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Quelques infos au sujet de la Syrie Par Moon of Alabama

Quelques infos au sujet de la Syrie


Par Moon of Alabama – Le 11 septembre 2018

Le candidat américain au poste de Premier ministre d’Irak, Haider al-Abadi, n’est plus dans la course. Après les récentes émeutes qui se sont déroulées à Bassorah, le parti de Moqtada al-Sadr a renoncé à soutenir sa candidature. Même avant cela, Abadi n’avait pas les voix nécessaires au Parlement pour être élu. De plus, l’Ayatollah Sistani a fait savoir qu’il ne soutiendrait aucun candidat qui aurait déjà essayé et échoué à résoudre les problèmes de l’Irak. Les anciens Premiers ministres Maliki et Abadi entrent tous les deux dans cette catégorie.

L’envoyé américain Brett McGurk a essayé de faire pression sur les factions sunnites et kurdes pour qu’elles soutiennent Abadi et a encouragé les Saoudiens à soudoyer Moqtada al-Sadr. Il a échoué. Il semble maintenant que les différents partis chiites, plus quelques indépendants sunnites et kurdes, forment une coalition solide et assez importante pour régner sur le pays. La plupart d’entre eux veulent que l’armée américaine quitte l’Irak. L’Irak aura un donc nouveau Premier ministre et ce ne sera pas celui que les États-Unis voudraient voir jouer ce rôle. Cela créera de sérieuses difficultés logistiques pour les forces étasuniennes qui augmentent en nombre en Syrie.

La lutte contre État islamique en Irak n’est pas terminée. L’instabilité politique permet à EI de revenir (vid) sous la forme d’une armée de guérilla informelle. L’Irak manque encore d’outils, de renseignements et de capacités de combat nocturne pour faire disparaitre ces groupes. Avec un gouvernement anti-américain, le problème EI va certainement s’aggraver à mesure que les États-Unis l’utiliseront pour garder un outil de pression au Moyen Orient.

Robert Fisk est en voyage sur la ligne de front du gouvernorat d’Idlib en Syrie. Il ne voit que remarquablement peu de forces syriennes. Il s’attend à ce que l’attaque à venir soit plus petite que prévue et qu’elle se déroule plutôt lentement.

Le géographe Fabrice Balanche suppose, avec de bons arguments, que l’armée syrienne n’attaquera, dans une première phase, que les rebelles « modérés » soutenus par les Turcs, ceux peints en vert clair sur la carte, dans la partie sud de la poche d’Idlib. Les brigades al-Qaida/Nusra/HTS, peintes en un vert plus foncé, ne seront attaquées que dans une phase ultérieure. Cela correspond aux observations faites par Robert Fisk sur le terrain.

Un scandale récent aux Pays-Bas prouve, une fois de plus, que les rebelles « modérés » ne sont pas modérés du tout. La chaine d’informations hollandaise NOS Nieuwsuur et le quotidien Trouw rapportent (en hollandais) que le gouvernement néerlandais a jusqu’à tout récemment dépensé au moins 25 millions d’euros pour fournir aux rebelles « modérés » en Syrie des camionnettes, des uniformes, des téléphones satellites, des caméras, des kits médicaux, des tentes et des matelas en caoutchouc.

Les journalistes ont découvert que ces fournitures « non létales » ont bien sûr été utilisées pour combattre le gouvernement syrien. Ils révèlent également que les groupes approvisionnés, dont le gouvernement refusait de diffuser la liste, étaient tous des djihadistes et que le Procureur général des Pays-Bas avait déjà inculpé plusieurs de leurs membres pour terrorisme.

Trouw et Nieuwsuur ont décidé de poursuivre leurs recherches sur ce programme d’approvisionnement. Ces derniers mois, les deux médias ont donc interviewé une centaine de chefs rebelles et de personnes impliquées dans ce programme, et ont réussi à déterminer quels groupes les Pays-Bas ont soutenu. Il s’agit de la brigade du sultan Murad, de la brigade Suleyman Shah, du soukour al Jabl et de la division 13 de la Free Idlib Army, la brigade 51 et Jabhat al-Shamiya. Les commandants de ces groupes nous ont parlé au cours des derniers mois et nous ont dit quel genre de biens ils ont reçus des Pays-Bas. (…)

Le ministère public a lancé des poursuites contre des volontaires hollandais pour avoir rejoint les brigades de l’armée syrienne libre. Prenez le cas du Syrien néerlandais Driss M. Le 21 mars 2017, il a dû comparaître devant un tribunal. Il est accusé d’avoir participé au groupe islamiste Jabhat al-Shamiya en 2014 et 2015. Selon le ministère public, il s’agit d’une organisation salafiste/djihadiste qui cherche à établir un califat et qui fait partie du groupe djihadiste Ahrar al-Sham. Mais, en même temps, Jabhat al-Shamiya fait également partie de l’armée syrienne libre soutenue par les Pays-Bas et décrite comme modérée.

Au moins un procureur semble croire que le gouvernement a commis un crime :

L’envoi de matériel de secours à des groupes de combat peut également être répréhensible, car vous contribuez ainsi à la lutte terroriste et peut-être même à son financement. « Si vous envoyez des camionnettes, vous permettez à quelqu’un de voyager, vous permettez à une organisation de se rendre de A à B », conclut Van Veghel sur un ton strict : « Si vous jouez un rôle dans cette bataille, soit en tant que combattant, soit en tant que combattant moins actif mais permettant à une autre personne de prendre part à cette bataille, alors vous avez une responsabilité pénale. »

Des problèmes juridiques se profilent également à l’horizon pour le gouvernement allemand.

Les États-Unis ont demandé à l’administration Merkel de participer à des frappes de « représailles » contre les forces gouvernementales syriennes quand un autre incident « chimique » monté de toutes pièces sera probablement bientôt imputé au gouvernement syrien. Plusieurs membres de haut rang du parti de la chancelière Merkel veulent suivre cet appel. Mais les services scientifiques du Bundestag allemand, l’équivalent du Service de recherche du Congrès américain, ont publié un avis juridique faisant autorité (pdf, en allemand) sur cette question. Une telle attaque serait illégale au regard du droit international et violerait également la constitution allemande. Il n’y aura pas de soutien officiel allemand pour une attaque d’une telle ampleur contre la Syrie. (Dans un avis précédent, le service scientifique avait estimé que le maintien de la présence américaine en Syrie lui aussi, était illégal).

À l’occasion de l’anniversaire du remarquable incident qui a eu lieu à New York, Maram Susli, alias SyrianGirl, a publié cette vidéo (en anglais) mélangeant des citations de Brett McGurk, envoyé spécial du président pour la coalition mondiale contre EI, et de Nicky Halley, ambassadeur des États-Unis à l’ONU.

Traduction de la vidéo :

Brett McGurk : La province d’Idlib est le refuge le plus sûr pour al-Qaida depuis le 11 septembre.

Nicky Halley : Nous considérons tout assaut contre Idlib comme une sérieuse escalade du conflit en Syrie.

BMG : Et maintenant Idlib est un énorme problème. C’est un refuge pour Al Qaida juste aux frontières de la Turquie.

NH : Maintenant, une offensive contre Idlib est en train de débuter malgré les clairs avertissements du président des États Unis et d’autres dirigeants du monde. Des frappes aériennes contre Idlib ont déjà été lancées par la Russie et le régime.

BMG : Des dirigeants d’al-Qaida ont réussi à s’introduire dans Idlib.

NH : Ils veulent punir les civils qui ont eu le courage de se dresser contre Assad.

Scènes d’extrémistes islamiques en pleine célébration après le 11 septembre :

  • Nous avons détruit l’Amérique
  • Avec un avion civil
  • Le World Trade Center est devenu un tas de poussière
  • Notre dirigeant Ben Laden, celui qui terrorise l’Amérique avec la force de notre foi et nos armes est le PIKA (??)

