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Luc & Dany

Luc & Dany

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Luc & Dany

14 janvier 2019 – Il y eut aussi, dimanche soir, une intéressante confrontation de deux complices qui s’entendent comme larrons en foire, et cette fois des larrons plutôt inquiets et fébriles ai-je trouvé à ma grande surprise ; et une foire qui avait, – même surprise, – des allures de veillée sinon funèbres dans tous les cas fiévreusement préoccupée bien que je n’oserais dire, par respect pour les augustes acteurs de la chose, comme j’allais écrire : “sinon paniquarde par instants”.

(Ces deux-là, ils sont ma référence de la suffisance et de la certitude ironique et persifleuse du Système, et d’ailleurs pas sans charme. Je vois leur émission régulière du dimanche 19H00-20H00 par bribes, avec zappages permanents, – question d’insupportabilité dans mon chef, quand on sait ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Cette fois, j’ai pris l’émission à un tiers de son temps et j’ai suivi jusqu’au bout. Je me suis aperçu que ce que j’avais ressenti par ailleurs [« La morosité… […] la marque d’un réel découragement… […] C’est le désordre et la confusion, la panique et la colère, la haine et l’incompréhension… »] s’exprimait là aussi d’une manière singulièrement et paradoxalement claire, avec leur brio habituel et l’aisance coutumière qui font leur succès dans les salons. Le Système panique très gravement face au GJ, c’est dit.)

C’était donc le « En Toute Franchise » de 19H00-20H00 de LCI, – plutôt Daniel Cohn-Bendit (Dany) “avec” Luc Ferry (Luc) que contre Luc Ferry, dirais-je ? Cette fois plus que jamais, l’accord fut parfait entre “Dany” et “Luc”, qui se livrèrent à un étrange “débat” devenu un parfait exemple de monologue à deux (“Dany a raison”, “Comme le dit Luc”) ; et cette fois, éclatant et lumineux, selon un mode opératoire singulier par son extrême schizophrénie, si bellement illustratif de la confusion pressante qui caractérise leur parti.

(A relire ce que j’écris, je range brutalement le jeu de mots auquel je songeais, comme un mauvais sujets, ayant pensé un instant à faire ce titre à cette page du Journal-dde.crisis, songeant à mes héros si braves et si glorieux du temps de ma très-prime jeunesse mais aussi pour indiquer le sens un peu parodique et à ne pas prendre au pied de la lettre du propos, simplement restituant l’étrangeté de l’atmosphère où baignent les esprits, comme en bande dessinée : “les aventures de Luc-Dany”.)

Je suis tombé au moment où l’on poursuivait la vision apocalyptique de ce qui nous attend, qui constitua l’une des notes lugubres du bruit de fond constant de la conversation : la victoire inéluctable dans le futur plus ou moins proche de Le Pen, dans tous les cas des “populistes” et de l’extrême-droite, avec ou pas les LFI de Mélenchon, avec ou pas Mélanchon d’ailleurs ; pour Cohn-Bendit, l’homme de tous les dangers des LFI c’est Rufin, qu’il compare à Pépé Grillo, le fondateur des 5 Etoiles en Italie ; Luc Ferry est le plus lugubrement affirmatif, les choses vont inéluctablement vers un “scénario à l’italienne” avec un rassemblement RN-LFI, c’est la fin “des valeurs démocratiques qui ont été les nôtres pendant 40 ans ”.

Ainsi se déroule sous nos oreilles, dans le chef de deux brillants représentants des élitesSystème, par simple logique antagoniste, une apologie sans réserve ni hésitation du régime dans et sous lequel nous vivons dans sa description symbolique et théorique, avec l’alternative suggérée symboliquement comme étant diabolique et catastrophique. Tout cela est en même temps présenté comme implicitement promis à une fin inéluctable… Quelle catastrophe ! se dit-on si l’on suit implicitement nos discoureurs… Et pourtant, réalise-t-on brusquement, il semble que ce n’est pas si sûr, et même que rien n’est moins sûr quant à la vertu lumineuse du Système ?!

Cette dernière réflexion vient d’un autre fil de la conversation, parallèlement à l’apologie du Système et constitue l’autre note, plutôt scandalisée que lugubre, du “bruit de fond de cette conversation” dont je parlai plus haut. En effet, comme si une mouche avait piqué nos deux compères, voilà qu’ils développent une critique acerbe et même furieuse de la situation présente, celle que nous a amené ce régime qui suit toutes “les valeurs démocratiques”. Brusquement, on croirait entendre deux GJ sur un rond-point perdu de la France périphérique.

C’est Ferry qui commence en observant que l’hyperconsommation à laquelle conditionne ce terrible régime dépasse les pauvres moyens du pauvre Français moyen (autour de €1 350 par mois, précise-t-il) et l’appauvrit inéluctablement. Mais c’est vrai, il ne peut pas s’en sortir ! Et Ferry, lui le vrai moderne, de se lamenter avec élégance sur ces 40 dernières années où l’on a déconstruit les traditions comme la famille et toutes ces chères vieilles choses, qui nous permettaient de résister à ces pressions épouvantables. Il apostrophe les barons du fric en leur affirmant que s’ils payaient mieux leurs employés, ils leur permettraient de mieux vivre et, par parenthèse, leur vendraient plus de leurs produits, – fordisme des années 1910 du temps de la Ford-T réinventé…

“Dany” se découvre un autre cheval de bataille, un vrai pur-sang auquel nul ne songeait : mais enfin, comment peut-on supporter les incroyables inégalités de revenus ? Tel privilégié plus ou moins du type-CAC40 qui touche 40, 50 fois, 100 fois ce que touche le pauvre GJ ! Comment peut-on supporter cela ? Ferry sort un lapin de sa poche : il faut la participation, cette vieille chose qui couta sa peau à de Gaulle, avec son référendum de 1969, une vraie participation qui donne des dividendes aux pauvres travailleurs et pas tout le fric aux plus riches qui ne foutent rien ; “Dany” en rajoute une couche en souvenir du bon vieux temps du “Mouvement du 22 Mars” (est-ce bien la date ? Pas sûr) et de ses études à Nanterre, dortoir des filles, où l’on parlait avec grand sérieux de la cogestion des travailleurs à-la-yougoslave du temps de Tito…

Et ça continue sur le même rythme, et bientôt vous vous demandez : comment arrive-t-on à vivre à la fois dans deux univers, l’un qui porte en triomphe et aux nues le système où nous vivons (le Système) qui organise cette existence échevelée et catastrophique et l’autre qui fait une critique révolutionnaire de la situation que crée ce Système, au point où l’on ne serait pas autrement surpris d’entendre l’un des deux s’écrier : “Et alors, les GJ, qu’est-ce que vous attendez pour prendre d’assaut l’Élysée ?”

Le dernier mot à Ferry, alors que les deux commencent à se lever, conversation terminée : “Ah oui, je tiens à préciser encore une fois que je n’ai jamais demandé qu’on tire à balles réelles sur les Gilets-Jaunes”… Évidemment, puisqu’il s’avère qu’il est lui-même un de ces GJ, – sans doute parlait-on de “balles perdues”.

