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La crise de l’éducation (Hannah Arendt)

La crise de l’éducation (Hannah Arendt)

19 Mai 2018 , Rédigé par L’oeil de Brutus Publié dans #Lectures

Après une pause (salutaire) de presque un an, je reprends les publications sur l’œil de Brutus. Comme je l’annonçais, je m’éloigne du suivi de l’actualité politique dont l’extrême médiocrité a fini par lasser mon goût de l’écriture. Je reprends donc la suite, entamée en septembre 2016, de la recension de l’un des ouvrages majeurs d’Hannah Arendt : La Crise de la culture. Nous avions déjà vu les quatre premiers chapitres : La tradition et l’âge moderne, Le concept d’histoire, Qu’est-ce que l’autorité ? et Qu’est-ce que la liberté ?. Le  cinquième chapitre, sans doute le plus important de l’ouvrage, est consacré à l’éducation. Se basant sur les évolutions de l’éducation dans l’Amérique des années 1950, Hannah Arendt anticipe, avec une clairvoyance impressionnante, l’impact de la rupture avec toutes formes de traditions (sur ce sujet, relire le chapitre 1) sur l’éducation, et surtout sur la déconstruction de l’éducation. Nous sommes en 1961 ; et déjà, Hannah Arendt pressent la dégénérescence de la modernité en une postmodernité (même si elle n’emploie pas le terme) à l’intérieur de  laquelle le règne de l’individu-roi (et par voie de conséquence de l’enfant-roi) atomise tout fonctionnement social et, à contrecourant de ses objectifs proclamés, aboutit à un entremêlement de tyrannies : celle du petit Moi[i], celle de la (supposée) majorité du camp du Bien et celle des minorités agissantes. Cette anticipation est d’une telle actualité vis-à-vis du système éducatif français d’aujourd’hui que je laisse, pour l’essentiel, le lecteur avec des citations intégrales, généralement peu commentées.

 

Aux Etats-Unis, terre d’immigration, il est évident que l’éducation joue un rôle primordial car « il est clair que c’est seulement par la scolarisation, l’éducation et l’américanisation des enfants d’immigrants que l’on peut tenir cette gageure de fondre les groupes ethniques les plus divers en un seul peuple ». En outre, contrairement à nombre d’idées reçues, le concept d’égalité joue un rôle important dans la vie américaine. Arendt souligne ainsi que l’égalitarisme américain se bat pour effacer la différence entre jeunes et vieux, entre doué et non doués, entra enfants et adultes, entre professeurs et élèves. Et ce nivellement se fait aux dépends de l’autorité du professeur et au détriment des plus doués (page 232).

 

« Trois idées de base, qui ne sont que trop connues, permettent d’expliquer schématiquement ces mesures catastrophiques. La première est qu’il existe un monde de l’enfant et une société formée entre les enfants qui sont autonomes et qu’on doit dans la mesure du possible laisser se gouverner eux-mêmes. Le rôle des adultes doit se borner à assister ce gouvernement. C’est le groupe des enfants lui-même qui détient l’autorité qui dit à chacun des enfants ce qu’il doit faire et ne pas faire ; entre autres conséquences, cela crée une situation où l’adulte se trouve désarmé face à l’enfant pris individuellement (…).

Quant à l’enfant dans ce groupe, il est bien entendu dans une situation pire qu’avant, car l’autorité d’un groupe, fût-ce un groupe d’enfants, est toujours beaucoup plus forte et beaucoup plus tyrannique que celle d’un individu, si sévère soit-il. Si l’on se place du point de vue de l’enfant pris individuellement, on voit qu’il n’a pratiquement aucune chance de se révolter ou de faire quelque chose de sa propre initiative. Il ne se trouve plus dans la situation d’une lutte inégale avec quelqu’un qui a, certes, une supériorité absolue sur lui – situation où il peut néanmoins compter sur la solidarité des autres enfants, c’est-à-dire de ses pairs – mais il se trouve bien plutôt dans la situation par définition sans espoir de quelqu’un appartenant à une minorité réduite à une personne face à l’absolue majorité de toutes les autres. Même en l’absence de toute contrainte extérieure, bien peu d’adultes sont capables de supporter une telle situation, et les enfants en sont tout simplement incapables.

Affranchi de l’autorité des adultes, l’enfant n’a donc pas été libéré, mais soumis à une autorité bien plus effrayante et vraiment tyrannique : la tyrannie de la majorité. En tout cas, il en résulte que les enfants ont été pour ainsi dire bannis du monde des adultes. Ils sont soit livrés à eux-mêmes, soit livrés à la tyrannie de leur groupe, contre lequel, du fait de sa supériorité numérique, ils ne peuvent se révolter, avec lequel, étant enfants, ils ne peuvent discuter, et duquel ils ne peuvent s’échapper pour aucun autre monde, car le monde des adultes leur est fermé. Les enfants ont tendance à réagir à cette contrainte soit par le conformisme, soit par la délinquance juvénile, et souvent par un mélange des deux.

