Archives pour la catégorie Fake news

Facebook et Twitter se vantent de censurer des informations

Facebook et Twitter se vantent de censurer des informations

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Facebook et Twitter ont déclaré avoir censuré des informations diffusées par des groupes liés à l’Iran et à la Russie.

Selon les deux sociétés, il s’agirait de fausses nouvelles (fake news). Cependant, elles ne donnent ni connaissance de l’identité de ces comptes, ni de leurs contenus, ce qui rend impossible de juger par soi-même la légitimité de cette censure et qui prive les personnes sanctionnées de tout recours.

Historiquement, les États-Unis ont adopté le principe de liberté totale d’expression (y compris pour les fausses nouvelles et les discours de haine) à travers le 1er amendement de leur Constitution. Il s’agissait de ne pas reproduire la censure, et pire le recours au secret de ce qui avait été censuré, qui avait notamment caractérisé le Saint-Office ou Inquisition.

Simultanément, le Washington Post révèle que Facebook note les internautes qui lui signalent des contenus mensongers [1]

Ce procédé est exactement le même que celui du « crédit social » mis au point par la République populaire de Chine et qui soulevait jusqu’ici de fortes critiques en Occident.

En outre, Facebook a supprimé 5 000 options permettant à ses annonceurs de cibler leur clients. Après le scandale révélé par le secrétariat US au Logement, il s’agit de prévenir les filtrages sur des bases politiques, religieuses ou ethniques.

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Le Sénat rejette massivement les propositions de lois relatives à la lutte contre les «fake news»

Le Sénat rejette massivement les propositions de lois relatives à la lutte contre les «fake news»

Publié par Brujitafr sur 24 Août 2018, 07:43am

Catégories : #ACTUALITES, #POLITIQUE, #MEDIAS, #ALTER

Le Sénat rejette massivement les propositions de lois relatives à la lutte contre les «fake news»

Par 288 voix contre 31, le Sénat a rejeté les deux propositions de loi sur la manipulation de l’information portées par le gouvernement et impulsées par le président Emmanuel Macron.

Le projet de loi de censure est ainsi renvoyé à l’Assemblée.

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Après leur vote à l’Assemblée nationale dans la nuit du 3 juillet, les lois «anti-fake news» ont butté au seuil de la chambre haute du Parlement. Le Sénat a massivement rejeté, par 288 voix contre 31 les textes de loi.

La loi ordinaire, applicable pendant les élections européennes, législatives, sénatoriales et les référendums, et la loi organique, dédiée spécifiquement à l’élection présidentielle, visent à permettre à un candidat ou parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de «fausses informations» durant les trois mois précédant un scrutin national.

C’est le premier revers majeur pour ces lois de contrôle de l’information annoncées par Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse en janvier dernier. Malgré les risques de censure de l’information et d’atteinte aux libertés d’opinion et de la presse maintes fois évoqués, le gouvernement s’est montré déterminé à pousser ce projet de loi dans le circuit législatif. Face au refus du Sénat, les deux textes de lois vont retourner en deuxième lecture à l’Assemblée.

En raison de l’affaire Benalla et de la paralysie du travail de l’Assemblée, le vote de la loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information pourrait être renvoyé à la rentrée parlementaire.

Source: Russia Today,

http://www.brujitafr.fr/2018/08/le-senat-rejette-massivement-les-propositions-de-lois-relatives-a-la-lutte-contre-les-fake-news.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Fake news

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Les gazettes de la bien-pensance nous apprennent qu’un certain Oleg Sentsov en est à son 100e jour de grève de la faim dans un horrible pénitencier poutinesque du Grand nord de la Russie. Et, affirme Le Monde en titre : « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe ».

Depuis le début du mois d’août les gazettes de la bien-pensance sont plus qu’alarmantes : « L’état de santé d’Oleg Sentsov est catastrophique » (France Culture 9 août), « Oleg Sentsov en danger de mort après trois mois de grève de la faim » (Le Monde 9 août), « Dans un camp russe près du cercle arctique, la vie d’un jeune homme talentueux s’éteint », (La Croix,‎ 10 août), « Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov dans un état critique », (Libération,‎ 10 août), etc.

D’abord il est évident que personne ne peut survivre pendant 100 jours, ni même 50, à une vraie grève de la faim.

Si l’on cherche à s’informer, on découvre vite qu’en réalité Oleg Sentsov est alimenté : les autorités pénitentiaires lui donnent des compléments alimentaires pour vieux.

Et les autorités pénitentiaires affirment qu’il est en bonne santé, même s’il a évidemment maigri.

