Archives pour la catégorie EMIRATS ARABES UNIS

Dedo pour l’empire

Dedo pour l’empire

Publié le 9 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Economie, Etats-Unis

Le hasard faisant bien les choses, dedo(llarisation) signifie « doigt » en espagnol. Il est vrai que le grand mouvement planétaire d’abandon progressif du billet vert doit être particulièrement douloureux pour le système financier américain, pilier de la domination impériale durant des décennies.

Continuant sur la lancée de ce qu’il dit depuis longtemps et avec son célèbre sens de la formule, le facétieux président russe s’en est donné à cœur joie il y a quelques jours en parlant de la sanctionnite aiguë de Washington : « Ce n’est pas nous qui quittons le dollar, c’est le dollar qui nous quitte. Ceux qui prennent de telles décisions ne se tirent pas une balle dans le pied, mais plus haut. »

Pour la Russie, le Wall Street Journal lui-même doit reconnaître que cela commence à porter ses fruits. Même les euronouilles, lassés de toujours payer les pots cassés, veulent s’y mettre, notamment dans les échanges avec l’Iran. Et l’on ne compte plus les pays qui se sont déjà partiellement engagés dans la voie de la dédollarisation. Nous les avons régulièrement cités dans ces Chroniques.

Dernier exemple en date : l’Inde et les Emirats Arabes Unis ont signé un accord SWAP pour commencer à commercer dans leurs monnaies respectives. Objectif avoué : squizzer le dollar dans leurs échanges.

La confiance est, et a toujours été, l’un des fondements de la domination des empires. Que des pays peu suspects d’anti-américanisme comme ces deux-là en arrivent à cette décision montre à quel point la perte de confiance envers Washington s’est durablement installée sur notre planète. Prémisse inévitable du déclin…

 

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Chers amis, désolé pour cette longue interruption mais j’étais extrêmement occupé ce dernier mois. Les choses devraient maintenant rentrer dans l’ordre.

Bien à vous tous et merci encore de votre confiance.

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Les Emirats gracient un Britannique condamné pour espionnage, Londres reconnaissant

Les Emirats gracient un Britannique condamné pour espionnage, Londres reconnaissant

Une photo non datée du doctorant britannique Matthew Hedges et de sa femme, en un lieu non précisé, fournie par sa famille le 11 octobre via l’ONG Detained in Dubai / © DETAINED IN DUBAI/AFP/Archives / –

Les Emirats arabes unis ont gracié lundi un doctorant Britannique, Matthew Hedges, moins d’une semaine après l’avoir condamné à la perpétuité pour espionnage, une décision saluée immédiatement par Londres.

La condamnation de ce ressortissant britannique avait suscité choc et stupéfaction à Londres, un allié clé des Emirats.

M. Hedges est l’un des 700 prisonniers graciés par le président émirati à l’occasion de la fête nationale.

« Une grâce présidentielle a été décidée avec effet immédiat par cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane, président des Emirats arabes unis », a indiqué le ministère des Affaires présidentielles, dans un communiqué.

Arrêté à l’aéroport de Dubaï le 5 mai, Matthew Hedges, âgé de 31 ans et doctorant à l’université de Durham (nord-est de l’Angleterre), avait été condamné mercredi dernier à la perpétuité par le tribunal fédéral d’Abou Dhabi pour espionnage au profit d’un pays étranger.

Selon son épouse Daniela Tejada, Matthew Hedges faisait des recherches sur la politique étrangère et interne des Emirats en matière de sécurité après le Printemps arabe de 2011. Il y avait vécu « plusieurs années » avant de revenir au Royaume-Uni en 2015, a-t-elle affirmé.

« M. Hedges sera autorisé à quitter les Emirats arabes unis une fois les formalités accomplies », ont précisé les autorités sans donner davantage de précisions.

Cette grâce a été décidée en réponse à une lettre de la famille de M. Hedges transmise par les autorités britanniques, a indiqué un responsable émirati, Jaber al-Lamki, lors d’une conférence de presse.

Le responsable a toutefois diffusé une vidéo présentée comme contenant une confession de M. Hedges avouant être un agent des services secrets britanniques. Il « est à 100% un agent des services secrets et a été reconnu coupable d’espionnage », a insisté le responsable en affirmant que M. Hedges avait avoué ces faits.

– « folle de joie » –

Photo d’un responsable émirati, Jaber al-Lamki, annonçant la grâce du britannique Matthew Hedges, condamné à perpétuité pour espionnage, durant une conférence de presse à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, le 26 novembre 2018 / © AFP / KARIM SAHIB

La femme du doctorant, Daniela Tejada, qui a pour la dernière fois vu son mari le jour de sa condamnation, s’est dite « absolument folle de joie ».

Interrogée sur la BBC sur les accusations d’espionnage portées contre son mari, elle a répondu: « Au fond de mon coeur, je sais qu’il n’est pas » un espion. Mais « si c’est ce qu’il faut pour le ramener, je me réjouis de la nouvelle », a-t-elle ajouté.

