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Les pays musulmans demandent une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Les pays musulmans demandent une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (centre), entouré du premier ministre palestinien Rami Al Hamdallah (gauche) et du secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique, le 18 mai 2018 à Istanbul / © AFP / Yasin AKGUL

Les pays musulmans ont appelé vendredi à l’envoi d' »une force de protection internationale » dans les Territoires palestiniens après le bain de sang de Gaza, lors d’un sommet à Istanbul convoqué par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé Israël d’user de méthodes dignes des nazis.

Les représentants des 57 pays regroupés au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont appelé à « une protection internationale pour le peuple palestinien, y compris par l’envoi d’une force de protection internationale », selon le communiqué final du sommet.

L’OCI a en outre condamné « en les termes les plus forts les actions criminelles dans forces israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés, notamment dans la bande de Gaza », où près de 60 Palestiniens sont morts lundi sous les balles israéliennes en manifestant contre le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le texte accuse l’administration américaine « de soutenir les crimes d’Israël, y compris en le protégeant au Conseil de sécurité de l’ONU ».

Il épingle aussi Washington pour le transfert de son ambassade à Jérusalem, y voyant un « acte de provocation et d’hostilité contre la nation islamique ».

Il appelle l’ONU à mettre sur pied « une commission d’enquête internationale » pour faire la lumière sur le bain de sang de Gaza.

A l’ouverture du sommet, M. Erdogan, qui tire à boulets rouges sur Israël depuis lundi, a comparé le traitement réservé par l’Etat hébreu aux Palestiniens de Gaza à la persécution des Juifs sous les nazis.

– Appel à l’unité –

« Il n’y a pas de différence entre les atrocités subies par le peuple juif en Europe il y a 75 ans et la brutalité dont souffrent nos frères à Gaza », a lancé le président turc.

Il a accusé les dirigeants « d’un peuple qui a subi toutes sortes de tortures dans les camps de concentration durant la Seconde guerre mondiale » d’attaquer les Palestiniens « en usant de méthodes similaires à celles des nazis ».

Avant d’ouvrir le sommet, M. Erdogan avait reconnu en haranguant des milliers de manifestants rassemblés dans le centre d’Istanbul pour apporter leur soutien aux Palestiniens, que le monde musulman avait « échoué dans le test de Jérusalem », n’ayant pas réussi à empêcher le transfert de l’ambassade américaine vers la ville sainte depuis Tel-Aviv.

« Les violations commises (par Israël) à Jérusalem et en Palestine s’expliquent par les divisions et les différends entre les musulmans eux-mêmes », a-t-il ajouté.

« Nous devons nous sacrifier pour défendre nos lieux saints. Si nous devions nous unir, Israël ne pourrait pas poursuivre ses violations », a-t-il encore dit.

Lors de la manifestation, le Premier ministre turc Binali Yildirim a pour sa part accusé Israël « d »imiter Hitler et Mussolini ».

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, présent à Istanbul pour participer au sommet de l’OCI, s’est aussi adressé à la foule. Il a accusé l’administration américaine de chercher à « provoquer un conflit religieux dans la région » en transférant son ambassade en Israël à Jérusalem.

– « Silence » –

Issu de la mouvance islamo-conservatrice, M. Erdogan se pose en ardent supporteur de la cause palestinienne et ne cache pas son soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza, bête noire des autorités israéliennes. Ce discours trouve un écho chez l’électorat traditionnel du président turc candidat à sa propre succession lors des élections anticipées prévues le 24 juin, et lui a permis de bâtir une certaine popularité dans le monde arabe.

La réunion d’Istanbul s’est tenu au moment où le monde arabo-musulman est miné par des divisions et des rivalités qui rendent peu probables des mesures concrètes à l’égard d’Israël.

L’Arabie saoudite, dont le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir était présent à Istanbul, et ses alliés du Golfe ainsi que l’Égypte, voient d’un mauvais œil le soutien de la Turquie d’Erdogan à des mouvements comme les Frères musulmans et le Hamas, ainsi qu’au Qatar, qu’ils cherchent à isoler.

Ryad et ses alliés, qui semblent avoir assoupli leurs positions vis-à-vis d’Israël, seraient en outre réticents à d’éventuelles actions susceptibles de heurter Washington, dont ils espèrent le soutien pour endiguer l’Iran chiite, qu’ils voient comme la principale menace dans la région.

Parmi les chefs d’État qui ont assisté au sommet figurent le roi Abdallah de Jordanie, le président iranien Hassan Rohani, son homologue soudanais Omar el-Béchir, ainsi que les émirs du Qatar et du Koweït.

Dans une apparente pique à l’adresse de Ryad, M. Rohani a ainsi critiqué dans son discours « le silence de certains pays », sans lequel « les sionistes n’auraient pas osé une telle brutalité ».

La Turquie et Israël s’écharpent à coups d’invectives et de sanctions diplomatiques depuis la répression sanglante des manifestations de Gaza.

Ankara a renvoyé provisoirement l’ambassadeur d’Israël en Turquie Eitan Naeh et le consul général d’Israël à Istanbul. Israël a pris une mesure similaire à l’encontre du consul général turc à Jérusalem.

(©AFP / 19 mai 2018 00h53)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-pays-musulmans-demandent-une-force-de-protection-internationale-pour-les-Palestiniens/919487.rom

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Les muscles américains en Syrie pour effrayer la Turquie et l’Iran

Les muscles américains en Syrie pour effrayer la Turquie et l’Iran

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11.05.2018

Les Etats-Unis ont achevé la construction d’une troisième base dans la région de Manbij, où la Turquie voulait envoyer ses troupes pour évincer les milices kurdes. La présence militaire américaine pourrait être un bastion pour attaquer l’Iran.

La majorité de l’ordre de 15 bases militaires américaines, à l’exception d’Eth-Tanf, se trouve sur les territoires contrôlés par la milice kurde dans le nord de la Syrie, à l’est de l’Euphrate. L’expansion de la présence militaire américaine inquiète les participants au format Astana: la Turquie, la Russie et l’Iran, qui sont les garants des quatre «zones de désescalade» en Syrie.

Au début du mois de mai, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a blâmé Washington à plusieurs reprises pour avoir tenté de détruire la Syrie, a déclaré que les Etats-Unis préparaient des militants contre le gouvernement de Bashar Assad.

La même position est tenue par l’Iran, qui considère toute présence militaire sans le consentement de ses alliés comme illégale. Téhéran est également préoccupé par l’alliance américaine avec les Kurdes, dont le nombre en Iran, selon diverses estimations, est de huit millions.

La Turquie est le plus inquiet, le seul pays à avoir mené une opération militaire ouverte contre les YPG, sur les territoires desquels les Etats-Unis ont établi leurs bases. En janvier-mars, les forces armées turques ont chassé les miliciens kurdes d’Afrin (opération Olive Branch) au nord-ouest de la Syrie. Ensuite, ils se préparaient à aller plus loin – à Manbij. Mais, contrairement à Afrin, que la coalition américaine contre l’Etat islamique a annoncé en dehors de sa zone de responsabilité, le Pentagone a fourni aux Kurdes des garanties claires pour Manbij. Non seulement il y a eu des renforts militaires envoyés face à trois cents forces spéciales américaines, mais il y a trois mois, la construction d’une autre base militaire a commencé.

Dans la nouvelle garnison de Manbije, filmée par le photographe de l’agence Reuters, les militaires français sont également stationnés, a précisé Sharfan Darwish, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (SDF), basé sur les YPG kurdes. Les militaires américains et français patrouillent le front entre le SDF et les forces pro-turques après qu’Ankara ait lancé la «branche d’olivier». Darvish a noté:

Après l’attaque turque sur Afrin et l’augmentation des menaces turques contre Manbiju, les forces de la coalition ont construit une base pour surveiller et protéger la frontière (entre les belligérants)

La Turquie considère les YPG comme une organisation terroriste et la continuation du Parti des travailleurs du Kurdistan, avec lequel la Turquie se bat sur son propre territoire. Le programme d’Erdogan est de nettoyer toute la frontière de 800 kilomètres avec la Syrie des partisans kurdes, en recourant à une intervention sur le territoire étranger si nécessaire. L’activation des Etats-Unis dans la région et le manque d’intérêt pour les négociations avec Erdogan éloignent de plus en plus Ankara de Washington.

