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L’Élysée et le « Gladio B », par Thierry Meyssan

L’Élysée et le « Gladio B », par Thierry Meyssan

Publié par Brujitafr sur 28 Octobre 2018, 07:05am

Catégories : #ACTUALITES, #POLITIQUE

Note de Soverain : Soverain a publié il y a quelques mois un dossier sur l’existence et le rôle du réseau Gladio. Consulter notre dossier sur l’impérialisme américain de l’historien Anton Chaitkin ! Nous sommes, tous à Soverain, au courant de la réputation sulfureuse de Thierry Meyssan, mais l’article est intéressant et mérite de s’y attarder quelques instants. 

Article de Thierry Meyssan publié sur le Réseau Voltaire

Durant la Guerre froide, les États pro-US ont connu un sanglant précédent de répression illégale et secrète. S’il est clair que ce système a été progressivement démantelé en Europe, il ne s’est jamais interrompu au « Moyen-Orient élargi » mais s’y est transformé. Les agissements de l’Élysée dans le cadre de l’affaire Benalla, laissent entrevoir la possibilité que cette histoire ne soit pas finie.

Bien que tout le monde ait vu Alexandre Benalla escorter un peu partout le président de la République, il n’était aucunement chargé de sa sécurité. Mais qu’elle était donc sa fonction ?

Bien que tout le monde ait vu Alexandre Benalla escorter un peu partout le président de la République, il n’était aucunement chargé de sa sécurité. Mais qu’elle était donc sa fonction ?

Qui est Alexandre Benalla ?

Révélée par Le Monde, l’affaire Benalla a laissé apercevoir ce qui se passe dans les coulisses de l’Élysée. Un collaborateur d’Emmanuel Macron est un voyou qui, se faisant passer pour un policier, est allé tabasser deux manifestants le 1er mai dernier, muni d’un brassard de police et d’une radio interne de la police. Il bénéficiait de « copinages malsains », selon l’expression du préfet Michel Delpuech. Cet aspect des choses fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire où 5 personnes sont mises en examen. Elle est doublée d’une enquête administrative de l’Inspection générale (IGPN).

Il se trouve que, loin d’être un vague collaborateur, ce voyou n’était autre que le « directeur adjoint du cabinet du président de la République ». Il escortait son patron en de très nombreuses occasions, aussi bien publiques que privées et disposait du double des clés de sa résidence secondaire. Un permis de port d’armes permanent lui avait été octroyé en raison de sa fonction (laquelle exactement ?). Une voiture de fonction avec de super-gyrophares lui avait été attribuée (par qui ?). Il détenait une carte d’accès à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, un passeport diplomatique, et une accréditation Secret-Défense (pourquoi ?).

Selon les syndicats de policiers déposant sous serment devant la Mission d’information sénatoriale, ce voyou du président inspirait la « terreur » aux policiers. Il n’hésitait pas à menacer et à injurier de hauts gradés de la police et de la gendarmerie auxquels il se permettait de donner des ordres. Il se rendait à des réunions au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de police accompagné de « barbouzes ». Il recrutait des « vigiles » pour l’Élysée. —Toutes imputations fermement démenties par le cabinet du président de la République—.

Le président Macron a déclaré avoir été « trahi » par Alexandre Benalla et l’avoir sanctionné de quinze jours de suspension avec interruption de son salaire et l’avoir réaffecté à un poste moins important. Cependant, pour des raisons « techniques », la sanction financière n’a pas été appliquée. En outre, quelques jours plus tard, en raison du « manque de personnel », le même Benalla accompagnait à nouveau le président comme si de rien n’était. Aucune des personnes chargées de la sécurité présidentielle, ni même le ministre de l’Intérieur, ne s’inquiétèrent de cette proximité persistante, bien qu’ils connaissaient le tabassage du 1er mai.

D’où cette question évidente des parlementaires, constitués en Commissions d’enquête : Alexandre Benalla faisait-il partie d’une police parallèle en gestation, aux seuls ordres du président Macron ?

Il faut bien comprendre que dans le système constitutionnel français, le président de la République n’a aucun pouvoir sur les administrations qui relèvent du seul gouvernement. Sa sécurité est assurée par des fonctionnaires, civils et militaires [1]. Si le président disposait d’un service de sécurité placés sous ses seuls ordres, celui-ci ne pourrait être contrôlé car il bénéficierait de l’« irresponsabilité » accordée au président pour la durée de son mandat.

Après six jours de mutisme, le président de la République s’est adressé à ses fidèles réunis pour une soirée. Oubliant que même ses soutiens se posent des questions, il les a mobilisés contre ses ennemis qui lui cherchent des poux dans la tête. Il a déclaré avoir été trahi par son directeur-adjoint de cabinet. Il a revendiqué être le seul chef et par conséquent le seul « responsable » de cette erreur de casting (en réalité, le seul auteur de cette erreur).

Cette prise de parole était très belle et touchante. Mais elle ne répond pas à la question posée.

Surtout, elle fait obstacle au travail des parlementaires en dispensant les personnalités auditionnées de répondre en détail, puisque seul le président est —ou plutôt sera à l’issue de son mandat— « responsable ». Circulez, il n’y a rien à voir !

Les parlementaires avaient déjà été ébranlés par une déclaration sous serment du directeur de l’ordre public de la préfecture de police, Alain Gibelin, contredisant les déclarations de l’Élysée… avant de rectifier lui-même son propos le lendemain ; puis par les contradictions entre la description officielle du poste d’Alexandre Benalla et les motifs figurant sur son arrêté préfectoral de port d’armes ; ou encore par la déclaration de l’Élysée qu’il ne disposait pas d’appartement de fonction contredite par sa déclaration fiscale de changement d’adresse le 9 juillet dans la caserne du Quai Branly.

Sans parler du vol de vidéos de surveillance à la préfecture de police de Paris par des policiers agissant pour le compte d’Alexandre Benalla ; vidéos qui aboutirent une journée complète à l’Élysée où de nombreux collaborateurs les visionnèrent.

L’hypothèse du « Gladio B »

Nous avons publié dans ces colonnes que la mission de Monsieur Benalla était de créer un équivalent français de l’US Secret Service intégrant à la fois la fonction de protection du président et de lutte contre le terrorisme [2] ; une information aujourd’hui largement reprises par nos confrères sans nous citer.

Le ministre de l’Intérieur, qui a déclaré ne rien connaître de cette affaire, est persuadé que la refonte des services de sécurité de l’Élysée ne visait pas à les faire échapper aux hiérarchies traditionnelles. On espère qu’il ne s’est pas laissé intoxiquer sur ce sujet là aussi.

Cependant, on se souvient que, durant la Guerre froide, les États-Unis et le Royaume-Uni avaient créés dans l’ensemble des États alliés un service pour lutter contre l’influence soviétique à l’insu des institutions nationales. Ce système est connu des historiens sous le nom de stay-behind et du grand public sous celui de sa branche italienne, le Gladio. Dans le monde entier, il était géré conjointement par la CIA et le MI6, via la Ligue anti-communiste mondiale (WACL) [3], sauf en Europe où il fut rattaché à l’Otan [4].

Les principaux responsables opérationnels de ce réseau stay-behind (c’est-à-dire apte à entrer dans la clandestinité en cas d’invasion soviétique) étaient d’anciens responsables de la répression nazie. Si les Français savent que le capitaine de la SS et chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie, est ainsi devenu le responsable du réseau stay-behind en Bolivie contre Che Guevara, ils ignorent par exemple que le préfet de police de Paris, le collaborationniste Maurice Papon, qui massacra une centaine d’Algériens le 17 octobre 1961, était un des responsables du réseau en France contre le FLN [5]. Ici, à Damas où je réside, on se souvient d’un autre officier SS et directeur du camp de Drancy, Alois Brunner, qui fut placé comme conseiller des services secrets syriens par la CIA et le MI6 pour empêcher que le pays ne bascule dans le camp soviétique. Il fut arrêté par le président Bachar el-Assad dès son accession au pouvoir.

