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Le Format Normandie : une impasse ou une escroquerie ? par Karine Bechet-Golovko

Le Format Normandie : une impasse ou une escroquerie ? par Karine Bechet-Golovko

samedi 16 novembre 2019, par Comité Valmy

L’on vient d’apprendre que suite à une conversation téléphonique entre Macron et Zelensky, le Format Normandie devrait se réunir à Paris le 9 décembre. L’Allemagne a confirmé, la Russie n’a pas encore officiellement réagi à ce moment. Il est vrai que la question centrale n’est pas résolue : le Donbass doit-il être ukrainien ou russe, car il ne peut être viable de manière autonome ? Se rendre à Paris avant d’avoir clairement pris position sur cette question, dans le meilleur des cas ne sert à rien, dans le pire des cas peut avoir des conséquences fâcheuses, et pour le Donbass, et pour la Russie. Car derrière le Donbass, l’enjeu est le retour de la Crimée et donc une blessure politique profonde de la Russie.

Après un coup de téléphone de Macron à Zelensky, rappelant l’aide inconditionnelle de la France à l’Ukraine (dans son combat démocratique contre l’assaillant russe – traduction de l’auteur), la date du 9 décembre a été avancée pour la réunion du Format Normandie, puisque, selon l’Elysée, des avancées ont eu lieu concernant le Donbass.

Certes, après plusieurs tentatives infructueuses, dans deux zones de combat, les forces armées ont été, de part et d’autre, retirées à distance respectueuse. Mais l’armée ukrainienne a intensifié son attaque sur le reste du front, par exemple le 13 novembre, le village de Troudovsky aux alentours de Donetsk, a été attaqué notamment au lance-grenade, faisant un blessé civil. L’armée continue ailleurs à utiliser aussi le lance-mortier contre les habitations, voir le texte ici de Donbass Insider. Il serait donc abusif de dire que les armes se taisent et que militairement le conflit est épuisé.

De toute manière, tant qu’un conflit militaire n’est pas épuisé, il est inutile de chercher une solution politique. La solution politique résulte du rapport des forces en jeu et celui-ci n’est pas encore stabilisé. En ce sens, la réunion du Format Normandie est une impasse.

Mais par ailleurs, ce Format Normandie peut aussi être une escroquerie. Car si des forces politiques en Russie ne sont pas prêtes à appliquer le scénario criméen à cette région, laisser le Donbass dans le cadre ukrainien ne peut comporter aucune garantie pour les populations pro-russes locales, largement majoritaires. Toutes les pseudo-garanties juridiques promises pour reprendre par le jeu politique une région qui commence à peser lourd dans le jeu international ne sont que temporaires et peuvent toujours être remises en cause. Ce que le droit fait, le droit peut le défaire.

Stratégiquement, la Russie ici ne peut pas recourir au compromis. Laisser le Donbass en Ukraine, sans que la situation politique ait changée à Kiev, c’est condamner le Donbass à subir la propagande anti-russe comme à Odessa ou à Kharkov. Les conseillers de Zelensky insistent sur le « retour mental du Donbass« , c’est-à-dire l’intégration des populations du Donbass dans l’idéologie post-Maïdan.

Sachant que, pour les stratèges atlantistes qui guident l’action de Kiev, le Donbass n’est que le premier pas. Le but est la Crimée. Pas tant pour la Crimée, que contre la Russie. La politique de recherche constante du compromis développée par la Russie ces derniers temps est perçue comme un signe de faiblesse en Occident, comme signe de rejet du conflit direct. Or, mieux vaut ne pas entrer dans un rapport de forces que d’abandonner en cours de route. En récupérant la Crimée, en facilitant la distribution des passeports russes dans le Donbass, en systématisant l’aide humanitaire, la Russie a joué un jeu donnant aux populations locales des espoirs. Sur la scène internationale, son action est perçue comme une entrave au jeu atlantiste dans la région. Se retirer maintenant aurait des conséquences politiques d’une importance non négligeables, notamment dans le jeu politique intérieur russe, déjà perturbé avant les prochaines élections présidentielles.