Le docteur en sciences historiques de l’université d’Istanbul Mehmet Perincek considère que la nouvelle base militaire américaine dans le nord de la Syrie est plus qu’une simple menace pour la Turquie:

La nouvelle base de l’Amérique à Manbij n’est pas seulement contre Assad, l’intégrité territoriale de la Turquie, mais aussi contre la Russie et même la Chine. Après tout, s’il y a un Kurdistan indépendant, il va s’imposer contre toute l’Eurasie. La Turquie, l’Iran et la Russie devraient unir leurs forces non seulement contre la terreur des fondamentalistes, mais aussi contre les séparatistes « 

Lors du dernier sommet d’Ankara, les dirigeants de la Russie, de l’Iran et de la Turquie ont, dans une déclaration commune, évoqué précisément la lutte contre les «agendas séparatistes», faisant allusion aux plans américains d’effondrement de la Syrie.

Le renforcement de la présence militaire des États-Unis en Syrie est également pertinent à la lumière de l’escalade de la confrontation israélo-iranienne près des hauteurs du Golan après la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran. Les points forts dans les territoires kurdes, en plus des bases américaines dans les pays du Golfe Persique, sont de nouvelles têtes de pont du Pentagone pour attaquer l’Iran.

Le renforcement des Américains à Manbij n’est pas rentable à la fois pour Téhéran et pour Ankara. Mais cela signifie-t-il que dans le cas d’Israël et des frappes américaines contre l’Iran, la Turquie soutiendra son voisin?

Réalisant que les plans américains sont sérieux, et que la situation est au final, un résultat déplorable pour l’Iran, la Turquie peut soutenir ces coups, car il y a un an Ankara critiquait l’Iran, disant qu’il essayait de transformer la Syrie et l’Irak en Etats chiites.

Les Etats-Unis ont un puissant levier sur la Turquie sous la forme de sanctions pour l’achat de S-400 russes et en contournant le boycott américain de l’Iran, ce qui pourrait contraindre Ankara à s’abstenir de toute solidarité avec la République islamique d’Iran.

Perincek estime que parmi les principaux objectifs des possiles frappes américaines contre l’Iran est l’intention de détruire le format Astana.

Les États-Unis et Israël ont longtemps voulu gâcher le processus d’Astana, qui les empêche de réaliser leurs plans dans la région. L’attaque contre l’Iran est une continuation des provocations, comme les Khimataks de Salisbury et la Douma syrienne, appelés à diviser l’alliance de la Turquie, de l’Iran et de la Russie.

« En cas de guerre avec l’Iran, la Turquie devrait montrer sa solidarité avec elle, car seule la coopération avec Téhéran Ankara peut combattre le séparatisme et garantir son intégrité territoriale » – a résumé Perincek.

Comme Ankara va réagir, c’est difficile à dire. La Turquie est membre de l’OTAN, dépendante de plusieurs aspects des États-Unis, mais en même temps elle est mécontente de l’alliance de Washington avec les Kurdes et de la dissimulation de Fethullah Gülen en Pennsylvanie. D’autre part, Ankara est dans une alliance situationnelle avec Téhéran en Syrie et a des liens commerciaux étroits avec les Iraniens. L’histoire montre que les alliances sont vérifiées non par des mots, mais par des actions concrètes. L’état tendu actuel des relations turco-américaines et turco-israéliennes suggère que le pays sur les rives du Bosphore n’a plus d’incitation à l’intervention américaine et israélienne contre l’Iran que lors de l’agression américaine contre l’Irak en 2003, quand Ankara a refusé de fournir ses bases à ses alliés de l’OTAN.

http://katehon.com/article/us-muscles-syria-scare-turkey-and-iran

Guerre contre l’Iran : un nouveau 11 septembre se prépare !

Guerre contre l’Iran : un nouveau 11 septembre se prépare !

Publié par Brujitafr sur 15 Mai 2018, 06:09am

Catégories : #ACTUALITES, #USA

Avec le retour de John Bolton aux commandes, attendez vous au pire…

Guerre contre l’Iran : un nouveau 11 septembre se prépare !
Par Moon of Alabama

Publié le 12 Mai 2018 sous le titre Countdown To War On Iran

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet

John Bolton est un homme sans foi ni loi :

Au début de 2002, un an avant l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a exercé une pression intense sur [José] Bustani pour qu’il démissionne de son poste de directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. […]

Bolton – alors sous-secrétaire d’État au contrôle des armes et aux affaires de sécurité internationale – est allé en personne au siège de l’OIAC à La Haye pour mettre en garde le chef de l’organisation. Et, selon Bustani, Bolton n’a pas mâché ses mots. Il a dit : « Cheney veut que vous partiez », en faisant référence au vice-président des États-Unis de l’époque. « Nous ne pouvons pas accepter votre style de gestion. »

Bolton a ajouté, toujours selon Bustani : « Vous avez 24 heures pour quitter l’organisation, et si vous ne vous conformez pas à la décision de Washington, nous avons des moyens de vous le faire payer. »

Puis après un silence :

« Nous savons où vivent vos enfants. Vous avez deux fils à New York. »

José Bustani avait obtenu que les inspecteurs de l’OIAC retournent en Irak. Ils n’auraient rien trouvé. Cela aurait contredit la campagne de propagande américaine pour déclencher la guerre contre l’Irak. Comme Bustani ne voulait pas partir, les États-Unis ont menacé de réduire le budget de l’OIAC et ont « convaincu » d’autres pays membres du conseil exécutif de s’en débarrasser.

John Bolton a été également à l’origine d’une campagne contre l’AIEA et son chef Mohamed ElBaradei. Le téléphone d’ElBaradei a été mis sur écoute et des rumeurs ont été lancées contre lui pour le contraindre à quitter ses fonctions.

L’administration américaine, les néoconservateurs et les médias font un remake (je recommande ce lien) de la campagne de propagande qu’ils avaient menée en faveur de la guerre contre l’Irak. Cette fois-ci, la cible est l’Iran :

Comme pour l’Irak, il est plus facile pour Bolton et Netanyahu d’atteindre leur objectif en discréditant le système actuel d’inspections internationales. Bolton a qualifié les méthodes d’inspection mises en place par l’accord nucléaire iranien de « dangereusement inadéquates » et a déclaré que « l’Agence internationale de l’énergie atomique » était « susceptible de rater d’importantes installations [nucléaires] iraniennes ». Dans son discours au Congrès de 2015 qui attaquait l’accord avec l’Iran, Netanyahu a insisté sur le fait que « non seulement l’Iran défie les inspecteurs, mais il est passé maître dans l’art de jouer à cache-cache avec eux ».

Tous ceux qui s’opposent à leur propagande doivent partir. Bolton, qui veut bombarder l’Iran, est de retour aux commandes. L’une de ses cibles les plus évidentes est l’AIEA, qui certifie que l’Iran s’en tient à l’accord nucléaire. Il semble que les machinations de Bolton portent leurs fruits :

Le chef des inspections de l’organe de contrôle nucléaire de l’ONU a démissionné soudainement, a annoncé l’agence vendredi sans donner de raison.

.

Le départ de Tero Varjoranta intervient à un moment délicat, trois jours après que les États-Unis ont annoncé qu’ils abandonnaient l’accord nucléaire entre les puissances mondiales et l’Iran, ce qui soulève la question de savoir si Téhéran continuera à s’y conformer.

Varjoranta, un Finlandais, était directeur général adjoint de l’Agence internationale de l’énergie atomique et chef de son Département des garanties* qui vérifie, depuis octobre 2013, que les pays signataires du Traité de non-prolifération nucléaire le respectent.

Une autre victime est le fonctionnaire du département d’État qui a certifié que l’Iran respectait l’accord nucléaire :

L’un des plus grands experts du département d’État en matière de prolifération nucléaire a démissionné cette semaine après que le président Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien, ce qui, selon les responsables et les analystes, s’inscrit dans le cadre d’une inquiétante fuite des cerveaux de la fonction publique au cours des 18 derniers mois.

Richard Johnson, un fonctionnaire qui occupait le poste de coordonnateur adjoint par intérim au Bureau central de la mise en œuvre du programme nucléaire iranien, avait participé à des pourparlers avec des pays qui cherchaient à sauver l’accord au cours des dernières semaines, y compris la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne – un effort qui, en fin de compte, a échoué. […]

Le Bureau que Johnson dirigeait est passé de sept employés à temps plein à zéro employé depuis l’inauguration de Trump.

L’homme qui a lancé la guerre contre l’Irak est maintenant récompensé. Netanyahou incite à la guerre contre l’Iran, tout comme il a incité à la guerre contre l’Irak. D’obscurs groupes d’ »experts » insensés sortent de leurs chapeaux des documents de politique générale en faveur d’un « changement de régime ». Les « alliés » américains sont sous pression. Leur ouverture au « compromis » augmente les chances de guerre. Pendant qu’ils insistent pour s’en tenir aux règles internationales, des acteurs malveillants préparent des mesures pour briser leur résistance. On n’en est encore qu’au début d’une « opération de formatage » de l’opinion publique. Cette préparation du public à la guerre prendra probablement un an ou deux.

