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Dans la guerre USA-Chine sur la 5G, l’Europe est incapable d’inventer son indépendance face à Huawei

Dans le domaine de la 5G, dont tous les experts nous expliquent qu‘elle va être incontournable pour le pilotage des objets connectés, la concurrence pour le contrôle des équipements s’annonceplus que redoutable. D’un côté, les Chinois de chez Huawei qui ont une avance technologique et des moyens considérables pour déployer des réseaux dans tous les pays du monde, de l’autre, l’Amérique de Donald Trump qui considère que les Chinois ont une stratégie politique d’hégémonie sur le monde occidental en prenant le contrôle de la gestion des données.

Cette semaine, l’ambassadeur des Etats-Unis à Berlin a transmis au ministère de l’industrie allemande une lettre obligeant le gouvernement allemand à choisir entre les équipements que propose le chinois Huawei et son maintien au partage d’informations sensibles que les Etats-Unis livrent à leurs alliés.Au terme de ce chantage, si l’Allemagne continue de travailler avec Huawei pour s’équiper en 5G,l‘Allemagne ne sera plus considérée comme un allié loyal. Comme l’écrit le WallStreetJournal, ce sera les antennes Huawei ou les câbles du Pentagone.

Donald Trump, qui a semble-t-il,décidé d’entamer une campagne auprès de tous ses alliéseuropéens, n’y va pas par quatre chemins.

La Grande Bretagne est depuis quelques jours également plongée dans l’incertitude la plus totale quant à la mise en œuvre de sa prochaine stratégie digitale. Selon le Times, Gavin Williamson, le ministre de la défense de Theresa May,se déclaretrès inquiet de l’influence du chinois Huawei dansl’architecture du prochain réseau 5G au Royaume-Uni.Son homologue américain, informé par les services de contre-espionnage,l’a mis en garde des risques d’espionnage que présentait le géant chinois dans une technologie aussi sophistiquée et stratégique que la 5G, et surtout dans la gestion des réseaux mobiles. Mais, réponse du gouvernement britannique : « il n’y a pas d’autres industrielsque les Chinois dans le monde, capables de mener à bien un tel projet d’équipement et notamment l’installation du premier réseau britannique ».

La France n’aurait pas officiellementreçu d’avertissement de Washingtonà propos de la 5G …mais il faut dire que la France est en retard dans le déploiement du réseau.Alors que l’on n’a pas fini de déployer le 4G sur l’ensemble du territoire,on ne fait qu’entamerles études administratives pour permettre aux opérateurs privés de commencer des expérimentations.Du coup, SFR semble travailler avec Nokia et a réalisé unepremière liaison très symbolique.

Bouygues Télécom collabore avec Huawei avec des tests àBordeaux, où les résultats sont satisfaisants.

Orange travaille sur plusieurs tests àMarseille,Lille et Douai ainsi qu’à Paris avec une technologie propre. Mais le montant des investissements n’est pas connu.Tout cela démontre qu’il existe un grand retard ou alors une grande prudence.

En Europe, le pays le plus en avance est la Finlande avec Nokia. L’opérateur Elisaa proposé une offre commerciale en 5G, avec différents forfaits, mais la performance doit encore faire des progrès. Le problème pour Elisa et Nokia, c’est qu’il n’y a pas de téléphone portable compatible. Ils ont donc dû faire les tests et les premières offres avec des mobiles prototype de chez Huawei qui va les mettre en commercialisation avant cet été. Mais Huawei, en Finlande comme ailleurs,soulève beaucoup d’interrogations.

Saint-Marin, micro Etat du nord-est de l’Italie, a indiqué qu’il était le premier Etat à se doter entièrement de la 5G en 2018. Mais Saint Marin est plus petit que Monaco.

L‘Italie auraitdéployé un réseauexpérimental dans les Pouilles fin 2018, mais l’Italie n’en a pas fait de publicité. Compte tenu de ses finances, l’Italie n’aguère les moyens d’aller plus loin.

La Belgiquedoit être capable de commercialiser et se lancer dans la course, mais pas avant 2020. Avec une interrogation, tout est possible mais avec quel équipement ?

 

Partout en Europe, on s’inquiète finalement de la pression américaine.Tout se passe comme si les Etats-Unis avaient déclaré la guerre àHuawei. Personne ne va donc pouvoir faire des affaires avec le Chinois.

Les services d’informationsaméricainsauraient acquis la conviction que la Chine utilisait les réseaux, les mobiles et la technologie Huaweià des fins d’espionnage.D’où les embargos et les arrestations de cadres de Huawei afin d’enquêter pour débusquer d’éventuels agissements malveillants.

Au delà de ce risque, l’Amérique s’avèretrès en retard dans la mise au point de la 5G.Alors même que l’Amérique a toujours été jusqu’alors leader mondial dans ce type de recherche. D‘où peut être la peur d’êtredépassé et déstabilisé.Toujours est-il que les patrons des Gafam sont en lien avec le Pentagone pour essayer de préparer une riposte.

 

La 5G prépare une deuxième révolution digitale qui aura des impacts sur l’ensemble de la vie quotidienne.

La 5G offre une vitesse remarquable de connectivité,à peine une seconde.Cette vitesse est absolument indispensablepour développer les objets autonomes et connectés.Lesvoitures sans chauffeur d’abord, mais tous les objets de mobilité, les bus, les avions, les bateaux, les engins de chantiers, les outils chirurgicaux,etc.Tous ces objets doivent réagir au « quart de seconde”, pour des raisons de performance et de sécurité.

Mais l’inquiétude se cristallise surtout sur le mode de gestion des réseaux et des serveurs.Comment imaginer ne pas être sur et certain à 100% de la bienveillance des systèmes lorsqu’il s’agira de réguler la circulation automobile dans une ville ou le contrôle aérien d’un aéroport ?

Sans tomber dans la science-fiction, les services américains ne sont pas loin d’imaginer qu’un système puisse tomber dans les mains d’une puissance étrangèreanimée de sentiments hostiles.Lesservices l’imaginent encore plus facilement si les équipements sont d’origine chinoise.

Tant qu’il n’y aura pas de systèmes concurrents àceux proposés par Huawei, le géant chinois sera toujours suspecté.

L’Europe, dans tout cela, n’a pas, une fois de plus, de plan B à soumettre à ses partenaires et clients.  Comme les Américains, les opérateurs de l’Union européenne sont assez désarmés.

Alors, faute de s’entendre, de mobiliser des fonds d’investissements colossaux et créer des géants de la 5G, les pays de l’Union européenne sont coincés entre les méthodes d’intimidation et de chantage américain et les pouvoirs hégémoniques ou démoniaques pour certains de Huawei.

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Refroidissement climatique sur l’Atlantique

Refroidissement climatique sur l’Atlantique (éditorial paru dans l’édition du 26/02/19)

Conférence de Munich sur la sécurité

Février 2019, Munich. La 55ème édition de la Conférence annuelle sur la Sécurité a laissé beaucoup de participants occidentaux désemparés. Jamais les tensions entre alliés de part et d’autre de l’Atlantique n’avaient paru aussi fortes.

