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Le FMI avertit contre un risque de recul de la croissance asiatique sur fond de tensions commerciales


Le FMI avertit contre un risque de recul de la croissance asiatique sur fond de tensions commerciales

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 19/10/2019 16:51

La croissance économique en Asie devrait être de 5% en 2019 et de 5,1% en 2020, tout en étant guettée par la menace d’un recul, a averti vendredi Changyong Rhee, un haut responsable du Fonds monétaire international (FMI).

« En phase avec le ralentissement de la croissance mondiale, la croissance dans la région Asie-Pacifique devrait être la plus lente depuis la crise financière mondiale (de 2008) dans un contexte d’incertitudes mondiales prolongée », a estimé celui qui dirige le département Asie-Pacifique au FMI en marge des réunions annuelles 2019 du FMI et de la Banque mondiale.

Notant lors d’une conférence de presse que l’économie mondiale connaissait un ralentissement synchronisé en pleines tensions commerciales et géopolitiques, M. Rhee a jugé que l’Asie ne faisait pas exception à cette tendance et qu’elle en souffrait beaucoup.

« Compte tenu de l’ouverture de la région asiatique, de sa dépendance au commerce, aux investissements et à l’industrie manufacturière, il n’est pas du tout surprenant que l’Asie connaisse également un ralentissement très important en 2019 et 2020 », a confié à Xinhua Jonathan Ostry, le bras droit de M. Rhee.

Selon lui, les tensions commerciales ont eu des effets directs non seulement sur les droits de douane, mais aussi sur la confiance des marchés financiers, qui « se répercuteront sur les investissements et la croissance ».

D’après les Perspectives de l’économie mondiale récemment publiées par le FMI, la croissance en Chine devrait diminuer modérément pour s’établir à 6,1% en 2019 et à 5,8% en 2020. « Cela reflétera la transition en cours de la Chine vers un modèle de croissance plus durable et l’impact négatif des tensions commerciales actuelles », a affirmé M. Rhee.

L’économie japonaise devrait croître de 0,9% en 2019 et être modérée à 0,5% en 2020. En Inde, ce taux devrait être de 6,1% en 2019, pour bondir en revanche à 7% en 2020.

Malgré ce ralentissement global de croissance, l’Asie « reste la région la plus dynamique » au monde, représentant plus de 70% de la croissance mondiale cette année, a-t-il ajouté.

« L’une des principales priorités est de s’attaquer aux causes de ces incertitudes afin de rétablir le système commercial multilatéral », a-t-il poursuivi. « Parallèlement, des politiques à court terme devraient soutenir la croissance là où nécessaire, mais aussi préserver la stabilité financière et budgétaire ».

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Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?


Par F. William Engdahl − Le 13 septembre 2019 − Source Russia Insider via Global Research

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Les remarques inhabituelles et les actions du chef de la Banque d’Angleterre, sur le départ, et d’autres initiés de la banque centrale suggèrent fortement qu’il existe un scénario très moche pour mettre fin au rôle du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale. Dans le processus, cela impliquerait que la Fed déclenche délibérément une dépression économique dramatique. Si ce scénario est effectivement déployé dans les mois à venir, Donald Trump entrera dans les annales de l’histoire en tant que deuxième Herbert Hoover et l’économie mondiale sera plongée dans le pire effondrement depuis les années 1930. Voici quelques éléments qui méritent d’être considérés.

Le Discours de la Banque d’Angleterre

Le 23 août, Mark Carney, président de la très spéciale Banque d’Angleterre, a prononcé un discours remarquable lors de la récente assemblée annuelle des banquiers centraux et des élites financières à Jackson Hole dans le Wyoming. Le discours de 23 pages aux autres banquiers centraux et aux initiés de la finance est clairement un signe important de la façon dont les pouvoirs installés, qui gèrent les banques centrales mondiales, envisagent de conquérir le monde.

Carney s’attaque aux failles évidentes du système de réserves en dollars après 1944, en notant que :

«… Une asymétrie déstabilisante au cœur du système monétaire et financier international (IMFS) se développe. Alors que l'économie mondiale est en train de se réorganiser, le dollar américain reste aussi important que lorsque les accords de Bretton Woods se sont effondrés. [en 1971, NdT]» Il a carrément déclaré :«… À plus long terme, nous devons changer le jeu… Les risques augmentent et ils sont structurels».

Il présente ensuite un plan remarquablement détaillé pour la transformation du règne actuel du dollar par la banque centrale mondiale, un changement révolutionnaire.

Carney explique le fait que la Chine, en tant que première nation commerçante au monde, est le candidat évident pour remplacer le dollar en tant que principale réserve. Toutefois, il note :

«… Pour que le renminbi devienne une monnaie véritablement mondiale, il en faut beaucoup plus. En outre, l’histoire enseigne que la transition vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale risque de ne pas se dérouler sans heurts.»

Il indique que cela signifie souvent des guerres ou des dépressions, car il cite le rôle de la Première Guerre mondiale, qui poussa la livre sterling vers la sortir en faveur du dollar américain. Ce que Carney trouve plus immédiat, c’est un nouveau système monétaire basé sur le FMI, destiné à remplacer le rôle dominant du dollar. Carney déclare :

"L’augmentation du renminbi pourrait, avec le temps, fournir une seconde meilleure solution aux problèmes actuels du FMI, mais la première meilleure solution consisterait à mettre en place un système multipolaire. L’avantage principal d’un système multifonctionnel multipolaire est la diversification…" Il ajoute : "Lorsque le changement intervient, il ne devrait pas être possible d’échanger un hégémon monétaire contre un autre. Tout système unipolaire n'est pas adapté à un monde multipolaire…" En d'autres termes, il dit : "Désolé, Beijing, vous devez attendre."

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre propose en effet que le FMI, avec ses droits de tirage spéciaux multidevises (DTS), un panier de cinq monnaies – dollar, livre, yen, euro et désormais renminbi – joue un rôle central dans la création d’un nouveau système :

«Le FMI devrait jouer un rôle central dans la formation des politiques nationales et transfrontalières. … Mutualiser les ressources du FMI et répartir ainsi les coûts entre les 189 pays membres …»

Pour que cela fonctionne, il propose de porter les fonds de DTS du FMI à 3 000 milliards de dollars, qui constitueraient le noyau d’un nouveau système monétaire.

Ensuite, Carney propose que le FMI supervise la création d’une nouvelle infrastructure de paiement basée sur un «stablecoin» [crypto-monnaie] international. Se référant à la Libra privée [crypto-monnaie de Facebook], il déclare clairement qu’une «nouvelle monnaie hégémonique synthétique (CSS) serait mieux fournie par le secteur public, peut-être par un réseau de monnaies numériques des banques centrales. À noter que Carney, un ancien banquier de Goldman Sachs, est mentionné comme un candidat de premier plan pour remplacer Christine Lagarde à la tête du FMI. Son discours est-il un aveu ouvert de ce que prévoient les plus grands banquiers centraux du monde comme prochaine étape vers une monnaie et un contrôle économique mondiaux ? Voyons plus loin.

En savoir plus : La mondialisation est la fin de l’humanité : vers une économie de la paix avec un système monétaire alternatif

Lagarde à la BCE

Le discours de Carney, une fois déchiffré à partir du jargon de la banque centrale, nous fournit pour la première fois une feuille de route claire sur laquelle les pouvoirs qui contrôlent la banque centrale mondiale voudraient nous emmener. Le rôle de réserve mondial du dollar américain doit prendre fin. Il doit être remplacé par une forme de DTS du FMI servant de base à une réserve multidevises, qui à son tour serait finalement basée sur une monnaie numérique, appelée aussi monnaie basée sur la block chain.