Ce qui manque encore, c’est un événement qui déclenche la frénésie guerrière dans le public américain. Pour cela, les États-Unis orchestrent généralement des opérations sous faux drapeaux – l’incident du Tonkin, le naufrage du Maine, les meurtres à l’Anthrax – pour créer un motif psychologique pseudo-rationnel à la guerre. Un lobbyiste pro-israélien appelle** Israel à en monter un pour déclencher la guerre contre l’Iran.

On se demande quand et comment un nouvel incident comme le 11 septembre, ou une autre alerte à l’anthrax, aura lieu. Ce sera le signe le plus sûr que le compte à rebours de la guerre contre l’Iran a commencé.

Moon of Alabama

 

 

*) safeguards en anglais

**) Traduction du tweet : Incroyable ! un lobbyiste pro-Israel, Patrick Clawson, suggère qu’Israel devrait monter une ‘opération sous faux drapeau’ pour forcer les USA à déclarer la guerre à l’Iran.

https://arretsurinfo.ch/compte-a-rebours-de-la-guerre-contre-liran/

http://www.brujitafr.fr/2018/05/guerre-contre-l-iran-un-nouveau-11-septembre-se-prepare.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Trump Iran

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Jean Bonnevey ♦
Journaliste.

C’est un échec pour le président Macron. Malgré la séquence des mamours, celle de la leçon professorale et diverses interventions, Donald Trump quitte l’accord nucléaire avec l’Iran. C’est de toute évidence la ligne Netanyahu qui l’a emporté, la plus anti-iranienne qui soit. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, plus ferme soutien de Donald Trump dans ce dossier, a en revanche dit soutenir « totalement » une décision « courageuse ». Le royaume sunnite d’Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran chiite, a également affiché son « soutien ».

Il y a bien une triple entente, Israël, les usa et l’Arabie saoudite porte-parole du monde musulman sunnite, qui prend le risque d’une épreuve de force régionale avec Téhéran. Dans la guerre mondiale qui oppose le sunnisme et le chiisme, les usa ont fait leur choix. Ce sera l’islam sunnite dont, tout de même, est issu Daech. C’est une grande victoire pour les faucons américains et la droite israélienne la plus radicale. Donald Trump tient son programme et le retour de l’Amérique passe par des épreuves de force, quitte à fâcher les alliés historiques européens.

Les signataires de l’accord ont, eux, vivement exprimé leur désaccord. « La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine », a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron. Dans un communiqué commun, le président français, la chancelière allemande, Angela Merkel, et la première ministre britannique, Theresa May, qui s’étaient tous trois investis en vain pour tenter de convaincre Donald Trump de rester dans l’accord, se sont dits « déterminés à assurer la mise en œuvre » du texte en « maintenant les bénéfices économiques » au profit de la population iranienne. L’annonce américaine était très attendue au Moyen-Orient, où beaucoup redoutent une escalade avec Téhéran. La Turquie a dit craindre « de nouveaux conflits ».

Le pari de Trump est clair : obtenir de l’Iran ce qu’il semble avoir obtenu de la Corée du nord par la menace verbale. Il y a cependant des différences régionales capitales.

On va attendre la vraie réaction de l’Iran. Le risque est évident : un durcissement du régime avec l’arrivée au pouvoir des ultras. Le président iranien, Hassan Rohani, qui s’était beaucoup investi dans cet accord, a accusé son homologue américain de pratiquer « une guerre psychologique ». Assurant vouloir discuter rapidement avec les Européens, les Chinois et les Russes, autres signataires de l’accord, il a averti que son pays pourrait mettre un terme aux restrictions qu’il a consenties pour ses activités d’enrichissement d’uranium. Il est affaibli et menacé. Cela risque d’avoir des répercutions en Syrie en Irak et même au Liban ou les chiites ont remporté, autour du hezbolla,h les élections législatives avec la défaite d’Hariri le candidat sauvé par Macron. Un sunnite kidnappé par nos ex alliés saoudiens.

Bombarder la Syrie avec Donald Trump pour se retrouver contre Trump sur le dossier iranien où la géopolitique sioniste mène le jeu, décidément pour le président français, l’orient s’annonce très compliqué.

https://www.polemia.com/trump-prefere-netanyahu-a-macron-un-coup-de-poker-aux-consequences-imprevisibles/

La France s’exprime sur l’avenir de l’accord nucléaire iranien

La France s’exprime sur l’avenir de l’accord nucléaire iranien

Publié par Brujitafr sur 14 Mai 2018, 04:55am

Catégories : #ACTUALITES, #ECONOMIE – FINANCE, #POLITIQUE

La France s’exprime sur l’avenir de l’accord nucléaire iranien

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé que l’accord sur le nucléaire iranien n’était «pas mort» malgré la décision des États-Unis de s’en retirer.

La France, qui estime toujours que le Plan global d’action conjoint (JCPOA) peut empêcher Téhéran de se doter d’armes nucléaires, entend rester partie prenante de cet accord, a déclaré dimanche Jean-Yves Le Drian.

 

Selon le ministre des Affaires étrangères, en visite en Irlande, l’accord «n’est pas mort» et la France va respecter ses clauses. 

Dans une interview accordée le 10 mai dernier au quotidien Le Parisien, dont la version intégrale a été mise en ligne sur le site officiel du quai d’Orsay, le ministre avait déclaré que l’accord de 2015 ne pouvait pas être considéré comme caduc après le retrait des États-Unis.

 

«Il a d’autres signataires. Les Européens ont réaffirmé avec force leur volonté d’y rester. Il y a aussi les Chinois et les Russes et les Iraniens», a-t-il précisé.

Et d’ajouter que les Européens n’ont pas à payer pour le retrait d’un accord par les États-Unis, auxquels ils avaient eux-mêmes contribué.

«Entre Européens, nous devons mettre en place les mesures nécessaires pour protéger les intérêts de nos entreprises et entamer des négociations avec Washington sur ce sujet», a noté le ministre.

http://www.brujitafr.fr/2018/05/la-france-s-exprime-sur-l-avenir-d

La Russie ne livrera pas de S-300 à la Syrie

La Russie ne livrera pas de S-300 à la Syrie

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Le conseiller du Kremlin chargé de l’aide aux pays étrangers, Vladimir Kozhin, a déclaré que la Russie ne livrera pas de S-300 à la Syrie.

Après la voyage du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Moscou (9 mai) et les échanges de tirs de part et d’autre de la ligne de démarcation syro-israélienne (10 mai), cette livraison qui avait été évoquée après l’attaque tripartite contre la Syrie (14 avril) a été annulée.

En d’autres termes, la Russie qui protège l’espace aérien syrien ne souhaite pas rendre l’armée arabe syrienne responsable de la défense des sites militaires iraniens présents sur son territoire.

http://www.voltairenet.org/article201117.html

L’histoire méconnue de la campagne de John Bolton pour la guerre avec l’Iran, Par Gareth Porter

12.mai.2018 // Les Crises

L’histoire méconnue de la campagne de John Bolton pour la guerre avec l’Iran, Par Gareth Porter

Source : The American Conservative, Gareth Porter, 22-03-2018

Tout le monde sait que Bolton est un faucon. On en sait moins sur la façon dont il a travaillé en secret pour diviser Washington et Téhéran.

Dans mes reportages sur la politique israélo-américaine, j’ai suivi de nombreux épisodes au cours desquels les États-Unis et/ou Israël ont pris des mesures qui semblaient indiquer des préparatifs de guerre contre l’Iran. Chaque fois – en 2007, en 2008 et de nouveau en 2011 – ces manœuvres, présentées dans les médias institutionnels comme annonçant des attaques contre Téhéran, étaient en fait des bluffs visant à faire pression sur le gouvernement iranien.

Mais la forte probabilité que Donald Trump choisisse maintenant John Bolton comme son prochain conseiller en matière de sécurité nationale crée une perspective de guerre avec l’Iran qui est très réelle. Bolton n’est pas un faucon néoconservateur ordinaire. Il est obsédé depuis de nombreuses années par le désir de faire la guerre à République islamique, appelant à plusieurs reprises à bombarder l’Iran dans ses apparitions régulières à Fox News, sans la moindre indication qu’il soit conscient des conséquences d’une telle politique.

