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La Russie dit que les BRICS recherchent un système de paiement commun sans dollar


La Russie dit que les BRICS recherchent un système de paiement commun sans dollar

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par Tyler DurdenJeu., 14/11/2019 – 21:250ACTIONSTwitterFacebookRedditEmailImprimer

La fracture de l’économie mondiale et la dédollarisation semblent aller de l’avant. 

Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, regroupés sous le nom de BRICS, sont cinq économies nationales émergentes qui développent un nouveau système de paiement universel pour contester le réseau de paiement international SWIFT des États-Unis, a déclaré  jeudi à Reuters un responsable russe  .  

L’effort de dépollution de la Russie a pris de l’ampleur au cours des dernières années, conformément à l’engagement pris par le président Poutine de réduire la vulnérabilité du pays face à la menace persistante de sanctions américaines. Mais il n’y a pas que la Russie qui souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis des dollars pour le commerce, c’est l’ensemble du bloc économique  

Kirill Dmitriev, responsable du Fonds d’investissement direct russe (RDIF), a déclaré que « l’augmentation des risques non liés au marché de l’infrastructure mondiale de paiement » est à l’origine de la volonté de développer un nouveau système de paiement international pour les pairs du BRICS. 

« Un système de paiement BRICS efficace peut encourager les paiements en monnaies nationales et garantir des paiements et des investissements durables entre nos pays, qui représentent plus de 20% de l’afflux mondial d’investissements directs étrangers », a déclaré M. Dmitriev.

M. Dmitriev a indiqué que ses homologues du groupe BRICS avaient également discuté d’une nouvelle crypto-monnaie commune pour les paiements mutuels, en tant que solution de rechange au dollar. 

Il a ajouté que la Russie avait consenti des efforts considérables au cours des dernières années pour réduire le commerce extérieur en dollars. Au cours des dernières années, les paiements du commerce extérieur russe en dollars sont passés de 92% à 50%, tandis que les transactions en roubles sont passées de 14% à 3%, a-t-il ajouté. 

Mercredi, sous – ministre russe des Finances Vladimir Kolychev a été  cité  par Reuters comme disant fonds de richesse souverain russe réduira dollars américains et étudie si elle doit ajouter yuan chinois.  

Le mois dernier, le ministre russe de l’Economie, Maxim Oreshkin, a  déclaré  au Financial Times que le pays continuerait sur la voie de la dédollarisation et commencerait à négocier certaines transactions pétrolières en euros et en roubles.

Le désir de la Russie d’abandonner le dollar est une tendance qui ne cesse de croître – il semble maintenant que les pairs du BRICS pourraient suivre la même voie. Cela va certainement irriter Washington.

 https://www.zerohedge.com/geopolitical/russia-says-brics-looking-common-non-dollar-payment-system

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Le ralentissement économique sème le trouble dans l’UE

Le ralentissement économique sème le trouble dans l’UE

Par : Jorge Valero | EURACTIV.com | translated by Nathanaël Herman

 9:31 (mis à jour:  10:33)

EPA-EFE/OLIVIER HOSLET [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Langues : English

   

Les États membres de l’UE devraient se préparer à « tous les scénarios », alors que l’économie européenne continue de ralentir et ne devrait pas reprendre de si peu, avertit la Commission européenne dans ses dernières prévisions économiques.

L’économie européenne vient d’entrer dans une nouvelle phase. Alors que la production a augmenté tout au long de cette décennie, comme en témoignent les chiffres impressionnants des dernières années, « ce n’est plus le cas à l’heure actuelle », a signalé le commissaire des Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Selon les chiffres présentés le jeudi 7 novembre, la zone euro devrait connaitre une croissance de 1,1 % cette année et de 1,2 % en 2020 et 2021. Les estimations de juillet, elles, prévoyaient une augmentation de 1,2 % du PIB en 2019 et de 1,4 % en 2020.

La croissance économique de l’ensemble de l’UE stagnera à 1,4 % pendant les deux prochaines années, un chiffre revu à la baisse par rapport aux prévisions de juillet 2018 qui l’établissaient à 1,6 %.

Pierre Moscovici a déclaré qu’il s’agissait « d’un nouveau régime » par rapport aux anciennes prévisions, étant donné que son équipe ne s’attend plus à une relance économique dans les deux prochaines années.

En Europe, le chômage se stabilise et la croissance cale

La croissance dans la zone euro est restée stable au troisième trimestre, mais à un niveau faible de 0,2%, signe d’une stagnation de l’activité en Europe, selon l’Office européen de statistiques Eurostat. Un article de notre partenaire, la Tribune.

« Nous devons être prêts à tous les scénarios », a-t-il affirmé.

Marco Buti, chef de la direction générale des affaires économiques et financières à la Commission européenne, a expliqué dans le document présenté que ce ralentissement économique appelé à durer constituait un « changement majeur » et se fondait « sur l’évaluation que de nombreuses caractéristiques de ce ralentissement mondial perdureront ».

Malgré cette évaluation maussade, M. Moscovici a souligné que l’économie européenne continuerait de croître, mais plus lentement, et qu’une récession économique n’était pas envisagée par l’exécutif européen.

Mais il a ajouté qu’ « il fallait faire en sorte que ce “plateau” ne soit pas “un plafond”, car nous avons, de l’autre côté, des risques de baisse qui pourraient se matérialiser ».

Il s’est, en outre, aligné sur les avis de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autres institutions, appelant ainsi les États membres avec des finances publiques plus saines, comme les Pays-Bas et l’Allemagne, à investir plus pour stimuler l’économie.

D’après le commissaire, ce boost n’est pas urgent, mais les gouvernements nationaux avec de la marge budgétaire devraient y réfléchir « pour que nous soyons en mesure de réagir rapidement ».

