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Le complot machiavélique pour impliquer l’Arabie saoudite et le Qatar dans une guerre de « frontières de sang »

Le complot machiavélique pour impliquer l’Arabie saoudite et le Qatar dans une guerre de « frontières de sang »


Par Andrew Korybko – Le 7 juin 2017 – Source 21st Century Wire

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Des experts du monde entier essaient de comprendre ce qui alimente vraiment la guerre froide entre le Qatar et l’Arabie saoudite, mais la réponse est simple : les États-Unis. Comme Washington est toujours encline à le faire, elle joue magistralement du « diviser pour mieux régner » au Moyen-Orient, faisant la même chose à ses alliés des pays du Golfe qu’à ses alliés maghrébins lors des révolutions de couleur du printemps arabe. Cette fois, les acteurs en conflit s’opposant les uns aux autres, le sont au niveau des États, par opposition au scénario intra-étatique entre les gouvernements et certains de leurs citoyens.

L’objectif à long terme derrière tout cela est d’inaugurer le plan des « Frontières de sang » publié en 2006, de Ralph Peters pour un « Nouveau Moyen-Orient » dans lequel le Golfe subit une réingénierie géopolitique comme avec le « Syraq » la Turquie et les Balkans. Il est prévu de faire aussi bien. Dans l’ensemble, la fracture de la région en une myriade de mini états internationalement reconnus de facto devrait faciliter la prolongation de l’hégémonie américaine dans le vaste espace interconnecté que le défunt Brzezinski a décrit comme « les Balkans eurasiens » tout en créant simultanément des complications pour l’accès de ses rivaux russes et surtout chinois à cet espace pivot géostratégique au cœur de l’Afro-Eurasie.

C’est beaucoup à digérer tout à la fois. Décomposons donc le tout, morceau par morceau, pour que ce soit plus facile à comprendre.

« Le petit Machiavel »

Tout d’abord, la guerre froide entre le Qatar et l’Arabie saoudite a été déclenchée par le fonctionnement espiègle de ce que l’armée américaine a appelé la « petite Sparte » les Émirats arabes unis, qu’on peut qualifier aujourd’hui de « petit Machiavel ». Le compte Hotmail de l’ambassadeur des Émirats aux États-Unis a récemment été compromis et révèle que M. Yousef al-Otaiba a fait des heures supplémentaires pour détruire la réputation du Qatar aux yeux des décideurs américains influents.

Abou Dhabi est en concurrence acharnée avec Doha depuis le début du siècle, alors que les deux États du Golfe ultra-riches se font concurrence pour attirer le plus grand nombre d’investissements étrangers et devenir les destinations « à ne pas manquer » du Moyen-Orient. En outre, les deux pays sont également engagés dans une guerre par procuration en Libye, où les EAU soutiennent le gouvernement de Tobrouk du général Haftar alors que le Qatar est derrière les factions des Frères musulmans à Tripoli.

Le parrainage des Frères musulmans par Doha − qui est désigné comme une organisation terroriste par les membres du CCG, les EAU et l’Arabie saoudite, l’allié égyptien, la Syrie et la Russie incidemment − a longtemps été le fléau de la méfiance régionale au « Conseil des rois » mené par  Riyad. Les tensions intra-organisationnelles ont atteint un point d’ébullition tout au long de 2014 mais ont finalement été résolues avant la fin de l’année. Pendant ce temps, Doha a promis de réduire radicalement son soutien aux Frères musulmans, mais apparemment, elle n’a jamais tenu sa promesse. Malgré tout, aucun des membres du CCG ne semblait trop s’en préoccuper jusqu’à il y a quelques semaines à peine, ce qui signifie que quelque chose d’autre a dû déclencher cette grande crise du Golfe.

Si on accepte que les fuites touchant les dirigeants des EAU sont vraies et que son ambassadeur aux États-Unis fait en effet tout ce qu’il peut pour salir le Qatar, alors il est très probable que, le mois dernier, Abu Dhabi a conçu un plan pour « tuer beaucoup d’oiseaux avec une seule pierre ». L’émirat a négocié un accord de paix de facto entre les deux principales parties de la guerre civile en Libye au début du mois de mai, ce qui a essentiellement annulé les chances du Qatar de prendre le pouvoir par procuration.

Cet accord fragile a été presque saboté peu de temps après par les troupes de « voyous » du gouvernement soutenu par l’ONU qui ont ouvert le feu sur les forces de Haftar sur une base aérienne dans le sud de la Libye en tuant 141 d’entre eux. Près d’une semaine plus tard, des terroristes libyens ont massacré 29 chrétiens coptes en Égypte et incité le Caire à prendre des mesures décisives en ordonnant des frappes aériennes contre leurs camps de l’autre côté de la frontière. Pris ensemble, et considérant que le Qatar est clairement du côté des perdants de la guerre civile libyenne de nos jours, les EAU ont peut-être trouvé commode de rejeter la faute des attaques terroristes en Libye et en Égypte sur le Qatar. Le moment n’aurait pas pu être mieux choisi.

