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La « nouvelle prospérité » introuvable de Bruno Le Maire

Politique

La « nouvelle prospérité » introuvable de Bruno Le Maire

Bruno Lemaire by UMP photos CC BY-NC-ND 2.0

Dans l’esprit de Bruno Le Maire, tout ce qui est de nature à favoriser l’activité économique est à rejeter et tout ce qui entrave la liberté d’entreprendre au nom d’une fausse notion de la justice sociale est à encourager.

Par Nathalie MP.

Parmi les séquences médiatiques du week-end, on a surtout retenu l’étrange amnésie mâtinée de connivence calculée qui a saisi Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il s’est retrouvé plus ou moins inopinément face au Président de la République. Quelle injustice pour Bruno Le Maire ! Son registre est certes moins sexy puisqu’il parle de comptes publics, mais à écouter le festival de petites phrases creuses et de platitudes politiquement correctes qu’il nous a servies ces derniers jours, c’est à se demander si côté langue de bois ce ne serait pas lui le meilleur d’entre tous.

Comme souvent quand Bruno Le Maire s’exprime, c’est toujours le côté « bon élève gendre idéal » qui apparaît en premier. Samedi dernier, nous avons donc eu droit au discours qui s’est imposé chez tous les dirigeants voulant montrer du sérieux dans la gestion des affaires nationales, ne serait-ce que pour ne pas encourir trop sévèrement les blâmes et autres procédures pour déficit excessif de l’Union européenne :

Il n’y a pas de prospérité durable avec des comptes publics qui ne sont pas bien tenus.  (BLM, 8 septembre 2018)

« Enfin un peu de lucidité ! » serait-on tenté de dire. À vrai dire, notre ministre de l’Économie est coutumier de ces déclarations très orthodoxes. Il y a un an, il écrivait déjà en en introduction du projet de loi de finances pour 2018 :

Si la dépense publique était la réponse à tout, nous devrions donc avoir le chômage le plus bas et le taux de croissance le plus élevé en Europe. Nous en sommes loin. (27 septembre 2017)

Et encore tout récemment, dans l’émission Les 4 Vérités sur France 2 (voir la vidéo en fin d’article), il donnait la définition de ce qu’il appelle pompeusement « la nouvelle prospérité française » :

La nouvelle prospérité française, elle ne doit pas être bâtie sur la dépense et sur la dette, mais sur la croissance et le travail. (6 septembre 2018)

À l’entendre, avec l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017, nous serions donc entrés dans un cycle radicalement nouveau, celui où la sphère publique arrête de dépenser à tout va comme c’était le cas par le passé.

Du retard à l’allumage

Un passé où les acteurs actuels du « nouveau monde » étaient déjà impliqués jusqu’au cou, Macron comme ministre de Hollande et Le Maire comme ministre de Sarkozy. Mais laissons cela. Il nous suffit de constater que la nouvelle prospérité française a visiblement pris un peu de retard à l’allumage, si ce n’est du plomb dans l’aile :

Le budget établi pour 2018 n’a nullement entériné ces sages préceptes, les dépenses et les prélèvements obligatoires ont continué à augmenter. La croissance française, loin de décoller, se tasse plus que jamais, rendant inatteignable l’objectif de 2 % pour 2018, et le chômage n’a pas reflué de façon significative (tableau ci-contre).

En fait de comptes tenus, Bruno Le Maire s’est contenté de nous annoncer dans la foulée que le déficit public serait en dessous de la limite fatidique des 3 % en 2018 et 2019, grâce (attention, violons) aux « efforts considérables » de l’État, des ménages et des entreprises. Que les particuliers et les entreprises soient sans cesse ballotés d’une décision fiscale à une autre, certes. On pense à la hausse de la CSG couplée à la baisse des cotisations salariales ou à l’invraisemblable fiasco la taxe à 3 % sur les dividendes. Mais quels efforts de l’État ?

Il faut savoir tout d’abord que jeudi dernier l’INSEE a publié un communiqué dans lequel il indique avoir accédé aux demandes d’Eurostat, l’organisme de la statistique de l’Union européenne, à propos de la dette de la SNCF et de la recapitalisation d’Orano (ex-Areva).

Il en résulte que le déficit public rapporté au PIB, qui était de 3,4 % pour 2016 et de 2,6 % pour 2017, remonte à 3,5 % et 2,7 % pour ces deux années respectivement. De la même façon, la dette publique atteint maintenant 2 257,8 milliards € à fin décembre 2017 au lieu des 2 218,4 milliards précédemment notifiés, soit 98,5 % du PIB contre 97 % (voir tableau ci-dessus).

Fragilité de la comptabilité nationale

On pourrait facilement se dire qu’il s’agit là d’un simple ajustement de méthode comptable qui ne change rien de fondamental. En réalité, ceci signifie qu’en laissant des dettes telles que celle de la SNCF en dehors du périmètre de nos comptes publics, on se berçait d’une sorte d’illusion qui conduisait à retarder les indispensables réformes de structures. Cette nouvelle alerte sur la fragilité de notre comptabilité nationale doit absolument être entendue.

Il faut reconnaître ensuite que lorsqu’on a obtenu un déficit de 2,7 % du PIB après de nombreuses années situées au-delà de 3 %, et qu’on a déjà annoncé 2,3 % pour les deux années suivantes, il n’est guère fabuleux de faire machine arrière en promettant qu’on sera tout juste en dessous de 3 %. Et ceci d’autant moins que le déficit public moyen des 28 pays de l’Union européenne se situe actuellement à 0,5 % et celui des 19 pays de la zone euro à 0,1 % du PIB.

Quelles que soient les félicitations que M. Le Maire se décerne avec complaisance à propos de la politique menée depuis 15 mois sur le mode « c’est vrai que c’est plus long et que c’est plus difficile, mais ça donnera des résultats solides », et même s’il lui est facile d’écarter d’un revers de main la critique sur la baisse de la croissance sous prétexte qu’elle émane de l’entourage de François Hollande, la France continue à s’aveugler dangereusement sur les réformes indispensables à faire en matière de baisse de dépenses et de remise à plat des missions de l’État. 

On voit surtout Bruno Le Maire déployer beaucoup d’énergie pour aller chercher de la taxe partout. Dernière idée en date, qu’il pousse à fond et qui a été discutée ce week-end par les pays membres de l’UE : la taxation des GAFA à hauteur de 3 % de leur chiffre d’affaires sous un prétexte des plus fumeux de justice fiscale réclamée d’après lui par les peuples européens.

Le recours systématique à la fiscalité

S’il était véritablement question de couper dans les dépenses, on pourrait envisager de commencer à rembourser la dette publique et baisser les impôts de façon importante, choc fiscal qui serait bénéfique à l’activité. L’attitude de Bruno le Maire laisse plutôt penser qu’il cherche prioritairement à combler le déficit par une fiscalité accrue.

Du reste, la mesure annoncée de réduire les effectifs de la fonction publique de 4500 personnes a de quoi faire rire. C’est une boutade, cette épaisseur du trait, quand on songe que nous avons 5,5 millions de fonctionnaires.

Il est également question de grignoter trois francs six sous d’économie en revalorisant les pensions à un taux (0,3%) inférieur à l’inflation (2,3 %) qui s’accélère nettement ces derniers mois. Pour toucher leur retraite, les retraités ont versé des cotisations prélevées sur leur salaire pendant toute leur vie active. On pourrait donc s’imaginer que le montant de cette retraite soit en rapport direct avec ce qu’ils ont payé pour cela.

