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Les mesures américaines contre TikTok et WeChat font craindre un morcellement de l’internet

Les mesures américaines contre TikTok et WeChat font craindre un morcellement de l’internet

Entreprises & Start-upafp

Publié le 08-08-20 à 07h38 – Mis à jour le 08-08-20 à 07h39

Une interdiction des populaires applications mobiles chinoises TikTok et WeChat aux Etats-Unis pourrait fragmenter encore plus un internet mondial déjà fragile, redoutent des spécialistes du secteur.

Les mesures américaines contre TikTok et WeChat font craindre un morcellement de l'internet

246Les craintes se sont renforcées cette semaine après des décrets de Donald Trump interdisant d’ici à 45 jours toute transaction « des personnes sous juridiction américaine » avec ByteDance, la maison mère chinoise de TikTok, et Tencent, propriétaire de la plateforme WeChat.

Prises sous couvert de menace à la sécurité nationale, malgré l’absence de preuves tangibles, ces restrictions vont à l’encontre de l’idéal américain de longue date d’un internet global et ouvert et pourraient inciter d’autres pays à imiter les Etats-Unis, jugent des experts.

« C’est véritablement une tentative de fragmenter l’internet et la société globale de l’information selon une ligne de fracture américano-chinoise et d’exclure la Chine de l’économie de l’information », estime Milton Mueller, professeur à la Georgia Tech University et fondateur du Internet Governance Project.

Selon M. Mueller, cette démarche vise à « créer un pare-feu occidental », qui serait appliqué de manière globale via les sanctions économiques américaines et s’apparenterait au « Great Firewall » chinois — jeu de mot sur la « Grande Muraille » (« Great Wall ») de Chine et le pare-feu (« firewall »).

Mais cela pourrait se retourner contre les géants de la Silicon Valley car « de nombreux gouvernements nationalistes dans le monde pourraient lancer les mêmes accusations contre Apple, Google, Facebook et Twitter » au sujet de l’usage des données personnelles, indique M. Mueller.

« Ce sera la porte ouverte aux obstructions nationalistes et à la régulation de ces médias sociaux », prédit-il.

« Clean Network »

Les mesures décrétées cette semaine par Donald Trump s’inscrivent dans la lignée du projet « Clean Network » du département d’Etat, dont l’objectif est d’empêcher l’utilisation aux Etats-Unis d’applications et services chinois jugés « non fiables. »

Cette initiative pourrait conduire à une situation confuse dans certains pays, qui seraient contraints de choisir entre l’écosystème chinois et américain, affirme l’analyste indépendant Richard Windsor.

« La fracture numérique entre la Chine et l’Occident s’agrandit et des pays coincés entre les deux (en Afrique et dans certaines parties de l’Asie) devront décider de quel côté ils veulent se placer », écrit M. Windsor sur son blog Radio Free Mobile.

Pour Adam Segal, de l’organisation Council on Foreign Relations, les décisions américaines soulèvent la notion de « cyber-souveraineté », longtemps défendue par la Chine et combattue par les Etats-Unis.

« Qu’un pays ait le droit de s’isoler de l’internet mondial en interdisant ou en limitant des technologies étrangères est vraiment une idée chinoise », note M. Segal.

« Les Etats-Unis défendait l’idée opposée », celle « d’un internet libre et ouvert », poursuit-il.

M. Segal observe que l’internet mondial était déjà « sur un terrain glissant » après les décisions de pays comme la Russie et l’Inde de limiter les flux de données.

Mais les récentes mesures de Washington « sapent la capacité des Etats-Unis à promouvoir ces idées et il pourrait y avoir un retour de bâton contre les entreprises américaines », avertit le spécialiste.

Pour Daniel Castro, de la Fondation pour l’Innovation et les Technologies de l’Information, les menaces américaines feraient peser « un risque sérieux de morcellement de l’internet » si elles étaient menées à bien.

« Les Etats-Unis doivent faire attention en affirmant qu’il y a un risque pour la sécurité nationale inhérent à l’utilisation de technologies d’entreprises étrangères », affirme M. Castro.

« Si d’autres pays suivent la même logique, les entreprises américaines de la tech seront tenues à l’écart de nombreux marchés étrangers », explique-t-il.

D’autant que ces actions sont guidées par des craintes sécuritaires floues et par la croyance erronée qu’elles permettent de contrer la montée en puissance de la Chine, juge M. Mueller.

« L’administration Trump pense qu’elle peut ralentir le développement de la Chine en tant que puissance économique et technologique », fait remarquer l’expert.

« L’idée qu’il est possible d’interrompre le développement de la Chine en coupant les ponts avec eux est stupide, cela ne va pas se produire », poursuit-il.

https://www.lalibre.be/economie/entreprises-startup/les-mesures-americaines-contre-tiktok-et-wechat-font-craindre-un-morcellement-de-l-internet-5f2e37899978e2322f083694

Comment Google Et Amazon Financent Les Conspirationnistes

Comment Google Et Amazon Financent Les Conspirationnistes

Forbes

Forbes
GettyImages-1209215937 | Source : Getty Images

Les géants de la technologie, Google et Amazon, vont involontairement consacrer quelque 25 millions de dollars à des sites web diffusant des informations erronées sur le Covid-19 cette année par le biais de leurs plateformes publicitaires numériques, selon une étude du Global Disinformation Index.

Principaux faits

  • Voici comment cela se décompose : Google acheminera la majeure partie des millions – environ 19,2 millions de dollars – vers des sites de désinformation, tandis qu’Amazon apportera 1,7 million de dollars de recettes publicitaires aux sites, selon les estimations du GDI.
  • Google fournit 3 dollars sur chaque 4 dollars de revenus publicitaires générés par les sites de désinformation, selon les données du GDI.
  • La société Open X, spécialisée dans les technologies de la publicité, représente 2,6 millions de dollars, soit 10% des recettes publicitaires des sites.
  • L’étude montre que des publicités d’organisations telles que Merck, L’Oréal, Canon et la British Medical Association, un syndicat de médecins britanniques, sont apparues sur des pages contenant la théorie de la conspiration.
  • « Sur la base de nos résultats, on a découvert que les publicités pour de grandes marques finançaient des histoires qui vantent des remèdes discrédités et dangereux, qui sapent les mesures de confinement du gouvernement, qui assimilent les applications de suivi et de traçage à la surveillance de l’État, et qui véhiculent des théories selon lesquelles le gouvernement chinois et l’élite mondiale devraient être tenus pour responsables de la propagation du virus », a déclaré le GDI.
  • Les chiffres excluent la publicité pour la désinformation sur les médias sociaux et les plateformes vidéo, a déclaré le GDI, ce qui signifie que les chiffres réels pourraient être bien plus élevés.

Informations complémentaires

L’étude était basée sur l’analyse par le GDI de 480 sites de langue anglaise entre janvier et juin de cette année, dont le contenu était dominé par la désinformation sur les coronavirus, et qui comportaient également des publicités. Le GDI a fait des estimations prudentes, et a averti que leurs chiffres ne sont probablement que « la partie émergée de l’iceberg ». Ils estiment également que les recettes publicitaires pourraient avoir été faussées par une augmentation du trafic web global, provoqué par un plus grand nombre de personnes à la maison et à la recherche d’informations en ligne, ainsi qu’une baisse des dépenses publicitaires due à la pandémie.

Commentaire essentiel

Le GDI a déclaré dans un blog : « Alors que les annonceurs braquent les projecteurs sur Facebook et retirent leur inventaire de la plateforme, ils ne doivent pas perdre de vue l’image globale de leurs publicités diffusées sur d’innombrables sites de désinformation à haut risque sur le web. Google, Amazon et d’autres ne devraient pas obtenir de laissez-passer gratuit de la part des annonceurs en cette période de contrôle nécessaire et accru des lieux où leurs annonces apparaissent – et des personnes qu’ils financent ».

Contexte clé

Google et Facebook sont devenus les acteurs dominants de l’industrie publicitaire mondiale grâce à la technologie qui permet de diffuser des annonces sur Internet. Les annonceurs se plaignent depuis des années que leurs produits sont placés à côté de contenus inappropriés ou dangereux par les algorithmes du géant de la technologie. La pandémie et les événements mondiaux sur le racisme ont poussé la Silicon Valley à faire le point sur ce modèle. Verizon a rejoint un boycott publicitaire de Facebook après que des activistes ont souligné que ses publicités apparaissaient aux côtés de vidéos relatives à la théorie du complot QAnon, ainsi que de nombreux autres annonceurs importants de la campagne Stop Funding Hate. Google, Facebook et Twitter ont tous proposé des mesures pour s’attaquer aux contenus trompeurs liés au Covid, et rendre plus difficile pour ses auteurs de tirer profit de leurs plateformes, mais cette crise suscite de nouvelles questions sur les fondamentaux de leurs entreprises axées sur la publicité.

