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Pluie de missiles Sol-Sol iraniens sur deux bases militaires US en Irak


Pluie de missiles Sol-Sol iraniens sur deux bases militaires US en Irak

ON: 08/01/2020  IN: ANALYSIS  TAGGED: WW3  WITH: 24 COMMENTS

Vidéo: Al Mayadeen Channel

La troisième guerre mondiale vient d’entamer sa phase chaude. Le président US Donald Trump, 45ème et probablement dernier président des États-Unis va prononcer un discours à la nation pour déclarer l’entrée en guerre de son pays et l’usage fort probable de l’arme nucléaire si les Americains perdent la face. L’Iran menace de cibler Israël avec des milliers de missiles dans ce cas de figure.

Est-ce le début de l’apocalypse au Moyen-Orient ?

Les bases US visées par les missiles des forces aérospatiales iraniennes :

Base aérienne de Ain Al-Assad

Base militaire US et centre des opérations régionales du Mossad israélien d’Erbil dans le Kurdistan d’Irak.

Une seconde volée de missiles Fateh 110 et Fatah 313 iraniens vient de s’abattre sur des cibles militaires US en Irak. D’autres volées de missiles Qiam-1 sont en cours de lancement.

Des réserboirs de carburant de missiles balistiques iraniens Qiam-1 tombés près d’Erbil dans le nord de l’Irak

Des dizaines de F-35 et de F-22 de l’US Air Force viennent de décoller des Emirats Arabes Unis et du Qatar et se dirigent vers les côtes iraniennes.

L’Iran vient d’annoncer le nom de code de son opération militaire: Sulaimani.

Des avions de combat des forces aériennes iraniennes ont décollé de tous les aéroports d’Iran pour intercepter les avions de combat US hostiles.

Le Guide de la Révolution islamique dirige les opérations depuis un bunker antinucléaires.

Réunion d’extrême urgence du Conseil de la sécurité nationale US

.https://strategika51.org/2020/01/08/pluie-de-missiles-sol-sol-iraniens-sur-deux-bases-militaires-us-en-irak/comment-page-1/#comment-103299

Le Parlement irakien expulse les militaires étrangers d’Irak

Le Parlement irakien expulse les militaires étrangers d’Irak


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 5 janvier 2020

Comme nous l’avion prévu iciici et ici :

The National @TheNationalUAE - 14:34 UTC · 5 janv.2020

Le Parlement irakien a voté pour mettre fin à la présence de troupes étrangères en Irak, limiter a possession d'armes à l'État irakien et déposer une plainte officielle contre les États-Unis à l'ONU.

The Nation rapporte :

Le Parlement a voté sur un plan d'action en cinq points qui obligerait le gouvernement irakien à mettre fin à la présence de troupes étrangères dans le pays et à retirer sa demande d'assistance à la coalition mondiale anti-État Islamique. Cela nécessitera une nouvelle législation pour annuler l'accord existant.

Le Parlement a également appelé le gouvernement à interdire l'utilisation de l'espace aérien irakien à toute puissance étrangère.

Le ministre irakien des Affaires étrangères a été chargé de se rendre à l'ONU pour déposer une plainte officielle contre la frappe américaine.

Le Premier ministre irakien et l’ensemble du cabinet ont soutenu la résolution.

Avant le vote, le Premier ministre Adil Abdul-Mahdi a déclaré au Parlement qu’il devait rencontrer Soleimani un jour après son arrivée pour recevoir une lettre de l’Iran à l’Irak en réponse à une offre de désescalade que l’Arabie saoudite avait faite. Les États-Unis ont assassiné Soleimani avant que la lettre ne puisse lui être remise. Abdul-Mahdi a également déclaré que Trump lui avait demandé de faire la médiation entre les États-Unis et l’Iran. A t-il fait cela pour piéger Soleimani ? Il n’est donc pas étonnant qu’Abdul-Mahdi soit furieux.

La lettre du Premier ministre au Secrétaire général des Nations Unies et au Secrétaire du Conseil de sécurité des Nations Unies est ici.

Les troupes étrangères en Irak comprenaient environ 5 000 hommes des États-Unis ainsi qu’un certain nombre d’autres pays de l’OTAN engagés dans la formation des troupes irakiennes. Il y a également des troupes turques dans le nord de l’Irak qui luttent contre le PKK. Ceux-ci devront également partir mais ne le feront probablement pas volontairement.

Sans aucune base en Irak, la position américaine en Syrie deviendra intenable.

Elijah J. Magnier @ejmalrai - 14:40 UTC · 5 janv.2020
 
#Iran #IRGC commandant #QassemSoleimani a réussi à atteindre avec sa mort ce qu'il n'a pas pu atteindre de son vivant. Il s'agit de son dernier acte spectaculaire pour l'Iran et pour "l'Axe de la Résistance": une législation obligeant les États-Unis à se retirer et à cesser toute forme de collaboration.

Il est quelque peu ironique de voir que les États-Unis ont dépensé beaucoup de vies et d’argent pour « propager la démocratie » en Irak, avant d’être expulsés par un vote du parlement irakien.

Il y a un danger évident dans cette loi. L’administration Trump est maintenant susceptible de voir l’Irak comme complètement dans le camp iranien. Cela n’a jamais été vrai et ne le sera jamais, mais c’est ainsi que cela sera vu. Les États-Unis pourraient donc recommencer à payer – avec de l’argent saoudien ? – des extrémistes sunnites, c’est-à-dire ISIS, pour retourner la situation actuelle à leur avantage.

C’est une des raisons pour lesquelles je recommande à l’Irak d’inviter la Russie à former son armée.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/le-parlement-irakien-expulse-les-militaires-etrangers-dirak

Le parlement irakien demande l'expulsion des troupes américaines

DERNIERE MINUTE

Le parlement irakien demande l’expulsion des troupes américaines

Par Euronews • Dernière MAJ: 05/01/2020 – 16:16
Le parlement irakien demande l'expulsion des troupes américaines

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TAILLE DU TEXTEAaAa

Le Parlement irakien a demandé dimanche au gouvernement de « mettre fin à la présence des troupes étrangères » en Irak en commençant par « retirer sa demande d’aide » adressée à la communauté internationale pour combattre le groupe Etat islamique (EI).

