Archives pour la catégorie EGYPTE

Gaza: une opération israélienne qui tourne mal remet en cause les efforts d’apaisement

Gaza: une opération israélienne qui tourne mal remet en cause les efforts d’apaisement

Un immeuble détruit après une frappe israélienne à Khan Younès dans la bande de Gaza, le 12 novembre 2018 / © AFP / SAID KHATIB

Une opération des forces spéciales israéliennes à Gaza s’est conclue dimanche par la mort d’un officier et de sept Palestiniens, menaçant les efforts menés depuis des mois pour empêcher une nouvelle guerre dans l’enclave.

La mort d’un lieutenant-colonel israélien et de plusieurs membres des forces armées du Hamas, dont un commandant local, ainsi que le retour prématuré de Paris du Premier ministre Benjamin Netanyahu confèrent une acuité accrue aux évènements de dimanche soir.

Même si l’Etat hébreu et le mouvement islamiste qui gouverne sans partage à Gaza ont, à plusieurs reprises ces derniers mois, paru proches d’un quatrième conflit en dix ans, le calme est revenu au moins provisoirement lundi matin dans et autour du territoire éprouvé coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée.

L’officier, dont l’identité n’a pas été divulguée officiellement, est le deuxième soldat israélien tué depuis la montée des tensions entre Israël et la bande de Gaza fin mars.

Au moins 228 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date, principalement lors de manifestations et de heurts avec l’armée le long de la frontière, mais aussi dans des frappes israéliennes en réponse à des tirs de roquettes.

– Incursion risquée –

Le Premier ministre israélien doit réunir lundi le cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles, ont rapporté les médias.

Malgré les crispations des derniers mois, les violences de dimanche soir sont survenues de manière inattendue, rappelant la volatilité de la situation même dans une période de relative accalmie. Les circonstances en demeurent obscures bien que l’origine paraisse résider dans une incursion risquée de soldats israéliens en territoire gazaoui.

Les forces spéciales israéliennes menaient une opération de renseignement à l’intérieur de la bande de Gaza, a indiqué l’armée israélienne. Elle a démenti qu’il s’agissait d’assassiner ou de capturer des Palestiniens, comme l’a dit le Hamas. Mais l’unité israélienne semble avoir été repérée.

La branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, ont affirmé que les soldats israéliens avaient tenté de s’infiltrer à bord d’un véhicule civil.

Un lieutenant-colonel israélien a été tué dans l’échange de coups de feu, et un autre officier blessé, a dit l’armée. Il souffre de blessures modérées, a-t-elle précisé.

– Netanyahu rentre de Paris –

Sept Palestiniens ont été tués, a indiqué le ministère gazaoui de la Santé, sans qu’il apparaisse clairement s’ils ont perdu la vie dans l’affrontement ou dans les frappes israéliennes consécutives à celui-ci.

Parmi eux figurent un responsable local des brigades Ezzedine al-Qassam, identifié comme Nour Baraka, ainsi que cinq autres membres des forces armées du Hamas, ont indiqué des sources de sécurité.

La morgue d’un hôpital où ont été entreposés les corps de cinq des six Palestiniens tués lors d’échanges de tirs à Gaza, qui ont également coûté la vie à un soldat israélien, le 11 novembre 2018 à Khan Younis / © AFP / Said KHATIB

Fait exceptionnel, l’armée israélienne a indiqué que tous ses soldats, vivants et mort, avaient été exfiltrés, tant la capture par les Palestiniens d’un militaire en vie ou tué aurait compliqué la donne, constituant potentiellement un casus belli.

Un porte-parole du Hamas a dénoncé une « attaque israélienne lâche ».

Dix-sept roquettes ont été tirées de la bande de Gaza vers Israël, a indiqué l’armée israélienne. Trois ont été interceptées par le système de défense anti-missiles, a-t-elle ajouté. Aucune victime n’a été rapportée.

Les cours ont été annulés lundi dans les écoles israéliennes autour de la bande de Gaza.

Benjamin Netanyahu a décidé quant à lui d’interrompre sa visite à Paris, où il s’était rendu pour prendre part à la commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

Ces échanges de tirs surviennent alors que les signes d’une possible détente se sont succédé ces dernières semaines dans et autour de Gaza.

Les autorités israéliennes ont ainsi récemment autorisé le Qatar à acheminer 15 millions de dollars afin de payer les salaires des fonctionnaires dans la bande de Gaza.

M. Netanyahu avait justifié cette décision en arguant que cela contribuerait à ramener le calme.

« Je fais ce que je peux, en coordination avec les services de sécurité, pour que le calme revienne dans les localités du sud (d’Israël), mais aussi pour éviter une crise humanitaire », avait-il dit.

« Je ne reculerai pas devant une guerre nécessaire mais je veux l’éviter si elle n’est pas indispensable », avait-il dit.

Au total, ce sont 90 millions de dollars qataris qui doivent être distribués en six mensualités de 15 millions, selon le Hamas, principalement pour payer au moins partiellement les fonctionnaires du mouvement qui ne sont plus rétribués que sporadiquement depuis des mois.

L’opération s’inscrit plus largement dans les efforts déployés, notamment par le voisin égyptien et les Nations unies, en vue d’une trêve durable entre Israël et le Hamas.

(©AFP / (12 novembre 2018 11h32)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Gaza-une-op-ration-isra-lienne-qui-tourne-mal-remet-en-cause-les-efforts-d-apaisement/970589.rom

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La « route de la soie » passera par la Jordanie, l’Égypte et Israël

La « route de la soie » passera par la Jordanie, l’Égypte et Israël

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Après l’attaque de Daesh contre Palmyre, la Chine a renoncé au tracé traditionnel de la route de la soie historique (Bagdad, Palmyre, Damas, Tyr). Un tracé alternatif avait été envisagé, non plus à travers la Syrie, mais la Turquie. Il a également été abandonné.

Au cours de l’Antiquité, il existait aussi une route secondaire par Petra (Jordanie) et Alexandrie (Égypte). En définitive, la nouvelle route devrait passer par la Jordanie, puis se scinder vers l’Égypte et Israël.

Le tracé par l’Égypte a été validé par l’administration Obama. Washington a autorisé le doublement du Canal de Suez (déjà opérationnel) et la création d’une vaste zone industrielle (en cours).

L’administration Trump aurait autorisé le tracé par Israël. Le Shanghai International Port Group vient d’acheter la concession d’exploitation des ports d’Haïfa et d’Ashdod. La Chine construira également le tunnel du Mont Carmel pour doubler l’approvisionnement du port d’Haïfa.

En 2021, 90 % du commerce international d’Israël sera alors contrôlé par la Chine, ce qui signifie que celle-ci deviendra avec les États-Unis le co-protecteur du pays ; une perspective qui suscite une indignation dans les cercles militaires israélo-US.

Cette décision bouleverse complètement la géopolitique régionale. Jusqu’ici, Beijing était un partenaire commercial d’Israël (sauf en matière d’armement) et politique du Hamas (qui dispose d’une représentation à Beijing). Identiquement, la Chine fournissait des missiles au Hezbollah libanais. Désormais, le Hamas et le Hezbollah ne pourront plus attaquer des objectifs routiers, ferroviaires et portuaires israéliens sans entrer en conflit avec la Chine. On se souvient par exemple que le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avait expliqué qu’en cas d’attaque israélienne du Liban, il pourrait bombarder les matières nucléaires stockées à Haïfa, se félicitant ainsi de disposer de sa propre « bombe atomique ».

Cette décision bouleverse également la géopolitique mondiale. L’accord sino-israélien suppose l’autorisation de Washington. La stratégie commerciale chinoise bouscule les contraintes politiques qu’elle ignore. Elle modifie profondément le sens du Partenariat de l’Eurasie élargie, conclu entre la Chine et la Russie, qui sert aujourd’hui de fondement à l’alliance entre les deux pays.

En définitive, l’annonce de ce nouveau trajet révèle un accord secret entre Beijing et Washington, malgré l’escalade mutuelle des droits de douanes entre les deux Grands.