Article traduit de Forbes US – Auteure : Isabel Togoh

<<< À lire également : Covid-19 Et La Déferlante Des Messages Conspirationnistes Sur Les Réseaux Sociaux >>>

https://www.forbes.fr/technologie/comment-google-et-amazon-financent-les-conspirationistes/?cn-reloaded=1

L’internet chinois, instrument central de la puissance de Pékin

LUNDI , 20 AVRIL 2020

Les Yeux du Monde

L’internet chinois, instrument central de la puissance de Pékin

Antoine Vandevoorde 28 mars 2019 Amérique du NordChineConcoursFiches-exemplesGéoéconomieIntelligence économiqueMondialisation et enjeuxSituations décryptées Leave a comment

La Chine est au seuil du statut de superpuissance. Deuxième économie mondiale, le pays est un colosse démographique, commercial, militaire et politique. La puissance de Pékin ne saurait toutefois être analysée sans le prisme de son internet. Celui-ci est devenu l’une des pierres angulaires de son pouvoir d’influence.

Poignée de main entre Cyril Ramaphosa, président de l'Afrique du Sud et Jack Ma, fondateur du champion de l'Internet chinoisd'Alibaba
Rencontre entre le fondateur du champion de l’internet chinois Alibaba Jack Ma, et le président sud-africain Cyril Ramaphosa

Entre 2008 et 2018, l’accès à Internet en Chine est passé de 300 à 802 millions d’usagers, soit 57,7% de la population. Là où le cyberespace induit la libre-circulation des contenus et la liberté d’expression, l’Internet chinois constitue un réel paradoxe. La Chine s’est bâtie, ces deux dernières décennies, un espace virtuel dont censure et volonté de contrôle absolu forment les deux piliers. En 2007 est instaurée une  « cyberpolice », légitimée par un livre blanc sur la répression des contenus en 2010. Cette tendance s’est confirmée avec une guerre menée contre les VPN* (Virtual Personal Networks), l’interdiction de certains média, la possibilité de récolter des données personnelles et le développement d’applications promouvant l’idéologie du parti. Plus qu’un espace informatique classique, l’internet chinois est un intranet géant, un réel SinoNet.

Les champions de l’internet chinois, vecteurs de puissance géoéconomique

Penser la cyber-souveraineté dans un contexte mondialisé induit l’inéluctable interrogation de l’influence étrangère, dont celle des GAFA. Ces entités hégémoniques se voient pourtant asphyxiées dans cette exception numérique chinoise. Google en est en effet banni depuis 2010, alors qu’Apple subit un délaissement de ses produits au profit de marques nationales. Même son de cloche du côté de Facebook et d’Amazon, étouffés par les marketplaces chinoises. En cause, une politique de soutien de la part de Pékin envers ses « pépites » : les BATX. Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi ont acquis un statut d’incontournables en Chine, en témoigne une croissance substantielle sur les marchés nationaux et mondiaux. Ces miroirs des géants américains sont autant de vecteurs géoéconomiques de la puissance chinoise. Ils s’inscrivent dans une ambition globale.

Le cyberespace, nouveau haut lieu de la projection de la puissance chinoise

Outre ses champions, la stratégie de Pékin passe par la promotion de son modèle à l’international. Lors de la Cinquième Conférence Mondiale de l’Internet de Wuzhen (2018), la Chine a témoigné d’une ambition de : « transmettre ses normes à des gouvernements à tendance autoritaire », comme le souligne l’ONG Freedom House. La Chine est également très volontariste technologiquement, avec ses projets en matière de conception et de déploiement d’un réseau 5G. Selon Eric Schmidt, ancien dirigeant de Google, le pays s’achemine vers une position de leadership à échelle mondiale : « Je pense que le scénario le plus probable n’est pas l’éclatement, mais une bifurcation vers un internet mené par la Chine d’une part, et un internet non-chinois mené par les États-Unis d’autre part ». Les toutes prochaines années seront cruciales pour confirmer cette cyber-prophétie.

* VPN : Un VPN est un logiciel permettant d’accéder à un réseau interne (d’une entreprise par exemple). Les VPN sont en outre aujourd’hui employés pour accéder à des réseaux géographiquement éloignés et masquer son adresse IP. En Chine, ils permettent de contourner les interdictions de Pékin en simulant une connexion basée à l’étranger et de rester anonyme dans une certaine mesure.

Infographie internet chinois

Sources :

ALIX Christophe, BALENIERI Raphaël, BATX : les quatre géants du web chinois, Libération, 9 janvier 2018

CHERIF Anaïs. En 2030, Internet sera administré par la Chine et les Etats-Unis, selon l’ancien patron de Google. La Tribune, 25 septembre 2018

FREEDOM HOUSE, Freedom on the Net 2018, The Rise of Digital Authoritarianism, Freedom House, 2018

LIU Zhifan, Internet : la vision « cyber-souveraine » de la Chine, Libération, 6 novembre 2018

MCCARTHY Niall, China Now Boasts More Than 800 Million Internet Users And 98% Of Them Are Mobile, Forbes, 23 août 2018

TRUJILLO Elsa, La Chine, le casse-tête des géants du Web, Le Figaro, 3 août 2016Share

About Antoine Vandevoorde

Antoine Vandevoorde est analyste en stratégie internationale, titulaire d’un Master 2 Géoéconomie et Intelligence stratégique de l’IRIS et de la Grenoble Ecole de Management depuis 2017. Ses domaines de spécialisation concernent la géopolitique du cyberespace, les relations entreprises – Etats, l’intelligence économique et l’Afrique. Il est rédacteur aux Yeux du Monde depuis mars 2019

.https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/asie-oceanie/chine/39930-internet-chinois-puissance-pekin

Cynique, mégalo, immoral: qui est vraiment Mark Zuckerberg ?

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Cynique, mégalo, immoral: qui est vraiment Mark Zuckerberg ?

Par Adrien Schwyter le 04.12.2018 à 07h00, mis à jour le 04.12.2018 à 12h57ABONNÉS

Manipulateur narcissique ou génie utopiste, « Mark Zuckerberg : la biographie » s’attache à traduire le caractère insaisissable et complexe du créateur de Facebook.

Cassant, mégalo, immoral: qui est vraiment Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook ?

Mark Zuckerberg a connu une trajectoire incroyable, de jeune étudiant à Harvard à milliardaire ultra puissant à la tête du premier réseau social.AFP

Sweat à capuche, claquettes aux pieds, allure timide d’étudiant mal à l’aise. Tout le monde sait à quoi ressemble Mark Zuckerberg. Pourtant personne n’arrive à saisir la personnalité de l’énigmatique créateur du réseau social aux plus de 2 milliards d’amis. Daniel Ichbiah réussit dans son très complet Mark Zuckerberg, la biographie (La Martinière) à révéler une esquisse de celui qui peut faire ou défaire désormais les présidents américains depuis l’élection dopée aux « fake news » de Donald Trump.

Pour avoir une idée du phénomène, il suffit de constater qu’aux États-Unis, une minute sur quatre du temps de cerveau disponible sur mobile est consacrée à l’univers Facebook que ce soit sur WhatsApp, Messenger, Instagram ou bien sûr via le réseau social amiral. Le modèle publicitaire de Facebook a dû traverser l’épreuve de Cambridge Analytica, de la directive RGPD sur les données personnelles ou encore des fuites de données. En perdant quelques plumes au passage avec une valorisation ayant fondu de 38% au cours des cinq derniers mois. Pourtant la création de valeur est limpide si on écoute le Zuck de novembre 2007: « Rien n’influence davantage une personne que les recommandations d’un ami en qui il a confiance. Une recommandation fiable, voilà le Graal de la publicité ».

« Ils me font confiance, ces idiots »

Son respect de la confidentialité des données personnelles peut laisser songeur à mesure que les scandales se succèdent. Révélé par Business Insider et repris par Daniel Ichbiah, un échange de messages alors qu’il est encore à Harvard en 2004 éclaire le personnage. « Si tu as besoin d’information sur qui que ce soit à Harvard, demande-moi. J’ai plus de quatre mille e-mails, images, adresses, SMS… ». Avant d’ajouter : « Les gens l’ont proposé d’eux-mêmes. Je ne sais pourquoi ils me font confiance, ces idiots. »

Son mea culpa approximatif suite au scandale Cambridge Analytica est glaçant après la lecture de cette biographie. « J’ai fait toutes les erreurs que vous pourriez faire. Quand j’ai démarré, j’étais très jeune et inexpérimenté. J’ai commis des erreurs techniques et des erreurs de business. J’ai embauché des mauvaises personnes. J’ai fait confiance aux mauvaises personnes. J’ai probablement lancé plus de produits qui ont échoué que la plupart des gens dans leur vie. (…) J’avais l’habitude de penser que la chose la plus importante pour moi, de loin, était d’avoir l’impact le plus positif qui soit dans le monde ». Peu convaincant pour un prodige qui se soucie en réalité peu d’éthique ayant théorisé la fin de la vie privée.

