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Les Britanniques et la « révolution colorée » à Hong Kong

Les Britanniques et la « révolution colorée » à Hong Kong

RÉSEAU VOLTAIRE | 10 AOÛT 2019 PORTUGUÊSITALIANOESPAÑOL

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Depuis le transfert de souveraineté de l’Empire britannique à la République populaire de Chine, Hong Kong est —avec Macao— une des deux Régions administratives spéciales chinoises. Conformément aux accords de 1997, Beijing a installé la démocratie occidentale à Hong Kong qui ne l’avait jamais connue auparavant. Pour la première fois, le Parlement a été élu par la population.

Cependant, si la rétrocession de Hong Kong à Chine a marqué une amélioration des conditions de vie de la population, celle-ci est restée culturellement plus britannique que chinoise. Ce qui ne manque pas d’étonner les voyageurs.

Les démonstrations massives actuelles doivent d’abord être comprises comme le constat de l’impossibilité culturelle de l’unification chinoise. Elles sont attisées par le Royaume-Uni et les États-Unis, dont une « diplomate » a rencontré et coaché les leaders des manifestations. On a vu l’élément le plus en pointe des protestations, le Mouvement pour l’indépendance de Hong Kong, brandir l’ancien drapeau colonial en pleine conférence de presse. Le même phénomène avait été observé en Libye et en Syrie où le Conseil national de transition a adopté le drapeau du roi Idriss et l’Armée syrienne libre celui du mandat français

.https://www.voltairenet.org/article207310.html

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À Hong Kong, quel est le rôle des triades dans les manifestations

INTERNATIONAL07/08/2019 18:28 CEST | Actualisé il y a 8 heures

À Hong Kong, quel est le rôle des triades dans les manifestations

Le 21 juillet puis le 5 août, des hommes pour la plupart vêtus de blanc, et soupçonnés d’être des membres de la mafia chinoise, ont surgi et agressé les manifestants à coups de barres de fer.

INTERNATIONAL – Le 21 juillet dernier, les images ont surpris tout le monde, de par leur violence et cette question sans réponse: qui étaient ces hommes, pour la plupart vêtus de blanc, qui ont attaqué frontalement les manifestants hongkongais pro-démocratie qui défilaient dans les rues? Pour de nombreux observateurs, les triades, les mafias chinoises, étaient entrées dans le jeu. Elles sont à nouveau apparues ce lundi 5 août.

Alain Rodier, directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement et auteur d’un livre sur le sujet (“Les Triades, la menace occultée”), a accepté d’éclairer cette intervention dans les manifestations, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article.

Pour lui, il est de l’ordre du possible que le gouvernement chinois, dépassé par plusieurs mois de contestation, ait tenté d’intimider les manifestants et de les pousser à rester chez eux, par peur des attaques. Le 21 juillet, plus d’une quarantaine de personnes avaient été gravement blessées par ces hommes munis de barres de fer. 

En 2014 déjà, lorsque Hong Kong s’était soulevé une première fois contre Pékin, les triades avaient rejoint les manifestants pro-Pékin pour tenter un retour à l’ordre. À l’époque, la police avait été accusée de passivité, voire de complaisance à l’égard de ces agresseurs, tout comme lors du 21 juillet 2019, où de nombreux manifestants ont témoigné de la lenteur de l’intervention policière. La police de Hong Kong a néanmoins déclaré avoir arrêté 12 personnes au terme de cette journée, dont neuf apparentés aux triades.

Après quelques jours d’accalmie, les manifestants ont de nouveau subi les coups et la violence de plusieurs dizaines de personnes, parfois masquées, sans qu’on sache s’il s’agit réellement des triades.