« Malgré notre désaccord avec les accusations, nous sommes reconnaissants au gouvernement des Emirats arabes unis pour avoir résolu le problème rapidement », a réagi le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, sur Twitter.

Le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, a affirmé que cette grâce allait permettre aux deux pays de se concentrer de nouveau au développement des relations bilatérales.

« Ca a toujours été le souhait des Emirats arabes unis de voir cette affaire résolue au travers des canaux de discussion établis dans le cadre de notre partenariat de longue date. C’était une affaire simple qui est devenue inutilement complexe malgré les grands efforts des Emirats arabes unis », a déclaré le ministre dans un communiqué.

Mercredi, la Première ministre britannique Theresa May s’était déclarée « profondément déçue » par le jugement, ajoutant que son gouvernement allait continuer à intervenir auprès des autorités émiraties.

Les autorités émiraties avaient réagi le lendemain en affirmant être « déterminés à protéger leur relation stratégique avec un allié clé ».

(©AFP / (26 novembre 2018 10h45)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-Emirats-gracient-un-Britannique-condamn-pour-espionnage-Londres-reconnaissant/974117.rom

Londres « choqué » par la condamnation d’un Britannique aux Emirats, menace de « répercussions »

Londres « choqué » par la condamnation d’un Britannique aux Emirats, menace de « répercussions »

Londres – Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt s’est dit « profondément choqué » par la condamnation mercredi à la prison à perpétuité du Britannique Matthew Hedges par le tribunal fédéral d’Abou Dhabi, pour espionnage au profit d’un pays étranger.

« Je suis profondément choqué et déçu par le verdict d’aujourd’hui », a réagi le ministre dans une déclaration transmise à l’AFP, dans laquelle il met en garde contre les répercussions de cette affaire sur les relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis.

La Première ministre britannique Theresa May s’est également déclarée « profondément déçue », ajoutant que son gouvernement allait continuer à intervenir auprès des autorités émiraties, lors d’une séance de questions devant le Parlement.

Jeremy Hunt a affirmé avoir « clairement signifié à maintes reprises que la gestion de ce cas par les Émirats arabes unis aurait des répercussions sur les relations entre nos deux pays qui doivent reposer sur la confiance ». « Je regrette d’en arriver à cette position et exhorte les Émirats à reconsidérer le cas », a-t-il ajouté.

« Ce verdict n’est pas ce que nous attendions d’un ami et partenaire de confiance du Royaume-Uni et va à l’encontre des assurances reçues », a souligné le chef de la diplomatie britannique, qui a rappelé avoir évoqué le cas de Matthew Hedges avec le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed.

« J’ai personnellement soulevé le cas de Matthew Hedges au plus haut niveau du gouvernement des Émirats arabes unis, en particulier pendant ma visite à Abou Dhabi le 12 novembre. A cette occasion, j’ai parlé avec le prince héritier Mohammed ben Zayed et le ministre des Affaires étrangères Abdullah Ben Zayed », a précisé le ministre.

« Nos services consulaires sont en contact étroit avec Matthew Hedges et sa famille. Nous allons continuer à faire tout notre possible pour le soutenir », a ajouté M. Hunt.

(©AFP / 21 novembre 2018 13h28)

https://www.romandie.com/news/Londres-choqu-par-la-condamnation-d-un-Britannique-aux-Emirats-menace-de-r-percussions_RP/973049.rom

Après le meurtre de Kashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

International

Après le meurtre de Kashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

le 31 octobre 2018

Les Etats-Unis ont appelé mardi à la fin de la guerre au Yémen, demandant notamment que cessent les frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite, un changement de ton après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Washington, qui réclame l’ouverture de négociations de paix d’ici 30 jours, estime toutefois toujours que le premier pas doit être fait par les rebelles Houthis soutenus par l’Iran chiite, bête noire commune des Américains et de leurs alliés sunnites soudiens.

Le message a été relayé par le ministre de la Défense Jim Mattis puis par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

S’ils n’ont fait aucune référence directe à la mort du journaliste critique de Ryad, qui a terni l’image du royaume et fait naître de lourds soupçons sur le rôle du prince héritier Mohammed ben Salmane, cette nouvelle fermeté américaine intervient dans un contexte où l’administration de Donald Trump est sous pression du Congrès pour prendre ses distances avec l’Arabie saoudite.

« L’heure est maintenant à la fin des hostilités, ce qui inclut les tirs de missiles et de drones venant de zones contrôlées par les Houthis vers le royaume d’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis », a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué.

« Les frappes aériennes de la coalition doivent ensuite cesser dans toutes les zones peuplées du Yémen », a-t-il ajouté.

Jim Mattis a plaidé pour le même enchaînement, appelant « tout le monde » à rejoindre la « table de négociations sur la base d’un cessez-le-feu » qui verrait d’abord un retrait des rebelles Houthis de la frontière avec l’Arabie saoudite, « puis un arrêt des bombardements » de la coalition arabe.

L’arrêt des hostilités permettra à l’émissaire des Nations unies pour le Yémen, le Britannique Martin Griffiths, de « réunir » les différentes parties « en Suède », a poursuivi le chef du Pentagone.

