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12 pays européens s’opposent à un futur budget de la zone euro

12 pays européens s’opposent à un futur budget de la zone euro

12 pays européens s'opposent à un futur budget de la zone euro © Kai Pfaffenbach Source: Reuters
L’Eurozone aura bientôt son propre budget ?

Le projet franco-allemand d’un budget de la zone euro a déjà du plomb dans l’aile. Plusieurs pays dont les Pays-Bas, la Belgique ou le Luxembourg ont adressé un courrier le 22 juin au président de l’Eurogroupe pour dénoncer cette idée.

Emmanuel Macron a encore du travail avant de pouvoir prétendre être le leader de la construction européenne. Alors qu‘il a négocié avec Angela Merkel le 19 juin pour la constitution d’un budget de la zone euro (l’une de ses promesses de campagne en 2017), certains pays de l’Union européenne ont d’ores et déjà montré leur scepticisme. En effet, le ministre des Finances néerlandais Wopke Hoekstra a envoyé un courrier le 22 juin au président de l’Eurozone Mario Centeno pour afficher publiquement sa désapprobation.

Une lettre qui a été signée par onze autres pays selon le média néerlandais NOS : la Belgique, le Luxembourg, l’Autriche, le Danemark, la Suède, l’Irlande, Malte, la Finlande, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie.

Parmi leurs objections figure le financement du projet, selon NOS qui a révélé l’information. D’après le média néerlandais, des dizaines de milliards d’euros devraient effectivement être engagées pour stimuler l’investissement dans la zone euro. Une réunion de l’Eurogroupe le 21 juin devait acter la mise en place d’une taxe sur les transactions financières pour subventionner le plan, sauf que de nombreux pays se sont opposés à cette taxe. Les Pays-Bas ont été contre un tel budget dès le début.

Pour les Néerlandais, chaque pays devrait s’assurer qu’il peut se débrouiller seul financièrement. De fait, les pays du Nord craignent des risques de dérives budgétaires. «En ce qui concerne une capacité fiscale ou un budget pour la zone euro, une question se pose : quel genre de problème cela résout-il ? Ça n’est pas clair pour nous et nous n’y sommes pas favorables», avait confié Wopke Hoekstra à l’AFP le 21 juin.

Bruno le Maire veut «convaincre»

Toujours selon l’agence de presse française, Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances, a tenu, de son côté, à être rassurant. Il a certes convenu que «des doutes s’étaient exprimés sur le budget de la zone euro», lors de la discussion des 27 ministres des Finances de l’UE (le Royaume Uni n’était pas présent en raison du Brexit). Toutefois, il a ajouté que «chacun connaissait les positions des Etats membres de la zone euro sur ce sujet, à nous de convaincre». Lors d’un point presse, il a également assuré que l’accord avec l’Allemagne pour la formation d’un budget de l’Eurozone était «historique» et permettrait «d’avoir une monnaie forte mais aussi une économie forte et plus d’emplois».

Une argumentation qui rappelle celle d’économistes et de personnalités politiques pour la promotion de l’euro. Avant le référendum de Maastricht, l’ancien Premier ministre Michel Rocard expliquait dans Ouest-France, le 27 août 1992: «La monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité.» En 1996, trois ans avant l’introduction de l’euro, Jacques Attali attestait également : «Lorsque [le Traité de Maastricht] sera appliqué, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique.»

Un budget de l’eurozone pour 2021 ?

L’idée est de mettre en place ce budget spécifique à la zone euro à partir de 2021, a priori dans le cadre du plan pluriannuel pour l’ensemble de l’UE. Sa création doit être approuvée par les 27 pays de l’Union à l’unanimité.

Dans la déclaration franco-allemande présentée le 19 juin, aucune mention n’avait été faite du montant du budget, renvoyant cette épineuse question à plus tard. Initialement, la France espérait plusieurs centaines de milliards d’euros, mais il ne devrait n’y en avoir que quelques dizaines.

Lire aussi : Deuxième anniversaire du Brexit : Emmanuel Macron incarne-t-il le leadership Union-européiste ?

https://francais.rt.com/economie/51866-12-pays-europeens-s-opposent-a-un-futur-budget-de-la-zone-euro

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L’Union européenne hausse le ton face aux investisseurs étrangers

L’Union européenne hausse le ton face aux investisseurs étrangers

L’Union européenne est–elle prête à se doter d’un arsenal juridique à la mesure de sa puissance et des enjeux contemporains ? En soutenant le 29 mai la création d’un nouveau mécanisme de filtrage des investissements étrangers, les eurodéputés de la commission du commerce international font preuve de volontarisme. Si le projet de règles doit encore être approuvé par le Parlement (session du 11 au 14 juin) et attendre l’adoption d’une position commune du Conseil, nul doute que les récentes polémiques relatives aux prises de participation chinoises dans des entreprises stratégiques viendront confirmer la tendance au renforcement des cadres juridiques tant européen que nationaux. Sur fond de guerre commerciale déclarée par le Président des Etats-unis, l’Union européenne pourrait orchestrer par ce biais la sortie de son enfance stratégique.

La création d’un cadre juridique européen sous le contrôle des Etats

Les européens s’inquiètent de la montée en puissance des investissements chinois dans des secteurs stratégiques

Pour l’heure, l’Union européenne est la dernière grande puissance à ne pas avoir un mécanisme de contrôle des investissements en provenance de pays tiers, et seuls 12 des 27 États membres présentent des législations, bien que disparates, en la matière. L’adoption en commission le 29 mai du rapport du député chrétien-démocrate français Franck Proust s’inscrit dans une volonté claire. Il est temps de montrer que l’Europe n’est plus naïve dans la mondialisation en veillant à ce que “les investissements étrangers ne constituent pas une menace pour les infrastructures critiques, les technologies clés ou l’accès à des informations sensibles”. Le projet prévoit ainsi que si l’un des Etats membres use d’un mécanisme de filtrage il devra en informer dans un délai de 5 jours les Etats membres et la Commission. Dès lors qu’un tiers des États jugera l’investissement préoccupant, le pays cible devra entamer un dialogue. En outre, un groupe de coordination sur le filtrage des investissements entrants présidé par la Commission devrait être créé. Ces volontés viennent renforcer le paquet “commerce” prévu lors de l’état de l’Union de 2017. Le 13 septembre 2017, le président de la Commission Jean-Claude Juncker présentait une proposition de règlement par ces quelques mots : “L’Europe doit toujours défendre ses intérêts stratégiques. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui un nouveau cadre européen pour le filtrage des investissements. Si une entreprise publique étrangère veut acheter un port européen, une partie de notre infrastructure énergétique ou une entreprise de technologie de défense, cela doit se faire dans la transparence, moyennant contrôles et discussions. Il est de notre responsabilité politique de savoir ce qui se passe chez nous afin que nous puissions protéger notre sécurité collective si besoin est. »

Notons que ce nouveau cadre prévoit des avancées considérables. Premièrement, la création d’un cadre commun transparent qui respecte le principe d’égalité de traitement des investisseurs ainsi que le droit au recours. Secondement, un mécanisme de coopération entre les États membres et la Commission. Troisièmement, l’invention d’un filtrage exercé par la Commission dans le cas l’investissement étranger dans les États membres pourrait avoir une incidence sur des projets ou des programmes présentant un intérêt pour l’Union. (Horizon 2020, Galileo, réseaux transeuropéens de transport et d’énergie …)

Toutefois, il convient de remarquer que les  États restent souverains d’autant que ce nouveau cadre ne les oblige en rien à disposer d’une législation de contrôle des investissements étrangers (pour ceux qui n’en ont pas), et ne prévoit pas une convergence des législations nationales existantes.

