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Notre-Dame : la plus grande opération immobilière d’Europe a débuté à Paris

Notre-Dame : la plus grande opération immobilière d’Europe a débuté à Paris

  

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L’opération immobilière de rénovation de l’île de la Cité et de sa transformation en une promenade touristique a débuté avec l’adjudication d’une partie de l’Hôtel-Dieu à Novaxia, le groupe d’« urbanisme transitoire » du « philanthrope » Joachim Azan (photo).

Cette méga-opération a été imaginée en 2016, à la demande du président François Hollande et de la maire de Paris, Anne Hidalgo, par le directeur des monuments historiques Philippe Bélaval et l’architecte Dominique Perrault.

Elle prévoit de profiter de la rénovation du Tribunal de Paris, de la Préfecture de Police et de l’Hôtel-Dieu, de manière à tirer tout le potentiel touristique de la cathédrale Notre-Dame et de la Sainte-Chapelle.

L’incendie de la cathédrale a constitué une « divine surprise » pour les pouvoirs publics qui pourront ainsi mener à bien ce projet et exploiter commercialement l’ensemble de l’île. Ce que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a résumé en déclarant que Notre-Dame de Paris n’est « pas une cathédrale, c’est notre bien commun ».

Louée 144 millions d’euros pour 80 ans, une partie de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu sera transformée en logements, en commerces de luxe et en restaurant gastronomique. Les syndicats hospitaliers, qui font valoir la compression des services d’urgence parisiens, protestent contre ce choix.

L’appel d’offres avait débuté avant l’incendie de la cathédrale.

Adoptée en procédure accélérée, une loi ad hoc, a été votée en première lecture par l’Assemblée nationale pour gérer la collecte de dons en faveur de la restauration de la cathédrale. Elle prévoit incidemment que le gouvernement sera autorisé à prendre par ordonnance toute mesure dérogatoires
- 1° « Aux règles en matière d’urbanisme, d’environnement, de construction et de préservation du patrimoine, en particulier en ce qui concerne la mise en conformité des documents de planification, la délivrance des autorisations de travaux et de construction, les modalités de la participation du public à l’élaboration des décisions et de l’évaluation environnementale, ainsi que l’archéologie préventive ;
- 2° Aux règles en matière de commande publique, de domanialité publique, de voirie et de transport.
 »

Le projet immobilier prévoit quant à lui la construction d’un réseau de tunnels qui permettra aux touristes d’accéder à la crypte de Notre-Dame, mais surtout de désengorger la circulation sur l’île.

L’objectif final est de transformer l’île d’une cité administrative en la plus fréquentée des zones touristiques en Europe.

Sur le même sujet : « L’enjeu caché de la restauration de Notre-Dame », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 avril 2019.

https://www.voltairenet.org/article206522.html

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Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019

Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019

Par Fabien HERBERTJoséphine BOUCHERMaxime LEFEBVREPierre VERLUISE, le 8 mai 2019  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Maxime Lefebvre est diplomate, Professeur en Questions internationales à Sciences Po et Professeur affilié à l’ESCP Europe. Auteur de nombreux ouvrages. 
Images et son : Fabien Herbert. Résumé : Joséphine Boucher. Une conférence organisée par Pierre Verluise Diploweb.

L’ Ambassadeur Maxime Lefebvre s’exprime à titre personnel. Il présente clairement l’évolution des relations franco-allemandes depuis 1945, conjuguant les approches géopolitique et historique. La vidéo (54’) est accompagnée d’un résumé.

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé par Joséphine Boucher pour Diploweb.com

L’intervention de M. Lefebvre identifie les traits structurants des relations franco-allemandes depuis 1945, conjuguant les approches géopolitique et historique. La rivalité franco-allemande a été structurante dans le système international et européen à partir de la formation de l’unité allemande. Dès 1871, Otto von Bismarck créé un système d’alliances pour isoler la France à travers un réseau d’alliances diplomatiques visant à empêcher une revanche française. Après le conflit franco-allemand de 1914 et à partir du système de Paris de 1919, l’Allemagne humiliée par le Traité de Versailles fait face à une France qui tente de maintenir sa position de prépondérance. Néanmoins, les années 1920 sont synonymes d’un rapprochement incarné à l’époque par Aristide Briand et Gustav Stresemann, respectivement ministres français et allemand des Affaires étrangères de 1925 à 1932 pour l’un et de 1923 à 1929 pour l’autre. Ils sont en fait les inventeurs du couple franco-allemand, partageant l’idée de promouvoir la paix. En 1945, la défaite de l’Allemagne d’Adolf Hitler marque le début d’une nouvelle période qui peut être divisée en six étapes.

Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019
Maxime Lefebvre
Diplomate, M. Lefebvre s’exprime ici à titre personnel

La première étape est celle de la réconciliation entre les deux pays et du lancement du projet communautaire. Avant 1949 et la création de deux Etats ouest-allemand et est-allemand, la première préoccupation française est d’empêcher la résurgence d’une menace allemande. Elle aboutit à deux traités dirigés contre le danger allemand, le traité franco-britannique de Dunkerque et un accord en 1948 pour souder l’Europe occidentale. La Guerre froide (1947-1990) correspond ensuite à un changement de contexte total. La menace principale devient l’Union soviétique et les Français initient la construction européenne avec la déclaration Schumann du 9 mai 1950 et la proposition de mettre en commun les industries du charbon et de l’acier des pays d’Europe de l’Ouest. Il s’agit alors de mutualiser des industries dédiées à l’origine à l’armement national et d’accomplir des réalisations concrètes créant des solidarités de fait. La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) naît en 1951 et, dans ce contexte de tensions, le plan Pleven proposé en 1950, signé en 1952 mais disparu en 1954 avait pour objet d’étendre la construction européenne à la défense en créant une communauté européenne de défense (CED). Il convient de noter que cette première Europe à 6 surnommée l’Europe carolingienne reste exclusivement occidentale et n’inclut que Allemagne de l’Ouest (RFA). La signature des traités de Rome en 1957 complète la CECA d’une Communauté économique européenne (CEE) et d’une Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom).

Zbigniew Brzezinski : « À travers la construction européenne, la France vise la réincarnation et l’Allemagne la rédemption. » Le Grand Echiquier (1997)

La deuxième phase correspond à la création d’un couple franco-allemand qui incarne une relation résumée par Zbigniew Brzezinski dans Le Grand Echiquier (1997) comme suit : « À travers la construction européenne, la France vise la réincarnation et l’Allemagne la rédemption. » La construction européenne semble être alors un levier de puissance pour la France et un moyen de reconstruire une souveraineté et une identité pour l’Allemagne. Ce couple si caractéristique est d’abord incarné par le Général C. de Gaulle et le chancelier K. Adenauer qui signent le traité de l’Elysée le 22 janvier 1963. Celui-ci établit un partenariat privilégié entre les deux pays. Malgré cela, il n’est pas le fondement d’une grande politique franco-allemande en raison des réticences allemandes à s’enfermer dans une relation bilatérale avec le voisin français.