– Crise humanitaire –

« Nous devons faire ça d’ici 30 jours (…) et je pense que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont prêts », a-t-il ajouté au cours d’une conférence à Washington, après avoir rencontré plusieurs dirigeants arabes le week-end dernier en marge du Dialogue de Manama, une rencontre annuelle sur la sécurité à Bahrein.

Mike Pompeo a aussi demandé de premières consultations sous l’égide de l’émissaire de l’ONU « en novembre dans un pays tiers » pour évoquer notamment « la démilitarisation des frontières et la concentration de toutes les armes lourdes sous le contrôle d’observateurs internationaux ».

La dernière tentative de Martin Griffiths d’organiser des pourparlers de paix, en septembre à Genève, s’était soldée par un échec, en l’absence des Houthis.

La guerre, qui a fait quelque 10.000 morts et engendré la pire crise humanitaire actuelle dans le monde selon l’ONU, oppose des forces pro-gouvernementales aux rebelles soutenus par l’Iran, qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du Yémen dont Sanaa, la capitale. En mars 2015, la coalition sous commandement saoudien est intervenue en soutien des forces loyalistes.

L’armée américaine fournit une aide logistique à l’Arabie saoudite et aux Emirats, et partage des renseignements avec ces alliés-clés.

Mais face aux accusations de frappes aveugles et de bavures de la part de Ryad, qui ont coûté la vie à des centaines de civiles, l’administration Trump était déjà sous pression du Congrès pour inciter les Saoudiens à rentrer dans le rang voire pour réduire leur soutien militaire.

Après le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien à Istanbul, cette pression s’est accrue, d’autant que la crise frappant le royaume a des répercussions internationales.

Si les Etats-Unis, comme la France, excluent de cesser de vendre des armes à Ryad, l’Allemagne a, elle, choisi d’arrêter ses exportations d’armements. En revanche, le changement de ton de Washington sur la guerre au Yémen fait écho aux propos de la ministre française des Armées Florence Parly, qui a estimé mardi qu’il était « plus que temps » que ce conflit « cesse ».

LNT avec AFP

https://lnt.ma/apres-meurtre-de-kashoggi-washington-appelle-a-fin-de-guerre-yemen/

Syrie, état des lieux : l’accord turco-russe tient, la défense aérienne S-300 arrive

Syrie, état des lieux :
l’accord turco-russe tient, la défense aérienne S-300 arrive


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 9 octobre 2018

La situation en Syrie est relativement calme. Le gouvernement (en rouge sur la carte) a consolidé les territoires qu’il a repris au cours de l’année. L’armée syrienne a reçu une nouvelle défense aérienne (voir ci-dessous) et d’autres matériels et s’active à les intégrer. Certaines unités de l’armée syrienne se déplacent actuellement vers l’est, à Al Bukamal, à la frontière irakienne. D’autres ont été renvoyées à leurs bases.

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Le seul endroit où l’armée syrienne est toujours activement engagée est dans le désert du sud, près d’As-Suwayda, où quelque 1 000 à 2 000 combattants d’ISIS (en gris) s’accrochent à une petite enclave au milieu d’une vaste zone de roches volcaniques. Le terrain est difficile à traverser avec des chars et le combat d’infanterie y est sanglant.

L’accord russo-turque sur une zone démilitarisée dans le gouvernorat d’Idlib, contrôlé par les rebelles, semble tenir.

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Les rebelles contrôlés par la Turquie ont déplacé leurs équipements lourds (chars et artillerie) hors de la zone démilitarisée (ocre). Les factions djihadistes, Tahrir al Sham et les Turkmènes autour de Jisr al Shugur, ne respectent pas l’accord. Selon l’Observatoire syrien, ils ont creusé des fossés pour cacher leurs armes sur place. La Turquie a la responsabilité de les supprimer. La campagne d’assassinats dans le gouvernorat d’Idlib se poursuit avec plus de 380 victimes. Un commandant de niveau intermédiaire de tel ou tel groupe est tué chaque jour. On ne sait pas qui – les cellules dormantes d’ISIS, le MIT turc ou les spetsnazs russes – est derrière la campagne.

Le canton kurde d’Afrin, au nord-ouest, est une zone troublée similaire occupée par les troupes turques et les gangs rebelles associés. Il y a énormément de pillages et les différents groupes se battent entre eux.

Dans le gouvernorat de Deir Ezzor, dans l’est du pays, l’armée américaine et sa force de procuration kurde (en jaune) se battent toujours contre des forces enracinées d’État islamique (en gris).

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Ces forces sont restées seules pendant près d’un an et ont utilisé le temps dont elles disposaient pour s’enterrer. Les assaillants subissent des pertes causées par les mines improvisées et les cellules dormantes d’ISIS. Les forces américaines et britanniques bombardent la région plusieurs fois par jour et l’artillerie française et américaine ajoute au carnage. Malgré tout, les progrès semblent extrêmement lents. Selon des informations non confirmées, des marines américains seraient venus renforcer la force de procuration kurde réticente. Certains combattants d’État islamique ont traversé l’Euphrate pour attaquer des zones contrôlées par le gouvernement (en rouge), mais ont été vaincus.