Macro Buti argue que les États membres avec de meilleures situations budgétaires devraient profiter des très faibles (voire négatifs) coûts de financement, afin d’investir dans des projets « avec un retour social, environnemental et économique élevé ».

Les tensions commerciales mondiales continuent d’inquiéter l’exécutif européen.

« La recrudescence des tensions commerciales et l’incertitude de ce secteur ont très probablement eu des effets néfastes permanents sur le commerce international » a écrit M. Buti, qui dirigera le cabinet du commissaire désigné à l’Économie, Paolo Gentiloni.

L’italien Paolo Gentiloni réussit son oral devant les eurodéputés

L’ancien chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni a reçu l’aval du Parlement européen le 3 octobre pour devenir commissaire européen à l’Économie, malgré la position délicate de son pays en matière budgétaire.

Les pays

Dans le cas de l’Allemagne, la Commission a légèrement ajusté son PIB à 0,04, mais diminué sa croissance économique de 0,4 % afin d’atteindre 1 % pour l’année, une tendance qui devrait se maintenir en 2021.

L’économie allemande compensera la baisse de la demande mondiale et des investissements avec sa consommation privée et une dette publique « modérément expansionniste ».

Parmi les plus grandes économies de l’UE, l’Espagne devrait endurer les plus grosses pertes. Selon les prévisions, son PIB devrait chuter de 0,4 % cette année et l’année prochaine (1,9 % en 2019 et 1,5 % en 2020). En 2021 l’économie espagnole devrait augmenter de 1,4 %.

L’office national de la statistique est à l’origine de la moitié de la baisse, car il a apporté des modifications à l’historique de données, mais l’économie espagnole a aussi été affectée par le ralentissement du rythme de la croissance qui s’inscrit dans une période d’incertitude au niveau mondial.

La production française devrait également décélérer à environ 1,3 % cette année et l’année prochaine, puis à 1,2 % en 2021. La consommation contribuera à compenser le ralentissement de l’investissement et l’impact des tensions commerciales sur les exportations.

L’économie italienne « ne montre encore aucun signe de reprise significative », après la stagnation enregistrée l’année dernière, selon les prévisions. La croissance économique n’atteindra que 0,1 % cette année, puis 0,4 % et 0,7 % en 2020 et 2021, respectivement.

Selon l’évaluation de la Commission, Rome ne parviendra pas non plus à équilibrer ses comptes publics, comme le gouvernement de coalition l’avait convenu avec la Commission. Le déficit et de la dette continueront d’augmenter au cours des deux prochaines années en raison de la croissance plus faible et de l’augmentation des coûts des mesures antérieures.

La dette publique italienne devrait ainsi passer de 134,8 % de son PIB en 2018 à 137,4 % en 2021.

Langues : English

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/as-economy-slows-commission-tells-member-states-to-be-ready-for-all-scenarios/

Pourquoi la Fed a injecté en catastrophe 270 milliards $ sur les marchés monétaires Richard Détente

POURQUOI LA FED A INJECTÉ EN CATASTROPHE 270 MILLIARDS $ SUR LES MARCHÉS MONÉTAIRES

PUBLIÉ PAR RICHARD DÉTENTE | 26 SEPT. 2019 | ARTICLES188 

La Fed a dû voler au secours de l’économie américaine en injectant d’urgence des dizaines de milliers de dollars de liquidités dans le système financier en une semaine. C’est la première fois depuis la crise financière de 2008 que la Fed intervient ainsi sur les marchés monétaires. Pour quelle raison injecter plus de 270 milliards $ dans une économie qui va bien ? Pourquoi nos banques ont-elles si peur ? Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise financière ?

https://youtu.be/iMN1HMR1pzQ

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.Tags : InterviewsÉconomieCrise financièreMonnaieBanques centralesMarché actionsTaux d’intérêtPolitiqueQEInflationBanques


RICHARD DÉTENTE  VIDÉOS DE VULGARISATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

Diplômé d’études supérieures en commerce et enseignant à l’université de Lyon, il me paraît essentiel que l’économie et la finance soient expliqués de manière compréhensible pour tous. C’est l’intérêt des vidéos de vulgarisation diffusées sur ma chaîne « Grand Angle ». Derrière chaque sujet, complexe en apparence, se cache une réalité simple.

https://or.fr/actualites/pourquoi-fed-injecte-en-catastrophe-270-milliards-sur-marches-monetaires-1634

Le voyagiste britannique Thomas Cook fait faillite

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Le voyagiste britannique Thomas Cook fait faillite

  • Par  Le Figaro avec AFP 
  • Mis à jour le 23/09/2019 à 11:37 
  • Publié le 23/09/2019 à 06:17
Thomas Cook est le plus vieux tour opérateur du monde.

Les autorités vont devoir organiser le rapatriement massif de 600.000 touristes dans le monde. Le groupe est né en 1841. Un numéro d’urgence destiné aux clients français a été mis en place.

Clap de fin pour Thomas Cook. Le voyagiste britannique a annoncé ce lundi qu’il faisait faillite après avoir échoué à trouver des fonds nécessaires pour sa survie. Le groupe est donc placé en liquidation judiciaire «avec effet immédiat», laissant 600.000 touristes, dont 150.000 Britanniques dans le monde, sur leurs lieux de vacances. Les autorités vont donc devoir organiser une opération de rapatriement massif, la plus importante pour des civils depuis la Seconde Guerre mondiale.

Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage (EDV), indiquait hier au Figaro que le nombre de Français en voyage avec Thomas Cook était de l’ordre de 10.000. Une information confirmée par la filiale française de l’entreprise ce lundi : 9842 clients sont actuellement en vacances et devront être rapatriés. Un numéro d’urgence destiné à ces personnes a été mis en place au 01-45-05-40-81.

» LIRE AUSSI – Que risquent les clients français du voyagiste Thomas Cook?

«Malgré des efforts considérables (au cours du week-end), les discussions entre les différentes parties prenantes du groupe et de nouvelles sources de financements possibles n’ont pas débouché sur un accord. Le conseil d’administration a donc conclu qu’il n’avait d’autre choix que de prendre les mesures pour entrer en liquidation judiciaire avec effet immédiat», explique le communiqué du groupe.

En parallèle, l’autorité britannique de l’Aviation (CAA) a indiqué que Thomas Cook, «tour opérateur et compagnie d’aviation à la fois, a cessé ses activités avec effet immédiat. Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées». Les cabinets AlixPartners et KPMG doivent être nommés administrateurs des différentes filiales du groupe.

» LIRE AUSSI – Compagnies aériennes: le casse-tête de la reprise des actifs

Peter Fankhauser, numéro un de l’entreprise, commente que malgré l’accord «largement approuvé, une requête pour des fonds supplémentaires ces derniers jours a présenté une difficulté qui s’est révélée insurmontable». Le destin du voyagiste s’est en effet joué en quelques jours. Des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d’euros) de financements supplémentaires pour qu’un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres mené par l’actionnaire chinois Fosun, soit validé. Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, en vain.

«C’est un profond regret pour le conseil d’administration et moi de ne pas avoir réussi. Je tiens à m’excuser auprès de nos millions de clients, nos milliers d’employés, fournisseurs et partenaires qui nous soutiennent depuis des années», reprend le patron de l’entreprise, déplorant aussi un «jour profondément triste pour une entreprise pionnière du voyage organisé».

Le principal actionnaire de l’entreprise, le groupe chinois Fosun, s’est déclaré «déçu» que Thomas Cook n’ait pu remonter la pente. «Nous exprimons notre plus profonde compassion à tous ceux qui sont touchés par cette situation», a indiqué l’entreprise, qui possédait 17% du capital de la compagnie britannique.

L’Etat britannique prêt à intervenir

L’échec d’un des fleurons du tourisme britannique n’a pas tardé à faire réagir outre-Manche : «Le gouvernement aurait du être prêt à en faire plus : intervenir, stabiliser la situation et permettre la mise en place d’un plan de long terme», a regretté le Chancelier de l’Échiquier (l’équivalent d’un ministre des Finances) de l’opposition travailliste, John McDonnell. Il s’est également prononcé pour que les patrons de l’entreprise remboursent tous les bonus qu’ils avaient reçus. «Ils doivent vraiment réfléchir quant à la manière dont ils ont provoqué cette situation, et dont ils l’ont exploité», a-t-il déclaré à la BBC.

Le premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, a quant à lui déclaré qu’il fallait «examiner les moyens par lesquels les voyagistes peuvent se protéger d’une telle faillite à l’avenir». Il a également déclaré que ses pensées allaient vers «les vacanciers, qui risquent maintenant d’avoir des difficultés à rentrer chez eux». L’Etat britannique interviendra «d’une manière ou d’une autre» pour soutenir ces personnes, a-t-il affirmé.

Le voyagiste va devoir faire face à une situation complexe : environ 140.000 personnes voyageaient avec sa filiale allemande et 10.000 avec ses agences françaises. Des chiffres qui restent toutefois en-deçà des 150.000 ressortissants britanniques qui devront rentrer au Royaume-Uni. La faillite de Thomas Cook aura rapidement des conséquences sur le tourisme : en Turquie, ainsi, le chef de la fédération hôtelière a estimé que le pays pourrait perdre entre 600.000 et 700.000 touristes par an, sans compter les établissements qui devraient perdre le soutien financier du groupe britannique.

Condor maintient ses vols

Filiale du groupe Thomas Cook, la compagnie aérienne allemande Condor a de son côté annoncé lundi qu’elle maintenait ses vols. Elle a néanmoins fait appel au gouvernement d’Angela Merkel, afin d’obtenir un «prêt garanti par l’Etat» qui lui permettrait d’éviter un manque de liquidité. Berlin «examine actuellement cette question», a précisé la compagnie. Ce lundi, le porte-parole de l’Association allemande de l’industrie aérienne s’est voulu rassurant, en estimant que Condor volait comme d’habitude, et qu’une procédure de rapatriement pour ses passagers n’était pas nécessaire. Environ 240.000 clients ont réservé un vol sur ses lignes et attendent de rentrer chez eux, a indiqué la compagnie.

Né en 1841, le tour opérateur indépendant le plus vieux du monde, compte 22.000 employés dont 9000 au Royaume-Uni. Très lourdement endetté, son horizon s’est fortement dégradé ces dernières années entre la concurrence acharnée des sites internet de voyage à bas prix et la frilosité de touristes inquiets du Brexit, notamment. Il avait annoncé une perte abyssale d’1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d’affaires de quelque 10 milliards.

Ce lundi, plusieurs entreprises concurrentes du voyagiste britannique ont vu leur cours en Bourse augmenter après l’annonce de sa faillite : basé en Allemagne, le groupe Tui a ainsi pris 5,8% à l’ouverture, quand les compagnies aériennes Easyjet et Ryanair ont vu leur cote bondir de plus de 3,5% et 5,4% respectivement.

» LIRE AUSSI – Thomas Cook en mal d’argent fraisLe Figaro avec AFP

http://www.lefigaro.fr/societes/le-voyagiste-britannique-thomas-cook-fait-faillite-20190923?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=[20190923_NL_ACTUALITES]&mediego_euid=[2529769]&een=07d35d6dfbc7bc24543248fcd9bee521&seen=6&m_i=Mf2M7rrktaLFnle0mp8I6xeA5DWCgsYDmV7gyFqk7QrIPnihq_ofG6iKFDdqbynWlHaDle6%2B36vIHjCNKvdbpd_fo5m%2BOuh%2BMn

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

1 min de lecture

La Bourse de Paris perdait 0,72% lundi matin, après que des attaques sur des installations pétrolières en Arabie Saoudite qui ont fait grimper les prix du pétrole.AFP16/09/2019MarchésBourseParis

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

A 09H32, l’indice CAC 40 refluait de 40,81 points à 5.614,65 points. Vendredi, l’indice avait fini en hausse de 0,22% à 5.655,46 points.

Les marchés actions avaient été portés en fin de semaine dernière par des signes de bonne volonté dans le dossier commercial sino-américain et par la relance des rachats de dette publique et privée de la Banque centrale européenne.

Mais une frappe de drones samedi contre deux importantes installations pétrolières saoudiennes est venue inverser la tendance à l’ouverture des marchés, après avoir fait grimper les cours du pétrole et provoqué un regain de tension entre Washington et Téhéran.

« Si les risques d’approvisionnement son minimes, compte tenu des hauts niveaux de stocks commerciaux mondiaux et des réserves stratégiques, la montée des risques de réplique à l’égard de l’Iran créé un climat d’incertitude à même d’entretenir une extrême volatilité des cours », estime Véronique Riches-Flores, économiste indépendante, présidente du cabinet d’analyse RichesFlores Research.

Par ailleurs « la nervosité sera aussi de mise à deux jours de la réunion de la Fed où Jerome Powell devrait annoncer, à contrecoeur, une nouvelle baisse des taux directeurs américains », estiment les experts de MSG.

Face aux incertitudes commerciales et au ralentissement économique mondial, la Banque centrale américaine (Fed) devrait à nouveau baisser les taux d’intérêt mercredi après que la Banque centrale européenne a annoncé une série de mesures de relance malgré des dissensions au sein des membres de son directoire.

Côté statistiques, la production industrielle chinoise a fortement ralenti en août, son taux de croissance tombant à 4,4% sur un an, soit sa plus faible progression en 17 ans, selon des chiffres officiels publiés lundi.

Le ministère français de l’Economie et des Finances a abaissé vendredi sa prévision de croissance économique à 1,3% en 2020, contre 1,4% initialement prévu, ainsi que ses ambitions de réduction du déficit public et de la dette.

Poids lourd de la cote, Total grimpait de 2,43% à 47,78 euros, TechnipFMC gagnait 4,62% à 23,78 euros, Maurel & Prom progressait de 5,28% à 3,09 euros et CGG de 3,58% à 2,29 euros, dans un marché en recul de 0,73%.

Dans le transport aérien, Air France-KLM perdait 3,97% à 9,10 euros et Airbus 3,30% à 121,36 euros.

Euronext CAC40

https://pro.orange.fr/actualites/la-bourse-de-paris-dans-le-rouge-plombee-par-les-tensions-petrolieres-CNT000001jf8Fp.html

Attendue au tournant, la BCE dégaine son arsenal pour soutenir l’économie

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Attendue au tournant, la BCE dégaine son arsenal pour soutenir l'économie

Le siège de la BCE en décembre 2018 à Francfort, en Allemagne©Daniel ROLAND, AFPA lire aussi

Soutien à l'économie: Lagarde veut poursuivre à la BCE le cap de Draghi

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AFP, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 14h57

Sous pression comme rarement, la Banque centrale européenne a surmonté ses divisions pour adopter jeudi une panoplie de mesures destinées à accroître son soutien déjà important à l’économie en zone euro.

Baisse de taux, nouveaux rachats de dettes publiques et privées, système de taux dégressif et prêts géants pour soulager les banques: l’institut a dégainé en une fois le « paquet » anti-crise guetté tout l’été par les marchés financiers, qui font reposer sur les banques centrales leurs espoirs de relance conjoncturelle.

Le président italien de la BCE, Mario Draghi, évacue ainsi les grandes décisions attendues avant de passer la main fin octobre à la Française Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international, après huit ans d’un mandat scandé par les crises.

« C’est le cadeau d’adieu de Mario Draghi aux marchés », résume Uwe Burkert, chef économiste de la banque LBBW, même s’il y lit aussi le signe inquiétant que la BCE « voit la récession poindre en zone euro ». 

Dans le détail, l’institut basé à Francfort a abaissé pour la première fois depuis mars 2016 son taux « de dépôt », porté de -0,40% à -0,50%, une mesure destinée à inciter les banques à prêter aux entreprises et aux ménages, plutôt qu’à laisser dormir leurs liquidités à la Banque centrale.

– Rachats de dette controversés –

Autre signe de sa volonté de soutenir l’économie, la BCE a laissé ses deux autres taux directeurs inchangés, dont le principal fixé à zéro, et indiqué qu’elle n’envisageait plus de les remonter tant que l’inflation n’aura pas « solidement convergé » vers son objectif de 2%, une formule inédite.

Dissipant le principal suspense, la BCE a aussi relancé son vaste programme de rachats d’actifs, baptisé « Assouplissement quantitatif » ou « QE », par lequel elle avait acquis 2.600 milliards d’obligations publiques et privées entre mars 2015 et décembre 2018 en zone euro.

Malgré l’opposition publiquement exprimée par plusieurs banquiers centraux, dont l’Allemand Jens Weidmann et le Néerlandais Klaas Knot, ces achats reprendront le 1er novembre au rythme de 20 milliards d’euros par mois et « aussi longtemps que nécessaire ».

Par ailleurs et comme évoqué depuis plusieurs mois, la BCE a adopté un système de taux par paliers pour alléger la charge d’intérêt pesant pour plus de 7 milliards par an sur les banques, dont elle livrera les détails dans l’après-midi.

Enfin, l’institut a confirmé la nouvelle vague à compter du 19 septembre de prêts géants aux banques, alloués à des conditions préférentielles, pour stimuler la distribution de crédit dans l’économie. 

– Attention à Trump –

Si ce cocktail était attendu, les réactions ont néanmoins été vives: le marché de la dette s’est nettement détendu, en particulier en Italie, et les Bourses européennes ont avancé vers leurs plus hauts annuels.

L’euro est de son côté passé sous 1,10 dollar, un effet sur les changes qui pourrait « être perçu par le président des États-Unis comme un comportement anticoncurrentiel de la BCE », avertissait avant la réunion Chiara Zangarelli, économiste à la banque Nomura. 

D’ailleurs, aussitôt les mesures de la BCE connues, Donald Trump a tancé les responsables européens, qu’il a accusés dans un tweet de « nuire aux exportations américaines », « en dépréciant l’euro par rapport au dollar TRES fort ». Tout en renouvellant ses critiques contre la Fed, coupable de rester « assise sans rien faire », c’est-à-dire de ne pas baisser les taux assez vite.

Toutefois, selon l’économiste, le risque est surtout de voir l’administration américaine taxer les importations d’automobiles, un dossier reporté à novembre par Washington et qui menace particulièrement les constructeurs allemands.

Face à la presse, le président de la BCE Mario Draghi devrait lever le voile à 12H30 GMT sur les dernières prévisions de croissance et d’inflation, probablement plus pessimistes que celles présentées en juin, le climat conjoncturel ne s’étant guère amélioré pendant l’été.

Il devrait souligner les multiples « risques » pesant sur la zone euro, à commencer par le conflit commercial entre Washington et Pékin, qui dissuade les entreprises d’investir et déprime depuis plus d’un an l’industrie allemande très tournée vers l’export.

Si l’incertitude politique en Italie a reflué, le Brexit reste toujours un sujet d’inquiétude, tant la perspective d’une sortie britannique de l’Union européenne sans accord se rapproche un peu plus chaque jour.

https://finance.orange.fr/actualite-eco/article/attendue-au-tournant-la-bce-degaine-son-arsenal-pour-soutenir-l-economie-CNT000001iWf6j.html

Le Brexit et la perspective des élections anticipées font plonger la livre sterling

03/09/2019 – 18:28TURBULENCES

Le Brexit et la perspective des élections anticipées font plonger la livre sterling

La monnaie britannique connaît une forte baisse sur le marché des changes. Ce mardi 3 septembre, elle a atteint son plus bas niveau face au dollar depuis plus de deux ans. Elle est passée sous la barre des 1,20 dollar. 

La livre sterling a perdu près de 2,5% la semaine dernière. 

Les causes principales de cette chute spectaculaire de la livre sterling sont liées aux incertitudes sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et sur les potentielles élections anticipées. 

Depuis le référendum sur le Brexit, la livre a perdu près de 20%. 

La devise britannique est donc victime des turbulences politiques. 

Des élus conservateurs s’apprêtent à soutenir l’opposition pour tenter d’imposer un nouveau report du Brexit et empêcher ainsi une sortie brutale de l’Union européenne. Un premier vote portant sur le calendrier du Brexit doit avoir lieu mardi soir à la Chambre des communes. Si son issue est négative pour le gouvernement, Boris Johnson devrait présenter une motion afin d’organiser des élections législatives le 14 octobre.Publié le 03/09/2019 – 18:28Vu sur : Euronews

Mots-clés :BrexitRoyaume-UniBoris JohnsonLivre SterlingParlementélections anticipéesThématiques :EUROPEECONOMIE

https://www.atlantico.fr/video/3578455/le-brexit-et-la-perspective-des-elections-anticipees-font-plonger-la-livre-sterling

L’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?

La bourse de Hong Kong a fermé sa salle de marchés aux courtiers

L’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?

© AFP 2019 Philippe LopezECONOMIE18:12 12.08.2019(mis à jour 18:25 12.08.2019)URL courteFabien Buzzanca 0 81

Les marchés boursiers ont vécu un début de mois d’août chaotique et les risques se multiplient pour l’économie mondiale. Entre tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, marché pétrolier au bord de la crise et marges de manœuvre réduites du côté des banques centrales, l’heure est à l’inquiétude. Sputnik fait le point.

«Ce serait une erreur d’exclure la possibilité d’un choc comparable à celui qui a suivi l’effondrement de Lehman Brothers.»

Masanari Takada de la banque japonaise Nomura a, comme le rapportent nos confrères du Parisien, exprimé son inquiétude concernant un mois d’août à haut risque sur le terrain économique. Il faut dire que les marchés financiers mondiaux, dopés par une abondance de liquidité ces dernières années, font du yoyo depuis le début du mois d’août. Comme le souligne au Parisien Alexandre Baradez, responsable des analyses marché du courtier IG France, «les indices actions européennes ont effacé deux mois de hausse en quelques jours seulement». La journée du 5 août a été particulièrement rude pour les opérateurs de marché. 500 des hommes d’affaires les plus riches de la planète avaient perdu jusqu’à 117 milliards de dollars (104,5 milliards d’euros) en une seule journée. Signe d’une conjoncture qui se dégrade, le 7 août, l’once d’or a passé le seuil des 1.500 dollars pour la première fois depuis avril 2013, mais que se passe-t-il sur la planète éco?

