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La France veut financer une centrale à charbon en Chine

Une scandaleuse initiative de l’AFD : financer une grosse centrale au charbon en Chine…

La France veut aider une centrale à charbon en Chine

Source : Mediapart, Jade Lindgaard, 22-11-2017

Au nom de la transition énergétique, l’Agence française de développement pourrait financer une centrale à charbon dans la province chinoise du Xinjiang, où sévit en outre une répression intense. Ce dossier sensible met à l’épreuve le volontarisme climatique affiché par l’Élysée.

C’était une belle amorce de discours. Lors de la COP23, le sommet sur le climat qui vient de s’achever à Bonn, Emmanuel Macron a décrit l’action pour le climat en combat contre l’injustice : « Le dérèglement climatique ajoute de la pauvreté à la pauvreté, ajoute de l’insécurité à l’insécurité. Il touche en particulier ceux qui sont déjà les plus fragiles. En cela, c’est bien l’un des combats majeurs de notre temps. »

Malgré l’affirmation de ces principes vertueux, la France envisage d’aider une centrale à charbon en Chine, dans une région soumise à un régime militaire particulièrement attentatoire aux libertés individuelles, le Xinjiang.

Mercredi 22 novembre, le Comité des États étrangers, une instance décisionnaire de l’Agence française de développement (AFD), principal organe public d’aide au développement, doit étudier un dossier sensible : un prêt de 41 millions d’euros au ministère chinois des finances, destiné à cofinancer la construction d’un système de cogénération adossé à une centrale à charbon de 660 mégawatts (MW). La cogénération est une technique permettant de récupérer la chaleur émise par la combustion du charbon, et de la réutiliser pour un autre usage. Dans ce cas précis, elle doit servir à chauffer une partie de la ville de Shihezi, au nord du Xinjiang. À hauteur de 40 %, elle doit aussi alimenter une future zone industrielle aujourd’hui en construction. Pour l’AFD, ce projet permettrait d’optimiser l’efficacité énergétique de la centrale à charbon et, donc, contribuerait au développement durable de la localité.

[…]

Officiellement, il est interdit à l’AFD de financer des centrales à charbon, à l’exception de celles incluant un dispositif opérationnel de captage et stockage de CO2 – aucun système n’a fait ses preuves à ce jour. L’approvisionnement du réseau de chauffage collectif de Shihezi est assuré par six centrales au charbon, dont cinq sont gérées par Xinjiang Tianfu Energy, la société que la France envisage d’aider. […]

La répression politique contre les Ouïghours à son plus haut

 

Suite à lire sur : Mediapart, Jade Lindgaard, 22-11-2017

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L’AFD reporte l’étude d’un gros prêt à la Chine

Source : Mediapart, Jade Lindgaard, 24-11-2017

À la suite de multiples protestations d’ONG, l’Agence française de développement a reporté d’un mois la discussion sur un prêt de 41 millions d’euros à la Chine pour aider une centrale à charbon dans la région du Xinjiang, dossier révélé par Mediapart.

L’Agence française de développement a finalement reporté l’étude d’un prêt de 41 millions d’euros à la Chine pour aider une centrale à charbon à construire un système de chauffage urbain dans la région du Xinjiang, a appris Mediapart vendredi. Ce dossier sensible, révélé par Mediapart mercredi, a suscité la colère des ONG écologistes. « À un mois du sommet Finance et climat d’Emmanuel Macron, c’est plus qu’inquiétant, a réagi Nicolas Haeringer, chargé de campagne pour 350.org, qui milite pour le désinvestissement des énergies fossiles. Il est plus que temps de faire entendre une revendication toute simple : pas un euro de plus pour les énergies du passé. »

Rémy Rioux, le directeur général de l’agence, principal organe public d’aide au développement, a reçu plus de 1 500 messages lui demandant de ne pas financer ce projet. Des centaines de comptes Twitter l’ont interpellé pendant toute la journée du 22 novembre.

Initialement prévue à l’ordre du jour du Comité des États étrangers, une instance décisionnaire de l’AFD, le 22 novembre, la discussion sur le projet a été reportée au prochain conseil d’administration, en décembre. Présidé par Laurence Tubiana, la négociatrice en chef de l’Accord de Paris sur le climat, il comprend parmi ses membres des parlementaires et le président de Coordination Sud, une ONG de développement. C’est donc dans un cercle plus ouvert et plus divers dans sa composition que devrait être débattu le projet.

Source : Mediapart, Jade Lindgaard, 24-11-2017

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L’Agence française de développement… des énergies fossiles ?

Source : Le Blog Mediapart, Nicolas Haeringer, 22-11-2017

Comme le révèle Mediapart, l’Agence française de développement s’apprête à accorder 41 millions d’euros à l’opérateur d’une méga-centrale à charbon, dans la province chinoise du Xinjiang. Une manière comme une autre d’enterrer l’objectif de l’Accord de Paris (maintenir le réchauffement climatique au plus près des 1,5°C).

Il y a dix jours, lors de la COP23, j’ai pu rencontrer Rémy Rioux, le directeur de l’Agence française de développement, ainsi que deux de ses collaborateurs, aux côtés de l’ambassadrice chargée des négociations sur le climat, Brigitte Collet.

