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ÉconomieRécession historique aux États-Unis

ÉconomieRécession historique aux États-Unis

2 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS)Frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19, l’économie américaine est officiellement entrée en récession, avec deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Les espoirs d’une reprise robuste et rapide ont été douchés par la propagation exponentielle du virus ces dernières semaines aux États-Unis. 

“Trois mois d’enfer”déplore NPR : entre avril et juin, l’économie américaine s’est contractée de 9,5 % par rapport au deuxième trimestre de 2019. En rythme annualisé, le recul est encore plus spectaculaire, avec une chute du PIB frisant les 33 %, selon les chiffres officiels publiés jeudi.

“C’est le recul trimestriel le plus dévastateur de l’histoire et il efface près de cinq ans de croissance”observe le New York Times. “Les seules comparaisons possibles dans l’histoire américaine moderne seraient avec la Grande dépression et la démobilisation après la Deuxième guerre mondiale”, avant l’avènement des statistiques économiques modernes.

Pour impressionnants qu’ils soient, ces chiffres étaient attendus, remarque Slate. Ils sont même un peu moins mauvais que prévu : les économistes consultés par le groupe Dow Jones tablaient sur une chute, en rythme annualisé, de 34,7 %, tandis que le Congrès américain anticipait un recul de 38 %.

Pour Slate, la plus mauvaise nouvelle annoncée jeudi concerne l’emploi, alors que “le nombre de nouvelles inscriptions au chômage a encore augmenté la semaine dernière”, avec 1,43 million d’inscrits supplémentaires.

Remontée lente

Les chiffres montrent aussi que la reprise “en flèche” promise par Donald Trump relevait du vœu pieux. “Un problème plus large se pose maintenant : la reprise naissante semble s’être essoufflée en juillet et les élus du Congrès sont plus divisés que jamais sur les mesures à adopter”écrit le Washington Post.

“Le risque grandit de voir l’économie faire marche arrière, un scénario catastrophe où les travailleurs qui ont retrouvé leur emploi en mai et juin pourraient le perdre à nouveau, tandis que les commerces et entreprises qui avaient commencé à rouvrir seraient forcés de tout refermer, peut-être définitivement”, poursuit le quotidien.

L’entrée officielle des États-Unis en récession est aussi une très mauvaise nouvelle pour Donald Trump, relève le Financial Times. “Les dégâts énormes infligés à l’économie américaine par la pandémie ont ruiné les espoirs du président américain de centrer sa campagne de réélection sur son bilan économique”, écrit le quotidien économique.

Ce n’est donc pas un hasard si peu après la publication des chiffres, “M. Trump s’est interrogé sur la possibilité de reporter l’élection présidentielle de novembre pour cause de coronavirus, même si la Maison-Blanche n’a aucune autorité en la matière”, poursuit-il.

L’avenir reste extrêmement incertain. “Les économistes de la croissance au troisième trimestre, mais l’augmentation du nombre de contaminations cet été pourrait limiter les gains”juge le Wall Street Journal.

“On s’attend à une remontée plus lente, malheureusement, et c’est le virus qui en dictera les termes”, déclare Beth Ann Bovino, économiste chez S & P, citée par le journal.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1981523/article/1981532

SOMMET EUROPÉEN LABORIEUX : REDUCTION DE LA PAC ET DE LA DEFENSE…

SOMMET EUROPÉEN LABORIEUX : REDUCTION DE LA PAC ET DE LA DEFENSE…

Le diable se cache dans les détails, a-t-on coutume de dire lorsque l’on parvient au stade de la conclusion d’une négociation internationale ardue, encore plus lorsque vient le temps de sa mise en œuvre. Nous en tenons un exemple concret avec l’accord au forceps1 sur un plan de relance massif de l’économie européenne malmenée par la pandémie2 auxquels sont parvenus les chefs d’État et de gouvernement, réunis en live à Bruxelles le 21 juillet 2020. Consensus obtenu à l’issue d’un marathon diplomatique éprouvant de quatre jours, le plus long de ces dernières décennies3. Consensus obtenu après des échanges de noms d’oiseaux entre « pays frugaux » et autres conduits par un Emmanuel Macron déchaîné (il aurait tapé du poing sur la table comme un enfant mal appris)4. Telle est la réalité dans ce qu’elle a de plus crue dans une Europe qui manque de plus en plus d’affectio societatis. Qu’en est-il du contenu même de l’accord à vingt-sept ?

Comme toujours, il y a loin de la coupe (les 500 milliards d’euros de subventions proposés par Berlin, Paris et la Commission européenne, relayé par le Conseil européen5) aux lèvres (les 390 milliards d’euros consentis par les « radins », dont 40 milliards d’euros pour la France6, au prix d’autres concessions). C’est ce que l’on appelle un compromis diplomatique. Reconnaissons que nous ne disposons pas encore du texte intégral de l’accord pour en apprécier tous les détails, surtout ceux qui ont leur importance. Nous en saurons plus dans les semaines à venir. Le battage médiatique auxquels se sont livrés les décideurs français relayés par nos perroquets à carte de presse avant cette rencontre n’a pas permis de répondre entièrement aux promesses de l’accord franco-allemand du 18 mai 2020. Les « États frugaux » ont tenu la dragée haute au couple Macron-Merkel qui ne fait plus la loi à Bruxelles. Même s’il a le mérite d’exister, le résultat n’est pas entièrement à la hauteur des attentes françaises. Ne s’agirait-il qu’un plan pour sauver la face ?7

UN INDÉCENT BATTAGE MÉDIATIQUE FRANÇAIS EX ANTE

Comme souvent, la diplomatie jupitérienne excelle dans une pratique significative de l’arrogance à la française, celle qui consiste à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Conséquence de la déception inhérente à cette approche, les responsables français sont conduits à perdre patience et son calme.

Vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué

Dans les semaines précédant le sommet des 17 et 18 juillet 2020 (durée théorique du sommet), nous avons été soumis à un tir de barrage des communicants de l’Élysée sur le caractère historique du sommet européen avant même que les Vingt-Sept ne se soient mis d’accord sur son contenu. Et cela alors même que des États comme la Pologne et la Hongrie ont rappelé qu’il ne pourrait être question de conditionner le versement de fonds européens au respect de l’État de droit (la fameuse « Europe des valeurs »). Et cela alors même que les « États frugaux » (Autriche, Danemark, Pays-Bas8, Suède auxquels est venue se joindre la Finlande) ont fait part de leurs fortes réserves à l’égard d’un mécanisme de solidarité qui bénéficierait notamment à l’Espagne et à l’Italie9, pays considérés comme des cigales indécrottables. Ce qui devait arriver arriva. Ces derniers n’entendaient pas se faire tordre le bras tant sur le montant de l’enveloppe allouée que sur sa répartition entre subventions et prêts et sur les garanties attendues des cigales10. Il était évident, dans ces conditions, que la bataille serait rude et que la proposition franco-allemande ne serait pas adoptée en l’état.

Perdre patience et son calme

C’est ce qui fut le cas : cinq jours de bataille des chiffonniers révélatrices d’une crise profonde de l’Union européenne. Des batailles de communiqués de presse peu utiles si ce n’est pour amplifier l’étendue du dissensus. « Un accord est possible et un accord est nécessaire » à Bruxelles entre Etats européens sur le plan de relance, après trois jours de négociations jusqu’ici sans issue, estime le 20 juillet 2020 le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire. « L’enjeu de la négociation qui se joue aujourd’hui à Bruxelles c’est la présence de l’Europe parmi les grandes puissances mondiales au 21ème siècle, ou non », a-t-il aussi mis en garde sur RMC-BFMTV. « C’est l’avenir de l’Europe au 21ème siècle qui se joue dans les heures qui viennent à Bruxelles », a insisté le ministre français, alors que le président Emmanuel Macron est sorti de ses gonds pour dénoncer dimanche la mauvaise volonté de certains de ses homologues. « Si nous ne sortons pas plus forts de cette crise économique en rassemblant nos forces, en ayant ces 500 milliards de subventions européennes qui vont permettre aux économies de redémarrer, nous prendrons un tel retard que nous ne le rattraperons jamais », a encore averti Bruno Le Maire. Cet ex-diplomate ne sait toujours pas qu’une négociation est un exercice de patience, de compréhension de la position de ses opposants, non un combat de cour d’école. Il ne faut jamais aller plus vite que la musique. Rien ne sert d’élever la voix. Le plus souvent, cela s’avère contreproductif et contribue à compliquer les choses et à figer les positions antagonistes. Le Conseil européen qui s’achève le démontre, s’il en était encore besoin. Autre sujet à l’ordre du jour, le budget européen à long terme de l’Union européenne (2021-2027), de plus de 1.000 milliards d’euros, dont la plupart des dépenses sont destinées aux agriculteurs et aux pays d’Europe de l’Est.

Après un marathon homérique, l’annonce de l’accord est tombée dans la matinée du 21 juillet 2020. Alléluia ! « Deal » tweetait aux premières heures du jour, le président du Conseil européen, le belge Charles Michel suivi d’un « we did it », tout cela en français dans le texte. Bravo pour la pratique de la langue française en perdition face à l’anglais au sein de l’Union européenne ! Ce qui en dit long sur l’influence réelle de la France dans cette structure vénérée par nos fédéralistes indécrottables et aveugles.

UN REPLI DIPLOMATIQUE FRANCO-ALLEMAND EN ORDRE EX POST

Passons en revue les points d’accord, la mise en garde du parlement européen, les réactions du couple franco-allemand à la manœuvre dans ce marathon diplomatique avant d’en venir aux réserves qu’inspire cet accord en trompe-l’œil si l’on veut bien y regarder de plus près.

Les points d’accord

Quels sont les principaux points de consensus obtenus à l’issue du Conseil européen le 21 juillet 2020 ? Les « pays frugaux » ont obtenu une nouvelle répartition entre prêts et subventions dans l’enveloppe globale de 750 milliards d’euros pour le plan de relance qui viendra abonder le budget communautaire 2021-2027 de plus de 1000 milliards d’euros. La part des subventions est ramenée à 390 milliards d’euros. Ils ont engrangé une clause de conditionnalité. Les dirigeants de l’UE ont, pour la première fois, décidé de conditionner l’octroi de financements européens au respect des principes démocratiques dans l’accord. « C’est la première fois dans l’histoire de l’Europe que le budget est lié aux objectifs climatiques et au respect de l’Etat de droit pour l’octroi des financements », a affirmé Charles Michel. « La Commission européenne a proposé un instrument pour prendre des mesures à la majorité qualifiée en cas de violations de l’Etat de droit », a précisé sa présidente, Ursula von der Leyen. « Un engagement très clair a été pris pour protéger les intérêts financiers de l’Union européenne et contrôler plus strictement les fonds européens », a-t-elle ajouté. Or, on ne trouve aucune référence, si ce n’est une référence ambigüe11, de ce lien dans les conclusions du Conseil européen12. En un mot, accroissement des rabais (ils ont progressé de 43 à 56 milliards d’euros pour les sept années à venir), État de droit sur lequel les avis divergent, climat, de nombreuses concessions ont été consenties pour arracher un compromis à l’arraché des « pays frugaux » qui sont parvenus à faire bloc contre Berlin et Paris. Tout accord présente des contreparties ! Notons que pour bénéficier des subventions européennes, les États membres devront soumettre leur programme de relance à la majorité qualifiée des Vingt-Sept. Ce qui confère aux « pays frugaux un levier d’action non négligeable pour la suite, y compris pour la France. Ils ne manqueront pas d’en jouer, le moment venu. Ce dont ne parlent pas notre clergé médiatique qui répète la voix de son maître.