Il y a d’abord la guerre commerciale que le président américain entend mener contre l’Europe, contre l’Allemagne en particulier. Ensuite, sur le plan diplomatico-militaire, les défenseurs d’une « autonomie stratégique » du « pilier européen » au sein de l’Alliance atlantique se sont une nouvelle fois confrontés aux partisans d’un monopole de l’OTAN. Autre empoignade : Washington voudrait contraindre Paris, Berlin et Londres à dénoncer l’accord nucléaire signé en 2015 avec Téhéran. Par ailleurs, le bras de fer se poursuit entre dirigeants américains et allemands sur le doublement du gazoduc Nord Stream qui fournit du gaz russe à l’économie d’outre-Rhin. Enfin, les Etats-Unis jettent aux orties le traité signé avec Moscou en 1987 interdisant les missiles à moyenne portée en Europe. Les dirigeants européens reprennent certes l’argument américain accusant la Russie de violer ledit accord, mais trouvent tout de même saumâtre d’être mis devant le fait accompli alors même qu’il s’agit de la sécurité du Vieux continent.

A Munich, Angela Merkel a choisi un ton peu diplomatique pour mettre en cause la politique de la Maison-Blanche. Pour sa part, le vice-président Michael Pence a affiché une ostensible arrogance : « aujourd’hui, l’Amérique est plus forte qu’elle ne l’a jamais été, et est redevenue le leader mondial ». Le caractère de Donald Trump, provocateur et imprévisible, donne à ces contradictions une virulence inédite. Les responsables européens vivent dans la frayeur du prochain Tweet présidentiel.

Qui plus est, les oppositions ne se situent pas seulement entre les deux rives de l’Atlantique, mais au sein même de chaque camp. Plusieurs pays orientaux de l’UE, par exemple, se rangent plus volontiers dans le camp de Washington que dans celui de Bruxelles. A l’inverse, Joseph Biden, le prédécesseur démocrate de M. Pence, également présent dans la capitale bavaroise, a rêvé d’organiser avec l’UE « le monde des cinquante prochaines années ».

Entre les deux rives de l’Atlantique, il y n’y a pas de contradiction idéologique, mais bien choc des intérêts

En réalité, entre Occidentaux, les contradictions ne sont pas idéologiques. Tous accusent Moscou d’être la cause des malheurs du monde (du reste, sans la Russie, comment pourrait-on justifier l’OTAN ?). Tous redoutent l’émergence de la Chine. Tous communient dans le culte du marché et de la gouvernance globale faisant fi des souverainetés des Etats. Tous s’inscrivent dans une logique de domination mondiale incluant le « droit d’ingérence » (aujourd’hui brandi contre Caracas). En revanche, il y a bel et bien choc des intérêts dans de nombreux domaines. Dans deux en particulier : les marchés d’armements, et l’énergie.

Les marchands de canons européens veulent accroître leur part du gâteau sonnant et trébuchant face à leurs homologues américains peu enclins à laisser mettre en cause leur suprématie. C’est à cette aune qu’il faut comprendre les affrontements en matière d’« Europe de la Défense ». Les projets et marchés des systèmes d’armes du futur se chiffrent en milliers de milliards de dollars.

Le secteur de l’énergie n’est pas moins considérable, d’autant qu’il joue un rôle crucial dans les dépendances de demain. Ce n’est peut-être pas un hasard si se trouvent aujourd’hui dans l’œil du cyclone l’Iran et le Venezuela, membres fondateurs de l’OPEP ; si le gazoduc Nord Stream II oppose si violemment Washington et Berlin ; si les dirigeants américains et européens s’écharpent à propos du combat contre le réchauffement climatique (une « bataille » pour laquelle les élites européennes mobilisent des milliers d’« idiots utiles ») : alors que l’Oncle Sam a atteint l’autosuffisance pétrolo-gazière, c’est loin d’être le cas pour le Vieux continent dont les dirigeants souhaitent donc réduire leur dépendance aux hydrocarbures.

En toile de fond, un dernier facteur torture les chefs de l’Union européenne et les médias qui leur sont fidèles : la « montée des populismes », terme convenu qui recouvre les insurrections populaires latentes ou tâtonnantes contre la régression sociale et la mise en cause toujours plus drastique des souverainetés (Brexit, Gilets jaunes, tsunami électoral italien…). De fait, si les dirigeants européens voient des rivaux à Washington, leurs véritables ennemis n’avaient pas été invités à Munich – mais étaient dans toutes les têtes.

Les peuples.

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La Chine répond sèchement aux menaces britanniques

La Chine répond sèchement aux menaces britanniques

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Le gouvernement chinois a annulé la rencontre prévue entre le vice-Premier ministre Hu Chunhua et le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson.

Ce dernier, lors de son intervention devant le Royal United Services Institute (RUSI) avait menacé d’envoyer un porte avion en mer de Chine pour faire payer à Beijing le « prix fort pour son comportement agressif » [1].

L’annulation de ce rendez-vous prive le Royaume-Uni d’un accord commercial qui lui aurait donné accès à un marché de plus de 10 milliards de livres [2].

Le Premier ministre, Theresa May, s’est désolidarisée de son ministre de la Défense. Elle a déclaré que le porte-avion britannique ne voyagerait en Asie qu’en 2021 et que son parcours serait alors approuvé par Downing Street.

[1] “Gavin Williamson at RUSI”, by Gavin Williamson, Voltaire Network, 11 February 2019.

[2] “TRADE FURY : Defence Secretary Gavin Williamson accused of blowing access to Chinese markets worth billions”, Kate Ferguson, The Sun, February 14, 2019.

https://www.voltairenet.org/article205210.html

Netanyahou aux Arabes : « Faites avancer l’intérêt commun de la guerre avec l’Iran »

Netanyahou aux Arabes :
« Faites avancer l’intérêt commun de la guerre avec l’Iran »


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 13 février 2019

Les États-Unis avaient appelé à une réunion anti-iranienne de haut niveau en Pologne. Le but de la réunion était de mettre leurs alliés et leurs caniches en conformité avec l’ordre du jour américain sur l’Iran, pour au moins les inciter à adopter des sanctions plus sévères. Mais les Européens ont rejeté la proposition.

Le département d’État a ensuite modifié l’ordre du jour :

« L’idée était d’organiser une conférence, une réunion ministérielle et de briser notre isolement diplomatique sur l’Iran », a déclaré une personne familiarisée avec la planification de cet événement. « Cela a commencé comme une conférence déguisée sur l'Iran, mais a probablement dû assumer un contenu plus vaste et plus actuel sur le Moyen-Orient. »

La personne a ajouté : « Ils ont modifié certains points de l'agenda et ont été contraints de se contenter de débats sur la Syrie et le Yémen en particulier. »

La réunion a eu lieu aujourd’hui, mais les puissances européennes ne sont pas tombées dans le piège. Elles veulent conserver l’accord nucléaire avec l’Iran :

Même la Pologne a déclaré mardi qu'elle n'était pas d'accord avec l'approche américaine vis-à-vis de l'Iran. Le ministre des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, a déclaré à la presse que l'accord sur le nucléaire était précieux et a exprimé l'espoir que la conférence pourrait aider les participants à trouver un terrain d'entente.

Bien que la délégation américaine comprenne le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’État Mike Pompeo et le conseiller principal de la Maison Blanche Jared Kushner, d’autres acteurs importants ont refusé de participer ou ont envoyé des délégations de niveau inférieur. Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l'UE, a déclaré qu'elle avait d'autres engagements.

L’Allemagne et la France n’ont envoyé que du personnel de niveau inférieur. Le ministre britannique des Affaires étrangères ne participera qu’à une séance parallèle sur le Yémen.

