Archives pour la catégorie ESPAGNE

Espagne – Ukraine. Nations réelles contre Nations fictives.

Espagne – Ukraine. Nations réelles contre Nations fictives.

Le cas catalan n’est absolument pas comparable à celui du Donbass car l’Espagne est une Nation millénaire alors que l’Ukraine est une Nation idéologique indépendante depuis 26 ans

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L’effritement de l’ordre mondial

L’effritement de l’ordre mondial


En cette ère d’instabilité, les États-Unis doivent protéger leur propre sphère d’influence


Par Robert W. Merry  – Le 31 octobre 2017 – Source Washington Times

The Split of Catalonia Illustration by Greg Groesch/The Washington Times
La séparation de la Catalogne – Illustration de Greg Groesch/The Washington Times

La plaie de l’Espagne est la Catalogne, où nombreux sont ceux qui veulent se séparer du royaume espagnol. Madrid ne veut pas que cela se produise, c’est pourquoi le Sénat espagnol a autorisé le gouvernement à prendre le contrôle direct de la région rebelle du nord-est, qui jouit depuis des décennies d’une autonomie considérable dans le système espagnol. Cette action intervient après que le Parlement catalan, à majorité séparatiste, a approuvé une résolution visant à « créer une république catalane en tant qu’État indépendant ».

Ainsi, l’Espagne est entrée dans ce que le New York Times appelle la « plus grande crise constitutionnelle depuis qu’elle a embrassé la démocratie en 1978 ». Cela représente près de quatre décennies de stabilité démocratique relative pour un pays qui a traversé une horrible guerre civile dans les années 1930 puis a subi près de 40 ans de dictature. Et maintenant, encore une fois, les perspectives d’effusion de sang sont réelles.

L’émergence de cette nouvelle crise après tant de bonnes années soulève une question : pourquoi maintenant ? La réponse : ces événements ne sont qu’une partie d’une détérioration globale du statu quo. Le monde n’a pas connu ce genre de déclin progressif des structures établies depuis le chaos de 1914-1945. À cette époque, qui suivait près d’un siècle de relative stabilité mondiale, le monde semblait avoir perdu la raison – jusqu’à ce qu’un nouvel ordre mondial soit établi déjà pendant la Seconde Guerre mondiale et juste après la guerre, avec l’Amérique en son centre.

Mais maintenant cet ordre mondial semble lui-même se désagréger. Considérez les forces et les sentiments acides qui tourmentent le globe en ce moment – les animosités sectaires ; les sensibilités nationalistes ; les passions des identités ethniques ; les rivalités géopolitiques ; les urgences des migrations ; la colère contre le globalisme. De toute évidence, le statu quo est attaqué de tous les côtés.

Cela suggère qu’il y a une raison pour laquelle l’ère de l’après-guerre froide n’a pas d’autre nom que celui indiquant qu’elle est venue après la guerre froide. Elle n’a pas de nom propre car elle n’a pas d’identité. Ce n’est que la période d’un chaos croissant qui a suivi une ère de stabilité et nous conduira, on ne peut que l’espérer, vers une autre période de calme. En attendant, nous devrions nous préparer à une instabilité croissante et à des difficultés dans les affaires mondiales.

Certains des développements les plus puissants de cette ère de changement sont la montée en puissance de la Chine et sa volonté apparente de remettre en question l’hégémonie américaine en Asie depuis 70 ans ; les tensions croissantes entre l’Occident et la Russie au sujet de qui contrôlera les terres faisant traditionnellement partie de la sphère d’influence russe ; la fébrilité progressive et l’acrimonie du Moyen-Orient, déchaînées en partie par l’incursion américaine dans la région et propulsées maintenant par des passions sectaires et des intérêts géopolitiques ; la confrontation imminente entre les États-Unis et l’Iran ; la transformation de la Turquie d’une nation s’intégrant à l’Occident et exaltant le pluralisme en une dictature de plus en plus islamiste ; l’émergence d’une menace nucléaire en Corée du Nord ; la montée du nationalisme occidental ; et l’explosion de l’immigration qui menace la stabilité culturelle et sociétale européenne et américaine.

Ce qui est frappant dans nombre de ces développements est la mesure avec laquelle ils ont généré d’énormes questions non résolues qui devront bien se dénouer dans le futur. Par conséquent, il n’y a aucune raison de croire que l’ère de l’après-guerre froide – une époque pleine de changements et de conflits – prendra fin de sitôt.

Il convient également de noter à quel point les Américains, et en particulier les dirigeants américains, s’accrochent à un statu quo mondial en progressive érosion. Le récent discours du Sénateur de l’Arizona John McCain devant le National Constitution Center à Philadelphie en est un bon exemple. Il a dit que « l’Amérique était indispensable à la paix, à la stabilité internationale et au progrès de l’humanité ». Il a dit que « nous sommes une terre faite d’idéaux » et nous devons être « leurs champions à l’étranger ». Il a dit que nous avons « un devoir de rester le dernier meilleur espoir sur la terre ».

Cela implique que l’Amérique représente des principes universels de gouvernance et de rectitude nationale qui doivent être répandus dans le monde entier. Mais c’est ce concept même qui a contribué au chaos du Moyen-Orient lorsque George W. Bush a conduit l’Amérique dans la région pour mettre fin à la « tyrannie dans notre monde ». Les tensions se sont fortement accrues en Ukraine quand l’administration de Barack Obama a soutenu un coup d’État contre le président élu de cette nation et a menacé les intérêts géopolitiques historiques de la Russie.

Non, l’Amérique a besoin d’une nouvelle pensée plus en phase avec les profonds changements qui se produisent dans le monde et les nouvelles réalités qui s’abattent sur nous. L’hégémonie mondiale américaine ne fonctionnera plus. L’exceptionnalisme américain est une vanité nationale ridiculisée par les événements. Nos idéaux sont bons pour nous et valent la peine de se battre pour eux, mais ils ne sont pas universels et ne devraient pas être imposés à d’autres peuples dans d’autres pays. La pièce à conviction de ce fondement de réalisme géopolitique est le Moyen-Orient, qui suit sa propre voie sans tenir compte des vœux américains et de la puissance américaine – sans parler des idéaux américains du genre de ceux prônés par le sénateur McCain.

Si l’Amérique doit jouer un rôle majeur dans le déplacement du monde vers plus de stabilité et de paix, elle doit abandonner ses ambitions hégémoniques au nom de l’universalisme américain. Elle doit plutôt accepter les sphères d’influence régionales tout en protégeant sa propre sphère d’influence dans les Amériques, les Caraïbes, le golfe du Mexique et ses eaux environnantes. Elle doit maintenir ses liens étroits avec l’Europe, sa source culturelle. Elle doit opter pour une politique étrangère basée sur l’impératif de promouvoir un équilibre global du pouvoir.

Une telle approche peut-elle favoriser une nouvelle ère de stabilité mondiale ? Peut-être, peut-être pas. Mais l’approche du statu quo du sénateur McCain ne fera qu’ajouter au chaos mondial.

Robert W. Merry, journaliste de longue date à Washington, D.C. et éditeur, est rédacteur en chef de The American Conservative. Son dernier livre, « Président McKinley : architecte du siècle américain », sera en vente le 7 novembre.

Note du Saker Francophone

On vous laisse lire l'analyse de ce texte par dedefensa.org, d'où il est tiré, pour servir d'exemple à leur analyse de la Grande Crise de l’Effondrement du Système. À noter que la traduction littérale d'effritement peut aussi être avantageusement traduite par mitage.

Une falaise peut s'effriter car elle est visiblement fragile, érodée par la mer. Un meuble en bois massif sera lui mité de l'intérieur, semblant toujours aussi solide de l'extérieur jusqu'à qu'une secousse révèle son état véritable, un gros tas de poussière ne demandant qu'à tomber d'un coup.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/

 

Indépendance de la Catalogne ? L’Europe en marche arrière !

Indépendance de la Catalogne ? L’Europe en marche arrière !

Indépendance de la Catalogne ? L’Europe en marche arrière !

Par Michel Geoffroy, essayiste ♦ Cela ressemble à un mauvais remake de 1936 : les « indépendantistes », entourant le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, et levant le poing devant les caméras. Avec « l’indépendance », les gauchistes catalans tiennent enfin leur revanche sur la guerre civile qu’ils ont perdue et sur l’Espagne Une, Grande et Libre de Francisco Franco ! Il suffit de regarder les images de ces foules « indépendantistes », jeunes, chevelues et barbues (1) pour s’en persuader : ce n’est que la morne foule des « manifs » à laquelle la gauche nous a partout habitués, depuis le siècle dernier. Mais que signifie ce prurit indépendantiste ? La tentation, pour certains Européens, de sortir de l’histoire, tout simplement.


Nous ne sommes plus en 1936

N’en déplaise aux « experts » médiatiques, nous ne sommes plus en 1936.

Car l’Espagne n’est plus, comme nombre de pays européens, que l’ombre d’elle-même, à l’image de son roi. Où sont les Grands d’Espagne, les bâtisseurs d’empire et les découvreurs de nouvelles terres ?

Face aux séparatistes, aucun Caudillo ne se lèvera plus.

