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Snowden et le contrôle électronique du parc humain

Snowden et le contrôle électronique du parc humain

Les Carnets de Nicolas Bonnal

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Snowden et le contrôle électronique du parc humain

L’expression parc humain vient de l’incertain Sloterdjik, néo-penseur allemand des nullissimes nineties,aujourd’hui bien oublié. Elle me paraît pourtant bonne. Pour savoir comment nous avons été domestiqués par le marché et par l’étatisme moderne, on relira les classiques que je n’ai cessé d’étudier ici-même : Debord, Mattelart, Marx, Heidegger, Tocqueville et bien sûr Platon (le chant VIII j’allais dire, de la république, qui précise comment on ferme les âmes, pour retourner l’expression du bon maître Allan Bloom). Parfois un contemporain comme l’historien américain Stanley Payne résume très bien notre situation de résignés, d’anesthésiés et de petits retraités de l’humanité. Comme dit l’impayable Barbier, les retraités ont pardonné à Macron. Alors…

J’ai écrit trois livres, tous différents, sur Tolkien en insistant sur le point essentiel de son grand-œuvre populaire dont je pensais qu’il ouvrirait nos âmes (mais quelle forfanterie, mais quelle erreur encore…) : ne pas utiliser les armes du système. Or en utilisant sa matrice électronique et son medium-message, nous n’avons fait que le renforcer. A preuve la lâcheté et l’indifférence dont nous avons fait preuve le jour où ce bon système est venu, avec ses loups et ses agents, arrêter le plus célèbre des nôtres, le malheureux (et pas même martyr, parce que pas très courageux non plus) Assange. En prétendant lutter contre le système en cliquant nous l’avons renforcé, utilisant son terrain, alors que Sun Tze nous recommande de ne pas le faire.

« Mettez-vous au faite du terrain et choisissez ce qu’il y aura de plus avantageux pour vous… »

Or en se mettant dans l’espace virtuel où nous sommes contrôlés vingt-quatre heures sur vingt-quatre… Mais passons. J’ai eu assez de clics contre moi (« mais pour qui ce méprisant se prend, je suis rebelle moi, mais le système s’écroule quoi ») pour savoir où j’en suis.

Un qui semble avoir compris cette réalité de nos royaumes peu combattants est le réfugié Snowden, rongé par le calvaire juridique que subissent du fait de leur aide plusieurs de ses anciens amis. Snowden ne voit pas du tout le système en crise, et il a bien raison Snowden. Le système devenu tout-puissant dans les années 2010 (migrants, Lybie, Syrie, théorie du genre, Facebook-Twitter, métastase du contrôle fiscal, intellectuel, facial…) triomphe aussi avec ses adversaires chinois ou russe (merde, depuis quand ces deux puissances incarneraient la liberté ?). Le système triomphe et nous dévore exsangues. Il laissera la chair comme ces pumas qui ne se repaissent que du sang des brebis dans mes pampas. Et on consommera sans sourciller cette chair quand on nous interdira la consommation de viande.

On l’écoute alors Snowden repris par zerohedge.com, le blog du gloom and doom qui ne s’est jamais fait trop d’illusion sur notre résistance néostalinienne ou identitaire.

« Le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden, a déclaré jeudi que les personnes dans les systèmes de pouvoir avaient exploité le désir humain de se connecter afin de créer des systèmes de surveillance de masse. Snowden  est apparu  à l’Université Dalhousie de Halifax, en Nouvelle-Écosse, via un flux en direct de Moscou, pour prononcer un discours liminaire  sur  la série de dialogues ouverts de l’université canadienne. »

La suite n’avait rien de rassurant. On imagine le décor du Ghost writer de Polanski ou d’un championnat mondial et glacial d’échecs (le film de Zwick sur Bobby Fisher était aussi très bon) :

« Pour le moment, a-t-il dit, l’humanité est dans une sorte de « moment atomique » dans le domaine de l’informatique. « Nous sommes en train de procéder à la plus grande redistribution du pouvoir depuis la révolution industrielle, et cela est dû au fait que la technologie offre une nouvelle capacité », a déclaré Snowden. »

Le techno-servage que j’évoquais dans mon livre sur Internet nouvelle voie initiatique est en place :

« C’est une influence qui touche tout le monde à tout endroit », a-t-il déclaré. « Il n’a aucun respect pour les frontières. Sa portée est illimitée, si vous voulez, mais ses garanties ne le sont pas. »  Sans de telles défenses, la technologie peut affecter le comportement humain. »

Le grand triomphateur est le pouvoir bancaire-institutionnel qui peut nous priver à tout moment de notre liberté ou même… de notre argent (mot plus éclairant que liberté) :

« Les institutions peuvent « surveiller et enregistrer les activités privées des personnes sur une échelle suffisamment large pour que nous puissions dire que cela est proche de la toute-puissance », a déclaré Snowden. Ils le font via « de nouvelles plateformes et de nouveaux algorithmes », grâce auxquels « ils peuvent changer notre comportement. Dans certains cas, ils sont capables de prédire nos décisions – et aussi de les pousser – à des résultats différents. Et ils le font en exploitant le besoin humain d’appartenir. »

Les gens se sont jetés sur Facebook. Et pourtant…

« Nous ne nous inscrivons pas pour cela », a-t-il ajouté, écartant ainsi l’idée que les gens sachent exactement à quoi s’en tenir avec les plateformes de médias sociaux comme Facebook.

« Combien d’entre vous qui ont un compte Facebook lisent réellement les conditions d’utilisation? » demanda Snowden. « Tout a des centaines et des centaines de pages de jargon juridique que nous ne sommes pas qualifiés pour lire et évaluer – et pourtant, ils sont considérés comme contraignants pour nous. »

Le contrôle par les algorithmes. On se souvient de ces cathos extatiques qui partaient se faire casser la gueule dans les rues pour défendre « la famille », et qui une fois leurs cathédrales incendiées ou occupées par les islamistes, se sont empressés d’aller voter LREM à Paris ou ailleurs. Dix ans de dressage face de bouc par les algorithmes-système cela vous reformate un cerveau. De toute manière, voter pour le reste des partis… Lisez le dernier texte de Dimitri Orlov, très bon là-dessus.

Puis Snowden résume le piège. Comme toujours, l’enfer était pavé de bonnes intentions « (vous serez comme des dieux »…) :

« C’est grâce à ce type de connexion technologique impie et à une sorte d’interprétation inhabituelle du droit des contrats « , a-t- il poursuivi, « que ces institutions ont été en mesure de transformer cette plus grande vertu de l’humanité, à savoir le désir d’interagir et de connecter coopérer et partager – transformer tout cela en une faiblesse « .

« Et maintenant », a-t-il ajouté, « ces institutions, à la fois commerciales et gouvernementales, se sont inspirées de cela et … ont structuré cela et l’ont ancré là où elles sont devenues le moyen de contrôle social le plus efficace de l’histoire de notre espèce.  »

« Peut-être que vous en avez entendu parler », a déclaré Snowden. « C’est une surveillance de masse. »

Quand je vois ces ados ou ces vieux  le nez piqué dans leur smartphone (smart désigne la douleur en saxon, la mort en russe) je me dis que nous avons du souci à nous faire ou à botter en touche.

Une solution ? Celle qu’indiquait Carl Schmitt dans son maître-opus sur le Partisan : le tellurisme. C’était celle aussi du cosmonaute dans 2001 : éteindre l’ordinateur-système pour repasser en contrôle manuel.

 

Sources

ZeroHedge.com

Nicolas Bonnal – Internet nouvelle voie initiatique (Les Belles Lettres) ; Les mystères de Stanley Kubrick (éditions Dualpha).

https://www.dedefensa.org/article/snowden-et-le-controle-electronique-du-parc-humain

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Quand d’« anciens » espions sont lâchés dans la nature, le pire peut arriver

Quand d’« anciens » espions sont lâchés dans la nature, le pire peut arriver


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 30 janvier 2019

Les histoires ci-dessous parlent d’activités malfaisantes commises par d’anciens membres du personnel de la NSA, de l’ancienne CIA, d’anciens militaires, etc. qui ont rejoint des entreprises privées. Elles démontrent qu’il y a un problème structurel lorsque des personnes entraînées à faire du mal sont autorisées à faire n’importe quoi.

Reuters vient de publier un article en deux parties sur « d’anciens » membres du personnel de la NSA, plus de 20 au total, qui, depuis 2013, construisent un centre d’espionnage pour les Émirats arabes unis.

Des mercenaires américains participent à l’équipe secrète de hackers des Émirats Arabes Unis.

Des ex-agents de la NSA révèlent comment ils ont aidé à espionner des dissidents, des dirigeants rivaux et des journalistes pour la monarchie arabe.

