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La communication, seul enjeu du sommet du G-7 à Biarritz

La communication, seul enjeu du sommet du G-7 à Biarritz

par Thierry Meyssan

Le G7, qui était originellement un lieu d’échange entre dirigeants occidentaux pour mieux comprendre les points de vue respectifs, est devenu un enjeu de communication. Loin d’exposer à huis clos le fond de leur pensée, les invités sont devenus des acteurs d’un show médiatique où chacun essaye de faire bonne figure. Le pire aura été la surprise concoctée par Emmanuel Macron pour les journalistes et contre son invité états-unien.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 27 AOÛT 2019 عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEРУССКИЙENGLISHPORTUGUÊS

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Un club, pas une organisation décisionnaire

Lors de sa création en 1976, par Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, le G-6 était un groupe de discussion informelle. Le président français et le chancelier allemand entendaient échanger avec leurs homologues pour cerner leurs pensées dans le contexte de la crise du dollar qui résultat de la fin de la guerre contre le Vietnam. Il ne s’agissait pas de prendre des décisions, mais de réfléchir sur l’avenir de l’économie occidentale. Les invités étaient les mêmes que ceux réunis par le Trésor états-unien, pour la même raison, un peu plus tôt. Cependant la réunion ne rassemblait pas cette fois les ministres des Finances, mais les chefs d’État ou de gouvernement et l’Italie avait été ajoutée. L’année suivante, le Canada a également été invité.

Avec la dissolution de l’Union soviétique et la fin de la division du monde en deux camps, le G-7 a abordé des questions politiques, puis a associé la Russie à ses discussions informelles. Mais lorsque Moscou s’est relevé, s’est opposé à l’Otan en Syrie et a refusé le coup d’État en Ukraine, la confiance fut brisée et les Occidentaux décidèrent de se réunir à nouveau entre eux. Cet épisode clôt toute velléité de faire participer la Chine.

Les derniers G-7 ont produit quantité de Déclarations et de Communiqués. Cette littérature n’a acté aucune décision, mais élaboré un discours commun, d’autant plus verbeux que la politique intérieure US était dominée par le « politiquement correct ». Comme toujours lorsque l’on n’a pas conscience d’avoir de contre-pouvoirs, la séparation entre la réalité et ce discours n’a cessée de croître.

Une dérive a eu lieu en 2005, au Royaume-Uni, où le Premier ministre britannique Tony Blair attira l’attention de tous en assurant que le G8 qu’il présidait allait annuler la dette des 18 pays les plus pauvres d’Afrique. En réalité, cette annonce était gratuite : le G8 ne prit jamais cette décision. Par la suite, 14 pays acceptèrent les conditions léonines de la Grande-Bretagne, puis s’en mordirent les doigts. 4 autres refusèrent ce piège. Cette mise en scène a laissé l’impression fallacieuse que le G7/8 était une sorte de gouvernement mondial.

Il est essentiel qu’il ne prenne pas de décision : ce serait constituer un cartel au sein de l’Assemblée générale de l’Onu et violer le principe de l’égalité entre chaque État quelle que soit sa puissance. Il existe déjà un privilège, reconnu aux principaux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, de siéger de manière permanente au Conseil de sécurité et d’y détenir un droit de veto. Privilège qui découle du réalisme : aucune majorité d’État ne peut imposer sa volonté à de si grandes puissances.

Le sommet 2019

Quoi qu’il en soit, l’importance de cette réunion informelle se mesure à la puissance cumulée de ses invités. Il convient d’abord d’observer que le G-7 réunit 9 personnalités : le président de la Commission européenne et celui du Conseil européen y sont invités. Il se trouve que pour des raisons de santé, Jean-Claude Juncker manquera à l’appel. Observons ensuite que, depuis 2015, le président tournant du G7 a invité des hôtes étrangers. Emmanuel Macron en a choisi 8, dont 3 l’avaient déjà été l’année dernière : deux des BRICS (l’Inde et l’Afrique du Sud), l’Australie (qui y a été invitée comme le Canada en tant que dominion britannique et devrait adhérer dans quelques années à l’Otan et y constituer une force anti-Chinoise avec le Japon), et des « clients » (l’Égypte, le Burkina-Faso, le Chili, le Rwanda et le Sénégal). Ces États participeront à certaines réunions, mais pas à toutes.

Le président Macron a rappelé la possibilité de réintroduire la Russie dans ce cercle fermé, en 2020 (évoquée par le président Trump qui présidera alors ce club). Cela supposerait d’abord que la Syrie soit libérée et que l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie soit reconnue. En outre, pour que la participation de Moscou ait un sens, il faudrait que la Russie se mette à parler comme les Occidentaux. Sergueï Lavrov a déjà poliment répondu qu’il examinerait cette proposition (saugrenue) lorsqu’elle serait formulée.

Après le fiasco du G-7 de 2018, où l’on ne parvint pas à élaborer un discours commun, Emmanuel Macron a fait le choix de chercher un discours plus large et plus général qui fait toujours recette et ne menace personne, un sujet sociétal et surtout pas social : la « lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes ». Précautionneusement, il a prévenu qu’il n’y aurait pas cette fois de texte final.

Au plan économique, les conséquences de la guerre douanière livrée par les États-Unis à la Chine sont la principale source de préoccupation des membres du G7. N’ayant aucunement l’intention d’être à nouveau placé en situation d’accusé comme il le fut l’an dernier, le président Trump a choisi l’attaque en dénonçant les taxes françaises sur Google/Apple/Facebook/Amazon. C’est en effet le point faible de son partenaire. La France a choisi d’attaquer les Gafa au plan fiscal, mais ne réagit pas à deux questions plus importantes : leur position monopolistique et leurs violations des libertés individuelles. Ce point devrait être réglé en marge de la réunion de Biarritz par les ministres des Finances français et états-unien et renvoyé à l’OCDE.

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Emmanuel Macron adolescent et sa professeure de théâtre, sa future épouse, Brigitte Trogneux.

Une pièce de théâtre d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron et son ancienne professeure de théâtre, son épouse Brigitte Trogneux-Macron, avaient prévu une mise en scène particulière pour ce sommet. Nul ne peut en nier la qualité scénique et les rebondissements.

Le président a fait précéder le sommet d’une courte adresse télévisée [1] au cours de laquelle il avait annoncé diverses initiatives spectaculaires et s’était engagé à en présenter un bilan le 26 août au soir.

Dans les jours qui ont précédé ce sommet, des médias européens ont massivement relayé une campagne d’intoxication selon laquelle la totalité de la forêt amazonienne serait en feu. Sa destruction priverait la Terre d’oxygène et accélérerait le réchauffement climatique. Or, ce n’est pas la forêt qui brûle, mais les zones déforestées soumises à la technique de défrichage par brûlis ; et l’Amazonie ne fournit qu’une très petite partie de l’oxygène de l’atmosphère. En réalité, certains membres du G7 espèrent contourner l’OTCA (Organisation du Traité de coopération amazonienne) afin de pouvoir exploiter les fabuleuses richesses minérales, pharmaceutiques et boisières de cette région. Déjà Emmanuel Macron a autorisé l’exploitation de plusieurs mines aurifères en Guyane française à un consortium franco-canadien au plus grand mépris de la forêt et de ses habitants. C’est à juste titre que le président brésilien Jair Bolsonaro a dénoncé le caractère colonial de l’entreprise du G7. Les mensonges d’Emmanuel Macron seront lourds de conséquences.

Autre sujet et non des moindres : le président a lui-même prétendu qu’il avait reçu un « mandat » du G7 pour négocier avec l’Iran. C’est évidemment impossible non seulement parce que le G7 ne donne pas de mandat, mais aussi parce que jamais les États-Unis ne délèguent ce pouvoir à un pays tiers. Après que la presse internationale a repris les yeux fermés cette ineptie et que le président Trump a eu un coup de sang, Emmanuel Macron a reconnu une méprise. Sur ce, il a invité le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, qui est immédiatement arrivé à Biarritz et qu’il a rencontré. Il était impossible de faire plus spectaculaire, mais c’est au prix d’une insulte publique à son invité, Donald Trump, et d’un inconfort pour ses autres invités.

