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Vers une recomposition du Grand Jeu ou la malédiction sumérienne

vendredi, mars 27, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Vers une recomposition du Grand Jeu ou la malédiction sumérienne

Les forces US en Irak se retirent des bases militaires mixtes qu’elle partageaient avec les troupes irakiennes. Officiellement ce retrait est motivé par des mesures de sécurité et de confinement. Il intervient très peu de temps après la décision de retrait de l’ensemble des forces de l’Otan d’Irak.

Des roquettes Katyousha continuent de s’abattre sur le périmètre de l’ambassade US dans la zone verte de Baghdad et sur la base militaire de Taji.

La libération des agents secrets détenus au Moyen-Orient se poursuit. Les français Antoine Brochon, Julien Dittmar, Alexandre Goodarzy et l’irakien Tarek Maatoka, enlevés à Baghdad le 20 janvier 2020 alors qu’ils étaient en mission spéciale ont été libérés. Ce qui met temporairement fin à l’activisme français en Irak, en Iran et en Syrie pour le compte de Washington.

Washington a renforcé les sanctions économiques et les mesures de sabotages à l’égard de l’Iran et du Venezuela. Le président Nicolas Maduro est devenue la cible prioritaire de Washington, lequel promet 15 millions de dollars pour son arrestation dans le pur style de la tradition Western. Il est improbable que les Etats-Unis puissent refaire le coup du Panama en 1989.

Les États-Unis sont devenus le premier pays au monde affecté par le COVID-19 avec 86 000 cas recensés devant l’Italie et la Chine.

Au Royaume-Uni, le Prince Charles de Galles et le Premier ministre Boris Johnson sont tous les deux contaminés au SRAS-nCov-2. Le système de santé britannique fortement dégradé par des années de néolibéralisme sauvage est incapable de faire face à la crise du COVID-19 sans l’appel aux volontaires. Ces derniers ne manquent pas puisque plus d’un demi-million de britanniques se sont portés volontaires pour participer à la lutte contre cette menace biologique. Cela n’a pas empêché les médias britanniques à s’intéresser à la hausse des activités navales et aériennes russes dans la Manche et en mer du Nord.

En réalité, on assiste à une recomposition du Grand Jeu. La longue guerre dans la région centrale du monde qui a débuté sur les territoires de l’ancien pays de Sumer, de Babylone et de Ninive avant de s’étendre en Syrie n’ont rapporté que malheurs et malédiction à un Occident. La malédiction Mésopotamienne existe. Du moins selon les grands Rabbins juifs. Et ses conséquences sont palpables: confinement, tentatives de triage face à la mort sur la base de l’âge, individualisme meurtrier, chute des structures socio-économiques, pestilence, effondrement économique et bientôt un début de disette qui ne dit pas son nom.

La boucle est bouclée.

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Une semaine après les Britanniques, l’état-major français a annoncé mercredi (25 mars) suspendre ses opérations de formation en Iraq

La France suspend, à son tour, ses opérations en Iraq Nicolas Gros-VerheydeCoalition contre DaechFormationFranceIraq  2 min read

(B2) Une semaine après les Britanniques, l’état-major français a annoncé mercredi (25 mars) suspendre ses opérations de formation en Iraq

Formation en Iraq des militaires français de Chammal (crédit : EMA / DICOD 2018 – archives B2)

Une demande du gouvernement irakien

Une décision prise à la suite dans la foulée de la décision de la coalition « d’ajuster son dispositif en Irak » et qui répond à une « demande du gouvernement irakien » et à la crise du coronavirus. Les activités de formation des forces de sécurité irakiennes étant suspendues. Les Britanniques avaient déjà plié bagages la semaine dernière (lire : Les missions de formation en Iraq font pause ! Les Britanniques, Espagnols… rentrent à la maison).

Plus d’une centaine de militaires rentrent

Le personnel de l’opération Chammal déployé en Irak dans ce cadre va ainsi être rapatrié. Une centaine de soldats engagée dans le pilier « formation », ainsi que les éléments de soutien national stationnés au sein de l’état-major de l’opération Inherent Resolve (OIR) à Bagdad, auprès de l’armée irakienne rentrent en France à compter du 26 mars.

Toujours engagée par d’autres moyens

La France reste « toutefois engagée au Levant, car la lutte contre Daech continue » précise l’état-major. La présence des militaires insérés dans les structures d’Inherent Resolve au Koweït et au Qatar ainsi que les déploiements maritimes dans le canal de Syrie restent d’actualité. Mais surtout, les militaires français continuent de participer à la composante aérienne qui effectue des vols quotidiens depuis la base aérienne projetée de Jordanie et la base aérienne de la coalition au Qatar. Les activités de formation reprendront « dès que la situation le permettra ».

Commentaire : ce retrait ne semble pas justifié uniquement par l’épidémie actuelle

Ce sont tout autant les conditions sécuritaires et la tentation croissante au sein du gouvernement irakien de ne plus avoir des troupes occidentales à demeure dans le pays. Ces motifs sont d’ailleurs clairement exposés par d’autres pays.

Prague avait pris la même décision hier (mardi 24 mars) le justifiant par quatre raisons : la réduction des opérations, les menaces sécuritaires, l’épidémie de coronavirus et le projet de restructuration de la mission. 30 soldats sont ainsi rentrés, selon CTK et Radio Prague, la plupart étaient chargés de l’entraînement des pilotes irakiens des avions d’attaque au sol L-159 de fabrication tchèque. D’autres s’occupaient des armes chimiques ou étaient des policiers militaires.