Si ce projet arrive à son terme, chaque État du Moyen-Orient va devoir se repositionner. Puis, ce sont tous les États du monde qui vont devoir s’adapter à cette nouvelle donne.

http://www.voltairenet.org/article203516.html

Des États arabes s’apprêtent à renouer avec la Syrie

Des États arabes s’apprêtent à renouer avec la Syrie

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Le président syrien démocratiquement élu, Bachar el-Assad, a accordé un entretien au quotidien koweiti Al-Shahed.

Il y révèle que la Syrie et plusieurs États arabes sont sur le point de renouer leurs relations diplomatiques.

Il s’agit de la première interview du président el-Assad à un média du Golfe depuis le début de l’agression étrangère (financée par l’Arabie saoudite et le Qatar), en 2011.

La Syrie a été exclue de la Ligue arabe, dont elle est un membre fondateur, en violation des statuts de l’organisation.

La Syrie a historiquement joué un rôle international important. Le Dr. Henry Kissinger avait coutume de dire : « Au Moyen-Orient, on ne peut faire la guerre sans l’Égypte ni la paix sans la Syrie ».

http://www.voltairenet.org/article203290.html

Les signaux de paix éthiopiens vers l’Érythrée et l’Égypte vont changer la donne géopolitique régionale

Les signaux de paix éthiopiens vers l’Érythrée et l’Égypte vont changer la donne géopolitique régionale


Par Andrew Korybko – le 18 juin 2018 – Source Oriental Review

Le président érythréen Isaias Afewrki, à gauche, serre la main du président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi dans le palais présidentiel du Caire, en Égypte

Le nouveau Premier ministre éthiopien a créé la surprise en tendant la main à ses deux rivaux régionaux éthiopiens que sont l’Érythrée et l’Égypte.

La première des deux décisions prises ce week-end par le premier ministre Ahmed a été d’annoncer que l’Éthiopie allait unilatéralement se conformer à une décision de la Cour de Justice Internationale en date de 2002, précisant que la ville disputée de Badme était à présent rattachée à l’Érythrée ; les deux voisins avaient fait la guerre dans les années 1998-2000 en raison de ce différend. Ce conflit, larvé depuis longtemps, avait été allumé au moment de cette guerre plutôt en raison de la défiance mutuelle entre les deux États que pour des raisons stratégiques – la ville en question ne présente en effet qu’un très faible intérêt géographique. L’Éthiopie, État sans accès à la mer, voulait garder son ancienne province d’Érythrée en état de faiblesse, afin de la contrôler par procuration et de reprendre son accès historique à la mer Rouge ; alors que l’Érythrée trouve depuis longtemps un intérêt à soutenir divers groupes « rebelles » contre Addis-Abeba, le but étant d’engluer l’Éthiopie dans suffisamment de crises domestiques pour la distraire de jamais reconsidérer le statut indépendant d’Asmara.

Situation des États d’Égypte (bleu), d’Érythrée (vert) et d’Éthiopie (orange) sur la carte d’Afrique. Carte originale MarginalCost – Own work, CC BY-SA 4.0, modifiée par lesakerfrancophone

 

La prolongation interminable du statut de « paix froide » sur laquelle avait débouché le conflit depuis une quinzaine d’année – au cours duquel plus de cent mille personnes avaient péri, pour des enjeux territoriaux ridiculement faibles – est considérée comme la raison du sous-développement de l’État d’Érythrée. Le petit État se trouvait de fait astreint de maintenir une politique controversée de conscription forcée et indéfinie de ses citoyens aux fins d’assurer sa sécurité nationale, alors même que ces conscriptions forcées provoquaient dans une large mesure l’exode de milliers de personnes chaque année. En outre, le soutien prétendu d’Asmara au groupe terroriste Al Shabaab, utilisé comme mandataire pour attaquer l’armée Éthiopienne en Somalie – par suite de l’invasion de ce dernier pays par Addis-Abeba au milieu des années 2000 – avait provoqué l’application de sanctions de la part du Conseil de sécurité des Nations Unies envers l’Érythrée, sanctions qui perdurent jusqu’à ce jour. L’Érythrée commençait tout juste à sortir de son isolement international, ayant rejoint la guerre contre le Yémen, et ayant selon les rumeurs fait alliance avec l’Égypte ; les gestes de paix récents de l’Éthiopie envers l’Égypte pouvant d’ailleurs venir saper cette relation essentielle.

Cela fait longtemps que l’Égypte accuse l’Éthiopie d’utiliser l’eau comme arme, en raison du projet éthiopien de construire un barrage le long du Nil Bleu, affluent du Nil qui apporte les plus grands volumes d’eau à l’Afrique du Nord. L’Égypte avait même déjà plusieurs fois menacé de bombarder l’ouvrage, et on peut penser que son alliance présumée avec l’Érythrée était motivée par l’existence de ce projet. La visite surprise du premier ministre Ahmed au Caire ce week-end l’a vu, en accord avec le président Sisi, s’accorder pour trouver un terme pacifique à ce différent hydrique. L’effet de bord en est, cependant, que l’alliance égyptienne avec l’Érythrée en sort affaiblie, sa justification pour l’Égypte ayant été de constituer un revers contre l’Éthiopie. À présent qu’il sait ne plus pouvoir compter sur le Caire qu’il ne l’avait pensé jusqu’ici, le gouvernement d’Asmara se trouve donc sous pression de travailler de manière constructive avec Addis-Abeba, et sa rétrocession de la ville de Badme, et de normaliser les relations entre les deux pays.

Il est sans aucun doute à l’avantage de l’Érythrée de formaliser une paix solide avec l’Éthiopie, et de commencer à sortir de son isolement international, mais cela pourrait porter à conséquences sur la situation politique intérieure du pays. Le « Front populaire pour la démocratie et la justice », parti jusqu’à présent au pouvoir, s’appuyait sur la menace éthiopienne comme excuse au sous-développement érythréen, et cette excuse cessera d’être valable dès lors que les deux pays se seront rapprochés. La pression populaire pourrait monter envers Isaias Afwerki, président vieillissant du pays, de libéraliser son État uni-partite « socialiste » pour faciliter une transformation politique dont cette « réouverture » pourrait constituer le catalyseur, avec la perspective de voir les aides économiques internationales et la levée des sanctions conditionnées par cette réouverture.

La situation a ceci d’ironique qu’après des années passées par l’Érythrée à fomenter un changement de régime en Éthiopie par des moyens militants, ce pourrait bien être au final l’Éthiopie qui réussirait à accomplir ce même tour envers l’Érythrée, au travers des conséquences de ce double geste de paix, le tout en l’espace d’un week-end.

Cet article est une retranscription partielle de l’émission radiophonique « the CONTEXT COUNTDOWN », diffusée sur Sputnik News le 15 juin 2018.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-signaux-de-paix-ethiopiens-vers-lerythree-et-legypte-vont-changer-la-donne-geopolitique-regionale

 

L’Égypte pose les conditions de sa levée du siège de Gaza

L’Égypte pose les conditions de sa levée du siège de Gaza

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Alors que les envoyés spéciaux US, Jared Kushner et Jason Greenblatt, sont arrivés en Égypte après avoir été reçus en Jordanie et en Arabie saoudite, le cabinet du président al-Sissi a annoncé qu’il soutenait un volet du plan de paix US.

Le Caire lèverait le siège de Gaza si les pays du Golfe construisaient un port et un aéroport à Gaza et si le Hamas restituait les prisonniers israéliens qu’il détient.

http://www.voltairenet.org/article201610.html

Les pays musulmans demandent une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Les pays musulmans demandent une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (centre), entouré du premier ministre palestinien Rami Al Hamdallah (gauche) et du secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique, le 18 mai 2018 à Istanbul / © AFP / Yasin AKGUL

Les pays musulmans ont appelé vendredi à l’envoi d' »une force de protection internationale » dans les Territoires palestiniens après le bain de sang de Gaza, lors d’un sommet à Istanbul convoqué par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé Israël d’user de méthodes dignes des nazis.