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Les conseillers de l’Élysée assurent que le président états-unien avait donné son accord, mais à quoi ? Mohammad Javad Zarif n’a pas été autorisé à entrer dans l’hôtel du Palais où se tient le sommet. Il a été accueilli durant trois heures par son homologue Jean-Yves Le Drian et le ministre des Finances, Bruno Lemaire, à la mairie de Biarritz. Emmanuel Macron a abandonné ses invités pour se joindre à ses deux comparses durant une demi-heure. L’entretien s’est tenu en présence de conseillers britannique et allemand. Cette visite impromptue ne fera pas avancer le conflit irano-US, mais braquera les États-Unis à la fois contre l’Iran et contre la France. Ce scénario est la première grave faute internationale d’un président dont l’inclinaison sociopathique est connue depuis bien avant son élection. Par sociopathie nous entendons une tendance générale à l’indifférence vis-à-vis des normes sociales et des droits d’autrui doublée d’un comportement impulsif.

Conclusion

Le président Donald Trump considère le « discours politiquement correct » comme le symptôme de la mainmise de l’oligarchie globaliste sur son pays. Selon le Washington Post, il se serait bien passé d’aller perdre son temps à Biarritz. A l’évidence, l’arrivée en ville d’un hôte qu’il ne voulait pas voir a transformé son ennui en colère. Ses têtes à têtes avec son homologue français se sont délicieusement passés assurent les conseillers de l’Élysée mais ont été odieux selon les siens — et ceci dès le petit-déjeuner—. Selon sa conseillère, Kelly Ann Shaw, le président souhaiterait donc que la prochaine réunion, en 2020 aux États-Unis, fixe de nouveaux objectifs.

La Déclaration finale du sommet de Biarritz [2] n’est qu’un bref catalogue des points d’accord entre ses participants. Tout le monde constatera que, malgré l’autosatisfaction du président Macron et la vénération que lui porte une certaine presse, elle aurait pu être écrite longtemps à l’avance : aucun sujet listé n’a évolué. Personne n’a forcé la main de personne.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump(2017).

https://www.voltairenet.org/article207410.html

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[1] « Adresse d’Emmanuel Macron avant le G7 », par Emmanuel Macron, Réseau Voltaire, 24 août 2019.

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[2] « Déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G7 », Réseau Voltaire, 26 août 2019.

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Réintégration de la Russie au G7 : « Pas de consensus »

Réintégration de la Russie au G7 : « Pas de consensus »

Par euronews • Dernière MAJ: 26/08/2019 – 22:29
Réintégration de la Russie au G7 : "Pas de consensus"

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Emmanuel Macron a affirmé que la question de la réintégration de la Russie au G7 n’avait pas fait l’objet de consensus à Biarritz. Donald Trump n’exclut pas d’inviter Vladimir Poutine de son propre chef, l’an prochain à Miami.

La Russie reste persona non grata au rendez-vous des plus puissants de la planète. Cela, malgré la pression de Donald Trump, qui a même affirmé ce lundi qu’il réfléchissait à inviter seul Vladimir Poutine l’an prochain en Floride, où se déroulera le G7.

Le chef de la Maison blanche a précisé ne pas savoir si le président russe, qui « est un homme fier« , accepterait l’invitation.

Le retour de la Russie à la table du G7 était l’une des questions abordées par les dirigeants. Or, elle n’a pas « dégagé de consensus« , a conclu Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse en solitaire, lundi soir en clôture du sommet de Biarritz.

La décision d’inviter un nouveau membre autour de la table doit être prise de manière unanime, selon la règle implicite de ce sommet international.

D’après le locataire de l’Elysée, les dirigeants ont conclu que « tant que la crise ukrainienne n’était pas réglée, il n’était pas opportun d’officialiser un retour au G8 (…) Mais dans le même temps, nous avons tous actés qu’il était important de parler à la Russie« , a-t-il ajouté.

« Nous nous réunirons en septembre en format Normandie« , a ensuite précisé le président français, qui estime que « les conditions sont réunies pour avoir un sommet utile au niveau des chefs de gouvernement« .

Donald Trump a en effet du faire face aux conditions françaises, ainsi qu’ à l’opposition ferme du Canadien Justin Trudeau, réaffirmées à Biarritz :

« J’ai affirmé clairement que le Canada ne soutenait pas la réintégration de la Russie dans le G-7. La Russie doit encore modifier le comportement qui a conduit à son expulsion en 2014 et ne devrait donc pas être autorisée à réintégrer le G-7. L’agression et l’annexion illégale de la Crimée est totalement inacceptable. Le Canada a défendu et défendra toujours la souveraineté de l’Ukraine« , a déclaré le Premier ministre canadien, lundi soir, devant les journalistes.

La Russie avait été exclue du Groupe des 8, sommet informel réunissant les économies les plus avancées de la planète, en 2014 à l’initiative de Barack Obama, en réponse à l’annexion de la Crimée, jugée illégale par les pays occidentaux.

https://fr.euronews.com/2019/08/26/reintegration-de-la-russie-au-g7-pas-de-consensus

Retour de la Russie dans le G8 : Donald Trump «pourrait soutenir» un changement du format

Retour de la Russie dans le G8 : Donald Trump «pourrait soutenir» un changement du format

20 août 2019, 21:16

– Avec AFP

Retour de la Russie dans le G8 : Donald Trump «pourrait soutenir» un changement du format

© MANDEL NGAN Source: AFPLe président américain Donald Trump.

Donald Trump a plaidé, le 20 août, pour un retour du G8 auquel la Russie serait réintégrée. Prenant ainsi le contre-pied de ses partenaires occidentaux, le président américain s’est dit prêt à soutenir toute initiative allant dans ce sens.

Le 20 août, Donald Trump s’est déclaré en faveur du retour au G8 avec la réintégration de la Russie, qui a été écartée du groupe des huit pays les plus industrialisés en 2014, marquant ainsi une nouvelle rupture avec ses alliés du G7. 

«Beaucoup de sujets dont nous discutons ont à voir avec la Russie, je la verrais bien revenir dans le G8», a-t-il déclaré à la presse depuis la Maison Blanche, ajoutant qu’il «pourrait tout à fait soutenir» un retour au G8 avec Moscou, si une proposition est faite dans ce sens. «Comme vous savez, pendant longtemps c’était le G8 […] et le président Obama n’a plus voulu de la Russie parce qu’ils se sont montrés plus malins que lui», a-t-il ajouté. Depuis le rattachement par référendum de la Crimée en 2014, la Russie est exclue du G8, qui s’est donc transformé en G7.Lire aussiLe G8 manque-t-il à Vladimir Poutine ? Le président russe répond à la presse (VIDEO)

Les membres du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) doivent se retrouver du 24 août au 26 août à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) pour un sommet qui s’annonce sous haute tension, en raison des désaccords entre Donald Trump et ses alliés sur de nombreux sujets, à l’instar de l’Iran, la Syrie ou encore l’accord de Paris sur le climat. 

En juin dernier, Emmanuel Macron avait estimé que «sans avancée claire et tangible sur le processus de Minsk» – les accords censés mettre un terme aux combats dans l’est de l’Ukraine –, la reconstitution d’un G8 intégrant la Russie, demeure hypothétique. 

Interrogé par l’AFP sur son rapport à l’ex-G8, le président russe avait, de son côté, déclaré le 19 août en présence d’Emmanuel Macron, qu’il ne pouvait pas souhaiter participer à un modèle de sommet qui «n’existe pas». «Comment pourrais-je revenir dans une organisation qui n’existe pas ? Il y a le G7 qui existe, aujourd’hui c’est le G7», avait-t-il ainsi répondu, esquissant un sourire. 

