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Conflits, pollution, délinquance… les bonnes surprises du coronavirus

Conflits, pollution, délinquance… les bonnes surprises du coronavirus

Le coronavirus fait des ravages dans les populations et met l’économie des principales puissances mondiales à genoux. Sur une touche plus positive, il occasionne des bouleversements que diplomates, politiciens, syndicats, manifestants et ONG n’avaient jamais obtenus.

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Les premières cartes tirées des données satellitaires du réseau Copernicus, diffusées vendredi par l’Agence spatiale européenne, montrent une chute spectaculaire de la pollution au dioxyde d’azote au-dessus des grandes métropoles européennes, notamment à Paris, Rome et Madrid. (ESA/Cover Images/SIPA)Par Catherine ChatignouxPublié le 30 mars 2020 à 10h16Mis à jour le 30 mars 2020 à 14h34

Il est minuscule mais terriblement toxique. On le voit à l’oeuvre depuis quelques semaines, déversant son flot de malades dans les hôpitaux du monde entier débordés par l’ampleur de sa nocivité. Il a déjà assigné à résidence 3 milliards d’êtres humains, mis à l’arrêt des milliers d’usines et semble déterminé à plonger la planète dans une dépression économique sans précédent.

Mais à toute chose malheur est bon : l’irruption du Covid-19 a aussi déclenché des bouleversements aussi surprenants qu’inédits. Ce que ni la diplomatie, ni la politique, ni les syndicats, ni les manifestations populaires, ni même les guerres n’ont obtenu ces dernières décennies, Covid 19 le fait, avec une radicalité et une efficacité toute scientifiques.

Une spectaculaire chute de la pollution

On pensait la planète arrivée en ce début 2020 à un point de non-retour. Les catastrophes naturelles se multipliaient, un pays continent, l’Australie, brûlait, des centaines d’espèces animales s’éteignaient, les villes devenaient irrespirables. Greta Thunberg mobilisait la jeunesse pour qu’elle contraigne les gouvernements à l’action, les candidats à la mairie de Paris fantasmaient sur la fin de la voiture dans les grandes villes. Le coronavirus a apporté la solution : plus une voiture ou presque ne circule dans les grandes artères, et les usines à l’arrêt ont cessé d’émettre dioxyde d’azote et particules fines.

En Chine, des images satellite de la Nasa ont montré une baisse significative de la pollution liée à l’arrêt des automobiles et des centrales thermiques. Même constat du satellite du réseau Copernicus dans le nord de l’Italie, particulièrement frappée par le virus, où la concentration de dioxyde d’azote a reculé de moitié lors de la première quinzaine de mars. Les eaux de Venise sont transparentes, à nouveau. A Paris enfin, Airparif a relevé dès la première semaine de confinement « une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 % à 30 % » dans la capitale et ses environs.NASA Earth@NASAEarth

Airborne Nitrogen Dioxide Plummets Over China https://earthobservatory.nasa.gov/images/146362/airborne-nitrogen-dioxide-plummets-over-china … #NASAAirborne Nitrogen Dioxide Plummets Over ChinaNO2 amounts have dropped with the coronavirus quarantine, Chinese New Year, and a related economic slowdown.earthobservatory.nasa.gov21,2 kInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité12,8 k personnes parlent à ce sujet

L’apaisement des conflits dans le monde

Le Covid19 sape aussi l’énergie des guerriers. Des cessez-le-feu ont été proclamés ou au moins évoqués ces derniers jours dans la guérilla qui ensanglante les Philippines depuis des décennies, au Cameroun, voire en Syrie, le conflit le plus sanglant de la planète depuis son déclenchement il y a neuf ans. Cible d’une nouvelle offensive meurtrière de Damas depuis décembre, la région d’Idleb, dernier grand bastion djihadiste et rebelle du pays, bénéficie d’un calme précaire depuis début mars grâce à une trêve parrainée par Moscou et Ankara. Le premier cas de Covid-19 y a été enregistré cette semaine. Les rebelles houthis au Yémen et le gouvernement envisagent aussi de faire taire les armes temporairement. L’ONU s’est félicité jeudi de ces différentes avancées. Le processus de paix lancé entre talibans et le gouvernement afghan avant, il est vrai, la pandémie, avance aussi, avec de premières libérations réciproques de prisonniers d’ici mardi et une rencontre prochaine, pour la première fois, entre le gouvernement du président Ashraf Ghani et les insurgés.

Enfin, la peur du virus a promptement refermé le couvercle sur la crise migratoire qui menaçait à la frontière gréco-turque. Le 18 mars, la peur de la contagion a convaincu Recep Tayyip Erdogan, le président turc, de boucler les postes frontières avec la Grèce qu’il avait ouverts quinze jours plus tôt , appelant des dizaines de milliers de migrants et demandeurs d’asile bloqués en Turquie à passer en Europe. Le coronavirus a vaincu l’un des dirigeants les plus autoritaires de la région.

L’Etat prend la main sur le marché

Face au choc économique inédit qui s’abat sur eux, les Etats ont réagi comme jamais auparavant. Les crises sont souvent l’occasion de recourir à l’Etat providence. Cette fois, c’est Noël au printemps. Les gouvernements du monde entier rivalisent à coups de centaines de milliards pour éviter la dépression qui s’annonce.

La France ouvre grand les coffres de l’Etat. Elle en a l’habitude mais cette fois les montants engagés sont sans précédent : 45 milliards d’aides budgétaires directes aux entreprises et aux salariés et 300 milliards de garanties pour des aides bancaires aux entreprises. Emmanuel Macron a annoncé un plan massif pour l’hôpital et des primes pour les soignants, réclamés à cor et à cri depuis des années. L’Allemagne, c’est totalement inédit, met de côté sa sacro-sainte rigueur budgétaire et annonce un plan de 1.000 milliards d’euros. Berlin a même accepté que le Pacte de stabilité soit suspendu, autorisant tous les Etats de la zone euro à s’endetter sans limite. Ni Bruxelles, ni Paris ni l’opposition sociale-démocrate ni les menaces sur l’euro n’avaient permis un tel sacrilège. Inouï.

Les patronats européens n’ont même pas eu à le réclamer : sous la pression du coronavirus, les pouvoirs publics ont autorisé les entreprises à reporter les échéances des impôts et des charges, à étaler leurs loyers et ont pris en charge, quasiment sans limite, le financement du chômage partiel.

Les pays les plus libéraux ne sont pas en reste, Ils siphonnent eux aussi leurs finances publiques. La Maison Blanche vient de dégainer un programme de 2.000 milliards de dollars pour soutenir entreprises et salariés, l’équivalent de la moitié du budget fédéral, dont 500 milliards versés directement aux Américains

Une facture sociale sans limite

Les gilets jaunes et les syndicats ont trouvé bien plus performant qu’eux. En quelques semaines, le Covid-19 n’a pas seulement obtenu la peau du pacte de stabilité , bête noire de biens des manifestants de l’hiver 2019, et de tous les autres totems de rigueur européens, il a aussi contraint l’Elysée à repousser sine die la réforme des retraites et celle de l’assurance chômage, et obligé les trésors publics à faire leurs fonds de poches pour aider les salariés et entrepreneurs indépendants à surmonter la période de chômage qu’ils vont affronter.Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a promis il y a une dizaine de jours de mettre en place le système d’indemnisation chômage « le plus généreux d’Europe ». En Italie, l’Etat a même interdit les licenciements et, avec un touchant souci du détail, offre une prime de 600 euros aux baby-sitters volontaires pour garder les enfants.

Aux Etats-Unis, Bernie Sanders s’attendait à tout du président républicain mais pas qu’il renforce la protection sociale. L es indemnités chômage seront accrues et prolongées dans le temps. Un chèque de 1.200 dollars sera envoyé à chaque américain touchant moins de 75.000 dollars par an, plus 500 dollars par enfant. Au Royaume-Uni, le gouvernement de Boris Johnson s’apprête à payer, pour une durée de trois mois minimum, 80 % du salaire des personnes gagnant jusqu’à 2.500 livres (2.720 euros) sur le point de perdre leur emploi. La Russie de Vladimir Poutine a mis en place une semaine chômée à partir du 30 mars mais elle sera compensée pour tous les salariés. Du jamais vu.

Des effets collatéraux surprenants

Le virus a joué d’autres tours à notre monde survolté. Il a contribué au report d’une série d’élections, dont les primaires américaines de Louisiane et de Georgie, la présidentielle en Bolivie et les législatives en Serbie qui devaient se tenir au printemps. Les fêtes de Pâques et le ramadan qui débute le 23 avril, se dérouleront à huis clos, sans rassemblement.

Le trafic de drogue est ralenti par la fermeture des frontières et du fait des mesures de confinement et des contrôles de police. Le nombre de cambriolages se réduit et les couvre-feux coupent l’herbe sous le pied des voleurs à la tire. Plusieurs milliers de détenus en fin de peine vont être remis en liberté pour éviter leur contamination en prison. Enfin les pangolins et les chauves-souris, fortement soupçonnés d’être à la source du Covid-19, sont désormais interdits de vente sur les marchés chinois et devraient être laissés en paix. La boucle ainsi sera bouclée.

Catherine Chatignoux 

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/conflits-pollution-deliquance-les-bonnes-surprises-du-coronavirus-1190152?fbclid=IwAR2wKBCRK4h0FNSk4Qd-MPi8SXUCgC9uzW04dwgpP8tNGfHvMyw-12QyqIo

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De la Chine à la Syrie : les premières nouvelles géopolitiques de demain

De la Chine à la Syrie : les premières nouvelles géopolitiques de demain

Publié par: Michel Raimbaud*le: 21 février, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéActualité_Moyen_OrientGéopolitiqueNon classéImprimerEmail

De quoi 2020 sera-t-il fait en géopolitique ? Confirmation de la résurrection russe, montée en puissance chinoise et effacement américain pourraient dessiner la politique internationale.

L’exercice de prospective politique est devenu l’un des rites de l’an neuf. S’il promet plus de tempêtes que d’embellies, c’est que la vie commune de milliards d’êtres humains encadrée par deux centaines d’Etats n’est pas un fleuve tranquille. L’avenir n’est pas une science exacte.
Depuis la fin d’un XXème siècle ponctué par des épisodes « messianistes » de courte durée bien qu’ils aient eu l’éternité pour horizon (colonisation, épidémie des reichs, guerre froide, puis moment unipolaire américain), il est légitime de ne plus croire que l’histoire aurait un « sens », comme le professait le marxisme, ou une « fin », comme le fanfaronnait en 1992 Francis Fukuyama, chantre du libéralisme.
S’il n’y a en elle ni fatalité ni éternité, ce qu’elle a d’erratique est polarisé par des constantes naturelles : c’est ce que nous rappelle la géopolitique, politique de la géographie. Née avant 1900 en de brumeux pays avides d’espace vital, reprise par les « empires de la Mer » au temps du colonialisme et des expansionnismes, cette discipline permet de comprendre pourquoi, au-delà des avatars et séismes, l’Histoire continue, en quête de repères et d’équilibre.
En un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître, les devins avides de « prédictions » faisaient de la géopolitique sans le savoir. Mais l’époque où Geneviève Tabouis présentait les dernières nouvelles de demain sur Radio Luxembourg étant révolue, qui oserait dire aujourd’hui de quoi sera fait 2020 ? Mieux vaudra donc ne pas voir des oracles dans ces premières nouvelles de demain. L’exercice – au vu du bilan 2019, entrevoir les évolutions pour 2020 – rappellera le pensum imposé jadis aux bizuts entrant en faculté : « Etant donné le clair de lune, tirer le clair de l’autre »…

Le droit international en ruine

Il est presque minuit, Docteur Folamour. Début février, l’aiguille de l’« Horloge de l’Apocalypse » se trouverait, d’après le Bulletin des Scientifiques Nucléaires américains (qui ne sont pas astrologues), à 100 secondes du minuit de la guerre nucléaire, record d’imminence depuis la création de ce joujou en 1947. La situation ne semble pas inquiéter nos sorciers qui pérorent dans les hautes sphères.
Pas besoin d’être expert pour constater la ruine du droit international. Et après examen des tenants et aboutissants, on y verra un travail de sape programmé, inspiré par le « chaos créateur » de Leo Strauss, recette permettant à l’Empire de neutraliser à moindre coût les obstacles à son hégémonie.
Fustiger l’OTAN « en état de mort cérébrale », comme le fait le porte-voix élyséen de l’école complexiste, est d’un bel effet, mais escamote les responsabilités du « monde civilisé » dans l’effondrement de la vie internationale. Ce qu’il faut bien appeler un naufrage intellectuel et moral se décline de façon multiforme : échec et faillite de l’ONU et de sa charte, fin de la légalité et loi de la jungle, falsification des mots et détournement des concepts, abandon des us et coutumes de la diplomatie, de la courtoisie et du protocole… Autant de marches vers les enfers, là où s’abîme l’Occident, aveuglé par une imposture qui a viré au gangstérisme.
Pourtant, la nature ayant horreur du vide, un nouvel ordre est en gestation. Le bloc eurasien en pleine ascension le veut multipolaire, tandis que l’Empire Atlantique freine des quatre fers.
La géopolitique considère que le monde est structuré en trois « zones », (1) le Heartland russo-sibérien qui constitue le Pivot du monde habité, (2) le Rimland qui tel un glacis ceinture ce « Pivot » de l’Atlantique au Pacifique, (3) la zone des Territoires et Iles Périphériques ou offshore, qui génère des « Empires de la Mer », où le choix du grand large va de soi. C’est le messianisme de ces « peuples élus » qui leur fait voir le « Pivot » comme une terre promise, objet de leurs convoitises. Dans ce schéma, le Rimland (Europe Occidentale, Chine, le monde arabo-musulman) constitue tantôt un glacis, tantôt une proie. La théorie permet de saisir les ressorts des expansionnismes et d’éclairer les conflits.

