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Le putsch en Éthiopie a fait passer le pays à deux doigts de l’effondrement

Le putsch en Éthiopie a fait passer le pays à deux doigts de l’effondrement


Par Andrew Korybko − Le 24 juin 2019 − Source eurasiafuture.com

andrew-korybko

Une tentative de coup d’État, dans la région d’Amhara, cœur historique de l’Éthiopie, a été évitée de justesse ; le responsable de cet état a été tué et le plus haut dirigeant militaire du pays a été assassiné dans la capitale en lien avec cette tentative. L’échec de cette tentative de changement de régime préserve, au moins pour l’instant, le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique de la guerre civile et de l’effondrement qui s’ensuivrait.

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Abiy Ahmed

Le Gorbatchev éthiopien

Le dirigeant actuellement en exercice, Abiy Ahmed, ancien dirigeant des services de renseignements du pays, avait pris son poste il y a un peu moins d’un an et demi, suite à ce qui s’apparenta de facto à un « coup d’État en douceur » au sein du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE). Il avait ensuite commencé à réaliser des réformes politiques drastiques, sur les plans domestique et international, qui avaient vu plusieurs groupes d’opposition libérés de leur désignation « terroriste », et étaient arrivées à un accord de paix avec l’Érythrée voisine. L’Éthiopie n’apparaissait dans les journaux que pour en citer de bonnes nouvelles, et le pays apparaissait comme sur le chemin de devenir l’une des puissances montantes d’Afrique, mais les réformes du « Gorbatchev éthiopien » ont également eu l’effet indésiré d’ouvrir une boîte de Pandore de tensions ethno-régionalistes sur les frontières internes du pays. Ce problème n’a fait que croître depuis lors, d’autant plus que de nombreux éthiopiens estiment que le premier ministre Abiy a envoyé des signaux démontrant son intention d’en arriver à une décentralisation de l’État.

Le contexte politique intérieur

L’Éthiopie, second pays d’Afrique en nombre d’habitants, constitue déjà légalement une fédération, mais l’ancienne faction menée par les Tigrayans (Front de libération du peuple du Tigray, FLPT) du parti au pouvoir, qui était aux commandes du pays avant le « coup d’État en douceur » du premier ministre actuel n’avait jamais laissé ce statut être mis en pratique : l’Éthiopie constituait de facto un État centralisé, en contravention de sa propre constitution. Malgré tout, et en dépit des graves défauts de l’ancien état des affaires — comme le refus de souscrire aux exigences régionales du peuple Oromo (principale pluralité du pays, constituée d’environ un tiers de la population, stratégiquement concentrée sur la région centrale), qui avait failli amener le pays à la guerre civile avant la prise de fonction du premier ministre Abiy —, la paix avait pu être préservée dans le reste du pays, du fait d’un style de gouvernement autoritaire. Mais il avait fini par apparaître que la situation reprenait en tensions dans la région Oromia, d’où la décision d’élever des représentants ethniques issus de ce groupe — le premier ministre Abiy — comme chef de l’État, en vue d’apaiser les foules manifestant de façon de plus en plus violente.

L’Éthiopie avait certes réussi à passer le cap de la première crise Oromo, qui avait failli dégénérer en guerre civile. Mais les actions prises pour l’éviter ont déclenché plusieurs foyers répartis dans le pays, suite à une explosion de nationalisme ethno-régionaliste déchaîné par les réformes gorbatcheviennes » du premier ministre Abiy. Les frontières administratives intérieures du géant Est-africain ne correspondent pas tout à fait à la distribution ethnique du pays, même si certains groupes peuvent constituer des majorités locales selon les régions. Par exemple, plusieurs lignes de failles existent entre les régions d’Oromia et de Somali, ainsi qu’entre les régions d’Amhara et de Tigray. Les minorités d’une région donnée, qui constituent la majorité d’une région voisine, et qui sont voisines selon les frontières administratives intérieures, craignent que la mise en œuvre d’un décentralisation de facto les transformera en victimes de politiques nationalistes par la nation majoritaire dans la région qu’elles occupent. Bien entendu, les représentants des majorités ainsi que leurs soutiens estiment, quant à eux, que les minorités ethniques occupant leur région (et constituant une majorité dans la région voisine) volent les terres de leur peuple, ce qui a donné lieu à plusieurs conflits locaux dès que le contrôle étatique faiblissait.

L’Éthiopie de Abiy == l’URSS de Gorbatchev ?

Malgré les réformes bien intentionnées du premier ministre Abiy, l’Éthiopie moderne s’est transformée en un équivalent de la poudrière ethno-régionaliste qu’était devenue l’ex-Union soviétique dans les années Gorbatchev, le seul élément manquant étant l’étincelle qui mettra le feu aux poudres et fera exploser l’État. Le Tigray, la région hôte du FLPT, est déjà fortement opposée au gouvernement réformateur du premier ministre Abiy, et les éthiopiens n’ont pas oublié la finesse militaire de cette minorité relativement minuscule (environ 6% de la population), qui avait constitué l’avant-garde de la lutte que le gouvernement communiste Derg lors de la dernière guerre civile, et rendu possible la victoire contre lui. Par ailleurs, les Amharas — la seconde pluralité en nombre, comptant un peu plus du quart de la population — se sont toujours considérés comme le cœur de la nation éthiopienne, et connaissent un penchant pour la centralisation, tant de facto que de jure (on le vit lors de l’ère impériale, de l’ère Derg, et de l’ère FDRPE — menée par le FLPT). On peut penser qu’une rébellion dans cette région couperait la région voisine de Tigray du gouvernement central encore plus qu’elle ne l’est déjà, et qu’une guerre civile pourrait s’ensuivre, sauf à voir le gouvernement revenir sur ses réformes radicales.

La tentative de coup d’État d’Asaminew à Amhara

Le contexte pré-cité explique certains des raisonnements stratégiques à l’œuvre derrière le putsch récent. Cette tentative a été menée par Asaminew Tsige, chef de la sécurité de la région d’Amhara, libéré de prison l’an dernier après 10 années sous les verrous, par suite de son implication à un complot contre l’État en 2009. Le premier ministre Abiy l’avait fait libérer il y a 18 mois, pour faire marque de bonne volonté dans la réconciliation nationale et signaler le sérieux de ses réformes. L’idée sous-jacente à cette libération était également que si Asaminew et d’autres s’opposaient au FDRPE — mené par le FLPT, ils constitueraient des alliés naturels de son gouvernement réformiste. Une erreur colossale de vision, qui avait négligé le modus operandi de la tentative de coup d’État de 2009, décrite à l’époque par Reuters comme « faisant usage d’assassinats et d’engins explosifs, créant un chaos tel que la rue se soulèverait contre le gouvernement ». En d’autres termes, Asaminew voulait lancer une guerre hybride sur l’Éthiopie par des moyens de guerre non-conventionnelle (terrorisme, assassinats, engins explosifs, etc), afin de catalyser une révolution de couleur que lui-même et ses cohortes espérait chevaucher pour obtenir un retour en arrière sur les réformes et/ou un changement de régime.

