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La Libye, un appel à renaître

La Libye, un appel à renaître

Les carnets de Badia Benjelloun

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La Libye, un appel à renaître

Conférences à la française

Peu après son arrivée au pouvoir et ses deux visites à l’étranger  qui ont eu le mérite d’encadrer sa mission à la tête de l’exécutif, l’allégeance à Berlin et la virée dans un territoire africain, une dépendance malienne de la France, Macron a convoqué en juillet 2017  une conférence sur la Libye. Patronnée par l’ONU sur une initiative française, elle a réuni les personnalités politiques rivales du pays dévasté par le fait d’une opération militaire  franco-britannique sous parapluie de l’OTAN. Autour de la table étaient présents des représentants de l’ONU, de l’UA et ceux de 19 États, soulignant la mise sous tutelle d’une nation prospère et indépendante avant l’intervention de Sarközy, premier Président français à avoir aussi clairement énoncé son inféodation à Washington. La célérité avec laquelle le nouvel occupant du palais de l’Élysée a voulu traiter la question libyenne indique qu’elle était d’importance et qu‘elle lui avait été sans doute relayée dans le même registre impératif que lui avait été confié le code de l’arme nucléaire.

La prétention du Bonaparte de pacotille à établir un processus politique où se tiendraient élections législatives et présidentielles avant la fin de l’année 2017 s’est heurtée à une réalité où le nombre d’acteurs en présence sur le terrain libyen excède de loin la maîtrise diplomatique et militaire française. Macron a voulu rééditer un autre essai en mai 2018. L’accord ‘historique’ selon lequel se sont engagés Fawez al Sarraj, le Premier ministre siégeant à Tripoli et figurant de la ‘Communauté internationale’ et le général Khalifa Haftar dirigeant de l’Armée de Nationale Libyenne, homme de la CIA mis en réserve depuis 1990, depuis la ville de Tobrouk à procéder à une sortie de crise par une voie politique n’a pas été suivi des effets escomptés.

Ce qu’ils ont fait de la Libye

Toujours pas d’élections en vue, l’insécurité prévaut dans une zone sans tradition jacobine où les particularismes régionaux et tribaux n’ont pas été effacés et où continue de prévaloir une tradition millénaire de consensus entre partenaires rétifs à toute subordination. La configuration géographique de la Libye et particulièrement le Sud avec un immense territoire quasi-désertique, peu dense en zones habitées et jouxtant de nombreux pays sahéliens et sub-sahéliens a été l’occasion après l’assassinat de Mouammar Gadhafi d’interventions de toutes sortes. L’espoir à moyen terme d’une stabilité du pays est encore à ce jour infondé tant le climat est favorable à la pousse de milices, d’organisations ‘extrémistes’ et de réseaux criminels (gangs de kidnappeurs, narcotrafiquants, passeurs de migrants et marchands d’armes et d’esclaves) dont les activités se croisent et se coordonnent parfois avec celles de groupes militaires plus ou moins officiels. Outre leur collusion avec des acteurs politiques nationaux, des puissances étrangères ont recours à leurs services.

Lors de la  réunion interministérielle des pays voisins  de la Libye tenue à Khartoum en novembre dernier, les intervenants ont insisté sur la présence dans le Sud de la Libye de groupes armés venant du Niger, du Tchad, du Soudan et du Mali. Ils ont parfois des revendications politiques mais s’allient avec des éléments de l’État Islamique ou des trafiquants d’êtres humains ou de drogue pour contrôler la vaste région transfrontalière perméable à toutes sortes d’incursions. L’absence d’État et le délabrement des services publics (accès à l’eau, à la santé et à l’éducation) rend la population du Fezzan très vulnérable et aisément manipulable par les clans politiques qui instrumentalisent  les inévitables divisions communautaires.  Ainsi les Toubous libyens (il en existe au Tchad) sont devenus le bras armé du maître actuel de la Cyrénaïque, Khalifa Haftar pour le contrôle de la ville de Sebha, point nodal pour tous les trafics et la sécurisation des infrastructures militaires et pétrolières. Les Toubous s’affrontent aux Awlad Soulaïman pour une protection socio-économique plutôt que pour une hégémonie tribale. Les uns et les autres se livrent des luttes intenses pour la maîtrise des routes cette province, des champs pétrolifères de  Brak al-Shati  et Tamenhit. Un groupe armé ‘la Colère de Fazzan’ a réussi à interrompre l’extraction pétrolière du  champ de Sharara  et celle du champ d’al Fil dépendant du précédent pour son électricité, il a fait chuter la production de 388 000 barils/jour sur un total national d’1,5 miilion/jour  en protestation contre l’absence d’infrastructures et pour de meilleurs salaires.

Le gouvernement de Fawez Al Sarraj est tributaire de différentes milices pour la sécurité dans la capitale. Celle-ci n’y est pas assurée, le nombre d’homicides et d’enlèvements pour rançons font de l’ancienne capitale l’une des villes les plus dangereuses du monde. Le maire de la ville a été enlevé en mars 2018 puis mystérieusement libéré au bout de 48 heures. En janvier 2019, après quelques mois d’accalmie relative, des affrontements ont eu lieu entre deux milices rivales, toutes deux forces supplétives du ministère de l’Intérieur qui ne possède ni armes ni véhicules. Celui-ci a accordé au groupe Tarhouna la protection extérieure de l’aéroport de Tripoli ce qui a déclenché la riposte armée et sanglante de la 7ème Brigade, sa milice rivale.

La situation sécuritaire en Cyrénaïque est tout aussi préoccupante malgré l’offensive  militaire de Haftar sur les groupes terroristes de Benghazi qui a duré de 2013 à 2017. Explosions de voitures piégées et de bombes déposées à la sortie de mosquées à Benghazi ont fait des centaines de morts en 2018. Aqmi, al Qaïda au Maghreb Islamique risque de reprendre du service lorsque les exfiltrés par l’occupant israélien et l’armée des Usa depuis la Syrie rejoindront le pôle stratégique important que constitue cette porte de l’Afrique.

La crise migratoire, effet direct de la guerre

Mais après tout, la destruction d’un pays pour ses richesses minières et ses hydrocarbures (les Libyens paient en proportion de leur réserve en énergie fossile, la plus importante d’Afrique) est une pratique routinière pour la puissance dominante étasunienne même si elle accuse un déclin accéléré en ce moment. Les effets régionaux de l’anéantissement de l’Irak ont été contenus, aucun pays riverain en dehors de l’afflux de millions d’immigrés en Syrie et au Liban n’en a pâti directement. Tout un sous-continent a déstabilisé par la disparition de l’État libyen. L’onde de choc a gagné le Tchad, l’Algérie, la Tunisie, le Soudan, l’Égypte, le Mali, le Niger et le Nigéria, bien au-delà des pays strictement limitrophes. La porosité des frontières au tracé incertain sur des milliers de kilomètres d’une région dominée par des ethnies du désert aux traditions nomades laisse libre le passage dans les deux sens. Une fois exécuté Mouammar Gadhafi, les armes délivrées à la population pour son auto-défense ou prises dans les entrepôts des casernes ont vite été disséminées et se sont retrouvées entre différentes mains, politiques ou criminelles. Pays d’accueil des migrants sahéliens qui y trouvaient du travail en abondance, la Libye s’est transformée en piège ne leur offrant au mieux que la possibilité d’être enrôlés dans les milices, sinon d’être pillés, torturés, vendus quand leur destination n’est pas la noyade en  Méditerranée.

