Archives pour la catégorie F.E.D

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?


Par F. William Engdahl − Le 13 septembre 2019 − Source Russia Insider via Global Research

2015-02-05_10h48_03

Les remarques inhabituelles et les actions du chef de la Banque d’Angleterre, sur le départ, et d’autres initiés de la banque centrale suggèrent fortement qu’il existe un scénario très moche pour mettre fin au rôle du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale. Dans le processus, cela impliquerait que la Fed déclenche délibérément une dépression économique dramatique. Si ce scénario est effectivement déployé dans les mois à venir, Donald Trump entrera dans les annales de l’histoire en tant que deuxième Herbert Hoover et l’économie mondiale sera plongée dans le pire effondrement depuis les années 1930. Voici quelques éléments qui méritent d’être considérés.

Le Discours de la Banque d’Angleterre

Le 23 août, Mark Carney, président de la très spéciale Banque d’Angleterre, a prononcé un discours remarquable lors de la récente assemblée annuelle des banquiers centraux et des élites financières à Jackson Hole dans le Wyoming. Le discours de 23 pages aux autres banquiers centraux et aux initiés de la finance est clairement un signe important de la façon dont les pouvoirs installés, qui gèrent les banques centrales mondiales, envisagent de conquérir le monde.

Carney s’attaque aux failles évidentes du système de réserves en dollars après 1944, en notant que :

«… Une asymétrie déstabilisante au cœur du système monétaire et financier international (IMFS) se développe. Alors que l'économie mondiale est en train de se réorganiser, le dollar américain reste aussi important que lorsque les accords de Bretton Woods se sont effondrés. [en 1971, NdT]» Il a carrément déclaré :«… À plus long terme, nous devons changer le jeu… Les risques augmentent et ils sont structurels».

Il présente ensuite un plan remarquablement détaillé pour la transformation du règne actuel du dollar par la banque centrale mondiale, un changement révolutionnaire.

Carney explique le fait que la Chine, en tant que première nation commerçante au monde, est le candidat évident pour remplacer le dollar en tant que principale réserve. Toutefois, il note :

«… Pour que le renminbi devienne une monnaie véritablement mondiale, il en faut beaucoup plus. En outre, l’histoire enseigne que la transition vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale risque de ne pas se dérouler sans heurts.»

Il indique que cela signifie souvent des guerres ou des dépressions, car il cite le rôle de la Première Guerre mondiale, qui poussa la livre sterling vers la sortir en faveur du dollar américain. Ce que Carney trouve plus immédiat, c’est un nouveau système monétaire basé sur le FMI, destiné à remplacer le rôle dominant du dollar. Carney déclare :

"L’augmentation du renminbi pourrait, avec le temps, fournir une seconde meilleure solution aux problèmes actuels du FMI, mais la première meilleure solution consisterait à mettre en place un système multipolaire. L’avantage principal d’un système multifonctionnel multipolaire est la diversification…" Il ajoute : "Lorsque le changement intervient, il ne devrait pas être possible d’échanger un hégémon monétaire contre un autre. Tout système unipolaire n'est pas adapté à un monde multipolaire…" En d'autres termes, il dit : "Désolé, Beijing, vous devez attendre."

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre propose en effet que le FMI, avec ses droits de tirage spéciaux multidevises (DTS), un panier de cinq monnaies – dollar, livre, yen, euro et désormais renminbi – joue un rôle central dans la création d’un nouveau système :

«Le FMI devrait jouer un rôle central dans la formation des politiques nationales et transfrontalières. … Mutualiser les ressources du FMI et répartir ainsi les coûts entre les 189 pays membres …»

Pour que cela fonctionne, il propose de porter les fonds de DTS du FMI à 3 000 milliards de dollars, qui constitueraient le noyau d’un nouveau système monétaire.

Ensuite, Carney propose que le FMI supervise la création d’une nouvelle infrastructure de paiement basée sur un «stablecoin» [crypto-monnaie] international. Se référant à la Libra privée [crypto-monnaie de Facebook], il déclare clairement qu’une «nouvelle monnaie hégémonique synthétique (CSS) serait mieux fournie par le secteur public, peut-être par un réseau de monnaies numériques des banques centrales. À noter que Carney, un ancien banquier de Goldman Sachs, est mentionné comme un candidat de premier plan pour remplacer Christine Lagarde à la tête du FMI. Son discours est-il un aveu ouvert de ce que prévoient les plus grands banquiers centraux du monde comme prochaine étape vers une monnaie et un contrôle économique mondiaux ? Voyons plus loin.

En savoir plus : La mondialisation est la fin de l’humanité : vers une économie de la paix avec un système monétaire alternatif

Lagarde à la BCE

Le discours de Carney, une fois déchiffré à partir du jargon de la banque centrale, nous fournit pour la première fois une feuille de route claire sur laquelle les pouvoirs qui contrôlent la banque centrale mondiale voudraient nous emmener. Le rôle de réserve mondial du dollar américain doit prendre fin. Il doit être remplacé par une forme de DTS du FMI servant de base à une réserve multidevises, qui à son tour serait finalement basée sur une monnaie numérique, appelée aussi monnaie basée sur la block chain.

Ne vous y trompez pas, ces monnaies seraient entièrement contrôlées par les autorités de la banque centrale et le FMI. Cela nécessiterait l’élimination souvent proposée de toutes les espèces en faveur de la monnaie numérique, où chaque centime dépensé peut être contrôlé par les banquiers l’État. Cette société sans numéraire ouvrirait également la voie à la prochaine grande crise financière et à la confiscation par les gouvernements des dépôts bancaires des citoyens ordinaires en vertu de la nouvelle loi sur le « renflouement des banques » maintenant en vigueur depuis 2014 dans tous les principaux pays industrialisés, y compris l’UE et les États-Unis .

Le FMI est complètement en retard sur le passage aux monnaies numériques mondiales à chaînes de blocs et sur l’utilisation du DTS pour remplacer le dollar américain dominant. Dans un discours peu remarqué du 14 novembre 2018, la directrice du FMI, Mme Lagarde, a clairement indiqué que le FMI était derrière les initiatives de monnaies numériques des banques centrales ainsi que des sociétés sans numéraire. Elle a noté très attentivement :

"Je pense que nous devrions envisager la possibilité d'émettre de la monnaie numérique. L'État pourrait peut-être fournir de l'argent à l'économie numérique.» Elle a ajouté : «Un nouveau vent souffle, celui de la numérisation… Quel rôle restera-t-il pour l'argent dans ce monde numérique ? … La demande de liquidités diminue - comme le montrent les travaux récents du FMI. Et dans dix, vingt ou trente ans, qui échangera encore des bouts de papier ?"

Remarques de Dudley

L’introduction de ce nouveau monde monétaire numérique des banquiers centraux va nécessiter, comme le suggère Carney, des bouleversements dramatiques du statu quo, qui conduiraient à la fin du rôle dominant du dollar américain depuis l’accord de Bretton Woods de 1944. Comme ce rôle de monnaie de réserve en dollars est l’un des piliers de la puissance américaine dans le monde, sa réalisation n’exigerait rien de moins qu’une catastrophe. Est-ce vraiment ce que la Réserve fédérale prévoit discrètement avec ses politiques monétaires ?

Un soupçon remarquable de ce qui pourrait être en cours dans les travaux est venu, dans un éditorial, de la personne qui jusqu’en 2018 était le très important président de la Banque de réserve fédérale de New York, Bill Dudley, qui, comme Mark Carney, est un ancien de Goldman Sachs. Dudley n’est pas un acteur mineur dans le monde des banquiers centraux. Jusqu’à l’année dernière, il était également membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI) et présidait le Comité des systèmes de règlement des paiements de la BRI et le Comité du système financier mondial.

Dudley, soulignant la politique de guerre commerciale de Trump et ses dangers économiques, émet ensuite la rare déclaration non-diplomatique suivante :

"La réélection de Trump constitue sans doute une menace pour l’économie américaine et mondiale, pour l’indépendance de la Fed et pour sa capacité à atteindre ses objectifs en matière d’emploi et d’inflation. Si l'objectif de la politique monétaire est d'obtenir les meilleurs résultats économiques à long terme, les responsables de la Fed devraient examiner la mesure dans laquelle leurs décisions affecteront les résultats politiques de 2020."

Bien que cela ait beaucoup choqué, Dudley ne fait que rendre public ce que la Fed a fait depuis sa création en 1913 – influencer furtivement le cours de la politique mondiale et américaine en dissimulant des politiques monétaires «neutres». Dudley suggère non pas «une ingérence russe» mais plutôt une ingérence de la Fed.

La Fed pourrait facilement faire basculer les États-Unis dans la crise. Les niveaux d’endettement de l’économie américaine atteignent des records pour les ménages privés, le gouvernement fédéral et les entreprises américaines. La plupart des sociétés américaines ont utilisé une dette croissante, dépassant les 9 000 milliards de dollars, pour racheter des actions plutôt que d’investir dans de nouvelles installations et de nouveaux équipements, alimentant ainsi une bulle sans précédent dans les actions du S & P. La hausse des actions n’est pas un signe de santé économique, mais une bulle spéculative dangereuse susceptible de s’effondrer.

Si la Fed reprenait maintenant ses hausses de taux et poursuivait son resserrement quantitatif discrètement jusqu’en 2020, une série de défauts de paiement de type domino, de faillites d’entreprises, de saisies hypothécaires résidentielles, de défauts de prêts auto et de prêts étudiants pourrait rapidement rendre plus que douteuse une deuxième présidence Trump en 2020. Cependant, ce ne serait pas une raison pour que le reste du monde, qui s’oppose aux politiques de Trump, se réjouisse. Cela provoquerait également un effondrement des grands pays émergents qui ont emprunté des centaines de milliards de dollars libellés en dollars américains, notamment des sociétés d’État chinoises, la Turquie, l’Argentine et le Brésil, pour n’en nommer que quelques-uns. Les banques européennes, de l’Italie jusqu’à l’Allemagne en passant par la France, feraient faillite.