A Madrid on palabre et on tergiverse quand hier on prenait son fusil pour sauver l’Espagne. Viva la Muerte ? Non Vive Coca Cola et les droits de l’homme immigré désormais…

L’Europe à l’âge multipolaire

Nous ne sommes plus en 1936, non plus, quand l’Europe, plus peuplée que l’Afrique, dominait le monde. Nous vivons désormais dans un âge multipolaire, marqué par le retour sur la scène mondiale des grands blocs civilisationnels, économiques et militaires. Et par la marginalisation inexorable des Européens.

Un monde où les Européens, « perçus comme Blancs » comme on doit dire en novlangue, constituent désormais une part déclinante de l’humanité : en 2100, seulement 10% de la population mondiale, Russie comprise, d’après les projections démographiques moyennes de l’ONU (2).

Face à des nations rassemblant des millions sinon des milliards d’hommes et de femmes – comme la Chine et l’Inde notamment – la vieille Europe risque de ne peser pas plus que les cités grecques face à Rome. Avec cette différence que Rome restait une puissance européenne.

Les autruches séparatistes

Les séparatistes catalans ne sont donc pas des révolutionnaires, mais des autruches.

Quand ils promettent l’indépendance aux Catalans, ils se moquent du monde. Pire : comme des autruches, ils croient pouvoir l’ignorer.

Les politiciens qui promeuvent l’indépendance de la Catalogne, le Brexit ou encore le souverainisme nostalgique promettant aux Français qu’ils pourront bientôt « acheter leur baguette avec des francs » nous invitent tous à partir dans la mauvaise direction. Car dans un monde multipolaire, seuls auront la parole les grands blocs. Pas les micro-régions ou les micro-Etats arc-boutés sur un patriotisme de pacotille ou de restriction.

L’avenir des Européens n’est pas dans le repli folklorique sur leurs petites patries, mais au contraire dans la constitution d’une Europe Puissance. D’une Europe cuirassée, seule capable de nous permettre d’évoluer dans le monde dangereux qui vient et d’affronter le choc des civilisations.

La puissance et non pas l’indépendance

Aujourd’hui des milliards d’hommes et de femmes se trouvent désormais en concurrence les uns avec les autres : dans ce monde-là, la puissance en Europe ne peut plus être seulement régionale ou nationale mais elle doit devenir continentale.

Si la critique de l’Europe de Bruxelles est fondée, le souverainisme ou l’indépendantisme nostalgiques oublient que la souveraineté dans une Europe impuissante, vassalisée ou islamisée reste une mortelle illusion. Car, de nos jours, comme le montre la crise des migrants ou le terrorisme, tous les Européens sont désormais solidaires les uns des autres.

Les indépendantistes catalans ne trouvent, certes, rien à dire à l’islamisation, comme chez nous les prétendus « Occitans ».

Ils oublient que de nos jours l’identité prime sur la souveraineté et que la souveraineté ne garantit l’identité que si elle est associée à la puissance. Mais la Catalogne seule ne sera pas plus puissante que l’Espagne seule, comme l’Espagne seule ne sera pas plus puissante que l’Europe.

Le souverainisme n’a désormais de sens qu’au plan civilisationnel et continental, c’est-à-dire comme moyen du retour de la puissance, de la liberté, de la prospérité et de la sauvegarde de l’identité de tous les Européens.

Les gauchistes catalans peuvent bien défiler en agitant des drapeaux : ces prétendus progressistes marchent à contre-sens. Ils ne pourront pas empêcher la marche du monde ni s’en abstraire.

Ce n’est pas seulement l’Espagne, mais c’est bien l’Europe tout entière qui doit devenir Une, Grande et Libre.

Michel Geoffroy
29/10/2017

Notes :

  1. Des musulmans ont aussi défilé en faveur de « l’indépendance ».
  2. Et encore, ces données ne tiennent pas compte du changement de peuplement à l’intérieur de l’Europe, du fait de l’immigration.

Correspondance Polémia – 30/10/2017

https://www.polemia.com/independance-de-la-catalogne-leurope-en-marche-arriere/

Catalogne : qui sème le vent…

Catalogne : qui sème le vent...

Catalogne : qui sème le vent…

Par Jean Goychmann ♦ La Catalogne va-t-elle ou non devenir un État indépendant ? Le processus semble bien engagé, et ceci depuis des années. Nous autres, les partisans d’une « Europe des Nations », seule voie possible pour une éventuelle construction européenne, avons depuis longtemps dénoncé un processus de régionalisation rampante qui ne pouvait qu’affaiblir les États.


Or, il se trouvait que c’était le but recherché par les partisans d’une Europe fédérale. Bien que non-avoué, le grignotage progressif dû au transfert des compétences de l’État vers les régions conduisait mécaniquement au résultat. Dans la vision des eurofédéralistes, la disparition des États-nation était le point de passage obligé de ce cheminement débuté dès l’immédiat après guerre.

Il est légitime de se poser la question toute bête : en quoi les Nations sont-elles aussi gênantes pour le futur de l’humanité ? Pour construire une nation, il faut un peuple. Mais cela ne suffit pas. De Gaulle, avec sa verve coutumière, disait : « Les Arabes sont un peuple qui, depuis les jours de Mahomet, n’ont jamais réussi à constituer un État ». Pour faire une Nation, il faut donc simultanément un peuple et un État. Il peut y avoir des États qui regroupent plusieurs peuples, et deviennent alors des Empires, mais une nation souveraine exigent qu’il y ait à la fois un peuple et des institutions, c’est à dire une organisation des pouvoirs dont le cadre juridictionnel devient la Nation. C’est ainsi que la France s’est dotée d’une Assemblée Nationale, d’un Sénat ou d’un Président de la République, dont le fonctionnement est décrit pas la Constitution.

On conçoit alors plus facilement que tout pouvoir qui voudrait s’étendre d’une façon « impériale » en coiffant par un pouvoir « supranational » des nations constituées ne puisse tolérer l’existence des ces États-nation qui apparaîtrait comme une « dualité de pouvoir ». Seulement, ce transfert de compétences, donc de pouvoir vers des régions possédant des particularismes soutenus n’est pas sans risque. Surtout lorsque les peuples de ces régions ont le sentiment de « payer pour les autres ». C’est tout le problème du fédéralisme qui veut imposer des règles communes à l’intérieur d’un périmètre dans lequel les disparités vont s’accentuant.

La Catalogne possède les attributs d’un « proto-État ». Son peuple possède une langue, une grammaire, une histoire et une culture. Ceux qui pensent que cette région s’en sortirait encore mieux si elle devenait indépendante de l’Espagne sont de plus en plus nombreux. C’était le risque ce cette régionalisation conduisant à la création de parlements régionaux qui ne demandent qu’à évoluer vers des parlements nationaux, quelle que soit la taille de la région d’origine. On comprend le scepticisme qui s’empare des dirigeants européens, partagés entre la satisfaction de voir leur projet de disparition des États-nation prospérer et leur inquiétude face aux conséquences d’un tel projet, conséquences qui n’ont probablement pas été appréhendées lors de sa mise en œuvre.

Or, les processus d’indépendance se sont rarement terminés pacifiquement. Les guerres d’indépendances ont jalonné l’histoire du monde et des peuples. Quelques fois, se sont des Empires qui se désintègrent, et les Nations qui les constituaient réapparaissent sans tarder, comme l’écrivait Hélène Carrère d’Encausse (*).

D’autres fois ce sont des provinces ou bien des régions qui choisissent de reprendre leur liberté, mais l’entité (État ou territoire) dont leurs habitants souhaitent se détacher y voit, de son côté, une perte de souveraineté et de pouvoir, sans parler d’un éventuel aspect économique. Il serait intéressant, de ce point de vue, de savoir ce que pense le Département d’État américain au sujet de la Catalogne.

Le rapport de forces devient alors déterminant et la probabilité de guerre civile augmente d’une façon considérable. Les marges de négociation, souvent faibles au départ, deviennent inexistantes lorsque les esprits de « radicalisent » (pour reprendre un terme actuel) Une fois engagé, nul ne peut prédire l’issue d’une telle confrontation, chacun arguant de son « bon droit ». L’intangibilité des frontières nationales se heurte ainsi au droit des Peuples « à disposer d’eux-mêmes ».

Ainsi, l’Europe bâtie sur un rêve de paix il y a presque 70 ans risque de se trouver à l’origine d’un conflit en raison de l’ambigüité de sa politique visant à faire émerger les régions inpirées par le modèle des Landers allemands au détriment des États-nation appelés à se fondre dans un État supra-national et fédéral. Ce retour vers une sorte de « Saint Empire Romain-Germanique » est très inquiétant, particulièrement lorsque l’éventualité d’un « choc de civilisations » ne peut-être totalement exclue.

Alors le vieux proverbe : « Qui sème le vent récolte la tempête » risque de s’imposer dans toute sa rigueur dans l’avenir.