Il ne s’agit pas seulement d’une posture rhétorique : Bolton a activement conspiré pendant son mandat en tant que responsable politique de l’administration Bush sur l’Iran, de 2002 à 2004, afin de créer les conditions politiques nécessaires pour que l’administration mène une action militaire.

Plus que quiconque à l’intérieur ou à l’extérieur de l’administration Trump, Bolton a déjà incité Trump à rompre l’accord nucléaire iranien. Bolton s’est servi de ses liens avec le principal financier derrière Benjamin Netanyahou et Donald Trump lui-même – le magnat des casinos et sioniste militant Sheldon Adelson – pour se faire entendre de Trump en octobre dernier, au moment même où le président s’apprêtait à annoncer sa politique sur l’accord nucléaire iranien, le Plan d’action global conjoint [Joint Comprehensive Plan of Action ou JCPOA, NdT]. Il a parlé avec Trump par téléphone depuis Las Vegas après avoir rencontré Adelson.

C’est Bolton qui a persuadé Trump de tenir des propos précis en s’engageant à se retirer de la JCPOA si le Congrès et les alliés européens de l’Amérique n’acceptaient pas les demandes de changements majeurs qui étaient clairement calculées pour s’assurer que l’accord échouerait.

Bien que Bolton n’ait pas été choisi pour le poste de secrétaire d’État, il semble maintenant avoir eu la priorité pour le poste de conseiller en matière de sécurité nationale. Trump a rencontré Bolton le 6 mars et lui a dit : « Nous avons besoin de vous ici, John », selon un associé de Bolton. Bolton a dit qu’il ne prendrait que le poste de secrétaire d’État ou de conseiller à la sécurité nationale, après quoi Trump a promis : « Je t’appellerai très bientôt ». Trump a ensuite remplacé le secrétaire d’État Rex Tillerson par l’ancien directeur de la CIA Mike Pompeo, après quoi des sources de la Maison-Blanche ont divulgué aux médias l’intention de Trump de remplacer H.R. McMaster dans un délai de quelques semaines.

Le seul autre candidat possible pour le poste mentionné dans les médias est Keith Kellogg, un lieutenant-général à la retraite qui était conseiller par intérim en matière de sécurité nationale après l’éviction du général Michael Flynn en février 2017.

Le plaidoyer très médiatisé de Bolton en faveur de la guerre avec l’Iran est bien connu. Ce que l’on ne sait pas du tout, c’est que lorsqu’il était sous-secrétaire d’État à la maîtrise des armements et à la sécurité internationale, il a employé une stratégie complexe et sournoise visant à justifier une attaque américaine contre l’Iran. Bolton a cherché à faire condamner la République islamique devant le tribunal de l’opinion publique internationale pour possession d’un programme secret d’armes nucléaires en utilisant une combinaison de pressions diplomatiques, de propagande grossière et de preuves fabriquées.

Malgré le fait que Bolton était techniquement sous la supervision du secrétaire d’État Colin Powell, son véritable patron dans l’élaboration et la mise en œuvre de cette stratégie était le vice-président Dick Cheney. Bolton était également le principal point de contact de l’administration avec le gouvernement israélien et, avec l’appui de Cheney, il a pu bafouer les règles normales du département d’État en effectuant une série de voyages en Israël en 2003 et 2004 sans avoir l’autorisation requise du Bureau des affaires du Proche-Orient du département d’État.

Ainsi, au moment même où Powell disait que la politique de l’administration n’était pas d’attaquer l’Iran, Bolton travaillait avec les Israéliens pour jeter les bases d’une telle guerre. Lors d’une visite en février 2003, Bolton a assuré aux responsables israéliens lors de réunions privées qu’il n’avait aucun doute que les États-Unis attaqueraient l’Irak et qu’après avoir abattu Saddam, ils s’occuperaient également de l’Iran et de la Syrie.

Au cours de multiples voyages en Israël, Bolton a eu des réunions improvisées, y compris avec le chef du Mossad, Meir Dagan, sans faire les rapports habituels par câble au secrétaire d’État et à d’autres bureaux pertinents. À en juger par ce rapport sur une première visite de Bolton, ces réunions ont clairement traité d’une stratégie commune sur la manière de créer les conditions politiques d’une éventuelle frappe américaine contre l’Iran.

Le Mossad a joué un rôle très offensif en influençant l’opinion mondiale sur le programme nucléaire iranien. Au cours de l’été 2003, selon les journalistes Douglas Frantz et Catherine Collins dans leur livre The Nuclear Jihadist, Meir Dagan a créé un nouveau bureau du Mossad chargé d’informer la presse mondiale sur les efforts présumés de l’Iran pour se doter d’une capacité nucléaire. Selon Frantz et Collins, les fonctions de la nouvelle unité comprenaient la diffusion de documents provenant de l’intérieur de l’Iran ainsi que de l’extérieur.

Le rôle de Bolton dans une stratégie conjointe américano-israélienne, comme il le souligne dans ses mémoires de 2007, était de faire en sorte que la question nucléaire iranienne soit transférée de l’Agence internationale de l’énergie atomique au Conseil de sécurité des Nations Unies. Il était déterminé à empêcher le directeur général de l’AIEA, Mohamed El Baradei, de parvenir à un accord avec l’Iran qui rendrait plus difficile pour l’administration Bush de diaboliser Téhéran en tant que menace nucléaire. Bolton a commencé à accuser l’Iran d’avoir un programme d’armes nucléaires secrètes au milieu de 2003, mais il s’est heurté à la résistance non seulement d’El Baradei et d’États non alignés, mais aussi de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne.

La stratégie de Bolton était basée sur les allégations selon lesquelles l’Iran cachait son programme nucléaire militaire à l’AIEA et, au début de 2004, il a inventé un stratagème de propagande spectaculaire : il a envoyé à l’AIEA un ensemble d’images satellites montrant des sites du complexe militaire iranien de Parchin qui, selon lui, étaient utilisés pour des essais de simulation d’armes nucléaires. Bolton a exigé que l’AIEA demande l’accès pour inspecter ces sites et a transmis sa demande à l’Associated Press en septembre 2004. En fait, les images satellitaires ne montraient rien de plus que des bunkers et des bâtiments pour les essais d’explosifs conventionnels.

Bolton espérait apparemment que l’armée iranienne n’accepterait pas d’inspections de l’AIEA basées sur de telles allégations mensongères, jouant ainsi son thème de propagande sur « l’intransigeance » de l’Iran dans son refus de répondre aux questions sur son programme nucléaire. Mais en 2005, l’Iran a permis aux inspecteurs d’entrer sur ces sites et même de choisir plusieurs autres sites à inspecter. Les inspecteurs n’ont trouvé aucune preuve d’activités liées au nucléaire.

Cependant, la stratégie américano-israélienne a plus tard remporté le jackpot lorsqu’un grand nombre de documents censés provenir d’une source secrète au sein du programme d’armement nucléaire iranien a fait surface à l’automne 2004. Les documents, prétendument trouvés sur l’ordinateur portable de l’un des participants, comprenaient des dessins techniques d’une série de travaux visant à redessiner le missile Shahab-3 de l’Iran pour qu’il puisse transporter ce qui semblait être une arme nucléaire.

Mais toute l’histoire de ce que l’on appelle les « documents d’ordinateur portable n’était qu’une invention. En 2013, un ancien haut fonctionnaire allemand a révélé la vérité à l’auteur : les documents avaient été remis aux services de renseignements allemands par les moudjahidin E Khalq, le groupe armé anti-iranien qui était bien connu pour avoir été utilisé par le Mossad pour « blanchir » des informations que les Israéliens ne voulaient pas s’attribuer à eux-mêmes. De plus, les dessins montrant la reconfiguration qui ont été cités comme preuve d’un programme d’armes nucléaires ont été clairement réalisés par quelqu’un qui ne savait pas que l’Iran avait déjà abandonné le cône nasal du Shahab-3 pour une conception entièrement différente.

Il est clair que le Mossad travaillait sur ces documents en 2003 et 2004, lorsque Bolton rencontrait Meir Dagan. Que Bolton ait su que les Israéliens préparaient de faux documents ou non, c’était la contribution israélienne à la création des bases politiques d’une attaque américaine contre l’Iran dont il était l’homme de pointe. Bolton révèle dans ses mémoires que cette stratégie dirigée par Cheney a été inspirée par les Israéliens, qui ont dit à Bolton que les Iraniens se rapprochaient du « point de non-retour ». Un point, a écrit Bolton, où « nous ne pouvions pas arrêter leur progrès sans utiliser la force ».

Cheney et Bolton ont fondé leur stratégie de guerre sur la présomption que l’armée américaine serait en mesure de consolider rapidement le contrôle de l’Irak. Au lieu de cela, l’occupation américaine s’est enlisée et ne s’est jamais complètement ressaisie. M. Cheney a proposé de profiter d’un événement très meurtrier en Irak qui pourrait être imputé à l’Iran pour attaquer une base IRGC [corps des Gardiens de la révolution islamique, NdT] en Iran à l’été 2007. Mais le risque que les milices chiites pro-iraniennes en Irak riposteraient contre les troupes américaines fut un argument clé contre la proposition.

Le Pentagone et les chefs d’état-major interarmées étaient également bien conscients que l’Iran avait la capacité de riposter directement contre les forces américaines dans la région, y compris contre les navires de guerre dans le détroit d’Ormuz. Ils n’avaient aucune tolérance à l’égard des idées folles de Cheney sur une nouvelle guerre.

La prudence du Pentagone reste inchangée. Mais deux esprits à la Maison-Blanche, détachés de la réalité, pourraient contester cette circonspection – et pousser les États-Unis vers une guerre dangereuse avec l’Iran.

Gareth Porter est journaliste d’investigation et contribue régulièrement du TAC [The American Conservative, NdT]. Il est également l’auteur de Manufactured Crisis:The Untold Story of the Iran Nuclear Scare. Suivez-le sur Twitter @GarethPorter.

Source : The American Conservative, Gareth Porter, 22-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/lhistoire-meconnue-de-la-campagne-de-john-bolton-pour-la-guerre-avec-liran-par-gareth-porter/

Les intérêts économiques des Européens en Iran, pays par pays

Les intérêts économiques des Européens en Iran, pays par pays

Le président américain Donald Trump montre le document ordonnant de rétablir les sanctions contre Téhéran le 8 mai 2018 à la Maison Blanche / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le rétablissement des sanctions américaines à l’encontre de l’Iran, annoncé par Donald Trump, pourrait avoir des conséquences économiques importantes pour les signataires européens de l’accord nucléaire de 2015. Tour d’horizon des principaux pays concernés.

Allemagne

L’Allemagne est le premier exportateur européen vers l’Iran. Elle a vu ses échanges avec la République islamique progresser depuis 2015, livrant pour 2,57 milliards d’euros de biens en 2016 (+22% sur un an), puis 2,97 milliards l’an dernier (+15,5% sur un an). Berlin y exporte surtout des machines, produits pharmaceutiques et produits alimentaires. Téhéran a de son côté vendu pour 314 millions d’euros de biens en 2016 et 410 millions l’an dernier.

Siemens, présent dans le pays depuis 1868, s’était relancé en Iran en mars 2016 en s’associant à l’iranien Mapna dans les turbines à gaz et les générateurs pour centrales électriques, puis avait signé en janvier dernier un contrat portant sur 12 compresseurs pour deux usines de traitement du gaz naturel. Daimler avait de son côté signé dès janvier 2016 des protocoles d’accord avec deux groupes iraniens pour produire et commercialiser des camions Mercedes-Benz.

Italie

Les exportations vers l’Iran ont crû en 2016 de près de 30% sur un an, dépassant 1,5 milliard d’euros. En 2017, elles ont de nouveau connu une hausse de 12,5%, à 1,7 milliard d’euros.

En janvier, l’Italie avait accordé une ligne de crédit de 5 milliards d’euros afin de soutenir les investissements italiens dans le pays.

Si le groupe Eni n’a pas, par prudence, signé d’accord avec Téhéran depuis la fin des sanctions, la société de chemins de fer Ferrovie dello stato italiane en a conclu un pour la construction de deux lignes ferroviaires à grande vitesse. Le groupe de construction navale Fincantieri a aussi signé plusieurs accords de coopération et développement.

L’AFP a également interrogé vendredi l’entrepreneur italien Alberto Presezzi, présent en Iran via une société de compresseurs et turbines, et qui se trouvait mercredi à Téhéran afin de « négocier un contrat important » lors d’un salon international.

Il a souligné que tout retard ou hésitation côté européen « donnerait un avantage aux autres acteurs, surtout aux Chinois, qui sont très agressifs dans le pays et qui se présentent avec des lignes de financement importantes ».

France

Selon une source diplomatique, les exportations tricolores sont passées de 562 millions d’euros en 2015 à 1,5 milliard en 2017, un niveau proche de celui constaté avant la mise en place des sanctions renforcées. Les importations ont elles explosé, atteignant 2,3 milliards d’euros – leur niveau le plus élevé depuis 2008 – contre 66 millions d’euros en 2015.

Depuis l’accord, Total s’est associé au groupe chinois CNPC pour investir 5 milliards de dollars dans l’exploitation du gisement South Pars. Mais pour l’heure, le groupe pétrolier n’y a pas dépensé plus de 100 millions de dollars, selon une source proche du dossier.

Le constructeur automobile PSA, qui jouit en Iran d’une part de marché de 30%, a évoqué l’an dernier un accord de distribution pour la marque DS en Iran et des discussions pour d’autres partenariats. Renault vend également ses voitures en Iran.

Royaume-Uni

Les exportations de biens du Royaume-Uni vers l’Iran ont atteint 167 millions de livres (191 millions d’euros) en 2016, un plus haut depuis 2011. Ce chiffre est toutefois bien loin de celui du début des années 2000 quant les exportations pesaient autour de 400 millions de livres. Les importations sont bien plus faibles, à 41 millions de livres en 2016.

Peu de grosses entreprises britanniques sont présentes en Iran: BP, dont les origines remontent pourtant à l’Anglo-Persian Oil Company au début du 20e siècle, n’y a ainsi aucune activité. De même pour Royal Dutch Shell, qui a toutefois signé fin 2016 des accords pour explorer la possibilité d’investissements en Iran dans des champs gaziers et pétroliers.

Selon Allie Rennison, une responsable de l’organisation patronale Institute of Directors, les entreprises britanniques ont en revanche de gros contrats en Iran dans les infrastructures, le solaire, l’ingénierie ou encore la santé.

Airbus

Le groupe européen Airbus, qui a des sites en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne, a pour sa part enregistré des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions au total, dont des A320neo, valorisés à près de 10 milliards de dollars.

(©AFP / 11 mai 2018 08h19)

https://www.romandie.com/news/916898.rom

La Syrie et l’Iran prouvent qu’il n’y a aucune chance pour la paix nord-coréenne

La Syrie et l’Iran prouvent qu’il n’y a aucune chance pour la paix nord-coréenne


Par Brandon Smith – Le 2 mai 2018 – Source alt-market.com

On dit en géopolitique que les sommets de la paix sont généralement le moment idéal pour se préparer à la guerre. Cette pensée découle de la philosophie militaire de Sun Tzu, qui croyait que quand une nation est faible, il est important pour elle de paraître forte, et quand une nation est à l’apogée de sa puissance, il est important de paraître faible ou « diplomatique ». Sun Tzu louait aussi fréquemment les vertus de la distraction et du tour de passe-passe, non seulement pendant la guerre, mais aussi en politique.


Je ferais remarquer que Sun Tzu et la méthode orientale du « tour de passe-passe » ne sont pas seulement un pilier de la pensée chinoise et nord-coréenne, mais aussi une lecture obligatoire pour les agences de renseignement occidentales [Sun Tzu est enseigné à West Point, NdT]. Il est important de bien comprendre cette méthodologie en examinant le paradigme Est/Ouest, car presque tout ce que vous voyez et entendez quand il s’agit de relations avec des pays comme la Chine et la Corée du Nord est du théâtre. Leurs gouvernements ont des plans cachés, nos gouvernements ont des plans cachés et les globalistes qui manipulent les deux côtés ont des plans qui l’emportent sur tout le reste.

Gardez tout cela à l’esprit quand vous entendez parler des annonces soudaines et presque inexplicables de sommets de la paix avec la Corée du Nord en mai ou juin entre Pyongyang et l’administration Trump.

En regardant le scénario uniquement du point de vue de la motivation politique, il est difficile de discerner pourquoi Trump est si obsédé par la Corée du Nord depuis son entrée en fonction. La Corée du Nord a toujours eu la capacité nucléaire ainsi que la capacité de déployer ces armes nucléaires sous une forme ou une autre contre les États-Unis. La Corée du Nord a toujours été impliquée dans de nouveaux essais nucléaires et des essais de missiles. L’idée qu’un tel test aujourd’hui est en quelque sorte une « violation » des normes internationales arbitraires et de l’étiquette est absurde. Presque tous les pays du monde sont engagés dans l’expansion et le développement militaires.

