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La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

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La Bourse de Paris perdait 0,72% lundi matin, après que des attaques sur des installations pétrolières en Arabie Saoudite qui ont fait grimper les prix du pétrole.AFP16/09/2019MarchésBourseParis

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

A 09H32, l’indice CAC 40 refluait de 40,81 points à 5.614,65 points. Vendredi, l’indice avait fini en hausse de 0,22% à 5.655,46 points.

Les marchés actions avaient été portés en fin de semaine dernière par des signes de bonne volonté dans le dossier commercial sino-américain et par la relance des rachats de dette publique et privée de la Banque centrale européenne.

Mais une frappe de drones samedi contre deux importantes installations pétrolières saoudiennes est venue inverser la tendance à l’ouverture des marchés, après avoir fait grimper les cours du pétrole et provoqué un regain de tension entre Washington et Téhéran.

« Si les risques d’approvisionnement son minimes, compte tenu des hauts niveaux de stocks commerciaux mondiaux et des réserves stratégiques, la montée des risques de réplique à l’égard de l’Iran créé un climat d’incertitude à même d’entretenir une extrême volatilité des cours », estime Véronique Riches-Flores, économiste indépendante, présidente du cabinet d’analyse RichesFlores Research.

Par ailleurs « la nervosité sera aussi de mise à deux jours de la réunion de la Fed où Jerome Powell devrait annoncer, à contrecoeur, une nouvelle baisse des taux directeurs américains », estiment les experts de MSG.

Face aux incertitudes commerciales et au ralentissement économique mondial, la Banque centrale américaine (Fed) devrait à nouveau baisser les taux d’intérêt mercredi après que la Banque centrale européenne a annoncé une série de mesures de relance malgré des dissensions au sein des membres de son directoire.

Côté statistiques, la production industrielle chinoise a fortement ralenti en août, son taux de croissance tombant à 4,4% sur un an, soit sa plus faible progression en 17 ans, selon des chiffres officiels publiés lundi.

Le ministère français de l’Economie et des Finances a abaissé vendredi sa prévision de croissance économique à 1,3% en 2020, contre 1,4% initialement prévu, ainsi que ses ambitions de réduction du déficit public et de la dette.

Poids lourd de la cote, Total grimpait de 2,43% à 47,78 euros, TechnipFMC gagnait 4,62% à 23,78 euros, Maurel & Prom progressait de 5,28% à 3,09 euros et CGG de 3,58% à 2,29 euros, dans un marché en recul de 0,73%.

Dans le transport aérien, Air France-KLM perdait 3,97% à 9,10 euros et Airbus 3,30% à 121,36 euros.

Euronext CAC40

https://pro.orange.fr/actualites/la-bourse-de-paris-dans-le-rouge-plombee-par-les-tensions-petrolieres-CNT000001jf8Fp.html

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Attendue au tournant, la BCE dégaine son arsenal pour soutenir l’économie

Attendue au tournant, la BCE dégaine son arsenal pour soutenir l’économie

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Attendue au tournant, la BCE dégaine son arsenal pour soutenir l'économie

Le siège de la BCE en décembre 2018 à Francfort, en Allemagne©Daniel ROLAND, AFPA lire aussi

Soutien à l'économie: Lagarde veut poursuivre à la BCE le cap de Draghi

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AFP, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 14h57

Sous pression comme rarement, la Banque centrale européenne a surmonté ses divisions pour adopter jeudi une panoplie de mesures destinées à accroître son soutien déjà important à l’économie en zone euro.

Baisse de taux, nouveaux rachats de dettes publiques et privées, système de taux dégressif et prêts géants pour soulager les banques: l’institut a dégainé en une fois le « paquet » anti-crise guetté tout l’été par les marchés financiers, qui font reposer sur les banques centrales leurs espoirs de relance conjoncturelle.

Le président italien de la BCE, Mario Draghi, évacue ainsi les grandes décisions attendues avant de passer la main fin octobre à la Française Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international, après huit ans d’un mandat scandé par les crises.

« C’est le cadeau d’adieu de Mario Draghi aux marchés », résume Uwe Burkert, chef économiste de la banque LBBW, même s’il y lit aussi le signe inquiétant que la BCE « voit la récession poindre en zone euro ». 

Dans le détail, l’institut basé à Francfort a abaissé pour la première fois depuis mars 2016 son taux « de dépôt », porté de -0,40% à -0,50%, une mesure destinée à inciter les banques à prêter aux entreprises et aux ménages, plutôt qu’à laisser dormir leurs liquidités à la Banque centrale.

– Rachats de dette controversés –

Autre signe de sa volonté de soutenir l’économie, la BCE a laissé ses deux autres taux directeurs inchangés, dont le principal fixé à zéro, et indiqué qu’elle n’envisageait plus de les remonter tant que l’inflation n’aura pas « solidement convergé » vers son objectif de 2%, une formule inédite.

Dissipant le principal suspense, la BCE a aussi relancé son vaste programme de rachats d’actifs, baptisé « Assouplissement quantitatif » ou « QE », par lequel elle avait acquis 2.600 milliards d’obligations publiques et privées entre mars 2015 et décembre 2018 en zone euro.

Malgré l’opposition publiquement exprimée par plusieurs banquiers centraux, dont l’Allemand Jens Weidmann et le Néerlandais Klaas Knot, ces achats reprendront le 1er novembre au rythme de 20 milliards d’euros par mois et « aussi longtemps que nécessaire ».

Par ailleurs et comme évoqué depuis plusieurs mois, la BCE a adopté un système de taux par paliers pour alléger la charge d’intérêt pesant pour plus de 7 milliards par an sur les banques, dont elle livrera les détails dans l’après-midi.

Enfin, l’institut a confirmé la nouvelle vague à compter du 19 septembre de prêts géants aux banques, alloués à des conditions préférentielles, pour stimuler la distribution de crédit dans l’économie. 