A lire également : Facebook: qui veut la peau de Mark Zuckerberg ?

« Autant les ignorer »

Surtout quand des demandes remontent des utilisateurs à Facebook pour créer de nouvelles fonctionnalités ou abandonner certaines, le jeune geek n’en a cure, lâchant un cynique : « Ils ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent, donc autant les ignorer. »

https://www.challenges.fr/high-tech/cassant-megalo-immoral-qui-est-vraiment-mark-zuckerberg_629711

Pourquoi LIBRA EST CRITIQUEE AVANT MêME SON LANCEMENT ?

POURQUOI LIBRA EST CRITIQUEE AVANT MÊME SON LANCEMENT ?

Pourquoi Libra est critiquée avant même son lancement ?

ACTUALITÉClassé sous :INTERNET , BITCOIN , CRYPTOMONNAIELire la bioFabrice AuclertJournaliste

Publié le 23/06/2019

Comme prévu, Facebook a officiellement lancé sa monnaie virtuelle qui pourra être utilisée via Messenger et WhatsApp. Mais déjà, des voix s’élèvent contre cette cryptomonnaie accusée de faire le jeu du blanchiment d’argent ou de concurrencer les monnaies d’État.Vous aimez nos Actualités ?Inscrivez-vous à la lettre d’information La quotidienne pour recevoir nos toutes dernières Actualités une fois par jour.

Visa, Mastercard, Paypal, Vodafone, Free ou encore Uber et Lyft… Des dizaines de géants de la high-tech et du système bancaire, mais aussi des ONG, épaulent Facebook pour le lancement de Libra, une cryptomonnaie destinée aux utilisateurs de Facebook et de WhatsApp, soit plus de deux milliards d’internautes !

L’idée est simple : bénéficier d’un porte-monnaie virtuel pour acheter et vendre des biens, via la messagerie instantanée, sans passer par une banque. Le tout avec une devise équilibrée dont la valeur est indexée sur plusieurs monnaies en vigueur pour éviter toute spéculation. Date de lancement ? Début 2020.

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La France et les États-Unis y sont opposés

Le projet est très ambitieux mais il s’attire déjà les foudres des administrations. En France, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a rappelé qu’une entreprise privée ne pouvait pas créer une monnaie, concurrente des devises d’État. Du côté des États-Unis, où Facebook est sous le coup d’une enquête judiciaire pour la collecte et l’exploitation des données personnelles de ses membres, une parlementaire, qui dirige la Commission des Services financiers, exige que Facebook se présente devant le Congrès pour répondre aux inquiétudes et aux questions des représentants.

D’autres craignent que ce ne soit le moyen idéal pour blanchir de l’argent. Réponse de David Marcus, qui dirige cette nouvelle entité, au micro de France Info : « Si un réseau tel que celui-ci émerge avec beaucoup plus de transactions numériques, beaucoup plus de traçabilité, je pense qu’on va grandement améliorer l’efficacité des programmes anti-blanchiment et notamment à travers les porte-monnaie numériques qui seront régulés sur ce nouveau réseau. »

Cette monnaie virtuelle ne pourra être utilisée qu'avec WhatsApp et Facebook Messenger. Un mode de fonctionnement qui inquiète. © Quka, Shutterstock

Cette monnaie virtuelle ne pourra être utilisée qu’avec WhatsApp et Facebook Messenger. Un mode de fonctionnement qui inquiète. © Quka, Shutterstock 

Au consommateur de décider si c’est un bon système ou pas ?

Du côté des consommateurs, Consumer Choice Center, équivalent de Que-Choisir à travers le monde, regrette que les législateurs réclament la suspension du projet : « Contrôler la réglementation sur Internet et les sociétés financières est important, mais la mentalité de« légiférer d’abord, d’innover plus tard », qui est apparue en réponse à Libra, devrait mettre tous les internautes en pause. Si chaque nouvelle innovation Internet est désormais soumise à l’approbation du Congrès, ce serait un dangereux précédent pour l’avenir du choix du consommateur en ligne », a déclaré Yaël Ossowski, dirigeant de cette association de défense du consommateur. Les consommateurs ont le droit de choisir s’ils souhaitent utiliser des crypto-monnaies ou des réseaux sociaux, et sont conscients des risques et des avantages considérables qui en découlent. Les utilisateurs recherchent une alternative et s’intéressent aux nouveaux outils numériques en ligne. C’est pourquoi, il y a un tel intérêt. »POUR EN SAVOIR PLUS

La cryptomonnaie de Facebook arrive le 18 juin

Une dirigeante de Facebook a confirmé l’arrivée prochaine de la monnaie virtuelle de Facebook. Elle sera indexée sur plusieurs monnaies pour éviter les fluctuations et parmi les différents objectifs du réseau social, il y a l’idée de mettre en place un authentique réseau de distribution semblable à celui des distributeurs de billets actuels. 

Publié le 10/06/19 par Fabrice Auclert

Différentes sources s’accordent sur la date de lancement officielle de la nouvelle cryptomonnaie de Facebook, qui porte le nom de code Libra, et ce serait pour le 18 juin. L’information a notamment été confirmée par Laura McCracken, à la tête des services financiers et des partenariats pour les paiements de Facebook pour l’Europe du Nord, dans une interview accordée au journal allemand WirtschaftsWoche.

Pensant l’information déjà publique, Laura McCracken a indiqué que Facebook publiera à cette date un livre blanc détaillant le fonctionnement de la cryptomonnaie, et a confirmé qu’elle serait liée à plusieurs devises différentes, plutôt que le dollar seul, afin d’éviter les fluctuations.

Des transferts d’argent sans frais

La cryptomonnaie est prévue pour passer outre les frontières géopolitiques et pourra être transférée sans frais via ses applicationsMessenger et WhatsApp partout dans le monde. La firme compte notamment en faire la promotion dans les pays en voie de développement, où elle pourrait constituer une alternative stable aux monnaies locales volatiles.

Selon The Information, la firme compte aussi encourager son utilisation dans le monde physique, en installant notamment des machines similaires aux distributeurs de billets, qui permettront d’échanger des devises contre des jetons de sa cryptomonnaie. Facebook compte également proposer des bonus à l’inscription, en partenariat avec des marchands qui accepteront cette nouvelle monnaie.


Facebook Coin : un projet de cryptomonnaie via WhatsApp et Messenger en préparation

Les principaux réseaux sociaux préparent des projets de cryptomonnaie, basés sur la blockchain, pour concurrencer les banques et permettre aux internautes d’effectuer des transferts d’argent ou des paiements directement depuis leurs messageries comme WhatsApp ou Messenger.

Publié le 05/03/19 par Fabrice Auclert

Les cryptomonnaies, comme Bitcoin, ont gagné en popularité ces dernières années, mais sont encore loin d’une adoption massive par le grand public. Certains acteurs du Web, comme Facebook, Telegram ou Signal veulent changer la donne en introduisant leurs propres monnaies virtuelles.

Le but est de permettre aux utilisateurs des réseaux sociaux de s’envoyer de l’argent très simplement, à l’instar de PayPal, mais via leur messagerie, de manière instantanée et sans être gênés par les frontières nationales. Ce système permettrait non seulement des paiements simples et rapides dans le monde entier, mais serait accessible à de nombreuses personnes dans des régions moins développées qui n’ont pas accès à un système bancaire.

De multiples initiatives à travers le monde

Le plus grand projet actuellement est certainement celui de Facebook, destiné aux utilisateurs de son application WhatsApp. Si les détails sont gardés secrets, le géant du Web aurait mis au moins 50 ingénieurs dessus, et serait en discussion avec des plateformes d’échange de cryptomonnaies pour la mise sur le marché de la monnaie Facebook, baptisée « Facebook Coin ». Elle serait directement liée à plusieurs monnaies réelles, comme les dollars, les euros et d’autres, et la firme garantirait une valeur fixe.

Des projets similaires seraient en cours chez Telegram, qui compte 300 millions d’utilisateurs à travers le monde, ainsi que Signal, une messagerie chiffrée. Mais le mouvement ne se limite pas à l’Occident, avec des monnaies virtuelles prévues entre autres chez Kakao en Corée du Sud, et Line au Japon.

https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/internet-libra-critiquee-avant-meme-son-lancement-75230/#xtor=EPR-17-%5BQUOTIDIENNE%5D-20190624-%5BACTU-Pourquoi-Libra-est-critiquee-avant-meme-son-lancement–%5D

CENSURE : APRÈS LE SECTEUR DE LA RECHERCHE, C’EST AU TOUR DE L’INFORMATION !

CENSURE : APRÈS LE SECTEUR DE LA RECHERCHE, C’EST AU TOUR DE L’INFORMATION !

