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Washington ne financera plus l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

samedi 1er septembre 2018
Gilles Paris, Le Monde

Washington ne financera plus l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

Les Etats-Unis envisagent par ailleurs d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés.

La menace s’est concrétisée vendredi 31 août pour l’Autorité palestinienne. Après des mois de tensions, Washington a annoncé par la voix du département d’Etat qu’il allait réduire à néant sa participation au fonctionnement de l’agence des Nations unies (ONU) chargée spécifiquement des réfugiés palestiniens (UNRWA).

Cette suppression s’ajoute à celle de 200 millions de dollars (172 millions d’euros) d’aide bilatérale décidée le 25 août. L’aide globale des Etats-Unis aux Palestiniens s’élevait en 2017 à plus de 350 millions de dollars. Une somme liée au rôle longtemps prépondérant des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien.

Un peu plus tôt, Berlin avait annoncé une augmentation « substantielle » de sa contribution à l’UNRWA et appelait ses partenaires européens à faire de même. L’agence aide plus de trois millions de Palestiniens, parmi les cinq millions enregistrés comme réfugiés, notamment à travers ses écoles et ses centres de santé. Sa capacité de travail est en « jeu », a écrit le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, dans une lettre à ses homologues européens, réunis à Vienne jeudi et vendredi.

Ces ressources, poursuit-il dans la lettre, ne suffiront pas à compenser le retrait américain et, par conséquent, l’Union européenne (UE) doit « faire de nouveaux efforts ». La présence de cette agence est « un facteur clé pour la stabilité, en particulier dans la bande de Gaza ». Sa paralysie pourrait « déclencher une réaction en chaîne incontrôlable », met en garde M. Maas.

« Expansion sans fin et exponentielle »

Début 2018, l’administration de Donald Trump avait déjà coupé de moitié sa participation à l’UNRWA. L’aide avait été réduite à environ 60 millions de dollars.

Le 25 août, le département d’Etat avait ensuite annoncé son intention de réorienter vers « des programmes hautement prioritaires ailleurs » la somme de 200 millions de dollars prévus pour des programmes en Cisjordanie et à Gaza. Cinq jours plus tard, le Washington Post avait assuré sans être démenti que la dernière tranche d’aides à l’UNRWA serait également supprimée prochainement.

S’exprimant devant la Foundation for Defense Democracies, un think-tank pro israélien de Washington, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, avait laissé entendre, le 30 août, que son pays interrompra cette aide jusqu’à ce que l’agence des Nations unies se réforme, citant le contenu des enseignements qu’elle dispense dans ses très nombreux établissements scolaires, jugés agressifs vis-à-vis d’Israël.

Tout en invitant les pays arabes du Golfe à plus s’impliquer financièrement auprès de l’agence, elle avait également ajouté comme condition la définition par l’UNRWA d’un « nombre juste » de réfugiés palestiniens. Vendredi, la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, a indiqué que « l’expansion sans fin et exponentielle de la communauté de bénéficiaires n’est pas viable ».
Modifier les paramètres de la négociation

Cette mention renvoie aux courriers internes à l’administration de Donald Trump publiés le 3 août par le magazine Foreign Policy. Chargé depuis l’arrivée à la Maison Blanche de son beau-père de la préparation d’un plan de paix israélo-palestinien, son gendre et conseiller Jared Kushner y fait état de son intention de liquider « une agence qui perpétue le statu quo, qui est corrompue, inefficace et qui n’aide pas à la paix ».

Selon le Washington Post, les Etats-Unis envisagent d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés, qui s’élève aujourd’hui à cinq millions de personnes. L’administration Trump souhaiterait que ce statut soit limité aux personnes en vie au moment de la création de l’agence, il y aura bientôt soixante-dix ans, soit environ un dixième du total. « Il ne revient pas à l’administration américaine de définir le statut des réfugiés palestiniens », a réagi le représentant de l’Autorité palestinienne à Washington, Husam Zomlot.