La mise en garde du Parlement européen

Nous sommes en présence d’un compromis a minima qui devra être approuvé par le parlement européen et par les parlements nationaux. Le président du Parlement européen, David Sassoli rappelle les priorités de son assemblée : la fin des rabais, le développement des ressources propres et le respect de l’État de droit. Dès le 23 juillet 2020, es eurodéputés ont adopté une résolution critique de l’accord européen sur le budget, à rebours des célébrations du début de semaine13. Ils contestent notamment les fortes coupes dans la santé ou la recherche. Même si le scénario est très improbable, les élus, qui sont co-décisionnaires sur les questions budgétaires, peuvent encore bloquer l’ensemble du « deal » à l’automne. Avec la résolution au ton musclé qu’il a adoptée, le Parlement européen envoie un signal clair : rien n’est encore fait pour obtenir son feu vert. En vérité, les élus ont abandonné l’idée de peser sur la structure du plan de relance de 750 milliards d’euros, et sa répartition entre prêts et subventions, qui a déjà fait l’objet d’une âpre bataille entre capitales. Mais ils veulent revoir l’architecture du budget européen sur les sept prochaines années, chiffré à 1 074 milliards d’euros, qu’ils « contestent » en l’état – un terme particulièrement raide, pour des résolutions d’ordinaire plus lisses. L’institution « ne cautionnera pas un fait accompli et est prêt à refuser de donner son approbation », lit-on dans la résolution. Dans la ligne de mire des élus : certaines des coupes décidées en début de semaine, dans les secteurs stratégiques comme la santé, la recherche ou l’éducation (Erasmus+), l’absence de garanties sur les « ressources propres » (des impôts qui permettent à l’Union européenne de se financer, indépendamment des contributions des États au budget de l’Union européenne) ou encore la mollesse de certains compromis, par exemple sur le respect de l’État de droit par les pays membres14. Nous sommes loin d’un accord « historique ».

Les réactions du couple franco-allemand

Quelles sont les réactions du couple franco-allemand ? La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont salué mardi une journée « historique » pour l’Union européenne lors d’une conférence de presse commune à Bruxelles. « C’est un changement historique de notre Europe et de notre zone euro », a estimé Emmanuel Macron. « Une étape majeure a été franchie ». « En deux mois, nous avons réussi à bâtir un consensus pour que ce plan de relance inédit devienne une décision et donc une réalité », s’est-il félicité. Plus sobre, Angela Merkel s’est dite « très soulagée » qu’après des négociations difficiles, l’Europe ait montré qu’elle peut encore agir ensemble ». Il s’agit d’« un signal important qui va au-delà de l’Europe », « une réponse à la plus grande crise de l’Union européenne depuis sa création », a-t-elle affirmé. Le couple franco-allemand estime avoir sauvé l’essentiel, le principe d’un endettement commun, au prix de concessions importantes. À contre-courant, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen a qualifié le plan de relance de l’Union européenne de « pire accord pour la France de toute l’histoire de l’UE », le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon déplorant lui que le président Emmanuel Macron ait, selon lui, « tout cédé ». Toutes les critiques des deux extrêmes de l’échiquier politiques ne sont pas à ignorer. Parfois, elles sont pleines de bon sens, celui qui manque à notre élite énarchique. Sans parler de celles de Bruno Retailleau (président du groupe LR au Sénat) qui stigmatise : « L’Europe des petites cuisines et des grandes dépendances »

Les réserves à l’égard de cet accord

Quelles sont les réserves que l’on peut formuler sur la base de l’expérience de ces sommets sans parler de la pratique française15 ? Tout ceci est bel et bien beau dans l’absolu mais dans le relatif, la situation est plus contrastée. Rappelons que pour sauver l’enveloppe de subventions, il a aussi fallu accepter un budget communautaire contraint : réduction de la PAC16, du Fonds pour une transition juste et stabilisation de la cohésion. L’on a déshabillé Pierre pour habiller Paul. Tel est le constat d’une majorité de parlementaires européens ! Pense-t-on un seul instant que les « pays frugaux » se priveront de la possibilité de bloquer l’attribution de subventions aux pays cigales si les projets ne sont pas conformes aux critères qu’ils ont posés ? S’ils n’ont pas obtenu de droit de veto, ils ont engrangé un droit de regard des Vingt-Sept (à la majorité qualifiée) sur la manière dont les pays bénéficiaires des subventions les dépenseront. Pense-t-on un seul instant que l’on va contribuer à la relance des économies européennes par un accroissement de l’endettement et sans réforme structurelles des États comme l’Espagne17, l’Italie18 sans parler de la France ?19 Dépenser n’est pas relancer !20 Pense-t-on un seul instant que l’on va pouvoir poursuivre sur cette voie sans une harmonisation fiscale que l’on nous promet depuis des décennies ?21

Les fissures, les déchirures, qui se sont accentuées au cours de ce marathon diplomatique, ne s’effaceront pas d’un coup de baguette médiatique quoi qu’en dise Emmanuel Macron sur TF1 à 20 heures le 21 juillet 2020 (il nous dresse un tableau idyllique de ses exploits diplomatiques tout en maquillant grossièrement la réalité objective)22. Elles demeureront quoi qu’en disent certains. La solidarité européenne n’est toujours pas un acquis communautaire en dépit de toutes les pétitions de principe en ce sens. Comme dans beaucoup de domaines, la pandémie a agi comme un révélateur des fragilités existantes. Elle ne les a pas réduites contrairement à ce que certains Candide voudraient nous faire croire23.

LA DÉFAITE EN CHANTANT24

Méfions-nous de l’inflation des qualificatifs (« sommet historique », « journée historique », « plan de relance historique »25, « changement historique pour notre Europe », « plan Marshall » …) qui agrémente les déclarations finales, venant des participants (reprise par les médias ou par quelques experts qui n’ont jamais participé à la moindre négociation26) souhaitant démontrer à leurs concitoyens sceptiques à l’égard du mantra d’une Europe qui les protège que tel est bien le cas (Cf. les déclarations du président du Conseil italien) !

Souvenons-nous de ce qui est advenu du discours historique sur la refondation de l’Europe d’Emmanuel Macron à l’automne 2017 à la Sorbonne !27 Ce n’est qu’à l’usage que nous pourrons mesurer la pertinence de tels jugements de valeur. Dans le cas d’espèce, il faudra attendre plusieurs mois pour mesurer l’impact des décisions adoptées à Bruxelles le 21 juillet 2020 et avant de parler de « revanche de l’Europe »28. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Surtout après la faillite européenne sur la gestion de la crise du coronavirus. C’est sur le temps long de la raison et non sur le temps court de l’émotion que se jugera objectivement la portée de cet accord. Emmanuel Macron, dont la côte de popularité n’est pas au beau fixe, avait bien besoin de ce succès à mettre à son crédit, lui qui procède à un remaniement de son équipe à l’Élysée (surtout la cellule communication) pour préparer l’échéance présidentielle de mai 202029.
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Replaçons cet accord dans son contexte plus global. Il se situe à la veille de la reprise des négociations sur le Brexit alors que les Britanniques sont toujours aussi inflexibles et que la Commission européenne semble moins flamboyante qu’elle ne l’était au départ. Le négociateur européen Michel Barnier juge le 23 juillet 2020 « peu probable » à ce stade que les Vingt-Sept et le Royaume-Uni parviennent à un accord commercial dans le cadre des négociations sur leur relation post-Brexit. Un sénateur italien, Gianluigi Paragone, ex-membre du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) et ancien journaliste de télévision, a lancé le même jour « l’Italexit », parti souverainiste qui vise à sortir son pays de l’Union européenne sur le mode du Brexit britannique. « L’adhésion (au mouvement) ne fera que croître, au même rythme que les mensonges que l’Europe nous raconte », a-t-il déclaré. Ce accord du 21 juillet 2020 se situe juste après que la Grande Chambre de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) ait invalidé, dans un arrêt du 6 juillet 2020, la décision 2016/1250 de la Commission déclarant l’ « adéquation » de la protection des données assurée par l’accord Privacy Shield.30  Nouvel exemple de soumission face aux États-Unis31. Ce sommet européen, c’est bien l’été de tous les dangers

