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DAMAS DÉNONCE LES MENACES PESANT SUR LE TRAFIC MARITIME DANS LE GOLFE PERSIQUE

DAMAS DÉNONCE LES MENACES PESANT SUR LE TRAFIC MARITIME DANS LE GOLFE PERSIQUE

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 52 Faire un donDamascus Denounces Threats To Naval Traffic In Persian Gulf

La Syrie a rejeté tout acte qui constituerait une menace pour le trafic naval dans le golfe Persique stratégique, dans son premier commentaire sur la crise actuelle entre les États-Unis et l’Iran.

Une source du ministère des Affaires étrangères et des Expatriés du pays a souligné dans une déclaration publiée par l’Agence de presse arabe syrienne (SANA) le 17 mai que le droit international garantissant la liberté de circulation pour tous dans le golfe Persique devait être respecté.

« La Syrie exprime son rejet de tout acte qui entraverait le mouvement de navigation dans le golfe Persique, ce qui aurait des répercussions négatives sur tous les pays de la région », a déclaré la source dans le communiqué, avant d’ajouter: « La Syrie appelle les parties à calme, l’escalade de la tension dans le Golfe ne servant pas les intérêts des régions ».

La source non identifiée a également souligné que le dialogue loin de toute ingérence étrangère entraînerait «sans aucun doute» une désescalade et assurerait la sécurité, la paix et la stabilité dans la région.

La déclaration faisait probablement allusion aux récentes opérations de sabotage , qui visaient 4 pétroliers au large des Emirats Arabes Unis. Les responsables américains ont accusé l’Iran de cette attaque. Cependant, ils ont reconnu qu’il n’y avait pas de preuve claire.

La Syrie est l’un des principaux alliés de l’Iran dans la région. Cependant, le pays en guerre envisage apparemment de prendre une position neutre face à la crise actuelle, susceptible de maintenir ses acquis politiques récents dans le monde arabe, notamment l’amélioration de ses relations avec les Émirats arabes unis.

Plus sur ce sujet:

https://southfront.org/damascus-denounces-threats-to-naval-traffic-in-persian

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Déclin impérial, cas d’école

Déclin impérial, cas d’école

Publié le 10 Mai 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisMoyen-Orient

C’est un grand classique de l’Histoire auquel nous sommes en train d’assister. Le monde a beau entrer dans le troisième millénaire, la technologie être partout et les intellectuels spéculer sur le post-modernisme, certaines choses ne changeront jamais…

On sait que le propre de tout empire est de satisfaire les éléments qui le composent. Ce réflexe naturel s’accentue à mesure que la tête impériale décline, dans des proportions parfois telles qu’elles en accélèrent la chute. Washington vient encore de prouver cet axiome en envisageant de placer les Frères musulmans sur sa liste des organisations terroristes. A première vue, cela n’a rien d’illogique et montre le poids qu’ont, sur l’actuelle administration américaine, l’Arabie saoudite, Israël, les Emirats Arabes Unis ou encore l’Egypte, tous horrifiés par la confrérie créée par Hassan el-Banna au début du XXème siècle.

Ironie du sort, si les Etats-Unis franchissent le pas, ils rejoindront dans le club des pays qui ont mis les Frères musulmans sur liste noire, non seulement leurs chers alliés sus-cités, mais aussi la Syrie et la Russie ! Et là, ça risque d’être assez drôle. Comment, par exemple, continuer à financer et appuyer publiquement les White Helmets et autres barbus modérément modérés de l’Idlibistan s’ils sont formellement blacklistés ? Ces considérations n’ont certes jamais empêché la CIA de soutenir des groupes insoutenables (Al Qaïda), mais on parle ici d’opérations clandestines, pas de politique officielle. Cela risque de créer un véritable casse-tête dans les corridors impériaux tandis qu’on imagine déjà le fabuleux retournement de veste des bobos hollywoodiens, en adoration devant les Casques blancs il y a peu encore. L’état-major russe, lui, est mort de rire…

Mais la joie de l’ours va bien au-delà. En satisfaisant leurs alliés les plus proches, les Américains risquent de se couper du reste. En effet, le nombre de gouvernements influencés à des degrés divers par les Frères musulmans est considérable au Moyen-Orient et au-delà. Parmi eux, des pays-clé, théoriquement alliés, qui risquent de très mal prendre la décision américaine et de s’éloigner encore plus de l’orbite impériale sur laquelle ils ont déjà de plus en plus de mal à rester. Vous l’avez compris, on parle ici de la Turquie et du Qatar…

La crise du Conseil de Coopération du Golfe va bientôt entrer dans sa troisième année et ce que nous écrivions il y a 23 mois est toujours d’actualité :

Notre bon vieux Moyen-Orient ne changera donc jamais. Rebondissements, renversements, retournements de veste… une vraie telenovela brésilienne.