Les représentants des 57 pays regroupés au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont appelé à « une protection internationale pour le peuple palestinien, y compris par l’envoi d’une force de protection internationale », selon le communiqué final du sommet.

L’OCI a en outre condamné « en les termes les plus forts les actions criminelles dans forces israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés, notamment dans la bande de Gaza », où près de 60 Palestiniens sont morts lundi sous les balles israéliennes en manifestant contre le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le texte accuse l’administration américaine « de soutenir les crimes d’Israël, y compris en le protégeant au Conseil de sécurité de l’ONU ».

Il épingle aussi Washington pour le transfert de son ambassade à Jérusalem, y voyant un « acte de provocation et d’hostilité contre la nation islamique ».

Il appelle l’ONU à mettre sur pied « une commission d’enquête internationale » pour faire la lumière sur le bain de sang de Gaza.

A l’ouverture du sommet, M. Erdogan, qui tire à boulets rouges sur Israël depuis lundi, a comparé le traitement réservé par l’Etat hébreu aux Palestiniens de Gaza à la persécution des Juifs sous les nazis.

– Appel à l’unité –

« Il n’y a pas de différence entre les atrocités subies par le peuple juif en Europe il y a 75 ans et la brutalité dont souffrent nos frères à Gaza », a lancé le président turc.

Il a accusé les dirigeants « d’un peuple qui a subi toutes sortes de tortures dans les camps de concentration durant la Seconde guerre mondiale » d’attaquer les Palestiniens « en usant de méthodes similaires à celles des nazis ».

Avant d’ouvrir le sommet, M. Erdogan avait reconnu en haranguant des milliers de manifestants rassemblés dans le centre d’Istanbul pour apporter leur soutien aux Palestiniens, que le monde musulman avait « échoué dans le test de Jérusalem », n’ayant pas réussi à empêcher le transfert de l’ambassade américaine vers la ville sainte depuis Tel-Aviv.

« Les violations commises (par Israël) à Jérusalem et en Palestine s’expliquent par les divisions et les différends entre les musulmans eux-mêmes », a-t-il ajouté.

« Nous devons nous sacrifier pour défendre nos lieux saints. Si nous devions nous unir, Israël ne pourrait pas poursuivre ses violations », a-t-il encore dit.

Lors de la manifestation, le Premier ministre turc Binali Yildirim a pour sa part accusé Israël « d »imiter Hitler et Mussolini ».

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, présent à Istanbul pour participer au sommet de l’OCI, s’est aussi adressé à la foule. Il a accusé l’administration américaine de chercher à « provoquer un conflit religieux dans la région » en transférant son ambassade en Israël à Jérusalem.

– « Silence » –

Issu de la mouvance islamo-conservatrice, M. Erdogan se pose en ardent supporteur de la cause palestinienne et ne cache pas son soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza, bête noire des autorités israéliennes. Ce discours trouve un écho chez l’électorat traditionnel du président turc candidat à sa propre succession lors des élections anticipées prévues le 24 juin, et lui a permis de bâtir une certaine popularité dans le monde arabe.

La réunion d’Istanbul s’est tenu au moment où le monde arabo-musulman est miné par des divisions et des rivalités qui rendent peu probables des mesures concrètes à l’égard d’Israël.

L’Arabie saoudite, dont le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir était présent à Istanbul, et ses alliés du Golfe ainsi que l’Égypte, voient d’un mauvais œil le soutien de la Turquie d’Erdogan à des mouvements comme les Frères musulmans et le Hamas, ainsi qu’au Qatar, qu’ils cherchent à isoler.

Ryad et ses alliés, qui semblent avoir assoupli leurs positions vis-à-vis d’Israël, seraient en outre réticents à d’éventuelles actions susceptibles de heurter Washington, dont ils espèrent le soutien pour endiguer l’Iran chiite, qu’ils voient comme la principale menace dans la région.

Parmi les chefs d’État qui ont assisté au sommet figurent le roi Abdallah de Jordanie, le président iranien Hassan Rohani, son homologue soudanais Omar el-Béchir, ainsi que les émirs du Qatar et du Koweït.

Dans une apparente pique à l’adresse de Ryad, M. Rohani a ainsi critiqué dans son discours « le silence de certains pays », sans lequel « les sionistes n’auraient pas osé une telle brutalité ».

La Turquie et Israël s’écharpent à coups d’invectives et de sanctions diplomatiques depuis la répression sanglante des manifestations de Gaza.

Ankara a renvoyé provisoirement l’ambassadeur d’Israël en Turquie Eitan Naeh et le consul général d’Israël à Istanbul. Israël a pris une mesure similaire à l’encontre du consul général turc à Jérusalem.

(©AFP / 19 mai 2018 00h53)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-pays-musulmans-demandent-une-force-de-protection-internationale-pour-les-Palestiniens/919487.rom

Djibouti : déclencheur d’une déstabilisation trans-régionale

Djibouti : déclencheur d’une déstabilisation trans-régionale


Par Andrew Korybko – Le 8 mars 2018 – Source Oriental Review

Djibouti seizes control of Dubai-run Doraleh portLe fragile équilibre des forces dans la Corne de l’Afrique pourrait bientôt être brisé par la situation intérieure à Djibouti au sujet de la future propriété de son port principal. Une éventuelle réaction américano-émirati pourrait servir de déclencheur pour activer militairement le complexe système trans-régional d’alliance qui s’est formé dans cette partie du monde au cours des deux dernières années.

Faire une montagne d’un petit rien

Le minuscule État de Djibouti fait à nouveau la une des journaux après que son gouvernement a mis fin à un contrat avec un opérateur portuaire émirati, le mois dernier, qui contrôlait le plus important terminal de conteneurs du pays. Cette décision fait suite à un différend de plusieurs années qui a abouti à ce que Abu Dhabi dénonce comme une  « saisie illégale » de son actif, mais que les autorités nationales ont qualifiée d’action nécessaire pour sortir de l’impasse. Cette insulte commerciale apparemment insignifiante serait restée sans rapport avec la politique internationale si les États-Unis n’avaient pas décidé de peser plus tôt cette semaine pour soutenir leur allié émirati.

Reuters a rapporté que le général américain Thomas Waldhauser, un général de l’armée américaine, a répondu au Congrès que Djibouti était censé « donner [le port] à la Chine en cadeau » en avertissant que « si les Chinois prenaient le contrôle du port, les conséquences pourraient être importantes ». Le représentant républicain Bradley Byrne est allé encore plus loin en spéculant que « s’il s’agissait d’une saisie illégale de ce port, que diriez-vous si le gouvernement mettait illégalement fin à notre bail avant la fin de son mandat ? ». Ces déclarations ont donc transformé un différend ordinairement mineur et destiné à la Cour internationale d’arbitrage en un scandale géopolitique à part entière.

Djibouti regional map
Djibouti carte régionale

Les dimensions trans-régionales de Djibouti

Djibouti est d’importance mondiale en raison de son emplacement dans le détroit de Bab el Mandeb qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et sert de lieu de transit maritime entre l’Europe et l’Asie. Outre les États-Unis, la Chine, la France, l’Italie, le Japon et bientôt l’Arabie saoudite ont des bases dans le pays, l’Inde pouvant utiliser celle de l’Amérique au moyen de l’accord LEMOA de l’été 2016 qui donne à chaque pays accès aux installations militaires de l’autre, sur une base « logistique » au cas par cas. En outre, Djibouti est l’emplacement terminal du chemin de fer Djibouti-Addis Abeba (DAAR) qui fonctionne essentiellement comme le « CPEC de la Chine » ou route de la Soie de la Corne de l’Afrique, expliquant ainsi l’une des raisons stratégiques pour lesquelles la Chine a ouvert sa première base militaire à l’étranger.