Ne vous y trompez pas, ces monnaies seraient entièrement contrôlées par les autorités de la banque centrale et le FMI. Cela nécessiterait l’élimination souvent proposée de toutes les espèces en faveur de la monnaie numérique, où chaque centime dépensé peut être contrôlé par les banquiers l’État. Cette société sans numéraire ouvrirait également la voie à la prochaine grande crise financière et à la confiscation par les gouvernements des dépôts bancaires des citoyens ordinaires en vertu de la nouvelle loi sur le « renflouement des banques » maintenant en vigueur depuis 2014 dans tous les principaux pays industrialisés, y compris l’UE et les États-Unis .

Le FMI est complètement en retard sur le passage aux monnaies numériques mondiales à chaînes de blocs et sur l’utilisation du DTS pour remplacer le dollar américain dominant. Dans un discours peu remarqué du 14 novembre 2018, la directrice du FMI, Mme Lagarde, a clairement indiqué que le FMI était derrière les initiatives de monnaies numériques des banques centrales ainsi que des sociétés sans numéraire. Elle a noté très attentivement :

"Je pense que nous devrions envisager la possibilité d'émettre de la monnaie numérique. L'État pourrait peut-être fournir de l'argent à l'économie numérique.» Elle a ajouté : «Un nouveau vent souffle, celui de la numérisation… Quel rôle restera-t-il pour l'argent dans ce monde numérique ? … La demande de liquidités diminue - comme le montrent les travaux récents du FMI. Et dans dix, vingt ou trente ans, qui échangera encore des bouts de papier ?"

Remarques de Dudley

L’introduction de ce nouveau monde monétaire numérique des banquiers centraux va nécessiter, comme le suggère Carney, des bouleversements dramatiques du statu quo, qui conduiraient à la fin du rôle dominant du dollar américain depuis l’accord de Bretton Woods de 1944. Comme ce rôle de monnaie de réserve en dollars est l’un des piliers de la puissance américaine dans le monde, sa réalisation n’exigerait rien de moins qu’une catastrophe. Est-ce vraiment ce que la Réserve fédérale prévoit discrètement avec ses politiques monétaires ?

Un soupçon remarquable de ce qui pourrait être en cours dans les travaux est venu, dans un éditorial, de la personne qui jusqu’en 2018 était le très important président de la Banque de réserve fédérale de New York, Bill Dudley, qui, comme Mark Carney, est un ancien de Goldman Sachs. Dudley n’est pas un acteur mineur dans le monde des banquiers centraux. Jusqu’à l’année dernière, il était également membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI) et présidait le Comité des systèmes de règlement des paiements de la BRI et le Comité du système financier mondial.

Dudley, soulignant la politique de guerre commerciale de Trump et ses dangers économiques, émet ensuite la rare déclaration non-diplomatique suivante :

"La réélection de Trump constitue sans doute une menace pour l’économie américaine et mondiale, pour l’indépendance de la Fed et pour sa capacité à atteindre ses objectifs en matière d’emploi et d’inflation. Si l'objectif de la politique monétaire est d'obtenir les meilleurs résultats économiques à long terme, les responsables de la Fed devraient examiner la mesure dans laquelle leurs décisions affecteront les résultats politiques de 2020."

Bien que cela ait beaucoup choqué, Dudley ne fait que rendre public ce que la Fed a fait depuis sa création en 1913 – influencer furtivement le cours de la politique mondiale et américaine en dissimulant des politiques monétaires «neutres». Dudley suggère non pas «une ingérence russe» mais plutôt une ingérence de la Fed.

La Fed pourrait facilement faire basculer les États-Unis dans la crise. Les niveaux d’endettement de l’économie américaine atteignent des records pour les ménages privés, le gouvernement fédéral et les entreprises américaines. La plupart des sociétés américaines ont utilisé une dette croissante, dépassant les 9 000 milliards de dollars, pour racheter des actions plutôt que d’investir dans de nouvelles installations et de nouveaux équipements, alimentant ainsi une bulle sans précédent dans les actions du S & P. La hausse des actions n’est pas un signe de santé économique, mais une bulle spéculative dangereuse susceptible de s’effondrer.

Si la Fed reprenait maintenant ses hausses de taux et poursuivait son resserrement quantitatif discrètement jusqu’en 2020, une série de défauts de paiement de type domino, de faillites d’entreprises, de saisies hypothécaires résidentielles, de défauts de prêts auto et de prêts étudiants pourrait rapidement rendre plus que douteuse une deuxième présidence Trump en 2020. Cependant, ce ne serait pas une raison pour que le reste du monde, qui s’oppose aux politiques de Trump, se réjouisse. Cela provoquerait également un effondrement des grands pays émergents qui ont emprunté des centaines de milliards de dollars libellés en dollars américains, notamment des sociétés d’État chinoises, la Turquie, l’Argentine et le Brésil, pour n’en nommer que quelques-uns. Les banques européennes, de l’Italie jusqu’à l’Allemagne en passant par la France, feraient faillite.

Que ce scénario de Dudley doive se concrétiser en 2020 ou non, seuls les comploteurs acteurs clés de la banque centrale le savent assurément. Il est clair que près de onze ans après la crise financière mondiale de 2008, les politiques sans précédent en matière de taux d’intérêt zéro de la banque centrale dans l’UE et jusqu’à récemment aux États-Unis ont alimenté la création de ce que certains appellent une «Bulle de Tout», pas seulement des actions, mais aussi dans les obligations des sociétés et publiques et dans les prix des maisons. Si une nouvelle intervention de la Fed, visant à relever les taux et à resserrer le crédit, l’événement prophétisé, à savoir l’éclatement délibéré, par la banque centrale, de cette bulle gonflée, sous le prétexte du danger que représente Trump pour l’économie mondiale, prophétie que Carney a en tête quand il dit, «la transition vers un nouveau la monnaie de réserve pourrait ne pas se dérouler sans heurts» pourrait bien se réaliser ? Espérons que non. Les prochains mois le diront.

F. William Engdahl est consultant et conférencier en risques stratégiques, diplômé en politique de l’Université de Princeton et auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Vous pouvez relire notre note de lecture de son dernier livre publié aux éditions demi-lune.

Note du Saker Francophone

Valérie Bugault, dès 2018, et d'autres encore comme Brandon Smith plus récemment, avait déjà démonté le projet des élites financières concentrées autour du réseau des banques centrales.

On peut aussi noter une atmosphère crépusculaire de fin de règne, et une étrange coïncidence, entre ce discours du directeur de la Banque d'Angleterre et celui de Macron, fin Août, sur les erreurs de l'occident et la place nouvelle de la Chine ou de la Russie. Le Saker US nous a déjà commenté les grandes lignes. Il est quand même surprenant que Macron, dans un discours de deux heures, n'ait pas abordé le sujet financier qui est au cœur des enjeux de pouvoir. Peut-être savait-il que le sujet allait être abordé rapidement par un autre globaliste de poids.