Jean Goychman
08/10/2017

(*) L’Empire éclaté (éd. Flammarion, 1978)

Correspondance Polémia – 15/10/2017

Source : minurne.org

Crédit photo : Rodrigo Accurcio via Flickr (cc)

 

https://www.polemia.com/catalogne-qui-seme-le-vent/

10/17 Actualité internationale Synthèse de l’actualité internationale d’octobre 2017

10/17 Actualité internationale
Synthèse de l’actualité internationale d’octobre 2017

Par Axelle DEGANS, le 1er novembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment co-auteure chez Ellipses de Les 50 cartes à connaître, Coll. Atout concours, Paris, 2016 ; Histoire, Géographie, Géopolitique. Concours d’entrée aux grandes écoles, Coll. Atout concours, Paris, 2015.

Voici une synthèse de l’actualité internationale d’octobre 2017 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (plus de 10 000 followers)

Un divorce à la catalane ?

En Espagne, la communauté autonome de Catalogne a organisé un referendum illégal le 1er octobre 2017. Sur un corps électoral de 5,3 millions de personnes, 42 % sont venus s’exprimer – les grands partis politiques les conservateurs comme les socialistes et les centristes ont appelés les Catalans à ne pas participer à une élection inconstitutionnelle – et 90 % d’entre eux se sont prononcés pour une indépendance de la région. Ce referendum est un échec à plusieurs titres : il est illégal, la faible participation (42%) lui ôte toute forme de légitimité, il l’est aussi car le premier ministre Mariano Rajoy n’a pas su nouer suffisamment de contacts et un dialogue constructif en amont. Celui-ci a d’ailleurs clairement perdu dans un premier temps la bataille des images, celles des urnes confisquées, celles de violences nées d’interventions visant à empêcher le vote, qui ont abondamment circulées sur les réseaux sociaux. Est-ce pour autant une victoire pour Carles Puidgemont, président de la région catalane ? Rien n’est moins sûr. Que faire d’une élection où la majorité des Catalans ne s’est pas exprimée ? A-t-il réellement un plan pour une Catalogne indépendante ? Ce n’est pas certain au vu de ses tergiversations.

10/17 Actualité internationale
Drapeau en faveur de l’indépendance de la Catalogne

Au regard du droit international, une Catalogne indépendante ne pourrait pas rester membre de l’Union européenne. Elle devrait donc – si elle devenait indépendante – postuler au statut de candidat et donc sortir de l’euro, comme de la garantie offerte par la BCE et du marché unique. Un vent de panique, attisé par Madrid, a déjà soufflé en octobre 2017 sur les investisseurs dont une bonne partie avait choisi la Catalogne pour le marché espagnol et non pas pour le seul marché catalan. Il existe désormais un « risque Catalogne » qui a effet répulsif sur le milieu économique. Cette région représentait en 2016 près du cinquième du PIB espagnol, elle était la quatrième région espagnole pour la richesse par habitant.

Le roi d’Espagne, Felipe VI, a tenu un discours très ferme rappelant l’intégrité du territoire espagnol. L’écrivain Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, appelle à un maintien de la Catalogne en Espagne. Il s’inquiète de l’hubris ambiante qui fait la part belle aux extrémistes et à l’expression des populismes. La fête de l’Hispanité a eu une résonnance particulière, 65 000 personnes ont défilé à Barcelone pour montrer leur attachement à l’Espagne. Celle-ci voit de nombreux drapeaux attachés aux fenêtres à travers tout le pays. Fait assez inédit – en dehors des rencontres sportives – du fait de la difficulté à exprimer le sentiment national dans l’Espagne postfranquiste.

Les pays européens, comme les États-Unis, affirment leur soutien à Madrid face à Barcelone.

Alors que Mario Rajoy annonce qu’il utilisera l’article 155 de la Constitution espagnole pour lever l’autonomie de la Catalogne et la placer sous tutelle, le 27 octobre 2017 Carles Puidgemont annonce unilatéralement l’indépendance de la Catalogne. Puis il quitte l’Espagne pour la Belgique où il cherche à obtenir un soutien des institutions de l’Union européenne, depuis Bruxelles.

La crise espagnole est inquiétante et plonge le pays dans l’inconnu. Les pays européens, comme les États-Unis, affirment leur soutien à Madrid face à Barcelone. Pour tous, la Catalogne n’est pas un sujet de droit international. Le vrai problème pour la Catalogne n’est pas de se proclamer indépendante mais d’être reconnue comme telle…

… une fragmentation en Europe ?

Le referendum organisé en Catalogne en octobre 2017 donne des idées et risque d’alimenter un phénomène de fragmentation en Union européenne. En Italie, le 22 octobre 2017, Vénétie et Lombardie organisent un referendum pour obtenir davantage d’autonomie vis-à-vis de Rome. Il s’agit encore une fois, des deux régions les plus riches du pays qui ne veulent plus contribuer autant qu’elles le font aujourd’hui au budget du pays. Cela pose encore une fois la question de la solidarité entre régions riches et régions plus pauvres d’un pays, et illustre la montée des égoïsmes régionaux. La Ligue du Nord évoque un « insupportable et inacceptable » transfert de richesse vers le Mezzogiorno méridional. La tenue de ce referendum devrait coûter la somme de 50 millions d’euros… L’issue du scrutin fait peu de doute, seule la participation est intéressante à analyser : en Vénétie elle s’élève à 57 % et à 40 % pour la Lombardie. Le parti nationaliste écossais – le SNP – apporte son soutien aux séparatistes catalans.

Entre Brexit, referendum en Catalogne, en Italie du Nord, de nouvelles aspirations des iles Féroé, c’est le sort de l’Union européenne qui se joue sous nos yeux. Une Union où visiblement la solidarité, sur laquelle est fondée l’œuvre communautaire, n’est plus une valeur qui a le vent en poupe.

… mais une réconciliation ailleurs ?

En Palestine, le Fatah – héritier politique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat – qui incarne l’Autorité palestinienne installée à Ramallah tend la main en octobre 2017 au Hamas qui tient la bande de Gaza depuis 2007. Les deux frères ennemis n’en sont pas à leur première tentative de réconciliation. D’où l’attitude attentiste d’une population par ailleurs soumise au blocus de ses voisins israéliens – et arabes pour la bande de Gaza – dont les conditions de vie n’ont cessé de se dégrader. Un accord de réconciliation a été signé, l’Autorité Palestine devrait pouvoir rétablir son action sur la bande de Gaza.

Les changements en Europe

Après avoir supprimé les quotas laitiers, avec les conséquences que nous connaissons, l’Union européenne vient de mettre fin le 30 septembre 2017 au quota sucrier, au moment où le marché est offreur. La récolte française s’annonce exceptionnelle, en particulier dans les grandes régions de culture de la betterave que sont les Hauts de France (Nord-Pas-de-Calais-Picardie) et le Grand Est.

Wolfgang Schaüble quitte l’Eurogroupe où il siégeait depuis 2009 (il a donc géré la crise grecque et celle de la zone euro) pour prendre la présidence du Parlement allemand, le Bundestag. Il a mis en garde l’Union européenne sur les risques financiers liés à l’importance des liquidités, des dettes publiques comme privées. Il s’oppose à la vision plus dispendieuse proposée par Emmanuel Macron, le président de la République française.

La réforme du travail détaché est enclenchée fin octobre 2017, alors que les positions polonaise et française semblaient précédemment inconciliables. Les missions seront limitées à 12 mois (ce que voulait Paris), avec la possibilité d’en ajouter 6 (concession arrachée par Varsovie), les travailleurs détachés pourront aussi toucher des primes et des remboursements de frais. Le Parlement doit maintenant approuver cette réforme.


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Le sort des urnes

En Autriche, les élections législatives d’octobre 2017 ont été remportées par Sebastian Kurz à la tête du parti conservateur ÖVP, avec environ 30 % des voix, suivi du parti d’extrême droite, le FPÖ (que dirigeait Jorg Haider en 2000) qui en a recueilli un peu plus de 26%. La campagne électorale s’est polarisée sur la question migratoire. Ce jeune trentenaire décide de s’allier avec le FPÖ.

En République tchèque, le populiste et richissime Andrej Babis recueille, à la tête de son parti ANO, environ 30 % des voix en octobre 2017. Il aura 78 des 200 sièges de la chambre, il doit donc nouer des alliances pour trouver une majorité.

Au Japon, le premier ministre conservateur sortant, Shinzo Abe, a remporté les élections législatives d’octobre 2017 ainsi que deux tiers des sièges de la chambre basse. Le niveau de l’abstention, presque la moitié des électeurs ne s’est pas déplacée, ternit sa victoire.

Au Venezuela, l’élection des gouverneurs confine à la mascarade. Seule la Chine évoque des élections « en douceur », alors que l’ensemble de la communauté internationale conteste son honnêteté.

En Argentine, le président Macri sort renforcé des élections de mi-mandat puisque sa coalition remporte la victoire dans la grande majorité des provinces.

Du nouveau au Sud

La Chine organise, en octobre 2017, le XIXème congrès du parti communiste chinois (PCC), le plus grand parti du monde avec environ 89 millions d’adhérents. Désormais, la pensée de Xi Jinping, sera au même titre que celle de Mao, inscrite dans la charte du PCC, un insigne honneur. Cette décision accroit son pouvoir et sa légitimité et le place dans la lignée de Mao, et surtout de Deng Xiaoping qui a ouvert son pays.

