourner les points chauds de l’océan mondial (détroit de Malacca) que tente de contrôler la marine américaine. Pour Pékin, une excellente nouvelle stratégique de plus…

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Chers amis,

encore une fois, permettez-moi de renouveler mes plus sincères remerciements pour votre généreuse participation à la cagnotte et les innombrables messages très touchants qui ont accompagné les dons. Comprenant votre réticence à passer par Leetchi, j’ai clôturée celle-ci bien plus tôt que prévu (la somme était de toute façon déjà fort rondelette) pour en rouvrir une autre plus acceptable. Cette dernière restera à disposition pendant longtemps, sans échéance spécifique ni pression d’aucune sorte, simple réceptacle de vos futures contributions si vous le souhaitez.

Merci encore de votre confiance et de votre gentillesse.

OG

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/04/le-retour-du-dragon.html