Après le départ de C. de Gaulle, il est possible d’étendre la communauté au Royaume-Uni tout en solidifiant l’édifice européen. C’est la troisième phase, celle de l’élargissement et de l’approfondissement. C’est aussi la période de l’Ostpolitik et de Willy Brandt et Georges Pompidou. L’Allemagne fédérale mène alors sa propre politique vis-à-vis de l’URSS, elle veut détendre les relations avec l’Est et rapprocher les deux Allemagne selon une politique dite des transformations par le rapprochement. Cela aboutit à une détente dans le couple franco-allemand et à la reconnaissance des deux Etats allemands l’un par l’autre. Finalement, les changements sont à l’époque plus impulsés par l’Allemagne de l’Ouest que par le couple franco-allemand. Le premier élargissement nordique de 1973 au Danemark, au Royaume-Uni et à l’Irlande ouvre l’Europe communautaire à 9 Etats membres et s’accompagne de progrès avec la création d’une union politique européenne et d’une union monétaire via une coopération monétaire qui annonce la monnaie unique. De 1974 à 1982, deux leaders dominent le couple franco-allemand, ce sont le président Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981) et le chancelier Helmut Schmidt (1974-1982). Les années 1980 sont celles d’un autre couple avec François Mitterrand à partir de 1981 et Helmut Kohl en 1982. Ils établissent une relation de confiance et un partenariat à travers la crise des euro-missiles, qui constitue un moment de solidarité important, et la commémoration de Verdun en 1984 dont la fameuse poignée de main est depuis intégrée dans le pathos franco-allemand. Ce sont les années de l’élargissement méditerranéen et de l’Europe à 12, mais aussi de la centralité française, qu’elle soit géographique ou d’influence. Les nouveaux progrès dans l’approfondissement sont marqués par l’accord de Schengen en 1985 qui ouvre la voie à la libre circulation des personnes entre la France, l’Allemagne et le Benelux. L’Acte unique de 1986 achève le marché intérieur et le passage d’un marché commun à un marché unique. Dans cette relation franco-allemande privilégiée, de nouvelles institutions apparaissent également : ce sont le Conseil franco-allemand économique et financier en 1988 et le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, et une chaîne de télévision commune et bilingue, Arte.

Maxime Lefebvre
Diplomate, M. Lefebvre s’exprime ici à titre personnel

La décennie suivante marque une nouvelle étape de la relation. La réunification allemande en 1990 signe la fin de la Guerre froide, le mur de Berlin est tombé, le communisme vit ses derniers jours à l’est et l’Europe de l’est entre dans une phase de démocratisation. C’est aussi un moment de méfiance entre la France et l’Allemagne surmonté par des progrès comme le traité de Maastricht signé en février 1992 et dont le point central est la monnaie unique, l’euro, mis en circulation le 1er janvier 2002. Par ailleurs, l’instauration d’une politique étrangère commune et d’une coopération en matière de justice et d’affaires intérieures permettent un nouvel élargissement de l’UE aux pays neutres, à savoir la Suède, la Finlande et l’Autriche en 1995. C’est à ce moment-là que le français devient minoritaire dans les institutions européennes au profit de l’anglais, dessinant une Europe plus nordique et plus anglophone. Gerhard Schröder, le successeur de Kohl en 1998 adopte un langage nouveau : il veut défendre les intérêts allemands et mène une politique de basculement vers l’est. La capitale allemande est déplacée de Bonn à Berlin et on constate un changement de l’équilibre géopolitique de l’Allemagne, qui fonde des liens commerciaux forts avec les pays de l’est européen.

Le rapprochement concerne aussi le refus de la guerre en Irak en 2002-2003, formant alors un axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou contraire à la politique unilatérale de Georges W. Bush.

Le début du XXIème siècle correspond à une période de tensions dans la relation franco-allemande avec des sommets dont celui de Nice en 2000. Les dirigeants lancent alors le processus de Blaesheim qui consiste à organiser des rencontres régulières, environ tous les deux mois, entre les chefs d’Etat et de gouvernement et les deux ministres des Affaires étrangères. À cette époque là, des dirigeants socialistes français proposent de créer une union franco-allemande, idée reprise en 2003 par Dominique de Villepin. À cette période de tensions en 1999-2000 suit une phase de rapprochement entre 2002 et 2004 qu’incarnent Jacques Chirac et Gerhard Schröder et des accords franco-allemands, notamment sur la Politique agricole commune et son financement en 2002. Celui-ci stipule à la fois un maintien du budget de la PAC et une augmentation progressive des aides aux agriculteurs de l’est. Le rapprochement concerne aussi le refus de la guerre en Irak en 2002-2003, formant alors un axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou contraire à la politique unilatérale de Georges W. Bush. En 2003, on parle même de Conseil des ministres franco-allemands. Par ailleurs, le projet de Constitution pour l’Europe pensé en 2004 est un autre moment de travail commun entre Français et Allemands. Cette proximité franco-allemande prend la forme d’une influence modératrice et positive de J. Chirac et G. Schröder auprès de V. Poutine lors de la première crise ukrainienne de 2004-2005. Pourtant, les divergences politico-économiques se développent à partir de 2002 suite aux réformes douloureuses de Schröder et à l’ascendant économique allemand qui fait face à une France qui s’enlise dans l’immobilisme. Malgré tout, le couple franco-allemand est toujours là : lors de la crise économique de 2008, le couple N. Sarkozy -A. Merkel tente de maintenir un équilibre entre solidarité avec les Grecs et responsabilité avec renforcement de la discipline à travers un pacte budgétaire conclu en 2012. Quand surgit une nouvelle crise ukrainienne en 2013-2014, François Hollande et Angela Merkel prennent l’initiative ensemble de créer le “format Normandie“ qui réunit la France, l’Allemagne, l’Ukraine et la Russie pour tenter de régler diplomatiquement la crise.

Enfin, la dernière étape plus contemporaine du Brexit et le départ annoncé des Anglais signent un bouleversement géopolitique européen aussi marqué par le frein allemand. Les blocages actuels concernent la tendance allemande moins intégrationniste et favorable à une Europe supranationale qu’auparavant. Nos voisins d’outre-Rhin semblent plus attentifs à défendre leurs intérêts, plus immobilistes et moins aptes à renforcer le budget européen et à encourager une intervention militaire extérieure.

Alors, quel poids franco-allemand dans l’UE aujourd’hui ? Les deux pays représentent ensemble plus d’1/3 de la population de l’UE à 27 et forment 55% du PIB de la zone euro. Des divergences persistent sur les plans politique, culturel et économique et l’Allemagne reste la puissance centrale de l’Europe par rapport à une France qui semble moins performante et plus demandeuse dans la relation franco-allemande. En témoigne le récent traité d’Aix-la-Chapelle signé le 22 janvier 2019 qui rénove la relation et introduit des nouveautés comme la coopération transfontalière, une clause de défense collective et l’inscription que le but des deux pays est que l’Allemagne ait un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

Finalement, le risque d’une relation franco-allemande détériorée est celui d’une déconstruction européenne. Cette relation est le trait d’union qui permet l’unité européenne. Un véritable levier franco-allemand nécessite alors un besoin de confiance et de volonté mais il ne peut pas s’agir d’une relation exclusive.

Copyright pour le résumé Mai 2019-Boucher/Diploweb.com


Cette conférence de M. Lefebvre était organisée au bénéfice des étudiants d’Hypokhâgne de la CPGE de Blomet (Paris), découvrez son site et sa page Facebook Prépa Blomet


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Quelques ouvrages de Maxime Lefebvre en relation avec le sujet de cette conférence :

Maxime Lefebvre, L’Union européenne peut-elle devenir une grande puissance ? éd. La documentation française

Maxime Lefebvre, La construction de l’Europe et l’avenir des nations, éd. Armand Colin

Maxime Lefebvre, La politique étrangère européenne, éd. PUF

MISE EN ŒUVRE DU MEURTRE PROGRAMMÉ DE VINCENT LAMBERT : CRIME D’ÉTAT.

lundi 20 mai 2019

MISE EN ŒUVRE DU MEURTRE PROGRAMMÉ DE VINCENT LAMBERT : CRIME D’ÉTAT.

Bernard Antony communique :

 

Sans prévenir ses parents, dans la plus totale inhumanité, le docteur Sanchez du CHU de Reims a mis ce matin en route, au mépris total du serment d’Hippocrate, la mort de Vincent Lambert.

Que de mensonges sur les medias !

Y avait-il acharnement thérapeutique, non !

Il y a eu acharnement euthanazique avec, durant des années, une abominable séquestration de Vincent et l’ignoble refus qu’il soit transféré dans une de ces unités de soins adaptés qui se proposaient de l’accueillir.

Oui, ce sont bien des médecins de la mort, de Kariger à Sanchez, qui ont tenu à toute force à retenir Vincent prisonnier au CHU de Reims pour pouvoir se targuer aujourd’hui de leur victoire idéologique d’instauration de l’euthanasie.

Mais au plus haut niveau, c’est tout le gouvernement et c’est le président de la République qui portent la responsabilité d’une décision de mise à mort emblématique. Car après celle-là, ce seront des milliers et des milliers de vies que l’on supprimera pour les nécessités de la planification démographique et des calculs économiques.

Acte de mort terrible pour la France au mépris des valeurs de vie de ses racines de civilisation, grecque, juive et chrétienne.

Acte de mort terriblement révélateur de l’effondrement spirituel, intellectuel et moral d’une Conférence épiscopale tiédasse incapable de produire autre chose qu’un long texte gélatineux, n’invoquant même pas la loi naturelle du « tu ne tueras pas », prescrivant impérativement le respect de la vie de l’être innocent. Regrettant non pas la décision de mise à mort mais sa précipitation !

Vincent Lambert meurt du fait de l’indignité des décideurs de sa mort. Il a été sacrifié à l’idole dévorante du néo-totalitarisme post-communiste et post-nazi.

Notre pensée va à ses parents héroïques méprisés par les médecins mortifères et les politiques et les clercs de la continuité Ponce Pilate.

http://www.lagrif.fr/index.php?option=com_k2&view=item&id=146:mise-en-oeuvre-du-meurtre-programme-de-vincent-lambert-crime-d-etat&Itemid=385

L’omniprésence de Bannon irrite à une semaine du scrutin européen

L’omniprésence de Bannon irrite à une semaine du scrutin européen

EPA-EFE/CLAUDIO PERI

L’ancien conseiller de Donald Trump a publiquement apporté son soutien à l’extrême-droite française lors d’une série d’interview. Le parti de Macron dénonce une ingérence dans la campagne électorale.

À une semaine des élections européennes, les médias français se sont précipités pour interviewer Steve Bannon, ex-conseiller politique de Donald Trump, qui s’est juré de soutenir Marine Le Pen et l’extrême droite européenne.

Entre une interview dans Le Parisien vendredi, puis dans le JDD dimanche, l’Américain était aussi sur les ondes de RMC et BFM TV lundi matin, pour dire tout le bien qu’il pense de Marine Le Pen et du Rassemblement national, et assurer que « Marine Le Pen finira par gagner ».

Pourquoi Steve Bannon veut la peau de l’Europe

L’ex-stratège de Trump fait de l’œil aux partis d’extrême droite en Europe et ouvre une fondation à Bruxelles pour faire émerger un « super-groupe » et paralyser les institutions européennes. Un article de notre partenaire Ouest France.

Selon Nicolas Bay, Steve Bannon n’aurait « jamais interféré de quelque manière que ce soit » dans le projet politique du Rassemblement national. Lui assure les avoir aidé sur le financement de leur campagne, en les incitants à demander à leur électorat de répondre à une souscription – ce qui a effectivement fonctionné.

LREM dénonce « une atteinte à la souveraineté ».

« Il ne se cache absolument pas de son envie de s’ingérer dans notre scrutin », a dénoncé la tête de liste LREM Nathalie Loiseau.

Plusieurs députés et sénateurs de différents bords, y compris LREM, ont réclamé une commission d’enquête sur les liens entre le RN et Steve Bannon, après la diffusion d’un reportage d’Envoyé spécial dans lequel on voit les dirigeants du parti Louis Aliot et Jérôme Rivière proposer à Steve Bannon d’assister à des réunions entre Marine Le Pen et des hauts fonctionnaires français.

Steeve Bannon y évoque aussi les besoins financiers du RN. « Ils veulent rembourser cet emprunt aux Russes (pour la présidentielle, NDLR) et obtenir d’autres financements », dit l’ancien conseiller.

Comme le Rassemblement national, Bannon n’a eu de cesse de répéter que les élections européennes étaient un « referendum anti-Macron ». Une rhétorique également utilisée par l’extrême gauche, qui brouille un peu plus le message sur les élections européennes alors que les Français avouent déjà manquer d’informations sur le fonctionnement des institutions européennes.

Comme l’a montré l’élection de 2014, l’élection européenne a logiquement des conséquences au niveau du Parlement européen, mais pas au niveau national. Ainsi, l’élection d’une majorité d’eurodéputés de l’ancien Front national en 2014 n’a eu pour seule conséquence nationale de faire baisser l’influence de la France en Europe, mais n’a pas fait bouger la politique ou l’opinion en France. Pour preuve, les Français ont au contraire élu un président pro-européen 3 ans plus tard.

Bannon tente de «trumpiser» la politique européenne

L’ancien conseiller de Trump veut unir les partis populistes et de droite de l’UE. Son organisation, « Le Mouvement », tentera d’influencer les élections européennes de mai 2019.

Entretien avec Caroline Galactéros, présidente de Geopragma : le nouvel action tank géopolitique français.

Entretien avec Caroline Galactéros, présidente de Geopragma : le nouvel action tank géopolitique français.

Le 9 mars 2018 par Nicolas Raiga-Clemenceau
Docteur en Science politique, ancien auditeur de l’IHEDN, Caroline Galactéros a enseigné la stratégie et l’éthique à l’École de Guerre et à HEC. Colonel de réserve, elle dirige aujourd’hui la société de conseil Planeting et elle tient le blog Bouger les lignes. Le 12 février dernier elle a lancé, avec sept autres membres fondateurs, l’association Geopragma. Caroline Galactéros a accépté de répondre au Portail de l’IE au sujet de ce nouveau think tank qui a aussi l’ambition être un action tank au service des intérêts stratégiques de la France et de ses entreprises.

Portail de l’IE (PIE) : Qu’est-ce qui vous a décidé à créer GEOPRAGMA ?

Caroline Galactéros : Ce qui m’a frappé, c’est que je connais beaucoup de gens dans de nombreux milieux, de spécialistes, d’experts et d’hommes d’affaires qui touchent la matière, qui pensent comme moi et qui croient que dès que l’on a un dialogue amical, en confiance, qu’on fait preuve d’un bon sens argumenté par une pratique, on est infiniment plus efficace qu’en faisant la morale à partir d’une position de surplomb. Mais ces personnes, très présentes dans le milieu de la recherche stratégique française, sont pour beaucoup isolées voire marginalisées. Et la pensée comme la pratique stratégiques françaises s’en trouvent grandement affectées puisqu’elles sont maintenues dans une sorte de vase clos stratégique avec, in fine, une sensible régression de notre influence globale, de notre crédibilité et même une remise en cause de notre statut de puissance. Nous voulons fédérer ces diverses personnalités autour d’une plateforme à l’échelle nationale puis progressivement internationale, qui aura un regard réaliste et pragmatique sur les questions internationales.

 

PIE : Comment se sont passées les premières semaines après la  naissance de votre mouvement ? Avez-vous eu beaucoup de  ralliements ?

Caroline Galactéros : Oui, nous sommes sollicités toute la journée. De nombreuses personnes sont en train d’adhérer. Elles partagent avec nous leurs centres d’intérêts, nous demandent ce qu’elles pourraient faire au sein de l’association et comment la soutenir. Je crois que nous répondons à un besoin, un manque. Il y a un tournant pragmatique dans les faits qui ont démontré que le moralisme ne fonctionnait pas et avait des résultats sanglants. L’évolution de la guerre en Syrie a constitué un moment capital de cette prise de conscience.

 

PIE : Durant la conférence de lancement de GEOPRAGMA, vous avez indiqué vouloir prendre au mot Emmanuel Macron sur la fin du néo-conservatisme en France et sur le retour du gaullo-mitterandisme, comme pour le mettre au défi et en cohérence avec ses propos.

Caroline Galactéros : Oui, il a fait, dès son arrivée, de bons gestes et pris ce tournant pragmatique que l’époque rend urgent si l’on veut rester dans la course d’un nouveau monde qui se restructure, sans trop se payer de mots. Il lui faut désormais, sans attendre, donner du corps, du poids, de la matière et de l’engagement concret à ces intuitions initiales car en matière internationale, la crédibilité, c’est la cohérence et la cohérence, c’est le verbe et l’action.

Nous voulons être l’un des pôles d’intelligence alternative qui défendra les intérêts français, qui n’aura pas peur d’être critique ni dissonant, bien au contraire, mais pas non plus par posture. Nous exprimerons notre satisfaction ou notre mécontentement sans réserve. Il y a tant de sujets sur lesquels il faut travailler, des sujets qui vont nous sauter à la figure si l’on ne fait rien. Je pense à la Libye en ce moment. Il faut arrêter d’être dans l’image. Qu’est-ce que le moralisme nous rapporte ? La France est un pont, une puissance de médiation, d’intelligence, de subtilité et de dialogue. Elle n’a pas à être « pour les uns » ou « contre les autres ». Je crois beaucoup que les dysfonctionnements du système international viennent des décalages de puissance et du fait que certains s’assoient sur le tout petit peu de gouvernance mondiale qu’on avait pu mettre en place depuis un demi-siècle. On a les Nations Unies, on a des principes de coexistence optimale. Les États, les frontières et les peuples, y compris les plus divers, signifient quelque chose. En niant les dimensions historique et nationale ainsi que celles de la souveraineté, en oubliant ou relativisant, au nom d’une prétendue morale humanitariste qui est le masque du cynisme le plus abouti, tous les principes de la Charte des Nations Unies comme l’intangibilité des frontières ou la non-ingérence dans les affaires intérieures, on ne résout pas les problèmes, on les aggrave.

 

PIE : Dans l’analyse que vous faîtes, n’est-il pas important de se poser des questions sur l’influence des médias, de l’OTAN ou de l’Union européenne sur les actions de la France sur la scène internationale ?

Caroline Galactéros : Si, bien sûr. Mais, nous l’avons dit, nous réfléchirons à tout puisque que tout est lié. Nous ne nous interdirons rien parce que s’il l’on commence à s’interdire intellectuellement ou politiquement des choses, on redevient aveugle. Par exemple, je suis en train de lire l’excellent livre d’Eric Branca, L’ami américain : Washington contre de Gaulle, (Perrin, 17/08/2018), qui explique parfaitement comment tout a été fait pour que l’Europe n’arrive jamais à exister stratégiquement de façon crédible.

 

PIE : Cela explique votre volonté d’avoir une approche transversale des sujets : géopolitique, intelligence économique, influence, études culturelles…

Caroline Galactéros : Oui, notre approche sera complètement pluridisciplinaire et transversale, parce que la réalité est comme ça : tout est lié, c’est le propre de de la géopolitique.