À ma question sur la place qu’occupe la lutte contre le réchauffement climatique dans les critères que l’AFD utilise pour évaluer la pertinence des projets, la réponse fut relativement claire : l’AFD place le climat au cœur de ses préoccupations, et entend être la première agence de développement “100% compatible avec l’Accord de Paris”.
Être compatible avec l’Accord de Paris signifie – c’est ce qui m’a été dit ce jour-là – être plus ambitieux que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pays par pays (puisqu’ils nous positionnent sur la trajectoire d’un réchauffement de +3°C minimum) : il s’agit de s’inscrire dans une démarche de transition à long terme.

Lorsque j’ai posé la question des infrastructures fossiles, la réponse fut là aussi très claire : l’AFD ne “finance plus aucun projet charbon”. Elle considère en revanche le gaz comme une énergie de transition – dans des contextes particuliers toutefois. Ainsi m’a-t-on clairement signifié que jamais l’AFD ne financerait de projet gazier en Chine – mais que dans un pays tel que le Mali, la question pouvait se poser.

10 jours après, Mediapart révèle que l’AFD discute en ce moment même de la possibilité d’accorder un prêt souverain de 41 millions d’euros à la Chine, pour venir appuyer l’opérateur (privé) d’une méga-centrale à charbon dans le Xinjiang.

“100% compatible avec l’Accord de Paris” : “c’est notre nouveau slogan” expliquait alors Rémy Rioux. Et 10 jours après, cet engagement apparaît bel et bien comme un slogan – creux, comme à chaque fois que les slogans ne s’accompagnent d’aucune règle claire.

Rappelons au passage que l’agence chinoise de développement est l’agence de développement la plus riche au monde – appuyer le développement d’un projet charbonnier en Chine est donc très loin d’être une priorité…

À un mois du sommet Finance et climat d’Emmanuel Macron, c’est plus qu’inquiétant – mais guère surprenant.

Il est donc plus que temps de faire entendre une revendication toute simple : pas un euro de plus pour les énergies du passé.

Aujourd’hui, faire entendre cette revendication passe par une action simple elle aussi (à l’origine de laquelle sont 350.org et Oxfam France) : écrire à Rémy Rioux, pour lui dire qu’il est inacceptable que l’Agence française de développement finance des projets charbonniers, gaziers ou pétroliers.

Source : Le Blog Mediapart, Nicolas Haeringer, 22-11-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

29 réponses à La France veut financer une centrale à charbon en Chine

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Ennuyeux. La climatologue Valérie Masson-Delmotte soutient l’Expo universelle et l’étalement urbain à Saclay

Ennuyeux. La climatologue Valérie Masson-Delmotte soutient l’Expo universelle et l’étalement urbain à Saclay

25 novembre 2017 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Le gouvernement veut organiser l’Exposition universelle en 2025. Thème « La connaissance à partager, la planète à protéger ». Lieu : le plateau de Saclay (Essonne). Problème : une centaine d’hectares de terres agricoles détruites et la stimulation de l’urbanisation. Pas bon pour le climat. Et pourtant, la climatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, soutient ce projet.

127 mètres de diamètre, le plus grand globe terrestre jamais réalisé. Inspirée d’une idée du géographe libertaire Élisée Reclus, au début du XXe siècle, cette sphère monumentale constitue « le cœur du village global ». Nous sommes en 2025, sur le plateau de Saclay, aux portes sud de la capitale. L’Exposition universelle invite ses 40 millions de visiteurs à découvrir les innovations de demain. Le thème : « La connaissance à partager, la planète à protéger. »

En ce mois de novembre 2017, le globe n’existe que sur les images de synthèse de l’agence Sensual City Studio. Après le dépôt du dossier de candidature auprès du Bureau international des expositions, le 28 septembre dernier, il faut désormais attendre le vote des 170 pays participants en novembre 2018. Mais déjà, la France aiguise ses arguments. Mère patrie de l’Accord de Paris sur le climat, elle entend faire valoir son atout vert : dix ans après la COP21, « cette Exposition universelle permettra de partager l’ensemble des solutions permettant d’atteindre les objectifs du développement durable et de tenir les engagements pris à Paris ».

« L’esplanade d’accueil » du projet d’Exposition universelle à Saclay.

Une raison de choc portée, qui plus est, par une scientifique de renom : Valérie Masson-Delmotte, vice-présidente du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). La chercheuse, rattachée au Laboratoire des sciences du climat du CEA de Saclay, s’est officiellement déclarée favorable à l’Exposition universelle dans une tribune publiée dans le journal Le Monde.

« Une opportunité de créer un événement autrement »

À Saclay, la pilule verte a du mal à passer. Car ce nouveau projet risque de remuer la pelleteuse dans la plaie des sols fertiles et menacés. Les quelque 2.600 hectares de terres agricoles du plateau ne cessent d’être grignotés par l’urbanisation : la construction d’une « Silicon Valley » à la française], regroupant des dizaines d’établissements de recherche et de l’enseignement supérieur,a déjà englouti près de 250 ha de champs.