Trump Riyadh
Trump à Riyad

Le facteur Trump

Le président américain Trump a visité Riyad à l’époque entre les deux attaques et a exhorté les 50 dirigeants musulmans à « chasser » les terroristes dans leurs rangs. Apparemment, l’Émir Qatari al-Thani avait déjà prononcé un discours qui n’a pas reçu de publicité sur le moment, où il avait dénoncé le programme anti-iranien de plus en plus évident de « l’OTAN arabe » mais il aurait été tenu secret pour éviter de détruire le mythe de l’unité des pays du Golfe.

Néanmoins, le simple fait que le dirigeant qatari ose parler de manière non agressive de l’Iran devant le président américain définitivement iranophobe tout en étant accueilli partout en Arabie Saoudite, fait de lui l’homme que « l’OTAN arabe » a décidé de blâmer pour le terrorisme wahhabite dans tout le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite aurait probablement inventé un « prétexte » si le Qatar n’avait pas lui-même donné le bâton pour se faire battre, une semaine plus tard quand un de ses radiodiffuseurs publics a rapporté les paroles de l’Émir Thani dans ce que les Saoudiens ont dû interpréter comme leur plus grande humiliation dans l’histoire récente.

Bien que le Qatar se soit rapidement rétracté et ait prétendu avoir été victime de « piratage » l’Arabie saoudite et ses alliés n’y ont évidemment pas cru parce qu’ils avaient entendu le chef du pays faire ces mêmes déclarations sur l’Iran et « l’OTAN arabe » que le Qatar revendique maintenant comme fabriquées.

Cela a donné à Riyad la couverture publique pour aller de l’avant avec ses plans  pour faire de Doha le « bad guy » de tous les problèmes du Moyen-Orient, probablement en raison des conseils murmurés par les EUA au roi Salman et à son adjoint, le ministre de la Défense et prince Mohammed Bin Salman, obsédés qu’ils sont à saper leur rival qatari à chaque fois que c’est possible.

Les EAU avaient déjà une dent contre le Qatar à cause de la situation en Libye et en l’Égypte. Il est bien connu qu’ils étaient très fâchés  que le pays péninsulaire (Qatar) ait soutenu l’ancien président des Frères musulmans, Mohamed Morsi, et les Saoudiens ne pardonneront jamais à l’Émir Thani d’avoir parlé de cette façon de l’Iran tout en étant l’hôte du Royaume.

Du point de vue des EAU, toutes les bonnes pièces étaient en jeu pour que l’Arabie saoudite rassemble le GCC et tous ses alliés contre le Qatar, et Abu Dhabi – en « petit Machiavel » qu’il est – s’est assuré que Riyad passerait les ordres en faisant appel au jeune ministre saoudien de la Défense.

Mohammed Bin Salman est largement considéré comme le « cerveau » derrière la guerre désastreuse contre le Yémen qui a tellement affaibli les finances et le prestige de son royaume, et il cherche désespérément une « victoire rapide » qui pourrait aider à redorer la perception soigneusement élaborée de la communauté sunnite sur l’hégémonie saoudienne au Moyen-Orient. Il ne serait pas surprenant de découvrir que l’ambassadeur des EAU aux États-Unis ou l’un de ses alliés émiratis dans l’« État profond » ait convaincu le ministre de la Défense qu’une « campagne rapide » contre le Qatar pourrait non seulement atteindre ce but, mais aussi aider remodeler le récit historique sur le Moyen-Orient en accusant le Qatar de tous les malheurs saoudiens.

En outre, le calendrier des événements est tel que Trump, égocentrique comme il est, pouvait également en prendre crédit lui aussi, comme il était plus que désireux de le faire sur Twitter plus tôt cette semaine.

Cible : Iran

Tout compte fait, le « Petit Machiavel » a pondu un type de plan qui aurait rendu fier de lui sa référence médiévale. Les Émirats arabes unis ont réussi à prendre le leadership (et donc le blâme si quelque chose devait mal tourner) régional et confessionnel de l’Arabie saoudite en rassemblant certains des pays de « l’OTAN arabe » contre le Qatar afin de le blâmer pour les années de terrorisme wahhabite au Moyen-Orient, au porte même du Royaume, manifestement dans le but de lancer un jeu pour que le royaume transforme Thani en marionnette, ou le renverse carrément en provoquant une Révolution de couleur, une guerre hybride et/ou un coup d’État royal contre lui.

