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POLITIQUE MONÉTAIRE ET CRISE: CARESSEZ UN CERCLE ET IL DEVIENT VICIEUX.

POLITIQUE MONÉTAIRE ET CRISE: CARESSEZ UN CERCLE ET IL DEVIENT VICIEUX.

je vous livre ce texte car il expose clairement avec 10 ans de retard ce que j’ai écrit dès le mois de Mars 2009 puis début 2010 ; j’ai alors expliqué que dans la voie suivie par les banques centrales, il n’y avait pas de retour en arrière, quand on entre dans l’inflationnisme monétaire, il n’y a qu’une voie, celle de la fuite en avant.

On ne peut jamais revenir en arrière: ils ont brulé leurs vaisseaux ai-je écrit très souvent pour bien vous faire comprendre.

La crise, la vraie est devant nous, pas derrière. 

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Nous connaissons tous les grandes lignes de la réaction de la Fed et des autres banques centrales à la crise financière de 2008.

Tout d’abord, la Fed a réduit les taux d’intérêt à zéro et les a maintenus à ce niveau  pendant sept ans.

Cette extravagance de taux zéro, d’assouplissement quantitatif (QE) et de « création  monétaire » a permis d’atténuer la panique et de soutenir  le système financier.

Mais cela n’a rien fait pour ramener la croissance à sa tendance de long terme ou pour améliorer les revenus personnels au  rythme qui se prévaut  habituellement lors d’une expansion économique.

Maintenant, après une expansion de 10 ans, les décideurs s’inquiètent  des conséquences d’une nouvelle récession.

Le seul problème est que les banques centrales n’ont pas réussi à retirer  les mesures de soutien mises en place lors de la dernière récession.

Les taux d’intérêt sont à 2,5%, mais ils sont bien inférieurs aux 5% qui seraient nécessaires pour donner  à la Fed une marge de manoeuvre et les  réduire suffisamment pour contrer   la prochaine récession.

La Fed a réduit son bilan de 4,5 billions de dollars à 3,8 milliards de dollars, mais ce chiffre est toujours bien au-dessus du niveau de 800 milliards de dollars qui prévalait avant QE1.

En bref, la Fed (et les autres banques centrales) n’a pu   que très partiellement normaliser et est loin de pouvoir remédier à une nouvelle récession ou à une panique si elle devait se présenter demain.

Il faudrait des années à la Fed pour rétablir les taux d’intérêt et son bilan à la normale.

Jusqu’à ce qu’ils y parviennent , il ne sera pas possible de lutter contre la prochaine récession . Les chances d’éviter une récession jusqu’à ce que la Fed  normalise sont faibles.

Le problème de tout type de manipulation du marché est qu’il n’y a aucun moyen de mettre fin à la situation sans conséquences non voulues  et généralement négatives.

Une fois que vous avez commencé à manipuler, il en faut de plus en plus pour que le jeu continue. Il n’est plus possible de faire demi-tour sans faire craquer  le système.

Bien sûr, la manipulation par les agences gouvernementales et les banques centrales commence toujours avec de bonnes intentions. Ils essaient de « sauver » les banques ou « sauver » les marchés des issues  extrêmes ou des crashs.

Mais ce désir de sauver quelque chose ne tient pas compte du fait que les faillites bancaires et les krachs de marché sont parfois nécessaires et sains pour éliminer les excès et les dysfonctionnements antérieurs.

Un crash peut effacer la pourriture, nettoyer  les pertes et permettre au système de tout repartir  avec un bilan sain et une plus grande  prudence.

Au lieu de cela, les banquiers centraux vont à la rescousse des banques corrompues ou mal gérées. Cela protège  les  responsables,  directeurs de banque , investisseurs incompétents et corrompus et reporte le mal sur  l’investisseur ou le travailleur ordinaire. Ils voient  leur situation se déteriorer  tandis que les gestionnaires de banque incompétents conservent leur emploi et leurs gros bonus.

Mais le plus gros problème est qu’il n’y a pas d’issue, comme je l’ai dit. Une manipulation en mène à une autre.

La politique de taux d’intérêt zéro (ZIRP) ne fonctionnant pas, la Fed s’est tournée vers l’assouplissement quantitatif (QE). Après le QE1, le QE2 et le QE3 (2008-2013) sont venus le «ralentissement» (2014) puis le «décollage» des taux (2015), suivis des «pause» et de la «patience» pour augmenter encore les taux (2016– 19).

La dernière manipulation est le resserrement quantitatif (QT, l’opposé de QE), bien qu’il semble que le QT soit maintenant réduit.

Confus? Tout le monde l’est aussi.

Le fait est que la Fed n’a pas normalisé ses taux et qu’elle  n’a pas normalisé la taille de son bilan.

C’est juste une manipulation après l’autre avec des résultats faibles.

Tout cela  est sans issue.

La dernière forme de manipulation est ce que l’on appelle un «dispositif  de mise en pension permanente», qui n’est qu’une autre forme de QE.

En vertu de cette facilité, les banques échangeraient leurs réserves de trésorerie auprès de la Fed contre des titres du Trésor, en promettant de les reconvertir immédiatement en espèces si nécessaire.

Essentiellement, cette manipulation permettrait aux banques de détenir moins de réserves que ce qui est actuellement requis, sachant que la Fed viendrait àleur secours  si elles avaient des problèmes.

C’est juste un autre stratagème comptable pour prétendre assainir le bilan de la Fed.

Ce ne sera pas la dernière manipulation.

Nous en sommes loin .

Jim Rickards

Politique monétaire et crise: caressez un cercle et il devient vicieux.

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La croissance américaine va bientôt caler

06/11/201805:59

Xerfi Canal a reçu Denis Ferrand, Directeur général de coe-rexecode, pour parler de la croissance américaine.

Une interview menée par Adrien de Tricornot.

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Denis-Ferrand-Denis-Ferrand-La-croissance-americaine-va-bientot-caler_3746466.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC240319

Les banques centrales au service des Maîtres de l’Argent

Les banques centrales au service des Maîtres de l’Argent


Par Valentin Katasonov – Le 25 février 2019 – Source Fond Stratégique de la Culture

https://i1.wp.com/reosh.ru/wp-content/uploads/2019/02/26-%D1%85%D0%BE%D0%B7.jpg
À la pyramide des « maîtres de l’argent » – les actionnaires de la Réserve Fédérale Américaine – sont aujourd’hui branchées la plupart des Banques centrales du monde, y compris la Banque de Russie.

Je crois que les lecteurs qui connaissent mes livres se font une bonne idée de l’architecture du système financier international moderne. Il peut être représenté sous la forme d’une pyramide, au sommet de laquelle se trouve la Réserve fédérale américaine, une société privée de type fermé. La Réserve fédérale américaine a des actionnaires, que j’appelle les « maîtres de l’argent ». Ils sont les bénéficiaires du système financier mondial mis en place, et la Réserve fédérale américaine en est le centre de contrôle. Je ne décrirai pas la structure de la pyramide tout entière, mais je noterai qu’au-dessous du sommet de la pyramide, on trouve une institution telle que la Banque centrale européenne (BCE), et qu’au niveau inférieur à celui de la BCE, se trouvent les banques centrales de la zone euro, membres de la BCE. Actuellement, les membres de la BCE sont les  banques centrales de 19 pays européens. Y compris la Banque d’Italie, dont il sera question ci-dessous.


