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Comment briser la spirale de la dette

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Comment briser la spirale de la dette

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5509 Le 06/05/2019 | Partager

Vigilance quant à la soutenabilité des trajectoires
Mettre de l’ordre dans les finances publiques
Grand débat au Forum de Paris le 7 mai 2019

Alors que les dettes publiques atteignent des niveaux historiques partout dans le monde, la vigilance s’impose quant à la soutenabilité de ces trajectoires d’endettement. Le sujet sera débattu à l’occasion du Forum de Paris qui se tient le mardi 7 mai 2019 à Bercy en France.

L’événement ayant pour thème «Une dette soutenable pour une croissance durable» réunit plus d’une trentaine de ministres des Finances et de gouverneurs de Banque centrale. Si les besoins de financement des pays en développement sont très importants pour atteindre les objectifs du développement durable à horizon 2030, comment s’assurer que ces financements contribuent durablement à la croissance? Comment définir des règles du jeu équitables pour que ces financements bénéficient à tous? Les participants au Forum devront  relancer le débat sur ces questions.

Le choix du sujet intervient au moment où les alertes sur la dette mondiale s’amplifient. Après la mise en garde de la Banque mondiale, de la Banque des règlements internationaux (BRI), de l’Institut de la finance internationale (IIF) ou encore de la Cnuced et de l’OCDE… c’est au tour du FMI de remettre une couche sur la question.

L’endettement global (public et privé) des 190 pays membres de l’institution internationale a atteint la somme de 184.000 milliards de dollars, soit 225% de leur PIB cumulé. En moyenne, la dette mondiale dépasse 86.000 dollars par habitant, soit plus de deux fois et demie le revenu moyen par habitant. Elle est concentrée notamment aux Etats-Unis, en Chine et au Japon qui en représentent plus de la moitié. Les pays émergents ont également vu leur endettement s’accroître, en raison de la montée en flèche de la dette chinoise.

Dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP), les inquiétudes grandissent aussi sur le plan budgétaire. La hausse de la dette publique empêche de plus en plus les pays de répondre à des besoins structurels pressants (cf. notre édition N° 5506 du 30/04/2019).

La croissance économique ralentit et la dette publique reste élevée dans le monde. Que devraient faire les dirigeants? Dans le nouveau «Moniteur des finances publiques», les experts (1) du FMI (https://www.imf.org) soutiennent qu’ils peuvent adopter une vision à long terme pour favoriser une croissance plus forte et inclusive. Dans ce but, ils doivent mettre de l’ordre dans leurs finances publiques en réduisant progressivement la dette pour se préparer au prochain ralentissement économique et en modernisant la politique budgétaire pour investir dans l’avenir de la population. Par conséquent, il est nécessaire de mieux répartir les dépenses, de dégager plus de marges budgétaires et d’améliorer la politique fiscale.

Un endettement élevé peut limiter la capacité des dirigeants d’augmenter les dépenses ou de réduire les impôts pour compenser une faible croissance économique. Car les créanciers peuvent se montrer moins disposés à financer des déficits budgétaires croissants. En outre, le paiement des intérêts sur la dette a pour effet d’évincer les dépenses d’éducation, de santé et d’infrastructure, à savoir des investissements qui contribuent à la croissance des pays à long terme.

Sur la liste des recommandations du FMI, chaque pays devra mettre au point une stratégie appropriée pour dégager plus de marges budgétaires.     Les pays fortement endettés devront augmenter leurs recettes ou limiter leurs dépenses excessives. Surtout ceux où la croissance économique actuelle dépasse la croissance potentielle à long terme (comme les Etats-Unis) ou ceux dont les coûts d’emprunt sont élevés et les besoins de financement importants (comme le Brésil et l’Italie).

Pourtant, ces pays devraient maintenir leurs investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures, soit en redéfinissant les priorités en matière de dépenses, soit en élargissant l’assiette fiscale (par exemple en supprimant les exonérations fiscales et en améliorant l’administration fiscale).

Dans les pays où le financement pose moins problème, comme en Allemagne et en Corée, les dirigeants pourraient augmenter les investissements dans les infrastructures et l’éducation pour soutenir l’économie à court terme. Ils peuvent favoriser une croissance inclusive au cours des prochaines décennies.

Le FMI recommande enfin aux pays d’adopter des politiques plus intelligentes et plus souples en vue de faciliter le changement. Dans ce but, ils doivent améliorer la politique budgétaire sur trois fronts: réorienter les dépenses, dégager plus de marges budgétaires et améliorer les politiques fiscales.

Chiffres vertigineux

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  • Début 2018, le stock de la dette mondiale n’était pas loin de 250.000 milliards de dollars (soit trois fois le revenu mondial)
  • Contre 142.000 milliards de dollars dix ans plus tôt
  • Le ratio dette/PIB mondial est plus élevé de presque un tiers qu’en 2008
  • La dette privée a explosé en particulier dans les pays émergents et pays en développement dont:
  • La part de l’encours de la dette mondiale a augmenté de 7% en 2007 à 26% en 2017, tandis que le ratio crédit aux sociétés non financières/PIB des pays émergents à économie de marché a enregistré une hausse de 56% en 2008 à 105% en 2017

Source: Estimations de la Cnuced

Fatim-Zahra TOHRY

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(1) «L’endettement élevé des pays freine leur adaptation à l’évolution rapide de l’économie mondiale», Vitor Gaspar, John Ralyea et Elif Ture, https://www.imf.org

https://www.leconomiste.com/article/1044721-comment-briser-la-spirale-de-la-dette

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Des statistiques tronquées : 3 exemples significatifs

03/05/201904:21

Voici, trois exemples où les chiffres mis en scène conduisent à des erreurs d’interprétation.


Variations saisonnières


Le premier, c’est celui de l’inflation. Forte hausse des prix en mars dernier selon un hebdomadaire, +0,8%. Rien à redire, c’est vrai la hausse des prix à la consommation ressort bien à +0,8%. C’est même la première donnée du tableau fournit par l’Insee. A ce détail près : ce chiffre est à manier avec précaution, faute d’être corrigé des variations saisonnières. Or les prix évoluent au gré des saisons. Comme chaque année à la sortie des soldes d’hiver, les prix augmentent en mars, notamment  sur le poste « habillement et chaussures », avec +11,5% enregistré cette année. Rien de plus normal. Et tous les ans, à la même date, on aura l’impression que « ça monte » ou, au début des soldes, que « cela baisse ». Ce qui importe c’est de savoir si c’est plus — ou moins — que d’habitude, c’est-à-dire évaluer la tendance de fond en procédant à une correction des valeurs saisonnières. L’Insee fait ce travail à la deuxième ligne du tableau, « ensemble CVS ». Et comme par enchantement, la hausse des prix a complètement disparu ou presque avec seulement +0,1%. Le diagnostic change alors radicalement.


Parité de pouvoir d’achat


Catastrophe, la France serait tombée de la 6ème à la 10ème place entre 2000 et 2018 de l’économie mondiale selon le classement du FMI souvent repris tel quel. Une preuve de plus, s’il en fallait, de notre décrochage. Encore une fois, aucune malhonnêteté dans le classement publié. Ce qui aurait dû mettre la puce à l’oreille, c’est la place de la Chine, devant les Etats-Unis, et aussi celle du trio brésilien, indonésien, russe qui devance le Royaume-Uni et la France. En fait, le diable se cache dans les détails et dans ce cas dans l’astérisque. Celui-là renvoie à la parité de pouvoir d’achat. Un indicateur qui prend en compte le coût de la vie de chaque pays pour en calculer la richesse. Par exemple, avec un dollar, on ne peut pas acheter autant de choses en France qu’en Chine. Une fois ajusté en fonction de son pouvoir d’achat, le PIB d’un pays où la vie est chère est diminué, tandis que celui d’un pays où la vie est plus abordable est augmenté. C’est bien pour comparer les niveaux de vie. En revanche, c’est un indicateur très discutable pour mesurer la puissance d’une économie. La vraie puissance, c’est la capacité à vendre ses produits à prix élevés dans un contexte concurrentiel, ce n’est pas valoriser, par exemple, une automobile allemande aux prix pratiqués par une entreprise chinoise. En effectuant simplement le classement aux cours des devises sur le marché des changes, la France reste bien callée dans le top 6.


Échelle de temps


Dernier écueil : l’échelle du temps. L’incapacité du secteur privé à créer des emplois est souvent pointer du doigt. Et pour preuve, la France n’a pas fait beaucoup mieux que l’Italie en 2018 alors que celle-ci est entrée en récession sur la seconde partie de l’année. Et pour un emploi créé en France, il y en a eu deux en Espagne. La France cancre en matière d’emploi c’est donc vérifier. Les chiffres le prouvent. Charges sociales trop importantes, obésité et complexité du code du travail, profusion des normes sont mises en avant pour expliquer ces écarts. Mais avant d’établir un diagnostic définitif, il est bon de rappeler que si certains font mieux, c’est qu’ils ont d’abord massivement détruit des emplois pendant la récession. Malgré son bilan étincelant en 2018, l’emploi en Espagne reste inférieur de près de 2 millions à son niveau d’avant-crise. Des grandes économies européennes, c’est le plus mauvais résultat. En France, il est en hausse de 637 000 ! C’est moins bien que l’Allemagne, certes. Mais voilà de quoi relativiser un peu avant de se faire traiter de cancre sans oublier ce que disait Churchill : « je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées ».

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Des-statistiques-tronquees-3-exemples-significatifs_3747206.html

Les banques russes rejoignent le système mondial chinois de paiements alternatifs

 

29.avril.2019 // Les Crises

Les banques russes rejoignent le système mondial chinois de paiements alternatifs

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Source : Sentinelles Saps, 13-04-2019

Alors que la Russie se débarrasse activement de ses dollars américains et achète de l’or au rythme le plus rapide depuis des décennies, il n’est pas difficile de déchiffrer ce qui estécrit sur le mur pour savoir ce que le Kremlin pense de la possibilité d’une détente dans les relations douloureuses entre les États-Unis et la Russie.

Et comme la Russie cherche maintenant clairement à mettre fin aux liens monétaires avec un « ouest » arrimé au dollar, il n’y a qu’une alternative : la Chine. C’est pourquoi il n’est probablement pas surprenant que plusieurs banques russes aient rejoint le système chinois de paiements internationaux (CIPS), également connu sous le nom de « SWIFT chinois », afin de faciliter les opérations entre les deux pays, selon un haut responsable de la Banque centrale de Russie (CBR).

« En ce qui concerne la coopération sur les systèmes de paiement, plusieurs banques sont déjà connectées à CIPS, ce qui permet de faciliter la procédure d’acheminement des paiements », a déclaré Vladimir Shapovalov, directeur du département de la coopération internationale de la CBR, en début de semaine au forum international russo-chinois.

Dans le même temps, comme le note Russia Today, le régulateur espère que ses homologues chinois accorderont une plus grande attention à la solution proposée par la Russie qui a son propre SWIFT, le SFPS (Système de transfert des messages financiers), car il « peut stimuler davantage les échanges bilatéraux », a-t-il ajouté.

Comme RT l’a écrit, la Russie a activement présenté son réseau SFPS, créé en 2014 en réponse aux menaces des États-Unis de déconnecter la Russie de SWIFT, à des partenaires étrangers, dont la Chine, après que sa version à l’exportation eu été prête l’an dernier. La première transaction du système, impliquant une entreprise non bancaire, a été réalisée par le grand groupe pétrolier russe Rosneft en décembre 2017. Environ 500 participants, parmi lesquels d’importantes institutions financières et sociétés russes, ont déjà adhéré. Alors que l’Europe envisage des alternatives à SWIFT, afin de continuer à financer le régime iranien – suite à son exclusion du système monétaire basé sur le dollar, après réimposition des sanctions iraniennes par Trump – le statut de réserve du dollar américain serait sérieusement compromis si Bruxelles rejoignait également l’alternative chinoise ou russe à l’utilisation du dollar, un processus provoqué par la diminution des allocations en dollars américains de la part des gestionnaires des réserves des banques centrales… qui est déjà en cours :

Source : Sentinelles Saps, 13-04-2019

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/les-banques-russes-rejoignent-le-systeme-mondial-chinois-de-paiements-alternatifs/

Renault propose à Nissan d’établir ensemble une compagnie holding, selon Nikkei

26 AVRIL 2019 / 10:10 / IL Y A UN JOUR

Renault propose à Nissan d’établir ensemble une compagnie holding, selon Nikkei

Renault va proposer à son partenaire d’alliance Nissan, dont il détient 43,4% du capital, de créer une compagnie holding commune au sein de laquelle les deux constructeurs désigneront un nombre presque équivalent d’administrateurs, rapporte vendredi le journal Nikkei. /Photo prise le 15 janvier 2019/REUTERS/Christian Hartmann

TOKYO (Reuters) – Renault va proposer à son partenaire d’alliance Nissan, dont il détient 43,4% du capital, de créer une compagnie holding commune au sein de laquelle les deux constructeurs désigneront un nombre presque équivalent d’administrateurs, rapporte vendredi le journal Nikkei.

Le journal ajoute que le groupe français, dont Nissan détient 15% du capital sans droits de vote, entend établir le siège de holding dans un pays tiers.

Citant des sources, le Nikkei ajoute que Renault avait soumis une autre proposition de fusion à Nissan, que le constructeur japonais a rejetée le 12 avril.

L’avenir de l’alliance entre Renault et Nissan, qui fête cette année son vingtième anniversaire – est sous le feu des projecteurs depuis l’arrestation en novembre de Carlos Ghosn, l’ex-président des deux entreprises et architecte de leur rapprochement, qu’il était censé consolider avant de tomber en disgrâce.

Ran Kim and Naomi Tajitsu, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Gilles Guillaume

https://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKCN1S20PW-OFRBS

COMMENT LA FINANCE A CAPTURÉ L’ÉCONOMIE ET COMMENT LA REMETTRE À SA PLACE ?

COMMENT LA FINANCE A CAPTURÉ L’ÉCONOMIE ET COMMENT LA REMETTRE À SA PLACE ?

23 avril 2019 – Posté par Alain Grandjean – ( 0 ) Commentaires

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L’économiste Laurence Scialom[1] vient de publier La fascination de l’ogre (chez Fayard), un essai sur la capture[2] de l’économie par le secteur financier. J’en recommande vivement la lecture ainsi que son interview par Romaric Godin. Laurence est une scientifique engagée ; elle s’est battue contre l’imposture de la loi de séparation bancaire (qui n’a rien séparé du tout , voir dans le blog la série des posts à ce propos), promesse de campagne majeure de François Hollande (exprimée lors du discours du Bourget) et non tenue. Cette affaire a bien montré non seulement le pouvoir considérable du système financier sur l’Etat, mais aussi sa capacité à enfumer au sens strict la conscience collective, notamment en créant une complexité artificielle qui rend inaccessible à la plupart d’entre nous les questions financières.

C’est cette puissance exorbitante que Laurence Scialom met en évidence, en s’appuyant sur un corpus d’articles scientifiques étayant solidement sa démonstration.

Ce livre réussit donc le tour de force de nous :

  • expliquer clairement les maux de la finance contemporaine : accroissement des inégalités sociales, normes de gestion des entreprises les poussant au court-termisme, risques systémiques, conflits d’intérêt etc. ;
  • montrer le rôle de la théorie économique néolibérale dans la justification et la construction de cette domination financière, d’autant plus choquant qu’elle ne résiste en rien au moindre test empirique ;
  • détailler les mécanismes de cette « capture » ;
  • proposer une réforme de l’enseignement de la finance ;
  • et pour finir de fournir des pistes convaincantes pour mettre le holà à cette capture.

La capture contre la nature

Je dirai ici juste un mot sur les liens pas toujours apparents entre la capture de l’économie par la finance et celle du financement de la transition écologique.

1 La financiarisation de l’économie est un obstacle majeur à la prise en compte du long terme donc des questions écologiques, tant dans le monde de la finance que dans celui des entreprises. Plus généralement, rien n’empêche vraiment aujourd’hui cette finance (et en particulier le « shadow banking », soumis à très peu de contraintes) de financer la destruction de la planète, au motif que son rôle est de financer l’économie.

2 Les périodes de crises que la finance dérégulée peut  engendrer aggravent la situation ; dans ces moments il s’agit de « sauver les meubles » ; rien d’autre ne compte.

3 L’aggravation des inégalités sociales (due en particulier à la financiarisation de l’économie) et le niveau exorbitant de certaines rémunérations dans le secteur financier, rendent d’autant plus difficile la lutte contre le changement climatique[3] . Or cette lutte est indispensable car la crise écologique sera elle-même porteuse d’atteintes lourdes aux conditions de vie des plus défavorisés.

4 La montée du pouvoir de la finance s’est accompagnée du désarmement de l’Etat. Le sociologue Benjamin Lemoine[4] a montré comment la dette publique s’est imposée comme la contrainte suprême qui justifie toutes les politiques d’austérité budgétaire et qui place les États sous surveillance des marchés financiers et des agences de notation. L’Etat et les entreprises publiques n’arrivent plus à investir suffisamment (voir notre dossier « libérer l’investissement vert » et notre livre à paraître).

5 Ce désarmement est financier mais aussi humain : les services de l’Etat ne résistent pas à la toute-puissance des lobbys, n’arrivent plus à incarner une orientation claire en matière de transition écologique (les intérêts des lobbys étant divergents, chacun cherche à préserver son terrain de jeu). Ils n’arrivent plus à préserver les intérêts de l’Etat (tant dans les privatisations, qui sont favorisées pour des raisons budgétaires et mal négociées faute de moyens humains , que dans les concessions et autres partenariats publics privés[5]).

5 La complexité construite de manière délibérée par la finance rend les enjeux de verdissement de la dite finance très difficiles d’accès. Si l’on peut se féliciter de la montée en puissance de la finance verte à Bruxelles, au sein du réseau des Banques Centrales pour verdir le système financier, il faut reconnaître que la technicité des débats et le poids des acteurs financiers sont tels que ces travaux pourraient eux aussi aboutir à  des dispositifs inefficaces.

Plus que jamais donc il est important que nos concitoyens prennent une claire conscience des causes doctrinales et organisationnelles de l’impuissance de l’Etat à agir vite et bien pour limiter l’ampleur des catastrophes en cours. Sinon, il est à craindre que les revendications se multiplient, la violence s’accroisse mais sans effet réel faute d’un diagnostic pertinent et, dès lors, de propositions de mesures adaptées.

Alain Grandjean

Notes

[1] Laurence Scialom est professeure à l’Université Paris Nanterre. Elle est membre du
conseil scientifique de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la commission consultative épargnants de l’Autorité des marchés financiers (AMF),
responsable du pôle régulation financière du think tank Terra Nova et membre qualifiée de l’ONG Finance Watch.
[2] Voir aussi son article pour Finance Watch et le livre « La capture, Où l’on verra comment les intérêts financiers ont pris le pas sur l’intérêt général et comment mettre fin à cette situation ». Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat,  La découverte, 2014
[3] En simplifiant, la taxe carbone est vécue comme une injustice de plus ; et sa redistribution n’est pas envisageable pour des raisons de doxa budgétaire, voir point 5
[4] L’ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché. La découverte – 2016.
[5] Les PPP sont un moyen de faire réaliser et financer par le privé des opérations devenues non finançables par l’Etat ou les collectivités territoriales. Mais l’expérience montre qu’ils sont malheureusement souvent faits au détriment du donneur d’ordre…

AUSTÉRITÉ MON AMOUR

AUSTÉRITÉ MON AMOUR
Pourquoi les erreurs européennes dans le traitement de la crise financière de 2008 sont les racines de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE

Atlantico.fr : Si l’accumulation d’excédents commerciaux, de la part des Européens, et principalement de la part de l’Allemagne, peut être considérée comme l’origine des tensions existantes avec les Etats-Unis, comment expliquer le processus qui a pu conduire à une telle situation ?

Brad Setser : Au début du processus, cela n’était pas perçu comme un contexte de guerre commerciale, et cela n’était même pas considéré comme un contexte de déséquilibres commerciaux. A ce moment, le diagnostic était que les économies avancées étaient en crise et que cette crise s’était déclarée aux Etats-Unis. Mais il s’est avéré que l’exposition aux subprimes était particulièrement élevée dans les institutions financières européennes. L’idée était donc que nous subissions un choc commun, qui nécessitait une réponse commune dans l’objectif de ramener nos systèmes financiers à une meilleure santé, en recapitalisant, en s’assurant qu’il n’y aurait pas un nouveau Lehman Brothers, et en répondant au choc de demande qui touchait nos deux économies.