Lors d’une séance extraordinaire retransmise exceptionnellement en direct à la télévision d’Etat et en présence du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi, les députés ont approuvé une décision qui « contraint le gouvernement à préserver la souveraineté du pays en retirant sa demande d’aide », a indiqué le chef du Parlement, Mohammed al-Halboussi.

AFP

https://fr.euronews.com/2020/01/05/le-parlement-irakien-demande-l-expulsion-des-troupes-americaines?fromBreakingNews=1

Les représailles commencent, plusieurs attaques au mortier contre la présence US en Irak, le Hezbollah avertit les forces de sécurité de « rester à l’écart »

Les représailles commencent, plusieurs attaques au mortier contre la présence US en Irak, le Hezbollah avertit les forces de sécurité de « rester à l’écart »

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par Tyler Durden.

Sommaire

  • Plusieurs missiles/mortiers non guidés « Katyusha » ont été tirés sur deux régions près de Bagdad.
  • Le quartier de la Zone Verte à Bagdad, est attaqué par des obus de mortier : 5 personnes blessées.
  • La base aérienne de Balad (qui accueille les troupes US) près de Bagdad a été touchée par des missiles : 3 soldats irakiens blessés.
  • Explosion entendue à la base Al-Kindi de Mossoul (qui abrite des troupes US) : pas encore de détails sur les blessures.
  • Le Hezbollah avertit les forces de sécurité irakiennes de se tenir à l’écart des bases US.

Aldin @aldin_ww

Iraqi Kata’ib Hezbollah warning Iraqi Security Forces should stay away from US bases starting Sunday evening.

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5218:45 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité66 personnes parlent à ce sujet

Le Kata’ib Hezbollah irakien avertit que les forces de sécurité irakiennes devraient se tenir à l’écart des bases US à partir de dimanche soir.

Alors que des milliers de personnes défilent dans les rues de Bagdad pour commémorer la mort de Soleimani, Al-Arabiya (et d’autres sources de nouvelles locales) rapportent que des roquettes ont atterri dans la Zone Verte fortement fortifiée de Bagdad, où se trouve l’Ambassade des États-Unis (entre autres choses).

Des témoins ont déclaré à Reuters qu’une explosion avait été entendue dans la capitale irakienne, Bagdad.

Sky News Arabia rapporte que le missile a atterri dans la Zone Verte de Bagdad et a fermé l’entrée de la route menant à l’Ambassade US.

Une roquette Katioucha non guidée aurait été lancée…

Hamoud_Mohammed@news_hamoudEn réponse à @news_hamoud

Iraqi police sources: A Katyusha rocket landed inside the Green Zone [near the US Embassy] in Baghdad. pic.twitter.com/7ybzDMlNy9318:23 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialitéVoir les autres Tweets de Hamoud_Mohammed

Sources de la police irakienne : Une roquette Katioucha a atterri dans la Zone Verte [près de l’Ambassade US] à Bagdad.

Des dizaines d’hélicoptères Apache US sont maintenant visibles dans les airs…

News flash@BRNewsFlash · 22 hEn réponse à @BRNewsFlash

#BREAKING: unconfirmed reports of Missile impacts in vicinity of US Embassy in #Baghdad

Missile did not hit the target!

News flash@BRNewsFlash

#BREAKING
Numerous U.S. helicopters in the air over #Baghdad, #Iraq.
After Rocket hits Baghdad’s Green Zone. Entrance to the U.S. Embassy remains closed.4118:02 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité55 personnes parlent à ce sujet

De nombreux hélicoptères US dans les airs au-dessus de Bagdad, Irak. Après que le missile ait touché la Zone Verte de Bagdad l’entrée de l’Ambassade US reste fermée.

Réponse à @BRNewsFlash : Rapports non confirmés d’impacts de missiles aux alentours de l’Ambassade des États-Unis à Bagdad

Le Président Rohani aurait menacé les États-Unis d’un « coup de foudre »…

Rohani accueille le Ministre des Affaires Étrangères du Qatar et menace les États-Unis d’un coup de foudre

De plus, on rapporte maintenant que de multiples roquettes ont frappé la base aérienne de Balad, située juste au nord de Bagdad, qui accueille des troupes US…

Evan Kokkinos@evankokkinos97

#BREAKING: Multiple rockets strike Balad Airbase north of #Baghdad housing #US troops.#Iraq #IranWar #Iran #Suleimani #MiddleEast #WWIII

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518:27 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité22 personnes parlent à ce sujet

De multiples roquettes frappent la base aérienne de Balad au nord de Bagdad abritant des troupes US.

Une troisième attaque au mortier serait en cours sur la base militaire US d’Al-Kindi à Mossoul…

Sotiri Dimpinoudis@sotiridi · 20 hEn réponse à @sotiridi

#Update: Up to 4 Mortars have impacted inside the military base of Al-Kindi, where there are Kurdish coalition forces of the #US, at the city of #Mosul of Kurdistan in #Iraq.

Sotiri Dimpinoudis@sotiridi

#Update: Picture of inside the military base of Al-Kindi in #Mosul in #Kurdistan in #Iraq now being reported about 10 mortars hit inside the compound and around the compound. Reports also suggest that a number of #US troops are located at the base.#Iran

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5319:50 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité75 personnes parlent à ce sujet

Une photo de l’intérieur de la base militaire d’Al-Kindi à Mosul au Kurdistan irakien montre qu’environ 10 mortiers ont tir à l’intérieur et autour du complexe. Des rapports suggèrent également qu’un certain nombre de troupes US se trouvent dans la base.

Mise à jour : Jusqu’à 4 mortiers ont tiré à l’intérieur de la base militaire d’Al-Kindi, où se trouvent les forces de la coalition kurde des États-Unis, dans la ville de Mossoul du Kurdistan irakien.

Au même moment, la police irakienne a ouvert le feu sur des miliciens armés des Unités de Mobilisation Populaire pendant le cortège funèbre.