(Nicolas Gros-Verheyde)FacebookTwitterLinkedInWhatsAppPrintFriendlyPrintPartager

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l’université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

https://www.bruxelles2.eu/2020/03/la-france-suspend-a-son-tour-ses-operations-en-iraq/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=les-newsletter-total-derniers-articles-de-notre-blog_2

« NATO Go Home ! »

« NATO Go Home ! »

par Thierry Meyssan

Depuis deux décennies, les troupes états-uniennes imposent leur loi au Moyen-Orient élargi. Des pays entiers sont désormais privés d’État pour les défendre. Des populations ont subi la dictature des islamistes. Des meurtres de masse ont été commis. Des famines aussi. Le président Donald Trump a imposé à ses généraux de rapatrier leurs soldats, mais le Pentagone entend poursuivre son œuvre avec les soldats de l’Otan.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 18 FÉVRIER 2020 РУССКИЙعربيITALIANOENGLISHTÜRKÇEESPAÑOLROMÂNĂDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆPORTUGUÊS

+

JPEG - 36.2 koArrivée au Conseil atlantique du Commandant suprême des Forces états-uniennes pour l’Europe et Commandant suprême de l’Alliance de l’Atlantique-Nord, le général Tod D. Wolters (Bruxelles, 12 février 2020).

Le président Trump consacrera la dernière année de son premier mandat à ramener les Boys à la maison. Toutes les troupes états-uniennes stationnées au Proche-Orient élargi et en Afrique devraient se retirer. Cependant ce retrait des soldats ne signifiera aucunement la fin de la gouvernance US dans ces régions du monde. Bien au contraire.

La stratégie du Pentagone

Depuis 2001 —et c’est l’une des principales raisons des attentats du 11-Septembre—, les États-Unis ont adopté en secret la stratégie énoncée par Donald Rumsfeld et l’amiral Arthur Cebrowski. Celle-ci a été évoquée dans la revue de l’armée de Terre par le colonel Ralf Peters deux jours après les attentats [1] et confirmée cinq ans plus tard par la publication de la carte d’état-major du nouveau Moyen-Orient [2]. Elle a été détaillée par l’assistant de l’amiral Cebrowski, Thomas Barnett, dans un livre grand public The Pentagon’s New Map (La nouvelle carte du Pentagone) [3].

Il s’agit d’adapter les missions des armées US à une nouvelle forme de capitalisme donnant le primat à la Finance sur l’Économie. Le monde doit être divisé en deux. D’un côté, les États stables intégrés à la globalisation (ce qui inclut la Russie et la Chine) ; de l’autre une vaste zone d’exploitation des matières premières. C’est pourquoi il convient d’affaiblir considérablement, idéalement d’anéantir, les structures étatiques des pays de cette zone et d’empêcher leur résurgence par tous les moyens. Ce « chaos constructeur », selon l’expression de Condoleeza Rice, ne doit pas être confondu avec le concept rabbinique homonyme, même si les partisans de la théopolitique ont tout fait pour. Il ne s’agit pas de détruire un ordre mauvais pour en reconstruire un meilleur, mais de détruite toute forme d’organisation humaine afin d’empêcher toute forme de résistance et de permettre aux transnationales d’exploiter cette zone sans contrainte politique. Il s’agit donc bien d’un projet colonial au sens anglo-saxon du terme (à ne pas confondre avec une colonisation de peuplement).JPEG - 26.1 koSelon cette carte, extraite d’un Powerpoint de Thomas P. M. Barnett lors d’une conférence au Pentagone en 2003, toutes les structures étatiques de la zone rosée doivent être détruites.

En débutant la mise en œuvre de cette stratégie, le président George Bush fils a parlé de « guerre sans fin ». En effet, il ne s’agit plus de gagner des guerres et de vaincre des adversaires, mais de les faire durer le plus longtemps possible, « un siècle » avait-il dit. De fait, cette stratégie a été appliquée dans le « Moyen-Orient élargi », c’est-à-dire dans une zone allant du Pakistan au Maroc et couvrant tout le théâtre d’opération du CentCom et la partie Nord de celui de l’AfriCom. Par le passé, les GI’s garantissaient l’accès des États-Unis au pétrole du Golfe persique (doctrine Carter). Aujourd’hui, ils sont présents dans une zone quatre fois plus vaste et ambitionnent de renverser toute forme d’ordre quelle qu’elle soit. Les structures étatiques de l’Afghanistan depuis 2001, de l’Iraq depuis 2003, de la Libye depuis 2011, de la Syrie depuis 2012 et du Yémen depuis 2015 ne sont plus capables de défendre leurs citoyens. Contrairement au discours officiel, il n’a jamais été question de renverser des gouvernements, mais bien de détruire des États et d’empêcher leur reconstitution. À titre d’exemple, la situation des populations en Afghanistan ne s’est pas améliorée avec la chute des Talibans, il y a 19 ans, mais empire inexorablement de jour en jour. Le seul contre-exemple pourrait-être celui de la Syrie qui, conformément à sa tradition historique, a conservé son État malgré la guerre, absorbé les coups, et quoique ruinée aujourd’hui, a traversé la tempête.

Notons au passage que le Pentagone a toujours considéré Israël comme un État européen et non pas comme moyen-oriental. Il n’est donc pas concerné par ce vaste chamboulement.

En 2001, le colonel Ralf Peters enthousiaste assurait que le nettoyage ethnique « ça marche ! » (sic), mais que les lois de la guerre interdisaient aux USA de le pratiquer eux-mêmes. D’où la transformation d’Al-Qaeda et la création de Daesh qui firent pour le compte du Pentagone ce qu’il souhaitait, mais ne pouvait pas entreprendre publiquement.

Pour bien saisir la stratégie Rumsfeld/Cebrowski, il convient de la distinguer de l’opération des « Printemps arabes », imaginée par les Britanniques sur le modèle de la « Grande Révolte arabe ». Il s’agissait alors de placer la Confrérie des Frères musulmans au pouvoir comme Lawrence d’Arabie avait placé celle des Wahhabites au pouvoir en 1915.JPEG - 27.4 koL’objectif officiel, quoique non assumé publiquement, de l’état-major US : faire exploser les frontières du Moyen-Orient, détruire les États aussi bien ennemis qu’amis, pratiquer le nettoyage ethnique.