Tandis que la carte générale montre un triangle au sud de la ville de Deir Ezzor dans laquelle ISIS se trouvait (en gris), aucune activité récente n’a été rapportée dans cette région désertique.

La zone al-Tanf contrôlée par les États-Unis dans le sud-est (en vert) est relativement calme. Les soldats américains y forment encore des hommes de main locaux, mais il n’y a pas d’avenir raisonnable pour ce poste. Les dizaines de milliers de membres des familles de rebelles et les combattants d’ISIS dans le camp de réfugiés de Rukban, situé à proximité de la frontière jordanienne, sont désespérés. La Jordanie ne laisse passer aucune aide pour eux. La nourriture est introduite en contrebande à partir de zones contrôlées par le gouvernement, mais la population n’a plus d’argent et ne peut pas payer pour cela :

L’année dernière, lorsque les États-Unis ont réduit le financement des factions affiliées à la FSA [Armée syrienne libre] opérant dans le désert de Badia, des centaines de combattants ont perdu leur principale source de revenus, qui avait souvent été utilisée pour soutenir les membres de leurs famille vivant à Rukban, a déclaré le porte-parole de la brigade Ahmad al-Abdo, Seif.

Des négociations ont été engagées avec le gouvernement syrien en vue de transférer certains rebelles et leurs familles de Rukban vers le nord dans la zone contrôlée par la Turquie, mais plusieurs annonces dans ce sens ont été faites sans qu’aucun transfert ne soit effectué.

La Russie a fait don de trois ensembles de systèmes de défense antiaérienne S-300PM à la Syrie. Chaque quartier général de bataillon dispose d’un radar d’acquisition et d’un poste de commandement. Il y a deux compagnies (batteries) dans un bataillon. Généralement, chaque compagnie dispose d’un radar de direction de tir et d’un véhicule de conduite de tir. Il y a quatre lanceurs de missiles dans une compagnie avec quatre missiles par lanceur. Deux véhicules supplémentaires ont des munitions de réserve et des grues pour recharger les lanceurs. Chaque bataillon disposera de cent missiles, ce qui permettra de contrer plusieurs vagues d’attaques. Les pièces de rechange peuvent être transportées sur des remorques de camion normales. Le système est très flexible. Des lanceurs supplémentaires peuvent être ajoutés à une compagnie et les informations radar peuvent être partagées.

Les systèmes sont relativement modernes et encore largement utilisés par la défense aérienne russe pour elle-même. Les systèmes reçus par la Syrie sont des systèmes précédemment en service dans des bataillons russes qui ont récemment été mis à niveau vers les nouveaux systèmes S-400. Ils ont été rénovés avant d’être livrés en Syrie. Les systèmes S-300PM sont montés sur des véhicules à roues. Ils sont arrivés par transport aérien (vidéo) de Russie. Pour protéger les défenses anti-aériennes S-300 à longue portée, chaque compagnie sera probablement accompagnée d’un système de défense anti-aérienne à courte portée Pantsyr-S1. Outre les systèmes de défense aérienne, la Syrie a également reçu des systèmes de guerre électronique Karsukha-4 qui permettent de détecter et de brouiller le trafic radio et radar ennemi.

L’un des bataillons restera probablement dans le gouvernorat de Lattaquié et renforcera la défense aérienne russe déjà stationnée là-bas. Un autre bataillon protégera Damas. Le troisième bataillon est un peu un joker. Il pourrait soit rester dans l’ouest de la Syrie, près de Homs, pour renforcer les autres unités, soit se déplacer vers l’est, à Palmyre, ou même à Deir Ezzor, pour donner à réfléchir au contingent américain.

Les 96 missiles S-300 prêts à être lancés vont rendre la tâche plus difficile pour Israël, si celui-ci veut continuer ses attaques contre la Syrie. Israël aimerait bien le faire, mais le seul moyen de poursuivre ses attaques est de faire décoller ses avions très bas au-dessus du Liban pour qu’ils soient couverts par la chaîne de montagnes qui mène à la Syrie. Ils seraient alors obligés de surgir pour lancer leurs missiles en Syrie, mais rien ne garantit que les avions y survivraient. Voler à basse altitude au-dessus du Liban comporte également le risque d’une rencontre surprise avec l’un des missiles de défense aérienne à courte portée du Hezbollah.

Le président syrien Bachar al-Assad vient d’annoncer un décret qui accorde l’amnistie à ceux qui ont déserté l’armée ou se sont abstenus de se présenter pour la conscription. Si les déserteurs et les conscrits se rendent dans les six prochains mois pour accomplir leur service, ils échapperont à toute punition.