Mais non. Dans notre système obligatoire et collectivisé de retraite par répartition, le montant de la pension est strictement politique. Au-delà de considérations techniques sur l’espérance de vie et l’âge de départ en retraite, il dépend surtout des besoins de l’État pour tenter de masquer son incurie générale – « maîtriser les dépenses publiques » comme le dit le Premier ministre – comme nous en avons la preuve éclatante aujourd’hui. Le cynisme de l’État est sans limite.

Mais vous pouvez compter sur Bruno Le Maire pour faire mine de comprendre les frustrations de ses concitoyens. Interrogé sur le lien qui semble cassé entre le Président et les Français qui ne voient toujours rien venir après plus d’un an de gouvernance Macron, il fait assaut de dolorisme et de volontarisme dans un déchaînement de mots d’un creux abyssal :

Nous sommes face à la vérité de Français qui sont impatients, qui ont beaucoup souffert, qui depuis des décennies affrontent le chômage de masse, qui sont inquiets sur ce que va devenir la France. […] Il va falloir faire preuve, encore plus pendant les mois qui viennent, de fermeté, de constance et de détermination. (Les 4 Vérités, 6 septembre 2018)

Et vous pouvez compter sur le gentil Bruno Le Maire pour nous faire comprendre à demi-mot que le seul cynisme qui existe en France est celui des entreprises. Faisant commodément l’impasse sur la démence fiscale et la furie réglementaire de l’État, il explique avec beaucoup de tranquillité que si la croissance n’est pas au rendez-vous, c’est tout simplement parce que les entreprises n’innovent pas, ne forment pas, n’investissent pas et ne rémunèrent pas assez.

Lui, Bruno le Maire, éducateur en chef d’entreprises indisciplinées, va changer tout cela. D’où sa loi PACTE, sorte de loi Macron bis examinée actuellement à l’Assemblée, qui est censée « faire grandir les entreprises » et repenser leur rôle social.

Faire grandir les entreprises ou leur mettre des bâtons dans les roues ? On se le demande, surtout quand on l’entend ensuite déclarer qu’il est hostile à l’idée de considérer le travail dominical dans la loi PACTE, tandis qu’il se montre au contraire très favorable à un amendement LREM qui obligerait les entreprises à « révéler les écarts entre les niveaux de rémunération et repérer les déséquilibres ».

Autrement dit, dans l’esprit de Bruno Le Maire, tout ce qui est de nature à favoriser l’activité économique est à rejeter et tout ce qui entrave la liberté d’entreprendre au nom d’une fausse notion de la justice sociale est à encourager. À ce rythme, la nouvelle prospérité française n’est certainement pas pour demain, mais le politiquement gnangnan se porte bien, merci Bruno.

Pour conclure, je vous laisse découvrir l’inénarrable Bruno Le Maire et toutes ses certitudes d’énarque dirigiste qui n’a rien connu d’autre dans toute sa carrière que les postes politiques (hormis deux ans d’enseignement avant l’ENA). Voici l’intégrale de son passage de jeudi dernier dans l’émission Les 4 vérités (08′ 04″). Je préfère vous prévenir, c’est extrêmement pénible :

Sur le web

https://www.contrepoints.org/2018/09/11/324774-la-nouvelle-prosperite-introuvable-de-bruno-le-maire

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Qu’est-ce que la Super Classe Mondiale qui nous dirige ? Réponse en 10 points

Georges Soros

Qu’est-ce que la Super Classe Mondiale qui nous dirige ? Réponse en 10 points

Par Michel Geoffroy, essayiste ♦ [Rediffusion] Nous publions à nouveau cette analyse exclusive, publiée initialement dans nos colonnes le 30 mars 2018. En effet, ce texte fait partie des articles les plus lus du début d’année 2018. Un intérêt massif qui motive une nouvelle diffusion en cette période estivale pour préparer au mieux la rentrée politique. Bonne lecture et bonnes vacances.
Polémia


Michel Geoffroy, contributeur régulier de Polémia, a récemment publié La Super-classe contre les peuples. Cet ouvrage, préfacé par Jean-Yves Le Gallou, s’attache à démasquer ceux qui détiennent le pouvoir dans le monde moderne. Avec ce dévoilement magistral de la super-classe mondiale, Michel Geoffroy permet de poser les bases d’une reconquête essentielle : celle de notre liberté.
Michel Geoffroy étant un pilier de Polémia, nous vous proposons une analyse en 10 points de cette super-classe mondiale qui fait tout pour nous diriger.
Polémia1/ La Super Classe Mondiale (SCM) n’est pas un fantasme : elle existe bien et elle a pris le pouvoir en Occident et notamment en Europe Occidentale.

Elle est propriétaire des médias, elle finance le microcosme culturel, les ONG et les groupes de pression et elle impose partout une politique qui va à l’encontre de la volonté du corps électoral. En France elle a réussi à faire élire son candidat lors de la présidentielle de 2017 : Emmanuel Macron

2/ La SCM correspond à la domination sans limite de l’économie et de la finance sur la société et sur la souveraineté politique, qui s’est produite à la fin du XXème siècle.
La SCM regroupe les super riches qui veulent s’enrichir toujours plus, grâce notamment à la dérégulation économique et financière. Grâce aussi à la modification des lois fiscales à leur profit. Grâce enfin au « socialisme des riches » qui consiste à mettre à la charge de la collectivité les charges induites par la mise en œuvre des politiques libre-échangistes, pendant que ses bénéfices reviennent à la seule oligarchie

La SCM incarne la domination sans partage de la loi de l’argent, donc la réduction des hommes à l’état de simple ressource au service des plus riches.

Pour cette raison on ne pourra remettre à sa place la SCM, si on ne régule pas l’économie et la finance mondiales

3/ La SCM incarne aussi le retour d’une vieille eschatologie : la prétention hérétique de bâtir le paradis sur terre et d’unifier le genre humain, sans attendre la venue ou le retour du Messie, prétention qui a été reprise par le messianisme protestant et sa croyance en la destinée manifeste des anglo-saxons. Cetteeschatologie fonde le projet cosmopolite ou mondialiste de la SCM, qui se prétend élue pour ce faire.
Ce projet est bien un complot contre la liberté, la souveraineté et l’humanité de l’homme. Car le gouvernement mondial n’ouvrirait pas la voie à une « démocratie planétaire » mais au contraire à la dictature mondiale de l’oligarchie.En accusant les autres de complotisme la SCM pratique en réalité l’inversion accusatoire.

4/ La SCM est une classe sociale : c’est une oligarchie transnationale qui partage plus de traits communs qu’avec sa population d’origine. C’est une classe qui se croit suffisamment éclairée pour prétendre faire le bien des gens malgré eux.
Elle correspond au parti de Davos : de ceux qui se rencontrent tous les ans lors du World Economic Forum de Davos, qui partagent la même vue du mondelibérale/libertaire et cosmopolite et qui l’imposent aux gouvernements.