Le déclin des États-Unis

Empire de la Mer malgré leur masse continentale, les Etats-Unis ont un avantage fondamental : loin du cœur du monde (Heartland), ils ne connaissent pas les affres de la guerre. Ils contrôlent les mers, l’espace et le cyberespace, le système financier mondial via le dollar. Ils peuvent envahir sans risquer de l’être. Depuis 1945, une langue invasive aidant, ils ont acquis la mainmise de l’espace médiatique et investissent le domaine « chrétien » par le biais des évangéliques, baptistes et autres chrétiens sionistes.
Toutefois cette puissance est en déclin, ce qui apparaît dans les chiffres, mais aussi dans le recours grandissant à la menace, aux sanctions, aux actions clandestines. S’y ajoutent le statut menacé du dollar, l’érosion de la crédibilité et la perte du magistère moral…. Au sein de l’Etat profond, on est tétanisé.

La Russie a vécu avec Poutine une vraie résurrection.

Depuis vingt ans, la Russie a vécu avec Poutine une vraie résurrection, effaçant l’humiliation subie à la chute de l’URSS et la décennie Eltsine. Elle doit ce retour au dossier qui lui a permis de s’imposer. Par son soutien à la Syrie, elle a contribué à stopper le rouleau compresseur des « révolutions arabes » pilotées par l’Occident et l’islamisme extrémiste. Même si les Occidentaux répugnent à l’admettre, Moscou est le pôle de référence.

La nouvelle puissance chinoise

La Chine est déjà numéro un de l’économie mondiale, devançant les États-Unis en parité de pouvoir d’achat. Elle est en tête pour son palmarès commercial et industriel : après avoir été l’atelier du monde, elle en est devenue « l’usine », en attendant d’en être le banquier. Sa puissance militaire s’accroît rapidement, son budget de défense étant au deuxième rang derrière les Etats-Unis. L’essor de la marine est spectaculaire, visant à sécuriser son environnement (Mer de Chine) et asseoir sa capacité de projection (Méditerranée, voire Arctique).


S’y ajoute le défi sans précédent lancé à l’arrogante Amérique par un Iran sous sanctions, troisième pôle de cette Eurasie qui s’affirme militairement. En témoignent les premières manœuvres maritimes communes organisées en janvier 2020 entre les trois « menaces ».

Le retour aux vieilles méthodes (coups d’État, ingérences, pressions, sanctions, menaces) témoigne de la colère de Washington.

Les Arabo-musulmans ne sont pas seuls à chercher à Moscou et Pékin des contrepoids. Par le biais des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), l’Eurasie étend sa zone d’influence. Si l’Afrique du Sud est restée « un cas » sur le continent noir, l’Amérique Latine secoue le joug : le Brésil de Lula et Dilma Roussef avait entraîné dans son sillage le Venezuela chaviste, la Bolivie de Morales, l’Argentine de Mme Kirschner, rompant la singularité de Cuba. Le retour aux vieilles méthodes (coups d’Etat, ingérences, pressions, sanctions, menaces) témoigne de la colère de Washington face aux intrusions de Moscou.

Un « Amerixit » au sein du camp Atlantique ?

En Asie, on est sensible aux sirènes russes ou aux effluves des Routes de la Soie. L’Inde, membre des BRICS et de l’Organisation de Coopération de Shanghai, montre la voie : l’Indonésie, les deux Corées (la bonne qui aime l’Amérique et la méchante qui brave Trump, et dont Pékin est le protecteur), et d’autres, y compris la Thaïlande et ses voisins indochinois, sont alléchés. Le Japon lui-même desserrerait bien l’étreinte de son ex-vainqueur.
Sur le vieux continent, les « occidentalistes » font la loi. Ils se disent effarouchés par l’arrivée du soudard, mais ils ne s’indignent pas de ses turpitudes, lui reprochant son langage : ne réclame-t-il pas grossièrement le paiement de l’effort de défense. La dégradation est tangible. L’imputer à Trump ? Sa politique est au final celle de ses prédécesseurs.
Devenu réalité au 31 janvier 2020, le Brexit a traumatisé les chefs de l’UE, mais « l’évènement européen sans doute le plus important depuis la chute du Mur de Berlin » ne bouleversera pas l’équilibre. Voilà un grand Ex qui s’alignera encore davantage sur Washington, mais ni plus ni moins que ses anciens partenaires. Aucun n’est prêt à se démarquer d’un mauvais suzerain sur les dossiers qui fâchent, la Syrie, le bras de fer avec l’Iran (traité nucléaire, Soleimani), la « transaction du siècle », Erdogan, le terrorisme. La France encore moins que ses rivaux allemands, de plus en plus dominateurs.
Un Amerixit serait-il impensable au sein du camp atlantique?

Le Grand Moyen-Orient piégé

Théorisé par les neocons israélo-étatsuniens, le Grand Moyen-Orient est au départ un ensemble d’Etats musulmans entre Levant et Asie Centrale, à amadouer ou à détruire. George W. Bush et ses acolytes avaient décrété qu’il fallait les « démocratiser », c’est-à-dire les rendre israélo-compatibles en les bombardant. La technique : exciter les oppositions contre les « régimes » en soutenant discrètement les islamistes, fussent-ils terroristes. On ne rappellera pas ici le bilan des « printemps arabes ».
Le clan des heureux élus s’est avéré extensible au gré des lubies et des lobbies : la frontière génétique imaginée par le colonisateur entre monde arabe et Afrique « noire » a été oubliée, le terrorisme et « l’Etat islamique » envahissant le Sahel (à partir de la Libye ou de zones sanctuarisées), avant de rayonner en direction du Sud. L’Amérique s’y implante à la place de la France. La Russie y fait des incursions (Mali, RCA), investissant par ailleurs les positions moyen-orientales de l’Empire (Arabie, Emirats Arabes Unis, Irak, Egypte…) et les appendices que sont la Turquie et Israël.

Nouvelles routes de la soie, voies nouvelles de puissance

Le « pivotement » de l’Amérique vers l’Asie ne signifie pas qu’elle se désintéresse du Moyen-Orient : dans sa translation, c’est la « ceinture verte musulmane » qu’elle côtoiera sur toute son extension.
Pour le Céleste Empire, pays d’adoption des Ouigours parfois irrédentistes et/ou djihadistes, les Routes de la Soie constituent une riposte au « projet » de Bush. A l’horizon 2049, centenaire de la Chine Populaire, Pékin aura tissé son paradigme multipolaire de nations souveraines/partenaires, reliées par un labyrinthe de ceintures et de routes interconnectées. La vision de Xi Jinping repose sur une étroite coordination entre Moscou et Pékin et implique une planification stratégique à long terme, Poutine dit « communication ». N’en déplaise aux occidentalistes, la « nouvelle ère », fondée sur un partage des rôles, n’est pas une chimère. Les investissements prévus sont gigantesques, par centaines de milliards.

Aux BRICS la tâche de réorganiser le monde.

Le projet russe de Grande Eurasie (Union économique eurasienne, Organisation de Coopération de Shanghai, Banque asiatique d’investissement) est comme un miroir des nouvelles Routes de la Soie. De l’Iran à la frontière mongole, le Grand Moyen-Orient vu de Moscou est une partie de « l’étranger proche » et pour la Russie, avec ses 20 millions de musulmans, il est urgent de recomposer l’Asie Centrale. Aux BRICS la tâche de réorganiser le monde.
Le « cœur » de l’Axe de la Résistance (Iran – Irak – Syrie – Liban) est stratégique. La simple idée d’un corridor offrant à la République Islamique un débouché sur la Méditerranée donne des sueurs froides à Israël et à l’Amérique. Intégré aux Routes de la Soie et à la grande Eurasie, il sera intouchable. Si la question des pipelines est centrale dans cette région flottant sur une nappe de gaz, la libre circulation des personnes et des marchandises ne l’est pas moins.

Guerres économiques invisibles

Comme le Venezuela où, selon le journaliste Jeffrey Sachs, « au nom de la pression maximale, les sanctions américaines sont délibérément conçues pour détruire l’économie », l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban sont des cibles par excellence des guerres économiques invisibles. Celles-ci, enclenchées à la chaîne par les Etats-Unis, ont un effet terrifiant. Prenant la forme de sanctions, d’embargos, cachées par l’omerta, sans coup de feu, elles coûtent moins cher que des interventions militaires directes et permettent de contourner les vétos russo-chinois. Elles empêchent surtout toute vie normale.
Dans l’inventaire des dégâts, on notera la chute brutale de la croissance et la « contraction » des économies visées (de 14% en deux ans pour l’Iran), suite aux difficultés d’accès aux produits de base et matières premières. Autres conséquences : l’effondrement du niveau de vie et la glissade vers la grande pauvreté, la flambée des prix. Partout, les désastres socio-économiques (famine, malnutrition, surmortalité, misère) aggravent les crises sanitaires (ruptures concernant les médicaments et le matériel médical, infrastructures détruites).
Les sanctions financières affectent les banques, mais aussi la vie quotidienne. Dès 2011, les Etats-Unis et l’Europe ont mis en place un régime de sanctions particulièrement sévères contre le peuple syrien, « bloquant l’accès à de nombreuses ressources vitales »…« l’un des régimes de sanctions les plus vastes et compliqués jamais imposés ». La loi César « sur la protection des civils syriens » (sic) inscrite au budget 2020 impose, au nom des Droits de l’Homme, « des sanctions contre les secteurs liés à l’Etat et contre les gouvernements qui soutiennent la reconstruction et l’armée syrienne ». Le prétexte ? « Ouvrir un nouveau front contre l’influence de l’Iran en Syrie ».

La leçon de l’Irak ?

Thomas Nagy, de l’Université George Washington, citant la Defense Intelligence Agency (DIA), évoque « un plan de génocide commis contre les Irakiens (…) permettant de liquider une part importante de la population irakienne ». Dennis Halliday, coordinateur démissionnaire de l’ONU, accuse en septembre 1998 « le système onusien aux ordres de Washington et de l’Occident depuis la chute de l’URSS, qui a « imposé des sanctions génocidaires contre les innocents ». C’est le prix à payer pour la « démocratisation », dira la sublime Albright….
Gavé par neuf années de « printemps », le monde arabe est en piètre condition : la plupart des Etats sont brisés, livrés au chaos et à la sédition. Certains comme la Libye, le Yémen, l’Irak, l’Afghanistan risquent de rester un moment sous le feu des bombardements, des destructions, au gré des ingérences, des terroristes, des luttes inextricables. Le « monde civilisé » regarde avec commisération ce spectacle qu’il a mis en scène.
D’autres Etats, passés entre les balles, se retrouvent sous le feu des forces « populaires » qui veulent « la chute du régime », « le retrait des militaires », la dévolution immédiate du pouvoir, sans concessions et d’ailleurs sans programme. Derrière le tumulte, s’agitent à nouveau ONG, forces du changement, sociétés civiles, le tout saupoudré d’égéries et de diplomates occidentaux. On devine la main de l’étranger, comme en 2011. Et lorsqu’une issue se dégage, elle donne souvent sur la Maison-Blanche et sur Tel-Aviv, on allait dire sur Jérusalem. La recette est partout de normaliser avec Israël (le Soudan), condition sine qua non pour plaire aux régimes du Golfe qui regardent maintenant l’Etat hébreu avec les yeux de Jared Kuschner.

Syrie, cœur battant du monde arabe

La Syrie, cœur battant du monde arabe, a pu tenir neuf années face à l’alliance entre l’Empire israélo-atlantique et les forces du takfirisme et du terrorisme. Elle a fait barrage à la vague des « révolutions », le payant au prix fort. Appartenant au camp des résistants et dotée de puissants alliés, elle est potentiellement victorieuse, un renversement de situation étant improbable. Mais elle doit faire face aux manigances néo-ottomanes d’Erdogan et aux crimes de ses terroristes déguisés en enfants de choeur, supporter les caprices des Kurdes tout en encaissant les insultes et inepties de Le Drian.

Entre Erdogan, Netanyahou, Ben Salman et Trump,
l’échiquier du Moyen Orient est bien loti en rois, en fous et en pions

Désarticulé, le monde arabe est prié d’applaudir à la « transaction du siècle » qui liquide la cause sacrée du peuple palestinien pour une poignée de milliards de dollars, à payer par les Arabes. Rares sont les protestataires : la Syrie, dont la Palestine est une terre perdue, l’Iran droit dans son soutien, le Hezbollah, et la Turquie qui s’érige en défenseur de l’Islam face à la Saoudie.
Le terrorisme est toujours vivant, AlQaida en Syrie, ici et là Da’esh made in USA, et les innombrables groupes qui sévissent au Proche-Orient, en Libye, au Sahel, sous l’égide des Wahhabites (Arabie, Emirats) et/ou des Frères Musulmans (Turquie, Qatar).
Entre Erdogan, Netanyahou, Ben Salman et Trump, en 2020, l’échiquier du Moyen Orient est bien loti en rois, en fous et en pions.