– Attention à Trump –

Si ce cocktail était attendu, les réactions ont néanmoins été vives: le marché de la dette s’est nettement détendu, en particulier en Italie, et les Bourses européennes ont avancé vers leurs plus hauts annuels.

L’euro est de son côté passé sous 1,10 dollar, un effet sur les changes qui pourrait « être perçu par le président des États-Unis comme un comportement anticoncurrentiel de la BCE », avertissait avant la réunion Chiara Zangarelli, économiste à la banque Nomura. 

D’ailleurs, aussitôt les mesures de la BCE connues, Donald Trump a tancé les responsables européens, qu’il a accusés dans un tweet de « nuire aux exportations américaines », « en dépréciant l’euro par rapport au dollar TRES fort ». Tout en renouvellant ses critiques contre la Fed, coupable de rester « assise sans rien faire », c’est-à-dire de ne pas baisser les taux assez vite.

Toutefois, selon l’économiste, le risque est surtout de voir l’administration américaine taxer les importations d’automobiles, un dossier reporté à novembre par Washington et qui menace particulièrement les constructeurs allemands.

Face à la presse, le président de la BCE Mario Draghi devrait lever le voile à 12H30 GMT sur les dernières prévisions de croissance et d’inflation, probablement plus pessimistes que celles présentées en juin, le climat conjoncturel ne s’étant guère amélioré pendant l’été.

Il devrait souligner les multiples « risques » pesant sur la zone euro, à commencer par le conflit commercial entre Washington et Pékin, qui dissuade les entreprises d’investir et déprime depuis plus d’un an l’industrie allemande très tournée vers l’export.

Si l’incertitude politique en Italie a reflué, le Brexit reste toujours un sujet d’inquiétude, tant la perspective d’une sortie britannique de l’Union européenne sans accord se rapproche un peu plus chaque jour.

https://finance.orange.fr/actualite-eco/article/attendue-au-tournant-la-bce-degaine-son-arsenal-pour-soutenir-l-economie-CNT000001iWf6j.html

Le Brexit et la perspective des élections anticipées font plonger la livre sterling

03/09/2019 – 18:28TURBULENCES

Le Brexit et la perspective des élections anticipées font plonger la livre sterling

La monnaie britannique connaît une forte baisse sur le marché des changes. Ce mardi 3 septembre, elle a atteint son plus bas niveau face au dollar depuis plus de deux ans. Elle est passée sous la barre des 1,20 dollar. 

La livre sterling a perdu près de 2,5% la semaine dernière. 

Les causes principales de cette chute spectaculaire de la livre sterling sont liées aux incertitudes sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et sur les potentielles élections anticipées. 

Depuis le référendum sur le Brexit, la livre a perdu près de 20%. 

La devise britannique est donc victime des turbulences politiques. 

Des élus conservateurs s’apprêtent à soutenir l’opposition pour tenter d’imposer un nouveau report du Brexit et empêcher ainsi une sortie brutale de l’Union européenne. Un premier vote portant sur le calendrier du Brexit doit avoir lieu mardi soir à la Chambre des communes. Si son issue est négative pour le gouvernement, Boris Johnson devrait présenter une motion afin d’organiser des élections législatives le 14 octobre.Publié le 03/09/2019 – 18:28Vu sur : Euronews

Mots-clés :BrexitRoyaume-UniBoris JohnsonLivre SterlingParlementélections anticipéesThématiques :EUROPEECONOMIE

https://www.atlantico.fr/video/3578455/le-brexit-et-la-perspective-des-elections-anticipees-font-plonger-la-livre-sterling

L’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?

La bourse de Hong Kong a fermé sa salle de marchés aux courtiers

L’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?

© AFP 2019 Philippe LopezECONOMIE18:12 12.08.2019(mis à jour 18:25 12.08.2019)URL courteFabien Buzzanca 0 81

Les marchés boursiers ont vécu un début de mois d’août chaotique et les risques se multiplient pour l’économie mondiale. Entre tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, marché pétrolier au bord de la crise et marges de manœuvre réduites du côté des banques centrales, l’heure est à l’inquiétude. Sputnik fait le point.

«Ce serait une erreur d’exclure la possibilité d’un choc comparable à celui qui a suivi l’effondrement de Lehman Brothers.»

Masanari Takada de la banque japonaise Nomura a, comme le rapportent nos confrères du Parisien, exprimé son inquiétude concernant un mois d’août à haut risque sur le terrain économique. Il faut dire que les marchés financiers mondiaux, dopés par une abondance de liquidité ces dernières années, font du yoyo depuis le début du mois d’août. Comme le souligne au Parisien Alexandre Baradez, responsable des analyses marché du courtier IG France, «les indices actions européennes ont effacé deux mois de hausse en quelques jours seulement». La journée du 5 août a été particulièrement rude pour les opérateurs de marché. 500 des hommes d’affaires les plus riches de la planète avaient perdu jusqu’à 117 milliards de dollars (104,5 milliards d’euros) en une seule journée. Signe d’une conjoncture qui se dégrade, le 7 août, l’once d’or a passé le seuil des 1.500 dollars pour la première fois depuis avril 2013, mais que se passe-t-il sur la planète éco?

​L’inquiétude principale concerne la guerre commerciale entre Pékin et Washington. Alors que les négociations semblaient avancer, Donald Trump a considéré que la Chine ne tenait pas ses promesses et a décidé de lancer une nouvelle salve de tarifs douaniers sur 300 milliards de dollars d’importations de produits chinois à partir du 1er septembre. Sans surprise, Pékin a réagi. L’empire du Milieu a laissé se déprécier sa monnaie jusqu’à atteindre le seuil de 7 yuans pour un dollar, un niveau record en dix ans. Et les choses ne semblent pas sur le point de s’arranger. Le 9 août, le Président américain a rappelé que les États-Unis n’étaient «pas prêts» à signer un accord avec Pékin. Une annonce qui avait d’ailleurs fait tanguer momentanément les marchés mondiaux, signe de la tension ambiante.