NH : si Assad, l’Iran et la Russie continuent, les conséquences seront sévères.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/quelques-infos-au-sujet-de-la-syrie

 

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REVOILA ENCORE ET TOUJOURS LE ‘SCENARIO DU DIABLE’ : VERS UNE REUNIFICATION DE DAECH ET D’AL-QAIDA ET LA RELOCALISATION DES DJIHADISTES

REVOILA ENCORE ET TOUJOURS LE ‘SCENARIO DU DIABLE’ : VERS UNE REUNIFICATION DE DAECH ET D’AL-QAIDA ET LA RELOCALISATION DES DJIHADISTES

Publié par Brujitafr sur 6 Septembre 2018, 13:33pm

Catégories : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE, #POLITIQUE

REVOILA ENCORE ET TOUJOURS LE ‘SCENARIO DU DIABLE’ : VERS UNE REUNIFICATION DE DAECH ET D’AL-QAIDA ET LA RELOCALISATION DES DJIHADISTES
Et voilà qu’on parle au cœur de l’actualité du Levant, avec des
implications directes inévitables en Europe, en Asie centrale et en Afrique, d’une réunification de Daech et d’Al-Qaida, les frères ennemis du terrorisme djihadiste, séparés depuis 2016 !

Réunification déjà effective au niveau local en Irak …

Et voilà qu’on évoque un plan américain de « délocalisation des
djihadistes » de Syrie vers des bases dans des pays arabes pro-US.
Plan qui évoque inévitablement la relocalisation, effective celle-là,
de forces djihadistes de Daech de Syrie et d’Irak en Afghanistan !
Et voici que la presse israélienne fait des révélations sur l’aide
directe de Tel-Aviv aux djihadistes du Golan !
Derrière toute cette agitation, il y a une réalité immédiate : la
bataille pour le contrôle par l’Etat syrien de la province d’Idlib,
dernier refuge des djihadistes de Syrie jusque là protégés par Ankara.
Ce que j’ai appelé « la mère de toutes les batailles » (1), l’ultime
combat de la Guerre de Syrie. Qui n’est pas une « guerre civile » mais
une guerre d’agression menée par le Bloc américano-occidental, les
israéliens et leurs alliés réactionnaires arabes. Et il y a surtout,
encore et toujours, le jeu diabolique des USA et de l’OTAN avec les
djihadistes : ce que j’ai appelé le « scénario du diable » …

# INTRODUCTION

POUR COMPRENDRE CE QU’EST LE « SCENARIO DU DIABLE » …

L’Union Européenne, avec les américains et les pays de l’OTAN, a tenté
« ce scénario du diable », c’est-à-dire qu’ils ont crus qu’ils
pouvaient instrumentaliser le terrorisme djihadiste pour servir leurs
intérêts géopolitiques. Mais comme dit le vieux proverbe français «
pour dîner avec le diable, il faut prendre une longue cuillère sans
quoi on se brûle les doigts », aujourd’hui les puissances européennes,
les services secret européens, se sont brûlés non pas les doigts mais
les bras et jusqu’au coude !
* Lire l’interview de Luc MICHEL pour SITA :
INTERVIEW DE LUC MICHEL PAR LE SITE ARABE ‘SITA INSTITUTE’ :
DJIHADISMES – TERRORISME – IMMIGRATION. QUAND L’AGENDA PROCHE-ORIENTAL
S’IMPOSE EN EUROPE …
La grande interview du géopoliticien Luc MICHEL par Jan Vanzeebroeck
et Samar Radwan (Beyrouth), pour le site arabe libanais ‘SITA
INSTITUTE’
POUR COMPRENDRE  CE QUI OPPOSE LA « GUERRE AU TERRORISME » OCCIDENTALE
A LA GUERRE CONTRE LE TERRORISME POUR L’ANNIHILER …
Poutine, Bachar El Assad, Idriss Deby Itno : comment trois chefs
d’Etat patriotes mènent seuls la guerre contre les forces du mal ?
la Guerre pour annihiler le terrorisme VS le Théâtre occidental de la
« guerre au terrorisme » (Plus de trente ans d’imposture et le
prétexte de toutes les ingérences occidentales) …
* Voir sur PCN-TV/ LUC MICHEL :
POUTINE – ASSAD – DEBY ITNO.
LES TROIS PRESIDENTS QUI COMBATTENT VRAIMENT LE DJIHADISME !
Au milieu  de ce « scénario du diable », il y a évidement la
différence fondamentale  qu’il faut faire entre  la guerre
américano-occidentale « au terrorisme » et la guerre « contre le
terrorisme ». La guerre au terrorisme, elle, a été lancée à l’époque
par Bush II, c’est un grand théâtre, une comédie, le but ce n’est pas
d’annihiler les terroristes, c’est de les utiliser au service de la
grande géopolitique américaine. Le terrorisme est aujourd’hui, voir
les cas de la Syrie ou de l’Irak, mais aussi et surtout de l’Afrique,
un prétexte à l’ingérence occidentale, à l’ingérence des armées
occidentales, à la neutralisation  des armée africaines.

# I-

VERS UNE EVENTUELLE FUSION DE DAECH ET D’AL-QAÏDA?

Une fusion éventuelle des groupes terroristes Daech et Al-Qaïda n’est
plus exclue …
« Al-Qaïda et le groupe terroriste Daech auraient l’intention de
former une grande organisation d’une haute capacité de destruction »,
a averti ce 3 septembre Sergueï Kojtev, le chef adjoint de l’un des
services de renseignement de la Confédération de Russie, cité par
‘Mehr news’. « Une fusion éventuelle des groupes terroristes Daech et
Al-Qaïda représente une nouvelle menace potentielle à l’échelle
mondiale », a déclaré le directeur du Comité exécutif régional pour la
lutte antiterroriste au sein de l’Organisation de coopération de
Shanghai (OCS),a écrit ‘Tass’.
LES USA CREENT DES «ZONES D’OMBRE» POUR LES TERRORISTES EN SYRIE ET EN IRAK
Les USA créent des «zones d’ombre» pour les terroristes en Syrie pour
justifier ainsi leur présence dans la région, commente ‘Mehr News’.
« Les États-Unis créent les conditions qui pourraient favoriser la
réapparition de Daech en Syrie après que les troupes américaines
auront quitté les zones qu’elles contrôlent actuellement », estime
Dmitri Polansky, représentant permanent par intérim de la Russie
auprès de l’ONU. « La réalité est que les États-Unis cherchent à
épargner des milliers de terroristes capturés en Syrie, engendrant
ainsi le risque d’une renaissance de Daech dans les zones proches de
l’Euphrate, après le retrait des troupes américaines », a déclaré
Dmitri Polansky lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.
Au même moment, en Irak Daech et al-Qaïda s’unissent ! Selon un
responsable de la province irakienne d’al-Anbar, « Daech et al-Qaïda
se sont unis pour créer un nouveau groupe dans la province de Diyala
».
IRAK : DAECH ET AL-QAÏDA ONT FORME UN NOUVEAU GROUPE DANS LA PROVINCE DE DIYALA
Le porte-parole du conseil de la province irakienne d’al-Anbar, Eid
Amash, a déclaré que « le nettoyage des régions désertiques de l’ouest
du pays de la présence de Daceh n’était pas suffisant pour mettre fin
au terrorisme ». Amash a insisté sur le fait que « les reliquats de
Daech et de son homologue terroriste, al-Qaïda, ont formé un nouveau
groupe terroriste ». Il a ajouté que « ces éléments se sont rassemblés
dans la région montagneuse de Hamrin, dans la province de Diyala, et
qu’ils y ont formé le groupe appelé Ahrar al-Sunnah ». La chaîne de
télévision ‘Al-Alam al-Harbi’, citant un responsable irakien, a
rapporté qu’un terroriste nommé al-Mansouri dirigeait ce groupe
nouvellement formé. Amash a encore indiqué que « le groupe se
composait de 450 éléments armés et que jusqu’à présent personne ne
connaît leurs tendances ».
Concernant les opérations de l’armée dans les zones désertiques de la
province al-Anbar, Amash a affirmé : « La province est sûre et il n’y
a plus d’activités terroristes, et ce pour la simple raison que les
forces de sécurité irakiennes sont toujours présentes sur place. » Le
porte-parole du conseil de la province d’al-Anbar, expliquant que « le
terrorisme émergerait de nouveau si les forces de sécurité quittaient
la zone », a appelé à la « formation d’une unité militaire dont la
mission serait de protéger exclusivement les zones désertiques ».
Les sources de sécurité présentes dans la province d’al-Anbar ont
annoncé la semaine dernière que « plus d’un millier de daechistes sont
présents dans les zones désertiques de la province d’al-Anbar et que
les forces de sécurité sont en train de les pourchasser ». Toujours
selon ces sources, « les terroristes de Daech assiégés dans le désert
occidental d’al-Anbar fuient la région avec l’avancée des troupes
irakiennes, mais ils ne peuvent se rendre pour autant en Syrie à cause
des chasseurs irakiens qui survolent continuellement la région ».