Et c’est exactement le même scénario qu’il a essayé de nouveau de déployer le week-end dernier. Une équipe de ses fidèles a assassiné le chef de région d’Amhara, et un garde du corps acquis à sa cause a tué peu de temps après le dirigeant militaire le plus gradé du pays à Addis Abeba. Peu avant sa tentative de coup d’État, Asaminew avait pressé publiquement ses compagnons Amharas à prendre les armes et à former des milices pour défendre leur région, et c’est en fait face à cette menace latente de sécurité que le chef de région tenait une réunion au cours de laquelle il s’est fait tuer. Si Asaminew et les siens avait pris le pouvoir à Amhara après avoir décapité l’armée comme ils l’ont fait, cette région ainsi que celle de Tigray seraient tombées totalement hors de contrôle de l’armée fédérale, et le premier ministre Abiy aurait été contraint de revenir sur ses réformes, en espérant conserver les soutiens suffisants au sein du FDRPE pour garder les rênes du pouvoir ; l’alternative était le déclenchement d’une guerre civile pour restaurer l’autorité du gouvernement. Bref, il n’est pas exagéré de dire que l’Éthiopie s’est trouvée à deux doigts d’un effondrement, dont les conséquences auraient été catastrophiques pour la nation et ses plus de 100 millions d’habitants.

L’enfer de la guerre hybride dans la corne de l’Afrique

Outre les « armes de migration massive«  qui auraient été lancées dans la région, et peut-être jusqu’en Europe, l’événement aurait pu mettre en danger l’unité du pays, voire déboucher sur une version corne de l’Afrique du « blood borders«  de Ralph Peters. Le stratège militaire étasunien a déclaré de manière tristement célèbre que « le nettoyage ethnique fonctionne ». Telle aurait été la conséquence inévitable d’une guerre civile ethno-régionale, qui aurait ou bien « balkanisé » l’Éthiopie en plusieurs États « indépendants »; ou révisé radicalement les frontières administratives intérieures du pays, pour les rendre plus proches de la disposition ethnique d’après-guerre. Dans un cas comme dans l’autre, l’Éthiopie constitue la cheville ouvrière militaire et diplomatique de la sécurité de toute la région, et sa déstabilisation provoquerait une onde de choc dans les États voisins plus faibles que sont la Somalie, le Soudan et le Sud-Soudan ; elle pourrait également compromettre la paix avec l’Érythrée si l’État de la Mer Rouge voyait une opportunité soudaine de supprimer une bonne fois pour toute son maître de la carte, en rendant son soutien aux groupes séparatistes armés éthiopiens.

Pas de traces de l’étranger

Il faut ajouter que le cycle de guerre hybride que nous venons de décrire, déchaîné par la tentative de coup d’État d’Asaminew à Amhara, s’il avait fonctionné, n’aurait servi les intérêts d’aucun État étranger. Les pays du Golfe disposent d’une influence considérable sur l’Éthiopie, depuis la prise de fonction du premier ministre Abiy rendue possible par l’accord de paix négocié par les ÉAU [Émirats Arabes Unis, NdT]avec l’Érythrée ; et le poids lourd de la corne de l’Afrique constitue l’un des partenaires les plus proches de la Chine sur le continent. La Russie et l’Inde aimeraient bien y voir monter les investissements également, et Addis Abeba est toujours restée très proche de Washington pour répondre aux préoccupations de sécurité anti-terroriste en Somalie. On peut toujours avancer l’argument cynique, qui veut que « balkaniser » l’Éthiopie aiderait les USA à diviser pour mieux régner sur cette région stratégique, mais les conséquences chaotiques qui en résulteraient pourraient également compromettre les intérêts leurs propres intérêts, en affaiblissant la « profondeur stratégique » de leurs alliés, en particulier les EAU et l’Inde, face à la Chine. Il apparaît donc que le putsch d’Asaminew a constitué une réponse tout à fait indigène aux réformes libérales « gorbatcheviennes » du premier ministre Abiy, et représente le quatrième coup d’État réussi ou non de l’année, après le Gabonl’Algérieet le Soudan. Le « printemps africain«  n’est donc pas terminé.

Conclusions

Le putsch d’Asaminew en Amhara a fait passer l’Éthiopie à deux doigts de l’effondrement, et bien qu’il ait été finalement enrayé, il n’en expose pas moins les principales lignes de faille du pays et son degré de vulnérabilité aux agitations internes, comme résultantes des réformes radicales « gorbatcheviennes » du premier ministre Abiy. Il revient à présent au chef de l’État de décider s’il faut revenir sur ces réformes, les ralentir, ou poursuivre en avant toute, chacun des choix présentant ses propres avantages et inconvénients ; le jeune dirigeant doit connaître les affres d’un dilemme important. La situation est d’autant plus sensible que l’Éthiopie doit tenir ses premières élections parlementaires réellement libres et équitables l’année prochaine. Il s’agira d’un tournant décisif : ou bien le pays se stabilisera enfin, ou bien l’événement constituera le déclencheur de tensions ethno-régionales. Le premier ministre a donc les mains dans des problèmes presque aussi existentiels que les avait Gorbatchev dans les dernières années d’existence de l’Union soviétique ; mais cela ne signifie pas forcément que l’Éthiopie connaîtra le même chemin que l’URSS, vers les poubelles de l’histoire.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/le-putsch-en-ethiopie-a-fait-passer-le-pays-a-deux-doigts-de-leffondrement

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Monsieur Hulot : on vous espérait en vacances !

Monsieur Hulot : on vous espérait en vacances !

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19 juin, 2019
Tribune libre

Loïk Le Floch-Prigent

Tandis que l’ancien Ministre démissionnaire revient pour nous rappeler, avec d’autres, que la fin du monde n’est pas si loin, les pays africains qui avaient suivi ses orientations de suppression des fossiles au profit des énergies renouvelables se désespèrent des résultats obtenus. Je vais évoquer ici le cas du deuxième pays d’Afrique en termes de population, l’Ethiopie, qui est passé de 95 millions d’habitants à 105 millions en quelques années et qui connait, grâce à sa politique de santé, en particulier la vaccination, une progression constante.

 

Parc éolien d’Ashegoda situé à environ 780 km au nord de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. Crédit photo : Vergnet. 

L’Ethiopie ce sont des montagnes, des cours d’eau et un grand désert qui va à l’Est jusqu’au Kenya et à la Somalie. Ses dirigeants ont considéré que l’électrification du pays se réaliserait à partir de l’hydro électricité, de la géothermie et de l’utilisation du vent, applaudis par tous les écologistes du monde, en particulier ceux qui peuplent les organismes dépendant des Nations Unies : enfin un pays vertueux, ou presque, puisque certains ne sont pas enthousiastes à considérer l’eau de la pluie comme aussi « naturelle » que le vent ou le soleil.