Le flux du mouvement migratoire vers l’Europe est sévèrement limité par Frontex, l’agence européenne dédiée à cette réduction.

Les accords passés entre l’Union européenne avec la Goumhourya arabe libyenne avaient affecté des moyens financiers et techniques pour que soient maintenues fermées les  ‘vannes migratoires’. Actuellement, un tel  accord est impossible  car le pays est disputé par des factions rivales et des centaines de milices et de bandes criminelles.

Or c’est l’Italie qui voit arriver sur ses côtes l’essentiel de l’afflux migratoire (181 000 migrants en 2016) une fois fermée la route des Balkans après l’accord scellé en 2016 avec la Turquie qui a reçu une enveloppe de 6 milliards d’euros. Les forces libyennes devront empêcher les départs vers l’Europe pour 400 millions d’euros, contrat inefficace et controversé compte tenu du sort épouvantable et documenté qui attend les refoulés en Libye.

Discorde italo-française

L’Italie accuse la France d’être responsable du chaos survenu en Libye

Le gouvernement issu de la coalition 5 Etoiles et de la Ligue reproche à la France son hypocrisie concernant la crise des migrants. La situation instable en Libye résulte de l’initiative militaire française qui a destitué Gadhafi. Les charges de Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur et chef de la Ligue, contre Macron sont particulièrement véhémentes. Il lui reproche de faire fermer aux migrants les frontières les frontières franco-italiennes  et de refuser l’accès aux ports français des navires des ONG chargés de réfugiés en détresse.

Il y a bien entendu plus que cela comme motif de conflits entre la France et l’Italie. La sourde bataille du budget italien qui ne respectait pas à la lettre les recommandations de l’austérité imposée par la Commission européenne (entendre ici les mesures budgétaires dictées à la zone euro pour la défense de l’euro-deutschemark) est une toile de fond sérieuse sur laquelle se projettent toutes sortes de désaccords. Le budget concocté par l’alliance  M5S et Ligue comportait un volet social crucial pour une jeunesse qui connaît 40% le chômage. Il devait opérer une relance keynésienne pour un pays en récession ou en tous les cas sans croissance réelle depuis 2000. Le bras de fer a été engagé surtout avec la France, Merkel étant affaiblie sur le plan national et européen. Il s’est conclu par un compromis, l’Italie ne s’est pas encore décidée à quitter le bateau de l’UE même si elle a porté au contrat qui l’y rattache plusieurs accrocs.

Rome considère par ailleurs qu’elle est lésée dans sa souveraineté économique. Vivendi  est devenu le premier actionnaire de  Telecom Italia  et le deuxième de  Mediaset, le groupe de la famille Berlusconi, en total respect du dogme européen de la concurrence libre et non faussée alors que la France a saisi la Commission européenne quand le groupe  Fincantieri  a voulu racheter les  Chantiers de l’Atlantique.

La discorde libyenne, c’est aussi l’affrontement sur des intérêts pétroliers, la France défend le groupe Total et l’Italie ENI d’autant que la Libye est une ancienne colonie italienne. Berlusconi qui avait signé des  contrats économiques d’importance  en 2008 avec la Gomouhouria arabe libyenne en 2008 qui lui réservait l’exploitation du quart de son pétrole et du tiers de son gaz était au départ réticent à emboîter le pas à Sarközy dans son ambition de conquête destructrice de la Libye. Après y avoir été contraint par le parrain étasunien, il revint sur l’absence de fondement à  cette ingérence injustifiée d’inspiration française  dans les affaires d’un pays tiers. Il déclarait dès 2011 qu’en aucun cas il ne s’est agi d’un soulèvement populaire mais d’une tromperie façonnée par les Français.

Profusion d’acteurs

Autant dire que le passif entre les deux signataires des Traités de Rome, de Maastricht et de Lisbonne est lourd.

A la conférence organisée par l’Elysée à Paris le 29 mai 2018, Rome répond par une autre organisée  à Palerme en novembre  de la même année. 38 délégations ont fait le déplacement. Cette offensive diplomatique a adopté un calendrier, plus réaliste, qui envisage avant toute chose la tenue d’une conférence de réconciliation puis d’un référendum qui donnera un cadre institutionnel aux élections législatives puis présidentielles.

Dans cette équation libyenne à multiples inconnues dont le nombre lui-même est indéterminé tant les acteurs abondent depuis Sissi jusqu’à Idriss Déby maintenant entiché de Netanyahou, à Alger l’encore fier chantre de la décolonisation et manipulateur de la cause des Touaregs au Mali et Mohammed VI lui-même qui vient d’affirmer ‘la sécurité des pays arabes revient aux Arabes’ , le Qatar et la Turquie embusqués derrière al Sarraj, les Émirats arabes unis et les Bédouins du Nedjd à peine camouflés derrière Haftar l’anti-Frères Musulmans, le jeu reste ouvert.

Il est probable que Giuseppe Comte a requis la neutralité russe et a obtenu le soutien appuyé d’un Trump enferré dans ses déclarations et postures anti-migratoires.  Pour ceux qui, poutinophobiques, voient la main de la Russie partout, il faut rappeler l’existence d’une base  militaire étasunienne au Niger, à côté d’une allemande mais également d’une italienne.

Les frappes américaines en Libye ont commencé très tôt, dès 2011. L’activité a connu une intensification à l’été 2016 à la  demande  de Fayez al Serraj qui a déclaré avoir restreint l’aide à des frappes limitées dans le temps et ciblées sur les poches de terroristes à Syrte. D’après  l’organisme Airwars,Syrte a été le champ d’expérimentation de frappes de drones en milieu urbain en coopération avec des forces locales et étasuniennes. Leur nombre et leur rythme ont été bien plus conséquents que celles qui ont visé l’Irak ou la Syrie. Menées depuis des territoires éloignés de ceux où ces opérations sont effectuées, elles sont le plus souvent tenues secrètes. De plus, l’administration Trump  a assoupli les restrictions  sur les frappes de drones menées en dehors des zones de conflit armé.

Le dossier épais et à entrées multiples de la ‘crise libyenne’ a été remis sur le métier par  l’Union africaine en février 2019. Son 32ème sommet à Addis Abeba s’est achevé sur le projet de rétablir un dialogue inter-libyen en juillet. Les Africains reprennent la main et bousculent le représentant de l’ONU, Ghassan Salamé, l’homme de la France.

Une Libye encore à naître

Les mécanismes de réajustement d’un monde qui a connu en moins de trente ans une hégémonie indiscutée des Usa puis sa remise en cause sérieuse par la levée du bloc russo-chinois peinent à se mettre en place. Les alliances se composent et se défont à la faveur des offres de ceux qui se veulent les nouveaux champions ou les arbitres d’un univers géopolitique très fluide et mouvant.

Les effets du désastre libyen (fomenté par une piètre équipe française) menacent l’équilibre des forces au sein de l’Union européenne à travers la compétition d’une Italie terre d’accueil de bases américaines et une France qui n’a plus les moyens de son arrogance et qui ne cesse d’enregistrer des reculs dans son territoire de projection de prédilection, l’Afrique.

