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Les défis du gaz en Europe, deux mots d’ordre : diversifier et sécuriser.

​Les défis du gaz en Europe, deux mots d’ordre : diversifier et sécuriser.

 


Publié par Henri Poisot le 6 Mai 2019

 

Les tensions croissantes avec la Russie depuis la crise ukrainienne de 2014, ont accéléré les différents projets européens pour sécuriser et diversifier ses importations de gaz naturel. Elles sont jusqu’à maintenant très dépendantes de Moscou.

 


​Les défis du gaz en Europe, deux mots d’ordre : diversifier et sécuriser.
TAP et TANAP

Un des moyens les plus simples pour l’Union européenne de diversifier et sécuriser son import de gaz naturel et de relier directement par pipelines des zones d’extraction différentes tant par leur pays de production que le chemin utilisé. Le but est celui de la redondance des sources d’approvisionnement.

Le pipeline comporte plusieurs avantages, comparé au transport par bateaux. Contrairement au pétrole, le gaz n’est pas dans le même état dans un gazoduc ou un méthanier. Dans un gazoduc, le gaz naturel est compressé, mais reste à l’état de gaz, alors que pour maximiser la quantité transportée sur un bateau le gaz doit être liquéfié (GNL). Pour liquéfier le gaz, il faut le porter à -161 °C et le détendre à son port d’arrivée. Cette technique a été largement améliorée depuis les années 70, mais le procédé demande de nombreux investissements à égalité ou supérieurs à un gazoduc. Un gazoduc permet de se raccrocher plus facilement au réseau de distribution sans passer par le processus de détente du gaz.

Les pipelines créent aussi une rente pour les pays traversés. Ce sont des investissements à long terme, de nombreuses personnes embauchées et des taxes et impôts supplémentaires. Ils sont pour ces raisons fortement soutenus par les gouvernements.
Les projets de gazoducs TAP et TANAP pour Trans-Adriatic Pipeline et Trans-Anatolien Natural Gas Pipeline visent à amener le gaz extrait en mer Caspienne de l’Azerbaïdjan à l’Italie. Le TANAP se trouve exclusivement sur le territoire Turc, il traverse le pays depuis la frontière géorgienne jusqu’à la frontière grecque et un embranchement s’arrête à la frontière bulgare. Depuis le territoire Grec, le gazoduc se nomme TAP il traverse le nord du pays puis l’Albanie en direction de la mer Adriatique pour finir sa course à côté de la ville de San Focao sur le talon de la botte italienne.

Les deux tubes ont coûté un total de 13,5 milliards de dollars et s’étendent sur 2719 km. Le débit attendu est de 16 milliards de m3 par an pour le TANAP et de 10 milliards m3/an pour le TAP ce qui représente environ 4 % de la consommation annuelle des pays de l’UE.

Ce projet n’a pas pour but de se défaire du gaz russe il s’inscrit dans le but de diversifier les approvisionnements.

Northstream 2 contre GNL, une guerre du gaz

Le projet Northstream 2 vise à construire un second gazoduc suivant le tracé du premier pipeline Northstream en mer Baltique depuis la Russie vers l’Allemagne. Le projet se retrouve entre plusieurs feux européens et américains. La politique de fermeté envers les intérêts russes par les États unis s’amplifie.

La Russie tente avec ce projet de faciliter ses exports depuis le gisement de Shtockman en mer de Barents. C’est aussi un moyen pour elle de se passer de l’Ukraine comme point de passage. Ce transit représente 3 milliards de dollars par an pour l’Ukraine, une somme dont Moscou aimerait bien priver Kiev qui subit déjà un déficit chronique. Les anciens pays du bloc soviétique ont également peur de cette dépendance et gardent en mémoire la politique de restriction du débit et de montée des prix utilisés par la Russie contre l’Ukraine. Elle qui voit passer 48 % du gaz russe consommé par l’Europe.

Les États unis ont proposé d’approvisionner l’Europe grâce à du GNL (gaz naturel liquéfié) provenant de la technique dite de « fracturation », le gaz de schiste. Cette technique rencontre de nombreuses oppositions à travers le monde, elle est accusée de déverser de nombreux produits de synthèse dans la nature ainsi que de fragiliser la structure du sous-sol. Récolter ce gaz a permis aux États unis de redevenir le premier extracteur mondial avec environ 20 % de la production mondiale à ce jour.

Ainsi nombre de pays de l’Est européens très atlantistes (Pologne en tête) soutiennent ce projet américain. Une décision ayant un double effet, sécuriser leur approvisionnement en évitant de possibles pressions russes ainsi que de priver Moscou de recettes qui lui sont vitales.

Le projet Northstream 2 est soutenu principalement par l’Allemagne qui depuis l’arrêt de ses centrales nucléaires a augmenté sa consommation de gaz par un facteur de 10. Berlin a cependant fait récemment des compromis en autorisant la construction d’infrastructures pour recevoir du GNL américain et a fait évoluer sa position sur la nouvelle directive européenne sur le gaz. Ce texte établit que les règles régissant le marché du gaz au sein de l’Union s’appliqueront désormais aussi aux gazoducs. Ce changement est essentiel, permettant aux Européens de mieux contrôler et en plus grande transparence le juteux business du gaz russe.