J’ajouterai qu’aujourd’hui la majorité des Banques centrales du monde, y compris la Banque de Russie, sont incluses dans la pyramide des « maîtres de l’argent ». Le contrôle des « maîtres de l’argent » sur les Banques centrales est très efficace car presque toutes ont le statut d’institutions « indépendantes » (indépendantes de leurs États). En dehors de cette pyramide, il n’y a que quelques rares Banques centrales, dont la plus grande est la Banque centrale de la République islamique d’Iran. En ce qui concerne la Banque populaire de Chine (Banque centrale de Chine), sa position dans le système financier mondial est particulière. Sans entrer dans les détails, je dirai que la BPC pour le moment est partiellement dépendante des « maîtres de l’argent ». La situation de la Banque centrale de Chine est instable et dangereuse (nous traiterons ailleurs de la BPC d’une manière ou d’une autre).

L’Argentine, la Hongrie, la Serbie sont en révolte contre les « maîtres de l’argent ».

En de nombreux pays, la pression exercée par les « maîtres de l’argent » par l’intermédiaire des Banques centrales qui leur sont subordonnées, devient très dure et insupportable. De temps à autre, certains États tentent de soustraire les Banques centrales situées sur leur territoire au contrôle des « maîtres de l’argent », et de les placer sous le contrôle des autorités nationales. Ces tentatives sont rares, on peut les compter sur les doigts d’une main. Il y a environ dix ans, la Présidente de l’Argentine de l’époque, Christina Kirchner, a tenté de prélever environ 1/7 des réserves de change de la Banque centrale (6,6 milliards de dollars) pour payer la dette publique extérieure. C’est ce que la Banque centrale d’Argentine lui a catégoriquement refusé, et les « maîtres de l’argent » ont organisé dans les médias une campagne frénétique de harcèlement à l’encontre d’une femme courageuse. L’affaire ne s’est pas limitée à des attaques de la part des médias. Par décision du tribunal américain, les réserves de la Banque centrale d’Argentine furent gelées. Autre cas : en 2011, le Premier ministre Hongrois, Viktor Orban, avait tenté de faire adopter des amendements par le parlement du pays, annulant le statut « indépendant » de la Banque centrale, en la mettant sous le contrôle du gouvernement. Le hurlement universel a de nouveau retenti, organisé par les médias contrôlés par les « maîtres de l’argent ». Bruxelles a organisé une pression sans précédent sur Viktor Orban, qui a dû faire machine arrière, en retirant les amendements. Les déclarations du Premier ministre Hongrois après sa défaite sont caractéristiques : « La bande de bandits, qui a pris le pouvoir dans l’Union Européenne, s’occupe de la banale mise en esclavage de tous ceux qu’elle a réussi à leurrer ! En Hongrie, ils l’ont compris et tentent de s’échapper. Mais la mafia financière internationale tient fermement les Hongrois à la gorge … ». Et voici une autre déclaration de V. Orban à propos de l’histoire de cette époque : « La Hongrie a été traitée comme une colonie ».

En 2012, la petite Serbie a osé établir un contrôle de l’État sur la Banque centrale (également en modifiant la loi, abolissant son « indépendance »). Elle a été traitée de manière encore plus expéditive que la Hongrie. Quelques jours après l’adoption des amendements limitant « l’indépendance » de la Banque centrale de Serbie, les principales agences de notation ont abaissé la cote de crédit du pays. Par exemple, Fitch a commenté son pronostic négatif comme suit : « Au lieu de se concentrer sur la correction des déficits publics croissants et de la dette publique, le nouveau gouvernement a modifié la loi sur la Banque centrale de manière à miner la confiance des investisseurs, et compliquer la conclusion d’un accord d’un nouveau prêt du FMI ».

Attaques contre les Banques centrales : la Turquie et les États-Unis

Voilà deux événements de la dernière année. L’an dernier, le Président Erdogan a été réélu en Turquie. Pendant la campagne électorale, il a déclaré son intention de pousser la Banque centrale à réduire son taux directeur, qui, en réponse à Erdogan, fut augmenté jusqu’à 17,75%, une semaine avant les élections. Erdogan avait également promis qu’il chercherait une meilleure sélection des cadres dirigeants de la Banque centrale. Les tentatives frontales d’Erdogan pour changer le statut « indépendant » de la Banque centrale  n’ont pas abouti. Cependant, il a essayé de renforcer le statut du Ministère des finances, et de le placer au-dessus de celui de la Banque centrale. La lutte continue.

Un autre cas tout à fait sans précédent. Nous parlons d’une série d’attaques de la part de l’actuel Président des États-Unis, Donald Trump, contre la Réserve fédérale. Les attaques survinrent en réponse à la décision de la Réserve fédérale américaine de continuer à augmenter son taux directeur. Le 26 novembre, dans une interview auWall Street Journal, Trump déclara que « la Fed est devenue un problème beaucoup plus grave que la Chine ». À la fin de l’année dernière, Donald Trump a même menacé de demander la démission du président de la FED, Jerome Powell. Il est clair qu’aucune mesure pratique n’a été prise pour démettre J. Powell de ses fonctions de président de la FED. Mais l’événement est sans précédent. Pour la première fois depuis plus d’un siècle dans l’histoire de la Réserve fédérale américaine, le Président américain a parlé de manière aussi directe et franche de cette institution, qui était et reste le premier pouvoir en Amérique.

Les Euro-sceptiques italiens et la Banque d’Italie : la tension monte.

Et voici une autre « émeute à bord du navire ». Nous parlons de l’Italie. Au début de l’été de l’année dernière, après les élections législatives, un nouveau gouvernement a été formé au sein duquel des représentants des mouvements Cinq Étoiles et de la Ligue du Nord ont pris des positions clés. Ce sont des Euro-sceptiques qui cherchent à réviser sérieusement les relations entre Rome et Bruxelles. Et la condition pour qu’une telle révision ait lieu, est de rétablir l’ordre chez soi, en Italie. Non sans fondement, les Euro-sceptiques se représentent la Banque d’Italie comme un « cheval de Troie » grâce auquel Bruxelles mène sa politique à l’égard de Rome.

Afin de se battre contre la Banque centrale, les Euro-sceptiques italiens doivent obtenir le soutien de millions de citoyens ordinaires. Et, comme il leur semble, ce soutien ne manquera pas. Le fait est que le système bancaire italien est considéré comme l’un des plus faibles, si ce n’est de toute l’Union européenne, au moins à coup sûr de la zone Euro. Une vague de faillites de banques commerciales s’est produite dans le pays, entraînant de lourdes pertes pour des millions de déposants ordinaires. C’est à ces déposants, trompés et volés de la sorte, que les dirigeants du gouvernement euro-sceptique ont fait appel, en attirant leur attention sur le fait que les faillites étaient dues à la faute des dirigeants de la Banque d’Italie, chargée de surveiller les organismes de dépôt et de crédit. Les chefs des deux partis au pouvoir en Italie, les vice-premiers ministres Matteo Salvini (« Ligue du Nord ») et Luigi Di Maio (« Cinq étoiles »), se sont prononcés en faveur d’un changement de la direction de la Banque centrale du pays.

Di Maio (qui est également Ministre Italien du développement économique, du travail et de la politique sociale) a bloqué la nomination de l’un des directeurs généraux adjoints de la Banque, soulignant que la Banque centrale avait besoin d’un renouvellement radical de sa direction. Salvini (qui est en même temps le Ministre de l’intérieur) a pour sa part déclaré que la Banque centrale, dans son problème de personnel, avait besoin de faire « table rase », et non de permutations fragmentaires. Avant cela, les deux Vice-premiers ministres ont fait des allusions insidieuses selon lesquelles le statut de la Banque centrale devrait être radicalement changé, et qu’elle devait être privée de son « indépendance ». Le président du pays, Sergio Mattarella, préfère ne pas aborder ce sujet sensible. Le Premier ministre italien Giuseppe Conte occupe à peu près la même position. Mais le Ministre des finances et de l’économie, Giovanni Tria, ne peut éluder la question, et doit exprimer sa position à ce sujet. Et il parle prudemment en faveur de la préservation de l’indépendance de la Banque centrale.