Les jours où un Qatar riche en GNL fourrait son nez dans les affaires des autres pays du CCG et devenait le pionnier d’une politique étrangère quelque peu indépendante en protégeant les Frères musulmans si détestés et en interagissant pragmatiquement avec l’Iran, ennemi juré saoudien, pouvait devenir une histoire tenant debout. Cette « victoire rapide » pourrait également détourner l’attention de la guerre désastreuse au Yémen. C’était une occasion trop tentante pour que le roi Salman et son ministre de la Défense la refusent.

Cela dit, il existe certainement des risques inhérents à la promulgation d’un embargo de facto contre le Qatar et son isolement pour des motifs biaisés, son rapprochement avec l’Iran. Il semble plus qu’évident que cela deviendra une prophétie auto-réalisatrice et conduira Doha dans les bras de Téhéran.

La République islamique a déjà offert une aide humanitaire à l’émirat péninsulaire sous la forme de vivres et a déclaré qu’elle pourrait utiliser son espace aérien pour contourner l’embargo du CCG, ce qui est clairement inacceptable pour l’Arabie saoudite.

Quelques jours plus tard, Daech a perpétré une série d’attentats terroristes sans précédent contre le Parlement iranien et le mausolée de l’ayatollah Khomeiny, que les gardiens de la Révolution islamique ont imputés à leur rival saoudien qui avait promis le mois précédent d’exporter la guerre par proxy sur le paillasson de la maison iranienne.

Évidemment, Riyad voulait empêcher un Partenariat stratégique Qatar/Iran de se former et de se regrouper potentiellement autour d’une « OPEP du gaz » mais le royaume a peut-être involontairement accéléré ce fait accompli car l’Émir Thani a gardé le pouvoir et n’a pas fait marche arrière.

Doha
Doha, Qatar

La fausse piste russe

Tout cet épisode a été interrompu de manière intéressante par les déclarations ridicules des États-Unis selon lesquelles le piratage russe était à l’origine de la reprise de la guerre froide entre le Qatar et l’Arabie saoudite. Il est risible que l’establishment « profond » américain (l’armée, le renseignement et les bureaucraties diplomatiques permanentes) éprouve le besoin d’essayer de relier obsessionnellement tout ce qui « tourne mal » dans le monde avec la Russie, mais il pourrait y avoir quelque chose de plus cette fois-ci.

L’auteur a expliqué dans son dernier article de recherche sur « La diplomatie énergétique de la Russie au Moyen-Orient : Boom ou Fiasco ? » que la Russie a récemment – et à la surprise de tous, sauf des plus avisés – cultivé des relations très positives avec ses anciens rivaux saoudiens et qataris, avec lesquels elle est habituellement en concurrence sur leurs marchés pétroliers et gaziers respectifs, mais aussi en Syrie. Les choses pourraient toutefois changer, puisque l’auteur prévoyait que la Russie serait en mesure de servir de médiateur entre l’Arabie saoudite et le Qatar et l’Iran et l’Arabie saoudite tant qu’elle continuerait à entretenir de bonnes relations avec tous.

En fait, à propos de la première paire de rivaux, le président Poutine a même appelé l’Émir Thani plus tôt cette semaine et le président russe lui-même a été exhorté par le président turc Erdogan un jour auparavant sur ce même sujet. Clairement, la Russie était – et est toujours – sur la bonne voie pour se positionner en tant qu’arbitre neutre final dans cette affaire, vu que ce n’est pas un pays à majorité musulmane comme les médiateurs potentiels que sont la Turquie ou le Koweït. Ils n’ont pas non plus d’intérêt à prendre parti entre les deux pays exportateurs du wahhabisme.

De plus, étant donné que les Saoudiens n’ont probablement pas planifié leur attaque terroriste à Téhéran du jour au lendemain et y ont probablement mis au point une planification impliquant un certain degré de complicité américaine, les États-Unis auraient pu prévoir que la Russie serait le seul pays avoir une chance réelle d’empêcher le prochain pic de tensions sectaires entre les deux pays antagonistes et que ces tensions débouchent sur une guerre chaude.

En conséquence, les États-Unis ont tenté d’attribuer à la Russie la responsabilité de la guerre froide qatari-saoudienne – et, par extension, l’attaque terroriste préventive supportée par l’Arabie Saoudite en Iran – en donnant intelligemment au Qatar un moyen de sauver la face de ce gâchis si et seulement si l’Émir Thani mordait à l’appât et blâmait les hackers russes pour ce « malentendu ».

Le leader du Golfe semble toutefois beaucoup plus sage que ce que les Américains pensent de lui, sachant qu’il joue effectivement un jeu de dupes avec l’Arabie saoudite et qu’il sera destitué ou rendra son pays stratégiquement impuissant s’il recule et capitule face à la pression inébranlable du Royaume.

