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LIBAN : APRES LA VISITE D’EMMANUEL MACRON, QUEL EST LE COUP D’APRES ?

LIBAN : APRES LA VISITE D’EMMANUEL MACRON, QUEL EST LE COUP D’APRES ?

Publié par: Richard Labévièrele: 08 septembre, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéActualité_Moyen_OrientImprimerEmail

Pour la diplomatie française, le Liban ne peut pas être un pays comme les autres. En se rendant à Beyrouth le 1er septembre dernier – après une première visite le 6 août, le lendemain des explosions qui ont ravagé le port -, le président de la République a ainsi salué le centième anniversaire de la création – par la France – du « Grand Liban », du Liban dans ses frontières actuelles.

Richard Labévière

Par Richard Labévière

Le 1er septembre marque le centenaire de la création en 1920 du « Grand Liban » par le haut-commissaire français, le général Henri Gouraud, en tant qu’entité distincte de la Syrie et que la France avait été chargée de gouverner par la Société des Nations (SDN). Le Grand Liban combinait le Mont Liban – où les populations étaient et sont principalement chrétiennes et druzes avec des zones à l’ouest et au sud où les communautés sont principalement sunnites et chi’ites. Le général Gouraud avait fait sa déclaration depuis la Résidence des Pins – qui est aujourd’hui la résidence de l’ambassadeur de France au Liban, là où le président Macron a récemment rencontré des responsables politiques libanais.

Hormis cette résonnance historique, la visite présidentielle tombait doublement à propos : le Pays du Cèdre traverse la plus grave crise économique et sociale depuis la guerre civile (1975 – 1990) ; avec la démission du gouvernement d’Hassan Diab – pourtant le meilleur qu’ait connu le pays depuis l’intermède du général Fouad Chéhab (1958 – 1964) -, l’instabilité prévaut plus que jamais. Par conséquent, les différentes manifestations françaises de solidarité étaient particulièrement bienvenues : le porte-hélicoptère-amphibie (PHA) Tonnerre a débarqué plusieurs dizaines de tonnes d’aide humanitaire et d’autres bâtiments de la Marine nationale ont débarqué nombre de spécialistes en catastrophes et reconstructions.

LA SECTE CONTRE L’ELYSEE

Par ailleurs, et hormis quelques voix minoritaires dénonçant une « ingérence », la population libanaise – dans sa majorité – a salué les gestes de solidarité de la France éternelle. Cela dit, cette posture n’est pas sans ambiguïté, révélant notamment quelques contradictions franco-françaises… La principale exprime une divergence d’approche et d’agenda entre l’Élysée et le Quai d’Orsay. En effet, Emmanuel Macron a mis un point d’honneur à rencontrer l’ensemble des composantes de la classe politique libanaise, y compris le Hezbollah, le parti chi’ite restant toujours copieusement démonisé par Washington et Tel-Aviv1. Quelques jours auparavant, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait soigneusement boycotté les représentants de ce parti.

Conseillant aux députés du Hezbollah « d’être davantage libanais », l’Élysée cherchait à faire savoir qu’il reconnaissait enfin cette incompressible évidence : composante majeure de la vie politique libanaise, le parti chi’ite est parfaitement incontournable, tandis que le Quai d’Orsay restait et reste actuellement encore sur la ligne américano-israélienne de son boycott, affirmant que cette organisation politico-militaire n’est qu’une « organisation terroriste », courroie de transmission de Téhéran.

Au Quai, la « Secte » ou la « Meute » – une bande de néo-conservateurs à la française – fait toujours la loi, sans que l’Élysée ne puisse faire grand-chose, d’autant que cette association de diplomates – ayant été en poste à Washington, Bruxelles-Otan et Tel-Aviv – se tient fermement les coudes et partage les mêmes relations affairistes.

Le porte-hélicoptère français “Tonnerre” est arrivé vendredi à Beyrouth une semaine après la double explosion au port de Beyrouth. À son bord, plusieurs tonnes d’aide alimentaire (farine, blé, portions pour l’armée libanaise) et humanitaire (notamment des médicaments) mais aussi des matériaux nécessaires à la reconstruction (aluminium, verre, plâtre).

« Ils sont de plus en plus nombreux à aspirer à vendre leurs services en fin de carrière », écrit Marc Endeweld dans une remarquable enquête2 : « ancien secrétaire général du Quai, M. Gérard Errera conseille le groupe financier américain Blackstone et l’opérateur téléphonique chinois Huawei. M. Jean-David Lévitte, qui fut conseiller diplomatique des présidents Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, a été recruté comme conseiller spécial par Rock Creek Global Advisors, une société de conseil fondée par M. Joshua Bolten, ancien directeur de cabinet du président George W. Bush. Plus récemment, l’ancien ambassadeur de France à Tel-aviv et Washington, M. Gérard Araud, a rejoint la société de communication de Richard Attias, qui appartient aujourd’hui pour moitié à un fonds souverain saoudien ».

Dès juin 2017 – sitôt élu président – Emmanuel Macron promettait dans un entretien au Figaro3 : « avec moi, ce sera la fin d’une forme de néo-conservatisme importée en France depuis dix ans. La démocratie ne se fait pas depuis l’extérieur à l’insu des peuples. La France n’a pas participé à la guerre en Irak et elle a eu raison. Et elle a eu tort de faire la guerre de cette manière en Libye. Quel fût le résultat de ces interventions ? Des Etats faillis dans lesquels prospèrent les groupes terroristes. Je ne veux pas de cela en Syrie… ».

CASSER LES ETAT-NATIONS !

N’oublions pas que cette divergence Quai/Elysée, que la Secte a pris naissance lorsque Bernard Kouchner était ministre des Affaires étrangères (entre 2007 et 2010)4. Derrière tous ses boniments sur « l’action humanitaire » et les « ingérences » toutes aussi généreuses, l’agenda était parfaitement clair : fragiliser, sinon casser les État-nations du Sud – retribaliser les populations – afin de perpétrer l’influence, sinon l’hégémonie des pays occidentaux, au premier desquels les États-Unis et leur satellite israélien.

Dans ce jeu de massacre, le Liban constitue toujours un merveilleux laboratoire où il suffit d’attiser quelque peu les fractures confessionalo-communautaires pour atteindre la Syrie, l’Iran, sinon la Russie voire la Chine. Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique du président de la République en sait quelque chose, lui qui fût ambassadeur de France au Liban (2015 – 2017). Aujourd’hui à contre-emploi, puisqu’il est chargé d’accompagner la « nouvelle approche diplomatique du Proche-Orient » que veut incarner Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne fût, tout comme Gérard Araud, un farouche partisan du renversement de Bachar al-Assad… sans doute pour offrir le pouvoir syrien aux Frères musulmans ou à d’autres « révolutionnaires » jihadistes – qui au même moment assassinaient nos enfants dans les rues de Paris, de Londres et d’autres cités occidentales !

Comprenne qui pourra, toujours est-il que les principaux conseillers du Quai en charge des Proche et Moyen-Orient, continuent à soutenir et promouvoir les factions libanaises qui cherchent à renverser le président Michel Aoun parce que ce dernier a eu le grand tort – à leurs yeux – de nouer une alliance avec le Hezbollah dès novembre 2006. Comment Emmanuel Macron peut-il s’émanciper de cet « État profond », qui favorise d’abord les intérêts américano-israéliens avant d’œuvrer à la défense de ceux de la France ? Grande question… dont le début d’une réponse possible commence par la pensée, sinon la mise en œuvre d’une diplomatie française réellement adaptée à la région.

