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Frégates FDI : la France va-t-elle enfin faire monter la Grèce à bord ?

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 Par Michel Cabirol  |  23/02/2020, 12:05  |  1272  mots

En cas de succès en Grèce, la première frégate d'intervention et de défense (FDI) grecque pourrait être livrée en 2024, coincée entre les livraisons des deux premières FTI françaises (2023 pour une entrée en service en 2025, puis la deuxième en 2025).
En cas de succès en Grèce, la première frégate d’intervention et de défense (FDI) grecque pourrait être livrée en 2024, coincée entre les livraisons des deux premières FTI françaises (2023 pour une entrée en service en 2025, puis la deuxième en 2025). (Crédits : Naval Group)

La ministre des Armées Florence Parly sera à Athènes dimanche et lundi pour une visite importante sur le projet de vente par Naval Group de deux frégates d’intervention et de défense à la marine grecque. Tout parait être en bonne voie mais la France doit lever encore des points bloquants.

La visite de Florence Parly à Athènes (dimanche et lundi) est très importante. Elle n’est pas encore à quitte ou double pour la vente de deux frégates de défense et d’intervention (FDI) par Naval Group à la marine grecque. Mais l’enjeu de la visite de la ministre des Armées, qui va rencontrer le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis et son homologue, le ministre de la Défense Nikos Panagiotopoulos, sera de faire monter de façon irréversible les grecs à bord de la FDI.

En tout cas, tout est pratiquement en place pour que Naval Group remporte un nouveau beau succès à l’exportation. « C’est une affaire chaude », a estimé vendredi le PDG de Naval Group Hervé Guillou lors de la présentation des résultats 2019. Mais au moindre couac majeur, les Italiens, et plus particulièrement Fincantieri, qui officiellement reste neutre sur ce dossier dans le cadre de la société commune Naviris, sont prêts à sauter sur Athènes pour rafler la mise. Tout comme l’américain Lockheed Martin associés… aux Italiens.

Un climat positif entre Athènes et Paris

Le dossier de Naval Group avance bien en raison d’un climat politique très favorable entre Athènes et Paris, qui soutient la Grèce face à son voisin turc sur plusieurs dossiers jugés stratégiques par les Grecs (Chypre, Libye notamment). Sur fond de tensions en Méditerranée orientale, le gouvernement grec conservateur a, en un seul mois, renforcé sa coopération stratégique avec Paris et relancé un accord militaire avec Washington. Début février, une frégate grecque a participé à la mission du porte-avions français Charles-de-Gaulle dans l’est de la Méditerranée. « La France entend soutenir la Grèce pour l’aider à faire face aux multiples tensions en mer Égée et en Méditerranée, notamment en Méditerranée orientale », a insisté Florence Parly dans une interview accordée dimanche au quotidien grec To Vima et a précisé que les intérêts grecs et français « sont liés ».closevolume_off

« Je veux dire ma préoccupation quant aux agissements en ce moment même de la Turquie en contravention explicite avec ce que le président Erdogan s’était engagé à faire lors de la conférence de Berlin, c’est le non-respect de la parole donnée », avait expliqué fin janvier Emmanuel Macron sur le dossier libyen lors d’une déclaration commune au côté du Premier ministre grec en visite à Paris.

Sur le plan technique, les discussions entre Naval Group et la marine grecque portant sur les spécifications des deux FDI sont très avancées et se déroulent normalement, explique-t-on à La Tribune. En outre, les incertitudes industrielles sur le missile de croisière naval (MdCN) ont pu être levées par MBDA.

Le travail de fond de Naval Group en Grèce

Basé depuis 2008 à Athènes, Naval Group a beaucoup travaillé ces derniers mois pour embarquer l’industrie grecque dans son projet et, au-delà construire un partenariat à long terme. Fin 2019, il a sélectionné huit nouveaux fournisseurs qui vont intégrer sa supply chain mondiale (Akmon, Elfon, Hellenic Cables, IDE Intracom, Metka, Mevaco, Miltech Hellas, et Teletel). Cette sélection était la première démonstration concrète de la volonté du groupe naval de construire ce partenariat sur la durée. Ces groupes seront désormais régulièrement consultés pour des projets à partir de cette année. Naval Group avait déjà depuis des années un partenariat avec Sunlight (fabricant de batteries), qui a déjà été impliqué dans des programmes stratégiques tels que le Barracuda.

Enfin, Naval Group a présenté le 13 février son plan de coopération industrielle et académique avec la Grèce : des partenariats avec des entreprises et trois universités (NTUA, l’Université de Patras et l’Université de Crète) dans des domaines variés tels que les matériaux composites, la robotique, Blue ship ou la fabrication additive ainsi que des  projets grecs et européens de surveillance maritime. Sur ce dernier point, Naval Group propose de créer, avec des partenaires grecs, une activité industrielle et commerciale qui s’adresserait au marché européen à partir de la Grèce. En outre, le groupe naval prévoit de créer en Grèce un centre d’ingénierie chargé des études de conception et de développement pour les futures standards des frégates FDI, faisant de la Grèce un centre d’excellence européen pour l’innovation en matière de naval de défense.

« Nous voulons construire un partenariat de long terme avec l’industrie grecque et garantir le succès du programme ainsi que la souveraineté de la Grèce grâce à un important transfert de technologie. L’industrie grecque maîtrisera le savoir-faire nécessaire pour soutenir l’ensemble du cycle de vie de ces frégates », avait précisé le 13 février à l’ambassade de France en Grèce, le directeur général du développement de Naval Group, Alain Guillou

Ce qui pourrait encore bloquer

L’accord intergouvernemental (AIG) est en cours de rédaction au sein de la direction générale de l’armement et ne rencontre, semble-t-il, pas de difficultés majeures. Sur ce point, les Grecs, qui souhaitent un accord d’Etat à Etat de type FMS (Foreign military sales) à la française comme celui signé entre la Belgique et la France pour les blindés, veulent que l’Etat français soit responsable du contrat. Des discussions portent sur ce point majeur (responsabilité de la France ou de Naval Group, qui est un groupe public détenu à plus de 62% par l’Etat ?) pour les Grecs.

Enfin, dernier point bloquant, l’attitude de Bercy, qui pourrait freiner l’opération sur son volet financier. Les services du ministère de l’Economie veulent faire payer une prime d’assurance de 13%. Soit un niveau proche de ceux qui sont appliqués pour les pays émergents. Ce qui fait hurler les Grecs… Pour autant, les Grecs ont le budget pour acheter les deux premières frégates FDI.

Ce qui a été déjà fait

La France et la Grèce avaient signé en septembre dernier une lettre d’intention (LoI) pour la vente de deux frégates FDI (programme Belh@rra) de 4.500 tonnes à la marine grecque et armées de MdCN (Scalp Naval). « J’ai signé avec mon homologue grec une lettre d’intention, portant sur le projet d’acquisition par la Grèce de deux frégates de défense et d’intervention (FDI) », avait alors indiqué dans un tweet Florence Parly à l’issue de la visite de son homologue grec. Nikos Panagiotopoulos avait toutefois estimé pour sa part qu’il restait « un long chemin à parcourir » avant qu’un accord soit trouvé sur les « aspects techniques » des navires. C’est en train d’être réalisé

La première frégate grecque pourrait être livrée en 2024, coincée entre les livraisons des deux premières FTI françaises (2023 pour une entrée en service en 2025, puis la deuxième en 2025). La seconde pourrait être remise à la marine grecque fin 2025 ou en 2026 tandis que la dernière pour la Marine nationale en 2029. En France, le programme FDI vise à acquérir cinq frégates (coût unitaire 750 millions d’euros), en complément des deux frégates de défense aérienne Horizon (FDA) et des huit FREMM, pour atteindre le format des 15 frégates de premier rang défini par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013. La commande du développement et de la réalisation de la première FTI est intervenue en avril  2017 pour un montant d’environ deux milliards d’euros.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/fregates-fdi-la-france-va-t-elle-enfin-faire-monter-la-grece-a-bord-840349.html

Alain de Benoist : « La descente aux enfers d’Emmanuel Macron est-elle forcément une bonne nouvelle pour Marine Le Pen ? »

Alain de Benoist : « La descente aux enfers d’Emmanuel Macron est-elle forcément une bonne nouvelle pour Marine Le Pen ? »

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Le quinquennat Macron n’avait pas trop mal commencé avec l’épisode du Louvre. Mais l’état de grâce n’a pas duré très longtemps et la situation ne cesse de se dégrader, alors même qu’Emmanuel Macron avait affirmé que s’il ne réussissait pas, un ou une populiste lui succéderait à l’Élysée. Cela en prend-il le chemin ?