 

PIE : Ce qui est intéressant, ce sont les formats que GEOPRAGMA va adopter. D’abord, vous proposerez des analyses.

Caroline Galactéros : Il y aura un pôle académique, c’est certain. À travers lui, nous organiserons des séminaires très restreints et des colloques, nous publierons nos analyses.

 

PIE : Mais vous comptez aussi agir…

Caroline Galactéros : Oui, GEOPRAGMA est, aussi et même d’abord, un action tank. Cette idée est ambitieuse et il faut la mettre en œuvre intelligemment. Il y a tant à faire, notamment en matière de diplomatie d’affaires mais aussi de diplomatie informelle, toujours au service des intérêts français d’États  ou d’entreprises et en appui des appareils institutionnels existants. Plus largement, considérant le tragique et persistant verrouillage des appareils diplomatiques, l’invasion de doxas intellectuelles indigentes et le confinement consenti de la réflexion en profondeur au cercle de l’intime, nous croyons dans la nécessité du développement d’un canal, d’une plateforme de dialogue politique au sens large et noble du terme (c’est-à-dire aussi culturel et sociétal) non dogmatique, a-idéologique, inclusive, innovante, parfaitement indépendante, pour dénouer nombre de malentendus et de germes de crise et favoriser des rencontres et des relations fécondes. C’est tout sauf naïf. Là encore, la lucidité comme le réalisme sont aux antipodes du cynisme. Ils sont les vecteurs de l’apaisement.

 

PIE : À ce moment-là, ne sortirez-vous pas du cadre associatif ?

Caroline Galactéros : J’ai voulu monter une association parce que je crois beaucoup à l’élan des mouvements de personnes. GEOPRAGMA est avant tout un mouvement d’idées pour fédérer et réveiller la pensée stratégique française. Cependant, dans le cadre de l’Action tank, il s’agira, in fine, de travailler avec des entreprises françaises et, pourquoi pas, dans quelques années, de promouvoir à l’étranger notre approche pragmatico-ethique, bref de faire école. Notre structure associative, si c’est nécessaire, évoluera en fonction du développement de ces activités. Diverses possibilités existent. Une chose est sûre : nous sommes un mouvement d’idées et de convictions portées par des praticiens de la chose internationale dont la teneur a des prolongements pratiques évidents et utiles. Le reste, si j’ose dire, est de « l’intendance » et « elle suivra », comme il se doit.…

 

PIE : Quelle sera la première action publique de GEOPRAGMA ?

Caroline Galactéros : Notre premier travail sera de définir ou de redéfinir les intérêts de la France dans le monde. Pour cela, nous avons à faire des choix car la matière est à spectre très large…. Nous sommes déjà en train de définir des axes et, pour chacun d’eux, nous allons bientôt mettre en place des groupes de travail resserrés. Ensuite, nous demanderons à certains de nos membres d’y contribuer pour produire à l’automne, un document synthétique, sorte de vademecum opérationnel qui, je l’espère, fera réagir.

 

Propos recueillis par Nicolas Raiga-Clemenceau

https://portail-ie.fr/analysis/1771/entretien-avec-caroline-galacteros-presidente-de-geopragma-le-nouvel-action-tank-geopolitique-francais

Eric Drouet « dégoûté du mouvement », Maxime Nicolle pour des « opérations coups de poing »

Eric Drouet « dégoûté du mouvement », Maxime Nicolle pour des « opérations coups de poing » : quel « acte 27 » des gilets jaunes ce samedi ?

LA COLÈRE DES GILETS JAUNES

MANIFESTATION – Alors que le mouvement des Gilets jaunes célèbre son sixième mois d’existence, le samedi 18 mai devrait marquer le jour du « 27e acte ». Mais avec une mobilisation qui s’essouffle depuis deux semaines et des chefs de file qui tentent de trouver d’autres moyens d’action, les manifestants ne semblent pas répondre présents au rendez-vous.

« Racket organisé, c’est non », « pour une révolution du système », « stop au glyphosate ». Pour la simple ville de Paris, une multitude d’événements existent pour le « 27e acte » des Gilets jaunes. Mais aucun d’entre eux ne dépasse les 500 intéressés. Après deux semaines de baisse de mobilisation record, selon les chiffres de l’Intérieur et le Nombre jaune, le compteur de manifestants du mouvement, et six mois de contestation, les Gilets jaunes ont-ils prévu de manifester ce samedi 17 mai ?

Eric Drouet ne veut plus de manifestations « ridicules »

Le déclencheur du mouvement se dit exaspéré par la tournure qu’il prend. Dans une vidéo diffusée sur YouTube le 13 mai, il se dit même « dégoûté ». « Il va vraiment falloir arrêter les manifestations déclarées », lance-t-il devant sa caméra, tout en prenant soin d’épargner ses « amis » qu’il « apprécie énormément ». « Je ne les rejoins plus du tout sur le mouvement avec ces manifestations à thème qui s’éloignent de plus en plus des revendications principales des Gilets jaunes. » Au fil des sept minutes de la vidéo, le routier déroule sa frustration : les derniers « actes » ont été « ridicules », « des conneries ».  Car s’il admet que déclarer les manifestations les rendent « plus sécurisées », il estime aussi qu’elles ne font plus « chier le gouvernement ». « Le samedi soir, à 23h, on est passé à autre chose. Ça, ce n’est pas une forme de résistance. » Un ras-le bol qui se poursuit tout au long de la séquence, versant parfois dans une lourde ironie : « Le thème de la semaine prochaine c’est ‘comment se faire enfler par Macron en quatorze étapes’? »

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Pour répondre à ce mécontentement qu’il dit partager avec « beaucoup » de manifestants qui « ressentent la même chose », le routier veut revenir à l’organisation de défilés massifs dans des grandes villes. Et invite ses compagnons de lutte à en faire de même pour éviter les dispersions. « J’aimerais bien que les figures du mouvement arrivent à se réunir à un moment donné pour accorder les violons. » Pour y arriver, il faudra selon lui « mettre les egos de côté. » « Il y a plein de trucs à faire et, tous réunis, tous ensemble, on peut faire quelque chose, il faut s’accorder.  » Eric Drouet propose donc de « reprendre » les ronds-points comme au début de la contestation et de n’organiser qu’une manifestation dans un lieu donné. « J’invite tous les groupes à ne mettre qu’une manifestation et l’épingler en haut de la page en début de semaine. » Une règle que lui-même n’a pas encore appliquée à son propre groupe.