La commission de surveillance des prisons dit la même chose. Elle est sous la coupe du Kremlin ? Ah bon. Sauf que c’est la même commission qui vient de nous informer que le militant gauchiste Sergueï Oudaltsov, qui avait été condamné… à 30 jours de prison et avait entamé une grève de la faim, a été hospitalisé au bout de cinq jours…

Surtout, on a le témoignage de Zoïa Svetova. Cette journaliste est une des principales figures de l’opposition à Poutine, et elle dénonce particulièrement le système judiciaire russe. Elle a pu rencontrer Oleg Sentsov le 14 août, et elle dit qu’il se tient debout et marche, regarde la télévision, écrit et reçoit « beaucoup de lettres »…

Je ne me prononcerai pas sur la condamnation de Sentsov à 20 ans de prison pour préparation de plusieurs actes terroristes anti-russes (et non « parce qu’il s’opposait à l’annexion de la Crimée »…). Mais le coup de la grève de la faim est une imposture. Qui peut durer longtemps. Le record de ce genre de « grève de la faim » est détenu par une militante indienne des droits de l’homme, Irom Sharmila, qui avait commencé en 2000 et y a mis fin en 2016…

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/08/fake-news.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmailhttp:

//yvesdaoudal.hautetfort.com/archive/2018/08/21/fake-news-6073754.html

 

Censure d’Infowars par les GAFA

Censure d’Infowars par les GAFA


Alex Jones éliminé. Les géants américains de la technologie se mêlent des élections de mi-mandat aux US en 2018


Par Peter Korzun – Le 9 août 2018 – Source Strategic Culture

Alex Jones Purge: US Tech Giants Meddle into 2018 Midterm Elections

Une bataille titanesque est engagée contre les opinions alternatives dans le pays qui se positionne comme le champion de la liberté d’expression, bien que 90% de ses médias soient contrôlés par seulement six sociétés. À titre de comparaison, en 1983, 90% des médias américains étaient contrôlés par cinquante sociétés.

Naturellement, cette tendance affecte négativement la liberté de la presse. Selon le World Press Freedom Index de 2018, compilé par Reporters sans frontières (RSF) les États-Unis ont reculé de deux positions par rapport à 2017 et sont passés au 45e rang. Le rôle de la concurrence a diminué alors que le biais de l’information est devenu une norme. Selon le rapport de 2017 de Gallup/Knight Foundation Survey on Trust, Media and Democracy, seuls 44% des Américains déclarent pouvoir identifier une source d’information qui, selon eux, rend compte des nouvelles de manière objective.

Il y a eu beaucoup d’exemples où la liberté d’expression a été piétinée aux États-Unis. Certes, le premier amendement interdit au Congrès « de restreindre la liberté de parole ou l’expression de la presse … », mais il ne dit rien au sujet des grandes entreprises de haute technologie ou des réseaux sociaux interdisant l’intervention des commentateurs politiques non agréés par « l’establishment ». Et c’est ce qu’ils font.

Les grands géants de la technologie – Facebook, Apple, Google, YouTube, Pinterest, iTunes, LinkedIn, Podcast, MailChimp, YouPorn et Spotify – ont banni Alex Jones, journaliste renommé, et son site Internet InfoWars, de leurs services de diffusion pour avoir propagé « des fausses histoires », que les propriétaires des plateformes ont trouvées « haineuses ». Le mouvement est sans précédent, c’est une véritable bombe. Il convient de noter que le président Donald Trump a félicité M. Jones pour sa « formidable » réputation.

Les entreprises privées avec leurs propres règles et règlements se sont liguées simultanément contre M. Jones pour ne laisser aucun doute sur le fait que l’interdiction n’est rien d’autre que de la collusion. Les géants se livrent à une censure politique, utilisant leur domination du marché pour cibler les dissidents. Alex Jones est toujours le même journaliste d’investigation qu’il a été pendant de nombreuses années. Qu’est-ce qui les fait craquer maintenant ? Ils en avaient probablement marre car il les avait irrités de manière disproportionnée.

M. Jones a défendu l’intégrité des élections présidentielles en Russie, affirmant que le président Poutine ne pouvait pas être un dictateur parce qu’il avait remporté 76% des suffrages. Il a brillamment exposé l’absurdité des accusations portées contre la Russie, accusée d’ingérence dans les élections américaines et d’autres actes « nuisibles ». Selon lui, la Russie se dirige vers 1776 [création des États-Unis, NdT] alors que les États-Unis vont dans la direction opposée. Alex Jones s’est même magistralement moqué des accusations d’être à la solde des Russes. Il faisait partie de ceux qui mettaient en doute l’accusation britannique selon laquelle la Russie serait coupable dans l’affaire Skripal. C’était la limite. Ils ne pouvaient plus le tolérer. Il lui font payer chèrement le fait d’être assez crédule pour tenir comme acquise la liberté de parole aux États-Unis. Le 6 août, Alex Jones a émis un avertissement concernant la menace sur la liberté d’expression d’Internet.