Lorsqu’il y a quelques années, j’avais rencontré le Vice-Premier ministre de l’époque, Haile Mariam Dessalegn, qui devait remplacer comme Premier ministre, Meles Zenawi, mort précocement, j’avais tenté de lui montrer les bienfaits d’un mix électrique possible pour son pays grâce à la découverte de gisements conséquents de gaz dans l’Est du pays. D’un coté des barrages nombreux, à la construction rapide, pouvaient être envisagés tout au long du Nil Bleu et de ses affluents, d’autre part, en deux ans des centrales à gaz, modulaires, pouvaient voir le jour à l’Est et la construction de lignes pouvait être préparée. Je ne pouvais pas oublier, à l’époque, le champ éolien d’Ashegoda, construit avec l’aide de l’AFD et des banques françaises avec du matériel français, Vergnet (Orléans) d’abord avec 30 engins et Alstom ensuite avec 54.

La discussion a été orageuse, le barrage, le seul, retenu, était le barrage « Renaissance » sur le Nil Bleu, à la frontière avec le Soudan, 6000 MW, et conformément aux souhaits des français « notre pays (l’Ethiopie) n’allait pas commettre les mêmes erreurs que l’Occident, se cantonnerait aux énergies nouvelles, d’où d’ailleurs le recours aux éoliennes françaises ». Mon interlocuteur considérant ne pas avoir à « salir la planète » avec le gaz éthiopien, voulait l’exporter à partir d’un gazoduc conduisant à Djibouti avec une installation de liquéfaction là-bas. Double projet, pharaonique, avec des coûts élevés ainsi que les délais. Les responsables d’EDF avaient bien étudié les fleuves, les coûts, les délais, j’avais en tète les quantités de TCF de gaz des gisements de Calub et d’Hilali, mais j’ai dû rapidement battre en retraite car la colère du Ministre arrivait très vite.

Nous sommes près de dix ans après, l’Ethiopie a été célébrée par tous les bien-pensants pour sa vertu, elle avait compris que la voie de l’aide internationale passait par l’oubli de ses réserves naturelles, son hydraulicité répartie et son gaz, elle a dix millions d’habitants en plus et elle n’a plus d’eau et toujours pas d’électricité… sauf les riches de la capitale, Addis-Abeba, qui possèdent des générateurs électriques alimentés à l’essence ou au diesel… achetés à partir de Djibouti en provenance de leurs voisins arabes ! Il y a dix ans la moitié des habitants n’avait pas accès à l’électricité, maintenant ce sont les trois quarts !  Et c’est la Banque Mondiale qui le dit ! Où sont les électrons des éoliennes préconisées par toutes ces institutions, et ceux de la géothermie, célébrée par tous ces beaux esprits, tandis que le gaz du pays Somali dort, et que les petites rivières ont seules l’alimentation du ciel et de ses nuages.

Tandis que les difficultés s’accroissent dans le pays qui a heureusement choisi un dirigeant plutôt consensuel à cheval sur les deux ethnies les plus importantes, que propose-t-on ? Un gazoduc financé par les chinois et une usine d’urée construite avec l’aide du Maroc. Mais qui va dire que la solution la plus rapide devrait être l’utilisation électrique du gaz et la mise en place de centrales au fil de l’eau dans les montagnes du Centre et du Nord du pays ? Bien sûr, ce n’est pas vertueux et quand on a poussé un pays vers le suicide il est difficile de faire marche arrière. Bien sûr, les milliards dépensés pour réaliser le barrage de la Renaissance, le barrage du Millénaire, vont finir dans quelques années par porter leurs fruits, mais on s’apercevra alors , comme partout en Afrique, qu’il manque des lignes de transport et que l’on n’avait pas anticipé l’augmentation de la population. Ainsi la vertu et l’idéologie qui l’accompagne ont un prix, celui du dénuement et des souffrances de millions d’individus alors que l’éducation progressait, que le niveau professionnel augmentait, que des projets industriels voyaient le jour.

Lorsque je me souviens de ma soirée avec Hiale Mariam Dessalegn je suis rempli de tristesse, je n’ai pas réussi à le convaincre, mais tous ses autres interlocuteurs l’avaient dissuadé d’utiliser les énergies « fossiles », ce qui a conduit notre pays, la France, à se glorifier d’être le « premier au monde » à interdire l’exploration et la production de pétrole et de gaz, comme il est le premier (et le seul) à vouloir décider qu’en 2040 il ne fallait plus construire de véhicules thermiques. Si la stupidité et l’arrogance limitaient leurs conséquences néfastes à nos frontières, après tout, tant pis pour nous si nous sommes tous des imbéciles, mais lorsque nous exportons nos fantasmes et qu’ils se transforment en drames, je trouve cela injuste, profondément injuste, pour des populations pacifiques et talentueuses qui voudraient tant pouvoir continuer à sourire à la vie. Tous les messieurs Hulot auront à cœur, je l’espère, de mesurer les conséquences de leurs préconisations de production électrique dans des pays qui doivent simplement utiliser leurs ressources naturelles sans qu’il soit nécessaire de juger du caractère vertueux ou non de leurs décisions.

Loïk Le Floch-Prigent

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ethiopie;afriquepolitique énergétique

Les autorités yéménites rassemblent des milliers de migrants dans le sud du pays, selon l’OIM

Les autorités yéménites rassemblent des milliers de migrants dans le sud du pays, selon l’OIM

 

Les autorités yéménites ont rassemblé environ 3 000 migrants en situation irrégulière, principalement des Ethiopiens, dans le sud du pays, « créant ainsi une situation humanitaire aiguë » , a annoncé vendredi l’agence de migration des Nations Unies. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) « est profondément préoccupée par les conditions de détention des migrants et s’engage avec les autorités à assurer l’accès des migrants en détention », a indiqué le bureau. Les migrants sont détenus dans des stades de football en plein air et dans un camp militaire. Les détentions ont commencé dimanche dans la ville d’Aden et la province voisine de Lahj, qui sont sous le contrôle du gouvernement internationalement reconnu, soutenu par l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, a rapporté Reuters. Les rebelles houthis contrôlent Sanaa, la capitale et d’autres grands centres urbains.

https://www.rt.com/newsline/457646-yemen-migrants-south-iom/

L’Éthiopie et l’Indonésie subissent des collisions en parallèle

18 MARS 2019 / 13H31 / MIS À JOUR IL Y A UNE HEURE

L’Éthiopie et l’Indonésie subissent des collisions en parallèle

ADDIS ABABA / PARIS (Reuters) – Les enquêteurs qui enquêtent sur le crash du Boeing 737 MAX en Éthiopie ont découvert des similitudes dans les données vitales relatives à l’angle de vol avec un avion qui est tombé au large de l’Indonésie, a annoncé une source, faisant monter la pression sur le plus grand constructeur d’avions au monde.