En matière d’élection présidentielle, vous le savez bien, toute prédiction faite plus de trois mois avant le scrutin n’a aucune valeur. On peut, en revanche, dresser un rapport d’étape. Tout le monde a longtemps répété qu’en 2022, on allait assister à la répétition de ce qui s’est passé en 2017 : un duel Macron-Marine Le Pen au second tour, avec le résultat qu’on sait. Inutile de s’interroger : c’était plié d’avance. Mais deux nouvelles questions se posent : Macron sera-t-il à nouveau candidat en 2022 ? Et s’il se représente, sera-t-il présent au second tour ? Nous n’en savons rien, bien sûr, mais le simple fait qu’on puisse se poser ces questions montre que beaucoup de choses ont changé. Les gilets jaunes sont passés par là, les grèves aussi. Pour faire adopter ses réformes, Macron a été obligé de passer en force. Après avoir voulu séduire tout le monde, il a déçu partout. On parle régulièrement de sa « baisse de popularité », mais on n’en est même plus là. Nous avons un Président qui ne peut plus mettre un pied en dehors de l’Élysée sans se heurter à des manifestants qui exigent sa démission en brandissant, en effigie pour l’instant, sa tête au bout d’une pique ! Chirac, Giscard, Hollande, Sarkozy ont pu être impopulaires. Macron n’est pas seulement impopulaire, il est détesté, exécré, haï des Français à un degré rarement vu. Il n’est donc pas certain qu’il veuille (ou puisse) se représenter, ni qu’il soit présent au second tour s’il le faisait. Ajoutons, puisqu’il a été mis en place pour adapter la France aux exigences de la mondialisation libérale, que ceux qui l’ont patronné se disent peut-être aussi qu’ils n’ont pas misé sur le bon cheval et qu’il serait peut-être temps d’en trouver un autre.

Est-ce une bonne nouvelle pour Marine Le Pen ? Je ne le pense pas. Elle a tout intérêt, en effet, à avoir face à elle, au second tour, un homme discrédité et détesté par le peuple plutôt qu’un concurrent qui, n’ayant jamais accédé à la charge suprême, aura toujours la possibilité de multiplier les promesses et de ratisser large entre les deux tours. Un Xavier Bertrand, une Ségolène Royal, un Yannick Jadot, une Rachida Dati, un François Baroin ou n’importe quel(le) autre candidat(e) de ce calibre l’emporterait sans doute plus facilement contre Marine Le Pen que ne le ferait Macron, même si le « plafond de verre » auquel elle s’est longtemps heurtée a déjà commencé à se lézarder. D’où une troisième question : du point de vue de Marine Le Pen, quelle est la personnalité, mis à part Macron, face à laquelle elle pourrait avoir le plus de chances de l’emporter ?

Emmanuel Macron prétendait aussi être le candidat du « nouveau monde ». Maintenant qu’il a dépassé son mi-mandat, qu’avons-nous appris sur ce monde-là et sur lui-même ?

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : il y a un mystère Macron. Chirac, Sarkozy, Hollande, chacun dans son style, n’avaient rien de mystérieux. Il suffisait de les observer un peu pour savoir à quoi s’en tenir sur leur compte. Avec Macron, c’est autre chose. Ses ressorts intimes sont cachés, et l’on ne sait pas, au fond, ce qui le meut. Même ses relations avec sa maternelle épouse sont un mystère. Sous la surface lisse comme une image de synthèse, on ignore tout de sa machinerie intérieure et de ses évidents troubles de la personnalité. On peut lui trouver une tête de gendre idéal, lui reconnaître une bonne mémoire et une excellente connaissance technique des dossiers, voire un certain talent oratoire, on ne parvient pas à trouver qu’il était taillé pour le poste, alors qu’il serait parfait derrière un guichet de banque ou dans le rôle d’un DRH chargé d’annoncer au personnel un nouveau plan de licenciements. L’impression qui domine est que la politique, au fond, lui est tout aussi étrangère que la culture du pays qu’il est censé diriger. Que ce soit en France ou dans le monde, cet homme à la fois hautain, méprisant et bavard ne comprend pas ce qui se passe. Il gère (mal), il communique (mal), il réprime (brutalement), il supprime la liberté d’expression (efficacement) mais il ne gouverne pas.

C’est un Président narcissique qui n’a ni ami ni homme de confiance – puisqu’il ne fait confiance à personne. Qui a de l’influence sur lui ? Brigitte peut-être, personne d’autre. Entouré de députés inconsistants et de ministres de circonstance, il ne sait pas choisir ses collaborateurs, comme en témoignent l’affaire Benalla et la multiplication des départs au sein de son entourage. Mieux encore, c’est le premier président de la République qui n’a pas su attirer à lui la moindre personnalité dotée d’une carrure d’homme d’État. Il s’est entouré d’une majorité de transparents anonymes condamnés à le rester (Cédric O, Franck Riester), parmi lesquels bon nombre de médiocres et d’incultes, de ridicules ou de grotesques, de François de Rugy (« Homard m’a tué ») à Benjamin Griveaux (« Paris m’habite ») en passant par Agnès Buzyn (coronavirée), le Castaner de l’Intérieur ou la Belloubet de la Justice, sans oublier Sibeth. Qui peut prendre au sérieux pareille équipe de Branquignols ?

Peut-on néanmoins mettre à son crédit une esquisse d’ambition politique européenne, que ce soit avec l’Allemagne ou la Russie, l’Iran ou les États-Unis ?

Il en est resté, précisément, au stade de l’esquisse, qui chez lui prend la forme d’une série d’hésitations et se traduit par des inconséquences. C’est la marque d’une absence totale de vision des choses. En Europe, où il s’est brouillé avec la moitié des gouvernements, après avoir cherché à associer Angela Merkel à ses projets de « refondation » européenne, il n’a cessé de se heurter aux rebuffades de la chancelière, qui a vite évalué le personnage, mais il n’en a pas tiré les leçons. Il a fait sensation en déclarant l’OTAN en état de « mort cérébrale » sans comprendre que l’OTAN pèse toujours de tout son poids et que c’est bien, plutôt, l’Union européenne qui est en état de mort cérébrale. Il a paru comprendre qu’il était de l’intérêt de la France de se rapprocher de l’axe Moscou-Damas-Téhéran, mais il n’a pas fait le moindre geste pour s’opposer aux sanctions absurdes qui frappent ces trois pays. Tout récemment, il est encore allé en Allemagne pour dénoncer les entreprises de « déstabilisation » qu’il attribue à la Russie, montrant par là qu’en dépit de ses divergences avec Trump, il reste plus que jamais le fidèle vassal des Américains. Comment s’étonner, là encore, qu’on ne le prenne au sérieux ni à Moscou ni à Washington ni à Pékin ?

