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28’ Samedi – Avec Thomas Piketty – 28 minutes – ARTE

28’ Samedi – Avec Thomas Piketty – 28 minutes – ARTE

11 202 vues•Ajoutée le 14 sept. 20191179PARTAGERENREGISTRER28 minutes – ARTE66,9 k abonnésS’ABONNERL’émission du 14 septembre 2019 28’ est le magazine d’actualité d’ARTE, présenté par Elisabeth Quin du lundi au vendredi à 20h05.

https://www.youtube.com/watch?v=K9fw_NPL0I8&feature=push-fr&attr_tag=9qfs0ERijOwFs8op%3A6

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Les révélations de Mondafrique sur la stratégie de Gaïd Salah


Les révélations de Mondafrique sur la stratégie de Gaïd Salah

By Nicolas Beau -17 août 2019970PARTAGES95020

Mondafrique a réalisé un entretien avec un haut gradé, aujourd’hui à la retraite, mais resté très proche de l’entourage de Gaïd Salah, le patron de l’armée algérienneIl en ressort que l’institution militaire algérienne n’avance pas à l’aveugle, mais selon un projet et un calendrier parfaitement identifiés et assumés.

« LE HIRAK EST UNE FIERTE POUR L’ALGERIE »

Mondafrique. On assiste à un « turn  over’ impressionnant au sein de l’encadrement de l’armée algérienne où de nouvelles nominations sont régulièrement annoncées. Quelles sont les raisons de ces changements incessants qui peuvent apparait comme des signes de faiblesse? Pourquoi ce renouvellement brutal de génération qui voit de simples colonels accéder à des postes de première importance?

En 2007, l’actuel chef de l’État Major, Gaïd Salah, avait émis le souhait de restructurer profondément les services de renseignement et surtout de donner un coup d’accélérateur en faveur du renouvellement des  officiers supérieurs, et cela à tous les niveaux de l’institution militaire. Hélas, le président Bouteflika n’avait pas donné suite à ces projets pour des raisons « politiques », qui tenaient à la cohabitation de son régime avec les hommes de l’ex DRS (services secrets algériens) .

C’est seulement en 2013 que le chef d’État Major a réussi à imposer une professionnalisation accrue. Il a surtout convaincu la Présidence de la nécessité de revoir l’organisation du DRS et de l’urgence de sa restructuration. Il fallait que cessent la tutelle des services algériens sur la société et leur intrusion dans les affaires politiques. Ces services doivent se consacrer à leur mission qui est celle du renseignement. Il leur faut lutter contre les réseaux terroristes et préserver le pays des dangers qui nous guettent. Depuis, les observateurs neutres ont relevé les succès enregistrés dans la lutte antiterroriste.

Mondafrique. Dans quel état se trouvent désormais les réseaux du DRS, qui a officiellement disparu en 2015? La détention du général Toufik qui en fut le chef incontesté pendant un quart de siècle, signe-t-elle la fin véritable de son influence?

 L’ancien chef du DRS, le général Toufik, qui a érigé un État à l’intérieur de l’État, a transformé un service qui devait être au service de la nation en un instrument de contrôle du pays  et surtout en un outil de chantage sur les cadres de l’État. Il a ainsi installé ses pions dans la plupart des institutions étatiques.

L’ex DRS qui regroupait des compétences et des spécialistes dans diverses disciplines, est devenu un tremplin pour des opportunistes, doublés d’ affairistes.

Sous l’égide du général Tartag le successeur de Toufik en 2015, l’ex DRS est passé sous la tutelle de la présidence. Le frère du président, Saïd Bouteflika, qui exerçait officiellement la fonction de conseiller à la Présidence mais en était l’âme damnée, a instrumentalisé les services pour le compte d’une bande qui s’est accaparé les deniers de l’État.

Aujourd’hui les réseaux qui gravitent autour des deux chefs déchus et emprisonnés pour complot contre l’autorité de l’État, tentent de manipuler l’opinion publique en transformant les revendications légitimes du Hirak  en slogans hostiles à l’institutions militaires. C’est cette opération de diversion que les observateur ne voient pas ou ne veulent pas voir compte tenu de liens que l’ex DRS avait créé dans de nombreuses capitales étrangères, notamment à Paris.