La Chine a accueilli le neuvième sommet des BRIC’s – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – à Xiamen, elle appelle à intensifier leurs échanges. Par ailleurs, le roi d’Arabie saoudite se rend à Moscou, une première là aussi pour développer les échanges – somme toute encore modestes – mais aussi opérer un rapprochement diplomatique face à la montée en puissance de l’Iran pour l’un et pour mieux tourner le dos à l’Occident pour l’autre.

La violence encore et toujours…

En Birmanie, l’exode des Rohingyas continue. Fin octobre 2017, plus de 600 000 d’entre eux ont déjà fui les exactions commises avec la complicité du gouvernement : assassinat, incendies des villages, actes de barbarie (enfants brûlés…). L’Union indienne ne veut plus accueillir les réfugiés rohingyas qui sont désormais apatrides.
Les États-Unis ont de nouveau été le théâtre d’un coup de folie d’une rare violence car un homme a tiré en octobre 2017 sur les spectateurs d’un concert de Country à Las Vegas, en tuant près de 60 et en blessant plusieurs centaines. Si les autorités américaines ne croient pas en la nature terroriste de ce geste, ce drame relance la question de la vente et de la circulation des armes aux États-Unis.

La capitale autoproclamée de l’EI est tombée.

Les forces irakiennes, après avoir repris Mossoul, ont mené en octobre 2017 une offensive sur Haouidja, toujours dans la partie nord du pays. La capitale autoproclamée de l’EI est tombée, elle aussi, prise par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Ces pertes territoriales affectent durement les finances de l’EI. Aux Philippines, l’armée mène une offensive dans la partie méridionale de l’archipel et Isnilon Hapilon, à la tête de l’EI en Asie du Sud-est aurait été tué.

Alors que le territoire tenu par Daech ne cesse de se rétracter, la promotion de la violence en Occident est une stratégie qu’il encourage comme le montre tragiquement les meurtres de deux jeunes filles à Marseille.

Au Kenya, les tensions restent très vives après l’invalidation, pour fraude, des élections présidentielles remportées cet été par Uhruru Kenyatta. Le nord du Togo est lui aussi endeuillé lors de manifestations d’opposition au pouvoir. A Lomé et à Sokodé les manifestants demandent le départ du président Faure Gnassingbé dont la famille est au pouvoir depuis l’indépendance.

En Somalie, un terrible attentat à Mogadiscio, la capitale, a causé la mort de près de 300 personnes, des civils bien sûr. Il est attribué aux Shebabs, organisation islamiste qui multiplie les attentats. L’Afghanistan est de nouveau victime d’attentats qui ont fait une soixantaine de morts.

A Malte – territoire de l’Union européenne depuis 2004 – la journaliste Daphne Caruana Galizia connue pour son blog, Running Commentary, dans lequel elle dénonce sans ménagement la corruption qui gangrène l’ile, a été assassinée en octobre 2017. Elle avait notamment mis en cause le premier ministre Joseph Muscat pour des comptes au Panama. Cet assassinat provoque l’émoi des dirigeants européens.

Une nature hostile

La Californie affronte en octobre 2017 les pires incendies de son histoire. Des dizaines milliers d’hectares et de maisons ont été détruits, ils ont fait une quarantaine de victimes.
La péninsule ibérique est elle aussi le siège de terribles incendies, en raison d’une forte sécheresse, qui ont tué une quarantaine de personnes. L’été 2017 est particulièrement meurtrier dans la péninsule ibérique. Cela pose en filagramme la question du réchauffement climatique mais aussi de l’efficacité des édiles.

Une gouvernance mondiale bien compliquée

L’Unesco – organisation onusienne pour l’éducation et la culture – voit à regret le départ de deux de ses membres en octobre 2017 : les Etats-Unis puis Israël. Washiington contribue presque au cinquième de son budget. Leur départ est motivé par la reconnaissance de la Palestine comme un pays à part entière et de Hébron comme « zone protégée » du Patrimoine mondiale, la ville est localisée dans la Cisjordanie occupée par Israël.

Selon la Banque mondiale, plus d’un milliard de personnes n’aurait pas d’existence officielle. Ces « invisibles » sont particulièrement nombreux en Asie.

Copyright Novembre 2017-Degans/Diploweb

 

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Indépendances et auto-déterminations

Indépendances et auto-déterminations


Des armes pour renforcer l’Empire ou d’authentiques libérations nationales ?


Par James Petras – Le 19 octobre 2017 – Source Unz Review

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des conflits mondiaux ont consisté en des luttes pour l’indépendance contre les régimes coloniaux / impériaux occidentaux et japonais.

À la suite de la décolonisation officielle, un nouveau type de domination impériale a été imposé, les régimes néo-coloniaux, dans lesquels les États-Unis et leurs alliés européens imposaient des dirigeants vassaux agissant comme des proxys pour l’exploitation économique du pays. Avec la montée de la domination mondiale unipolaire des États-Unis, à la suite de la disparition de l’URSS (1990), l’Occident a établi son hégémonie sur les États d’Europe de l’Est. Certains ont été sujets à la fragmentation et ont été subdivisés en de nouveaux micro-États, dominés par l’OTAN.

La mis en place d’un empire unipolaire a déclenché une série de guerres et de conflits ethniques au Moyen-Orient, en Europe de l’Est, dans les Balkans, les pays baltes, en Afrique du Nord, en Asie et en Europe occidentale, provoquant des nettoyages ethniques et une crise des réfugiés de grande ampleur. L’éclatement des États-nations s’est répandu dans le monde alors que la rhétorique et la politique de « l’autodétermination » remplaçaient celles de la lutte des classes en tant que phare de la justice sociale et de la liberté politique.

Les principaux moteurs de la construction de l’empire ont adopté la tactique de diviser les adversaires pour mieux les conquérir, sous le prétexte libéral de promouvoir « l’autodétermination », sans préciser qui et quoi l’« auto » représentait et qui en bénéficiait réellement.

Les identités sectorielles, régionales, culturelles et ethniques ont servi à polariser les luttes. Par réaction, les régimes « centraux » se sont battus pour conserver « l’unité nationale » afin de réprimer les révoltes régionales.

Le but de cet article est d’analyser et de discuter les forces nationales et internationales se cachant derrière le slogan de « l’autodétermination » et ses conséquences internationales et régionales.

Concepts de base : ambiguïtés et clarification

L’un des aspects frappants du processus de globalisation et de développement national est le « développement inégal et combiné » (DIC). Cela prend plusieurs formes – un développement inégal entre les régions constituant un même pays, un autre entre les pays, et généralement les deux.

Les pays impériaux concentrent les industries, le commerce et les banques tandis que les pays colonisés / néo-colonisés se retrouvent comme des enclaves dépendantes de leurs ressources en matières premières, de leur exportation ou des usines d’assemblage à bas salaires. Fréquemment, les capitales des pays colonisés et décolonisés concentrent et centralisent le pouvoir politique, la richesse, l’infrastructure, les transports et les finances, tandis que leurs provinces sont réduites à fournir des matières premières et une main-d’œuvre bon marché. Le pouvoir politique et l’administration, y compris l’armée, la police et les agences de recouvrement des impôts, sont rarement concentrés dans les villes économiquement peu productives, et les régions productrices de richesses, mais politiquement plus faibles, sont économiquement exploitées, marginalisées et vidées de leur substance.

Le développement combiné et inégal aux niveaux international et national a conduit à des luttes de classe, anti-impérialistes et régionales. Là où les luttes basées sur les classes ont été affaiblies, les leaders et les mouvements nationalistes et ethniques assument le leadership politique.

Le « nationalisme » arbore cependant deux faces diamétralement opposées : dans la première, les mouvements régionaux soutenus par l’Occident travaillent à miner les régimes anti-impérialistes afin de subordonner la nation entière aux diktats du pouvoir impérial. Dans la deuxième, des mouvements populaires nationalistes laïques luttent pour obtenir l’indépendance politique en combattant les forces impériales et leurs substituts locaux, qui sont souvent des suzerains d’une minorité ethnique ou religieuse.

Les États impériaux ont toujours bien compris la nature des différents types de « nationalisme » et lesquels servent leurs intérêts. Les États impériaux appuient les régimes et mouvements régionaux et / ou « nationalistes » qui mineront les mouvements, les régimes et les régions anti-impérialistes. Ils s’opposent toujours aux mouvements « nationalistes » ayant une forte base ouvrière.

Les leçons de l’histoire

L’impériale et perfide Albion, le Royaume-Uni, a massacré et affamé des millions de personnes qui lui ont résisté en Asie (Inde, Birmanie, Malaisie et Chine), en Afrique (Afrique du Sud, Kenya, Nigeria, etc.) et en Europe (Irlande).

Les impérialistes britanniques encourageaient, en même temps, les musulmans à combattre les hindous, les sikhs à combattre les musulmans, les gurkas à opprimer les Malais et créaient divers groupes combattants religieux, ethniques et linguistiques dans le sous-continent indien, la Birmanie et la Malaisie. De même, le Royaume-Uni encourageait les conflits entre les groupes religieux, laïques nationalistes et conservateurs dans tout le Moyen-Orient.