Lire aussi : «Il faut arrêter les babillages» : après le sommet du G7, Poutine appelle à une «vraie coopération»

International

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https://francais.rt.com/international/65124-retour-russie-dans-g8-donald-trump-pourrait-soutenir-un-changement-du-format?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Communiqué final du « G7 » 2018

Communiqué final du « G7 » 2018

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Ce communiqué n’a pas été signé par les États-Unis d’Amérique

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Nous, chefs d’État et de gouvernement du G7, nous sommes réunis à Charlevoix, au Québec, les 8 et 9 juin 2018, guidés par nos valeurs communes de liberté, de démocratie, d’état de droit et de respect des droits de l’Homme et notre détermination à promouvoir un ordre international fondé sur des règles de droit. En tant que dirigeants d’économies avancées et de grandes démocraties, nous sommes tous fermement déterminés à investir dans les femmes et les hommes, à satisfaire les besoins de nos concitoyens et à relever les défis mondiaux. Nous proclamons collectivement notre ferme détermination à parvenir à un environnement, un air et une eau propres. Nous sommes résolus à agir ensemble pour permettre un avenir sain, prospère, durable et juste pour tous.

Investir dans une croissance qui profite à tous

Nous avons la responsabilité commune d’agir ensemble pour stimuler une croissance économique durable qui profite à tous, et en particulier aux personnes les plus susceptibles d’être marginalisées. Nous saluons l’apport des changements technologiques et de l’intégration mondiale à la reprise économique mondiale et à l’augmentation de la création d’emplois. La situation économique mondiale continue de s’améliorer, mais un nombre insuffisant de nos concitoyens ont bénéficié de cette croissance économique. Si la résilience aux risques s’est améliorée au sein des économies de marché émergentes, les récentes évolutions des marchés nous rappellent nos vulnérabilités potentielles. Nous continuerons de suivre les évolutions des marchés et d’utiliser tous les instruments d’action pour encourager une croissance forte, durable, équilibrée et solidaire qui engendre une prospérité largement partagée. Nous réaffirmons nos engagements en matière de détermination des taux de change. Nous nous engageons à promouvoir des investissements connectés, durables et de qualité, notamment dans les infrastructures, afin de stimuler la croissance et la productivité et de créer des emplois de qualité. La croissance économique est indispensable pour améliorer le niveau de vie. Nous reconnaissons également que la production économique seule est insuffisante pour mesurer la réussite et qu’il est important de suivre d’autres indicateurs économiques et sociaux pour apprécier la prospérité et le bien-être. Nous sommes déterminés à supprimer les obstacles qui empêchent nos concitoyens, notamment les femmes et les personnes marginalisées, de prendre part pleinement à l’économie mondiale. Nous adoptons L’engagement de Charlevoix pour l’égalité et la croissance économique, qui renforce notre détermination à éliminer la pauvreté, à faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes, à promouvoir l’égalité de revenus, à garantir un meilleur accès aux ressources financières, et à offrir à tous un travail décent et une qualité de vie satisfaisante.

Pour veiller à ce que chacun paie sa juste part, nous échangerons sur nos approches et soutiendrons les efforts internationaux visant à permettre des systèmes fiscaux justes, progressifs, efficaces et efficients. Nous continuerons de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales en encourageant la mise en œuvre mondiale de normes internationales et en luttant contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices. Les effets de la numérisation de l’économie sur le système fiscal international demeurent une question essentielle. Nous saluons le rapport intérimaire de l’OCDE qui analyse les effets de la numérisation de l’économie sur le système fiscal international. Nous sommes déterminés à travailler ensemble pour parvenir à une solution de consensus d’ici à 2020.

Nous reconnaissons que le commerce et l’investissement libres, équitables et mutuellement bénéfiques, tout en produisant des bénéfices réciproques, sont des facteurs clés de la croissance et l’emploi. Nous réaffirmons notre attachement aux conclusions du Sommet du G20 de Hambourg sur les échanges commerciaux, soulignons en particulier le rôle indispensable d’un système commercial international fondé sur des règles et continuons de lutter contre le protectionnisme. Nous soulignons qu’il est important que les accords bilatéraux, régionaux et plurilatéraux soient ouverts, transparents, globaux et conformes aux exigences de l’OMC, et nous nous engageons à œuvrer pour veiller à ce qu’ils complètent les accords commerciaux multilatéraux. Nous nous engageons à moderniser l’Organisation mondiale du commerce pour la rendre plus juste le plus rapidement possible. Nous nous efforçons de réduire les barrières tarifaires et non tarifaires et les subventions.

Nous agirons ensemble pour faire respecter les règles internationales existantes et élaborer de nouvelles règles le cas échéant, pour favoriser des règles de concurrence vraiment équitables, en luttant notamment contre les politiques et les pratiques non axées sur le marché et en remédiant à la protection inadaptée des droits de propriété intellectuelle comme les transferts de technologie forcés ou les vols permis par l’informatique. Nous appelons à lancer cette année des négociations pour élaborer des règles internationales plus fortes sur les subventions industrielles qui faussent la concurrence et les actions de distorsion du marché par des entreprises publiques. Nous appelons également les membres du Forum mondial sur les surcapacités de production d’acier à mettre en œuvre intégralement et rapidement ses recommandations. Nous soulignons qu’il est urgent de mettre un terme aux surcapacités de production dans d’autres secteurs, comme l’aluminium et les technologies de pointe. Nous appelons le Groupe de travail international sur les crédits à l’exportation à élaborer dès que possible en 2019 un nouvel ensemble de principes directeurs pour les crédits à l’exportation soutenus par l’État.

Pour encourager la croissance et une participation équitable, qui profitent à tous, et pour assurer à nos concitoyens des vies saines et productives, nous nous engageons à soutenir des systèmes de santé forts et durables qui permettent l’accès à des soins de qualité à un coût abordable, et nous sommes déterminés à accorder une plus grande attention à la santé mentale. Nous encourageons les efforts pour promouvoir et protéger la santé et le bien-être des femmes et des adolescentes grâce à des soins de santé fondés sur les données scientifiques et grâce à des informations en matière de santé. Nous reconnaissons le rôle essentiel de l’Organisation mondiale de la santé dans les situations d’urgence sanitaire, notamment grâce au Fonds de réserve pour les situations d’urgence et au Mécanisme de financement d’urgence pour la lutte contre les pandémies de la Banque mondiale, et soulignons que ces dispositifs doivent encore être améliorés et qu’ils nécessitent en permanence des financements durables. Nous réaffirmons notre engagement à aider nos 76 partenaires à améliorer l’application du Règlement sanitaire international, notamment grâce à la mise en place de plans d’action nationaux chiffrés et à l’utilisation de diverses sources de financement et de ressources provenant d’acteurs multiples. Nous coordonnerons nos efforts mondiaux pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens et en ferons une priorité, dans le cadre d’une approche « une seule santé ». Nous intensifierons nos efforts pour éliminer la tuberculose et ses formes résistantes. Nous réaffirmons notre détermination à œuvrer avec nos partenaires pour éradiquer la poliomyélite et gérer efficacement la période de transition suivant son éradication. Nous affirmons notre soutien à la réussite de la reconstitution des ressources financières du Fonds mondial en 2019.