L’Egypte et la Turquie s’y confrontent à fleurets mouchetés, déléguées d’une autre compétition installée dans le monde arabe et musulman, le Qatar versus les Emirats et le Bédouins du Nedjd.

Dans cette atmosphère de recomposition qui n’est pas sans rappeler l’époque des pourparlers sordides entre les puissances de la fin du 19ème siècle pour le partage de l’Afrique,  l’Entente Cordiale, la Libye appelle à sa délivrance, à renaître.

 

http://www.dedefensa.org/article/la-libye-un-appel-a-renaitre

 

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Netanyahou aux Arabes : « Faites avancer l’intérêt commun de la guerre avec l’Iran »

Netanyahou aux Arabes :
« Faites avancer l’intérêt commun de la guerre avec l’Iran »


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 13 février 2019

Les États-Unis avaient appelé à une réunion anti-iranienne de haut niveau en Pologne. Le but de la réunion était de mettre leurs alliés et leurs caniches en conformité avec l’ordre du jour américain sur l’Iran, pour au moins les inciter à adopter des sanctions plus sévères. Mais les Européens ont rejeté la proposition.

Le département d’État a ensuite modifié l’ordre du jour :

« L’idée était d’organiser une conférence, une réunion ministérielle et de briser notre isolement diplomatique sur l’Iran », a déclaré une personne familiarisée avec la planification de cet événement. « Cela a commencé comme une conférence déguisée sur l'Iran, mais a probablement dû assumer un contenu plus vaste et plus actuel sur le Moyen-Orient. »

La personne a ajouté : « Ils ont modifié certains points de l'agenda et ont été contraints de se contenter de débats sur la Syrie et le Yémen en particulier. »

La réunion a eu lieu aujourd’hui, mais les puissances européennes ne sont pas tombées dans le piège. Elles veulent conserver l’accord nucléaire avec l’Iran :

Même la Pologne a déclaré mardi qu'elle n'était pas d'accord avec l'approche américaine vis-à-vis de l'Iran. Le ministre des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, a déclaré à la presse que l'accord sur le nucléaire était précieux et a exprimé l'espoir que la conférence pourrait aider les participants à trouver un terrain d'entente.

Bien que la délégation américaine comprenne le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’État Mike Pompeo et le conseiller principal de la Maison Blanche Jared Kushner, d’autres acteurs importants ont refusé de participer ou ont envoyé des délégations de niveau inférieur. Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l'UE, a déclaré qu'elle avait d'autres engagements.

L’Allemagne et la France n’ont envoyé que du personnel de niveau inférieur. Le ministre britannique des Affaires étrangères ne participera qu’à une séance parallèle sur le Yémen.

Le département d’État s’est donné du mal pour brouiller l’objectif réel de la conférence. Son communiqué de presse dit aujourd’hui :

L'ordre du jour est vaste et comprendra une discussion sur les efforts déployés par l'administration US pour promouvoir une paix globale et durable entre Israël et les Palestiniens, ainsi qu'une discussion sur la manière de faire face aux crises humanitaires régionales en cours. Le Secrétaire US fera le point sur la situation en Syrie et discutera des autres priorités des États-Unis dans la région, notamment des préoccupations concernant les activités destructrices de l’Iran.

Des séances plus restreintes permettront aux ministres de se concentrer sur des domaines de préoccupation spécifiques tels que le développement et la prolifération des missiles, la cybersécurité et les menaces émergentes, ainsi que le terrorisme et les financements illicites.

Cet effort du Département d’État visant à dissimuler quelque peu le véritable agenda a été saboté lorsque le Premier ministre israélien est arrivé et a précisé le sens de la réunion :

« Je vais à une réunion avec soixante ministres des Affaires étrangères, et des envoyés des pays du monde entier contre l'Iran. Ce qui est important dans cette réunion - et cette réunion n’est pas secrète, car il y en a beaucoup de semblables - c’est qu’il s’agit d’une réunion ouverte avec les représentants des principaux pays arabes, réunis en Israël pour promouvoir l’intérêt commun d'une guerre avec l'Iran ».

[Mise à jour 15h40]

La déclaration a maintenant été changée en « combattre l’Iran ». Mais ce n’est pas ce que Netanyahou a déclaré à Varsovie et il existe une vidéo pour le prouver. Il y avait aussi des témoins :

Aron Heller @aronhellerap 18:44 utc - 13 fév 2019

Est-ce que @netanyahu a vraiment dit « guerre » avec l'Iran ? J'étais là et le mot était « milchama » = guerre.

[Fin de mise à jour]

Pourquoi Netanyahou fait-il cela ?

Aucun autre pays, à l’exception peut-être des États-Unis, n’a intérêt à faire la guerre à l’Iran. Certainement pas les pays arabes proches du golfe Persique. En cas de guerre, ils sont tous extrêmement vulnérables aux représailles iraniennes. Leurs installations pétrolières et gazières seraient sérieusement en danger. Les usines de dessalement qui fournissent leur eau potable sont facilement accessibles aux missiles iraniens.

En affirmant que la conférence avait pour objet de faire la guerre à l’Iran, Netanyahou n’embarrasse pas seulement le département d’État et le secrétaire américain Mike Pompeo. Il rend également extrêmement difficile pour les autres participants de justifier leur présence. Les Arabes seront particulièrement furieux d’être présentés dans une alliance aussi ouverte avec Israël et son hostilité à l’Iran. Il est bon de faire des arrangements avec Israël en douce. Mais être publiquement associé à un Israël belliciste est difficile à vendre à leur peuple. Il ne serait pas surprenant de voir certains d’entre eux partir.

L’ensemble de la conférence était une initiative propre à l’administration Trump. Au lieu de montrer l’unité avec ses alliés, elle n’a fait maintenant que montrer la profondeur de leur désaccord. La déclaration de Netanyahou pourrait l’aider à gagner des voix lors des prochaines élections en Israël. Mais l’alliance espérée avec les Arabes du Golfe est plus éloignée qu’elle ne l’a jamais été.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/netanyahou-aux-arabes-faites-avancer-linteret-commun-de-la-guerre-avec-liran

 

Visite du Pape aux Émirats : la réussite du soft power de la tolérance ?

Visite du Pape aux Émirats : la réussite du soft power de la tolérance ?

Début février, le pape s’est rendu aux Émirats Arabes Unis pour une visite historique. C’est la première fois qu’un pontife se rend dans la péninsule arabe. Pour Abou Dabi, cette venue est l’aboutissement d’un long processus diplomatique visant à faire des Émirats, un leader de la tolérance au Moyen-Orient.

Ville de Dubaï, Emirats Arabes Unis
Pendant combien de temps encore les Émirats pourront-ils mettre en œuvre leur soft power de la tolérance ?

Pour les dirigeants émiratis, la visite du chef religieux est un symbole fort qui entérine la « politique de la tolérance » menée depuis plusieurs années déjà. En effet, depuis 2016, la tolérance a été institutionnalisée au niveau étatique. Dotée de son propre ministère et d’un « comité suprême », elle fait partie intégrante de la politique étrangère émiratie. L’action du comité suprême se concentre sur sept domaines : tolérance dans la communauté, dans l’éducation, au travail, dans la pratique culturelle, dans la législation et dans les médias.