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-elites-mondiales-envisagent-elles-de-renverser-le-dollar

Le FMI met les USA en garde contre les risques commerciaux et financiers

Finance et marchés

Le FMI met les USA en garde contre les risques commerciaux et financiers

LE FMI MET LES USA EN GARDE CONTRE LES RISQUES COMMERCIAUX ET FINANCIERS

Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu les Etats-Unis qu’une aggravation des différends commerciaux ou un retournement brutal des marchés financiers présenteraient des risques importants pour leur économie. /Photo prise le 8 avril 2019/REUTERS/Yuri Gripas YURI GRIPAS

WASHINGTON (Reuters) – Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu les Etats-Unis qu’une aggravation des différends commerciaux ou un retournement brutal des marchés financiers présenteraient des risques importants pour leur économie

Dans un rapport publié jeudi, le FMI estime que les Etats-Unis pourraient réaliser 2,6% de croissance cette année, alors qu’il ne projetait que 2,3% en avril.

Le Fonds conseille malgré tout à la Réserve fédérale de s’abstenir de relever à nouveau les taux d’intérêt car une telle décision freinerait la croissance.

« Une aggravation des différends commerciaux en cours ou le retournement brutal d’un marché financier encore récemment exubérant représentent des risques tangibles pour l’économie américaine », écrit le FMI.

Ce dernier se montre critique vis-à-vis de la méthode suivie par les Etats-Unis, à coups de droits de douane, pour rééquilibrer les relations commerciales internationales et il estime qu’il est tout particulièrement important de résoudre le différend commercial avec la Chine car il représente une menace sérieuse pour l’économie mondiale.

Le FMI juge en outre que le système financier américain est de plus en plus vulnérable à un éventuel durcissement des conditions de financement, observant que l’endettement des entreprises n’a jamais été aussi élevé et que les normes de crédit se sont relâchées.

« Un retournement brutal de cet environnement accommodant, agissant en interaction avec les passifs des entreprises, pourrait provoquer un tassement significatif de l’activité, de l’investissement et de la création d’emplois », dit encore le Fonds.

« Le système financier paraît sain mais les risques à moyen terme pour la stabilité financière sont en hausse », poursuit le FMI, qui ne manque pas de reprocher aux régulateurs américains de ne pas faire grand chose pour parer à ces risques et d’au lieu de cela d’assouplir les contraintes réglementaires.

(Jason Lange, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/le-fmi-met-les-usa-en-garde-contre-les-risques-commerciaux-et-financiers_657292

Comment briser la spirale de la dette

INTERNATIONAL

Comment briser la spirale de la dette

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5509 Le 06/05/2019 | Partager

Vigilance quant à la soutenabilité des trajectoires
Mettre de l’ordre dans les finances publiques
Grand débat au Forum de Paris le 7 mai 2019

Alors que les dettes publiques atteignent des niveaux historiques partout dans le monde, la vigilance s’impose quant à la soutenabilité de ces trajectoires d’endettement. Le sujet sera débattu à l’occasion du Forum de Paris qui se tient le mardi 7 mai 2019 à Bercy en France.

L’événement ayant pour thème «Une dette soutenable pour une croissance durable» réunit plus d’une trentaine de ministres des Finances et de gouverneurs de Banque centrale. Si les besoins de financement des pays en développement sont très importants pour atteindre les objectifs du développement durable à horizon 2030, comment s’assurer que ces financements contribuent durablement à la croissance? Comment définir des règles du jeu équitables pour que ces financements bénéficient à tous? Les participants au Forum devront  relancer le débat sur ces questions.

Le choix du sujet intervient au moment où les alertes sur la dette mondiale s’amplifient. Après la mise en garde de la Banque mondiale, de la Banque des règlements internationaux (BRI), de l’Institut de la finance internationale (IIF) ou encore de la Cnuced et de l’OCDE… c’est au tour du FMI de remettre une couche sur la question.

L’endettement global (public et privé) des 190 pays membres de l’institution internationale a atteint la somme de 184.000 milliards de dollars, soit 225% de leur PIB cumulé. En moyenne, la dette mondiale dépasse 86.000 dollars par habitant, soit plus de deux fois et demie le revenu moyen par habitant. Elle est concentrée notamment aux Etats-Unis, en Chine et au Japon qui en représentent plus de la moitié. Les pays émergents ont également vu leur endettement s’accroître, en raison de la montée en flèche de la dette chinoise.

Dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP), les inquiétudes grandissent aussi sur le plan budgétaire. La hausse de la dette publique empêche de plus en plus les pays de répondre à des besoins structurels pressants (cf. notre édition N° 5506 du 30/04/2019).

La croissance économique ralentit et la dette publique reste élevée dans le monde. Que devraient faire les dirigeants? Dans le nouveau «Moniteur des finances publiques», les experts (1) du FMI (https://www.imf.org) soutiennent qu’ils peuvent adopter une vision à long terme pour favoriser une croissance plus forte et inclusive. Dans ce but, ils doivent mettre de l’ordre dans leurs finances publiques en réduisant progressivement la dette pour se préparer au prochain ralentissement économique et en modernisant la politique budgétaire pour investir dans l’avenir de la population. Par conséquent, il est nécessaire de mieux répartir les dépenses, de dégager plus de marges budgétaires et d’améliorer la politique fiscale.

Un endettement élevé peut limiter la capacité des dirigeants d’augmenter les dépenses ou de réduire les impôts pour compenser une faible croissance économique. Car les créanciers peuvent se montrer moins disposés à financer des déficits budgétaires croissants. En outre, le paiement des intérêts sur la dette a pour effet d’évincer les dépenses d’éducation, de santé et d’infrastructure, à savoir des investissements qui contribuent à la croissance des pays à long terme.

Sur la liste des recommandations du FMI, chaque pays devra mettre au point une stratégie appropriée pour dégager plus de marges budgétaires.     Les pays fortement endettés devront augmenter leurs recettes ou limiter leurs dépenses excessives. Surtout ceux où la croissance économique actuelle dépasse la croissance potentielle à long terme (comme les Etats-Unis) ou ceux dont les coûts d’emprunt sont élevés et les besoins de financement importants (comme le Brésil et l’Italie).

Pourtant, ces pays devraient maintenir leurs investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures, soit en redéfinissant les priorités en matière de dépenses, soit en élargissant l’assiette fiscale (par exemple en supprimant les exonérations fiscales et en améliorant l’administration fiscale).

Dans les pays où le financement pose moins problème, comme en Allemagne et en Corée, les dirigeants pourraient augmenter les investissements dans les infrastructures et l’éducation pour soutenir l’économie à court terme. Ils peuvent favoriser une croissance inclusive au cours des prochaines décennies.

Le FMI recommande enfin aux pays d’adopter des politiques plus intelligentes et plus souples en vue de faciliter le changement. Dans ce but, ils doivent améliorer la politique budgétaire sur trois fronts: réorienter les dépenses, dégager plus de marges budgétaires et améliorer les politiques fiscales.

Chiffres vertigineux

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  • Début 2018, le stock de la dette mondiale n’était pas loin de 250.000 milliards de dollars (soit trois fois le revenu mondial)
  • Contre 142.000 milliards de dollars dix ans plus tôt
  • Le ratio dette/PIB mondial est plus élevé de presque un tiers qu’en 2008
  • La dette privée a explosé en particulier dans les pays émergents et pays en développement dont:
  • La part de l’encours de la dette mondiale a augmenté de 7% en 2007 à 26% en 2017, tandis que le ratio crédit aux sociétés non financières/PIB des pays émergents à économie de marché a enregistré une hausse de 56% en 2008 à 105% en 2017

Source: Estimations de la Cnuced

Fatim-Zahra TOHRY

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(1) «L’endettement élevé des pays freine leur adaptation à l’évolution rapide de l’économie mondiale», Vitor Gaspar, John Ralyea et Elif Ture, https://www.imf.org

https://www.leconomiste.com/article/1044721-comment-briser-la-spirale-de-la-dette

Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

 

    https://www.investigaction.net/fr/sur-fond-de-scandales-de-corruption-et-daccords-avec-le-fmi-et-washington-le-gouvernement-equatorien-trahit-assange/La décision prise par le gouvernement équatorien du président Lenín Moreno d’inviter la police britannique dans son ambassade de Londres à enlever Julian Assange, ouvrant la voie à l’extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis, constitue une violation flagrante du droit international et un honteux nouveau chapitre de la lâcheté et de la soumission de la bourgeoisie de l’Amérique latine à l’impérialisme américain.