Les financements publics, notamment l’aide publique au développement et la mobilisation de ressources nationales, sont nécessaires pour progresser vers la réalisation des Objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030, mais ne suffisent pas à soutenir la croissance économique et le développement durable qui sont nécessaires pour sortir toutes les populations de la pauvreté. En conséquence, nous avons adopté l’Engagement de Charlevoix sur les financements innovants pour le développement, afin d’encourager la croissance économique dans les économies en développement et de permettre une plus grande égalité des chances au niveau national et international. Nous continuerons d’investir dans des infrastructures de qualité en libre accès. Compte tenu de l’augmentation du niveau de la dette des pays à faibles revenus et de l’importance de la soutenabilité de la dette, nous appelons à une plus grande transparence en matière de dette, non seulement de la part des pays débiteurs à faibles revenus, mais également de la part des prêteurs souverains émergents et des créanciers du secteur privé. Nous soutenons les travaux en cours du Club de Paris, principale enceinte internationale de restructuration de la dette bilatérale officielle, en vue d’une plus grande intégration des créanciers émergents. Nous sommes conscients de l’intérêt d’une aide humanitaire et au développement qui encourage une plus grande égalité des chances et l’égalité entre les femmes et les hommes, et privilégie les plus vulnérables, et nous continuerons d’œuvrer pour élaborer des modèles de financement innovant pour veiller à ce que personne ne soit oublié.

Se préparer aux emplois de demain

Nous sommes déterminés à veiller à ce que tous les travailleurs aient accès aux compétences et à la formation nécessaires pour prospérer et s’adapter au nouveau monde du travail induit par l’innovation et les technologies émergentes. Nous encouragerons l’innovation auprès des générations actuelles et futures de travailleurs grâce à une culture de l’apprentissage tout au long de la vie. Nous renforcerons l’enseignement et la formation axés sur le marché, en particulier pour les filles et les femmes dans les domaines de la science, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Nous reconnaissons qu’il est nécessaire de supprimer les obstacles à l’accès des femmes à des postes décisionnels et à des possibilités égales de participation à tous les domaines du marché du travail, notamment en mettant fin aux violences, à la discrimination et au harcèlement sur le lieu de travail et dans la vie courante. Nous réfléchirons à des approches innovantes de l’apprentissage et de la formation professionnelle, ainsi qu’à des possibilités de mobiliser les employeurs et d’améliorer l’accès à la formation en entreprise.

Nous rappelons qu’il est important d’agir pour rendre les systèmes de protection sociale plus efficaces et plus efficients et mettre en place des conditions de travail de qualité pour les travailleurs, notamment pour ceux occupant des emplois atypiques. Développer la communication et la coopération entre les pouvoirs publics, les entreprises, les partenaires sociaux, les établissements de formation et les autres acteurs concernés sera indispensable pour préparer les travailleurs à s’adapter et à réussir dans le nouveau monde du travail. Pour concrétiser les bénéfices de l’intelligence artificielle, nous adoptons la Vision commune de Charlevoix sur l’avenir de l’intelligence artificielle. Nous reconnaissons qu’une approche de l’intelligence artificielle centrée sur l’humain a le pouvoir de nous fournir de nouvelles sources de croissance économique, d’apporter des bénéfices considérables à nos sociétés et de nous permettre de relever certains des défis les plus urgents.

Promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomisation des femmes

Nous sommes conscients du fait que l’égalité entre les femmes et les hommes est indispensable au respect des droits de l’Homme et est une nécessité économique et sociale. Les inégalités entre les femmes et les hommes perdurent toutefois, malgré des décennies d’engagements internationaux pour supprimer ces différences. Nous continuerons d’agir pour supprimer les obstacles à la participation et à la prise de décisions des femmes dans les domaines politiques, économiques et sociaux, ainsi que pour accroître les possibilités de tous de participer de manière égale à tous les domaines du marché du travail. Nos actions permettront d’encourager la pleine participation économique des femmes en œuvrant pour réduire les écarts de salaires entre les femmes et les hommes, en soutenant les femmes chefs d’entreprise et entrepreneurs et en reconnaissant la valeur du travail non rémunéré des aidants.

L’égalité d’accès à une éducation de qualité est essentielle pour parvenir à l’autonomisation des filles et des femmes et leur offrir des chances égales, en particulier dans les zones en développement et dans les pays en proie à un conflit. Par la Déclaration de Charlevoix pour une éducation de qualité des filles, des adolescentes et des femmes dans les pays en développement, nous prouvons notre détermination à renforcer les possibilités d’accès de tous à une éducation sûre et de qualité pour au moins 12 ans et à supprimer les obstacles à une éducation de qualité pour les filles et les femmes, notamment en situation d’urgence et dans les États fragiles ou en proie à un conflit. Nous sommes conscients du fait que les filles marginalisées, par exemple celles en situation de handicap, se heurtent à des obstacles supplémentaires pour accéder à l’éducation.

Promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et mettre un terme aux violences faites aux filles et aux femmes profite à tout le monde et est une responsabilité commune dans laquelle tous, notamment les hommes et les garçons, doivent jouer un rôle essentiel. Nous adoptons l’Engagement de Charlevoix à mettre un terme aux violences, aux mauvais traitements et au harcèlement sexuels et sexistes dans les environnements numériques et sommes résolus à mettre un terme à toutes les formes de violence sexuelle et sexiste. Nous œuvrons pour un avenir dans lequel les droits de l’Homme sont protégés de la même manière hors ligne et en ligne, et dans lequel tout le monde disposera des mêmes possibilités de participation à des actions politiques, sociales, économiques et culturelles.

Bâtir un monde plus sûr et plus pacifique

Nous partageons la responsabilité de bâtir un monde plus pacifique et plus sûr, tout en reconnaissant que le respect des droits de l’Homme, l’état de droit et l’égalité des chances sont nécessaires pour assurer une sécurité durable et une croissance économique profitant à tous. Les enjeux mondiaux de sécurité auxquels nous sommes confrontés sont complexes et mouvants et nous sommes déterminés à agir ensemble pour combattre le terrorisme. Nous accueillons avec satisfaction les conclusions de la conférence internationale sur la lutte contre le financement du terrorisme organisée à Paris les 25 et 26 avril 2018. Les combattants terroristes étrangers doivent rendre compte de leurs actions devant la justice. Nous sommes déterminés à combattre les utilisations de l’internet à des fins terroristes, y compris comme outil de recrutement, de formation, de propagande et de financement, et en travaillant avec des partenaires tels que le Forum mondial de l’internet contre le terrorisme. Nous soulignons qu’il est important de prendre des mesures concrètes pour éradiquer la traite des êtres humains, le travail forcé, le travail des enfants et toutes les formes d’esclavage, y compris l’esclavage moderne.

Reconnaissant que des pays fonctionnant de manière plus égalitaire sont aussi plus stables, plus pacifiques et plus démocratiques, nous sommes déterminés à renforcer la mise en œuvre du Programme pour les femmes, la paix et la sécurité. Les mesures tenant compte des disparités entre les sexes et notamment la participation des femmes et les perspectives de prévention et d’éradication du terrorisme sont essentielles pour parvenir à des résultats réels et durables, assurer leur protection contre les violences sexuelles et sexistes et empêcher d’autres abus et violations des droits de l’Homme.

Nous nous engageons à prendre des mesures concertées pour réagir face aux acteurs étrangers qui cherchent à fragiliser nos sociétés et nos institutions démocratiques, nos processus électoraux, notre souveraineté et notre sécurité, comme énoncé dans l’Engagement de Charlevoix pour la protection de la démocratie contre les menaces étrangères. Nous reconnaissons que ces menaces, en particulier celles qui émanent d’acteurs étatiques, ne pèsent pas seulement sur les pays du G7, mais aussi sur la paix et la sécurité internationales, ainsi que sur l’ordre international fondé sur des règles de droit. Nous appelons les autres États à se joindre à nous pour lutter contre ces menaces croissantes, en renforçant la résilience et la sécurité de nos institutions, de nos économies et de nos sociétés, et en prenant des mesures concertées pour identifier ceux qui pourraient nous nuire et leur demander des comptes.