Eric Drouet n’est pas seul à vouloir secouer le mouvement. Sur son groupe, Maxime Nicolle demande aussi la « fin des manifestations déclarées », pour débuter des « opérations coups de poing » et se « former à la désobéissance civile sans violence« . De nombreux projets qui, pour le moment, semblent encore en gestation. Des Gilets jaunes locaux ont donc organisé plusieurs manifestations en région. Mais contrairement à la semaine dernière, où un grand rassemblement avait eu lieu à Nantes, aucune ville ne semble sortir du lot.

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Plusieurs événements ont tout de même vu le jour sur Facebook. Est ainsi prévue une « inter-régionale » à Alès, dans le Gard, pour « toute l’Occitanie ». La Préfecture a donc interdit tout rassemblement ou manifestation sur la voie publique et le domaine public routier  tout au long du week-end, selon Midi Libre. Une interdiction qui sera également de mise à Paris, comme chaque semaine, dans les secteurs des Champs-Elysées, de l’Assemblée nationale et de Notre-Dame. Les quelques événements qui existent prévoient pourtant de se rendre sur la plus belle avenue du monde. Une initiative existe également à Strasbourg pour une  » traditionnelle assemblée générale ». Et, comme chaque semaine, un « soulèvement » est espéré à Lyon pour une « justice sociale, fiscale et climatique ! », tout comme à Marseille.

Il existe 474 niches fiscales dans l’Hexagone, et certaines d’entre elles semblent insolites.

JT 20H – Il existe 474 niches fiscales dans l’Hexagone, et certaines d’entre elles semblent insolites.

À la vue du formulaire 2042, des millions de citoyens s’arrachent les cheveux chaque année. Il existe aussi la 2042 C, 2042-C-PRO et 2042 IOM. Chacune comporte un nombre incalculable de cases à remplir. Des niches fiscales dont vous ignorez sans doute l’existence. Certaines concernent très peu de monde, et d’autres sont totalement incompréhensibles. Nos journalistes nous en disent plus à leur sujet.

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 16/05/2019 présenté par Gilles Bouleau sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 16 mai 2019 des reportages sur l’actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français.

https://www.lci.fr/conso-argent/niches-fiscales-comment-y-voir-plus-clair-2121349.html?xtor=ES-106-%5B20190517_073408_OWP_NLPERSO%5D-20190517-%5B%5D-07d35d6dfbc7bc24543248fcd9bee521@1-20190517073408&_ope=eyJndWlkIjoiMDdkMzVkNmRmYmM3YmMyNDU0MzI0OGZjZDliZWU1MjEifQ%3D%3D

Emmanuel Macron assume une « confrontation féconde » avec Angela Merkel pour bâtir un « compromis avec l’Allemagne pour pouvoir avancer »

RELATION CONFLICTUELLE ?
Emmanuel Macron assume une « confrontation féconde » avec Angela Merkel pour bâtir un « compromis avec l’Allemagne pour pouvoir avancer »

Emmanuel Macron a indiqué ce mercredi ne croire « ni à la confrontation stérile ni à l’entente stérile » avec Angela Merkel mais à « la confrontation féconde » afin de « bâtir un compromis » au niveau européen.

Le président de la République s’est exprimé lors d’une conférence de presse à l’Elysée : 

« Nous devons accepter des désaccords momentanés, de ne pas totalement être d’accord sur tout, pour construire un compromis avec l’Allemagne pour pouvoir avancer« .

Il était interrogé suite à une déclaration sans langue de bois de la chancelière allemande qui  reconnaît des différences avec Emmanuel Macron. Angela Merkel a accordé un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. La chancelière souligne les « différences de mentalité » entre elle et le président français et des « différences dans leur compréhension des rôles« . Angela Merkel a reconnu avoir une « relation conflictuelle » avec Emmanuel Macron. La chancelière allemande considère que les deux dirigeants ont eu des « temporalités différentes« .

Ces propos sont issus d’une interview publiée ce mercredi par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung :

« Bien sûr, nous avons une relation conflictuelle. Il y a des différences de mentalité [entre moi et le président français et des] différences dans [notre] compréhension des rôles« .

La chancelière apporte néanmoins une note d’optimisme en soulignant les « énormes progrès » réalisés grâce au couple franco-allemand, notamment sur la question de la défense :

« Nous avons décidé de développer un avion de combat et un char ensemble. (…) C’est un signe de confiance que de compter davantage les uns sur les autres en matière de politique de défense ».

Les deux dirigeants ont également signé en janvier dernier le traité d’Aix-la-Chapelle sur la coopération et l’intégration franco-allemandes.

Angela Merkel a aussi abordé la question des élections européennes dans cet entretien. Selon elle, il s’agit d’un scrutin « d’une grande importance, une élection spéciale« . Elle considère que beaucoup sont « inquiets pour l’Europe, moi aussi« .

Vu sur : Le Figaro
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après

Syrie : évaluation technique de l’OIAC…

Syrie : évaluation technique de l’OIAC…


…l’« attaque à l’arme chimique » sur Douma n’était bien qu’une mise en scène


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 mai 2019

Le 7 avril 2018, des « rebelles » syriens prétendaient que le gouvernement syrien avait utilisé du chlore gazeux et du sarin dans une attaque contre la banlieue assiégée de Douma, une banlieue de Damas, la capitale syrienne. Ils ont publié même une série de vidéos montrant des cadavres de femmes et d’enfants pour la plupart.

L’accusation d’« attaque chimique » a été formulée peu de temps après que le président américain Trump eut annoncé qu’il voulait que les troupes américaines quittent la Syrie. Elle a été conçue dans l’intention de le faire revenir sur sa décision,  c’est ce qui c’est passé. En « représailles », les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont illégalement tiré un certain nombre de missiles de croisière contre la Syrie. La plupart d’entre eux n’ont pas atteint leurs objectifs.

Il est apparu évident, dès les premières déclarations d’« attaque chimique », que ce n’était pas la vérité. Le gouvernement syrien n’avait aucune raison d’utiliser une arme chimique ou un irritant comme le chlore à Douma. Il avait déjà gagné la bataille. L’incident a manifestement été organisé, comme d’autres avant lui, pour entraîner les États-Unis dans une nouvelle attaque contre la Syrie.

Sur les lieux de l’incident, deux bouteilles de gaz ont été photographiées et filmées près de l’endroit où les cadavres ont été retrouvés, ce qui a suscité un intérêt particulier. Les bouteilles auraient été larguées depuis des hélicoptères de l’armée syrienne et se seraient écrasées sur des toits en béton. Une bouteille aurait « rebondi » après avoir traversé un toit et se serait immobilisée sur un lit. L’autre bouteille aurait traversé un autre toit et se serait immobilisée sur un balcon.