Les Arabes du Golfe, à l’exception du Qatar, qui est un allié de la Turquie, ont renoncé à renverser le président Assad et ont bien fait :

Dans l’un des développements les plus surprenants survenus au milieu d’une série de réunions diplomatiques autour de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre des Affaires étrangères bahreïnien, Khalid bin Ahmad al-Khalifa, a salué le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Muallem, lors d’une réunion panarabe la semaine dernière. Bahreïn, proche allié de l’Arabie saoudite, a vivement critiqué Assad et d’autres alliés régionaux de l’Iran, mais le haut diplomate a déclaré : “Le gouvernement syrien dirige la Syrie, et nous travaillons avec les pays, même si nous ne sommes pas d’accord avec eux.”

Quelques jours plus tard, Assad a mené sa première interview avec un journal de la péninsule arabique depuis 2011, déclarant au Koweïtien Al-Shahed qu’il était parvenu à un “accord majeur” avec plusieurs États arabes et que “les délégations occidentales et arabes ont déjà commencé à revenir en Syrie pour organiser leur retour, qu’il soit diplomatique, économique ou industriel.”

Ce changement dans le sentiment des dirigeants arabes pourrait bien influer sur la position américaine en Syrie.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-etat-des-lieux-laccord-turco-russe-tient-la-defense-aerienne-s-300-arrive

 

Au travers de l’Érythrée et des EAU, la Russie se tourne vers la Corne de l’Afrique

Au travers de l’Érythrée et des EAU, la Russie se tourne vers la Corne de l’Afrique


Par Andrew Korybko – Le 10 septembre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoSergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russes, a salué les relations de son pays avec l’Érythrée et a fait part au monde des projet de Moscou d’y construire un centre logistique.

C’est à Sotchi, au cours d’une conférence de presse tenue à l’issue de leur rencontre bilatérale, qu’il a pris la parole aux côtés de son homologue érythréen, et indiqué que les discussions avaient notamment porté sur la construction de couloirs de transports régionaux, d’oléoducs, et d’ouvrir un département russophone dans l’une des universités d’Asmara. Lavrov a également déclaré que les sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies contre l’Érythrée, imposées en 2009 après des rapports indiquant que le pays soutenait Al-Shaabab en Somalie, devraient à présent être levées. Il a félicité l’Érythrée pour l’ensemble de ses actions ces derniers mois en faveur de la paix dans la région, et pour son rapprochement rapide de l’Éthiopie, qui a complètement modifié la situation géopolitique de la corne de l’Afrique.

Avec plus de recul, la Russie semble très désireuse de faire de l’Érythrée sa passerelle vers le géant régional que constitue l’Éthiopie, deuxième pays africain en population, et son économie à croissance rapide. Le rapprochement entre Érythrée et Éthiopie verra Addis Abeba diversifier ses accès au reste du monde, s’affranchissant de sa dépendance historique de Djibouti en la matière, si bien que l’on peut également s’attendre à voir le rôle de l’Érythrée croître en importance en termes de connectivité. Les investissements que la Russie entend mener en Érythrée montrent en outre le sérieux de sa démarche de « pivot vers l’Afrique » et la réalité de son désir d’établir une présence dans la région de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique, suite aux bruits qui courent de l’offre qui lui aurait été faite d’ouvrir une base navale au Soudan voisin, et d’autres échos non confirmés qui auraient signalé qu’elle étudiait également la possibilité d’en ouvrir une dans la région dissidente du Somaliland.

Un autre point à garder à l’esprit est que les Émirats arabes unis (EAU) constituent le premier partenaire international de l’Érythrée, et sont responsables non seulement d’avoir rompu l’isolement international du pays en y construisant une base soutenant la guerre contre le Yémen, mais également pour le rôle de facilitateur qu’ils ont joué dans le rapprochement entre Érythrée et Éthiopie. Abou Dabi constitue donc un pouvoir transrégional en croissance, qui cultive en même temps des liens plus forts que jamais avec Moscou, les deux parties ayant signé une Déclaration officielle de partenariat stratégique début juin, à l’issue de la rencontre dans la capitale russe entre le prince de la couronne Mohammed Bin Zayed et le président Poutine. Les liens entre la Russie et les Émirats vont donc converger en Érythrée, et possiblement également même en Éthiopie peu après.

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe a rencontré Osman Saleh, ministre des Affaires étrangères érythréen, le 31 août 2018, à Sochi, en Russie

Loin des regards, le partenariat stratégique russo-émirati se montre étonnamment solide, sans le moindre conflit d’intérêt entre les deux parties dans la corne de l’Afrique. Les deux pays ont conclu un accord de défense de quasiment 2 milliards de dollars en février 2017, et se sont engagés à coopérer dans les sphères de la cybersécurité et de l’énergie. En outre, la pompe à pétrole des émirats s’intéresse aux voitures et motos électriques russes, ainsi qu’à la marque Aurus de berlines de luxe, popularisée il y a peu par le président Poutine. En fait, la coopération entre Russie et Émirats promet littéralement de monter plus haut que le ciel, Moscou se préparant à propulser prochainement les cosmonautes de son partenaire jusqu’à la station spatiale internationale.