# II-

ISRAËL DIT AVOIR FOURNI DES ARMES AUX TERRORISTES EN SYRIE

Ce « scénario du diable » a sa version israélienne ! Israël reconnaît
avoir fourni une grande quantité d’armes aux terroristes syriens dans
les hauteurs du Golan (2). Le ‘Jerusalem Post’ a publié un rapport
révélant les aides de l’armée israélienne aux terroristes en Syrie. «
L’armée israélienne a admis, pour la première fois, qu’elle
fournissait des sommes d’argent, des armes et des munitions aux
terroristes retranchés dans les hauteurs du Golan à la frontière
syrienne », écrit le journal cité par ‘4jewish’.
Alors que l’armée israélienne avait prétendu jusque là ne pas
intervenir dans la guerre civile en Syrie, elle a annoncé ce 3
septembre que dans le cadre de la soi-disant opération « Bon Voisin »
(sic), Israël fournissait régulièrement aux terroristes en Syrie des
armes légères, des munitions et une quantité substantielle d’argent.
Dans le cadre de l’opération « Bon Voisin » d’aide humanitaire aux
Syriens (resic) lancée en 2016, « l’armée israélienne a fourni plus de
1.524 tonnes de nourritures, 250 tonnes de vêtements, 947.520 litres
de carburant, 21 générateurs, 24.900 équipements médicaux et
médicaments » …
GOLAN: ISRAËL S’APPRETE A LIQUIDER SES PROPRES AGENTS
« Opérant un revirement à 180 degrés, Tel-Aviv s’apprête à présent à
liquider ses agents.
Bien auparavant, le gouvernement syrien avait annoncé dans de
multiples rapports la saisie d’armes et de munitions en provenance
d’Israël ». Israël a armé « au moins sept groupuscules terroristes
différents implantés sur le plateau du Golan en Syrie. Au groupe
terroriste Fursan al-Joulan, qui compte environ 400 membres, le régime
israélien a fourni une aide financière mensuelle évaluée à environ
5.000 dollars ». « Israël s’est tenu à nos côtés d’une manière
héroïque au point que nous n’aurions pas survécu sans l’aide d’Israël
», a déclaré le porte-parole du groupe Motasem al-Joulani, au ‘Wall
Street Journal’ dans un rapport de janvier 2017. Notons encore que le
‘Jerusalem Post’ a supprimé l’information révélée sur son site
quelques minutes après sa publication, mais le site ‘4jewish’ l’a
republiée.
NOTES :
(1) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
SYRIE : VERS L’AFFRONTEMENT FINAL A IDLIB EN SYRIE ?
Et LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
FLASH VIDEO/ SYRIE – IDLIB LA MERE DE TOUTES LES BATAILLES ? (VERS
L’AFFRONTEMENT FINAL A IDLIB II)
(2) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
OU VA ISRAEL ? (III) : LE GOLAN, DE BUTIN DE GUERRE ANNEXE A ENJEU
GEOSTRATEGIQUE
(Sources : Mehr News – Tass – Jerusalem Post – 4jewish – Wall Street
Journal – EODE Think Tank)
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire –
Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme
(Vu de Moscou et Malabo) :
PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
________________
* Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ) :
PAGE OFFICIELLE III – GEOPOLITIQUE
* EODE :

Le Premier ministre irakien annule sa visite en Iran

Le Premier ministre irakien annule sa visite en Iran

Bagdad – Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annulé sa visite à Téhéran « en raison d’un calendrier chargé », a indiqué son bureau dimanche, le jour où le chef du gouvernement a été violemment critiqué par l’Iran sur sa position concernant les sanctions américaines.

Mardi, M. Abadi, dont le pays est l’allié des Etats-Unis et de l’Iran, deux pays ennemis, a déclaré qu’il allait à contrecoeur appliquer les sanctions américaines contre son grand voisin iranien. « Nous ne soutenons pas les sanctions car elles sont une erreur stratégique, mais nous sommes contraints de les respecter ».

La visite de M. Abadi à Téhéran était prévue mercredi au lendemain d’un autre déplacement en Turquie, mais son bureau de presse a annoncé dimanche qu’elle avait été annulée « en raison d’un calendrier chargé ». Il se rendra uniquement en Turquie, a dit à l’AFP ce bureau sans autres précisions.

Le jour même, le représentant à Bagdad de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême d’Iran, a lancé un véritable réquisitoire contre M. Abadi.

« Les propos irresponsables (de M. Abadi, ndlr) ont déjà été condamnés par beaucoup. Il s’agit d’une attitude déloyale envers la position honnête de l’Iran et du sang des martyrs que ce pays a versé pour défendre la terre d’Irak face au groupe Etat islamique », a dit Moujtaba al-Hussein dans un communiqué.

Il faisait référence à l’aide militaire de l’Iran dans la « victoire » de l’Irak contre l’organisation jihadiste.

« Nous sommes attristés par cette position qui montre que (M. Abadi, ndlr) est défait psychologiquement face aux Américains », a poursuivi le responsable iranien.

Plus tôt à Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Bahram Ghassemi, a dit à l’agence semi-officielle ISNA, qu’il n’avait « reçu jusqu’à présent aucune notification officielle d’une visite » de M. Abadi en Iran.

Plusieurs organisations chiites irakiennes proches de l’Iran ont critiqué aussi la position de M. Abadi. « Le gouvernement agit sans appui parlementaire », a affirmé samedi un communiqué de Asaïb Ahl al-Haq.

La formation Badr, principale composante de l’Alliance de la Conquête, qui est arrivé en seconde position aux élections, a appelé le gouvernement à « soutenir et défendre l’Iran ». « Nous sommes sûrs que la volonté américaine injuste se brisera face à la résistance opiniâtre des Iraniens »

Selon des sources politiques irakiennes, il y avait initialement un accord sur la visite de M. Abadi mais les Iraniens ont ensuite changé d’avis, mécontents des propos du Premier ministre.

C’est un responsable irakien qui avait annoncé la veille la prochaine visite en Iran de M. Abadi.

Pris en tenaille entre ses deux alliés américain et iranien, l’Irak est la première victime des sanctions de Washington contre l’Iran qui pourraient le priver de biens vitaux et même de milliers d’emplois.

L’autre partenaire commercial de l’Irak, la Turquie a aussi maille à partir avec les Etats-Unis et sa monnaie a subi une chute brutale de sa valeur face au dollar.

(©AFP / 12 août 2018 15h03)

https://www.romandie.com/news/Le-Premier-ministre-irakien-annule-sa-visite-en-Iran/944708.rom

Bras-de-fer américano-iranien en Mésopotamie

Bras-de-fer américano-iranien en Mésopotamie

Les forces américaines à Al-Tanf sont en difficulté tant du côté syrien qu’irakien. Téhéran résiste aux manœuvres américaines en Irak et refuse que Haidar Abadi, le nouvel allié de l’imprévisible Moqtada Sadr, soit reconduit à la tête du gouvernement. Abadi est par ailleurs lâché par certains alliés traditionnels et fragilisé par les émeutes dans les principales villes à majorité chiites du Sud et du centre…Quant aux leaders sunnites, ils refusent de voir Moqtada Sadr associé au pouvoir, comme les y invite les émissaires américains.