PHOTO DE DOSSIER: Deux Boeing 737 MAX 8 sont garés dans une unité de production Boeing à Renton, Washington, États-Unis, le 11 mars 2019. REUTERS / David Ryder

La catastrophe d’Ethiopian Airlines, qui a coûté la vie à 157 personnes il y a huit jours, a entraîné l’échouement de la flotte de véhicules de marque MAX dans le monde et a déclenché une enquête très ambitieuse pour le secteur de l’aviation.

L’analyse de l’enregistreur de poste de pilotage a montré que les données de son «angle d’attaque» étaient «très, très similaires» à l’avion Lion Air qui est tombé de Jakarta en octobre, tuant 189 personnes, a déclaré une personne familière à l’enquête.

L’angle d’attaque est un paramètre fondamental du vol, il mesure les degrés entre le flux d’air et l’aile. S’il est trop haut, l’avion peut se retrouver dans une stalle aérodynamique.

La réponse d’un ordinateur de poste de pilotage à un capteur d’angle d’attaque apparemment défectueux est au cœur de la sonde en cours dans le crash de Lion Air.

Le ministère éthiopien des Transports, l’autorité française chargée des accidents aériens BEA et l’administration fédérale américaine de l’aviation (FAA) ont tous déclaré que les données montrent des similitudes entre les deux catastrophes.

Les deux avions comptaient 737 MAX 8 et se sont écrasés quelques minutes après le décollage, les pilotes signalant des problèmes de contrôle de vol.

Sous surveillance, un nouveau système automatisé dans le modèle 737 MAX guide le nez plus bas pour éviter de caler.

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Les législateurs et les experts en sécurité se demandent comment les organismes de réglementation ont contrôlé le système de manière approfondie et dans quelle mesure les pilotes du monde entier ont été formés à ce système lorsque leurs compagnies aériennes ont acheté de nouveaux avions.

BOEING PLANS NOUVEAU LOGICIEL

Compte tenu du prestige de l’un des plus gros exportateurs des États-Unis, Boeing a déclaré que la série MAX était sûre, bien qu’elle envisage de déployer prochainement de nouvelles mises à niveau logicielles.

Le correctif a été mis au point à la suite de l’écrasement en Indonésie, lorsque les autorités de réglementation ont signalé que de fausses données de capteur pouvaient provoquer la sur-réaction d’un système appelé MCAS (Système d’augmentation des caractéristiques de manœuvre) et rendre le jet difficile à contrôler.

Boeing a interrompu les livraisons de son modèle le plus vendu, destiné à devenir le standard de l’industrie, mais qui est maintenant dans l’ombre. Il y avait plus de 300 avions MAX en service au moment du crash de l’Ethiopie et près de 5 000 autres en commande.

Après une chute de 10% la semaine dernière, qui avait essuyé une perte de près de 25 milliards de dollars de sa part de marché, le titre de Boeing a perdu environ 2,3% lundi à 370 $.

Les reportages des médias du week-end ont exercé une pression supplémentaire sur Boeing.

Le Seattle Times a déclaré que l’analyse de la sécurité du système MCAS par la société présentait des défauts cruciaux, notamment une diminution de la consommation d’énergie.

La FAA américaine a également suivi un processus de certification standard sur le MAX plutôt que des demandes de renseignements supplémentaires. La FAA a refusé de commenter, mais a déclaré que le processus suivait le processus normal.

Le Wall Street Journal a annoncé que les procureurs et le département américain des Transports examinaient l’approbation de la série MAX par la FAA, tandis qu’un jury avait assigné à comparaître au moins une personne impliquée dans son développement.

Diaporama (4 Images)

Boeing et la FAA ont refusé de commenter.

La semaine dernière, des sources ont déclaré à des enquêteurs de Reuters qu’un élément d’un stabilisateur avait été retrouvé dans l’épave éthiopienne dans une position inhabituelle similaire à celle de l’avion Lion Air.

VICTIMES

L’Éthiopie mène l’enquête, bien que les boîtes noires aient été envoyées en France et que des experts américains y participent également.

Il n’a pas été précisé combien d’environ 1 800 paramètres de données de vol et deux heures d’enregistrements dans le poste de pilotage, couvrant le vol condamné de six minutes et les voyages précédents, avaient été pris en compte dans l’analyse préliminaire éthiopienne.

L’enquête est cruciale pour permettre aux familles des victimes, venues de près de trente pays, d’être fermées.

Cela a également des implications financières énormes. Le MAX est le modèle le plus vendu de Boeing, avec un carnet de commandes de plus de 500 milliards de dollars à un prix affiché de 121 millions de dollars chacun.

Norwegian Airlines a déjà annoncé qu’elle demanderait une indemnisation après l’immobilisation de son avion MAX, et diverses compagnies revoient leurs commandes.

Le principal rival de Boeing, Airbus, a vu son stock augmenter de 5% depuis le crash, mais il ne peut tout simplement pas prendre le relais du fait de la logistique complexe de la construction d’avion.

Certaines compagnies aériennes sont également en train de réviser leurs prévisions financières, le MAX ayant été pris en compte pour fournir environ 15% d’entretien et d’économies de carburant.

Le directeur général de Boeing, Dennis Muilenburg, a tenté d’apaiser certaines craintes, affirmant que la société achevait une mise à jour du logiciel et une révision de la formation des pilotes « qui traiteront du comportement de la loi de commande de vol MCAS en réponse à des entrées de capteurs erronées ».

La souffrance des familles des morts en Éthiopie a été aggravée par leur incapacité à enterrer les restes. Les fragments carbonisés sont tout ce qui reste et les tests ADN peuvent prendre des mois.

 

https://www.reuters.com/article/us-ethiopia-airplane/ethiopia-and-indonesia-crash-parallels-heap-pressure-on-boeing-idUSKCN1QZ1EE

Crash en Éthiopie : l’enquête se poursuit, jour de deuil à Addis-Abeba et Nairobi

POLITIQUE

Crash en Éthiopie : l’enquête se poursuit, jour de deuil à Addis-Abeba et Nairobi

11 mars 2019 à 04h00 | Par Jeune Afrique avec AFP

L’enquête se poursuivait lundi pour déterminer pourquoi le Boeing 787 flambant neuf d’Ethiopian Airlines s’est écrasé dimanche au sud d’Addis-Abeba, faisant 157 morts, une tragédie marquée en Ethiopie par un jour de deuil national.

Le Kenya était lui doublement endeuillé: avec 32 ressortissants à bord, c’est le pays le plus touché par la tragédie, et Nairobi est par ailleurs le hub régional des Nations unies, qui ont été durement affectées par la catastrophe.

Le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), qui a son siège dans la capitale kényane, ouvre lundi matin sa conférence annuelle qui réunit des centaines de délégués venus du monde entier. Nul doute que la tragédie sera dans toutes les têtes.