Pour Alain Rodier, il est clair que cette situation ne convient pas à la mafia chinoise: “C’est particulier à toutes les organisations criminelles d’importance: il faut le calme pour que les affaires puissent tourner rondement”. Ainsi donc, les triades auraient-elles agi sur demande du gouvernement chinois? Impossible à certifier en l’état. Mais Alain Rodier précise: “Les triades pensent d’abord à faire leurs affaires. Quelquefois, elles ont même montré une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir, comme lors de Tiananmen”.

Ainsi, Pékin pourrait-il demander aux triades de traiter le problème des manifestants hongkongais plus durement? Pour Alain Rodier, cela est peu probable: “Les triades sont totalement dépassées, le gouvernement local semble également dépassé et Pékin très embarrassé. (…) La grande question qui se pose, c’est quels ordres vont être donnés à l’armée. Est-ce qu’on va connaître un nouveau Tiananmen? (…) Parce que je ne crois pas que Pékin va pouvoir encore tolérer pendant des semaines, voire des mois cette insurrection.”

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30 Juillet 2019

Le rapprochement sans cesse croissant entre la Russie et la Chine envoie des signaux d’alarme continuels à Washington. Ce blog a montré à de multiples reprises comment la coopération entre Pékin et Moscou fait inexorablement avancer l’unification de l’Eurasie, cauchemar absolu des stratèges de la thalassocratie américaine. L’évolution de ces derniers mois n’est pas faite pour les rassurer…

Invité d’honneur du Forum des Nouvelles routes de la soie en avril à Pékin, Poutine avait mis du sel sur la plaie impériale : « ces routes doivent être un intégrateur politique et social du continent-monde ». La portée stratégique du projet, soutenu aussi fortement par le président russe, n’échappe évidemment à personne.

Contrairement aux dirigeants occidentaux, qui vivent par/pour la communication et dont les effets d’annonce ne sont à peu près jamais suivis d’effets, les leaders russes et chinois n’ont pas l’habitude de parler pour ne rien dire. Trois mois après le discours de Vladimirovitch, Moscou vient d’approuver la construction d’un tronçon d’autoroute long de 2 000 km et faisant la liaison entre les frontières biélorusse et kazakhe. Nommé Méridienne, ce nouvel axe routier favorisera le trafic entre l’Europe et la Chine, reliant deux pôles majeurs du Rimland.

Ce n’est qu’un élément parmi d’autres de la lune de miel sino-russe. Du partenariat dans l’Arctique pour créer une Route de la Soie polaire à une éventuelle entente technologique pour contrer l’embargo US sur Huawei en passant, fait nouveau et très intéressant, par une patrouille aérienne conjointe dans les cieux coréens pour surveiller le THAAD, les terrains de jeu de l’ours et du dragon se multiplient. On comprend que les épigones de Brzezinski et McCain fassent grise mine…

Est-ce tout à fait un hasard si Russie et Chine ont récemment vu l’éclosion de manifestations qui fleurent bon la révolution colorée si chère à Soros ? Le « philanthrope », comme l’appellent amoureusement nos petits plumitifs, prévenait d’ailleurs au début de l’année : « La Chine est notre ennemi le plus dangereux ».

Fin mars, des manifestations éclatent à Hong Kong contre un amendement permettant l’extradition vers la Chine. Si le projet de loi est certes maladroit et l’inquiétude bien réelle chez beaucoup de Hongkongais, sourcilleux quant à l’indépendance de leur système judiciaire, il est impossible de ne pas voir que plusieurs meneurs protestataires sont financés par le N.E.D.

Rappelons que le National Endowment for Democracy, fondation bipartisane créée au début des années 80 par le Congrès américain, a repris officiellement à sa charge les coups tordus de la CIA. Comme le disait l’ancien directeur de l’agence, William Colby : « Il n’est plus nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui étaient menés en sous main, peuvent désormais l’être au grand jour, sans controverse ».

Cette dangereuse proximité des manifestants avec les officines de l’empire et le fait que les protestations continuent et s’amplifient malgré le retrait de l’amendement ne trompent personne, et surtout pas les Chinois. Pour Pékin, c’est clair : tonton Sam est à la manœuvre.