On dirait qu’il y a une purge en cours, car l’animateur de radio et directeur de la rédaction de antiwar.com, Scott Horton, l’ancien employé du Département d’État et auteur Peter Van Buren, ainsi que Dan McAdams, directeur exécutif de l’Institut Ron Paul pour la paix et la prospérité, ont vu leur comptes Twitter suspendus le 6 août. Certaines personnes de haut niveau, partageant des opinions conservatrices et alignées sur le président Trump, y compris des parlementaires, ont été « bannis » par Twitter. De nombreux journalistes « pro-Trump » ont perdu leur emploi simplement pour avoir posté des articles. La suppression généralisée de toute analyse « alignée sur Trump » et des médias indépendants est déchaînée.

Les rapports de Vice News ont confirmé cette conclusion. Selon la source, les libéraux et les démocrates ne sont pas soumis au prétendu « bannissement » de la même manière. Par exemple, rien n’est arrivé au membre du Congrès Maxine Waters (D-California), qui a incité à la « violence populaire » en encourageant ses partisans à harceler les membres de l’administration Trump en public. Apple a éliminé Alex Jones, mais Louis Farrakhan, le leader de Nation of Islam qui a qualifié Adolf Hitler de « très grand homme », peut utiliser sa plate-forme à cœur joie.

Un rapport publié par le Centre de recherche sur les médias (MRC) en avril a conclu que les principaux sites de médias sociaux – Facebook, Twitter, YouTube et le moteur de recherche Google – suppriment les discours conservateurs dans un « effort clair pour censurer la vision conservatrice du monde ». Intitulé « CENSORED ! How Online Media Companies Are Suppressing Conservative Speech », le document offre de nombreux exemples convaincants d’une telle suppression. La répression des médias russes aux États-Unis – RT et Sputnik – fait partie de la tendance.

InfoWars a fortement soutenu le président Trump pendant la campagne électorale. Comme on peut le voir, ce sont les entreprises technologiques, et non la Russie, qui se mêlent des élections de mi-mandat en novembre. Il ne faudra probablement pas attendre longtemps avant que d’autres sources d’expression conservatrice, telles que BreitbartNews, DailyCaller et autres, ne soient exclues des plateformes des géants technologiques. Si cela n’est pas une ingérence pour menacer la démocratie américaine, alors qu’est-ce que c’est ?

Les voix exprimant l’opinion opposée aux médias grand public sont privées de la possibilité d’être entendues par les électeurs pendant la campagne de mi-mandat en 2018. Une campagne visant à censurer massivement les conservateurs et les libertariens est lancée aux États-Unis pour priver les gens de leurs droits fondamentaux. Et ça va empirer. Le sénateur démocrate Chris Murphy a déjà appelé les sites Web des médias sociaux à interdire les médias les plus conservateurs à la suite de l’élimination d’InfoWars. Avec tout le battage médiatique à propos du « Russiagate », la question de la véritable menace pour la démocratie, venant de l’intérieur, est largement ignorée. Les géants de la technologie imposent leurs règles du jeu, éliminant l’opposition pour transformer leurs plates-formes en outils de propagande où les points de vue alternatifs n’ont pas leur place. DrudgeReport.com, Breitbart News, Fox News et d’autres petits sites qui ne marchent pas droit devraient être les prochains.

Peter Korzun

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/censure-dinfowars-par-les-gafa

 

Affaire Benalla : « Le Parisien » ironise sur la thèse de « l’agent marocain infiltré » avancé par un site algérien





Affaire Benalla : « Le Parisien » ironise sur la thèse de « l’agent marocain infiltré » avancé par un site algérien


Lundi 23 Juillet 2018 modifié le Lundi 23 Juillet 2018 – 17:15



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Dans un article consacré aux théories conspirationnistes qui ont émergé sur les réseaux sociaux depuis qu’un proche collaborateur d’Emmanuel Macron a été identifié en train de frapper un manifestant, en marge des défilés du 1er mai, le journal « Le Parisien » ironise sur la thèse de « l’agent marocain infiltré » avancé par un site algérien.

« Les théories complotistes n’ont pas de frontière. La preuve en est avec le site Algeriepatriotique qui assure depuis vendredi qu’Alexandre Benalla est +un agent des services secrets marocains+ », relève lundi « Le Parisien » qui s’attaque aux intox les plus retentissantes concernant l’affaire Bellana,

« Alexandre Benalla a gravi les échelons doucement mais sûrement depuis qu’il fut introduit dans les rouages du Parti socialiste par l’ancienne ministre de l’Education, Najat Vallaud Belkacem, elle-même inféodée à Rabat », est-il notamment allégué par le site algérien.
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« Si l’ascension de l’ancien « M. Sécurité » d’Emmanuel Macron est en effet spectaculaire, y voir la main du Maroc paraît pour le moins hasardeux », affirme le quotidien français, rappelant qu’Alexandre Benalla est né à Evreux (Eure) en 1991.