    Le gouvernement équatorien a non seulement ouvert les portes de son ambassade au peloton d’intervention policière britannique, mais il a annoncé jeudi que le jour précédent, sans notification à Assange ni à ses avocats, le ministère des affaires étrangères du pays avait sommairement déchu le journaliste de sa citoyenneté équatorienne, qui lui avait été accordée en 2017 dans le but d’obtenir sa liberté de l’ambassade sous couverture diplomatique.

    Des responsables gouvernementaux ont affirmé que la décision d’octroyer la citoyenneté à Assange avait été entachée «d’irrégularités» non spécifiées. Le motif de l’abrogation de la décision était clair: la constitution équatorienne interdit l’extradition des ses citoyens et exige qu’ils soient jugés pour tout crime en conformité avec ses propres lois.

    Le président Lenín Moreno a annoncé son sale marché avec l’impérialisme américain et britannique dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, dans laquelle il affirmait avoir obtenu la garantie de Londres que Assange ne serait pas extradé vers «un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». Ce mensonge a été immédiatement contredit du fait que le ministère américain de la Justice ait publié un acte d’accusation, et les autorités britanniques ont clairement indiqué qu’elles attendaient de mettre à exécution l’extradition d’Assange vers un pays où la peine de mort est en vigueur et qui pratique la torture à l’échelle internationale.

    L’avocat équatorien d’Assange, Carlos Poveda, a dénoncé les actions arbitraires, antidémocratiques et extrajudiciaires du gouvernement. «Au minimum, nous aurions dû être informés afin que nous puissions exercer le droit de la défense», a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait que la loi stipule que tout arrêt d’asile doit d’abord être examiné avec le demandeur d’asile, qui a le droit de plaider sa cause.

    Le ministre des affaires étrangères d’Équateur, Jose Valencia, s’est présenté jeudi devant l’Assemblée nationale du pays pour justifier l’acte illégal commis par le gouvernement visant à priver Assange sommairement de son asile.

    La présentation de Valencia, qui a été interrompue par des cris de «traître» et de vendepatria, de la part des législateurs de l’opposition, comprenait neuf points, composés de mensonges et d’absurdités.

    Il a affirmé qu’Assange, qui avait été détenu dans des conditions de plus en plus draconiennes dans l’ambassade, en grande partie coupé du monde extérieur, s’était livré à «d’innombrables actes d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres États», s’était mal comporté envers les représentants de l’ambassade et avait «proféré des menaces insultantes» contre le gouvernement équatorien, y compris l’accusation «infâme et diffamatoire» selon laquelle il «agissait sous la pression de pays étrangers».

    Ce même Valencia avait, la semaine dernière, dénoncé l’avertissement « insultant » de WikiLeaks selon lequel son gouvernement était parvenu à un accord avec les autorités britanniques pour confier Assange à la police britannique.

    Valence alla jusqu’à prétendre que la remise d’Assange avait été effectuée en partie pour préserver sa santé. Il s’est ensuite plaint des dépenses considérables que l’ambassade avait encourues pour sa nourriture, ses frais médicaux et sa lessive.

    Le contexte immédiat de l’action du gouvernement équatorien est un scandale de corruption qui fait rage et qui implique le président Moreno et sa famille. Les «papiers INA», un vaste ensemble de documents, courriels et autres communications via les médias sociaux, ont impliqué Moreno dans des crimes allant de la corruption officielle au parjure en passant par le blanchiment d’argent.

    Au centre du scandale se trouve un projet dans lequel la société chinoise Sinohydro, qui a construit un barrage hydroélectrique en Équateur, a versé 18 millions de dollars de pots de vin à une société offshore, qui a ensuite transféré les fonds à un ensemble de 10 sociétés-écran comprenant INA Investments Corp, appartenant à Edwin Moreno, le frère du président. Le nom de la société est tiré de la syllabe commune aux noms des trois filles du président, Irina, Cristina et Karina.

    Le législateur de l’opposition Ronny Aleaga, qui a déclaré avoir reçu le dossier anonymement, a insisté pour que les documents établissent que la société avait été placée sous la direction de prête-nom afin de dissimuler les liens du président avec la combine.

    Les documents ont été publiés pour la première fois en février 2019, suscitant une enquête du Congrès. Le 26 mars, le compte Twitter de WikiLeaks a attiré l’attention sur l’enquête, citant un reportage du New York Times selon lequel Moreno était en discussion avec l’administration Trump – via un voyage à Quito en mai 2017 de l’ancien président de la campagne de Trump, Paul Manafort – de la remise d’Assange en échange d’un allégement de la dette.

    Le ministre des affaires étrangères, Valencia, a réagi immédiatement au tweet, le traitant «de mensonge absurde afin de porter atteinte à la dignité de notre pays», et a juré que le gouvernement prendrait des mesures.

    Par la suite, Moreno et ses subordonnés ont tenté de déformer le tweet des informations de Wikileaks, déjà diffusées et bien éventées en Equateur comme la preuve qu’Assange, dans l’isolement quasi-total à l’ambassade de Londres, était personnellement responsable du piratage du téléphone et des courriels du président.

    Dans les deux jours qui ont suivi le tweet de WikiLeaks, l’Assemblée nationale équatorienne, dans laquelle le parti de Moreno et les autres partis de droite détiennent la majorité, a adopté une résolution appelant le ministère des affaires étrangères à exercer des représailles contre Assange à propos la fuite des papiers INA.

    Le président équatorien a mené une campagne cynique, affirmant qu’il était victime d’une atteinte à la vie privée et que les documents de l’INA comprenaient des «photos privées» de lui-même et de sa famille, dans le but de détourner l’attention du public des nombreuses preuves de sa corruption sans bornes.

    A travers l’expulsion d’Assange de l’ambassade de Londres, le gouvernement de Moreno a intensifié sa campagne. Maria Paula Romo, ministre équatorienne de l’Intérieur, a déclaré qu’Assange et WikiLeaks étaient impliqués dans un complot visant à «déstabiliser» le gouvernement Moreno, qui impliquait prétendument deux «pirates informatiques russes» travaillant en Équateur, Ricardo Patiño, ancien ministre équatorien des affaires étrangères, et éventuellement, le gouvernement vénézuélien du président Nicolas Maduro. Elle a affirmé que les preuves de ce complot seraient bientôt transmises aux procureurs équatoriens.

    Tout cela est un tas de mensonges destinés à détourner l’attention des accusations de corruption portées contre Moreno et à détourner la colère populaire croissante contre son gouvernement de droite. Les sondages récents ont placé sa popularité à peine 17 pour cent.

    Moreno a clairement indiqué son intention de trahir Assange dès son entrée en fonction en 2017. Il a qualifié le journaliste né en Australie de «pirate informatique», de «problème hérité» et de «cailloux dans notre chaussure».

