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Mais pourquoi les pêcheurs chinois découvrent-ils autant de petits sous-marins espions dans leurs filets ?

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Décryptages » Mais pourquoi les pêcheurs chinois découvrent-ils autant de petits sous-marins espions dans leurs filets ?POLITIQUE19 janvier 2020© ReutersIllustrationsETRE PRIS LA MAIN DANS LE SAC

Mais pourquoi les pêcheurs chinois découvrent-ils autant de petits sous-marins espions dans leurs filets ?

La Chine a découvert que des sous-marins d’espionnage rodaient sur son territoire. Le pays a donc demandé à ses pêcheurs de les récupérer.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN01023Avec Emmanuel Lincot

Le gouvernement chinois demande à ses pêcheurs de récupérer des « torpilles et sous-marins d’espionnage » dans les eaux territoriales chinoises en face du Japon et de la Corée du Sud. Le gouvernement chinois paierait entre 40,000 et 72,000$ en récompense pour chaque objet trouvé.

Atlantico : Ces découvertes sont-elles nouvelles ? La Chine fait-elle de même ?

Emmanuel Lincot : Elles se sont amplifiées depuis ces dernières années. La première prise la plus médiatique par la marine chinoise d’un drone sous marin américain croisant au large des Philippines, pourtant situé dans des eaux territoriales internationales, mais que la Chine revendique comme siennes, avait en 2016 fait déjà grand bruit. La Chine procède de même en effet. Moins visibles que les drones aériens, les drones sous-marins n’en sont pas moins extrêmement importants dans les dispositifs de surveillance des littoraux adverses. Ils s’avèrent utiles pour contrôler les flux des navires en toute discrétion et plus particulièrement ceux des sous-marins mais aussi pour mesurer la salinité des eaux et leur température. Les drones de nouvelles générations seront en mesure d’intervenir dans les abysses pour rompre les câbles, détruire les communications, numériques notamment. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes de nature sécuritaire; les communications Internet se faisant en majorité par voie sous-marine et non – contrairement à ce que l’on pourrait croire- par satellite. Que la Chine ait mis en scène ses pêcheurs récompensés comme d’authentiques patriotes participe d’un nationalisme outrancier et a valeur d’avertissement adressé aux étrangers.

Le gouvernement chinois a tapé du poing sur la table en expliquant que le Japon et la Corée étaient protégés par les Etats-Unis et donc que ces objets seraient une menace venant des américains. Ces découvertes peuvent-elles raviver les tensions entre les deux pays ? Quels peuvent être les effets sur le Japon ou la Corée ?

Emmanuel Lincot : C’est une façon de préparer l’opinion à de possibles mesures de représailles. Ces révélations surviennent dans un contexte de crise: tensions en mer de Chine, élections à Taïwan, et guerre commerciale avec les les États-Unis qui, quoi qu’en dise Donald Trump, va dans les faits, se poursuivre. Le fait d’accuser explicitement les États-Unis revient pour Pékin à vouloir ménager ses plus proches voisins coréen et japonais.

Le gouvernement américain s’est défendu de la notion d' »espionnage »; expliquant que ces « sous-marins » équipés de caméras servaient à explorer les fonds marins pour la recherche. Les Etats-Unis font-ils de même dans d’autres mers ou eaux territoriales ? (en Europe par exemple). 

Emmanuel Lincot : Vérité au-dessus des Pyrénées, mensonge en deçà….Bref, que les Américains disent vrai ou faux importe peu ici. Cette rivalité s’inscrit dans une lutte plus globale. Il s’agit, côté chinois et dans tous les cas, de disqualifier l’adversaire pour conditionner psychologiquement l’opinion à des mesures de représailles éventuelles. Une chose est certaine, c’est que les États-Unis ont créé une escadre de drones sous-marin. Ils sont opérationnels sur toutes les mers du monde. Côté européen, ils sont utilisés dans la surveillance des littoraux méditerranéens en crise, comme ceux de la Libye, mais aussi le suivi des navires russes.

https://www.atlantico.fr/decryptage/3586079/mais-pourquoi-les-pecheurs-chinois-decouvrent-ils-autant-de-petits-sous-marins-espions-dans-leurs-filets–lincot

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie…

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie 12 déc. 2019, 09:22 © Alexander Nemenov Source: AFP Le Kremlin, Moscou. (image d’illustration)

La diplomatie russe a annoncé que Moscou allait expulser deux diplomates de l’ambassade d’Allemagne. Une réponse symétrique après que Berlin a expulsé deux diplomates russes dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien dans la capitale. Moscou a annoncé ce 12 décembre l’expulsion de deux diplomates allemands, en représailles à la décision de l’Allemagne début décembre de renvoyer deux russes après le meurtre commandité, selon Berlin, d’un Géorgien d’origine tchétchène dans la capitale allemande.

Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué ce même jour l’ambassadeur allemand Géza Andreas von Geyr pour lui signifier que «deux collaborateurs de l’ambassade d’Allemagne avaient été déclarés persona non grata et avaient sept jours pour quitter» la Russie.

La diplomatie russe a également fait savoir espérer que ces expulsions – «symétriques» et constituant une réponse «inévitable» de la Russie – ne détérioreront pas les liens diplomatiques bilatéraux entre les deux pays.

La partie allemande a dit regretter la réaction de la Russie, évoquant par la voix de son ministère des Affaires étrangères une expulsion «injustifiée» et un «mauvais signal».

Dans un communiqué, Berlin annonce se réserver «le droit de prendre d’autres mesures dans cette affaire à la lumière des enquêtes» en cours.

Lire aussi Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse Le 4 décembre, Berlin avait sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Le même jour, le parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, avait déjà décidé de se saisir de cette enquête, évoquant un «contexte politique». «Vous avez expulsé nos diplomates, nous expulsons les vôtres. C’est tout», a déclaré le président russe Vladimir Poutine répondant à des questions de journalistes sur ce sujet après un sommet au «format Normandie» qui s’est tenu à Paris le 9 décembre.

C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou Interrogé au sujet de l’affaire par un journaliste allemand, le chef de l’Etat russe s’est également exprimé sur l’identité et les antécédents de la victime, un Géorgien d’origine tchétchène, nommé Tornike K. et identifié comme étant Zelimkhan Khangochvili.

Vladimir Poutine a affirmé que ce dernier avait «participé à des activités séparatistes» et était recherché par les services russes. «C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou», a déclaré Vladimir Poutine. Le président russe n’a pas précisé de quel attentat il s’agissait mais Moscou a connu une série d’explosions meurtrières à partir de 1996. Les attentats dans le métro de la capitale russe ont fait, au total, 106 morts et 520 blessés dans la période entre 1996 et 2010. 

Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, avait évoqué un acte «injustifié» concernant la mesure allemande et promis des représailles. «Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée de questions relatives à une enquête est inadmissible.

Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion», avait déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova. Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour, dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles tirées d’une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».

Tornike K. avait participé à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant d’entrer dans une unité anti-terroriste du ministère géorgien de l’Intérieur, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche. Il était considéré par Moscou comme terroriste.

Déjà visé par plusieurs tentatives d’assassinat, il avait émigré quelques années avant sa mort en Allemagne. Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre aurait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération de Russie, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Le meurtrier présumé est un Russe, depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence.

 Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurent pas dans les bases de données russes. Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

Lire aussi : Selon Poutine, le Géorgien tué en Allemagne était «un combattant, très cruel et sanguinaire» International

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Deux diplomates russes expulsés d'Allemagne, Moscou promet une réponse En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68557-deux-diplomates-russes-expulses-allemagne-moscou-promet-reponse?

Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse 4 déc. 2019, 12:57 © JOHN MACDOUGALL Source: AFP Ambassade russe à Berlin Estimant que la Russie n’a pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin, l’Allemagne a décidé d’expulser deux diplomates russes.

Le parquet fédéral s’est saisi de l’enquête. Moscou dénonce un acte «injustifié». Berlin a sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», le 4 décembre, accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Cette annonce fait suite à la décision mercredi du parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, de se saisir de cette enquête en évoquant un «contexte politique». «Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident» Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, évoque un acte «injustifié» et promet des mesures de représailles.

«Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée vis-à-vis de questions d’enquête est inadmissible. Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion.», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Ce sont des hypothèses absolument sans fondement Egalement interrogé sur cette affaire, le Kremlin a fait savoir le 4 décembre ne rien savoir du meurtre d’un Géorgien à Berlin l’été dernier. « Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«L’enquête est en cours en Allemagne (…) Nous n’avons aucune information ici». «Ce sont des hypothèses absolument sans fondement », a-t-il ajouté, indiquant que le «sujet est en quelque sorte monté en épingle par les médias allemands» et indiquant qu’en l’absence de «soupçons sérieux» cette affaire ne pèserait pas sur la rencontre prévue le 9 décembre à Paris entre les dirigeants russe, ukrainien, allemand et français.

Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles par une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».  Tornike K. avait participé dans le camp tchétchène à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant de passer dans une unité anti-terroriste du ministère de l’Intérieur géorgien, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche.

Moscou le considère comme un terroriste. Visé déjà par plusieurs tentatives d’assassinat, celui qui était jusqu’ici présenté dans la presse sous le nom de Zelimkhan Khangochvili avait émigré ces dernières années en Allemagne.

  Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre avait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération russe, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Quant au meurtrier présumé, un Russe, est depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence. Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurait pourtant pas dans les bases de données russes.

 Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

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Pour le président Assad de Syrie, Les éliminations de James Le Mesurier, Jeffrey Epstein, Oussama Benladen et Abou Bakr Al-Baghdadi sont intiment liées

Pour le président Assad de Syrie, Les éliminations de James Le Mesurier, Jeffrey Epstein, Oussama Benladen et Abou Bakr Al-Baghdadi sont intiment liées

ON: 15/11/2019  IN: ANALYSIS  WITH: 9 COMMENTS

Pour Assad, le milliardaire américain Jeffrey Epstein ne s’est pas suicidé en prison mais a bel et bien été éliminé pour éviter qu’il ne divulgue des secrets sur les régimes US et britanniques.

Première réaction et révélation plus que surprenante du Président de la République Arabe de Syrie Bashar Al-Assad sur la mort fort suspecte du maître espion britannique James Le Mesurier à Istanbul: le fondateur des Casques Blancs syriens James Le Mesurier pourrait avoir été liquidé par des agents secrets sur instruction de la CIA ou avec la participation directe de cette dernière. Ce n’est pas tout. Bashar Al-Assad lance sa véritable bombe atomique en soulignant fort subtilement que la mort de Le Mesurier est intrinsèquement liée à celle du financier et philanthrope US Jeffrey Epstein, l’ex-dirigeant d’Al-Qaïda Oussama Benladen et le chef autoproclamé de Daech Abou Bakr Al-Baghdadi!

Pour Assad, le milliardaire US Jeffrey Epstein ne s’est pas suicidé en prison mais a été éliminé par des professionnels de la liquidation physique. Il en est de même pour L’espion britannique James Le Mesurier. Concernant ce dernier, Assad accuse nommément la CIA et le MiT de l’avoir neutralisé pour le faire taire à tout jamais.

L’affaire Jeffrey Epstein a profondément ébranlé les fondations du Deep State US et a failli éclabousser Israël, le Royaume Uni et bien d’autres pays. Epstein était l’un des rares personnes à pouvoir divulguer les noms des commanditaires réels des fausses attaques du 11 septembre 2001.

https://strategika51.org/2019/11/15/pour-le-president-assad-de-syrie-les-eliminations-de-james-le-mesurier-jeffrey-epstein-oussama-benladen-et-abou-bakr-al-baghdadi-sont-intiment-liees/

Le maître-espion britannique James Le Mesurier, fondateur de l’organisation rebelle syrienne des « Casques Blancs », retrouvé mort à Istanbul en Turquie

Le maître-espion britannique James Le Mesurier, fondateur de l’organisation rebelle syrienne des « Casques Blancs », retrouvé mort à Istanbul en Turquie

ON: 11/11/2019  IN: ANALYSIS  WITH: 0 COMMENTS

Le Maître-espion de Sa Majesté britannique James Le Mesurier, fondateur de l’organisation rebelle syrienne connue sous le nom de « Casques Blancs » ou White Helmets, à été retrouvé mort à Istanbul, Turquie.

Selon le journal turc Sozcu, le maître-espion britannique James Le Mesurier, un membre éminent du Mi6 britannique qui se faisait passer pour un ex-officier de l’Armée britannique et un « Contractor » (spécialiste de la sécurité et du renseignement à son compte) , a été retrouvé mort dans le jardin de son « safe house » à Istanbul, Turquie par des voisins. La police turque n’a pas précisé les causes du décès et ouvert une enquête.