5/ La SCM a pris le pouvoir en Occident grâce à la conjonction de trois changements historiques majeurs au cours du XXème siècle : l’avènement de la surpuissance anglo-saxonne, la fin du socialisme et du communisme et enfin la mondialisation de l’économie. La fin du socialisme et du communisme a notamment provoqué le grand soulagement des super-riches qui n’ont plus à craindre en Occident une révolution qui menacerait leurs privilèges et leurs intérêts : avec l’immigration, les délocalisations et bientôt l’intelligence artificielle, ils pensent même avoir trouvé le moyen de remplacer les peuples puis de se passer d’eux. Et la mondialisation a donné aux grandes entreprises transnationales plus de pouvoirs que de nombreux Etats, de plus en plus paupérisés.
Les milliardaires anglo-saxons ont toujours eu la prétention de gouverner le monde. Mais à la fin du XXème siècle, ils ont fini par croire qu’ils en avaient désormais la possibilité.

6/ La SCM fonctionne par la mise en synergie de 4 cercles ou engrenages : le cercle de la richesse financière et économique transnationale, le cercle des médias et de la culture, le cercle des organisations non gouvernementales et de la société civile, enfin le cercle des élites publiques. Le cercle de la richesse financière et économique transnationale est celui où la puissance est la plus concentrée et la plus opaque : il dirige, influence et achète tous les autres cercles.
Le premier cercle ne comprend que quelques milliers d’individus, mais les autres cercles sont plus nombreux, en particulier parce qu’ils regroupent des idiots utiles.

La SCM repose pour cette raison sur un pouvoir impersonnel, désincarné et collégial donc insaisissable (par opposition à la tradition de l’incarnation du pouvoir en Europe)

7/ La SCM est une oligarchie et non pas une élite : elle préfère toujours l’influence des autres à l’engagement personnel direct.
C’est pourquoi on peut assimiler son action et son projet à un complot, car elle refuse de le soumettre au verdict démocratique : elle veut au contraire l’imposer subrepticement en le rendant inéluctable. Pour cette raison elle s’est rendue maîtresse du pouvoir médiatique en Occident, qui sert à ahurir la population, à diffuser l’idéologie libérale/libertaire et cosmopolite et à diaboliser tous ceux qui s’opposent au projet de la SCM.

8/ La SCM fait avancer son projet et son agenda selon une dialectique du chaos et du contrôle. Elle sème le chaos partout comme moyen de détruire la résistance psychologique et l’homogénéité des peuples : c’est principalement le rôle dévolu au chaos migratoire en Europe. Mais aussi au chaos économique, conséquence de la dérégulation systématique, qui place les populations en insécurité économique et sociale croissantes. Ou au chaos moral qui sert à déstructurer les personnalités. Enfin la SCM ne répugne pas à la guerre comme moyen chaotique.

Le chaos sert ensuite de prétexte à l’instauration du contrôle : la SCM substitue à la souveraineté nationale, le contrôle de la population, qui correspond à l’instauration de la post-démocratie en Occident. La post-démocratie illustre le caractère totalitaire du gouvernement mondial que la SCM voudrait instaurer à son profit : un système où les peuples se voient retirer le pouvoir de changer de politique, où les juges supplantent les législateurs et dont l’Union Européenne constitue le laboratoire

9/ L’idéologie libérale/libertaire et cosmopolite a été le principal vecteur de l’instauration du chaos au service de la SCM en Occident. Parce qu’elle a contribué à détruire toutes les régulations qui faisaient obstacle à l’instauration du règne de l’argent. Et parce qu’elle a contribué à diffuser un individualisme radical qui détruit tout ordre social et qui ouvre la voie à la marchandisation du monde et finalement de l’homme lui-même.
Mais la SCM pratique le double standard permanent : dans son comportement interne elle fait tout le contraire de la doxa libérale/libertaire qu’elle préconise pour le reste de la population : elle est hiérarchique, patriarcale et elle aspire au monopole, au pouvoir opaque et au contrôle, non pas à la liberté, à la transparence et à la concurrence

10/ La SCM a réussi à mettre l’Europe en servitude et à s’enrichir démesurément. Par contre elle va échouer au XXIème siècle à contrôler le monde. La SCM n’est donc pas omnipotente: en fait le monde est en passe d’échapper aux mondialistes, en particulier parce que le cœur nucléaire de la SCM -les pays anglo-saxons- est entré en déclin, et parce que le monde devient multipolaire. L’idéologie de la SCM peine à s’imposer partout et en Europe même, elle soulève une opposition croissante.
L’oligarchie en a bien conscience et il ne faut donc pas exclure que la SCM ait recours à la guerre mondiale pour tenter de garder son leadership coûte que coûte.
C’est aussi pourquoi les Européens doivent se libérer de la tutelle de la SCM, qui ne peut que conduire à leur destruction, et pour cela, s’ériger en pôle de puissance autonome.

Michel Geoffroy
21/08/2018

La Superclasse mondiale contre les peuples, Michel Geoffroy, Editions Via Romana, 475 pages, 24 €

Achat en ligne : https://www.polemia.com/la-boutique/

Crédit photo : Georges Soros par Niccolò Caranti [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue”.

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Le 22 août doivent entrer en vigueur de nouvelles sanctions contre la Russie, que le département d’État américain met en œuvre à la suite de l’affaire Skripal. Cette nouvelle salve de restrictions, beaucoup plus radicales, pourrait avoir un impact considérable sur l’économie russe.

Washington, qui juge Moscou coupable de l’empoisonnement de l’ex-agent russe Sergueï Skripal en mars 2018 à Londres, estime que la Russie a ainsi enfreint le droit international. C’est pour cette raison que de nouvelles sanctions ce 22 août entreront en vigueur contre le pays.

Adoptées par le département d’État américain le 8 août dernier, elles découlent de la loi américaine adoptée en 1991 sur “le contrôle des armes chimiques et biologiques”, explique le quotidien en ligne russe Gazeta.ru. En vertu de ce texte, les États-Unis ont l’obligation d’appliquer des sanctions contre tout pays qui, selon eux, aurait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation du droit international.

C’est la troisième fois que les États-Unis ont recours à cette loi. Ils l’ont appliquée une première fois en 2013 contre la Syrie et une deuxième en 2018 contre la Corée du Nord.

Deux salves de sanctions

Parmi la liste des mesures de restriction envisagées, les plus sensibles pour la Russie concernent l’interdiction de la vente de toute production à double usage (susceptible d’avoir une utilisation tant civile que militaire), notamment de systèmes électroniques. Ces sanctions viseront toutes les entreprises publiques ou financées par l’État russe.

Mais la deuxième partie des sanctions prévue par la loi va encore plus loin. Elles seront déclenchées si la Russie refuse de se plier aux injonctions américaines : Moscou a un délai de trois mois pour présenter des garanties sur le fait qu’elle n’utilisera aucune arme chimique et pour recevoir des inspecteurs internationaux sur les sites où de telles armes seraient susceptibles d’être produites. À défaut, le pays s’exposera au blocage de toute aide d’ordre technique ou financier en provenance des institutions financières internationales. Les États-Unis pourraient également limiter leurs exportations et les importations en provenance de Russie. Les relations diplomatiques pourraient être réduites ou suspendues. Enfin, autre mesure envisagée : l’interdiction totale des vols de la compagnie Aeroflot à destination des États-Unis.

Quid des stocks américains d’armes chimiques ?

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, cité par Gazeta.ru, a réagi à l’ultimatum américain en rappelant que la Russie avait déjà fait l’objet de “toutes les inspections imaginables” et que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé le désarmement chimique de la Russie, il y a trois ans déjà.