Ainsi, il ne suffit pas de réclamer des réformes – des ré-for-mes – en sautant comme un cabri ! Quelles réformes ? Dans quels secteurs ? Avec qui ? Et dans quel ordre. L’ensemble des classes politiques libanaise et française réclament des « réformes », mais sans jamais n’en rien dire de précis et de concret. Comme des perroquets, les journalistes répètent à tous vents que les gouvernements libanais sont corrompus depuis la nuit des temps… La belle affaire et quel scoop ! Ils étaient moins loquaces lorsque Jacques Chirac soutenait, mordicus, son grand copain, l’affairiste Rafic Hariri, lorsque Nicolas Sarkozy et François Hollande faisaient de même avec son fils Saad, tout aussi voyou que les Nabih Berry, Walid Joumblatt, Gemayel et autres Samir Geagea !

Étrangement la rengaine est repartie de plus belle alors que le dernier gouvernement de Hassan Diab était certainement l’un des plus compétents depuis la fin de la guerre civile (1975 – 1990). Alors des réformes – lesquelles ? – et après ? Le coup d’après, ce serait justement de fixer des objectifs et une méthode pour les atteindre. Le ministre plénipotentiaire (1ère classe) Pierre Duquesne vient d’être nommé ambassadeur chargé de la coordination du soutien international au Liban. C’est bien ! Bon travail, en vous souhaitant pleine réussite Monsieur l’Ambassadeur.

Cette nomination est un bon signe, mais une vraie diplomatie française pour le Liban et le Proche-Orient : c’est quoi au juste ? D’abord revenir à la centralité du conflit israélo-palestinien qui déstabilise l’ensemble de la région depuis la naissance du régime de Tel-Aviv (1948). Il fût un temps où Élysée et Quai d’Orsay condamnaient – certes en des termes soigneusement pesés – les bombardements israéliens sur Gaza et la colonisation de la Cisjordanie. Aujourd’hui, la soldatesque israélienne peut commettre n’importe quelle forfaiture en violant allègrement les eaux territoriales et l’espace aérien libanais : pas un mot, ni du Quai, ni de l’Élysée.

Dans un deuxième temps, il s’agirait de tirer toutes les conséquences de l’invasion anglo-américaine de l’Irak au printemps 2003, afin de corriger rapidement les mêmes désastres en cours aujourd’hui en Syrie et en Libye. En se rendant en Irak afin de conforter les efforts de restauration d’un État stato-national, Emmanuel Macron envoie quelques messages politiques forts, mais qui resteront abstraits s’ils ne sont pas suivis de coopérations économiques conséquentes. Et pourquoi se sent-il obligé de le faire en critiquant la présence d’intérêts iraniens dans ce pays ? Quand la diplomatie française cessera-t-elle de donner des gages à Washington pour voler de ses propres ailes ?

Enfin, dans un troisième mouvement, il s’agirait de revisiter et de hiérarchiser les intérêts français dans la région pour les consolider en communiquant davantage sur leurs implications et les perspectives qu’elles ouvrent. Ces dossiers sont trop rarement évoqués à l’Assemblée nationale et au Sénat…

Non seulement, il y aurait urgence à rouvrir notre ambassade à Damas, mais également une même nécessité s’impose pour refonder notre relation avec Téhéran, sur d’autres bases que celles d’une hostilité américaine invariable depuis la révolution islamique de 1979 – et surtout qui ne correspond pas – pas du tout – aux intérêts de notre pays.

NOUS NE DEFENDONS PAS GEORGES MALBRUNOT

Comme beaucoup, nous avons jugé plutôt déplacé le recadrage public du journaliste du Figaro Georges Malbrunot par le président de la République. Si ce dernier avait des choses importantes à reprocher au premier, il aurait pu le faire entre quatre yeux plutôt que de se donner ainsi en spectacle devant les caméras accompagnant son déplacement au Proche Orient. Cette perte publique de nerf n’est certainement pas à mettre au bénéfice de l’Élysée, mais ne blanchit pas pour autant sa victime dont les entorses déontologiques sont couvertes depuis des années par l’establishment parisien !

Et nous en savons quelque chose pour avoir employé la personne en question – il y a quelques années – au service étranger de Radio France Internationale (RFI). Sans détailler l’ensemble des forfaitures professionnelles du personnage, il faut comprendre la colère présidentielle après la parution d’un article dans Le Figaro du mardi 1er septembre. Celui, enchaîne les contre-vérités, les erreurs factuelles et les hypothèses les plus farfelues. Dans le même article, Georges Malbrunot prétend avoir interrogé le politologue libanais Walid Charara, ce que ce dernier dément formellement. Malbrunot a tout simplement volé les propos d’une conversation à bâtons rompus entre le politologue et des membres de la délégation française.

Depuis des années, sous couvert du Figaro, Georges Malbrunot fait plus du tourisme que du journalisme, n’hésitant pas au passage à régler quelques comptes personnels. Alors si, au passage, il lui arrive de se faire baffer par le Président, on ne va pas pleurer.
Malgré tout, bonne lecture et à la semaine prochaine.
Richard Labévière
Richard Labébvière est le Rédacteur en Chef du journal en ligne Proche et Moyen-Orient, observatoire géostratégique (https://prochetmoyen-orient.ch/). Spécialiste du Monde arabe, du Maghreb, des questions de la défense et du terrorisme, on lui doit une vingtaine d’ouvrages de référence :
– Dollars for terror ; Quand la Syrie s’éveillera ; La bataille du Grand Nord a commencé… ; Les coulisses de la terreur ; Bethléem en Palestine ; Le grand retournement: Bagdad-Beyrouth ; Oussama Ben Laden, ou, Le meurtre du père: Etats-Unis, Arabie Saoudite, Pakistan ; Vérités et mythologies du 11 septembre: modeste contribution aux cérémonies officielles du Xe anniversaire ; Terrorisme face cachée de la mondialisation ; Islam et terrorisme, le casse-tête syrien ; Duel aux sommets: la montagne à l’épreuve de la démocratie, La trastienda del terror, La tuerie d’Ehden, ou, La malédiction de Arabes chrétiens ; Les dollars de la terreur: Les Etats-Unis et les islamistes ; Bernard-Henry Lévy, ou, La règle du je.

Notes
1 Relire l’excellent ouvrage de Frédéric Domont et Walid Charara : Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste. Editions Fayard, 2004.
2 « Emmanuel Macron et l’« État profond », dans Le Monde Diplomatique de septembre dernier.
3 Le Figaro, 22 juin 2017.
4 Pierre Péan : Le monde selon K. Éditions Fayard, février 2009.

Proche et Moyen-Orient.ch

LIBAN : APRES LA VISITE D’EMMANUEL MACRON, QUEL EST LE COUP D’APRES ?

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Une préoccupante dégradation de la relation franco-turque

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Une préoccupante dégradation de la relation franco-turque

Tribune3 septembre 2020Par Didier Billion

Les relations entre la France et la Turquie traversent, une nouvelle fois, une phase délicate. Si les crises, par le passé innombrables, ont toujours été suivies d’embellies, il est néanmoins loisible de constater, au fil des années, que l’accumulation des différends induit une dégradation tendancielle, dont la crise actuelle témoigne amplement. L’on peut craindre, dans ce contexte, qu’un ressort ait été cassé dans la relation entre Paris et Ankara qu’il sera long et difficile de réparer.