Le département d’État s’est donné du mal pour brouiller l’objectif réel de la conférence. Son communiqué de presse dit aujourd’hui :

L'ordre du jour est vaste et comprendra une discussion sur les efforts déployés par l'administration US pour promouvoir une paix globale et durable entre Israël et les Palestiniens, ainsi qu'une discussion sur la manière de faire face aux crises humanitaires régionales en cours. Le Secrétaire US fera le point sur la situation en Syrie et discutera des autres priorités des États-Unis dans la région, notamment des préoccupations concernant les activités destructrices de l’Iran.

Des séances plus restreintes permettront aux ministres de se concentrer sur des domaines de préoccupation spécifiques tels que le développement et la prolifération des missiles, la cybersécurité et les menaces émergentes, ainsi que le terrorisme et les financements illicites.

Cet effort du Département d’État visant à dissimuler quelque peu le véritable agenda a été saboté lorsque le Premier ministre israélien est arrivé et a précisé le sens de la réunion :

« Je vais à une réunion avec soixante ministres des Affaires étrangères, et des envoyés des pays du monde entier contre l'Iran. Ce qui est important dans cette réunion - et cette réunion n’est pas secrète, car il y en a beaucoup de semblables - c’est qu’il s’agit d’une réunion ouverte avec les représentants des principaux pays arabes, réunis en Israël pour promouvoir l’intérêt commun d'une guerre avec l'Iran ».

[Mise à jour 15h40]

La déclaration a maintenant été changée en « combattre l’Iran ». Mais ce n’est pas ce que Netanyahou a déclaré à Varsovie et il existe une vidéo pour le prouver. Il y avait aussi des témoins :

Aron Heller @aronhellerap 18:44 utc - 13 fév 2019

Est-ce que @netanyahu a vraiment dit « guerre » avec l'Iran ? J'étais là et le mot était « milchama » = guerre.

[Fin de mise à jour]

Pourquoi Netanyahou fait-il cela ?

Aucun autre pays, à l’exception peut-être des États-Unis, n’a intérêt à faire la guerre à l’Iran. Certainement pas les pays arabes proches du golfe Persique. En cas de guerre, ils sont tous extrêmement vulnérables aux représailles iraniennes. Leurs installations pétrolières et gazières seraient sérieusement en danger. Les usines de dessalement qui fournissent leur eau potable sont facilement accessibles aux missiles iraniens.

En affirmant que la conférence avait pour objet de faire la guerre à l’Iran, Netanyahou n’embarrasse pas seulement le département d’État et le secrétaire américain Mike Pompeo. Il rend également extrêmement difficile pour les autres participants de justifier leur présence. Les Arabes seront particulièrement furieux d’être présentés dans une alliance aussi ouverte avec Israël et son hostilité à l’Iran. Il est bon de faire des arrangements avec Israël en douce. Mais être publiquement associé à un Israël belliciste est difficile à vendre à leur peuple. Il ne serait pas surprenant de voir certains d’entre eux partir.

L’ensemble de la conférence était une initiative propre à l’administration Trump. Au lieu de montrer l’unité avec ses alliés, elle n’a fait maintenant que montrer la profondeur de leur désaccord. La déclaration de Netanyahou pourrait l’aider à gagner des voix lors des prochaines élections en Israël. Mais l’alliance espérée avec les Arabes du Golfe est plus éloignée qu’elle ne l’a jamais été.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/netanyahou-aux-arabes-faites-avancer-linteret-commun-de-la-guerre-avec-liran

 

GB-De nouvelles lois vont exclure Huawei des projets technologiques – presse

9 février 2019 / 01:03 / il y a 2 jours

GB-De nouvelles lois vont exclure Huawei des projets technologiques – presse

 

 

9 février (Reuters) – De nouvelles lois sur les investissements étrangers au Royaume-Uni vont exclure l’équipementier chinois Huawei des projets sensibles de haute technologie, rapporte vendredi The Sun here

Selon le journal tabloïd, beaucoup craignent qu’autoriser Huawei à accéder au réseau britannique de téléphonie 5G permettrait à Pékin d’utiliser le réseau à des fins d’espionnage.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Jeremy Hunt et Gavin Williamson, font partie de ceux qui s’inquiètent des visées de l’entreprise chinoise.

Avec un chiffre d’affaires de 93 milliards de dollars (81,7 milliards d’euros) en 2017, Huawei est le premier équipementier télécoms mondial mais plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, redoutent que Pékin n’utilise ses infrastructures à des fins d’espionnage.

Aucune preuve n’a jusqu’à jusqu’à présent été apportée pour étayer ces soupçons et le groupe a réfuté à de nombreuses reprises ces accusations. La controverse a toutefois conduit les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande à restreindre l’accès à leurs marchés pour la téléphonie mobile de cinquième génération (5G) et Washington encourage vivement les pays de l’Union européenne à faire de même.

(Gaurika Juneja à Bangalore; Arthur Connan pour le service français)

 

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL5N2036QN

 

Le crash de la bulle de tout a commencé en 2018

Le crash de la bulle de tout a commencé en 2018


Voici ce qui nous attend en 2019


Par Brandon Smith − Le 11 janvier 2019 − Source Alt-Market.com


En 2018, un changement économique très important s’est produit qui a scellé le sort de l’économie américaine et de nombreuses autres économies dans le monde. Ce changement était le renversement de la politique de la banque centrale. L’ère des mesures de relance et du soutien artificiel de divers marchés, y compris les actions, commence à s’estomper à mesure que la Réserve fédérale poursuit le resserrement de sa politique, notamment en augmentant les taux d’intérêt et en réduisant davantage son bilan.


J’ai mis en garde contre ce changement sous la direction du nouveau président Jérôme Powell au début de 2018 dans mon article « Le nouveau président de la Fed va faire plonger les marchés en 2018 ». Le crash a connu un faux départ en février/mars, les actions ayant été sauvées par des rachats massifs d’entreprises au cours des 2ème et 3ème trimestres. Toutefois, à mesure que les taux d’intérêt ont légèrement augmenté et que les réductions d’impôt de Trump se sont amenuisées, les rachats d’actions de sociétés ont commencé à diminuer au cours du dernier trimestre de l’année.

Comme je l’avais prédit en septembre dans mon article « La bulle de tout : quand va-t-elle enfin éclater ? », le crash s’est accéléré en décembre, lorsque la Fed a relevé les taux d’intérêt à leur taux d’inflation neutre et augmenté les réductions de bilan à 50 milliards de dollars par mois. En 2019, cet effondrement se poursuivra alors que la Fed reprendra ses coupes à la mi-janvier.

Il est important de noter que lorsque l’on parle de crash dans les milieux économiques alternatifs, il ne s’agit pas seulement de marchés boursiers. Les économistes du courant dominant affirment souvent que les marchés sont un indicateur prédictif de la santé future de l’économie au sens large. C’est inexact. Les marchés sont en fait un indicateur de suivi ; ils ont tendance à s’effondrer bien après que tous les autres fondamentaux aient commencé à baisser.

Les marchés de l’immobilier sont en chute libre, tant en termes de prix de ventes que de valeur. Les hausses des taux d’intérêt de la Fed se traduisent par des taux hypothécaires beaucoup plus élevés à la suite d’une inflation excessive des prix et d’une baisse des salaires des consommateurs. Les acheteurs professionnels d’immobilier, qui soutiennent le marché de l’immobilier depuis des années, ne sont plus en mesure de continuer à assurer son maintien en vie. La dette des entreprises n’a jamais été aussi élevée depuis le crash de 2008 et, avec des taux d’intérêt plus élevés, l’emprunt de capitaux bon marché n’est plus une option.