Les puissances impériales utilisent naturellement la stratégie du « diviser pour mieux régner », qualifiant leurs adversaires d’« arriérés » et d’« autoritaires » tout en qualifiant leurs substituts de « combattants de la liberté » qui, prétendent-elles, sont « en chemin vers les valeurs démocratiques occidentales ».

Cependant, la question stratégique est de savoir comment les États impériaux définissent le type d’autodétermination à soutenir ou réprimer et quand ils changent de politique. Les alliés d’aujourd’hui qui sont qualifiés de « démocrates » dans la presse occidentale peuvent, le lendemain, être étiquetés d’« ennemis de la liberté » et d’« autoritaires », s’ils se mettent à agir contre les intérêts impériaux.

Les deux visages de l’autodétermination

Contrairement à la pratique impériale consistant à changer de politique envers des régimes dominants et des mouvements séparatistes, la plupart des « gens de gauche » soutiennent largement tous les mouvements d’autodétermination et qualifient tous leurs opposants d’« oppresseurs ».

Du coup, les régimes de gauche et les régimes impérialistes peuvent se retrouver du même bord dans une campagne massive de « changement de régime » !

La gauche libertaire construit son propre « idéalisme » en qualifiant les puissances impériales d’« hypocrites » qui utiliseraient un « double standard ». C’est une accusation ridicule, puisque le principe directeur derrière la décision impériale de soutenir ou de rejeter telle ou telle « autodétermination » est basé sur des intérêts de classe et impériaux. En d’autres termes, lorsque « l’autodétermination » profite à l’empire, il reçoit un soutien total. Il n’y a pas de principes moraux ou historiques, qui ne soient pas soutenus par des intérêts  de classe ou impériaux déterminant cette politique.

Études de cas : les mythes des « Kurdes apatrides » et de la « libération de l’Ukraine »

Pendant le vingtième siècle, les citoyens kurdes d’Irak, de Turquie, de Syrie et d’Iran ont revendiqué « l’autodétermination » et se sont battus contre des États-nations établis au nom de la « libération ethnique ».

Dans le cas de l’Irak des années 1990, les Kurdes ont été parrainés, armés, financés et défendus par les États-Unis et Israël afin d’affaiblir et de diviser la république irakienne, nationaliste laïque. Les Kurdes, toujours avec le soutien des États-Unis, ont organisé des conflits régionaux en Turquie et plus récemment en Syrie, afin de vaincre le gouvernement indépendant de Bachar el-Assad. Les Kurdes de gauche décrivent cyniquement leurs alliés impériaux, y compris les Israéliens, comme des « colonialistes progressistes ».

En bref, les Kurdes agissent comme substituts étasuniens et israéliens : ils fournissent des mercenaires, l’accès aux bases militaires, des postes d’écoute et d’espionnage dans leur nouveau pays libéré (et ethniquement purifié), pour soutenir l’impérialisme des États-Unis que leurs chefs de guerre ont choisi comme « partenaire » dominant. Leur lutte est-elle celle d’une libération nationale ou celle de marionnettes mercenaires au service de l’empire contre les nations souveraines qui résistent au contrôle impérial et sioniste ?

En Ukraine, les États-Unis ont salué la cause de l’autodétermination lorsqu’ils ont orchestré un violent coup d’État pour évincer un régime élu, dont le crime était son engagement à l’indépendance vis-à-vis de l’OTAN. Le coup a été ouvertement subventionné par les États-Unis, qui ont financé et formé des voyous fascistes engagés dans l’expulsion ou la répression des russophones, en particulier dans la région orientale du Donbass et en Crimée, afin de placer des bases de l’OTAN à la frontière russe.

Le peuple majoritairement russophone de Crimée s’est opposé au coup d’État et a exercé son droit à l’autodétermination en votant pour rejoindre la Russie. De même, la région industrialisée du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, a déclaré son autonomie, s’opposant au régime, oppressif et largement corrompu, installé par les États-Unis à Kiev.

Le violent coup d’État parrainé par les USA et l’UE à Kiev était une forme flagrante d’annexion impériale, tandis que le vote pacifique en Crimée et la voie de l’autodétermination prise par l’Ukraine orientale (Donbass) étaient la réponse progressiste des forces anti-impérialistes. Contrecarré dans son projet de transformer l’Ukraine de l’Est et la Crimée en plates-formes de lancement de l’OTAN pour l’agression contre Moscou, l’US / UE a condamné cette initiative en la qualifiant de « colonisation russe ».

Le Tibet et les Ouïghours de la province chinoise du Xinjiang

Des groupes séparatistes sont activement engagés dans des soulèvements armés depuis plusieurs décennies au Tibet et au Xinjiang, en Chine occidentale. Alors qu’ils prétendaient être « indépendants », leurs chefs de guerre féodaux ont longtemps été hostiles aux avancées positives de la révolution chinoise (y compris l’abolition de l’esclavage au Tibet, du commerce de l’opium, de la dot de la mariée et l’extension de l’éducation universelle dans les régions féodales musulmanes). Ils ont collaboré avec les États-Unis et l’Inde expansionniste (où le Dalaï Lama a établi son palais et ses camps de partisans armés et formés par les agences impériales occidentales).

Tandis que l’Occident présente le Dalaï Lama comme un saint homme aimant la paix qui ne fait que tenir des discours devant une foule en adoration, ce saint n’a pourtant jamais condamné les guerres génocidaires américaines contre les bouddhistes vietnamiens, coréens ou d’ailleurs.

Le réseau des célébrités / victimes de l’Occident pro-Tibet et pro-ouïghour, bien financé, a toujours ignoré les liens entre le Dalaï Lama et ses patrons impériaux, qui sont ceux qui définissent en fin de compte la signification opérationnelle de « l’autodétermination ».

Le Kosovo : une autodétermination par des esclavagistes terroristes blancs

Après la Seconde Guerre mondiale, la Yougoslavie, libérée de ses vicieux collaborateurs nazis par les partisans communistes, est devenue une société socialiste multiethnique, pacifique et autogérée. Mais dans les années 1990, l’intervention militaire des forces de l’OTAN a délibérément organisé la violente dissolution du pays en micro-États « indépendants ». L’expérience d’un État socialiste multiethnique en Europe a été détruite. Après un nettoyage ethnique massif de ses populations non albanaises, un nouvel État fantoche de l’OTAN, le Kosovo, est passé sous le contrôle d’un terroriste internationalement reconnu, un esclavagiste blanc, un narcotrafiquant vassal des États-Unis, Hashim Thaci, et ses voyous de l’Armée de Libération du Kosovo.

Grace à l’intense campagne de bombardement étasunienne contre Belgrade et d’autres villes yougoslaves et avec le soutien militaire de l’OTAN, le Kosovo a obtenu l’autodétermination et est devenu un énorme porte-avions terrestre américain et un centre de R & R (Camp Bondsteel), bénéficiant de réductions dans les bordels de l’UCK pour les GI. Parce que le Kosovo sert d’avant-poste mercenaire dirigé par des voyous à leur solde, Washington et Bruxelles ont approuvé ses revendications en tant qu’« État indépendant libéré ». Le pays sert également de dépôt international pour le commerce macabre des organes humains pour la transplantation. En visitant cet État mafieux ethniquement nettoyé qu’est le Kosovo, un commandant de l’OTAN, le général canadien Lewis MacKenzie, a reconnu plus tard : « Nous avons bombardé le mauvais côté ».

L’éclatement de la Yougoslavie a conduit à la création de mini-États séparatistes multiples, sous la domination économique de l’UE et le contrôle militaire américain. Dans le jargon occidental, cela a été nommé « autodétermination démocratique », alors que la dure réalité est celle d’un nettoyage ethnique massif, de l’appauvrissement et de la criminalité.

Indépendance de la Catalogne et Espagne néo-franquiste

L’Espagne est sous la domination d’un régime issu du dictateur fasciste Francisco Franco. Le président Mariano Rajoy et son pseudo « Parti populaire » (PP) ainsi que son acolyte royal, le roi Felipe VI, se sont livrés à des scandales de corruption massifs, au blanchiment d’argent et à des contrats de construction public-privé frauduleux de plusieurs millions d’euros. Les politiques néolibérales de Rajoy ont contribué de manière significative à un krach financier qui a entraîné un taux de chômage de 30% et un programme d’austérité dépouillant les travailleurs espagnols de leur pouvoir de négociation collective.

Face à la poursuite de l’autodétermination de la Catalogne via des élections libres et démocratiques, Rajoy ordonne une invasion policière et militaire, s’empare des bulletins de vote, emprisonne les leaders et impose un contrôle total.

L’exercice pacifique d’autodétermination des Catalans par le biais d’élections libres, indépendantes de toute manipulation impériale, a été rejeté par l’UE et Washington comme étant « illégal », pour avoir désobéi à Rajoy et à ses légions néo-franquistes.

