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Réconcilier notre pays avec l’ambition et la fierté

Réconcilier notre pays avec l’ambition et la fierté

Réconcilier notre pays avec l’ambition et la fierté

Par Ligne droite, rassemblement de Français engagés pour une droite nouvelle ♦ En France, du fait de la repentance et de la diabolisation de l’idée même de nation, le sentiment de fierté n’existe pratiquement plus. Dès lors, et contrairement à beaucoup de peuples sur la planète, les Français n’ont plus la moindre ambition collective et semblent menacés de déclin. Aussi Ligne droite estime-t-elle indispensable que notre pays renoue avec les périodes glorieuses de son histoire et se dote, avec le projet d’Europe puissance, d’une grande ambition collective qui pourrait le ramener sur le devant de la scène mondiale.


Le sentiment de fierté a abandonné les Français

La fierté est un sentiment qui semble en effet être devenu complètement étranger aux Français. Il est vrai qu’être fier de sa nation c’est être patriote, ce qui, par les temps qui courent, ne peut être que ringard, voire ridicule. D’autant que l’idée même de nation souffre d’un profond discrédit : n’est-elle pas, d’après les sectateurs de la pensée unique, cause d’exclusion, d’enfermement, de guerres et de conflits ? Aussi, dans un monde marqué par l’immigration, l’européisme et le mondialisme, la nation a-t-elle été complètement occultée. Or pour éprouver de la fierté, il faut quelque chose dont on puisse être fier. Et si ce n’est pas la nation, ce ne peut pas être une autre communauté car les autres facteurs d’identification, telle la race ou la religion, sont encore plus diabolisés. Il ne reste donc plus de groupes dont les Français pourraient se sentir membres et dont ils pourraient tirer un sentiment de fierté. Peut-être est-ce ce manque que certains compensent par l’enracinement régionaliste, lequel est toléré tout comme le patriotisme sportif jugé sans conséquence.

La repentance et la culpabilisation sont imposées aux Français

Ce déracinement qui prive nos compatriotes de communauté n’est cependant pas la seule cause de la disparition du sentiment de fierté. À cette réalité de fond s’ajoute en effet le travail permanent mené par le Système, et notamment par les médias et par l’école, pour culpabiliser notre peuple à propos de son histoire. La lecture qui est maintenant faite de notre passé n’est que négative. Avec la royauté, la France aurait vécu sous un régime d’oppression. Nos grands hommes, comme Louis XIV ou Napoléon, n’auraient été que des tyrans et notre nation aurait semé la guerre et la désolation tout au long des siècles écoulés. Sans parler du pire, les croisades, l’esclavage, la colonisation et la complicité dans les horreurs de la seconde guerre mondiale.

Nos compatriotes sont privés de grandes ambitions collectives

Et si, comme on l’enseigne aux Français, il n’y a rien qui puisse leur permettre d’être fiers de ce qu’ils ont été, à quoi bon rester ce qu’ils sont ? S’ils ont toutes les raisons d’avoir honte de leur nation, pourquoi feraient-ils de grands projets pour elle ? Si la fierté n’existe plus, il ne peut plus y avoir d’ambition collective. Et tel est hélas le cas aujourd’hui dans notre pays qui semble avoir renoncé aux grandes causes, aux grands projets, aux grands espoirs. Les médias ramènent sans cesse notre peuple aux petits problèmes du quotidien. Les seules causes auxquelles on l’appelle encore sont d’ordre humanitaire, comme si la France n’avait plus d’autre avenir que d’être une vaste ONG caritative.

L’ambition et la fierté sont indispensables aux nations

Or, l’histoire nous enseigne que les communautés qui n’ont plus la fierté de ce qu’elles sont et qui ne forment plus de grands projets sont vouées au déclin ou à la disparition. La haine de soi ouvre en effet la voie à l’acceptation de sa propre disparition. Une perspective qui ne concerne que le vieux continent car les autres pays du monde, en tout cas ceux qui n’appartiennent pas à l’Europe, sont loin de partager ce sentiment crépusculaire. La Chine par exemple est une nation fière d’elle-même et animée de projets ambitieux, comme beaucoup d’autres pays dont le passé et le potentiel ne peuvent pourtant se comparer à ceux de notre pays.

Ligne droite considère donc qu’il est temps pour la France de rompre avec cet état d’esprit mortifère et de renouer avec la fierté et l’ambition.

Mettre de côté les heures sombres et mettre en avant les faits glorieux

Pour cela, il faudrait d’abord mettre un terme à l’autoculpabilisation et à la repentance aussi bien en France que dans les autres pays européens. De tels actes de contrition n’ont en réalité aucune raison d’être. Toutes les nations ont connu des heures sombres et personne ne peut prétendre que les Européens auraient été pires que les autres peuples de la planète. D’autant qu’il est contraire aux valeurs de notre civilisation de faire porter la faute d’une génération à l’autre. Les Français et les Européens d’aujourd’hui doivent donc laisser dans l’ombre les heures sombres pour ne se préoccuper que des périodes fastes et glorieuses dont ils peuvent être fiers.

L’Europe, première puissance mondiale, un grand projet collectif pour le XXIe siècle

Libérés de la repentance, les Français comme les Européens devraient alors s’atteler à de grandes entreprises collectives. Et comme notre nation, ainsi que les autres nations d’Europe, ont été habituées aux premières places, Ligne droite considère qu’elles doivent à nouveau chercher à se hisser au sommet. Pour cela il faut qu’elles se rassemblent et créent ce pôle de puissance qui leur permettrait toutes ensemble de prétendre occuper de nouveau les premiers rangs dans le monde. Car l’Europe est certes la famille commune des Européens, cette terre qu’ils peuvent parcourir sans être dépaysés et sans cesser pour autant d’être émerveillés. Mais elle n’est pas seulement ce trésor de culture et d’histoire, elle est aussi, de par sa population et son économie, une puissance potentielle considérable capable de rivaliser avec les grands pays émergents comme l’Inde ou la Chine. Aussi, la constitution d’une puissante confédération européenne, dans laquelle la France jouerait un rôle moteur, pourrait être la grande ambition collective des Européens pour cette première moitié du XXIe siècle. Une ambition qui permettrait à tous les peuples du vieux continent d’affirmer à nouveau la fierté de ce qu’ils sont. Non seulement en raison de la tâche exaltante qui serait à accomplir, mais aussi parce que les Européens pourraient à cette occasion revisiter leur civilisation et découvrir à travers les richesses qu’ils ont en commun combien elle est grande et belle.

C’est sur cette base qu’ils doivent nourrir de grandes ambitions pour notre continent et notre civilisation. L’Europe a guidé le monde pendant des milliers d’années, elle peut encore lui offrir un modèle pour les siècles qui viennent. La droite nouvelle doit avoir le projet de le lui rappeler.

Ligne droite
02/09/2018

Source : Ligne droite

Crédit photo : Phot-OG-raphies_78 via Flickr cc

https://www.polemia.com/reconcilier-notre-pays-ambition-fierte/

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Qu’est-ce que la Super Classe Mondiale qui nous dirige ? Réponse en 10 points

Georges Soros

Qu’est-ce que la Super Classe Mondiale qui nous dirige ? Réponse en 10 points

Par Michel Geoffroy, essayiste ♦ [Rediffusion] Nous publions à nouveau cette analyse exclusive, publiée initialement dans nos colonnes le 30 mars 2018. En effet, ce texte fait partie des articles les plus lus du début d’année 2018. Un intérêt massif qui motive une nouvelle diffusion en cette période estivale pour préparer au mieux la rentrée politique. Bonne lecture et bonnes vacances.
Polémia


Michel Geoffroy, contributeur régulier de Polémia, a récemment publié La Super-classe contre les peuples. Cet ouvrage, préfacé par Jean-Yves Le Gallou, s’attache à démasquer ceux qui détiennent le pouvoir dans le monde moderne. Avec ce dévoilement magistral de la super-classe mondiale, Michel Geoffroy permet de poser les bases d’une reconquête essentielle : celle de notre liberté.
Michel Geoffroy étant un pilier de Polémia, nous vous proposons une analyse en 10 points de cette super-classe mondiale qui fait tout pour nous diriger.
Polémia1/ La Super Classe Mondiale (SCM) n’est pas un fantasme : elle existe bien et elle a pris le pouvoir en Occident et notamment en Europe Occidentale.