Un expert de l’OIAC, interrogé par le titre, estime que la Russie pourrait accéder à la requête des Américains à certaines conditions, en demandant par exemple à inspecter les sites analogues aux États-Unis, car, affirme-t-il, Washington est le seul membre de l’OIAC possédant encore d’importantes réserves de substances chimiques à usage militaire. Sergueï Lavrov a du reste récemment déclaré à ce sujet : “Ils ont encore demandé un report, cette fois jusqu’en 2020, il faudrait donc plutôt parler des problèmes posés par le désarmement chimique des Américains.”

Quoi qu’il en soit, la menace que fait peser la multiplication des sanctions sur l’économie russe plaide en faveur d’un “geste de bonne volonté” de la part de Moscou, ne serait-ce que pour “apaiser les Américains”, estime le même expert. Mais, dans un éditorial, Gazeta.ru se montre beaucoup plus fataliste :

La Russie n’a plus qu’à s’occuper de sa propre économie, en gardant en tête que les plus sombres prévisions concernant les sanctions américaines peuvent à tout moment devenir réalité. Et que, même s’il veut sincèrement restaurer les relations avec Moscou, le président Trump n’a pas vraiment les mains libres avec le Congrès actuel. Sauf, le cas échéant, pour organiser une rencontre et discuter.”

L’Amérique risque de perdre sa guerre commerciale, par Joseph E. Stiglitz

L’Amérique risque de perdre sa guerre commerciale, par Joseph E. Stiglitz

Joseph E. Stiglitz, 09-08-2018

Le déficit budgétaire américain atteint de nouveaux sommets ce qui signifie qu’il se creusera encore, quelle que soit l’issue de la guerre commerciale.

Ce qui apparaissait dans un premier temps comme une simple escarmouche commerciale – après l’imposition de droits de douanes par le président américain Donald Trump sur l’acier et l’aluminium – semble s’être rapidement changé en une guerre commerciale totale contre la Chine. Si la trêve convenue entre l’Europe et les États-Unis est maintenue, l’Amérique se retrouvera principalement en conflit avec la Chine, plus qu’avec le reste du monde (le litige commercial avec le Canada et le Mexique étant bien entendu voué à perdurer, compte tenu d’exigences américaines qu’aucun des deux pays ne peut ou ne devrait accepter).

La macroéconomie
l’emporte toujours.

Au-delà de l’assertion exacte, mais désormais commune, selon laquelle tous les acteurs risquent de finir perdants, que pouvons-nous affirmer quant aux conséquences potentielles de la guerre commerciale menée par Trump? Premièrement, la macroéconomie l’emporte toujours: si l’investissement intérieur de l’Amérique continue d’excéder son épargne, le pays sera contraint d’importer des capitaux et d’enregistrer un déficit commercial important. Pire encore, en raison des réductions d’impôts adoptées en fin d’année dernière, le déficit budgétaire américain atteint de nouveaux sommets – récemment estimé à plus de 1000 milliards de dollars d’ici 2020 – ce qui signifie que le déficit commercial se creusera très certainement, quelle que soit l’issue de la guerre commerciale. L’Amérique ne pourra y échapper que si Trump plonge son pays dans la récession, et que le revenu chute à tel point que l’investissement et les importations s’effondrent.

La «meilleure» issue de l’accent étroit placé par Trump sur le déficit commercial vis-à-vis de la Chine consisterait en une amélioration de la balance bilatérale, associée à une augmentation de même ampleur du déficit vis-à-vis d’un autre pays (ou de plusieurs autres). Les États-Unis pourraient vendre davantage de gaz naturel à la Chine et lui acheter moins de machines à laver, mais ils vendraient alors moins de gaz naturel à d’autres pays, et achèteraient davantage de machines à laver en Thaïlande ou dans un autre État ayant échappé à la colère instable de Trump. Or, l’Amérique ayant interféré avec le marché, elle est vouée à payer plus cher ses importations – et à obtenir moins pour ses exportations – que cela aurait pu être le cas dans d’autres circonstances. Autrement dit, même dans le meilleur des cas, les États-Unis se retrouveront dans une situation plus défavorable qu’aujourd’hui.

Le problème des États-Unis ne se situe pas du côté de la Chine. Le problème est d’ordre intérieur: l’Amérique n’épargne pas suffisamment. Comme un grand nombre de ses compatriotes, Trump adopte une vision de trop courte vue. S’il comprenait un tant soit peu l’économie et la nécessité d’une vision à long terme, il se serait efforcé d’accroître l’épargne nationale, ce qui aurait permis d’atténuer le déficit commercial multilatéral.

Une réduction véritablement conséquente
du déficit commercial bilatéral s’avérera difficile.

Des correctifs rapides et évidents existent: la Chine pourrait acheter davantage de pétrole américain, puis le revendre à d’autres. La différence produit serait infime, avec peut-être une légère augmentation des coûts de transaction. Mais Trump pourrait au moins se targuer d’avoir éliminé le déficit commercial bilatéral.

En réalité, une réduction véritablement conséquente du déficit commercial bilatéral s’avérera difficile. À mesure de la diminution de la demande en produits chinois, le taux de change du renminbi s’affaiblira – même sans aucune intervention du gouvernement. Ceci compensera partiellement les effets des droits de douanes américains, en renforçant dans le même temps la compétitivité de la Chine vis-à-vis des autres pays, et cela même si la Chine n’utilise pas les autres instruments dont elle dispose, tels que le contrôle sur les salaires et les prix, ou qu’elle n’œuvre pas activement pour des hausses de productivité. Comme celle des États-Unis, la balance commerciale globale de la Chine est déterminée par la macroéconomie.

Si la Chine intervient plus activement et riposte plus agressivement, l’évolution de la balance commerciale Amérique-Chine pourrait se révéler encore plus infime. La douleur infligée par un camp à l’autre est difficile à déterminer. La Chine exerce un plus grand contrôle sur son économie, et entend évoluer vers un modèle de croissance axé davantage sur la demande intérieure que sur l’investissement et les exportations. Les États-Unis ne font qu’aider la Chine sur cette voie. En revanche, les manœuvres américaines interviennent à l’heure où la Chine s’efforce de gérer son excès d’endettement et de capacité; à tout le moins dans certains secteurs, l’Amérique ne devrait pas lui faciliter la tâche.

Une chose est sure: si Trump entend empêcher la Chine d’appliquer sa politique «Made in China 2025» – adoptée en 2015 pour progresser dans son objectif sur 40 ans consistant à réduire l’écart de revenu entre la Chine et les pays développés – le président américain échouera très certainement. En effet, les démarches de Trump ne pourront que renforcer la volonté des dirigeants chinois consistant à dynamiser l’innovation et à atteindre la suprématie technologique, puisqu’ils réaliseront ne pas pouvoir compter sur autrui, et comprendront que l’Amérique leur est activement hostile.

L’incompétence de l’équipe économique de Trump
est sans équivalent au niveau mondial.

Lorsqu’un pays entre en guerre, qu’elle soit commerciale ou autre, il lui faut s’assurer de la présence de généraux compétents à ses côtés – aux objectifs clairement définis, à la stratégie viable, et recueillant le soutien de la population. C’est ici que les différences entre la Chine et les États-Unis apparaissent le plus manifestement. L’incompétence de l’équipe économique de Trump est sans équivalent au niveau mondial, et la plupart des Américains ne soutiennent pas la guerre commerciale.

