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Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale


Shakespeare a écrit un jour que le diable est capable de citer les Écritures quand il y va de son intérêt. Aujourd’hui, ce sont les termes « humanitaire » et « démocratie » qui servent à couvrir les morts et les destructions.


Par Tomasz Pierscionek – Le 4 octobre 2018 – Source RT

Des mots respectables comme « humanitaire » et « démocratie » ont fini par prendre un sens funeste et cynique du fait de leur détournement pour justifier l’invasion de nations souveraines, et promouvoir l’expansion de la domination militaire et culturelle occidentale à travers le monde. Les médias grand public ainsi que des militants des droits de l’homme y participent en diffusant des contre-vérités et en jouant sur les sentiments de peur, de colère et de répulsion du public pour l’influencer et faire passer pour juste une agression contre un État souverain.

Parallèlement aux mensonges des politiciens selon lesquels Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qui pouvaient être déployées en 45 minutes, une stratégie a été mise en œuvre pour choquer et impressionner le public et l’amener à accepter l’invasion. Il y a eu notamment une avalanche de gros titres destinés à horrifier les lecteurs, à coup de soi-disant « preuves » des massacres de Saddam, et à susciter de fortes réactions émotionnelles qui les empêcheraient de penser. L’un de ces articles, écrit par la députée travailliste Ann Clwyd et publiée dans le Times deux jours seulement avant que la Coalition dirigée par les États-Unis, ne commence à détruire l’Irak, affirmait que Saddam possédait une « machine à déchiqueter les humains » dans laquelle on introduisait les adversaires par les pieds, pour les transformer en nourriture pour poissons. L’article intitulé « Regardez ces hommes se faire hacher menu et osez dire que vous ne soutenez pas la guerre » a eu pour double effet de susciter l’horreur du lecteur et de donner l’impression que les opposants à la guerre étaient insensibles et indifférents au sort du peuple irakien. L’existence d’une déchiqueteuse humaine a été contestée par la suite, et on n’en a jamais retrouvé la trace.

Les véritables crimes de Saddam étaient connus des services de renseignements étasuniens qui lui ont donné les positions des troupes iraniennes pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, sachant qu’il allait utiliser du gaz moutarde et du sarin contre elles. Les États-Unis ont également fourni à Saddam des bombes à fragmentation et l’ont aidé à acquérir des précurseurs d’agents chimiques. Selon Human Rights Watch, basé aux États-Unis, Saddam aurait tué au moins 290 000 personnes de son propre peuple pendant qu’il était au pouvoir.  Toutefois, ce chiffre est éclipsé par le nombre d’Irakiens morts à la suite de l’invasion de 2003, victimes des forces d’occupation, de la violence confessionnelle ou de l’EI – selon les estimations,  il y en aurait eu plusieurs centaines de milliers, et peut-être même plus d’un million.

La stratégie du shock-and-awe 1 a de nouveau été utilisée avant le bombardement de la Libye par l’OTAN, quand les relations de Kadhafi avec les États-Unis et le Royaume-Uni se sont dégradées suite à sa décision de vendre son pétrole en dinars (une nouvelle monnaie panafricaine soutenue par l’or) au lieu du dollar américain ou de l’euro, et d’encourager ses voisins africains à suivre son exemple. La publication des courriels d’Hillary Clinton à la fin de 2015 a révélé qu’une pareille mesure aurait renforcé les économies africaines et entraîné une concurrence entre le dinar et le dollar ou l’euro.

Cette fois, on nous a raconté qu’il fallait bombarder la Libye et soutenir les rebelles anti-Kadhafi, y compris les éléments affiliés à al-Qaïda, parce que Kadhafi était sur le point de commettre un massacre contre la population de la ville de Benghazi, sous contrôle rebelle. Pour émouvoir le public et lui faire accepter la guerre, on a aussi raconté que Kadhafi distribuait du Viagra à ses soldats pour qu’ils violent le plus possible de femmes. Amnesty International a enquêté et n’en a trouvé aucune preuve, par contre l’ONG a révélé qu’à plusieurs reprises, les forces anti-Kadhafi de Benghazi avaient raconté des mensonges ou fabriqué des fausses preuves de violations des droits humains.

Kadhafi a été renversé et l’un des pays les plus riches et les plus stables d’Afrique est aujourd’hui un État failli et anarchique contrôlé par un micmac de groupes rebelles, dont certains sont des affiliés ou des sympathisants d’al-Qaïda. Ces groupes se sont mis à persécuter, emprisonner et assassiner les Africains subsahariens qui étaient venus en Libye comme migrants économiques, en les accusant de fidélité à Kadhafi. En outre, la destruction de la Libye a déclenché une guerre au Mali voisin et a contribué à renforcer al-Qaïda et EI en Afrique du Nord. Une partie des rebelles anti-Kadhafi se retrouvera plus tard en Syrie.

Le même scénario a été utilisé à l’égard de la Syrie. Les politiciens occidentaux, avec leurs médias et leurs alliés activistes, se sont donné du mal pour obtenir le soutien du public à la destitution du président du pays. En 2013, on a joué sur les émotions du public occidental en prétendant qu’Assad avait utilisé du gaz sarin contre des civils, raison pour laquelle il fallait le renverser de toute urgence. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et une enquête menée par l’ONU a indiqué par la suite que les rebelles anti-gouvernementaux auraient pu être responsables de l’attaque. Les allégations selon lesquelles Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple semblent refaire surface chaque fois que le gouvernement syrien reprend un grand pan de son territoire aux forces rebelles ou djihadistes.

Le président Assad a été accusé d’avoir causé des centaines de milliers de morts dans un conflit imposé à la Syrie, dans lequel l’Arabie saoudite et le Qatar (entre autres États) ont financé et armé des rebelles que les services de renseignement occidentaux qualifient de « modérés ». WikiLeaks a publié des dépêches diplomatiques dans lesquels des politiciens américains s’inquiétaient de l’envoi, par des donateurs saoudiens, de fonds et d’armes à des groupes comme al-Nosra Front (également connu sous le nom de branche syrienne d’al-Qaïda) et EI. L’opposition syrienne affirme qu’en septembre 2018, entre 164 336 et 522 000 personnes (selon le groupe anti-Assad à qui vous posez la question) ont été tuées depuis le début du conflit en 2011. Bien que l’opposition syrienne et ses partisans en Occident et dans le Golfe n’hésitent pas à blâmer le président Assad pour ces morts, parmi les personnes tuées figurent des soldats syriens et des milices pro-gouvernementales qui ont défendu leur pays contre les rebelles « modérés » (et moins modérés) soutenus par les ennemis de la Syrie, ainsi que des civils tués par ces groupes rebelles.

Lorsque la Russie est venue à l’aide de la Syrie en septembre 2015, à la demande du gouvernement du pays, pour lutter contre EI, al-Nosra et d’autres groupes rebelles, elle a essuyé les critiques des médias occidentaux et des groupes d’opposition syriens qui l’ont accusée de soutenir un dictateur – et le Royaume-Uni et les États-Unis savent de quoi ils parlent, ce sont des spécialistes dans ce domaine. Le renversement d’Assad justifiait sûrement que les États-Unis et leurs alliés laissent EI semer la terreur et la destruction à travers toute la Syrie jusqu’à ce que son drapeau flotte sur Damas. Les attaques contre la Russie se sont intensifiées en 2016 lorsqu’elle a fourni aux troupes syriennes un appui aérien dans la campagne pour reprendre Alep, qui était avant la guerre la plus grande ville du pays et son centre financier et industriel, à une coalition de groupes rebelles dont le Front al-Nosra et des combattants djihadistes non syriens. Les journaux de toutes tendances politiques ont versé des larmes de crocodile sur les civils et les bébés tués dans les bombardements russes, eux qui ne versent jamais une larme sur les enfants de Gaza et du Yémen qui meurent pourtant aussi sous des bombardements aériens.

Les médias occidentaux décident de ce qui doit émouvoir leur public. L’organisation controversée connue sous le nom de Casques blancs, financée par les États-Unis et plusieurs gouvernements européens, a injecté une dose supplémentaire de pathos, en montrant des photos et des vidéos de ses membres tirant soi-disant des enfants et des civils des décombres à Alep. Les questions que soulève ce groupe ont été parfaitement documentées.

Puis nous avons eu droit à des tweets d’une fillette syrienne de sept ans, Bana al-Abed, elle aussi chouchou des médias, pour demander une intervention occidentale, dans le style « Cher monde, il vaut mieux commencer une troisième guerre mondiale que de laisser la Russie et Assad commettre #HolocaustAleppo ». On peut vraiment se demander si elle a écrit ces messages sans l’aide d’un adulte.

L’organisation américaine Human Rights Watch, qui a reçu des millions de dollars du milliardaire George Soros, a fait état du rapport d’un groupe d’opposition syrien selon lequel 446 civils auraient été tués par des avions russes et syriens pendant la bataille d’Alep entre septembre et octobre 2016. Ailleurs, Human Rights Watch cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme pro-opposition basé au Royaume-Uni, qui affirme que les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis ont tué 1 064 civils, dont 248 enfants, pendant la bataille de Raqqa entre début juin et 20 septembre 2017. Bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision les populations d’Alep et de Raqqa en 2016 et 2017 respectivement, à partir de 2018, Alep compte 1,6 million d’habitants, contre 61 000 à Raqqa.

Chaque mort civile est une tragédie en soi, qu’elle soit causée par un avion américain, russe, syrien ou autre. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a que la Russie et l’Iran qui soient intervenus dans le conflit syrien à la demande du gouvernement légitime de la nation. Toutes les autres nations impliquées dans le conflit syrien violent le droit international et leur expulsion du territoire syrien serait légitime.

Grâce à l’intervention de la Russie, la Syrie ne prendra pas le chemin de l’Irak ou de la Libye et est en passe de redevenir une nation unie et stable avec une identité séculaire et diversifiée. L’intervention de la Russie a empêché la destruction d’une nation et permis à des millions de personnes d’échapper au cauchemar épouvantable de vivre dans un pays dominé par l’EI ou des groupes similaires. L’Occident a adopté une approche diamétralement opposée, il  plonge une nation unie dans l’anarchie, et les terroristes ne font leur apparition qu’après l’intervention « humanitaire ».

Traduction : Dominique Muselet

Note

 

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Les Etats-Unis crient de nouveau à «l’attaque chimique» en Syrie

Les Etats-Unis crient de nouveau à «l’attaque chimique» en Syrie

Publié par Gilles Munier sur 26 Septembre 2018, 14:28pm

Catégories : #Syrie, #Trump, #Macron, #Poutine

Scott Ritter, ancien chef des inspecteurs de l’UNSCOM chargés du désarmement en Irak

Par Scott Ritter (revue de presse : Information Clearing House – extraits – 13/8/18)*

Les officiels américains ne sont toujours pas en mesure de confirmer l’attaque au gaz en avril. Sur quoi se fondent-ils alors pour prédire une nouvelle attaque ?

Septembre 2013, 2018. « Information Clearing House » – mise à jour par l’auteur le 12 septembre 2018. Le gouvernement syrien, soutenu par l’aviation russe et des conseillers iraniens préparent une offensive majeure contre les forces d’opposition qui vise à reprendre le contrôle de la province d’Idlib. Le nouvellement nommé représentant spécial pour la Syrie du Département d’Etat, Jim Jeffreys, soutient qu’il existe de « nombreuses preuves » démontrant que la Syrie s’apprête à utiliser des armes chimiques en particulier le gaz chlorine pendant l’offensive d’Idlib.

Pour sa part, la Russie se targue d’avoir en sa possession des informations prouvant la collaboration entre des mouvements affiliés à Al-Qaïda et l’organisation White Helmets (Casques Blancs) dans le lancement d’une offensive chimique menée de telle sorte qu’elle serait attribuée au gouvernement syrien. Les Etats-Unis ont prévenu que si des agents chimiques étaient utilisés, ils lanceraient une offensive aérienne majeure contre, non seulement le gouvernement syrien, mais aussi des cibles russes et iraniennes présentes en Syrie.

La thématique de l’origine est aussi importante aujourd’hui que lorsque cet article fut initialement écrit, puisque l’OPCW (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques) étudie encore les informations afin de déterminer la provenance des bonbonnes de chlore à Douma, et qui les a utilisées. Douma est un cas d’étude pour comprendre les risques qui existent à émettre un jugement hâtif dans l’attribution de la responsabilité, qui plus est quand cela pourrait aboutir à une escalade des combats.

Cet été, l’OPCW, organisation qui a obtenu le prix Nobel et est mandaté pour s’assurer de l’application de la Convention sur l’armement chimique, a publié en toute discrétion un rapport intérimaire sur une « possible » attaque chimique à Douma en Syrie le 7 avril dernier.

Il est intéressant de noter que le rapport cite qu’aucun agent innervant organophosphaté ou produits dérivés n’ont été relevés sur site, en d’autres termes il n’y a aucune preuve de la présence de gaz sarin sur place malgré les nombreuses spéculations émises au moment de l’attaque.

En fait, ces spéculations, dont l’administration Trump disait avoir des preuves, n’étaient autre qu’un prétexte pour permettre aux Etats-Unis, à la France et là a Grande-Bretagne de bombarder le gouvernement syrien le 12 avril.

Le rapport fait aussi mention de la présence de divers produits chimiques organiques chlorée, communément présents dans les quartiers résidentiels, dont certains sont des dérivés de l’eau potable chlorée.  Le rapport de l’OPCW ne donne, cependant, aucune indication quant à la concentration de ces agents chimiques,  ni de leur emplacement par rapport aux victimes présumées de ces attaques. L’OPCW poursuit l’analyse de ces informations afin d’établir leur importance et pertinence, avant de présenter ses conclusions finales.

Les conclusions de ce rapport intérimaire sont loin des déclarations faites par divers officiels américains au lendemain des incidents de Douma, qui accusaient le gouvernement syrien.

Le 13 avril 2018 le secrétaire d’Etat à la Défense James Mattis a expliqué lors d’une conférence de presse qu’en attaquant Douma le gouvernement syrien « a décidé de défier à nouveau les normes des peuples civilisés, faisant preuve d’un mépris total pour les lois internationales en utilisant des armes chimiques pour massacrer des femmes, enfants et autres innocents ». Il ajouta plus tard : « nos sources de renseignements ont un niveau de fiabilité qui nous a permis de mener l’attaque », notant que « nous savons que le chlore a été utilisé et n’excluons pas le gaz sarin pour le moment ».

Lors de la même séance, Mattis fut rejoint par le général Joseph Dunford, chef de l’état-major, qui s’est expliqué sur la nature des cibles visées, disant qu’elles étaient liées au programme d’armement chimique du gouvernement syrien, en particulier un lieu de production de gaz sarin et d’équipement de production de précurseur d’agents neurotoxiques syriens.

Le choix des mots employés par le secrétaire d’Etat et le général Dunford expliquant que la Syrie possède un programme d’armement chimique avec un lieu de stockage contenant des équipements de production de précurseurs d’agents neurotoxiques, et que les cibles attaquées étaient sélectionnées en fonction des informations établies dans le but de limiter les dommages collatéraux, démontre un degré de confiance dans les informations récoltées qui n’est pas corroboré par le rapport de l’OPCW.

Alors que l’attaque de la Syrie au lendemain des allégations de Douma est la dernière manifestation de la pauvreté du renseignement, la faillite de ce dernier a pour point d’origine les quartiers généraux de l’OPCW à La Haye, Pays-Bas. L’OPCW y possède une cellule d’information au sein d’un centre d’étude, dont le but est, entre autre, de collecter les informations provenant de toutes sources sur l’utilisation d’armes chimiques, juger de leur crédibilité, et ensuite rédiger des rapports basés sur ces analyses à destination de l’OPCW.

Selon le rapport de l’OPCW, la cellule d’information a suivi les reportages médiatiques alléguant d’un incident chimique à Douma le 7 avril et a lancé une recherche de sources indépendantes pour établir la véracité des ces allégations. Les principales sources utilisées par la cellule d’information incluaient les médias, blogs et sites webs des différentes ONG, ce qui a amené la cellule à conclure à la véracité des informations et de l’attaque, et au Directeur Général à demander une investigation plus approfondie.

L’OPCW n’a pas fourni de détails sur la méthodologie utilisée par sa cellule d’information pour avérer les faits. En revanche, c’est un fait notoire que les informations venant de Douma étaient liées au groupe jihadiste Jaïsh-al-Islam, qui contrôlait la Douma au moment des faits. « L’association médiatique » de Jaïsh-al-Islam déclare que « les médias offrent un levier d’influence à travers lequel la pression sociale s’exerce », une citation qui aurait guidé l’analyse de toute information provenant de sources affiliées au groupe. Il faut rappeler que Jaïsh-al-Islam était sur le point d’être décimé par l’armée syrienne et qu’au lendemain des faits, le 8 avril, le mouvement signait un cessez-le-feu qui permettait l’évacuation de milliers de ses partisans et leurs familles de Douma.

Autre point important, les rapports médicaux publiés par l’ONG syrienne Syrian American Medical Association (SAMS). Le 8 avril, SAMS, en collaboration avec l’association syrienne Civil Defence – aussi connu sous le nom de White Helmets (Casques Blancs) –  a publié un communiqué de presse dans lequel elle cite que le 8 avril, plus de 500 personnes, principalement des femmes et des enfants, se sont présentées dans des centres médicaux locaux en présentant des signes d’exposition à un agent neurotoxique. Les patients souffraient de troubles respiratoires, de cyanose, de brûlure de la cornée et d’exposition à une odeur similaire à celle du chlore.

Le communiqué va plus loin en citant que « pendant les examens cliniques, le personnel médical a observé des cas de bradycardie, de respiration sifflante et grasse », ajoutant que « les symptômes présentés indiquent une exposition des victimes à des produits chimiques toxiques, probablement un élément organophosphaté ».

« Organophosphaté » est un mot à la mode utilisé pour désigner le gaz sarin. Le rapport SAMS est très clair sur le fait que les victimes ont été exposées au chlore. Le problème avec le rapport SAMS/White Helmets c’est que le gaz sarin et le chlore sont incompatibles, un fait connu des experts en guerre chimique et largement étayé dans un rapport de l’armée américaine. En d’autres mots, le chlore agit comme un catalyseur qui déclenche la décomposition de l’agent neurotoxique sarin, ce qui veut dire que si les deux produits sont utilisés en même temps ou mélangés, le gaz sarin se décomposerait rapidement.

Par ailleurs, la cellule d’information de l’OPCW n’a fait aucun effort pour chercher une explication alternative quant à ce qui aurait pu causer les victimes des vidéos.  Les renseignements français, se basant sur les mêmes sources utilisées par l’OPCW, ont, eux conclu que les symptômes observés dans ces vidéos étaient « caractéristiques d’une attaque chimique, plus particulièrement l’utilisation d’agents chimiques asphyxiants et organophosphatés ou d’acide hydrocyanique ».

Cette déclaration soulève deux points. Le premier est que les Français, ont eux aussi admis que le chlore et l’agent sarin avaient été utilisés ensemble, ce qui est impossible compte tenu de leur incompatibilité inhérente. Le deuxième est qu’ils soutiennent que les symptômes résultent d’une exposition à l’acide hydrocyanique présent dans l’eau. L’hydrogène cyanique n’est lié ni au chlore et à l’agent sarin, mais est communément associé à la fumée émanant d’incendies de bâtiments. Les témoins oculaires à Douma ont indiqué que l’attaque aérienne menée à ce moment avait provoqué des dizaines de victimes, dont beaucoup sont mortes asphyxiées dans les caves remplies de fumée due aux incendies causés par les bombardements.

Le fait que l’OPCW n’ait même pas pris en compte la possibilité que les incendies aient pu légitimement causer les souffrances des victimes, témoigne d’une myopie totale dans l’analyse de la situation de la Syrie et  de la véracité d’une attaque chimique dans ce pays.

Cette étroitesse d’esprit s’explique en grande partie par l’histoire de l’OPCW en Syrie, et ses liens solides sur le terrain avec les associations anti-gouvernementales telles que SAMS et les White Helmets. L’investigation menée par l’OPCW sur l’utilisation d’armes chimiques dans le village de Khan Shaykhun en avril 2017 révèle qu’elle a formé les membres de White Helmets aux procédures d’échantillonnage chimiques. Elle a aussi tissé des relations de travail avec SAMS et les White Helmets quant aux méthodes d’identification de potentielles victimes d’armes chimiques, et la collecte d’échantillons médicaux utilisés pour investiguer des cas d’utilisation prétendue d’armes chimiques.

Les conclusions analytiques basées sur la collecte initiale d’information par la cellule d’information de l’OPCW a influencé négativement la suite des événements. Le Département d’Etat a émis un communiqué le 8 avril déclarant que « les symptômes des victimes de Douma, tels que rapportés par les professionnels de santé et accessibles sur les réseaux sociaux, sont conformes à ceux provoqués par contact avec un agent asphyxiant ou neurotoxique »…(…)… Nikki Haley, l’Ambassadrice américaine à l’ONU, utilisant la même imagerie que l’OPCW, a fait un émouvant plaidoyer affirmant catégoriquement que des armes chimiques avaient été utilisées par le gouvernement syrien à Douma …(…)… Le ton mélodramatique de Halley a été repris par Donald Trump qui a twitté : « beaucoup de morts, y compris femmes et enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée ». Cinq jours après, les bombardements américains- français- britanniques commençaient.

Une telle manipulation des cercles diplomatiques et du renseignement américain ne surprend personne lorsqu’on connaît le passif des Etats-Unis quant à l’histoire des armes de destruction massive en Irak et de l’armement nucléaire iranien. Au bout du compte, cependant, la décision d’utiliser la force devrait être basée sur autre chose que des analyses basées sur des informations incomplètes et potentiellement trompeuses, mais devrait être guidée par la recherche de la vérité.

Dans le cas de Douma, la recherche de la « vérité » (c’est-à-dire la confirmation de l’utilisation effective d’agents chimiques) incombait à l’OPCW, et plus précisément aux inspecteurs de la mission indépendante chargée d’effectuer les inspections quant à l’éventuelle utilisation d’armes chimiques en Syrie. Les analyses émanant de cette cellule d’information, bien que faussées, ont conduit le Directeur général de l’OPCW à ouvrir une enquête sur  Douma. Au lieu de soutenir les efforts de l’OPCW, les Etats-Unis ont commencé à attaquer toute possible conclusion de cette dernière en martelant haut et fort que les gouvernements syrien et russe barraient la route aux inspecteurs afin de permettre aux preuves de leur culpabilité de s’évaporer. « Le régime  syrien et ses alliés refusent l’accès à Douma aux observateurs internationaux » a déclaré le Département d’Etat le 8 avril …(…)… Il est intéressant de noter que ces déclarations précèdent de 2 jours la requête initiale de l’OPCW d’envoyer des inspecteurs sur les lieux, une requête faite au même moment par la Syrie et la Russie, qui ont formellement invité l’OPCW à venir investiguer les allégations de Douma.

De plus, les rapports de l’OPCW mettent en évidence la totale coopération des gouvernements syrien et russe, qui ont fourni aux inspecteurs un accès sécurisé à Douma et que les délais avaient été causés par de légitimes considérations sécuritaires.

Il semblerait donc que la raison pour laquelle les Etats-Unis et ses alliés ont accusé la Syrie et la Russie de retarder la mission de l’OPCW était qu’ils suspectaient, bien que réfuté plusieurs fois, que les preuves d’une attaque à l’arme chimique ne pourraient se vérifier, les privant de toute justification pour leur opération militaire du 12 avril. Les Etats-Unis ont lancé une opération militaire en se fondant sur l’argument que la Syrie détenait de larges stocks de gaz sarin et qu’elle l’utilisait contre sa population. Et si l’on accepte au pied de la lettre  l’hypothèse que du gaz sarin a été employé à Douma, on accepte a fortiori comme légitime le besoin de détruire les unités de production de ce gaz, qui étaient visées par le bombardement. Mais si  l’hypothèse sous-jacente de l’utilisation de gaz sarin était réfutée, que doit-on penser alors de la qualité des renseignements et analyses faites pour justifier de l’action militaire américaine ? Les études menées par nos services de renseignements sur l’existence d’équipement capable de produire du gaz sarin précurseur reposaient-elles sur des sources indépendantes de celles de SAMS et White Helmets qui allèguent de l’utilisation de sarin ou étaient–elles teintées par ces conclusions erronées ?

Les renseignements américains sont actuellement utilisés pour soutenir des accusations d’Etat délictueux en Corée du Nord et en Iran et justifier de l’utilisation de la force armée si la situation dans ces deux pays venaient à se détériorer. Dans un monde où le tout le monde a encore à l’esprit le souvenir de l’épisode des armes de destructions massives irakiennes, on aurait pu espérer que les agents du renseignement cherchent à ne pas répéter les erreurs du passé, où les informations étaient présentées de manière à étayer une décision politique développée sans rapport avec les faits réels.

Au vu de ce que nous révèle le rapport de l’OPCW, la leçon a été ignorée ou oubliée. Il est essentiel qu’à l’avenir elle ne le soit pas, pour la simple raison qu’une guerre contre la Corée ou l’Iran aurait bien plus de conséquences qu’une simple frappe de missiles contre la Syrie.

Scott Ritter a dirigé l’équipe d’inspecteurs de l’UNSCOM chargée du désarmement de l’Irak. Il est notamment l’auteur de « Endgame » (1999),  « Guerre à l’Irak » (2002), et de « Les mensonges de George W. Bush » (2004).

Traduction: Z.E pour France-Irak Actualité

*Version originale : Information Clearing House / The American Conservative

Sur le même sujet, lire aussi :

Syrie : 800 Casques blancs évacués par Israël

Exfiltration des Casques Blancs : deux mensonges éhontés du gouvernement britannique

http://www.france-irak-actualite.com/2018/09/les-etats-unis-crient-de-nouveau-a-l-attaque-chimique-en-syrie.html

Sévère mise-en-garde de la Russie qui est prête à réagir à une nouvelle frappe en Syrie

C’est en tout cas ce que la Russie veut faire savoir et à bon entendeur, salut! En effet la Russie a annoncé de vastes manœuvres navales en Méditerranée, alors « que l’USS Ross, un destroyer américain, est entré en Méditerranée le 25 août dernier, armé de 28 missiles de croisière Tomahawk capables de frapper n’importe quelle cible en Syrie,«  Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

«Nous prévoyons de déployer plus de 25 navires sous le commandement du croiseur lance-missiles Amiral Oustinov. Près de 30 avions participeront à ces exercices, dont des bombardiers stratégiques Tu-160», a fait savoir le ministère de la Défense russe dans un communiqué de presse. Les manœuvres devraient avoir lieu du 1er au 8 septembre.

Alors que l’ONU évoque la présence de quelque «10 000 terroristes» dans la province d’Idlib, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : «Le foyer de terroristes qui s’est formé là-bas n’annonce rien de bon si l’inaction actuelle se prolonge.»

Les manœuvres navales engagées par la Russie, principale alliée de la Syrie, constituent donc selon lui une «hausse des mesures de précaution tout à fait fondée et justifiée.»

Ceci alors que depuis un mois la Russie ne cesse de dénoncer le projet d’une nouvelle fausse attaque chimique en Syrie, prétexte à de nouveaux bombardements occidentaux dont la menace a été brandie par John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale le 22  août. Menace réitérée par Emmanuel Macron récemment. Attaque chimique dont l’armée syrienne serait accusée alors que celle-ci s’apprête à  délivrer la région d’Idlib des supplétifs islamistes non avoués de la coalition américaine. Comme pour les prétendues attaques chimiques de la Ghouta ou d’Alep par Damas, à chaque fois il s’agit pour la coalition occidentale de protéger ses supplétifs terroristes qui combattent sous faux drapeau pour ses intérêts cachés. Il en est ainsi à chaque fois que ceux-ci sont acculés par l’armée syrienne. Une diabolisation médiatique est un bon moyen de faire diversion en pointant du doigt « le régime de Bachar el-Assad » afin de paralyser l’élan libérateur. Un piège qui a déjà souvent fonctionner mais aujourd’hui la Russie sonne la fin de la récréation.

Hier c’était l’envoyé spécial des Nations unies (ONU) en Syrie, Staffan de Mistura, qui faisait part de sa préoccupation du risque d’une catastrophe humanitaire dans la province d’Idlib, alors que l’armée syrienne est en passe de reprendre le contrôle de cette région où les groupes djihadistes seraient au nombre de 10 000 selon une estimation du représentant de l’ONU. L’homme demandait étrangement, hier, à Moscou, Téhéran et Ankara de convaincre Damas de surseoir à son offensive dans la province d’Idlib, redoutant que les deux camps n’aient recours à des armes chimiques. (Source) Étrange façon de lutter contre les terroristes et les armes prohibées que de demander au pouvoir légitime de ne pas finir de libérer son pays de l’occupation ennemie!

Les précédentes frappes américano-anglo-françaises dans la Ghouta orientale contre la Syrie, en avril dernier, avaient pris pour prétexte de semblables prétendues attaques chimiques attribuées sans la moindre preuve à Damas. Il semble d’ailleurs, qu’en réalité il n’y ait pas eu d’attaque chimique tandis que des témoins au contraire, ont dénoncé une mise-en-scène de la part de l’Occident et de ses alliés islamistes sous faux drapeau, pour simuler une telle attaque, ainsi que le dénonce clairement et arguments à l’appui, plus bas, l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov, dans un message qu’il a publié sur Facebook et dans lequel il met en garde Washington.

Sévère mise-en-garde de Mocou

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien tenue ce 30 août, a fait part de la détermination de la Russie à aider la Syrie à mener à bien la reconquête intégrale de son territoire. «Nous avons des faits sous les yeux [la mise en chantier de’une fausse attaque chimique ndlr], et nous avons adressé une mise en garde forte à nos partenaires occidentaux de ne pas jouer avec le feu», a-t-il annoncé. Des navires russes ont d’ailleurs été aperçus ces derniers jours faisant route vers la Syrie, avant même l’annonce des manœuvres.

Cité par Reuters, le Ministre russe des Affaires étrangères a rappelé que le gouvernement syrien avait parfaitement le droit de combattre les groupes djihadistes. «Il reste encore la tâche de liquider les foyers restants de terrorisme, avant tout dans la zone de désescalade d’Idlib», a-t-il déclaré. De son côté, le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Moualem, a confirmé que la Syrie était déterminée à «aller jusqu’au bout» dans sa lutte pour libérer la province d’Idlib, dont il estime qu’elle est principalement tenue par les islamistes du Front al-Nosra ou Front Fatah al Cham (branche syrienne d’Al-Qaïda). Sergeï Lavrov a encore exhorté les Occidentaux, qui font mine de considérer les djihadistes comme de simple rebelles à Bachar-el-Assad, à ne pas utiliser les djihadistes comme des «pions» sur l’échiquier géopolitique.

Alors que l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’inquiétait d’un usage d’armes chimiques par l’armée syrienne ainsi que par les combattants rebelles, le ministre syrien a martelé que son pays ne possédait pas d’armes chimiques. Il a en outre assuré que l’armée syrienne tenterait autant que possible d’éviter les pertes civiles lors de l’offensive à venir.

Dans un message Facebook publié le 30 août, «en réponse aux questions des médias», l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov a confirmé avoir rencontré des représentants spéciaux des États-Unis pour la Syrie, le 27 août:

Vendredi dernier, nous avons envoyé une lettre au Département d’État des États-Unis pour demander l’arrangement [d’une] réunion dès que possible. Nous sommes reconnaissants à David Satterfield et à ses collègues pour leur brève réaction à notre demande. (…).

L’essentiel est que nous ayons exprimé nos inquiétudes concernant les signaux américains de préparer de nouveaux bombardements sur la Syrie sous prétexte de l’utilisation possible d’armes chimiques par les Syriens. Nous avons souligné qu’une telle perspective nous préoccupe beaucoup. Nous avons appelé Washington pour fournir des informations non retardées sur les raisons pour lesquelles le sujet de l’utilisation d’armes chimiques par Damas est alimenté.

Nous avons noté qu’une telle rhétorique du côté américain pourrait servir de signal à différents groupes terroristes et organisations pseudo-humanitaires comme les «casques blancs» pour préparer une autre provocation. Nous avons fourni des détails sur les préparatifs du groupe militant «Front Fatah al cham» (ancien «Front al-Nosra») pour commettre une autre provocation avec l’utilisation d’agents toxiques contre la population civile dans le gouvernorat d’Idlib afin de blâmer les forces gouvernementales pour ce crime.

Nous avons informé nos collègues de la livraison de 8 conteneurs de chlore à la ville de Jisr al-choughour, qui ont ensuite été transférés par les activistes de Hizb al Islami al Turkistani au village de Hallouz où un groupe de combattants spécialement entraînés a déjà été déployés (ont été formés sous la direction de la compagnie militaire privée britannique « Olive Group »). Leur tâche consiste à simuler le sauvetage de victimes d’attaques chimiques. À cette fin, il est même prévu d’exploiter des enfants pris en otage.

Nous avons exprimé directement nos préoccupations. Cette provocation préparée avec la participation active des forces de renseignement britanniques peut servir de prétexte à la «troïka» occidentale (Washington-Londres-Paris) pour lancer une nouvelle frappe aérienne contre les infrastructures militaires et civiles syriennes.

Nous avons averti les États-Unis de ne pas s’engager dans une autre agression sans fondement et illégale contre la Syrie. Une nouvelle aggravation de la situation en Syrie ne serait dans l’intérêt national de personne et seul les terroristes en bénéficieraient. Nous nous attendons à ce que nos préoccupations soient entendues. Nous espérons que les États-Unis déploieront tous les efforts possibles pour empêcher l’utilisation d’agents toxiques par les terroristes et agiront de manière responsable, comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. (Source: message facebook de M. Antonov.)

L’annonce d’importantes manœuvres en Méditerranées de la part de la marine russe aujourd’hui, alors que le destroyer de guerre américain est déjà présent en Méditerranée, semble bien manifester la détermination de la part du Kremlin de donner du poids à ses avertissements pour la cas où ceux-ci n’auraient pas été bien pris au sérieux.

L’arme « invincible » de la Russie

En effet le Pentagone n’ignore pas que la Russie a les moyens de paralyser les systèmes électroniques de n’importe quel bâtiment et autres aéroplanes, depuis ses déboires en Méditerranée ou en Mer Noire. La Russie ayant pris une avance déterminante dans ce domaine technologique. Mais plus performant encore, Vladimir Poutine a annoncé officiellement en mars dernier une série d’armes nucléaires offensives «dont aucune autre armée que la nôtre ne possède l’équivalent», ajoutant: «Nous avons entamé le développement de nouveaux types d’armes balistiques qui n’empruntent pas les trajectoires balistiques durant leur vol vers leur cible, ce qui rend inutiles et tout à fait insensés les systèmes antimissiles». Annonce que le Pentagone a pris très au sérieux, selon de nombreux articles de la presse américaine. Par cette nouvelle technologie d’armement la Russie s’est dotée des moyens de se faire entendre et respecter des USA et de l’Otan, ainsi que le Président l’avait clairement expliqué: Vous n’avez pas voulu nous écouter ? Maintenant vous allez le faire!  Ceci en riposte au mépris constant des USA qui ne cessent de se rapprocher toujours plus des frontières russes en les menaçant, en dépit de leurs engagements.

Photo: Frégate russe Pytlivy traversant le détroit du Bosphore le 25 août 2018

Voir aussi: 

Émilie Defresne

http://www.medias-presse.info/severe-mise-en-garde-de-la-russie-qui-est-prete-a-reagir-a-une-nouvelle-frappe-en-syrie/97298/

La prochaine agression étasunienne contre la Syrie est-elle déjà programmée ?

La prochaine agression étasunienne contre la Syrie est-elle déjà programmée ?


L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies Nikki Haley montre des photos de victimes de l’attaque syrienne au gaz lors de son intervention au Conseil de sécurité de l’ONU en avril 2017.

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Par le Saker – Le 31 août 2018 – Source The Saker

Les choses qui plaisent sont celles que l’on demande encore et encore
Horace

Bombarder, bombarder, bombarder, bombarder, bombarder l’Iran
John McCain

Le président Poutine, la Russie et l’Iran sont responsables de soutenir cet animal d’Assad. Grosse mise à prix…
Donald Trump

Il est difficile de dialoguer avec des gens qui confondent l’Autriche et l’Australie
Vladimir Poutine

Bis repetita

Il semble que nous ayons accompli un tour complet : les Anglosionistes se préparent à nouveau, apparemment, à utiliser les mêmes Casques blancs (donc les « bons terroristes ») pour exécuter une nouvelle attaque chimique sous faux drapeau en Syrie et de nouveau en accuser les forces gouvernementales. De nouveau, les Russes avertissent le monde à l’avance et, comme la dernière fois, (presque) tout le monde s’en fout. Il y a même des rapports selon lesquels les États-Unis envisagent, une fois de plus, d’imposer une zone d’exclusion aérienne (totalement illégale) au-dessus de la Syrie. Et, exactement comme la dernière fois, il semble que le but des États-Unis soit de sauver les « bons terroristes » d’une victoire gouvernementale majeure.

Il semble malheureusement que ma prédiction que « chaque « clic » nous rapproche d’un pas du « bang » se réalise et alors que l’Empire semble avoir abandonné l’idée d’une reconquête totale de la Syrie, les néocons poussent clairement à ce qui pourrait se révéler une frappe de missiles majeure sur la Syrie. Tirer un grand nombre de missiles près des/sur les forces russes pourrait déclencher une contre-attaque russe qui, à son tour, pourrait mener à une guerre majeure, peut-être nucléaire, mais ce fait ne semble pas pris en compte dans les calculs des néocons. Il est vrai qu’ils sont pour la plupart des gens assez stupides (comme « focalisés sur le court-terme »), avec un fort sentiment de supériorité et une vision messianique de notre monde. Pourtant, cela me déconcerte que si peu de gens aux États-Unis et dans l’Union européenne s’en soucient. D’une certaine manière, une guerre nucléaire est devenue si inconcevable que beaucoup ont conclu qu’elle ne pourra jamais se produire.

L’autre chose que les néocons semblent oublier est qu’on ne peut pas changer la situation sur le terrain en Syrie au moyen de frappes de missiles ou de bombes. D’une part, la dernière attaque américaine a définitivement montré que les Tomahawks sont une cible facile pour les défenses aériennes syriennes (pour la plupart désuètes). Bien sûr, les Américains pourraient compter sur plus d’AGM-158 JASSM, beaucoup plus difficiles à intercepter, mais peu importe les missiles utilisés, ils n’affecteront pas efficacement les capacités militaires syriennes tout simplement parce que ce sont des cibles peu lucratives pour des frappes de missiles de croisière. Si on considère que les Étasuniens savent fort bien qu’il n’y aura pas d’attaque chimique (ni même qu’elle pourrait se produire, d’ailleurs, puisque même les États-Unis ont déclaré que la Syrie n’avait pas d’armes chimiques en 2013), la Maison Blanche pourrait décider de faire sauter quelques bâtiments vides et déclarer que « l’animal Assad » a été puni, je suppose. Mais même totalement sans opposition, une attaque de missile n’aurait aucun sens militaire. Cela pose donc la question de savoir à quoi servirait une attaque contre la Syrie. Malheureusement, la réponse évidente est que la frappe de missiles à venir a moins à voir avec la guerre en Syrie qu’avec la politique intérieure américaine.

Les options russes et syriennes

Il y a aussi quelques différences. La plus grande est que cette fois-ci, la force d’intervention navale russe en Méditerranée orientale est beaucoup plus grande que la dernière fois : 15 navires y compris deux frégates de pointe, l’Amiral Grigorovitch et l’Admiral Essen (ici, un article détaillé) et deux sous-marins d’attaque diesel évolués de classe 636.3. Cela représente beaucoup de puissance de feu anti-navire, anti-aérienne et anti-sous-marine et, plus important encore, beaucoup de capacités avancées d’alerte rapide. Comme les réseaux de défense aérienne russes et syriens ont été intégrés par un seul système de feu automatisé, cela signifie que les Syriens « verront » très précisément ce qui se passe dans l’espace aérien syrien et autour (c’est particulièrement vrai avec les Russes dont les Iliouchines A-50U patrouillent 24 h sur 24).

Ce qui m’inquiète le plus, ce sont les différents rapports (comme celui-ci) qui affirment que le secrétaire d’État Mike Pompeo a dit la semaine dernière au ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov que « Moscou serait tenu pour responsable » si une attaque chimique avait lieu. Si, par « Moscou sera responsable », les fous à Washington DC veulent dire « moralement responsable », ce n’est que le non-sens habituel. Mais je crains qu’avec des cinglés certifiés comme Bolton et Pompeo aux commandes, les Américains puissent envisager d’attaquer le personnel russe en Syrie (pas nécessairement dans les bases bien défendues de Khmeimin ou Tartous).  Ces types pourraient facilement viser diverses installations ou des unités militaires syriennes où on sait que du personnel russe est déployé et déclarer qu’ils ne visaient pas délibérément les Russes et que les Russes touchés étaient « clairement impliqués » avec les forces syriennes maniant les armes chimiques. Les États-Unis ont déjà pris pour cible des ressortissants russes pour les enlever et les mettre en détention, ils pourraient commencer à tuer bientôt des Russes puis faire porter la responsabilité de ces morts au Kremlin. Vous n’y croyez pas ? Pensez seulement « Skripal » et vous verrez que cette idée n’est pas si farfelue.

Les Russes ont des possibilités de choix, soit dit en passant. Une chose qu’ils pourraient faire est de placer 6 MiG-31 (modernisés) en alerte rapide dans le sud de la Russie (ou, mieux encore, en Iran) et en garder une paire en patrouille aérienne de combat au-dessus de la Syrie (ou de l’Iran). Combinée avec les « yeux » des A-50U, ces MiG-31 pourrait procurer aux russes une formidable capacité d’action en Syrie, spécialement contre les B-1B étasuniens basés au Qatar ou à Diego Garcia. Jusqu’à maintenant, on a vu peu de MiG-31 en action en Syrie mais si l’interception d’un grand nombre de missiles de croisière devenait leur mission, ils offriraient une force beaucoup plus souple et efficace que la très petite quantité de Su-35 et de Su-30 actuellement basée à Khmeimim.

Mais la clé pour protéger la Syrie est de renforcer les défenses aériennes syriennes et leurs capacités d’alerte précoce, en particulier avec des systèmes mobiles de défense aérienne, notamment beaucoup de systèmes à courte et moyenne portée comme le Tor-M2 et le Pantsir-S2.  Jusqu’à ce que cet objectif soit atteint, les États-Unis et la Russie resteront dans une très dangereuse « impasse mexicaine » où les deux parties sont engagées dans ce que j’appelle un « jeu de la poule mouillée nucléaire », chaque partie menaçant l’autre tout en comptant sur ses propres capacités nucléaires pour dissuader une contre-attaque significative ou des représailles. C’est extrêmement dangereux, mais il y a très peu que la Russie puisse faire pour arrêter les dirigeants étasuniens de revenir encore et encore à cette même stratégie. Jusqu’à présent, les Russes ont manifesté un degré de retenue vraiment remarquable, mais s’ils sont poussés trop loin, la prochaine étape pour eux sera de riposter aux Américains d’une manière qui leur fournisse ce que la CIA appelle « un déni plausible » (j’ai analysé cette option il y a plus d’un an dans cet article).  S’ils sont attaqués directement et ouvertement, les Russes n’auront évidemment pas d’autre choix que de frapper en retour. Et s’il est vrai que les forces russes en Syrie et à proximité sont largement inférieures en nombre par rapport aux forces US/OTAN/CENTCOM, les Russes ont un avantage massif sur les États-Unis en termes de missiles de croisière à longue portée (voir l’analyse d’Andrei Martyanov « Russia’s Stand-Off Capability: The 800 Pound Gorilla in Syria » pour une analyse détaillée à ce sujet).

Rien de ce qui précède n’est nouveau, le monde est bloqué dans cette situation depuis plus d’un an maintenant, et il ne semble toujours pas y avoir de fin en vue. Malheureusement, je ne peux qu’être d’accord avec Rouslan Ostachko : seule une défaite militaire massive ou un effondrement économique non moins massif arrêtera les gens qui « confondent l’Autriche et l’Australie » dans leur quête démente d’hégémonie mondiale par la violence.

The Saker

Cet article a été rédigé pour Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker francophon

http://lesakerfrancophone.fr/la-prochaine-agression-etasunienne-contre-la-syrie-est-elle-deja-programmee

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Le 22 août doivent entrer en vigueur de nouvelles sanctions contre la Russie, que le département d’État américain met en œuvre à la suite de l’affaire Skripal. Cette nouvelle salve de restrictions, beaucoup plus radicales, pourrait avoir un impact considérable sur l’économie russe.

Washington, qui juge Moscou coupable de l’empoisonnement de l’ex-agent russe Sergueï Skripal en mars 2018 à Londres, estime que la Russie a ainsi enfreint le droit international. C’est pour cette raison que de nouvelles sanctions ce 22 août entreront en vigueur contre le pays.

Adoptées par le département d’État américain le 8 août dernier, elles découlent de la loi américaine adoptée en 1991 sur “le contrôle des armes chimiques et biologiques”, explique le quotidien en ligne russe Gazeta.ru. En vertu de ce texte, les États-Unis ont l’obligation d’appliquer des sanctions contre tout pays qui, selon eux, aurait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation du droit international.

C’est la troisième fois que les États-Unis ont recours à cette loi. Ils l’ont appliquée une première fois en 2013 contre la Syrie et une deuxième en 2018 contre la Corée du Nord.

Deux salves de sanctions

Parmi la liste des mesures de restriction envisagées, les plus sensibles pour la Russie concernent l’interdiction de la vente de toute production à double usage (susceptible d’avoir une utilisation tant civile que militaire), notamment de systèmes électroniques. Ces sanctions viseront toutes les entreprises publiques ou financées par l’État russe.

Mais la deuxième partie des sanctions prévue par la loi va encore plus loin. Elles seront déclenchées si la Russie refuse de se plier aux injonctions américaines : Moscou a un délai de trois mois pour présenter des garanties sur le fait qu’elle n’utilisera aucune arme chimique et pour recevoir des inspecteurs internationaux sur les sites où de telles armes seraient susceptibles d’être produites. À défaut, le pays s’exposera au blocage de toute aide d’ordre technique ou financier en provenance des institutions financières internationales. Les États-Unis pourraient également limiter leurs exportations et les importations en provenance de Russie. Les relations diplomatiques pourraient être réduites ou suspendues. Enfin, autre mesure envisagée : l’interdiction totale des vols de la compagnie Aeroflot à destination des États-Unis.

Quid des stocks américains d’armes chimiques ?

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, cité par Gazeta.ru, a réagi à l’ultimatum américain en rappelant que la Russie avait déjà fait l’objet de “toutes les inspections imaginables” et que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé le désarmement chimique de la Russie, il y a trois ans déjà.

Un expert de l’OIAC, interrogé par le titre, estime que la Russie pourrait accéder à la requête des Américains à certaines conditions, en demandant par exemple à inspecter les sites analogues aux États-Unis, car, affirme-t-il, Washington est le seul membre de l’OIAC possédant encore d’importantes réserves de substances chimiques à usage militaire. Sergueï Lavrov a du reste récemment déclaré à ce sujet : “Ils ont encore demandé un report, cette fois jusqu’en 2020, il faudrait donc plutôt parler des problèmes posés par le désarmement chimique des Américains.”

Quoi qu’il en soit, la menace que fait peser la multiplication des sanctions sur l’économie russe plaide en faveur d’un “geste de bonne volonté” de la part de Moscou, ne serait-ce que pour “apaiser les Américains”, estime le même expert. Mais, dans un éditorial, Gazeta.ru se montre beaucoup plus fataliste :

La Russie n’a plus qu’à s’occuper de sa propre économie, en gardant en tête que les plus sombres prévisions concernant les sanctions américaines peuvent à tout moment devenir réalité. Et que, même s’il veut sincèrement restaurer les relations avec Moscou, le président Trump n’a pas vraiment les mains libres avec le Congrès actuel. Sauf, le cas échéant, pour organiser une rencontre et discuter.”

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma.

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma.


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 7 juillet 2018

Certains médias mainstream mentent purement et simplement en communiquant les conclusions du  rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » présumée à Douma.

Un organisme d’inspection international a conclu que du chlore avait été effectivement utilisé dans la ville de Douma la veille du jour où les forces rebelles se sont rendues.

(…)

Dans un premier rapport publié vendredi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déclaré que ses inspecteurs avaient découvert des traces de « divers produits chimiques organiques chlorés » sur deux sites qu’elle a inspectés.

L’OIAC n’a pas du tout conclu que « du chlore avait été effectivement utilisé ». Elle a trouvé quelques composés chimiques dont les principaux éléments sont le chlore, le carbone et l’hydrogène dans diverses configurations. Il existe des centaines, voire des milliers, de « produits chimiques organiques chlorés ». Un tuyau en plastique fabriqué à partir de polychlorure de vinyle (PVC = (C2H3Cl)n) est composé des mêmes éléments. On pourrait l’appeler un « produit chimique organique chloré ». La combustion d’un produit en PVC libère divers composés dont beaucoup seront eux-mêmes des « produits chimiques organiques chlorés ». Mais trouver des résidus d’un tuyau en plastique ou de matériaux d’isolation brûlés dans une maison ne signifie pas que du gaz de chlore a été utilisé à cet endroit. Plusieurs des composés trouvés par l’OIAC résultent de l’utilisation du chlore pour désinfecter l’eau. On peut en trouver dans l’eau chlorée et à peu près partout où on utilise de l’eau chlorée.

La BBC a commis une « erreur » similaire. Elle a titré « La guerre de Syrie : L’attaque de Douma était du gaz de chlore – organisme d’inspection ».

Pour agrandir

Il a fallu que beaucoup de lecteurs protestent dans les médias sociaux et beaucoup de temps (plusieurs heures) pour que la BBC consente à corriger son « erreur ». Elle titre maintenant : « Guerre de Syrie: ‘Chlore possible’ sur le site de l’attaque de Douma – organisme d’inspection ». C’est mieux, mais c’est tout de même encore un mensonge. Ni le rapport de l’OIAC, ni sa note technique (pdf) n’utilisent nulle part l’expression « chlore possible ». de plus la BBC n’a pas mis de note explicative pour indiquer que le titre original avait été modifié.

Le Daily Beast titre : « Organisme d’inspection : Du chlore a été utilisé dans l’attaque chimique de la Syrie »

« L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déterminé que du chlore avait été utilisé dans l’attaque chimique dans la ville syrienne de Douma, mais n’a trouvé aucune preuve que des agents neurotoxiques étaient impliqués. »

C’est un mensonge pur et simple. Le rapport de l’OIAC ne dit pas que du chlore a été utilisé. Il ne mentionne le chlore que deux fois et seulement à propos d’attaques précédentes.

The Independent, Al Jazeerah, l’Australien ABC News et d’autres diffusent le même mensonge à leurs lecteurs.

Si tant d’organes de presse ont fait cette « erreur » c’est peut-être parce que l’agence de presse britannique Reuters a été la première à répandre cette fausse information :

Pour agrandir

Reuters a depuis lors changé le titre et le texte de cet article et écrit « produits chimiques chlorés » à la place de « chlore », mais n’a joint aucune note pour expliquer ce changement. De plus, il ne précise pas qu’on trouve des « produits chimiques chlorés » à peu près partout.

On peut douter que ces « erreurs » aient été commises par simple négligence. Les auteurs veulent plus probablement  créer la fausse impression que la Syrie est responsable d’une « attaque chimique » qui ne s’est pas produite. S’ils disaient la vérité, il leur faudrait aussi expliquer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé une large attaque de missiles de croisière contre la Syrie sans aucune raison valable.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-les-medias-grand-public-mentent-a-propos-du-rapport-de-loiac-sur-lattaque-chimique-a-douma

 

Ils osent décidément tout…

Ils osent décidément tout…

18 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie, #Moyen-Orient

Nous devons reconnaître une chose : le système impérial ne manque pas d’imagination et représente une source infinie de divertissement…

La dernière en date vient de Washington et pare à l’avance les accusations de false flag. Ecoutez bien, bonnes gens : si les inspecteurs onusiens de l’OIAC, arrivés à Douma, ne trouvent pas trace de bombardement chimique, c’est que les Russes ont caché les preuves ! Ah ok…

De leur côté, les Saoudiens, autres amuseurs publics devant l’éternel, déclarent sans rire qu’ils sont prêts à envoyer leurs troupes en Syrie. Eux qui sont totalement incapables de battre quelques rebelles houthis en pyjama noir…

Il y a un an et demi, nous écrivions :

Il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir l’enlisement saoudien au Yémen et ce blog l’a annoncé à plusieurs reprises (ici, ici ou ici). Deux cartes qui valent tous les discours.

Mai 2016 :

Janvier 2017 :

Malgré ses crimes de guerre, soigneusement passés sous silence par les chancelleries et la presse occidentales saoudolâtres, Riyad n’a pas avancé d’un pouce en huit mois… Les Houthis résistent comme jamais, luttant pour chaque roc, et abattent régulièrement leur lot de wahhabites. Combien de couleuvres la maison des Seoud pourra-t-elle encore avaler ?

Gagnant en capacités stratégiques (bons baisers de Téhéran ?), les Houthis leur balancent maintenant missile sur missile, l’une des dernières salves ayant touché Riyad et Aramco, ce qui a provoqué une flambée passagère du prix du baril. Ah au fait, le Seoud n’a toujours pas avancé au Yémen…

 

Vidéo d’un stage de mise en scène simulée d’une attaque chimique dans une école primaire à Douma–la fabrique du mensonge

Vidéo d’un stage de mise en scène simulée d’une attaque chimique dans une école primaire à Douma–la fabrique du mensonge

Publié par wikistrike.com sur 25 Avril 2018, 08:01am

Catégories : #Social – Société, #Politique internationale

Vidéo d’un stage de mise en scène simulée d’une attaque chimique dans une école primaire à Douma–la fabrique du mensonge

Vous ne verrez sans doute jamais le film final pour lequel ces répétitions ont eu lieu, car les évènements se sont enchainés trop vite depuis la première alerte lancée par les Russes. Vous pouvez néanmoins voir ici ce à quoi vous avez échappé. Il est probable que le film aurait fait la une de tous les grands médias, étant donné l’excellence et le réalisme du jeu des acteurs, tant les adultes que les enfants.  RI  

***

 

 

source:https://strategika51.wordpress.com/2018/04/24/video-dun-stage-de-mise-en-scene-simulee-dune-attaque-chimique-dans-une-ecole-primaire-a-douma-la-fabrique-du-mensonge/

“L’agent chimique de l’attaque de Salisbury peut être produit par n’importe quel État”, dit le chef de l’OIAC

“L’agent chimique de l’attaque de Salisbury peut être produit par n’importe quel État”, dit le chef de l’OIAC

On s’en doutait, mais ça va mieux en le disant…

Source : Russia Today, 24-04-2018

L’agent chimique de l’attaque de Salisbury peut être produit par n’importe quel État, même les États-Unis, dit le chef de l’OIAC à ceux qui appellent pour faire un canular

Un agent neurotoxique utilisé dans l’attaque sur l’ancien agent double Sergei Skripal et sa fille peut être produit par n’importe quel pays, y compris les États-Unis, a déclaré Ahmet Uzumcu, chef de l’OIAC, à des farceurs russes, qui l’ont appelé en se faisant passer pour le Premier ministre polonais.

Uzumcu est devenu une nouvelle cible pour le célèbre duo Vovan et Lexus (Vladimir Kuznetsov et Alexey Stolyarov), qui a déjà fait des farces à des personnalités internationales telles que l’envoyé américain à l’ONU Nikki Haley, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le chef de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Les comédiens ont posté sur YouTube, lundi, ce qu’ils ont dit être leur canular téléphonique avec le Directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Ils se sont présentés en tant que Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, pour s’adresser au chef de l’organisme international de surveillance des armes chimiques sur les attaques chimiques présumées au Royaume-Uni et en Syrie.

M. Uzumcu a pris le temps de répondre aux préoccupations de l’interlocuteur, qu’il croyait être le chef du gouvernement polonais, car la conversation a duré plus de 22 minutes. Il a dit aux farceurs que le mandat de son organisation ne prévoyait pas d’établir le lieu d’origine de la substance, que le Royaume-Uni prétend avoir été utilisé contre Sergei et Yulia Skripal à Salisbury le 4 mars.

Cependant, le chef de l’OIAC a fait remarquer que “selon nos experts, il peut être produit dans n’importe quel État”. Cela contredit les affirmations britanniques selon lesquelles la Russie peut être le seul coupable du fait que A-234 ou ‘Novitchok’ était un agent neurotoxique conçu par les Soviétiques.

«Selon nos experts, elle [la substance, ndlr] peut être produite dans n’importe quel pays. La Russie affirme que la substance a été produite dans un autre pays. Cela aussi peut être vrai mais les pays qui pourraient élaborer cette substance, pourraient le faire pour créer un antidote de cette substance. Dans ce cas-là, le développement de la substance n’est pas interdit [par l’OIAC ndlr] et il n’est pas obligatoire de nous mettre au courant »,

“Il peut donc être produit dans n’importe quel pays ?” ont précisé les farceurs , et Uzumcu a répondu : “En théorie – oui.” Lorsqu’on lui a demandé si les États-Unis auraient pu être la source du produit chimique de Salisbury, le directeur de l’OIAC a répondu : “Absolument”.

« Absolument, dans tous les pays où il y a des experts en chimie, parce que la substance qui a été utilisée, comme m’ont dit nos experts, est généralement accessible. C’est aussi le problème avec ce produit chimique toxique: le matériel pour la production de cette substance est accessible sans aucun obstacle. Néanmoins, nous avons besoin de spécialistes hautement qualifiés et d’un bon laboratoire »

Selon M. Uzumcu, l’A-234 peut être produit “dans n’importe quel pays où il y aurait une certaine expertise chimique. Le matériel utilisé – comme me l’ont dit nos experts – est accessible. C’est le problème auquel nous sommes confrontés avec ce produit chimique toxique.”

Les farceurs avaient également quelques questions à poser sur le gaz toxique présumé utilisé dans la banlieue de Damas à Douma le 7 avril. Les allégations non vérifiées d’une attaque chimique ont été exploitées par les États-Unis et leurs alliés pour justifier une frappe massive de missiles sur la Syrie, qui a été menée avant que les experts de l’OIAC ne soient en mesure d’arriver sur place pour leur enquête. Damas et Moscou ont nié les accusations, le ministère russe de la défense apportant la preuve que toute l’attaque de Douma a été fabriquée.

Uzumcu a déclaré que la Russie coopère avec les experts de l’OIAC, qui sont arrivés à Damas, disant qu”‘ils semblent disposés à soutenir le déploiement de l’équipe.” Il a également commenté les affirmations selon lesquelles les forces russes en Syrie auraient pu enlever du site les preuves de l’attaque alléguée afin de détourner l’accusation des autorités syriennes. “Il y a de telles spéculations. Nous avons entendu cela de la part de quelques pays et nous ne pouvons pas le vérifier”, a déclaré le chef de l’OIAC.

«Il semble qu’ils [les Russes, ndlr] veuillent nous aider à déployer [la mission de l’OIAC, ndlr] et veuillent assurer notre sécurité. Ils nous en ont informés officiellement. Nous espérons que dans les circonstances actuelles nous pourrons faire notre travail et accomplir la mission», a-t-il conclu.

Source : Russia Today, 24-04-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/lagent-chimique-de-lattaque-de-salisbury-peut-etre-produit-par-nimporte-quel-etat-dit-le-chef-de-loiac/

LA FRANCE ET LES GAZ TOXIQUES (L’Imprécateur)

LA FRANCE ET LES GAZ TOXIQUES
(L’Imprécateur)

Le gouvernement a procédé en Syrie à une mission de guerre en l’absence de tout droit et de toute preuve, transgressant les règles du droit international. En dehors du ridicule d’un bombardement de bâtiments désaffectés vides de tout personnel russe ou syrien (ceux-ci ayant été prévenus fin d’éviter que des morts ne soient une cause de représailles russes) s’applique ici le proverbe océanien « Quand on monte au cocotier, il faut avoir le derrière propre ». Le président aurait du y penser avant de suivre aveuglément les faucons américains qui ont décidé de l’opération.

Le général Delawarde ayant expliqué sur Minurne pourquoi la responsabilité de Bachar el-Assad est peu vraisemblable, le général américain James Mattis, secrétaire d’État à la Défense, et le général anglais Jonathan Show pensant la même chose (voir l’article du général Delawarde), il est inutile que je revienne sur le mensonge qui a provoqué la destruction de quelques bicoques syriennes. D’autant que les « preuves » invoquées provenant toutes de sources djihadistes (OSDH, Casques Blancs, etc.) ou de fonctionnaires de l’État, sont toutes sujettes à caution.

Par contre, puisqu’il s’agit paraît-il d’une punition pour avoir franchi « la ligne rouge » de l’interdiction de fabriquer des gaz mortels, il faut savoir que la France en a un stock conséquent, avoisinant les 260 tonnes identifiées, et probablement une centaine de tonnes de plus, mais le tonnage exact des fabrications de ces dernières années est un secret défense bien gardé. (Et c’est logique !)

L’homme utilise des armes chimiques depuis la préhistoire, flèches empoisonnées, têtes de javelots et poignards trempés dans du venin de serpent, de scorpions ou de grenouilles dendrobates. Mortels, mais écolos ! Avec le développement de la chimie, sont arrivés des poisons bien plus efficaces, faits pour les tueries de masse : chlore, phosgène, ypérite, trichloréthylamine, léwisite, adamsite, etc.

Ce sont généralement des composés organophosphorés (OP) dont la version « civile » est les pesticides comme le malathion ou le roundup (herbicide produit par la compagnie américaine Monsanto commercialisé depuis 1975. Il est utilisé en épandage et peut l’être en pulvérisateur manuel. C’est un herbicide non-sélectif, d’où le qualificatif d’« herbicide total », dont la substance active (herbicide) est le fameux glyphosate. C’est un produit toxique, irritant et écotoxique et cancérogène probable. En France, une interdiction de la vente libre aux particuliers de ce produit est − toujours − à l’étude…). Ils agissent sur le système nerveux. Le bien connu sarin est un gaz de guerre OP qui agit à très faible dose et disparaît en quatre heures, permettant aux soldats de venir sur site sans risque.

Depuis la guerre de 14-18 où ils ont été utilisés en abondance, tous les pays susceptibles d’avoir à gérer une guerre en ont fabriqué, nomment les Allemands qui en ont abandonné des stocks importants (généralement sous forme d’obus) en se repliant. Ils ont été recueillis par l’armée française, stockés dans des bases militaires où ils attendent toujours qu’on les traite ! Ce sont officiellement les 260 tonnes déclarées.

Pourquoi ne pas les avoir détruits ? – Officiellement parce que le coût de leur destruction est élevé, environ dix fois plus que celui de leur fabrication. Et aussi sous le prétexte qu’ils servent à expérimenter des contre-poisons pour protéger nos militaires en cas d’attaque au gaz. En réalité, parce que tout le monde les garde « au cas où… »

Seulement, qui dit « expérimentation », avoue qu’il y a donc des laboratoires où l’on manipule ces gaz. L’armée a toujours été discrète sur ce sujet. D’ailleurs, la France a continué de produire des armes chimiques jusqu’en 1987, date à laquelle elle a officiellement arrêté toute fabrication.

Seulement, en 1995, l’un des sites les plus sensibles, géré par la Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE), à l’extrémité sud-est de l’usine AZF de Toulouse, a explosé le 21 septembre 2001, quatorze ans après sa fermeture officielle ! Cause ou conséquence de l’explosion du transformateur EDF à qui les autorités imputèrent la catastrophe ? Le mystère n’est toujours pas éclairci. Secret défense.

De même, à la même époque, la « Société du Chlore Liquide » à Pont-de-Claix dans la vallée du Drac, avait une usine qui produisait industriellement du chlore et ses dérivés, notamment celui plus connu sous le nom « d’agent orange », un défoliant militaire.

Et puis, le plus intéressant : le centre d’études du Bouchet, établissement militaire secret situé dans l’Essonne. Officiellement, il travaillait à la protection des soldats. En réalité, il mettait au point des agents toxiques militarisés. Le but jamais avoué : pouvoir doter la France, en quelques mois, d’un vaste arsenal chimique. Le Bouchet, se trouve à Vert-le-Petit, à une quarantaine de kilomètres au sud de Paris, dans une ancienne poudrerie qui date de Louis XIV. Le centre, protégé par de hauts murs et des barrières, s’étend sur une quinzaine d’hectares, en pleine nature. Il y a une vingtaine de bâtiments bas, isolés les uns des autres. Lorsqu’on fabrique des produits toxiques ou qu’on les manipule, il ne faut pas travailler dans des immeubles hauts, sinon on maîtrise mal les flux d’air. Environ deux cents personnes y travaillaient, et y travaillent semble-t-il toujours, dont une cinquantaine pour la chimie, le reste sur les armes biologiques et la protection. Le tout dépend de la DGA (Direction Générale de l’Armement).

L’expérimentation se faisait sur des animaux. « Nous avions une animalerie, avec des rats surtout. Quand nous obtenions des produits intéressants, nous les testions aussi sur des chiens ou des cochons. On se servait aussi de chimpanzés, mais très rarement. On a travaillé uniquement sur des animaux jusqu’au milieu des années 1980. En 2006, on n’en faisait [des expérimentations] presque plus », a raconté un ancien chef de service à L’Obs en 2013.

Résumons : en 1987 la France ne fabrique officiellement plus de gaz de combats, mais en 2001 un atelier explose à Toulouse et en 2006 on expérimente encore dans l’Essonne des « produits intéressants » que l’on vient de mettre au point.

En 14-18, on avait le chlore, le phosgène ou l’ypérite, qui tuaient seulement après plusieurs jours. En 2006, les « produits intéressants », des organophosphorés (OP) et des « binaires », sont cent fois plus efficaces. L’avantage tactique du sarin est qu’il est très volatil : en trois ou quatre heures, il a disparu de l’atmosphère, et l’attaquant peut donc venir occuper le terrain. Maintenant, il y a le VX, cet « OP » est une huile qui pénètre dans la peau en deux, trois minutes. Persistant, il rend un terrain inutilisable pendant plusieurs semaines, parfois davantage s’il n’y a pas de pluie. [1]

Le meilleur est le « soman ». Il suffit de 6 milligrammes pour tuer un homme, et il n’y a pas d’antidote. Il coûte cher à la fabrication. De plus, il est très difficile à obtenir puisque son produit de base, l’alcool pinacolique [2], n’a pas d’usage civil. Il faut donc construire une installation spéciale pour sa fabrication. Il semble que seuls les Russes l’aient militarisé.

Dans un livre publié en 2006 (« War of Nerves ») l’un des meilleurs spécialistes américains des armes chimiques, Jonathan Tucker, assure que, dans les années 1960, la France a produit plusieurs dizaines de tonnes de sarin et 400 kilos de VX dans l’usine de Braqueville près de Toulouse. Mais vérification faite, c’est inexact, pour le sarin, il ne s’agissait que d’une centaine de kilos. C’est le « tabun » dont la France a fabriqué une dizaine de tonnes. Le tabun est un peu moins toxique que le soman, il ne peut être fabriqué par des amateurs, c’est un N-diméthylaminocyanophosphite d’éthyle [3]. Les tests ont eu lieu avec une collaboration américaine à Mourmelon où il est probablement stocké, Le Bouchet n’étant pas adapté à du stockage de gros volumes. Mais si vous posez la question, on vous répondra probablement que tout a été consommé dans les tests !

Le top-du-top, ce sont les armes chimiques binaires. Vous prenez deux agents peu nocifs séparément qui, mélangés, produisent un dangereux toxique. Vous les mettez dans deux boîtes séparées, à l’intérieur d’un obus. Lors de la mise à feu, les boîtes sont écrasées par l’accélération, s’ouvrent, et les deux agents se mélangent sous l’effet de la rotation. La synthèse se fait alors en quelques secondes. Ces armes sont donc peu dangereuses au « repos ». D’où leur succès dans les années 1980, quand tout le monde s’est intéressé à ce concept. Seuls les Américains ont déclaré posséder un arsenal de ce type. Mais qu’en est-il vraiment pour les autres, Russie, Chine, France ?

Le plus drôle, quand on connaît les leçons de morale que donne la gauche sur les questions militaires et l’usage des gaz mortels, c’est que le programme de fabrication de centaines de tonnes de gaz militaires (nom de code « acacia ») a été ordonné en 1986 par Mitterrand ! On vous jurera qu’il a été abandonné deux ans après. Mais alors que fabriquait « au rythme de quelques kilos par jour » le Centre du Binet encore vingt ans plus tard, et que font les 50 chimistes qui s’y trouvent toujours ? – Ils jouent à la belote ?

Mais soyez rassurés, au milieu des années 1990, le centre du Bouchet s’est doté d’un comité d’éthique pour tout ce qui concerne l’expérimentation animale ! C’est lui qui décidait, et décide encore, de l’opportunité d’effectuer certains essais.

 

L’Imprécateur
19/04/2018

 

[1] Le VX pénètre sans difficulté tous les « vêtements de protection ».
[2] Dérivant du pinacol, molécule de base se présentant sous la forme d’un solide jaune clair servant à la fabrication du « soman » (voir note 3).
[3] Le terme scientifique IUPAC (N-diméthylaminocyanophosphite d’éthyle) est plus connu sous le nom « tabun ». C’est un gaz neurotoxique très dangereux par inhalation ou contact épidermique, comme le soman, le sarin ou le VX, à peine moins nocif que le soman. Il se présente sous la forme d’un liquide incolore ou brun selon son degré de pureté. Symptômes : vomissements, salivations, diarrhées, vertiges, coma. Il s’attaque aux systèmes nerveux et respiratoire dont la paralysie par rétrécissement des bronches provoque la mort en 20 minutes. Seule antidote (si immédiatement injectée) : l’atropine, dont sont équipés les militaires potentiellement au contact. Il n’est pas sot d’en avoir en réserve chez soi…

https://minurne.org/billets/15444

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Revue de presse nationale et internationale.

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