En novembre 2018, les ventes de maisons ont affiché la plus forte baisse depuis plus de 7 ans

Les marchés de l’automobile, autre indicateur majeur de stabilité économique, sont en chute libre. Le marché de l’automobile a connu de fortes baisses tout au long du second semestre de 2018, une fois de plus, la hausse des taux d’intérêt de la Fed ayant tué les prêts automobiles de type ARM à crédit facile.

Le crédit américain se tarit également, car les investisseurs tirent des capitaux de la volatilité des marchés et de la hausse des taux d’intérêt. Les liquidités disparaissent, ce qui signifie que l’endettement devient plus coûteux ou inaccessible pour la plupart des gens et des entreprises.

Les médias et les banquiers centraux présentent un faux récit dans les courants dominants sur ces circonstances, à la fois les médias et les banques centrales. Les autorités économiques et les analystes grand public ont beaucoup parlé pour tenter de détourner l’attention du public de la crise économique et d’inciter le monde de l’investissement à faire du commerce avec des œillères. Avec la propagande qui s’emballe, nous devons couper à travers le brouillard et les miroirs, évaluer les menaces les plus importantes au sein du système et déterminer quand elles pourraient s’intensifier.

Ne vous y trompez pas, aussi erratique et instable qu’ait été 2018, 2019 sera bien pire.

La Réserve fédérale continuera de se resserrer

Un mensonge circule dans les médias selon lequel Jérôme Powell et la Fed sont « héroïques » parce qu’ils « vont à l’encontre » des anciennes politiques des banques centrales et suppriment les politiques de facilité monétaire. C’est exactement le motif opposé qui se cache derrière ce qui se passe. Nous devons nous rappeler que c’est la Fed et d’autres banques centrales qui ont créé le crash initial en 2008 par le biais de politiques d’argent facile. Elles ont ensuite délibérément créé une bulle encore plus grande (la « bulle de tout ») par le biais d’une plus grande détente monétaire ; une bulle si grande qu’elle ferait s’effondrer toute l’économie américaine, y compris les marchés obligataires et le dollar si jamais elle éclatait.

Ce processus circulaire de crise, de stimulation puis de crise est un processus que la banque centrale utilise depuis plus d’un siècle. D’anciens responsables de la Fed comme Ben Bernanke et Alan Greenspan ont ouvertement admis la culpabilité de la banque centrale américaine pour la Grande dépression ainsi que pour le crash de 2008. Cependant, ce faisant, ils affirment également qu’ils n’étaient « pas conscients à l’époque » de ce plus grand danger. Je n’y crois pas une seconde.

Dans presque tous les cas où la Fed a créé un environnement de crash, les institutions bancaires ont pu profiter de l’occasion pour s’emparer d’actifs tangibles pour quelques centimes par dollar, ainsi que voler plus de pouvoir politique et social. Pendant la Grande dépression, les grandes banques ont absorbé des milliers de petites banques locales ainsi que tous les actifs qu’elles détenaient. En 2008, les banques et les entreprises ont bénéficié d’un déluge d’argent facile payé par les contribuables américains sur le dos des générations à venir, tout en aspirant les biens durables comme les hypothèques résidentielles en difficulté.

La centralisation mondiale de l’autorité économique est un prix encore plus important pour les élites bancaires, et c’est je crois leur objectif avec ce prochain crash technique qui suit son cours. Au fur et à mesure que la crise mènera à la catastrophe, ce seront des institutions mues par le globalisme comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque des règlements internationaux (BRI) qui interviendront pour « sauver la situation ».

Comme je l’ai noté à maintes reprises, Jerome Powell est bien conscient de ce qui se passera alors que la Fed resserre. C’est consigné dans le procès-verbal de la Fed d’octobre 2012 où il discute des conséquences, y compris son allusion à un crash imminent si la Fed met fin aux mesures de relance, relève les taux d’intérêt et réduit le bilan.

Pourtant, Powell continue tout de même de resserrer les conditions, ce qui indique que les mesures prises par la Fed et les résultats obtenus sont tout à fait délibérés. Les récentes déclarations de Powell ont été interprétées à tort par les médias dominants comme indiquant que la Fed pourrait arrêter ses politiques de resserrement. Je prévois que cela n’arrivera pas, du moins pas avant que l’accident n’ait déjà bien suivi son cours.

Je m’attends à ce que Powell continue de réduire son bilan d’environ 50 milliards de dollars par mois jusqu’à la fin de 2019, peut-être. Je maintiens également ma prévision initiale de l’an dernier selon laquelle la Fed augmentera les taux d’intérêt en 2019, au moins deux autres fois, avec une hausse en mars. La Fed a continué à montrer une propension au double discours sur l’« accommodation », et il y a une bonne raison à cela…

Les marchés boursiers continueront de plonger

De nombreux économistes alternatifs ont souligné au fil des ans la corrélation directe entre le bilan de la Fed et les cours boursiers. Au fur et à mesure que la Fed a racheté des actifs, le marché boursier a augmenté exactement en tandem. Au fur et à mesure que la Fed se débarrasse de ses actifs, les actions chutent de plus en plus vite et de façon de plus en plus volatile.

Si vous voulez un exemple parfait de cela, il suffit d’examiner les totaux du bilan FRED de la banque centrale et de les comparer avec un graphique de l’indice S&P500 sur un an. Ne regardez pas seulement la chute des actions, mais aussi les rallyes boursiers. Des coupes dramatiques en décembre ont facilité le début du crash ; le récent rebond s’explique en partie par les investissements de fin d’année des caisses de retraite d’entreprises, à la recherche désespérée de rendement dans un environnement où les obligations ne sont plus viables ou sûres. Toutefois, prenez note que la première semaine de Janvier a également vu la Fed bloquer les coupes.

Qu’est-ce que cela signifie ? En l’absence d’une source de capital de remplacement massive comme les rachats d’actions, toute nouvelle réduction importante des actifs de la Fed entraînera une forte baisse vers le milieu de chaque mois. Chaque pause dans les coupes se traduira par un rebond, mais à des sommets plus bas. Le plafond des rallyes et les attentes des investisseurs diminueront progressivement jusqu’à ce que la réalité de la fin de la fête les atteigne enfin.

Les récents commentaires « dovish » de la Fed sont, à mon avis, complètement frauduleux et très calculés. Comme la banque centrale a réduit les mesures de relance et augmenté les taux d’intérêt au point où les entreprises ne peuvent plus se permettre des rachats massifs, il ne reste plus rien pour soutenir les actions, si ce n’est de la désinformation, une confiance aveugle et une pause d’une à deux semaines dans la réduction des bilans.

Il s’agit d’une démolition contrôlée de l’économie et des marchés. La Fed fera tout son possible pour éviter que le système n’implose trop vite, car le désossage des mâchoires est le seul outil qui reste. Entre-temps, M. Powell continuera de réduire les actifs et d’augmenter les taux d’intérêt comme prévu. Cela se traduira inévitablement par une baisse des cours des actions, car le système manque de « pression ». La confiance aveugle des investisseurs n’ira pas plus loin. Ils seront laissés en plan, tout comme ceux qui espèrent leurs pensions.