Le but, évident : mettre une épine dans le pied du dragon et le fixer sur un point sensible (Hong Kong est la cinquième bourse mondiale) afin d’entamer son prestige en Asie et entraver sa marche.

A Moscou, c’est une manifestation non autorisée contre le rejet d’une soixantaine de candidatures aux élections locales prévues en septembre qui a permis à la presstituée occidentale de s’en donner à cœur joie. Seuls 3 500 participants s’étaient déplacés à l’appel de l’un des derniers chouchous de Saint-Germain-des-Prés, Alexei Navalny, régulièrement boudé par l’électorat russe (2% d’intentions de vote) et dont la provocation est le seul moyen de sortir de l’anonymat. Cela n’empêche visiblement pas la journaloperie de tomber dans le ridicule le plus achevé en le qualifiant de principal opposant à Poutine, BFM atteignant même le point Godwin : « opposant n°1 ». C’est beau comme du BHL…

Nos plumitifs se gardent bien, par contre, de mentionner le racisme affiché du sulfureux personnage envers les Tchétchènes ou sa croisade pour la légalisation du port d’armes, thèmes moins porteurs dans le camp autoproclamé du Bien.

En maison d’arrêt pour 30 jours suite à ses appels répétés à manifester sans autorisation, le héros de nos salles de rédaction semble avoir été victime d’une allergie. Il n’en fallait pas plus pour que la rumeur se propage comme une traînée de poudre : em-poi-son-ne-ment ! Et peu importe que le bonhomme ait, dès le lendemain, quitté l’hôpital en pleine forme pour retourner dans sa cellule, ce n’est certes pas l’AFP qui écrira une dépêche là-dessus…

Ce nouveau pet de propagande des officines médiatiques, noyautées par qui vous savez, laisse à penser que la guerre de l’information contre le Kremlin a été remise au goût du jour. Mais, contrairement à Hong Kong, il semble que ce soit le maximum que le Deep State puisse faire contre l’ours. Les inénarrables « ONG » américaines ont été expulsées de Russie depuis fort longtemps et la « popularité » de Navalny et de ses comparses libéraux est telle que les grands rassemblements auxquels on assiste en Chine du Sud sont à exclure, même si une manifestation est prévue le 3 août.

En attendant, Moscou a beau jeu de remettre Paris à sa place. Aux « préoccupations » du gouvernement français concernant les arrestations, le facétieux MAE, sous la houlette de Lavrov, a répondu du tac au tac : « Nous exprimons à notre tour notre préoccupation face à l’état de santé des citoyens français (y compris des journalistes) régulièrement victimes de brutalités policières. En ce qui concerne les actions « disproportionnées » de la police lors de manifestations, la France est malheureusement l’un des pionniers du monde ». Aux dernières nouvelles, l’ImMonde et BFM en sont restés muets de stupeur…Tag(s) : #Etats-Unis#Russie#Chine#Europe

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/07/le-deep-state-se-rebiffe.html

LES MANIFESTANTS DE HONG KONG PRENNENT LE BÂTIMENT LEGCO ET SONT REPRIS PAR LA POLICE. SCÈNE ENTIÈRE PRÉVUE DANS LA VIDÉO PUBLIÉE 10 JOURS PLUS TÔT

LES MANIFESTANTS DE HONG KONG PRENNENT LE BÂTIMENT LEGCO ET SONT REPRIS PAR LA POLICE. SCÈNE ENTIÈRE PRÉVUE DANS LA VIDÉO PUBLIÉE 10 JOURS PLUS TÔT

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Hong Kong Protesters Take LegCo Building, Police Retake It. Entire Scene Planned In Video Released 10 Days Earlier

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Aux premières heures du 2 juillet, la police de Hong Kong a repris le bâtiment du Conseil législatif (LegCo) après que les manifestants l’aient prise d’assaut et l’aient emporté vers minuit le 1er juillet .

