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Censure d’Infowars par les GAFA

Censure d’Infowars par les GAFA


Alex Jones éliminé. Les géants américains de la technologie se mêlent des élections de mi-mandat aux US en 2018


Par Peter Korzun – Le 9 août 2018 – Source Strategic Culture

Alex Jones Purge: US Tech Giants Meddle into 2018 Midterm Elections

Une bataille titanesque est engagée contre les opinions alternatives dans le pays qui se positionne comme le champion de la liberté d’expression, bien que 90% de ses médias soient contrôlés par seulement six sociétés. À titre de comparaison, en 1983, 90% des médias américains étaient contrôlés par cinquante sociétés.

Naturellement, cette tendance affecte négativement la liberté de la presse. Selon le World Press Freedom Index de 2018, compilé par Reporters sans frontières (RSF) les États-Unis ont reculé de deux positions par rapport à 2017 et sont passés au 45e rang. Le rôle de la concurrence a diminué alors que le biais de l’information est devenu une norme. Selon le rapport de 2017 de Gallup/Knight Foundation Survey on Trust, Media and Democracy, seuls 44% des Américains déclarent pouvoir identifier une source d’information qui, selon eux, rend compte des nouvelles de manière objective.

Il y a eu beaucoup d’exemples où la liberté d’expression a été piétinée aux États-Unis. Certes, le premier amendement interdit au Congrès « de restreindre la liberté de parole ou l’expression de la presse … », mais il ne dit rien au sujet des grandes entreprises de haute technologie ou des réseaux sociaux interdisant l’intervention des commentateurs politiques non agréés par « l’establishment ». Et c’est ce qu’ils font.

Les grands géants de la technologie – Facebook, Apple, Google, YouTube, Pinterest, iTunes, LinkedIn, Podcast, MailChimp, YouPorn et Spotify – ont banni Alex Jones, journaliste renommé, et son site Internet InfoWars, de leurs services de diffusion pour avoir propagé « des fausses histoires », que les propriétaires des plateformes ont trouvées « haineuses ». Le mouvement est sans précédent, c’est une véritable bombe. Il convient de noter que le président Donald Trump a félicité M. Jones pour sa « formidable » réputation.

Les entreprises privées avec leurs propres règles et règlements se sont liguées simultanément contre M. Jones pour ne laisser aucun doute sur le fait que l’interdiction n’est rien d’autre que de la collusion. Les géants se livrent à une censure politique, utilisant leur domination du marché pour cibler les dissidents. Alex Jones est toujours le même journaliste d’investigation qu’il a été pendant de nombreuses années. Qu’est-ce qui les fait craquer maintenant ? Ils en avaient probablement marre car il les avait irrités de manière disproportionnée.

M. Jones a défendu l’intégrité des élections présidentielles en Russie, affirmant que le président Poutine ne pouvait pas être un dictateur parce qu’il avait remporté 76% des suffrages. Il a brillamment exposé l’absurdité des accusations portées contre la Russie, accusée d’ingérence dans les élections américaines et d’autres actes « nuisibles ». Selon lui, la Russie se dirige vers 1776 [création des États-Unis, NdT] alors que les États-Unis vont dans la direction opposée. Alex Jones s’est même magistralement moqué des accusations d’être à la solde des Russes. Il faisait partie de ceux qui mettaient en doute l’accusation britannique selon laquelle la Russie serait coupable dans l’affaire Skripal. C’était la limite. Ils ne pouvaient plus le tolérer. Il lui font payer chèrement le fait d’être assez crédule pour tenir comme acquise la liberté de parole aux États-Unis. Le 6 août, Alex Jones a émis un avertissement concernant la menace sur la liberté d’expression d’Internet.