Je m’attends à ce que les marchés actions reprennent leur forte baisse tout le long de 2019 et qu’ils tombent bien en deçà des niveaux de soutien observés en 2017. Si l’on se fie à la baisse de décembre, tant que la Fed poursuivra sa trajectoire actuelle de réduction de bilan, je vois le Dow Jones dans la fourchette de 17 000 à 18 000 points en mars et avril.

Trump portera le blâme pour l’accident

La propension incessante de Trump à s’attribuer le mérite de la remontée boursière fait de lui un bouc émissaire parfait pour le crash en cours. L’accélération en 2019 sera suivie de nombreuses distractions. Alors que Trump a blâmé la Réserve fédérale pour l’instabilité récente des marchés, il a en même temps blâmé sa propre guerre commerciale. Trump a attaché le succès de sa présidence au succès d’un marché boursier qu’il appelait autrefois une « grande bulle » créée par la Fed.

La guerre commerciale de Trump et l’arrêt du gouvernement ne sont que deux facteurs qui sont déjà ciblés par les médias grand public et les commentateurs globalistes comme étant les causes de la chute des actions en décembre.

L’arrêt du gouvernement pourrait ne pas se poursuivre en janvier si Trump déclare l’état d’urgence et commence le mur à la frontière sud, rendant le débat budgétaire plutôt théorique. Cela dit, je soupçonne que cela pourrait continuer de toute façon ; cette fois-ci, c’est différent. Considérez que si l’arrêt se poursuit jusqu’en février, il y a la menace que les programmes d’aide sociale comme EBT soient retardés, ce qui ouvre la porte à un tout nouveau type de folie. Je n’ai pas nécessairement quelque chose contre la personne moyenne qui demande de l’aide sociale en période de crise personnelle. Cela dit, il y a des millions d’Américains qui ont fait carrière en recevant de l’aide gouvernementale, et leur attitude est souvent celle de se contenter de ce sort. Si et quand leur revenu et leur source de nourriture sont coupés, leur réaction peut être violente.

La date actuelle de l’arrêt fait en sorte qu’il constitue une distraction tellement utile pour la banque centrale que je serais surpris qu’on y mette fin dans un avenir proche. La menace de retards dans l’EBT et l’aide sociale du gouvernement serait une crise très juteuse qui pourrait être exploitée par les banques centrales et les globalistes.

Je prévois que la guerre commerciale se poursuivra jusqu’en 2019, comme l’année dernière. Trump annoncera des progrès « énormes » dans les négociations avec la Chine, parfois pour faire grimper les marchés, mais quelques jours ou semaines plus tard, ces progrès seront à nouveau remis en question. Je sais que c’est une prédiction facile. La farce de la guerre commerciale a suivi un schéma assez prévisible ces derniers temps.

Trump a été d’une aide extraordinaire pour les élites bancaires à cet égard. En fait, l’administration Trump semble ajouter une nouvelle escalade dans la guerre commerciale une semaine après chaque baisse ou hausse de taux importante du bilan de la Fed ; juste à temps pour que les actions chutent violemment en raison de la réduction de bilan de la Fed.

Autres prévisions pour 2019

Un « Hard Brexit » : Attendez-vous à ce que le Brexit entre dans un éventuel scénario de non-accord avec l’UE, suivi d’un ralentissement économique agressif au-delà de ce qui se passe déjà en Europe. Bien que ce résultat semble être un pari risqué en ce moment, il a du sens d’après le faux récit que les globalistes sont en train de construire – le récit selon lequel les « populistes » sont une influence imprudente et destructrice qui mène à un désastre économique.

Turquie quittant l’OTAN : On dirait que c’est déjà fait. La Turquie se positionne pour s’associer à des puissances de l’Est comme la Chine et la Russie par le biais de divers accords commerciaux et d’accords stratégiques, et abandonner ses liens avec l’Ouest. Bien que cela puisse durer encore quelques années, je crois que cela se produira rapidement – d’ici la fin de 2019.

Conditions de la loi martiale en France : Les protestations des « gilets jaunes » vont se poursuivre jusqu’en 2019, et deviendront probablement plus volatiles à mesure qu’Emmanuel Macron tentera de resserrer les contrôles. Attendez-vous à ce que les protestations se multiplient au printemps et en été à mesure que le temps se réchauffe. Macron n’a pas hésité à utiliser sa boîte à outils totalitaire. Je m’attends à ce qu’il déclare l’état d’urgence nationale avec des pouvoirs de type loi martiale en place dès la fin de cette année. Je ne sais pas encore si les globalistes avec lesquels Macron s’associe de si près ont eu l’intention de parvenir à ce résultat, je ne sais pas encore si c’est le cas. Nous n’avons pas beaucoup entendu parler des revendications spécifiques ou des points de vue idéologiques des gilets jaunes. Comprendre les objectifs et les motivations des deux parties déterminera s’il y a un faux paradigme en jeu ou si les gilets jaunes sont un véritable mouvement populaire.

Résumé

En résumé, le crash de la « bulle de tout » a été délibérément initié par les banques centrales. Le pire reste à venir en 2019. Trump est la brebis sacrificielle pour les élites bancaires, et son administration en assumera la responsabilité d’ici la fin de l’année, quels que soient les faits entourant le programme de démolition contrôlée de la Réserve fédérale. L’année 2018 a été le début de la prochaine phase de la crise, 2019 verra l’effondrement frapper la conscience du grand public sans parler de leur pas de porte et de leur portefeuille.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-krach-de-la-bulle-de-tout-a-commence-en-2018

Le pétrole, un enjeu sanglant entre les peuples ?

Le pétrole, un enjeu sanglant entre les peuples ?


Par Christine Cuny − Janvier 2019

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Il faut rappeler que le mouvement des Gilets Jaunes s’est mis en branle à la suite de, et en réaction contre, la flambée du prix du carburant. Or, n’oublions pas qu’au-delà de l’essence qui permet aux « citoyen(nes) » de se déplacer quotidiennement pour aller travailler, et des différents produits dérivés qui pourvoient à un grand nombre de leurs besoins matériels, il y a un élément primordial : c’est l’or noir.

Pour mettre en lumière le rôle essentiel que celui-ci occupe désormais dans l’existence d’un peuple dit « civilisé » comme le nôtre, et la façon dont il continue à impacter des relations internationales qui, malgré l’existence d’organisations censées neutraliser les conflits, restent marquées par l’instabilité, il nous est nécessaire de revenir une fois de plus à la guerre de 1914-1918. Car, si sur le plan humain elle fut un désastre à jamais irréparable, il faut redire à quel point elle s’est révélée à l’inverse, le moyen, pour certaines puissances engagées dans le conflit, de s’assurer un véritable triomphe politique et économique pour le présent, mais aussi pour le futur.

Le pétrole, en particulier, y avait gagné son titre de gloire en apportant sa contribution à la résolution d’un conflit qui perdurait depuis quatre ans, à tel point que lors d’un banquet organisé à Londres, le 21 novembre 1918, Lord Curzon, ministre britannique des affaires étrangères, avait déclenché de vifs applaudissements dans l’assistance en déclarant, dans un discours enflammé :
« Tous les produits du pétrole – l’huile combustible, l’essence-aviation, l’essence-moteur, l’huile de graissage, etc., etc. – ont eu une part égale d’importance dans la guerre. En vérité, l’avenir dira que les alliés ont été portés à la victoire sur des flots de pétrole ! ».

Métaphore qui n’avait rien d’exagéré car, si l’on en croit William Engdahl dans son ouvrage Pétrole, une guerre d’un siècle :

 « En 1914, au début de la guerre, l’armée française disposait de 110 camions, 60 tracteurs et 132 avions. En 1918, quatre ans plus tard, les chiffres étaient de 70 000 camions, 12 000 avions tandis que les Britanniques et dans les derniers mois les Américains, engageaient au combat 105 000 camions et plus de 4 000 avions. L’offensive finale anglo-franco-américaine sur le front occidental consomma la quantité stupéfiante de 12 000 barils de pétrole par jour. »

Placés devant la nécessité d’assurer l’approvisionnement de quantités colossales de pétrole pour le transport des troupes et des équipements, et pour la fabrication d’explosifs, les États des pays belligérants avaient dû en prendre directement le contrôle et la gestion, comme ils avaient été contraints de le faire, pour tout ce qui était indispensable à la poursuite de la guerre en vue de la victoire, ce qui, par ailleurs, était tout à fait inédit en matière d’intervention économique.

Or, de ce côté-là, Lord Curzon, porte-parole des Britanniques, ne pouvait que se féliciter des résultats tout à fait satisfaisants qui avaient été obtenus :

« Nous avons eu à exercer d’une façon tout à fait stricte les pouvoirs de l’État, en prenant en mains le contrôle de plusieurs produits essentiels à la vie nationale. Parmi ces produits nationaux et internationaux, le plus important fut le pétrole. »

Et pour cause… La Grande Bretagne, dont la suprématie économique n’avait jusque-là jamais été démentie, avait fini par s’inquiéter de la montée en puissance des États-Unis, en raison de leurs capacités de production du précieux combustible. Ainsi se préparait un changement majeur dans les rapports de force internationaux que la guerre avait par ailleurs confirmé, les champs pétrolifères étasuniens ayant fourni 80% des besoins en pétrole des Alliés. Dans la mesure où le pétrole était susceptible de supplanter le charbon, dont la Grande-Bretagne avait été jusqu’à présent le principal producteur et pourvoyeur, l’hégémonie de l’Empire britannique était plus que jamais menacée.

À ce propos, William Engdahl remarque que l’ « on évoque (…) rarement le fait que bien avant 1914, les objectifs stratégiques géopolitiques de la Grande-Bretagne n’impliquaient pas seulement l’écrasement de son grand rival industriel allemand, mais aussi, par le moyen de la conquête, la garantie d’un contrôle britannique incontesté sur ces précieuses ressources pétrolières qui depuis 1919 s’étaient imposées comme la matière première stratégique indispensable au développement économique. »

Obnubilés, jusque dans leurs relations avec les autres puissances, par la préoccupation de préserver, coûte que coûte, les intérêts fondamentaux liés à la pérennisation de leur domination économique sur le monde, les Britanniques ne se montraient guère plus tendre avec leurs « alliés » qu’avec leurs rivaux déclarés…

Si l’on en croît William Engdahl,

« Tandis que la France et l’Allemagne étaient occupées à s’entretuer dans une boucherie sanglante et inutile le long de la ligne Maginot, la Grande-Bretagne déplaçait plus de 1 400 000 de ses soldats, un nombre étonnant, vers le théâtre oriental. »

Faut-il donc le redire ? La guerre de 1914-1918 a eu comme élément déclencheur bien autre chose que l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie par un obscur « fanatique » serbe, et elle avait une tout autre motivation que la prétendue défense des peuples et de leurs territoires : ses véritables buts étaient secrets, parce qu’en réalité inavouables. William Engdahl nous en donne un aperçu qui ne peut que nous glacer le sang…

« L’examen des véritables relations financières entre les principaux intérêts en guerre révèle un extraordinaire arrière-plan de crédits secrets associés à des plans détaillés pour ré-allouer, après la guerre, les matières premières et la richesse matérielle du monde entier et particulièrement les zones de l’Empire ottoman qui étaient réputées receler des réserves pétrolières. »

Et la France dans tout cela ? Paraît-il qu’elle manquait de pétrole : pourquoi donc n’aurait-elle pas tenté de profiter des marrons que sa chère « alliée », la Grande-Bretagne, aurait bien voulu tirer du feu (pour ses beaux yeux ?) du côté de l’Empire ottoman ou encore, et ce qui était bien plus près, dans les colonies qu’il suffirait de rafler au « barbare teuton » ? …

Pour William Engdahl,

« …rien mieux que l’accord secret signé en 1916, au plus fort de la bataille, ne démontre les objectifs cachés des puissances alliées contre les puissances centrales regroupées autour de l’Allemagne, de l’Autriche-Hongrie et de la Turquie ottomane lors de la guerre de 1914-1918. Les signataires en étaient la Grande-Bretagne, la France et plus tard l’Italie et la Russie tsariste. »

En fait, comme le constate le même auteur, aucune guerre n’avait jusqu’alors révélé aux grandes puissances « l’importance primordiale de l’approvisionnement pétrolier pour le futur de la sécurité militaire ou économique ». En apposant sa signature sur l’accord secret Sykes-Picot censé lui garantir sa part d’or noir, grâce à un dépeçage en règle des régions productrices, la France conclurait un pacte d’infamie dont elle continuerait, un siècle plus tard, à subir des effets lourds de conséquences.

Car, pendant que le peuple français semble n’être préoccupé que par le prix du carburant et par les taxes qui le grèvent, la guerre n’a toujours pas lâché prise dans ce Moyen Orient si convoité où, tout là-bas, en Syrie et en Palestine, d’autres peuples continuent de s’entretuer ou bien, quand ils le peuvent, de s’exiler pour préserver leur vie.

Est-ce donc vraiment si loin, que cela nous touche si peu, nous les Français(es) qui croyons encore pouvoir nous porter garant(e)s de ce beau pays des Droits de l’Homme et du … Citoyen ?

Christine Cuny

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Brexit : « Nous n’avons pas l’intention de garder la Grande-Bretagne dans l’UE »

Brexit : « Nous n’avons pas l’intention de garder la Grande-Bretagne dans l’UE »

Par latribune.fr  |   |  380  mots
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. (Crédits : Reuters)
A 100 jours de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a indiqué dans la presse allemande qu’il respectait « le résultat du référendum », et attendait de connaître si Londres sortira avec l’accord négocié par Theresa May, qui ne recueille aucune majorité parlementaire, ou sans accord.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé la Grande-Bretagne à « se reprendre » sur la question du Brexit, rejetant les accusations d’un agenda caché de l’Union européenne sur un le maintien du Royaume-Uni dans l’UE. « Je trouve déraisonnable qu’une partie de l’opinion publique en Grande-Bretagne semble penser qu’il est entièrement du devoir de l’UE de trouver une solution à tous les problèmes futurs de ce pays », a déclaré Jean-Claude Juncker au journal allemand Welt am Sonntag.

« Je (vous) demande: reprenez-vous et dites-nous ce que vous voulez. Nos propositions sont sur la table (des négociations) depuis des mois », a-t-il indiqué.

Il y en a certains qui « insinuent que notre objectif est de garder par tous les moyens la Grande-Bretagne au sein de l’UE. Mais ce n’est pas là notre intention », a poursuivi le président de la Commission. « Nous voulons seulement clarifier l’avenir de notre relation et nous respectons le résultat du référendum », a-t-il souligné. A moins de cent jours du Brexit, le Parlement britannique est en pleine pause pour les fêtes de fin d’année et n’est toujours pas parvenu à valider un accord de sortie de l’Union européenne.

Aucune majorité en faveur du texte

La Première ministre conservatrice Theresa May devrait tenter en janvier de faire voter par le Parlement l’accord négocié avec Bruxelles mais rien ne dit qu’elle y parviendra compte tenu des divisions au sein de son propre camp. Aucune majorité ne semble se dessiner en faveur du texte. L’accord déçoit tant les plus fervents « Brexiters », qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l’UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière. Un premier vote prévu le 11 décembre avait été annulé à la dernière minute par Theresa May pour éviter une défaite annoncée. Il a été repoussé à la troisième semaine de janvier.

Le parti travailliste, principale force d’opposition, a accusé Theresa May de « jouer la montre », afin de forcer les élus à voter pour l’accord négocié, plutôt que de prendre le risque que le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord. « J’ai l’impression que la majorité des parlementaires britanniques se méfient autant de l’UE que de Mme May », a affirmé Jean-Claude Juncker.

(avec AFP)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-nous-n-avons-pas-l-intention-de-garder-la-grande-bretagne-dans-l-ue-802440.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20181231

Des espions anglais ont -il infiltré la campagne de Bernie Sanders ?

Des espions anglais ont -il infiltré la campagne de Bernie Sanders ?


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 décembre 2018

The Integrity Initiative, une pseudo-ONG britannique chargée de mener une opération de propagande anti-russe, a récemment été démasquée. En creusant davantage, on a découvert une opération beaucoup plus large. Elle semble impliquer un espion britannique, une taupe insérée dans la campagne électorale de Bernie Sanders.

Il y a trois semaines, des propositions budgétaires internes et des listes de membres de Integrity Initiative ont été postées anonymement sur un site Web. Nous avons discuté de cela en détail sous le titre “Le gouvernement britannique mène des campagnes secrètes de calomnie anti-russes” :

En 2015, le gouvernement britannique a lancé une opération secrète visant à insérer de la  propagande anti-russe dans les médias occidentaux. Nous avons déjà vu de nombreuses conséquences de ce programme et de programmes similaires conçus pour discréditer quiconque ne suit pas la ligne anti-russe du gouvernement. La campagne de calomnie, contre Donald Trump, sur la «collusion russe» , basée sur le dossier Steele, était également une opération essentiellement britannique, mais semble faire partie d’un projet différent.

Integrity Initiative crée des «cellules» ou des groupes de contact composés de journalistes de confiance, de personnels militaires, d’universitaires et de lobbyistes dans des pays étrangers. Ces personnes reçoivent des alertes via les médias sociaux pour prendre des mesures lorsque le centre britannique en ressent le besoin.

Les documents divulgués par Integrity Initiative ont depuis été confirmés comme authentiques. Des détails plus pertinents ont continué à émerger :

Nous avons à peine effleuré la surface, de ce que sont Integrity Initiative et leur projet. Partout où nous regardons, nous trouvons des liens vers ce que l’on pourrait appeler «l’état profond», y compris, mais sans s’y limiter (et de loin), l’Institute of Modern Russia, la 77ème brigade, l’Initiative de guerre de l’information, Prop or Not et un tas d’autres organisations qui, sous couvert de nous protéger contre la désinformation, s’avèrent mener des opérations de désinformation secrètes via les médias institutionnels et les médias sociaux.

Integrity Initiative et son organisation mère, l’Institute for Statecraft, sont enregistrés en tant qu’organisme de bienfaisance écossais logé dans une usine désaffectée. L’usine appartient à l’un des directeurs de l’institut, Daniel Lafayeedney, qui était membre du SAS et, plus tard, du renseignement militaire britannique.

Le gouvernement britannique a confirmé avoir versé 2,2 millions de livres sterling à Integrity Initiative, mais il a refusé de révéler “la nature et le but” des fonds pour des motifs de “sécurité nationale”. Il a également confirmé que trois des employés de Integrity Initiative sont membres des forces armées britanniques.

La BBC a rendu compte de l’organisation mais, après s’être entretenue avec le gouvernement, elle a complètement changé l’histoire originale.

Plusieurs tweets émis par le compte Twitter de Integrity Initiative étaient dirigés contre le parti travailliste et son chef, Jeremy Corbyn :

Un tweet cite un article de journal qualifiant Corbyn d ‘ “idiot utile”, et poursuit en disant : “son anti-occidentalisme viscéral et public a aidé la cause du Kremlin, aussi sûrement que s’il avait secrètement colporté des ragots de Westminster pour de l’argent.”

Les députés travaillistes du Parlement britannique ont demandé pourquoi le contribuable paierait pour de tels tweets. Dans sa réponse, le gouvernement a essayé de prétendre qu’il n’avait rien à voir avec les tweets. Mais l’utilisation du compte Twitter de Integrity Initiative pour diffuser de la propagande faisait explicitement partie de la proposition de budget et la députée travailliste Emily Thornberry continue de poser des questions détaillées :

Emily Thornberry @EmilyThornberry-18: 15 utc-12 Dec 2018

Récemment, à la Chambre des communes, j’avais demandé à Alan Duncan pourquoi l’argent des contribuables avait été utilisé par la soi-disant ‘Integrity Initiative’ pour diffuser des attaques politiques à partir de son site Twitter (1/2).

Il a insisté sur le fait que le financement par le FCO [Foreign Office] ne soutenait pas l’opération Twitter de Integrity Initiative, ce qui soulève des questions intéressantes. Voir ma lettre de ce soir demandant des réponses (2/2).

Le fait que le gouvernement britannique finance secrètement une “organisation non gouvernementale” pour propager sa propagande contre son opposition est une affaire sérieuse.

Mais le problème va beaucoup plus loin. L’ancien ambassadeur britannique Craig Murray vient de publier une bombe qui relie Integrity Initiative à une opération d’espionnage beaucoup plus importante : l’infiltration des services de sécurité Britanniques et l‘Institute for Statecraft :

[..] J’ai appris à quel point il était hautement improbable que le boute-feu provocateur de gauche, Simon Bracey-Lane, se trouvait être en vacances aux États-Unis, avec de l’argent disponible pour se financer quand il est tombé sur la campagne de Bernie Sanders

Au début de 2016, Simon Bracey-Lane avait déclaré soutenir Corbyn et avait travaillé comme “volontaire” pour la campagne de Bernie Sanders où il était devenu un “organisateur sur le terrain à part entière” :

Bracey-Lane a gravi les échelons de la campagne de Sanders, mais les règles de l’immigration l’empêchaient d’être payé. Cependant, il s’est engagé à suivre la campagne jusqu’au bout, tout en utilisant ses propres économies pour couvrir les frais de base.

Simon Bracey Lane – via Daily Mailagrandir

Murray continue :

 En effet, c’est pour le moins très intéressant qu’un an plus tard, Bracey-Lane, l’homme de gauche «soutien de Corbyn et Sanders»  organise un événement d’extrême-droite, intitulé «La Guerre froide jadis et aujourd’hui»,  pour le compte du crypto-néocon Institute for Statecraft, au cours duquel un groupe totalement fanatisé de militaires britanniques, de nationalistes de l’OTAN et d’Ukraine, a vanté les vertus du réarmement contre la Russie. Il ne semblerait pas non plus probable que Bracey-Lane puisse être associé à Integrity Initiative.

En fouillant dans les données de cette société «caritative écossaise», et après quelques appels téléphoniques, j’ai découvert que l’Institut for Statecraft était situé dans le sous-sol du 2 Temple Place, à Londres. Ce n’est pas n’importe quel sous-sol – c’est le sous-sol de l’ancien manoir londonien de William Waldorf Astor, un bâtiment étonnant. En bref, il s’agit peut-être du sous-sol le plus cher de Londres.

Ce qui est intéressant parce que les comptes de l’Institute for Statecraft déclarent qu’il n’y a pas de personnel permanent et ne montrent rien pour le loyer, les services publics ou les frais de bureau. En fait, je comprends que le loyer est payé par le ministère de la Défense.

Après avoir appris où l’Institute for Statecraft se planquait, j’ai informé le journaliste Kit Klarenberg de Sputnik Radio pour qu’il aille le vérifier physiquement. Ce que Kit a fait. Mais il a été éjecté de manière agressive par le célèbre partisan de Corbyn et Sanders, Simon Bracey-Lane. Il semble plutôt étrange que notre héros de gauche soit profondément ancré dans une organisation qui lance des attaques de trolls contre Jeremy Corbyn.

Même si Craig Murray ne prétend pas que Simon Bracey-Lane est une taupe des services secrets britanniques qui a espionné la campagne de Bernie Sanders, l’idée ne semble pas trop éloignée. Integrity Initiative a été lancée en 2015. Bracey-Lane a infiltré la campagne Sanders au début de 2016.

Nous savons que les services de renseignement britanniques ont été fortement impliqués dans l’opération contre Trump. Christopher Steele, un «ancien» officier du MI6, a écrit le faux dossier calomnieux sur les relations présumées de Trump avec la Russie. Sergej Skripal a été lui aussi “novichocké”, probablement après avoir menacé de dénoncer l’opération. “Assurez-vous que Clinton soit élue” était probablement l’ordre que le gouvernement britannique avait donné. Ses services ont échoué.

Nous apprenons maintenant que d’autres opérations étaient en cours concernant Sanders et également Jeremy Corbyn. Craig Murray semble en avoir appris plus et promet de le dire dans une prochaine livraison. Plusieurs autres personnes approfondissent la question et on peut s’attendre à ce que cela devienne un scandale encore plus grave.

La campagne anti-russe des anglo-saxons, dont fait partie Integrity Initiative, semble viser un objectifs beaucoup plus large que la Russie. Il est utilisé pour contrer, par la censure, toutes les opinions importunes qui vont à l’encontre du récit concocté par «l’État profond». Il est utilisé pour saper l’opposition politique à ses projets au pays et à l’étranger. Et, comme le dit Murray, nous pouvons nous attendre à ce que cela devienne encore plus sordide à mesure que cela avance.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/des-espions-anglais-ont-il-infiltre-la-campagne-de-bernie-sanders

 

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

epaselect epa07228657 La Première ministre britannique Theresa May est entourée de ses collègues au début du Conseil européen à Bruxelles, Belgique, le 13 décembre 2018. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les dirigeants européens ont  affiché leur soutien à Theresa May le 13 décembre, mais la Première ministre britannique a quitté Bruxelles bredouille.

Après avoir promis à son parti déchiré qu’elle décrocherait des concessions de la part de Bruxelles, Theresa May a dû se rendre à l’évidence. Les Vingt-sept ne feront pas plus.

« Nous sommes là pour vous aider », a assuré le Premier ministre luxembourgeois à l’adresse de la Britannique à son entrée dans le bâtiment du Conseil alors qu’elle était en chemin vers l’estrade.

Une tentative de la rassurer qui fait écho à celle du chancelier autrichien, Sebastian Kurz, que Theresa May a déjà décrit comme un « négociateur à la dure ».

Mais ces paroles chaleureuses n’ont pas empêché l’UE d’ignorer les requêtes de Londres quant à l’accord du Brexit.

Jean-Claude Juncker a quant à lui déclaré que Theresa May avait mené « une bataille courageuse, mais malheureusement », l’Europe n’en a « pas vu les résultats ». « Il n’y aura aucune renégociation, c’est clair. » a-t-il tranché.

Le 19 décembre, l’exécutif européen publiera tous les documents nécessaires à la préparation de l’UE à un Brexit sans accord, a révélé le président de la Commission.

En réalité, les conclusions auxquelles sont arrivés les 27 lors du sommet ont probablement représenté une victoire diplomatique pour l’Irlande, grâce à la suppression du paragraphe indiquant que l’UE « se tient prête à évaluer si des assurances supplémentaires peuvent être fournies au Royaume-Uni ».

Dans une petite concession faite au gouvernement britannique, le document indique que le filet de sécurité, si utilisé, « s’appliquerait temporairement, à moins et jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un accord ultérieur qui garantit le non-recours à une frontière physique ».

Pour sa part, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, pense qu’il est impossible de « fixer la date [du filet de sécurité] par écrit », et que l’accord de retrait est « la seule issue possible ».

Néanmoins, l’UE n’a nullement l’intention de laisser le Royaume-Uni « dans les limbes », selon Mark Rutte, et elle chercherait au contraire à conclure un nouvel accord commercial rapidement.

Le spectre d’un Brexit sans accord plane sur le sommet européen

Les dirigeants européens se réunissent le 13 décembre pour tenter de répondre aux inquiétudes britanniques sur l’accord de retrait de l’Union. Face à l’incertitude, l’UE intensifie ses préparations à un Brexit sans accord.

Après être sortie indemne du vote de défiance de son propre parti le 12 décembre, désavouée par 117 de ses collègues sur les 317 conservateurs du parlement, Theresa May a répondu aux questions de l’UE pendant près d’une heure.

Parallèlement à la promesse de ne pas représenter les conservateurs aux prochaines élections générales, la Première ministre aurait promis aux députés de son parti qu’elle obtiendrait une modification « juridiquement contraignante » du filet de sécurité controversé, afin de le rendre temporaire.

Une promesse qu’elle ne peut plus tenir. L’une des idées avancées par la Première ministre britannique était de fixer une date pour le début d’une future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE, plutôt que de fixer une date butoir pour le filet de sécurité. Mais les dirigeants de l’UE se sont à nouveau plaints d’un manque de clarté.

« Nous souhaiterions que nos amis britanniques nous disent ce qu’ils veulent au lieu de nous demander ce qu’on veut », a raillé Jean-Claude Juncker à l’adresse des journalistes.

Quoi qu’il en soit, l’exécutif de l’UE continuera à préparer la sortie du Royaume-Uni sans accord jusqu’au 19 décembre, date à laquelle seront publiées une série de mesures sur la question.

Les médias britanniques ont sous-entendu que le 14 janvier était pressenti comme date définitive du vote des députés sur l’accord de retrait et la déclaration conjointe de Theresa May et de l’UE de novembre dernier.

Les huit scénarios possibles pour le Brexit

Malgré le report du vote à la Chambre des communes sur l’accord de sortie de l’UE, huit scénarios demeurent possibles pour le Brexit. Un article d’Euroefe.

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/warm-words-but-no-brexit-concessions-as-may-leaves-brussels-empty-handed/