Les « anciens » fonctionnaires de la NSA n’ont pas hésité à espionner des dissidents locaux pour le compte de l’État dictatorial du Golfe. Seuls certains d’entre eux ont quitté le navire lorsqu’ils ont découvert que leur affaire servait aussi à espionner des Américains. L’entreprise « privée » pour laquelle ils travaillaient s’appelle Dark Matter. Elle prétend ne travailler que dans le domaine de la cyber sécurité, mais il s’agit d’une entreprise d’espionnage connue, directement reliée au service de renseignement numérique des Émirats arabes unis. Les deux sont domiciliés dans le même bâtiment.

En octobre 2016, Jenna McLaughlin a fait un reportage sur Dark Matter pour le compte de The Intercept :

Comment les EAU recrutent des hackers pour créer un état de surveillance parfait.

En décembre 2017, elle publiait un article dans Foreign Policy :

« Bonne couverture et poches remplies »

Les Émirats Arabes Unis paient d’anciens officiers de la CIA pour construire un service d’espionnage digne d’un empire, dans le Golfe.

McLaughlin informe que Dark Matter fait l’objet d’une enquête du FBI.

Les Émirats arabes unis recrutent non seulement d’« anciens » espions de la NSA et de la CIA, mais aussi d’« anciens » soldats américains des services spéciaux :

« Une monarchie du Moyen-Orient engage des ex-soldats américains pour tuer ses ennemis politiques. Ça pourrait être l’avenir de la guerre. »

Le deuxième article de Reuters publié aujourd’hui décrit l’aspect technique de l’affaire de cyberespionnage des EAU :

« Les Émirats arabes unis utilisent des super-armes électroniques pour espionner les iPhones de ses rivaux. »

Des anciens agents de Raven décrivent Karma comme étant un outil qui pourrait accorder l’accès à distance aux iPhones simplement en téléchargeant des numéros de téléphone ou des comptes e-mail dans un système de ciblage automatisé.

Reuters ne le dit pas clairement, mais d’après la description des outils d’espionnage, il semble évident que cet outil, Karma, a été acheté au célèbre magasin d’espionnage israélien NSO Group. Le nom marketing de l’outil est Pegasus. L’« ancien » espion de la NSA cité dans l’article de Reuters fait des déclarations curieuses telles que « l’outil ne pouvait pas enregistrer les appels téléphoniques ». Mais cette affirmation n’a aucun sens. Une fois qu’un logiciel espion décent est sur le téléphone, tout est accessible. L’allégation est évidemment faite pour détourner l’attention de NSO. La vente d’outils aux EAU par NSO a été confirmée dans les rapports précédents. À partir d’août 2018 :

« Des plaintes juridiques affirment que la société israélienne de logiciels espions a aidé le régime des Émirats arabes unis à pirater les téléphones de ses opposants. »

Le gouvernement des Émirats arabes unis a utilisé la technologie israélienne de piratage téléphonique pour espionner ses rivaux politiques et régionaux ainsi que des membres des médias, et la compagnie israélienne elle-même a participé aux cyberattaques, rapportait vendredi le New York Times.

Le groupe NSO, basé à Herzliya, utilise son controversé programme de logiciels espions Pegasus pour transformer les smartphones en dispositifs d’écoute…

En 2016, le quotidien israélien Yedioth Ahronoth rapportait pour la première fois que le ministère de la Défense avait autorisé le groupe NSO à vendre le logiciel à une société arabe, qui a ensuite pris pour cible un éminent militant des droits humains aux Émirats arabes unis.

L’original du NYT :

« Pirater un prince, un émir et un journaliste pour impressionner un client »

L’utilisation par les EAU de logiciels espions du groupe NSO a été signalée pour la première fois en 2016. Ahmed Mansoor, un défenseur émirati des droits humains, a remarqué des textos suspects et a dénoncé une tentative de piratage de son iPhone Apple. L’année suivante, les EAU l’ont arrêté pour des chefs d’accusation apparemment sans rapport et il est toujours en prison.

Après les révélations de Mansoor, Apple a déclaré qu’elle avait publié une mise à jour qui corrigeait les vulnérabilités exploitées par le groupe NSO. Le groupe NSO s’est engagé à enquêter et a déclaré que « l’entreprise n’a pas connaissance de ces cas spécifiques et ne peut les confirmer ».

Mais d’autres documents qui ont fait l’objet de fuites dans le cadre des poursuites indiquent que les Émirats arabes unis ont continué à utiliser le logiciel Pegasus bien après qu’Apple ait annoncé sa correction et que le groupe NSO se soit engagé à enquêter.

Le groupe NSO a été fondé par deux « anciens » espions de l’armée israélienne :

« Tout ce que nous savons sur le groupe NSO : Les espions professionnels qui ont piraté des iPhones avec un seul texto. »

Mais le fondateur Omri Lavie garde bien le secret. … Le cofondateur Shalev Hulio n’a pas répondu à nos messages. Tous deux seraient d’anciens élèves du célèbre service de renseignement sur les transmissions de l’unité 8200 d’Israël, tout comme de nombreux entrepreneurs du pays dans le domaine de la sécurité.

Les outils du groupe NSO ont également été utilisés par le gouvernement mexicain, sous l’ancien président Nieto, pour espionner des journalistes et l’opposition.

C’est le Toronto University Citizen Lab qui, en 2016, a découvert les attaques des Émirats arabes unis contre des « militants des droits de l’homme » et a découvert que NSO était derrière tout cela. Il a depuis publié un certain nombre d’articles sur cette entreprise. L’année dernière, Citizen Lab alléguait que les outils de NSO avaient été utilisés par l’Arabie saoudite pour espionner Jamal Khashoggi, un « ancien » agent de renseignement saoudien, militant des Frères musulmans et chroniqueur au Washington Post, que les Saoudiens ont finalement massacré dans leur consulat à Istanbul.

Le mois dernier, deux membres importants de Citizen Lab ont été approchés par un personnage louche qui prétendait offrir de l’argent pour investir. Les gens de Citizen Lab sont devenus suspicieux. Ils ont enregistré leurs entretiens avec l’homme, l’ont photographié et ont invité des journalistes. AP a présenté son rapport le 26 janvier :

« APNewsBreak : des agents tentent de s’infiltrer dans une compagnie de cybersécurité »

Les chercheurs qui ont découvert que des logiciels israéliens avaient été utilisés pour espionner le cercle intime du journaliste du Washington Post, Jamal Khashoggi, avant sa mort atroce, sont à leur tour pris pour cible par des agents internationaux infiltrés, a découvert l’Associated Press.

Deux jours plus tard, le NYT découvrait que l’entreprise d’espionnage qui avait envoyé l’homme était la société israélienne Black Cube.

« Le cas de l’espion raté : Un groupe de surveillance l’a filmé par caméra »

Black Cube a nié avoir joué un quelconque rôle dans les démarches cherchant à approcher des employés de Citizen Lab, mais le même agent s’était présenté dans une affaire antérieure au Canada comme étant en relation avec Black Cube…

Le New York Times, en collaboration avec Uvda, une émission de télévision d’investigation sur la chaîne israélienne Channel 12, a confirmé que le mystérieux visiteur était Aharon Almog-Assoulin, un agent de sécurité israélien à la retraite qui était jusqu’à récemment membre du conseil municipal d’un quartier de Tel Aviv.

Black Cube a également espionné certaines personnes qui soutenaient l’accord d’Obama avec l’Iran.

« Trita Parsi : J’ai été pris pour cible par Black Cube dans des tentatives douteuses d’attaquer les supporters de l’Accord iranien. »

Black Cube est dirigé par un certain nombre d’« anciens » officiers militaires et agents du Mossad.

« Black Cube : à l’intérieur de la discrète firme israélienne accusée d’essayer de saper l’accord avec l’Iran »

Des documents internes de Black Cube obtenus par NBC News et des interviews de sources ayant une connaissance directe des opérations de Black Cube révèlent une société de renseignements pour les affaires ayant des contrats avec des gouvernements et un département spécial pour des travaux à caractère politique…

La société a été fondée par d’anciens officiers militaires israéliens en 2011. Elle entretient des liens étroits avec la communauté du renseignement israélien, et nombre de ses recrues sont d’anciens agents du Mossad.

Les Émirats arabes unis recrutent des « ex-CIA », des « anciens de la NSA » et des « anciens soldats » pour espionner les dissidents, les amis et les ennemis. Ils utilisent des outils produits par le groupe NSO qui est dirigé par d’« anciens élèves de la fameuse unité 8200 de renseignements électroniques d’Israël ». Lorsque des chercheurs canadiens ont creusé trop profondément dans les affaires du groupe NSO, ils ont reçu la visite d’un « agent de sécurité israélien à la retraite » travaillant pour une entreprise fondée par des « anciens officiers militaires israéliens » qui recrutent de nombreux « anciens agents du Mossad ».