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.  8.2kÉTIQUETTESEmmanuel Macron

Alain de Benoist

Intellectuel, philosophe et politologue

https://www.bvoltaire.fr/alain-de-benoist-la-descente-aux-enfers-demmanuel-macron-est-elle-forcement-une-bonne-nouvelle-pour-marine-le-pen/

Moyen-Orient : le rôle majeur des Russes

Moyen-Orient : le rôle majeur des Russes

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L’échec de la France au Moyen-Orient repose sur deux erreurs essentielles. La première consiste à se dessiner avec une gomme, à se vouloir une république abstraite avant d’être une nation charnelle, à n’être elle-même qu’en se vouant à l’universel. Comme toutes les vieilles nations, la France possède une identité historique et culturelle, simplement plus marquée par la volonté politique d’un État que d’autres. La seconde erreur correspond à l’ignorance de cette priorité politique que Carl Schmitt avait soulignée : la reconnaissance de l’ennemi.

La conscience de son identité, avec ses limites, et la reconnaissance de son ennemi objectif, c’est-à-dire de la menace principale et réelle, sont donc les deux priorités. La politique menée par nos gouvernements au Moyen-Orient a méconnu ces deux principes.

Le printemps arabe et plus précisément la crise syrienne ont, au contraire, vu la France adopter une stratégie ignorant ces principes élémentaires. À l’exception de la position du Président Chirac, en 2003, qui s’est opposé à l’invasion américaine de l’Irak, fondée sur la détention supposée d’armes de destruction massive et sur des liens imaginaires entre le régime de Saddam Hussein et le terrorisme islamiste, notre pays a, une fois de plus, suivi les Anglo-Saxons en montrant parfois, sous Hollande et Macron, une hostilité au régime syrien plus virulente que celle des Américains, notamment lorsqu’il s’agissait de punir les loyalistes pour l’usage soupçonné d’armes chimiques. On ne voit guère, aujourd’hui, à quoi a servi cette posture. Les Russes, qui ont aidé le gouvernement syrien à résister aux islamistes et à restaurer sa souveraineté sur la plus grande partie du territoire, jouent désormais un rôle majeur dans la région et parlent à toutes les parties. La France est, au contraire, marginalisée.

Trois pays de cette région sont en proie à la guerre : le Yémen, où Iran chiite et monarchies arabes sunnites s’affrontent par factions interposées, Syrie et Libye. La France a fourni des armes aux Émirats et à l’Arabie saoudite qui les emploient évidemment contre les rebelles pro-iraniens du Yémen. Mais si l’on excepte l’intérêt économique de ces ventes d’armes pour un pays dont l’industrie a beaucoup reculé, c’est dans les deux autres pays que la France intervient de manière plus politique. La Syrie a été placée sous un mandat français entre 1922 et 1946.

L’intervention française avait entraîné en Libye, dès 2011, la chute de Kadhafi et son assassinat, avec l’explosion du pays entre tribus et milices, livrant celui-ci aux trafics et exposant le Sahel au terrorisme et le sud de l’Europe aux migrations déguisées en demandes d’asile. Et cependant, la France a failli rejouer le même scénario en Syrie ! La solidité plus grande de l’armée syrienne, mais surtout la participation des Russes à la lutte aux côtés de l’État syrien empêchèrent toutefois notre pays de jouer un rôle décisif.

Aujourd’hui, les deux pays connaissent une situation analogue. Ils sont l’un et l’autre contrôlés à 90 % par une armée nationale, avec cette différence qu’en Syrie, c’est celle de l’État reconnu à l’international et qui tient la capitale, et qu’en Libye, la capitale et le gouvernement reconnu par l’ONU, mais dénué de légitimité, ne résistent à l’armée du maréchal Haftar que grâce aux milices « fréristes » de Misrata, épaulées par la Turquie.

Dans les deux cas, en effet, deux États jouent un rôle majeur : la Turquie qui soutient l’expansion de l’islamisme et cherche à retrouver la puissance ottomane ; la Russie, qui au contraire est l’élément stabilisateur qui vise à restaurer des États souverains capables de juguler le terrorisme islamiste et sa propagation – Assad en Syrie, Haftar en Libye offrent cette chance. L’habileté de Vladimir Poutine a su utiliser les difficultés intérieures de la Turquie pour limiter ses prétentions et l’amener à coopérer avec la Russie. Logiquement, l’entente entre deux pays que tout oppose ne peut durer éternellement. Il est temps, pour la France, de prendre conscience que ses intérêts convergent avec la politique russe et sont en tous points opposés à ceux de la Turquie. (À suivre.)  3.5kÉTIQUETTESMoyen-Orient

Christian Vanneste

Homme politiqueAncien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre

https://www.bvoltaire.fr/moyen-orient-le-role-majeur-des-russes/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=1f0b4e9d31-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-1f0b4e9d31-30450793&mc_cid=1f0b4e9d31&mc_eid=d973bb6006

Jean-Pierre Chevènement : « La France veut-elle rester une puissance mondiale au XXIème siècle ? »

Jean-Pierre Chevènement : « La France veut-elle rester une puissance mondiale au XXIème siècle ? »

Publié par: Jean-Pierre Chevènementle: 08 février, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéGéopolitiqueLivresImprimerEmail

Dans sa préface au nouvel ouvrage de Richard Labévière*, Jean-Pierre Chevènement, sénateur et ancien ministre de la Défense, estime que la reconquête de notre « indépendance par la mer, comme le suggère l’auteur, est une idée stratégique de premier ordre.

– Les possessions maritimes de la France – Crédit photo : Ifremer

Le livre de Richard Labévière est une somme. Il donne accès à tout ce qu’il faut savoir pour connaître et valoriser cet exceptionnel atout que constitue le domaine maritime français, le premier du monde par l’étendue.

Richelieu, ancêtre des géopoliticiens modernes, énonçait au début du XVIIème siècle, en 1629 précisément : « La première chose qu’il faut faire est de se rendre puissant sur la mer qui donne accès à tous les Etats du monde ». Que la France n’a-t-elle suivi ce judicieux conseil !
Sans doute, les historiens nous révèlent que, prisonnière de trois tropismes : le continental, le méditerranéen et l’océanique, elle a laissé, après la guerre de sept ans et surtout après Trafalgar, le grand large à l’Angleterre. Habitant un pays de Cocagne, le Français est peu porté à l’émigration. C’est peut-être là l’explication de son trop faible investissement en direction de la mer.

Mais aujourd’hui, et c’est tout l’intérêt du livre de Richard Labévière, la France doit repenser sa géopolitique à l’aune du monde qui vient.

Elle n’est pas que le Finistère de l’Eurasie. Avec ses départements, collectivités et territoires d’Outre-Mer, elle est présente sur tous les océans. Et la mondialisation a rebattu les cartes. En 1950, on transportait un peu plus de cinq cents millions de tonnes de marchandises par voie maritime. Aujourd’hui, plus de dix milliards de tonnes transitent par la mer. Plus de 80 % des transports de marchandises se font par voie maritime.

Certes, la zone économique exclusive française se situe principalement dans le Pacifique mais celui-ci sera de plus en plus un enjeu entre la Chine et les Etats-Unis.

La France est présente aussi à Djibouti et dans l’océan Indien sur la route qui double le Cap de Bonne Espérance. Dans ces parages, les îles australes lui offrent un vaste domaine et de nombreuses opportunités.

Idéalement placée par la géographie, la Guyane donne à notre pays un point d’accès privilégié à l’espace dont la maîtrise, aujourd’hui, va de pair avec celle des mers.

Pour que cette ubiquité se transforme en atout, j’observe cependant que la métropole doit dégager des moyens financiers importants. Or, nous vivons depuis la crise de 2008, au moins, une période de très faible croissance pour ne pas dire de stagnation économique.