La grande affaire très commentée de ces derniers jours est la mise au ban du Qatar par l’Arabie saoudite et ses quelques affidés de circonstance. Si c’était dans les tuyaux depuis une bonne semaine, c’est un véritable séisme dans la région, les précédentes querelles n’ayant jamais conduit à une rupture des relations diplomatiques (…)

D’abord un coup d’oeil sur les pays qui viennent de rompre avec Doha : outre Riyad, l’on trouve principalement l’Egypte, Bahreïn et les Emirats Arabes Unis. Point commun : ces pays sont excédés du soutien qatari bien réel aux Frères musulmans, à la pointe rappelons-le des « printemps arabes » libyen, égyptien et syrien.

Pour le reste, c’est une auberge espagnole qui mêle allègrement farce et réalité. Oui, le Qatar a soutenu l’Etat Islamique et Al Qaeda en Syrak comme nous l’avons montré à plusieurs reprises sur ce blog ; mais voir les Saoudiens l’en accuser est à pleurer de rire étant donné qu’ils ont fait exactement la même chose.

Oui, le Qatar a paradoxalement de bonnes relations avec l’Iran, ce qui passe très mal à Ryad mais aussi à Bahreïn (en proie au printemps chiite passé sous silence dans la MSN occidentale). De même, le Qatar voit d’un mauvais oeil le front américano-israélo-saoudien qui se met en place. Mais est-ce suffisant pour expliquer la soudaine crise ? Sans doute pas, car c’est un véritable noeud gordien auquel nous avons affaire (…)

Cette crise tue dans l’oeuf le projet d’OTAN arabe évoqué par le Donald il y a quinze jours. Soit il aime se tirer des balles dans le pied (pas impossible), soit il n’est pas réellement derrière cette rupture.

Le Qatar accueille la principale base US au Moyen-Orient ; le Pentagone ainsi que le Département d’Etat sont loin d’être aussi ravis que leur commandant en chef. Par le biais de son porte-parole, le Pentagone a d’ailleurs remercié le Qatar et refusé de commenter les déclarations trumpiennes. Quant à Tillerson, il est bien embarrassé, qui appelle les membres du Conseil de Coopération du Golfe à « rester unis » (…)

Car le CCG est la pierre angulaire de l’empire américain dans la région – un peu comme l’UE en Europe – et il est aujourd’hui au bord du gouffre. Après le Brexit, le Qatarxit ? A Washington, les stratèges impériaux ne doivent pas être aux anges… Le Koweït et Oman ont en tout cas refusé de suivre leurs collègues et de rompre leurs relations avec Doha, ce qui fissure encore un peu plus le CCG (…)

Deux piliers du pétrodollar et soutiens du djihadisme en conflit, CCG en crise, Turquie ballotée, Etat profond US divisé… Il faut prendre la rupture saoudo-qatarie pour ce qu’elle est : une énième convulsion du « camp du Bien », un émiettement supplémentaire de l’empire (…)

Officiellement, le Kremlin ne prend pas position. Mais si un coin durable peut être enfoncé entre l’axe américano-saoudo-israélien et la paire turco-qatarie, c’est du pain béni pour Moscou ainsi que pour Téhéran.

On imagine aisément que le classement des Frères musulmans comme organisation terroriste n’arrangera rien. On se demande d’ailleurs dans ces conditions ce que deviendrait la base US au Qatar…

Quant à la Turquie, ses brouilles avec tonton Sam depuis le putschinho de juillet 2016 pourrait remplir une pleine encyclopédie : soutien US aux Kurdes syriens, achat des S-400 russes et même une querelle pastorale ! On imagine la réaction de l’AKP d’obédience frériste si Washington passe à l’acte.

L’empire se retrouve à la croisée des chemins, en pleine quadrature du cercle. Déclinant, il n’a d’autre ressource que de s’arc-bouter sur ses bases et de satisfaire son dernier carré d’alliés. Ce faisant, il s’isole, est en passe de perdre le reste de ses associés et… accélère son déclin.

 

Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Les rivalités entre les pays européens et ceux du Golfe se jouent en Libye, mais les intérêts du peuple sont bien loin des préoccupations des puissants
Cette capture d’écran d’une vidéo publiée le 16 avril par l’ANL montre des combattants qui avancent sur Tripoli (division de l’information de guerre de l’ANL/AFP)

La crise en Libye se caractérise par de multiples discours, chacun servant les intérêts d’un ou de plusieurs des nombreux acteurs en compétition sur le terrain pour les restes de l’ancienne Jamahiriya du colonel Mouammar Kadhafi.

Cependant, la dramatique réalité est un conflit déterminé presque exclusivement par des intérêts internationaux très éloignés de la société.

La Libye est particulièrement façonnée par la crise dans le Golfe : le Qatar, la Turquie et l’Italie s’opposent à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis (EAU), à l’Égypte et à la France – les États du Golfe étant les acteurs les plus importants.

Par conséquent, croire que l’Italie, la France ou l’Égypte sont les principaux acteurs extérieurs du conflit libyen est une grave erreur.

La crise économique mondiale a radicalement transformé les relations entre ces acteurs et les monarchies du Golfe, lesquelles constituent la principale source de financement des programmes industriels européens, faisant ainsi d’eux des alliés dociles et accommodants pour les politiques régionales les plus controversées.