Alors à nouveau, si l’on se limite à la rhétorique de surface et à la politique, il est difficile de discerner pourquoi la Maison Blanche de Trump est aussi également obsédée par la Syrie et le « régime » d’Assad. L’une des principales forces motrices de la campagne électorale de Donald Trump était l’idée que ce candidat se détacherait des élites de l’establishment et leur tradition de guerre perpétuelle. Les critiques de Trump à l’égard des anciens présidents et de leur gestion de l’Irak et du Moyen-Orient étaient censées représenter un changement radical dans les politiques d’agression américaine. Au lieu de cela, son cabinet est maintenant associé aux fléaux des faucons néo-conservateurs (faussement étiquetés comme conservateurs) et aux partisans de la globalisation bancaire.

Les États-Unis étaient censés – il y a à peine quelques mois – retirer complètement leur présence militaire de la Syrie. Pourtant, une « attaque chimique » bien programmée sur une banlieue de Damas, attribuée à Assad, a donné à Trump une justification parfaite pour maintenir des troupes dans la région et intensifier l’utilisation de la force avec un bombardement à base de missiles. La revendication originale sous le président Obama était que nous étions en Syrie en raison de la menace croissante de État Islamique (un mouvement terroriste soutenu par des services secrets occidentaux via des couvertures). Maintenant, le nouvel ennemi, la cible des globalistes depuis toujours, c’est le gouvernement syrien lui-même.

Quand je vois des nouvelles de la Corée du Nord embrassant brusquement des pourparlers de paix juste après des réunions avec la Chine et peu de temps après des menaces sauvages lancées autour d’un conflit nucléaire imminent, je m’interroge sur la vraie nature derrière ce changement anormal de rhétorique. Quand je vois Trump parler soudainement de Kim Jong-un comme étant « très honorable » après des mois d’attaques à caractère commercial sur les réseaux sociaux, je me demande quand la prochain attaque sous faux drapeau similaire à la farce de Damas aura lieu !

Il y a déjà des signes clairs que tout n’est pas comme il semble quand il s’agit d’un éventuel accord de paix nord-coréen.

L’offre de la Corée du Nord de mettre un terme aux essais nucléaires en échange d’une trêve avec les États-Unis est un peu creuse quand on se rend compte que le site principal d’essais nucléaires de Pyongyang se serait récemment effondré à cause de sa surexploitation. Tout arrêt des essais par la Corée du Nord est probablement temporaire car des sites secondaires sont préparés.

Il n’est pas non plus surprenant que la Corée du Nord soit disposée à entamer des pourparlers diplomatiques quelques mois seulement après la réussite de tests sur ses premiers ICBM capables d’atteindre la côte Est des États-Unis. Encore une fois, comme l’a enseigné Sun Tzu, lorsque vous êtes le plus dangereux, il est important de paraître faible à vos ennemis.

Le nouveau conseiller en sécurité nationale de Trump et fauteur de guerre néo-conservateur, John Bolton, a exprimé, dans des interviews, des « doutes » que la Corée du Nord va « abandonner » ses armements nucléaires. Bolton et d’autres globalistes savent très bien que la Corée du Nord n’a aucune intention de désarmer, et si cela doit être une condition préalable à tout accord de paix, alors je m’attends à ce que les pourparlers se bloquent avant même qu’ils ne commencent.

Lors des premiers entretiens pour fabriquer la « paix » en Syrie sous l’administration Obama, l’argument de l’establishment était qu’Assad devait démissionner de son poste de président de la Syrie pour que la diplomatie progresse. Bien sûr, comme indiqué plus haut, les agences clandestines occidentales ont créé EI à partir de rien, tout comme elles ont créé la guerre civile syrienne à partir de rien. Elles ont causé un génocide civil extrême à travers leur mandataire, EI, pour ensuite blâmer le « régime » d’Assad pour l’instabilité dans la région et enfin, quand leur révolution de couleur n’a pas pu renverser Assad, ils lui ont demandé d’abandonner le pouvoir comme un geste de bonne volonté dans le processus de paix. Voyez comment cela fonctionne.

De toute évidence, les globalistes savaient qu’Assad n’allait jamais démissionner. Pourquoi l’aurait-il fait alors qu’il savait que c’était le but derrière la création de EI depuis le début ? Ainsi, la Syrie reste un point de chaos utile dans l’arsenal des globalistes, car une guerre plus vaste est une possibilité toujours présente. C’est un perpétuel baril de poudre qui pourra être déclenché chaque fois que les globalistes en auront besoin.

L’Iran est aussi un excellent exemple de la nature frauduleuse des accords de paix institutionnels. L’accord initial conclu en 2015, appelé Plan d’action global commun (JCPOA), énumère une réduction drastique des stocks d’uranium et des installations d’enrichissement de l’Iran. Selon les rapports initiaux, l’Iran semble avoir accédé à cette demande et s’est conformé aux demandes d’inspection de l’AIEA. Cependant, les accords de paix globalistes ne sont jamais fixés, ils peuvent être changés à tout moment pour faciliter la rupture de l’accord.

Les États-Unis ont récemment demandé à l’AIEA d’inspecter non seulement les installations nucléaires de l’Iran, mais aussi ses sites militaires, qui n’étaient pas du ressort de l’AIEA. L’Iran, bien sûr, n’est pas très heureux à l’idée de soumettre ses bases militaires à des inspections étrangères. Des responsables américains ont également affirmé que l’Iran ne suivait pas « l’esprit de l’accord » ; pas à cause d’un développement nucléaire supposé, mais à cause du soutien de l’Iran au « régime » d’Assad en Syrie.

En plus de cela, les États-Unis cherchent à changer le JCPOA original tout en refusant de qualifier les changements de « renégociation ». Les responsables ont appelé à un « accord supplémentaire », qui est en fait une renégociation de l’accord initial. Ceci est clairement destiné à provoquer un effondrement du JCPOA, car il est peu probable que l’Iran accepte une renégociation.

Enfin, Israël prétend maintenant que l’Iran a brisé le JCPOA en développant secrètement une technologie nucléaire. Une fois de plus, comme avec les armes de destruction massive en Irak et les attaques d’armes chimiques en Syrie, aucune preuve tangible n’a été produite pour étayer cette affirmation. Mais, cela n’a pas d’importance du tout qu’Israël a déjà lancé des frappes contre des cibles iraniennes en Syrie (la Syrie et l’Iran ont un pacte de défense mutuelle), et les israéliens pourraient très bien attaquer l’Iran directement l’année prochaine.

Les globalistes ne se soucient pas de la paix, ils se soucient seulement de chronométrer leurs guerres correctement. La même réalité s’applique à la Corée du Nord. Voici comment cette situation va probablement se jouer…

L’administration Trump entamera des pourparlers de paix avec des demandes farfelues concernant un désarmement nucléaire complet. La Corée du Nord a jusqu’ici offert un gel des tests, mais encore une fois, c’est probablement dû à l’effondrement de leur principal site d’essais. Un gel des essais, ce n’est pas la même chose qu’un désarmement total.

La Corée du Nord refusera bien sûr le désarmement. L’establishment va pousser plus fort, amenant la Corée du Nord à se retirer des pourparlers, à reporter les négociations à plusieurs reprises ou à abandonner complètement les pourparlers. Ensuite, l’establishment dira que la Corée du Nord n’est pas sérieuse au sujet de la paix, par conséquent, une action par la force peut être justifiée. Ils diront qu’ils ont donné une chance à la Corée du Nord de faire les choses facilement, mais maintenant, la méthode dure est nécessaire.

Les essais de missiles en Corée du Nord se poursuivront et de nouvelles installations de missiles nucléaires seront ouvertes. Trump appellera à la destruction de ces sites par des missiles.

Les gens qui croient réellement que les globalistes vont abandonner l’une de leurs meilleures boîtes de Pandore géopolitiques en Corée du Nord n’ont toujours pas tiré les leçons de la débâcle syrienne ou de l’Iran. Ces régions représentent une mine d’or de chaos international potentiel qui peut être utilisée comme couverture pour toutes sortes de méfaits ainsi que pour cacher notre déclin économique régulier.

Comme je l’ai noté dans des articles précédents, il est plutôt pratique pour les élites bancaires de la Réserve fédérale que chaque fois qu’ils annoncent de nouvelles réductions de leur bilan ainsi que la poursuite des hausses de taux d’intérêt, une nouvelle crise géopolitique éclate simultanément. Est-ce une simple coïncidence, ou devrions-nous considérer cela comme une tendance discernable ?