On dirait qu’il y a une purge en cours, car l’animateur de radio et directeur de la rédaction de antiwar.com, Scott Horton, l’ancien employé du Département d’État et auteur Peter Van Buren, ainsi que Dan McAdams, directeur exécutif de l’Institut Ron Paul pour la paix et la prospérité, ont vu leur comptes Twitter suspendus le 6 août. Certaines personnes de haut niveau, partageant des opinions conservatrices et alignées sur le président Trump, y compris des parlementaires, ont été « bannis » par Twitter. De nombreux journalistes « pro-Trump » ont perdu leur emploi simplement pour avoir posté des articles. La suppression généralisée de toute analyse « alignée sur Trump » et des médias indépendants est déchaînée.

Les rapports de Vice News ont confirmé cette conclusion. Selon la source, les libéraux et les démocrates ne sont pas soumis au prétendu « bannissement » de la même manière. Par exemple, rien n’est arrivé au membre du Congrès Maxine Waters (D-California), qui a incité à la « violence populaire » en encourageant ses partisans à harceler les membres de l’administration Trump en public. Apple a éliminé Alex Jones, mais Louis Farrakhan, le leader de Nation of Islam qui a qualifié Adolf Hitler de « très grand homme », peut utiliser sa plate-forme à cœur joie.

Un rapport publié par le Centre de recherche sur les médias (MRC) en avril a conclu que les principaux sites de médias sociaux – Facebook, Twitter, YouTube et le moteur de recherche Google – suppriment les discours conservateurs dans un « effort clair pour censurer la vision conservatrice du monde ». Intitulé « CENSORED ! How Online Media Companies Are Suppressing Conservative Speech », le document offre de nombreux exemples convaincants d’une telle suppression. La répression des médias russes aux États-Unis – RT et Sputnik – fait partie de la tendance.

InfoWars a fortement soutenu le président Trump pendant la campagne électorale. Comme on peut le voir, ce sont les entreprises technologiques, et non la Russie, qui se mêlent des élections de mi-mandat en novembre. Il ne faudra probablement pas attendre longtemps avant que d’autres sources d’expression conservatrice, telles que BreitbartNews, DailyCaller et autres, ne soient exclues des plateformes des géants technologiques. Si cela n’est pas une ingérence pour menacer la démocratie américaine, alors qu’est-ce que c’est ?

Les voix exprimant l’opinion opposée aux médias grand public sont privées de la possibilité d’être entendues par les électeurs pendant la campagne de mi-mandat en 2018. Une campagne visant à censurer massivement les conservateurs et les libertariens est lancée aux États-Unis pour priver les gens de leurs droits fondamentaux. Et ça va empirer. Le sénateur démocrate Chris Murphy a déjà appelé les sites Web des médias sociaux à interdire les médias les plus conservateurs à la suite de l’élimination d’InfoWars. Avec tout le battage médiatique à propos du « Russiagate », la question de la véritable menace pour la démocratie, venant de l’intérieur, est largement ignorée. Les géants de la technologie imposent leurs règles du jeu, éliminant l’opposition pour transformer leurs plates-formes en outils de propagande où les points de vue alternatifs n’ont pas leur place. DrudgeReport.com, Breitbart News, Fox News et d’autres petits sites qui ne marchent pas droit devraient être les prochains.

Peter Korzun

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/censure-dinfowars-par-les-gafa

 

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Face aux Gafa, l’Inde veut reprendre le contrôle de ses données

Face aux Gafa, l’Inde veut reprendre le contrôle de ses données

Par Anaïs Cherif  |   |  631  mots
Le projet de loi propose notamment de rendre obligatoire, pour les sociétés étrangères, le stockage des données personnelles des utilisateurs indiens - issues des réseaux sociaux, des moteurs de recherche ou encore des plateformes de e-commerce - sur son sol.
Le projet de loi propose notamment de rendre obligatoire, pour les sociétés étrangères, le stockage des données personnelles des utilisateurs indiens – issues des réseaux sociaux, des moteurs de recherche ou encore des plateformes de e-commerce – sur son sol. (Crédits : Pixabay / CC)
À l’instar de la Chine, le gouvernement indien plancherait sur un projet de loi pour obliger les sociétés étrangères à stocker les données personnelles des utilisateurs sur son territoire. Le but : reprendre le contrôle des données de ses citoyens et favoriser l’écosystème local pour faire émerger ses propres mastodontes du numérique.