Mondafrique. Vous parlez des « revendications légitimes » des manifestants, dont beaucoup ont pourtant le sentiment que Gaïd Salah et les siens restent sourds à leurs exigences et veulent imposer leurdiktats

Pas du tout, l’union entre l’institution militaire et le peuple algérien reste très forte. Ce sont les militaires qui ont imposé leur veto à la volonté des anciens dirigeants du pays d’imposer l’état d’urgence ou même l’état d’exception. Simplement, Gaïd Salah a mis en garde contre les « aventuriers ». A savoir certains manipulateurs qui ont entamé une compagne de désinformation pour faire croire que le discours du chef de l’État major concerne les manifestants pacifiques , alors qu’il ,e vise que des forces obscures qui cherchaient à semer le désordre et à justifier une réponse autoritaire aux conséquences désastreuses.

Mondafrique. Depuis quand Gaïd Salah était informé des projets funestes de la Présidence algérienne alliée au général Toufik?

L’État Major était informé de la situation depuis que la décision de faire briguer au président malade un cinquième mandat avait été prise. Les manigances et les conciliabules de certains responsables ou anciens responsables étaient connus.

Mondafrique. Pourquoi l’armée n’a-t-elle pas opposé son veto à ce projet jugé calamiteux du cinquième mandat?

L’armée en institution régalienne et républicaine a pris l’engagement publique depuis la nomination de l’actuel chef de L’État major en 2004 de ne pas s’impliquer dans le jeu politique, mais de se consacrer totalement à sa mission définie par la constitution.

L’institution militaire a retenu les leçons de l’Histoire. Il faut se souvenir des conséquences désastreuses de la politique de l’ancien ministre la Défense, le général Khaled Nezzar, qui avait utilisé la force brutale contre des jeunes manifestants en octobre 1988. L’implication directe des militaires dans l’arrêt du processus électoral a laissé des traces. Il n’est plus question de commettre à nouveau de pareilles erreurs. 

Mondafrique. Quel jeu politique joue aujourd’hui le général Nezzar? Dans quelle mesure est-il coupable d’avoir couvert les malversations financières de son clan?

Le général Nezzar qui avait la liberté totale de s’exprimer à partir de son pays après le départ de Bouteflika ne s’en est pas privé. L’institution militaire à ce stade lui a laissé toute liberté, y compris sur le site « Algérie Patriotique » qu’il contrôle avec son fils. Lorsqu’il a compris que les investigations sur ses affaires se faisaient plus menaçantes, il a préféré, ainsi que son fils, quitter le territoire sans que personne là encore ne l’en empêche. Les enquêteurs en effet n’avaient pas mis encore la main sur des éléments qui auraient donné aux juges la possibilité de lui interdire la sortie du territoire.

Depuis, les preuves sont là de son implication dans le complot contre l’autorité de l’État même s’il prétend avoir conseillé à Saïd Bouteflika de ne pas toucher à la cohésion de l’armée. Comment le croire? Son implication directe dans la déstabilisation de nos institutions et ses frasques financières sont désormais avérées.

Mondafrique. Passons au volet politique, si vous voulez bien. On a l’impression que la situation su ce plan là avance peu et que les exigences populaires ne sont pas prises en compte. Il est vrai que la faible structuration des mobilisations rend difficile la recherche d’interlocuteurs valables. Comment évaluez vous la situation? 

La classe politique algérienne a été surprise par l’ampleur de la mobilisation populaire, mais elle n’arrive pas à s’imposer comme une émanation de ce mouvement, Les manifestants qui revendiquent le changement ne son pas sur la même longueur d’onde qu’elle. Le règne de Bouteflika a réussi à disqualifier l’ensemble des corps intermédiaires.

Les élites politiques couvrent un champ très large qui va des vestiges de l’ancien Front Islamique de Salut (FIS) aux laïques et aux « républicains » qui, pour certains, ont été des acteurs de la tragédie de la décennie noire. Sans parler de ces millions de jeunes qui jusqu’aux récentes mobilisations semblaient en désintérêt total avec l’objet politique 

Une certitude donc, la majorité des manifestants ne se reconnaît pas dans les partis politiques même s’il y’a une convergence apparente dans les revendications exprimées. Dans ces conditions, il est très difficile pour les partis politiques de s’approprier le Hirak, L’impératif du dialogue doit primer pour l’intérêt suprême de la Nation

Mondafrique; A quelle échéance pourrait avoir lieu l’élection présidentielle. Sur quelles forces l’Etat Major peut s’appuyer?

