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L’Italie saisit 14 tonnes d’amphétamines produites par l’État islamique

 International

L’Italie saisit 14 tonnes d’amphétamines produites par l’État islamique

La drogue avait été cachée avec des cylindres de papier, dans trois conteneurs. C’est en produisant de la drogue que l’État islamique se finance.

Source AFPModifié le 01/07/2020 à 12:03 – Publié le 01/07/2020 à 10:38 | Le Point.fr

Une photo de la saisie, emise par la Guardia di Finanza, le 1er juillet 2020.
Une photo de la saisie, émise par la Guardia di Finanza, le 1er juillet 2020. © HANDOUT / Guardia di Finanza press office / AFP

84 millions de comprimés de captagon formant un butin de 14 tonnes d’amphétamines : c’est la saisie record qu’a annoncée mercredi 1er juillet la police italienne. Cette prise a été réalisée dans le port de Salerme, au sud de Naples. Les marchandises, fabriquées par l’organisation terroriste État islamique en Syrie, ont une valeur marchande d’un milliard d’euros sur le marché. La police italienne évoque « la plus grande saisie d’amphétamines au niveau mondial ».

« Drogue du djihad »

Selon l’enquête chapeautée par le parquet de Naples, la drogue se trouvait dans trois conteneurs suspects, contenant des cylindres de papier à usage industriel et des roues métalliques. Ces cylindres de papier en multicouches, d’environ 2 mètres de haut et d’un diamètre de 1,40 m (probablement fabriqués en Allemagne), permettaient chacun de dissimuler environ 350 kg de comprimés placés dans les couches intérieures sans pouvoir être détectés par un scanner. Les énormes roues métalliques découpées par les experts étaient également remplies de pilules.Publicité – RED by SFRPromo forfait : 60Go 13€/MoisProfitez d’un max de data à petit prix avec RED. Forfait sans engagement Appels/SMS/MMS illimitésclosevolume_off

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Les comprimés étaient estampillés avec le symbole « captagon », un médicament classé comme produit stupéfiant, connu aussi sous l’appellation « drogue du djihad », précisent les enquêteurs. « On sait que l’État islamique finance ses propres activités terroristes surtout par le trafic de drogue synthétique produite en Syrie, qui, pour cette raison, est devenue ces dernières années le premier producteur mondial d’amphétamines », souligne le communiqué de la police.

Une autre saisie d’amphétamines

Il y a deux semaines, la même unité d’enquête de Naples spécialisée dans le crime organisé, avait intercepté un conteneur de vêtements de contrefaçon, dissimulant 2 800 kg de haschisch et 190 kg d’amphétamines sous la forme de plus d’un million de pilules estampillées « captagon ». Les enquêteurs estiment qu’un « consortium » de groupes criminels est à la manœuvre, car les 85 millions de comprimés peuvent satisfaire un marché de taille européenne. Selon une hypothèse, il pourrait s’agir d’un « cartel » de clans de la Camorra (mafia napolitaine).

Le confinement dû à l’épidémie du coronavirus a sans aucun doute bloqué la production et la distribution de drogues de synthèse en Europe. Dès lors, de nombreux trafiquants se seraient tournés vers la Syrie pour se réapprovisionner. La police italienne souligne que le captagon, vendu dans tout le Moyen-Orient, « est très répandu chez les combattants pour inhiber la peur et la douleur ». Produite initialement au Liban et diffusée en Arabie saoudite dans les années 1990, cette drogue s’est retrouvée dans les planques de terroristes, comme ceux responsables des attentats parisiens de 2015 notamment dans la salle de concerts du Bataclan.

https://www.lepoint.fr/monde/l-italie-saisit-14-tonnes-d-amphetamines-produites-par-l-etat-islamique-01-07-2020-2382572_24.php

Une légalisation de l’opium au Mexique serait une grave menace de guerre hybride sur les USA

Une légalisation de l’opium au Mexique serait une grave menace de guerre hybride sur les USA


Par Andrew Korybko – Le 18 octobre 2018 – Source orientalreview.org

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La proposition du ministre mexicain de la Défense en poste, qui consisterait à légaliser l’opium à usage thérapeutique, aurait des conséquences importantes aux USA, si elle était retenue par le gouvernement qui va bientôt prendre ses fonctions au Mexique.

La guerre de la drogue au Mexique

Cette soi-disant « solution » fait l’objet de débats depuis longtemps, et est considérée par certains acteurs comme une approche pragmatique, qui viendrait quelque peu tarir le bain de sang que le pays a connu dans la dernière décennie dans sa guerre de la drogue – on compte plus de 200 000 morts depuis ses débuts en 2006. Le concept en est plutôt simple : il s’agirait, pour les planteurs d’opium mexicains, qui ont fait du Mexique le troisième producteur mondial de cette drogue, de vendre leurs récoltes à des entités approuvées par le gouvernement, pour que la drogue soit exploitée à des fins de recherche scientifique et thérapeutiques au lieu du circuit actuel des cartels ; cela supposerait que le gouvernement protège les producteurs et leurs cultures. Voilà qui est beaucoup plus facile à énoncer qu’à réaliser : les services de sécurité sont connus pour subir des infiltrations en profondeur de la part des cartels, et nombreux sont les citoyens à craindre ce qui pourrait leur arriver dès lors que les forces en présence constateront qu’ils ont choisi de collaborer avec le gouvernement.

Il serait dès lors probable que le Mexique doive en passer par la proposition déjà émise par Andres Manuel Lopez Obrador (bien connu sous ses initiales, AMLO), prochain président, qui établirait un cessez-le-feu avec les cartels et accorderait l’amnistie au membres non violents de ces gangs pour rétablir la stabilité du pays. Pour risquée que soit une telle politique, elle n’est pas vouée à l’échec, et son succès bénéficierait à la majorité des Mexicains ; mais cela n’implique pas que ce processus s’inscrive dans les intérêts nationaux des USA. L’Amérique est ravagée par les dommages collatéraux de l’utilisation rampante de drogues dures au sein de sa société, parmi lesquels vagues de crimes et overdoses, et la légalisation de l’opium à des fins thérapeutiques au Mexique pourrait empirer de plusieurs degrés la situation chez son voisin du nord si des mesures de sécurité aux frontières ne sont pas mises en place au préalable.

Sauf à adopter l’hypothèse très peu probable selon laquelle le Mexique réussirait à purger ses services de sécurité – ainsi que l’État dans son ensemble – de l’influence pernicieuse des cartels, le voisin du sud des USA se verrait en pratique transformé, du jour au lendemain, en menace principale en termes de guerre hybride pour l’Amérique, dès que la légalisation entrerait en vigueur. On verrait dès lors des exportations à grande échelle d’opium et d’héroïne, son produit dérivé, ravager les communautés locales aux USA encore plus que jusqu’ici, en rendant les produits moins chers et plus accessibles que jamais. De quoi faire monter le nombre d’addictions à vie, pour ne pas parler de la vague de crime que cela engendrerait. Il n’est pas possible que la légalisation de l’opium par le Mexique, quelle qu’en soit la raison, se passe bien pour la sécurité intérieure des USA, tant que le voisin du sud reste dans l’état de corruption qu’il connaît et que des contrôles stricts aux frontières ne sont pas mis en place.

De deux choses l’une, soit l’on peut s’attendre à voir les USA faire pression sur le Mexique pour que les plantations d’opium y restent illégales, soit l’Amérique va s’attacher à se protéger des conséquences catastrophiques qui l’attendent si cette décision est prise.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 12 octobre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone