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Xavier Moreau : bitcoin et blockchain, menaces ou opportunités ?

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18 February 2018
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Xavier Moreau : bitcoin et blockchain, menaces ou opportunités ?

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Pointé du doigt par certains souverainistes qui voient en lui une menace contre l’un des attributs régaliens de l’Etat, le bitcoin l’est aussi par certains globalistes comme George Soros qui craignent un effritement des monopoles financiers actuels. Qu’en est-il réellement et qu’est-ce que la technologie « blockchain » permet-elle d’envisager comme changements dans un avenir proche ?

L’analyste Xavier Moreau nous livre ici des éléments de prospective quant à l’avenir des monnaies cryptographiques et de la technologie blockchain.

Entretien réalisé par Pierre-Antoine Plaquevent pour les-non-alignés.fr

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Vidéo] Emmanuel Todd sur Macron et les médias

Source : Youtube, Le Média, 25-01-2018

Interview d’Emmanuel Todd par Aude Lancelin sur la chaîne Le Média.

Interview d’Emmanuel Todd par Aude Lancelin sur la chaîne Le Média

31 réponses à [Vidéo] Emmanuel Todd sur Macron et les médias

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Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov accordée au quotidien Kommersant

La vision russe des événements en cours. A prendre, comme toujours, avec esprit critique et recul.

Source : Ministère des affaires étrangères Fédération de Russie, Kommersant, 21-01-2018

Question: Aujourd’hui, tout le monde attend avec impatience la publication de deux rapports de l’Administration américaine: le “Rapport Kremlin” sur les responsables et oligarques proches des dirigeants russes, et celui sur la nécessité d’introduire de nouvelles sanctions économiques fermes contre Moscou. Si tous ces textes se soldaient par le renforcement de la politique de sanctions de Washington, quelle serait la réaction de Moscou?

Sergueï Lavrov: Cette question est hypothétique. Nous avons déjà indiqué à plusieurs reprises que nous n’aspirions d’aucune manière à la confrontation. A notre avis, l’introduction de sanctions n’a aucun fondement raisonnable. Quant aux objectifs annoncés de ces mesures, ils n’ont aucun sens non plus car depuis plusieurs années que ces sanctions sont en vigueur, leurs auteurs auraient certainement pu se rendre compte du fait que ces initiatives ne modifient en rien la politique honnête, ouverte et constructive de la Russie. Notre position indépendante et autonome dans les affaires internationales s’appuie sur nos intérêts nationaux et ne peut pas être changée sous la pression extérieure. Elle est définie par le Président russe sur la base des intérêts répondant aux besoins du peuple russe. La popularité considérable de notre politique étrangère au sein de la société est, selon moi, la meilleure preuve de l’inutilité de toute tentative de modifier notre politique étrangère en faisant pression sur les élites et certaines entreprises.

Bien que nous n’ayons aucun intérêt à renforcer la spirale de confrontation, nous ne pouvons naturellement pas ignorer les tentatives de punir la Russie – cela concerne notre propriété, les sanctions que vous mentionnez ou les tentatives d’utiliser le sport à ces fins. Beaucoup d’éléments indiquent qu’outre les cas tout à fait réels de dopage chez nos sportifs, ainsi que chez ceux de nombreux autres pays – ces cas sont parfaitement connus mais personne ne fait aucun bruit, on les analyse selon les procédures fixées -, une campagne commandée basée sur le principe utilisé déjà dans d’autres secteurs de la vie internationale en ce qui concerne la communication avec la Russie et ses partenaires est menée contre nous. Si je ne me trompe pas, Richard McLaren a indiqué dans son rapport qu’il n’existait aucune preuve et qu’il ne savait pas comment tout avait été fait, mais que les auteurs savaient comment on «pourrait» le faire. Aucun tribunal normal, dans n’importe quel pays, n’accepterait jamais d’accusations de ce genre. Ces affirmations assez exotiques servent pourtant de base aux décisions de priver notre pays de JO.

Ce contexte rappelle la situation autour du Boeing malaisien: trois jours après cette tragédie les États-Unis ont demandé de lancer une enquête en affirmant qu’ils savaient à qui était la faute, et qu’ils étaient certains que les experts confirmeraient leur point de vue.

On peut également noter le cas plus ancien d’Alexandre Litvinenko. A l’époque, les autorités britanniques affirmaient que l’enquête confirmerait ce qu’elles savaient déjà. Ce manque d’objectivité teinté de russophobie est en effet sans précédent. On n’avait vu rien de tel même pendant la Guerre froide. On avait à l’époque des règles et des normes réciproques de conduite. Aujourd’hui, toutes ces normes ont été rejetées.

Question: La situation est-elle donc pire qu’à l’époque de la Guerre froide?

Sergueï Lavrov: Concernant les normes de conduite, c’est en effet possible. Mais si l’on compare les manifestations concrètes de confrontation, les opinions diffèrent. D’une part, il y avait à l’époque une stabilité négative entre deux blocs rigides, entre deux systèmes mondiaux – socialiste et impérialiste. Aujourd’hui on ne constate plus aucune divergence idéologique. Tout le monde a adopté l’économie de marché et la démocratie. Malgré les différentes attitudes que l’on peut adopter envers ces dernières, dans tous les cas on a les élections, les libertés et les droits fixés dans la Constitution.

Par ailleurs, la concurrence reste présente même en l’absence de divergences idéologiques, ce qui est parfaitement normal. Mais la concurrence doit être honnête. Tous les pays ont évidemment leurs propres moyens de promotion de leurs intérêts, leurs services secrets, leurs lobbyistes employés, leurs ONG qui avancent tel ou tel agenda. C’est normal. Mais si on nous dit que la Russie est obligée d’éviter toute pression sur les ONG financées de l’étranger, mais n’a aucun droit de réagir aux actions du même genre contre ses propres ONG à l’étranger, cela ressemble à un “deux poids deux mesures”.

Je voudrais également souligner un autre élément. Même sans divergences idéologiques on promeut la croissance matérielle du potentiel militaire. Ce qui n’était pas le cas à l’époque de la Guerre froide.

Question: Mais on avait la course aux armements…

Sergueï Lavrov: La course aux armements restait cantonnée au cadre de la géopolitique adoptée par les deux parties. Il existait une certaine ligne de démarcation entre l’Otan et le Pacte de Varsovie, qui développaient leurs armes des deux côtés de cette dernière. En résultat, l’URSS a épuisé ses forces dans cette course. Les “guerres des étoiles” et autres inventions du genre ont joué un rôle, bien que ce dernier n’ait pas été décisif. L’URSS s’est dissoute parce que le pays-même, ses élites, n’ont d’abord pas ressenti la nécessité de réformes. Ensuite, quand ils ont lancé des transformations, ces dernières n’ont pas pris la bonne voie. Mais dans le contexte actuel d’élargissement de l’Otan à l’Est, il n’existe en effet aucune règle. On n’a plus de limite qui serait une “ligne rouge”.

Question: Et la frontière de la Fédération de Russie?

Sergueï Lavrov: Si nous disions n’avoir aucun intérêt dans la région, dans l’espace euroatlantique, alors oui: la frontière de la Fédération de Russie serait cette “ligne rouge”. Mais nous avons des intérêts tout à fait légitimes car des populations russes se sont retrouvées à l’étranger suite à la dissolution de l’URSS, car nous avons des liens culturels, historiques, personnels et familiaux étroits avec nos voisins. La Russie a le droit de défendre les intérêts de ses compatriotes, surtout si ces derniers sont persécutés comme c’est le cas dans beaucoup de pays, ou si l’on viole leurs droits comme en Ukraine où a annoncé tout de suite après le coup d’État qu’il fallait limiter la langue russe.

Question: Mais ils ont fait marche arrière…

Sergueï Lavrov: Oui, mais cela a tout de même été dit. Suite au coup d’État, la première initiative du Parlement a été de montrer “sa place” à la langue russe. Elle devait se trouver à l’arrière-plan, selon les députés. Deux jours après, on a déclaré qu’il fallait expulser les Russes de Crimée car ils n’honoreraient jamais Stepan Badera et Roman Choukhevitch.

Suite à ma conférence de presse, un quotidien allemand a écrit que “Sergueï Lavrov avait altéré les faits” et présenté une “manifestation pacifique des Tatars de Crimée devant le Conseil suprême de la Crimée comme une tentative d’expulser les Russes de la péninsule”. Il suffit pourtant de regarder les vidéos de l’époque où le Conseil suprême était entouré de jeunes gens furieux, sans parler des “trains de l’amitié” que Dmitri Iaroch envoyait en Crimée.

Cette histoire ukrainienne est celle du coup d’État, de la trahison du droit international par l’Occident: l’accord signé par les Ministres des Affaires étrangères des pays principaux de l’Union européenne a tout simplement été piétiné. Ensuite, l’UE s’est mise à nous persuader que cet événement était tout à fait logique et qu’on ne pouvait plus rien faire. Franchement, c’est une honte pour l’Europe. Nous constatons cette réalité historique mais choisissons la mise en œuvre des Accords de Minsk au lieu de l’isolement.

Mais revenons aux “lignes rouges”. Il s’agissait d’une “ligne rouge”, tout comme dans le cas de Mikhaïl Saakachvili qui avait franchi une autre “ligne rouge” en lançant une attaque contre l’Ossétie du Sud, où étaient déployées les forces de maintien de la paix russes, ossètes et géorgiennes. Les troupes géorgiennes ont pourtant été retirées quelques heures avant le début de cette offensive absolument illégitime et provocatrice.

La Russie a ses intérêts, et les autres doivent en tenir compte. Elle a ses “lignes rouges”. A mon avis, les hommes politiques sérieux en Europe comprennent la nécessité de respecter ces “lignes rouges”, tout comme à l’époque de la Guerre froide.

Question: Mais revenons aux Américains. Selon les médias américains, en mars 2017 la Russie a transmis aux États-Unis au format “non-paper” des propositions concernant la normalisation des relations en plusieurs points. Ces propositions restent-elles en vigueur compte tenu du renforcement de la pression des sanctions par la partie américaine et de tout ce qui s’est passé depuis un an dans les relations russo-américaines?

Sergueï Lavrov: Les propositions restent toujours en vigueur. Nous ne faisons jamais une mine indignée mais tentons de comprendre le contexte des actions entreprises par les Américains ou d’autres collègues. Dans ce cas-là, nous comprenons parfaitement qu’un véritable cocktail de facteurs a provoqué cette agressivité inédite de l’establishment américain, comme on dit.

Le facteur principal est que les démocrates ne peuvent pas accepter leur défaite après qu’ils ont fait tellement d’efforts, notamment pour évincer Bernie Sanders – ce qu’on préfère actuellement oublier. Il s’agit pourtant d’une manipulation directe des élections et d’une violation grossière de la Constitution américaine.

Le deuxième facteur est que la plupart des républicains ont hérité d’un Président hors-système qui n’avait de liens avec aucun niveau de l’establishment républicain, mais a obtenu ses voix dans le champ républicain lors des primaires. Quelle que soit votre attitude envers les actions du Président américain Donald Trump ou votre vision de ses actions pas très habituelles pour les diplomates et les politologues traditionnels…

Question: Il casse toutes les ententes internationales comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Sergueï Lavrov: Quelle que soit votre attitude envers ses actions, nous parlons actuellement des raisons de l’indignation inédite des politiciens américains. Les républicains n’ont pas vraiment apprécié l’arrivée au pouvoir d’un homme qui avait montré que le système existant depuis des décennies – plus de 100 ans – dans le cadre duquel deux partis avaient défini les règles du jeu – je prends aujourd’hui le pouvoir pour 4 ans et ensuite encore 4, et tu attends dans le secteur des affaires pour monter ensuite au sommet, alors que je me réorienterai vers le business – s’était écroulé à cause de la victoire de Donald Trump. Son arrivée ne s’explique pourtant pas par son caractère messianique, mais par le fait que la société est fatiguée et ne veut plus tolérer ce changement traditionnel de leader, qui ne signifie rien en réalité.

Si l’on observe la structure de la société américaine, on comprend que cette dernière fait face à des processus démographiques très intéressants. Ce n’est pas par hasard que les éléments ethniques provoquent actuellement des débats longs et profonds sur la renaissance ou le renforcement du racisme, qui a toujours été présent de manière latente ou ouverte au sein de la politique américaine. Il s’agit de processus très compliqués qui prendront beaucoup de temps. Encore une fois, la première raison en est la défaite des démocrates, qu’ils ne peuvent toujours accepter. La deuxième raisons est l’écroulement du système bipartisan. Cette procédure “à l’amiable” était présente lors de beaucoup de campagnes électorales. Le troisième élément – parmi beaucoup d’autres – que je voudrais souligner est le sentiment de la perte des capacités d’influer sur tous les processus mondiaux dans les intérêts des États-Unis. Cela pourrait sembler paradoxal, mais c’est la réalité. On en ressentira encore les effets pendant longtemps.

Même à l’époque de la Guerre froide les États-Unis étaient beaucoup plus puissants, notamment grâce à leur part dans l’économie mondiale et leur rôle absolument dominant dans le système monétaire mondial, car l’euro n’existait pas encore et personne ne savait rien du yuan, sans parler du rouble. Aujourd’hui, les États-Unis assurent de 18% à 20% du PIB mondial. Il ne s’agit plus de la moitié comme par le passé, ni surtout des chiffres d’après la Seconde Guerre mondiale.

Ce sentiment que tout n’est plus décidé par un seul centre se manifeste également dans la campagne russophobe. Il y a encore la Chine et d’autres pays importants dont beaucoup préfèrent ignorer les dérives américaines. Pour nous, il est difficile de le faire car les deux premières raisons – la défaite des démocrates et l’écroulement du système – font qu’on nous montre du doigt. Il y a eu des contacts entre certaines personnes et des représentants des élites politiques américaines, ou entre l’Ambassadeur russe aux États-Unis Sergueï Kisliak et le conseiller du président Donald Trump pour la sécurité nationale Michael Flynn. Cela est absolument normal et n’aurait pas dû provoquer des réactions de ce genre, surtout que c’est bien peu par rapport à ce que les diplomates américains font en Russie et ce dont on tente d’incriminer à l’Ambassadeur et l’Ambassade russes aux États-Unis.

Mais comme nous n’avons pas réagi aux mesures hostiles et coercitives adoptées contre l’Ambassadeur russe qui avait refusé de changer son attitude, de renoncer à son indépendance et de s’excuser pour des événements qui n’avaient jamais eu lieu, cela n’a fait qu’aggraver leur agitation. On s’est naturellement mis à nous accuser de tous les erreurs et échecs américains. On nous utilise comme une sorte de paratonnerre face à ce qui s’est passé au Mexique, en France…

Question: Même à Malte…

Sergueï Lavrov: N’importe où: on parle de la Russie, de la Russie et de la Russie. C’est très simple et facile pour une propagande “stupide”. Les électeurs entendent les slogans très simples de la CNN: “La Russie s’est ingérée encore une fois…” Si on le répète mille fois, cela prend racine dans l’esprit.

Question: Il semble que personnellement, vous justifiiez les choix du Président américain Donald Trump. Mais personne ne l’a obligé à signer la loi sur les livraisons d’armes en Ukraine ou celle sur les sanctions d’août dernier.

Sergueï Lavrov: Je ne tente d’idéaliser personne. Il faut évidemment comprendre que quand on adopte des projets de loi par la majorité des voix – 95% dans ce cas – le Président ne réfléchit pas à la réalité, à la légalité, à la légitimité ou à la justesse de la loi, mais se rend compte du fait que son veto sera surmonté dans tous les cas.

Question: Mais qu’en est-il avec la loi sur les livraisons d’armes en Ukraine? Barack Obama ne l’avait pas signée…

Sergueï Lavrov: Ma réponse est la même. Il sait parfaitement que le Congrès le forcera à le faire. Si le Président américain Donald Trump refusait de suivre la volonté de la majorité écrasante du Congrès – qui existe en réalité – son veto serait surmonté. Il s’agit de la mentalité de la politique intérieure américaine. Si le veto présidentiel est surmonté – même s’il est tout à fait juste et répond aux intérêts américains à long terme – cela constitue une défaite du Président. C’est tout.

Quand le Président américain Donald Trump m’a accueilli à la Maison blanche, a parlé au Président russe Vladimir Poutine à Hambourg et plus tard par téléphone, je n’ai constaté de sa part aucune volonté de lancer des actions torpillant ses slogans électoraux sur son aspiration à entretenir de bonnes relations avec la Russie. Mais les circonstances ne sont pas favorables. La combinaison des trois facteurs – la défaite d’Hillary Clinton, le caractère hors-système de Donald Trump et la nécessité d’expliquer les échecs américains sur l’arène internationale (et ce n’est pas tout) – explique la situation actuelle. Alors que les États-Unis s’impliquent dans ce processus très répréhensible et constatent une position calme de la Russie qui ne se permet aucune réaction hystérique – nous avons parfois répondu, mais dans le cadre du strict minimum. Nous poursuivons notre politique visant à régler les conflits et à travailler sur les marchés desquels les Américains voudraient nous repousser. Tout cela commence à irriter ceux qui promouvaient un agenda russophobe. C’est dommage. Nous sommes pourtant encouragés par le fait qu’on entend ces derniers temps de la part de certains congressistes, politologues et diplomates américains – de manière discrète, au cours de conversations confidentielles – la confirmation du caractère absolument anormal de cette situation et de la nécessité d’y remédier. Dans tous les cas, tout le monde reconnaît l’erreur de ceux qui ont tenté de nous mettre au pied du mur, car on n’arrive manifestement pas à nous isoler. Il suffit de consulter le calendrier des rencontres et des voyages du Président russe et des membres du Gouvernement pour se rendre compte de l’échec des tentatives d’isolement. Selon eux, ils comprennent qu’ils sont allés trop loin sur cette question mais ils nous demandent de faire le premier pas pour qu’ils puissent dire que la Russie a “bougé”. Cette psychologie crée évidemment le sentiment que la mentalité de superpuissance nuit aux États-Unis. Ils proposent de faire quelque chose dans le dossier ukrainien.

Question: Est-ce que “bouger” veut dire renforcer le contrôle des actions des séparatistes dans le Donbass, les forcer à arrêter les tirs, à assurer le retrait des armes et à respecter absolument tous les points de base des Accords de Minsk?

Sergueï Lavrov: Nous ne nous opposons d’aucune manière au retrait des armes et au cessez-le-feu, qui ne doivent pourtant pas être assurés que par Donetsk et Lougansk mais aussi par l’armée ukrainienne. Beaucoup de témoignages de vos collègues, notamment des journalistes de BBC et d’autres médias qui ont visité en 2018 la ligne de démarcation, indiquent que les bataillons tels que Azov ne sont contrôlés par personne à part leur commandants. L’armée ukrainienne, les forces armées ukrainiennes n’ont aucune influence sur ces derniers. Ils n’écoutent personne. Cela transparaît notamment dans blocus qu’ils ont lancé malgré les dénonciations du Président ukrainien Petro Porochenko, qui avait publiquement promis d’éliminer ce blocus qui contredit absolument les accords de Minsk et même envoyé des forces afin de le lever, mais a échoué. Ensuite, il a décidé que la meilleure solution était de retourner sa veste et d’adopter un décret légalisant ce blocus. Il est donc certainement nécessaire d’arrêter les tirs et de retirer les troupes et les armes lourdes, mais des deux parties.

Comme je l’ai déjà indiqué en conférence de presse, la volonté de réduire tout l’éventail de questions géopolitiques à l’Ukraine – on nous appelle à faire retirer un bataillon de Donetsk ou de Lougansk afin de créer les conditions nécessaires pour l’affaiblissement des sanctions – est indigne des personnes qui occupent des postes très importants mais tiennent de tels propos.

Question: Verra-t-on des forces de maintien de la paix dans le Donbass en 2018?

Sergueï Lavrov: Cela ne dépend pas de nous. Si cela avait été le cas, elles y auraient été déployées il y a longtemps.

Question: Quels obstacles existent encore aujourd’hui? La Russie est-elle prête à des concessions pour les éliminer?

Sergueï Lavrov: Il n’existe qu’un obstacle: personne ne veut examiner concrètement nos propositions.

Question: Mais les Américains ont proposé des amendements. Sont-ils étudiés?

Sergueï Lavrov: Personne ne nous a proposé aucun amendement, même si nous le voulions. J’ai parlé au Ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavel Klimkine, à nos collègues français et allemands. Ils affirment qu’il s’agit d’une initiative juste et bonne, mais qu’on a besoin d’encore autre chose. Alors parlons-en. Expliquez-nous vos propositions et nous établirons si ces dernières sont conformes à la mise en œuvre des accords de Minsk. Dans tous les cas, le projet de résolution stipule notre attachement absolu au principe de l’Ensemble de mesures prévoyant la concertation de toutes les actions par Kiev, Donetsk et Lougansk. On nous répond qu’il faut réfléchir car on peut faire autre chose. Mais tout reste limité aux paroles, personne ne débat avec nous de ces problèmes. Les idées avancées hors du travail sur notre projet de résolution ont une orientation tout à fait différente. Notre projet souligne l’immuabilité des Accords de Minsk et la nécessité de protéger la mission d’observation de l’OSCE, dont les conditions de travail sont parfois dangereuses. Les gardes armés de l’Onu doivent suivre les observateurs dans tous leurs déplacements. C’est la logique juridique des Accords de Minsk. On nous dit que si nous acceptons le concept des forces de maintien de la paix, ces dernières doivent assumer la responsabilité de tous les événements à droite de la ligne de démarcation. Laissons-les assurer la sécurité sur ce territoire jusqu’à la frontière russe, disent-ils. Dans ces conditions, on pourrait selon eux organiser les élections et tout irait bien.

Question: N’est-ce pas raisonnable?

Sergueï Lavrov: Raisonnable? Vous le pensez réellement?

Question: Les troupes de maintien de la paix de l’Onu sont une force à laquelle on pourrait confier la sécurité de la région.

Sergueï Lavrov: Les Accords de Minsk stipulent qu’il faut d’abord engager l’amnistie, assurer la mise en œuvre de la loi sur le statut spécial de la région – qui a été adoptée mais n’est pas encore entrée en vigueur – et incorporer cette dernière à la Constitution avant d’organiser les élections. Les citoyens qu’on tente actuellement d’étrangler par un blocus illégal et dont les câbles et les services de téléphonie mobile sont coupés afin de les isoler du monde extérieur, au moins de l’État ukrainien, doivent savoir qu’ils ne sont ni des criminels de guerre ni des terroristes, comme les considère Kiev qui a lancé une opération antiterroriste bien qu’aucun habitant de ces régions n’ait agressé personne. Je voudrais attirer votre attention sur le fait que ce sont eux qui ont été attaqués. Il faut que ces personnes sachent, premièrement, qu’elles ne sont pas en danger et que l’amnistie couvre tous les événements des deux côtés. Deuxièmement, elles doivent être certaines de recevoir la garantie – les Accords de Minsk le stipulent littéralement – de pouvoir conserver leur lien avec la langue et la culture russe, leur relation spéciale avec la Russie indépendamment de la politique des autorités de Kiev, ainsi que leur police populaire et leur propre voix pour la nomination des juges et des procureurs. Ce sont les principes essentiels. Ce n’est pas très compliqué. Qui plus est, si je ne me trompe pas, environ 20 régions ukrainiennes ont envoyé il y a 18 mois à Kiev une proposition officielle de lancer les négociations sur leur décentralisation, pour qu’on leur délègue des pouvoirs et pour qu’elles signent des accords spéciaux avec le centre. Il s’agit donc d’une fédéralisation normale. On peut l’appeler “décentralisation” si l’on a tellement peur du mot “fédéralisation”. Mais quand on nous dit qu’on fera tout – lancer l’amnistie, mettre en place le statut spécial et organiser les élections – mais seulement après qu’on aura transmis la région aux forces internationales pour qu’elles y donnent le “la”, nous ne pouvons pas l’accepter. C’est une ligne rouge. Tout le monde le comprend et avance ces propositions avec l’objectif très répréhensible de profiter du sujet des forces de maintien de la paix.

Les Accords de Minsk ont été adoptés par le Conseil de sécurité de l’Onu. Ils stipulent clairement que toutes les actions nécessaires doivent être concertées par Kiev et certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk. Nous faisons confiance à l’Onu et à l’OSCE qui, par ailleurs, fait un bon travail dans un contexte très sérieux. Mais on ne peut pas rayer tout simplement la partie politique des Accords de Minsk. La promesse de la mettre en œuvre après la prise de contrôle de ce territoire par une administration onusienne semble douteuse. Si les auteurs de cette idée arrivent à persuader Donetsk et Lougansk: allez-y, nous ne nous y opposerons pas. Tout cela est prévu par les Accords de Minsk et approuvé par le Conseil de sécurité de l’Onu. Mais je pense que ceux qui avancent ce concept veulent tout simplement étrangler ces deux territoires.

Je vais vous rappeler une chose intéressante: les Accords de Minsk évoquent l’amnistie, le statut spécial et les élections. Dans cet ordre. Dans le cadre du Groupe de contact et du Format Normandie, la partie ukrainienne propose pourtant de l’inverser, c’est-à-dire d’assurer d’abord la sécurité totale, y compris l’accès à l’étranger, pour ensuite résoudre les autres questions. Nous leur expliquons depuis des années que le rétablissement complet du contrôle ukrainien de cette partie de la frontière avec la Fédération de Russie est le dernier point des accords de Minsk. D’abord, il faut assurer ce que nous venons de mentionner. Puis ils disent qu’ils ne peuvent pas accorder de statut spécial à ces populations car ils ne savent pas qui sera élu lors des élections locales. Nous leurs demandons donc s’ils n’accorderont ce statut qu’à ceux qui leur conviendront. Ils répondent que c’est en effet le cas. Cette position n’est pourtant très diplomatique compte tenu du fait que leur président a signé un texte stipulant une succession des événements tout à fait différente. Dans tous les cas, nous avons accepté le compromis baptisé “formule de Frank-Walter Steinmeier”. Il stipule que la loi sur le statut spécial doit entrer en vigueur de manière provisoire le jour des élections pour devenir définitive après la publication du rapport final de l’OSCE qui devrait assurer l’observation au cours de ces élections. Ce travail prend d’habitude deux mois. Les Ukrainiens ont accepté cette façon d’agir. Les chefs d’État se sont entendus sur ce point en octobre 2015 à Paris. On a tenté pendant un an de porter cette formule sur le papier mais les Ukrainiens s’y sont opposés. Ensuite, les parties se sont rencontrées en 2016 à Berlin. Nous avons demandé des explications quant au manque de progrès dans la mise en œuvre de la formule de Steinmeier, et les Ukrainiens ont répondu qu’il était impossible de connaître d’avance le contenu du rapport. D’accord: écrivons donc que la loi sur le statut spécial doit entrer en vigueur de manière provisoire le jour des élections pour devenir définitive après la publication du rapport final de l’OSCE à condition que ce dernier confirme la légitimité et la justesse des élections. Tout le monde l’a accepté. Plus d’un an est déjà passé depuis, mais les Ukrainiens refusent toujours de fixer cette formule noir sur blanc. Ce n’est qu’un exemple. Un autre est aussi très éloquent. Le premier concernait la politique, et celui-là la sécurité. Les parties se sont entendues en octobre 2016 à Berlin pour lancer sérieusement le retrait des armes lourdes et prévenir leur retour vers la ligne de contact. Elles ont choisi trois villes-pilotes: Zolotoïe, Pokrovskoïe et Stanitsa Louganskaïa. A Zolotoïe et à Pokrovskoïe tout a rapidement été accompli, mais on n’arrive toujours pas à le faire à Stanitsa Louganskaïa. Les Ukrainiens affirment qu’ils ont besoin de sept jours de trêve avant de lancer le retrait de leurs armes lourdes. L’OSCE a constaté depuis – y compris de manière publique – plus d’une dizaine de périodes de trêve qui ont duré sept jours voire plus. Les Ukrainiens affirment qu’ils ont d’autres statistiques et qu’ils ont enregistré plusieurs tirs. Les Allemands, les Français et l’OSCE-même comprennent parfaitement qu’il s’agit d’insinuations. L’engagement politique de nos partenaires occidentaux les empêche malheureusement de faire pression sur les autorités de Kiev, de les forcer à mettre en œuvre ce qu’elles ont promis, notamment à la France et à l’Allemagne. C’est triste. Si tu as misé à l’époque sur un politicien, sur le pouvoir qui s’est installé à Kiev suite au coup d’État, il est visiblement très difficile d’abandonner cette position sans “perdre la face”. Nous le comprenons et gardons notre calme. Nous ne faisons pas de scandale à cause du torpillage complet des Accords de Minsk par Kiev, mais tenterons d’obtenir calmement l’accomplissement des ententes obtenues. Trop d’accords obtenus avec tant de peine sont actuellement mis en cause: les Accords de Minsk, l’entente sur l’Iran etc.

Question: La Rada a adopté jeudi la loi sur la réintégration du Donbass. La réaction des capitales européennes a été neutre, alors que Moscou a vivement critiqué ce texte. Pourquoi? Quelles pourraient être, selon vous, les conséquences pratiques de l’adoption de cette loi?

Sergueï Lavrov: D’un point de vue juridique, la loi sur la réintégration tire un trait sur les Accords de Minsk approuvés unanimement par le Conseil de sécurité de l’Onu dans sa résolution adoptée quelques jours après la rencontre des quatre leaders du Format Normandie à Minsk. Pour nous, c’est absolument évident.

Concernant la réaction, comme je l’ai déjà dit, nous n’avons aucun doute – qui plus est, nous avons des preuves tangibles – que l’Europe et Washington comprennent parfaitement le jeu des autorités actuelles de Kiev qui tentent de fuir leurs responsabilités dans le cadre des Accords de Minsk. J’espère que les représentants de Berlin, de Paris, de Washington et d’autres capitales le disent à Kiev en privé, en tête-à-tête. Après avoir pris le parti de ce pouvoir qui n’a aucune aptitude à s’entendre, l’Occident ne peut pas critiquer publiquement les actions de ses protégés. C’est dommage. On comprend parfaitement que tout cela est lié à un faux sentiment de prestige et de réputation, mais c’est la vie. Nous tenterons d’obtenir l’accomplissement total de tous les points des Accords de Minsk. Les tentatives de “détourner le viseur” et de dévoyer les débats, ainsi que de trouver de nouveaux agendas, méthodes et formes sont inacceptables. Nous défendrons calmement, mais fermement, le paquet de mesures honnête signé par le Président Petro Porochenko, ainsi que par les leaders de Donetsk et de Lougansk.

Question: Ma dernière question concerne l’Iran que vous avez déjà mentionné. L’échec éventuel de l’accord iranien à cause des actions américaines pourrait-il s’avérer, de telle ou telle manière, avantageux pour la Russie? Les Américains sembleraient ainsi odieux et isolés, alors que l’Iran pourrait devenir plus conciliant sur certaines questions.

Sergueï Lavrov: Cette école de pensée n’est pas celle des dirigeants russes. Beaucoup de politologues s’interrogent concernant notre inquiétude et défendent la stratégie du pire: selon eux, il faudrait permettre aux États-Unis de prouver leur manque d’aptitude à s’entendre et leur force destructrice dans les affaires internationales, en Iran ou en Syrie, où l’on constate actuellement des actions unilatérales qui ont déjà scandalisé la Turquie.

Question: Qui plus est, l’Iran sera plus accommodant…

Sergueï Lavrov: Ce n’est pas l’essentiel. La destruction du tissu d’accords juridiques concertés par les principaux pays du monde dans tel ou tel conflit pourrait provoquer une confrontation chaotique dans laquelle tout le monde ne défendra que lui-même. Ce qui serait très malheureux. Je le considère comme inacceptable, qu’il s’agisse de l’Iran, de la Syrie, de la Libye, du Yémen ou de la péninsule coréenne qui a également fait l’objet d’un accord en 2005 fixant clairement les obligations de la Corée du Nord et des autres parties. Quelques semaines après la signature, les Américains ont “déterré” une histoire ancienne concernant des comptes dans une banque de Macao et se sont mis à bloquer les comptes nord-coréens. On peut débattre pendant longtemps de ce sujet, de la justesse de la Corée du Nord ou de l’erreur des États-Unis. Les faits restent les mêmes. On a atteint une entente qui signifiait l’arrêt total de la confrontation et des provocations. Elle a échoué. Ainsi, l’aptitude à s’entendre est actuellement le problème systémique le plus important.

Source : Ministère des affaires étrangères Fédération de Russie, Kommersant, 21-01-2018

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Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

10 réponses à Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov accordée au quotidien Kommersant

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Où va la Russie de Poutine ?

Thomas-Gomart-Thomas-Gomart-Ou-va-la-Russie-de-Poutine--7153
23/01/2018

Xerfi Canal a reçu Thomas Gomart, directeur de l’Institut Français des Relations Internationales, pour parler de la Russie de Poutine.

Une interview menée par Mathias Thépot.

En savoir plus sur l’Institut Français des Relations Internationales (Ifri)

 

Mots clés : Economie mondiale, Géopolitique / géostratégie, Russie, , Politique étrangère, Poutine, mandat, opposition

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Thomas-Gomart-Ou-va-la-Russie-de-Poutine-_3745483.html

Vote à L’ONU sur Jérusalem : le Saker pose une question juridique à Alexander Mercouris

Vote à L’ONU sur Jérusalem : le Saker pose une question juridique à Alexander Mercouris

[Note : aujourd'hui, j'ai envoyé un courriel à mon ami Alexander Mercouris pour lui poser une question sur le vote de l'Assemblée générale des Nations Unies concernant la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. La réponse d'Alexandre était si intéressante que je lui ai demandé si je pouvais l'afficher ici, il a gentiment accepté. Je lui en suis très reconnaissant. Le Saker]

2015-09-15_13h17_31-150x112Par The Saker – Le 21 décembre 2017 – Source The Saker

Cher Alexander

Je viens de lire ceci.

Lorsque l’auteur mentionne que :

« C’est parce que l’Assemblée générale des Nations Unies s’est réunie aujourd’hui conformément à la procédure extraordinaire créée par la résolution 377 (V) (A) de l’Assemblée générale des Nations Unies le 3 novembre 1950. Cette procédure – appelée ‘Uniting for Peace’ – peut être invoquée si le Conseil de sécurité de l’ONU est incapable de parvenir à un consensus sur toute question qui affecte la paix. »

l’auteur écrit en outre :

« Cependant, bien qu’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies faite conformément à la procédure ‘Uniting for Peace’ soit juridiquement contraignante pour les États membres de l’ONU, il n’y a pas de mécanisme pour l’appliquer, comme c’est le cas si le Conseil de sécurité de l’ONU vote en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. »

Je n’étais pas au courant de cette procédure et je voulais vous demander ceci : la protection par la Russie du référendum en Crimée et l’admission ultérieure de celle-ci dans la Fédération de Russie ont-elles déjà été condamnées par l’Assemblée générale des Nations Unies dans le cadre de cette procédure ?

Plus précisément, la Russie viole-t-elle actuellement le droit international indépendamment de toute question de force exécutoire ?

Dernier point, mais non des moindres, connaissez-vous d’autres cas où l’Assemblée générale des Nations Unies a voté selon cette procédure pour passer outre à un vote du Conseil de Sécurité ?

Si vous pouviez clarifier cela pour moi, je vous en serais très reconnaissant.

Sincères amitiés,

Le Saker


Alexander mercourisCher Saker,

Je peux répondre à toutes ces questions.

  1. « Uniting for Peace » était un dispositif sponsorisé par les États-Unis en 1950 afin de contourner les vétos soviétiques pendant la guerre de Corée. À l’époque, c’était controversé sur le plan juridique et, comme l’a souligné le professeur Tomuschal (cité dans l’article), cela contredit en fait la Charte des Nations Unies. Cependant, en 1950, les États-Unis ayant le contrôle des Nations Unies et du système judiciaire international, comme ils l’ont toujours eu depuis (les vétos soviétiques), ils ont réussi à faire accepter la procédure « Uniting for Peace ».
  2. Elle n’a cependant été invoquée que très rarement, au total pas plus de onze fois (le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies sur Jérusalem étant la onzième).
  3. Le fait, concernant une résolution « Uniting for Peace » adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, est qu’elle fait partie du droit international. Elle peut donc être citée comme juridiquement contraignante dans les affaires portées devant la Cour internationale de Justice (« la Cour mondiale ») ou d’autres juridictions internationales. Cependant, elle n’est pas juridiquement exécutoire, sauf par le biais du Conseil de sécurité des Nations Unies. Mais, puisque la procédure de « Uniting for Peace » n’est, par définition, invoquée que lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est pas mis d’accord, cela la prive de son efficacité.
  4. Vient maintenant le point principal. L’Assemblée générale de l’ONU n’a JAMAIS déclaré illégal le référendum de Crimée et l’unification de la Crimée avec la Russie dans le cadre de la procédure « Uniting for Peace ».

À ma connaissance, la seule fois où la procédure « Uniting for Peace » a été utilisée contre la Russie était en 1980 pour déclarer illégale l’intervention soviétique en Afghanistan. Bien que la Russie soit mise constamment en minorité au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis n’ont jamais réussi à mobiliser suffisamment de soutien contre elle à l’Assemblée générale pour obtenir une résolution « Uniting for Peace » sur toute question depuis le vote de 1980 sur l’Afghanistan.

L’Assemblée générale des Nations Unies a voté sur la question du référendum de Crimée en mars 2014, mais la résolution n’était pas contraignante et n’était pas incluse dans la procédure « Uniting for Peace ».

De plus, seulement 100 des 193 États membres de l’ONU l’ont soutenue (11 États, y compris bien sûr la Russie, ont voté contre, 58 États dont l’Inde et la Chine – au total 58% de la population mondiale – se sont abstenus et 11 États dont l’Iran et Israël n’ont pas participé au vote, ce qui est une forme d’abstention.

Ce fut pratiquement une défaite pour les États-Unis et l’Ukraine parce que pour faire passer une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies, elle doit avoir le soutien de plus de la moitié de tous les États membres des Nations Unies. – puisque l’ONU compte 193 États membres, au moins 97 États membres de l’ONU doivent voter pour elle.

En d’autres termes, la résolution sur le référendum de Crimée n’était pas simplement non contraignante, mais elle dépassait à peine le seuil avec seulement 100 voix pour.

Étant donné que les États-Unis ont automatiquement le vote de tous les États membres de l’OTAN / UE, cela montre la faiblesse de la position des États-Unis et de l’Ukraine vis-à-vis de la Crimée en dehors de l’Alliance occidentale, avec des pays clés comme la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, et d’autres comme  le Pakistan et le Vietnam refusant de soutenir la résolution.

Inutile de dire que les États-Unis n’ont pas risqué un autre vote sur la Crimée depuis lors, alors que pendant les années 1980, ils ont organisé tous les ans, avec la régularité d’une horloge, un vote de l’Assemblée générale critiquant l’intervention soviétique en Afghanistan. Il va sans dire que le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies de mars 2014 sur la Crimée n’est pas quelque chose que les commentateurs occidentaux évoquent, précisément parce qu’il était si proche d’être une débâcle.

Le résultat est qu’il n’y a aucune constatation, ni à la Cour internationale de justice, ni à l’Assemblée générale des Nations Unies ou au Conseil de sécurité de d’une violation de la loi internationale sur la question de la Crimée et ceux qui l’affirment ne peuvent arguer d’aucun consensus international sur cette question.

Je présume que vous connaissez l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur le Kosovo qui dit très clairement que les déclarations unilatérales d’indépendance, telles que celle faite par la Crimée en 2014, ne sont pas contraires au droit international, même si elles contreviennent à la Constitution du pays dont la région s’est séparée.

Cela signifie aussi que la déclaration d’indépendance de la Crimée en 2014, et la décision ultérieure de celle-ci de rejoindre la Russie, n’est pas contraire au droit international. Poutine l’a souligné à maintes reprises, mais les États-Unis – qui ont exercé des pressions sur la Cour internationale de Justice pour obtenir l’avis consultatif sur le Kosovo – comme elle l’a fait en 1950 pour la procédure « Uniting for Peace » – préfèrent l’oublier, et vous n’avez jamais vu l’avis consultatif arriver sur le tapis dans aucune discussion occidentale sur la question de la Crimée.

C’est bien sûr à cause de l’avis consultatif sur le Kosovo et de l’échec de l’Assemblée générale de l’ONU à adopter une résolution contraignante « Uniting for Peace » déclarant illégale l’union de la Crimée avec la Russie que l’Ukraine n’a jamais intenté d’action en justice contre la Russie sur la question de la Crimée devant la Cour internationale de Justice. J’espère que cela répond à vos questions. S’il vous plaît n’hésitez pas à me contacter s’il y a un autre point que vous voulez que je clarifie.

Meilleurs voeux,

Alexander

Nos amis de Dedefensa ont commenté ce vote sous le titre American-Zombie à l’ONU

 

http://lesakerfrancophone.fr/vote-a-lonu-sur-jerusalem-le-saker-pose-une-question-juridique-a-alexander-mercouris

 

G5 Sahel : solution ou problèmes ?

G5 Sahel : solution ou problèmes ?

 

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21 décembre, 2017
Entretien

Leslie Varenne; Moussa Ag Assarid

Le 22 décembre 2017, Emmanuel Macron se rend au Niger où il sera question une nouvelle fois de la force G5 Sahel (FC-G5S). Cette force, qui ne cesse d’être à l’agenda médiatique du Président de la République, n’est toujours pas entièrement financée. Le tour de table organisé par la France à la Celle-Saint-Cloud, le 13 décembre dernier, a permis de récolter quelques 300 millions d’euros sur les 423 recherchés [1]. Les deux plus gros bailleurs de fonds sont l’Arabie Saoudite avec 100 millions et les Etats-Unis avec 60 millions d’euros. Ils sont suivis par l’Union européenne 50, les Emirats Arabes Unis, 30, la France, 8 et les Pays-Bas 5 millions d’euros. Le 12 décembre dernier, lors d’une conférence à l’Assemblée Nationale consacrée au G5, l’IVERIS a interrogé le secrétaire permanent de cette organisation, Najim El Hadj, sur la participation de l’Arabie Saoudite au sein de la FC-G5S. Monsieur El Hadj a alors répondu que ce pays ne jouerait aucun rôle. Pourtant quelques jours plus tard, l’Arabie Saoudite annonçait son souhait de tenir une réunion sur le sujet à Ryad en janvier prochain. Dans la foulée, Paris justifiait cette initiative en déclarant : « Il y a une logique d’engagement opérationnel des Saoudiens et une logique d’engagement des Saoudiens et d’autres pays sur la prise en compte et la lutte contre les vecteurs du financement du terrorisme et de l’extrémisme ». Par conséquent, ce qui était annoncé comme une création d’une force militaire africaine, s’apparente de plus en plus à une coalition occidentale/monarchie du golfe à l’instar de celle qui existait en Irak et en Syrie… Cette nouvelle coalition et cette sur-militarisation de la bande sahélo-saharienne questionne d’autant plus que selon les chiffres disponibles, les terroristes agissant dans cette zone seraient entre 500 et 1000 tout au plus. Pour décrypter la situation et évaluer les risques, l’IVERIS a interrogé Moussa Ag Assarid, consultant sur les questions de développement au Sahel.

 

Que pensez-vous de l’hyperactivité du Président français sur le dossier du G5 Sahel, n’est-ce pas contreproductif de promouvoir ainsi des opérations militaires ? Lors du sommet de la Celle-Saint-Cloud, il a annoncé son objectif « avoir des victoires au premier semestre 2018 », cela vous parait-il possible ?

L’hyperactivité du Président français, c’est du déjà-vu. François Hollande avait agi de la même manière, médiatisant et vantant la partie militaire en mettant de côté le volet politique. Il n’y a pas de changement, Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense est devenu Ministre des Affaires étrangères, le militaire est devenu politique mais sur le fond aucune nouveauté. Si l’opération Barkhane avait modifié sa stratégie, cela se saurait. Comme son prédécesseur, au lieu de rechercher une solution politique, Emmanuel Macron s’embourbe dans une solution militaire. Faut-il rappeler que toutes les initiatives seulement armées ont échoué ? En 2011, il y a eu le PSPSDN, financé par l’Union européenne; en 2012 la création de la Misma par la CEDEAO; en 2013, l’opération française Serval qui a mis un coup de pied dans la fourmilière mais n’a pas assuré le reste ; Concomitamment, les Nations unies ont créé la Minusma qui n’arrive pas à maintenir la paix ; enfin, en 2014, a débuté l’opération Barkhane qui est enlisée ; Et maintenant la FC-G5S.. Quand va-t-on cesser de mettre de l’argent dans l’armement ? En outre, plus cette force apparaît comme une coalition occidentale menée par la France, plus elle suscite au mieux la méfiance des populations, au pire le rejet. En cela, oui, cette hyperactivité médiatique est totalement contreproductive. Aucune opération militaire ne peut réussir sans le consentement des autochtones, car ce sont eux qui sont directement concernés, qui vivent la réalité quotidienne et qui sont en mesure de fournir les renseignements.

Quant aux victoires qui devraient avoir lieu au premier semestre 2018, il faudrait savoir ce que le Président français entend par victoire. Comment se chiffreront les résultats attendus ? Selon le nombre de personnes tuées ? De territoires repris ? Mais aujourd’hui il n’y a pas de territoires occupés par les terroristes comme lors de l’opération Serval. Sur quels éléments baser la réussite ? Sur le nombre de kilomètres parcourus ? Ou encore lorsque le chef d’une organisation sera éliminé ? Chasser les terroristes ? Mais où sont-ils ? Ce sont seulement des déclarations. Les objectifs ne sont pas connus, on se retrouve avec la même problématique que celle posée à l’opération Barkhane et qui est la principale cause de son enlisement.

Pensez-vous que la FC-G5S, lorsqu’elle sera opérationnelle, sera capable de rétablir la sécurité au Mali ?

Le régime malien compte sur les armées des autres pour faire régner la paix sur son territoire. Cependant, hormis la Mauritanie, toutes les armées de cette force, Burkina Faso, Tchad, Niger sont confrontées à des problèmes sécuritaires. L’armée burkinabée est en pleine restructuration et connait de plus en plus d’attentats, elle a donc besoin de toutes ses forces pour se sécuriser à ses frontières, elle n’ira donc pas plus loin que celles-ci. Les militaires mauritaniens sont très aguerris au désert, mais eux non plus ne viendront pas au Mali, pour ne pas exporter le terrorisme chez eux. L’armée tchadienne est sur tous les fronts avec Boko Haram et les problèmes à sa frontière libyenne.  En prime, les opposants au Président Deby prennent les armes, cette armée est en surchauffe et ne viendra donc pas sur le sol malien. D’autant que lorsque les militaires tchadiens ont combattu dans l’Azawad (Nord Mali) avec la force Serval, ils ont été envoyés à la boucherie. Ils sont rentrés chez eux avec des syndromes post-traumatiques.

A tous ces problèmes, il faut en ajouter un autre. Les armées de ces cinq pays ne sont pas extensibles. Or, nombre de leurs militaires sont actuellement en service au sein de la Minusma et pour intégrer la FC-G5S, ils devront quitter celle des Nations unies, avec toutes les questions financières à la clé, car l’ONU rétribue les Etats qui contribuent aux opérations de paix et rémunère mieux les militaires que les armées nationales.

En octobre le Département d’Etat et le sénateur John McCain, avaient tenu des propos alarmistes annonçant l’arrivée en Afrique de l’Ouest de membres de l’organisation de l’Etat Islamique qui ont combattu en Irak et en Syrie. En décembre, Smaïl Shergui, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine a repris les mêmes déclarations et évoqué, lui, un chiffre précis de « 6000 djihadistes » s’apprêtant à débarquer en terre africaine. Craignez-vous une arrivée massive de terroristes dans la bande sahélo-saharienne ?

En 2012 déjà, nous avions été alertés sur l’arrivée de combattants en provenance du Pakistan, de l’Afghanistan, de la Turquie, mais nous ne les avons jamais vus. Ces autorités ont peut-être des informations que je n’ai pas, mais sincèrement, je ne crois pas à une arrivée massive de combattants étrangers. Ce qui est certain en revanche, c’est que pendant ce temps, les groupes terroristes se réorganisent, sévissent et éliminent les officiers du MNLA qui ont combattu contre eux avec la force Serval. Par exemple, Baba Ag Adobent, un des responsables militaires de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), a été assassiné le 19 décembre dernier à Kidal par des hommes non identifiés.

L’élection présidentielle au Mali devrait avoir lieu à l’été 2018, cette consultation électorale ne risque-t-elle pas d’aggraver encore la situation ?

Le Mali a été incapable d’organiser les élections régionales qui devaient avoir lieu le 17 décembre dernier. Elles ont été reportées en avril, sans donner de date plus précise. Ce seront donc deux consultations électorales qui devraient se dérouler à quelques mois d’intervalle. C’est un pari. Politiquement, l’impasse est totale. Avant, les signataires de l’Accord d’Alger s’exprimaient, maintenant nous n’entendons plus personne parler. Cet Accord n’est pas respecté et personne ne fait véritablement pression pour que le Président Ibrahim Boubakar Keita (IBK) le respecte. De ce point de vue, Emmanuel Macron fait le minimum syndical. Aucun agenda n’a été établi point par point. Les réfugiés sont toujours dans des camps en Mauritanie et au Burkina Faso, il n’y a pas une véritable organisation d’aide au retour. Les élections locales n’ont pas eu lieu, les moyens qui devaient revenir aux autorités intérimaires n’ont pas été débloqués et la sécurité de ces autorités n’est pas garantie.

A quelques rares exceptions près, comme au Ghana ou au Bénin, déloger un Président africain en place par la voix des urnes est très difficile. IBK verrouille tout, contrôle tout d’autant qu’au Mali le premier et quasiment le seul employeur du pays est l’Etat. En prime, il y a fort à parier qu’IBK se servira du G5 Sahel et de ses moyens pour assurer sa campagne. Ce sont les militaires maliens étiquetés FC-G5S qui sécuriseront ses déplacements à l’intérieur du pays avec l’aide de Barkhane et de la Minusma. Les forces internationales aideront le régime à faire campagne. Cela s’est déjà produit en 2013. IBK avait été le seul candidat à pouvoir se rendre à Kidal avec l’aide de ces forces, aucun autre candidat n’avait bénéficié de telles faveurs. On se retrouvera donc dans une situation surréaliste où le G5 Sahel contribuera à conforter ce pouvoir et à garder en place le régime d’un Etat failli et sous tutelle, alors que la réélection d’IBK sera contraire aux objectifs de paix et de sécurité prônés par cette même force. Car non seulement le pouvoir en place n’a pas respecté les accords d’Alger mais il n’a pas œuvré à une résolution politique juste et équitable. Il n’a pas investi dans les services sociaux de base qui pourraient tarir le recrutement des divers groupes terroristes ou de banditisme. Aujourd’hui, nous ne sommes pas à l’abri d’un soulèvement populaire pacifique ou violent. Il pourrait y avoir une jonction entre les populations et les mouvements politico-militaires. Plus on prolonge la souffrance des populations, plus on s’éloigne de la solution sécuritaire, de la paix et du développement.

 

[1] Ce budget est annuel, le financement annoncé n’est donc pas pérenne.

 

Tags:
afrique, afrique de l’ouest; arabie saoudite; g5 sahel

«L’OTAN se trompe de combat» : Nicolas Dupont-Aignan évoque l’actualité sur RT France (VIDEO)

«L’OTAN se trompe de combat» : Nicolas Dupont-Aignan évoque l’actualité sur RT France (VIDEO)

«L'OTAN se trompe de combat» : Nicolas Dupont-Aignan évoque l'actualité sur RT France (VIDEO)

UE, agriculture mais aussi politique internationale : invité du journal télévisé de RT France, le président de Debout la France s’est exprimé sur l’actualité, depuis sa vision de la relation franco-russe jusqu’aux débats autour du glyphosate.

Sur le plateau de RT France le 19 décembre, Nicolas Dupont-Aignan a évoqué des sujets liés à l’actualité nationale et internationale, tels que la relation de la France à l’OTAN, les rapports avec la Russie, ou encore les politiques menées par Bruxelles.

Le fiasco de la Syrie montre bien que la France est sortie complètement du jeu

Une France indépendante de l’OTAN ?

S’exprimant au sujet de la visite du secrétaire général de l’OTAN à Paris, Jens Stoltenberg, le 19 décembre, il a fait savoir qu’il n’était pas contre s’entendre avec l’organisation militaire mais qu’il était formellement opposé à la décision prise par Nicolas Sarkozy en novembre 2007 de réintégrer la France dans le commandement militaire de l’alliance. «Notre pays doit retrouver une politique étrangère et de défense indépendante», a insisté Nicolas Dupont-Aignan, tout en précisant que cela ne signifiait pas de «ne pas travailler parfois avec l’OTAN». «Je rêverais dans un autre monde que la France retrouve son indépendance», a-t-il encore déclaré.

Le président de Debout La France a en outre réprouvé le renforcement de la présence de l’OTAN dans les pays baltes, aux frontières de la Russie. «L’OTAN se trompe de combat», a-t-il noté, appelant à ce que Moscou et Paris, sans être d’accord sur tout, soient des «partenaires intelligents» partageant certains objectifs communs. A cet égard, il a regretté que la France n’ait pas lutté «plus intensément» contre Daesh aux côtés de la Russie en Syrie. «Le fiasco de la Syrie montre bien que la France est sortie complètement du jeu», a-t-il affirmé.

«Emmanuel Macron a trahi les agriculteurs sur le CETA»

Abordant par ailleurs les difficultés rencontrées par les agriculteurs pour subvenir à leurs besoins, Nicolas Dupont-Aignan a déclaré que l’Etat avait rétabli «le servage» en permettant aux grands groupes laitiers comme Lactalis de décider librement du prix du lait aux dépens des agriculteurs.

Auteur: RT France

Tout en dénonçant l’attitude de Bruxelles dans le domaine agricole, il a également critiqué l’Accord de libre-échange Union Européenne-Canada (CETA). Selon lui, le chef de l’Etat n’a pas pris en compte les réticences de la commission qui fut chargée par le président de la République de statuer sur les éventuelles conséquences de l’application du CETA en France : «Emmanuel Macron a trahi les agriculteurs sur le CETA.»

Quant à la polémique concernant l’autorisation par l’Union européenne de l’utilisation pendant cinq ans du glyphosate, le député de l’Essonne a jugé nécessaire de «faire partager des expériences intéressantes de cultures sans glyphosate» en vue d’une interdiction définitive.

https://francais.rt.com/france/46667-europe-otan-russie-syrie-nicolas-dupont-aignan

Johnny, la Corse et la France périphérique – Le Figaro interroge Christophe Guilluy

Johnny, la Corse et la France périphérique – Le Figaro interroge Christophe Guilluy

Johnny, la Corse et la France périphérique – Le Figaro interroge Christophe Guilluy

Christophe Guilluy, géographe, auteur notamment de Fractures françaises et de La France périphérique, répond au journal Le Figaro. ♦ FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Victoire des nationalistes en Corse, référendum controversé en Catalogne, élection de Donald Trump, Brexit, phénomène Johnny : pour le géographe, tous ces événements témoignent des fractures qui traversent les sociétés modernes.


Le Figaro : Comment analysez-vous la victoire des nationalistes en Corse ?Christophe Guilluy : La Corse est un territoire assez emblématique de la France périphérique. Son organisation économique est caractéristique de cette France-là. Il n’y a pas de grande métropole mondialisée sur l’île, mais uniquement des villes moyennes ou petites et des zones rurales. Le dynamisme économique est donc très faible, mis à part dans le tourisme ou le BTP, qui sont des industries dépendantes de l’extérieur. Cela se traduit par une importante insécurité sociale : précarité, taux de pauvreté gigantesque, chômage des jeunes, surreprésentation des retraités modestes. L’insécurité culturelle est également très forte. Avant de tomber dans le préjugé qui voudrait que « les Corses soient racistes », il convient de dire qu’il s’agit d’une des régions (avec la PACA et après l’Ile-de-France) où le taux de population immigrée est le plus élevé. Il ne faut pas l’oublier.

La sensibilité des Corses à la question identitaire est liée à leur histoire et leur culture, mais aussi à des fondamentaux démographiques. D’un côté, un hiver démographique, c’est-à-dire un taux de natalité des autochtones très bas, et, de l’autre, une poussée de l’immigration notamment maghrébine depuis trente ans conjuguée à une natalité plus forte des nouveaux arrivants. Cette instabilité démographique est le principal générateur de l’insécurité culturelle sur l’île. La question qui obsède les Corses aujourd’hui est la question qui hante toute la France périphérique et toutes les classes moyennes et populaires occidentales au XXIe siècle : « Vais-je devenir minoritaire dans mon île, mon village, mon quartier ? » C’est à la lumière de cette angoisse existentielle qu’il faut comprendre l’affaire du burkini sur la plage de Sisco, en juillet 2016, ou encore les tensions dans le quartier des Jardins de l’Empereur, à Ajaccio, en décembre 2015. C’est aussi à l’aune de cette interrogation qu’il faut évaluer le vote « populiste » lors de la présidentielle ou nationaliste aujourd’hui. En Corse, il y a encore une culture très forte et des solidarités profondes. À travers ce vote, les Corses disent : « Nous allons préserver ce que nous sommes. »

Il faut ajouter à cela l’achat par les continentaux de résidences secondaires qui participe de l’insécurité économique en faisant augmenter les prix de l’immobilier. Cette question se pose dans de nombreuses zones touristiques en France : littoral atlantique ou méditerranéen, Bretagne, beaux villages du Sud-Est et même dans les DOM-TOM. En Martinique aussi, les jeunes locaux ont de plus en plus de difficultés à se loger à cause de l’arrivée des métropolitains. La question du « jeune prolo » qui ne peut plus vivre là où il est né est fondamentale. Tous les jeunes prolos qui sont nés hier dans les grandes métropoles ont dû se délocaliser. Ils sont les pots cassés du rouleau compresseur de la mondialisation. La violence du marché de l’immobilier est toujours traitée par le petit bout de la lorgnette comme une question comptable. C’est aussi une question existentielle ! En Corse, elle est exacerbée par le contexte insulaire. Cela explique que, lorsqu’ils proposent la corsisation des emplois, les nationalistes font carton plein chez les jeunes. C’est leur préférence nationale à eux.

Qu’est-ce qui prime dans le ressort du vote  : l’insécurité sociale ou l’insécurité culturelle ?

La condition de ce vote, comme de tous les votes populistes, est la réunion de l’insécurité sociale et culturelle. Les électeurs de Fillon, qui se sont majoritairement reportés sur Macron au second tour, étaient sensibles à la question de l’insécurité culturelle, mais étaient épargnés par l’insécurité sociale. À l’inverse, les électeurs de Mélenchon étaient sensibles à la question sociale, mais pas touchés par l’insécurité culturelle. C’est pourquoi le débat sur la ligne que doit tenir le FN, sociale ou identitaire, est stérile. De même, à droite, sur la ligne dite Buisson. L’insécurité culturelle de la bourgeoisie de droite, bien que très forte sur la question de l’islam et de l’immigration, ne débouchera jamais sur un vote « populiste » car cette bourgeoisie estime que sa meilleure protection reste son capital social et patrimonial et ne prendra pas le risque de l’entamer dans une aventure incertaine. Le ressort du vote populiste est double et mêlé. Il est à la fois social et identitaire. De ce point de vue, la Corse est un laboratoire. L’offre politique des nationalistes est pertinente car elle n’est pas seulement identitaire. Elle prend en compte la condition des plus modestes et leur propose des solutions pour rester au pays et y vivre. Au-delà de l’effacement du clivage droite/gauche et d’un rejet du clanisme historique, leur force vient du fait qu’ils représentent une élite et qu’ils prennent en charge cette double insécurité. Cette offre politique n’a jamais existé sur le continent car le FN n’a pas intégré une fraction de l’élite. C’est même tout le contraire. Ce parti n’est jamais parvenu à faire le lien entre l’électorat populaire et le monde intellectuel, médiatique ou économique. Une société, c’est une élite et un peuple, un monde d’en bas et un monde d’en haut, qui prend en charge le bien commun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le vote nationaliste et/ou populiste arrive à un moment où la classe politique traditionnelle a déserté, aussi bien en Corse que sur le continent.

L’erreur de la plupart des observateurs est de présenter Trump comme un outsider. Ce n’est pas vrai. S’il a pu gagner, c’est justement parce qu’il vient de l’élite. C’est un membre de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Il fait partie du monde économique, médiatique et culturel depuis toujours, et il avait un pied dans le monde politique depuis des années. Il a gagné car il faisait le lien entre l’Amérique d’en haut et l’Amérique périphérique.

Pour sortir de la crise, les sociétés occidentales auront besoin d’élites économiques et politiques qui voudront prendre en charge la double insécurité de ce qu’était hier la classe moyenne. C’est ce qui s’est passé en Angleterre après le Brexit, ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec Trump, ce qui se passe en Corse avec les nationalistes. Il y a aujourd’hui, partout dans le monde occidental, un problème de représentation politique. Les électeurs se servent des indépendantismes, comme de Trump ou du Brexit, pour dire autre chose. En Corse, le vote nationaliste ne dit pas l’envie d’être indépendant par rapport à la France. C’est une lecture beaucoup trop simpliste. Si, demain, il y a un référendum, les nationalistes le perdront nettement. D’ailleurs, c’est simple, ils ne le demandent pas.

Le cas de la Corse est-il comparable à celui de la Catalogne ?

Le point commun, c’est l’usure des vieux partis, un système représentatif qui ne l’est plus et l’implosion du clivage droite/gauche. Pour le reste, la Catalogne, c’est l’exact inverse de la Corse. Il ne s’agit pas de prendre en charge le bien commun d’une population fragilisée socialement, mais de renforcer des positions de classes et territoriales dans la mondialisation. La Catalogne n’est pas l’Espagne périphérique, mais tout au contraire une région métropole. Barcelone représente ainsi plus de la moitié de la région catalane. C’est une grande métropole qui absorbe l’essentiel de l’emploi, de l’économie et des richesses. Le vote indépendantiste est cette fois le résultat de la gentrification de toute la région. Les plus modestes sont peu à peu évincés d’un territoire qui s’organise autour d’une société totalement en prise avec les fondamentaux de la bourgeoisie mondialisée. Ce qui porte le nationalisme catalan, c’est l’idéologie libérale libertaire métropolitaine, avec son corollaire : le gauchisme culturel et l’« antifascisme » d’opérette. Dans la rhétorique nationaliste, Madrid est ainsi présentée comme une « capitale franquiste » tandis que Barcelone incarnerait l’« ouverture aux autres ». La jeunesse, moteur du nationalisme catalan, s’identifie à la gauche radicale. Le paradoxe, c’est que nous assistons en réalité à une sécession des riches, qui ont choisi de s’affranchir totalement des solidarités nationales, notamment envers les régions pauvres. C’est la « révolte des élites » de Christopher Lasch appliquée aux territoires. L’indépendance nationale est un prétexte à l’indépendance fiscale. L’indépendantisme, un faux nez pour renforcer une position économique dominante. Dans Le Crépuscule de la France d’en haut (*), j’ironisais sur les Rougon-Macquart déguisés en hipsters. Là, on pourrait parler de Rougon-Macquart déguisés en « natios ». Derrière les nationalistes, il y a les lib-lib.

Le clivage nation/ville monde est-il celui de demain ?

L’exemple de la Catalogne préfigure peut-être, en effet, un futur pas si lointain où le processus de métropolisation conduira à l’avènement de cités-Etats. En face, les défenseurs de la nation apparaîtront comme les défenseurs du bien commun. Aujourd’hui, la seule critique des hyperriches est une posture trop facile qui permet de ne pas voir ce que nous sommes devenus, nous : les intellectuels, les politiques, les journalistes, les acteurs économiques, et on pourrait y ajouter les cadres supérieurs. Nous avons abandonné le bien commun au profit de nos intérêts particuliers. Hormis quelques individus isolés, je ne vois pas quelle fraction du monde d’en haut au sens large aspire aujourd’hui à défendre l’intérêt général.

Macron a souvent été présenté comme la quintessence de la France d’en haut. Peut-il, malgré tout, s’adresser à celle d’en bas ?

Il est trop tôt pour le dire. Je ne suis pas dans le cerveau de Macron. Cela nécessiterait une profonde révolution intellectuelle de sa part. Notons simplement que, depuis son élection, il a su se montrer suffisamment transgressif pour ne pas tenir exactement les discours qu’on attendait de lui. Le point le plus intéressant, c’est qu’il s’est dégagé du clivage droite/gauche. La comparaison avec Trump n’est ainsi pas absurde. Tous les deux ont l’avantage d’être désinhibés. Mais il faut aussi tenir à l’esprit que, dans un monde globalisé dominé par la finance et les multinationales, le pouvoir du politique reste très limité. Je crois davantage aux petites révolutions culturelles qu’au grand soir. Trump va nous montrer que le grand retournement ne peut pas se produire du jour au lendemain mais peut se faire par petites touches, par transgressions successives. Trump a amené l’idée de contestation du libre-échange et mis sur la table la question du protectionnisme. Cela n’aura pas d’effets à court terme. Ce n’est pas grave car cela annonce peut-être une mutation à long terme, un changement de paradigme. La question est maintenant de savoir qui viendra après Trump. La disparition de la classe moyenne occidentale, c’est-à-dire de la société elle-même, est l’enjeu fondamental du XXIe siècle, le défi auquel devront répondre ses successeurs.

Que révèle le phénomène Johnny ?

On peut cependant rappeler le mépris de classe qui a entouré le personnage de Johnny, notamment via « Les Guignols de l’info ». Il ne faut pas oublier que ce chanteur, icône absolue de la culture populaire, a été dénigré pendant des décennies par l’intelligentsia, qui voyait en lui une espèce d’abruti, chantant pour des « déplorables », pour reprendre la formule de Hillary Clinton. L’engouement pour Johnny rappelle l’enthousiasme des bobos et de Canal+ pour le ballon rond au moment de la Coupe du monde 1998. Le foot est soudainement devenu hype. Jusque-là, il était vu par eux comme un sport d’ « ouvriers buveurs de bière ». On retrouve le même phénomène aux États-Unis avec le dénigrement de la figure du white trash ou du redneck. Malgré quarante ans d’éreintement de Johnny, les classes populaires ont continué à l’aimer. Le virage à 180 degrés de l’intelligentsia ces derniers jours n’est pas anodin. Il démontre qu’il existe un soft power des classes populaires. L’hommage presque contraint du monde d’en haut à ce chanteur révèle en creux l’importance d’un socle populaire encore majoritaire. C’est aussi un signe supplémentaire de l’effritement de l’hégémonie culturelle de la France d’en haut. Les classes populaires n’écoutent plus les leçons de morale. Pas plus en politique qu’en chanson.

Christophe Guilluy
Propos recueillis par Alexandre Devecchio
13/12/2017

Source : Le FigaroVox du 13/12/2017

(*) Bernard Mazin a analysé cet ouvrage pour Polémia. Voy. :

https://www.polemia.com/le-crepuscule-de-la-france-den-haut-de-christophe-guilluy/embed/#?secret=1r2PtjrouL

Correspondance Polémia – 16/12/2017

Crédit photo : Christophe via Flickr (cc)

https://www.polemia.com/johnny-la-corse-et-la-france-peripherique-le-figaro-interroge-christophe-guilluy/

https://www.polemia.com/johnny-la-corse-et-la-france-peripherique-le-figaro-interroge-christophe-guilluy/

Nous serons submergés par un islam conquérant et des Africains prolifiques, sauf si…

Nous serons submergés par un islam conquérant et des Africains prolifiques, sauf si…

Nous serons submergés par un islam conquérant et des Africains prolifiques, sauf si…

Par Jean-Yves Le Gallou, président fondateur de Polémia ♦ Alors que les crédits budgétaires 2018 consacrés à la lutte contre l’immigration diminuent, la politique agricole commune en prévoit de nouveaux pour implanter les « migrants » dans les campagnes. Entretien accordé à Riposte Laïque.


Riposte laïque : 18 mois après la publication d’Immigration : la catastrophe. Que faire ? comment jugez-vous l’évolution de la situation ?Jean-Yves Le Gallou : Le torrent migratoire s’accélère. Le nombre de titres de séjour distribués en 2016 s’est établi à 227.923 : en augmentation de 5% par rapport à 2015.

Dans le même temps 85.696 étrangers ont déposé une demande au titre du droit d’asile : en augmentation de 7% par rapport à 2015, 40% par rapport à 2013 et 120% par rapport à 2007. Bien sûr les 3/4 ou les 4/5 de ces demandeurs seront déboutés mais le plus grand nombre de ces déboutés resteront comme clandestins dans l’espoir d’être régularisés.

Riposte laïque : A-t-on une idée du nombre de clandestins ?

Jean-Yves Le Gallou : Je ne me hasarderai pas à une estimation… par crainte de sous-estimation ! Simplement les bénéficiaires de l’Aide médicale d’État étaient 300.000 en 2016 : en augmentation de 49% depuis 2011… Or l’immense majorité des clandestins sont des jeunes hommes qui ne doivent pas avoir souvent besoin de consultations médicales…

Riposte laïque : On a l’impression qu’il n’y a plus du tout de frontières.

Jean-Yves Le Gallou : C’est le ressenti des dirigeants et des fonctionnaires de la police aux frontières. On ne contrôle plus les entrées… et on n’expulse plus personne ou quasiment plus personne.

Toutes causes confondues, le ministère de l’Intérieur prétend avoir expulsé 12.961 clandestins en 2016, un chiffre en baisse de 15% par rapport à 2014. Encore est-il doublement bidonné : il prend en compte les rares sorties volontaires ; lorsqu’un clandestin qui s’apprête à quitter (volontairement) la France est détecté et à la frontière il se voit notifier un OQTF (Obligation de quitter le territoire français) : cela ne sert à rien, puisque c’est précisément ce qu’il est en train de faire, mais cela gonfle les statistiques de réussite de la procédure !

Par ailleurs, s’agissant des retours vraiment forcés, le gouvernement a menti au Sénat. Il a donné le chiffre de 6.166. Mais la Commission européenne qui rembourse les frais correspondants dans le cadre du FAMI (Fonds asile migration et intégration) n’a reçu que 2.429 dossiers. Bref, une arnaque statistique de 250% !

Riposte laïque : Le gouvernement veut-il vraiment arrêter l’immigration clandestine ?

Jean-Yves Le Gallou : Non ! Macron fait des simagrées expliquant devant les caméras à une clandestine marocaine voilée : « Madame, il faudra repartir ». Mais il fera jour demain… Et dans la vraie vie les crédits budgétaires 2018 consacrés à la lutte contre l’immigration diminuent de 7%, alors que le reste des crédits de la mission « Asile, intégration, immigration » augmente de 12% : 85 millions (en baisse) contre l’immigration clandestine, 1,2 milliard (en hausse) pour « l’accueil ».

Riposte laïque : On a le sentiment d’une vraie préférence étrangère ?

Jean-Yves Le Gallou : C’est hélas vraiment le cas ! J’ai déjà cité un exemple : accueil, les crédits augmentent ; refoulement des clandestins, les crédits baissent. Pas besoin d’un dessin pour comprendre !

Mais voici d’autres exemples.

Si vous avez un enfant, il doit subir, nolens volens, 11 vaccins sinon il ne pourra pas être scolarisé ; mais les clandestins, eux, ne sont pas vaccinés ; et les immigrés réguliers non plus, d’ailleurs, ce que déplore le rapport sénatorial. Le nombre des visites médicales passées à l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) s’est effondré en moins de trois ans, passant de 210.000 à 50.000, au moment même où l’épidémie de tuberculose revient. Ces gens-là sont des criminels.

Dans le top 10 des associations les plus subventionnées par l’État, cinq se consacrent exclusivement ou principalement à l’immigration, dont France Terre d’Asile à hauteur de 40 millions d’euros.

Le plus ahurissant est le 6e considérant de la décision du Tribunal administratif de Paris du 25 novembre 2017 retenant comme motif important pour interdire la manifestation de Génération identitaire contre l’islamisation l’existence d’un grand nombre de manifestations à Paris dont : des rassemblements de la mouvance panafricaine, de la Brigade Anti-négrophobie, de collectifs et associations, telles que le Collectif représentatif des associations noires (CRAN), l’association Unies et solidaires pour l’Afrique et sa renaissance (AUSAR), le collectif Black Lives Matter France, le Parti des indigènes de la République (PIR) ainsi qu’une manifestation de ressortissants togolais. Or, toutes ces manifestations, qui avaient été déclarées plus tard à la préfecture de police que celle de Génération identitaire (déclarée le 25 octobre, un mois avant !), se sont vu accorder une véritable priorité. De même le pouvoir a toléré tous les vendredis pendant 8 mois l’occupation de la Place de la mairie de Clichy par des musulmans prétendument en prière. Successeur de Maurice Papon, le préfet de police Michel Delpuech applique la préférence étrangère dans le droit de manifester.

Et la politique agricole commune prévoit des crédits nouveaux pour implanter les « migrants » dans les campagnes.

Riposte laïque : L’immigration c’est la faute à l’UE alors ?

Jean-Yves Le Gallou : Non, c’est une vision aussi simpliste que fausse.

Certes, l’Union européenne met en œuvre, tout comme l’État français et les principaux États européens de l’Ouest, une politique mondialiste et immigrationniste. Ceci étant, expliquer comme l’a fait Philippot, et Marine Le Pen lorsqu’elle était à sa remorque, qu’il suffirait de sortir de l’Union européenne pour maîtriser l’immigration est un mensonge absolu. Il s’agit d’un détournement de la lutte contre l’immigration en lutte contre l’UE, en refusant de voir les vrais problèmes de l’immigration et en évitant les sujets qui fâchent les médias. Bref, un discours qui a mélangé cynisme et lâcheté, paresse et ignorance.