«Le mois d’août est donc clairement un mois à risque pour les marchés: les prochaines réunions de la Fed et de la BCE n’auront lieu qu’en septembre, de même pour les prochaines phases de négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine…» a expliqué au Parisien Alexandre Baradez.

Le marché du pétrole est quant à lui au bord de la crise et ne sait plus où donner de la tête entre facteurs haussiers et baissiers. Là encore, les tensions commerciales entre les deux plus grandes économies de la planète jouent un grand rôle. «Les chances d’un accord politique entre la Chine et les États-Unis se sont réduites, ce qui pourrait avoir comme conséquences une plus faible activité commerciale et une plus faible croissance de la demande», expliquait le 9 août l’Agence internationale de l’énergie (AIE). De plus, les États-Unis produisent toujours plus d’or noir ce qui a pour effet d’augmenter l’offre.

yuan

© REUTERS / NICKY LOHLe ralentissement économique en Chine fait craindre une nouvelle crise mondiale

D’un autre côté, la situation dans le détroit d’Ormuz représente un risque qui pourrait faire monter les prix. Durant les dernières semaines, pas moins d’une dizaine de tankers ont fait l’objet de divers incidents. Les tensions entre Washington et Téhéran ont failli dégénérer en conflit armé avec l’abattage d’un drone dans chaque camp. Situé entre l’Iran et le Sultanat d’Oman, le détroit d’Ormuz est une zone clé du transport de pétrole qui voit transiter environ 20 % de l’or noir mondial ainsi que 30 % du GNL, le gaz naturel liquéfié. Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), a préféré relativiser la situation chez nos confrères du Monde: «Les choses sont en partie sous contrôle: aucun navire n’a coulé, aucun marin n’a été tué ou blessé».

​Ce lundi 12 août, le baril de brent s’échangeait autour des 58 dollars. C’est bien en dessous du prix espéré par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie qui, en juillet dernier, ont pris la décision de continuer dans la voie des réductions de production afin de soutenir les prix.

Autre point d’inquiétude pour de nombreux experts: les marges de manœuvre limitées des banques centrales.

«En 2008, l’action coordonnée des principales banques centrales, ainsi que les politiques de relance budgétaire dans de nombreux pays (plan de relance en Chine notamment) avaient permis de redresser rapidement l’économie mondiale et soutenir un système financier au bord de l’asphyxie. Actuellement, la donne a changé: les taux d’intérêt sont proches de 0 dans les économies développées, l’endettement public est reparti en forte hausse de par le monde, ce qui limite de facto les possibilités de relance économique par des mesures classiques», analyse Bertrand Schumacher (ING) dans un article publié sur Paperjam.

Reste que malgré ces nuages noirs qui planent au-dessus de l’économie mondiale, plusieurs spécialistes jugent qu’il ne faut pas céder à la panique. C’est notamment le cas de Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements de la banque Française NWM, qui a assuré au Parisien que la tempête financière ne sévirait pas au mois d’août:

«La faiblesse des taux d’intérêt nous protège et Trump doit s’éviter une récession pour être réélu l’année prochaine».

https://fr.sputniknews.com/economie/201908121041917618-leconomie-mondiale-survivra-t-elle-au-mois-daout/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

Le sanctionneur arrosé

Le sanctionneur arrosé

Publié le 20 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisEconomieRussiePétrole

Lorsque les frères Lumière projetèrent, en 1895, le premier film de l’histoire cinématographique, ils n’imaginaient sans doute pas la postérité de leur Arroseur arrosé. Ces derniers temps, le rôle du jardinier crétin est repris avec ardeur, quoiqu’à son corps défendant, par l’empire qui ne semble décidément pas savoir comment s’y prendre avec ses sanctions. Jugez-en plutôt…

Depuis les sanctions contre la Russie décidées par Washington et imposées aux euronouilles en 2014, l’indice de la bourse de Moscou a gagné 100%. Les opérateurs sont stupéfaits : « Ce que le marché russe a fait est incroyable étant données les sanctions. On se demande ce qui se passerait si celles-ci étaient suspendues… » Une chose est sûre : le « philanthrope »-boursier Soros ne s’attendait certainement pas à ça.

Et comme de leur côté, les réserves dépassent à nouveau les 500 milliards d’équivalents-dollars (seul un cinquième est libellé en billets verts), retrouvant leur niveau de 2014, le Kremlin a le sourire. Oh, à propos de dédollarisation, Bruxelles et Moscou sont en discussion pour favoriser les paiements roubles-euros. Pour l’instant, 54% des exportations russes vers l’UE sont encore payées en dollars (34% en euros et 8% en roubles). Pour les exportations européennes vers la Russie, les chiffres sont déjà plus intéressants : 48% en euros, 28% en roubles et seulement 22% en dollars.

Conclusion : un certain chemin a déjà été parcouru sur la voie de la dédollarisation mais l’UE continue de payer l’énergie russe en devises US. Les Russes jouent habilement la carte de l’infatuation des euronouilles envers leur monnaie (Il faut sauver le soldat euro) pour enfoncer un clou supplémentaire dans le cercueil de la domination financière impériale, pilier de sa puissance.

Moscou a également d’autres bonnes raisons de se réjouir tandis que les stratèges de DC la Folle se prennent, eux, la tête à deux mains. Depuis les sanctions états-uniennes contre le pétrole vénézuélien, les raffineurs américains se sont découvert une soudaine passion pour… l’or noir russe, dont les importations ont triplé ! Dans un scénario kafkaïen délicieux à souhait, les USA sanctionnent Caracas mais augmentent les revenus de Moscou qui aide Caracas.

Dans la même lignée, les sanctions impériales contre le pétrole iranien obligent l’Inde, grande importatrice de naphte perse, à regarder du côté de son allié historique russe. D’où ils sont, McCainistan et Brzezinski doivent regarder tout ça d’un air consterné en s’arrachant le peu de cheveux qui leur restent…

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Tribune
14 juin 2019

Depuis 2009, l’activité d’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale a permis la découverte de plusieurs gisements de gaz naturel, et de nouvelles campagnes d’exploration sont en cours. La mise en production dépend en revanche de la rentabilité financière attendue, et notamment des possibilités de transporter le gaz vers des marchés de consommation attractifs.