    Le précédent gouvernement du président Rafael Correa avait accordé l’asile à Assange en 2012 en raison des preuves évidentes de ses persécutions politiques pour avoir révélé les crimes de guerre impérialistes du gouvernement américain, la surveillance de masse et les complots antidémocratiques perpétrés par Washington, d’autres gouvernements et des sociétés transnationales.

    Lorsque le gouvernement de Quito a décidé d’accorder l’asile à Assange dans son ambassade à Londres, son ministre des affaires étrangères de l’époque, Ricardo Patiño, déclara que la vendetta de Washington contre le journaliste «pourrait mettre en danger sa sécurité, son intégrité et même sa vie». Il continua : «Les preuves montrent que si M. Assange est extradé aux États-Unis, il ne bénéficiera pas d’un procès équitable. Il n’est absolument pas impossible qu’il puisse être soumis à des traitements cruels et dégradants et condamné à la réclusion à perpétuité ou même à la peine capitale.»

    Qu’est-ce qui a changé depuis presque sept ans qu’Assange s’est retrouvé pris au piège dans l’ambassade équatorienne? L’administration Trump n’a fait qu’expliciter les menaces qui pèsent sur le journaliste. L’ancien directeur de la CIA et secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que WikiLeaks était un «service de renseignement non-étatique hostile» dont les activités ne sont pas protégées par le premier amendement de la constitution. L’ancien procureur général Jeff Sessions a insisté sur le fait que ramener Assange aux États-Unis enchaîné pour faire face à un procès truqué était une «priorité» pour le ministère de la justice des États-Unis.

    Le changement ne réside pas dans la menace qui pèse sur Assange, mais plutôt dans le virage à droite brutal du gouvernement de Lenín Moreno, qui fait partie d’une vague de réaction qui a accompagné le reflux de la fameuse marée rose dans toute l’Amérique latine.

    Nulle part cela n’a été plus évident que dans les politiques suivies par Moreno, successeur trié sur le volet par l’ancien président Correa qui s’était déclaré partisan de la «révolution bolivarienne» et du «socialisme du XXIe siècle».

    Moreno a poursuivi une politique visant à subordonner l’Équateur aux banques et institutions financières internationales sur le plan économique et à l’impérialisme américain sur le plan politique. Plus tôt cette année, il a conclu des accords avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales pour un crédit de 10 milliards de dollars en échange de la mise en œuvre de mesures d’austérité draconiennes qui ont entraîné la suppression de plus de 10.000 emplois dans le secteur public, ainsi que la moitié des ministères du gouvernement, ainsi que la réduction des impôts sur les riches, la destruction du droit de travail et la suppression des subventions aux prix du carburant.

    Ces politiques ont provoqué des manifestations de masse et une grève générale contre le gouvernement Moreno.

    En même temps, Moreno a sollicité l’approbation du département d’État américain et du Pentagone, devenant l’un des partisans les plus enthousiastes du coup d’État impulsé par les États-Unis au Venezuela et du prétendu «président par intérim» Juan Guaidó.

    Correa, l’ancien président de l’Équateur, a condamné l’action du gouvernement Moreno. «Lenín Moreno, le plus grand traître de l’histoire de l’Équateur et de l’Amérique latine, a autorisé la police britannique à pénétrer dans notre ambassade à Londres pour arrêter Assange», a-t-il déclaré. Moreno, a-t-il ajouté, «a démontré son manque d’humanité devant le monde en rendant Julian Assange – non seulement un demandeur d’asile, mais aussi un citoyen équatorien – à la police britannique», ce qui a mis à la fois sa vie «en danger» et a «humilié l’Équateur».

    De même, l’ancien ministre des affaires étrangères équatorien, Guillaume Long, a publié jeudi une déclaration dans laquelle il dénonçait cette arrestation. «La reddition de Julian Assange, traîné par la police britannique après être entrée dans notre mission diplomatique pour l’enlever, est une honte nationale et une erreur historique qui laissera une marque profonde sur l’Équateur pendant longtemps», a-t-il déclaré.

    Long a ajouté que la décision du gouvernement violait les décisions des Nations Unies et de la Cour interaméricaine des droits de l’homme et que «les générations futures d’Équatoriens s’en souviendront comme un acte infâme, de servilité, et de dégradation éthique.»

    La trahison d’Assange fait partie intégrante du virage à droite du gouvernement Moreno et de l’adaptation à l’impérialisme américain, qui a jeté les bases d’une attaque frontale contre la classe ouvrière équatorienne. La défense d’Assange et des droits démocratiques fondamentaux dépend de la lutte pour unifier les travailleurs en Équateur, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans le monde entier dans la lutte contre le système capitaliste.

     

    Source: https://www.investigaction.net/fr/sur-fond-de-scandales-de-corruption-et-daccords-avec-le-fmi-et-washington-le-gouvernement-equatorien-trahit-assange/

    NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

    NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

    Publié le 5 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in PétroleEtats-UnisMoyen-OrientEconomie

    Achtung, achtung, les alarmes retentissent à nouveau dans les corridors du système impérial. Les stratèges affolés du Washingtonistan se précipitent à leur table de contrôle global. Interdits, il fixent un voyant rouge qui ne cesse de clignoter : Arabie Saoudite. Eh merde… Sur un mur, un écran affiche la signification première de l’alerte : Pétrodollar en danger.

    Avant de continuer le feuilleton, un assez long rappel est nécessaire. En octobre 2017, dans un article qui fit date, intitulé Seoud yuanisé ou l’empire en péril, nous expliquions l’importance colossale (n’ayons pas peur des mots) de la question :

    Il est de ces répétitions de l’Histoire… Il y a plus de deux ans – sous le titre Pétrodollar : le début de la fin ? – nous écrivions un billet prémonitoire qui n’a pas pris une ride :

    A Washington, on doit beaucoup écouter les Doors en ce moment : This is the end, my only friend, the end… Certes, il ne faut pas vendre la peau de l’aigle avant de l’avoir plumé, mais ce n’est pas vraiment un futur radieux qui se profile à l’horizon pour l’empire 2.0.

    Le système financier issu de la Seconde guerre mondiale – notamment les prêts en dollars du FMI ou de la Banque mondiale – assurait l’hégémonie de la monnaie américaine, permettant aux Etats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens en faisant financer leur dette par des pays étrangers tenus d’accumuler des réserves de titres libellés en dollars pour commercer. Ce « privilège exorbitant » (dixit Giscard) fut encore renforcé en 1973 lorsque Nixon se mit d’accord avec les Saoudiens pour que ceux-ci vendent leur pétrole uniquement en billets verts, créant de facto le pétrodollar. L’OPEP suivra deux ans après. Pour les Etats-Unis, des décennies d’argent facile et de guerres financées par des pays tiers…

    Jusqu’à ce que ces pays tiers disent stop. Certains d’entre eux du moins. La fronde a commencé vers la fin des années 2000. En Amérique latine, Argentine et Brésil décident de commercer dans leurs monnaies respectives, puis c’est au tour de la Chine et du Brésil, tandis que les pays émergents se rebellent au sein même des instances du FMI et de la Banque mondiale. Curieusement, Poutine était d’abord en retrait dans ce mouvement jusqu’à ce que la nouvelle Guerre froide subséquente à la crise ukrainienne fasse de lui le chevalier blanc de la dé-dollarisation de la planète. C’est, depuis 2014, une avalanche de défections auxquelles fait face le billet vert, contrairement à la fable médiatique hollywoodienne qui voudrait nous faire croire à une « communauté internationale » réunie autour de l’Occident. Russie, Chine, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Inde, Turquie, Uruguay, Iran, Equateur, Egypte, Venezuela, Vietnam, Paraguay, Kazakhstan… tous ces pays ont renoncé au dollar ou sont en voie de le faire dans leurs échanges commerciaux bilatéraux au profit de leur monnaie ou de l’or. Pire ! les propres alliés de Washington (Canada, Corée du sud, Qatar) quittent le navire et s’en vont sifflotant passer des accords SWAP (échanges de devises) avec la Chine.