Il y a aussi l’ancien agent du MI6, Christopher Steele, qui a écrit un dossier compromettant sur Donald Trump pour la campagne Clinton. Certaines parties du dossier ont probablement été écrites par l’« ancien agent double du MI6/GRU », Sergei Skripal, que les Britanniques ont « novichoqué » puis ont fait disparaitre, à Salisbury. La réaction des médias internationaux à cet incident a été d’un intérêt particulier pour le groupe de renseignement militaire Integrity Initiative, dirigé par Nigel Donnelly, un « ancien responsable du renseignement militaire britannique ». Cette initiative est financée par le gouvernement britannique.

Quand je lis des articles comme ceux qui sont indiqués ci-dessus, je présume toujours que les « anciens » membres de la CIA/NSA/FBI/MI6/8200/Mossad/militaires ne sont pas du tout des « anciens » mais des agents actifs en mission pour leur service d’origine. Certaines histoires n’ont de sens que lorsqu’on les lit sous cette prémisse.

Mais beaucoup d’« anciens » mentionnés ci-dessus ont peut-être vraiment quitté leur service. Ils sont ensuite embauchés, en échange de beaucoup d’argent, par des États ou des entreprises louches. C’est dangereux non seulement pour les défenseurs des droits de l’homme aux Émirats ou pour certains Jamal Khashoggi. Ces gens pourraient être amenés à attaquer n’importe qui.

Il fut un temps où les gens occupaient des emplois publics quand ils étaient jeunes et restaient à leur service jusqu’à ce qu’ils soient vieux et à la retraite. Pour les services, il était logique d’éloigner de la concurrence potentiellement hostile les personnes qui avaient reçu une formation coûteuse et leurs connaissances de la maison. Les services publics offraient de bons avantages et payaient des pensions suffisantes pour rendre le long séjour attrayant. Ils étaient des employeurs compétitifs.

Ce n’est plus le cas. Lori Straud est l’une de ces « anciennes » espionnes de la NSA dont l’article de Reuters ci-dessus relate l’histoire :

Elle a passé une décennie à la NSA, d’abord en tant que militaire de 2003 à 2009, puis en tant qu’entrepreneur au sein de l’agence pour le géant consultant en technologie Booz Allen Hamilton de 2009 à 2014… Marc Baier, un ancien collègue de la NSA Hawaii, lui a offert la chance de travailler pour un entrepreneur à Abu Dhabi appelé CyberPoint… De nombreux analystes, comme Straud, recevaient plus de 200 000 $ par année, et certains gestionnaires recevaient des salaires et une rémunération supérieurs à 400 000 $.

Il est fou que la NSA forme des gens qui partent ensuite et sont embauchés par une entreprise pour un salaire plus élevé, seulement pour faire le même travail qu’à la NSA, tout en coûtant aux contribuables beaucoup plus cher. C’est du racket et ce n’est pas une politique sensée.

(Il y a quelques années, j’ai dirigé la division informatique d’une entreprise internationale. J’avais pour politique de ne jamais embaucher un indépendant qui avait travaillé auparavant dans mon atelier. Du coup, les tarifs que nous offrions ont sensiblement diminué).

Les « anciens » NSA, CIA, militaires, etc. ont des connaissances et des capacités spéciales qui peuvent être très dangereuses. Ils devraient être manipulés comme des substances contrôlées. Il est ridicule de permettre à ces gens d’être embauchés par des entreprises d’espionnage étrangères.

Les rapports ci-dessus sur d’« anciens » espions ne font qu’effleurer la surface de ce qui est devenu une grosse affaire, mais c’est malsain pour nos sociétés. C’est déjà assez grave que des acteurs étatiques nous espionnent. La situation s’aggravera lorsque les entreprises privées pourront faire de même.

Il viendra un jour où une équipe d’anciens analystes de la NSA aidera une puissance étrangère à se défendre contre des analystes de la NSA qui l’espionneront ou même contre-espionneront la NSA. Il viendra un jour où d’anciennes forces d’opérations spéciales américaines engagées par quelqu’un se battront contre des forces d’opérations spéciales américaines. Le tollé sera grand. Une rémunération décente dans la fonction publique et une réglementation raisonnable pourraient probablement prévenir cette situation.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/quand-danciens-espions-sont-laches-dans-la-nature-le-pire-peut-arriver

CES 2019 : la France est assise sur un tas d’or

CES 2019 : la France est assise sur un tas d’or

Par Xavier Dalloz  |   |  1229  mots
Xavier Dalloz, expert en stratégie digitale.
Xavier Dalloz, expert en stratégie digitale. (Crédits : François Lafite)
OPINION. Il faut miser sur les innovations digitales pour reconstruire la compétitivité de la France. Par Xavier Dalloz, expert en stratégie digitale.

L’ardente obligation est, désormais, de rompre avec le passé afin de construire l’avenir que nous voulons. Nous devons, pour cela, exploiter l’apport des innovations digitales dans un monde devenu massivement interconnecté, ce qui influence directement la production de valeur. Encore faut-il combattre une vision à la fois mécaniste et uniquement monétaire. La valeur financière, humaine, est toujours le fruit d’interactions pertinentes entre des objets, des idées, des personnes, des entreprises, des organisations…

L’objectif est de faire passer la création de valeur des équipements vers les services avec l’« Internet of Me », c’est-à-dire l’implication du citoyen consommateur avec comme conséquence : repenser les métiers des entreprises pour les transformer en des entreprises plateformes. Rappelons que toute interaction ne débouche sur une transaction (et donc sur une création de valeur pour les parties prenantes) que si trois conditions sont remplies. Il faut qu’il y ait : 1) émotion, car toute décision comporte une dimension affective ; 2) communication (je n’achète un produit ou un service que si je sais qu’il existe) ; 3) confiance (j’achète l’espoir d’être satisfait). Les trois mots : émotion, relation, confiance résument les grandes tendances des innovations digitales.

L’ère des réseaux interconnectés

Outre cette facilitation des interactions, les capacités de traitement de l’information progressent constamment, parallèlement à la miniaturisation des composants. Ces tendances, qui vont de pair avec la facilitation des communications, font que tous les objets deviennent capables de traiter des données, voire de capter et de communiquer entre eux et avec nous. Le monde ne peut plus se décrire que comme un ensemble de réseaux intriqués à tous les niveaux. Ce sont des réseaux de capacités différentes, certains se bornent à transmettre des mesures et des ordres comme notre système nerveux, d’autres véhiculent des flux de données avec de très hauts débits, à l’instar de notre système sanguin transportant les substances dont notre organisme a besoin pour vivre.

Cette décentralisation massive de tout nécessite de mesurer le PEC (Productivité des échanges collaboratifs). Cet indicateur va être au coeur de la nouvelle façon de faire du business. D’où une logique de communication entre pairs, entre égaux, opposée à l’organisation centralisée, pyramidale, qui est celle de la majorité des entreprises et des administrations. Un autre facteur important est celui qui facilite les communications, au point, parfois, d’entraîner une confusion des genres. Il tient dans le mot unimédia : tous les modes d’expression, tous les produits de l’esprit humain peuvent être traduits, stockés, transformés et transmis en langage numérique. Les frontières entre marchés et métiers s’estompent, du même coup, suscitant des concurrences nouvelles. Pour comprendre ces enjeux, des innovations digitales doivent être au coeur de la reconstruction de la compétitivité de la France.

IA, blockchain… ces innovations technologiques bientôt à la portée de tous

La consumérisation de tout va redonner le pouvoir au consommateur sur des produits et services au départ destinés à un marché B2B à cause de leur coût et de leur complexité d’usage. Les progrès fulgurants de l’électronique grand public et dans la science des matériaux rendent accessibles au consommateur ou à un groupe de consommateurs, à une communauté, des objets qui ne l’étaient pas auparavant. La blockchain est probablement l’innovation la plus importante avec l’enjeu qui lui est lié : la destruction massive des tiers de confiance.

L’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique joueront un rôle important avec leur application essentielle : l’intelligence prévisionnelle. L’utilisation de l’IA contribuera à améliorer l’expérience utilisateur et à rationaliser les processus métier. L’IA a besoin de son complément indispensable : les puces neuromorphiques. La gestion du big data généré par l’Internet des objets (IoT) de tous les actifs tout au long de la chaîne de valeur et sa traduction en termes de services. L’IA devrait s’imposer là aussi dans la lecture et le maillage de cet or numérique.

