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Immigration économique : des «quotas» seront instaurés l’été prochain

Immigration économique : des «quotas» seront instaurés l’été prochain

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a confirmé la mise en place d’objectifs chiffrés pour faire face aux métiers en tension. Le premier ministre fera d’autres annonces mercredi.Par Le Figaro avec AFPPublié hier à 18:18, mis à jour il y a 2 heures

Édouard Philippe à Paris le 30 octobre.
Édouard Philippe à Paris le 30 octobre. LUDOVIC MARIN/AFP

Des quotas d’immigration économique seront bien instaurés «l’été prochain». Muriel Pénicaud, l’a confirmé ce mardi 5 novembre au micro de BFMTV. Selon la ministre du Travail, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et Pôle emploi seront chargés d’établir une nouvelle liste des métiers en tension qui viendra remplacer celle d’aujourd’hui, vieille de près de dix ans. Ensuite, le gouvernement fixera «des objectifs chiffrés ou quotas» d’immigration permettant d’y faire face. Cette immigration professionnelle, qui ne sera pas choisie en fonction du pays d’origine, précise la ministre, sera «assez modeste en chiffre».À lire aussi : Tout comprendre aux «quotas d’immigration»

La liste des métiers en tension sera revue chaque année, affirme Muriel Pénicaud. Puis, «en fonction des besoins non couverts, on va fixer les besoins par métier et par territoire». La personne qui viendra travailler en France aura un visa de travail «pour une durée et un métier déterminé», à l’image de ce que font le Canada et l’Australie. Il s’agit, selon la ministre, d’une obligation : «Il y a toujours des métiers en tension qui ne sont pas pourvus. Il y aura toujours des besoins complémentaires (…) On complète les ressources humaines de la France. En complément, l’immigration, c’est une chance pour la France».Sponsorisé par Le Particulier Figaro PartenaireUne autre manière d’investir dans l’immobilier

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Muriel Pénicaud annonce que « les quotas » sur l »immigration professionnelle seront connus « l’été prochain »608:46 – 5 nov. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité16 personnes parlent à ce sujet

La ministre assure toutefois que la priorité sera toujours donnée aux demandeurs d’emploi présents sur le territoire. «La priorité pour nous, c’est de mettre le paquet sur la formation pour prendre tous les empois possibles (…) On va vérifier qu’on a bien fait les efforts de formation pour qu’un demandeur puisse prendre l’emploi», assure-t-elle.

D’autres mesures attendues

Outre les quotas d’immigration professionnelle, Édouard Philippe devrait faire d’autres annonces mercredi 6 novembre à l’issue d’un Comité interministériel sur l’immigration et l’intégration dans la matinée, précise Matignon. Les choix du gouvernement ont été exposés dès lundi soir par le premier ministre aux députés de la majorité composant un «Groupe d’action parlementaire», a appris l’AFP de même source. Ces parlementaires ont planché sur quatre thèmes : l’international, le droit d’asile, les droits et devoirs des immigrés, et l’intégration.

Déjà évoquée parmi les pistes de sortie avant même le débat à l’Assemblée et au Sénat début octobre, l’instauration d’un délai de carence de trois mois pour l’accès à la protection universelle maladie (Puma, Sécu de base), actuellement octroyée aux demandeurs d’asile dès le dépôt de leur demande, semble actée. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’est récemment élevée contre un «dévoiement» de la Puma par des demandeurs d’asile venant de Géorgie et d’Albanie «qui sont a priori des pays sûrs».

Si Agnès Buzyn a en revanche assuré qu’il n’y aurait «aucune réduction du panier de soins» de l’Aide médicale d’État (AME), accordée aux sans-papiers, Emmanuel Macron a appelé dans sa récente interview à Valeurs actuelles à «régler vite» la question «des gens qui viennent avec un visa touristique, qui restent trois mois et ensuite se mettent à l’AME». «Personne ne défendra ces cas», a-t-il tranché. Un rapport sur l’AME commandé à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF) et qui doit être rendu public doit orienter les décisions de l’exécutif.

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Autre point crucial : la réduction des délais d’instruction des dossiers pour les demandeurs d’asile. La loi votée en 2018 n’a pour l’heure pas produit les effets escomptés, avec un délai moyen de 12 mois au lieu des six mois espérés, dans un contexte de «forte augmentation des demandes», selon Matignon. Dans ce cadre, l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) et la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) devraient se voir attribuer des «crédits supplémentaires», selon une députée.À lire aussi : Tout comprendre aux «quotas d’immigration» évoqués par Édouard Philippe

» À voir aussi – Immigration: faut-il instaurer des quotas?

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/philippe-rend-mercredi-les-decisions-apres-le-debat-sur-l-immigration-20191104?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=[20191105_NL_ACTUALITES]&mediego_euid=[4726051]&een=07d35d6dfbc7bc24543248fcd9bee521&seen=6&m_i=PnkqNDGEKXmg6cJ9E1qHGqpSs2baMuEOSDV0CvjnoSypjK8r4YVFL%2B0INvupH00pNJ_SX4yU9ugJvJoIkhQCfR707UQiSoXFPS

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Immigration : déclaration du gouvernement et prises de paroles à l’Assemblée

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Immigration : déclaration du gouvernement et prises de paroles à l’Assemblée

7 oct. 2019, 16:19

L’Assemblée nationale aborde ce 7 octobre la question de l’immigration. Un débat voulu par le président de la République Emmanuel Macron.Mise à jour automatique

  • Lundi 7 octobre19h00 CETMarine Le Pen, leader du Rassemblement national (RN), dénonce les débats sur l’immigration de ces dernières années qui n’ont abouti jusqu’alors qu’à des «propos de tribune […] des lois cosmétiques». «Aujourd’hui cette séance nous l’avons parce que l’opinion publique devant le scandale absolu qu’est l’immigration, le réclamait», a-t-elle estimé, avant d’ajouter : «Ceux qui n’ont pas le choix de fuir [l’immigration] vivent dans la détresse et nous portons leur cri de souffrance.»La présidente de parti du RN a provoqué des remous dans la chambre basse du Parlement en évoquant une «submersion» migratoire qui «déferle sur nos villes, sur nos bourgs». «Le torrent migratoire est en train de balayer nos systèmes sociaux, fait exploser tout le système pénal», a-t-elle également estimé.En conclusion de son intervention, Marine Le Pen a appelé le gouvernement à organiser, plutôt qu’un débat sans vote, un référendum sur la question migratoire.
  • 18h17 CETGuillaume Larrivé, député de l’Yonne et candidat à la présidence du parti Les Républicains (LR), a déclaré lors du débat à l’Assemblée sur l’immigration : «Immigration ou invasion ? […] Le XIXeme siècle expose la France au chaos migratoire, la géographie et la démographie nous l’annonce […] pour que la France reste la France nous devons reprendre le contrôle.»L’élu de droite a proposé la mise en place d’une «charte de l’immigration» adossée à la Constitution et soumise à «référendum», pour donner des «pouvoirs nouveaux» au gouvernement.
  • 17h56 CETLe leader insoumis Jean-Luc Mélenchon a pris la parole lors du débat à l’Assemblée sur l’immigration. Il a défendu, face à la majorité présidentielle, «l’immigré plutôt que le financier qui pille notre pays, sur lequel vous [le gouvernement] ne dites rien ; l’immigré plutôt que le fraudeur du fisc, qui vole chaque années 80 à 100 milliards à ce pays ; l’immigré, plutôt que les corrompus qui ont bradé l’industrie du pays à l’étranger».Jean-Luc Mélenchon@JLMelenchonEn réponse à @JLMelenchonAttention aux apprentis sorciers qui menacent de briser la matrice qui produit la France en tapant sur le clou de l’immigration.#debatimmigration #PourUnAccueilDigne http://youtu.be/AKkp_H5dnLA  YouTube ‎@YouTube4917:54 – 7 oct. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité38 personnes parlent à ce sujetLe député des Bouches-du-Rhône a poursuivi : «Avec vous [le gouvernement] les étrangers sont adulés s’ils viennent spéculer sur nos richesses mais ils sont montrés du doigt s’ils viennent en produire par leur travail.»
  • 17h42 CETPour Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDi et député de Seine-Saint-Denis, a déclaré : «il y a quelques années les Danois pensaient que les problèmes de l’Afrique n’étaient pas leurs problèmes, ils ont vu à travers la crise migratoire […] que c’est aussi leur problème ; cela veut dire que le développement de l’Afrique doit les concerner tout autant que l’Italie, l’Espagne ou la France.»Jean-Christophe Lagarde@jclagardeEn réponse à @jclagardeJ’en ai assez d’entendre que l’AME est un cadeau fait aux gens qui viennent ici ! C’est un cadeau fait aux Français pour les protéger des maladies les plus graves, comme la tuberculose qui est réapparue en Seine-Saint-Denis. #Debatimmigration1017:59 – 7 oct. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialitéVoir les autres Tweets de Jean-Christophe LagardeLe leader centriste a également fait savoir qu’il en avait «assez d’entendre que l’AME est un cadeau fait aux gens qui viennent ici.» «C’est un cadeau fait aux Français pour les protéger des maladies les plus graves, comme la tuberculose qui est réapparue en Seine-Saint-Denis», a-t-il fait valoir..
  • 17h10 CETAgnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a déclaré à l’Assemblée : «Les personnes en situation irrégulière n’ont droit à aucune prestation en dehors de la prise en charge de leurs soins.»«Lutter contre les abus, ce n’est pas affaiblir notre système, c’est au contraire le renforcer en restaurant une confiance, qui, aujourd’hui, semble faire défaut», a-t-elle également assuré, ajoutant : «On peut parler des chiffres sans fausses pudeurs, [car] il est vrai que la dépenses d’aides médicales d’Etat est importante, elle s’élève à 848 millions d’euros en 2018.»
  • 17h04 CETPour le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner : «Le cœur de notre politique d’immigration c’est la réussite de l’intégration ; c’est la clé de notre pacte républicain, c’est le meilleur rempart aussi contre le communautarisme […] Nous avons un besoin de lucidité pas de fantasmes.»Christophe Castaner@CCastanerIl faut parvenir, dès que possible, à une réforme globale et durable du système européen de l’asile pour :
    mieux lutter contre les réseaux et trafics
    établir une véritable solidarité entre pays
    faire échec aux flux migratoires secondaires au sein de l’Union européenne.10117:50 – 7 oct. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité71 personnes parlent à ce sujet
  • 16h41 CETLe Premier ministre Edouard Philippe a reconnu «des dérives communautaires» en France, «une sécession insidieuse dont nous ne voulons pas», se disant «évidemment prêt» à avoir un débat sur le sujet et à «répondre aux inquiétudes de nos compatriotes».«Mais c’est un débat en soi, qui pose d’autres questions que celles de la maîtrise des flux migratoires et de l’accueil des ressortissants étrangers qui nous réunissent aujourd’hui», a-t-il ajouté. 
  • 16h32 CETLe Premier ministre, Edouard Philippe, a admis ce 7 octobre lors du débat sur le sujet à l’Assemblée nationale : «Clairement, nous n’avons pas atteint tous nos objectifs» en matière d’immigration.«Nous devons poursuivre nos efforts et faire mieux. Sur la base de quels principes ? Avec quels moyens ?», a interrogé le chef du gouvernement, en rejetant les «fausses solutions», telles que «l’immigration zéro» ou «la fin du droit du sol», mais en se disant ouvert «à l’idée de quotas».

France

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Débat sur l’immigration : le gouffre d’une société moralement désarmée

IMMIGRATION

Débat sur l’immigration : le gouffre d’une société moralement désarmée

Le débat sur l’immigration débute ce lundi 7 octobre à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a décidé de s’impliquer sur le dossier de l’immigration et de l’intégration. Les agents de l’Etat sur le terrain suivent-ils la même politique ?AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN828Avec Guylain Chevrier, Edouard Husson, Arnaud Lachaize

Atlantico.fr : Aujourd’hui, lundi 7 octobre, s’ouvre le débat sur l’Immigration à l’Assemblée nationale. Il fait écho aux déclarations du Président de la République lors du 70ème anniversaire du Conseil de l’Europe, où il a notamment déclaré que le droit d’asile disparaîtra si on ne lutte pas contre ses détournements. Mais si le sommet de l’Etat choisit de s’atteler au lourd dossier de l’immigration et de l’intégration, encore faut-il que les agents de l’Etat sur le terrain suivent la même politique… A l’origine des relais de la politique nationale, les acteurs locaux sur le terrain, particulièrement les collectivités territoriales, appliquent aujourd’hui leurs propres choix politiques. Ce relais vous semble-t-il assuré aujourd’hui, même si à la tête de l’Etat le discours change ?

Guylain Chevrier : Le discours change, le ton et les mots, mais cela se traduira-t-il par une véritable politique d’immigration s’installant dans la cohérence, pour permettre de mieux contrôler les flux migratoires ? Pour Emmanuel Macron. « On doit traiter et protéger tous ceux qui sont sur notre territoire pour eux-mêmes et pour nous, mais là aussi il faut le faire avec raison garder, bon sens, et analyser s’il n’y a pas des excès qui existent, et je crois qu’ils existent dans certaines catégories » On a à l’esprit la « forte augmentation de la demande d’asile », portée à 123.625 personnes en 2018, soit une croissance de 22 % en un an. Le nombre de migrants a été divisé par cinq en Europe depuis 2015, mais dans le même temps les demandes d’asile ont augmenté de 50 % dans notre pays, confie un ministre. Dans les pistes évoquées, on trouve « la recherche d’harmonisation des conditions d’accueil en Europe », s’agissant notamment des prestations offertes aux demandeurs d’asile en France. « Pour un demandeur majeur hébergé par l’Etat et isolé, le montant versé en France » au titre de l’aide au demandeur d’asile (ADA) « est supérieur de 50 % à celui versé en Allemagne », par exemple. La question de couverture santé au titre de l’Aide médicale d’Etat (AME) semble devoir être questionnés, qui concerne « 300.000 personnes étrangères, sans papier ou en situation précaire de séjour », au regard de du panier de soin offert, et peut-être l’introduction d’une période de carence pour les demandeurs d’asile avant de bénéficier de la Protection universelle maladie (PUMa, ex-CMU). Il souhaite « reconduire beaucoup plus efficacement les personnes qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire parce qu’elles y sont entrées illégalement et qu’elles ont parfois demandé l’asile et qu’elles n’y avaient pas droit ». 

Le Président souhaite ainsi, par des éléments nouveaux de dissuasion, freiner l’immigration et particulièrement, même si cela n’est pas cité, pas seulement l’immigration qui profiterait trop du système de façon illégitime au regard du motif affiché pour rejoindre notre territoire, mais l’immigration illégale qui est aussi un véritable fléau. « La France ne peut pas accueillir tout le monde si elle veut accueillir bien » explique aujourd’hui Emmanuel Macron. Effectivement, il devient impossible d’accueillir matériellement, économiquement et socialement les migrants. Mais on peut encore moins aujourd’hui intégrer, au sens républicain du terme, plusieurs centaines de milliers d’immigrés par an, au regard des équilibres internes à notre société. On le voit à travers la montée d’affirmation identitaires qui télescopent nos mœurs, modes de vie, nos lois républicaines et nourrissent les thèses de l’extrême droite.

Il existe effectivement face à cette volonté affiché une inconnue, la volonté nationale, c’est-à-dire à tous les niveaux celle de mettre en œuvre, l’esprit de ce qui serait voulu, ici. L’Etat-unitaire est de ce point de vue en grande difficulté sur le sujet de l’immigration alors que chaque collectivité territoriale selon sa couleur politique, si elle se doit de respecter un cadre commun de règles, fait aussi ce qu’elle veut voire de la résistance, pour favoriser ou pas l’accueil sur son territoire en donnant une image attractive de la France pour les migrants, sinon faisant passer ses frontières pour fictives. 

Paris s’illustre régulièrement dans la volonté d’accueillir et d’imposer à l’Etat par les débordements qu’on laisse se mettre en place, avec des campements sauvages en toute illégalité dans la capitale, soutenus par des associations, une situation impossible et sans fin. C’est devenu un système bien connu des migrants qui se regroupent sous ces auspices sachant que cela a toutes les chances de se terminer par des prises en charge. On voit aussi, phénomène qui se développe, dans des villages, élus, associations et bénévoles main dans la main pour accueillir les réfugiés, les guider et les soutenir dans leurs démarches administratives et pour déjouer les risques de reconduite qui pèsent parfois sur eux, loin des grandes métropoles ou c’est devenu une sorte de sport local. On rapporte par voie de presse, que plusieurs villages d’Auvergne ont fait ainsi de l’accueil de réfugiés « une deuxième nature », contre ce qu’ils jugent être une hostilité du gouvernement ou même de l’exécutif régional.

Arnaud Lachaize : Les fonctionnaires chargés de la mise en œuvre de la politique migratoire sont principalement de deux ordres : la police aux frontières et les agents des préfectures. C’est un contre-sens absolu que d’imaginer qu’ils puissent saboter la politique de maîtrise des flux. Ils ont un travail extrêmement difficile, ingrat et complexe. On leur demande de concilier fermeté et prise en compte de cas humanitaires. Ils le font au mieux en se heurtant à des obstacles considérables. Ainsi, un cinquième (20%) seulement des OQTF, obligations de quitter le territoire français prises par les préfets sont effectivement mises en œuvre. Pourquoi ? libérations anticipées par les juges des libertés, impossibilité d’obtenir les laisser-passer consulaires, délivrés par les consulats des pays d’origine pour autoriser le retour de leurs ressortissants. Les fonctionnaires se débattent dans un dédale de procédures inextricables. La responsabilité incombe avant tout au pouvoir politique. Il est facile d’opérer des choix politiques laxistes pour plaire aux idéologues sans-frontiéristes, puis de donner des coups de menton virils pour flatter l’opinion publique. C’est bien le gouvernement Valls par la loi du 7 mars 2016 qui a encore aggravé les difficultés de la mise en œuvre des OQTF en réduisant la dure de la rétention administrative (par décision du préfet) de 5 jours à 48 heures et en renforçant considérablement le pouvoir des juges des libertés dans cette procédure. L’actuelle majorité En Marche n’est pas du tout revenue sur cette réforme. Après, il est facile de faire porter le chapeau aux fonctionnaires. 

Edouard Husson : Je ne crois pas qu’il faille incriminer le niveau local. Les agents de l’Etat sur le terrain sont au contact de la réalité. Ils appliquent des ordres. C’est au sommet de l’Etat qu’il faut changer les choses. Pour autant, je ne pense pas que le nouveau discours de M. Macron représente un véritable changement. Le candidat Macron avait expliqué dans une tribune datée du 2 janvier 2017 que la France devrait prendre exemple sur Angela Merkel et son ouverture totale des frontières à l’immigration entre septembre et décembre 2015. En pleine crise des Gilets Jaunes, il expliquait que pour lui les véritables exclus n’étaient pas les Gilets Jaunes mais les immigrés. Aujourd’hui, le président est dans un calcul politicien. Il a pensé pouvoir neutraliser le Rassemblement National en s’emparant du sujet, un peu pour reproduire la manoeuvre de Nicolas Sarkozy lors de la cmapagne de 2007. Cependant, le réel se charge de neutraliser la manoeuvre: l’attentat djihadiste à la préfecture de police – et surtout la gaffe de Christophe Castaner et de ses services cherchant à dissimuler l’appartenance religieuse du tueur pendant une journée et demi – sont venus soudainement relégitimer un discours de lucidité, tel qu’on l’entend depuis des années dans une partie de la droite. Le tueur de la préfecture était un Français d’outre-mer qui s’est converti à l’Islam: cela montre bien l’impact de l’immigration massive depuis des décennies: l’Islam ne serait pas en mesure d’obtenir des conversions chez des personnes issues de familles françaises depuis des générations s’il n’était pas devenu, grâce à l’immigration, nombreux en effectifs, capable d’exercer une attraction sociale et culturelle. Je suis donc très sceptique sur l’impact d’un changement du discours présidentiel. Et sur celui d’un débat. 

Il faut réfléchir aux raisons pour lesquelles Nicolas Sarkozy a échoué dans sa volonté de juguler l’immigration, alors que c’était une des promesses majeures de sa campagne: il y a eu le refus d’une partie de sa majorité de mettre en oeuvre, les limites imposées par la zone Schengen, les traités signés par la France, le pouvoir des juges, qui ont le moyen de bloquer une politique antiimmigrationniste, la pression des associations, des pouvoirs culturel et intellectuel etc…. Emmanuel Macron est-il prêt à affronter l’ensemble de ces facteurs, qui n’ont pas changé? En n’ayant pas, à la différence de Nicolas Sarkozy, une majorité au moins ouverte au sujet. 

Si la position de l’Etat au regard de la question de l’immigration évolue, celles des intellectuels semble avoir peu bougé. Ils paraissent encore peu favorables à  la limitation de l’immigration et sont peu enclins à encadrer plus fermement l’intégration. Ceci ne risque-t-il pas de gêner l’Etat dans sa mise-en-place d’une nouveau politique sur les question d’immigration et d’intégration ? Le rôle des associations sur place (qui parfois appliquent une politique différente de celle de l’Etat) ne peut-il pas aussi être problématique ? Dans quel sens ? Quelles sont les résistances ?

Guylain Chevrier : On a remplacé les idées politiques par les bons sentiments avec l’humanitaire, ce qui se traduit par l’impossibilité de dialogue sur certains sujets où les niveaux de communication se sont déconnectés. Toute approche politique de cette question qui prend en compte l’intérêt de la nation, entend entreprendre les choses avec rationalité est immédiatement taxée à tout le moins de sans cœur, d’égoïste, sinon de raciste et d’extrême droite. Les médias se font le reflet de cette situation. 

Dans un article publié le 4 octobre dans le journal le Monde intitulé « Migrants : A Bruxelles, un débat miné par l’égoïsme des Etats » On peut lire : « Manque de solidarité, division Est-Ouest, échec de la politique des « quotas » de relocalisations obligatoires, blocage des décisions qui permettraient d’élaborer une vraie stratégie migratoire : le bilan des années écoulées est inquiétant. » « Au bout du compte, il restera surtout l’image d’une Europe bloquée, divisée et aveugle, où le thème de la « protection » (des frontières, d’un « mode de vie », voire d’un territoire « ethniquement pur », comme l’a affirmé en son temps la Pologne) a pris le pas sur tous les autres. » Voilà le signe sous lequel ce journal qui ne compte pas pour rien entend apporter sa contribution au contexte du débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale. Il assimile dans la même phrase, la « protection » entre guillemet, et donc avec péjoration, « des frontières »,  d’un « mode de vie », à l’idée d’un territoire « ethniquement pur », en citant la Pologne. Cet amalgame qui frise l’accusation de rejet ethnique des migrants par des Etats comme la France, est significative des confusions et des malentendus qui dominent entretenus par les grands médias derrière l’image de malheur du migrant qui se noie. Des raccourcis qui font mal, car il pose un jugement moral, moralisateur, qui loin de résoudre quoi que ce soit, constituent uniquement un cran d’arrêt à la pensée politique.

Les médias prennent fréquemment le parti des migrants, à la façon d’une élite qui manifeste en leur faveur mais vit bien loin de la réalité de cette situation et de ceux qui la côtoient. Les  migrants eux-mêmes n’ont pas intérêt à cet accueil sans compter qui risque de nuire le plus à ceux qui en ont le plus besoin, et sont de plus en plus perdus dans le flot des autres. Un sondage Ipsos publié le 13 septembre, montre que 60% des Français voient les migrants comme une menace. Voilà le résultat de ce tour de force des médias.