Babak Taghvaee@BabakTaghvaee

Happened in #Baghdad, the counter-terrorism unit of #Iraq|i Police opened fire at armed #PMU militiamen during funeral of Abu-Mahdi al Muhandis & Qasem #Soleimani!24917:58 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité228 personnes parlent à ce sujet

C’est arrivé à Bagdad, l’unité anti-terroriste de la police irakienne a ouvert le feu sur des miliciens armés de l’UMP pendant les funérailles d’Abu-Mahdi al Muhandis & Qasem Soleimani !

Mise à jour

Evan Kohlmann@IntelTweet

There are unconfirmed reports from Iranian sources that U.S. aircraft have attacked Iranian positions near the eastern Syrian city of Al-Bukamal.16620:36 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité180 personnes parlent à ce sujet

Selon des rapports non confirmés de sources iraniennes, des avions US ont attaqué des positions iraniennes près de la ville d’Al-Bukamal, dans l’est de la Syrie.

Strategic Sentinel@StratSentinel

Fire can be seen in the distance after reports of airstrikes near Al-Bukamal and #Iraq14120:48 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité92 personnes parlent à ce sujet

On peut voir le feu au loin après des rapports de frappes aériennes près de Al-Bukamal

source : Retaliation Begins: Multiple Mortar Attacks On US Presence In Iraq, Hezbollah Warns Security Forces « Stay Away »

traduit par Réseau International

https://reseauinternational.net/les-represailles-commencent-plusieurs-attaques-au-mortier-contre-la-presence-us-en-irak-le-hezbollah-avertit-les-forces-de-securite-de-rester-a-lecart/

Bagdad : tirs de roquettes près de l'ambassade américaine et sur une base militaire, pas de victime En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/69730-tirs-roquettes-dans-zone-verte-bagdad-pas-victime?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Bagdad : tirs de roquettes près de l’ambassade américaine et sur une base militaire, pas de victime 4 janv. 2020, 18:16- Avec AFP © Lucas Jackson Source: Reuters L’ambassade américaine à Bagdad (image d’illustration). Des tirs de roquettes ont eu lieu dans l’utrasécurisée Zone verte de Bagdad, où se situe notamment l’ambassade des Etats-Unis, et sur une base militaire au nord de la capitale irakienne. Aucune victime n’est à déplorer. Deux attaques ont visé quasi-simultanément la Zone verte de Bagdad et une base aérienne irakienne abritant des soldats américains au nord de la capitale, ont indiqué, ce 4 janvier, des responsables des services de sécurité. Deux obus de mortier ont ainsi été tirés aux abords de l’ambassade des Etats-Unis dans la Zone verte, qui abrite des bâtiments gouvernementaux et des missions étrangères, selon des informations rapportées par l’AFP. Dans le même temps, à moins d’une centaine de kilomètres plus au nord, deux roquettes Katioucha se sont abattues sur la base aérienne de Balad, immense base irakienne qui accueille des soldats et des avions américains, ont indiqué des sources de sécurité sur place. Selon le commandement militaire irakien, il n’y a eu aucune victime lors de ces deux attaques. Les Etats-Unis ont déployé des soldats supplémentaires pour protéger leur chancellerie alors que le sentiment anti-américain, attisé par les pro-Iran, a flambé en Irak avec l’assassinat à Bagdad du puissant général iranien Qassem Soleimani et de l’homme de l’Iran à Bagdad Abou Mehdi al-Mouhandis. Téhéran a promis «une dure vengeance au bon endroit et au bon moment», afin de compenser la mort de Qassem Soleimani. Lire aussi : Téhéran assure que Washington a demandé des représailles «proportionnées» International Raconter l’actualité

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/69730-tirs-roquettes-dans-zone-verte-bagdad-pas-victime?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

La justification US de l’assassinat du général Soleimani

La justification US de l’assassinat du général Soleimani

RÉSEAU VOLTAIRE | 4 JANVIER 2020 ENGLISHESPAÑOL

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Selon la presse atlantiste, le général Qasem Soleimani, commandant de la force Al-Quods des Gardiens de la Révolution iranien, préparait une opération visant à retourner l’opinion publique iraquienne [1].

Alors que les manifestations de la communauté chiite se multiplient contre l’influence iranienne sur le personnel politique iraquien, des attentats auraient été commis contre des intérêts US, provoquant une riposte US contre les manifestants iraquiens, qui elle-même aurait réveillé le nationalisme iraquien au détriment de la révolte actuelle.

C’est pour entraver ce complot que les États-Unis auraient assassiné le 2 janvier 2020 Qasem Soleimani, en provenance de Damas, lors de sa réception à l’aéroport de Bagdad par son allié Abou Mehdi al-Mouhandis [2]. Washington aurait préalablement mis en garde l’Iran lors d’une déclaration du secrétaire à la Défense Mark Esper [3].

Cette narration, si elle est logique n’en est pas pour autant crédible. La stratégie imputée au général Soleimani ne correspond pas du tout ni à sa personnalité, ni à son action militaire connue, ni au mode opératoire des services secrets iraniens. Au contraire, ce plan rappelle étrangement celui qu’avait imaginé l’ambassadeur John Negroponte pour mettre fin à la Résistance irakienne en fomentant la guerre civile iraquienne. Bien d’autres interprétations des événements sont possibles, à commencer par une volonté US d’agir sur la paralysie mutuelle des forces du gouvernement iranien et des Gardiens de la Révolution.

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[1] “Inside the plot by Iran’s Soleimani to attack U.S. forces in Iraq”, Reuters, Michael Georgy and Brian Thevenot, January 4, 2020.

[2] « Le Moyen-Orient et les États-Unis en alerte », Réseau Voltaire, 3 janvier 2020.