La deuxième idée de base à prendre en considération dans la crise présente a trait à l’enseignement. Sous l’influence de la psychologie moderne et des doctrines pragmatiques, la pédagogie est devenue une science de l’enseignement en général, au point de s’affranchir complètement de la matière à enseigner. Est professeur, pensait-on, celui qui est capable d’enseigner … n’importe quoi. Sa formation lui a appris à enseigner et non à maîtriser un sujet particulier. (…) Cela a conduit à négliger complètement la formation des professeurs dans leur propre discipline, surtout dans les écoles secondaires. Puisque le professeur n’a pas besoin de connaître sa propre discipline, il arrive fréquemment qu’il en sait à peine plus que ses élèves. En conséquence, cela ne veut pas seulement dire que les élèves doivent se tirer d’affaire par leurs propres moyens, mais que désormais l’on tarit la source la plus légitime de l’autorité du professeur, qui, quoi qu’on en pense, est encore celui qui en sait le plus et qui est le plus compétent. (…)

(la troisième) idée de base est que l’on ne peut savoir et comprendre ce qu’on a fait soi-même, et sa mise en pratique dans l’éducation est aussi élémentaire qu’évidente : substituer, autant que possible, le faire à l’apprendre. (…) Dans ce processus on s’est surtout efforcé de supprimer autant que possible la distinction entre le travail et le jeu, au profit de ce dernier. On considérait que le jeu est le mode d’expression le plus vivant et la manière la plus appropriée pour l’enfant de se conduire dans le monde, et que c’était la seule forme d’activité qui jaillisse spontanément de son existence d’enfant. (…)

Cette méthode cherche délibérément à maintenir, autant que possible, l’enfant plus âgé au niveau infantile. Ce qui précisément devait préparer l’enfant au monde des adultes, l’habitude acquise peu à peu de travailler au lieu de jouer, est supprimée au profit de l’autonomie du monde de l’enfance. »

 

Tout au contraire de ce système (dans lequel on reconnaît tous les traits du pédagogisme qui a saccagé notre système éducatif), « l’enfant a besoin d’être tout particulièrement protégé et soigné pour éviter que le monde puisse le détruire. Mais ce monde aussi a besoin d’une protection qui l’empêche d’être dévasté et détruit par la vague des nouveaux venus qui déferle sur lui à chaque nouvelle génération. Puisque l’enfant a besoin d’être protégé contre le monde, sa place traditionnelle est au sein de la famille. C’est là qu’à l’abri de quatre mures, les adultes reviennent chaque jour du monde extérieure et se retranchent dans la sécurité de la vie privée ».

Dans l’autre sens, l’école est là pour permettre à l’enfant de réaliser, progressivement, le cheminement qui l’insèrera au monde. Mais si l’école ne tient pas ce rôle, « il est clair qu’en essayant d’instaurer un monde propre aux enfants, l’éducation moderne détruit les conditions nécessaires de leur développement et de leur croissance. (…) Normalement, c’est à l’école que l’enfant fait sa première entrée dans le monde. Or, l’école n’est en aucune façon le monde, et ne doit pas se donner pour tel ; c’est plutôt l’institution qui s’intercale entre le monde et le domaine privé que constitue le foyer pour permettre la transition entre la famille et le monde ». Aussi, « les jeunes sont introduits par les adultes dans un monde en perpétuel changement. Qui refuse d’assumer cette responsabilité du monde ne devrait ni avoir d’enfant, ni avoir le droit de prendre part à leur éducation. Dans le cas de l’éducation, la responsabilité du monde prend la forme de l’autorité ». Or, « on ne veut plus demander à personne de prendre ni confier à personne aucune responsabilité, car, partout où a existé une véritable autorité, elle était liée à la responsabilité, elle était liée à la responsabilité de la marche du monde. Si l’on retire l’autorité de la vie politique et publique, cela peut vouloir dire que la responsabilité de la marche du monde est demandée à chacun. Mais, cela peut aussi vouloir dire qu’on est en train de désavouer, consciemment ou non, les exigences du monde et son besoin d’ordre, on est en train de rejeter toute responsabilité pour le monde : celle de donner des ordres, comme celle d’y obéir. (…) L’autorité a été abolie par les adultes et cela ne peut que signifier une chose : que les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants ».

 

Il s’agit donc de défendre une forme de « conservatisme (qui), pris au sens de conservation, est l’essence même de l’éducation ». A contrario, souligne Arendt, en politique, le conservatisme qui vise à maintenir le statu quo dans un monde qui, quoi qu’il arrive, est en perpétuel mouvement, est une impasse[ii]. Toutefois, la nécessité de se raccrocher au conservatisme pour perpétuer l’éducation se heurte à l’abandon de la tradition et au rejet de de tout ce qui rattache au passé. Nous sommes donc à l’exact opposé du principe de l’éducation antique dans laquelle, selon Polybe, il s’agissait de « vous faire voir que vous êtes tout à fait digne de vos ancêtres ». L’autorité de l’éducateur s’inscrivait alors dans l’autorité de la transmission de ce qui nous rattache au passé afin de permettre à l’enfant de s’insérer progressivement dans l’évolution du monde. C’est ainsi que « le rôle de l’école est d’apprendre aux enfants ce qu’est le monde, et non pas leur inculquer l’art de vivre. (…) C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun ».

 

 

A suivre : la crise de la culture.