Il ne s’agit pas de la première tentative de la part des Etats-Unis de modifier les paramètres de la négociation entre Israël et les Palestiniens en violation des résolutions de l’ONU. En décembre 2017, le locataire de la Maison Blanche avait ainsi reconnu unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, alors que les Palestiniens souhaitent établir la leur dans la partie annexée par la force en 1967.
Donald Trump a estimé, le 28 janvier, aux côtés du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, à Davos, en Suisse, que cette décision a retiré la question du partage de Jérusalem, particulièrement délicate, de la table d’éventuelles négociations. « Nous n’avons plus à en parler », a-t-il affirmé.
La mesure « la plus anti-israélienne » de Trump

La réduction a minima du nombre de réfugiés palestiniens s’inscrit dans la même logique qui épouse fidèlement les positions israéliennes. Elle est accompagnée par le feu vert tacite donné par Washington à l’expansion des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, une autre rupture de taille avec les administrations précédentes, démocrates comme républicaines.

Le coup de force américain sur Jérusalem a cependant entraîné une crise sans précédent avec l’Autorité palestinienne. La préparation du plan de paix de Jared Kushner, annoncé de longue date mais qui tarde à se concrétiser, se limite pour l’instant au dialogue du gendre du président des Etats-Unis avec les autorités israéliennes, élargi ponctuellement aux capitales arabes alliées de Washington.

Redoutant une déstabilisation des territoires palestiniens, l’ancien négociateur américain Aaron David Miller a jugé, jeudi sur son compte Twitter, que l’assèchement des fonds de l’UNRWA serait la mesure « la plus anti-israélienne » prise par Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Gilles Paris, correspondant à Washington

http://www.france-palestine.org/Washington-ne-financera-plus-l-agence-de-l-ONU-pour-les-refugies-palestiniens

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Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée

Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée


Stephen Lendman

Par Stephen Lendman – Le 3 août 2018 – Source son blog

L’UE entretient des relations normales avec Israël sur les plans politique, économique, financier, technologique et culturel.

La critique, lorsqu’elle est formulée, exclut tout ce qui pourrait donner lieu à des démarches concrètes pour obliger l’État juif à rendre compte de ses actes criminels.

Bruxelles n’a jamais rien fait pour s’opposer à ses décennies d’occupation illégale, sa violation des lois, normes et standards internationaux fondamentaux, son blocus suffoquant de Gaza, ses trois guerres d’agression sur la bande de Gaza, quantités d’autres violations des droits de l’homme et des droits civils, sa guerre non déclarée contre la Syrie, son soutien à EI et à d’autres terroristes, ainsi que quantités d’autres crimes trop graves pour qu’on puisse les ignorer.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, soutient les agendas impérialistes américains et israéliens, leur militarisme et leur belligérance, leur mépris pour la paix et la stabilité du monde.

Ses médias ont rapporté les critiques creuses qu’elle a adressées au ministre d’extrême-droite israélien de la sécurité publique, Gilad Erdan :

« L’UE rejette fermement les accusations selon lesquelles elle est impliquée dans le financement d’activités qui soutiennent le terrorisme ou les terroristes. »

ajoutant :

« Les accusations israéliennes sont ‘sans fondement et inacceptables, vagues et non étayées’. » Mogherini répondait à Erdan qui avait accusé l’UE et ses partenaires de soutenir des groupes qu’Israël qualifie faussement de terroristes, et de boycotter Israël.

Le régime de Netanyahou accusait les groupes palestiniens de défense des droits de l’homme d’avoir des liens avec le Front populaire de libération de la Palestine qu’il qualifie mensongèrement d’organisation terroriste comme le Hamas, le Hezbollah et tous les groupes qui résistent au terrorisme d’État israélien.

Par ailleurs, jeudi, les chefs de mission de l’UE à Jérusalem et à Ramallah ont déclaré qu’ils « expriment leur vive inquiétude devant l’inauguration officielle, le 1er août, d’un centre touristique, géré par une organisation de colons, dans le quartier Batn al-Hawa/Silwan de Jérusalem-Est occupée, dans un bâtiment d’où cinq ménages appartenant à la famille palestinienne Abu Nab ont été expulsés en 2015 ».

ajoutant :

« Environ 180 ménages palestiniens à Jérusalem-Est, dont une centaine dans la seule ville de Batn al-Hawa, risquent d’être expulsés de leurs maisons, ce qui favorisera la poursuite de la colonisation de la ville, comme dans le cas présent.

 Les missions de l’UE à Jérusalem et à Ramallah rappellent les conclusions et déclarations successives du Conseil des affaires étrangères dans lesquelles l’UE a réitéré sa forte opposition à la politique de colonisation d’Israël et aux mesures prises dans ce contexte, y compris les expulsions et les démolitions.

Les activités de colonisation à Jérusalem-Est compromettent sérieusement la possibilité que Jérusalem serve de future capitale des deux États, elles sont illégales en vertu du droit international et compromettent la solution à deux États et la perspective d’une paix durable. »

Ni l’UE, ni les États-Unis, ni l’ONU, ni les dirigeants du monde n’ont fait quoi que ce soit pour contraindre Israël à répondre de plus d’un demi-siècle de développement illégal de colonies de peuplement sur des terres palestiniennes volées.

Ils n’ont jamais rien fait de concret pour s’opposer aux crimes d’Israël dont la liste est trop longue et l’horreur trop grande  pour qu’on puisse les ignorer.

La critique purement formelle et non-accompagnée de démarches concrètes pour obtenir qu’Israël rende des comptes est vide de sens, cela revient à donner un feu-vert à l’État hébreu pour faire ce qui lui plaît.

La dernière fois que l’UE a formulé un de ses vaines critiques à l’encontre du régime de Netanyahou, c’est quand il a alloué 4,5 millions de shekels au Centre du patrimoine juif yéménite pour mettre en place un projet illégal d’implantation près de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée.

Cela fait partie du projet de longue date d’Israël de coloniser toutes les terres de Judée et de Samarie qui ont quelque valeur, de déposséder les habitants autochtones de la Palestine, de voler tout ce qui leur appartient.

Stephen Lendman est né en 1934 à Boston, Massachussets. Après avoir travaillé pendant sept ans comme analyste en recherche marketing, il a rejoint l’entreprise familiale où il est resté jusqu’à sa retraite à la fin de l’année 1999. Il a commencé à écrire sur les grands enjeux mondiaux et nationaux à l’été 2005, et participe à des émissions de radio sur le Progressive Radio Network trois fois par semaine, où sont débattues les grandes questions mondiales et nationales. Lendman est lauréat du Project Censored 2008 et lauréat du prix international de journalisme 2011 du Club des journalistes mexicains.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/les-critiques-formelles-disrael-par-lue-ne-sont-quun-ecran-de-fumee

 

Gaza: les groupes palestiniens cessent les tirs de roquettes après une nuit d’hostilités

Gaza: les groupes palestiniens cessent les tirs de roquettes après une nuit d’hostilités

Frappes israéliennes sur la bande de Gaza, dans la nuit du 8 au 9 août 2018 / © AFP / MAHMUD HAMS

Le Hamas et ses alliés ont fait taire les armes jeudi après un barrage de roquettes contre Israël dont la lourde riposte aérienne contre des dizaines de cibles dans la bande de Gaza a coûté la vie à une Palestinienne enceinte et son bébé.

Le calme était revenu en fin d’après-midi dans les bande de Gaza et sur ses pourtours israéliens après les hostilités de la nuit poursuivies jusque dans la matinée, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Mais une quatrième guerre dans la bande de Gaza depuis 2008 continue à menacer. L’issue de discussions indirectes engagées par Israël et le Hamas avec l’entremise de l’Egypte et de l’ONU pour dissiper ce spectre et tenter d’établir une trêve durable est plus incertaine que jamais.

Les groupes armés palestiniens « ont cessé vers midi (09H00 GMT) toutes les opérations de représailles contre l’agression israélienne », a déclaré un membre de leur commandement conjoint dans une possible référence à la mort, mardi, de deux membres de la branche armée du Hamas dans une frappe israélienne.

Le Hamas et ses alliés « considèrent cet épisode d’escalade comme terminé », a-t-il ajouté.

L’ordre a été globalement respecté. Une roquette a cependant atterri après l’annonce de l’arrêt des tirs près de Beer-Sheva, à une quarantaine de kilomètres de Gaza. L’engin n’a pas fait de dégât ni de victime. Mais, selon les médias israéliens, c’est la première fois depuis la guerre de 2014 qu’une roquette est envoyée à une telle distance, et non pas à proximité immédiate de Gaza, comme un avertissement possible lancé à Israël.

Les environs israéliens de Gaza ont essuyé entre mercredi soir et jeudi plus de 180 tirs de roquettes et de mortier, auxquels l’aviation israélienne a riposté en frappant plus de 150 sites militaires du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige l’enclave, selon des chiffres fournis par l’armée israélienne.

Le cercueil renfermant les corps d’une Palestinienne de 23 ans, Enas Khammash, et de sa fille de 18 mois, Bayan, transporté lors de leurs funérailles à Deir al-Balah dans la bande de Gaza, le 9 août 2018 / © AFP / SAID KHATIB

Le territoire reclus, appauvri et coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, a résonné des frappes israéliennes pendant des heures, d’imposants panaches de fumée et des boules de feu s’élevant dans les airs.

Trois Palestiniens, dont une femme enceinte de 23 ans, Enas Khammash, et sa fille Bayan de 18 mois, ont été tués dans ces raids israéliens, ont rapporté les secours gazaouis. Le troisième Palestinien tué a été identifié par le Hamas comme appartenant à sa branche armée.

Abdullah Khammash, 31 ans, un cousin de la femme et de l’enfant tuées, a interpellé à distance le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman.

« Je dis à Lieberman: +Venez voir vous-mêmes les dégâts. Qu’est-ce que cette petite fille avait fait de mal? », s’est-il ému. La famille n’a aucun lien avec les groupes armés, a-t-il protesté.

La maison touchée se trouve à quelques centaines de mètres d’une importante base du Hamas.

Un porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a dit ne pas avoir d’informations sur cet évènement, mais, « par définition, nous avons seulement visé des cibles militaires utilisées par le Hamas ». Douze autres Palestiniens ont été blessés dans les raids.

Une voiture endommagée par les tirs de roquettes venus de Gaza à Sdérot, localité israélienne, le 9 aout 2018 / © AFP / JACK GUEZ

Côté israélien, la pluie de roquettes venue de Gaza a ranimé les scènes connues de civils se précipitant vers les abris.

A Sdérot, localité atteinte par plusieurs projectiles, Hagit Shitert, 45 ans, a elle aussi couru pour se protéger. Dans la panique, un de ses fils s’est blessé dans l’escalier quand une roquette est tombée près de leur immeuble, criblant la bâtisse d’éclats, pulvérisant l’arrière d’une voiture et laissant un trou béant dans le sol. Mais « jamais, jamais, je ne partirai », assure-t-elle.

Hormis Sdérot, la plupart des projectiles sont tombés dans des zones inhabitées et le système de défense anti-aérien israélien a intercepté plus de 30 engins, selon l’armée.

Une Thaïlandaise d’une trentaine d’années a cependant été gravement touchée au ventre par des éclats jeudi matin. Trois autres personnes ont été atteintes de la sorte, ont indiqué les secours.

Ces hostilités sont la troisième confrontation majeure depuis juillet, ébranlant une nouvelle fois le cessez-le-feu tendu observé depuis 2014 par Israël et le Hamas ainsi que ses alliés de part et d’autre de la barrière de sécurité israélienne qui ferme hermétiquement la frontière avec Gaza.

Les accès de fièvre se multiplient depuis le 30 mars et le début d’un mouvement de protestation palestinien le long de la barrière pour dénoncer, entre autres, le blocus imposé par l’Etat hébreu à l’enclave. Les tensions ont été exacerbées par le transfert, le 14 mai par les Etats-Unis, de leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

Gaza Strip / © AFP / Sophie RAMIS

Au moins 165 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars. Un soldat israélien a été tué le 20 juillet près de Gaza, pour la première fois depuis 2014.

– « Croisée des chemins » –

L’envoyé spécial de l’ONU Nickolay Mladenov, a appelé toutes les parties à « s’éloigner du bord du gouffre ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu réunit jeudi après-midi le cabinet de sécurité, forum restreint examinant les questions stratégiques.

L’un des membres du cabinet, le ministre de l’Energie Youval Steinitz, a reflété le pessimisme à la radio publique.

« Nous sommes à la croisée des chemins. La question est de savoir si nous allons vers un arrangement (avec le Hamas) ou vers une escalade et une opération militaire (israélienne) lourde. Pour le moment, il semble que nous nous acheminions vers la deuxième option ».

(©AFP / (09 août 2018 17h13)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Gaza-les-groupes-palestiniens-cessent-les-tirs-de-roquettes-apr-s-une-nuit-d-hostilit-s/944076.rom