La Libye est par ailleurs devenue le théâtre d’une guerre par procuration entre ces différents acteurs, les Saoudiens et les Émiratis soutenant Khalifa Haftar contre des groupes financés par le Qatar et qualifiés par le général de terroristes islamistes.

Renverser Kadhafi

En 2011, l’intervention du Qatar et de la France, qui ont transformé un soulèvement local spontané en un conflit de grande envergure, a déterminé l’effondrement du régime de Kadhafi.

Le Qatar a offert un soutien politique – et probablement financier – aux islamistes traditionnels dont les positions n’étaient pas hostiles envers les monarchies autoritaires du Golfe.

La faiblesse de la plupart des organisations politiques confessionnelles locales l’a toutefois conduit à se concentrer exclusivement sur les Frères musulmans, révélant ainsi les limites et les ambiguïtés idéologiques du groupe.

La France s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché de l’énergie et le secteur des infrastructures en Libye

La France, pour sa part, considérait la Libye principalement d’un point de vue économique, et s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché local de l’énergie et le secteur des infrastructures.

Le soutien initial de la France au Qatar en Libye a également répondu à la nécessité d’apaiser ses partenaires économiques dans le Golfe.

La chute de Kadhafi – obtenue grâce à une campagne de désinformation à grande échelle et à l’intervention de l’OTAN – a constitué à la fois un succès et un échec pour le Qatar, avec la résurgence des Frères musulmans, la colère des Émirats et le début d’une nouvelle phase de conflit.

Finalement, cela a conduit à la marginalisation du Qatar grâce au puissant soutien accordé à l’Égypte et au général Khalifa Haftar.

De cette polarisation, des discours contrastés et contradictoires ont émergé. D’un côté, la campagne de Haftar contre Tripoli s’est muée en bataille des forces laïques contre le terrorisme et le radicalisme islamique, tandis que de l’autre, il s’agissait d’un affrontement entre les forces révolutionnaires – celles qui avaient promu la révolte contre Kadhafi – et réactionnaires.

Le tissu de discours et d’accusations réciproques entre milices, tribus, partis et familles n’en est pas moins complexe.

La guerre par procuration du Golfe

La polarisation du conflit libyen a alimenté la fragmentation politique et territoriale. L’apogée de la confrontation est représentée par la dichotomie entre la vision politique du Qatar et celle des Émirats arabes unis, soutenus par l’Arabie saoudite. Immédiatement derrière cette dimension se trouvent les intérêts d’autres acteurs régionaux.

L’Italie, la Turquie, l’Algérie et la Tunisie soutiennent le Qatar, tandis que les Émirats arabes unis sont alignés avec l’Arabie saoudite, l’Égypte, la France et, pour des raisons différentes, la Russie. Il est plus difficile de définir le rôle des États-Unis, qui sont passés d’une position plus proche du Qatar sous l’administration Obama à une approche plus confuse et souvent changeante sous le président Donald Trump.

Le général Khalifa Haftar participe à une conférence sur la Libye à Paris, le 29 mai 2018 (AFP)

L’Italie tente de défendre ses intérêts énergétiques et infrastructurels en Libye, ainsi que son influence politique et son désir de limiter les migrations à travers cet État nord-africain.

La Tunisie, seul pays du Maghreb où survit une alliance politique associant forces laïques et islamiques, partage des préoccupations communes en matière de sécurité avec la Libye, le long de sa frontière sud.

Pour sa part, la Turquie a toujours manifesté son soutien à l’entité politique de Tripoli, à la fois en raison de la présence de forces islamistes, mais également en raison de réserves croissantes quant aux politiques régionales de Riyad et d’Abou Dabi.

L’Arabie saoudite n’a pas accordé une attention particulière à la Libye, se concentrant davantage sur le fait de repousser des Frères musulmans en Égypte. Riyad soutient les Émirats arabes unis en Libye davantage en raison de leur vision générale commune.

Menace existentielle

L’Égypte est le principal allié des EAU dans la crise en Libye, à la fois en raison de leur lutte commune contre les Frères musulmans et en raison d’inquiétudes stratégiques quant à la sécurité de la longue frontière occidentale entre l’Égypte et la Libye.

La prolifération de combattants armés dans le Sinaï constitue une menace existentielle pour le Caire et la possibilité d’un autre front de crise à l’ouest constitue un danger concret.

La France, pour sa part, considère la Libye à travers les multiples strates d’intérêts locaux liés à la production d’énergie et au développement des infrastructures, et d’opportunités régionales, grâce à l’apaisement de celles qui alimentent l’industrie française.

L’attitude de la Russie à l’égard de la Libye est plus fluide et plus incertaine, reposant sur un mélange d’opposition aux États-Unis et de volonté de se projeter davantage vers la Méditerranée.