La Banque d’Italie doit rendre l’or au peuple

Un autre thème lié à la Banque d’Italie est l’or qui figure à son bilan. Une petite remarque : les réserves d’or de l’Italie sont depuis longtemps les quatrièmes plus importantes au monde après les États-Unis, l’Allemagne et le Fonds monétaire international (la France est le pays suivant l’Italie en termes de réserves d’or). Au cours des deux dernières décennies, le volume physique de ces réserves est resté inchangé – 2 451,8 tonnes. En janvier de cette année, la part de l’or dans le volume total des réserves de change italiennes était de 65,5% (l’un des taux les plus élevés, seuls ceux des États-Unis, de l’Allemagne et du Venezuela étant supérieurs). Dans les années 70, lors de la Conférence monétaire et financière internationale en Jamaïque, il avait été décidé de démonétiser le métal jaune. Par conséquent, l’or au bilan des Banques centrales a des allures d’« anachronisme ». Mais cet « anachronisme » est présent dans de nombreuses Banques centrales, et la Banque d’Italie est particulièrement remarquable à cet égard. Bien sûr, l’or peut être qualifié d’argent extraordinaire, et cette qualité ne saurait être annulée par quelque conférence internationale que ce soit. Mais dans ce cas, il serait plus naturel que le métal jaune ne soit pas au bilan de la Banque centrale, mais à celui du Ministère des finances, pour couvrir des dépenses budgétaires extraordinaires. C’est une vérité élémentaire, mais elle a depuis longtemps déjà été retirée des manuels d’économie, sur l’ordre des « maîtres de l’argent ».

Et curieusement, les deux Vice-premiers ministres de l’actuel gouvernement italien se sont souvenus de cette élémentaire vérité. À la fin de l’année dernière, Bruxelles exigea de Rome un budget plus ou moins équilibré. En soufflant à Rome qu’il était possible d’éliminer le déficit budgétaire en procédant à une réforme des retraites (comme celle qui est imposée à notre peuple russe aujourd’hui), et en augmentant les impôts (TVA). Rome a refusé de relever la TVA, et a promis au budget une éventuelle réduction de l’âge de la retraite, et l’introduction d’un revenu de base inconditionnel (d’un montant de 780 euros par personne et de 1 032 euros par famille). Sous la pression de Bruxelles, Rome a difficilement réduit le déficit budgétaire de 2,50 à 2,04% du PIB. Et ensuite, Rome a eu l’idée de liquider le déficit budgétaire en 2019, en vendant une partie de l’énorme réserve d’or de l’Italie (environ 20 milliards d’euros seraient nécessaires). Aux prix actuels, la réserve d’or en Italie est estimée à 103 milliards de dollars, ce qui est suffisant pour combler les déficits budgétaires pendant plusieurs années.

Il n’y a qu’un seul « mais » dans cette phrase. Le gouvernement ne peut pas utiliser l’or, car il figure au bilan de la Banque d’Italie, et cette Banque centrale « indépendante » n’a pas l’intention d’abandonner ce métal au profit du Ministère des finances. Le ballon d’essai a été lancé par les auteurs de l’idée en septembre 2018. Ensuite, un article de l’économiste Gabriele Gatozzi a été publié dans les médias italiens (la première publication a été faite sur le blog du fondateur du Mouvement cinq étoiles, Beppe Grillo). L’auteur a attiré l’attention sur la taille gigantesque de la réserve d’or italienne et sur le fait que, contrairement à de nombreux autres pays européens, l’Italie n’avait jamais vendu sa réserve depuis la Conférence de la Jamaïque de 1976. Il serait temps de tirer parti de cette réserve, surtout si Bruxelles s’attend à un budget équilibré de Rome. Deux mois après la parution de cet article, le chef de la Commission du budget de la Chambre des députés, Claudio Borgi, représentant la « Ligue », a présenté un projet de loi prévoyant l’élimination de l’« anomalie », à savoir la présence de la réserve d’or au bilan de la Banque d’Italie, qui devrait être sous le contrôle direct du gouvernement.

Le 11 février, lors d’une conférence de presse, Matteo Salvini a promis que le gouvernement était prêt à régler le problème de la réserve d’or, en l’amenant à sa bonne fin logique. Il a directement déclaré que les réserves de change du pays appartenaient à ses citoyens et non à la Banque centrale dans laquelle elles sont entreposées. Je soupçonne que cette déclaration a provoqué une véritable panique à Bruxelles, car l’Italie a fait savoir ce que les politiciens et les financiers ont tu pendant de nombreuses années. À savoir que les réserves de change devaient être utilisées dans les intérêts du peuple tout entier. C’est un véritable défi lancé aux « maîtres de l’argent ».

À qui appartiennent les réserves d’or de la Banque de Russie ? Il est temps d’y penser

On transpose involontairement les événements d’Italie dans notre vie russe. Les réserves de change de la Fédération de Russie augmentent à pas de géant. Ainsi, le 1er février 2019, elles s’élevaient à 475,9 milliards de dollars, et l’année précédente (le 1er février 2018) à 447,3 milliards de USD, pour une croissance annuelle de 28,6 milliards de dollars. À ce rythme, elles pourraient dépasser la barre des 500 milliards de dollars à la fin de cette année, et de temps à autre, les responsables de notre gouvernement annoncent fièrement ces chiffres, et d’autres chiffres similaires. Mais voilà, le gouvernement n’a rien à voir avec ces réserves. L’article 2 de la loi fédérale sur la Banque centrale de la Fédération de Russie dispose que :

« Conformément aux objectifs et aux procédures établis par la présente loi fédérale, la Banque de Russie exerce le pouvoir de posséder, d’utiliser et de disposer des actifs de la Banque de Russie, y compris des réserves en or et en devises de la Banque de Russie. Les retraits et les gages desdits biens sans le consentement de la Banque de Russie ne sont pas autorisés, sauf disposition contraire de la loi fédérale. L’État n’est pas responsable des obligations de la Banque de Russie et la Banque de Russie des obligations de l’État si elles ne les ont pas assumées ou si les lois fédérales ne le prévoient pas autrement. »

Il semble que tout soit clair. S’agissant de la situation des réserves de change de la Fédération de Russie, le dicton « l’œil voit, mais la dent est paralysée » peut être appliqué. Les nouvelles venant d’Italie concernant des initiatives visant à transférer au bilan du Ministère des finances, sinon toutes les réserves de change, du moins leur partie aurifère, devraient secouer les « Représentants du peuple » de la Douma. Au début de l’année 2019, le volume d’or détenu au bilan de la Banque centrale de Russie atteignait 67,9 millions d’onces, soit 2 112 tonnes. Cet or appartient toujours à la Banque de Russie, qui, en fin de compte, n’est pas « responsable des obligations de l’État ». Or, il fut gagné par le travail de millions de nos citoyens, et devrait appartenir à la population. Par conséquent, il devrait appartenir à l’État qui, selon la constitution de la Fédération de Russie, a pour vocation de servir le peuple. Espérons qu’il y aura des forces politiques en Russie qui, à l’instar des Euro-sceptiques italiens, essaieront finalement de museler la Banque centrale, et de la forcer à servir non pas les « maîtres de l’argent », mais le peuple.

