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L’effondrement de l’accord sur le nucléaire ne profitera pas à l’Iran, à la France et au monde: Rouhani

Lun 17 juin 2019 14 h 33 [Mise à jour: lun 17 juin 2019 14 h 42]
Le président iranien Hassan Rouhani (à droite) et le nouvel ambassadeur de France à Téhéran, Philippe Thiebaud (1er ministre), se sont rencontrés à Téhéran le 17 juin 2019. (Photo du président.ir)
Le président iranien Hassan Rouhani (à droite) et le nouvel ambassadeur de France à Téhéran, Philippe Thiebaud (1er ministre), se sont rencontrés à Téhéran le 17 juin 2019. (Photo du président.ir)

Le président iranien, Hassan Rouhani, a déclaré que la France et les autres signataires d’un accord de 2015 sur le nucléaire avec la République islamique doivent faire de leur mieux pour aider cet accord à survivre, car son échec ne servira pas les intérêts de l’Iran, de la France et du monde entier.

M. Rouhani a tenu ces propos lundi lors d’une rencontre avec le nouvel ambassadeur de France en Iran, Philippe Thiebaud, qui a présenté ses lettres de créance au président iranien.

Soulignant la patience de l’Iran depuis le retrait unilatéral du président américain Donald Trump de l’accord sur le nucléaire, M. Rouhani a indiqué que Téhéran était resté dans l’accord, connu officiellement sous le nom de Plan d’action global et commun (JCPOA), à la demande de la France et d’autres membres du Conseil. L’Union européenne pour compenser les effets du retrait de Washington de l’accord.

«Les conditions actuelles sont sensibles et la France, avec d’autres membres de l’Union européenne, a encore la possibilité de profiter du court délai qui reste [avant l’expiration du délai imparti par l’Iran à l’UE au début du mois prochain] pour jouer son rôle historique. en maintenant cet accord, car il ne fait aucun doute que l’échec du JCPOA ne profitera pas à l’Iran, à la France, à la région et au monde », a déclaré le président iranien.

L’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies – États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine, ainsi que l’Allemagne – ont signé l’accord sur le nucléaire le 14 juillet 2015 et ont commencé à le mettre en œuvre le 16 janvier 2016.

Dans le cadre du JCPOA, l’Iran s’est engagé à limiter son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions liées au nucléaire imposées à Téhéran.

Cependant, le président Trump a sorti son pays du JCPOA en mai 2018 et a réimposé des sanctions sévères à l’encontre de la République islamique, au mépris des critiques mondiales.

À l’occasion du premier anniversaire du retrait de l’accord nucléaire par les États-Unis, l’Iran a annoncé qu’il suspendrait la mise en œuvre de certains de ses engagements dans le cadre de cet accord, ajoutant qu’il cesserait d’exporter de l’uranium en excès et de l’eau lourde, en fixant un délai de 60 jours Les cinq parties restantes à l’accord doivent prendre des mesures concrètes pour défendre ses intérêts face aux sanctions américaines.

Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a déclaré lundi que le pays dépasserait la limite de stockage d’uranium fixée par l’accord nucléaire à compter du 27 juin.

« Aujourd’hui, le compte à rebours pour dépasser la réserve d’uranium enrichi de 300 kilogrammes a commencé et dans 10 jours, nous dépasserons cette limite », a déclaré Behrouz Kamalvandi à la presse, à l’installation de réacteur à eau lourde d’Arak.

Dans son discours, M. Rouhani a indiqué que certaines questions, notamment les importations de médicaments et de matériel médical, de pièces d’avion, de produits alimentaires et de pièces détachées nécessaires aux usines, qui jouent un rôle efficace dans la satisfaction des besoins de la population et la création d’emplois, sont au-delà de la JCPOA et même relations mutuelles, en ajoutant que les restrictions américaines sur ces articles sont totalement inhumaines et montrent la guerre économique étendue de Washington contre les Iraniens.

Téhéran tient à « maintenir des relations cordiales avec Paris, à honorer les engagements pris dans le cadre du JCPOA et à [renforcer] la coopération active dans l’intérêt de la stabilité et de la sécurité régionales et à poursuivre la lutte antiterroriste », a souligné le président iranien.

La France tente de sauver l’accord nucléaire iranien: l’envoyé

Le diplomate français a pour sa part déclaré que l’Iran avait rempli tous ses engagements dans le cadre du JCPOA et ajouté que son pays faisait des efforts pour sauver l’accord nucléaire, qui bénéficie du soutien de la communauté internationale.

Thiebaud a ajouté que le gouvernement français n’épargnerait aucun effort pour développer la coopération économique avec l’Iran.

Il a indiqué que Paris était préoccupé par la montée des tensions au Moyen-Orient et qu’il était prêt à tenir des consultations avec l’Iran sur la stabilité et la sécurité régionales.

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France/Iran : reprise de la guerre des services ? Alain RODIER

France/Iran : reprise de la guerre des services ? Alain RODIER

(Note de Un passant : cet article date d’octobre 2018 mais j’ai trouvé intéressant de le rebloguer car il évoque toute une série de problématiques qui me semblent tout à fait absentes dans l’angélisme pratiqué par certains blogs « anti-Nouvel Ordre mondial » vis-à-vis du régime iranien.) (Et lorsque l’un de ces blogs se dit anarchiste anti-Etat et anti-religions, cela ajoute de l’incongru aux fadaises propagandistes.)

via France/Iran : reprise de la guerre des services ?

Selon plusieurs organes de presse, le Mossad serait à l’origine de la chasse déclenchée à travers toute l’Europe contre les services secrets iraniens. Celle-ci a officiellement débuté quand le service spécial hébreu a averti ses homologues du Vieux continent – vraisemblablement en mai/juin 2018 -de la préparation d’un attentat visant la réunion annuelle de l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI[1]) se tenant à Villepinte le 30 juin 2018, en présence de nombreuses personnalités[2].

À la suite de ces renseignements, un couple belgo-iranien- Amir et Nasimeh S., âgés d’une trentaine d’années – a été appréhendé par la police belge le 30 juin dans le quartier de Stockel, à Woluwe-Saint-Pierre, dans la banlieue bruxelloise. 500 grammes d’explosif TATP et un dispositif de mise à feu ont été trouvés dans deux paquets séparés dans leur voiture. Assadollah Assadi, un diplomate iranien en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne (Autriche), soupçonné d’être en contact avec ce couple, a été arrêté en Allemagne. En effet, n’étant pas accrédité dans ce pays, il ne bénéficiait pas de l’immunité diplomatique[3]. Les Israéliens l’ont désigné comme le responsable opérationnel de la tentative d’attentat. Il devrait être extradé vers la Belgique pour y être présenté à la justice.