Et moi je vous dis, sans enthousiasme ni excitation excessives, que nous vivons une fort étrange époque…

http://www.dedefensa.org/article/luc-dany

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Économie et Finance Renault: l’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur

Carlos Ghosn, le 1er octobre 2018 à Paris © AFP/Archives ERIC PIERMONT

Économie et Finance

Renault: l’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur

le 17 janvier 2019

L’Etat français a officiellement lâché le PDG de Renault Carlos Ghosn mercredi, deux mois après son arrestation, et demandé la nomination d’un successeur dans les prochains jours pour prendre la tête du constructeur automobile.

Détenu au Japon depuis le 19 novembre, Carlos Ghosn va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi l’ayant révoqué du poste de président du conseil d’administration dès la fin novembre.

« J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a déclaré le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur LCI.

« Dans cette nouvelle étape, nous avons besoin maintenant d’une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a-t-il ajouté. « J’ai demandé explicitement, comme actionnaire de référence, que le conseil d’administration de Renault soit convoqué dans les prochains jours », a-t-il aussi indiqué.

« Nous souhaitons que ce conseil d’administration désigne une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a souligné M. Le Maire. Alors qu’on lui demandait si cela signifiait que M. Ghosn allait être remplacé, il a répondu: « Tout à fait ».

Le ministre n’a pas précisé si le nouveau PDG prendrait aussi la tête de l’alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi: « Ce sera au conseil d’administration de lui dire exactement les contours de ses fonctions ».

Interrogé sur l’éventuelle candidature de Jean-Dominique Sénard, le président sortant de Michelin dont le nom circule comme possible président non exécutif de Renault, M. Le Maire en a loué les qualités sans se prononcer pour autant.

« C’est un grand industriel, un homme qui a une conception sociale de l’entreprise et qui l’a démontré à plusieurs reprises », a-t-il déclaré, soulignant qu’il était aussi « un spécialiste du secteur automobile ».

Il a toutefois souligné que « l’Etat se prononcera sur la base des candidats qui lui seront soumis comme actionnaire de référence ».

Scénario le plus souvent évoqué, la direction de Renault pourrait être scindée en deux, avec un président du conseil d’administration d’un côté et un directeur général exécutif de l’autre, le nom de Thierry Bolloré, nommé il y a un an adjoint de Carlos Ghosn, revenant le plus souvent pour ce dernier poste.

– Emissaires français à Tokyo –

Au moment où les tensions affleurent entre Français et Japonais, le ministre a en revanche rejeté clairement une redistribution des participations au sein de l’Alliance, qui est devenue sous la direction de M. Ghosn le premier constructeur mondial.

« Nous souhaitons la pérennité de l’alliance. La question des participations au sein de l’alliance n’est pas sur la table », a-t-il assuré.

L’Etat français est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital. Nissan en détient 15%, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43% de Nissan, qu’il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans.

Nissan possède par ailleurs 34% de Mitsubishi Motors, dernier venu dans l’alliance née en 1999.

Dans ce contexte chahuté, plusieurs émissaires du gouvernement français dépêchés à Tokyo se sont entretenus mercredi avec des protagonistes du dossier Renault-Nissan.

Participent notamment à ce voyage Martin Vial, directeur général de l’Agence des participations de l’État (APE), et Emmanuel Moulin, directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, selon Le Figaro.

Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, devait les rencontrer, a précisé à l’AFP une source proche du constructeur japonais.

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi et pourrait rester des mois en prison, ce qui rendait difficile son maintien à la tête de Renault dont il est toujours PDG.

Parmi les dernières accusations de Nissan, le PDG de l’Alliance aurait reçu une rémunération de plus de 7 millions d’euros en 2018 de la part d’une filiale néerlandaise détenue à égalité par Nissan et Mitsubishi (NMBV), sans approbation des patrons de Nissan (M. Saikawa) et Mitsubishi (Osamu Masuko), a détaillé une source proche du dossier.

LNT avec Afp

 

https://lnt.ma/renault-letat-francais-lache-carlos-ghosn-cherche-successeur/

Grand débat national : la lettre aux Français du président de la République

13 janvier 2019 – Actualité

Grand débat national : la lettre aux Français du président de la République

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Découvrez la lettre aux Français du président de la République, Emmanuel Macron, concernant le Grand débat national.
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Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les difficultés de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontées, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans l’élaboration des lois, dans les grandes décisions à prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la Nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette ambition, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain.

Depuis quelques semaines, des maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de premiers retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre.

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours que nous devons rebâtir une souveraineté industrielle, numérique et agricole et pour cela investir dans les savoirs et la recherche. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la Nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique.

L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? À l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée. Le Gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour améliorer notre santé, pour lutter contre la pauvreté et contre le chômage.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’État et des collectivités publiques.

Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? À quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l’État soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ?

Comment l’État et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir.

Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos agriculteurs et nos industriels ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté.

Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le droit d’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration.

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre Nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici attendue, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.

Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance,

Emmanuel MACRON

La France va accélérer les préparatifs pour un Brexit sans accord

La France va accélérer les préparatifs pour un Brexit sans accord


Mercredi 16 Janvier 2019 modifié le Mercredi 16 Janvier 2019 – 11:38


La France va intensifier ses préparatifs pour un Brexit sans accord, après le rejet massif par le Parlement britannique de l’accord de sortie négocié avec Bruxelles, a indiqué mercredi l’Élysée.




Édouard Philippe et Emmanuel Macron

Édouard Philippe et Emmanuel Macron
Le Premier ministre Édouard Philippe réunira jeudi matin « les principaux ministres concernés pour faire le point sur les préparatifs et les accélérer », a précisé la présidence. Cette réunion avait été planifiée avant le vote britannique, dans le cadre des préparatifs menés depuis plusieurs mois en vue du Brexit, prévu le 29 mars.

Avec le rejet de l’accord par une grande majorité de députés britanniques, « les risques d’un +No deal+ se sont accrus hier ». Un tel scenario « serait très négatif pour le Royaume-Uni » et « serait mauvais pour l’Europe, et pour la France, qui est la porte d’entrée » d’une bonne partie des flux entre la Grande-Bretagne et le reste de l’Europe, indique l’Elysée.

Un projet de loi préparant la France à toute forme que prendrait la sortie du Royaume-Uni de l’UE doit être adopté d’ici la fin de la semaine par le Parlement. Ce texte, sur lequel députés et sénateurs se sont accordés fin 2018, habilite le gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation.

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a également appelé mercredi les entreprises françaises à se préparer au « pire scénario » car « le vote d’hier ajoute de l’incertitude à l’incertitude ».

Mercredi 16 Janvier 2019 – 11:34


Auteur : Phoebe Cooke | Editeur : Walt | Mardi, 15 Janv. 2019 – 09h16

La FRANCE et l’Allemagne envisagent de fusionner les frontières, les économies et les politiques de défense dans la dernière étape vers la création d’un super-État européen. Les pays voisins doivent élaborer ensemble des politiques dans des domaines tels que le terrorisme et les transports dans le cadre d’un pacte de « jumelage » sans précédent, à peine deux mois avant que le Royaume-Uni ne quitte l’Europe.

Conformément à cet accord, les régions franco-allemande des deux côtés seront encouragées à former des « eurodistricts », indique le Times.

La chancelière allemande Angela Merkel doit rencontrer le président français Emmanuel Macron le 22 janvier à Aix-la-Chapelle, ville emblématique de par son histoire commune et son emplacement à la frontière.

L’extension du traité, négociée au cours de l’année écoulée avec peu de détails, stipule que l’acceptation de l’Allemagne comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies constituera une priorité de la diplomatie franco-allemande.

En vertu de ces plans, les ministres pourront également assister aux réunions de leurs cabinets. Il existe également des objectifs visant à promouvoir une coopération plus étroite entre les services de renseignement nationaux et la police dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, ainsi qu’un engagement à progresser vers la convergence économique.

La culture, la santé, l’innovation et les transports sont d’autres domaines de coopération.

A Paris, le bureau de Macron a déclaré que l’extension du traité de l’Elysée aiderait les deux puissances européennes à « relever les défis auxquels elles seront confrontées au XXIe siècle ».

« Nous envisageons de renforcer notre engagement en faveur de la sécurité et de la prospérité de nos peuples dans le cadre d’une Europe plus souveraine, unie et démocratique », a-t-il déclaré.

Les deux gouvernements accepteront de tenir «des consultations régulières à tous les niveaux avant les grandes réunions européennes, et veilleront à établir des positions communes et à faire des déclarations communes».

« Ils vont défendre une politique étrangère et de défense commune forte et efficace, ainsi que renforcer et approfondir l’union économique et monétaire », ajoute le texte.

Les critiques affirment que le traité sera un « mastodonte capable d’écraser la dissidence sous ses roues », rapporte le Times.

La nomination de l’Allemagne au conseil de sécurité pourrait entraîner des problèmes à Bruxelles, qui considère que cette attribution devrait être confiée à l’UE.

Le traité devra également faire face à une opposition considérable de la part des partis d’extrême gauche et d’extrême droite.

Alexander Gauland, chef du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, l’a décrit comme « une érosion de notre souveraineté nationale ».

En France, Marine Le Pen, anciennement du parti d’extrême droite le Front national, l’a décrit comme un diktat allemand « déséquilibré ».

Liens connexes:

Merkel : les Etats de l’UE doivent céder leur souveraineté à Bruxelles… et signer le pacte sur la migration

Merkel donne le feu vert à la formation d’une armée européenne

Traduction: Fawkes News

– Source : The Sun (Royaume-Uni)
http://www.zejournal.mobi/index.php/news/show_detail/16688

Re-Colonisation

Re-Colonisation

Pour Thierry Meyssan, une des conséquences de la fin successive du monde bipolaire et du monde unipolaire est le rétablissement des projets coloniaux. Successivement, des dirigeants français, turcs et anglais ont publiquement déclaré le retour de leurs ambitions. Reste à savoir quelles formes elles pourraient prendre au XXIème siècle.

| Damas (Syrie)

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L’Empire britannique sur lequel le soleil ne se couche jamais

L’empire français

Depuis une décennie, nous avons relevé, comme une incongruité, la volonté française de rétablir son autorité sur ses anciennes colonies. C’était la logique de la nomination par le président Nicolas Sarkozy de Bernard Kouchner comme ministre des Affaires étrangères. Il substitua la notion anglo-saxonne de « Droits de l’homme » à celle des Révolutionnaires français de « Droits de l’homme et du citoyen » [1]. Plus tard, son ami, le président François Hollande déclara, lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, qu’il était temps de rétablir un mandat sur la Syrie. C’est encore plus clairement que le petit neveu de l’ambassadeur François George-Picot (celui des accords Sykes-Picot), l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, en parla. Et c’est évidemment de cette manière qu’il faut comprendre la volonté du président Emmanuel Macron de continuer la guerre contre la Syrie, sans les États-Unis.

Il y a toujours eu en France un « parti colonial » qui traversait les partis politiques et agissait comme un lobby au service de la classe possédante. Comme à chaque période où il devient difficile à des capitalistes sans scrupules d’écraser la main d’œuvre nationale, le mythe de la conquête coloniale ressurgit. Si les « Gilets jaunes » se révoltent, alors poursuivons « l’exploitation de l’homme par l’homme » sur le dos des Syriens.

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L’empire français « apporte » la civilisation

Jadis cette forme de domination se cachait, selon les mots de Jules Ferry —sous les auspices duquel François Hollande consacra son mandat [2]—, derrière « le devoir d’apporter la civilisation ». Aujourd’hui, elle vise à protéger les peuples dont les élus sont qualifiés de « dictateurs ».

La France n’est pas la seule ancienne puissance coloniale a réagir ainsi. La Turquie n’a pas tardé à suivre.

L’empire ottoman

Trois mois après la tentative d’assassinat et le coup d’État avorté de juillet 2016, le président Recep Tayyip Erdoğan prononçait le discours inaugural de l’université qui porte son nom (RTEÜ). Il dressait alors un aperçu des ambitions de la République turque depuis sa création et de celles de son nouveau régime [3]. Faisant explicitement référence au « Serment national » (Misak-ı Millî) [4], adopté par le Parlement ottoman le 12 février 1920, il justifiait son irrédentisme.

Ce serment, qui fonde le passage de l’Empire ottoman à la République turque, revendique les territoire du Nord-Est de la Grèce (la Thrace Occidentale et le Dodécanèse) [5], de tout Chypre, du Nord de la Syrie (y compris Idleb, Alep et Hassakeh), et du Nord de l’Iraq (y compris Mossoul).

Actuellement l’empire en re-formation occupe déjà le Nord de Chypre (la pseudo « République turque de Chypre du Nord »), le Nord-Ouest de la Syrie et une petite partie de l’Iraq. Pour toutes ces zones, où la langue et la monnaie turques s’appliquent, un préfet (« wali ») a été nommé dont le bureau se trouve au Palais blanc d’Ankara.

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L’empire ottoman se fonde sur l’ignorance de ses sujets. Il a fermé les écoles du monde arabe.

L’empire britannique

Le Royaume-Uni, quant à lui, hésite depuis deux ans sur son avenir après le Bréxit.

Peu après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Premier ministre Theresa May s’était rendue aux États-Unis. S’adressant aux responsables du Parti républicain, elle avait proposé de rétablir le leadership anglo-saxon sur le reste du monde [6]. Mais le président Trump avait été élu pour liquider les rêves impériaux, pas pour les partager.

Déçue, Theresa May voyagea en Chine pour proposer au président Xi Jinping de contrôler avec lui les échanges internationaux. La City, disait-elle, est prête à assurer la convertibilité des monnaies occidentales en Yuan [7]. Mais le président Xi n’avait pas été élu pour faire affaire avec l’héritière de la puissance qui démantela son pays et lui imposa la guerre de l’opium.

Theresa May tenta une troisième formule avec le Commonwealth [8]. Certaines des anciennes colonies de la Couronne, comme l’Inde, connaissent aujourd’hui une forte croissance et pourraient devenir de précieux partenaires commerciaux. Symboliquement le dauphin de la Couronne, le prince Charles, fut porté à la présidence de cette association. Madame May annonça que l’on allait enfin se diriger vers un Royaume-Uni global (Global Britain)

Dans un entretien au Sunday Telegraph du 30 décembre 2018, le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, a dressé son analyse de la situation. Depuis le fiasco du Canal de Suez, en 1956, le Royaume-Uni mène une politique de décolonisation et retire ses troupes du reste du monde. Il ne conserve aujourd’hui de bases militaires permanentes qu’à Gibraltar, à Chypre, à Diego Garcia et aux Malouines (« Falklands » selon leur dénomination impériale). Depuis 63 ans, Londres se tourne vers l’Union européenne, que Winston Churchill a imaginé, mais à laquelle il ne pensait pas initialement que l’Angleterre adhérerait. Le Brexit « déchire cette politique ». Désormais, « le Royaume-Uni est de retour en tant que puissance globale ».

