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Persica

 

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Publié le 17 Mai 2019 par Observatus geopoliticus in Moyen-OrientHistoirePétroleEtats-Unis

Contre qui donc la guerre doit-elle être faite par les gens qui n’ont en vue que la justice ? N’est-ce pas contre des ennemis naturels et héréditaires qui possèdent beaucoup de biens et sont tout à fait incapables de les défendre ? Or les Perses répondent à toutes ces conditions.

Ces paroles ne sont pas de John Bolton. Elles ont été prononcées par Isocrate il y a 25 siècles. Platon Pompeo en rajoutait une couche : Ils ne se sont pas arrêtés sur la pente de la décadence (…) Leur régime gouvernemental est vicié par un excès de servitude chez le peuple et un excès de despotisme chez les maîtres. Quelques décennies plus tard, Alexandre – qui n’est jamais appelé le Grand en Iran – mettait ces menaces à exécution, envahissait l’empire achéménide et incendiait Persépolis.

Deux millénaires et demi plus tard, l’empire US nous rejoue la pièce bien peu originale de la grande croisade contre la bête noire perse/iranienne, devenue chiite entretemps. On sait que c’est pour casser l’arc du même nom que la guerre syrienne a été préparée :

La problématique centrale du conflit est l’arc chiite Iran-Irak-Syrie-Hezbollah.

Cet arc est, pour diverses raisons, la bête noire des Etats clients/alliés de l’empire américain au Moyen-Orient.

Pour les pétromonarchies du Golfe, Arabie saoudite et Qatar en tête, il empêche de faire passer leurs pipelines vers la Turquie et l’Europe. Cela se double, pour Riyad, d’une véritable obsession religieuse vis-à-vis de l' »hérésie » chiite.

Pour Israël, l’arc, qui se nomme lui-même axe de la Résistance et soutient la cause palestinienne (les sunnites ont depuis longtemps abandonné la lutte), est l’ennemi à abattre. Il est synonyme de continuum stratégique qui ravitaille le Hezbollah au Liban.

La Turquie a une position géographique exceptionnelle et prétend devenir l’interface énergétique par laquelle passeraient les gazoducs et oléoducs des pétromonarchies. De plus, Erdogan a engagé une ambitieuse politique néo-ottomane sunnite qui lorgne vers le Sud.

Pour les Américains, outre le fait de plaire à leurs protégés (c’est le rôle de tout empire) et de mettre des bâtons dans les roues de l’Iran, leur ennemi depuis 1979, cela permettrait de squizzer énergétiquement la Russie et de la remplacer, sur le marché européen, par les hydrocarbures du Golfe.

Ainsi, tout concourt à ce que « quelque chose se passe ». Dès 2007, dans un article prémonitoire intitulé The redirection, Seymour Hersh indiquait que la « guerre contre le terrorisme » avait laissé place à la guerre contre les chiites, pourtant ennemis mortels des terroristes sunnites qui mettaient l’Occident et le monde à feu et à sang. Rien d’étonnant à cela, les Américains avaient déjà profité de l’émotion du 11 septembre pour régler leurs petits comptes géopolitiques et attaquer Saddam, pourtant adversaire d’Al Qaïda…

Quelque chose se prépare donc, mais où ? Attaquer l’Iran de front est impossible après les fiascos irakien et afghan. Ré-attaquer l’Irak « libéré » quelques années auparavant est invendable auprès de l’opinion publique. Quant au Hezbollah libanais, il est par trop excentré et Israël s’y est d’ailleurs cassé les dents en 2006. Le maillon faible est la Syrie. C’est là que les efforts vont se porter.

Dès la fin des années 2000, le plan est prêt, comme l’expliquera Roland Dumas. La vague des « Printemps arabes » de 2011 est un prétexte idéal. Qu’une partie des Syriens se soulève réellement, sans arrière-pensées, contre Assad ne peut être nié. Que d’autres groupes aient été préparés et financés en amont, faisant partie d’une manœuvre élaborée dans des capitales étrangères pour faire tomber Assad, c’est une évidence.

L’arc chiite, en partie reconstitué après la victoire des syro-russo-iraniens en Syrie, (re)devient le cauchemar stratégique de Washington, Tel Aviv et Riyad. Les Iraniens s’établissent sur la Méditerranée tandis que la construction d’une autoroute Iran-Irak-Syrie a commencé (elle finira par relier Téhéran à Beyrouth) et qu’un projet de voies ferrées ressort du sable. Les futures routes de la Soie chinoises doivent passer par là…

Sur cette question, l’élection du Donald n’a guère changé la donne et l’a même, si c’était possible, empirée. Idolâtre des Israoudiens, travaillé au corps par le moustachu Bolton et l’imberbe Kushner, il ne pouvait que souscrire à l’iranophobie ambiante. En se retirant de l’accord nucléaire, il a ouvert la boîte de Pandore dans laquelle sont évidement tombées les euronouilles impuissantes. A la notable exception de la Suisse, les petits génies du Vieux continent vont sagement se coucher devant les diktats du suzerain. Comme le dit Pepe Escobar (bonne traduction ici) :

« Mises à part des platitudes sur leurs « regrets » au sujet des sanctions américaines, les trois de l’UE jouent de facto le jeu des États-Unis, d’Israël, de l’Arabie Saoudite et des Émirats, et travaillent par extension contre la Russie, la Chine et l’Iran. »

Là où l’ami Pepe prend peut-être ses désirs pour des réalités, c’est quand il affirme que l’Iran continuera de vendre sans problème son pétrole, notamment à la Chine. Certes, la délirante sanctionite impériale gêne à peu près tout le monde, y compris des alliés comme la Corée du Sud qui  « fera tout son possible pour obtenir un renouvellement de l’exemption ». Certes, ces menaces de sanctions contre le reste de la planète vont, à terme, précipiter le déclin de l’empire, dont la force repose normalement sur le consentement des autres. Il n’empêche, pour l’instant, cela semble fonctionner…

Si un mystérieux tanker a débarqué son précieux naphte perse en Chine, les principales compagnies pétrolières du dragon – CNPC et Sinopec – ont préféré éviter les sanctions américaines en stoppant leurs importations. A Pékin, Ankara ou New Delhi, ce ne sont que protestations et récriminations mais, pour l’instant, personne ne semble prêt à franchir le pas.

C’est dans ce contexte que survient le fameux « sabotage » du Golfe. Le 12 mai, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, sont abîmés non loin du détroit d’Ormuz, peut-être par de mystérieuses charges explosives. Si Washington, selon les bonnes vieilles ficelles, en a évidemment profité pour pointer du doigt l’Iran sans l’accuser formellement, les autres sont curieusement restés muets. Voir les Saoudiens se garder d’incriminer Téhéran est aussi courant que de voir une minijupe dans les rues de Riyad…

Certains y voient un énième false flag, une sorte d’Incident du Tonkin version Golfe, visant à justifier une intervention militaire contre l’Iran. Il convient cependant de préciser que l’armée US n’est pas du tout chaude pour une nouvelle aventure. L’amirauté contredit ouvertement Bolton sur la signification de l’arrivée (« prévue depuis longtemps » en réalité) du porte-avion USS Abraham Lincoln dans la zone, ce qui n’empêche d’ailleurs pas l’Espagne de retirer ses billes et de dire adios à la flotille américaine. La rumeur de l’envoi de 120 000 soldats US au Moyen-Orient n’a aucun sens – trop pour une attaque aérienne, bien trop peu pour une invasion terrestre – et il se murmure que les militaires, et pas seulement eux, veulent le scalp de Bolton, dont les jours sont peut-être comptés. Parmi les ennemis du furieux moustachu, Pompeo est tout aussi iranophobe. Mais s’il est un chaud partisan de l’isolement de Téhéran, il ne veut pas entendre parler d’une guerre qui embraserait toute la région.

Car nous ne sommes plus au temps de la décadence perse si chère à Platon et dont a bénéficié Alexandre. L’Iran a maintenant du répondant. Prenant le contre-pied de ceux qui ironisent sur le « Tonkin du Golfe », un bon connaisseur du Moyen-Orient (Elijah Magnier pour ne pas le citer) semble accréditer la thèse d’un sabotage iranien :

« Le 11 janvier 2007, les forces US ont perquisitionné le bureau de liaison iranien à Erbil et capturé trois officiers du « Corps des gardiens de la révolution iranienne ». Neuf jours plus tard, un commando dirigé par un officier du Hezbollah et des membres de la résistance irakienne du groupe de Moqtada al-Sadr (Asaeb Ahl al-Haq) ont mené une attaque audacieuse en plein jour dans la province de Kerbala, à bord de voitures blindées appartenant à un ministre irakien. Ils ont alors capturé et tué cinq soldats et officiers américains. C’est le modus operandi de l’Iran pour transmettre des messages aux USA, des messages sans équivoque qui ne laissent aucune trace iranienne.

Dimanche matin à 4 heures, heure locale, une forte explosion s’est fait entendre au port d’al-Fujarah dans les Émirats arabes unis. Cette opération propre, peu coûteuse, rapide et efficace a donné un immense résultat : elle a mis fin non seulement à la perspective d’une guerre entre les USA et l’Iran cet été, mais aussi d’une guerre entre le Hezbollah et Israël. L’acte de sabotage a donné un avant-goût de ce qui pourrait arriver aux économies des pays du Moyen-Orient et aux importations de pétrole si l’Iran était acculé au mur et attaqué. Les USA et leurs alliés du Moyen-Orient ne peuvent pas s’imaginer ce que l’Iran est capable de faire, même si aucune preuve tangible du sabotage ne mène à l’Iran, en cas de guerre. Trump devra bien réfléchir à sa réélection en 2020 s’il se lance dans une guerre sans horizon ou résultat clair.

L’Iran a menacé de fermer le détroit d’Ormuz s’il ne peut vendre son pétrole. L’acte de sabotage d’al-Fujairah s’est produit non loin de la base navale américaine à Fujairah, transmettant ainsi un double message à qui de droit.

L’acte de sabotage, que les autorités émiraties ont d’abord nié dans les heures qui ont suivi, pour ensuite le confirmer plus tard en après-midi, s’est produit peu après l’annonce que les USA envoyaient un porte-avions et des bombardiers B-52 en direction du golfe Persique pour effrayer l’Iran et répondre à toute tentative de s’en prendre au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Il est peu probable que les USA s’attendaient à ce genre de réaction immédiate et directe. »

Ne donnant pas leur part au chien, le Hezbollah et les milices chiites irakiennes entreront évidemment dans la danse si Téhéran est attaqué, tandis que les Houthis du Yémen commencent à cartonner les pipelinesd’Aramco en Arabie saoudite même. Le rayon d’action de leurs drones couvre la presque totalité du territoire saoudien et ils peuvent maintenant toucher n’importe quelle installation pétrolière. Les grassouillets cheikhs wahhabites semblent quelque peu paniqués de voir leur or noir pris entre l’enclume du détroit d’Ormuz et le marteau houthi.

Quant aux soldats américains en Irak, d’ailleurs lâchés par les alliés allemand et hollandais qui ont suspendu leur opération de soutien aux troupes de la coalition en raison de l’escalade, ils sont en première ligne. Même si les infos sont contradictoires, il se pourrait que leurs bases soient maintenant pointées par des missilesfournis par Téhéran à ses proxies, ce qui aurait poussé Washington à prendre l’étonnante décision d’évacuer tout le personnel diplomatique non essentiel en Irak.

Devant la formidable guerre asymétrique qui peut être déclenchée à tout moment par l’Iran, il n’est pas sûr que l’empire franchisse le Rubicon. Comme le dit un proverbe persan, n’ouvrez pas la porte que vous serez incapable de refermer

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Pâques à Mossoul, les chrétiens prient pour le retour de leurs proches

 

RELIGION

 

Pâques à Mossoul, les chrétiens prient pour le retour de leurs proches

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Reportage

Un an et demi après la libération de Mossoul, en Irak, une petite poignée de fidèles se sont réunis pour célébrer la résurrection du Christ dans la seule église encore debout. Un acte de résistance, alors que la majorité des chrétiens craignent de retourner dans l’ancienne capitale irakienne de Daech.

  • Noé Pignède (à Mossoul),
Pâques à Mossoul, les chrétiens prient pour le retour de leurs proches

Messe de Pâques à l’église Saint-Paul de Mossoul (Irak).AMMAR SALIH/EPA
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« Célébrer la résurrection du Christ à Mossoul, dans cette cité déchirée, est un symbole fort. » C’est par ces mots que l’archevêque, Mgr Najib Michaeel, commence son office. Une messe chantée en arabe ponctuée d’araméen, la langue du Christ, comme le veut le rite chaldéen.

Plus d’un an et demi après la reprise de cet ancien fief de Daech, une quarantaine de fidèles célèbrent la messe pascale dans la petite église Saint-Paul, seule église réhabilitée de la ville. Vaincue, l’organisation terroriste avait pratiqué une politique de la terre brûlée, incendiant l’ensemble des lieux de culte chrétiens.

« Je viens toujours à Mossoul avec une grande émotion. En juin 2014, les djihadistes nous ont chassés, mais aujourd’hui nous sommes là, sourit Elichoua, petite sœur de Jésus originaire de la région. Il faudra du temps aux chrétiens pour oublier ce traumatisme, mais je garde l’espoir que nous pourrons revenir et vivre en paix avec les autres communautés ».

Avant la prise de la ville par Daech, Mossoul comptait plus de 15 000 chrétiens. Mais malgré la défaite des djihadistes, seule une trentaine de familles aurait regagné la cité. « Il est temps de rentrer sur nos terres, poursuit la religieuse, les musulmans eux-mêmes nous le demandent ! Dieu nous montrera la voie ».

Des fidèles austères

En cette fête de Pâques, l’atmosphère est lourde, les fidèles austères. Un voile noir sur les cheveux, une femme entonne les psaumes dans un nuage d’encens. La maigre assemblée reprend sobrement. La majorité des fidèles ne vivent plus à Mossoul mais l’espoir du retour est sur toutes les lèvres. « En ce jour de fête, j’appelle tous mes frères chrétiens mossouliotes à convaincre leurs proches de rentrer. Nous sommes chez nous ici, assure Youssef, qui s’est réinstallé dans le quartier il y a quelques mois. Lorsque je suis revenu, un voisin musulman m’a tendu mes clés et m’a dit”Tiens, c’est chez toi’’. Il avait veillé sur ma maison. »

Pour la majorité des chrétiens toutefois, le retour semble impossible. Shahed, la soixantaine, cheveux à la garçonne, craint pour sa sécurité. Elle-même s’est réfugiée à Ankawa, le quartier chrétien d’Erbil, au Kurdistan irakien. « Notre communauté a beaucoup souffert. Tant que la situation ne se sera pas stabilisée, que les églises ne seront pas reconstruites et que l’archevêque ne sera pas de retour, je ne reviendrai pas à Mossoul. »

Des réserves partagées par la plupart des fidèles qui ont vu leurs maisons détruites, pillées par les djihadistes et leurs soutiens. Pendant l’occupation, certaines de leurs connaissances, parfois même leurs voisins musulmans, ont collaboré avec Daech.

De nombreux obstacles au retopur

« Il faut rétablir le lien de confiance qui unissait les Mosslaouis, explique Loÿs de Pampelonne, responsable de l’Œuvre d’Orient en Irak. Les chrétiens sont prêts à beaucoup de sacrifices pour retrouver leur terre mais, pour l’instant, les obstacles au retour restent nombreux, à commencer par les conditions sécuritaires et l’absence d’école religieuse. »

Même Mgr Najib ne vit pas, pour l’instant, dans la ville dont il est archevêque. Comme principale raison, il invoque l’absence de presbytère où poser ses valises, les bâtiments mitoyens de l’église Saint-Paul n’étant pas encore rénovés. Autre raison, tue mais évidente : le souvenir des exactions contre les chrétiens et de l’assassinat de son prédécesseur, Mgr Rahho en 2008.

Des crimes qui restent ancrés dans les mémoires et dont les racines idéologiques demeurent. « Daech est toujours vivant. Plus de 30 000 enfants ont subi le lavage de cerveaux des djihadistes, ajoute-t-il. L’éducation des jeunes doit être une priorité. »

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Mossoul, une difficile renaissance

Juin 2014 : La ville de Mossoul tombe aux mains de l’État islamique, après une offensive de grande ampleur dans le nord de l’Irak. 500 000 civils fuient la ville, dont 10 000 chrétiens. Quelques jours plus tard, Abou Bakr al-Baghdadi proclame le « califat » depuis la mosquée mossouliote Al-Nouri.

Octobre 2016 : Le gouvernement irakien annonce le lancement d’une opération pour reprendre la ville. C’est le début de la bataille de Mossoul.

Mars 2017 : Intenses frappes aériennes sur Mossoul sous l’égide de l’armée américaine.

Juillet 2017 : L’Irak annonce la libération de la ville.

24 décembre 2017 : Première messe de Noël célébrée à Mossoul depuis 2014

Septembre 2018 : A Paris, l’Unesco organise une rencontre pour encourager les acteurs de la scène internationale à se mobiliser pour la reconstruction du patrimoine de Mossoul

Décembre 2018 : Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, se rend en Irak, et notamment à Mossoul, en signe de la proximité du pape

Pour la libre circulation des marchandises au Levant

Pour la libre circulation des marchandises au Levant

  

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L’Iran, l’Iraq et la Syrie ont élaboré un projet de chemin fer régional reliant le port de Khorramshahr au Nord du Golfe arabo-persique au port méditerranéen de Basra, via Bagdad.

La construction avait été décidée en 2010 dans le cadre du marché commun régional d’alors. Le projet avait été interrompu par la guerre, la dissolution du marché commun, et la partie syrienne de cette voie a été détruite par l’« Armée syrienne libre ».

Ce chemin chemin de fer, qui est un droit de ces trois pays souverains, se heurte aux sanctions états-uniennes qui le leur interdisent formellement.

Cette voie ferrée devrait permettre des échanges industriels, agricoles et commerciaux en tous genres, multipliant par quatre le commerce entre les trois pays dans les cinq années de sa mise en service. Elle pourrait sauver les populations aujourd’hui menacées par la famine à venir.

Le 14 avril 2019, les trois pays ont confirmé la relance de ce projet.

https://www.voltairenet.org/article206066.html

Selon Kurdistan24, un administrateur de Daesh a avoué l’usage de mortiers au chlore

Selon Kurdistan24, un administrateur de Daesh a avoué l’usage de mortiers au chlore

  

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Un tribunal iraquien a condamné à mort par pendaison le Belge Bilal Abdoul-Aziz al-Marshouhi (dit « Abou Fadhil al-Belgiki ») pour son appartenance à Daesh.

« Je suis né en Belgique et possède la nationalité belge, malgré mes origines marocaines (…) J’ai fait des études d’ingénieur à l’université d’Anvers. Je suis devenu djihadiste après être devenu ami avec quelqu’un qui lisait des livres qui appelaient à l’islam radical », a-t-il expliqué.

Accusé d’avoir monté un site pornographique, il a quitté le Front Al-Nosra (Al-Qaïda) après avoir été formé aux armes par lui. Puis il a rejoint Daesh où il a d’abord servi dans la police (militaire, criminelle et des mœurs) de l’État islamique à Alep et enfin dans l’administration générale à la capitale (Raqqa).

Selon la chaîne de télévision Kurdistan24, il a affirmé lors d’une audience que son groupe faisait usage d’armes chimiques, notamment de mortiers au chlore, dans le district de Raqqa et dans un camp [1]

Les Nations unies ont été saisies de 216 supposées attaques chimiques en Syrie. La République arabe syrienne et la Russie en ont accusé les jihadistes, tandis que les Occidentaux en rejetaient la responsabilité sur le « régime de Bachar ». Les inspecteurs de l’OIAC ont confirmé plusieurs de ces attaques sans être habilités à en déterminer les auteurs. Cependant leur dernier rapport sur l’affaire de Douma exempte de facto les autorités de Damas.

Hassan Rohani en Irak : un rapprochement bilatéral nécessaire

Hassan Rohani en Irak : un rapprochement bilatéral nécessaire

Le 11 mars, Hassan Rohani s’est rendu en Irak dans le cadre d’une visite officielle de trois jours. Pour la première fois depuis son élection en 2013, Rohani se déplace dans son pays voisin, permettant ainsi l’affirmation du rapprochement politique et économique indéniable des deux Etats. Si cette visite est majeure pour l’Iran, elle l’est aussi pour l’Irak. En effet, Bagdad joue un jeu dangereux puisque ses deux principaux partenaires, l’Iran et les Etats-Unis, entretiennent des relations exécrables depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018.

Le président iranien Hassan Rohani en 2018.
Le président iranien Hassan Rohani en 2018.

La relation Iran/Irak : de la normalisation au véritable partenariat stratégique

Suite au cessez-le-feu du 18 juillet 1988 ayant mis fin à la guerre sanglante entre l’Irak et l’Iran, la relation entre les deux Etats fut très froide jusqu’à la chute du régime de Saddam Hussein, en 2003. Depuis, leur relation tumultueuse s’est muée pour devenir un partenariat majeur dans la région. En effet, une grande proximité lie les deux pays : l’Iran comme l’Irak sont des pays majoritairement chiites, alors que la plupart de leurs voisins sont des Etats musulmans sunnites. La présence de plusieurs dirigeants chiites au cœur du pouvoir irakien post-Hussein favorise d’ailleurs l’influence grandissante de l’Iran en Irak, qui se traduit notamment par le soutien à divers groupes armés irakiens.

Signe de ce lien religieux indéfectible, Hassan Rohani avait prévu de se rendre à Kerbala et Najaf, deux lieux saints du chiisme, puis de rencontrer l’ayatollah Ali al-Sistani, figure centrale des chiites irakiens. Le but implicite est notamment de faire front face à l’Arabie Saoudite, qui pourrait chercher à semer la discorde entre l’Iran et l’Irak.

L’économie et l’énergie comme fer de lance de ce partenariat

Depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, l’Iran cherche à tout prix à relancer son économie pour faire face à la recrudescence des sanctions économiques. Alors que les échanges commerciaux entre l’Iran et l’Irak s’élèvent déjà à 12 milliards de dollars par an, Rohani affiche un objectif de 20 milliards de dollars. La volonté affichée par Téhéran est que l’Irak favorise les entreprises iraniennes pour la reconstruction du pays s’inscrit dans ce sens.

De plus, l’Iran cherche aussi à sceller les contrats énergétiques signés entre Téhéran et Bagdad, alors que l’Irak s’est engagé auprès des Etats-Unis à réduire ses importations iraniennes en gaz et en électricité. L’Irak importe à ce jour 1300 MW d’électricité et 28 millions de m3 de gaz, et il semble toutefois difficile que la situation évolue. En effet, l’inefficacité des barrages irakiens en période de sécheresse rend les importations iraniennes primordiales pour pallier à l’urgence des besoins énergétiques. Le comportement des Etats-Unis face à ce rapprochement indéniable devra donc être scruté avec attention.

Sources :

– IMBERT Louis, “En visite à Bagdad, le président iranien défie la pression américaine”, Le Monde (https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/14/en-visite-a-bagdad-le-president-iranien-defie-la-pression-americaine_5436039_3210.html)

– “Visite hautement politique et symbolique du président iranien Hassan Rohani en Irak”, France 24 (https://www.france24.com/fr/20190311-visite-iran-hassan-rohani-irak)

– “Le président Hassan Rohani visite l’Irak”, Tribune de Genève (https://www.tdg.ch/monde/president-hassan-rohani-visite-irak/story/22567299)

About Xavier BERNAUD

Je suis diplômé d’une double-licence Droit/Science politique à l’Université Jean Moulin Lyon III, et d’un master 1 International Relations and Security Studies à York University à Toronto. J’étudie aujourd’hui à l’IRIS SUP’ à Paris.

L’échec de la politique américaine ouvre la frontière Irako-syrienne et la route Iran-Beyrouth.

L’échec de la politique américaine ouvre la frontière Irako-syrienne et la route Iran-Beyrouth.

par Elijah J. Magnier: @ejmalrai
“Un dinosaure avec une cervelle d’oiseau”. C’est en ces termes que l’ex-Président de l’Iran a décrit les Etats-Unis d’Amérique, opposant leur grande puissance militaire à leur manque de vision stratégique en politique étrangère. De fait, la rencontre tout à fait étonnante des chefs d’état-major de Syrie, d’Irak et d’Iran à Damas cette semaine n’aurait pas pu avoir lieu sans la dernière opération étasunienne en Syrie.
L’establishment américain a rendu service aux trois pays de l’”Axe de la résistance” en anéantissant le groupe “État islamique” (EI) retranché dans son dernier bastion à l’est de l’Euphrate. Suite à l’attaque contre Baghuz (à l’est de la Syrie), que les Etats-Unis ont menée conjointement avec leurs mercenaires Kurdes, les trois commandants militaires ont décidé de rouvrir la route entre la Syrie et l’Irak (la route Téhéran-Baghdad-Damas-Beyrouth est maintenant dégagée), qui permettra d’aller, par voie terrestre et en toute sécurité, d’Iran en Irak et en Syrie. Ce n’est pas la première fois que l’establishment américain fournit un soutien stratégique substantiel à l’Iran du fait de ses mauvaises décisions.

Photo by Bulent KILIC / AFP) (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images
Photo by Bulent KILIC / AFP) (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images

 

Lorsque le président américain Donald Trump a décidé de se retirer de la Syrie, une terre de “sable et de mort” selon lui, il était sérieux. Mais les Etats-Unis ne pouvaient pas partir sans avoir d’abord éliminé la poche de l’EI dans la zone sous contrôle étasunien à l’est de la Syrie, car ils auraient alors laissé subsister ce qui leur avait servi d’excuse pour occuper la zone. C’est pourquoi on a conseillé à Trump d’éliminer l’EI avant de retirer ses troupes. Il a finalement ordonné à ses forces à le faire après de longs mois d’inaction, au cours desquels les Etats-Unis ont en fait offert leur protection au groupe terroriste et ont laissé des dizaines de milliers de militants de l’EI attaquer l’armée syrienne et ses alliés le long de l’axe Deir-ezzour al-Bukamal.
La décision de Trump d’attaquer finalement l’EI doit être appréciée à sa juste valeur. Depuis 2014, les Etats-Unis faisaient semblant d’être en guerre contre le brutal groupe Takfiri tout en favorisant son expansion, en le laissant tuer des soldats de l’armée syrienne qui, eux, se battaient contre le groupe terroriste, et en utilisant la présence de de dernier pour justifier la leur. Les Etats-Unis ont bombardé Raqqa et l’ont détruite ; puis ils ont conclu un accord avec le groupe pour évacuer plusieurs milliers de ses membres. La campagne de Baghus est la première des Etats-Unis contre l’EI. C’est tout à l’honneur de Trump de faire ce que les Etats-Unis prétendent faire depuis 5 ans sans le faire : à savoir se battre contre l’EI.
Cette longue campagne spectaculaire a permis à Trump de s’attribuer le mérite de la défaite de l’EI, alors qu’en réalité depuis 5 ans les forces qui l’ont combattu sont les forces syriennes, la Russie, les Unités de Mobilisation Populaire (UMP)/Hashed al-Shaabi, l’armée irakienne, le Hezbollah libanais et l’Iran. A Baghuz les forces étasuniennes (et leurs alliés européens) ont bombardé l’EI pour les refouler dans un seul petit village. Elles ont réussi à ouvrir un passage sûr pour les femmes, les enfants, les personnes âgées, les combattants blessés de l’EI, et tous ceux qui étaient prêts à se rendre. Plus de 35 000 combattants de l’EI et leurs familles sont sortis de ce petit village. 9000 combattants ont été blessés ou tués. Les Etats-Unis et leurs forces mercenaires kurdes ont réussi à enfermer les restes du groupe terroriste dans une petite zone de moins d’un kilomètre carré et se préparent à lancer le dernier assaut dans les prochains jours. Ce n’est qu’une question de temps avant que l’EI abandonne son dernier bastion à l’est de l’Euphrate.

 

L’élimination imminente de la menace que représente l’EI a donné lieu à une rare rencontre. Le chef d’état-major iranien, le général Mohammad Baqeri, le ministre syrien de la Défense Ali Abdullah Ayyoub, et le chef d’état-major irakien, le général Othman al-Ghanmi, se sont réunis à Damas, la capitale syrienne, et ont décidé de rouvrir les frontières entre l’Irak et la Syrie.
Trump et ses généraux se sont rendu compte qu’ils avaient fait une erreur en créant un passage sûr pour l’Iran et l’Irak vers Syrie, en éliminant l’EI de la zone. Avec l’EI dans les parages, il aurait été impossible aux ressortissants iraniens et irakiens et aux marchandises de passer en Syrie en toute sécurité. C’est pourquoi, les Etasuniens ont décidé de laisser derrière eu plusieurs centaines de soldats.

Grâce à l’initiative américaine, l’Iran peut maintenant envoyer tout le soutien nécessaire en Syrie et reprendre son commerce avec ce pays. Israël bombarde l’aéroport de Damas pour tenter de ralentir le processus de réapprovisionnement de l’armée syrienne en missiles de précision et autres équipements militaires nécessaires pour reconstituer la force de défense de l’armée. Avec l’ouverture d’un nouveau point de passage frontalier entre l’Irak et la Syrie, l’occupation étasunienne du point de passage d’al-Tanf devient secondaire. Si les États-Unis essaient de faire pression sur l’Irak pour que le pays cesse de commercer avec l’Iran ou la Syrie, Bagdad demandera le départ des forces de Trump de Mésopotamie.
L’erreur de Trump permettra également à l’économie syrienne de retrouver un peu de vigueur avec la réouverture de la route terrestre vers Irak. La politique des États-Unis et leurs opérations en Syrie font bien rigoler les trois commandants militaires. Ils profitent régulièrement des erreurs stratégiques de Washington depuis son occupation de l’Irak en 2003 et son élimination du plus féroce ennemi de l’Iran, Saddam Hussein.

 

L’EI demeure un danger pour la sécurité, mais pas une menace militaire. Ce qu’il reste du groupe peut encore attaquer des convois ou des cibles faciles, même après la décision conjointe des trois pays de patrouiller les frontières, de partager leur technologie, leurs renseignements de mettre le poste frontière d’Al-Bu Kamal sous protection militaire et de lutter ensemble contre l’EI. Les États-Unis n’ont généralement qu’une vue globale des choses, car leurs conseillers et leurs planificateurs ont pour objectif de redessiner les frontières, de changer les régimes et de créer des États faillis. De ce fait, ils négligent parfois des éléments de détail qui peuvent renverser les situations à l’avantage de leurs ennemis supposés, en l’occurrence l’Iran. Comme Rafsanjani l’a dit un jour, les États-Unis sont “un dinosaure avec une cervelle d’oiseau”.
Rafsanjani n’a pas l’exclusivité des remarques caustiques. A une récente cérémonie de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique pour célébrer le succès du commandant major général Qassem Soleimani en Irak et en Syrie, Sayyed Ali Khamenei, le leader de la révolution, a dit en parlant des États-Unis (et de l’Arabie saoudite) : “Nous remercions Allah d’avoir rendu nos ennemis complètement idiots”

 

Traduction : Dominique Muselet
source:https://ejmagnier.com/2019/03/21/lechec-de-la-politique-americaine-ouvre-la-frontiere-irako-syrienne-et-la-route-iran-beyrouth/

https://philippehua.com/2019/03/28/lechec-de-la-politique-americaine-ouvre-la-frontiere-irako-syrienne-et-la-route-iran-beyrouth/

Daech caravane déambulant au service des États-Unis

Daech caravane déambulant au service des États-Unis

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Il n’est plus un secret pour personne que Daech et ses confrères sont des outils aux mains des Américains et leurs alliés, employés pour des objectifs multidimensionnels. Au premier abord, ces groupuscules terroristes créés par les États-Unis, comme l’affirme Hillary Clinton, sont envoyés afin de déstructurer et détruire certains pays, notamment arabes, soumettant leurs populations à des diktats qui ne respectent en aucun cas la dignité humaine, ainsi spolier leurs richesses. Lorsque cette stratégie échoue, comme c’est le cas en Syrie, les Américains et leurs alliés changent leur fusil d’épaule et commencent à évoquer « la lutte contre le terrorisme ». Ce concept devient actuellement sur le plan géostratégiques une arme de guerre pour les mêmes objectifs que nous avons déjà cités. Cependant la question qui se pose est comment ceux qui créent le terrorisme veulent en même temps le combattre ? 

La bataille contre Daech dans le Baghouz, « dernier fief de Daech » à l’est de la Syrie, occupe une grande place dans l’actualité et relève plusieurs ambiguïtés. Hakem Al-Zamili, membre du mouvement Al-Sader en Irak, affirme dans un entretien pour la chaîne libanaise Al-Mayadeen que l’or volé d’Irak en 2014 estimé à environ 50 tonnes, ainsi que 400 millions de dollars se trouvent dans le Baghouz. Ceci pose la question de savoir si vraiment cette bataille a comme but d’en finir avec Daech, ou si l’objectif des Américains et des forces kurdes est de récupérer le butin, ce qui pourrait constituer en partie un trésor de guerre inestimable pour les forces kurdes de Kassad, dans la suite de leurs projets d’autonomie et d’indépendance. 

Toutefois, la fin de Daech dans le Baghouz est-elle réellement la fin pure et dure de cette organisation ?  

Le président américain Donald Trump a déjà déclaré le 6 février lors d’une réunion des pays membres de l’alliance contre Daech, que ce dernier a été décapité et que les forces américaines œuvrent afin de traiter « les résidus ». Toutefois, nous constatons, notamment avec ce qui se passe actuellement dans le Baghouz, que Daech est encore présent et d’une façon réelle et concrète. Ceci révèle les contradictions stratégiques du président Trump et de son administration, surtout au sujet de la lutte contre le terrorisme. 

Dans son livre Conflits sur le bord de l’Abîme, Alwan Alam Al-Din cite Brousse Hauffman expert du terrorisme à l’université de Georges Tawn, qui affirme que : « Malgré la mort d’un important nombre de terroristes étrangers appartenant à Daech, des milliers ont pu fuir la Syrie, et aujourd’hui, il est certain qu’un bon nombre d’entre eux se trouvent dans les Balkans. Ils attendent sûrement l’occasion pour se faufiler clandestinement en Europe. » (1)

Quant à Fidrane Dzihik, expert des Balkans à l’institut international norvégien, affirme dans le même ouvrage que : « Des salafistes djihadistes se trouvent dans les Balkans et disposent de grands moyens. Ils ont dans leurs viseurs plusieurs pays du continent européen. » (2)

Hormis que l’Europe est menacée de nos jours depuis les Balkans, le président Trump à son tour la menace en évoquant la libération de ses ressortissants qui se trouvent dans les prisons des forces kurdes en Syrie et qui ont participé aux combats sous la bannière de Daech en Irak et en Syrie. Ceci prouve deux choses, la première est le niveau du partenariat amricano-kurde, faisant carrément de Trump le porte-parole et le décideur au nom des forces kurdes de la Syrie Démocratique ; la seconde chose est la guerre sécuritaire que risque de déclarer Trump à l’Europe, après de lui déclarer la guerre économique.  

Le ministre affaires étrangères américain Mark Pompeo, a quant à lui déclaré au début du mois de février que Daech fuit vers l’Afrique. La question que nous nous posons est comment Daech qui est encerclé à l’est de la Syrie, par ladite coalition internationale, commandée par les États-Unis et leurs alliés kurdes peut aussi facilement partir vers l’Afrique ? Y- a-t-il un lien entre l’arrivée de Daech sur le continent africain et les troubles, agitations et tentatives de déstabilisations qu’affrontent en ce moment certains pays africains ? Ou cela relève-t-il uniquement de l’ordre de la coïncidence ? Il convient de préciser que les forces de sécurités algériennes ont récemment arrêté un groupuscule important de terroristes sur leur frontière avec le Niger, venant de la banlieue nord d’Alep, tentant d’entrer en Algérie. 