Pour répondre à ce choc de demande, une action budgétaire coordonnée -un stimulus budgétaire – avait vu le jour. Puis, les Etats-Unis se sont inquiétés du fait que l’Europe réagissait trop lentement, aussi bien concernant la recapitalisation de ses institutions financières, que parce qu’elle avait retiré trop rapidement son soutien budgétaire à l’économie. De plus, les désaccords existants au sein de la zone euro menaçaient de provoquer une nouvelle crise. 

C’est ainsi que les tensions, particulièrement avec l’Allemagne – mais la position allemande était alors plutôt partagée en Europe – ont émergé lorsque les Allemands ont considéré que la relance budgétaire avait été trop loin et qu’il était nécessaire de l’inverser. Ils ont alors commencé à encourager un virage vers l’austérité en Europe. Contrairement à la vision américaine, l’Allemagne était réticente à l’idée de faire tout ce qu’il devait être fait pour éviter une deuxième crise financière.

Nous sommes ici en 2011 ? 

C’est essentiellement 2011, mais cela a commencé dès 2010. Il y a eu toute une série de chocs durant cette période. Mon souvenir de cette période est un enchaînement, un choc après l’autre. Tout le monde savait à ce moment que le premier plan grec était un échec, et les pressions sur les taux obligataires ont alors commencé à se propager, de la Grèce à l’Espagne ou encore l’Italie, et les gens l’oublient, mais la Belgique, était également touchée, même la France.  On peut également rappeler le resserrement monétaire de la BCE en 2011, par Jean-Claude Trichet. La sentiment qui se diffusait à cette période est que nous étions face à un risque d’une nouvelle crise financière, après celle de 2008. Les Etats-Unis comprenaient leur responsabilité concernant cette première crise, mais voyaient l’Europe, particulièrement l’Allemagne, comme n’ayant pas assimilé les leçons de ce qui s’était produit en 2008.

Cette différence d’approche entre Etats-Unis et Europe a conduit à la formation d’un différentiel de croissance entre les deux zones….

Cette divergence de la croissance entre Europe et Etats-Unis n’est pas due au fait que les Etats-Unis connaissaient une reprise particulièrement rapide, cette reprise était plutôt faible, mais il était évident que les tensions internes à la zone euro contribuaient à l’affaiblissement de la reprise américaine, aussi bien au travers des canaux financiers, que de la demande. Les “spreads” obligataires progressaient en même temps que s’imposait l’austérité en Europe. Le résultat a été un affaiblissement de la demande européenne qui s’est répercuté aux Etats-Unis.

Quel lien avec les déséquilibres commerciaux ?

Cette situation ne s’est pas immédiatement transformée en un déséquilibre commercial. Le plan de relance européen, suite à la crise – on l’oublie souvent- a bien permis une reprise économique en Europe à la fin de l’année 2009, mais celle-ci s’est estompée avec l’austérité budgétaire et une politique monétaire stricte (Jean-Claude Trichet). Il est devenu alors assez clair que la reprise de la demande en Europe allait s’inverser, et c’est à ce moment là que nous avons vu l’apparition d’une forte progression des excédents commerciaux européens, qui est le résultat indirect de ces différences de croissance (une  croissance plus forte aux Etats-Unis provoque alors une hausse des importations en provenance d’Europe, alors que la faible croissance européenne ne permet pas de suivre le même rythme, ce qui provoque un déséquilibre dans les échanges commerciaux entre les deux zones).

Ce contexte a poussé l’administration Obama à demander aux européens d’en faire davantage pour soutenir la croissance et la demande mondiale. Comment les Européens ont-ils réagi à ces demandes ?

Il est clair que les pays les plus fragiles ne se sentaient pas en capacité de contribuer davantage à la demande. Ils espéraient que les Etats-Unis agissent pour contrer la pression allemande qui s’exerçait sur eux pour consolider leurs comptes publics extrêmement rapidement. Les Etats-Unis ne cherchaient pas à ce que ces pays les plus fragiles participent davantage, mais ils alertaient sur les risques de voir ces pays suivre une stratégie auto-destructrice. La principale demande américaine a toujours été que l’Allemagne, et les pays les plus forts de l’Union, en fassent plus pour soutenir la croissance de la demande.

Nous sommes passés d’un contexte ou un choc commun appelait une réponse commune à une inquiétude de voir l’Europe maintenir de larges excédents commerciaux. Ce glissement est apparu lorsque la chute des déficits de la balance courante en Espagne, en Grèce, en Italie, ne s’est pas traduite pas par une réduction des surplus allemands. Au lieu de voir un ajustement à la baisse du surplus allemand, nous avons vu l’ensemble européen basculer vers ce qui était, et ce qui reste, un très large excédent.

Les Allemands ne le voient pas comme cela, mais il est possible de démontrer que l’Allemagne a profité de la demande qui était alors créée par les Etats-Unis et la Chine, tout en ne faisant pas “sa part” pour contribuer à la demande mondiale. Encore plus important, en n’en faisant pas plus pour soutenir sa propre demande, l’Allemagne a affaibli l’ensemble de la zone euro.

Il est vrai que la Grèce, pas plus que le Portugal ou l’Espagne, ne pouvaient soutenir durablement un déficit de la balance courante équivalent à 10% de leur PIB, ils avaient besoin de s’ajuster, mais nous aurions pu espérer que la contrepartie de cet ajustement ait été une baisse des excédents allemands (en passant de 6-7% du PIB à 3 ou 4% par exemple). Mais cela ne s’est pas passé comme cela. Les excédents allemands ont continué de progresser. Je pense que le moment qui a vraiment cristallisé ce basculement a été 2013, quand les excédents allemands ont dépassé ceux de la Chine. C’est à ce moment que l’administration américaine, et non pas le grand public, a pris conscience de ce problème. Ce débat n’a jamais été équivalent à celui qui entoure la question de la Chine, parce que pour la Chine, il s’agit plus d’une question d’équité, c’est un débat qui touche le grand public qui existe depuis longtemps. Alors que la préoccupation à l’égard de l’Allemagne est restée circonscrite aux économistes du Trésor, de la Réserve Fédérale, et à quelques analystes financiers.

Comment cette préoccupation de l’administration Obama à l’égard des déséquilibres macroéconomiques s’est-elle transformée en une guerre commerciale entre Donald Trump et les Européens, sur la base de barrières douanières ? Comment ce mouvement s’est produit ?

En toute honnêteté, il n’est pas nécessaire de sur-analyser. Ce mouvement s’explique presque entièrement par la vision personnelle de Donald J Trump. Je pense que beaucoup de monde, y compris dans son administration, reconnaissent que Trump ne pense pas en termes de déséquilibres macroéconomiques, il pense en termes de balances bilatérales. Un déséquilibre bilatéral est pour lui le signe d’une iniquité. Quand il vient à Paris ou à Berlin, il voit qu’il n’y a pas beaucoup de voitures américaines, alors qu’il voit beaucoup de voitures allemandes aux Etats-Unis, et il doit penser qui cela est le résultat des barrières douanières.