[3] “Mark Esper on Iran in Iraq”, by Mark T. Esper, Voltaire Network, 2 January 2020.

https://www.voltairenet.org/article206513.html

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» La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d'une nouvelle "guerre sans fin"

 » La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d’une nouvelle « guerre sans fin »INTERNATIONAL04 janvier 2020© MEHDI GHASEMI / ISNA / AFP

IRAK TER REPETITA

La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d’une nouvelle « guerre sans fin »

Au lendemain de l’assassinat du général iranien Ghassem Soleimani par une frappe américaine en Irak, les tensions sont vives entre les Etats-Unis et l’Iran. Les obsèques du général iranien se sont déroulées ce samedi à Bagdad. Une nouvelle frappe américaine a visé le 4 janvier les soutiens de l’Iran en Irak. Ce raid a visé un convoi du Hachd al-Chaabi.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN740Avec Ardavan Amir-Aslani

L’année 2020 commence sous les plus mauvais auspices pour le Moyen-Orient. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, des tirs de drone américains ont frappé, non loin de l’aéroport international de Bagdad, un convoi composé de membres de la milice paramilitaire pro-iranienne Hachd Al-Chaabi et de plusieurs « personnalités ». Parmi elles se trouvait le général iranien Ghassem Soleimani, commandant en chef de la force Al-Qods (l’unité d’élite des Gardiens de la Révolution), très populaire en Iran et considéré comme le fer-de-lance de la politique étrangère iranienne au Moyen-Orient, ainsi que son lieutenant irakien et chef de la milice, Abou Mehdi Al-Mouhandis. 

Cette frappe spectaculaire survient après une semaine d’incidents quotidiens entre les Etats-Unis et l’Iran qui se jouent en Irak, zone-tampon prise au piège d’une lutte d’influence de plus en plus agressive entre les deux belligérants. Vendredi 27 décembre, des tirs de roquette ont visé une base américaine dans le nord de l’Irak, tuant un sous-traitant américain. Deux jours après, les Américains opéraient des raids contre les Brigades du Hezbollah en Irak et en Syrie. En réaction, mardi 31 décembre, des milliers de membres des Hachd Al-Chaabi ont pris d’assaut l’ambassade américaine de Bagdad, pourtant située dans la zone verte et réputée la plus sécurisée au monde, sans que les forces irakiennes censées la garder ne se soient interposées.

L’évènement a non seulement humilié les Etats-Unis, mais surtout rappelé de douloureux précédents à Washington, l’attaque de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, et à Benghazi en 2012.  Il a surtout entamé la confiance des Etats-Unis envers leur allié irakien : Donald Trump s’est ainsi rapidement entretenu au téléphone avec le Premier Ministre irakien Adel Abdel-Mahdi, lui rappelant l’impératif de sécuriser la chancellerie américaine. Mais la passe d’armes s’est surtout jouée sur Twitter avec le Guide Suprême Ali Khamenei, selon un mode observé de façon récurrente depuis mai 2018 : le président américain menaçant l’Iran de lui faire « payer le prix fort » après l’assaut de l’ambassade, tandis que l’ayatollah niait toute implication de son pays dans ces attaques, imputant l’escalade des violences à l’agressivité des Etats-Unis et rappelant qu’il réagirait à toute attaque sur son territoire. 

Cependant, avec l’assassinat de Ghassem Soleimani, le jeu de dupes vient sans doute de franchir un point de non-retour. Mis en place en 48h par le Pentagone sur ordre du président américain – sans doute poussé par son état-major – l’évènement prouve que les faucons de l’administration Trump ont repris la main sur le dossier iranien, ajoutant désormais aux sanctions économiques la possibilité de représailles militaires de grande ampleur. L’élimination du puissant général iranien, cible de longue date du Pentagone après avoir été pourtant allié de circonstance contre les talibans lors de l’invasion de l’Afghanistan en 2001, et négociateur du premier gouvernement intérimaire d’Irak en 2003, restait une option systématiquement rejetée par les prédécesseurs de Donald Trump. Barack Obama, mais également Georges W. Bush, craignaient en effet de déclencher une nouvelle « guerre sans fin ». 

Bien que le Pentagone ait présenté l’attaque de l’aéroport de Bagdad comme un moyen de « prévenir de futures attaques iraniennes », l’annonce du décès de Ghassem Soleimani résonne aujourd’hui comme une terrible menace sur l’équilibre déjà précaire du Moyen-Orient et du Golfe Persique. 

Etrange et imprévisible Donald Trump, qui entre dans une année de campagne électorale et avait fait de l’arrêt de ces « guerres sans fin » l’un de ses principaux arguments, et qui pourtant publie sur son compte Twitter un simple drapeau américain en réaction à l’attaque qu’il a commanditée.  Aux Etats-Unis, les critiques pleuvent déjà face à ce « bâton de dynamite jetée dans une poudrière », selon l’expression de l’ancien vice-président Joe Biden, candidat à l’investiture démocrate. Le bellicisme radical de Donald Trump risque bel et bien de faire basculer une région entière du globe dans le chaos et d’entraîner une nouvelle fois les Américains dans une guerre aux interminables conséquences. 

Pour le régime iranien, la mort de Ghassem Soleimani, « fils spirituel » de l’ayatollah Ali Khamenei au sens politique aigu et maître d’oeuvre des opérations extérieures de la République islamique depuis ces vingt dernières années, constitue une perte considérable. Seuls les conservateurs doivent voir dans la mort du « martyr » l’occasion inespérée d’écarter définitivement les solutions diplomatiques des réformateurs et de servir leurs intérêts. Les appels à la vengeance émanant du Guide Suprême, mais aussi du président Rohani, laissent peu de doute quant aux intentions de l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, après avoir dénoncé « l’escalade extrêmement dangereuse et imprudente des Etats-Unis », a finalement résumé l’enjeu en termes limpides : les Américains « porteront la responsabilité de toutes les conséquences de leur aventurisme renégat ». Et celles-ci pourraient se manifester plus tôt qu’ils ne l’imaginent. 

Au lendemain de l’assassinat de l’emblématique général iranien, le monde attend en tremblant la riposte de Téhéran. Celle-ci ne se manifestera évidemment pas par une attaque frontale contre les Etats-Unis. Fidèle à sa stratégie de la « guerre par procuration », l’Iran pourrait en revanche mettre l’Irak à feu et à sang, comme le craignent déjà certains analystes. Le fait est que du point de vue américain comme iranien, l’Irak n’apparaît plus comme un allié fiable. Côté américain, la montée en puissance des pro-iraniens et l’absence de réaction du gouvernement irakien face à l’attaque de l’ambassade américaine l’ont prouvé. Côté iranien, la divulgation des informations concernant la venue de Ghassem Soleimani à Bagdad, qui ont mené à son assassinat, entraînera sans doute une purge au sein des soutiens irakiens de l’Iran. 