Le Venezuela et la guerre de l’empire contre les Peuples: les vautours du «fracking»

Le Venezuela et la guerre de l’empire contre les Peuples: les vautours du «fracking»

 

 

L’objectif annoncé des vautours est de venir en « aide humanitaire urgente aux victimes du socialisme chaviste » et d’appliquer massivement dans le sol de la République bolivarienne la technique d’exploitation pétrolière connue sous le terme de « fracking » ». Il s’agit là d’une ancienne et prédatrice méthode d’exploitation d’hydrocarbures qui « optimise » le séchage plus ou moins efficace des réservoirs par le « simple fait » d’injecter des millions de litres d’eau à haute pression. Cela provoque la pénurie d’eau potable accessible aux populations. Il est primordial de préciser qu’à cette eau est mélangée plus d’une centaine de produits chimiques, dont l’acide chlorhydrique et autres substances cancérigènes, qui finiront tôt ou tard dans les aquifères/nappes phréatiques, empoisonnant les captations d’eau des villes et villages.

Reçus à bras ouverts, notamment par les gouvernements limitrophes de Jair Bolsonaro au Brésil et de Iván Duque Márquez en Colombie, les géants de l’exploration pétrolière n’en peuvent plus d’impatience. Déjà présents pour la plupart sur le territoire vénézuélien, ils sont contrariés par la campagne de Nicolás Maduro, lancée en 2015, contre les méthodes prédatrices de fracturation hydraulique. Celle-ci les empêche jusqu’à présent de mener « librement » leurs opérations. Cette technique est aussi connue sous le nom de « extraction de gaz et pétrole de schiste par fracturation hydraulique » ou « fracking » en anglais -que je traduirais par viol de la Terre.

L’objectif annoncé des vautours est de venir en « aide humanitaire urgente aux victimes du socialisme chaviste et d’appliquer massivement dans le sol de la République bolivarienne la technique du « fracking » » -autant dire une méthode assassine ! Il s’agit là d’une ancienne et prédatrice méthode d’exploitation d’hydrocarbures qui « optimise » le séchage plus ou moins efficace des réservoirs par le « simple fait » d’injecter des millions de litres d’eau à haute pression. Cela provoque la pénurie d’eau potable accessible aux populations. Il est primordial de préciser qu’à cette eau est mélangée plus d’une centaine de produits chimiques, dont l’acide chlorhydrique et autres substances cancérigènes, qui finiront tôt ou tard dans les aquifères/nappes phréatiques, empoisonnant les captations d’eau des villes et villages.

La méthode utilise un début de forage vertical ou conventionnel, de profondeur variable jusqu’à 2 km, auquel est appliqué au niveau du réservoir une déviation importante du puits, devenant en ce point –kick off point ou point de départ- un puits horizontal ou non conventionnel, foré jusqu’à 3 km de long. Le contact à l’horizontal avec les formations géologiques huilières est fortement allongé par rapport à la méthode conventionnelle -normalement sur des roches poreuses-, mais comme la roche réservoir est ici plus compacte, elle a besoin d’être fracturée sur plusieurs interventions dans toute sa longueur. Pour rendre l’extraction possible, beaucoup plus de puits sont nécessaires, ce qui signifie l’application d’un grand nombre d’injections chimiques.

L’extérieur des tuyauteries du puits est injecté et revêtu de ciment. Pour créer un contact des tuyaux avec la roche productive à fracturer, il faut déflagrer des charges explosives au bout du puits. Les industriels clament la propreté de la méthode arguant le puits entouré par du ciment, mais ce n’est cependant la réalité dans la zone productive, cible des explosifs et du « fracking » où des failles et autres discontinuités géologiques peuvent emmener les produits de la fracturation et contaminer les nappes d’eau souterraines. De plus, le revêtement du puits en ciment n’est sûrement pas éternel, ce qui engendrera des contaminations plus importantes à moyen et/ou à long terme. L’erreur humaine lors d’opérations si complexes techniquement n’est jamais improbable.

Dans le processus de fracturation des roches, une partie piégée du gaz -le méthane, CH4- finit par s’échapper dans l’atmosphère. Alors qu’en France l’agriculture/sylviculture est la principale responsable des émissions de ce puissant gaz à effet de serre -25 fois plus puissant que le CO2-, les scientifiques ont commencé à réaliser l’énorme sous-estimation planétaire d’émissions de méthane en provenance des puits de pétrole et de gaz de schiste.

Graphique 1 – Concentration atmosphérique de CH4 en parties par milliard (ppb)

S’ajoutent les réactions des composants acides avec les roches carbonatées qui produisent du CO2 -dioxyde de carbone-, tout cela en amont du raffinage et de la combustion finale d’hydrocarbures dans nos industries, nos voitures.