*Par Michel Raimbaud, ancien ambassadeur, auteur de Tempête sur le Grand Moyen-Orient (ed. Ellipses, 2017) et Les guerres de Syrie (ed. Glyphe, 2019)

Source : Ruptures

http://www.afrique-asie.fr/de-la-chine-a-la-syrie-les-premieres-nouvelles-geopolitiques-de-demain/

Le Bel20 plonge à près de 7% et continue de creuser, les marchés européens s’enfoncent

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Le Bel20 plonge à près de 7% et continue de creuser, les marchés européens s’enfoncent

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09/03/2020 | Sonia Romero | 1 min de lecture

Le marché australien des actions a connu sa pire matinée depuis la crise financière mondiale de 2008, alors que l’escalade du coronavirus étouffe la croissance économique internationale. EPA-EFE/BIANCA DE MARCHI AUSTRALIE ET NOUVELLE-ZÉLANDE

Tous les éléments du Bel20 s’inscrivaient dans le rouge à l’ouverture de la Bourse de Bruxelles lundi, dans la foulée des chutes des Bourses asiatiques. L’indice de référence perdait déjà plus de 5,9% à 9h13. Vers 9h30, l’indice vedette de la Bourse de Bruxelles perdait près de 7 %.

Les pertes les plus importantes de l’indice concernent ING, qui perd plus de 12 %, et Aperam, Solvay et Umicore, qui perdent chacun plus de 8 %. Galapagos est aussi durement touché. La raison de ces pertes est la crainte d’une récession due aux effets du coronavirus et d’une guerre des prix dans le secteur pétrolier.

Les marchés boursiers d’autres pays européens commencent également la semaine à perte. À Amsterdam, par exemple, l’AEX perd 7,4 % et l’indice passe sous la barre des 500 points pour la première fois depuis janvier 2019. Une situation similaire en Allemagne, où le Dax perd également 7,4 %. À Paris, les pertes s’élèvent à 7,7 % et à Londres, la bourse perd jusqu’à 8,4 %.

Source: Belga

https://fr.businessam.be/le-bel20-plonge-a-plus-de-45-et-continue-de-creuser-les-marches-europeens-senfoncent/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=flash_info_la_crise_du_coronavirus_est_devenue_une_crise_du_marche&utm_term=2020-03-09

Les crypto-monnaies souffrent aussi de la baisse du prix du pétrole

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Les crypto-monnaies souffrent aussi de la baisse du prix du pétrole

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09/03/2020 | Pieterjan Neirynck | 2 min de lecture

(Isopix)

En réponse à la chute du prix du pétrole, plusieurs crypto-monnaies ont pris un sacré coup. La valeur de marché total de monnaies numériques a connu une perte de 26 milliards de dollars. Le bitcoin, devise en ligne la plus connue et populaire, a perdu 10 %.

En cause, la décision de l’Arabie saoudite d’augmenter sa production et d’offrir une grosse provision aux acheteurs. Le prix du pétrole a directement baissé de 30 %, atteignant les 31 dollars par baril, son prix le plus bas en 4 ans. Pour les analystes, il s’agit de la plus grosse chute du marché depuis la guerre du Golfe en 1991. Tout comme les cours de la bourse, les cryto-monnaies ont ressenti les conséquences de cette décision. Ethereum (-10,79%), XRP (-9,96%) et Bitcoin Cash (-14,10%) ont subi d’importantes pertes.

Mais ce n’est pas si dramatique. Il n’est pas rare que le prix des crypto-monnaies baisse fortement d’un seul coup. La volatilité est un caractère inhérent aux devises numériques.

Et il est temps d’en tirer avantage. ‘Pour les personnes qui investissent à long terme, il est recommandé d’acheter des bitcoins maintenant’, a expliqué l’investisseur dans les blockchains à la CNBC. Malgré la lourde baisse de ce lundi, le bitcoin a augmenté sa valeur de 9% l’année dernière.

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Source: BusinessAM

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Les Etats-Unis et les traités internationaux ou « Pourquoi se gêner ? »

Les Etats-Unis et les traités internationaux ou « Pourquoi se gêner ? »

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Billet du lundi du 24/02/2020par Gérard Chesnel*

Le 31 janvier dernier, la Maison Blanche a publié un communiqué annonçant que « le Président Donald Trump avait annulé la politique de l’administration Obama interdisant aux forces militaires américaines d’employer des mines antipersonnel en dehors de la péninsule coréenne », en utilisant un argument assez fallacieux : les restrictions imposées par l’administration Obama pouvaient occasionner un « désavantage sévère » pendant un conflit. Dans un deuxième paragraphe, comme pour s’excuser, le communiqué précise que ces mines seraient à durée de vie limitée et qu’on s’efforcerait de réduire les dommages involontaires causés aux populations civiles et aux forces alliées.

Cette décision entre en conflit frontal avec la Convention d’Ottawa sur l’interdiction de ce type d’armes. Elle n’a toutefois fait l’objet d’aucun commentaire à Berlin ou à Londres. La France, elle, a réagi par le truchement de la Commission Nationale pour l’élimination des mines antipersonnel, où le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères est représenté par un Ambassadeur. La CNEMA souligne qu’il s’agit d’un « grave recul sur un sujet qui fait le plus large consensus dans la communauté internationale, la Convention d’Ottawa ayant été ratifiée par 164 pays. Les Etats-Unis (qui ne l’avaient pas signée), la respectaient de fait et, en particulier depuis l’élection du Président Trump, avaient fortement augmenté leur contribution aux opérations de déminage dans le monde. Les Etats-Unis, dont les forces sont exposées comme les nôtres, en particulier au Moyen-Orient et au Sahel, à la prolifération des engins explosifs improvisés, ne devraient en aucun cas courir le risque d’affaiblir la lutte contre ces engins de mort, en justifiant leur utilisation quels que soient les précautions et les dispositifs imaginés pour protéger les populations civiles, qui inspirent les plus grands doutes ». Le communiqué de la CNEMA poursuit : « Cette décision est d’autant moins justifiée qu’un consensus s’est désormais établi dans la communauté militaire sur le peu d’intérêt militaire des mines antipersonnel, dont les dégâts pour les populations civiles sont sans commune mesure avec l’utilité opérationnelle ».

Alors pourquoi ? En fait, cette décision, même si elle vise au premier chef l’administration Obama, s’inscrit dans une longue tradition de non-engagement des Etats-Unis dans le moindre traité, la moindre convention qui pourrait limiter en quoi que ce soit leur liberté d’action. Cela remonte aux origines du pays. Dans son message d’adieu au Congrès en 1796, George Washington déclarait déjà : « Notre véritable politique doit être d’éviter des alliances permanentes avec quelque partie que ce soit du monde étranger ». Suivit peu après, en 1823, la fameuse « doctrine Monroe » et, près d’un siècle plus tard, le retentissant refus du Sénat de ratifier la convention créant la Société des Nations, dont pourtant le père était le président américain Woodrow Wilson.

Ce refus de s’engager touche tous les domaines, du plus important au plus modeste.

  • Dans le domaine stratégico-militaire, certes les Etats-Unis ont accepté de signer, en 1972, le traité SALT I sur la limitation des armements stratégiques, mais ils avaient affaire à un interlocuteur de même force qu’eux, l’URSS. Ils ont signé également en 1972 le traité ABM interdisant les missiles anti-missiles mais l’ont dénoncé 30 ans plus tard. Et le traité SALT II (1979), même s’il a été respecté par les deux parties, n’a jamais été ratifié par Washington. De même, le traité START I sur la réduction des armes stratégiques a bien été signé en 1991 (et ratifié seulement en 1994) mais START II (1993) n’a jamais été ratifié. Le traité New START, signé en 2010 par les Présidents Obama et Medvedev, arrive à son terme en 2021 et le Président Trump a déjà fait savoir qu’il ne serait pas reconduit. Quant au traité INF sur les armes nucléaires à portée intermédiaire, il a bien été signé en 1987 mais il vient d’être dénoncé par Washington en août dernier, au prétexte que Moscou aurait accru ces dernières années ses capacités de manière incompatible avec le traité. Enfin, rappelons que les Etats-Unis n’ont signé ni la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel (1997), ni la Convention d’Oslo sur l’interdiction des armes à sous-munitions (2008). C’est pourtant Washington qui, dans les années 1970, a déversé sur le Laos des quantités phénoménales de ces « bombelettes » qui tuent encore aujourd’hui, en temps de paix, plus d’enfants que pendant la guerre.
  • Dans le domaine économique, les Etats-Unis ont refusé de signer la Convention de Montego Bay sur le Droit de la Mer (1973) qui crée notamment une zone économique exclusive de 200 milles autour des îles et au large des continents. Cela leur permet de continuer à piller nos ressources halieutiques notamment dans l’océan Pacifique, mais aussi dans l’océan Indien (dont le quart sud est en principe inclus dans notre ZEE).
  • Que dire de l’OMC ? Les Etats-Unis certes y ont adhéré lors de sa création en 1995 mais l’administration Trump bloque depuis deux ans la nomination de juges au tribunal d’arbitrage, entraînant sa paralysie et menaçant l’existence même de l’organisation.
  • Dans le domaine social, l’OIT a fait la liste des conventions non ratifiées par les Etats-Unis : il y en a 66. Parmi celles-ci, la convention sur le travail des enfants n’a pas, elle non plus, trouvé grâce aux yeux de Washington.
  • Pour couronner le tout, le Président Trump a dénoncé dès son élection l’accord sur le climat atteint lors de la COP 21 à Paris en 2015.

Hyper-puissance confite dans son égocentrisme, les Etats-Unis usent et abusent de leur force et de leurs monopoles. En français, on appelle cela « abus de position dominante ». Pour un Américain moyen, peu habitué aux termes juridiques même les plus simples, cela se traduit par : « Pourquoi se gêner ? »