James Le Mesurier vivait à Istanbul depuis quelque temps et selon des sources journalistiques turques, Le Mesurier souffrait d’une dépression sévère l’ayant contraint à prendre une médication à base de benzodiazépines et d’autres psychotropes.

Une autre source non confirmée évoque une defenestration « assistée » comme la cause de la mort de Le Mesurier. Dans ce cas précis il pourrait s’agir d’une élimination. Par qui ?

Pourtant les états de service de Le Mesurier ne sont pas loin d’égaler celles de Lawrence d’Arabie toutes proportions gardées. James Le Mesurier avait servi dans les Balkans (guerre de l’ex-Yougoslavie), dans la guerre du Kozovo, en Irak et notamment dans le Kurdistan irakien, au Liban, dans les territoires palestiniens, en Turquie et en Syrie.

Le Mesurier est présenté comme l’un des co-fondateurs de l’organisation rebelle syrienne des « Casques Blancs » ou White Helmets mais en réalité il n’a fait que créer des ONG écrans pour mettre en place les mécanismes nécessaires à la création de cette organisation dans le cadre de la politique du Mi6 et en accord avec la stratégie US de changement de régime au Moyen-Orient. Présentée comme une sorte de défense civile opérant en territoire rebelle, l’organisation des Casques Blancs a été portée aux nues par l’ensemble des médias de la propagande occidentale et arabe hostiles à la Syrie.

Comme beaucoup d’espions ou d’ex-espions impliqués un peu trop personnellement avec les projets qu’ils ont mis en place et que la hiérarchie exploite à d’autres fins avant de les abandonner, Le Mesurier souffrait de dépression sévère et ne sortait presque plus. A t-il été éliminé par le Mi6 de peur que sa dépression ne le pousse à divulguer le pot-aux-roses ? Ou bien a t-il été neutralisé par les turcs, les syriens, les russes, les kurdes, le Mossad ou encore des factions mécontentes de la rebellion syrienne? On ne le saura sans doute jamais. L’homme disparaît comme dans les romans d’espionnage les plus classiques et on ne saura jamais s’il a laissé des écrits ou un journal racontant la formidable opération secrète derrière la création des organisations rebelles en Syrie.

La Turquie n’avait aucun intérêt à le voire disparaître et les services syriens sont trop occupés à l’intérieur de la Syrie pour tenter la moindre aventure dans une Turquie forteresse. Pour les russes, aucun membre du Groupe Wagner n’a pu passer jusqu’ici vivant le redoutable filet sécuritaire turc et de ce fait, il nous reste les hypothèses suivantes:

  1. James Le Mesurier s’est probablement suicidé en se jetant de son balcon et/ou à l’aide de barbituriques ou autres substances chimoques;
  2. Le maître-espion aurait été neutralisé par le Mi6 après s’être rendu compte de l’ampleur de la manipulation;
  3. Des agents sous-traitants issus du Mossad et travaillant pour le Deep State ou l’État profond US l’auraient « écarté » en le mettant littéralement sur le carreau pour éviter toute divulgation d’information contraire à la doxa de la propagande occidentale.

Quoi qu’il en soit, James Le Mesurier ne sera ni le premier ni le dernier des artisans de l’ombre à disparaître de façon mystérieuse.

Un pan de l’histoire secrète de la guerre contre la Syrie s’en va.

https://strategika51.org/2019/11/11/le-maitre-espion-britannique-james-le-mesurier-fondateur-de-lorganisation-rebelle-syrienne-des-casques-blancs-retrouve-mort-a-istanbul-en-turquie/

La diplomatie iranienne évoque un autre incident avec un «drone espion» fin mai (photo)

Téhéran

La diplomatie iranienne évoque un autre incident avec un «drone espion» fin mai (photo)

CC BY 2.0 / xiquinhosilvaINTERNATIONAL14:22 23.06.2019(mis à jour 16:24 23.06.2019)URL courteDossier:Escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran (2019) (21)6624

Après que l’Iran a annoncé le 20 juin avoir abattu un drone espion états-unien qui «était entré dans l’espace aérien iranien», la diplomatie de la République islamique a fait état d’un précédent incident avec un «drone espion» survenu fin mai.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré sur son compte Twitter qu’un incident impliquant un «drone espion» s’était produit au mois de mai.

«[Il y a] plus de preuves, y compris d’une intrusion d’un drone espion MQ-9 le 26 mai», a-t-il constaté, faisant état également des acquisitions de bateaux et des conversations téléphoniques «planifiant d’attribuer des attaques de navires à l’Iran», a indiqué Mohammad Javad Zarif.

Selon lui, les alliés étaient «sur le point d’impliquer le Président américain dans une guerre», alors que «la prudence l’a empêché, mais le terrorisme économique ajoute de la tension».

Chiffres

© SPUTNIK . NATHALIA SELIVERSTOVAFeu vert de Trump pour des cyberattaques contre les systèmes de contrôle de missiles iraniens?Ces derniers jours, les tensions entre Téhéran et Washington sont montées d’un cran. Le 20 juin, soit quelques jours après l’incident impliquant des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, les Gardiens de la révolution islamique ont annoncé avoir abattu un drone espion américain qui «était entré dans l’espace aérien iranien» dans la province d’Hormozgan, laquelle borde le détroit en question.

Un responsable états-unien a confirmé l’attaque contre un appareil américain, affirmant que celui-ci se trouvait dans l’espace international.

Le lendemain, l’Iran a déclaré qu’il aurait également pu abattre un avion de reconnaissance américain. Quant à Donald Trump, il a affirmé qu’il était revenu sur sa décision de frapper des cibles iraniennes à 10 minutes seulement de l’attaque. Il l’a par la suite expliqué par l’intention d’éviter un lourd bilan humain.

https://fr.sputniknews.com/international/201906231041500225-liran-evoque-un-autre-incident-avec-un-drone-espion-fin-mai-selon-lafp/

https://fr.sputniknews.com/international/201906231041500225-liran-evoque-un-autre-incident-avec-un-drone-espion-fin-mai-selon-lafp/

L’Iran annonce avoir mis la main sur un vaste réseau d’espionnage dans le monde et a alerté la Chine

espionnage

L’Iran annonce avoir mis la main sur un vaste réseau d’espionnage dans le monde et a alerté la Chine

CC0INTERNATIONAL13:28 02.07.2019(mis à jour 14:36 02.07.2019)URL courte4521

Le porte-parole de la justice iranienne, Gholamhossein Ismaily, a accusé les États-Unis de mener une intense activité d’espionnage contre son pays. Il a indiqué que, par le passé, les services iraniens avaient découvert l’existence d’un vaste réseau mondial d’espionnage américain et qu’ils en avaient informé la Chine.

