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Syrie : les vraies raisons derrière l’avertissement d’Erdogan à l’Europe sur une nouvelle vague de migrants

: les vraies raisons derrière l’avertissement d’Erdogan à l’Europe sur une nouvelle vague de migrantsEUROPE11 septembre 2019© Reuters

MENACE

Syrie : les vraies raisons derrière l’avertissement d’Erdogan à l’Europe sur une nouvelle vague de migrants

La semaine dernière, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a menacé l’Europe d’un nouvel afflux de migrants. Pourquoi cette menace ? Il réclame une nouvelle aide financière et la création d’une zone tampon au Nord de la Syrie.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN61974Avec Alexandre Del Valle

Atlantico : Dans ce bras de fer avec l’UE qui détient le contrôle du flux syrien ?

Alexandre Del Valle : Je pense que tout ça, c’est des rapports de force, et dans les rapports de force, c’est celui qui est le plus culotté, le plus déterminé, qui a le moins de scrupules et qui manie le mieux le bluff qui gagne. Et souvent les Européens ne savent pas avoir cette politique musclée, virile et sans scrupule, qui consiste à écraser celui qui est un peu plus correcte. Ce n’est pas que la Turquie a tous les atouts, le vrai problème n’est pas là : elle n’a pas tous les atouts ; elle a certains atouts, mais elle sait que l’Europe est un continent complexé, géopolitiquement peu viril, et qui est souvent le dindon de la farce dans les relations internationales. On le voit pour le climat, pour l’aide au développement, pour les règles de l’OMC, pour les échanges avec les Américains. L’Europe est souvent le dindon de la farce qui accepte des choses qu’elle s’impose, des règles qu’elle respecte, alors que le partenaire ne les respecte pas. C’est pareil pour la Chine : elle viole les règles de l’OMC que l’Europe respecte. La concurrence est violée par le Chine et les Américains alors que l’Europe se fait hara-kiri en s’empêchant d’avoir des consortiums. Donc dans plusieurs domaines, ce n’est pas que l’Europe est plus faible, mais elle est scrupuleuse, elle accepte des règles et elle n’ose pas se comporter comme les voyous et donc elle est la seule à être vertueuse, à respecter des règles que ses partenaires violent. Avec la Turquie, qui n’a pas de scrupules, l’Europe est faible. Non pas parce qu’elle est structurellement faible, mais parce que ses complexes, ses scrupules, l’empêchent d’aller loin dans les négociations. Tandis que si l’Europe était moins complexée et plus adepte d’une négociation musclée, l’Europe pourrait très bien dire aux Turcs : « Vous menacez de nous balancer des centaines de milliers de clandestins, nous allons rompre pleins d’accords avec vous, nous suspendons les négociations en vue de l’adhésion, nous enlevons les aides que nous vous donnons chaque année, nous supprimons un tas d’avantage que les Turcs ont avec l’UE, nous annulons l’union douanière, etc ». Et si on était capables d’avoir ce genre de politique, ce serait beaucoup plus efficace, mais nous ne l’avons pas. Nous ne brandissons pas des menaces régulièrement aux Turcs et donc ils ont raison d’essayer, ils savent que c’est un partenaire faible psychologiquement. L’Europe est aujourd’hui le continent de la faiblesse volontaire, et les prédateurs adorent les faibles. Les prédateurs comme Erdogan, comme Trump, comme Xi Jin Ping. L’Europe aujourd’hui, parmi les grands acteurs du monde multi polaire, c’est le continent de la faiblesse et des scrupules, et de l’auto critique, et des complexes.  Et donc il est facile de menacer un être complexé, même s’il est plus fort. Potentiellement l’Europe est plus forte, elle a quand même la deuxième armée mondiale et la première économie mondiale si on additionne les budgets, l’Europe est un continent extrêmement puissant si elle en a la volonté, mais elle est complexée. Le grand turc Erdogan l’avait dit un jour : « L’Europe est un continent en voie de putréfaction frappé par la vieillesse et par la décadence ». C’est quand même assez clair. Il a même dit un jour : « Les Européens auront peur de sortir de leur maison car les musulmans feront en sorte qu’ils aient peur de sortir de chez eux ». Les discours d’Erdogan ces dernières années sont extrêmement menaçants. Il a compris qu’il a en face de lui un colosse vieux, donc il en profite. L’Europe est aujourd’hui le continent de personnes qui attirent tous les prédateurs. L’Europe se veut un continent sans identité, sans nationalisme, c’est une destruction de la souveraineté depuis Jean Monnet au profit d’un projet utopique, mondialiste, universaliste, de paix et d’harmonie. C’est le continent des droits de l’Homme, donc pour un Donald Trump, pour un Bolsonaro, pour un Xi Jinping, pour un Poutine ou pour un Erdogan, pour les grands leaders du monde multipolaire, qui eux sont nationalistes et non complexés, c’est une proie facile. C’est un colosse aux pieds d’argiles, c’est un géant économique mais divisé, c’est une puissance militaire mais fragmentée, En plus contrôlée par les Etats-Unis ; c’est en fait une colonie américaine. L’Europe est une colonie pour les grands prédateurs du monde. Les Turcs veulent la coloniser par l’Islam et la démographie musulmane, les Chinois par l’achat des ports, aéroports et infrastructures, les Américains par la culture et la domination de l’OTAN… En fait l’Europe peut s’analyser aujourd’hui comme un continent qui attire tous les grands prédateurs du monde multipolaire. C’est dans ce cadre qu’il faut replacer les techniques de négociation menaçantes d’un Erdogan, qui serait beaucoup respectueux s’il avait en face de lui, à la tête de l’Europe, quelqu’un comme Poutine. Quand Erdogan a voulu ennuyer les Russes, ça n’a pas duré bien longtemps. Il n’y a pas eu de guerre entre la Russie et la Turquie, pourtant la Turquie avait fait assassiner un ambassadeur russe. Poutine a tapé sur la table, il a menacé de représailles économiques et Erdogan a compris les menaces et il a arrêté. Les Européens n’oseront jamais menacer Erdogan comme les Américains les ont menacés. Et de son point de vue Erdogan a raison d’essayer.open in 0

C’est vrai que la Turquie, voisine de la Syrie reçoit énormément de réfugiés, deux millions depuis le début de la guerre syrienne. C’es vrai que l’une des raisons de cet accueil, pour Erdogan, c’est d’avoir un élément de négociation avec les pays arabes, parce qu’Erdogan veut apparaitre comme un protecteur des réfugiés sunnites musulmans syriens persécutés par les apostats au pouvoir en Syrie, parce qu’en Syrie ce ne sont pas des musulmans, ce sont des alaouites qui tiennent le pouvoir. Erdogan veut être le protecteur des islamistes sunnites syriens, c’est pour ça qu’il en a accueilli beaucoup, pour apparaitre un peu comme un leader protecteur des Arabes sunnites, et il a également utilisé cette réserve de réfugiés pour pouvoir éventuellement les lâcher vers l’UE pour que celle-ci paye le fait de les retenir. Ce qu’il veut, c’est de l’argent. Il avait demandé plusieurs milliards, il y avait déjà eu un accord avec Angela Merkel, on avait cédé par manque de courage. Eux ont l’argument de l’immigration clandestine, les réfugiés syriens, et les Européens ont également des moyens de pression qu’ils n’osent pas utiliser. Erdogan sait être faible avec les forts, et fort avec les faibles. C’est un vrai leader du monde post-moderne, on est dans le retour de la « voyoucratie ». Ce sont des leaders sans scrupules, nationalistes, voir impérialistes, parce qu’Erdogan va plus loin que la Nation, il est impérialiste, il veut rétablir l’Empire Ottoman. Il sait que l’Europe est un continent de vieillards et de faibles, en tous cas c’est ce qu’il dit, et il sait très bien qu’avec un vieillard on peut menacer plus facilement qu’avec un jeune homme. Et si en plus le vieillard est complexé, c’est encore plus facile que si le vieillard est malin.

On a plein de moyens de pression : l’union douanière avec la Turquie date de 1996, c’est même avant la procédure d’adhésion. Elle donne des avantages aux entreprises européennes, mais aussi turques, auxquelles elle permet de vendre plein de produits, textiles notamment. Imaginez si demain le Président de l’UE, un peu plus virile, dit : « On en a marre des menaces d’Erdogan, nous menaçons de ne plus importer aucun textile turc ». Ce serait catastrophique pour l’économie turque. Ou alors si la France dit : « Si vous continuez, on va délocaliser les productions de voitures Peugeot et Renault de Turquie en Roumanie ». Même si c’est du bluff, on pourrait utiliser des arguments de négociation de ce style. Jamais on ne le fait. La Turquie a plus besoin de l’Union européenne, que l’inverse. Parce qu’elle ne vend pas de pétrole la Turquie, ni de gaz. On peut se passer de la Turquie. Totalement. Donc il faut répondre à tous ceux qui cèdent devant le Grand Turc qu’il n’utilise que notre scrupule, notre lâcheté et notre manque de virilité dans les négociations. Et on ne peut pas leur reprocher d’essayer !

Quelle est la stratégie d’Erdogan aujourd’hui ? A-t-il des chances d’arriver à ses fins ?