L’urgence de la situation n’exclut pas le consensus. L’institution militaire incite au dialogue que certains refusent avec obstination, tout en critiquant la composition des commissions qui ont vu le jour. Certaines personnalités respectables et capables de garantir le sérieux du dialogue, ont préféré s’abriter dernière des excuses fallacieuses au détriment des intérêts du pays. Etranges postures alors alors qu’elles ont été parfois les serviteurs du système qui a engendré la situation actuelle…

L’État major, via son chef ,a exprimé à maintes reprises  qu’il ne coopte aucun parti ni aucune personnalité, La tenue d’une constituante n’est pas une idée absurde, sauf que les fractures qui existent au sein de notre société risquent de nous plonger dans des débats interminables. Libre au nouveau président légitiment élu d’appeler à un référendum sur les questions de son choix, mais à son rythme et sans palabres inutiles!

Mondafrique. Quel rôle donner à la mouvance islamiste dont il faut rappeler que lors du «  »printemps algérien » entre 1988 et 1992 elle a obtenu la majorité des suffrages lors des municipales d’abord et lors d’un premier tour des élections législatives ensuite?

Le fondamentalisme salafiste est encore une réalité sociologique, mais en nette régression au profit d’un islamisme piétiste et non politisé. La question n’a pas été réglée en profondeur. Les partis islamistes légaux encouragés sous Bouteflika se trouvent dans une posture d’attentisme et d’opportunisme, mais n’ont aucune véritable offre politique à faire valoir. 

Mondafrique. -La France exerce-t-elle des pressions sur les autorités algériennes pour favoriser une sortie de crise qui aurait sa préférence?

Que la France s’intéresse à ce que se passe chez nous est logique vu nos relations basées sur le respect et l’indépendance mutuelles, Mais d’ingérence, il n’y en a point!

Mondafrique. L’homme d’affaires kabyle Issad Rebrab compte de nombreux soutiens en France, dont le président français, Emmanuel MacronDes messages sont-ils parvenus à Alger le concernant?

Que des personnalités françaises indépendantes expriment leur sympathie pour Rebrab est possible, mais c’est un non événement pour nos institutions. Les officiels français n’ont pas à se mêler des dossiers traités par la justice algérienne 

Nos amis étrangers doivent comprendre que le Hirak est une fierté pour l’Algérie. L’’image d’un peuple pacifique et civilisé donne du baume au cœur. Personne ne souhaite un épilogue autre que celui qui garantira le choix populaire pour une Algérie nouvelle, 970PARTAGES95020

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Nicolas BeauAncien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l’Institut Maghreb (Paris 8) et l’auteur de plusieurs livres: « Les beurgeois de la République » (Le Seuil) « La maison Pasqua »(Plon), « BHL, une imposture française » (Les Arènes), « Le vilain petit Qatar » (Fayard avec Jacques Marie Bourget), « La régente de Carthage » (La Découverte, avec Catherine Graciet) et « Notre ami Ben Ali » (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)

https://mondafrique.com/les-revelations-de-mondafrique-sur-la-strategie-de-gaid-salah/

Ammar Belhimer* : «Il y a menace sur les institutions» en Algérie

Ammar Belhimer* : «Il y a menace sur les institutions» en Algérie

Publié par: brahimle: 09 août, 2019Dans: A La UneACCEUILActualitéActualité_MaghrebImprimerEmail

Le président de la commission politique de l’Instance nationale de dialogue et de médiation revient dans l’entretien qu’il nous a accordé, sur le contexte qui entoure la mission du panel. Revue de presse.

Propos recueillis par Said Boucetta

L’expression : L’Instance nationale de dialogue et de médiation, a, comme son intitulé l’indique, une mission de dialogue et de médiation, mais quelle pourrait être sa définition politique compte tenu des circonstances de sa naissance ?


Ammar Belhimer : Le Panel est une structure dédiée à la médiation en vue d’un dialogue devant conduire les acteurs civils et politiques à sortir du vide institutionnel ouvert par la démission du président sortant.


C’est une structure ad hoc, donc provisoire, qui active le temps d’une mission; elle est indépendante et plurielle – à ce titre, elle s’appuie sur l’engagement bénévole et résolu de personnalités en vue de la société civile – et n’a pas d’autre ambition que de réunir le consensus requis pour une élection présidentielle qui réunisse toutes les garanties de transparence et d’intégrité.


Le Panel n’a pas vocation à être le porte-parole d’une institution civile ou militaire, de partis ou d’associations ; de même qu’il ne prétend ni représenter le Mouvement populaire né de l’opposition résolue au 5e mandat du président déchu ni parler en son nom ; avec le Hirak, il partage les revendications fondamentales de protection des droits et des libertés individuelles et collectives et des garanties requises pour un scrutin crédible.