Arnaud Lachaize : Les intellectuels ? Je ne sais pas si le mot est approprié… Ce qui est certain, c’est que le microcosme médiatique, composé d’artistes, cinéastes, journalistes, animateurs de télévision, experts attitrés des plateaux de télévision, responsables associatifs, bref, la France visible, apparente, médiatique, qui détient le monopole de l’expression publique, est globalement acquis au culte de l’immigration radieuse. Les mêmes étaient jadis marxistes. Aujourd’hui, le migrant a remplacé le prolétaire dans l’idéologie progressiste et la grande migration s’est substituée à la lutte des classes comme moteur de l’histoire. Cette idéologie est renforcée par une connivence avec une partie du grand patronat qui voit dans la migration un apport de main d’œuvre bon marché et un outil de pression à la baisse sur les salaires. Oui, bien sûr, la force de cette idéologie sans frontière contraint le pouvoir politique à faire de l’acrobatie. Il a besoin du soutien de la parole médiatique et du star system. Mais il lui faut aussi donner des gages au peuple, beaucoup plus réservé sur les migrations – tous les sondages montrent que 60% des Français pensent qu’il y a trop d’immigration. C’est pourquoi le pouvoir applique un double langage permanent : affichage de fermeté, coups de menton à l’adresse du peuple, et pratique d’une politique laxiste pour plaire à la fois au microcosme médiatique et au grand patronat. Ceci explique l’explosion des statistiques de l’asile et de l’immigration depuis quelques années. 

Edouard Husson : Encore une fois, la position de l’Etat n’a pas vraiment commencé à évoluer ! Quel président, quelle assemblée sont prêts à affronter le Conseil d’Etat sur la question de la politique d’immigration? Qui est prêt à remettre en cause la Cour Européenne des Droits de l’Homme? Le président est-il prêt à mettre absolument fin à l’immigration? A menacer nos partenaires de Schengen d’une remise en cause des Accords s’il n’y avait pas une modification fondamentale de la politique d’immigration européenne. Est-il prêt à faire, au moins implicitement, amende honorable vis-à-vis de la Hongrie ou de l’Italie, dont il a mis en cause la sévérité des politiques de contrôle de l’immigration? A côté de cela, la question du pouvoir intellectuel est très relative. Oui, le monde intellectuel a, depuis les années 1970, construit un discours intellectuel de légitimation de l’immigration massive. De manière honteuse, on a instrumentalisé l’histoire de la Shoah, en assimilant au fascisme et même au nazisme toute volonté de limiter l’immigration, de garantir des frontières.

C’était non seulement honteux mais un contresens: si l’histoire des Juifs nous apprend quelque chose de primordial, c’est la capacité de résistance et de résilience d’une identité religieuse, culturelle, nationale, sur au moins trente siècles. L’Etat d’Israël aujourd’hui est l’un des plus beaux exemples de défense de la souveraineté et de l’identité. La réalité historique et contemporaine n’a cependant pas empêché de nombreux intellectuels et universitaires de développer un discours abstrait, désincarné, instrumentalisant le malheur des victimes du nazisme, en premier lieu le génocide des Juifs, pour intimider des adversaires politiques. Mais je pense que les idées peuvent évoluer assez rapidement; cependant, dans les faits, ce sera beaucoup plus difficile de bouger. Il est beaucoup plus facile de changer d’idées que de transformer la réalité d’une politique immigrationniste pour lui substituer une politique réaliste. Quel président aura le courage de mettre fin au regroupement familial, aux exploitations abusives de la protection sociale française? Il faut courage et persévérance. 

L’Education nationale, creuset de la construction identitaire, est désormais en proie aux volontés des professeurs de glorifier des cultures étrangères, bien loin de la conception unitaire de Jules Ferry. Quels sont les maux profonds de la transmission nationale ?

Guylain Chevrier : L’école est le second vecteur de socialisation primaire, c’est-à-dire qui a en charge, l’intégration des normes et des valeurs communes, leur intériorisation. Mais parallèlement à la volonté affiché d’intégration républicaine, l’encouragement à l’enseignement du fait religieux que l’on entend encourager encore, pousse à une intégration par le biais des différences, alors que nous n’avons jamais eu autant besoin peut-être de nous rassembler autour des biens qui nous permettent de faire société ensemble. Les programmes de littérature et d’histoire s’en trouvent affectés. Il y a toujours eu une approche des faits historiques intégrant la dimension religieuse mais parmi d’autres, alors qu’ici, on entend l’enseigner en tant que telle, en référence aux dogmes religieux, comme si il en allait avec la connaissance de l’égalité du traitement des religions. On a créé cela dans l’esprit de lutter contre la déshérence morale de notre époque, comme le rapport Debray commandé par Jack Lang sur ce sujet le défendait, en 2002. Quelle erreur !

On en voit les dégâts aujourd’hui avec de plus en plus de situations où on refuse le contenu de certains enseignements, jugés non-conformes à la pensée religieuse d’un tel, ou encore le refus de petit garçons de prendre la main d’une fille…  L’histoire commune s’en trouve contestée, celle qui est enseignée, mais celle aussi qui est à écrire comme corps politique de citoyens. Pour reprendre une des pensées majeure du grand philosophe, trop oublié aujourd’hui, le défunt François Châtelet : « Si l’homme s’est fait historien c’est parce qu’il est devenu citoyen ». Autrement dit, c’est parce qu’il s’est rendu maître de son destin qu’il s’est mis à écrire, que l’homme a eu besoin de tirer les enseignements de l’expérience de son histoire, comme histoire commune, universelle, pour définir collectivement, par les moyens de la démocratie et de la participation du citoyen à la vie et aux enjeux politiques de la cité, son chemin. Est-ce bien le message transmis par l’école aujourd’hui ? Un message inévitablement brouillé. L’introduction de l’Arabe au même titre que d’autres langues optionnelles dès l’école primaire, supposée lutter contre l’islamisme, va avecl’encouragement à penser que parler à la maison uniquement la langue d’origine est une bonne chose. A l’entrée en 6e, on voit croitre le nombre de jeunes des quartiers qui ne maitrisent pas la langue française à l’oral ni à l’écrit, base de l’unicité de la nation, article 2 de notre Constitution, et pas pour rien. On pourrait citer les ELCO, ces enseignements des langues et cultures d’origine hérités d’une époque où l’on entendait maintenir le lien avec le pays d’origine en pensant que les immigrés allaient repartir dans leur pays, donnés dans les écoles par des enseignants désignés par les ambassades de référence des nationalités d’origine des enfants qu’ils accueillent.Des enseignements souvent mis au service d’un apprentissage différentialiste et fréquemment fondé sur des références religieuses. Des ELCO qui dénotent, que l’on avait promis de fermer, et posent pour le moins problème. 

Arnaud Lachaize : Est-ce vraiment la volonté des professeurs, ou bien celle des politiques et des hauts fonctionnaires de l’Education nationale qui conçoivent les programmes ? C’est en tout cas une affaire d’idéologie dominante qui déteint sur l’éducation nationale. Jusqu’aux années 1990, la Nation restait une valeur importante, bien qu’en déclin, à droite comme à gauche. D’ailleurs le slogan, la « France unie » triomphait encore aux présidentielles de 1988. La fin de l’ennemi soviétique, la suppression du service national, l’allégeance au culte de l’ouverture des frontières et à la société multiculturelle, à compter de ces années 1990, a pris possession des esprits de la France visible, médiatique, la classe dirigeante et influente. La crise des migrants  de 2015 a encore accru cette tendance, « l’accueil » devenant une sorte d’impératif moral. Alors bien sûr, cette idéologie se retrouve au cœur de l’Education nationale. D’où l’abandon de l’histoire événementielle, nationale et axée sur le récit de la vie des héros du pays. Il paraît qu’on y revient. C’est à voir, en tout cas, pour l’instant, personne ne le sent vraiment, ni au niveau des manuels, ni celui des enseignements. 

Edouard Husson : Encore une fois, je ne m’en prendrais pas à ceux qui sont sur le terrain, les professeurs. D’abord parce que beaucoup d’entre eux constatent sur le terrain la détérioration de la situation, qu’il s’agisse des atteintes à la laïcité, de l’anarchie qui règne dans un certain nombre de territoires perdus de la République ou des écarts grandissants de niveaux entre élèves – qui expliquent le recul de la France dans les études PISA d’édition en édition du classement. Le recrutement des professeurs se tarit parce qu’on a peu envie d’aller sur certains terrains.  Non, encore une fois, le problème se trouve plus haut: Je n’ai jamais oublié la déclaration d’un inspecteur général lors d’un colloque sur l’enseignement de l’histoire au début des années 1990: il s’était donné pour mission, expliquait-il, de veiller à ce que les programmes ne soient pas trop « gallocentrés »: entendez qu’on avait trop parlé jusque-là de la France. La responsabilité de ceux qui ont formulé de telles directives est lourde quand on voit ces individus, à qui on n’a pas appris à aimer la France à l’Ecole et qui, des années plus tard, se convertissent à l’Islam pour aller se battre en Syrie ou mener le djihad en France. 

Les associations sur le terrain œuvrent aussi et modifient la politique migratoire française. Dans quel sens ? 

Guylain Chevrier : Il y a une volonté de plus en plus affichée par un large milieu associatif d’ouvrir les frontières, sans bien que l’on se rende compte des conséquences à court, moyen et long terme. De France Terre d’Asile à la Cimad en passant par le Réseau Education Sans Frontières (RESF), on fait comme s’il en allait,pour l’accueil des migrants, de la bonne volonté, taxant toute résistance implicitement de rejet de l’autre voire de racisme. Certaines associations qui soutiennent les campements sauvages sont prêtes à tout pour forcer les pouvoirs publics à un accueil inconditionnel, en créant des désordres. Jusqu’à d’ailleurs aller l’affrontement avec les forces de l‘ordre. Ces militants se présentant comme de gauche, entendent faire appliquer finalement à marche forcée la règle de la libre entrée et du séjour d’étrangers dans notre pays, en s’inscrivant dans une logique de la mondialisation qui est celle de la mise en concurrence des peuples par la libre circulation des capitaux et des hommes. Les deux tiers de ceux qui se présentent comme réfugiés sont déboutés, dont 90% restent ensuite en France, régulièrement avec le soutien d’associations qui en ont fait leur profession de foi. Ils viennent grossir les rangs des SDF, plus de 2000.00 personnes, dont ils représentent plus de la moitié. Rien de bien reluisant, humanitairement parlant. On doit avoir à l’esprit que les étrangers représentent environ 20% des écroués, c’est-à-dire deux fois et demi plus que ce qu’ils ne représentent au regard de la population en France. Ce qui souligne le sérieux avec lequel on doit envisager la question de l’immigration pour la France comme pour les étrangers.

Le 5 octobre dernier, Le conseil de la Fédération protestante de France (FPF) dans un communiqué,  met en garde contre toute « instrumentalisation le débat sur l’immigration. Elle « s’alarme des « mesures régressives » qui pourraient être prises à l’encontre des migrants » parle d’une « cohésion de notre société menacée par des discours incitant à la peur, à la méfiance et à la haine de l’autre ». Elle dit craindre « des mesures régressives, réduisant de fait, de plus en plus et de façon sournoise, l’accès aux droits fondamentaux pour les plus vulnérables (par exemple, le droit pour toute personne de vivre en famille, la protection des mineurs, l’accès à une protection de santé pour les plus pauvres (AME)…) ». Pour dire que « catholiques et protestants dénoncent les mesures d’Emmanuel Macron ». On voit bien là les résistances, qui se fondent encore ici sur des sentiments, teintés de religion, envisageant la question migratoire hors toute réflexion sur des frontières que la religion ignore. Un discours uniquement fondée sur la charité, qui, si elle peut apparaître comme généreuse, ne saurait constituer les fondements de la moindre politique d’un Etat. 

Les attributions de logements sociaux par les agents administratifs peuvent contribuer à recréer des zones communautaires. La politique locale n’empêche-t-elle pas de relayer la politique nationale ?