Nous continuons d’exhorter la Corée du Nord à démanteler toutes ses armes de destruction massive de manière complète, vérifiable et irréversible (ADM) et missiles balistiques ainsi que ses programmes et installations connexes. Nous prenons acte des évolutions récentes, notamment de l’annonce faite par la Corée du Nord d’un moratoire sur les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques, de l’engagement de dénucléarisation pris le 27 avril dans la déclaration de Panmunjom sous réserve d’une mise en œuvre totale et de la fermeture apparente du site d’essais nucléaires de Punggye-ri le 24 mai, mais nous rappelons l’importance d’une dénucléarisation totale. Le démantèlement de l’ensemble de ses ADM et missiles balistiques permettra un avenir plus constructif pour l’ensemble des habitants de la péninsule coréenne et offrira une chance de prospérité au peuple de la Corée du Nord qui souffre depuis trop longtemps. Cependant, il faut faire davantage et nous appelons tous les États à maintenir de fortes pressions, notamment par la mise en œuvre totale des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour exhorter la Corée du Nord à changer de cap et à prendre des mesures décisives irréversibles. Dans ce contexte, nous appelons à nouveau la Corée du Nord à respecter les droits de l’Homme de ses habitants et à régler immédiatement le problème des enlèvements.

Nous demandons instamment à la Russie de cesser son comportement déstabilisateur qui fragilise les systèmes démocratiques, ainsi que son soutien au régime syrien. Nous condamnons l’attentat au gaz neurotoxique de niveau militaire commis à Salisbury (Royaume-Uni). Nous sommes d’accord avec l’évaluation du Royaume-Uni selon laquelle il est très probable que la Fédération de Russie porte la responsabilité de cet attentat et qu’il n’existe pas d’autre explication plausible. Nous appelons instamment la Russie à honorer ses obligations internationales et ses responsabilités de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies en préservant la paix et la sécurité internationales. Cependant, nous continuerons de dialoguer avec la Russie pour régler les crises régionales et relever les défis mondiaux lorsque nos intérêts sont en jeu. Nous réaffirmons notre condamnation de l’annexion illégale de la Crimée et notre soutien constant à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues. Nous restons déterminés à aider l’Ukraine à mettre en œuvre son programme de réformes nécessaire et ambitieux. Nous rappelons que le maintien des sanctions est clairement déterminé par l’incapacité de la Russie à démontrer la mise en œuvre complète de ses engagements pris dans le cadre des accords de Minsk et le respect de la souveraineté de l’Ukraine ; nous soutenons sans réserve les efforts déployés dans le cadre du Format Normandie et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe afin de trouver une solution au conflit en Ukraine orientale. Si ses actions le rendent nécessaire, nous sommes également prêts à prendre d’autres mesures de restriction afin d’augmenter le coût pour la Russie. Nous restons déterminés à soutenir la société civile russe et à dialoguer et investir dans des relations interpersonnelles.

Nous condamnons fermement la brutalité meurtrière de Daech et son oppression des populations civiles se trouvant sous son contrôle. Nous restons déterminés, en tant que communauté internationale, à éradiquer Daech et son idéologie odieuse. En Syrie, nous condamnons également l’utilisation répétée et moralement répréhensible d’armes chimiques par le régime syrien et par Daech. Nous appelons les soutiens du régime à garantir le respect par celui-ci de son obligation de déclarer et de démanteler les armes chimiques restantes. Nous déplorons le fait que la Syrie ait assumé la présidence de la Conférence du désarmement en mai compte tenu de son mépris constant et flagrant des normes et accords internationaux en termes de non-prolifération. Nous réaffirmons notre attachement collectif à la Convention sur les armes chimiques et nous appelons tous les États à soutenir la prochaine conférence extraordinaire des États Parties à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et à œuvrer ensemble pour renforcer la capacité de l’OIAC à promouvoir la mise en œuvre de la Convention. Nous appelons les pays qui ne l’ont pas encore fait à adhérer au Partenariat international contre l’impunité de l’utilisation d’armes chimiques. Nous appelons de nos vœux un gouvernement non sectaire, crédible et ouvert à tous en Syrie, facilité par des élections libres et équitables organisées dans le respect des normes internationales les plus strictes en termes de transparence et de responsabilité, tous les Syriens, y compris les membres de la diaspora, étant libres d’y participer.

Nous restons préoccupés par la situation en mer de Chine orientale et en mer de Chine du sud, et nous réaffirmons notre ferme opposition à toute action unilatérale susceptible de provoquer une escalade des tensions et de fragiliser la stabilité régionale et l’ordre international fondé sur des règles de droit. Nous exhortons toutes les parties à rechercher la démilitarisation de toutes les zones disputées. Nous sommes déterminés à adopter une position ferme face aux violations des droits de l’Homme, à la traite des êtres humains et à la corruption partout dans le monde, qui atteignent les populations vulnérables, et nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures fortes contre ces violation partout dans le monde. Nous nous félicitons des engagements pris récemment par la Birmanie et nous nous engageons à coordonner les efforts déployés pour bâtir une paix durable et soutenir la transition démocratique en Birmanie, notamment dans le contexte de l’actuelle crise concernant les Rohingyas, pour permettre l’accès humanitaire sûr et sans entrave et le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans des conditions sûres, volontaires et dignes. Nous sommes vivement préoccupés par le non-respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques fondamentaux au Vénézuéla, et par la spirale de la crise économique et ses répercussions humanitaires. Nous exprimons notre préoccupation face à la dégradation constante de la situation au Yémen et nous réitérons notre appel à toutes les parties pour qu’elles se conforment totalement au droit international humanitaire et au droit des droits de l’Homme.

Reconnaissant la menace que le programme de missiles balistiques de l’Iran fait peser sur la paix et la sécurité internationales, nous demandons à l’Iran de s’abstenir de tous tirs de missiles balistiques, qui sont incompatibles avec la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, y compris toutes ses annexes, et qui sont déstabilisants pour la région, et de cesser la prolifération de la technologie des missiles. Nous sommes déterminés à veiller en permanence à ce que le programme nucléaire de l’Iran demeure pacifique, conformément à ses obligations internationales et à son engagement à ne jamais chercher à se procurer, mettre au point ou acquérir d’arme nucléaire. Nous condamnons tous les soutiens financiers au terrorisme, notamment aux groupes terroristes financés par l’Iran. Nous appelons également l’Iran à jouer un rôle constructif en contribuant aux efforts de lutte contre le terrorisme pour trouver des solutions politiques et parvenir à la réconciliation et à la paix dans la région.

Nous restons préoccupés par le conflit israélo-palestinien, notamment au vu des derniers événements. Nous sommes favorables à la reprise rapide des négociations de paix substantielles entre Israéliens et Palestiniens afin de parvenir à une solution négociée qui garantisse la paix et la sécurité des deux parties. Nous soulignons combien il est important de remédier dès que possible à la situation humanitaire et de sécurité dans la bande de Gaza, situation dramatique et qui ne fait qu’empirer.

La sécurité, la stabilité et le développement durable de l’Afrique sont au premier rang de nos priorités et nous réaffirmons notre soutien aux initiatives menées par les Africains, y compris au niveau régional. Nous réaffirmons notre volonté de travailler en partenariat avec le continent africain, en appui à l’Agenda 2063 de l’Union africaine, afin de réaliser le potentiel de l’Afrique. Nous encouragerons le renforcement des capacités africaines à mieux prévenir et gérer les crises et les conflits et à mieux y répondre, ainsi qu’à renforcer les institutions démocratiques. Nous réaffirmons notre attachement à la stabilisation et à l’unité de la Libye, ainsi qu’à la démocratie dans le pays, qui sont essentiels pour la stabilité de la région méditerranéenne et de l’Europe. Nous soutenons les efforts déployés par M. Ghassan Salamé, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, afin de mettre en œuvre un processus politique inclusif sur la base de son plan d’action, et nous encourageons tous les Libyens et tous les acteurs de la région à maintenir leur engagement constructif, comme énoncé dans la déclaration du Président du Conseil de sécurité des Nations Unies en juin 2018. Nous soutenons les efforts déployés par le Président du Conseil et le Gouvernement d’entente nationale pour consolider les institutions de l’État.