Le soutien populaire diminuera encore davantage à mesure que les Américains réaliseront être doublement perdants dans cette guerre: des emplois disparaîtront non seulement en raison des mesures de représailles chinoises, mais également parce que les droits de douanes américains élèveront le prix des exportations américaines et les rendront moins compétitives, de même qu’augmenteront les prix des produits qu’achèteront les Américains. Ceci pourrait provoquer la chute du taux de change du dollar, et accentuer encore davantage l’inflation aux États-Unis, le tout suscitant toujours plus d’opposition. La Fed rehausserait alors probablement les taux d’intérêt, conduisant à moins d’investissement, moins de croissance et plus de chômage.

Nous savons désormais comment Trump réagit lorsque ses mensonges sont exposés, et que ses politiques échouent: il double la mise. À plusieurs reprises, la Chine a proposé à Trump des options permettant au président américain de quitter le champ de bataille sans perdre la face, et de proclamer la victoire. Il les a toutes refusées. Peut-être l’espoir réside-t-il dans trois de ses traits de personnalité: sa préférence pour le paraître plutôt que la substance, son imprévisibilité, et son amour pour la politique des «grands hommes». Peut-être qu’à l’occasion d’une rencontre majeure avec le président Xi Jinping, il déclarera le problème résolu, avec quelques ajustements mineurs ici et là en matière de droits de douanes, et quelque geste inédit en direction d’une ouverture du marché déjà annoncée dans les plans de la Chine, de sorte que chacun puisse rentrer satisfait chez lui.

Dans une tel scénario, Trump aura alors «résolu» de manière imparfaite un problème créé par le président américain lui-même. Mais le monde issu de cette guerre stupide n’en demeurera pas moins différent: plus incertain, moins confiant dans l’État de doit à l’international, et présentant des frontières plus dures. Trump a changé le monde de manière définitive, et pour le pire. Même dans le meilleur des cas, seul Trump en sortira gagnant – son égo surdimensionné encore un peu plus gonflé.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Copyright: Project Syndicate, 2018.

Source : www.project-syndicate.org, Ali News, Joseph E. Stiglitz, 09-08-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/lamerique-risque-de-perdre-sa-guerre-commerciale-par-joseph-e-stiglitz/

12 pays européens s’opposent à un futur budget de la zone euro

12 pays européens s’opposent à un futur budget de la zone euro

12 pays européens s'opposent à un futur budget de la zone euro © Kai Pfaffenbach Source: Reuters
L’Eurozone aura bientôt son propre budget ?

Le projet franco-allemand d’un budget de la zone euro a déjà du plomb dans l’aile. Plusieurs pays dont les Pays-Bas, la Belgique ou le Luxembourg ont adressé un courrier le 22 juin au président de l’Eurogroupe pour dénoncer cette idée.

Emmanuel Macron a encore du travail avant de pouvoir prétendre être le leader de la construction européenne. Alors qu‘il a négocié avec Angela Merkel le 19 juin pour la constitution d’un budget de la zone euro (l’une de ses promesses de campagne en 2017), certains pays de l’Union européenne ont d’ores et déjà montré leur scepticisme. En effet, le ministre des Finances néerlandais Wopke Hoekstra a envoyé un courrier le 22 juin au président de l’Eurozone Mario Centeno pour afficher publiquement sa désapprobation.

Une lettre qui a été signée par onze autres pays selon le média néerlandais NOS : la Belgique, le Luxembourg, l’Autriche, le Danemark, la Suède, l’Irlande, Malte, la Finlande, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie.

Parmi leurs objections figure le financement du projet, selon NOS qui a révélé l’information. D’après le média néerlandais, des dizaines de milliards d’euros devraient effectivement être engagées pour stimuler l’investissement dans la zone euro. Une réunion de l’Eurogroupe le 21 juin devait acter la mise en place d’une taxe sur les transactions financières pour subventionner le plan, sauf que de nombreux pays se sont opposés à cette taxe. Les Pays-Bas ont été contre un tel budget dès le début.

Pour les Néerlandais, chaque pays devrait s’assurer qu’il peut se débrouiller seul financièrement. De fait, les pays du Nord craignent des risques de dérives budgétaires. «En ce qui concerne une capacité fiscale ou un budget pour la zone euro, une question se pose : quel genre de problème cela résout-il ? Ça n’est pas clair pour nous et nous n’y sommes pas favorables», avait confié Wopke Hoekstra à l’AFP le 21 juin.

Bruno le Maire veut «convaincre»

Toujours selon l’agence de presse française, Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances, a tenu, de son côté, à être rassurant. Il a certes convenu que «des doutes s’étaient exprimés sur le budget de la zone euro», lors de la discussion des 27 ministres des Finances de l’UE (le Royaume Uni n’était pas présent en raison du Brexit). Toutefois, il a ajouté que «chacun connaissait les positions des Etats membres de la zone euro sur ce sujet, à nous de convaincre». Lors d’un point presse, il a également assuré que l’accord avec l’Allemagne pour la formation d’un budget de l’Eurozone était «historique» et permettrait «d’avoir une monnaie forte mais aussi une économie forte et plus d’emplois».

Une argumentation qui rappelle celle d’économistes et de personnalités politiques pour la promotion de l’euro. Avant le référendum de Maastricht, l’ancien Premier ministre Michel Rocard expliquait dans Ouest-France, le 27 août 1992: «La monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité.» En 1996, trois ans avant l’introduction de l’euro, Jacques Attali attestait également : «Lorsque [le Traité de Maastricht] sera appliqué, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique.»

Un budget de l’eurozone pour 2021 ?

L’idée est de mettre en place ce budget spécifique à la zone euro à partir de 2021, a priori dans le cadre du plan pluriannuel pour l’ensemble de l’UE. Sa création doit être approuvée par les 27 pays de l’Union à l’unanimité.

Dans la déclaration franco-allemande présentée le 19 juin, aucune mention n’avait été faite du montant du budget, renvoyant cette épineuse question à plus tard. Initialement, la France espérait plusieurs centaines de milliards d’euros, mais il ne devrait n’y en avoir que quelques dizaines.

Lire aussi : Deuxième anniversaire du Brexit : Emmanuel Macron incarne-t-il le leadership Union-européiste ?

https://francais.rt.com/economie/51866-12-pays-europeens-s-opposent-a-un-futur-budget-de-la-zone-euro

L’Union européenne hausse le ton face aux investisseurs étrangers

L’Union européenne hausse le ton face aux investisseurs étrangers

L’Union européenne est–elle prête à se doter d’un arsenal juridique à la mesure de sa puissance et des enjeux contemporains ? En soutenant le 29 mai la création d’un nouveau mécanisme de filtrage des investissements étrangers, les eurodéputés de la commission du commerce international font preuve de volontarisme. Si le projet de règles doit encore être approuvé par le Parlement (session du 11 au 14 juin) et attendre l’adoption d’une position commune du Conseil, nul doute que les récentes polémiques relatives aux prises de participation chinoises dans des entreprises stratégiques viendront confirmer la tendance au renforcement des cadres juridiques tant européen que nationaux. Sur fond de guerre commerciale déclarée par le Président des Etats-unis, l’Union européenne pourrait orchestrer par ce biais la sortie de son enfance stratégique.