L’Arabie saoudite ne semble pas non plus trop désireuse de faire avancer cette médiocre théorie de la conspiration pour faire accuser la Russie, d’autant plus que le Qatar n’a pas fait le premier pas dans cette direction. L’un ou l’autre acteur pourrait changer de position sur cette question au fil du temps, ou ce mouvement américain désespéré pourrait bientôt disparaître et être oublié si aucun d’entre eux ne lui accorde beaucoup d’attention.

Si la trajectoire actuelle sur cette sous-tangente se poursuit, la Russie pourrait éventuellement jouer un rôle très important dans la prévention d’un conflit plus important, comme il y a près de 4 ans, lors de l’attaque chimique américaine sous faux drapeaux dans la Ghouta qui a eu pour conséquence de relancer la guerre.

L’Arabie Saoudite comme la « prochaine Syrie »

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Saudi vs Qatar. Photo: FarsNews

La Russie est bien consciente du projet des États-Unis de « balkaniser » les « Balkans eurasiens » et elle sait que cela serait désastreux pour l’émergence de l’ordre mondial multipolaire. D’une part, Moscou est incapable d’arrêter complètement certaines des forces centrifuges que Washington a déjà mises en place et refuse l’engagement militaire nécessaire pour les retarder, ce qui explique par exemple pourquoi elle encourage la « décentralisation » kurde dans le projet de Constitution écrit par la Russie pour la Syrie comme un compromis à la tentative unilatérale de « fédéralisation » promue par ce groupe pro-américain.

D’un autre côté, cependant, cela ne signifie évidemment pas que la Russie soit indifférente à ce processus de fragmentation en général. Comme cela se rapporte à la guerre froide en cours entre qatari et saoudiens et à l’utilisation par le royaume wahhabite des terroristes de Daesh contre la République islamique, Moscou croit que c’est le catalyseur externe provoqué par les États-Unis pour lancer des processus irréversibles mais potentiellement durables de dissolution des États dans cette partie du Moyen-Orient, tout comme ce qui s’est passé en Afrique du Nord et en « Syraq » ces six dernières années. En gardant à l’esprit que les deux États les plus influents du Moyen-Orient sont directement impliqués cette fois, les conséquences géopolitiques pourraient briser l’équilibre du pouvoir en Eurasie.

L’auteur explique les vulnérabilités structurelles de la Guerre hybride dans son article de l’été 2016 sur « Le plan américano-saoudien pour un retrait iranien de la Syrie » qui se concentre sur la manière dont Daech, les Baloutches, les Kurdes, les Arabes et les Azéris pourraient tous être agités aux frontières comme des outils pour miner l’État et induire des concessions désirées par ses dirigeants, de sorte que le lecteur devrait revoir cette analyse s’il n’est pas familier avec ces concepts.

Quant à l’Arabie saoudite, sa direction sectaire a provoqué de graves troubles chiites dans la province de l’Est, riche en pétrole, après avoir opéré une oppression commanditée par l’État contre ses minorités confessionnelles. Un scénario similaire se déploie lentement même s’il n’est pas encore imminent dans la partie sud-ouest du royaume, le long de la frontière yéménite dans les régions à majorité chiite qui faisaient partie de son voisin avant les accords de Taëf de 1934 qui ont mis fin à la guerre yéméno-saoudienne. Ce n’est donc pas sans raison que le groupe de libération nationale majoritaire chiite houthi cible régulièrement les positions militaires saoudiennes dans cette partie du pays. Enfin, la dernière vulnérabilité structurelle majeure en Arabie saoudite concerne les divisions royalistes autour du prince héritier et éminence grise, Mohammed Bin Salman.

Le ministre de la Défense et aspirant roi est doublement détesté par certains dans la monarchie pour les blessures financières et de réputation auto-infligées à son pays provoquées par sa décision de lancer la guerre contre le Yémen, et aussi pour sa « réforme » interne (dans un sens relatif) de la Vision 2030 qui aspire à moderniser l’économie pour en faire un secteur réel et l’éloigner de sa dépendance vis-à-vis de l’exportation de pétrole.

Si le projet qu’il porte est réalisé dans toute son étendue, alors il pourrait initier des changements socioculturels fragmentaires qui vont de manière provocatrice aller à l’encontre des enseignements wahhabites intransigeants de la classe cléricale influente du Royaume. Beaucoup d’observateurs étaient trop occupés (à juste titre) à parler des nombreuses folies de politique étrangère de l’Arabie Saoudite pour remarquer la chose qu’elle a « bien fait » de renforcer ses relations avec la Chine au niveau d’un partenariat stratégique de facto pendant la visite du roi Salman en République populaire de Chine plus tôt ce printemps.

