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Brexit : « Nous n’avons pas l’intention de garder la Grande-Bretagne dans l’UE »

Brexit : « Nous n’avons pas l’intention de garder la Grande-Bretagne dans l’UE »

Par latribune.fr  |   |  380  mots
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. (Crédits : Reuters)
A 100 jours de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a indiqué dans la presse allemande qu’il respectait « le résultat du référendum », et attendait de connaître si Londres sortira avec l’accord négocié par Theresa May, qui ne recueille aucune majorité parlementaire, ou sans accord.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé la Grande-Bretagne à « se reprendre » sur la question du Brexit, rejetant les accusations d’un agenda caché de l’Union européenne sur un le maintien du Royaume-Uni dans l’UE. « Je trouve déraisonnable qu’une partie de l’opinion publique en Grande-Bretagne semble penser qu’il est entièrement du devoir de l’UE de trouver une solution à tous les problèmes futurs de ce pays », a déclaré Jean-Claude Juncker au journal allemand Welt am Sonntag.

« Je (vous) demande: reprenez-vous et dites-nous ce que vous voulez. Nos propositions sont sur la table (des négociations) depuis des mois », a-t-il indiqué.

Il y en a certains qui « insinuent que notre objectif est de garder par tous les moyens la Grande-Bretagne au sein de l’UE. Mais ce n’est pas là notre intention », a poursuivi le président de la Commission. « Nous voulons seulement clarifier l’avenir de notre relation et nous respectons le résultat du référendum », a-t-il souligné. A moins de cent jours du Brexit, le Parlement britannique est en pleine pause pour les fêtes de fin d’année et n’est toujours pas parvenu à valider un accord de sortie de l’Union européenne.

Aucune majorité en faveur du texte

La Première ministre conservatrice Theresa May devrait tenter en janvier de faire voter par le Parlement l’accord négocié avec Bruxelles mais rien ne dit qu’elle y parviendra compte tenu des divisions au sein de son propre camp. Aucune majorité ne semble se dessiner en faveur du texte. L’accord déçoit tant les plus fervents « Brexiters », qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l’UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière. Un premier vote prévu le 11 décembre avait été annulé à la dernière minute par Theresa May pour éviter une défaite annoncée. Il a été repoussé à la troisième semaine de janvier.

Le parti travailliste, principale force d’opposition, a accusé Theresa May de « jouer la montre », afin de forcer les élus à voter pour l’accord négocié, plutôt que de prendre le risque que le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord. « J’ai l’impression que la majorité des parlementaires britanniques se méfient autant de l’UE que de Mme May », a affirmé Jean-Claude Juncker.

(avec AFP)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-nous-n-avons-pas-l-intention-de-garder-la-grande-bretagne-dans-l-ue-802440.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20181231

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Des espions anglais ont -il infiltré la campagne de Bernie Sanders ?

Des espions anglais ont -il infiltré la campagne de Bernie Sanders ?


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 décembre 2018

The Integrity Initiative, une pseudo-ONG britannique chargée de mener une opération de propagande anti-russe, a récemment été démasquée. En creusant davantage, on a découvert une opération beaucoup plus large. Elle semble impliquer un espion britannique, une taupe insérée dans la campagne électorale de Bernie Sanders.

Il y a trois semaines, des propositions budgétaires internes et des listes de membres de Integrity Initiative ont été postées anonymement sur un site Web. Nous avons discuté de cela en détail sous le titre “Le gouvernement britannique mène des campagnes secrètes de calomnie anti-russes” :

En 2015, le gouvernement britannique a lancé une opération secrète visant à insérer de la  propagande anti-russe dans les médias occidentaux. Nous avons déjà vu de nombreuses conséquences de ce programme et de programmes similaires conçus pour discréditer quiconque ne suit pas la ligne anti-russe du gouvernement. La campagne de calomnie, contre Donald Trump, sur la «collusion russe» , basée sur le dossier Steele, était également une opération essentiellement britannique, mais semble faire partie d’un projet différent.

Integrity Initiative crée des «cellules» ou des groupes de contact composés de journalistes de confiance, de personnels militaires, d’universitaires et de lobbyistes dans des pays étrangers. Ces personnes reçoivent des alertes via les médias sociaux pour prendre des mesures lorsque le centre britannique en ressent le besoin.

Les documents divulgués par Integrity Initiative ont depuis été confirmés comme authentiques. Des détails plus pertinents ont continué à émerger :

Nous avons à peine effleuré la surface, de ce que sont Integrity Initiative et leur projet. Partout où nous regardons, nous trouvons des liens vers ce que l’on pourrait appeler «l’état profond», y compris, mais sans s’y limiter (et de loin), l’Institute of Modern Russia, la 77ème brigade, l’Initiative de guerre de l’information, Prop or Not et un tas d’autres organisations qui, sous couvert de nous protéger contre la désinformation, s’avèrent mener des opérations de désinformation secrètes via les médias institutionnels et les médias sociaux.

Integrity Initiative et son organisation mère, l’Institute for Statecraft, sont enregistrés en tant qu’organisme de bienfaisance écossais logé dans une usine désaffectée. L’usine appartient à l’un des directeurs de l’institut, Daniel Lafayeedney, qui était membre du SAS et, plus tard, du renseignement militaire britannique.

Le gouvernement britannique a confirmé avoir versé 2,2 millions de livres sterling à Integrity Initiative, mais il a refusé de révéler “la nature et le but” des fonds pour des motifs de “sécurité nationale”. Il a également confirmé que trois des employés de Integrity Initiative sont membres des forces armées britanniques.

La BBC a rendu compte de l’organisation mais, après s’être entretenue avec le gouvernement, elle a complètement changé l’histoire originale.

Plusieurs tweets émis par le compte Twitter de Integrity Initiative étaient dirigés contre le parti travailliste et son chef, Jeremy Corbyn :

Un tweet cite un article de journal qualifiant Corbyn d ‘ “idiot utile”, et poursuit en disant : “son anti-occidentalisme viscéral et public a aidé la cause du Kremlin, aussi sûrement que s’il avait secrètement colporté des ragots de Westminster pour de l’argent.”

Les députés travaillistes du Parlement britannique ont demandé pourquoi le contribuable paierait pour de tels tweets. Dans sa réponse, le gouvernement a essayé de prétendre qu’il n’avait rien à voir avec les tweets. Mais l’utilisation du compte Twitter de Integrity Initiative pour diffuser de la propagande faisait explicitement partie de la proposition de budget et la députée travailliste Emily Thornberry continue de poser des questions détaillées :

Emily Thornberry @EmilyThornberry-18: 15 utc-12 Dec 2018

Récemment, à la Chambre des communes, j’avais demandé à Alan Duncan pourquoi l’argent des contribuables avait été utilisé par la soi-disant ‘Integrity Initiative’ pour diffuser des attaques politiques à partir de son site Twitter (1/2).

Il a insisté sur le fait que le financement par le FCO [Foreign Office] ne soutenait pas l’opération Twitter de Integrity Initiative, ce qui soulève des questions intéressantes. Voir ma lettre de ce soir demandant des réponses (2/2).

Le fait que le gouvernement britannique finance secrètement une “organisation non gouvernementale” pour propager sa propagande contre son opposition est une affaire sérieuse.

Mais le problème va beaucoup plus loin. L’ancien ambassadeur britannique Craig Murray vient de publier une bombe qui relie Integrity Initiative à une opération d’espionnage beaucoup plus importante : l’infiltration des services de sécurité Britanniques et l‘Institute for Statecraft :

[..] J’ai appris à quel point il était hautement improbable que le boute-feu provocateur de gauche, Simon Bracey-Lane, se trouvait être en vacances aux États-Unis, avec de l’argent disponible pour se financer quand il est tombé sur la campagne de Bernie Sanders

Au début de 2016, Simon Bracey-Lane avait déclaré soutenir Corbyn et avait travaillé comme “volontaire” pour la campagne de Bernie Sanders où il était devenu un “organisateur sur le terrain à part entière” :

Bracey-Lane a gravi les échelons de la campagne de Sanders, mais les règles de l’immigration l’empêchaient d’être payé. Cependant, il s’est engagé à suivre la campagne jusqu’au bout, tout en utilisant ses propres économies pour couvrir les frais de base.

Simon Bracey Lane – via Daily Mailagrandir

Murray continue :

 En effet, c’est pour le moins très intéressant qu’un an plus tard, Bracey-Lane, l’homme de gauche «soutien de Corbyn et Sanders»  organise un événement d’extrême-droite, intitulé «La Guerre froide jadis et aujourd’hui»,  pour le compte du crypto-néocon Institute for Statecraft, au cours duquel un groupe totalement fanatisé de militaires britanniques, de nationalistes de l’OTAN et d’Ukraine, a vanté les vertus du réarmement contre la Russie. Il ne semblerait pas non plus probable que Bracey-Lane puisse être associé à Integrity Initiative.

En fouillant dans les données de cette société «caritative écossaise», et après quelques appels téléphoniques, j’ai découvert que l’Institut for Statecraft était situé dans le sous-sol du 2 Temple Place, à Londres. Ce n’est pas n’importe quel sous-sol – c’est le sous-sol de l’ancien manoir londonien de William Waldorf Astor, un bâtiment étonnant. En bref, il s’agit peut-être du sous-sol le plus cher de Londres.

Ce qui est intéressant parce que les comptes de l’Institute for Statecraft déclarent qu’il n’y a pas de personnel permanent et ne montrent rien pour le loyer, les services publics ou les frais de bureau. En fait, je comprends que le loyer est payé par le ministère de la Défense.