En outre, en évoquant « les nations libres de la région », le président iranien Hassan Rohani a rappelé à dessein ce qui constitue depuis très longtemps la principale faiblesse des Etats-Unis au Moyen-Orient : un anti-impérialisme de plus en plus radical, une haine contre « l’envahisseur » venu non pas apporter la liberté et la démocratie, mais exploiter les ressources et les peuples. Il n’est pas invraisemblable de penser que l’Iran dispose désormais des circonstances favorables pour faire de l’Irak un allié utile contre un « ennemi commun », contre lequel il ne sera guère difficile d’attiser la haine. Par la voix de son Premier ministre, l’Irak a d’ailleurs immédiatement estimé que le raid américain était une « agression » qui allait « déclencher une guerre dévastatrice ». La présence des 5200 soldats américains stationnés dans le pays est d’ores et déjà remise en cause… Mais pour l’heure, le grand perdant de cette semaine de violences reste l’Irak. Tout porte à croire qu’il deviendra pour de bon le champ de bataille d’un règlement de comptes, ce qu’il cherchait à tout prix à éviter, et continuera malheureusement à vivre en état de guerre permanente. Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :

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Irak: les manifestants pro-Iran se retirent des abords de l'ambassade américaine

Irak: les manifestants pro-Iran se retirent des abords de l’ambassade américaine

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Des forces de sécurité américaines de l'intérieur de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad tirent des gaz lacrymogènes sur les partisans des paramilitaires irakiens pro-iraniens du Hachd al-Chaabi devant la chancellerie à Bagdad, le 1er janvier 2020

Des forces de sécurité américaines de l’intérieur de l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad tirent des gaz lacrymogènes sur les partisans des paramilitaires irakiens pro-iraniens du Hachd al-Chaabi devant la chancellerie à …1/6© AFP, AHMAD AL-RUBAYEA lire aussi

Des manifestants attaquent l'ambassade américaine à Bagdad après des raids

MondeDes manifestants attaquent l’ambassade américaine à Bagdad après des raidsMondeAméricain tué en Irak: les représailles américaines font 19 morts dans les rangs des pro-Iran

AFP, publié le mercredi 01 janvier 2020 à 15h36

Les manifestants irakiens pro-Iran ont quitté mercredi les abords de l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad sur ordre des puissants paramilitaires du Hachd al-Chaabi, mettant fin à un épisode de violence qui a culminé avec une attaque inédite contre la chancellerie.

L’escalade verbale entre l’Iran et les Etats-Unis, pays ennemis mais puissances agissantes en Irak, s’est elle poursuivie: le président Donald Trump a menacé de faire payer le « prix fort » à l’Iran accusé d’avoir « orchestré » l’attaque de son ambassade mardi, et les dirigeants iraniens ont averti qu’ils riposteraient à toute menace contre leur pays.

Estimant que le « message » des manifestants avait été « entendu », le Hachd al-Chaabi, une coalition de factions armées, a appelé ses combattants et partisans à relocaliser leur sit-in hors de l’ultrasécurisée Zone verte à Bagdad, où siège l’ambassade américaine.

Aussitôt, a constaté un photographe de l’AFP, les manifestants ont démonté toutes les tentes montées la veille pour un sit-in qu’ils promettaient alors illimité, après leur attaque contre la chancellerie pour dénoncer les raids américains contre des bases d’une faction du Hachd qui ont fait 25 morts dimanche en Irak.

Les centaines de manifestants se sont ensuite dirigés vers les sorties de l’ultrasécurisée Zone verte, aux cris de « On les a brûlés ». Des camions ont transporté les barres de fer et les bâches des tentes démontées.

« Nous avons enregistré un gros succès: nous sommes arrivés jusqu’à l’ambassade américaine alors que personne ne l’avait fait avant » et maintenant, « la balle est dans le camp du Parlement », a dit à l’AFP Ahmed Mohieddine, porte-parole des brigades du Hezbollah, visées par les raids américains.

Après les violences qui ont fait ressurgir pour les Etats-Unis le spectre de deux traumatismes dans leurs ambassades, à Téhéran en 1979 et à Benghazi en Libye en 2012, les responsables irakiens pro-iraniens travaillent pour rassembler au Parlement des signatures visant à dénoncer l’accord irako-américain autorisant la présence de 5.200 soldats américains sur le sol irakien.

– « Direction Hachd al-Chaabi » –

Intégré aux forces régulières après son combat au côté du pouvoir contre les jihadistes, le Hachd al-Chaabi a gagné en influence, poussé par son parrain iranien qui a pris l’avantage en Irak face au rival américain.

Mardi, des milliers de ses partisans, combattants et hauts commandants ont défilé dans la Zone verte pour protester contre les raids américains.

Des manifestants se sont ensuite saisis de béliers de fortune et ont défoncé les vitres et les installations de sécurité de l’ambassade.

A aucun moment, les forces irakiennes gardant les entrées de la Zone verte ne se sont interposées. Aux portes de l’ambassade, elles ont tenté d’arrêter les violences mais en vain.

« On a perdu toute autorité » face au Hachd, se lamente mercredi auprès de l’AFP un membre des forces spéciales irakiennes chargées de protéger la Zone verte bouclée après les violences.

Les jets de pierres et de cocktails Molotov sur l’ambassade ont cessé dans l’après-midi après l’interposition entre la chancellerie et les manifestants de la très redoutée sécurité du Hachd.

Le matin, les forces de sécurité américaines de l’ambassade avaient brièvement tiré des grenades lacrymogènes pour disperser des protestataires qui sont parvenus à hisser au-dessus de l’entrée principale du complexe une immense pancarte verte proclamant « Direction du Hachd al-Chaabi ». 

Les entrées de la chancellerie sont elles désormais couvertes de drapeaux blancs du Hachd et jaunes des brigades du Hezbollah.

– « Vous ne pouvez rien faire » –

Les raids américains ont été lancés en riposte à des tirs de roquettes ayant tué vendredi un sous-traitant américain dans une base militaire du nord de l’Irak. Washington a accusé les brigades du Hezbollah.

L’attaque de l’ambassade, les raids américains et les attaques à la roquette les ayant précédés contre des installations abritant des Américains, ont fait  redouter que l’animosité irano-américaine ne se transforme en conflit ouvert en Irak.