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Selon le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Antonio Vitorino, dix-neuf employés de l’ONU ont péri dans le crash. Parmi les victimes figurent au moins un membre du PNUE, un autre du Programme alimentaire mondiale (PAM) et plusieurs autres du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Dès dimanche après-midi, des enquêteurs de l’Agence éthiopienne de l’aviation civile ont été à pied d’oeuvre sur les lieux du crash pour récolter le maximum de débris et d’indices et trouver les boîtes noires de l’appareil, ce qui n’a pas encore été fait, selon une source au sein de la compagnie. Ces enquêteurs devraient être prochainement rejoints par une équipe technique de Boeing.

Le PDG d’Ethiopian Airlines, Tewolde GebreMariam, a confirmé que l’enquête serait menée conjointement par des enquêteurs éthiopiens et américains. L’organisme américain chargé de la sécurité dans les transports (NTSB) a annoncé l’envoi d’une équipe d’inspecteurs chargés d’apporter leur aide dans l’enquête.

L’avion déjà en feu lorsqu’il s’écrase, selon un témoin

Le vol ET 302 avait décollé dimanche à 08H38 (05H38 GMT) d’Addis-Abeba et il a disparu des radars six minutes plus tard.

L’appareil, un Boeing 737-800 MAX livré courant 2018 à la compagnie, était piloté par Yared Getachew (8.000 heures de vol à son actif) et avait fait l’objet d’une maintenance le 4 février.

En s’écrasant, l’avion a creusé un impressionnant cratère, labourant la terre sur des dizaines de mètres de longueur. L’avion s’est désintégré à l’impact: on ne distinguait plus la forme de l’appareil mais seulement des morceaux de carlingue éparpillés.

Selon un témoin, Tegegn Dechasa, « l’avion était déjà en feu lorsqu’il s’est écrasé au sol », « l’avion était déjà en flammes à l’arrière juste avant le crash ».

« L’avion semblait vouloir tenter d’atterrir dans un champ à proximité mais il s’est écrasé avant de l’atteindre », a expliqué un autre témoin, Sisay Gemechu, un fermier.

Des victimes de différentes nationalités

Les victimes du crash étaient de 35 nationalités différentes, selon des chiffres provisoires de la compagnie. Celle-ci a notamment dénombré 32 Kényans, 18 Canadiens, neuf Ethiopiens, huit Italiens, huit Chinois, huit Américains, sept Français, sept Britanniques, six Égyptiens, cinq Allemands et quatre Indiens. Un passager voyageait avec un passeport onusien.

Les messages de condoléances aux victimes ont afflué toute la journée dimanche, du Premier ministre éthiopien au président kényan, de l’Union africaine au secrétaire général de l’ONU, en passant par le Premier ministre canadien et le président français Emmanuel Macron qui sera en visite officielle en Ethiopie mardi et mercredi puis au Kenya mercredi et jeudi.

Les détails concernant l’identité des passagers commençaient à émerger: un député slovaque, Anton Hrnko, a ainsi perdu son épouse et ses deux enfants. Parmi les huit Chinois décédés figuraient des touristes, des employés de sociétés et un membre du PNUE. Un architecte italien était aussi à bord.

La compagnie Ethiopian Airlines, détenue à 100% par l’Etat éthiopien, a connu une très forte expansion ces dernières années. Sa flotte compte plus de 100 appareils, ce qui en fait la plus importante en Afrique.

Le 29 octobre 2018, un Boeing 737-800 MAX appartenant à la compagnie indonésienne Lion Air s’était abîmé au large de l’Indonésie, faisant 189 morts. Une des boîtes noires avait pointé des problèmes d’indicateur de vitesse, un coup dur pour cet avion, version modernisée du best-seller 737.

 

Le crash d’un avion en Éthiopie fait 157 morts dont 7 Français

Le crash d’un avion en Éthiopie fait 157 morts dont 7 Français

Éthiopie: sept Français parmi les 157 victimes du crash d’un avion d’Ethiopian Airlines
Sept Français figurent parmi les victimes. L’avion s’est écrasé six minutes après le décollage, le vol reliait Addis-Abeba en Éthiopie à Nairobi au Kenya. La compagnie aérienne a confirmé qu’il n’y avait aucun survivant.
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EN IMAGES – Le vol reliait Addis-Abeba en Éthiopie à Nairobi au Kenya. L’avion s’est écrasé six minutes après le décollage. Au moins 35 nationalités étaient présentes à bord.

Un avion d’Ethiopian Airlines qui reliait Addis-Abeba (Éthiopie) à Nairobi (Kenya) s’est écrasé dimanche matin 10 mars avec ses 149 passagers et ses huit membres d’équipage. Parmi eux, sept Français. «Le PDG du groupe (…) a le regret de confirmer qu’il n’y a pas de survivant», a indiqué la compagnie dans un communiqué, accompagné d’une photo de Tewolde GebreMariam au milieu d’un cratère provoqué par le crash et parsemé d’effets personnels et de débris. L’avion, un Boeing 737-800 MAX, s’est écrasé près de Bishoftu, à 62 km au sud-est d’Addis-Abeba, six minutes après le décollage, alors que le pilote évoquait des «difficultés» et avait demandé à faire demi-tour. Le Boeing s’est désintégré et les débris sont en grande partie calcinés, a constaté un journaliste de Reuters.

Ethiopian Airlines

@flyethiopian

Accident Bulletin no. 2
Issued on march 10, 2019 at 01:46 PM

2 363 personnes parlent à ce sujet

Les 157 personnes à bord de l’appareil sont originaires de 35 pays. Il y avait 32 Kényans, 18 Canadiens, 9 Ethiopiens, 8 Italiens, 8 Chinois, 8 Américains, 7 Français, 7 Britanniques, 6 Egyptiens, 5 Néerlandais, 4 Indiens, 4 Slovaques, 3 Autrichiens, 3 Suédois, 3 Russes, 2 Marocains, 2 Espagnols, 2 Polonais, 2 Israéliens, un Belge, un Somalien, un Togolais, un Ougandais et un Nigérian. Un centre d’information des passagers et un numéro de téléphone ont été mis en place. À Paris, le Quai d’Orsay a dit chercher à «vérifier si des ressortissants français figurent parmi la liste des victimes», précisant «ne pas avoir d’informations définitives à ce stade».

» LIRE AUSSI – Crash en Ethiopie: les nationalités des victimes

«Terribles nouvelles», a déploré le premier ministre canadien Justin Trudeau (18 morts). Les États-Unis (8 morts) ont annoncé l’envoi d’enquêteurs.

Des membres de la Croix-Rouge participent aux recherches.