Ce programme ambitieux est couronné par un autre objectif majeur : faire des Émirats un « modèle de tolérance ». Ainsi, en novembre 2018, Dubaï a accueilli le premier Mondial de la Tolérance. De plus, le président émirati, Khalifa ben Zayed Al Nahyane, a décidé de faire de la tolérance le thème du débat national de 2019, une tradition annuelle qui vise à affirmer les valeurs de la Fédération.

Un soft power de la tolérance en renfort d’un succès économique 

Depuis les années 2010, les Émirats sont parvenus à s’imposer comme un acteur régional majeur. Le pays a notamment relevé un défi de taille : celui de la diversification de l’économie. Si les autres états du Golfe sont également engagés dans des politiques similaires, Abou Dabi est l’exemple de réussite le plus probant. En effet, la Fédération a misé sur une stratégie d’ouverture aux investisseurs étrangers qui s’est révélée payante. Elle fut la première, parmi ses voisins, à autoriser l’acquisition intégrale d’entreprises locales par des étrangers. Ainsi, les Émirats sont devenus une plaque tournante pour les marchés du transport, de la finance, du commerce et du tourisme.

Cette image de pays accueillant est chérie par les autorités qui misent sur la croissance du tourisme pour se détacher de la dépendance aux énergies fossiles. C’est dans ce contexte que fut inauguré, en 2017, l’extension du musée du Louvre dans la capitale émiratie. Dans une dynamique similaire, le premier temple hindou du pays est en cours de construction et sera finalisé fin 2020. L’érection de cet édifice est accompagnée d’une symbolique forte dans un état où travaillent 2,8 millions d’Indiens (sur une population de 9,4 millions).

Une présence rassurante pour les Occidentaux dans une région troublée

La tolérance religieuse est un aspect particulièrement important dans la mise en œuvre du soft power émirati. De fait, la Fédération a fait de la lutte contre le terrorisme islamiste l’une de ses priorités. Cette stratégie lui a permis de se rapprocher des États-Unis, un allié de taille. De plus, Abou Dabi a, par plusieurs fois, rappelé son engagement pour la protection des communautés chrétiennes, minoritaires au Moyen-Orient. Ce positionnement est perçu favorablement par les Occidentaux qui y voient la possibilité de coopérer avec un acteur modéré aux valeurs semblables.

Une idéologie qui se heurte à la réalité des faits

Si les Émirats se présentent comme les champions de la tolérance et de la diversité, cette idéologie ne semble pas s’appliquer au domaine politique. En effet, le « respect des formes d’expression » est fortement contraint quand il s’agit de critiquer le régime en place. Ainsi, en 2017, Ahmed Mansoor Al-Shehhi, un activiste politique, a été arrêté et condamné, en 2018, pour avoir « insulté le statut et le prestige » de la nation. De fait, la tolérance semble être réservée au domaine culturel et, tout particulièrement, aux cultures étrangères.

De plus, la politique d’ouverture a parfois créé des tensions entre étrangers et populations locales. En effet, les Émiratis ne représentent que 15% de la population totale. Ainsi, certains ont exprimé leurs craintes de voir disparaître la culture émiratie, un thème qui a d’ailleurs été repris par les acteurs politiques. Afin de pallier ces doléances, le gouvernement a assuré avantages économiques et distinctions culturelles aux locaux. Cette politique, sur le long terme, peut s’avérer dangereuse car elle contribue à la mise en place d’une société à deux vitesses.

De même, sur la scène internationale, l’idéologie de la tolérance ne se combine pas toujours avec la réalité des décisions émiratis. Ainsi, dans son combat contre le terrorisme islamiste, Abou Dabi s’est allié à des groupes radicaux comme les milices salafistes au Yémen, afin de défaire ses ennemis.

La stratégie du soft power de la tolérance semble être un succès pour les Émirats. Néanmoins, cette dernière est parfois limitée par la réalité des faits. De plus, l’économie connaît un ralentissement important, en partie dû aux politiques visant à protéger les intérêts des locaux face aux étrangers. Ainsi, l’avenir de la diplomatie de la tolérance pourrait être menacé par des antagonismes nationaux.

Sources

https://www.ispionline.it/it/pubblicazione/geopolitics-tolerance-inside-uaes-cultural-rush-22155

https://worldview.stratfor.com/article/popes-visit-and-emirati-soft-power

https://www.stratfor.com/region/middle-east-and-north-africa/united-arab-emirates

https://worldview.stratfor.com/article/why-uaes-short-term-labor-fix-will-create-long-term-problems

About Clara JALABERT

Clara JALABERT est étudiante en troisième année à Sciences Po Paris. Passionnée par les relations internationales et l’histoire, elle souhaite poursuivre son parcours dans le journalisme.

VIDEO – Le pape François en terre d’islam pour le dialogue et la paix

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Pour la première visite d’un pape dans un pays du Golfe, François a mis l’accent sur la fraternité et le dialogue interreligieux.

Le pape François s’est rendu aux Émirats arabes unis pour une visite historique.Il a mis l’accent sur la fraternité et le dialogue interreligieux. « Si nous, croyants, nous ne sommes pas capables de nous donner la main, de nous embrasser, alors notre foi sera défaite. » a-t-il déclaré.

Le 4 février, François et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed Al Tayeb étaient réunis. Ensemble, ils ont signé une déclaration commune sur la fraternité, le dialogue et la paix.« La fraternité humaine exige de nous, , le devoir de bannir toute nuance d’approbation du mot guerre. Rendons-le à sa misérable cruauté, » a déclaré François.

Le pape a célébré une messe géante au stade Cheick-Zayeb d’Abu Dhabi. Plus de 120 000 fidèles sont venus assister à l’office. Une façon de mettre en œuvre la liberté religieuse prônée depuis le début du voyage. À son retour, le pape a estimé le dialogue avec l’islam avait fait « un pas en avant »

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Aux Émirats arabes unis, environ 10 % de la population est catholique. Une population tolérée mais qui doit faire preuve de discrétion. Le pays reste une exception dans la région qui abrite plusieurs lieux saints de l’islam.

Guillaume Fournier

Yémen : les Émirats arabes unis soupçonnés de livrer des armes occidentales aux milices

Sécurité

Yémen : les Émirats arabes unis soupçonnés de livrer des armes occidentales aux milices

06 février 2019 à 12h36 | Par Jeune Afrique avec AFP

Amnesty International a accusé ce mercredi les Émirats arabes unis, engagés militairement au Yémen, de fournir des armes de pointe d’origine occidentale à des milices yéménites, quelques heures après des inquiétudes exprimées sur ce sujet par un général américain.

Le général Joseph Votel, chef des forces américaines au Moyen-Orient, a fait part de ses préoccupations à des sénateurs après une enquête de la chaîne CNN, selon laquelle des équipements fournis par Washington à l’Arabie saoudite et aux Émirats avaient été utilisés par des milices au Yémen. Amnesty international a également publié une enquête dénonçant les accointances occidentales avec les pays du Golfe.

Des armes transférées à Al-Qaïda ?

Selon CNN, la coalition menée par l’Arabie saoudite a transféré des armes et des véhicules militaires fabriqués par les États-Unis à des combattants liés à Al-Qaïda, des milices salafistes radicales et d’autres groupes. « Nous prenons les allégations de mauvais usage d’équipement de défense d’origine américaine très au sérieux, et lancerons promptement des enquêtes une fois reçues des preuves crédibles », a déclaré Johnny Michael, un porte-parole du Pentagone. Le département d’État américain a dit chercher à obtenir des informations complémentaires.