Les investissements chinois ciblés

En marge de la visite d’Emmanuel Macron en Chine en janvier 2018, le ministre de l’Économie Bruno Lemaire avait assuré sans le moindre tabou avoir déjà refusé “beaucoup” de projets d’investissement chinois parce qu’ils s’apparentaient à du “pillage”. Dans la foulée, il affichait son ambition d’étendre le décret Montebourg (avril 2014) en ajoutant aux secteurs stratégiques dans lesquels son ministère pouvait émettre un veto le stockage des données numériques, l’intelligence artificielle, le spatial et les semis-conducteurs. Ambition confirmée par le Premier ministre Edouard Philippe le 16 février lors d’une visite dans une usine L’Oréal dans l’Oise : “Nous souhaitons muscler notre dispositif de veille et de protection stratégique […] sans aucune brutalité protectionniste”. Bis repetita outre-rhin quelques jours plus tard. Lors d’une conférence de presse à Berlin avec le Premier ministre macédonien, Angela Merkel s’inquiétait des investissements chinois dans les Balkans liés à des ambitions politiques. La chancelière allemande a renforcé cette position durant sa visite dans l’Empire du milieu le 24 et 25 mai dernier : “La Chine et l’Allemagne sont attachées aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, mais nous parlerons aussi d’un accès réciproque dans les questions de commerce et de propriété intellectuelle. Et nous voulons renforcer le multilatéralisme”. La question est devenue essentielle pour l’Allemagne, puisque son premier partenaire commerciale est désormais la Chine ; partenaire avec lequel le commerce devrait continuer à s’accroître dans les prochaines années. Le rachat du joyaux allemand Kuka par le chinois Midea en août 2017 a définitivement alerté les industriels et autorités. Face à cette polémique, l’Allemagne a durci par un décret paru début juillet le contrôle des investissements étrangers.

On observe donc l’émergence d’un consensus européen en matière de filtrage des investissements étrangers. Le nouveau gouvernement italien et la montée des partis conservateurs dans l’est de l’Union européenne devraient venir renforcer cet arsenal protectionniste.

Assumer la puissance : le défi européen face aux influences américaines

Derrière le renforcement du cadre protectionniste se joue aussi la redéfinition des relations transatlantiques

Force est de constater que la Chine est la principale source d’anxiété commerciale en Europe. S’il est vrai que depuis 2014 les investissements chinois à l’étranger ont dépassé les investissements vers la Chine, il convient de rappeler deux éléments de contexte. D’une part, les entreprises européennes sous contrôle étranger ne représente qu’une faible part des entreprises. Il est vrai toutefois que ces investissements, en particulier chinois, se concentrent sur des secteurs stratégiques (ports, nouvelles technologies, aéroports, terres …) ce qui nécessite une veille stratégique accrue. D’autre part, il ne faut pas offusquer l’activité massive des américains qui représentaient en 2015 41% des investissements ; contre à peine 2% pour les chinois. Si ces derniers ont cru de 1000 % en 20 ans, la réalité de l’influence américaine vient d’être durement rappelée par le rachat controversé de la branche énergie d’Alstom et les menaces de sanctions extraterritoriales contre les entreprises européennes commerçant avec l’Iran. La redéfinition du multilatéralisme commercial devra certes tenir compte de la réalité chinoise mais aussi de la posture unilatérale impulsée par Washington.

Dans son dernier essai World Order paru en 2014, Henry Kissinger assénait cette cruelle vérité sur les relations transatlantiques : “L’Europe émergente deviendra-t-elle un participant actif dans la construction d’un nouvel ordre international, ou va-t-elle se s’effondrer sous le poids de ses affaires intérieures?  (…) Les États-Unis ont toutes les raisons de soutenir l’Union européenne et éviter qu’elle ne s’évanouisse en un vide géopolitique. Les États-Unis, s’ils étaient venus à être séparés de l’Europe sur les plans politique, économique et militaire, deviendraient « géopolitiquement » une île coupée du continent eurasiatique, et l’Europe elle-même pourrait se transformer en un simple prolongement de l’Asie et du Moyen-Orient.”  Le célèbre conseiller américain ébauche les trois stratégies auxquelles serait confrontée une Europe unifiée : renforcer les relations transatlantiques, adopter une posture neutre fluctuant au gré des circonstances, ou assumer un contrat tacite avec une puissance ou un groupement de puissances extra-européennes. Pour l’heure, les européens préfèrent la seconde option en tentant de ramener à la raison leur traditionnel allié américain tenté par l’isolationnisme belliqueux tout en essayant d’obtenir des gages de la part de l’ambitieuse Chine. Les pays membres restent cependant des Etats largement souverains, accentuant ainsi les risques de divisions face aux pressions intérieures (intérêts particuliers et risques populistes) mais aussi extérieures. Le Portugal a récemment annoncé ne pas vouloir s’opposer à la cession de l’opérateur électrique EDP, la plus grande entreprise du pays, au groupe China Three Gorges, tandis que la France place ses pions sur  l’inarrêtable nouvelle route de la soie chinoise. Le port de Marseille vient ainsi de signer un contrat de coopération avec le Port de Shangaï pour un projet d’investissement estimé à 100 millions d’euros. L’Allemagne, quant à elle, a profité de la rencontre fin mai entre Merkel et Xi Jinping pour obtenir de la Chine une baisse des droits de douanes sur ses automobiles. Gageons que le récent camouflet infligé par Trump lors du G7 à Charlevoix resserre les troupes du Vieux Continent.

Sources:

  • « China at the gates : A new power audit of EU-China relations », European council on foreign relations, le 1er décembre 2017
  • « Les investissements directs étrangers dans l’Union européenne : quels contrôle ? », Commission des affaires étrangères du Sénat, rapport no 115, le 27 novembre 2017
  • « Investissements étrangers : comment protéger les intérêts de l’UE », Parlement européen, le 26 janvier 2018
  • « For Merkel, some China investments are more welcome than others », Bloomberg, le 27 février 2018
  • « l’Union européenne doit acquérir l’instinct de puissance », Zaki Laïdi, Le Monde, le 6 juin 2018

About Yannis BOUSTANI

est étudiant à Sciences Po Paris en master de droit économique après une année d’échange au Liban. Passionné par la géopolitique, il développe un intérêt particulier pour le Monde Arabe, les nouvelles routes de la soie et le droit appliqué à l’intelligence économique.

De quoi vont parler Kim Jong-un et Donald Trump ? On vous résume les enjeux de leur rencontre historique

De quoi vont parler Kim Jong-un et Donald Trump ? On vous résume les enjeux de leur rencontre historique

Le président américain et le leader nord-coréen vont tenter de régler leurs différends, mardi 12 juin, à Singapour.

Un homme regarde un écran de télévision montrant des archives du président américain Donald Trump, à droite, et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors d\'un reportage diffusé à la gare de Séoul, en Corée du Sud, lundi 11 juin 2018.
Un homme regarde un écran de télévision montrant des archives du président américain Donald Trump, à droite, et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors d’un reportage diffusé à la gare de Séoul, en Corée du Sud, lundi 11 juin 2018. (AHN YOUNG-JOON/SIPA)

Ce sera la toute première rencontre entre un président des États-Unis en exercice et un dirigeant nord-coréen. Mardi 12 juin, Donald Trump doit s’entretenir avec Kim Jong-un à Singapour, dans un hôtel de luxe de la cité-État asiatique. Un tête-à-tête qui était inimaginable il n’y a encore que quelques mois, alors que les deux hommes étaient engagés dans une violente surenchère verbale.