Que ce scénario de Dudley doive se concrétiser en 2020 ou non, seuls les comploteurs acteurs clés de la banque centrale le savent assurément. Il est clair que près de onze ans après la crise financière mondiale de 2008, les politiques sans précédent en matière de taux d’intérêt zéro de la banque centrale dans l’UE et jusqu’à récemment aux États-Unis ont alimenté la création de ce que certains appellent une «Bulle de Tout», pas seulement des actions, mais aussi dans les obligations des sociétés et publiques et dans les prix des maisons. Si une nouvelle intervention de la Fed, visant à relever les taux et à resserrer le crédit, l’événement prophétisé, à savoir l’éclatement délibéré, par la banque centrale, de cette bulle gonflée, sous le prétexte du danger que représente Trump pour l’économie mondiale, prophétie que Carney a en tête quand il dit, «la transition vers un nouveau la monnaie de réserve pourrait ne pas se dérouler sans heurts» pourrait bien se réaliser ? Espérons que non. Les prochains mois le diront.

F. William Engdahl est consultant et conférencier en risques stratégiques, diplômé en politique de l’Université de Princeton et auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Vous pouvez relire notre note de lecture de son dernier livre publié aux éditions demi-lune.

Note du Saker Francophone

Valérie Bugault, dès 2018, et d'autres encore comme Brandon Smith plus récemment, avait déjà démonté le projet des élites financières concentrées autour du réseau des banques centrales.

On peut aussi noter une atmosphère crépusculaire de fin de règne, et une étrange coïncidence, entre ce discours du directeur de la Banque d'Angleterre et celui de Macron, fin Août, sur les erreurs de l'occident et la place nouvelle de la Chine ou de la Russie. Le Saker US nous a déjà commenté les grandes lignes. Il est quand même surprenant que Macron, dans un discours de deux heures, n'ait pas abordé le sujet financier qui est au cœur des enjeux de pouvoir. Peut-être savait-il que le sujet allait être abordé rapidement par un autre globaliste de poids.

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-elites-mondiales-envisagent-elles-de-renverser-le-dollar

Publicités

LA FED ET LA BCE SONT EN MODE PANIQUE

LA FED ET LA BCE SONT EN MODE PANIQUE

PUBLIÉ PAR EGON VON GREYERZ | 5 AOÛT 2019 | ARTICLES8331 

Les messages de la BCE et de la Fed sont on ne peut plus clairs. Elles voient des problèmes majeurs dans le système financier et l’économie mondiale, et feront tout leur possible pour sauver le système. Mais elles échoueront.

L’automne 2019 sera marqué par un changement radical du sentiment, les marchés passant d’une tendance haussière séculaire à une tendance baissière séculaire. Nous allons probablement assister au krach de nombreux marchés boursiers mondiaux. Pratiquement personne n’est préparé à cela, donc il y aura à la fois de la panique et du désespoir.

LE MARCHÉ BOURSIER AMÉRICAIN EST HISTORIQUEMENT SURÉVALUÉ

Le marché boursier américain est aujourd’hui plus surévalué qu’en 1987, 1999 et 2006.

Le porteur de mauvaises nouvelles est au mieux ignoré ou au pire exécuté. J’espère éviter ces deux sorts tout en continuant à alerter les gens sur les dangers qui se profilent. Comme je l’ai dit aux lecteurs la semaine dernière, à un moment donnée, il n’y aura plus de demande pour les actions, les obligations et les produits dérivés. Cela signifie que ces marchés corrigeront violemment sans qu’aucun acheteur ne veuille acheter ces actifs en chute, peu importe le prix.

La plupart des gens ignorent cela. La majorité des investisseurs ont une confiance totale dans la capacité des banques centrales à sauver le monde une fois de plus en imprimant des quantités infinies de monnaie et en abaissant les taux d’intérêt.

LES BANQUES CENTRALES EN MODE PANIQUE

La Fed et la BCE sont maintenant en mode panique, bien qu’elles ne le montrent pas encore ouvertement. La Fed vient de baisser les taux d’intérêt de 0,25% cette semaine et la BCE a annoncé au monde entier qu’elle utiliserait tous les outils.

La semaine dernière, Draghi a déclaré :

« Le Conseil des gouverneurs a souligné le besoin d’une orientation très accommodante de la politique monétaire pendant une période prolongée dans la mesure où les taux d’inflation, à la fois enregistrés et projetés, ont été constamment inférieurs aux niveaux correspondant à son objectif. Dès lors, si les perspectives d’inflation à moyen terme restent inférieures à son objectif, le Conseil est déterminé à agir, conformément à son engagement en faveur de la symétrie dans l’objectif d’inflation. Il se tient donc prêt à adapter l’ensemble de ses instruments de façon adéquate pour assurer le rapprochement durable de l’inflation par rapport à son objectif ».

En conséquence, le Bund allemand à 10 ans vient de devenir négatif, tout comme les obligations françaises. C’est une politique absolument folle que de faire baisser les taux pour tenter de créer de l’inflation. Les banquiers centraux savent que l’inflation est mauvaise pour l’économie. Un taux d’inflation de 2% signifie que les prix doublent tous les 36 ans. Dans les années 1970, j’ai connu une inflation de 15% ou plus au Royaume-Uni pendant de nombreuses années. Une inflation de 15% signifie que les prix doublent tous les 5 ans. L’inflation n’est pas souhaitable pour les consommateurs, ni pour les épargnants ou les retraités.

LA BCE PARLE EN CHARABIA POUR MASQUER LES VRAIS PROBLÈMES

À mon avis, le charabia de la BCE dans la citation ci-dessus cache un problème plus grave qu’une faible inflation. La « symétrie dans l’objectif d’inflation » est une expression typique de banquier central sans aucun sens, formulée de façon à ce que personne ne puisse la comprendre. Le problème réside dans le système financier. Le système bancaire allemand est en faillite, avec la Deutsche Bank (DB) qui va de mal en pis. Ses créances irrécouvrables sont suffisantes pour faire couler la banque et son portefeuille de produits dérivés entraînera la faillite non seulement de la Bundesbank, mais aussi de l’Allemagne et de la BCE. Les produits dérivés de la DB s’élèvent à 45 000 milliards €. C’est 13 fois le PIB allemand. Cela signifie que lorsque les produits dérivés ne feront l’objet d’aucune offre, ce qui est fort probable, les 45 000 milliards € disparaîtront dans un trou noir sans valeur.

Ce ne sont pas seulement DB et les banques allemandes qui sont en faillite, mais aussi les banques italiennes, françaises, espagnoles, grecques et bien d’autres. Et la BCE est totalement ruinée. Son bilan s’élève à 4 700 milliards €, dont 40% sont des prêts aux États membres de l’UE. Le capital et les réserves de la BCE s’élèvent à 105 milliards €. La valeur nette de la BCE représente donc 2% du bilan total. Cela signifie que des pertes sur prêts de 2% sont suffisantes pour mettre la BCE en faillite ! Les pertes étant susceptibles d’être de 50-100%, la disparition de la BCE est fortement envisageable. Avant cela, elle se lancera dans une impression illimitée de monnaie.

Draghi a déjà dit que la BCE fera tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir le système financier à flot. Sa déclaration de la semaine dernière n’était qu’une confirmation.

LA DETTE MONDIALE EST MAINTENANT HORS DE CONTRÔLE

Les récents messages de la Fed et de la BCE ne pourraient être plus clairs. Elles paniquent silencieusement, pour le moment. Mais bientôt, cela deviendra flagrant. Car nous sommes aujourd’hui au préambule de la plus grande impression de billets de l’histoire. Rien qu’au cours de ce siècle, la dette mondiale a été multipliée par trois, en passant de 80 000 milliards $ à 250 000 milliards $. Pour tenter de sauver le système financier, les banques centrales ont étendu le crédit de 170 000 milliards $ au cours des 19 dernières années. Elles l’ont fait en imprimant de la monnaie et en réduisant les taux d’intérêt à zéro ou négatifs.

Nous sommes donc maintenant à l’ère de l’argent gratuit ou extrêmement bon marché. Avec les actions à venir de la BCE et de la Fed, l’argent sera encore moins cher. Les banques centrales savent pertinemment qu’on ne peut pas résoudre un problème d’endettement en s’endettant davantage. Mais l’argent bon marché en abondance est la seule méthode qu’elles connaissent. Cela semble avoir fonctionné jusqu’à présent.

Mais aujourd’hui le monde se noie dans cet argent gratuit et bientôt sans valeur.

« APRÈS NOUS LE DÉLUGE »

« Après nous le Déluge », disait Madame de Pompadour, la maîtresse du roi de France Louis XV. Les Français venaient de perdre une guerre en 1757 contre la Prusse et le roi et sa maîtresse savaient que les conséquences seraient désastreuses pour la France et pour les finances du pays.

L’image de gauche ci-dessus, avec Obama et Bernanke, a été faite pour un article que j’ai écrit en 2011. Bernanke a imprimé et emprunté plus d’argent pendant son mandat que jamais dans l’histoire des États-Unis. Mais « on n’a encore rien vu ». Le problème est désormais mondial et les directeurs des deux plus grandes banques centrales, Powell et Lagarde, vont devenir les plus grands imprimeurs de monnaie de l’histoire. Ce n’est pas seulement une grande partie de l’encours de la dette mondiale qui devra être couverte, car la plupart d’entre elles ne seront pas remboursées. Si nous ajoutons les passifs éventuels et non capitalisés, la sécurité sociale et les dérivés sans valeur de 1,5 quadrillion $, l’impression monétaire totale se situera dans les quadrillions.

L’HYPERINFLATION ENTRAÎNERA L’IMPLOSION DU SYSTÈME FINANCIER

Tout l’argent imprimé sera totalement faux et n’aura aucune valeur. Mais avant que tout le système financier n’implose, le monde connaîtra une période hyperinflationniste qui n’aura rien à envier à la République de Weimar. La grande différence cette fois, c’est qu’il n’y aura pas de plein emploi comme à Weimar et personne pour nous sauver. Tout les efforts des banques centrales mondiales seront totalement inutiles. La prochaine période d’hyperinflation sera probablement brève, de l’ordre de 2-3 ans, et conduira à une implosion déflationniste du système financier.