L’autodétermination de la Palestine, sa colonisation et sa domination par Israël, soutenue par les États-Unis

Pendant un demi-siècle, Washington a soutenu la brutale occupation israélienne et la colonisation de la « Cisjordanie » palestinienne. Les États-Unis nient systématiquement l’autodétermination du peuple palestinien et de ses millions de réfugiés en exil. Washington arme et finance l’expansion israélienne qui se fait par la saisie violente de territoires et de ressources palestiniens ainsi que par la famine, l’incarcération, la torture et l’assassinat de Palestiniens dont le crime est d’affirmer leur droit à l’autodétermination.

L’écrasante majorité des fonctionnaires et des présidents du Congrès américain, passés et présents, s’inspirent servilement des présidents de l’organisation juive (israélienne) qui envoie des milliards dans les coffres de Tel-Aviv. Israël et ses alliés sionistes au sein du gouvernement américain manipulent les États-Unis pour qu’ils s’investissent dans des guerres désastreuses au Moyen-Orient et œuvrent contre l’autodétermination de nations arabes et musulmanes souveraines.

Arabie saoudite : l’ennemi de la souveraineté au Yémen

Le régime despotique de l’Arabie saoudite a lutté contre l’autodétermination des États du Golfe et au Yémen. Les Saoudiens, soutenus par des armes et des conseillers américains, ont dépossédé des millions de civils yéménites et en ont tué des milliers dans une campagne de bombardements sans pitié. Au cours de la dernière décennie, les Saoudiens ont bombardé et bloqué le Yémen, détruit ses infrastructures, provoqué une épidémie massive de choléra et menacé de famine des millions d’enfants dans le but de vaincre le mouvement de libération yéménite dirigé par les Houthis.

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont fourni pour plus de cent milliards de dollars d’armes et apporté un soutien logistique, notamment en fournissant aux tyrans saoudiens les données géographiques à bombarder et en bloquant toute action diplomatique parrainée par l’ONU pour soulager les immenses souffrances yéménites. Dans ce crime de guerre grotesque, Washington et Israël sont les plus proches associés de la monarchie saoudienne pour nier l’autodétermination du peuple opprimé du Yémen qui a longtemps résisté au contrôle saoudien.

Conclusion

L’État impérialiste américain, comme tous les aspirants constructeurs d’empire, réprime ou soutient les mouvements d’autodétermination en fonction de leurs intérêts de classe et impériaux. Pour être clair : l’autodétermination est un problème politique ; ce n’est pas un principe moral-légal général.

L’utilisation sélective et l’abus de l’autodétermination par l’impérialisme ne sont pas des cas d’« hypocrisie » ou de « double standard », comme s’en plaignent leurs partisans de la gauche libérale. Washington applique un standard unique : ce mouvement fait-il progresser l’Empire en sécurisant et en renforçant les régimes vassaux et leurs partisans ? Le terme de « libération » est un simple vernis pour se garantir l’allégeance de vassaux de l’opposition dans les États trop indépendants.

Pendant des décennies, les pays d’Europe de l’Est, des Balkans et des pays baltes ont été encouragés à lutter pour leur autodétermination face au pacte de Varsovie dirigé par les Soviétiques, pour ensuite se retrouver sous le joug du commandement de l’OTAN et de Washington. Dans de nombreux cas, leur souveraineté et leur niveau de vie se sont effondrés, suivis par un nettoyage ethnique, notamment l’expulsion massive de Serbes de Croatie et du Kosovo et la répression culturelle et linguistique des Russes ethniques en Lettonie et en Ukraine.

Les « combattants de la liberté » kurdes suivent des seigneurs de guerre financés par les États-Unis et Israël et s’emparent de villes, de ressources pétrolières et de territoires pouvant servir de bases militaires impériales contre les gouvernements souverains d’Irak, d’Iran et de Syrie.

Dans ce contexte, les seigneurs de guerre et les oligarques kurdes sont des vassaux fidèles et font partie intégrante de la politique israélo-américaine de longue date visant à diviser et affaiblir les alliés indépendants de la Palestine, du Yémen et des authentiques mouvements de libération.

Il est clair que les critères permettant de décider de la validité des revendications d’autodétermination exigent de définir si ce sont les intérêts de classe ou ceux de l’anti-impérialisme qui sont en jeu.

Au-delà des conflits immédiats, de nombreux régimes indépendants deviennent à leur tour des dirigeants oppressifs de leurs propres minorités et de leurs critiques autochtones. « L’autodétermination » ad infinitum peut finalement conduire à des individus schizoïdes, vantant leur peuple mythique tout en opprimant les autres. Aujourd’hui, le sionisme est la caricature ultime de « l’autodétermination ». Les pays et les dirigeants nouvellement indépendants nient fréquemment à leurs propres minorités le droit à l’autodétermination, en particulier à ceux qui s’étaient rangés du côté du pouvoir précédent.

Dans la mesure où la lutte « nationale » se limite à une indépendance politique, elle peut n’entrainer qu’un simple « changement de gardiens » et maintenir une oppressive exploitation de classe et créer de nouvelles formes d’oppression culturelle, ethnique et de genre.

Dans certains cas, les nouvelles formes d’exploitation de classe peuvent même dépasser les conditions antérieures, du temps de la vassalité impériale.

Les Kurdes, les Tibétains, les nationalistes fascistes ukrainiens, les Ouïghours et d’autres soi-disant combattants pour la liberté s’avèrent être des proxys militaires pour une agressive ingérence américaine contre les pays indépendants que sont la Chine, l’Iran et la Russie. Les soutiens de gauche de ces douteux « mouvements de libération » se rangent derrière l’empire.

La « globalisation » capitaliste est aujourd’hui le plus grand ennemi d’une authentique autodétermination. La globalisation impériale soutient des micros-États fragmentés, uniquement pour les convertir en nouveaux vassaux ayant leur propre drapeau et hymne national.

James Petras

 

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Puigdemont reste en Belgique pour des raisons de «sécurité»

Puigdemont reste en Belgique pour des raisons de «sécurité»

Le président catalan déchu, Carles Puigdemont, ne rentrera pas en Espagne tant qu’il n’aura pas reçu des assurances quant à un procès juste, mais ne demandera pas l’asile politique en Belgique.

Carles Puigdemont, qui s’était fait discret après avoir été déchu de ses fonctions de président de la région catalane par l’Espagne, a réapparu à Bruxelles. « Pas en Belgique, mais à Bruxelles, il est important de le préciser, parce que c’est la capitale de l’Europe », a-t-il souligné, ajoutant que si Madrid convoquait des élections, il y participerait et en accepterait le résultat.

Le Catalan n’a pas indiqué combien de temps il compte rester à Bruxelles, mais affirme qu’il rentrerait « immédiatement » en Espagne si lui et les autres personnalités catalanes accusées recevaient des garanties quant à un procès équitable. La délégation justifie donc sa présence à Bruxelles par des raisons de sécurité.

Carles Puigdemont a cependant assuré qu’il restait président de la Catalogne et était à Bruxelles « pour expliquer le problème catalan au cœur institutionnel de l’Europe ». « Nous voulons dénoncer la politisation de la justice espagnole, son manque d’impartialité, le fait qu’elle poursuit non pas des crimes, mais des idées et expliquer au monde les manquements démocratiques graves de l’Espagne », a-t-il déclaré depuis une salle de presse bondée à craquer du quartier européen.

À Bruxelles, Puigdemont se prépare à une bataille juridique contre l’Espagne

Le président catalan limogé, Carles Puigdemont, a rencontré le lundi 30 octobre un avocat à Bruxelles alors que le parquet espagnol le poursuit pour rébellion et sédition pour son rôle dans la déclaration unilatérale de l’indépendance catalane.

Le 27 octobre, l’exécutif catalan a déclaré l’indépendance de la région. Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, a immédiatement réagi en relevant Carles Puigdemont et le reste du gouvernement régional de leurs fonctions. Il a convoqué des élections anticipées le 21 décembre.

Le 30 octobre, le procureur général de l’État, José Manuel Maza, a déposé une plainte pour « rébellion, sédition, malversation et délits connexes » à l’encontre du président déchu et de 19 autres personnalités politiques du gouvernement catalan. Les charges de sédition et rébellion pourraient leur valoir un maximum de 30 ans de prison.

Carles Puigdemont a appelé la communauté européenne « et surtout l’Europe » à réagir et à s’opposer à ce qu’il qualifie de répression de la démocratie et de la liberté d’expression espagnole.

Il a par ailleurs rejeté les rumeurs selon lesquelles il s’était rapproché des nationalistes flamands de la N-VA. Ravi de l’occasion, Theo Francken, secrétaire d’État à l’asile  et à l’immigration belge, issu de la N-VA, avait déjà indiqué que le Catalan et sa délégation pourraient demander l’asile en Belgique.

« Cela n’a rien à voir avec la politique belge », a déclaré Carles Puigdemont, tout en réfutant avoir rencontré des politiques belges depuis son arrivée à Bruxelles.

Paul Bekaert, l’avocat représentant Carles Puigdemont en Belgique a pourtant déclaré à Reuters avant la conférence de presse que le Catalan envisageait de demander l’asile.

Paul Bekaert a déjà représenté des séparatistes basques qui luttaient contre leur extradition de la Belgique vers l’Espagne dans les années 1990. Selon lui, il serait toutefois plus difficile de rejeter une extradition depuis l’introduction des mandats d’arrêt européen en 2004. L’Espagne n’a encore jamais émis de mandat européen.