Actions et décisions de la France

Début octobre, faisant – tardivement – suite à cette affaire, la France a gelé pour six mois les avoirs sur son territoire du ministère du Renseignement et de la Sécurité iranien (VAJA, ex VEVAK) qui serait lié à la tentative d’attentat. La même sanction a été prise à l’encontre d’Assadollah Assadi – le diplomate arrêté en Allemagne – et du chef des services de renseignement iraniens, le vice-ministre Saeid Hashemi Moghadam.

Ces mesures surviennent parallèlement à l’importante opération policière qui a visé, le 2 octobre, l’association musulmane chiite dénommée Centre Zahra France. Les forces de l’ordre ont perquisitionné son siège ainsi que le domicile de ses principaux dirigeants. 11 personnes ont été interpellées et trois ont été placées en garde à vue pour détention d’armes. Les avoirs du Centre Zahra France et deux organisations qu’il abrite dans ses locaux – France Marianne Télé et la Fédération chiite de France/Parti Antisioniste – ont également été gelés.

Les activités du Centre Zahra France étaient suivies depuis de très nombreuses années par les services de renseignement français pour « soutien à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République ». Selon l’AFP, le Centre Zahra France et les associations qu’il héberge sont soupçonnés de prôner la guerre sainte et de faire l’apologie de mouvements comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais, soutenus par l’Iran. Les branches militaires de ces organisations sont considérées comme « terroristes » par l’Union européenne.

Il est vrai que des intervenants tiennent au Centre Zahra des discours extrémistes, à l’exemple de ceux du cheikh Ali Talal qui a déclaré le 29 avril 2018 : « nous ne fermerons pas les yeux […] jusqu’à ce que le sionisme soit extirpé de tout le pays. » Lors d’un autre sermon, délivré le 15 mai, il proclamait : « Aujourd’hui, la boussole de l’unité doit être réglée sur notre union contre le sionisme ! Que nous nous acceptions mutuellement, qui que nous soyons, jusqu’à ce que nous en finissions avec les sionistes, et en débarrasser le monde, que le monde et les opprimés soient débarrassés d’eux. À ce moment, nous nous assiérons et nous parlerons de nos différends, s’ils existeront encore. Et je vous dis qu’il n’y en aura plus, car l’origine de tout différend vient de ces sionistes, ces arrogants, ces maudits qui ne veulent aucune forme de vie pour l’humanité ! ». À l’évidence, il s’agit là d’un appel lancé aux sunnites radicaux.

Certes, le Centre Zahra France était dans le collimateur des autorités françaises depuis des années, mais on peut se demander pourquoi elles ont décidé d’agir maintenant ? N’est-ce pas là un signe politique envoyé en direction de Washington pour faire oublier que la France était en pointe dans la défense du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), traité levant les sanctions contre l’Iran en échange de son engagement de cesser le développement des ses activités nucléaire militaire[4] et remis en cayse par Donald Trump ?

Par la voix de son porte-parole Bahram Ghassemi, la diplomatie iranienne a rejeté les accusations françaises : « Une fois encore, nous démentons avec véhémence ces accusations, nous condamnons l’arrestation de ce diplomate et nous appelons à sa libération immédiate». Suite à cette arrestation, le ministère des Affaires étrangères français a publié le 20 août une note interne demandant à ses personnels non accrédités en Iran d’éviter de se rendre dans ce pays. Ils pourraient être à leur tour arrêtés pour être ensuite échangés contre leur homologue iranien.

Une tentative d’attentat quelque peu étrange

Généralement, quand ils mènent des actions de type terroriste, les services spéciaux iraniens, agissent via des tiers comme le Hezbollah libanais ou des mouvements palestiniens pour ne pas apparaître en première ligne. Ces derniers se font un devoir de leur rendre ces services car ils dépendent presque totalement de Téhéran, en particulier sur le plan financier. Or, dans la tentative d’attentat visant Villepinte, ce ne semble pas avoir été le cas. Selon l’accusation, c’est Assadollah Assadi, le diplomate en poste à Vienne, qui aurait remis la charge explosive aux activistes lesquels, apparemment, n’appartiennent pas à une “structure extérieure“.

Ensuite, si les 500 grammes de TATP auraient pu provoquer des dégâts importants en explosant dans la foule, il s’agit d’une charge d’explosifs relativement faible, d’autant que l’on ignore si elle était entourée de projectiles métalliques qui, eux, sont extrêmement vulnérants. Pour le moment, aucune information n’a filtré sur la composition de l’engin… La clé de l’énigme réside dans cette preuve matérielle : est-ce un engin professionnel ou un bricolage ? Etait-il apte a être mis en oeuvre rapidement et comment ? Les enquêteurs détiennent les réponses à ces questions mais ne les ont pas encore dévoilées.

Rappelons également que l’OMPI vit quasi ouvertement au grand jour en France et tient sa réunion populaire annuelle tous les ans au même endroit, à Villepinte. Pour l’anecdote, les mauvaises langues prétendent que certains participants sont rémunérés pour faire la claque. Si le régime iranien avait voulu s’en prendre à l’OMPI, il aurait pu le faire depuis longtemps et de manière plus professionnelle. Quel est l’intérêt pour lui d’organiser en tel attentat en pleine crise sur la suspension de l’accord JCPOA ?

Enfin, lors de leur arrestation le jour même de la manifestation de l’OMPI, les deux « terroristes » se trouvaient à Bruxelles ce qui était un peu loin de leur objectif supposé. Même s’il n’est pas impossible d’envisager qu’ils se rendaient à Villepinte, une action de ce type se prépare soigneusement à l’avance et les opérateurs sont généralement présents sur place quelques temps auparavant.

Des services iraniens de sinistre réputation

Il est vrai que les services iraniens traînent une sinistre réputation s’étant livrés au terrorisme d’État à de nombreuses reprises par le passé ; pour mémoire, l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban, Louis Delamare, le 4 septembre 1981 ; l’attentat contre les parachutistes français de Drakskaret les Marinesaméricains à l’aéroport de Beyrouth le 23 octobre 1983 (305 morts) ; celui de l’opposant Chapour Bakhtiar à Suresnes, le 6 août 1991 ; sans oublier les attentats terroristes contre les intérêts israéliens en Argentine et en Europe. La liste est longue et il convient de ne rien oublier ! Le régime des mollahs sait utiliser l’arme de la terreur quand il la juge utile à sa politique.