[i] Sur ce sujet, voir en particulier les billet sur Le Divin marché de Dany-Robert Dufour : http://loeildebrutus.over-blog.com/2015/01/les-10-commandements-du-postmodernisme-1-10-le-rapport-a-soi-tu-te-laisseras-conduire-par-l-egoisme.html

[ii] Mais l’on assimilerait davantage cela à une politique réactionnaire qu’à un conservatisme.

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Trop conformistes ? Le jury de l’ENA déplore que les candidats pensent «l’UE comme un ordre établi»

Trop conformistes ? Le jury de l’ENA déplore que les candidats pensent «l’UE comme un ordre établi»

Trop conformistes ? Le jury de l'ENA déplore que les candidats pensent «l'UE comme un ordre établi»© PATRICK HERTZOG Source: AFP
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Uniformité des avis, incapacité à émettre une réflexion originale, frilosité à s’attaquer aux sujets sensibles : le jury du concours de l’ENA dresse un constat très critique du profil des candidats dans son rapport 2017.

C’est une critique que l’on a davantage l’habitude d’entendre chez les détracteurs de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et ses diplômés plutôt qu’auprès des jurés du concours d’entrée. Pourtant, dans son rapport sur le concours de 2017, le jury présidé par le préfet Michèle Kirry n’épargne pas les candidats qui sont décrits comme formatés et adeptes de la pensée unique.

Concernant l’épreuve de droit, le jury s’interroge sur l’utilisation massive de plans stéréotypés et «regrette cette forme d’unanimité», signe d’une «unicité de vues» entre les candidats. Tant et si bien que le jury s’en trouve réduit à «traquer l’originalité comme une denrée rare». Pour les jurés, cette uniformité s’explique par une préparation au concours très uniforme de la part des aspirants énarques, qui s’appuient sur les mêmes fiches et préfèrent les restituer, «au détriment de la réflexion». Ce qui témoignerait d’une certaine «frilosité» des candidats, qui n’osent pas proposer une vision personnelle du sujet.

Cette uniformité autant que cette frilosité se retrouvent dans les questions contemporaines du concours. Le jury s’étonne ainsi de ne retrouver aucune référence au mariage pour tous et aux manifestations d’ampleur qui ont occupé les rues au moment du vote de la loi. «C’est comme si le candidat imaginait la copie idéale comme un texte éthéré, où n’apparaîtraient surtout pas les sujets délicats», regrettent les correcteurs, qui estiment que «cette autocensure aboutit à des copies très uniformes où le point de vue personnel apparaît rarement».

Un reproche que l’on retrouve sur la question du CICE (le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, accordé aux entreprises sous François Hollande, que les candidats ont rechigné à critiquer en dépit de son efficacité pour le moins discutable. «Il est tout à fait possible de penser et d’écrire […] que le bilan du CICE est très en deçà des ambitions d’origine ou même que l’accorder à toutes les entreprises sans s’assurer de son utilisation a été une erreur», se voit contraint d’expliquer le jury.

Cette autocensure aboutit à des copies très uniformes

Sans surprise, cette «prudence excessive» apparaît également dans les questions relatives à l’Union européenne. Déplorant l’incapacité des candidats à prendre de la hauteur face aux questions impliquant une réflexion personnelle, le jury constate que ces dernier «donnent le sentiment de présenter l’Union européenne comme un ordre établi qui ne pourrait être différent».

Autant de critiques qui poussent Michèle Kirry à demander aux futurs candidats de faire preuve de «courage» et d’assumer «une analyse personnelle» loin des «raisonnements formatés».

Lire aussi : «Les Intouchables d’Etat, bienvenue en Macronie» : le livre choc sur les fonctionnaires d’élite

https://francais.rt.com/france/48458-traquer-originalite-comme-denree-rare-uniformite-candidats-ena-exaspere-jury

Madagascar : terre de mission

Madagascar : terre de mission

Madagascar, île d’Afrique de l’Est tournée vers l’Asie, est une terre de diversité. Une diversité qui résulte en partie des 18 groupes ethniques qui la peuplent, de leurs cultures et de leurs religions.

Si près de 45% des 25 millions de malgaches sont chrétiens dont 25% de catholiques (source diplomatie.gouv.fr), la majorité des habitants pratique encore la religion traditionnelle basée sur le culte des ancêtres.

Sur place, l’Eglise catholique est une force de développement social, économique et humain. Une église locale qui grandit, soutenue par la présence de prêtres missionnaires des MEP qui vivent avec les Malgaches en ville et dans les brousses.

Dans les pas du père Bertrand et de sa mission de Tsarahasina au nord de l’ile, ou sur le chantier d’un hôpital avec le père Jean-Yves à Mananjary au sud-est, dans le développement d’un jeune diocèse à Port Bergé ou avec les jeunes volontaires en mission , ces quatre reportages vous proposent un bref aperçu de cette richesse et de cette diversité.

Les défis d’un jeune diocèse malgache

 

C´est en 1993 que naissait le tout nouveau diocèse de Port-Bergé, au nord de Madagascar. Aujourd´hui, si près de 2% de ses 700 000 habitants sont catholiques, les défis sont nombreux pour ce jeune diocèse. Dans ce territoire rural et très étendu, seuls 28 prêtres sont présents. Face au manque d´infrastructures, l´évêque du diocèse, Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, a défini quatre priorités : l´éducation, la formation à la foi, le développement des adultes et les vocations. Le diocèse a construit une école, des églises et a ouvert un Petit Séminaire. Mais au-delà des constructions, c´est toute la vitalité de la foi de ce diocèse qui grandit.

