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L’accord entre Jinping et Trump sauve in-extremis le G20

L’accord entre Jinping et Trump sauve in-extremis le G20

La trêve entre Donald Trump et Xi Jinping a permis de consolider la défense du multilatéralisme incluse dans la déclaration finale du G20 à Buenos Aires.

Les conclusions du G20 reconnaissent « ce que le système commercial multilatéral a apporté à la croissance, l’investissement international et la création d’emploi ». Mais « le système ne remplit plus ces objectifs et des améliorations sont possibles », admettent les dirigeants.

Pour cette raison, le groupe soutient « la réforme nécessaire de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour améliorer son fonctionnement. »

Le G20 n’a toutefois pas appelé à l’ouverture des marchés et n’a pas fait la critique des pratiques protectionnistes comme cela avait été le cas à Hambourg l’année dernière, alors que les divergences entre les pays les plus puissants du monde se creusent en matière de commerce international.

Le G20 se réunit à Buenos Aires sur fond d’état de siège

La tension monte à Buenos Aires, où se réunit le G20 vendredi et samedi. Le différend entre  États-Unis et  Chine risque d’achever les négociations commerciales multilatérales que l’UE tente désespérément de préserver.

L’intégration dans les conclusions de la réforme de l’OMC a été saluée par les nations européennes, car cela permettra de régler les différends commerciaux mondiaux au sein de cet organe multilatéral.

L’équilibre fragile atteint dans la déclaration et la réforme de l’OMC pourrait bien se poursuivre grâce à la trêve décidée par Donald Trump et Xi Jinping samedi soir à Buenos Aires, quelques heures après la clôture du sommet.

Donald Trump a donné au dirigeant chinois 90 jours pour avancer sur une série de points de friction minant les relations bilatérales des deux pays : des droits de douane au transfert forcé des technologies en passant par l’accès au marché chinois.

En contrepartie, le président américain s’est engagé à ne pas élever les droits de douane de 10 % à 25 % sur une valeur totale de 200 000 millions de dollars de biens chinois, comme il voulait le faire à partir de janvier.

Avec sa rhétorique exubérante habituelle, Donald Trump a parlé d’un « accord incroyable » à son retour à Washington. Si les négociations avec Pékin avancent, ce serait selon lui « l’un des plus grands accords commerciaux » jamais conclus.

Toutefois, une issue positive est loin d’être certaine. Avant de rencontrer Xi Jinping, il avait loué les bénéfices des droits de douane sur les produits chinois, ce qui avait eu l’effet d’une douche froide.

À la veille de la réunion, il avait également critiqué Pékin pour ses « agissements économiques prédateurs » et déclaré dans une interview qu’il était tout à fait improbable de ne pas revoir les droits de douane à la hausse.

Donald Trump a une fois de plus appliqué sa stratégie de proposer des négociations le doigt sur la gâchette, comme il l’avait fait avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker en juillet dernier.

Il souhaite que l’UE abaisse ses droits de douane sur les biens industriels et aligne ses normes règlementaires. Sinon, il menace les Européens de taxer les importations de voitures.

La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping s’est tenue le 1er décembre au soir alors que les dirigeants du G20 rentraient dans leur pays, après deux jours de sommet à la fin duquel ils ont adopté une déclaration pour sauver la face.

« Tout le monde attend la réunion qui aura lieu dans quelques heures », a déclaré le président argentin Mauricio Macri après le sommet, admettant que l’importance de la déclaration dépendrait de la rencontre entre les dirigeants chinois et américains.

Le G20 parvient à éviter une guerre commerciale… pour l’instant

Les 20 pays les plus puissants au monde ont décidé de garder les marchés ouverts, et Angela Merkel a tenté de convaincre les dirigeants de prendre des mesures face à la surcapacité de l’industrie sidérurgique, afin d’éviter une guerre commerciale.

Divergences sur le climat

Alors que les gouvernements du G20 sont parvenus à trouver une issue acceptable sur la question commerciale, notamment grâce à la trêve entre la Chine et les États-Unis, le paragraphe faisant référence à la politique climatique est resté une pierre d’achoppement jusqu’à la dernière minute.

Si le groupe a réussi à maintenir Donald Trump au sein du consensus mondial sur le commerce multilatéral, les efforts ont été vains sur le front climatique, alors même que les nations du monde entier se réunissent à Katowice en Pologne pour COP24.

Les États-Unis ont refusé de faire partie du consensus comme ils l’avaient fait lors du précédent sommet du G20 à Hambourg en incluant un paragraphe dans lequel ils réitéraient leur décision de se retirer de l’accord de Paris.

Ils ont également affirmé leur « engagement ferme en faveur de la croissance économique, de l’accès à l’énergie et de la sécurité énergétique, en utilisant toutes les sources et technologies énergétiques tout en protégeant l’environnement ».

Le communiqué final contenait également une vague référence à la migration, question que les États-Unis n’avaient pas envisagé d’inclure, mais qui l’a été sous l’insistance des Européens.