Après avoir appris où l’Institute for Statecraft se planquait, j’ai informé le journaliste Kit Klarenberg de Sputnik Radio pour qu’il aille le vérifier physiquement. Ce que Kit a fait. Mais il a été éjecté de manière agressive par le célèbre partisan de Corbyn et Sanders, Simon Bracey-Lane. Il semble plutôt étrange que notre héros de gauche soit profondément ancré dans une organisation qui lance des attaques de trolls contre Jeremy Corbyn.

Même si Craig Murray ne prétend pas que Simon Bracey-Lane est une taupe des services secrets britanniques qui a espionné la campagne de Bernie Sanders, l’idée ne semble pas trop éloignée. Integrity Initiative a été lancée en 2015. Bracey-Lane a infiltré la campagne Sanders au début de 2016.

Nous savons que les services de renseignement britanniques ont été fortement impliqués dans l’opération contre Trump. Christopher Steele, un «ancien» officier du MI6, a écrit le faux dossier calomnieux sur les relations présumées de Trump avec la Russie. Sergej Skripal a été lui aussi “novichocké”, probablement après avoir menacé de dénoncer l’opération. “Assurez-vous que Clinton soit élue” était probablement l’ordre que le gouvernement britannique avait donné. Ses services ont échoué.

Nous apprenons maintenant que d’autres opérations étaient en cours concernant Sanders et également Jeremy Corbyn. Craig Murray semble en avoir appris plus et promet de le dire dans une prochaine livraison. Plusieurs autres personnes approfondissent la question et on peut s’attendre à ce que cela devienne un scandale encore plus grave.

La campagne anti-russe des anglo-saxons, dont fait partie Integrity Initiative, semble viser un objectifs beaucoup plus large que la Russie. Il est utilisé pour contrer, par la censure, toutes les opinions importunes qui vont à l’encontre du récit concocté par «l’État profond». Il est utilisé pour saper l’opposition politique à ses projets au pays et à l’étranger. Et, comme le dit Murray, nous pouvons nous attendre à ce que cela devienne encore plus sordide à mesure que cela avance.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/des-espions-anglais-ont-il-infiltre-la-campagne-de-bernie-sanders

 

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

epaselect epa07228657 La Première ministre britannique Theresa May est entourée de ses collègues au début du Conseil européen à Bruxelles, Belgique, le 13 décembre 2018. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les dirigeants européens ont  affiché leur soutien à Theresa May le 13 décembre, mais la Première ministre britannique a quitté Bruxelles bredouille.

Après avoir promis à son parti déchiré qu’elle décrocherait des concessions de la part de Bruxelles, Theresa May a dû se rendre à l’évidence. Les Vingt-sept ne feront pas plus.

« Nous sommes là pour vous aider », a assuré le Premier ministre luxembourgeois à l’adresse de la Britannique à son entrée dans le bâtiment du Conseil alors qu’elle était en chemin vers l’estrade.

Une tentative de la rassurer qui fait écho à celle du chancelier autrichien, Sebastian Kurz, que Theresa May a déjà décrit comme un « négociateur à la dure ».

Mais ces paroles chaleureuses n’ont pas empêché l’UE d’ignorer les requêtes de Londres quant à l’accord du Brexit.

Jean-Claude Juncker a quant à lui déclaré que Theresa May avait mené « une bataille courageuse, mais malheureusement », l’Europe n’en a « pas vu les résultats ». « Il n’y aura aucune renégociation, c’est clair. » a-t-il tranché.

Le 19 décembre, l’exécutif européen publiera tous les documents nécessaires à la préparation de l’UE à un Brexit sans accord, a révélé le président de la Commission.

En réalité, les conclusions auxquelles sont arrivés les 27 lors du sommet ont probablement représenté une victoire diplomatique pour l’Irlande, grâce à la suppression du paragraphe indiquant que l’UE « se tient prête à évaluer si des assurances supplémentaires peuvent être fournies au Royaume-Uni ».

Dans une petite concession faite au gouvernement britannique, le document indique que le filet de sécurité, si utilisé, « s’appliquerait temporairement, à moins et jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un accord ultérieur qui garantit le non-recours à une frontière physique ».

Pour sa part, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, pense qu’il est impossible de « fixer la date [du filet de sécurité] par écrit », et que l’accord de retrait est « la seule issue possible ».

Néanmoins, l’UE n’a nullement l’intention de laisser le Royaume-Uni « dans les limbes », selon Mark Rutte, et elle chercherait au contraire à conclure un nouvel accord commercial rapidement.

Le spectre d’un Brexit sans accord plane sur le sommet européen

Les dirigeants européens se réunissent le 13 décembre pour tenter de répondre aux inquiétudes britanniques sur l’accord de retrait de l’Union. Face à l’incertitude, l’UE intensifie ses préparations à un Brexit sans accord.

Après être sortie indemne du vote de défiance de son propre parti le 12 décembre, désavouée par 117 de ses collègues sur les 317 conservateurs du parlement, Theresa May a répondu aux questions de l’UE pendant près d’une heure.

Parallèlement à la promesse de ne pas représenter les conservateurs aux prochaines élections générales, la Première ministre aurait promis aux députés de son parti qu’elle obtiendrait une modification « juridiquement contraignante » du filet de sécurité controversé, afin de le rendre temporaire.

Une promesse qu’elle ne peut plus tenir. L’une des idées avancées par la Première ministre britannique était de fixer une date pour le début d’une future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE, plutôt que de fixer une date butoir pour le filet de sécurité. Mais les dirigeants de l’UE se sont à nouveau plaints d’un manque de clarté.

« Nous souhaiterions que nos amis britanniques nous disent ce qu’ils veulent au lieu de nous demander ce qu’on veut », a raillé Jean-Claude Juncker à l’adresse des journalistes.

Quoi qu’il en soit, l’exécutif de l’UE continuera à préparer la sortie du Royaume-Uni sans accord jusqu’au 19 décembre, date à laquelle seront publiées une série de mesures sur la question.

Les médias britanniques ont sous-entendu que le 14 janvier était pressenti comme date définitive du vote des députés sur l’accord de retrait et la déclaration conjointe de Theresa May et de l’UE de novembre dernier.

Les huit scénarios possibles pour le Brexit

Malgré le report du vote à la Chambre des communes sur l’accord de sortie de l’UE, huit scénarios demeurent possibles pour le Brexit. Un article d’Euroefe.

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/warm-words-but-no-brexit-concessions-as-may-leaves-brussels-empty-handed/

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

Londres (awp/afp) – La livre lâchait prise jeudi face à l’euro et au dollar, perdant 1,5% par rapport à la veille au soir, alors que les démissions de plusieurs ministres britanniques jettent une ombre sur le projet d’accord sur le Brexit.

Vers 15H00 GMT, la livre valait 1,2787 dollar, contre 1,2992 dollar mercredi soir vers 22H00 GMT.

La monnaie européenne, de son côté, s’échangeait à 88,37 pence pour un euro, contre 87,05 pence mercredi soir.

Face au billet vert, l’euro baissait légèrement à 1,1300 dollar pour un euro, contre 1,1310 dollar mercredi à 22H00 GMT.

« Je ne peux soutenir l’accord proposé pour deux raisons », liées notamment au futur statut de l’Irlande du Nord après le Brexit, a expliqué l’ex-ministre chargé du Brexit, Dominic Raab, dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter, faisant chuter la livre.

Son départ a été suivi par celui de la ministre du Travail et des Retraites, Esther McVey, puis par la secrétaire d’Etat britannique chargée du Brexit, Suella Braverman. Avant eux, c’était le secrétaire d’Etat britannique pour l’Irlande du Nord, le conservateur Shailesh Vara, qui avait annoncé son départ du gouvernement.

« Il y a surtout toujours une bonne chance (disons 50-50) d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord », ont estimé les analystes de Capital Economics.

L’intervention de la Première ministre britannique, Theresa May, devant le Parlement pour défendre l’accord qu’elle a obtenu n’a pas permis à la livre de se relever, mais ne l’a pas envoyé plus bas non plus.

« Le plus inquiétant pour la livre serait qu’un vote de défiance s’ensuive », a jugé Miles Eakers, analyste pour Centtrip, alors qu’un député conservateur pro-Brexit a justement réclamé une telle procédure.

La veille, la livre avait oscillé entre pertes et gains, au gré des rumeurs sur de possibles démissions de ministres, sur un éventuel vote de défiance à l’encontre de Theresa May au Parlement ou sur l’accord en lui-même. Elle avait néanmoins terminé la séance en légère hausse, rassurée par l’aval donné alors par le gouvernement.

Ajoutant aux déboires de la livre, « les chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni (pour octobre) sont un complet désastre avec la plus forte baisse depuis sept mois », a souligné Naeem Aslam, analyste pour Think Markets.

Les ventes au détail au Royaume-Uni ont ainsi reculé de 0,5% en octobre sur un mois, après avoir déjà fléchi en septembre. C’est une mauvaise surprise alors que les économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur un rebond de 0,2%.

Pour le mois de septembre, l’ONS a révisé le chiffre, avec une baisse qui s’établit désormais à 0,4% (contre 0,8% précédemment).

Parmi les autres devises, le dollar était en baisse face au yen, à 113,25 yens pour un dollar jeudi contre 113,63 mercredi soir.

L’euro valait 127,97 yens jeudi, contre 128,51 mercredi.

Le franc suisse progressait face à l’euro, à 1,1358 franc suisse jeudi pour un euro, contre 1,1381 la veille, tout comme face au billet vert à 1,0052 franc suisse pour un dollar, contre 1,0069 mercredi.

L’once d’or valait 1.212,35 dollars, contre 1.210,85 dollars mercredi à 22H00 GMT.