Guillaume Berlat
27 juillet 2020

1 Virginie Malingre/Jean-Pierre Stroobants, Négociations au forceps à Bruxelles, Le Monde, 21 juillet 2020, pp. 1-2-3.
2 Cécile Bouthelet/Thomas Wieder, Pourquoi Merkel s’est converti au plan de relance, Le Monde, 18 juillet 2020, pp. 1-2-3.
3 Camille Neveux, À Bruxelles, la relance dans la souffrance, JDD, 19 janvier 2020, p. 8.
4 Christophe Nobili, Marché conclu après quatre jours et quatre nuits de tumulte. Merkel à Macron : « Alors, euro ? ». Accord et à cri, Le Canard enchaîné, 22 juillet 2020, p. 1.
5 Virgnie Malingre/Jean-Pierre Stroobants, Plan de relance : un sommet de crise pour Charles Michel et l’UE, Le Monde, 17 juillet 2020, p. 4.
6 Virginie Malingre/Jean-Pierre Stroobants, Une percée pour aider les États affaiblis par le virus. L’Italie devra toucher 70 milliards d’euros, l’Espagne une soixantaine, et la France, 40 milliards, Le Monde, 22 juillet 2020, p. 3.
7 Martine Orange, Europe : un plan de relance pour sauver la facewww.mediapart.fr , 21 juillet 2020.
8 Virginie Malingre/Jean-Pierre Stroobants, Mark Rutte, l’homme du bras de fer avec l’UE, Le Monde, 18 janvier 2020, p. 2.
9 Cécile Bouthelet, L’Allemagne soucieuse d’aider les pays dont dépend son industrie, Le Monde, 18 juillet 2020, p. 3.
10 Laurent Marchand, Démocraties européennes, Ouest-France, 17 juillet 2020, p. 1.
11 Guillaume Berlat, Diplomatie : du bon usage de l’ambiguïté…www.prochetmoyen-orient.ch , 13 juillet 2020.
12 Jean-Baptiste Chastand, Hongrie et Pologne crient victoire. Un compromis ambigu a été négocié sur le respect de l’État de droit, Le Monde, 22 juillet 2020, p. 3.
13 Virginie Malingre, UE : parcours d’obstacle pour le plan de relance, Le Monde, 25 juillet 2020, p. 3.
14 Ludovic Lamant, Budget de l’UE : le Parlement européen menace de rejeter l’accordwww.mediapart.fr , 23 juillet 2020.
15 Emmanuel Lévy, La note qui dézingue le plan de relance français, Marianne, 24-30 juillet 2020, p. 19.
16 Laurence Girard, Le budget de la politique agricole commune, satisfait les agriculteurs, Le Monde, 23 juillet 2020, p. 7.
17 Sandrine Morel (propos recueillis par), Pablo Iglesias : « Un renoncement historique de l’Europe à l’austérité », Le Monde, 23 juillet 2020, p. 2.
18 Jérôme Gautheret, Retour triomphal à Rome de Giuseppe Conte, Le Monde, 24 juillet 2020, p. 5.
19 Patrick Arthus, L’expansion monétaire ne fait que commencer…, Le Monde, 19-20 juillet 2020, p. 27.
20 Nicolas Baverez, « Dépenser n’est pas relancer », www.lefigaro.fr , 19 juillet 2020.
21 Éditorial, La fiscalité européenne reste à harmoniser, Le Monde, 18 juillet 2020, p. 28.
22 Claire Gatinois/Audrey Tonnelier, Emmanuel Macron vante son action européenne, Le Monde, 23 juillet 2020, p. 6.
23 Jacques Myard, Accord de Bruxelles : une bombe à retardement !, http://www.comite-valmy.org/spip.php?article12035
24 Natacha Polony, La défaite en chantant, Marianne, 24-30 juillet 2020, p. 3.
25 Virginie Malingre/Jean-Pierre Stroobants, Europe : un plan de relance historique. L’Europe arrache un plan de 750 milliards, Le Monde, 22 juillet 2020, pp. 1-2.
26 Sylvain Kahn, L’Union européenne est maintenant un État, Le Monde, 23 juillet 2020, p. 24.
27 Europe : le mensonge par omission du président-Cupidonhttps://www.les-crises.fr/europe-le-mensonge-par-omission-du-president-cupidon/ , 21 juillet 2020.
28 Éditorial, La revanche de l’Europe, Le Monde, 22 juillet 2020, p. 26.
29 Olivier Faye, Le chef de l’État continue de remanier son équipe à l’Élysée, Le Monde, 23 juillet 2020, p. 2.
30 Roseline Letteron, Le Privacy Shield enterré par la CJUEwww.libertescheries.blogspot.com , 19 juillet 2020.
31 Sébastien Grob, Et à la fin c’est le dumping qui gagne, Marianne, 24-30 juillet 2020, p. 25.

https://prochetmoyen-orient.ch/sommet-europeen-laborieux-reduction-de-la-pac-et-de-la-defense/

Tulsi is back !

Tulsi is back !

27 Juillet 2020

Décidément, le vote du budget militaire US de cette année 2020 restera dans les annales. Non seulement les éventuelles sanctions contre le Nord Stream II y seront décidées, ouvrant la voie à une possible rupture sans précédent au sein de la communauté euro-atlantique, mais ce sont les instruments mêmes de la capacité impériale, du moins certains d’entre eux, qui sont maintenant sur le fil du rasoir.

Peu affectée par son échec aux primaires Democrates, dame Tulsi vient de réussir l’exploit de faire passer à la Chambre des Représentants un amendement visant à ce que toute administration américaine rende désormais compte publiquement de l’impact des sanctions qu’elle décide. On imagine la crise de nerfs dans les chaumières du Deep State

Dans son discours, la belle Hawaïenne résume la chose : « Trop souvent, nos sanctions sont décidées pour « punir » le leader d’un pays sans prendre en considération leur véritable impact. En réalité, ces sanctions représentent un siège des temps modernes, touchant principalement les citoyens de ce pays, limitant leur approvisionnement en nourriture, eau,, médicaments et autres bien basiques dont ils ont besoin pour survivre. Maladies, souffrance et mort en résultent. »PUBLICITÉ

Avec cette loi, l’administration devrait publier un rapport annuel sur l’impact des sanctions, comprenant différentes données concernant la vie quotidienne locale, la mortalité ou encore les effets sur l’environnement, ainsi qu’une justification sur le bien-fondé de ces sanctions.

Le conditionnel reste de mise car l’amendement doit encore passer le test du Sénat, antre de l’Etat profond. Mais son vote par la Chambre des Représentants, où il n’a pas rencontré d’opposition, y compris Républicaine, est un premier pas assez conséquent. Le Donald qui, bien que théoriquement opposé au Deep State, a fait des sanctions une marotte obsessionnelle, a dû voir sa houppette se soulever d’horreur…

Comme si ça ne suffisait pas, un projet, sénatorial cette fois, propose de réduire le budget militaire de 10% pour faire face aux conséquences de la pandémie. A l’origine de l’initiative, l’inoxydable Bernie Sanders, rejoint par certains hauts pontes de la vénérable assemblée comme Chuck Schumer, pourtant faucon dans l’âme.

Si, à la différence de l’amendement Tulsi qui garde toutes ses chances, la proposition de Sanders a peu de probabilité de passer, sa signification est ailleurs. La dette américaine explose, les finances impériales sont délabrées ; et ça, de gré ou de force, un nombre croissant de responsables américains en est fort conscient.

L’argent est le nerf de la guerre et finit toujours par avoir, à plus ou moins long terme, une incidence sur la posture géopolitique. Même CNN, pourtant en pointe dans la poutinopobie primaire, s’est crue obligée de reconnaître que le faible endettement de la Russie et sa politique d’auto-suffisance allaient en faire l’une des grandes gagnantes de l’après-Covid, alors que le passif des Etats-Unis était un gouffre sans fond accélérant leur déclin.

Tag(s) : #Etats-Unis#Economie

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/07/tulsi-is-back.html

un-train-vaut-mieux-que-deux-tu-l-AURAS.

12 Juillet 2020

En mai, fais ce qu’il te plaît. Pendant que le monde pandémisé surveillait comme le lait sur le feu un certain virus à couronne, et accessoirement les manœuvres des grandes puissances qui préparaient déjà l’après-Covid, une kyrielle d’importantes nouvelles tombaient, sur lesquelles votre serviteur voulait revenir depuis longtemps.

Cette actualité-là n’a pas fait la Une des journaux et, pour une fois, on ne peut pas les en blâmer. Elle n’est pas vendeuse, guère spectaculaire, quelque peu abstruse même. Pourtant, à terme, elle touche à ce qui constitue le cœur de la géopolitique en général – à savoir l’étude de l’influence de la géographie sur la politique – et de notre Grand jeu en particulier.

Ce blog est revenu à maintes reprises sur l’inexorable intégration de l’Eurasie, cauchemar absolu des stratèges de la thalassocratie américaine. Cette intégration multiforme – énergétique, économique, diplomatique, politique – prend du temps et ne va pas sans heurts, mais elle est inéluctable et porte en germe la marginalisation décisive de l’empire.PUBLICITÉ

Le volet le moins médiatique, quoique peut-être le plus important, est le rapprochement économique des grands acteurs eurasiens. Nous en avons parlé plusieurs fois, avec les fameuses routes de la Soie bien sûr, mais aussi avec d’autres voies moins connues, comme le Corridor Nord-Sud ou RAI (Russie-Azerbaïdjan-Iran) :

Ce qui sous-tend évidemment le projet, c’est le fait d’éviter l’océan « international » (c’est-à-dire la puissance maritime anglo-saxonne) et de favoriser les voies de transport continentales où l’empire n’a pas son mot à dire. En un mot, accélérer l’intégration de l’Eurasie. McKinder, ne regarde pas cette carte…

Car le corridor est bien sûr à mettre en parallèle (même si géométriquement, ce serait plutôt en perpendiculaire) avec les pharaoniques routes chinoises de la Soie qui courront est-ouest. Pékin doit suivre le dossier de près et a sûrement été briefé par Moscou. Rappelons à cette occasion ce que Poutine déclarait avant sa visite en Chine le mois dernier : « Dire que nos deux pays coopèrent stratégiquement est dépassé. Nous travaillons désormais ensemble sur tous les grands sujet. Nos vues sur les questions internationales sont similaires ou coïncident. Nous sommes en contact constant et nous nous consultons sur toutes les questions globales ou régionales. »

Le corridor RAI (Russie-Azerbaïdjan-Iran) se combinera avec les voies chinoises pour former un maillage eurasien serré par lequel transiteront marchandises et hydrocarbures. De Lisbonne à Pékin et de l’Océan indien à l’Océan arctique. Un seul absent dans tout cela : les Etats-Unis, dont la capacité de nuisance s’amenuise à mesure que l’intégration de l’Eurasie se poursuit.

Océans arctique et indien… Nous reviendrons dans un autre billet sur cette liaison qui commence à prendre forme de manière intéressante, via le RAI justement. Contentons-nous aujourd’hui d’évoquer une information qui, de prime abord, semble paraître tout à fait quelconque mais pourrait en réalité se révéler lourde de conséquences.

En Russie, un vieux projet ferroviaire, Belkomour pour ne pas le citer, se précise :

Il s’agit de bien d’autre chose que d’un simple aménagement régional et les observateurs avisés ne s’y trompent d’ailleurs pas : cette ligne est tout simplement susceptible de connecter l’Asie à l’Arctique à travers le continent eurasien.

Rejoignant au sud le vénérable transsibérien mais surtout les projets ferroviaires russo-chinois, elle débouche dans le grand Nord sur deux ports en eaux profondes. Indiga commence à sortir de terre et devrait être achevé d’ici 2025, avec un trafic estimé entre 80 et 200 millions de tonnes par an (soit, au minimum, l’équivalent de Marseille). Quant à l’agrandissement du port d’Arkhangelsk, il est partiellement financé par des fonds chinois (comme on se retrouve…)

Le dragon semble en effet fort intéressé par la chose. Sur la carte schématique ci-dessous, on constate que cette voie (en vert) peut constituer un complément appréciable aux routes de la Soie (en rouge), bien plus rapides toutes deux que les artères maritimes traditionnelles (en bleu).

Capacité moindre mais diligence accrue et, surtout, hors de portée de l’empire US qui contrôle les mers et tentera systématiquement de mettre des bâtons dans les roues pékinoises. Pas plus tard qu’il y a dix jours, nous avertissions par exemple que les événements du Cachemire pourraient avoir des conséquences très néfastes pour la Chine :

Certains stratèges indiens appellent à ouvrir les îles Andaman aux flottes australienne, japonaise mais surtout américaine. Cet archipel paradisiaque aux plages de sable blanc se trouve à un emplacement stratégiquement crucial (cercle rouge), au sortir du détroit de Malacca, pouvant barrer la route du Collier de perles du dragon et de son approvisionnement énergétique.

Où l’on reparle évidemment de la bonne vieille opposition terre/mer et des moyens de la thalassocratie impériale pour contrer la Chine. En attendant le développement du maillage continental eurasien, ces voies maritimes sont en effet absolument vitales pour Pékin.