Chercheur en pédologie à l’Inra de Grignon, Cyril Girardin se dit ainsi très « perturbé » par cette prise de position de la climatologue : « Comment des scientifiques qui témoignent de la réalité du changement climatique se retrouvent-ils à soutenir des projets démesurés et polluants ? » L’Exposition universelle pourrait bétonner une centaine d’hectares supplémentaires et générer des flux de véhicules très importants (40 millions de visiteurs attendus, dont la moitié d’étrangers). « Le bilan carbone de ce type d’événements n’est jamais bon, estime M. Girardin. Je ne comprends pas que l’on perpétue cette tradition du XIXe siècle, qui n’a plus de sens aujourd’hui au regard des enjeux climatiques. »

Pour le président de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay, Michel Bournat, le soutien de la vice-présidente du Giec constitue justement la meilleure garantie de la dimension écologique de l’Expo : « Parmi les porteurs du projet, il y a les plus grands spécialistes du développement durable, comme Valérie Masson-Delmotte. Dire que cette exposition serait nuisible pour l’environnement, c’est lui faire injure », a-t-il affirmé début novembre. Autrement dit, si l’Expo n’était pas écolo, cette écolo convaincue et reconnue ne la défendrait pas. CQFD.

« Les jardins en lisière et les guinguettes » du projet d’Exposition universelle à Saclay.

Jointe par Reporterre, l’intéressée a tenu à justifier son point de vue, tout en refusant de « servir de caution environnementale » : « On peut voir ces Expositions universelles comme des mauvaises idées du siècle précédent, concède-t-elle. Je préfère les voir comme une opportunité de créer un événement autrement, comme un catalyseur de recherches et d’innovations sociales et environnementales. »

À l’image du Train pour le climat, mis en place en amont de la COP21, elle espère que « cet événement exposera les visiteurs à des rencontres et à des échanges inédits et permettra de décloisonner et de renforcer les échanges entre les scientifiques et la société ».

« Une logique du toujours plus qui nous mène droit dans le mur ! »

Quid de la destruction de terres agricoles ? « L’urbanisation du plateau de Saclay a déjà largement eu lieu, observe-telle. Mais la loi protège la majorité de ces terres, et garantit la vocation agricole du plateau, ce qui est inédit en France. » Un décret de décembre 2013 a en effet créé une zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF) qui protège de l’artificialisation plus de 2.400 ha.

Tout est donc beau sur le plateau ? « Non, Paris-Saclay n’est pas forcément un modèle à suivre, reconnaît-elle, citant pêle-mêle les embouteillages récurrents, le manque d’infrastructures de santé et de logements, les pics d’ozone. Mais si cette Exposition universelle peut accélérer le développement de transports doux et de circuits courts, et servir à créer de nouveaux hébergements pour les étudiants (les bâtiments construits pourraient ensuite être réutilisés comme habitations), ce sera un bienfait pour le territoire ! » Autrement dit, s’il est pensé de manière « concertée et intelligente », l’événement pourrait être une réussite environnementale.

Dans une tribune publiée sur Reporterre, Marc Jachym voit au contraire dans cette Exposition « un moyen pour tenter de relancer la machine du “cluster” Paris-Saclay en déroute, et d’imposer la ligne 18 du Grand Paris, futur et puissant vecteur d’urbanisation supplémentaire ». Même son de cloche chez Claudine Parayre, du collectif Urgence Saclay : « La question n’est pas de savoir si cette Expo sera durable et verte : elle s’inscrit dans une logique du toujours plus qui nous mène droit dans le mur ! »

Pour Cyril Girardin, pas question de tergiverser : les terres de Saclay constituent un « patrimoine commun exceptionnel » qu’il s’agit de préserver. « Ces sols sont constitués d’un limon éolien extrêmement fertile, qui a mis plusieurs dizaines de milliers d’années à se fabriquer, insiste-t-il. C’est encore plus précieux qu’une forêt primaire, mais pourtant, on ne les protège pas aussi bien. »

Et de rappeler que, pour défendre la planète, le mieux est de commencer par conserver les sols. « Ce sont d’immenses réservoirs de matière organique, et donc de carbone, ils en contiennent trois fois plus que ce qu’il y a dans l’atmosphère, explique-t-il. En préservant les terres et en développant de nouvelles pratiques culturales, on pourrait compenser une grande partie des émissions de carbone. »

« Une grande partie des réponses aux défis contemporains vient d’ici »

Mais ces pratiques agronomiques innovantes ne viendront-elles pas de la recherche qui se concentrera bientôt à Saclay ? C’est ce qu’a défendu Emmanuel Macron lors de sa visite sur le plateau, le 25 octobre dernier : « Une grande partie des réponses aux défis contemporains vient d’ici », a-t-il déclaré. Onze mille enseignants-chercheurs, 76.000 étudiants, 400 brevets par an… à terme, ce « cluster » pourrait représenter entre 15 % et 20 % du potentiel de recherche français.

Un « cœur d’îlot » du projet d’Exposition universelle à Saclay.

Alarmés par l’urgence écologique qu’ils constatent dans leurs travaux, les scientifiques oscillent entre leur volonté de « profiter de tout espace » médiatique ou événementiel pour diffuser leur message, et la nécessaire neutralité vis-à-vis des décisions politiques, dans lesquelles « ils ne s’impliquent pas », comme l’explique Mme Masson-Delmotte. Une position inconfortable que Jean Jouzel a lui aussi expérimentée, lors de sa participation contestée au lancement du plan climat-air-énergie territorial (PCAET) de l’agglomération Paris-Saclay, le 9 novembre dernier.