Dans une déclaration publique retransmise par la télévision publique iranienne, Gholamhossein Ismaily, porte-parole de la justice nationale, a accusé les services de renseignement américains d’avoir déployé divers groupes d’espions en Iran.

«Différentes équipes ont été déployées par les services de renseignement américains pour travailler en Iran et contre ses intérêts», a-t-il déclaré. «L’un des moyens de l’hostilité américaine à l’égard de l’Iran est la mise en place de réseaux d’espionnage pour obtenir des informations, afin de les utiliser comme des moyens de pression au moment opportun», a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron

© SPUTNIK . АЛЕКСЕЙ ВИТВИЦКИЙMacron a appelé l’Iran à «revenir sans délai» sur le dépassement de ses réserves d’uranium enrichiDans le même sens, le responsable a rappelé les précédents historiques de cette pratique américaine. «Dans le passé, les services de renseignement iraniens ont réussi à identifier un vaste réseau d’espionnage américain déployé dans le monde entier, et des informations ont été fournies aux pays amis, dont la Chine», a-t-il indiqué. «Ce réseau d’espionnage américain a été éliminé l’année dernière [en Iran, ndlr], mais l’hostilité américaine n’est pas encore terminée», a-t-il souligné.

Selon M.Ismaily, «un deuxième réseau d’espionnage a été démantelé et ses membres, qui travaillaient dans des endroits sensibles, ont été arrêtés et envoyés devant la justice». Parmi les personnes interpelées par les forces de l’ordre iraniennes, «deux exerçaient dans des institutions relevant des forces armées», a-t-il précisé, ajoutant qu’«ils ont été condamnés à l’emprisonnement à vie». «Deux autres membres de ce réseau sont des officiers de l’armée iranienne, ils ont été condamnés à mort», a-t-il conclu.

Téhéran

© SPUTNIK . ANTON BYSTROVL’Iran confirme avoir dépassé la limite des 300 kilogrammes de stock d’uranium enrichiLes grandes puissances encore parties prenantes du Plan d’action global commun (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) se sont réunies le 28 juin à Vienne pour tenter de sauver l’accord en question, destiné à garantir le caractère strictement pacifique du programme nucléaire de l’Iran.

Le 8 mai 2018, Donald Trump avait annoncé que Washington se retirait de l’accord conclu entre les puissances citées ci-dessus et l’Iran, et avait restauré les sanctions anti-iraniennes et les sanctions contre les entreprises qui faisaient des affaires avec Téhéran.

Les autres membres de l’accord iranien se sont prononcés contre cette décision de Washington et ont confirmé leur respect du texte. Ces pays élaborent des mesures pour protéger leurs entreprises des sanctions américaines.

https://fr.sputniknews.com/international/201907021041571022-iran-denonce-intense-activite-espionnage-us-territoire-chine/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

l’Iran dit avoir abattu un « drone espion américain »




l’Iran dit avoir abattu un « drone espion américain »


Jeudi 20 Juin 2019 modifié le Jeudi 20 Juin 2019 – 09:13


L’Iran a annoncé jeudi avoir abattu un « drone espion américain » qui avait violé son espace aérien dans un contexte de tensions croissantes dans le Golfe faisant redouter l’éclatement d’un conflit ouvert entre Washington et Téhéran.




l'Iran dit avoir abattu un "drone espion américain"
L’appareil, un modèle Global Hawk (du fabricant américain Northrop Grumman), a été abattu « aux premières heures de la journée », au dessus de la province côtière d’Hormozgan, dans le sud de l’Iran, selon un communiqué des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.

Il a été abattu par un « missile » de la force aérospatiale des Gardiens, au large de la côte face au mont Mobarak, « après avoir violé l’espace aérien iranien », ajoute le texte, sans fournir davantage de détails.

Selon la télévision d’Etat iranienne, cette zone se trouve dans le comté du port de Jask (sur la mer d’Oman). Aucune image de l’appareil détruit n’avait été publiée par les médias iraniens en milieu de matinée.

L’incident survient dans un contexte de tensions exacerbées entre l’Iran et les Etats-Unis. La province d’Hormozgan borde le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour l’approvisionnement mondial de pétrole.

L’armée américaine a intensifié mercredi ses accusations contre l’Iran, qu’elle tient responsable de l’attaque des deux tankers touchés par des explosions le 13 juin en mer d’Oman.

Téhéran a nié toute implication dans ces attaques, laissant plutôt entendre qu’il pourrait s’agir d’un coup monté des Etats-Unis pour justifier le recours à la force contre la République islamique.

En dépit des affirmations répétées de responsables américains et iraniens selon lesquelles leur pays respectif ne cherche pas la guerre, l’escalade récente des tensions dans le Golfe fait craindre qu’une étincelle ne mette le feu au poudre.

« Risque de guerre »

En visite à Paris, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a mis en garde en estimant que « le risque de guerre dans le Golfe n’était pas écarté ». Paris et Berlin ont appelé à la « désescalade » via un dialogue avec toutes les parties.

Les tensions vont croissant entre la République islamique et les Etats-Unis depuis que le président américain a décidé en mai 2018 de retirer son pays de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et de rétablir de lourdes sanctions contre Téhéran, privant ainsi l’Iran des bénéfices économiques qu’il attendait de cet accord.

La tension a encore gravi un échelon avec les attaques d’origine encore inconnue contre deux navires-citernes en mer d’Oman, présentant des similitudes avec les actes de sabotage ayant endommagé un mois plus tôt quatre navires à l’entrée du Golfe, et pour lesquelles Washington tient également pour coupable l’Iran, qui dément toute implication.

Mercredi, le Centcom, état-major américain chargé des opérations de l’armée américaine de la Corne de l’Afrique à l’Asie centrale, a affirmé qu’une explosion survenue à bord du tanker japonais Kokuka Courageous, l’un des deux navires attaqués le 13 juin, avait été provoquée par une mine-ventouse « semblable à celles utilisées par l’Iran ».