Les relations entre les différents pays impliqués au niveau de la production et du transport (Égypte, Israël, potentiellement Chypre, Liban, Turquie et Grèce) posent des défis au parfait développement de cette filière.

Rappels historiques

Les premiers succès significatifs de l’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale se sont produits entre 2009 et 2011, avec trois découvertes importantes : les champs Tamar et Leviathan, au large d’Israël, et Aphrodite, au large de la côte sud de Chypre, dans la zone économique exclusive (ZEE) de la République de Chypre (RC)[1].

Est venu ensuite, en 2015, Zohr, le champ gazier géant au large des côtes de l’Égypte, considéré comme le plus important jamais découvert en Méditerranée, avec des réserves estimées à 850 milliards de m3. Il a fait l’objet d’une mise en service très rapide, dès la fin de 2017. D’autres gisements ont été mis au jour, au large de l’Égypte, dans les zones dénommées West Nile Delta et Greater Nooros.

En 2018, de nouvelles explorations ont été couronnées de succès au large de la côte sud de Chypre, dans le Bloc 6 (Calypso-1) et dans le Bloc 10 (Glaucus-1), dont les réserves sont en cours d’évaluation.

2018 a également marqué l’entrée en jeu du Liban, avec la signature de deux accords d’exploration et de production entre Beyrouth et un consortium international. Un deuxième round d’attribution de licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore est prévu en 2019.

Enjeux économiques

Les découvertes n’ont de sens que si les réserves sont ensuite converties en capacités de production, elles-mêmes dépendantes du prix du gaz, de la disponibilité d’options d’exportation et de moyens de transport, ainsi que de la stabilité de l’environnement réglementaire, fiscal et politique des pays. En prenant en compte ces divers aspects, les enjeux économiques pour les trois pays principaux (Égypte, Israël et Chypre) diffèrent significativement.

L’Égypte bénéficiait d’une situation d’indépendance énergétique jusqu’à la fin de la première décennie du XXIe siècle et pouvait même exporter du gaz grâce à deux usines de liquéfaction, situées à Idku et Damiette et aux gazoducs la reliant à Israël (gazoduc East Mediterranean Gas – EMG) et à la Jordanie (Arab Gas Pipeline). Par la suite, la réduction de la production et l’augmentation de la demande domestique l’ont rendue importatrice nette. La découverte de Zohr en 2015 a été donc accueillie très positivement et le lancement rapide du développement du champ a été rendu possible par l’existence d’une forte demande intérieure. La production de Zohr est l’un des facteurs principaux de la reprise économique du pays, avec une croissance du PIB réel pour l’année 2018 de 5,3 % selon les estimations de la Banque mondiale. Le Caire devrait recommencer à exporter du gaz de façon régulière en 2019, en utilisant l’infrastructure existante des terminaux de liquéfaction. Le pays aspire aussi à devenir un hub gazier, en centralisant des flux destinés à l’exportation en provenance d’Israël et de Chypre.

En Israël, le potentiel des différents champs dépasse la consommation locale. L’accès à des marchés étrangers est donc une condition nécessaire au plein développement de la production. Des accords ont été signés avec l’Autorité palestinienne et la Jordanie, mais ils rencontrent l’opposition des opinions publiques locales. La possibilité d’exporter du gaz d’Israël vers l’Égypte pour satisfaire la demande locale et/ou pour exporter le gaz vers les marchés internationaux à travers les terminaux GNL paraît plus prometteuse, en particulier depuis l’acquisition en 2018 d’une participation dans le capital du gazoduc EMG par l’entreprise Noble Energy, principale actionnaire du consortium qui gère le champ Leviathan.

Pour Chypre, du fait du faible potentiel de la demande domestique, l’existence de marchés d’exportation est une condition nécessaire pour la mise en production des découvertes gazières. Différentes hypothèses ont été étudiées :

    • la construction d’un gazoduc vers l’Égypte dans le but d’utiliser les usines de liquéfaction pour réexporter le gaz vers les marchés internationaux sous forme de GNL. Ce projet a fait l’objet de plusieurs déclarations politiques, mais il se heurte au développement de la production égyptienne, qui réduira la disponibilité d’utilisation des installations de GNL ;
    • la construction d’une usine de liquéfaction a également été envisagée. Soit sous la forme d’un terminal onshore construit sur la côte sud de Chypre, soit via une installation flottante (Floating LNG). Si transformer le gaz en GNL permet d’avoir accès au marché mondial, avec des cargaisons allant vers l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Sud, la faisabilité de cette option est actuellement rendue difficile par les coûts de construction élevés et par la surcapacité actuelle sur le marché du GNL ;
    • le projet Eastern Mediterranean Natural Gas Pipeline (Israël-Chypre-Grèce-Italie), qui prévoit quant à lui de relier Israël et Chypre aux marchés européens, a été approuvé par la Commission européenne comme un projet d’intérêt commun, ce qui le rend ouvert à un financement de l’Union. Cependant, un tel projet est coûteux, techniquement difficile et pourrait causer de sérieux problèmes politiques avec la Turquie en raison de différends sur la délimitation maritime.

Enjeux sécuritaires

L’exploitation et l’exportation des ressources gazières en Méditerranée orientale présentent de nombreux enjeux sécuritaires liés aux relations politiques instables entre les pays de la région et aux risques d’actions terroristes.

La localisation de certains champs pourrait réanimer des disputes préexistantes au sujet de la délimitation des frontières maritimes et des zones économiques exclusives (ZEE), notamment concernant la frontière maritime entre le Liban et Israël, qui n’a jamais été agréée officiellement. Des différends ne sont pas à exclure non plus au sujet de la délimitation des structures géologiques des gisements de gaz – notamment lorsqu’elles se situent près des limites des ZEE, puisqu’elles pourraient alors les chevaucher. Il est intéressant de noter que le champ Zohr se trouve dans la ZEE égyptienne, à seulement quelques milles de la ZEE de Chypre, et qu’Aphrodite est situé dans la ZEE de Chypre et se prolonge légèrement dans les eaux israéliennes. Dans le cas de réservoirs à cheval entre différentes ZEE, il faudrait envisager une exploitation conjointe du champ, mais des tensions entre les pays concernés sont aussi à attendre.