Une instrumentalisation historique

Une des difficultés récurrentes a longtemps été, dans les deux pays, l’instrumentalisation de la relation pour des raisons de politique intérieure. En France, des présidents de la République successifs ont largement usé de cette dimension. Celui qui l’a fait avec le plus de constance, de cynisme et d’acharnement fut Nicolas Sarkozy qui, tout à sa stratégie d’assèchement, à son profit, d’une partie de l’électorat du Front national et de la droite radicale, n’hésita pas à endosser les thèmes hostiles à la Turquie se situant sur le terrain des « valeurs » identitaires et islamophobes. En Turquie, le président Erdoğan use et abuse de la rhétorique nationaliste pour présenter les pays occidentaux, dont la France n’est pas des moindres, comme cherchant à imposer leur volonté, poursuivant, selon lui, leur vieux rêve de mise en coupe et d’asservissement du pays.

Cette dimension a été aiguisée par la question du génocide arménien. Le Parlement français a voté en 2001 une loi déclarative reconnaissant le génocide. Quelques années plus tard, des tentatives parlementaires de pénalisation à l’encontre de celles et ceux qui auraient dénié la qualification de génocide aux massacres de masse de 1915 ont été retoquées à deux reprises, en 2012 puis en 2017, par le Conseil constitutionnel. Ces initiatives politiques ont cabré les autorités turques et certainement marqué le début de la lente, mais irrépressible, dégradation de la relation bilatérale.

Au cours des dernières années, la question de la candidature turque à l’Union européenne (UE) a, bien évidemment, constitué la toile de fond des mises en cause et récriminations réciproques. Les déclarations de dirigeants français de premier plan ont, en effet, entretenu et aiguisé un climat de suspicion. Ainsi, lorsque Valéry Giscard d’Estaing, tout à ses travaux de président de la Convention sur l’avenir de l’Europe, expliqua que « La Turquie est un pays proche de l’Europe, un pays important, qui a une véritable élite, mais ce n’est pas un pays européen », et précisa, en évoquant l’hypothétique adhésion de la Turquie à l’Union, « Je donne mon opinion : c’est la fin de l’Union européenne »[1], les réactions furent nombreuses et passionnelles. Quelques années plus tard, Nicolas Sarkozy n’eut de cesse, à l’unisson de la chancelière Merkel, de prôner un partenariat privilégié en lieu et place d’une adhésion pleine et entière de la Turquie à l’Union européenne, allant jusqu’à dédaigneusement déclarer, lors d’une émission télévisée, « si la Turquie était européenne, cela se saurait ». On peut aussi s’interroger sur l’opportunité de l’analyse émise par Emmanuel Macron lors de son discours prononcé lors de la traditionnelle conférence des ambassadeurs, le 27 août 2018, qualifiant la politique du président turc de « projet panislamique régulièrement présenté comme antieuropéen ». Affirmation qui questionne d’autant plus qu’elle est formulée à un moment où la France prétend être en mesure de jouer un nouveau rôle décisif sur les scènes européenne et internationale. La volonté énoncée du président français de refonder les modalités de la construction de l’UE aurait alors dû constituer une fenêtre d’opportunité se déclinant aussi dans la relation à la Turquie. Néanmoins, les velléités du président Macron en ce domaine ont, il est vrai, vite marqué leurs limites.

Ces quelques rappels succincts indiquent assez bien la multiplication des sujets de controverses. Ces derniers restaient pourtant circonscrits à des déclarations qui, aussi désagréables fussent-elles, demeuraient rhétoriques, en dépit de quelques déconvenues économiques pour des entreprises françaises mises à l’écart d’appels d’offres turcs.

Une escalade contre-productive

Comme souvent dans ce type de situation de tensions persistantes, des divergences qui auraient habituellement pu trouver des solutions de compromis se sont multipliées ces derniers mois de manière peu contrôlée par les exécutifs français et turcs. Cette escalade exprime les rancœurs et les méfiances réciproques mais s’avère contre-productive, car rien en réalité ne la justifie véritablement. Les récriminations, petites phrases sibyllines et mots inutilement blessants enveniment la situation en exacerbant les différences de perception et d’analyse.

Sur le fond, la liste est désormais longue des sujets qui fâchent, et l’on peut constater qu’ils concernent de plus en plus fréquemment des dossiers d’ordre géopolitique : question kurde en Syrie, Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Libye, Méditerranée orientale, la liste s’allonge et renvoie, en outre, à des mécaniques de partenariats concurrents et rivaux. Dans chaque cas, l’opposition frontale et la surenchère semblent désormais prévaloir sur la recherche de voies de compromis diplomatiques et politiques. Ainsi, parmi beaucoup d’autres exemples, Emmanuel Macron jugeait, en novembre 2019, dans un long entretien à The Economist, l’OTAN en état de « mort cérébral », parce que n’ayant pas su réagir à l’opération militaire turque déclenchée en octobre contre des positions kurdes des groupes armés du Parti de l’union démocratique (PYD) dans le Nord de la Syrie. « Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale », lui rétorquait Recep Tayyip Erdoğan quelque temps plus tard.

Ce qui est clair, c’est la totale mécompréhension qui désormais s’instaure entre la France et la Turquie, et surtout, plus grave, le refus de tenter de saisir la logique de l’interlocuteur. Des visions idéologiques antinomiques semblent désormais prévaloir et aboutissent à une situation de blocage.

Sur la question kurde, Paris considère que le PYD fait partie des « combattants de la liberté » et, par ce fait, est l’allié de la France, parce qu’ayant affronté Daech au sol avec efficacité. Or, pour les dirigeants d’Ankara, ainsi que pour une large partie de l’opinion publique turque, le PYD est avant tout la projection syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qualifié en l’occurrence de terroriste, ainsi qu’à Paris au demeurant. Cette analyse aboutit donc au refus absolu que le PYD puisse constituer un territoire autonome le long de la frontière turco-syrienne. Incompatibilité radicale des points de vue donc, amplifiée par la situation du chaos syrien au sein duquel la Turquie a réussi à se replacer dans le jeu politique en participant au groupe d’Astana, alors que la France est désormais un observateur sans guère de moyens pour peser en quoi que ce soit sur le règlement du conflit.

La situation est encore plus problématique sur la Libye, puisque la confrontation maritime a failli dégénérer entre navires français et turcs au mois de juin 2020. La succession d’erreurs commises par la France dans le traitement du dossier libyen explique probablement en retour l’agressivité du président Macron, et l’accusation d’expansionnisme formulée à l’encontre de la Turquie constitue alors un moyen facile de tenter de se dédouaner. Mais ce qui en l’occurrence pose question, c’est qu’un Etat, membre du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), ne soutienne pas le gouvernement de Fayez Al-Sarraj, pourtant reconnu et soutenu par l’ONU, et marque a contrario sa complaisance à l’égard d’un chef rebelle, le maréchal Haftar. Si la Turquie conçoit probablement des arrière-pensées dans ses décisions, il n’en demeure pas moins que son intervention militaire a contribué à sauver le gouvernement théoriquement considéré comme légitime par ladite communauté internationale.

Ces tensions sont, de plus, aggravées par les systèmes de partenariat de chacun des protagonistes, qui renvoient aux enjeux d’influence géopolitique régionale. Ainsi, sans pouvoir prétendre ici à l’exhaustivité, ce dossier libyen ramène ainsi aux enjeux de la découverte et de l’exploitation des ressources en hydrocarbures en Méditerranée orientale. Le litige est ancien mais connaît des rebondissements récents inquiétants. Echaudé par le retournement des rapports de forces sur le théâtre libyen, Emmanuel Macron a décidé de montrer la force militaire française pour soutenir la Grèce et les Chypriotes grecs. Pour autant, il n’a pas réussi à mobiliser l’UE sur ses positions, puisque l’Allemagne, notamment, se refuse à la surenchère et privilégie les tentatives de médiation politique.