Guylain Chevrier : Sur l’année 2015, le ministère du Logement a enregistré 1,3 million de demandes de logement social. Sur cet ensemble, les trois quarts viennent de ménages français, une demande sur 5 d’étrangers hors Union Européenne et le reste par des Européens. 340 000 ménages demandeurs ont été logés dans un logement social en France sur la même période, dont 60 000 pour des étrangers. Ces derniers représentent donc 16 % des logements sociaux attribués cette année-là. C’est-à-dire environ deux fois plus que ce qu’ils représentent dans la population française. Ces chiffres ne disent rien des conditions de regroupement ou non des uns ou des autres dans des ensembles sociaux. Il est certain que la tendance a été celle d’attribuer progressivement des logements sociaux, mécaniquement à des familles immigrées pour des raisons de conditions de ressources et d’urgence sociale. Ils peuvent avoir la nationalité française obtenue après leur arrivée en France, que l’on ne voit plus derrière le partage entre Français et étrangers dans les statistiques d’attribution. Aussi, l’aspect communautaire se renforce avec ce phénomène de regroupement sur le parc social. Les collectivités locales n’ont pas toujours le choix de la mixité sociale, car la politique des surloyers a fait fuir ces dernières années les classes moyennes, même du bas du tableau. La politique qui consiste ainsi à favoriser l’accueil de migrants dans certaines villes pour des raisons idéologiques, où s’allient élus et militants associatifs, aboutit inévitablement à un moment à des attributions de logement qui convergent dans ce sens. Ce qui n’est pas favorable à une politique nationale bien maîtrisée sur ce sujet de première importance.   

N’oublions pas non plus que nous sommes en France en matière de logement relatif à des situations d’urgence sociale, sous la loi du 5 mars 2007 du droit à un logement opposable (DALO).

Il existe un ressenti d’une justice laxiste de la part de la population. Peut-on y voir une politisation des magistrats ?

Guylain Chevrier : On connait la tendance actuelle à une politisation des magistrats, quoi qu’il ne s’agisse pas réellement d’une nouveauté, mais avec cette nouvelle influence des questions sociétales qui entendent se régler devant les tribunaux. Ce qui fait parfois des juges des décideurs politiques. 

Un exemple éloquent d’orientation en matière d’accueil et d’hébergement. Ancien directeur de Forum Réfugiés, élu lyonnais en charge de la politique du logement au sein du Grand Lyon entre 2008 et 2015, date à laquelle il démissionne en désaccord avec Gérard Collomb, Olivier Brachet est aujourd’hui juge assesseur nommé par le Haut-Commissariat aux Réfugiés à la Cour nationale du droit d’asile. Voilà son opinion concernant le rôle politique d’accueil des migrants : « les collectivités ont un rôle à jouer pour faire bouger les lignes » selon lui, pour prendre le relais de l’Etat. Préconisant que les mouvements migratoires vont aller en s’amplifiant,il explique que « la France a besoin sur une longue durée, d’avoir une organisation d’accueil capable de pouvoir lever 100 000 lits en permanence. Et il lui faut aussi un plan B de 50 000 à 100 000 lits supplémentaires pouvant être activés pour faire face aux variations conjoncturelles. Autrement dit, l’hébergement d’urgence doit devenir une sous composante de la politique du logement. Pour y parvenir, les premiers impliqués doivent être les collectivités. (…) Pour moi, ce point n’est pas discutable, il faut donc légiférer dans ce sens … » Voilà comment on s’arrange avec la réalité au nom de répondre aux besoins des migrants,selon un accueil inconditionnel, à l’échelle des territoires. Tout cela constitue bien des arguments en faveur d’un appel d’air qui ne fera pas mentir le Juge. 

On ne peut que constater que les décisions de justice à l’encontre des pratiques des préfectures se multiplient. Dans les Alpes-Maritimes, le préfet a été condamné en 2017 (le 31 mars et le 4 septembre) pour avoir interdit l’entrée en France à des demandeurs d’asile adultes, puis le 23 février pour avoir refoulé 19 mineurs. La préfecture de Seine-Saint-Denis, de son côté, a perdu au tribunal administratif le 20 février, parce que la dématérialisation de ses procédures empêche de nombreux étrangers d’accéder à leurs droits. L’année précédente, le préfet de Paris avait cumulé 135 condamnations en deux semaines pour non-respect de l’enregistrement des demandes d’asile dans le délai imposé par la loi de 2015. Des actions en justice menées par des associations de soutien aux migrants ou accompagnées par elles. 
On dénonce que l’on érigerait du côté de l’Etat l’abus en droit contre les migrants, mais on oublie d’évoquer, que toute une communauté de soutiens militants aux migrants érige le droit des étranger au-dessus de la loi, en justifiant les situations irrégulières qu’ils défendent jusqu’au bout du bout contre le cadre réglementaire. Le problème vient, on le sait avant tout, d’une impossibilité de lecture de cette politique de l’Etat depuis de nombreuses années, entre un discours ferme politiquement circonstancié, voire opportuniste, et un laxisme certain. Il faudrait, pour justifier une politique de maîtrise de l’immigration, loin des jugements moraux, de son instrumentalisation politicienne et des bons sentiments, revenir aux fondamentaux de notre République. Si nous voulons pouvoir accueillir il faut que les critères en soient mieux définis sur les fondements de l’intérêt de la France comme nation, et comme membre de l’Union européenne, en se liant  à l’intérêt des pays de départ, et des peuples. 

Pour Tahar ben Jelloun, qui a fait une tribune dans le journal Le Point le 23 septembre dernier, « il faut que les États européens luttent ensemble contre le fléau de l’immigration clandestine. Nul n’a intérêt à ce que la situation perdure. » Il plaide en faveur d’une mobilisation de l’Europe dont il dit que, « quelle que soit sa croissance économique, (L’Europe) ne peut pas accueillir tous les exclus de la vie par la faute de dirigeants corrompus et sans état d’âme. » qui « sont avant tout des victimes (…) de la mauvaise gouvernance de leurs pays, victimes, ensuite, des bandes de la mafia locale qui s’enrichit honteusement sur le trafic et l’esclavage (on avance le chiffre de 5 000 dollars la traversée).La solution ne se trouve pas en Europe » mais « en grande partie dans ces pays où des citoyens sont réduits à la misère. Il invite ainsi les pays européens à une grande politique de soutien au développement concertée et contrôlée. C’est sans doute là, manifester de la considération à ces populations non comme assistés, mais comme peuples en recherche de dignité. Voilà sans doute une piste très importante à considérer, sur laquelledit entendre se pencher le gouvernement. Elle implique une condition majeure, sortir d’une dérive idéologique de l’accueil fondée sur l’illusion des bons sentiments en lieu et place d’une grande politique de l’immigration. 

Arnaud Lachaize : C’est plus compliqué. D’abord, les interprétations de la loi varient sensiblement d’un magistrat à l’autre. Les juges des libertés, en matière de rétention administrative (qui permet d’organiser le retour des migrants en situation irrégulière dans leur pays), ont des positions extrêmement variables souvent difficiles à comprendre pour les agents des préfectures. Certains, minoritaires, font intervenir un critère politique dans leurs décisions. Le syndicat de la magistrature n’a jamais fait mystère de son hostilité aux mesures de lutte contre l’immigration illégale. Plus généralement, c’est l’air du temps, l’idéologie dominante qui imprègne leur pratique, la mauvaise conscience de laisser faire une OQTF, alors même que les conditions juridiques sont satisfaites. Mais là encore, la vraie responsabilité incombe au pouvoir politique. C’est lui qui a donné l’essentiel de la compétence en matière de reconduite à la frontière au juge des libertés qui peut à tout moment faire libérer un étranger en voie de raccompagnement dans son pays. Or les juges des libertés sont mal à l’aise avec cette mission qui consiste à maintenir en captivité des personnes pour des raisons administratives et non de nature pénale. Les tribunaux administratifs sont plus adaptés à cette mission et tout autant protecteurs des droits individuels. Le choix ainsi effectué sur une base idéologique, est de la responsabilité des politiques, pas de la magistrature. 

Edouard Husson : Je ne sais pas si le terme laxiste est approprié. Le laxisme est dans le résultat mais l’intention est militante, et non simplement du « laisser-aller ». On a affaire à des juges très idéologisés depuis longtemps. On ne parle pas seulement des juges des libertés ou des juges au pénal. Il faut remonter jusqu’aux plus hautes juridictions de l’Etat et regarder aussi le Conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel. A la fin de son septennat, Valéry Giscard d’Estaing avait voulu limiter l’immigration. Mais le Conseil constitutionnel se chargea de limiter, par exemple, l’effet de la loi Bonnet, en 1979, qui avait pour objectif de pouvoir lutter efficacement contre l’immigration clandestine. Un peu plus tôt, en décembre 1978, le Conseil d’Etat avait rendu difficile de revenir sur le regroupement familial (mis en place par VGE) en mettant sur le même plan les étrangers et les nationaux en ce qui concernait le « droit de mener une vie de famille normale ». 

En fait, il faut bien voir que l’immigrationnisme a suivi la lente sortie de l’état de droit national en direction d’un ordre judiciaire supranational, abstrait mais redoutable, tant il est vrai qu’il peut permettre de faire pression sur n’importe quel pays. Les souverainistes ont souvent évité le sujet de l’immigration, politiquement incorrect, sans se rendre compte que ce qui se jouait dans ce domaine n’était pas moins essentiel que la question de l’euro ou celle de la dissuasion nucléaire. D’ailleurs de Gaulle avait les idées très claires sur l’immigration: elle devait pour lui être limitée à de la main d’oeuvre et réversible. Je ne connais pas beaucoup de gaullistes qui aient le courage de défendre cette part du gaullisme – malgré les témoignages très clairs sur le sujet d’Alain Peyrefitte ou de Michel Massenet.

https://www.atlantico.fr/decryptage/3580484/debat-sur-l-immigration–le-gouffre-d-une-societe-moralement-desarmee-arnaud-lachaize-edouard-husson-guylain-chevrier-

Propos de Zemmour sur l’immigration et l’islam : le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête

Propos de Zemmour sur l’immigration et l’islam : le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête

Mardi 1 Octobre 2019 modifié le Mardi 1 Octobre 2019 – 13:42

Propos de Zemmour sur l'immigration et l'islam : le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête

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Le parquet de Paris a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence », après des propos du polémiste Eric Zemmour ayant visé l’immigration et l’islam.

Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Dans ce discours, prononcé lors de la « Convention de la droite », Eric Zemmour s’en était pris samedi, entre autres, aux immigrés « colonisateurs » et à « l’islamisation de la rue ».

L’enquête a été ouverte pour « injures publiques en raison de l’origine ou de l’appartenance ou de la non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence, à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

Le polémiste a prononcé ce discours, diffusé en direct par la chaîne d’informations LCI, au cours de la « Convention de la droite » organisée à Paris par l’ancienne députée d’extrême droite Marion Maréchal et ses proches.

Celui qui a été condamné récemment pour provocation à la haine religieuse a également cité l’écrivain Renaud Camus, théoricien du « grand remplacement » de la population blanche et chrétienne par une population immigrée musulmane, et ironisé sur les tenues de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, « sommet de la distinction française ».

Interrogé par l’AFP, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avait indiqué avoir reçu « près de 400 » saisines liées à cette diffusion.

Ces déclarations ont suscité un tollé, jusqu’au sein du gouvernement, le Premier ministre en personne, Édouard Philippe, condamnant des discours « nauséabonds et profondément contraires à l’idée que nous nous faisons de la France et de la République ».

LCI a reconnu de son côté une « erreur d’appréciation ». « La diffusion du discours dans l’état n’était pas le format approprié pour notre chaîne », a indiqué dimanche la direction de la chaîne du groupe TF1 dans un communiqué. « Il y a bien eu contradiction et déconstruction des propos d’Éric Zemmour, mais c’était après-coup ».Mardi 1 Octobre 2019 – 13:39
Atlasinfo (Source afp

)https://www.atlasinfo.fr/Propos-de-Zemmour-sur-l-immigration-et-l-islam-le-parquet-de-Paris-annonce-l-ouverture-d-une-enquete_a104311.html

Emmanuel Macron poursuit son offensive sur l’immigration

Emmanuel Macron poursuit son offensive sur l’immigration

25 sept. 2019, 14:44

Emmanuel Macron poursuit son offensive sur l'immigration

© ERIC VIDAL Source: ReutersEmmanuel Macron lors d’une conférence de presse à la commission européenne après un sommet européen sur l’immigration (image d’illustration)

Face à l’immigration illégale, le chef de l’Etat alterne entre accélération des procédures d’asile pour ceux qui y ont droit et fermeté. Les réactions politiques oscillent entre enthousiasme, perplexité et rejet.