Un cas particulièrement complexe concerne la Turquie, la République de Chypre (RC) et la République turque de Chypre du Nord (RTCN). Outre la question des délimitations maritimes illustrée par l’épisode de février 2018 qui a vu le navire de forage Saipem 12000, affrété pour effectuer des travaux sur le Bloc 3, au sud-est de l’île, être bloqué par un navire militaire turc et finalement contraint de quitter la zone, Ankara s’oppose plus généralement, à toute activité de recherche et de production tant qu’aucun accord entre la RC et la RTCN n’est trouvé. La Turquie et la RTCN estiment que les éventuels revenus dérivant de la production d’hydrocarbures devraient être partagés entre toute la population de l’île de Chypre, ce qui implique une résolution du conflit entre la RC et la RTCN.

La situation d’Israël est aussi particulière. Les conflits persistants entre Israël et ses voisins – état de guerre formel avec le Liban, antagonisme avec le Hezbollah, tensions avec les Palestiniens, instabilité en Syrie – exposent les installations gazières à des risques d’attaques militaires ou terroristes. Ces mêmes risques d’attaques terroristes pèsent aussi sur les installations énergétiques en Égypte, pays qui connaît de façon régulière des actions menées par des groupes islamistes, présents notamment dans le Sinaï (région par laquelle transite le gazoduc EMG).

De manière générale, la prolifération de plates-formes d’extraction, de pipelines, de navires, voire de terminaux méthaniers implique une multiplication de cibles sensibles et des besoins de surveillance croissants. En Israël, par exemple, les champs de production sont situés dans des zones relativement proches des côtes. Ainsi, le champ Tamar est situé à 56 milles à l’ouest d’Haïfa et le champ Leviathan à 80 milles, près de la frontière avec le Liban. Le gaz de Tamar est transporté par pipeline jusqu’à Ashkelon, à quelques kilomètres de la frontière avec Gaza. Toutes ces installations industrielles sont donc exposées au risque d’attaques terroristes ou militaires de l’extérieur. Les risques de sabotage et de frappe militaire ou terroriste représentent ainsi de nouveaux défis pour les appareils de sécurité des différents pays, en particulier pour les forces navales.

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La découverte et l’exploitation d’hydrocarbures seront un élément important de l’avenir des pays de la Méditerranée orientale. Ils pourront agir comme facteurs de coopération régionale tout comme alimenter des affrontements et ajouter des frictions à une région déjà volatile.

Dans ce cadre, l’UE a tout intérêt à promouvoir toutes les formes possibles de coopération régionale et à défendre son intérêt d’un point de vue énergétique, économique, comme politique. En ce qui concerne l’énergie, le gaz de la Méditerranée orientale peut renforcer sa sécurité et la diversification de l’offre pour un certain nombre d’États membres, en particulier dans l’Europe du Sud-Est et l’Europe centrale – des régions qui dépendent aujourd’hui presque exclusivement du gaz russe. Économiquement, les compagnies européennes sont les plus actives dans l’exploration et la production dans la région (notamment l’italienne ENI, la française Total et l’anglo-néerlandaise Shell) et il serait légitime de défendre leurs intérêts en cas de nécessité. Enfin, du point de vue politique, la République de Chypre est membre de l’Union européenne et la mise en valeur de ses réserves gazières représenterait un puissant atout de développement.

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[1] Sauf indication contraire, le mot « Chypre » dans cet encadré fait référence au nom de l’île et à la République de Chypre (RC), non reconnue par la Turquie. La République turque de Chypre du Nord, qui est seulement reconnue par la Turquie, est mentionnée comme RTCN.

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J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

Le Billet du Lundi du 10 juin 2019, par Jean-Bernard Pinatel*

 

Avec l’Iran et le Venezuela, Trump manie le chaud et le froid. Il passe en six mois du risque de guerre à la négociation. Il est trop facile de considérer le Président des Etats-Unis comme un bonimenteur. En effet, il se déroule, derrière le brouillard des déclarations, une guerre économique féroce dont nous subissons nous aussi les effets : elle a été l’élément déclencheur de la crise des gilets jaunes dont, bien entendu, les causes sont plus diverses et plus anciennes.

 

 

Alors pourquoi cette stratégie de tension avec le Venezuela et l’Iran ?

 

Selon différentes évaluations, le Venezuela est aujourd’hui le pays qui aurait des réserves prouvées de brut du même ordre, voire supérieures, à celles de l’Arabie Saoudite tandis que l’Iran se situe au quatrième rang mondial pour le pétrole brut et au premier rang pour le gaz naturel.

En dehors des néoconservateurs et du complexe militaro-industriel, l’opinion américaine ne veut plus voir ses boys tués à l’extérieur à cause du pétrole alors même qu’avec le pétrole et le gaz de schiste extraits du sol américain les Etats-Unis deviennent auto-suffisants, voire exportateurs.

 

 

Le problème est que, malgré les efforts extraordinaires de productivité réalisés par l’industrie d’exploration-production américaine, le pétrole de schiste n’est compétitif que si les prix du brut restent supérieurs à 60 $ le baril. En effet, cette industrie a investi à perte pendant une dizaine d’années pour réussir le tour de force extraordinaire d’abaisser son seuil de compétitivité de 80 $ le baril aux alentours de 40 $ le baril pour les nouveaux projets. Mais il faut rajouter le poids de la dette contractée. En effet pour réaliser les investissements nécessaires, la dizaine de milliers de petits et plus gros entrepreneurs qui se sont lancés dans ce nouvel eldorado ont souscrit des emprunts auprès des multiples petites banques locales américaines. Celles–ci ont titrisé immédiatement ces emprunts qui se sont disséminés dans l’ensemble du secteur bancaire américain. Les taux d’intérêts et le remboursement de cette dette viennent donc s’ajouter aux frais de forage et d’exploitation actuels.  Même si l’on manque d’études systématiques, la majorité des analystes avancent la nécessité d’avoir un baril de brut au-dessus de 60 dollars pour que ces dettes puissent être remboursées et que l’on n’assiste pas à une nouvelle crise semblable à celle des subprimes.