Le texte dit que les « grands mouvements de réfugiés » représentent « une préoccupation mondiale ». Et a souligné « l’importance d’actions communes pour s’attaquer aux causes profondes du déplacement et pour répondre aux besoins humanitaires croissants »

 

.https://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/news/trump-and-xis-truce-upholds-watered-down-g20-communique/

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G20: la tension monte avant un choc Etats-Unis-Chine, Trump bouleverse à nouveau l’agenda

G20: la tension monte avant un choc Etats-Unis-Chine, Trump bouleverse à nouveau l’agenda

Le G20 était suspendu samedi au face-à-face prévu entre Donald Trump et Xi Jinping, censés négocier une trêve commerciale en conclusion d’un sommet tendu, et dont le président américain a une nouvelle fois bouleversé l’ordre du jour.

Le président américain a annulé sa conférence de presse de fin de sommet « par respect » après le décès de George H.W. Bush, vendredi à l’âge de 94 ans.

Ce rendez-vous était très attendu, après de nouvelles révélations à charge pour le milliardaire républicain dans l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Donald Trump avait déjà bouleversé l’ordre du jour du sommet en annulant un tête-à-tête tout aussi attendu avec le président russe Vladimir Poutine, et en révisant son programme de réunions bilatérales.

Pour l’heure toutefois, son dîner de travail avec Xi Jinping restait à l’ordre du jour, une fois bouclé le programme officiel du « Groupe des Vingt », pesant 85% du PIB mondial.

Les autres chefs d’Etat et de gouvernement réunis depuis vendredi dans une capitale argentine en état de siège guetteront le moindre signe d’apaisement du conflit commercial entre les deux puissances, au moment où l’économie mondiale s’essouffle.

La Chine mais aussi la zone euro ont connu un coup de mou l’été dernier. « Pour l’instant le soleil brille, mais des nuages noirs arrivent et certains d’entre nous sentent déjà les premières gouttes », s’est alarmé samedi un responsable européen, en marge du sommet.

Le FMI estime qu’à court terme, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,75% en raison de l’accroissement des tensions commerciales.

Donald Trump, qui a soufflé le chaud et le froid sur sa rencontre avec Xi Jinping, s’était dit plutôt optimiste vendredi, parlant de « signes positifs ».

Ce champion du protectionnisme a prévu de porter à 25% le 1er janvier, contre 10% actuellement, les droits de douanes sur la moitié des produits chinois importés aux Etats-Unis. Et il menace de taxer la totalité des importations chinoises.

Xi Jinping a, lui, promis vendredi devant le G20 de « poursuivre les réformes » pour ouvrir le marché chinois et mieux protéger la propriété intellectuelle.

– Communiqué final –

Avant ce duel, le G20 tâchera d’accoucher d’un communiqué, sur lequel les diplomates se sont acharnés toute la nuit, portant les signatures de tous les participants .

Autrefois exercice obligé des grandes réunions internationales, ce texte âprement négocié et plein de bonnes intentions devient une denrée rare.

Le dernier sommet Asie-Pacifique s’est conclu il y a deux semaines sans déclaration conjointe. Et Donald Trump avait torpillé le communiqué du sommet du G7 de juin dernier.

Les Vingt ont du mal à trouver un vocabulaire commun, même très vague, sur les deux sujets les plus délicats: le climat, et le commerce.

Selon une source européenne, les Américains ont insisté pour que le terme de « tensions commerciales » soit remplacé dans le communiqué par un plus pudique « problèmes commerciaux ».

« La déclaration est finalisée presque à 100%, mais il reste quelques passages (…) dont la rédaction finale reviendra aux dirigeants », fait-on savoir de source espagnole.

Les Européens présents au G20 vont tenter d’obtenir au moins 19 engagements – celui de Donald Trump étant exclu – de soutien ambitieux à l’accord de Paris sur le climat.

Il leur faut convaincre les pays émergents, dont certains réclament plus d’aide pour leur transition énergétique.

– Bilatérales –

La deuxième et dernière journée du sommet sera aussi rythmée par des réunions bilatérales, par exemple entre Vladimir Poutine et Mohammed ben Salmane.

Le président russe et le prince héritier saoudien, dont la démonstration d’amitié vendredi devant les caméras a beaucoup fait parler, sont attendus au tournant sur le pétrole. Le cours du baril est suspendu à une éventuelle baisse de production de ces deux géants.

Lors de sa propre entrevue avec Vladimir Poutine samedi, la chancelière Angela Merkel lui a dit sa « préoccupation » face à l’escalade avec l’Ukraine.

Elle doit également voir Donald Trump, qui menace de taxer tous azimuts les importations de voitures des Etats-Unis, un geste potentiellement dévastateur pour la puissante industrie allemande.

Dans ce contexte, les hommages européens samedi à George H.W. Bush sonnaient comme une critique en creux de l’actuel hôte de la Maison Blanche.

Emmanuel Macron, dont la relation avec le président américain s’est nettement refroidie, a loué « un grand dirigeant et un soutien sans faille de l’alliance avec l’Europe ». Un « homme d’Etat » ayant oeuvré pour le « partenariat transatlantique », a souligné Angela Merkel, au moment où ce partenariat est mis à l’épreuve par Washington.

(©AFP / (01 décembre 2018 17h01)

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