-Bonjour la lutte contre le réchauffement climatique. Merci à l’empire de ce beau cadeau, une sorte de legs aux générations futures -une multitude de poisons répandus dans l’atmosphère, la mer, les rivières, le sol et un changement mortifère du climat assuré.

Quand Emmanuel Macron et une bonne partie des pays de l’UE valident un usurpateur  comme Juan Guaidó dans une posture suiviste de Donald Trump -président du pays siège de la majorité des entreprises prédatrices usagères du « fracking » à grande échelle-, ce sont les techniques de fracturation hydraulique qu’ils valident et tous les graves inconvénients, empoisonnements qui en découlent.

Le poids et l’influence des groupes pétroliers sur les gouvernements du vieux continent sont si forts que ces derniers se plient volontairement sous un honteux asservissement à ces entreprises massacreuses sans scrupules. Et ne croyez pas que les vampires ne vont revenir à la charge en France pour nous aider à devenir « producteurs de malheur = gaz de schiste ». L’argumentation se revêt constamment de points exclusivement positifs, taisant détériorations, dégradations et saccages cependant systématiquement induits : créer des emplois, faire croître l’investissement, l’autonomie énergétique… stop à ce baratin ! Halte à la destruction de notre unique, singulière et bien aimée planète Terre !

L’impact du « fracking » à la base de l’actuelle crise vénézuélienne

La production de pétrole de l’Arabie saoudite est, depuis quelques années, étirée à sa limite maximale. Afin de baisser les cours pétrolifères les États-Unis d’Amérique ont décidé en 2011, à la suite des printemps arabes, d’envahir les marchés avec leur propre production, celle des réserves stratégiques -à grande profondeur, dans les roches-mères à huile, plus compactes, seulement exploitables par fracturation hydraulique. Les USA sont aujourd’hui premier producteur mondial de brut, surpassant la Russie et l’Arabie saoudite avec environ 12 millions de barils par jour. Ils sont aussi tout en haut de la liste pour le gaz naturel avec 734 milliards de mètres cubes -m³- en 2017.

Graphique 2 – La production s’envole, la planète crève

Les responsables des politiques US ont ainsi fait usage de cette arme de destruction massive environnementale au détriment de la santé de leurs concitoyens [1][2]. Inonder les marchés avec leur production permet aujourd’hui d’imposer l’interdiction d’achat du pétrole iranien et de fragiliser les pays qui dépendent de la vente de brut.

Graphique 3 – Tight oil = shale oil = pétrole « serré » de schiste

L’objectif ultime de cette méthode correspond à déstabiliser un maximum de pays à potentiel pétrolifère avec des guerres, la mise en place de gouvernements ultra-libéraux et diffuser le pillage partout. La chute des cours a été multifactorielle -ralentissement de l’économie chinoise, accès aux marchés du pétrole iranien en 2016- mais elle se doit surtout à l’augmentation de la production nord-américaine.

Graphique 4 –L’arme de destruction massive -le « fracking »- et la chute des cours du brut

Comme conséquence nous avons constaté la dégringolade des économies brésilienne et vénézuélienne, qui ont entraîné le coup d’État au Brésil contre Dilma Rousseff en 2015/2016 et le début des problèmes économiques du gouvernement de Nicolás Maduro en 2013/2015, exacerbés par le sabotage généralisé des impérialistes occidentaux [3]. Certains oseraient prétendre ce fait fortuit : il s’agit des deux États qui consacraient le plus de recettes pétrolières à des mesures sociales, contre la pauvreté et pour l’accès de tous à une vie digne.

L’exemple « vautouresque » du pillage de l’Angola

En tant qu’ex-géologue diagraphiste et ex-ingénieur de données de forage, je vais essayer de résumer nos actes à Cabinda, sur plateforme en mer profonde (426 m) dans le bloc 14 -mon chez moi de 2006 à 2008. L’enclave de Cabinda -entre la République Démocratique du Congo et le Congo Brazzaville- est responsable de plus de 50 % des exportations angolaises de pétrole. La production de brut en Angola avoisine 1,5 million de barils par jour.

Vue aérienne de l’enclave de Cabinda, Angola

Le consortium CABGOC -détenu par l’américain Chevron + les partenaires européens Total + Eni + Galp + l’angolais étatique Sonangol- contrôle les opérations d’extraction pétrolière à Cabinda. Je décris ici une fraction infime des opérations sur le bloc 14.

CABGOC -Cabinda Gulf Oil Company- a foré une série de puits conventionnels à 90 km de la côte angolaise dans le bassin du Congo. Au centre de cette multitude de puits, ils ont construit en 2006 une méga plateforme collectrice -« CPT » ou « Compliant Piled Tower », un investissement de 2,2 milliards de dollars-, qui pompe et dégaze les hydrocarbures produits par tous ces puits.