On comprend mieux alors les prédictions catastrophiques qui se sont multipliées quand le prix du brut est passé de 122 $ en janvier 2014 à 36 $ en janvier 2016, menaçant ainsi toute l’industrie de l’extraction du pétrole de schiste aux Etats-Unis et par contrecoup tout le système bancaire américain.

 

 

La guerre économique

 

Heureusement, l’option choisie par Trump, le business man, n’a pas été celle de Bush junior qui, selon plusieurs auteurs américains, considèrent que la guerre en Irak a été  « Blood for no Oil »

Pour Greg-Palast1, par exemple, la motivation première des conseillers de Bush était machiavélique : stopper la production de brut irakien pour maintenir les cours du brut aux alentours de 100$ et permettre ainsi de rentabiliser les investissements faits dans le pétrole et le gaz de schiste. « The invasion was not about « blood for oil », but something far more sinister: blood for no oil. War to keep supply tight and send prices skyward. Oil men, whether James Baker or George Bush or Dick Cheney, are not in the business of producing oil. They are in the business of producing profits ». 

Trump, pour l’instant, s’est contenté de l’effet des sanctions économiques contre le Venezuela et l’Iran.

Le 28 janvier 2019, l’administration Trump a interdit aux compagnies américaines d’acheter du pétrole vénézuélien tant qu’un nouveau gouvernement formé par l’opposant Juan Guaido, qui s’est auto-proclamé président, ne sera pas en mesure de recevoir les recettes.  Les exportations vénézuéliennes de brut et de carburant ont depuis chuté de 1,7 millions à 920.000 barils par jour.

De même, les sanctions américaines contre l’Iran ont fait baisser les exportations iraniennes de 1,5 millions de barils par jour (bpj) entre 2018 et 20192. Les expéditions sont en moyenne de 1,0 à 1,1 million de barils par jour (bpj) depuis mars 2019 (selon les données de Refinitiv Eikon et de trois sociétés qui suivent les exportations iraniennes), alors qu’elles représentaient au moins 2,5 millions de bpj en avril 2018, un mois avant la dénonciation par les Etats-Unis de l’accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien et le retour à des sanctions américaines visant l’Iran.

Les décisions de guerre économique prises par Trump ont ainsi privé le marché de l’ordre de 2,5 millions de barils jour.  L’effet s’est vite fait sentir sur le marché comme le montre le graphique précédent puisque le cours de baril de brut oscille aujourd’hui autour d’un point d’équilibre de 60$.

Une inconnue majeure demeure : combien de temps cet effet durera-t-il et maintiendra-t-il une tension sur le marché du brut ? Suffisamment de temps espérons-le pour que les dettes contractées soient remboursées et que les Etats-Unis ne se trouvent pas devant ce dilemme catastrophique d’accepter une crise financière qui peut contaminer le monde entier ou refaire une guerre  « for no oil » qui menacerait la Paix du Monde.

 

*Jean-Bernard Pinatel, membre fondateur et Vice-président de Geopragma 

 

Notes :

1. Greg Palast is a New York Times bestselling author and fearless investigative journalist whose reports appear on BBC Television Newsnight and in The Guardian. Palast eats the rich and spits them out. Catch his reports and films at www.GregPalast.com, where you can also securely send him your documents marked, « confidential ». Cité dans mon dernier livre : ”Histoire de l’islam radical et de ceux qui s’en servent”, Lavauzelle, 2011, page 146.
2.  https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/iran-baisse-des-exportations-de-brut-avant-meme-de-nouvelles-sanctions-us-1835846.php

http://geopragma.fr/index.php/2019/06/10/j-b-pinatel-la-guerre-economique-de-trump/

Fiat Chrysler renonce à son offre de fusion avec Renault

MARIAGE IMPOSSIBLE ?
Fiat Chrysler renonce à son offre de fusion avec Renault

Le projet de fusion tant attendu n’aura donc pas lieu. Selon des informations de L’Opinion, Fiat Chrysler a dévoilé ce mercredi 5 juin le retrait de son offre de fusion avec Renault. 30 milliards d’euros étaient en jeu

La société a évoqué le rôle néfaste et désastreux des conditions politiques en France. Le projet aurait permis de former le troisième constructeur automobile mondial.

Cette décision aurait été prise après la demande de l’Etat français du report du vote du conseil d’administration de Renault sur le projet, afin d’obtenir le soutien de Nissan. Selon des révélations de L’Opinion, l’Etat a également cherché à obtenir des garanties sur l’emploi en France et le versement de dividendes aux actionnaires du groupe français.

Le conseil d’administration de Fiat Chrysler a donc décidé de retirer avec effet immédiat l’offre déposée neuf jours plus tôt, après avoir appris que le conseil de Renault n’avait pas encore été acté.

Selon un communiqué dévoilé la nuit dernière par Fiat Chrysler, « il est devenu clair que les conditions politiques en France ne sont actuellement pas réunies pour qu’une telle combinaison voie le jour avec succès« .

Renault a également indiqué que son conseil d’administration n’avait « pas été en mesure de prendre une décision en raison du souhait exprimé par les représentants de l’État français de reporter le vote à un conseil ultérieur« .

Cette nouvelle représente donc un nouveau revers pour Renault, après l’affaire Carlos Ghosn.