Libye : une nouvelle année sanglante causée par l’ingérence occidentale

Lire

Au niveau local, la Libye est divisée entre le Gouvernement d’union nationale (GNA) et la Chambre des représentants. Le contrôle du territoire libyen reste toutefois l’apanage d’un niveau inférieur, représenté par un grand nombre de milices territoriales dont la cohérence et l’orientation politique varient de l’une à l’autre.

Elles ne s’intéressent guère à la définition d’une solution collective au niveau national, mais se concentrent plutôt sur les intérêts locaux.

Haftar est le commandant de l’autoproclamée armée nationale libyenne (ANL), qui, malgré son nom grandiose, est en réalité un groupe de milices très différentes en nombre, en capacité et en extraction politique. L’ANL comprend des unités militaires proches des anciens dirigeants de Kadhafi et des milices salafistes, ainsi que des groupes plus petits formés à la suite de la guerre civile de 2011.

Impasse militaire

Haftar peut compter sur le soutien – plutôt ambigu et souvent versatile – de certaines milices de Zintan, ainsi que de plusieurs mercenaires d’origine européenne, russe et de la région.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar

Ce n’est que récemment que le GNA a réussi à sceller une union formelle, mais extrêmement instable, des principales milices engagées dans la défense de Tripoli. La force de protection de Tripoli a repoussé l’attaque lancée récemment par Haftar. Le GNA est également soutenu par plusieurs milices de Misrata.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar qui, à la suite des réunions de réconciliation nationale à Ghadamès, a tenté d’assurer son propre leadership et l’appui de la communauté internationale, lançant un conflit sous prétexte de lutter contre le terrorisme.

Cependant, faute d’un soutien matériel de leurs alliés du Golfe, les forces de Haftar ont subi des pertes considérables, ce qui a entraîné une impasse militaire sans solution immédiate.

– Nicola Pedde est le directeur de l’ISG-Institute for Global Studies, basé à Rome et à Bruxelles, un think tank indépendant sur le Moyen-Orient et l’Afrique. Il a travaillé pendant près de vingt ans en tant qu’analyste de la politique et la sécurité au Moyen-Orient pour le ministère italien de la Défense.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Nicola Pedde
Nicola Pedde is the Director of the Rome and Brussels based IGS-Institute for Global Studies, an independent think tank focusing on Middle East and Africa. He has worked for almost two decades as an analyst on Middle East politics and security for the Italian MoD.

Patricia Lalonde : « Yémen : Un accord est possible »

Patricia Lalonde : « Yémen : Un accord est possible »

Le Billet du Lundi du 06/05/2019, par Patricia Lalonde*

Le Congrès américain a voté une résolution le 25 avril demandant l’arrêt du soutien des Etats-Unis à la guerre du Yémen. Le président Trump y a immédiatement mis son veto.

Le candidat favori démocrate Joe Biden vient à son tour de demander l’arrêt du soutien à cette guerre. Ce sont les derniers développements d’un conflit qui a provoqué la plus grave crise humanitaire de ces vingt dernières années.

Récemment la République du Yémen avait salué la décision du Conseil de l’Union Européenne, affirmant que la solution politique était la seule option possible pour mettre fin au conflit qui déchire le pays. C’est dans cette optique qu’une délégation du Parlement européen doit se rendre à Sanaa, si les deux parties l’acceptent.

Il aura fallu trois années d’une guerre qui a provoqué cette grave crise humanitaire pour obtenir une prise de position de l’Union Européenne.

Trois années où de nombreuses voix se sont élevées pour demander l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis.

Trois années au cours desquelles chaque initiative de parlementaires pour mettre autour d’une table de négociation les différents protagonistes du conflit aura été étouffée.

Trois années où la seule voix qui a pu se faire entendre a été celle de la « Coalition » menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis.

Trois années pendant lesquelles on nous a vendu un conflit entre « l’occupant Saoudien » et les « rebelles Houthis ».

Il s’agit en réalité d’un conflit entre Yéménites opposant le parti de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, allié aux Houthis, contre le gouvernement de Mansour Hadi, soutenu par l’Arabie Saoudite et réfugié à Riyad. Tous sont donc Yéménites et la résolution du conflit devrait en premier lieu se faire entre Yéménites… Vouloir réduire cette guerre en affrontement entre Sunnites et Zaidistes-Chiites reste réducteur et dangereux.

Les Nations-Unies ont réuni à Stockholm en décembre dernier les principaux protagonistes du conflit, le gouvernement légitime du Yémen actuellement retranché à Aden et le gouvernement de facto des Houthis et du General People’s Congress, le parti de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, représenté par son ministre des Affaires étrangères, Hisham Sharaf Abdullah. Les deux parties ont réussi à se mettre d’accord sur l’application d’une trêve dans les combats, suscitant un immense espoir.

Les négociations se feraient en 3 phases : la première concernant les ports d’Hodeida, de Salif et de Ras Issa, la deuxième concernerait le futur de Taez, l’une des régions les plus touchées par le conflit, et la troisième concernerait l’échange de prisonniers.