Elle est propriétaire des médias, elle finance le microcosme culturel, les ONG et les groupes de pression et elle impose partout une politique qui va à l’encontre de la volonté du corps électoral. En France elle a réussi à faire élire son candidat lors de la présidentielle de 2017 : Emmanuel Macron

2/ La SCM correspond à la domination sans limite de l’économie et de la finance sur la société et sur la souveraineté politique, qui s’est produite à la fin du XXème siècle.
La SCM regroupe les super riches qui veulent s’enrichir toujours plus, grâce notamment à la dérégulation économique et financière. Grâce aussi à la modification des lois fiscales à leur profit. Grâce enfin au « socialisme des riches » qui consiste à mettre à la charge de la collectivité les charges induites par la mise en œuvre des politiques libre-échangistes, pendant que ses bénéfices reviennent à la seule oligarchie

La SCM incarne la domination sans partage de la loi de l’argent, donc la réduction des hommes à l’état de simple ressource au service des plus riches.

Pour cette raison on ne pourra remettre à sa place la SCM, si on ne régule pas l’économie et la finance mondiales

3/ La SCM incarne aussi le retour d’une vieille eschatologie : la prétention hérétique de bâtir le paradis sur terre et d’unifier le genre humain, sans attendre la venue ou le retour du Messie, prétention qui a été reprise par le messianisme protestant et sa croyance en la destinée manifeste des anglo-saxons. Cetteeschatologie fonde le projet cosmopolite ou mondialiste de la SCM, qui se prétend élue pour ce faire.
Ce projet est bien un complot contre la liberté, la souveraineté et l’humanité de l’homme. Car le gouvernement mondial n’ouvrirait pas la voie à une « démocratie planétaire » mais au contraire à la dictature mondiale de l’oligarchie.En accusant les autres de complotisme la SCM pratique en réalité l’inversion accusatoire.

4/ La SCM est une classe sociale : c’est une oligarchie transnationale qui partage plus de traits communs qu’avec sa population d’origine. C’est une classe qui se croit suffisamment éclairée pour prétendre faire le bien des gens malgré eux.
Elle correspond au parti de Davos : de ceux qui se rencontrent tous les ans lors du World Economic Forum de Davos, qui partagent la même vue du mondelibérale/libertaire et cosmopolite et qui l’imposent aux gouvernements.

5/ La SCM a pris le pouvoir en Occident grâce à la conjonction de trois changements historiques majeurs au cours du XXème siècle : l’avènement de la surpuissance anglo-saxonne, la fin du socialisme et du communisme et enfin la mondialisation de l’économie. La fin du socialisme et du communisme a notamment provoqué le grand soulagement des super-riches qui n’ont plus à craindre en Occident une révolution qui menacerait leurs privilèges et leurs intérêts : avec l’immigration, les délocalisations et bientôt l’intelligence artificielle, ils pensent même avoir trouvé le moyen de remplacer les peuples puis de se passer d’eux. Et la mondialisation a donné aux grandes entreprises transnationales plus de pouvoirs que de nombreux Etats, de plus en plus paupérisés.
Les milliardaires anglo-saxons ont toujours eu la prétention de gouverner le monde. Mais à la fin du XXème siècle, ils ont fini par croire qu’ils en avaient désormais la possibilité.

6/ La SCM fonctionne par la mise en synergie de 4 cercles ou engrenages : le cercle de la richesse financière et économique transnationale, le cercle des médias et de la culture, le cercle des organisations non gouvernementales et de la société civile, enfin le cercle des élites publiques. Le cercle de la richesse financière et économique transnationale est celui où la puissance est la plus concentrée et la plus opaque : il dirige, influence et achète tous les autres cercles.
Le premier cercle ne comprend que quelques milliers d’individus, mais les autres cercles sont plus nombreux, en particulier parce qu’ils regroupent des idiots utiles.

La SCM repose pour cette raison sur un pouvoir impersonnel, désincarné et collégial donc insaisissable (par opposition à la tradition de l’incarnation du pouvoir en Europe)

7/ La SCM est une oligarchie et non pas une élite : elle préfère toujours l’influence des autres à l’engagement personnel direct.
C’est pourquoi on peut assimiler son action et son projet à un complot, car elle refuse de le soumettre au verdict démocratique : elle veut au contraire l’imposer subrepticement en le rendant inéluctable. Pour cette raison elle s’est rendue maîtresse du pouvoir médiatique en Occident, qui sert à ahurir la population, à diffuser l’idéologie libérale/libertaire et cosmopolite et à diaboliser tous ceux qui s’opposent au projet de la SCM.

8/ La SCM fait avancer son projet et son agenda selon une dialectique du chaos et du contrôle. Elle sème le chaos partout comme moyen de détruire la résistance psychologique et l’homogénéité des peuples : c’est principalement le rôle dévolu au chaos migratoire en Europe. Mais aussi au chaos économique, conséquence de la dérégulation systématique, qui place les populations en insécurité économique et sociale croissantes. Ou au chaos moral qui sert à déstructurer les personnalités. Enfin la SCM ne répugne pas à la guerre comme moyen chaotique.

Le chaos sert ensuite de prétexte à l’instauration du contrôle : la SCM substitue à la souveraineté nationale, le contrôle de la population, qui correspond à l’instauration de la post-démocratie en Occident. La post-démocratie illustre le caractère totalitaire du gouvernement mondial que la SCM voudrait instaurer à son profit : un système où les peuples se voient retirer le pouvoir de changer de politique, où les juges supplantent les législateurs et dont l’Union Européenne constitue le laboratoire

9/ L’idéologie libérale/libertaire et cosmopolite a été le principal vecteur de l’instauration du chaos au service de la SCM en Occident. Parce qu’elle a contribué à détruire toutes les régulations qui faisaient obstacle à l’instauration du règne de l’argent. Et parce qu’elle a contribué à diffuser un individualisme radical qui détruit tout ordre social et qui ouvre la voie à la marchandisation du monde et finalement de l’homme lui-même.
Mais la SCM pratique le double standard permanent : dans son comportement interne elle fait tout le contraire de la doxa libérale/libertaire qu’elle préconise pour le reste de la population : elle est hiérarchique, patriarcale et elle aspire au monopole, au pouvoir opaque et au contrôle, non pas à la liberté, à la transparence et à la concurrence

10/ La SCM a réussi à mettre l’Europe en servitude et à s’enrichir démesurément. Par contre elle va échouer au XXIème siècle à contrôler le monde. La SCM n’est donc pas omnipotente: en fait le monde est en passe d’échapper aux mondialistes, en particulier parce que le cœur nucléaire de la SCM -les pays anglo-saxons- est entré en déclin, et parce que le monde devient multipolaire. L’idéologie de la SCM peine à s’imposer partout et en Europe même, elle soulève une opposition croissante.
L’oligarchie en a bien conscience et il ne faut donc pas exclure que la SCM ait recours à la guerre mondiale pour tenter de garder son leadership coûte que coûte.
C’est aussi pourquoi les Européens doivent se libérer de la tutelle de la SCM, qui ne peut que conduire à leur destruction, et pour cela, s’ériger en pôle de puissance autonome.

Michel Geoffroy
21/08/2018

La Superclasse mondiale contre les peuples, Michel Geoffroy, Editions Via Romana, 475 pages, 24 €

Achat en ligne : https://www.polemia.com/la-boutique/

Crédit photo : Georges Soros par Niccolò Caranti [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue”.

Ce que nous dit la crise turque

Ce que nous dit la crise turque

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Ce que nous dit la crise turque

La Turquie, non européenne, vraiment ?

La Turquie ne fait pas partie de l’Union européenne, pas les mêmes ‘racines’ chrétiennes, Théodose le Grand  a proclamé le christianisme religion d’Etat à Constantinople le 28 févier 380, il restera majoritaire dans tout l’Orient arabe longtemps après l’arrivée de l’Islam. Pas assez démocratique, elle aurait encore à apprendre des techniques électorales de Viktor Orban pour être éligible. Bref, la Turquie n’est pas du tout comme il faut.

La chute spectaculaire de la lire turque la semaine dernière dans un contexte de déficit budgétaire, de déséquilibre de la balance des paiements et de tension politique a permis de réaliser que la Turquie est bien intégrée dans l’Union européenne mais d’une manière bien plus efficace que selon une admission officielle parmi les 27. Car elle se remettra quelle que soit l’issue de cette crise bien plus vite et mieux que la Grèce qui y est assujettie. Toutes les places boursières ont été secouées pendant que dégringolait la monnaie turque. Plusieurs banques européennes sont exposées aux risques liés à la Turquie, la BNP, le groupe Unicrédit italien et l’espagnole BBVA sont scrutés par la BCE.

En cas de défaut de paiement, des mécanismes de renflouement interviendront afin d’empêcher les faillites. Le citoyen européen paiera sans savoir que ses dépôts ont nanti des investissements en Turquie et que sa contribution sera sollicitée en cas de défaut de paiement de l’emprunteur.