« Ses connaissances des environs nous ont décrit son désir précoce de côtoyer des célébrités, se rêvant en « Bodyguard », et son travail physique acharné pour y parvenir. C’est ainsi qu’il intègre, dès ses 18 ans, une formation de gendarme de réserve dans l’Eure puis, l’année suivante, le service d’ordre du parti socialiste pour le compte de Martine Aubry », rappelle encore « Le Parisien ».

« Créé par le fils d’un ancien ministre algérien, le site Algeriepatriotique est par ailleurs connu pour ses positions véhémentes à l’encontre du Maroc, précise le journal français, indiquant aussi que les informations de ce site sont en général « peu fiables ».

En 2015, France Info épinglait par exemple cette fake news selon laquelle le grand mufti d’Arabie saoudite aurait autorisé les hommes à  » se nourrir d’une partie ou de tout le corps de sa femme au cas où il aurait été saisi par une faim extrême « , conclut  » Le Parisien ».

 

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma.

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma.


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 7 juillet 2018

Certains médias mainstream mentent purement et simplement en communiquant les conclusions du  rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » présumée à Douma.

Un organisme d’inspection international a conclu que du chlore avait été effectivement utilisé dans la ville de Douma la veille du jour où les forces rebelles se sont rendues.

(…)

Dans un premier rapport publié vendredi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déclaré que ses inspecteurs avaient découvert des traces de « divers produits chimiques organiques chlorés » sur deux sites qu’elle a inspectés.

L’OIAC n’a pas du tout conclu que « du chlore avait été effectivement utilisé ». Elle a trouvé quelques composés chimiques dont les principaux éléments sont le chlore, le carbone et l’hydrogène dans diverses configurations. Il existe des centaines, voire des milliers, de « produits chimiques organiques chlorés ». Un tuyau en plastique fabriqué à partir de polychlorure de vinyle (PVC = (C2H3Cl)n) est composé des mêmes éléments. On pourrait l’appeler un « produit chimique organique chloré ». La combustion d’un produit en PVC libère divers composés dont beaucoup seront eux-mêmes des « produits chimiques organiques chlorés ». Mais trouver des résidus d’un tuyau en plastique ou de matériaux d’isolation brûlés dans une maison ne signifie pas que du gaz de chlore a été utilisé à cet endroit. Plusieurs des composés trouvés par l’OIAC résultent de l’utilisation du chlore pour désinfecter l’eau. On peut en trouver dans l’eau chlorée et à peu près partout où on utilise de l’eau chlorée.

La BBC a commis une « erreur » similaire. Elle a titré « La guerre de Syrie : L’attaque de Douma était du gaz de chlore – organisme d’inspection ».

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Il a fallu que beaucoup de lecteurs protestent dans les médias sociaux et beaucoup de temps (plusieurs heures) pour que la BBC consente à corriger son « erreur ». Elle titre maintenant : « Guerre de Syrie: ‘Chlore possible’ sur le site de l’attaque de Douma – organisme d’inspection ». C’est mieux, mais c’est tout de même encore un mensonge. Ni le rapport de l’OIAC, ni sa note technique (pdf) n’utilisent nulle part l’expression « chlore possible ». de plus la BBC n’a pas mis de note explicative pour indiquer que le titre original avait été modifié.

Le Daily Beast titre : « Organisme d’inspection : Du chlore a été utilisé dans l’attaque chimique de la Syrie »

« L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déterminé que du chlore avait été utilisé dans l’attaque chimique dans la ville syrienne de Douma, mais n’a trouvé aucune preuve que des agents neurotoxiques étaient impliqués. »

C’est un mensonge pur et simple. Le rapport de l’OIAC ne dit pas que du chlore a été utilisé. Il ne mentionne le chlore que deux fois et seulement à propos d’attaques précédentes.

The Independent, Al Jazeerah, l’Australien ABC News et d’autres diffusent le même mensonge à leurs lecteurs.

Si tant d’organes de presse ont fait cette « erreur » c’est peut-être parce que l’agence de presse britannique Reuters a été la première à répandre cette fausse information :

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Reuters a depuis lors changé le titre et le texte de cet article et écrit « produits chimiques chlorés » à la place de « chlore », mais n’a joint aucune note pour expliquer ce changement. De plus, il ne précise pas qu’on trouve des « produits chimiques chlorés » à peu près partout.