La création d’un cadre juridique européen sous le contrôle des Etats

Les européens s’inquiètent de la montée en puissance des investissements chinois dans des secteurs stratégiques

Pour l’heure, l’Union européenne est la dernière grande puissance à ne pas avoir un mécanisme de contrôle des investissements en provenance de pays tiers, et seuls 12 des 27 États membres présentent des législations, bien que disparates, en la matière. L’adoption en commission le 29 mai du rapport du député chrétien-démocrate français Franck Proust s’inscrit dans une volonté claire. Il est temps de montrer que l’Europe n’est plus naïve dans la mondialisation en veillant à ce que “les investissements étrangers ne constituent pas une menace pour les infrastructures critiques, les technologies clés ou l’accès à des informations sensibles”. Le projet prévoit ainsi que si l’un des Etats membres use d’un mécanisme de filtrage il devra en informer dans un délai de 5 jours les Etats membres et la Commission. Dès lors qu’un tiers des États jugera l’investissement préoccupant, le pays cible devra entamer un dialogue. En outre, un groupe de coordination sur le filtrage des investissements entrants présidé par la Commission devrait être créé. Ces volontés viennent renforcer le paquet “commerce” prévu lors de l’état de l’Union de 2017. Le 13 septembre 2017, le président de la Commission Jean-Claude Juncker présentait une proposition de règlement par ces quelques mots : “L’Europe doit toujours défendre ses intérêts stratégiques. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui un nouveau cadre européen pour le filtrage des investissements. Si une entreprise publique étrangère veut acheter un port européen, une partie de notre infrastructure énergétique ou une entreprise de technologie de défense, cela doit se faire dans la transparence, moyennant contrôles et discussions. Il est de notre responsabilité politique de savoir ce qui se passe chez nous afin que nous puissions protéger notre sécurité collective si besoin est. »

Notons que ce nouveau cadre prévoit des avancées considérables. Premièrement, la création d’un cadre commun transparent qui respecte le principe d’égalité de traitement des investisseurs ainsi que le droit au recours. Secondement, un mécanisme de coopération entre les États membres et la Commission. Troisièmement, l’invention d’un filtrage exercé par la Commission dans le cas l’investissement étranger dans les États membres pourrait avoir une incidence sur des projets ou des programmes présentant un intérêt pour l’Union. (Horizon 2020, Galileo, réseaux transeuropéens de transport et d’énergie …)

Toutefois, il convient de remarquer que les  États restent souverains d’autant que ce nouveau cadre ne les oblige en rien à disposer d’une législation de contrôle des investissements étrangers (pour ceux qui n’en ont pas), et ne prévoit pas une convergence des législations nationales existantes.

Les investissements chinois ciblés

En marge de la visite d’Emmanuel Macron en Chine en janvier 2018, le ministre de l’Économie Bruno Lemaire avait assuré sans le moindre tabou avoir déjà refusé “beaucoup” de projets d’investissement chinois parce qu’ils s’apparentaient à du “pillage”. Dans la foulée, il affichait son ambition d’étendre le décret Montebourg (avril 2014) en ajoutant aux secteurs stratégiques dans lesquels son ministère pouvait émettre un veto le stockage des données numériques, l’intelligence artificielle, le spatial et les semis-conducteurs. Ambition confirmée par le Premier ministre Edouard Philippe le 16 février lors d’une visite dans une usine L’Oréal dans l’Oise : “Nous souhaitons muscler notre dispositif de veille et de protection stratégique […] sans aucune brutalité protectionniste”. Bis repetita outre-rhin quelques jours plus tard. Lors d’une conférence de presse à Berlin avec le Premier ministre macédonien, Angela Merkel s’inquiétait des investissements chinois dans les Balkans liés à des ambitions politiques. La chancelière allemande a renforcé cette position durant sa visite dans l’Empire du milieu le 24 et 25 mai dernier : “La Chine et l’Allemagne sont attachées aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, mais nous parlerons aussi d’un accès réciproque dans les questions de commerce et de propriété intellectuelle. Et nous voulons renforcer le multilatéralisme”. La question est devenue essentielle pour l’Allemagne, puisque son premier partenaire commerciale est désormais la Chine ; partenaire avec lequel le commerce devrait continuer à s’accroître dans les prochaines années. Le rachat du joyaux allemand Kuka par le chinois Midea en août 2017 a définitivement alerté les industriels et autorités. Face à cette polémique, l’Allemagne a durci par un décret paru début juillet le contrôle des investissements étrangers.

On observe donc l’émergence d’un consensus européen en matière de filtrage des investissements étrangers. Le nouveau gouvernement italien et la montée des partis conservateurs dans l’est de l’Union européenne devraient venir renforcer cet arsenal protectionniste.

Assumer la puissance : le défi européen face aux influences américaines

Derrière le renforcement du cadre protectionniste se joue aussi la redéfinition des relations transatlantiques

Force est de constater que la Chine est la principale source d’anxiété commerciale en Europe. S’il est vrai que depuis 2014 les investissements chinois à l’étranger ont dépassé les investissements vers la Chine, il convient de rappeler deux éléments de contexte. D’une part, les entreprises européennes sous contrôle étranger ne représente qu’une faible part des entreprises. Il est vrai toutefois que ces investissements, en particulier chinois, se concentrent sur des secteurs stratégiques (ports, nouvelles technologies, aéroports, terres …) ce qui nécessite une veille stratégique accrue. D’autre part, il ne faut pas offusquer l’activité massive des américains qui représentaient en 2015 41% des investissements ; contre à peine 2% pour les chinois. Si ces derniers ont cru de 1000 % en 20 ans, la réalité de l’influence américaine vient d’être durement rappelée par le rachat controversé de la branche énergie d’Alstom et les menaces de sanctions extraterritoriales contre les entreprises européennes commerçant avec l’Iran. La redéfinition du multilatéralisme commercial devra certes tenir compte de la réalité chinoise mais aussi de la posture unilatérale impulsée par Washington.

Dans son dernier essai World Order paru en 2014, Henry Kissinger assénait cette cruelle vérité sur les relations transatlantiques : “L’Europe émergente deviendra-t-elle un participant actif dans la construction d’un nouvel ordre international, ou va-t-elle se s’effondrer sous le poids de ses affaires intérieures?  (…) Les États-Unis ont toutes les raisons de soutenir l’Union européenne et éviter qu’elle ne s’évanouisse en un vide géopolitique. Les États-Unis, s’ils étaient venus à être séparés de l’Europe sur les plans politique, économique et militaire, deviendraient « géopolitiquement » une île coupée du continent eurasiatique, et l’Europe elle-même pourrait se transformer en un simple prolongement de l’Asie et du Moyen-Orient.”  Le célèbre conseiller américain ébauche les trois stratégies auxquelles serait confrontée une Europe unifiée : renforcer les relations transatlantiques, adopter une posture neutre fluctuant au gré des circonstances, ou assumer un contrat tacite avec une puissance ou un groupement de puissances extra-européennes. Pour l’heure, les européens préfèrent la seconde option en tentant de ramener à la raison leur traditionnel allié américain tenté par l’isolationnisme belliqueux tout en essayant d’obtenir des gages de la part de l’ambitieuse Chine. Les pays membres restent cependant des Etats largement souverains, accentuant ainsi les risques de divisions face aux pressions intérieures (intérêts particuliers et risques populistes) mais aussi extérieures. Le Portugal a récemment annoncé ne pas vouloir s’opposer à la cession de l’opérateur électrique EDP, la plus grande entreprise du pays, au groupe China Three Gorges, tandis que la France place ses pions sur  l’inarrêtable nouvelle route de la soie chinoise. Le port de Marseille vient ainsi de signer un contrat de coopération avec le Port de Shangaï pour un projet d’investissement estimé à 100 millions d’euros. L’Allemagne, quant à elle, a profité de la rencontre fin mai entre Merkel et Xi Jinping pour obtenir de la Chine une baisse des droits de douanes sur ses automobiles. Gageons que le récent camouflet infligé par Trump lors du G7 à Charlevoix resserre les troupes du Vieux Continent.