PERTE DE CONFIANCE – DÉCLIN DES MARCHÉS

Quand une avalanche se déclenche, on ne sait jamais quel flocon de neige en est la cause. Il y a tellement de déclencheurs potentiels, comme les défauts de paiement de dettes à travers le monde. Normalement, le problème évident, comme la Deutsche Bank, n’en sera pas la cause puisque la Bundesbank allemande et la BCE vont se battre bec et ongles pour maintenir la DB à flot. En fin de compte, elles échoueront.

L’avalanche sera probablement déclenchée lorsque la confiance s’évanouira. Comme la plupart des marchés d’actifs sont aujourd’hui des méga bulles, il suffit d’un rien pour les faire éclater. Si nous regardons les plus grandes places boursières du monde, nous constatons qu’elles ont toutes déjà atteint un sommet (en dollars US) et que le marché américain est le dernier survivant.

LES MARCHÉS AMÉRICAINS PRÊTS À S’EFFONDRER

Comme le montre le graphique ci-dessous, l’indicateur de momentum présente une divergence avec le prix. Les quatre derniers plus hauts sommets de l’indice S&P depuis janvier 2018 ont été accompagnés d’un sommet plus bas à chaque fois. Ceci est extrêmement baissier et s’est produit aux sommets de 1999 et 2006 avec des chutes importantes par la suite.

LE DOW DESCENDRA-T-IL À 1 000 OU SEULEMENT À 10 000 ?

Jusqu’où ira ce marché baissier ? En 1929-1932, le Dow Jones a chuté de 90% alors que la situation économique mondiale était loin d’être aussi mauvaise qu’aujourd’hui. Dans un premier temps, le marché est susceptible de trouver un support dans la zone des 8 000 à 10 000, mais il atteindra probablement un jour la fourchette entre 600 et 1 000. Cette dernière a été une zone de consolidation pendant 17 ans, de 1965 à 1982.

Une baisse du Dow Jones à partir de son niveau actuel de 27,000 vers le deuxième support représenterait une chute de 97%. Cela semble inimaginable aujourd’hui, mais ce n’est pas très différent de la chute de 90% entre 1929 et 1932.

Je vais donc être clair. D’après mon analyse du marché boursier américain, nous assisterons à un renversement majeur de la tendance à long terme dès août 2019 et au plus tard au cours des trois prochains mois. L’inversion pourrait commencer progressivement, mais elle se transformera très vite en krach.

Pourrais-je me tromper ? Oui, bien sûr. Je me suis déjà trompé dans le passé, car j’avais sous-estimé la capacité des banques centrales à retarder l’échéance avec l’expansion irresponsable du crédit. Mais tout ce qu’elles ont obtenu, c’est une bulle plus grosse qui, lorsqu’elle éclatera, créera une implosion beaucoup plus grave des marchés, du système financier ainsi que de l’économie mondiale.

Je ne suis normalement pas un joueur, même si j’ai récemment accepté un pari de quelqu’un qui était convaincu que l’or ne casserait pas la ligne Maginot à 1,350 $. Malheureusement, celui qui m’a défié s’est finalement retiré.

Néanmoins, je dirais qu’il y a 95% de chances que les marchés boursiers s’effondrent cet automne et que l’or et l’argent atteignent des niveaux nettement plus élevés.

IL NE S’AGIT PAS DE GAGNER MAIS DE SE PROTÉGER

Mais je tiens à préciser que je n’ai aucun intérêt à gagner de l’argent en pariant sur les instruments financiers. Au lieu de cela, en faisant ces déclarations très fermes sur l’orientation des marchés d’investissement, mon but est de secouer les investisseurs et de leur faire prendre conscience des risques énormes auxquels le monde est actuellement confronté.

Ce n’est pas le moment de penser à faire de l’argent en investissant. Mieux vaut se préparer afin de perdre le moins possible au cours des cinq prochaines années. Parce que tout le monde sera perdant. Même si vous ne possédez pas d’actions ou d’obligations, vous perdrez la valeur de votre maison, votre retraite, votre emploi ou vos prestations de chômage. Vous risquez également de perdre l’argent que vous avez en banque, soit par la simple dépréciation monétaire, soit via un renflouement interne (bail-in), ou la faillite de votre banque.

Le but de la préservation de la richesse est de protéger ses actifs de la destruction plutôt que d’obtenir des rendements élevés.

L’or et l’argent physiques sont la meilleure assurance que vous puissiez avoir. S’ils atteignent les niveaux auxquels nous nous attendons, vous êtes également susceptible de réaliser une plus-value importante, mais ce n’est pas la principale raison pour laquelle il faut détenir des métaux précieux.

Source originale: Matterhorn – GoldSwitzerland

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.Tags : OrArgentGéopolitiqueÉconomieCrise financièreOffre & demandeMonnaieBanques centralesMarché actionsObligationsDettePolitiqueDérivésQEBanques

https://or.fr/actualites/fed-bce-mode-panique-1603


EGON VON GREYERZ MEMBRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE OR.FR – FONDATEUR MAM

Egon von Greyerz est le fondateur de Matterhorn Asset Management AG et de Goldswitzerland.com. II est actionnaire et membre du conseil d’administration de Goldbroker.com depuis Novembre 2012. Egon von Greyerz avait prévu les problèmes actuels de l’économie mondiale il y a plus de 10 ans. En 2002, quand le prix de l’once d’or était de 300 $, MAM a recommandé à ses investisseurs de placer 50% de leurs actifs en or physique stocké hors du système bancaire. Egon von Greyerz a débuté sa carrière professionnelle à Genève en tant que banquier, puis a passé 17 ans en tant que directeur financier et vice-président de Dixons Group (DSG International Plc), le plus grand détaillant d’équipement électronique et électrique du Royaume-Uni. Depuis les années 1990, Egon von Greyerz a été impliqué activement dans les activités d’investissement financier, dont le conseil en opérations de fusions/acquisitions et en allocation d’actifs pour les fonds familiaux privés. Cela l’a conduit à créer Matterhorn Asset Management comme véhicule principal de gestion d’actifs fondée sur les principes de préservation du patrimoine. La Division Gold Switzerland a été créé pour faciliter l’achat et le stockage de l’or physique pour les investisseurs tant privés qu’institutionnels. Egon von Greyerz fait régulièrement des apparitions dans les médias (CNBC, BBC, King World News) et participe à des conférences sur l’investissement à travers le monde. Il publie également des articles sur les métaux précieux, l’économie mondiale et la préservation du patrimoine.

 Mes articles  Site web

La Fed est l’allié secret de Trump dans la guerre commerciale

La Fed est l’allié secret de Trump dans la guerre commerciale


En abaissant les taux d’intérêt, la Fed amortit le choc des barrières douanières et convainc le président qu’elles fonctionnent.


Par Chris Miller – Le 10 Juin 2019 – Source Foreign Policy

The Federal Reserve building in Washington, D.C., on Jan. 22, 2008.
L’édifice de la Réserve fédérale à Washington, D.C., le 22 janvier 2008. CHIP SOMODEVILLA/IMAGES SOMODEVILLA/GETTY

Dans ses diverses guerres commerciales, le président américain Donald Trump semble avoir de moins en moins d’alliés. Au début de son mandat, il a imposé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium à la plupart des pays du monde. Il a menacé l’Union européenne et le Japon de droits de douane sur les voitures. Il a forcé le Mexique et le Canada à signer un accord pour renommer l’Accord de libre-échange nord-américain, puis a menacé le Mexique d’une nouvelle série de sanctions, à moins que le pays n’en fasse davantage pour s’occuper de l’immigration vers les États-Unis. La Corée du Sud n’a évité de nouveaux droits de douane qu’en signant un nouvel accord commercial (largement dénué de sens).


Il est difficile de trouver un pays, ami ou ennemi, qui a échappé à la colère de Trump. Et même les Républicains du Sénat ont exprimé leur scepticisme à propos de sa dernière dispute sur les droits de douane avec le Mexique et de ses plans pour imposer des droits sur les voitures européennes.

Mais Trump a gardé un allié clé dans ses batailles commerciales : la Réserve fédérale américaine.

Les manuels d’économie enseignent que les barrières douanières appauvrissent les pays en faisant monter les prix, ce qui réduit la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des consommateurs. Le président et ses conseillers ne prennent pas cette idée au sérieux. Trump est, comme il l’a tweeté, un « Tariff Man. » Et bon nombre de ses collaborateurs, dont Peter Navarro et le représentant américain au commerce extérieur Robert Lighthizer, sont des partisans de longue date de l’idée que les barrières douanières devraient jouer un rôle majeur dans la politique commerciale.

La Fed a contribué à soutenir la croissance économique que M. Trump invoque comme preuve que ses barrières douanières fonctionnent.

Les économistes de la Fed, cependant, lisent des manuels d’économie. Et alors que Trump peut penser que « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », comme il l’a dit sur Twitter, la Fed croit le contraire, à savoir qu’elles vont ralentir la croissance économique. Cet écart de compréhension est une excellente nouvelle pour le président. Parce qu’elle estime qu’elle devrait maintenir les taux d’intérêt à un bas niveau pour stimuler la croissance lorsque l’économie ralentit (tant que l’inflation est sous contrôle), la Fed s’est abstenue d’augmenter les taux au cours des six derniers mois, en partie pour amortir les effets de la guerre commerciale. Ce faisant, elle a contribué à soutenir la croissance économique que M. Trump invoque comme preuve de l’efficacité de ses barrières douanières.