Il est évident que les autres parties du Format Normandie, la France et l’Allemagne, exercent une pression sans précédent sur la Russie pour lui forcer la main. C’est un tournant qui va être très significatif. Pas tant pour le Donbass, que pour a Russie elle-même. Ce qui intéresse finalement le clan atlantiste, dont Macron est aujourd’hui le héraut.

Karine Bechet-Golovko
17 novembre 2019
Russie Politics

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11550

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Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

15 nov. 2019, 16:24

Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

© Mikhail Palinchak Source: SputnikLa dernière réunion au Format Normandie a eu lieu à Berlin, en octobre 2016 (image d’illustration).

Selon l’Elysée, une réunion au «format Normandie» se tiendra le 9 décembre à Paris. Ce sommet «permettra d’ouvrir une nouvelle séquence de mise en œuvre des accords de Minsk», d’après la présidence française.

Une première depuis 2016 : une réunion au «format Normandie», réunissant la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine aura lieu le 9 décembre prochain à Paris. Selon un communiqué de l’Elysée, cité par Reuters, ce sommet «se tiendra alors que des avancées majeures sont intervenues depuis l’été dans les négociations, qui ont notamment permis le désengagement des troupes dans plusieurs zones de tension, et permettra d’ouvrir une nouvelle séquence de mise en œuvre des accords de Minsk». 

Depuis l’été, les déclarations en faveur d’une réunion quadripartite s’étaient multipliées. Le 7 août, le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, avaient annoncé leur volonté d’organiser une réunion selon ce format lors d’un entretien téléphonique. Emmanuel Macron avait, dans la foulée, apporté son soutien à l’initiative. Lors du sommet du G7 à Biarritz, le 26 août, le président français avait estimé que les conditions étaient réunies pour que la réunion ait lieu dans les prochaines semaines en France. 

La date du sommet a par la suite tardé à être fixée, notamment en raison du report, à plusieurs reprises, du processus de séparation des forces dans le Donbass, établi comme l’une des conditions nécessaires à l’organisation de cette réunion. Le 9 novembre, le retrait des troupes de l’Ukraine et des insurgés avait finalement commencé, ouvrant la voie à la décision rendue publique ce 15 novembre. 

Lire aussi : Poutine salue les avancées dans le Donbass et veut une prorogation de la loi sur son statut spécial

International

https://francais.rt.com/international/67899-sommet-format-normandie-aura-lieu-9-decembre?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

RÉFÉRENDUMS DU DONBASS – UNE RÉPONSE À LA MONTÉE DU NÉO-NAZISME

RÉFÉRENDUMS DU DONBASS – UNE RÉPONSE À LA MONTÉE DU NÉO-NAZISME

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15.05.2019

Les référendums de 2014 sur la création des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD, RPL) ont eu lieu en réponse à l’agression, a déclaré aux journalistes l’envoyé russe au sein du Groupe de contact pour le règlement de la situation dans l’est de l’Ukraine, Boris Gryzlov, commentant le cinquième anniversaire des référendums.

« Les référendums de Donetsk et de Lougansk ont eu lieu en réaction à un coup d’État armé, à la montée du néo-nazisme, aux assassinats de ceux qui s’opposaient aux autorités de Kiev et au lancement d’une opération de représailles », a-t-il déclaré. « C’était la réponse du peuple aux violations flagrantes de ses droits et aux menaces qui pesaient sur leurs vies », a ajouté Gryzlov.

Il a souligné que « les évolutions ultérieures de la situation en Ukraine ont prouvé que les habitants du Donbass avaient toutes les raisons de prendre une telle décision » parce que « les va-t-en-guerre de Kiev ne leur avaient laissé d’autre choix que de réclamer leur indépendance et de se défendre ». « Tout ce que Donbass a reçu de Kiev, c’est une agression et un blocus. Tout ce que le Donbass a entendu de Kiev, ce sont des menaces et des demandes de reddition », a noté l’envoyé russe.

Il a souligné que « Donetsk et Lougansk ne se rendront pas, c’est impossible ». « Ce n’est pas pour cela que les habitants de la RPD et de la RPL ont protégé leur droit à la vie, leur droit à un avenir décent, à parler leur langue et à préserver leur mémoire historique », a déclaré M. Gryzlov.