En France, lorsque le stay-behind se retourna contre la France accusée de lâcher l’Algérie aux Soviétiques, organisa le coup d’État de 1961 et finança l’OAS (Organisation de l’Armée secrète), le président De Gaulle en récupéra certains agents pour former une milice contre la milice : le SAC (Service d’action civique) [6].

Malgré les apparences, il ne s’agit pas là de si vieilles histoires que cela : le monde politique comporte toujours des personnalités ayant appartenu au réseau stay-behind ; par exemple, l’actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, fut le chef du Gladio au Luxembourg [7].

Le premier secrétaire général d’« En marche ! », Ludovic Chaker, serait un agent de la DGSE. Par hasard, il avait engagé comme garde du corps pour le candidat Macron un ami de Jawad Bendaoud, le « logeur de Daesh ». Il est aujourd’hui chargé de mission à l’Élysée où il « double » la task force anti-terroriste du préfet Bousquet de Florian.

Bien sûr, au XXIème siècle, on ne torture et on n’assassine plus comme jadis, on se contente de discréditer les gêneurs par voie de presse. Surtout il n’y a plus d’Union soviétique, donc plus de réseau stay-behind. Mais le personnel dont on disposait et qui s’était renouvelé a dû être recasé. Quantité d’éléments attestent que ces agents ont d’abord conduit le jihad contre les Soviétiques en Afghanistan, puis aujourd’hui contre la Russie [8], au point d’être désignés par le FBI sous l’appellation de Gladio B [9]. L’efficacité de ce réseau au « Moyen-Orient élargi » durant les 17 dernières années n’est plus à démontrer.

Précisément, la question de la lutte contre le terrorisme —ou de sa manipulation— dépendait aux États-Unis du Secret Servicedont l’Élysée préparait une réplique. Étrangement la task forceélyséenne anti-terroriste, dirigée par le préfet Pierre de Bousquet de Florian, est déjà doublée par une « cellule » confiée à un chargé de mission auprès du chef d’état-major du président, l’amiral Bernard Rogel. Selon L’Opinion, ce chargé de mission, Ludovic Chaker —qui a fait engager Benalla— est un « ancien » agent de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) [10].

Il ne s’agit pas de comparer Alexandre Benalla à Maurice Papon, mais de s’interroger sur la possibilité qu’il soit un élément d’une force de répression illégale en cours de (re)constitution en Europe.

Qui a déclenché l’affaire Benalla ?

Il est extrêmement clair, qu’en l’absence de plainte des victimes de Monsieur Benalla et vu la difficulté de le reconnaître sur les vidéos de ses exactions, cette affaire n’est pas spontanément devenue publique.

L’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, vient de s’installer à Bruxelles avec la mission de « faire sauter Emmanuel Macron et Angela Merkel comme dans un jeu de quilles »

Les personnes qui l’ont fait éclater devaient être très bien informées, aussi bien sur Alexandre Benalla que sur la confusion régnant à l’Élysée. Cependant leur statut officiel les contraignait à la discrétion. On pense immédiatement à des responsables de la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) ou de la direction du Renseignement et de la Sécurité de la Défense (DRSD).

Il n’est pas impossible que des policiers aient donné à Alexandre Benalla les attributs de police qu’il usurpait le 1er mai. Il serait alors tombé dans un piège [11].

Nous ne sommes plus dans la même situation qu’au cours de la Guerre froide et de la guerre d’Algérie. Cette affaire n’a rien à voir avec le SAC. Le président Macron ne cherchait pas à protéger le pays d’une milice en violant lui aussi la loi. Nous sommes au contraire dans une situation d’affrontement entre d’un côté l’alliance Russie-États-Unis et de l’autre l’État profond anglo-saxon qui se déchaîne contre le président Trump.

Références : 

[1] Durant les périodes de cohabitation entre une président et un Premier ministre de formations politiques opposées, la sécurité du président a été exclusivement assurée par des gendarmes afin de ne pas révéler au Premier ministre ce que faisait le président.

[2] « La mission d’Alexandre Benalla », Réseau Voltaire, 22 juillet 2018.

[3] « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.

[4] Secret Warfare : Operation Gladio and NATO’s Stay-Behind Armies, Daniele Ganser, Routledge 2005. Version française : Les Armées Secrètes de l’OTAN, Demi-Lune, 2007. Le stay-behind a fait l’objet de nombreux documentaires, dont en français Les Armées secrètes de l’OTAN, d’Emmanuel Amara pour France-Télévision, ou Au cœur de la Guerre froide : les hommes de l’ombre de Lucio Mollica pour la RTBF. Pour ma part, j’avais écris cet article, il y a une vingtaine d’années : « Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains », Réseau Voltaire, 20 août 2001.

[5] « La guerre secrète en France », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 18 avril 2011.

[6] « Quand le stay-behind portait De Gaulle au pouvoir », « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 août et 10 septembre 2001.

[7] « Gladio-Luxembourg : Juncker contraint de démissionner », Réseau Voltaire, 10 juillet 2013.

[8] Lire la seconde partie de Sous nos yeux. Du 11-septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Demi-Lune 2017.

[9] Lire et voir les nombreux ouvrages et documentaires de Sibel Edmonds.

[10] « Ludovic Chaker : un ami de Benalla est « chargé de mission » auprès de l’amiral Rogel (actualisé -2) », Jean-Dominique Merchet, L’Opinion, 26 juillet 2018.

[11] Voir la déposition et la lettre d’Alain Gibelin à la Commission de l’Assemblée nationale et les comparer aux déclarations d’Alexandre Benalla au Monde du 27 juillet.

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Cyber-espionnage : « Les Émirats collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans »

Politique

Cyber-espionnage : « Les Émirats collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans »

05 septembre 2018 à 15h37 | Par

L’affaire de la mise sur écoute de certains dirigeants du Qatar par les Émirats arabes unis, via une société israélienne, n’impactera pas à l’avenir leur usage des cybertechnologies, selon Andreas Krieg, spécialiste des questions de sécurité, qui décrypte la politique émiratie en la matière.

Le New York Times a révélé fin août comment les Émirats arabes unis, via une société de cyber-espionnage israélienne, NSO Group, ont placé sur écoute plusieurs citoyens émiratis, ainsi que de nombreux membres de la famille régnante du Qatar, dont l’émir lui-même, sans oublier Mutaib Bin Abdulaziz Al Saoud, rival potentiel de Mohamed Ben Salmane avant la désignation de ce dernier comme prince héritier en 2015.

Andreas Krieg, spécialiste des questions militaires et de sécurité au Moyen-Orient au King’s College de Londres, décrypte pour JA les dessous de l’affaire.

De quand datent ces liens « contre-nature » entre les Émirats et des entreprises israéliennes ?

Les Émirats ont depuis longtemps investi dans la cyber-sécurité et collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans. Des entreprises comme NSO sont des poids lourds du marché du cyber-espionnage, de la subversion et du sabotage. Et depuis les Printemps arabes, les Émirats se sont transformés en un État obsédé par la crainte de la dissidence intérieure et des troubles populaires. En tant qu’État policier, les Émirats ont simplement recruté les meilleurs pour parvenir à pénétrer en profondeur la vie privée de ses citoyens.

Les Émirats ne se montreront pas plus gênés à l’avenir, tant c’est un outil puissant d’infiltration et d’influence cachée

Peut-on imaginer que Mohamed Ben Salmane soit complice de la mise sur écoute de son cousin et rival Mutaib ?