Si c’est une tendance, alors je m’attendrais à d’autres événements de crise impliquant la Syrie. L’Iran et la Corée du Nord en mai et en juin, alors que la Fed devrait augmenter la taille de ses réductions de bilan, mettant ainsi fin à sa politique de longue date de soutenir artificiellement les marchés. Davantage de frappes en Syrie et des relations déstabilisatrices avec l’Iran sont probables. Il faut s’attendre à un arrêt des pourparlers avec la Corée du Nord, suivi de plus de baisses des marchés actions et d’autres actifs.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-syrie-et-liran-prouvent-quil-ny-a-aucune-chance-pour-la-paix-nord-coreenne

Le hasard fait que la Syrie se trouve sur la plus colossale plaque de réserve de gaz du monde…

Le hasard fait que la Syrie se trouve sur la plus colossale plaque de réserve de gaz du monde…

Publié par Brujitafr sur 10 Mai 2018, 07:39am

Catégories : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE, #3 ème guerre mondiale

Le hasard fait que la Syrie se trouve sur la plus colossale plaque de réserve de gaz du monde…

Un conflit qui dure depuis seize mois et qui aurait fait des milliers de morts selon une comptabilité tenue soigneusement par les médias des pays occidentaux qui attribuent insidieusement les morts uniquement au régime de Damas et non aussi aux insurgés armés lourdement par les Occidentaux avec l’argent des roitelets du Golfe.

Les chrétiens ont peur de servir de variables d’ajustement d’un conflit qui les dépasse. Ce conflit, un siècle après les accords de Sykes-Picot, met en jeu les mêmes acteurs avec en plus, les Etats-Unis, la Russie et la Chine et…Israël. Les dépouilles sont toujours les mêmes, les dirigeants arabes faibles, lâches qui continuent à s’étriper pour le plus grand bien de l’Empire et de ses vassaux. Avec cette fois-ci, un coup d’arrêt à la tentation d’Empire, de la part de puissances asiatiques qui s’affirment.

Que se passe t-il réellement, et pourquoi Assad ne tombe pas malgré les communiqués triomphalistes présentant des personnalités qui ont lâché le pouvoir, le général Tlass, l’ambassadeur de Syrie en Irak qui s’enfuit au Qatar… Un autre round de négociations sur le règlement pacifique en Syrie s’est tenu dernièrement à Moscou.

Cette fois, le ministère des Affaires étrangères de Russie a invité le président du Conseil national syrien (CNS) Abdel Basset Sayda. Mais il n’y a pas eu de rapprochement de positions. D’autre part, l’émissaire international Kofi Annan, qui poursuit sa tournée en Iran, a rencontré Bachar el-Assad en Syrie pour tenter de trouver une issue au conflit dans le pays. Il a annoncé lundi 9 juillet 2012 être tombé d’accord avec le président Bachar el-Assad sur une « approche » qu’il soumettra aux rebelles syriens.

La diabolisation des médias occidentaux

Et si la version matraquée tous les jours par les médias français n’était pas la bonne ? C’est en tout cas l’avis du politologue Gérard Chalian, sur le plateau de « C dans l’air » du 14 juin 2012, sur France 5 : ce qu’il dit c’est que ce n’est pas uniquement un méchant contre des gentils et que la volonté d’intervention et les hésitations des Occidentaux ne sont pas forcément liées à des sentiments purement humanistes. Il dit qu’une intervention impliquerait beaucoup de conséquences géopolitiques.

Pour lui, ce qui se passe en Syrie est avant tout une affaire politique et non humanitaire. C’est en fait, l’exacerbation du conflit artificiel sunnite /chiite avec d’un côté pour les sunnites l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Union européenne, les Etats-Unis et Israël et de l’autre, les chiites, c’est-à -dire les Alaouites aidés par l’Iran. Le but de la manipulation est de casser l’Iran et de réduire le Hezbollah.

Nous verrons qu’il existe aussi l’argument énergétique. Le témoignage d’une Française, épouse d’un Franco-Syrien, qui a séjourné en Syrie du 19 mai au 12 juin 2012, est édifiant : « Alors que ce pays offrait une totale sécurité, les « Amis de la Syrie » y ont semé la violence. A Alep, des bandes armées ont fait leur apparition dans le 2e semestre 2011 : kidnapping, demandes de rançons… Une mafia très lucrative. Nous avons eu connaissance de nombreux récits d’enlèvements à toute heure et à tout endroit à Alep à un rythme quasi quotidien.

Les enfants ont pris l’habitude de téléphoner à leurs parents dès leur arrivée et départ de l’école. Les militaires et policiers sont les cibles privilégiées pour ceux qui sont payés pour tuer. Ainsi, un commandant de 35 ans a été abattu de 2 balles dans la tête un matin à 8 h 30 alors qu’il achetait du pain. Les commerçants ferment sur ordre d’hommes armés qui menacent de brûler leur boutique. Ainsi, le 2 juin, à la Médine (anciens souks) tout était fermé. Les médias français parlent alors de grève générale anti-régime. Lors de manifestations pro Bachar, des hommes armés s’infiltrent et se mettent à tirer dès que la foule est dense.

Ceci est filmé et envoyé aux chaînes de télévision. Le pouvoir conseille de ne pas faire de manifestations de soutien pour éviter ces tueries. La population, qui est confrontée aux kidnappings, bombes, asphyxie des commerces, connaît des difficultés d’approvisionnement en fuel, essence et gaz. Il n’y a pas pénurie en Syrie, mais les véhicules de transport sont attaqués et brûlés sur les routes. » (1)

« Pour ceux qui à l’étranger souhaitent apporter leur aide, il est impossible de virer de l’argent et impossible d’en retirer sur place (d’un compte en France par exemple). A Damas, tout semble comme avant, vie diurne et nocturne, malgré la menace des bombes. Cependant, beaucoup d’hôtels ont fermé, le tourisme est inexistant. A Homs, un seul quartier reste occupé par les rebelles. Les habitants se sont réfugiés dans les villages alentour chez la famille ou des amis.

Sur les grands axes routiers, l’ASL effectue des contrôles et abat sur le champ un militaire présent. (…) Il n’y a pas de guerre civile en Syrie, les communautés continuent de vivre en harmonie. Il y a des actes de barbarie et de violence de la part de mercenaires et de l’ASL contre des minorités pour provoquer une guerre civile. (…) Monsieur Sarkozy a en son temps exprimé au patriarche maronite venu le rencontrer que les chrétiens d’Orient devaient laisser leur pays aux musulmans et que leur avenir était en Europe. L’Occident applique en Syrie le même scénario qu’en Irak et en Libye. (…) L’opposition en Syrie participe de façon légale au changement. Les gens sont écoeurés par le manque d’objectivité des médias français. La seule source, l’Osdh, basée à Londres, est animée par un Frère musulman, payé par les services secrets britanniques. »(1)

L’argument énergétique

Le professeur Imad Fawzi Shueibi analyse les causes et les conséquences de la récente position de la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le soutien de Moscou à Damas n’est pas une posture héritée de la Guerre froide, mais le résultat d’une analyse en profondeur de l’évolution des rapports de force mondiaux. La crise actuelle va cristalliser une nouvelle configuration internationale, qui d’un modèle unipolaire issu de la chute de l’Union Soviétique, va évoluer progressivement vers un autre type de système qui reste à définir. Inévitablement, cette transition va plonger le monde dans une période de turbulences géopolitiques.

L’attaque médiatique et militaire à l’encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l’énergie, ainsi que l’explique le professeur Imad Shuebi : la Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient. C’est ainsi que Imad Fawzi Shueibi analyse la situation actuelle. Il écrit : L’attaque médiatique et militaire à l’encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l’énergie, ainsi que l’explique le professeur Imad Shuebi. (2)

« Avec la chute de l’Union soviétique, les Russes ont réalisé que la course à l’armement les avait épuisés, surtout en l’absence des approvisionnements d’énergie nécessaires à tout pays industrialisé. Au contraire, les USA avaient pu se développer et décider de la politique internationale sans trop de difficultés grâce à leur présence dans les zones pétrolières depuis des décennies. C’est la raison pour laquelle les Russes décidèrent à leur tour de se positionner sur les sources d’énergie, aussi bien pétrole que gaz. (…) Moscou misa sur le gaz, sa production, son transport et sa commercialisation à grande échelle. Le coup d’envoi fut donné en 1995, lorsque Vladimir Poutine mis en place la stratégie de Gazprom. (…) Il est certain que les projets Nord Stream et South Stream témoigneront devant l’Histoire du mérite et des efforts de Vladimir Poutine pour ramener la Russie dans l’arène internationale et peser sur l’économie européenne puisqu’elle dépendra, durant des décennies à venir, du gaz comme alternative ou complément du pétrole, avec cependant, une nette priorité pour le gaz. A partir de là , il devenait urgent pour Washington de créer le projet concurrent Nabucco, pour rivaliser avec les projets russes et espérer jouer un rôle dans ce qui va déterminer la stratégie et la politique pour les cent prochaines années. Le fait est que le gaz sera la principale source d’énergie du XXIe siècle, à la fois comme alternative à la baisse des réserves mondiales de pétrole, et comme source d’énergie propre.(…) Moscou s’est hâté de travailler sur deux axes stratégiques : le premier est la mise en place d’un projet sino-russe à long terme s’appuyant sur la croissance économique du Bloc de Shanghai ; le deuxième visant à contrôler les ressources de gaz. C’est ainsi que furent jetées les bases des projets South Stream et Nord Stream, faisant face au projet états-unien Nabucco, soutenu par l’Union européenne, qui visait le gaz de la mer Noire et de l’Azerbaïdjan. S’ensuivit entre ces deux initiatives une course stratégique pour le contrôle de l’Europe et des ressources en gaz.