*Gérard Chesnel, trésorier de Geopragma

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INFORMATIONS cf2r

o
L’attentat suicide ayant
tué un militaire algérien
revendiqué par le groupe
État islamique…
(Page 2)
Multiplication des
attaques du groupe État
islamique en Afrique de
l’Ouest dans le nord-est
du Nigeria…
(Page 3)
Plus d’une centaine de
pays espionnés par les
États-Unis et l’Allemagne
à travers une société
suisse de cryptographie…
(Page 4)
Une nouvelle arme
stratégique sera
prochainement testée par
la Corée du Nord, selon
un diplomate russe…
(Page 5)
L’Iran annonce être en
mesure de prendre le
contrôle à distance des
drones RQ-4 et MQ-4
américains…
(Page 6)
Aux États-Unis,
inculpation de quatre
agents chinois accusés
d’avoir piraté l’agence de
crédit Equifax…
(Page 8)
FORMULATION D’ARTICLES
– Les textes sont des relevés
d’écoute de la radio ; la
formulation est donc celle du
média cité. Les titres, par
contre, sont de notre
rédaction.
Au Bénin, un poste de police attaqué par des djihadistes
présumés…
Au Bénin, des hommes armés ont attaqué un poste de police dans le
nord du pays, près de la frontière avec le Burkina Faso où opèrent de
nombreux groupes djihadistes. Selon des sources policières et des
habitants, une personne est portée disparue et on déplore un blessé
grave. Les assaillants, au nombre d’une dizaine, sont arrivés en moto
près de la ville de Banikoara dans la nuit de samedi à dimanche. Ils ont
garé les motos à quelques encâblures du poste et ont évolué à pied
jusqu’au poste où ils ont commencé à tirer sur les policiers du poste de
Keremou, et dans tous les sens, en poussant des cris « Allah Akbar ».
Un policier reste toujours introuvable à la suite de cette attaque et un
autre, gravement blessé après avoir reçu une balle à la main droite et à
l’œil gauche, a été hospitalisé. Les habitants ont eux assuré que le
policier disparu avait été tué, une information difficile à vérifier dans
l’immédiat. Le poste de Keremou est un village isolé en brousse et
difficile d’accès à plus de 700 kilomètres au nord de Cotonou. Ce poste
fait un pont avec le parc du W qui s’étend sur le Bénin, le Burkina Faso
et le Niger et où la présence de djihadistes, mais aussi de braconniers, a
été enregistrée. Une certaine coopération existe entre les uns et les
autres car les groupes djihadistes se financent notamment grâce au
trafic d’armes, de carburant, d’or ou de bêtes sauvages. Selon des
experts et des sources de sécurité, le nord des pays côtiers d’Afrique de
l’Ouest, comme le Togo et le Bénin, est devenu vulnérable ces derniers
mois face à la stratégie d’expansion et de multiplication des fronts
adoptés par les groupes armés.
(La voix de l’Amérique, le 10-02-2020)
Washington envisagerait de déployer des missiles à courte et
moyenne portées en Asie-Pacifique, selon Sergueï Lavrov…
Le ministre russe des Affaires étrangères a affirmé que les États-Unis
projetaient de déployer des missiles à courte et à moyenne portée en
Asie-Pacifique et qu’ils faisaient mention, pour ce faire, de la Corée du
Sud et du Japon. Sergueï Lavrov a fait cette remarque dans une
interview avec la presse locale. Selon lui, si le projet américain a pour
but de dissuader la Chine, une considérable partie de son territoire sera
à portée des engins américains. Et Moscou y réagira. À ce propos, son
pays mène actuellement des consultations très concrètes avec les deux
principaux alliés asiatiques des États-Unis, ainsi que les pays de
l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN). Lavrov a une fois
de plus souligné la nécessité de prolonger le traité New Start de
réduction des armes stratégiques, unique accord en vigueur sur le
contrôle des armes nucléaires entre la Russie et les USA. Signé en 2010
et entré en vigueur l’année suivante, le pacte expirera l’année prochaine.
Le mois dernier déjà, le chef de la diplomatie russe s’était prononcé
contre un autre projet, celui du déploiement de systèmes antimissiles
américains Aegis Ashore au Japon.
(KBS World Radio, le 11-02-2020)
Renseignor N° 1115 le 16 février 2020 1
… TERRORISME …
Deux sergents américains abattus par un militaire afghan dans la province de Nangarhar…
Le Pentagone a révélé l’identité des deux soldats américains tués hier dans une fusillade en
Afghanistan dans la province de Nangarhar. Deux sergents de 28 ans ont été tués et six autres
militaires blessés lorsqu’un partenaire afghan a ouvert le feu avec un fusil mitrailleur sur une force
américano-afghane. Un soldat afghan a été également tué.
(La voix de l’Amérique, le 10-02-2020)
Au moins cinq morts après un attentat suicide à l’entrée d’une académie militaire dans l’ouest
de Kaboul…
Un attentat suicide a eu lieu dans l’ouest de Kaboul ce matin, faisant au moins cinq morts civils.
L’attaque a eu lieu à l’entrée d’une académie militaire. Elle intervient après deux mois de calme relatif
dans la capitale, calme lié à la reprise des négociations entre les taliban et les États-Unis.
(Médi-1, le 11-02-2020)
Une série d’attentats islamistes aurait été déjouée par les services de renseignement irakiens…
En Irak, une série d’arrestations a été rendue publique par les autorités qui affirment avoir déjoué une
série d’attentats islamistes. Le directeur des services de renseignement irakiens, Abou Ali Al-Basri, a
assuré au quotidien local Al-Sabah que ses unités antiterroristes venaient de déjouer la plus
dangereuse opération terroriste. Des cellules terroristes liées à Daesh projetaient de commettre des
attentats en prenant précisément pour cibles, a-t-il dit, les forces de sécurité, les manifestants à
Bagdad et dans plusieurs provinces avec des objectifs très précis : semer le chaos, la sédition,
provoquer des luttes internes, mais aussi détruire l’économie irakienne tout en fauchant les vies
d’innocents, apprend-on. L’homme responsable du groupe chargé de commettre les actes terroristes a
été arrêté et devrait être, après enquête, déféré devant la justice irakienne. Selon Al-Basri il s’agit de
l’un des plus importants leaders de l’organisation.
(Radio Vatican, le 14-02-2020)
Un militaire tué dans un attentat à la voiture piégée dans le sud de l’Algérie…
En Algérie, tout proche de la frontière malienne, un soldat a été tué dans un attentat à la voiture piégée.
L’attaque a eu lieu hier matin dans la wilaya d’Adrar, toute proche de la frontière malienne. On l’a appris
hier soir. Il s’agit du premier attentat du genre dans le sud du pays depuis de nombreuse années.
(Médi-1, le 10-02-2020)
L’attentat suicide ayant tué un militaire algérien revendiqué par le groupe État islamique…
Le groupe État islamique a revendiqué mardi l’attaque suicide perpétrée dimanche contre une base de
l’armée dans le sud de l’Algérie, qui a tué un militaire algérien, près de la frontière avec le Mali.
Dimanche, un kamikaze a bord d’un véhicule piégé a déclenché ses explosifs en tentant de pénétrer de
force dans cette base située à Bordj Badji Mokhtar, dans la zone frontalière de Timiaouine, à plus de
1 700 kilomètres au sud d’Alger, selon le ministère algérien de la Défense. Une sentinelle avait été tuée
en réussissant à empêcher le véhicule d’entrer dans l’enceinte, selon la même source. « Un frère
martyr a fait exploser son véhicule au milieu de la base algérienne provoquant des dizaines de morts et
de blessés, la destruction de nombreux engins et occasionnant des dommages matériels à la base »
affirme de son côté l’État islamique dans un communiqué partagé mardi sur ses chaînes Telegram. L’EI
avait déjà revendiqué les deux derniers attentats suicide en Algérie, qui avaient visé en 2017 deux
commissariats, faisant un mort. L’attaque de dimanche survient au moment où l’Algérie s’efforce de
s’impliquer dans le règlement des crises régionales, en Libye et au Sahel, région visée par les assauts
de plus en plus audacieux de groupes djihadistes.
(Africa Radio, le 12-02-2020)
Un responsable du mouvement arabe de l’Azawad abattu par des inconnus armés dans le nord
du Mali…
Au Mali, un haut responsable d’un groupe armé arabe pro-gouvernemental a été tué par balles
dimanche, dans le nord. Yoro Ould Daha, chef d’état-major d’une branche du mouvement arabe de
l’Azawad, a été abattu près de Tamkoutate par deux assaillants qui circulaient à moto.
(La voix de l’Amérique, le 10-02-2020)
Renseignor N° 1115 le 16 février 2020 2
Plusieurs dizaines de morts après de nouvelles attaques dans le centre du Mali…
De nouvelles attaques se sont déroulées dans le centre du Mali. Il y a d’abord le village d’Ogossagou,
une nouvelle fois frappé dans la nuit de jeudi à vendredi. Une trentaine d’habitants a été tuée et une
expression revient aujourd’hui : celle de village martyr, puisqu’il y a un an déjà, ce village a connu un
terrible massacre. Une tuerie qui avait fait au moins 160 morts. Toujours dans le centre du pays, vers
Gao, un guet-apens a été tendu aux militaires hier. Au moins neuf personnes ont trouvé la mort.
(Médi-1, le 15-02-2020)
Deux policiers nigériens tués dans l’attaque d’un poste de police près de la frontière malienne…
Au Niger, deux policiers ont été tués lundi et un autre grièvement blessé dans une attaque contre un
poste de police dans la région occidentale de Tillabéri, proche de la frontière malienne. « Les
assaillants ont été mis en déroute par les forces de défense et de sécurité » a dit une source
sécuritaire. En fin de semaine passée, cinq civils dont un enseignant ont été tués dans ce même
secteur par des hommes armés à moto d’après le gouvernorat de Tillabéri. Cette région située dans la
zone des trois frontières – Niger, Mali, Burkina Faso – est depuis trois ans le théâtre d’attaques
récurrentes et de plus en plus meurtrières des groupes djihadistes.
(La voix de l’Amérique, le 11-02-2020)
Au Nigeria, au moins trente morts après une nouvelle attaque de membres présumés du groupe
État islamique en Afrique de l’Ouest…
Au moins trente personnes ont été tuées dans une attaque djihadiste sur une route près d’un village
proche de la capitale de l’État du Borno, Maïduguri, zone où sévit le groupe de l’État Islamique en
Afrique de l’Ouest (ISWAP), a-t-on appris lundi de sources officielles. Dimanche soir, les insurgés ont
tué pas moins de trente civils, pour la plupart des personnes qui étaient sur la route, entre Maïduguri et
Damaturu, et ont brûlé dix-huit véhicules, a fait savoir dans un communiqué Ahmad Abdurrahman
Bundi, un porte-parole du gouvernement local, précisant que plusieurs femmes et enfants ont
également été enlevés. Un membre des milices qui combat les djihadistes aux côtés de l’armée a
dénombré une trentaine de camions brûlés. « Beaucoup de chauffeurs de camion et leur assistant sont
morts, brûlés vifs dans leur sommeil » a rapporté à l’AFP, Babakura Kolo. Les combattants ont
également saisi trois autocars qui se rendaient vers Maïduguri mais qui avaient dû s’arrêter, comme les
autres véhicules, en raison du couvre-feu imposé par l’armée. « On ne sait pas combien de femmes et
d’enfants ont été enlevés, mais leur nombre est important » a ajouté M. Kolo. Les djihadistes ont
ensuite pillé le village avoisinant de Auno, à 25 kilomètres de Maïduguri, avant d’y mettre le feu. La
sécurité est extrêmement aléatoire sur la route entre Maïduguri (État du Borno) et Damaturu (État de
Yobé), le seul cordon ombilical de survie pour Maïduguri, ville de plusieurs millions d’habitants
encerclée par les violences. La région est récemment passée sous le contrôle de l’ISWAP, branche du
groupe djihadiste Boko Haram affiliée à l’État Islamique, qui multiplie les enlèvements et les attaques
sur cette route depuis plusieurs semaines.
(Africa Radio, le 10-02-2020)
Multiplication des attaques du groupe État islamique en Afrique de l’Ouest dans le nord-est du
Nigeria…
Le groupe État islamique en Afrique de l’Ouest multiplie les attaques dans le nord-est du Nigeria, une
recrudescence inquiétante pour le président Muhammadu Buhari qui s’est rendu dans la région mardi.
Lundi des combattants de ce groupe ont attaqué un poste militaire dans le village de Tungushe, près de
Maïduguri, tuant un soldat et blessant un autre. Les insurgés se sont ensuite rendus dans la ville
voisine de Gajiganna. Ils ont tué un autre soldat et ont emporté un véhicule militaire. À Rann à la
frontière avec le Cameroun, des insurgés arrivés à moto et des véhicules équipés de mitrailleuses ont
attaqué les positions militaires. Quelque 35 000 déplacés ont trouvé refuge dans cette ville qui a déjà
subi des attaques répétées. Le personnel humanitaire n’y a plus accès pour des raisons de sécurité. Le
groupe État islamique en Afrique de l’Ouest a revendiqué la responsabilité de ces trois attaques.
Dimanche au moins trente civils ont été tués, la plupart brûlés vifs, près du village d’Auno. Ce massacre
n’a pas été revendiqué.
(La voix de l’Amérique, le 13-02-2020)
Un prêtre catholique kidnappé par des inconnus armés dans le sud-ouest du Nigeria…
Au Nigeria la Catholic News Agency annonce ce matin qu’un prêtre catholique a été kidnappé hier dans
Renseignor N° 1115 le 16 février 2020 3
l’État d’Edo. Le père Nicolas Oboh du diocèse d’Uromi serait toujours en vie.
(Radio Vatican, le 15-02-2020)
Deux civils tués après l’attaque d’un poste de gendarmerie dans l’est du Burkina Faso…
Deux civils burkinabés ont été tués et neuf assaillants abattus, lundi, lors d’une attaque djihadiste
contre un poste de gendarmerie à Tanwalbougou, à une cinquantaine de kilomètres de Fada
N’Gourma, dans l’est du Burkina Faso, a annoncé mercredi la gendarmerie nationale. « Dans la
journée du 10 février 2020, aux environs de 10h40, le poste de gendarmerie de Tanwalbougou, dans le
département de Fada N’Gourma, a été la cible d’une attaque terroriste » affirme le communiqué de la
gendarmerie. « La détermination et le professionnalisme des éléments dudit poste a permis de tuer
neuf terroristes et d’en capturer un » précise le texte. « Malheureusement, nous déplorons deux civils
décédés et quatorze civils blessés, tous des passagers de cars de transport en mouvement aux
environs du lieu de l’attaque, évacués immédiatement dans un centre santé ». « Un important lot
d’armement, des munitions, des téléphones et des motos ont été saisis » ajoute le communiqué.
(Africa Radio, le 12-02-2020)
Washington annonce le rapatriement d’une unité de combat déployée en Afrique…
Les États-Unis ont commencé à procéder à des ajustements de forces en Afrique en annonçant le
rapatriement d’une unité de combat et son remplacement par des instructeurs militaires. Les États-Unis
ne vont pas abandonner leurs alliés africains et il s’agit seulement de la première d’une série de
mesures qui affecteront la manière dont les militaires américains vont opérer sur le continent africain.
Selon le Pentagone l’accent va être mis beaucoup plus sur la concurrence avec la Chine et la Russie,
que sur la lutte antiterroriste. Quelque 6 000 militaires américains sont actuellement déployés en
Afrique et on s’attend à une réduction de leur nombre. À noter que selon un récent rapport américain, la
menace terroriste en Afrique s’accroît alors que beaucoup de forces africaines ne sont pas en mesure
d’y faire face toutes seules.
(La voix de l’Amérique, le 13-02-2020)
Un ancien imam de Prague accusé de soutien au terrorisme…
Le procureur de la République a proposé une peine de dix ans de prison contre l’ancien imam de
Prague, Samer Shehadeh, accusé de soutien au terrorisme. Dans son dernier réquisitoire prononcé ce
mardi au tribunal de la ville de Prague, il a affirmé que sa culpabilité avait pu être démontrée. D’origine
palestinienne, né à Prague et formé en Arabie saoudite, Samer Shehadeh a fait l’objet d’une enquête
de la police tchèque à la suite d’indices témoignant de sa radicalisation. En détention provisoire depuis
novembre 2018, il lui est reproché notamment de s’être occupé du transfert de son frère et de sa
compagne vers la Syrie, où ils ont rejoint les rangs du Front Al-Nosra, une organisation terroriste
anciennement affiliée à Al-Qaïda. Par ailleurs, avec leur aide, l’ancien imam a envoyé en Syrie l’argent
de collectes organisées à Prague. S’il a reconnu les faits, Samer Shehadeh prétend que ses actes ne
sont pas délictueux conformément à la loi islamique.
(Radio Prague international, le 11-02-2020)
… ACTIVITÉS DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT …
Plus d’une centaine de pays espionnés par les États-Unis et l’Allemagne à travers une société
suisse de cryptographie…
Les services de renseignement américains et allemands ont espionné une centaine de pays grâce à
une société de cryptage. Les services secrets allemands et américains ont espionné pendant des