Les Émirats font depuis longtemps un usage agressif des cybertechnologies. Récemment, ils ont hacké l’Agence de presse du Qatar pour légitimer les mesures prises contre leur voisin. Il est plausible que les Émirats offrent de tels services à leurs agents et partenaires. Dans le cas de l’espionnage du prince saoudien, il paraît hautement probable que Mohamed Ibn Zayed ait voulu montrer à son protégé Mohamed Ben Salmane qu’il pouvait l’aider. Les Émirats ne se sont jamais gênés d’avoir recours au cyber-espionnage vis-à-vis de leurs voisins et citoyens. Et ils ne se montreront pas plus gênés à l’avenir, tant c’est un outil puissant d’infiltration et d’influence cachée.

NSO n’aurait jamais pu travailler avec les Émirats sans la permission du gouvernement israélien

Quels sont les liens entre NSO et le gouvernement israélien ?

Le développement du secteur high-tech israélien est très fortement lié à l’industrie de la défense israélienne, en particulier celui des technologies de l’information. NSO recrute d’anciens spécialistes de la sécurité d’Israël et maintient d’étroites relations avec le gouvernement. Il s’agit d’une politique délibérée où secteur privé et public partagent informations et équipes. NSO n’aurait jamais pu travailler avec les Émirats sans la permission du gouvernement israélien. Et je suis convaincu que ce partage d’informations avec Israël, qu’il soit volontaire ou non, rend vulnérable les Émirats.

Ce partage peut-il s’analyser à la lumière du rapprochement politique entre les deux pays ?

Mohamed Ibn Zayed et le gouvernement de Benyamin Netanyahou partagent un agenda commun. Ils partagent la peur et la haine de quelque forme d’activisme civil islamique que ce soit. Ils voient tous deux l’islamisme comme la plus grave menace dans la région. En termes d’intérêts et de valeurs, Israël et les Émirats de Mohamed Ibn Zayed ont beaucoup en commun.

Je présume que le gouvernement saoudien actuel a largement bénéficié de ce cyber-espionnage

Comment ceux qui ont été mis sur écoute, et notamment les officiels qataris, peuvent-ils riposter ?

Je ne crois pas que les cibles puissent faire quoi que ce soit. Le cyber-espionnage et le hacking vont de paire avec le déni des responsables. Et c’est pratiquement impossible à tracer, par conséquent il est compliqué d’imaginer une action en justice contre les Émirats. Et je présume que le gouvernement saoudien actuel a largement bénéficié de ce cyber-espionnage. D’ailleurs il perçoit Mohamed Ibn Zayed comme un grand frère, non comme un ennemi.

Révélation : Alexandre Benalla est un agent des services secrets marocains

Révélation : Alexandre Benalla est un agent des services secrets marocains

Publié par wikistrike.com sur 21 Juillet 2018, 11:29am

Catégories : #Politique intérieure

Révélation : Alexandre Benalla est un agent des services secrets marocains

L’affaire du grade du corps «officieux» du président français, Emmanuel Macron, tourne au scandale d’Etat. Licencié pour avoir fait preuve de brutalité dans l’exercice de sa fonction, Alexandre Benalla est, néanmoins, l’illustration même de l’infiltration des plus hautes sphères du pouvoir français par les services des renseignements marocains.

En effet, des sources informées ont révélé à Algeriepatriotique que le déjà ex-chargé de mission auprès du chef de cabinet du président Macron est, en réalité, un agent de la DGED marocaine. Alexandre Benalla a gravi les échelons doucement mais sûrement depuis qu’il fut introduit dans les rouages du Parti socialiste par l’ancienne ministre de l’Education, Najet Vallaud Belkacem, elle-même inféodée à Rabat, aux côtés de Rachida Dati, Myriam Al-Khomri, Audrey Azoulay et bien d’autres.

L’affaire Alexandre Benalla met à nu la stratégie du Makhzen en France et révèle les dessous de l’acharnement des dirigeants français de toutes obédiences – PS, Les Républicains, La République en Marche – à soutenir la monarchie alaouite et à couvrir les frasques et les dépassements de Mohammed VI. C’est que le régime monarchique de Rabat a de tout temps eu un pied dans les plus hautes sphères du pouvoir en France et, depuis quelque temps, au sein de l’Union européenne où il compte de nombreux lobbyistes rémunérés avec l’argent du peuple marocain détourné par la famille régnante prédatrice protégée par Paris.

Les frasques du voyou bombardé «chargé de mission» à l’Elysée mettent Emmanuel Macron dans la gêne. Mais le battage médiatique autour de ce personnage sorti de l’ombre par on ne sait qui, ni pour quel dessein, est sciemment focalisé sur ses exactions et ses excès, mais aucun média français n’a cherché à connaître le secret qui se cache derrière son ascension fulgurante depuis François Hollande jusqu’à Emmanuel Macron qui l’a définitivement pris sous sa protection avant qu’éclate ce scandale.

La France est infestée d’agents secrets marocains qui ont accédé aux fonctions les plus sensibles, jusqu’à avoir accès aux secrets les mieux gardés. Et l’affaire Alexandre Benalla n’est que la partie visible de l’iceberg.

K. B.

Source

http://www.wikistrike.com/2018/07/revelation-alexandre-benalla-est-un-agent-des-services-secrets-marocains.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

 

 

 

 

Deux ex-agents secrets français soupçonnés de trahison

FRANCE

Deux ex-agents secrets français soupçonnés de trahison

© Étienne Laurent, AFP. | La ministre des Armées, Florence Parly, commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale à Paris, le 8 mai 2018.

Texte par FRANCE 24 https://platform.twitter.com/widgets/follow_button.ef2c8913b9245291df4f0101c0de2cf8.fr.html#dnt=false&id=twitter-widget-0&lang=fr&screen_name=France24_fr&show_count=false&show_screen_name=false&size=m&time=1527241140949

Dernière modification : 25/05/2018

Deux anciens agents des services secrets français ont été mis en examen, ont annoncé, jeudi, des sources judiciaire et gouvernementale françaises. Ils pourraient avoir fourni des informations susceptibles de mettre en cause la sécurité de l’État.

Deux ex-agents des services secrets français ont été mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère, ont annoncé jeudi 24 mai dans la soirée des sources judiciaire et gouvernementale françaises, confirmant en partie des informations de presse affirmant que le pays en question est la Chine.

Ils étaient « très probablement » en service au moment des faits et pourraient avoir livré des informations susceptibles de mettre en cause la sécurité de l’État, a déclaré vendredi 25 mai la ministre des Armées, Florence Parly.

Interrogée sur CNEWS, elle a refusé de préciser quelle puissance avait recruté ces agents.

« Agissements d’une extrême gravité »

Ces deux ex-agents de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure), aujourd’hui à la retraite, et l’épouse de l’un deux sont poursuivis pour des « agissements d’une extrême gravité », a annoncé le ministère des Armées dans un communiqué.

Ils ont été mis en examen le 22 décembre 2017 et deux d’entre eux sont depuis en détention provisoire, a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

L’émission Quotidien de la chaîne TMC et le quotidien Le Monde, parlent eux de quatre personnes soupçonnées d’avoir été recrutées par les autorités chinoises afin d’espionner le renseignement extérieur français pour le compte de Pékin.

L’un des agents soupçonnés était en poste à Pékin, affirme Quotidien, sans donner d’éléments sur les fonctions des autres mis en cause.

« Compromission du secret de la Défense nationale »

Deux sont poursuivis pour « livraison à une puissance étrangère d’informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation » et « compromission du secret de la Défense nationale », a précisé la source judiciaire.

« L’un d’eux a également été mis en examen du chef de provocation directe au crime de trahison », a-t-elle ajouté.