Les renseignement iranien est organisé autour de deux entités : le ministère du Renseignement et de la Sécurité(VAJA) et le directorat du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamiquedont le bras armé à l’étranger est la force Al-Qods. Ces deux services sont présents dans toutes les représentations diplomatiques iraniennes. Il est donc vraisemblable que Assadollah Assadi appartenait à l’un d’eux.

La première mission des services iraniens est la surveillance des opposants ; la seconde est la lutte contre Israël et contre l’Arabie saoudite. Ils agissent généralement de manière très professionnelle, mais il leur est cependant arrivé de commettre de graves erreurs techniques à plusieurs reprises, lesquelles ont permis de les confondre et de mettre en cause leurs responsables politiques, notamment suite aux attentats ayant eu lieu en Argentine ou en Bulgarie.

Il n’est pas exclu que Téhéran – dans le climat international actuel très tendu – ait de nouveau recours à des opérations violentes à l’étranger (attentats, assassinats). La sécurité autour des opposants iraniens réfugiés en Europe aurait d’ailleurs été renforcée ces dernières semaines. Il ne faut pas se faire d’illusions, les services iraniens sont en train de se préparer à mener une guerre secrète si la situation venait à se détériorer du fait de l’agressivité affichée des Américians et des Britanniques suivis – contraints et forcés – par les Européens.

*

Il n’a échappé à personne que l’accord JCPOA est en train de se détricoter depuis que Donald Trump l’a rejetté et a rétabli les sanctions économiques à l’égard de Téhéran. De plus, Washington ne s’est pas privé de menacer directement de sanctions ses alliés ayant des relations économiques avec l’Iran. Résultat : presque tous les industriels européens et français (Total, Peugeot, etc.) se sont retirés du pays, laissant la place aux Chinois et aux Russes.

C’est dans ce cadre que cette affaire d’attentat survient fort opportunément. Elle a été servie avec délectation par les Israéliens qui considèrent l’Iran comme leur pire ennemi[5]. Comme par hasard, le président iranien Hassan Rohani entamait, début juillet 2018, un voyage officiel en Suisse et en Autriche. La révélation de cette tentative d’attentat et du « complot » iranien est donc venue fort à propos saboter son voyage et a été un signal fort à l’attention des Etats qui espéraient encore pouvoir négocier.

La stratégie des Américains et d’Israël est clairement d’asphyxier au maximum l’économie iranienne pour provoquer des mécontentements intérieurs qui pourraient changer la donne politique.Pour Washington, l’OMPI a un rôle central à jouer à l’avenir. C’est oublier un peu vite que cette organisation – dont l’idéologie est un mélange de marxisme et d’islamisme – n’est pas populaire du tout en Iran. Une grande majorité d’Iraniens – même ceux qui ne soutiennent pas le pouvoir des mollahs – considère que l’OMPI a trahi la Patrie en combattant dans les rangs de l’armée de Saddam Hussein lors de la « guerre imposée » ou « défense sacrée » (1980-1988). Les Iraniens restent des nationalistes fiers de leur histoire et ne pardonnent pas cette trahison. Mais si Washington appuie l’OMPI, c’est aussi parce ce mouvement a été un fidèle « collaborateur » des services de renseignement américains, ayant fourni dans le passé de précieuses informations sur l’effort nucléaire iranien.

Malheureusement, il y a bien longtemps que la politique du Quai d’Orsay suit celle du département d’État américain. Il est loin le temps où Paris et Berlin avaient refusé de participer à l’invasion de l’Irak de 2003. La fureur des Américains dénonçant la « lâcheté » des Français avait été à son comble. Aujourd’hui,ce n’est pas par conviction que Paris s’aligne sur Washington, mais tout simplement parce que la France n’a plus les moyens de s’y opposer. Les responsables politiques français savent que s’ils passent outre les “recommandations“ de Washington et continuent de commercer avec Téhéran, les sanctions américaines seront sans pitié. Le marché intérieur américain sera alors fermé à nos industriels et les sanctions (condamnations, amendes) ne tarderont pas. Or, le marché américain est vital pour les économies française et européenne alors que celui de l’Iran est, comparativement, négligeable.

[1] Mojāhedin-e Khalq (MEK).

[2] Dont : Rudy Giulani, avocat de Donald Trump et maire de New York au moment des attentats du 11 septembre 2001 ; Stephen Harper, l’ancien Premier ministre canadien ; Philippe Douste-Blazy, Bernard Kouchner, Rama Yade, etc.

[3] L’accréditation dans un pays ne couvre le diplomate que dans celui-ci, lors des trajets professionnels qu’il effectue ou s’il accompagne la « valise diplomatique.

[4] Signé le 14 juillet 2015 à Vienne par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-uni) + l’Allemagne, d’où son appellation « 5+1 ».

[5] Cela n’a pas été toujours le cas car durant la guerre Irak-Iran qui a duré de 1980 à 1988, l’État hébreu a discrètement fourni une aide militaire à Téhéran avec l’accord plus ou moins officiel de Washington. Il considérait à l’époque que Saddam Hussein était son adversaire potentiel le plus menaçant.

https://www.cf2r.org/actualite/france-iran-reprise-de-la-guerre-des-services/

https://www.cf2r.org/actualite/france-iran-reprise-de-la-guerre-des-services/

SÉRIE D’ATTAQUES MYSTÉRIEUSES SUR DES PÉTROLIERS AUTOUR DU GOLFE PERSIQUE

SÉRIE D’ATTAQUES MYSTÉRIEUSES SUR DES PÉTROLIERS AUTOUR DU GOLFE PERSIQUE

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Persian Gulf Tensions
 

Series Of Mysterious Attacks On Oil Tankers Around Persian Gulf

Les tensions ont continué de croître autour du golfe Persique à la suite d’une frappe de missile de croisière sur l’aéroport international Abha en Arabie saoudite par les Houthis le 12 juin.

Le 13 juin, Front Altair (pavillon des îles Marshall) et Kokuka (pavillon du Panama), des pétroliers «Courageous» ont été secoués par des explosions dans le golfe d’Oman.