Reconquérir notre indépendance par la mer, comme le suggère Richard Labévière, est une idée stratégique de premier ordre. Mais ayons le courage d’aller jusqu’au bout ; elle bouleverse l’ordre de nos priorités politiques tel qu’il résulte de nos choix politiques depuis quarante ans.
La politique de la France est restée centrée sur le continent après la fin de l’URSS, tout comme elle l’était déjà à l’époque de la guerre froide. A la fin de celle-ci, nous avons voulu arrimer l’Allemagne à l’Europe : c’était le sens du traité de Maastricht. Etait-ce bien judicieux ? La construction de l’Europe, dont la France avait pris l’initiative dans les années 1950, nous échappe désormais avec la réunification allemande et l’élargissement à l’Est consécutif à la chute de l’URSS.

Couverture du Livre

Les contraintes que cette Europe, désormais germano-centrée, exerce sur notre économie à travers la monnaie, le budget et les règles de gestion (le principe de la concurrence administré par Bruxelles) sont telles que notre marge de manœuvre en maints domaines s’en trouve réduite sinon annihilée.

Je ne prendrai que quelques exemples :

Richard Labévière cite l’exemple de la politique portuaire. Il est lamentable que nos ports – Le Havre, Marseille au premier chef mais aussi ceux de la façade atlantique ne s’ouvrent pas davantage sur leur arrière-pays. Un redressement est-il compatible avec le principe de la mise en concurrence ferroviaire ? Et ne faut-il pas préalablement enrayer la désindustrialisation qui frappe notre pays depuis quatre décennies, notamment du fait d’une monnaie surévaluée ?
Sinon, ne faut-il pas nous résigner à ce que nos principaux ports s’appellent Anvers et Rotterdam ? Le canal Seine-Nord, toujours en projet d’ailleurs, n’est-il pas fait pour desservir en priorité ceux-ci ? L’augmentation de la taille des navires oblige l’outil portuaire à s’adapter. Comme pour l’acheminement des marchandises à l’intérieur des terres, il y faut des investissements considérables.

La France peut se flatter de ce que le troisième transporteur mondial soit une compagnie française (CMA-CGM) basée à Marseille.

La conteneurisation du trafic maritime est un progrès irréversible mais il est étroitement corrélé à la mondialisation des échanges. Un certain retour au protectionnisme impulsé par la politique de Donald Trump est probable.

Observons cependant que le protectionnisme s’il reste modéré, comme à la fin du XIXème siècle, n’entrave pas la croissance et la progression des échanges. Reste que la vigilance s’impose… Quoi qu’il arrive, nos ports doivent rester capables de s’insérer dans ces grandes chaînes logistiques qui se déploient à l’échelle internationale.

Richard Labévière montre toutes les opportunités qu’offre à la France son domaine maritime. Il ne relève qu’incidemment la contradiction qui existe entre les enjeux économiques et les enjeux environnementaux.

Il traite certes abondamment de ces derniers en évoquant « la mer de plastique » du Pacifique et la terre devenue « bleu citron », avec la pollution des océans.

Mais il faudrait, me semble-t-il, éclairer la rentabilité de l’exploitation des fonds marins. En dehors du pétrole et du gaz, que sait-on exactement des gisements de terres rares au large de Wallis et Futuna ? A quel horizon seront-ils rentables !

Et que ne voit-on l’hostilité de principe des milieux dits « écologistes » prompts à se manifester dès qu’un projet économique se dessine à l’horizon ?

L’enjeu écologique est devenu pour beaucoup d’ONG la nouvelle frontière sur laquelle ils se battent : il s’agit, pour ceux-ci, de contraindre l’activité minière dans les fonds marins, au point de la rendre impossible.

Selon mes informations, puisées à bonne source, le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a pour doctrine de ne pas donner de permis d’exploration et encore moins d’exploitation. Il est nécessaire d’ouvrir un débat sur ce sujet complètement occulté.

Le général de Gaulle, en 1959, avait créé le CNEXO (Centre National d’Exploitation des Océans). Les socialistes, en 1982, l’ont fusionné avec l’Institut des Pêches pour créer l’IFREMER. Je ne suis pas sûr que l’idée de l’exploitation des océans ne se soit pas perdue en route avec la montée des idéologies qui, au prétexte de l’écologie, ont fait prévaloir en tous domaines « le principe de précaution ». L’idée maîtresse est, on le sait, qu’il vaut mieux ne rien faire que de vouloir continuer dans la ligne de Descartes qui voulait que l’homme se rendît « maître et possesseur de la Nature ». Ce principe d’immobilisme posé par les penseurs allemands d’après 1945 et notamment par Hans Jonas, se situe évidemment aux antipodes du dessein gaullien d’exploitation par la France de ses richesses océaniques.

Richard Labévière développe largement les aspects géostratégiques du contrôle de la mer. Les enjeux de sécurité – lutte contre le terrorisme et la piraterie, contrôle des flux migratoires –concernent des espaces sous juridiction française, étrangère ou relevant des eaux internationales. Le contrôle de ces espaces implique une coopération internationale. D’autres tâches, je pense à la connaissance des fonds marins utilisés par nos sous-marins lanceurs d’engins, supposent au contraire la maîtrise entière de moyens nationaux.

J’en viens naturellement au rôle primordial qui incombe à la Marine nationale pour assurer la protection, non seulement de nos côtes mais aussi celle de nos intérêts vitaux et la sécurité de nos principaux flux maritimes vers le Golfe et l’Asie d’une part, et vers l’Afrique et le Golfe de Guinée, d’autre part.

Notre Marine nationale, avec des moyens contraints, garde cependant un format complet. Son excellence tient à la qualité de ses équipements mais aussi à la valeur exceptionnelle des équipages et des hommes qui les constituent.

On ne peut continuer dans la voie des réductions de format.

Nous sommes confrontés à un phénomène d’arsenalisation de l’espace maritime du fait de la montée en puissance des marines chinoise, indienne et pakistanaise notamment. Ces trois Etats se dotent ou vont se doter de sous-marins lanceurs d’engins et de groupes aéronavals.
L’Océan Indien, dont nous sommes une puissance riveraine et par lequel passent les plus importants flux de transport maritime ainsi que les câbles sous-marins par où transitent 90% des messages d’internet, concentre les risques majeurs.

Richard Labévière attire à juste titre l’attention sur le nœud que constitue Djibouti ou coexistent trois bases militaires, française, américaine et chinoise.

Il est au fond assez normal que la Chine, premier exportateur mondial avec un montant de plus de 2 000 milliards de dollars d’exportations, veuille protéger ses flux de trafic. Autre chose est évidemment la pratique de la poldérisation d’îlots disputés en mer de Chine méridionale.
Si ces pratiques sont condamnables, elles ne doivent pas nous conduire à faire de la Chine « l’ennemi ». La montée en puissance de la Chine est le grand fait géopolitique de notre temps. Nous devons toujours nous rappeler le discours du général de Gaulle en 1959 à l’Ecole militaire, où il définissait les fonctions d’une dissuasion nucléaire « tous azimuts » : la sauvegarde des intérêts vitaux de la France mais aussi la capacité de la France à ne pas se laisser entraîner dans un conflit qui ne serait pas le sien.

Nous allons certes vers des tensions croissantes entre les Etats-Unis, qui dominent et continueront de dominer les océans et la Chine qui, sans devenir « la » puissance mondiale hégémonique, deviendra de toute façon une très grande puissance.

Dans ce contexte, l’intérêt national nous commande à la fois le réalisme sans lequel il n’y a pas de bonne politique et un renforcement de notre puissance dans l’Océan Indien.