Emmanuel Macron est revenu, ce 25 septembre, sur le thème de l’immigration qu’il a abondamment développé depuis le début du mois de septembre. Le chef de l’Etat, au micro d’Europe 1 depuis New York, a poursuivi et «[a assumé]» ce tournant vers le sujet de l’immigration avant un débat à l’Assemblée nationale prévu le 30 septembre.Lire aussiImmigration : Macron appelle à plus de fermeté, les premières voix de l’opposition s’élèvent

Depuis l’assemblée des Nations unies où il a fustigé le «mondialisme», tout comme le «repli identitaire», le président de la République a proposé un nouvel «en même temps» en matière d’immigration : «être humain et efficace» à la fois. Selon lui, cette nouvelle posture remplacerait l’ancienne et sanctionnerait les politiques précédentes : «Aujourd’hui, à défaut d’être dans le [en même temps], nous sommes bien souvent dans le [ni-ni].»

Emmanuel Macron a poursuivi sur sa lancée. La France «pour pouvoir accueillir tout le monde dignement, […] ne doit pas être un pays trop attractif». Il a renchéri sur l’aspect humain en appelant à accélérer les demandes de droits d’asiles et à favoriser leur intégration dans la société française. Pour le président de la République, la solution réside dans «des cours de français et une politique de l’emploi plus forte».

Ce serait une erreur de dire que la question migratoire est une question taboue

C’est «en même temps» que le locataire de l’Elysée a appellé à un accroissement de la fermeté face au migrants illégaux en reconduisant «[à la frontière] beaucoup plus efficacement les personnes qui n’ont pas vocation à rester [sur] le territoire». Et c’est également «en même temps» que le chef de l’Etat a souhaité un «dialogue apaisé», tout en prévenant : «ce serait une erreur de dire que la question migratoire est une question taboue».

Lire aussi: 60% des Français voient les migrants comme une menace, selon un sondage Ipsos

La classe politique réagit

Pour le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), sur Europe 1, et le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, sur BFMTV, l’initiative d’Emmanuel Macron a été encourageante. Gérard Larcher a approuvé qu’il se soit adressé à tous les Français, «pas simplement à sa majorité dans un espace restreint». Néanmoins, les Républicains ont affiché un enthousiasme réservé. Le bilan du chef de l’Etat en matière d’immigration ne serait à leurs yeux, pas encourageant. Bruno Retailleau s’est insurgé : «Il y a un an a été promulguée […] la loi asile et immigration […] et sa loi ne marche pas.»

Pour l’eurodéputé et vice-président du RN, Jordan Bardella, qui est intervenu sur Radio Classique il s’agit «d’électoralisme». Il appelle à organiser «un referendum sur le sujet». Pour lui, les Français «ont de plus en plus de mal à se soigner, [et] on offre les soins gratuits aux clandestins. […] Le premier des robinets à couper, c’est celui de l’immigration».

Yannick Jadot, eurodéputé EELV, met en garde sur Cnews contre la violence que suscite l’ouverture d’un débat sur l’immigration. Selon lui, «instrumentaliser la question de l’immigration, comme l’ont fait trop de responsables politiques, [divertit] des sujets comme les inégalités». Il est rejoint par la députée de la France insoumise (LFI), Sabine Rubin, qui «dénonce un subterfuge pour noyer le débat public».

Sabine Rubin FI 93.9@SabineRubinFI93

#Immigration : #Macron voudrait que la France soit « moins attractive » ; du jamais-vu ! Ou plutôt, encore un subterfuge pour noyer le débat public sous les polémiques stériles et dangereuses. Ne nous laissons pas berner !

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Lire aussi: La justice ordonne l’expulsion d’un millier de migrants à Grande-Synthe (REPORTAGE)

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https://francais.rt.com/france/66154-emmanuel-macron-poursuit-son-offensive-immigration

Syrie : les vraies raisons derrière l’avertissement d’Erdogan à l’Europe sur une nouvelle vague de migrants

: les vraies raisons derrière l’avertissement d’Erdogan à l’Europe sur une nouvelle vague de migrantsEUROPE11 septembre 2019© Reuters

MENACE

Syrie : les vraies raisons derrière l’avertissement d’Erdogan à l’Europe sur une nouvelle vague de migrants

La semaine dernière, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a menacé l’Europe d’un nouvel afflux de migrants. Pourquoi cette menace ? Il réclame une nouvelle aide financière et la création d’une zone tampon au Nord de la Syrie.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN61974Avec Alexandre Del Valle

Atlantico : Dans ce bras de fer avec l’UE qui détient le contrôle du flux syrien ?

Alexandre Del Valle : Je pense que tout ça, c’est des rapports de force, et dans les rapports de force, c’est celui qui est le plus culotté, le plus déterminé, qui a le moins de scrupules et qui manie le mieux le bluff qui gagne. Et souvent les Européens ne savent pas avoir cette politique musclée, virile et sans scrupule, qui consiste à écraser celui qui est un peu plus correcte. Ce n’est pas que la Turquie a tous les atouts, le vrai problème n’est pas là : elle n’a pas tous les atouts ; elle a certains atouts, mais elle sait que l’Europe est un continent complexé, géopolitiquement peu viril, et qui est souvent le dindon de la farce dans les relations internationales. On le voit pour le climat, pour l’aide au développement, pour les règles de l’OMC, pour les échanges avec les Américains. L’Europe est souvent le dindon de la farce qui accepte des choses qu’elle s’impose, des règles qu’elle respecte, alors que le partenaire ne les respecte pas. C’est pareil pour la Chine : elle viole les règles de l’OMC que l’Europe respecte. La concurrence est violée par le Chine et les Américains alors que l’Europe se fait hara-kiri en s’empêchant d’avoir des consortiums. Donc dans plusieurs domaines, ce n’est pas que l’Europe est plus faible, mais elle est scrupuleuse, elle accepte des règles et elle n’ose pas se comporter comme les voyous et donc elle est la seule à être vertueuse, à respecter des règles que ses partenaires violent. Avec la Turquie, qui n’a pas de scrupules, l’Europe est faible. Non pas parce qu’elle est structurellement faible, mais parce que ses complexes, ses scrupules, l’empêchent d’aller loin dans les négociations. Tandis que si l’Europe était moins complexée et plus adepte d’une négociation musclée, l’Europe pourrait très bien dire aux Turcs : « Vous menacez de nous balancer des centaines de milliers de clandestins, nous allons rompre pleins d’accords avec vous, nous suspendons les négociations en vue de l’adhésion, nous enlevons les aides que nous vous donnons chaque année, nous supprimons un tas d’avantage que les Turcs ont avec l’UE, nous annulons l’union douanière, etc ». Et si on était capables d’avoir ce genre de politique, ce serait beaucoup plus efficace, mais nous ne l’avons pas. Nous ne brandissons pas des menaces régulièrement aux Turcs et donc ils ont raison d’essayer, ils savent que c’est un partenaire faible psychologiquement. L’Europe est aujourd’hui le continent de la faiblesse volontaire, et les prédateurs adorent les faibles. Les prédateurs comme Erdogan, comme Trump, comme Xi Jin Ping. L’Europe aujourd’hui, parmi les grands acteurs du monde multi polaire, c’est le continent de la faiblesse et des scrupules, et de l’auto critique, et des complexes.  Et donc il est facile de menacer un être complexé, même s’il est plus fort. Potentiellement l’Europe est plus forte, elle a quand même la deuxième armée mondiale et la première économie mondiale si on additionne les budgets, l’Europe est un continent extrêmement puissant si elle en a la volonté, mais elle est complexée. Le grand turc Erdogan l’avait dit un jour : « L’Europe est un continent en voie de putréfaction frappé par la vieillesse et par la décadence ». C’est quand même assez clair. Il a même dit un jour : « Les Européens auront peur de sortir de leur maison car les musulmans feront en sorte qu’ils aient peur de sortir de chez eux ». Les discours d’Erdogan ces dernières années sont extrêmement menaçants. Il a compris qu’il a en face de lui un colosse vieux, donc il en profite. L’Europe est aujourd’hui le continent de personnes qui attirent tous les prédateurs. L’Europe se veut un continent sans identité, sans nationalisme, c’est une destruction de la souveraineté depuis Jean Monnet au profit d’un projet utopique, mondialiste, universaliste, de paix et d’harmonie. C’est le continent des droits de l’Homme, donc pour un Donald Trump, pour un Bolsonaro, pour un Xi Jinping, pour un Poutine ou pour un Erdogan, pour les grands leaders du monde multipolaire, qui eux sont nationalistes et non complexés, c’est une proie facile. C’est un colosse aux pieds d’argiles, c’est un géant économique mais divisé, c’est une puissance militaire mais fragmentée, En plus contrôlée par les Etats-Unis ; c’est en fait une colonie américaine. L’Europe est une colonie pour les grands prédateurs du monde. Les Turcs veulent la coloniser par l’Islam et la démographie musulmane, les Chinois par l’achat des ports, aéroports et infrastructures, les Américains par la culture et la domination de l’OTAN… En fait l’Europe peut s’analyser aujourd’hui comme un continent qui attire tous les grands prédateurs du monde multipolaire. C’est dans ce cadre qu’il faut replacer les techniques de négociation menaçantes d’un Erdogan, qui serait beaucoup respectueux s’il avait en face de lui, à la tête de l’Europe, quelqu’un comme Poutine. Quand Erdogan a voulu ennuyer les Russes, ça n’a pas duré bien longtemps. Il n’y a pas eu de guerre entre la Russie et la Turquie, pourtant la Turquie avait fait assassiner un ambassadeur russe. Poutine a tapé sur la table, il a menacé de représailles économiques et Erdogan a compris les menaces et il a arrêté. Les Européens n’oseront jamais menacer Erdogan comme les Américains les ont menacés. Et de son point de vue Erdogan a raison d’essayer.open in 0

C’est vrai que la Turquie, voisine de la Syrie reçoit énormément de réfugiés, deux millions depuis le début de la guerre syrienne. C’es vrai que l’une des raisons de cet accueil, pour Erdogan, c’est d’avoir un élément de négociation avec les pays arabes, parce qu’Erdogan veut apparaitre comme un protecteur des réfugiés sunnites musulmans syriens persécutés par les apostats au pouvoir en Syrie, parce qu’en Syrie ce ne sont pas des musulmans, ce sont des alaouites qui tiennent le pouvoir. Erdogan veut être le protecteur des islamistes sunnites syriens, c’est pour ça qu’il en a accueilli beaucoup, pour apparaitre un peu comme un leader protecteur des Arabes sunnites, et il a également utilisé cette réserve de réfugiés pour pouvoir éventuellement les lâcher vers l’UE pour que celle-ci paye le fait de les retenir. Ce qu’il veut, c’est de l’argent. Il avait demandé plusieurs milliards, il y avait déjà eu un accord avec Angela Merkel, on avait cédé par manque de courage. Eux ont l’argument de l’immigration clandestine, les réfugiés syriens, et les Européens ont également des moyens de pression qu’ils n’osent pas utiliser. Erdogan sait être faible avec les forts, et fort avec les faibles. C’est un vrai leader du monde post-moderne, on est dans le retour de la « voyoucratie ». Ce sont des leaders sans scrupules, nationalistes, voir impérialistes, parce qu’Erdogan va plus loin que la Nation, il est impérialiste, il veut rétablir l’Empire Ottoman. Il sait que l’Europe est un continent de vieillards et de faibles, en tous cas c’est ce qu’il dit, et il sait très bien qu’avec un vieillard on peut menacer plus facilement qu’avec un jeune homme. Et si en plus le vieillard est complexé, c’est encore plus facile que si le vieillard est malin.