L’Éthiopie, cependant, est au centre d’un système d’alliance trans-régional qui a vu le jour dans la région au cours des deux dernières années en raison de ses efforts ambitieux pour construire le barrage Renaissance de la Grande Éthiopie (BRGE) sur le Nil Bleu qui fournit le débit majeur du Nil plus célèbre. L’équilibre des forces a vu l’Éthiopie se joindre au Soudan tandis que l’Égypte – qui prétend que le BRGE affectera négativement ses approvisionnements en eau et la rendra donc stratégiquement dépendante de l’Éthiopie – a cherché a se rapprocher de l’ennemi juré d’Addis-Abeba, l’Érythrée. En outre, la guerre froide du Golfe s’est étendue à la région, le Qatar se rangeant plus étroitement aux côtés de l’Éthiopie et des EAU, qui ont conclu un partenariat avec l’Érythrée, par lequel il dispose d’installations militaires liées à la guerre au Yémen.

L’Arabie saoudite est impartiale parce qu’elle entretient des relations militaires avec l’Érythrée mais agricoles avec l’Éthiopie, même si son partenaire égyptien (qui fonctionne pratiquement comme un État subordonné ou client à ce stade) souhaite une position plus ferme contre Addis-Abeba. La situation de Djibouti est beaucoup plus complexe que n’importe laquelle de ces parties parce qu’elle entretient des relations étroites avec chacun des pays qui ont ou auront des bases militaires sur son territoire et qu’elle avait auparavant entretenu des relations positives avec les EAU avant le conflit portuaire. Le Qatar avait l’habitude de stationner des gardiens de la paix le long de la frontière entre Djibouti et l’Érythrée depuis leur bref conflit frontalier de 2008 mais les a retirés l’été dernier après que les deux États se sont rangés du côté de l’Arabie saoudite.

Approche du point de rupture

Même si Djibouti a longtemps soupçonné des intentions beaucoup plus larges de l’Éthiopie, surtout après avoir été enclavée à la suite de l’indépendance de l’Érythrée en 1993, ses craintes se sont dissipées depuis que la Chine s’est impliquée dans le projet DAAR et l’a apparemment convaincue qu’Addis-Abeba n’a aucun intérêt à se comporter agressivement avec cette ville-État de facto tant que son accès est assuré à la République populaire pour le passage de la Route de la soie. En fait, le « CPEC africain » a fait plus pour établir la confiance entre ces deux pays asymétriques que quoi que ce soit, bien que ce ne soit pas une solution pour la stabilité régionale au sens géopolitique, comme on le voit au système d’alliance trans-régional décrit précédemment

En fait, l’instabilité structurelle qui caractérise maintenant la Corne de l’Afrique pourrait atteindre un point de rupture avec la déstabilisation potentielle de Djibouti qui pourrait être provoquée si les États-Unis et leurs alliés émiratis faisaient pression ensemble sur ce petit pays pour le faire changer d’avis après la reprise de contrôle de son port. Washington suggère déjà qu’il pourrait considérer cela comme une « menace à sa sécurité nationale » pour ses intérêts, tandis qu’Abou Dhabi prétend que ce qui s’est passé n’est pas différent du vol à main armée de l’un de ses atouts les plus précieux. Les bases ont été établies pour que ces deux pays coopèrent et fassent payer Djibouti pour ce qu’elle a fait.

Boite à outils politique

La raison pour laquelle cela a de l’importance pour le monde extérieur est que cela pourrait faire de la Corne de l’Afrique une version « XXIe siècle » des Balkans d’avant la Première Guerre mondiale. Cela dans le sens où un réseau d’alliances de grande envergure pourrait être militairement activé en raison d’un événement inattendu et apparemment insignifiant. Les deux options les plus réalistes et potentiellement liées que l’alliance des États-Unis et des EAU ont à leur disposition contre Djibouti suggèrent qu’un conflit plus large pourrait facilement éclater par une erreur de calcul, sans parler d’intentions machiavéliques rendant cette comparaison géographique pertinente.

Escarmouche à la frontière érythréenne

Le sous-fifre érythréen des EAU a déjà un différend frontalier avec Djibouti, et il ne serait pas difficile pour le riche État mécène de tenter son client, appauvri, de faire un pas contre le nouvel adversaire régional d’Abou Dhabi.

Révolution colorée

Djibouti a été brièvement secoué par les troubles pro-islamistes de type Révolution colorée à la fin 2015, qui ont été rapidement réprimés par les autorités. On ne peut cependant pas dire que la répétition d’un tel scénario pourrait être « encouragée » dans un proche avenir comme la première phase d’une campagne de pression américaine.

Guerre hybride

La fusion de l’agression érythréenne conventionnelle, l’utilisation asymétrique par Asmara du groupe terroriste Al Shabaab pour lequel le Conseil de sécurité des Nations Unies a sanctionné ce pays et l’agitation d’une Révolution colorée soutenue par les Américains dans ce centre urbain constitueraient une guerre hybride classique dans la Corne de l’Afrique.

Djibouti political map
Djibouti carte politique

Réponses réalistes

La prévision de scénario est un art difficile et l’on devrait aborder cet exercice avec un brin de scepticisme, tout en comprenant son utilité pour envisager les réponses les plus probables à chacune des deux options principales que les États-Unis et les EAU ont à utiliser contre Djibouti.

La deuxième guerre mondiale africaine

L’agression érythréenne contre Djibouti pourrait inciter l’Éthiopie et le Soudan à réagir, attirant ainsi l’allié égyptien d’Asmara et ses partenaires du CCG, ce qui pourrait créer une situation qui obligerait les États-Unis et la Chine à intervenir à différentes étapes selon leurs capacités, la fin restant incertaine.

Un effondrement éthiopien

L’Éthiopie est en proie à sa deuxième mise en état d’urgence en autant d’années, et le blocage de la Révolution colorée autour du DAAR pourrait suffire à inciter les Oromo à relancer leur campagne de guerre hybride et pousser le pays au bord de l’effondrement.

Retour de flamme pro-Pékin

La déstabilisation américano-émirati de Djibouti pourrait intentionnellement ou inconsciemment produire des conséquences qui mettent en danger les intérêts de la Chine dans la Corne de l’Afrique, mais il y a aussi la possibilité qu’à l’inverse, cela produise un renforcement du rôle de Pékin dans cette région.

La République populaire et le maintien de la paix

Tant que la Chine peut éviter le scénario de « pourrissement » que les États-Unis lui tendent, elle pourrait gérer toute tension frontalière érythréo-djiboutienne (et éventuellement d’autres) à travers une mission de maintien de la paix telle que celle proposée l’été dernier, et donc stabiliser la région.

Diplomatie et négociation

La Chine est la mieux placée pour servir de médiateur entre toutes les parties en conflit dans la région, surtout si elle engage des soldats de la paix, et cela pourrait aboutir à ce que sa diplomatie produise les fruits de la Route de la Soie, des accords gagnant-gagnant, soutenant la paix obtenue par ses soldats.

La paix n’est pas possible sans la République populaire

Les conséquences globales des efforts militaires et diplomatiques de la Chine pour obtenir, sécuriser et faire progresser la paix dans la Corne de l’Afrique pourraient permettre à Pékin de devenir une force stabilisatrice dans l’une des régions les plus instables du monde et faciliter son intégration dans l’Ordre mondial multipolaire.

Pensées finales

Les derniers développements dans ce petit pays qu’est Djibouti dans la Corne de l’Afrique peuvent sembler inintéressants pour la plupart des observateurs extérieurs, mais en examinant de plus près les dynamiques stratégiques plus larges et le délicat équilibre des forces entre les deux alliances trans-régionales, il devient évident que ces événements non résolus et s’emboitant pourrait servir de catalyseur à un conflit plus vaste. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, la « scène est prête » et tous les acteurs locaux sont prêts – et presque désireux, pourrait-on dire – de « jouer leur rôle » dans le « drame » à venir, seule la Chine a une chance réaliste de stabiliser la situation avant qu’elle ne devienne incontrôlable.