La fin de l’occupation du tiers de l’Irak par le groupe armé « État islamique » (Daech) et le retour de l’ensemble du territoire sous contrôle des forces gouvernementales n’apportent pas pour autant paix et stabilité en Mésopotamie. Dans bien des provinces du sud, les gens ont investi la rue pour protester contre l’absence de services essentiels dont le pays souffre depuis plus d’une décennie. De plus, malgré l’unanimité de tous les partis par rapport aux résultats des dernières élections parlementaires, le choix d’un premier ministre ne sera pas une tâche facile. Mais il y a autre chose : les problèmes en Mésopotamie se poursuivent en raison du bras de fer qui s’intensifie entre l’Iran et les USA. Haidar Abadi, le premier ministre actuel, a cessé d’être le candidat favori de l’Iran, mais demeure celui des USA et de leurs partenaires régionaux au Moyen-Orient. La grande question reste à savoir qui arrivera à mettre en place « son » candidat. Ce sera l’Iran ou les USA ? Les deux sont résolus à ne pas perdre et tous les moyens sont bons pour promouvoir le candidat de leur choix.

Le premier ministre par intérim Haidar Abadi parvient pour l’instant à absorber la colère de la population. Elle est sortie dans la rue pour protester contre l’absence d’emplois, le rationnement d’eau fraîche à Bassora (dans le sud) et les coupures d’électricité à répétition en pleine chaleur au sud et au centre de l’Irak, tout en se révoltant contre la corruption endémique dont l’Irak souffre depuis l’occupation US en 2003.

Certains manifestants ont détruit des établissements publics (dont l’aéroport de Nadjaf) et incendié des commerces et des maisons appartenant à certains membres du parlement et d’organisations locales, justifiant ainsi l’intervention des services de sécurité. Ceux-ci ont arrêté de nombreuses personnes et ont désigné un endroit précis où faire valoir leur liberté d’expression. Les services de sécurité ont rouvert toutes les routes fermées, y compris celles entre Bassora et le Koweït.

Bassora se démarque par sa situation sur un immense gisement pétrolier, le plus grand au monde, et par ses immenses ressources pétrolières et gazières. La ville produit en moyenne 3,2 millions de barils de pétrole par jour (b/j) et ses exportations sont estimées à 4,6 millions b/j à partir de son port au sud. Le pétrole tiré du gisement pétrolier de Rumaila, l’un des plus grands de Bassora (avec ses 340 puits de pétrole), est le plus pur qui soit. Cependant, malgré le haut rendement pétrolier du sud de l’Irak (dans les provinces de Bassora, Dhi Qar, Maysan, Muthanna et Wasit), la population locale en profite très peu et souffre encore aujourd’hui de l’absence de services essentiels.

L’Irak a vendu 3,84 millions b/j en juin et a augmenté sa production à 4,5 millions b/j le même mois, qui devrait atteindre 4,7 millions b/j en juillet, même si la limite de l’OPEP pour l’Irak a été fixée à 4,35 millions b/j. Les partis politiques en Mésopotamie appellent le gouvernement à quitter l’OPEP et à se lancer dans une production quotidienne illimitée. Le pays a besoin d’argent et a investi des centaines de milliards de dollars pour combattre et défaire le groupe armé « État islamique » (Daech).

Malgré son importante production pétrolière et gazière, le sud de l’Irak a désespérément besoin d’électricité. Bassora et d’autres provinces reçoivent leur électricité de l’Iran, qui fournit des approvisionnements de réserve à l’Irak depuis 2012 : Khoramchehr approvisionne Bassora, Karkhah approvisionne Amara, Mirsad approvisionne Diyalaand, Serpil Zahab approvisionne Khaniqin. L’Irak souffre d’une pénurie d’électricité depuis 1990 {En raison des destructions des infrastructures par les Etats-Unis et leurs alliés et l’imposition d’un embargo total}.

Après l’invasion US en 2003, la corruption au sein du gouvernement central et de nombreuses frappes terroristes sur les installations électriques ont entraîné une hausse considérable de coupures d’électricité variant de 20 à 8 heures par jour tous les jours, dans un pays où la température peut atteindre 58 degrés Celsius (j’ai connu pendant de nombreuses années la température de juillet, où il peut faire jusqu’à 49 degrés Celsius à l’intérieur quand il n’y a pas d’électricité. Les gens dormaient sur les toits pour quelques heures après minuit). À un certain moment, l’Iran a même cessé de fournir 1 200 MW d’électricité à l’Irak en raison de sa dette accumulée, qui dépassait le milliard de dollars.
C’est ici que les choses se gâtent :
L’Irak a remboursé 100 millions de dollars de sa dette à l’Iran, mais se heurte aux sanctions américaines imposées contre l’Iran. L’Irak sous Abadi serait prêt à se conformer aux mesures américaines. Des sources liées au bureau du premier ministre ont indiqué que « les USA cherchent à remplacer l’approvisionnement iranien en électricité en faisant pression sur les deux principaux pays voisins (Arabie saoudite et Koweït) pour qu’ils aident l’Irak à répondre à ses besoins essentiels, et en les invitant à offrir leurs capacités structurelles à Abadi. L’idée, c’est de tasser l’Iran et limiter son influence en Mésopotamie ».

En effet, les ambassadeurs américains basés au Moyen-Orient et l’envoyé spécial du président des USA en Irak Brett McGurk font de leur mieux pour convaincre les pays du Golfe de soutenir Haidar Abadi et Moqtada al-Sadr et promouvoir leur candidature pour qu’ils prennent le pouvoir au sein du nouveau gouvernement qui sera formé et s’opposent à l’Iran et à ses alliés en Irak. Ils demandent aux pays voisins d’approvisionner l’Irak en électricité (à la place de l’Iran) pour que l’économie iranienne n’en profite pas.

« L’envoyé des USA Brett McGurk nous a rendu visite à Bagdad pour nous demander de soutenir Moqtada et Abadi au sein d’une même coalition afin de réélire le premier ministre actuel. Nous lui avons dit que Moqtada al-Sadr est imprévisible et qu’il ne peut être considéré comme fiable. Votre politique (celle des USA) en Irak a toujours échoué et vos choix ne sont pas dans nos intérêts », ont dit deux des plus hautes autorités politiques sunnites en Irak que l’envoyé des USA est allé voir. L’ambassadeur McGurk n’aurait apparemment pas apprécié cette réponse inattendue selon les sources : si les dirigeants irakiens ne se pliaient pas aux « recommandations » des USA, il les a menacés de représailles.

« Nous avons dit à l’ambassadeur Brett que s’il nous menaçait, il n’obtiendra aucune collaboration de notre part, ce qui entraînera des résultats négatifs pour tous », ont affirmé les sources. Les sunnites ne sont d’ailleurs pas les seuls à refuser de soutenir Moqtada et Abadi. L’envoyé des USA s’est rendu aussi au Kurdistan, où il a obtenu des réponses similaires de la part des responsables kurdes.

Les USA comptent aussi sur les chefs de partis chiites, notamment Sayyed Ammar al-Hakim, qui semble le plus docile de tous ceux qui ont été pressentis en ayant offert sa pleine collaboration.

On dirait bien que les chances de renouveler le mandat d’Haidar Abadi pour quatre autres années s’amenuisent de jour en jour. L’Iran et ses alliés, ou peut-être même les partis opposés aux USA parmi les chiites, les sunnites et les Kurdes, prédominent. Il n’y a pas si longtemps, l’Iran et les USA s’entendaient sur un seul candidat, le premier ministre actuel Haidar al-Abadi. Aujourd’hui, les USA ont déclaré une guerre économique à l’Iran pour compromettre ses capacités et affecter le peuple iranien et sa monnaie locale. L’embargo commencera vraiment à s’imposer en août et s’intensifiera en novembre.

Par conséquent, l’Iran ne peut accepter la formation d’un gouvernement qui lui est hostile à Bagdad et les USA acceptent mal de voir l’Irak du côté de l’Iran, d’autant plus que cela mine l’efficacité de leur embargo « unilatéral ». L’Irak peut aider l’Iran à vendre son pétrole et augmenter ses échanges commerciaux avec Téhéran, ce qui nuit au plan de Donald Trump visant à forcer en quelque sorte la soumission de la « République islamique ».

De plus, les USA sont très préoccupés par les forces de sécurité irakiennes, les Hachd al-Chaabi, créées en 2014 pour combattre Daech, en réponse à l’appel au djihad du grand ayatollah Sistani contre le groupe terroriste (accusées à tort d’être à la solde de l’Iran). Ces forces ont pris position le long de la frontière entre l’Irak et la Syrie.