C’est cette présence, garante de notre rang et de nos intérêts, qui doit nous conduire à assurer la permanence à la mer de notre groupe aéronaval.

Il faut donc prévoir deux successeurs au « Charles de Gaulle ». Richard Labévière développe très bien l’argumentaire.

Je le résume en un mot : « La France veut-elle rester une puissance mondiale au XXIème siècle ? »

La France a été, dans le passé, capable d’efforts plus considérables.

Le choix d’un deuxième porte-avion signifiera simplement que nous voulons continuer notre Histoire et ne pas la considérer, depuis que la France existe, comme une parenthèse « pleine de bruit, de fureur et qui ne signifie rien ».

Jean-Pierre Chevènement

*Reconquérir par la mer. La France face à la nouvellegéopolitique des océans.
Par Richard Labévière – Préface de Jean-Pierre Chevènement. Editions Temporis, 314 pages, janvier 2020, 18,50 EUROS.

– Richard Labévière est un journaliste d’investigation, écrivain, chroniqueur et rédacteur en chef du magasine en ligne Proche et Moyen-Orient.ch. On lui doit une vingtaine de d’essais et de livres de géopolitque notamment : Éloge du dogmatisme : contre la société de communication (avec Christophe Devouassoux), Vevey, Éditions de l’Aire, 1989, 239 p. ; À demain Karl : pour sortir de la fin des idéologies (avec Jean Ziegler), Paris, Éditions Régine Deforges – Éditions Ramsay, 1991, 135 p. ; Duel aux sommets : la montagne à l’épreuve de la démocratie (avec Christophe Devouassoux, Paris, Éditions Syros-Alternatives, 1992, 189 p. ; Les dollars de la terreur : les États-Unis et les islamistes, Paris, Éditions Grasset, 1999, 433 p. ; Bethléem en Palestine (avec Pierre Péan), Paris, Éditions Fayard, 1999, 321 p. ; Oussama Ben Laden ou Le meurtre du père : États-Unis, Arabie saoudite, Pakistan, Lausanne, Éditions Favre, 2002, 141 p. ; Les coulisses de la terreur, Paris, Éditions Grasset, 2003, 368 p. ; Le grand retournement : Bagdad-Beyrouth, Paris, Éditions du Seuil, 2006, 357 p. ; Bernard-Henri Lévy ou La règle du je (avec Bruno Jeanmart), Pantin, Éditions Le Temps des cerises, 2007, 160 p. (vient d’être réédité en janvier 2020 aux éditions Delga) ; La bataille du Grand Nord a commencé… (avec François Thual), Paris, Éditions Perrin, 2008, 248 p. ; La Tuerie d’Ehden ou La malédiction des Arabes chrétiens. Paris, Éditions Fayard, 2009, 408 p. ; Quand la Syrie s’éveillera (avec Talal el Atrache), Paris, Éditions Perrin, 2011, 830 p. ; Vérités et mythologies du 11 septembre : modeste contribution aux cérémonies officielles du Xe anniversaire, Nouveau Monde éditions, Collection : Les enquêteurs associés, 25 août 2011. ; Terrorisme, face cachée de la mondialisation. Editions Pierre-Guillaume de Roux, novembre 2016.

http://www.afrique-asie.fr/jean-pierre-chevenement-la-france-veut-elle-rester-une-puissance-mondiale-au-xxieme-siecle/

Un nouveau concept macronien : le séparatisme islamiste

Un nouveau concept macronien : le séparatisme islamiste

Dernière invention en date, paraît qu’il ne faudrait plus dire « communautarisme » mais « séparatisme »

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Clemenceau aurait dit : « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission. » Emmanuel Macron, admirateur du Tigre, dit-on, a bien compris la leçon. La preuve : l’an passé, il a inventé une méga-commission baptisée pompeusement « grand débat national ». L’enterrement de première classe fut de toute beauté. Autre méthode : lancer sur les ondes un nouveau concept, un nouveau mot qu’on n’avait pas encore employé pour essayer de contourner un problème que vous ne savez pas par quel bout prendre. Dernière invention en date : le séparatisme islamiste. Paraît qu’il ne faudrait plus dire « communautarisme » mais « séparatisme ». Outre-Atlantique, on a appelé ça le sécessionnisme.

On avait, pour la Corse, le Pays basque, la Bretagne, les séparatismes corse, basque, breton. On aura donc le séparatisme islamiste. Fallait y penser. C’est dans quel coin de France, l’Islamie – ou l’Islamistan -, que l’on situe un peu, sur la carte ? Les séparatismes – corse, breton, basque, etc. – ont un gros avantage : certes, il leur est arrivé, par le passé, de déposer des bombes et même de faire des morts, mais ils réussissent en même temps à capter une certaine sympathie car l’aspiration à plus de liberté locale peut avoir sa légitimité. Plus compliqué pour le séparatisme islamiste par les temps qui courent, faut bien reconnaître. Ensuite, ces séparatismes ont leur corollaire, leur version soft, en quelque sorte, qu’on appelle l’autonomisme, voire le régionalisme. Là, du coup, le capital sympathie monte en flèche. Mettez-y quelques chants polyphoniques, une langue régionale respectable, des costumes traditionnels des plus charmants, et le touriste, citoyen à ses heures perdues, ne peut qu’être sensible à l’argument. On peut même envisager un statut spécial dans la Constitution de notre République, réputée « une et indivisible ».

Mais vouloir lutter contre le séparatisme, c’est en quelque sorte admettre qu’il existe une portion de la communauté nationale qui veut se couper de la nation, si ce n’est déjà fait, qui souhaite faire sécession. C’est reconnaître qu’il existe des communautés sur notre territoire. De là à les reconnaître… Les fameux « territoires perdus de la République » ? Perdus : pas pour tout le monde, semble-t-il… Jusqu’à ce jour, notre République s’est toujours refusée à reconnaître sur le territoire métropolitain une quelconque communauté. Alors, le communautarisme aurait-il déjà gagné avec cet abandon sémantique ? Emmanuel Macron, alors qu’il était en visite à Mulhouse, ce 18 février, a avoué « ne pas être à l’aise avec ce terme de communautarisme ». Entre nous, qu’il ne soit pas à l’aise sur le sujet, on l’avait un peu remarqué, depuis bientôt trois ans qu’il est au pouvoir. Il paraît qu’il y a des Français, eux aussi, qui ne sont pas à l’aise : non pas avec « ce terme » mais avec le communautarisme tout court. Et cela ne remonte pas à 2017.

On n’est donc pas à l’abri de la création d’une commission.

La guerre de Sécession (1861-1865) fit plus de 600.000 morts, aux États-Unis, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier dans lequel ce pays fut impliqué.  5kÉTIQUETTESCommunautarismeEmmanuel MacronSéparatisme

Georges Michel

Colonel à la retraite

https://www.bvoltaire.fr/un-nouveau-concept-macronien-le-separatisme-islamiste/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=730fc5fcff-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-730fc5fcff-30450793&mc_cid=730fc5fcff&mc_eid=d973bb6006

‘Des exigences ridicules et déraisonnables’: les hostilités sont lancées entre la France et le Royaume-Uni

‘Des exigences ridicules et déraisonnables’: les hostilités sont lancées entre la France et le Royaume-Uni

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17/02/2020 | Pieterjan Neirynck | 3 min de lecture

Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (à droite) est considéré comme un confident du président Emmanuel Macron. (EPA)

La France avertit le Royaume-Uni que les prochaines négociations avec l’Union européenne sur un nouvel accord commercial ne seront pas une partie de plaisir, selon la BBC.