années plus d’une centaine de pays à travers une société suisse spécialisée dans le cryptage des
conversations. La société Crypto AG devenue après la Seconde Guerre mondiale le leader sur le
marché des équipements de cryptage, vendant pour des millions de dollars son matériel à plus de
120 pays jusqu’à récemment, indique le Washington Post dans une enquête menée avec la télévision
allemande ZDF et la radio-télévision suisse SRF. Parmi ces clients on trouve notamment l’Iran, les
juntes militaires d’Amérique latine, l’Inde, le Pakistan et même le Vatican, explique le quotidien
américain.
(Deutsche Welle, le 11-02-2020)
Il est avéré que la Central Intelligence Agency (CIA), service fédéral s’occupant notamment du
Renseignor N° 1115 le 16 février 2020 4
renseignement étranger des États-Unis, et l’agence allemande de renseignement étranger (BND) ont
écouté les représentants des gouvernements de nombreux pays depuis des décennies grâce aux
appareils qu’ils ont vendus à plus de 120 pays par l’intermédiaire d’une société écran suisse. Selon les
informations récoltées et traitées par le journal Washington Post et l’agence de presse allemande ZDF,
basées sur des documents secrets de la CIA et du BND, les deux agences en question se sont
infiltrées dans plus de 120 pays grâce à des appareils vendus par la société suisse Crypto AG. La CIA
et le BND, les propriétaires secrets de Cyrpto AG des années 40 jusqu’au début des années 2000,
après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont brisé les codes et protections de ses pays grâce à ces
appareils vendus par l’intermédiaire de cette société écran. Dans les articles du Washington Post et de
la ZDF, il est noté que les membres de gouvernements de nombreux pays, dont la Turquie, le Pakistan,
l’Inde, l’Iran, ont été placés sur écoute via ces appareils. Dans les documents recueillis par le
Washington Post et la ZDF, il est indiqué que Cyrpto AG a gagné des millions de dollars tout en offrant
un accès secret aux services de renseignement américains et allemands, et cette situation est appelée
« le coup d’État du siècle du renseignement ». Il est également à noter que les États-Unis ont écouté
l’Iran lors de la crise des otages de 1979 en Iran, de 1986 en Libye, et lors du bombardement d’une
discothèque à Berlin-Ouest. Les articles précisent également que les services de renseignement
allemands avaient quitté l’entreprise au début des années 1990 lorsque des différends concernant
l’argent sont apparus et que les États-Unis ont voulu écouter certains des alliés de l’Allemagne. Puis la
CIA a racheté les actions du service de renseignement allemand. Dans un communiqué publié sur son
site officiel après la parution de la nouvelle Crypto-AG indique : « nous n’avons aucune relation avec la
CIA ou le BND, et nous n’avons jamais eu de relation avec la CIA ou le BND ». La société s’est scindée
en deux en 2018 après que la CIA ait vendu ses actions. La CIA n’a pas encore fait de déclaration à ce
sujet.
(La voix de la Turquie, le 15-02-2020)
Un ancien directeur des services de renseignement entendu par les services de sécurité de la
RDC…
L’ex-chef des services de renseignement et proche de l’ancien président Joseph Kabila, a été entendu
pendant plusieurs heures mercredi à Kinshasa par les services de sécurité de la République
démocratique du Congo, a appris l’AFP de sources gouvernementale et diplomatique. « M. Kalev
Mutondo a été entendu par les services de sécurité sur des questions d’intérêt majeur pour le pays.
C’est normal qu’on obtienne de lui certains éclaircissements sur des questions précises » a déclaré à
l’AFP une source gouvernementale, confirmant une information partagée sur les réseaux sociaux.
« L’ancien patron de l’ANR (Agence nationale de renseignement) a été interrogé par les services qu’il
dirigeait pour détention injustifiée d’un passeport diplomatique et sur les soutiens dont sont
bénéficiaires certains groupes armés dans l’est de la RDC » a pour sa part indiqué une source
diplomatique sous couvert d’anonymat. M. Kalev, interrogé par l’AFP, a pour sa part affirmé être chez lui
et a ironisé sur des rumeurs sur les réseaux sociaux qui sont « l’œuvre de ceux qui m’aiment ». Selon
une autre source diplomatique anonyme, M. Kalev Mutondo a été interpellé à sa descente d’avion pour
détention d’un passeport diplomatique alors qu’il n’est plus en fonction. « Kalev Mutondo revenait
d’Addis-Abeba, il a effectivement été interpellé, il a été entendu avant d’être relâché dans la soirée » a
confirmé à l’AFP un proche de l’ex-président Joseph Kabila. Originaire du Katanga, comme l’exprésident Kabila, M. Kalev était à la tête de la très redoutée et très critiquée ANR de 2011 à mars 2019.
Il a été remplacé deux mois après l’investiture en janvier 2019 du nouveau président et ex-opposant
Félix Tshisekedi. Kalev Mutondo est l’une des quatorze personnalités congolaises sanctionnées par
l’Union européenne (UE) pour la répression de manifestations de l’opposition au cours des dernières
années du régime Kabila (2015-2018).
(Africa Radio, le 13-02-2020)
… MILITAIRE …
Une nouvelle arme stratégique sera prochainement testée par la Corée du Nord, selon un
diplomate russe…
La Corée du Nord ne tardera pas à tester une nouvelle arme stratégique, actuellement en cours de
développement. C’est ce qu’a annoncé, vendredi dernier, l’ambassadeur de Russie à P’yongyang dans
une interview avec Tass, l’une des principales agences de presse de son pays. Selon Alexandre
Machegora, le leader nord-coréen, Kim Jong-un, tient toujours ses paroles et les diplomates du
Renseignor N° 1115 le 16 février 2020 5
royaume ermite ne manquent pas d’évoquer leur stratégie de renforcement de leur force dissuasive à
chaque fois qu’ils rencontrent leurs homologues russes. Le dévoilement d’une telle arme sera
déterminé en fonction des avancées des préparatifs de l’essai, mais aussi de la situation externe.
(KBS World Radio, le 10-02-2020)
Activité détectée dans le complexe de recherche nucléaire nord-coréen de Nyongbyon…
Un groupe de réflexion américain a confirmé des signes d’activité dans un complexe nucléaire en
Corée du Nord. Le Centre pour les études stratégiques et internationales a annoncé les résultats
d’analyses d’images satellite prises lundi et mardi au complexe de recherche nucléaire de Nyongbyon.
Les images montrent trois wagons spéciaux, chacun de 10 à 13 mètres de long, sur une voie ferrée,
près d’une installation de production de combustible nucléaire. Ils transportaient ce qui serait des fûts et
un conteneur. Le centre indique que les images prises dimanche ne montrent aucun wagon. La
présence de wagons a été associée à des mouvements de matières radioactives dans le passé. De
tels wagons ont été pour la dernière fois aperçus en novembre l’année dernière. Des analystes du
centre indiquent qu’il est possible que la Corée du Nord utilise des wagons pour l’expédition de déchets
radioactifs liquides ou solides. Ils précisent ne pas savoir si cela est lié à la nouvelle arme stratégique à
laquelle la Corée du Nord a fait allusion, mais cela prouve, selon eux, une activité continue sur le site.
(Radio Japon international, le 12-02-2020)
La Corée du Nord serait prête à procéder à un test de lancement de missile balistique, selon le
général Terrence O’Shaughnessy…
L’essai d’un moteur de missile balistique, récemment effectué par la Corée du Nord, montrerait que
cette dernière serait prête à procéder à un test de lancement de missile balistique intercontinental
(ICBM). C’est du moins ce qu’a estimé le commandant des commandements de la défense
aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) et du nord des États-Unis (USNORTHCOM), Terrence
O’Shaughnessy. Le haut gradé américain a déposé, hier, une réponse écrite en ce sens lors d’une
audition du comité chargé des affaires militaires du Sénat. Pour étayer son hypothèse, il a notamment
évoqué les propos du dirigeant nord-coréen, tenus en décembre dernier. Kim Jong-un avait alors
déclaré qu’il allait bientôt dévoiler une nouvelle arme stratégique. Le général a également rappelé que
P’yongyang avait testé avec succès deux ICBM capables d’atteindre l’Amérique du Nord et une bombe
à hydrogène. Un exploit, selon lui, réalisé par seulement cinq pays membres permanents des Nations
unies. Enfin, toujours selon O’Shaughnessy, les tirs d’essai de plusieurs missiles à courte portée, mené
l’année dernière, témoignent de l’avancement des technologies dont disposerait le pays communiste,
susceptibles d’être intégrées à son système d’armement stratégique.
(KBS World Radio, le 14-02-2020)
L’Iran annonce être en mesure de prendre le contrôle à distance des drones RQ-4 et MQ-4
américains…
Le commandant en chef de la force aérospatiale du CGRI l’a annoncé dimanche au risque de
provoquer un véritable séisme dans le clan US : L’Iran détient les fréquences radio et les codes
d’identification des drones stratégiques américains. Selon le général de brigade Hajizadeh, l’Iran
dispose de donnés sur toutes les fréquences radio et les codes d’identification des drones américains
RQ-4 et MQ-4 utilisés par les USA dans leurs bases dans la région, ce qui lui permet de bloquer leurs
systèmes et d’en prendre le contrôle à des distances allant jusqu’à 60 kilomètres des frontières de
l’Iran. Le général a mis en garde les États-Unis contre toute tentative d’utiliser des drones MQ-4 Triton
contre l’Iran, car l’Iran connaît maintenant tous les codes et fréquences des drones. Il s’agit d’une très
mauvaise nouvelle pour les Américains qui se servent des drones pour la quasi totalité de leurs
opérations dans l’air et au sol. Cette annonce prouve les capacités iraniennes à mener de très efficaces
attaques électroniques ou attaques radio contre toute tentative américaine, soulignent les experts.
(Press TV, le 10-02-2020)
Des avions de combat chinois ont brièvement franchi la ligne de démarcation inter-détroit, selon
Taïwan…
Hier et aujourd’hui, l’armée chinoise a conduit des exercices militaires aériens de longue distance en
passant par le canal de Bashi situé au sud de Taïwan, ils ont ensuite remonté la partie ouest de l’océan
Pacifique avant de rejoindre leur base par le nord en passant par le détroit de Miyako au nord-est de
Taïwan. Les avions repérés étaient du type avion de chasse Shenyang J-11, avion de détection
Renseignor N° 1115 le 16 février 2020 6
Shaanxi KJ-500 et bombardier Xian H-6. Le ministère de la Défense a annoncé aujourd’hui que lors
des opérations de ce matin, des avions de chasse accompagnateurs de bombardiers Xian H-6 ont
franchi brièvement la ligne de démarcation dans le détroit de Taïwan faisant décoller les F-16 de
Taïwan chargés de missiles depuis la base militaire de Hualien pour les accompagner. La présidente de
la république Tsai Ing-wen a déclaré que la priorité actuelle de la Chine devrait être la lutte contre le
nouveau coronavirus et non des manœuvres militaires : « Je trouve que l’épidémie en Chine relève
d’une préoccupation mondiale, et qu’il y a énormément de choses à faire. Je trouve que ces
manœuvres militaires n’ont pas de sens et ne sont pas nécessaires dans un moment pareil. En de tels
temps, je veux dire à la Chine que ce qui importe est de maîtriser rapidement l’épidémie pour permettre
à la région et au monde entier, de se soulager de cette situation inquiétante à laquelle ils font face ».
Selon les informations officielles du ministère de la Défense, le dernier franchissement de la ligne de
démarcation inter-détroit par les avions militaires chinois remonte au 31 mars 2019 où plusieurs
appareils taïwanais ont décollé pour accompagner deux intercepteurs Shenyang J-11.
(Radio Taïwan international, le 10-02-2020)
Des bombardiers B-52 au large de Taïwan…
Des avions de chasse chinois ont conduit des exercices militaires autour de Taïwan entre le 9 et
10 février. Le ministère de la Défense a indiqué qu’un Lockheed MC-130J, avion militaire de transport
et de soutien aux opérations spéciales américaines, a également longé la ligne de démarcation dans le
détroit de Taïwan, du nord au sud. Par ailleurs, deux bombardiers B-52 ont survolé le littoral est de
Taïwan du nord au sud. Le ministère de la Défense a précisé qu’il maîtrisait toute activité dans le
détroit. Alors que certains responsables du département d’État américain ont réaffirmé leur soutien à
Taïwan, le porte-parole chinois des affaires taïwanaises Ma Xiao-guang a, de son côté, précisé que
l’Armée populaire de libération agit dans le but de garantir la souveraineté nationale et l’intégrité du
territoire chinois, avant de demander aux autorités du Parti démocrate progressiste (DPP) de ne pas
jouer avec le feu.
(Radio Taïwan international, le 12-02-2020)
Des missiles hypersoniques Kinjal équiperont les bombardiers stratégiques russes Tu-160…
Les bombardiers Tu-160 russes seront équipés de Kinjal, un missile air-sol hypersonique de haute
précision dévoilé par le président russe Vladimir Poutine le 1er mars 2018, et présenté alors comme
l’une des six nouvelles armes stratégiques russes, ont annoncé des sources russes dignes de foi citées
par Sputnik. Le Kinjal a une portée et une vitesse annoncée de respectivement 2 000 kilomètres et
mach 10. Il peut porter une ogive conventionnelle ou nucléaire, selon les mêmes sources.
(Press TV, le 11-02-2020)
Manœuvres militaires vénézuéliennes à la frontière colombienne…
Des centaines de soldats et de miliciens, des blindés, des véhicules transportant des missiles se sont
massés hier près de la frontière colombienne pour des manœuvres ordonnées par le président du
Venezuela, Nicolas Maduro. Le président chaviste avait indiqué que des manœuvres auraient aussi lieu
dans au moins cinq villes vénézuéliennes.
(Radio Vatican, le 14-02-2020)
… L’ACTUALITÉ DES MARCHANDS D’ARMES …
Signature d’un contrat portant sur la vente de missiles Exocet et Mistral à l’administration
chypriote-grecque…
L’administration chypriote-grecque a signé un contrat de 240 millions d’euros avec la compagnie
française MBDA pour l’achat d’armes destinées à la garde nationale chypriote grecque. Selon une
information parue dans le journal Politis, la garde nationale chypriote grecque a conclu un accord avec
MBDA pour l’achat de batteries de missiles Exocet et de missiles antiaériens Mistral. L’accord prévoit
également la modernisation des anciennes versions de ces armes qui sont dans l’inventaire de la garde
nationale chypriote grecque depuis les années 80. Le ministère chypriote grec de la Défense a
confirmé l’information du journal français La Tribune évoquant la signature d’un accord de 240 millions
d’euros avec MBDA. Les Chypriotes grecs débourseront 90 millions d’euros pour les missiles Exocet
MM40 BLOCK3 et 150 millions d’euros pour les missiles Mistral 3.
(La voix de la Turquie, le 10-02-2020)
Renseignor N° 1115 le 16 février 2020 7
… CYBERESPACE …
Aux États-Unis, inculpation de quatre agents chinois accusés d’avoir piraté l’agence de crédit
Equifax…
Les États-Unis ont annoncé lundi l’inculpation de quatre agents chinois pour le piratage de données
personnelles de l’agence de crédit Equifax qui avait touché près d’un Américain sur deux en 2017 et
était resté mystérieux jusqu’ici. Il s’agit de l’un des plus gros piratages de données de l’histoire avec
environ 145 millions de victimes aux États-Unis, a rappelé le ministre de la Justice Bill Barr lors d’une
conférence de presse.
(La voix de l’Amérique, le 11-02-2020)
En Corée du Nord, forte augmentation des activités portant sur le vol de cryptomonnaies…
La Corée du Nord a vu son utilisation d’internet bondir de 300% depuis 2018, notamment pour des
opérations de cybercriminalité visant à voler de la monnaie électronique. C’est ce que nous apprend
Recorded Future. Dans un récent rapport, cette entreprise américaine de cybersécurité a précisé que,
si en 2017 internet avait été massivement utilisé le week-end et la nuit, dès l’année suivante, son
utilisation a progressé dans la journée. Autrement dit, les connexions à des fins spécifiques ont
augmenté. Selon ses analystes, cette hausse a un rapport avec les activités portant sur l’exploitation et
des vols de cryptomonnaies, ou d’autres opérations de criminalité financière sur la toile. Le rapport
indique également que le minage de la cryptomonnaie Monero à partir d’adresses IP nord-coréennes a
elle aussi été multipliée par plus de dix depuis le mois de mai 2019. À ce propos, le New York Times a
rapporté qu’il s’agissait de techniques destinées à échapper aux sanctions internationales prises par
les Nations unies contre P’yongyang et qui ont été renforcées suite à ses essais répétés d’armes
nucléaires et balistiques.
(KBS World Radio, le 11-02-2020)