Les Occidentaux en général n’ont aucune vision du Moyen-Orient élargi en tant que région géographique. Ils ne connaissent que certains pays et les perçoivent chacun comme isolé les uns des autres. De la sorte, ils se persuadent eux-mêmes que les tragiques événements qu’endurent ces peuples ont tous des raisons particulières, ici une guerre civile, là le renversement d’un dictateur sanguinaire. Pour chaque pays, ils ont une histoire bien écrite de la raison du drame, mais ils n’en ont jamais pour expliquer que la guerre dure au-delà et ne veulent surtout pas qu’on les interroge à ce sujet. Chaque fois, ils dénoncent « l’incurie des Américains » qui ne sauraient pas terminer de guerre, oubliant qu’ils reconstruisirent l’Allemagne et le Japon après la Seconde Guerre mondiale. Ils refusent de constater que depuis deux décennies les États-Unis appliquent un plan énoncé à l’avance au prix de millions de morts. Ils ne se perçoivent donc jamais comme responsables de ces massacres.

Les États-Unis eux-mêmes dénient mener cette stratégie face à leurs citoyens. Ainsi l’inspecteur général chargé d’enquêter sur la situation en Afghanistan a-t-il rédigé un rapport se lamentant sur les innombrables occasions manquées du Pentagone d’apporter la paix alors que précisément celui-ci n’en voulait pas.

L’intervention russe

Pour pulvériser tous les États du Moyen-Orient élargi, le Pentagone a organisé une absurde guerre civile régionale à la manière dont il avait inventé la guerre sans objet entre l’Iraq et l’Iran (1980-88). En définitive le président Saddam Hussein et l’ayatollah Khomeini réalisèrent qu’ils s’entretuaient pour rien et firent la paix contre les Occidentaux.

Cette fois, c’est l’opposition entre sunnites et chiites. D’un côté, l’Arabie saoudite et ses alliés, de l’autre l’Iran et les siens. Peu importe que l’Arabie saoudite wahhabite et l’Iran khomeiniste aient combattu ensemble sous commandement de l’Otan durant la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-95), ou que de nombreuses troupes de l’« Axe de la Résistance » ne soient pas chiites (100 % des Palestiniens du Jihad islamique, 70 % des Libanais, 90 % des Syriens, 35 % des Iraquiens et 5 % des Iraniens).

Nul ne sait pourquoi ces deux camps s’affrontent, mais ils sont priés de se saigner mutuellement.JPEG - 60.2 koOn prétend que le Moyen-Orient élargi est le théâtre d’une guerre de religion. Mais un tiers des populations de l’Axe chiite de la Résistance n’est pas chiite.

Quoiqu’il soit, en 2014, le Pentagone s’apprêtait à faire reconnaître deux nouveaux États conformément à sa carte d’objectifs : le « Kurdistan libre » (fusion du Rojava syrien et du Gouvernorat kurde d’Iraq auquel une partie de l’Iran et tout l’Est de la Turquie devaient être ultérieurement ajoutés) et le « Sunnistan » (composé de la partie sunnite de l’Iraq et de l’Est de la Syrie). En détruisant quatre États, le Pentagone ouvrait la voie à une réaction en chaîne qui devait par ricochet détruire toute la région.

La Russie intervint alors militairement et fit respecter les frontières de la Seconde Guerre mondiale. Il va de soi que celles-ci sont arbitraires, issues des accords Sykes-Picot-Sazonov de 1915, et parfois difficiles à supporter, mais les modifier par le sang est encore moins acceptable.

La communication du Pentagone a toujours feint d’ignorer ce qui était en jeu. À la fois parce qu’il n’assume pas publiquement la stratégie Rumsfeld/Cebrowski et parce qu’il assimile l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie à un coup de force.

La mue des partisans de la stratégie Rumsfeld/Cebrowski

Après deux ans de lutte acharnée contre le président Trump, les officiers généraux du Pentagone, dont presque tous ont été formés personnellement par l’amiral Cebrowski, se sont soumis à lui sous conditions. Ils ont accepté de ne pas
- créer d’État terroriste (le Sunnistan ou Califat) ;
- modifier les frontières par la force ;
- maintenir de troupes US sur les champs de bataille du Moyen-Orient élargi et d’Afrique.
Et ils ont ordonné à leur fidèle procureur Robert Mueller, qu’ils avaient déjà utilisé contre le Panama (1987-89), la Libye (1988-92) et lors des attentats du 11-Septembre (2001), d’enterrer son enquête sur le Russiagate.

Tout s’est alors déroulé comme du papier à musique.

Le 27 octobre 2019, le président Trump a ordonné l’exécution du calife Abou Bakr al-Baghdadi, principale figure militaire du camp sunnite. Deux mois plus tard, le 3 janvier 2020, il a ordonné celle du général iranien Qassem Soleimani, principale figure militaire de l’Axe de la Résistance.

Ayant de la sorte montré qu’il restait le maître du jeu en éliminant les personnalités les plus symboliques des deux camps, en le revendiquant, et sans encourir de riposte significative, le secrétaire d’État Mike Pompeo révéla le dispositif final, le 19 janvier au Caire. Il prévoit de poursuivre la stratégie Rumsfeld/Cebrowski non plus avec les armées US, mais avec celles de l’Otan en incluant Israël et les pays arabes.

Le 1er février, la Turquie officialisait sa rupture avec la Russie en assassinant quatre officiers du FSB à Idleb. Puis le président Erdogan se rendait en Ukraine scander la devise des Bandéristes (les légionnaires ukrainiens du IIIème Reich contre les Soviétiques) avec la Garde nationale ukrainienne et recevoir le chef de la Brigade islamiste internationale (les Tatars anti-Russes), Moustafa Djemilev (dit « Mustafa Kırımoğlu »).JPEG - 38.9 koLe Conseil de l’Atlantique-Nord acte le déploiement des formateurs de l’Otan au Moyen-Orient élargi (Bruxelles, 13 février 2020).