>>> À LIRE : Yémen : nouvelles discussions entre gouvernement et rebelles sur un échange de prisonniers


« Nous attendons de tous les destinataires d’équipement de défense de fabrication américaine (…) qu’ils ne retransfèrent pas de l’équipement sans une autorisation préalable du gouvernement américain », a indiqué un porte-parole du département d’État. La coalition sous commandement saoudien qui combat les rebelles chiites Houthis au Yémen est composée de forces très hétéroclites, comprenant des soldats de l’armée yéménite et des groupes armés sunnites de diverses obédiences.

Des milices accusées de crimes de guerre

Dans un rapport publié mercredi, Amnesty International a également accusé les Émirats arabes unis, engagés militairement au Yémen, dénonçant l’implication de ce pays devenu un canal majeur de distribution de véhicules blindés, de systèmes de mortier, de fusils et de mitrailleuses. Autant d’armes qui seraient détournées illégalement vers d’innombrables milices qu’ils soutiennent et qui sont accusées de crimes de guerre. « Les Émirats arabes unis fournissent des armes occidentales à des milices sans se soucier des conséquences », dénonce l’ONG.

Les forces armées émiraties ne font que détourner des armes vers des milices qui sont connues pour commettre des crimes de guerre

« Les forces armées émiraties reçoivent des milliards de dollars d’armes provenant de pays occidentaux et d’autres sources, qu’elles ne font que détourner vers des milices au Yémen qui ne sont pas contrôlées et sont connues pour commettre des crimes de guerre. » Depuis mars 2015, les Émirats participent, aux côtés de l’Arabie saoudite, à la guerre au Yémen pour soutenir le gouvernement internationalement reconnu. Cette coalition combat des rebelles Houthis, soutenus par l’Iran et qui contrôlent de vastes régions, notamment la capitale Sanaa.


 >>> À LIRE : Yémen : la sale guerre de Mohamed Ben Salman


Les groupes qui reçoivent ces armes – y compris ceux qu’on appelle « Les Géants », la « Ceinture de sécurité » et les « Forces d’élite » – sont formés et financés par les Émirats, mais ne sont responsables devant aucun gouvernement, affirme Amnesty, basée à Londres. Certains d’entre eux sont accusés de graves violations des droits humains, notamment pendant l’offensive contre la ville portuaire de Hodeida (ouest), et dans le réseau de « prisons secrètes » appelées « sites noirs », soutenu par les Émirats dans le sud du Yémen et où des cas de torture ont été signalés, selon l’organisation.

Le conflit au Yémen a fait quelque 10 000 morts, en majorité des civils, depuis mars 2015, selon un bilan partiel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais des ONG affirment que le nombre de victimes est largement supérieur, certaines citant un chiffre cinq fois plus élevé

Quand d’« anciens » espions sont lâchés dans la nature, le pire peut arriver

Quand d’« anciens » espions sont lâchés dans la nature, le pire peut arriver


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 30 janvier 2019

Les histoires ci-dessous parlent d’activités malfaisantes commises par d’anciens membres du personnel de la NSA, de l’ancienne CIA, d’anciens militaires, etc. qui ont rejoint des entreprises privées. Elles démontrent qu’il y a un problème structurel lorsque des personnes entraînées à faire du mal sont autorisées à faire n’importe quoi.

Reuters vient de publier un article en deux parties sur « d’anciens » membres du personnel de la NSA, plus de 20 au total, qui, depuis 2013, construisent un centre d’espionnage pour les Émirats arabes unis.

Des mercenaires américains participent à l’équipe secrète de hackers des Émirats Arabes Unis.

Des ex-agents de la NSA révèlent comment ils ont aidé à espionner des dissidents, des dirigeants rivaux et des journalistes pour la monarchie arabe.

Les « anciens » fonctionnaires de la NSA n’ont pas hésité à espionner des dissidents locaux pour le compte de l’État dictatorial du Golfe. Seuls certains d’entre eux ont quitté le navire lorsqu’ils ont découvert que leur affaire servait aussi à espionner des Américains. L’entreprise « privée » pour laquelle ils travaillaient s’appelle Dark Matter. Elle prétend ne travailler que dans le domaine de la cyber sécurité, mais il s’agit d’une entreprise d’espionnage connue, directement reliée au service de renseignement numérique des Émirats arabes unis. Les deux sont domiciliés dans le même bâtiment.

En octobre 2016, Jenna McLaughlin a fait un reportage sur Dark Matter pour le compte de The Intercept :

Comment les EAU recrutent des hackers pour créer un état de surveillance parfait.

En décembre 2017, elle publiait un article dans Foreign Policy :

« Bonne couverture et poches remplies »

Les Émirats Arabes Unis paient d’anciens officiers de la CIA pour construire un service d’espionnage digne d’un empire, dans le Golfe.

McLaughlin informe que Dark Matter fait l’objet d’une enquête du FBI.

Les Émirats arabes unis recrutent non seulement d’« anciens » espions de la NSA et de la CIA, mais aussi d’« anciens » soldats américains des services spéciaux :

« Une monarchie du Moyen-Orient engage des ex-soldats américains pour tuer ses ennemis politiques. Ça pourrait être l’avenir de la guerre. »

Le deuxième article de Reuters publié aujourd’hui décrit l’aspect technique de l’affaire de cyberespionnage des EAU :

« Les Émirats arabes unis utilisent des super-armes électroniques pour espionner les iPhones de ses rivaux. »

Des anciens agents de Raven décrivent Karma comme étant un outil qui pourrait accorder l’accès à distance aux iPhones simplement en téléchargeant des numéros de téléphone ou des comptes e-mail dans un système de ciblage automatisé.

Reuters ne le dit pas clairement, mais d’après la description des outils d’espionnage, il semble évident que cet outil, Karma, a été acheté au célèbre magasin d’espionnage israélien NSO Group. Le nom marketing de l’outil est Pegasus. L’« ancien » espion de la NSA cité dans l’article de Reuters fait des déclarations curieuses telles que « l’outil ne pouvait pas enregistrer les appels téléphoniques ». Mais cette affirmation n’a aucun sens. Une fois qu’un logiciel espion décent est sur le téléphone, tout est accessible. L’allégation est évidemment faite pour détourner l’attention de NSO. La vente d’outils aux EAU par NSO a été confirmée dans les rapports précédents. À partir d’août 2018 :

« Des plaintes juridiques affirment que la société israélienne de logiciels espions a aidé le régime des Émirats arabes unis à pirater les téléphones de ses opposants. »

Le gouvernement des Émirats arabes unis a utilisé la technologie israélienne de piratage téléphonique pour espionner ses rivaux politiques et régionaux ainsi que des membres des médias, et la compagnie israélienne elle-même a participé aux cyberattaques, rapportait vendredi le New York Times.

Le groupe NSO, basé à Herzliya, utilise son controversé programme de logiciels espions Pegasus pour transformer les smartphones en dispositifs d’écoute…

En 2016, le quotidien israélien Yedioth Ahronoth rapportait pour la première fois que le ministère de la Défense avait autorisé le groupe NSO à vendre le logiciel à une société arabe, qui a ensuite pris pour cible un éminent militant des droits humains aux Émirats arabes unis.