https://cf2r.org/wp-content/uploads/2020/02/Renseignor1115.pdf

L’expertise germanopratine

L’expertise germanopratine

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 30 novembre 2019

   Forum

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L’expertise germanopratine

30 novembre 2019 – Il fut un temps dans la période d’après-guerre où les journalistes français avaient une connaissance solide, et même parfois brillante, des affaires internationales, notamment des relations avec les USA et de la situation US, de l’OTAN, etc. Cela vaut surtout pour le temps de la Guerre froide, essentiellement pour les années1950 et 1960 sans aucun doute.

(Mon explication pour cette période est qu’alors il n’était pas encore envisagée de boucler le savoir de toute chose en matière de relations extérieures et tout ce qui y affère en transférant la patate chaude au concept et aux instances remarquablement informées de “l’Europe”, éventuellement avec l’OTAN en mode de réhabilitation après les éclats gaullistes. Cette attitude aparut dès l’époque qui suivit [courant des années 1970], lorsque l’Europe devint un sujet inévitable dans tout ce qui concernait l’extérieur de soi, et effectivement le chroniqueur perdit toute souveraineté de jugement pour s’en remettre à une entité qui ne peut en avoir [de jugement], puisque privée de souveraineté.)

Aujourd’hui, le niveau d’ignorance, d’inculture, d’aveuglement saupoudrées d’arrogance et de certitude de soi est, chez ces mêmes journalistes français, spécialiste de tout et rudement-grassement payés, stupéfiant au-delà de tout. Cela se situe au sous-sol du Mordor et ça parle autour des talk-shows bavards des grands réseaux d’infos, avec une assurance à ne pas croire, une assurance “qui ose tout” comme disait Audiard.

Je me fais souvent cette sorte de remarques et me décide à vous en faire part après avoir entendu O.M. (on l’a reconnu), éditorialiste tous-terrains de LCI, ce matin autour de 09H10. O.M. éditorialisait sur “les faits de la semaine” et on lui proposait, en ricanant comme il convient dans ce cas, à-propos de cette crapule d’Erdogan qui vient de dire qu’en fait de « mort cérébrale » (l’OTAN selon Macron), ce serait plutôt Macron qui en souffre. (L’aimable propos a valu une convocation de l’ambassadeur turc au Quai d’Orsay. On s’occupe comme on peut.) Bien, – alors, que pense O.M. de la sortie du Calife Erdogan ?

En substance, il dit que le propos de Macron sur l’OTAN, qu’on l’approuve ou non, a au moins du bon en mettant les choses à nue. Ainsi en est-il d’Erdogan qui est ainsi mis sur la sellette (à partir de son incursion en Syrie qui est la cause tout ce qu’il y a de plus apparent-simulacre du jugement de Macron sur l’OTAN) et dont on découvre, nous révèle O.M., “qu’il met l’OTAN en danger en achetant des systèmes de missiles russes anti-aériens” ; et même, – écoutez cela, la traîtrise n’a plus de bornes, – “qu’il a permis à des techniciens russes de venir en Turquie pour espionner avec leurs systèmes ainsi mis en place les secrets des avions américains dont les Turcs sont équipés”. Ainsi O.M. implique-t-il, par raisonnements en cascade, que la sortie de Macron contre l’OTAN (l’affaire terrible de la « mort cérébrale ») avait en vérité pour but de défendre les secrets du F-35.

Est-il bien utile de passer en revue les sottises innombrables dont est marquée cette intervention, du “danger” que les S-400 font courir à l’OTAN (de même que les S-300 dont les Grecs sont équipés depuis nombrecd’années ?), de l’“espionnage” que des Russes déguisés en S-400 vont effectuer sur les nombreux F-35 dont la Force Aérienne turque n’est pas encore équipée, qui font l’objet d’un marchandage grotesque au point qu’on ne sait s’ils seront livrés, qui sont d’ailleurs et d’ores et déjà largement “calibrés” et “éclairés” par les Russes et les Chinois lorsqu’il leur arrive de voler, etc… C’est donc cela qu’un chroniqueur-vedette arrive à nous sortir de la déclaration Macron sur l’OTAN, répétée à plusieurs reprises : démasquer un complot russo-turque pour saboter l’OTAN alors qu’elle est faite pour tenter d’être quitte de l’OTAN et tenter de se rapprocher décisivement des Russes. Non seulement on dit des sornettes déguisées en sottises, ou le contraire, en abordant un simulacre hors-sujet et complètement annexe farci de ragots de salon, mais on en sous-entend suffisamment pour en laisser conclure comme explication d’un tel acte (la déclaration de Macron) le contraire de ce qu’il prétend tenter.

Que vaut donc O.M. dans cette aventure ? Répond-il à la définition de  Pilger sur les journalistes post-modernes (malgré son âge respectable qui laisse à penser qu’il exerça avant l’arrivée du “nouveau monde”, mais la mémoire d’une cervelle d’oiseau ne suffit pas) :

« Aujourd’hui, les vrais francs-tireurs sont redondants dans les médias grand public. Les relations publiques du Corporate Power sont la force dominante du journalisme moderne. Regardez la façon dont les nouvelles sont écrites : presque rien ne répond à la juste réalité. J’ai écrit pendant de nombreuses années pour le Guardian ; mon dernier article date d’il y a cinq ans, après quoi j’ai reçu un appel téléphonique. J’ai été liquidé, ainsi que d’autres écrivains indépendants. Le Guardian promeut maintenant la fiction sur la Russie d’une façon obsessionnelle, les intérêts des services de renseignements britanniques, d’Israël, du Parti démocrate américain, les narrative de la théorie des genres si chère aux bourgeois et une vision très satisfaite de lui-même. »

Même pas vraiment… Je crois que c’est lui faire trop d’honneur que de croire qu’il “obéit” à des ordres ; l’autocensure, d’une part, suffit à la besogne ; mais surtout et d’autre part, cette longue et rapide descente dans la servilité absolument-volontaire rend de plus en plus stupide, et bientôt enchaîné au  déterminisme-narrativiste (narrative de départ : “les Russes sont les vilains”) qui les mène tous par le bout du nez sans qu’ils n’y voient goutte, alignant les sornettes-sottises sans même songer à les évaluer, comme des robots lobotomisés-zombistropiés.

C’est à mon avis une très grande faiblesse d’avoir, comme ça, les grands noms des plateaux se lancer dans des racailleries de la sorte, – une très grande faiblesse pour le Système, le Corporate Power, les 1% et toute cette clique. Je veux dire qu’écoutant O.M., ses approximations, cette évidence qui suintait de toutes ses paroles assez molles et sans conviction qu’il parlait manifestement de quelque chose à propos de quoi il ne pouvait rien ni entendre ni comprendre, qui même ne l’intéressait pas une seconde, en l’écoutant et en l’entendant de la sorte le doute s’installe dans votre oreille et vous vous dites : “Ce type, finalement, dit n’importe quoi”. C’est exactement cela, et il est payé assez haut pour cela, car ce n’est pas une spécialité si commune d’arriver à dire n’importe quoi sans se demander si l’on n’est pas en train de dire n’importe quoi…

Ainsi, John Pilgen, en est-il du journalisme assermenté aujourd’hui ; de la volaille de basse-cour qui vous pond des œufs carrés en bêlant comme un mouton du Sieur Panurge que la chose est importante.

https://www.dedefensa.org/article/lexpertise-germanopratine

La « guerre » pour l’avenir du Moyen-Orient – Par Alastair Crooke

GÉOPOLITIQUE30.novembre.2019 // Les Crises

La « guerre » pour l’avenir du Moyen-Orient – Par Alastair Crooke

moyen-orientUSAMerci44Je TweetJe commenteJ’envoie

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 04-11-2019

© Photo : Flickr / US Department of State

Oh, oh, nous y revoilà ! En 1967, c’était alors la « menace » des armées arabes existantes (et la guerre de six jours qui a suivi contre l’Égypte et la Syrie) ; en 1980, c’était l’Iran (et la guerre irakienne qui a suivi contre l’Iran) ; en 1996, c’est David Wurmser avec son document intitulé Coping with Crumbling States (qui découle du tristement célèbre document stratégique sur la politique Clean Break) qui, à l’époque, ciblait les États nationalistes laïques arabes, présentés à la fois comme « reliques déclinantes de l’URSS » et hostiles par nature à Israël ; dans les guerres de 2003 et 2006, ce fut Saddam Hussein, puis le Hezbollah, qui menaçait la sécurité de l’avant-poste de la civilisation occidentale au Moyen Orient.