Mercredi, ce sont les deux représentants de l’Etat au sein du conseil d’administration de Renault qui ont insisté pour que la fusion ne soit pas votée trop rapidement. Selon une source citée par l’AFP, « tous les administrateurs étaient pour [la fusion], à part un représentant des salariés affilié à la CGT et les deux représentants de Nissan qui se sont abstenus, comme prévu« . La rédaction de Libération a dévoilé que la séance a été interrompue une heure, afin de joindre Bruno Le Maire au téléphone.

Alors qu’il sera en visite au Japon à partir de vendredi pour le G20, le ministre de l’Economie souhaitait prendre le temps pour s’entretenir avec son homologue japonais, dans l’espoir d’obtenir « un soutien explicite de Nissan » sur ce projet.

La relation particulière entre Renault et Nissan apparaissait comme un possible obstacle à la fusion entre Fiat Chrysler et le constructeur français. Selon des sources proches du dossier, les dirigeants de Nissan se sentaient laissés à l’écart du projet. Le directeur général de la firme japonaise, Hiroto Saikawa, n’était pas opposé à une fusion Renault-FCA. Il avait néanmoins prévenu qu’elle « modifierait de manière significative la structure » du partenariat avec Renault et « nécessiterait une revue fondamentale des liens actuels » entre les deux alliés.

La volonté de l’Etat de ménager Nissan, le partenaire de Renault, aurait donc été malmenée face à l’empressement du constructeur italo-américain.

Selon des informations de Franceinfo, l’Etat avait fixé quatre conditions à son accord définitif, selon des précisions de Bruno Le Maire dans un communiqué : en plus de la préservation de l’alliance Renault-Nissan, il s’agissait de garantir un équilibre dans la gouvernance entre Renault et Fiat Chrysler, de préserver l’emploi et les sites industriels français ainsi que de garantir la participation du futur groupe à une initiative européenne sur les batteries électriques.

Dans l’hypothèse d’un mariage entre Renault et FCA, la famille Agnelli, qui possède 29% de FCA, aurait vu sa part du futur groupe passer à 14,5% mais serait restée de loin le premier actionnaire, tandis que l’Etat français serait tombé à 7,5% du capital. D’après plusieurs sources citées par l’AFP, la France a également demandé, et obtenu, que le siège opérationnel du groupe soit situé à Paris.

Si Fiat Chrysler a retiré son offre mercredi soir, rien n’empêche d’en formuler une autre dans le futur. De nouvelles discussons pourraient éventuellemetn reprendre dans les prochains mois.

Vu sur : L’Opinion

Comment briser la spirale de la dette

INTERNATIONAL

Comment briser la spirale de la dette

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5509 Le 06/05/2019 | Partager

Vigilance quant à la soutenabilité des trajectoires
Mettre de l’ordre dans les finances publiques
Grand débat au Forum de Paris le 7 mai 2019

Alors que les dettes publiques atteignent des niveaux historiques partout dans le monde, la vigilance s’impose quant à la soutenabilité de ces trajectoires d’endettement. Le sujet sera débattu à l’occasion du Forum de Paris qui se tient le mardi 7 mai 2019 à Bercy en France.

L’événement ayant pour thème «Une dette soutenable pour une croissance durable» réunit plus d’une trentaine de ministres des Finances et de gouverneurs de Banque centrale. Si les besoins de financement des pays en développement sont très importants pour atteindre les objectifs du développement durable à horizon 2030, comment s’assurer que ces financements contribuent durablement à la croissance? Comment définir des règles du jeu équitables pour que ces financements bénéficient à tous? Les participants au Forum devront  relancer le débat sur ces questions.

Le choix du sujet intervient au moment où les alertes sur la dette mondiale s’amplifient. Après la mise en garde de la Banque mondiale, de la Banque des règlements internationaux (BRI), de l’Institut de la finance internationale (IIF) ou encore de la Cnuced et de l’OCDE… c’est au tour du FMI de remettre une couche sur la question.

L’endettement global (public et privé) des 190 pays membres de l’institution internationale a atteint la somme de 184.000 milliards de dollars, soit 225% de leur PIB cumulé. En moyenne, la dette mondiale dépasse 86.000 dollars par habitant, soit plus de deux fois et demie le revenu moyen par habitant. Elle est concentrée notamment aux Etats-Unis, en Chine et au Japon qui en représentent plus de la moitié. Les pays émergents ont également vu leur endettement s’accroître, en raison de la montée en flèche de la dette chinoise.

Dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP), les inquiétudes grandissent aussi sur le plan budgétaire. La hausse de la dette publique empêche de plus en plus les pays de répondre à des besoins structurels pressants (cf. notre édition N° 5506 du 30/04/2019).

La croissance économique ralentit et la dette publique reste élevée dans le monde. Que devraient faire les dirigeants? Dans le nouveau «Moniteur des finances publiques», les experts (1) du FMI (https://www.imf.org) soutiennent qu’ils peuvent adopter une vision à long terme pour favoriser une croissance plus forte et inclusive. Dans ce but, ils doivent mettre de l’ordre dans leurs finances publiques en réduisant progressivement la dette pour se préparer au prochain ralentissement économique et en modernisant la politique budgétaire pour investir dans l’avenir de la population. Par conséquent, il est nécessaire de mieux répartir les dépenses, de dégager plus de marges budgétaires et d’améliorer la politique fiscale.

Un endettement élevé peut limiter la capacité des dirigeants d’augmenter les dépenses ou de réduire les impôts pour compenser une faible croissance économique. Car les créanciers peuvent se montrer moins disposés à financer des déficits budgétaires croissants. En outre, le paiement des intérêts sur la dette a pour effet d’évincer les dépenses d’éducation, de santé et d’infrastructure, à savoir des investissements qui contribuent à la croissance des pays à long terme.

Sur la liste des recommandations du FMI, chaque pays devra mettre au point une stratégie appropriée pour dégager plus de marges budgétaires.     Les pays fortement endettés devront augmenter leurs recettes ou limiter leurs dépenses excessives. Surtout ceux où la croissance économique actuelle dépasse la croissance potentielle à long terme (comme les Etats-Unis) ou ceux dont les coûts d’emprunt sont élevés et les besoins de financement importants (comme le Brésil et l’Italie).