Valentin Katasonov

Traduit du russe par Carpophoros, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/les-banques-centrales-au-service-des-maitres-de-largent

 

Le crash de la bulle de tout a commencé en 2018

Le crash de la bulle de tout a commencé en 2018


Voici ce qui nous attend en 2019


Par Brandon Smith − Le 11 janvier 2019 − Source Alt-Market.com


En 2018, un changement économique très important s’est produit qui a scellé le sort de l’économie américaine et de nombreuses autres économies dans le monde. Ce changement était le renversement de la politique de la banque centrale. L’ère des mesures de relance et du soutien artificiel de divers marchés, y compris les actions, commence à s’estomper à mesure que la Réserve fédérale poursuit le resserrement de sa politique, notamment en augmentant les taux d’intérêt et en réduisant davantage son bilan.


J’ai mis en garde contre ce changement sous la direction du nouveau président Jérôme Powell au début de 2018 dans mon article « Le nouveau président de la Fed va faire plonger les marchés en 2018 ». Le crash a connu un faux départ en février/mars, les actions ayant été sauvées par des rachats massifs d’entreprises au cours des 2ème et 3ème trimestres. Toutefois, à mesure que les taux d’intérêt ont légèrement augmenté et que les réductions d’impôt de Trump se sont amenuisées, les rachats d’actions de sociétés ont commencé à diminuer au cours du dernier trimestre de l’année.

Comme je l’avais prédit en septembre dans mon article « La bulle de tout : quand va-t-elle enfin éclater ? », le crash s’est accéléré en décembre, lorsque la Fed a relevé les taux d’intérêt à leur taux d’inflation neutre et augmenté les réductions de bilan à 50 milliards de dollars par mois. En 2019, cet effondrement se poursuivra alors que la Fed reprendra ses coupes à la mi-janvier.

Il est important de noter que lorsque l’on parle de crash dans les milieux économiques alternatifs, il ne s’agit pas seulement de marchés boursiers. Les économistes du courant dominant affirment souvent que les marchés sont un indicateur prédictif de la santé future de l’économie au sens large. C’est inexact. Les marchés sont en fait un indicateur de suivi ; ils ont tendance à s’effondrer bien après que tous les autres fondamentaux aient commencé à baisser.

Les marchés de l’immobilier sont en chute libre, tant en termes de prix de ventes que de valeur. Les hausses des taux d’intérêt de la Fed se traduisent par des taux hypothécaires beaucoup plus élevés à la suite d’une inflation excessive des prix et d’une baisse des salaires des consommateurs. Les acheteurs professionnels d’immobilier, qui soutiennent le marché de l’immobilier depuis des années, ne sont plus en mesure de continuer à assurer son maintien en vie. La dette des entreprises n’a jamais été aussi élevée depuis le crash de 2008 et, avec des taux d’intérêt plus élevés, l’emprunt de capitaux bon marché n’est plus une option.

En novembre 2018, les ventes de maisons ont affiché la plus forte baisse depuis plus de 7 ans

Les marchés de l’automobile, autre indicateur majeur de stabilité économique, sont en chute libre. Le marché de l’automobile a connu de fortes baisses tout au long du second semestre de 2018, une fois de plus, la hausse des taux d’intérêt de la Fed ayant tué les prêts automobiles de type ARM à crédit facile.

Le crédit américain se tarit également, car les investisseurs tirent des capitaux de la volatilité des marchés et de la hausse des taux d’intérêt. Les liquidités disparaissent, ce qui signifie que l’endettement devient plus coûteux ou inaccessible pour la plupart des gens et des entreprises.

Les médias et les banquiers centraux présentent un faux récit dans les courants dominants sur ces circonstances, à la fois les médias et les banques centrales. Les autorités économiques et les analystes grand public ont beaucoup parlé pour tenter de détourner l’attention du public de la crise économique et d’inciter le monde de l’investissement à faire du commerce avec des œillères. Avec la propagande qui s’emballe, nous devons couper à travers le brouillard et les miroirs, évaluer les menaces les plus importantes au sein du système et déterminer quand elles pourraient s’intensifier.

Ne vous y trompez pas, aussi erratique et instable qu’ait été 2018, 2019 sera bien pire.

La Réserve fédérale continuera de se resserrer

Un mensonge circule dans les médias selon lequel Jérôme Powell et la Fed sont « héroïques » parce qu’ils « vont à l’encontre » des anciennes politiques des banques centrales et suppriment les politiques de facilité monétaire. C’est exactement le motif opposé qui se cache derrière ce qui se passe. Nous devons nous rappeler que c’est la Fed et d’autres banques centrales qui ont créé le crash initial en 2008 par le biais de politiques d’argent facile. Elles ont ensuite délibérément créé une bulle encore plus grande (la « bulle de tout ») par le biais d’une plus grande détente monétaire ; une bulle si grande qu’elle ferait s’effondrer toute l’économie américaine, y compris les marchés obligataires et le dollar si jamais elle éclatait.

Ce processus circulaire de crise, de stimulation puis de crise est un processus que la banque centrale utilise depuis plus d’un siècle. D’anciens responsables de la Fed comme Ben Bernanke et Alan Greenspan ont ouvertement admis la culpabilité de la banque centrale américaine pour la Grande dépression ainsi que pour le crash de 2008. Cependant, ce faisant, ils affirment également qu’ils n’étaient « pas conscients à l’époque » de ce plus grand danger. Je n’y crois pas une seconde.

Dans presque tous les cas où la Fed a créé un environnement de crash, les institutions bancaires ont pu profiter de l’occasion pour s’emparer d’actifs tangibles pour quelques centimes par dollar, ainsi que voler plus de pouvoir politique et social. Pendant la Grande dépression, les grandes banques ont absorbé des milliers de petites banques locales ainsi que tous les actifs qu’elles détenaient. En 2008, les banques et les entreprises ont bénéficié d’un déluge d’argent facile payé par les contribuables américains sur le dos des générations à venir, tout en aspirant les biens durables comme les hypothèques résidentielles en difficulté.

La centralisation mondiale de l’autorité économique est un prix encore plus important pour les élites bancaires, et c’est je crois leur objectif avec ce prochain crash technique qui suit son cours. Au fur et à mesure que la crise mènera à la catastrophe, ce seront des institutions mues par le globalisme comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque des règlements internationaux (BRI) qui interviendront pour « sauver la situation ».

Comme je l’ai noté à maintes reprises, Jerome Powell est bien conscient de ce qui se passera alors que la Fed resserre. C’est consigné dans le procès-verbal de la Fed d’octobre 2012 où il discute des conséquences, y compris son allusion à un crash imminent si la Fed met fin aux mesures de relance, relève les taux d’intérêt et réduit le bilan.

Pourtant, Powell continue tout de même de resserrer les conditions, ce qui indique que les mesures prises par la Fed et les résultats obtenus sont tout à fait délibérés. Les récentes déclarations de Powell ont été interprétées à tort par les médias dominants comme indiquant que la Fed pourrait arrêter ses politiques de resserrement. Je prévois que cela n’arrivera pas, du moins pas avant que l’accident n’ait déjà bien suivi son cours.