Le 18 juin, des avions israéliens ont bombardé et détruit le QG des forces de sécurité irakiennes à la frontière avec la Syrie. Les Hachd occupaient cette position pour surveiller les mouvements de Daech entre la Syrie et l’Irak. Étant donné la présence de Daech dans la zone contrôlée par les USA au nord-est de la Syrie, aucune force terrestre régulière, qu’elle soit syrienne ou irakienne, n’est autorisée à attaquer et à poursuivre Daech sur le territoire contrôlé par les USA. C’est ce qui a amené les Hachd al-Chaabi à :

Proférer une menace sans équivoque aux forces US, en promettant de riposter à la frappe contre leurs forces qui a causé la mort de 24 membres de la sécurité irakienne. Les Hachd estiment que ce sont les USA qui contrôlent le ciel au-dessus de l’Irak et qu’à ce titre, aucune attaque israélienne ne peut s’être produite sans autorisation des USA. Les forces irakiennes vont sans aucun doute maintenir leur droit de riposte si jamais la balance du pouvoir en Mésopotamie change et que le gouvernement irakien décide de s’allier aux USA contre l’Iran.
Encercler toute la zone où Daech est basé. Les Hachd ont même poussé plus loin : en accord avec l’armée syrienne, les forces des deux pays ont encerclé la base US à al-Tanf afin de limiter le mouvement des forces rebelles qui s’y trouvent.

L’armée américaine a imposé une zone de sécurité de 50 milles (80 km) autour de ses bases en Syrie et en Irak. Les deux pays la respectent, mais elles ont mis en place des forces statiques autour de ces bases, ce qui donne vraiment l’impression que les forces US ne sont pas les bienvenues, puisque leur rôle se limite à occuper une partie du territoire syrien et à empêcher les échanges commerciaux entre la Syrie et l’Irak. Daech n’est pas présent au poste-frontière d’al-Tanf à l’est.

De plus, les commandants des Hachd croient que les USA cherchent à établir plusieurs bases militaires en Irak, plus particulièrement à proximité de sa frontière avec la Syrie. Les forces de sécurité irakiennes se croient capables de contrecarrer toute résurrection ou attaque de Daech, ce qui rend inutile l’établissement de la moindre base militaire dans le pays. Pour les commandants des Hachd, l’existence d’une coalition militaire dirigée par les USA n’a plus sa place, car la présence d’instructeurs et l’échange d’expériences et de renseignements dans la lutte contre le terrorisme suffisent amplement.

À de nombreuses reprises par le passé, Abadi a voulu limoger le chef adjoint des Hachd al-Chaabi Jamal Jaafar Mohammad Ali, alias Abou Mahdi al-Mohandes. C’est l’homme de l’Iran, « ce qui en dit long ». Cependant, le premier ministre irakien n’est pas aujourd’hui en mesure de provoquer une réaction contre lui au sein des Hachd al-Chaabi, un groupe qui est très populaire en Irak. Voilà pourquoi Abadi s’est rendu au QG des Hachd pour rencontrer Mohandes et faire taire les rumeurs (pour le moment). Chacun sait parmi les décideurs que les USA acceptent le rôle des Hachd et leur inclusion au sein des forces de sécurité irakiennes, sauf qu’ils aimeraient que Mohandes quitte le pouvoir.

Les USA poursuivent constamment leur bras de fer les opposant à l’Iran en Mésopotamie et au Levant. Ils tentent de réduire la marge de manœuvre de l’Iran au Moyen-Orient en vue de l’imposition de leur embargo avant la fin de l’année. Les USA ont même accepté de promouvoir la candidature de Moqtada al-Sadr, celui-là même qui est responsable de la mort de nombreux soldats américains durant leur occupation du pays entre 2003 et 2011!
Si Moqtada a gagné des points, c’est parce qu’il s’est prononcé contre l’Iran à quelques reprises et s’est rendu dans certains pays voisins, l’Arabie saoudite et les Émirats, qui nourrissent une animosité contre l’Iran.

Dans les faits, Moqtada n’est pas plus favorable aux Américains qu’aux Saoudiens, mais cherche à se donner une identité personnelle et à endosser le rôle de guide suprême en Irak. Cependant, s’il s’est imposé en Mésopotamie, ce n’est pas grâce à son charisme (il en manque), mais par la terreur silencieuse qu’inspirent les militants de la « Saraya al Salam » qu’il dirige, par leurs manifestations ou leur intimidation. Cela fait de lui une personnalité que l’on craint.

Moqtada a demandé refuge en Iran à de nombreuses reprises durant l’occupation de l’Irak par les USA et le général Qassem Soleimani du Corps des Gardiens de la révolution islamique l’a financé pendant des années. Aujourd’hui encore, il se réunit avec le général iranien et lui demande de l’inclure, plutôt que l’isoler, dans toute grande coalition qui devrait former le nouveau gouvernement.

Abadi et Moqtada sont en train de créer, de concert avec le parti al-Hikma de Sayyed Ammar al-Hakim, une coalition possible opposée à une autre coalition au sein de la communauté chiite dirigée par Nouri al-Maliki et Hadi al-Ameri. Les chances d’Abadi diminuent progressivement aux yeux de nombreux dirigeants irakiens, qui s’attardent sur deux noms, Ameri et Faleh al-Fay’yad, le chef des Hachd al-Chaabi, pour diriger le nouveau gouvernement.

Le dernier mot n’a pas encore été prononcé, mais cela devrait se faire d’ici la fin de l’été. Qui va l’emporter? Les USA et une partie des voisins de l’Irak, qui soutiennent Abadi, ou l’Iran, qui arrive à détourner des candidats de l’orbite des USA?

Par Elijah J. Magnier (à Bagdad):
Traduction : Daniel G

http://www.afrique-asie.fr/bras-de-fer-americano-iranien-en-mesopotamie/

 

 

Les Kurdes pro-US contre les chrétiens iraquiens et syriens

Les Kurdes pro-US contre les chrétiens iraquiens et syriens

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Le gouvernement régional du Kurdistan iraquien a institué une taxe islamique sur les entreprises appartenant à des chrétiens.

Apparue fin juin à Ankawa (district d’Erbil), une ville à 80 % chrétienne, cette taxe correspond à l’ancien Djizîa, l’impôt collecté sur les chrétiens à défaut de les incorporer dans les armées. Alors que l’on avait d’abord dénoncé une initiative des autorités de la ville, cette taxe vient d’être étendue à la ville de Semel.

Simultanément, les Kurdes du YPG (soutenus par les États-Unis, Israël et la France) ont envahi et occupent deux localités chrétiennes de Syrie, Tel Jazira et Tel Baz (sur la rivière Khabour). Au cours des trois dernières années, le YPG a remplacé de force les professeurs des écoles chrétiennes du Nord de la Syrie. Les enfants ont été contraints d’abandonner la langue arabe, et d’adopter un cursus enseigné par des professeurs kurdes étrangers en langue kurde [1].

Documents joints

[1] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

 

http://www.voltairenet.org/article201862.html

Le pétrole recule en Asie

Le pétrole recule en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole reculaient mardi en Asie, les spéculations sur une hausse ou non des quotas de production lors d’une prochaine réunion de l’Opep allant bon train.

Vers 04H00 GMT, le baril de « light sweet crude » (WTI), la référence américaine du brut, pour livraison en juillet, reculait de 32 cents, à 65,53 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord, principale référence sur le marché mondial, pour livraison en août, perdait 748 cents à 74,86 dollars.

Les représentants de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses dix partenaires, dont la Russie, se retrouvent vendredi et samedi à Vienne.

Ces Etats sont engagés depuis début 2017 et théoriquement jusqu’à la fin de l’année par un accord qui leur impose des quotas de production dans le but de faire remonter les prix dans un contexte d’offre surabondante.

Les débats devraient être agités.

Les deux géants de la production que sont l’Arabie saoudite et la Russie ont fait part de leur souhait de sortir de ce carcan.

Mais certains pays ne sont pas en mesure de relancer leurs extractions et s’opposent déjà à une révision des objectifs de limitation de la production.

Au premier rang des récalcitrants, l’Iran, qui voit d’un mauvais oeil la possibilité d’une baisse des cours alors qu’il est pénalisé par les sanctions américaines, et ne pourra augmenter sa production.