La Fed a deux mandats, établis par la loi : maintenir l’inflation et le chômage à un bas niveau. Il y a un an, tous les signes indiquaient la nécessité de relever les taux d’intérêt sur ces deux paramètres. L’économie était en expansion depuis dix ans. Le chômage atteignait des plus bas historiques. Et la réduction massive des impôts de 2017, financée par le déficit, avait stimulé l’économie à un moment où de nombreux modèles économiques suggéraient que les décideurs devraient réduire les mesures de stimulation pour prévenir l’inflation. En effet, en 2018, l’inflation a atteint son plus haut niveau en plus de cinq ans. Les experts et les investisseurs s’attendaient à ce que la Fed continue d’augmenter les taux d’intérêt pour ralentir l’économie et contenir l’inflation.

Un an et plusieurs hausses de barrières douanières plus tard, les choses se présentent plutôt différemment. Il est compréhensible que la Fed ait cru devoir agir. Les entreprises et les consommateurs américains sont très exposés au commerce. Les consommateurs achètent beaucoup de choses – des avocats, aux iPhones en passant par les voitures – qui sont partiellement ou totalement produites à l’étranger. Les entreprises produisent de nombreux biens en utilisant des intrants de l’étranger. Et elles vendent aussi à l’étranger, réalisant des profits qui aident à financer la consommation aux États-Unis. Toutes ces activités sont rendues plus difficiles par les barrières douanières.

La première mesure de barrière douanière de Trump, a été d’imposer des droits de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium en mars 2018, mais elle était relativement mineure. L’acier et l’aluminium ne représentent qu’une faible part des importations américaines, et le président George W. Bush avait fait de même en 2002. La guerre commerciale avec la Chine, les menaces qui pèsent sur l’Europe et le Japon pour imposer des droits de douane sur les véhicules automobiles et l’antagonisme constant du Mexique sont d’un ordre de grandeur plus perturbateur. Vendredi, Trump a accepté de ne pas imposer de barrières douanières au Mexique. Lundi, il tweetait sur la perspective de nouvelles barrières douanières. La Chine et le Mexique sont deux des principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Taxer le commerce avec eux obligera les consommateurs à payer davantage et obligera les entreprises à retravailler des chaînes d’approvisionnement complexes. Rien de tout cela n’est bon pour l’économie à court terme.

Mais les réductions de taux – une forme de stimulation économique – peuvent ralentir l’hémorragie. Elles soutiennent également le marché boursier, qui a aussi peur des barrières douanières de Trump que la Fed. Pourtant, cette dynamique est dangereuse. Plus Trump menace de relever les barrières douanières avant de les imposer, plus la Fed réduit les taux. Et cela, à son tour, l’encourage à menacer encore plus.

Le virage de la Fed vers l’assouplissement monétaire n’est pas seulement d’ordre économique. Elle revêt également une importance politique cruciale. L’état de l’économie sera un facteur déterminant de l’élection présidentielle de 2020. Si l’économie se porte bien, Trump s’en attribuera le mérite. Si elle s’en sort mal, il sera blâmé. Chaque fois que la Fed annonce qu’elle agira pour soutenir l’économie, elle stimule également les perspectives de réélection de Trump.

La Fed fait simplement son travail. Si les politiques commerciales de Trump menacent d’augmenter le chômage ou l’inflation, la Fed est obligée de réagir. Mais les responsables de la politique monétaire américaine se trouvent néanmoins dans une impasse. Ils sont souvent décrits comme étant « indépendants » de la politique. C’est vrai, ils ne reçoivent pas d’ordres de la Maison-Blanche. Mais ils sont entraînés, en fait, par les tweets commerciaux du président. Personne ne veut que la Fed laisse l’économie ralentir inutilement, ce qui signifierait moins d’emplois et des salaires plus bas. Mais l’alternative de la Fed n’est guère plus satisfaisante : utiliser la politique monétaire pour atténuer les coûts des droits de douane et pour faire ronronner l’économie alors que Trump s’attribue le mérite de ses victoires économiques extraordinaires.

Chris Miller est professeur adjoint à la Fletcher School, directeur du département Eurasie au Foreign Policy Research Institute et auteur de Putinomics: Power and Money in Resurgent Russia.

Note du Saker Francophone

C'est un article d'un think-tank globaliste à prendre avec les pincettes d'usage. Il s'appuie notamment sur une lecture Système des données économiques. Mais il est intéressant de voir cet auteur analyser les ressorts des politiques de la Fed dans la perspectives des élections de 2020. On peut aussi le mettre en parallèle avec Brandon Smith qui a lui une vision beaucoup moins légaliste des influences entre élites.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/la-fed-est-lallie-secret-de-trump-dans-la-guerre-commerciale

POLITIQUE MONÉTAIRE ET CRISE: CARESSEZ UN CERCLE ET IL DEVIENT VICIEUX.

POLITIQUE MONÉTAIRE ET CRISE: CARESSEZ UN CERCLE ET IL DEVIENT VICIEUX.

je vous livre ce texte car il expose clairement avec 10 ans de retard ce que j’ai écrit dès le mois de Mars 2009 puis début 2010 ; j’ai alors expliqué que dans la voie suivie par les banques centrales, il n’y avait pas de retour en arrière, quand on entre dans l’inflationnisme monétaire, il n’y a qu’une voie, celle de la fuite en avant.

On ne peut jamais revenir en arrière: ils ont brulé leurs vaisseaux ai-je écrit très souvent pour bien vous faire comprendre.

La crise, la vraie est devant nous, pas derrière. 

—————————————————————————-

Nous connaissons tous les grandes lignes de la réaction de la Fed et des autres banques centrales à la crise financière de 2008.

Tout d’abord, la Fed a réduit les taux d’intérêt à zéro et les a maintenus à ce niveau  pendant sept ans.

Cette extravagance de taux zéro, d’assouplissement quantitatif (QE) et de « création  monétaire » a permis d’atténuer la panique et de soutenir  le système financier.

Mais cela n’a rien fait pour ramener la croissance à sa tendance de long terme ou pour améliorer les revenus personnels au  rythme qui se prévaut  habituellement lors d’une expansion économique.

Maintenant, après une expansion de 10 ans, les décideurs s’inquiètent  des conséquences d’une nouvelle récession.

Le seul problème est que les banques centrales n’ont pas réussi à retirer  les mesures de soutien mises en place lors de la dernière récession.

Les taux d’intérêt sont à 2,5%, mais ils sont bien inférieurs aux 5% qui seraient nécessaires pour donner  à la Fed une marge de manoeuvre et les  réduire suffisamment pour contrer   la prochaine récession.

La Fed a réduit son bilan de 4,5 billions de dollars à 3,8 milliards de dollars, mais ce chiffre est toujours bien au-dessus du niveau de 800 milliards de dollars qui prévalait avant QE1.

En bref, la Fed (et les autres banques centrales) n’a pu   que très partiellement normaliser et est loin de pouvoir remédier à une nouvelle récession ou à une panique si elle devait se présenter demain.

Il faudrait des années à la Fed pour rétablir les taux d’intérêt et son bilan à la normale.

Jusqu’à ce qu’ils y parviennent , il ne sera pas possible de lutter contre la prochaine récession . Les chances d’éviter une récession jusqu’à ce que la Fed  normalise sont faibles.

Le problème de tout type de manipulation du marché est qu’il n’y a aucun moyen de mettre fin à la situation sans conséquences non voulues  et généralement négatives.

Une fois que vous avez commencé à manipuler, il en faut de plus en plus pour que le jeu continue. Il n’est plus possible de faire demi-tour sans faire craquer  le système.

Bien sûr, la manipulation par les agences gouvernementales et les banques centrales commence toujours avec de bonnes intentions. Ils essaient de « sauver » les banques ou « sauver » les marchés des issues  extrêmes ou des crashs.

Mais ce désir de sauver quelque chose ne tient pas compte du fait que les faillites bancaires et les krachs de marché sont parfois nécessaires et sains pour éliminer les excès et les dysfonctionnements antérieurs.

Un crash peut effacer la pourriture, nettoyer  les pertes et permettre au système de tout repartir  avec un bilan sain et une plus grande  prudence.

Au lieu de cela, les banquiers centraux vont à la rescousse des banques corrompues ou mal gérées. Cela protège  les  responsables,  directeurs de banque , investisseurs incompétents et corrompus et reporte le mal sur  l’investisseur ou le travailleur ordinaire. Ils voient  leur situation se déteriorer  tandis que les gestionnaires de banque incompétents conservent leur emploi et leurs gros bonus.

Mais le plus gros problème est qu’il n’y a pas d’issue, comme je l’ai dit. Une manipulation en mène à une autre.

La politique de taux d’intérêt zéro (ZIRP) ne fonctionnant pas, la Fed s’est tournée vers l’assouplissement quantitatif (QE). Après le QE1, le QE2 et le QE3 (2008-2013) sont venus le «ralentissement» (2014) puis le «décollage» des taux (2015), suivis des «pause» et de la «patience» pour augmenter encore les taux (2016– 19).

La dernière manipulation est le resserrement quantitatif (QT, l’opposé de QE), bien qu’il semble que le QT soit maintenant réduit.

Confus? Tout le monde l’est aussi.

Le fait est que la Fed n’a pas normalisé ses taux et qu’elle  n’a pas normalisé la taille de son bilan.

C’est juste une manipulation après l’autre avec des résultats faibles.

Tout cela  est sans issue.

La dernière forme de manipulation est ce que l’on appelle un «dispositif  de mise en pension permanente», qui n’est qu’une autre forme de QE.

En vertu de cette facilité, les banques échangeraient leurs réserves de trésorerie auprès de la Fed contre des titres du Trésor, en promettant de les reconvertir immédiatement en espèces si nécessaire.

Essentiellement, cette manipulation permettrait aux banques de détenir moins de réserves que ce qui est actuellement requis, sachant que la Fed viendrait àleur secours  si elles avaient des problèmes.

C’est juste un autre stratagème comptable pour prétendre assainir le bilan de la Fed.

Ce ne sera pas la dernière manipulation.

Nous en sommes loin .

Jim Rickards

Politique monétaire et crise: caressez un cercle et il devient vicieux.

La croissance américaine va bientôt caler

06/11/201805:59

Xerfi Canal a reçu Denis Ferrand, Directeur général de coe-rexecode, pour parler de la croissance américaine.

Une interview menée par Adrien de Tricornot.