À l’instar de sa collègue du CEA, le climatologue défend lui aussi l’implication de la communauté scientifique, tout en admettant ne pas toujours s’intéresser au contenu politique des événements auxquels il prend part. À Saclay, le chercheur est ainsi intervenu pour « témoigner de la réalité du changement climatique ». Même s’il n’a pas lu ce PCAET ? « Je comprends qu’on puisse voir mon intervention comme un accord tacite aux projets de l’agglo Paris-Saclay, mais que puis-je y faire ? Mon rôle comme scientifique est de porter des messages, pas de gouverner. On me reprocherait de ne pas intervenir quand cela est possible. »


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Lire aussi : Près de Paris, les terres exceptionnelles du plateau de Saclay menacées par le béton


Source : Lorène Lavocat pour Reporterre

Photos : © Jacques Ferrier Architecture – Manuelle Gautrand Architecture
. chapô : La « sphère d’Élisée Reclus ».
. béton : DR

 

https://reporterre.net/Ennuyeux-La-climatologue-Valerie-Masson-Delmotte-soutient-l-Expo-universelle-et

COP23, Macron livre un discours offensif pour le climat

21.11.2017

COP23, Macron livre un discours offensif pour le climat

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Par Boris Le Ngoc, SFEN

Leadership climatique, pragmatisme et volontarisme, le président Macron a mis en avant ses priorités pour le climat à la COP23 et plaidé pour l’« abandon des fétiches irréalistes ».

S’appuyant sur le manifeste des 15 000 scientifiques sur l’urgence climatique et environnementale, le président de la République Emmanuel Macron a averti que « Le seuil de l’irréversible a été franchi. Les évènements climatiques s’intensifient et se multiplient. La France l’a vécu aux Antilles il y a quelques semaines, sur l’île de Saint-Martin. »

 

Quatre priorité

La France, a expliqué Emmanuel Macron, a quatre priorités en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La première, c’est celle des « interconnexions » en Europe. En septembre dernier, lors de son allocution à la Sorbonne, le chef de l’Etat avait plaidé pour le développement des interconnexions : « Parce qu’à certaines saisons, là où le renouvelable se produit en masse, nous devons en faire bénéficier toute l’Europe. À d’autres moments, là où l’énergie nucléaire est indispensable, peu carbonée, pas carbonée et à bas coût, nous devons aussi la mutualiser. Nous aurons un marché européen de l’énergie qui fonctionne mieux si nous développons enfin de manière accélérée ces interconnexions. » Grâce à une production massive et programmable ainsi que de part sa position géographique stratégique, la France participe activement à la stabilisation de la plaque électrique d’Europe de l’Ouest. Ce rôle est appelé à grandir dans les années à venir avec l’essor des énergies renouvelables intermittentes.

Deuxième priorité, « avoir un prix plancher du CO2 en Europe, (…). Un vrai prix à 30 euros la tonne. » L’exemple britannique a en effet montré qu’une telle mesure permet de fermer très rapidement les centrales de production les plus polluantes, en particulier au charbon, et de rémunérer les plus vertueuses, nucléaire et renouvelables en tête, pour favoriser leur essor.

Avec la troisième priorité, visant à « l’intégration des objectifs environnementaux dans notre politique commerciale », ces axes prioritaires nécessiteront un accord au niveau européen dans lequel le président semble prêt à s’engager. Enfin, la dernière priorité vise à « travailler sur l’accélération de la montée des énergies renouvelables. » 

Prétendre que nous devrions accélérer les fermetures de centrales nucléaires sans avoir répondu préalablement à cela, c’est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon

Les « fétiches irréalistes »

Le Président est revenu sur l’annonce le 8 novembre par Nicolas Hulot concernant le repport de la réduction de la part du nucléaire : « que personne ne se trompe ici, prétendre que nous devrions accélérer les fermetures de centrales nucléaires sans avoir répondu préalablement à cela, c’est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon ou des centrales thermiques. Et donc faire l’inverse de ce que nous sommes en train de nous engager à faire. »

Emmanuel Macron a surtout fustigé, sans les nommer, les « fétiches irréalistes » : « Le plan climat qui a été présenté par le ministre est un plan courageux. Aucun recul sur notre engagement sur le climat n’a été fait, au contraire ; des décisions responsables ont été prises qui ont abandonné les fétiches irréalistes mais ont pris avant tout un agenda de décisions crédibles, volontaristes qui supposera l’engagement de tous. »

Enfin, à la tribune de l’UNFCC, le Président de la République a rappelé qu’il concentrerait son action sur l’avènemnt d’une société post-carbone : « Nous nous sommes engagés clairement pour une sortie de la production des énergies fossiles et une vraie transformation de notre modèle de production. Ainsi la France a-t-elle décidé la fermeture de toutes les centrales à charbon d’ici la fin de l’année 2021, l’absence de toute construction de nouvelles centrales thermiques, et surtout à travers un projet de loi hydrocarbure voté à l’Assemblée nationale et qui sera parachevé dans les prochaines semaines, l’interdiction de tout nouveau permis d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures dans notre pays. C’est la première fois qu’un pays développé décide pour son propre territoire d’une telle politique ; nous l’assumons parce que c’est celle qui est indispensable pour être au rendez-vous du climat et de la transition que nous avons actée.»

 

http://www.sfen.org/fr/rgn/cop23-macron-livre-un-discours-offensif-pour-le-climat

COP23 : des négociations climatiques toujours sous influence des gros pollueurs ?