Mais à J-1, l’équipe Trump s’est employée à donner une image encourageante des négociations, sur lesquelles la partie nord-coréenne est restée muette. Le chef de diplomatie américaine Mike Pompeo a assuré lundi que les discussions avaient progressé « rapidement » au cours des dernières heures et s’est dit « très optimiste » lors d’une conférence de presse.

Mais sur quoi exactement vont porter ces négociations entre les deux dirigeants, et qu’espèrent obtenir les deux parties ? Franceinfo fait le point.

De la dénucléarisation de la Corée du Nord

La question de l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord va être au cœur de la rencontre entre les deux dirigeants. Sur ce point, Washington exige une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de Pyongyang, qui s’est progressivement imposé comme une puissance nucléaire.

Le régime nord-coréen a réalisé son sixième essai nucléaire en septembre dernier, le plus puissant à ce jour. L’année dernière, le Washington Post, citant un rapport du renseignement américain, estimait que la Corée du Nord disposait de jusqu’à 60 engins nucléaires. Le pays a par ailleurs testé des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles d’atteindre le territoire continental américain.

Pyongyang se dit engagé en faveur de la dénucléarisation de la péninsule. Mais cette formule, très vague, se prête à toutes les interprétations possibles, et la Corée du Nord ne l’a jamais clarifiée. « Cela me semble très difficile pour Kim de renoncer à la seule chose sur laquelle se fonde son importance, à savoir les armes nucléaires », a récemment estimé l’ex-secrétaire d’État adjoint américain Richard Armitage.

Interrogé par l’AFP, le spécialiste américain Siegfried Hecker considère qu’une dénucléarisation totale et immédiate est « inimaginable » : cela « reviendrait au scénario d’une reddition de la Corée du Nord ». Dans un rapport, il préconise plutôt une feuille de route qui consisterait à « suspendre, faire reculer et éliminer » les programmes balistique et nucléaire sur dix ans, voire quinze en cas de complications.

Des sanctions économiques contre Pyongyang

La Corée du Nord est sous le coup de sanctions qui asphyxient son économie, et qui lui ont été imposées pour la freiner dans sa course au nucléaire. Depuis 2006, huit salves de sanctions ont été adoptées par l’ONU, dont trois en 2017, rappelle le Council on Foreign Relations (en anglais). La dernière, datant de décembre, impose une réduction drastique des exportations de pétrole vers la Corée du Nord. « La pression économique sur la Corée du Nord est sans précédent », observe pour franceinfo Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique et enseignant à Sciences Po.

Le dirigeant nord-coréen « a clairement dit qu’en retour, il jugeait important que le moment venu, quand ces objectifs auront été atteints, il recevrait en contrepartie une aide économique de l’Amérique », a indiqué le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo devant une commission de la Chambre des représentants, le 24 mai dernier. Donald Trump est conscient des attentes de son homologue sur ce sujet, et les entretient. « J’estime véritablement que la Corée du Nord à un brillant potentiel et sera une grande nation économique et financière un jour. Kim Jong-un est d’accord avec moi là-dessus. Cela arrivera ! » a-t-il promis, sur Twitter, le 27 mai dernier.

Si les sanctions n’ont pas encore été assouplies, le sommet de Singapour laisse déjà présager d’une future ouverture économique. À Dandong, ville chinoise par laquelle transite l’essentiel du commerce vers la Corée du Nord, l’immobilier flambe déjà. « La plupart des acheteurs sont des hommes d’affaires du sud de la Chine, désireux de faire du commerce, se félicite un agent immobilier interrogé par l’AFP, nous avons vendu en un mois autant d’appartements que dans une année entière. »

D’un traité de paix pour la guerre de Corée

Le sommet entre les deux dirigeants pourrait aussi mettre fin à la guerre entre les deux Corées. Malgré un armistice en 1953, jamais signé par la Corée du Sud, aucun traité de paix n’a été conclu. Le conflit avait débuté trois ans auparavant, quand la Corée du Nord, occupée alors par les États-Unis, avait décidé d’envahir le Sud, sous domination américaine. Après l’armistice, la péninsule est restée coupée en deux au niveau du 38e parallèle, divisée par la DMZ, la zone démilitarisée.

Lors du sommet en avril dernier, Kim Jong-un et son homologue sud-coréen Moon Jae-in ont partagé leur volonté d’avancer vers ce traité de paix. Séoul a aussi annoncé la semaine dernière que des discussions tripartites avec Pyongyang et Washington étaient en cours pour une déclaration liminaire sur le sujet. Celle-ci précéderait un traité en bonne et due forme, dans lequel il faudrait impliquer la Chine, signataire de l’armistice et soutien de la Corée du Nord pendant la guerre.

On pourrait tout à fait signer un accord et c’est ce qu’on regarde. Ça a l’air un peu étrange, mais c’est probablement le plus facile.Donald Trump

De la présence américaine en Corée du Sud

Malgré la fin des affrontements, les États-Unis ont toujours maintenu une forte présence militaire dans la région. Ils possèdent 112 bases dans la péninsule coréenne et 90 000 soldats, dont 24 000 hommes en Corée du Sud et 60 000 au Japon. Sans oublier le bouclier antimissile américain, THAAD, déployé en Corée du Sud pour parer les éventuelles attaques nord-coréennes.

Une présence qui ne rassure pas le régime de Kim Jong-un. Selon le président sud-coréen Moon Jae-in, son homologue « a des inquiétudes sur le fait de savoir s’il peut faire confiance aux États-Unis pour mettre un terme à leur politique hostile et garantir la sécurité du régime quand le Nord se sera dénucléarisé ».

Cependant le président sud-coréen a rejeté l’idée d’un départ des soldats américains présents sur son sol, même en cas de traité de paix intercoréen. « Les forces américaines en Corée (USFK) sont un sujet qui relève de l’alliance entre la Corée du Sud et les États-Unis. Cela n’a rien à voir avec la signature d’un traité de paix », a-t-il affirmé.

Ce point reste donc à débattre et Kim Jong-un pourrait le faire valoir en échange d’une dénucléarisation complète de son pays. L’agence de presse nord-coréenne KNCA a d’ailleurs rappelé la position ferme de Pyongyang : les États-Unis devraient, pour cela, retirer « le parapluie nucléaire », à savoir le bouclier antimissile américain qui protège la Corée du Sud et le Japon.

Budget propre ou fin de la zone euro : l’ultimatum de la France à l’Allemagne, par Aline Robert

Budget propre ou fin de la zone euro : l’ultimatum de la France à l’Allemagne, par Aline Robert

Source : EURACTIV, Aline Robert, 15-05-2018

La zone euro ne survivra pas à l’absence de réforme, assure le ministre de l’Economie français, faisant monter la pression sur l’Allemagne à quelques semaines d’un Conseil européen crucial.

Une longue journée de travail attend les ministres de l’Economie français et alllemand, à Berlin, mercredi 16 mai. L’objet, la feuille de route pour la zone euro de demain qui doit être présentée fin juin lors du Conseil européen, est devenu une pomme de discorde entre la France et l’Allemagne. La France tente de jeter tout son poids politique dans la balance, et ce dans un langage de plus en plus cru.