« La mine-ventouse est reconnaissable et ressemble en tous points aux mines iraniennes visibles dans des défilés militaires iraniens », a affirmé un officier supérieur du Centcom, pour qui « l’attaque contre le Kokuka Courageous et les dommages qu’il a subis résultent de l’emploi de mines-ventouse qui ont été posées sur sa coque ».

« Ces dommages correspondent à ceux causés par une mine-ventouse. Ils ne correspondent pas à ceux que pourrait causer un engin volant touchant le navire », a estimé l’officier, chargé d’enquêter sur l’accident.

Selon son armateur, l’équipage du cargo japonais a indiqué avoir repéré un engin volant non identifié qui avait tenté une première fois d’attaquer le navire, avant de revenir trois heures plus tard et de le frapper, provoquant un trou dans la coque et un incendie.

Le général Amir Hatami, ministre de la Défense iranien, a rejeté « catégoriquement » mercredi les accusations américaines, les jugeant infondées.

Jeudi 20 Juin 2019 – 08:45


Crash du F-35A Nippon : Washington utilise l’avion espion U-2 pour surveiller d’éventuelles tentatives de recherches chinoise ou russe

Crash du F-35A Nippon : Washington utilise l’avion espion U-2 pour surveiller d’éventuelles tentatives de recherches chinoise ou russe

Un avion de reconnaissance Lockheed U-2 de l’US Air Force participe aux operations de recherche du pilote du F-35A Nippon qui s’est écrasé dans l’océan pacifique le 09 avril 2019. L’intervention de ce type d’appareil viserait avant tout la surveillance des activités chinoise et russe près de la zone du crash.

Lockheed U-2 Dragon Lady

Le Lockheed U-2 Dragon Lady est un avion de reconnaissance évoluant en haute altitude

Le F-35A Lightning II (JSF) des forces d’autodéfense aériennes japonaises avait disparu des radars le 09 avril 2019 lors d’un vol d’entraînement au combat nocturne en compagnie de trois autres appareils du même type à l’est de la base aérienne de Misawa, leur base de rattachement.

Les autorités japonaises ont affirmé que le F-35A s’est écrasé en mer.

Le pilote, identifié comme étant le commandant Akinori Hosomi, 41 ans, accumulant 3200 heures de vol dont 60 sur le F-35A, est toujours porté disparu.

Le Japon a deployé des navires, des hélicoptères et un submersible de secours pour tenter de retrouver le pilote et les restes de l’appareil.

Les États-Unis participent activement à ces opérations avec des avions de reconnaissance maritime P-8 A Poseidon, le destroyer Stethem (7e Flotte US), des satellites espions et un avion de reconnaissance de haute altitude U-2.

P8 Poseidon flying over a Japanese navy vessel

Un P-8 Poseidon US survole un navire des Gardes-côtes japonais dans la zone présumée du crash du F35 A japonais.

Interrogé par la presse sur les craintes relatives à une éventuelle récupération de l’épave ou des restes du F-35A par la Chine ou la Russie, le ministre japonais de la défense, Takeshi Iwaya, s’est contenté de souligner vendredi dernier que son pays n’avait détecté aucune activité inhabituelle. Il a surtout tenu à réaffirmer l’engagement du Japon a acquérir 105 F-35A et 42 F-35B en dépit du tollé que cette décision suscite au sein d’une partie de l’opinion nipponne, laquelle considère ces acquisitions comme un marché de dupes, voire une véritable escroquerie.

La zone océanique où s’est écrasé le F-35A est assez profonde (1500 mètres) et seuls des pays disposant de certains moyens pourront accéder à cette profondeur. A Washington, on ne veut surtout pas entendre parler d’une offre d’assistance de la part de la Chine ou de la Russie, soupçonnées de vouloir mettre la main sur les restes du F-35 à des fins d’espionnage technologique.

Le crash du F-35A nippon dans l’océan pacifique suit celui du F-35B US en Caroline du Sud. Ce sont les deux crashs reconnus officiellement par le Pentagone et Lockheed. Les incidents ayant affecté les F-35 israéliens, dont un touché « officiellement » par un pauvre volatile migrateur de retour d’une mission de combat en Syrie (jamais confirmé) demeurent des sujets tabous.

Dans tous les cas et en dépit du coût exorbitant de son développement, le F-35 n’inspire aucune confiance quant à ses capacités extraordinaires supposées telles que véhiculées par les campagnes de marketing et les films d’action ou de science-fiction hollywoodiens visant à l’écouler à des pays alliés ayant des économies assez solides pour s’offrir le luxe rarissime de se doter d’un avion de combat fort onéreux en termes de service et de maintenance sans la moindre preuve de son efficacité opérationnelle.

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John Maynard Keynes et le cercle des espions

John Maynard Keynes en 1915, entre Bertrand Russell (à gauche) et Lytton Strachey (à droite)
PHOTO : Ottoline Morrell/Wikimedia
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HISTOIRE

John Maynard Keynes et le cercle des espions

En novembre 1979, Margaret Thatcher, premier ministre, confirmait devant les Communes que Sir Anthony Blunt, conservateur des collections royales et cousin de la Reine mère, était bien le « quatrième » espion de Cambridge, le complice de Donald Maclean, Guy Burgess et Kim Philby. Côté américain, c’est en 1997, près de 50 ans après la fièvre maccarthyste qu’une Commission du Sénat présidée par le sénateur démocrate de New York, Daniel Moynihan, rendait compte de l’opération « Venona » chargée de décrypter les câbles envoyés par les officiers résidents du NKVD (puis KGB), installés dans les pays occidentaux. Ce rapport concluait :

« La complicité d’Alger Hiss du Département d’État semble établie, comme l’est aussi celle de Harry Dexter White du Département du Trésor. »

Ce dernier était devenu, à partir de 1941, le principal interlocuteur de John Maynard Keynes pour négocier les « prêts bails » à l’Angleterre et tenter de concilier leurs plans respectifs de réforme du système monétaire qui préparaient la conférence historique de Bretton Woods (juillet 1944).

Si une multitude de personnalités ont côtoyé des membres de l’un ou de l’autre de ces réseaux d’espionnage, l’ironie et le hasard de l’histoire veulent que Keynes ait été proche des deux à la fois.

Keynes, le parrain des « apôtres » de Cambridge

Keynes participait activement à deux « confréries » : la Conversazione Society et le groupe de Bloomsbury. Le premier, créé au début du XIXe siècle, élisait parmi les plus brillants d’entre eux un nombre très limité d’étudiants de Cambridge, surnommés les « apôtres » (apostles). Keynes avait été élu en 1903. D’autres économistes en étaient membres comme Ralph Hawtrey, Dennis Robertson et, plus tard, Frank Ramsey.