On a plein de moyens de pression : l’union douanière avec la Turquie date de 1996, c’est même avant la procédure d’adhésion. Elle donne des avantages aux entreprises européennes, mais aussi turques, auxquelles elle permet de vendre plein de produits, textiles notamment. Imaginez si demain le Président de l’UE, un peu plus virile, dit : « On en a marre des menaces d’Erdogan, nous menaçons de ne plus importer aucun textile turc ». Ce serait catastrophique pour l’économie turque. Ou alors si la France dit : « Si vous continuez, on va délocaliser les productions de voitures Peugeot et Renault de Turquie en Roumanie ». Même si c’est du bluff, on pourrait utiliser des arguments de négociation de ce style. Jamais on ne le fait. La Turquie a plus besoin de l’Union européenne, que l’inverse. Parce qu’elle ne vend pas de pétrole la Turquie, ni de gaz. On peut se passer de la Turquie. Totalement. Donc il faut répondre à tous ceux qui cèdent devant le Grand Turc qu’il n’utilise que notre scrupule, notre lâcheté et notre manque de virilité dans les négociations. Et on ne peut pas leur reprocher d’essayer !

Quelle est la stratégie d’Erdogan aujourd’hui ? A-t-il des chances d’arriver à ses fins ?

Erdogan est à la fois un impérialiste – il veut rétablir l’Empire ottoman symboliquement. C’est un nationaliste. En gros on peut le décrire comme un nationaliste qui est en même temps un islamiste. National-islamiste. Il veut plaire à la fois au nationalisme turc, très orgueilleux voir raciste – il tape tout le temps sur les Arméniens, les Kurdes… Donc pas que les Européens, il a plein de boucs émissaires. C’est un vrai nationaliste qui pratique le racisme d’État et le bouc-émissairisme pour fédérer son peuple contre des ennemis internes et externes, et c’est aussi un impérialiste qui veut utiliser l’islam pour établir un Empire au profit des Turcs, l’Empire Ottoman. Et à ce titre, pour paraitre le défenseur des musulmans contre les ennemis de l’Islam, il traite tout le temps l’Europe de raciste, d’islamophobe, il joue beaucoup là-dessus. C’est comme ça qu’il justifie des menaces comme celle-ci auprès de sa propre opinion. Il dit : « On va faire plier ces Européens qui ont humilié les Turcs pendant la Seconde Guerre mondiale, qui défendent les athées qui critiquent l’islam… ». L’idée est toujours de monter que « ils nous ont humilié, ces impérialistes occidentaux, croisés, et bien nous on leur fait payer ». Régulièrement Erdogan insulte ou menace les Européens depuis plusieurs années, c’est son bouc émissaire extérieur, même s’il tape quand même sur l’Amérique de temps en temps. Souvent Erdogan bluff, car il sait très bien que les intérêts sont croisés, mais il bluff aussi à usage interne, car il saut qu’à chaque fois qu’il tape sur les ennemis de la Turquie musulmane, il prend des voix. Il sait très bien ce qu’il fait, il ne faut pas être intimidé. Il y a aussi une part de réel, parce qu’il sait que les Européens peuvent avoir peur et céder et donc donner du fric en échange du contrôle des migrants comme on a déjà fait. En 2015, Merkel et Erdogan s’étaient rencontrés et avaient décidé d’un accord, sans consulter les autres dirigeants européens, Merkel avait accepté de céder au chantage. On avait promis six milliards en échange du fait qu’ils reprennent des clandestins illégaux sans papiers, mais en fait nous en reprenions tamponnés, des clandestins demandeurs d’asile réguliers. C’est-à-dire que finalement c’était un accord de dupe. C’est comme Kadhafi qui se faisait payer des milliards chaque année, il n’y avait pas d’immigration clandestine au large de la Lybie et de l’Italie parce qu’il se faisait payer très cher le contrôle des frontières. Donc Erdogan veut faire comme Kadhafi : du racket. Et pour un musulman radical, c’est facile, c’est permis dans la tradition islamique : le chrétien doit toujours payer un tribut à l’Empire islamique en échange d’être épargné, donc pour lui c’est moral. On retrouve cette mentalité du djihad : faire payer le chrétien croisé pour l’anomalie que consiste le fait de ne pas lui faire la guerre. Et Kadhafi était pareil : ces leaders nationalistes islamistes, qui ont une très grande haine de l’Europe, de l’occident, du monde chrétien, pour eux c’est moral de racketter un chrétien et un juif, parce que ce sont des ennemis qui devraient être des sujets soumis de l’Empire islamique. Dans la Charia, les chrétiens et les Juifs ne peuvent qu’être humiliés, soumis, et payer un tribut.

Dans ce contexte, l’Europe devrait faire comme Poutine ou Trump, c’est malheureux mais quand on a en face de soi des prédateurs impérialistes et racketeur, il faut parler de manière beaucoup plus virile. Pourquoi Macron est respecté par Trump et Poutine ? Parce qu’il sait avoir une force morale. Rappelez-vous la poignée de main virile avec Trump, ça avait étonné Trump. Rappelez-vous comment il avait reçu Poutine la première fois. Respect, mais on le critique en face, on lui dit d’homme à homme ce qu’on pense, ça ça plait aux hommes forts. Mais le Président de l’Europe ne représente rien, on ne connait même pas son nom. Les dirigeants européens aujourd’hui sont un festival de faiblesse. Par contre rappelez-vous Sarkozy en 2008 quand il négociait pour l’affaire de Géorgie, ça avait marché parce qu’il y avait une forme de force chez lui qui se dégageait. Il avait suscité le respect de plusieurs partenaires. Donc le charisme d’un leader est très important face à des gens forts comme ça. Je ne parle pas de force virile au sens « violente », il ne s’agit bien sûr pas de déclarer la guerre à la Turquie, mais regardez : Trump et Poutine ont réussi à faire céder Erdogan, parce qu’il les a quand même bien cherchés : l’avion russe abattu par la Turquie, c’est quand même plus loin que ce que fait Erdogan avec nous. Il a testé les forces. Ce genre de personne teste les forces, il voit jusqu’où il peu aller. Quand il voit qu’il est allé trop loin, il recule. Avec les Américains et les Russes, Erdogan est allé loin, et ensuite il a reculé. Mais tant que l’autre cède, il continue à aller plus loin.

Comment composer avec les forces kurdes qui redoutent la création d’une zone de sureté au nord-ouest de la Syrie ? 

Les kurdes, c’est le mot clé. Cette menace en fait, qui concerne la Syrie, a pour but que les Européens donnent quelque chose en échange. Si les Européens lâchaient les Kurdes, vous verriez que peut-être Erdogan tout à coup serait beaucoup plus conciliant. En fait Erdogan utilise des moyens de pression divers pour soit obtenir de l’argent, soit obtenir ce qui est le plus important pour lui en Syrie : pouvoir éradiquer les Kurdes, qui sont le problème numéro 1 de la Turquie en Syrie. Ce ne sont pas les islamistes. D’ailleurs la Turquie a aidé Daesh et Al Qaida, et elle continue à aide les djihadistes à Idlib parce que ceux-ci sont les ennemis des Turcs. Et comme les Européens, politiquement, médiatiquement, idéologiquement, moralement soutiennent les Kurdes – les Kurdes sont réfugiés en Allemagne, en France, ils ont été soutenus par Mitterrand, par Merkel. Pour Erdogan, l’ennemi numéro 1 interne et externe ce sont les Kurdes. Les Kurdes de l’intérieur, qui constituent pour lui une cinquième colonne, et les Kurdes de l’extérieur, en Syrie, qui sont d’ailleurs liés au parti du PKK. Les Kurdes de Syrie appartiennent au même parti que les Kurdes de Turquie, et donc pour lui c’est les mêmes. Donc ce que voudrait obtenir Erdogan, c’est que les Européens lâchent leurs Kurdes. Or les Européens continuent d’aider les forces kurdes militairement contre les djihadistes. Il y a une coopération sécuritaire entre les Européens, les Kurdes et le Gouvernement irakien.

Ce que veut Erdogan depuis le début, c’est une zone tampon dans le nord-ouest de la Turquie qui empêche les Kurdes d’accéder à la mer et à l’Ouest, là où il y a un bout de Turquie qui descend et qui empiète sur le nord-ouest de la Syrie. Des zones qui pendant la première guerre mondiale auraient pu être données à la Syrie, des zones disputées jadis par la Syrie et par les Kurdes, et les Turcs ont très peur qu’un jour on grignote une partie de leur territoire et de l’accès à la mer et que les Kurdes aient un État qui ait un accès à la mer. Donc c’est fondamental pour eux d’avoir une zone de sécurité, soi-disant pour juguler le terrorisme islamiste, mais en réalité pour empêcher les Kurdes d’avoir un État qui pousse vers l’Ouest, parce que les Kurdes sont plus nombreux à l’Est de la Syrie qu’à l’Ouest, et leur but c’est de faire la jonction entre le Kurdistan de l’Ouest et le Kurdistan de l’Est. Les Kurdes de Syrie aimeraient réunir les cantons Kurdes de l’est et de l’Ouest. Et la Turquie veut éradiquer totalement les kurdes de l’Ouest de la Syrie. Et donc cette zone tampon soi-disant pour gérer les réfugiés, pour lutter contre l’islamisme, la vraie raison, c’est une zone qui a pour but d’éjecter géopolitiquement et militairement les Kurdes de l’Ouest de la Syrie, à l’Ouest de l’Euphrate, c’est-à-dire pas loin de Idlib, là où il y a une réserve de djihadistes, qui ont d’ailleurs été aidés par les Turcs pour combattre les Kurdes. Et d’ailleurs, dans l’Ouest de la Turquie il y a depuis deux ans une purification ethnique qui est en cours, où on est en train de renvoyer des milliers de Kurdes qu’on remplace par des réfugiés. En effet, Erdogan sait que certains nationalistes turcs en ont marre de voir des Syriens, donc il aimerait redéplace vers la Syrie, dans une zone tampon, les nombreux Syriens qui posent problème en Turquie et que le peuple turc n’aime pas voir

https://www.atlantico.fr/decryptage/3578896/syrie–les-vraies-raisons-derriere-l-avertissement-d-erdogan-a-l-europe-sur-une-nouvelle-vague-de-migrants-alexandre-del-valle

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Grand remplacement en Europe : l’Italie de Salvini, dernier rempart ?

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Grand remplacement en Europe : l’Italie de Salvini, dernier rempart ?

2 AOÛT 2019 | POLÉMIA

Par Paul Tormenen, juriste ♦ Polémia continue son tour d’Europe du Grand Remplacement. Après avoir étudié l’emblématique cas de la Suède puis l’inquiétante submersion démographique de la Belgiquel’espoir d’une réaction politique au Danemarkle désastre multiculturel britanniquele suicide de l’Allemagne et les tentatives de résistances de l’Autriche… C’est au tour de l’Italie d’être étudiée par Paul Tormenen. Face à l’afflux de migrants sur ses côtes, le pays peut compter sur Matteo Salvini pour tenter d’éviter le pire !
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Avant d’être un pays d’immigration, l’Italie a été un important pays d’émigration. C’est surtout à partir des années 60 que l’immigration a commencé à y être importante. La déstabilisation de la Libye en 2011 par une coalition de pays occidentaux et les convictions pro-immigration du précédent gouvernement ont rendu possible des flux migratoires considérables dans les années 2010, qui ont affecté toute l’Europe.

Le nouveau gouvernement en place depuis 2018 a pris plusieurs mesures visant à endiguer les arrivées illégales sur les côtes italiennes. L’Italie est apparu comme un rempart à la transformation accélérée de la population européenne. Le récent accord conclu par quelques pays européens visant à répartir automatiquement les clandestins arrivant sur les côtes européennes pourrait de nouveau changer la donne.

L’immigration en Italie

Alors que pendant des décennies, le chômage et la pauvreté ont poussé de nombreux italiens à émigrer, l’immigration en Italie a commencé à prendre une importance significative dans les années 1970. Les secteurs de l’aide à domicile, de l’hôtellerie et du bâtiment ont recruté en nombre des travailleurs étrangers depuis cette période.