Le dirigeant catalan s’est adressé à la presse durant environ 40 minutes en espagnol, en catalan et en français et a brièvement répondu à une question en anglais. Après la conférence de presse, Carles Puigdemont a été escorté à travers la foule jusqu’à son taxi. La plupart des manifestants brandissaient des drapeaux espagnols et européens, à l’exception de trois personnes avec des drapeaux catalans.

L’une d’entre elles, Dimitri Hoegaerts, souhaite que sa région se sépare de la Belgique. Le flamand espère donc que la Belgique reconnaîtra l’indépendance de la Catalogne.

Le quotidien belge La Libre Belgique a rapporté avant la conférence de presse que le Premier ministre Charles Michel avait refusé que Carles Puigdemont s’exprime dans un édifice détenu par le gouvernement fédéral belge.

Le Premier ministre belge essaye d’étouffer le tapage depuis que Theo Francken a déclaré que les Catalans pouvaient demander l’asile en Belgique. Charles Michel lui a demandé de ne « pas jeter de l’huile sur le feu ». Le parti libéral du Premier ministre fait partie d’un gouvernement de coalition aux côtés de la N-VA, le parti nationaliste flamand.

Catalogne: le dilemme des trois ivresses cumulées

Le moment catalan donne l’occasion de prendre au sérieux l’hypothèse d’un tournant émotionnel dans les façons de faire de la politique et des politiques au sein des démocraties occidentales, estime Alain Faure, du CNRS, pour notre partenaire, La Tribune.

Alain Faure, Directeur de recherche en science politique à Sciences Po Grenoble, Centre national de la …

 

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/puigdemont-says-will-stay-in-belgium-accept-snap-election/

Catalogne : à Bruxelles, Carles Puigdemont relève le « défi » des élections

Catalogne : à Bruxelles, Carles Puigdemont relève le « défi » des élections

Gabriel NedelecDerek Perrotte Le 31/10 à 13:23

 

Carles Puigdemont mis demeure Madrir respecter élections 21 décembre.

Carles Puigdemont a mis en demeure Madrir de respecter les élections du 21 décembre. – Olivier Matthys/AP/SIPA

Le président destitué de la région a tenu une conférence de presse à Bruxelles. Il a engagé Madrid à garantir le respect du résultat des élections du 21 décembre. Et a nié demander l’asile politique à la Belgique.

Il a fini par prendre la parole. L’ex-président de la région catalane, destitué par Madrid, s’est exprimé depuis Bruxelles où  il s’est rendu pour échapper à la justice espagnole.

Il s’est exprimé en trois langues – le catalan, l’espagnol et le français – en annonçant vouloir délivrer un message « précis » afin de ne pas provoquer « de confusions que l’on pourrait regretter dans le futur ». Son discours très attendu s’est ensuite axé autour de quatre points principaux.

L’Europe appelé à l’aide

Le leader catalan a martelé que les poursuites pour « rébellion, sédition et malversations » sont des signes de « belligérance maximale » des autorités espagnoles, accusées de recourir à « des méthodes d’extrême droite ». Ces poursuites « n’ont pas de fondement juridique » et traduisent « un désir de vengeance plus qu’un désir de justice », a-t-il asséné.

Il brandit l’ampleur des sanctions encourues devant la justice espagnole comme preuve de l’« attitude extrêmement agressive » de Madrid, dont le recours à l’article 155 relèverait d’une « démarche politique, pas juridique. Il appelle en réaction l’Europe au secours : « Je demande à l’Europe de réagir », a-t-il répété, mettant en avant la carte des valeurs.

Selon lui, « la cause des Catalans, c’est la démocratie, la liberté d’expression et la non-violence, des valeurs fondatrices de l’Europe. Autoriser la violence dont fait preuve le gouvernement espagnol, c’est en finir avec l’idée d’Europe, ce serait une erreur que tout le monde, pas juste les Catalans, paierait cher. »

La présidente du Parlement convoquée à la Cour suprême

La présidente destituée du Parlement catalan, Carme Forcadell, va être prochainement convoquée devant la Cour suprême en vue de son inculpation après la déclaration d’indépendance de la région espagnole. Avec elle, les cinq autres membres du bureau des présidents du Parlement catalan vont être convoqués. Ils seront entendus les 2 et 3 novembre, accompagnés de leurs avocats.

Remettre la catalogne au coeur de l’Europe

« Nous avons donc décidé déplacer le gouvernement catalan – dont je serai président – à Bruxelles, afin de placer le problème de la Catalogne au coeur de l’Europe, a annoncé l’ex-président de la région. Nous n’avons jamais abandonné les Catalans, nous nous sommes adaptés face à cet acte de confrontation venant de la part du gouvernement espagnol ».

Relever le défi démocratique de Madrid

Carles Puigdemont a par ailleurs affirmé qu’il comptait bien relever le « défi démocratique » de Madrid qui a convoqué des élections régionales pour le 21 décembre prochain. En revanche, il a mis en demeure le gouvernement espagnol d’en respecter le résultat.

Echapper à la justice espagnole pour être « libre de ses mouvements »

Enfin, concernant les plaintes déposées à son encontre, il a affirmé que ni lui, ni le gouvernement catalan ne souhaitaient «  échapper à la justice  » et qu’il n’était pas venu à Bruxelles pour demander l’asile. « Nous sommes venus à Bruxelles pour être libres de nos mouvements » et « en sécurité », a-t-il conclu.

Madrid souhaite en effet poursuivre Carles Puigdemont ainsi qu’une partie du gouvernement catalan pour rébellion. De son côté, le Premier ministre belge Charles Michel a assuré que l’ex-président serait « traité comme n’importe quel citoyen européen ».

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@GabrielNedelec@DerekPerrotte

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/monde/europe/030809217933-catalogne-carles-puigdemont-annonce-deplacer-son-gouvernement-a-bruxelles-2126572.php#ipXqVHjyjIfXBRt4.99

 

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DIRECT. Catalogne : « Je ne suis pas ici pour demander l’asile politique », annonce Carles Puigdemont, depuis Bruxelles

DIRECT. Catalogne : « Je ne suis pas ici pour demander l’asile politique », annonce Carles Puigdemont, depuis Bruxelles

Le président séparatiste catalan destitué s’est exprimé mardi. Il promet d’accepter les élections du 21 décembre qui doivent renouveler le Parlement de l’autonomie.

Carles Puigdemont, au palais de la Généralité catalane, à Barcelone (Catalogne, Espagne), le 26 octobre 2017. 
Carles Puigdemont, au palais de la Généralité catalane, à Barcelone (Catalogne, Espagne), le 26 octobre 2017.  (JORDY BOIXAREU / SPUTNIK / AFP)

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Ce qu’il faut savoirVisé par une procédure judiciaire en Espagne, le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, s’est exprimé, mardi 31 octobre, lors d’une conférence de presse organisée à Bruxelles. Elle se tenait au « Press Club » de la capitale belge. Suivez notre direct.

Il reste en Belgique « par sécurité ». Carles Puigdemont est dans la capitale belge depuis lundi 30 octobre. Il a précisé ne pas être « ici pour demander un asile politique« . D’ailleurs, « on ne veut pas échapper à la justice », explique-t-il. « Si on était resté là-bas avec une attitude de résistance, il y aurait eu beaucoup de violences. »

Il respectera les élections du 21 décembre. Le dirigeant catalan dit vouloir poursuivre le combat sur le plan politique. Affirmant qu’il se pliera le résultat des élections de décembre, il interpelle le gouvernement : « Respectera-t-il le résultat des urnes ? »

La justice espagnole annule la déclaration d’indépendance. La Cour constitutionnelle d’Espagne a suspendu mardi la déclaration unilatérale d’indépendance votée par le Parlement de Catalogne vendredi dernier.

Puigdemont visé par une enquête. Carles Puigdemont est en Belgique depuis lundi, selon Me Paul Bekaert, l’avocat belge qu’il a sollicité pour des conseils juridiques. Le président catalan destitué est visé depuis lundi par une procédure judiciaire (pour rébellion, sédition et malversation) à la suite de la déclaration d’indépendance de la région, désormais sous tutelle de Madrid.

La garde civile perquisitionne le siège de la police catalane. La garde civile espagnole a perquisitionné mardi le siège de la police catalane dans le cadre d’une enquête sur le référendum d’autodétermination du 1er octobre interdit par Madrid et émaillé de violences policières. Le porte-parole de la garde civile précise que plusieurs perquisitions ont été simultanément menées au siège de la police catalane à Sabadell, en Catalogne, et ailleurs.

Le live

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#CATALOGNE

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14h40 : A la mi-journée, Carles Puigdemont a assuré que les indépendantistes allaient « respecter les résultats des élections de décembre » voulues par Madrid.

(FRANCE INFO)

14h36 : Que retenir de la conférence de presse de Carles Puigdemont, le président catalan destitué ? Selon l’historien Benoît Pellistrandi, interrogé sur franceinfo, « il y a une information très importante : les élections du 21 décembre auront lieu et ne vont pas être boycottées par les indépendantistes ».