Selon les statistiques de la Banque des Règlements Internationaux, les banques étrangères détiennent des demandes de remboursement fin mai 2018 pour 220 milliards de dollars US dont 60% sont le fait de secteurs privés non bancaires. L’exposition directe des banques serait moindre, de l’ordre de 50 milliards. Des garanties de contrats, des indemnités dérivées de crédit et d’autres produits dérivés représentent 78 milliards supplémentaires dans les comptes bancaires étrangers, avec ici aussi plus de la moitié inscrites auprès de banques françaises, espagnoles et italiennes.

D’après les analystes de JP Morgan les cinq pays plus gros exportateurs vers la Turquie et donc vulnérables à sa dépréciation monétaire sont la Chine, l’Allemagne, la Russie, les Usa et l’Italie. Mais lorsque l’on observe l’importance des exportations vers la Turquie sur le total des exportations, c’est l’Iran qui se trouve en tête avec plus de 11% !

La Banque Centrale turque affichait en mai 2018 pour 160 milliards d’actifs détenus par des investisseurs étrangers dont les ¾ sont des titres de créances. Les investissements directs étrangers s’élevaient à 140 milliards de dollars fin mai avec une exposition particulière des fonds d’investissements néerlandais.

Toutes ces formes de solidarité dissimulée et extorquée (un fonds d’investissements place l’épargne de retraités par exemple) fait mesurer l’inanité profonde des discours politiques qui dissertent de xénophobie, islamisme, ottomanisme et autre curieuse étrangeté bien exotique à laisser enfermée en dehors des frontières.

Affaissement naturel ou assaut concerté ?

La courbequi donne la cotation de la lire turque versus dollar américain avec en abscisses le temps sur vingt ans montre un premier décrochage quand Erdogan est passé de premier ministre à président en 2014, l’amorce d’un nouvel écart du taux de change en 2016 après la tentative du coup d’État manqué, enfin l’approfondissement de cet écart qui a amorcé la chute libre actuelle à sa réélection en juin et après adoption d’une nouvelle constitution qui a étendu le pouvoir de l’exécutif. Les taux d’inflation inscrits dans un intervalle entre 6,28 à 8,85 de 2009 à 2016 ont bondi à plus de 11% à partir de 2017. La politique des taux d’intérêt bas pratiquée par la Banque Centrale turque répond à l’orientation monétaire d’Erdogan pour lequel des taux d’intérêts élevés enrichissent les riches et appauvrissent les pauvres. Elle a facilité l’inflation et la spéculation immobilière. L’inflation élevée traduit que les emprunts et les crédits sont injectés dans l’économie ‘réelle’ contrairement à ce qui se passe aux Usa par exemple où les liquidités fournies par les banques s’engouffrent dans une activité spéculative financière.

La lire a perdu 40% de sa valeur depuis le début de l’année et 30% depuis la réélection d’Erdogan en juillet. Le Président dénonce une attaque concertée de la monnaie nationale qui met en danger la 18èmeéconomie du monde avec risque de contagion des émergents et de l’Europe. Comme pour lui donner raison, Trump a annoncé pendant le cataclysme le doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs, les portant respectivement à 50% et 25%. La valeur des exportations concernées est peu élevée, moins d’un milliard de dollars mais l’effet psychologique s’est traduit par une baisse supplémentaire de 9% de la lire turque.

Le scepticisme des investisseurs vis-à-vis d’une politique économique imprudente d’Erdogan qui a nommé comme ministre des finances son gendre pour remplacer un technicien réputé ne justifie pas une telle spirale qui conduit à l’anéantissement d’une monnaie, car en bon pays émergent, la croissance du PIB flirte avec les7 à 8 % annuels.

Panique des marchés ?

Quel en est l’inducteur ?

Réelle rétorsion à l’égard d’un ottomanisme qui prend ses distances par rapport à l’OTAN et son traditionnel allié étasunien ? Le repositionnement de la Turquie en Syrie, la demande qu’au sigle des Brics soit ajouté la lettre T, la décision d’acquisition des missiles russes S 400, l’attraction vers l’OCS, l’organisation de coopération de Shangaï, ont accompagné le refoulement de la Turquie aux portes de l’Union européenne et ont été des préludes à la tentative de coup d’État de 2016.  Ces éléments ont-ils concouru à l’affaissement monétaire de la lire turque ?

Ou tout simplement la crise turque est-elle le point d’entrée de l’éclatement d’une bulle financière latente reconstruite dès 2008 par la Fed avec sa politique d’assouplissement monétaire et de taux d’intérêts négatifs qui a de nouveau infiltré l’économie mondiale en raison de la structure des échanges mondiaux dominés par le dollar et ses circuits ?

Destruction et restructuration

La mesure prise ce dimanche de limiter les opérations de swap de monnaie n’a eu qu’un faible effet de ralentissement de la chute. Pour stopper l’hémorragie massive, deux possibilités ou leur combinaison s’offrent à la Turquie, la voie B, blocage des capitaux ce qui va accroître la panique ou la voie C relèvement des taux d’intérêts- solution empruntée par Mahathir en Malaisie en 1998.

Qu’Erdogan agisse ou non, les institutions financières impliquées seront purgées et il sera toujours temps après un passage difficile de remettre à plat un système plus sain, protégé d’opérations spéculatives. Ce qui semble certain à l’heure actuelle, c’est le refus du gouvernement turc de recourir au FMI.

Une réponse se profile, elle est politique. L’Allemagne dénonceles mesures douanières ‘destructrices’ de Trump qui affectent tout l’environnement économique mondial et le rendent incertain. Peu de temps auparavant, l’Allemagne a annoncé l’illégalité de la présence étasunienneen Syrie. La puissance germanique devenue colonie étasunienne en plein centre de l’Europe après le plan Marshal poursuivi sous la forme de la CEA puis CEA puis Union européenne se rebiffe.

La section d’un plan-en-100-jours élaborée par le Ministère de l’Economie et des Finances indique explicitement la nécessité de diversifierles ressources et les instruments financiers. La Turquie doit se tourner vers la Chine pour souscrire des emprunts. Une ligne de crédits de 3,6 milliards de dollars US a été ouverte pour soutenir les secteurs privés, bancaires et les institutions publiques. Deux banques chinoises s’activent in situ pour assurer les échanges en renminbi. La Chine va aider la Turquie à se doter de centrales électriques nucléaires. (*) Elle va également construire des lignes où circuleront des trains à très grande vitesse. (**)

Augmenter les échanges commerciaux avec la Chine, le Mexique, la Russie et l’Inde est une priorité affirmée par le gouvernement turc.

Décidément, l’orientation se fait vers l’Est.

Badia Benjelloun

 

Notes

(*) Le savoir-faire d’Areva est outrepassé.

(**) Où donc est Alsthom, disparu et vendu à General Electric par Macron ?

http://www.dedefensa.org/article/ce-que-nous-dit-la-crise-turque

Pourquoi les anglo-saxons haïssent-ils la Russie ?

Pourquoi les anglo-saxons haïssent-ils la Russie ?


Par Emmanuel Leroy − le 7 Juillet 2018

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Pour entrer directement dans le cœur du sujet, j’irai au fait et je dirai que si l’on ne prend pas conscience que la guerre en cours contre la Russie aujourd’hui est la même guerre que l’oligarchie anglo-saxonne a mené depuis l’époque élisabéthaine contre l’Espagne et le Portugal, puis contre la Hollande, puis contre la France, définitivement vaincue à Waterloo, puis contre l’Autriche-Hongrie vaincue en 1918 et enfin contre l’Allemagne vaincue en 1945, on ne peut comprendre intimement aucun des grands événements qui se sont déroulés sur le continent européen depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Tous ces peuples européens ont courbé la tête et leurs élites sont passées sous les fourches caudines de la City, aujourd’hui renforcée par Wall Street.


Dans cette lecture rapide de l’histoire de l’Europe des 5 derniers siècles, force est de constater qu’il ne reste qu’un peuple sur le continent eurasiatique qui n’a jamais été vaincu définitivement par les puissances anglo-saxonnes et c’est le peuple russe. Voilà pourquoi ce que les Anglais ont appelé « Le Grand jeu » continue et il continuera jusqu’à ce que la Russie s’incline à son tour ou jusqu’à ce que Mammon tombe de son piédestal.