Et nous revoilà une fois de plus, Israël ne peut « vivre » en toute sécurité dans une région où se trouve un Hezbollah militant.

Il n’est pas surprenant que l’ambassadeur de Russie à Beyrouth, Alexander Zasypkin, ait rapidement reconnu ce schéma bien trop familier : s’adressant à al-Akhbar le 9 octobre à Beyrouth (plus d’une semaine avant l’éclatement des manifestations à Beyrouth), l’ambassadeur a écarté toute perspective d’apaisement des tensions régionales ; mais a plutôt identifié la crise économique qui se développe depuis des années au Liban comme le « point d’ancrage » sur lequel les États-Unis et leurs alliés pourraient semer le chaos au Liban (et dans l’économie calamiteuse parallèle de l’Irak), pour frapper le Hezbollah et le Hash’d A-Sha’abi – les ennemis des israéliens et américains dans cette région.

Pourquoi maintenant ? Parce que ce qui est arrivé à Aramco le 14 septembre a choqué à la fois Israël et l’Amérique : l’ancien commandant de l’armée de l’air israélienne a écrit récemment : « Les événements récents obligent Israël à recalculer sa trajectoire en fonction des événements. Les capacités technologiques de l’Iran et de ses différents mandataires ont atteint un niveau tel qu’ils peuvent désormais modifier l’équilibre du pouvoir dans le monde entier ». Non seulement aucun État ne pouvait identifier le modus operandi des frappes (même maintenant) ; mais pire encore, ni l’un ni l’autre n’avait de réponse à l’exploit technologique que les frappes représentaient clairement. En fait, l’absence de « réponse » possible a incité un éminent analyste occidental de la défense à suggérer que l’Arabie saoudite devrait acheter des missiles russes Pantsir plutôt que des défenses aériennes américaines.

Et pire encore. Pour Israël, le choc d’Aramco est arrivé précisément au moment où les États-Unis ont commencé à retirer de la région sa « confortable couverture de sécurité » – laissant Israël (et les pays du Golfe) seuls – et maintenant vulnérables face à des technologies qu’ils n’avaient jamais pensé que leurs adversaires posséderaient. Les Israéliens – et en particulier leur Premier ministre – bien que toujours conscients de cette possibilité hypothétique, n’ont jamais pensé que le retrait se produirait réellement, et jamais pendant le mandat de l’Administration Trump.

Cela a laissé Israël complètement assommé, et en pleine confusion. Israël a renversé sa stratégie, l’ancien commandant de l’armée de l’air israélienne (mentionné plus haut) spéculant sur les options inconfortables d’Israël – aller de l’avant – et même se demandant si Israël n’avait pas maintenant besoin d’ouvrir une voie vers l’Iran. Cette dernière option, bien sûr, serait culturellement répugnante pour la plupart des Israéliens. Ils préféreraient un « changement de paradigme » israélien audacieux, et hors du commun (comme cela s’est produit en 1967) à tout contact avec l’Iran. C’est là que réside le véritable danger.

Il est peu probable que les protestations au Liban et en Irak soient en quelque sorte une réponse directe à ce qui précède, mais il est plus probable qu’elles soient liées à d’anciens plans (y compris le document de stratégie récemment divulgué pour contrer l’Iran, présenté par MbS à la Maison Blanche) et aux réunions stratégiques régulières tenues entre le Mossad et le Conseil national de sécurité américain, sous la présidence de John Bolton.

Quel qu’en soit l’origine spécifique, le « programme » est bien connu : susciter une dissidence populaire « démocratique » (basée sur de véritables griefs), fabriquer des messages et une campagne de presse qui polarise la population, et qui détourne leur colère du mécontentement généralisé vers des ennemis spécifiques (dans ce cas, Hezbollah, Président Aoun et le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil (dont les sympathies avec le Hezbollah et le Président Assad en font une cible principale, surtout en tant qu’héritier possible du leadershhip de la majorité des chrétiens). L’objectif – comme toujours – est de créer un fossé entre le Hezbollah et l’armée, et entre le Hezbollah et le peuple libanais.

Tout a commencé lorsque, lors de sa rencontre avec le président Aoun en mars 2019, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo aurait présenté un ultimatum : confiner le Hezbollah ou se préparer à des conséquences sans précédent, notamment des sanctions et la perte de l’aide américaine. Selon des informations non vérifiées, Pompeo aurait par la suite amené le Premier ministre Hariri, un allié, à participer aux troubles prévus lorsque Hariri et son épouse ont invité le Secrétaire Pompeo et son épouse à un banquet dans le ranch de Hariri près de Washington à l’issue de la visite du Premier ministre libanais aux États-Unis en août dernier.

Au début des manifestations libanaises, les rapports faisant état d’une « salle de direction des opérations » à Beyrouth qui gérait et analysait les manifestations et d’un financement à grande échelle par les États du Golfe ont proliféré ; mais pour des raisons qui ne sont pas claires, les manifestations se sont enlisées. L’armée qui, à l’origine, se tenait curieusement à l’écart, s’est finalement engagée à nettoyer les rues et à rendre un semblant de normalité – et les prévisions étrangement alarmistes du gouverneur de la Banque centrale concernant l’effondrement financier imminent ont été contrées par d’autres experts financiers présentant une image moins effrayante.

Il semble que ni au Liban ni en Irak les objectifs américains ne seront finalement atteints (c’est-à-dire que le Hezbollah et le Hash’d A-Sha’abi seront détruits). En Irak, ce résultat pourrait toutefois être moins certain, et les risques potentiels que les États-Unis courent en fomentant le chaos seraient bien plus grands si l’Irak sombrait dans l’anarchie. La perte des 5 millions de barils/jour de brut de l’Irak créerait un gouffre dans le marché du brut – et en ces temps de fébrilité économique, cela pourrait être suffisant pour plonger l’économie mondiale dans la récession.

Mais ce serait un « moindre risque » par rapport au risque que les États-Unis courent en tentant « le destin » avec une guerre régionale qui atteindrait Israël.

Mais existe-t-il un message plus large reliant ces manifestations au Moyen-Orient à celles qui éclatent en Amérique latine ? Un analyste a inventé le terme pour désigner cette époque, comme l’Âge de la colère, dégorgeant des « geysers en série » de mécontentement à travers le monde, de l’Équateur au Chili en passant par l’Égypte. Son thème est que le néolibéralisme est partout – littéralement – en flammes.

Nous avons déjà noté comment les États-Unis ont cherché à tirer parti des conséquences uniques des deux guerres mondiales et du fardeau de la dette qu’ils ont légué pour s’octroyer une hégémonie en dollars, ainsi que la capacité vraiment exceptionnelle d’émettre du crédit à travers le monde sans frais pour les États-Unis (les États-Unis ont simplement « imprimé » leur crédit). Les institutions financières américaines pourraient faire du crédit partout dans le monde, pratiquement sans frais, et vivre du loyer que ces investissements ont rapporté. Mais en fin de compte, cela a eu un prix : la limite – à être le rentier mondial – est devenue évidente à travers les disparités de richesse, et à travers l’appauvrissement progressif des classes moyennes américaines que la délocalisation a provoqué. Les emplois bien rémunérés se sont évaporés, alors même que le bilan bancaire financiarisé de l’Amérique explosait à travers le monde.

Mais il y avait peut-être un autre aspect à cet Âge de la colère. C’est TINA : « Il n’y a pas d’alternative » [There is no alternative, traduit en français par « Il n’y a pas d’autre choix », « Il n’y a pas d’alternative » ou « Il n’y a pas de plan B », est un slogan politique couramment attribué à Margaret Thatcher lorsqu’elle était Première ministre du Royaume-Uni, NdT]. Non pas à cause d’une absence de potentialité, mais parce que les alternatives ont été écrasées. À la fin des deux guerres mondiales, on a compris la nécessité d’une autre façon d’être, de mettre fin à l’ère plus ancienne de la servitude, d’une nouvelle société, d’un nouveau contrat social. Mais c’était éphémère.

Et – pour faire court – le désir d’équité de l’après-guerre (quelle qu’en soit la signification) a été réduit à néant ; « d’autres politiques ou économies » de quelque couleur que ce soit, ont été ridiculisées comme « fausses nouvelles » – et après la grande crise financière de 2008, toutes sortes de filets de sécurité ont été sacrifiés et la richesse privée « captée » pour la reconstruction du bilan des banques, pour protéger l’intégrité des dettes et maintenir les taux d’intérêt bas. Les gens sont devenus des « individus » – par eux-mêmes – pour régler leur propre austérité. Est-ce à ce moment-là que les gens se sentent appauvris matériellement par cette austérité, et humainement appauvris par leur servitude en cette nouvelle ère ?

Le Moyen-Orient peut traverser (ou non) les crises actuelles, mais sachez que, dans leur désespoir en Amérique latine, le mème « il n’y a pas d’alternative » devient une raison pour les manifestants « d’incendier le système ». C’est ce qui se produit lorsque des alternatives sont exclues (bien que dans l’intérêt de « nous » préserver de l’effondrement du système).

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 04-11-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

https://www.les-crises.fr/la-guerre-pour-l-avenir-du-moyen-orient-par-alastair-crooke/

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

ADVERTISEMENTS

Les soldats des forces spéciales ne sont pas vos soldats réguliers. Les soldats qui font partie de ces équipes sont choisis pour être aussi intimidants que possible afin de mener à bien les opérations les plus difficiles et les plus compliquées du monde. L’OTAN décrit les forces spéciales comme «des activités militaires menées par des forces spécialement désignées…, dotées d’un personnel sélectionné et utilisant une tactique non conventionnelle…». Ces unités vont certainement au-delà des activités militaires normales. Découvrez les forces spéciales les plus difficiles du monde entier!

SAS britannique

Les forces spéciales ont été introduites au début du XXe siècle, mais elles ne sont devenues vraiment importantes et généralisées que lorsque la Seconde Guerre mondiale et les SAS britanniques ont été l’un des premiers.

Le SAS britannique (Special Air Service) a été créé en 1941 pendant la Seconde Guerre mondiale et a commencé comme régiment avant de devenir un corps. Ils sont devenus particulièrement connus en 1980 pour avoir sauvé des otages lors du siège télévisé de l’ambassade d’Iran. Les forces spéciales respectées sont toujours actives et travaillent activement dans la lutte antiterroriste.


Armée de l’armée irlandaise

Cette unité des forces spéciales a été créée en Irlande en 1980 pour lutter contre le terrorisme. Elle a ensuite été rattachée à des opérations spéciales et a participé à de nombreuses missions internationales de maintien de la paix.

L’escadre Army Ranger Wing recrute des membres de l’armée irlandaise, du service naval et du corps aérien, où les candidats doivent passer un certain nombre de tests physiques et mentaux. En gros, si vous n’êtes pas costaud et que vous ne pouvez pas supporter un stress extrême, vous ne pouvez pas faire partie de cette unité!

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

ADVERTISEMENTS

Forces spéciales françaises

Ils sont connus sous le nom de Commandement des Opérations Spéciales (COS) et l’unité a été créée en 1992, après la guerre du Golfe. Ils se sont entraînés à la préparation, ce qui signifie qu’ils peuvent passer à l’action à tout moment!

Ils sont exploités par le Commandement des opérations spéciales et à Paris, on les voit beaucoup plus souvent depuis la récente vague d’attaques terroristes européennes. Le COS est basé à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques et est composé de personnel de l’armée, de la marine et de la force aérienne.

JTF2 canadienne

C’est l’unité des forces spéciales britanniques qui a incité le Canada à faire de même et l’une de ses meilleures forces est sa force d’opérations spéciales d’élite de la Force opérationnelle interarmées 2 (FOI 2) des Forces armées canadiennes.

La FOI2 est basée à Dwyer Hill, près d’Ottawa, en Ontario. Elle est spécialisée dans la réaction immédiate, la guerre chimique, biologique, radiologique et nucléaire, mais se concentre principalement sur la lutte antiterroriste. Nous ne savons pas grand-chose de leurs opérations car la plupart d’entre elles sont classifiées et le gouvernement n’en parle pas beaucoup!

Commandos Français Marine

Voici une autre unité des forces spéciales françaises qui fait partie de la marine française, où elles opèrent principalement en dehors de la Bretagne, dans le nord-ouest de la France. L’unité a été créée à peu près au même moment que les forces spéciales britanniques lors de la Seconde Guerre mondiale.

Il reste l’une des plus anciennes unités de forces spéciales au monde. Les Commandos Marine sont composées d’environ 650 soldats et portent le surnom de Bérets Verts (bérets verts), en référence aux casquettes qu’ils portent.

Shayetet israélien 13

Shayetet 13 de la marine israélienne est l’une des principales unités des forces spéciales des forces de défense israéliennes et l’une des plus secrètes. La plupart de leurs missions sont hautement classifiées, mais néanmoins, elles sont considérées comme l’une des meilleures forces spéciales au monde.

Leur devise est «quand la chauve-souris sort de l’obscurité, que la lame coupe à travers le silence, que la grenade s’écrase de rage» et qu’ils sont aussi durs que possible. Ceux qui se joignent à la force doivent rester au moins quatre ans et leur entraînement consiste en Krav Maga, où ils apprennent à transformer leurs mains nues en armes!