Les 12 et 13 février, les ministres de la Défense de l’Alliance atlantique ont pris acte du retrait inéluctable des forces US et de la dissolution à venir de la Coalition internationale contre Daesh. Tout en soulignant qu’ils ne déployaient pas de troupes combattantes, ils ont accepté d’envoyer leurs soldats former ceux des armées arabes, c’est-à-dire superviser les combats sur le terrain.

Les formateurs de l’Otan seront déployés prioritairement en Tunisie, en Égypte, en Jordanie et en Iraq. Ainsi :
- la Libye sera encerclée à l’Ouest et à l’Est. Les deux gouvernements rivaux de Fayez el-Sarraj —soutenu par la Turquie, le Qatar et déjà 5 000 jihadistes venus de Syrie via la Tunisie— et du maréchal Khalifa —soutenu par l’Égypte et les Émirats— pourront s’entretuer éternellement. L’Allemagne, toute heureuse de retrouver le rôle international dont elle a été privée depuis la Seconde Guerre mondiale, fera la mouche du coche en dissertant sur la paix pour couvrir les gémissements des agonisants.
- La Syrie sera encerclée de toutes parts. Israël est déjà membre de facto de l’Alliance atlantique et bombarde qui il veut quand il veut. La Jordanie est déjà le « meilleur partenaire mondial » de l’Otan. Le roi Abdallah II est venu s’entretenir très longuement à Bruxelles avec le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, le 14 janvier, et participer à une séance du Conseil atlantique. Israël et la Jordanie ont déjà un bureau permanent au siège de l’Alliance. L’Iraq recevra aussi des formateurs de l’Otan, bien que son parlement vienne de voter le retrait des troupes étrangères. La Turquie est déjà membre de l’Alliance et contrôle le Nord du Liban grâce à la Jamaa islamiya . Ensemble, ils pourront faire appliquer la loi US « Caesar » interdisant à toute entreprise d’où qu’elle soit d’aider à la reconstruction de ce pays.

Ainsi, le pillage du Moyen-Orient élargi, débuté en 2001, se poursuivra. Les populations martyrs de cette région, dont le seul tort est de s’être divisées, continueront à souffrir et à mourir en masse. Les États-Unis garderont leurs soldats chez eux, bien au chaud, innocents, tandis que les Européens devront assumer les crimes des généraux US.

Selon le président Trump, l’Alliance pourrait changer de nom et peut-être devenir l’Otan-Moyen-Orient (Otan-MO/NATO-ME). Sa fonction anti-Russe passerait au second plan au profit de sa stratégie de destruction de la zone non-globalisée.

La question se pose de savoir comment la Russie et la Chine réagiront à cette redistribution des cartes. La Chine a besoin pour se développer d’avoir accès aux matières premières du Moyen-Orient. Elle devrait donc s’opposer à cette main-mise occidentale bien que sa préparation militaire soit encore incomplète. Au contraire, la Russie et son immense territoire sont autosuffisants. Moscou n’a aucune raison matérielle de se battre. Les Russes peuvent même être soulagés par la nouvelle orientation de l’Otan. Il est pourtant probable que, pour des motifs spirituels, ils ne laisseront pas tomber la Syrie et soutiendront peut-être d’autres peuples du Moyen-Orient élargi.

Thierry Meyssan

https://www.voltairenet.org/article209213.html

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[1] “Stability, America’s Ennemy”, Ralph Peters, Parameters, Winter 2001-02, pp. 5-20. Également in Beyond Terror : Strategy in a Changing World, Stackpole Books.

[2] “Blood borders – How a better Middle East would look”, Colonel Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006.

[3The Pentagon’s New Map, Thomas P.M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004.

Pluie de missiles Sol-Sol iraniens sur deux bases militaires US en Irak


Pluie de missiles Sol-Sol iraniens sur deux bases militaires US en Irak

ON: 08/01/2020  IN: ANALYSIS  TAGGED: WW3  WITH: 24 COMMENTS

Vidéo: Al Mayadeen Channel

La troisième guerre mondiale vient d’entamer sa phase chaude. Le président US Donald Trump, 45ème et probablement dernier président des États-Unis va prononcer un discours à la nation pour déclarer l’entrée en guerre de son pays et l’usage fort probable de l’arme nucléaire si les Americains perdent la face. L’Iran menace de cibler Israël avec des milliers de missiles dans ce cas de figure.

Est-ce le début de l’apocalypse au Moyen-Orient ?

Les bases US visées par les missiles des forces aérospatiales iraniennes :

Base aérienne de Ain Al-Assad

Base militaire US et centre des opérations régionales du Mossad israélien d’Erbil dans le Kurdistan d’Irak.

Une seconde volée de missiles Fateh 110 et Fatah 313 iraniens vient de s’abattre sur des cibles militaires US en Irak. D’autres volées de missiles Qiam-1 sont en cours de lancement.

Des réserboirs de carburant de missiles balistiques iraniens Qiam-1 tombés près d’Erbil dans le nord de l’Irak

Des dizaines de F-35 et de F-22 de l’US Air Force viennent de décoller des Emirats Arabes Unis et du Qatar et se dirigent vers les côtes iraniennes.

L’Iran vient d’annoncer le nom de code de son opération militaire: Sulaimani.

Des avions de combat des forces aériennes iraniennes ont décollé de tous les aéroports d’Iran pour intercepter les avions de combat US hostiles.

Le Guide de la Révolution islamique dirige les opérations depuis un bunker antinucléaires.

Réunion d’extrême urgence du Conseil de la sécurité nationale US

.https://strategika51.org/2020/01/08/pluie-de-missiles-sol-sol-iraniens-sur-deux-bases-militaires-us-en-irak/comment-page-1/#comment-103299

Le Parlement irakien expulse les militaires étrangers d’Irak

Le Parlement irakien expulse les militaires étrangers d’Irak


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 5 janvier 2020

Comme nous l’avion prévu iciici et ici :

The National @TheNationalUAE - 14:34 UTC · 5 janv.2020

Le Parlement irakien a voté pour mettre fin à la présence de troupes étrangères en Irak, limiter a possession d'armes à l'État irakien et déposer une plainte officielle contre les États-Unis à l'ONU.