Mais le bâtiment ne sera pas utilisé pendant un moment, car le chef de la police de la RAS de Hong Kong a déclaré que les manifestants avaient jeté une fumée blanche sur la police et avaient aspergé un liquide suspect.

La directrice générale, Carrie Lam, a tenu une conférence de presse pour répondre à la manifestation violente. Elle y disait que le gouvernement de Hong Kong ne céderait pas aux demandes des manifestants et que les gestes de la nuit étaient « intolérables ».

Lam a déclaré qu’elle était attristée et choquée par le recours à la violence et au vandalisme, soulignant que tout acte illégal commis par les manifestants ferait l’objet d’une enquête.

«C’est quelque chose que nous devrions sérieusement condamner car rien n’est plus important que l’état de droit à Hong Kong», a-t-elle déclaré aux médias. «J’espère que la communauté dans son ensemble conviendra avec nous qu’avec ces actes de violence que nous avons vus, il est juste que nous le condamnions et espérons que la société reviendra à la normale le plus rapidement possible.»

Le bureau de liaison du gouvernement populaire central dans la région administrative spéciale de Hong Kong a également exprimé son choc, son indignation et sa ferme condamnation pour les actes violents de prise d’assaut du complexe du Conseil législatif (LegCo).

«Certains éléments extrêmes ont utilisé une violence excessive pour prendre d’assaut le bâtiment de la législature et se sont livrés à une série d’agressions à grande échelle. C’est choquant, déchirant et énervant », a déclaré le communiqué. «Leurs actes violents constituent un défi extrême à la règle de droit de Hong Kong et ont gravement porté atteinte à la paix et à la stabilité de Hong Kong. C’est totalement intolérable.

Le bureau des affaires de Hong Kong et Macao du Conseil des Affaires d’Etat, ou cabinet chinois, a publié une déclaration de condamnation similaire, s’engageant à soutenir les autorités de Hong Kong dans leurs enquêtes sur la «responsabilité pénale des auteurs violents».

« Ces actes illégaux graves ont bafoué l’état de droit de Hong Kong et porté atteinte à l’ordre social de Hong Kong », indique le communiqué. «C’est un défi flagrant pour le résultat net de la formule« Un pays, deux systèmes ». Nous condamnons fermement cela. « 

Par ailleurs, les MSM continuent de couvrir les manifestations en tant que «pro-démocratie» même si les revendications des manifestants incluent: la démission de la directrice générale, Carrie Lam, une enquête objective et ouverte sur la brutalité politique, principalement le 12 juin, au cours de l’utilisation de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc et pour que la facture d’extradition ne soit pas acceptée.

De plus, les raisons pour lesquelles les manifestants qui ont pris d’assaut le bâtiment de la LegCo ont défiguré l’emblème de Hong Kong et levé le drapeau de Hong Kong d’une colonie britannique. Ce n’était certainement pas une démocratie à l’époque.

Il est à noter que quelques jours avant la prise d’assaut du bâtiment par des manifestants masqués qui menaçaient même les journalistes de ne pas les filmer, une vidéo d’animation réalisée par des professionnels a été publiée montrant «des Hongkongais qui aiment notre ville de très près» prenant d’assaut le bâtiment LegCo.

Séparément de la manifestation violente, plus de 500 000 personnes ont défilé dans les rues, pacifiquement, sans affrontement avec les autorités. Demande toujours une enquête sur les brutalités policières, le blocage du projet de loi sur l’extradition et la démission de Carrie Lam. Aucune mention de la démocratie.

Même les législateurs «démocrates» de Hong Kong n’ont pas mentionné les manifestations , mais ont plutôt exhorté la police à ne pas nuire aux manifestants et ont déclaré qu’ils ne pourraient pas accéder à leurs bureaux à cause des dommages subis par le bâtiment.