Dialogue direct

Selon l’envoyé russe, « la résolution du conflit ukrainien et l’amélioration des relations entre le Donbass et Kiev nécessitent un dialogue direct ». « Plus vite les autorités de Kiev s’en rendront compte, mieux ce sera », a-t-il ajouté.

« Les résultats de l’élection présidentielle ukrainienne montrent l’échec des va-t-en-guerre de Kiev et ouvrent la voie au dialogue et nous sommes prêts à faciliter le processus à travers la mise en œuvre les accords de Minsk », a-t-il noté, ajoutant que « bientôt nous allons voir ce que valent les promesses de paix et de dialogue qui ont été tenues durant la campagne électorale ».

Fondement juridique

M. Gryzlov a ajouté que « les autorités de la RPD et de la RPL agissent sur la base des décisions prises lors des référendums de 2014 ». Selon lui, elles ont fait beaucoup pour assurer la sécurité, créer des conditions favorables aux entreprises, soutenir les systèmes de santé et d’éducation.

Il a noté que les Accords de Minsk, les décisions prises par le Format Normandie et les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies consacraient la nécessité d’accorder un statut spécial à certaines zones des régions de Donetsk et Lougansk. Gryzlov a souligné que « les autorités ukrainiennes ont signé et accepté tous ces documents ».

« En fait, c’est basé sur la volonté du peuple du Donbass, exprimée lors des référendums du 11 mai 2014 », a conclu l’envoyé russe.

Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

Source : Reseau International

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Les cris d’orfraie de Porochenko sur un «couloir de Crimée» préparent le terrain à une attaque sous faux drapeau

Les cris d’orfraie de Porochenko sur un «couloir de Crimée» préparent le terrain à une attaque sous faux drapeau


Par Andrew Korybko –  Le 10 décembre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoPorochenko, le président ukrainien, sonne une nouvelle fois l’alarme sur une invasion russe, après avoir propagé des infox sur un soi-disant projet de « couloir de Crimée » à Moscou.

Le dirigeant ukrainien a déclaré que son ennemi juré de l’Est projetait de s’emparer des villes côtières de Marioupol et de Berdiansk, toutes deux sur la mer d’Azov, afin de relier le Donbass à la péninsule de Crimée, chose qualifiée par Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, de « totalement absurde, une nouvelle tentative d’attiser les tensions ». Ce dernier a ajouté que ces propos pouvaient être influencés par l’approche des élections présidentielles en Ukraine, prévues au printemps prochain. Mais toute rhétorique mise à part, la Russie n’a aucune raison objective de créer un tel « couloir », puisqu’elle a déjà construit et mis en service le pont de Crimée sur le détroit de Kertch, qui assure ses accès directs au territoire réunifié.

Le président ukrainien Porochenko, lors de l’inauguration d’une nouvelle église indépendante à Kiev

Le Donbass n’est reconnu par la Russie que comme région rebelle d’Ukraine, et les zones qui le séparent de la Crimée ne sont même pas parties dans la guerre civile ukrainienne. Peut-être que certains démagogues dans les médias et/ou certains rebelles du Donbass ont essayé de se faire mousser en lançant une telle idée, mais cela n’en fait pas une option sérieuse pour la Russie : cela impliquerait une intervention militaire sur le territoire de l’Ukraine, ainsi que l’annexion de ces zones, choses que Moscou n’a jamais pratiquées dans l’histoire, et n’a aucune intention de se mettre à pratiquer. L’incident récent dans le détroit de Kertch a prouvé que la Russie pouvait neutraliser toute menace navale aux abords et au sein de la mer d’Azov, et la Russie n’a aucune raison militaire de vouloir s’emparer de ces villes côtières ukrainiennes.