Sources:

  • « China at the gates : A new power audit of EU-China relations », European council on foreign relations, le 1er décembre 2017
  • « Les investissements directs étrangers dans l’Union européenne : quels contrôle ? », Commission des affaires étrangères du Sénat, rapport no 115, le 27 novembre 2017
  • « Investissements étrangers : comment protéger les intérêts de l’UE », Parlement européen, le 26 janvier 2018
  • « For Merkel, some China investments are more welcome than others », Bloomberg, le 27 février 2018
  • « l’Union européenne doit acquérir l’instinct de puissance », Zaki Laïdi, Le Monde, le 6 juin 2018

About Yannis BOUSTANI

est étudiant à Sciences Po Paris en master de droit économique après une année d’échange au Liban. Passionné par la géopolitique, il développe un intérêt particulier pour le Monde Arabe, les nouvelles routes de la soie et le droit appliqué à l’intelligence économique.

De quoi vont parler Kim Jong-un et Donald Trump ? On vous résume les enjeux de leur rencontre historique

De quoi vont parler Kim Jong-un et Donald Trump ? On vous résume les enjeux de leur rencontre historique

Le président américain et le leader nord-coréen vont tenter de régler leurs différends, mardi 12 juin, à Singapour.

Un homme regarde un écran de télévision montrant des archives du président américain Donald Trump, à droite, et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors d\'un reportage diffusé à la gare de Séoul, en Corée du Sud, lundi 11 juin 2018.
Un homme regarde un écran de télévision montrant des archives du président américain Donald Trump, à droite, et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors d’un reportage diffusé à la gare de Séoul, en Corée du Sud, lundi 11 juin 2018. (AHN YOUNG-JOON/SIPA)

Ce sera la toute première rencontre entre un président des États-Unis en exercice et un dirigeant nord-coréen. Mardi 12 juin, Donald Trump doit s’entretenir avec Kim Jong-un à Singapour, dans un hôtel de luxe de la cité-État asiatique. Un tête-à-tête qui était inimaginable il n’y a encore que quelques mois, alors que les deux hommes étaient engagés dans une violente surenchère verbale.

Mais à J-1, l’équipe Trump s’est employée à donner une image encourageante des négociations, sur lesquelles la partie nord-coréenne est restée muette. Le chef de diplomatie américaine Mike Pompeo a assuré lundi que les discussions avaient progressé « rapidement » au cours des dernières heures et s’est dit « très optimiste » lors d’une conférence de presse.

Mais sur quoi exactement vont porter ces négociations entre les deux dirigeants, et qu’espèrent obtenir les deux parties ? Franceinfo fait le point.

De la dénucléarisation de la Corée du Nord

La question de l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord va être au cœur de la rencontre entre les deux dirigeants. Sur ce point, Washington exige une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de Pyongyang, qui s’est progressivement imposé comme une puissance nucléaire.

Le régime nord-coréen a réalisé son sixième essai nucléaire en septembre dernier, le plus puissant à ce jour. L’année dernière, le Washington Post, citant un rapport du renseignement américain, estimait que la Corée du Nord disposait de jusqu’à 60 engins nucléaires. Le pays a par ailleurs testé des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles d’atteindre le territoire continental américain.

Pyongyang se dit engagé en faveur de la dénucléarisation de la péninsule. Mais cette formule, très vague, se prête à toutes les interprétations possibles, et la Corée du Nord ne l’a jamais clarifiée. « Cela me semble très difficile pour Kim de renoncer à la seule chose sur laquelle se fonde son importance, à savoir les armes nucléaires », a récemment estimé l’ex-secrétaire d’État adjoint américain Richard Armitage.

Interrogé par l’AFP, le spécialiste américain Siegfried Hecker considère qu’une dénucléarisation totale et immédiate est « inimaginable » : cela « reviendrait au scénario d’une reddition de la Corée du Nord ». Dans un rapport, il préconise plutôt une feuille de route qui consisterait à « suspendre, faire reculer et éliminer » les programmes balistique et nucléaire sur dix ans, voire quinze en cas de complications.

Des sanctions économiques contre Pyongyang

La Corée du Nord est sous le coup de sanctions qui asphyxient son économie, et qui lui ont été imposées pour la freiner dans sa course au nucléaire. Depuis 2006, huit salves de sanctions ont été adoptées par l’ONU, dont trois en 2017, rappelle le Council on Foreign Relations (en anglais). La dernière, datant de décembre, impose une réduction drastique des exportations de pétrole vers la Corée du Nord. « La pression économique sur la Corée du Nord est sans précédent », observe pour franceinfo Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique et enseignant à Sciences Po.

Le dirigeant nord-coréen « a clairement dit qu’en retour, il jugeait important que le moment venu, quand ces objectifs auront été atteints, il recevrait en contrepartie une aide économique de l’Amérique », a indiqué le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo devant une commission de la Chambre des représentants, le 24 mai dernier. Donald Trump est conscient des attentes de son homologue sur ce sujet, et les entretient. « J’estime véritablement que la Corée du Nord à un brillant potentiel et sera une grande nation économique et financière un jour. Kim Jong-un est d’accord avec moi là-dessus. Cela arrivera ! » a-t-il promis, sur Twitter, le 27 mai dernier.

Si les sanctions n’ont pas encore été assouplies, le sommet de Singapour laisse déjà présager d’une future ouverture économique. À Dandong, ville chinoise par laquelle transite l’essentiel du commerce vers la Corée du Nord, l’immobilier flambe déjà. « La plupart des acheteurs sont des hommes d’affaires du sud de la Chine, désireux de faire du commerce, se félicite un agent immobilier interrogé par l’AFP, nous avons vendu en un mois autant d’appartements que dans une année entière. »

D’un traité de paix pour la guerre de Corée

Le sommet entre les deux dirigeants pourrait aussi mettre fin à la guerre entre les deux Corées. Malgré un armistice en 1953, jamais signé par la Corée du Sud, aucun traité de paix n’a été conclu. Le conflit avait débuté trois ans auparavant, quand la Corée du Nord, occupée alors par les États-Unis, avait décidé d’envahir le Sud, sous domination américaine. Après l’armistice, la péninsule est restée coupée en deux au niveau du 38e parallèle, divisée par la DMZ, la zone démilitarisée.