Le second groupe, beaucoup plus informel, avait été constitué en 1904, à l’initiative d’un étudiant du Trinity College de Cambridge, Thoby Stephen. Déçu de n’avoir pas été admis dans la très élitiste Society, il s’assure de la complicité d’un autre déçu, Clive Bell, pour inviter chez lui, au 46 Gordon Square, dans le quartier londonien de Bloomsbury, ceux de ses amis qui en étaient membres. Ce groupe qui se veut pacifiste, incroyant et non conventionnel, réunit toute la fratrie Stephen : Vanessa l’aînée (qui épousera Clive Bell en 1907), Virginia (qui épousera Leonard Woolf en 1912) et Adrian, le cadet.


Duncan Grant (à gauche) et John Maynard Keynes (à droite) FMI/Wikimedia

À la mort de Thoby, en 1906, c’est Vanessa qui prend en main le groupe auquel se joint Keynes. Vanessa Bell, peintre elle-même, devient la compagne d’un autre peintre, Duncan Grant, qui avait auparavant vécu en couple avec Keynes chez Virginia Stephen (qui n’était pas encore Virginia Woolf). Keynes continuera à soutenir son ami Duncan, mais il nouera une amitié presque amoureuse avec Vanessa. C’est dans la maison de campagne des Bell à Charleston, dans le Sussex, que Keynes écrira en 1919 Les conséquences économiques de la paix, entouré des trois enfants de Vanessa : l’aîné, Julian, le cadet Quentin et la benjamine Angelica, fille « biologique » de Duncan Grant. Keynes fait alors quasiment partie de la famille Bell.

Dans les années 1920, Keynes devient le « parrain » des apôtres de la nouvelle génération. Julian Bell, étudiant à Cambridge, lui fait rencontrer quelques-uns de ses amis les plus brillants et notamment son compagnon, Anthony Blunt devenu apôtre en 1927, un an avant Julian. À cette époque, la Conversazione Societydiscute davantage de philosophie, d’art et de littérature que de politique. Le couple se sépare mais dans la bonne tradition de Bloomsbury, les deux hommes restent des amis et des confidents proches. Le futur historien de l’art vit alors en couple avec Guy Burgess, lui-même élu apôtre en 1932.

Fascinés par le « miracle » stalinien

Le collègue et ami de Keynes, Maurice Dobb, a certes fondé la première cellule communiste à Cambridge dès 1920, mais celle-ci peine à recruter. Il faut attendre la crise de 1929 et la montée du fascisme pour qu’il parvienne à remplir la « Maison rouge » où se tiennent les réunions de cellule. La Conversazione societyse radicalise alors et beaucoup des « élus » affichent ouvertement des sympathies pour le communisme et l’Union soviétique, qui contraste avec un anti-américanisme que le New Deal de Roosevelt ne remet pas en cause.

Autour de ces jeunes Cambridgiens, fascinés par le « miracle » stalinien, se noue ainsi un réseau amical très radicalisé, auquel appartient également Kim Philby puis John Cairncross (le « cinquième » de Cambridge) et Michel Straight. Ils participent à des manifestations pacifistes, infiltrent les associations, et se réunissent fréquemment à Charleston, dans la maison de campagne des Bell, située à quelques centaines de mètres de la ferme de Tilton, la ferme de Keynes. Angelica Garnett, la demi-sœur de Julian et la filleule de Keynes se souviendra plus tard dans Trompeuse gentillesse :

« Des discussions bruyantes et animées entre Julian et ses amis sur la pelouse de Charleston qui ne me rassuraient guère… foisonnant d’idées, s’exprimant avec aisance et bien informés, les amis de Julian me terrorisaient à la fois par leur brio intellectuel… et par leur vision du monde en général qui semblait considérer l’élément humain comme négligeable. »

Keynes s’inquiète, lui aussi, de cette radicalisation qui remet en cause son influence sur la jeune génération. Pour lui, le marxisme n’est qu’une croyance, une maladie de l’âme. Marié à une Russe, la ballerine Lydia Lopokova, il n’a aucune illusion sur le paradis socialiste dont, par sa belle-famille, il connaît les méthodes. Julian Bell commet une forme de parricide œdipien en écrivant dans le New Statesman, que lui et ses amis ne pouvaient plus accorder :

« Toute confiance aux prophéties de Maynard Keynes sur la prospérité éternelle et toujours croissante du capitalisme… et il serait difficile de trouver quelque personne ayant des prétentions intellectuelles qui n’accepterait pas l’analyse marxiste de la crise actuelle. »

 

Mais cette radicalité n’implique pas de basculer dans l’espionnage. Comme l’écrira John Le Carré dans La Taupe en pensant inévitablement aux « cinq » :

« La plupart des taupes anglaises avaient été recrutées avant la guerre et étaient issues de la haute bourgeoisie, c’étaient même parfois des aristocrates et des nobles dégoûtés de leurs origines et qui étaient devenus secrètement des fanatiques, beaucoup plus que leurs camarades des classes laborieuses anglaises qui sont des paresseux. »

« L’esthète aux yeux froids et le chérubin dissolu »

Kim Philby était un protégé de Maurice Dobb et un élève de Dennis Robertson, qui fut un temps le plus proche collaborateur de Keynes et à qui on doit la théorie de la « trappe à liquidité » reprise dans la Théorie Générale. De retour d’un voyage mouvementé à Vienne en 1934, où il n’a échappé à la police de Dollfuss qu’en s’enfuyant par les égouts de la ville (ce qui inspirera plus tard Graham Greene pour le scénario du Troisième homme), marié à une communiste juive qu’il a fait sortir d’Autriche, Philby est contacté par « Otto » (Arnold Deutsch) qui a pour mission de créer un réseau de brillants éléments susceptibles d’infiltrer l’administration et les services secrets britanniques.

On lui demande alors de feindre d’abjurer son communisme et de se rapprocher de groupes très droitiers, voire fascistes ou nazis. Philby recrute d’abord Donald Maclean, puis Guy Burgess et Anthony Blunt. Tous parviendront à pénétrer les services secrets britanniques ou le Foreign Office. C’est Blunt qui contactera l’« apôtre » Michael Straight, un riche héritier américain. Victor Rothschild, troisième Baron du nom, « apôtre » proche de Keynes et très lié à Blunt et à Burgess, sera soupçonné d’avoir appartenu au réseau, mais aucune preuve n’est jamais venue confirmer cette hypothèse.