D’ores et déjà Londres envisage d’ouvrir deux bases militaires permanentes. La première devrait être en Asie (à Singapour ou à Brunei), la seconde en Amérique latine. Probablement au Guyana de manière à participer à la nouvelle étape de la stratégie Rumsfeld-Cebrowski de destruction des régions du monde non-connectées à la globalisation. Après les « Grands lacs africains », le « Moyen-Orient élargi », le « Bassin des Caraïbes ». La guerre commencerait avec une invasion du Venezuela par la Colombie (pro-US), le Brésil (pro-Israélien) et le Guyana (pro-Britannique).

Ne s’embarrassant pas du discours lénifiant des Français, les Anglais édifièrent un empire avec le concours de multinationales au service desquelles ils placèrent leur armée. Ils divisèrent le monde en deux, résumé par ce titre : le souverain était roi d’Angleterre (donc soumis ici à la tradition politique) et empereur des Indes (c’est-à-dire succédant à la Compagnie privée des Indes et pur autocrate là-bas).

La décolonisation était un corolaire de la Guerre froide. Elle a été imposée aux États d’Europe occidentale par le duopole des USA et de l’URSS. Elle s’est maintenue durant le monde unipolaire, mais ne rencontre plus d’obstacle depuis le retrait états-unien du « Moyen-Orient élargi ».

Il est difficile d’anticiper quelle forme la colonisation future prendra. Jadis, elle était rendue possible par d’importantes différences de niveau d’éducation. Mais aujourd’hui ?

Documents joints

[1] La différence des deux furent le principal sujet de débats durant la Révolution française. Leur incompatibilité fut notamment le thème du livre éponyme de Thomas Paine, le plus vendu durant la Révolution.

[2] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.

[3] « La stratégie militaire de la nouvelle Turquie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 octobre 2017.

[4] « Serment national turc », Réseau Voltaire, 28 janvier 1920.

[5] « La Turquie annonce préparer l’invasion de la Grèce », Réseau Voltaire, 20 février 2018.

[6] “Theresa May addresses US Republican leaders”, by Theresa May, Voltaire Network, 27 January 2017.

[7] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

[8] « La nouvelle politique étrangère britannique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juillet 2016.

https://www.voltairenet.org/article204637.html

Grand débat national : ce que disait le programme de Macron au sujet des quatre thèmes abordés

Grand débat national : ce que disait le programme de Macron au sujet des quatre thèmes abordés

Le grand débat national qui s’ouvre mardi s’articule autour des thèmes de la fiscalité et les dépenses publiques, de l’organisation de l’Etat et des services publics, de la transition écologique et de la démocratie et la citoyenneté.

Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme pour l\'élection présidentielle, le 2 mars 2017, à Paris. 
Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme pour l’élection présidentielle, le 2 mars 2017, à Paris.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Dans sa lettre aux Français, Emmanuel Macron a listé 32 questions « essentielles » à ses yeux qui tracent les grandes lignes du grand débat national qui s’ouvre mardi 15 janvier en réponse à la crise des « gilets jaunes ». Les thèmes retenus sont la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, et finalement la démocratie et la citoyenneté, lequel a été élargi à la question de l’immigration.

Le candidat Emmanuel Macron avait abordé ces thèmes lors de la campagne présidentielle et dans son programme. Quelles étaient les réponses aux questions retenues dans le cadre du grand débat national ? Franceinfo fait le point.

Sur la fiscalité et les dépenses publiques

« Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? »

Emmanuel Macron a déjà mis en place plusieurs de ses promesses de campagne en termes de fiscalité. La plus contestée a été de réduire l’impôt sur la fortune (ISF) au patrimoine immobilier, le remplaçant ainsi de facto par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). L’imposition des revenus du capital a aussi baissé avec l’instauration d’une « flat tax », c’est-à-dire à un taux unique, fixé à 30%.

L’impôt sur les sociétés doit décroître progressivement, en vue de passer d’ici à 2020 de 33,3% à 25% et de rejoindre ainsi la moyenne européenne. Le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) mis en place par François Hollande a lui été converti en baisse des cotisations pérennes des entreprises, de l’ordre de 6 points pour les salaires allant jusqu’à 2,5 fois le smic, et jusqu’à 10 points pour les salaires compris entre 1 et 1,6 smic.

D’autre part, la suppression progressive de la taxe d’habitation a été engagée et se poursuivra jusqu’en 2020. « La suppression pour 80% des Français est déjà actée. C’était d’ailleurs un engagement de campagne du président. La position du gouvernement est celle d’une suppression à 100% », a fait savoir l’Elysée le 8 janvier, c’est-à-dire y compris pour les 20% de Français les plus aisés. Cependant, l’Elysée précise avoir décidé de mettre cette suppression de la taxe d’habitation pour les plus riches sur la table du grand débat.

Sur l’organisation de l’Etat et des services publics

« Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? »

Le programme d’Emmanuel Macron prévoyait de « réduire le mille-feuille administratif » en supprimant un quart des départements là où ils peuvent être fusionnés avec les grandes métropoles françaises. « Là où il y a métropole, les départements ont vocation à disparaître », indiquait-il pendant sa campagne présidentielle, mettant en avant « un gain d’efficacité » et « des vraies économies ». 

Le programme du candidat établissait que les départements seraient préservés dans les zones rurales, « où il convient plutôt de développer l’intercommunalité ».

« Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? A quels niveaux et pour quels services ? »

La réponse à cette question était plus vague de la part du candidat Macron. Il avait assuré que l’Etat donnerait aux préfets « la capacité d’adapter l’organisation des services de l’Etat aux besoins de chaque région et département ». 

« Comment voudriez-vous que l’Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ? »

Pour transformer les relations entre l’administration et les citoyens, Emmanuel Macron avait promis la création d’un « droit à l’erreur », qui a depuis été instauré dans la loi – un texte baptisé « projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance » – et qui permet d’éviter des sanctions en cas de premier manquement à une règle.

D’autre part, il avait promis d’élargir les horaires d’ouverture des services publics pour les adapter aux contraintes des usagers, assurant que certains seraient ouverts le samedi et en soirée. Il s’était aussi engagé à moderniser l’administration, notamment en promettant que d’ici à 2022 toutes les démarches administratives pourraient être effectuées sur internet.

« Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ? »

En ce qui concerne les territoires d’outre-mer, Emmanuel Macron avait formulé plusieurs propositions : modifier la réglementation de droit commun pour l’adapter à leur situation particulière et assurer que les normes au sein de l’Union européenne soient négociées pour prendre en compte leurs besoins, notamment sur l’agriculture et la pêche. Il s’était engagé à consacrer un milliard d’euros sur cinq ans au financement des investissements collectifs des territoires ultra-marins.

Quant aux territoires ruraux, Emmanuel Macron avait dit vouloir investir 10 milliards d’euros pour financer les services publics locaux. Pour faciliter l’accès aux soins, il avait proposé de développer la télémédecine et de supprimer le numerus clausus dans la formation des médecins pour mieux répondre aux besoins de santé. La télémédecine est remboursée depuis le 15 septembre par la Sécurité sociale. Quant au numerus clausus, le président de la République a confirmé sa disparition le 18 septembre.