Téhéran a convoqué le chargé d’affaires suisse pour protester contre le « bellicisme » américain, et le guide suprême Ali Khamenei a lancé à Donald Trump: « vous ne pouvez rien faire. Tout cela n’a rien à voir avec l’Iran ».

Washington a déployé 750 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, « très probablement » pour être envoyés ensuite en Irak, selon un responsable américain.

Depuis leur retrait d’Irak en 2011 après huit ans d’occupation, les Etats-Unis ont perdu de leur influence dans ce pays.

Les graffitis laissés sur les murs de l’ambassade américaine en témoignent: « Non à l’Amérique » et « Soleimani est mon chef », en référence au puissant général iranien Qassem Soleimani, qui déjà préside aux négociations pour former le futur gouvernement en Irak.

Ce pays est secoué depuis le 1er octobre par une révolte populaire qui conspue le pouvoir, accusé de corruption, mais aussi le voisin iranien.

Les tensions irano-américaines ont semblé éclipser cette contestation mais les manifestants antipouvoir se disent déterminés à poursuivre leur mobilisation.

https://actu.orange.fr/monde/irak-les-manifestants-pro-iran-se-retirent-des-abords-de-l-ambassade-americaine-CNT000001mx3XL/photos/des-forces-de-securite-americaines-de-l-interieur-de-l-ambassade-des-etats-unis-a-bagdad-tirent-des-gaz-lacrymogenes-sur-les-partisans-des-paramilitaires-irakiens-pro-iraniens-du-hachd-al-chaabi-devant-la-chancellerie-a-bagdad-le-1er-janvier-2020-61903661073777d5dbf3e9a96b2b99bd.html

L’eau, nouveau paradigme de la géopolitique du XXIème siècle (2/3)

L’eau, nouveau paradigme de la géopolitique du XXIème siècle (2/3) 

Alexandre CAPEL 19 novembre 2019 EauEnvironnementMondialisation et enjeuxRessourcesSituations décryptées Leave a comment

Ressource naturelle essentielle à la vie, l’eau n’a jamais semblé aussi accessible et abondante qu’aujourd’hui. Ouvrir le robinet pour voir de l’eau couler est devenu un geste quotidien pour une grande partie de la population mondiale. Pourtant, celle-ci vient de plus en plus à manquer sur une planète que l’on sait bleue.

L'eau un enjeu géopolitique
“A quarter of Humanity faces looming water crises”, New York Times, 6 août 2019.

Une problématique qui ne connaît pas de frontières

La carte publiée par le New York Times, conçue à partir du rapport du World Ressources Institut, permet de comprendre l’absence de frontières lorsque l’on vient à parler des problématiques de l’eau. La comparaison des situations “hydro-sécuritaires” des différents pays incite d’ailleurs à sortir d’une vision ethnocentrée.

Au-delà de cette absence de frontières, Alexandre Taithe, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) estime que l’internationalisation de l’eau a entrainé les problématiques actuelles. La création de nouveaux États, notamment après 1945, a transformé certains cours d’eau nationaux en cours d’eau internationaux. Même si ces derniers traversent parfois des régions à la géographie et au climat très différents, il n’en demeure pas moins que les problématiques auxquelles sont confrontées les gouvernements et les populations sont parfaitement identiques.

La surexploitation, la pollution des fleuves, les sécheresses et les pénuries sont ainsi des contraintes qui s’expriment de manière indifférenciée. À ce titre, Franck Galland, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique et spécialiste des questions sécuritaires liées à l’eau considère que “ces peuples sont pourtant des plus divers, tant d’un point de vue ethnique que religieux. Sunnites, Chiites ; mais encore Chinois, Perses et Arabes partagent les mêmes peines, mais également les mêmes espérances dans les solutions qui peuvent être apportées pour soulager leurs maux” [1].

Tour d’horizon des situations hydro-sécuritaires

  • Chine

La Chine est confrontée, dans sa partie septentrionale, à des niveaux de stress hydrique importants. Ceux-ci seraient équivalents à ceux de l’Algérie et de Djibouti. Le pays connaît une dégradation significative de la qualité et de la quantité de ses eaux souterraines et de surfaces. En plus de cela, les rejets industriels et domestiques deviennent un enjeu crucial pour le régime de Pékin. De nombreuses rivières et grands fleuves chinois sont en effet sévèrement pollués.

  • Iran

L’Iran et sa capitale Téhéran ne peuvent pas compter sur les faibles précipitations qui s’abattent chaque année sur le pays pour éviter les pénuries d’eau. Les constructions de barrages impulsées par les différents gouvernements ont empêché certaines rivières d’atteindre de nombreuses régions semi-arides ou arides. Ces barrages ont dans le même temps rendu impossible la reconstitution des aquifères. Par ailleurs, le régime, dans sa quête d’autonomie face à l’Occident, a parfois été jusqu’à encourager une agriculture extrêmement gourmande en eau.

  • Arabie Saoudite

Le royaume d’Arabie Saoudite, qui a bâti sa richesse sur le pétrole est aujourd’hui confronté à d’importantes pénuries d’eau. En effet, dans un pays où il pleut rarement et où la consommation d’eau est deux fois plus élevée que la moyenne mondiale, les réserves souterraines s’épuisent rapidement. Les nappes aquifères fossiles d’où provient la majeure partie de l’eau pompée, pourraient ainsi être asséchées sous vingt-cinq ans, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

  • Turquie, Syrie, Irak

L’avancée du “projet du sud-ouest anatolien” menace l’approvisionnement en eau de la Syrie et de l’Irak. Deux des plus grands fleuves du monde, le Tigre et l’Euphrate, traversent pourtant ces deux pays. Ce projet, dont l’objectif est de couvrir à hauteur de 25% la consommation d’électricité de la Turquie en construisant 22 barrages et 19 centrales hydrauliques sur l’Euphrate, pourrait permettre à Ankara de contrôler le débit de ce dernier. Face à ce “réveil de l’amont”, la Syrie et l’Irak semblent donc pris en otage alors même que la situation hydrique et sécuritaire des deux pays était d’ores et déjà sérieusement dégradée.