« La zone euro ne résistera pas aux divergences économiques entre ses Etats-membres. Les différences fiscales sont devenues trop importantes pour une union monétaire » affirmait ainsi, le 14 mai Bruno Le Maire, lors d’une rencontre avec des journalistes à Bercy.

Pour la France, l’urgence de la réforme est dictée par la succession d’alertes électorales qui transfigure l’Europe politique en raison de la montée des forces centripètes. Le Brexit, les élections en Italie et la montée des extrêmes un peu partout devrait, selon l’équipe Macron, entraîner une réaction rapide pour donner des gages aux citoyens. Et ce avant les élections européennes de 2019, pour se prémunir d’une prochaine crise à laquelle l’euro pourrait ne pas résister.

« Maintenant ou jamais »

« C’est maintenant, ou jamais » résume le ministre français, en faisant référence à l’étroite fenêtre de tir qu’il reste : 5 semaines de discussion avant le Conseil européen des 28 et 29 juin. Il sera ensuite trop tard avant l’échéance électorale des européennes, en mai 2019.

Or, les discussions achoppent. « Réveillez-vous ! La France a changé », avait déjà prévenu Emmanuel Macron, le 10 mai à Aix-la-Chapelle, tout en insistant sur le fait qu’ « en Allemagne, il ne peut y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux, car ils sont faits aux dépens des autres ».

Une analyse largement partagée par son ministre de l’Economie, qui reconnait que […]

Suite à lire sur : EURACTIV, Aline Robert, 15-05-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

Lafarge – Daech : un scandale d’Etat ? – JT TVL 18 mai 2018

Lafarge – Daech : un scandale d’Etat ? – JT TVL 18 mai 2018

1) International / Lafarge – Daech : un scandale d’Etat ?

Lafarge accusée de financement du terrorisme. Le cimentier aurait accepté des transactions financières avec plusieurs groupes armés en Syrie, dont l’Etat Islamique, afin de maintenir l’activité de l’usine de Jalabiya, dans le nord-est du pays. L’ancien N°2 de la DGSE, Alain Juillet, revient sur l’affaire pour TV Libertés

2) Europe / La Hongrie débarrassée de George Soros

Victoire symbolique pour Viktor Orban ! Grâce à une campagne contre les ONG favorables à l’immigration clandestine, le premier ministre hongrois a poussé l’Open Society de George Soros à l’exil.

3) Economie / L’âge de la retraite naturellement repoussé

Crise économique, allongement de la durée de vie, hausse de la CSG… le monde du travail des plus de soixante ans est à l’aube de changements profonds. Plus de 40 % des futurs retraités envisagent de continuer à travailler tout en touchant leur pension.

4) Technologie / Suède : la mode des puces intégrées

5) L’actualité en bref

https://www.tvlibertes.com/2018/05/18/23092/lafarge-daech-scandale-detat-jt-tvl-18-mai-2018

Extra-territorialité du droit américain : une erreur stratégique ?

Extra-territorialité du droit américain : une erreur stratégique ?

Il faut bien distinguer tactique et stratégie.

Tactiquement, l’extra-territorialité du droit américain est brillante.

Elle a permis d’achever la soumission de l’Europe à l’Amérique. General Electric a pu racheter Alstom pour une bouchée de pain et il faut voir comment les dirigeants d’Airbus et des banques européennes sont terrifiés par les juges américains. D’ailleurs, leur mentalité et leur formation font qu’ils sont tout prêts à se rendre sans combattre. C’est la blague américaine : « Quelle est la première phrase qu’on entend d’un Français ?  » Ne tirez pas ! On se rend ! « ». Les fameux cheese-eating surrender monkeys.

Notons, pour ne pas être entièrement négatifs, que l’alliance d’Airbus et de Bombardier fit une petite (toute petite) nique aux Ricains.

Mais une réussite tactique peut avoir une effet stratégique destructeur. Les succès de Bonaparte ont uni ses ennemis.

Charles Gave croit que l’extra-territorialité du droit américain (entre autres raisons) pousse la Chine et la Russie à remettre en cause la suprématie du roi-dollar.


Evidemment, cela serait une défaite majeure pour les Etats-Unis, bien plus importante dans ses conséquences à long terme que le petit peu plus de soumission européenne obtenue grâce à l’extra-territorialité du droit américain.

A l’inverse, les accords du Plaza de 1985 ont stérilisé la concurrence japonaise de manière durable, exemple de mouvement stratégique efficace.

Nous vivons des temps intéressants.

Petit complément :

La France ne doit pas rater l’hyperindustrialisation des services

La France ne doit pas rater l’hyperindustrialisation des services

Par Olivier Passet – Directeur des synthèses, Xerfi

05:06

03/04/2018

Attention à la seconde vague de désindustrialisation ! En disant cela, je ne suis pas en train de lancer l’alerte sur les bastions sur lesquels l’économie française s’est recentrée : l’aéronautique, le spatial, l’automobile, le luxe, la pharmacie, les boissons etc. L’alerte peut sembler incongrue, alors même que la part de l’industrie est déjà parmi les plus faibles des pays de l’OCDE et que la France a très largement opéré son redéploiement vers les services. […]

Mots clés : Economie française, Politique économique, Services aux entreprises, Services aux particuliers, Services, Compétitivité, Transformation numérique, Commerce extérieur, hyper-industrielle, Désindustrialisation

Bitcoin, Ether, Ripple, Litecoin… les 10 cryptomonnaies à connaître

Bitcoin, Ether, Ripple, Litecoin… les 10 cryptomonnaies à connaître

Le Bitcoin connaît un engouement sans précédent, mais il n’est pas la seule crypto monnaie en circulation. [ANTHONY WALLACE / AFP]

Le Bitcoin et les cryptomonnaies suscitent un intérêt croissant, tant pour la technologie sur laquelle ils reposent, la blockchain, que pour les profits potentiels que certains croient y déceler.

Il existe des milliers de monnaies cryptées, certaines valant seulement quelques centimes d’euros. Le principal rival de Bitcoin est Ethereum, qui a connu début janvier une progression spectaculaire. Ripple, Bitcoin Cash, Cardano, Litecoin ou encore IOTA sont d’autre acteurs majeurs du monde des cryptomonnaies. Petit tour d’horizon.

Bitcoin

Le Bitcoin est la star des cryptomonnaies, la première à avoir attiré l’attention du grand public. Crée en 2008, elle fête déja ses dix ans cette année. Son inventeur, Satoshi Nakamoto, reste mystérieux. On ne sait pas s’il s’agit d’une personne ou d’un groupe de personne, et le milliardaire Elon Musk a récemment nié être derrière cette identité. Cette inconnue correspond à la philiosophie qui sous-tend le Bitcoin, à savoir fournir une monnaie totalement décentralisée, sans contrôle des Etats, d’une entreprise ou d’une personne.

Le Bitcoin, comme toutes les autre cryptomonnaies, repose sur la technologie du blockchain. Il s’agit d’une technologie de stockage et de transmission d’informations, fonctionnant sans organe central de contrôle. Lorsque deux utilisateurs échangent de la monnaie cryptée, ils sont donc les deux seul à avoir accès à la transaction, ce qui représente un avantage certain en termes de sécurité. Une blockhain peut être comparée à un livre de comptes, puisque l’intégralité des transactions y sont listées, ce qui la aussi permet de garantir la sécurité des transactions.