On forait souvent des « puits injecteurs » autour de chaque puits producteur afin de maintenir un différentiel de pression dans le champ et ainsi s’assurer que l’or noir se « dirige » dans les puits producteurs. Si à la fin de la stabilisation d’un puits producteur, sa mise en production ne fournissait pas de débit, alors à ce stade on voyait arriver les représentants d’Halliburton avec leur bateau-container -le « Frac boat »- qui pompaient vers l’intérieur du puits une solution fluide à base d’acide chlorhydrique et toute une panoplie de produits chimiques prêts pour la suite, déjà sur place, gérés par la compagnie des fluides/boues de forage.

Le « Frac boat » avant le « Frac job« , Bassin du Congo, Cabinda, Angola

Cette soupe fluide acide/toxique incorporait une espèce de billes de sable -« proppants », « agents de soutènement » en français- permettant de maintenir ouvertes les micro-fractures de la roche réservoir, créées par l’injection acide à haute pression, amenant le fluide carboné piégé dans la roche à fluer dans le puits -dans le mélange gaz/huile, à grande profondeur/haute pression plusieurs composantes de la fraction gazeuse sont à l’état liquide.

Mon poste consistait à aider à monitorer les opérations de forage dans leur ensemble. C’est à ce stade que j’ai compris être complice d’opérations de fracturation hydraulique acide. Et il en est ainsi sans cesse, d’un puits vers un autre, pour obtenir le maintien de production à un certain niveau et bien « presser » le réservoir jusqu’à la dernière goutte exploitable. Le pétrole était contenu dans des roches sableuses, poreuses et donc, théoriquement, non cibles de « fracking ». Question pertinente, piste pour d’autres travaux d’investigation : les grands « majors » pétroliers sont-ils aujourd’hui en train d’utiliser cette méthode dans tous les champs pétrolifères planétaires ?… !

La merveilleuse Cabinda : terre tropicale, Peuple généreux, terre de misère

Souvent, les ouvriers de Cabinda -les « Cabindas »- m’approchaient et commentaient : « C’est quand même fou, il n’y a pas si longtemps qu’on a foré ce puits et il faut déjà intervenir pour le nettoyer ». Ce n’était pas du nettoyage de puits qu’on effectuait, mais du pressage de réservoir à coup d’acide ! J’ai ainsi réalisé l’incompréhension des ouvriers locaux de la réelle nature de nos actes. Verrouiller le savoir c’est aussi maintenir la population dans l’ignorance et loin des sentiments légitimes de révolte.

Régulièrement, d’autres épisodes de fuites diverses, souillant immanquablement les zones côtières, étaient relatés par les « Cabindas », qui se plaignaient de la qualité ou du manque de poissons, ne pouvant plus pêcher ni nourrir leur famille [4].

J’entendais souvent au téléphone interne de la plateforme le mot « overboard » -« par-dessus bord »- et ce n’était pas que de l’eau que l’on jetait…

Les navires pétroliers arrivaient directement des USA à un grand bateau d’emmagasinement « FPSO » -une plateforme de stockage et dégazage d’hydrocarbures voisine de la méga tour « CPT »- et repartaient dans un ballet frénétiquement incessant de vaisseaux. La « CPT », nommée « BBLT » -Benguela, Belize, Lobito, Tomboco, homonymes de quatre villes angolaises- était constituée d’une tour de dégazage qui produisait une flamme gigantesque ne s’interrompant jamais. La structure mesure 512 mètres du fond marin à la pointe de la tour de forage.

La tour BBLT et le dégazage permanent

Les vautours se fichaient royalement de ces obscènes quantités de gaz brûlé -alors que les Angolais en campagne n’ont même pas de gaz pour cuisiner leurs aliments-, ils n’étaient là que pour le pétrole à raffiner sur le sol américain et ensuite permettre le plein des méga-voitures hyper voraces en essence, destinées aux méga-embouteillages qui noircissent le ciel nord-américain et font exploser en stress les mères et pères qui passent une bonne partie de leur temps dans ces enfers démesurés -les bouchons- au lieu de vivre du bon temps avec leurs enfants en famille.

Quid du désastre environnemental et tous ces produits acides, cancérigènes répandus dans la mer/nature. Quid du réchauffement climatique et le « gaz-pillage » ! J’ai honte d’avoir participé à ça !

L’empire du « fracking » se répand

Alors imaginons cette méthode à terre. Cela se déroule en ce moment en Colombie malgré une forte opposition populaire [articles bientôt sur Investig’Action], en Argentine -Patagonie le « eldorado du fracking » pour Total, Shell, Exxon à « Vaca Muerta » [5]-, en Pologne -le premier producteur de gaz de schiste en Europe-, en Angleterre -alors qu’en Écosse se déroule une polémique juridico-politique autour de ce sujet [6]-, aux Pays-Bas, en Hongrie, en Autriche, et partout où la démocratie cède au capital néolibéral.

Un projet au Portugal risque de voir le jour dans un an, au détriment de la loi qui interdit l’exploration et la production non-conventionnelles. L’entreprise « Australis Oil & Gas » dont un des multiples actionnaires est la banque JP Morgan, dispose d’une année pour présenter une étude d’impact environnemental et a déjà commencé à déployer une campagne de désinformation chez les Lusitaniens.