13h27 : Carles Puigdemont a nié toute intention de « demander un asile politique » à la Belgique. Il dit être venu à Bruxelles « pour agir librement et en sécurité » au cœur de l’Europe.

(FRANCE INFO)

13h26 : Le président destitué de Catalogne, Carles Puigdemont, réclame « le droit à l’autodétermination » pour la Catalogne, qui reste sa première priorité. Voici le début de son discours.

(FRANCE INFO)

13h18 : « Si on était resté là-bas avec une attitude de résistance, il y aurait eu beaucoup de violences. »

Carles Puigdemont affirme que son départ pour la Belgique témoigne d’une volonté de « détente » de sa part.

13h16 : « On est ici à la recherche de garanties que nous n’avons pas en Catalogne et en Espagne. »

Carles Puigdemont se montre flou sur la date de son retour en Catalogne (« On va voir »). Il fait état de « menaces » et dénonce « un désir non pas de justice mais de vengeance » de la part de l’Espagne.

13h18 : « Je ne suis pas ici pour demander un asile politique », annonce Carles Puigdemont.

13h12 : « On ne veut pas échapper à la justice. »

Le dirigeant catalan dit vouloir poursuivre le combat sur le plan politique. Affirmant qu’il respectera le résultat des élections de décembre, il interpelle le gouvernement : « Est-ce qu’il va respecter le résultat des urnes ? »

13h10 : Carles Puigdemont annonce qu’il n’entend pas se soustraire à la justice espagnole.

13h19 : « Nous sommes venus en Belgique pour mettre en évidence le problème catalan dans le cœur institutionnel de l’Europe. »

Carles Puigdemont condamne l’« absence d’indépendance de la justice espagnole » et le « grave déficit démocratique au sein de l’Etat espagnol« .

13h07 : Une porte-parole de la Cour constitutionnelle espagnole annonce que la déclaration d’indépendance votée vendredi par le parlement régional vient d’être annulée.

13h01 : La Cour constitutionnelle espagnole suspend la déclaration d’indépendance de la Catalogne.

12h59 : « Notre principale priorité est d’éviter la violence. »

Carles Puigdemont précise qu’il va s’exprimer en catalan, en espagnol et en français pendant la conférence de presse, pour éviter les « confusions » de traduction.

12h54 : Silencieux depuis dimanche, Carles Puigdemont est arrivé au « Press Club » de Bruxelles. Sa prise de parole est imminente.

12h49 : « C’est très exceptionnel d’obtenir l’asile pour un ressortissant d’un pays de l’Union européenne. »

Selon Dirk Van Den Bulck, Carles Puigdemont aurait peu de chances d’obtenir un statut de réfugié politique en Belgique. Il lui faudrait démontrer « un risque de persécution » en Espagne et l’impossibilité d’y être protégé.

12h43 : La principale question qui se pose avant l’intervention de Carles Puigdemont concerne son avenir personnel. Envisage-t-il de demander l’asile en Belgique ? Hier, le Catalan a sollicité le conseil d’un avocat expert des questions d’asile, qui affirme avoir « demandé quatre fois l’asile pour des Espagnols », avec succès.

12h35 : Au lendemain de son arrivée en Belgique et de l’ouverture en Espagne d’une procédure judiciaire pour rébellion, le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, doit s’exprimer d’un instant à l’autre. Vous pourrez regarder son intervention ici.

12h10 : « M. Puigdemont peut demander l’asile comme je peux demander le prix Goncourt. » Au micro de franceinfo, l’ambassadeur d’Espagne en France a ironisé sur une éventuelle demande d’asile du président destitué de la Catalogne, qui se trouve à Bruxelles. A écouter ci-dessous :

12h15 : La garde civile espagnole perquisitionne le siège de la police catalane dans le cadre d’une enquête sur le référendum d’autodétermination du 1er octobre interdit par Madrid et émaillé de violences policières, a indiqué un porte-parole.

11h12 : La garde civile (la police espagnole) perquisitionne le siège de la police catalane.

11h03 : La conférence de presse est prévue au « Press Club » de la capitale européenne, non loin des institutions de l’UE. Carles Puigdemont est en Belgique depuis hier, selon l’avocat belge qu’il a sollicité pour des conseils juridiques.

11h02 : Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont, destitué par Madrid, donnera une conférence de presse à 12h30 à Bruxelles.

 

http://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/referendum-en-catalogne/direct-suivez-la-conference-de-carles-puigdemont-president-destitue-de-la-catalogne-depuis-bruxelles_2445604.html#xtor=EPR-51-%5Bje-ne-suis-pas-ici-pour-demander-l-asile-politique-annonce-carles-puigdemont-qui-accepte-les-elections-du-21-decembre-suivez-notre-direct_2445604%5D-20171031-%5Bbouton%5D

Les Catalans unionistes descendent à leur tour dans la rue

EUROPE

Les Catalans unionistes descendent à leur tour dans la rue

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© Pierre-Philippe Marcou, AFP | Un jeune homme harrangue les militants pour le maintien de la Catalogne dans l’Espagne, le 29 octobre à Barcelone.

Vidéo par FRANCE 3

Texte par FRANCE 24 http://platform.twitter.com/widgets/follow_button.c7112f7adf6a24ddcb78d834866e1439.fr.html#dnt=false&id=twitter-widget-0&lang=fr&screen_name=France24_fr&show_count=false&show_screen_name=false&size=m&time=1509270463944

Dernière modification : 29/10/2017

Alors que le président déchu de la Catalogne, Carles Puigdemont, a appelé samedi les partisans de l’indépendance à s’opposer à Madrid, le camp du maintien dans l’Espagne compte se faire entendre en battant le pavé, dimanche, à Barcelone.

En Catalogne, le camp du maintien compte bien lui aussi se faire entendre. Après les indépendantistes vendredi, à ceux qui souhaitent rester dans l’Espagne d’occuper la rue à Barcelone, dimanche 29 octobre. Leur but est clair : démontrer que la réalité de ce territoire grand comme la Belgique reste très nuancée. La région est plus que jamais divisée, deux jours après sa déclaration d’indépendance marquant une rupture sans précédent en quarante ans de démocratie.

>> À lire sur France 24 : « Catalogne : la nouvelle crise qui embarrasse l’UE »

« La Catalogne, c’est nous tous ! » : c’est sur ce même slogan que les organisateurs de ce nouveau rassemblement avaient déjà réussi à mobiliser plusieurs centaines de milliers de personnes contre la sécession, le 8 octobre.

L’appel de l’association organisatrice, la Société civile catalane, est assorti de deux mots : « coexistence » et surtout « seny », ce « bon sens » supposé réunir une majorité des Catalans face à ce que les détracteurs des indépendantistes qualifient de fuite en avant ou de « déraison ».

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Une pré-campagne électorale

La manifestation se produira alors que Madrid cherche au plus vite à reprendre en main la Catalogne, dont la déclaration d’indépendance n’a obtenu aucune reconnaissance internationale et où les drapeaux de l’Espagne restent visibles sur les bâtiments de l’État.

Officiellement, la région est désormais dirigée directement par la numéro 2 du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, tout le gouvernement catalan, et jusqu’à 150 hauts responsables de l’administration selon la presse, ayant été destitués.

Une des premières décisions de Madrid a ainsi été de remplacer l’emblématique chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, jugé trop proche des indépendantistes.

Le gouvernement espagnol avait reçu l’autorisation du Sénat vendredi de mettre en œuvre l’article 155 de la Constitution, jamais utilisé, pour prendre les rênes de la région et y « restaurer l’ordre constitutionnel », alors que déjà plus de 1 600 entreprises ont entrepris de déménager leur siège social par crainte de l’instabilité. Et il a en ligne de mire l’organisation d’élections régionales le 21 décembre, dans moins de deux mois.

La manifestation de dimanche aura donc sans doute aussi des airs de précampagne électorale, car les trois partis qui en Catalogne prônent le maintien de la région au sein de l’Espagne – Ciudadanos (libéral), le Parti socialiste catalan et le Parti populaire de Mariano Rajoy – y seront représentés.

La revanche de la Catalogne silencieuse

En septembre 2015, les indépendantistes avaient obtenu 47,8 % des suffrages. Près de 51 % des voix étaient allées à des partis soutenant un référendum légal d’autodétermination ou le maintien en Espagne.

Les séparatistes étaient cependant majoritaires au Parlement, avec 72 sièges sur 135, par le jeu de la pondération des voix en faveur des régions les plus rurales.

« Nous avons une occasion en or. La majorité des Catalans contrainte au silence depuis des années sait qu’il faut se mobiliser en masse », a estimé dès vendredi soir Ines Arrimadas, la chef en Catalogne du parti Ciudadanos, fer de lance de la lutte contre les indépendantistes. Mais les séparatistes ne s’avouent pas vaincus.

Avec AFP

Première publication : 29/10/2017

 

http://france24.nlfrancemm.com/HM?b=8qwNhun62_p3g0IcroPmP4jO_P1IS00bfTXaLJb-LcaKOgR49ZTZM5IYvMpbzfCb&c=oMr7U1RfKYfuQPe3Nsz9og

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