Prêtre missionnaire en brousse

 

Le père Bertrand de Bourran des Missions Etrangères de Paris est en mission à Madagascar depuis plus de 20 ans. Il y a 7 ans, il a démarré une nouvelle mission au Nord du pays dans le village de Tsarahasina. Dans la brousse, il construit petit à petit une église locale en rendant visite aux communautés éloignées, en construisant des écoles et des dispensaires, en vivant tout simplement avec et au milieu des malgaches. Une mission de rencontre et de partage.

Volontaires MEP à Madagascar : au service de la mission

 

Clotilde, Jeanne et Matthieu sont trois jeunes français qui ont décidé de s’engager avec les Missions étrangères de Paris en tant que volontaires. Ils sont partis pour 1 an à Madagascar pour se mettre au service des malgaches. Que ce soit dans une école, un orphelinat ou dans le projet de construction d’un hôpital, ils témoignent de cette expérience de service et de rencontre de l’autre, au nom de leur foi.

l’hôpital missionnaire de Mananjary

 

Depuis presque 10 ans, le Père Jean-Yves Lhomme, prêtre des Missions Étrangères de Paris, s’est lancé dans un projet ambitieux : la construction de l´Hôpital Saint-Anne à Mananjary, une ville côtière de Madagascar, située à 12h de route de la capitale Tananarive. Le défi : construire un hôpital qui réponde à un besoin à la fois sanitaire et missionnaire, dans un diocèse qui compte 1 000 000 d’habitants.

http://www.ktotv.com/madagascar-terre-de-mission

DIRECT. Quatre écrits, un grand oral : Jean-Michel Blanquer a présenté le nouvel examen du baccalauréat

DIRECT. Quatre écrits, un grand oral : Jean-Michel Blanquer a présenté le nouvel examen du baccalauréat

La réforme du bac sera mise en place en 2021.

Le ministre de l\'Education, Jean-Michel Blanquer, arrive à Matignon, le 9 février 2018 à Paris.
Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, arrive à Matignon, le 9 février 2018 à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

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Ce qu’il faut savoirLe ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a dévoilé, mercredi 14 février, sa réforme du baccalauréat, qu’il a présentée en Conseil des ministres dans la matinée.

Les filières L, S et ES vont disparaître. Elles seront remplacées par un tronc commun – avec le français, la philosophie, l’histoire-géographie, deux langues vivantes et le sport – et trois « spécialités » en première, ramenées à deux en terminale. « Nous voulons ainsi offrir davantage de choix aux élèves, éviter les hiérarchies artificielles entre les séries », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse.

 Quatre épreuves écrites et un oral. L’examen consistera, dès 2021, en quatre épreuves écrites – le français, la philo et deux spécialités – et un oral qui portera sur un projet entamé en première.

40% de contrôle continu. Les épreuves écrites et le grand oral pèseront pour 60% de la note finale du baccalauréat. Les 40% restant proviendront du contrôle continu (pour 30%) et des notes du bulletin en première et terminale (10%).

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #BAC

14h34 : Le ministre de l’Education vient d’achever sa conférence de presse. Voici ce qu’il faut en retenir :

• Finies les séries L, ES, S en terminale, les élèves auront un tronc commun avec des spécialités, choisies dès la première.

• L’examen comporte deux phases : le contrôle continu, qui compte pour 40% de la note, et quatre épreuves écrites ainsi qu’un oral, qui comptent pour 60% de la note.

• Le contrôle continu consiste en notes obtenues à des épreuves ponctuelles en première et en terminale, anonymisées, et « à la prise en considération du livret scolaire. »

L’examen se décomposera en quatre épreuves écrites : le français en première, deux épreuves de spécialité après les vacances de printemps, puis l’épreuve de philosophie en juin. Viendra ensuite un oral de 20 minutes, qui correspond « à un projet présenté par l’élève ».

14h24 : « Ce que nous voulons avec ce bac, c’est que les élèves préparent leur réussite au-delà du baccalauréat. »

14h21 : Finies, dont les séries L, ES et S. La classe de seconde, en revanche, connaît peu de modifications « Trois changements interviennent » toutefois, indique le ministre : un bilan de compétences, un accompagnement personnalisé axé sur la compétence en français et un temps plus important pour l’orientation.

14h18 : Les disciplines de spécialité sont choisies en première, à raison de trois. Puis deux en terminale. Le ministre les liste : arts, écologie, histoire-géographie, humanité littérature et philosophie, mathématiques… « L’élève peut changer de spécialité, entre la première et la terminale.« 

14h15 : Cette réforme du bac induit des modifications de la scolarité au lycée. Dans la voie technologique, nous maintenons les séries », précise le ministre. Dans la voie générale, il y aura un tronc commun, avec des spécialités, explique-t-il. Avec une nouveauté, la discipline « humanité scientifique et numérique ».