    Comme si cela ne suffisait pas, les BRICS ont décidé au sommet de Fortaleza la création d’un système financier parallèle concurrençant le FMI et la Banque Mondiale d’obédience américaine tandis que la Chine y allait de sa propre banque personnelle vers laquelle se sont précipités les alliés intimes de l’oncle Sam (Angleterre, Australie) comme des enfants turbulents désobéissant au majordome. Il paraît qu’Obama en a interrompu sa partie de golf…

    Une chose demeurait, stoïque et inébranlable : le pétrodollar. Saddam avait bien tenté de monter une bourse pétrolière en euros mais il fut immédiatement tomahawkisé. Kadhafi avait lancé l’idée mais les bombes libératrices de l’OTAN tombaient déjà sur Tripoli avant qu’il ait eu le temps de passer un coup de fil. Les stratèges américains pouvaient dormir du sommeil du juste, leurs charmants alliés pétromonarchiques du Golfe resteraient le doigt sur la couture du pantalon.

    Sauf que… Une info extrêmement importante, donc passée inaperçue dans la presse française, est sortie il y a quelques jours. La Russie et l’Angola ont dépassé l’Arabie saoudite comme premiers fournisseurs de pétrole à la Chine. Chose intéressante d’après les observateurs, c’est le fait que la Russie (encore ce diable de Poutine !) accepte désormais les paiements en yuans chinois qui a motivé ce changement tectonique. D’après un analyste, si l’Arabie veut reprendre sa part de marché, il faudrait qu’elle commence à songer sérieusement à accepter des paiements en yuans… c’est-à-dire mettre fin au pétrodollar.

    Et là, cela risque de poser un sérieux dilemme aux Saoudiens : faire une croix sur leur prééminence pétrolière mondiale ou faire une croix sur le pétrodollar au risque de voir les Américains le prendre très mal et éventuellement fomenter un changement de régime.

    Y a-t-il un lien avec la visite de haut niveau des Saoudiens à St Pétersbourg la semaine dernière, quelque chose du genre « Cher Vladimir, vous nous protégerez le cas échéant si on change de devise ? » A suivre…

    On ne pouvait pas taper plus dans le mille. Octobre 2017 : un économiste de renom prévoit le remplacement par Riyad du dollar par le yuan, le roi saoudien effectue une visite historique à Moscou et les Russes vont vendre des batteries S400 à l’Arabie saoudite.

    Carl Weinberg ne s’est pas souvent trompé dans ses analyses. Aussi, quand il déclare que Riyad est fortement encouragée par Pékin à lui vendre son pétrole en yuans et prédit que d’ici peu, les Saoudiens succomberont à la pression, il vaut mieux le prendre au sérieux :

    « D’ici deux ans, la demande chinoise en pétrole écrasera la demande américaine. Je pense que la cotation des cours en yuans est pour bientôt. Dès que les Saoudiens l’accepteront – comme les Chinois les y contraignent – le reste du marché [les pétromonarchies, ndlr] suivra le mouvement. »

    En filigrane, l’effondrement du pétrodollar mis en place il y a plus de quarante ans et pilier du système impérial américain. Les liaisons dangereuses entre Bush Junior et l’establishment wahhabite, le tendre baiser de Barack à frites sur le royal arrière-train du Seoud, tout cela n’aura finalement servi à rien…

    Ca doit sérieusement grincer des dents le long des corridors néo-cons de Washington et il n’est pas impossible que quelques plans sur la « remodélisation » du royaume saoudien soient soudain sortis des tiroirs. Coïncidence (ou pas), le facétieux Vladimirovitch a justement ironisé sur la chose lors de la réunion annuelle du Club Vadaï à Sotchi (…)

    Est-ce tout à fait un hasard si, dans ces conditions, Salman a débarqué à Moscou il y a deux semaines, la première visite officielle d’un monarque saoudien en Russie. Cela fait des décennies que l’ours et le chameau sont opposés sur à peu près tous les dossiers brûlants de la planète, le second finançant le djihadisme mondial pour le bénéfice de son parrain US afin de diviser l’Eurasie et mettre le premier en difficulté. Que cache donc cette visite historique ?

    Au-delà des nécessaires relations entre ces deux poids lourds du pétrole (accord OPEP+), le Seoud suit les pas des autres acteurs du Moyen-Orient, délaissés par l’inexorable reflux de l’empire et qui vont tous rendre visite au nouveau boss de la région. Comme le dit sans ambages Bloomberg :

    « Les Israéliens, les Turcs, les Egyptiens, les Jordaniens – tous prennent le chemin du Kremlin dans l’espoir que Vladimir Poutine, le nouveau maître du Moyen-Orient, puisse assurer leurs intérêts et résoudre leurs problèmes. »

    Le Seoud ne fait pas autre chose, allant à Canossa, mangeant son keffieh en rabaissant très sérieusement ses folles prétentions syriennes (tiens, Assad ne doit plus partir finalement). Mais il y a peut-être plus, beaucoup plus, et plusieurs voix (ici ou ici) y décèlent un changement tectonique. Nous en revenons à notre pétrole yuanisé et à nos S400…

    Certains ont dû avoir le hoquet en lisant qu’après la Turquie, Moscou allait également vendre son inégalable système anti-aérien à son ex-Némésis wahhabite. On le comprendrait mieux s’il s’agit de créer un environnement favorable à une transition saoudienne vers la dédollarisation et la multipolarité eurasienne, voire d’assurer la future défense du pays face aux réactions hystériques de l’empire trahi. L’avenir nous le dira…

    L’avenir sourit à qui sait attendre et nous n’avons pas encore la réponse à cette interrogation aux conséquences tectoniques. Mais si nos petits stratèges de DC la Folle sont en alerte rouge, c’est que la question revient avec acuité sur le devant de la scène. Riyad vient de menacer Washington d’abandonner la vente de son pétrole en dollars si le NOPEC passe. Traduction : la fin du pétrodollar, l’un des principaux piliers de la puissance impériale depuis un demi-siècle.

    NOPEC, quézako ? Dans un article au titre quelque peu neuneu – NOPEC, l’arme de destruction massive de Trump contre l’OPEP – et n’analysant évidemment pas le désastre stratégique que cela constituerait pour les Etats-Unis, la presse nous l’expliquait néanmoins clairement il y a quelques mois :

    Alors que Donald Trump veut à tout prix faire baisser les cours du brut, une sous-commission du Sénat va étudier mercredi la loi Nopec qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

    Donald Trump sera-t-il prêt à tout pour faire baisser les cours du brut ? Le président américain, qui tente sans succès depuis l’été d’obtenir des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qu’ils augmentent encore davantage leur production afin de faire baisser les prix, pourrait sortir l’artillerie lourde, selon la presse américaine.