‘En ce qui concerne le nouvel accord commercial et les relations futures, l’Union européenne et le Royaume-Uni vont se déchirer mutuellement’, a déclaré Jean-Yves Le Drian, le ministre français des affaires étrangères, lors d’une conférence internationale le weekend dernier. Une punchline qui s’inscrit toutefois dans les négociations: chacun défend ses propres intérêts.

Il y a deux semaines, les Britanniques ont officiellement quitté l’Union européenne et ont entamé une période de transition pour négocier un nouvel accord commercial. Que Boris Johnson veuille à tout prix gérer ces pourparlers cette année suscite également le scepticisme du ministre français. ‘Il sera difficile pour le Royaume-Uni de trouver un accord commercial d’ici le 31 décembre’, déclare Le Drian.

‘Des exigences ridicules et déraisonnables’ de l’UE

Les avertissements ne viennent pas de nulle part. David Frost, le négociateur britannique de Brexit, doit prononcer ce lundi un discours en guise d’ouverture. Il réitérera fermement les priorités britanniques et exigera que l’Union européenne retire ses demandes ‘ridicules et déraisonnables’ de la table. Il est bien connu que Johnson préfère cesser de suivre les normes européennes.

La pêche, en particulier, deviendra une pomme de discorde dans les négociations. L’Union européenne – et la France en particulier – insiste sur le fait que l’accès permanent aux eaux britanniques doit faire partie d’un accord. Johnson, en revanche, voit l’avenir du Royaume-Uni comme un ‘État côtier indépendant’, avec un contrôle sur ses propres pêches.

Lire aussi:

Source: BBC

https://fr.businessam.be/des-exigences-ridicules-et-deraisonnables-les-hostilites-sont-lancees-entre-la-france-le-royaume-uni/

Municipales à Paris: Griveaux renonce à sa candidature

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Municipales à Paris: Griveaux renonce à sa candidature

Par Challenges.fr le 14.02.2020 à 09h12, mis à jour le 14.02.2020 à 15h03

VIDÉO – Le candidat LREM retire sa candidature dans le but de protéger ses proches après la diffusion d’une vidéo à caractère sexuel, a-t-il annoncé vendredi.

Le candidat de La République en marche (LREM) pour la mairie de Paris, Benjamin Griveaux, retire sa candidature dans le but de protéger ses proches après la diffusion d’une vidéo à caractère sexuel, a-t-il annoncé vendredi 14 février à l’AFP. Suite à des « attaques ignobles » (…) j’ai décidé de retirer ma candidature à l’élection municipale parisienne. Cette décision me coûte mais mes priorités sont très claires. C’est d’abord ma famille, vous l’aurez compris », a-t-il dit dans une déclaration enregistrée en début de matinée au siège de l’AFP, en présence de BFM Paris.

Un site avait diffusé mercredi soir une vidéo intime et des messages connotés adressés à une femme, affirmant qu’ils émanaient de l’ancien porte-parole du gouvernement. Ils ont été relayés peu à peu jeudi sur les réseaux sociaux. L’artiste contestataire russe Piotr Pavlenski, qui avait incendié la façade d’une succursale de la Banque de France en 2017, a affirmé avoir mis en ligne cette vidéo à caractère sexuel qui a entraîné le retrait de la candidature de Benjamin Griveaux à la mairie de Paris.

« Il affirme tenir cette vidéo d’une +source+ qui avait une relation consentie avec Benjamin Griveaux », écrit sur son site internet le journal Libération, qui a eu un entretien téléphonique jeudi soir avec l’artiste réfugié en France. Ce dernier dit avoir voulu ainsi « dénoncer l’hypocrisie » de Benjamin Griveaux. « C’est quelqu’un qui s’appuie en permanence sur les valeurs familiales, qui dit qu’il veut être le maire des familles et cite toujours en exemple sa femme et ses enfants. Mais il fait tout le contraire », a affirmé Pavlenski à Libération.

« Torrent de boue »

« En annonçant ma candidature à la mairie de Paris, je connaissais la dureté du combat politique », a commencé M. Griveaux dans une brève déclaration solennelle, enregistrée au milieu de membres très émus de son équipe de campagne.

« Depuis plus d’un an, ma famille et moi avons subi des propos diffamatoires, des mensonges, des rumeurs, des attaques anonymes, la révélation de conversations privées dérobées ainsi que des menaces de mort », a-t-il poursuivi: « Ce torrent de boue m’a affecté et surtout a fait mal à ceux que j’aime. Comme si cela n’était pas suffisant, hier, un nouveau stade a été franchi. Un site internet et des réseaux sociaux ont relayé des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela. Personne, au fond, ne devrait jamais subir cette violence. En ce qui me concerne, je ne suis pas prêt à nous exposer davantage ma famille et moi quand tous les coups sont désormais permis. Cela va trop loin. »

En marge de sa déclaration, M. Griveaux a indiqué à l’AFP s’être entretenu tard jeudi soir avec le président Emmanuel Macron, qui l’a selon lui assuré de son soutien « quelle que soit sa décision », en l’invitant à protéger les siens.

Cédric Villani, le candidat dissident ex-LREM à la mairie de Paris, a quant à lui réagi vendredi à l’annonce du retrait de candidature de Benjamin Griveaux en dénonçant « une menace grave pour notre démocratie ». « J’adresse à Benjamin Griveaux, ainsi qu’à sa famille, mon soutien plein et entier dans cette épreuve. Je prends acte de sa décision difficile. L’attaque indigne qu’il subit est une menace grave pour notre démocratie », a tweeté le député de l’Essonne.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a par ailleurs souligné vendredi que la diffusion d’un vidéo intime de Benjamin Griveaux doit « évidemment être poursuivie » devant les tribunaux, interrogé sur le retrait du candidat LREM à la mairie de Paris lors d’une visite à Strasbourg. « Ces faits-là, le fait de diffuser certaines vidéos sans le consentement de leur auteur, sont des faits qui font l’objet de sanctions pénales dans notre pays », a-t-il déclaré devant la presse, précisant qu’ils étaient sanctionnés par « une peine d’amende importante » et jusqu’à « deux ans d’emprisonnement ».

(Avec AFP)

https://www.challenges.fr/politique/municipales-a-paris-griveaux-se-retire_698922

Affaire Mila : un stress test pour la liberté d’expression ?

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FAIRE UN DONLIBERTÉS PUBLIQUES 13 FÉVRIER 2020

Affaire Mila : un stress test pour la liberté d’expression ?

Dans ce débat, chacun est sommé de prendre position, entre la liberté et la censure, entre la lâcheté et les Lumières de la raison. Coup de gueule.

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Par Benjamin Faucher.

L’affaire Mila s’est révélée être un véritable cas pratique de la liberté d’expression.

Rappelons les faits : une jeune fille, en réponse à un harcèlement violent et insistant, a fini par déclarer dans un langage fleuri sa haine de la religion islamique.

Elle ne cesse depuis lors de recevoir des insultes, des menaces de mort et de viols. Au pays de Voltaire, cinq ans après Charlie, on pourrait s’attendre à ce que toute la population fasse corps pour la défendre, et avec elle notre liberté d’expression si précieuse. Pourtant il n’en est rien.

Il faut dire que cette affaire pose la question de la liberté d’expression en poussant sa logique jusqu’au bout et appelle à clarifier les choses. Il est aisé de se dire en faveur de cette liberté lorsqu’on discute de la suppression de l’ISF ou de la météo. Mais lorsqu’on touche à une religion pratiquée par plusieurs millions de Français, les choses se gâtent.

UNE IDÉOLOGIE COMME UNE AUTRE

Pourtant, l’islam est une idéologie comme une autre (christianisme, écologisme, libéralisme, monétarisme…), c’est-à-dire un système de valeur basé sur des croyances inter-subjectives qui a une vocation normative. Pourquoi alors un tel traitement de faveur ? Certains invoquent le fait que s’en prendre à une religion heurte ceux qui la pratiquent. Un tel argument est totalement irrecevable.