Si l’on ne rentre pas dans cette logique, on ne peut rien comprendre à la chute du mur de Berlin en 1989, ni aux sécessions programmées des pays baltes, de la Biélorussie, de l’Ukraine et des régions d’Asie centrale ni aux révolutions de couleur en Yougoslavie ni à celle de Géorgie en 2008, ni bien sûr à la crise ukrainienne que nous connaissons aujourd’hui.

La crise ukrainienne

Dans une première analyse, on pourrait dire que la cause première de la guerre résulte de la chute du Président Viktor Yanoukovitch à la suite des manifestations de Maïdan qui a conduit à la mise en place d’un régime néo-bandériste à la solde de l’occident. Puis de manière concertée et volontariste, ce régime manipulé et tenu à bout de bras par le FMI, les USA et la Commission européenne, a créé délibérément les conditions d’une sécession dans l’est de l’Ukraine, comme si on avait voulu créer un abcès purulent aux frontières de la Russie.

Première question : l’agression contre la Russie en Ukraine est-elle une mesure de rétorsion consécutive aux défaites successives subies par les terroristes islamistes manipulés par l’occident sur le front syrien depuis l’intervention russe à l’automne 2015 ? Peut-être, sans doute même, mais cela n’a pas une grande importance dans l’analyse des causes profondes de cette guerre, car ceux qui font la guerre à la Russie aujourd’hui, je ne parle pas des marionnettes de Kiev bien entendu, la font depuis très longtemps et ils n’ont pas besoin d’un prétexte aussi futile qu’une défaite marginale au moyen-orient pour poursuivre inexorablement le but qu’ils poursuivent depuis des siècles. Nous reviendrons sur cet aspect en détail un peu plus loin.

Alors remontons plus avant dans l’analyse des causes de cette guerre. Le magazine russe Zavtra a publié le 15 mars 2015 le compte rendu d’une table ronde organisée autour de la situation actuelle en Russie et en Ukraine, de ses causes et de son impact pour l’avenir. Alexander Nagorny, Secrétaire exécutif du club d’Izborsk implique la perestroïka de Gobatchev dans la genèse de la guerre civile en Ukraine. Il a parfaitement raison d’intégrer cette période de l’histoire russe comme une des causes de la situation de crise qui existe aujourd’hui dans le Donbass, mais à la condition de ne pas oublier d’analyser la pérestroïka et la glasnost gorbatchévienne pour ce qu’elles étaient, à savoir des mesures de déstabilisation et de réorientation politique suscitées par l’occident.
Si l’on se refuse à admettre cette hypothèse, on ne peut rien comprendre aux conditions de la dislocation du régime soviétique et au pillage généralisé qui a suivi durant l’ère Eltsine.

Si l’on remonte encore plus loin dans le temps, on peut considérer que le financement pendant la première guerre mondiale de Trotsky par la City et certaines banques new-yorkaises d’une part et de Lénine par l’Allemagne de Guillaume II d’autre part, afin de renverser la dynastie des Romanov et d’établir un régime totalitaire et spécifiquement antichrétien constituent là encore, une cause ancienne mais probable de la guerre en Ukraine.

Et enfin, si l’on remonte encore un peu le fleuve de l’histoire, on peut considérer que la guerre de Crimée de 1853 s’inscrit aussi dans la même logique, avec les mêmes motivations, que la guerre d’Ukraine qui se déroule actuellement dans le bassin du Don. Que peut-on retenir de significatif dans cette guerre de Crimée menée au XIXème siècle, au-delà du prétexte fallacieux de la question des lieux saints de Jérusalem et du contrôle de la mer Noire pour lequel la France n’avait aucun intérêt stratégique ni même commercial ? Qu’il s’agit là de la première guerre que la France fit au service exclusif des intérêts anglo-saxons, car depuis Waterloo, une grande partie des élites françaises, aristocratie et bourgeoisie confondues, se sont progressivement détournées de l’intérêt national pour servir la cause du maître dominant de l’époque, hier Londres et aujourd’hui Washington.

D’une manière différente, mais toujours en poursuivant le même but, la finance anglo-saxonne, après avoir soutenu l’émergence du nazisme en Allemagne comme elle avait soutenu la révolution bolchevique en Russie, est parvenue à l’un de ses buts en brisant les reins de la puissance germanique, et là encore en amenant les élites allemandes à Canossa, à réduire un autre grand peuple européen au servage idéologique et à le priver de sa souveraineté.

Autrement dit, et pour résumer mon propos, depuis la fin du XVIème siècle au moins, l’oligarchie anglaise, c’est-à-dire aristocratie et finance réunies, a conçu le projet de dominer le monde par tous les moyens, y compris légaux : la guerre, le vol, la corruption, la subversion, le boycott, le blocus, les sanctions économiques, l’assassinat, le chantage, la désinformation… La liste n’est pas exhaustive.

Lorsque certains historiens qualifient de volonté d’équilibre entre grandes puissances la politique de Londres depuis Henry VIII jusqu’à la première guerre mondiale, ils n’ont que partiellement raison. Derrière le jeu des alliances successives avec l’Autriche, la Prusse, la Russie, la France, la Suède ou d’autres, se dessinait toujours la volonté de faire tomber l’une après l’autre toutes les puissances qui dominaient le continent européen et qui pouvaient compromettre le grand projet thalassocratique. D’abord il fallut briser l’empire de Charles Quint et sa suprématie maritime dans le commerce des Amériques, puis briser la puissance française qui domina l’Europe de la fin du XVIIème siècle jusqu’à Waterloo.

Puis il fallut à l’oligarchie anglo-saxonne deux guerres mondiales pour réduire à néant la puissance germanique en mobilisant pour cela toutes les énergies des nations qu’elle avait subjuguées. Pour abattre la puissance allemande, il était vital dans le plan des anglo-saxons que l’URSS s’oppose à l’Allemagne nazie et que ces deux géants de la scène européenne s’affrontent et s’épuisent dans une lutte mortelle ce qui advint. Cet éclairage permet avec le recul de mieux comprendre l’intelligence politique du pacte Molotov-Ribbentrop dont Hitler et les dirigeants nazis n’ont pas compris la réelle portée, ainsi que l’a montré l’expédition à Londres que fit Rudolf Hess en 1941.

Alors aujourd’hui où en est-on ?

L’oligarchie anglo-saxonne a gagné la guerre idéologique puisque depuis la fin de l’Union soviétique aucune puissance dans le monde n’offre d’alternative à son discours libéral et libertaire. Or, il s’agit d’une lutte à mort dont l’enjeu, le Grand Enjeu, est la domination mondiale, ce dont les néo-conservateurs américains ne se cachent même plus. Le monde unipolaire qu’ils souhaitent instaurer est celui que George Orwell dénonçait dans son roman 1984. Ces gens-là rêvent d’une humanité réduite en esclavage et dont ils seront les maîtres tous puissants.
La dernière forteresse qu’il leur reste à conquérir se trouve sur les rives de la Moskova. Et la guerre qu’ils feront, qu’ils font, pour conquérir le Kremlin est une guerre totale : Idéologique, culturelle, religieuse, économique, technologique et bien sûr militaire.

Ils se serviront des centaines d’organisations non-gouvernementales comme celles de Monsieur Soros et de ses amis, ils appliqueront la politique des sanctions, ils achèteront les esprits et les âmes et ils donneront leurs directives aux agents de la 5ème colonne afin de saboter et d’affaiblir la puissance slave. Ils paieront des Femen, des Pussy Riot ou des Navalny pour salir et faire tomber la Sainte Russie.

Face à cette volonté de conquête de la part du monde anglo-saxon et de son oligarchie financière, face à des êtres pour qui la Russie traditionnelle représente tout ce qu’ils haïssent et qu’ils veulent voir disparaître, les Russes ne peuvent se contenter de contester leurs mensonges à la tribune de l’ONU. La responsabilité de la Russie aujourd’hui est historique et l’enjeu va bien au-delà d’une Sainte Alliance telle que celle dont rêvait le Tsar Alexandre 1er, car si la Russie tombe demain, c’est toute l’humanité qui tombera avec elle sous la férule du monde abject de l’argent.

En conclusion, je dirais que le courage et la volonté ne suffiront pas pour gagner cette guerre. Cette fois-ci, il ne faudra pas compter sur le général Hiver pour l’emporter. Car l’arme principale utilisée par nos ennemis est l’arme culturelle et les batailles qu’ils sont en train de livrer se déroulent déjà depuis un quart de siècle de Pskov à Vladivostok. Le cinéma, la musique, les concerts de rock, la peinture, le théâtre, la littérature, l’enseignement, les médias, Internet, tous ces vecteurs sont utilisés pour transformer l’âme du peuple russe et le subvertir, comme ils sont toujours utilisés en occident pour maintenir les populations dans l’adoration de leurs maîtres et des régimes pseudo démocratiques qu’ils nous ont imposés.