Pour tous ceux qui ont un peu de connaissance du comportement physique du béton et du métal, il était évident que les dommages causés sur le béton et sur les bouteilles étaient incompatibles l’un avec l’autre. Le béton, renforcé avec de l’acier, a été complètement transpercé alors que les bouteilles ne présentaient que des dommages minimes. Les toits ont probablement été percés par l’impact de l’artillerie, tandis que les bouteilles ont probablement été placées à la main.


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Peu après l’incident, Bellingcat, le groupe de propagande aligné sur l’OTAN, affirmait que les bouteilles avaient été larguées depuis les hélicoptères. En juin 2018, le New York Times publiait une analyse virtuelle de la scène de crime de l’incident plutôt risible. Ni l’un ni l’autre n’évaluait techniquement les forces d’impact et les dommages connexes sur les bouteilles et les toits. Ni l’un ni l’autre ne s’étaient rendus sur les lieux. En observant des indices visuels superficiels, les deux ont conclu à tort que les bouteilles de gaz avaient été larguées par des hélicoptères.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui a envoyé une mission d’établissement des faits sur place pour enquêter sur l’affaire, a procédé à une analyse technique détaillée de l’impact et des dommages. Mais les résultats de cette évaluation technique n’ont pas été pris en compte dans le rapport final (pdf).

Le Groupe de travail sur la Syrie, la propagande et les médias ont maintenant reçu une copie de l’évaluation technique de 15 pages de l’OIAC sur ces deux bouteilles de gaz concernées dans l’incident de Douma – 27 février 2019 (pdf).
Après avoir testé diverses hypothèses au moyen d’expériences, de simulations et d’analyses des éléments fournis, le sous-groupe technique de l’enquête de l’OIAC a conclu (non souligné dans l’original) :

32. À ce stade, la sous-équipe technique du FFM ne peut être certaine que les bouteilles sont arrivées à l'un ou l'autre endroit parce qu'elles ont été larguées d'un avion. Les dimensions, les caractéristiques et l'apparence des bouteilles ainsi que la scène environnante des incidents n'étaient pas conformes à ce à quoi on aurait pu s'attendre si l'une ou l'autre des bouteilles avait été larguée d’un aéronef. Dans chaque cas, l'autre hypothèse permet la seule explication plausible des observations sur les lieux.

33. En résumé, les observations faites sur les lieux des deux emplacements, ainsi que les analyses subséquentes, donnent à penser qu'il est plus probable que les deux bouteilles ont été placées manuellement à ces deux endroits plutôt que larguées par avion.

L’évaluation technique confirme notre conclusion antérieure. Toute l’histoire présentée par les « rebelles » et autres organes de propagande n’a été qu’une mise en scène. Les plus de 34 morts trouvés sur les lieux ont été assassinés ailleurs dans des circonstances inconnues.

Dans son examen de l’évaluation technique de l’OIAC et sa suppression par la direction de l’OIAC, le Groupe de travail déclare :

Les nouvelles informations dont nous disposons lèvent tout doute sur le fait que l'organisation a été influencée à sa tête par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Nous ne doutons pas que la plupart des membres du personnel de l'OIAC continuent de faire leur travail de façon professionnelle et que certains de ceux qui ne sont pas convaincus de l'orientation prise par l'organisation souhaitent néanmoins protéger sa réputation. Mais ce qui est en jeu ici, c'est plus que la réputation de l'organisation : l'incident organisé à Douma a provoqué, le 14 avril 2018, une attaque de missiles par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France qui aurait pu conduire à une guerre totale. 

Le camouflage de la preuve que l'incident de Douma a été monté n'est pas simplement une faute. Comme la mise en scène de l'incident de Douma a entraîné des massacres de civils, les membres de l'OIAC qui ont supprimé les preuves d’une mise en scène sont, involontairement ou non, complices de ces massacres.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/syrie-evaluation-technique-de-loiac-lattaque-a-larme-chimique-sur-douma-netait-bien-quune-mise-en-scene

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Par Paul Tormenen, juriste ♦ Lors de sa dernière conférence de presse, le 25 avril, le Président Macron a affirmé sa volonté d’être « intraitable » avec l’islamisme radical. Il a également annoncé qu’il demandait au gouvernement d’être beaucoup plus dur à l’égard de « cet islamisme politique, de ce communautarisme, de cette sécession au sein de notre république ». Si l’intention est louable, les dernières années nous ont montré qu’au-delà des intentions affichées, les politiques au pouvoir semblent impuissants à enrayer la progression de l’islamisme. Pourtant, les gouvernements sont loin d’avoir tout essayé en la matière.


Un discours déjà entendu

La déclaration du Président Macron promettant de s’engager dans une lutte résolue contre l’islamisme vient après d’autres engagements déjà entendus par les français. L’approche des élections européennes n’est peut-être pas étrangère à cet appel du piedà des franges de l’électorat pas forcément acquises au parti présidentiel. Pour ne citer que quelques exemples, en 2010, sous la présidence Sarkozy, le ministre de l’intérieur annonçait déjà la « totale mobilisation » du gouvernement contre l’islamisme radical (1). En juin 2015, le premier ministre de l’époque Manuel Valls envisageait la fermeture de mosquées et la dissolution d’associations islamistes et affirmait « la nécessité d’agir contre le salafisme le plus radical »(2).

Les témoignages de la progression de l’islamisme

 Il est difficile de dire que l’on découvre le phénomène : on ne compte plus les enquêtes de terrain rendant compte de la progression de l’islamisme en France(3). Parmi celles-ci, on peut citer :

– L’ouvrage collectif paru en 2002 « Les territoires perdus de la République ». A partir de l’exercice quotidien de leur métier, des professeurs de l’enseignement secondaire de la région parisienne dressaient le constat d’une décrépitude des valeurs républicaines et d’une offensive islamiste dans certains quartiers.

– En 2017, le journaliste Alexandre Mendel publiait une enquête intitulée « Partition », un livre accréditant « l’émergence de frontières invisibles qui divisent le territoire, géographiquement et culturellement ».

– La même année paraissait un ouvrage collectif intitulé « Une France soumise ». Alors que « Les Territoires perdus de la République » pointait le communautarisme dans des écoles de banlieue, les auteurs du livre faisaient le constat que ce sont maintenant de véritables territoires qui vivent en circuit fermés. « Cette enquête révèle le fossé existant entre une partie des élites médiatiques et la masse du peuple français, classes moyennes et populaires confondues. Le discours formaté des élites apparaît de moins en moins audible » affirmait un de ses auteurs(4).