Mais il y a une importante distinction à faire entre la pression commerciale qui est exercée sur la Chine et la pression qu’exerce Donald Trump sur l’Europe. La pression sur la Chine bénéficie d’un soutien relativement important de la population, alors que la pression sur l’Europe relève bien plus de la conviction personnelle de Donald Trump.

La France vient de voter contre le mandat demandé par la Commission européenne pour négocier un accord commercial avec les Etats-Unis. Dans le même temps, Bruno Le Maire, mais également des économistes proches d’Emmanuel Macron, ont appelé l’Allemagne à dépenser plus. Voyez vous un lien entre ces deux approches qui pourraient signifier que Paris demande à Berlin de régler un problème dont elle est à l’origine ?

Je n’ai pas connaissance d’une stratégie française qui ferait un lien entre ces deux situations. Mais je pense que la principale cause du refus français est la question de l’agriculture, Paris n’a jamais voulu faire la moindre concession dans ce secteur. Même sans lier les deux, le refus opposé au mandat et la demande faite à l’Allemagne de dépenser plus, on comprend très bien qu’Emmanuel Macron refuse d’étendre un accord à l’agriculture. Ceci pour la raison simple que l’Allemagne a le plus à perdre si les Etats-Unis imposent des tarifs sur le secteur automobile, alors que d’autres pays ont plus à perdre, la France notamment, avec une libéralisation du commerce sur l’agriculture. Ouvrir un accord sur l’agriculture serait un moyen d’acheter la paix pour l’Allemagne, ce qui lui donnerait des avantages importants, tandis que le coût ne serait pas supporté par l’Allemagne. On comprend pourquoi la France résiste à une négociation commerciale que beaucoup en Europe voient comme une extorsion, particulièrement quand l’administration Trump a voulu faire un compromis sur beaucoup de dossiers en Europe. Je ne pense pas que Donald Trump s’intéresse tellement aux excédents budgétaires allemands, je ne suis pas convaincu qu’il fasse le lien entre l’excédent budgétaire et l’excédent commercial, mais s’il voudrait voir l’Allemagne dépenser plus pour sa défense. Il n’y a pas de plan compliqué avec Trump, il dit ce qu’il pense, et il s’inquiète des sujets dont il dit qu’il s’inquiète. Cela dit, la France a plus à gagner que les Etats-Unis d’une politique budgétaire allemande plus soutenue, la France a ici un intérêt direct. Un soutien budgétaire allemand permettrait plus de croissance, tout comme un changement de voie de la part de la Banque centrale européenne.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après

BDF, JP MORGAN ET L’OR DES FRANÇAIS – INTERVIEW DE PHILIPPE HERLIN

BDF, JP MORGAN ET L’OR DES FRANÇAIS – INTERVIEW DE PHILIPPE HERLIN

PUBLIÉ PAR RICHARD DÉTENTE | 8 AVR. 2019 | ARTICLES1020 

Fin octobre 2018, un article des Échos explique que la Banque de France et la banque américaine JP Morgan se sont associées pour établir des opérations financières avec l’or détenu dans les coffres de la BdF comme contrepartie. J’interview Philippe Herlin qui a enquêté sur cette question.

 

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


RICHARD DÉTENTE VIDÉOS DE VULGARISATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

https://or.fr/actualites/interview-phillipe-herlin-or-banque-france-jpmorgan-1512

NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

Publié le 5 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in PétroleEtats-UnisMoyen-OrientEconomie

Achtung, achtung, les alarmes retentissent à nouveau dans les corridors du système impérial. Les stratèges affolés du Washingtonistan se précipitent à leur table de contrôle global. Interdits, il fixent un voyant rouge qui ne cesse de clignoter : Arabie Saoudite. Eh merde… Sur un mur, un écran affiche la signification première de l’alerte : Pétrodollar en danger.

Avant de continuer le feuilleton, un assez long rappel est nécessaire. En octobre 2017, dans un article qui fit date, intitulé Seoud yuanisé ou l’empire en péril, nous expliquions l’importance colossale (n’ayons pas peur des mots) de la question :

Il est de ces répétitions de l’Histoire… Il y a plus de deux ans – sous le titre Pétrodollar : le début de la fin ? – nous écrivions un billet prémonitoire qui n’a pas pris une ride :

A Washington, on doit beaucoup écouter les Doors en ce moment : This is the end, my only friend, the end… Certes, il ne faut pas vendre la peau de l’aigle avant de l’avoir plumé, mais ce n’est pas vraiment un futur radieux qui se profile à l’horizon pour l’empire 2.0.

Le système financier issu de la Seconde guerre mondiale – notamment les prêts en dollars du FMI ou de la Banque mondiale – assurait l’hégémonie de la monnaie américaine, permettant aux Etats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens en faisant financer leur dette par des pays étrangers tenus d’accumuler des réserves de titres libellés en dollars pour commercer. Ce « privilège exorbitant » (dixit Giscard) fut encore renforcé en 1973 lorsque Nixon se mit d’accord avec les Saoudiens pour que ceux-ci vendent leur pétrole uniquement en billets verts, créant de facto le pétrodollar. L’OPEP suivra deux ans après. Pour les Etats-Unis, des décennies d’argent facile et de guerres financées par des pays tiers…

Jusqu’à ce que ces pays tiers disent stop. Certains d’entre eux du moins. La fronde a commencé vers la fin des années 2000. En Amérique latine, Argentine et Brésil décident de commercer dans leurs monnaies respectives, puis c’est au tour de la Chine et du Brésil, tandis que les pays émergents se rebellent au sein même des instances du FMI et de la Banque mondiale. Curieusement, Poutine était d’abord en retrait dans ce mouvement jusqu’à ce que la nouvelle Guerre froide subséquente à la crise ukrainienne fasse de lui le chevalier blanc de la dé-dollarisation de la planète. C’est, depuis 2014, une avalanche de défections auxquelles fait face le billet vert, contrairement à la fable médiatique hollywoodienne qui voudrait nous faire croire à une « communauté internationale » réunie autour de l’Occident. Russie, Chine, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Inde, Turquie, Uruguay, Iran, Equateur, Egypte, Venezuela, Vietnam, Paraguay, Kazakhstan… tous ces pays ont renoncé au dollar ou sont en voie de le faire dans leurs échanges commerciaux bilatéraux au profit de leur monnaie ou de l’or. Pire ! les propres alliés de Washington (Canada, Corée du sud, Qatar) quittent le navire et s’en vont sifflotant passer des accords SWAP (échanges de devises) avec la Chine.