L’Inde sort ses griffes. Le gouvernement plancherait sur un projet de loi afin de compliquer l’expansion des géants américains de la tech sur son territoire. L’objectif : reprendre le contrôle des données de ses citoyens et favoriser l’écosystème local pour faire émerger ses propres mastodontes du numérique. Le projet de loi propose notamment de rendre obligatoire, pour les sociétés étrangères, le stockage des données personnelles des utilisateurs indiens – issues des réseaux sociaux, des moteurs de recherche ou encore des plateformes de e-commerce – sur son sol. Les données devront également être rendues accessibles aux autorités locales en cas d’enquête.

Ce projet « est sans précédent et doit être pris très au sérieux », a déclaré auprès du Wall Street Journal Vinay Kesari, avocat basé à Bangalore, et spécialisé dans les questions de réglementation, ayant travaillé avec des entreprises technologiques américaines. « Cela pourrait avoir d’énormes implications. »

Un marché potentiel de 390 millions d’internautes

Dans le viseur de l’Inde : les géants américains qui opèrent sur son territoire, comme Google, Apple, Facebook ou encore Amazon. À défaut de pénétrer le marché chinois, où la plupart des acteurs étrangers sont censurés au nom de la politique de contrôle de l’Internet, connue sous le nom de « Great Firewall of China » (en français, Grande Muraille électronique de Chine), les entreprises américaines ont redoublé d’efforts ces dernières années pour séduire le marché indien. À commencer par Amazon.

Suite aux difficultés rencontrées par l’ogre du commerce en ligne pour s’imposer en Chine face au géant Alibaba, le Pdg et fondateur Jeff Bezos a revu sa stratégie d’implantation en Asie pour miser sur l’Inde. En juin 2016, en visite dans le pays, l’homme d’affaires avait annoncé un plan d’investissement de 3 milliards de dollars, qui venait s’ajouter à celui de 2 milliards déjà mis sur la table en 2014. Car le marché indien a de quoi faire saliver le leader mondial de l’e-commerce. D’après RedSeer Consulting, les ventes annuelles des sites d’e-commerce en Inde représenteront entre 80 et 100 milliards de dollars d’ici 2020, contre 13 milliards en 2016. Et ce n’est pas tout. L’Inde est désormais le deuxième marché mondial des smartphones et recense 390 millions d’internautes, se classant ainsi derrière la Chine mais devant les États-Unis. De quoi faire saliver les sociétés de la Silicon Valley…

L’Inde imite la Chine

L’Inde marche ainsi dans les pas de son voisin chinois, qui, en rendant son marché difficile d’accès, a favorisé l’émergence des géants Alibaba et Tencent. La deuxième économie mondiale a notamment adopté une législation similaire en novembre 2016, forçant les entreprises étrangères à stocker sur son territoire les données des internautes chinois. Ainsi, Apple a construit son premier data center en Chine, et a confié la gestion des données de ses utilisateurs à un partenaire local.

Ce projet de loi arrive au moment où le régulateur indien des télécoms menace d’interdire l’accès au réseau mobile national aux iPhone. Depuis deux ans, Apple refuse de rendre disponible au téléchargement une application anti-spam, développée sous l’égide du gouvernement indien. Cette application a officiellement été créée pour lutter contre le démarchage téléphonique abusif – très répandu dans le pays – en filtrant les messages et les appels indésirables. De son côté, le fabricant d’iPhone suspecte l’appli de siphonner massivement les données personnelles des utilisateurs… Apple dispose de six mois pour se conformer aux exigences du régulateur, avant de se voir couper l’accès au réseau, rendant ses téléphones inutilisables.

https://www.latribune.fr/technos-medias/face-aux-gafa-l-inde-veut-reprendre-le-controle-de-ses-donnees-787696.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180815

 

Europe : l’arme du droit contre les GAFA

Europe : l’arme du droit contre les GAFA

Daniel Fortin / Rédacteur en chef Le 20/12 à 12:50
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Chaque Etat membre l'Union européenne pourra imposer droit commun sociétés réservation voitures Uber monde, niveau d'innovation qu'ils proposent.

Chaque Etat membre de l’Union européenne pourra désormais imposer le droit commun des sociétés de réservation de voitures à tous les Uber du monde, quel que soit le niveau d’innovation qu’ils proposent. – Seth Wenig/AP/SIPA

La Cour de justice de l’Union européenne a tranché : Uber devra se soumettre aux règles normales imposées à toute société de taxi. Une revanche du législateur sur l’emprise croissante des plates-formes numériques. Mais attention de ne pas livrer un combat d’arrière-garde sous prétexte de contenir les GAFA.

C’est la fin du Far West pour Uber. Rattrapé par la patrouille, en l’espèce la Cour de justice de l’Union européenne, le Jessie James du taxi va devoir  rentrer dans le rang. Reconnu par les magistrats comme un opérateur de transport et non pas comme une simple plate-forme numérique organisant des rencontres entre des chauffeurs occasionnels et des clients, le trublion américain sera donc soumis au droit commun des sociétés de réservation de voitures, tout comme les sociétés de taxi. Cela signifie que chaque Etat membre de l’Union européenne pourra désormais imposer ce droit à tous les Uber du monde, quel que soit le niveau d’innovation qu’ils proposent.

On peut naturellement se réjouir de ce retour de la règle de droit dans un univers – celui de  l’économie dite collaborative  – façonné par le vent libertaire venu de la côte ouest des Etats-Unis. On peut aussi remercier les magistrats de la Cour européenne de mettre un coup d’arrêt à une certaine forme de naïveté de nos législateurs qui, éberlués par cette déferlante d’innovations dans des secteurs d’activités enkystés, ont tardé à réagir pour remettre de l’ordre.

Ce faisant, ils épousent une tendance générale qui voit les Etats, ceux de l’Europe en particulier, tenter de reprendre la main sur l’emprise de plus en plus massive des plates-formes numériques nées dans la Silicon Valley. Qu’elle soit menée sur le terrain de la concurrence, de la fiscalité ou de l’utilisation des données, la contre-offensive de l’Europe contre les Google, Facebook, Amazon ou Apple sera à n’en pas douter l’un des musts de l’année 2018.

« Colonisation numérique » américaine

Il reste à en cerner les vrais objectifs. Si la pertinence de cette réaction régulatrice est certes parfaitement justifiée sur le plan du droit – il n’est notamment plus tolérable que ces entreprises ne payent pas ou peu leurs impôts dans les pays où elles opèrent -, elle traduit aussi un dérangeant parfum d’impuissance, voire de protectionnisme, face à la « colonisation numérique » américaine. Incapable, faute de savoir s’unir, de créer des  champions numériques européens susceptibles de rivaliser avec les GAFA, l’Europe a clairement décidé d’utiliser le droit pour freiner leur expansion. C’est de bonne guerre, à condition d’être capable de proposer soi-même une offre crédible en matière digitale.

Car ne nous leurrons pas : tous les obstacles juridiques du monde ne suffiront pas à éteindre cette nouvelle soif de consommation qu’a suscitée la révolution numérique venue d’Amérique. Et les citoyens ne pardonneraient pas à leurs dirigeants de les priver d’innovations qu’ils ont déjà largement plébiscitées. Si le rôle du droit est d’éviter le chaos, il est aussi de s’adapter à son temps et de ne pas freiner ce qui reste, malgré toutes les imperfections, un formidable progrès.

Daniel Fortin

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301049529753-europe-larme-du-droit-contre-les-gafa-2140010.php#63lTQm8s6QemsQCr.99

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