Travailler ensemble sur les changements climatiques, les océans et l’énergie propre

Une planète en bonne santé et une croissance économique durable se renforcent mutuellement. Nous mettons donc en œuvre des mesures à l’échelle mondiale pour un avenir durable et résilient qui crée des emplois pour nos concitoyens. Nous soutenons fermement une large participation et le rôle moteur des jeunes, des filles et des femmes dans la promotion du développement durable. Nous proclamons ensemble notre ferme détermination à disposer d’un environnement, d’un air et d’une eau propres et de sols sains. Nous nous engageons à poursuivre les mesures en cours pour renforcer notre sécurité énergétique collective et à montrer l’exemple pour faire en sorte que nos systèmes énergétiques continuent d’engendrer une croissance économique durable. Nous reconnaissons que chaque pays peut tracer sa voie pour parvenir à un avenir sobre en carbone. Nous attendons avec intérêt l’adoption d’un ensemble commun de lignes directrices lors de la vingt-quatrième Conférence des Parties (COP 24) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

L’Allemagne, la France, le Canada, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne réaffirment leur ferme détermination à mettre en œuvre l’Accord de Paris grâce à une action climatique ambitieuse, notamment en réduisant les émissions tout en stimulant l’innovation, en renforçant les capacités d’adaptation, en consolidant et finançant la résilience et en diminuant les vulnérabilités, ainsi qu’en garantissant une transition juste et en intensifiant les efforts pour mobiliser des moyens de financement de l’action climatique provenant d’un large éventail de sources. Nous avons discuté du rôle essentiel des transitions énergétiques grâce au développement de technologies énergétiques propres de marché et de l’importance de la tarification du carbone, de la coopération et de l’innovation technologiques pour continuer de faire progresser la croissance économique et de protéger l’environnement dans le cadre de systèmes énergétiques durables, résilients et sobres en carbone, ainsi que pour financer les capacités d’adaptation. Nous réaffirmons l’engagement que nous avons pris envers nos concitoyens de réduire la pollution de l’air et de l’eau et nos émissions de gaz à effet de serre pour parvenir à une économie mondiale neutre en carbone durant la seconde moitié du siècle. Nous nous félicitons de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une résolution intitulée « Vers un pacte mondial pour l’environnement » et nous attendons avec intérêt la présentation d’un rapport du Secrétaire général lors de la prochaine Assemblée générale.

L’Allemagne, la France, le Canada, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne promouvront la lutte contre le changement climatique par des partenariats en collaboration et travailleront avec tous les partenaires intéressés, à tous les échelons de l’administration, locale, autochtone, communautés côtières isolées et petits États insulaires, ainsi qu’avec le secteur privé, les organisations internationales et la société civile pour recenser et évaluer les lacunes de l’action publique, les besoins et les bonnes pratiques. Nous reconnaissons la contribution des conférences One Planet à cet effort collectif.

Les États-Unis considèrent que la croissance économique et le développement durables dépendent d’un accès universel à des sources d’énergie fiables et à un coût abordable. Ils sont attachés aux actions actuelles de renforcement de la sécurité énergétique collective mondiale, notamment par des mesures favorisant des marchés mondiaux ouverts, diversifiés, transparents, liquides et sûrs pour toutes les sources d’énergie. Les États-Unis continueront à promouvoir la sécurité énergétique et la croissance économique d’une façon qui améliore la santé des océans et de l’environnement, tout en augmentant les investissements publics-privés dans les infrastructures et les technologies énergétiques qui améliorent la capacité des pays à produire, transporter et utiliser toutes les sources d’énergie disponibles, en fonction de la situation nationale propre à chacun. Les États-Unis s’efforceront de travailler en étroite coopération avec les autres pays pour leur permettre d’accéder aux combustibles fossiles et de les utiliser de manière plus propre et plus efficiente et pour favoriser le déploiement des énergies renouvelables et d’autres sources d’énergie propre, compte tenu de l’importance accordée à l’accès à l’énergie et à la sécurité énergétique dans leurs contributions prévues déterminées au niveau national. Les États-Unis sont convaincus du rôle essentiel de la transition énergétique grâce au développement de technologies énergétiques propres axées sur le marché et à l’importance de la coopération et de l’innovation technologiques pour continuer à faire progresser la croissance économique et protéger l’environnement dans le cadre de systèmes énergétiques durables, résilients et propres. Les États-Unis rappellent leur engagement à faire progresser la croissance économique durable et soulignent l’importance d’une action constante pour réduire la pollution de l’air et de l’eau.

Reconnaissant que des océans et des mers en bonne santé soutiennent directement les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la prospérité économique de milliards de personnes, nous nous sommes réunis avec les chefs d’État et de gouvernement de l’Afrique du Sud, de l’Argentine, du Bangladesh, d’Haïti, de la Jamaïque, du Kenya, des îles Marshall, de la Norvège, du Rwanda (Président de l’Union africaine), du Sénégal, des Seychelles et du Vietnam, ainsi qu’avec les directeurs des Nations Unies, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de l’Organisation de coopération et de développement économiques pour discuter des mesures concrètes de protection de la santé des environnements marins et garantir une utilisation durable des ressources marines dans le cadre d’un programme renouvelé destiné à renforcer la protection de la biodiversité mondiale. Nous adoptons le Plan d’action de Charlevoix pour des mers et des océans sains et des communautés côtières résilientes, et nous améliorerons notre connaissance des océans, favoriserons la durabilité des océans et des pêcheries, soutiendrons la résilience des côtes et des communautés côtières et lutterons contre les déchets plastiques et les déchets marins dans les océans. Reconnaissant que les plastiques jouent un rôle important dans notre économie et dans notre vie quotidienne mais que l’approche actuelle de la production, l’utilisation, la gestion et l’élimination des plastiques constitue une menace significative pour l’environnement marin, les moyens de subsistance et potentiellement pour la santé humaine, nous, chefs d’État et de gouvernement du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni, président de la Commission européenne et président du Conseil européen, adoptons la Charte du G7 sur la pollution plastique des océans.

Conclusion

Nous avons la responsabilité commune d’agir ensemble pour stimuler une croissance économique durable qui profite à tous, et en particulier aux personnes les plus susceptibles d’être marginalisées. Nous tenons à remercier nos concitoyens, la société civile, le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes, les groupes d’engagement officiels du G7 et d’autres partenaires pour leurs contributions précieuses à la présidence canadienne. Nous nous félicitons de la proposition du Président français d’accueillir notre prochain Sommet en 2019 et de son engagement à continuer de diriger les travaux du G7 sur notre programme d’action commun.

http://www.voltairenet.org/article201444.html

Trump face à Merkel: la photo « icônique » du G7 fait débat

Trump face à Merkel: la photo « icônique » du G7 fait débat

/ © Bundesregierung/AFP / Jesco DENZEL

Une photographie pour l’histoire? Le cliché viral diffusé au G7, où Donald Trump semble tenir tête au reste du monde, résume à lui seul les nouvelles fractures occidentales mais donne lieu à des interprétations assez diverses.

« L’Occident ébranlé », titre lundi le quotidien allemand Tagesspiegel, à côté de l’image désormais célèbre, prise par un photographe officiel travaillant pour le gouvernement allemand et diffusée sur les réseaux sociaux par le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

Cette photo, dont la composition rappelle celle d’un tableau, a été l’une des plus partagées, commentées ou détournées sur les réseaux sociaux, tant elle paraît résumer, mieux que tous les discours, l’état du monde après le fiasco du sommet des pays industrialisés au Canada.