La troisième personne – vraisemblablement l’épouse – a été mise en examen pour « recel des crimes et délits de trahison » et placée sous contrôle judiciaire, selon la même source.

Les faits reprochés « constituent un point d’attention majeur pour la DGSE comme pour tous les services de contre-espionnage français, qui font preuve d’une très grande vigilance dans la détection et l’entrave de ces menaces », a souligné le ministère des Armées sans plus de précisions.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 25/05/2018

http://www.france24.com/fr/20180525-deux-ex-agents-secrets-francais-soupconnes-trahison-chine-florence-parly?xtor=EPR-300-[Quotidienne]-20180525-[contenu]-1044053310412

Le silence des Skripal – Le gouvernement anglais censure l’information et les médias refont l’histoire.

Le silence des Skripal – Le gouvernement anglais censure l’information et les médias refont l’histoire.


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 28 avril 2018

Il n’y a pas eu d’informations récentes sur l’affaire Skripal dans laquelle un agent double anglo-russe et sa fille ont été empoisonnés à Salisbury, en Angleterre. Il semble même y avoir des tentatives pour modifier les éléments déjà connus du public.

Le gouvernement britannique a prétendu que les Skripal avaient été empoisonnés par le Novitchok, un agent neurotoxique mortel, et a accusé la Russie. Il y a encore beaucoup de questions qui n’ont pas trouvé de réponses, mais les médias britanniques, qui d’habitude n’ont pas peur de « mettre le pied dans la porte », n’ont pas l’air de vouloir les poser. Nous avions déjà indiqué au début du mois d’avril que la presse britannique enveloppait le public de « brouillard-Novi (marque déposée) ». Elle relayait simplement les allégations scandaleuses et illogiques des « services de sécurité » et ne se souciait pas d’informer véritablement le public.

Quelqu’un a posté des photos sur twitter, qui ont permis de mieux comprendre ce que les « services de sécurité » avaient dit, et un article le 5 avril dans le London Times avec une photo de la source probable du soi-disant poison Novichok :

via D’Aramitz

Aujourd’hui, l’ancien ambassadeur britannique Craig Murray dit que Clive Ponting, un autre ex-haut fonctionnaire soupçonne le gouvernement britannique d’avoir émis une D-Notice1. Il s’agit d’une interdiction faite aux médias britanniques de rendre compte d’une question donnée. Murray fait également référence à un tweet du correspondant de Channel 4 Alex Thomson du 12 mars, dans lequel Thomson mentionne une D-Notice interdisant à médias de masse de nommer l’agent du MI-6 qui était le contact de M. Skripal :

La D-Notice que Thomson a mentionnée est arrivée trop tard car certains médias avaient déjà donné le nom de cet agent du MI-6. Nous avons parlé de tout ça en détail dans un article du 8 mars.

Un certain Pablo Miller, un agent du MI-6 britannique, avait recruté Sergueï Skripal. L’ancien agent du MI-6 Christopher Steele était également impliqué dans l’affaire. Skripal a été arrêté par les services de sécurité russes et envoyé en prison. Pablo Miller, du MI-6, qui avait recruté  Sergueï Skripal, est devenu son contact après sa libération par la Russie dans un échange d’espions. Il vit aussi sûrement à Salisbury. Christopher Steele et Pablo Miller travaillent pour Orbis Business Intelligence qui a monté le « Dirty Dossier »2 sur Donald Trump.

Cela fait longtemps que nous pensons qu’il y a un lien entre le « Dirty Dossier » et l’affaire Skripal :

Voici quelques questions qu’on peut se poser :

·         Skripal a-t-il aidé Steele à monter le « dossier » contre Trump ?

·         Les anciennes relations de Skripal ont-elles été utilisées pour contacter d’autres personnes en Russie pour trouver des éléments incriminant Trump ?

·         Skripal a-t-il menacé de tout révéler ?

S’il y a un lien entre le Dossier et Skripal, ce qui me semble très probable, alors il y a un certain nombre de personnes et d’organisations qui ont des raisons d’en vouloir à Skripal. Beaucoup d’individus et de fonctionnaires véreux des deux côtés de l’Atlantique ont participé à la campagne anti-Trump/anti-Russie. Il y a plusieurs enquêtes et on pourrait bien un jour tomber sur un beau paquet de linge fort sale. Retirer Skripal du circuit tout en accusant la Russie semble être le meilleur moyen de se débarrasser d’un témoin gênant.

Le lanceur d’alerte Clive Ponting, cité par Murray, pense maintenant aussi que l’affaire Skripal était une opération « de l’intérieur » qui faisait suite au faux « Dirty Dossier » :

Si [Sergueï Skripal] était également impliqué dans le dossier des « golden showers »3, alors des agents américains auraient aussi une raison de s’en mêler. Tout cela était une opération interne, pas pour le tuer, d’où l’utilisation de BZ, mais pour le mettre en garde et le punir. Tout se passe comme si les autorités savaient exactement ce qu’il en était, mais voulaient le dissimuler.

(…)

Il faut aussi dire que le policier qui se trouvait « par hasard » dans les parages était presque certainement l’agent de la branche des services spéciaux chargé de la surveillance de Ioulia. Les médias ne sont pas autorisés à signaler qu’une D-Notice a été édictée.

En plus du très curieux silence des médias britanniques au sujet de l’affaire Skripal, il semble qu’il y ait de réels efforts pour supprimer des informations déjà rendues publiques.

En 2017, la journaliste d’investigation Dilyana Gaytandjiev a fait état de massifs transports aériens d’armes vers les « rebelles » syriens sous couverture diplomatique, ce qui lui a valu d’être licenciée. Le 26 avril, elle a fait une autre découverte intéressante :

Dilyana Gaytandjiev @dgaytandzhieva – 21:24 UTC – 26 avril 2018

Les #Skripal auraient été exposés au #Fentany, un analgésique opiacé, et non à l’agent neurotoxique #Novichok, d’après des informations obtenues auprès du Clinical Services Journal du Royaume-Uni https://www.clinicalservicesjournal.com/story/25262/response-unit-called-as-salisbury-hospital-declares-major-incidenthttps://www.clinicalservicesjournal.com/story/25262/…

L’article du Clinical Services Journal que Gaytandjiev a trouvé date du 5 mars 2018, le lendemain de l’incident de Skripal à Salisbury. Dans la version originale, on pouvait lire :

L’hôpital du district de Salisbury a déclaré un « incident majeur » le lundi 5 mars, après que deux patients ont été exposés à un opioïde.

(…)

Cet incident succédait à un autre survenu quelques heures plus tôt, dans lequel un homme et une femme ont été exposés à du Fentanyl dans le centre-ville. L’opioïde est 10 000 fois plus puissant que l’héroïne.

Le 27 avril, le lendemain du tweet ci-dessus :

Dilyana Gaytandjiev @dgaytandzhieva – 12:12 UTC – 27 avril 2018

Les #Skripal ont été exposés au #Fentanyl, pas au #Novichok. Après que j’ai publié cette information hier (26.04.) le Clinical Services Journal(CSJ) l’a supprimée aujourd’hui https://www.clinicalservicesjournal.com/story/25262/response-unit-called-as-salisbury-hospital-declares-major-incidenthttps://www.clinicalservicesjournal.com/story/25262/…

J’ai lu personnellement l’article du CSJ après le premier tweet de Gaytandjiev le 26.  Je peux confirmer qu’il a été modifié.

La première ligne du paragraphe cité ci-dessus de l’article du CSJ est maintenant :

L’hôpital du district de Salisbury a déclaré un « incident majeur » le lundi 5 mars, après que deux patients ont été exposés à ce que l’on croit être un opioïde.