On peut douter que ces « erreurs » aient été commises par simple négligence. Les auteurs veulent plus probablement  créer la fausse impression que la Syrie est responsable d’une « attaque chimique » qui ne s’est pas produite. S’ils disaient la vérité, il leur faudrait aussi expliquer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé une large attaque de missiles de croisière contre la Syrie sans aucune raison valable.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-les-medias-grand-public-mentent-a-propos-du-rapport-de-loiac-sur-lattaque-chimique-a-douma

 

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge

Publié par wikistrike.com sur 10 Juin 2018, 13:21pm

Catégories : #Politique intérieure, #Culture – médias – Livres – expos – rencontres, #Science – technologie – web – recherche

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge

Cette histoire commence comme un conte de fées. Dans notre merveilleuse démocratie, tout allait pour le mieux. La presse était libre, le citoyen informé et le pouvoir impartial. Mais c’était trop beau. Imprudente, la démocratie n’a pas senti venir l’ennemi. Tapi dans l’ombre, il était prêt à fondre sur sa proie. Qui ? Le Russe, bien sûr. Il a fallu que ce barbare vienne gâcher la fête en propageant ses odieux mensonges. Heureusement, montant son blanc destrier, notre héroïque ministre de la culture a donné l’alerte : “La manipulation de l’information, dit-elle, est un poison lent qui abîme notre vie démocratique. L’attitude liberticide, face aux dangers actuels, c’est la passivité”.

Réagir, oui, mais comment ? Présentant le projet de loi “contre les fake news”, rebaptisé projet de loi “contre la manipulation de l’information”, Françoise Nyssen a employé un argument de poids : “La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus”. On avait pourtant pris toutes les précautions possibles, dans les hautes sphères, pour inciter les gueux à se comporter comme des moutons. Contrôle de 95 % de la presse traditionnelle par une dizaine de milliardaires, ligne éditoriale uniforme calquée sur l’agenda libéral-atlantiste, subventions publiques réservées à des médias orthodoxes ou inoffensifs : au paradis des droits de l’homme, tout était verrouillé. Manifestement cela n’a pas suffi. Pour ramener le troupeau, il va falloir trouver autre chose. On va les aider à penser comme il faut, ces manants, car ils ont la fâcheuse manie de s’égarer sur la Toile pour entendre un autre son de cloche.

Dans un vibrant hommage aux officines chargées de diffamer toute pensée dissidente (le “Décodex” du Monde et le “Check News” de Libération), la ministre de la culture révèle alors le fond de sa pensée : puisque “leur capacité de discernement ne suffit plus”, il importe absolument de “former les citoyens”. D’habitude, cette formation commençait et finissait avec l’école. Mais il est clair que c’est insuffisant ! Les citoyens ayant vraiment tendance à mal voter (référendum de 2005, Brexit, Italie), il va falloir les rééduquer. Comment ? En les orientant vers les bons médias, ceux qui ne mentent jamais. On pensait jusqu’à présent que les citoyens étaient assez grands pour faire leur choix parmi les organes d’information. C’est fini. Le gouvernement, dans son infinie bonté, les exonère de cette lourde tâche. Il va désormais leur signifier qui il faut lire, écouter à la radio ou regarder à la télévision.

Pour clarifier les choses, Françoise Nyssen a précisé que la future loi contre la manipulation de l’information, évidemment, ne concernait pas “les journalistes de la presse professionnelle”. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Il n’est pas question de mettre en cause le “professionnalisme” de ceux qui ont affirmé, par exemple, que le régime de Bachar Al-Assad allait s’écrouler sous quinze jours, ou que la Russie avait assassiné le journaliste Arkadi Babchenko, qui ressuscita au deuxième jour d’une mare de sang de cochon. Sans parler du “charnier de Timisoara”, des “couveuses de Koweit City”, de la “fiole de Colin Powell” et des innombrables bobards colportés avec zèle par des médias pour qui professionnel est synonyme de mercenaire. Bref. Si cette presse était passionnément attachée à la distinction entre le vrai et le faux, cela se saurait.

Mais peu importe. Pour nos dirigeants, c’est comme un théorème : les médias qui ont la confiance du ministre de la propagande ne mentent jamais. Puisqu’on vous le dit, c’est que c’est vrai. D’ailleurs, cette presse que le monde nous envie a deux caractéristiques qui en garantissent l’indépendance : elle appartient à la bourgeoisie d’affaires et elle reçoit des subventions du gouvernement. Double certificat de vertu ! Ce n’est pas comme si elle était animée par des bénévoles qui prennent des risques et ne gagnent pas un sou. On peut toujours rêver d’un monde meilleur sous d’autres latitudes, mais le système médiatique des “démocraties” repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un “bon journal” est un journal qui dit ce qu’il faut dire, et à qui l’Etat donne les moyens d’éliminer la concurrence.