  • Égypte, Éthiopie

La situation “hydro-sécuritaire”, dans la zone du Grand Nil est assez similaire à la situation turco-irako-syrienne. La construction du barrage de la Renaissance en Éthiopie menace sérieusement l’Égypte, qui se considère pourtant comme le “gardien du Nil”. Le barrage devrait être à terme le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique. La baisse du débit du fleuve aurait des conséquences désastreuses, notamment au niveau du barrage d’Assouan. Situé en aval,  celui-ci assure au pays une sécurité énergétique et hydrique.

  • Europe

Les problématiques liées à l’eau impactent aussi le vieux continent. Si les répercussions n’ont pas (encore) la même ampleur que dans certains pays du Proche et du Moyen-Orient, elles ne sont pas pour autant anecdotiques. La France, l’Espagne et l’Italie sont confrontés chaque année, à des épisodes caniculaires de plus en plus violents. Ces pays doivent ainsi limiter leur consommation en eau, notamment en interdisant l’irrigation agricole. Aux Pays-Bas, la montée des eaux se conjugue désormais avec la sécheresse que connaissent certaines régions. Même le sud de l’Angleterre – qui n’est pas particulièrement connu pour son climat aride – semble manquer d’eau.

Sources

– Somini Sengupta, “A quarter of Humanity faces looming water crises”, New York Times, 6 août 2019.

– Ruth MICHAELSON,“Oil built Saudi Arabia – will a lack of water destroy it?”, The Guardian, 6 août 2019.

– Peter HARLING, « L’Irak assoiffée par la folie humaine », Orient XXI, 12 Septembre 2019.

Notes

[1] Franck Galland, Le grand jeu : chronique géopolitique de l’eau, CNRS édition, 2014Share

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About Alexandre CAPEL

Passionné par les relations internationales, je suis actuellement étudiant en Double diplôme Droit européen et international au sein de l’Université Toulouse 1 Capitole (L1 et L2) et de l’Université de Bangor (L3 et M1) au Royaume-Uni. Je m’intéresse particulièrement à la politique étrangère de l’UE ainsi qu’à la région du Proche et du Moyen-Orient.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/mondialisation-enjeux/42124-eau-nouveau-paradigme-geopolitique-21e-siecle-2

Les insolubles contradictions de Daesh et du PKK/YPG

Les insolubles contradictions de Daesh et du PKK/YPG

par Thierry Meyssan

Nous ne connaissons ce qui se passe au Levant qu’au travers de la propagande de guerre du pays dans lequel nous vivons. Nous ignorons les autres points de vue et, plus encore, comment nos armées se sont comportées. Pour démêler le vrai du faux, les historiens devront examiner les documents disponibles. Or, ce que nous dit la documentation militaire occidentale contredit les déclarations des politiciens et la narration des journaux. Ce n’est qu’en prenant conscience de l’existence de la stratégie du Pentagone depuis 2001 que l’on pourra comprendre ce qui s’est vraiment passé et pourquoi on en arrive aujourd’hui à de telles contradictions.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 12 NOVEMBRE 2019 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙ

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Le remodelage du Levant selon l’état-major du Pentagone au Levant. Cette carte a été décrite par le colonel Ralph Peters dans un article, le 13 septembre 2001, mais il ne l’a publié qu’en 2006.

Nous ne comprenons pas ce qui se passe au Nord de la Syrie parce que nous croyons a priori qu’un combat y opposait les méchants jihadistes de Daesh aux gentils Kurdes du PKK/YPG. Or, c’est absolument faux. Cette lutte n’existait que pour limiter leurs territoires respectifs ou par solidarité ethnique, jamais pour des raisons idéologiques ou religieuses.

Par ailleurs, nous ne voyons pas le rôle qu’a joué Donald Trump. La presse passant son temps à insulter le président élu des États-Unis, on ne peut compter sur elle pour analyser et comprendre sa politique au Moyen-Orient élargi. Il a pourtant une ligne directrice claire : la fin de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski, héritage du 11-Septembre. Il s’oppose en cela à ses généraux —tous formés sous les mandats Bush Jr et Obama à régenter le monde— et à la classe politique ouest-européenne.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut prendre les faits en amont et non pas en aval. Revenons au plan élaboré par le Pentagone au début de l’administration Bush, en 2001 et révélé, deux jours après les attentats du 11-Septembre, par le colonel Ralph Peters dans Parameters [1], la revue de l’Armée de Terre US : le « remodelage » du monde, à commencer par le Moyen-Orient élargi. Ce plan fut confirmé un mois plus tard, par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui nomma son principal concepteur, l’Amiral Arthur Cebrowski, directeur du Bureau de Transformation de la Force. Il fut explicité par l’assistant de ce dernier, Thomas Barnett, en 2005, dans The Pentagon’s New Map [2]. Et illustré par le même Ralph Peters lorsqu’il en publia, en 2006, la carte dans l’Armed Forces Journal du premier épisode : ce que devait devenir le Moyen-Orient élargi [3]. Compte tenu des difficultés rencontrées sur le terrain, elle fit l’objet d’un amendement publié par une chercheuse du Pentagone, Robin Wright, dans le supplément dominical du New York Times [4], en 2013.

Selon ces documents cinq États devaient être démembrés en quatorze entités : la Syrie et l’Iraq, le Yémen, la Libye et l’Arabie saoudite.

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Carte publiée par Robin Wright en 2013, c’est-à-dire un an avant la transformation de Daesh et avant celle du PKK/YPG.

Concernant la Syrie et l’Iraq, ces deux États devaient être divisés en quatre. La carte publiée en 2013 dessine les contours d’un « Sunnistan » et d’un « Kurdistan », tous deux à cheval sur les deux États actuels. L’année suivante, le premier a été créé par Daesh, le second par le YPG. Au moment où cette carte a été publiée, Daesh n’était qu’une minuscule organisation terroriste anti-syrienne parmi des centaines d’autres ; tandis que le YPG était une milice pro-gouvernementale dont les salaires des combattants étaient payés par la République arabe syrienne. Rien sur le terrain ne permettait de prévoir la création du Califat et du Rojava voulue par le Pentagone.