La deuxième ligne est devenue :

Cet incident succédait à un autre survenu quelques heures plus tôt, dans lequel un homme et une femme ont été exposés à une substance dans le centre-ville.

Toute référence au Fentanyl comme cause de l’indisposition des Skripal a été supprimée de l’article du 5 mars entre le 26 et le 27 avril.

Archive.org a la version originale telle qu’elle était encore le 26 avril :

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La version qu’on trouve maintenant sur le site du Clinical Services Journal est la version modifiée :

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On se demande pourquoi un magazine d’aussi faible tirage se donne la peine de modifier un vieil article après qu’un journaliste en ait parlé sur Twitter.

Le CSJ n’a pas été le seul organe d’information à mentionner le Fentanyl. Le Salisbury Journal local en a parlé le 5 mars et l’article n’a pas été modifié :

La police a déclaré un incident majeur après qu’un homme dans la soixantaine et une femme dans la trentaine ont été retrouvés inconscients sur un banc du centre commercial dimanche.

Les services d’urgence sur les lieux ont pensé que la substance pouvait être un puissant analgésique appelé fentanyl, mais rien n’a encore été confirmé.

Ils ont été emmenés à l’hôpital du district de Salisbury où ils sont dans un état critique en soins intensifs.

En novembre 2017, le Salisbury Journal avait déjà mentionné un cas d’overdose de Fentanyl sans lien avec le cas Skripal. En 2016, Salisbury a connu un pic de cas d’overdoses au Fentanyl. Les services d’urgence locaux connaissaient certainement les symptômes et les effets de cette substance.

Un autre site de nouvelles locales, Devon Live, titrait le 5 mars : Incident chimique majeur déclaré après que 10 personnes ont vomi du Fentanyl ; deux d’entre elles sont gravement malades.

On sait que la police pense que le Fentanyl, un opiacé synthétique infiniment plus puissant que l’héroïne, a pu être impliqué. Un homme et une femme sont dans un état critique et une dizaine d’autres personnes sont malades.

Des officiers et des ambulanciers paramédicaux ont été appelés au centre commercial The Maltings à Salisbury après qu’un homme et une femme sont tombés malades. La femme, qui était inconsciente, a été transportée par avion à l’hôpital du district de Salisbury vers 16 h 15, tandis que l’homme a été transporté en ambulance.

(…)

On a appris récemment que le Fentanyl a coûté la vie à au moins 60 personnes au Royaume-Uni au cours des huit derniers mois.

L’article du Devon Live est toujours en place sous sa forme originale. Il renvoie à la première déclaration de la police de Wiltshire sur l’affaire et en cite des extraits. Curieusement, le lien est inactif. La première déclaration officielle de la police sur l’affaire Skripal est « actuellement indisponible ».

La presse britannique est maintenant totalement silencieuse sur l’affaire Skripal. Craig Murray et un autre ancien haut fonctionnaire pensent que le gouvernement lui a ordonné de ne plus en parler. Ils pensent aussi, comme nous, que l’affaire est liée au faux « Dirty Dossier » que les responsables de la campagne électorale de Clinton ont fait faire contre Donald Trump.

On ne voit pas pourquoi le gouvernement britannique ordonnerait  aux médias de se taire si, comme il le prétend, la Russie était à l’origine de toute l’affaire.

Pourquoi les médias ne sont-ils pas autorisés à enquêter? Où est Ioulia Skripal et comment se porte Sergueï Skripal ? Pourquoi ont-ils été réduits au silence ?

Traduction : Dominique Muselet

Notes

  1. Defence Notice (D-Notice) : demande officielle adressée aux rédacteurs en chef de ne pas publier ou diffuser des articles sur des sujets précis pour des raisons de sécurité nationale
  2. Dirty Dossier : dossier infamant compilé pour nuire à Trump. https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/comment-un-ex-espion-britannique-specialiste-des-affaires-explosives-est-devenu-le-cauchemar-de-donald-trump_2016502.html
  3. Golden Shower : pratique sexuelle qui consiste à se faire uriner dessus. Le président américain Trump a été accusé de s’être adonné à ces pratiques dans un hôtel de Moscou en compagnie de prostituées russes en 2013. https://www.public.fr/News/Donald-Trump-L-affaire-des-Golden-Showers-repart-de-plus-belle-1467004
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Ces anciens espions collectent les photos Facebook pour une base de données massive de reconnaissance faciale

Ces anciens espions collectent les photos Facebook pour une base de données massive de reconnaissance faciale

Source : Forbes, Thomas Fox-Brewster, 16-04-2018

Lorsque Mark Zuckerberg a comparu devant le House Energy and Commerce Committee la semaine dernière à la suite des révélations de Cambridge Analytica, il a essayé de décrire la différence entre « la surveillance et ce que nous faisons ». « La différence est extrêmement claire », a dit un Zuckerberg à l’air nerveux. « Sur Facebook, vous avez le contrôle sur vos informations… les informations que nous collectons, vous pouvez choisir que nous ne les collections pas. »

Mais pas un seul membre du comité n’a bousculé le PDG milliardaire au sujet des sociétés de surveillance qui exploitent les données sur Facebook à des fins lucratives. Forbes a dévoilé un cas qui pourrait les choquer : au cours des cinq dernières années, une société de surveillance secrète fondée par un ancien officier de renseignement israélien a tranquillement construit une énorme base de données de reconnaissance faciale composée de visages acquis sur le réseau social géant, YouTube et d’innombrables autres sites Web. Les militants de la protection de la vie privée sont pertinemment alarmés.

Cette base de données forme le cœur d’un service de reconnaissance faciale appelé Face-Int, qui appartient maintenant au vendeur israélien Verint après qu’il se soit accaparé le créateur du produit, Terrogence, une société de surveillance peu connue, en 2017. Verint et Terrogence sont depuis longtemps des fournisseurs du gouvernement américain, fournissant des technologies d’espionnage de pointe à la NSA, à la marine américaine et à d’innombrables autres agences de renseignement et de sécurité.

Comme décrit sur le site Web de Terrogence, la base de données se compose de profils faciaux de milliers de suspects « récoltés à partir de sources en ligne telles que YouTube, Facebook et des forums ouverts et fermés dans le monde entier ». Ces visages ont été extraits de 35 000 vidéos et photos de camps d’entraînement terroristes, de clips de motivation et d’attaques terroristes. Cette même page de marketing était en ligne en 2013, selon l’archive Internet de la Wayback Machine, indiquant que le produit a au moins cinq ans. L’âge du produit suggère également que plus de 35 000 vidéos et photos ont été ratissées par la technologie Face-Int à ce jour, bien que le cofondateur de Terrogence et responsable de la recherche Shai Arbel ait refusé de commenter cet article.

Relever les enjeux de la reconnaissance faciale

Bien que Terrogence vise principalement à aider les organismes de renseignement et les organismes d’application de la loi à lutter contre le terrorisme en ligne, les profils LinkedIn d’actuels et d’anciens employés indiquent qu’elle participe également à d’autres initiatives plus politiques. Une ex-officier, en décrivant son rôle d’analyste de la Terrogence, a déclaré qu’elle avait « mené des opérations de gestion de la perception du public pour le compte de clients gouvernementaux étrangers et nationaux » et qu’elle avait utilisé « des pratiques de renseignement en libre accès et des méthodes d’ingénierie des médias sociaux pour enquêter sur les groupes politiques et sociaux ». Elle n’était pas joignable au moment de la publication.

Et maintenant, des inquiétudes surgissent quant à la façon dont Terrogence s’est emparé de tous ces visages de Facebook et d’autres sources en ligne. Ce qui est apparent, cependant, c’est que Terrogence est encore une autre entreprise qui a pu profiter clandestinement de l’ouverture de Facebook, en plus de Cambridge Analytica, qui a acquis des informations sur 87 millions d’utilisateurs en 2014 du chercheur britannique Aleksandr Kogan pour aider à cibler des individus pendant son travail pour les campagnes présidentielles de Donald Trump et Ted Cruz.