Somme toute, l’importance stratégique des relations entre Russie et Érythrée réside dans le potentiel qu’elles présentent, non seulement pour faciliter le « pivot vers l’Afrique » de Moscou dans la corne de l’Afrique, notablement en Éthiopie, mais également en ce qu’elles vont renforcer le partenariat déjà fluide et solide entre la Russie et les EAU, au travers du pays du tiers monde dans lequel ils ont tant d’intérêts en commun. Et une concrétisation réussie du concept selon lequel une coopération russo-émirati apporte des dividendes concrets et positifs dans d’autres pays comme l’Érythrée pourrait également ouvrir la porte à Abu Dabi pour inviter Moscou au Sud-Yémen, où les Russes exerçaient une influence à l’ère soviétique, ce qui pourrait permettre à la Russie de contribuer à la reconstruction de la société, ravagée par la guerre, et de consolider sa présence stratégique dans la région de la mer Rouge et du golfe d’Aden.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le 7 septembre 2018

 

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/au-travers-de-lerythree-et-des-eau-la-russie-se-tourne-vers-la-corne-de-lafrique

 

Les Émirats revendiquent l’attentat d’Ahvaz

Les Émirats revendiquent l’attentat d’Ahvaz

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Un attentat a tué 24 personnes et en a blessé 60 autres lors d’un défilé militaire, le 22 septembre à Ahvaz (Iran).

Ahvaz est la capitale de la région arabe du Khuzestan. Le 22 septembre 1980, le président Saddam Hussein tenta d’annexer cette population à l’Iraq, provoquant la guerre Iraq-Iran. À l’époque, l’immense majorité des arabes iraniens résistèrent à l’agression étrangère. Le défilé militaire du 22 septembre 2018 marquait l’anniversaire de cette terrible guerre, financée par les Occidentaux contre la Révolution khomeiniste.

Plusieurs groupes organisent régulièrement des protestations et des attentats au Khuzestan :
- Le Parti de la solidarité démocratique d’Ahvaz (soutenu par la CIA et le MI6, il tente de coaliser les diverses minorités non-perses d’Iran)
- L’Organisation de libération d’Ahvaz (soutenue par les fidèles de feu Saddam Hussein).

L’attentat de cette semaine a été revendiqué à la fois par le Front populaire et démocratique des Arabes d’Ahvaz (censé regrouper diverses organisations pro-Iraquiens) et par Daesh (qui a publié une vidéo des kamikazes avant leur action).

Rappelons que le régime de Saddam Hussein en Iraq avait abandonné la laïcité dans le cadre de son programme de « Retour à la Foi ». Lors de l’invasion US, les membres du Parti Baas furent interdits de politique et l’armée nationale fut dissoute, tandis que le pays fut dirigé par des chiites liés à l’Iran. L’ancien vice-président Ezzat Ibrahim Al-Douri étant le grand maître de l’Ordre des Nachqbandis (une confrérie soufie), fit alliance avec la CIA et le MI6 pour intégrer Daesh avec ses hommes et obtenir sa revanche contre les chiites. Par conséquent, les deux revendications de l’attentat renvoient par des chemins différents à Washington et à Londres. C’est pourquoi la République islamique d’Iran a immédiatement accusé les Occidentaux et les États du Golfe sponsors du terrorisme.

Cependant, l’un des conseillers du prince héritier des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, a déclaré que son pays venait de parvenir à faire entrer la guerre en Iran, revendiquant ainsi publiquement le rôle de son pays dans l’attentat. Ce type de déclaration n’est pas si surprenant que cela au Moyen-Orient. En 2015, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan s’était publiquement félicité des attentats qu’il avait commandité en Europe.

La position des Émirats a brusquement changée, non pas à cause de la guerre au Yémen (où ils combattent contre les Houthis soutenus par l’Iran), mais à cause de la rupture de l’accord USA-Iran (JCPoA). Au cours des deux dernières décennies, la richesse des Émirats était basée sur le contournement des sanctions US par l’Iran. Le port de Dubaï était devenu le centre de ce trafic. Désormais les deux pays sont ennemis et la question de la souveraineté d’un îlot du Golfe ressurgit.

Le président iranien, cheikh Hassan Rohani, a promis une « réponse terrible » aux Émirats, contraignant le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, à revenir en arrière et à démentir les propos précédents de son gouvernement.

http://www.voltairenet.org/article203082.html

Cyber-espionnage : « Les Émirats collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans »

Politique

Cyber-espionnage : « Les Émirats collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans »

05 septembre 2018 à 15h37 | Par

L’affaire de la mise sur écoute de certains dirigeants du Qatar par les Émirats arabes unis, via une société israélienne, n’impactera pas à l’avenir leur usage des cybertechnologies, selon Andreas Krieg, spécialiste des questions de sécurité, qui décrypte la politique émiratie en la matière.

Le New York Times a révélé fin août comment les Émirats arabes unis, via une société de cyber-espionnage israélienne, NSO Group, ont placé sur écoute plusieurs citoyens émiratis, ainsi que de nombreux membres de la famille régnante du Qatar, dont l’émir lui-même, sans oublier Mutaib Bin Abdulaziz Al Saoud, rival potentiel de Mohamed Ben Salmane avant la désignation de ce dernier comme prince héritier en 2015.

