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Un changement gouvernemental en Finlande

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l’université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

https://www.bruxelles2.eu/2019/04/15/un-changement-gouvernemental-en-finlande/

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Assimilés aux opérations de blanchiment et à la criminalité internationale, les paradis fiscaux constituent aussi un rouage essentiel de la finance internationale. Un dilemme pour les grands pays développés.

Depuis une trentaine d’années, le capital financier constitue le facteur géographiquement le plus mobile et le plus diffus, au point de transformer radicalement le long processus historique de la mondialisation. On débouche sur un « nouveau régime d’accumulation financière » qui transforme monnaies, dettes ou actions en marchandises pour les banques, compagnies d’assurances ou fonds spéculatifs des grands pays développés. Rendue possible par les innovations technologiques qui interconnectent en temps réel toutes les places financières, la gestion de l’espace-temps mondial est devenue productrice d’extraordinaires rentes au prix cependant d’une instabilité croissante.

Mais pour fonctionner efficacement, ce système a aussi un besoin impératif d’espaces de non-droit symbolisés par les centres financiers extraterritoriaux (CFE) ou offshore ou paradis fiscaux. Très présents dans les guirlandes insulaires tropicales des Caraïbes et du Pacifique, ces quelque 70 petits ou micro-Etats valorisent la proximité d’une grande place internationale, dont ils partagent le même fuseau horaire voire la même monnaie. Ainsi, la petite ville de George Town, capitale du territoire britannique des îles Caïmans, est devenue la cinquième place financière mondiale en gérant 660 milliards de dollars de dépôts de non-résidents, à 80 % d’origine états-unienne.

Devenus des rouages essentiels de la mondialisation financière, ils gèrent entre 30 et 40 % des fortunes privées mondiales, accueillent 25 % des dépôts bancaires transfrontaliers et voient transiter 50 % des actifs financiers circulant dans le monde. Dans ce contexte, certains paradis se sont progressivement spécialisés comme le Luxembourg dans les holdings et fonds de placement mutuels, les Bermudes dans les compagnies d’assurance (40 % du total mondial) et l’expertise comptable, ou les Caïmans et les Bahamas dans les fonds spéculatifs.

Cette orientation a un impact considérable sur ces économies locales à travers les revenus directs (comme les ventes de licences de sociétés offshore), les créations d’emplois et les effets d’entraînement indirects (tourisme, transports…) qu’elle induit. Aux Bahamas et à Nevis, la finance représente respectivement 25 % et 30 % du PNB, et dans les îles Vierges britanniques, la moitié des revenus fiscaux. Mais cette activité s’impose aussi dans certains Etats européens (Luxembourg, Monaco…). La Suisse accueille ainsi 30 à 35 % de la fortune mondiale offshore, dont 60 % correspond à de l’argent non-déclaré et dont les frais de gestion, qui s’élèvent à 1 % de la masse déposée, représentent un poste très lucratif pour ses banques. Au Liechtenstein, les seuls mandats d’administrateurs des 75 000 à 100 000 sociétés, en large majorité fictives, représentent un tiers du PNB et les activités financières génèrent directement et indirectement la moitié des revenus de l’Etat, ce qui permet aux habitants de ne pas payer d’impôt.

Mais ces confettis ont utilisé leurs souverainetés pour se doter de juridictions d’exception assurant la fourniture de prestations financières opaques. Leurs décisions politiques ont d’ailleurs souvent été largement influencées par les grands acteurs financiers qui leur ont dicté les lois les plus favorables à leurs activités dans le cadre d’une dérégulation généralisée des marchés des années 1970-1980. Leur succès s’explique en effet par les avantages qu’ils procurent : secret bancaire, réglementation des plus limitées, sociétés-écrans garantissant l’anonymat, fiscalité faible ou inexistante… En créant ainsi des espaces hors d’atteinte du droit des Etats et où le contrôle et la régulation des intérêts privés sont impossibles, ils deviennent eux-mêmes des fictions juridiques.

732 milliards de dollars : le chiffre d’affaires annuel du narcotrafic.

Surtout, ils accueillent ainsi les produits des évasions fiscales des pays développés, les capitaux des dictateurs ou dirigeants kleptomanes du tiers-monde (Philippines, Haïti, Nigeria, Mali, Zaïre…) et une grande partie de l’argent sale, évalué à 5 % du PNB mondial. Ainsi, en 1999, le FMI estime que 80 % des 38,11 milliards d’euros prêtés à la Russie en 1998 auraient été détournés sur des comptes bancaires à Jersey. Selon l’Office des Nations unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime, la moitié des 732 milliards d’euros annuels dégagés par l’ensemble des activités criminelles dans le monde (trafics de drogues, d’armes, fausse monnaie, réseaux d’immigration, de prostitution, fraude, piratage, contrefaçon) serait blanchie dans ces paradis avant de réintégrer l’économie légale. Le narcotrafic blanchirait 300 à 500 milliards de dollars par an. Mais, en 1995, la tentative américaine de geler les actifs financiers du cartel de Cali aux Etats-Unis entraîna leur immédiat transfert vers les places financières de Londres, Tokyo et Francfort.