Erdogan est à la fois un impérialiste – il veut rétablir l’Empire ottoman symboliquement. C’est un nationaliste. En gros on peut le décrire comme un nationaliste qui est en même temps un islamiste. National-islamiste. Il veut plaire à la fois au nationalisme turc, très orgueilleux voir raciste – il tape tout le temps sur les Arméniens, les Kurdes… Donc pas que les Européens, il a plein de boucs émissaires. C’est un vrai nationaliste qui pratique le racisme d’État et le bouc-émissairisme pour fédérer son peuple contre des ennemis internes et externes, et c’est aussi un impérialiste qui veut utiliser l’islam pour établir un Empire au profit des Turcs, l’Empire Ottoman. Et à ce titre, pour paraitre le défenseur des musulmans contre les ennemis de l’Islam, il traite tout le temps l’Europe de raciste, d’islamophobe, il joue beaucoup là-dessus. C’est comme ça qu’il justifie des menaces comme celle-ci auprès de sa propre opinion. Il dit : « On va faire plier ces Européens qui ont humilié les Turcs pendant la Seconde Guerre mondiale, qui défendent les athées qui critiquent l’islam… ». L’idée est toujours de monter que « ils nous ont humilié, ces impérialistes occidentaux, croisés, et bien nous on leur fait payer ». Régulièrement Erdogan insulte ou menace les Européens depuis plusieurs années, c’est son bouc émissaire extérieur, même s’il tape quand même sur l’Amérique de temps en temps. Souvent Erdogan bluff, car il sait très bien que les intérêts sont croisés, mais il bluff aussi à usage interne, car il saut qu’à chaque fois qu’il tape sur les ennemis de la Turquie musulmane, il prend des voix. Il sait très bien ce qu’il fait, il ne faut pas être intimidé. Il y a aussi une part de réel, parce qu’il sait que les Européens peuvent avoir peur et céder et donc donner du fric en échange du contrôle des migrants comme on a déjà fait. En 2015, Merkel et Erdogan s’étaient rencontrés et avaient décidé d’un accord, sans consulter les autres dirigeants européens, Merkel avait accepté de céder au chantage. On avait promis six milliards en échange du fait qu’ils reprennent des clandestins illégaux sans papiers, mais en fait nous en reprenions tamponnés, des clandestins demandeurs d’asile réguliers. C’est-à-dire que finalement c’était un accord de dupe. C’est comme Kadhafi qui se faisait payer des milliards chaque année, il n’y avait pas d’immigration clandestine au large de la Lybie et de l’Italie parce qu’il se faisait payer très cher le contrôle des frontières. Donc Erdogan veut faire comme Kadhafi : du racket. Et pour un musulman radical, c’est facile, c’est permis dans la tradition islamique : le chrétien doit toujours payer un tribut à l’Empire islamique en échange d’être épargné, donc pour lui c’est moral. On retrouve cette mentalité du djihad : faire payer le chrétien croisé pour l’anomalie que consiste le fait de ne pas lui faire la guerre. Et Kadhafi était pareil : ces leaders nationalistes islamistes, qui ont une très grande haine de l’Europe, de l’occident, du monde chrétien, pour eux c’est moral de racketter un chrétien et un juif, parce que ce sont des ennemis qui devraient être des sujets soumis de l’Empire islamique. Dans la Charia, les chrétiens et les Juifs ne peuvent qu’être humiliés, soumis, et payer un tribut.

Dans ce contexte, l’Europe devrait faire comme Poutine ou Trump, c’est malheureux mais quand on a en face de soi des prédateurs impérialistes et racketeur, il faut parler de manière beaucoup plus virile. Pourquoi Macron est respecté par Trump et Poutine ? Parce qu’il sait avoir une force morale. Rappelez-vous la poignée de main virile avec Trump, ça avait étonné Trump. Rappelez-vous comment il avait reçu Poutine la première fois. Respect, mais on le critique en face, on lui dit d’homme à homme ce qu’on pense, ça ça plait aux hommes forts. Mais le Président de l’Europe ne représente rien, on ne connait même pas son nom. Les dirigeants européens aujourd’hui sont un festival de faiblesse. Par contre rappelez-vous Sarkozy en 2008 quand il négociait pour l’affaire de Géorgie, ça avait marché parce qu’il y avait une forme de force chez lui qui se dégageait. Il avait suscité le respect de plusieurs partenaires. Donc le charisme d’un leader est très important face à des gens forts comme ça. Je ne parle pas de force virile au sens « violente », il ne s’agit bien sûr pas de déclarer la guerre à la Turquie, mais regardez : Trump et Poutine ont réussi à faire céder Erdogan, parce qu’il les a quand même bien cherchés : l’avion russe abattu par la Turquie, c’est quand même plus loin que ce que fait Erdogan avec nous. Il a testé les forces. Ce genre de personne teste les forces, il voit jusqu’où il peu aller. Quand il voit qu’il est allé trop loin, il recule. Avec les Américains et les Russes, Erdogan est allé loin, et ensuite il a reculé. Mais tant que l’autre cède, il continue à aller plus loin.

Comment composer avec les forces kurdes qui redoutent la création d’une zone de sureté au nord-ouest de la Syrie ? 

Les kurdes, c’est le mot clé. Cette menace en fait, qui concerne la Syrie, a pour but que les Européens donnent quelque chose en échange. Si les Européens lâchaient les Kurdes, vous verriez que peut-être Erdogan tout à coup serait beaucoup plus conciliant. En fait Erdogan utilise des moyens de pression divers pour soit obtenir de l’argent, soit obtenir ce qui est le plus important pour lui en Syrie : pouvoir éradiquer les Kurdes, qui sont le problème numéro 1 de la Turquie en Syrie. Ce ne sont pas les islamistes. D’ailleurs la Turquie a aidé Daesh et Al Qaida, et elle continue à aide les djihadistes à Idlib parce que ceux-ci sont les ennemis des Turcs. Et comme les Européens, politiquement, médiatiquement, idéologiquement, moralement soutiennent les Kurdes – les Kurdes sont réfugiés en Allemagne, en France, ils ont été soutenus par Mitterrand, par Merkel. Pour Erdogan, l’ennemi numéro 1 interne et externe ce sont les Kurdes. Les Kurdes de l’intérieur, qui constituent pour lui une cinquième colonne, et les Kurdes de l’extérieur, en Syrie, qui sont d’ailleurs liés au parti du PKK. Les Kurdes de Syrie appartiennent au même parti que les Kurdes de Turquie, et donc pour lui c’est les mêmes. Donc ce que voudrait obtenir Erdogan, c’est que les Européens lâchent leurs Kurdes. Or les Européens continuent d’aider les forces kurdes militairement contre les djihadistes. Il y a une coopération sécuritaire entre les Européens, les Kurdes et le Gouvernement irakien.

Ce que veut Erdogan depuis le début, c’est une zone tampon dans le nord-ouest de la Turquie qui empêche les Kurdes d’accéder à la mer et à l’Ouest, là où il y a un bout de Turquie qui descend et qui empiète sur le nord-ouest de la Syrie. Des zones qui pendant la première guerre mondiale auraient pu être données à la Syrie, des zones disputées jadis par la Syrie et par les Kurdes, et les Turcs ont très peur qu’un jour on grignote une partie de leur territoire et de l’accès à la mer et que les Kurdes aient un État qui ait un accès à la mer. Donc c’est fondamental pour eux d’avoir une zone de sécurité, soi-disant pour juguler le terrorisme islamiste, mais en réalité pour empêcher les Kurdes d’avoir un État qui pousse vers l’Ouest, parce que les Kurdes sont plus nombreux à l’Est de la Syrie qu’à l’Ouest, et leur but c’est de faire la jonction entre le Kurdistan de l’Ouest et le Kurdistan de l’Est. Les Kurdes de Syrie aimeraient réunir les cantons Kurdes de l’est et de l’Ouest. Et la Turquie veut éradiquer totalement les kurdes de l’Ouest de la Syrie. Et donc cette zone tampon soi-disant pour gérer les réfugiés, pour lutter contre l’islamisme, la vraie raison, c’est une zone qui a pour but d’éjecter géopolitiquement et militairement les Kurdes de l’Ouest de la Syrie, à l’Ouest de l’Euphrate, c’est-à-dire pas loin de Idlib, là où il y a une réserve de djihadistes, qui ont d’ailleurs été aidés par les Turcs pour combattre les Kurdes. Et d’ailleurs, dans l’Ouest de la Turquie il y a depuis deux ans une purification ethnique qui est en cours, où on est en train de renvoyer des milliers de Kurdes qu’on remplace par des réfugiés. En effet, Erdogan sait que certains nationalistes turcs en ont marre de voir des Syriens, donc il aimerait redéplace vers la Syrie, dans une zone tampon, les nombreux Syriens qui posent problème en Turquie et que le peuple turc n’aime pas voir

https://www.atlantico.fr/decryptage/3578896/syrie–les-vraies-raisons-derriere-l-avertissement-d-erdogan-a-l-europe-sur-une-nouvelle-vague-de-migrants-alexandre-del-valle

Mots-clés :immigrationTurquieRecep Tayyip ErdoganeuropeThématiques :POLITIQUEEUROPE

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Grand remplacement en Europe : l’Italie de Salvini, dernier rempart ?

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Grand remplacement en Europe : l’Italie de Salvini, dernier rempart ?

2 AOÛT 2019 | POLÉMIA

Par Paul Tormenen, juriste ♦ Polémia continue son tour d’Europe du Grand Remplacement. Après avoir étudié l’emblématique cas de la Suède puis l’inquiétante submersion démographique de la Belgiquel’espoir d’une réaction politique au Danemarkle désastre multiculturel britanniquele suicide de l’Allemagne et les tentatives de résistances de l’Autriche… C’est au tour de l’Italie d’être étudiée par Paul Tormenen. Face à l’afflux de migrants sur ses côtes, le pays peut compter sur Matteo Salvini pour tenter d’éviter le pire !
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Avant d’être un pays d’immigration, l’Italie a été un important pays d’émigration. C’est surtout à partir des années 60 que l’immigration a commencé à y être importante. La déstabilisation de la Libye en 2011 par une coalition de pays occidentaux et les convictions pro-immigration du précédent gouvernement ont rendu possible des flux migratoires considérables dans les années 2010, qui ont affecté toute l’Europe.

Le nouveau gouvernement en place depuis 2018 a pris plusieurs mesures visant à endiguer les arrivées illégales sur les côtes italiennes. L’Italie est apparu comme un rempart à la transformation accélérée de la population européenne. Le récent accord conclu par quelques pays européens visant à répartir automatiquement les clandestins arrivant sur les côtes européennes pourrait de nouveau changer la donne.

L’immigration en Italie

Alors que pendant des décennies, le chômage et la pauvreté ont poussé de nombreux italiens à émigrer, l’immigration en Italie a commencé à prendre une importance significative dans les années 1970. Les secteurs de l’aide à domicile, de l’hôtellerie et du bâtiment ont recruté en nombre des travailleurs étrangers depuis cette période.

Dans les années 90, l’immigration issue d’Afrique sub-saharienne et du moyen Orient a pris de l’importance (1).La chute du régime communiste en Albanie en 1990 a marqué le début d’une importante vague migratoire en provenance de ce pays, dont les ressortissants sont très nombreux en Italie (2).