Il découle de cela que le pragmatisme et le bon sens utilisés comme moyens de défense en réplique aux attaques que la Russie subit de manière croissante ne sont pas des armes suffisantes face à l’hégémonie idéologique et culturelle de notre adversaire commun. Contre l’idéologie des droits de l’homme et du libre marché il faut opposer une vision du monde alternative qui démontre la nocivité des buts poursuivis par l’oligarchie anglo-saxonne. Pour contrer cette idéologie mortifère qui se sert de l’individualisme pour tuer les peuples et les asservir, il faut promouvoir la liberté des peuples et la pluralité des cultures contre le totalitarisme rampant de l’hegemon anglo-saxon. Le conservatisme et le patriotisme sont sans doute des armes qu’il faudra utiliser, mais je ne suis pas certain qu’elles seront suffisantes pour l’emporter. C’est une guerre de religion que mène le Système et l’un de ses buts primordiaux est d’achever l’éradication de la religion chrétienne sur le continent européen. Et la Russie est l’un des lieux où renaît cette foi. Voilà un crime impardonnable.

Emmanuel Leroy

Président de l’association humanitaire
Urgence Enfants du Donbass

 

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-les-anglo-saxons-haissent-ils-la-russie

 

 

Les États-Unis envisagent de retirer leurs forces d’Allemagne. Une partie d’un plus large processus

Les États-Unis envisagent de retirer leurs forces d’Allemagne. Une partie d’un plus large processus


Par Alex Gorka – Le 8 juillet 2018 – Source Strategic culture

Le ministère américain de la Défense étudie la possibilité de retirer ou de transférer les forces américaines de l’Allemagne vers la Pologne. Le Washington Post (WP) a indiqué que les coûts et les implications de ce projet sont en cours d’analyse. Le 5 juillet, la Maison-Blanche a déclaré qu’elle n’avait pas de tels plans, mais qu’il n’y a pas de fumée sans feu, sinon pourquoi la Pologne offrirait elle de payer 2 milliards de dollars pour une base américaine sur son sol et de le faire maintenant ? L’US Air Force a commencé à piloter des drones Reaper MQ-9 non armés à partir de la base aérienne polonaise de Miroslawiec, en mai dernier.

« Ma déclaration sur le fait que l’OTAN est obsolète et disproportionnellement trop chère (et injuste) pour les États-Unis reçoit maintenant, enfin, des applaudissements », a dit M. Trump sur Twitter pendant sa campagne présidentielle de 2016. Il a souvent exprimé sa frustration devant le fait que les alliés n’ont pas respecté le niveau de dépenses de défense de 2 % du PIB convenu à l’unanimité. Le rapport du WP indique que le président Donald Trump aurait réfléchi à l’idée d’un retrait total ou partiel de l’Allemagne, début 2017.

Le président s’est récemment montré très critique à l’égard de la chancelière allemande. Il est frustré par sa position sur toute une série de questions, y compris la contribution à la défense collective de l’OTAN.

Des dépenses militaires plus élevées sont impopulaires auprès des électeurs allemands. La récente rencontre entre le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, et la ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen, a été très décevante pour les États-Unis, car il a été clairement indiqué qu’aucune augmentation substantielle des dépenses de défense allemande n’est en vue. Les projections budgétaires allemandes prévoyaient de l’augmenter à 1,5 % du PIB du pays seulement, d’ici 2024. En fait, l’Allemagne refuse de respecter son engagement de dépenser au moins 2 % de son budget pour l’OTAN.

Pour économiser de l’argent ? L’Allemagne paie une part équitable des coûts liés au stationnement des troupes américaines et les bases sont utilisées par les Américains pour des opérations menées en dehors de l’Europe. Par exemple, le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a son siège à Stuttgart, en Allemagne. Pour donner une impulsion à l’industrie de la défense américaine ? Pas vraiment, l’Europe disposant d’un puissant complexe militaro-industriel qui lui est propre.

Et l’idée de déplacer les forces vient au moment où l’Europe se trouve au bord de la rupture. L’Occident n’a jamais été aussi divisé depuis la Seconde Guerre mondiale. Le paysage politique et militaire européen est en train d’être remodelé. C’est le bon moment pour tirer parti des faiblesses de l’Europe. La dépendance à l’égard des États-Unis en matière de sécurité peut être utilisée comme un puissant levier pour forcer des concessions dans d’autres domaines, comme le commerce.

Faire partie d’un groupe occidental n’est pas le but recherché par le président Trump. En tant qu’isolationniste, il croit en l’indépendance et la façon d’y parvenir est de promouvoir les intérêts de l’État national, et non d’un groupe de pays unis dans une alliance. La souveraineté nationale américaine est atteignable grâce à l’éclatement d’un Occident unifié pour recréer une nouvelle alliance, mais dirigée cette fois par le gouvernement des États-Unis, au lieu d’un organisme supranational où l’Amérique jouit d’une position forte mais pas d’un contrôle absolu. Le président Trump veut que l’Europe soit économiquement dépendante de l’Amérique, tandis que les États-Unis pagaieraient leur propre canoë sans aucune obligation internationale à trainer.

Les États-Unis n’ont pas besoin d’une Europe forte capable de les contester. Le Brexit, les migrants, les réformes judiciaires polonaises controversées et une série d’autres problèmes divisent le Vieux Continent et le rend plus faible et plus soumis aux intérêts de l’Amérique. Le président Trump a offert au président Macron ce qu’il pensait être un meilleur accord commercial si la France quittait l’UE. C’est pourquoi l’Allemagne, la locomotive économique de l’Europe, est constamment sous pression, qu’il s’agisse du projet gazier Nord Stream-2 avec la Russie ou de sa réticence à mettre fin au commerce avec l’Iran. Si l’Allemagne relève le défi, elle devra assumer la responsabilité de sa propre sécurité ainsi que celle de ceux qui resteront fidèles à l’idée de l’intégration européenne. Avant le prochain sommet de l’OTAN, le chancelier s’est prononcé en faveur de l’initiative du président Macron visant à créer une force expéditionnaire européenne. C’est un premier pas dans la bonne direction.

L’Europe devra alors reconsidérer ses relations avec la Russie. Il faudra l’intégrer dans un projet européen de sécurité. Frank-Walter Steinmeier, l’actuel président allemand, a lancé une initiative européenne de maîtrise des armements en 2016 alors qu’il était ministre des affaires étrangères. Il a proposé de mettre de côté les divergences et de s’atteler à la réalisation d’un nouveau traité de sécurité pour faire de l’Europe un endroit plus sûr. Sans les États-Unis, un nouvel accord devient tout à fait possible. Ensuite, l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dirigée par la Russie et le groupe d’États européens dirigé par l’Allemagne pourrait lancer un projet commun pour repousser ensemble la menace terroriste. La Grande-Bretagne pourrait devenir membre de la nouvelle initiative européenne d’intervention. Après tout, la Russie et l’UE ont l’expérience des opérations conjointes de maintien de la paix au Tchad et des patrouilles navales pour combattre les pirates somaliens dans l’océan Indien.

Se séparer n’est pas toujours une mauvaise chose. Les États-Unis se débarrasseront des resquilleurs. Les Européens seront assez souverains pour décider combien ils doivent dépenser pour leur défense et d’autres choses. Ils auront l’occasion de s’attaquer aux menaces réelles qui pèsent sur leur sécurité, comme le problème des migrants, et non celles sur lesquelles Washington leur dit de se concentrer. La Russie n’aura plus besoin d’être une tête de turc permettant de maintenir l’« unité occidentale » éclatant aux coutures. Une alliance européenne dirigée par l’Allemagne et la Russie pourrait initier une nouvelle période de détente. Il n’y aurait pas de perdant et tout le monde gagnerait. La seule chose qui est certaine, c’est qu’un nouveau modèle de sécurité est en train d’émerger dans le monde et que le processus est imparable.

Alex Gorka

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-envisagent-de-retirer-leurs-forces-dallemagne-une-partie-dun-plus-large-processus

 

 

 

Recyclage du plastique : l’Europe avance… en ordre dispersé

Pollution

Recyclage du plastique : l’Europe avance… en ordre dispersé

Les Européens s’intéressent de plus en plus au sort de leurs déchets plastiques et c’est une bonne nouvelle. Mardi 10 juillet à Bruxelles, la commission environnement du Parlement a adopté une « stratégie européenne sur les matières plastiques dans une économie circulaire ». Ce rapport d’initiative parlementaire sera ensuite voté en assemblée plénière dès la session de rentrée, en principe le 13 septembre.