Sur la transition écologique

« Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ? »

« Nous ferons évoluer les comportements en augmentant le prix du carbone », avait annoncé dans son programme le candidat Emmanuel Macron, qui prévoyait de l’augmenter dans l’objectif d’atteindre 100 euros par tonne de dioxyde de carbone en 2030. Une hausse sur quatre ans a donc été décidée par la majorité pour aligner le prix du diesel sur celui de l’essence, mais la crise des « gilets jaunes » a contraint l’exécutif à la supprimer.

« Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ? »

Dans son programme, Emmanuel Macron proposait une prime exceptionnelle de 1 000 euros pour permettre ceux dont les véhicules ont été fabriqués avant 2001 d’acheter des voitures plus écologiques, qu’elles soient neuves ou d’occasion. En novembre, Edouard Philippe a annoncé un élargissement de cette prime de conversion à 4 000 euros pour un véhicule diesel ou essence et 5 000 euros pour un véhicule hybride ou électrique.

Sur la démocratie et la citoyenneté

« Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ? »

La question autour du vote n’était pas mentionnée dans le programme du candidat Macron, qui ne s’était pas non plus exprimé à ce sujet pendant la campagne. Mais lors de son allocution du 10 décembre 2018, prononcée en réponse au mouvement des « gilets jaunes », il s’est dit « ouvert » à la reconnaissance du vote blanc.

« Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ? »

Emmanuel Macron s’était dit favorable lors de sa campagne à la mise en place d’un mode de scrutin proportionnel pour les élections législatives. Une fois au pouvoir, il s’est engagé à introduire « une dose de proportionnelle », dans le but de « refléter le pluralisme de notre vie politique », en proposant un taux de 15% d’élus à la proportionnelle. Cette mesure figure dans le projet de loi de réforme des institutions dont l’examen prévu cet été a été repoussé en raison de l’affaire Benalla.

« Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ? »

Emmanuel Macron avait indiqué vouloir réduire « d’environ un tiers le nombre de députés et de sénateurs », tout en assurant qu’ils disposeraient de moyens supplémentaires pour mener à bien leurs fonctions. Cette mesure est elle aussi inscrite dans le projet de loi sur la réforme des institutions.

« Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ? »

Pendant sa campagne, le fondateur d’En Marche ! avait proposé qu’un groupe de citoyens tirés au sort puisse chaque année auditionner le président de la République.

« Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ? »

Emmanuel Macron n’avait pas évoqué le référendum d’initiative citoyenne (RIC) dans son programme et ne s’était pas saisi du sujet pendant la campagne. C’est l’une des revendications des « gilets jaunes », dont nous vous expliquons les tenants et aboutissants dans cet article. En décembre, après un mois de mobilisation des manifestants, Edouard Philippe avait assuré dans un entretien aux Echos qu’un tel référendum pouvait être « un bon instrument dans une démocratie ».

« En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? »

Si l’éxecutif a renoncé à faire de l’immigration le cinquième pilier du grand débat national, ce thème a été incorporé à celui de la démocratie et de la citoyenneté, et Emmanuel Macron y consacre un paragraphe dans sa lettre aux Français. Dans cette question, il évoque sans la nommer la possibilité de mettre en place des quotas d’immigration. Cette mesure n’était pas présente dans son programme, mais elle rejoint une proposition portée par François Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017 et avant lui par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était président de la République.

« Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ? »

Dans son programme, Emmanuel Macron s’était engagé à proposer systématiquement aux agents de l’administration des formations à la laïcité, pour assurer des « services publics vraiment neutres ». D’autre part, il avait promis la fermeture des lieux de culte et la dissolution des associations promouvant une propagande jihadiste. Il avait également proposé d’« enseigner le fait religieux à l’école ».

Alors qu’Emmanuel Macron avait affirmé pendant la campagne que « la place de l’islam (…) n’appelle pas une révision de la loi de 1905 », il semble que sa position ait changé. Une réforme de la loi de 1905 est maintenant envisagée pour accompagner la réforme de l’islam de France, souligne Le Monde.

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/grand-debat-national-ce-que-disait-le-programme-de-macron-au-sujet-des-quatre-themes-abordes_3144193.html#xtor=EPR-51-%5Bgrand-debat-national-ce-que-disait-le-programme-presidentiel-d-emmanuel-macron-au-sujet-des-quatre-themes-abordes_3145733%5D-20190115-%5Bbouton%5D

Grand débat : « Ni une élection ni un référendum »… Macron fixe le cadre

Grand débat : « Ni une élection ni un référendum »… Macron fixe le cadre

Par latribune.fr  |   |  1480  mots
(Crédits : Benoit Tessier)
Le grand débat qui sera lancé mardi n’est « ni une élection, ni un référendum », a affirmé Emmanuel Macron dans sa « lettre aux Français », en appelant « le plus grand nombre » à y participer.

Le président de la République a annoncé qu’il « rendra compte directement » de cette consultation, dans le mois qui suivra sa fin, prévue le 15 mars, dans sa longue lettre, dont la publication a été avancée après avoir été rendue publique par des médias dimanche soir malgré l’embargo fixé.

Lire aussi : Les 32 questions d’Emmanuel Macron dans sa lettre qui lance le grand débat national

« J’entends transformer avec vous les colères en solutions« , indique-t-il en conclusion de cette lettre, dont il avait annoncé la publication en présentant ses voeux, en pleine crise des « Gilets jaunes ». Il propose de baliser le débat avec une série de 35 questions portant sur quatre thèmes déjà fixés comme la démocratie, la transition écologique, la fiscalité ou l’immigration.

« Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international », précise Emmanuel Macron.

Parmi ces questions, figurent: « Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité? », « Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité? », « Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale? », « Faut-il accroître le recours aux référendums? ».

Sur l’immigration, Emmanuel Macron demande: « Une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement? ».

Mais, comme l’avaient annoncé plusieurs membres du gouvernement ces derniers jours, le président fixe aussi des lignes rouges.

« Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises […] afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage », souligne-t-il, sans citer nommément l’ISF, dont le rétablissement est réclamé par de nombreux « Gilets jaunes ».

« Nous ne pouvons poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique », prévient-il aussi.

Il ne cite, dans sa lettre, ni les thèmes du mariage pour tous, de l’IVG ou de la peine de mort.

Emmanuel Macron doit participer à un premier débat mardi avec des maires à Grand Bourgtheroulde (Eure), puis à un deuxième vendredi à Souillac (Lot), premières étapes d’une série de déplacements en province.

Le Premier ministre Edouard Philippe doit préciser lundi les modalités de ce grand débat, notamment sur son pilotage après la défection de la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno, après une polémique sur sa rémunération.

Emmanuel Macron a publié sa lettre au lendemain d’un neuvième samedi de mobilisation des « Gilets jaunes » marqué par un regain de mobilisation.

Lire aussi : Gilets Jaunes: la mobilisation reprend de l’ampleur

Comment les « conclusions » seront reprises

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a demandé lundi que le gouvernement dise « très vite » dans quelles « conditions » va s’organiser le grand débat national et « surtout » comment ses « conclusions » seront reprises.

Interrogé sur CNews au lendemain de la publication de la lettre du président Emmanuel Macron aux Français, M. Berger a souhaité que l’exécutif « dise très vite » « les conditions » dans lesquelles le grand débat s’organise, « les conditions d’indépendance, les conditions de bonne tenue des débats ». « Est-ce qu’on sera dans un cadre apaisé où chacun pourra s’exprimer? », s’est-il demandé.