« À force de tout voir l’on finit par tout supporter…

À force de tout supporter l’on finit par tout tolérer…

À force de tout tolérer l’on finit par tout accepter…

À force de tout accepter l’on finit par tout approuver ! »

(Saint Augustin)

Et, c’est bien ce à quoi l’on assiste aujourd’hui dans le domaine ô combien sensible de la défense des libertés publiques dans notre pays. Décidément, plus la Macronie se sent assiégée, plus elle se cabre comme le font traditionnellement les régimes autoritaires. Malheureusement, les exemples de cette dérive « illibérale » auraient tendance à se multiplier au cours des derniers mois, des dernières semaines. Nous avons eu l’occasion d’en informer nos fidèles lecteurs afin de les alerter sur ces facéties d’un régime qui est de plus en plus aux abois et qui pratique une forme pernicieuse de censure inacceptable de la part d’un pays qui s’autoproclame « patrie des droits de l’homme » et qui se présente comme un modèle à suivre de démocratie et d’état de droit. Dans la pratique, le moins que l’on puisse dire est que la réalité est plus contrastée. Un léger retour en arrière s’impose pour mieux comprendre l’état de la situation actuelle de la liberté d’expression dans notre pays : centres de recherche déviants, journalistes indiscrets, pressions sur les quotidiens régionaux libres et vaste plaisanterie de la récente loi sur les « infox ». Pour conclure, nous évoquerons la vérité de la République des bobards.

LA CENSURE DES CENTRES DE RECHERCHE DÉVIANTS

En février 2017, nous stigmatisions la censure sévissant au Quai d’Orsay à l’égard d’un blog consacré à la défense des libertés publiques1. En avril 2019, nous prenions note de la question de la censure française, en général et des foudres qui se sont abattues sur le colonel François-Régis Legrier, après son article sur la Revue défense nationale, critique intitulé : « La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ? »2. L’agence française de développement a annulé la publication d’un dossier sur le Mali qui devait paraître dans sa revue Afrique contemporaine, animée par des chercheurs-universitaires, provoquant une mini-fronde dans le milieu de la recherche sur l’Afrique3. Manifestement, toute vérité – autre que la vérité officielle (la pravda pour reprendre le terme consacré) – n’est pas bonne à dire au pays qui se revendique de la liberté d’expression. Voilà pour le monde de la recherche dont on comprend qu’il est tenu brides courtes afin qu’il ne s’avise pas de critiquer la doxa. Et ce ne sont là que les exemples médiatisés. L’arbre qui cache la forêt tant les centres de recherche dépendant des subsides publiques (l’argent du contribuable) doivent marcher au pas s’ils veulent survivre. C’est du donnant-donnant, je te tiens, tu me tiens par la barbichette. On comprend mieux pourquoi la pensée libre, iconoclaste, non-conformiste est de plus en plus cadenassée dans l’hexagone. Haro sur tout ce qui fait preuve de sens critique.

Hier, l’on s’attaquait à la recherche en lui supprimant des subsides pour la faire rentrer dans le rang, aujourd’hui c’est au tour des médias de goûter aux joyeusetés de la dictature macronienne, digne des grands classiques de la période communiste.

LA MISE À L’INDEX DES JOURNALISTES INDISCRETS

Il y a peu des journalistes du site Disclose qui enquêtaient sur les livraisons d’armes au Yémen étaient convoqués au siège de la DGSI à Levallois-Perret (la bonne ville du bon maire, Patrick Balkany) pour leur rappeler que la publication de notes confidentielles de la DRM s’apparentait à une compromission du secret de la défense nationale, délit passible de poursuites pénales4.

Après, c’est la journaliste Ariane Chemin qui fait les frais de la vindicte jupitérienne sans parler du Directeur du Monde. Elle est convoquée comme suspecte par la DGSI en marge de l’affaire Benalla5. Cela fait suite à la tentative de perquisition de Mediapart dans le même dossier et aux auditions comme suspects de journalistes dans le dossier des armes françaises au Yémen6. À chaque fois, les enquêtes sont dirigées par le même homme : le procureur Rémy Heitz7, un juge soi-disant indépendant et impartial aux ordres de l’Élysée, le petit doigt sur la couture du pantalon. L’affaire commence à faire des vagues si l’on en croit la revue de presse effectuée par le ministère des Armées (DICOD).

Début de citation

« La convocation d’A. Chemin, grand reporter au Monde (cf. LCI, Reuters, Europe 1, franceinfo: …) dans le cadre de l’affaire Benalla, et celle des journalistes de Disclose au sujet des exportations d’armement à l’Arabie saoudite – une démarche « vaine » pour L’Obs – a suscité une « vague d’indignation » (AFP). Libération va ainsi dans ce sens, affirmant que « les autorités défient la presse », en sortant « la carte du secret Défense », « pour faire pression sur les journalistes et intimider leurs sources ». Cf. aussi l’édito de L. Joffrin, qui estime que « cela commence à en faire beaucoup [de convocations] » et martèle que « le rôle des journalistes est de cerner l’action exacte de la France dans un conflit extérieur » ou encore « de montrer qu’un militaire aux responsabilités sensibles se livre aussi à d’étranges opérations avec un oligarque russe, en contradiction avec sa mission ». L’AFP signale également que « le président du directoire du Monde, L. Dreyfus, a été convoqué à son tour par la DGSI, dans les mêmes circonstances qu’A. Chemin » le 29/05 prochain. RFI en vient à se demander : « la DGSI est-elle l’ennemi de la liberté de la presse ? ».

Dans ce contexte, V. Oberti, journaliste pour « Quotidien » (TMC), révèle qu’elle a été convoquée « en audition libre » le 15/02 par la DGSI pour « compromission du secret de la Défense nationale », alors qu’elle « travaillait sur les ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et aux EAU ». Elle avance que F. Parly a « esquivé ses questions » et que ses « services ont immédiatement enclenché une procédure judiciaire » qu’elle qualifie « d’intimidation ». Cf. aussi AFP, franceinfo:, ouest-france.fr. Elle évoque également le cas de M. Despratx (Disclose) convoqué le 28/05 par la DGSI en tant que simple témoin, statut qui l’empêche « d’être assisté d’un avocat » et de « garder le silence pour sa défense ».

Par ailleurs, S. N’Diaye, porte-parole du gouvernement, rappelle sur Europe 1 que l’on « ne peut pas dévoiler l’identité d’un agent qui appartient aux forces spéciales » et estime que « les journalistes sont des justiciables comme les autres ». De plus, elle assure que ces convocations ne remettent pas en cause l’« attention portée au secret des sources », indiquant qu’il « est normal qu’un État protège un certain nombre de données qui sont nécessaires à des activités […] de Défense extérieure et des activités militaires ». Cf. aussi AFP »8.

Fin de citation

Ceci se passe de commentaires !

Mais, l’affaire n’en reste pas là. Reportons-nous à la revue de presse du ministère des Armées du 24 mai 2019 qui nous dresse un panorama assez complet des réactions des médias à une affaire qui laissera des traces, qu’on le veuille ou non.

Évoquant à nouveau les récentes convocations de journalistes par la DGSI dans le cadre de l’affaire Benalla et des exportations d’armement à l’Arabie saoudite, plusieurs rédactions, dont LCI et Sud Ouest, rappellent que « le président du directoire du journal Le Monde, L. Dreyfus, est également convoqué le 29/05 par la DGSI, dans les mêmes circonstances qu’A. Chemin, grand reporter au quotidien ». Dans ce contexte, l’émission « Quotidien » (TMC) met en avant la « définition du secret Défense sur le site du ministère des Armées », l’opposant au secret des sources avec la loi sur la liberté de la presse du 29/07/1881. À l’instar du programme, quelques médias citent les propos de Nathalie Loiseau, tête de liste Renaissance aux élections européennes, qui a estimé hier sur France Inter au sujet de ces convocations : « Cela commence à faire beaucoup ». « Mais [la candidate] ne voit pas le problème », fustige marianne.net. Cf. aussi Paris-Normandie, France 24, RFI…). En outre, le président du Collectif « Informer n’est pas un délit », É. Perrin, affirme sur le site de L’Obs que « l’objectif de la DGSI est de dissuader les journalistes d’enquêter et les sources potentielles de s’exprimer », alors que « le secret Défense ne saurait être opposé au droit à l’information ». De son côté, leparisien.fr, qui fait témoigner G. Livolsi (Disclose), interroge : « Les journalistes sont-ils « des justiciables comme les autres » ? », posant également la question pour le cas de C. Wakrim : « Qu’est-ce qui prévaut ? La Défense nationale ou la démocratie ? ». Sur lopinion.fr, A. Lévrier, maître de conférences à l’université de Reims spécialisé dans les médias, également interrogé par France Culture, juge que « des journalistes à la DGSI, c’est un symbole aussi fort qu’E. Plenel sur écoute sous Mitterrand ». Selon lui, la « publicité de ces convocations exerce une pression sur les informateurs eux-mêmes, qui peuvent se dénoncer spontanément ou être dissuadés de parler à l’avenir », convaincu que « l’effet est clairement d’intimider la presse (Cf. RFI)9.