14h17 : Le contrôle continu se compose de notes obtenues à des épreuves ponctuelles en première et en terminale, explique le ministre. « Il s’agit d’épreuves communes pour trois quarts de la note. Le reste correspond à la prise en considération du livret scolaire. »

14h35 : L’examen se décomposera en deux épreuves de spécialité, après les vacances de printemps, puis l’épreuve de philosophie fin juin (le français reste en première). Puis viendra un oral de 20 minutes, qui correspond « à un projet présenté par l’élève ».

14h07 : Jean-Michel Banquer parle de « remusculation » du bac. Il confirme ce qui était annoncé : quatre épreuves terminales, qui compteront pour 60% dans le résultat, en plus du contrôle continu (40%).

14h05 : Cette institution doit néanmoins être « renforcée », estime le ministre, soulignant que la nouvelle formule apportera « plus de liberté », « plus d’égalité », « plus de véritable réussite, plus de simplicité ».

14h04 : « Le baccalauréat est une très grande institution à laquelle nous sommes attachés. »

14h02 : La conférence de presse du ministre de l’Education vient justement de commencer.

13h36 : A 18 heures, Solenne Le Hen, journaliste spécialisée en éducation à franceinfo, participera ici même à un chat sur la réforme du bac. Vous pouvez d’ores et déjà poser vos questions ici même.

13h34 : Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, présente aujourd’hui sa réforme du baccalauréat en Conseil des ministres. Notre journaliste Valentine Pasquesoone vous explique comment le gouvernement compte tout changer.

https://embedftv-a.akamaihd.net/0a7a36a2b304f47b1b562cb6e6ca969c

13h34 : Le bac nouvelle formule, qui doit être dévoilé à 13h30, ne réjouit pas tout le monde. Les professeurs de sciences, notamment, redoutent de voir leur nombre d’heures diminuer avec la réforme de l’examen phare de la fin du secondaire. Franceinfo vous explique pourquoi dans cet article.

13h38 : Le ministre de l’Education Jean-Michel Banquer doit donner une conférence de presse à partir de 13h30 sur la refonte du bac. L’examen pourrait comporter quatre épreuves écrites et un grand oral. Un évènement à suivre en direct sur franceinfo.fr et sur francevinfo tv.

12h53 : Le bac nouvelle formule ne réjouit pas tout le monde. Certains professeurs, notamment ceux de sciences, redoutent de voir leur nombre d’heures diminuer avec la réforme de l’examen phare de la fin du secondaire. On vous explique pourquoi.

(MAXPPP)

09h17 : Le baccalauréat va faire peau neuve. Le ministre de l’Education présente aujourd’hui sa réforme. Mais que ce soit l’ancienne version ou la nouvelle, nous continuerons de rêver que nous repassons le bac. Et, en général, cela ne se déroule pas très bien.

https://embedftv-a.akamaihd.net/aafd3d73d4607c21d59c9157c73548e4

08h21 : « Ce sera donc un bac plus sécurisant pour les élèves, mais aussi plus exigeant« , juge Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat des enseignants Unsa au micro de franceinfo. Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, dévoile sa réforme, ce matin, en Conseil des ministres.

07h24 : Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, présente aujourd’hui sa réforme du baccalauréat en Conseil des ministres. Notre journaliste Valentine Pasquesoone vous explique comment le gouvernement compte tout changer.

https://embedftv-a.akamaihd.net/0a7a36a2b304f47b1b562cb6e6ca969c

https://www.francetvinfo.fr/societe/education/reforme-du-bac/direct-reforme-du-bac-jean-michel-blanquer-presente-le-nouvel-examen-en-conseil-des-ministres-puis-dans-une-conference-de-presse_2609954.html#xtor=EPR-51-%5Breforme-du-bac-regardez-en-direct-la-conference-de-presse-de-jean-michel-blanquer-sur-le-nouvel-examen_2609954%5D-20180214-%5Btitre%5D

Au Sénégal, Macron et Rihanna saluent un nouvel élan pour l’éducation

Au Sénégal, Macron et Rihanna saluent un nouvel élan pour l’éducation


Samedi 3 Février 2018 modifié le Samedi 3 Février 2018 – 00:31



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Au Sénégal, Macron et Rihanna saluent un nouvel élan pour l'éducation
La communauté internationale s’est engagée vendredi à Dakar à donner un nouvel élan aux aides destinées à faciliter l’accès des enfants à l’éducation, notamment en Afrique, un geste salué par la star internationale Rihanna.

Le Partenariat mondial pour l’éducation (PME) est « en très bonne voie » d’être renfloué à hauteur de 3,1 milliards de dollars, s’est réjoui la France, qui coprésidait avec le Sénégal une réunion de financement de ce fonds.

Point fort de la première journée de la visite au Sénégal d’Emmanuel Macron, cette conférence a réuni une dizaine de chefs d’Etat africains, ainsi que des représentants des grands donateurs.

Ces derniers se sont tous engagés à augmenter leur apport au PME, qui vise à réduire le nombre d’enfants non scolarisés dans les pays les moins avancés, évalué à 264 millions.

La France a décidé de montrer l’exemple : Emmanuel Macron a annoncé la hausse de l’engagement français dans ce programme à 200 millions d’euros (250 millions de dollars), contre 17 millions pour la période 2014-2017. Paris devient le 4e donateur derrière le Royaume-Uni (417 millions), l’UE (400 millions) et la Norvège (260 millions).