Et pour répondre à votre question, je dirais que le Panel aspire à l’unité des forces patriotiques et démocratiques pour qu’éclose le génie libérateur du peuple algérien au service de l’édification d’un État de droit assis sur une économie sociale de marché qui consacre le mérite tout en protégeant les plus démunis.

Mais entre afficher des intentions et les réaliser, il y a du chemin à faire. Quel est, à ce propos, l’état d’esprit des membres de ce Panel ? 

Les membres du Panel sont conscients des limites de leur action, dans un contexte critique, voire cataclysmique, porteur de toutes les menaces sur les institutions, l’ordre et la stabilité, l’intégrité et la souveraineté nationales. La mission de médiation est d’autant plus difficile que nous assistons, depuis 2012, à une érosion des espaces de débats. Cela m’amène à évoquer les aspects problématiques de la situation que vit le pays. Le fait est que c’est dommage qu’on ait fait le vide sur ce terrain car la médiation fait partie du nouveau paradigme de la régulation sociale. L’étendue et la force de la médiation sociale est tributaire de l’état de la société civile. Les trois étapes du processus qui mènent à la formation de la société civile sont l’existence d’associations libres (la condition juridique), la formation d’un mouvement associatif (condition sociale) et l’émergence d’une société civile (condition politique). Or, force est de constater que le cadre juridique de la médiation sociale est inefficient. 

Au libéralisme confirmé par la loi de 1990 succède le tour de vis de 2012. Le nouveau cadre d’exercice de l’action associative est la loi n°12-06 du /12/01/2012 relative aux associations.
On s’attendait à ce que la levée de l’état d’urgence, se répercute avec force sur la nouvelle loi, il exprimera au contraire un tour de vis sur les associations. D’où tous les travers vécus depuis ce fâcheux tournant qui s’est matérialisé par la désignation qui prévaudra sur le suffrage, l’absence de contre-pouvoirs, le libre cours à l’arbitraire et autres dépassements et atteintes aux droits de l’homme, et le risque d’atomisation de la société sur des bases sectaires, ethniques, et autres.

Votre constat est très juste, mais la loi que vous citez n’a pas de prise sur les partis politiques, dont la mission est justement de faire la jonction entre la société et les gouvernants…


Justement, même cette médiation politique que vous évoquez et qui est assumée par les partis, les personnalités et autres autorités, est elle aussi déficiente. L’érosion de la médiation politique est illustrée par la prégnance du discours national-populiste et les appréhensions à l’endroit de l’institution partisane. Si les partis politiques sont le premier levier de la médiation politique qui vient à l’esprit, leur évolution récente atteste de leur érosion continue dans la production de la médiation. Un sondage de l’association Rassemblement actions jeunesse (RAJ), réalisé juste après les élections législatives du 4 mai 2017, entre le 25 mai et le 15 juin, sur un échantillon de 1462 jeunes âgés entre 18 et 35 ans, à travers 41 wilayas, révèle de façon inquiétante la désaffection de la jeunesse de la pratique de la politique.
Les résultats de ce sondage donnent une participation quasiment nulle des jeunes à la vie politique : seulement 1% parmi les sondés se déclarent adhérents à un parti politique et 3% à avoir déjà participé à une activité partisane.

Pour ce qui est des syndicats, les jeunes sont 0,2% à affirmer avoir adhéré à une organisation syndicale alors que s’agissant du mouvement associatif le taux des jeunes adhérents est estimé à 2,5%.Ceci quand bien même, les jeunes sondés auraient majoritairement une opinion plutôt positive sur les associations, avec un taux de 62% contre 12% à se faire une opinion négative, et les syndicats avec 39% d’opinions positives contre 26,3% des jeunes à penser négativement sur le travail syndical. Ce qui est loin d’être cas vis-à-vis du politique : ils sont plus de 43% à avoir une opinion négative sur les partis politiques alors que 30% des sondés n’ont pas souhaité rendre une réponse, manière, on ne peut mieux, de justifier leur désintérêt total de la vie politique du pays.

A travers le tableau que vous dépeignez, il reste une très faible marge à la médiation. Comment votre Panel peut-il colmater toutes ces brèches dans l’édifice social et politique du pays ?

L’absence de leviers est tempérée par le recours récurrent au dialogue dans la gestion des conflits internes. Ces conflits sont consécutifs à l’effondrement du système totalitaire, de parti unique et à la réparation des dommages générés par les vagues intégristes destructrices d’obédience principalement — et pas seulement – wahhabite.