Comme s’il s’agissait d’une matière première, et contrairement aux devises traditionnelles, le nombre de Bitcoin en circulation est limité. Au final, vers 2140, la création de Bitcoin sera stoppée, et on comptera alors 21 milions d’unités.

En atteigant la barre des 10.000 dolllars en novembre, le Bitcoin a attiré l’attention des médias traditionnels, du monde de la finance traditionnel, et du grand public. Nombre d’obervateurs ont alors pointé le risque d’éclatement de la bulle. Mais après une chute – relative – liée en partie au fait que les sites de transactions ont planté en raison d’une trop grand affluence, le Bitcoin est remonté, flirtant un temps avec les 20.000 dollars avant de redescendre ces derniers jours jusqu’à 7.500 dollars. Un crash selon certains, une simple correction selon d’autres.

Certains estimentque le Bitcoin pourrait un jour remplacer le dollar, qui avait lui-même remplacé l’or, comme étalon des transactions internationales.

Des améliorations considérables seraient à venir en termes de rapidité et de coût des transacitons, ce qui pourrait faire grimper le cours du Bitcoin.

Ethereum

Ethereum et sa monnaie, l’Ether, est désormais installé à la deuxième place des cryptomonnaies les plus populaires, derrière Bitcoin.

L’entreprise Ethereum a été fondée en 2013 par un informaticien russo-canadien âgé à l’époque de 19 ans, Vitalik Buterin. Lancé le 30 juillet 2015, l’Ethereum, la plate-forme qui supporte l’Ether, a connu une forte augmentation de sa valeur ces derniers mois.

La force de l’Ethereum, par ailleurs comparable au Bitcoin, repose sur sa blockhain, la technologie sur laquelle il est basé. Celle-ci permet de réaliser des «smart contracts», ou contrats intelligents. Certains estiment que cela pourrait être encore plus révolutionnaire que l’intelligence artificielle, en modifiant et en améliorant radicalement la façon dont s’opèrent toutes les transactions. La blockchain d’Ethereum pourrait ni plus ni moins remplacer les notaires, avocats ou autres en jouant le rôle de «tiers de confiance» lors d’une transaction, et en mettant en quelques secondes en place des contrats sans failles, de manière bien plus efficace qu’un humain.

Litecoin

Basé sur la technologie Bitcoin, le Litecoin est l’une des cryptomonnaies les plus connues, étant prise en compte par la plateforme d’échanges Coinbase, la plus populaire actuellement.

Crée en 2011 par Charles Lee, un ancien employé de Google, qui est parti du code source de Bitcoin (en open source), pour mettre au point son propre code, le Litecoin est une cryptomonnaie distribuée sous licence libre.

Le blockchain sur lequel est basé le Litecoin a ainsi été amélioré par rapport à celui du Bitcoin. Cela a notamment permis d’accélérer le processus de vérification et donc d’augmenter la rapidité des transactions, supérieure actuellement à celle de ses concurrents. Et les frais de transaction sont bien plus faibles que ceux du Bitcoin. Le Litecoin est ainsi particulièrement destiné aux transactions quotidiennes.

Comme le Bitcoin et la plupart des cryptomonnaies, le Litecoin sera produit dans un nombre limité. Le taux d’émission suit une série géométrique qui diminue de moitié tous les 840.000 blocs, et atteindra à terme 84 millions de Litecoins.

IOTA

Si l’Ether est tournée vers les «smart contracts», l’IOTA (ou MIOTA) est lui lié aux objets connectés, à «l’internet des objets» (Internet of things, en anglais), que certains qualifient de «quatrième révolution industrielle».

Crée en 2015 par David Sonstebo, Sergey Ivancheglo, Dominik Schiener et Dr. Serguei Popov, IOTA est basée sur une technologie qui permet les transactions sans frais et instantanées entre les machines dans l’environnement de l’internet des objets.

Contrairement au Bitcoin et à la plupart des cryptomonnaies, les unités de IOTA existent déja (2.779.530.283 au total), et la devise ne repose donc pas sur le système de minage (création d’unités via des ordinateurs, ndlr).

L’IOTA se différencie également des autres cryptomonnaies par le fait qu’il ne repose pas sur la technologie du blockchain, évoquée plus haut. Il est basé sur la technologie Tangle, entièrement décentralisée, qui permet les transactions sans frais, sécurisées, et instantanées.

Les applications sont nombreuses. L’IOTA permettant les micro-transactions puisqu’il n’y a pas de frais, de nombreuses compagnies, et notamment les petites entreprises, les commerçants pourraient s’y intéresser. La technologie Tangle sur laquelle repose le IOTA peut aussi être utilisée pour transférer des données, peut s’appliquer pour mettre en place les votes électroniques, ou encore servir de base à des messageries cryptées.

Bitcoin Cash

Surnommé «le vrai Bitcoin» par ses adeptes, le Bitcoin Cash est né le 1er août 2017 d’un schisme («hard fork») avec le Bitcoin. S’il est basé sur la même blockchain, il est plus rapide et garantit des transactions moins onéreuse que le Bitcoin. Mais ce dernier devrait connaître prochainement des évolutions lui permettant de rattrapper son déficit.

Le Bitcoin Cash a a été listé par la plateforme d’échange de cryptomonnaies de référence, Coinbase. Il s’agit seulement de la quatrième monnaie cryptée à y faire son entrée, après le Bitcoin, l’Ethereum et le Litecoin.

Monero

Crée en 2014, Monero (qui signifie «pièce» en esperanto) ne repose pas sur le code de Bitcoin mais sur la technologie cryptonote. Celle-ci est plus sûre, garantit l’anonymat à ses usagers (le montant des transactions est également impossible à voir de l’extérieur) et surtout est évolutive, ce qui garantit qu’elle pourra supporter l’augmentation prévue du volume de transactions dans les années à venir.

L’alorythme qui gère le minage de Monero est également décrit comme supérieur à celui du Bitcoin par nombre d’utilisateurs, puisqu’il permet aux particuliers de miner sans problème. Monero repose ainsi largement sur la communauté qui le supporte.

NEO

Certains qualifient NEO «d’Ethereum chinois». Fondé par Da Hongfei, NEO se place comme également IOTA, sur le secteur de la «smart economy» ou «économie intelligente». «Nous espérons que la plateforme pourra être utilisé dans différents scénarios comprenant une interface utilisateur («front end scenarios») , comme des portefeuilles d’actifs numériques, des forums, des systèmes de vote, de gestion de profil et des applications mobiles. la plate-forme dispose également d’une API ouverte qui peut être utilisée pour intégrer NEO à une autre architecture logiciel», a expliqué Da Hongfei.

NEO semble amené à dépasser les frontières de la Chine pour s’imposer au niveau mondial. Même l’interdiction des cryptomonnaies par la Chine n’a pas semblé l’affecter.

Par rapport à l’Ethereum, NEO présente quelques atouts, en supportant notamment de multiples supports de programmation informatique, ce qui doit permettre a de nombreux nouveau développeurs de participer. Pour simplifier, il s’agit d’un système plus ouvert, qui doit permettre de stimuler l’innovation.

Ripple

Ripple a connu une forte croissance depuis mi-décembre, détrônant Bitcoin Cash sur le podium des cryptomonnaies les plus populaires, et dépassant même plus récemment l’Ether, pour prendre la deuxième place en termes de capitalisation derrière le Bitcoin. Le Ripple a la spécificité d’avoir le soutien des banques : UBS, UniCredit ou encore Santander utilisent déja sa blockchain, qui permet de transférer des fonds sans frais.