Une urgente réévaluation

Autant la rhétorique nationaliste et guerrière de Recep Tayyip Erdoğan est déplacée, autant il est inutile et dangereux de raisonner de façon binaire à son encontre. On ne peut, tout d’abord, faire comme si la question chypriote était réglée puisqu’elle ne l’est malheureusement toujours pas. Il nous faut admettre que si l’entrée de Chypre au sein de l’UE en 2004 possède une réalité juridique cela ne signifie pas qu’elle en ait une politiquement, puisque l’île est toujours de facto divisée en deux parties. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’UE, à la fois juge et partie, est impuissante à participer positivement au règlement de ce dossier, qui n’en finit plus de s’éterniser. Quant à la délimitation du plateau continental, des eaux territoriales ou de la zone économique exclusive (ZEE), il suffit d’examiner une carte de la région pour comprendre que le droit maritime international nécessiterait des aménagements particuliers pour que la mer Egée et la région maritime méridionale de la Turquie ne deviennent purement et simplement pas un lac grec. C’est en ce sens que ni la surenchère ni la diplomatie de la canonnière ne sont efficientes, et que seules de véritables négociations sont susceptibles de procéder à un règlement de ces contentieux sensibles qui perdurent depuis des décennies.

Le torchon brûle donc entre la France et la Turquie. C’est d’autant plus regrettable que la France, nation politique, est probablement la mieux placée pour pouvoir relancer sur d’autres bases la relation de l’UE avec Ankara, sans faux fuyants et sans fausses promesses. C’est pourquoi les jugements biaisés et gesticulatoires fréquemment formulés à son encontre, ne permettent non seulement pas de comprendre la Turquie, mais s’avèrent aussi contre-productifs parce qu’ils risquent de nous priver des possibilités de conforter notre relation avec un partenaire qui s’affirme comme incontournable. Il serait alors judicieux de cesser de propager une vision par trop dépréciative de ce pays pour, enfin, le considérer à son juste niveau. Pour ce faire, il faut le courage politique de la clarté, et savoir combiner exigence du respect des principes et des règles de fonctionnement qui doivent être ceux d’un Etat de droit et multiplication des initiatives, pour parvenir à mieux créer et renforcer les coopérations plurielles dont nous restons persuadés qu’elles peuvent être fécondes.

Il serait vain de nier les divergences entre la France et la Turquie sur de nombreux dossiers, mais il serait erroné d’en tirer prétexte pour laisser leur relation se détériorer encore plus. Une urgente réévaluation s’impose dans la perception de la Turquie. La capacité des dirigeants actuels à y parvenir permettra de distinguer les responsables politiques de ceux qui peuvent se targuer de la qualité d’homme d’Etat.

[1]Le Monde, 9 novembre 2002.

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Cet article est publié en partenariat avec Orient XXI qui en propose une version courte sur son site internet sous le titre “Le torchon brûle entre la France et la Turquie”.

https://www.iris-france.org/149061-une-preoccupante-degradation-de-la-relation-franco-turque/

Covid-19: le coût du vaccin développé par Sanofi et GSK sera « à moins de 10 euros »

Santé

Covid-19: le coût du vaccin développé par Sanofi et GSK sera « à moins de 10 euros »

Par Challenges.fr le 05.09.2020 à 11h59

Le coût du futur vaccin en cours d’élaboration par les laboratoires Sanofi et GSK contre le Covid-19 « n’est pas tout à fait défini encore », mais sera « à moins de dix euros » la dose, a déclaré Olivier Bogillot, président de Sanofi France, samedi sur France Inter.

vaccin

Un technicien de laboratoire du groupe pharmaceutique Sanofi, Val de Reuil, France, le 10 juillet 2020.JOEL SAGET / AFP

« On est en train de mesurer l’ensemble des coûts de production qui vont être les nôtres dans les mois qui viennent », a déclaré le président du laboratoire pharmaceutique. « On sera à moins de dix euros » la dose, a-t-il estimé en saluant le « partage des risques avec les Etats » qui permet d’avoir des prix « les plus faibles possible ».Exceptionnelles reprises

Revenant sur le prix autour de 2,50 euros la dose annoncé par le laboratoire concurrent anglo-suédois AstraZeneca, M. Bogillot a expliqué la différence par le fait que Sanofi utilise toutes ses ressources « en interne », ses « propres chercheurs et ses propres usines » pour développer et produire le vaccin, alors que AstraZeneca « a beaucoup sous-traité la production ».

« Les Français et les Européens auront le vaccin de Sanofi au même moment que les patients américains », a-t-il assuré. « On a signé au cours de l’été avec les Américains, la même semaine avec les Européens et avec les Britanniques », a-t-il résumé: les Etats-Unis auront environ 100 millions de doses, les Européens 300 millions et la Grande-Bretagne 60 millions.

Pour la partie européenne, le vaccin sera fabriqué en France, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), a rappelé le responsable en saluant l’association de son groupe avec le britannique GSK pour cette opération.about:blankPUBLICITÉAds by Teads

« Ce n’est pas commun de s’associer à un concurrent mais c’est plutôt sain dans cette guerre contre le Covid », a-t-il estimé. Des « millions de doses » seront aussi fournies aux pays en développement via la structure Sepi à des conditions tarifaires « tout à fait exceptionnelles ».

(avec AFP)

SANOFI CORONAVIRUS

https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/covid-19-le-cout-du-vaccin-developpe-par-sanofi-et-gsk-sera-a-moins-de-10-euros_725841#xtor=CS4-92[Covid-19%3A+le+co%C3%BBt+du+vaccin+d%C3%A9velopp%C3%A9+par+Sanofi+et+GSK+sera+%22%C3%A0+moins+de+10+euros%22]-725841

Plan de relance défense, une occasion de nouveau ratée.

Plan de relance défense, une occasion de nouveau ratée.

Menace turque en  Méditerranée orientale

« Nous sommes nombreux à penser que l’industrie de défense au sens large, incluant des pans très duaux comme l’aéronautique et l’espace, constitue le meilleur levier qui soit pour un effort de relance », assurait fin avril Françoise Dumas, présidente de la commission de la défense de l’Assemblée nationale. » Quant au général Lecointre, il déclarait le 22 avril devant les députés de la commission de la défense.  « La relance exige que nous fassions de la dépense publique intelligente, or le ministère des armées sait dépenser l’argent public – c’est un atout que nous devons faire valoir – aussi bien dans les grands programmes d’infrastructures que dans le soutien des armées, le fonctionnement des armées et le MCO. La dépense publique, déconcentrée auprès des bases de défense, irriguera immédiatement le tissu économique local et donc national. »

En outre, deux rapports, l’un publié par le Sénat, l’autre par l’Assemblée nationale, avaient indiqué que la Base industrielle technologique de défense [BITD] allait connaître des jours difficiles en raison des conséquences économiques et sociales, des mesures prises pour limiter l’épidémie de covid-19. Enfin, un rapport flash a été remis le mardi21 juillet à la commission de la défense. Ce rapport (1) présenté par Benjamin Griveaux et Jean-Louis Thiériot, indiquait que : « AUTANT QU’UNE FAUTE STRATÉGIQUE, NE PAS MOBILISER L’INDUSTRIE DE DÉFENSE COMME VECTEUR DE RELANCE SERAIT UNE ERREUR ÉCONOMIQUE La situation de l’industrie de défense justifie un soutien de l’État non seulement en raison de son poids dans l’économie, mais aussi pour deux motifs spécifiques : son caractère stratégique, et le « multiplicateur keynésien » (1) qui s’y trouve particulièrement élevé. »

Je recommande la lecture de ce rapport.