C’est précisément ce contexte qui donne toute son importance au futur train arctique…Tag(s) : #Russie#Chine#Economie

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La sécurité économique de la France dans la mondialisation : une stratégie de puissance face aux nouveaux défis du XXIème siècle

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La sécurité économique de la France dans la mondialisation : une stratégie de puissance face aux nouveaux défis du XXIème siècle

Par Axelle DEGANS, le 2 juillet 2020      

Docteure en Géopolitique de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (2019). Membre du Conseil scientifique du Diploweb.com. Agrégée d’histoire. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Courriel : axelle.degans@mailo.com.

https://fr.tipeee.com/diploweb/embed/buttonVoici une présentation – suivie du document complet – de la thèse en géopolitique, rédigée par Axelle Degans sous la direction de François Bost, soutenue à l’Université de Reims Champagne Ardenne (URCA) le 2 décembre 2019.Compte tenu de la crise économique majeure amorcée durant le premier semestre 2020 dans le contexte de la pandémie de COVID-19, il est plus que temps de se saisir de cette recherche à la fois prémonitoire et visionnaire. Comme l’écrit A. Degans, « Nous nous devons la mise en place d’une stratégie de sécurité économique, nous la devons aussi à nos enfants. »

En 2015, au moment du dépôt du sujet de recherche de cette thèse en géopolitique, le domaine d’étude de la sécurité économique apparaissait presque incongru, voire inopportun. Il allait à l’encontre de la pensée dominante, pétrie d’angélisme sur les relations internationales, considérant volontiers la géopolitique comme sulfureuse et l’idée même d’une sécurité économique nationale comme non avenue. Le dogmatisme ambiant considérant le libre-échange comme forcément vertueux, protégeant des affres de la guerre (le « doux commerce » de Montesquieu »), l’interdépendance comme solution permettant à la France de participer de la façon la plus moderne à l’économie du XXIème siècle, les alliés comme des partenaires commerciaux fiables voire des amis, et des partenaires commerciaux qui ne peuvent que devenir des partenaires stratégiques, démontre non seulement une méconnaissance de l’Histoire mais aussi une incompréhension des réalités géoéconomiques et géopolitiques mondiales. Cette perception que Hubert Védrine dénonce comme celle d’« un monde de bisounours » ne pouvait s’accommoder d’un travail de recherche sur la sécurité économique, un champ trop politiquement incorrect. La Commissaire à la concurrence Margrethe Vestager mettait, en février 2019, le holà sur une fusion entre Siemens et Alstom, qui aurait donné naissance à un « champion du rail » dont l’Europe n’avait que faire, puisque la Chine ne s’intéressait pas au marché ferroviaire européen ; à peine six mois plus tard cette assertion était démentie par les faits. Un monde français et européen d’une extraordinaire myopie géopolitique, trop centré sur lui-même pour s’intéresser et comprendre les évolutions du monde qui l’entoure. Cela, c’était avant… C’était avant la crise du coronavirus. Depuis la crise sanitaire, qui frappe cruellement le continent européen et la France, les yeux se décillent. Il faut dire qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Le monde change, que l’on veuille ou non. Il se désoccidentalise et se déseuropéanise de façon assez évidente. La bascule démographique est à l’œuvre au détriment d’une Europe qui entre dans ce que Gérard-François Dumont nomme un « hiver démographique ». La bascule géopolitique l’est également avec ce que Fareed Zakaria qualifie de « the rise of the Rest », la montée des Autres, pendant du « rise of the West ». Le contexte géopolitique est aussi celui du retour de l’affirmation des puissances sur la scène internationale, celui du temps des « prédateurs », pour François Heisbourg, qui préfèrent les rapports de force à la négociation, aux alliances et au droit. Faut-il encore en avoir en avoir conscience. Une politique de puissance décomplexée est déployée par les États-Unisla Russie et la Chine, qui ont tous trois des préoccupations géopolitiques comme le trahit la toile dessinée par les « nouvelles routes de la soie », le projet Belt Road Initiative (BRI) du président chinois Xi Jinping, dont les ramifications maillent toute l‘Eurasie, et se projettent jusqu’en France, sans oublier l’Afrique ; un nouveau commerce triangulaire ? L’actuel exercice du pouvoir du président américain Donald Trump, sans fard et plus brutal, est une nouvelle donne à prendre en considération par les politiques tant français qu’européens. La Russie de Vladimir Poutine est revenue sur la scène internationale, et ce retour à un goût de revanche pour Moscou que Français et Européens seraient bien avisés de comprendre. La constitution d’un G2 – une coalition de deux grandes puissances – pourrait se faire au détriment des Européens. France et Union européenne doivent prendre garde à ne pas être un terrain de chasse pour ces « prédateurs ».

La géoéconomie a aussi beaucoup évolué au cours du début XXIème siècle qui est celui de l’affirmation ou de la réaffirmation des grands émergents – les BRIC’s – Chine en tête. Elle est marquée par le point d’inflexion que constitue la crise économique et financière née de la crise des subprimes de 2008, les pays européens comptent au nombre de ses principales victimes. Les Français, et un nombre certain d’Européens, ont le sentiment d’appartenir au camp des « perdants », y compris les perdants de la mondialisation, et développent un certain pessimisme concernant leur avenir. Les évolutions déjà entamées, désindustrialisation de nos territoires, endettement public, vertige du déclin… sont renforcées au cours de la deuxième décennie du XXIème siècle. Ce sont des économies et des finances européennes affaiblies qui doivent faire face à cette crise sanitaire majeure qu’est le coronavirus ; celle-ci est une épreuve de vérité, un test de résilience. Elle est un révélateur à de nombreux égards. Elle est un douloureux rappel des liens, qu’avait compris en son temps le chancelier Bismarck, entre industrie et puissance. La désindustrialisation est une cruelle perte de pouvoir, de richesse et de savoir-faire. Elle révèle aussi que l’interdépendance, conçue comme pacification des relations internationales, est en fait un champ de rapport de forces. Nous vivons une grande mutation dont nous sommes les acteurs volontaires et involontaires. Il est donc très important de comprendre les mécanismes à l’œuvre. Il est indispensable d’avoir une intelligence du monde.

La sécurité économique, qui est une déclinaison de l’intelligence économique et stratégique, est en fait au cœur des préoccupations géoéconomiques et géopolitiques actuelles. Nous sommes très attachés à l’État de droit démocratique, à nos libertés individuelles, à la protection de notre vie privée, à notre haut niveau de vie, à notre État providence… Nous vivons dans le territoire qui fait le plus de cas de l’individu – l’individualisme est l’essence même de la culture occidentale – de l’accès à une information libre, le territoire qui cherche à protéger l’individu des aléas de la vie, comme l’environnement des multiples agressions qu’il subit…. Les flux migratoires démontrent l’attractivité du modèle européen à l’échelle du monde, même s’il n’est pas ici question de hiérarchiser les différents modèles. Alors pourquoi ne pas le défendre face à d’autres modèles clairement plus expansionnistes ? Pourquoi ne pas agir et finalement n’avoir plus d’autre possibilité que d’adopter les choix des autres ? Est-on certain qu’ils nous conviendront mieux que ceux que nous avons faits ?

La sécurité économique est au cœur de la pérennisation de notre mode de vie, de notre niveau de vie, de notre cadre de vie démocratique qui accorde la prospérité au plus grand nombre et garantit les libertés individuelles.

La problématique de cette thèse peut être ainsi formulée : La sécurité économique est au cœur de la pérennisation de notre mode de vie, de notre niveau de vie, de notre cadre de vie démocratique qui accorde la prospérité au plus grand nombre et garantit les libertés individuelles. Rien de tout cela ne peut exister sans création de richesses. En France, comme en Europe la préférence va à leur partage. Le durcissement des relations géoéconomiques et géopolitiques mondiales amoindrit notre capacité à générer ces richesses qui nous sont indispensables. La sécurité économique est un moyen de continuer pour la France et l‘Union européenne d’être un territoire prospère qui a un avenir intéressant. Or, la sécurité économique est trop rarement pensée et considérée comme un tout cohérent par nos élites au risque de compromettre l’avenir de ce continent inséré dans un jeu des puissances mal perçu. Le temps court est trop souvent leur horizon, or gouverner c’est prévoir. Les signaux faibles se sont mués en signaux forts, le temps de l’action est venu. Le peut-on seulement encore, est-il déjà trop tard ? Comment mettre en œuvre la sécurité économique, quels sont ses champs d’action ?

Cette thèse est basée sur le choix d’une analyse ample, multiscalaire, interdisciplinaire pour offrir une grille de lecture globale, qui seule permet d’avoir les clés de compréhension d’un monde changeant et complexe. C’est un choix à rebours de ce qui se fait aujourd’hui car les analyses en profondeur mais ponctuelles sont préférées. Le parti pris de ce travail de recherche renforce son originalité et même son unicité. Seule la compréhension des grands enjeux permet ensuite la prise de décision et l’action ; c’est aussi le parti pris de cette étude : être utile. Ce travail peut donc être considéré comme une somme de différents aspects du champ de la sécurité économique : du droit à l’économie en passant par le numérique. Le choix opéré dans cette thèse permet de donner une certaine profondeur à l’analyse, et lui confère aussi une dimension qui lui permettra d’être utilisée ; c’est un des sens profonds de ce travail de recherche, offrir des outils de compréhension aux décideurs. Cette volonté rejoint la philosophie de Philippe Boulanger : « Ma conception de la géographie se veut aussi opérationnelle, c’est-à-dire utile pour la société au sens large » [1]. La dimension éthique n’est pas oubliée et elle donne davantage de sens à la démarche choisie.

Cette réflexion repose sur trois hypothèses de travail :

Hypothèse 1 : Il existe de puissants freins à l’acceptation de la réalité de la guerre économique, et il convient de s’interroger sur cette résistance.

Hypothèse 2 : La sécurité économique est protéiforme et il convient d’en embrasser la complexité.

Hypothèse 3 : La sécurité économique est au cœur d’une stratégie défensive et offensive qui seule pourra nous permettre de choisir notre avenir en tant que Français et Européens. La sécurité économique est centrale dans la stabilité de l’Europe occidentale pendant la guerre froide. Les Soviétiques ont perdu la guerre froide en partie pour des raisons économiques. En fait, l’économie est au fondement de la stabilité géopolitique et de la puissance.

Les yeux se décillent enfin, la crise sanitaire du coronavirus y a aidé. Faut-il encore disposer des cadres de compréhension : c’est ce qu’offre cette thèse. (En téléchargement en pied de page)

Cette thèse confronte les hypothèses ci-dessus formulées à la réalité du terrain. Force est de constater que les acteurs de terrain prennent souvent de bonnes décisions, quand ils ont les moyens de le faire, mais une politique globale fait défaut. Les lanceurs d’alerte, les chefs et cadres d’entreprise, les journalistes d’investigation multiplient les avertissements. Le temps est à l’action. Les yeux se décillent enfin, la crise sanitaire du coronavirus y a aidé. Faut-il encore disposer des cadres de compréhension : c’est ce qu’offre cette thèse.