Des informations circulent en ce moment qui consistent à affirmer que les convois de l’armée américaine qui se retirent de la Syrie vers l’Irak rapatrient avec eux quelques 800 combattants de Daech qui ont été prisonniers dans les geôles des forces kurdes de Kassad. 

Donc si nous prenons en compte les propos d’Hillary Clinton sur la contribution américaine, dans la fabrication d’Al Qaeda, puis de Daech, et les pratiques politico-sécuritaires américaines, nous constatons que la plupart du temps, combattre le terrorisme signifie le déplacer tout simplement d’un pays à un autre ou d’une région à une autre, ou lui permettre de circuler librement tout en clamant le fait de le combattre.

Enfin rien n’empêche de voir Daech ou des groupes extrémistes de même tendance islamique ou chrétienne en Amérique latine, dont le but est d’affronter le pouvoir au Venezuela et ses alliés. Surtout que le scénario que prépare les États-Unis pour le Venezuela est similaire à celui que la Syrie affronte depuis huit ans et qui a commencé sous la bannière du « printemps arabes. »

Antoine Charpentier

 

Notes

1. A. N. AMINE EL-DINE, Conflits sur le bord de l’Abîme, Beyrouth, 2019, p. 12 (En arabe)
2. A. N. AMINE EL-DINE, Conflits sur le bord de l’Abîme……Op.cit. p.13

 

Antoine Charpentier écrivain et analyste politique spécialiste du Moyen-Orient 

OR ARABE EXPORTÉ AUX ETATS-UNIS

OR ARABE EXPORTÉ AUX ETATS-UNIS

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Jeudi 28 février 2019 – 21h30

L’armée américaine a exporté 50 tonnes d’or de la Syrie, d’une valeur d’environ 1,7 milliard de dollars. Les Américains ont obtenu l’or des terroristes de DAESh.

L’or a été pillé par les terroristes pendant plusieurs années en Libye, en Irak et en Syrie et caché par eux près du village de Baghus dans la province syrienne de Deir ez-Zor. Voici la base du groupe DAESH en Syrie, complètement encerclé par l’armée syrienne.

Selon l’agence syrienne SANA (27 février), les terroristes ont offert de l’or à l’armée américaine en guise de paiement pour avoir quitté l’encerclement.

Le 27 février, l’agence de presse kurde Bas a rapporté que l’or avait été livré de nuit par hélicoptère à la base de l’US Air Force située près de la ville de Kobani (Ain Arab), dans le nord de la Syrie, et emmené par avion-cargo vers l’Amérique.

Masquerles liens associés

Quatorze djihadistes français entendus par la justice irakienne

Quatorze djihadistes français entendus par la justice irakienne

REUTERS15/03/2019 à 17:58
    BAGDAD, 15 mars (Reuters) - Quatorze djihadistes français du
groupe Etat islamique (EI), capturés en Syrie et transférés le
mois dernier en Irak, ont comparu le 6 mars devant un juge du
tribunal antiterroriste de Bagdad, a-t-on appris vendredi de
sources judiciaires.
    Tous ont reconnu devant le juge s'être rendus dans la ville
irakienne de Mossoul, alors sous le contrôle de l'EI, entre 2014
et 2017, a-t-on précisé de mêmes sources.
    S'ils sont jugés en Irak et reconnus coupables de crimes
contre l'Irak et le peuple irakien, ils risquent la peine de
mort.
    Le président irakien Barham Salih a récemment confirmé que
les combattants étrangers jugés en Irak et reconnus coupables
pourraient subir la peine capitale.
    Les services de renseignement irakien (INS) accusent ces
djihadistes français d'avoir commis des "actes terroristes" à
Mossoul, à 350 km au nord de Bagdad, et de s'être occupés de
certaines affaires financières du "califat".
    Le ministère français des Affaires étrangères n'a fait aucun
commentaire, soulignant qu'il s'agissait d'un dossier judicaire
irakien.
    Les 14 Français faisaient partie d'un groupe de 280
prisonniers irakiens et étrangers remis le mois dernier à l'Irak
par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une milice
arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis.
    Des sources officielles irakiennes ont fait savoir que les
détenus étrangers pourraient soit être renvoyés dans leur pays
d'origine, soit être jugés en Irak s'ils ont commis des crimes
dans le pays.
    L'un des détenus français, dans sa déposition que Reuters a
pu consulter, précise qu'il est d'origine tunisienne et qu'il a
servi dans l'armée française entre 2000 et 2010, notamment en
Afghanistan en 2009.
    Il ajoute qu'il a décidé de rejoindre les djihadistes en
Syrie après avoir vu de nombreuses vidéos du Front Al Nosra. Il
précise avoir participé à la bataille de Mossoul.
    Un autre prisonnier, Français d'origine algérienne, a quitté
la France pour la Syrie via la Turquie en 2013, lui aussi après
avoir vu des vidéos islamistes sur internet. Il a ensuite
rejoint l'EI à Mossoul.
    Selon Hicham al Hachimi, expert en questions de sécurité et
conseiller du gouvernement irakien, il est peu probable que ces
Français aient détenu des positions importantes au sein de l'EI.

 (Ahmed Rasheed avec John Irish à Paris; Guy Kerivel pour le
service français)

Florilège de la nouvelle année

Florilège de la nouvelle année

Publié le 3 Janvier 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis, Asie centrale, Moyen-Orient, Russie, Gaz

Chers lecteurs, chers amis,

cette nouvelle année, que je vous souhaite excellente, commence sur les chapeaux de roue et nous promet de très belles surprises géopolitiques. Le Grand jeu a ceci de féerique qu’en plus d’être fondamental pour la compréhension du monde, il nous scotche sur nos fauteuils comme le ferait le meilleur Hitchcock…

A tout saigneur tout honneur, l’empire est toujours pris dans les insondables remous provoqués, on le sait, par l’élection de Trump il y a deux ans. Ceux qui pensaient que le Donald se rangerait sagement derrière les injonctions du Deep State en sont pour leurs frais. Pas étonnant que le sinistre McCainistan ait été derrière – c’est officiel maintenant – le dossier Steele, intox assez lamentable laissant entendre que les Russes avaient des informations compromettantes sur le nouveau président américain.