Ce qui semble plutôt se distinguer de tout ceci est un pré-conditionnement par Porochenko du public occidental à s’attendre à des mouvements rebelles dans la zone, ce qui pourrait bien indiquer la préparation de provocations militaires par l’Ukraine avant les élections, aux fins de générer une réponse qui pourra, une fois décontextualisée, déformée et sur-amplifiée entrer dans le cadre que souhaite donner aux événements M. Porochenko. C’est bien cela qui peut expliquer les déclarations ridicules du dirigeant ukrainien, qui dénonce la présence de 80 000 soldats russes et de 900 chars d’assaut sur son propre territoire et à proximité de celui-ci ; ces déclarations soutiennent grossièrement le prétexte « publiquement plausible » sur la scène intérieure ukrainienne, visant à instaurer la loi martiale, à appeler les soldats de réserve, et pourquoi pas à se préparer pour le scénario d’attaque sous faux drapeau énoncé ci-avant.

Le « couloir de Crimée » constitue une pure invention, mais c’est le jeu des intérêts politiques intérieurs de Porochenko de faire semblant d’y croire ; s’il parvient ne serait-ce qu’en partie à manipuler les perceptions internationales autour de cette fable, peut-être en y ajoutant des provocations à destination des rebelles, il pourrait en retirer de grands bénéfices stratégiques, en se positionnant comme seul dirigeant ukrainien en mesure de défendre son pays de la soi-disant « agression russe ». On pourrait voir une intensification de l’assistance de l’OTAN, et l’approbation tacite par l’Occident d’un trucage du scrutin à venir, ou d’un report de celui-ci aux calendes grecques, pour cause de « période de guerre ». Tout ceci est extrêmement dangereux, car comme le rappelle le livre, « Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 7 décembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-cris-dorfraie-de-porochenko-sur-un-couloir-de-crimee-preparent-le-terrain-a-une-attaque-sous-faux-drapeau

 

Quel avenir pour le Donbass après l’assassinat du Président Alexandre Zakhartchenko

Quel avenir pour le Donbass après l’assassinat du Président Alexandre Zakhartchenko