Mais, la coupe n’est pas encore pleine. Pourquoi se priver lorsque l’on est déjà en si bon chemin sur la voie d’une mise au pas autoritaire de toute pensée déviante dans la patrie des Lumières et de la liberté d’expression.

LES PRESSIONS SUR LES QUOTIDIENS RÉGIONAUX LIBRES

Pour des raisons déontologiques, deux journaux régionaux (La Voix du Nord et Le Télégramme) ont refusé de prendre sous la dictée l’entretien qu’Emmanuel Macron a organisé avec l’ensemble de la presse régionale à la veille des élections au Parlement européen du 26 mai 2019. Vulgaire opération de propagande digne de la Corée du nord de Kim Jong-un. L’opération de communication ratée de l’Élysée est la dernière illustration en date du mépris que le chef de l’État ne cesse de manifester à l’encontre du droit de savoir des citoyens10. Et dire que le président de la République n’hésite pas à condamner les atteintes à la liberté de la presse en Pologne11, en Hongrie12… Il est vraiment mal placé pour s’ériger en donneur de leçons. Ainsi va la Macronie triomphante et conquérante. Mais, chaque jour nous livre une information inquiétante sur l’état de nos libertés fondamentales dans la patrie autoproclamée des droits de l’homme qui se permet le luxe de faire la leçon de morale à la terre entière avec l’arrogance qui sied à la Grande Nation !

Et, notre sidération est encore plus grande lorsque nous découvrons la réalité de la loi sur les « fake news » adoptée il y a peu pour contrer les bobards venus de Russie.

LA VASTE BLAGUE DE LA LOI SUR LES « INFOX »

Reprenons ce qu’écrit le quotidien Le Monde sur le sujet et qui ne manque pas de sel pour celui qui prend le temps de lire et d’analyser ce que les mots signifient aujourd’hui en Macronie !

Début de citation

« Baptême du feu pour la loi sur les infox, censée lutter contre la diffusion de fausses nouvelles et promulguée le 23 décembre 2018. Désireux de prendre le gouvernement à son propre jeu, deux parlementaires du Parti communiste (PCF), le sénateur des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias et la députée européenne Marie-Pierre Vieu, ont voulu démontrer que « la loi sur les fausses nouvelles qui devait tout régler ne règle rien ». Ils ont ainsi attaqué devant le tribunal de grande instance de Paris les déclarations faites sur le réseau social Twitter le 1er mai par Christophe Castaner après l’entrée de manifestants dans un hôpital parisien. « Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l’ordre : elles sont la fierté de la République », avait tweeté le ministre de l’intérieur. Ces déclarations avaient ensuite été démenties par les faits : l’événement reconstitué par différents journaux, dont Le Monde, avait finalement peu à voir avec la version du ministre. Ce dernier en avait d’ailleurs convenu, reconnaissant que le terme « d’attaque » n’était pas approprié.

S’emparant de cette infox, les deux parlementaires ont assigné en référé Twitter devant le tribunal de grande instance de Paris, enjoignant au réseau social de supprimer le Tweet de Christophe Castaner, et ce, afin de « faire cesser la diffusion d’allégations ou d’imputations présentées comme inexactes et trompeuses ». Dans un jugement rendu le 17 mai, le tribunal a débouté les plaignants, ce qui était précisément le but recherché. « Nous voulions démontrer par l’absurde – ce qui est parfois comme en mathématiques la méthode la plus efficace – que cette loi ne servait à rien », explique Pierre Ouzoulias, qui rappelle que le Sénat avait « refusé deux fois – à l’exception des sénateurs La République en marche – de discuter du texte[par une procédure de renvoi en commission]. Au mieux, il était inutile, au pire liberticide ». Pourquoi s’en être pris à Christophe Castaner ? « Au Sénat, on nous a présenté cette loi comme une façon de mettre fin aux ingérences de la Russie. On voit bien que l’ingérence peut venir d’ailleurs. » En s’emparant de cette affaire, les juges rappellent les conditions drastiques d’application de cette loi, qui ne peut s’exercer que pendant les périodes électorales. Sur la fausseté de l’information, le tribunal a tout d’abord jugé que, si « le message de Christophe Castaner apparaît exagéré (…), cette exagération porte sur des faits qui, eux, sont réels. (…) La condition selon laquelle l’allégation doit être manifestement inexacte ou trompeuse n’est pas remplie.

Ensuite, il aurait fallu que la diffusion du « Tweet litigieux » soit « cumulativement massive, artificielle ou automatisée ». Autrement dit, Christophe Castaner aurait par exemple dû acheter de la publicité à Twitter pour accroître la caisse de résonance de son message. Or, les juges n’ont trouvé aucun « élément démontrant l’utilisation de tels procédés ». Enfin, le juge des référés devait « apprécier le caractère manifeste du risque d’altération de la sincérité du scrutin, lié à la diffusion de ce Tweet », et ce, à quelques semaines alors seulement des élections européennes, qui se tiendront le 26 mai. Au final, grâce aux différentes versions de l’événement relatées dans les journaux, « chaque électeur [a pu] se faire une opinion éclairée, sans risque de manipulation ». Cette dernière condition du texte est par essence absurde, selon Pierre Ouzoulias : « Jamais personne ne pourra prouver qu’une fausse nouvelle puisse avoir de l’influence sur un scrutin qui ne s’est pas encore déroulé. » Dernière difficulté, le tribunal a jugé que Twitter France n’était pas l’entité à saisir. Les plaignants auraient dû se tourner vers Twitter Irlande. Or, dans la mesure où c’est une société étrangère, cela freine la « procédure d’urgence ». « Le texte montre surtout qu’il faut une véritable régulation des contenus sur les réseaux sociaux », conclut M. Ouzoulias »13.

Fin de citation

LA VÉRITÉ SUR LA RÉPUBLIQUE DES BOBARDS

Pas très glorieux en vérité lorsque l’usine à bobards de la Macronie fonctionne à plein régime depuis plusieurs mois. L’hebdomadaire Marianne s’est même autorisé à dresser la liste des « 12 intox pour nous faire avaler la pilule » : Alsthom ; mariage Fiat-Chrysler-Renault ; prise de relais de l’industrie par le secteur des services ; les robots sont nos partenaires ; la concurrence va faire baisser les prix de l’électricité ; l’État ne laissera pas faire Ford ; les décisions prises dans le seul but de sauver la planète mais qui servent à taxer ou à licencier ; l’investissement étranger va nous sauver ; l’Union européenne, c’est la société de la connaissance ; il n’y a qu’à produire du haut de gamme pour sauver notre industrie ; l’entreprise n’est pas la mission de l’État14. Pendant ce temps, notre sinistre menteur qui a pour nom Bruno Le Maire se pavane durant un week-end au Palace de Montreux pour participer à la très secrète conférence annuelle du groupe Bilderberg qui réunit le gratin de l’élite mondiale. « Le Forum de Davos, en comparaison, ressemble à un club de vacances pour familles démunies ». On y dissertait de l’avenir du capitalisme ou de l’arme des réseaux sociaux. Selon, le président du millésime 2019, Henri de Castries, ancien patron d’AXA, actuel président de l’Institut Montaigne, il importe de procéder à « une sélection très scrupuleuse des participants afin de privilégier qui ont une pensée »15. Rassurez-vous, ni vous, ni moins n’avons une pensée digne de ce nom en ces temps de pensée unique et verrouillée par le pouvoir autoritaire et vertical d’Emmanuel Macron. Une citation nous vient à l’esprit pour caractériser cette situation délétère :

« L’agitateur oppose le peuple ordinaire aux solides instincts à l’élite des salons sophistiqués et des snobinards des grandes villes » (Leo Löwenthal et Norbert Guterman, dans Les prophètes du mensonge (éditions de La découverte, 2019).