Durant les années 2010, des arrivées massives de clandestins venant des côtes libyennes ont été organisées par des passeurs. Dans le périple migratoire sur la méditerranée, certaines organisations non gouvernementales sont parfois un rouage essentiel (3). Plusieurs explications peuvent être données à cette immigration incontrôlée :

  • la proximité géographique de l’Italie des côtes libyennes,
  • la déstabilisation du régime libyen en 2011 par une intervention militaire de pays occidentaux,
  • et surtout l’absence de volonté politique du gouvernement de l’époque de mettre un terme à l’immigration clandestine.

Les chiffres des arrivées par la mer de clandestins en Italie sont impressionnants : 62 692 en 2011, 170 100 en 2014, 181 436 en 2016, 119 369 en 2017 (4). Soit 743 600 personnes – très majoritairement musulmanes (5) – dans la seule période 2011-2017. Et on ne parle ici que des clandestins ayant fait l’objet d’un recensement, ce qui par nature en minore très certainement le nombre réel. Ce n’est qu’à partir de 2018 avec l’accession au pouvoir d’une coalition composée du parti 5 Etoiles et de la Lega que ces arrivées par la mer ont baissé de manière significative pour atteindre 23 000 personnes (6).

Un potentiel d’immigration considérable

Si, comme nous le verrons plus tard, le ministre de l’intérieur Matteo Salvini a su mettre un terme au véritable pont maritime existant entre la Libye et l’Italie, il n’en demeure pas moins que des centaines de milliers de migrants attendent le moment opportun pour « passer » clandestinement en Europe. Le nombre de migrants en Libye prêts à émigrer est estimé entre 700 000 et un million (7).

Plus largement, compte tenu de l’évolution démographique de l’Afrique, ce sont des millions de jeunes africains qui sont susceptibles d’émigrer vers l’Europe, à la recherche d’une chimérique amélioration de leur situation et de celle de leur famille restée au pays (8).

Un nombre d’étrangers conséquent malgré un nombre considérable de naturalisations

Le nombre d’étrangers arrivant en Italie pour s’y établir est très important depuis plusieurs années, avec un pic en 2007 ( 560 000 ). Depuis cette année-là, c’est au moins 210 000 personnes qui arrivent chaque année dans le pays pour y vivre. Parmi eux, les demandeurs d’asile sont nombreux : sur la seule année 2017, ils sont 120 000 à avoir sollicité une protection humanitaire (9). Un chiffre qui est tombé à 54 000 en 2018 (10).

Le nombre de résidents de nationalité étrangère en Italie ne cesse d’augmenter. Il est passé de 625 000 en 1991 à 5,2 millions en 2017 (8,7 % de la population totale) (11). Ceci bien que les naturalisations ont été dans le pays les plus importantes d’Europe en nombre sur la période 2013-2017 : 750 000 (12).

Alors que la natalité des italiens est en berne, la part des naissances d’enfants dont un des deux parents est étranger est en augmentation et représente 21% du nombre total des naissances en 2017 (13).

Parmi les étrangers vivant en Italie, les non européens sont majoritaires et sont au nombre de 3,7 millions. Les principales nationalités d’étrangers représentées sont les marocains, les albanais et les chinois (14).Les clandestins présents dans le pays sont quant à eux estimés à plus d’un demi-million (15).

Les institutions européennes demandent à intervalle régulier aux pays européens en général et à l’Italie en particulier d’accueillir des immigrés. Les arguments sont tantôt prétendument économiques (16), tantôt humanitaires (17).

Pourtant l’économie italienne est plongée depuis de nombreuses années dans une stagnation persistante (18). Cela se traduit notamment par :

  • un nombre considérable de personnes (5,1 millions) vivant sous le seuil de pauvreté absolue, (19),
  • un important chômage (2,5 millions de personnes concernées), en particulier des jeunes (31% chez les 15-24 ans) dont certains émigrent à l’étranger (20). C’est dans ce contexte qu’une immigration débridée est arrivée jusqu’à récemment dans le pays. Cela n’a pas été sans impact.

Les effets d’une immigration débridée

L’arrivée d’une importante communauté étrangère en Italie s’est accompagnée d’un certain nombre de problèmes :

  • L’installation de clandestins s’est traduite notamment par une occupation de territoires, dont certains sont devenus au fil du temps des « no go zones », des lieux où la Police et les autochtones ne vont pas.Parmi ces zones de non droit, à Turin, l’ancien site du village olympique a été investi par un squat, le plus grand d’Europe, où le trafic de drogue va bon train (21). Dans la lointaine banlieue de Naples, la commune de Castel Volturno est devenue le rendez-vous de différentes activité illégales (vente de drogue, prostitution, etc.) (22).
  • Bien que présente depuis peu en Italie, une mafia nigériane a vu le jour en différents points du pays. Elle est particulièrement présente à Turin et à Palerme et recrute fréquemment des migrants récemment arrivés.Parmi ceux-ci, près de 20 000 femmes nigérianes se livreraient selon les experts à la prostitution. Le trafic de drogue est également une importante source de revenu pour ces réseaux (23).En début d’année 2019, c’est même dans un camp de réfugiés à Minéo (Sicile) que 19 personnes soupçonnées de trafic de drogue ont été arrêtées (24). Un camp, le plus grand du pays, que le ministre de l’intérieur Matteo Salvini a fermé récemment. Par ailleurs, les autorités italiennes craignent une radicalisation islamiste en prison des délinquants nigérians incarcérés, en raison des liens gardés avec le pays d’origine, où le groupe terroriste Boko Haram étend son implantation (25).
  • Plus globalement, bien que les étrangers représentent 8,7 % de la population, 1 personne sur 5 arrêtée en 2018 serait étrangère selon la Police italienne. La nationalité des personnes étrangères arrêtées est par ordre d’importance albanaise, nigériane, marocaine, roumaine et tunisienne. Selon les statistiques officielles, les étrangers seraient les auteurs identifiés d’un crime sur trois (26).
  • Le nombre important d’enfants étrangers dans les écoles primaires de certaines villes a entraîné un « white flight », un exode des blancs,comme le démontre une étude réalisée à Milan (27). Dans une lettre ouverte, des enseignants milanais font état à leur administration d’un nombre important d’enfants ne maîtrisant pas l’italien et de difficultés de communication avec leurs parents.
  • L’islamisme est en expansion en Italie et se manifeste notamment par des prêches radicaux dans certaines mosquées (28). Selon une enquête menée par des journalistes d’investigation, le Qatar participerait massivement au financement de mosquées dans le pays destinées à être confiées à des imams fondamentalistes (29).
  • La contribution des migrants au système social italien est « en débat », plus particulièrement depuis la révélation de statistiques faisant état que près de 60% des non-européens bénéficiant d’une retraite de la sécurité sociale italienne n’ont jamais travaillé en Italie (30).
  • Sur le marché du travail, les étrangers ont un taux de chômage (14 %) qui est supérieur à celui des italiens (11 %) (31).
  • Alors que de nombreux jeunes italiens émigrent faute d’emploi, les gouvernements précédents ont entrepris avec l’argent public une politique de peuplement du pays, visant à installer des migrants dans des territoires sous peuplés (32) et à permettre à certains d’accéder à grand frais à un emploi (33).

La Lega au pouvoir : une détermination à lutter contre l’immigration clandestine

C’est dans ce contexte qu’ont eu lieu les élections générales en 2018. Les programmes anti-immigration du mouvement 5 Etoiles et surtout de la Lega ont connu un large succès auprès des électeurs italiens. Un accord entre les deux partis leur a permis d’accéder au pouvoir. Plusieurs mesures ont été rapidement prises afin d’arrêter les flux migratoires qu’a connu l’Italie dans les années précédentes.

Au premier rang de celles-ci, on peut citer le refus de laisser accoster des bateaux d’O.N.G. chargés de clandestins venant de Libye. Cette position ferme a non seulement permis de réduire considérablement le nombre d’arrivées illégales (de 80% de 2017 à 2018) en provenance des côtes libyennes mais également de réduire le nombre de morts en méditerranée (34). Un récent décret du Ministre de l’intérieur prévoit de fortes amendes en cas d’accostage des bateaux sans autorisation et leur confiscation en cas de récidive (35).

Les conditions d’octroi de l’asile ont été durcies. Un décret pris en 2018 prévoit ainsi que les individus reconnus socialement dangereux ne peuvent pas bénéficier de la protection humanitaire du pays. Dès la fin de l’année 2018, on constatait une baisse de 25% des décisions favorables aux demandes d’asile (36).

Les autorisations de séjour pour motif humanitaire qui représentaient 25% des demandes sont abolies. Elles sont remplacées par des permis de séjour accordés sous des conditions exigeantes (37).

Les subventions aux associations pro-migrants ont été fortement réduites. Cela s’est traduit notamment par des licenciements de permanents associatifs,compris entre 5 000 et 15 000 selon le périmètre retenu (38).

Le nouveau revenu minimum mis en place début 2019 n’est accessible aux migrants qu’après 10 ans de résidence dans le pays. Près de 92 000 étrangers n’y ont donc pas accès en raison de cette condition (39).

Ces mesures produisent déjà leurs premiers effets. Elles sont en rupture avec les errements de la politique d’immigration menée jusqu’en 2018 en Italie comme dans plusieurs pays européens. Alors que des jeunes italiens émigraient en nombre à la recherche d’un emploi à l’étranger, des centaines de milliers de clandestins arrivaient dans le pays sans perspective d’emploi et bénéficiaient du coûteux système social.

Après avoir connu une déferlante pendant les années 2010, l’immigration est contenue en Italie. Les expulsions sont désormais plus nombreuses que les arrivées. Le nouvel objectif que le ministre de l’intérieur Matteo Salvini s’est fixé est l’expulsion de centaines de milliers de clandestins (40).

Comme en Australie, le nouveau gouvernement italien a mis en pratique avec succès la politique du « no way »,en refusant l’accostage des bateaux de clandestins et en ne montrant aucune tolérance pour le business des passeurs et l’immigration clandestine.

Les prochaines semaines nous montreront la traduction concrète du récent accord conclu à l’initiative du Président Macron et la Chancelière Merkel entre certains pays européens. Celui-ci prévoit une répartition automatique par pays des clandestins arrivant en Italie et à Malte en cas d’ouverture des ports aux bateaux chargés de migrants.

Les flux migratoires qu’a connu l’Italie dans les années 2010 nous montrent que si le gouvernement italien permettait de nouveau l’accostage de bateaux d’O.N.G., ce qui ne semble pas exclu (41), les arrivées en nombre de clandestins en Europe pourraient reprendre, au grand bénéfice des passeurs.