Quelques faits, quelques chiffres :

– En 2016, en France, 88.510 entrées au titre du regroupement familial imposé depuis 1979 par une décision du Conseil d’État surinterprétant la Convention internationale des droits de l’enfant. Ce n’est pas davantage l’UE.

– En 2016, en France, 73.324 entrées au titre de l’immigration des étudiants… alors même qu’il n’y a pas assez de places dans les universités pour les Français, d’où les procédures de tirage au sort. Ce n’est pas non plus l’UE.

– En 2016, en France, 85.696 demandes d’asile en application de la Convention de Genève surinterprétée de manière laxiste par les juges. Ce n’est toujours pas l’UE.

– En 2016, en France, à peine plus de 2.500 retours forcés de clandestins par application laxiste d’une législation française complexe par des juges –administratifs et judiciaires – surinterprétant la Convention européenne des droits de l’homme. Ce n’est pas non plus l’UE.

– Ce n’est pas davantage l’UE qui impose au gouvernement des naturalisations indues d’étrangers (tels que parasites vivant uniquement de l’aide sociale ou candidats au titre de Français ayant déchiré la charte de citoyenneté), c’est le Conseil d’État.

– On pourrait aussi parler de la nouvelle filière d’immigration clandestine : de grands gaillards africains qui se déclarent « mineurs », généralement sans l’être, et qui sont alors pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, ce qui coûte 50.000 euros par an et par tête aux départements. Ce n’est pas davantage l’UE mais un détournement de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Vous le voyez, le pouvoir politique est comme un bouchon de liège ballotté dans une mer agitée par les associations, les médias et les juges – les juges qui ont le vrai pouvoir.

Riposte laïque : Il n’y a donc pas de solutions ?

Jean-Yves Le Gallou : Si. Que le pouvoir politique reprenne le pouvoir de décision aujourd’hui accaparé par les juges. C’est ce que font les gouvernants à l’Est en Tchéquie, en Pologne, en Hongrie. Ces dirigeants ne sont pas sortis de l’UE mais ils ont engagé les réformes constitutionnelles nécessaires pour échapper à la paralysie judiciaire. En France cela signifie 5 grandes mesures : inscrire le droit à la défense de l’identité dans la Constitution, retirer au Conseil constitutionnel le droit de corriger les lois sur le fond, dénoncer les conventions internationales interprétées de manière abusive (Asile, CEDH, CIE), supprimer les subventions aux associations immigrationnistes, libérer les tribunaux de la tyrannie des juges immigrationnistes.

Riposte laïque : Et sinon ?

Jean-Yves Le Gallou : Le reste c’est du baratin. Si nous ne faisons pas cela nous serons submergés par un islam conquérant et des Africains prolifiques.

Jean-Yves Le Gallou
04/12/2017

Source : Nous serons submergés par un islam conquérant et des Africains proliférant, sauf si…
Voir aussi : Immigration, asile et intégration. Échec et mensonge du gouvernement face au Sénat

Correspondance Polémia – 05/12/2017

Jean-Yves Le Gallou

Jean-Yves Le Gallou

Jean-Yves Le Gallou, ENA, inspecteur général de l’administration (ER), ancien député européen est le président de Polémia. Essayiste il a publié de nombreux ouvrages dont « La Tyrannie médiatique » et « Immigration : la catastrophe, que faire ? ». Jean-Yves Le Gallou présente chaque semaine sur TVlibertés i-média, émission d’analyse critique des médias.

François de Lochner : « l’islamisation de la France est parfaitement programmée par le monde musulman »

François de Lochner : « l’islamisation de la France est parfaitement programmée par le monde musulman »

La_Grande_Mosquee_Du_Paris

La grande mosquée de Paris

07/12/2017 – 07h50 Paris  (Breizh-info.com) – François de Lochner préside la Fondation de Service politique. Il vient de publier, aux éditions Pierre Guillaume De Roux, une « chronique de l’islamisation ordinaire de la France » dans laquelle il dresse un constat sans appel.

Le haut fonctionnaire dénonce ce qu’il considère être une islamisation de la France. Il appelle à la résistance quotidienne et somme les responsables politiques de prendre leurs responsabilités, sans craindre la bien-pensance et les chantres d’une mondialisation utopique.

Présentation de l’éditeur :

La France a-t-elle pour vocation de devenir terre islamique? À en croire les élites boboïsées, représentatives d un microcosme aseptisé, l islamisation de la France ne serait qu un épouvantail, un mythe émanant au mieux d êtres incultes, les trop fameux « sans-dents », au pire de dangereux extrémistes.

Or pareil déni ne résiste pas à l analyse : faute d une sérieuse remise en cause des politiques menées depuis un demi-siècle, l islamisation du pays sera achevée dans quelques années. Quand, devenue un fait de société incontournable, elle acculera tous les Français à adopter, de gré ou de force, la culture islamique au sens le plus large. Il convient dès lors de s interroger sur l inversion du processus habituel de l assimilation : appartient-il aux musulmans immigrés, devenus dès lors mulsumans de France, de transformer leur nouvelle patrie en terre islamique ?

François Billot de Lochner remonte aux sources du phénomène, anticipe ses graves conséquences et propose quelques pistes de réflexion pour échapper au danger qui nous guette.

« chronique de l’islamisation ordinaire de la France » – François de Lochner – Pierre Guillaume De Roux – 23€

Entretien avec François de Lochner.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?

François de Lochner : En tant que président de la Fondation de Service politique, je dénonce sans relâche le déclin continu de la France, qui risque de s’achever par sa disparition si nous n’y prenons garde. À cet égard, la dizaine de livres que j’ai écrits depuis 15 ans pointe tous les affaissements politiques, économiques, sociaux, moraux, religieux ou culturels de notre pays, mettant en exergue les forces de déconstruction à la manoeuvre, analyse les gigantesques problèmes auxquels nous somment confrontés , et tente d’apporter des solutions à un déclin qui n’est pas irrémédiable.

Breizh-info.com : Il y a eu de nombreux ouvrages, ces dix dernières années, traitant de  « l’islamisation de la France » . Qu’est ce que le vôtre souhaite apporter de plus ?

François de Lochner : Mon livre ne ressemble pas aux ouvrages que vous évoquez. En effet, il a pour objectif de dévoiler la pensée des leaders musulmans français, européens ou mondiaux, en partant de ce qu’ils disent sur l’islamisation du monde. Depuis plus d’un demi-siècle, tout ce qu’ils disent ou écrivent va dans le même sens : la France deviendra islamique dans un court délai.

En même temps, ces leaders indiquent aux musulmans du monde entier la meilleure façon d’opérer pour qu’il en soit ainsi. Je démontre donc que l’islamisation de la France est parfaitement programmée par le monde musulman, qui s’appuie sur la lâcheté et la compromission des élites politico-médiatiques, ainsi que sur la soumission pour le moins surprenante du peuple français.

Breizh-info.com : Nous avons publié une étude du très sérieux Pew Research Center concernant la progression de l’Islam en France et en Europe. Vous la  jugez sous évaluée. Pourquoi ? Sur quoi vous basez vous pour faire une telle affirmation ?

François de Lochner : Je vous renvoie à de multiples études, infiniment plus sérieuses que celle que vous signalez. Il suffit de projeter quelques chiffres pour savoir que nous serons un pays majoritairement musulman dans une trentaine d’années. Parmi les chiffres qu’il faut avoir en tête, en voici quelques-uns : la population immigrée sur plusieurs générations est comprise entre 15 et 20 millions de personnes ; le taux de fécondité des femmes blanches est de 1,6, contre le double environ pour les populations immigrées ; nous accueillons chaque année 400 000 personnes environ, dont l’immense majorité est musulmane.

La projection de ces quelques chiffres, qui peuvent être affinés par d’autres chiffres qui vont dans le même sens, aboutissent à un résultat non contestable : la France sera majoritairement musulmane dans une trentaine d’années. L’étude que vous citez est donc complètement erronée. Pour mémoire, je vous rappelle qu’il y a quelques mois, Alain Juppé affirmait à la télévision que l’immigration concernait moins de 100 000 personnes… A ce niveau de mensonge, les bras nous en tombent.

Breizh-info.com : Dans votre livre, vous citez des exemples de pays, notamment musulmans, qui ont pris des mesures pour endiguer l’islamisation de leur société. Pouvez-vous revenir dessus ?

François de Lochner : Certains pays musulmans, en effet, ont compris que l’islam politico-religieux pouvait aboutir à détruire les valeurs traditionnelles de leur société. Ainsi, le Tadjikistan, musulman dans sa quasi-totalité et dirigé par un musulman, a pris des mesures coercitives pour contrer l’islamisation de la société. Par exemple, le port du voile ou la barbe islamique ne sont pas les bienvenus.

Il n’est pas inutile, en complément de cet exemple, de citer les positions de certains musulmans ayant des postes de responsabilité en Occident. À cet égard, le maire de Rotterdam, musulman convaincu, refuse catégoriquement l’islamisation de sa ville, et agit en conséquence : si les musulmans ne veulent pas respecter les valeurs fondamentales des Pays-Bas, qu’ils s’en aillent… A l’inverse, le maire de Londres, musulman très proche de l’organisation terroriste des Frères musulmans, organise en sous-main l’islamisation de la Grande-Bretagne.

Breizh-info.com : Alain Wagner a récemment livré une interview dans laquelle il confirme la thèse d’Eurabia, qui accable l’Union Européenne qui aurait « vendu » l’Europe aux organisations islamiques et au monde musulman. Accréditez- vous cette thèse ?

François de Lochner : Comme je le disais tout à l’heure, la compromission et la lâcheté des « élites » politico-médiatiques, de l’Union européenne en général et de la France en particulier, correspondent objectivement à une sorte de « vente » de l’Occident au monde musulman. La soumission est partout, et rend le combat particulièrement difficile.

Breizh-info.com : Finalement, votre constat est très long, mais votre « Que faire ? » est assez court. N’avez-vous donc pas un message d’espoir à faire passer ?

François de Lochner : Le message d’espoir est dans mon livre, et notamment dans le « Que faire », qui me semble suffisamment long. En effet, ce « Que faire » n’a aucunement l’intention d’être exhaustif, mais donne quelques coups de projecteur sur l’action que chacun d’entre nous peut mener pour ne pas se retrouver un jour en République française islamique. Je préfère quelques actions ciblées et menées, qu’une litanie d’actions exhaustives mais restant lettre morte. Mon livre a pour objectif d’éveiller les consciences, de chacun d’entre nous comme de celles des « élites politico-médiatiques ».

Propos recueillis par Yann Vallerie

Photos : Wikimedia commons (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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