Andreas Krieg, spécialiste des questions militaires et de sécurité au Moyen-Orient au King’s College de Londres, décrypte pour JA les dessous de l’affaire.

De quand datent ces liens « contre-nature » entre les Émirats et des entreprises israéliennes ?

Les Émirats ont depuis longtemps investi dans la cyber-sécurité et collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans. Des entreprises comme NSO sont des poids lourds du marché du cyber-espionnage, de la subversion et du sabotage. Et depuis les Printemps arabes, les Émirats se sont transformés en un État obsédé par la crainte de la dissidence intérieure et des troubles populaires. En tant qu’État policier, les Émirats ont simplement recruté les meilleurs pour parvenir à pénétrer en profondeur la vie privée de ses citoyens.

Les Émirats ne se montreront pas plus gênés à l’avenir, tant c’est un outil puissant d’infiltration et d’influence cachée

Peut-on imaginer que Mohamed Ben Salmane soit complice de la mise sur écoute de son cousin et rival Mutaib ?

Les Émirats font depuis longtemps un usage agressif des cybertechnologies. Récemment, ils ont hacké l’Agence de presse du Qatar pour légitimer les mesures prises contre leur voisin. Il est plausible que les Émirats offrent de tels services à leurs agents et partenaires. Dans le cas de l’espionnage du prince saoudien, il paraît hautement probable que Mohamed Ibn Zayed ait voulu montrer à son protégé Mohamed Ben Salmane qu’il pouvait l’aider. Les Émirats ne se sont jamais gênés d’avoir recours au cyber-espionnage vis-à-vis de leurs voisins et citoyens. Et ils ne se montreront pas plus gênés à l’avenir, tant c’est un outil puissant d’infiltration et d’influence cachée.

NSO n’aurait jamais pu travailler avec les Émirats sans la permission du gouvernement israélien

Quels sont les liens entre NSO et le gouvernement israélien ?

Le développement du secteur high-tech israélien est très fortement lié à l’industrie de la défense israélienne, en particulier celui des technologies de l’information. NSO recrute d’anciens spécialistes de la sécurité d’Israël et maintient d’étroites relations avec le gouvernement. Il s’agit d’une politique délibérée où secteur privé et public partagent informations et équipes. NSO n’aurait jamais pu travailler avec les Émirats sans la permission du gouvernement israélien. Et je suis convaincu que ce partage d’informations avec Israël, qu’il soit volontaire ou non, rend vulnérable les Émirats.

Ce partage peut-il s’analyser à la lumière du rapprochement politique entre les deux pays ?

Mohamed Ibn Zayed et le gouvernement de Benyamin Netanyahou partagent un agenda commun. Ils partagent la peur et la haine de quelque forme d’activisme civil islamique que ce soit. Ils voient tous deux l’islamisme comme la plus grave menace dans la région. En termes d’intérêts et de valeurs, Israël et les Émirats de Mohamed Ibn Zayed ont beaucoup en commun.

Je présume que le gouvernement saoudien actuel a largement bénéficié de ce cyber-espionnage

Comment ceux qui ont été mis sur écoute, et notamment les officiels qataris, peuvent-ils riposter ?

Je ne crois pas que les cibles puissent faire quoi que ce soit. Le cyber-espionnage et le hacking vont de paire avec le déni des responsables. Et c’est pratiquement impossible à tracer, par conséquent il est compliqué d’imaginer une action en justice contre les Émirats. Et je présume que le gouvernement saoudien actuel a largement bénéficié de ce cyber-espionnage. D’ailleurs il perçoit Mohamed Ibn Zayed comme un grand frère, non comme un ennemi.

Yémen : Les prisons secrètes, par Amnesty International

17.août.2018 // Les Crises

Yémen : Les prisons secrètes, par Amnesty International

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Source : Amnesty International, 12.07.2018.

De nombreux hommes ont été victimes de disparitions forcées, après avoir été arrêtés de manière arbitraire et détenus par les forces émiriennes et yéménites. Beaucoup ont été torturés, et on craint que certains ne soient morts en détention.

Les familles de ces détenus se retrouvent plongées dans un cauchemar sans fin où leurs proches disparaissent .elles se heurtent à un mur de silence et d’intimidation.

Nous avons enquêté sur les cas de 51 hommes détenus par ces forces entre mars 2016 et mai 2018 dans les gouvernorats d’Aden, Lahj, Abyan, Hadramawt et Shabwa. La plupart des cas concernaient des disparitions forcées et 19 de ces hommes sont toujours portés disparus.

LA QUÊTE DES FAMILLES DES DÉTENUS

Les mères, les épouses et les sœurs des victimes de disparitions forcées organisent des manifestations depuis près de deux ans, faisant la tournée des bureaux du gouvernement et des bureaux chargés des poursuites, des services de sécurité, des prisons, des bases de la coalition et de diverses structures traitant les plaintes relatives aux droits humains.