The Nation rapporte :

Le Parlement a voté sur un plan d'action en cinq points qui obligerait le gouvernement irakien à mettre fin à la présence de troupes étrangères dans le pays et à retirer sa demande d'assistance à la coalition mondiale anti-État Islamique. Cela nécessitera une nouvelle législation pour annuler l'accord existant.

Le Parlement a également appelé le gouvernement à interdire l'utilisation de l'espace aérien irakien à toute puissance étrangère.

Le ministre irakien des Affaires étrangères a été chargé de se rendre à l'ONU pour déposer une plainte officielle contre la frappe américaine.

Le Premier ministre irakien et l’ensemble du cabinet ont soutenu la résolution.

Avant le vote, le Premier ministre Adil Abdul-Mahdi a déclaré au Parlement qu’il devait rencontrer Soleimani un jour après son arrivée pour recevoir une lettre de l’Iran à l’Irak en réponse à une offre de désescalade que l’Arabie saoudite avait faite. Les États-Unis ont assassiné Soleimani avant que la lettre ne puisse lui être remise. Abdul-Mahdi a également déclaré que Trump lui avait demandé de faire la médiation entre les États-Unis et l’Iran. A t-il fait cela pour piéger Soleimani ? Il n’est donc pas étonnant qu’Abdul-Mahdi soit furieux.

La lettre du Premier ministre au Secrétaire général des Nations Unies et au Secrétaire du Conseil de sécurité des Nations Unies est ici.

Les troupes étrangères en Irak comprenaient environ 5 000 hommes des États-Unis ainsi qu’un certain nombre d’autres pays de l’OTAN engagés dans la formation des troupes irakiennes. Il y a également des troupes turques dans le nord de l’Irak qui luttent contre le PKK. Ceux-ci devront également partir mais ne le feront probablement pas volontairement.

Sans aucune base en Irak, la position américaine en Syrie deviendra intenable.

Elijah J. Magnier @ejmalrai - 14:40 UTC · 5 janv.2020
 
#Iran #IRGC commandant #QassemSoleimani a réussi à atteindre avec sa mort ce qu'il n'a pas pu atteindre de son vivant. Il s'agit de son dernier acte spectaculaire pour l'Iran et pour "l'Axe de la Résistance": une législation obligeant les États-Unis à se retirer et à cesser toute forme de collaboration.

Il est quelque peu ironique de voir que les États-Unis ont dépensé beaucoup de vies et d’argent pour « propager la démocratie » en Irak, avant d’être expulsés par un vote du parlement irakien.

Il y a un danger évident dans cette loi. L’administration Trump est maintenant susceptible de voir l’Irak comme complètement dans le camp iranien. Cela n’a jamais été vrai et ne le sera jamais, mais c’est ainsi que cela sera vu. Les États-Unis pourraient donc recommencer à payer – avec de l’argent saoudien ? – des extrémistes sunnites, c’est-à-dire ISIS, pour retourner la situation actuelle à leur avantage.

C’est une des raisons pour lesquelles je recommande à l’Irak d’inviter la Russie à former son armée.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/le-parlement-irakien-expulse-les-militaires-etrangers-dirak

Le parlement irakien demande l’expulsion des troupes américaines

DERNIERE MINUTE

Le parlement irakien demande l’expulsion des troupes américaines

Par Euronews • Dernière MAJ: 05/01/2020 – 16:16
Le parlement irakien demande l'expulsion des troupes américaines

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Le Parlement irakien a demandé dimanche au gouvernement de « mettre fin à la présence des troupes étrangères » en Irak en commençant par « retirer sa demande d’aide » adressée à la communauté internationale pour combattre le groupe Etat islamique (EI).

Lors d’une séance extraordinaire retransmise exceptionnellement en direct à la télévision d’Etat et en présence du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi, les députés ont approuvé une décision qui « contraint le gouvernement à préserver la souveraineté du pays en retirant sa demande d’aide », a indiqué le chef du Parlement, Mohammed al-Halboussi.

AFP

https://fr.euronews.com/2020/01/05/le-parlement-irakien-demande-l-expulsion-des-troupes-americaines?fromBreakingNews=1

Les représailles commencent, plusieurs attaques au mortier contre la présence US en Irak, le Hezbollah avertit les forces de sécurité de « rester à l’écart »

Les représailles commencent, plusieurs attaques au mortier contre la présence US en Irak, le Hezbollah avertit les forces de sécurité de « rester à l’écart »

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par Tyler Durden.

Sommaire

  • Plusieurs missiles/mortiers non guidés « Katyusha » ont été tirés sur deux régions près de Bagdad.
  • Le quartier de la Zone Verte à Bagdad, est attaqué par des obus de mortier : 5 personnes blessées.
  • La base aérienne de Balad (qui accueille les troupes US) près de Bagdad a été touchée par des missiles : 3 soldats irakiens blessés.
  • Explosion entendue à la base Al-Kindi de Mossoul (qui abrite des troupes US) : pas encore de détails sur les blessures.
  • Le Hezbollah avertit les forces de sécurité irakiennes de se tenir à l’écart des bases US.

Aldin @aldin_ww

Iraqi Kata’ib Hezbollah warning Iraqi Security Forces should stay away from US bases starting Sunday evening.

Voir l'image sur Twitter

5218:45 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité66 personnes parlent à ce sujet

Le Kata’ib Hezbollah irakien avertit que les forces de sécurité irakiennes devraient se tenir à l’écart des bases US à partir de dimanche soir.