Elle a été prise par un photographe allemand primé par le World Press Photo, Jesco Denzel, spécialisé dans les photos et portraits officiels.

Le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert, a expliqué lundi que sa diffusion visait à donner aux internautes « un aperçu du travail de la chancelière et de l’atmosphère de travail intense d’un G7 ».

Elle paraît répondre à un objectif de communication encore plus précis: mettre en lumière la fermeté d’Angela Merkel, qu’on voit entourée d’autres dirigeants du G7. Appuyée en avant, les mains sur une table, elle semble tenir tête à Donald Trump, voire réprimander le chef d’Etat américain assis en face d’elle.

Que lui dit-elle? personne ne le sait. Dimanche soir à la télévision, Angela Merkel a juste prévenu qu’elle n’entendait pas « se faire avoir » au cas où les Etats-Unis relèveraient leurs droits de douane sur les importations d’automobiles, et que l’Europe répliquerait.

Pour l’hebdomadaire Der Spiegel, la photo constitue « une victoire sans appel de relations publiques pour l’Allemagne ». « En politique, il n’y a pas que les contenus qui sont importants, les images le sont aussi », souligne-t-il.

– ‘1-0 pour le président américain’ –

Toutefois, les interprétations de la scène divergent et beaucoup voient plutôt Donald Trump sortir vainqueur de ce cliché.

« 1-0 pour le président américain », estime sur Twitter Elisabeth Wehling, spécialiste de sciences politiques et de langage à l’université de Berkeley en Californie. Donald Trump « reste assis pendant que les autres personnes présentes sont debout », souligne-t-elle, une manière pour lui d' »affirmer sa propre autorité avec une diffusion mondiale ».

Du reste, sur la photo, Donald Trump paraît ignorer Angela Merkel qui s’adresse à lui, semblant plutôt écouter le président français Emmanuel Macron ou la Première ministre britannique Theresa May situés à la droite de la chancelière.

Pour l’entourage du milliardaire américain, l’image de Donald Trump impassible face aux Européens, traduit surtout la fermeté du héraut de « l’Amérique d’abord ».

« Encore un de ces #G7 où les autre pays attendent que les Etats-Unis soient éternellement leur banquier. Le président leur dit clairement que c’est fini », a commenté sur twitter John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.

Le sentiment qui prédomine en Allemagne, après ce G7 en forme de psychodrame, est celui de la fin d’une époque, d’une césure dans la relation transatlantique, paradigme sur lequel le pays s’était largement reconstruit après 1945.

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a estimé que Donald Trump, en retirant son soutien au communiqué final du sommet, a détruit « très rapidement une quantité incroyable de confiance » mutuelle.

Traditionnellement très atlantiste, Angela Merkel a parlé elle dimanche soir d' »un pas décisif » franchi par le président américain. L’Allemagne est tout particulièrement dans le collimateur de l’administration américaine, à la fois pour ses excédents commerciaux et pour ses dépenses militaires jugées trop faibles au sein de l’Otan. Et la nouvelle donne oblige le pays à repenser son orientation stratégique.

La chancelière se rallie désormais de plus en plus à la vision macronnienne d’une Europe puissance et souveraine. Elle vient d’accepter l’idée d’une force d’intervention commune européenne et a appelé dimanche soir l’Europe à mieux défendre ses intérêts « au risque sinon de se faire écraser dans un monde où dominent des pôles très forts ».

(©AFP / 11 juin 2018 15h25)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Trump-face-Merkel-la-photo-ic-nique-du-G7-fait-d-bat/926415.rom

Washington accuse le Canada de « trahison » après le fiasco du G7

Washington accuse le Canada de « trahison » après le fiasco du G7

/ © AFP /

Les Etats-Unis ont accusé dimanche le Canada de « trahison » lors du sommet du G7 qui s’est terminé sur un fiasco après la volte-face du président américain Donald Trump contre ses alliés qu’il a menacés de droits de douanes alourdis.

Samedi, dans son avion en direction de Singapour pour son sommet avec Kim Jong Un, Donald Trump a brusquement retiré son soutien au communiqué final du sommet de deux jours à La Malbaie (Québec, est du Canada), malgré le compromis qui avait été forgé de haute lutte sur les questions commerciales quelques heures auparavant.

Le président, un habitué des réactions épidermiques, réagissait à des déclarations du Premier ministre canadien Justin Trudeau. Celui-ci a répété que les nouvelles taxes douanières américaines sur l’acier et l’aluminium frappant la Canada étaient « insultantes », au regard de l’histoire entre les deux pays. Comme l’Union européenne, il a confirmé des représailles pour juillet.

Auparavant, le Canadien avait salué le consensus trouvé par les sept. Un texte qui ne résolvait pas le conflit en cours, mais qui était considéré comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

« C’est une trahison, il nous a doublés, pas seulement le président Trump mais aussi les autres membres du G7 », a tonné dimanche sur CNN Larry Kudlow, le principal conseiller économique de Donald Trump, qui a concentré ses attaques sur le dirigeant canadien.

« Il y a un siège réservé en enfer pour tout dirigeant étranger qui s’engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s’en va », a renchéri sur Fox News le conseiller présidentiel pour le commerce, Peter Navarro.

Donald Trump, qui a traité M. Trudeau de personne « malhonnête et faible » sur Twitter, avait pourtant donné son aval au communiqué final, un document en 28 points péniblement négocié par le « Groupe des sept » (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon).

– « Incohérence » et « inconsistance » –

Selon Larry Kudlow, la réaction de Donald Trump était également destinée à ne pas « montrer de faiblesse » avant son sommet avec Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Le président américain a atterri dimanche matin à Singapour, deux jours avant sa rencontre historique avec le dirigeant nord-coréen.

Le cabinet de M. Trudeau a indiqué qu’il n’avait fait que répéter des propos déjà prononcés auparavant.

« La coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots », a réagi la présidence française, dénonçant « l’incohérence » et « l’inconsistance » de la délégation américaine.

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a pour sa part accusé M. Trump de « détruire très rapidement une quantité incroyable de confiance dans un tweet », alors que Berlin a apporté son soutien au communiqué commun.

Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui ironisé sur le « babillage inventif » des pays du G7, qu’il a invités à « se tourner vers les sujets concrets relevant d’une vraie coopération ».

A La Malbaie, le G7 a rejeté la proposition de Donald Trump de réintégrer dans le club la Russie, exclue en 2014 en raison de l’annexion de la Crimée, appelant Moscou à cesser de « saper les systèmes démocratiques ».

Surtout, le locataire de la Maison Blanche a renouvelé sa menace de droits de douane accrus sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Un secteur qui pèse bien plus que les deux métaux jusqu’à présent frappés.

– Voitures allemandes –

Les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures.

L’Allemagne est particulièrement inquiète: les automobiles représentent en valeur le quart de ce que le pays exporte vers les Etats-Unis. La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme dépasse même les 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA).

Les droits de douane actuels sont effectivement différents entre l’UE et les Etats-Unis. L’Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, de 10%.

Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d’une taxe de 2,5%.

« Pas étonnant que l’Allemagne nous vende trois fois plus de voitures que nous en exportons vers elle », a écrit Peter Navarro, conseiller au commerce de la Maison Blanche, dans une tribune récente dans le New York Times.

Donald Trump s’est souvent plaint, en privé, de voir trop de Mercedes à New York… mais pas assez de voitures américaines dans les rues européennes.

Pour évaluer l’équité des échanges commerciaux avec ses partenaires, le milliardaire se concentre sur une seule question: tel pays a-t-il un excédent ou un déficit commercial avec les Etats-Unis?

Dans le cas de l’Allemagne, il s’agit d’un excédent.

Emmanuel Macron a fait allusion à cette façon de penser du milliardaire. Le président français lui a rétorqué, durant les négociations de La Malbaie, que la France pratiquait le libre-échange avec l’Allemagne, mais qu’elle avait quand même un déficit commercial avec sa voisine.