Mais tout va très bien Madame la Marquise ! La liberté de la presse et la liberté d’informer ne sont ni menacées ni réduites en France, déclare le 24 mars 2019 Emmanuel Macron, défendant la convocation récente de plusieurs journalistes à la DGSI, une mesure qui a suscité protestations et inquiétudes au sein de la profession. Après cette déclaration forte, nous sommes pleinement rassurés sur les intentions pures de Kim Jong-Macron pour faire entrer la France dans le Nouveau Monde promis près de la pyramide du Louvre un soir de mai 2017. Une France de la liberté sous toutes ses formes, garantie par son guide suprême…

« Le temps des tyrans »16 ne semble pas être l’apanage des démocratures que nous n’avons de cesse de stigmatiser au nom de la destinée manifeste du Peuple français. Emmanuel Macron et toute sa mauvaise troupe de « spin doctors » y prennent aujourd’hui toute leur part dans une indifférence quasi générale17. C’est vraisemblablement ce que Jupiter qualifie de défense des valeurs, fausses dans le cas d’espèce. Comment résoudre de graves problèmes si les chercheurs et les journalistes ne disposent pas du droit élémentaire d’en parler librement, sans contraintes excessives ?18

Le fait de décrire la réalité sans être ostracisé semble impossible. « Sur le sujet européen, spécialement depuis l’élection d’Emmanuel Macron, ce qui se passe en France, a certaines similitudes avec l’époque communiste »19. Reste qu’il y a, dans les poussées totalitaires si bien décrites récemment par Michel Onfray20, une alerte à prendre au sérieux : celle vieille comme le monde, de la servitude volontaire21. On ne peut que regretter l’obstination des hommes qui voient venir le drame sans pour autant l’empêcher. Mais aussi l’écart entre notre fiction politique et sa réalité22.

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Après le monde de la recherche vient le temps de la chasse aux sorcières dans le monde de l’information. Et, cela commence à devenir très sérieux pour le sérieux de notre pays sur la scène européenne et internationale.

Jean Daspry
17 juin 2019

1 Jean Daspry, Censure au Quai d’Orsay ? À mourir de rirewww.prochetmoyen-orient.ch , 6 février 2017.
2 Jean Daspry, Le colonel a dit la vérité, il doit être exécutéwww.prochetmoyen-orient.ch , 25 février 2019.
3 Jean Daspry, Censures françaises. Suitewww.prochetmoyen-orient.ch , 1er avril 2019. 
4 Jacques Peyremaux, La presse sous haute surveillance…, Marianne, 14-20 juin 2019, p. 56.
5 Franck Johannès, Affaire Benalla : Ariane Chemin et Louis Dreyfus devant la DGSI, Le Monde, 1er juin 2019, p. 15.
6 Guillaume Berlat, Ventes d’armes, défense des valeurs, mensonge d’État…, www.prochetmoyen-orient.ch , 29 avril 2019.
7 Fabrice Arfi, Un procureur contre l’information, un pouvoir contre le journalismewww.mediapart.fr , 22 mai 2019.
8 Focus Défense, Convocation de journalistes par la DGSI, 23 mai 2019.
9 Convocation de journalistes par la DGSI, Focus Défense, Ministère des Armées, 24 mai 2019.
10 Laurent Mauduit, « La Voix du Nord » et le « Télégramme » refusent d’obtempérer à la « convocation » de Macron, www.mediapart.fr , 21 mai 2019.
11 Jakub Ivaniuk, Le risque d’enlisement de la Pologne dans l’autoritarisme, Le Monde, 12 juin 2019, p. 29.
12 Jean-Baptiste Chastand, Un chercheur hongrois raconte la chasse aux sorcières d’Orban, Le Monde, 25 mai 2019, p. 31.
13 Sandrine Cassini, Premier désaveu pour la loi sur les « infox », Le Monde, 24 mai 2019, p. 18.
14 Franck Dedieu, La casse économique. Les 12 intox pour nous faire avaler la pilule, Marianne, 7-13 juin 2019, pp. 10 à 18
15 Jack Dion, L’élite en conclave, Marianne, 7-13 juin 2019, p. 20.
16 Alain Frachon, Un temps des tyrans, Le Monde, 24 mai 2019, p. 30.
17 Cédric Pietralunga, Sibeth Ndiaye, la mue d’une soldate du macronisme, Le Monde, 30-31 mai 2019, p. 10.
18 Laurent Valdiguié, Des journalistes sous surveillance, Marianne, 31 mai-6 juin 2019, p. 20.
19 Marek Gladysz, « L’Union européenne de Macron a certaines similitudes avec l’époque communiste », Valeurs actuelles, 23 mai 2019, pp. 84-85.
20 Michel Onfray, Théorie de la dictature, Robert Laffont, 2019.
21 Alexandre Devecchio, 1984 ou l’Europe de Maastricht, Le Figaro Magazine, 17 mai 2019, p. 42.
22 Juan Branco, Contre Macron, éditions Divergences, 2019, p. 93.

CENSURE : APRÈS LE SECTEUR DE LA RECHERCHE, C’EST AU TOUR DE L’INFORMATION !

Snowden et le contrôle électronique du parc humain

Snowden et le contrôle électronique du parc humain

Les Carnets de Nicolas Bonnal

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Snowden et le contrôle électronique du parc humain

L’expression parc humain vient de l’incertain Sloterdjik, néo-penseur allemand des nullissimes nineties,aujourd’hui bien oublié. Elle me paraît pourtant bonne. Pour savoir comment nous avons été domestiqués par le marché et par l’étatisme moderne, on relira les classiques que je n’ai cessé d’étudier ici-même : Debord, Mattelart, Marx, Heidegger, Tocqueville et bien sûr Platon (le chant VIII j’allais dire, de la république, qui précise comment on ferme les âmes, pour retourner l’expression du bon maître Allan Bloom). Parfois un contemporain comme l’historien américain Stanley Payne résume très bien notre situation de résignés, d’anesthésiés et de petits retraités de l’humanité. Comme dit l’impayable Barbier, les retraités ont pardonné à Macron. Alors…

J’ai écrit trois livres, tous différents, sur Tolkien en insistant sur le point essentiel de son grand-œuvre populaire dont je pensais qu’il ouvrirait nos âmes (mais quelle forfanterie, mais quelle erreur encore…) : ne pas utiliser les armes du système. Or en utilisant sa matrice électronique et son medium-message, nous n’avons fait que le renforcer. A preuve la lâcheté et l’indifférence dont nous avons fait preuve le jour où ce bon système est venu, avec ses loups et ses agents, arrêter le plus célèbre des nôtres, le malheureux (et pas même martyr, parce que pas très courageux non plus) Assange. En prétendant lutter contre le système en cliquant nous l’avons renforcé, utilisant son terrain, alors que Sun Tze nous recommande de ne pas le faire.

« Mettez-vous au faite du terrain et choisissez ce qu’il y aura de plus avantageux pour vous… »

Or en se mettant dans l’espace virtuel où nous sommes contrôlés vingt-quatre heures sur vingt-quatre… Mais passons. J’ai eu assez de clics contre moi (« mais pour qui ce méprisant se prend, je suis rebelle moi, mais le système s’écroule quoi ») pour savoir où j’en suis.

Un qui semble avoir compris cette réalité de nos royaumes peu combattants est le réfugié Snowden, rongé par le calvaire juridique que subissent du fait de leur aide plusieurs de ses anciens amis. Snowden ne voit pas du tout le système en crise, et il a bien raison Snowden. Le système devenu tout-puissant dans les années 2010 (migrants, Lybie, Syrie, théorie du genre, Facebook-Twitter, métastase du contrôle fiscal, intellectuel, facial…) triomphe aussi avec ses adversaires chinois ou russe (merde, depuis quand ces deux puissances incarneraient la liberté ?). Le système triomphe et nous dévore exsangues. Il laissera la chair comme ces pumas qui ne se repaissent que du sang des brebis dans mes pampas. Et on consommera sans sourciller cette chair quand on nous interdira la consommation de viande.

On l’écoute alors Snowden repris par zerohedge.com, le blog du gloom and doom qui ne s’est jamais fait trop d’illusion sur notre résistance néostalinienne ou identitaire.

« Le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden, a déclaré jeudi que les personnes dans les systèmes de pouvoir avaient exploité le désir humain de se connecter afin de créer des systèmes de surveillance de masse. Snowden  est apparu  à l’Université Dalhousie de Halifax, en Nouvelle-Écosse, via un flux en direct de Moscou, pour prononcer un discours liminaire  sur  la série de dialogues ouverts de l’université canadienne. »

La suite n’avait rien de rassurant. On imagine le décor du Ghost writer de Polanski ou d’un championnat mondial et glacial d’échecs (le film de Zwick sur Bobby Fisher était aussi très bon) :

« Pour le moment, a-t-il dit, l’humanité est dans une sorte de « moment atomique » dans le domaine de l’informatique. « Nous sommes en train de procéder à la plus grande redistribution du pouvoir depuis la révolution industrielle, et cela est dû au fait que la technologie offre une nouvelle capacité », a déclaré Snowden. »

Le techno-servage que j’évoquais dans mon livre sur Internet nouvelle voie initiatique est en place :

« C’est une influence qui touche tout le monde à tout endroit », a-t-il déclaré. « Il n’a aucun respect pour les frontières. Sa portée est illimitée, si vous voulez, mais ses garanties ne le sont pas. »  Sans de telles défenses, la technologie peut affecter le comportement humain. »

Le grand triomphateur est le pouvoir bancaire-institutionnel qui peut nous priver à tout moment de notre liberté ou même… de notre argent (mot plus éclairant que liberté) :

« Les institutions peuvent « surveiller et enregistrer les activités privées des personnes sur une échelle suffisamment large pour que nous puissions dire que cela est proche de la toute-puissance », a déclaré Snowden. Ils le font via « de nouvelles plateformes et de nouveaux algorithmes », grâce auxquels « ils peuvent changer notre comportement. Dans certains cas, ils sont capables de prédire nos décisions – et aussi de les pousser – à des résultats différents. Et ils le font en exploitant le besoin humain d’appartenir. »

Les gens se sont jetés sur Facebook. Et pourtant…

« Nous ne nous inscrivons pas pour cela », a-t-il ajouté, écartant ainsi l’idée que les gens sachent exactement à quoi s’en tenir avec les plateformes de médias sociaux comme Facebook.