​L’inquiétude principale concerne la guerre commerciale entre Pékin et Washington. Alors que les négociations semblaient avancer, Donald Trump a considéré que la Chine ne tenait pas ses promesses et a décidé de lancer une nouvelle salve de tarifs douaniers sur 300 milliards de dollars d’importations de produits chinois à partir du 1er septembre. Sans surprise, Pékin a réagi. L’empire du Milieu a laissé se déprécier sa monnaie jusqu’à atteindre le seuil de 7 yuans pour un dollar, un niveau record en dix ans. Et les choses ne semblent pas sur le point de s’arranger. Le 9 août, le Président américain a rappelé que les États-Unis n’étaient «pas prêts» à signer un accord avec Pékin. Une annonce qui avait d’ailleurs fait tanguer momentanément les marchés mondiaux, signe de la tension ambiante.

«Le mois d’août est donc clairement un mois à risque pour les marchés: les prochaines réunions de la Fed et de la BCE n’auront lieu qu’en septembre, de même pour les prochaines phases de négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine…» a expliqué au Parisien Alexandre Baradez.

Le marché du pétrole est quant à lui au bord de la crise et ne sait plus où donner de la tête entre facteurs haussiers et baissiers. Là encore, les tensions commerciales entre les deux plus grandes économies de la planète jouent un grand rôle. «Les chances d’un accord politique entre la Chine et les États-Unis se sont réduites, ce qui pourrait avoir comme conséquences une plus faible activité commerciale et une plus faible croissance de la demande», expliquait le 9 août l’Agence internationale de l’énergie (AIE). De plus, les États-Unis produisent toujours plus d’or noir ce qui a pour effet d’augmenter l’offre.

yuan

© REUTERS / NICKY LOHLe ralentissement économique en Chine fait craindre une nouvelle crise mondiale

D’un autre côté, la situation dans le détroit d’Ormuz représente un risque qui pourrait faire monter les prix. Durant les dernières semaines, pas moins d’une dizaine de tankers ont fait l’objet de divers incidents. Les tensions entre Washington et Téhéran ont failli dégénérer en conflit armé avec l’abattage d’un drone dans chaque camp. Situé entre l’Iran et le Sultanat d’Oman, le détroit d’Ormuz est une zone clé du transport de pétrole qui voit transiter environ 20 % de l’or noir mondial ainsi que 30 % du GNL, le gaz naturel liquéfié. Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), a préféré relativiser la situation chez nos confrères du Monde: «Les choses sont en partie sous contrôle: aucun navire n’a coulé, aucun marin n’a été tué ou blessé».

​Ce lundi 12 août, le baril de brent s’échangeait autour des 58 dollars. C’est bien en dessous du prix espéré par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie qui, en juillet dernier, ont pris la décision de continuer dans la voie des réductions de production afin de soutenir les prix.

Autre point d’inquiétude pour de nombreux experts: les marges de manœuvre limitées des banques centrales.

«En 2008, l’action coordonnée des principales banques centrales, ainsi que les politiques de relance budgétaire dans de nombreux pays (plan de relance en Chine notamment) avaient permis de redresser rapidement l’économie mondiale et soutenir un système financier au bord de l’asphyxie. Actuellement, la donne a changé: les taux d’intérêt sont proches de 0 dans les économies développées, l’endettement public est reparti en forte hausse de par le monde, ce qui limite de facto les possibilités de relance économique par des mesures classiques», analyse Bertrand Schumacher (ING) dans un article publié sur Paperjam.

Reste que malgré ces nuages noirs qui planent au-dessus de l’économie mondiale, plusieurs spécialistes jugent qu’il ne faut pas céder à la panique. C’est notamment le cas de Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements de la banque Française NWM, qui a assuré au Parisien que la tempête financière ne sévirait pas au mois d’août:

«La faiblesse des taux d’intérêt nous protège et Trump doit s’éviter une récession pour être réélu l’année prochaine».

https://fr.sputniknews.com/economie/201908121041917618-leconomie-mondiale-survivra-t-elle-au-mois-daout/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

Le sanctionneur arrosé

Le sanctionneur arrosé

Publié le 20 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisEconomieRussiePétrole

Lorsque les frères Lumière projetèrent, en 1895, le premier film de l’histoire cinématographique, ils n’imaginaient sans doute pas la postérité de leur Arroseur arrosé. Ces derniers temps, le rôle du jardinier crétin est repris avec ardeur, quoiqu’à son corps défendant, par l’empire qui ne semble décidément pas savoir comment s’y prendre avec ses sanctions. Jugez-en plutôt…

Depuis les sanctions contre la Russie décidées par Washington et imposées aux euronouilles en 2014, l’indice de la bourse de Moscou a gagné 100%. Les opérateurs sont stupéfaits : « Ce que le marché russe a fait est incroyable étant données les sanctions. On se demande ce qui se passerait si celles-ci étaient suspendues… » Une chose est sûre : le « philanthrope »-boursier Soros ne s’attendait certainement pas à ça.

Et comme de leur côté, les réserves dépassent à nouveau les 500 milliards d’équivalents-dollars (seul un cinquième est libellé en billets verts), retrouvant leur niveau de 2014, le Kremlin a le sourire. Oh, à propos de dédollarisation, Bruxelles et Moscou sont en discussion pour favoriser les paiements roubles-euros. Pour l’instant, 54% des exportations russes vers l’UE sont encore payées en dollars (34% en euros et 8% en roubles). Pour les exportations européennes vers la Russie, les chiffres sont déjà plus intéressants : 48% en euros, 28% en roubles et seulement 22% en dollars.