Dans les années 90, l’immigration issue d’Afrique sub-saharienne et du moyen Orient a pris de l’importance (1).La chute du régime communiste en Albanie en 1990 a marqué le début d’une importante vague migratoire en provenance de ce pays, dont les ressortissants sont très nombreux en Italie (2).

Durant les années 2010, des arrivées massives de clandestins venant des côtes libyennes ont été organisées par des passeurs. Dans le périple migratoire sur la méditerranée, certaines organisations non gouvernementales sont parfois un rouage essentiel (3). Plusieurs explications peuvent être données à cette immigration incontrôlée :

  • la proximité géographique de l’Italie des côtes libyennes,
  • la déstabilisation du régime libyen en 2011 par une intervention militaire de pays occidentaux,
  • et surtout l’absence de volonté politique du gouvernement de l’époque de mettre un terme à l’immigration clandestine.

Les chiffres des arrivées par la mer de clandestins en Italie sont impressionnants : 62 692 en 2011, 170 100 en 2014, 181 436 en 2016, 119 369 en 2017 (4). Soit 743 600 personnes – très majoritairement musulmanes (5) – dans la seule période 2011-2017. Et on ne parle ici que des clandestins ayant fait l’objet d’un recensement, ce qui par nature en minore très certainement le nombre réel. Ce n’est qu’à partir de 2018 avec l’accession au pouvoir d’une coalition composée du parti 5 Etoiles et de la Lega que ces arrivées par la mer ont baissé de manière significative pour atteindre 23 000 personnes (6).

Un potentiel d’immigration considérable

Si, comme nous le verrons plus tard, le ministre de l’intérieur Matteo Salvini a su mettre un terme au véritable pont maritime existant entre la Libye et l’Italie, il n’en demeure pas moins que des centaines de milliers de migrants attendent le moment opportun pour « passer » clandestinement en Europe. Le nombre de migrants en Libye prêts à émigrer est estimé entre 700 000 et un million (7).

Plus largement, compte tenu de l’évolution démographique de l’Afrique, ce sont des millions de jeunes africains qui sont susceptibles d’émigrer vers l’Europe, à la recherche d’une chimérique amélioration de leur situation et de celle de leur famille restée au pays (8).

Un nombre d’étrangers conséquent malgré un nombre considérable de naturalisations

Le nombre d’étrangers arrivant en Italie pour s’y établir est très important depuis plusieurs années, avec un pic en 2007 ( 560 000 ). Depuis cette année-là, c’est au moins 210 000 personnes qui arrivent chaque année dans le pays pour y vivre. Parmi eux, les demandeurs d’asile sont nombreux : sur la seule année 2017, ils sont 120 000 à avoir sollicité une protection humanitaire (9). Un chiffre qui est tombé à 54 000 en 2018 (10).

Le nombre de résidents de nationalité étrangère en Italie ne cesse d’augmenter. Il est passé de 625 000 en 1991 à 5,2 millions en 2017 (8,7 % de la population totale) (11). Ceci bien que les naturalisations ont été dans le pays les plus importantes d’Europe en nombre sur la période 2013-2017 : 750 000 (12).

Alors que la natalité des italiens est en berne, la part des naissances d’enfants dont un des deux parents est étranger est en augmentation et représente 21% du nombre total des naissances en 2017 (13).

Parmi les étrangers vivant en Italie, les non européens sont majoritaires et sont au nombre de 3,7 millions. Les principales nationalités d’étrangers représentées sont les marocains, les albanais et les chinois (14).Les clandestins présents dans le pays sont quant à eux estimés à plus d’un demi-million (15).

Les institutions européennes demandent à intervalle régulier aux pays européens en général et à l’Italie en particulier d’accueillir des immigrés. Les arguments sont tantôt prétendument économiques (16), tantôt humanitaires (17).

Pourtant l’économie italienne est plongée depuis de nombreuses années dans une stagnation persistante (18). Cela se traduit notamment par :

  • un nombre considérable de personnes (5,1 millions) vivant sous le seuil de pauvreté absolue, (19),
  • un important chômage (2,5 millions de personnes concernées), en particulier des jeunes (31% chez les 15-24 ans) dont certains émigrent à l’étranger (20). C’est dans ce contexte qu’une immigration débridée est arrivée jusqu’à récemment dans le pays. Cela n’a pas été sans impact.

Les effets d’une immigration débridée

L’arrivée d’une importante communauté étrangère en Italie s’est accompagnée d’un certain nombre de problèmes :

  • L’installation de clandestins s’est traduite notamment par une occupation de territoires, dont certains sont devenus au fil du temps des « no go zones », des lieux où la Police et les autochtones ne vont pas.Parmi ces zones de non droit, à Turin, l’ancien site du village olympique a été investi par un squat, le plus grand d’Europe, où le trafic de drogue va bon train (21). Dans la lointaine banlieue de Naples, la commune de Castel Volturno est devenue le rendez-vous de différentes activité illégales (vente de drogue, prostitution, etc.) (22).
  • Bien que présente depuis peu en Italie, une mafia nigériane a vu le jour en différents points du pays. Elle est particulièrement présente à Turin et à Palerme et recrute fréquemment des migrants récemment arrivés.Parmi ceux-ci, près de 20 000 femmes nigérianes se livreraient selon les experts à la prostitution. Le trafic de drogue est également une importante source de revenu pour ces réseaux (23).En début d’année 2019, c’est même dans un camp de réfugiés à Minéo (Sicile) que 19 personnes soupçonnées de trafic de drogue ont été arrêtées (24). Un camp, le plus grand du pays, que le ministre de l’intérieur Matteo Salvini a fermé récemment. Par ailleurs, les autorités italiennes craignent une radicalisation islamiste en prison des délinquants nigérians incarcérés, en raison des liens gardés avec le pays d’origine, où le groupe terroriste Boko Haram étend son implantation (25).
  • Plus globalement, bien que les étrangers représentent 8,7 % de la population, 1 personne sur 5 arrêtée en 2018 serait étrangère selon la Police italienne. La nationalité des personnes étrangères arrêtées est par ordre d’importance albanaise, nigériane, marocaine, roumaine et tunisienne. Selon les statistiques officielles, les étrangers seraient les auteurs identifiés d’un crime sur trois (26).
  • Le nombre important d’enfants étrangers dans les écoles primaires de certaines villes a entraîné un « white flight », un exode des blancs,comme le démontre une étude réalisée à Milan (27). Dans une lettre ouverte, des enseignants milanais font état à leur administration d’un nombre important d’enfants ne maîtrisant pas l’italien et de difficultés de communication avec leurs parents.
  • L’islamisme est en expansion en Italie et se manifeste notamment par des prêches radicaux dans certaines mosquées (28). Selon une enquête menée par des journalistes d’investigation, le Qatar participerait massivement au financement de mosquées dans le pays destinées à être confiées à des imams fondamentalistes (29).
  • La contribution des migrants au système social italien est « en débat », plus particulièrement depuis la révélation de statistiques faisant état que près de 60% des non-européens bénéficiant d’une retraite de la sécurité sociale italienne n’ont jamais travaillé en Italie (30).
  • Sur le marché du travail, les étrangers ont un taux de chômage (14 %) qui est supérieur à celui des italiens (11 %) (31).
  • Alors que de nombreux jeunes italiens émigrent faute d’emploi, les gouvernements précédents ont entrepris avec l’argent public une politique de peuplement du pays, visant à installer des migrants dans des territoires sous peuplés (32) et à permettre à certains d’accéder à grand frais à un emploi (33).

La Lega au pouvoir : une détermination à lutter contre l’immigration clandestine

C’est dans ce contexte qu’ont eu lieu les élections générales en 2018. Les programmes anti-immigration du mouvement 5 Etoiles et surtout de la Lega ont connu un large succès auprès des électeurs italiens. Un accord entre les deux partis leur a permis d’accéder au pouvoir. Plusieurs mesures ont été rapidement prises afin d’arrêter les flux migratoires qu’a connu l’Italie dans les années précédentes.

Au premier rang de celles-ci, on peut citer le refus de laisser accoster des bateaux d’O.N.G. chargés de clandestins venant de Libye. Cette position ferme a non seulement permis de réduire considérablement le nombre d’arrivées illégales (de 80% de 2017 à 2018) en provenance des côtes libyennes mais également de réduire le nombre de morts en méditerranée (34). Un récent décret du Ministre de l’intérieur prévoit de fortes amendes en cas d’accostage des bateaux sans autorisation et leur confiscation en cas de récidive (35).

Les conditions d’octroi de l’asile ont été durcies. Un décret pris en 2018 prévoit ainsi que les individus reconnus socialement dangereux ne peuvent pas bénéficier de la protection humanitaire du pays. Dès la fin de l’année 2018, on constatait une baisse de 25% des décisions favorables aux demandes d’asile (36).

Les autorisations de séjour pour motif humanitaire qui représentaient 25% des demandes sont abolies. Elles sont remplacées par des permis de séjour accordés sous des conditions exigeantes (37).

Les subventions aux associations pro-migrants ont été fortement réduites. Cela s’est traduit notamment par des licenciements de permanents associatifs,compris entre 5 000 et 15 000 selon le périmètre retenu (38).

Le nouveau revenu minimum mis en place début 2019 n’est accessible aux migrants qu’après 10 ans de résidence dans le pays. Près de 92 000 étrangers n’y ont donc pas accès en raison de cette condition (39).

Ces mesures produisent déjà leurs premiers effets. Elles sont en rupture avec les errements de la politique d’immigration menée jusqu’en 2018 en Italie comme dans plusieurs pays européens. Alors que des jeunes italiens émigraient en nombre à la recherche d’un emploi à l’étranger, des centaines de milliers de clandestins arrivaient dans le pays sans perspective d’emploi et bénéficiaient du coûteux système social.

Après avoir connu une déferlante pendant les années 2010, l’immigration est contenue en Italie. Les expulsions sont désormais plus nombreuses que les arrivées. Le nouvel objectif que le ministre de l’intérieur Matteo Salvini s’est fixé est l’expulsion de centaines de milliers de clandestins (40).

Comme en Australie, le nouveau gouvernement italien a mis en pratique avec succès la politique du « no way »,en refusant l’accostage des bateaux de clandestins et en ne montrant aucune tolérance pour le business des passeurs et l’immigration clandestine.

Les prochaines semaines nous montreront la traduction concrète du récent accord conclu à l’initiative du Président Macron et la Chancelière Merkel entre certains pays européens. Celui-ci prévoit une répartition automatique par pays des clandestins arrivant en Italie et à Malte en cas d’ouverture des ports aux bateaux chargés de migrants.

Les flux migratoires qu’a connu l’Italie dans les années 2010 nous montrent que si le gouvernement italien permettait de nouveau l’accostage de bateaux d’O.N.G., ce qui ne semble pas exclu (41), les arrivées en nombre de clandestins en Europe pourraient reprendre, au grand bénéfice des passeurs.

Paul Tormenen
02/08/2019

(1) « From migration to asylum destination, Italy navigates shifting migration tides ». A. Scotto. Migration policy institute. 24 août 2017.

(2) « Albanais et italiens 25 après le débarquement de 1991 ». P. Resta. Cairn info. 2015.

(3) « Migrants, les ONG complices, une accusation récurrente ». Le Figaro. 9 avril 2019.

« Vers le droit de conquête humanitaire ». Atlantico. Alexandre Del Valle. 4 avril 2017.

(4) « Mediterranean Migrant Arrivals Reach 82,100 in 2018; Deaths Reach 1,741 ». IOM. 10 février 2018.

(5) « Majority of recent refugees are muslims ». Pew research center. 29 novembre 2017.

(6) « En Italie, le nombre de clandestins arrivés par la mer a chuté de 80% ». Le Figaro. 4 juillet 2019.

(7) «  Migrants : en Libye, la difficulté de contrôler les réseaux de passeurs tient au chaos ». Le Monde. 28 juin 2018.

(8) « At Least a Million Sub-Saharan Africans Moved to Europe Since 2010 ». Pew research center.  22 mars 2018. « La ruée vers l’Europe ». Stephen Smith. Ed. J’ai lu. 2019.

(9) « Perspectives des migrations internationales 2018 ». OCDE. 20 juin 2018.