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Denis-Ferrand-Denis-Ferrand-La-croissance-americaine-va-bientot-caler_3746466.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC240319

Les banques centrales au service des Maîtres de l’Argent

Les banques centrales au service des Maîtres de l’Argent


Par Valentin Katasonov – Le 25 février 2019 – Source Fond Stratégique de la Culture

https://i1.wp.com/reosh.ru/wp-content/uploads/2019/02/26-%D1%85%D0%BE%D0%B7.jpg
À la pyramide des « maîtres de l’argent » – les actionnaires de la Réserve Fédérale Américaine – sont aujourd’hui branchées la plupart des Banques centrales du monde, y compris la Banque de Russie.

Je crois que les lecteurs qui connaissent mes livres se font une bonne idée de l’architecture du système financier international moderne. Il peut être représenté sous la forme d’une pyramide, au sommet de laquelle se trouve la Réserve fédérale américaine, une société privée de type fermé. La Réserve fédérale américaine a des actionnaires, que j’appelle les « maîtres de l’argent ». Ils sont les bénéficiaires du système financier mondial mis en place, et la Réserve fédérale américaine en est le centre de contrôle. Je ne décrirai pas la structure de la pyramide tout entière, mais je noterai qu’au-dessous du sommet de la pyramide, on trouve une institution telle que la Banque centrale européenne (BCE), et qu’au niveau inférieur à celui de la BCE, se trouvent les banques centrales de la zone euro, membres de la BCE. Actuellement, les membres de la BCE sont les  banques centrales de 19 pays européens. Y compris la Banque d’Italie, dont il sera question ci-dessous.


J’ajouterai qu’aujourd’hui la majorité des Banques centrales du monde, y compris la Banque de Russie, sont incluses dans la pyramide des « maîtres de l’argent ». Le contrôle des « maîtres de l’argent » sur les Banques centrales est très efficace car presque toutes ont le statut d’institutions « indépendantes » (indépendantes de leurs États). En dehors de cette pyramide, il n’y a que quelques rares Banques centrales, dont la plus grande est la Banque centrale de la République islamique d’Iran. En ce qui concerne la Banque populaire de Chine (Banque centrale de Chine), sa position dans le système financier mondial est particulière. Sans entrer dans les détails, je dirai que la BPC pour le moment est partiellement dépendante des « maîtres de l’argent ». La situation de la Banque centrale de Chine est instable et dangereuse (nous traiterons ailleurs de la BPC d’une manière ou d’une autre).

L’Argentine, la Hongrie, la Serbie sont en révolte contre les « maîtres de l’argent ».

En de nombreux pays, la pression exercée par les « maîtres de l’argent » par l’intermédiaire des Banques centrales qui leur sont subordonnées, devient très dure et insupportable. De temps à autre, certains États tentent de soustraire les Banques centrales situées sur leur territoire au contrôle des « maîtres de l’argent », et de les placer sous le contrôle des autorités nationales. Ces tentatives sont rares, on peut les compter sur les doigts d’une main. Il y a environ dix ans, la Présidente de l’Argentine de l’époque, Christina Kirchner, a tenté de prélever environ 1/7 des réserves de change de la Banque centrale (6,6 milliards de dollars) pour payer la dette publique extérieure. C’est ce que la Banque centrale d’Argentine lui a catégoriquement refusé, et les « maîtres de l’argent » ont organisé dans les médias une campagne frénétique de harcèlement à l’encontre d’une femme courageuse. L’affaire ne s’est pas limitée à des attaques de la part des médias. Par décision du tribunal américain, les réserves de la Banque centrale d’Argentine furent gelées. Autre cas : en 2011, le Premier ministre Hongrois, Viktor Orban, avait tenté de faire adopter des amendements par le parlement du pays, annulant le statut « indépendant » de la Banque centrale, en la mettant sous le contrôle du gouvernement. Le hurlement universel a de nouveau retenti, organisé par les médias contrôlés par les « maîtres de l’argent ». Bruxelles a organisé une pression sans précédent sur Viktor Orban, qui a dû faire machine arrière, en retirant les amendements. Les déclarations du Premier ministre Hongrois après sa défaite sont caractéristiques : « La bande de bandits, qui a pris le pouvoir dans l’Union Européenne, s’occupe de la banale mise en esclavage de tous ceux qu’elle a réussi à leurrer ! En Hongrie, ils l’ont compris et tentent de s’échapper. Mais la mafia financière internationale tient fermement les Hongrois à la gorge … ». Et voici une autre déclaration de V. Orban à propos de l’histoire de cette époque : « La Hongrie a été traitée comme une colonie ».

En 2012, la petite Serbie a osé établir un contrôle de l’État sur la Banque centrale (également en modifiant la loi, abolissant son « indépendance »). Elle a été traitée de manière encore plus expéditive que la Hongrie. Quelques jours après l’adoption des amendements limitant « l’indépendance » de la Banque centrale de Serbie, les principales agences de notation ont abaissé la cote de crédit du pays. Par exemple, Fitch a commenté son pronostic négatif comme suit : « Au lieu de se concentrer sur la correction des déficits publics croissants et de la dette publique, le nouveau gouvernement a modifié la loi sur la Banque centrale de manière à miner la confiance des investisseurs, et compliquer la conclusion d’un accord d’un nouveau prêt du FMI ».

Attaques contre les Banques centrales : la Turquie et les États-Unis

Voilà deux événements de la dernière année. L’an dernier, le Président Erdogan a été réélu en Turquie. Pendant la campagne électorale, il a déclaré son intention de pousser la Banque centrale à réduire son taux directeur, qui, en réponse à Erdogan, fut augmenté jusqu’à 17,75%, une semaine avant les élections. Erdogan avait également promis qu’il chercherait une meilleure sélection des cadres dirigeants de la Banque centrale. Les tentatives frontales d’Erdogan pour changer le statut « indépendant » de la Banque centrale  n’ont pas abouti. Cependant, il a essayé de renforcer le statut du Ministère des finances, et de le placer au-dessus de celui de la Banque centrale. La lutte continue.

Un autre cas tout à fait sans précédent. Nous parlons d’une série d’attaques de la part de l’actuel Président des États-Unis, Donald Trump, contre la Réserve fédérale. Les attaques survinrent en réponse à la décision de la Réserve fédérale américaine de continuer à augmenter son taux directeur. Le 26 novembre, dans une interview auWall Street Journal, Trump déclara que « la Fed est devenue un problème beaucoup plus grave que la Chine ». À la fin de l’année dernière, Donald Trump a même menacé de demander la démission du président de la FED, Jerome Powell. Il est clair qu’aucune mesure pratique n’a été prise pour démettre J. Powell de ses fonctions de président de la FED. Mais l’événement est sans précédent. Pour la première fois depuis plus d’un siècle dans l’histoire de la Réserve fédérale américaine, le Président américain a parlé de manière aussi directe et franche de cette institution, qui était et reste le premier pouvoir en Amérique.

Les Euro-sceptiques italiens et la Banque d’Italie : la tension monte.

Et voici une autre « émeute à bord du navire ». Nous parlons de l’Italie. Au début de l’été de l’année dernière, après les élections législatives, un nouveau gouvernement a été formé au sein duquel des représentants des mouvements Cinq Étoiles et de la Ligue du Nord ont pris des positions clés. Ce sont des Euro-sceptiques qui cherchent à réviser sérieusement les relations entre Rome et Bruxelles. Et la condition pour qu’une telle révision ait lieu, est de rétablir l’ordre chez soi, en Italie. Non sans fondement, les Euro-sceptiques se représentent la Banque d’Italie comme un « cheval de Troie » grâce auquel Bruxelles mène sa politique à l’égard de Rome.

Afin de se battre contre la Banque centrale, les Euro-sceptiques italiens doivent obtenir le soutien de millions de citoyens ordinaires. Et, comme il leur semble, ce soutien ne manquera pas. Le fait est que le système bancaire italien est considéré comme l’un des plus faibles, si ce n’est de toute l’Union européenne, au moins à coup sûr de la zone Euro. Une vague de faillites de banques commerciales s’est produite dans le pays, entraînant de lourdes pertes pour des millions de déposants ordinaires. C’est à ces déposants, trompés et volés de la sorte, que les dirigeants du gouvernement euro-sceptique ont fait appel, en attirant leur attention sur le fait que les faillites étaient dues à la faute des dirigeants de la Banque d’Italie, chargée de surveiller les organismes de dépôt et de crédit. Les chefs des deux partis au pouvoir en Italie, les vice-premiers ministres Matteo Salvini (« Ligue du Nord ») et Luigi Di Maio (« Cinq étoiles »), se sont prononcés en faveur d’un changement de la direction de la Banque centrale du pays.

Di Maio (qui est également Ministre Italien du développement économique, du travail et de la politique sociale) a bloqué la nomination de l’un des directeurs généraux adjoints de la Banque, soulignant que la Banque centrale avait besoin d’un renouvellement radical de sa direction. Salvini (qui est en même temps le Ministre de l’intérieur) a pour sa part déclaré que la Banque centrale, dans son problème de personnel, avait besoin de faire « table rase », et non de permutations fragmentaires. Avant cela, les deux Vice-premiers ministres ont fait des allusions insidieuses selon lesquelles le statut de la Banque centrale devrait être radicalement changé, et qu’elle devait être privée de son « indépendance ». Le président du pays, Sergio Mattarella, préfère ne pas aborder ce sujet sensible. Le Premier ministre italien Giuseppe Conte occupe à peu près la même position. Mais le Ministre des finances et de l’économie, Giovanni Tria, ne peut éluder la question, et doit exprimer sa position à ce sujet. Et il parle prudemment en faveur de la préservation de l’indépendance de la Banque centrale.