Tout était bon pour saboter sa présidence mais la bête résiste, dans son style caractéristique et inclassable, mêlant certains éléments propres à satisfaire le parti de la guerre et d’autres qui lui font littéralement s’arracher les cheveux. Sa dernière interview a encore fait perler quelques gouttes de sueurs au front des stratèges US et autres clients de l’empire, qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Ce qu’il dit en soi n’apprendra certes rien aux observateurs et il ne peut s’empêcher quelques petits moments de gloriole infantiles – non, Donald, l’Iran n’a pas changé depuis que tu es arrivé au pouvoir et Téhéran ne retire pas ses conseillers spéciaux/milices du Moyen-Orient pour faire face à la contestation intérieure…

Mais certaines admissions, certains commentaires pertinents, sont remarquables dans la bouche d’un président américain devant les caméras de télévision. Petit florilège.

En Afghanistan, l’URSS a eu raison d’intervenir dans les années 80 pour contrer les djihadistes [soutenus par Washington, ndlr]. Les Américains y sont depuis 19 ans, dépensant une fortune sans résultat. Les Talibans sont plus forts que jamais [aucune surprise pour le fidèle lecteur] et ils se battent contre l’EI ; laissons nos ennemis se battre entre eux, il serait stupide d’intervenir.

Ce qu’il ne dit pas, c’est que les Américains multiplient les pourparlers avec les Talibans, à Abu Dhabi il y a quelques jours, au Qatar prochainement, alors même qu’ils en accusaient les Russes il y a quelques mois encore. Sur le terrain, les « étudiants en théologie » ont mis la main sur un nouveau district et la carte du pays n’est guère rassurante pour le gouvernement central :

Avec sa décision de retrait partiel d’Afghanistan, le Donald ne fait qu’entériner la défaite programmée des Etats-Unis. Le Royaume de l’insolence, tombeau des empires, a encore frappé !

Sur la Syrie, il est tout aussi clair : La Syrie a été perdue il y a longtemps par Obama. Ce n’est que sable et mort, il n’y a même aucune richesse et nous n’avons rien à y faire. Je ne sais pas d’où sort l’échéance de quatre mois ; je n’ai jamais dit que le retrait se ferait en un jour, il sera progressif, mais il se fera. Nous allons faire en sorte que les Kurdes soient protégés même s’ils ont vendu du pétrole à l’Iran [??]. Les Iraniens, les Russes et Assad détestent encore plus Daech que nous [la presstituée en a avalé son stylo de travers], ne faisons pas le travail à leur place.

Si Israël pensait être rassurée sur les intentions US en dépit du retrait, la dernière sortie de Trump a dû rallumer quelques alarmes. D’autant plus que, outre ses paroles assez ambiguës sur l’Iran, il a prononcé une phrase plus qu’étrange et quelque peu hors contexte : « Franchement, ils peuvent faire ce qu’ils veulent en Syrie« . Crise de nerfs à Tel Aviv. Nous assistons peut-être d’ailleurs à un divorce entre le Donald et le lobby pro-israélien, ce dernier tournant ingratement le dos au président américain qui a pourtant, historiquement, été le plus favorable à Israël…

Mais revenons en Syrie. Chat échaudé craint l’eau froide. Le félin en question, ce sont les Kurdes qui, ne sachant plus quoi attendre des Etats-Unis, continuent leurs négociations avec Damas. Les mots de la porte-parole kurde sont intéressants : « Les FDS ne tiennent plus compte de la présence ou absence américaine en Syrie« . Propos confirmés par un autre officiel du Rojava. De quoi faire se retourner dans sa future tombe le néo-con Lindsay Graham, pour qui un rapprochement Assad-Kurdes serait « un désastre majeur ».

A Idlib, c’est le chaos et cette carte en donne une bonne idée :

La guerre civile inter-barbue a éclaté et cette fois, elle semble partie pour durer. HTS (Al Qaeda pour les intimes) a lancé une attaque en règle contre al-Zinki qui, avec ses alliés pro-Turcs, a répliqué. Dans l’affaire, il y aurait une cinquantaine de morts de chaque côté et HTS occuperait même un poste d’observation turc.

Le sultan, justement, n’est peut-être finalement pas mécontent de la soudaine flambée de violence. Ne sachant plus trop quoi faire de ses barbus après le report sine die de l’offensive prévue contre les Kurdes, il peut toujours les lancer contre Al Qaeda afin de respecter enfin la promesse faite aux Russes d’en finir avec l’Idlibistan.

A Moscou, on boit du petit lait. Les Kurdes continuent leurs avances à Damas, les soldats syriens et américains commencent à se côtoyer sans anicroches à Manbij, les djihadistes d’Idlib s’entretuent, qui s’ajouteront aux 23 000 déjà dégommés en 2018…

Ca n’empêche pas le Kremlin de passer la vitesse supérieure. Et nous ne parlons pas ici de l’inarrêtable missile hypersonique Avangard, qui vole à Mach 20 et devant lequel l’empire n’a aucun moyen de défense. Dans le bras de fer engagé avec Washington, Moscou a inculpé un Américain, Paul Wheelan, d’espionnage deux jours après son arrestation.

Certains ne manquent évidemment pas d’y voir une monnaie d’échange pour faire libérer Maria Butina. Mais il se pourrait que l’accusation soit bien réelle. Les deux faits n’ont peut-être aucun lien mais Wikileaks a révélé il y a peu que les ambassades américaines à travers le monde étaient en train d’accumuler équipement d’espionnage et logiciels de hacker. A suivre…

Quant au Nord Stream II, la pose des tubes a commencé dans les eaux territoriales suédoises. Là encore, le fidèle lecteur aura été prévenu. Washington ne peut rien y faire et c’est d’ailleurs ce qu’a déclaré il y a quelques jours la Commission de Bruxelles, pourtant connue pour son masochisme et sa sainte horreur du gaz russe dont elle a néanmoins plus que jamais besoin.

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/01/florilege-de-la-nouvelle-annee.html