C’est presque le montant que lui avait réclamé Rihanna, ambassadrice du PME, qui l’avait mis au défi sur Twitter d’apporter 250 millions d’euros.

A la tribune, la chanteuse, en tailleur gris, a salué les « progrès énormes » enregistrés à Dakar. « Il s’agit d’un combat pour lequel nous n’arrêterons jamais de nous battre jusqu’à ce que chaque garçon, chaque fille, ait accès à l’éducation », a-t-elle promis, avant de saluer, parfois en les embrassant, les chefs d’Etat.

La totalité des dons annoncés devrait représenter quelque 2,7 milliards de dollars, mais plusieurs pays se déclareront plus tard, dont l’Allemagne et les Pays-Bas. Le PME devrait ainsi atteindre son objectif d’accroître ses fonds de 50%, après les 2 milliards de dollars réunis en 2014-2017.

« Mais 3,1 milliards de dollars, ça ne suffit pas. On aurait largement besoin du double, ou du triple », a déclaré à l’AFP la directrice de l’Unicef, Henrietta Fore.

Dans son intervention, Emmanuel Macron a demandé que l’aide soit particulièrement consacrée à l’éducation des filles. « Partout où on veut promouvoir l’obscurantisme, faire reculer la démocratie, ce sont les jeunes filles qu’on sort de l’école », a-t-il déclaré, alors que son épouse Brigitte visitait l’île de Gorée, symbole de la traite négrière au large de Dakar.

‘La France veillera’

Cette sixième visite du président français dans un pays d’Afrique subsaharienne intervient à un moment de particulière convergence d’intérêts entre les deux pays, selon les analystes.

Paris et Dakar partagent une préoccupation pour la sécurité régionale, avec notamment la montée en puissance, aux frontières du Sénégal, de la force antijihadiste du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), qui vient d’achever sa deuxième opération.

Devant la communauté française du Sénégal, M. Macron a promis dans la soirée que la France veillerait à sa sécurité. « Vous êtes dans une région où tout peut basculer, nous savons la menace qui rode ».

La France est engagée dans la lutte contre le « terrorisme », notamment dans le Sahel avec la force Barkhane. « Cette lutte durera plusieurs années, c’est une évidence, nous maintiendrons notre engagement au moins au même niveau que le niveau actuel », a-t-il martelé.

Calais

Par ailleurs, interrogé par des journalistes au lendemain de violents affrontements entre migrants jamais survenu à Calais, dans le nord de la France, il a répondu: « Nous ferons tout pour que cette situation soit réglée de manière humaine et efficace », en rappelant avoir créé des centres d’accueil et en promettant « dans les prochaines semaines une offre humanitaire complète ».

Mais il a de nouveau défendu son distinguo entre les demandeurs d’asile, qu’il faut « mieux intégrer », et les migrants économiques.

« Avec de nombreux pays, dont le Sénégal, nous avons des migrations organisées avec des politiques de visas assumées. Avec le Sénégal, nous voulons mettre en place des visas de circulation de longue durée qui permettent aux étudiants, aux académiques, aux hommes et femmes d’affaires de circuler plus librement », a-t-il dit.

« Mais ceux qui arrivent de manière illégale et qui n’ont pas droit à l’asile, nous voulons les ramener dans leur pays d’origine. C’est normal, c’est conforme au droit, c’est ce que nos concitoyens attendent légitimement », a-t-il déclaré.

En début de journée, le président français s’était rendu avec son homologue sénégalais dans plusieurs lieux de Dakar qui illustrent l’importance de l’aide française au Sénégal, comme le chantier du futur train express régional ou dans un collège rénové grâce à des aides françaises.

Les deux présidents ont aussi signé plusieurs accords, dont la vente de deux Airbus à la compagnie Air Sénégal pour 214 millions de dollars (171 millions d’euros) et la création d’un campus universitaire franco-sénégalais.

Samedi, Macky Sall accompagnera le président français et son épouse à Saint-Louis, ancienne capitale de l’Afrique occidentale française et du Sénégal menacée par la montée des eaux. (afp)

Quand les enseignants font des fautes d’orthographe, par Le Point

Quand on y réfléchit, il y a quelque chose de fascinant et de très éloquent dans une telle régression historique…

Source : Le Point, 6Medias, 16/12/2017

Selon plusieurs rapports, cités par « Le Parisien », le niveau en français des professeurs est à la baisse. De quoi provoquer l’inquiétude.

S’il est attendu de trouver des fautes d’orthographe dans les copies des élèves, cela est plus surprenant quand il s’agit de celles des professeurs. Pourtant, Le Parisienrelève que c’est de plus en plus souvent le cas. Le quotidien cite plusieurs rapports qui pointent le problème et soulignent que ce sont les comptes rendus des jurys aux concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE) qui sont les plus « alarmants ».