Après l’incident, les médias iraniens ont annoncé que des marins iraniens avaient sauvé les 44 membres d’équipage des pétroliers. Cette déclaration est en contradiction avec les affirmations du CENTCOM selon lesquelles 21 marins du M / V Kokuka Courageous ont été sauvés par le USS Bainbridge.

Il n’y a pas de détails confirmés concernant ce qui s’est réellement passé. Les principaux médias ont rapporté différents scénarios ayant provoqué l’incident: d’une attaque à la torpille aux mines navales. Néanmoins, le point commun de toutes ces spéculations était que l’Iran était en quelque sorte responsable de l’incident.

Plus tard, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a directement accusé l’Iran de participer à la supposée attaque.

«Ce n’est que le dernier d’une série d’attaques lancées par la République d’Iran et ses substituts contre des alliés et des intérêts américains. Ils doivent être compris dans le contexte de quatre années d’agression non provoquée contre des nations épris de liberté », a déclaré Pompeo. Il a ajouté que l’attaque avait eu lieu dans le cadre de tentatives visant à mettre fin à la « campagne de pression maximale réussie » des sanctions américaines. Cependant, on ne sait toujours pas comment de tels mouvements pourraient aider l’Iran dans cette tâche.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a qualifié l’incident de « suspect », laissant entendre qu’il s’agissait peut-être d’une provocation. Un autre facteur contribuant à cette version est que l’incident s’est produit lors de la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe en Iran. Le Kokuka Courageous appartient à la société japonaise Kokuka Sangyo Ltd.

La veille, un incendie avait éclaté sur une plate-forme pétrolière iranienne du gisement de gaz de South Pars dans le golfe Persique. L’incendie a ensuite été maîtrisé et aucun décès n’a été signalé. Les autorités iraniennes enquêtent sur sa cause.

Ces incidents surviennent un mois après que quatre pétroliers ont été endommagés au large des côtes des Émirats arabes unis. Après cela, le conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, a déclaré que les mines navales « presque certainement de l’Iran » étaient utilisées pour attaquer les navires à l’époque.

Cette série d’incidents mystérieux affectant des pétroliers et des installations à proximité du golfe Persique, ainsi que les attaques croissantes des Houthis contre l’infrastructure pétrolière saoudienne, ont considérablement accru les tensions entre les principales puissances opérant dans la région. Si la situation évolue dans le même sens, le golfe Persique pourrait devenir un nouveau point chaud au Moyen-Orient.

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Attaques Mystérieuses Dans Le Golfe Arabo-Persique: L’Armateur Nippon Écarte L’hypothèse D’une Mine Navale Et Évoque Des “Objets Volants”

Analysis

Attaques Mystérieuses Dans Le Golfe Arabo-Persique: L’Armateur Nippon Écarte L’hypothèse D’une Mine Navale Et Évoque Des “Objets Volants”

    
4.6
(8)

Le propriétaire nippon du “Kokuka Courageous”, l’un des deux navires Tankers ciblés par une mystérieuse attaque à l’entrée du détroit d’Hormuz a implicitement démenti la version avancée par Washington selon laquelle le navire aurait été endommagé par une mine navale.

L’armateur nippon Yutaka Katada, patron de Kokuka Sangyo,  a affirmé, vendredi 14 juin 2019,  que l’équipage du navire aurait aperçu des objets volants très peu de temps avant la survenue de l’incident durant lequel le méthanier a été frappé à deux reprises consécutives sur son côté droit (tribord).

Selon le patron de Kokua Sangyo, le navire n’aurait pas été endommagé par une mine mais plutôt par des projectiles au dessus de la ligne de flottaison.  Dans ce dernier cas, il pourrait s’agir de deux projectiles de canon mitrailleur d’un calibre au moins égal ou supérieur à 30 mm.

Quoi qu’il en soit le mystère plane toujours sur ces attaques et même si Washington, de concert avec la Ligue Arabe menée par l’Arabie Saoudite, en ont accusé l’Iran, on ne dispose d’aucun élément probant permettant d’orienter l’origine des attaques vers l’Iran. Ce dernier n’a d’ailleurs aucun intérêt à s’en prendre à des navires civils en dehors de toute légalité internationale dans l’un des détroits les plus stratégiques au monde et à quelques encablures de son littoral.

Il existe donc un nouveau type de pirates agissant pour le compte d’une ou plusieurs agences de renseignement d’un État ou d’un groupe d’États ayant un agenda et un cahier de charge bien précis qu’il faut débusquer à tout prix.

https://strategika51.org/archives/63726

Brouillard d’Ormuz

Brouillard d’Ormuz

Publié le 14 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Moyen-OrientEtats-Unis

Et c’est reparti ! La guéguerre irano-américaine retrouve des couleurs. Si, en Syrie, les falses flags chimiques avaient la furieuse habitude de se dérouler début avril, leurs supposés collègues du Golfe persique ont une légère préférence pour le milieu de chaque mois. Le 12 mai, on s’en rappelle, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, sont abîmés non loin du détroit d’Ormuz.

Ne donnant pas sa part au chien, juin y va de son petit incident. Deux tankers, dont un japonais (au moment même où le Premier ministre du Pays du soleil levant fait une visite en Iran !) sont endommagés à la sortie du détroit :

Autre coïncidence troublante : l’attaque a lieu alors que le Follamour moustachu de Washington et iranophobe primaire, Bolton pour ne pas le nommer, est sur la sellette. Pas plus tard que la semaine dernière, le Donald a proposé à Téhéran d’ouvrir, sans précondition aucune, des discussions. On imagine aisément que ces éventuels pourparlers sont maintenant sur le fil du rasoir…

Cela ressemble donc à s’y méprendre à un nouveau false flag impérial, ou du moins d’une de ses composantes : torpiller tout début de détente entre Téhéran et Washington, faire plaisir aux Etats clients (les infatigables Israoudiens) voire remettre en selle Bolton.

D’autant plus que les accusations du CentCom, qui a publié une vidéo montrant les Iraniens tentant de retirer une mine non explosée pour  »cacher les preuves de leur crime », sont battues en brèche par les déclarations de l’armateur japonais. Ce seraient des torpilles ou des missiles qui auraient endommagé les bateaux, non des mines comme le prétendent les Américains.