Conclusion : un certain chemin a déjà été parcouru sur la voie de la dédollarisation mais l’UE continue de payer l’énergie russe en devises US. Les Russes jouent habilement la carte de l’infatuation des euronouilles envers leur monnaie (Il faut sauver le soldat euro) pour enfoncer un clou supplémentaire dans le cercueil de la domination financière impériale, pilier de sa puissance.

Moscou a également d’autres bonnes raisons de se réjouir tandis que les stratèges de DC la Folle se prennent, eux, la tête à deux mains. Depuis les sanctions états-uniennes contre le pétrole vénézuélien, les raffineurs américains se sont découvert une soudaine passion pour… l’or noir russe, dont les importations ont triplé ! Dans un scénario kafkaïen délicieux à souhait, les USA sanctionnent Caracas mais augmentent les revenus de Moscou qui aide Caracas.

Dans la même lignée, les sanctions impériales contre le pétrole iranien obligent l’Inde, grande importatrice de naphte perse, à regarder du côté de son allié historique russe. D’où ils sont, McCainistan et Brzezinski doivent regarder tout ça d’un air consterné en s’arrachant le peu de cheveux qui leur restent…

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Tribune
14 juin 2019

Depuis 2009, l’activité d’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale a permis la découverte de plusieurs gisements de gaz naturel, et de nouvelles campagnes d’exploration sont en cours. La mise en production dépend en revanche de la rentabilité financière attendue, et notamment des possibilités de transporter le gaz vers des marchés de consommation attractifs.

Les relations entre les différents pays impliqués au niveau de la production et du transport (Égypte, Israël, potentiellement Chypre, Liban, Turquie et Grèce) posent des défis au parfait développement de cette filière.

Rappels historiques

Les premiers succès significatifs de l’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale se sont produits entre 2009 et 2011, avec trois découvertes importantes : les champs Tamar et Leviathan, au large d’Israël, et Aphrodite, au large de la côte sud de Chypre, dans la zone économique exclusive (ZEE) de la République de Chypre (RC)[1].

Est venu ensuite, en 2015, Zohr, le champ gazier géant au large des côtes de l’Égypte, considéré comme le plus important jamais découvert en Méditerranée, avec des réserves estimées à 850 milliards de m3. Il a fait l’objet d’une mise en service très rapide, dès la fin de 2017. D’autres gisements ont été mis au jour, au large de l’Égypte, dans les zones dénommées West Nile Delta et Greater Nooros.

En 2018, de nouvelles explorations ont été couronnées de succès au large de la côte sud de Chypre, dans le Bloc 6 (Calypso-1) et dans le Bloc 10 (Glaucus-1), dont les réserves sont en cours d’évaluation.

2018 a également marqué l’entrée en jeu du Liban, avec la signature de deux accords d’exploration et de production entre Beyrouth et un consortium international. Un deuxième round d’attribution de licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore est prévu en 2019.

Enjeux économiques

Les découvertes n’ont de sens que si les réserves sont ensuite converties en capacités de production, elles-mêmes dépendantes du prix du gaz, de la disponibilité d’options d’exportation et de moyens de transport, ainsi que de la stabilité de l’environnement réglementaire, fiscal et politique des pays. En prenant en compte ces divers aspects, les enjeux économiques pour les trois pays principaux (Égypte, Israël et Chypre) diffèrent significativement.

L’Égypte bénéficiait d’une situation d’indépendance énergétique jusqu’à la fin de la première décennie du XXIe siècle et pouvait même exporter du gaz grâce à deux usines de liquéfaction, situées à Idku et Damiette et aux gazoducs la reliant à Israël (gazoduc East Mediterranean Gas – EMG) et à la Jordanie (Arab Gas Pipeline). Par la suite, la réduction de la production et l’augmentation de la demande domestique l’ont rendue importatrice nette. La découverte de Zohr en 2015 a été donc accueillie très positivement et le lancement rapide du développement du champ a été rendu possible par l’existence d’une forte demande intérieure. La production de Zohr est l’un des facteurs principaux de la reprise économique du pays, avec une croissance du PIB réel pour l’année 2018 de 5,3 % selon les estimations de la Banque mondiale. Le Caire devrait recommencer à exporter du gaz de façon régulière en 2019, en utilisant l’infrastructure existante des terminaux de liquéfaction. Le pays aspire aussi à devenir un hub gazier, en centralisant des flux destinés à l’exportation en provenance d’Israël et de Chypre.

En Israël, le potentiel des différents champs dépasse la consommation locale. L’accès à des marchés étrangers est donc une condition nécessaire au plein développement de la production. Des accords ont été signés avec l’Autorité palestinienne et la Jordanie, mais ils rencontrent l’opposition des opinions publiques locales. La possibilité d’exporter du gaz d’Israël vers l’Égypte pour satisfaire la demande locale et/ou pour exporter le gaz vers les marchés internationaux à travers les terminaux GNL paraît plus prometteuse, en particulier depuis l’acquisition en 2018 d’une participation dans le capital du gazoduc EMG par l’entreprise Noble Energy, principale actionnaire du consortium qui gère le champ Leviathan.