– En 2018, deux journalistes du Monde, Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, faisaient dans le livre intitulé « La communauté » le récit de la progression du communautarisme et de l’islamisme à Trappes, dans les Yvelines.

– Toujours en 2018, des étudiants en journalisme coordonnés par Gérard Davet et Fabrice Lhomme présentaient ,dans le livre « Inch’allah, l’islamisation à visage découvert », le développement de l’emprise religieuse en Seine Saint Denis.

– En 2019, l’ouvrage intitulé « La voie de la radicalisationcomprendre pour mieux agir », écrit par Olivier Bobineau et Pierre N Gahane, analyse la montée de la radicalisation islamiste en France.

Les rapports et enquêtes parlementaires sur la progression de l’islamisme

Au-delà des monographies et des récits de terrain, une abondante production éditoriale(rapports, enquêtes parlementaires, etc.) nous apprend également que l’islamisme progresse rapidement en France. L’état des lieux présenté dans ces études est plus général et quantitatif.On peut citer notamment :

  • L’enquête parue en avril 2018 de deux sociologues auprès de 7 000 lycéens « de territoires à dominante urbaine», qui aboutit au constat de « l’inquiétante radicalité d’une minorité de jeunes » et de la propension à la violence de certains d’entre eux (5).
  • Le rapport d’une commission d’enquête sénatoriale paru le 4 juillet 2018. Le constat est sans appel : « nous combattons un ennemi intérieur, nous sommes en guerre contre nous-mêmes» (6). Les rapporteurs constatent que l’on assiste dans certains quartiers à la propagation du salafisme (page 48) (7), ce qui « contribue à accroitre la menace intérieure ». Le nombre des fidèles salafistes serait passé de 5 000 en 2004 à 40 000 aujourd’hui. Parmi les individus relevant du « haut du spectre » qui sont dans une logique de « pré terrorisme », 3 000 seraient de nationalité étrangère.
  • Le rapport de l’institut Montaigne sur « la fabrique de l’islamisme» paru en septembre 2018 (8). Il fait le constat que « le discours salafiste, largement dominant [parmi les plus radicalisés, NDLR], veut démontrer l’idée d’une décadence occidentale ». « L’analyse de l’audience sur internet et plus particulièrement sur les réseaux sociaux, nous a permis d’évaluer l’incroyable impact de cette idéologie religieuse ». Le rapport mentionne une autre enquête réalisée en 2016 évaluant à 28% le nombre de musulmans classés comme « sécessionnistes et autoritaires ».

La progression de l’islamisme s’inscrit dans un contexte plus général de montée du communautarisme et de revendications identitaires d’une frange croissante de musulmans (9). Les mesures prises pour lutter contre l’islamisme n’ont jusqu’à présent pas réussi à enrayer ce phénomène :

– Le contrôle du financement des mosquées radicales tarde à produire ses effets. On continue à recenser les mosquées – des centaines – où des prêches radicaux sont tenus (10).

-Les écoles hors contrats où des enfants sont endoctrinés continuent à ouvrir avec un contrôle des enseignements largement lacunaire (11).

-Des réunions publiques où est véhiculé un islam radical sont régulièrement organisées (12).On pourrait malheureusement multiplier les exemples.

Impuissance, mais pas inaction

Trois plans successifs de lutte contre la radicalisation ont été mis en œuvre par les différents gouvernements depuis 2014 (13). Si l’éventail des mesures est large, il est patent qu’elles ne parviennent pas à enrayer le développement de l’islamisme.

Des mesures qui s’imposent… et qui sont ignorées

Alors que, selon un sondage réalisé en mars 2018 (14), les Français plébiscitent massivement des mesures « radicales » pour lutter contre l’islamisme, certaines pistes envisagées ne sont toujours pas retenues, ou ne sont pas appliquées systématiquement. Parmi celles-ci, on peut mentionner :

  • Des conditions d’accès à la nationalité française beaucoup plus exigeantes, notamment en matière d’acceptation de la mixité et de la laïcité,
  • Un financement des mosquées excluant toute ingérence idéologique extérieure,
  • La fermeture de toutes les mosquées radicales,
  • L’expulsion du territoire français des individus fichés S de nationalité étrangère,
  • La dissolution des associations islamistes.

Les voyants sont au rouge : l’islamisme continue sa progression dans la société française. Le président de la République ne bénéficie plus de l’a priori positif qu’il pouvait avoir auprès de certains français au début de son mandat. Le projet annoncé de « reconquête républicaine » (15) des « quartiers » vient après d’autres dispositifs aux appellations tout aussi grandiloquentes. Les milliards déversés dans le cadre de la politique de la ville n’ont pas réussi à enrayer le phénomène de radicalisation.
Pendant ce temps, l’islamisme tisse sa toile et ses réseaux, patiemment. Les mesures déjà employées montrent leurs limites. Il faut changer de logiciel. Urgemment.

Paul Tormenen
12/05/2019

(1) Question au gouvernement. Assemblée nationale. 1er juillet 2010.

(2) « Islamisme radical : Valls prêt à fermer des mosquées et à dissoudre des associations ». Public sénat. 30 juin 2015.

(3) « De la France interdite à l’islamisation des banlieues, le fantasme devenu réalité vu par des journalistes ». Observatoire du Journalisme. 19 octobre 2018.

(4) « Les voies du refus ». Revue politique et parlementaire. 1er février 2018.

(5) « L’inquiétante radicalité d’une minorité de jeunes ». Le Monde.3 avril 2018.

(6) « Rapport au nom de la commission d’enquête sur l’organisation et les moyens des services de l’État pour faire face à l’évolution de la menace terroriste après la chute de l’État islamique ». Sénat. 4 juillet 2018.

(7) Proposition de résolution. Sénat. 11 janvier 2018.

(8) « La fabrique de l’islamisme ». Institut Montaigne. Rapport intégral. Septembre 2018.

(9)« Montée de l’islamisme radical et banlieues populaires ». Arnaud Lacheret. Hal. Novembre 2017.

(10)« Mosquées radicales, ce qu’on y lit ». Observatoire de l’islamisation. 14 mai 2018.

(11) « Islamisme radical, ces écoles qui inquiètent la République ». France Info. 31 janvier 2017.

(12) Sondage Elab BFM. Mars 2018.

(13) Plans d’action contre la radicalisation 2014, 2016, 2018. Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation.

(14) Observatoire de l’islamisation.

(15) « Lancement des quartiers de reconquête républicaine ». Ministère de l’intérieur. 18 septembre 2018.

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/progression-islamisme-30-ans-renoncements/