Les libéraux devraient-ils crier à l’insulte quand certains vilipendent « l’ultra-libéralisme » ? Les communistes devraient-ils hurler à l’infamie si quelqu’un venait à dire « Marx, c’est de la m… ? ». Bien sûr que non.

Alors, pour la religion, c’est la même chose.

Certains avancent que la jeune fille aurait insulté la religion, à laquelle nous devons le respect. Il s’agit d’une confusion très grave entre ce qui relève de l’expression légitime, et de l’insulte. Celle-ci porte atteinte à l’intégrité morale ou menace l’intégrité physique des personnes. Une religion, une idée, ou Dieu, sont des idées, elles ne peuvent donc pas être insultées. Par conséquent, on ne leur doit aucun respect. Sinon, cela revient à reconnaître par définition le blasphème.

Contrairement à ce que veulent nous faire croire ceux qui veulent cacher leur lâcheté dans du juridisme, la limite n’est pas difficile à établir. Pouvoir dire « telle religion, c’est de la merde » est un droit fondamental, alors que « tels religieux sont des merdes » est un délit qu’il faut condamner fermement. Il suffit de savoir repérer le sujet dans une phrase. Normalement, c’est du niveau CE2.

LE SILENCE MÉDIATIQUE ET POLITIQUE

Le plus hallucinant reste quand même la réaction d’une grande partie de la classe politique et médiatique. Avec l’affaire Mila, c’est bas les masques.

La garde des Sceaux, voulant probablement appliquer un « en même temps » juridique n’a rien trouvé de mieux que de déclarer « l’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience. C’est grave. »

Tant pis pour Voltaire.

Pire encore, le délégué général du CFCM Abdallah Zekri estime que «elle l’a cherché […] qui sème le vent récolte la tempête ».

Tant pis pour Charlie Hebdo.

Ségolène Royal quant à elle, se cache derrière le fait que la jeune Mila serait en pleine « crise d’adolescence ».

Tant pis pour Greta Thunberg.

Plus assourdissant que ces petites pirouettes intellectuelles minables est le silence, qui n’est pas sans rappeler celui qui avait fait suite aux menaces que subissait Charlie Hebdo pour ses caricatures du prophète, peu de temps avant les attentats. Où est la France Insoumise, elle qui a l’habitude de donner des leçons de républicanisme ? Où est le parti socialiste ?

Certes, Olivier Faure et Adrien Quatennens ont réagi il y a peu, mais deux semaines après la bataille, après que les journalistes les aient poursuivis dans les couloirs de l’Assemblée…

Où sont les associations LGBT, les féministes, les Guillaume Meurice et autres artistes engagés, pourtant si prompts à défendre la veuve et l’orphelin ? Il faut dire qu’il est plus facile de jouer les indignés en dénonçant la violence symbolique que représente un mail n’employant pas l’écriture inclusive que de défendre ceux qui subissent des vraies violences.

Où sont les apprentis révolutionnaires de l’UNEF ? Où sont les progressistes de la République En Marche ? Où sont passés les communistes, sans Dieu ni maître, normalement vaillants combattants de « l’opium du peuple » ?

Où sont les journaux qui se revendiquent de l’héritage de Jaurès ? Les InrocksTelerama semblent aux abonnés absents. La gauche actuelle a oublié ses racines et se déshonore.

VINGT ANNÉES DE RENONCEMENT

Cette jeune fille paie 20 années de renoncement et lâchetés sur la liberté d’expression. Elle est également victime du politiquement correct qui a construit une société du ressenti, où chacun peut exacerber sa sensibilité pour se victimiser et s’improviser censeur.

On accuse souvent les libéraux d’être des individualistes mesquins ne pensant qu’à eux. Rien n’est plus faux. Défendre la liberté, c’est s’attacher à ses principes, les défendre jusqu’au bout, même quand ils font mal. La liberté d’expression est entière ou n’est pas.

Entre le droit à l’irrévérence et le délit de blasphème, il n’y a pas de juste milieu. Dans ce débat, chacun est sommé de prendre position, entre la liberté et la censure, entre la lâcheté et les Lumières de la raison.

Les silencieux sont les fossoyeurs de nos libertés publiques.

https://www.contrepoints.org/2020/02/13/364217-affaire-mila-un-stress-test-pour-la-liberte-dexpression?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=200284859b-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-200284859b-114031913&mc_cid=200284859b&mc_eid=acae01963f

L’état-major brésilien considère la France comme la principale menace militaire d’ici 2040

L’état-major brésilien considère la France comme la principale menace militaire d’ici 2040

PAR LAURENT LAGNEAU · 8 FÉVRIER 2020

En août dernier, à l’occasion du sommet du G7, et lors que 13,1 millions d’hectares de forêts venaient de partir en fumée en Sibérie et que la végétation flambait en Afrique centrale, le président Macron s’en était vivement pris à son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, pour sa politique ayant conduit à une hausse sensible des incendies en Amazonie, décrite à tort comme étant le « poumon de la planète ». Mieux : il avait également évoqué de conférer un « statut international » à la région amazonienne, ce qui provoqua un tollé à Brasilia. Et, visiblement, cet épisode a laissé des traces, à en juger par le rapport confidentiel de l’état-major brésilien ayant « fuité » dans la presse.

En effet, le 7 février, le quotidien Folha de S. Paulo a publié des extraits de ce rapport qui, intitulé « Scénarios de défense 2040 », a été rédigé à partir des prévisions de 500 officiers incarnant « l’élite militaire » du pays ayant participé à 11 réunions au cours du second semestre 2019. Il vise à contribuer à la révision de la « stratégie de défense nationale » actuellement en cours.

« Le texte de 45 pages contient des considérations géopolitiques réalistes et des hypothèses quelque peu délirantes », commente le journal brésilien. Dans quelle catégorie se classe celle faisant de la France la principale – si ce n’est la seule – menace militaire pour le Brésil?

Car cette hypothèse est très sérieusement envisagée dans l’un des quatre grands scénarios évoqués dans ce document. Ainsi, ce dernier imagine que Paris pourrait « formaliser en 2035 une demande d’intervention des Nations unies » dans les territoires de la tribu Yanomami », situés à la frontière avec le Venezuela, afin de soutenir « sans restriction un mouvement d’émancipation de ce peuple autochtone. » Et d’ajouter : « deux ans plus tard, la France a mobilisé ses forces armées en les positionnant en Guyane », département d’outre-Mer qui partage une frontière de 730 km avec le Brésil.

Les relations franco-brésiliennes ont connu quelques tensions par le passé. Comme en 1961, avec le conflit de « la langouste ». À l’époque, le Brésil avait autorisé des langoustiers français à pêcher dans ses eaux territoriales.

Mais, à la suite d’un différend commercial entre une société américaine [ou britannique selon certains sources] avec les pêcheurs français, Brasilia changea radicalement d’attitude et la marine brésilienne arraisonna cinq langoustiers français au-delà des limites de la mer territoriale du Brésil. D’où la réaction de la France, qui envoya sur place l’escorteur d’escadre Tartu, pendant qu’un groupe aéronaval constitué autours du porte-avions Clemenceau prenait position au large de l’Afrique de l’Ouest, à seulement deux jours de navigation des côtes brésiliennes.

La marine et l’aviation brésiliennes furent alors placées en alerte maximale et se tenaient prêtes à une confrontation, pendant que certains journaux brésiliens soufflaient sur les braises ont diffusant ce que l’on appelle aujourd’hui des « infox ». Finalement, l’affaire se régla via les canaux diplomatiques… Et le général de Gaulle fut même invité au Brésil, où il reçut un accueil chaleureux en octobre 1964.