Le 18 septembre 2018, le Ministère des affaires étrangères de la DNR a publié le communiqué suivant :
“Les organes d’enquête de la République Populaire de Donetsk ont établi que l’assassinat du President de la République Populaire de Donetsk, Alexander Zakharchenko, avait été organisé avec la participation du 5eme département de contre-espionnage du Service de Sécurité de l’Ukraine.
Les aveux d’un agent capturé du Service de Sécurité Ukrainien prouvent que le dispositif explosif a été installé sur ordre des autorités de Kiev.
Les résultats de l’analyse des restes de l’engin explosif ont été révélés l’utilisation de technologies de pointe que l’Ukraine ne possède pas, ce qui indique la participation des services spéciaux occidentaux à la préparation de l’assassinat.
Il convient de noter que ce n’est pas seulement le Président de la République qui a été tué mais aussi le signataire des accords de Minsk visant à résoudre le conflit dans le Donbass.
Nous condamnons ces agissements de l’Ukraine et exhortons la communauté internationale à influencer les autorités de Kiev afin que de tels précédents ne se produisent plus.”
Ce communiqué est un bilan des investigations qui ont été menées par les services de sécurité de la DNR aidés par le FSB russe. A Kiev comme en Occident, les théories du complot  ont été mises en avant par les autorités et les médias, évoquant un règlement de compte interne ou l’élimination du Président par les services secrets russes.
Avant de tenter une prospective, quelques remarques liminaires s’imposent.
– L’assassinat du Président Zakhartchenko s’inscrit dans une double série. Celle des meurtres des chefs de guerre de la DNR et celle des attentats manqués contre Zakhartchenko.
– Les deux précédents assassinats ont concerné les fameux chefs de guerre “Motorola” et “Givi”. L’élimination du chef du renseignement militaire ukrainien en juin 2017 en guise de représailles avait, croyait-on, calmé les ardeurs meurtrières de Kiev.
– En fait l’élimination du chef de la DNR est restée un objectif principal des services secrets ukrainiens. L’enquête de la DNR a d’ailleurs révélé l’existence d’un agent du SBU (service secret ukrainien) membre d’une des deux équipes envoyées à Donetsk et capturé en 2017 (ses aveux sont ici).
Quelles prospectives ?
– L’assassinat n’est pas lié à l’élection présidentielle ukrainienne qui aura lieu dans 6 mois. Porochenko n’en retirera aucun bénéfice. Il est sans doute un assassinat d’opportunité. Notons le manque de professionnalisme du service de sécurité du Président Zakhartchenko qui confirme que les services de sécurité russe ne s’occupaient pas de la protection du Président.
– L’un des motifs de Kiev pourrait avoir été la déstabilisation de la République, mais la réaction de la population a, au contraire, démontrée une unité incontestable de cette dernière autour de son chef.
– Le relève semble assurée avec Denis Pouchiline qui est partisan d’une ligne dure avec Kiev.
– L’exemple de Plotnitski à Lougansk montre que si Moscou n’est pas satisfait par un leader local, il lui suffit de lui demander de partir sans avoir besoin de l’assassiner.
– La sortie des accords de Minsk semble être le véritable motif de Kiev. Ces accords sont considérés par Kiev depuis le début, comme une défaite, car ils rendent inopérante la “solution croate”, rêvée par les dirigeants et les nazis ukrainiens. Le statut d’autonomie du Donbass sera le signal pour le reste de l’Ukraine d’une large fédéralisation ou confédéralisation.
– Kiev veut donc sortir de ces accords, sans que la faute puisse lui en être attribuée et espérait sans doute que cet assassinat provoquerait une réaction militaire de la DNR, qui justifierait l’abandon des accords de Minsk. C’est pour cela que, le jour même de l’attentat, le représentant russe à l’ONU annonçait la poursuite des accords de Minsk.
– L’offensive redoutée par la DNR ne s’est évidemment pas produite non plus, car l’armée ukrainienne est inopérante. En outre l’automne est là désormais avec les pluies à venir qui rendront le terrain impraticable jusqu’en décembre ou même janvier.
En conclusion :
Le Donbass libéré continue sa réintégration dans l’espace économique russe sur le modèle ossète ou abkhaze. Le temps joue pour la Russie et contre les occidentaux qui doivent supporter seuls le poids du boulet économique ukrainien. Trois événements seront très importants pour l’avenir de l’Ukraine : les “midterms” américaines du mois de novembre 2018, les élections présidentielles à Kiev en mars 2019 et les législatives en fin d’année.
La mort d’Alexandre Zakhartchenko prive la DNR d’un chef très populaire mais n’a pas affaibli la combativité de la République. Elle n’aura aucune conséquence sur la violence du choc qui frappera l’Ukraine lorsque cette dernière percutera “le mur de 2019”.

La «guerre sourde» entre Kiev et le Donbass va continuer, pour l’instant sans s’intensifier

La «guerre sourde» entre Kiev et le Donbass va continuer, pour l’instant sans s’intensifier


Par Andrew Korybko – Le 11 septembre 2018 – Source orientalreview.org

Andrew Korybko
Andrew Korybko

Le temps écoulé depuis l’assassinat d’Alexandre Zakharchenko nous le révèle : cet événement n’a pas déclenché la relance des hostilités conventionnelles entre Kiev et les Républiques du Donbass que certains avaient craint sur le moment ; ce qui bien sûr, ne signifie pas que les commanditaires de ce crime ne l’aient pas souhaité.

Petro Porochenko

On peut reconnaître aux autorités de Donetsk d’avoir gardé la tête froide et d’avoir pratiqué la retenue, de par leur choix de n’avoir pas pris de mesures de réplique envers Kiev, à qui la majorité des observateurs imputent le crime, non sans l’aide de Washington. Cela ne signifie pas qu’aucune réponse n’est à attendre, mais plutôt que celle-ci relèvera sans doute encore à ce stade du registre de la « guerre sourde ».

Autre point à garder à l’esprit, l’assassinat a été pensé pour maintenir une atmosphère de peur et de suspicion dans les rangs des rebelles, et pour porter un coup à la foi que la population a dans les autorités. Dontesk s’est retrouvée forcée à connaître une transition soudaine dans son gouvernement, et ce dans la situation la plus difficile, et il reviendra aux nouvelles autorités de stabiliser la situation sur le front local avant de pouvoir envisager une quelconque réponse conventionnelle, comme le redémarrage d’un conflit à grande échelle contre Kiev. Les armées rebelles ont conservé leur état de vigilance malgré la crise politique qui a secoué leur république auto-proclamée, ce qui a empêché le gouvernement central de tirer parti militairement de la situation ; ce n’est pas à cela que Kiev s’attendait.