Le projet de loi contre les “fake news” ne déroge pas à cette règle, qui est de l’ordre de la structure. Il a pour seul objectif de garantir l’homogénéité de la sphère médiatique, indispensable à la promotion de l’idéologie libérale, européiste et atlantiste. En incriminant les médias russes, l’exécutif français fait coup double : il sanctionne la Russie tout en diffamant la concurrence. Mais tous les médias citoyens sont dans la ligne de mire, car ils échappent à la double emprise du capital et du pouvoir. Ajoutée au déclin des médias classiques, la liberté conquise sur Internet effraie des élites qui voient le contrôle de l’opinion leur échapper. La propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie, certes. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.

Bruno GUIGUE

https://www.legrandsoir.info/loi-sur-les-fake-news-du-monopole-de-la-verite-au-regne-du-mensonge.html

   

Fake news : La grande peur… Par Richard Labévière

7.juin.2018 // Les Crises

Fake news : La grande peur… Par Richard Labévière

FAKE NEWS : LA GRANDE PEUR…

En juin 2017, après la rupture diplomatique de l’Arabie saoudite, d’autres pays du Golfe et de l’Egypte avec le Qatar – au motif d’une proclamation pro-iranienne de ce dernier -, l’émirat proteste, expliquant que c’est un faux fabriqué par un… pirate informatique ! Procédé dont les services américains ne tardent pas à attribuer la paternité au… Kremlin, accusé aussi d’avoir aussi tordu la dernière élection présidentielle américaine au profit de Donald Trump ! Une conclusion s’impose aussitôt : les Russes peuvent déstabiliser les élections partout dans le monde et quand ils le veulent. Il faut donc absolument contrôler Internet ; les « réseaux numériques » vont tuer la démocratie !

Essentiellement propagées par la Russie – selon les belles âmes occidentales – les Fake News expliqueraient alors le Brexit, l’élection de Trump et la disparition des éléphants. Par conséquent, l’Allemagne et la France préparent une loi pour contrer ces maudits Fake News, la Commission européenne y travaillerait aussi. Dans son dernier livre – autant nécessaire que salutaire – notre médiologue préféré François-Bernard Huyghe remet les pendules à l’heure ! Son principal constat : il ne faudrait pas que la grande peur, dont il décrit scientifiquement les mécanismes, ne justifie une réinstallation de guillotines propices à neutraliser toutes espèces de contestation, de critique et d’opposition.

Grand est le risque de voir se reproduire les pires atteintes aux libertés civiles et politiques, les Patriot Act et autres lois d’exception justifiées par la chasse aux Ben Laden du moment. Au nom de la lutte contre le terrorisme, la corruption et la prolifération des armes de destruction massive, on a bien compris, désormais comment les Etats-Unis imposent au monde entier leurs normes juridiques (en toute unilatéralité et extraterritorialité) afin d’avantager leurs entreprises et fonds de pension. America First, c’est d’abord « par ici la monnaie », mais toujours au nom de la morale et des droits de l’homme pour le bien de la planète. Mais dans toutes ces affaires consubstantielles à la mondialisation, de quoi parle-t-on au juste ?

François-Bernard Huyghe : « nous avons tendance à traduire par fausse nouvelle, récit d’événements qui ne se sont pas déroulés (ou le déni de faits qui sont avérés). Initialement, Fake News désigne plutôt un contenant : des pages ou des sites qui se présentent comme d’authentiques outils d’information et qui ne le sont pas. Il y a d’ailleurs une ambivalence dans l’expression de Fake News. Elle peut vouloir dire que l’on donne pour des nouvelles – contenus, événements dignes d’être rapportés – des faits non avérés, inventés, faux. Mais elle peut aussi signifier que l’on présente comme « nouvelles » (au sens de : destinées à informer le public suivant un régime de vérification) des discours militants ou des démonstrations idéologiques qui ne visent qu’à persuader de valeurs et de visions du monde ». Un peu plus loin notre médiologue ajoute : « on peut presque définir le Fake comme une rumeur assistée par ordinateur ».

A ce stade, on peut oser trois remarques : 1) le combat de l’erreur et de la vérité est le plus vieux métier du monde, aussi vieux que le meurtre d’Abel par Caïn, en tout cas bien antérieur aux conversations de Socrate dans l’Académie ; 2) cette confrontation a constitué le fil rouge de toute l’histoire de la raison occidentale et il n’est qu’à relire La Formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard ou Le Normal et le pathologique de Georges Canguilhem pour comprendre qu’on peut difficilement légiférer en la matière ; 3) enfin, les évolutions du médium n’arrangent pas l’affaire et la révolution numérique qui généralise des « progrès disruptifs », c’est-à-dire imposés sans concertation aucune, annonce une République qui sera encore plus tyrannique que celle de Platon !