Lobbying

COP23 : des négociations climatiques toujours sous influence des gros pollueurs ?

par Rachel Knaebel

La 23e conférence sur le changement climatique, la COP23, se tient en ce moment à Bonn, en Allemagne. Deux ans après la signature de l’Accord de Paris, les gros pollueurs sont toujours aussi présents et influents dans les négociations onusiennes sur le climat.

L’entreprise pétrolière espagnole Iberdrola, le constructeur automobile allemand BMW, et quelques autres comme BNP Paribas, KPMG, Microsoft et le lobby de l’éthanol. Ce sont les (discrets) partenaires officiels de la COP23, qui se tient actuellement à Bonn. Est-ce à dire que les industries les plus polluantes, en particulier celles des énergies fossiles, seront une nouvelle fois en mesure de peser sur les négociations climatiques pour protéger leurs intérêts ? Un rapport tout juste publié par un groupe d’ONG internationales [1] rappelle comment ces industries ont réussi depuis le début des COP à faire obstacle à de véritables avancées dans la lutte contre le changement climatique. Soit directement, soit en faisant en sorte que ce soient leurs propres « solutions » qui soient privilégiées.

Cette influence s’est faite sentir dès la négociation du protocole de Kyoto, souligne le rapport. Ce premier accord international de lutte contre le changement climatique a été signé à la fin des années 1990. « Durant les négociations du protocole de Kyoto, les États-Unis et les gros pollueurs se sont donné une échappatoire en insistant pour inclure dans le protocole un ’mécanisme flexible’ de commerce des émissions de gaz à effet de serre, qui autoriserait les pays du nord à échanger entre eux, à acheter et vendre leurs obligations de réduction des émissions. » Ce qui donna naissance au marché carbone : on donne aux émissions de CO2 un prix, puis les pays pollueurs ou les multinationales qui ne veulent pas respecter leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre peuvent acheter des crédits à ceux qui ont fait plus pour réduire leurs émissions… Dans le cas du marché du carbone européen, ce mécanisme a encore été davantage perverti par l’octroi massif de permis carbone gratuits aux industriels du continent (lire notre article).

Renault, ArcelorMittal, Engie comme sponsors des négociations climatiques

En plus d’être directement relayés par certains États, les intérêts des multinationales les plus polluantes sont portés via leur sponsoring des conférences climat. À Durban, en 2011, lors de la COP17, « les entreprises avaient la possibilité de financer des concerts de jazz, des dîners de gala. Le géant minier Anglo American, a ainsi financé nombre d’événements clé de la conférence, comme la cérémonie d’ouverture », rappellent les ONG. « Comme par hasard, un projet de mine de cette entreprise a été le seul qui ait jamais reçu l’approbation officielle de la conférence des Nations unies sur le climat », note encore le rapport.

Lors de la COP19 de Varsovie, en 2013, le stade de football devenu centre de conférence « était couvert de logos d’entreprises, dont PGE et LOTOS, deux entreprises de charbon et de pétrole détenues en majorité par l’État polonais ». PGE exploite deux grandes mines de lignite et plus de 40 centrales électriques, dont celle de Belchatow, la plus importante source d’émission de CO2 d’Europe. Parmi les principaux sponsors de la Conférence de Varsovie, on trouvait aussi le géant de l’acier et de la sidérurgie ArcelorMittal, alors même que le secteur de la sidérurgie représente environ 7 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. ArcelorMittal avait construit gratuitement le dôme d’acier du hall de la conférence, PGE avait fourni les stylos et bloc-notes, Opel et BMW avaient mis des voitures à disposition… (Voir notre La Pologne, le climat et les entreprises françaises de l’énergie).

La COP21 de Paris en 2015 s’est inscrite dans la continuité des précédentes avec une liste de sponsors comprenant de nombreux gros pollueurs, comme Engie, EDF ou Renault, ainsi que l’Observatoire des multinationales l’avait abondamment documenté à l’époque (lire notamment Lobby Planet Paris : cartographie d’une COP21 sous influence, Solutions COP21 : les solutions climat confisquées par les multinationales et Conférence climat : les dessous de l’appel au « mécenat » des grandes entreprises). De même la COP22 tenue à Marrakech en 2016 (lire notre enquête). En plus de leur assurer une présence au sein même des COP, ces accords de mécénat offrent aussi de plus en plus aux multinationales un moyen de faire la promotion de leurs produits prétendument « verts ».

Des pressions des entreprises pour conserver le marché carbone

Une telle implication des grandes entreprises dans les négociations climatiques a forcément une influence sur ce qui en ressort. Ainsi, « durant la onzième heure des négociations de l’accord de Paris, les États-Unis et l’Union européenne ont aidé à imposé un deal de dernière minute sur la négociation de l’article 6 de l’accord », rappelle le rapport. L’article 6, dans son paragraphe 4, confirme le privilège donné au mécanisme du marché carbone, pourtant largement décrié [2]. « Des individus et des organisations représentant ce qui est bon pour les entreprises, et pas pour l’humanité, se sont frayé un chemin jusqu’aux bureaux où les gouvernements du monde étaient en train de négocier cet article 6 », soulignent les ONG.