Pour Chypre, du fait du faible potentiel de la demande domestique, l’existence de marchés d’exportation est une condition nécessaire pour la mise en production des découvertes gazières. Différentes hypothèses ont été étudiées :

    • la construction d’un gazoduc vers l’Égypte dans le but d’utiliser les usines de liquéfaction pour réexporter le gaz vers les marchés internationaux sous forme de GNL. Ce projet a fait l’objet de plusieurs déclarations politiques, mais il se heurte au développement de la production égyptienne, qui réduira la disponibilité d’utilisation des installations de GNL ;
    • la construction d’une usine de liquéfaction a également été envisagée. Soit sous la forme d’un terminal onshore construit sur la côte sud de Chypre, soit via une installation flottante (Floating LNG). Si transformer le gaz en GNL permet d’avoir accès au marché mondial, avec des cargaisons allant vers l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Sud, la faisabilité de cette option est actuellement rendue difficile par les coûts de construction élevés et par la surcapacité actuelle sur le marché du GNL ;
    • le projet Eastern Mediterranean Natural Gas Pipeline (Israël-Chypre-Grèce-Italie), qui prévoit quant à lui de relier Israël et Chypre aux marchés européens, a été approuvé par la Commission européenne comme un projet d’intérêt commun, ce qui le rend ouvert à un financement de l’Union. Cependant, un tel projet est coûteux, techniquement difficile et pourrait causer de sérieux problèmes politiques avec la Turquie en raison de différends sur la délimitation maritime.

Enjeux sécuritaires

L’exploitation et l’exportation des ressources gazières en Méditerranée orientale présentent de nombreux enjeux sécuritaires liés aux relations politiques instables entre les pays de la région et aux risques d’actions terroristes.

La localisation de certains champs pourrait réanimer des disputes préexistantes au sujet de la délimitation des frontières maritimes et des zones économiques exclusives (ZEE), notamment concernant la frontière maritime entre le Liban et Israël, qui n’a jamais été agréée officiellement. Des différends ne sont pas à exclure non plus au sujet de la délimitation des structures géologiques des gisements de gaz – notamment lorsqu’elles se situent près des limites des ZEE, puisqu’elles pourraient alors les chevaucher. Il est intéressant de noter que le champ Zohr se trouve dans la ZEE égyptienne, à seulement quelques milles de la ZEE de Chypre, et qu’Aphrodite est situé dans la ZEE de Chypre et se prolonge légèrement dans les eaux israéliennes. Dans le cas de réservoirs à cheval entre différentes ZEE, il faudrait envisager une exploitation conjointe du champ, mais des tensions entre les pays concernés sont aussi à attendre.

Un cas particulièrement complexe concerne la Turquie, la République de Chypre (RC) et la République turque de Chypre du Nord (RTCN). Outre la question des délimitations maritimes illustrée par l’épisode de février 2018 qui a vu le navire de forage Saipem 12000, affrété pour effectuer des travaux sur le Bloc 3, au sud-est de l’île, être bloqué par un navire militaire turc et finalement contraint de quitter la zone, Ankara s’oppose plus généralement, à toute activité de recherche et de production tant qu’aucun accord entre la RC et la RTCN n’est trouvé. La Turquie et la RTCN estiment que les éventuels revenus dérivant de la production d’hydrocarbures devraient être partagés entre toute la population de l’île de Chypre, ce qui implique une résolution du conflit entre la RC et la RTCN.

La situation d’Israël est aussi particulière. Les conflits persistants entre Israël et ses voisins – état de guerre formel avec le Liban, antagonisme avec le Hezbollah, tensions avec les Palestiniens, instabilité en Syrie – exposent les installations gazières à des risques d’attaques militaires ou terroristes. Ces mêmes risques d’attaques terroristes pèsent aussi sur les installations énergétiques en Égypte, pays qui connaît de façon régulière des actions menées par des groupes islamistes, présents notamment dans le Sinaï (région par laquelle transite le gazoduc EMG).

De manière générale, la prolifération de plates-formes d’extraction, de pipelines, de navires, voire de terminaux méthaniers implique une multiplication de cibles sensibles et des besoins de surveillance croissants. En Israël, par exemple, les champs de production sont situés dans des zones relativement proches des côtes. Ainsi, le champ Tamar est situé à 56 milles à l’ouest d’Haïfa et le champ Leviathan à 80 milles, près de la frontière avec le Liban. Le gaz de Tamar est transporté par pipeline jusqu’à Ashkelon, à quelques kilomètres de la frontière avec Gaza. Toutes ces installations industrielles sont donc exposées au risque d’attaques terroristes ou militaires de l’extérieur. Les risques de sabotage et de frappe militaire ou terroriste représentent ainsi de nouveaux défis pour les appareils de sécurité des différents pays, en particulier pour les forces navales.

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La découverte et l’exploitation d’hydrocarbures seront un élément important de l’avenir des pays de la Méditerranée orientale. Ils pourront agir comme facteurs de coopération régionale tout comme alimenter des affrontements et ajouter des frictions à une région déjà volatile.

Dans ce cadre, l’UE a tout intérêt à promouvoir toutes les formes possibles de coopération régionale et à défendre son intérêt d’un point de vue énergétique, économique, comme politique. En ce qui concerne l’énergie, le gaz de la Méditerranée orientale peut renforcer sa sécurité et la diversification de l’offre pour un certain nombre d’États membres, en particulier dans l’Europe du Sud-Est et l’Europe centrale – des régions qui dépendent aujourd’hui presque exclusivement du gaz russe. Économiquement, les compagnies européennes sont les plus actives dans l’exploration et la production dans la région (notamment l’italienne ENI, la française Total et l’anglo-néerlandaise Shell) et il serait légitime de défendre leurs intérêts en cas de nécessité. Enfin, du point de vue politique, la République de Chypre est membre de l’Union européenne et la mise en valeur de ses réserves gazières représenterait un puissant atout de développement.

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[1] Sauf indication contraire, le mot « Chypre » dans cet encadré fait référence au nom de l’île et à la République de Chypre (RC), non reconnue par la Turquie. La République turque de Chypre du Nord, qui est seulement reconnue par la Turquie, est mentionnée comme RTCN.

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