A l’expérience, la parenthèse algérienne tient des deux cas de figure précédents : une violence accompagnant la transition d’un régime totalitaire, de parti unique, vers une économie sociale de marché, associée à l’avènement d’un terrorisme islamiste d’essence interne et externe.
Tout compte fait, nous sommes toujours dans «l’apprentissage démocratique» du vivre ensemble, requis pour une sortie définitive du totalitarisme quelle que soit son inspiration. Cet «apprentissage» aurait pu se faire «dans la peur» du lendemain (les islamistes accédant au pouvoir pour installer une dictature théocratique indécrottable). Ce risque a été jugé inacceptable. 

«L’apprentissage» s’est alors fait «dans la douleur» (l’approche sécuritaire ayant prévalu, sans toutefois élaguer complètement la caution judiciaire).
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Le Panel pour le dialogue et la médiation entame ce mercredi 7 août ses consultations avec les représentants des partis politiques, des associations, des syndicats et des citoyens en vue de réunir la conférence nationale qui doit élaborer les textes régissant l’instance de surveillance et de contrôle de l’élection présidentielle.

Propos recueillis par Said Boucetta (L’Expression)

https://www.lexpressiondz.com/nationale/il-y-a-menace-sur-les-institutions-319286

*Ammar Belhimer, l’actuel président de la commission politique de l’Instance nationale de dialogue et de médiation en Algérie, est un juriste et géopoliticien de renommée internationale. Professeur de droit public à l’Université d’Alger et directeur de la Revue algérienne des sciences juridiques, économiques et politiques, il est  également fondateur et directeur de plusieurs journaux, notamment La Nation, qui sera interdit par les autorités dans les années 1990. Il est un des animateurs du Mouvement des journalistes algériens, premier syndicat indépendant de la presse. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages dont :

  • Les voies de la paix : Rahma, Concorde et Réconciliation dans le monde » publié par les Éditions ANEP, (2018) ;
  • Les Dix Commandements de Wall Street, Éditions ANEP (2017) ;
  • Les printemps du désert, Éditions ANEP (2016) ;
  • Histoire de la pensée économique, Ed. Juris-com (2007) ;
  • La dette extérieure de l’Algérie : une analyse critique des politiques d’emprunts et d’ajustement, Éditions Casbah (1998).
  • http://www.afrique-asie.fr/ammar-belhimer-il-y-a-menace-sur-les-institutions-en-algerie/

Christian de Boissieu: « le Maroc résiste au choc de la mondialisation »

Christian de Boissieu: « le Maroc résiste au choc de la mondialisation »

By La redaction de Mondafrique -29 juillet 201949PARTAGES454

Christian de Boissieu, professeur émérite à l’université de Paris I (Panthéon-Sorbonne), analyse, dans un entretien à nos confrères de la Tribune Afrique, les forces et faiblesses de l’économie marocaine alors que le Roi, Mohamed 6, fête ses vingt ans de règne.

La Tribune Afrique : En quoi le Maroc est-il concerné par les turbulences actuelles dans l’économie mondiale ?

Christian de Boissieu : Avec la mondialisation, nous sommes tous dans le même bateau! Aujourd’hui, le Maroc est exposé aux conséquences, directes et indirectes -via l’impact sur ses principaux partenaires- de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, de la «guerre des changes» qui semble reprendre avec le recul de la devise chinoise, avec un Japon prêt à tout pour améliorer sa compétitivité-prix,… Sans oublier le Brexit et ses multiples incertitudes de calendrier, de contenu même. La croissance mondiale devrait ralentir un peu en 2019-2020, même si, heureusement, les menaces protectionnistes proférées par Donald Trump ne sont pas toutes suivies d’effets. Les ripostes de la Chine, mais aussi de l’Europe sont et seront importantes pour montrer aux Américains les limites de l’unilatéralisme et de l’extra-territorialité des règles américaines. Un conseil : pas d’angélisme, pas trop de naïveté dans le contexte mondial d’aujourd’hui.

L’économie marocaine reste, comme les autres, fortement dépendante de la croissance mondiale, des prix du pétrole, des taux de change au plan mondial, des taux d’intérêt mondiaux qui influent sur les mouvements de capitaux entre les pays avancés et les pays émergents, etc. Il s’agit là, pour elle, d’éléments exogènes. Le point positif est que, grâce aux réformes structurelles engagées depuis 35 ans, le Maroc est plus résilient qu’avant face aux chocs provenant de l’économie mondiale. La contrainte externe demeure forte, mais les choix de politiques publiques à l’intérieur jouent un rôle croissant.