Pourtant, ces pays devraient maintenir leurs investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures, soit en redéfinissant les priorités en matière de dépenses, soit en élargissant l’assiette fiscale (par exemple en supprimant les exonérations fiscales et en améliorant l’administration fiscale).

Dans les pays où le financement pose moins problème, comme en Allemagne et en Corée, les dirigeants pourraient augmenter les investissements dans les infrastructures et l’éducation pour soutenir l’économie à court terme. Ils peuvent favoriser une croissance inclusive au cours des prochaines décennies.

Le FMI recommande enfin aux pays d’adopter des politiques plus intelligentes et plus souples en vue de faciliter le changement. Dans ce but, ils doivent améliorer la politique budgétaire sur trois fronts: réorienter les dépenses, dégager plus de marges budgétaires et améliorer les politiques fiscales.

Chiffres vertigineux

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  • Début 2018, le stock de la dette mondiale n’était pas loin de 250.000 milliards de dollars (soit trois fois le revenu mondial)
  • Contre 142.000 milliards de dollars dix ans plus tôt
  • Le ratio dette/PIB mondial est plus élevé de presque un tiers qu’en 2008
  • La dette privée a explosé en particulier dans les pays émergents et pays en développement dont:
  • La part de l’encours de la dette mondiale a augmenté de 7% en 2007 à 26% en 2017, tandis que le ratio crédit aux sociétés non financières/PIB des pays émergents à économie de marché a enregistré une hausse de 56% en 2008 à 105% en 2017

Source: Estimations de la Cnuced

Fatim-Zahra TOHRY

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(1) «L’endettement élevé des pays freine leur adaptation à l’évolution rapide de l’économie mondiale», Vitor Gaspar, John Ralyea et Elif Ture, https://www.imf.org

https://www.leconomiste.com/article/1044721-comment-briser-la-spirale-de-la-dette

Des statistiques tronquées : 3 exemples significatifs

03/05/201904:21

Voici, trois exemples où les chiffres mis en scène conduisent à des erreurs d’interprétation.


Variations saisonnières


Le premier, c’est celui de l’inflation. Forte hausse des prix en mars dernier selon un hebdomadaire, +0,8%. Rien à redire, c’est vrai la hausse des prix à la consommation ressort bien à +0,8%. C’est même la première donnée du tableau fournit par l’Insee. A ce détail près : ce chiffre est à manier avec précaution, faute d’être corrigé des variations saisonnières. Or les prix évoluent au gré des saisons. Comme chaque année à la sortie des soldes d’hiver, les prix augmentent en mars, notamment  sur le poste « habillement et chaussures », avec +11,5% enregistré cette année. Rien de plus normal. Et tous les ans, à la même date, on aura l’impression que « ça monte » ou, au début des soldes, que « cela baisse ». Ce qui importe c’est de savoir si c’est plus — ou moins — que d’habitude, c’est-à-dire évaluer la tendance de fond en procédant à une correction des valeurs saisonnières. L’Insee fait ce travail à la deuxième ligne du tableau, « ensemble CVS ». Et comme par enchantement, la hausse des prix a complètement disparu ou presque avec seulement +0,1%. Le diagnostic change alors radicalement.


Parité de pouvoir d’achat


Catastrophe, la France serait tombée de la 6ème à la 10ème place entre 2000 et 2018 de l’économie mondiale selon le classement du FMI souvent repris tel quel. Une preuve de plus, s’il en fallait, de notre décrochage. Encore une fois, aucune malhonnêteté dans le classement publié. Ce qui aurait dû mettre la puce à l’oreille, c’est la place de la Chine, devant les Etats-Unis, et aussi celle du trio brésilien, indonésien, russe qui devance le Royaume-Uni et la France. En fait, le diable se cache dans les détails et dans ce cas dans l’astérisque. Celui-là renvoie à la parité de pouvoir d’achat. Un indicateur qui prend en compte le coût de la vie de chaque pays pour en calculer la richesse. Par exemple, avec un dollar, on ne peut pas acheter autant de choses en France qu’en Chine. Une fois ajusté en fonction de son pouvoir d’achat, le PIB d’un pays où la vie est chère est diminué, tandis que celui d’un pays où la vie est plus abordable est augmenté. C’est bien pour comparer les niveaux de vie. En revanche, c’est un indicateur très discutable pour mesurer la puissance d’une économie. La vraie puissance, c’est la capacité à vendre ses produits à prix élevés dans un contexte concurrentiel, ce n’est pas valoriser, par exemple, une automobile allemande aux prix pratiqués par une entreprise chinoise. En effectuant simplement le classement aux cours des devises sur le marché des changes, la France reste bien callée dans le top 6.


Échelle de temps


Dernier écueil : l’échelle du temps. L’incapacité du secteur privé à créer des emplois est souvent pointer du doigt. Et pour preuve, la France n’a pas fait beaucoup mieux que l’Italie en 2018 alors que celle-ci est entrée en récession sur la seconde partie de l’année. Et pour un emploi créé en France, il y en a eu deux en Espagne. La France cancre en matière d’emploi c’est donc vérifier. Les chiffres le prouvent. Charges sociales trop importantes, obésité et complexité du code du travail, profusion des normes sont mises en avant pour expliquer ces écarts. Mais avant d’établir un diagnostic définitif, il est bon de rappeler que si certains font mieux, c’est qu’ils ont d’abord massivement détruit des emplois pendant la récession. Malgré son bilan étincelant en 2018, l’emploi en Espagne reste inférieur de près de 2 millions à son niveau d’avant-crise. Des grandes économies européennes, c’est le plus mauvais résultat. En France, il est en hausse de 637 000 ! C’est moins bien que l’Allemagne, certes. Mais voilà de quoi relativiser un peu avant de se faire traiter de cancre sans oublier ce que disait Churchill : « je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées ».

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Des-statistiques-tronquees-3-exemples-significatifs_3747206.html