L’auteur a écrit sur la signification de cet événement et la raison pour laquelle la Chine a signé plus de 65 milliards de dollars de contrats avec le royaume wahhabite dans son article intitulé « Pourquoi la Chine choisit-elle de s’associer avec Israël et l’Arabie Saoudite ? ». L’idée se résume au fait que « La Chine chasse les marchés au Moyen-Orient ».

Ce que cet article, cité par l’auteur, signifie, c’est que la vision globale de la Nouvelle Route de la Soie de la Chine prévoit que le CCG jouera un rôle central dans le paradigme de Pékin en construisant des usines et des chemins de fer dans la région. En échange, les Royaumes investiront une partie de leur matelas financier en République populaire de Chine pour un résultat final gagnant-gagnant. En fait, le jumelage réussi de Vision 2030 de Mohammed Bin Salman avec l’OBOR en Chine pourrait conduire à modérer la politique étrangère régionale sectaire de l’Arabie saoudite si l’influence des clercs s’en trouve diluée, ce qui pourrait sérieusement augmenter les perspectives de voir émerger un Moyen-Orient multipolaire.

L’auteur a écrit à ce sujet et a même cartographié les nombreux corridors de la Route de la Soie qui pourraient découler de cette nouvelle dynamique régionale dans son article intitulé « L’Eurasianisme : à quoi ressemblerait un meilleur Moyen-Orient » publié l’automne dernier. Pour que le lecteur puisse avoir une idée claire de la raison pour laquelle la Russie s’oppose si fortement au plan des « Frontières de Sang » des États-Unis dans le « Grand Moyen-Orient » et estime que même ces monarchies du Golfe si turbulentes méritent d’être sauvées, il faut garder en tête la « vue d’ensemble » et la promotion de la multipolarité sur tout le supercontinent.

Tout cela pourrait toutefois être compromis si le Qatar et l’Arabie saoudite, l’Iran et l’Arabie Saoudite entrent dans une lutte existentielle par procuration à l’intérieur des frontières de leur rival et font du Royaume wahhabite – entre autres – la « prochaine Syrie ».

Réflexions finales

Les États-Unis ont l’intention de déstabiliser l’Afro-Eurasie afin de contrôler plus facilement l’hémisphère oriental par procuration, d’où l’utilisation combinée de la guerre hybride et de leur stratégie régionale de « diriger dans l’ombre » des laquais locaux pour y arriver.

Bien que toutes les parties impliquées dans l’actuelle crise du Golfe puissent connaître des bénéfices intéressants avec le multilatéralisme − si elles peuvent se contenir assez longtemps pour récolter des dividendes tangibles des projets OBOR chinois − la réalité est malheureusement que les dynamiques régionales et l’histoire de la méfiance entre plusieurs de ces parties permettent aux États-Unis de toutes les manipuler plus facilement dans un conflit asymétrique hobbesien, les unes contre les autres.

Les EAU, également connus sous le nom de « Petit Machiavel » jouent un rôle clé en attisant les flammes du conflit par leur intrigue magistrale car ils envisagent de recevoir la bénédiction des États-Unis pour devenir la force de consolidation post-fragmentation dans cette partie des Balkans eurasiens en raison de sa nature unique en étant une collection d’émirats séparés. Du point de vue américain, les EAU pourraient devenir un centre de gravité après le redécoupage du Moyen-Orient selon les « Frontières de sang » (probablement ajustées par rapport aux frontières que Ralph Peters avait à l’esprit il y a 11 ans en raison du changement de circonstances dans certaines régions). Ils pourraient exercer une influence centripète en amalgamant certains des émirats post-saoudiens laissés à la suite de l’effondrement du Royaume. Dans cet esprit, les plans des Émirats arabes unis semblent particulièrement cyniques, car ils consistent essentiellement à faire tomber les Saoudiens afin de les remplacer dans leur rôle régional lorsque la poussière retombera.

Cependant, la Russie et la Chine sont bien conscientes de ce qui se passe, car elles se sont réveillées il y a quelques années sous les assauts coordonnés des États-Unis contre chacune d’elles en Ukraine et en mer de Chine méridionale en réalisant que leur principal adversaire géopolitique dans cette guerre hybride essayait de saboter leurs projets de connectivité concurrentiels au XXIe siècle dans une tentative désespérée de prolonger indéfiniment le « moment unipolaire » qui s’estompe.