Comme si cela ne suffisait pas, les BRICS ont décidé au sommet de Fortaleza la création d’un système financier parallèle concurrençant le FMI et la Banque Mondiale d’obédience américaine tandis que la Chine y allait de sa propre banque personnelle vers laquelle se sont précipités les alliés intimes de l’oncle Sam (Angleterre, Australie) comme des enfants turbulents désobéissant au majordome. Il paraît qu’Obama en a interrompu sa partie de golf…

Une chose demeurait, stoïque et inébranlable : le pétrodollar. Saddam avait bien tenté de monter une bourse pétrolière en euros mais il fut immédiatement tomahawkisé. Kadhafi avait lancé l’idée mais les bombes libératrices de l’OTAN tombaient déjà sur Tripoli avant qu’il ait eu le temps de passer un coup de fil. Les stratèges américains pouvaient dormir du sommeil du juste, leurs charmants alliés pétromonarchiques du Golfe resteraient le doigt sur la couture du pantalon.

Sauf que… Une info extrêmement importante, donc passée inaperçue dans la presse française, est sortie il y a quelques jours. La Russie et l’Angola ont dépassé l’Arabie saoudite comme premiers fournisseurs de pétrole à la Chine. Chose intéressante d’après les observateurs, c’est le fait que la Russie (encore ce diable de Poutine !) accepte désormais les paiements en yuans chinois qui a motivé ce changement tectonique. D’après un analyste, si l’Arabie veut reprendre sa part de marché, il faudrait qu’elle commence à songer sérieusement à accepter des paiements en yuans… c’est-à-dire mettre fin au pétrodollar.

Et là, cela risque de poser un sérieux dilemme aux Saoudiens : faire une croix sur leur prééminence pétrolière mondiale ou faire une croix sur le pétrodollar au risque de voir les Américains le prendre très mal et éventuellement fomenter un changement de régime.

Y a-t-il un lien avec la visite de haut niveau des Saoudiens à St Pétersbourg la semaine dernière, quelque chose du genre « Cher Vladimir, vous nous protégerez le cas échéant si on change de devise ? » A suivre…

On ne pouvait pas taper plus dans le mille. Octobre 2017 : un économiste de renom prévoit le remplacement par Riyad du dollar par le yuan, le roi saoudien effectue une visite historique à Moscou et les Russes vont vendre des batteries S400 à l’Arabie saoudite.

Carl Weinberg ne s’est pas souvent trompé dans ses analyses. Aussi, quand il déclare que Riyad est fortement encouragée par Pékin à lui vendre son pétrole en yuans et prédit que d’ici peu, les Saoudiens succomberont à la pression, il vaut mieux le prendre au sérieux :

« D’ici deux ans, la demande chinoise en pétrole écrasera la demande américaine. Je pense que la cotation des cours en yuans est pour bientôt. Dès que les Saoudiens l’accepteront – comme les Chinois les y contraignent – le reste du marché [les pétromonarchies, ndlr] suivra le mouvement. »

En filigrane, l’effondrement du pétrodollar mis en place il y a plus de quarante ans et pilier du système impérial américain. Les liaisons dangereuses entre Bush Junior et l’establishment wahhabite, le tendre baiser de Barack à frites sur le royal arrière-train du Seoud, tout cela n’aura finalement servi à rien…

Ca doit sérieusement grincer des dents le long des corridors néo-cons de Washington et il n’est pas impossible que quelques plans sur la « remodélisation » du royaume saoudien soient soudain sortis des tiroirs. Coïncidence (ou pas), le facétieux Vladimirovitch a justement ironisé sur la chose lors de la réunion annuelle du Club Vadaï à Sotchi (…)

Est-ce tout à fait un hasard si, dans ces conditions, Salman a débarqué à Moscou il y a deux semaines, la première visite officielle d’un monarque saoudien en Russie. Cela fait des décennies que l’ours et le chameau sont opposés sur à peu près tous les dossiers brûlants de la planète, le second finançant le djihadisme mondial pour le bénéfice de son parrain US afin de diviser l’Eurasie et mettre le premier en difficulté. Que cache donc cette visite historique ?

Au-delà des nécessaires relations entre ces deux poids lourds du pétrole (accord OPEP+), le Seoud suit les pas des autres acteurs du Moyen-Orient, délaissés par l’inexorable reflux de l’empire et qui vont tous rendre visite au nouveau boss de la région. Comme le dit sans ambages Bloomberg :

« Les Israéliens, les Turcs, les Egyptiens, les Jordaniens – tous prennent le chemin du Kremlin dans l’espoir que Vladimir Poutine, le nouveau maître du Moyen-Orient, puisse assurer leurs intérêts et résoudre leurs problèmes. »

Le Seoud ne fait pas autre chose, allant à Canossa, mangeant son keffieh en rabaissant très sérieusement ses folles prétentions syriennes (tiens, Assad ne doit plus partir finalement). Mais il y a peut-être plus, beaucoup plus, et plusieurs voix (ici ou ici) y décèlent un changement tectonique. Nous en revenons à notre pétrole yuanisé et à nos S400…

Certains ont dû avoir le hoquet en lisant qu’après la Turquie, Moscou allait également vendre son inégalable système anti-aérien à son ex-Némésis wahhabite. On le comprendrait mieux s’il s’agit de créer un environnement favorable à une transition saoudienne vers la dédollarisation et la multipolarité eurasienne, voire d’assurer la future défense du pays face aux réactions hystériques de l’empire trahi. L’avenir nous le dira…

L’avenir sourit à qui sait attendre et nous n’avons pas encore la réponse à cette interrogation aux conséquences tectoniques. Mais si nos petits stratèges de DC la Folle sont en alerte rouge, c’est que la question revient avec acuité sur le devant de la scène. Riyad vient de menacer Washington d’abandonner la vente de son pétrole en dollars si le NOPEC passe. Traduction : la fin du pétrodollar, l’un des principaux piliers de la puissance impériale depuis un demi-siècle.

NOPEC, quézako ? Dans un article au titre quelque peu neuneu – NOPEC, l’arme de destruction massive de Trump contre l’OPEP – et n’analysant évidemment pas le désastre stratégique que cela constituerait pour les Etats-Unis, la presse nous l’expliquait néanmoins clairement il y a quelques mois :

Alors que Donald Trump veut à tout prix faire baisser les cours du brut, une sous-commission du Sénat va étudier mercredi la loi Nopec qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

Donald Trump sera-t-il prêt à tout pour faire baisser les cours du brut ? Le président américain, qui tente sans succès depuis l’été d’obtenir des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qu’ils augmentent encore davantage leur production afin de faire baisser les prix, pourrait sortir l’artillerie lourde, selon la presse américaine.

Baptisée Nopec, la « loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole », va faire l’objet d’une audition ce mercredi 3 octobre devant le Sénat. Celle-ci modifierait la législation antitrust pour permettre de poursuivre pour collusion les pays de l’Opep et elle interdirait de restreindre la production d’hydrocarbures ou d’en fixer les prix. Rejetée jusqu’ici par Washington soucieux de ménager l’allié saoudien, leader du cartel, la proposition, régulièrement évoquée ces dix dernières années, serait, si elle aboutissait, un véritable coup de force des États-Unis. « L’Opep est la bête noire de Trump qui pourrait soutenir le Nopec ».