L’original du NYT :

« Pirater un prince, un émir et un journaliste pour impressionner un client »

L’utilisation par les EAU de logiciels espions du groupe NSO a été signalée pour la première fois en 2016. Ahmed Mansoor, un défenseur émirati des droits humains, a remarqué des textos suspects et a dénoncé une tentative de piratage de son iPhone Apple. L’année suivante, les EAU l’ont arrêté pour des chefs d’accusation apparemment sans rapport et il est toujours en prison.

Après les révélations de Mansoor, Apple a déclaré qu’elle avait publié une mise à jour qui corrigeait les vulnérabilités exploitées par le groupe NSO. Le groupe NSO s’est engagé à enquêter et a déclaré que « l’entreprise n’a pas connaissance de ces cas spécifiques et ne peut les confirmer ».

Mais d’autres documents qui ont fait l’objet de fuites dans le cadre des poursuites indiquent que les Émirats arabes unis ont continué à utiliser le logiciel Pegasus bien après qu’Apple ait annoncé sa correction et que le groupe NSO se soit engagé à enquêter.

Le groupe NSO a été fondé par deux « anciens » espions de l’armée israélienne :

« Tout ce que nous savons sur le groupe NSO : Les espions professionnels qui ont piraté des iPhones avec un seul texto. »

Mais le fondateur Omri Lavie garde bien le secret. … Le cofondateur Shalev Hulio n’a pas répondu à nos messages. Tous deux seraient d’anciens élèves du célèbre service de renseignement sur les transmissions de l’unité 8200 d’Israël, tout comme de nombreux entrepreneurs du pays dans le domaine de la sécurité.

Les outils du groupe NSO ont également été utilisés par le gouvernement mexicain, sous l’ancien président Nieto, pour espionner des journalistes et l’opposition.

C’est le Toronto University Citizen Lab qui, en 2016, a découvert les attaques des Émirats arabes unis contre des « militants des droits de l’homme » et a découvert que NSO était derrière tout cela. Il a depuis publié un certain nombre d’articles sur cette entreprise. L’année dernière, Citizen Lab alléguait que les outils de NSO avaient été utilisés par l’Arabie saoudite pour espionner Jamal Khashoggi, un « ancien » agent de renseignement saoudien, militant des Frères musulmans et chroniqueur au Washington Post, que les Saoudiens ont finalement massacré dans leur consulat à Istanbul.

Le mois dernier, deux membres importants de Citizen Lab ont été approchés par un personnage louche qui prétendait offrir de l’argent pour investir. Les gens de Citizen Lab sont devenus suspicieux. Ils ont enregistré leurs entretiens avec l’homme, l’ont photographié et ont invité des journalistes. AP a présenté son rapport le 26 janvier :

« APNewsBreak : des agents tentent de s’infiltrer dans une compagnie de cybersécurité »

Les chercheurs qui ont découvert que des logiciels israéliens avaient été utilisés pour espionner le cercle intime du journaliste du Washington Post, Jamal Khashoggi, avant sa mort atroce, sont à leur tour pris pour cible par des agents internationaux infiltrés, a découvert l’Associated Press.

Deux jours plus tard, le NYT découvrait que l’entreprise d’espionnage qui avait envoyé l’homme était la société israélienne Black Cube.

« Le cas de l’espion raté : Un groupe de surveillance l’a filmé par caméra »

Black Cube a nié avoir joué un quelconque rôle dans les démarches cherchant à approcher des employés de Citizen Lab, mais le même agent s’était présenté dans une affaire antérieure au Canada comme étant en relation avec Black Cube…

Le New York Times, en collaboration avec Uvda, une émission de télévision d’investigation sur la chaîne israélienne Channel 12, a confirmé que le mystérieux visiteur était Aharon Almog-Assoulin, un agent de sécurité israélien à la retraite qui était jusqu’à récemment membre du conseil municipal d’un quartier de Tel Aviv.

Black Cube a également espionné certaines personnes qui soutenaient l’accord d’Obama avec l’Iran.

« Trita Parsi : J’ai été pris pour cible par Black Cube dans des tentatives douteuses d’attaquer les supporters de l’Accord iranien. »

Black Cube est dirigé par un certain nombre d’« anciens » officiers militaires et agents du Mossad.

« Black Cube : à l’intérieur de la discrète firme israélienne accusée d’essayer de saper l’accord avec l’Iran »

Des documents internes de Black Cube obtenus par NBC News et des interviews de sources ayant une connaissance directe des opérations de Black Cube révèlent une société de renseignements pour les affaires ayant des contrats avec des gouvernements et un département spécial pour des travaux à caractère politique…

La société a été fondée par d’anciens officiers militaires israéliens en 2011. Elle entretient des liens étroits avec la communauté du renseignement israélien, et nombre de ses recrues sont d’anciens agents du Mossad.

Les Émirats arabes unis recrutent des « ex-CIA », des « anciens de la NSA » et des « anciens soldats » pour espionner les dissidents, les amis et les ennemis. Ils utilisent des outils produits par le groupe NSO qui est dirigé par d’« anciens élèves de la fameuse unité 8200 de renseignements électroniques d’Israël ». Lorsque des chercheurs canadiens ont creusé trop profondément dans les affaires du groupe NSO, ils ont reçu la visite d’un « agent de sécurité israélien à la retraite » travaillant pour une entreprise fondée par des « anciens officiers militaires israéliens » qui recrutent de nombreux « anciens agents du Mossad ».

Il y a aussi l’ancien agent du MI6, Christopher Steele, qui a écrit un dossier compromettant sur Donald Trump pour la campagne Clinton. Certaines parties du dossier ont probablement été écrites par l’« ancien agent double du MI6/GRU », Sergei Skripal, que les Britanniques ont « novichoqué » puis ont fait disparaitre, à Salisbury. La réaction des médias internationaux à cet incident a été d’un intérêt particulier pour le groupe de renseignement militaire Integrity Initiative, dirigé par Nigel Donnelly, un « ancien responsable du renseignement militaire britannique ». Cette initiative est financée par le gouvernement britannique.

Quand je lis des articles comme ceux qui sont indiqués ci-dessus, je présume toujours que les « anciens » membres de la CIA/NSA/FBI/MI6/8200/Mossad/militaires ne sont pas du tout des « anciens » mais des agents actifs en mission pour leur service d’origine. Certaines histoires n’ont de sens que lorsqu’on les lit sous cette prémisse.

Mais beaucoup d’« anciens » mentionnés ci-dessus ont peut-être vraiment quitté leur service. Ils sont ensuite embauchés, en échange de beaucoup d’argent, par des États ou des entreprises louches. C’est dangereux non seulement pour les défenseurs des droits de l’homme aux Émirats ou pour certains Jamal Khashoggi. Ces gens pourraient être amenés à attaquer n’importe qui.

Il fut un temps où les gens occupaient des emplois publics quand ils étaient jeunes et restaient à leur service jusqu’à ce qu’ils soient vieux et à la retraite. Pour les services, il était logique d’éloigner de la concurrence potentiellement hostile les personnes qui avaient reçu une formation coûteuse et leurs connaissances de la maison. Les services publics offraient de bons avantages et payaient des pensions suffisantes pour rendre le long séjour attrayant. Ils étaient des employeurs compétitifs.