Rejetée par les «geeks» et les «cypherpunks», qui défendent les libertés individuelles et les monnaies cryptées comme solution pour sortir de l’ornière des institutions financières et des Etats, le Ripple semble promis à un bel avenir grâce au soutien des banques.

Cardano (ADA)

Fondées par l’ancien PDG d’Ethereum Charles Hoskinson, Cardano et sa cryptomonnaie ADA est une blockchain comparable à Ethereum. La cryptomonnaie a connu une forte hausse récemment, se plaçant dans les top 10 en terme de valorisation globale. Sa blockchain, basée sur un algorithme mathématique baptisé Ourobros, est censé rendre les transactions hautement sécurisées, rapies et fiables. Elle permet aussi le développement de contrats intelligents.

Dash

Dash fait également partie des cryptomonnaies qui montent. Ses frais de transaction très bas et la rapidité des ces transactions font de Dash une monnaie d’échange recherchée. «DASH est en train de devenir la crypto-monnaie de paiement tandis que Bitcoin s’affirme comme Gold 2.0 », a estimé le spécialiste du Bitcoin Max Keizer.

http://www.cnews.fr/monde/2018-04-29/bitcoin-ether-ripple-litecoin-les-10-cryptomonnaies-connaitre-770416

ANALYSE : L’argent fuit l’Arabie saoudite à toute vitesse

ANALYSE : L’argent fuit l’Arabie saoudite à toute vitesse

Simon Constable's picture
27 mars 2018

Les liquidités sortent d’Arabie saoudite à un rythme exponentiel en raison des difficultés rencontrées par l’économie du pays, selon un récent rapport

Un torrent d’argent a fui l’Arabie saoudite à cause des difficultés rencontrées par son économie.

Il s’agit là d’une mauvaise nouvelle pour un pays qui essaie désespérément de se défaire de sa dépendance vis-à-vis du secteur de l’énergie et de refaçonner son économie en prévision d’un monde post-pétrolier.

De nouvelles recherches montrent que le royaume a vu sortir des dizaines de milliards de dollars de capitaux chaque année entre 2012 et l’année dernière. L’année qui suit sera du même acabit, indique le rapport rédigé par l’Institut de la finance internationale (IIF), un think tank basé à Washington.

Un cycle majeur de fuite de capitaux pourrait s’opérer, au cours duquel les habitants riches transféreraient des actifs en dehors du royaume

« Les flux de capitaux propres ont connu un rythme nettement négatif au cours de l’année dernière […] avec peu de signes d’amélioration des données au troisième trimestre 2017 », indique le rapport.

Les capitaux désignent les liquidités et autres actifs économiques. Dans cette étude, les analystes de l’IIF ont retiré les emprunts à l’étranger effectués par le royaume. Il en résulte ce qu’on appelle le « flux de capitaux propres ».

« Avant ces dernières années, l’Arabie saoudite n’empruntait pas à l’étranger ; nous voulions donc retirer cette donnée pour voir s’il y avait des entrées ou des sorties », explique Greg Basile, analyste à l’IIF.

Ils ont alors constaté une sortie considérable et constante de capitaux.

Selon les estimations du rapport, 64 milliards de dollars de capitaux propres sont sortis d’Arabie saoudite en 2017 sur la base des données du troisième trimestre, un chiffre en augmentation par rapport aux 55 milliards de dollars enregistrés au cours de l’année précédente. Cette année, les sorties devrait se poursuivre avec une projection de 26 milliards de dollars.

Pourquoi cet exode ?

Les saisies financières contre les princes et autres membres de la famille royale ont-elles été prises en compte dans le rapport de l’IIF ? Probablement pas.

« Il y a fort à parier que nous ne verrons pas l’effet des sorties de capitaux issues de ces événements avant cette année », explique Marcus Chenevix, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au sein de la société financière TS Lombard, basée à Londres.

Maintenant que l’épisode du Ritz semble clos, il est probable que la fuite de capitaux s’intensifie

La raison est simple. Les princes ont été arrêtés et n’étaient donc pas libres de prendre des dispositions pour sortir des actifs du royaume, précise Chenevix.

« Y a-t-il eu des capitaux qui ont quitté immédiatement le pays ? Probablement pas », a-t-il ajouté.

Maintenant que l’épisode du Ritz semble clos, il est probable que la fuite de capitaux s’intensifie dans la mesure où toutes les personnes impliquées sont libres d’agir en ce sens.

« Il est important de noter que les autres personnes qui n’ont pas été prises dans les filets des arrestations seront davantage motivées à l’idée d’avoir des actifs hors d’Arabie saoudite », explique-t-il. En d’autres termes, un cycle majeur de fuite de capitaux pourrait s’opérer, au cours duquel les habitants riches transféreraient des actifs en dehors du royaume.

À LIRE : La question à 106 milliards de dollars qui plane sur le royaume saoudien

Mais la raison la plus importante de la sortie des capitaux est peut-être la morosité de l’économie intérieure en Arabie saoudite.

Malgré les efforts récemment engagés dans le but de se défaire de sa dépendance vis-à-vis des exportations pétrolières, le pays demeure fortement tributaire des variations du marché international de l’énergie.

Les produits énergétiques connexes représentent toujours 87 % du budget du gouvernement et les neuf dixièmes des exportations, selon le World Factbook de la CIA.

Ainsi, lorsque le marché du pétrole a coulé, l’économie saoudienne a souffert. Selon les données collectées par TradingEconomics.com, la croissance du pays est passée d’un taux annualisé de plus de 10 % en 2011 à une baisse effective l’année dernière. Cette tendance a été causée par la chute des prix du pétrole qui, jusqu’à la mi-2014, s’échangeait à plus de 100 dollars le baril, pour chuter à 26 dollars en février 2016.

Le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, à Riyad (AFP)

La baisse des prix du pétrole a été accompagnée d’une réduction des dépenses publiques, alimentées en grande partie par les recettes pétrolières. Les dépenses publiques ont atteint un sommet en 2014 avant d’être réduites en 2015, puis encore davantage en 2016. Ces coupes budgétaires ont nui à la croissance du PIB.

« Quand ces dépenses ont cessé en 2014, de nombreux fonds d’investissement et de nombreuses banques ont été pris au dépourvu », a affirmé Chenevix. Désormais, ces investisseurs veulent diversifier leurs avoirs à travers un éventail plus large d’actifs, a-t-il expliqué. Autrement dit, ils souhaitent des investissements qui ne sont pas tous liés au pétrole.

Besoin de capitaux

Le fait que la fuite des capitaux d’Arabie saoudite soit due en partie à la dépendance du royaume vis-à-vis des recettes pétrolières constitue un triste paradoxe. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a l’intention de moderniser le pays et de diversifier l’économie en l’éloignant du pétrole.

Cependant, pour développer le secteur non pétrolier, il aura besoin de capitaux étrangers. En d’autres termes, les personnes ou les entreprises qui ont de l’argent devront prendre des risques en investissant leurs capitaux en Arabie saoudite. Sans ces capitaux, il sera impossible pour le pays de diversifier son économie et de la défaire de sa dépendance vis-à-vis du pétrole et de l’énergie.

Le fait que la fuite des capitaux d’Arabie saoudite soit due en partie à la dépendance du royaume vis-à-vis des recettes pétrolières constitue un triste paradoxe

L’une des chevilles ouvrières de la stratégie de diversification de l’Arabie saoudite est la vente d’une participation dans la compagnie pétrolière publique Aramco. Cette vente a maintenant été retardée à plus tard cette année ou à début 2019.