Nous nous devons la mise en place d’une stratégie de sécurité économique, nous la devons aussi à nos enfants. Le terme de stratégie est choisi à dessein : la « mondialisation heureuse » d’Alain Minc n’est qu’une vision très partielle de la réalité géoéconomique qui est la nôtre. Ce que nous vivons en fait c’est la guerre économique : « la poursuite de la guerre par d’autres moyens » selon Christian Harbulot, qui lit la mondialisation au travers du prisme de l’entrechoquement des puissances. La conflictualité et la violence économique structurent les relations entre les différents acteurs économiques, l’actualité (OPA, délocalisations, mesures de dumping…) accrédite cette analyse. Ali Laidi (Les secrets de la guerre économique, Le Seuil) pousse assez loin l’analogie : « Dans cette bataille il n’y a pas d’alliés, que des intérêts. Chaque entreprise, chaque nation entre en guerre pour sauver son économie, préserver ses emplois et conquérir des marchés. Dans ce genre de conflit, les victimes ne se comptent pas en nombre de morts mais de licenciements. L’ANPE a remplacé les hôpitaux militaires, l’Assedic les pensionnés de guerre. Les vaincus déplorent le nombre de chômeurs et d’exclus, les vainqueurs fêtent les hausses boursières et empochent les dividendes »  : les entreprises sont les corps d’armée de cette guerre économique, les salariés les soldats. Cette thèse reprend cette analyse, bien qu’elle soit très peu partagée par les décideurs politiques. Le champ lexical de la sécurité économique est volontiers militaire et donc bien politiquement incorrect. Elle suppose un État stratège capable de se penser dans la continuité, de se projeter dans le temps et l’espace, et donc de promouvoir une stratégie qu’il est capable de faire appliquer aux différentes échelles politiques et administratives et de promouvoir auprès des acteurs privés. Un vocabulaire outrancier, journalistique voire populiste, pensez-vous ? Que nenni . Les États-Unis de Bill Clinton se sont dotés d’une « War room », notre allié est l’un des champions de l’espionnage économique (au moins 40% des moyens du renseignement y sont affectés pour le député Bernard Carayon), le secrétaire d’État Warren Christopher déclare devant le Congrès américain « la sécurité économique américaine doit être élevée au rang de première priorité de la politique étrangère », et lui réclame les mêmes moyens que ceux investis dans la guerre froide…la sécurité nationale passe par la sécurité économique pour des États-Unis qui montrent une grande continuité dans leur engagement. Le président Donald Trump n’annonce-t-il pas lors de son discours d’investiture : « Nous respecterons deux règles très simples – acheter américain et embaucher américain (..) Nous ramènerons l’emploi. Nous rétablirons nos frontières. Nous rétablirons notre prospérité et nous rétablirons nos rêves » ? Quatre décennies de guerre économique, menée par notre allié, qui nous ont peu ému… Le Japon n’est pas en reste car il a développé une véritable culture de l’intelligence et de la sécurité économiques bien avant ses partenaires. Au pays du soleil levant, le patriotisme national fait corps avec le patriotisme de l’entreprise. Dominique Nora avait déjà, juste à la fin de la guerre froide, analysé l’étreinte du samouraï. La sécurité économique est une politique d’État en Russie (après l’URSS) comme en Chine, c’est une mission qui n’a rien de secondaire pour les services de renseignement (département, T, P et K du FSB) ni pour l’armée (l’Armée populaire de libération chinoise : deux de ses membres Qiao Liang et Wang Xiangsui publient La guerre hors limites dans lequel ils exposent comment s’imposer sur les marchés, comment maitriser l’information…).

Quid de la France, de l’Europe communautaire ? Voici un long et coupable déni de la réalité de la guerre économique que ce travail de recherche met en lumière. La France a les moyens humains, économiques et technologiques d’y participer, mais pendant très longtemps pas le désir. L’Europe communautaire ne se pose même pas la question… car c’est une question ontologique.

Ce travail de recherche refuse les œillères dogmatiques qui ont longtemps prévalu et explique en grande partie le retard français dans la mise en œuvre d’une doctrine de sécurité économique (…)

La sécurité économique est, en effet, à la croisée de ce qui fâche : la puissance (faut-il s’accepter en tant que tel), l’influence, la souveraineté, le patriotisme et la guerre économiques, les rapports entre libre-échange et protectionnisme. La sécurité économique est aussi stratégique que sulfureuse… Ce travail de recherche refuse les œillères dogmatiques qui ont longtemps prévalu et explique en grande partie le retard français dans la mise en œuvre d’une doctrine de sécurité économique qui a pourtant pour vocation de conserver des emplois et la capacité de produire des richesses et pérenniser un niveau de vie assez enviable. Il n’est plus temps du conformisme.Schéma : Définition de la sécurité économique par Axelle DegansCliquer sur la vignette pour afficher en grand format le schéma de la définition de la sécurité économique par Axelle Degans.
Conception et réalisation : A. Degans

La sécurité économique recouvre un vaste champ d’action comme le montre ce schéma qui la définit. L’un des intérêts de ce travail de recherche est d’en présenter la complexité et donc la richesse souvent mésestimée. L’information est au cœur de la sécurité économique, sa collecte, sa conservation, sa protection : la sécurité économique recouvre donc l’espionnage économique, la sécurisation des locaux, des personnels, des matériels en particulier informatiques. La sécurité économique s’intéresse aussi à la protection des savoir-faire, donc des brevets (leur dépôt ou non) comme du secret des affaires. L’intégrité des entreprises ne se pose pas seulement en termes matériels ou informationnels, la question des investissements et prise de participation (IDE) est essentielle comme le prouve l’actualité. La crise du coronavirus a jeté une lumière crue sur la question de la sécurisation des approvisionnements (ex. masques, aspirine, respirateurs). Celle-ci est par essence une politique stratégique qui appartient pleinement à la sécurité économique pour éviter les ruptures d’approvisionnement dont nous avons mesuré récemment douloureusement les dramatiques conséquences.

Il ne peut y avoir de doctrine de sécurité économique sans stratégie d’influence – la France a tardé à se mettre au diapason des actions de lobbying qui n’appartiennent pas à sa culture – ni diplomatie économique que le quai d’Orsay met tardivement en œuvre avec Laurent Fabius.

La sécurité économique doit se penser avec la sphère cyber dont les enjeux sont cruciaux et mesurés à l’aune de la cybercriminalité, la cybersécurité, la cyberguerre et la cyberdéfense. La sphère cyber a pris une importance extraordinaire dans le quotidien des populations françaises et européennes. Les fake news, les attaques à l’e-réputation, les actions de déstabilisation, de corruption des données informatiques, les cyberattaques appartiennent à l’environnement de la sécurité économique et ne nous sont pas étrangers.

Le droit est un autre horizon de la sécurité économique, le droit des affaires, la compliance, la due diligence qui révèlent la prégnance du droit anglo-saxon. L’extraterritorialité du droit américain interroge directement la sécurité économique, notamment en France. Les affaires des amendes payées par la BNP Paribas, et du « moniteur » imposé par les autorités américaines, de la cession d’Alstom à General Electric, de l’impossibilité d’avoir des relations économiques avec des pays sous embargo américain relèvent bien des enjeux de la sécurité économique qu’un pays comme la France doit se saisir.

La souveraineté est au cœur de la sécurité économique, la souveraineté numérique est au croisement de la souveraineté technologique, de la souveraineté des normes et de la souveraineté des capacités ; elle est la pierre angulaire de la sécurité économique.

Ce travail de thèse relève les réalisations françaises de la création des pôles de compétitivité à celle de l’ANSSI (Agence nationale de sécurité des services informatiques), dont l’expertise est mondialement reconnue, à la définition des OIV (les Organisme d’importance vitale) qu’il faut impérativement protéger pour assurer la continuité de l’activité de la nation. Les rapport Martre (1994) et Carayon (2003) sont à la base de la mise en œuvre d’une politique d’intelligence économique en France, mais celle-ci manque de continuité et d’ampleur. La souveraineté est au cœur de la sécurité économique, la souveraineté numérique est au croisement de la souveraineté technologique, de la souveraineté des normes et de la souveraineté des capacités ; elle est la pierre angulaire de la sécurité économique.
Cette étude s’ouvre sur les perspectives et de la prospective. Les défis technologiques sont majeurs, leur maitrise est un impératif. A l’heure de l’intelligence artificielle et de la 5G, la souveraineté numérique est une question qui se pose avec une grande acuité, l’Europe est-elle vouée à être une « colonie numérique » pour reprendre le titre du rapport de la sénatrice Mme Catherine Morin-Desailly ? La France et l’Union européenne ont les moyens humains, économique et financiers de faire face aux défis des technologies de rupture. Faut-il en avoir la volonté et les clés de compréhension des enjeux.

Les territoires productifs, créateurs d’emplois et de richesses, sont au cœur de stratégies industrielles entre relocalisations et interrogations sur les bienfaits du libre-échange et méfaits du protectionnisme, le souhait grandissant de consommer local voire « national » et les impératifs d’investir dans la recherche-développement pour préserver l’avenir. L’interdépendance est aussi une forme de dépendance qu’il est urgent de maitriser. Nous mesurons désormais différemment les conséquences de décennies de désindustrialisation.

Au temps de ce que Thomas Gomart nomme l’ « affolement du monde », il est urgent de raison garder, de prendre le temps de la réflexion pour élaborer un plan d’action sur le temps court tout autant que sur le temps long qui embrasse l’immensité du champ de la sécurité économique. A ce titre la géopolitique offre une précieuse intelligence du monde.

Table des matières de la thèse disponible ci-dessous :

Première partie : Aux sources de la sécurité et de l’intelligence économique
Chapitre 1 : Les matrices idéologiques de la sécurité économique
Chapitre 2 : Un retard français…
Chapitre 3 : Les acteurs de l’intelligence et de la sécurité économiques
Deuxième partie : Les vecteurs de la sécurité économique
Chapitre 1 : Les éléments traditionnels de la sécurité économique
Chapitre 2 : La montée en puissance de vecteurs de plus en plus sophistiqués
Chapitre 3 : Le droit, nouveau champ de la sécurité économique
Troisième partie : La sécurité économique à l’épreuve des faits
Chapitre 1 : La sécurité économique, une nécessité face à la recrudescence des risques de cyberattaque
Chapitre 2 : La mise en œuvre de la sécurité économique
Chapitre 3 : L’Europe, une échelle légitime, efficiente et indispensable
Chapitre 4 : Perspective et prospectives pour la sécurité et l’intelligence économiques en France et en Europe

Télécharger au format PDF la thèse de doctorat d’Axelle Degans, « La sécurité économique de la France dans la mondialisation : une stratégie de puissance face aux nouveaux défis du XXIème siècle ».Thèse de doctorat d’Axelle Degans, « La sécurité économique de la France dans la mondialisation : une stratégie de puissance face aux nouveaux défis du XXIème siècle ». (13,7 Mo)Thèse en géopolitique sous la direction de François Bost soutenue à l’Université de Reims Champagne Ardenne (URCA) le 2 décembre 2019.