Le lobbying en faveur du marché carbone s’exerce notamment à travers l’association internationale pour l’échange de droits d’émissions (l’International Emissions Trading Association (IETA)), créée en 1999 pour être « la voix écoutée du business sur sur les solutions climatiques appuyées sur le marché » [3]. L’association compte parmi ses membres des entreprises comme BP, Rio Tinto, Chevron, Veolia, Statoil ou encore Total… « Des personnes étroitement liées à cette association négocient, au nom de gouvernements, à la table des conférences climat », indique le rapport. Par exemple, l’actuel négociateur de la délégation officielle du Panama, est membre de la direction de l’IETA et en a été le président pendant presque huit ans. « Sa position de délégué d’un État est un privilège qui lui a permis d’assister de très près aux négociations de l’article 6 ».

Que faut-il donc faire pour lutter contre cette influence des entreprises les plus polluantes sur les négociations climatiques, alors que l’enjeu se fait de plus en plus urgent au vu de la multiplication des événements climatiques extrêmes ? « Il est temps de montrer la porte au gros pollueurs », répondent simplement les ONG. « En finir avec le sponsoring des conférence climat par des entreprises est un premier pas concret pour empêcher le secteur des énergies fossiles de faire valoir ses intérêts dans la politique climatique aux niveaux national et international. » Et pourquoi pas exclure totalement les représentants des gros pollueurs des négociations climatiques, comme l’Organisation mondiale de la santé a fini par le faire pour les industriels du tabac ?

Rachel Knaebel

Fin de la COP 23 : la planète brûle, les diplomates tournent en rond

Fin de la COP 23 : la planète brûle, les diplomates tournent en rond

18 novembre 2017 / Marie Astier (Reporterre)

La COP23 s’est achevé vendredi 17 novembre sur la déception. Déstabilités par le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, les États n’ont pratiquement pas avancé sur la mise en oeuvre de ce traité.

« Une COP d’étape », « décevante », « sans leadership politique » : c’est avec peu d’enthousiasme que ceux qui ont suivi la COP23 la décrivent. La 23e Conférence des parties de l’ONU sur le climat, qui a réuni 196 pays ainsi que l’Union européenne, s’est close hier vendredi 17 novembre à Bonn, en Allemagne.

L’objectif de ces deux semaines de négociations était, selon les mots de l’ONU, « d’accélérer la mise en œuvre des objectifs de l’Accord de Paris », adopté il y a deux ans, et qui fixe comme objectif une limitation du changement climatique à 1,5 °C. Or, pour l’instant, les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre annoncés par les États aboutissent à un réchauffement de 3 °C.

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne se réduisent pas, malgré les engagements pris (source : UNEP)

Aucune décision importante n’était attendue cette année, mais cette COP devait poser les bases pour qu’en 2018, les pays relèvent leurs promesses en faveur de l’atténuation du changement climatique.

« Cette COP a fait le travail et a posé les bases d’un dialogue entre les États sur ce sujet », assure Lucile Dufour, ‎responsable négociations internationales et développement au Réseau action climat (RAC) France. En effet, les 197 parties se sont engagées à poursuivre le « dialogue de Talanoa » pendant toute l’année 2018, afin d’arriver avec des propositions concrètes à la prochaine COP. Contrairement à ce que certains craignaient, la délégation officielle états-unienne n’a pas empêché d’avancer. Les observateurs la décrivent comme « discrète » et « constructive ».

« Des annonces fondées sur la politique des petits pas »

Mais les discussions ont achoppé sur plusieurs points, en particulier sur la question du financement de l’aide consentie par les pays développés à l’égard des pays en développement. « Alors que l’année 2017 a été marquée par des événements climatiques exceptionnels, il n’y a pas eu d’avancées concrètes pour aider les populations les plus vulnérables à faire face aux impacts du changement climatique », dit Armelle Lecomte, membre de la délégation de l’ONG Oxfam à Bonn.

L’Accord de Paris prévoit que les « financements climat » s’élèvent à 100 milliards de dollars par an en 2020. « Or, en incluant les investissements privés, on arriverait pour l’instant officiellement à 67 milliards. Selon nos calculs, c’est même moins, entre 18 et 34 milliards de dollars seulement. Pourtant les pays développés sont arrivés les mains vides », note Armelle Lecomte. Un point essentiel des négociations, car si les pays développés ne tiennent pas leurs engagements financiers, les pays en développement refuseront de faire plus d’efforts.

Ce sujet a ainsi « accaparé les discussions », selon David Levaï, directeur du programme climat à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Or, ces discussions devaient plutôt porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris, avec la définition de règles communes pour, par exemple, comptabiliser les efforts de chaque pays de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, ou encore les moyens apportés à la lutte contre le changement climatique. Les négociations n’ont « pas autant avancé qu’on l’aurait espéré. Cela laisse beaucoup de travail pour l’an prochain », explique le chercheur. Une situation qu’il estime due à un « manque de leadership gouvernemental. C’est très bien que Angela Merkel et Emmanuel Macron soient venus, notamment parce que le leadership européen pourrait combler la perte de celui des États-Unis. »

Emmanuel Macron et Angela Merkel à Bonn, lors de la COP23.