« Cela accroît les enjeux de la reconnaissance faciale – cela intensifie les conséquences négatives potentielles », a averti Jay Stanley, analyste politique senior à l’American Civil Liberties Union (ACLU). « Lorsque vous contemplez la reconnaissance faciale qui est partout, nous devons penser à ce que cela va signifier pour nous. Si des entreprises privées utilisent des photos et les combinent avec des renseignements personnels afin de porter des jugements sur des personnes – êtes-vous un terroriste, ou êtes-vous susceptible d’être un voleur à l’étalage ou quoi que ce soit entre les deux – alors cela expose tout le monde au risque d’être mal identifié, ou correctement identifié et mal jugé ».

Jennifer Lynch, avocate à l’Electronic Frontier Foundation, a déclaré que si la base de données sur la reconnaissance faciale avait été partagée avec le gouvernement américain, cela menacerait la liberté d’expression et le droit à la vie privée des utilisateurs de médias sociaux.

« Appliquer la reconnaissance faciale avec précision à la vidéo est extrêmement difficile, et nous savons que la reconnaissance faciale ne fonctionne pas bien avec les personnes de couleur, en particulier avec les femmes et celles dont la peau est plus foncée », a déclaré Lynch à Forbes. « En combinant ces deux problèmes connus avec la reconnaissance faciale, il y a de fortes chances que cette technologie identifie à tort les gens comme des terroristes ou des criminels. »

« Cela pourrait avoir des répercussions sur les déplacements et les droits civils de dizaines de milliers de voyageurs respectueux de la loi qui devraient alors prouver qu’ils ne sont pas les terroristes ou les criminels comme le système les a identifié. »

La manière dont le produit Face-Int acquiert des visages n’est pas claire, bien qu’il semble similaire à un projet mené par la NSA, comme l’a révélé le lanceur d’alerte Edward Snowden en 2014, où l’agence de renseignement avait recueilli 55 000 « images de qualité de reconnaissance faciale » à partir du Web en 2011. Le cofondateur Arbel, un ancien officier de renseignement de l’armée israélienne, a refusé de répondre aux questions sur le fonctionnement de la technologie, bien qu’il ait décrit Face-Int comme « incroyable » dans un message texte et confirmé qu’elle continue à fonctionner avec Verint.

Un porte-parole de Facebook, qui utilise sa propre technologie de reconnaissance faciale pour aider à identifier les visages des utilisateurs sur les photos de la plateforme, a déclaré qu’il semblait que le produit de Terrogence violerait ses politiques, y compris celle qui interdit l’utilisation de données saisies sur le réseau social pour produire des outils de surveillance. Facebook ne permet pas non plus d’accéder ou de recueillir de l’information par des méthodes automatisées, comme les robots de récolte ou les scrapers. Le porte-parole a fait remarquer qu’il n’avait trouvé aucune application Facebook exploitée par l’entreprise.

Un observateur des médias sociaux

Il n’y a aucune preuve que les États-Unis aient acheté Face-Int. Mais ils ont bénéficié d’autres services de renseignement créés par Terrogence. Le fournisseur a obtenu au moins deux contrats avec le gouvernement des États-Unis, tous deux avec la US Navy et d’une valeur totale de 148 000 $, selon les documents publics. Les contrats, l’un à partir de 2014 et l’autre signé en 2015, portaient sur des abonnements aux produits de la société, Mobius et TGAlertS.

Mobius consiste en des rapports sur les dernières tendances en matière d’engins explosifs improvisés (IED) des terroristes et leurs tactiques. Les rapports sont basés sur des informations recueillies sur diverses plateformes de médias sociaux « où des terroristes mondiaux cherchent à recruter, à radicaliser et à préparer leur prochaine attaque », selon une brochure de l’entreprise. TGAlertS, quant à lui, fournit des informations « presque en temps réel » sur les problèmes urgents découverts par le personnel de Terrogence en parcourant le web.

Ces employés recueillent ces informations en partie au moyen de faux profils. Comme le dit une autre brochure, ils « obtiennent des informations en guidant soigneusement les discussions en ligne, souvent en suscitant l’intérêt et en facilitant la communication en employant plusieurs entités virtuelles dans une seule opération ».

Ce n’est pas le premier rodéo d’Arbel dans le complexe industriel de surveillance : il a cofondé SenseCy, qui a été acquis par Verint en 2017. Il met aussi en place des “entités virtuelles” pour recueillir des renseignements. « Perfectionné au cours de nombreuses années de pratique, SenseCy exploite des douzaines d’entités virtuelles qui combinent des couvertures solides et crédibles avec des méthodologies d’interaction Web perfectionnées et qui fournissent des renseignements inestimables à partir de toutes les plates-formes Web pertinentes », peut-on lire sur son site. L’entreprise y apparaît toutefois plus axée sur la protection de la cybersécurité que sur la surveillance gouvernementale.

La privatisation des listes noires

Si Terrogence ne se concentre pas uniquement sur le terrorisme, mais a aussi un côté politique pour ses affaires, son travail de reconnaissance faciale pourrait toucher un grand nombre de personnes. Cela soulève un autre aspect particulièrement inquiétant de l’activité de Terrogence : l’aube de la « privatisation de la liste noire », avertit Stanley. « Nous nous battons avec le gouvernement depuis des années au sujet des procédures officielles pour ces listes… des gens qui y sont inscrits sans qu’on leur dise pourquoi et sans savoir comment ces listes sont utilisées », a-t-il dit à Forbes.

« Beaucoup de ces problèmes pourraient s’intensifier si vous avez une bande de quasi-justiciers privés qui font leurs propres listes noires de toutes sortes ». Au début du mois, Verint a lancé ce qui semblait être un produit de reconnaissance faciale entièrement distinct, FaceDetect. Il promet d’identifier les individus « indépendamment des occultations du visage, du vieillissement des suspects, des déguisements et de l’ethnicité » et « permet aux opérateurs d’ajouter instantanément des suspects aux listes de surveillance ».

Mais Stanley a également remis en question les politiques de Facebook sur le contrôle des photos de profil par les utilisateurs. Le réseau social possède la plus grande collection de visages au monde, et pourtant les photos de profil, dans une certaine mesure, ne peuvent pas être entièrement verrouillées, a-t-il dit. Un porte-parole de Facebook a déclaré que les photos de profil sont toujours publiques, mais qu’il est possible d’ajuster les paramètres de confidentialité des photos de profil précédentes pour limiter le nombre de personnes qui peuvent les voir.

Les groupes de défense de la vie privée comme l’ACLU veulent maintenant que les utilisateurs aient plus de contrôle sur ces images. Compte tenu de la fureur récente entourant Cambridge Analytica, de tels changements pourraient survenir plutôt tôt que tard.

Source : Forbes, Thomas Fox-Brewster, 16-04-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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[Vidéo] Alain Juillet : DGSE, Espions, Secrets des Affaires, Crises mondiales, par Thinkerview

22.avril.2018 // Les Crises

[Vidéo] Alain Juillet : DGSE, Espions, Secrets des Affaires, Crises mondiales, par Thinkerview

Source : Thinkerview, Youtube, 07-04-2018

Interview de Alain Juillet, Ancien Directeur du Renseignement au sein de la DGSE, Haut Responsable pour l’Intelligence Économique en France auprès du premier Ministre, en direct à 19h, le 07/04/2018.