Le quotidien kurde turc Özgür Gündem [5] a publié le relevé de décision de la réunion au cours de laquelle la CIA a préparé la manière dont Daesh envahirait l’Iraq depuis Raqqa. Ce document indique que Masrour « Jomaa » Barzani, alors chef du Renseignement du gouvernement régional du Kurdistan iraquien, participait à cette réunion de planification, le 1er juin 2014, à Amman (Jordanie). Il est devenu le Premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan iraquien en juillet dernier.

Il importe de retenir que, selon la carte de Robin Wright, le « Kurdistan » US devait inclure le Nord-Est de la Syrie (comme le « Kurdistan » français de 1936) et la région kurde d’Iraq (ce que les Français n’avaient pas envisagé).

Le soutien du gouvernement régional du Kurdistan iraquien à l’invasion de l’Iraq par Daesh est incontestable : il a laissé les jihadistes massacrer les Kurdes de religion yazidie au Sinjar et réduire leurs femmes en esclavage. Ceux qui ont été sauvés l’ont été par des Kurdes turcs et syriens venus spécialement sur place leur prêter main-forte sous l’œil goguenard des peshmergas, les soldats Kurdes iraquiens.

Daesh a commis quantité d’atrocités, imposant son règne par la terreur. Il a pratiqué un nettoyage religieux contre les Kurdes yazidis, les Chrétiens assyriens, les Arabes chiites etc. Ces « rebelles » ont bénéficié de l’aide financière et militaire de la CIA, du Pentagone et d’au moins 17 États, ainsi que l’ont rapporté, documents à l’appui, les quotidiens bulgare Trud [6] et croate Jutarnji list [7]. Avec un personnel dûment formé à Fort Benning (USA), Daesh a prélevé des impôts et ouvert des services publics jusqu’à se constituer en « État » bien que nul ne l’ait reconnu comme tel.

Nous ne savons pas comment le PKK s’est transformé en 2005 d’un parti politique marxiste-léniniste pro-soviétique en une milice libertaire et écologiste pro-atlantiste. Et encore moins comment le YPG syrien a opéré sa mue, en 2014. Il est passé sous le commandement opérationnel d’officiers turcs du PKK et de l’Otan. Selon le côté de la frontière turco-syrienne, le PKK-YPG est internationalement qualifié différemment. S’il est positionné en Turquie, c’est « une organisation terroriste », mais s’il se trouve en Syrie, il devient « un parti politique d’opposition à la dictature ». Pourtant jusqu’en 2014, il ne voyait pas de dictature en Syrie. Il se battait pour la défense de la République arabe syrienne et le maintien du président Bachar el-Assad au pouvoir.

Le YPG a respecté les lois de la guerre et n’a pas commis d’atrocités comparables à celles de Daesh, mais il n’a pas hésité à nettoyer ethniquement le Nord-Est syrien pour créer le « Rojava », ce qui constitue un crime contre l’humanité. Il a spolié et expulsé des centaines de milliers d’Assyriens et d’Arabes. Il croyait se battre pour son peuple, mais il ne faisait que réaliser les rêves du Pentagone. Pour cela, il a publiquement bénéficié de l’armement du Pentagone ainsi que l’hebdomadaire britannique des marchés militaires Jane’s [8] et le quotidien italien Il Manifesto [9] l’ont montré, et de la France, ainsi que François Hollande l’a révélé. Le Rojava n’a pas eu le temps de fusionner avec la région kurde d’Iraq.

Après la chute du Califat, entre autres sous les coups du PKK/PYG, celui-ci a demandé l’autorisation du gouvernement de Damas de traverser les lignes de l’armée arabe syrienne pour voler au secours des Kurdes du Nord-Est menacés par l’armée turque. Ce qu’il a obtenu. Mais lorsque le PKK/YPG s’est déplacé, il faisait transiter des officiers de Daesh en fuite qui ont été arrêtés par la République arabe syrienne.

Ces documents et ces faits ne nous disent pas quels protagonistes ont raison ou tort, c’est une autre question. Nous voulons juste relater comment des hommes ont été manipulés et conduits à faire ce qu’ils n’auraient pas dû.

Sur le terrain, il est impossible d’être à la fois contre Daesh et pour le PKK/YPG sans tomber dans d’irréconciliables contradictions.

Les actes de Donald Trump ont consisté à détruire les pseudos-États fabriqués par le Pentagone : le Califat et le Rojava ; ce qui ne signifie ni la fin de Daesh, ni celle du PKK/YPG.

Thierry Meyssan

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[2The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004.

[3] “Blood borders – How a better Middle East would look”, Colonel Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006

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[4] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, 28 septembre 2013.

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[5] « Yer : Amman, Tarih : 1, Konu : Musul », Akif Serhat, Özgür Gündem, 6 juillet 2014.

[6] “350 diplomatic flights carry weapons for terrorists”, Dilyana Gaytandzhieva, Trud, July 2, 2017.

[7] “TAJNA LETOVA JORDANSKIH AVIONA S PLESA Sirijski pobunjenici dobivaju oružje preko Zagreba !”, Krešimir Žabec, Jutarnji list, 23 veljača 2013. « TRANSFER HRVATSKOG ORUŽJA POBUNJENICIMA U SIRIJI Sve je dogovoreno prošlog ljeta u Washingtonu ! », Krešimir Žabec, Jutarnji list, 26 veljača 2013. “VIDEO : JUTARNJI OTKRIVA U 4 mjeseca za Siriju sa zagrebačkog aerodroma Pleso otišlo 75 aviona sa 3000 tona oružja !”, Krešimir Žabec, Jutarnji list, 7 ožujak 2013. “PUT KROZ ASADOVU SIRIJU Nevjerojatna priča o državi sravnjenoj sa zemljom i njezinim uništenim ljudima : ’Živote su nam ukrali, snove ubili…’”, Antonija Handabaka, Jutarnji list, 9 ožujak 2013.

[8] “US arms shipment to Syrian rebels detailed”, Jeremy Binnie & Neil Gibson, Jane’s, April 7th, 2016.

[9] “Da Camp Darby armi Usa per la guerra in Siria e Yemen”, Manlio Dinucci, Il Manifesto, 18 aprile 2017. Version française : « De Camp Darby, des armes US pour la guerre contre la Syrie et le Yémen »,

Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire.

https://www.voltairenet.org/article208272.html