La Banque d’Italie doit rendre l’or au peuple

Un autre thème lié à la Banque d’Italie est l’or qui figure à son bilan. Une petite remarque : les réserves d’or de l’Italie sont depuis longtemps les quatrièmes plus importantes au monde après les États-Unis, l’Allemagne et le Fonds monétaire international (la France est le pays suivant l’Italie en termes de réserves d’or). Au cours des deux dernières décennies, le volume physique de ces réserves est resté inchangé – 2 451,8 tonnes. En janvier de cette année, la part de l’or dans le volume total des réserves de change italiennes était de 65,5% (l’un des taux les plus élevés, seuls ceux des États-Unis, de l’Allemagne et du Venezuela étant supérieurs). Dans les années 70, lors de la Conférence monétaire et financière internationale en Jamaïque, il avait été décidé de démonétiser le métal jaune. Par conséquent, l’or au bilan des Banques centrales a des allures d’« anachronisme ». Mais cet « anachronisme » est présent dans de nombreuses Banques centrales, et la Banque d’Italie est particulièrement remarquable à cet égard. Bien sûr, l’or peut être qualifié d’argent extraordinaire, et cette qualité ne saurait être annulée par quelque conférence internationale que ce soit. Mais dans ce cas, il serait plus naturel que le métal jaune ne soit pas au bilan de la Banque centrale, mais à celui du Ministère des finances, pour couvrir des dépenses budgétaires extraordinaires. C’est une vérité élémentaire, mais elle a depuis longtemps déjà été retirée des manuels d’économie, sur l’ordre des « maîtres de l’argent ».

Et curieusement, les deux Vice-premiers ministres de l’actuel gouvernement italien se sont souvenus de cette élémentaire vérité. À la fin de l’année dernière, Bruxelles exigea de Rome un budget plus ou moins équilibré. En soufflant à Rome qu’il était possible d’éliminer le déficit budgétaire en procédant à une réforme des retraites (comme celle qui est imposée à notre peuple russe aujourd’hui), et en augmentant les impôts (TVA). Rome a refusé de relever la TVA, et a promis au budget une éventuelle réduction de l’âge de la retraite, et l’introduction d’un revenu de base inconditionnel (d’un montant de 780 euros par personne et de 1 032 euros par famille). Sous la pression de Bruxelles, Rome a difficilement réduit le déficit budgétaire de 2,50 à 2,04% du PIB. Et ensuite, Rome a eu l’idée de liquider le déficit budgétaire en 2019, en vendant une partie de l’énorme réserve d’or de l’Italie (environ 20 milliards d’euros seraient nécessaires). Aux prix actuels, la réserve d’or en Italie est estimée à 103 milliards de dollars, ce qui est suffisant pour combler les déficits budgétaires pendant plusieurs années.

Il n’y a qu’un seul « mais » dans cette phrase. Le gouvernement ne peut pas utiliser l’or, car il figure au bilan de la Banque d’Italie, et cette Banque centrale « indépendante » n’a pas l’intention d’abandonner ce métal au profit du Ministère des finances. Le ballon d’essai a été lancé par les auteurs de l’idée en septembre 2018. Ensuite, un article de l’économiste Gabriele Gatozzi a été publié dans les médias italiens (la première publication a été faite sur le blog du fondateur du Mouvement cinq étoiles, Beppe Grillo). L’auteur a attiré l’attention sur la taille gigantesque de la réserve d’or italienne et sur le fait que, contrairement à de nombreux autres pays européens, l’Italie n’avait jamais vendu sa réserve depuis la Conférence de la Jamaïque de 1976. Il serait temps de tirer parti de cette réserve, surtout si Bruxelles s’attend à un budget équilibré de Rome. Deux mois après la parution de cet article, le chef de la Commission du budget de la Chambre des députés, Claudio Borgi, représentant la « Ligue », a présenté un projet de loi prévoyant l’élimination de l’« anomalie », à savoir la présence de la réserve d’or au bilan de la Banque d’Italie, qui devrait être sous le contrôle direct du gouvernement.

Le 11 février, lors d’une conférence de presse, Matteo Salvini a promis que le gouvernement était prêt à régler le problème de la réserve d’or, en l’amenant à sa bonne fin logique. Il a directement déclaré que les réserves de change du pays appartenaient à ses citoyens et non à la Banque centrale dans laquelle elles sont entreposées. Je soupçonne que cette déclaration a provoqué une véritable panique à Bruxelles, car l’Italie a fait savoir ce que les politiciens et les financiers ont tu pendant de nombreuses années. À savoir que les réserves de change devaient être utilisées dans les intérêts du peuple tout entier. C’est un véritable défi lancé aux « maîtres de l’argent ».

À qui appartiennent les réserves d’or de la Banque de Russie ? Il est temps d’y penser

On transpose involontairement les événements d’Italie dans notre vie russe. Les réserves de change de la Fédération de Russie augmentent à pas de géant. Ainsi, le 1er février 2019, elles s’élevaient à 475,9 milliards de dollars, et l’année précédente (le 1er février 2018) à 447,3 milliards de USD, pour une croissance annuelle de 28,6 milliards de dollars. À ce rythme, elles pourraient dépasser la barre des 500 milliards de dollars à la fin de cette année, et de temps à autre, les responsables de notre gouvernement annoncent fièrement ces chiffres, et d’autres chiffres similaires. Mais voilà, le gouvernement n’a rien à voir avec ces réserves. L’article 2 de la loi fédérale sur la Banque centrale de la Fédération de Russie dispose que :

« Conformément aux objectifs et aux procédures établis par la présente loi fédérale, la Banque de Russie exerce le pouvoir de posséder, d’utiliser et de disposer des actifs de la Banque de Russie, y compris des réserves en or et en devises de la Banque de Russie. Les retraits et les gages desdits biens sans le consentement de la Banque de Russie ne sont pas autorisés, sauf disposition contraire de la loi fédérale. L’État n’est pas responsable des obligations de la Banque de Russie et la Banque de Russie des obligations de l’État si elles ne les ont pas assumées ou si les lois fédérales ne le prévoient pas autrement. »

Il semble que tout soit clair. S’agissant de la situation des réserves de change de la Fédération de Russie, le dicton « l’œil voit, mais la dent est paralysée » peut être appliqué. Les nouvelles venant d’Italie concernant des initiatives visant à transférer au bilan du Ministère des finances, sinon toutes les réserves de change, du moins leur partie aurifère, devraient secouer les « Représentants du peuple » de la Douma. Au début de l’année 2019, le volume d’or détenu au bilan de la Banque centrale de Russie atteignait 67,9 millions d’onces, soit 2 112 tonnes. Cet or appartient toujours à la Banque de Russie, qui, en fin de compte, n’est pas « responsable des obligations de l’État ». Or, il fut gagné par le travail de millions de nos citoyens, et devrait appartenir à la population. Par conséquent, il devrait appartenir à l’État qui, selon la constitution de la Fédération de Russie, a pour vocation de servir le peuple. Espérons qu’il y aura des forces politiques en Russie qui, à l’instar des Euro-sceptiques italiens, essaieront finalement de museler la Banque centrale, et de la forcer à servir non pas les « maîtres de l’argent », mais le peuple.

Valentin Katasonov

Traduit du russe par Carpophoros, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/les-banques-centrales-au-service-des-maitres-de-largent

 

Le crash de la bulle de tout a commencé en 2018

Le crash de la bulle de tout a commencé en 2018


Voici ce qui nous attend en 2019


Par Brandon Smith − Le 11 janvier 2019 − Source Alt-Market.com


En 2018, un changement économique très important s’est produit qui a scellé le sort de l’économie américaine et de nombreuses autres économies dans le monde. Ce changement était le renversement de la politique de la banque centrale. L’ère des mesures de relance et du soutien artificiel de divers marchés, y compris les actions, commence à s’estomper à mesure que la Réserve fédérale poursuit le resserrement de sa politique, notamment en augmentant les taux d’intérêt et en réduisant davantage son bilan.


J’ai mis en garde contre ce changement sous la direction du nouveau président Jérôme Powell au début de 2018 dans mon article « Le nouveau président de la Fed va faire plonger les marchés en 2018 ». Le crash a connu un faux départ en février/mars, les actions ayant été sauvées par des rachats massifs d’entreprises au cours des 2ème et 3ème trimestres. Toutefois, à mesure que les taux d’intérêt ont légèrement augmenté et que les réductions d’impôt de Trump se sont amenuisées, les rachats d’actions de sociétés ont commencé à diminuer au cours du dernier trimestre de l’année.

Comme je l’avais prédit en septembre dans mon article « La bulle de tout : quand va-t-elle enfin éclater ? », le crash s’est accéléré en décembre, lorsque la Fed a relevé les taux d’intérêt à leur taux d’inflation neutre et augmenté les réductions de bilan à 50 milliards de dollars par mois. En 2019, cet effondrement se poursuivra alors que la Fed reprendra ses coupes à la mi-janvier.

Il est important de noter que lorsque l’on parle de crash dans les milieux économiques alternatifs, il ne s’agit pas seulement de marchés boursiers. Les économistes du courant dominant affirment souvent que les marchés sont un indicateur prédictif de la santé future de l’économie au sens large. C’est inexact. Les marchés sont en fait un indicateur de suivi ; ils ont tendance à s’effondrer bien après que tous les autres fondamentaux aient commencé à baisser.

Les marchés de l’immobilier sont en chute libre, tant en termes de prix de ventes que de valeur. Les hausses des taux d’intérêt de la Fed se traduisent par des taux hypothécaires beaucoup plus élevés à la suite d’une inflation excessive des prix et d’une baisse des salaires des consommateurs. Les acheteurs professionnels d’immobilier, qui soutiennent le marché de l’immobilier depuis des années, ne sont plus en mesure de continuer à assurer son maintien en vie. La dette des entreprises n’a jamais été aussi élevée depuis le crash de 2008 et, avec des taux d’intérêt plus élevés, l’emprunt de capitaux bon marché n’est plus une option.

En novembre 2018, les ventes de maisons ont affiché la plus forte baisse depuis plus de 7 ans

Les marchés de l’automobile, autre indicateur majeur de stabilité économique, sont en chute libre. Le marché de l’automobile a connu de fortes baisses tout au long du second semestre de 2018, une fois de plus, la hausse des taux d’intérêt de la Fed ayant tué les prêts automobiles de type ARM à crédit facile.