Paul Tormenen
02/08/2019

(1) « From migration to asylum destination, Italy navigates shifting migration tides ». A. Scotto. Migration policy institute. 24 août 2017.

(2) « Albanais et italiens 25 après le débarquement de 1991 ». P. Resta. Cairn info. 2015.

(3) « Migrants, les ONG complices, une accusation récurrente ». Le Figaro. 9 avril 2019.

« Vers le droit de conquête humanitaire ». Atlantico. Alexandre Del Valle. 4 avril 2017.

(4) « Mediterranean Migrant Arrivals Reach 82,100 in 2018; Deaths Reach 1,741 ». IOM. 10 février 2018.

(5) « Majority of recent refugees are muslims ». Pew research center. 29 novembre 2017.

(6) « En Italie, le nombre de clandestins arrivés par la mer a chuté de 80% ». Le Figaro. 4 juillet 2019.

(7) «  Migrants : en Libye, la difficulté de contrôler les réseaux de passeurs tient au chaos ». Le Monde. 28 juin 2018.

(8) « At Least a Million Sub-Saharan Africans Moved to Europe Since 2010 ». Pew research center.  22 mars 2018. « La ruée vers l’Europe ». Stephen Smith. Ed. J’ai lu. 2019.

(9) « Perspectives des migrations internationales 2018 ». OCDE. 20 juin 2018.

(10) « La France, deuxième pays pour les demandes d’asile, d’où viennent les ressortissants ? ». LCI. 16 janvier 2019.

(11) « Demographic indicators ». Istituto nationale di statistica. 7 février 2019.

(12) « Total number of acquisition of citizenship in the EU 28 and EFTA 2009-2017 ». Eurostat.

(13) « Natalita et fecondida della populazione residente ». Istat. 28 novembre 2018.

(14) « Evoluzione della presenza straniera ». IDOS. « Non EU citizens ». Istituto nationale di statistica. 26 novembre 2018.

(15) « The 24th italian report on migration2018 ». Fondazione ISMU.

(16) « L’Europe va avoir besoin de 6 millions d’immigrés ». La Tribune de Genève. 7 mars 2017.

(17) « EU urges Italy not to close ports and offers more funds ». The local. 29 juin 2017.

(18) « Comment l’Italie est devenue l’homme malade de l’Europe ». Le Monde. 16 juin 2019.

(19) « La pauvreté à un plus haut niveau de 12 ans en Italie ». Le Figaro. 26 juin 2018.

(20) « Qualifiée mais sans emploi, l’exode de la jeunesse italienne ». France 24. 20 juin 2019. « Le taux de chômage atteint 10% en Italie ». Le Figaro. 31 octobre 2018.

(21) « Turin, l’ancien village olympique devenu une zone de non droit, un millier de migrants vivent dans un squat géant ». Il Giornale. Cité par Fdesouche. 26 novembre 2018.

(22) « Castel Volturno, le royaume de la black camora ». Le Figaro. 16  avril 2018.

(23) « Mobsters without borders ». The Daily Post. 27 juin 2019.

(24)« Sicile : un clan mafieux nigérian démantelé dans un immense camp de migrants ». Africa radio. 21 janvier 2019.

(25) « Mafia nigeriana: riti, pestaggi e il rischio di radicalizzazione impressionano Cosa Nostra ». Il Giornale.It. 19 juillet 2019.

(26) « Italy : one in five arrests are foreigners despite being 8,7 of population ». Breitbart. 11  avril 2019.

(27) « Italian children fleeing heavily migrant populated schools ». Breitbart.

(28) « L’islam radical progresse en Italie, l’enquête de Il Giornale ». Cité par l’Observatoire de l’islamisation. 25 juillet 2015.

(29) « Mosques and foreign fighters : how Qatar finances islamism in Italy ». Almaghrebia. 4 avril 2019.

(30) « Chain migration : 60% of retired migrants in Italy have never worked ». Breitbart. 1er décembre 2018.

(31) « Taux de chômage autochtones, allochtones ». OCDE. 2018.

(32) « Italie : une petite ville à l’heure du grand remplacement ». Le salon beige. 17 novembre 2016.(33) « Italie : 15 millions dépensés pour embaucher 15 migrants, la folie du camp du bien ».Fdesouche. 11 février 2019

(34) « Migrants, à qui profite le drame ? » « . Causeur. Octobre 2018.

(35) « Decreto sicurezza bis: in vigore da sabato con le multe alle navi Ong ». Isole24ore. 14 juin 2019.

(36) « Italy rejects record number of asylum applications ». The Guardian. 14 février 2019.

(37) « L’Italie vote une nouvelle loi anti migrants ». Le Figaro. 24  septembre 2018.

(38) « Italian pro-migrants groups facing 15 000 job losts after Salvini cuts ». Breitbart. 11 juin 2019.

(39) « A new italian basic income, not so universal after all ». Commission européenne. 13 février 2019.

(40) « Immigration : l’Italie entend expulser 300 clandestins par jour, dit le député Borghesio sur RTL ». RTL. 8 juin 2018.

(41) « Salvini empêche 130 migrants de débarquer en Italie ». Valeurs actuelles. 30 juillet 2019.

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/grand-remplacement-europe-italie-rempart/

LES PASSEURS NE SONT PAS DES SAUVETEURS, MAIS DES CRIMINELS !

4 juillet 2019

LES PASSEURS NE SONT PAS DES SAUVETEURS, MAIS DES CRIMINELS !

Crise migratoire : les renoncements d’aujourd’hui annoncent les tragédies de demain

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Carola Rackete, la jeune allemande de 31 ans qui avait accosté de force dans le port de Lampedusa, avec une quarantaine de migrants à bord de son navire humanitaire, a été libérée par une juge italienne. Elle avait été arrêtée, samedi dernier, pour avoir pénétré sans autorisation dans ce port et contraint une vedette de police à s’écarter sous peine d’être écrasée contre le quai. Dans un communiqué, elle a évoqué « une grande victoire pour la solidarité […] et contre la criminalisation de ceux qui aident », tandis que Matteo Salvini a déclaré que « ces gens ne sont pas des sauveteurs, ce sont des complices, des assassins potentiels, des criminels, et dans un pays normal les criminels vont en prison. »

Carola Rackete pourrait être prochainement expulsée d’Italie. Elle devra d’abord répondre à une autre enquête du Parquet pour aide à l’immigration clandestine. Au-delà de savoir si son passage en force était un acte de courage, de solidarité ou de provocation, c’est bien cette question qui est centrale. Si elle devait être également blanchie de cette accusation, ce serait une victoire des partisans de l’aide systématique aux migrants clandestins et un encouragement à poursuivre leur action.

À plusieurs reprises, Marine Le Pen et des cadres du Rassemblement national ont dénoncé la collusion entre les passeurs et les ONG qui envoient des navires en Méditerranée. En 2018, lors de l’épisode de l’Aquarius, elle avait estimé que « derrière le vernis humanitaire » les ONG avaient « un rôle objectif de complices des mafias de passeurs ». Ce qui lui valut les critiques acerbes d’une partie de la gauche et d’associations d’aide aux migrants. Pourtant, lorsqu’elle déclare qu’ « accepter que les bateaux de migrants accostent crée un appel d’air irresponsable », elle ne fait qu’un constat conforme à la réalité.

Christophe Castaner lui-même a reconnu, en avril 2019, que les ONG « ont pu se faire complices »des passeurs et les a appelées à « avoir une attitude responsable ». Étonnant de la part de ce socialiste bon teint, passé au macronisme. Mais c’était quelques semaines avant les élections européennes. La liste de Nathalie Loiseau n’avait pas le vent en poupe : il fallait bien attirer quelques électeurs de droite. De fait, une partie de la droite libérale et pro-européenne a préféré la liste Renaissance à celle de François-Xavier Bellamy.

Les intérêts politiques et économiques ne sont malheureusement pas absents des prises de position en matière d’immigration. Or, si l’on n’y prend garde, la situation risque d’empirer dans les prochaines années. Que fera-t-on le jour où des dizaines de milliers de migrants, venus d’Afrique ou du Moyen-Orient, passeront les frontières européennes ? Assistera-t-on, les bras croisés, à l’invasion décrite dans Le Camp des saints, de Jean Raspail ? Verra-t-on des gouvernements, champions de l’aide humanitaire et de la paix, contraints de défendre leur territoire par les armes ?

http://marcrousset.over-blog.com/

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PROFANATION DE SAINT-LOUIS DES INVALIDES  (Général Antoine Martinez)

PROFANATION DE SAINT-LOUIS DES INVALIDES
(Général Antoine Martinez)

Le 22 mai dernier, un événement particulièrement odieux, humiliant, insupportable et inacceptable s’est déroulé dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, haut lieu symbolique de nos armées et donc de l’histoire de France, de cette France qui est, faut-il le rappeler, la fille aînée de l’Eglise, depuis le baptême de Clovis.

 


 

Un concert y a, en effet, été donné à l’initiative de l’ambassadeur du Kosovo, représentant d’un Etat pour le moins controversé, sous le prétexte invoqué de vingtième anniversaire de « la paix au Kosovo ».

Et ce concert intitulé « L’homme armé, messe pour la paix » contient un appel à la prière musulmane qui a outrageusement résonné dans cette cathédrale. Il s’agit d’une inacceptable profanation délibérée. Car, il est de notoriété publique que cette œuvre comporte cet appel à la prière.

Et personne ne peut croire que l’ambassade du Kosovo, organisatrice de cet événement, a agi de façon irréfléchie et sans arrière-pensées. Bien sûr qu’elle a porté son choix pour ce concert sur ce haut lieu symbolique à la fois militaire et catholique. Avoir envisagé d’y réciter le coran c’est vouloir délivrer, sur une terre qui n’est pas terre d’islam,.le message de conquête imposé aux musulmans par leur texte sacré.

C’est, en outre, montrer la voie à suivre à l’exemple du Kosovo qui, avec l’arme démographique, a réussi, en l’espace d’un siècle à peine, à déposséder les Serbes du cœur historique de la Serbie.

Les Français doivent savoir que c’est exactement ce qui attend notre pays s’ils ne réagissent pas à cette folle politique immigrationniste prônée par nos élites politiques. Des pans entiers de notre territoire sont d’ailleurs déjà abandonnés à une autre loi que celle de la République.