Pour cette raison, les deux grandes puissances eurasiatiques sont particulièrement préoccupées par les derniers efforts des États-Unis pour manipuler les États du Golfe et l’Iran dans un cycle de déstabilisations qui s’auto-perpétuent pour faire de ce plan des « Frontières de Sang » une réalité. Malheureusement, l’Arabie saoudite est beaucoup trop crédule et facilement poussée dans la direction des grands intérêts stratégiques des États-Unis. Il est donc incertain pour le moment, de savoir si le scénario indiqué peut encore être évité.

Néanmoins, les États-Unis pensent certainement que la Russie a de bonnes chances de stopper leurs plans. C’est pourquoi les USA ont essayé de détruire ses acquis récents dans le Golfe en l’accusant de « pirater » le Qatar et de provoquer toute cette crise. Le fait que ni Doha ni Riyad n’aient mordu à l’appât, ou du moins pas encore, laisse espérer que Moscou pourrait utiliser ses relations positives avec les deux pays et un statut neutre entre eux pour négocier une solution pacifique à la première phase de ce conflit. Puis éventuellement, elle pourrait étendre ses gains pour atténuer les tensions aggravées entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

C’est certes une tâche ambitieuse, qui n’a absolument aucune garantie d’atteindre un succès symbolique même le plus modeste, mais c’est encore la responsabilité géopolitique de la Russie et, dans une certaine mesure, de la Chine, l’un des deux moteurs de l’intégration eurasienne, d’au moins faire leurs meilleurs efforts en coulisse pour l’émergence de l’ordre mondial multipolaire avant qu’il ne soit trop tard.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Note du Saker Francophone

Ce texte nous avait échappé en juin dernier mais il garde toute sa saveur même si le conflit Qatar/Arabie saoudite semble gelé pour le moment.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-complot-machiavelique-pour-impliquer-larabie-saoudite-et-le-qatar-dans-une-guerre-de-frontieres-de-sang

 

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Syrie: échange théâtral et menaçant entre Netanyahu et l’Iran

Syrie: échange théâtral et menaçant entre Netanyahu et l’Iran

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu brandit un morceau de métal présenté comme provenant d’un drone iranien abattu par Israël, le 18 février 2018 pendant la Conférence de Munich sur la sécurité / © MSC Munich Security Conference/AFP / Lennart PREISS

Le Premier ministre israélien a menacé de façon très théâtrale dimanche les « tyrans de Téhéran » de représailles en cas d’agression, une sortie « caricaturale » selon l’Iran, une semaine après leur première confrontation ouverte en Syrie.

« Ne testez pas la détermination d’Israël! » a lancé Benjamin Netanyahu à la Conférence sur la sécurité de Munich, brandissant un morceau de métal présenté comme une pièce d’un drone iranien abattu la semaine dernière au-dessus d’Israël.

Il a ensuite interpellé le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif : « Voilà un bout du drone iranien! M. Zarif, vous le reconnaissez? Vous devriez, c’est le vôtre! »

L’intéressé, aussi présent à Munich mais qui n’a pas été témoin directement de la scène, a répondu peu après en dénonçant un « cirque caricatural » et en accusant Israël de mener « une politique d’agression, de représailles massives contre ses voisins ».

Le Premier ministre israélien est un habitué des interventions scénarisées. En 2012, à la tribune de l’ONU, il avait marqué les esprits avec le dessin simpliste d’une bombe sur le point d’exploser pour dénoncer le programme nucléaire iranien.

Israël affirme avoir détruit le week-end dernier un drone iranien au-dessus de son territoire. En réponse, l’armée de l’air israélienne a détruit la base d’où l’appareil serait parti en Syrie.

Un F-16 israélien a cependant été abattu au cours de l’opération, une première depuis 1982, entraînant des raids contre des cibles syriennes et iraniennes présumées en Syrie.

Cette première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran sur la scène syrienne laisse craindre une escalade du conflit, même si jusqu’ici les deux pays semblent vouloir éviter une guerre ouverte.

Face à l’escalade verbale, un responsable parlementaire russe, Alexeï Poushkov, a lui lâché: « Vous bombardez l’Iran, et quid de la suite? La question iranienne nécessite d’agir avec responsabilité ».

– Le ‘cran’ des Syriens –

M. Zarif a dans ce contexte accusé Israël « d’incursions quotidiennes en Syrie (…) et de bombarder quotidiennement, de manière routinière, la Syrie ».

« Une fois, les Syriens ont le cran de descendre un de leurs avions, et c’est présenté comme un désastre », a-t-il remarqué.

Une entrée d’Israël dans la guerre en Syrie pourrait entraîner une dérive catastrophique, alors qu’Américains, Turcs, Russes et Iraniens y sont déjà parties prenantes avec des objectifs concurrents et impliquant forces pro-régime, jihadistes, l’opposition armée ou encore les milices kurdes.