«Il est trop tôt pour avancer une cause de l’accident, et une enquête sera menée pour en trouver la cause», a déclaré le PDG d’Ethiopian Airlines Tewolde GebreMariam. «Le pilote a mentionné qu’il avait des difficultés et qu’il voulait rentrer» et «il a eu l’autorisation» de faire demi-tour et de repartir vers Addis Abeba, a-t-il ajouté. L’avion avait décollé ce dimanche matin de l’aéroport Bole d’Addis-Abeba. Six minutes plus tard, l’aéroport avait «perdu le contact» avec l’appareil. Le site suédois flightradar24, qui offre des informations en temps réel sur les vols, avai noté une «vitesse ascensionnelle instable après le décollage». Les conditions météorologiques étaient bonnes dimanche matin à Addis Abeba.

Inquiétude pour les proches des passagers à Nairobi.

«Le bureau du premier ministre, au nom du gouvernement et du peuple éthiopien, exprime ses plus profondes condoléances à ceux qui ont perdu ce matin des êtres chers lors du vol d’un Boeing 737 des Ethiopian Airlines à destination de Nairobi», a déclaré sur Twitter Abiy Ahmed, le premier ministre éthiopien.

Office of the Prime Minister – Ethiopia

@PMEthiopia

The Office of the PM, on behalf of the Government and people of Ethiopia, would like to express it’s deepest condolences to the families of those that have lost their loved ones on Ethiopian Airlines Boeing 737 on regular scheduled flight to Nairobi, Kenya this morning.

7 463 personnes parlent à ce sujet

Le chef de l’État français Emmanuel Macron a adressé ses condoléances aux familles des victimes. «J’adresse mes sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes du vol d’Ethiopian Airlines, dont plusieurs étaient françaises. Je partage leur tristesse. La France se tient aux côtés des peuples kenyan et éthiopien et leur témoigne son entière solidarité», a-t-il écrit sur Twitter:

Emmanuel Macron

@EmmanuelMacron

J’adresse mes sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes du vol d’Ethiopian Airlines, dont plusieurs étaient françaises. Je partage leur tristesse. La France se tient aux côtés des peuples kenyan et éthiopien et leur témoigne son entière solidarité.

342 personnes parlent à ce sujet

Ethiopian Airlines jouit pourtant d’une bonne réputation. Elle est classée à la 40e place (et 1re en Afrique) du classement Skytrax 2018 qui recense les 100 meilleures compagnies au monde. Son dernier accident, survenu à Beyrouth peu après un décollage, remontait à janvier 2010. Quatre-vingt-trois passagers et sept membres d’équipages avaient été tués.

L’avion qui s’est écrasé, un Boeing 737-800 MAX, dernier né de la gamme 737 du constructeur américain, est du même type que celui de la compagnie indonésienne Lion Air qui s’est abîmé en mer en octobre dernier, 13 minutes après avoir décollé de Jakarta, faisant 189 morts.

Les secouristes sont sur place.

Les enjeux du rapprochement entre l’Ethiopie l’Érythrée et la Somalie

Les enjeux du rapprochement entre l’Ethiopie l’Érythrée et la Somalie

Vendredi 9 novembre, une rencontre a eu lieu entre les chefs d’Etat d’Ethiopie, de Somalie et d’Érythrée. Une véritable coopération semble commencer à prendre forme entre les Etats de la Corne d’Afrique.

Des rivalités nombreuses

Abiy Ahmed et Isaias Afwerki signent la fin du conflit entre Ethiopie et Erythrée

Il y a quelques années – sinon quelques mois- , cette scène aurait semblé impossible : les dirigeants éthiopien, érythréen et somalien qui se rencontrent pour parler de coopération. Depuis les années 60, ces pays ont plutôt cherché à se déstabiliser mutuellement.

La Somalie a longtemps revendiqué le territoire de l’Ogaden, peuplé de Somalis, dans le désert oriental d’Ethiopie. Après la chute du Négus Haile Selassie, une guerre éclate entre les deux Etats en 1977-1978, où la Somalie semblait porter le coup de grâce à un vieil empire éthiopien en voie d’implosion. Si c’est finalement une défaite somalienne, l’insurrection d’Ogaden continue. Dans le même temps, le pouvoir d’Addis Abeba faisait face à d’autres conflits intérieurs, en Érythrée (qui était alors une province d’Ethiopie), au Tigré ou encore en Oromia. En retour, Addis Abeba soutenait les groupes armés hostiles au pouvoir de Mogadiscio, notamment aux tribus Ishaak dans le nord-ouest, actuel Somaliland.

En 1991, le pouvoir militaire marxiste de Mengistu Haile Mariam tombe en Ethiopie, « libérée » par deux groupes armés : le Front Populaire de Libération de l’Érythrée et le Front de Libération des Peuples du Tigré. Ces deux groupes étaient composés principalement de Tigréens, les premiers voulant l’indépendance de l’Érythrée, les seconds voulant rester éthiopiens tout en prenant le pouvoir. Si l’indépendance de l’Érythrée n’a pas posé de problèmes majeurs à la nouvelle Ethiopie, le tracé des frontières et les incompréhensions mutuelles ont amené à une guerre entre les deux Etats en 1998. Dans le même temps, la Somalie sombrait dans le chaos total. Conflits et revendications territoriales, guerres par procuration sur le terrain somalien, rapprochement entre l’Ethiopie et le Soudan contre l’Érythrée, implosion de la Somalie dominée par la milice Harakat Al Shabab, conflits politiques et sociaux entre les différents peuples d’Ethiopie, dictature fermée sur elle-même à Asmara… la Corne d’Afrique ne semblait pas prendre le chemin de la paix.

Abiy Ahmed, symbole d’un Ethiopie nouvelle

En avril 2018, Abiy Ahmed devient le nouveau Premier Ministre d’une Ethiopie où la répression politique semble mener le pays vers la crise. Premier chef d’Etat Oromo (ethnie majoritaire en Ethiopie) du pays, Abiy Ahmed a mené une véritable politique de démocratisation. C’est sous son mandat que pour la première fois, une femme, Sahle-Work Zewde, devient Présidente de la République démocratique fédérale d’Ethiopie. Abiy Ahmed nomme également un gouvernement où la parité est totale entre hommes et femmes. Sur le plan politique, Abiy Ahmed met fin à deux conflits majeurs dans son pays : celui avec le Front de Libération Oromo et celui avec le Front National de Libération de l’Ogaden.

Sur le plan international, le changement est tout aussi radical. Abiy Ahmed relance le dialogue avec l’Érythrée, avec qui il signe la paix. La liaison aérienne est rétablie et les chefs d’Etat se rencontrent dans les deux pays. Le dialogue avec les autorités de Somalie reprend également. Après plus de 40 ans de fermeture, la compagnie aérienne Ethiopian Airlines a inauguré son premier vol vers Mogadiscio le 9 novembre. Un rapprochement politique, mais aussi une preuve de la relative sécurité du pays. Relative car deux jours plus tard, un attentat a fait plus de cinquante morts dans la capitale somalienne. Toutefois, cette liaison aérienne permettra probablement de relancer les échanges économiques entre Ethiopie et Somalie. Enfin, l’Ethiopie, avec les autres Etats de la région, tente d’influer pour mettre un terme au conflit sud-soudanais – un accord de paix a été signé le 12 septembre à Addis Abeba.