« La privatisation est une composante importante de l’effort de modernisation du royaume et non une tentative désespérée de levée de fonds », selon un rapport récemment publié par la société de conseil en risques politiques Eurasia Group. Cela signifie que les « conditions du marché » sont l’élément clé à prendre en compte quant au timing de la vente.

Plus précisément, un marché pétrolier fort constitue la première composante. Si le prix du pétrole brut recommence à baisser, cela ne serait pas de bon augure pour la privatisation d’Aramco. En plus de cela, la demande des investisseurs pour les actions de l’entreprise est également vitale.

À LIRE : Économie saoudienne : pourquoi Vision 2030 échouera

Ces deux éléments, à savoir une forte demande pour les actions Aramco et un marché de l’énergie robuste, doivent être réunis afin d’assurer les meilleurs résultats pour la vente.

Si Mohammed ben Salmane et ses conseillers sont en mesure de réussir la vente d’une participation dans Aramco, cela encouragera probablement d’autres investisseurs à voir les plans de modernisation de l’économie comme plus qu’un simple vœu pieux.

« L’objectif [à plus grande échelle] est de continuer de rallier le soutien en faveur du programme de changements avancé par le prince héritier, ainsi que l’intérêt des investisseurs étrangers pour les efforts de diversification du royaume », a indiqué le rapport d’Eurasia Group.

Tant que ce succès n’aura pas eu lieu, il est probable que les investisseurs potentiels en Arabie saoudite demeurent sceptiques et que les capitaux continuent de fuir.

 

Photo : 64 milliards de dollars de capitaux propres sont sortis d’Arabie saoudite en 2017 (Reuters).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

[RussEurope en Exil] L’impact des mesures politiques sur le commerce avec la Russie, par Jacques Sapir

(Billet invité)

L’impact économique des sanctions prises par les pays occidentaux (Etats-Unis et UE) à l’égard de la Russie est souvent l’objet de débats. Mais, on s’intéresse peu à l’impact des contre-sanctions prises par la Russie sur les pays de l’Union européenne. Pourtant ces mesures, ainsi que le pivotement d’une partie du commerce extérieur de la Russie, ont eu des conséquences non négligeables sur les économies des pays concernés. La publication des chiffres du commerce extérieur russe permet de préciser quelques points sur ce sujet.


  1. I. Baisse et transformation de la structure du commerce extérieur de la Russie

On s’intéresse ici uniquement au commerce des biens. Tous les chiffres qui seront donnés sont dits « Freight on Board » ou « FOB ». La première chose que l’on constate est effectivement une baisse du commerce extérieur de la Russie en prix (l’unité de mesure est le million ou le milliards de dollars). Cette baisse affecte tout autant les exportations (pénalisées par la baisse brutal du prix du baril) que les importations. Ces dernières baissent cependant pour plusieurs raisons :

  1. Baisse du pouvoir d’achat en dollar des entreprises et des ménages.
  2. Baisse absolue du pouvoir d’achat des ménages.
  3. Mise en place de mécanismes de substitution soit entre les importateurs, soit entre la production interne et les exportations.

Le cumul de ces facteurs explique que la baisse des importations aient été parallèle à la baisse des exportations.

Graphique 1

Evolutions du commerce extérieur de la Russie

Source : Banque Centrale de Russie

 

On constate cependant que le solde commercial de la Russie reste très largement positif sur l’ensemble de la période. Jamais, et cela contrairement à des rumeurs qui circulaient dans la presse à l’automne 2014 et au printemps 2015 la Russie n’a été confrontée à un déséquilibre de son commerce qui eut été susceptible de provoquer une nouvelle crise financière.

  1. II. La modification de parts des partenaires

Cette baisse affecte donc le chiffre d’affaires global (Exportations + Importations). Le montant baisse brutalement en 2014 et jusqu’en 2016, avant de se redresser fortement en 2017.

Tableau 1

Chiffre d’affaires du commerce extérieur russe (biens) en milliards de dollars

2013 2014 2015 2016 2017
863,104 804,681 534,44 473,438 591,6

Source : Banque Centrale de Russie

Notons que, calculé en roubles, ce chiffre d’affaires connaît des fluctuations bien moindres, et qu’il est même en 2017 supérieur de 20% à son niveau de 2013.

Cependant, ce qui est encore plus marquant est la modification de la part des partenaires commerciaux de la Russie. Ici encore, on utilise les données fournies par la Banque Centrale de Russie sur la base de la collecte des données des douanes. On constate que ces parts, pour les 15 premiers partenaires commerciaux de la Russie se modifient quelque peu entre 2013 et 2017. Le montant global de la part du chiffre d’affaires de ces 15 premiers partenaires évolue cependant peu, connaissant un pic à 82,4% en 2016 et un creux à 80,5% en 2017.

 

Tableau 2

Part dans le chiffre d’affaires (biens) du commerce extérieur de la Russie

2013 2014 2015 2016 2017 Ecart 2017/2014
Chine 11,5% 11,8% 12,0% 13,1% 13,9% 20,8%
Allemagne 9,9% 9,9% 10,1% 10,4% 10,0% 1,1%
Pays-Bas 9,4% 11,1% 10,3% 10,8% 9,6% 1,7%
Ukraine 7,0% 6,1% 5,4% 4,1% 3,3% -53,1%
Italie 6,3% 6,2% 7,3% 7,2% 6,7% 5,5%
Belarus 5,3% 4,9% 4,6% 4,8% 5,3% -0,6%
Turquie 4,4% 4,6% 4,4% 4,7% 5,1% 16,5%
Etats-Unis 4,3% 3,8% 3,7% 4,3% 4,6% 6,5%
Japon 4,1% 4,2% 4,5% 4,6% 4,7% 14,7%
France 3,9% 3,3% 3,0% 2,7% 2,5% -34,4%
Pologne 3,9% 3,7% 3,8% 3,4% 3,0% -22,1%
Corée du Sud 3,4% 3,3% 3,4% 4,1% 3,9% 14,9%
Grande-Bretagne 2,9% 3,1% 3,3% 2,9% 2,4% -16,2%
Kazakhstan 2,8% 3,2% 3,2% 3,2% 3,4% 20,6%
Finlande 2,6% 2,3% 2,5% 2,4% 2,1% -17,8%
Total 81,6% 81,4% 81,4% 82,4% 80,5%

 

On constate immédiatement que 5 pays ont vu leur part dans le commerce extérieur de la Russie reculer. Il s’agit de l’Ukraine (dont le commerce avec la Russie était important en 2013) et qui subit de plein fouet les conséquences de la crise politique avec la Russie. L’impact sur l’économie ukrainienne de cette baisse a été très sévère. Mais, on constate aussi que certains pays de l’Union européenne voient leur part dans le commerce avec la Russie reculer substantiellement. C’est en particulier le cas de la France et de la Pologne, deux pays qui ont été frappés par les « contre-sanctions » visant les productions agricoles et agro-alimentaires prises par la Russie en rétorsion aux sanctions dont elle était la cible. On notera cependant que ceci n’affecte pas trois pays de l’UE, et probablement pour des raisons assez différentes.