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Le délai a expiré, les hongkongais redescendent dans la rue

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Des manifestants devant le quartier général de la police
Des manifestants devant le quartier général de la police 

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REUTERS/Ann Wang

Ce vendredi, le délai qu’avait accordé les manifestants au gouvernement de Hong Kong a expiré. Il réclamaient l’enterrement définitif du projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Ce matin, ils étaient encore des milliers à se rassembler dans les rues.

La cheffe du gouvernement, Carrie Lam, avait déjà procédé à un rétropédalage sur la question, mais ça n’a pas calmé les contestataires pour autant. De nombreux Hongkongais dénoncent depuis des années une ingérence grandissante de ¨Pékin, en violation du principe de « un pays, deux systèmes » qui garantit à Hong Kong, en théorie jusqu’en 2047, une semi-autonomie et des libertés inexistantes ailleurs en Chine.

REUTERS/Tyrone Siu
Carrie Lam pendant une conférence à Hong Kong le 18 juinREUTERS/Tyrone Siu

Hong-Kong est, depuis plusieurs semaines, le théâtre d’une contestation historique à l’encontre d’un projet de loi controversé visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Pour la plupart vêtus de noir – la couleur choisie pour le rassemblement monstre du dimanche 16 juin qui avait réuni deux millions de personnes (pour sept millions d’habitants) -, les hongkongais ont été invités à manifester pacifiquement et à bloquer les routes et les transports en commun. Ils se sont ensuite rassemblés à l’extérieur du quartier général de la police pour exprimer leur mécontentement et leur frustration face à la détermination de Carrie Lam.

Les protestataires ont retrouvé Joshua Wong, figure de la colère à Hong Kong. Fraîchement sorti de prison suite à son rôle dans la révolution des parapluies, l’étudiant de 22 ans est l’un des leaders de cette nouvelle révolte.

REUTERS/Tyrone Siu
Joshua Wong pendant les manifestations du 21 juinREUTERS/Tyrone Siu

Outre la volonté de garder cette indépendance à Hong-Kong, les manifestants demandent la démission de Carrie Lam, la libération des personnes détenues à l’occasion de ces affrontements et une enquête sur les violences policières.

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Hong Kong dans la tourmente des manifestations

Hong Kong dans la tourmente des manifestations

Hong Kong, « le monstre sacré de l’univers », selon l’expression de Joseph Kessel, fait face à des manifestations massives. Celle de dimanche 16 juin fut la plus grande de l’histoire de la ville, rassemblant deux millions de manifestants, soit près d’un quart de la population. Si la contestation visait à l’origine le projet de loi d’extradition, ses requêtes et ses membres s’élargissent, mettant Pékin sous pression.

Hong Kong dans la tourmente des manifestations
Dimanche 9 juin, la première manifestations contre la loi d’extradition a rassemblé un million de Hongkongais.

Un legs de l’histoire

En 1842, à la suite de la première guerre de l’opium, l’Empire britannique s’empare de Hong Kong. Après une deuxième guerre, Pékin accorde au Royaume Uni en 1898 un bail de 99 ans sur Hong Kong. Durant cette période, la ville se libéralise amplement. En 1984, à la suite d’un accord entre Margaret Thatcher et Deng Xiaoping, la rétrocession de Hong Kong en 1997 est acceptée par le gouvernement britannique à condition que la ville bénéficie d’une période de transition de cinquante ans au cours de laquelle elle continuerait de posséder son statut spécial. Depuis 1997, selon le principe « un pays deux systèmes », la cité hongkongaise appartient administrativement à la Chine mais dispose de son autonomie économique, monétaire, politique et judiciaire – domaines dans lesquels elle est bien plus libérale que l’Empire du milieu. Néanmoins, la Chine resserre son emprise sur la ville, en particulier depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012. La population s’y oppose avec véhémence comme en témoignent les manifestations des parapluies en 2014.