La performance énergétique et les échanges d’énergie, le bâtiment, la maison, la ville, la voiture, deviennent des acteurs énergétiques incontournables. Ils sont à la fois producteurs et consommateurs, et à la base d’échanges avec tout ce qui constitue une source d’énergie : Grid, VE, EnR… Avec l’intelligence, les interactions se font en temps réel « on » ou « off » grid avec pour objectif l’optimisation de sa consommation énergétique et la réduction de l’empreinte environnementale.

La construction et la gestion des espaces se transforment avec l’apport de l’IoT qui permet une gestion efficace de la construction en remplaçant les équipements de construction classiques par des capteurs qui fournissent une palette très large de fonctions à forte valeur ajoutée permettant notamment de vendre avant de produire. La sécurité et la sûreté englobent l’univers physique. À base d’IoT, de robotique et de blockchain. C’est aussi une nouvelle ère pour l’aide intelligente à la personne. Côté cybersécurité, le bâtiment, la maison et la voiture seront par exemple de plus en plus autonomes avec la blockchain.

Devenir un acteur majeur de cette création de valeur

La 5G à l’assaut de la mobilité et des smart cities. Elle va permettre aux villes intelligentes et aux véhicules autonomes de se connecter avec des vitesses plus élevées, une latence plus faible et une plus grande capacité. L’interface utilisateur basée sur de l’IA va être au coeur de la « moquité » (l’ubiquité en situation de mobilité) impliquant de nouveaux services et interactions avec l’écosystème de la smart city. La maintenance prédictive utilise l’IoT qui permet d’optimiser une maintenance préventive souvent imprécise et génératrice de surcoût, et assure une parfaite continuité des activités commerciales, car elle est effectuée lorsque cela est nécessaire pour maintenir un environnement fonctionnel d’une manière permanente.

L’informatique portée va avoir de plus en plus d’importance. Aujourd’hui utilisés à des fins de communication ou de divertissement, ces appareils vont en effet évoluer pour devenir de véritables assistants personnels virtuels capables de répondre à des requêtes diverses et variées et de guider les pas de l’utilisateur avec des fonctions mains libres. Au-delà, ils pourront effectuer un certain nombre de tâches aujourd’hui exécutées par les smartphones. Les nouvelles interactions hommes/ machines. Simple est trop compliqué. Tout doit devenir naturel avec l’« ATAWADAB » (AnyTime, AnyWhere, Any Device, Any Blockchain). Toute implication doit se résumer de la façon suivante : voilà ce que je veux ; fais ce que cela implique. Il faut donc passer du moteur de recherche au moteur de « trouvage ».

L’informatique quantique. Elle va tout révolutionner et il y a d’excellents experts sur ce sujet en France, notamment au CEA Leti. Le magazine Forbes titrait en 2007 : Qui peut remplacer Nokia ? On connaît la suite. Il en est de même avec les Gafam et les Natu (Netflix, Amazon, Tesla, Uber). En misant sur ces innovations digitales, les prochains Gafam et Natu doivent être français. La France a en effet tout pour être un acteur majeur de cette nouvelle création de valeurs. Nous maîtrisons l’ensemble de ces innovations digitales et nous avons l’essentiel : la créativité. Mais la condition du succès nécessite de voir grand et loin.

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Comment dit-on rapide en russe…

Comment dit-on rapide en russe…


… быстро (bistro) 1. Non, on dit SFPS (System for Transfer of Financial Messages), avant on disait SWIFT dans la lingua franca de l’Empire


Par Tom Luongo – Le 2 novembre 2018 – Source Tom Luongo

Tom LuongoAu cours de la crise du rouble de 2014-2015, la Russie a annoncé, à la suite des sanctions américaines et européennes sur la réunification avec la Crimée, qu’elle commencerait à mettre en place un système de transfert financier électronique interne, une alternative à SWIFT.

Ce système, appelé Système de transfert de messages financiers (SFPS), fonctionne non seulement en Russie, mais selon un rapport de Russia Today (RT), il gère désormais les données de transfert financier de plus de la moitié des institutions russes.

Selon Anatoly Aksakov, président du comité parlementaire russe sur les marchés financiers :

« Le nombre d’utilisateurs de notre système de transfert de messages financiers internes est désormais supérieur à celui de ceux qui utilisent SWIFT. Nous avons déjà des discussions avec la Chine, l’Iran et la Turquie, ainsi que plusieurs autres pays, sur l’établissement d’un lien entre notre système et leurs systèmes », a déclaré Aksakov.

« Ils doivent être correctement intégrés les uns aux autres afin d’éviter tout problème d’utilisation des systèmes de messagerie financière internes du pays. »

Cela fait suite à la vantardise des Russes, le mois dernier, selon laquelle leur système suscitait un grand intérêt au niveau international. Il reste à voir quelle est la part d’esbroufe et quelle est la part de réalité, mais le point important ici est que, dès lors que les États-Unis avaient menacé de faire de SWIFT une arme de guerre commerciale dans leur politique étrangère, une telle situation était inévitable.

La Chine a son propre système interne. Et d’autres pays sont en train de construire le leur.

L’enjeu financier de SWIFT

Un thème commun sur ce blog est de dire que le contrôle est une illusion. Le pouvoir est éphémère. La meilleure façon d’exercer votre pouvoir est de le posséder sans jamais l’utiliser. Parce qu’une fois que vous l’utilisez, vous dévoilez à vos ennemis ce qu’il leur coûte de ne pas respecter vos édits.

Et s’il y a une chose dans laquelle les humains sont bons, c’est réagir à des défis connus. Quand nous pouvons mesurer le coût d’un comportement par rapport à un autre, alors nous pouvons décider lequel est le plus important pour nous.

Une fois que les coûts liés à l’usage de SWIFT dépassent les avantages de la création de votre propre alternative, vous la créez.

Le système SWIFT a un pouvoir de marché similaire à celui d’un PDG disposant de milliards d’actions dans sa propre entreprise. On fait beaucoup de foin autour de la fortune de Jeff Bezos et Mark Zuckerberg, mais mesurer leur valeur nette en multipliant leurs avoirs connus par le prix actuel de l’action est inutile. Parce qu’ils ne peuvent pas les vendre. C’est le pouvoir du marché : leur richesse virtuelle s’évapore au moment où ils signalent au marché leur intention de vendre.

En réalité, s’ils essayaient de vendre leurs actions en une fois, leur valeur s’effondrerait, les acheteurs prendraient la poudre d’escampette et ils réaliseraient bien moins que la valeur nette déclarée avant le début de la vente.

Donc, ils sont, en quelque sorte, captifs de leur propre succès, ils doivent gérer leur création avec soin pour ne pas nuire à leur réputation, à leur position sur le marché et, en fin de compte, à leur activité.

Au départ, SWIFT est un système monopolistique, un monopole né de la commodité et de l’inertie grâce à sa neutralité face aux caprices des instances politiques internationales. Entre en scène la phase sénile de la pensée impériale aux États-Unis, alors que son contrôle sur les affaires mondiales s’efface d’abord dans les cœurs et les esprits de divers peuples dans le monde, puis en politique, et vous avez le début de la fin de SWIFT comme seul système de transfert financier international.

En 2010, je me souviens de Jim Sinclair [investisseur et courtier légendaire, NdT] tapant du poing sur la table, à propos de notre menace à la Suisse d’exiger  les données de ses clients pour rechercher les « tricheurs à l’impôt » dans le cadre de la loi FATCA. Il a alors déclaré que l’administration Obama était idiote de faire ça.

C’est là que j’ai compris la maxime : une fois que vous avez choisi l’option nucléaire, vous n’avez plus d’autre choix.

Et il avait raison.

Ensuite, l’Iran a été exclu de SWIFT en 2012 pour provoquer un changement de régime qui a également échoué. Et cela a réveillé le monde à la réalité. Les États-Unis et l’Europe tenteront de détruire votre gagne-pain si vous osez vous opposer à leurs revendications unilatérales.

Le troupeau de Davos, notre élite politique et financière, ne recule devant rien pour s’assurer de votre docilité.

Pas de chance [pour les élites], SWIFT n’est que du code informatique. C’est juste un système de messagerie crypté. Et tout comme pour la pression visant à étouffer les voix alternatives sur les médias sociaux – par exemple, en déconnectant Alex Jones et Gab – la solution face au contrôle autoritaire n’est pas de combattre le feu par le feu, mais d’utiliser la technologie.

Et c’est exactement ce que la Russie a fait. Ils se sont appliqués, ont dépensé de l’argent et ont écrit leur propre code. Après tout, le code est difficile à contrôler.

Décoder la puissance de SWIFT

C’est aussi ce qui se passe actuellement dans toute la chaîne d’approvisionnement des communications Internet. L’infrastructure dont les producteurs de contenu indépendants ont besoin pour résister au contrôle des entreprises multinationales est en cours de mise en place et permettra à leurs activités de se développer à mesure que de plus en plus de gens s’éveillent maintenant à la réalité.