Copyright Juin 2020-Degans/Diploweb.comMots-clés : 

France GéopolitiqueSouveraineté2020Economie2019

https://www.diploweb.com/La-securite-economique-de-la-France-dans-la-mondialisation-une-strategie-de-puissance-face-aux.html

Royal Air Maroc apporte des précisions sur les vols spéciaux pour le retour des Marocains à l’étrange

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Royal Air Maroc apporte des précisions sur les vols spéciaux pour le retour des Marocains à l’étranger

LE 9 JUILLET 2020
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Faisant suite au communiqué du gouvernement marocain autorisant le déplacement par voies aérienne et maritime entre le Maroc et le reste du monde sous certaines conditions, Royal Air Maroc annonce dans un communiqué qu’elle mettra en place un nouveau programme de vols qui sera adapté aux conditions imposées par le gouvernement dans le cadre de cette opération.PUBLICITÉAds by Teads

La Compagnie Nationale tient à signaler qu’il s’agira de vols spéciaux qui seront programmés, en parfaite coordination avec les autorités marocaines concernées. Ils concerneront un nombre limité de destinations, composé en partie de routes déjà desservies par Royal Air Maroc. Aussi, le programme devrait être finalisé pour un début de commercialisation avant la fin de cette semaine, et dès lors les modalités de vente des billets seront communiquées. 

Par ailleurs, et conformément aux recommandations des pouvoirs publics et aux normes internationales, Royal Air Maroc a mis en place des mesures de sécurité sanitaire afin de garantir la santé et la sécurité de ses clients et de son personnel. A cet effet, la Compagnie Nationale tient à préciser que le port du masque est obligatoire sur l’ensemble de ses vols et que seuls les sacs à main et les sacs pour enfants et pour ordinateurs sont autorisés à bord comme bagages cabine. Royal Air Maroc rappelle également que ses services procèdent, entre autres, à la désinfection régulière des avions et de tous les espaces empruntés par les passagers depuis l’enregistrement jusqu’à l’embarquement. De même, les mesures de sécurité sanitaire sont extrêmement respectées durant l’opération d’embarquement comme le respect de la distanciation dans la zone d’embarquement, dans les bus de transfert et dans les escabeaux et les passerelles.

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LNT avec CdP

https://lnt.ma/royal-air-maroc-apporte-des-precisions-sur-les-vols-speciaux-pour-le-retour-des-marocains-a-letranger/?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Newsletter_jeudi_9_juillet_2020_alerte&utm_medium=email

Les globalistes révèlent que la grande réinitialisation économique est prévue pour 2021

Les globalistes révèlent que la grande réinitialisation économique est prévue pour 2021


Par Brandon Smith − Le 18 juin 2020 − Source Alt-Market.com

Pour ceux qui ne connaissent pas l’expression « réinitialisation de l’économie globale », c’est une expression qui est utilisée depuis plusieurs années de plus en plus souvent par les élitistes du monde des banques centrales. Je l’ai entendue pour la première fois en 2014, référencée par Christine Lagarde, la directrice du FMI à l’époque. La réinitialisation est souvent mentionnée dans le même souffle que des idées comme « le nouveau multilatéralisme » ou « l’ordre global multipolaire » ou « le nouvel ordre mondial ». Toutes ces phrases ont essentiellement la même signification.

La réinitialisation est présentée comme une solution à la crise économique actuelle qui a été déclenchée en 2008. Ce même crash financier est toujours présent aujourd’hui, mais aujourd’hui, après une décennie d’impression de monnaie de la part des banques centrales et de création de dettes, la bulle est encore plus grande qu’avant. Comme toujours, le « remède » des banques centrales est bien pire que la maladie, et le nouvel effondrement auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est bien plus meurtrier que ce qui serait arrivé en 2008 si nous avions simplement pris nos pertes et refusé de soutenir artificiellement les secteurs faibles de l’économie.

De nombreux économistes alternatifs attribuent souvent à tort à l’« orgueil » ou à l’« ignorance » l’habitude qu’a la Fed d’aggraver les choses. Ils pensent que la Fed veut en fait sauver le système financier ou « protéger la poule aux œufs d’or », mais ce n’est pas la réalité. La vérité est que la Fed n’est pas maladroite, la Fed est un saboteur, un kamikaze qui est prêt à se détruire elle-même en tant qu’institution afin de faire exploser l’économie américaine et d’ouvrir la voie à un nouveau système global unique et centralisé. D’où la « réinitialisation globale ».

En 2015, dans mon article « La réinitialisation économique globale a commencé« , j’ai déclaré :

La réinitialisation globale n’est pas une « réponse » au processus d’effondrement dans lequel nous sommes piégés aujourd’hui. Non, la réinitialisation globale telle que mise en œuvre par les banques centrales et la BRI/FMI est la cause de l’effondrement. L’effondrement est un outil, un lance-flammes qui brûle un grand trou dans la forêt pour faire place aux fondations de la Ziggourat globaliste à construire… le désastre économique sert les intérêts des élitistes.

En 2020, nous voyons maintenant le plan globaliste se concrétiser, les élites révélant ce qui semble être leur intention de lancer leur réinitialisation en 2021. Le Forum économique mondial (FEM) a officiellement annoncé l’initiative « Great Reset » dans le cadre de sa plateforme d’action Covid la semaine dernière, et un sommet est prévu en janvier 2021 pour discuter plus ouvertement de leurs plans avec le monde et les principaux médias.

Le FEM a également mis en ligne une vidéo assez bizarre sur le Reset, qui consiste en une série d’images du monde en train de s’effondrer (et des images d’usines rejetant des émissions de carbone inoffensives dans l’air, ce qui, je suppose, est censé nous effrayer avec des notions de réchauffement climatique). La destruction est ensuite « réinitialisée » en appuyant sur un bouton, tout redevient comme avant, dans un monde de nature vierge et sans humains, et les mots « Rejoignez-nous ».

La réinitialisation, selon les discussions du FMI, est ainsi la prochaine étape dans la formation d’un système économique global unique et d’un gouvernement global potentiel. Cela semble correspondre aux solutions proposées lors de la simulation de la pandémie de l’Event 201, une simulation de pandémie de coronavirus qui a été organisée par la Fondation Bill et Melinda Gates et le Forum économique mondial deux mois seulement avant que la vraie chose ne se produise au début de 2020. L’Event 201 a suggéré que l’une des principales solutions à une pandémie serait l’institution d’un organisme économique global centralisé qui pourrait gérer la réponse financière au coronavirus.

N’est-il pas commode que les événements de la véritable pandémie de coronavirus correspondent exactement à la simulation de l’Event 201, ainsi qu’aux plans de relance du FMI et du Forum économique mondial ? Comme on dit, ne laissez pas la crise se perdre, ou, comme le dit la devise des globalistes, « Order Out Of Chaos ».

Les troubles civils étant sur le point de devenir un mode de vie dans de nombreuses régions du monde, y compris aux États-Unis, et la pandémie prévoyant une résurgence des infections après la « réouverture », ce qui justifie une deuxième vague de confinement, probablement en juillet, l’économie telle que nous la connaissons est en train d’être détruite. Les derniers vestiges du système, qui ne tenaient plus qu’à un fil après le crash de 2008, sont maintenant en train d’être coupés.

L’objectif est assez évident : terrifier la population avec la pauvreté, les conflits internes et une chaîne d’approvisionnement brisée jusqu’à ce qu’elle fasse pression sur l’establishment pour obtenir de l’aide. Ensuite, proposer la « solution » de la tyrannie médicale, des passeports d’immunité, de la loi martiale, d’un système économique global basé sur une société numérique sans cash dans laquelle la vie privée au sens du commerce est effacée, puis former lentement mais sûrement un gouvernement global « multilatéral » sans visage qui ne répond à personne et fait ce qui lui plaît.

Je me souviens qu’en 2014, Christine Lagarde a commencé à parler de la réinitialisation. La même année, elle a également fait un discours très étrange au Club national de la presse, dans lequel elle a commencé à divaguer avec joie sur la numérologie et le « chiffre magique 7« . Beaucoup de gens au sein du club ont ri, car il y avait apparemment une blague entre « insiders » incompréhensible au reste d’entre nous. Je rappelle que la réunion du Forum économique mondial sur la réinitialisation du monde en 2021 se tiendra exactement 7 ans après le discours de Lagarde. Une autre coïncidence intéressante, je suppose… [Sans compter que 3*7=… 21, c’est magique, NdT]

Le nouvel ordre mondial, la réinitialisation globale, est un projet de longue haleine visant à centraliser le pouvoir, mais d’une manière qui est censée être maintenue pendant des siècles. Les élites savent qu’il ne suffit pas de parvenir à une gouvernance globale par la seule force ; une telle tentative ne ferait qu’entraîner une résistance et une rébellion éternelle. Non, ce que les élites veulent, c’est que le public DEMANDE, voire supplie, une gouvernance globale. Si le public est amené à l’exiger pour se sauver des horreurs du chaos global, il est beaucoup moins probable qu’il se rebellera plus tard. Problème – réaction – solution.

La pandémie ne va pas disparaître de sitôt. Tout le monde doit s’attendre à ce que les gouvernements des États et le gouvernement fédéral réclament de nouveaux blocages. Avec ces nouveaux verrouillages, l’économie américaine en particulier sera finie. Avec 40 millions de personnes qui ont perdu leur emploi lors du dernier confinement, de nombreux États qui n’ont été que partiellement rouverts et seulement 13 à 18 % des petites entreprises qui ont reçu des prêts de sauvetage pour survivre, les deux prochains mois vont être un rappel à la réalité dévastateur.

La véritable solution consistera pour les gens à former des communautés plus autonomes, libérées de l’économie dominante. La véritable solution devrait être la décentralisation et l’indépendance, et non la centralisation et l’esclavage. Les globalistes chercheront à s’opposer à toute tentative de rupture avec leur programme. Cela dit, ils ne peuvent pas faire grand-chose si des millions de personnes font des efforts de localisation en même temps. Si les gens ne dépendent pas du système, alors ils ne peuvent pas être contrôlés par le système.

Le véritable test viendra avec l’effondrement final de l’économie existante. Lorsque la stagflation sera encore plus forte qu’elle ne l’est actuellement et que les prix des produits de première nécessité doubleront ou tripleront à nouveau, et que le chômage augmentera encore davantage, combien de personnes réclameront la solution globaliste et combien construiront leur propre système ? Combien s’inclineront en signe de soumission et combien seront prêts à riposter. C’est une question à laquelle je n’ai toujours pas de réponse, même après 14 ans d’analyse sur le sujet.