Xi Jinping affaibli par un texte de loi

Dimanche 9 juin, se tient une première manifestation à l’encontre d’un projet de loi d’extradition. Il aurait notamment permis les extraditions vers la Chine. La manifestation a rassemblé un million de personne soit un septième de la population. Il s’agit d’un événement d’ampleur inégalée depuis les événement de Tian’anmen en 1989. Mercredi 12 juin, un nouveau rassemblement est réprimé dans la violence et 80 personnes sont blessées. Loin de ralentir la contestation, elle s’en trouve renforcée et élargie. Violences policières et démission de Carrie Lam s’ajoutent à présent à son réquisitoire. En acceptant, samedi 15 juin, le retrait du projet de loi, Xi Jinping réalise une marche arrière inédite. Même si le risque semble limité, la perspective d’une « révolution de couleur » n’est pas à exclure. Elle invite le dirigeant chinois, déjà fragilisé par la guerre commerciale avec les Etats-Unis, à la prudence. D’autant plus que la crise atteint le secteur financier et celui des services pour lesquels Hong Kong demeure un épicentre. Surtout, l’importance de la Zone Administrative Spéciale (ZAS) hongkongaise dans la mondialisation lui offre une visibilité remarquable à l’échelle internationale.

Un retour d’Hong Kong au centre de la politique chinoise ?

Depuis 1990, Hong-Kong est le lieu d’expérimentation de la politique chinoise. Pourtant, son poids dans l’économie de la Chine étant passé de 18% à 3% aujourd’hui et le projet OBOR des routes de la soieentrepris par Xi Jinping semblait affaiblir son importance. De fait, ce projet favorise l’industrie aux services et est essentiellement axé vers l’ouest de la Chine. Les événements récents, qui mettent en exergue une expérimentation du sharp power (pouvoir de nuisance) chinois, pourraient cependant redonner à Hong Kong son rôle d’élaboration d’idées pour l’avenir chinois. Pékin a récemment renommé la région du Delta de la rivière des perles « région de la grande baie de Guangdong-Hong Kong-Macao ». Cela traduit la volonté d’intégrer Hong-Kong à l’ensemble de la région et, plus largement, à la Chine. Si l’absorption économique semble inévitable, la montée en puissance d’une jeunesse pro-démocratie en politique, met à mal les tentatives autoritaires chinoises. Joshua Wong, icône des manifestations des parapluies de 2014, en est un instigateur principal. Néanmoins, comme l’affirme Philippe Le Corre, « la population de Hong Kong a gagné une bataille, elle sait qu’il lui sera difficile de gagner la guerre ».

Sources

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/17/la-population-de-hongkong-a-gagne-une-bataille-elle-sait-qu-il-lui-sera-difficile-de-gagner-la-guerre_5477424_3232.html

https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/chine-hong-kong-un-pays-toujours-deux-systemes

https://www.economist.com/leaders/2019/06/13/the-rule-of-law-in-hong-kong

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/asie-oceanie/41074-hong-kong-dans-la-tourmente-des-manifestations

Le Dessous des cartes Hong Kong : retour en Chine

Le Dessous des cartes
Hong Kong : retour en Chine

13 min
Disponible du 24/11/2018 au 22/01/2019
Disponible en direct : oui
Sous-titrage malentendant
Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

Vingt et un ans après sa rétrocession à la Chine, où en est Hong Kong, ex­perle de l’Empire britannique ? Après avoir été pendant toute la guerre froide l’une des vitrines de l’Occident capitaliste face à son voisin communiste, la « région administrative spéciale » est aujourd’hui de plus en plus intégrée dans une Chine largement convertie à la mondialisation.

Alors que son régime d’exception devrait prendre fin d’ici moins de trente ans, Hong Kong saura-t-il préserver l’ouverture économique et politique qui a fait sa force depuis près de deux siècles ?

Présentation :

Emilie Aubry

Pays :

France