Alors que les banques et les entreprises russes tirent parti des avantages de ne plus vivre sous la menace de l’épée de Damoclès de SWIFT, d’autres bénéficieront des mêmes avantages.

C’est ce que je dis depuis le début de l’année. Plus l’administration Trump utilise les droits de douane et les sanctions pour atteindre ses objectifs stratégiques plus elle affaiblira en fin de compte la position des États-Unis dans le monde. Cela ne se fera pas du jour au lendemain.

Cela se fera progressivement jusqu’au jour où la menace aura disparu.

Nous sommes peut-être déjà arrivés à ce moment-là, le président Trump ayant exclu de faire pression sur SWIFT pour éliminer l’Iran du système. Dommage que son secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, ne soit pas d’accord avec lui.

Mais Mnuchin vit dans le passé, il ne considère pas la résistance qui se forme face à l’hégémonie financière américaine. Mais il le fera quand cela se révélera inefficace.

Le système SPFS russe trouvera des clients en Iran, en Turquie, en Chine et chez ses proches partenaires commerciaux. Cela accélérera la dédollarisation du principal commerce de la Russie, les hydrocarbures, car bon nombre de ces pays sont de gros acheteurs de pétrole russe. Lorsque vous entendrez l’annonce qu’une banque allemande a été sanctionnée par les États-Unis pour son commerce de pétrole russe, en utilisant le SPFS comme système de transfert, ce sera le véritable réveil sur les marchés. Le changement interviendra alors, pardonnez le jeu de mots facile, rapidement (swiftly).

Tom Luongo

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francphone

  1. Une étymologie populaire (voir la plaque apposée sur la façade de la Mère Catherine, place du Tertre à Montmartre) le fait dériver du russe bistro (en cyrillique : быстро) signifiant « vite » et datant de l’occupation russe qui a suivi la bataille de Paris de 1814. Les soldats russes n’ayant pas le droit de boire en service et craignant de se faire surprendre par l’arrivée d’un gradé, imploraient les cafetiers qui les servaient en leur criant en russe : « быстро, быстро », « vite, vite ». Mais le Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNTRL, dépendant du CNRS) juge cette étymologie pas assez fondée et selon le linguiste et lexicographe Alain Rey, cette étymologie « doit être écartée pour des raisons chronologiques, en l’absence d’attestations du mot pendant près de trois quarts de siècle ». La première attestation date en effet de 1884 dans les Souvenirs de la Roquette de l’abbé Georges Moreau. Par contre, on fait aussi allusion à la Commune de 1870 pendant laquelle l’armée prussienne était en partie composée de soldats russophones, ce qui respecterait la chronologie.Wikipédia

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http://lesakerfrancophone.fr/comment-dit-on-rapide-en-russe

Et si la « blockchain » supprimait les chefs ?

Par Guillaume Renouard, à San Francisco  |   |  1067
L'IA pourrait gérer certaines fonctions managériales dans l'entreprise, tel le recrutement des collaborateurs.
L’IA pourrait gérer certaines fonctions managériales dans l’entreprise, tel le recrutement des collaborateurs. (Crédits : iStock)
Rendue célèbre pour le fulgurant essor du bitcoin, la « blockchain » pourrait bien changer le visage de l’entreprise, en remplacer intégralement les strates managériales par des contrats intelligents.

Sans conteste, 2017 a été l’année où les cryptomonnaies, bitcoin en tête, sont passées du statut de hobby pour geeks à celui de phénomène susceptible de captiver le grand public. Les possibilités de la blockchain, technologie qui se trouve derrière ces monnaies numériques, vont toutefois bien au-delà de la sphère financière. « La blockchain va transformer toutes les industries », titrait ainsi récemment le Huffington Post. Dans leur ouvrage Blockchain Revolution, paru en 2016 aux États-Unis (éd. Portfolio, non traduit en français), Don et Alex Tapscott prédisent que cette technologie pourrait même changer radicalement l’organisation et le management des entreprises. « La blockchain est déjà en train de transformer l’industrie des services financiers. Qu’en est-il des entreprises, piliers du capitalisme moderne ? Avec cette plateforme globale de pair-à-pair pour l’identité, la réputation et les transactions, nous serons capables de repenser les fondations de l’entreprise, pour promouvoir l’innovation et le partage de la création de valeur », écrivent-ils.

La versatilité de la blockchain repose notamment sur les contrats intelligents. De quoi s’agit-il ? De contrats codés dans la blockchain, qui déclenchent une action une fois que des conditions bien précises et définies au préalable ont été réunies. Il peut s’agir de contrats très simples, comme « une fois que A aura payé telle somme en dollars à B, B envoie telle somme en cryptomonnaie à A », ou d’opérations plus complexes. Les contrats intelligents sont mis en place via la plateforme Ethereum, lancée en 2015 par Vitalik Buterin, petit génie russo-canadien qui, frustré par les limitations du bitcoin, a voulu concevoir un outil permettant d’utiliser la blockchain au-delà de la sphère financière.

De l’entreprise au réseau

Ces contrats facilitent grandement les transactions dans le cadre d’une économie mondialisée. Il devient possible de nouer facilement des relations professionnelles avec n’importe quelle autre entreprise ou collaborateur indépendant, et ce de manière sécurisée. « En permettant aux entreprises de recruter et payer facilement les meilleurs talents dans le monde entier, les contrats intelligents ouvrent la voie à des entreprises encore plus globalisées », affirme Lawrence Lundy, à la tête de la recherche chez Outlier Ventures, fonds d’investissement spécialisé dans les entreprises de la blockchain.

Un outil d’autant plus puissant que la blockchain permet également d’effectuer des paiements instantanés et à moindres frais, par le biais des monnaies virtuelles. L’entreprise Bitwage, par exemple, offre la possibilité aux entreprises américaines de payer leurs collaborateurs à l’étranger en bitcoin. Le paiement est effectué en une journée et Bitwage ne prélève que 1 % de commission. À titre de comparaison, en utilisant PayPal, le paiement prend trois à quatre jours, et la commission est de 6 %. « Pour un coût très faible, les contrats intelligents permettent aux entreprises de nouer des accords dynamiques et automatisés avec des fournisseurs et partenaires non envisageables par le passé. Une fois agrégés, les contrats intelligents transforment les entreprises en réseaux, rendant les frontières de l’entreprise plus poreuses et fluides », résument Don et Alex Tapscott dans Blockchain Revolution.

Vers des entreprises entièrement décentralisées

Certains veulent aller encore plus loin et remplacer intégralement les strates managériales par des contrats intelligents. L’idée : automatiser le management à l’aide du code, en créant des règles qui déterminent ce qui peut être fait au sein d’une entreprise. « Et si, à l’aide des technologies de l’information modernes, nous pouvions coder les différentes règles de l’entreprise, créer des contrats inviolables qui génèrent des revenus, paient les employés pour effectuer certaines tâches, et trouvent leur propre matériel pour fonctionner, le tout sans besoin de hiérarchie humaine ? », s’interrogeait Vitalik Buterin dans un article paru en 2013 dans Bitcoin Magazine.

Une vision à laquelle adhère également Lawrence Lundy : « D’ici cinq à dix ans, je pense que les contrats intelligents remplaceront le management intermédiaire. La plupart des processus seront numérisés, et nous aurons des agents capables de prendre des décisions de manière autonome, sans intervention humaine. On peut très bien imaginer une intelligence artificielle soumettant une offre de mission sur la blockchain, étudiant le profil des différents candidats, sélectionnant le meilleur à l’aide d’algorithmes spécifiques, actant la collaboration à l’aide d’un contrat intelligent et rémunérant l’individu une fois la mission terminée. En somme, on peut complètement automatiser la manière de faire des affaires. »

Un Facebook possédé par ses utilisateurs ?

Un discours qui pourrait sembler très ambitieux. Pourtant, des entreprises sont d’ores et déjà en train d’appliquer ces principes. C’est le cas de Consensys, jeune pousse new-yorkaise spécialisée dans la blockchain. La startup opère selon un certain nombre de règles que les employés ont contribué à rédiger, avant de voter leur adoption, et qui sont désormais codées sous forme de contrats intelligents. Le cofondateur de l’entreprise, Joseph Lubin, voit Consensys comme un groupement collaboratif d’entrepreneurs. Son objectif est d’automatiser un maximum de processus possibles via la plateforme Ethereum : gouvernance, opérations au jour le jour, gestion de projet, embauches, etc.