Ce que je soupçonne, c’est que beaucoup de gens vont se défendre. Pas autant qu’on pourrait l’espérer, mais suffisamment pour défendre la cause de la liberté. C’est peut-être trop optimiste, mais je crois que les globalistes sont destinés à perdre cette guerre à long terme.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-globalistes-revelent-que-la-grande-reinitialisation-economique-est-prevue-pour-2021

MAINTENANT VIENT LA GRANDE REMISE À ZÉRO DE DAVOS


MAINTENANT VIENT LA GRANDE REMISE À ZÉRO DE DAVOS

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10.06.2020SuisseF. William Engdahl

Pour ceux qui se demandent ce qui se passera après que la pandémie de Covid19 ait réussi à fermer l’économie mondiale, propageant la pire dépression depuis les années 1930, les dirigeants de la première ONG de mondialisation, Davos World Economic Forum, viennent de dévoiler les grandes lignes de ce que nous peut attendre la prochaine. Ces gens ont décidé de saisir cette crise comme une opportunité.

Le 3 juin, via son site Web, le Forum économique mondial de Davos (WEF) a dévoilé les grandes lignes de son prochain forum de janvier 2021. Ils appellent cela «la grande remise à zéro». Il s’agit de tirer parti de l’impact stupéfiant du coronavirus pour faire avancer un programme très précis. Assez remarquable, cet agenda s’inscrit parfaitement dans un autre agenda spécifique, à savoir l’Agenda 2030 des Nations Unies pour 2015. L’ironie du premier forum mondial des grandes entreprises, celui qui a fait avancer l’agenda de la mondialisation des entreprises depuis les années 1990, englobant désormais ce qu’ils appellent le développement durable, est énorme. Cela nous donne un indice que ce programme ne concerne pas tout à fait ce que le WEF et ses partenaires revendiquent.

La grande remise à zéro

Le 3 juin, le président du WEF, Klaus Schwab, a publié une vidéo annonçant le thème annuel pour 2021, The Great Reset. Il semble que ce ne soit rien de moins que de promouvoir un programme mondial de restructuration de l’économie mondiale selon des lignes très spécifiques, sans surprise, tout comme celui préconisé par le GIEC, par Greta de Suède et ses amis d’entreprise tels qu’Al Gore ou Larry Fink de Blackwater.

Il est intéressant de noter que les porte-parole du WEF cadrent la «réinitialisation» de l’économie mondiale dans le contexte du coronavirus et l’effondrement de l’économie industrielle mondiale qui s’ensuit. Le site Web du WEF déclare: «Il existe de nombreuses raisons de poursuivre une grande réinitialisation, mais la plus urgente est COVID-19». La grande remise à zéro de l’économie mondiale découle donc de covid19 et de «l’opportunité» qu’elle présente.

En annonçant le thème 2021, le fondateur du WEF, Schwab, a ensuite déclaré, en modifiant intelligemment l’ordre du jour: « Nous n’avons qu’une seule planète et nous savons que le changement climatique pourrait être la prochaine catastrophe mondiale avec des conséquences encore plus dramatiques pour l’ humanité. » L’implication est que le changement climatique est la raison sous-jacente de la catastrophe pandémique du coronavirus.

Pour souligner leur programme écologique «durable», le WEF a ensuite comparu devant le futur roi d’Angleterre, le prince Charles. Se référant à la catastrophe mondiale de Covid19, le prince de Galles déclare: «S’il y a une leçon critique à tirer de cette crise, c’est que nous devons mettre la nature au cœur de notre fonctionnement. Nous ne pouvons tout simplement pas perdre plus de temps. » À bord de Schwab et du Prince se trouve le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il déclare: «Nous devons construire des économies et des sociétés plus égalitaires, inclusives et durables, plus résilientes face aux pandémies, au changement climatique et aux nombreux autres changements mondiaux auxquels nous sommes confrontés.» Notez son discours sur les «économies et sociétés durables» – plus à ce sujet plus tard. La nouvelle directrice du FMI, Kristalina Georgieva, a également approuvé The Great Reset. Parmi les autres personnes réinstallées au WEF, mentionnons Ma Jun, président du comité des finances vertes de la China Society for Finance and Banking et membre du comité de politique monétaire de la Banque populaire de Chine; Bernard Looney, PDG de BP; Ajay Banga, PDG de Mastercard; Bradford Smith, président de Microsoft.

Ne vous y trompez pas, le Great Reset n’est pas une idée immédiate de Schwab et de ses amis. Le site Web du WEF déclare: «Les blocages du COVID-19 peuvent progressivement se relâcher, mais l’anxiété face aux perspectives sociales et économiques du monde ne fait que s’intensifier. Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter: une forte récession économique a déjà commencé et nous pourrions être confrontés à la pire dépression depuis les années 1930. Mais, bien que ce résultat soit probable, il n’est pas inévitable. » Les sponsors du WEF ont de grands projets: «… le monde doit agir conjointement et rapidement pour réorganiser tous les aspects de nos sociétés et économies, de l’éducation aux contrats sociaux et aux conditions de travail. Chaque pays, des États-Unis à la Chine, doit participer et chaque industrie, du pétrole et du gaz à la technologie, doit être transformée. En bref, nous avons besoin d’une « grande remise à zéro » du capitalisme. «  C’est un gros truc.

Changements radicaux

Schwab révèle plus de l’ordre du jour à venir: «… une doublure argentée de la pandémie est qu’elle a montré à quelle vitesse nous pouvons apporter des changements radicaux à nos modes de vie. Presque instantanément, la crise a contraint les entreprises et les particuliers à abandonner des pratiques longtemps considérées comme essentielles, des voyages aériens fréquents au travail dans un bureau. » Ce sont censés être des doublures en argent?

Il suggère que ces changements radicaux soient étendus: «Le programme Great Reset aurait trois composantes principales. Le premier orienterait le marché vers des résultats plus justes. À cette fin, les gouvernements devraient améliorer la coordination… et créer les conditions d’une «économie des parties prenantes…». Cela comprendrait «des changements aux impôts sur la fortune, le retrait des subventions aux combustibles fossiles et de nouvelles règles régissant la propriété intellectuelle, le commerce et la concurrence».

Le deuxième volet du programme Great Reset garantirait que «les investissements font progresser des objectifs communs, tels que l’égalité et la durabilité». Ici, le chef du WEF déclare que les récents énormes budgets de relance économique de l’UE, des États-Unis, de la Chine et d’ailleurs doivent être utilisés pour créer une nouvelle économie, «plus résiliente, équitable et durable à long terme. Cela signifie, par exemple, la construction d’infrastructures urbaines «vertes» et la création d’incitations pour les industries afin d’améliorer leurs antécédents en matière de mesures environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). »

Enfin, la troisième étape de cette grande réinitialisation mettra en œuvre l’un des projets favoris de Schwab, la quatrième révolution industrielle: «La troisième et dernière priorité d’un programme de grande réinitialisation est d’exploiter les innovations de la quatrième révolution industrielle pour soutenir le bien public, en particulier en relevant les défis sanitaires et sociaux. Pendant la crise du COVID-19, des entreprises, des universités et d’autres ont uni leurs forces pour développer des diagnostics, des thérapies et d’éventuels vaccins; établir des centres de test; créer des mécanismes de traçage des infections; et offrir la télémédecine. Imaginez ce qui pourrait être possible si des efforts concertés similaires étaient déployés dans tous les secteurs. » La quatrième révolution industrielle comprend la biotechnologie d’édition de gènes, les télécommunications 5G, l’intelligence artificielle et similaires.

L’Agenda 2030 des Nations Unies et la grande remise à zéro

Si nous comparons les détails de l’Agenda 2030 des Nations Unies 2015 avec le Great Reset du WEF, nous trouvons les deux queues d’aronde très bien. Le thème de l’Agenda2030 est un «monde durable» qui est défini comme un monde avec l’égalité des revenus, l’égalité des sexes, des vaccins pour tous dans le cadre de l’OMS et de la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) qui a été lancée en 2017 par le WEF avec le projet de loi. & Fondation Melinda Gates.

En 2015, l’ONU a publié un document intitulé «Transformer notre monde: le Programme de développement durable à l’horizon 2030». L’administration Obama ne l’a jamais soumise au Sénat pour ratification, sachant qu’elle échouerait. Pourtant, il progresse à l’échelle mondiale. Il comprend 17 objectifs de développement durable, prolongeant un programme antérieur21. Les 17 comprennent «mettre fin à la pauvreté et à la faim, sous toutes leurs formes et dimensions… pour protéger la planète de la dégradation, y compris par la consommation et la production durables, la gestion durable de ses ressources naturelles et la prise de mesures urgentes contre le changement climatique…» Il appelle à un développement économique durable croissance, agriculture durable (OGM), énergie durable et moderne (éolien, solaire), villes durables, industrialisation durable… Le mot durable est le maître mot. Si nous approfondissons, il est clair que c’est le mot de code pour une réorganisation de la richesse mondiale par des moyens tels que des taxes sur le carbone punitives qui réduiront considérablement les voyages en avion et en véhicule. Le monde moins développé n’augmentera pas vers les pays développés, mais dans l’autre sens, les civilisations avancées doivent baisser dans leur niveau de vie pour devenir «durables».

Maurice Strong

Pour comprendre l’utilisation du double langage du durable, nous devons retourner à Maurice Strong, un pétrolier milliardaire canadien et ami proche de David Rockefeller, l’homme qui a joué un rôle central dans les années 1970 pour l’idée que les émissions de CO2 d’origine humaine rendaient le monde insoutenable. Strong a créé le Programme des Nations Unies pour l’environnement et, en 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental des Nations Unies sur les changements climatiques (GIEC) pour étudier exclusivement le CO2 d’origine humaine.

En 1992, Strong a déclaré: «N’est-ce pas le seul espoir pour la planète que les civilisations industrialisées s’effondrent? N’est-ce pas notre responsabilité de réaliser cela? » Au Rio Earth Summit Strong la même année, il a ajouté: «Les modes de vie et les modes de consommation actuels de la classe moyenne aisée – impliquant une consommation élevée de viande, l’utilisation de combustibles fossiles, des appareils électroménagers, la climatisation et des logements de banlieue – ne sont pas durables.»

La décision de diaboliser le CO2, l’un des composés les plus essentiels au maintien de la vie, humaine et végétale, n’est pas aléatoire. Comme le dit le professeur Richard Lindzen, physicien atmosphérique du MIT, «le CO2 pour différentes personnes a des attraits différents. Après tout, c’est quoi? – ce n’est pas un polluant, c’est un produit de la respiration de chaque créature vivante, c’est le produit de toute respiration végétale, c’est essentiel pour la vie végétale et la photosynthèse, c’est un produit de toute combustion industrielle, c’est un produit de la conduite – je veux dire, si vous avez toujours voulu un point de levier pour tout contrôler, de l’expiration à la conduite, ce serait un rêve. Il a donc une sorte d’attractivité fondamentale pour la mentalité bureaucratique. »

N’oublions pas que l’exercice de pandémie de New York, curieusement bien organisé, l’événement 201 du 18 octobre 2019 a été coparrainé par le Forum économique mondial et la Fondation Gates. Il était basé sur l’idée que «ce n’est qu’une question de temps avant qu’une de ces épidémies ne devienne mondiale – une pandémie aux conséquences potentiellement catastrophiques. Une pandémie grave, qui deviendra «l’événement 201», nécessiterait une coopération fiable entre plusieurs industries, gouvernements nationaux et principales institutions internationales. » Le scénario Event201 posait «une épidémie d’un nouveau coronavirus zoonotique transmis des chauves-souris aux porcs aux personnes qui finit par devenir efficacement transmissible d’une personne à l’autre, conduisant à une grave pandémie. Le pathogène et la maladie qu’il provoque sont largement calqués sur le SRAS, mais il est plus transmissible en milieu communautaire par les personnes présentant des symptômes bénins. »

La déclaration du Forum économique mondial de faire une grande remise à zéro est, selon toutes les indications, une tentative à peine voilée de faire progresser le modèle dystopique «durable» de l’Agenda 2030, un «New Deal vert» mondial à la suite des mesures pandémiques de Covid19. Leurs liens étroits avec les projets de la Fondation Gates, avec l’OMS et avec l’ONU suggèrent que nous pourrions bientôt faire face à un monde beaucoup plus sinistre après la pandémie de Covid19.