Or, lors de la présentation du plan de relance par le premier ministre et le ministre de l’économie, pas une seule fois le mot relance au profit de la défense n’a été prononcé, et lors d’une interview très récente de la ministre des armées Florence Parly, celle-ci a parfaitement exprimé ce qui sera désormais la doxa : le plan de relance pour la défense n’est pas nécessaire, celui-ci a déjà eu lieu par l’application de la loi de programmation militaire qui prévoit que le budget défense bénéficie d’une hausse de 1,7 milliard d’euros par an jusqu’en 2022.

Voilà donc une nouvelle occasion ratée, alors que notre Président semble tenir un langage de fermeté face à l’affrontement turco-grec, souhaite avancer ses pions au Liban et en Irak pour endiguer la poussée ottomane du dictateur Erdogan, que nos soldats sont engagés au Levant et dans la bande sahélo-saharienne. Le signal envoyé est bien celui de notre incapacité à mettre en relation notre discours avec des actes forts.

L’un des actes forts serait aussi celui d’accélérer le réarmement de nos armées en révisant à la hausse notre format et combler nos déficits capacitaires. À nouveau, nous n’en prenons pas le chemin, et demain si des accords de défense étaient renforcés bilatéralement avec la Grèce, et que celle-ci décide de s’équiper en Rafale, (on parle d’une vingtaine), un certain nombre serait pris sur les tarmacs des bases de notre armée de l’air alors que celle-ci est en manque d’avions pour remplir l’ensemble de ses missions opérationnelles et de formation. Nous avons perdu par accident six Rafale (5 Rafale Marine et 1 Rafale Air), qui n’ont jamais été remplacé.   Lire à ce sujet le remarquable dossier Rafale :  Livraisons et coût.  (2) de source ouverte et reprenant les chiffres du ministère de la défense.

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 Le dossier Rafale est symptomatique de l’ensemble des problèmes de fond qui diminue notre capacité opérationnelle et de résilience.

En 2017, le général Lanata CEMAA à l’époque,  demandait que le nombre d’appareils de chasse dans l’armée de l’Air soit porté à 215 appareils, alors que  le dernier livre blanc prévoyait que l’aviation de chasse comprenne 225 avions au total dont une quarantaine pour la Marine et 185 pour l’armée de l’Air. Cet objectif devait être atteint en 2021, il ne le sera pas.

En 2010, l’un des prédécesseurs de l’actuel CEMM, l’amiral Pierre-François Forissier avait mis en garde contre la réduction du nombre de frégates. « Je veux préserver l’épine dorsale de la marine qui est constituée de ses sous-marins nucléaires d’attaque et de ses frégates de premier rang. Je me battrai pour que leur nombre ne soit pas réduit, car nous sommes déjà la limite de la rupture. Á missions inchangées, je ne peux pas aller en deçà », avait-il dit.

Non seulement les missions n’ont pas changé, mais leurs fréquence ont augmenté. L’amiral Prazuck avant son départ avait confié aux sénateurs qu’il aimerait « pouvoir disposer de 35 frégates ». or, nous en possédons au mieux 17 [à titre de comparaison, l’Italie en possède 18 (3)] la cible étant de 15, quant aux sous-marins, de type SNA avec l’incendie de l’un d’entre eux et le retrait d’un autre, nous en avons 4 sur les 6 prévus. Ils nous en faudrait au moins 8 pour remplir l’ensemble des missions et faire face au nouvelles menaces et au renforcement de toutes les flottes de guerre, sauf la nôtre. Des solutions sont possibles à moindre coût, compléter la flotte de SNA par des sous-marins classiques de type Barracuda semblables à ceux vendus à l’Australie. Pour équilibrer mon propos, je constate que nous sommes la seule nation européenne à posséder une force nucléaire indépendante, un porte-avions nucléaire et une capacité de projection grâce à nos PHA. [porte-hélicoptères amphibie dont l’un d’ailleurs avait été commandé lors du plan de relance de 2008 – (4)]


Le général Burkhard, 55 ans, originaire du Territoire de Belfort, est à la tête de l’armée de Terre depuis juillet 2019. Photo EMAT

Répondre aux futurs conflits « de haute intensité » 

Quant à l’Armée de de terre, le programme Scorpion qui consiste à remplacer le secteur médian, est un peu l’arbre qui cache la forêt, nos trous capacitaires dans le domaine des blindés lourds, de l’artillerie sol-sol et sol-air et appuis, du franchissement et du génie ainsi que CME et ECMA, sans oublier les hélicoptères lourds et moyens de renseignement, sont peu évoqués, faute de pouvoir apporter dans des délais raisonnables des solutions. Le projet Titan étant un projet à horizon 2030-2035 au mieux.

Il faudra donc se contenter des 832 millions d’euros déjà annoncés. (3 avions A330 MRTT en avance de commande et 8 hélicoptères Caracal pour remplacer les 30 Puma à bout de souffle de l’Armée de l’air et des drones pour la Marine).

Nous voilà donc, en réalité, comme le sont d’autres ministères régaliens, police, justice, éducation, dans une situation pour ne pas dire dramatique mais extrêmement sérieuse, car nous payons les politiques suicidaires de restriction des budgets et des effectifs de ces 30 dernières années. 

Le laxisme, l’imprévoyance, la négligence et le manque de courage allant jusqu’à la lâcheté de la part de  nos gouvernants successifs nous ont emmenés là où nous en sommes.

Si la prise de conscience est nécessaire, le temps n’est plus au discours mais aux actes. Je crains que ce ne soit trop tard.

Faudra-t-il une catastrophe majeure en Europe pour mettre enfin ce pays en position de combat? Le temps est au «  branle-bas de combat », face à la menace  qu’ils ne veulent pas voir.

Roland Pietrini

(1) 1 euro investi dans la défense rapporte 1,27€ à court terme et 1;68€ à long terme. 

(2)http://www2.assembleenationale.fr/content/download/312629/3036763/version/3/file/2020-07-21+-+rapport+flash+Griveaux-Thi%C3%A9riot.pdf

(3)  https://omnirole-rafale.com/le-rafale-en-chiffres/

(4) https://www.defense.gouv.fr/dga/actualite-dga/2009/plan-de-relance-commande-d-affuts-canons-pour-helicopteres-cougar-et-caracal

04/09/2020 576 visites

https://www.athena-vostok.com/article-sans-titre-18#message_12870469

Emmanuel Macron s’en prend à un journaliste…

Emmanuel Macron sur le site dévasté par l'explosion au port de Beyrouth, le 6 août 2020

Emmanuel Macron s’en prend à un journaliste du Figaro après un article sur le Hezbollah – vidéo

© AP Photo / Thibault CamusINTERNATIONAL16:41 02.09.2020(mis à jour 20:55 02.09.2020)URL courte3032115S’abonner

Lors d’une réception au Liban, Emmanuel Macron a apostrophé le journaliste du Figaro Georges Malbrunot, lui reprochant un manque de professionnalisme et de déontologie. En cause, selon LCI, un article rédigé par le grand reporter à propos d’une entrevue entre le chef d’État français et le leader du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad.