Source : Thinkerview, Youtube, 07-04-2018

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Ex-espion russe empoisonné en Angleterre : l’homme « ne présente aucun intérêt pour les services russes »

Ex-espion russe empoisonné en Angleterre : l’homme « ne présente aucun intérêt pour les services russes »

Alain Rodier, ancien officier des services de renseignements français, a estimé mardi sur franceinfo avoir « les plus grands doutes sur l’implication du Kremlin » dans l’empoisonnement d’un ancien agent russe au service du Royaume-Uni.

Un ancien agent russe au service du Royaume-Uni et sa fille restaient dans un état critique, mardi 6 mars 2018, hospitalisés en soins intensifs après avoir été exposés à \"une substance toxique\".
Un ancien agent russe au service du Royaume-Uni et sa fille restaient dans un état critique, mardi 6 mars 2018, hospitalisés en soins intensifs après avoir été exposés à « une substance toxique ». (CHRIS J RATCLIFFE / AFP)

L’ancien agent russe au service du Royaume-Uni Sergueï Skripal, retrouvé inconscient sur un banc d’un centre commercial de Salisbury en Angleterre, « ne présente aucun intérêt pour les services russes en ce moment », a estimé mardi 6 mars sur franceinfo Alain Rodier. Le directeur de recherche auprès du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et ancien officier des services de renseignements français a « les plus grands doutes sur l’implication du Kremlin » dans cette affaire. Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a déclaré mardi que si l’enquête démontrait « la responsabilité d’un État », son gouvernement répondrait « de façon appropriée et ferme », faisant allusion à la Russie.

franceinfo : Le Kremlin est-il derrière cet empoisonnement ?

Alain Rodier : J’ai les plus grands doutes sur l’implication du Kremlin. Je ne vois pas leur intérêt actuellement à faire cela. On peut parler d’exemple pour les autres, mais cette personne avait été condamnée à treize années d’incarcération, ce qui n’est pas énorme. Du temps de l’URSS, pour les mêmes faits, il aurait été fusillé. D’autant que la peine requise était de quinze années d’incarcération, mais comme il avait beaucoup collaboré avec les autorités russes en « crachant le morceau », cette peine avait été diminuée à treize ans. Il a ensuite été échangé dans le cadre d’un échange de prisonniers.

Est-ce qu’il représentait un quelconque danger pour le Kremlin ?

Il ne présente aucun intérêt pour les services russes en ce moment, surtout pendant cette période électorale. D’autant qu’il n’était pas seul, lors de son échange il y avait trois autres agents, deux réfugiés aux États-Unis et un autre en Grande-Bretagne. Toutes les révélations qu’il avait à faire, il les a faites lors de son arrivée à Londres. Comme c’était un agent recruté par le MI6 britannique c’était à eux de gérer ce genre de cas et de lui assurer le gîte et le couvert.

Les agents doubles représentent-ils un danger majeur pour les services de renseignement ?

Cela fait partie de la guerre secrète. C’est classique et extrêmement ancien. Là, on ne peut pas parler d’agent double. Cette personne avait trahi la Russie au profit de la Grande-Bretagne contre rémunération en touchant 100 000 dollars depuis le milieu des années 90. Il aurait donné l’identité d’un certain nombre d’agents clandestins travaillant en Europe à l’époque. Nous sommes là dans un classique de l’espionnage où un service tente de recruter une source intéressante d’un pays adverse.

https://www.francetvinfo.fr/monde/royaume-uni/ex-espion-russe-empoisonne-en-angleterre-l-homme-ne-presente-aucun-interet-pour-les-services-russes_2643554.html#xtor=AL-79-[article]-[connexe]

Ex-espion russe empoisonné : l’affaire ajoutée à l’agenda du prochain sommet de l’UE (source européenne)

Ex-espion russe empoisonné : l’affaire ajoutée à l’agenda du prochain sommet de l’UE (source européenne)

Bruxelles – L’affaire de l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal sur le sol britannique a été ajoutée à l’agenda du sommet européen programmé les 22-23 mars à Bruxelles, a indiqué vendredi à l’AFP une source européenne.

Le sujet « sera discuté jeudi soir la semaine prochaine » et « on peut attendre des conclusions » écrites à ce propos à l’issue de ce Conseil européen qui réunira les dirigeants des 28, a affirmé cette source.

Des contacts sur ce sujet entre le gouvernement britannique et les organisateurs du sommet, lors duquel doit être discutée la future relation entre l’UE et le Royaume-Uni après le Brexit, sont prévus dans l’après-midi, a par ailleurs précisé cette source.

Londres a provoqué vendredi la colère du Kremlin en jugeant « probable » que Vladimir Poutine ait « ordonné » l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, accentuant la confrontation entre Moscou et des Occidentaux à deux jours de l’élection présidentielle russe.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a assuré que Londres en voulait au « Kremlin de Poutine » et non à la Russie pour l’empoisonnement de Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, petite ville du sud de l’Angleterre.

« Toute mention ou référence à notre président n’est rien d’autre que choquant et impardonnable en termes d’étiquette diplomatique », a aussitôt répliqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

(©AFP / 16 mars 2018 16h17)

https://www.romandie.com/news/Ex-espion-russe-empoisonne-l-affaire-ajoutee-a-l-agenda-du-prochain-sommet-de-l-UE-source-europeenne/899859.rom

Un espion empoisonne un espion : y a-t-il un lien avec la campagne anti-Trump ?

Un espion empoisonne un espion : y a-t-il un lien avec la campagne anti-Trump ?


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 8 mars 2018

Dimanche, un ancien agent double russo-britannique et sa fille ont été grièvement blessés lors d’un mystérieux incident à Salisbury, en Angleterre. Le gouvernement britannique dit que tous les deux ont été « exposés à un agent innervant ». Les médias s’interrogent sur l’usage de Sarin et de VX, deux agents innervant mortels utilisés dans les armes chimiques. Des fonctionnaires qui préfèrent garder l’anonymat ne font pas mystère qu’à leurs yeux « la Russie est coupable ».

De nouveaux rapports mettent toutefois en lumière d’importantes connexions entre cet incident et la campagne de propagande anti-Trump/anti-Russie menée par l’administration Obama et par l’équipe de Hillary Clinton pendant sa campagne électorale.

Sergueï Skripal était au départ colonel dans un service de renseignement militaire russe. Au début des années 1990, il a été recruté par l’agent du MI6 Pablo Miller. Il a continué d’espionner pour les Britanniques après sa retraite en 1999. Le FSB russe prétend que le MI6 britannique lui a versé 100 000 dollars pour ses services. À cette époque, un officier russe ne gagnait que quelques centaines de dollars par mois. Skripal a finalement été démasqué en 2004 et deux ans plus tard il a été condamné pour espionnage pour le compte de la Grande-Bretagne. Il a été condamné à 18 ans de prison et en 2010, lui et d’autres agents ont été échangés dans un large accord d’échange d’espions entre les États-Unis et la Russie. Skripal s’est réfugié en Grande-Bretagne et il vit depuis à Salisbury, ouvertement et sous son propre nom. Sa femme et son fils sont morts de causes naturelles au cours des dernières années. Le seul proche parent qui lui reste est sa fille qui vit en Russie.

La semaine dernière, sa fille a pris l’avion pour la Grande-Bretagne et est venue le voir à Salisbury. Le dimanche, ils sont allés au pub et au restaurant. À un moment donné, ils ont été empoisonnés ou se sont empoisonnés eux-mêmes. Ils se sont effondrés sur un banc public. Ils sont maintenant en soins intensifs. Un policier qui est arrivé rapidement sur les lieux a également été sérieusement empoisonné.

Les autorités ont refusé de nommer la substance soupçonnée d’être à l’origine de l’empoisonnement, mais :

Lundi, les médias locaux ont rapporté que la substance trouvée sur les lieux ressemblait au fentanyl : un opioïde mortellement puissant qu’on peut se procurer même dans les rues tranquilles de Salisbury.

