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Le bruit autour de l’accord chinois sur Haïfa met en lumière les divisions au sein de l’« État profond » israélien

Le bruit autour de l’accord chinois sur Haïfa met en lumière les divisions au sein de l’« État profond » israélien


Andrew Korybko
Andrew Korybko

Par Andrew Korybko – Le 22 septembre 2018 – Source orientalreview.org

La Chine exploitera bientôt le port israélien de Haïfa, si tout se passe comme prévu.

Haaretz a publié un compte rendu sur une conférence, tenue fin août en Israël, au cours de laquelle Shaul Horev, ancien directeur du cabinet de la marine et président de la commission à l’énergie atomique, s’était alarmé de la prochaine remise à la Chine de la gestion du port stratégique de Haïfa. Ce changement avait été signé il y a trois ans et demi par le ministère des transports et les autorités portuaires, sans l’aval du conseil à la sécurité nationale ni de la marine elle-même, qui est semble-t-il directement concernée au vu de la proximité de sa flotte de sous-marins avec le port. La mise en œuvre imminente de l’accord a soulevé les angoisses habituelles quand au « piège de la dette », aux implications militaires, et assez étrangement, quant à se demander si Israël se détourne des USA.

Manifestement, ce à quoi nous observons résulte d’une faction des administrations militaires, de renseignements et diplomatiques permanentes de l’État d’Israël – ou « État profond » – qui veulent rejoindre la vision mondiale chinoise de la connectivité portée par les Routes de la soie (One Belt One Road – OBOR), alors que l’autre faction veut s’en tenir sans fléchir au soutien pro-américain de Tel-Aviv et empêcher ces initiatives, ce qui génère les frictions aux yeux du public sur ce sujet. Contrairement à ce que beaucoup dans les médias alternatifs pourraient imaginer, Israël et la Chine n’ont fait que se rapprocher au fil des dernières années, Pékin développant un intérêt pour la proposition du train « Red-Med » [Train à grande vitesse Tel-Aviv Eilat, NdT], qui viendrait relier mer Rouge et mer Méditerranée par voie ferrée, et qui pourrait compléter voire un jour constituer une alternative au canal de Suez.

L’accord israélien permettant à la Chine de s’étendre et de venir gérer le port de Haïfa constitue une indication de l’existence d’une faction influente de l’« État profond », désireuse d’ouvrir des alternatives à la dépendance stratégique de Tel Aviv envers les USA, en coopérant de façon pragmatique avec d’autres grandes puissances en cours de constitution, comme on l’a vu par ailleurs dans les coopérations avec la Russie au sujet de la Syrie. Cette faction semble projeter un rôle d’Israël quelque peu similaire à celui de son nouveau partenaire, l’Inde, en jouant le même jeu de « multi-alignement » entre grandes puissances, ce qui en théorie permettrait au pays de tirer le meilleur parti de la « compétition » pour sa « loyauté », en négociant plus cher auprès de chacune des parties, USA y compris.

À supposer que l’accord ne se voie pas entravé en dernière minute par la faction opposée et ses alliés américains sur des considérations de « sécurité nationale », Israël donnerait là aux routes de la soie leur meilleure caution internationale, ce qui d’ailleurs pourrait bien constituer la raison pour laquelle la Chine a monté ce projet dès le départ. Il est également possible, comme évoqué par Ber Cowen du Times of Israël, que la Chine maintienne des ambitions à long terme de contrôler les accès européens aux ressources du Golfe, via les ports méditerranéens, suite à un accord de paix en Palestine à venir qui verrait les monarchies arabes reconnaître officiellement Israël, et faire traverser des oléoducs sur son territoire pour économiser 40% des coûts de transport par rapport au transit par le canal de Suez.

Quelles que soient les intentions de la Chine – et il ne s’agit certainement pas de s’affranchir d’Israël dans un « piège de dette » ou d’espionner ses sous-marins – la controverse autour de cet accord révèle le fait que deux factions de l’« État profond » sont en compétition en Israël et ont rendu publique leur querelle sur Haïfa, chacune d’entre elles ayant ses raisons – très différentes – d’estimer que le grand jeu se verrait changé si l’accord devait se voir suivi de faits.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 21 septembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-bruit-autour-de-laccord-chinois-sur-haifa-met-en-lumiere-les-divisions-au-sein-de-letat-profond-israelien

 

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Des chiffres et des lettres

Des chiffres et des lettres

Publié le 24 Septembre 2018 par Observatus geopoliticus in Russie, Etats-Unis, Economie, Moyen-Orient, Gaz, Europe, Pétrole

Dans l’immense bataille d’échecs géopolitique à laquelle participe Poutine, calculateur hors pair, quelques chiffres intéressants entrant dans l’équation du Grand jeu ne manqueront pas d’attirer l’attention…

60, comme le nombre de sanctions prises par le système impérial américain contre Moscou depuis 2011. Dans un article malicieusement intitulé Les dirigeants russes célèbrent le soixantième train de sanctions, un haut responsable s’amuse :

« On dirait que c’est devenu une sorte d’amusement national là-bas. Nous pouvons constater l’excitation des politiciens américains qui, persuadés de leur propre exceptionnalisme, espèrent qu’il leur faut un petit effort supplémentaire afin de dicter leurs conditions à la Russie. Cela n’arrivera jamais. Les opérateurs de la machine à sanction devraient se renseigner sur l’histoire russe… »

Non seulement ces sanctions des auto-proclamés maîtres de l’univers n’ont pas l’effet désiré mais elles jouent même en faveur de Vladimirovitch qui, depuis des années, tente de faire rapatrier les riches et surtout leurs milliards dans le circuit économique russe. L’hystérie américaine l’y aide grandement sans qu’il ait à faire un geste…

Un bonheur ne venant jamais seul, la sanctionnite aiguë de l’empire accélère le processus de dédollarisation au sein des grandes compagnies russes qui se mettent à amasser des roubles. C’est par exemple le cas de Norilsk, qui avait l’habitude d’avoir toutes ses réserves en devises étrangères il y a quelques années encore :

Pour la première fois de son histoire, ses dépôts en monnaie nationale sont devenus majoritaires, et cet exemple est loin d’être un cas isolé. C’est tout bénéfice pour le Kremlin où l’on doit sabler le champagne à chaque nouvelle sanction…

S300, comme le système que Moscou va enfin livrer à la Syrie. Aucune surprise pour le fidèle lecteur, nous en parlions il y a quelques jours encore après l’incident de l’Iliouchine-20 :

Une autre option consiste à livrer enfin les S-300 à la Syrie, ce qui est « presque inévitable » maintenant d’après Serguey Balmasov, analyste à l’Institut du Moyen-Orient à Moscou. Quand on sait ce que, malgré l’accident d’hier, les S-200 améliorés sont capables de faire…

Coïncidence ou pas, il s’est encore passé quelque chose d’intrigant dans le ciel syrien il y a quelques jours. Le 16 octobre, un énième incident aérien a eu lieu entre Tel Aviv et Damas, des jets israéliens bombardant une batterie antiaérienne prétextant un tir syrien contre deux avions ayant auparavant survolé le Liban. Jusqu’ici, rien que de très habituel même si l’affaire était presque concomitante à la visite de Choïgu en Israël, ce que d’aucuns ont vu comme une petite démonstration de force vis-à-vis de Moscou (précisons tout de même que les Russes ont été prévenus de l’attaque).

Manque de bol pour Bibi la Terreur, il y a comme un air de couac. Que le ministre syrien de la Défense déclare que l’un des deux F-35 israéliens ait été touché par un missile participe de la traditionnelle guerre de l’information et il est difficile de confirmer ou d’infirmer les dires de Damas. Plus intéressant, la presse israélienne a reconnu que le même jour, un F-35 avait été endommagé par… des oiseaux (!) et qu’il prenait la direction du garage.

D’ici à penser que l’avion a en réalité été touché par un vieux S200 syrien de l’époque soviétique, démontrant encore une fois l’inanité du chasseur furtif le plus cher de l’histoire, il n’y a qu’un pas que beaucoup envisagent de franchir.

A Tel Aviv, c’est la soupe à la grimace. D’autant que, cerise sur le gâteau, les Russes y ajoutent le brouillage des communications, de la navigation par satellite et des radars de bord de tout avion venant de la Méditerranée. Si les Israéliens veulent survoler la Syrie, ça sera maintenant à leurs risques et périls, en passant uniquement par le sud où les attendront les S-300…

Certains analystes parlent même de la fermeture totale du ciel syrien, ce qui ne semble pas encore d’actualité, mais pourrait l’être si l’on en croit les paroles menaçantes du ministre russe de la Défense, le déterminé Choïgu :

« Nous sommes convaincus que la réalisation de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats. Dans le cas contraire, nous réagirons conformément à la situation.  »

Rappelons-nous que, contrairement aux simagrées communicatives occidentales, les Russes ne parlent jamais pour ne rien dire, ce que nous appelions un peu frivolement la « technique du rhinocéros », qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit, avance inexorablement, sans grandes annonces mais d’un pas sûr.

Il se pourrait même que les S-300 aient déjà été livrés si l’on en croit une info concernant l’arrivée de deux avions cargo russes à la base d’Hmeymim et qui devaient transporter autre chose que de la vodka et du bœuf Stroganoff…

Tel Aviv qui pleure, Washington qui fait grise mine et se plaint d’une « escalade ». Pour ne rien arranger, un Sukhoï 35 a d’ailleurs apparemment intercepté, dans le ciel syrien, un F22 américain, censé être furtif. Les Iraniens sont par contre tout sourire, les livraisons à destination du Hezbollah pourront reprendre de plus belle. Cela consolera un peu Téhéran de l’attentat d’Ahvaz, jalon supplémentaire de l’énorme bataille arc chiite VS sunnisme radical & Israël qui conditionne le Moyen-Orient depuis des années.

Un bémol toutefois. Nous rapportions l’année dernière un fait important :

On sait qu’il y a deux ans, Israël s’était entraîné en Grèce à contourner le S300 dans l’optique d’une guerre contre l’Iran (on appréciera au passage la trahison grecque…)

Y ont-ils réussi ? Les Russes vont-ils livrer à Damas des systèmes améliorés ? Dans l’éternelle course-poursuite entre l’attaque (aviation, missiles) et la défense (systèmes anti-aérien et anti-missiles), les prochaines semaines devraient nous apporter quelques réponses intéressantes…

2, comme le second gazoduc baltique qui semble chaque jour plus inévitable. Là encore, le lecteur averti avait été prévenu :

A l’ouest, du nouveau malgré ce que pourrait en dire Maria Remarque. Les travaux pour la pose du Nord Stream II ont débuté dans le golfe de Finlande, ce qui, selon la presse économique occidentale, signifie que le projet est désormais inarrêtable.

Le fidèle lecteur ne sera pas surpris, nous étions les premiers dans la sphère francophone à parier sur l’inéluctabilité du gazoduc baltique il y a deux ans :

C’est le genre de petite nouvelle banale qui passe totalement inaperçue, pas même digne d’être évoquée dans les fils de dépêches des journaux. Et pour une fois, je ne les en blâme pas, car seuls les initiés peuvent comprendre la portée de l’information sur notre Grand jeu énergético-eurasiatique.

Une première livraison de tubes est arrivée dans la presqu’île de Rügen, sur la côte baltique de l’Allemagne, et il y en aura désormais 148 par jour, acheminés par trains spéciaux (chaque tuyau mesure en effet 12 mètres et pèse 24 tonnes). Vous l’avez compris, il s’agit des composants du Nord Stream II qui devraient commencer à être assemblés au printemps prochain.

Ainsi, même si aucune décision officielle n’a encore été prise, ou du moins annoncée, le doublement du gazoduc baltique semble bien parti (…) Gazprom prendrait-il le risque de les acheter et de les acheminer sans avoir une idée assez sûre du dénouement ?

L’empire, obsédé par la perspective d’une intégration énergétique de l’Eurasie, tentera encore par tous les moyens de torpiller le projet mais ses atouts commencent à se faire rares… Et l’on catéchise plus difficilement l’Allemagne que la petite Bulgarie à propos du South Stream.

Renouvelons la question : Gazprom prendrait-il le risque de débuter les travaux dans le golfe de Finlande si Moscou n’avait pas dorénavant l’assurance que rien ne pourra se mettre en travers du tube ? Il semble que tout se soit décidé lors des rencontres Poutine-Merkel et lors du fameux sommet d’Helsinki (coïncidence amusante) entre le Donald et Vlad.

Washington semble avoir jeté l’éponge et renoncé à sanctionner les compagnies européennes qui participent au projet, malgré l’obsession américaine – anglo-saxonne d’ailleurs, car les Britanniques avaient la même approche au début du XXème siècle – de séparer à tout prix la base industrielle allemande des ressources énergétiques russes (tss tss Grand jeu, quand nous tu tiens…) La résistance opiniâtre de Frau Milka et les réalités économiques sont tout simplement trop fortes.

Chose intéressante, les paiements de gaz se feront en euros et non plus en dollars, preuve supplémentaire que l’empire se tire une balle dans le pied et détruit l’un des principaux piliers de sa puissance (le billet vert) avec ses folles menaces de sanctions. On pouvait déjà en voir les contours en mai :

Enfonçant un coin entre le centre impérial US et ses vassaux européens quelque peu perdus depuis l’élection du Donald, le Kremlin flatte l’égo de ces derniers en proposant, au Forum économique de Saint-Pétersbourg qui vient d’ouvrir et où l’on retrouve du beau monde, de choisir l’euro pour son commerce extérieur avec l’UE « si nos partenaires européens prennent position sans équivoque » contre les sanctions américaines.

L’ours a lu tous les classiques de la stratégie chinoise… Moscou soutient la montée de l’anti-système en Europe mais offre en même temps une planche de salut pour le système eurolâtre désespéré de sauver sa monnaie unique. Moscou préférait Trump à l’hilarante mais profite de la scission créée par l’élection du Donald pour retourner les Européens contre leur suzerain américain. Du velours…

Dans l’optique d’un éventuel Nord Stream III, que nous avions évoqué et dont l’idée commence à faire son chemin dans les têtes, Gazprom continue le développement du gisement géant Yamal qui produira à terme 140 Mds de m3 annuels.

11,3 millions, comme le nombre de barils de pétrole produits chaque jour par la Russie, qui bat pour l’occasion son record historique. Jamais depuis la chute de l’URSS en 1991 autant d’or noir n’avait en effet été extrait. La remontée des cours du baril n’y est évidemment pas étrangère.

Si la vertigineuse chute de 2008 (1) était due à des raisons purement économiques – la crise des subprimes devenue crise financière mondiale -, celle de 2014 (2) était bien plus géopolitique et mettait en scène l’inévitable Seoud :

Allié traditionnel des Etats-Unis depuis 1945 et, partant, des pays européens, le régime moyenâgeux des Seoud se trouve maintenant à la croisée des chemins. Qu’elles sont loin les années 80 où l’alliance américano-saoudienne mettait à bas l’URSS au terme d’un double mouvement brillant mais très lourd de conséquences :

  1. en Afghanistan, appelé à devenir le « Vietnam des Soviétiques », soutien aux moudjahidines et autres islamistes, dont un certain Ben Laden.
  2. entente pétrolière, Washington demandant à Riyad d’augmenter soudainement sa production afin de faire baisser le baril à 10$ et ruiner l’URSS qui dépendait fortement de ses exportations d’or noir.

Le premier point a donné Al Qaïda, le 11 septembre 2001 et plus généralement l’expansion du djihadisme international.

Le second a eu pour conséquence secondaire la ruine de l’Irak d’un certain Saddam Hussein, « trahi » par ses alliés américains et saoudiens qui l’avaient soutenu dans sa guerre contre l’Iran avant de le lâcher en rase campagne. Pour compenser ses pertes, Saddam envahira en 1990 le Koweït afin de mettre la main sur les réserves pétrolières gigantesques de ce petit pays, entraînant la première guerre du Golfe (1991) et l’invasion définitive de l’Irak par les Etats-Unis (2003), elle-même responsable d’une réaction en chaîne aboutissant au bouleversement généralisé que connaît le Moyen-Orient aujourd’hui.

Ennemie des chiites comme des sunnites laïcs, l’Arabie saoudite wahhabite a deux bêtes noires : l’Iran (Wikileaks a bien montré la paranoïa hystérique des Seoud vis-à-vis de Téhéran) et la Syrie de Bachar al Assad. Riyad comptait sans doute sur les Etats-Unis pour, comme au bon vieux temps, renverser ces régimes impies, mais leurs récriminations sont restées lettre morte. Non pas que les Américains en veuillent aux Saoudiens d’avoir vraisemblablement participé au 11 septembre, l’inénarrable Bush a fait ce qu’il faut pour couvrir les Seoud, préférant placer sur le clownesque « axe du Mal » des pays qui n’avaient rien à voir (Irak, Iran, Corée du Nord). Mais, après les fiascos afghan et irakien, l’Amérique n’a simplement plus les moyens d’engager une nouvelle guerre et le prix Nobel par défaut qui occupe actuellement la Maison blanche semble enfin l’avoir compris.

Ne manquant pas d’air, les cheikhs grassouillets de Riyad sont outrés du « lâchage » américain et commencent à redistribuer leurs billes. Si, à ce qu’il semble, un pacte pétrolier voulant rejouer le coup de 1986 a été mis sur pied en septembre 2014 par Kerry et le roi Abdallah pour « punir » la Russie sur l’Ukraine et la Syrie, les Saoudiens ont vite retourné la chose pour plomber l’industrie US de schiste et… se rapprocher des Russes !

Ces années sont derrière et l’or noir remonte la pente pour tutoyer les 80$. Moscou en profite pour renflouer ses caisses déjà bien remplies (rappelons qu’à environ 14%, la dette publique russe est ridiculement basse par rapport aux pays du « camp du Bien ») et en profitera pour acheter toujours plus d’or, mettant un peu plus à mal le système financier mis en place par l’Amérique au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

La Toile d’Araignée: Le Second Empire Britannique

La Toile d’Araignée: Le Second Empire Britannique, est un film documentaire qui montre comment la Grande-Bretagne est passé de son statut de puissance coloniale à celui de puissance financière mondiale. Au lendemain du démembrement de cet empire colonial, les intérêts financiers de la City de Londres ont créé un réseau de juridictions offshore secrètes qui ont fait main basse sur les richesses mondiales et les ont dissimulées derrière une toile aux ramifications complexes reliant des iles offshore. Aujourd’hui, près de la moitié de la richesse mondiale offshore serait ainsi cachée dans des juridictions secrètes britanniques. La Grande-Bretagne et ses juridictions sont ainsi devenues l’intermédiaire principal et incontournable dans le monde de la finance internationale. Comment en est-on arrivé à cette situation, et quel est son impact réel sur le monde actuel? La Toile d’Araignée mène l’enquête afin d’apporter des réponses à ces questions.

Notre précédent documentaire Les Princes du Yen: Les banques centrales et la transformation de l’économie: https://youtu.be/1f7WT6VsIV8

Site Web (en anglais seulement): http://www.spiderswebfilm.com

TERRE ET MER AU XXIe SIÈCLE (I) : AU CŒUR DE LA CONFRONTATION GEOPOLITIQUE FONDAMENTALE

TERRE ET MER AU XXIe SIÈCLE (I) : AU CŒUR DE LA CONFRONTATION GEOPOLITIQUE FONDAMENTALE

Publié par Brujitafr sur 22 Septembre 2018, 05:29am

Catégories : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE, #AIR DU TEMPS, #POLITIQUE, #USA, #ECONOMIE – FINANCE

TERRE ET MER AU XXIe SIÈCLE (I) : AU CŒUR DE LA CONFRONTATION GEOPOLITIQUE FONDAMENTALE
TERRE ET MER AU XXIe SIÈCLE (I) : AU CŒUR DE LA CONFRONTATION GEOPOLITIQUE FONDAMENTALE
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/ 2018 09 21/
L’actualité, qui conduit sans cesse aux commentaires sur des
événements éphémères, mais aussi le gouvernement par la « théâtralité
» (Macron, Trump, Erdogan, etc), font oublier que la Géopolitique,
conçue comme une science, LA science du XXIe siècle, n’a rien à voir
avec une pseudo « géopolitique de l’émotion », mais repose sur des
fondamentaux, des grilles d’analyses et des cycles longs.
Je viens de traiter pour AFRIQUE MEDIA et EODE-TV une longue analyse
de 45 minutes, où je rappelle ces fondamentaux et de façon
prospective, prévisionnelle, pourquoi ils vont déterminer le XXIe
siècle …
* Voir sur EODE-TV/
LUC MICHEL: TERRE ET MER AU XXIe SIÈCLE (I).
L’AXE MOSCOU-PEKIN AU CŒUR DE LA CONFRONTATION GEOPOLITIQUE FONDAMENTALE

# I-
ROME VS CARTHAGE OU LA GUERRE ETERNELLE :
POURQUOI LE CONFLIT EURASIE-USA, DEPUIS 1917, EST LA QUATRIEME GUERRE PUNIQUE ?
Je peste souvent depuis 35 ans, mes lecteurs le savent bien, contre
une absurdité historique et géopolitique sans nom : assimiler les USA
à l’Empire romain, stupidement appelé « l’empire », alors que
Washington et Wall-street sont la version contemporaine de Carthage !
Beaucoup d’écrivains aujourd’hui à l’extrême-gauche commettent un
contresens de même nature que celui des Spartakistes allemands en
1916-19, se déclarant « spartakistes », et qui relève de la même
erreur d’analyse sur l’Empire romain. Parce qu’ils ne connaissent mal
l’Histoire et la géopolitique. Et parce que le Gauchisme (d(où est
issu cette vision idéologique et non géopolitique) développe,
singulièrement depuis Mai 1968 en France, Italie ou Belgique, un
discours anti-étatique et anti-jacobin. Notamment, des gens comme
l’idéologue italien Toni NEGRI, qui parlent des Etats-Unis comme «
d’un nouvel Empire romain » (sic). Contresens copié-collé, via les
Altermondialistes par certains idéologues néofascistes ou pro
islamistes français et italiens.
LES USA C’EST LA NOUVELLE CARTHAGE !
Les Américains, c’est Carthage !!! Avec l’impérialisme carthaginois,
ils partagent le recours à des armées de mercenaires, la domination
par une oligarchie, non pas politique, mais économique, et une vision
qui consiste non pas à diffuser une culture, mais à piller la planète.
Cela n’a rien de nouveau.
Dès 1967, le géopoliticien de l’unification du continent eurasiatique
THIRIART (1) pouvait déjà s’emporter: « Nous avons lu, sous la plume
d’un journaliste du régime, que les Etats-Unis semblaient devenir la «
nouvelle Rome ». C’est là un échantillon de l’inculture historique –
crasse –. Les Etats-Unis sont essentiellement un Empire maritime,
comme le fut longtemps l’Angleterre, comme tenta de l’être le Japon,
entre Tsushima et Hiroshima. Le modèle parfait d’empire maritime
demeure Carthage et le modèle parfait d’Empire continental reste Rome
» …
Sur ce sujet capital, Jean THIRIART écrivait encore (dans « USA : un
empire de mercantis. Carthago delenda est », in LA NATION EUROPEENNE,
n° 21, Bruxelles & Paris, octobre 1967) : « Actuellement la lutte
titanesque qui se profile en filigrane et qui s’inscrira dans le
siècle à venir, sera la lutte pour l’hégémonie, entre une puissance
maritime étalée et une puissance terrestre compacte, entre les
Etats-Unis et la Grande-Europe (ndla : on dit en 2018 : l’Eurasie).
Les conditions continentales et maritimes ont fait naître des styles
extrêmement opposés. Rome a été, malgré ses duretés et ses cruautés
(…) une puissance civilisatrice tandis que Carthage n’a été qu’une
puissance mercantile. De Rome partaient des hommes qui allaient
pacifier, organiser, construire, unifier. De Carthage partaient des
marchands, des représentants de commerce ; ils partaient pour aller
rapidement s’enrichir (…) De Carthage, il ne reste rien : littérature,
style architectural, pensée philosophique, pensée politique : c’est le
vide. On ne peut s’empêcher de faire un rapprochement avec les
Etats-Unis où s’observe aujourd’hui ce même phénomène d’une
civilisation sans culture. Le navigateur revient toujours chez lui, le
continental s’implante. On peut, sans exagération, affirmer que la
géographie ou la géopolitique a créé un style politique ».
COMMENT LES JACOBINS DE FRANÇAIS DE 1792 FURENT PLUS LUCIDES QUE LES MARXISTES ALLEMANDS DE 1918
Les révolutionnaires allemands Karl LIEBKNECHT et Rosa LUXEMBOURG –
dont LENINE jugeait les vues étroites, et qui ont politiquement échoué
là où les Bolchéviques ont triomphé, ont eu une vision historique
complètement faussée en choisissant Spartacus et la « Révolte des
esclaves » pour emblème. Les esclaves révoltés n’étaient nullement le
prolétariat antique. Celui-ci, c’est précisément la plèbe, dont les
intérêts s’exprimaient dans le Parti populaire et qui formaient
l’ossature des Légions de Marius à César. Le légionnaire est
obligatoirement un citoyen romain sous la République, héritage de
l’ancienne Démocratie directe des origines romaines. La vision des
révolutionnaires français de 1789, imprégnés de l’Histoire romaine, a
été plus claire. Ce n’est pas sans raison que BABEUF, le « premier
communiste de l’Histoire moderne » selon Marx, avait choisi comme
prénom révolutionnaire celui de « Gracchus » ! Précisément les
Gracques, les deux leaders martyrs du parti populaire, les tribuns de
la plèbe assassinés par l’oligarchie de la République romaine.
La Géopolitique néoeurasiste (2) (3) ne fait qu’exprimer une vision
globale, politique, éthique, de civilisation que l’on peut résumer par
la formule lapidaire « Rome contre Carthage » ! Une formule par
laquelle les théoriciens du Jacobinisme dès 1792 – encore eux –
exposaient déjà le combat – lui aussi de civilisation, celui de
l’Europe révolutionnaire contre l’Ancien régime des Rois, et surtout
contre leur ennemi principal : l’impérialisme anglo-saxon … Sur
l’utilisation du thème « Rome contre Carthage » par la France jacobine
de 1792 à 1815, à propos du conflit contre la Grande-Bretagne,
illustration du conflit classique géopolitique typique de la Terre –
Rome – contre la Mer – Carthage – , il faut lire Louis MADELIN et son
remarquable livre LE CONSULAT ET L’EMPIRE ! (4)
DES TROIS GUERRES PUNIQUES A LA QUATRIEME …
Les trois guerres puniques opposèrent durant près d’un siècle la Rome
antique et Carthage (civilisation punique et pas « africaine », les
africains sont les voisins numides de Carthage, alliés de Rome). La
cause initiale des guerres puniques fut le heurt des deux empires en
Sicile, qui était en partie contrôlée par les Carthaginois. Au début
de la première guerre punique, Carthage avait formé un vaste empire
maritime (thalassocratie) et dominait la mer Méditerranée, alors que
Rome avait conquis l’Italie péninsulaire (puissance continentale). À
la fin de la troisième guerre punique, Rome parvint à conquérir les
territoires carthaginois et à détruire Carthage, devenant ainsi la
plus grande puissance de la Méditerranée.
En 1917, avec l’irruption des USA dans la première guerre mondiale
(contre Berlin), puis de 1943 où Washington succède à Londres comme
hégémon de la Thalassocratie dite anglo-saxonne (cette fois contre
Moscou), nous sommes entré dans la 4e guerre punique. Qui est
aujourd’hui comme jadis le conflit de la Mer (Washington) contre la
Terre (en 2018, l’Axe Moscou-Pékin). Les deux Guerres froide, celle de
1943-1991, et la « nouvelle Guerre froide 2.0 », sont les deux
épicentres modernes de ce conflit géopolitique classique …
# II-
MOSCOU : DE LA « TROISIEME ROME » MESSIANIQUE A LA « QUATRIEME ROME »GEOIDEOLOGIQUE EURASIENNE …
Notre Ecole géopolitique conçoit l’Empire eurasiatique comme une
nouvelle Rome, la « Quatrième Rome », qui fait écho au concept
messianique russe de la « Troisième Rome » (Moscou après Rome et
Byzanze) (5).
C’est avec le tsar Pierre le Grand, que la Russie est devenue une
grande puissance intégrée dans le jeu des puissances européennes.
Jusqu’à devenir LA grande puissance continentale dominante entre 1941
et 1943 (sous sa forme de puissance maximale, la Soviétique de
Staline, nouveau Pierre le Grand), qu’elle est toujours aujourd’hui,
diminuée mais résiliente, malgré l’implosion de l’URSS …
Et le conflit de Cartage contre Rome reprend :
– Empire britannique vs Empire des Tsars (c’est le premier « Grand Jeu
») et Reich allemand (les deux empires se disputant le rôle
géopolitique de la puissance continentale) de 1815 à 1942 (échec
définitif du IIIe Reich devant Moscou et à Stalingrad).
– Plus loin encore dans le temps, Empire britannique vs France
révolutionnaire et napoléonienne (1792-1815). Dans la Postface à la 3e
édition de mon livre LE PARTI HISTORIQUE REVOLUTIONNAIRE (1993, 1ère
ère édition en 1984), j’écrivais à propos de ce conflit gagné par la
Thalassocratie anglo-saxonne : « Il y a peu de batailles décisives
pour orienter le cours de l’Histoire. Moscou (fin 1941, début 1942),
puis Stalingrad scellent la défaite du IIIe Reich et empêchent un XXe
siècle dominé par Hitler. Waterloo consacre elle un siècle de
domination britannique mondiale, celle de la Finance, suivi d’un
siècle de domination américaine, celle de Wall-Street. Le règne
géopolitique et économique des cousins néo-carthaginois anglo-saxons !
NOTES ET RENVOIS :
(1) Cfr. sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
GEOIDEOLOGIE. AUX ORIGINES DU NEOEURASISME (I) :
LES CONCEPTIONS GEOPOLITIQUES DE JEAN THIRIART, LE THEORICIEN DE LA
‘NOUVELLE ROME’
(2) Cfr. sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
GEOIDEOLOGIE. AUX ORIGINES DU NEOEURASISME (II) :
L’ECOLE EURO-SOVIETIQUE DE GEOPOLITIQUE (1982-1991)
(3) Voir aussi sur EODE-TV & AFRIQUE MEDIA/
LE GRAND JEU (Saison I-3).
AU CŒUR DE LA GEOPOLITIQUE MONDIALE:
POUTINE A VALDAI DECRYPTE
(4) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
ENCORE ET TOUJOURS L’IMPERIALISME ANGLO-SAXON
(5) Sur ces thèmes et thèses géoidéologiques, lire les ouvrages
précurseurs (et bien étouffés aujourd’hui par les mafias
universitaires françaises) du professeur Agursky :
Cfr. M. Agursky , IDEOLOQIA NATSIONAL-BOLSHEVIZMA, Moscou, 1980;
M. Agursky , L’IDEOLOQIE NATIONALE-BOLCHEVIQUE, Thèse, Ecole des
Hautes Etudes, Paris, 1983;
M. Agursky , THE THIRD ROME. NATIONAL BOLCHEVISM IN THE USSR, Westview
Press, Boulder, 1987;
M. Agursky , LA TERZA ROMA. IL NAZIONALBOLSCEVISMO IN UNIONE
SOVIETICA, Il Mulino, Bologne, 1989.
M. AGURSKY est le fils de Samuel AGURSKY (1889-1947) qui fut
secrétaire général de la section juive du Parti Communiste de l’URSS,
puis directeur de l’lntitut d’histoire de ce parti.
LA « TROISIEME ROME » : LE NATIONAL-BOLCHEVISNE EN UNION SOVIETIQUE ,
c’est sous ce titre de qu’ AGURSKY réunit les différentes formes de
National-bolchevisme en Russie puis en Union soviétique, du milieu du
XIXe siècle au triomphe du Stalinisme et du socialisme dans un seul
pays en 1927. La thèse centrale d’ AGURSKY est que la Révolution
d’octobre fut éminemment et principalement russe et nationaliste avant
tout et qu’elle rejoignait ainsi la mission messianique de Moscou et
de la Russie, se voulant la « Troisième Rome » succédant à Rome et à
Constantinople et le centre d’unification du monde. La volonté de
révolution mondiale et l’internationalisme du Komintern étant placés
au service implicite de cette mission.
AGURSKY étudie longuement les fondements historiques et culturels en
Russie de ceux qui attribuent à ce peuple un rôle salvateur et
révolutionnaire dans le monde, notamment les courants panslaviste,
populiste et socialiste-révolutionnaire. L’une des thèses d’ AGURSKY
est que LENINE a révisé le Marxisme en le nationalisant et en le
russifiant et que STALINE a accompli et porté à son terme ce
processus. Avec la victoire des bolcheviques, Moscou, la « Troisième
Rome », devient donc le centre du mouvement révolutionnaire mondial et
rejoint par là la mission traditionnelle de la Russie. AGURSKY définit
d’ailleurs le Bolchevisme comme l’ « association du Communisme et de
la Nation russe ».
Son livre (non édité en français, alors que la thèse a été soutenue en
français à Paris !), bien qu’hostile au National-bolchevisme et au
Stalinisme, est aujourd’hui incontournable dans l’étude des
différentes formes russes du National-bolchevisme et il est
particulièrement dommage que les universitaires qui étudient le
National-bolchevisme en France et en Allemagne lui attribuent,
volontairement sans doute, peu d’intérêt. Il est vrai qu’il remet
fondamentalement en cause leur thèse centrale qui fait du
National-bolchevisme une excroissance de la « Révolution conservatrice
» et de l’extrême-droite. Mettre en parallèle la thèse du professeur
AGURSKY, qui présente un National-bolchevisme issu de la gauche la
plus extrême, met évidemment à néant les thèses de DUPEUX (et de ses
suiveurs français et britanniques) sur le National-bolchevisme
germanique, qui lui est apparenté idéologiquement.
(Sources : EODE-TV – Eode Think Tank)
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire –
Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme
(Vu de Moscou et Malabo) :
PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
________________
* Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ) :
PAGE OFFICIELLE III – GEOPOLITIQUE
* EODE :

Dernières évolutions en Syrie, après la libération de la Ghouta, la reprise de Deraa et de la région du Golan

Dernières évolutions en Syrie, après la libération de la Ghouta, la reprise de Deraa et de la région du Golan

En février 2018, une poussée de fièvre s’était à nouveau emparée de nos médias avec des reportages et articles presqu’exclusivement en faveur des « rebelles » de la Ghouta. A chaque fois que l’étau se resserre sur les enclaves djihadistes, Etats-Unis, Royaume-Uni et France, relayés par la plupart des médias occidentaux, ont rendu l’Etat syrien responsable d’une nouvelle crise humanitaire. Après Alep, la Ghouta était devenue le lieu emblématique de la tromperieconsistant à faire des bras armés de l’Islamisme des « rebellesmodérés », alors même que ce sont des milices financées par l’islamisme combattant. Parmi cette mosaïque de factions, on trouve Jaïsh al-Islam, de loin la plus puissante, soutenue par l’Arabie Saoudite. On peut également mentionner Faylaq Al-Rahmane, proche du Qatar et des Frères musulmans qui financent entre autres le pseudo observatoire syrien des droits de l’Homme, Hayat Tahrir al-Cham, ex Front al-Nosra et émanation d’al-Qaïda.

C’est le général Souhail al-Hassan dit le Tigre qui s’est chargé de l’assaut terrestre sur la Ghouta orientale. Les groupes arméshostiles à l’armée syrienne avaient tout intérêt à maintenir la population en otage avec pression médiatique pour dénoncer la barbarie du « régime. Cela pouvait aller jusqu’aux montages vidéodiffusés dans le monde entier ou les reprises d’accusations de gazage alors qu’ils ont été eux-mêmes approvisionnés en gaz sarinvia la Turquie. Les différents groupes armés avaient en effet parfaitement intégré que pour contraindre les occidentaux à intervenir militairement, il leur fallait produire les preuves d’un franchissement de la fameuse « ligne rouge » par des attaques chimiques. Et à nouveau, dans un tohubohu médiatique identique à celui des derniers combats d’Alep présentée comme ville martyre, journaux, radios et télés avaient repris le cliché de la population assassinée. La pseudo ONG auto-proclamée observatoire syrien des droits de l’homme créé par les Frères musulmans, assisté des « casques blancs » créés par le service britannique du renseignement extérieur, n’ont cessé d’alimenter la désinformation générale.

Le 14 avril 2018 à la suite des fameuses « preuves » fabriquées par les casques blancs et l’OSDH, désignant le « régime » comme responsable d’attaques chimiques, USA, France et Grande Bretagne ont engagé une opération « punitive » sur la Syrie. Les démonstrations de force et les communiqués triomphants des états-majors, auront permis à Donald Trump de redorer son blason à 6 mois des élections de mi-mandat. Sur les 30 missiles ayant visé des cibles désignées comme « entrepôts chimiques », 23 avaientatteint leurs objectifs sans faire de victimes, car vidés de présence militaire. Ces installations désaffectées avaient été rebaptisées « dépôts chimiques » pour justifier les frappes occidentales. Le Major Général Jonathan Shaw, ancien chef des forces spéciales britanniques, dans un entretien à l’hebdomadaire The mail on Sunday, avait posé la question essentielle : « pourquoi la Syrie se donnerait-elle la peine de mener des attaques à l’armement chimique alors même qu’elle vient de remporter militairement la bataille de la Ghouta ? ». Aucune attaque chimique de l’armée n’avait été prouvée. Par contre, des preuves de mise en scèneavaient bien été apportées.

Le 23 juin a été lancée la reconquête de la partie Sud-Ouest de la Syrie, à environ 50 km de Damas, avec Deraa comme cible majeure et Quneitra sur le Golan. Il faut se souvenir que c’est de Deraa, proche de la Jordanie, que sont partis les soulèvements de mars 2011, orchestrés par la CIA, avec l’appui des pouvoirs occidentaux résolus à se débarrasser du président syrien. Le QG de cette opération avait été intégré au Centre des Opérations Militaires de la CIA basé à Amman, composé d’agents des USA, Grande Bretagne, France, Jordanie et Israël. Ce centre opérationnel était chargé du financement des salaires, des armements et du renseignement pour le compte de la nébuleuse des « rebelles modérés ». Les négociations récentes ont été difficiles avec les groupes armés de la mouvance al-Nosra en raison des injonctions américano-jordano-israéliennes de ne pas accepter de reddition ou de repli vers Idlib dans le Nord. Jusqu’au moment où ils ont dû admettre la défaite. C’est alors que les services secrets se sont activés pour exfiltrer grâce aux Israéliens ceux qu’ils qualifient de « défense civile syrienne » et qui ne sont autres que les casques blancs. Les USA et la Grande Bretagne qui ont instrumentalisé ces combattants sous couvert d’aide humanitaire ne voulaient pas prendre le risque de les voir capturés et passer aux aveux. C’est le 29 juillet que les combattants du Front al-Nosra ont remis leurs armes avant d’être escortés vers Idlib.

La voie est désormais ouverte pour la dernière et grande bataille d’Idlib qui est devenue le point de rassemblement de toutes les factions armées qui se sont rendues après les défaites successives. La Russie attend cette « mère des batailles » pour pouvoir passer aux étapes suivantes, la reconstruction du pays et le règlement politique de la crise syrienne. La Turquie, tout en cherchant à ménager la Russie, ne restera pas inactive dans la mesure où Idlib touche à sa frontière du Nord-Ouest et que la reconquête pourraprovoquer un afflux de dizaines de milliers de djihadistes. L’aviation russe n’hésitera pas à prendre la main avec desbombardements modèle Grozny au cas où les négociations aboutiraient à une impasse.

Reste enfin la question kurde dans le Nord de la Syrie. Le 28 juillet, les lignes semblent avoir bougé avec l’accord conclu entre le conseil démocratique syrien, constitué principalement de Kurdes et le gouvernement de Damas. Ces forces qui contrôlent près d’un quart du territoire jusqu’à Raqa et Der Ez-Zor dans le Nord-Est, bénéficiaient jusqu’à présent du soutien américain. La délégation qui pour la première fois depuis le début du conflit s’est rendue à Damas, a avancé la possibilité de confier le contrôle de l’Est de l’Euphrate au gouvernement syrien, précisément là où les Américains ont créé des bases militaires sans autorisation internationale.

Les victoires militaires de la Syrie et politique de la Russie, conduisent à reconsidérer la prospective géostratégique. Deux articles récents de Fabrice Balanche, chercheur à l’Université de Stanford et de l’historien Kamal Alam donnent le ton. Le premier s’intitule « la défaite de l’Occident ». Dans le second, on lit que« pour la première fois dans l’histoire moderne, une intervention militaire étrangère triomphe au Moyen-Orient ». Et Roland Lombardi, célèbre analyste chez JFC-conseil, conclut en affirmant que la Russie est devenue le maître du jeu. Que reste-t-il dès lors de la diplomatie française dans tout cela ? Il semblerait qu’après des années d’échecs, Paris envisagerait de reconsidérer sa politique. Une mission de « conseiller sur le Syrie » vient d’être confiée à François Sénémaud, ancien directeur du Renseignement, ambassadeur à Téhéran. Son expérience et sa vision globale du dossier Moyen-Orient pourrait contribuer à une révision générale de la « grille de lecture » du Quai d’Orsay et de l’Elysée. Pour l’instant, le président Macron paraît vouloir se rapprocher de Vladimir Poutine sans garantie d’être admis en interlocuteur sur la Syrie. Un communiqué conjoint vient d’être publié le 20 juillet. Il semblerait que l’Elysée ayant compris que la question syrienne est désormais entre les mains de la Russie, a jugé qu’une aide humanitaire conjointe pourrait assurer, le moment venu, un strapontin à la table des négociations sur l’avenir de la Syrie, dans ce pays si proche du nôtre, où depuis 7 ans, la France a perdu tout son crédit.

J. M. Schléret  

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur

http://www.afrique-asie.fr/dernieres-evolutions-en-syrie-apres-la-liberation-de-la-ghouta-la-reprise-de-deraa-et-de-la-region-du-golan/

Comment Poutine et Trump mettent fin à la guerre contre la Syrie

Comment Poutine et Trump mettent fin à la guerre contre la Syrie

La presse occidentale continue à soutenir les élites financières transnationales et à tenter de déconsidérer l’action du président Trump. Cette attitude rend difficilement compréhensibles les progrès entrepris vers la paix en Syrie. Thierry Meyssan revient sur les accords conclus au cours des cinq derniers mois et les avancées rapides sur le terrain.

| Damas (Syrie)

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C’est avec prudence et détermination que la Fédération de Russie et le président Trump mettent définitivement fin à la domination du monde par des intérêts transnationaux.

Convaincu que l’équilibre des puissances ne dépend pas de leurs capacités économiques, mais militaires, le président Poutine a certes restauré le niveau de vie de ses concitoyens, mais il a développé l’Armée rouge avant de les enrichir. Le 1er mars, il révélait au monde les principales armes de son arsenal et le début de son programme de développement économique.

Dans les jours qui suivirent, la guerre se concentra sur la Ghouta orientale. Le chef d’état-major russe, le général Valeri Guérassimov, téléphona à son homologue US, le général Joseph Dunford. Il lui annonça qu’en cas d’intervention militaire US, les forces russes cibleraient les 53 navires US de la Méditerranée et du Golfe, y compris leurs 3 portes-avions à propulsion nucléaire. Surtout, il lui enjoignit d’informer le président Trump des nouvelles capacités militaires de son pays.

En définitive, les États-Unis laissèrent l’Armée arabe syrienne et quelques fantassins russes libérer la Ghouta des jihadistes qui l’occupaient.

Seul le Royaume-Uni tenta d’anticiper les événements en organisant l’« affaire Skripal » : si l’ordre mondial actuel s’effondre, il faut rétablir la rhétorique de la Guerre froide opposants les gentils cow-boys et les méchants ours russes.

En juin, lorsque l’Armée arabe syrienne, soutenue par l’aviation russe, se déplaçait vers le Sud du pays, l’ambassade US en Jordanie prévenait les jihadistes que, désormais, ils devraient se défendre seuls, sans aide ni soutien du Pentagone et de la CIA.

Le 16 juillet à Helsinki, les présidents Poutine et Trump allaient beaucoup plus loin. Ils abordaient la question de la reconstruction, c’est-à-dire des dommages de guerre. Donald Trump, nous l’avons souvent écrit ici depuis deux ans, est opposé à l’idéologie puritaine, au capitalisme financier et à l’impérialisme qui en découle. Il estime à juste titre que son pays n’a pas à endosser les conséquences des crimes de ses prédécesseurs dont son peuple a lui aussi été victime. Il affirme que ces crimes ont été commis à l’instigation, et au profit, des élites financières transnationales. Il considère donc que c’est à elles de payer, même si personne ne sait précisément comment les y contraindre.

Les deux présidents sont également convenus de faciliter le retour des réfugiés. Ce faisant, Donald Trump a renversé la rhétorique de son prédécesseur selon laquelle ils fuyaient la « répression de la dictature » et non pas l’invasion des jihadistes.

Alors que dans le Sud du pays, les jihadistes fuyaient à leur tour devant les forces syriennes et russes, et que quelques unités désespérées de Daesh commettaient des atrocités inimaginables, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, et le chef d’état-major russe, Valeri Guérassimov, entreprenaient une tournée européenne et moyen-orientale.

Ils étaient reçus le plus discrètement possible dans l’Union européenne. En effet, selon le discours occidental le général Guérassimov est un conquérant qui a envahi et annexé la Crimée. Il est donc interdit d’accès dans l’Union, défenseuse auto-proclamée de « l’état de droit ». Malheureusement comme il était trop tard pour retirer son nom de la liste des sanctions, l’Union décida de fermer les yeux sur ses grands principes et de laisser exceptionnellement entrer le héros de la réunification de la Crimée et de la Russie. La honte qui saisit les dirigeants ouest-européens face à leur hypocrisie explique l’absence de photographies officielles des audiences accordées à la délégation russe.

À chacun de ses interlocuteurs, la délégation russe résuma quelques décisions du sommet d’Helsinki. Faisant preuve de sagesse, elle s’abstint de demander des comptes sur le rôle de chaque État durant la guerre et les appela au contraire à aider à sa fin : retrait des forces spéciales, arrêt de la guerre secrète, suppression de l’aide aux jihadistes, retour des réfugiés, réouverture des ambassades. Elle affirma notamment que chacun pourrait participer à la reconstruction sans exclusive.

Sitôt la délégation partie, la chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron firent ingénument interroger le Pentagone pour savoir s’il était vrai que le président Donald Trump comptait faire payer certaines compagnies transnationales (KKR, Lafarge, etc.) —juste pour semer le trouble outre-Atlantique—. Cette attitude du président Macron, ancien cadre bancaire, est d’autant plus déplorable qu’il avait tenu à symboliser sa bonne foi en offrant 44 tonnes d’aide humanitaire à la population syrienne, transmises par l’armée russe.

Au Moyen-Orient, le voyage de la délégation russe fut plus couvert par les médias. Lavrov et Guérassimov purent annoncer la création de cinq commissions pour le retour des réfugiés. Chacune, en Égypte, au Liban, en Turquie, en Iraq et en Jordanie, comprend des représentants de l’État hôte et des délégués russes et syriens. Personne n’a osé poser la question qui fâche : pourquoi une telle commission n’a-t-elle pas été constituée avec l’Union européenne ?

Concernant la réouverture des ambassades, les Émirats arabes unis ont pris les « Occidentaux » et leurs alliés de court en négociant la réouverture de la leur.

Restait la préoccupation des Israéliens d’obtenir le départ de Syrie des conseillers militaires iraniens et des milices pro-iraniennes, dont le Hezbollah. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a multiplié les allers-retours à Moscou et Sotchi pour plaider sa cause. On se souvient que Guérassimov avait ironisé sur le culot des vaincus israéliens exigeant le départ des vainqueurs iraniens. Lavrov, quant à lui, s’était diplomatiquement retranché derrière un refus de principe de ne pas s’ingérer dans la souveraineté syrienne.

La Russie a résolu le problème : la police militaire russe a réinstallé les forces de l’Onu le long de la ligne de démarcation syro-israélienne, dont elles avaient été chassées il y a quatre ans. Durant toute cette période, elles avaient été remplacées par Al-Qaïda, soutenu par Tsahal. La Russie a en outre installé en arrière de la ligne de démarcation, en territoire syrien, huit postes d’observation militaire. De la sorte, Moscou peut à la fois garantir à l’Onu et à la Syrie que les jihadistes ne reviendront pas et à Israël que l’Iran ne l’attaquera pas depuis la Syrie.

Israël, qui jusqu’ici misait sur la défaite de la République arabe syrienne et qualifiait son président de « boucher », a subitement admis par la voix de son ministre de la Défense, Avigdor Liberman, que la Syrie sortait vainqueur du conflit et que le président el-Assad était son chef légitime. Pour manifester sa bonne volonté, Liberman a fait bombarder un groupe de Daesh que jusqu’ici il soutenait en sous-main.

Petit à petit, la Fédération de Russie et la Maison-Blanche remettent de l’ordre dans les relations internationales et convainquent divers protagonistes de se retirer de la guerre, voire de postuler pour la reconstruction. De son côté, l’Armée arabe syrienne poursuit la libération de son territoire. Il reste au président Trump à parvenir à retirer ses troupes du Sud (Al-Tanf) et du Nord du pays (Est de l’Euphrate) et au président Erdoğan à abandonner à leur sort les jihadistes réfugiés au Nord-Ouest (Idleb).

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).

 

Le crépuscule de la guerre
De quoi la bataille de Deraa est-elle le symbole ?

Le crépuscule de la guerre

Le crépuscule de la guerre

Si l’on considère la guerre en Syrie non pas comme un événement en soi, mais comme l’aboutissement d’un conflit mondial d’un quart de siècle, on doit s’interroger sur les conséquences de la cessation à venir des hostilités. Son achèvement marque la défaite d’une idéologie, celle de la globalisation et du capitalisme financier. Les peuples qui ne l’ont pas compris, notamment en Europe occidentale, se placent eux-mêmes à l’écart du reste du monde.

| Damas (Syrie)

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Donald Trump et Vladimir Poutine lors du sommet bilatéral d’Helsinki, le 16 juillet 2018.

Les guerres mondiales ne se terminent pas simplement par un vainqueur et un vaincu. Leur fin trace les contours d’un nouveau monde.

La Première Guerre mondiale s’est conclue par la défaite des empires allemand, russe, austro-hongrois et ottoman. La cessation des hostilités a été marquée par l’élaboration d’une organisation internationale, la Société des nations (SDN) chargée d’abolir la diplomatie secrète et de régler par l’arbitrage les conflits entre les États-membres.

La Seconde Guerre mondiale s’est conclue par la victoire de l’Union soviétique sur le Reich nazi et l’Empire nippon du hakkō ichi’u [1] [2], suivie d’une course poursuite entre les Alliés pour occuper les dépouilles de la Coalition vaincue. Elle a donné naissance à une nouvelle structure, l’Organisation des Nations unies (Onu), chargée de prévenir de nouvelles guerres en établissant le Droit international autour d’une double légitimité : l’Assemblée générale où chaque État dispose d’une voix quelle que soit sa taille, et un directoire des cinq principaux vainqueurs, le Conseil de sécurité.

La Guerre froide n’était pas la Troisième Guerre mondiale. Elle ne s’est pas terminée par la défaite de l’Union soviétique, mais par son effondrement sur elle-même. Elle n’a pas été suivie de la création de nouvelles structures, mais par l’intégration des États de l’URSS au sein d’organisations préexistantes.

La Troisième Guerre mondiale aura débuté en Yougoslavie, se sera poursuivie en Afghanistan, en Irak, en Géorgie, en Libye, au Yémen, pour se terminer en Syrie. Son champ de bataille s’est circonscrit aux Balkans, au Caucase et à ce que l’on appelle désormais le « Moyen-Orient élargi ». Elle aura coûté la vie à d’innombrables populations musulmanes ou chrétiennes orthodoxes, sans trop déborder dans le monde occidental. Elle est en train de se conclure depuis le sommet Poutine-Trump d’Helsinki.

Les profondes transformations qui ont modifié le monde durant les 26 dernières années ont transféré une partie du pouvoir des gouvernements vers d’autres entités, soit administratives, soit privées, aussi bien que l’inverse. Par exemple, on a vu une armée privée, Daesh, se proclamer État souverain. Ou encore, le général David Petraeus organiser le plus vaste trafic d’armes de l’Histoire lorsqu’il dirigeait la CIA, et le poursuivre après sa démission au nom d’une société privée, le fonds spéculatif KKR [3].

Cette situation peut être décrite comme un affrontement entre, d’une part, une classe dirigeante transnationale et, d’autre part, des gouvernements responsables devant leurs peuples.

Contrairement aux imputations de la propagande qui attribuent la cause des guerres à des circonstances immédiates, celles-ci se trouvent dans des rivalités ou des ambitions profondes et anciennes. Les États mettent des années à se dresser les uns contre les autres. Ce n’est souvent qu’avec le temps que nous pouvons comprendre les conflits qui nous dévorent.

Par exemple, très peu de gens ont compris ce qui se passait lors de l’invasion japonaise de la Mandchourie (1931) et ont attendu l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne (1938) pour comprendre que les idéologies racistes allaient mener à la Seconde Guerre mondiale. Identiquement, rares sont ceux qui ont compris dès la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992) que l’alliance entre l’Otan et l’islam politique ouvrait la voie à la destruction du monde musulman [4].

Aujourd’hui encore, malgré les travaux des journalistes et des historiens, beaucoup n’ont toujours pas réalisé l’énormité de la manipulation dont nous avons tous été victimes. Ils refusent d’admettre que l’Otan coordonnait alors des supplétifs saoudiens et iraniens sur le continent européen. C’est pourtant un fait impossible à contester [5].

De même, ils refusent d’admettre qu’Al-Qaïda, accusé par les États-Unis d’avoir perpétré les attentats du 11-Septembre, a pu combattre sous les ordres de l’Otan en Libye et en Syrie. C’est pourtant un autre fait impossible à contester [6].

Le plan initial qui prévoyait de dresser le monde musulman contre le monde orthodoxe s’est transformé en cours de route. Il n’y a pas eu de « guerre des civilisations ». L’Iran chiite s’est retourné contre l’Otan qu’il servait en Yougoslavie et s’est allié à la Russie orthodoxe pour sauver la Syrie multiconfessionnelle.

Nous devons ouvrir les yeux sur l’Histoire et nous préparer à l’aube d’un nouveau système mondial où certains de nos amis d’hier sont devenus nos ennemis et vice-versa.

À Helsinki, ce ne sont pas les États-Unis qui ont conclu un accord avec la Fédération de Russie. Ce n’est que la Maison-Blanche. Car l’ennemi commun est un groupe transnational exerçant une autorité aux États-Unis. Considérant que c’est lui et non pas le président élu qui représente les USA, il ne s’est d’ailleurs pas gêné pour accuser immédiatement le président Trump de trahison.

Ce groupe transnational est parvenu à nous faire croire que les idéologies sont mortes et que l’Histoire est finie. Il a présenté la globalisation, c’est-à-dire la domination anglo-saxonne à travers l’extension de la langue et du mode de vie états-unien, comme la conséquence du développement des techniques de transport et de communication. Il nous a assuré qu’un système politique unique était idéal pour tous les hommes, la démocratie (c’est-à-dire le « gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple »), et qu’il était possible de l’imposer à tous par la force. Enfin, il a présenté la liberté de circulation des personnes et des capitaux comme la solution à tous les problèmes de main d’œuvre et d’investissement.

Ces assertions, que nous acceptons tous dans notre quotidien, ne résistent pourtant pas une minute à la réflexion.

Derrière ces mensonges, ce groupe transnational a systématiquement érodé le Pouvoir des États et amassé des fortunes.

Le camp qui sort vainqueur de cette longue guerre défend au contraire l’idée que, pour choisir leur destin, les hommes doivent s’organiser en Nations définies soit à partir d’une terre, soit d’une histoire ou d’un projet commun. Par conséquent, il soutient les économies nationales contre la finance transnationale.

Nous venons d’assister à la Coupe du monde de football. Si l’idéologie de la globalisation avait gagné, nous aurions du soutenir non seulement notre équipe nationale, mais aussi celles d’autres pays en fonction de leur appartenance à des structures supra-nationales communes. Par exemple, les Belges et les Français auraient dû se soutenir mutuellement en agitant des drapeaux de l’Union européenne. Mais ce n’est venu à l’idée d’aucun supporter. Nous mesurons là le fossé qui sépare d’une part la propagande qu’on nous assène et que nous répétons et, d’autre part, notre comportement spontané. Malgré les apparences, la victoire superficielle du globalisme n’a pas modifié ce que nous sommes.

Ce n’est évidemment pas un hasard si la Syrie où fut imaginée et façonnée l’idée d’État, il y a plusieurs milliers d’années, est la terre où cette guerre s’achève. C’est parce qu’ils avaient un véritable État, qui n’a jamais cessé de fonctionner, que la Syrie, son peuple, son armée et son président ont pu résister à la plus gigantesque coalition de l’Histoire, constituée par 114 États membres des Nations unies.

[1] Le hakkō ichi’u (les huit coins du monde sous un seul toit) est l’idéologie de l’Empire japonais. Elle pose la supériorité de la race nipponne et son droit à dominer l’Asie.

[2] Les armées soviétiques déferlaient sur la Mandchourie laissant penser que Tokyo allait présenter sa reddition à Moscou lorsque le président Truman fit usage d’une seconde bombe atomique à Nagasaki. Il contraignit ainsi les Japonais à se rendre au général McArthur, permettant ainsi au Pentagone d’occuper ce pays. NdlR

[3] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[4] Les Dollars de la terreur : Les États-Unis et les islamistes, Richard Labévière, Grasset, 1999.

[5] Wie der Dschihad nach Europa kam. Gotteskrieger und Geheimdienste auf dem Balkan, Jürgen Elsässer, Kai Homilius Verlag, 2006. Version française : Comment le Djihad est arrivé en Europe (préface de Jean-Pierre Chevènement), Xenia, 2006.

[6] Sous nos yeux. Du 11-septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Demi-Lune 2017.

 

Les signaux de paix éthiopiens vers l’Érythrée et l’Égypte vont changer la donne géopolitique régionale

Les signaux de paix éthiopiens vers l’Érythrée et l’Égypte vont changer la donne géopolitique régionale


Par Andrew Korybko – le 18 juin 2018 – Source Oriental Review

Le président érythréen Isaias Afewrki, à gauche, serre la main du président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi dans le palais présidentiel du Caire, en Égypte

Le nouveau Premier ministre éthiopien a créé la surprise en tendant la main à ses deux rivaux régionaux éthiopiens que sont l’Érythrée et l’Égypte.

La première des deux décisions prises ce week-end par le premier ministre Ahmed a été d’annoncer que l’Éthiopie allait unilatéralement se conformer à une décision de la Cour de Justice Internationale en date de 2002, précisant que la ville disputée de Badme était à présent rattachée à l’Érythrée ; les deux voisins avaient fait la guerre dans les années 1998-2000 en raison de ce différend. Ce conflit, larvé depuis longtemps, avait été allumé au moment de cette guerre plutôt en raison de la défiance mutuelle entre les deux États que pour des raisons stratégiques – la ville en question ne présente en effet qu’un très faible intérêt géographique. L’Éthiopie, État sans accès à la mer, voulait garder son ancienne province d’Érythrée en état de faiblesse, afin de la contrôler par procuration et de reprendre son accès historique à la mer Rouge ; alors que l’Érythrée trouve depuis longtemps un intérêt à soutenir divers groupes « rebelles » contre Addis-Abeba, le but étant d’engluer l’Éthiopie dans suffisamment de crises domestiques pour la distraire de jamais reconsidérer le statut indépendant d’Asmara.

Situation des États d’Égypte (bleu), d’Érythrée (vert) et d’Éthiopie (orange) sur la carte d’Afrique. Carte originale MarginalCost – Own work, CC BY-SA 4.0, modifiée par lesakerfrancophone

 

La prolongation interminable du statut de « paix froide » sur laquelle avait débouché le conflit depuis une quinzaine d’année – au cours duquel plus de cent mille personnes avaient péri, pour des enjeux territoriaux ridiculement faibles – est considérée comme la raison du sous-développement de l’État d’Érythrée. Le petit État se trouvait de fait astreint de maintenir une politique controversée de conscription forcée et indéfinie de ses citoyens aux fins d’assurer sa sécurité nationale, alors même que ces conscriptions forcées provoquaient dans une large mesure l’exode de milliers de personnes chaque année. En outre, le soutien prétendu d’Asmara au groupe terroriste Al Shabaab, utilisé comme mandataire pour attaquer l’armée Éthiopienne en Somalie – par suite de l’invasion de ce dernier pays par Addis-Abeba au milieu des années 2000 – avait provoqué l’application de sanctions de la part du Conseil de sécurité des Nations Unies envers l’Érythrée, sanctions qui perdurent jusqu’à ce jour. L’Érythrée commençait tout juste à sortir de son isolement international, ayant rejoint la guerre contre le Yémen, et ayant selon les rumeurs fait alliance avec l’Égypte ; les gestes de paix récents de l’Éthiopie envers l’Égypte pouvant d’ailleurs venir saper cette relation essentielle.

Cela fait longtemps que l’Égypte accuse l’Éthiopie d’utiliser l’eau comme arme, en raison du projet éthiopien de construire un barrage le long du Nil Bleu, affluent du Nil qui apporte les plus grands volumes d’eau à l’Afrique du Nord. L’Égypte avait même déjà plusieurs fois menacé de bombarder l’ouvrage, et on peut penser que son alliance présumée avec l’Érythrée était motivée par l’existence de ce projet. La visite surprise du premier ministre Ahmed au Caire ce week-end l’a vu, en accord avec le président Sisi, s’accorder pour trouver un terme pacifique à ce différent hydrique. L’effet de bord en est, cependant, que l’alliance égyptienne avec l’Érythrée en sort affaiblie, sa justification pour l’Égypte ayant été de constituer un revers contre l’Éthiopie. À présent qu’il sait ne plus pouvoir compter sur le Caire qu’il ne l’avait pensé jusqu’ici, le gouvernement d’Asmara se trouve donc sous pression de travailler de manière constructive avec Addis-Abeba, et sa rétrocession de la ville de Badme, et de normaliser les relations entre les deux pays.

Il est sans aucun doute à l’avantage de l’Érythrée de formaliser une paix solide avec l’Éthiopie, et de commencer à sortir de son isolement international, mais cela pourrait porter à conséquences sur la situation politique intérieure du pays. Le « Front populaire pour la démocratie et la justice », parti jusqu’à présent au pouvoir, s’appuyait sur la menace éthiopienne comme excuse au sous-développement érythréen, et cette excuse cessera d’être valable dès lors que les deux pays se seront rapprochés. La pression populaire pourrait monter envers Isaias Afwerki, président vieillissant du pays, de libéraliser son État uni-partite « socialiste » pour faciliter une transformation politique dont cette « réouverture » pourrait constituer le catalyseur, avec la perspective de voir les aides économiques internationales et la levée des sanctions conditionnées par cette réouverture.

La situation a ceci d’ironique qu’après des années passées par l’Érythrée à fomenter un changement de régime en Éthiopie par des moyens militants, ce pourrait bien être au final l’Éthiopie qui réussirait à accomplir ce même tour envers l’Érythrée, au travers des conséquences de ce double geste de paix, le tout en l’espace d’un week-end.

Cet article est une retranscription partielle de l’émission radiophonique « the CONTEXT COUNTDOWN », diffusée sur Sputnik News le 15 juin 2018.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-signaux-de-paix-ethiopiens-vers-lerythree-et-legypte-vont-changer-la-donne-geopolitique-regionale

 

La construction du chemin de fer trans-arabique par la Russie rendra les Saoudiens plus multipolaires

La construction du chemin de fer trans-arabique par la Russie rendra les Saoudiens plus multipolaires


Par Andrew Korybko – Le 5 juin 2018 – Source Oriental Review

Russian RailwaysLe PDG de Russian Railways, leader de cette industrie, a annoncé l’intention de son entreprise de participer au Trans-Arabian Railway lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg de la semaine dernière (SPIEF), attirant ainsi l’attention sur un projet que le Conseil d’administration avait en ligne de mire depuis quelques années mais n’avait pas réussi à faire décoller. Le concept est que les États du CCG resserraient leur intégration économique non-énergétique grâce à un chemin de fer côtier qui serpenterait le long du bord sud du golfe Persique et qui irait du Koweït à Oman, mais cette vision n’a pas encore été priorisée. Cependant, cela pourrait changer dans le futur à la suite d’une coopération trilatérale entre la Russie, l’Arabie saoudite et la Chine.

Pour l’expliquer, l’ambitieux programme Vision 2030 de réformes socio-économiques du Prince héritier Mohammed Bin Salman concorde parfaitement avec la vision globale de la nouvelle Route de la soie chinoise, en ce sens qu’il  vise à positionner le Royaume wahhabite comme une « plateforme d’échange » économique tricontinentale pour l’Afro-eurasie. Certains investissements parmi les plus de 130 milliards de dollars que la Chine a réalisé en Arabie saoudite l’an dernier serviront à moderniser l’économie du pays et à le placer sur la voie d’un avenir post-pétrolier durable.

Saudi Arabia Railways
Chemins de fer d’Arabie saoudite

Russian Railways a travaillé très dur pour s’imposer comme un acteur mondial et le projet de chemin de fer trans-arabique lui fournit l’occasion idéale pour présenter ses services. Non seulement cela, mais c’est une contrepartie pour les investissements saoudiens dans l’économie russe au cours des deux dernières années, et cela aidera aussi à accélérer le rapprochement russo-saoudien.

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L’approfondissement de la position de Moscou dans les affaires arabes, en particulier avec l’influent CCG, lui permettra de gagner un plus grand respect et acceptation en tant que puissance au Moyen-Orient. Au total, l’implication réussie de la Russie dans le projet du chemin de fer trans-arabique et les investissements chinois dans le royaume pourraient aider l’Arabie saoudite à diversifier sa politique étrangère et finalement la faire devenir plus multipolaire.

L’article présenté est la transcription partielle du programme radio CONTEXT COUNTDOWN sur Sputnik News, diffusé le vendredi 01 juin 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-construction-du-chemin-de-fer-trans-arabique-par-la-russie-rendra-les-saoudiens-plus-multipolaires

 

Le refus américain de voir la menace Daech en Asie centrale ne fera que renforcer l’anneau d’or

Le refus américain de voir la menace Daech en Asie centrale ne fera que renforcer l’anneau d’or


Par Andrew Korybko – Le 30 mai 2018 – Source Oriental Review

Les États-Unis ont rejeté les avertissements de la Russie selon lesquels Daech se rassemblait dans le nord de l’Afghanistan et s’apprêtait à constituer une menace pour l’Asie centrale.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Oleg Syromolotov, a attiré l’attention sur cette menace lors d’un discours dans la capitale tadjike de Douchanbé pendant la conférence de deux jours sur le « contre-terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent ». Le colonel Kone Faulkner l’a qualifié de « propagande » et a insisté sur le fait que la Russie « ne fait pas assez pour s’attaquer au problème de la radicalisation et du recrutement terroriste à l’intérieur de ses frontières », bien que Syromolotov ait parlé précisément de ces efforts anti-terroristes lors d’une autre conférence de l’OSCE sur le contre-terrorisme, il y a deux semaines.

L’approche américaine autour de la présence accrue de Daech en Afghanistan est restée cohérente, niant continuellement que le groupe grandit et tente de mettre le doute sur tous les avertissements de la Russie afin de montrer que Moscou manipule cette menace terroriste à des fins géostratégiques. Les États-Unis n’aiment pas que les États d’Asie centrale travaillent plus étroitement avec la Russie à travers le traité de défense mutuelle de l’OTSC et avec la Chine via l’OCS afin de contrer cette menace car Washington veut être le seul « fournisseur de sécurité » de cette région.

Les États-Unis tentent déjà de relancer leur partenariat stratégique avec l’Ouzbékistan après que son nouveau président s’est rendu aux USA pour rencontrer Trump la semaine dernière, mais le dirigeant pragmatique de Tachkent ne fera rien qui mettrait en péril les perspectives de connectivité régionale de son pays auxquelles il a travaillé si dur lors cette dernière année et demie pour permettre leurs développements. Cela conduit au scénario cynique où les objectifs stratégiques des États-Unis pourraient être mieux servis en voyant Daech fonctionner comme un moyen de diviser pour mieux régner et indirectement pour semer les graines du chaos régional en Asie centrale et du Sud, comme cela a été fait en Asie occidentale.

Pour l’expliquer plus en détail, l’un des objectifs fondamentaux de la guerre hybride est de provoquer des conflits identitaires sur quelque chose d’aussi polarisant que la religion, par exemple, pour perturber les initiatives connectives transnationales multipolaires telles que les institutions d’intégration comme l’OCS ou les infrastructures comme le projet chinois de corridor économique avec le Pakistan (CPEC). Cela a permis à Daech de se servir de l’Afghanistan comme base pour lancer des campagnes de déstabilisation axées sur le nord et le sud, respectivement, contre ces deux institutions. Tous les voisins de l’Afghanistan ainsi que la Russie sont bien conscients de cette menace, ce qui renforce leur suspicion à l’égard des motifs de l’Amérique d’en nier l’évidence.

10 membres de Daech et 5 membres des talibans capturés par les autorités afghanes.

 

Deux partenaires improbables se sont rendu compte du jeu et ont utilisé leurs intérêts communs pour contrecarrer le scénario chaotique des États-Unis comme base de leur rapprochement rapide et complet, la Russie et le Pakistan. Les deux pays ont depuis courageusement enterré leur relation de méfiance l’un envers l’autre dans une toute nouvelle ère de rapports stratégiques qui a commencé en Afghanistan. Depuis, des perspectives passionnantes se sont développées autour de ces implications continentales pour aboutir finalement à l’Anneau d’or des grandes puissances eurasiennes. L’axe russo-pakistanais avait jusqu’ici été le maillon le plus faible du grand consortium de ces deux pays plus la Chine, l’Iran et la Turquie, mais il est aujourd’hui l’un des plus prometteurs.

En niant la présence croissante de Daech en Asie centrale, les États-Unis ont involontairement renforcé l’Anneau d’Or qu’ils voulaient initialement voir perturbé par les terroristes. Les conséquences de ce retour en arrière sont même pires que ce que le « regretté » Brzezinski pouvait craindre. L’écrivant dans son livre de stratégie-planification maintenant tristement célèbre, le Grand Échiquier, il a dit que les États-Unis devaient faire tout leur possible pour empêcher la Russie et la Chine d’unir leurs forces contre l’Amérique, mais après la débâcle de Washington avec Daech dans sa guerre de l’information en Afghanistan, la patrie d’adoption du penseur polonais doit maintenant se confronter à la perspective de voir ces deux grandes puissances eurasiennes partenaires du CENTO multipolaire des musulmans en Turquie, en Iran et au Pakistan via l’Anneau d’Or.

Le post présenté est la transcription partielle du programme radio CONTEXT COUNTDOWN sur Sputnik News, diffusé le vendredi 25 mai 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

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