Vous intervenez au Maroc comme économiste depuis 1985. Quels changements majeurs ?

Ils sont nombreux et vont dans le sens d’une ouverture et d’une concurrence accrues. Je relève les changements structurels intervenus dans beaucoup de domaines, y compris dans la formation des prix – réforme du système de compensation – ou dans le secteur bancaire et financier. Le Maroc est quasiment sur la «frontière technologique», peu éloigné des pays avancés en ce qui concerne la révolution digitale. Je salue l’implication du pays dans la lutte contre le changement climatique et pour la transition énergétique, avec en particulier l’accent mis sur les énergies renouvelables. Par ailleurs, l’offre d’éducation et de formation s’est à la fois accrue et diversifiée. Sur ces deux domaines cruciaux pour la compétitivité, l’attractivité et la croissance -les technologies et la formation des talents- des investissements sont réalisés, des incitations sont mises en place, même si la concurrence avec la Chine, les autres pays d’Asie et d’Afrique, les Etats-Unis, l’Europe,… va être rude.

Quelles sont selon vous les principales forces et faiblesses de l’économie marocaine ?

«Il n’est de richesses que d’hommes», disait Jean Bodin il y a bien longtemps. Je suis impressionné par les talents, dans des domaines très variés, dont regorge le Maroc. Depuis trente ans, la politique de diversification a porté ses fruits, avec la montée en gamme des productions, le renforcement de la filière automobile et de la filière d’équipements aéronautiques, l’essor du digital, la consolidation de l’agroalimentaire, la croissance des banques et autres institutions financières… Je veux aussi souligner la crédibilité et le pragmatisme de Bank Al Maghrib [la banque centrale, NDLR] -on l’a bien vu avec la flexibilité graduelle et raisonnable du taux de change- ainsi que les mesures, nécessaires et compliquées, au Maroc comme ailleurs, de consolidation des finances publiques.

A mes yeux, trois défis majeurs sont à relever. D’abord, malgré la diversification évoquée, la croissance marocaine demeure trop dépendante de la pluie qui tombe ou ne tombe pas. Il faut poursuivre les changements structurels dans la production pour moins dépendre de la météo. Constater les performances du côté de la production non agricole, c’est une chose. Mais pour l’emploi, les recettes fiscales, la base des politiques de redistribution, ce qui compte, c’est la croissance totale. Ensuite, il faut prendre à bras le corps le problème du chômage, tout spécialement le chômage des jeunes -y compris des diplômés. En tant que Français et compte tenu de nos maigres performances sur ce sujet, je me garderai bien de donner des leçons en l’espèce… Néanmoins, force est de constater que le chômage de masse nourrit la fragilité sociale, le populisme et les extrémismes. Les marges de manœuvre, forcément limitées, des politiques publiques doivent être, pour une bonne part, dédiées à la politique de l’emploi.

Enfin, la question des inégalités ne peut pas être éludée. Presque tous les travaux empiriques montrent que la mondialisation a réduit les inégalités entre pays, grâce aux phénomènes de «rattrapage», mais qu’elle a eu tendance à accroître les inégalités à l’intérieur de chaque pays. Le défi à relever nous concerne tous, au nord comme au sud de la Méditerranée, comme dans les autres régions du monde. C’est l’exigence d’une croissance plus inclusive, laissant le moins possible de gens sur le bord de la route. On retrouve ici, pour le Maroc comme partout ailleurs, le défi des politiques de développement durable, mais aussi de redistribution ; comment mieux partager le gâteau sans le réduire, mais au contraire en l’augmentant de sorte que l’objectif de croissance plus inclusive bénéficie d’un large soutien social et politique ?

Le Maroc a-t-il raison de se tourner résolument vers l’Afrique ?

Pour le Maroc, il me paraît indispensable de marcher sur les deux jambes, l’Europe et l’Afrique. L’Europe, car les nombreux liens existants, économiques, commerciaux, financiers, culturels et éducationnels bien sûr, ne doivent pas et ne peuvent pas être «détricotés» brutalement, sous peine de coûts élevés pour tout le monde! L’Afrique, car c’est déjà et ce sera de plus en plus le «continent du XXIe siècle», y compris sur la question centrale de la culture et de l’éducation, et pas seulement en matière économique ou démographique. Je salue l’ambition des responsables publics et privés marocains d’avoir fait de leur pays un «hub» incontournable vers l’Afrique subsaharienne dans beaucoup de secteurs, en combinant des aspirations positives et des constats négatifs – les difficultés des autres pays du Maghreb à mettre en œuvre une stratégie panafricaine, pour des motifs différents d’un pays à l’autre. Dans cette stratégie panafricaine, qui ne remplace pas, mais vient plutôt compléter l’ancrage européen, le Maroc, ses entreprises et ses banques disposent d’une longueur d’avance sur la Tunisie et l’Algérie. Tout faire pour conserver cette position de leader et d’éclaireur. Le renforcement de la place financière de Casablanca fait partie des conditions nécessaires, sans être suffisantes, au service d’une telle ambition.