« L’Opep est fracturé ou se fracture. Hier, nous avons entendu de la part de l’Iran qu’il allait, avec le Venezuela et l’Irak, chercher à mettre son véto à une hausse de la production », a commenté Greg McKenna, analyste chez AxiTrader.

Les marchés sont aussi inquiets des répercussions de la nouvelle escalade des tensions commerciales entre Washington et Pékin sur la demande mondiale de brut.

Pékin a promis mardi des « représailles » après des menaces la veille de Donald Trump d’imposer de nouvelles taxes à un niveau inédit sur les produits chinois importés.

Lundi, à Londres, le Brent a terminé à 75,34 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 1,90 dollar.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le WTI a pris 79 cents à 65,85 dollars.

str-ev/ib

(AWP / 19.06.2018 06h20)

https://www.romandie.com/news/Le-p-trole-recule-en-Asie/928784.rom

Le pétrole monte, l’Opep prend le pas sur la guerre commerciale

Le pétrole monte, l’Opep prend le pas sur la guerre commerciale

Londres (awp/afp) – Les cours du pétrole remontaient lundi en cours d’échanges européens à quelques jours d’une réunion de l’Opep et malgré les craintes exacerbées d’une guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis.

Vers 14H15 GMT (16H15 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 74,40 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 96 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat de juillet prenait 3 cents à 65,09 dollars une heure après son ouverture.

En cours d’échange asiatique (02H00 GMT), les cours se sont repliés pour atteindre 72,45 dollars pour le Brent, à son plus bas niveau depuis un mois et demi, tandis que le WTI a atteint son cours le plus bas depuis deux mois à 63,59 dollars.

« La demande mondiale de pétrole pourrait reculer dans le cas de sanctions chinoises sur la production américaine », a commenté Benjamin Lu, analyste chez Phillip Futures.

La confrontation commerciale entre la Chine et les Etats-Unis s’est aggravée vendredi quand Donald Trump a annoncé imposer de nouveaux droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises.

La Chine a répliqué en visant notamment des produits agricoles, mais a également annoncé vouloir taxer le pétrole et les produits pétroliers américains à une date ultérieure.

Les prix se sont toutefois repris alors que le marché se focalise sur les négociations de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui se réunira vendredi avant une réunion avec ses partenaires, dont la Russie, samedi.

L’avenir de l’accord de limitation de la production reste la principale cause d’inquiétude des marchés.

« La réunion s’annonce tendue entre d’un côté l’Arabie Saoudite et la Russie, favorables à un assouplissement des quotas et de l’autre côté l’Iran, l’Irak et le Venezuela qui devraient s’y opposer fermement », ont résumé les analystes de Saxo Banque.

L’Iran aurait ainsi annoncé dimanche compter opposer son droit de veto si le ministre saoudien Khaled al-Faleh proposait d’augmenter les objectifs de production, a rapporté l’agence Bloomberg.

Mais selon des sources citées par l’agence, les deux géants pétroliers que sont l’Arabie saoudite et la Russie voudraient proposer une augmentation modérée, de 300.000 à 600.000 barils par jour, et apaiser les mécontents en officialisant l’accord de l’Opep et des dix autres producteurs sur le long terme.

Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, avait émis samedi l’hypothèse d’une hausse nettement plus marquée, de 1,5 million de barils par jour.

js/ktr/LyS

(AWP / 18.06.2018 16h28)

https://www.romandie.com/news/Le-p-trole-monte-l-Opep-prend-le-pas-sur-la-guerre-commerciale/928630.rom

Les USA pourraient se retirer de Syrie

Les USA pourraient se retirer de Syrie

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Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a invité les États-Unis à retirer leurs troupes du pays en préalable au retrait de forces étrangères pro-gouvernementales. Le Pentagone est présent à la fois au Sud (Al-Tanf) et au Nord (zone occupée par le YPG kurde).

Dans le cas d’un retrait d’Al-Tanf, le Hezbollah se retirerait du Sud. D’ores et déjà ses combattants préparent leur départ. L’ordre serait rétabli avec l’aide de la Russie, conformément à un accord antérieur.

Planifiant leur possible retrait du Nord du pays, les États-Unis seraient en train d’installer une nouvelle base dans le Sinjar iraquien d’où ils pourraient intervenir à la fois en Syrie et en Turquie.

http://www.voltairenet.org/article201369.html

Importants développements syriens

Chroniques du Grand jeu

Importants développements syriens

1 Juin 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Il y a une semaine, nous écrivions :

Désormais, tous les regards se tournent vers le sud et Deraa, où les barbus modérément modérés ont reçu un avertissement final avant l’offensive. Les forces loyalistes affluent, y compris les milices palestiniennes pro-Bachar. La tension près du Golan occupé par Israël – qui y a, rappelons-le, soutenu Al Nosra et Daech afin de créer une zone tampon – risque de monter d’un cran. Il faudra tout le tact russe pour éviter une escalade générale.

En plein dans le mille, si l’on en croit la dernière livrée d’informations en provenance de Syrie. Il semble que l’ours ait en effet calmé les ardeurs des uns et des autres pour permettre la grande offensive loyaliste sur Deraa et la reconquête du sud syrien.

Un accord multi-partite aurait été trouvé au terme duquel Israël cesserait son soutien aux barbus d’Al Qaeda, de l’ASL et de Daech et n’interviendrait pas pour empêcher l’avance de l’armée syrienne. Dans le plus pacifique des cas, les djihadistes rendraient même leurs armes et seraient évacués vers l’Idlibistan.

En contrepartie, les Iraniens et le Hezbollah ne participeraient pas à l’offensive et se retireraient de quelques kilomètres (les rapports sont pour l’instant contradictoires sur la distance à la frontière : on parle de 20 à 60 km). Et de fait, ces derniers commencent à préparer leur (léger) retrait.

Le grand vainqueur de l’affaire est Damas, qui s’apprête à remettre la main sur cette province rebelle pour la première fois depuis le début de la guerre. Pour les Iraniens et le Hezb, ce n’est somme toute qu’un ajustement mineur. Leur présence en Syrie n’a jamais été aussi forte et que valent quelques encablures de plus ou de moins pour leurs missiles ?

Les Israéliens sauvent la face mais la réaction presque infantile de la presse – Victoire ! Les chiites ont accepté de reculer de quelques kilomètres – montre en creux que Tel Aviv ne semble pas avoir l’estomac pour un conflit de grande ampleur avec l’axe chiite. Les dernières bisbilles balistiques ont peut-être quelque chose à voir avec la chose…

Assad a encore une autre raison de se réjouir : il se pourrait que les Américains abandonnent enfin leur base d’Al Tanaf, devenue relativement inutile depuis le blitz royal vers la frontière syro-irakienne et dont nous avons souvent parlé ici.

Attention toutefois, d’autres rapport évoquent au contraire une extension de la base US et l’entraînement de groupes « rebelles », ce qu’a dénoncé Lavrov lui-même il y a quelques jours lors d’une conférence de presse avec, chose intéressante, son homologue jordanien. Il est d’ailleurs possible que le sort de la base, objet de marchandage, soit décidé lors de la rencontre russo-américano-jordanienne d’Amman la semaine prochaine.

L’empire s’arc-boutera-t-il sur sa dernière possession dans le sud syrien ou va-t-il reconnaître sa défaite et lâcher l’affaire si les intérêts de son client israélien sont (très) relativement préservés ? Quelques éléments récents semblent aller vers la deuxième hypothèse.

Début mai, le Département d’Etat a arrêté de financer les Casques blancs, dans le silence assourdissant de la presstituée occidentale qui portait aux nues ces barbus « sauveteurs », à l’origine du false flag de la Ghouta. Et pas plus tard qu’hier, Washington s’est enfin cru obligé de comprendre, avec un an de retard, qu’Hayat Tahrir al-Cham était, ô surprise, le nouveau nom d’Al Qaeda en Syrie et a placé l’organisation sur sa liste de groupes terroristes.