Le calendrier marqué par l’assassinat de Zakharchenko mérite également que l’on s’y attarde : l’événement coïncide avec la prochaine cérémonie d’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU ce mois-ci, dans laquelle Porochenko pourrait faire usage de son pupitre pour tâcher de rallier l’Occident contre la Russie et les rebelles. Cela constitue une raison supplémentaire pour laquelle une réponse conventionnelle à cet assassinat serait soumise à une surveillance accrue, elle se verrait dénommée « agression » et exploitée pour modeler de nouvelles sanctions, qui pourraient certes se voir promulguées sous n’importe quel autre prétexte relevant de la guerre de l’information, mais pour lesquelles la Russie préfère rester aussi éloignée que possible de la guerre civile ukrainienne, au moment où elle commence timidement son rapprochement avec la France et l’Allemagne, ses partenaires de l’accord de Minsk.

De fait, il se pourrait même que la Russie fasse usage de ses canaux de communication avec les rebelles du Donbass pour les inciter à retenir toute réaction militaire imprudente en réponse à la provocation terroriste, comprenant bien que toute réponse conventionnelle dans les circonstances présentes (c’est le mot clé) ne ferait qu’ajouter des cartes aux jeux des USA et de Kiev. Au risque de nous répéter, cette évaluation de la situation n’est pas du tout à considérer comme gravée dans le marbre, il faut plutôt la prendre comme la perception qu’a la Russie de la situation internationale à ce moment précis, et que le résultat dans un futur proche en sera probablement une poursuite de la « guerre sourde » entre Kiev et les républiques du Donbass, et pas une intensification de ce conflit outre mesure.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le 7 septembre 2018

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-sourde-entre-kiev-et-le-donbass-va-continuer-pour-linstant-sans-sintensifier

 

L’implication des forces de l’OTAN dans la guerre du Donbass: Opération UNIFIER

vendredi 27 avril 2018

L’implication des forces de l’OTAN dans la guerre du Donbass: Opération UNIFIER

Il est courant d’entendre parler de l’aide apportée par les pays de l’OTAN à l’armée ukrainienne, bien que l’Ukraine ne fasse pas partie de l’OTAN, bien qu’elle ait un conflit ouvert sur son territoire. Une aide en fournitures, vêtements, formation. Mais l’armée de DNR vient d’accuser les formateurs de l’OTAN d’avoir participé au tir à l’artillerie sur la ville de Yacinovataya. Il semblerait que beaucoup de lignes rouges soient franchies ces derniers temps …

Selon la Convention sur le Statut de l’OTAN, cette organisation bénéficie d’avantages impressionnants. Inviolabilité des locaux et des correspondances, ainsi que de tout document. Immunité des personnes, mais également des experts qui travaillent ponctuellement auprès de l’OTAN sur des missions concrètes. Interdiction de contrôle ou de réglementation concernant les fonds de l’organisation et leur circulation à l’intérieur des pays de l’OTAN. Exonération d’impôts, de taxes et de droits de douanes sur ces avoirs et revenus, également fonciers. Bref, l’OTAN est une entreprise qui marche, qui veut être un Etat dans l’Etat, avec ses règles qui ne peuvent relever de la juridiction nationale. Une super-structure qui suit ses règles et ses intérêts.

C’est alors que l’on apprend qu’avec d’autres pays de l’OTAN, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne par exemple, le Canada est très actif en Ukraine. Dans le cadre d’un programme lancé après le Maïdan, qui s’appelle Opération UNIFIER:
L’opération UNIFIER constitue la mission des Forces armées canadiennes (FAC) visant à soutenir les forces armées ukrainiennes en Ukraine. Cette opération vise principalement à leur offrir de l’aide en matière d’instruction militaire. Cela les aidera à améliorer et à établir leur capacité militaire. Les FAC coordonnent leur instruction avec celle offerte par les États‑Unis et par d’autres pays qui aident de la même façon. L’instruction militaire s’inscrit dans le soutien global du Canada à l’Ukraine. (…) L’intention est d’aider l’Ukraine à demeurer souverain, sécuritaire et stable.
L’implication politique n’est pas cachée. Et sur Twitter, ces forces canadiennes sont très fières et très actives. L’on trouve ainsi le compte du Lieutenant-Colonel Fraser Auld. Cet individu a un parcours intéressant:

His extra-Regimental postings have included tank and recce Tactics Instructor at the Armour School, Task Force Kandahar Tactical Plans Officer in Afghanistan, Base Operations Officer in Petawawa, Executive Assistant to the Deputy Commanding General of the NATO Training Mission in Afghanistan, and Director of Army Staff 2 at Canadian Army Headquarters.

Lieutenant-Colonel Auld has deployed on four operational tours: in 2001 as a Reconnaissance Troop Leader in Bosnia-Herzegovina; in 2005 as the Second-in-Command of the Reconnaissance Squadron assigned to NATO’s Kabul Multi-National Brigade; in 2008-09 with Task Force Kandahar; and, in 2012-13 with the NATO Training Mission in Afghanistan.


Sur son compte twitter, l’on trouve beaucoup d’informations. Ainsi, ces officiers canadiens participent à la mise aux normes de l’OTAN des champs de tirs. Pour un pays, je le rappelle qui ne fait pas partie de l’OTAN et a un conflit ouvert sur son territoire:

Notre équipe travaillait pour s’assurer que les champs de tirs étaient sûres, avaient du succès et étaient au standards de pour les forces armées d’Ukraine. En commençant avec les compétences de base, nous nous assurons que les manœuvres complexes se dérouleront bien.
Exemple parmi d’autres. Mais qui prend un relief particulier, lorsque l’on apprend que lors de manœuvres encadrées par des officiers de l’OTAN, des tirs d’artillerie ont touché la ville de Yacinovataya. Edouard Bassourine, vice-commandant des forces militaires de DNR, a accusé les forces de l’OTAN d’avoir utilisé l’artillerie de calibre 120 et 82 mm contre le village lors de la formation au tirs des soldats ukrainiens sur du matériel de tir AN/TPQ fourni par les Etats-Unis. Par ailleurs, ces complexes d’artilleries sont déjà installés non loin de Donetsk, sur les toits de plusieurs immeubles (civils) dans la petite ville de Avdeevka.
Est-ce la manière dont le Canada envisage la protection de la souveraineté ukrainienne?
 
Nous sommes assez loin des normes éthiques, morales, de la défense des valeurs démocratiques qui sont censées être les valeurs fondatrices de l’OTAN, cette volonté soi-disant marquée – tout au moins affichée – de privilégier le règlement pacifique des conflit.
 
La voie démocratique de l’Ukraine passe-t-elle par les tirs d’artillerie coordonnés par les soldats de l’OTAN contre les villes du Donbass?

3 commentaires:

  1. De toutes façons les multinationales ont, par définition, des conseils d’administration cosmopolites, des USA, Canada, … , les militaires de l’OTAN et occidentaux sont devenus mercenaires. L’argent est roi de ce monde, « on paye donc vous devez être d’accord avec nous »
    https://fr.sputniknews.com/international/201804271036122252-onu-washington-soutien/

    Répondre

  2. J’espère que la Russie a un oeil sur le Donbass. La prochaine provocation viendra probablement de là. Ce sont des minables capables du pire. L’affaire Krispal, le soit disant emploi d’armes chimiques en Syrie, montrent qu’il leur suffit seulement d’un gros mensonge pour déclencher les hostilités.

    Répondre

  3. J’avoue être halluciné par l’ampleur et le rythme des mensonges occidentaux, malaxés par des organes de presse appartenant à des groupes d’intérêt privés, que tant de gens avalent indistinctement par leur poste de télévision…
    Je souhaite aux peuples non alignés (sur les USA ou la finance) d’être vigilants et solidaires !

    http://russiepolitics.blogspot.fr/2018/04/limplication-des-forces-de-lotan-dans.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+RussiePolitics+(Russie+politics)