Les Saoudiens sont vent debout contre cette loi. Le mois dernier encore, ils annonçaient l’apocalypse lors de rencontres avec l’establishment financier de Wall Street. Il semble qu’ils aient maintenant passé la vitesse supérieure si l’on en croit leur menace d’abandonner le pétrodollar, « l’option nucléaire » comme elle est surnommée, et auprès de laquelle « l’arme de destruction massive » si chère à nos petits binoclards journalistiques fait figure de plaisanterie douteuse. Quand on connaît le poids de l’or noir, dont le commerce (principalement en dollars jusqu’à présent) est plus important que celui de tous les métaux bruts combinés, on comprend la portée de la chose…

Les Chinois sont extrêmement attentifs, eux qui font chaque jour un peu plus pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle leur vende son pétrole en yuans. Les Russes n’en perdent pas une miette non plus, l’option nucléaire saoudienne valant en l’occurrence bien plus que leurs derniers bijoux hypersoniques pourtant redoutables.

Sans surprise, le Deep State US ainsi que le lobby pétrolier s’opposent résolument au NOPEC qui, néanmoins, fait son bonhomme de chemin et passe l’un après l’autre les obstacles au Congrès. Car nous touchons là à l’éternelle contradiction historique entre intérêts nationaux et impériaux. La Rome du dernier siècle de la République en savait quelque chose, mais ceci est un autre sujet…

Ces Sénateurs et Représentants n’ont certes rien contre l’omnipotence américaine dans le monde mais ils ont aussi, petit détail fort incommodant, des électeurs. Eh oui, ces satanés citoyens qui ne s’intéressent, eux, qu’à leur fin de mois difficile et se fichent comme de l’an 40 des bases US dans le Rimland. On se rappelle qu’en 1992, à la grande consternation du Deep State, George Bush Senior, le président qui avait supervisé la chute de l’URSS et pouvait pousser à fond l’avantage de l’empire, avait été battu par un gringalet nommé Bill Clinton, qui ne faisait que promettre des jobs. Si l’Etat profond avait évidemment fini par récupérer ce dernier au bout de quelques années, les néo-cons se sont toujours mordu les doigts de n’avoir pas su placer un des leurs à la Maison Blanche en cette période cruciale du début de la décennie 90.

Pour les membres du Congrès, tournés vers la situation intérieure, l’équation est simple : NOPEC = pétrole moins cher = consommateurs contents = réélection. Avec, en passant, une petite gifle à l’Arabie Saoudite en prime, dont l’image dans le public américain est aussi écornée qu’un parchemin rassis du XIIIème siècle.

Le lobby pétrolier, lui, pense évidemment en sens inverse : or moins cher = moins de profits. Dans le même wagon, les producteurs de pétrole de schiste réclament à cor et à cri un baril au-dessus de 70$ pour couvrir les coûts énormes de la fracturation hydraulique. Quant au Deep State, il grince des dents en imaginant la fin du financement facile de ses guerres/bases/invasions/coups d’Etat, marque de fabrique impériale.

S’il y en a un qui doit être assez désarçonné en ce moment, c’est bien le Donald. Ayant mis un accent sincère durant sa campagne sur le pouvoir d’achat, il se lâche régulièrement en imprécations twitteresques contre l’OPEP, vilipendant le cartel pour cause de pétrole cher. D’un autre côté, au-delà même de savoir s’il a définitivement été drainé par le marais, un président américain peut-il réellement et sciemment laisser tomber le pétrodollar ? Le NOPEC n’est pas nouveau et, en leur temps, Bush Junior et Barrack à frites s’y sont tous deux fortement opposés, brandissant carrément la menace du veto. Si le Donald rêve indéniablement moins de gloire expansionniste que ses deux prédécesseurs et si son inclination personnelle et politique le pousserait à soutenir le NOPEC, va-t-il pour autant franchir le Rubicon ? Rien n’est moins sûr.

A Moscou et à Pékin, on attend la suite du feuilleton avec impatience. Que le NOPEC passe et que les Saoudiens mettent, pour une fois, leurs menaces à exécution, et c’est tout l’édifice impérial qui s’effrite, avec les gigantesques conséquences que l’on sait. Et même si, finalement, les choses rentrent d’une manière ou d’une autre dans l’ordre à Washington (torpillage du NOPEC au Congrès par le Deep State, veto présidentiel), l’épisode restera comme un coup de canif supplémentaire et indélébile à la majesté du pétrodollar. C’est, à ma connaissance, la première fois que les Seoud évoquent publiquement la possibilité d’abandonner le dollar. Une véritable révolution copernicienne devant laquelle Russes et Chinois se frottent les mains…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/nopec-dedollarisation-et-le-casse-tete-de-l-or-noir

Commerce: accord in extremis sur une déclaration avant le sommet UE-Chine

Commerce: accord in extremis sur une déclaration avant le sommet UE-Chine

  • afp,
Le Premier ministre chinois Li Keqiang (g) et la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, le 9 avril 2019 à Bruxelles/POOL/AFP

L’Union européenne et la Chine doivent signer mardi à l’occasion d’un sommet à Bruxelles une déclaration commune, conclue in extremis en raison des résistances persistantes de Pékin à s’ouvrir aux entreprises européennes.

« Il y a eu un accord (lundi) soir », a affirmé une source européenne. « La déclaration finale est un peu plus ambitieuse que celle de 2018. Mettre la pression jusqu’au dernier moment s’est avéré payant », a-t-elle ajouté.

Faute d’engagements jugés suffisants de la part de Pékin, un tel accord semblait, aux yeux des Européens, de plus en plus improbable au fil des discussions la semaine dernière.

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Le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait même « recommandé aux États membres » de « rejeter le projet de déclaration » en l’état, les Chinois restant réticents à garantir « un accès au marché et des conditions de concurrence égales » pour les entreprises européennes opérant chez eux.

Mais ils ont finalement accepté des concessions au cours du week-end et lundi, en particulier en faveur d’un renforcement de la législation sur les subventions industrielles des Etats « dans le cadre de l’OMC », un sujet cher aux Européens.

Le texte mentionne également que « les transferts forcés de technologies », dont sont accusées les entreprises chinoises, devraient être évités.

Le commerce de marchandises UE-Chine/AFP

M. Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker représenteront l’UE lors du sommet face au Premier ministre chinois Li Keqiang, avec lequel ils évoqueront leurs inquiétudes face à la politique de Pékin.

« Nous expliquerons que les entreprises européennes en Chine doivent jouir des mêmes droits que les entreprises chinoises en Europe », a souligné M. Juncker mardi lors d’un colloque avant le sommet.