Comment a-t-on pu laisser se dérouler un tel concert dans cette cathédrale qui porte les drapeaux des victoires de nos pères ?

Honte à ceux qui ont permis cette profanation humiliante et se sont rendus coupables de soumission et d’abdication face à l’inacceptable. Accepter cette démission, cette capitulation, c’est trahir l’âme de la France.

Pourtant, nombreux sont les signaux d’alarme émis depuis très longtemps par des lanceurs d’alerte – qu’on essaie de faire taire – sur les intentions véritables de l’islam conquérant, et par nature politique, qui sont d’ailleurs inscrites dans son texte sacré.

Des responsabilités doivent être établies dans cette affaire infâme, en particulier celles de l’autorité décisionnaire.
Mais aujourd’hui, face à cet événement gravissime, face à cette profanation scandaleuse et douloureuse à nos cœurs d’officiers et sous-officiers français et chrétiens, la Grande muette, gardienne du temple, ne peut pas rester silencieuse. Son silence dans ces circonstances sombres et inexcusables serait mal interprété, alors que dans le même temps nos soldats se battent à l’extérieur contre le terrorisme islamique et que certains y laissent leur vie avant que leurs cercueils soient accueillis dans ce temple symbolique pour leur rendre un dernier hommage.

Les chefs militaires doivent s’exprimer sur cet événement scandaleux et le dénoncer. Lorsqu’on porte l’uniforme, on est, certes, soumis au devoir de réserve et on peut comprendre que les généraux aient quelques réticences à exprimer leurs opinions. Ce n’est pas dans leur culture. Mais dans les circonstances présentes, se retrancher derrière ce devoir de réserve serait suicidaire pour la France.

Général (2s) Antoine Martinez
Président des Volontaires Pour la France (VPF)
1er juin 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Lire également la réaction de 100 officiers en cliquant ici)

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Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol » [Vidéo]

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Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol » [Vidéo]

Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol ». Et de poursuivre : «Viktor Orban et Matteo Salviniont tout compris à l’époque. Salvini a compris que le problème majeur de tous les peuples européens est l’immigration & l’Islam. Orban l’a compris aussi, il faut lire ses discours sur l’islamisation et la guerre civile.»

Débat intégral entre Eric Zemmour et Maurice Szafran (Challenges) sur la crise aux Républicains, François-Xavier Bellamy, Matteo Salvini, Viktor Orban, le Grand Remplacement, l’immigration, l’Islam, l’antisémitisme, George Soros, la PMA, la GPA, etc.

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VIDEO⚡️Eric : «@FxBellamy est fin, intelligent, mais c’est pas un duelliste (…) Les électeurs ont vu qu’il était à la tête d’une liste qui ne pensait pas comme lui, que les votaient pro-, ils ont vu ce double-discours & se sont dit qu’il allait trahir.»

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VIDEO⚡️Eric : «Viktor & @MatteoSalvinimi ont tout compris à l’époque. Salvini a compris que le problème majeur de tous les peuples européens est l’ & l’. Orban l’a compris aussi, il faut lire ses discours sur l’islamisation et la guerre civile.» pic.twitter.com/4osxnsTDQr

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[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol » [Vidéo]

Éric Zemmour : « Nous devrions nous allier au groupe de Visegrád pour protéger notre identité »

Éric Zemmour : « Nous devrions nous allier au groupe de Visegrád pour protéger notre identité »

Éric Zemmour : « Nous devrions nous allier au groupe de Visegrád pour protéger notre identité »

Europe, l’heure des frontières. 6e colloque de l’Institut ILIADE le 6 avril à Paris. Billetterie en ligne : institut-iliade.com

Le 22 mars 2019, Éric Zemmour était l’invité à Budapest d’un colloque organisé par le Mathias Corvinus Collegium intitulé « Immigration : le plus grand défi de notre époque ? » Ferenc Almássy, rédacteur en chef du Visegrád Post et correspondant de TV Libertés en Europe centrale l’a interrogé à cette occasion.


Source : TV Libertés.com

https://www.polemia.com/eric-zemmour-nous-devrions-nous-allier-au-groupe-de-visegrad-pour-proteger-notre-identite/

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

L’appel à la réconciliation, lancé par Emmanuel Macron dimanche à la télévision italienne, ne fera pas disparaître les approches rivales de Rome et de Paris qui conditionnent l’avenir politique de la Libye
De gauche à droite : le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini (dirigeant de la Ligue du Nord, extrême droite), Emmanuel Macron, et le vice-Premier ministre aussi chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, qui gouverne en coalition avec la Ligue du Nord), Luigi Di Maio (AFP)

Les relations franco-italiennes sont loin d’être au beau fixe par les temps qui courent. Il y a quelques jours, Paris demandait le rappel de son ambassadeur à Rome à la suite d’une série de fausses notes du côté italien : soutien public des Gilets jaunes par le vice-Premier ministre et dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, critique de la politique migratoire française, inflexibilité sur le projet d’ouverture d’une ligne TGV entre Lyon et Turin…

Mais derrière ces querelles diplomatiques, essentiellement protocolaires, un véritable bras de fer géopolitique se déroule entre Paris et Rome de l’autre côté de la Méditerranée. La Libye est aujourd’hui le théâtre d’une véritable bataille diplomatique entre la France et l’Italie.

Le démembrement de l’État libyen de Kadhafi à la suite des opérations militaires engagées en 2011 par les forces de l’OTAN, où la France a eu un rôle prééminent, a occasionné de profondes répercussions géopolitiques. La destruction de l’appareil étatique libyen a entraîné une déstabilisation de son environnement régional tout en livrant le pays aux différentes factions politiques armées revendiquant chacune leur prétention à l’exercice du pouvoir.

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi à Paris en décembre 2007, sous la tente bédouine que le dirigeant libyen avait installée dans la résidence officielle de l’hôtel Marigny (AFP)

Dans ce contexte particulièrement instable, où les négociations pour l’institution durable d’un gouvernement consensuel et légitime peinent à avancer depuis 2011, la France et l’Italie se livrent à une discrète guerre d’influence afin de préserver leurs intérêts respectifs au sein d’un territoire aux portes de l’Europe qui constitue, à plusieurs titres, un enjeu stratégique pour les deux puissances.

Libye année zéro

La Libye du colonel Kadhafi présentait un inconvénient de taille pour les puissances occidentales : elle disposait de la pleine maîtrise étatique de ses ressources naturelles, ce qui a longtemps permis au régime libyen de disposer d’importants capitaux économiques qui pouvaient être employés sous forme d’investissements sur tout le continent.

Durant la seconde moitié des années 1970, la Libye était particulièrement active dans le développement d’une politique panafricaine affranchie de toute ingérence étrangère. Cette période assigna au pays un statut de puissance régionale qui s’exerça en particulière aux confins sud de ses frontières, le long de la bande d’Aouzou, disputée avec le Tchad voisin soutenu par la France. Sur le plan interne, la solidité du régime reposait sur quatre piliers essentiels : l’appareil de sécurité, les comités révolutionnaires, la compagnie pétrolière nationale (NOC) et le fond d’investissement libyen.

La France a clairement manqué sa stratégie de post-conflit dans la mise en place d’un gouvernement national de transition à partir de 2012

C’est précisément l’essentiel de cette structure qui disparaît sous les bombes lors des opérations de la coalition en mars 2011. Kadhafi meurt en emportant son régime avec lui. Les conséquences d’un tel effondrement sont connues (guerre civile, fuite d’importants stocks d’armes dont une partie alimenteront les groupes armés qui combattront les troupes françaises au Mali en 2013, accroissement de l’immigration clandestine…).

La France, qui a contribué dans une large mesure aux opérations aériennes au-dessus de la Libye, a clairement manqué sa stratégie de post-conflit dans la mise en place d’un gouvernement national de transition à partir de 2012.

De son côté, l’Italie a vu d’un très mauvais œil l’intervention militaire française de 2011. Certains hommes politiques italiens pointaient d’ailleurs du doigt, dès 2011, le risque encouru pour la recrudescence de l’immigration clandestine vers l’Europe en provenance d’Afrique. Il est intéressant de souligner qu’à l’époque, cet argument était déjà mis en avant par la Ligue du Nord, parti dont est issu l’actuel ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, en partie à l’origine du refroidissement des relations diplomatiques entre Rome et Paris.

Un eldorado pétrolier fortement convoité

Le contentieux franco-italien en Libye n’est donc pas une affaire récente. Pour Rome, l’ancien territoire libyen, qui fut d’abord et avant tout une colonie administrée à partir de 1911 et abandonnée en 1947, représente son pré carré africain traditionnel.

Sous Kadhafi, malgré le caractère fluctuant des relations diplomatiques, les deux pays surent conserver des relations économiques durables de sorte que l’Italie demeura le premier partenaire économique du pays. Sur ce plan, l’économie pétrolière a historiquement constitué un ciment géopolitique durable qui n’a jamais été altéré par les différentes crises diplomatiques qui survinrent entre Rome et Tripoli.

La déstabilisation de l’économie pétrolière libyenne n’a cependant pas fait que des malheureux. Le géant français Total a ainsi pu profiter de la situation, au grand dam de l’Italie (AFP)

Le groupe italien ENI était d’ailleurs présent dès 1959 en Cyrénaïque, position qui lui a permis d’obtenir une situation privilégiée en matière d’exportation d’hydrocarbures et de gaz. Au moment de la chute de Kadhafi, en 2011, l’Europe importait 80 % du pétrole libyen dont 32 % pour l’Italie, premier client du pays.

Jusqu’en 2011, l’économie libyenne reposait en grande partie sur ses exportations pétrolières de sorte que 65 % du PIB national était tiré des exportations d’hydrocarbures.

Avec une production oscillant de 1,3 à 1,6 million de barils par jour, la Libye de Kadhafi était ainsi le second exportateur africain de pétrole après le Nigeria. Par ailleurs, du fait de sa qualité (peu sulfureux) et de la proximité des sites d’extraction par rapport aux terminaux maritimes d’exportation, le coût de production du baril libyen représentait l’un des moins chers du marché (de 3 à 5 dollars par baril).

Comment la contrebande du pétrole libyen saigne le pays à blanc

Lire

Pour Rome, la manne pétrolière libyenne a donc représenté historiquement une aubaine stratégique puisqu’elle permettait à l’Italie de conserver une relative autonomie énergétique. Aux côtés de la National Oil Company libyenne, le groupe italien ENI représentait le premier producteur étranger de pétrole en Libye.