Cela dit, la Chine doit aussi rester consciente du désir des États-Unis de la piéger dans un bourbier en « pourrissant la situation » comme moyen de « contenir » son influence en Afrique, et les décideurs relativement « conservateurs » de Pékin ne sont pas prédisposés à intervenir ouvertement dans les affaires d’autres pays, bien que le cas récent du Myanmar se distingue comme une exception notable et puisse laisser présager d’un changement de politique. En tout cas, il est clair que la déstabilisation de Djibouti aura inévitablement des conséquences négatives sur ses intérêts régionaux et la Route de la soie, faisant ainsi des développements les plus récents un autre exemple de la façon dont la lutte pro-américaine touche rapidement tous les coins du monde.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/djibouti-declencheur-dune-destabilisation-trans-regionale

 

L’Égypte cède une partie de son territoire pour Neom

L’Égypte cède une partie de son territoire pour Neom

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Recevant le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a annoncé que son pays se joignait au projet Neom.

L’Arabie saoudite a annoncé en octobre 2017 souhaiter construire une mega-ville high tech, destinée au tourisme de luxe : Neom. Cette région serait régie par un droit particulier, conforme au mode occidental, sans aucune référence au wahhabisme en particulier, ni même à l’islam en général.

Neom est un barbarisme signifiant Nouveau-Nouveau (néo en grec et mostaqbal en arabe).

La zone d’implantation choisie est située au bord de la mer Rouge, à Tabuk, à la frontière jordanienne et face à l’Égypte. Elle représente une surface de 26 000 km2, soit celle d’une région européenne.

Le budget prévisionnel de ce projet est d’environ 500 milliards de dollars. Il est dirigé par Klaus Kleinfeld, l’ancien patron d’Alcoa-Arconic et administrateur du groupe de Bilderberg.

Le président al-Sissi a décidé de fondre une partie du Sud du Sinaï, incluant la ville de Charm el-Cheikh, et une partie du continent, incluant la ville d’Hurghada, dans ce projet. Ce qui implique l’extra-territorialité de cette zone, face à Tabrouk. Un fonds commun d’investissement a été constitué, doté de 10 milliards de dollars (versés par la seule Arabie saoudite).

En avril 2016, le président al-Sissi avait remis à Riyad les îles de Tiran et de Sanafir, qui ferment le golfe d’Aqaba entre le Sinaï et l’Arabie saoudite. Il avait présenté son geste comme une « restitution » territoriale, alors que le seul document valide, la Convention de Londres de 1840, faisait de ces îles des territoires égyptiens. Cette session permet à l’Arabie saoudite d’inclure de les inclure dans le projet Neom et de transformer l’ensemble de la région.

Par ailleurs, ce transfert de souveraineté impliquait une reconnaissance de facto par les Saoudiens des accords égypto-israéliens de Camp David [1] qui stipulent la liberté de circulation de la marine israélienne dans le golfe d’Aqaba et la mer Rouge. Il y a donc fort à parier qu’Israël est partie prenante du projet Neom. En tous cas, Neom ne sera plus une méga-ville saoudienne, mais un archipel égypto-saoudien, au sein duquel Israël conservera de droit le contrôle des communications maritimes.

Vente de Rafale bloquée : la France subit (encore une fois) la loi américaine

Source : Les échos, Hervé Guyader, 23-02-2018

LE CERCLE/POINT DE VUE – Washington s’appuie sur une réglementation locale sur la vente d’armes pour freiner la vente de Rafale supplémentaires à l’Egypte.

Le succès commercial du Rafale en Egypte, en 2015, présageait un avenir (enfin) souriant pour l’avion de combat français de Dassault. C’était sans compter sur la réaction américaine. Les négociations pour la vente de Rafale supplémentaires entre la France et l’Egypte sont freinées par Washington, indiquait «La Tribune», la semaine dernière. Les Etats-Unis refusent en effet l’exportation d’un composant américain.

La pièce en question ? Une petite puce électronique «made in USA» présentes dans les missiles de croisière Scalp, eux-mêmes fabriqués par l’entreprise européenne MBDA, filiale commune d’Aribus, de BAE Systems et de Leonardo. Washington, s’appuie sur une réglementation américaine – la norme Itar (International traffic in arms regulations) sur les ventes d’armes – pour bloquer l’exportation et, in fine, la vente des Rafale.

Guerre économique

Cette affaire est une nouvelle illustration de l’extraterritorialité des lois américaines qui ont déjà fait ployer quelques-uns des plus grands groupes européens. Souci, le nouveau locataire de la Maison-Blanche semble plus difficile encore à amadouer que son prédécesseur Barack Obama.

La politique juridique extérieure américaine se fait plus menaçante. Certains observateurs y voient l’incarnation d’un des piliers de la guerre économique dont Donald Trump ne fait aucun mystère. La norme Itar n’est en rien utilisée ici pour prévenir ou sanctionner une quelconque fraude, mais pour protéger un intérêt américain. Le caractère légal de l’opération est parfaitement respecté.

Pour en sortir, soit MBDA change les composants incriminés au profit de produits 100 % européens, soit un accord est trouvé entre autorités françaises et américaines comme ce fut le cas pour la vente de deux satellites aux Émirats Arabes Unis en 2014. François Hollande, l’ancien président français, avait dû aller rencontrer son homologue pour débloquer la crise. La prochaine visite d’Emmanuel Macron aux États-Unis, en avril prochain, pourrait voir ce dossier ajouté à l’ordre du jour.

Une extraterritorialité des lois redoutable

La question de l’extraterritorialité des lois américaines reste entière puisqu’à chaque manifestation, elle oblige le président français à devoir entamer des discussions qui confinent plus ou moins à devoir courber l’échine. Il faut reconnaître à cette mécanique une efficacité absolue puisqu’elle revient, sous le prétexte d’une régulation économique visant à prévenir les fraudes, à arbitrer le droit du commerce international avec comme seul prisme l’intérêt américain.

Car le juge ne sera jamais saisi, aucune incrimination pénale ne sera jamais utilisée ! En l’occurrence, il n’y a pas le plus petit tracas juridique, mais seulement la présence d’un composant américain qui justifie qu’ils donnent leur avis.

L’efficience est telle qu’elle ne repose sur aucun principe, sur aucune règle juridique. Les États-Unis […]

Hervé Guyader est président du Comité français pour le droit du commerce international

Suite à lire sur : Les échos, Hervé Guyader, 23-02-2018

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Syrie – Le feu d’artifice du mensonge pour achever 2017 en beauté !

Syrie – Le feu d’artifice du mensonge pour achever 2017 en beauté !

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Maintenant que DAECH, ce groupe de mercenaires djihadistes terroristes, au service des Etats-Unis, a été mis à genoux par L’Armée Gouvernementale Syrienne aidée de l’aviation russe, une nouvelle année s’annonce pour la Syrie et les Syriens, qui vont pouvoir enterrer dignement les plus de 500.000 morts, bilan macabre de cette guerre menée « illégalement » par l’Occident, entre mars 2011 et décembre 2017 ! Les 6 années de guerre qui viennent de passer, ont été menées dans l’objectif de réduire à néant ce peuple insoumis et son Etat non aligné sur la dictature étasunienne, suivant son plan PNAC, comme une consigne venue du « Ciel ». Le pays est une ruine absolue, un désastre et un désert. Tout doit être reconstruit.

Des millions de Syriens doivent revenir peu à peu dans leurs villes devenues décombres.

Est-il encore nécessaire de rappeler que ce n’est pas la Syrie qui a agressé la Syrie ?! Il paraît que des gens « sincères », pensent encore aujourd’hui que Bachar Al Assad serait le responsable de la ruine absolue de son propre pays, réduit par lui en cendres!

Ce massacre, ce malheur, ces ruines et ces crimes ont été commis par la seule volonté des Etats-Unis, l’OTAN et Israël, Angleterre, France, Turquie, communauté Européenne, dictatures obscurantistes du Golfe Persique et la bande de leurs mercenaires djihadistes.

Ce n’est pas le Gouvernement de Bachar Al-Assad qui a été responsable de la faim, des épidémies et de la misère en Syrie, mais les sanctions injustes, cruelles, odieuses, criminelles de l’Occident contre ce pays.