Il met entre autres en avant la nécessité de réduire les déchets à la source en développant l’écoconception des objets et, en aval, il préconise le développement d’un marché unifié du recyclage du plastique. Ce texte fait suite au projet de « stratégie européenne sur les matières plastiques » présentée le 16 janvier dernier par la Commission, qui a par ailleurs présenté le 28 mai une proposition de directive visant à interdire l’usage de certains produits plastiques à usage unique, tels que pailles, cotons-tiges ou couverts jetables qui finissent en bonne partie à la mer.

Chaque année, les Européens jettent la moitié du plastique qu’ils consomment, soit 27,1 millions de tonnes en 2016

Il y a en effet urgence. Selon la Commission, les Européens achètent chaque année quelque 49 millions de tonnes de plastique sous toutes les formes, en particulier dans les équipements électriques et électroniques (5,8 %), dans les automobiles (8,9 %), le bâtiment et la construction (19,7 %) et, surtout, les emballages (39,9 %). Et chaque année, ils jettent la moitié du plastique qu’ils consomment, soit 27,1 millions de tonnes en 2016, d’après les chiffres publiés par PlasticsEurope, le syndicat européen des plasturgistes.

La Mediterranée, dépotoir sauvage

Du moins s’agit-il des volumes collectés recensés. Car une partie des déchets disparaît dans des filières clandestines de récupération (automobiles, déchets électroniques…), quand ils ne sont pas purement et simplement abandonnés dans la nature. Un nouveau rapport du WWF a consacré un rapport alarmant sur la Méditerranée, devenue un dépotoir sauvage de déchets plastiques, surtout en période estivale avec l’afflux de vacanciers sur les côtes. Selon l’organisation écologiste, les Européens y déverseraient entre 220 et 630 milliers de tonnes de déchets de toutes tailles, avec des impacts dramatiques pour la vie sous-marine.

S’il progresse, le recyclage reste encore minoritaire : en 2016, il représentait 31,1 % des déchets collectés en Europe

Pour autant, l’Europe a nettement progressé ces dernières années dans la gestion de ses déchets (graphique ci-dessous). Sur un total de 27,1 millions de tonnes de déchets plastique collectés en 2016, l’Europe en a valorisé 19,7 millions de tonnes, soit 72,7 %, sous forme d’énergie (par incinération) et via les filières de recyclage. Cette valorisation a nettement progressé au cours des dix dernières années : en 2006, 11,7 millions des 24,5 millions de tonnes alors collectées avaient été valorisées, soit 47,7 %.

Ce mouvement a fait reculer d’autant la mise en décharge. Toutefois, le recyclage reste encore minoritaire : il représentait en 2016 31,1 % des déchets collectés en Europe, quand 41,6 % de la collecte sont incinérés pour valorisation énergétique.

La valorisation des plastiques collectés est en net progrès en Europe

Volume des déchets plastiques collectés, valorisés (recyclage et valorisation énergétique) et mis en décharge, en millions de tonnes

Des pays aussi riches que le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Espagne se distinguent par des taux de valorisation inférieurs à la moyenne européenne

Si les pays d’Europe centrale et de l’Est affichent a contrario les plus forts taux de mise en décharge, ils ne sont pas les seuls à être à la traîne. Des pays aussi riches que le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Espagne se distinguent par des taux de valorisation inférieurs à la moyenne européenne.

Valorisation des déchets plastiques : les bons et les mauvais

Taux de valorisation énergétique (incinération) et de recyclage des déchets plastiques collectés en 2016, en %

Plus on est gros, plus on jette

Distribution géographique des déchets plastiques collectés en Europe, en 2016, en %

La principale source de déchets plastique réside dans les emballages

Mais il ne faut pas perdre de vue que la principale source de déchets plastique réside dans les emballages : 61,6 % de l’ensemble en 2016. C’est à ce niveau qu’il est prioritaire d’agir, d’une part en limitant la consommation d’emballage plastiques (dans le secteur alimentaire et la distribution, notamment), d’autre part en développant les filières de recyclage des emballages.

La boulimie des emballages

Distribution sectorielle des déchets plastiques collectés en Europe, en 2016, en %

Un frein important au recyclage de la matière plastique est le prix des hydrocarbures. Outre les coûts de collecte, recycler du plastique est une opération qui consomme de l’énergie. Il sera difficile de développer le recyclage sans neutraliser l’écart de coûts entre la matière vierge et la matière recyclée via la fiscalité environnementale et des mesures réglementaires. Un sujet qui fâche et il reste à savoir si la « stratégie plastique » que l’Europe tente de mettre actuellement en place se donnera les moyens de ses ambitions.

https://www.alternatives-economiques.fr//recyclage-plastique-leurope-avance-ordre-disperse/00085629?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=NL_Quotidienne%2F13072018

Les États-Unis laminent l’Europe

Les États-Unis laminent l’Europe


Par Eric Zuesse – Le 2 juillet 2018 – Source Countercurrent

Le 28 juin, PwC (PriceWaterhouseCoopers) a publié son palmarès  annuel des entreprises : « Global Top 100 (2018) : Classement des 100 premières entreprises mondiales d’après le montant de leur capitalisation boursière », avec le commentaire suivant : « L’augmentation de la capitalisation boursière de la Chine a presque atteint celle des États-Unis cette année. …. La contribution de la Chine aux 100 premières capitalisations boursières a augmenté de 57 %, pour s’élever à 2 822 milliards de dollars. (…) Les entreprises européennes ne se sont jamais complètement remises de la crise financière de 2009. L’Europe n’est aujourd’hui représentée  au palmarès que par seulement 23 entreprises (contre 31 en 2009) et ne représente que 17% des 100 premières capitalisations boursières (contre 27% en 2009). »

La richesse de l’Europe peut-elle encore diminuer ? Et dans quelle mesure ?

Les investissements internationaux s’étiolent en Europe au moment même où elle est submergée par les réfugiés venant des nations que le régime américain bombarde et dont il détruit les infrastructures, transformant en enfer la vie de ses habitants qui s’enfuient alors principalement vers l’Europe voisine, et y provoquent la crise des réfugiés. La plupart du temps, les États-Unis ne sont pas les seuls envahisseurs : ils essaient de rassembler le plus d’alliés possible – principalement les régimes fondamentaliste-sunnites arabes, et la théocratie d’apartheid d’Israël, mais aussi quelques régimes européens – pour les aider à créer un enfer sur terre pour les rescapés et les immigrants en Europe. Mais, comme l’a dit Barack Obama, « les États-Unis sont et restent la seule nation indispensable. C’était vrai au siècle passé et ce sera vrai au siècle à venir ». L’aristocratie étasunienne a l’intention de faire en sorte que rien ne change, et ses alliés se contentent de lui emboîter le pas.

Le régime américain est profondément néoconservateur, ou impérialiste, et il accroît sa richesse et son pouvoir aux dépens de l’Europe. Les chiffres le montrent.

Au cours des derniers siècles, l’Europe a mené le monde, mais maintenant ce sont les États-Unis, et ils le font aux dépens de l’Europe, mais surtout aux dépens des peuples qui vivent dans les endroits que nous bombardons. C’est un fait, mais que font les Européens à ce sujet ? Jusqu’à présent, rien. Est-ce que cela va changer ? Peut-être, si les choses empirent suffisamment.

À la page 31 du rapport de PwC, il est indiqué qu’en 2009, les États-Unis comptaient 42% des entreprises du « Top 100 », alors qu’en 2018, ce chiffre est de 54% – 54 entreprises, au lieu de 42 entreprises auparavant.

La Chine en a 12 au lieu de 9.

Mais la plupart des pays d’Europe ont enregistré une baisse au lieu d’une hausse.

Le Royaume-Uni en a maintenant 5 au lieu de 9.

La France en compte désormais 4 au lieu de 7.

Et l’Allemagne 4 au lieu de 5.

La Russie a été frappée de plein fouet par les sanctions américaines ; elle en avait deux, elle n’en a plus du tout.

Trois pays européens en avaient une en 2009 et n’en ont plus – plus aucune – et ces trois pays sont l’Italie, la Norvège et la Finlande.

Personne ne peut raisonnablement nier, à la lumière de ces données, que l’aristocratie américaine – les individus qui contrôlent les multinationales étasuniennes et le gouvernement étasunien et les médias « d’information » étasuniens (dont le rôle est de contrôler le public) – l’a emporté sur les aristocraties européennes (les homologues des Étasuniens dans le sous-continent européen). Ce qui est étonnant, c’est que les aristocrates européens ne protestent pas sauf (pour certains d’entre eux) en ce qui concerne l’afflux de réfugiés chassés de leurs pays par les invasions et les coups d’État étasuniens (et en s’opposant à ces afflux de réfugiés ils ne s’attaquent pas à la racine du problème économique de l’Europe). Même si les citoyens en Europe sont impuissants, les milliardaires qui y vivent encore ne le sont pas. Pendant combien de temps encore vont-ils attendre sans rien faire que les milliardaires étasuniens leur tirent une balle et les mangent ?