    Baptisée Nopec, la « loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole », va faire l’objet d’une audition ce mercredi 3 octobre devant le Sénat. Celle-ci modifierait la législation antitrust pour permettre de poursuivre pour collusion les pays de l’Opep et elle interdirait de restreindre la production d’hydrocarbures ou d’en fixer les prix. Rejetée jusqu’ici par Washington soucieux de ménager l’allié saoudien, leader du cartel, la proposition, régulièrement évoquée ces dix dernières années, serait, si elle aboutissait, un véritable coup de force des États-Unis. « L’Opep est la bête noire de Trump qui pourrait soutenir le Nopec ».

    Les Saoudiens sont vent debout contre cette loi. Le mois dernier encore, ils annonçaient l’apocalypse lors de rencontres avec l’establishment financier de Wall Street. Il semble qu’ils aient maintenant passé la vitesse supérieure si l’on en croit leur menace d’abandonner le pétrodollar, « l’option nucléaire » comme elle est surnommée, et auprès de laquelle « l’arme de destruction massive » si chère à nos petits binoclards journalistiques fait figure de plaisanterie douteuse. Quand on connaît le poids de l’or noir, dont le commerce (principalement en dollars jusqu’à présent) est plus important que celui de tous les métaux bruts combinés, on comprend la portée de la chose…

    Les Chinois sont extrêmement attentifs, eux qui font chaque jour un peu plus pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle leur vende son pétrole en yuans. Les Russes n’en perdent pas une miette non plus, l’option nucléaire saoudienne valant en l’occurrence bien plus que leurs derniers bijoux hypersoniques pourtant redoutables.

    Sans surprise, le Deep State US ainsi que le lobby pétrolier s’opposent résolument au NOPEC qui, néanmoins, fait son bonhomme de chemin et passe l’un après l’autre les obstacles au Congrès. Car nous touchons là à l’éternelle contradiction historique entre intérêts nationaux et impériaux. La Rome du dernier siècle de la République en savait quelque chose, mais ceci est un autre sujet…

    Ces Sénateurs et Représentants n’ont certes rien contre l’omnipotence américaine dans le monde mais ils ont aussi, petit détail fort incommodant, des électeurs. Eh oui, ces satanés citoyens qui ne s’intéressent, eux, qu’à leur fin de mois difficile et se fichent comme de l’an 40 des bases US dans le Rimland. On se rappelle qu’en 1992, à la grande consternation du Deep State, George Bush Senior, le président qui avait supervisé la chute de l’URSS et pouvait pousser à fond l’avantage de l’empire, avait été battu par un gringalet nommé Bill Clinton, qui ne faisait que promettre des jobs. Si l’Etat profond avait évidemment fini par récupérer ce dernier au bout de quelques années, les néo-cons se sont toujours mordu les doigts de n’avoir pas su placer un des leurs à la Maison Blanche en cette période cruciale du début de la décennie 90.

    Pour les membres du Congrès, tournés vers la situation intérieure, l’équation est simple : NOPEC = pétrole moins cher = consommateurs contents = réélection. Avec, en passant, une petite gifle à l’Arabie Saoudite en prime, dont l’image dans le public américain est aussi écornée qu’un parchemin rassis du XIIIème siècle.

    Le lobby pétrolier, lui, pense évidemment en sens inverse : or moins cher = moins de profits. Dans le même wagon, les producteurs de pétrole de schiste réclament à cor et à cri un baril au-dessus de 70$ pour couvrir les coûts énormes de la fracturation hydraulique. Quant au Deep State, il grince des dents en imaginant la fin du financement facile de ses guerres/bases/invasions/coups d’Etat, marque de fabrique impériale.

    S’il y en a un qui doit être assez désarçonné en ce moment, c’est bien le Donald. Ayant mis un accent sincère durant sa campagne sur le pouvoir d’achat, il se lâche régulièrement en imprécations twitteresques contre l’OPEP, vilipendant le cartel pour cause de pétrole cher. D’un autre côté, au-delà même de savoir s’il a définitivement été drainé par le marais, un président américain peut-il réellement et sciemment laisser tomber le pétrodollar ? Le NOPEC n’est pas nouveau et, en leur temps, Bush Junior et Barrack à frites s’y sont tous deux fortement opposés, brandissant carrément la menace du veto. Si le Donald rêve indéniablement moins de gloire expansionniste que ses deux prédécesseurs et si son inclination personnelle et politique le pousserait à soutenir le NOPEC, va-t-il pour autant franchir le Rubicon ? Rien n’est moins sûr.

    A Moscou et à Pékin, on attend la suite du feuilleton avec impatience. Que le NOPEC passe et que les Saoudiens mettent, pour une fois, leurs menaces à exécution, et c’est tout l’édifice impérial qui s’effrite, avec les gigantesques conséquences que l’on sait. Et même si, finalement, les choses rentrent d’une manière ou d’une autre dans l’ordre à Washington (torpillage du NOPEC au Congrès par le Deep State, veto présidentiel), l’épisode restera comme un coup de canif supplémentaire et indélébile à la majesté du pétrodollar. C’est, à ma connaissance, la première fois que les Seoud évoquent publiquement la possibilité d’abandonner le dollar. Une véritable révolution copernicienne devant laquelle Russes et Chinois se frottent les mains…

    http://www.chroniquesdugrandjeu.com/nopec-dedollarisation-et-le-casse-tete-de-l-or-noir

    LAGARDE (FMI) : « LA ZONE EURO N’EST PAS ASSEZ PRÉPARÉE POUR LA PROCHAINE CRISE »

    LAGARDE (FMI) : « LA ZONE EURO N’EST PAS ASSEZ PRÉPARÉE POUR LA PROCHAINE CRISE »

    PUBLIÉ PAR GOLDBROKER ™ | 28 MARS 2019 | ARTICLES755 

    « Crise ». Le mot ne cesse de revenir dans la bouche des experts. Ce jeudi, c’est la directrice générale du FMI, rien de moins, qui l’a employé. Pour Christine Lagarde, la zone euro n’est pas assez préparée pour affronter la prochaine crise. Elle a appelé à renforcer son système bancaire.

    « L’union monétaire est effectivement plus résiliente qu’il y a dix ans, mais elle ne l’est pas assez », a-t-elle affirmé lors d’une conférence organisée par la Banque de France (BdF), lançant un avertissement d’autant plus sérieux que les perspectives pour l’économie mondiale sont en train de se dégrader.

    Christine Lagarde a rappelé que la zone euro avait « essuyé une violente tempête lors de la crise financière mondiale » de 2008 « puis une autre peu après, lors de la crise de la dette souveraine de la zone euro ». « De nombreux ménages et entreprises portent encore les douloureuses cicatrices de ces événements, sources de disparités économiques entre les pays membres et en leur sein », a indiqué la dirigeante du Fonds monétaire international.

    « Son système bancaire est plus sûr, mais il ne l’est pas assez », a ajouté Mme Lagarde, soulignant qu’il « ne serait pas faux d’affirmer que l’Europe tarde à produire un écosystème financier complètement développé », le qualifiant de « jeune et incomplet ».

    En février dernier, Christine Lagarde avait prévenu que les nuages s’amoncelant dans le ciel économique mondial étaient susceptibles de déclencher une « tempête ».

    Source originale: L’Echo

    La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.

    Le FMI tente d’empêcher les Îles Marshall d’adopter une cryptomonnaie

    Le FMI tente d’empêcher les Îles Marshall d’adopter une cryptomonnaie

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    Le Parlement des Îles Marshall a adopté, le 26 février 2018, le principe d’une cryptomonnaie (Declaration and Issuance of the Sovereign Currency Act 2018). Elle devrait être mise en œuvre par une société israélienne, Neema, sous le nom de Sovereign (SOV).