Ainsi, en 2017 pour l’académie de Lille, on peut lire : « Certains correcteurs qualifient de langage oralisé le niveau de langue utilisé. » À Lyon, des erreurs « surprenantes » ont été relevées dans les copies des aspirants professeurs : « le héro », « bravourd », « le par être » ou la « monstruausité ». En 2016, à Créteil, on notait que « la qualité rédactionnelle des copies est souvent insuffisante (orthographe et syntaxe) ». À Bordeaux, en 2015, on déplorait carrément qu’« un tiers environ des candidats semble méconnaître les principes fondamentaux pour s’exprimer dans une langue claire et correcte ». Mais le problème existe aussi dans les autres concours de recrutement d’enseignants. Notamment pour les examens du capes. « On trouve des choses aberrantes », déplore auprès du Parisien un ancien correcteur. Pour lui, « les jeunes n’ont plus de points de repère » en ce qui concerne l’orthographe.

« Le plus important, c’est la pédagogie »

Francette Popineau, cosecrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire et interrogée par Le Parisien, reconnaît qu’« il y a globalement une déperdition en orthographe », mais elle rappelle que « le plus important, c’est la pédagogie et la motivation. […] Ce n’est pas le concours qu’on brade, c’est le métier. Cela irait mieux s’il y avait de meilleurs salaires, une meilleure reconnaissance. »

Source : Le Point, 6Medias, 16/12/2017

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Burkina Faso : les syndicats et le gouvernement signent un accord pour « sauver l’année scolaire »

Les termes précis de l’accord n’ont pas été rendus publics mais le gouvernement s’est félicité de la reprise imminente des cours, alors que la radicalisation du mouvement de grève laissait craindre une année blanche.

Suspension des évaluations, du traitement des dossiers, des examens et un sit-in hebdomadaire… depuis près de quatre mois, les enseignants sont engagés dans un véritable bras de fer avec le gouvernement.

Un mouvement qui va enfin trouver une issue puisque le gouvernement burkinabè et les syndicats de l’éducation sont parvenus, dans la nuit de samedi à dimanche, à un accord pour « sauver l’année scolaire », paralysée depuis plusieurs mois par une grève des enseignants soutenus par les élèves.

Les termes précis de l’accord n’ont pas été dévoilés, mais les enseignants ont obtenu des avancées sur leurs revendications : adoption d’un statut valorisant le personnel, amélioration de la qualité de l’enseignement, de l’accès à l’éducation et des conditions de travail, et revalorisation de la fonction enseignante.

« Rattraper le temps perdu »

« Nous sommes parvenus aujourd’hui à un accord au terme d’un long conflit social qui perturbait le fonctionnement de l’école burkinabè. Le gouvernement et le peuple burkinabé sont soulagés de voir le protocole d’accord que nous avons signé ce soir avec la coordination des syndicats de l’éducation », s’est félicité le premier ministre Paul Kaba Thièba à l’issue des tractations qui ont duré jusque tard dans la nuit. « Dès lundi, les élèves vont retrouver le chemin de l’école dans la sérénité », s’est-il réjoui.

« Ce soir, nous avons obtenu un protocole d’accord. Au nom de l’intérêt général, de l’enfant burkinabè, les deux parties se sont entendues pour que l’école burkinabè puisse être reprise dans les jours à venir », a confirmé Wendyam Zongo, le porte-parole de la Coordination des syndicats de l’éducation nationale, regroupant une quinzaine d’organisations.

Ces dernières semaines, la radicalisation des syndicats de l’enseignement avait fait grandir le risque d’une année blanche pour les élèves. « Nous ne sommes pas satisfaits à 100%, mais les choses ont bougé et c’est cela qui nous permet de reprendre les cours », a indiqué Wendyam Zongo, précisant que « les quatre points des revendications ont connu une évolution ».

« À partir de cet instant, les mots d’ordre de grève sont levés (et) nous allons rattraper le temps perdu », a assuré le porte-parole des syndicats.

http://www.jeuneafrique.com/522855/politique/burkina-faso-les-syndicats-et-le-gouvernement-signent-un-accord-pour-sauver-lannee-scolaire/?utm_source=Newsletter_JA_Actu&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter_JA_Actu_29_01_18

L’aide à l’éducation en Afrique en quête de rebond

L’aide à l’éducation en Afrique en quête de rebond

epa04947676 A photograph made available on 24 September 2015 showing Liberian students raising their hands in response to a teacher’s question during an interactive class session at the central Harper School. Harper, Maryland County, Liberia, 23 September 2015. Liberian schools re opens September for accademic year 2015-16. Reports state that he government, and activists are leading a campaign to parents for enrollment of more girls in schools, as the girl child neglected in the past, and considered to belong in kitchen in sub saharan africa. September 23 2015. epa/Ahmed Jallanzo EPA/AHMED JALLANZO

Après être passée à la trappe plusieurs années durant, l’aide au développement consacrée à l’éducation remonte sur l’agenda international. La conférence du Partenariat mondial pour l’éducation les 1er et 2 février sera clé.

En Afrique, l’accès à l’éducation a été un des grands succès de la décennie passée.  Mais si la scolarisation universelle est sur la bonne voie, le continent fait toujours face à de nombreux défis, notamment sur la qualité de l’éducation, l’accès au collège ou encore la scolarisation des jeunes filles.

« Comme les autres pays du continent africain, nous avons mis l’accent sur l’universalisation de l’éducation en primaire. C’était une course contre la montre qui s’est faite parfois faite au détriment de la qualité », a expliqué Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Éducation du Sénégal, lors de la conférence « Afrique : quelle école pour demain » organisé à Paris par l’Agence française de développement le 19 janvier.