En 2011, la belle « Union Européenne », imbue de sa conscience morale, à hauteur de braguette, a décrété arbitrairement des sanctions économiques contre la Syrie, en les présentant comme des «sanctions visant des personnalités du régime» ! Quelle plaisanterie de mauvais goût et une injure faite à la raison en présentant un tel mensonge comme une « vérité » quasi « vertueuse ». En réalité, Bruxelles a décrété un embargo pétrolier contre tout le pays, un blocus de toutes les transactions financières, une interdiction du commerce pour un très grand nombre de marchandises. Autrement dit, les avoirs de la Syrie à l’étranger ont été purement et simplement gelés et les importations de la Syrie interdites. Ces mesures sont d’ailleurs toujours en vigueur. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Qui a décidé de mettre à genoux la Syrie et les Syriens ? Qu’ont-ils donc fait de si mal ces pauvres gens ? Qui sont les parfaits salauds qui ont décidé arbitrairement ce crime contre l’humanité ? Il faudra qu’un Tribunal s’en occupe désormais !

En 2017, le Gouvernement syrien s’est adressé au Conseil de sécurité des Nations unies en appelant à engager la responsabilité des USA qui «commettent des crimes prémédités contre la population civile, détruisent hôpitaux, écoles, ponts et barrages, ce qui s’ajoute aux crimes des organisations terroristes».

Au fil des enquêtes et de la vérification des faits revisités, par des journalistes d’investigation, accomplissant courageusement leur métier, il a très vite été évident que bien des nouvelles diffusées à longueur de discours par des politiciens et les « médias officiels », étaient radicalement fausses. Cette poudre aux yeux couvrait une trahison des élites: non seulement ces groupes terroristes bénéficiaient et bénéficient encore aujourd’hui du soutien militaire US sur le terrain, tout comme celui de la France, mais des compagnies entières de ces soi-disant «révolutionnaires» étaient directement entraînées sur le territoire même des Etats-Unis : la base militaire de Tampa, en Floride, où des centaines de chefs terroristes opérant en Syrie ont été formés et encadrés par les experts de l’US Special Operations Command (l’USSOCOM). Puis en Jordanie : au King Adbullah II Special Operations Training Center (KASOTC), créé en 2009 à Yajooz, aux portes d’Amman, centre militaire étasunien. La CIA y travaille toujours en collaboration étroite avec les services secrets jordaniens (General Intelligence Department – GID). Là, la CIA recevait des groupes de l’ASL pour les former à répandre la terreur en Syrie. Tout cela est démontré, prouvé, par des enquêtes rigoureuses qui ont été publiées en dehors des circuits « officiels » occidentaux, les élites occidentales s’étant unanimement coalisées contre la Syrie pour la détruire !

Les chefs-d’œuvre du mensonge se sont surpassés durant toute cette guerre menée par l’Occident contre la Syrie : ce fut un véritable feu d’artifice du mensonge !

1 – L’Observatoire syrien. Tout le monde a entendu parler de ce fameux « Observatoire syrien pour les droits de l’homme » dans lequel, quelques personnes, dont un certain Ali Suleiman alias Rami Abdel Rahmane, se trouvait en réalité en Angleterre, soutenu par le MI6, et qui prétendait donner la vérité sur ce qui se passait en Syrie, depuis un bureau à Londres, le tout étant chaque fois, bien entendu, repris complaisamment par l’AFP ou Reuters ! Les gens sincères qui ont gobé cette manipulation ont carrément été traités comme des crétins pendant des années…

2 – Avec les « casques blancs », même sorte de manipulations à répétitions, eux qui étaient les véritables soldats de la propagande mensongère, directement déployés sur le terrain pour répandre les fausses rumeurs, comme les attaques au SARIN contre la population civile, par les forces Gouvernementales. Tout était perverti, mensonger, un type de guerre détestable, menée par l’Occident « Axe du bien » luttant contre un pays de « l’Axe du Mal » parce que insoumis!

3 – Le mensonge des medias. Le journaliste d’investigation, Jean-Loup Izambert, disait dans une interview :

« Je travaille avec des faits, je vais les chercher sur « le terrain », les vérifie et les fais connaître. J’ai vu des journalistes professionnels, présenter ces bandes de tueurs comme des « révolutionnaires ». Pourquoi ? Parce qu’ils méconnaissaient l’histoire de la République syrienne, des Frères musulmans et de ces groupes djihadistes et parce qu’ils s’étaient faits manipuler à la frontière turco-syrienne. Résultat : les films qu’ils ont réalisés comportaient des témoignages partiaux, de nombreuses contre-vérités et ont ainsi alimenté les campagnes de propagande médiatique contre la Syrie. Ils ont été abusés, sans même s’en rendre compte et pour une raison simple : ils s’y sont rendus en croyant a priori, (de bonne foi), au discours officiel des politiciens et de certains intermédiaires sans imaginer un seul instant que la réalité des faits pouvait être bien différente et, surtout, travestie à ce point… » (Le Saker francophone du 20 septembre 2017)

Les publications de ce journaliste français sont extrêmement riches en noms, en détails opérationnels, en descriptions de réseaux. Pour ceux qui ne connaissent pas encore la réalité de ce qui s’est passé en Syrie et de ce qui se passe toujours actuellement dans l’ombre, je leur conseille d’aller courageusement s’informer auprès de ceux qui, comme lui, ont assuré réellement un travail d’enquête journalistique digne de ce nom.

4 – L’État terroriste. Énoncer simplement, dans les médias de masse, quelques détails de ces publications objectives et courageuses, suffirait à ébranler l’État français, qui a joué un rôle criminel important en Syrie et on peut comprendre pourquoi l’accès à ces médias « officiels » ait été verrouillé à ce point.

« Dirigeants politiques et hauts fonctionnaires à la tête de l’État français, ils soutiennent des criminels et des terroristes. Hier ils ont protégé certains d’entre eux des recherches d’Interpol, aujourd’hui ils en soutiennent d’autres pour renverser le Gouvernement syrien ». (« 56 » IS Edition, J.L.Izambert, 30 septembre 2015)

Cet auteur a démontré comment notre État français cultivait des « souches islamistes » pour les inoculer au Moyen-Orient, afin de déstabiliser les pays du monde arabe qui refusaient leur alignement sur « l’atlantisme », fièrement revendiqué par certaines élites parisiennes. La France a protégé et soutenu des organisations criminelles. Il est renversant d’apprendre que des camps d’entraînement terroriste avait déjà été organisés sur le sol français par les collaborateurs des nazis avec « les Frères musulmans », pour lutter contre les partisans en Yougoslavie! Le terrorisme est toujours un terrorisme d’Etat. L’Etat français est un Etat terroriste qui a déjà une tradition de pratique terroriste ! L’Etat français avec ses maîtres atlantistes ont instrumentalisé des groupes terroristes pour détruire les États qui s’opposaient au pillage de leurs richesses. C’est un fait indiscutable, historique, avéré.

La collaboration avec le terrorisme n’est pas une relation d’un soir et « de quelques politiciens véreux avec quelques criminels pour favoriser des intérêts particuliers. C’est le développement de relations suivies, sur le long terme, entre des dirigeants politiques français, tous liés au milieu atlantiste, avec des organisations criminelles terroristes. »

Le terrorisme est, en effet, un outil du système politique pour s’assurer une survie alors que son implosion approche à grands pas.

Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères du Gouvernement Philippe, s’est rendu à Barcelone, au mois d’août 2017, pour s’apitoyer sur les victimes des attentats et appeler à « lutter contre le terrorisme », alors qu’il est un des principaux organisateurs français actuels du terrorisme! C’est lui qui, sur ordre du président Hollande, a géré des livraisons de matériel militaire et d’armes, dans la plus complète illégalité, en bafouant notamment le Traité international sur le commerce des armes (TCA) et la Position commune européenne, au profit de groupes terroristes en Syrie! Ces groupes qu’il a soutenus, encadrés, appuyés, armés, entraînés, étaient de la même idéologie salafiste que les auteurs des attentats de Barcelone !