Shayetet israélien 13

Shayetet 13 de la marine israélienne est l’une des principales unités des forces spéciales des forces de défense israéliennes et l’une des plus secrètes. La plupart de leurs missions sont hautement classifiées, mais néanmoins, elles sont considérées comme l’une des meilleures forces spéciales au monde.

Leur devise est «quand la chauve-souris sort de l’obscurité, que la lame coupe à travers le silence, que la grenade s’écrase de rage» et qu’ils sont aussi durs que possible. Ceux qui se joignent à la force doivent rester au moins quatre ans et leur entraînement consiste en Krav Maga, où ils apprennent à transformer leurs mains nues en armes!

Spetsnaz russe

Ceux qui jouent à “Call of Duty” ou ont vu des films comme “Hitman” et “Predators” ont entendu parler des forces spéciales russes, le Spetsnaz. Ils sont aussi difficiles dans la vie réelle qu’ils ont l’air à l’écran!

Le Spetsnaz est en réalité un terme générique désignant les forces spéciales de la Russie. Il désignait auparavant les unités militaires spéciales contrôlées par le service de renseignement militaire GRU. Ils sont actifs dans de nombreux endroits de l’ex-Union soviétique.ADV

Joints de la marine américaine

Les États-Unis ont l’une des plus grandes armées du monde et l’une de leurs unités les plus importantes est le Navy Seals. «Sceau» signifie «mer, air et terre». Il s’agit de la principale force d’opérations spéciales de la marine et il n’est pas facile de s’enrôler.

Considérant qu’ils doivent être les meilleurs des meilleurs, il faut suivre une formation poussée pour devenir un Navy Seal. Ce sont les gars qui ont fait une descente dans l’enceinte d’Oussama Ben Laden et qui l’ont abattu. Ils ont certainement fait des raids beaucoup plus dangereux, mais tous ne sont pas rendus publics

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11 novembre 2018 : le centenaire d’un conflit de portée immense [Replay]

11 novembre 2018 : le centenaire d’un conflit de portée immense [Replay]

Battle of the Argonne Forest-Lest we forget by Cam Miller(CC BY-NC-ND 2.0) — Cam Miller, CC-BY

La Grande Guerre, qui marque le recul du libéralisme, est notamment à l’origine des régimes totalitaires et des problèmes actuels du Moyen-Orient.

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Par Gérard-Michel Thermeau.

C’était il y a cent ans. Nous commémorons, ce 11 novembre, le centenaire d’un conflit qui a joué un rôle considérable dans l’histoire de la France et du monde.

Bien que les participants en aient tous disparu, cette date du 11 novembre conserve toute sa signification à la différence du 8 mai, date qui ne renvoie pas à grand-chose.

Le 8 mai ne marque ni la libération de la France, ni la capitulation allemande, ni la fin de la seconde guerre mondiale. Et puis les Français, pour des raisons diverses, ne peuvent guère célébrer un conflit qui a vu le pays s’effondrer et la population se diviser. Non, le 8 mai est un de ces nombreux jours qui décorent le calendrier des jours fériés. Et c’est bien le seul intérêt qu’il conserve.

Le 11 novembre, célébration de l’armistice de 1918, c’est autre chose. Cette date renvoie à l’arrêt des combats, la fin d’une longue boucherie inaugurée le 28 juin 1914 par un attentat qui faisait trois orphelins dans une obscure ville des Balkans.

UNE GUERRE ABSURDE AUX CONSÉQUENCES TRAGIQUES

Ce centième anniversaire est l’occasion de se souvenir d’une guerre, absurde par bien de ses aspects, et dont les conséquences furent tragiques. Mais aussi d’une guerre qui a engendré la plupart des guerres qui ont suivi.

Pour la dernière fois, la France l’emportait dans un conflit majeur. Ce fut le chant du cygne de notre pays comme puissance mondiale. En 1944-1945, la magie du verbe gaullien devait masquer, par son éclat, le rôle mineur de la participation française à la victoire alliée, conséquence de la débâcle de 1940. L’hécatombe de cette première guerre mondiale, 1,4 million de morts, avait pesé lourdement dans l’enchaînement des événements qui devait déboucher sur « l’affreuse aventure », pour reprendre le mot de Pétain.

Que l’on y songe, sans la Grande Guerre, ni communisme, ni fascisme, ni nazisme. Les valeurs libérales étaient ainsi durablement remises en question. La Grande guerre a également semé au Moyen-Orient les graines de tous les problèmes qui l’agitent encore.

En somme, si le prétexte en fut insignifiant — un banal assassinat politique —, les conséquences en furent immenses.

LA NAISSANCE DU COMMUNISME MODERNE

Le socialisme, qui avait tant effrayé durant les dernières décennies du XIXe siècle, était en voie de parlementarisation dans les pays avancés, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne.

Le poids du vote ouvrier poussait les gouvernements à faire voter des lois sociales qui donnaient satisfaction à d’anciennes revendications. Les ouvriers ne voulaient pas la révolution. Ils voulaient travailler moins, gagner plus, être mieux considérés. Bref, leur horizon était empreint de cette « médiocrité bourgeoise » que dénonçaient les zélateurs de la Révolution. On ne pouvait décidément pas compter sur le « prolétariat » pour renverser l’ordre social.

Lénine, cet obscur agitateur d’avant 1914, rêvait de la guerre salvatrice. N’avait-il pas écrit en 1906 :

Cacher aux masses la nécessité d’une guerre exterminatrice, sanglante, désespérée comme objectif immédiat de l’action future, c’est se tromper soi-même et tromper le peuple.

Les dirigeants européens devaient exaucer ses vœux.

Sans la guerre, la Russie tsariste aurait peut-être connu une lente évolution réformatrice. En tout cas, sans la guerre, jamais les Bolcheviks n’auraient pu s’emparer du pouvoir. Le communisme, sous sa forme moderne, prenait un visage : le marxisme-léninisme.

La peur du « péril rouge » devait, par ailleurs, favoriser l’arrivée au pouvoir de leurs concurrents aux chemises noires et brunes.

FASCISME ET NAZISME, ENFANTS DE LA GRANDE GUERRE

Sans la guerre, Hitler serait resté un de ces innombrables artistes ratés qui ruminent leur médiocrité leur vie durant. La guerre le révéla à lui-même et lui permit de développer le génie maléfique qui ne pouvait s’extérioriser que dans des circonstances exceptionnelles.

Le génocide arménien, dont l’Allemagne impériale devait se faire le complice, devait par ailleurs lui servir de source d’inspiration. « Qui s’en souvient encore ? », devait-il faire remarquer à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

La guerre servit tout autant de révélateur à Benito Mussolini, ce socialiste révolutionnaire qui rêvait avant guerre, comme Lénine, à la prise du pouvoir par une élite résolue. Combattant exemplaire de l’armée italienne, il puisa dans son expérience du front les fondements de ce qui deviendra le fascisme.

Le fascisme et le nazisme, au-delà de leurs divergences idéologiques, partageaient quelques points communs et notamment le rejet du libéralisme sous toutes ses formes.

LE MARCHÉ REMIS EN QUESTION PAR L’ÉTAT

La Grande Guerre a, en effet, contribué au déclin du libéralisme. La guerre totale exigeait des moyens sans commune mesure avec les guerres traditionnelles. Pour la première fois, l’État va intervenir de façon importante dans l’économie.

Comme le déclare, en Allemagne, l’industriel Rathenau :

L’activité économique n’est plus une responsabilité privée mais une responsabilité sociale.

En Allemagne, l’État fixe les prix maximum et contrôle les bénéfices. En France, le socialiste Albert Thomas devient ministre de l’Armement et réunit régulièrement les principaux industriels. Même au Royaume-Uni où l’opinion est hostile à toute « mobilisation économique », l’État ne va cesser d’étendre son contrôle sur la main d’œuvre. Partout, l’État se mêle désormais de la fixation des salaires.

Le marché va cesser de fonctionner au profit d’une économie administrée provoquant pénurie et rationnement. Les entreprises privées doivent reconvertir leurs activités pour participer à l’effort de guerre.

Cette situation présentait d’ailleurs des avantages pour les entreprises : moins de concurrence, des débouchés assurés, des profits faciles. Mais les productions n’étaient plus orientées par la satisfaction de besoins réels. Il s’agissait de produire pour détruire. La rancœur à l’égard des « profiteurs de guerre », dans un temps où beaucoup de gens souffraient, devait rendre la population plus perméable au discours anticapitaliste.

Rapidement abandonné une fois la guerre terminée, l’expérience du dirigisme de guerre ne devait pas être oubliée. Et la grande crise des années 30 devait amener les États à recourir aux recettes expérimentées pendant le conflit.

LES LIBERTÉS INDIVIDUELLES SUSPENDUES

Le libéralisme économique s’effaçait dans le même temps où le libéralisme politique prenait de rudes coups. Les libertés individuelles se trouvaient remises en question au nom des nécessités de la guerre. La liberté de la presse disparaissait, les journaux étant soumis à une censure tatillonne.

L’autoritarisme du pouvoir exécutif ne cessa de se renforcer et connut son apogée, en France, sous le gouvernement de Georges Clemenceau (1917-1919). Le « Tigre », farouche défenseur des libertés dans l’opposition, était un dictateur en puissance, une fois au pouvoir.

Clemenceau porte sa responsabilité, parmi d’autres, dans l’échec de la paix manifesté par les divers traités signés suite à la Conférence de paix de Paris. Si l’éclatement de l’Autriche-Hongrie se révéla catastrophique en Europe centrale, la chute d’un autre empire affectait le Moyen-Orient.

LA POUDRIÈRE DU MOYEN-ORIENT

Les circonstances de l’effondrement final de l’Empire Ottoman, déjà fort affaibli, vont faire du Moyen-Orient une nouvelle poudrière.

Pendant la guerre, politiciens britanniques et français s’étaient cru fort habiles dans leurs manœuvres au Moyen-Orient. Ils avaient incité les Arabes à se soulever contre les Turcs en agitant, aux yeux des Hachémites, le rêve du grand royaume arabe. Dans le même temps, ils se partageaient les dépouilles de l’empire ottoman en établissant leur zone d’influence. Les anciennes provinces turques devaient se métamorphoser en mandats de la SDN après guerre.

Loin d’obtenir leur indépendance, les Arabes se voyaient ainsi tomber sous la coupe des deux anciens rivaux impérialistes. Aux Français la Syrie et le Liban, aux Britanniques l’Irak, la Jordanie et la Palestine. De surcroît, Lord Balfour, par une déclaration fameuse, avait promis la création d’un foyer national juif, source de complications futures.

Discrédités par la trahison des Alliés, les Hachémites devaient être chassés de la Mecque par Ibn Séoud. Aux descendants du prophète succédaient des fanatiques, promoteurs du wahhabisme, incarnation d’un Islam sectaire.

LES EMPIRES COLONIAUX FRAGILISÉS

Pendant le conflit, les Alliés puisèrent dans leurs empires ressources, main d’œuvre et troupes. Des Indiens, des Africains, des Maghrébins se trouvèrent à se battre, bien loin de chez eux, dans des tranchées boueuses.

De fait, les colonisateurs se trouvaient pris aux pièges de leurs propres conceptions. Inférieurs en droit, les colonisés ne pouvaient donc être mobilisés comme les citoyens des métropoles. Aussi, les effectifs coloniaux ne furent-ils qu’une force d’appoint.

Sept millions et demi de Français furent mobilisés mais seulement 520 000 soldats dans tout l’Empire, pour une population légèrement supérieure. Ainsi, le nombre de Corses tués fut-il supérieur à celui des pertes des troupes de l’Afrique occidentale française.

Mais en engageant les troupes coloniales en métropole, les colonisateurs sciaient la branche sur laquelle reposait leur domination. L’artillerie ennemie tuait, par exemple, sans distinction « dominants » et « dominés ». Le discours inégalitaire allait devenir de plus en plus difficile à tenir.

À la conférence de paix, en dépit des 14 points de Wilson, les vainqueurs restèrent aveugles et sourds aux timides demandes de réformes dans les colonies. Mais les principes wilsoniens, avec l’idée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, n’étaient pas restés lettre morte aux yeux d’intellectuels en Tunisie comme en Indochine. Le temps, là aussi, ferait son œuvre.

LES LEÇONS DE L’HISTOIRE ?

C’était il y a cent ans. Et c’était hier.

Le 11 novembre 1918 à 11 heures, sur la ligne de front les clairons sonnaient le « cessez le feu ».

Ce n’était pas la paix, certes, c’était l’arrêt des combats. Et c’était déjà beaucoup.

Cette guerre atroce et absurde était enfin terminée. Ce devait être la « der des der », seule justification de tant de souffrances et de tant de vies sacrifiées jusqu’à la dernière heure.

Mais ce n’était pas la paix, oh non ! C’était un armistice de vingt ans. La « der des der » était la préfiguration des tragédies à venir.

Article initialement publié en novembre 2018.

https://www.contrepoints.org/2019/11/11/329042-11-novembre-2018-le-centenaire-dun-conflit-de-portee-immense