Nous n’avons aucune idée de l’endroit où il se trouve, Dieu seul sait s’il est encore en vie. Notre père est mort de chagrin il y a un mois. Il est mort sans savoir où se trouvait son fils.

La sœur d’un homme âgé de 44 ans arrêté à Aden fin 2016 a déclaré :

Certaines familles ont déclaré qu’elles ont été contactées par des individus qui leur ont annoncé que leurs proches étaient morts en détention ; lorsqu’elles se sont adressées aux responsables des forces yéménites soutenues par les Émirats arabes unis pour le vérifier, ils ont nié ces allégations.

DES TÉMOIGNAGES ATTESTANT DE TORTURE

Des détenus ou ex-détenus et leurs familles ont livré des récits horribles d’atteintes aux droits humains – coups, décharges électriques et violences sexuelles notamment. Selon le témoignage de l’un d’entre eux, un de ses codétenus a été évacué dans une housse mortuaire, après avoir été torturé à maintes reprises.

J’ai vu des choses que je ne souhaite plus jamais revoir. Dans cet endroit, vous ne voyez même pas le soleil,, Ils portaient toutes sortes d’accusations [contre moi]. Ils ont commencé à me frapper… Puis, une nuit, ils m’ont relâché en m’expliquant qu’ils m’avaient confondu avec quelqu’un d’autre… ” Il y a eu erreur sur la personne, désolés. ” C’était comme s’ils ne m’avaient rien fait, après toute la souffrance causée par les décharges électriques. »

Un ancien détenu qui se trouvait à Waddah Hall

Du fait de ce vide en matière d’obligation de rendre des comptes, il est encore plus difficile pour les familles de contester la légalité des détentions. Les procureurs yéménites ont bien tenté de renforcer leur contrôle sur certaines prisons, mais les forces émiriennes ont ignoré ou retardé maintes fois leurs ordres de remise en liberté.

SOUS COUVERT DE LUTTE ANTITERRORISTE

Les Émirats arabes unis sont un membre clé de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et engagée dans le conflit armé au Yémen depuis mars 2015.

Ils ont créé, formé, équipé et financé des forces de sécurité locales. Ils ont également formé des alliances avec des responsables des services de sécurité yéménites, qui se sont soustraits à l’autorité de leur gouvernement. Les Émirats arabes unis agissent dans des conditions obscures dans le sud du Yémen et semblent avoir créé un service de sécurité parallèle en dehors de tout cadre légal.

L’objectif déclaré de leur implication avec les forces de sécurité locales est de combattre le « terrorisme », notamment en arrêtant les membres d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) et du groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI).

Cependant, d’aucuns affirment que de nombreuses arrestations se basent sur des soupçons infondés et des vendettas personnelles.

Les arrestations ciblent les personnes qui critiquent la coalition et les pratiques des forces de sécurité soutenues par les Émirats arabes unis, notamment des personnalités de la communauté, des militants et des journalistes, ainsi que des sympathisants et des membres du parti al Islah, la branche yéménite des Frères musulmans.

Les proches de membres présumés de l’AQPA et de l’EI, ainsi que des hommes qui ont au départ aidé la coalition à combattre les Houthis mais sont aujourd’hui perçus comme une menace, sont également pris pour cibles.

UN SILENCE DE PLOMB

Les femmes de l’entourage des détenus et des personnes disparues qui manifestent à Aden et al Mukalla depuis deux ans sont victimes d’intimidations, voire d’agressions.

Les Émirats arabes unis nient toujours toute implication dans les pratiques de détention illégale au Yémen, malgré les nombreux éléments qui prouvent le contraire. D’autre part, le gouvernement yéménite a assuré à un groupe d’experts de l’ONU qu’il ne contrôle pas les forces de sécurité formées et soutenues par les Émirats.

Ces violations des droits humains commises dans le cadre du conflit armé au Yémen ne font toujours pas l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre.

Les gouvernements du Yémen et des Émirats doivent agir sans délai pour y mettre un terme et fournir des réponses aux familles dont les époux, les pères, les frères et les fils ont “disparu“.

Les partenaires des Émirats dans la lutte contre le terrorisme, notamment les États-Unis, n’ont toujours pas pris position vis-à-vis de ces allégations de torture.

Source : Amnesty International, 12.07.2018.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/yemen-les-prisons-secretes-par-amnesty-international/

Les Émirats, premier État à rouvrir son ambassade à Damas

Les Émirats, premier État à rouvrir son ambassade à Damas

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Selon l’agence Fars, suite à une réunion entre les deux chefs des services de Renseignement émirati et syrien, les généraux Mahamat Al-Chamsi et Ali Mamlouk, la décision de rouvrir l’ambassade des Émirats arabes unis à Damas aurait été prise.

Les Émirats, qui ont déjà rouvert une correspondance aérienne avec Damas.

Cheik Mohammed ben Zayed Al Nahyane (photo), le cadet du souverain et homme fort du pays, aurait décidé de souffler la politesse aux Occidentaux.

À l’initiative du Royaume-Uni et de la France, la presque totalité des ambassades en Syrie ont été fermées dès le début de la guerre.