Deux décisions qui semblent indiquer un changement de cap impérial. A suivre…

Un pont, des missiles, un massacre et une défaite américano-iranienne

Chroniques du Grand jeu

Un pont, des missiles, un massacre et une défaite américano-iranienne

17 Mai 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Ukraine, #Russie, #Moyen-Orient, #Etats-Unis

Le pont de Kerch, inauguré en grande pompe par Vadimirovitch lui-même au volant d’un camion orange (clin d’oeil à la « révolution » colorée de 2004 terminée en fiasco ?), relie désormais et de manière ombilicale la Crimée à la Russie continentale. Réussite technique, c’est également un coup politique majeur, désenclavant la presqu’île et l’arrimant définitivement à la mère Russie.

Ce n’est sans doute pas un hasard si une divertissante feuille de chou, le Washington Examiner pour ne pas le nommer, encourage sans rire le régime ukrainien à faire sauter le pont afin de « laver l’affront ». On jugera de la haute qualité intellectuelle du canard en question quand on apprendra au fil de l’article que Poutine veut ni plus ni moins conquérir l’Ukraine (que ne l’a-t-il pas fait depuis quatre ans ? Un peu lent, le tsar…) ou qu’il a placé son pays (dont les finances sont les plus saines de tous les membres du G20 faut-il rappeler) en quasi banqueroute pour construire le pont.

Sans relation de cause à effet, le Kremlin a appelé à la production rapide et en masse des S500 – qui sont à la défense anti-aérienne ce que les All Blacks sont au rugby :

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, les labos russes mettent la dernière touche aux S500, capables d’intercepter simultanément jusqu’à 10 missiles balistiques ou hypersoniques volant à Mach 5, et dont le temps de réaction sera de 4 secondes (contre 10 pour le S-400 et… 90 secondes pour l’antique Patriot américain !) On comprend dans ces conditions que l’OTAN soit « préoccupée »…

Quand on voit ce que des S200 améliorés sont déjà capables de faire en Syrie, ça laisse rêveur…

Par ailleurs, Moscou a annoncé que la présence de navires russes équipés de Kalibr sera désormais permanente en Méditerranée. On se rappelle que l’irruption de ces missiles durant l’hiver 2015-2016 avait causé une certaine émotion :

Ni vu ni connu, un navire russe doté des fameux missiles Kalibr est arrivé au large des côtes syriennes. Rappelons que le tir, depuis la Caspienne, de dizaines de Kalibr sur Daech en octobre a pris de court beaucoup de monde et a gentiment changé la donne stratégique, à la fois au Moyen-Orient (en bon joueur d’échecs, Poutine semblait donc prévoir un conflit qui finirait par dépasser la simple lutte contre les terroristes modérés) et même plus globalement.

Ce sera maintenant la norme en Méditerranée orientale, zone de plus en plus stratégique sur la case sud-ouest de l’échiquier eurasien.

Plus au sud, même si cela ne concerne pas directement le Grand jeu, il est difficile de ne pas parler du bain de sang de Gaza lié au transfert de l’ambassade US à Jérusalem. Cretinho respecte ainsi l’une de ses promesses de campagne (pas la meilleure) et vise la réélection en s’assurant le soutien de dizaines de millions d’évangélistes américains. Soit dit en passant, la traditionnelle alliance entre protestants anglo-saxons et juifs, que l’on retrouve des Etats-Unis actuels à l’Angleterre victorienne en passant par l’Afrique du Sud de l’apartheid, pourrait faire l’objet d’une étude historique enrichissante.

Chose intéressante, l’Afrique du Sud justement, membre des BRICS, rappelle son ambassadeur en Israël. Quant à Erdogan, il y ajoute (temporairement) son représentant aux Etats-Unis. Le torchon brûle de nouveau entre Ankara et Tel Aviv :

Cette fois, après la répression des manifestations à Gaza qui ont fait près de 60 morts, Ankara a signifié à l’ambassadeur israélien qu’il n’était plus le bienvenu en Turquie et accuse Israël de perpétrer un génocide dans l’enclave palestinienne. Le consul israélien à Istanbul a lui aussi été déclaré persona non grata.

Israël a, de son côté, convoqué le consul turc à Jérusalem et l’a prié de retourner dans son pays pour un certain temps. « Nous n’avons pas de leçon de morale à recevoir d’Erdogan qui a les mains trempées de sang », affirme Benyamin Netanyahu.

Mais ce n’est pas la première fois que la toupie sultanesque soutient avec des trémolos dans la voix la cause palestinienne avant de se rabibocher avec Israël…

En Irak, les élections législatives ont accouché d’une surprise avec la probable victoire de Moqtada Sadr, bien connu des lecteurs du blog :

Nous avions parlé de ce personnage sulfureux :

En Irak, le fameux Moqtada Sadr, influent prêcheur chiite, a appelé à attaquer les troupes US. Quand on sait que les brigades « sadristes » comptent plusieurs dizaines de milliers de combattants et qu’elles ne jettent pas leur part au chien dans la guerre contre Daech, cela complique quelque peu la situation. Cette déclaration incendiaire est sans doute à relier aux grandes manoeuvres préparant l’après-guerre. (…)

Pour qui roule Moqtada ? Sans doute pour personne. On aurait tort de le considérer comme l’homme des Iraniens ; depuis treize ans, plusieurs points de tension ont éclaté entre Téhéran et cet électron libre. Le gouvernement irakien, chiite comme lui, en a une peur bleue : on se souvient de l’invasion du parlement en avril, en pleine zone verte, pour réclamer la fin du népotisme, de la corruption et mettre en place un « gouvernement de technocrates » sans affiliation politique ou religieuse (nouvelle preuve de la complexité du personnage, religieux à la politique laïque).

Nos pressentiments ne pouvaient pas être mieux illustrés, car l’ami Motqada vient encore de mettre les pieds dans le plat en appelant Assad à démissionner :

«Il serait juste que le président Bachar al-Assad démissionne (…) et évite au cher peuple de Syrie le fléau de la guerre et l’oppression des terroristes», a-t-il déclaré, dans un communiqué rendu public le samedi 8 avril 2017.

Trois jours plus tard, depuis la ville sainte de Najaf où il est basé, à 200 km au sud de Bagdad, il persiste et signe. «J’ai exhorté Assad à partir pour préserver l’axe de la résistance et afin de lui éviter le sort de Kadhafi», a-t-il prédit dans un nouveau communiqué.

Même s’il prend ses précautions en défendant «l’axe de la résistance» contre Israël, qui comprend l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais, Moqtada al-Sadr est le premier haut responsable chiite à contester ainsi la légitimité du président syrien.

Une surprenante offensive frontale contre un des piliers de la stratégie iranienne d’exportation de la révolution islamique. Bien que formé en Iran, Moqtada al-Sadr, dont les miliciens ont combattu les forces américaines en Irak, joue en effet de plus en plus la carte nationaliste.

Il en a même profité pour condamner les représailles américaines contre Bachar al-Assad et exhorter les Etats-Unis et la Russie à se retirer du théâtre syrien.

Engagé à la tête d’un vaste mouvement populaire contre la corruption et en faveur de réformes dans le pays, il organise régulièrement des manifestations dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, siège du pouvoir et du parlement irakien dominés par Téhéran.

Moqtada al-Sadr mobilise également ses partisans contre les milices chiites du Hachd al-Chaabi (les Forces populaires de mobilisation), alliées de l’Iran. Il s’en démarque tant en raison de leur engagement auprès d’Assad en Syrie que pour leurs exactions contre les populations sunnites en Irak, sous couvert de lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique.

Selon le site libanais AlKalima Online, de jeunes Irakiens ont même repris à l’université Al-Diwaniya dans le sud du pays le slogan « Iran, dehors, dehors ! » contre Kaïs al-Khazaali, le chef de Aasaeb ahl al-Hak (la ligue des vertueux), venu mobiliser en faveur des milices pro-iraniennes. Un slogan que les partisans de Moqtada scandaient lors des occupations de la Zone verte.

Il ne peut pas ignorer qu’Assad n’est très certainement pour rien dans l’événement de Khan Cheikhoun. Aussi, l’explication est ailleurs et corrobore ce que nous disions de lui l’année dernière. Sa sortie a tout à voir avec des considérations intérieures :

Moqtada al-Sadr cherche à se démarquer du gouvernement irakien et des autres partis chiites au pouvoir depuis 2003. Il  est engagé depuis plus de deux ans dans une campagne anti-corruption et pro-réforme. A coup de déclarations tonitruantes ou de manifestations monstres, il critique la politique irakienne, très alignée sur Téhéran. Le chef chiite se veut Irakien. Et avec cette déclaration, il veut montrer que l’Irak peut être allié de Téhéran mais ne doit pas être son vassal. Un discours nationaliste, son fond de commerce.