Pris en tenaille entre l’unilatéralisme américain et l’expansionnisme chinois –incarné par le projet de « nouvelles routes de la soie » et des investissements massifs, en particulier sur leur marché– les Européens cherchent à rééquilibrer leurs rapports diplomatiques et commerciaux avec le géant asiatique.

– « Xi a parlé » –

La Commission a publié le 12 mars un plan en dix points pour une relation plus affirmée avec la Chine, qualifiée de « rivale systémique ».

Investissements chinois dans l'UE/AFP

Dans la foulée, elle a présenté une approche européenne pour sécuriser la 5G dans l’UE, afin de répondre aux soupçons d’espionnage liées aux groupes chinois comme Huawei.

Un cadre européen de contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, visant essentiellement la Chine, doit par ailleurs entrer en vigueur ce mois-ci.

Ce « réveil européen » a été salué par le président français Emmanuel Macron, qui a de son côté organisé une rencontre à quatre fin mars à Paris avec le président chinois Xi Jinping, la chancelière allemande Angela Merkel et Jean-Claude Juncker.

Par la voix de ses deux plus grandes économies, l’UE a ainsi pu faire valoir ses préoccupations directement au puissant président chinois.

M. Macron avait exhorté la Chine à « respecter l’unité de l’Union européenne », quand Pékin est soupçonné de jouer la division par sa politique d’investissements, en concluant des accords séparés avec chaque pays.

« La Chine n’a pas l’intention de diviser l’Europe, ni la capacité de diviser l’Europe », a assuré le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Chao, peu avant le départ en Europe du Premier ministre Li.

Pour certains analystes, ce mini-sommet parisien a fortement réduit l’intérêt du sommet de Bruxelles.

« Le sommet sur la Chine a déjà eu lieu. Sans la France et l’Allemagne dans la même pièce, pour la Chine, ce n’est pas l’Europe (…) Xi a déjà parlé. Xi a déjà serré la main de ses homologues », explique à l’AFP Hosuk Lee-Makiyama, directeur du think-tank ECIPE à Bruxelles.

https

://www.la-croix.com/Economie/Commerce-accord-extremis-declaration-sommet-UE-Chine-2019-04-09-1301014487

 

 

La guerre contre le diesel fait perdre 130 milliards à la France

La guerre contre le diesel fait perdre 130 milliards à la France

School Bus Diesel Gas Cap By: Bill Smith – CC BY 2.0

Les effets d’annonce politiques et médiatiques sur le Diesel font partie du monde fantasmé de l’écologie émotionnelle, mais on voit qu’ils ont bien des effets sur l’économie réelle

Par Michel Negynas.

Il serait responsable de 40 000, voire 60 000 morts par an en France, surtout dans les grandes villes.

Tous les professionnels de santé, les environnementalistes et les épidémiologistes sérieux savent que ces chiffres sont pour le moins douteux : les études à la base du calcul sont problématiques, les chiffres sont obtenus par règle de trois sans que l’on sache si c’est scientifiquement fondé, il n’y a pas que le diesel qui pollue en particules fines, le chauffage aussi ; enfin, l’air des grandes villes n’a jamais été aussi pur.

De plus, les moteurs diesel récents, en particulier équipés d’injection d’urée, ne polluent pas plusque les nouveaux moteurs à essence hyper-dopés pour diminuer les émissions de CO2. En fait, l’administration française et européenne combattent non pas les constructeurs automobiles, mais le principe de Carnot : pour diminuer la consommation, il faut augmenter la température de fonctionnement des moteurs, ce qui produit physiquement davantage de particules et d’oxyde d’azote. Les objectifs sont a priori incompatibles. C’est d’ailleurs en forçant les constructeurs à progresser trop vite compte tenu des contraintes technico-économiques que l’on a abouti au dieselgate.

Pour l’instant, seuls les vieux diesel sont déjà touchés réglementairement, mais les annonces d’interdiction totale éventuelles à 2024 ou 2025 font des ravages.

LA RÉACTION DU MONDE RÉEL

Les ventes de véhicules neufs s’effondrent : de 60 % des ventes, elles sont passées à 30 %. Les prix sur l’occasion chutent, évidemment : les « vieilles » voitures de plus de 6 ans sont quasiment invendables, et tout laisse à penser que cela va s’accélérer. Le prix moyen a baissé instantanément de 15 %, au dire des vendeurs, et cela va s’accentuer rapidement si l’avenir reste flou.

Essayons-nous à un petit calcul, à base d’hypothèses plausibles :

Le parc de véhicules français est de 50 millions ; 60 % sont du diesel ; l’âge moyen toutes catégories confondues est de 9 ans, probablement moins pour le diesel qui s’était développé durant les dernières années sous l’effet de l’amélioration considérable des moteurs…

Hypothèse de prix de vente, avant l’hystérie antidiesel, pour une occasion diesel : quasi neuve 20 000 euros, âgée 3 000 euros, moyenne 11 000 euros.

Ce qui fait une estimation de la valeur totale du parc de 330 milliards d’euros (avant annonces et réglementation).

Depuis l’attaque sur le diesel :

Estimation à terme de la dépréciation sur la base des ventes déjà constatées : 100 % pour les voitures anciennes, 30 % pour les neuves de haut de gamme, 40 % en moyenne, à terme.

Ce qui fait une perte instantanée de valeur pour la France de 130 milliards sans compter les stocks de voitures neuves, de moteurs et de pièces déjà fabriquées, car les constructeurs automobiles ont été complètement pris de court par les annonces.

Cette perte se reportera sur les particuliers, mais aussi sur certaines sociétés ayant un parc important : transport, loueurs… C’est une véritable perte de richesse pour les Français, même si elle est peu visible. Comme toujours, ce sont les classes les moins aisées qui perdent proportionnellement le plus : leur voiture est souvent leur seul patrimoine.

Évidemment ce n’est pas tout : il faut reconvertir des usines, et la France étant un champion du diesel fournissant toute l’Europe, les transferts ne se feront pas sans pertes d’emplois français. Certains estiment que 15 000 emplois sont menacés, avec les coûts de dédommagement nécessaires et les pertes pour les entreprises concernées, mais aussi pour l’État en rentrées fiscales.

TOUT ÇA POUR RIEN ?

Le parc moyen étant de 9 ans, on peut considérer qu’après mise en action des dernières normes alignant les mêmes contraintes sur le diesel et l’essence, le parc moyen serait aux normes actuelles en 2028. Le « problème », si problème il y a, n’existerait quasiment plus.

Ce qui va se passer effectivement reste flou. Les effets d’annonce politiques et médiatiques sur le diesel font partie du monde fantasmé de l’écologie émotionnelle, mais on voit qu’ils ont bien des effets sur l’économie réelle : perte sur la balance commerciale, pertes d’emploi, en un an perte de valeur d’actifs français de plus de 100 milliards…

En réalité, c’est la plus grande opération d’obsolescence programmée de tous les temps.

https://www.contrepoints.org/2019/04/05/340864-la-guerre-contre-le-diesel-fait-perdre-130-milliards-a-la-france