Devant leurs refus de coopérer avec les différentes institutions judiciaires nationales et internationales dans la recherche et la sanction des fautes ou crimes commis, les grands pays développés commencent enfin à les dénoncer comme les « sanctuaires financiers de la criminalité internationale » et à réfléchir à des mesures de sanction. Ainsi, initié en 1989 par les sept plus grands pays industrialisés du monde, le G7, le Groupe d’action financière internationale (Gafi) est chargé de lutter contre le blanchiment de l’argent sale en établissant régulièrement une liste des Etats « non-coopératifs » les plus compromis et de surveiller leur mise en conformité.

Progressivement, la pression monte pour leur imposer une certaine transparence avec la mise en oeuvre de mesures de rétorsion échelonnées entre 2001 et 2005. Alors qu’en février 2001, le paradis fiscal polynésien de Niue (2 103 habitants) est frappé pour l’exemple d’embargo bancaire par les Etats-Unis, le vent se lève aussi en Europe. Le Luxembourg est ainsi dénoncé en 2000 par l’Union européenne et les services secrets allemands alors que Monaco est mis en cause par le gouvernement français. La Suisse, affaiblie par les révélations sur sa gestion des avoirs juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, est critiquée par les autorités allemandes et italiennes. Mais il convient surtout de souligner le brutal revirement des Etats-Unis, jusqu’ici très en retrait, qui s’aperçoivent lors des attentats du 11 septembre 2001 que les réseaux de financement des groupes terroristes islamistes les utilisaient massivement.

Aujourd’hui, les grands Etats développés sont confrontés à un dilemme : alors que la seule réelle et radicale mesure serait de rendre illicite toute transaction financière vers ces territoires, jusqu’où aller dans les mesures de contrôle et d’assainissement sans casser une machine si utile et efficace au système financier mondial ? N’oublions pas en effet que leurs classes privilégiées, leurs grandes banques et assurances, leurs principales transnationales et leurs services secrets sont les premiers et principaux utilisateurs de ces structures opaques ou criminelles.

Places financières mondiales et paradis fiscaux.

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l’initiative européenne d’intervention militaire

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l’initiative européenne d’intervention militaire

La Finlande a rejoint le projet d’Europe de la défense porté par Emmanuel Macron.

Réunis mercredi à Paris, les neuf ministres de la défense des pays membres de l’Initiative européenne d’intervention (IEI) ont entériné l’adhésion de la Finlande. L’objectif du groupe est de promouvoir l’autonomie militaire de l’Europe.

Et de 10. Le projet d’Europe de la défense porté par le Président français prend de l’ampleur avec l’entrée de la Finlande dans le cercle. La nouvelle, dans les tuyaux depuis la visite d’Emmanuel à Helsinki le 30 août, a été rendue officielle mercredi, lors d’une réunion entre ministres de la défense des pays adhérents.

Cette réunion a été la première du genre depuis le lancement de l’IEI, le 25 juin. L’ordre du jour entre les neuf représentants de la Défense de leur pays (France, Allemagne, Danemark, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Estonie, Portugal et Royaume-Uni), outre d’accueillir le nouveau membre, s’est porté sur la définition des orientations politiques pour les travaux à venir.

Neuf pays se retrouvent pour faire avancer l’Europe de la défense

Les neuf pays signataires de l’Initiative européenne d’intervention se retrouvent pour la première fois à Paris pour donner un contour concret à ce projet censé muscler l’Europe de la défense. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Dès vendredi, les état-majors concernés vont se réunir dans le cadre des Discussions stratégiques militaires européennes (Mest, en anglais). Cela constituera les premières vraies discussions militaires de l’IEI.

Le matin même, Emmanuel Macron avait appelé à la création « d’une vraie armée européenne ». La coopération structurée permanente, ou PESCO, déjà adoptée par l’UE, fournit un premier cadre de coopération, dans laquelle s’inscrit l’initiative d’intervention militaire à 10. La France, qui souhaite aller plus loin dans la coopération, représente l’armée la plus développée des 27 après la sortie de l’UE du Royaume-Uni.

 

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/avec-la-finlande-10-pays-rejoignent-linitiative-europeenne-dintervention-militaire/

 

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Revue de presse nationale et internationale.

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