Mais cela n’a pas été suffisant. « La plupart des États se sont cachés derrière des postures de négociation, et ont utilisé l’argument du retrait des États-Unis pour ne pas aller plus loin, analyse de son côté Lucile Dufour. Il y a eu un décalage entre une reconnaissance de l’urgence dans les discours des chefs d’État — notamment celui d’Emmanuel Macron — et à côté des annonces fondées sur la politique des petits pas », poursuit-elle. « Par exemple, il a annoncé des crédits pour le Giec [groupe intergouvernemental d’experts sur le climat], mais c’est une toute petite partie des financements nécessaires pour le climat. »

Le « in » de la COP — c’est-à-dire l’espace dédié aux négociations officielles entre gouvernements — a donc déçu beaucoup d’acteurs. « Pour la première fois, le cœur de la COP n’était pas du côté réservé aux négociations gouvernementales, mais dans l’espace du “off”, où les acteurs exposent leurs actions concrètes en faveur de la lutte contre le changement climatique. Il y avait une dichotomie renforcée entre des négociations au ralenti, et une action climatique boostée », observe David Levaï.

Les regards se tournent désormais vers les prochaines étapes

Parmi les initiatives remarquées, celle de l’« Alliance globale pour la sortie du charbon », lancée par le Royaume-Uni et le Canada, et rassemblant une vingtaine d’États. L’Angola, la Belgique, la Finlande, la France, l’Italie, les îles Marshall, le Portugal, le Salvador, mais aussi plusieurs États américains et canadiens (Washington, Alberta, Vancouver…) l’ont rejointe.

Le « off » accueillait également une délégation états-unienne nombreuse : représentants des villes, États de la fédération et de la société civile sont venus montrer leur engagement pour le climat et leur désaccord avec la décision du président des États-Unis, Donald Trump, de retirer son pays de l’Accord de Paris. « Ils étaient très présents et la moitié des délégués états-uniens portaient un badge “We Are Still In” [“nous en faisons toujours partie”], pour montrer qu’ils étaient présents et adresser un message politique à Washington », raconte David Levaï.

Manifestation à Bonn contre l’exploitation du charbon en marge de la COP23.

Un dynamisme bienvenu, mais « qui ne doit pas faire oublier que la responsabilité incombe aux États, rappelle Lucile Dufour. C’est à eux de donner des signaux à l’ensemble de la société, aux entreprises, pour aller plus loin dans les engagements en faveur du climat. »

Les regards se tournent désormais vers les prochaines étapes. Le 12 décembre, un sommet à Paris doit discuter des financements pour le climat. Puis en 2018, un rapport du Giec très attendu dessinera le climat que nous promettent les engagements actuels des pays en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et les efforts supplémentaires à effectuer pour tenir l’engagement de limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Tout cela devrait permettre de préparer la COP24, qui sera « la prochaine étape cruciale », souligne Sandrine Maljean-Dubois, directrice de recherche au CNRS. « Si l’on n’arrive pas à se mettre d’accord l’an prochain pour augmenter les contributions des pays à la réduction des gaz à effet de serre, comme le prochain rendez-vous est fixé en 2023, ce sera trop tard pour atteindre des objectifs ambitieux », note-t-elle.

Elle n’attendait pas énormément de cette COP23 : « Dans les négociations climat, on avance par paquets de décisions qui constituent ensemble un compromis. On n’a pas avancé parce que cette COP n’avait pas prévu de prendre un paquet de décisions. » Espérons donc qu’en matière de négociation climat, les États fonctionnent comme des élèves qui procrastinent, et se mettent au travail quand l’échéance devient toute proche et irrémédiable.

 

https://reporterre.net/Fin-de-la-COP-23-la-planete-brule-les-diplomates-tournent-en-rond

 

[Vidéo] Le Roundup face à ses juges, par Marie-Monique Robin

Source : Arte, Marie-Monique Robin, 16-10-2017

À la lumière du procès symbolique de Monsanto tenu en 2016, Marie-Monique Robin expose l’ampleur du scandale sanitaire lié au Roundup, herbicide le plus vendu au monde. Un réquisitoire accablant, paroles de victimes et d’experts à l’appui.

C’est l’histoire d’une colère citoyenne, jusque-là quasi inaudible, et d’une lutte contre un écocide, ou crime contre l’environnement, commis en toute impunité par la firme championne des OGM. En octobre 2016, à La Haye, victimes et experts témoignent – une première – devant le Tribunal international Monsanto, au fil d’un édifiant procès symbolique contre le Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde, et sa très toxique molécule active, le glyphosate. Cette année-là, quelque 800 000 tonnes de ce “tue-tout” (son surnom en espagnol) ou de ses génériques ont été déversées sur la planète. Si la multinationale a refusé de comparaître, les victimes ont raconté à la barre les conséquences de son épandage : malformations des enfants, cancers, maladies respiratoires ou rénales et destructions environnementales. Éclairé par des scientifiques, cet accablant réquisitoire révèle l’ampleur de ce scandale sanitaire, qu’illustrent des reportages bouleversants sur la tragédie en cours, de la France à l’Argentine en passant par les États-Unis et le Sri Lanka – premier pays à interdire le glyphosate. “Ce pulvérisateur nous a apporté la mort, alors qu’on voulait simplement gagner notre vie”, lâche, amer, un riziculteur sri-lankais contaminé.

Lanceuse d’alerte

Presque dix ans après son enquête “Le monde selon Monsanto”, Marie-Monique Robin démontre, faisceau de preuves à l’appui, l’extrême nocivité du Roundup, à l’heure où l’Union européenne doit décider de prolonger ou non l’autorisation du glyphosate sur le marché. Déclaré en mars 2015 “cancérigène probable” par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), et reconnu comme tel par des études scientifiques secrètes commanditées par Monsanto, l’herbicide, omniprésent dans l’eau, l’air, la terre et les aliments, est aussi un perturbateur endocrinien, un antibiotique et un chélateur de métaux – il séquestre les minéraux. Face au silence coupable des agences de santé et à l’inertie des gouvernements, le film, à travers ce procès, montre également la mobilisation à l’œuvre de la société civile mondiale pour faire reconnaître l’écocide. L’enjeu ? La poursuite au pénal des multinationales dont les activités menacent la sûreté de la planète et la santé des hommes.