« Combien d’entre vous qui ont un compte Facebook lisent réellement les conditions d’utilisation? » demanda Snowden. « Tout a des centaines et des centaines de pages de jargon juridique que nous ne sommes pas qualifiés pour lire et évaluer – et pourtant, ils sont considérés comme contraignants pour nous. »

Le contrôle par les algorithmes. On se souvient de ces cathos extatiques qui partaient se faire casser la gueule dans les rues pour défendre « la famille », et qui une fois leurs cathédrales incendiées ou occupées par les islamistes, se sont empressés d’aller voter LREM à Paris ou ailleurs. Dix ans de dressage face de bouc par les algorithmes-système cela vous reformate un cerveau. De toute manière, voter pour le reste des partis… Lisez le dernier texte de Dimitri Orlov, très bon là-dessus.

Puis Snowden résume le piège. Comme toujours, l’enfer était pavé de bonnes intentions « (vous serez comme des dieux »…) :

« C’est grâce à ce type de connexion technologique impie et à une sorte d’interprétation inhabituelle du droit des contrats « , a-t- il poursuivi, « que ces institutions ont été en mesure de transformer cette plus grande vertu de l’humanité, à savoir le désir d’interagir et de connecter coopérer et partager – transformer tout cela en une faiblesse « .

« Et maintenant », a-t-il ajouté, « ces institutions, à la fois commerciales et gouvernementales, se sont inspirées de cela et … ont structuré cela et l’ont ancré là où elles sont devenues le moyen de contrôle social le plus efficace de l’histoire de notre espèce.  »

« Peut-être que vous en avez entendu parler », a déclaré Snowden. « C’est une surveillance de masse. »

Quand je vois ces ados ou ces vieux  le nez piqué dans leur smartphone (smart désigne la douleur en saxon, la mort en russe) je me dis que nous avons du souci à nous faire ou à botter en touche.

Une solution ? Celle qu’indiquait Carl Schmitt dans son maître-opus sur le Partisan : le tellurisme. C’était celle aussi du cosmonaute dans 2001 : éteindre l’ordinateur-système pour repasser en contrôle manuel.

 

Sources

ZeroHedge.com

Nicolas Bonnal – Internet nouvelle voie initiatique (Les Belles Lettres) ; Les mystères de Stanley Kubrick (éditions Dualpha).

https://www.dedefensa.org/article/snowden-et-le-controle-electronique-du-parc-humain

Visa: les USA exigent votre identité sur les réseaux sociaux

Visa: les USA exigent votre identité sur les réseaux sociaux

Le Département d’État américain exige désormais que presque tous les demandeurs de visas des Etats-Unis présentent leur nom d’utilisateur sur les réseaux sociaux, leur adresse électronique et leurs numéros de téléphone, rapporte la presse US.

A travers cette démarche qui vient de prendre effet après l’approbation des formulaires de demande révisés, le département d’Etat a indiqué qu’il avait mis à jour ses formulaires de visas pour immigrants et non-immigrants afin de demander les informations supplémentaires, y compris les “identifiants de médias sociaux”, de presque tous les demandeurs américains.

Cette modification proposée en mars 2018 devrait toucher environ 15 millions d’étrangers qui demandent chaque année un visa pour entrer aux États-Unis.

Elle signale une vaste expansion du filtrage amélioré effectué par l’administration Trump sur les immigrants et les visiteurs potentiels.

Les comptes de réseaux sociaux, les adresses de courrier électronique et les numéros de téléphone n’avaient été recherchés que pour des candidats identifiés pour un examen plus approfondi, tels que des personnes s’étant rendues dans des zones contrôlées par des organisations terroristes. On estime que 65.000 candidats par an tombent dans cette catégorie.

Selon le département d’Etat, cité par la presse locale, la collecte d’informations supplémentaires auprès de davantage de candidats “renforcera notre processus de contrôle de ces candidats et de confirmation de leur identité”.

Les nouvelles règles s’appliquent à pratiquement tous les demandeurs de visas d’immigrant et de non immigrant. Selon les estimations de la diplomatie américaine, cela toucherait 710.000 demandeurs de visa d’immigrant et 14 millions de demandeurs de visa de non-immigrant, y compris ceux qui souhaitent venir aux États-Unis pour y faire des affaires ou y suivre des études.

Les nouveaux formulaires de demande de visa énumèrent un certain nombre de plateformes de médias sociaux, notamment Facebook, Twitter et YouTube, et exigent que le demandeur fournisse le nom des comptes qu’il a pu avoir au cours des cinq dernières années.

Ils offrent également aux candidats la possibilité de donner volontairement des informations sur les comptes de médias sociaux sur des plateformes non répertoriées dans le formulaire.

S.L. (avec MAP)

Visa: les USA exigent votre identité sur les réseaux sociaux

Huawei : la guerre technologique est déclarée

Huawei ne devrait pas être le seul perdant du bras de fer engagé par les Etats-Unis.
PHOTO : © ZUMA Press/ZUMA/REA
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COMMERCE

Huawei : la guerre technologique est déclarée

En privant le le géant chinois des télécoms Huawei d’accès à leur marché, les Etats-Unis franchissent un cap dans leur affrontement commercial avec la Chine. Un épisode qui révèle également combien le secteur des télécoms dépend technologiquement d’un très petit nombre d’acteurs.

Les Etats-Unis ont sorti l’artillerie lourde. En annonçant l’inscription de l’entreprise chinoise Huawei sur la liste des sociétés avec lesquelles il est interdit de commercer, le gouvernement américain a franchi un cap dans la guerre technologique qui l’oppose avec la Chine. Aussitôt cette décision prise, toute une série d’entreprises américaines ont déclaré arrêter de fournir leurs services à Huawei. Ces décisions privent donc la société chinoise de nombreux services sur lesquels reposent ses produits, et en premier lieu ceux fournis par Google avec le système d’exploitation pour mobile Android. Cette décision n’impacte donc pas uniquement la société chinoise, mais aussi l’ensemble des utilisateurs de produits Huawei de par le monde. Et montre à que le secteur des télécommunications est technologiquement dépendant d’un très petit nombre d’acteurs, parmi lesquels Google… Et Huawei elle-même. Décryptage en cinq points.

1/ Pourquoi tant de tensions autour de Huawei ?

Huawei est essentiellement connue du grand public pour ses smartphones, marché dont elle occupe la deuxième place mondiale, derrière Samsung mais devant Apple. Mais l’entreprise est surtout un équipementier de télécoms : elle fournit les opérateurs téléphoniques (Orange, SFR, etc.) en routeurs et antennes relais. C’est même le leader mondial de ce secteur.

Or, dans le développement du réseau mobile cinquième génération, appelé plus communément la 5G, Huawei est également très bien positionnée. Les standards de cette technologie, qui doit être déployée dans les prochaines années, ne sont pas encore parfaitement définis, mais celle-ci constitue bien plus qu’une amélioration des standards antérieurs. En s’appuyant sur des bandes de fréquences bien plus élevées, elle pourra transmettre davantage de données et plus rapidement. Ses promoteurs avancent un débit multiplié par dix et un délai de transmission réduit d’autant. Sur cette technologie devrait se développer tout un tas d’usages nouveaux : la réalité virtuelle, les voitures autonomes, les objets connectés et, peut-être, l’industrie du futur.

Evidemment, l’acteur qui fournira le matériel sur lequel reposera la 5G aura un rôle stratégique majeur. Ce d’autant qu’on suspecte les équipementiers qui vont produire en série les antennes relais d’y ajouter des « portes dérobées » (backdoors). Celles-ci permettent de récupérer des informations et des données qui transitent par ces équipements.

Ce risque de cyberespionnage n’est cependant pas le seul qui explique les tensions. Un équipementier occupant une position dominante sur un réseau a aussi une capacité d’intervention sur ce dernier pour éventuellement l’interrompre à un moment donné et nuire à sa stabilité. C’est bien pour cela, alors que les opérateurs sont en train de faire leur choix entre les différents équipementiers pour leur futur réseau 5G, que ce sujet s’invite au cœur des tensions internationales et géopolitiques.