Emmanuel Macron a pris à partie le journaliste Georges Malbrunot, lors d’une réception à Beyrouth. Son mouvement de colère a été saisi par les caméras de LCI.

Le Président de la République a interpellé le grand reporter, qui couvre son déplacement au Liban pour le compte du Figaro. Il lui a reproché notamment un manque de déontologie dans son travail.

«Ce que vous avez fait là, compte tenu de la sensibilité du sujet, compte tenu de ce que vous savez de l’histoire de ce pays, est irresponsable. Irresponsable pour la France, irresponsable pour les intéressés ici, et grave d’un point de vue déontologique», a déclaré le chef de l’État à Georges Malbrunot.

Emmanuel Macron a ajouté qu’il défendait toujours les journalistes, mais que Georges Malbrunot avait fait preuve de mesquinerie et d’une attitude non professionnelle.

«Vous m’avez toujours entendu défendre les journalistes. Je le ferai toujours. Mais je vous parle avec franchise. Ce que vous avez fait est grave, non professionnel et mesquin», a-t-il lancé au reporter du Figaro.

https://fr.sputniknews.com/international/202009021044364334-emmanuel-macron-sen-prend-a-un-journaliste-du-figaro-apres-un-article-sur-le-hezbollah—video/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

Mali: Des militaires français tuent un civil dans un incident !

Mali: Des militaires français tuent un civil dans un incident !

par Antoine1 septembre 2020 dans SociétéMali 0Des militaires français de la Force BarkhanePartager sur FacebookPartager sur Whatsapphttps://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-4117480781049295&output=html&h=400&slotname=1019410033&adk=2221069310&adf=345339246&w=580&lmt=1599032437&rafmt=12&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&format=580×400&url=https%3A%2F%2Fafriqueactuelle.net%2F2020%2F09%2F01%2Fmali-des-militaires-francais-tuent-un-civil-dans-un-incident%2F%3Futm_source%3Dnotification%26utm_medium%3Dpush%26utm_campaign%3Dfcm&flash=0&wgl=1&adsid=ChEI8IW9-gUQlfKl1K_yoZfqARJMAB6otkk9GTahFGaf3pS4O8ShOZo52uF7j8Ys11kdmlD4wYh9jGmoLr1pNh8QUtPt5bGEsJmtWTQ-8hrmdj9ITIfYr2SVHQ1s0uphtQ&dt=1599032437275&bpp=3&bdt=1883&idt=352&shv=r20200826&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C970x250&nras=1&correlator=5928235112559&frm=20&pv=1&ga_vid=2110385854.1597655724&ga_sid=1599032437&ga_hid=359783608&ga_fc=0&ga_cid=1244345293.1598978189&iag=0&icsg=34961785075&dssz=41&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=190&ady=1221&biw=1349&bih=625&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066897%2C21066945%2C21065725%2C21065727&oid=3&pvsid=3017554981399157&pem=693&ref=https%3A%2F%2Fafriqueactuelle.net%2Ffirebase-messaging-sw.js&rx=0&eae=0&fc=1920&brdim=0%2C0%2C0%2C0%2C1366%2C0%2C1366%2C728%2C1366%2C625&vis=1&rsz=%7C%7CeEbr%7C&abl=CS&pfx=0&fu=8448&bc=31&jar=2020-09-01-10&ifi=2&uci=a!2&btvi=1&fsb=1&xpc=IRfpu5n6b8&p=https%3A//afriqueactuelle.net&dtd=362

Un civil malien a trouvé la mort dans un incident impliquant des militaires français. Deux autres civils ont été par ailleurs blessés lors de l’incident qui a impliqué un bus.

Les faits ont eu lieu à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Gao.

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Le bus aurait refusé de s’immobiliser en dépit de plusieurs avertissements des soldats français. Ceux-ci ont usé leur arme en tirant au sol.

C’est ainsi qu’un civil a été tués et deux autres blessés. Les « balles ont ricoché » lorsque les militaires français ont effectué les tirs de sommations. C’est ce que l’état major-français, cité par l’AFP, a expliqué.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-4117480781049295&output=html&h=280&slotname=7010103316&adk=1785178062&adf=2979717046&w=336&lmt=1599032437&rafmt=12&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&format=336×280&url=https%3A%2F%2Fafriqueactuelle.net%2F2020%2F09%2F01%2Fmali-des-militaires-francais-tuent-un-civil-dans-un-incident%2F%3Futm_source%3Dnotification%26utm_medium%3Dpush%26utm_campaign%3Dfcm&flash=0&wgl=1&adsid=ChEI8IW9-gUQlfKl1K_yoZfqARJMAB6otkk9GTahFGaf3pS4O8ShOZo52uF7j8Ys11kdmlD4wYh9jGmoLr1pNh8QUtPt5bGEsJmtWTQ-8hrmdj9ITIfYr2SVHQ1s0uphtQ&dt=1599032437278&bpp=64&bdt=1886&idt=533&shv=r20200826&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C970x250%2C580x400&nras=1&correlator=5928235112559&frm=20&pv=1&ga_vid=2110385854.1597655724&ga_sid=1599032437&ga_hid=359783608&ga_fc=0&ga_cid=1244345293.1598978189&iag=0&icsg=139847140302&dssz=42&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=139&ady=2038&biw=1349&bih=625&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066897%2C21066945%2C21065725%2C21065727&oid=3&pvsid=3017554981399157&pem=693&ref=https%3A%2F%2Fafriqueactuelle.net%2Ffirebase-messaging-sw.js&rx=0&eae=0&fc=1920&brdim=0%2C0%2C0%2C0%2C1366%2C0%2C1366%2C728%2C1366%2C625&vis=1&rsz=%7C%7CeEbr%7C&abl=CS&pfx=0&fu=8448&bc=31&jar=2020-09-01-10&ifi=3&uci=a!3&btvi=2&fsb=1&xpc=OYmTxHbcaR&p=https%3A//afriqueactuelle.net&dtd=543

Selon les explications de l’état-major français, un civil malien a été tué par des militaires français de la force antidjihadiste Barkhane, deux autres ont été blessés ce mardi 1er septembre dans le cadre d’un incident qui a impliqué un bus ayant refusé de ralentir malgré des sommations.

Selon les détails fournis par l’état-major français, le « bus qui se dirigeait à vive allure en direction du convoi militaire (français) a fait l’objet de sommations ».

C’est ainsi qu’un tir a été « dirigé vers le sol » pourtant « deux balles ont ricoché sur le sol et traversé le pare-brise. C’est ainsi que trois passagers du bus ont blessés dont un grièvement. Il succombera à ses blessures au cours de son transfert à l’hôpital de la force Barkhane, à Gao.

https://afriqueactuelle.net/2020/09/01/mali-des-militaires-francais-tuent-un-civil-dans-un-incident/?utm_source=notification&utm_medium=push&utm_campaign=fcm

Liban : Macron assure qu’il fera pression pour la formation d’un gouvernement et des réformes 1 sept.