Propos recueillis par Aziz Saidi

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USA-CHINE DES BUDGETS MILITAIRES EN FORTE CROISSANCE, POURQUOI FAIRE ?

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USA-CHINE DES BUDGETS MILITAIRES EN FORTE CROISSANCE, POURQUOI FAIRE ?

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Publié par Jean-Bernard PINATEL, le 27 Juil 2019, dans AnalysesChine

ATLANTICO : Alors que le budget militaire américain pour 2020 est estimé à 718 milliards de dollars et qu’il reste supérieur à celui des autres pays de la planète réunis, la supériorité militaire américaine semble incontestable. Pour autant, la Chine augmente de manière impressionnante son budget de défense et se place comme potentiellement compétitive de l’hégémonie américaine sur le long-terme. La toute-puissance américaine pourrait-elle être contestée en cas de conflit ouvert ? Quelles seraient les doctrines respectives des Etats-Unis et de la Chine ?

Général Jean-Bernard PINATEL : Je vais répondre simultanément à ces deux questions car elles sont intimement liées.

Un budget militaire s’évalue en fonction des objectifs politiques qui le sous-tend.

Pour les Etats-Unis l’objectif est clair. Ils veulent conserver la suprématie mondiale qu’ils ont acquise à la chute de l’URSS. On doit néanmoins se poser une question. Est-ce que ce montant de 718 milliards de dollars est nécessaire ? N’est-il pas, en partie, le résultat de l’influence qu’exerce le complexe militaro-industriel sur démocratie américaine et dont le Président Eisenhower avait déjà dénoncé le risque en avril 1953 à la fin de son second mandat?

En effet quand on lit la propagande récurrente sur la menace militaire Russe alimentée par les publications d’organisations financées par ce budget, comment ne pas penser que l’Etat amplifie sciemment les menaces pour justifier les sommes extravagantes qu’il prélève dans les poches des américains.
L’exemple de la désinformation sur les armes de destruction massive soi-disant possédées par Saddam Hussein pour justifier l’agression contre l’Irak y incite fortement.

Un autre fait permet de crédibiliser cette hypothèse : le budget des 17 agences de renseignement américaines est supérieur au total du budget militaire russe qui est du même ordre de grandeur que celui de la France : environ le dixième du budget des Etats-Unis !

La motivation chinoise pour accroître son budget militaire est d’une toute autre nature.

La Chine est, en effet, dans une position de vulnérabilité croissante par rapport au risque que représente pour elle la puissance maritime des Etats-Unis et la propension de Washington à décréter unilatéralement un embargo sur le pétrole et à le faire respecter comme cela se passe actuellement avec le Venezuela et l’Iran.

En effet, malgré ses efforts, la dépendance énergétique nette de la Chine est de l’ordre de 15% en croissance constante avec une vulnérabilité particulière vis à vis du pétrole puisque les deux tiers du pétrole consommé en Chine sont aujourd’hui importés. Et 85% de ces importations transitent par la mer, avec un tonnage en croissance rapide comme le montrent le graphique et la liste des pays fournisseurs.


Cliquer sur l’image pour plus de détails.

Ces chiffres expliquent la crainte dans laquelle vivent les dirigeants chinois vis-à-vis des Etats-Unis. Une fermeture du détroit d’Ormuz ou du détroit de Malacca plongerait l’économie et la société chinoises dans une crise profonde. Dans ce contexte de vulnérabilité, on assiste à une double évolution des dépenses militaires chinoises. D’une part elles augmentent fortement. La Chine a annoncé le 5 mars 2019 une croissance de 7,5% de son budget de défense le portant à 1,19 trillions de yuan soit 177,6 milliards de dollars. D’autre part, et c’est une évolution qui a commencée à la chute de l’URSS, la part de la marine s’accroit fortement.

ATLANTICO : Bien qu’une guerre ouverte entre Etats-Unis et Chine semble hautement improbable, certains scénarios comme une possible invasion de Taïwan pourraient-ils dégénérer en réelle escalade ?