5 – L’apothéose du mensonge. Le ministre des Affaires étrangères, Le Drian, n’a pas hésité à inverser les rôles dans une déclaration, niant l’engagement important des forces de sécurité syriennes dans la lutte antiterroriste. En janvier 2013, un ancien officier de la DGSE, de retour du Liban, indiquait que l’un de ces groupes terroristes avait prévu de sévir en France avec des armes chimiques. C’était «grâce à la coopération avec la Syrie que ces attentats avaient été déjoués, en 2008. » Or, ce plan terroriste, qui aurait fait des milliers de morts dans le métro de Paris, a échoué grâce aux services syriens du renseignement. C’est le colonel Makhlouf, qui avait arrêté un groupe de terroristes créé par les USA et encore appelés Al-Qaïda à cette époque là, armé d’armes chimiques fournies par leurs créateurs. » (nos alliés !)

Ce sont des individus issus de ces groupes qui reviennent aujourd’hui en Europe chez leurs « employeurs » après avoir été battus militairement. Ces quelques éléments ne sont pas de la contre-propagande mais des faits bruts, historiques, vérifiables et vérifiés qui contredisent le discours, de propagande tenu par des dirigeants occidentaux, notamment étasuniens, anglais et français. Ce soutien massif aux groupes criminels pour agresser la République syrienne par proxy n’aurait pu être possible sans l’anesthésie de l’opinion publique occidentale par le mensonge de grande envergure.

Il est important de signaler que de plus en plus de fonctionnaires de la police, parfois très proches du pouvoir politique, sont en désaccord complet avec les décisions de leurs hiérarchies. Nous ne pouvons que saluer cette subversion qui annonce la fin d’un monde politique pollué par les obsessions financières et le profit.

6 – La loi du profit avant tout. L’instrumentalisation du terrorisme, par les dirigeants français comme par leurs maîtres étasuniens, a été inspirée par l’obsession du profit.

Ce jeu pervers profite à qui exactement ? Aux grands propriétaires privés de la finance et de l’économie. Les politiques élus à la tête de l’État sont pratiquement tous issus des mêmes écoles dans lesquelles ils ont été formatés pour assurer la continuité du système. (Cf., Hervé Sérieyx « Alerte sur notre contrat social », Editions Eyrolles ; « Le nouveau capitalisme criminel », paru aux éditions Odile Jacob, Jean-François Gayraud).

Ce dernier auteur, haut fonctionnaire de la police nationale, décrit une hybridation entre les cercles financiers et l’appareil d’État :

« Il s’agit, analyse-t-il, d’un capitalisme de connivence, aux pratiques quasi mafieuses, régi par une supra-classe qui s’accommode parfaitement d’une  démocratie  de  basse  intensité : votez pour qui vous voudrez, cela est indifférent, puisqu’au final, c’est le marché et non le Parlement qui décide. L’aristocratie financière aux commandes est servie à la fois par une classe politique aux ordres, constituée de débiteurs, et par un nouveau clergé, non plus catholique, mais médiatique, disant le bien et le mal et lui conférant sa légitimité. »

Dans ce système économique qui ne repose que sur le « profit » par la caste mondiale des « profiteurs d’en haut », ces derniers se livrent entre eux à des guerres acharnées afin de se disputer la plus belle part du « gâteau » pour lequel ils sont en concurrence. Et pendant ce temps, ce sont les peuples qui font les frais de ces guerres d’une horrible cruauté …

Il faut aussi indiquer que les dirigeants étasuniens ont organisé ce désordre par l’agression de la Syrie, à cause de sa hantise de voir l’Europe occidentale et centrale développer leurs liens naturels, géographiques, historiques, culturels, politiques, et surtout économiques, avec la première puissance en devenir de  notre continent qu’est la Fédération de Russie. Il se trouve, ironie du sort, que c’est aujourd’hui grâce à la Russie que l’armée des mercenaires djihadistes des Etats-Unis est en déroute !

7 – Les criminels de guerre. Derrière les responsables politiques de la « coalition occidentale », le président Hollande, les Premiers ministres Jean-Marc Ayrault, Emmanuel Valls et Bernard Cazeneuve, Laurent Fabius, pour la France, sont hautement coupables de crimes contre l’humanité en Syrie. Des interventions répétées auprès de magistrats français comme le juge Alain Marsaud, d’avocats, mais également de représentations diplomatiques par la République arabe syrienne, l’Égypte, la Fédération de Russie, par des organisations comme le ministère de l’Intérieur de la République arabe syrienne, Interpol ou l’Union Africaine, resteront sans suite. Le peuple Français qui a élu ces dirigeants ne leur a jamais donné mandat pour faire ces guerres illégales et n’a jamais été consulté pour ces aventures qui engagent le pays avec les conséquences tragiques qui en résultent. Leurs auteurs devraient donc être jugés par une juridiction correctionnelle. Ces gens devraient réfléchir au fait que François Hollande, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault, Alain Juppé et Manuel Valls qui, avec d’autres, rêvaient, comme le Drian, de mettre la République syrienne et ses dirigeants à genoux sont, déjà politiquement morts.

8 – Où est la conscience morale de nos « démocraties » ? Le peuple syrien martyrisé par les « djihadistes » de l’Occident, a résisté pendant 6 ans à une guerre abominable. Il a manifesté par millions, contre la guerre et pour soutenir son Gouvernement, dans les rues de toutes les grandes villes de Syrie. Bien entendu, aucune de ces images ne sont jamais parvenues sur nos écrans de télévision au service de la propagande mensongère ! Si le peuple syrien n’avait pas connu la crapulerie infâme de l’Occident, il ne se serait pas organisé en « Comités de défenses populaires » pour résister et combattre aux côtés de son armée de conscrits et des services de sécurité qui, selon les politiciens français et les médias « officiels » à leur service, « tiraient sur le peuple !»

Qui a vu dans les médias de masse des images montrant les populations d’Alep, de Palmyre, de Mossoul, de Deir ez-Zor, accueillant son armée avec des fleurs? Qui a vu des images montrant, en pleine guerre et malgré les attentats, les menaces et les appels au boycott, le peuple syrien mobilisé pour débattre publiquement, amender et voter sa nouvelle Constitution le 27 février 2012? Qui a vu dans un pays occidental des millions de personnes descendre dans la rue pour manifester contre la guerre et pour la paix en Syrie?

Les USA comme la France, après avoir applaudi et activé la guerre, continuent actuellement de freiner le processus de paix jusqu’au sein de l’ONU…

9 – L’Occident persiste et signe pour le Mal. Le comble, malgré la débâcle des « djihadistes » occidentaux, et donc celle de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, celle-ci continue à former de nouveaux groupes armés sur le territoire syrien, affirme le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit. Réunis sous le nom de «Nouvelle armée syrienne», ceux-ci sont déployés dans l’Est du pays, où se trouve le camp de réfugiés d’Al-Hasakah, utilisé par des conseillers américains depuis six mois afin d’entraîner les mercenaires rescapés.

10.000 hommes parmi les combattants rescapés se trouvent dans des camps de réfugiés près des bases américaines à Homs et à Hassaké. Autour de ces camps de réfugiés, les Américains ont déclaré des zones d’exclusion aérienne et c’est manifestement la raison pour laquelle des «altercations» aériennes entre l’aviation russe et la coalition menée par les USA se produisent. Il est évident que le Pentagone a l’intention de s’opposer non seulement aux actions de l’Armée Gouvernementale syrienne, mais également aux unités et aux forces aériennes russes encore engagées.

La BBC avait rapporté le 13 novembre 2017, que un convoi faisant 4 miles de long avait été observé en direction de Deir ez-Zor, un bastion de l’Etat islamique situé à deux heures de route au sud-est de Raqqa.

Les partenaires de la coalition, notamment les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et bien entendu la France, ont nié en bloc l’existence d’un tel convoi malgré les images explicites fournies par le satellite russe d’observation!