Des frappes américaines ont ainsi récemment tué des militaires russes et des forces du régime de Bachar al-Assad.

« Jamais depuis quatre ans on avait vu des grands pays s’engager militairement, directement à l’intérieur de la Syrie. Cela a entraîné des incidents et c’est inquiétant », a relevé Staffan de Mistura, l’envoyé spécial pour la Syrie de l’ONU.

« Nous espérons que ces pays vont continuer à se montrer responsables, car sinon la situation pourrait échapper à tout contrôle », a-t-il averti.

M. Netanyahu n’en a pas moins prévenu qu' »Israël ne laissera pas le nœud du terrorisme lui enserrer la gorge », menaçant aussi des forces pro-iraniennes comme le Hezbollah au Liban.

Le dirigeant israélien reparti, le ministre libanais de la Défense, Yacoub Riad Sarraf, a rétorqué : « Nous nous défendrons, nous aussi avons des gens prêts à mourir pour leur pays ».

– ‘Similarités’ avec les nazis –

M. Netanyahu a enfin accusé une fois de plus l’Iran de continuer de développer en cachette l’arme nucléaire, malgré l’accord international ayant mis fin à son programme.

Selon lui, dans « un peu plus d’une décennie » Téhéran disposera de la bombe atomique.

Accusant l’Iran d’avoir des « similarités frappantes » avec les Nazis, il a dressé un parallèle entre l’accord sur le nucléaire iranien négocié avec les grandes puissances et celui de Munich de 1938 signé pour apaiser Adolf Hitler.

« Un accord destiné à apaiser, comme il y a 80 ans, a seulement rendu plus déterminé le régime et rendu la guerre plus probable », a-t-il dit.

« Une fois équipée d’armes nucléaires, l’agression iranienne sera incontrôlable et elle visera le monde entier », a affirmé M. Netanyahu.

L’ancien secrétaire d’Etat américain John Kerry, l’un des architectes de l’accord en question, a lui estimé que considérer que Téhéran était proche de détenir une capacité nucléaire militaire était « fondamentalement incorrect ».

(©AFP / 18 février 2018 13h29)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Syrie-echange-theatral-et-menacant-entre-Netanyahu-et-l-Iran/891514.rom

Crash d’avion en Iran: 66 personnes personnes présumées mortes

Crash d’avion en Iran: 66 personnes personnes présumées mortes

Des proches effondrés des passagers d’un avion iranien qui s’est écrasé dimanche se réunissent devant une mosquée de Téhéran le 18 février 2018 / © AFP / ATTA KENARE

Les secours iraniens luttent pour retrouver l’épave d’un avion de ligne qui s’est écrasé dimanche matin dans une zone montagneuse du sud-ouest de l’Iran pendant une tempête de neige avec 66 personnes à son bord.

L’ATR 72 de la compagnie Aseman Airlines qui assurait la liaison entre Téhéran et la ville de Yasouj, à environ 500 km au sud de la capitale iranienne, a disparu des écrans radar environ 45 minutes après son décollage.

Selon Aseman Airlines, le vol EP3704 a décollé de l’aéroport Mehrabad de Téhéran à 8h00 (4h30 GMT) avec 60 passagers, dont un enfant, et six membres d’équipage.

Le chef de l’organisation de l’aviation civile iranienne, Reza Jafarzadeh, a confirmé le crash de l’appareil, et l’espoir de retrouver des survivants apparaît mince.

Vers 16h30 (13h00 GMT), le point d’impact de l’appareil avec le sol n’avait pas encore été localisé et on ignorait les causes exactes de l’accident, survenu pendant une tempête de neige alors que l’avion survolait les monts Zagros.

« Étant donné les conditions particulière dans la zone, nous n’avons encore aucun accès au point exact du crash et nous ne pouvons par conséquent pas confirmer de manière précise et définitive la mort de tous les passagers de l’avion », a déclaré à l’agence de presse Isna le directeur des relations publique de la compagnie, Mohammad Tabatabaï.

– Incrédulité –

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a néanmoins adressé un message de condoléances aux familles personnes à bord de l’avion, selon la télévision publique.

A Téhéran, des proches de passagers du vol EP3704 se sont réunis dans une mosquée proche de l’aéroport Mehrabad. « Je n’arrive pas à y croire », se lamentait une femme dont le mari avait embarqué à bord de l’avion.

Cité par Isna, Jalal Pooranfar, responsable du service national des secours dans la région du crash a indiqué qu’un hélicoptère envoyé pour repérer l’épave de l’appareil avait dû « rebrousser chemin à cause de la tempête de neige ».

D’autres équipes ont été envoyées par la route, a-t-il précisé. Le Croissant-Rouge iranien a indiqué pour sa part avoir dépêché 120 sauveteurs dans la région de la catastrophe.