Reste qu’étant donné l’avance qu’avait prise Huawei, se passer d’elle pourrait ralentir le déploiement de la 5G de deux ans et coûter très cher, a estimé l’opérateur Deutsch Telekom.

2/ Que craignent les Etats-Unis ?

Washington accuse Huawei de cyberespionnage et de collaboration avec les autorités chinoises. S’ils n’ont pas de réelles preuves, les Etat-Unis s’appuient sur différentes enquêtes internationales suspectant l’entreprise d’espionnage. Surtout, ils mettent en avant la législation chinoise, qui oblige les entreprises nationales à collaborer avec les autorités.

La loi sur la cybersécurité de 2017 stipule en effet que « les entreprises de réseau doivent fournir un support et une assistance aux autorités publiques, c’est-à-dire à la police », explique Séverine Arsène, chercheuse associée au Médialab de Sciences Po. « La loi chinoise sur le terrorisme indique également que les activités de télécoms doivent contribuer à la collecte d’informations », ajoute cette sinologue. Les autorités ont en outre un accès privilégié aux données stockées sur le territoire chinois, ce qui est évidemment le cas d’une grande partie de celles gérées par Huawei.

Plus globalement, c’est bien l’absence de réel Etat de droit chinois qui pose problème. « La Chine est un Etat qui définit de manière large les termes dans ses dispositions réglementaires, si bien qu’il est difficile de statuer sur les accusations d’espionnage, précise Séverine Arsène, mais la formulation de la loi laisse supposer que la police peut avoir accès à certaines données. »

La stratégie américaine est cependant à mettre en perspective avec le fait que, dans le secteur stratégique de la 5G, elle a laissé un acteur étranger prendre les devants. « La guerre commerciale et technologique que livrent les Etats-Unis peut aussi être vue comme une volonté de ralentir Huawei pour tenter de rattraper leur retard », expliquait en janvier Michel Nakhla, professeur d’économie et de gestion à l’école Mines ParisTech.

3/ Comment réagit l’Europe ?

Les Etats-Unis ont fortement incité leurs alliés à l’imiter et à bannir l’entreprise chinoise de leurs marchés. Les réactions européennes ont cependant été très variées. La France s’est dotée le mois dernier d’une loi, ne visant pas spécifiquement Huawei, mais permettant d’exclure n’importe quel équipementier sur décision des services du gouvernement. L’entreprise est pour l’instant autorisée à répondre aux appels d’offres des opérateurs allemands.

Selon des fuites dans la presse, le Royaume-Uni s’apprêterait, lui, à autoriser Huawei, tant qu’il ne fournit pas d’équipement pour le centre du réseau, comme les grandes villes où circulent des grandes quantités de données sensibles. Cette décision, qui n’a pas encore été officialisée, surprend de la part de l’allié historique des Américains. Plusieurs ministres britanniques ont d’ailleurs fait part de leurs réserves quant à l’autorisation du géant des télécoms chinois.

Le Royaume-Uni est cependant dans une position délicate, car le pays est engagé avec le géant chinois depuis longtemps. Le groupe y est présent depuis 2001 et emploie aujourd’hui plus de 1 500 personnes. Il a même promis un investissement de plus de 3 milliards de livres l’année dernière. Plus globalement, l’île est la première destination des investissements chinois en Europe. Et vu les difficultés commerciales qui s’annoncent avec le Brexit, il serait particulièrement inopportun pour les sujets de sa Majesté de se fâcher avec un tel partenaire…

Huawei, de son côté, multiplie naturellement les efforts pour amadouer les Européens. Il a ouvert ces dernières semaines son deuxième centre de cybersécurité à Bruxelles, en plus de celui de Londres.

4/ Quel impact pour Huawei ?

Washington a placé la firme chinoise sur sa liste d’entreprises à risque, rendant obligatoire l’autorisation des autorités pour commercer avec lui. Mais les charges retenues contre Huawei sont telles qu’il s’agit bien, en réalité, d’un bannissement commercial. L’entreprise dispose cependant d’un délai de quatre-vingt-dix jours pour arrêter progressivement toutes ses activités avec les acteurs américains. Le gouvernement américain pourrait également profiter de ce sursis de trois mois pour changer éventuellement d’avis, s’il juge les conséquences trop importantes dans sa guerre commerciale avec la Chine.

En attendant, voilà Huawei privé des logiciels de Microsoft et, donc, de Google. Au-delà du système d’exploitation Android, ce sont aussi des applications aussi répandues que Gmail (messagerie), YouTube (vidéo), GoogleSearch (moteur de recherche), Maps (cartographie) ou Google Play Store auxquelles le géant chinois n’aura plus accès.

Un véritable handicap pour le marché international, car il est évidemment très difficile de vendre des smartphones sans certaines de ces applications. Même la Commission européenne estime que le magasin d’application Google Play Store est une « application indispensable » au vu de sa position dominante. Pour les consommateurs ayant déjà un smartphone Huawei, les logiciels ne seront pas supprimés, mais toutes les mises à jour ne seront pas accessibles. L’accès aux dernières versions des applications risque donc d’être difficile.

Pour le marché chinois, cela n’aura pas de trop lourdes conséquences, car des acteurs nationaux ont développé certains services similaires. En résumé, les Chinois ont leur propre Google, auquel manque toutefois la pièce centrale : le système d’exploitation. Android étant développé en « open source », il pourrait être copié pour proposer un service similaire. Mais le service de Google n’est transparent qu’en son centre, et pas sur l’ensemble des services et de son univers nécessaire au développement d’un système d’exploitation, que ce soit le magasin d’application ou les API (interface de programmation d’applications).

La dépendance chinoise ne concerne pas uniquement la partie logicielle (« software ») mais aussi la partie équipement avec la fourniture (« hardware ») de produits indispensables comme les semi-conducteurs qu’assuraient les Américains Intel, Broadcom et Qualcomm. « Malgré ses efforts, la Chine n’a pas encore de constructeurs de puces et de semi-conducteurs chinois sous droit intellectuel chinois », résume Séverine Arsène.

5/ Un marché sous dépendance ?

Huawei ne devrait pas être le seul perdant du bras de fer engagé par les Etats-Unis. Car s’il voit des fournisseurs stratégiques se désolidariser de lui, ces derniers perdent également un client important. Ces acteurs, en petit nombre, sont cependant quasi exclusivement localisés dans deux pays et juridictions : les Etats-Unis et la Chine. Si bien que le reste du monde est globalement dépendant d’acteurs eux-mêmes interdépendants, appartenant aux deux premières puissances commerciales mondiales, dont les relations ne cessent de se tendre !

Malgré un impact réel des décisions américaines, la Chine peut se passer des géants numériques américains, puisqu’elle a des équivalents nationaux. Mais si une telle décision venait à toucher l’Europe, le résultat serait tout autre. Ceci laisse donc imaginer les conséquences dans nos sociétés d’une privation de services aussi stratégique que Google, Microsoft, Amazon, Intel, etc.

Comme le rappelle Benoît Thieulin, ancien président du Conseil national du numérique : la domination américaine sur l’Europe « se fait à tous les niveaux de la puissance numérique : les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, le commerce en ligne, les infrastructures technologiques, l’intelligence artificielle (IA)… ». Voilà un beau sujet de réflexion pour le Parlement européen qui sera élu ce dimanche…

 

Grand bug sur les réseaux sociaux, le Maroc concerné

Grand bug sur les réseaux sociaux, le Maroc concerné

Plusieurs utilisateurs de Facebook, Instagram et WhatsApp ont rencontré des problèmes de connexion. Si certains d’entre eux n’arrivaient pas à publier ou échanger du contenu, notamment sur Messenger, d’autres peinaient à accéder à leurs comptes.

Le site spécialisé DownDetector, qui scrute les bugs des principaux sites web, a annoncé que les trois plateformes mondiales étaient “massivement en panne, dans plusieurs pays européens et ceux du Maghreb. La panne a donc touché de nombreux pays dans le monde, dont le Maroc.

Le site a ainsi recensé “un pic de signalement de problème pour se connecter à Facebook à partir de 12h36, à Instagram à partir de 12h37, à Messenger à partir de 12h44 et à Whatsapp à partir de 12h46”, relèvent des médias français.

Une panne qui a plongé des milliers d’utilisateurs dans le désarroi. “D’où vient cette panne?”, “Suis-je le seul à avoir du mal à me connecter sur Instagram et Facebook ?”…les questions ont fusé à la mi-journée.

Pour l’instant, les raisons de ce nouveau bug restent inconnues. Facebook ne s’est toujours pas prononcé sur le sujet.

Cet après-midi, les services Facebook (Messenger, Instagram, WhatsApp) sont de nouveaux accessibles.

A noter que ce n’est pas la première fois que Facebook subit ce type de problème. Rappelons qu’en mars dernier, le réseau social a connu des difficultés pendant plusieurs heures.

S.L.