(10) « La France, deuxième pays pour les demandes d’asile, d’où viennent les ressortissants ? ». LCI. 16 janvier 2019.

(11) « Demographic indicators ». Istituto nationale di statistica. 7 février 2019.

(12) « Total number of acquisition of citizenship in the EU 28 and EFTA 2009-2017 ». Eurostat.

(13) « Natalita et fecondida della populazione residente ». Istat. 28 novembre 2018.

(14) « Evoluzione della presenza straniera ». IDOS. « Non EU citizens ». Istituto nationale di statistica. 26 novembre 2018.

(15) « The 24th italian report on migration2018 ». Fondazione ISMU.

(16) « L’Europe va avoir besoin de 6 millions d’immigrés ». La Tribune de Genève. 7 mars 2017.

(17) « EU urges Italy not to close ports and offers more funds ». The local. 29 juin 2017.

(18) « Comment l’Italie est devenue l’homme malade de l’Europe ». Le Monde. 16 juin 2019.

(19) « La pauvreté à un plus haut niveau de 12 ans en Italie ». Le Figaro. 26 juin 2018.

(20) « Qualifiée mais sans emploi, l’exode de la jeunesse italienne ». France 24. 20 juin 2019. « Le taux de chômage atteint 10% en Italie ». Le Figaro. 31 octobre 2018.

(21) « Turin, l’ancien village olympique devenu une zone de non droit, un millier de migrants vivent dans un squat géant ». Il Giornale. Cité par Fdesouche. 26 novembre 2018.

(22) « Castel Volturno, le royaume de la black camora ». Le Figaro. 16  avril 2018.

(23) « Mobsters without borders ». The Daily Post. 27 juin 2019.

(24)« Sicile : un clan mafieux nigérian démantelé dans un immense camp de migrants ». Africa radio. 21 janvier 2019.

(25) « Mafia nigeriana: riti, pestaggi e il rischio di radicalizzazione impressionano Cosa Nostra ». Il Giornale.It. 19 juillet 2019.

(26) « Italy : one in five arrests are foreigners despite being 8,7 of population ». Breitbart. 11  avril 2019.

(27) « Italian children fleeing heavily migrant populated schools ». Breitbart.

(28) « L’islam radical progresse en Italie, l’enquête de Il Giornale ». Cité par l’Observatoire de l’islamisation. 25 juillet 2015.

(29) « Mosques and foreign fighters : how Qatar finances islamism in Italy ». Almaghrebia. 4 avril 2019.

(30) « Chain migration : 60% of retired migrants in Italy have never worked ». Breitbart. 1er décembre 2018.

(31) « Taux de chômage autochtones, allochtones ». OCDE. 2018.

(32) « Italie : une petite ville à l’heure du grand remplacement ». Le salon beige. 17 novembre 2016.(33) « Italie : 15 millions dépensés pour embaucher 15 migrants, la folie du camp du bien ».Fdesouche. 11 février 2019

(34) « Migrants, à qui profite le drame ? » « . Causeur. Octobre 2018.

(35) « Decreto sicurezza bis: in vigore da sabato con le multe alle navi Ong ». Isole24ore. 14 juin 2019.

(36) « Italy rejects record number of asylum applications ». The Guardian. 14 février 2019.

(37) « L’Italie vote une nouvelle loi anti migrants ». Le Figaro. 24  septembre 2018.

(38) « Italian pro-migrants groups facing 15 000 job losts after Salvini cuts ». Breitbart. 11 juin 2019.

(39) « A new italian basic income, not so universal after all ». Commission européenne. 13 février 2019.

(40) « Immigration : l’Italie entend expulser 300 clandestins par jour, dit le député Borghesio sur RTL ». RTL. 8 juin 2018.

(41) « Salvini empêche 130 migrants de débarquer en Italie ». Valeurs actuelles. 30 juillet 2019.

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/grand-remplacement-europe-italie-rempart/

LES PASSEURS NE SONT PAS DES SAUVETEURS, MAIS DES CRIMINELS !

4 juillet 2019

LES PASSEURS NE SONT PAS DES SAUVETEURS, MAIS DES CRIMINELS !

Crise migratoire : les renoncements d’aujourd’hui annoncent les tragédies de demain

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Carola Rackete, la jeune allemande de 31 ans qui avait accosté de force dans le port de Lampedusa, avec une quarantaine de migrants à bord de son navire humanitaire, a été libérée par une juge italienne. Elle avait été arrêtée, samedi dernier, pour avoir pénétré sans autorisation dans ce port et contraint une vedette de police à s’écarter sous peine d’être écrasée contre le quai. Dans un communiqué, elle a évoqué « une grande victoire pour la solidarité […] et contre la criminalisation de ceux qui aident », tandis que Matteo Salvini a déclaré que « ces gens ne sont pas des sauveteurs, ce sont des complices, des assassins potentiels, des criminels, et dans un pays normal les criminels vont en prison. »

Carola Rackete pourrait être prochainement expulsée d’Italie. Elle devra d’abord répondre à une autre enquête du Parquet pour aide à l’immigration clandestine. Au-delà de savoir si son passage en force était un acte de courage, de solidarité ou de provocation, c’est bien cette question qui est centrale. Si elle devait être également blanchie de cette accusation, ce serait une victoire des partisans de l’aide systématique aux migrants clandestins et un encouragement à poursuivre leur action.

À plusieurs reprises, Marine Le Pen et des cadres du Rassemblement national ont dénoncé la collusion entre les passeurs et les ONG qui envoient des navires en Méditerranée. En 2018, lors de l’épisode de l’Aquarius, elle avait estimé que « derrière le vernis humanitaire » les ONG avaient « un rôle objectif de complices des mafias de passeurs ». Ce qui lui valut les critiques acerbes d’une partie de la gauche et d’associations d’aide aux migrants. Pourtant, lorsqu’elle déclare qu’ « accepter que les bateaux de migrants accostent crée un appel d’air irresponsable », elle ne fait qu’un constat conforme à la réalité.

Christophe Castaner lui-même a reconnu, en avril 2019, que les ONG « ont pu se faire complices »des passeurs et les a appelées à « avoir une attitude responsable ». Étonnant de la part de ce socialiste bon teint, passé au macronisme. Mais c’était quelques semaines avant les élections européennes. La liste de Nathalie Loiseau n’avait pas le vent en poupe : il fallait bien attirer quelques électeurs de droite. De fait, une partie de la droite libérale et pro-européenne a préféré la liste Renaissance à celle de François-Xavier Bellamy.

Les intérêts politiques et économiques ne sont malheureusement pas absents des prises de position en matière d’immigration. Or, si l’on n’y prend garde, la situation risque d’empirer dans les prochaines années. Que fera-t-on le jour où des dizaines de milliers de migrants, venus d’Afrique ou du Moyen-Orient, passeront les frontières européennes ? Assistera-t-on, les bras croisés, à l’invasion décrite dans Le Camp des saints, de Jean Raspail ? Verra-t-on des gouvernements, champions de l’aide humanitaire et de la paix, contraints de défendre leur territoire par les armes ?

http://marcrousset.over-blog.com/

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PROFANATION DE SAINT-LOUIS DES INVALIDES  (Général Antoine Martinez)

PROFANATION DE SAINT-LOUIS DES INVALIDES
(Général Antoine Martinez)

Le 22 mai dernier, un événement particulièrement odieux, humiliant, insupportable et inacceptable s’est déroulé dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, haut lieu symbolique de nos armées et donc de l’histoire de France, de cette France qui est, faut-il le rappeler, la fille aînée de l’Eglise, depuis le baptême de Clovis.

 


 

Un concert y a, en effet, été donné à l’initiative de l’ambassadeur du Kosovo, représentant d’un Etat pour le moins controversé, sous le prétexte invoqué de vingtième anniversaire de « la paix au Kosovo ».

Et ce concert intitulé « L’homme armé, messe pour la paix » contient un appel à la prière musulmane qui a outrageusement résonné dans cette cathédrale. Il s’agit d’une inacceptable profanation délibérée. Car, il est de notoriété publique que cette œuvre comporte cet appel à la prière.

Et personne ne peut croire que l’ambassade du Kosovo, organisatrice de cet événement, a agi de façon irréfléchie et sans arrière-pensées. Bien sûr qu’elle a porté son choix pour ce concert sur ce haut lieu symbolique à la fois militaire et catholique. Avoir envisagé d’y réciter le coran c’est vouloir délivrer, sur une terre qui n’est pas terre d’islam,.le message de conquête imposé aux musulmans par leur texte sacré.

C’est, en outre, montrer la voie à suivre à l’exemple du Kosovo qui, avec l’arme démographique, a réussi, en l’espace d’un siècle à peine, à déposséder les Serbes du cœur historique de la Serbie.

Les Français doivent savoir que c’est exactement ce qui attend notre pays s’ils ne réagissent pas à cette folle politique immigrationniste prônée par nos élites politiques. Des pans entiers de notre territoire sont d’ailleurs déjà abandonnés à une autre loi que celle de la République.

Comment a-t-on pu laisser se dérouler un tel concert dans cette cathédrale qui porte les drapeaux des victoires de nos pères ?

Honte à ceux qui ont permis cette profanation humiliante et se sont rendus coupables de soumission et d’abdication face à l’inacceptable. Accepter cette démission, cette capitulation, c’est trahir l’âme de la France.

Pourtant, nombreux sont les signaux d’alarme émis depuis très longtemps par des lanceurs d’alerte – qu’on essaie de faire taire – sur les intentions véritables de l’islam conquérant, et par nature politique, qui sont d’ailleurs inscrites dans son texte sacré.

Des responsabilités doivent être établies dans cette affaire infâme, en particulier celles de l’autorité décisionnaire.
Mais aujourd’hui, face à cet événement gravissime, face à cette profanation scandaleuse et douloureuse à nos cœurs d’officiers et sous-officiers français et chrétiens, la Grande muette, gardienne du temple, ne peut pas rester silencieuse. Son silence dans ces circonstances sombres et inexcusables serait mal interprété, alors que dans le même temps nos soldats se battent à l’extérieur contre le terrorisme islamique et que certains y laissent leur vie avant que leurs cercueils soient accueillis dans ce temple symbolique pour leur rendre un dernier hommage.

Les chefs militaires doivent s’exprimer sur cet événement scandaleux et le dénoncer. Lorsqu’on porte l’uniforme, on est, certes, soumis au devoir de réserve et on peut comprendre que les généraux aient quelques réticences à exprimer leurs opinions. Ce n’est pas dans leur culture. Mais dans les circonstances présentes, se retrancher derrière ce devoir de réserve serait suicidaire pour la France.

Général (2s) Antoine Martinez
Président des Volontaires Pour la France (VPF)
1er juin 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Lire également la réaction de 100 officiers en cliquant ici)

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Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol » [Vidéo]

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Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol » [Vidéo]

Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol ». Et de poursuivre : «Viktor Orban et Matteo Salviniont tout compris à l’époque. Salvini a compris que le problème majeur de tous les peuples européens est l’immigration & l’Islam. Orban l’a compris aussi, il faut lire ses discours sur l’islamisation et la guerre civile.»

Débat intégral entre Eric Zemmour et Maurice Szafran (Challenges) sur la crise aux Républicains, François-Xavier Bellamy, Matteo Salvini, Viktor Orban, le Grand Remplacement, l’immigration, l’Islam, l’antisémitisme, George Soros, la PMA, la GPA, etc.

fandetv ن 🙂@fandetv

VIDEO⚡️Eric : «@FxBellamy est fin, intelligent, mais c’est pas un duelliste (…) Les électeurs ont vu qu’il était à la tête d’une liste qui ne pensait pas comme lui, que les votaient pro-, ils ont vu ce double-discours & se sont dit qu’il allait trahir.»

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fandetv ن 🙂@fandetv

VIDEO⚡️Eric : «Viktor & @MatteoSalvinimi ont tout compris à l’époque. Salvini a compris que le problème majeur de tous les peuples européens est l’ & l’. Orban l’a compris aussi, il faut lire ses discours sur l’islamisation et la guerre civile.» pic.twitter.com/4osxnsTDQr

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