Mais le plus grave est ailleurs… dans notre monde où la majorité des grands médias (traditionnels et numériques, ceux qu’on appelle « les réseaux sociaux ») sont maintenant dans les mains de grands patrons. Ces derniers exercent un pouvoir absolu sur les industries de l’information et du divertissement qui touchent et forment nos cerveaux. Sans sombrer dans le délire ou la paranoïa du complot, force est de reconnaître que ces décideurs ne lésinent pas sur les moyens pour transformer les citoyens en consommateurs dociles, conformes, moins autonomes et satisfaits du monde tel qu’il est ! Comme le répète souvent le linguiste Noam Chomsky, « derrière la production de nouvelles, de spectacles et de publicités, le projet d’anesthésier toute forme de critique ou de révolte est bien à la manœuvre… C’est une question d’argent et de reproduction des marges de profit ».

La conséquence organique de ces différentes évolutions nous ramène à l’efficience de l’idéologie – des idées au logis -, celles des passions immédiates et dominantes qui mettent l’huile nécessaire au bon fonctionnement des rouages sociaux. Et ces « idées » ne tombent pas du ciel par une corde à foin, mais sont les strictes représentations des rapports économiques, sociaux et culturels nécessaires au maintien et à la reproduction de l’ordre ; un ordre au bénéfice de quelques élus et bénéficiaires n’hésitant pas à utiliser les moyens les plus violents pour rester aux affaires, leurs affaires !

La description de ce terrible dispositif est parfaitement effectuée dans L’Idéologie allemande de Karl Marx et Friedrich Engels : les idées de la classe dominante sont les idées dominantes. La puissance matérielle dominante est donc aussi la puissance spirituelle dominante. Les pensées dominantes ne sont rien d’autre que l’expression en idées des conditions matérielles dominantes.

Dans cette perspective, il est bien clair qu’on peut difficilement légiférer afin de différencier les analyses produites par l’idéologie dominante de celles qui le seraient par les sciences ou tout au moins par une quelconque quête opiniâtre de la vérité. Dans l’absolu, chaque diseur de bonne aventure cherchera à neutraliser ses concurrents pour faire triompher sa seule parole, donc ses intérêts. C’est toute l’histoire du Sophiste de Platon : bien parler pour séduire la jeunesse et conforter son influence sur celle-ci !

Depuis toujours, c’est aussi le rôle de la presse – notre grand sophiste : vérifier et hiérarchiser les faits afin de proposer une lecture du monde, afin de favoriser l’émission d’un jugement ! Et en la matière, on est très loin des sciences exactes. Il n’est qu’à voir l’évolution d’un journal – qui fut de référence – comme Le Monde. Après avoir été démantelé par le triumvirat Colombani-Minc-Plenel dans les années 1980, ce titre moribond – qui survit comme une « marque » -, donne de plus en plus dans la communication, le trafic d’influences, sinon la propagande pure et simple. Non content de s’être transformé en courroie de transmission de l’idéologie dominante, Le Monde d’aujourd’hui prétend – en plus – faire la police !

Ainsi, les Décodeurs du Monde prétendent-ils enquêter sur les « usines à fausses informations ». Les plus grands fabricants de Fake News de la presse parisienne, les chiots de garde de l’idéologie dominante osent ainsi s’auto-proclamer gardiens, contrôleurs et aiguilleurs des « bonnes informations ». On croit rêver ! Cette toute puissance de l’idéologie n’est pas une nouveauté, mais elle aspire désormais à occuper toute la place, à marginaliser, sinon à criminaliser tous celles et ceux qui n’accepteraient pas cette règle du jeu.

Plus lucidement, force est de constater que le 1984 de George Orwell n’est qu’un conte enfantin au regard des montages actuelles de l’idéologie dominante. Dans tous les cas de figures – et pour tenter d’y voir plus clair – on lira avec la plus grande attention l’indispensable manuel de résistance de François-Bernard Huyghe : Fake News – La grande peur. C’est court, clair, nerveux et incisif. Après une telle lecture, on se sent mieux, comme si on venait de tirer la queue du monstre…

Richard Labévière

1 François-Bernard Huyghe : Fake News – La grande peur. VA-Editions, janvier 2018.
2 Hervé Juvin : La guerre du droit pénal américain aura-t-elle lieu ? Cap sur le nouveau système de corruption mondialisé. Editions de l’Observatoire EUROGROUP-CONSULTING, mai 2016.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/fake-news-la-grande-peur-par-richard-labeviere/

Vidéo d’un stage de mise en scène simulée d’une attaque chimique dans une école primaire à Douma–la fabrique du mensonge

Vidéo d’un stage de mise en scène simulée d’une attaque chimique dans une école primaire à Douma–la fabrique du mensonge

Publié par wikistrike.com sur 25 Avril 2018, 08:01am

Catégories : #Social – Société, #Politique internationale

Vidéo d’un stage de mise en scène simulée d’une attaque chimique dans une école primaire à Douma–la fabrique du mensonge