Selon un responsable présent et réfugié en Turquie, un dénommé Silo, « un accord secret avait été conclu entre la coalition soutenue par l’Occident et l’État islamique pour l’évacuation de quelque 4 000 personnes de Raqqa. » Silo confirmait que le convoi est allé à Deir ez-Zor, qui à l’époque était encore sous le contrôle de l’État islamique. Selon Silo, l’accord avait été approuvé par tous les membres de la coalition soutenue par l’Occident, y compris par les États-Unis.

10 – L’arrogance des « atlantistes ». Avec ce comportement arrogant de l’Occident, on se trouve sans cesse dans le mensonge devenu la « vérité ». Les États-Unis et l’Union européenne se sont empressés de condamner les nouvelles lois russes sur les médias qui restreignent les entités étrangères. Dans le même temps, ils affirment unilatéralement le droit de pourchasser les médias russes accusés d’être des agents étrangers !

En effet, les médias russes, comme « Russia Today », ont fourni une couverture alternative efficace des grands événements internationaux tels que la guerre en Syrie et au Yémen, qui exposent les responsabilités criminelles de Washington et de ses alliés européens comme celles du Golfe Persique. En réalité, les médias russes ont montré ce qui devait rester enfoui et cela était impardonnable pour les criminels qui ne voulaient pas qu’on observe leurs crimes…

Il y a encore peu de temps, nous avons eu le droit à cette nouvelle déclaration de Jean-Yves Le Drian sur BFMTV disant que « La Russie s’était appropriée la victoire contre DAECH, alors que le rôle essentiel dans cette victoire a été joué par les forces de la ‘coalition internationale’ ! » Chef-d’œuvre d’arrogance !

Il faut avouer que là, nous assistons à la dérision spectaculaire d’un homme qui ne voit même pas le ridicule d’une telle déclaration, ou alors il faut bien admettre qu’il prend ouvertement les Français pour les derniers des idiots : ce qui n’arrange pas les choses pour cet homme!

A son tour, évoquant la déclaration récente du ministère russe de la Défense concernant la victoire imminente sur le groupe terroriste DAECH en Syrie, le Pentagone n’a pas hésité non plus à s’attribuer le mérite de ce dénouement ! Selon le porte-parole du Pentagone Eric Pahon, ce sont les opérations de la « coalition internationale », plutôt que celles des militaires syriens et de l’aviation russe qui porteront le coup final à l’organisation terroriste ! Sidérant ! On ne peut qu’en rire, tellement ce genre de chose devient une puérilité déconcertante de la part de responsables politiques ! Ce porte-parole disait :

«Le Gouvernement syrien et la Russie n’ont pas eu d’approche déterminante dans la défaite de Daech. Ils n’ont fait que réaliser quelques opérations contre les terroristes de Daech, alors que la plupart des territoires en Irak et en Syrie ont été libérés grâce aux efforts de la coalition américaine et de ses alliés».

Quel culot tout de même ! Plus c’est gros, mieux ça vaut !

Le représentant du Pentagone a ajouté que les forces de la coalition poursuivraient leur campagne en Syrie pour «mener à terme la défaite de DAECH et pour stabiliser les territoires libérés». Traduction : « nous avons bien l’intention de rester en Syrie et de poursuivre notre objectif de renverser Bachar Al Assad pour mettre à sa place un pantin à nos ordres ! »

L’aviation russe est entrée en action en septembre 2015. Elle a effectué plus de 28.000 vols opérationnels et procédé à 90.000 frappes aériennes. Sans les Russes, les forces gouvernementales n’auraient pas pu rétablir leur contrôle sur les champs pétroliers et gaziers de Jisel, Chaer, Hayan, Magara d’Araq, ni reconquérir les 95% du territoire Syrien.

Or, la coalition de 15 pays menée par les USA, a commencé son opération en Syrie en septembre 2014, avec pour objectif d’y combattre DAECH. Dès le début des opérations de la « coalition » en Syrie, la situation s’est tout de suite aggravée: les terroristes ont pris le contrôle d’au moins 70% du territoire du pays et repoussé l’armée gouvernementale sur plusieurs axes. Comment est-ce possible? Peut-on décemment continuer à nier les chiffres et toutes les données objectives évidentes? Jusqu’où l’arrogance peut-elle aller ?

Rappelons que les forces russes sont venues en Syrie à la demande du président syrien Bachar al-Assad, tandis que les forces des USA et de la coalition agissaient sans l’aval des autorités syriennes ni de l’ONU. Damas a affirmé à de nombreuses reprises qu’il considérait légitimement la présence des forces américaines dans le pays comme une «invasion».

11 – Les USA et leurs alliés sont en Syrie pour la soumettre et la piller. La coalition américaine a effectué plusieurs frappes sélectives, parfois contre les terroristes, pour donner l’impression qu’ils combattaient DAECH, (alors que DAECH combat pour eux), mais surtout contre l’armée du Gouvernement syrien. Le Pentagone a justifié ces cas en disant que les militaires américains avaient confondu la couleur de l’uniforme ou se seraient incorrectement repérés sur le terrain, car il est vrai que les militaires américains sont des amateurs ! Les attaques des USA et de la coalition ont principalement fait des victimes parmi les civils et détruit systématiquement les villes.

On se souvient qu’en avril 2017, sur ordre personnel du Président américain Donald Trump, Washington a tiré des missiles de croisière Tomahawk contre la base aérienne syrienne de Shayrat. Cette frappe a été justifiée par la prétendue présence d’armes chimiques sur la base ! Washington continue d’accuser la Syrie d’en avoir fait usage. C’est un comble, mais peu importe, le mensonge est par nature triomphaliste et arrogant !

12 – Le Yémen.

Enfin, pour couronner de mensonge et d’infamie cette belle année 2017, il fallait que l’Occident, dont la France, soit au cœur des livraisons d’armements sophistiqués pour martyriser un autre peuple insoumis : le Yémen.

Les bombes larguées sur les enfants yéménites sont dirigées par un système de guidage électronique français. Grâce à leur rayon d’action, les F-15 saoudiens peuvent frapper le Yémen dans son intégralité. Les avions-ravitailleurs sont également français. Le blocus maritime qui affame la population yéménite prise odieusement en otage est assuré par la marine française qui y participe. L’histoire retiendra que Hollande et Macron ont été les bouchers des enfants yéménites.

En 2011, la France de Sarkozy a détruit la Libye au nom des « droits de l’homme ». En 2012 elle allait former, armer, encadrer, ravitailler les « djihadistes » du Front Al-Nosra et poursuivre sa trahison jusqu’à ce jour, au nom des intérêts économiques d’un pillage programmé. En 2017, elle allait substantiellement participer à la destruction du Yémen au nom du chiffre d’affaires. La “patrie des droits de l’homme” est devenue un tas d’ordures, par le fait de ses élites politiques vendues aux intérêts financiers.

Parce que le Yémen aurait une complicité avec Téhéran, il fallait qu’il soit martyrisé et exterminé ! C’est un crime impardonnable, que d’être ami avec l’Iran ?! Ce Yémen est donc rebelle, insoumis. Il est du côté de « l’axe du Mal ». Les Houthis et leurs alliés admirent le Hezbollah libanais, ils soutiennent la Syrie souveraine… C’est inadmissible ! Pire encore, ces Yéménites n’ont jamais marchandé leur solidarité avec le peuple palestinien : quelle horreur !

Conclusion

C’est un véritable feu d’artifice de mensonges et de malheurs infligés arbitrairement à des peuples innocents, qui explose pour célébrer en beauté la fin de cette merveilleuse année 2017, semée de crimes contre l’humanité !

Ce qui doit suivre désormais, c’est un jugement des criminels de la « coalition occidentale » par un tribunal impartial et souhaiter la chute rapide et définitive de ce monde de l’impérialisme financier qui nous a volé notre souveraineté et notre humanité…

Jean-Yves Jézéquel

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Revue de presse nationale et internationale.

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