« Celui ou celle qui va piloter » le débat « doit être indépendant du gouvernement », a souligné Laurent Berger, « y compris pour que les gens s’y inscrivent ».

Il a aussi demandé que l’exécutif dise « surtout » ce qu’il « va être être fait des conclusions » du débat, « la façon dont les débats à un moment donné vont être repris par les uns et les autres pour travailler ensemble ».

Pour le numéro un de la CFDT, il faut qu’à l’issue du débat « les organisations syndicales, patronales, les associations organisent une sorte de Grenelle du pouvoir de vivre où on traite l’ensemble de ces sujets-là » même si « le gouvernement in fine décidera ».

« Mais que ce ne soit pas simplement remonté à l’Elysée et que ce soit le président qui décide », a-t-il insisté.

Sur la lettre du président, dont il n’a pas souhaité « faire l’exégèse », le secrétaire général de la CFDT a observé qu’il « manque des précisions autour de ce qui pourrait être fait autour du pouvoir d’achat« .

Une opération de sauvetage du mandat de Macron ?

Avec sa lettre aux Français dévoilée dimanche soir, Emmanuel Macron tente « de sauver la suite de son mandat » jugent la majeure partie des éditorialistes, quand d’autres enjoignent leurs lecteurs à participer au grand débat.

Pour Stéphane Albouy du Parisien, Emmanuel Macron a pris la plume comme l’avaient fait avant lui François Mitterrand et Nicolas Sarkozy. A la différence que ses prédécesseurs étaient candidats à la présidence et défendaient leur programme de campagne, alors que « notre actuel président essaie pour sa part de sauver la suite de son mandat ».

« Avec cette adresse aux Français, le chef de l’Etat est en fait candidat… à sauver les trois ans qu’il lui reste à passer à l’Elysée« , pense également Paul Quinio de Libération qui voit la lettre du président comme un « écrit de rattrapage« .

« L’arrogant Jupiter tente avec ce texte de se mettre à hauteur de rond-point« , juge l’éditorialiste qui trouve l’exercice « périlleux ».

Dans L’Union, Carole Lardot Bouillé fait chorus:

« l’exercice est périlleux. Emmanuel Macron sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. »

« Une ‘chance pour la France’, comme l’a dit Marc Fesneau, ce grand débat national?« , demande Guillaume Tabard du Figaro qui estime qu’il s’agit d' »une dernière chance pour Emmanuel Macron en tout cas, s’il veut régler la crise autrement que par des scénarios politiques catastrophes pour lui. »

François Ernenwein de La Croix est d’avis qu’il manque au chef de l’Etat « la crédibilité nécessaire pour convaincre qu’il va vraiment lutter contre les fractures sociales et territoriales en France« . L’éditorialiste du quotidien catholique admet toutefois que le président « peut encore parvenir à sortir son mandat de l’étau de la puissante contestation et des lourdes contraintes budgétaires« .

Dans Les Echos, Cécile Cornudet est sceptique quant à la volonté d’écoute d’Emmanuel Macron qui « se prête à l’exercice du grand débat comme s’il fallait bien en passer par là, mais sans réelle conviction pour le coup. »

Sans surprise, la lettre aux Français reste « lettre morte » pour Paule Masson de l’Humanité qui affirme qu’elle « ne peut être reçue que comme une provocation. » « Pas un mot sur les salaires, le pouvoir d’achat, mais l’affirmation qu’il ne rétablira pas l’ISF« , s’insurge l’éditorialiste du quotidien communiste.

« Le président joue gros« , assure Bernard Stéphan de La Montagne Centre France  qui considère que de la réussite ou de l’échec du grand débat « dépend la suite du quinquennat d’Emmanuel Macron. »

« Comme dans le village d’Astérix, il y aura des engueulades et des débordements, mais, en vérité, l’issue de ce grand débat dépend de nous tous et d’abord de notre volonté de comprendre avant de juger« , croit Vincent Trémolet de Villers du Figaro qui espère « une conversation civique« .

Dans le camp des plus optimistes, Sébastien Georges de L’Est Républicain songe que « ce grand débat peut constituer un des actes fondateurs de la nouvelle gouvernance qu’il avait promise », mais « à condition de tenir compte de ce qui en sortira, sans le cadenasser pour qu’il ne fasse pas pschitt. »

« Faut-il plus de services publics ou moins d’impôts ? Cruel et universel dilemme que le président de la République décline dans sa lettre« . Laurent Bodin dans L’Alsace note que le président « place les Français devant leurs responsabilités« , « habilement« , souligne-t-il.

« C’est à un incroyable exercice de renouvellement de la démocratie et de la politique que nous sommes en train d’assister« , s’enthousiasme Patrice Carmouze dans L’Eclair des Pyrénées. « C’est donc aux citoyens de s’emparer de ce débat, de prendre, en quelque sorte le pouvoir« , prévient-il.

« Emmanuel Macron tente avec ce courrier de nous mettre devant nos responsabilités, les siennes et tous les choix à venir« , constate Jean-Louis Hervois de la Charente Libre.

Dans Ouest France, Stéphane Vernay considère que « le chef de l’État mette autant de sujets sur la table, sachant que toutes les réponses n’iront pas dans son sens, est, de fait, totalement inédit« . Pour l’éditorialiste du quotidien de l’Ouest, cette lettre « plus qu’un engagement, c’est un contrat. Il faut le prendre au mot. En participant« .

(avec agences)

https://www.latribune.fr/economie/france/grand-debat-ni-une-election-ni-un-referendum-macron-fixe-le-cadre-803687.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20190114

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens


Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision d’y transférer l’ambassade US, le président Trump a fait un premier pas pour briser l’un des réflexes les mieux ancrés des Européens. Car, comme l’avait remarqué l’ancien commissaire européen Chris Patten, sur le dossier proche-oriental en particulier « le principal déterminant du comportement politique de l’Europe » a été jusqu’ici « le refus pavlovien de toute ligne de conduite qui pourrait éloigner l’Europe des Américains ».

Toujours est-il que, si le suivisme mécanique ne s’est pas produit cette fois-ci, les principales puissances européennes désapprouvant la décision US, l’Union européenne est loin de présenter un front uni. L’Europe est divisée, comme à presque chaque fois où l’alignement commun sur le grand allié n’est pas possible. A ceci près que l’administration Trump a considérablement changé la donne, et Jérusalem n’est que le premier d’une série de défis en provenance d’outre-Atlantique qui se profilent à l’horizon.

L’Europe prend ses distances

Une fois n’est pas coutume, sur la question de Jérusalem, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous les trois fait part de leur désaccord par rapport à la relocalisation de l’ambassade des Etats-Unis. Ils ont tous les trois soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui « déplore au plus haut point » les décisions américaines relatives à Jérusalem et juge qu’elles sont « nulles et non avenues » du point de vue juridique. Paris, Berlin et Londres ont également été unanimes à boycotter le gala d’ouverture de l’ambassade US relocalisée. Le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a quant à elle exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à l’annonce américaine. Elle n’a également eu de cesse de répéter que « la position de l’UE reste inchangée ».