 

Source : Arte, Marie-Monique Robin, 16-10-2017

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Les USA se retirent de l’accord de Paris, sauf si les termes changent

Les USA se retirent de l’accord de Paris, sauf si les termes changent

  • Le président des États-Unis tiendrait ainsi une de ses promesses de campagne au nom de la défense des emplois américains.
    Le président des États-Unis tiendrait ainsi une de ses promesses de campagne au nom de la défense des emplois américains. | AF

Les ministres de l’Environnement d’une trentaine de pays ont avancé résolument samedi à Montréal vers la mise en oeuvre de l’accord de Paris sur le climat quand les Américains ont soudainement fait volte-face après avoir semblé assouplir leur position.

« Nous sommes heureux du succès de notre réunion » et de la réaffirmation que « l’accord de Paris est irréversible et non négociable », a déclaré la ministre canadienne du Changement climatique Catherine McKenna lors de la conférence de presse finale.

Un rappel direct aux États-Unis de leur signature –certes par la précédente administration– d’un accord entériné fin 2015 à Paris par près de 200 pays dans le monde et dont le président Donald Trump avait en juin annoncé son retrait.

Volte-face

Afin de respecter un calendrier ébranlé par la décision de Donald Trump, l’Union européenne, la Chine et le Canada ont pris les rênes et affiché leur volonté d’aller de l’avant. Les Américains, qui avaient envoyé à Montréal un délégué, ont d’abord rassuré les négociateurs climat avant de faire volte-face quelques heures plus tard depuis Washington.

Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l’Action pour le climat, a rapporté les propos du représentant américain, Everett Eissenstat, qui avait assuré que les Etats-Unis « ne renégocieraient pas l’accord de Paris mais qu’ils allaient passer en revue les termes sur lesquels ils sont engagés par cet accord ».

« Personne ne remet en cause l’accord de Paris et même les Etats-Unis ont réaffirmé que cet accord était irréversible et qu’en conséquence, ils ne vont pas le renégocier », a également confirmé Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique.

Mais depuis Washington samedi soir, la présidence américaine faisait volte-face: « Il n’y a eu aucun changement dans la position des Etats-Unis à l’égard de l’accord de Paris », a répliqué la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders.

« Compenser le frein »

« Comme le président (Trump) l’a clairement dit à plusieurs reprises, les Etats-Unis se retirent, à moins que nous puissions le réintégrer avec des termes plus favorables à notre pays », a-t-elle ajouté.

Un flou qui n’inquiète pas car, selon Nicolas Hulot, les États américains comme la Californie, les grandes villes mais aussi « les grands et petits acteurs économiques vont par leur dynamisme compenser le frein » qui peut être mis par « l’attitude de l’administration du président américain ».

Avec ou sans les Américains, le temps presse et la mise en place des dispositions de l’accord de Paris de réduction des émissions doit être amplifiée tout en gardant l’objectif de limiter, dans l’idéal, la hausse de la température moyenne de la planète à +1,5 degré Celsius en 2050 par rapport à son niveau de l’ère pré-industrielle.

« Nous pouvons faire plus pour augmenter nos ambitions », a assuré Catherine McKenna. « L’accord doit être dynamique et on ne doit pas s’en tenir là, les phénomènes (météorologiques) vont plus vite que nos propres engagements », a averti M. Hulot. « Quelle que soit la puissance des États, personne n’est à l’abri des changements climatiques », a-t-il ajouté en référence aux Etats-Unis touchés par les inondations à Houston ou les ravages de l’ouragan Irma en Floride.

Vision collective

L’objet de la conférence était aussi, selon M. Arias Cañete, de travailler à élaborer « un recueil de règles pour nous permettre de suivre, de vérifier et de comparer » le niveau des émissions par pays. Le calendrier, a souligné M. Arias Cañete, est d’avoir ce « recueil de règles (…) avant la COP24 de Katowice (Pologne) fin 2018 ».

D’ici là, les négociateurs vont se retrouver en novembre à Bonn (Allemagne), un rendez-vous qui va être « une bonne opportunité pour réaffirmer la vision collective affichée à Paris (en 2015) car il est important de raviver la vision et la passion que nous avions alors manifestées », a indiqué Nazhat Shameem Khan, négociatrice pour le climat pour Fidji et qui présidera cette COP23.

La conférence ministérielle s’est déroulée 30 ans jour pour jour après la signature du Protocole de Montréal pour la protection de la couche d’ozone. Ce premier accord significatif pour l’environnement a permis « d’éliminer plus de 99% des substances qui appauvrissent la couche d’ozone », a estimé Mme McKenna en rappelant que d’ici le milieu du siècle cette couche devrait être reconstituée.

 

http://www.ouest-france.fr/environnement/climat/les-usa-se-retirent-de-l-accord-de-paris-sauf-si-les-termes-changent-5251050?utm_source=neolane_of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20170917&vid=1752223&mediego_euid=1752223

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