Plus récemment, une autre affaire aurait pu mettre à mal les relations franco-brésiliennes, après l’explosion, au centre de lancement d’Alcântara, d’un lanceur VLS-1 V03 qui devait mettre sur orbite, en août 2003, deux satellites pour le compte de l’Agência Espacial Brasileira.

En effet, le Folha de S. Paulo [encore lui!] avait publié des notes du service brésilien du renseignement [ABIN] selon lesquelles la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE] était soupçonnée d’avoir été à l’origine de l’explosion du VLS-1 V03, qui coûta la vie à 21 personnes. La France, y était-il expliqué, avait un mobile : le site d’Alcântara pouvait faire de l’ombre au centre spatial guyanais de Kourou. Finalement, l’enquête démontra que l’accident avait été causé par des « accumulations dangereuses de gaz volatils, la détérioration de capteurs et des interférences électromagnétiques. »

Quoi qu’il en soit, et après lui avoir cédé le porte-avions Foch et des Mirage 2000C, la France et le Brésil sont depuis liés par un accord de partenariat stratégique [signé en 2006], lequel s’est traduit, au niveau militaire, par la livraison de 50 hélicoptères de manoeuvre Caraval et la construction de cinq sous-marins de type Scorpène. En outre, Paris a consenti à des transferts de technologies conséquents pour permettre à la marine brésilienne de se doter d’un sous-marin nucléaire d’attaque [programme PROSUB].

C’est, d’ailleurs, ce qu’a rappelé l’ambassade de France au Brésil. « Le fait est que le Brésil est notre principal partenaire stratégique en Amérique latine et que la France entretient des relations de coopération quotidiennes, étroites et amicales avec les forces armées brésiliennes depuis des décennies », a-t-elle commenté via Twitter.

« Si la France est en effet la future menace majeure pour sa sécurité nationale, alors le Brésil doit revoir le projet de construction de sous-marins à propulsion nucléaire. Sinon, l’étude ne sert que d’exercice de fiction psychédélique », a, de son côté, taclé Hussein Kalout, secrétaire aux Affaires stratégiques du gouvernement de l’ancien président Michel Temer, le prédécesseur de Jair Bolsonaro.

Quant aux autres scénarios, le rapport évoque notamment des tensions avec la Bolivie [avec une possible intervention militaire du Brésil à Santa Cruz de la Sierra pour y protéger les agriculteurs brésiliens] et le Venezuela. Pour ce dernier, Folha de S. Paulo écrit que « dans une simulation réaliste, ce pays profite des missiles balistiques qu’il a reçus de la Russie et de la Chine et envahit la République voisine de Guyana, ce qui obligerait éventuellement Brasilia à envisager une opération militaire. Or, par le passé, Caracas a déjà menacé son voisin pour ses réserves pétrolières, en affirmant ses prétentions sur le territoire de l’Essequibo.

Enfin, le document s’inquiète également de l’influence grandissante de la Chine en Amérique latine, sur fond de rivalité croissante avec les États-Unis, sur lesquels Jair Bolsonara a aligné sa politique étrangères.

http://www.opex360.com/2020/02/08/letat-major-bresilien-considere-la-france-comme-la-principale-menace-militaire-dici-2040/

Salon Wine Paris-Vinexpo : exporter du vin malgré les taxes et le coronavirus

Salon Wine Paris-Vinexpo : exporter du vin malgré les taxes et le coronavirus

Le salon Wine Paris-Vinexpo se tient Porte de Versailles jusqu’à mercredi.
Le salon Wine Paris-Vinexpo se tient Porte de Versailles jusqu’à mercredi. (Photos AFP)

Lecture : 3 minutes

Plus de 2 000 vignerons ou négociants et 30 000 acheteurs, restaurateurs ou cavistes venus du monde entier, sont attendus jusqu’à ce mercredi au salon Wine Paris-Vinexpo. Ils espèrent relancer les exportations de vins et alcools européens, touchées par les taxes Trump, et les incertitudes chinoises liées au coronavirus.

Le salon Wine Paris-Vinexpo a été inauguré par le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, ce lundi matin. Toutes les interprofessions françaises de viticulteurs (vins de Loire, Côtes du Rhône, Bordeaux, Alsace…) y sont réunies pour la première fois en un même lieu, aux côtés des grands crus classés, champagnes ou cognacs appartenant à des groupes de luxe.

L’objectif avoué des organisateurs est de concurrencer le premier salon européen du vin, ProWein, qui se tient dans un mois à Düsseldorf, en Allemagne.

La mode du bio

Les vignobles de 20 pays et de 60 régions viticoles du monde sont aussi représentés : de l’Afrique du Sud à la Turquie en passant par l’Allemagne, l’Argentine, l’Autriche, l’Espagne, les États-Unis, la Grèce, l’Italie, ou même le Royaume-Uni et la Suisse.

Surfant sur la mode du bio, un pavillon entier du salon, baptisé Wow, rassemble près de 110 producteurs de vins biologiques ou biodynamiques labellisés, en provenance de France et de différents pays comme le Liban, l’Afrique du Sud ou le Chili.

L’attractivité de Paris, qui, bien qu’éloigné des vignobles, met les petits plats dans les grands avec de multiples animations dans les restaurants et bars à vins, est mise en avant pour attirer des acheteurs internationaux.

Des exportations en baisse

En effet, les vignerons, négociants et acheteurs, présents au Salon, entendent profiter de cette vitrine pour relancer les exportations.

Les vins et alcools, dont les trois principaux producteurs et exportateurs mondiaux sont européens (Italie, France et Espagne), sont particulièrement exposés aux aléas qui pèsent sur le commerce international de marchandises, ces récentes semaines.

Ainsi, en novembre, aux États-Unis, les exportations de vins français se sont effondrées de 44 % par rapport à octobre, durement frappées par les taxes de 25 % imposées par l’administration Trump, à partir du 18 octobre, sur les vins « tranquilles » (non pétillants) de moins de 14 degrés, français, allemands et espagnols.

Côté chinois, le ralentissement de la croissance économique pèse sur la consommation de vin dans ce pays, ainsi que la concurrence de plus en plus vive des vins

Wine bottles are displayed in a wine bucket full of ice on a stand during the Vinexpo wine fair at the Porte de Versailles, in Paris, on February 10, 2020.
 The Vinexpo will run from February 10 to...

chiliens en vrac, exemptés de droits de douane, souligne l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).

L’ombre de la crise sanitaire

Mais la crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus pourrait aussi déstabiliser le marché mondial du vin, organisé autour de grands salons internationaux qui permettent les rencontres et la commercialisation des crus de l’année précédente.

Le salon des vins et spiritueux le plus important de Chine continentale, prévu à Chengdu du 26 au 28 mars, a ainsi été purement et simplement reporté sine die par les autorités chinoises, signale le site professionnel spécialisé Vitisphere.

Le salon Vinexpo Hong Kong pourrait aussi être décalé. « Pour le moment, le salon de Hong Kong est maintenu en mai, mais si les choses devaient durer j’ai éventuellement prévu un scénario de repli sur le mois de juillet », a indiqué Rodophe Lameyse, directeur général de Vinexpo, au blog spécialisé Côté châteaux. « On a connu le Sras, mais là on est plongé au cœur du réacteur », a-t-il ajouté.

https://www.letelegramme.fr/france/salon-wine-paris-vinexpo-exporter-du-vin-malgre-les-taxes-et-le-coronavirus-10-02-2020-12500266.php?utm_source=rss_telegramme&utm_medium=rss&utm_campaign=rss&xtor=RSS-29