Cette position commune se limite, par définition, à l’appel au respect du droit international. Ainsi, « L’UE reste fermement engage à continuer de travailler avec les deux parties et avec ses partenaires dans la communauté internationale en vue de la reprise de véritables négociations avec l’objectif d’arriver à la solution des deux Etats, et Jérusalem capitale des deux ».  Ceci implique également, comme elle tient à le souligner, le respect du consensus international tel qu’il s’incarne dans la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies, appelant au retrait de toute représentation diplomatique de Jérusalem. A cette approche légaliste viennent s’additionner en Europe d’autres considérations, plus politiques. Tel le souci d’enrayer l’escalade de la violence dans son voisinage immédiat, de même que d’éviter les provocations inutiles susceptibles de radicaliser ses propres minorités musulmanes.

De surcroît, les Européens se sentent souvent inconfortables avec certaines caractéristiques de la prise de décision US qui leur paraissent comme faisant partie d’un même schéma. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli international par le président américain pour des raisons qu’ils estiment être en grande partie d’ordre électoral. Étroitement lié à cela, il existe une forte réticence en Europe vis-à-vis de ce qu’ils voient comme la contamination du discours politique par le fait religieux, la réduction des problèmes complexes à une simple opposition entre le Bien et le Mal. De même, les Européens se méfient de l’option unilatérale, a fortiori sous une forme brutale, qu’ils considèrent à la fois comme source de ressentiments, donc d’instabilité future et, dans un monde de plus en plus multipolaire, comme un précédent dangereux.

L’Europe se divise, pour les mêmes raisons que d’habitude

Malgré cette large convergence des considérations juridiques, politiques et stratégiques, les 28 Etats membres de l’UE n’ont pas été capables de publier ne serait-ce qu’une seule déclaration commune. La première, dès l’annonce du président Trump a été bloquée par la Hongrie, et la seconde, à la veille du transfert de l’ambassade US a été opposée par la Hongrie, La République tchèque et la Roumanie. Entretemps, l’Union européenne n’a pas pu soutenir en tant que telle la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU déplorant la décision US, du fait de l’abstention de six de ses Etats membres (les trois ci-dessus rejoints par la Pologne, la Lettonie et la Croatie). Pour terminer, si 24 pays européens ont boycotté la soirée de gala organisée pour l’ouverture de l’ambassade US, quatre s’y sont rendus (la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et l’Autriche).

Il y a fort à parier que ce n’est pas un soudain accès d’illumination sur les complexités du processus de paix israélo-palestinien qui aurait amené les pays d’Europe centrale et orientale à prendre le contre-pied de la majorité de leurs partenaires européens. Tout comme lors de la division en « vieille Europe » et « jeune Europe » au sujet de l’intervention américaine de 2003 en Irak, quoique dans une proportion bien moindre cette fois-ci, certains Etats membres préfèrent se démarquer de la solidarité européenne s’ils l’estiment aller à l’encontre de la loyauté atlantiste.

Dans ces conditions, la position commune de l’UE, exprimée par sa Haute représentante Mogherini, est réduite au plus petit dénominateur commun qu’est le respect du droit et du consensus international. Toutefois, même avec cette approche minimaliste, l’équilibre fragile à 28 risque d’être mise à mal, sur deux points. Premièrement, il ne s’agit que d’une pause momentanée qui ne durera que jusqu’à la présentation du plan de paix américain. Comme l’a dit le ministre français des Affaires étrangères « dès lors qu’un plan est en préparation, il serait malvenu pour la France ou l’Union européenne de décider d’une initiative unilatérale ». Par contre, si le plan américain n’est pas jugé par tous comme suffisamment équilibré, le projet d’un accord d’association UE-Palestine ou la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien pourraient se retrouver en tête de l’agenda. D’ici là, l’Union sera occupée à maintenir tous les Etats membres dans le rang, qu’il s’agisse du non-transfert des ambassades (la République tchèque hésite, paraît-il) ou de la mise en œuvre parfois difficile de la distinction de principe entre territoire israélien et territoires occupés.

Au-delà de Jérusalem : d’autres épreuves transatlantiques en vue

Au lendemain de la crise irakienne, la directrice de l’Institut de l’UE pour les Etudes de sécurité a mis en exergue l’un des obstacles les plus persistants à une politique étrangère européenne : « Il est beaucoup plus facile aux Européens de s’entendre sur l’analyse des crises extérieures que sur l’analyse de la politique américaine. Autrement dit, le monde rassemble, l’Amérique divise. Si les Européens parviennent assez facilement à une vision à peu près commune du monde, ils se divisent en revanche sur le rôle de l’Union dans la gestion des crises. Parce que ce rôle est en effet largement fonction du type de relations que chacun souhaite construire avec la puissance américaine, à titre bilatéral ou au sein de l’OTAN ». En d’autres termes, du moment où l’alignement collectif pur et simple n’est pas une option, le positionnement des uns et des autres se fait, en premier lieu, en fonction de son impact sur les relations transatlantiques. Assument-ils de se démarquer de leur plus grand allié ou, au contraire, estiment-ils que l’essentiel est de faire preuve de loyauté vis-à-vis des Etats-Unis ?

Ce dilemme perpétuel apparaît aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Au-delà de la question de Jérusalem, deux sujets éminemment chers au cœur, et au portefeuille, des Européens sont en suspense : les tarifs douaniers et l’accord nucléaire avec l’Iran. Ajoutez à cela le style extrêmement « franc » du président Trump, et une opinion publique européenne de plus en plus eurosceptique qui risque de s’aliéner encore plus si elle ne voit qu’une Union dépendante et impuissante. Il s’agit d’un mélange explosif, où les réflexes européens d’alignement et de concessions disproportionnées pourraient avoir plus de mal que d’habitude à l’emporter.

De ce point de vue, peu importe qui « a raison » ou quelle politique serait « la bonne » sur tel ou tel dossier. Sur Jérusalem, l’Iran, les tarifs douaniers – il peut y avoir des arguments valables des deux côtés. L’essentiel ici est de savoir s’il y a une quelconque utilité pour les Européens d’essayer de défendre collectivement leurs intérêts, voire de définir, ne sait-on jamais, une politique. Ou ces efforts sont-ils d’emblée voués à l’échec, dès que le dossier en question implique, de près ou de loin, les Etats-Unis. Grâce à la propension du président Trump à soulever les sujets les plus sensibles, sans ménagement et à un rythme accéléré, les premiers éléments de réponse tangibles ne sauraient tarder.

Ce texte est la version française de l’article original: Hajnalka Vincze, Jerusalem: President Trump Challenges Europe’s “Pavlovian” Reflexes, In The American Review of Books, Blogs, and Bull, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 18 May 2018.

https://theatrum-belli.com/jerusalem-le-president-trump-met-au-defi-les-reflexes-pavloviens-des-europeens/

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens


Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision d’y transférer l’ambassade US, le président Trump a fait un premier pas pour briser l’un des réflexes les mieux ancrés des Européens. Car, comme l’avait remarqué l’ancien commissaire européen Chris Patten, sur le dossier proche-oriental en particulier « le principal déterminant du comportement politique de l’Europe » a été jusqu’ici « le refus pavlovien de toute ligne de conduite qui pourrait éloigner l’Europe des Américains ».

Toujours est-il que, si le suivisme mécanique ne s’est pas produit cette fois-ci, les principales puissances européennes désapprouvant la décision US, l’Union européenne est loin de présenter un front uni. L’Europe est divisée, comme à presque chaque fois où l’alignement commun sur le grand allié n’est pas possible. A ceci près que l’administration Trump a considérablement changé la donne, et Jérusalem n’est que le premier d’une série de défis en provenance d’outre-Atlantique qui se profilent à l’horizon.