Vous ne verrez sans doute jamais le film final pour lequel ces répétitions ont eu lieu, car les évènements se sont enchainés trop vite depuis la première alerte lancée par les Russes. Vous pouvez néanmoins voir ici ce à quoi vous avez échappé. Il est probable que le film aurait fait la une de tous les grands médias, étant donné l’excellence et le réalisme du jeu des acteurs, tant les adultes que les enfants.  RI  

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source:https://strategika51.wordpress.com/2018/04/24/video-dun-stage-de-mise-en-scene-simulee-dune-attaque-chimique-dans-une-ecole-primaire-a-douma-la-fabrique-du-mensonge/

Les parlementaires néerlandais réclament la fermeture du site de l’UE « anti-fake news russes »

Les parlementaires néerlandais réclament la fermeture du site de l’UE « anti-fake news russes »

Désinformation

Les dirigeants du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de l’UE n’en sont toujours pas revenus. Leur cellule de contre-propagande (baptisée « East Stratcom ») créée pour pourchasser les « mensonges » russes a poussé le zèle inquisiteur si loin qu’il a déclenché la colère des députés néerlandais. Au point que ces derniers réclament désormais la fermeture pure et simple du site Internet géré par Bruxelles, EUvsdisinfo.eu, censé mettre en garde contre la « désinformation » en provenance de Moscou.

L’histoire commence début mars, quand le site en question pointe un index accusateur contre trois médias des Pays-Bas (dont le grand quotidien régional De Gelderlander) : ceux-ci sont accusés d’avoir relayé des informations sur l’Ukraine osant affirmer que ce pays était corrompu et abritait des fascistes ; et d’avoir relaté des éléments factuels fournis par une firme russe d’armement invalidant la thèse selon laquelle la Russie serait coupable d’avoir abattu le vol MH17 de la Malaysian Airlines (une tragédie aérienne qui avait fait 300 victimes le 17 juillet 2014). Il n’en fallait pas plus pour qu’EUvsdisinfo.eu, véritable Torquemada 2.0, octroie un sceau d’infamie aux médias en question.

Trois médias néerlandais, dénoncés par le site de l’UE comme ayant propagé des mensonges pro-russes, ont menacé ce site de poursuites

Ces derniers, qui estimaient n’être coupables de rien du tout si ce n’est d’avoir informé leurs lecteurs, ont menacé EUvsdisinfo de poursuites judiciaires. Le site a rapidement fait machine arrière, admettant, dans un communiqué le 8 mars, avoir agi de manière erronée. Les médias ont alors retiré leur plainte.

Mais, pour les parlementaires du pays, le mal était fait. Deux d’entre eux – un du Parti socialiste (SP, équivalent du PG en France), l’autre du Parti libéral VVD (la formation du premier ministre Mark Rutte) – ont sommé le gouvernement d’intervenir auprès de Bruxelles pour faire fermer le site. Selon les deux députés, leurs collègues sont prêts à voter « à une très large majorité » une motion enjoignant au chef du gouvernement d’agir. Ils font valoir qu’une instance européenne n’a aucune légitimité pour surveiller les médias et journalistes nationaux.

Gêné aux entournures, le ministre de l’Intérieur a promis « d’essayer de trouver des soutiens dans les instances européennes pour faire valoir cette requête parlementaire ». Problème : la création de cet organe « anti-fake news russes » avait été approuvée par tous les chefs d’Etat et de gouvernement, y compris M. Rutte, ce qui place ce dernier en porte-à-faux.

Depuis le Non massif de 2005 au projet de constitution européenne, les Pays-Bas sont considérés à Bruxelles comme l’un des nombreux maillons faibles de l’UE.

Depuis 2005 et le Non massif (61,6%) au projet de constitution européenne, les Pays-Bas étaient considérés à Bruxelles comme l’un des nombreux maillons faibles de l’UE. Onze ans plus tard, les électeurs déclenchaient un nouveau cataclysme en rejetant, également par référendum, un accord de libre échange entre l’UE et l’Ukraine (dont le résultat fut finalement piétiné par un vote parlementaire ; et désormais, cette possibilité de référendum a été supprimée…).

En mars 2017 cependant, M. Rutte sortit des élections générales avec la possibilité de former une nouvelle coalition, l’« eurosceptique » Geert Wilders progressant, mais restant isolé. Cela fut présenté à Bruxelles comme un signe indubitable du retour de flamme des citoyens européens en faveur de l’UE, un amour qui aurait ensuite été confirmé par l’élection d’Emmanuel Macron.

A la lumière de l’humiliation batave infligée aujourd’hui à l’Union européenne, cette interprétation relevait donc bien de la méthode Coué. Ou de la désinformation.