Lors du sommet en avril dernier, Kim Jong-un et son homologue sud-coréen Moon Jae-in ont partagé leur volonté d’avancer vers ce traité de paix. Séoul a aussi annoncé la semaine dernière que des discussions tripartites avec Pyongyang et Washington étaient en cours pour une déclaration liminaire sur le sujet. Celle-ci précéderait un traité en bonne et due forme, dans lequel il faudrait impliquer la Chine, signataire de l’armistice et soutien de la Corée du Nord pendant la guerre.

On pourrait tout à fait signer un accord et c’est ce qu’on regarde. Ça a l’air un peu étrange, mais c’est probablement le plus facile.Donald Trump

De la présence américaine en Corée du Sud

Malgré la fin des affrontements, les États-Unis ont toujours maintenu une forte présence militaire dans la région. Ils possèdent 112 bases dans la péninsule coréenne et 90 000 soldats, dont 24 000 hommes en Corée du Sud et 60 000 au Japon. Sans oublier le bouclier antimissile américain, THAAD, déployé en Corée du Sud pour parer les éventuelles attaques nord-coréennes.

Une présence qui ne rassure pas le régime de Kim Jong-un. Selon le président sud-coréen Moon Jae-in, son homologue « a des inquiétudes sur le fait de savoir s’il peut faire confiance aux États-Unis pour mettre un terme à leur politique hostile et garantir la sécurité du régime quand le Nord se sera dénucléarisé ».

Cependant le président sud-coréen a rejeté l’idée d’un départ des soldats américains présents sur son sol, même en cas de traité de paix intercoréen. « Les forces américaines en Corée (USFK) sont un sujet qui relève de l’alliance entre la Corée du Sud et les États-Unis. Cela n’a rien à voir avec la signature d’un traité de paix », a-t-il affirmé.

Ce point reste donc à débattre et Kim Jong-un pourrait le faire valoir en échange d’une dénucléarisation complète de son pays. L’agence de presse nord-coréenne KNCA a d’ailleurs rappelé la position ferme de Pyongyang : les États-Unis devraient, pour cela, retirer « le parapluie nucléaire », à savoir le bouclier antimissile américain qui protège la Corée du Sud et le Japon.

Budget propre ou fin de la zone euro : l’ultimatum de la France à l’Allemagne, par Aline Robert

Budget propre ou fin de la zone euro : l’ultimatum de la France à l’Allemagne, par Aline Robert

Source : EURACTIV, Aline Robert, 15-05-2018

La zone euro ne survivra pas à l’absence de réforme, assure le ministre de l’Economie français, faisant monter la pression sur l’Allemagne à quelques semaines d’un Conseil européen crucial.

Une longue journée de travail attend les ministres de l’Economie français et alllemand, à Berlin, mercredi 16 mai. L’objet, la feuille de route pour la zone euro de demain qui doit être présentée fin juin lors du Conseil européen, est devenu une pomme de discorde entre la France et l’Allemagne. La France tente de jeter tout son poids politique dans la balance, et ce dans un langage de plus en plus cru.

« La zone euro ne résistera pas aux divergences économiques entre ses Etats-membres. Les différences fiscales sont devenues trop importantes pour une union monétaire » affirmait ainsi, le 14 mai Bruno Le Maire, lors d’une rencontre avec des journalistes à Bercy.

Pour la France, l’urgence de la réforme est dictée par la succession d’alertes électorales qui transfigure l’Europe politique en raison de la montée des forces centripètes. Le Brexit, les élections en Italie et la montée des extrêmes un peu partout devrait, selon l’équipe Macron, entraîner une réaction rapide pour donner des gages aux citoyens. Et ce avant les élections européennes de 2019, pour se prémunir d’une prochaine crise à laquelle l’euro pourrait ne pas résister.

« Maintenant ou jamais »

« C’est maintenant, ou jamais » résume le ministre français, en faisant référence à l’étroite fenêtre de tir qu’il reste : 5 semaines de discussion avant le Conseil européen des 28 et 29 juin. Il sera ensuite trop tard avant l’échéance électorale des européennes, en mai 2019.

Or, les discussions achoppent. « Réveillez-vous ! La France a changé », avait déjà prévenu Emmanuel Macron, le 10 mai à Aix-la-Chapelle, tout en insistant sur le fait qu’ « en Allemagne, il ne peut y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux, car ils sont faits aux dépens des autres ».

Une analyse largement partagée par son ministre de l’Economie, qui reconnait que […]

Suite à lire sur : EURACTIV, Aline Robert, 15-05-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

Lafarge – Daech : un scandale d’Etat ? – JT TVL 18 mai 2018

Lafarge – Daech : un scandale d’Etat ? – JT TVL 18 mai 2018

1) International / Lafarge – Daech : un scandale d’Etat ?

Lafarge accusée de financement du terrorisme. Le cimentier aurait accepté des transactions financières avec plusieurs groupes armés en Syrie, dont l’Etat Islamique, afin de maintenir l’activité de l’usine de Jalabiya, dans le nord-est du pays. L’ancien N°2 de la DGSE, Alain Juillet, revient sur l’affaire pour TV Libertés

2) Europe / La Hongrie débarrassée de George Soros

Victoire symbolique pour Viktor Orban ! Grâce à une campagne contre les ONG favorables à l’immigration clandestine, le premier ministre hongrois a poussé l’Open Society de George Soros à l’exil.

3) Economie / L’âge de la retraite naturellement repoussé

Crise économique, allongement de la durée de vie, hausse de la CSG… le monde du travail des plus de soixante ans est à l’aube de changements profonds. Plus de 40 % des futurs retraités envisagent de continuer à travailler tout en touchant leur pension.

4) Technologie / Suède : la mode des puces intégrées

5) L’actualité en bref

https://www.tvlibertes.com/2018/05/18/23092/lafarge-daech-scandale-detat-jt-tvl-18-mai-2018

Extra-territorialité du droit américain : une erreur stratégique ?

Extra-territorialité du droit américain : une erreur stratégique ?

Il faut bien distinguer tactique et stratégie.

Tactiquement, l’extra-territorialité du droit américain est brillante.

Elle a permis d’achever la soumission de l’Europe à l’Amérique. General Electric a pu racheter Alstom pour une bouchée de pain et il faut voir comment les dirigeants d’Airbus et des banques européennes sont terrifiés par les juges américains. D’ailleurs, leur mentalité et leur formation font qu’ils sont tout prêts à se rendre sans combattre. C’est la blague américaine : « Quelle est la première phrase qu’on entend d’un Français ?  » Ne tirez pas ! On se rend ! « ». Les fameux cheese-eating surrender monkeys.

Notons, pour ne pas être entièrement négatifs, que l’alliance d’Airbus et de Bombardier fit une petite (toute petite) nique aux Ricains.

Mais une réussite tactique peut avoir une effet stratégique destructeur. Les succès de Bonaparte ont uni ses ennemis.

Charles Gave croit que l’extra-territorialité du droit américain (entre autres raisons) pousse la Chine et la Russie à remettre en cause la suprématie du roi-dollar.


Evidemment, cela serait une défaite majeure pour les Etats-Unis, bien plus importante dans ses conséquences à long terme que le petit peu plus de soumission européenne obtenue grâce à l’extra-territorialité du droit américain.

A l’inverse, les accords du Plaza de 1985 ont stérilisé la concurrence japonaise de manière durable, exemple de mouvement stratégique efficace.

Nous vivons des temps intéressants.

Petit complément :

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Revue de presse nationale et internationale.

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