Faisant fi des nombreuses pressions qui s’exerçaient contre eux, des parlementaires européens représentant la plupart des groupes politiques ont pris l’initiative d’inviter les négociateurs du gouvernement de Sanaa, Mohammed Abdul Salam et Abdul Malik Al Ijri pour faire un état des lieux des négociations et de l’application des décisions sur le terrain.

Concernant la première phase de ces négociations, ils se sont plaints que la Coalition refusait de se conformer à l’accord  : il avait en effet été décidé que les forces du gouvernement de facto se retirent à 5 km du port d’Hodeida tandis que celles de la Coalition prendraient le contrôle du huitième kilomètre à partir des bords de la Mer Rouge. Cette étape constituait une priorité qui avait été actée par les Nations unies. La Coalition s’arc-boutait sur la revendication du contrôle du port d’Hodeida.

Les deux parties se sont toutefois mises d’accord pour que l’aide humanitaire puisse passer par les ports de Hodeida, Salif et Ras Issa.

Même s’ils avouent avoir eux-mêmes leur part de responsabilité, ils se sont plaints que le cessez-le-feu ne soit pas respecté. Ils ont pris comme une vraie déclaration de guerre les bombardements de la Coalition, en violation totale des accords de Stockholm. Des pêcheurs en avaient été la cible : huit d’entre eux avaient été tués.

Les négociateurs ont rappelé que les Saoudiens s’étaient aussi attaqués aux bâtiments de la Croix-Rouge et de Médecins sans Frontières. Ils ne comprenaient pas le silence de la Communauté Internationale alors que l’Arabie Saoudite ne respectait pas les conventions internationales… Ils ont également condamné les privations d’eau et de gaz infligées à la population.

Concernant la deuxième phase des accords de Stockholm sur Taez, il avait été convenu qu’un comité de coordination conjoint soit établi afin d’ouvrir un corridor humanitaire et de permettre le passage des personnes et des biens commerciaux dans et autour de la ville.

Mais là encore, la Coalition aurait refusé de bouger estimant qu’il devait d’abord y avoir un accord sur Hodeida.

Concernant l’échange des prisonniers, troisième volet de ces négociations, ils ont expliqué qu’ils se heurtaient à un manque de confiance des deux côtés : la liste de la Coalition contiendrait 9000 noms dont 110 seraient des membres d’Al-Qaida, qui pour certains ont combattu aux côtés de Daesh en Syrie. Celle du gouvernement de Sanaa 7500 dont 750 seulement ont été reconnus par la Coalition . (La Croix Rouge et les Nations Unies détiendraient une copie de ces listes).

Le négociateur a enfin tenu à insister sur la présence de prisons tenues par les Emirats Arabes Unis où des actes de torture étaient infligés aux prisonniers.

UN envoy Martin Griffith, left, talks to Houthi representatives during a meeting in Sanaa, Yemen, on June 16, 2018. Yahra Arhab / EPA

Les négociateurs ont précisé pour conclure qu’une solution politique privilégiant le fédéralisme devait être retenue. Le Yémen devait avoir une Chambre des représentants qui tienne compte de la densité et de la géographie du pays. Ils ont précisé que des élections devraient pouvoir se tenir prochainement afin de remplacer les nombreux députés morts pendant le conflit.

Ils se sont par ailleurs plaints de ne pas avoir de reconnaissance officielle hormis celle des Nations Unies.

Ils martelaient que sans respect de l’accord sur Hodeida, aucun progrès ne pourra être fait.

Ils espéraient que la récente venue à Aden de Jeremy Hunt, secrétaire d’Etat des Affaires étrangères britannique, n’allait pas renforcer la position intransigeante de la Coalition sur Hodeida, prenant le risque d’enterrer les accords de Stockholm.

La réouverture de l’aéroport de Sanaa aux vols commerciaux serait par ailleurs un signe important pour aider les négociateurs de Sanaa.

Le Parlement européen doit entendre une autre musique que celle des puissants lobbys Saoudiens ou Emiratis afin de montrer qu’il est capable d’appuyer les efforts de l’Envoyé Spécial des Nations Unies, Martin Griffith, et d’apporter sa pierre à la résolution d’un conflit dont la crise humanitaire est sans précédent et pour laquelle beaucoup seront accusés de crimes de guerre.

*Patricia Lalonde, Vice-présidente de Geopragma

http://geopragma.fr/index.php/2019/05/06/p-lalonde-yemen-un-accord-est-possible/

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

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04.05.2019

Israël envisage de construire le plus long gazoduc sous-marin au monde en collaboration avec Chypre et la Grèce pour acheminer le gaz de la Méditerranée orientale vers l’Italie et les États du sud de l’UE. Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, vient d’approuver le projet. Il se heurtera à un gazoduc concurrent turco-turc, Turk Stream, à un éventuel pipeline Qatar-Iran-Syrie-Syrie, ainsi qu’à saper de facto la tentative de Washington de fournir davantage de gaz naturel liquéfié à l’UE pour réduire la dépendance de la Russie.