La monnaie chinoise dévissait à 6,9392 yuans pour un dollar jeudi contre 6,9505 yuans mercredi vers 15H30 GMT.

Enfin, le bitcoin s’échangeait pour 5.229,14 dollars, contre 5.551,06 dollars mercredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de jeudi Cours de mercredi

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15H00 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1300 1,1310

EUR/JPY 127,97 128,51

EUR/CHF 1,1358 1,1381

EUR/GBP 0,8837 0,8705

USD/JPY 113,25 113,63

USD/CHF 1,0052 1,0069

GBP/USD 1,2787 1,2992

afp/rp

(AWP / 15.11.2018 16h22)

https://www.romandie.com/news/La-livre-britannique-chute-en-plein-chaos-sur-le-Brexit/971822.rom

Les Etats-Unis crient de nouveau à «l’attaque chimique» en Syrie

Les Etats-Unis crient de nouveau à «l’attaque chimique» en Syrie

Publié par Gilles Munier sur 26 Septembre 2018, 14:28pm

Catégories : #Syrie, #Trump, #Macron, #Poutine

Scott Ritter, ancien chef des inspecteurs de l’UNSCOM chargés du désarmement en Irak

Par Scott Ritter (revue de presse : Information Clearing House – extraits – 13/8/18)*

Les officiels américains ne sont toujours pas en mesure de confirmer l’attaque au gaz en avril. Sur quoi se fondent-ils alors pour prédire une nouvelle attaque ?

Septembre 2013, 2018. « Information Clearing House » – mise à jour par l’auteur le 12 septembre 2018. Le gouvernement syrien, soutenu par l’aviation russe et des conseillers iraniens préparent une offensive majeure contre les forces d’opposition qui vise à reprendre le contrôle de la province d’Idlib. Le nouvellement nommé représentant spécial pour la Syrie du Département d’Etat, Jim Jeffreys, soutient qu’il existe de « nombreuses preuves » démontrant que la Syrie s’apprête à utiliser des armes chimiques en particulier le gaz chlorine pendant l’offensive d’Idlib.

Pour sa part, la Russie se targue d’avoir en sa possession des informations prouvant la collaboration entre des mouvements affiliés à Al-Qaïda et l’organisation White Helmets (Casques Blancs) dans le lancement d’une offensive chimique menée de telle sorte qu’elle serait attribuée au gouvernement syrien. Les Etats-Unis ont prévenu que si des agents chimiques étaient utilisés, ils lanceraient une offensive aérienne majeure contre, non seulement le gouvernement syrien, mais aussi des cibles russes et iraniennes présentes en Syrie.

La thématique de l’origine est aussi importante aujourd’hui que lorsque cet article fut initialement écrit, puisque l’OPCW (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques) étudie encore les informations afin de déterminer la provenance des bonbonnes de chlore à Douma, et qui les a utilisées. Douma est un cas d’étude pour comprendre les risques qui existent à émettre un jugement hâtif dans l’attribution de la responsabilité, qui plus est quand cela pourrait aboutir à une escalade des combats.

Cet été, l’OPCW, organisation qui a obtenu le prix Nobel et est mandaté pour s’assurer de l’application de la Convention sur l’armement chimique, a publié en toute discrétion un rapport intérimaire sur une « possible » attaque chimique à Douma en Syrie le 7 avril dernier.

Il est intéressant de noter que le rapport cite qu’aucun agent innervant organophosphaté ou produits dérivés n’ont été relevés sur site, en d’autres termes il n’y a aucune preuve de la présence de gaz sarin sur place malgré les nombreuses spéculations émises au moment de l’attaque.

En fait, ces spéculations, dont l’administration Trump disait avoir des preuves, n’étaient autre qu’un prétexte pour permettre aux Etats-Unis, à la France et là a Grande-Bretagne de bombarder le gouvernement syrien le 12 avril.

Le rapport fait aussi mention de la présence de divers produits chimiques organiques chlorée, communément présents dans les quartiers résidentiels, dont certains sont des dérivés de l’eau potable chlorée.  Le rapport de l’OPCW ne donne, cependant, aucune indication quant à la concentration de ces agents chimiques,  ni de leur emplacement par rapport aux victimes présumées de ces attaques. L’OPCW poursuit l’analyse de ces informations afin d’établir leur importance et pertinence, avant de présenter ses conclusions finales.

Les conclusions de ce rapport intérimaire sont loin des déclarations faites par divers officiels américains au lendemain des incidents de Douma, qui accusaient le gouvernement syrien.

Le 13 avril 2018 le secrétaire d’Etat à la Défense James Mattis a expliqué lors d’une conférence de presse qu’en attaquant Douma le gouvernement syrien « a décidé de défier à nouveau les normes des peuples civilisés, faisant preuve d’un mépris total pour les lois internationales en utilisant des armes chimiques pour massacrer des femmes, enfants et autres innocents ». Il ajouta plus tard : « nos sources de renseignements ont un niveau de fiabilité qui nous a permis de mener l’attaque », notant que « nous savons que le chlore a été utilisé et n’excluons pas le gaz sarin pour le moment ».

Lors de la même séance, Mattis fut rejoint par le général Joseph Dunford, chef de l’état-major, qui s’est expliqué sur la nature des cibles visées, disant qu’elles étaient liées au programme d’armement chimique du gouvernement syrien, en particulier un lieu de production de gaz sarin et d’équipement de production de précurseur d’agents neurotoxiques syriens.

Le choix des mots employés par le secrétaire d’Etat et le général Dunford expliquant que la Syrie possède un programme d’armement chimique avec un lieu de stockage contenant des équipements de production de précurseurs d’agents neurotoxiques, et que les cibles attaquées étaient sélectionnées en fonction des informations établies dans le but de limiter les dommages collatéraux, démontre un degré de confiance dans les informations récoltées qui n’est pas corroboré par le rapport de l’OPCW.

Alors que l’attaque de la Syrie au lendemain des allégations de Douma est la dernière manifestation de la pauvreté du renseignement, la faillite de ce dernier a pour point d’origine les quartiers généraux de l’OPCW à La Haye, Pays-Bas. L’OPCW y possède une cellule d’information au sein d’un centre d’étude, dont le but est, entre autre, de collecter les informations provenant de toutes sources sur l’utilisation d’armes chimiques, juger de leur crédibilité, et ensuite rédiger des rapports basés sur ces analyses à destination de l’OPCW.

Selon le rapport de l’OPCW, la cellule d’information a suivi les reportages médiatiques alléguant d’un incident chimique à Douma le 7 avril et a lancé une recherche de sources indépendantes pour établir la véracité des ces allégations. Les principales sources utilisées par la cellule d’information incluaient les médias, blogs et sites webs des différentes ONG, ce qui a amené la cellule à conclure à la véracité des informations et de l’attaque, et au Directeur Général à demander une investigation plus approfondie.

L’OPCW n’a pas fourni de détails sur la méthodologie utilisée par sa cellule d’information pour avérer les faits. En revanche, c’est un fait notoire que les informations venant de Douma étaient liées au groupe jihadiste Jaïsh-al-Islam, qui contrôlait la Douma au moment des faits. « L’association médiatique » de Jaïsh-al-Islam déclare que « les médias offrent un levier d’influence à travers lequel la pression sociale s’exerce », une citation qui aurait guidé l’analyse de toute information provenant de sources affiliées au groupe. Il faut rappeler que Jaïsh-al-Islam était sur le point d’être décimé par l’armée syrienne et qu’au lendemain des faits, le 8 avril, le mouvement signait un cessez-le-feu qui permettait l’évacuation de milliers de ses partisans et leurs familles de Douma.

Autre point important, les rapports médicaux publiés par l’ONG syrienne Syrian American Medical Association (SAMS). Le 8 avril, SAMS, en collaboration avec l’association syrienne Civil Defence – aussi connu sous le nom de White Helmets (Casques Blancs) –  a publié un communiqué de presse dans lequel elle cite que le 8 avril, plus de 500 personnes, principalement des femmes et des enfants, se sont présentées dans des centres médicaux locaux en présentant des signes d’exposition à un agent neurotoxique. Les patients souffraient de troubles respiratoires, de cyanose, de brûlure de la cornée et d’exposition à une odeur similaire à celle du chlore.

Le communiqué va plus loin en citant que « pendant les examens cliniques, le personnel médical a observé des cas de bradycardie, de respiration sifflante et grasse », ajoutant que « les symptômes présentés indiquent une exposition des victimes à des produits chimiques toxiques, probablement un élément organophosphaté ».

« Organophosphaté » est un mot à la mode utilisé pour désigner le gaz sarin. Le rapport SAMS est très clair sur le fait que les victimes ont été exposées au chlore. Le problème avec le rapport SAMS/White Helmets c’est que le gaz sarin et le chlore sont incompatibles, un fait connu des experts en guerre chimique et largement étayé dans un rapport de l’armée américaine. En d’autres mots, le chlore agit comme un catalyseur qui déclenche la décomposition de l’agent neurotoxique sarin, ce qui veut dire que si les deux produits sont utilisés en même temps ou mélangés, le gaz sarin se décomposerait rapidement.

Par ailleurs, la cellule d’information de l’OPCW n’a fait aucun effort pour chercher une explication alternative quant à ce qui aurait pu causer les victimes des vidéos.  Les renseignements français, se basant sur les mêmes sources utilisées par l’OPCW, ont, eux conclu que les symptômes observés dans ces vidéos étaient « caractéristiques d’une attaque chimique, plus particulièrement l’utilisation d’agents chimiques asphyxiants et organophosphatés ou d’acide hydrocyanique ».

Cette déclaration soulève deux points. Le premier est que les Français, ont eux aussi admis que le chlore et l’agent sarin avaient été utilisés ensemble, ce qui est impossible compte tenu de leur incompatibilité inhérente. Le deuxième est qu’ils soutiennent que les symptômes résultent d’une exposition à l’acide hydrocyanique présent dans l’eau. L’hydrogène cyanique n’est lié ni au chlore et à l’agent sarin, mais est communément associé à la fumée émanant d’incendies de bâtiments. Les témoins oculaires à Douma ont indiqué que l’attaque aérienne menée à ce moment avait provoqué des dizaines de victimes, dont beaucoup sont mortes asphyxiées dans les caves remplies de fumée due aux incendies causés par les bombardements.

Le fait que l’OPCW n’ait même pas pris en compte la possibilité que les incendies aient pu légitimement causer les souffrances des victimes, témoigne d’une myopie totale dans l’analyse de la situation de la Syrie et  de la véracité d’une attaque chimique dans ce pays.

Cette étroitesse d’esprit s’explique en grande partie par l’histoire de l’OPCW en Syrie, et ses liens solides sur le terrain avec les associations anti-gouvernementales telles que SAMS et les White Helmets. L’investigation menée par l’OPCW sur l’utilisation d’armes chimiques dans le village de Khan Shaykhun en avril 2017 révèle qu’elle a formé les membres de White Helmets aux procédures d’échantillonnage chimiques. Elle a aussi tissé des relations de travail avec SAMS et les White Helmets quant aux méthodes d’identification de potentielles victimes d’armes chimiques, et la collecte d’échantillons médicaux utilisés pour investiguer des cas d’utilisation prétendue d’armes chimiques.

Les conclusions analytiques basées sur la collecte initiale d’information par la cellule d’information de l’OPCW a influencé négativement la suite des événements. Le Département d’Etat a émis un communiqué le 8 avril déclarant que « les symptômes des victimes de Douma, tels que rapportés par les professionnels de santé et accessibles sur les réseaux sociaux, sont conformes à ceux provoqués par contact avec un agent asphyxiant ou neurotoxique »…(…)… Nikki Haley, l’Ambassadrice américaine à l’ONU, utilisant la même imagerie que l’OPCW, a fait un émouvant plaidoyer affirmant catégoriquement que des armes chimiques avaient été utilisées par le gouvernement syrien à Douma …(…)… Le ton mélodramatique de Halley a été repris par Donald Trump qui a twitté : « beaucoup de morts, y compris femmes et enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée ». Cinq jours après, les bombardements américains- français- britanniques commençaient.

Une telle manipulation des cercles diplomatiques et du renseignement américain ne surprend personne lorsqu’on connaît le passif des Etats-Unis quant à l’histoire des armes de destruction massive en Irak et de l’armement nucléaire iranien. Au bout du compte, cependant, la décision d’utiliser la force devrait être basée sur autre chose que des analyses basées sur des informations incomplètes et potentiellement trompeuses, mais devrait être guidée par la recherche de la vérité.

Dans le cas de Douma, la recherche de la « vérité » (c’est-à-dire la confirmation de l’utilisation effective d’agents chimiques) incombait à l’OPCW, et plus précisément aux inspecteurs de la mission indépendante chargée d’effectuer les inspections quant à l’éventuelle utilisation d’armes chimiques en Syrie. Les analyses émanant de cette cellule d’information, bien que faussées, ont conduit le Directeur général de l’OPCW à ouvrir une enquête sur  Douma. Au lieu de soutenir les efforts de l’OPCW, les Etats-Unis ont commencé à attaquer toute possible conclusion de cette dernière en martelant haut et fort que les gouvernements syrien et russe barraient la route aux inspecteurs afin de permettre aux preuves de leur culpabilité de s’évaporer. « Le régime  syrien et ses alliés refusent l’accès à Douma aux observateurs internationaux » a déclaré le Département d’Etat le 8 avril …(…)… Il est intéressant de noter que ces déclarations précèdent de 2 jours la requête initiale de l’OPCW d’envoyer des inspecteurs sur les lieux, une requête faite au même moment par la Syrie et la Russie, qui ont formellement invité l’OPCW à venir investiguer les allégations de Douma.

De plus, les rapports de l’OPCW mettent en évidence la totale coopération des gouvernements syrien et russe, qui ont fourni aux inspecteurs un accès sécurisé à Douma et que les délais avaient été causés par de légitimes considérations sécuritaires.

Il semblerait donc que la raison pour laquelle les Etats-Unis et ses alliés ont accusé la Syrie et la Russie de retarder la mission de l’OPCW était qu’ils suspectaient, bien que réfuté plusieurs fois, que les preuves d’une attaque à l’arme chimique ne pourraient se vérifier, les privant de toute justification pour leur opération militaire du 12 avril. Les Etats-Unis ont lancé une opération militaire en se fondant sur l’argument que la Syrie détenait de larges stocks de gaz sarin et qu’elle l’utilisait contre sa population. Et si l’on accepte au pied de la lettre  l’hypothèse que du gaz sarin a été employé à Douma, on accepte a fortiori comme légitime le besoin de détruire les unités de production de ce gaz, qui étaient visées par le bombardement. Mais si  l’hypothèse sous-jacente de l’utilisation de gaz sarin était réfutée, que doit-on penser alors de la qualité des renseignements et analyses faites pour justifier de l’action militaire américaine ? Les études menées par nos services de renseignements sur l’existence d’équipement capable de produire du gaz sarin précurseur reposaient-elles sur des sources indépendantes de celles de SAMS et White Helmets qui allèguent de l’utilisation de sarin ou étaient–elles teintées par ces conclusions erronées ?

Les renseignements américains sont actuellement utilisés pour soutenir des accusations d’Etat délictueux en Corée du Nord et en Iran et justifier de l’utilisation de la force armée si la situation dans ces deux pays venaient à se détériorer. Dans un monde où le tout le monde a encore à l’esprit le souvenir de l’épisode des armes de destructions massives irakiennes, on aurait pu espérer que les agents du renseignement cherchent à ne pas répéter les erreurs du passé, où les informations étaient présentées de manière à étayer une décision politique développée sans rapport avec les faits réels.

Au vu de ce que nous révèle le rapport de l’OPCW, la leçon a été ignorée ou oubliée. Il est essentiel qu’à l’avenir elle ne le soit pas, pour la simple raison qu’une guerre contre la Corée ou l’Iran aurait bien plus de conséquences qu’une simple frappe de missiles contre la Syrie.

Scott Ritter a dirigé l’équipe d’inspecteurs de l’UNSCOM chargée du désarmement de l’Irak. Il est notamment l’auteur de « Endgame » (1999),  « Guerre à l’Irak » (2002), et de « Les mensonges de George W. Bush » (2004).

Traduction: Z.E pour France-Irak Actualité

*Version originale : Information Clearing House / The American Conservative

Sur le même sujet, lire aussi :

Syrie : 800 Casques blancs évacués par Israël

Exfiltration des Casques Blancs : deux mensonges éhontés du gouvernement britannique

http://www.france-irak-actualite.com/2018/09/les-etats-unis-crient-de-nouveau-a-l-attaque-chimique-en-syrie.html

L’Afrique au secours du Brexit ?

L’Afrique au secours du Brexit ?

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L’Afrique au secours du Brexit ?

En 1948, lorsque les ministres irlandais réfléchissaient aux besoins en investissements pour le développement des colonies africaines, l’accent n’était pas mis sur les besoins de ces pays, mais sur la manière dont ces colonies pourraient soutenir l’économie britannique. Il y avait aussi un calcul politique. En effet, après le rééquilibrage du pouvoir mondial en 1945, le gouvernement a estimé que seul le renforcement de l’empire africain lié à l’Europe pourrait lui permettre de rivaliser avec les blocs américains et soviétiques. Aujourd’hui, 70 ans après, l’Afrique semble être, pour les politiciens britanniques, un moyen de conserver l’influence mondiale de la Grande-Bretagne.

Une tournée s’inscrivant dans la tradition britannique

La récente tournée très médiatisée de Theresa May en Afrique (Afrique du Sud, Kenya et Nigéria) a été présentée comme un moyen d’approfondir les liens économiques entre la Grande-Bretagne et la région. Mme May n’a pas caché ses ambitions de faire de son pays  le plus grand investisseur du G7 en Afrique d’ici à 2022. Les investissements directs du gouvernement britannique, d’une valeur de 4 milliards de livres, seront accompagnés d’investissements privés (une ambition relativement modeste). Le Premier ministre s’est engagé à défendre le niveau de l’aide britannique (malgré les vives critiques des conservateurs et des médias qui souhaitent le réduire), tout en proposant une réorientation de ces dépenses d’aide de manière à soutenir l’économie britannique post-Brexit.

T. May est la dernière en date d’une longue lignée de Premiers ministres ayant évoqué le potentiel de l’Afrique à leurs propres fins politiques : de Tony Blair et Gordon Brown, qui considéraient l’aide internationale comme un moyen de mettre en évidence le leadership moral de la Grande Bretagne dans le monde, jusqu’à la visite de David Cameron en 2011 (dont la viste de May est un écho), qui a appelé à utiliser l’aide pour créer de futurs consommateurs de produits et services britanniques.

Ce qui interpelle le plus dans les déclarations de T. May, c’est l’odeur du désespoir. Il y a beaucoup de bonnes raisons pour approfondir les liens commerciaux dans la région et pour établir de meilleures relations entre la Grande-Bretagne et les gouvernements africains. Mais, présenter cette solution comme un remède à d’éventuels problèmes économiques post-Brexit en Grande-Bretagne semble, au mieux peu inspiré, au pire une grossière erreur.

De vives critiques se lèvent contre T. May qui affiche clairement sa volonté de recentrer l’aide au service des intérêts nationaux et diplomatiques britanniques. Elle souhaite substituer la création d’emplois à la stratégie de réduction de la pauvreté à court terme. Lorsqu’elle évoque le renforcement de la sécurité et le soutien aux États africains fragiles, sa motivation réelle semble bien être la réduction de la migration vers l’Europe et singulièrement la Grande-Bretagne. Elle souhaite désormais utiliser l’aide comme outil de soutien à la création d’accords commerciaux hors des blocs européens. Cependant, l’aide britannique a toujours porté sur les intérêts britanniques: politique, économique et diplomatique. En effet, le premier acte qui a établi l’aide britannique, la loi de 1929 sur le développement des colonies, a été adoptée alors que le monde était confronté à la crise économique mondiale et à la dépression. Son objectif explicite était de stimuler l’économie et les emplois britanniques. Il est clair que cette stratégie perdure.

Aide au commerce?

Des années 40 aux années 90, l’aide, sous les gouvernements tant des travailleurs que des conservateurs, était «conditionnée» à des dépenses en équipement et en experts britanniques. L’aide a toujours été considérée comme un outil de politique étrangère tout autant qu’une obligation morale d’aider les régions les plus pauvres du monde à se développer. La Grande-Bretagne n’est pas la seule à faire cela: les exigences de «l’aide conditionnée» restent courantes malgré leur piètre bilan en matière de réduction de la pauvreté. En 2002, le gouvernement de Blair a rendu l’aide « conditionnée » illégale. Elle est malgré tout restée un élément essentiel de l’arsenal diplomatique du Royaume-Uni. C’est avant tout un moyen d’assurer une influence mondiale (utile, par exemple, pour défendre l’adhésion permanente du Royaume-Uni au Conseil de Sécurité des Nations Unies).

En 2009, Hillary Clinton, alors secrétaire d’Etat sous la présidence de Barack Obama, avait évoqué l’utilisation de l’aide comme moyen de lutter contre la pauvreté et l’insécurité dans les régions pauvres du monde et aussi comme un moyen de protéger les intérêts nationaux. Elle devait être un pilier central de la politique étrangère américaine. La France quant à elle est relativement ouverte dans sa relation entre l’aide et la promotion de ses propres intérêts africains.

Le recentrage promis par May n’est pas non plus vraiment nouveau. Sous le gouvernement de coalition, l’aide devait être recentrée sur la création d’emplois, avec la promesse que cela serait bon pour les entreprises britanniques. Priti Patel, au cours de sa période désastreuse à la tête du Département pour le développement international, a affirmé à plusieurs reprises que l’objectif de l’aide britannique était de bien de servir l’intérêt national du Royaume-Uni. Elle relie régulièrement les dépenses d’aide à de futures relations et/ou accords commerciaux.

Ainsi, la «nouvelle approche» de T. May n’a pas vraiment changé, malgré son nouvel emballage luisant. C’est bien un outil au service du gouvernement britannique qui sera bien utile pour amortir un Brexit incertain.

Michael Jennings est chef du département de l’École des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres. Article initialement publié en anglais par African Liberty – Traduction réalisée par Libre Afrique – Le 26 septembre 2018.

http://www.libreafrique.org/Michael-Jennings-afrique-au-secours-du-Brexit-260918

Londres, Paris et Tel-Aviv seront-ils sanctionnés par Moscou et Washington ?

Londres, Paris et Tel-Aviv seront-ils sanctionnés par Moscou et Washington ?

L’affrontement qui vient d’avoir lieu à Lattaquié peut déboucher sur une redistribution complète des cartes dans le monde. Pour deux raisons, dont la seconde est cachée au public occidental. Premièrement, elle a coûté la vie à 15 soldats russes ; deuxièmement, elle implique non seulement Israël, mais aussi le Royaume-Uni et la France. Il s’agit de la crise potentiellement la plus dangereuse depuis plus de 60 ans. La question qui se pose maintenant est de savoir si le président Trump, en pleine campagne électorale législative, est en mesure de soutenir son homologue russe, de sorte que les États-Unis et la Russie sanctionnent les puissances coloniales comme ils le firent ensemble en 1956, lors de la crise de Suez.

| Damas (Syrie)

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Le chef d’état major de l’armée de l’Air israélienne, le général Amikam Norkin, arrive en urgence à Moscou, le 20 septembre 2018, pour présenter sa version des événements. Une fois ses preuves vérifiées et confrontées aux autres enregistrements, il s’avérera qu’Israël ment avec aplomb.

Le 17 septembre 2018, la France, Israël et le Royaume-Uni ont mené une opération commune sur des cibles syriennes. Au cours des brefs combats, un avion de reconnaissance russe a été abattu par un tir ami syrien. L’étude des enregistrements atteste qu’un F-16 israélien s’était caché derrière l’Iliouchine Il-20 pour induire en erreur la défense syrienne.

La destruction d’un avion militaire russe par la faute d’Israël lors d’une opération commune britannico-franco-israélienne a provoqué la stupeur dans toutes les chancelleries. S’il y avait une ligne rouge depuis le début du conflit autour de la Syrie, il y a sept ans, c’est que jamais les différents protagonistes ne mettaient en danger les forces russes, états-uniennes ou israéliennes.

On sait très peu de choses avec certitude sur ce qui s’est passé, sinon que :
- un Torpedo britannique a décollé de Chypre pour se rendre en Iraq. Lors de son voyage, il a violé l’espace aérien syrien afin de scanner les défenses syriennes et de rendre l’attaque alliée possible.
- moins d’une heure après, quatre F-16 israéliens et une frégate française, L’Auvergne, ont tiré sur des cibles en Syrie dans le gouvernorat de Lattaquié. La défense anti-aérienne syrienne a protégé son pays en tirant des contre-missiles S-200 sur les missiles français et israéliens.
- au cours de la bataille, un F-16 a utilisé comme bouclier un Iliouchine Il-20 russe qui menait une mission de surveillance de la zone et de localisation des lieux de lancement des drones jihadistes. La défense syrienne a tiré un missile en visant la signature thermique de l’avion israélien. Elle aurait donc pu théoriquement détruire l’avion russe par erreur.

C’est cependant rocambolesque car les missiles S-200 sont munis d’un système de reconnaissance des cibles amies ou ennemies, ce que le ministère russe de la Défense a successivement confirmé, puis démenti. Quoi qu’il en soit, l’Iliouchine a pourtant été détruit sans que l’on sache avec certitude par qui et comment.

La lâcheté des dirigeants britanniques et français les a conduits à censurer toute information sur leur responsabilité dans cette opération. Londres n’a livré aucun commentaire et Paris a nié les faits. Ni la BBC, ni France-Télévision n’ont osé évoquer le sujet. Pour ces deux pays, plus que jamais, la réalité de la politique extérieure est exclue du débat démocratique.

Interprétation immédiate des évènements

Nous ne savons pas si la destruction de l’avion russe, impliquant la mort des 15 hommes à son bord, est imputable au pilote israélien —ce qui parait très improbable—, à l’armée israélienne ou à l’alliance qui a mené cette attaque.

De la réponse à cette question dépend un possible conflit entre quatre puissances nucléaires. Cette situation est donc d’une extrême gravité. Elle n’a pas de précédent depuis la création de la Fédération de Russie, fin 1991.

L’agression britannico-franco-israélienne est la réponse de ces trois pays à l’accord russo-turc signé à Sotchi quelques heures plus tôt. Elle intervient après le refus états-unien début septembre de bombarder la Syrie sous un faux prétexte et l’envoi d’une délégation US dans le monde arabe pour se désolidariser des initiatives britannico-françaises [1].

Les accords de Sotchi ont été signés par la Turquie sous une forte pression de la Russie. Le président Recep Tayyip Erdoğan avait refusé de signer à Téhéran le Memorandum sur le repli des forces jihadistes et turques d’Idleb, le président Vladimir Poutine lui avait sèchement répondu. D’une part en réaffirmant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie [2] et, d’autre part, en soulignant pour la première fois l’illégitimité en droit international de la présence militaire turque dans ce pays. Très inquiet, Erdoğan avait accepté une invitation en Russie dix jours plus tard.

L’accord de Sotchi, tout en éloignant un peu plus la Turquie de l’Otan avec des contrats énergétiques russes, contraignait de facto Ankara à se retirer d’une partie du territoire qu’il occupe, prétendument pour mieux protéger les pseudo-« rebelles » rassemblés dans le gouvernorat d’idleb [3]. En outre, la Turquie ne dispose que d’un mois pour confisquer l’armement lourd de ses amis d’Al-Qaïda et de Daesh dans la zone démilitarisée [4].

Cet accord était évidemment inacceptable pour Londres, Paris et Tel-Aviv :
- à terme, il prévoit la fin des jihadistes en tant qu’armée, alors que Londres les encadre, les structure et les manipule depuis des décennies [5] ;
- la fin du rêve d’un mandat français sur la Syrie et de la création d’une nouvelle colonie française au Nord de ce pays, sous le nom mensonger de « Kurdistan » (le Kurdistan n’est légitime que dans les frontières qui lui ont été reconnues par la Conférence de Sèvres, en 1920. C’est-à-dire non pas en Iran, ni Iraq ou en Syrie, mais uniquement dans l’actuelle Turquie [6]).
- la fin de la domination régionale d’Israël face à une Syrie stable sous protection russe.

Interprétation à moyen terme des évènements

L’alliance militaire britannico-franco-israélienne n’était pas entrée en action depuis la crise du Canal de Suez, en 1956. À cette époque, Anthony Eden, Guy Mollet et David Ben Gourion avaient engagé conjointement leurs forces pour humilier les nationalistes arabes, particulièrement l’Égyptien Gamal Abdel Nasser, et rétablir les empires coloniaux anglais et français (« Opération Mousquetaire »).

C’est très exactement ce qui s’est passé avec cette nouvelle attaque : comme l’a confirmé le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, aucune des cibles visées n’était liée de près ou de loin à l’Iran ou au Hezbollah. Cette action britannico-franco-israélienne n’avait aucun rapport avec la lutte internationale contre les jihadistes en général et Daesh en particulier. Elle n’avait pas plus de rapport avec le renversement de la République arabe syrienne ou de son président, Bachar el-Assad. Son objectif principal était de tuer des scientifiques militaires, notamment les spécialistes des roquettes de l’Institut des industries techniques de Lattaquié.

Il s’agit donc de la reprise et de la continuation de la politique d’assassinats ciblés conduite par Israël depuis une vingtaine d’années, successivement contre les scientifiques iraquiens, iraniens et désormais syriens. C’est un des piliers de la politique coloniale : empêcher les peuples soumis d’atteindre le même niveau d’éducation que leurs maîtres. Jadis, les Occidentaux interdisaient à leurs esclaves d’apprendre à lire sous peine de mort. Aujourd’hui, ils éliminent leurs scientifiques. Cette politique avait été relancée avec le bombardement britannico-franco-US (14 avril 2018) dont la seule cible détruite fut le centre de recherche scientifique de Barzeh [7], puis avec la rupture de l’accord 5+1 avec l’Iran (JCPoA) qui a contraint ce pays à fermer ses facultés de physique nucléaire (8 mai 2018).

C’est une répartition des tâches : les jihadistes détruisent le passé, les Occidentaux l’avenir.

Interprétation des évènements sur la longue durée

Depuis le déploiement des troupes russes en Syrie, le 13 septembre 2015, pour aider ce pays à lutter contre les terroristes, les alliés des États-Unis ont compris l’impossibilité de mener à bien le plan US sans risquer de guerre mondiale. Avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, ils ont progressivement remis en question leurs objectifs de guerre, ont abandonné ceux des « Amis de la Syrie » et se sont repliés sur leurs stratégies historiques respectives [8].

C’est cette logique qui les a conduits à reformer l’alliance qui provoqua la crise de Suez. Et c’est également cette logique qui a poussé l’Allemagne à prendre ses distances avec eux.

Au début de la Première Guerre mondiale, les empires anglais, français et russe avaient décidé du partage du monde qu’ils réaliseraient le jour de leur victoire. Il fut négocié par Mark Sykes, Georges Picot et Sergueï Sazonov. Durant la Guerre mondiale, le Tsar fut renversé par les Bolcheviks, de sorte que les parties du monde réservées par l’empire russe furent remises en jeu. En définitive, à la fin de la Guerre mondiale, seule la partie du plan relative au Moyen-Orient fut appliquée sous le nom d’accords « Sykes-Picot ».

Le retour de la Russie dans le jeu international remet donc en cause le partage colonial britannico-français du Moyen-Orient. Le clash prévisible vient de surgir, accidentellement ou volontairement, avec la destruction de l’Iliouchine Il-20 lors de l’opération militaire conjointe britannico-franco-israélienne.

Comment réagir

La stupeur de la communauté internationale devant le surgissement brutal d’un conflit vieux d’un siècle se mesure au silence du twitter de la Maison-Blanche.

Durant la crise de Suez, les troupes israéliennes engagées étaient deux fois plus nombreuses que l’ensemble des troupes britanniques et françaises. Le total des forces coalisées atteignait 250 000 hommes. Il s’agissait donc d’une opération de très grande ampleur par rapport à celle de Lattaquié. Il n’en reste pas moins que les deux séquences répondent à la même logique diplomatique et sont susceptibles de donner lieu aux mêmes développements.

Lors de la crise de Suez, en pleine Guerre froide, l’Union soviétique avait menacé le Royaume-Uni, la France et Israël de riposte nucléaire s’ils ne se retiraient pas d’Égypte. L’Otan avait dans un premier temps soutenu les Européens menaçant Moscou de Guerre mondiale, avant de se raviser. En pleine Guerre froide, les États-Unis soutinrent provisoirement l’URSS pour stopper la folie européenne.

Pour Washington, laisser faire les Européens aurait signifié jeter l’ensemble des pays arabes dans les bras des Soviétiques. En outre, il n’était pas tenable d’accepter l’intervention franco-britannique au moment où ils dénonçaient la répression de la révolution hongroise par le Pacte de Varsovie.

Le président Dwight D. Eisenhower et le vice-président Richard Nixon lancèrent une attaque monétaire contre la livre sterling, envoyèrent leurs forces navales et aériennes interférer dans le dispositif britannico-franco-israélien et interdirent l’usage des matériels militaires français financés par des fonds US.

La paix internationale fut préservée grâce à quelques personnalités tierces comme le secrétaire général de l’Onu, Dag Hammarskjöld (qui fut assassiné trois ans plus tard et obtint le prix Nobel de la Paix à titre posthume), le ministre canadien des Affaires étrangères Lester B. Pearson (qui obtint lui aussi le Prix Nobel de la paix) et le leader des non-alignés et Premier ministre indien, Jawaharlal Nehru.

La crise de Suez a profondément réorganisé non seulement la vie politique internationale mais aussi nationale pour le Royaume-Uni, la France et Israël.
- Contournant les vétos des Ouest-Européens au Conseil de sécurité, l’Assemblée générale de l’Onu enjoignit le retrait des envahisseurs et créa la première force d’interposition des Nations Unies.
- Au Royaume-Uni, la Chambre des Communes exigea la fin de la politique coloniale au profit de la promotion des intérêts économiques de Londres via le Commonwealth.
- En France, les communistes, les gaullistes et les poujadistes (dont Jean-Marie Le Pen) s’unirent contre les centristes et les socialistes ; une configuration que l’on n’a jamais retrouvée depuis. Six ans plus tard, le président De Gaulle considéra qu’en reconnaissant l’indépendance de l’Algérie, il mettait un terme à la collaboration militaire avec l’État colonial d’Israël et reprenait la politique d’amitié et de collaboration avec les peuples arabes qui avait toujours caractérisé la France, hormis la parenthèse coloniale [9].

La position des Occidentaux sur l’agression de Lattaquié est d’autant plus difficile que, violant leur accord de 2015 avec la Russie, les Israéliens n’ont informé Moscou de leur opération que longtemps après qu’elle a débuté, une minute seulement avant de procéder à leurs tirs. Ils n’ont donné de détails qu’au cours de la bataille. En outre, ils ont menti sur leurs cibles, indiquant volontairement des lieux très éloignés de la vérité. Le Pentagone de son côté, affirme ne pas en avoir été informé du tout. Or, rappelons que l’accord de non-agression mutuelle israélo-russe en Syrie n’existe que parce qu’Israël est l’arsenal US au Moyen-Orient, abritant (avec l’Italie) les principaux stocks de munition états-uniens pour l’ensemble de la région. Si Israël n’a pas prévenu à l’avance le Pentagone de son action, il ne peut bénéficier de la protection US et par conséquent le pacte de non-agression mutuelle peut être remis en question par la Russie.

La réponse russe dépend de la position de la Maison-Blanche que nous ignorons pour le moment. Elle doit être guidée à la fois par la volonté de faire baisser la tension, si c’est possible, et de maintenir sa dissuasion en punissant le ou les coupables que le Kremlin aura désignés. Il n’est pas nécessaire que la Russie rende cette sanction publique pourvu que les chancelleries concernées en soient informées.

La réponse russe

La Russie avait le choix de ne voir dans la destruction de son avion qu’une faute d’un pilote israélien, ou de l’armée israélienne, ou encore des trois États impliqués (Royaume-Uni, France et Israël). Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a téléphoné à son homologue israélien, Avigdor Lieberman. Il l’a informé qu’il tient Israël pour responsable de l’accident et se réserve le droit de riposter. Un peu plus tard, le président Poutine a déclaré : « Il s’agit d’une série d’événements tragiques, car notre avion n’a pas été abattu par un appareil israélien ». Il a tenu à distinguer cette situation de celle de la destruction du Sukhoï 24-M abattu volontairement par la chasse turque, en novembre 2015.

Le chargé d’affaire israélien à Moscou, Keren Cohen Gat, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères. Tandis que, de manière réflexe, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, tentait de rejeter la responsabilité de l’accident sur l’Iran. Une délégation israélienne, conduite par le chef d’état major de son armée de l’Air, le général Amikam Norkin, s’est alors précipitée à Moscou avec une célérité sans précédent. Il a contesté les affirmations du ministère russe de la Défense, affirmé qu’Israël est innocent et que toute la faute revient à l’incurie des Syriens.

Le président Donald Trump, grand admirateur de la politique étrangère de Richard Nixon, tient là l’occasion d’en finir avec le soutien britannico-franco-israélien à l’État profond US. Cependant, il ne peut donner l’impression, en pleine campagne électorale législative, de soutenir le rival russe et de taper sur les alliés. Il cherche donc un moyen de présenter à son opinion publique intérieure ce grand revirement. Dans cette perspective, il a condamné lors d’une interview à Hill TV, l’engagement US au Moyen-Orient élargi décidé par son prédécesseur George Bush Jr après les attentats du 11 septembre 2001.

Le 23 septembre, le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konashenkov, a présenté la synthèse des renseignements russes et des informations transmises par la Syrie et Israël.
- Il a accusé l’État hébreu d’avoir délibérément violé l’accord de non-agression mutuelle de 2015 en ne prévenant pas à l’avance la Russie de son attaque et en mentant sur ses cibles.
- Il l’a accusé d’avoir mis en danger les vols civils présents dans cette zone de Méditerranée, et d’être responsable de la destruction de l’Iliouchine Il-20.
- Il a dénoncé sa non-assistance aux soldats russes lorsque leur avion décrochait.
- Il a également accusé le général Amikam Norkin d’avoir menti en prétendant que les jets israéliens étaient déjà rentrés en Israël lorsque l’avion russe est tombé.
- Il a enfin écarté les accusations d’amateurisme portées à l’encontre de la défense syrienne.

Il s’est par contre abstenu de mettre en cause publiquement le Royaume-Uni et la France pourtant eux aussi concernés par ses remarques contre Israël.

Dans le cas où la Maison-Blanche trouverait une narration acceptable des faits pour ses électeurs, la Russie pourrait interdire au Royaume-Uni, à la France et à Israël toute intrusion dans l’espace maritime, terrestre et aérien de la Syrie sans autorisation de Damas. Londres et Paris devraient cesser leurs menaces de bombardement sous quelque prétexte que ce soit (les fausses armes chimiques) et retirer leurs forces spéciales. Cette mesure serait édictée pour tout protagoniste, en général, sauf pour les États-Unis et à Idleb pour la Turquie.

Documents joints

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(PDF – 188.6 ko)

[1] « Qui veut relancer la guerre en Syrie ? », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 4 septembre 2018.

[2] « Déclaration de l’Iran, de la Russie et de la Turquie sur la Syrie », Horizons et débats (Suisse) , Réseau Voltaire, 7 septembre 2018.

[3] « La bataille d’Idleb est repoussée », Réseau Voltaire, 18 septembre 2018.

[4] « Mémorandum de stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d’Idleb », Réseau Voltaire, 17 septembre 2018.

[5] Voir la seconde partie de Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Demi-Lune, 2017.

[6] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[7] « Le fiasco du bombardement de la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 avril 2018.

[8] « Sortir de la guerre contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 septembre 2018.

[9] « Conférence de presse de Charles De Gaulle, extrait relatif à Israël », Réseau Voltaire, 27 novembre 1967.

http://www.voltairenet.org/article203057.html

La Toile d’Araignée: Le Second Empire Britannique

La Toile d’Araignée: Le Second Empire Britannique, est un film documentaire qui montre comment la Grande-Bretagne est passé de son statut de puissance coloniale à celui de puissance financière mondiale. Au lendemain du démembrement de cet empire colonial, les intérêts financiers de la City de Londres ont créé un réseau de juridictions offshore secrètes qui ont fait main basse sur les richesses mondiales et les ont dissimulées derrière une toile aux ramifications complexes reliant des iles offshore. Aujourd’hui, près de la moitié de la richesse mondiale offshore serait ainsi cachée dans des juridictions secrètes britanniques. La Grande-Bretagne et ses juridictions sont ainsi devenues l’intermédiaire principal et incontournable dans le monde de la finance internationale. Comment en est-on arrivé à cette situation, et quel est son impact réel sur le monde actuel? La Toile d’Araignée mène l’enquête afin d’apporter des réponses à ces questions.

Notre précédent documentaire Les Princes du Yen: Les banques centrales et la transformation de l’économie: https://youtu.be/1f7WT6VsIV8

Site Web (en anglais seulement): http://www.spiderswebfilm.com

Le Royaume-Uni à la conquête de l’Afrique ? Par Bernard Lugan

Le Royaume-Uni à la conquête de l'Afrique ? Par Bernard Lugan

Le Royaume-Uni à la conquête de l’Afrique ? Par Bernard Lugan

Par Bernard Lugan, historien et spécialiste de l’Afrique ♦ Découvrez ci-dessous l’éditorial du numéro 105 (septembre 2018) de L’Afrique Réelle, lettre d’information proposée par Bernard Lugan.


Afrique : le retour des Britanniques

Mardi 28 août, Madame Thereza May, Premier ministre britannique, a débuté une tournée africaine qui devait la conduire en Afrique du Sud, au Nigeria et au Kenya. Trois pays qui furent, en leur temps, les trois points d’appui de la politique coloniale anglaise au sud du Sahara.

Si l’Afrique ne compte pas pour l’économie britannique, le continent dans son ensemble représentant environ à peine 3% des exportations et des importations britanniques – dont plus de 50% avec deux pays, l’île Maurice et l’Afrique du Sud -, un tel voyage s’explique dans le contexte du Brexit. Londres cherche en effet à s’ouvrir de nouveaux marchés et de nouveaux débouchés en opérant un retour à ses fondamentaux historiques.

Le pays est d’autant plus fondé à le faire qu’il n’existe pas de contentieux majeur avec l’Afrique car, l’habilité des dirigeants britanniques fut d’avoir décolonisé avant même que la demande leur en soit faite. Puis, une fois la décolonisation opérée, de tourner définitivement la page. Voilà pourquoi nul ne fait à la Grande-Bretagne le reproche d’avoir prolongé la période coloniale à travers une « françafrique » au demeurant largement fantasmée.

Jacques Berque avait parfaitement résumé l’originalité britannique d’une phrase : « Dans l’entreprise impériale anglaise, j’admire profondément le sens du mouvement, et plus encore que le crescendo, le génie du decrescendo, du pouvoir absolu au départ absolu. Admirable dextérité. » 

Et pourtant, en 1940, l’empire colonial africain britannique s’étendait en Afrique de l’Ouest (Gold Coast – l’actuel Ghana -, Sierra Leone, Nigeria et Gambie, plus une partie du Togo et du Cameroun) ; en Afrique de l’Est (Kenya, Uganda, Zanzibar, plus l’ancien Tanganyika allemand sur lequel elle exerçait une Tutelle) ; en Afrique australe (Nyassaland, – l’actuel Malawi -, Rhodésie du Nord – l’actuelle Zambie -, Rhodésie du Sud, l’actuel Zimbabwe, plus les protectorats du Bechuanaland – l’actuel Botswana -, du Basutoland – l’actuel Lesotho – et du Swaziland). La Grande-Bretagne exerçait également sa souveraineté sur le Soudan-anglo-égyptien.

Mais, à partir de 1942, la difficile situation des armées britanniques face aux Japonais obligea Londres à demander de plus fortes contributions à ses colonies africaines. En échange, d’importantes réformes y furent introduites, notamment au Nigeria et en Gold Coast.

La politique britannique de décolonisation fut ensuite très différente de celle suivie par la France. Londres ayant admis très tôt que le mouvement des indépendances était inéluctable, il lui importait donc de ne pas se laisser acculer à des situations conflictuelles, tout en organisant la transition au mieux de ses intérêts. De plus, et encore à la différence de la France, il y eut en Grande-Bretagne un consensus de toute la classe politique.

Les indépendances furent donc acquises sans heurts, sans ruptures majeures et au terme d’une évolution constitutionnelle contrôlée de bout en bout. Les seules exceptions furent le Kenya où, en 1952, éclata la révolte des Mau-Mau, et la Rhodésie du Sud où la minorité blanche proclama unilatéralement son indépendance en novembre 1965.

Au sommaire de ce numéro

Actualité :

  • Ethiopie-Erythrée : un retour à la realpolitique ?
  • Djibouti victime du rapprochement Ethiopie-Erythrée ?
  • Le port de Djibouti

Dossier :

  • Le Mozambique, nouveau foyer jihadiste ?
  • Nigeria : le conflit oublié du Middle Belt

Histoire :

  • La dimension islamique de la guerre d’Algérie

Bernard Lugan
20/09/2018

Source : L’Afrique Réelle

Crédit photo : Institut Iliade

https://www.polemia.com/royaume-uni-afrique-bernard-lugan/

Pourquoi les anglo-saxons haïssent-ils la Russie ?

Pourquoi les anglo-saxons haïssent-ils la Russie ?


Par Emmanuel Leroy − le 7 Juillet 2018

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Pour entrer directement dans le cœur du sujet, j’irai au fait et je dirai que si l’on ne prend pas conscience que la guerre en cours contre la Russie aujourd’hui est la même guerre que l’oligarchie anglo-saxonne a mené depuis l’époque élisabéthaine contre l’Espagne et le Portugal, puis contre la Hollande, puis contre la France, définitivement vaincue à Waterloo, puis contre l’Autriche-Hongrie vaincue en 1918 et enfin contre l’Allemagne vaincue en 1945, on ne peut comprendre intimement aucun des grands événements qui se sont déroulés sur le continent européen depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Tous ces peuples européens ont courbé la tête et leurs élites sont passées sous les fourches caudines de la City, aujourd’hui renforcée par Wall Street.


Dans cette lecture rapide de l’histoire de l’Europe des 5 derniers siècles, force est de constater qu’il ne reste qu’un peuple sur le continent eurasiatique qui n’a jamais été vaincu définitivement par les puissances anglo-saxonnes et c’est le peuple russe. Voilà pourquoi ce que les Anglais ont appelé « Le Grand jeu » continue et il continuera jusqu’à ce que la Russie s’incline à son tour ou jusqu’à ce que Mammon tombe de son piédestal.

Si l’on ne rentre pas dans cette logique, on ne peut rien comprendre à la chute du mur de Berlin en 1989, ni aux sécessions programmées des pays baltes, de la Biélorussie, de l’Ukraine et des régions d’Asie centrale ni aux révolutions de couleur en Yougoslavie ni à celle de Géorgie en 2008, ni bien sûr à la crise ukrainienne que nous connaissons aujourd’hui.