Ainsi, tout semble concorder : nous sommes en présence d’une énième et piteuse mascarade US. Sauf que…

Quelques observateurs avisés de la scène moyen-orientale, peu suspects d’impérialophilie au demeurant, semblent accréditer la thèse d’actions iraniennes en réponse à l’agression économique et diplomatique américaine depuis des mois.

Pour Elijah Magnier ou Moon of Alabama, l’Iran, touché de plein fouet par les sanctions, met tout simplement ses menaces en pratique : Si nous ne pouvons pas exporter notre pétrole par le détroit d’Ormuz, personne ne le fera. Sachant que 20% de l’or noir mondial et 33% du GNL passent par cette zone ô combien stratégique, c’est le meilleur moyen de défense de Téhéran.

Toujours selon cette thèse, il se pourrait même qu’il y ait un lien entre les sanctions sur l’industrie pétrochimique iranienne, décrétées par Washington il y a quelques jours, et l’identité des navires visés : ceux-ci ne transportaient pas exactement du pétrole mais, vous l’avez deviné, des produits dérivés… pétrochimiques.

False flag ou message subliminal de Téhéran à destination de l’empire ? Nous en saurons peut-être plus ces prochains jours.

En attendant, le président Rouhani était à Bichkek, au Kirghizstan, pour le somment de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Dans un discours remarqué, il y a descendu en flamme l’unilatéralisme US, pour le plus grand plaisir de Pékin. Il a également offert des privilèges et facilités économiques aux Etats membres de l’OCS qui investiraient en Iran. C’est précisément à cela que sert la grande organisation eurasienne, au grand dam de qui vous savez…

Crise dans le Golfe : les maigres preuves de Washington contre Téhéran qui nie toute implication

Crise dans le Golfe : les maigres preuves de Washington contre Téhéran qui nie toute implication

Crise dans le Golfe : les maigres preuves de Washington contre Téhéran qui nie toute implication© Gagnez McNamee Source: AFP
Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, lors de son intervention du 13 juin 2019, dans la salle de briefing du département d’Etat, à Washington, aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont accusé l’Iran d’être derrière les attaques survenues en mer d’Oman, avançant des preuves pour le moins légères. La République islamique réfute ces accusations et soupçonne Washington de vouloir semer le trouble dans la région.

Après les attaques du 13 juin contre deux pétroliers en mer d’Oman, les Etats-Unis ont accusé l’Iran d’être «responsable» de ces incidents. Deux navires pétroliers, un norvégien et un japonais, ont été la cible d’explosions qui ont fait plusieurs blessés parmi les équipages. Au même moment, le Premier ministre japonais Shinzo Abe – allié des Etats-Unis – rendait une visite historique à Téhéran à son homologue iranien Hassan Rohani. Les attaques ont eu lieu sur une route maritime stratégique, faisant monter les prix du baril de pétrole. Etabli à un peu plus de 51 dollars le 12 juin, le cours de l’or noir a rapidement atteint les 52 dollars suite à ces incidents. Ce 14 juin, le baril est à 52,5 dollars.

Les Etats-Unis visent Téhéran

La réaction de l’administration Trump ne s’est pas faite attendre. «Le gouvernement des Etats-Unis estime que la République islamique d’Iran est responsable des attaques ce jour en mer d’Oman», a accusé en fin de journée le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, lors d’une déclaration solennelle, soupçonnant la République islamique de chercher à perturber le marché mondial en empêchant le passage du brut par le détroit d’Ormuz.

Vidéo intégrée

Department of State

@StateDept

.@SecPompeo: The United States will defend its forces and interests, and stand with our partners and allies to safeguard global commerce and regional stability. We call upon all nations threatened by ’s provocative acts to join us in that endeavor.

1 526 personnes parlent à ce sujet

Pour étayer ses accusations, l’ancien directeur de la CIA avance des informations récoltées par les services de renseignement, le choix des «armes utilisées» mais aussi le fait qu’aucun groupe allié de l’Iran dans la région n’ait les moyens d’atteindre «un tel niveau de sophistication». Il a ajouté que ces actes «représent[aient] une menace claire pour la paix et la sécurité internationale, une attaque flagrante contre la liberté de navigation et une escalade des tensions inacceptable de la part de l’Iran».

Secretary Pompeo

@SecPompeo

It is the assessment of the U.S. government that Iran is responsible for today’s attacks in the Gulf of Oman. These attacks are a threat to international peace and security, a blatant assault on the freedom of navigation, and an unacceptable escalation of tension by Iran.

23,5 k personnes parlent à ce sujet

Par ailleurs, la marine américaine a mis en ligne sur Twitter une vidéo, enregistrée par un de leurs avions dans la zone, censée montrer «un bateau de patrouille […] retirant une mine non-explosée de la coque» d’un des deux tankers. Néanmoins, la qualité médiocre de la captation ne permet aucunement de savoir à qui appartient le vaisseau ni de déterminer qui en sont les occupants.

Vidéo intégrée

U.S. Navy

@USNavy

Video recorded by U.S aircraft of an IRGC Gashti-class patrol boat removing an unexploded limpet mine from M/T Kokuka Courageous. Courageous suffered an explosion while in . Her 21 crew members were rescued by destroyer . https://www.navy.mil/submit/display.asp?story_id=109911&utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_content=100000760787118&utm_campaign=Fight 

1 663 personnes parlent à ce sujet

La coalition dirigée par l’Arabie Saoudite, qui intervient au Yémen contre les rebelles Houthis, a également dénoncé une «escalade majeur», mettant en cause, de manière indirecte, l’Iran.

L’Iran dément les accusations

De son côté, l’équipage embarqué à bord du pétrolier japonais attaqué en mer d’Oman a signalé avoir vu un objet volant viser leur embarcation, selon les propos rapportés par le patron de la société propriétaire du tanker, le Kokuka Courageous. «Les marins disent que le bateau a été touché par un objet volant. Ils l’ont vu de leurs propres yeux», a révélé aux médias Yutaka Katada, PDG de Kokuka Sangyo, ajoutant : «Quelque chose a volé vers le navire, puis il y a eu une explosion et il a été percé.»

La République islamique a réagi par la voix de son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif sur Twitter. «Le fait que les Etats-Unis aient immédiatement sauté sur l’occasion de lancer des allégations contre l’Iran [sans] le début d’une preuve fondée ou circonstancielle, fait apparaître en pleine lumière le fait que [Washington et ses alliés] sont passés au plan B : celui du sabotage diplomatique […] et de maquillage de son terrorisme économique contre l’Iran», a-t-il fait savoir sur le réseau social.