Alors que des milliers de personnes défilent dans les rues de Bagdad pour commémorer la mort de Soleimani, Al-Arabiya (et d’autres sources de nouvelles locales) rapportent que des roquettes ont atterri dans la Zone Verte fortement fortifiée de Bagdad, où se trouve l’Ambassade des États-Unis (entre autres choses).

Des témoins ont déclaré à Reuters qu’une explosion avait été entendue dans la capitale irakienne, Bagdad.

Sky News Arabia rapporte que le missile a atterri dans la Zone Verte de Bagdad et a fermé l’entrée de la route menant à l’Ambassade US.

Une roquette Katioucha non guidée aurait été lancée…

Hamoud_Mohammed@news_hamoudEn réponse à @news_hamoud

Iraqi police sources: A Katyusha rocket landed inside the Green Zone [near the US Embassy] in Baghdad. pic.twitter.com/7ybzDMlNy9318:23 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialitéVoir les autres Tweets de Hamoud_Mohammed

Sources de la police irakienne : Une roquette Katioucha a atterri dans la Zone Verte [près de l’Ambassade US] à Bagdad.

Des dizaines d’hélicoptères Apache US sont maintenant visibles dans les airs…

News flash@BRNewsFlash · 22 hEn réponse à @BRNewsFlash

#BREAKING: unconfirmed reports of Missile impacts in vicinity of US Embassy in #Baghdad

Missile did not hit the target!

News flash@BRNewsFlash

#BREAKING
Numerous U.S. helicopters in the air over #Baghdad, #Iraq.
After Rocket hits Baghdad’s Green Zone. Entrance to the U.S. Embassy remains closed.4118:02 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité55 personnes parlent à ce sujet

De nombreux hélicoptères US dans les airs au-dessus de Bagdad, Irak. Après que le missile ait touché la Zone Verte de Bagdad l’entrée de l’Ambassade US reste fermée.

Réponse à @BRNewsFlash : Rapports non confirmés d’impacts de missiles aux alentours de l’Ambassade des États-Unis à Bagdad

Le Président Rohani aurait menacé les États-Unis d’un « coup de foudre »…

Rohani accueille le Ministre des Affaires Étrangères du Qatar et menace les États-Unis d’un coup de foudre

De plus, on rapporte maintenant que de multiples roquettes ont frappé la base aérienne de Balad, située juste au nord de Bagdad, qui accueille des troupes US…

Evan Kokkinos@evankokkinos97

#BREAKING: Multiple rockets strike Balad Airbase north of #Baghdad housing #US troops.#Iraq #IranWar #Iran #Suleimani #MiddleEast #WWIII

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518:27 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité22 personnes parlent à ce sujet

De multiples roquettes frappent la base aérienne de Balad au nord de Bagdad abritant des troupes US.

Une troisième attaque au mortier serait en cours sur la base militaire US d’Al-Kindi à Mossoul…

Sotiri Dimpinoudis@sotiridi · 20 hEn réponse à @sotiridi

#Update: Up to 4 Mortars have impacted inside the military base of Al-Kindi, where there are Kurdish coalition forces of the #US, at the city of #Mosul of Kurdistan in #Iraq.

Sotiri Dimpinoudis@sotiridi

#Update: Picture of inside the military base of Al-Kindi in #Mosul in #Kurdistan in #Iraq now being reported about 10 mortars hit inside the compound and around the compound. Reports also suggest that a number of #US troops are located at the base.#Iran

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5319:50 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité75 personnes parlent à ce sujet

Une photo de l’intérieur de la base militaire d’Al-Kindi à Mosul au Kurdistan irakien montre qu’environ 10 mortiers ont tir à l’intérieur et autour du complexe. Des rapports suggèrent également qu’un certain nombre de troupes US se trouvent dans la base.

Mise à jour : Jusqu’à 4 mortiers ont tiré à l’intérieur de la base militaire d’Al-Kindi, où se trouvent les forces de la coalition kurde des États-Unis, dans la ville de Mossoul du Kurdistan irakien.

Au même moment, la police irakienne a ouvert le feu sur des miliciens armés des Unités de Mobilisation Populaire pendant le cortège funèbre.

Babak Taghvaee@BabakTaghvaee

Happened in #Baghdad, the counter-terrorism unit of #Iraq|i Police opened fire at armed #PMU militiamen during funeral of Abu-Mahdi al Muhandis & Qasem #Soleimani!24917:58 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité228 personnes parlent à ce sujet

C’est arrivé à Bagdad, l’unité anti-terroriste de la police irakienne a ouvert le feu sur des miliciens armés de l’UMP pendant les funérailles d’Abu-Mahdi al Muhandis & Qasem Soleimani !

Mise à jour

Evan Kohlmann@IntelTweet

There are unconfirmed reports from Iranian sources that U.S. aircraft have attacked Iranian positions near the eastern Syrian city of Al-Bukamal.16620:36 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité180 personnes parlent à ce sujet

Selon des rapports non confirmés de sources iraniennes, des avions US ont attaqué des positions iraniennes près de la ville d’Al-Bukamal, dans l’est de la Syrie.

Strategic Sentinel@StratSentinel

Fire can be seen in the distance after reports of airstrikes near Al-Bukamal and #Iraq14120:48 – 4 janv. 2020Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité92 personnes parlent à ce sujet

On peut voir le feu au loin après des rapports de frappes aériennes près de Al-Bukamal

source : Retaliation Begins: Multiple Mortar Attacks On US Presence In Iraq, Hezbollah Warns Security Forces « Stay Away »

traduit par Réseau International

https://reseauinternational.net/les-represailles-commencent-plusieurs-attaques-au-mortier-contre-la-presence-us-en-irak-le-hezbollah-avertit-les-forces-de-securite-de-rester-a-lecart/