    Les Îles Marshall, qui n’ont pas d’armée et dont la Défense est assurée par les États-Unis, n’ont pas de monnaie propre et utilisent le Dollar.

    Selon le Fonds monétaire international, le projet de Sovereign n’offre aucune garantie en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Il pourrait donc ne pas obtenir la convertibilité en Dollar.

    Affolé par cette perspective, le Parlement des Îles Marshall devra se prononcer le 12 novembre sur sa mise en application et, éventuellement, censurer le gouvernement d’Hilda Heine.

    Actuellement, le Venezuela est le seul État au monde à disposer d’une crypto-monnaie, le Petro. Cependant, celle-ci n’est pas fixée sur le marché, mais sur les réserves naturelles du pays. Ce système a permis de mettre fin à la dépréciation abyssale du Nouveau Bolivar.

    Depuis le début 2018, le Royaume-Uni, le Canada, Singapour, la Turquie et l’Iran étudient la possibilité de créer leur propre cryptomonnaie.

    Documents joints

    IMF Report
    See page 6 : « Protecting fincial stability ».
    (PDF – 1.4 Mo)

     

    http://www.voltairenet.org/article203813.html

    La Turquie jure de sortir « plus forte », écarte toute aide du FMI

    La Turquie jure de sortir « plus forte », écarte toute aide du FMI

    Le ministre turc des Finances et gendre de Recep Tayyip Erdogan, Berat Albayrak, à Istanbul le 10 août 2018. / © AFP / Yasin AKGUL

    Le puissant ministre turc des Finances s’est efforcé jeudi de rassurer les investisseurs étrangers, assurant que la Turquie n’avait pas besoin de l’aide du Fonds monétaire international pour sortir « encore plus forte » de la crise monétaire qu’elle traverse.

    Berat Albayrak, qui est aussi le gendre du président Recep Tayyip Erdogan, s’est adressé dans l’après-midi à quelques milliers d’investisseurs originaires des Etats-Unis, d’Europe et d’Asie lors d’une téléconférence inédite qui s’annonçait comme un test de crédibilité.

    « Nous sortirons encore plus forts de ces turbulences », a déclaré le ministre, selon des propos rapportés par la télévision d’Etat TRT.

    Affirmant que la Turquie n’envisageait pas d’avoir recours au FMI, il a ajouté que son gouvernement s’efforcerait d’attirer des investissements directs de l’étranger.

    La livre turque, qui s’est effondrée la semaine dernière sur fond de crise diplomatique avec les Etats-Unis, a réagi positivement à ces déclarations, rebondissant jeudi pour le troisième jour de suite.

    Elle gagnait ainsi environ 3,9% de sa valeur face au dollar à 14H10 GMT par rapport à la séance de changes précédente, s’échangeant à 5,72 livres contre un billet vert, même si elle était loin d’effacer l’importante perte de ces derniers jours.

    La livre semble s’être stabilisée depuis mardi sous l’effet de mesures prises par la banque centrale et de nouvelles barrières dressées par le régulateur turc des banques (BDDK) pour limiter la spéculation sur la devise turque.

    – Risque de contraction –

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un rassemblement public dans la région d’Unye. Le 11 août 2018. / © TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP / Cem OKSUZ

    Cette dernière, qui a perdu 40% de sa valeur cette année, a connu la semaine dernière une spectaculaire débâcle qui a fait souffler un vent de panique sur les places boursières mondiales redoutant un effet contagieux.

    Cet effondrement a été accéléré par l’escalade des tensions entre la Turquie et les Etats-Unis qui ont pris des sanctions réciproques et augmenté leurs tarifs douaniers respectifs pour certains produits.

    Malgré le rebond de la livre de ces derniers jours, les économistes restent préoccupés par la dispute entre Ankara et Washington, liée notamment à la détention d’un pasteur américain en Turquie, et par la mainmise de M. Erdogan sur l’économie.

    Les marchés ont sévèrement sanctionné le refus de la banque centrale de relever ses taux d’intérêt le mois dernier, en dépit de la chute de la livre et d’une inflation galopante. M. Erdogan, partisan de la croissance à tout prix, s’y oppose fermement.

    M. Albayrak a promis jeudi que son gouvernement aurait deux priorités : combattre l’inflation, qui a atteint près de 16% en glissement annuel en juillet, et la discipline budgétaire.

    – Entretien avec Macron –

    Dans la tourmente financière, la Turquie a reçu un soutien de poids mercredi : l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a promis lors d’un entretien avec M. Erdogan à Ankara que son pays investirait 15 milliards de dollars dans ce pays.

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan reçoit l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani / © TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP / Kayhan OZER

    Signe que la crise avec Washington incite par ailleurs Ankara à renouer avec l’Europe, M. Erdogan s’est entretenu au téléphone mercredi avec la chancelière allemande Angela Merkel et avec son homologue français Emmanuel Macron jeudi.

    Selon Ankara, MM. Erdogan et Macron ont souligné, au cours de cet échange, « l’importance de renforcer davantage (leurs) relations économiques ».

    M. Albayrak s’est lui entretenu jeudi avec son homologue allemand, Olaf Scholz, et les deux ministres sont convenus de se rencontrer le 21 septembre à Berlin, selon Ankara.

    Par ailleurs, la justice turque a ordonné mardi la libération de deux soldats grecs et mercredi du président d’Amnesty International en Turquie, des développements inattendus dans deux affaires qui ont contribué à tendre les rapports entre Ankara et l’Europe.

    « Ces libérations ne sont évidemment pas une coïncidence », remarque une source diplomatique européenne.

    « Mais les causes sous-jacentes (de la défiance) sont toujours là: on n’a toujours pas de garantie sur l’indépendance de la banque centrale ou de la justice », poursuit cette source. « Cela montre juste qu’Erdogan est très pragmatique quand il est sous pression économique ».

    (©AFP / (16 août 2018 17h46)

    https://www.romandie.com/news/ZOOM-La-Turquie-jure-de-sortir-plus-forte–carte-toute-aide-du-FMI/945985.rom

    Le FMI estime qu’il n’y a « aucune preuve » que la Chine manipule sa monnaie

    Le FMI estime qu’il n’y a « aucune preuve » que la Chine manipule sa monnaie

    Washington – Il n’y a « aucune preuve » que la Chine manipule sa devise, a estimé mardi Maurice Obstfeld, chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), répondant à une accusation du président américain Donald Trump.

    En dépit des mouvements de devises constatés récemment, « il n’y a pas de preuve de manipulation », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec la chaîne américaine CNBC.

    Maurice Obstfeld a également relevé qu’un rapport du Trésor était parvenu à « la même conclusion ».

    Mi-avril, le Trésor américain avait estimé que la Chine ne manipulait pas sa monnaie mais avait placé sous surveillance ce pays de même que la Corée du Sud, l’Allemagne, le Japon, la Suisse et l’Inde.

    « La Chine, l’Union européenne et les autres manipulent leurs monnaies en baissant leurs taux d’intérêt », a accusé vendredi le président américain.

    Mardi, la devise chinoise a touché un plus bas depuis juin 2017 face au billet vert.

    La semaine dernière, Donald Trump a accusé la Chine de dévaluer sa monnaie afin de favoriser ses exportations de marchandises sur le marché américain et de permettre ainsi de compenser en partie les nouvelles taxes douanières américaines.

    (©AFP / 24 juillet 2018 15h23)

    https://www.romandie.com/news/Le-FMI-estime-qu-il-n-y-a-aucune-preuve-que-la-Chine-manipule-sa-monnaie/939317.rom