L’Europe risque bien de perdre presque toute sa puissance internationale si elle n’opère pas un virage à 180 degrés dans sa politique étrangère et ne se retourne pas contre les États-Unis et leurs alliés, au lieu de soutenir ces fanatiques du changement de régime contre ses propres intérêts.

L’Europe ne décline pas à cause d’un problème quelconque que les Européens auraient, leur seul problème est leur incapacité à se battre de manière intelligente contre la véritable source du déclin de l’Europe. Les États-Unis, après tout, ne sont définitivement pas une démocratie.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-laminent-leurope

 

De l’EaU dans le gaz entre Washington et Moscou

De l’EaU dans le gaz entre Washington et Moscou

01 juillet, 2018
Note d’analyse

Bruno Husquinet

Dans un article récent de géo-économie, le spécialiste de la Russie Gordon Hahn dénonce une guerre du gaz, dans laquelle les trois protagonistes, l’Europe, la Russie et les Etats-Unis ont des intérêts différents. Comme l’avait déclaré le ministre belge des Affaires Etrangères Didier Reynders, le 14 novembre 2016, l’élection de Donald Trump représentait une occasion pour l’Europe de s’unir et de définir ses propres priorités face à une économie américaine pesant dix-neuf billions de dollars.

 

 

Mais la maison européenne peine à s’entendre, dans un contexte économique difficile, sur les questions épineuses liées au Moyen orient, et à la crise migratoire. L’Europe est de plus en plus mal à l’aise, coincée entre le Brexit, un voisinage proche instable et une Russie repositionnée sur la scène internationale, sans oublier l’ombre chinoise. Ainsi, malgré les tensions russo-occidentales des dernières années, l’Europe a besoin des immenses réserves naturelles russes et veut conserver une relation diplomatique et économique. Selon le site Connaissances des énergies, les exportations de Gazprom vers l’Europe pourrait d’ailleurs atteindre les 200 milliards de mètres cubes en 2018.

Le nerf de la guerre, c’est donc l’énergie. A juste titre, tous les Etats se préoccupent de leur approvisionnement en énergie et essaient de diversifier leurs sources pour éviter la dépendance envers un seul fournisseur. Selon la Stratégie Européenne pour la Sécurité Economique publiée en mai 2015, « six États membres dépendent de la Russie en tant que fournisseur extérieur unique pour la totalité de leurs importations de gaz […]. La Russie a exporté 71 % de son gaz en Europe, ses deux principaux clients étant l’Allemagne et l’Italie. »

Malgré la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie, les importations de gaz russe ont augmenté pour atteindre 35% des parts de marchés, selon Les Echos. Ceci ne se déroule pas sans son lot d’embuches. Suite aux sanctions contre la Russie en 2014, le projet South Stream a été frappé de plein de fouet, les projets de construction stoppés net, enterrant les investissements et les emplois liés ; la Bulgarie a été la première victime. Pour la Russie, il s’agissait de trouver un autre partenaire que les pays européens et la Turquie y a vu son intérêt. Certes, les dents ont grincé pour accorder les violons turcs et russes car les négociations se sont déroulées sur fond de crise syrienne. Mais la realpolitik l’a emportée. South Stream a été ressuscité en Turkish Stream et le gaz russe rentrera donc en Europe par les Balkans.

North Stream II, quant à lui, n’a pas encore vu le jour, le projet tant défendu par l’Allemagne est honni par les Américains. Plusieurs sénateurs dont Ted Cruz, Marco Rubio et John Mc Cain tentent de miner ce projet en utilisant l’Acte de sanctions pour lutter contre les adversaires des Etats-Unis (CAATSA). Cependant, la saga du pipeline a des chances de prendre une tournure positive suite à l’accord entre Gazprom et la Commission européenne concernant la position dominante de Gazprom dans les accords gaziers. Cet accord stipule que Gazprom ne peut plus imposer de restrictions sur les pays acheteurs, mais en contrepartie le géant russe est libéré d’une amende de plusieurs milliards. Selon l’analyste Tim Daiss, c’est une victoire de la Russie sur les producteurs de GNL.

Cet accord est une nouvelle pomme de discorde entre les pays de l’Union européenne. D’abord, la Lituanie qui tente de sortir de sa dépendance totale envers la Russie, s’y est fortement opposée. Sa position est cohérente puisqu’elle est le premier pays ex-socialiste à avoir importé du gaz liquéfié américain en 2017. Les amateurs d’intrigues se demanderont par ailleurs si c’est une coïncidence que Vilnius abrite le Centre d’excellence pour la sécurité énergétique de l’OTAN. L’autre grand pourfendeur de l’accord, est la Pologne, Varsovie se militarise à grands pas pour contrer la Russie, proclame-t-elle. En parallèle, la Pologne s’aligne sur les intérêts gaziers américains en Europe, comme en témoigne sa proximité avec le lobbyiste américain, LNG Allies. La fidèle alliée américaine rêve de devenir le port d’entrée du gaz américain en Europe avec son terminal de LNG à Świnoujście. Quelques travaux sont certes nécessaires pour la connecter aux réseaux européens existants, dont slovaque, et desservir l’Europe. L’ironie veut que ces travaux se fassent grâce aux 100 millions de subsides de l’Union européenne. Ici encore, les afficionados de cabales se régaleront de savoir que la société polonaise de gaz et pétrole (la PGNiG) a signé un accord avec Cheneire Energy, la seule société américaine ayant à ce jour les permis nécessaires pour exporter la gaz naturel américain.

North Stream II doit aussi faire face à une résistance ukrainienne. La compagnie ukrainienne Naftogaz a décidé de forcer l’application de la décision du tribunal de Stockholm exigeant de Gazprom le versement de 2,6 milliards de dollars, notamment en demandant la saisie des biens des opérateurs de North Stream I et II en Suisse. Même le dilettante en magouilles appréciera le fait que le fils de l’ancien vice-président américain Joe Biden, Hunter Biden est directeur de la société Burisma, une entreprise proche de la Naftogaz.

Certes Gazprom est le fournisseur dominant de gaz en Europe ; mais au vu de l’attitude américaine, est-il raisonnable de miser sur les Etats-Unis ? D’autant que le gaz russe reste le plus compétitif. Enfin, s’il est légitime de tenir compte du risque que représente la dépendance de l’Europe face à la Russie, l’approvisionnement de gaz russe n’a jamais été interrompu, comme le remarque un analyste de la Deutsche Bank, si ce n’est avec l’Ukraine dans un cadre politico-économique très spécifique.

En résumé, North Stream II va d’Est en Ouest et le GNL américain d’Ouest vers l’Est. Deux courants à polarité inverse qui risquent de faire des étincelles. Pour paraphraser Clausewitz, la guerre économique est la continuation d’une politique concurrentielle, mais avec d’autres moyens.

 

Bruno Husquinet

https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/357-de_leau_dans_le_gaz_entre_washington_et_moscou/

Les USA et l’Otan évincent l’UE en crise

« L’art de la guerre »

Les USA et l’Otan évincent l’UE en crise

Le président Trump reste contraint par le système US de défendre l’Otan, principal outil actuel de l’impérialisme transnational. Malgré ses tentatives, ses vassaux refusent de s’affranchir et de voler de leurs propres ailes. Il poursuit donc la politique de ses prédécesseurs : infantiliser les Européens et les tourner contre la Russie. Anticipant une possible dissolution de l’Union européenne, une partie de ses membres s’est un peu plus engagé dans l’Otan.

| Rome (Italie)

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Refusant à la fois de prendre son indépendance des États-Unis et de tomber sous la coupe des contestataires européens, un groupe d’États conduit par la France a choisi de renforcer sa subordination à l’Otan.

Deux sommets, tous deux à Bruxelles à deux semaines de distance, représentent le statu quo de la situation européenne. La réunion du Conseil européen, le 28 juin, a confirmé que l’Union, fondée sur les intérêts des oligarchies économiques et financières à commencer par celles des plus grandes puissances, est en train de s’effriter à cause de conflits d’intérêt ne se limitant pas à la question des migrants.