Bilan décevant pour les objectifs de l’Éducation pour tous

Seul un tiers des gouvernements mondiaux a accompli les objectifs de l’Éducation pour tous (EPT) fixés dans le cadre des OMD en 2000, a annoncé le 9 avril l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

« L’Afrique est en train de réaliser la scolarisation universelle à un rythme sans précédent », a reconnu Rémy Rioux, le directeur général de l’Agence française de développement (AFD).  Cette scolarisation universelle, un des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), a notamment permis d’atteindre un taux d’accès à l’école primaire de 80%, contre 64% en 2000.

Une amélioration due notamment à l’accent mis par les gouvernements africains sur les budgets dédiés à l’éducation. Aujourd’hui, 17% du PIB des pays de l’Afrique subsaharienne est affecté à l’éducation, contre une moyenne de 12% dans les pays du Nord.

Les bailleurs internationaux se sont aussi largement mobilisés et ont investi au début du millénaire dans le chantier éducatif des pays en développement. Mais depuis 2010, le cercle vertueux du financement de l’éducation en Afrique semble s’être rompu, entraînant une  baisse de l’aide à l’éducation chez les donateurs internationaux. Ce recul a atteint 30% entre 2010 et 2015. Résultat, les financements à l’éducation ne représentent aujourd’hui que 7% de l’aide totale des donateurs internationaux.

« Mais l’éducation est en train de revenir au premier plan de la politique nationale et internationale de développement », a affirmé Rémy Rioux. « Après cette longue période de baisse de l’aide au développement consacrée à l’éducation – et la France n’a pas fait  exception – la priorité donnée à l’éducation revient. »

Partenariat mondial pour l’éducation

La remobilisation des financements en faveur de l’éducation devrait notamment connaitre un tournant lors de la Conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation qui aura lieu à Dakar les 1er et 2 février.

« Cette conférence pour le financement à Dakar va être un moment charnière », a insisté Alice Patricia Albright, directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation, rappelant que 264 millions d’enfants dans le monde n’allaient toujours pas à l’école. «  L’éducation demeure la priorité numéro une au niveau mondial », a-t-elle martelé.

Co-présidée par la France et le Sénégal, la conférence espère mobiliser 3,1 milliards de dollars pour la période 2018 à 2020. Une somme qui devrait permettre de financer l’éducation de 870 millions d’enfants dans les  pays en développement.

Et la remobilisation politique semble prendre. « Je souhaite tout particulièrement marquer l’engagement de la France dans le domaine de l’éducation », a déclaré le président français Emmanuel Macron lors d’un déplacement au Niger en décembre 2017.

« Le Partenariat mondial pour l’éducation a investi de façon substantielle dans l’éducation, aidant ainsi 72 millions d’enfants supplémentaires à aller à l’école primaire depuis 2002, y compris au Sénégal », a de son côté déclaré Macky Sall, Président du Sénégal.

Contrainte démographique

La remobilisation de financement en faveur de l’éducation est d’autant plus urgente que les défis à venir s’accumulent. Avec le rythme de croissance démographique le plus rapide de la planète, l’Afrique subsaharienne comptera en 2050 un tiers des jeunes dans le monde.

Une croissance rapide qui va peser sur les systèmes éducatifs et induire d’immenses besoins de formation des enseignants. « Si l’on compte par rapport à l’agenda 2030, il faut entre 20 et 30 millions d’enseignants supplémentaires pour atteindre les objectifs internationaux en matière d’éducation. Et le rythme actuel de formation n’est pas suffisant », explique Valérie Tehio, responsable adjointe de la division Éducation, formation, emploi de l’AFD.

L’accès à l’éducation dans le monde progresse plus que la qualité

L’objectif de scolarité primaire pour tous ne sera pas atteint en 2015, mais est en bonne voie. Mais malgré des taux de scolarisation en progression, la qualité de l’éducation s’affirme comme le grand sujet pour l’après 2015.

« Et aujourd’hui, les systèmes de formation initiale des enseignements en Afrique ne sont pas à la hauteur pour fournir suffisamment d’enseignants, notamment pour le secondaire » a-t-elle poursuivi.

Les besoins en formation d’enseignants sont aussi couplés à d’autres problématiques : qualité de l’enseignement, scolarisation des jeunes filles, renforcement de l’accès au collège, et adéquation de l’enseignement avec les perspectives d’emploi.

Selon le rapport « Accès des filles à l’éducation dans le monde : les mauvais élèves », neuf des dix plus mauvais élèves mondiaux en la matière se situent en Afrique (Soudan du Sud, République centrafricaine, Niger, Tchad, Mali, Guinée, Liberia, Burkina Faso et Éthiopie).

Le Soudan du Sud affiche un taux de scolarisation de filles inférieur à 16%, mais n’alloue que 2,6 % de son budget national à l’éducation. De son côté,  le Niger se hisse péniblement à  21,5%.

https://www.euractiv.fr/section/aide-au-developpement/news/laide-a-leducation-en-afrique-en-quete-de-rebond/

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Revue de presse nationale et internationale.

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