 

 

Le projet Nord Stream relie directement la Russie à l’Allemagne en passant à travers la mer Baltique jusqu’à Weinberg et Sassnitz, sans passer par la Biélorussie. Le projet South Stream commence en Russie, passe à travers la mer Noire jusqu’à la Bulgarie et se divise entre la Grèce et le sud de l’Italie d’une part, et la Hongrie et l’Autriche d’autre part. »(2)

« Pour les États-Unis, poursuit le professeur Imad, le projet Nabucco part d’Asie centrale et des environs de la mer Noire, passe par la Turquie et devait à l’origine passer en Grèce, mais cette idée avait été abandonnée sous la pression turque. Ce projet, écrit le professeur Imad, bat de l’aile. A partir de là , écrit-il, la bataille du gaz a tourné en faveur du projet russe. En juillet 2011, l’Iran a signé divers accords concernant le transport de son gaz via l’Irak et la Syrie. Par conséquent, c’est désormais la Syrie qui devient le principal centre de stockage et de production, en liaison avec les réserves du Liban. C’est alors un tout nouvel espace géographique, stratégique et énergétique qui s’ouvre, comprenant l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban. Les entraves que ce projet subit depuis plus d’un an donnent un aperçu du niveau d’intensité de la lutte qui se joue pour le contrôle de la Syrie et du Liban.

Elles éclairent du même coup le rôle joué par la France, qui considère la Méditerranée orientale comme sa zone d’influence historique, devant éternellement servir ses intérêts, et où il lui faut rattraper son absence depuis la Seconde Guerre mondiale. En d’autres termes, la France veut jouer un rôle dans le monde du gaz où elle a acquis en quelque sorte une « assurance maladie » en Libye et veut désormais une « assurance-vie » à travers la Syrie et le Liban. (…) L’empressement de la coalition Otan-Etats-Unis-France à mettre fin aux obstacles qui s’élevaient contre ses intérêts gaziers au Proche-Orient, en particulier en Syrie et au Liban, réside dans le fait qu’il est nécessaire de s’assurer la stabilité et la bienveillance de l’environnement lorsqu’il est question d’infrastructures et d’investissement gaziers. La réponse syrienne fût de signer un contrat pour transférer vers son territoire le gaz iranien en passant par l’Irak. Ainsi, c’est bien sur le gaz syrien et libanais que se focalise la bataille, alimentera-t-il. » (2)

« De plus, poursuit le professeur Imad, la coopération sino-russe dans le domaine énergétique est le moteur du partenariat stratégique entre les deux géants. Il s’agit, selon les experts, de la « base » de leur double veto réitéré en faveur de la Syrie. Parallèlement, Moscou affiche sa souplesse concernant le prix du gaz, sous réserve d’être autorisé à accéder au très profitable marché intérieur chinois. (…) En conséquence, les préoccupations des deux pays se croisent au moment où Washington relance sa stratégie en Asie centrale, c’est-à -dire, sur la Route de la soie. (…) Cet aperçu des mécanismes de la lutte internationale actuelle permet de se faire une idée du processus de formation du nouvel ordre international, fondé sur la lutte pour la suprématie militaire et dont la clé de voûte est l’énergie, et en premier lieu le gaz. La « révolution syrienne » est un paravent médiatique masquant l’intervention militaire occidentale à la conquête du gaz. Quand Israël a entrepris l’extraction de pétrole et de gaz à partir de 2009, il était clair que le Bassin méditerranéen était entré dans le jeu et que, soit la Syrie serait attaquée, soit toute la région pourrait bénéficier de la paix, puisque le XXIe siècle est supposé être celui de l’énergie propre. Selon le Washington Institute for Near East Policy (Winep, le think tank de l’Aipac), le Bassin méditerranéen renferme les plus grandes réserves de gaz et c’est en Syrie qu’il y aurait les plus importantes. La révélation du secret du gaz syrien fait prendre conscience de l’énormité de l’enjeu à son sujet. Qui contrôle la Syrie pourrait contrôler le Proche-Orient. » (2)

L’argument religieux : sunnite versus chiite

Un autre argument de basse intensité est le conflit artificiel sunnite-chiite. Le conflit en Syrie est devenu, écrit Bernard Haykel spécialiste du Moyen-Orient à l’université Princeton, une guerre par procuration entre Riyadh et Téhéran. Pendant de longues années, le salafisme a été le vecteur d’influence de l’Arabie Saoudite. Mais cette doctrine a créé des monstres, notamment Al-Qaîda, qui se sont retournés contre le régime des Al Saoud. Aujourd’hui, l’anti-chiisme et le discours contre l’Iran sont utilisés par la monarchie pour que les Saoudiens, à 90% sunnites, fassent bloc derrière le régime. Cela pourrait devenir aussi la nouvelle base des relations avec les États-Unis. Il a montré comment le régime saoudien tente de tirer son épingle du jeu dans le grand chambardement du printemps arabe. » (3)

« Mais c’est la Syrie qui est au centre de l’attention de l’Arabie Saoudite. Le roi s’est prononcé contre le régime de Bachar Al Assad. Il a rappelé son ambassadeur à Damas. Les Saoudiens estiment que l’Iran est aujourd’hui une menace réelle pour leur pays. Ils jugent que si Bachar Al Assad est renversé, ce sera un revers important pour l’influence de l’Iran dans la région. Il y a donc un flot d’argent saoudien qui vise à radicaliser les sunnites syriens, comme en 2006-2007 au Liban quand il s’agissait de radicaliser les sunnites locaux contre le Hezbollah. Riyadh ne considère plus qu’un changement dans la région est mauvais. « Enfin, elle tente de promouvoir cette approche à Washington. » L’Arabie Saoudite est sous protection militaire des Etats-Unis », conclut Bernard Haykel. » « Ces deux pays entretiennent aussi des relations commerciales fortes, dominées par les hydrocarbures et les ventes d’armes. » (3)

 

Le résultat de cette anomie

 

Quels sont les perdants et quels sont les gagnants ? Le grand perdant est d’abord et avant tout le peuple syrien qui paie le prix fort d’une guerre qui le dépasse. Il devient clair que la clé de la réussite économique et de la domination politique réside principalement dans le contrôle de l’énergie du XXIe siècle : le gaz. C’est parce qu’elle se trouve au coeur de la plus colossale réserve de gaz de la planète que la Syrie est sur une plaque tectonique énergétique. Une nouvelle ère commence, celle des guerres de l’énergie. Le grand gagnant dans tous les cas est Israël qui réussit – sans y participer – à affaiblir ses adversaires, l’Iran, les pays arabes qui ne comptent plus et le Hezbollah. On l’aura compris, la paix en Syrie n’est pas pour demain. Hélas !

Chems Eddine Chitour

1. http://www.afrique-asie.fr/nous-ecrire/27-actualite32/3216-desinformation-mais-que-se-passe-t-il-en-syrie.html3/07/12

2. Imad Fawzi Shueibihttp://www.voltairenet.org/La-Syrie-centre-de-la-guerre-du 8 mai 2012

3. Bernard Haykel : Le conflit en Syrie est devenu une guerre par procuration entre Riyadh et Téhéran. Conférence École des Hautes études en sciences sociales, Paris, mardi 22 mai 2012

Source : https://www.legrandsoir.info/refondation-energetique-du-moyen-orient-la-plaque-tectonique-syrienne.html

http://www.brujitafr.fr/2018/05/le-hasard-fait-que-la-syrie-se-trouve-sur-la-plus-colossale-plaque-de-reserve-de-gaz-du-monde.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail