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Frégates FDI : la France va-t-elle enfin faire monter la Grèce à bord ?

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 Par Michel Cabirol  |  23/02/2020, 12:05  |  1272  mots

En cas de succès en Grèce, la première frégate d'intervention et de défense (FDI) grecque pourrait être livrée en 2024, coincée entre les livraisons des deux premières FTI françaises (2023 pour une entrée en service en 2025, puis la deuxième en 2025).
En cas de succès en Grèce, la première frégate d’intervention et de défense (FDI) grecque pourrait être livrée en 2024, coincée entre les livraisons des deux premières FTI françaises (2023 pour une entrée en service en 2025, puis la deuxième en 2025). (Crédits : Naval Group)

La ministre des Armées Florence Parly sera à Athènes dimanche et lundi pour une visite importante sur le projet de vente par Naval Group de deux frégates d’intervention et de défense à la marine grecque. Tout parait être en bonne voie mais la France doit lever encore des points bloquants.

La visite de Florence Parly à Athènes (dimanche et lundi) est très importante. Elle n’est pas encore à quitte ou double pour la vente de deux frégates de défense et d’intervention (FDI) par Naval Group à la marine grecque. Mais l’enjeu de la visite de la ministre des Armées, qui va rencontrer le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis et son homologue, le ministre de la Défense Nikos Panagiotopoulos, sera de faire monter de façon irréversible les grecs à bord de la FDI.

En tout cas, tout est pratiquement en place pour que Naval Group remporte un nouveau beau succès à l’exportation. « C’est une affaire chaude », a estimé vendredi le PDG de Naval Group Hervé Guillou lors de la présentation des résultats 2019. Mais au moindre couac majeur, les Italiens, et plus particulièrement Fincantieri, qui officiellement reste neutre sur ce dossier dans le cadre de la société commune Naviris, sont prêts à sauter sur Athènes pour rafler la mise. Tout comme l’américain Lockheed Martin associés… aux Italiens.

Un climat positif entre Athènes et Paris

Le dossier de Naval Group avance bien en raison d’un climat politique très favorable entre Athènes et Paris, qui soutient la Grèce face à son voisin turc sur plusieurs dossiers jugés stratégiques par les Grecs (Chypre, Libye notamment). Sur fond de tensions en Méditerranée orientale, le gouvernement grec conservateur a, en un seul mois, renforcé sa coopération stratégique avec Paris et relancé un accord militaire avec Washington. Début février, une frégate grecque a participé à la mission du porte-avions français Charles-de-Gaulle dans l’est de la Méditerranée. « La France entend soutenir la Grèce pour l’aider à faire face aux multiples tensions en mer Égée et en Méditerranée, notamment en Méditerranée orientale », a insisté Florence Parly dans une interview accordée dimanche au quotidien grec To Vima et a précisé que les intérêts grecs et français « sont liés ».closevolume_off

« Je veux dire ma préoccupation quant aux agissements en ce moment même de la Turquie en contravention explicite avec ce que le président Erdogan s’était engagé à faire lors de la conférence de Berlin, c’est le non-respect de la parole donnée », avait expliqué fin janvier Emmanuel Macron sur le dossier libyen lors d’une déclaration commune au côté du Premier ministre grec en visite à Paris.

Sur le plan technique, les discussions entre Naval Group et la marine grecque portant sur les spécifications des deux FDI sont très avancées et se déroulent normalement, explique-t-on à La Tribune. En outre, les incertitudes industrielles sur le missile de croisière naval (MdCN) ont pu être levées par MBDA.

Le travail de fond de Naval Group en Grèce

Basé depuis 2008 à Athènes, Naval Group a beaucoup travaillé ces derniers mois pour embarquer l’industrie grecque dans son projet et, au-delà construire un partenariat à long terme. Fin 2019, il a sélectionné huit nouveaux fournisseurs qui vont intégrer sa supply chain mondiale (Akmon, Elfon, Hellenic Cables, IDE Intracom, Metka, Mevaco, Miltech Hellas, et Teletel). Cette sélection était la première démonstration concrète de la volonté du groupe naval de construire ce partenariat sur la durée. Ces groupes seront désormais régulièrement consultés pour des projets à partir de cette année. Naval Group avait déjà depuis des années un partenariat avec Sunlight (fabricant de batteries), qui a déjà été impliqué dans des programmes stratégiques tels que le Barracuda.

Enfin, Naval Group a présenté le 13 février son plan de coopération industrielle et académique avec la Grèce : des partenariats avec des entreprises et trois universités (NTUA, l’Université de Patras et l’Université de Crète) dans des domaines variés tels que les matériaux composites, la robotique, Blue ship ou la fabrication additive ainsi que des  projets grecs et européens de surveillance maritime. Sur ce dernier point, Naval Group propose de créer, avec des partenaires grecs, une activité industrielle et commerciale qui s’adresserait au marché européen à partir de la Grèce. En outre, le groupe naval prévoit de créer en Grèce un centre d’ingénierie chargé des études de conception et de développement pour les futures standards des frégates FDI, faisant de la Grèce un centre d’excellence européen pour l’innovation en matière de naval de défense.

« Nous voulons construire un partenariat de long terme avec l’industrie grecque et garantir le succès du programme ainsi que la souveraineté de la Grèce grâce à un important transfert de technologie. L’industrie grecque maîtrisera le savoir-faire nécessaire pour soutenir l’ensemble du cycle de vie de ces frégates », avait précisé le 13 février à l’ambassade de France en Grèce, le directeur général du développement de Naval Group, Alain Guillou

Ce qui pourrait encore bloquer

L’accord intergouvernemental (AIG) est en cours de rédaction au sein de la direction générale de l’armement et ne rencontre, semble-t-il, pas de difficultés majeures. Sur ce point, les Grecs, qui souhaitent un accord d’Etat à Etat de type FMS (Foreign military sales) à la française comme celui signé entre la Belgique et la France pour les blindés, veulent que l’Etat français soit responsable du contrat. Des discussions portent sur ce point majeur (responsabilité de la France ou de Naval Group, qui est un groupe public détenu à plus de 62% par l’Etat ?) pour les Grecs.

Enfin, dernier point bloquant, l’attitude de Bercy, qui pourrait freiner l’opération sur son volet financier. Les services du ministère de l’Economie veulent faire payer une prime d’assurance de 13%. Soit un niveau proche de ceux qui sont appliqués pour les pays émergents. Ce qui fait hurler les Grecs… Pour autant, les Grecs ont le budget pour acheter les deux premières frégates FDI.

Ce qui a été déjà fait

La France et la Grèce avaient signé en septembre dernier une lettre d’intention (LoI) pour la vente de deux frégates FDI (programme Belh@rra) de 4.500 tonnes à la marine grecque et armées de MdCN (Scalp Naval). « J’ai signé avec mon homologue grec une lettre d’intention, portant sur le projet d’acquisition par la Grèce de deux frégates de défense et d’intervention (FDI) », avait alors indiqué dans un tweet Florence Parly à l’issue de la visite de son homologue grec. Nikos Panagiotopoulos avait toutefois estimé pour sa part qu’il restait « un long chemin à parcourir » avant qu’un accord soit trouvé sur les « aspects techniques » des navires. C’est en train d’être réalisé

La première frégate grecque pourrait être livrée en 2024, coincée entre les livraisons des deux premières FTI françaises (2023 pour une entrée en service en 2025, puis la deuxième en 2025). La seconde pourrait être remise à la marine grecque fin 2025 ou en 2026 tandis que la dernière pour la Marine nationale en 2029. En France, le programme FDI vise à acquérir cinq frégates (coût unitaire 750 millions d’euros), en complément des deux frégates de défense aérienne Horizon (FDA) et des huit FREMM, pour atteindre le format des 15 frégates de premier rang défini par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013. La commande du développement et de la réalisation de la première FTI est intervenue en avril  2017 pour un montant d’environ deux milliards d’euros.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/fregates-fdi-la-france-va-t-elle-enfin-faire-monter-la-grece-a-bord-840349.html

Grèce, braderie de bases militaires aux États-Unis

« L’ART DE LA GUERRE »

Grèce, braderie de bases militaires aux États-Unis

par Manlio Dinucci

Les États-Unis ont habilement profité des déboires économiques de la Grèce pour lui imposer un traité leur permettant de barrer la route de la mer Noire à la Russie. Seuls les députés communistes grecs et leurs alliés s’y sont opposés.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 11 FÉVRIER 2020 ITALIANOESPAÑOLTÜRKÇEROMÂNĂ

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JPEG - 38.6 koLe 5 octobre 2019, le ministre grec de la Défense, Nikólaos Panayotópoulos, et le secrétaire d’État US, Mike Pompeo, signent à Athènes un « Accord de coopération pour la défense réciproque » (Mutual Defense Cooperation Agreement).

Le Parlement grec a ratifié l’ Accord de coopération pour la défense réciproque, qui concède aux États-Unis l’usage de toutes les bases militaires grecques. Elle serviront aux forces armées US non seulement pour stocker des armements, s’approvisionner et s’entraîner, mais aussi pour des opérations de « réponse d’urgence », c’est-à-dire pour des missions d’attaque.

Particulièrement importante la base de Larissa, où l’US Air Force a déjà stocké des drones MQ-9 Reaper et celle de Stefanovikio, où l’US Army a déjà déployé des hélicoptères Apache et Black Hawk.

L’Accord a été défini par le ministre grec de la Défense, Nikólaos Panayotópoulos, comme « avantageux pour nos intérêts nationaux, parce qu’il accroît l’importance de la Grèce dans la planification US ». Importance que la Grèce a depuis longtemps : il suffit de se rappeler du sanglant coup d’État des colonels, organisé en 1967 dans le cadre de l’opération Stay-Behind dirigée par la CIA [1], auquel succéda, ici en Italie, la période des massacres commencée avec celle de Piazza Fontana en 1969 [2].

Lors de cette même année s’installa en Grèce, à Souda Bay dans l’île de Crète, un Détachement naval US provenant de la base de Sigonella en Sicile, sous les ordres du Commandement US de Naples. Aujourd’hui Souda Bay est une des plus importantes bases aéronavales USA/Otan en Méditerranée, employée dans les guerres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. À Souda Bay le Pentagone investira 6 nouveaux millions d’euros, qui s’ajouteront aux 12 qu’il investira à Larissa, annonce Panagiotopoulos, en le présentant comme une grande affaire pour la Grèce.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis précise cependant qu’Athènes a déjà signé avec le Pentagone un accord pour la potentialisation de sa flotte de F-16, qui coûtera à la Grèce 1,5 milliards de dollars, et qu’elle est intéressée aussi par l’achat aux USA de drones et chasseurs F-35.

La Grèce se distingue en outre pour être dans l’Otan, après la Bulgarie, l’allié européen qui consacre depuis longtemps à la dépense militaire le plus haut pourcentage du PIB (2,3%).

L’Accord garantit aussi aux États-Unis « l’usage illimité du port d’Alexandroupoli » [3]. Celui-ci est situé sur la mer Égée au bord du détroit des Dardanelles qui, reliant en territoire turc la Méditerranée et la mer Noire, constitue une fondamentale voie de transit maritime surtout pour la Russie. De plus la Thrace orientale limitrophe (la petite partie européenne de la Turquie) est le point où arrive de Russie, à travers la mer Noire, le gazoduc Turk-Stream.

L’« investissement stratégique », que Washington est déjà en train d’effectuer dans les infrastructures portuaires, vise à faire d’Alexandroupoli une des plus importantes bases militaires US dans la région, en mesure de bloquer l’accès des navires russes à la Méditerranée et, en même temps, de contrecarrer la Chine qui souhaite faire du Pirée une importante escale de la Nouvelle Route de la Soie.

« Nous sommes en train de travailler avec d’autres partenaires démocratiques dans la région pour repousser des acteurs maléfiques comme la Russie et la Chine [4], avant tout la Russie qui utilise l’énergie comme instrument de son influence maléfique », déclare l’ambassadeur US à Athènes Geoffrey Pyatt, en soulignant qu’ « Alexandroupoli a un rôle crucial pour la sécurité énergétique et la stabilité de l’Europe ».

C’est dans ce cadre que s’insère l’Accord de coopération pour la défense réciproque avec les USA, que le Parlement grec a ratifié avec 175 voix pour, du centre-droit au gouvernement (Nouvelle Démocratie et autres) et 33 contre (Parti Communiste et autres), tandis que 80 ont déclaré « présent » selon la formule du Congrès US, équivalent à l’abstention, en usage au Parlement grec. C’est Syriza qui s’est abstenu, la Coalition de la Gauche Radicale conduite par Aléxis Tsípras. D’abord parti de gouvernement, maintenant dans l’opposition, dans un pays qui, après avoir été obligé de brader sa propre économie, maintenant brade non seulement ses bases militaires mais le peu qui lui reste de sa souveraineté.

Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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[1] « La guerre secrète en Grèce », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 24 août 2013.

[2] « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 17 octobre 2009.

[3] « Alexandroupolis, nouvelle base US contre la Russie », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 24 septembre 2019.

[4] « Grèce, le facteur Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 7 avril 2015

.https://www.voltairenet.org/article209189.html

La Grèce, nouvel acteur du conflit libyen

La Grèce, nouvel acteur du conflit libyen

Thomas CIBOULET 21 janvier 2020 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientEuropeMaghrebProche et Moyen-OrientTurquie Leave a comment

Le 19 janvier, onze pays se sont réunis à Berlin pour un sommet sur la Libye. Le but était de trouver une solution face au risque de reprise du conflit. Si la Turquie était présente, la Grèce n’a pas été invitée, alors que les tensions entre les deux Etats s’exacerbent en Méditerranée orientale.

Haftar se rapproche de la Grèce
Le maréchal Haftar

La rivalité greco-turque en Libye

La Turquie a signé un accord avec le Gouvernement d’Union Nationale (gouvernement Sarraj) en décembre 2019. Celui-ci autorisait le déploiement de troupes turques sur le sol Libyen, tout en délimitant les Zones Économiques Exclusives entre les deux États en Méditerranée orientale. Cet accord permet à la Turquie deux choses sur le plan économique. Tout d’abord, cela redessine la carte des ZEE en Méditerranée. En effet, Ankara convoite les importantes ressources de gaz dans la Méditerranée. Celles-ci se trouvent principalement dans les eaux chypriotes, égyptiennes, israéliennes et libanaises. Le découpage des ZEE par la Turquie et le gouvernement Sarraj viole les ZEE déjà reconnues de la Grèce, de Chypre et de la Turquie, au profit d’Ankara. Le deuxième intérêt turc est de reprendre pied en Libye. Lors de la chute de Kadhafi, plusieurs contrats pour des entreprises turques sont devenus caducs. L’influence économique turque ne peut continuer que grâce au gouvernement islamiste de Sarraj, proche idéologiquement et économiquement d’Ankara.

Côté grec, l’expansionnisme turc inquiète. Des tensions existent déjà autour des îles Imia (en grec) ou Kardak (en turc) en mer Egée. Celles-ci sont inhabitées mais permettent d’agrandir la ZEE de l’État qui les contrôle. C’est le cas de la Grèce actuellement. De plus, plusieurs discours nationalistes ont été prononcés en Turquie. Le plus connu est celui de Rize par Erdogan en 2016. Le Président turc y mentionnait les « frontières du cœur » et les territoires « historiquement turcs », notamment Thessalonique en Grèce. Erdogan parlait de réviser le Traité de Lausanne de 1923, dans lequel Ankara s’estime lésée, mais où la Turquie a agrandi son territoire par rapport au Traité de Sèvres de 1920 – aux dépens de la Grèce et de l’Arménie. La rhétorique nationaliste et la militarisation grandissante de la Turquie, notamment en Méditerranée orientale, inquiètent naturellement la Grèce. L’accord turco-libyen renforce l’image d’une Turquie expansionniste à Athènes.

Le sommet de Berlin, favorable à la Turquie et hostile à la Grèce ?

Aujourd’hui, l’ordre régional en Méditerranée orientale inclut principalement la Grèce, l’Egypte, Israël et Chypre. Les quatre pays coopèrent en matière de sécurité et d’énergie. Ankara a des relations difficiles avec chacun d’entre eux, et cherche à sortir de son isolement. Son intervention en Libye lui a permis de marquer des points : les différentes parties libyennes sont invitées à Moscou pour éviter toute escalade, suivi du sommet de Berlin. Lors de ce sommet international, la Turquie est présente, mais pas Athènes.

La Grèce a immédiatement réagi. Le Premier ministre Mitsoakis a annoncé que la Grèce opposerait son veto, en tant que membre du Conseil Européen, à tout accord qui ne remettrait pas en cause le découpage des ZEE de l’accord turco-libyen. Athènes manifeste ainsi sa colère vis-à-vis de l’Europe, plus qu’une implication réelle dans la crise libyenne. L’Allemagne n’a pas vraiment fourni de réponse sur la non-invitation de la Grèce, expliquant que les raisons ne peuvent être révélées publiquement. Rappelons par ailleurs que la Tunisie, frontalière de la Libye, n’a pas été invitée à Berlin non plus. Suite à l’indignation, une invitation a tout de même été envoyée, mais Tunis a refusé d’y participer. Le sommet de Berlin a donc créé de nouvelles tensions avant même d’avoir commencé.

L’implication grandissante d’Athènes dans la crise libyenne

Ce qu’Athènes perçoit comme une exclusion a favorisé un rapprochement entre le général Haftar et la Grèce. En revenant de son voyage à Moscou, où il n’a signé aucun accord, Haftar s’est secrètement arrêté à Athènes. La Grèce a de son côté expulsé l’ambassadeur du gouvernement Sarraj. Haftar, déjà soutenu par l’Egypte, la Russie et les Emirats, semble gagner un nouvel allié. Un compte twitter non-officiel mais proche de l’Armée Nationale Libyenne (armée de Haftar) a également montré son soutien à la Grèce.

Le sommet de Berlin a toutefois laissé quelques signaux positifs pour Athènes. Tout d’abord, un rapprochement semble possible avec les Emirats ou l’Arabie Saoudite, qui soutiennent Haftar. Les Emirats cherchent notamment à ouvrir une base militaire au Niger, en soutien à Haftar. Une coopération sur les questions de sécurité est donc possible à l’avenir. Côté européen, la France semble manifester une solidarité de plus en plus ostensible. Emmanuel Macron a exigé le retour des supplétifs syriens de la Turquie en Libye. La marine grecque doit également faire partie de l’escorte du porte avion Charles de Gaulle, ce qui est perçu comme un rapprochement clair entre les marines grecque et française.

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https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/42759-grece-nouvel-acteur-conflit-libyen

Alexandroupolis, nouvelle base US contre la Russie

L’ART DE LA GUERRE

Alexandroupolis, nouvelle base US contre la Russie

par Manlio Dinucci

Geoffrey R. Pyatt fut ambassadeur des États-Unis en Ukraine de 2013 à 2016. Il organisa avec Victoria Nuland le coup d’État d’EuroMaidan. Nommé par Barack Obama ambassadeur en Grèce, en 2016, il organisa un schisme au sein de l’Église orthodoxe et est désormais en charge faire échouer la livraison de gaz naturel russe à l’Union européenne.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 24 SEPTEMBRE 2019 ITALIANOESPAÑOL

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« Je reviens juste d’Alexandroupolis, visite stratégique importante qui a mis au point à la fois les exceptionnelles relations militaires entre les États-Unis et la Grèce, et l’investissement stratégique que le gouvernement des États-Unis est en train de faire à Alexandroupolis »
Geoffrey Pyatt, ambassadeur des États-Unis en Grèce, 16 septembre 2019.

Le port d’Alexandroupolis, dans la Grèce nord-orientale frontalière avec la Turquie et la Bulgarie, est situé sur la mer Egée au bord du détroit des Dardanelles qui, reliant en territoire turc la Méditerranée et la mer Noire, constitue une fondamentale voie de transit maritime surtout pour la Russie.

L’importance géostratégique de ce port, que Pyatt a visité avec le ministre grec de la Défense, Nikolaos Panagiotopoulos, est expliquée par l’Ambassade même des USA à Athènes : « Le port d’Alexandroupolis, grâce à son emplacement stratégique et à ses infrastructures, est bien positionné pour appuyer des exercices militaires dans la région, comme l’a démontré le récent Saber Guardian 2019 ».

L’« investissement stratégique », que Washington est déjà en train d’effectuer dans ports, vise à faire d’Alexandroupolis une des plus importantes bases militaires US dans la région, en mesure de bloquer l’accès des navires russes en Méditerranée. Cela est rendu possible par les « exceptionnelles relations militaires » avec la Grèce, qui depuis longtemps a mis ses bases à disposition des USA : en particulier Larissa pour les drones armés Reapers et Stefanovikio pour les chasseurs F-16 et les hélicoptères Apache. Cette dernière, qui va être privatisée, sera achetée par les USA.

L’ambassadeur Pyatt ne cache pas l’intérêt que portent les USA à renforcer leur présence militaire en Grèce et dans d’autres pays de la région méditerranéenne : « Nous travaillons avec d’autres partenaires démocratiques dans la région pour repousser des acteurs maléfiques comme la Russie et la Chine qui ont des intérêts différents des nôtres », notamment « la Russie qui utilise l’énergie comme instrument de son influence maléfique ». Puis il souligne l’importance prise par la « géopolitique de l’énergie », en affirmant qu’« Alexandroupolis a un rôle crucial de liaison pour la sécurité énergétique et la stabilité de l’Europe ». La Thrace Occidentale, la région grecque où est situé le port, est en effet « un carrefour énergétique pour l’Europe centrale et orientale ».

Pour comprendre ce que veut dire l’ambassadeur il suffit de regarder la carte. La Thrace Orientale limitrophe —c’est-à-dire le petite partie européenne de la Turquie— est le point où arrive, après avoir traversé la mer Noire, le gazoduc Turk Stream provenant de Russie, en phase finale de réalisation. De là, à travers un autre gazoduc, le gaz russe devrait arriver en Bulgarie, en Serbie et dans d’autres pays européens. C’est la riposte russe à la manœuvre réussie des États-Unis qui, avec la contribution déterminante de la Commission européenne, bloquèrent en 2014 le gazoduc South Stream qui aurait dû amener le gaz russe en Italie et de là dans d’autres pays de l’UE.

Les États-Unis essaient maintenant de bloquer aussi le Turk Stream, objectif plus difficile parce qu’entrent en jeu les rapports, déjà détériorés, avec la Turquie. À cet effet ils s’appuient sur la Grèce, à qui ils fournissent de croissantes quantités de gaz naturel liquéfié en alternative avec le gaz naturel russe.

On ne sait pas ce que sont de train de préparer en Grèce les États-Unis, y compris contre la Chine qui entend faire du Pirée une importante escale de la nouvelle Route de la Soie. Mais il n’y aurait pas à s’étonner si, sur le modèle de l’« Incident du Golfe du Tonkin », se déroulait en mer Égée un « Incident d’Alexandroupolis ».Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

https://www.voltairenet.org/article207725.html

Grèce : le retour de la droite signale le retour grec dans le grand jeu européen

EUROPE 14 AOÛT 2019

Grèce : le retour de la droite signale le retour grec dans le grand jeu européen

By: European People’s Party – CC BY 2.0

Du fait des bonnes relations du nouveau Premier ministre grec avec les dirigeants allemands et français, il est fort probable que la Grèce cherche à se poser comme un médiateur et un partenaire politique majeur pour Berlin et Paris.

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Par Alexandre Massaux.

Avec 33 % des votes aux élections européennes et 40 % des votes aux législatives grecques, le parti de centre-droit libéral a réussi, en quelques mois, à accomplir un retour fulgurant sur la scène politique grecque. Pays mis à l’écart de la géopolitique européenne depuis la crise économique, la Grèce a l’opportunité de redevenir un acteur respecté dans les affaires européennes.

UN SOUTIEN ÉCONOMIQUE INTERNATIONAL

Avec une dette de 180% du PIB, la Grèce est le pays le plus endetté au monde après le Japon. Néanmoins, la victoire de la droite a rassuré les investisseurs, amenant des taux d’emprunt bas. Il est fort probable que le passé professionnel dans le monde des affaires de Kyriákos Mitsotákis ait joué un rôle dans la confiance accrue des marchés dans la Grèce.

Là encore, le fait que Nouvelle Démocratie soit un parti classique membre d’un parti européen majeur joue en sa faveur. Il faut rappeler que Syriza, le parti de Tsipras au pouvoir jusqu’en juillet 2019, était membre du parti européen GUE/NGL composé des différents partis communistes européens et de la France insoumise. Dès lors, l’image de la Grèce auprès des institutions européennes n’est plus la même. En outre, la Grèce faisant partie de l’Eurozone, elle est normalement soumise à une certaine discipline budgétaire (même si, ironiquement, les pays en dehors de l’Eurozone sont souvent plus rigoureux dans ce domaine) afin d’assurer la stabilité de la zone euro. Le retour au pouvoir d’un parti plus classique rassure sur sa capacité de faire des réformes.

UN ATOUT POUR LE PARTI POPULAIRE EUROPÉEN DANS LA PARTIE ORIENTALE DE L’UE

La victoire de Nouvelle Démocratie aux Européennes lui donne 8 sièges au parlement européen au sein du PPE qui rassemble les partis de « droite classique » pro-Europe. Ce qui la place à la 6ème place  dans le PPE après la CDU/CSU allemande, la plateforme civique polonaise, le parti libéral national roumain et ses alliés, le Fidesz hongrois et le parti conservateur espagnol. De plus, pour la première fois depuis son adhésion à l’Union européenne, la droite grecque possède plus de sièges que la droite française (7 pour les LR) et italienne classique (7 pour Forza Italia et ses alliés). Un comble quand on sait que le nombre de sièges est lié à la population des pays et que la France et l’Italie sont environ six fois plus peuplées que la Grèce estimée à 11 millions d’habitants.

Les partis dominants du PPE étant situés, à l’exception des conservateurs espagnols, dans les pays d’Europe centrale et orientale, une telle dynamique est favorable à Nouvelle Démocratie et à la Grèce : il est fort probable que le PPE concentre son activité dans une région de l’Europe où elle possède le gros de ses députés. De plus, il ne faut  pas oublier que le PPE, bien qu’affaibli, reste le premier parti européen. Ces deux tendances offrent l’occasion au nouveau gouvernement grec de faire entendre sa voix sur la scène européenne et la bonne relation entre le nouveau Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis et la nouvelle présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen, issue du PPE comme Christine Lagarde, donne des relais non négligeables au nouveau gouvernement grec.

UN RÔLE EN MER MÉDITERRANÉE ACCRU AVEC LA FRANCE

Les Allemands ne sont pas seuls à pouvoir profiter du retour de la droite en Grèce : la France aussi. En effet, Emmanuel Macron souhaite mener une politique européenne en mer Méditerranée. Un souhait partagé par Mitsotákis qui entretient des liens cordiaux avec le président français. La France comme la Grèce étant deux pays ayant une importance stratégique pour la Méditerranée, un tel rapprochement n’est guère surprenant.

La Grèce occupe géopolitiquement une position clé pour l’Europe et l’UE : passage vers l’Orient turc, elle a été un des lieux de transit le plus important en matière de migrants (et donc la plus touchée par cette crise). De plus, le fait d’être frontalière avec une Turquie de plus en plus autoritaire sur la scène interne et internationale n’est pas sans conséquence. Les relations entre Athènes et Ankara sont tendues depuis des décennies et le gouvernement grec a besoin du soutien occidental pour faire face à la Turquie. Dès lors, l’implication en mer Méditerranée des autres puissances majeures (surtout d’un point de vue militaire) de l’UE est utile pour la Grèce.

AVEC LES MEMBRES DE L’UE PLUTÔT QU’AVEC LA RUSSIE

L’ancien Premier ministre Alexis Tsipras avait cherché des alliés extra-européens pour pouvoir peser sur les scènes européenne et internationale. Ainsi, un rapprochement avec le président Poutine avait pu être constaté afin de faire contrepoids aux puissances occidentales comme l’Allemagne et la France et surtout afin d’avoir un autre partenaire commercial. Cette position se rapproche de celle du gouvernement hongrois. En tant que frontière entre l’Occident et l’Orient, la Grèce est en effet tentée de diversifier ses relations.

Cependant, le retour de la droite est synonyme d’un tournant vers l’ouest avec une politique davantage pro-Union européenne. Du fait des bonnes relations du nouveau Premier ministre grec avec les dirigeants allemands et français, il est fort probable que la Grèce cherche à se poser comme un médiateur et un partenaire politique substantiel pour Berlin et Paris. Certes, la Grèce pèse peu économiquement face aux autres pays majeurs de l’Europe mais dans un continent où les extrêmes montent, Nouvelle Démocratie peut mettre en avant sa modération et sa capacité à discuter avec les partenaires européens.

https://www.contrepoints.org/2019/08/14/351318-grece-le-retour-de-la-droite-signale-le-retour-grec-dans-le-grand-jeu-europeen

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

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04.05.2019

Israël envisage de construire le plus long gazoduc sous-marin au monde en collaboration avec Chypre et la Grèce pour acheminer le gaz de la Méditerranée orientale vers l’Italie et les États du sud de l’UE. Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, vient d’approuver le projet. Il se heurtera à un gazoduc concurrent turco-turc, Turk Stream, à un éventuel pipeline Qatar-Iran-Syrie-Syrie, ainsi qu’à saper de facto la tentative de Washington de fournir davantage de gaz naturel liquéfié à l’UE pour réduire la dépendance de la Russie.

Le projet, en discussion depuis plusieurs années depuis qu’Israël a découvert d’importantes réserves de gaz dans le champ offshore de Leviathan, est connu sous le nom de projet de pipeline East Med. Le gaz naturel viendra de Leviathan via Chypre, la Crète et la Grèce pour atteindre son terminal à Otrante, au sud-est de l’Italie. Les projets prévoient un oléoduc de 2 100 kilomètres traversant trois kilomètres de profondeur sous la Méditerranée. Le coût est estimé à 7 milliards de dollars pour une période de construction de cinq ans  .

Nouvelles lignes de faille

L’East Med fait partie d’un complexe de nouvelles lignes de fracture géopolitiques à travers tout le Moyen-Orient. Le fait que l’Emirat du Golfe, les Emirats Arabes Unis, a déjà investi 100 millions de dollars dans un projet appelé le Jerusalem Post, « une pierre angulaire  secrète  sous-tendant le changement des relations entre certaines parties du monde arabe et l’État juif ». faire référence à la proposition des États-Unis de 2017 de créer une «OTAN arabe» avec l’Arabie saoudite et d’autres États arabes du Golfe, appuyée par les services de renseignement israéliens, afin de contrer l’influence de l’Iran dans la région. On parle peu aujourd’hui de l’OTAN arabe, mais les liens entre Israël de Netanyahou et les principaux pays arabes musulmans sunnites demeurent solides.

La Turquie d’Erdogan est un acteur régional qui n’est certainement pas satisfait du projet de pipeline dans la Méditerranée orientale. Quand Israël a proposé pour la première fois la Méditerranée orientale il y a deux ans, Erdogan s’est rapidement tourné vers la Russie pour signer un accord portant sur la construction du flux turc de Gazprom pour rivaliser avec Israël. L’East Med serait raccordée à des champs de gaz dans la partie grecque de l’UE appartenant à Chypre. Au cours des derniers mois, Erdogan a rapproché la Turquie de l’Iran et plus particulièrement du Qatar, siège des personnalités des Frères musulmans, alors que les tensions avec l’Arabie saoudite et Israël s’intensifient. Le conflit sunnite / chiite semble céder le pas au pouvoir géopolitique et au contrôle des pipelines.

En été 2017, il y avait une scission dramatique entre les pays arabes du Golfe, l’Arabie saoudite déclarant un embargo contre le Qatar pour son «soutien au terrorisme». En réalité, cette initiative visait à couper court aux pourparlers de plus en plus importants entre le Qatar et l’Iran, partagent le plus grand gisement de gaz naturel au monde dans le golfe Persique. La section du Qatar s’appelle North Field et on dit que son GNL est le moins cher à extraire au monde, faisant du Qatar au cours des dernières années le plus grand exportateur de GNL. La section iranienne voisine s’appelle South Pars.

Après avoir dépensé 3 milliards de dollars pour financer des groupes terroristes anti-Assad et anti-Iran en Syrie, dans le but vain de créer un gazoduc reliant la Syrie à la Turquie et sur le marché gigantesque du gaz de l’UE, il semble que les Qataris hésitants à un moment donné, après l’entrée décisive de la Russie dans la guerre en Syrie fin 2015, il a compris qu’elle pourrait gagner davantage en changeant de camp et en travaillant secrètement avec l’Iran, Assad et Erdogan pour amener le gaz qatari et le gaz iranien sur le marché. C’est la véritable raison de la rupture brutale entre le Qatar et les Saoudiens. Il est à noter que l’Iran et la Turquie sont venus en aide au Qatar lorsque les Saoudiens ont tenté de les mettre sous  embargo  .

Ruisseau Turc de Russie

En plus du cocktail géopolitique d’intérêts concurrents, les tronçons du gazoduc Russie-Turquie situés sur la mer Noire ont été achevés à la fin de 2018 et devraient commencer à fonctionner plus tard en 2019, offrant 31,5 milliards de mètres cubes de gaz par an, la moitié, quelque 16 milliards de m3 , disponible pour les marchés de l’UE. Turk Stream, tout comme North Stream, autorisent tous deux le gaz russe dans l’UE, indépendamment des routes de l’oléoduc en Ukraine, politiquement hostiles. Depuis le terminal de Kiyikoy en Turquie, le gaz russe peut être acheminé vers la Bulgarie ou la Grèce, membre de l’UE, ou les  deux.

La Serbie, qui n’est pas membre de l’UE, vient de commencer la construction de son tronçon du gazoduc TurkStream destiné à acheminer le gaz naturel russe en Europe. Le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a récemment déclaré à Moscou que les projets de la Serbie pour la construction du conduit de gaz ne dépendaient pas du travail de la Bulgarie. TurkStream acheminera du gaz russe via la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie. Bruxelles n’est pas folle de joie.

Maintenant, Israël entre en jeu, dans une relation plus étroite avec l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, soutenue par Washington, avec le financement également d’une société française, IGI Poseidon, une filiale d’Edison, offrant une autre option rivale au Qatar, à l’Iran et à la Turquie, ainsi qu’à en Russie. La Turquie menace de forer pour le pétrole et le gaz dans la partie turque de Chypre tandis que le Liban conteste les revendications offshore du pipeline israélien vers Chypre. Et ExxonMobil vient d’annoncer une découverte majeure de gaz dans les eaux au large de Chypre,  disputée  entre la Turquie et la Grèce ou Chypre.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une boule de cristal pour constater que les futurs conflits énergétiques géopolitiques en Méditerranée orientale sont en cours de programmation. Surveillez cet endroit…

http://katehon.com/article/ever-more-complex-eu-gas-pipeline-geopolitics

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L’Italie courtise la Chine est un coup de maître du chaos

L’Italie courtise la Chine est un coup de maître du chaos

La visite du Premier ministre chinois Xi Jinping en Italie la semaine prochaine rendra presque tout le monde nerveux. La récente déclaration du chef du Mouvement des cinq étoiles, Luigi Di Maio, sur le fait que son pays est prêt à signer un mémorandum d’accord avec la Chine dans le cadre de la ambitieuse initiative de ceintures et de routes de la Chine, a déclenché une série de réactions de Donald Trump à Angela Merkel Le partenaire de la coalition de Maio, le chef de Lega, Matteo Salvini.

Mais, ne laissez pas le wrapper vous tromper à ce sujet. L’annonce de Di Maio Je ne pense pas que ce soit un aveugle, comme le suggère cet article de Reuters, autant que Merkel et Trump.

Bien que Geraci soit membre de la Ligue, le groupe a semblé aveugle lorsque la nouvelle d’un accord imminent a été annoncée la semaine dernière, le chef du parti Matteo Salvini mettant en garde contre la « colonisation » de l’Italie par la Chine. 
« Nous sommes en train de l’examiner », a déclaré jeudi Salvini, qui est vice-Premier ministre adjoint à Di Maio. « Avant de permettre à quelqu’un d’investir dans les ports de Trieste ou de Gênes, j’y penserais pas une fois, mais cent fois. »

En réalité, cette annonce est une initiative intelligente de Di Maio. Cela met Salvini un peu sur la défensive qui a récemment donné le ton à la coalition. Salvini a besoin de Trump de son bon côté pour l’aider à affronter Merkel et l’Union européenne.

Comme je l’ai mentionné dans un article récent, Merkel tente de jouer dur avec Trump sur les questions d’énergie en défendant le pipeline Nordstream 2 de l’agression américaine, afin de changer l’état de la géopolitique au sein du conseil d’administration.

Il est clair pour moi maintenant que les priorités de Merkel pour ce qui reste de son mandat sont les suivantes: 
1. Tracer une voie indépendante pour la politique étrangère de l’UE depuis les États-Unis par la création d’une armée de l’UE, évitant ainsi le besoin de l’OTAN et … 
2. Mettre fin à l’occupation américaine de l’Allemagne. 
3. Assurer l’avenir énergétique de l’Allemagne, qui assure également son avenir politique en tant que dirigeant de l’Union européenne, en assemblant le continent avec les artères énergétiques russes – Nordstream 2, Turkstream. 
4. Gérer l’abandon de l’OTAN en tant que force de contrôle dans les relations entre l’Europe et la Russie, qui ne sert pas les objectifs à long terme de l’Europe.

Ceci alors que Trump et Xi sont profondément enracinés dans un accord commercial dont le monde entier est préoccupé par le résultat. Astuce: Trump va se coucher.

L’ UE vient de différer ses discussions avec les États-Unis sur le même sujet , sans donner d’avis sur l’opportunité de rouvrir les négociations commerciales avec les États-Unis.

Lors d’un vote confus, le Parlement européen a adopté à une faible majorité une série d’amendements contre le début des négociations, mais a ensuite rejeté sa propre résolution sur le sujet, ce qui signifie qu’il n’a en réalité pas été pris en compte. 
La résolution n’aurait pas été contraignante, mais le Parlement devra approuver tout accord conclu et les gouvernements de l’UE ont déclaré qu’ils souhaitaient connaître le point de vue des législateurs avant de prendre une décision.

Parce que tout ce qui concerne l’UE est parfaitement clair un jour normal, n’est-ce pas?

Aujourd’hui, Di Maio entre et participe à une réunion importante avec Xi, à la recherche de milliards d’investissements chinois pour relancer les perspectives économiques de l’Italie.

Trump est déjà apoplectique par rapport à Nordstream 2 et menace de sanctionner certaines des plus grandes entreprises du monde pour leur participation au projet. Mais, ce navire a principalement navigué. Le pipeline est achevé à plus de 70%.

Tout ce que les États-Unis peuvent faire maintenant, c’est que le Parlement européen arrête le gazoduc qui achemine du gaz, gaspillant 11 milliards d’euros pour la construction de ce projet. Comme avec le Brexit ou la Crimée, il arrive un moment où les opposants à quelque chose dans le monde qu’ils n’aiment pas doivent être acceptés de facto.

Malheureusement, les aliénés qui pensent diriger le monde n’abandonneront pas tant qu’il y aura des avocats à déployer pour compliquer les choses.

C’est pourquoi j’aime le déménagement de Di Maio ici. Trump est engagé dans une guerre commerciale avec la Chine tout en se plaignant amèrement de l’Europe faisant des affaires avec la Russie. Il les menace même avec un projet de loi pour le logement de nos troupes que nous ne voulons pas supprimer.

Selon Di Maio, l’Italie conviendrait parfaitement au projet routier et routier de la Chine, que les États-Unis minent activement dans toute l’Asie et le Moyen-Orient.

En même temps, il fait un pied de nez à Merkel qui ne veut pas que l’Italie se sente investie d’un pouvoir à quelque niveau que ce soit alors qu’elle entre dans la saison des élections parlementaires européennes. Les eurosceptiques pourraient prendre jusqu’à un tiers des sièges, même sans un contingent britannique pris en otages.

De plus, Merkel tente toujours de parler avec les États-Unis des deux côtés de sa bouche:

Restez ferme sur Nordstream 2, essayez de sauver le JCPOA, d’une part, mais soutenez l’opération imbécile de changement de régime américain au Venezuela pour apaiser Trump.

C’est une déclaration d’indépendance forte de la part de l’Italie, qui rejoint la Hongrie, la Pologne, la Grèce et le Portugal, qui ont tous signé un protocole d’accord avec la Chine. Et ce n’est pas comme si la Hongrie et la Pologne figuraient en bonne place sur la liste des cartes de Noël de Merkel. Tous deux traitent de procédures au titre de l’article 7 pour les priver de leurs droits de vote de l’Union

Sous tous les angles, il jette un voile sur la scène internationale tout en faisant de la bonne politique sur le plan intérieur. Si Xi quitte Rome sans passer par un accord, cela ne signifie pas nécessairement que l’Italie cède aux pressions extérieures de Trump ou de Merkel, cela pourrait au moins indiquer que Xi a simplement demandé plus que ce que l’Italie était disposée à donner à ce stade.

Et les deux parties ont réalisé qu’elles étaient utilisées par l’autre comme moyen de pression auprès des personnes absentes. Quoi qu’il en soit, le fait que Xi vienne à Rome et rencontre ces étrangers de l’UE soit une excellente déclaration de ce que la Chine sait que le jeu impérial Merkel and the Gang à Bruxelles joue à long terme.


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Construction du gazoduc EastMed : accord israélo-chypriote-grec

Construction du gazoduc EastMed : accord israélo-chypriote-grec

Les dirigeants des trois pays sont parvenus à un accord le 20 décembre dernier à Beer-Sheva en Israël pour la construction du gazoduc EastMed. Il devra acheminer, à l’horizon 2025, les milliards de mètres cube de gaz découverts ces dernières années au large de Chypre et d’Israël, vers le marché européen.

Le plus long gazoduc sous-marin du monde

Plateforme de forage au large des côtes israéliennes

Le gazoduc EastMed devrait s’étirer sur plus de 2000 km du large de Chypre jusqu’aux côtes italiennes, en passant par la Grèce. Ce projet relève du défi technique : plus long gazoduc sous-marin du monde, certains de ces tronçons s’enfonceront à plus de 3000 mètres, dans une zone qui plus est soumise aux séismes. D’où son montant conséquent, estimé entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros qui, une fois les financements trouvés, permettra d’acheminer environ 20 milliards de m3 de gaz (Gm3) pour un début des travaux prévu à l’horizon 2025. Par ailleurs, la perspective d’un gazoduc s’est accompagnée d’un réchauffement des relations de l’état hébreu avec ses deux voisins, se traduisant par des accords de coopération économique, mais également par des exercices militaires communs. Les scénarios envisagés – comme l’attaque d’une plateforme offshore – rappellent que si les récentes découvertes gazières peuvent être facteurs de coopération en Méditerranée orientale, elles peuvent également aggraver les tensions existantes. De fait, le projet rencontre l’opposition de la Turquie qui l’associe à la question chypriote, autant qu’elle cherche à contrecarrer les ambitions israéliennes dans la région, en réponse aux tensions autour de la question palestienne et en particulier à l‘incident du Mavi-Marmara en 2009.

Exporter le gaz de Méditerranée orientale : quelles routes prendre ?