Javad Zarif

@JZarif

That the US immediately jumped to make allegations against Iran—w/o a shred of factual or circumstantial evidence—only makes it abundantly clear that the is moving to a : Sabotage diplomacy—including by @AbeShinzo—and cover up its against Iran.

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De plus, dans un communiqué, le porte-parole du ministère, Abbas Moussavi, a appuyé le fait que, pour lui, les accusation du chef de la diplomatie américaine étaient «sans fondements».

«Accuser l’Iran pour les accidents suspects et malheureux dont ont été victimes les pétroliers est apparemment ce qu’il y a de plus simple à faire pour Mike Pompeo et les autres autorités américaines», a-t-il souligné, expliquant que l’Iran, «responsable d’assurer la sécurité dans le détroit d’Ormuz», était venu «en aide» aux navires en détresse afin de «sauver» leur équipage.

Auparavant, Mohammad Javad Zarif avait fait part de ses «inquiétudes» après des «incidents suspects». «Le mot suspicieux ne suffit pas à décrire ce qui transpire apparemment» de ces attaques contre des «tankers liés au Japon survenues» le jour de la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe dans le pays, a indiqué le ministre des Affaires étrangères sur Twitter.

Javad Zarif

@JZarif

Reported attacks on Japan-related tankers occurred while PM @AbeShinzo was meeting with Ayatollah @khamenei_ir for extensive and friendly talks.

Suspicious doesn’t begin to describe what likely transpired this morning.

Iran’s proposed Regional Dialogue Forum is imperative.

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La mission iranienne auprès de l’ONU a elle aussi répliqué dans un communiqué diffusé dans la soirée du 13 juin. «L’Iran rejette catégoriquement les accusations infondées des Etats-Unis et les condamne dans les termes les plus fort», peut-on lire dans le document.

La communauté internationale inquiète

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a tenu à rappeler, le 13 juin, que le monde ne pouvait se permettre un conflit majeur dans le Golfe. Le conseil de sécurité de l’organisation s’est réuni en urgence à huis clos. Selon des diplomates repris par l’AFP, l’ambassadeur américain Jonathan Cohen a confirmé que tous les éléments semblaient désigner l’Iran. «Il faut que le Conseil de sécurité reste saisi du sujet […] Si on ne réagit pas, d’autres attaques sont possibles», a-t-il fait valoir.

Vidéo intégrée

US Mission to the UN

@USUN

“It is unacceptable for any party to attack commercial shipping. As @SecPompeo said in his press briefing this afternoon in Washington, the United States assesses that Iran is responsible for these attacks. I have asked the @UN Security Council to remain seized of this matter.”

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Malgré ses accusations contre la République islamique, l’administration Trump n’a pour le moment annoncé aucune nouvelle mesure de rétorsion. Cette dernière a réitéré son appel au dialogue que venait de repousser le Guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei. «[Donald Trump] ne mérité pas qu’on échange des messages avec lui», avait certifié l’ayatollah lors de sa rencontre avec Shinzo Abe le 13 juin.

Le 45e président des Etats-Unis s’est lui exprimé sur Twitter. «Personnellement, je pense qu’il est encore trop tôt pour envisager la signature d’un accord. Ils ne sont pas prêts et nous non plus !», a-t-il confié. Un positionnement confirmé par Mike Pompeo, qui souhaite que l’Iran revienne à la table des négociations «le moment venu».

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

While I very much appreciate P.M. Abe going to Iran to meet with Ayatollah Ali Khamenei, I personally feel that it is too soon to even think about making a deal. They are not ready, and neither are we!

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La région est depuis plus d’un mois le théâtre d’une escalade des tensions entre Téhéran et Wahsington, à la suite du retrait américain de l’accord international sur le nucléaire iranien et le durcissement des sanctions à l’encontre de l’Iran. Les Etats-Unis ont récemment procédé à de nombreux déploiements militaires au Moyen-Orient, accusant la République islamique de préparer des «attaques imminentes» contre les intérêts américains.

Alexis Le Meur

Lire aussi : Shinzo Abe en Iran pour sauver les relations perso-américaines

Raconter l’actualité

https://francais.rt.com/international/62950-crise-dans-golfe-maigres-preuves-de-washington-contre-teheran-qui-nie-toute-implication

Tensions maximales entre les Etats-Unis et l’Iran

Tensions maximales entre les Etats-Unis et l’Iran

Tensions maximales entre les Etats-Unis et l'Iran
Tous droits réservés

Tasnim News Agency/Handout via REUTERS

Jusqu’où iront les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ?

Sur ces images, une épaisse colonne de fumée noire s’élève d’un des deux navires, un norvégien et un japonais, tous les deux cibles d’une attaque en mer d’Oman.

Cet incident survient près d’un mois après que quatre navires ont été attaqués au large des Emirats arabes unis, acte pour lequel Téhéran été montré du doigt par Washington.

Sans détour, les Etats-Unis ont de nouveau accusé l’Iran d’être « responsable » des attaques de jeudi.

Mike Pompeo, Secrétaire d’Etat américain :

« Le gouvernement des Etats-Unis estime que la République islamique d’Iran est responsable des attaques en mer d’Oman.

« C’est une estimation faire sur le base de renseignements, du type d’armes utilisé, du niveau d’expertise nécessaire à l’exécution d’une telle opération, similaire à d’autres attaques récentes menées par l’Iran sur des na vires. »

« Aucun groupe dans cette zone n’a les ressources ni le niveau de maîtrise nécessaires pour mener une attaque aussi sophistiquée. »

Embedded video

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

« It is the assessment of the U.S. government that Iran is responsible for today’s attacks in the Gulf of Oman…. »@StateDept @SecPompeo

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« Menace de conflit »

Pour les Etats-Unis, ces actes « représentent une menace claire pour la paix et la sécurité internationales, une attaque flagrante contre la liberté de navigation ».

La République islamique a balayé ces accusations, tout en menaçant de s’affranchir de certaines restrictions à son programme nucléaire.

Rien ne semble faire baisser la température donc, pas même la tentative de médiation entre les deux pays par le premier ministre japonais Shinzo Abe, qui était à Téhéran jeudi.

Le président américain Donald Trump l’a remercié dans un tweet mais a prévenu que les deux parties étaient encore très loin d’un accord.