En France les lobbies pétroliers, toujours très actifs, n’ont pas perdu de vue le Bassin de Paris, le Sud-Est, les Cévennes, Cahors, etc. La loi interdit actuellement l’usage de cette technique en France où personne n’est choqué d’importer du pétrole et du gaz de schiste américains [7].

Le géant de la pétrochimie Ineos -au centre de la polémique écossaise-, propriété du capitaliste le plus riche du Royaume-Uni -Jim Ratcliffe- va investir 3 milliards d’euros dans la création d’un site industriel sur le port d’Anvers en Belgique, qui sera approvisionné principalement par du gaz de schiste [8]. Les russes Gazprom et les norvégiens Statoil exploitent des gisements aux USA en utilisant la fracturation hydraulique. La Chine avec les premières réserves mondiales de gaz de schiste au monde -31 500 milliards de m³-, entre dans la course du « fracking ». Le site de Sud-Sichuan dans le Sud-Ouest chinois a produit en 2018 autour de 4,2 milliards de m³ de gaz.

Y aurait-il une lueur d’espoir quelque part dans le monde ?

Le Peuple, toujours le Peuple ! Il n’y a que lui pour stopper le désastre environnemental annoncé. L’information est et sera la clé vertueuse de la légitime volonté populaire. Il faut croire que les symboles qui représentent le combat environnemental, comme la jeune suédoise Greta Thunberg [9]et le combat social révolutionnaire du mouvement français des Gilets Jaunes [10][11], soient l’étincèle qui donnera naissance à une nouvelle société juste et digne.

Pour une vie saine, stoppons les vautours du « fracking » !

Paulo Correia

 

Cet article a été d’abord publié par Investig’Action.net, le 27 avril 2019. Il paraîtra également sur Journal de Notre Amérique en mai 2019

 

Références :

Données du graphique 1 : https://www.eea.europa.eu/data-and-maps/indicators/atmospheric-greenhouse-gas-concentrations-6/assessment

Données des graphiques 2, 3, 4 : https://www.eia.gov/

Notes:

[1]-https://www.bbc.com/news/science-environment-39032748

[2]-https://www.commondreams.org/news/2011/12/01/what-killed-dunkard-creek-residents-pennsylvania-and-west-virginia-say-fracking

[3]-https://www.investigaction.net/fr/comprendre-le-blocus-contre-le-venezuela-2e-partie-les-faits/

[4]-http://pt.rfi.fr/angola/20171117-angola-chevron-em-tribunal-por-derrame-em-cabinda

[5]-http://www.opsur.org.ar/blog/2019/03/04/en-argentine-la-patagonie-est-le-nouvel-eldorado-du-gaz-de-schiste/

[6]-https://www.bbc.com/news/uk-scotland-scotland-politics-47709231

[7]-https://www.bastamag.net/Mauvaise-nouvelle-pour-le-climat-la-France-commence-a-importer-du-gaz-de

[8]-https://www.lecho.be/entreprises/chimie/sans-le-gaz-de-schiste-nous-ne-pourrions-pas-investir-3-milliards-a-anvers-ineos/10087660.html

[9]-https://www.investigaction.net/fr/vous-les-adultes-vous-chiez-sur-notre-avenir-portrait-de-greta-thunberg/

[10]-https://www.investigaction.net/fr/gilets-jaunes-la-revolution-davril/

[11]-https://www.investigaction.net/fr/tous-au-rond-point/

 

 

Paulo Correia est musicien, ex-géologue pétrolier et collaborateur de la rédaction au Journal Notre Amérique (Investig’Action). Il co-anime avec ses chroniques d’opinion le blog « Ideia perigosa – Idée dangereuse » . Photos du chroniqueur.

Alors qu’une nouvelle cargaison arrive en France, Total mise gros sur le gaz de schiste américain

ÉNERGIES FOSSILES

Alors qu’une nouvelle cargaison arrive en France, Total mise gros sur le gaz de schiste américain

 PAR OLIVIER PETITJEAN

Un nouveau navire méthanier en provenance des États-Unis arrive en France, porteur d’une cargaison largement issue de l’exploitation du gaz de schiste. Au même moment, le groupe Total annonce un important investissement dans un nouveau projet de gazoducs et de terminal d’exportation de gaz de schiste sur la côte de Louisiane.

Il y a quelques semaines, l’Observatoire des multinationales révélait que la France a commencé à importer du gaz naturel liquéfié américain – en grande partie du gaz de schiste – à partir de l’automne 2018 (lire notre article : Le gaz de schiste américain arrive discrètement en France).

Depuis, ces importations se poursuivent bon train, comme le montrent les chiffres rendus publics par [l’agence étatsunienne d’information sur l’énergie]. Un nouveau navire méthanier, le Oak Spirit, devait accosterce vendredi 5 avril au petit matin au terminal de Montoir-en-Bretagne, en provenance de celui de Sabine Pass aux États-Unis. Un paradoxe alors que la France a interdit depuis huit ans la fracturation hydraulique, et donc l’exploitation du gaz de schiste, sur son propre territoire.

Sur fond de relance du Tafta (lire notre article), les milieux d’affaires ont parié sur le fort développement des exportations du gaz de schiste américain vers l’Europe. Plusieurs dizaines de terminaux méthaniers sont en cours de construction ou en projet sur les côtes du Golfe du Mexique (pour exporter le gaz de schiste extrait au Texas), ainsi que sur la façade Atlantique des États-Unis (pour exporter celui extrait en Pennsylvanie et dans l’Ohio). Les banques françaises, et en particulier la Société générale, sont d’ailleurs étroitement impliquées dans ces projets (lire notre article).

Les géants du pétrole misent sur les exportations de gaz de schiste

C’est aussi un marché sur lequel le groupe Total, comme les autres géants du pétrole, est en train de miser gros. La major française possédait déjà des actifs dans l’exploitation du gaz de schiste dans l’Ohio et au Texas (lire notre enquête). Il a récemment investi dans des nouvelles unités pétrochimiques au Texas. En rachetant les activités GNL d’Engie, il a acquis des parts dans le terminal d’exportation Cameron LNG, sur les côtes de Lousiane. Et enfin et surtout, Total a misé beaucoup d’argent sur l’entreprise Tellurian, spécialisée sur ce créneau de l’exportation du gaz de schiste américain, dont elle détiendrait aujourd’hui environ 25% du capital.

Le groupe français vient d’annoncer qu’il injectait 700 millions de dollars supplémentaires dans Tellurian et notamment dans son projet de terminal d’exportation de GNL de Driftwood, également en Louisiane. Le projet Driftwood LNG, qui comprend le terminal mais aussi un réseau de gazoducs pour faire venir le gaz de schiste extrait au Texas, affiche un coût total de 30 milliards de dollars.

Au final, investir ainsi dans l’exportation du gaz de schiste américain présente probablement un double avantage pour Total. D’abord, certes, se positionner sur un marché en plein développement. Mais aussi s’assurer que la France et l’Europe resteront abreuvées de gaz pour les années à venir, ce qui est nettement moins menaçant pour les intérêts du groupe d’une transition énergétique ambitieuse.

Olivier Petitjean

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Photo : Le terminal de Sabine Pass, par Roy Luck.

http://multinationales.org/Alors-qu-une-nouvelle-cargaison-arrive-en-France-Total-mise-gros-sur-l

Shell se lance dans le pétrole de schiste en Chine

Finance et marchés

Shell se lance dans le pétrole de schiste en Chine

SHELL SE LANCE DANS LE PÉTROLE DE SCHISTE EN CHINE

Royal Dutch Shell a conclu un partenariat, annoncé lundi, avec la compagnie publique chinoise Sinopec par lequel le groupe anglo-néerlandais va participer aux efforts balbutiants de la Chine pour exploiter ses ressources, potentiellement immenses, en pétrole de schiste. /Photo prise le 30 janvier 2019/REUTERS/Yves Herman YVES HERMAN

par Chen Aizhu

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SINGAPOUR (Reuters) – Royal Dutch Shell a conclu un partenariat, annoncé lundi, avec la compagnie publique chinoise Sinopec par lequel le groupe anglo-néerlandais va participer aux efforts balbutiants de la Chine pour exploiter ses ressources, potentiellement immenses, en pétrole de schiste.

Shell devient ainsi l’un des rares grands groupes pétroliers internationaux à s’aventurer dans le secteur du pétrole de schiste en Chine.

Il a confirmé lundi un accord annoncé auparavant par Sinopec sur une collaboration en vue d’examiner le site de Dongying dans la province orientale de Shandong. Les deux groupes n’ont fourni aucune autre précision.

La Chine a déjà franchi les premières étapes lui permettant d’exploiter ses vastes ressources en gaz de schiste, qui ont contribué l’an dernier à hauteur de 6% à sa production totale de gaz. L’exploitation de ses réserves en pétrole de schiste en est à un stade encore plus précoce en raison, selon les experts, d’une géologie défavorable et de coûts de développement élevés.

Après plusieurs années d’efforts, le pétrole de schiste représente toujours moins de 1% de la production totale de brut de la Chine, dit Angus Rodger, directeur de recherche dans les activités « amont » pour la région Asie-Pacifique chez Wood Mackenzie.

« Le pétrole de schiste chinois a une très faible perméabilité, ce qui signifie une production par puits très faible rendant difficile de parvenir à une viabilité sur le plan économique », a dit de manière anonyme un responsable du secteur des hydrocarbures au sein du ministère chinois des Ressources naturelles.

L’essentiel des ressources chinoises en pétrole de schiste se situent dans l’est du pays, comme les bassins de Songliao et de Bohai Rim, où se trouve le site de Dongying. Les bassins d’Ordos et de Junggar, dans le nord de la Chine, pourraient aussi abriter d’importantes réserves, pensent les experts.

Les réserves en gaz de schiste sont en revanche concentrées dans la province du Sichuan, dans le centre du pays, où Total collabore avec Sinopec. Le groupe français envisage de se lancer aussi à l’avenir dans le pétrole non conventionnel en Chine.

Shell a en revanche renoncé à ses activités d’exploitation de gaz de schiste dans le Sichuan après avoir investi au moins un milliard de dollars sans obtenir de résultats satisfaisants.

(Bertrand Boucey pour le service français, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)

 

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/shell-se-lance-dans-le-petrole-de-schiste-en-chine_652768

D’ici 2024, les USA pourraient devenir le principal exportateur mondial de pétrole, ce qui changerait la donne géopolitique

D’ici 2024, les USA pourraient devenir le principal exportateur mondial de pétrole, ce qui changerait la donne géopolitique


L’Agence internationale de l’énergie prévoit que les USA deviennent le principal exportateur mondial de pétrole d’ici 2024.


Par Andrew Korybko – Le 19 Mars 2019 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoElle a émis un rapport, qui attribue cette montée en puissance à« l’incroyable force de l’industrie du gaz de schiste », ajoutant que le phénomène constitue « un jalon majeur qui apportera une plus grande diversité de l’offre sur les marchés ». Le rapport complet de l’agence n’est pas distribué en accès libre, mais il reste possible de tirer les conséquences les plus importantes au niveau de l’industrie énergétique mondiale, et dans les relations internationales en général.

US-top-oil-exporter-by-2024

Les USA se retrouveront en position de défier l’alliance de l’OPEP+, constituée entre la Russie et l’Arabie Saoudite. Cela sera d’autant plus plausible si le Congrès adopte la loi dénommée « NOPEC » d’ici là, ce qui donnerait le droit au gouvernement d’attaquer les Grandes puissances précitées en justice, pour s’en prendre à leur coordination sur le marché du pétrole, et d’aller jusqu’à leur imposer des sanctions en réponse.

Depuis 2017, l’Agence d’information sur l’énergie étasunienne évalue à 37% la part des exportations de pétrole des USA vers le Canada, le Mexique et le Brésil ; ces exportations pourraient s’étendre dans l’hémisphère américain, les USA s’employant à organiser l’autarcie de leur zone du monde, leur stratégie générale s’employant à présent à bâtir leur projet géostratégique de « Citadelle Amérique ». On peut donc s’attendre à voir les USA faire usage de leur tout nouveau statut de superpuissance énergétique pour promouvoir leurs intérêts géostratégiques : cela passerait par une entrée en compétition sur le marché de pétrole avec la Russie et l’Arabie Saoudite pour la conquête des marchés en croissance que constituent l’Europe et l’Asie – on pourrait assister à une baisse significative des prix du pétrole mondiaux, les quantités de produit déversées sur les marchés rendant impossible à l’OPEP+ de faire monter les prix à volonté comme dans le passé.

Si tel était le cas, les budgets russe et saoudien pourraient se voir grevés de précieuses rentrées de capitaux, aux moments sensibles de leurs calendriers respectifs que sont la « Grande Société » et Vision 2030. Ces deux projets ambitieux pourraient en subir le contrecoup, à moins que les gouvernements des deux pays ne ré-allouent des dépenses d’autres postes (comme vers les complexes militaro-industriels) pour compenser ces manques à gagner. Dans les deux cas, les populations des deux pays pourraient réagir politiquement, ce qui pourrait déstabiliser les deux pays : l’Arabie Saoudite comme la Russie feraient bien d’anticiper ces événements, et pourquoi pas planifier des contre-mesures préventives pour empêcher ce type de scénario. Ajoutons que ces conséquences potentielles sont hypothétiques et restent donc incertaines.

On peut en revanche prédire sans grand risque de se tromper que les USA profiteront des entrées d’argent de ces ventes de pétrole pour combler leurs déficits budgétaires et travailler à se rendre stratégiquement indépendants des pays auxquels ils étaient jusqu’ici liés, au travers d’achats de bons du trésor ou de pétrole. Cette prise d’indépendance répondrait aux intérêts propres étasuniens, mais l’affaiblissement des interdépendances complexes en place entre eux-mêmes et d’autres pays, construite sur des décennies de pratiques mondialistes, pourraient permettre la libération d’une certaine agressivité de la part des USA vers leurs anciens partenaires, chose qui désavantagerait évidemment les pays en question, par un jeu à somme nulle. Quoi qu’il en soit, il faudra sans doute attendre 2030 pour voir ces conséquences se concrétiser, et l’eau aura bien coulé sous les ponts d’ici là.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 13 mars 2019.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Note du Saker Francophone

Il semble que l'on trouve deux sortes d'experts en énergie, et notablement en pétrole : ceux qui prédisent que l'industrie du gaz de schiste [étasunienne en particulier, mais en général aussi] est une fumisterie financière dont la fin est proche, et ceux qui pensent qu'elle marque un réel changement. L'Agence internationale de l'énergie, en tous cas, a choisi son « camp »

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/dici-2024-les-usa-pourraient-devenir-le-principal-exportateur-mondial-de-petrole-ce-qui-changerait-la-donne-geopolitique

Mauvaise nouvelle pour le climat : la France commence à importer du gaz de schiste

ENERGIE

Mauvaise nouvelle pour le climat : la France commence à importer du gaz de schiste

PAR OLIVIER PETITJEAN

L’affaire avait fait grand bruit il y a trois ans : la France, qui a interdit l’exploitation du gaz de schiste sur son propre territoire, allait-elle importer du gaz de schiste en provenance des États-Unis ? Cette source d’énergie très controversée, en raison des impacts environnementaux de la fracturation hydraulique, allait-elle quand même alimenter les chaudières et plaques de cuisson françaises ? La réponse est oui.

Les importations de gaz de schiste américain ont effectivement commencé à l’automne 2018, selon les données rendues publiques par l’agence état-sunienne d’information sur l’énergie. Et cela ne fait que commencer. Le navire méthanier Provalys, revendu l’année dernière par Engie à Total, devait accoster cette semaine au port de Montoir, à proximité de Saint-Nazaire, en provenance du terminal d’exportation de gaz de Sabine Pass. Celui-ci, situé à la frontière entre la Louisiane et le Texas, appartient à la firme américaine Cheniere. Le Provalys semble avoir changé de cap depuis la première publication de cet article (voir précisions ci-dessous).

« Le gaz naturel américain est importé directement en France depuis fin 2018 »

Elengy, filiale d’Engie qui gère le terminal méthanier de Montoir (et deux terminaux similaires à Fos-sur-Mer), a confirmé à l’Observatoire des multinationales que « le gaz naturel américain est importé en Europe depuis 2017 et directement en France depuis fin 2018 ». Tout en ajoutant que « le nom des importateurs et le détail des cargaisons sont des informations commercialement sensibles que nous ne sommes pas autorisés à divulguer ». Même invocation du secret commercial du côté du quatrième et dernier terminal méthanier française, celui construit par EDF à Dunkerque, récemment revendu à l’opérateur belge Fluxys.

L’Observatoire des multinationales, édité par Basta !, a donc sollicité les entreprises susceptibles d’avoir acheté ce gaz pour le distribuer en France, à savoir les fournisseurs EDF, Engie et Total (qui a récemment absorbé Direct Energie et Lampiris sous la marque Total Spring, prenant la troisième place du marché). Aucune n’a souhaité répondre. L’autre possibilité est que ce gaz ait été acheté par des clients industriels, par exemple pour produire… du plastique (lire à ce sujet : Les liens étroits et méconnus entre le gaz de schiste et l’explosion des déchets plastiques).

Contrats d’approvisionnement signés… au moment de la COP 21

En 2015, juste avant la Conférence de Paris sur le climat, Engie et EDF avaient signé des accords d’approvisionnement avec Cheniere, pionnière de l’exportation du gaz de schiste américain avec les terminaux de Sabine Pass et de Corpus Christi (voir ici). Selon les données officielles, la majorité du gaz exporté vers la France transite par le terminal de Sabine Pass, et par celui de Cove Point, dans la baie de Chesapeake, appartenant à Dominion Energy.

L’essor du gaz de schiste aux États-Unis, un pays qui était auparavant un importateur net, a créé une situation de surproduction et une baisse des prix. Les industriels états-uniens se sont donc rapidement intéressés aux marchés d’exportation. La construction de plusieurs dizaines de nouveaux gazoducs et terminaux méthaniers est planifiée le long des côtes du golfe du Mexique et de la façade Atlantique, dont certains financés par des banques françaises, en particulier la Société générale.

Le gaz, aussi nuisible pour le climat que les autres hydrocarbures

La contestation de ces nouvelles infrastructures gazières est aujourd’hui tout aussi virulente aux États-Unis que celle liée aux impacts locaux de la fracturation hydraulique – contamination de l’eau, séismicité, pollution de l’air, etc (voir ici). Le gaz est souvent présenté par les industriels comme une source d’énergie plus « propre » que le pétrole ou le charbon, et donc plutôt bénéfique pour la transition énergétique. Un discours porté en France par Engie et Total.

En réalité, si l’on tient compte de l’ensemble de la filière et notamment des émissions fugitives de méthane, un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2, le gaz est tout aussi nuisible pour le climat que les autres hydrocarbures, voire davantage. De ce point de vue aussi, l’arrivée massive de gaz américain en France et en Europe n’est pas une bonne nouvelle.

NOTE : Depuis la première publication de cet article le 8 mars 2019, le Provalys a changé de cap. Même si sa destination officielle est toujours Nantes, il est actuellement (au 13 mars au matin) en train de tourner en rond à proximité de l’archipel des Açores. Il est possible qu’il attende une offre plus lucrative pour sa cargaison.

Olivier Petitjean

https://www.bastamag.net/Mauvaise-nouvelle-pour-le-climat-la-France-commence-a-importer-du-gaz-de