En 2011, à l’issue des opérations militaires contre Kadhafi, l’économie pétrolière libyenne s’effondre avec une production journalière qui chute à 200 000-300 000 barils par jour. Dans un premier temps, le groupe ENI s’est ainsi vu dans l’obligation d’arrêter sa production de pétrole tout en maintenant, malgré tout, l’extraction de gaz, secteur moins touché par les opérations militaires.

Cette déstabilisation de l’économie pétrolière libyenne n’a cependant pas fait que des malheureux. Le géant français Total a ainsi pu profiter de la situation, au grand dam de l’Italie, pour réinvestir le secteur pétrolier en profitant de la vacance du pouvoir occasionnée par les opérations militaires. Quelques jours après la fin des bombardements de la coalition, une lettre rédigée par le Conseil national de transition (CNT) libyen évoquait ainsi la possibilité d’octroyer 35 % des futures concessions pétrolières libyennes au groupe Total. Une aubaine pour cet opérateur qui disposait, avant la chute de Kadhafi, d’une implantation relativement modeste (55 000 barils par jours) par rapport au groupe italien ENI (244 000 barils par jours). Une nouvelle donne géopolitique qui constitue aujourd’hui l’un des facteurs déterminants dans la rivalité franco-italienne en Libye.

Des stratégies d’influence au cœur de l’avenir politique de la Libye

L’avenir politique de la Libye est aujourd’hui en partie conditionné par les approches géopolitiques rivales de la France et de l’Italie. Dans un pays où plus d’une vingtaine de groupes politiques armés se disputent encore le contrôle de l’État ainsi que celui des puits pétroliers, Rome et Paris défendent deux visions diamétralement opposées.

Le gouvernement italien s’est aligné sur la position officielle des Nations unies en reconnaissant le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj, basé à Tripoli et institué en 2016, comme seul légitime. Un choix qui semble cohérent par rapport aux intérêts et à l’influence italienne à l’ouest de la Libye.

En soutenant le pouvoir de Tripoli, l’Italie sécurise également son important terminal pétrolier de Melittah, cogéré par la NOC et le groupe ENI. Par ailleurs, la Cyrénaïque est historiquement plus réfractaire à la puissance italienne, souvent renvoyée à son identité coloniale.

La France a clairement projeté son influence à l’est du pays, en Cyrénaïque

Enfin, le gouvernement italien est particulièrement pressé par la question migratoire puisqu’une grande partie des migrants qui débarquent sur les côtes de la péninsule provient du littoral tripolitain, en particulier de Sabratha, considérée aujourd’hui comme une capitale de la migration clandestine où les passeurs règnent en maîtres et qui n’est qu’à 300 kilomètres des côtes italiennes.

La France, de son côté, a clairement projeté son influence à l’est du pays, en Cyrénaïque. Un choix qui peut s’avérer judicieux du point de vue de la géopolitique des hydrocarbures. Le croissant pétrolier libyen qui s’étire le long du bassin de Syrte concentre en effet 85 % des réserves de pétrole et 70 % des réserves de gaz tandis que cinq des six terminaux pétroliers se situent également à l’Est du pays.

En mars 2018, le groupe Total annonçait d’ailleurs le rachat, à auteur de 16,3 %, des concessions pétrolières détenues par l’américain Marathon Oil sur les champs de Waha. Un positionnement français, à l’Est du pays, qui s’explique également d’un point de vue militaire : Paris considère en effet que le sud-est libyen est une zone grise particulièrement instable et où les groupes terroristes armés bénéficient d’une réelle assise menaçant la force Barkhane déployée au Sahel. Un tel positionnement, de la part de la France, ne pouvait cependant être obtenu sans un allié local lui permettant de maintenir une relative stabilité de ses intérêts à l’est.

Le Premier ministre Fayez el-Sarraj, le président français Emmanuel Macron et le maréchal Khalifa Haftar en conférence de presse près de Paris le 25 juillet 2017 (AFP)

Or, depuis 2016, le maréchal Haftar, un ancien officier de l’armée de Kadhafi, a pris le contrôle de l’est de la Libye et de ses principaux champs pétroliers, malgré un revers militaire rapidement récupéré en juin 2018. Il a par ailleurs décidé de transférer la gestion des ressources pétrolières, contrairement aux années précédentes, à la Compagnie nationale pétrolière de Benghazi, rivale de Tripoli. Une position qui accentue encore plus la division du pays.

Haftar n’en demeure pas moins particulièrement attractif aux yeux de la France qui le considère comme l’homme fort de l’est et qui l’a désormais intégré dans le processus de négociation, notamment lors du sommet de Paris en mai 2018, pour l’établissement d’élections libres en Libye, alors même que le général boudait le sommet de Palerme organisé par l’Italie quelques mois plus tard. L’avenir de la Libye est donc aujourd’hui conditionné en partie par le règlement du conflit d’intérêt qui oppose la France à l’Italie.

La France est-elle un médiateur sincère dans le conflit libyen ?
Guma el-Gamaty

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Actuellement, les différents partis libyens ne parviennent pas à s’entendre sur le projet d’une nouvelle Constitution. Le sommet de Paris devait déboucher sur des élections en décembre 2018 qui n’ont jamais eu lieu. Mais la reconstruction de l’État libyen souverain implique, au minimum, la fin de l’antagonisme entre Tripoli et Benghazi, antagonisme qui ne pourra être dépassé tant que les deux puissances européennes alimenteront les conditions d’une politique de division nationale en Libye.

Le 27 février dernier, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar se sont rencontrés lors d’un sommet organisé par les Nations unies à Abou Dabi. Les deux hommes se sont entendus sur un nouvel accord de principe pour la tenue d’élections libres d’ici l’été prochain. Peut-être une lueur d’espoir pour l’avenir de la Libye.

 

https://www.middleeasteye.net/fr/news/bras-de-fer-geopolitique-entre-la-france-et-litalie-en-libye

Etat providence, immigration et Gilets jaunes : l’étude américaine explosive qui révèle la nature du dilemme politique français

Politique
Etat providence, immigration et Gilets jaunes : l’étude américaine explosive qui révèle la nature du dilemme politique français

Atlantico : Dans une nouvelle étude publiée en ce mois de février 2019 par le Institute of Labour Economics, les économistes Alesina (Harvard), Murard (IZA) et Rapoport (PSE) viennent confirmer l’hypothèse formulée par le même Alberto Alesina au début des années 2000, montrant un lien entre hausse des flux migratoires et baisse du soutien aux politiques de redistribution de la part des populations « natives ». Dans quelle mesure le mouvement des Gilets jaunes peut illustrer ce paradoxe entre une demande de pouvoir d’achat et de redistribution, et un refus des politiques migratoires pouvant s’illustrer par une demande de « moins » de redistribution ?

Chloé Morin : Fondamentalement, nos recherches internationales montrent que nous avons un problème d’empathie avec certains groupes sociaux. Les fossés se creusent entre différentes communautés – par exemple, a peine plus d’un Français sur deux considère qu’un français musulman est un «  vrai Français » – c’est ce que l’on appelle la tribalisation. Or, la solidarité se nourrit de l’empathie. A la lumière de ces constats, il n’est donc a mon sens pas illogique que les société plus diverses sur le plan ethnique et/ou religieux soient également des sociétés où le consentement à la redistribution soit moins fort.
Mais pour comprendre et dépasser ce paradoxe que vous pointez, je pense qu’il faut aller au delà de cela, et interroger la manière dont nous pensons l’économie. Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, on se demande pourquoi, alors que les Gilets jaunes portent une demande de justice sociale avant tout, la gauche dont c’est la valeur cardinale n’a pas su récupérer ce mouvement. Une partie de la réponse se trouve dans le fait que la gauche de gouvernement sort essorée du quinquennat de François Hollande, et n’a pas (encore) su regagner la confiance des Français. Une autre partie de la réponse est que le gaullisme social a pratiquement disparu de la droite au cours de ces dernières années. Son héritier, le séguinisme des années 90, ne s’incarne plus aujourd’hui au sein des LR alors que l’on peut constater une demande des électorats de droite, dans le monde anglo-saxon, pour une offre politique de cette nature. Mais je crois que plus fondamentalement, ce qui explique que ces discours de justice sociale à travers la redistribution peinent à être audibles depuis quelques années – car la crainte de la montée des inégalités n’est pas nouvelle dans notre pays -, c’est parce que le cadre du débat sur la justice sociale est un cadre malthusien.
La plupart des gens ne pensent pas la justice de manière collective, ils la pensent à partir de leur propre expérience, en comparant leur situation personnelle à celle de leurs collatéraux, de leurs parents, ou à leur situation d’hier. Or, pour beaucoup, cette expérience est celle de la dépossession ou de la crainte du déclassement. Ils se trouvent, de manière intuitive, dans une situation de gestion de la pénurie, et transposent leur expérience à la situation macroéconomique de leur pays – c’est la raison pour laquelle la métaphore appliquée au budget de l’état de « gestion des deniers publics en bon père de famille » fonctionne aussi bien, alors qu’en matière de théorie économique cela n’a guère de sens.
Ceci posé, sous l’influence idéologique combinée des libéraux (à la suite de Reagan) et de l’extrême droite identitaire, les modes de raisonnement économiques dominants dans l’opinion sont, comme je l’indiquais, malthusiens : notre économie et nos ressources publiques sont considérées comme un gâteau qui rétrécit (ou du moins qui ne grandit pas), il s’agit donc de gérer la pénurie, pénurie d’emplois sur le marché du travail comme la pénurie de deniers publics. Dès lors, le débat ne porte plus, comme pendant les trente glorieuses, sur les droits nouveaux que nous pourrions conquérir, mais sur comment conserver nos droits, ou les voir baisser le moins possible. Dans un tel contexte, en appliquant toujours le même système de métaphores, la discussion se concentre sur « qui ne mérite pas » de bénéficier de nos services publics ou d’accéder à « nos » emplois. Et c’est ainsi que, pour beaucoup, la question de la justice sociale en est venue à se poser de manière identitaire : le groupe considéré comme le moins légitime est celui qui ne fait pas partie de notre cadre national. On en trouve évidemment d’autres : les « assistés », parfois certains groupes religieux, etc.
Une partie des Gilets jaunes illustre bien cet alliage entre demande de justice sociale, et demande de « fermeture » à ces immigrés qui sont, dans l’opinion de nombreux pays développés, considérés comme un poids et non comme un atout.
Nicolas Goetzmann : Alberto Alesina avait effectivement déjà formulé son hypothèse dans un livre paru en France en 2006 « combattre les inégalités et la pauvreté. Les États-Unis face à l’Europe ». Il expliquait alors que la divergence des systèmes sociaux entre Europe et États-Unis s’expliquait par une différence de « fragmentation raciale », c’est à dire que l’homogénéité européenne permettait un plus large soutien de la population à des politiques de redistribution que cela n’était le cas aux États-Unis. Cette corrélation entre homogénéité de la population et soutien à la redistribution apparaissait en analysant les données de plus de 150 pays à travers le monde. L’avertissement d’Alberto Alesina, au début des années 2000, était de dire que la hausse des flux migratoires en Europe pourrait avoir pour conséquence de voir une baisse du soutien aux politiques de redistribution. Ce qui veut simplement dire que la solidarité est conditionnée aux contours de celle-ci. Cela peut effectivement se vérifier dans les offres politiques européennes sur la question des migrants, mais cela se vérifie également dans d’autres dimensions. Les Allemands ne veulent pas payer pour les pays du sud, les catalans ne veulent pas payer pour le reste de l’Espagne, et les européens s’opposent à l’immigration, notamment sur la base de la thématique de la redistribution. Parce que depuis la publication de ce livre, la crise économique est venue se glisser dans l’équation et a révélé le paradoxe que nous pouvons observer aujourd’hui avec les Gilets Jaunes. Un paradoxe qui s’est également illustré dans le cas du Brexit et de l’élection de Donald Trump. D’une part une demande de réduction des inégalités, et d’autre part, un rejet de l’immigration qui s’articule également avec une demande de baisse de la fiscalité qui est souvent perçue comme injuste, notamment parce que la redistribution profiterait aux immigrés de façon disproportionnée. Selon un sondage IFOP de la fin 2018, 71% des Français déclarent être opposés à l’idée que « Notre pays a les moyens économiques et financiers d’accueillir des immigrés ». Nous sommes donc confrontés à deux forces contraires, ce qui peut aussi expliquer l’apparente incohérence des revendications, et l’incapacité des partis politiques à s’ajuster à ces demandes.