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

While I very much appreciate P.M. Abe going to Iran to meet with Ayatollah Ali Khamenei, I personally feel that it is too soon to even think about making a deal. They are not ready, and neither are we!

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Le chef de l’Organisation des Nations Unies Antonio Guterres a mis en garde devant le risque de conflit dans le Golfe.

Contexte brûlant

Une montée des tensions qui survient dans un contexte déjà brûlant entre les deux pays, après la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien il y a un an.

Le président américain avait affirmé que l’Iran dérogeait à ses engagements de limiter son programme nucléaire.

Depuis, Washington, n’a cessé de durcir les sanctions économiques et diplomatiques contre l’Iran.

https://fr.euronews.com/2019/06/14/tensions-maximales-entre-les-etats-unis-et-l-iran

Qui en profite ? … Mise à jour

Qui en profite ? … Mise à jour


… Les attaques d’aujourd’hui contre des pétroliers dans le golfe d’Oman ne sont pas dans l’intérêt de l’Iran


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 13 juin 2019

Quelques tweets publiés par le guide suprême iranien à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre Abe, donnent à penser que l’Iran pourrait être amené à commettre un acte similaire à l’attaque perpétrée aujourd’hui. Mise à jour de l’article : Qui en profite ?…

« Mais qui coule les pétroliers dans le Golfe et pourquoi ? » L’édito de Charles SANNAT

Khamenei.ir @khamenei_ir - 9h36 UTC - 13 juin 2019

Nous ne croyons pas du tout que les États-Unis recherchent de véritables négociations avec l’Iran; parce que de véritables négociations ne viendraient jamais d'une personne comme Trump. L’authenticité est très rare chez les fonctionnaires américains.

.@ AbeShinzo Le président américain vous a rencontré et a discuté avec vous il y a quelques jours, y compris à propos de l'Iran. Après son retour du Japon, il a immédiatement imposé des sanctions à l’industrie pétrochimique iranienne. Est-ce un message d'honnêteté ? Cela montre-t-il qu'il est prêt à mener de véritables négociations ?

Après l'accord sur le nucléaire, Obama fut le premier à violer immédiatement le JCPOA; la personne même qui avait demandé des négociations avec l'Iran et avait envoyé un médiateur. C’est notre expérience, et M. Abe, sachez que nous ne répéterons pas la même expérience.

Le mot clé ici est « pétrochimique ». Les pétroliers touchés aujourd’hui étaient chargés de naphte des Émirats arabes unis et de méthanol d’Arabie saoudite. Les deux sont des produits pétrochimiques et pas simplement du pétrole brut. Vendredi dernier, le 7 juin, les États-Unis ont sanctionné tous les échanges commerciaux avec le plus grand producteur pétrochimique d’Iran. Cette sanction nuira gravement à l’Iran.

frontaltair1-sAgrandir

Lorsque l’administration Trump a commencé à sanctionner les exportations de pétrole de l’Iran l’année dernière, l’Iran a annoncé de nouvelles règles du jeu. Il a déclaré qu’il réagirait contre d’autres producteurs du golfe Persique si l’Iran était incapable d’exporter ses marchandises :

L’Iran a menacé de bloquer le détroit d’Hormuz, une artère vitale pour les expéditions de pétrole du Moyen-Orient. L’avertissement vient en réponse aux États-Unis, qui tentent de couper les exportations de brut iranien. ...

Ali Akbar Velayati, haut conseiller du président iranien pour les affaires internationales, a déclaré que son pays allait exercer des représailles.

"La réponse la plus transparente, complète et rapide a été donnée par M. [Hassan] Rouhani, le président iranien, lors de son dernier voyage en Europe. La réponse a été claire: si l'Iran ne peut pas exporter de pétrole par le golfe Persique, personne ne le fera", a déclaré Velayati devant le club de discussion Valdai en Russie. "Soit tout le monde exportera, soit personne," a-t-il ajouté.

Nous pouvons maintenant appliquer le mot clé utilisé aujourd’hui par Khamenei à ces phrases : « Si l’Iran ne peut exporter des produits pétrochimiques par le biais du golfe Persique, personne ne le fera. » et « Soit tout le monde va exporter, soit personne. »

Le fait que l’Iran ait ce motif ne signifie, ni ne prouve, qu’il est responsable de l’attaque d’aujourd’hui. Risquer de couler deux pétroliers étrangers dans les eaux internationales n’est pas ce qu’un Iran, autrement prudent, ferait habituellement. Quelqu’un d’autre aurait pu l’initier pour le blâmer.

Mais – peu importe si l’Iran était impliqué – ce que Khamenei a dit est un message très grave que Abe, envoyé par Trump en Iran, comprendra et communiquera à la Maison-Blanche.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

www.pdf24.org   Envoyer l’article en PDF     

DUBAI / WASHINGTON (Reuters) – Les Etats-Unis ont accusé jeudi l’Iran d’avoir attaqué deux pétroliers dans le golfe d’Oman jeudi

JUNE 13, 2019 / 9:09 AM / UPDATED 17 MINUTES AGO

U.S. blames Iran for tanker attacks in Gulf of Oman, Iran rejects assertion

DUBAI / WASHINGTON (Reuters) – Les Etats-Unis ont accusé jeudi l’Iran d’avoir attaqué deux pétroliers dans le golfe d’Oman jeudi, ce qui a entraîné une hausse du prix du pétrole LCOc1 et suscité des inquiétudes quant à un nouvel affrontement américano-iranien, mais Téhéran a catégoriquement démenti ces accusations.

On ne savait pas tout de suite ce qui était arrivé à la société norvégienne Front Altair ou à la société japonaise Kokuka Courageous, qui avaient tous deux subi des explosions, obligeant les équipages à abandonner le navire et laissant les navires à la dérive dans les eaux séparant les États du Golfe et l’Iran.

Une source a déclaré que l’explosion sur le Front Altair, qui a pris feu et a envoyé un énorme panache de fumée dans l’air, pourrait avoir été causée par une mine magnétique. La firme qui a affrété le pétrolier Kokuka Courageous a déclaré avoir été touchée par une torpille présumée, mais une personne ayant eu connaissance de l’affaire a déclaré que les torpilles n’étaient pas utilisées.

Jeudi soir, le porte-parole du commandement central américain, Bill Urban, a publié une vidéo de ce que l’armée américaine a qualifié de bateau de patrouille de la classe des gardiens de la révolution iranienne, le groupe Gashti, approchant du Kokuka Courageous. T Kokuka courageux.