Rien ne permet d’affirmer que Julian Bell ait été approché, mais compte tenu de sa proximité idéologique et amicale avec les « quatre de Cambridge » il est vraisemblable qu’il l’ait été. On pourrait voir dans un éventuel refus de l’héritier présomptif de Bloomsbury, la raison profonde de décisions mal comprises par son entourage : un départ précipité pour l’Université de Wuhan (Chine) en 1935, puis son engagement très anti-bloomsburien dans la guerre d’Espagne, où il trouvera la mort en juillet 1937.

Pendant toutes ces années 30, Keynes ne cessera de fréquenter ce groupe de jeunes Cambridgiens brillants et radicaux, ses élèves, souvent des « apôtres. » À Cambridge, ils sont invités aux parties qu’il organise pour maintenir les « liens sociaux » au sein de l’élite cambridgienne et entretenir son ascendant. Le biographe de Keynes, Robert Skidelsky, écrit ainsi :

« Blunt et Burgess faisaient partie du cercle cambridgien de Keynes… L’esthète aux yeux froids (cold-eyed) et le chérubin dissolu étaient sans doute suffisamment attirants, intelligents et amusants pour passer du temps avec eux. »

Le professeur Dennis Robertson, quant à lui, refusera de soutenir Philby dans ses candidatures à un poste dans l’administration. Il devra faire ses preuves en Espagne comme journaliste pro-franquiste avant d’avancer dans sa mission d’infiltration. Guy Burgess, devenu producteur à la BBC, fera fréquemment intervenir, Lydia Keynes, pour évoquer la littérature russe.

Keynes pouvait-il pour autant connaître ou deviner les activités clandestines de ses disciples ? Les taupes étaient trop bien nées pour être soupçonnables…

Bretton Woods, nid d’espions ?

L’infiltration de l’administration américaine est tout autant connue, mais moins assumée. Si, en Angleterre, l’exfiltration vers l’URSS de Maclean et Burgess (en 1951) puis de Philby (en 1962) ne laisse pas grand doute sur leur compromission, le discrédit du maccarthysme a favorisé un certain déni aux États-Unis. C’est ainsi que les accusations à l’encontre de Harry Dexter White, l’ordonnateur de la Conférence de Bretton Woods et père fondateur du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, ont souvent été considérées comme peu fondées.


Harry Dexter White (à gauche) et John Maynard Keynes (en 1946) FMI/Wikimedia

Fils d’émigrés juifs lituaniens de Boston, White avait tardivement repris des études pour soutenir une thèse à Harvard sous la direction de Frank Taussig, mais il ne parvient pas à obtenir un poste à Harvard du fait, sans doute, de sa judéité. Recommandé par Taussig et par son ami et collègue Lauchlin Currie, l’économiste Jacob Viner le fait entrer au Trésor en 1934. Il se rend rapidement indispensable auprès d’Henry Morgenthau Jr., le secrétaire au Trésor.

Dans les années 1930, le Parti communiste américain avait développé un réseau d’influence dirigé par un journaliste, Whittaker Chambers. D’après ce qu’il dévoilera plus tard dans Witness (et au FBI !), il prend contact avec White pour obtenir des renseignements et influencer les positions américaines. Mais les purges staliniennes conduisent Chambers à renier sa foi, quitter le réseau, et se confier à une haute personnalité, Adolf Berle, proche conseiller de Roosevelt.

La rencontre a lieu à Washington, en septembre 1939. L’esprit sans doute embrumé par l’alcool, il donne le nom des membres de son réseau dans lequel apparaissent des fonctionnaires du Trésor proches de White : Frank Coe, Solomon Adler, Harold Glasser. On y trouve aussi le nom de Lauchlin Currie, conseiller économique de Roosevelt, un des chefs de file des économistes « keynésiens » américains et que Keynes évoquera par la suite dans ces termes :

« Un de mes vieux amis et je le connais bien, mais il n’y a personne avec qui il est plus difficile de traiter. Il est extrêmement méfiant et jaloux, très anti-britannique. » (cité par R. Skidelsky)

Whittaker a-t-il prononcé le nom de White ? Whittaker affirme que non. Le journaliste Isaac Don Levine, qui assiste à la rencontre, soutient que oui. Adolf Berle, qui travaille quasi quotidiennement avec White, ne le met pas dans la liste qu’il enverra plus tard à l’administration.

L’anglophobie du clan Roosevelt

Des contacts sont repris au printemps 1941 pour préparer le retour aux États-Unis de l’espion Iskhak Akhmerov alias « Bill » ou « Michael Green. » C’est un miraculé des purges. Rappelé à Moscou comme beaucoup d’agents, il échappe suffisamment longtemps aux exécutions pour redevenir utile aux services secrets pour son expérience de l’Amérique. White sera le principal acteur de l’opération « Snow » dont l’objectif est… de faire entrer les États-Unis dans la guerre ! Il sera l’un des principaux auteurs de l’ultimatum adressé au Japon en novembre 1941.

Si le secrétaire d’État, Cordell Hull, était lui aussi sur une ligne dure, le secrétaire à la Guerre Henry Simpson demandait des allégements dénoncés par White qui, de son côté, met en garde contre un « Munich oriental » qui « abaisserait l’éclat du leadership mondial de l’Amérique dans le combat d’une grande démocratie contre le fascisme » (cité par Benn Steil dans The Battle of Bretton Woods). L’attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, préservera ainsi l’URSS d’un nouveau front à l’Est. Plus tard, on mettra également en cause White pour sa participation au plan Morgenthau – vraisemblablement communiqué aux Soviétiques pendant la Conférence de Bretton Woods – et qui visait à ruraliser l’Allemagne. Enfin, on lui reprochera d’avoir fait livrer à l’URSS les planches à billets qui permettaient d’imprimer une monnaie d’occupation liée au dollar.

White et Keynes ne font vraiment connaissance que lors des nombreux voyages de Keynes aux États-Unis pendant la guerre, toujours accompagné de son épouse Lydia. Il s’agit moins alors de discuter d’un nouvel ordre économique monétaire que de négocier des prêts à l’Angleterre. Keynes comprend vite que son principal interlocuteur ne sera pas le patelin secrétaire au Trésor Morgenthau mais son « assistant » White. L’anglophobie de White est en ligne avec celle de Roosevelt. Il s’agit d’en terminer avec l’Empire britannique – ce qui arrange aussi l’Union soviétique.