Le projet, en discussion depuis plusieurs années depuis qu’Israël a découvert d’importantes réserves de gaz dans le champ offshore de Leviathan, est connu sous le nom de projet de pipeline East Med. Le gaz naturel viendra de Leviathan via Chypre, la Crète et la Grèce pour atteindre son terminal à Otrante, au sud-est de l’Italie. Les projets prévoient un oléoduc de 2 100 kilomètres traversant trois kilomètres de profondeur sous la Méditerranée. Le coût est estimé à 7 milliards de dollars pour une période de construction de cinq ans  .

Nouvelles lignes de faille

L’East Med fait partie d’un complexe de nouvelles lignes de fracture géopolitiques à travers tout le Moyen-Orient. Le fait que l’Emirat du Golfe, les Emirats Arabes Unis, a déjà investi 100 millions de dollars dans un projet appelé le Jerusalem Post, « une pierre angulaire  secrète  sous-tendant le changement des relations entre certaines parties du monde arabe et l’État juif ». faire référence à la proposition des États-Unis de 2017 de créer une «OTAN arabe» avec l’Arabie saoudite et d’autres États arabes du Golfe, appuyée par les services de renseignement israéliens, afin de contrer l’influence de l’Iran dans la région. On parle peu aujourd’hui de l’OTAN arabe, mais les liens entre Israël de Netanyahou et les principaux pays arabes musulmans sunnites demeurent solides.

La Turquie d’Erdogan est un acteur régional qui n’est certainement pas satisfait du projet de pipeline dans la Méditerranée orientale. Quand Israël a proposé pour la première fois la Méditerranée orientale il y a deux ans, Erdogan s’est rapidement tourné vers la Russie pour signer un accord portant sur la construction du flux turc de Gazprom pour rivaliser avec Israël. L’East Med serait raccordée à des champs de gaz dans la partie grecque de l’UE appartenant à Chypre. Au cours des derniers mois, Erdogan a rapproché la Turquie de l’Iran et plus particulièrement du Qatar, siège des personnalités des Frères musulmans, alors que les tensions avec l’Arabie saoudite et Israël s’intensifient. Le conflit sunnite / chiite semble céder le pas au pouvoir géopolitique et au contrôle des pipelines.

En été 2017, il y avait une scission dramatique entre les pays arabes du Golfe, l’Arabie saoudite déclarant un embargo contre le Qatar pour son «soutien au terrorisme». En réalité, cette initiative visait à couper court aux pourparlers de plus en plus importants entre le Qatar et l’Iran, partagent le plus grand gisement de gaz naturel au monde dans le golfe Persique. La section du Qatar s’appelle North Field et on dit que son GNL est le moins cher à extraire au monde, faisant du Qatar au cours des dernières années le plus grand exportateur de GNL. La section iranienne voisine s’appelle South Pars.

Après avoir dépensé 3 milliards de dollars pour financer des groupes terroristes anti-Assad et anti-Iran en Syrie, dans le but vain de créer un gazoduc reliant la Syrie à la Turquie et sur le marché gigantesque du gaz de l’UE, il semble que les Qataris hésitants à un moment donné, après l’entrée décisive de la Russie dans la guerre en Syrie fin 2015, il a compris qu’elle pourrait gagner davantage en changeant de camp et en travaillant secrètement avec l’Iran, Assad et Erdogan pour amener le gaz qatari et le gaz iranien sur le marché. C’est la véritable raison de la rupture brutale entre le Qatar et les Saoudiens. Il est à noter que l’Iran et la Turquie sont venus en aide au Qatar lorsque les Saoudiens ont tenté de les mettre sous  embargo  .

Ruisseau Turc de Russie

En plus du cocktail géopolitique d’intérêts concurrents, les tronçons du gazoduc Russie-Turquie situés sur la mer Noire ont été achevés à la fin de 2018 et devraient commencer à fonctionner plus tard en 2019, offrant 31,5 milliards de mètres cubes de gaz par an, la moitié, quelque 16 milliards de m3 , disponible pour les marchés de l’UE. Turk Stream, tout comme North Stream, autorisent tous deux le gaz russe dans l’UE, indépendamment des routes de l’oléoduc en Ukraine, politiquement hostiles. Depuis le terminal de Kiyikoy en Turquie, le gaz russe peut être acheminé vers la Bulgarie ou la Grèce, membre de l’UE, ou les  deux.

La Serbie, qui n’est pas membre de l’UE, vient de commencer la construction de son tronçon du gazoduc TurkStream destiné à acheminer le gaz naturel russe en Europe. Le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a récemment déclaré à Moscou que les projets de la Serbie pour la construction du conduit de gaz ne dépendaient pas du travail de la Bulgarie. TurkStream acheminera du gaz russe via la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie. Bruxelles n’est pas folle de joie.