Les entreprises Backfeed et Colony.io fournissent toutes deux des infrastructures pour entreprises décentralisées, et ce via la blockchain. « Imaginez Facebook détenu par ses utilisateurs, des réseaux de transport décentralisés indépendants d’Uber, des marchés dominés par des communautés open source où les contributeurs sont aussi des actionnaires et où la valeur créée est redistribuée de manière juste et transparente. Imaginez le potentiel innovant de telles organisations, libérées de la rigidité des structures hiérarchiques. Pour tout cela et bien plus encore, Backfeed fournit l’infrastructure pour une coopération décentralisée », lit-on sur le site de Backfeed.

Toutefois, ces initiatives demeurent pour l’heure très expérimentales. En 2016, un projet de DAO [organisation autonome décentralisée, ndlr], logiquement baptisé « The DAO », a explosé en plein vol après avoir d’abord affolé les investisseurs. Un hacker est parvenu à exploiter des faiblesses dans le code des contrats intelligents pour dépouiller l’entreprise de 3,6 millions d’ether, soit 50 millions de dollars à l’époque, coupant court à l’expérience. Malgré cet incident de parcours, les partisans de la DAO sont persuadés que cette idée finira par s’imposer

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/et-si-la-blockchain-supprimait-les-chefs-795521.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20181029.

Big Hack : des puces chinoises dans les serveurs américains

Big Hack : des puces chinoises dans les serveurs américains

 

Publié par Laurence Michel le 5 Octobre 2018

 

Bloomberg Businessweek vient de faire éclater une bombe dans le monde de la cybersécurité. Plusieurs dizaines d’entreprises américaines et le gouvernement américain lui-même auraient été espionnés au moyen de micropuces insérées dans des cartes-mères en Chine, puis intégrées dans des serveurs assemblés aux USA par le géant du matériel informatique SuperMicro. Malgré les démentis, tout semble indiquer l’existence d’un piratage d’une ampleur inédite.

 


Après une longue enquête, Bloomberg Businessweek (1) révèle avec grand fracas qu’une trentaine de grandes entreprises américaines, dont Apple et Amazon, ont subi une attaque de grande ampleur qui menace leur chaîne d’approvisionnement en matériel informatique. En cause, des micropuces chinoises implantés dans des serveurs (2).

Un scénario à tout casser

Fin du printemps 2015. Une entreprise de sécurité découvre une puce minuscule incrustée sur les cartes mères des serveurs qu’elle est chargée de vérifier pour Elemental Technologies. Ces serveurs de streaming vidéo, destinés à faire tourner le service Amazon Prime Video, étaient en partie fabriqués par le géant du secteur, SuperMicro.
Une trentaine d’entreprises américaines seraient touchées, notamment une grande banque, mais aussi Apple, ainsi que le gouvernement américain. Du jamais-vu.

Les espions auraient utilisé la méthode dite du « semis », consistant à semer des changements dès le départ dans un matériel informatique. Pour réussir une telle attaque, il faut développer une compréhension approfondie de la conception d’un produit, manipuler des composants en usine et s’assurer que les dispositifs falsifiés parviennent à la chaîne logistique globale jusqu’à l’emplacement souhaité. La Chine, qui selon des estimations fabrique 75 % des téléphones mobiles et 90 % des ordinateurs du monde, serait en mesure d’agir de la sorte.

Une micropuce baladeuse

Comment le piratage — supposé — a-t-il fonctionné ? Selon les enquêteurs, le schéma aurait été le suivant :
1/Une unité militaire chinoise fabrique des micropuces de la taille d’une pointe de crayon aiguisée dont les possibilités de mise en réseau et la puissance de traitement sont suffisantes pour une attaque.
2/Ces puces sont insérées dans des cartes-mères par des usines chinoises qui fournissent Supermicro, l’un des plus gros vendeurs au monde de matériel informatique.
3/Les cartes-mères sont intégrées à des serveurs assemblés par Supermicro.
4/les serveurs sabotés pénètrent à l’intérieur des data centers exploités par plusieurs dizaines d’entreprises.
5/Une fois le serveur mis en marche, la micropuce modifie le cœur du système d’exploitation afin qu’il puisse accepter des modifications, les ordinateurs se trouvant ainsi contrôlés.

L’expert informatique Bruno Cormier confirme la capacité de nuisance de cette micropuce : « Cette puce serait placée pile entre la mémoire flash qui stocke le firmware de la carte mère, et la puce BMC (Baseboard Management Controller) qui sert de contrôleur d’administration. Elle pourrait ainsi intercepter un firmware, ou même prendre le contrôle de l’administration à distance pour télécharger un firmware vérolé. Elle pourrait aussi faire bien plus, sachant que le BMC a accès à la totalité des éléments de la carte mère : réseau, VGA, alimentation, USB, mémoire DMA, TPM, bus série, etc. » (3)

Pour l’instant, tout le monde dément de part et d’autre. Amazon : « Il est faux qu’AWS ait eu connaissance d’une compromission de la chaîne logistique, d’un problème de puces malveillantes ou de modifications matérielles lors de l’acquisition d’Elemental ». Apple : « Nous pouvons être très clairs à ce sujet : Apple n’a jamais trouvé de puces malveillantes, de manipulations matérielles ou de vulnérabilités créées intentionnellement sur un serveur ». Supermicro : « Nous ne sommes au courant d’aucune enquête de ce type ». Le gouvernement chinois : « La sécurité de la chaîne logistique dans le cyberespace est une question d’intérêt commun et la Chine est également une victime ». Et aucun commentaire de la part du FBI, la CIA et la NSA.
Une circonspection légitime et une série de dénégations compréhensibles dans une affaire si énorme.

(1)https://www.bloomberg.com/news/features/2018-10-04/the-big-hack-how-china-used-a-tiny-chip-to-infiltrate-america-s-top-companies
(2)http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/10/04/32001-20181004ARTFIG00282-des-puces-chinoises-auraient-permis-d-espionner-les-serveurs-d-apple-et-amazon.php
(3)https://www.tomshardware.fr/articles/amazon-apple-micropuce-hack-chine,1-68608.html


Sévère mise-en-garde de la Russie qui est prête à réagir à une nouvelle frappe en Syrie

C’est en tout cas ce que la Russie veut faire savoir et à bon entendeur, salut! En effet la Russie a annoncé de vastes manœuvres navales en Méditerranée, alors « que l’USS Ross, un destroyer américain, est entré en Méditerranée le 25 août dernier, armé de 28 missiles de croisière Tomahawk capables de frapper n’importe quelle cible en Syrie,«  Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

«Nous prévoyons de déployer plus de 25 navires sous le commandement du croiseur lance-missiles Amiral Oustinov. Près de 30 avions participeront à ces exercices, dont des bombardiers stratégiques Tu-160», a fait savoir le ministère de la Défense russe dans un communiqué de presse. Les manœuvres devraient avoir lieu du 1er au 8 septembre.

Alors que l’ONU évoque la présence de quelque «10 000 terroristes» dans la province d’Idlib, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : «Le foyer de terroristes qui s’est formé là-bas n’annonce rien de bon si l’inaction actuelle se prolonge.»

Les manœuvres navales engagées par la Russie, principale alliée de la Syrie, constituent donc selon lui une «hausse des mesures de précaution tout à fait fondée et justifiée.»

Ceci alors que depuis un mois la Russie ne cesse de dénoncer le projet d’une nouvelle fausse attaque chimique en Syrie, prétexte à de nouveaux bombardements occidentaux dont la menace a été brandie par John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale le 22  août. Menace réitérée par Emmanuel Macron récemment. Attaque chimique dont l’armée syrienne serait accusée alors que celle-ci s’apprête à  délivrer la région d’Idlib des supplétifs islamistes non avoués de la coalition américaine. Comme pour les prétendues attaques chimiques de la Ghouta ou d’Alep par Damas, à chaque fois il s’agit pour la coalition occidentale de protéger ses supplétifs terroristes qui combattent sous faux drapeau pour ses intérêts cachés. Il en est ainsi à chaque fois que ceux-ci sont acculés par l’armée syrienne. Une diabolisation médiatique est un bon moyen de faire diversion en pointant du doigt « le régime de Bachar el-Assad » afin de paralyser l’élan libérateur. Un piège qui a déjà souvent fonctionner mais aujourd’hui la Russie sonne la fin de la récréation.

Hier c’était l’envoyé spécial des Nations unies (ONU) en Syrie, Staffan de Mistura, qui faisait part de sa préoccupation du risque d’une catastrophe humanitaire dans la province d’Idlib, alors que l’armée syrienne est en passe de reprendre le contrôle de cette région où les groupes djihadistes seraient au nombre de 10 000 selon une estimation du représentant de l’ONU. L’homme demandait étrangement, hier, à Moscou, Téhéran et Ankara de convaincre Damas de surseoir à son offensive dans la province d’Idlib, redoutant que les deux camps n’aient recours à des armes chimiques. (Source) Étrange façon de lutter contre les terroristes et les armes prohibées que de demander au pouvoir légitime de ne pas finir de libérer son pays de l’occupation ennemie!