Le Conseil de l’Atlantique-Nord —auquel participeront les 10-11 juillet les chefs d’État et de gouvernement des 22 pays UE (sur un total de 28) membres de l’Alliance (avec la Grande-Bretagne sortant de l’Union)— renforcera l’Otan sous commandement US. Le président Donald Trump aura ainsi en main des cartes plus fortes au Sommet bilatéral qu’il tiendra cinq jours plus tard, le 16 juillet à Helsinki, avec le président russe Vladimir Poutine.

De ce que le président US stipulera à la table des négociations dépendra fondamentalement la situation de l’Europe. Que les USA n’aient jamais voulu une Europe unie comme allié d’égal à égal n’est pas un mystère. Pendant plus de 40 ans, durant la Guerre froide, ils la tiennent subordonnée comme première ligne de la confrontation nucléaire avec l’Union Soviétique. En 1991, la Guerre froide finie, les États-Unis redoutent que les alliés européens puissent mettre en question leur leadership ou juger désormais inutile l’Otan, dépassée par la nouvelle situation géopolitique. D’où la réorientation stratégique de l’Otan toujours sous commandement US, reconnue par le Traité de Maastricht comme « fondement de la défense » de l’Union européenne, et son élargissement à l’Est liant les ex-pays du Pacte de Varsovie plus à Washington qu’à Bruxelles.

Au cours des guerres de l’après-Guerre froide (Irak, Yougoslavie, Afghanistan, à nouveau Irak, Libye, Syrie), les États-Unis traitent en sous-main avec les plus grandes puissances européennes (Grande-Bretagne, France, Allemagne) en partageant avec elles les zones d’influence, tandis que des autres (Italie comprise) ils obtiennent ce qu’ils veulent sans substantielles concessions.

L’objectif fondamental de Washington est non seulement de garder l’Union européenne en position subordonnée mais, à plus forte raison, d’empêcher la formation d’une aire économique qui embrasse toute la région européenne, Russie comprise, en se reliant à la Chine par l’intermédiaire de la naissante « nouvelle route de la soie ». D’où la nouvelle Guerre froide qu’on a fait exploser en Europe en 2014 (durant l’administration Obama), les sanctions économiques et l’escalade de l’Otan contre la Russie.

La stratégie du « diviser pour régner », c’est-à-dire du diviser pour dominer, d’abord camouflée sous des habits diplomatiques, se trouve désormais mise en lumière. En rencontrant en avril le président Macron, Trump a proposé que la France sorte de l’Union européenne, en lui offrant des conditions commerciales plus avantageuses que celles de l’UE. On ne sait pas ce qui est en train de se décider à Paris. Mais significatif est le fait que la France ait lancé un plan qui prévoit des opérations militaires conjointes d’un groupe de pays de l’UE indépendamment des mécanismes décisionnels de l’UE : l’accord a été signé à Luxembourg, le 25 juin, par la France, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, l’Estonie et le Royaume-Uni, qui pourra ainsi y participer même après la sortie de l’UE en mars 2019. L’Italie, a précisé la ministre française de la défense Florence Parly, n’a pas encore apposé sa signature pour « une question de détails, pas de substance ».

Le plan a été en fait approuvé par l’Otan, car « il complète et potentialise la rapidité des forces armées de l’Alliance ». Et, souligne la ministre italienne de la défense Elisabetta Trenta, comme « l’Union européenne doit devenir un producteur de sécurité au niveau mondial, pour le faire elle doit renforcer sa coopération avec l’Otan ».

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article201797.html

Virulente charge de Trump contre l’Allemagne au sommet de l’Otan

Virulente charge de Trump contre l’Allemagne au sommet de l’Otan

Bruxelles – Donald Trump a lancé mercredi, au premier jour du sommet de l’Otan, une attaque frontale contre l’Allemagne, accusée d’être « prisonnière » de la Russie pour ses approvisionnements en énergie et d’enrichir un pays considéré comme l’ennemi de l’Alliance.

Très remonté, le président américain est resté sourd aux tentatives d’explications du secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg qu’il a rencontré avant l’ouverture officielle du sommet à Bruxelles à 12H30 GMT.

« L’Allemagne enrichit la Russie. Elle est prisonnière de la Russie », a-t-il martelé dans une longue diatribe contre la première puissance économique de l’UE.

« L’Allemagne est complètement contrôlée par la Russie. Elle paie des milliards de dollars à la Russie pour ses approvisionnements en énergie et nous devons payer pour la protéger contre la Russie. Comment expliquer cela ? Ce n’est pas juste », a-t-il encore asséné. Le président américain a dénoncé à plusieurs reprises le projet de doublement du gazoduc Nord Stream reliant directement la Russie à l’Allemagne et exige son abandon. Ce projet divise les Européens.

Les pays de l’UE importent deux tiers (66%) de leurs besoins de consommation. En 2017, ceci a représenté 360 milliards de m3 de gaz, dont 55 milliards de m3 de gaz naturel liquéfié (GNL), pour une facture de 75 milliards d’euros, selon les statistiques européennes. A ce jour, la moitié du gaz acheté est russe, mais les Européens cherchent à briser cette dépendance.

Les Etats-Unis sont engagés dans une stratégie de conquête de marchés pour leur gaz naturel. Ils ont exporté 17,2 milliards de m3 en 2017, dont 2,2% par méthaniers vers les terminaux de l’Union européenne.

De fait, les Européens appréhendaient un sommet de l’Otan acrimonieux et difficile.

Le président des Etats-Unis avait quitté Washington d’humeur belliqueuse, déclarant, avec le goût de la provocation qui est le sien, que sa rencontre avec le président Russe Vladimir Poutine prévue lundi à Helsinki pourrait être « plus facile » que le sommet de l’Otan.

Ce comportement exaspère sur le Vieux continent.

Rompant avec le ton policé de ses prédécesseurs, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, l’a interpelé mardi pour lui dire combien ses critiques presque quotidiennes étaient déplaisantes et l’a invité à « mieux considérer » ses alliés « car l’Amérique n’en a pas tant que ça ».

Il lui a également rappelé que l’Europe avait été « la première à réagir » après les attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain.

– « Discussions franches » –

Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, est embarrassé par cette tension et n’a pas caché son appréhension sur le déroulement du sommet.

« Je ne serais pas surpris qu’il y ait des discussions vigoureuses, notamment sur les dépenses de défense », a-t-il reconnu mardi.

Les Alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB à leur défense en 2024, mais une quinzaine d’Etats membres, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, la Belgique et l’Espagne sont sous la barre de 1,4% en 2018 et seront incapables de respecter leur parole, ce qui ulcère Donald Trump.

« Les pays de l’Otan doivent payer PLUS, les Etats-Unis doivent payer MOINS. Très injuste ! », a-t-il tweeté avant son départ pour Bruxelles. « Ce n’est pas juste pour le contribuable américain ». Sa charge contre l’Allemagne mercredi matin s’est inscrite dans cette logique. « L’Allemagne est un pays riche. Elle peut augmenter sa contribution dès demain sans problème », a-t-il affirmé.

Jens Stoltenberg est apparu dépassé par la violence de la diatribe du président américain dont l’humeur va peser sur la réunion.

Leur entretien avait pourtant bien débuté. « Je crois que le secrétaire général aime Trump. Il est sans doute le seul, mais ça me va… », avait ironisé Donald Trump en lui serrant la main.

M. Stoltenberg a confirmé que les Alliés souhaitaient avoir des éclaircissements sur les intentions de Donald Trump avant sa rencontre avec son homologue russe.

« Il est absolument essentiel que le président Trump rencontre Vladimir Poutine », a-t-il répété. « Nous serons en mesure de discuter avec lui pendant le sommet de la relation entre l’Otan et la Russie. Il est important que l’Otan reste unie », a-t-il insisté.

Toutes les décisions qui seront souscrites durant le sommet visent à renforcer la capacité de dissuasion de l’Alliance, selon Jens Stoltenberg.

« Les Alliés ne doivent pas augmenter leurs dépenses pour plaire aux Etats-Unis, mais parce que c’est dans leur intérêt », a-t-il plaidé.

Dans le cadre de l’initiative américaine « 4×30 », les membres de l’Otan vont s’engager à être en mesure en 2030 de déployer sous 30 jours 30 bataillons mécanisés, 30 escadrilles et 30 navires de combat pour pouvoir faire face à une opération militaire de la Russie, identifiée comme un potentiel agresseur.

« Nous avons augmenté la préparation de nos forces sur le flanc Est et nous prenons des décisions pour acheminer rapidement des renforts le cas échéant. Tout cela contribue à rendre notre dissuasion crédible », estime le secrétaire général de l’Alliance.

(©AFP / 11 juillet 2018 08h38)

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