Bagdad : tirs de roquettes près de l’ambassade américaine et sur une base militaire, pas de victime En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/69730-tirs-roquettes-dans-zone-verte-bagdad-pas-victime?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Bagdad : tirs de roquettes près de l’ambassade américaine et sur une base militaire, pas de victime 4 janv. 2020, 18:16- Avec AFP © Lucas Jackson Source: Reuters L’ambassade américaine à Bagdad (image d’illustration). Des tirs de roquettes ont eu lieu dans l’utrasécurisée Zone verte de Bagdad, où se situe notamment l’ambassade des Etats-Unis, et sur une base militaire au nord de la capitale irakienne. Aucune victime n’est à déplorer. Deux attaques ont visé quasi-simultanément la Zone verte de Bagdad et une base aérienne irakienne abritant des soldats américains au nord de la capitale, ont indiqué, ce 4 janvier, des responsables des services de sécurité. Deux obus de mortier ont ainsi été tirés aux abords de l’ambassade des Etats-Unis dans la Zone verte, qui abrite des bâtiments gouvernementaux et des missions étrangères, selon des informations rapportées par l’AFP. Dans le même temps, à moins d’une centaine de kilomètres plus au nord, deux roquettes Katioucha se sont abattues sur la base aérienne de Balad, immense base irakienne qui accueille des soldats et des avions américains, ont indiqué des sources de sécurité sur place. Selon le commandement militaire irakien, il n’y a eu aucune victime lors de ces deux attaques. Les Etats-Unis ont déployé des soldats supplémentaires pour protéger leur chancellerie alors que le sentiment anti-américain, attisé par les pro-Iran, a flambé en Irak avec l’assassinat à Bagdad du puissant général iranien Qassem Soleimani et de l’homme de l’Iran à Bagdad Abou Mehdi al-Mouhandis. Téhéran a promis «une dure vengeance au bon endroit et au bon moment», afin de compenser la mort de Qassem Soleimani. Lire aussi : Téhéran assure que Washington a demandé des représailles «proportionnées» International Raconter l’actualité

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/69730-tirs-roquettes-dans-zone-verte-bagdad-pas-victime?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

La justification US de l’assassinat du général Soleimani

La justification US de l’assassinat du général Soleimani

RÉSEAU VOLTAIRE | 4 JANVIER 2020 ENGLISHESPAÑOL

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Selon la presse atlantiste, le général Qasem Soleimani, commandant de la force Al-Quods des Gardiens de la Révolution iranien, préparait une opération visant à retourner l’opinion publique iraquienne [1].

Alors que les manifestations de la communauté chiite se multiplient contre l’influence iranienne sur le personnel politique iraquien, des attentats auraient été commis contre des intérêts US, provoquant une riposte US contre les manifestants iraquiens, qui elle-même aurait réveillé le nationalisme iraquien au détriment de la révolte actuelle.

C’est pour entraver ce complot que les États-Unis auraient assassiné le 2 janvier 2020 Qasem Soleimani, en provenance de Damas, lors de sa réception à l’aéroport de Bagdad par son allié Abou Mehdi al-Mouhandis [2]. Washington aurait préalablement mis en garde l’Iran lors d’une déclaration du secrétaire à la Défense Mark Esper [3].

Cette narration, si elle est logique n’en est pas pour autant crédible. La stratégie imputée au général Soleimani ne correspond pas du tout ni à sa personnalité, ni à son action militaire connue, ni au mode opératoire des services secrets iraniens. Au contraire, ce plan rappelle étrangement celui qu’avait imaginé l’ambassadeur John Negroponte pour mettre fin à la Résistance irakienne en fomentant la guerre civile iraquienne. Bien d’autres interprétations des événements sont possibles, à commencer par une volonté US d’agir sur la paralysie mutuelle des forces du gouvernement iranien et des Gardiens de la Révolution.

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[1] “Inside the plot by Iran’s Soleimani to attack U.S. forces in Iraq”, Reuters, Michael Georgy and Brian Thevenot, January 4, 2020.

[2] « Le Moyen-Orient et les États-Unis en alerte », Réseau Voltaire, 3 janvier 2020.

[3] “Mark Esper on Iran in Iraq”, by Mark T. Esper, Voltaire Network, 2 January 2020.

https://www.voltairenet.org/article206513.html

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» La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d’une nouvelle « guerre sans fin »

 » La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d’une nouvelle « guerre sans fin »INTERNATIONAL04 janvier 2020© MEHDI GHASEMI / ISNA / AFP

IRAK TER REPETITA

La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d’une nouvelle « guerre sans fin »

Au lendemain de l’assassinat du général iranien Ghassem Soleimani par une frappe américaine en Irak, les tensions sont vives entre les Etats-Unis et l’Iran. Les obsèques du général iranien se sont déroulées ce samedi à Bagdad. Une nouvelle frappe américaine a visé le 4 janvier les soutiens de l’Iran en Irak. Ce raid a visé un convoi du Hachd al-Chaabi.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN740Avec Ardavan Amir-Aslani

L’année 2020 commence sous les plus mauvais auspices pour le Moyen-Orient. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, des tirs de drone américains ont frappé, non loin de l’aéroport international de Bagdad, un convoi composé de membres de la milice paramilitaire pro-iranienne Hachd Al-Chaabi et de plusieurs « personnalités ». Parmi elles se trouvait le général iranien Ghassem Soleimani, commandant en chef de la force Al-Qods (l’unité d’élite des Gardiens de la Révolution), très populaire en Iran et considéré comme le fer-de-lance de la politique étrangère iranienne au Moyen-Orient, ainsi que son lieutenant irakien et chef de la milice, Abou Mehdi Al-Mouhandis. 

Cette frappe spectaculaire survient après une semaine d’incidents quotidiens entre les Etats-Unis et l’Iran qui se jouent en Irak, zone-tampon prise au piège d’une lutte d’influence de plus en plus agressive entre les deux belligérants. Vendredi 27 décembre, des tirs de roquette ont visé une base américaine dans le nord de l’Irak, tuant un sous-traitant américain. Deux jours après, les Américains opéraient des raids contre les Brigades du Hezbollah en Irak et en Syrie. En réaction, mardi 31 décembre, des milliers de membres des Hachd Al-Chaabi ont pris d’assaut l’ambassade américaine de Bagdad, pourtant située dans la zone verte et réputée la plus sécurisée au monde, sans que les forces irakiennes censées la garder ne se soient interposées.