Liban : Macron assure qu’il fera pression pour la formation d’un gouvernement et des réformes 1 sept. 2020, 13:43 © Dalati and Nora Source: AFP Le président de la République française Emmanuel Macron aux côtés du président libanais Michel Aoun à Beyrouth le 31 août. En visite au Liban dans un contexte de crise politique, le président français entend faire pression. Il a notamment promis qu’il ne libérerait pas les fonds promis à ce pays deux ans plus tôt, si des réformes n’étaient pas mises en place. Plus libanais que les Libanais ? De passage dans le pays, qui traverse une grave crise politico-économique, Emmanuel Macron a annoncé, dans des propos rapportés par Reuters, qu’il entendait bien «utiliser son poids pour qu’un gouvernement soit formé» et des réformes mises en place. «Les six prochaines semaines seront cruciales pour le Liban» a estimé le président de la République qui a ajouté, toujours selon l’agence de presse, qu’il ne libérerait pas les fonds promis au Liban lors de la conférence de Paris de 2018, si des réformes n’étaient pas mises en œuvre.  «C’est la dernière chance pour ce système», a déclaré le chef d’Etat français au site d’information Politico. «C’est un pari risqué que je fais, j’en suis conscient […] Je mets la seule chose que j’ai sur la table: mon capital politique.» Emmanuel Macron brandit un possible gel du plan international d’assistance financière Le président français prévient dans cette interview que les trois mois à venir seront prépondérants pour qu’un véritable changement ait lieu au Liban. Dans le cas contraire, il se dit prêt à changer d’approche et à soutenir des mesures punitives allant d’un gel du plan international d’assistance financière au Liban à des sanctions contre les dirigeants. Lire aussi Liban : Moustapha Adib désigné Premier ministre avec l’appui d’une forte majorité de députés Les six prochaines semaines, a-t-il par ailleurs déclaré à la presse, doivent être «concentrées» sur l’urgence. Le chef de l’Etat a par ailleurs ajouté que Paris était prêt à organiser une conférence internationale à la mi-octobre pour étudier les moyens pour venir en aide au Liban. «J’ai compris qu’il y avait une défiance à l’égard des pouvoirs publics libanais», a-t-il poursuivi, notant un problème de circulation de l’information et peut-être, d’après lui, de transparence. Des déclarations suivies de propositions. Accompagné de représentants de l’ONU et des ONG locales sur le porte-hélicoptère Tonnerre, Emmanuel Macron s’est dit prêt à accueillir en octobre une conférence internationale de soutien au Liban. «Il faut qu’on continue à mobiliser toute la communauté internationale […] Je suis prêt à ce qu’on réorganise, autour peut-être de mi-fin octobre, une conférence internationale de soutien avec les Nations unies», a-t-il fait savoir, repris par France 24. Selon la chaîne publique, Emmanuel Macron devrait rencontrer le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah lors d’une série d’entretiens au cours desquels ils rencontrera différents chefs de partis du Liban. Plus tôt dans la journée, le chef d’Etat français a planté un cèdre dans la réserve de Jaj, à l’occasion du premier centenaire du Grand-Liban, symbolisant l’amitié entre la France et le Liban. Le 31 août, jour de l’arrivée d’Emmanuel Macron au Liban, Moustapha Adib a été désigné Premier ministre. Il est désormais chargé de former un gouvernement. Le président de la République française est arrivé accompagné du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran. La délégation a été accueilli sur le tarmac par le chef de l’Etat libanais, Michel Aoun. LIRE AUSSI Emmanuel Macron tient sa promesse et revient au Liban un mois après les explosions à Beyrouth International

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/78392-visite-liban-emmanuel-macron-fait-pression-formation-gouvernement-reformes?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Dissuasion nucléaire : la lourde responsabilité morale des officiers français

Dissuasion nucléaire : la lourde responsabilité morale des officiers français

Les faits 

En France, la dissuasion nucléaire appartient au domaine réservé du président de la République, chef des armées. Les militaires français, y compris catholiques, acceptent la responsabilité morale d’obéir à l’ordre de tir de l’arme nucléaire.

  • Corinne Laurent, 
  • le 23/11/2019 à 06:35

Lecture en 3 min.

Dissuasion nucléaire : la lourde responsabilité morale des officiers français
Le président français Emmanuel Macron lors de la cérémonie de lancement du nouveau sous-marin nucléaire français Suffren, le 12 juillet à Cherbourg.LUDOVIC MARIN/AFP

Les discours des présidents de la Ve République fixant la doctrine de dissuasion témoignent de la façon dont chacun s’est saisi de la responsabilité suprême de donner l’ordre de tir de l’arme nucléaire. Peu après son élection, Emmanuel Macron a montré qu’il assumait ce pouvoir absolu, en se faisant hélitreuiller à bord du Terrible, l’un des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la base de l’Île Longue à Brest, puis en se rendant sur la base aérienne 125 d’Istres (Bouches-du-Rhône). Des lieux essentiels des deux composantes, océanique et aéroportée, qui assurent la permanence de la dissuasion depuis la première prise d’alerte, en octobre 1964.À lire aussiLa dissuasion nucléaire, socle de la défense française

S’il n’a pas encore livré sa vision de la dissuasion, le chef de l’État a au moins réaffirmé sa pérennisation. « La dissuasion fait partie de notre histoire, de notre stratégie de défense, et elle le restera. Dans le monde que nous connaissons, et qui sera demain, à n’en pas douter, encore nucléaire, je suis convaincu que la pertinence de notre modèle de dissuasion, basé sur la stricte suffisance, demeure », a-t-il déclaré dans un discours de vœux aux armées en janvier 2018. « Tous les débats sont légitimes, mais ils sont aujourd’hui tranchés », a-t-il ajouté, avant d’annoncer la modernisation des deux composantes de l’arsenal atomique.i Pourquoi lire La Croix ?+La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l’analyse.

Des généraux, catholiques pratiquants, s’interrogent-ils ?

Pour autant, les débats sur des évolutions de la doctrine pourraient reprendre face aux défis de la prolifération et des nouvelles conflictualités. Une baisse d’adhésion au principe de la dissuasion serait-elle possible dans les rangs militaires ?

« La stratégie de dissuasion est une matière délicate à manipuler. Elle a une tendance naturelle à être isolée du reste de la pensée stratégique. Elle n’est pas enseignée en tant que telle à l’École de guerre et reste inconnue d’une large partie des officiers français qui, “n’ayant pas à en connaître”, ne sont pas formés (…) à maîtriser la “grammaire” de la dissuasion », remarquait le vice-amiral Pierre Vandier, avant d’être nommé au poste de chef du cabinet militaire de la ministre des armées (1).À lire aussiLa doctrine de la dissuasion nucléaire est-elle encore pertinente ?

Un proche de la communauté militaire fait valoir que « l’arme nucléaire est une arme de chef d’État et n’est pas un sujet de militaires car peu d’entre eux sont touchés par sa mise en œuvre, la plupart des généraux ne sont pas concernés ». Des généraux, catholiques pratiquants, s’interrogent-ils cependant sur sa pertinence ? Sont-ils tiraillés entre leurs convictions et leurs devoirs ? « Non, il n’y a aucun tiraillement ou état d’âme parce que le militaire accepte la mission et la mène complètement, répond le général Vincent Desportes. Ceux qui délivrent l’arme nucléaire se sont posé la question avant, pas après. Un militaire qui n’adhérerait pas quitterait l’institution. »

« J’ai regardé ce que disaient les papes »

Un ancien commandant de SNLE témoigne : « Il faut y avoir réfléchi car ce n’est pas anodin. Je suis chrétien et c’est vrai que j’ai regardé ce que disaient les papes. Jean-Paul II avait subi les totalitarismes et l’occupation de son pays, il pensait que la dissuasion était un moindre mal, un équilibre de la terreur, pour préserver la paix. »

Le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, a pour habitude d’expliquer que « la mort est au cœur de la singularité militaire ». Lors d’un colloque sur « Le soldat et la mort » le 21 octobre, il a insisté sur « la plus grande charge qu’on attribue à un militaire » : « Cette obligation d’obéissance absolue au pouvoir politique, qui consiste à, sur ordre, le jour où on lui dit de le faire, donner la mort. » Une « responsabilité extrême » quand il s’agit de déclencher « le pire cataclysme qui soit ».