La crise ukrainienne

Dans une première analyse, on pourrait dire que la cause première de la guerre résulte de la chute du Président Viktor Yanoukovitch à la suite des manifestations de Maïdan qui a conduit à la mise en place d’un régime néo-bandériste à la solde de l’occident. Puis de manière concertée et volontariste, ce régime manipulé et tenu à bout de bras par le FMI, les USA et la Commission européenne, a créé délibérément les conditions d’une sécession dans l’est de l’Ukraine, comme si on avait voulu créer un abcès purulent aux frontières de la Russie.

Première question : l’agression contre la Russie en Ukraine est-elle une mesure de rétorsion consécutive aux défaites successives subies par les terroristes islamistes manipulés par l’occident sur le front syrien depuis l’intervention russe à l’automne 2015 ? Peut-être, sans doute même, mais cela n’a pas une grande importance dans l’analyse des causes profondes de cette guerre, car ceux qui font la guerre à la Russie aujourd’hui, je ne parle pas des marionnettes de Kiev bien entendu, la font depuis très longtemps et ils n’ont pas besoin d’un prétexte aussi futile qu’une défaite marginale au moyen-orient pour poursuivre inexorablement le but qu’ils poursuivent depuis des siècles. Nous reviendrons sur cet aspect en détail un peu plus loin.

Alors remontons plus avant dans l’analyse des causes de cette guerre. Le magazine russe Zavtra a publié le 15 mars 2015 le compte rendu d’une table ronde organisée autour de la situation actuelle en Russie et en Ukraine, de ses causes et de son impact pour l’avenir. Alexander Nagorny, Secrétaire exécutif du club d’Izborsk implique la perestroïka de Gobatchev dans la genèse de la guerre civile en Ukraine. Il a parfaitement raison d’intégrer cette période de l’histoire russe comme une des causes de la situation de crise qui existe aujourd’hui dans le Donbass, mais à la condition de ne pas oublier d’analyser la pérestroïka et la glasnost gorbatchévienne pour ce qu’elles étaient, à savoir des mesures de déstabilisation et de réorientation politique suscitées par l’occident.
Si l’on se refuse à admettre cette hypothèse, on ne peut rien comprendre aux conditions de la dislocation du régime soviétique et au pillage généralisé qui a suivi durant l’ère Eltsine.

Si l’on remonte encore plus loin dans le temps, on peut considérer que le financement pendant la première guerre mondiale de Trotsky par la City et certaines banques new-yorkaises d’une part et de Lénine par l’Allemagne de Guillaume II d’autre part, afin de renverser la dynastie des Romanov et d’établir un régime totalitaire et spécifiquement antichrétien constituent là encore, une cause ancienne mais probable de la guerre en Ukraine.

Et enfin, si l’on remonte encore un peu le fleuve de l’histoire, on peut considérer que la guerre de Crimée de 1853 s’inscrit aussi dans la même logique, avec les mêmes motivations, que la guerre d’Ukraine qui se déroule actuellement dans le bassin du Don. Que peut-on retenir de significatif dans cette guerre de Crimée menée au XIXème siècle, au-delà du prétexte fallacieux de la question des lieux saints de Jérusalem et du contrôle de la mer Noire pour lequel la France n’avait aucun intérêt stratégique ni même commercial ? Qu’il s’agit là de la première guerre que la France fit au service exclusif des intérêts anglo-saxons, car depuis Waterloo, une grande partie des élites françaises, aristocratie et bourgeoisie confondues, se sont progressivement détournées de l’intérêt national pour servir la cause du maître dominant de l’époque, hier Londres et aujourd’hui Washington.

D’une manière différente, mais toujours en poursuivant le même but, la finance anglo-saxonne, après avoir soutenu l’émergence du nazisme en Allemagne comme elle avait soutenu la révolution bolchevique en Russie, est parvenue à l’un de ses buts en brisant les reins de la puissance germanique, et là encore en amenant les élites allemandes à Canossa, à réduire un autre grand peuple européen au servage idéologique et à le priver de sa souveraineté.

Autrement dit, et pour résumer mon propos, depuis la fin du XVIème siècle au moins, l’oligarchie anglaise, c’est-à-dire aristocratie et finance réunies, a conçu le projet de dominer le monde par tous les moyens, y compris légaux : la guerre, le vol, la corruption, la subversion, le boycott, le blocus, les sanctions économiques, l’assassinat, le chantage, la désinformation… La liste n’est pas exhaustive.

Lorsque certains historiens qualifient de volonté d’équilibre entre grandes puissances la politique de Londres depuis Henry VIII jusqu’à la première guerre mondiale, ils n’ont que partiellement raison. Derrière le jeu des alliances successives avec l’Autriche, la Prusse, la Russie, la France, la Suède ou d’autres, se dessinait toujours la volonté de faire tomber l’une après l’autre toutes les puissances qui dominaient le continent européen et qui pouvaient compromettre le grand projet thalassocratique. D’abord il fallut briser l’empire de Charles Quint et sa suprématie maritime dans le commerce des Amériques, puis briser la puissance française qui domina l’Europe de la fin du XVIIème siècle jusqu’à Waterloo.

Puis il fallut à l’oligarchie anglo-saxonne deux guerres mondiales pour réduire à néant la puissance germanique en mobilisant pour cela toutes les énergies des nations qu’elle avait subjuguées. Pour abattre la puissance allemande, il était vital dans le plan des anglo-saxons que l’URSS s’oppose à l’Allemagne nazie et que ces deux géants de la scène européenne s’affrontent et s’épuisent dans une lutte mortelle ce qui advint. Cet éclairage permet avec le recul de mieux comprendre l’intelligence politique du pacte Molotov-Ribbentrop dont Hitler et les dirigeants nazis n’ont pas compris la réelle portée, ainsi que l’a montré l’expédition à Londres que fit Rudolf Hess en 1941.

Alors aujourd’hui où en est-on ?

L’oligarchie anglo-saxonne a gagné la guerre idéologique puisque depuis la fin de l’Union soviétique aucune puissance dans le monde n’offre d’alternative à son discours libéral et libertaire. Or, il s’agit d’une lutte à mort dont l’enjeu, le Grand Enjeu, est la domination mondiale, ce dont les néo-conservateurs américains ne se cachent même plus. Le monde unipolaire qu’ils souhaitent instaurer est celui que George Orwell dénonçait dans son roman 1984. Ces gens-là rêvent d’une humanité réduite en esclavage et dont ils seront les maîtres tous puissants.
La dernière forteresse qu’il leur reste à conquérir se trouve sur les rives de la Moskova. Et la guerre qu’ils feront, qu’ils font, pour conquérir le Kremlin est une guerre totale : Idéologique, culturelle, religieuse, économique, technologique et bien sûr militaire.

Ils se serviront des centaines d’organisations non-gouvernementales comme celles de Monsieur Soros et de ses amis, ils appliqueront la politique des sanctions, ils achèteront les esprits et les âmes et ils donneront leurs directives aux agents de la 5ème colonne afin de saboter et d’affaiblir la puissance slave. Ils paieront des Femen, des Pussy Riot ou des Navalny pour salir et faire tomber la Sainte Russie.

Face à cette volonté de conquête de la part du monde anglo-saxon et de son oligarchie financière, face à des êtres pour qui la Russie traditionnelle représente tout ce qu’ils haïssent et qu’ils veulent voir disparaître, les Russes ne peuvent se contenter de contester leurs mensonges à la tribune de l’ONU. La responsabilité de la Russie aujourd’hui est historique et l’enjeu va bien au-delà d’une Sainte Alliance telle que celle dont rêvait le Tsar Alexandre 1er, car si la Russie tombe demain, c’est toute l’humanité qui tombera avec elle sous la férule du monde abject de l’argent.

En conclusion, je dirais que le courage et la volonté ne suffiront pas pour gagner cette guerre. Cette fois-ci, il ne faudra pas compter sur le général Hiver pour l’emporter. Car l’arme principale utilisée par nos ennemis est l’arme culturelle et les batailles qu’ils sont en train de livrer se déroulent déjà depuis un quart de siècle de Pskov à Vladivostok. Le cinéma, la musique, les concerts de rock, la peinture, le théâtre, la littérature, l’enseignement, les médias, Internet, tous ces vecteurs sont utilisés pour transformer l’âme du peuple russe et le subvertir, comme ils sont toujours utilisés en occident pour maintenir les populations dans l’adoration de leurs maîtres et des régimes pseudo démocratiques qu’ils nous ont imposés.

Il découle de cela que le pragmatisme et le bon sens utilisés comme moyens de défense en réplique aux attaques que la Russie subit de manière croissante ne sont pas des armes suffisantes face à l’hégémonie idéologique et culturelle de notre adversaire commun. Contre l’idéologie des droits de l’homme et du libre marché il faut opposer une vision du monde alternative qui démontre la nocivité des buts poursuivis par l’oligarchie anglo-saxonne. Pour contrer cette idéologie mortifère qui se sert de l’individualisme pour tuer les peuples et les asservir, il faut promouvoir la liberté des peuples et la pluralité des cultures contre le totalitarisme rampant de l’hegemon anglo-saxon. Le conservatisme et le patriotisme sont sans doute des armes qu’il faudra utiliser, mais je ne suis pas certain qu’elles seront suffisantes pour l’emporter. C’est une guerre de religion que mène le Système et l’un de ses buts primordiaux est d’achever l’éradication de la religion chrétienne sur le continent européen. Et la Russie est l’un des lieux où renaît cette foi. Voilà un crime impardonnable.

Emmanuel Leroy

Président de l’association humanitaire
Urgence Enfants du Donbass

 

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