Dans quelle mesure la question économique peut également peut s’appréhender au travers d’un rejet des « élites » d’une part, des « assistés » de l’autre, et dont l’expression peut se matérialiser, sous une forme d’antisémitisme d’une part, et d’un rejet des politiques migratoires, notamment en provenance du Moyen Orient, comme l’indique l’étude pré-citée ?

Chloé Morin : La tentation de l’exclusion de certains groupes de la machine économique et de l’accès aux services publics me paraît naturelle (humaine) lorsqu’on pense l’économie de la manière dont je décrivais à l’instant. Si je pense que ma réussite économique n’est possible qu’au détriment de mon voisin, si je pense que ce que mon voisin consomme comme soins me lèsera, alors évidemment je vais chercher à exclure les groupes sociaux que je juge illégitimes, avec lesquels je ne me sens aucune valeur commune. Ici ce sont les immigrés venus d’Afrique du Nord et du Moyen Orient (mais pas les immigrés américains, par exemple) ou les musulmans, mais ailleurs cela peut être les homosexuels, ou les hispaniques (aux Etats Unis par exemple), etc.
Dès lors, la vraie question est : comment parvient-on à développer une compréhension de l’économie qui ne soit pas malthusienne, et un récit qui permette à tout un chacun de comprendre des concepts (les externalités, par exemple) qui sont a priori contrintuitifs? A mon sens, seul un autre récit de l’économie permettrait de reconstruire une adhésion large aux politiques économiques – redistribution notamment – nécessaires pour satisfaire l’aspiration à davantage de justice.

Nicolas Goetzmann : Ce lien entre conditions économiques et antisémitisme a déjà été établi pendant les années 30. Cela est d’autant plus navrant que les erreurs économiques post-crise de 2008 sont de même nature que celles qui ont été commises par la France et l’Allemagne au début de ces mêmes années 30. Entre attachement à l’étalon et culte de l’austérité, ce qui est la recette parfaite pour transformer une crise en dépression pour le cas de 1929, ou d’une crise en une stagnation décennale pour ce qui nous concerne. Dans de telles conditions, et avec de telles erreurs, il n’est pas étonnant de voir certaines catégories se mettre à la recherche de boucs émissaires.

Comment parvenir à transcender ce paradoxe, en apportant une réponse à la demande d’égalité de la population, tout en corrigeant cette baisse de demande de redistribution ?

Chloé Morin : Il me semble qu’il n’existe pas de récit alternatif, dans l’opinion, à celui qui consiste à considérer que l’enjeu des temps présents et à venir consiste à gérer la pénurie (gérer les contraintes salariales, une dépense publique contrainte, etc) en excluant du champ de la redistribution ou des bénéficiaires des services publics ceux que l’on juge indignes d’appartenir à notre « communauté » (immigrés, « assistés » etc).
Pour reconstruire le consentement dans nos systèmes de redistribution, il faut à mon sens repartir de la base, c’est à dire non seulement renouer avec l’idée de progrès social possible (mais quel progrès dans un monde fini, aux ressources naturelles limitées?), mais aussi tordre le cou à l’idée que notre économie et notre marché du travail fonctionnent forcément de manière malthusienne (c’est à dire ce qui est bon pour mon voisin est forcément mauvais pour moi), et reconstruire la confiance dans le système de redistribution lui-même, c’est à dire dans son efficacité (beaucoup pensent qu’il comporte trop de gaspillages et de fraudes), sa lisibilité (la plupart des gens trouvent la multiplicité des aides illisible), et sa progressivité. C’est un travail de long terme, qui est d’autant plus difficile à mener que nous nous trouvons dans une situation où le système aura beau fonctionner parfaitement 99% du temps, l’exception est prise pour la règle : donc le fraudeur social isolé sera vu comme la preuve que le système est plein de trous, et l’on retiendra les services publics qui fonctionnent mal et non ceux qui fonctionnent parfaitement bien.

Nicolas Goetzmann : Il existe plusieurs pistes, et celles-ci peuvent s’articuler. La première est une relance de l’économie sur le modèle anglo-saxon qui est seul à même de permettre de stabiliser les États providence européens. Ces systèmes de redistribution ont besoin de croissance pour être efficaces, et pour éviter qu’ils ne se transforment en enfer fiscal. Plus la croissance se tasse, plus les pouvoirs publics auront tendance à rehausser la fiscalité pour en assurer le financement. Alors que la croissance peut, à elle seule, stabiliser les comptes publics, et permettre une baisse progressive concomitante de la fiscalité. La croissance est donc la base de la solution. Ensuite, le cadre de la solidarité doit être mieux identifié. A ce titre, il est intéressant de noter que la revue américaine Foreign Affairs consacre son prochain numéro à la Nation, comme cadre politique permettant de transcender les différences internes au travers d’une appartenance commune. Parce que c’est la nation qui a donné naissance aux États providence. Si cette question de la nation ne pose aucune difficulté à des pays comme les États-Unis ou le Japon, le cadre européen tend à la neutraliser pour ce qui concerne ses membres, en l’espèce la France. Ce qui est sans doute une erreur, et une source d’angoisse supplémentaire pour la population. Politiquement, l’enjeu est que les partis soient capables de proposer un projet pour le pays qui soit suffisamment ambitieux pour entraîner une large majorité de Français. Et concernant l’immigration, il semble que les conséquences des décisions prises au cours de ces dernières années ont d’ores et déjà eu pour effet de voir les politiques migratoires européennes être modifiées. La présence d’une centaine de députés de l’AfD au Bundestag suite à la crise migratoire de 2015, l’apparition soudaine d’un parti d’extrême droite en Espagne, Vox, qui semble répondre à la hausse des flux migratoires en direction de l’Espagne, ont été des avertissements sérieux.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après

Gilets Jaunes : la France immigrée à l’écart de la France périphérique

Gilets Jaunes : la France immigrée à l’écart de la France périphérique

Gilets Jaunes : la France immigrée à l’écart de la France périphérique

Bobards d’Or : lundi 18/02 à Paris : la billetterie est ouverte ! L’événement à ne pas manquer !

Par Michel Geoffroy, auteur de La Super-classe mondiale contre les peuples ♦ Nombre de commentateurs l’ont remarqué : les banlieues de l’immigration sont restées à l’écart du mouvement des Gilets Jaunes, lancé par des Français de métropole et par des domiens. Deux mois après, cette abstention interroge mais met mal à l’aise les commentateurs médiatiques attitrés.
La réponse à cette énigme est simple en effet : la France immigrée n’est nullement défavorisée ni abandonnée par le pouvoir, à la différence de la France périphérique. Elle est vit mieux qu’elle.
Un constat qui dérange le politiquement correct.


Ces pauvres banlieues défavorisées !

Certes, les médias et les politiciens nous répètent en boucle que la France d’origine immigrée serait défavorisée.

En novlangue une « banlieue défavorisée » ou un « quartier populaire » correspond en réalité à une zone avant tout peuplée de personnes d’origine immigrée. On insiste sur le fait que ces zones se caractériseraient par un fort chômage, un environnement urbain dégradé, de mauvais résultats scolaires et bien sûr que les personnes d’origine immigrée seraient victimes d’injustes discriminations de la part du reste de la population.

En permanence les médias et les pouvoirs publics victimisent donc la France immigrée.

Même lorsque ses « jeunes » commettent des violences ou des délits ,ce n’est jamais vraiment de leur faute, les pauvres, mais celle des contrôles au faciès, des provocations et violences policières et du manque de respect qui leur serait dû.Comme incendier des véhicules serait une tradition du Nouvel An. Et manifestations et pleureuses cathodiques se succèdent en soutien des « jeunes » délinquants et on a vu François Hollande se faire filmer au chevet de Théo, présenté trompeusement comme une victime de la police.

Et si l’intégration ne fonctionne pas – on a fini quand même par l’admettre tout en continuant à la promouvoir – c’est bien sûr la faute de la France, jamais celle des immigrants[1].

Le Système ne cesse de courtiser la France immigrée

Cela fait 30 ans que les politiciens de gauche comme de droite, et les pouvoirs publics à leur suite, courtisent la France immigrée, alors qu’ils ignorent et méprisent la France périphérique, les beaufs réacs « qui fument et roulent en diesel » comme disait si joliment Benjamin Griveaux, le porte-parole du Gouvernement.