Le crédit américain se tarit également, car les investisseurs tirent des capitaux de la volatilité des marchés et de la hausse des taux d’intérêt. Les liquidités disparaissent, ce qui signifie que l’endettement devient plus coûteux ou inaccessible pour la plupart des gens et des entreprises.

Les médias et les banquiers centraux présentent un faux récit dans les courants dominants sur ces circonstances, à la fois les médias et les banques centrales. Les autorités économiques et les analystes grand public ont beaucoup parlé pour tenter de détourner l’attention du public de la crise économique et d’inciter le monde de l’investissement à faire du commerce avec des œillères. Avec la propagande qui s’emballe, nous devons couper à travers le brouillard et les miroirs, évaluer les menaces les plus importantes au sein du système et déterminer quand elles pourraient s’intensifier.

Ne vous y trompez pas, aussi erratique et instable qu’ait été 2018, 2019 sera bien pire.

La Réserve fédérale continuera de se resserrer

Un mensonge circule dans les médias selon lequel Jérôme Powell et la Fed sont « héroïques » parce qu’ils « vont à l’encontre » des anciennes politiques des banques centrales et suppriment les politiques de facilité monétaire. C’est exactement le motif opposé qui se cache derrière ce qui se passe. Nous devons nous rappeler que c’est la Fed et d’autres banques centrales qui ont créé le crash initial en 2008 par le biais de politiques d’argent facile. Elles ont ensuite délibérément créé une bulle encore plus grande (la « bulle de tout ») par le biais d’une plus grande détente monétaire ; une bulle si grande qu’elle ferait s’effondrer toute l’économie américaine, y compris les marchés obligataires et le dollar si jamais elle éclatait.

Ce processus circulaire de crise, de stimulation puis de crise est un processus que la banque centrale utilise depuis plus d’un siècle. D’anciens responsables de la Fed comme Ben Bernanke et Alan Greenspan ont ouvertement admis la culpabilité de la banque centrale américaine pour la Grande dépression ainsi que pour le crash de 2008. Cependant, ce faisant, ils affirment également qu’ils n’étaient « pas conscients à l’époque » de ce plus grand danger. Je n’y crois pas une seconde.

Dans presque tous les cas où la Fed a créé un environnement de crash, les institutions bancaires ont pu profiter de l’occasion pour s’emparer d’actifs tangibles pour quelques centimes par dollar, ainsi que voler plus de pouvoir politique et social. Pendant la Grande dépression, les grandes banques ont absorbé des milliers de petites banques locales ainsi que tous les actifs qu’elles détenaient. En 2008, les banques et les entreprises ont bénéficié d’un déluge d’argent facile payé par les contribuables américains sur le dos des générations à venir, tout en aspirant les biens durables comme les hypothèques résidentielles en difficulté.

La centralisation mondiale de l’autorité économique est un prix encore plus important pour les élites bancaires, et c’est je crois leur objectif avec ce prochain crash technique qui suit son cours. Au fur et à mesure que la crise mènera à la catastrophe, ce seront des institutions mues par le globalisme comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque des règlements internationaux (BRI) qui interviendront pour « sauver la situation ».

Comme je l’ai noté à maintes reprises, Jerome Powell est bien conscient de ce qui se passera alors que la Fed resserre. C’est consigné dans le procès-verbal de la Fed d’octobre 2012 où il discute des conséquences, y compris son allusion à un crash imminent si la Fed met fin aux mesures de relance, relève les taux d’intérêt et réduit le bilan.

Pourtant, Powell continue tout de même de resserrer les conditions, ce qui indique que les mesures prises par la Fed et les résultats obtenus sont tout à fait délibérés. Les récentes déclarations de Powell ont été interprétées à tort par les médias dominants comme indiquant que la Fed pourrait arrêter ses politiques de resserrement. Je prévois que cela n’arrivera pas, du moins pas avant que l’accident n’ait déjà bien suivi son cours.

Je m’attends à ce que Powell continue de réduire son bilan d’environ 50 milliards de dollars par mois jusqu’à la fin de 2019, peut-être. Je maintiens également ma prévision initiale de l’an dernier selon laquelle la Fed augmentera les taux d’intérêt en 2019, au moins deux autres fois, avec une hausse en mars. La Fed a continué à montrer une propension au double discours sur l’« accommodation », et il y a une bonne raison à cela…

Les marchés boursiers continueront de plonger

De nombreux économistes alternatifs ont souligné au fil des ans la corrélation directe entre le bilan de la Fed et les cours boursiers. Au fur et à mesure que la Fed a racheté des actifs, le marché boursier a augmenté exactement en tandem. Au fur et à mesure que la Fed se débarrasse de ses actifs, les actions chutent de plus en plus vite et de façon de plus en plus volatile.

Si vous voulez un exemple parfait de cela, il suffit d’examiner les totaux du bilan FRED de la banque centrale et de les comparer avec un graphique de l’indice S&P500 sur un an. Ne regardez pas seulement la chute des actions, mais aussi les rallyes boursiers. Des coupes dramatiques en décembre ont facilité le début du crash ; le récent rebond s’explique en partie par les investissements de fin d’année des caisses de retraite d’entreprises, à la recherche désespérée de rendement dans un environnement où les obligations ne sont plus viables ou sûres. Toutefois, prenez note que la première semaine de Janvier a également vu la Fed bloquer les coupes.

Qu’est-ce que cela signifie ? En l’absence d’une source de capital de remplacement massive comme les rachats d’actions, toute nouvelle réduction importante des actifs de la Fed entraînera une forte baisse vers le milieu de chaque mois. Chaque pause dans les coupes se traduira par un rebond, mais à des sommets plus bas. Le plafond des rallyes et les attentes des investisseurs diminueront progressivement jusqu’à ce que la réalité de la fin de la fête les atteigne enfin.

Les récents commentaires « dovish » de la Fed sont, à mon avis, complètement frauduleux et très calculés. Comme la banque centrale a réduit les mesures de relance et augmenté les taux d’intérêt au point où les entreprises ne peuvent plus se permettre des rachats massifs, il ne reste plus rien pour soutenir les actions, si ce n’est de la désinformation, une confiance aveugle et une pause d’une à deux semaines dans la réduction des bilans.

Il s’agit d’une démolition contrôlée de l’économie et des marchés. La Fed fera tout son possible pour éviter que le système n’implose trop vite, car le désossage des mâchoires est le seul outil qui reste. Entre-temps, M. Powell continuera de réduire les actifs et d’augmenter les taux d’intérêt comme prévu. Cela se traduira inévitablement par une baisse des cours des actions, car le système manque de « pression ». La confiance aveugle des investisseurs n’ira pas plus loin. Ils seront laissés en plan, tout comme ceux qui espèrent leurs pensions.

Je m’attends à ce que les marchés actions reprennent leur forte baisse tout le long de 2019 et qu’ils tombent bien en deçà des niveaux de soutien observés en 2017. Si l’on se fie à la baisse de décembre, tant que la Fed poursuivra sa trajectoire actuelle de réduction de bilan, je vois le Dow Jones dans la fourchette de 17 000 à 18 000 points en mars et avril.

Trump portera le blâme pour l’accident

La propension incessante de Trump à s’attribuer le mérite de la remontée boursière fait de lui un bouc émissaire parfait pour le crash en cours. L’accélération en 2019 sera suivie de nombreuses distractions. Alors que Trump a blâmé la Réserve fédérale pour l’instabilité récente des marchés, il a en même temps blâmé sa propre guerre commerciale. Trump a attaché le succès de sa présidence au succès d’un marché boursier qu’il appelait autrefois une « grande bulle » créée par la Fed.

La guerre commerciale de Trump et l’arrêt du gouvernement ne sont que deux facteurs qui sont déjà ciblés par les médias grand public et les commentateurs globalistes comme étant les causes de la chute des actions en décembre.

L’arrêt du gouvernement pourrait ne pas se poursuivre en janvier si Trump déclare l’état d’urgence et commence le mur à la frontière sud, rendant le débat budgétaire plutôt théorique. Cela dit, je soupçonne que cela pourrait continuer de toute façon ; cette fois-ci, c’est différent. Considérez que si l’arrêt se poursuit jusqu’en février, il y a la menace que les programmes d’aide sociale comme EBT soient retardés, ce qui ouvre la porte à un tout nouveau type de folie. Je n’ai pas nécessairement quelque chose contre la personne moyenne qui demande de l’aide sociale en période de crise personnelle. Cela dit, il y a des millions d’Américains qui ont fait carrière en recevant de l’aide gouvernementale, et leur attitude est souvent celle de se contenter de ce sort. Si et quand leur revenu et leur source de nourriture sont coupés, leur réaction peut être violente.

La date actuelle de l’arrêt fait en sorte qu’il constitue une distraction tellement utile pour la banque centrale que je serais surpris qu’on y mette fin dans un avenir proche. La menace de retards dans l’EBT et l’aide sociale du gouvernement serait une crise très juteuse qui pourrait être exploitée par les banques centrales et les globalistes.

Je prévois que la guerre commerciale se poursuivra jusqu’en 2019, comme l’année dernière. Trump annoncera des progrès « énormes » dans les négociations avec la Chine, parfois pour faire grimper les marchés, mais quelques jours ou semaines plus tard, ces progrès seront à nouveau remis en question. Je sais que c’est une prédiction facile. La farce de la guerre commerciale a suivi un schéma assez prévisible ces derniers temps.

Trump a été d’une aide extraordinaire pour les élites bancaires à cet égard. En fait, l’administration Trump semble ajouter une nouvelle escalade dans la guerre commerciale une semaine après chaque baisse ou hausse de taux importante du bilan de la Fed ; juste à temps pour que les actions chutent violemment en raison de la réduction de bilan de la Fed.

Autres prévisions pour 2019

Un « Hard Brexit » : Attendez-vous à ce que le Brexit entre dans un éventuel scénario de non-accord avec l’UE, suivi d’un ralentissement économique agressif au-delà de ce qui se passe déjà en Europe. Bien que ce résultat semble être un pari risqué en ce moment, il a du sens d’après le faux récit que les globalistes sont en train de construire – le récit selon lequel les « populistes » sont une influence imprudente et destructrice qui mène à un désastre économique.