Les précédentes frappes américano-anglo-françaises dans la Ghouta orientale contre la Syrie, en avril dernier, avaient pris pour prétexte de semblables prétendues attaques chimiques attribuées sans la moindre preuve à Damas. Il semble d’ailleurs, qu’en réalité il n’y ait pas eu d’attaque chimique tandis que des témoins au contraire, ont dénoncé une mise-en-scène de la part de l’Occident et de ses alliés islamistes sous faux drapeau, pour simuler une telle attaque, ainsi que le dénonce clairement et arguments à l’appui, plus bas, l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov, dans un message qu’il a publié sur Facebook et dans lequel il met en garde Washington.

Sévère mise-en-garde de Mocou

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien tenue ce 30 août, a fait part de la détermination de la Russie à aider la Syrie à mener à bien la reconquête intégrale de son territoire. «Nous avons des faits sous les yeux [la mise en chantier de’une fausse attaque chimique ndlr], et nous avons adressé une mise en garde forte à nos partenaires occidentaux de ne pas jouer avec le feu», a-t-il annoncé. Des navires russes ont d’ailleurs été aperçus ces derniers jours faisant route vers la Syrie, avant même l’annonce des manœuvres.

Cité par Reuters, le Ministre russe des Affaires étrangères a rappelé que le gouvernement syrien avait parfaitement le droit de combattre les groupes djihadistes. «Il reste encore la tâche de liquider les foyers restants de terrorisme, avant tout dans la zone de désescalade d’Idlib», a-t-il déclaré. De son côté, le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Moualem, a confirmé que la Syrie était déterminée à «aller jusqu’au bout» dans sa lutte pour libérer la province d’Idlib, dont il estime qu’elle est principalement tenue par les islamistes du Front al-Nosra ou Front Fatah al Cham (branche syrienne d’Al-Qaïda). Sergeï Lavrov a encore exhorté les Occidentaux, qui font mine de considérer les djihadistes comme de simple rebelles à Bachar-el-Assad, à ne pas utiliser les djihadistes comme des «pions» sur l’échiquier géopolitique.

Alors que l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’inquiétait d’un usage d’armes chimiques par l’armée syrienne ainsi que par les combattants rebelles, le ministre syrien a martelé que son pays ne possédait pas d’armes chimiques. Il a en outre assuré que l’armée syrienne tenterait autant que possible d’éviter les pertes civiles lors de l’offensive à venir.

Dans un message Facebook publié le 30 août, «en réponse aux questions des médias», l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov a confirmé avoir rencontré des représentants spéciaux des États-Unis pour la Syrie, le 27 août:

Vendredi dernier, nous avons envoyé une lettre au Département d’État des États-Unis pour demander l’arrangement [d’une] réunion dès que possible. Nous sommes reconnaissants à David Satterfield et à ses collègues pour leur brève réaction à notre demande. (…).

L’essentiel est que nous ayons exprimé nos inquiétudes concernant les signaux américains de préparer de nouveaux bombardements sur la Syrie sous prétexte de l’utilisation possible d’armes chimiques par les Syriens. Nous avons souligné qu’une telle perspective nous préoccupe beaucoup. Nous avons appelé Washington pour fournir des informations non retardées sur les raisons pour lesquelles le sujet de l’utilisation d’armes chimiques par Damas est alimenté.

Nous avons noté qu’une telle rhétorique du côté américain pourrait servir de signal à différents groupes terroristes et organisations pseudo-humanitaires comme les «casques blancs» pour préparer une autre provocation. Nous avons fourni des détails sur les préparatifs du groupe militant «Front Fatah al cham» (ancien «Front al-Nosra») pour commettre une autre provocation avec l’utilisation d’agents toxiques contre la population civile dans le gouvernorat d’Idlib afin de blâmer les forces gouvernementales pour ce crime.

Nous avons informé nos collègues de la livraison de 8 conteneurs de chlore à la ville de Jisr al-choughour, qui ont ensuite été transférés par les activistes de Hizb al Islami al Turkistani au village de Hallouz où un groupe de combattants spécialement entraînés a déjà été déployés (ont été formés sous la direction de la compagnie militaire privée britannique « Olive Group »). Leur tâche consiste à simuler le sauvetage de victimes d’attaques chimiques. À cette fin, il est même prévu d’exploiter des enfants pris en otage.

Nous avons exprimé directement nos préoccupations. Cette provocation préparée avec la participation active des forces de renseignement britanniques peut servir de prétexte à la «troïka» occidentale (Washington-Londres-Paris) pour lancer une nouvelle frappe aérienne contre les infrastructures militaires et civiles syriennes.

Nous avons averti les États-Unis de ne pas s’engager dans une autre agression sans fondement et illégale contre la Syrie. Une nouvelle aggravation de la situation en Syrie ne serait dans l’intérêt national de personne et seul les terroristes en bénéficieraient. Nous nous attendons à ce que nos préoccupations soient entendues. Nous espérons que les États-Unis déploieront tous les efforts possibles pour empêcher l’utilisation d’agents toxiques par les terroristes et agiront de manière responsable, comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. (Source: message facebook de M. Antonov.)

L’annonce d’importantes manœuvres en Méditerranées de la part de la marine russe aujourd’hui, alors que le destroyer de guerre américain est déjà présent en Méditerranée, semble bien manifester la détermination de la part du Kremlin de donner du poids à ses avertissements pour la cas où ceux-ci n’auraient pas été bien pris au sérieux.

L’arme « invincible » de la Russie

En effet le Pentagone n’ignore pas que la Russie a les moyens de paralyser les systèmes électroniques de n’importe quel bâtiment et autres aéroplanes, depuis ses déboires en Méditerranée ou en Mer Noire. La Russie ayant pris une avance déterminante dans ce domaine technologique. Mais plus performant encore, Vladimir Poutine a annoncé officiellement en mars dernier une série d’armes nucléaires offensives «dont aucune autre armée que la nôtre ne possède l’équivalent», ajoutant: «Nous avons entamé le développement de nouveaux types d’armes balistiques qui n’empruntent pas les trajectoires balistiques durant leur vol vers leur cible, ce qui rend inutiles et tout à fait insensés les systèmes antimissiles». Annonce que le Pentagone a pris très au sérieux, selon de nombreux articles de la presse américaine. Par cette nouvelle technologie d’armement la Russie s’est dotée des moyens de se faire entendre et respecter des USA et de l’Otan, ainsi que le Président l’avait clairement expliqué: Vous n’avez pas voulu nous écouter ? Maintenant vous allez le faire!  Ceci en riposte au mépris constant des USA qui ne cessent de se rapprocher toujours plus des frontières russes en les menaçant, en dépit de leurs engagements.

Photo: Frégate russe Pytlivy traversant le détroit du Bosphore le 25 août 2018

Voir aussi: 

Émilie Defresne

http://www.medias-presse.info/severe-mise-en-garde-de-la-russie-qui-est-prete-a-reagir-a-une-nouvelle-frappe-en-syrie/97298/

Une mise à jour informatique fait disparaitre un avion des radars

Une mise à jour informatique fait disparaitre un avion des radars

Un avion a disparu des radars pendant plusieurs minutes fin juin, au-dessus de l’Ouest de la France, a-t-on appris vendredi auprès d’un syndicat de contrôleurs aériens, qui a qualifié l’événement de « grave » et évoqué un risque de « collision ».

Il s’agit d' »un événement significatif » mais sans « risque majeur pour la sécurité », a toutefois souligné la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

L’alerte est venue de l’équipage d’un autre avion, canadien, « qui nous a dit qu’il venait de croiser, pour lui estimé à deux nautiques (un peu moins de quatre kilomètres, ndlr), un aéronef, et qu’il ne trouvait pas ça normal », a déclaré à l’AFP Stéphane Lesage, secrétaire de la section locale du syndicat UNSA-ICNA (troisième représentatif chez les contrôleurs).

« Cela peut paraître beaucoup, quatre kilomètres », mais « quand on vole à plus de 800 km/h, c’est quelques secondes » seulement, a-t-il expliqué, qualifiant cet événement de « vraiment grave ».

« Nous sommes passés proche d’une collision en vol », écrit le syndicat dans un communiqué.

Dans la nuit du 25 au 26 juin, une mise à jour du système de traitement des plans de vol (appelé STIP) a entraîné « certains dysfonctionnements », a pour sa part indiqué la DGAC sollicitée par l’AFP. Il a alors été décidé de revenir à la version antérieure.