On ne dirait jamais cela des personnes d’origine immigrée bien sûr, même lorsqu’elles roulent en BMW ou en Porsche Cayenne, en faisant hurler leur autoradio : n’incarnent-elles pas les exceptionnels talents dont nos banlieues, paraît-il, regorgent ?

On ne cesse de courtiser la France immigrée parce la Gauche a fait des immigrants un prolétariat de rechange, depuis qu’elle s’est ralliée au néo-capitalisme mondialiste en abandonnant les classes populaires à leur précarité. Parce qu’en lançant l’opération SOS Racisme sous Mitterrand, la gauche a fait une OPA politique sur l’électorat d’origine immigrée et de religion musulmane, qui vote depuis en majorité pour elle. Et parce que la doxa antiraciste permet de réduire au silence la droite molle.

Tandis que la droite parlementaire, dans son souci de se distancier du Front National et pour complaire au patronat- toujours avide de nouveaux immigrants- en a rajouté : la loi Pleven, le « rapprochement familial », la « discrimination positive » -donc aux dépens des Français natifs- , le plan Borloo pour les banlieues ou la « laïcité positive » pour encourager l’islam à la française, c’est elle .

Et bien sûr Gauche et Droite communient périodiquement dans la « politique de la ville », pour les banlieues défavorisées.

La France immigrée n’est pas la France pauvre

Seulement voilà : les milliards de la politique de la ville ne se concentrent pas sur les territoires et les populations les plus pauvres, mais sur les quartiers de l’immigration, nuance.

Comme le fait remarquer l’Observatoire des Inégalités « moins d’un quart des personnes pauvres vivent dans un quartier dit « prioritaire » de la politique de la ville. Ces territoires, si souvent mis en avant, ne rassemblent qu’une toute petite partie de la population aux faibles revenus [2]». 

En d’autres termes, les défavorisés et les pauvres ne sont pas là où on veut nous le faire croire : ils sont ailleurs, dans la France périphérique, dans les campagnes désertifiées ou ils dorment dans les rues de nos villes. Mais ceux-là n’intéressent pas le Système.

Les immigrants ont en outre conservé leurs traditions familiales : on s’entre-aide entre parents, entre proches, ce qui sert d’amortisseur social. On n’abandonne pas ses vieux parents dans des mouroirs. On fait l’aumône aux pauvres.

Alors que le reste de la population française est rongé par l’individualisme, qui accentue les effets de la précarité voire la provoque comme dans le cas des « familles monoparentales ».

Où va l’argent ?

La politique de la ville qui vampirise des moyens budgétaires importants -100 milliards en 30 ans[3] !- n’a au demeurant jamais obtenu les mirifiques résultats annoncés. Même Emmanuel Macron reconnaît que « depuis 20 ans, on a donné des milliards sans jamais régler les problèmes [4]». Ce qui ne l’empêche pas de vouloir « accueillir » encore plus d’immigrants, baptisés « réfugiés » en novlangue.

Alors à quoi à servi tout cet argent ? A financer les entreprises de travaux publics et de construction, à faire vivre le réseau des grands frères, à être une manne budgétaire pour la myriade d’associations communautaires qui gravitent autour de la politique de la ville, à financer la cohorte de fonctionnaires chargés d’animer cette politique, à payer un semblant de paix sociale dans les banlieues, à acheter des clientèles électorales etc…..

Mais cette politique dispendieuse n’a bénéficié que marginalement aux Français natifs et pauvres, d’autant que ceux qui l’ont pu ont quitté ces banlieues où ne se sent plus vraiment chez soi : c’est le white flight qui frappe  aussi la France et pour des raisons comparables à ce qui se passe dans les pays anglo-saxons.

L’éviction de la France pauvre

La France pauvre met un gilet jaune car elle ne peut que constater l’éviction progressive dont elle est victime, au prétexte de l’intégration, jamais atteinte, des Autres.

Éviction budgétaire et fiscale parce que les dépenses induites par l’immigration et l’accueil des réfugiés sont toujours prioritaires et qu’il faut les financer.

Éviction administrative : on se préoccupe de la présence des services publics dans les banlieues de l’immigration, mais on les ferme sans retenue dans le reste du territoire : les usagers n’auront qu’à utiliser internet !  On dédouble les classes dans les zones d’éducation prioritaire mais pour financer cela, on ferme des « moyens d’enseignement » dans la France rurale.

Éviction sociale parce que la France immigrée est plus prolifique tout en présentant un taux d’activité moindre : elle se trouve donc prioritaire dans l’attribution des aides ou des logements sociaux.

Éviction sécuritaire parce les gouvernements successifs sont tétanisés devant l’éventualité d’une révolte des banlieues, depuis l’épisode de 2005 : alors on ferme les yeux  là-bas  sur ce que l’on réprime fortement ailleurs.

Éviction politique enfin, parce que les partis courtisent l’électorat d’origine immigrée, le seul à augmenter, alors que les classes populaires autochtones sont méprisées puisqu’elles ont tendance à voter pour le FN/RN ou à s’abstenir.

La France immigrée n’a pas besoin de gilet jaune pour se faire entendre

Comme le faisait remarquer justement l’éditorialiste Yves Thréard lors d’un débat sur LCI : « L’immigration, contrairement à ce qui a été dit, est au cœur aussi de la révolte des Gilets Jaunes : “Nous on est invisibles, pendant 30 ans vous vous êtes occupés des minorités, des immigrés …” et ils disent “Mais occupez-vous de nous maintenant !”[5] »

Les vrais invisibles du Système ne sont pas les minorités que l’on met en scène en permanence dans les médias à des fins de compassion cathodique et politicienne, mais bien les Français pauvres et natifs de métropole ou d’outre-mer.

La France immigrée ne met pas de gilet jaune car elle n’a aucune difficulté à se faire entendre des politiques et des administrations : ceux-ci sont à l’écoute de ses moindres attentes. La France immigrée n’a pas non plus à se plaindre des médias : ceux-ci l’encensent en permanence et la disculpent de tout au nom du padamalgam et de l’anti-racisme. Ni des entreprises, qui font profession de donner la priorité au recrutement de personnes issues de la diversité.

La France immigrée n’a pas besoin de mettre un gilet jaune pour qu’on se préoccupe de son bien-être, de ses croyances ou de ses valeurs. Le président de la république redouble au contraire de précautions pour expliquer aux responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM) que l’évolution de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État,ne se ferait pas “contre l’islam”[6].On ne pense pas qu’il ait donné aux responsables catholiques les mêmes assurances.

La France immigrée ne craint pas vraiment pour sa sécurité non plus : elle ne risque pas trop de recevoir un coup de couteau pour un regard ou pour une cigarette. Et la police veille à éviter toute bavure à son encontre : les tirs de flashball, les gaz lacrymogènes et les canons à eau ne sont pas pour elle !

La France immigrée est à côté, mais pas avec

La France immigrée ne met pas de gilet jaune enfin, car elle ne se sent pas vraiment proche des Français qui manifestent : elle réside en France mais elle veut surtout y vivre comme chez elle et donc avant tout entre elle. Elle se trouve de plus en plus à côté des Français comme le soulignait avec inquiétude  l’ancien ministre de l’Intérieur.

Et elle sait bien que sa situation en France est paradisiaque par rapport à celle qu’elle aurait dans son pays d’origine : ceux qui sont restés « au pays » -le vrai, celui d’où elle vient- le lui disent bien.

La France immigrée n’a pas besoin, pour se faire entendre et se faire respecter, de mettre un gilet jaune.

Michel Geoffroy
21/01/2019

[1]« La France a mal intégré ces trente dernières années. On a été très mauvais » Emmanuel Macron à l’ambassade de France en Tunisie le 2 février 2018

[2] Le 26 avril 2018

[3] Selon Contribuables Associés, à elle seule la rénovation urbaine des quartiers prioritaires, « le plus grand chantier de notre Histoire », dira Jean-Louis Borloo (ministre de la Ville entre 2002 et 2004), a coûté 48 milliards entre 2005 et 2015.

[4] Propos tenus au Conseil des ministres, le 16 mai 2018, d’après le Canard Enchaîné

[5] Débat du 14 janvier 2019

[6] Le Figaro du 7 janvier 2019

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public, via PixaBay

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Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue”.

Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”

Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”

Publié par Brujitafr sur 20 Décembre 2017, 08:43am

Catégories : #ACTUALITES, #EUROPE

Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”
Dans le même temps, la nouvelle norme en France est de voir chaque année plusieurs centaines de SDF mourir dans l’indifférence générale (501 l’année dernière). Eux n’auront jamais le droit à la vie de château. Et après, on voudrait nous faire croire que le « grand remplacement » n’existe pas alors qu’il est devant nos yeux et souhaité par l’ONU et l’UE. Fawkes

Union européenne. Par la voix du commissaire européen à la Migration, Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”.

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“L’Union européenne a accordé sa protection à plus de 700 000 personnes l’an dernier”, affirmeDimitris Avramopoulos, commissaire européen à la Migration, pour s’en féliciter. Dans une tribune parue lundi sur le site Politico, au titre sans équivoque, “Les migrants d’Europe sont là pour rester”, l’ancien homme politique grec appelle à “trouver un foyer” pour tous les réfugiés en Europe, ce qui répondrait non seulement à “un impératif moral” mais également à “un impératif économique et social pour notre continent vieillissant”.
Critiquant des discours “nationalistes, populistes et xénophobes” qui se répandraient selon lui, notamment en Europe de l’Est, le commissaire européen juge que “nos sociétés [ne resteront pas] homogènes et épargnées par l’immigration” quand bien même “on érigerait des clôtures”. Cette tribune vient après une série d’articles du média américain qui reprochait à l’exécutif européen d’être “trop blanc” et incitait Bruxelles à remplacer une partie de son personnel par des “personnes de couleur”. Citant ces articles, M. Avramopoulos regrette que le thème de la diversité ne soit pas assez abordé dans le débat public.
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Le commissaire à la Migration avait qualifié d’“anti-européenne” la proposition du président de l’UE Donald Tusk de supprimer le très controversé système de quotas d’immigrés par pays. “Nous ne pouvons pas, nous ne serons jamais capables d’arrêter les migrations”, assène-t-il dans sa tribune.
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