Le gouvernement britannique insinue que les Russes sont impliqués :

La tentative de meurtre de l’ex-espion russe Sergeuï Skripal et de sa fille, Ioulia, au moyen d’un agent innervant est un acte « impudent et irresponsable » a déclaré Amber Rudd.

M. Skripal et sa fille sont toujours gravement malades après avoir été retrouvés inconscients sur un banc dans le centre-ville de Salisbury dimanche. (…)

Mme Rudd a déclaré aux députés qu’il s’agissait d’un « crime scandaleux » et ajouté que le gouvernement « agirait sans hésitation à mesure que les faits seraient établi ».

Elle a refusé de spéculer sur le fait que l’État russe aurait pu être impliqué dans l’attaque, affirmant que l’enquête de la police devrait être basée sur des « faits et non sur des rumeurs ».

Pendant que le gouvernement britannique prépare les faits dont il a besoin, posons-nous la question toujours essentielle du mobile.

Ce ne peut pas être une vengeance russe contre Skripal pour son double-jeu passé. L’espion a été incarcéré dans des prisons russes pendant quatre ans et vit ouvertement à Salisbury depuis huit ans. Pourquoi attendre si longtemps pour le tuer ? De plus, la Russie n’a certainement pas besoin de davantage de propagande anti-russe dans les médias « occidentaux ». Si un service russe voulait tuer quelqu’un, il le ferait beaucoup plus discrètement.

L’ancien ambassadeur britannique Craig Murray soupçonne un autre mobile et un autre coupable :

Craig Murray @CraigMurrayOrg – 10:21 – 8 mar 2018

« La russophobie est extrêmement profitable aux industries de l’armement, de la sécurité et de l’espionnage, et la russophobie renforce la loyauté des électeurs intellectuellement limités pour les conservateurs. Le motif le plus convaincant de l’attaque Skripal est la volonté d’attiser la russophobie. »

L’ambassadeur Murray souligne également que Salisbury, où l’incident s’est produit, se trouve à seulement 15 km de Porton Down, un site d’essais d’armes chimiques géré par le gouvernement britannique. Comme l’a noté la BBC dans un reportage sur cet endroit :

« …. des agents chimiques tels que le VX et le gaz moutarde sont toujours fabriqués là… »

Mais je crois que Craig Murray se trompe. La russophobie peut être attisée sans prendre la peine de tuer publiquement un espion à la retraite et sa fille.

Il y a plus de chances de trouver un mobile dans le rapport étroit qui unit l’incident à une autre affaire importante. Selon le Telegraph britannique aujourd’hui :

« Un consultant en sécurité qui a travaillé pour la firme qui a monté le dossier controversé sur Donald Trump était un proche de l’agent double russe qui a été empoisonné le week-end dernier, d’après ce qu’on dit.

Le consultant, dont le Telegraph refuse de donner le nom, habitait près de chez le Colonel Skripal et le connaissait depuis quelque temps. »

(…)

Le Telegraph dit que le Colonel Skripal a déménagé à Salisbury en 2010 dans le cadre d’un échange d’espions et qu’il est devenu l’ami d’un consultant en sécurité employé par Christopher Steele qui a monté le dossier sur Trump.

Le consultant en sécurité britannique, selon un compte du réseau social LinkedIn qui vient d’être supprimé d’Internet, est également basé à Salisbury.

Sur le même compte LinkedIn, l’homme avait écrit qu’il avait travaillé pour Orbis Business Intelligence, selon les rapports.

Meduza a donné le nom de l’homme que le Telegraph refusait de nommer. Il s’agit de :

« Pablo Miller, qui à l’époque se faisait passer pour Antonio Alvarez de Hidalgo et travaillait à l’ambassade de Grande-Bretagne à Tallinn. Le Service fédéral de sécurité russe a déclaré que Miller était en fait un agent infiltré du MI6 chargé de recruter des Russes. »

Orbis est l’entreprise de Christopher Steele et Sergueï Skripal était un agent avec lequel Steele lui-même était probablement impliqué :

« Steele a passé plus de vingt ans au MI6, et la plupart de ses missions portaient sur la Russie. Pendant trois ans, dans les années 1990, il a espionné à Moscou sous couverture diplomatique. Entre 2006 et 2009, il a dirigé le bureau russe du service au siège du MI6 à Londres. Il parlait couramment le russe et était considéré par tout le monde comme un expert de ce pays. »

Steele était un agent sous couverture du MI6 à Moscou quand Skripal a été recruté et a communiqué des secrets russes au MI6. Il a aussi dirigé le bureau de Russie, donc tout ce qui concerne Skripal est passé par lui. Il est très probable qu’ils se connaissaient personnellement. Pablo Miller, qui travaillait pour la firme de Steele, vivait dans la même ville que Skripal et les deux hommes semblent être devenus amis après que Miller a recruté Skripal. Miller ou quelqu’un d’autre a tenté de dissimuler le lien avec Steele en supprimant le compte LinkedIn.

Voici quelques questions qu’on peut se poser :

  • Skripal a-t-il aidé Steele à monter le « dossier » sur Trump ?
  • Les anciennes connexions de Skripal ont-elles été utilisées pour contacter d’autres personnes en Russie et leur poser des questions sur les basses œuvres de Trump ?
  • Skripal a-t-il menacé de tout révéler ?

S’il y a un lien entre le dossier Steele et Skripal, ce qui me semble très probable, alors il y a un certain nombre de personnes et d’organisations qui pourraient vouloir le tuer. Beaucoup de gens et d’officiels douteux des deux côtés de l’Atlantique ont participé au lancement et au déroulement de la campagne anti-Trump/anti-Russie. Il y a plusieurs enquêtes en cours, et il se pourrait qu’un jour, du linge très très sale soit déballé. Supprimer Skripal tout en en accusant la Russie apparaît comme un moyen fort commode de se débarrasser d’un témoin potentiellement gênant.

Le point le plus curieux dans l’affaire est la visite de la fille. Elle venait tout juste d’arriver de Moscou pour rendre visite à son père esseulé quand tous deux ont été empoisonnés d’une manière plutôt spectaculaire. Il doit y avoir une raison pour laquelle elle a été impliquée là-dedans.

  • Lui apportait-elle de mauvaises nouvelles ?
  • Ont-ils décidé que le suicide était la seule issue ?
  • Le Fentanyl a-t-il été acheté localement comme l’a rapporté la presse locale ?

Ou

  • Le vieillard esseulé Sergueï Skripal se préparait-il à retourner dans son pays natal, la Russie ?
  • A-t-il offert, pour se faire pardonner, une sorte de « cadeau » au gouvernement russe que sa fille devait rapporter à Moscou ?
  • Quelqu’un l’a-t-il découvert et voulu l’empêcher ?

Toutes ces questions ne sont que des spéculations. Mais le lien entre Steele et Skripal est bien trop profond pour n’avoir aucun rapport avec cette affaire. Il mérite certainement d’être approfondi.

Malheureusement, il est probable que le gouvernement britannique et son cousin américain vont concocter une nouvelle histoire pour expliquer que « la Russie est coupable » que les gens crédules avaleront tout ça et que ça en restera là. Dans l’histoire qu’il racontera, il y aura un complot russe « impudent et irresponsable »  et une tentative « scandaleuse » de la part de Poutine lui-même de tuer publiquement un ami des Anglais avec des armes de destruction massive très dangereuses. Cela servira ensuite à créer de nouvelles tensions, à imposer davantage de sanctions à la Russie et à vendre davantage d’armes.

Mais il est peu probable que cette histoire officielle soit la vraie.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/un-espion-empoisonne-un-espion-y-a-t-il-un-lien-avec-la-campagne-anti-trump