Mais « une succession d’événements dont certains consécutifs au problème technique STIP » ont conduit, dans la journée du 26 juin, « à un défaut de visualisation d’un vol traversant les espaces contrôlés par le centre » de contrôle de Brest, et ce pendant « une dizaine de minutes », selon la DGAC.

« Cet incident a généré une diminution de l’espacement réglementaire entre deux avions, alors séparés de cinq kilomètres », soit « 60% de la norme habituelle qui est de neuf kilomètres », détaille-t-elle.

Le système d’alerte embarqué (TCAS) « a parfaitement fonctionné » et « suite à l’alerte reportée, le contrôleur aérien a forcé sa visualisation sur l’écran radar », ajoute-t-elle.

Il s’agit « d’un événement significatif mais qui ne représente pas de risque majeur pour la sécurité aérienne, au regard de l’espacement maintenu », affirme la DGAC, précisant qu’un « retour d’expérience en cours » devra permettre d’apporter « les mesures correctives indispensables ».

Cet avion venu d’Espagne « a traversé nos espaces quasiment en intégralité », selon M. Lesage. « On l’a perdu dans le Golfe de Gascogne, jusqu’au milieu de la Manche », a-t-il précisé.

L' »interface électronique » du centre de contrôle « est appuyée sur un système qui date des années 90 » et « pas conçu du tout pour durer aussi longtemps et traiter autant de trafic », a jugé le responsable syndical.

(©AFP / 13 juillet 2018 14h43)

https://www.romandie.com/news/Une-mise-jour-informatique-fait-disparaitre-un-avion-des-radars_RP/936294.rom

Telegram : Moscou serre la vis sur le Web, par Benjamin Quénelle

19.avril.2018 // Les Crises

Telegram : Moscou serre la vis sur le Web, par Benjamin Quénelle

Scandaleuse initiative du gouvernement russe…

Dans la bataille actuelle du chiffrement se jour l’avenir de la vie privée sur Internet pour les décennies à venir…

Source : La Croix, Benjamin Quénelle, 18-04-2018

La messagerie Telegram, qui a refusé de fournir ses clés de cryptage au Kremlin, est bloquée depuis lundi en Russie. La répression sur Internet croît dans le pays avec les nouvelles réglementations.

Pavel Dourov a dit « niet » au Kremlin. La réplique n’a pas tardé : le « Robin des bois » du Web russe a été mis au ban. Défenseur du droit à utiliser librement et confidentiellement Internet, le fondateur de la messagerie cryptée Tele­gram vient de voir cette dernière bloquée en Russie. Concrètement, Pavel Dourov avait été sommé de fournir aux services secrets les clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.

Le blocage de Telegram, réputé pour sa sûreté, confirme les croissantes pressions sur le Web, longtemps un espace libre en Russie. Un paradoxe : la messagerie était utilisée par les blogueurs rebelles et leaders de l’opposition mais aussi par l’élite du Kremlin. « Si critiquer un gouvernement est ­illégal dans un pays, Telegram ne participera pas à une telle censure », prévenait Pavel Dourov, en exil depuis son bras de fer avec le pouvoir, en 2014. VKontakte, son réseau social jugé trop indocile par les autorités, avait alors été repris par des amis du Kremlin.

Telegram rejoint ainsi le réseau LinkedIn, inaccessible depuis 2016 pour ne pas avoir appliqué une loi sur le stockage des données personnelles. Un interdit parmi d’autres : le blog du leader de l’opposition Alexeï Navalny est régulièrement bloqué ; le site de l’ex‑oligarque en exil Mikhaïl Khodorkovski a été jugé « indésirable », nouvelle qualification légale pour les entités étrangères trop dérangeantes. Ces blocages sont la partie la plus visible de la répression sur le Web, victime à son tour des nouvelles lois contre l’extrémisme. Dans les faits, celles-ci restreignent aussi la liberté d’expression. Le Parlement travaille d’ailleurs sur une énième régulation qui, faisant la chasse aux « fake news », risque d’être un instrument de censure.

Agora, ONG d’avocats des droits de l’homme, s’inquiète de cette « criminalisation rampante » de l’utilisation d’Internet : 2017 a été marquée par une peine d’emprisonnement en moyenne une fois tous les huit jours, contre des personnes poursuivies parfois pour un simple « post » ou « like ». « Il y a cinq ans, aucun blogueur n’était arrêté. C’est devenu courant, dénonce Andreï Soldatov, rédacteur en chef du site Agentura.ru, spécialiste des questions de sécurité. Pour des raisons techniques, les autorités ne peuvent réprimer directement Internet. Du coup, elles optent pour la bonne vieille méthode des poursuites judiciaires et des arrestations. »

Les cibles sont faciles : les blogs et sites d’activistes de l’opposition déjà connus de la police. « Mais la délation fonctionne aussi à plein. Dans les petites villes, il est devenu dangereux sur Internet de dire tout haut ce qu’on pense… », prévient Andreï Soldatov. Dernier exemple en date : BlogSochi, bulle de liberté dans la ville hôte des JO 2014, ne fonctionne plus, et son rédacteur en chef Alexander Valov a été arrêté, pris les mains dans le sac d’une prétendue affaire de corruption. « Une arrestation commandée… Il dérangeait beaucoup de monde car il publiait des infos qu’on ne lisait nulle part ailleurs », explique son avocat Alexander Popkov.

« Prochaine cible possible : YouTube ! », redoute Andreï Soldatov. Comme Facebook et Google, le portail de vidéos, très utilisé par l’opposition, a refusé de mettre son serveur en Russie. Formellement, il ne respecte donc pas la légalisation russe sur le stockage des données personnelles. Il peut être bloqué à tout moment – selon le bon vouloir des autorités de contrôle.

Benjamin Quénelle
Source : La Croix, Benjamin Quénelle, 18-04-2018

Moscou bloque des millions d’adresses IP pour interdire l’accès à Telegram

Source : Le Devoir, AFP, 17-04-2018

Moscou — La Russie a bloqué mardi près de 18 millions d’adresses IP qui pourraient être utilisées pour contourner le blocage de la messagerie cryptée Telegram, qui a provoqué une levée de boucliers virtuels, son fondateur appelant à la « résistance numérique ».

L’agence de régulation des télécoms Roskomnadzor a bloqué près de 18 millions d’adresses IP utilisées pour accéder à Telegram — dont le blocage par les autorités russes a commencé mardi —, et le nombre allait croissant mardi après-midi, selon les agences russes.

Certains opérateurs avaient commencé lundi après-midi à bloquer Telegram en Russie, sur ordre de Roskomnadzor, suite à une décision de justice en raison du refus de Telegram de fournir aux services spéciaux (FSB) les clés permettant de lire les messages des utilisateurs.

Parmi les adresses IP bloquées, plusieurs centaines de milliers sont liées aux services d’informatique dématérialisée (cloud computing) d’Amazon et plus d’un million à ceux de Google.

« Dix-huit sous-réseaux sont en cours de blocage. […] Tous appartiennent à Amazon ou Google », a par ailleurs déclaré un porte-parole de Roskomnadzor, Alexandre Jarov, cité par Interfax.

« Malgré le blocage, nous n’avons pas constaté une diminution notable de l’activité des utilisateurs, puisque les Russes ont tendance à contourner l’interdiction avec des RPV [VPN en anglais] et des serveurs mandataires [proxy servers] », qui permettent de contourner les blocages en simulant une connexion depuis l’étranger, s’est réjoui sur sa propre chaîne Telegram (compte public auquel l’on peut s’abonner) son cofondateur Pavel Dourov.

« Je vous remercie, utilisateurs russes de Telegram, pour votre soutien et votre fidélité. Merci Apple, Google, Amazon, Microsoft — de ne pas avoir pris part à la censure politique », a-t-il affirmé.

« Pour soutenir les libertés sur Internet en Russie et ailleurs, j’ai commencé à offrir des bitcoins aux particuliers et aux entreprises qui utilisent des serveurs mandataires […] et des RPV. Je suis heureux de donner des millions de dollars cette année à cette cause, et j’espère que d’autres personnes suivront. J’appelle ça la résistance numérique — un mouvement décentralisé qui défend les libertés numériques et le progrès à l’échelle mondiale », a-t-il annoncé.

Fondée en 2013 par les frères Pavel et Nikolaï Dourov, créateurs auparavant du réseau social VKontakte, Telegram a profité, grâce à la sécurité qu’elle offre a ses utilisateurs, des débats de ces dernières années sur la protection de la vie privée lors de l’utilisation des nouvelles technologies.

Telegram compte aujourd’hui 200 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 7 % en Russie, selon Pavel Dourov.

Source : Le Devoir, AFP, 17-04-2018

https://www.les-crises.fr/telegram-moscou-serre-la-vis-sur-le-web-par-benjamin-quenelle/