Perspectives orientales »HideRelated linksHide Liens connexesDavos et son danger pour la démocratie

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« Le piège américain » de Frédéric Pierucci


Un livre sur la guerre économique menée par les Etats Unis


Par Will Dunn − Le 18 décembre 2019 − Source NewStatesMan

En début d’année, un groupe de journalistes a été autorisé à pénétrer dans le bureau de Ren Zheng-fei, le fondateur et PDG de Huawei. Lorsque les photos de la visite ont été publiées sur Internet, les lecteurs ont rapidement remarqué le choix de lecture de Ren : une traduction en mandarin du livre Le Piège Américain, dans laquelle Frédéric Pierucci a utilisé l’expérience de son arrestation et de son emprisonnement aux États-Unis pour raconter l’histoire d’une longue et discrète guerre commerciale menée par les États-Unis contre le reste du monde. La lecture de ce livre a dû être pleine d’enseignements pour Zheng-fei, dont la société est au centre de tensions entre les États-Unis et la Chine et dont la fille, Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, est actuellement assignée à résidence au Canada et risque d’être extradée vers les États-Unis pour fraude (ce qu’elle conteste). Mais comme Pierucci l’a découvert lui-même, l’agression d’entreprises étrangères par les États-Unis est une tendance établie.

Début 2013, Pierucci était invité à dîner au 57e étage de l’hôtel Marina Bay Sands à Singapour par son patron, Patrick Kron, alors PDG du géant industriel français Alstom. Parmi les cadres présents se trouvait Keith Carr, le directeur juridique du groupe. Carr et Pierucci ont brièvement évoqué « l’affaire Tarahan » : une enquête sur l’utilisation de « consultants » pour persuader des membres du gouvernement indonésien d’acheter des équipements Alstom afin de les utiliser dans leurs centrales électriques. La plupart des acteurs du secteur de l’énergie savaient que ces « consultants » soudoyaient des fonctionnaires, mais une enquête interne d’Alstom avait disculpé Pierucci lui-même de toute implication. Alors qu’ils sirotaient des cocktails, Carr a dit à Pierucci : « Vous n’avez absolument rien à craindre ».

Quelques semaines plus tard, Pierucci s’envolait pour New York pour un voyage d’affaires de routine. Il fut arrêté par des agents du FBI à sa descente d’avion et s’est retrouvé, pendant quelques heures, menotté à un mur et soumis à un interrogatoire. Encore sous le choc et le décalage horaire, il a été transféré dans une prison de haute sécurité, dans une cellule surpeuplé et sans fenêtres où les meurtres et les violences sexuelles sont monnaie courante, et on lui a dit qu’il risquait une peine maximale de 125 ans.

Pierucci a été inculpé en vertu de la loi sur les pratiques de corruption à l’étranger, qui permet au ministère de la justice (DoJ) de poursuivre des ressortissants étrangers pour des crimes – notamment de corruption – commis en dehors de sa juridiction. Si une entreprise emploie des personnes, négocie ses actions ou même stocke ses courriels (comme le fait presque tout le monde) aux États-Unis, le DoJ a le droit d’enquêter, d’emprisonner et d’infliger de lourdes amendes.

Les Américains savaient que Pierucci n’était pas le meneur des pratiques de corruption d’Alstom. Lorsque d’autres cadres d’Alstom ont été arrêtés et que le DoJ s’en est pris à la direction de l’entreprise, il est devenu évident que la liberté de Pierucci était devenue un instrument de chantage pour un accord. En avril 2014, après un peu plus d’un an de prison (sans avoir été ni condamné ni libéré sous caution), Pierucci a découvert la nature de cet accord. D’une télévision dans la salle commune de la prison, il a appris qu’Alstom avait accepté de vendre toute sa division énergie à General Electric (GE).

La France a un modèle d’investissement public dans l’approvisionnement énergétique dont le Royaume-Uni ne peut que rêver. Après le choc pétrolier de 1973, le pays a mis en œuvre le plan Messmer, un vaste programme de construction qui a permis de créer 56 centrales nucléaires. La France possède tellement d’énergie nucléaire bon marché qu’elle peut même en vendre à d’autres pays ; trois millions de foyers britanniques sont alimentés par l’électricité française. Mais en 2014, une grande partie de l’infrastructure nucléaire française – y compris les centrales elles-mêmes – est devenue propriété américaine. [Étonnant, c’est plus EDF qui possède les centrales, Alsthom ne fait que la maintenance même si c’est stratégique, NdT]

Pierucci et son partenaire en écriture, le journaliste d’investigation Matthieu Aron, ont élaboré un compte-rendu détaillé des machinations qui ont permis cet acte de « guerre économique ». On y voit des lobbyistes se frayer facilement un chemin depuis les bureaux de Barack Obama et d’Emmanuel Macron jusqu’à la salle du conseil d’administration de GE ; des auditeurs ne voyant que ce pour quoi ils sont payés ; des petits actionnaires voyant leurs investissements s’évaporer tandis que Patrick Kron, qui était le PDG de la société pendant la majeure partie de la période où Alstom soudoyait les marchés de l’énergie dans le monde entier, quitte l’entreprise avec les honneurs et un parachute doré de plus de 12 millions d’euros.

Au-delà du fait qu’il y a de la corruption partout et qu’elle n’est punie que lorsque cela est opportun, ce livre a quelque chose d’important à dire sur le monde d’aujourd’hui. Alors que Trump cherche à empêcher la croissance industrielle de la Chine en utilisant les droits de douane, une guerre commerciale plus subtile et plus efficace est menée depuis de nombreuses années. Tant sous les administrations républicaines que démocrates, les États-Unis cherchent à « déstabiliser », comme le décrit Pierucci, les grandes entreprises des autres nations. Des entreprises britanniques, françaises, suédoises, russes et allemandes ont payé des dizaines de milliards d’amendes lorsque les États-Unis ont étendu leur juridiction légale au monde entier. Les États-Unis ne sont pas non plus les seuls à mener ce combat : Carlos Ghosn, l’ancien PDG de Nissan-Renault, a été arrêté au Japon pour crime financier mais proteste contre le fait qu’il fasse l’objet d’une « conspiration » à motivation politique, alors que le Japon et la France se bousculent pour le contrôle de la production automobile.

Plus important encore, il confirme que si les hommes politiques se positionnent du côté du marché libre ou de l’État, il s’agit d’un mensonge. Aucun marché n’est totalement libre, et les deux sont toujours liés – parfois bien plus que ce que l’on pourrait imaginer.

Will Dunn

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

« Le piège américain » de Frédéric Pierucci


Un livre sur la guerre économique menée par les Etats Unis

https://lesakerfrancophone.fr/le-piege-americain-de-frederic-pierucci


Huawei : parangon des nouvelles dynamiques de la guerre économique.

Huawei : parangon des nouvelles dynamiques de la guerre économique.

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Publié par Martin Quievre le 20 Mai 2020

Alors que Huawei a su s’imposer comme le leader du marché des équipements de télécommunications, les autres acteurs, puissances occidentales en tête, grincent des dents. En cause, les liens occultes qui lient le géant de Shenzhen au régime chinois et la concurrence redoutable qu’il impose. Portrait d’un nouveau théâtre de la guerre économique : entre dynamiques publiques et privées, actions légales et occultes.

​Huawei : parangon des nouvelles dynamiques de la guerre économique.

Des liens occultes avec le gouvernement chinois

Fondé par un ex-ingénieur de l’armée chinoise, Huawei est accusé par le gouvernement américain d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois. Ainsi, s’appuyant sur une loi chinoise obligeant les entreprises dont le siège se situe en RPC d’apporter une ‘aide technique’ au gouvernement chinois, la CIA et le FBI ont, depuis 2010, déconseillés l’usage des appareils Huawei aux États-Unis. Le conflit a été exacerbé en 2018 avec l’arrestation, demandée par les Etats-Unis, de la directrice financière et fille du fondateur de Huawei, au Canada. Washington accuse Huawei de laisser des « backdoors » (portes-dérobées) à destination des services de renseignements chinois dans l’implémentation de son nouveau réseau 5G aux États-Unis.

Acculé, l’ennemi public n°1 a décidé de contre-attaquer. Aussi, en ce mois de mars 2020, Huawei a inauguré un centre spécialisé dans la cybersécurité à Bruxelles pour répondre aux accusations d’espionnage dont il fait l’objet. Une plainte a également été déposée contre le gouvernement canadien à la suite de l’arrestation de Meng Wanzhou. Enfin, Huawei a entamé des poursuites judiciaires contre l’administration Trump qui a interdit l’usage de ses appareils par les fonctionnaires américains.

Un conflit qui entre dans le cadre de la guerre économique entre la Chine et les États-Unis

« Un niveau sans précédent. » C’est par ces mots que l’ex-directeur du renseignement de la DGSE Alain Juillet a décrit l’acharnement avec lequel les États-Unis attaquent les entreprises étrangères. En effet, depuis le début de la guerre économique et commerciale entre les États-Unis et la Chine, Washington a multiplié les actions offensives. Ainsi, au-delà de la simple guerre commerciale, c’est la course au leadership technologique entre les deux puissances qui se joue. Toutefois, s’il existe un consensus politique outre-Atlantique qui prône la méfiance vis-à-vis de Huawei, les autres pays Occidentaux estiment, eux, que la méfiance ne peut suffire à contourner les règles de la concurrence.

Si le conflit entre Huawei et l’Occident a lieu sur bien des fronts et à différentes échelles, on peut toutefois relever un dénominateur commun : l’utilisation des techniques d’intelligence économique. En effet, on peut relever des campagnes de dénigrement massives de la part du gouvernement américain, mais aussi l’utilisation des « fake-news » dans les deux camps. On peut également prendre comme exemple le recrutement probable par des agences étrangères de deux businessmen canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor. Par ailleurs, Guo Ping, CEO de Huawei, a accusé la CIA d’avoir eu recours aux piratages de serveurs, aux vols de codes et à la récupération d’email de ses cadres.

Autant d’exemples qui montrent que l’intelligence économique tient et continuera de tenir un rôle prégnant dans un des dossiers les plus vifs de l’actualité.

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