L’Europe prend ses distances

Une fois n’est pas coutume, sur la question de Jérusalem, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous les trois fait part de leur désaccord par rapport à la relocalisation de l’ambassade des Etats-Unis. Ils ont tous les trois soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui « déplore au plus haut point » les décisions américaines relatives à Jérusalem et juge qu’elles sont « nulles et non avenues » du point de vue juridique. Paris, Berlin et Londres ont également été unanimes à boycotter le gala d’ouverture de l’ambassade US relocalisée. Le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a quant à elle exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à l’annonce américaine. Elle n’a également eu de cesse de répéter que « la position de l’UE reste inchangée ».

Cette position commune se limite, par définition, à l’appel au respect du droit international. Ainsi, « L’UE reste fermement engage à continuer de travailler avec les deux parties et avec ses partenaires dans la communauté internationale en vue de la reprise de véritables négociations avec l’objectif d’arriver à la solution des deux Etats, et Jérusalem capitale des deux ».  Ceci implique également, comme elle tient à le souligner, le respect du consensus international tel qu’il s’incarne dans la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies, appelant au retrait de toute représentation diplomatique de Jérusalem. A cette approche légaliste viennent s’additionner en Europe d’autres considérations, plus politiques. Tel le souci d’enrayer l’escalade de la violence dans son voisinage immédiat, de même que d’éviter les provocations inutiles susceptibles de radicaliser ses propres minorités musulmanes.

De surcroît, les Européens se sentent souvent inconfortables avec certaines caractéristiques de la prise de décision US qui leur paraissent comme faisant partie d’un même schéma. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli international par le président américain pour des raisons qu’ils estiment être en grande partie d’ordre électoral. Étroitement lié à cela, il existe une forte réticence en Europe vis-à-vis de ce qu’ils voient comme la contamination du discours politique par le fait religieux, la réduction des problèmes complexes à une simple opposition entre le Bien et le Mal. De même, les Européens se méfient de l’option unilatérale, a fortiori sous une forme brutale, qu’ils considèrent à la fois comme source de ressentiments, donc d’instabilité future et, dans un monde de plus en plus multipolaire, comme un précédent dangereux.

L’Europe se divise, pour les mêmes raisons que d’habitude

Malgré cette large convergence des considérations juridiques, politiques et stratégiques, les 28 Etats membres de l’UE n’ont pas été capables de publier ne serait-ce qu’une seule déclaration commune. La première, dès l’annonce du président Trump a été bloquée par la Hongrie, et la seconde, à la veille du transfert de l’ambassade US a été opposée par la Hongrie, La République tchèque et la Roumanie. Entretemps, l’Union européenne n’a pas pu soutenir en tant que telle la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU déplorant la décision US, du fait de l’abstention de six de ses Etats membres (les trois ci-dessus rejoints par la Pologne, la Lettonie et la Croatie). Pour terminer, si 24 pays européens ont boycotté la soirée de gala organisée pour l’ouverture de l’ambassade US, quatre s’y sont rendus (la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et l’Autriche).

Il y a fort à parier que ce n’est pas un soudain accès d’illumination sur les complexités du processus de paix israélo-palestinien qui aurait amené les pays d’Europe centrale et orientale à prendre le contre-pied de la majorité de leurs partenaires européens. Tout comme lors de la division en « vieille Europe » et « jeune Europe » au sujet de l’intervention américaine de 2003 en Irak, quoique dans une proportion bien moindre cette fois-ci, certains Etats membres préfèrent se démarquer de la solidarité européenne s’ils l’estiment aller à l’encontre de la loyauté atlantiste.

Dans ces conditions, la position commune de l’UE, exprimée par sa Haute représentante Mogherini, est réduite au plus petit dénominateur commun qu’est le respect du droit et du consensus international. Toutefois, même avec cette approche minimaliste, l’équilibre fragile à 28 risque d’être mise à mal, sur deux points. Premièrement, il ne s’agit que d’une pause momentanée qui ne durera que jusqu’à la présentation du plan de paix américain. Comme l’a dit le ministre français des Affaires étrangères « dès lors qu’un plan est en préparation, il serait malvenu pour la France ou l’Union européenne de décider d’une initiative unilatérale ». Par contre, si le plan américain n’est pas jugé par tous comme suffisamment équilibré, le projet d’un accord d’association UE-Palestine ou la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien pourraient se retrouver en tête de l’agenda. D’ici là, l’Union sera occupée à maintenir tous les Etats membres dans le rang, qu’il s’agisse du non-transfert des ambassades (la République tchèque hésite, paraît-il) ou de la mise en œuvre parfois difficile de la distinction de principe entre territoire israélien et territoires occupés.

Au-delà de Jérusalem : d’autres épreuves transatlantiques en vue

Au lendemain de la crise irakienne, la directrice de l’Institut de l’UE pour les Etudes de sécurité a mis en exergue l’un des obstacles les plus persistants à une politique étrangère européenne : « Il est beaucoup plus facile aux Européens de s’entendre sur l’analyse des crises extérieures que sur l’analyse de la politique américaine. Autrement dit, le monde rassemble, l’Amérique divise. Si les Européens parviennent assez facilement à une vision à peu près commune du monde, ils se divisent en revanche sur le rôle de l’Union dans la gestion des crises. Parce que ce rôle est en effet largement fonction du type de relations que chacun souhaite construire avec la puissance américaine, à titre bilatéral ou au sein de l’OTAN ». En d’autres termes, du moment où l’alignement collectif pur et simple n’est pas une option, le positionnement des uns et des autres se fait, en premier lieu, en fonction de son impact sur les relations transatlantiques. Assument-ils de se démarquer de leur plus grand allié ou, au contraire, estiment-ils que l’essentiel est de faire preuve de loyauté vis-à-vis des Etats-Unis ?

Ce dilemme perpétuel apparaît aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Au-delà de la question de Jérusalem, deux sujets éminemment chers au cœur, et au portefeuille, des Européens sont en suspense : les tarifs douaniers et l’accord nucléaire avec l’Iran. Ajoutez à cela le style extrêmement « franc » du président Trump, et une opinion publique européenne de plus en plus eurosceptique qui risque de s’aliéner encore plus si elle ne voit qu’une Union dépendante et impuissante. Il s’agit d’un mélange explosif, où les réflexes européens d’alignement et de concessions disproportionnées pourraient avoir plus de mal que d’habitude à l’emporter.

De ce point de vue, peu importe qui « a raison » ou quelle politique serait « la bonne » sur tel ou tel dossier. Sur Jérusalem, l’Iran, les tarifs douaniers – il peut y avoir des arguments valables des deux côtés. L’essentiel ici est de savoir s’il y a une quelconque utilité pour les Européens d’essayer de défendre collectivement leurs intérêts, voire de définir, ne sait-on jamais, une politique. Ou ces efforts sont-ils d’emblée voués à l’échec, dès que le dossier en question implique, de près ou de loin, les Etats-Unis. Grâce à la propension du président Trump à soulever les sujets les plus sensibles, sans ménagement et à un rythme accéléré, les premiers éléments de réponse tangibles ne sauraient tarder.

Ce texte est la version française de l’article original: Hajnalka Vincze, Jerusalem: President Trump Challenges Europe’s “Pavlovian” Reflexes, In The American Review of Books, Blogs, and Bull, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 18 May 2018.

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