Trois pays se sont lancés dans l’exploitation des ressources gazières du bassin levantin, estimées à plus de 3500 Gm3 par un rapport américain, soit près de dix fois les quantités déjà découvertes. Israël a été le premier à débuter  ses prospections dans les années 2000, qui ont abouti à la découverte de deux grands champs gaziers : Tamar en 2009 et Leviathan en 2010, avec des réserves respectivement estimées à 300 et 620 Gm3. Gage de sécurité énergique, l’exploitation de ces champs implique pour Israël, une capacité d’exportation importante face à un marché domestique beaucoup trop restreint. Un temps envisagée, la solution de liquéfier ce gaz a été abandonnée, du fait des coûts d’investissements colossaux et de la trop grande vulnérabilité à une attaque terroriste. La construction d’un gazoduc entre Israël et la Turquie, option estimée comme moitié moins chère que le EastMed, a également achoppé du fait des tensions politiques évoquées précédemment. De son côté, l’Egypte n’est pas en reste puisqu’en 2015 la compagnie ENI a découvert le champ gazier nommé Zhor, qui renfermerait 850 Gm3. Ce dernier permettra de répondre aux besoins considérables et immédiats du marché domestique égyptien, avant d’envisager une politique d’exportation. Le dernier de ces pays pouvant espérer tirer des bénéfices de ces extractions, dans des proportions  toutefois plus modestes, est Chypre. L’exploitation de son champ gazier Aphrodite (200 Gm3) est particulièrement intéressante alors que l’Union Européenne (UE) mène une politique de diversification de ses fournisseurs et de ses routes d’approvisionnement.

Gazoduc EastMed  : quelle contribution à la politique européenne de diversification des fournisseurs ?

Le projet de construction s’insère, en effet, dans la politique de diversification des fournisseurs énergétiques de l’UE , alors que près de la moitié du gaz consommé en Europe provient encore de Russie. Le projet a donc obtenu le soutien de la Commission européenne, qui l’a inscrit sur la liste des projets d’intérêt commun, condition préalable pour obtenir un cofinancement. Malgré tout l’intérêt que l’UE lui porte, le gazoduc EastMed ne jouera cependant – du fait de son débit modeste – qu’un rôle mineur dans la diversification des fournisseurs énergétiques, surtout quand l’on sait que la Russie propose simultanément la construction de deux gazoducs, Turkish Stream ( 32 Gm3), en mer noire, et Nord Stream II (55 Gm3), en mer baltique. Pour le premier, la partie maritime a déjà été finalisée en novembre dernier, et les travaux ont commencé pour le reste du tronçon, avec un début de livraison de gaz prévu dès 2020 ; pour le second, dont la construction a également débuté, il doublera les capacités du Nord Stream I, soit 110 Gm3 au total.

Le projet de gazoduc EastMed ne représentera pas un bouleversement, du fait de son débit modeste, dans la diversification des fournisseurs énergétiques européens. Toutefois, pour les pays promoteurs du projet, il s’impose comme l’unique moyen de transformer les récentes découvertes gazières en Méditerranée orientale en manne financière. Dans une région soumise aux forts intérêts géopolitiques, ces découvertes risquent de raviver autant que de créer d’importants foyers de tension.

Sources :

https://besacenter.org/wp-content/uploads/2017/06/505-Eastmed-Tzogopoulos-final.pdf

https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/note_gaz_israel_boncourt.pdf

https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2014/12/02/gazoduc-south-stream-pourquoi-la-russie-a-decide-de-jeter-l-eponge_4532731_3234.html?

https://www.oxfordenergy.org/wpcms/wp-content/uploads/2013/10/OEF-93.pdf

https://www.researchgate.net/publication/310615735_The_role_of_energy_as_a_geopolitical_factor_for_the_consolidation_of_Greek-Israeli_relations

 

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/38737-accord-israel-chypre-grece-construction-gazoduc-eastmed

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

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Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël sont parvenus à conclure un accord sur la construction commune d’un gazoduc en Méditerranée. Il s’agira de l’ouvrage le plus long et le plus profond en mer. Il n’aura qu’une capacité modeste de 12 milliards de m3 par an. Estimé à 8 milliards de dollars, il devrait être mis en service dans 5 ans. Cependant la date de début des travaux n’a pas été annoncée.

L’Égypte, la Palestine, le Liban, la Syrie et la Turquie ne font pas officiellement partie de cet accord alors qu’ils sont concernés par le champ gazier découvert en 2011.

Note : la Turquie n’a aucun rapport avec ce champ, mais occupe Chypre-Nord qui est concerné par lui. En février 2018, la marine militaire turque avait empêché un navire d’exploration italien de sonder les fonds dans les eaux territoriales chypriotes du Nord. En juin, le président Recep Tayyip Erdoğan avait menacé toute entité qui s’aviserait d’entreprendre des recherches sans son autorisation dans cette zone occupée.

En réalité, il semble que le Hamas et l’Égypte soient parties prenantes à cet accord.
- L’autorisation donnée au début du mois par Israël au Qatar de prendre en charge les fonctionnaires de Gaza serait la contrepartie de la reconnaissance par le Hamas de la frontière maritime de la Palestine tracée unilatéralement par Israël. Le gaz palestinien serait donc exploité par Israël et les droits reversés par le Qatar au Hamas.
- Israël a également signé un accord avec l’Égypte pour lui exporter du gaz. Cet accord parallèle a été conclu via la société East Gas, dont les services secrets égyptiens sont l’actionnaire majoritaire. Là encore, du gaz offshore égyptien serait exploité par Israël, puis ré-acheminé en Égypte pour y être liquéfié et exporté.

Ces contournements visent à masquer les contradictions entre les rhétoriques officielles des dirigeants et la réalité de leurs pratiques.

L’ensemble de ces accords a été parrainé par l’Union européenne et le Qatar.

http://www.voltairenet.org/article204084.html

La Grèce détecte l’arrivée massive de jihadistes

La Grèce détecte l’arrivée massive de jihadistes

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Alors que l’arrivée de jihadistes mêlés au flot de migrants entrant dans l’Union européenne par la Grèce était jusqu’ici anecdotique, l’alerte vient d’être lancée face à une arrivée plus massive.

Depuis la signature de l’accord russo-turc de Sotchi, plus d’un millier de combattants de Daesh et d’Al-Qaïda ont été discrètement exfiltrés d’Idleb par le Millî İstihbarat Teşkilatı (services secrets turcs).

La police grecque a détecté au moins 120 jihadistes parmi les nouveaux immigrants, notamment dans le camp de Moria, sur l’île de Lesbos.

Ces individus ne figurent pas sur le fichier des 5 000 jihadistes dont disposent les autorités européennes. Ils ont été identifiés grâce aux dénonciations d’autres migrants qui en ont été victimes en Syrie et en Iraq.

http://www.voltairenet.org/article203448.html