Des conflits toujours en suspens

S’il ne faut pas prendre les grands rapprochements pour une réussite totale et irréversible, force est de constater le contraste entre les décennies de conflits, et les réconciliations qui se succèdent dans la région en si peu de temps. La coopération régionale pourrait permettre d’assurer la sécurité (piraterie, crise du Yémen et en Somalie) et une politique de développement local (favoriser le transit de marchandises en ouvrant les frontières).

Toutefois, il reste de nombreuses crises locales. Abiy Ahmed ne s’est pas fait que des amis dans le régime militaire d’Ethiopie, et il semblerait qu’il y ait déjà eu une tentative de coup d’Etat contre lui. L’ouverture avec l’Érythrée n’a apparemment pas amené d’ouverture politique du pays. Si le gouvernement somalien reprend difficilement le contrôle de territoires au sud du pays, la question du Somaliland – qui assure sa propre sécurité et a proclamé son indépendance – et les guerres locales avec le Puntland ne permettent pas de penser à un pays stable et réunifié dans un futur proche. Les rivalités entre grandes puissances peuvent également influer sur la suite des événements. Les défis restent donc nombreux dans al Corne de l’Afrique.

Bibliographie

DECRAENE P., L’expérience socialiste somalienne

NJOKU R., The History of Somalia

REID R. , Frontiers of violence in North-East Africa

RENDERS M., Consider Somaliland

About Thomas CIBOULET

Au travers de l’Érythrée et des EAU, la Russie se tourne vers la Corne de l’Afrique

Au travers de l’Érythrée et des EAU, la Russie se tourne vers la Corne de l’Afrique


Par Andrew Korybko – Le 10 septembre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoSergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russes, a salué les relations de son pays avec l’Érythrée et a fait part au monde des projet de Moscou d’y construire un centre logistique.

C’est à Sotchi, au cours d’une conférence de presse tenue à l’issue de leur rencontre bilatérale, qu’il a pris la parole aux côtés de son homologue érythréen, et indiqué que les discussions avaient notamment porté sur la construction de couloirs de transports régionaux, d’oléoducs, et d’ouvrir un département russophone dans l’une des universités d’Asmara. Lavrov a également déclaré que les sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies contre l’Érythrée, imposées en 2009 après des rapports indiquant que le pays soutenait Al-Shaabab en Somalie, devraient à présent être levées. Il a félicité l’Érythrée pour l’ensemble de ses actions ces derniers mois en faveur de la paix dans la région, et pour son rapprochement rapide de l’Éthiopie, qui a complètement modifié la situation géopolitique de la corne de l’Afrique.

Avec plus de recul, la Russie semble très désireuse de faire de l’Érythrée sa passerelle vers le géant régional que constitue l’Éthiopie, deuxième pays africain en population, et son économie à croissance rapide. Le rapprochement entre Érythrée et Éthiopie verra Addis Abeba diversifier ses accès au reste du monde, s’affranchissant de sa dépendance historique de Djibouti en la matière, si bien que l’on peut également s’attendre à voir le rôle de l’Érythrée croître en importance en termes de connectivité. Les investissements que la Russie entend mener en Érythrée montrent en outre le sérieux de sa démarche de « pivot vers l’Afrique » et la réalité de son désir d’établir une présence dans la région de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique, suite aux bruits qui courent de l’offre qui lui aurait été faite d’ouvrir une base navale au Soudan voisin, et d’autres échos non confirmés qui auraient signalé qu’elle étudiait également la possibilité d’en ouvrir une dans la région dissidente du Somaliland.

Un autre point à garder à l’esprit est que les Émirats arabes unis (EAU) constituent le premier partenaire international de l’Érythrée, et sont responsables non seulement d’avoir rompu l’isolement international du pays en y construisant une base soutenant la guerre contre le Yémen, mais également pour le rôle de facilitateur qu’ils ont joué dans le rapprochement entre Érythrée et Éthiopie. Abou Dabi constitue donc un pouvoir transrégional en croissance, qui cultive en même temps des liens plus forts que jamais avec Moscou, les deux parties ayant signé une Déclaration officielle de partenariat stratégique début juin, à l’issue de la rencontre dans la capitale russe entre le prince de la couronne Mohammed Bin Zayed et le président Poutine. Les liens entre la Russie et les Émirats vont donc converger en Érythrée, et possiblement également même en Éthiopie peu après.

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe a rencontré Osman Saleh, ministre des Affaires étrangères érythréen, le 31 août 2018, à Sochi, en Russie

Loin des regards, le partenariat stratégique russo-émirati se montre étonnamment solide, sans le moindre conflit d’intérêt entre les deux parties dans la corne de l’Afrique. Les deux pays ont conclu un accord de défense de quasiment 2 milliards de dollars en février 2017, et se sont engagés à coopérer dans les sphères de la cybersécurité et de l’énergie. En outre, la pompe à pétrole des émirats s’intéresse aux voitures et motos électriques russes, ainsi qu’à la marque Aurus de berlines de luxe, popularisée il y a peu par le président Poutine. En fait, la coopération entre Russie et Émirats promet littéralement de monter plus haut que le ciel, Moscou se préparant à propulser prochainement les cosmonautes de son partenaire jusqu’à la station spatiale internationale.

Somme toute, l’importance stratégique des relations entre Russie et Érythrée réside dans le potentiel qu’elles présentent, non seulement pour faciliter le « pivot vers l’Afrique » de Moscou dans la corne de l’Afrique, notablement en Éthiopie, mais également en ce qu’elles vont renforcer le partenariat déjà fluide et solide entre la Russie et les EAU, au travers du pays du tiers monde dans lequel ils ont tant d’intérêts en commun. Et une concrétisation réussie du concept selon lequel une coopération russo-émirati apporte des dividendes concrets et positifs dans d’autres pays comme l’Érythrée pourrait également ouvrir la porte à Abu Dabi pour inviter Moscou au Sud-Yémen, où les Russes exerçaient une influence à l’ère soviétique, ce qui pourrait permettre à la Russie de contribuer à la reconstruction de la société, ravagée par la guerre, et de consolider sa présence stratégique dans la région de la mer Rouge et du golfe d’Aden.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le 7 septembre 2018

 

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/au-travers-de-lerythree-et-des-eau-la-russie-se-tourne-vers-la-corne-de-lafrique

 

« Vous avez oublié l’islam » : la rebuffade du Premier ministre éthiopien envers ben Zayed

« Vous avez oublié l’islam » : la rebuffade du Premier ministre éthiopien envers ben Zayed

Dans un discours aux États-Unis, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclaré avoir repoussé une offre du prince héritier d’Abou Dabi de construire un centre islamique en Éthiopie, lui disant qu’il avait oublié le vrai message de paix de l’islam.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a raconté avoir repoussé l’offre du prince héritier d’Abou Dabi Mohammed ben Zayed de construire un centre islamique dans ce pays d’Afrique de l’Est, lui disant qu’il avait « oublié » sa religion.