Si on compare, le gouvernement irakien a appelé à une enquête internationale sur les évènements de Khan Cheikhoun… sans critiquer Bachar el-Assad. Al-Sadr va même plus loin, il cherche à incarner la voix de la réconciliation chiite-sunnite en osant critiquer un allié de l’Iran, un dirigeant soutenu par Bagdad. C’est un leitmotiv chez lui ces dernières années.

Le mois dernier, il osait déclarer que les milices sectaires n’ont pas leur place en Irak. Du miel aux oreilles des sunnites et une provocation pour les milices chiites qui participent à la lutte contre l’organisation de l’EI mais qui ont été accusées de crimes de guerre, comme des kidnappings, des exécutions sommaires et des tortures.

Moqtada al-Sadr ajoutait même qu’il craignait des tensions entre communautés après que l’organisation de l’EI a été vaincue. Car le problème politique irakien reste entier. Il y a un fossé entre les communautés. Moqtada al-Sadr suggère qu’il pourrait faire partie de la solution.

Ainsi, s’il venait à arriver au pouvoir, l’ennemi historique des Américains pourrait paradoxalement compliquer sérieusement l’après-conflit syrien et la reconstitution de l’arc chiite. Quand nous vous disons et répétons que les facétieux Dieux de la géopolitique s’amusent…

Bingo ! le voilà aux portes du pouvoir et nos prédictions se réalisent. Il y a un an jour pour jour, nous ajoutions :

La position de Moqtada, faisant primer le nationalisme sur le religieux (solidarité chiite), n’est pas isolée en Irak, très divisé sur la question. D’un côté, l’ex-Premier ministre Maliki, qui a passé quinze ans en exil à Damas du temps de Saddam, déclarait en octobre : « Nous arrivons, Raqqa, nous arrivons, Alep, nous arrivons, Yémen ! » Il est rejoint en cela par plusieurs puissantes milices pro-iraniennes prêtes à en découdre pour aider Assad : Asaib Ahl al-Haq, Saraya al-Kharasani, al-Nojaba et Kataib Hezbollah. De l’autre côté, outre Sadr, l’actuel Premier ministre Abadi et de grands clercs chiites dont la plus haute autorité spirituelle d’Irak, l’ayatollah al-Sistani. Quant aux commandants des UMP, comprenant l’un et l’autre courant, ils sont obligés de ménager la chèvre et le chou.

Parmi les facteurs de cette profonde fracture, il y a évidemment la position ambivalente vis-à-vis de Téhéran. Chez certains, le bon vieil antagonisme entre Arabes et Perses prend le pas sur l’appartenance religieuse et un excellent article du Monde Diplomatique l’évoquait déjà en 2006 :

Une autre école dénonce cette thèse [la tentation de concevoir les chiites comme une entité homogène, ndlr], à laquelle elle oppose celle d’un «nationalisme irakien» à toute épreuve. Tel cet observateur iranien avisé qui nous confie par exemple : «Les solidarités intrachiites ne transcenderont pas la ligne de fracture fondamentale qui sépare les Arabes des Perses. Tout le monde semble avoir oublié que les chiites irakiens ont combattu les chiites iraniens pendant les huit longues années de la guerre Iran-Irak, l’une des guerres les plus sanglantes de la seconde moitié du XXe siècle. Des informations qui nous viennent d’Irak indiquent que les Irakiens, même ceux qui ont vécu en exil en Iran, n’apprécient pas l’influence iranienne dans leur pays.» (…)

Cette situation ne transforme pas pour autant l’Iran en nation «par défaut» ou «par adoption» pour les chiites irakiens. Dans le sud du pays, on conserve des sentiments partagés à l’égard du voisin perse. M. Al-Sadr joue par exemple sur les origines iraniennes de l’ayatollah Ali Al-Sistani pour le dénigrer. Les résidents de la ville d’Al-Amara se plaisent à qualifier ceux d’Al-Kout de « Perses », un terme très péjoratif à leurs yeux. Si les portraits de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny et de son successeur Ali Khamenei foisonnent, seuls de rares acteurs de la scène politique chiite reconnaissent la conception iranienne de velayat-e-faqih («gouvernement du docte»), pilier de la République islamique. Les positions de l’ayatollah Al-Sistani vis-à-vis de ses pairs iraniens ont toujours été à la fois diplomatiques – évitant de franchir certaines lignes rouges – et farouchement indépendantes. Il semblerait du reste que, en tant que source d’interprétation des écritures, il soit davantage considéré en Iran que le «guide», l’ayatollah Khamenei lui-même.

Au-delà de la pierre d’achoppement iranienne, il y a aussi, il faut le dire, le comportement très ambigu de Damas dans les années 2000, après l’invasion de son voisin irakien. Pour une fois, les accusations américaines étaient fondées – confirmées par des officiels irakiens mais aussi par des sources bien placées à votre serviteur : Assad a, dans un dangereux coup de poker-boomerang, délibérément laissé passer (en les libérant des prisons syriennes ?) des centaines de djihadistes pour rejoindre l’insurrection sunnite en Irak. Le but : « occuper » les troupes américaines et surtout dissuader Washington d’envahir la Syrie.

Si certains – dont Maliki, le Premier ministre de l’époque et la victime directe des agissements de Damas – ont passé l’éponge et sont maintenant prêts à mettre sur pied une coalition chiite pour aider le gouvernement syrien, d’autres à Bagdad ont la mémoire plus rancunière…

C’est exactement ce à quoi nous assistons maintenant. S’il incarne le ras-le-bol de la population face à la corruption et l’espoir de former un gouvernement non-confessionnel de technocrates, Moqtada symbolise également la volonté de rupture avec les influences américaine et iranienne. Joli paradoxe en ces temps de crise sur l’accord nucléaire : le bouillant clerc a réussi en Irak l’exploit de réunir Washington et Téhéran dans le même camp, celui des perdants.

Les deux frères ennemis ont d’ailleurs commencé, chacun de leur côté, les manoeuvres et tractations afin de former une coalition, donc un gouvernement qui serait favorable à leurs intérêts. Dans ce jeu de l’ombre, l’Iran a une longueur d’avance, ayant dépêché à Bagdad le fameux Soleimani, lui aussi bien connu des lecteurs de nos Chroniques :

Depuis lundi, il rencontre les différentes forces politiques, ont indiqué à l’AFP plusieurs responsables. Devant eux, il a opposé son veto à toute alliance avec Moqtada Sadr, issu d’une lignée de dignitaires religieux, opposants respectés, qui provoque régulièrement l’Iran en prônant une défense sourcilleuse de l’indépendance politique de l’Irak.

La dernière bravade de l’ancien turbulent chef de milice devenu héraut des anti-corruption a été sa visite chez le grand rival régional de l’Iran, l’Arabie saoudite sunnite.

Lundi soir, le général Souleimani a chargé les partis chiites conservateurs de rassembler des petites formations pour constituer un bloc parlementaire assez large pour obtenir le poste de Premier ministre, a indiqué un participant à ces rencontres à l’AFP.

Celui qui est chef d’une unité d’élite des Gardiens de la révolution iraniens a réuni le Premier ministre sortant Haider al-Abadi, son prédécesseur Nouri al-Maliki et Hadi al-Ameri, tête de liste de l’Alliance de la Conquête, des anciens du Hachd al-Chaabi, supplétif de l’armée contre le groupe Etat islamique (EI), proches de l’Iran.

Il a également interdit toute alliance avec le mouvement Hikma du chiite Ammar al-Hakim, le vice-président sunnite Oussama al-Noujaïfi et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK, de Massoud Barzani).

Et le message semble avoir été entendu. Le porte-parole du bureau de M. Maliki, Hicham al-Roukabi, a indiqué à l’AFP que l’ancien Premier ministre était en discussion « avec des forces importantes, notamment l’Alliance de la Conquête, des partis sunnites, chiites et kurdes ».

A suivre…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/05/un-pont-des-missiles-un-massacre-et-une-defaite-americano-iranienne.html