L’attaque du pétrolier n’aura pas d’incidence sur l’approvisionnement en énergie du Japon, a déclaré le ministre japonais de l’Industrie, Hiroshige Seko.

http://www.reuters.com

J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

Le Billet du Lundi du 10 juin 2019, par Jean-Bernard Pinatel*

 

Avec l’Iran et le Venezuela, Trump manie le chaud et le froid. Il passe en six mois du risque de guerre à la négociation. Il est trop facile de considérer le Président des Etats-Unis comme un bonimenteur. En effet, il se déroule, derrière le brouillard des déclarations, une guerre économique féroce dont nous subissons nous aussi les effets : elle a été l’élément déclencheur de la crise des gilets jaunes dont, bien entendu, les causes sont plus diverses et plus anciennes.

 

 

Alors pourquoi cette stratégie de tension avec le Venezuela et l’Iran ?

 

Selon différentes évaluations, le Venezuela est aujourd’hui le pays qui aurait des réserves prouvées de brut du même ordre, voire supérieures, à celles de l’Arabie Saoudite tandis que l’Iran se situe au quatrième rang mondial pour le pétrole brut et au premier rang pour le gaz naturel.

En dehors des néoconservateurs et du complexe militaro-industriel, l’opinion américaine ne veut plus voir ses boys tués à l’extérieur à cause du pétrole alors même qu’avec le pétrole et le gaz de schiste extraits du sol américain les Etats-Unis deviennent auto-suffisants, voire exportateurs.

 

 

Le problème est que, malgré les efforts extraordinaires de productivité réalisés par l’industrie d’exploration-production américaine, le pétrole de schiste n’est compétitif que si les prix du brut restent supérieurs à 60 $ le baril. En effet, cette industrie a investi à perte pendant une dizaine d’années pour réussir le tour de force extraordinaire d’abaisser son seuil de compétitivité de 80 $ le baril aux alentours de 40 $ le baril pour les nouveaux projets. Mais il faut rajouter le poids de la dette contractée. En effet pour réaliser les investissements nécessaires, la dizaine de milliers de petits et plus gros entrepreneurs qui se sont lancés dans ce nouvel eldorado ont souscrit des emprunts auprès des multiples petites banques locales américaines. Celles–ci ont titrisé immédiatement ces emprunts qui se sont disséminés dans l’ensemble du secteur bancaire américain. Les taux d’intérêts et le remboursement de cette dette viennent donc s’ajouter aux frais de forage et d’exploitation actuels.  Même si l’on manque d’études systématiques, la majorité des analystes avancent la nécessité d’avoir un baril de brut au-dessus de 60 dollars pour que ces dettes puissent être remboursées et que l’on n’assiste pas à une nouvelle crise semblable à celle des subprimes.

On comprend mieux alors les prédictions catastrophiques qui se sont multipliées quand le prix du brut est passé de 122 $ en janvier 2014 à 36 $ en janvier 2016, menaçant ainsi toute l’industrie de l’extraction du pétrole de schiste aux Etats-Unis et par contrecoup tout le système bancaire américain.

 

 

La guerre économique

 

Heureusement, l’option choisie par Trump, le business man, n’a pas été celle de Bush junior qui, selon plusieurs auteurs américains, considèrent que la guerre en Irak a été  « Blood for no Oil »

Pour Greg-Palast1, par exemple, la motivation première des conseillers de Bush était machiavélique : stopper la production de brut irakien pour maintenir les cours du brut aux alentours de 100$ et permettre ainsi de rentabiliser les investissements faits dans le pétrole et le gaz de schiste. « The invasion was not about « blood for oil », but something far more sinister: blood for no oil. War to keep supply tight and send prices skyward. Oil men, whether James Baker or George Bush or Dick Cheney, are not in the business of producing oil. They are in the business of producing profits ». 

Trump, pour l’instant, s’est contenté de l’effet des sanctions économiques contre le Venezuela et l’Iran.

Le 28 janvier 2019, l’administration Trump a interdit aux compagnies américaines d’acheter du pétrole vénézuélien tant qu’un nouveau gouvernement formé par l’opposant Juan Guaido, qui s’est auto-proclamé président, ne sera pas en mesure de recevoir les recettes.  Les exportations vénézuéliennes de brut et de carburant ont depuis chuté de 1,7 millions à 920.000 barils par jour.

De même, les sanctions américaines contre l’Iran ont fait baisser les exportations iraniennes de 1,5 millions de barils par jour (bpj) entre 2018 et 20192. Les expéditions sont en moyenne de 1,0 à 1,1 million de barils par jour (bpj) depuis mars 2019 (selon les données de Refinitiv Eikon et de trois sociétés qui suivent les exportations iraniennes), alors qu’elles représentaient au moins 2,5 millions de bpj en avril 2018, un mois avant la dénonciation par les Etats-Unis de l’accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien et le retour à des sanctions américaines visant l’Iran.

Les décisions de guerre économique prises par Trump ont ainsi privé le marché de l’ordre de 2,5 millions de barils jour.  L’effet s’est vite fait sentir sur le marché comme le montre le graphique précédent puisque le cours de baril de brut oscille aujourd’hui autour d’un point d’équilibre de 60$.

Une inconnue majeure demeure : combien de temps cet effet durera-t-il et maintiendra-t-il une tension sur le marché du brut ? Suffisamment de temps espérons-le pour que les dettes contractées soient remboursées et que les Etats-Unis ne se trouvent pas devant ce dilemme catastrophique d’accepter une crise financière qui peut contaminer le monde entier ou refaire une guerre  « for no oil » qui menacerait la Paix du Monde.

 

*Jean-Bernard Pinatel, membre fondateur et Vice-président de Geopragma 

 

Notes :

1. Greg Palast is a New York Times bestselling author and fearless investigative journalist whose reports appear on BBC Television Newsnight and in The Guardian. Palast eats the rich and spits them out. Catch his reports and films at www.GregPalast.com, where you can also securely send him your documents marked, « confidential ». Cité dans mon dernier livre : ”Histoire de l’islam radical et de ceux qui s’en servent”, Lavauzelle, 2011, page 146.
2.  https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/iran-baisse-des-exportations-de-brut-avant-meme-de-nouvelles-sanctions-us-1835846.php

http://geopragma.fr/index.php/2019/06/10/j-b-pinatel-la-guerre-economique-de-trump/