Ce n’est plus le cas. Lori Straud est l’une de ces « anciennes » espionnes de la NSA dont l’article de Reuters ci-dessus relate l’histoire :

Elle a passé une décennie à la NSA, d’abord en tant que militaire de 2003 à 2009, puis en tant qu’entrepreneur au sein de l’agence pour le géant consultant en technologie Booz Allen Hamilton de 2009 à 2014… Marc Baier, un ancien collègue de la NSA Hawaii, lui a offert la chance de travailler pour un entrepreneur à Abu Dhabi appelé CyberPoint… De nombreux analystes, comme Straud, recevaient plus de 200 000 $ par année, et certains gestionnaires recevaient des salaires et une rémunération supérieurs à 400 000 $.

Il est fou que la NSA forme des gens qui partent ensuite et sont embauchés par une entreprise pour un salaire plus élevé, seulement pour faire le même travail qu’à la NSA, tout en coûtant aux contribuables beaucoup plus cher. C’est du racket et ce n’est pas une politique sensée.

(Il y a quelques années, j’ai dirigé la division informatique d’une entreprise internationale. J’avais pour politique de ne jamais embaucher un indépendant qui avait travaillé auparavant dans mon atelier. Du coup, les tarifs que nous offrions ont sensiblement diminué).

Les « anciens » NSA, CIA, militaires, etc. ont des connaissances et des capacités spéciales qui peuvent être très dangereuses. Ils devraient être manipulés comme des substances contrôlées. Il est ridicule de permettre à ces gens d’être embauchés par des entreprises d’espionnage étrangères.

Les rapports ci-dessus sur d’« anciens » espions ne font qu’effleurer la surface de ce qui est devenu une grosse affaire, mais c’est malsain pour nos sociétés. C’est déjà assez grave que des acteurs étatiques nous espionnent. La situation s’aggravera lorsque les entreprises privées pourront faire de même.

Il viendra un jour où une équipe d’anciens analystes de la NSA aidera une puissance étrangère à se défendre contre des analystes de la NSA qui l’espionneront ou même contre-espionneront la NSA. Il viendra un jour où d’anciennes forces d’opérations spéciales américaines engagées par quelqu’un se battront contre des forces d’opérations spéciales américaines. Le tollé sera grand. Une rémunération décente dans la fonction publique et une réglementation raisonnable pourraient probablement prévenir cette situation.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/quand-danciens-espions-sont-laches-dans-la-nature-le-pire-peut-arriver

Dedo pour l’empire

Dedo pour l’empire

Publié le 9 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Economie, Etats-Unis

Le hasard faisant bien les choses, dedo(llarisation) signifie « doigt » en espagnol. Il est vrai que le grand mouvement planétaire d’abandon progressif du billet vert doit être particulièrement douloureux pour le système financier américain, pilier de la domination impériale durant des décennies.

Continuant sur la lancée de ce qu’il dit depuis longtemps et avec son célèbre sens de la formule, le facétieux président russe s’en est donné à cœur joie il y a quelques jours en parlant de la sanctionnite aiguë de Washington : « Ce n’est pas nous qui quittons le dollar, c’est le dollar qui nous quitte. Ceux qui prennent de telles décisions ne se tirent pas une balle dans le pied, mais plus haut. »

Pour la Russie, le Wall Street Journal lui-même doit reconnaître que cela commence à porter ses fruits. Même les euronouilles, lassés de toujours payer les pots cassés, veulent s’y mettre, notamment dans les échanges avec l’Iran. Et l’on ne compte plus les pays qui se sont déjà partiellement engagés dans la voie de la dédollarisation. Nous les avons régulièrement cités dans ces Chroniques.

Dernier exemple en date : l’Inde et les Emirats Arabes Unis ont signé un accord SWAP pour commencer à commercer dans leurs monnaies respectives. Objectif avoué : squizzer le dollar dans leurs échanges.

La confiance est, et a toujours été, l’un des fondements de la domination des empires. Que des pays peu suspects d’anti-américanisme comme ces deux-là en arrivent à cette décision montre à quel point la perte de confiance envers Washington s’est durablement installée sur notre planète. Prémisse inévitable du déclin…

 

*****

Chers amis, désolé pour cette longue interruption mais j’étais extrêmement occupé ce dernier mois. Les choses devraient maintenant rentrer dans l’ordre.

Bien à vous tous et merci encore de votre confiance.

Les Emirats gracient un Britannique condamné pour espionnage, Londres reconnaissant

Les Emirats gracient un Britannique condamné pour espionnage, Londres reconnaissant

Une photo non datée du doctorant britannique Matthew Hedges et de sa femme, en un lieu non précisé, fournie par sa famille le 11 octobre via l’ONG Detained in Dubai / © DETAINED IN DUBAI/AFP/Archives / –

Les Emirats arabes unis ont gracié lundi un doctorant Britannique, Matthew Hedges, moins d’une semaine après l’avoir condamné à la perpétuité pour espionnage, une décision saluée immédiatement par Londres.

La condamnation de ce ressortissant britannique avait suscité choc et stupéfaction à Londres, un allié clé des Emirats.

M. Hedges est l’un des 700 prisonniers graciés par le président émirati à l’occasion de la fête nationale.

« Une grâce présidentielle a été décidée avec effet immédiat par cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane, président des Emirats arabes unis », a indiqué le ministère des Affaires présidentielles, dans un communiqué.

Arrêté à l’aéroport de Dubaï le 5 mai, Matthew Hedges, âgé de 31 ans et doctorant à l’université de Durham (nord-est de l’Angleterre), avait été condamné mercredi dernier à la perpétuité par le tribunal fédéral d’Abou Dhabi pour espionnage au profit d’un pays étranger.

Selon son épouse Daniela Tejada, Matthew Hedges faisait des recherches sur la politique étrangère et interne des Emirats en matière de sécurité après le Printemps arabe de 2011. Il y avait vécu « plusieurs années » avant de revenir au Royaume-Uni en 2015, a-t-elle affirmé.

« M. Hedges sera autorisé à quitter les Emirats arabes unis une fois les formalités accomplies », ont précisé les autorités sans donner davantage de précisions.

Cette grâce a été décidée en réponse à une lettre de la famille de M. Hedges transmise par les autorités britanniques, a indiqué un responsable émirati, Jaber al-Lamki, lors d’une conférence de presse.

Le responsable a toutefois diffusé une vidéo présentée comme contenant une confession de M. Hedges avouant être un agent des services secrets britanniques. Il « est à 100% un agent des services secrets et a été reconnu coupable d’espionnage », a insisté le responsable en affirmant que M. Hedges avait avoué ces faits.

– « folle de joie » –

Photo d’un responsable émirati, Jaber al-Lamki, annonçant la grâce du britannique Matthew Hedges, condamné à perpétuité pour espionnage, durant une conférence de presse à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, le 26 novembre 2018 / © AFP / KARIM SAHIB

La femme du doctorant, Daniela Tejada, qui a pour la dernière fois vu son mari le jour de sa condamnation, s’est dite « absolument folle de joie ».

Interrogée sur la BBC sur les accusations d’espionnage portées contre son mari, elle a répondu: « Au fond de mon coeur, je sais qu’il n’est pas » un espion. Mais « si c’est ce qu’il faut pour le ramener, je me réjouis de la nouvelle », a-t-elle ajouté.