(©AFP / 10 juin 2018 17h29)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Washington-accuse-le-Canada-de-trahison-apr-s-le-fiasco-du-G7/926123.rom

Poutine appelle le G7 à «arrêter les bavardages»

Poutine appelle le G7 à «arrêter les bavardages»

Commentant les accusations lancées lors du sommet G7 à l’encontre de la Russie concernant ses «activités déstabilisantes» en Syrie, Vladimir Poutine a appelé à «arrêter les bavardages» et à passer à la résolution de problèmes concrets.

Se prononçant lors de sa visite au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), Vladimir Poutine a commenté les appels du G7 adressés à la Russie à «cesser de saper les systèmes démocratique» et à abandonner «son soutien au régime syrien». Ainsi, le Président russe a conseillé aux pays membres du G7 d’«arrêter les bavardages» comme dans le cas de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia et de passer à la résolution de problèmes concrets.

«Quant aux déclarations concernant les actions déstabilisatrices, tout comme dans le cas d’autres événements, comme lorsque tous ont manifesté leur solidarité avec Londres à propos du fameux événement de Salisbury, mais ou rien de concret n’a été prononcé. Tout a été dit « avec un haut degré de probabilité », la solidarité à cet égard se dresse sur un terrain instable. Il me semble que nous devons arrêter tout ces bavardages créatifs et passer à des questions concrètes liées à la coopération réelle», a déclaré Vladimir Poutine.

Dans le texte de la déclaration finale qui n’a finalement pas été adopté samedi après le sommet de deux jours du Groupe des Sept au Canada suite au refus de Donald Trump de signer le document, le G7 voulait exprimer sa volonté de renforcer les sanctions contre la Russie. Dans le même temps, les dirigeants du Groupe voulaient déclarer qu’ils continueraient à coopérer avec Moscou pour résoudre les crises internationales, mais précisaient que cela ne serait possible que si les intérêts du G7 étaient respectés.

 

Avant l’ouverture du sommet du G7 au Canada, le Président américain et le Président du Conseil italien ont souligné la nécessité de faire revenir la Russie dans ce club d’importantes puissances économiques mondiales.

source

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/06/poutine-appelle-le-g7-a-arreter-les-bavardages.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La Russie n’a pas l’intention de réintégrer un G8

La Russie n’a pas l’intention de réintégrer un G8

La Russie n’a pas l’intention de réintégrer un G8, étant satisfaite de travailler avec le format du G20, a indiqué samedi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, au lendemain d’un appel de Donald Trump en ce sens.

Selon M. Lavrov, dont les propos ont été diffusés à la télévision russe, Moscou n’a « jamais demandé à revenir » dans le G8, redevenu le G7 après la suspension de sa participation suite à l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.

« Au sein du G20, les ultimatums ne marchent pas et vous avez besoin de parvenir à des accords », a indiqué M. Lavrov, vantant le format du G20 comme « un mécanisme destiné à parvenir à un consensus ».

« Je pense que c’est le format le plus prometteur pour l’avenir », a-t-il poursuivi.

Avant la réunion annuelle du groupe de sept pays censé réunir les économies les plus puissantes, le président américain avait appelé à réintégrer la Russie. Cette proposition a immédiatement été rejetée par la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

Les relations entre la Russie et les Occidentaux sont au plus bas sur fond de désaccords persistants sur l’Ukraine et la Syrie, des accusations d’ingérence et plus récemment l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal en Angleterre.

Le président russe Vladimir Poutine a évoqué cette semaine, lors d’une visite en Autriche, la possibilité d’un sommet avec son homologue américain Donald Trump, qui pourrait se tenir à Vienne.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a néanmoins précisé qu’aucun accord n’était conclu et qu’il n’y avait pas de pourparlers concrets en cours.

(©AFP / 09 juin 2018 17h01)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-La-Russie-n-a-pas-l-intention-de-r-int-grer-un-G8_RP/925939.rom

Ultime effort au G7 pour réduire les fractures ouvertes par Trump

Ultime effort au G7 pour réduire les fractures ouvertes par Trump

/ © POOL/AFP / Ludovic MARIN

Le sommet du G7 au Canada s’achève samedi dans d’ultimes tractations pour sauver les apparences, à défaut de vraiment réduire les fractures ouvertes par Donald Trump, qui a jusqu’au bout imposé son rythme à des partenaires déjà à bout de patience.

Le président américain, qui a la tête à sa rencontre mardi prochain à Singapour avec le leader nord-coréen Kim Jong Un, est ainsi arrivé avec plus d’un quart d’heure de retard samedi pour un petit-déjeuner de travail consacré à l’égalité entre les sexes.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, hôte cette année du « Groupe des sept » (Etats-Unis, Canada, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon), avait déjà ouvert les débats lorsque le milliardaire républicain a fait son entrée.

Vendredi, le président américain avait déjà été le dernier à rejoindre l’hôtel cossu de La Malbaie, surplombant le majestueux fleuve Saint-Laurent, dans la région du Charlevoix (Québec, est du Canada). Là encore, le président américain était arrivé en retard.

Et il sera le premier samedi à quitter les débats, séchant les débats consacrés au changement climatique et des réunions avec divers pays invités.

Donald Trump n’aura donc passé que vingt-quatre heures avec les alliés historiques des Etats-Unis, rejoints au Canada par les représentants d’un ordre mondial multilatéral que Washington semble décidé à dynamiter: par exemple le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, ou la patronne du Fonds monétaire international, Christine Lagarde.

Une confrontation de courte durée, donc, mais largement suffisante pour acter les désaccords criants entre les Etats-Unis et leurs alliés, au moment même où, de l’autre côté du Pacifique, les chefs d’Etats russe, iranien et chinois se réunissent pour le week-end.

– Communiqué à six ou sept ? –

Le calendrier fait en effet coïncider le sommet du G7 avec la réunion annuelle de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à laquelle l’Iran est cette année invité, dans la grande ville côtière chinoise de Qingdao.

Pour éviter un contraste par trop grand entre des pays riches déchirés, et des puissances émergentes bien alignées, les délégations réunies au Québec vont tenter jusqu’à la dernière minute de sauver les apparences en accouchant d’un communiqué commun.

Le commerce est évidemment le principal point litigieux lors de cette première réunion du G7, après l’entrée en vigueur de taxes américaines sur l’acier et l’aluminium importés.

L’Iran et l’environnement sont les deux autres grandes lignes de fracture entre le président américain, qui a dénoncé l’accord sur le nucléaire iranien et l’accord de Paris sur le climat, et ses alliés.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont fait bonne figure vendredi pour la photo de famille, sous un ciel radieux. Mais ils ont aussi campé sur leurs positions, selon deux sources proches des négociations.

Sur le commerce notamment, les Européens ont tenté d’opposer des arguments chiffrés à une « longue litanie de récriminations » du président américain.

Difficile dans ces conditions d’imaginer un « communiqué commun » dans la grande tradition des réunions du G7, faisant la liste des bonnes intentions des puissants de ce monde en matière économique, diplomatique et environnementale.

Si Donald Trump lui-même a dit croire à la publication d’un tel communiqué, des membres de délégations évoquent plutôt un compromis.

Cela prendrait concrètement la forme d’un texte signé à sept mains pour certaines parties consensuelles, et réservant certains paragraphes séparés à l’opinion dissidente des Etats-Unis sur les points les plus sensibles.

Une autre hypothèse serait la publication d’une « déclaration » signée de la seule présidence canadienne du G7 et actant les désaccords –une différence aussi importante pour les diplomates qu’elle est subtile pour le grand public.

(©AFP / 09 juin 2018 16h06)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Ultime-effort-au-G7-pour-r-duire-les-fractures-ouvertes-par-Trump/925907.rom