Ahmed a rapporté cette conversation avec ben Zayed, qui est considéré comme le dirigeant de facto des Émirats arabes unis, lors d’un discours adressé aux membres de la communauté musulmane américano-éthiopienne en Virginie (États-Unis) vendredi dernier.

« Nous vous aiderons avec bien des choses. Nous vous enseignerons », aurait déclaré ben Zayed lors d’une conversation privée avec Ahmed, qui lui aurait répondu : « Nous n’avons pas besoin d’apprendre la religion de vous. Vous avez oublié la religion. Ce que nous devons faire, c’est apprendre l’arabe rapidement pour mieux comprendre la religion, vous l’apprendre et vous y ramener. »

« Nous devons apprendre l’arabe rapidement pour mieux comprendre la religion, vous l’apprendre et vous y ramener »
Abiy Ahmed à Mohammed ben Zayed

Lorsque ben Zayed lui a demandé pourquoi, Ahmed lui a dit que l’islam parlait de paix, contrairement à ce qu’il se passait au Moyen-Orient.

Le Premier ministre éthiopien a indiqué avoir répondu au prince héritier : « Vous avez oublié la religion ».

« Un islam qui ne ressemble pas au véritable islam a commencé à se répandre parmi vous, vous avez oublié la paix et comment pardonner. »

Le Premier ministre éthiopien n’a pas précisé quand avait eu lieu cette conversation. Abiy Ahmed a rencontré Mohammed ben Zayed mardi dernier pendant une visite à Abou Dabi avec le président érythréen Isaias Afwerki, suite à l’accord de paix conclu entre ces anciens antagonistes.

Selon le site web du ministère émirati des Affaires étrangères, tous deux ont reçu la médaille de l’ordre de Zayed « en reconnaissance de leurs efforts pour mettre fin au conflit entre leurs pays et pour ouvrir de nouveaux horizons de coopération et de coordination, et en reconnaissance de leur rôle dans le renforcement de la coopération avec les Émirats arabes unis ».

Dans son discours, Ahmed a déclaré que rien que les musulmans éthiopiens, qui constituent 40 % de la population du pays, surpassent en nombre les musulmans des Émirats arabes unis et de leurs voisins du Golfe, le Qatar, l’Arabie saoudite et le Koweït réunis. L’Éthiopie est le second pays le plus peuplé d’Afrique, avec 108 millions d’habitants.

Le père d’Abiy Ahmed est musulman tandis que sa mère est chrétienne. On attribue à ce jeune dirigeant de 41 ans un certain nombre de réformes politiques prises immédiatement après son accession au pouvoir, comme la libération de prisonniers politiques et la signature d’un accord de paix avec l’Érythrée, voisin de l’Éthiopie au nord, après deux décennies de conflit.

Ahmed est arrivé aux États-Unis vendredi, sa première visite depuis son entrée en fonction en avril.

Il y a rencontré le vice-président américain Mike Pence, qui a salué les « efforts de réformes historiques » du Premier ministre éthiopien visant à « améliorer le respect des droits de l’homme, réformer le monde des affaires et faire la paix avec l’Érythrée ».

Le discours d’Abiy Ahmed a été traduit en arabe par un compte Twitter éthiopien en arabe et Al Jazeera. Middle East Eye n’a pas procédé à une vérification indépendante de la traduction.

MEE
Traduit de l’anglais (original).

http://www.afrique-asie.fr/vous-avez-oublie-lislam-la-rebuffade-du-premier-ministre-ethiopien-envers-ben-zayed/

C’est malgré tout une bonne idée pour l’Éthiopie enclavée de se construire une marine

C’est malgré tout une bonne idée pour l’Éthiopie enclavée de se construire une marine


Par Andrew Korybko – Le 13 juin 2018 – Source Oriental Review

Ethiopia NavyLe nouveau président Abiy Ahmed s’entretenait avec les chefs militaires lorsqu’il leur a dit que « nous devrions à l’avenir renforcer nos capacités en terme de force navale », ce qui a immédiatement attiré l’attention internationale parce que le pays est enclavé depuis la sécession de l’Érythrée en 1993. Ce pays désormais indépendant a toujours craint que l’Éthiopie ait encore des projets pour le réintégrer de force ou le transformer en un État mandataire pour regagner son accès historique à la mer Rouge, bien que ce ne soit probablement pas ce que le président Ahmed avait à l’esprit lorsqu’il a fait sa curieuse suggestion.

Bloomberg a inclus des informations très pertinentes dans son bref rapport sur ce développement en rappelant comment l’Éthiopie a récemment conclu des accords portuaires avec le Soudan, Djibouti, la Somalie du Somaliland, autoproclamée indépendante, et le Kenya dans toute la région de la Corne de l’Afrique, donnant ainsi au pays un intérêt naturel à vouloir protéger ses investissements en terminaux et ses lignes maritimes de communication (SLOC) qui les accompagnent.

En conséquence, on peut aussi s’attendre à ce que l’Éthiopie conclue des accords militaires conventionnels avec ses partenaires régionaux afin de protéger les infrastructures de transport reliant leurs ports à la grande puissance africaine émergente, qui est le deuxième pays le plus peuplé du continent avec l’un des taux de croissance économique les plus élevés du monde. Le développement d’une marine éthiopienne serait également une première pour un pays africain qui s’impliquerait activement dans la nouvelle « ruée vers l’Afrique » qui a débuté dans la région de la Corne au milieu des années 2000, après la frénésie de la piraterie somalienne au large des côtes.

Ethiopia map
Au cours de la décennie qui a suivi, cette partie du monde est devenue l’une des plus militarisées, avec des bases américaines, chinoises, émiraties, saoudiennes, turques, italiennes, françaises et japonaises tout le long de ses côtes. La Russie a aussi récemment été invitée à construire une base navale à Port Soudan à la fin de l’année dernière après la visite du président Bachir à Moscou, même si on ne sait pas si le président Poutine envisage de l’accepter.

Ce que la Russie peut faire, cependant, c’est d’aider son partenaire éthiopien, lien datant de l’ère soviétique, à construire une nouvelle marine, ce qui pourrait en soi annoncer un important « Retour en Afrique » pour Moscou et lui permettre de montrer une dimension différente de sa « diplomatie militaire » que celle acquise par les forces aériennes et terrestres de renommée mondiale lors de l’intervention anti-terroriste en Syrie.

Le post présenté est la transcription partielle de l’émission de radio CONTEXT COUNTDOWN sur Sputnik News, diffusée le vendredi 8 juin 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.