Maintenant, Israël entre en jeu, dans une relation plus étroite avec l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, soutenue par Washington, avec le financement également d’une société française, IGI Poseidon, une filiale d’Edison, offrant une autre option rivale au Qatar, à l’Iran et à la Turquie, ainsi qu’à en Russie. La Turquie menace de forer pour le pétrole et le gaz dans la partie turque de Chypre tandis que le Liban conteste les revendications offshore du pipeline israélien vers Chypre. Et ExxonMobil vient d’annoncer une découverte majeure de gaz dans les eaux au large de Chypre,  disputée  entre la Turquie et la Grèce ou Chypre.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une boule de cristal pour constater que les futurs conflits énergétiques géopolitiques en Méditerranée orientale sont en cours de programmation. Surveillez cet endroit…

http://katehon.com/article/ever-more-complex-eu-gas-pipeline-geopolitics

http://katehon.com/article/ever-more-complex-eu-gas-pipeline-geopolitics

Les autorités yéménites rassemblent des milliers de migrants dans le sud du pays, selon l’OIM

Les autorités yéménites rassemblent des milliers de migrants dans le sud du pays, selon l’OIM

 

Les autorités yéménites ont rassemblé environ 3 000 migrants en situation irrégulière, principalement des Ethiopiens, dans le sud du pays, « créant ainsi une situation humanitaire aiguë » , a annoncé vendredi l’agence de migration des Nations Unies. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) « est profondément préoccupée par les conditions de détention des migrants et s’engage avec les autorités à assurer l’accès des migrants en détention », a indiqué le bureau. Les migrants sont détenus dans des stades de football en plein air et dans un camp militaire. Les détentions ont commencé dimanche dans la ville d’Aden et la province voisine de Lahj, qui sont sous le contrôle du gouvernement internationalement reconnu, soutenu par l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, a rapporté Reuters. Les rebelles houthis contrôlent Sanaa, la capitale et d’autres grands centres urbains.

https://www.rt.com/newsline/457646-yemen-migrants-south-iom/

La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan

La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan

  

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Le général Abdelfattah Mohamed Hamdan Dagalo (ici prêtant serment devant le nouveau chef d’État) est l’actuel commandant de la Force de réaction rapide soudanaise au Yémen.

Imposé par l’Arabie saoudite, il a été nommé adjoint du général-président Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan, lui-même ancien responsable du déploiement de l’armée soudanaise au Yémen.

Le général Hamdan Dagalo n’a jamais servi dans l’armée soudanaise. Durant la guerre civile du Darfour, il était à la tête d’une milice combattant pour le président Omar el-Béchir. De nombreuses ONG l’ont alors accusé d’avoir conduit des atrocités. Il est devenu le commandant de la Force de réaction rapide qui est une unité paramilitaire combattant au Yémen. Là encore, il a été accusé de commettre des atrocités.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont accordé, le 21 mars 2019, 3 milliards de dollars au Conseil militaire de transition pour répondre à la crise alimentaire soudanaise (pas yémenite).

https://www.voltairenet.org/article206286.html

Des Frappes Aériennes Non- Identifiées (FANI) En Libye

Analysis

Des Frappes Aériennes Non- Identifiées (FANI) En Libye

La question du jour : quel est le pays tiers qui fournit ces fameux avions de combat fantômes dont l’un d’eux a bombardé certaines pistes de l’aéroport militaire de Mitiga près de Tripoli ?

La guerre de faible et moyenne intensités en Libye fut l’occasion pour l’usage d’aéronefs de guerre anonymes et non-identifiés pour assister l’un ou l’autre des principaux belligérants.

Des aéronefs pilotés et sans pilote des États-Unis, du Royaume-Uni, de France, d’Italie, d’Égypte, des Émirats Arabes Unis, du Qatar, de Turquie et même de certains pays d’Europe orientale (en sous-traitance avec cahier de chargé) ont participé à ces frappes aériennes non identifiées en Libye. Ce phénomène passé sous silence par les grands médias a un nom : FANI ou Frappes Aériennes Non-Identifiées.

Les forces du maréchal Khalifa Haftar avancent sur Tripoli où siège le Gouvernement d’union nationale présidé par Al-Sarraj, le seul qui soit reconnu par la communauté internationale. Cette avancée des forces de la Cyrénaïque vers la Tripolitaine aggrave un vieux clivage historique entre l’Est et l’ouest de la Libye.

https://strategika51.org/archives/62275

Vents d’Est

ANALYSIS

Vents d’Est

Après avoir reconquis militairement ses territoire du sud-ouest, réduit l’antre de la bête ; placé ses troupes faces aux unités d’élite israéliennes au Golan et encerclé les bases étrangères au nord-est, Damas vise désormais la province rebelle septentrionale d’Idleb sous un protectorat turc qui ne dit pas son nom.

A cet effet, la restructuration des forces armées syriennes en une force nouvelle, compacte, plus mobile et plus flexible de termes d’intégration et de coordination interarmes et/ou avec les forces auxilliaires, supplétives ou amies, menée en partenariat avec les russes,  les iraniens et le Hezbollah libanais, devrait permettre à Damas de poursuivre sa série d’offensives ciblées et par dessus tout d’éviter toute  confrontation armée directe avec la Turquie.