Je m’attends à ce que Powell continue de réduire son bilan d’environ 50 milliards de dollars par mois jusqu’à la fin de 2019, peut-être. Je maintiens également ma prévision initiale de l’an dernier selon laquelle la Fed augmentera les taux d’intérêt en 2019, au moins deux autres fois, avec une hausse en mars. La Fed a continué à montrer une propension au double discours sur l’« accommodation », et il y a une bonne raison à cela…

Les marchés boursiers continueront de plonger

De nombreux économistes alternatifs ont souligné au fil des ans la corrélation directe entre le bilan de la Fed et les cours boursiers. Au fur et à mesure que la Fed a racheté des actifs, le marché boursier a augmenté exactement en tandem. Au fur et à mesure que la Fed se débarrasse de ses actifs, les actions chutent de plus en plus vite et de façon de plus en plus volatile.

Si vous voulez un exemple parfait de cela, il suffit d’examiner les totaux du bilan FRED de la banque centrale et de les comparer avec un graphique de l’indice S&P500 sur un an. Ne regardez pas seulement la chute des actions, mais aussi les rallyes boursiers. Des coupes dramatiques en décembre ont facilité le début du crash ; le récent rebond s’explique en partie par les investissements de fin d’année des caisses de retraite d’entreprises, à la recherche désespérée de rendement dans un environnement où les obligations ne sont plus viables ou sûres. Toutefois, prenez note que la première semaine de Janvier a également vu la Fed bloquer les coupes.

Qu’est-ce que cela signifie ? En l’absence d’une source de capital de remplacement massive comme les rachats d’actions, toute nouvelle réduction importante des actifs de la Fed entraînera une forte baisse vers le milieu de chaque mois. Chaque pause dans les coupes se traduira par un rebond, mais à des sommets plus bas. Le plafond des rallyes et les attentes des investisseurs diminueront progressivement jusqu’à ce que la réalité de la fin de la fête les atteigne enfin.

Les récents commentaires « dovish » de la Fed sont, à mon avis, complètement frauduleux et très calculés. Comme la banque centrale a réduit les mesures de relance et augmenté les taux d’intérêt au point où les entreprises ne peuvent plus se permettre des rachats massifs, il ne reste plus rien pour soutenir les actions, si ce n’est de la désinformation, une confiance aveugle et une pause d’une à deux semaines dans la réduction des bilans.

Il s’agit d’une démolition contrôlée de l’économie et des marchés. La Fed fera tout son possible pour éviter que le système n’implose trop vite, car le désossage des mâchoires est le seul outil qui reste. Entre-temps, M. Powell continuera de réduire les actifs et d’augmenter les taux d’intérêt comme prévu. Cela se traduira inévitablement par une baisse des cours des actions, car le système manque de « pression ». La confiance aveugle des investisseurs n’ira pas plus loin. Ils seront laissés en plan, tout comme ceux qui espèrent leurs pensions.

Je m’attends à ce que les marchés actions reprennent leur forte baisse tout le long de 2019 et qu’ils tombent bien en deçà des niveaux de soutien observés en 2017. Si l’on se fie à la baisse de décembre, tant que la Fed poursuivra sa trajectoire actuelle de réduction de bilan, je vois le Dow Jones dans la fourchette de 17 000 à 18 000 points en mars et avril.

Trump portera le blâme pour l’accident

La propension incessante de Trump à s’attribuer le mérite de la remontée boursière fait de lui un bouc émissaire parfait pour le crash en cours. L’accélération en 2019 sera suivie de nombreuses distractions. Alors que Trump a blâmé la Réserve fédérale pour l’instabilité récente des marchés, il a en même temps blâmé sa propre guerre commerciale. Trump a attaché le succès de sa présidence au succès d’un marché boursier qu’il appelait autrefois une « grande bulle » créée par la Fed.

La guerre commerciale de Trump et l’arrêt du gouvernement ne sont que deux facteurs qui sont déjà ciblés par les médias grand public et les commentateurs globalistes comme étant les causes de la chute des actions en décembre.

L’arrêt du gouvernement pourrait ne pas se poursuivre en janvier si Trump déclare l’état d’urgence et commence le mur à la frontière sud, rendant le débat budgétaire plutôt théorique. Cela dit, je soupçonne que cela pourrait continuer de toute façon ; cette fois-ci, c’est différent. Considérez que si l’arrêt se poursuit jusqu’en février, il y a la menace que les programmes d’aide sociale comme EBT soient retardés, ce qui ouvre la porte à un tout nouveau type de folie. Je n’ai pas nécessairement quelque chose contre la personne moyenne qui demande de l’aide sociale en période de crise personnelle. Cela dit, il y a des millions d’Américains qui ont fait carrière en recevant de l’aide gouvernementale, et leur attitude est souvent celle de se contenter de ce sort. Si et quand leur revenu et leur source de nourriture sont coupés, leur réaction peut être violente.

La date actuelle de l’arrêt fait en sorte qu’il constitue une distraction tellement utile pour la banque centrale que je serais surpris qu’on y mette fin dans un avenir proche. La menace de retards dans l’EBT et l’aide sociale du gouvernement serait une crise très juteuse qui pourrait être exploitée par les banques centrales et les globalistes.

Je prévois que la guerre commerciale se poursuivra jusqu’en 2019, comme l’année dernière. Trump annoncera des progrès « énormes » dans les négociations avec la Chine, parfois pour faire grimper les marchés, mais quelques jours ou semaines plus tard, ces progrès seront à nouveau remis en question. Je sais que c’est une prédiction facile. La farce de la guerre commerciale a suivi un schéma assez prévisible ces derniers temps.

Trump a été d’une aide extraordinaire pour les élites bancaires à cet égard. En fait, l’administration Trump semble ajouter une nouvelle escalade dans la guerre commerciale une semaine après chaque baisse ou hausse de taux importante du bilan de la Fed ; juste à temps pour que les actions chutent violemment en raison de la réduction de bilan de la Fed.

Autres prévisions pour 2019

Un « Hard Brexit » : Attendez-vous à ce que le Brexit entre dans un éventuel scénario de non-accord avec l’UE, suivi d’un ralentissement économique agressif au-delà de ce qui se passe déjà en Europe. Bien que ce résultat semble être un pari risqué en ce moment, il a du sens d’après le faux récit que les globalistes sont en train de construire – le récit selon lequel les « populistes » sont une influence imprudente et destructrice qui mène à un désastre économique.

Turquie quittant l’OTAN : On dirait que c’est déjà fait. La Turquie se positionne pour s’associer à des puissances de l’Est comme la Chine et la Russie par le biais de divers accords commerciaux et d’accords stratégiques, et abandonner ses liens avec l’Ouest. Bien que cela puisse durer encore quelques années, je crois que cela se produira rapidement – d’ici la fin de 2019.

Conditions de la loi martiale en France : Les protestations des « gilets jaunes » vont se poursuivre jusqu’en 2019, et deviendront probablement plus volatiles à mesure qu’Emmanuel Macron tentera de resserrer les contrôles. Attendez-vous à ce que les protestations se multiplient au printemps et en été à mesure que le temps se réchauffe. Macron n’a pas hésité à utiliser sa boîte à outils totalitaire. Je m’attends à ce qu’il déclare l’état d’urgence nationale avec des pouvoirs de type loi martiale en place dès la fin de cette année. Je ne sais pas encore si les globalistes avec lesquels Macron s’associe de si près ont eu l’intention de parvenir à ce résultat, je ne sais pas encore si c’est le cas. Nous n’avons pas beaucoup entendu parler des revendications spécifiques ou des points de vue idéologiques des gilets jaunes. Comprendre les objectifs et les motivations des deux parties déterminera s’il y a un faux paradigme en jeu ou si les gilets jaunes sont un véritable mouvement populaire.

Résumé

En résumé, le crash de la « bulle de tout » a été délibérément initié par les banques centrales. Le pire reste à venir en 2019. Trump est la brebis sacrificielle pour les élites bancaires, et son administration en assumera la responsabilité d’ici la fin de l’année, quels que soient les faits entourant le programme de démolition contrôlée de la Réserve fédérale. L’année 2018 a été le début de la prochaine phase de la crise, 2019 verra l’effondrement frapper la conscience du grand public sans parler de leur pas de porte et de leur portefeuille.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-krach-de-la-bulle-de-tout-a-commence-en-2018

Trump joue de la flûte enchantée pour l’agenda du Nouvel ordre mondial

GMT+2 21:30

L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

Paris (awp/afp) – L’euro effaçait lundi ses pertes de vendredi face au dollar, des informations de presse assurant que Donald Trump aurait envisagé de congédier le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell.

Vers 15H15 GMT (16H15 à Paris), l’euro s’échangeait à 1,1429 dollar pour un euro contre 1,1372 vendredi à 22H00 GMT.

Donald Trump aurait discuté en privé de la possibilité de congédier le président de la Banque centrale, étant agacé par la décision mercredi de l’institution d’augmenter les taux d’intérêt, selon des médias américains, une information démentie par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

« Cela fait directement suite à la hausse du taux directeur de la Fed de la semaine dernière, un mouvement que le marché attendait plus restreint et qui a contribué aux pertes des indices boursiers », a commenté Fritz Louw, analyste de MUFG.

En relevant ses taux directeurs, la Fed rend le dollar plus rémunérateur, et donc plus attractif pour les investisseurs. Les cambistes ont donc pu s’inquiéter de voir le président des Etats-Unis peser sur la politique monétaire de l’institution.

« Heureusement, Mnuchin est venu au secours en éloignant cette hypothèse, car j’étais prêt à passer la matinée à vendre mes actifs », a prévenu Stephen Innes, analyste chez Oanda.

Il n’est cependant pas certain que le dollar continuerait à souffrir d’un mouvement de vente sur les marchés.

Cette polémique « ajoute au sentiment d’inquiétude du marché », a jugé M. Louw, qui estime que si elle continue, elle pourrait être négative pour l’économie américaine, mais « le dollar a tendance à profiter de ces périodes d’aversion au risque ».

De même, la menace de blocage des administrations à Washington pesait sur la confiance des marchés.

« En général, il y a un mouvement de vente avant le blocage, mais les marchés se reprennent après l’annonce officielle », ont cependant estimé les analystes de RaboBank.

Par ailleurs, « les volumes devraient rester restreints en cette période de fête », a souligné Naeem Aslam, analyste de Think Markets.

À 15H15 GMT lundi, le yen remontait légèrement face à la monnaie européenne, à 126,19 yens pour un euro contre 126,48 vendredi soir, et plus nettement face au dollar, à 110,42 yens pour un dollar contre 111,22 vendredi soir.

Le franc suisse se stabilisait face à l’euro (1,1292 franc pour un euro contre 1,1300 vendredi) et montait face à la devise américaine (0,9882 franc suisse pour un dollar au lieu de 0,9938 vendredi).

La monnaie chinoise montait face au billet vert à 6,8991 yuans pour un dollar contre 6,9065 yuans vendredi à 15h30 GMT.

L’once d’or valait 1.267,45 dollars, à son plus haut depuis six mois, contre 1.256,05 dollars vendredi.

Enfin, le bitcoin s’échangeait à 4.197,79 dollars contre 3.848,60 dollars vendredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de lundi Cours de vendredi

————————————

15H15 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1429 1,1372

EUR/JPY 126,19 126,48

EUR/CHF 1,1292 1,1300

EUR/GBP 0,8987 0,8998

USD/JPY 110,42 111,22

USD/CHF 0,9882 0,9938

GBP/USD 1,2717 1,2645

afp/rp

(AWP / 24.12.2018 16h52)

https://www.romandie.com/news/L-euro-rebondit-Donald-Trump-s-en-prend-la-Fed_RP/982707.rom

A l’avant-veille d’une hausse des taux, Trump met la pression sur la Fed

A l’avant-veille d’une hausse des taux, Trump met la pression sur la Fed

Poignée de main entre Donald Trump et le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell le 2 novembre 2017 à la Maison Blanche / © AFP / SAUL LOEB

Le président américain Donald Trump a appelé lundi la Banque centrale américaine (Fed) à ne pas relever les taux d’intérêt, imposant une pression inédite sur l’institution monétaire, qui selon toute vraisemblance devrait décider de passer à l’acte mercredi.

« C’est incroyable qu’avec un dollar très fort et virtuellement aucune inflation, le monde qui explose autour de nous, Paris qui brûle et la Chine sur la pente descendante, la Fed puisse seulement penser à une nouvelle hausse de taux d’intérêt », a-t-il dit sur Twitter.

Les marchés s’attendent à ce que le Comité monétaire de la Fed (FOMC) relève à l’issue d’une réunion de deux jours, mardi et mercredi, les taux d’intérêt au jour le jour pour la quatrième fois cette année et la septième fois depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

La Fed cherche à prévenir la surchauffe d’une économie dopée par les réductions d’impôts de l’administration Trump alors que l’inflation a atteint la cible de 2% et que le taux de chômage est au plus bas depuis 1969, à 3,7%.

Mais depuis des mois, rompant avec la tradition de respect de l’indépendance de la Banque centrale, Donald Trump critique les intentions monétaires de la Réserve fédérale, qu’il a traitée de « folle » et accusée d' »être à côté de la plaque ».

Il a même laissé entendre qu’il regrettait d’avoir choisi Jerome Powell en tant que président de l’institution monétaire.

Des taux d’intérêt plus élevés renchérissent tous les crédits à la consommation et les crédits immobiliers, ce qui est impopulaire. Et M. Trump n’a pas fait mystère de son intention de se représenter en 2020.

Mais surtout, ces hausses renforcent le dollar, ce qui contrecarre les objectifs de réduction du déficit commercial de l’administration Trump, en rendant les importations moins chères et les produits américains plus onéreux à l’exportation.

Le resserrement monétaire a aussi fait baisser la bourse de New York, qui, fragilisée également par les tensions commerciales, le Brexit et les perspectives d’une croissance mondiale plus faible, traverse une période de volatilité extrême.

Alors que Donald Trump a plus d’une fois mesuré son succès à l’aune de celui des indices boursiers, le Dow Jones a perdu plus de 10% depuis son record d’octobre.

– Position délicate –

Face aux coups de boutoir de l’hôte de la Maison Blanche, la position de la Banque centrale n’est pas aisée.

Jerome Powell, le patron de la Fed –un ex-banquier, républicain modéré choisi par Donald Trump lui-même–, s’est attaché à ignorer les critiques présidentielles, assurant que la Fed restait indépendante des considérations politiques.

« Nos décisions ne peuvent pas être renversées par l’administration », a-t-il souligné récemment.

« Il faut qu’une Banque centrale soit éloignée des considérations politiques à court terme, mais elle doit également être aussi transparente (…) que possible », a-t-il ajouté.

M. Powell tiendra une conférence de presse mercredi à l’issue de la réunion monétaire où les taux devraient être augmentés de 25 points de base pour se situer entre 2,25% et 2,50%, ce qui reste encore historiquement bas, mais tout de même au plus haut depuis douze ans.

Alors que cette hausse des taux est attendue à une très large majorité (plus de 70%) par les acteurs financiers, il paraît impossible pour la Fed –à moins de catastrophe économique dans les 48 heures– de renoncer à ce relèvement sans décrédibiliser son indépendance.

Mais pour la suite, des voix s’élèvent au sein du Comité monétaire et parmi les économistes pour s’interroger sur le bien-fondé de nouvelles hausses graduelles en 2019, alors que la croissance mondiale va ralentir et celle de la première économie mondiale aussi.

Jerome Powell a lui-même changé de ton récemment, abandonnant le refrain qu’il répétait depuis des mois que des « hausses graduelles de taux » étaient nécessaires.

Mercredi, tous les yeux seront braqués sur les nouvelles prévisions de la Fed, qui pourrait diminuer la cadence des trois relèvements qu’elle prévoyait jusqu’ici pour 2019.

(©AFP / (17 décembre 2018 16h57)

https://www.romandie.com/news/A-l-avant-veille-d-une-hausse-des-taux-Trump-met-la-pression-sur-la-Fed/980635.rom

Que se cache-t-il derrière l’effondrement du dollar?

Dollars américains. Image d'illustration

Que se cache-t-il derrière l’effondrement du dollar?

© Fotolia / Zwiebackesser
Economie

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Le dollar chute par rapport à pratiquement toutes les monnaies mondiales. Jeudi dernier, les positions de la devise américaine ont été ébranlées par la déclaration du ministre des Finances des USA Steven Mnuchin, qui a dit soutenir son affaiblissement.

Un nouveau coup a été porté au dollar par le quotidien Wall Street Journal, qui s’est joint aux attaques de Donald Trump contre la Réserve fédérale (Fed) en appelant cette dernière à «se calmer» et à cesser d’augmenter ses taux. Les investisseurs ont immédiatement réagi, mais les analystes sont convaincus que la vraie chute de la monnaie américaine reste à venir.

Le taux directeur de la Fed continue de grimper

En octobre, la bourse américaine a été secouée par une vague de ventes. L’indice de l’important marché S&P 500 a fléchi de 8%, et le Nasdaq-100 Technology Sector Index de 9,2%. S’en est suivi un effet domino en Europe et en Asie, qui a conduit à des pertes totales avoisinant les 5.000 milliards de dollars. Ces ventes massives sur les places boursières américaines sont avant dues tout aux craintes des investisseurs face à la hausse des taux d’intérêt.Le durcissement de la politique monétaire de la Fed a conduit à une hausse du rendement des obligations à long terme du gouvernement américain, à l’augmentation des taux d’intérêt pour les prêts immobiliers et, par conséquent, à la diminution des achats immobiliers.

Cette année, le régulateur américain a revu à la hausse son taux directeur à trois reprises, et il ne semble pas avoir l’intention de s’arrêter. Selon les prévisions de l’une des plus grandes banques d’investissement américaines, Goldman Sachs, d’ici fin 2019 la Fed devrait augmenter encore cinq fois son taux directeur — soit deux fois plus que ce qu’attendent actuellement les acteurs du marché. Principaux arguments invoqués: l’économie américaine se rétablit, il ne doit donc pas rester de traces de la politique de stimulation.

L’inflation accroît la probabilité d’augmentation des taux d’intérêt. Selon les chercheurs de l’université de Yale, une période de hausse commence actuellement dans le cycle d’inflation aux USA, notamment à cause des complications commerciales qui s’aggravent.Selon Stephen Roach, chercheur en chef à l’université et ancien patron de Morgan Stanley Asia, dès l’an prochain l’inflation augmentera jusqu’à 3-3,5% aux USA. Ce qui signifie que la Fed devra augmenter son taux directeur.

Trump se révolte contre la Fed

Le locataire de la Maison-Blanche est en désaccord avec la politique actuelle du régulateur financier. En octobre, Donald Trump a qualifié la Fed de «principale menace pour l’économie» américaine. Il a également déploré le fait que la Fed, qui remplit les fonctions d’une banque centrale, soit une structure indépendante et que la Maison-Blanche ne dispose pas de leviers de pression sur elle.

Quand la Fed revoit à la hausse son taux directeur ou prend d’autres mesures pour durcir la politique monétaire, le volume d’«argent bon marché» diminue dans le système financier.Plus le taux directeur est élevé, plus le coût des emprunts pour les grandes entreprises l’est. Cela signifie que les entrepreneurs n’augmentent pas les salaires, investissent moins, et que les actionnaires perçoivent moins de bénéfices. Au final, les compagnies deviennent moins attractives.

Les entreprises avaient activement profité des taux bas pour s’élargir et absorber d’autres compagnies. Mais quand le taux a commencé à augmenter, le remboursement des dettes est devenu très difficile.

Les premières victimes

Selon les statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la part des «compagnies-zombies» qui ne génèrent pas de revenus et vivent à crédit a augmenté ces dernières années jusqu’à 6%, ce qui est un signe «très alarmant», déclare Andreï Kotchetkov, analyste d’Otkrytie broker.General Electric, l’une des plus grandes compagnies américaines, est l’une des premières victimes de l’augmentation systématique des taux d’intérêt.

«Non seulement les indices financiers du géant se sont considérablement détériorés, mais sa capitalisation est descendue en-dessous de la dette corporative de 110 milliards de dollars. La compagnie a de moins en moins d’argent pour se développer parce que des sommes conséquentes servent à rembourser la dette. Par conséquent, la croissance économique va ralentir», explique Andreï Kotchetkov.

Une hausse dangereuse

L’augmentation des taux par la Fed contribue à la hausse du rendement des bons du Trésor, notamment sur dix ans, auxquels sont associés les taux sur les crédits bancaires et les prêts immobiliers. Par conséquent, le pouvoir d’achat de la population diminue.Ce rendement élevé permet d’attirer davantage d’argent des investisseurs des marchés émergents dans l’économie. Mais chaque médaille a son revers.

La Bank of America Merrill Lynch a déjà averti que la hausse des taux d’intérêt aux USA pourrait déclencher une nouvelle crise. Toute l’année, les investisseurs ont vendu leurs actifs dans les marchés en développement à cause de l’augmentation des taux par la Fed, qui a renforcé le dollar.

La situation actuelle, selon les analystes de la banque, «rappelle celle d’il y a vingt ans quand les investisseurs s’étaient retirés massivement des obligations risquées des économies émergentes».

La balance se renverse

A présent que Donald Trump est soutenu par le plus grand journal d’affaires du pays dans ses attaques contre la Fed, le dollar est confronté à la vente. Mais il ne s’agit évidemment pas d’une seule publication.

«Depuis que les économistes ont dit que l’effet des stimulations fiscales était épuisé et que l’économie américaine commencerait à ralentir, des petits poids — sous la forme de déclarations de hauts fonctionnaires et d’experts — se sont mis à tomber sur la balance au profit de la réduction du rythme d’augmentation du taux par la Fed. Résultat des courses: la balance a penché de l’autre côté, ce qui a conduit à l’affaiblissement de la devise américaine», explique Andreï Vernikov, directeur général adjoint pour l’analyse d’investissement de Zerich Capital Management.

De plus, la semaine dernière, le vice-président de la Fed Richard Clarida a déclaré sur CNBC que «certains signes» témoignaient du ralentissement de la croissance économique mondiale. Le nombre d’investisseurs pensant que la Fed augmenterait son taux directeur lors de la réunion de décembre s’est alors réduit.

https://fr.sputniknews.com/economie/201811201038979520-dollar-effondrement-economie-usa/

Donald Trump face au pouvoir (abusif) de la Réserve fédérale

ctobre 2018

La Fed – la banque centrale américaine – révèle ces jours-ci l’étendue de son pouvoir sur l’économie américaine, puisqu’elle peut à la fois souffler le chaud et le froid sur les marchés boursiers et qu’elle pourrait, d’un simple trait de plume, mettre un frein brutal aux performances florissantes de l’économie réelle aux Etats-Unis.

Chômage au plus bas, offres d’emploi au plus haut, production industrielle à la hausse : même les médias français sont contraints de saluer le « miracle » Trump.

Mais dans le même temps, Donald Trump est largement accusé de mettre en péril l’économie mondiale – notamment par le FMI qui revoit ses prévisions de croissance à la baisse – en raison de ses décisions à l’égard de la Chine. Le président américain lui-même montre plutôt du doigt cette fameuse Réserve fédérale qui augmente ses taux.

Si les bourses américaines ont beaucoup perdu la semaine dernière, ce n’est pas la faute aux droits de douane, a tempêté Trump : « Si j’ai un problème, c’est avec la Fed. La Fed est déchaînée. Ils augmentent les taux d’intérêt et c’est ridicule. La Fed devient dingue. »

Le pouvoir abusif de la Réserve fédérale lui permet de manipuler l’économie

En effet, la Réserve fédérale a imposé trois hausses de taux en cette seule année 2018, ce qui augmente d’autant le coût de l’argent à la fois pour les sociétés, les industries et les consommateurs.

Le risque associé, c’est une baisse des investissements et des achats coûteux, et donc, fatalement, un ralentissement de l’économie actuellement en plein boom – surtout si la Fed renouvelle l’opération.

Le site anti-socialiste The New American observe que ces soupçons de la part de Trump qui perçoit dans les actions de la Fed une tentative délibérée de lui faire du tort sur le plan politique en freinant l’économie pourraient bien être fondés.

Mais ce qui l’intéresse, c’est aussi de savoir de quel droit une institution ou plutôt un monopole privé possède un tel pouvoir sur les taux d’intérêt, avec toutes les répercussions qu’entraînent les modifications de ces derniers.

Premier point : la Réserve fédérale ne fait pas partie des institutions fédérales visées par la Constitution des Etats-Unis. Pour autant, elle a la capacité de mettre l’économie américaine à genoux : il suffit qu’elle le décide.

Deuxième point : pourquoi Donald Trump ne licencie-t-il donc pas l’actuel président de la Fed, Jerome Powell, qu’il a lui-même nommé à ce poste au départ de Janet Yellen ? Interpellé à ce sujet, Trump a laconiquement répondu : « Je ne vais pas le virer. » En vérité, il n’en a pas le droit, puisque la loi l’empêche de remercier un président de la Réserve fédérale autrement que pour faute grave.

Autrement dit, une telle décision lui est interdite dans les faits, et ce d’autant que la banque centrale est « indépendante », comme l’a rappelé le conseil économique de la Maison-Blanche Larry Kudlow jeudi dernier.

Indépendante et incontrôlable, la Réserve fédérale est l’arme de choix contre Donald Trump

De son côté, Jerome Powell a simplement affirmé vouloir « faire ce qui est bien pour le pays »…

Mais quelle que soit l’intention, elle passe clairement par une manipulation, voire plusieurs.

The New American rappelle ainsi que l’ajustement des taux d’intérêt peut s’assortir d’un « taux d’escompte » appliqué au réseau de banques membres de la Fed : plus il est élevé, plus le coût de l’emprunt est élevé, avec pour corollaire une hausse des taux appliqués par ces banques aux emprunteurs, commerciaux ou particuliers.

Après la crise de 2008, la Fed a mis en place une politique de taux très bas afin de soutenir et booster l’activité économique. C’est une manœuvre efficace, à ceci près qu’elle fait augmenter de manière sensible les prix des biens importants –l’immobilier par exemple – notamment parce que les acheteurs sont alors plus nombreux, attirés par les intérêts très modestes. Elle décourage également l’épargne.

Bref, il y a des arguments à la fois contre la baisse des taux et la hausse des taux lorsque celles-ci sont le fruit d’une décision prise par une institution indépendante et puissante qui agit d’autorité, mais en dehors de tout contrôle par le pouvoir et a fortiori sans que l’électeur n’ait son mot à dire.

Laisser les taux d’intérêts se réguler grâce au marché plutôt que de laisser la Fed décider…

« La réalité, c’est que dans un marché libre, les taux d’intérêt fourniraient un moyen naturel de “refroidir” une économie en surchauffe. En même temps que la demande augmenterait pour l’argent fourni à des taux d’intérêt bas, ces taux commenceraient à remonter conformément à la loi de l’offre et de la demande.

Et à mesure que les taux s’élèveraient, la demande d’emprunts chuterait. Cela entraînerait une hausse de l’épargne, avec pour résultat l’entrée d’argent dans les banques.

L’augmentation de l’argent disponible entraînerait à son tour la chute des taux d’intérêt. Et ainsi de suite », estime Steve Byas du New American. « En d’autres termes, sans banque centrale pour fixer les taux d’intérêt, le système de la libre entreprise régulerait les taux d’intérêt en déterminant la masse d’argent disponible pour l’économie. »

Et d’observer que depuis la création de la Réserve fédérale en 1913, l’économie américaine n’a pas été, contrairement aux promesses, préservée des crises économiques dont les plus sévères se sont produites en 1920, 1929 et 2008, en même temps que la valeur de l’argent américain a fortement décru.

La Fed est censée protéger l’économie de l’inflation et de la dépression : aujourd’hui, le dollar vaut moins de 5 cents en dollars de 1913.

Anne Dolhein

 

source

http://www.citoyens-et-francais.fr/-98?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Pour Trump, sa « plus grande menace… c’est la Fed »

Pour Trump, sa « plus grande menace… c’est la Fed »

Par latribune.fr  |   |  259  mots
(Crédits : Jonathan Ernst)
C’est devenu une habitude pour Donald Trump : le président des États-Unis Donald Trump a une nouvelle fois ouvertement critiqué mardi la Banque centrale américaine (Fed), jugeant qu’elle était sa « principale menace » car elle remonte les taux d’intérêt « trop rapidement ».

Le locataire de la Maison-Blanche a, une nouvelle fois, tancé la banque centrale américaine en accusant l’organisme bancaire américain d’être une menace.

« Ma principale menace, c’est la Fed », a déclaré M. Trump sur Fox Business. « Parce que la Fed augmente les taux trop rapidement, et elle est trop indépendante ».

Le locataire de la Maison-Blanche a précisé qu’il ne parlait pas au président de la Fed, Jerome Powel, car l’institution est « indépendante ».

« Mais je ne suis pas content de ce qu’il fait », a-t-il tenu à souligner.

Il y a une semaine, piqué au vif par la lourde chute de la Bourse, Donald Trump avait déjà dénoncé la démarche « trop agressive » de la Banque centrale, rompant avec la tradition de réserve en public adoptée par la plupart de ses prédécesseurs.

Lire aussi : Taux directeurs : Donald Trump s’en prend (encore) à la Fed

La Banque centrale américaine a commencé à remonter progressivement les taux fin 2015 après avoir alimenté pendant près d’une décennie l’économie américaine en argent pas cher pour relancer la machine à la suite de la crise financière de 2008.

Mais l’institution présidée par Jerome Powell souhaite désormais éviter la surchauffe, tout en signalant très clairement ce qu’elle compte faire jusqu’à la fin de l’année prochaine pour n’effrayer personne: une hausse des taux en décembre et deux ou trois en 2019.

Lire aussi : Wall Street et la tech dévissent, Trump accuse la Fed devenue « folle »

(avec l’AFP)

https://www.latribune.fr/economie/international/pour-trump-sa-plus-grande-menace-c-est-la-fed-794231.html