L’Allemagne ne subit aucune conséquence des sanctions, et ceci très probablement parce que ses industriels ont adopté une politique très pragmatique à l’égard de la Russie, cherchant à contourner les mécanismes des sanctions, sans nul doute avec l’assentiment du gouvernement. Pour les Pays-Bas, la question est faussée car ce dernier pays reçoit une grande partie du gaz naturel russe avant de la revendre aux consommateurs finaux. Cela explique que les flux de commerce se maintiennent. Enfin, l’Italie a dû adopter une politique très semblable à celle de l’Allemagne, et les industriels italiens sont toujours bien présents, et très actifs, en Russie.

On notera aussi que des pays améliorent leur part dans le commerce extérieur russe. C’est, tout d’abord, le cas de la Chine et du Kazakhstan, mais qui relèvent de deux logiques différentes. La Russie a largement substitué le charbon du Kazakhstan au charbon ukrainien. Par contre, elle s’est globalement ouverte au commerce avec la Chine et a accru le volume de ses exportations de pétrole et de gaz vers ce pays. Le Japon et la Corée du Sud ont aussi vu leur part dans le commerce extérieur russe augmenter, ce qui correspond aussi au « tournant vers l’Asie » effectué par la Russie. Enfin, la Turquie, en dépit d’une période de conflit avec la Russie, s’est positionnée comme un exportateur de substitution sur les produits agricoles, au détriment de la France et de la Pologne.

III. Le coût des réajustements pour certains pays

On doit tenter maintenant de mesurer le coût de ces réajustements pour certains pays. Pour ce faire, il faut commencer par calculer les pertes en dollars par rapport au chiffre d’affaires de 2013 qui sont dû à la contraction générale du commerce extérieur de la Russie. Ces pertes se calculent en rapportant les montants des chiffres d’affaires de 2014 à 2017 à celui qu’ils avaient atteint en 2013.

Tableau 3

Montant des chiffres d’affaires par pays et pertes cumulées par rapport à 2013

2013 2014 2015 2016 2017 Pertes cumulées depuis 2014
Chine 99,08 94,63 64,08 61,83 82,05 -93,74
Allemagne 85,27 79,82 54,09 49,05 59,10 -99,04
Pays-Bas 81,39 89,40 54,83 51,27 56,73 -73,32
Ukraine 60,16 48,84 28,59 19,46 19,35 -124,39
Italie 54,63 49,57 38,85 33,90 39,52 -56,70
Belarus 45,83 39,35 24,69 22,58 31,24 -65,46
Turquie 37,72 37,02 23,62 22,11 30,11 -38,01
Etats-Unis 36,94 30,58 19,93 20,41 26,98 -49,87
Japon 35,21 33,80 24,00 21,54 27,69 -33,84
France 33,40 26,23 16,03 12,74 15,03 -63,58
Pologne 33,23 29,53 20,15 16,10 17,75 -49,39
Corée du Sud 29,60 26,88 18,17 19,17 23,31 -30,89
Grande-Bretagne 25,12 25,11 17,69 13,49 14,44 -29,74
Kazakhstan 24,34 25,59 16,94 15,06 20,11 -19,66
Finlande 22,35 18,35 13,47 11,17 12,60 -33,83

Unité : milliards de dollars

Source : Banque Centrale de Russie

Il convient, dès lors, de distinguer ce qui est dû à la contraction globale du commerce extérieur russe, et ce qui est dû aux ajustements des parts dans ce commerce extérieur. Pour ce faire, on propose de calculer un chiffre fictif du commerce extérieur, en appliquant aux années de 2014 à 2017 les proportions de 2013 puis de comparer ce chiffre avec le chiffre réel de chaque pays dans son commerce extérieur avec la Russie. Cette comparaison donnera alors une indication des pertes et des gains subits par chacun de ces pays en raison des modifications des flux du commerce extérieur de la Russie.

Tableau 4

Montants hypothétiques si les parts de 2013 avaient été conservées

(milliards de dollars des Etats-Unis)

2013 2014 2015 2016 2017
Chine 99,08 92,38 61,35 54,35 67,92
Allemagne 85,27 79,50 52,80 46,78 58,45
Pays-Bas 81,39 75,88 50,40 44,65 55,79
Ukraine 60,16 56,09 37,25 33,00 41,23
Italie 54,63 50,94 33,83 29,97 37,45
Belarus 45,83 42,73 28,38 25,14 31,41
Turquie 37,72 35,16 23,36 20,69 25,85
Etats-Unis 36,94 34,44 22,87 20,26 25,32
Japon 35,21 32,83 21,81 19,32 24,14
France 33,40 31,14 20,68 18,32 22,89
Pologne 33,23 30,98 20,58 18,23 22,78
Corée du Sud 29,60 27,60 18,33 16,24 20,29
Grande-Bretagne 25,12 23,42 15,55 13,78 17,22
Kazakhstan 24,34 22,69 15,07 13,35 16,68
Finlande 22,35 20,84 13,84 12,26 15,32

 

On obtient alors, pour les pertes cumulées de 2014 à 2017, à la fois le montant des pertes uniquement liées au changement de structure mais aussi l’impact moyen (réparti sur 4 ans) de cet impact par rapport au chiffre d’affaire de chaque pays. Cela donne le tableau suivant :

Tableau 5

Calcul de l’impact du changement de structure dans commerce de la Russie

Pertes cumulées depuis 2014(Tab. 3) Pertes ou gains théoriques cumulés liés au changement de structure(Tab. 4 – Tab. 3) Impact moyen (sur 4 ans) du changement de structures.1
Chine -93,74 26,60 6,7%
Allemagne -99,04 4,53 1,3%
Pays-Bas -73,32 25,53 7,8%
Ukraine -124,39 -51,33 -21,3%
Italie -56,70 9,66 4,4%
Belarus -65,46 -9,80 -5,3%
Turquie -38,01 7,80 5,2%
Etats-Unis -49,87 -5,00 -3,4%
Japon -33,84 8,93 6,3%
France -63,58 -23,01 -17,2%
Pologne -49,39 -9,04 -6,8%
Corée du Sud -30,89 5,07 4,3%
Grande-Bretagne -29,74 0,76 0,8%
Kazakhstan -19,66 9,90 10,2%
Finlande -33,83 -6,68 -7,5%

Les deux premières colonnes sont en milliards de dollars des Etats-Unis

Le Kazakhstan apparaît comme, en proportion, le grand gagnant du réajustement du commerce extérieur russe, suivi par la Chine, le Japon et la Turquie. Parmi les perdants, si l’Ukraine fait figure de « numéro 1 », la deuxième place revient à la France. Pour ce dernier pays, la perte annuelle moyenne liée au réajustement de la structure du commerce, et concernant pour l’essentiel les exportations vers la Russie se monte à 5,75 milliards de dollars, soit 0,2% du PIB de la France (nous importons peu de la Russie).

L’impact (positif ou négatif) du réajustement du commerce extérieur russe a été significatif pour un certain nombre de pays. Si, le Kazakhstan et les pays industrialisés d’Asie tirent leur épingle du jeu, des pays comme l’Ukraine, la France et la Pologne subissent de plein fouet les effets de ce réajustement. Pour la France, on peut estimer qu’entre les effets des « contre-sanctions » et la timidité des exportateurs dans un contexte marqué par les sanctions (et l’absence de soutien de la part du gouvernement), les pertes ont été importante et pourraient avoir eu un impact de 0,2% sur le PIB annuel de 2014 à 2017. Quand ont voit les montants de la croissance du PIB durant ces années, ce n’est donc pas négligeable.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-limpact-des-mesures-politiques-sur-le-commerce-avec-la-russie-par-jacques-sapir

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Notes

1. Col.2/4) / (Col.1-Tab.3
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