La guerre en Syrie a transformé la topographie stratégique du monde. Elle a divisé les pays du Golfe qui ont dépensé presque 4% du PIB mondial pour financer ce que l’on appelle le printemps Arabe, une opération de guerre hybride à grande échelle menée par les néoconservateurs pro-sionistes influançant la politique étrangère de Washington et de ses alliés,  avec un résultat égal à zéro. Pire, Israël se retrouve non seulement plus isolé que jamais mais son obssession à semer le chaos dans ses environnements proches et immédiats pour assurer sa supériorité stratégique a grandement renforcé ce que l’on appelle l’Axe de la résistance et si les avions de combat israéliens pouvaient en 2007 pénétrer en profondeur dans l’espace aérien syrien pour bombarder un réacteur nucléaire situé en plein Deir Ezzor, ils ne peuvent plus envoyer le moindre drone dans le ciel syrien et se contentent de mener des raids aériens à partir de l’espace aérien libanais voisin.

Certaines puissances qui ont allumé et entretenu le feu en Syrie ont tenté de faire du business avec ce conflit. D’autres ont en profité pour écouler leur vieux stocks d’armes ou de créer des besoins à partir du néant.

La guerre en Syrie a mis fin au cycle du mensonge. La propagande atlantiste n’a plus les moyens de son influence. Ce discrédit est total. Au point où le président US Donald Trump lui même qualifie des médias comme le Washington Post, le New York Times ou encore CNN de « Fake News ».

A quoi ont servi tous ces troubles au Proche et Moyen-Orient ayant hanté nos journaux télévisés depuis huit années?

Le maintien et la survie de la suprématie israélienne dans la région au delà du centenaire de sa création en 2048? Avec le vote sur le caractère juif raciste, exclusif  et fasciste de l’Etat d’Israël, la survie de cette entité est désormais une chimère qu’aucune force au monde ne pourra réaliser.

L’affaiblissement de la région MENA? Cette région du monde n’est pas du tout affaiblie puisque certains pays de cette région se sont totalement sanctuarisés d’un point de vue militaire. Les cas irakien, libyen et syrien ont servi de leçon mais l’éclatante  leçon nord-coréenne a fini par mettre fin à la perception d’une hégémonie basée sur le mythe de la surpuissance.

Par contre, une grande migration humaine s’est déclenchée: des millions d’individus fuyant les zones de guerre et d’instabilité se ruent sur l’Europe. Au point où des centaines de personnes débarquent sur les plages et les rivages tous les jours sans aucune solution en perspective.

Tandis qu’à Washington on se chamaille comme de vulgaires chiffoniers au sein même de l’Etat profond alors que certains Etats de l’Union s’écroulent et  alors que l’Europe se noie sous le poids d’une nouvelle grande migration humaine, la Chine tisse en toute quiétude ses liens de coopération avec l’Eurasie, l’Afrique et les Amériques. C’est d’ailleurs les chinois qui vont reconstruire la Syrie comme ils le font en Irak.

Les anciennes puissances peuvent toujours menacer. Le monde a profondément changé. Le soleil se lève à l’Est.

https://strategika51.org/archives/21292

Maroc/Emirats-Arabie: la politique étrangère est une « affaire de souveraineté » pour le Maroc (Bourita)





Maroc/Emirats-Arabie: la politique étrangère est une « affaire de souveraineté » pour le Maroc (Bourita)

 

Jeudi 28 Mars 2019 modifié le Jeudi 28 Mars 2019 – 18:12

 

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, déclare que les relations avec les pays du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, ont toujours été des relations historiques profondes. Mais, précise-t-il, la politique étrangère est une « affaire de souveraineté » pour le Maroc

 

 

 

Maroc/Emirats-Arabie: la politique étrangère est une "affaire de souveraineté" pour le Maroc (Bourita)

La politique étrangère est une « affaire de souveraineté » pour le Maroc et la coordination avec les pays du Golfe « doit se faire de part et d’autre », a souligné, jeudi à Casablanca, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita.

« Du point de vue du Royaume du Maroc, les relations avec les pays du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, ont toujours été des relations historiques profondes. Le Maroc a toujours tenu à les préserver et les renforce », a-t-il déclaré en réponse à une question lors d’un point de presse conjoint avec son homologue jordanien, à l’issue de l’entretien en tête à tête du roi Mohammed VI et du roi Abdallah II de Jordanie.

« Il peut arriver qu’on ne soit pas d’accord sur certaines questions, la politique étrangère étant une affaire de souveraineté. Au Maroc, elle est, en outre, fondée sur des principes et des constantes », a-t-il ajouté.

« La coordination devrait se faire dans les deux sens. Elle ne doit pas être à la carte, elle doit couvrir toutes les questions importantes au Moyen Orient comme en Afrique du Nord, à l’instar de la crise libyenne », a insisté le ministre.

De même, a-t-il ajouté, « la préservation de cette relation devrait être un souci de part et d’autre. Si ce n’est pas le cas, il serait normal que toutes les alternatives soient examinées ».

Jeudi 28 Mars 2019 – 17:38