Général Jean-Bernard PINATEL :Il ne peut y avoir que des crises locales et, le plus souvent, par puissances interposées entre deux puissances nucléaires. En effet, à l’ère nucléaire, le bénéfice espéré d’une agression est bien inférieur au risque d’escalade nucléaire qui peut résulter d’une confrontation directe. L’Inde et le Pakistan s’affrontent depuis leur indépendance. Tant que ces deux puissances n’étaient pas nucléaires, elles se sont opposées directement dans trois guerres qui ont fait des dizaines de milliers de morts. Depuis la fin des années 80, devenues puissances nucléaires, il n’y a eu que des affrontements limités et par milices interposées.
La Chine sait très bien que si elle décidait par un coup de force militaire de s’emparer de Taiwan, elle ne pourrait pas le faire par surprise du fait de la concentration de forces que cela impliquerait. Même si elle réussissait et que les Etats-Unis évitaient de riposter directement, le bénéfice de cette action serait largement moins grand que les dommages que pourraient lui faire subir une riposte indirecte américaine.

En effet, pour longtemps encore, la marine américaine est en capacité d’interdire toutes les importations maritimes de pétrole de la Chine et de stopper une grande partie de ses exportations qui s’effectuent par mer et ainsi de plonger le pays dans une crise économique profonde qui mettrait en cause la survie du régime actuel. La Chine, malgré l’augmentation impressionnante de sa flotte, ne peut espérer réussir à briser un blocus américain avant au moins deux décennies car le gap de puissance entre leurs forces aéronavales ne se mesure pas en termes de tonnage mais de capacités opérationnelles et il reste aujourd’hui considérable.

Des experts américains cités dans l’article de The Atlantic, lesquels affirment qu’une défaite américaine est envisageable face à la Chine dans les cinq ans à venir et que le pays représente la plus grande menace pour les Etats-Unis.

L’auteur de cette déclaration devant de comité sécurité de l’Aspe Institute est l’amiral Philip Davidson qui est le commandant des forces américaines dans le Pacifique (USPACOM).

Il n’est donc que le chef que d’un des six commandements des Etats-Unis. Son propos est donc limité à sa zone de responsabilité et il n’envisage en aucun cas l’hypothèse d’une confrontation totale et mondiale entre la Chine et les Etats-Unis.

Il ne traite que du rapport des forces en présence dans sa zone de responsabilité, le Pacifique. Et il le fait pour moi avec une phrase ambiguë « China’s capabilities don’t outnumber America’s in the region for now, it’s possible they could overtake the United States’ within the next five years ». En effet, le début de sa phrase que l’on peut traduire par « Les capacités de la Chine ne sont pas plus nombreuses que celles de l’Amérique dans la région pour l’instant » fait penser qu’il parle plutôt du nombre de bateaux, d’avions ou de forces terrestres que de leurs réelles capacités opérationnelles.

A l’opposé la grande majorité des forces aéronavales chinoises est déployée dans la mer de chine, le golfe du Bengale jusqu’à Djibouti pour assurer la sécurité de ses approvisionnements.

Aussi il est tout à fait possible que l’amiral Davidson ait raison et que, dans cinq ans, le nombre de bâtiments ou d’avions chinois déployés dans sa zone de responsabilité ( USPACOM) puisse dépasser (« overtake ») le nombre des avions et bâtiments américains. Mais en termes de capacités à mener une bataille aéronavale les américains disposent d’une expérience que n’ont pas les chinois et ils conserveront probablement pour une ou deux décennies encore des capacités opérationnelles bien supérieures.


Général (2S) Jean-Bernard PINATEL
Secrétaire Général du Think Tank GEOPRAGMA
Auteur de « Histoire de l’Islam radical et de ceux qui s’en servent », Lavauzelle, Mai 2017

http://www.geopolitique-geostrategie.fr/

Entretien avec François Asselineau – Questions d’actualité n° 76 du 19 juin 2019 : USA-Iran – Brexit – Mini-Bots – Chine – Privatisations ADP et routes (UPR)

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On aurait dû vous le passer demain matin, mais comme l’actualité se bouscule…

Update 20.06.2019 : Le site officiel pour voter : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Amitiés,

f.

 

Source : Youtube.com

https://www.crashdebug.fr/diversifion/16159-entretien-avec-francois-asselineau-questions-d-actualite-n-76-du-19-juin-2019-usa-iran-brexit-mini-bots-chine-privatisations-adp-et-routes-upr

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Ajoutée le 28 mai 2019

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Crédit photo : DR
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