L’évènement a non seulement humilié les Etats-Unis, mais surtout rappelé de douloureux précédents à Washington, l’attaque de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, et à Benghazi en 2012.  Il a surtout entamé la confiance des Etats-Unis envers leur allié irakien : Donald Trump s’est ainsi rapidement entretenu au téléphone avec le Premier Ministre irakien Adel Abdel-Mahdi, lui rappelant l’impératif de sécuriser la chancellerie américaine. Mais la passe d’armes s’est surtout jouée sur Twitter avec le Guide Suprême Ali Khamenei, selon un mode observé de façon récurrente depuis mai 2018 : le président américain menaçant l’Iran de lui faire « payer le prix fort » après l’assaut de l’ambassade, tandis que l’ayatollah niait toute implication de son pays dans ces attaques, imputant l’escalade des violences à l’agressivité des Etats-Unis et rappelant qu’il réagirait à toute attaque sur son territoire. 

Cependant, avec l’assassinat de Ghassem Soleimani, le jeu de dupes vient sans doute de franchir un point de non-retour. Mis en place en 48h par le Pentagone sur ordre du président américain – sans doute poussé par son état-major – l’évènement prouve que les faucons de l’administration Trump ont repris la main sur le dossier iranien, ajoutant désormais aux sanctions économiques la possibilité de représailles militaires de grande ampleur. L’élimination du puissant général iranien, cible de longue date du Pentagone après avoir été pourtant allié de circonstance contre les talibans lors de l’invasion de l’Afghanistan en 2001, et négociateur du premier gouvernement intérimaire d’Irak en 2003, restait une option systématiquement rejetée par les prédécesseurs de Donald Trump. Barack Obama, mais également Georges W. Bush, craignaient en effet de déclencher une nouvelle « guerre sans fin ». 

Bien que le Pentagone ait présenté l’attaque de l’aéroport de Bagdad comme un moyen de « prévenir de futures attaques iraniennes », l’annonce du décès de Ghassem Soleimani résonne aujourd’hui comme une terrible menace sur l’équilibre déjà précaire du Moyen-Orient et du Golfe Persique. 

Etrange et imprévisible Donald Trump, qui entre dans une année de campagne électorale et avait fait de l’arrêt de ces « guerres sans fin » l’un de ses principaux arguments, et qui pourtant publie sur son compte Twitter un simple drapeau américain en réaction à l’attaque qu’il a commanditée.  Aux Etats-Unis, les critiques pleuvent déjà face à ce « bâton de dynamite jetée dans une poudrière », selon l’expression de l’ancien vice-président Joe Biden, candidat à l’investiture démocrate. Le bellicisme radical de Donald Trump risque bel et bien de faire basculer une région entière du globe dans le chaos et d’entraîner une nouvelle fois les Américains dans une guerre aux interminables conséquences. 

Pour le régime iranien, la mort de Ghassem Soleimani, « fils spirituel » de l’ayatollah Ali Khamenei au sens politique aigu et maître d’oeuvre des opérations extérieures de la République islamique depuis ces vingt dernières années, constitue une perte considérable. Seuls les conservateurs doivent voir dans la mort du « martyr » l’occasion inespérée d’écarter définitivement les solutions diplomatiques des réformateurs et de servir leurs intérêts. Les appels à la vengeance émanant du Guide Suprême, mais aussi du président Rohani, laissent peu de doute quant aux intentions de l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, après avoir dénoncé « l’escalade extrêmement dangereuse et imprudente des Etats-Unis », a finalement résumé l’enjeu en termes limpides : les Américains « porteront la responsabilité de toutes les conséquences de leur aventurisme renégat ». Et celles-ci pourraient se manifester plus tôt qu’ils ne l’imaginent. 

Au lendemain de l’assassinat de l’emblématique général iranien, le monde attend en tremblant la riposte de Téhéran. Celle-ci ne se manifestera évidemment pas par une attaque frontale contre les Etats-Unis. Fidèle à sa stratégie de la « guerre par procuration », l’Iran pourrait en revanche mettre l’Irak à feu et à sang, comme le craignent déjà certains analystes. Le fait est que du point de vue américain comme iranien, l’Irak n’apparaît plus comme un allié fiable. Côté américain, la montée en puissance des pro-iraniens et l’absence de réaction du gouvernement irakien face à l’attaque de l’ambassade américaine l’ont prouvé. Côté iranien, la divulgation des informations concernant la venue de Ghassem Soleimani à Bagdad, qui ont mené à son assassinat, entraînera sans doute une purge au sein des soutiens irakiens de l’Iran. 

En outre, en évoquant « les nations libres de la région », le président iranien Hassan Rohani a rappelé à dessein ce qui constitue depuis très longtemps la principale faiblesse des Etats-Unis au Moyen-Orient : un anti-impérialisme de plus en plus radical, une haine contre « l’envahisseur » venu non pas apporter la liberté et la démocratie, mais exploiter les ressources et les peuples. Il n’est pas invraisemblable de penser que l’Iran dispose désormais des circonstances favorables pour faire de l’Irak un allié utile contre un « ennemi commun », contre lequel il ne sera guère difficile d’attiser la haine. Par la voix de son Premier ministre, l’Irak a d’ailleurs immédiatement estimé que le raid américain était une « agression » qui allait « déclencher une guerre dévastatrice ». La présence des 5200 soldats américains stationnés dans le pays est d’ores et déjà remise en cause… Mais pour l’heure, le grand perdant de cette semaine de violences reste l’Irak. Tout porte à croire qu’il deviendra pour de bon le champ de bataille d’un règlement de comptes, ce qu’il cherchait à tout prix à éviter, et continuera malheureusement à vivre en état de guerre permanente. Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :

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