Turquie quittant l’OTAN : On dirait que c’est déjà fait. La Turquie se positionne pour s’associer à des puissances de l’Est comme la Chine et la Russie par le biais de divers accords commerciaux et d’accords stratégiques, et abandonner ses liens avec l’Ouest. Bien que cela puisse durer encore quelques années, je crois que cela se produira rapidement – d’ici la fin de 2019.

Conditions de la loi martiale en France : Les protestations des « gilets jaunes » vont se poursuivre jusqu’en 2019, et deviendront probablement plus volatiles à mesure qu’Emmanuel Macron tentera de resserrer les contrôles. Attendez-vous à ce que les protestations se multiplient au printemps et en été à mesure que le temps se réchauffe. Macron n’a pas hésité à utiliser sa boîte à outils totalitaire. Je m’attends à ce qu’il déclare l’état d’urgence nationale avec des pouvoirs de type loi martiale en place dès la fin de cette année. Je ne sais pas encore si les globalistes avec lesquels Macron s’associe de si près ont eu l’intention de parvenir à ce résultat, je ne sais pas encore si c’est le cas. Nous n’avons pas beaucoup entendu parler des revendications spécifiques ou des points de vue idéologiques des gilets jaunes. Comprendre les objectifs et les motivations des deux parties déterminera s’il y a un faux paradigme en jeu ou si les gilets jaunes sont un véritable mouvement populaire.

Résumé

En résumé, le crash de la « bulle de tout » a été délibérément initié par les banques centrales. Le pire reste à venir en 2019. Trump est la brebis sacrificielle pour les élites bancaires, et son administration en assumera la responsabilité d’ici la fin de l’année, quels que soient les faits entourant le programme de démolition contrôlée de la Réserve fédérale. L’année 2018 a été le début de la prochaine phase de la crise, 2019 verra l’effondrement frapper la conscience du grand public sans parler de leur pas de porte et de leur portefeuille.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-krach-de-la-bulle-de-tout-a-commence-en-2018

Trump joue de la flûte enchantée pour l’agenda du Nouvel ordre mondial

GMT+2 21:30

L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

Paris (awp/afp) – L’euro effaçait lundi ses pertes de vendredi face au dollar, des informations de presse assurant que Donald Trump aurait envisagé de congédier le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell.

Vers 15H15 GMT (16H15 à Paris), l’euro s’échangeait à 1,1429 dollar pour un euro contre 1,1372 vendredi à 22H00 GMT.

Donald Trump aurait discuté en privé de la possibilité de congédier le président de la Banque centrale, étant agacé par la décision mercredi de l’institution d’augmenter les taux d’intérêt, selon des médias américains, une information démentie par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

« Cela fait directement suite à la hausse du taux directeur de la Fed de la semaine dernière, un mouvement que le marché attendait plus restreint et qui a contribué aux pertes des indices boursiers », a commenté Fritz Louw, analyste de MUFG.

En relevant ses taux directeurs, la Fed rend le dollar plus rémunérateur, et donc plus attractif pour les investisseurs. Les cambistes ont donc pu s’inquiéter de voir le président des Etats-Unis peser sur la politique monétaire de l’institution.

« Heureusement, Mnuchin est venu au secours en éloignant cette hypothèse, car j’étais prêt à passer la matinée à vendre mes actifs », a prévenu Stephen Innes, analyste chez Oanda.

Il n’est cependant pas certain que le dollar continuerait à souffrir d’un mouvement de vente sur les marchés.

Cette polémique « ajoute au sentiment d’inquiétude du marché », a jugé M. Louw, qui estime que si elle continue, elle pourrait être négative pour l’économie américaine, mais « le dollar a tendance à profiter de ces périodes d’aversion au risque ».

De même, la menace de blocage des administrations à Washington pesait sur la confiance des marchés.

« En général, il y a un mouvement de vente avant le blocage, mais les marchés se reprennent après l’annonce officielle », ont cependant estimé les analystes de RaboBank.

Par ailleurs, « les volumes devraient rester restreints en cette période de fête », a souligné Naeem Aslam, analyste de Think Markets.

À 15H15 GMT lundi, le yen remontait légèrement face à la monnaie européenne, à 126,19 yens pour un euro contre 126,48 vendredi soir, et plus nettement face au dollar, à 110,42 yens pour un dollar contre 111,22 vendredi soir.

Le franc suisse se stabilisait face à l’euro (1,1292 franc pour un euro contre 1,1300 vendredi) et montait face à la devise américaine (0,9882 franc suisse pour un dollar au lieu de 0,9938 vendredi).

La monnaie chinoise montait face au billet vert à 6,8991 yuans pour un dollar contre 6,9065 yuans vendredi à 15h30 GMT.

L’once d’or valait 1.267,45 dollars, à son plus haut depuis six mois, contre 1.256,05 dollars vendredi.

Enfin, le bitcoin s’échangeait à 4.197,79 dollars contre 3.848,60 dollars vendredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de lundi Cours de vendredi

————————————

15H15 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1429 1,1372

EUR/JPY 126,19 126,48

EUR/CHF 1,1292 1,1300

EUR/GBP 0,8987 0,8998

USD/JPY 110,42 111,22

USD/CHF 0,9882 0,9938

GBP/USD 1,2717 1,2645

afp/rp

(AWP / 24.12.2018 16h52)

https://www.romandie.com/news/L-euro-rebondit-Donald-Trump-s-en-prend-la-Fed_RP/982707.rom

A l’avant-veille d’une hausse des taux, Trump met la pression sur la Fed

A l’avant-veille d’une hausse des taux, Trump met la pression sur la Fed

Poignée de main entre Donald Trump et le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell le 2 novembre 2017 à la Maison Blanche / © AFP / SAUL LOEB

Le président américain Donald Trump a appelé lundi la Banque centrale américaine (Fed) à ne pas relever les taux d’intérêt, imposant une pression inédite sur l’institution monétaire, qui selon toute vraisemblance devrait décider de passer à l’acte mercredi.

« C’est incroyable qu’avec un dollar très fort et virtuellement aucune inflation, le monde qui explose autour de nous, Paris qui brûle et la Chine sur la pente descendante, la Fed puisse seulement penser à une nouvelle hausse de taux d’intérêt », a-t-il dit sur Twitter.

Les marchés s’attendent à ce que le Comité monétaire de la Fed (FOMC) relève à l’issue d’une réunion de deux jours, mardi et mercredi, les taux d’intérêt au jour le jour pour la quatrième fois cette année et la septième fois depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

La Fed cherche à prévenir la surchauffe d’une économie dopée par les réductions d’impôts de l’administration Trump alors que l’inflation a atteint la cible de 2% et que le taux de chômage est au plus bas depuis 1969, à 3,7%.

Mais depuis des mois, rompant avec la tradition de respect de l’indépendance de la Banque centrale, Donald Trump critique les intentions monétaires de la Réserve fédérale, qu’il a traitée de « folle » et accusée d' »être à côté de la plaque ».

Il a même laissé entendre qu’il regrettait d’avoir choisi Jerome Powell en tant que président de l’institution monétaire.

Des taux d’intérêt plus élevés renchérissent tous les crédits à la consommation et les crédits immobiliers, ce qui est impopulaire. Et M. Trump n’a pas fait mystère de son intention de se représenter en 2020.

Mais surtout, ces hausses renforcent le dollar, ce qui contrecarre les objectifs de réduction du déficit commercial de l’administration Trump, en rendant les importations moins chères et les produits américains plus onéreux à l’exportation.

Le resserrement monétaire a aussi fait baisser la bourse de New York, qui, fragilisée également par les tensions commerciales, le Brexit et les perspectives d’une croissance mondiale plus faible, traverse une période de volatilité extrême.

Alors que Donald Trump a plus d’une fois mesuré son succès à l’aune de celui des indices boursiers, le Dow Jones a perdu plus de 10% depuis son record d’octobre.

– Position délicate –

Face aux coups de boutoir de l’hôte de la Maison Blanche, la position de la Banque centrale n’est pas aisée.

Jerome Powell, le patron de la Fed –un ex-banquier, républicain modéré choisi par Donald Trump lui-même–, s’est attaché à ignorer les critiques présidentielles, assurant que la Fed restait indépendante des considérations politiques.

« Nos décisions ne peuvent pas être renversées par l’administration », a-t-il souligné récemment.

« Il faut qu’une Banque centrale soit éloignée des considérations politiques à court terme, mais elle doit également être aussi transparente (…) que possible », a-t-il ajouté.

M. Powell tiendra une conférence de presse mercredi à l’issue de la réunion monétaire où les taux devraient être augmentés de 25 points de base pour se situer entre 2,25% et 2,50%, ce qui reste encore historiquement bas, mais tout de même au plus haut depuis douze ans.

Alors que cette hausse des taux est attendue à une très large majorité (plus de 70%) par les acteurs financiers, il paraît impossible pour la Fed –à moins de catastrophe économique dans les 48 heures– de renoncer à ce relèvement sans décrédibiliser son indépendance.

Mais pour la suite, des voix s’élèvent au sein du Comité monétaire et parmi les économistes pour s’interroger sur le bien-fondé de nouvelles hausses graduelles en 2019, alors que la croissance mondiale va ralentir et celle de la première économie mondiale aussi.

Jerome Powell a lui-même changé de ton récemment, abandonnant le refrain qu’il répétait depuis des mois que des « hausses graduelles de taux » étaient nécessaires.

Mercredi, tous les yeux seront braqués sur les nouvelles prévisions de la Fed, qui pourrait diminuer la cadence des trois relèvements qu’elle prévoyait jusqu’ici pour 2019.

(©AFP / (17 décembre 2018 16h57)

https://www.romandie.com/news/A-l-avant-veille-d-une-hausse-des-taux-Trump-met-la-pression-sur-la-Fed/980635.rom