Le général a alors raconté que son père était sous-marinier et avait commandé un SNLE : « J’ai le souvenir de discussions avec lui, quand j’étais jeune homme, et de la très grande difficulté qu’il y avait pour un pacha de SNLE d’accepter cette éventualité, de la crise morale que cela représentait à chaque fois, pour chaque départ. » Il a ainsi cité un camarade de son père qui avait « quitté la carrière militaire » après avoir refusé de commander un tel sous-marin car « cette crise morale lui semblait insurmontable ».

(1) La Dissuasion au troisième âge nucléaire, éd. du Rocher.

https://www.la-croix.com/France/Securite/Dissuasion-nucleaire-lourde-responsabilite-morale-officiers-francais-2019-11-23-1201062244

Un officier français mis en examen pour trahison

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Un officier français mis en examen pour trahison

Les faits 

Écroué depuis le 21 août dernier, un officier français est soupçonné d’avoir fourni des documents ultrasensibles à la Russie, a indiqué dimanche 30 août le ministère des armées. Si des précédents existent en termes d’inculpation de militaires, ils sont rarissimes et bien souvent très opaques.

  • Marion Lecas, 
  • le 30/08/2020 à 12:09 
  • Modifié le 30/08/2020 à 18:12

Lecture en 2 min.

Un officier français mis en examen pour trahison
Florence Parlydans l’émission « Le Grand Rendez-vous », dimanche 30 août.

« Un officier est sous le coup d’une procédure judiciaire pour atteinte à la sécurité », a déclaré la ministre des armées, Florence Parly, le dimanche 30 août sur l’antenne d’Europe 1. Si elle n’est pas entrée dans les détails de l’affaire, l’officier, un lieutenant-colonel posté en Italie, sur une base de l’Otan, serait soupçonné d’avoir fourni des documents ultrasensibles aux services secrets russes, d’après la radio.

« C’est la France qui a pris l’initiative de cette procédure judiciaire », a indiqué Florence Parly. Le ministère a saisi lui-même la justice, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, qui impose à toute autorité publique de signaler un crime ou délit dont elle a connaissance.

L’homme, arrêté par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), a été mis en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation »« collecte d’informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation en vue de les livrer à une puissance étrangère » et « compromission du secret de la défense nationale par une personne dépositaire de ce secret ». Il a été écroué le 21 août, d’après l’Agence France-Presse.i Pourquoi lire La Croix ?+La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l’analyse.

Peu de précédents

« La prudence est impérative dans cette affaire, nuance Jean Guisnel. À ce stade nous n’avons pas d’information, pas de nom, pas même d’indication sur l’armée à laquelle l’individu appartient. Seulement des accusations univoques, sans que le suspect ne puisse se défendre. » Le journaliste, spécialiste des questions militaires, ajoute : « Parfois, après l’effet d’annonce, il ne se passe plus rien, car le dossier est en réalité vide. »À lire aussiQuel risque d’espionnage avec la 5G ?

« En termes d’inculpation de militaires, les précédents sont rarissimes », commente Pierre Servent, auteur et journaliste expert en stratégie militaire. Moins d’une dizaine, au total, depuis la Guerre froide.

Une trahison récente au profit de la Chine

Le cas le plus frappant est celui de Pierre-Henri Bunel, ancien commandant de l’armée de terre. En 1998, cet officier détaché de l’Otan avait fourni aux Serbes de Yougoslavie des documents secret-défense sur les frappes aériennes prévues par l’organisation en cas de non-retrait des troupes serbes du Kosovo.

Il a expliqué avoir voulu éviter « un bain de sang » et il a été condamné, en 2001, à cinq ans de prison, dont trois avec sursis. Avant lui, quatre militaires ou anciens militaires avaient été condamnés pour des faits d’espionnage ou d’intelligence avec une puissance étrangère. « Mais d’autres affaires disparaissent soudainement du champ médiatique et judiciaire, grâce à des arrangements à l’amiable », précise Jean Guisnel.À lire aussiHuis clos au procès d’ex-agents de la DGSE soupçonnés de trahison au profit de la Chine

Lorsque les procès aboutissent, toutefois, « et lorsque les juges sont convaincus du caractère de haute trahison, les peines peuvent être lourdes », reprend Pierre Servent. De fait, lors d’un procès à huis clos, le 10 juillet dernier, deux agents de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) ont été condamnés à douze et huit ans de prison, pour avoir trahi la France au profit de la Chine.

https://www.la-croix.com/France/officier-francais-arrete-atteinte-securite-2020-08-30-1201111376

Liban : Moustapha Adib nommé premier ministre

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Liban : Moustapha Adib nommé premier ministre

Les faits 

Le nouveau premier ministre libanais, Moustapha Adib, s’est engagé lundi 31 août à former en un « temps record » une équipe ministérielle formée d’« experts » et de personnes « compétentes » et chargée de mettre en oeuvre des « réformes » longtemps attendues.

  • La Croix 
  • le 31/08/2020 à 13:28

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Liban : Moustapha Adib nommé premier ministre
Moustapha Adib, a été désigné premier ministre après avoir obtenu le plus grand nombre de voix lors de consultations parlementaires menées par le chef de l’État Michel Aoun.BILAL HUSSEIN/AP

Un nouveau chef de gouvernement. L’ambassadeur du Liban en Allemagne, Moustapha Adib, a été désigné premier ministre après avoir obtenu le plus grand nombre de voix lors de consultations parlementaires menées par le chef de l’État Michel Aoun.

À l’issue de sa désignation, le nouveau premier ministre libanais s’est engagé à former en un « temps record » une équipe ministérielle formée d’« experts » et de personnes « compétentes » et chargée de mettre en oeuvre des « réformes » longtemps attendues.

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« La tâche que j’ai acceptée repose sur le fait que toutes les forces politiques (…) sont conscientes de la nécessité de former un gouvernement en un temps record et de commencer à mettre en oeuvre des réformes, avec comme point de départ un accord avec le Fonds monétaire international », a déclaré Moustapha Adib dans un discours télévisé.i Pourquoi lire La Croix ?+La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l’analyse.

Emmanuel Macron en visite

Sa désignation est intervenue à quelques heures de l’arrivée au Liban du président français Emmanuel Macron qui a pressé les dirigeants libanais de former rapidement un « gouvernement de mission » chargé de sortir le pays de la crise économique et politique.

L’explosion du 4 août, qui a dévasté une grande partie du port et au-delà, a causé des dommages matériels de l’ordre de 3,8 à 4,6 milliards de dollars, tandis que les pertes économiques, résultant de la baisse de la production des différents secteurs de l’économie, représentent entre 2,9 et 3,5 milliards de dollars, selon les résultats de cette «évaluation rapide des dommages et des besoins» menée conjointement avec l’Onu et l’Union européenne entre le 5 et le 31 août.

https://www.la-croix.com/Monde/Liban-Moustapha-Adib-nomme-premier-ministre-2020-08-31-1201111541