C’est White qui souhaite inviter l’URSS à la conférence de Bretton Woods consacrée à la mise en place d’un système monétaire fondé sur des changes fixes et la convertibilité des monnaies. Keynes, quant à lui, ne voit pas comment une économie aussi administrée et planifiée que l’URSS pourrait se plier aux règles du système. Pendant la Conférence de Bretton Woods, beaucoup d’observateurs ne manquent pas de remarquer la russophilie de White. Le très actif assistant de White, Édouard Bernstein, se souviendra bien plus tard d ans son livre-entretien avec Stanley Black que « White était un peu anti-anglais, et ça apparaissait souvent. Il n’y a aucun doute que Harry était proche des Russes. »

White, père du « FMI » et agent des Soviétiques

Sur le plan des relations internationales, les convictions de White étaient aussi celles de Roosevelt : faire émerger un nouvel ordre international fondé sur l’alliance des deux plus grandes puissances de l’époque, les États-Unis et la Russie. Il n’est pas certain, néanmoins, que Roosevelt aurait partagé sa confiance dans la planification. White écrit ainsi que « la Russie est le premier exemple d’économie socialiste en action. Et ça marche ! » (cité par Benn Steil). Sa naïveté et ses imprudences dans une diplomatie parallèle qui outrepassait ses fonctions sont reconnues même par ses défenseurs. Mais White a-t-il été au-delà ?

Après Chambers, d’autres dénonciations interviendront : celle de Katherine Perlo en avril 1944 (pour se venger de son ex-mari, Victor qui dirigeait le réseau) et celle d’Elizabeth Bentley. Les différentes listes se recoupent largement et on y retrouve, outre White, les noms de personnalités présentes à Bretton Woods comme Lauchlin Currie, Solomon Adler, William Ullmann et Gregory Silvermaster. Lorsqu’à l’été 1948, Chambers et Bentley rendent publiques ces accusations devant le Comité spécial sur les activités anti-américaines (HUAC), White demande à comparaître pour défendre son innocence. Il doit alors affronter un jeune représentant ambitieux, Richard Nixon qui 25 ans plus tard, devenu Président, mettra fin au système de Bretton Woods.

Ces témoignages venant de personnes fragiles ne peuvent constituer des preuves, mais tous les éléments nouveaux qui se sont accumulés depuis 1948 vont dans le même sens. « Venona » révèle qu’entre le 16 mars 1944 et le 8 janvier 1946, White était cité dans 18 câbles sous différents noms de code (Lawyer, Jurist, Richard, Reed). La chute du mur de Berlin, les témoignages d’agents survivants et l’ouverture des archives personnelles de White ont alourdi les charges. White était bien un agent soviétique convaincu que ce qui était bon pour l’URSS l’était aussi pour les États-Unis.

Il ne pensait sans doute pas trahir en défendant des positions qu’il aurait soutenues, même sans la pression des agents du NKVD. Il est, néanmoins, difficile d’admettre qu’il ignorait commettre des actes illégaux. Trois jours après son audition au Congrès, White meurt d’une crise cardiaque ou… d’une surdose de digitaline. Les autres membres du réseau devront quitter l’administration. Frank Coe rejoindra la Chine de Mao, qu’il conseillera. Il sera rejoint par Solomon Adler et son épouse Dorothy Richardson, également présente à Bretton Woods. Ils sont tous les trois enterrés dans un cimetière de Pékin. Lauchlin Curie, d’origine canadienne, sera déchu de sa nationalité américaine.

White écarté du FMI par Edgar Hoover

D’après Curt Gentry dans Edgar Hoover : The Man and the Secrets, Lord Halifax aurait dès 1941 informé Roosevelt des activités clandestines de White sans susciter de réactions de sa part. L’ambassadeur, ancien ministre des Affaires étrangères de Neville Chamberlain, savait tout des confidences du transfuge soviétique Wariss Krivitsky, interrogé par le FBI et le MI5 avant de se « suicider » (probablement un assassinat) et qui aurait pu donner le nom de White au MI5.

Si l’ambassadeur avait des informations sur les activités clandestines de White, on imagine mal qu’il n’en ait pas averti Keynes lors de ses séjours aux États-Unis. La complaisance de White à l’égard des Russes à Bretton Woods aurait pu susciter des doutes. Il envoie ainsi cette note au gouverneur de la Banque d’Angleterre qui pourrait laisser sous-entendre quelques soupçons. Keynes y énonce les « victoires » de la Russie :

« 1. Quotas trop importants au Fonds ; 2. Contribution trop faible à la Banque ; 3. Souscription en or réduite ; 4. Dispositions permettant à l’or qu’ils amènent de ne jamais quitter Moscou ; 5. Exonération virtuelle de la clause de fixité des taux de change et ainsi de suite… »

Il ajoute :

« Presque toutes les concessions, toutefois, l’ont été au détriment des Américains. La préoccupation de la politique américaine a été d’apaiser les Russes » (dans Ed Conway, « The Summit : The Biggest Battle of the Second World War »).

En 1946, Keynes apprendra des autorités américaines qu’elles ont renoncé à nommer White directeur général du FMI, alors que sa nomination était considérée comme acquise. Le Président avait pris connaissance d’un rapport d’Edgar Hoover, directeur du FBI, qui mettait White en cause. N’ayant personne d’autre à proposer, Truman décide de laisser la direction à un Européen, le Belge Camille Gutt. Depuis c’est toujours un Européen – souvent un·e Français·e, qui a dirigé cette organisation laissant aux Américains la présidence de la Banque mondiale.

Gutt entre en fonction le 6 mai 1946. Le mois précédent Keynes était revenu épuisé de la conférence de Savannah consacrée à la mise en place du Fonds et de la Banque. Il s’y était entretenu une dernière fois avec un White déchu et amer. L’Américain, contre qui il avait si souvent bataillé, l’avait physiquement soutenu lorsque dans le train qui les ramenait à Washington, Keynes s’était écroulé victime d’un énième malaise cardiaque, le dernier avant celui qui l’emportera trois semaines plus tard dans sa maison de Tilton, un dimanche de Pâques.

Jean-Marc SiroenProfesseur d’économie internationale, Université Paris Dauphine – PSL

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

 

https://www.alternatives-economiques.fr/john-maynard-keynes-cercle-espions/00084978

Revue de presse nationale et internationale.