« Malgré notre désaccord avec les accusations, nous sommes reconnaissants au gouvernement des Emirats arabes unis pour avoir résolu le problème rapidement », a réagi le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, sur Twitter.

Le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, a affirmé que cette grâce allait permettre aux deux pays de se concentrer de nouveau au développement des relations bilatérales.

« Ca a toujours été le souhait des Emirats arabes unis de voir cette affaire résolue au travers des canaux de discussion établis dans le cadre de notre partenariat de longue date. C’était une affaire simple qui est devenue inutilement complexe malgré les grands efforts des Emirats arabes unis », a déclaré le ministre dans un communiqué.

Mercredi, la Première ministre britannique Theresa May s’était déclarée « profondément déçue » par le jugement, ajoutant que son gouvernement allait continuer à intervenir auprès des autorités émiraties.

Les autorités émiraties avaient réagi le lendemain en affirmant être « déterminés à protéger leur relation stratégique avec un allié clé ».

(©AFP / (26 novembre 2018 10h45)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-Emirats-gracient-un-Britannique-condamn-pour-espionnage-Londres-reconnaissant/974117.rom

Londres « choqué » par la condamnation d’un Britannique aux Emirats, menace de « répercussions »

Londres « choqué » par la condamnation d’un Britannique aux Emirats, menace de « répercussions »

Londres – Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt s’est dit « profondément choqué » par la condamnation mercredi à la prison à perpétuité du Britannique Matthew Hedges par le tribunal fédéral d’Abou Dhabi, pour espionnage au profit d’un pays étranger.

« Je suis profondément choqué et déçu par le verdict d’aujourd’hui », a réagi le ministre dans une déclaration transmise à l’AFP, dans laquelle il met en garde contre les répercussions de cette affaire sur les relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis.

La Première ministre britannique Theresa May s’est également déclarée « profondément déçue », ajoutant que son gouvernement allait continuer à intervenir auprès des autorités émiraties, lors d’une séance de questions devant le Parlement.

Jeremy Hunt a affirmé avoir « clairement signifié à maintes reprises que la gestion de ce cas par les Émirats arabes unis aurait des répercussions sur les relations entre nos deux pays qui doivent reposer sur la confiance ». « Je regrette d’en arriver à cette position et exhorte les Émirats à reconsidérer le cas », a-t-il ajouté.

« Ce verdict n’est pas ce que nous attendions d’un ami et partenaire de confiance du Royaume-Uni et va à l’encontre des assurances reçues », a souligné le chef de la diplomatie britannique, qui a rappelé avoir évoqué le cas de Matthew Hedges avec le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed.

« J’ai personnellement soulevé le cas de Matthew Hedges au plus haut niveau du gouvernement des Émirats arabes unis, en particulier pendant ma visite à Abou Dhabi le 12 novembre. A cette occasion, j’ai parlé avec le prince héritier Mohammed ben Zayed et le ministre des Affaires étrangères Abdullah Ben Zayed », a précisé le ministre.

« Nos services consulaires sont en contact étroit avec Matthew Hedges et sa famille. Nous allons continuer à faire tout notre possible pour le soutenir », a ajouté M. Hunt.

(©AFP / 21 novembre 2018 13h28)

https://www.romandie.com/news/Londres-choqu-par-la-condamnation-d-un-Britannique-aux-Emirats-menace-de-r-percussions_RP/973049.rom

Après le meurtre de Kashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

International

Après le meurtre de Kashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

le 31 octobre 2018

Les Etats-Unis ont appelé mardi à la fin de la guerre au Yémen, demandant notamment que cessent les frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite, un changement de ton après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Washington, qui réclame l’ouverture de négociations de paix d’ici 30 jours, estime toutefois toujours que le premier pas doit être fait par les rebelles Houthis soutenus par l’Iran chiite, bête noire commune des Américains et de leurs alliés sunnites soudiens.

Le message a été relayé par le ministre de la Défense Jim Mattis puis par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

S’ils n’ont fait aucune référence directe à la mort du journaliste critique de Ryad, qui a terni l’image du royaume et fait naître de lourds soupçons sur le rôle du prince héritier Mohammed ben Salmane, cette nouvelle fermeté américaine intervient dans un contexte où l’administration de Donald Trump est sous pression du Congrès pour prendre ses distances avec l’Arabie saoudite.

« L’heure est maintenant à la fin des hostilités, ce qui inclut les tirs de missiles et de drones venant de zones contrôlées par les Houthis vers le royaume d’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis », a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué.

« Les frappes aériennes de la coalition doivent ensuite cesser dans toutes les zones peuplées du Yémen », a-t-il ajouté.

Jim Mattis a plaidé pour le même enchaînement, appelant « tout le monde » à rejoindre la « table de négociations sur la base d’un cessez-le-feu » qui verrait d’abord un retrait des rebelles Houthis de la frontière avec l’Arabie saoudite, « puis un arrêt des bombardements » de la coalition arabe.

L’arrêt des hostilités permettra à l’émissaire des Nations unies pour le Yémen, le Britannique Martin Griffiths, de « réunir » les différentes parties « en Suède », a poursuivi le chef du Pentagone.

– Crise humanitaire –

« Nous devons faire ça d’ici 30 jours (…) et je pense que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont prêts », a-t-il ajouté au cours d’une conférence à Washington, après avoir rencontré plusieurs dirigeants arabes le week-end dernier en marge du Dialogue de Manama, une rencontre annuelle sur la sécurité à Bahrein.

Mike Pompeo a aussi demandé de premières consultations sous l’égide de l’émissaire de l’ONU « en novembre dans un pays tiers » pour évoquer notamment « la démilitarisation des frontières et la concentration de toutes les armes lourdes sous le contrôle d’observateurs internationaux ».

La dernière tentative de Martin Griffiths d’organiser des pourparlers de paix, en septembre à Genève, s’était soldée par un échec, en l’absence des Houthis.

La guerre, qui a fait quelque 10.000 morts et engendré la pire crise humanitaire actuelle dans le monde selon l’ONU, oppose des forces pro-gouvernementales aux rebelles soutenus par l’Iran, qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du Yémen dont Sanaa, la capitale. En mars 2015, la coalition sous commandement saoudien est intervenue en soutien des forces loyalistes.

L’armée américaine fournit une aide logistique à l’Arabie saoudite et aux Emirats, et partage des renseignements avec ces alliés-clés.

Mais face aux accusations de frappes aveugles et de bavures de la part de Ryad, qui ont coûté la vie à des centaines de civiles, l’administration Trump était déjà sous pression du Congrès pour inciter les Saoudiens à rentrer dans le rang voire pour réduire leur soutien militaire.

Après le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien à Istanbul, cette pression s’est accrue, d’autant que la crise frappant le royaume a des répercussions internationales.

Si les Etats-Unis, comme la France, excluent de cesser de vendre des armes à Ryad, l’Allemagne a, elle, choisi d’arrêter ses exportations d’armements. En revanche, le changement de ton de Washington sur la guerre au Yémen fait écho aux propos de la ministre française des Armées Florence Parly, qui a estimé mardi qu’il était « plus que temps » que ce conflit « cesse ».

LNT avec AFP

https://lnt.ma/apres-meurtre-de-kashoggi-washington-appelle-a-fin-de-guerre-yemen/