« Les circonstances de l’accident restent inconnues à ce stade », a indiqué à l’AFP à Paris un porte parole d’ATR, filiale conjointe de l’avionneur européen Airbus et du groupe italien Leonardo.

« Si besoin, il y aura participation du BEA » (Bureau enquêtes analyses) à l’enquête iranienne, a-t-il ajouté.

Selon ISNA, le président iranien Hassan Rohani a ordonné au ministère des Transports de créer une cellule de crise pour enquêter sur les raisons de l’accident et coordonner les efforts des secours.

– Retard propice –

Cité par l’agence de presse Tabnak, un homme ayant manqué l’avion a déclaré: « Dieu a vraiment été bon envers moi, mais tout mon coeur pleure ces personnes qui ont perdu la vie ». Sans révéler son identité, l’agence a publié une photo de l’homme montrant son billet d’avion non utilisé.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté ses condoléances affirmant ne pas avoir de problème « avec le peuple iranien » mais avec le régime de la République islamique.

Le dernier accident grave d’un avion civil en Iran remonte à 2014, quand 39 personnes avaient été tuées dans le crash d’un Antonov 140 de la compagnie iranienne Sepahan, peu après son décollage de l’aéroport de Mehrabad, dans le sud de Téhéran. Trois ans plus tôt, en 2011, un avion civil s’était écrasé dans le nord du pays faisant près de 80 morts.

Les sanctions imposées pendant de nombreuses années par les Etats-Unis, l’ONU et les pays européens ont empêché les autorités iraniennes d’acheter des pièces de rechange ou des avions occidentaux pour renouveler la flotte civile du pays, dans un état vétuste.

L’industrie du transport aérien était soumise à un embargo américain depuis 1995, empêchant les compagnies d’acheter des avions civils ou des pièces détachées et les forçant à clouer au sol une partie de leur flotte.

Cet embargo a été partiellement levé par l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par l’Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie).

Cet accord a permis la suspension d’une partie des sanctions internationales contre Téhéran en échange de garanties apportées par la République islamique pour prouver qu’elle ne cherche pas à se doter de l’arme atomique.

(©AFP / 18 février 2018 14h45)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Crash-d-avion-en-Iran-66-personnes-personnes-presumees-mortes/891524.rom

Vers la partition du Yémen

Vers la partition du Yémen

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Les Émirats arabes unis, qui font partie de la coalition saoudienne au Yémen, souhaitent la création d’un nouvel État leur permettant de contrôler la région d’Aden.

Le port d’Aden est déjà exploité par Dubaï Ports World.

Le projet de partition du Yémen entre pro-Saoudiens d’un côté et pro-Émiratis et pro-Iraniens de l’autre, pourrait permettre de rétablir la paix. Il prend acte de l’échec du président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite. Il remet de facto en cause le plan israélo-saoudien pour l’exploitation du « quart vide » et l’autorité du prince Mohammed Ben Salmane. Il fait basculer les Émirats de l’opposition à une alliance avec l’Iran.

Le nouvel État se situerait sur le territoire occupé par l’ex-République démocratique populaire du Yémen (pro-Soviétique) (1967-90), puis par la République démocratique du Yémen (1994).

Les Saoudiens, quant à eux, reconstitueraient la République arabe du Yémen.

Cependant, les alliances ont été bouleversées depuis la fin de la Guerre froide. Suivant une logique tribale et non plus politique, au cours des dernières années, de nombreux marxistes ont rejoint Al-Qaïda, tandis que d’anciens pro-Occidentaux se sont tournés vers l’Iran.

http://www.voltairenet.org/article199726.html

Ali Khamenei : les USA sont plus barbares que Daech

Ali Khamenei : les USA sont plus barbares que Daech


Par Sayed – Le 11 février 2018 – Source khameini

Discours prononcé le 8 février 2018 par l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, lors d’une réunion avec les commandants et le personnel de l’armée de l’air de l’armée de la République islamique d’Iran.

Vidéo traduite et sous-titrée par Sayed

La réunion s’est tenue dans la Husseiniya de l’Imam Khomeiny à l’occasion du serment d’allégeance historique des officiers de la Force aérienne à l’Imam Khomeiny le 19 Bahman 1357 [8 février 1979].

(cliquer sur CC pour activer les sous-titres)

Transcription

[…] L’oppression de l’Arrogance (impérialisme) doit être publiquement dénoncée. Aujourd’hui, le régime le plus cruel et le plus oppressif du monde est le gouvernement américain. Il est plus oppressif que tous les autres. Vous avez vu à quel point Daech était néfaste, oppressif et sauvage. Le gouvernement américain est encore pire que lui. Le gouvernement américain est l’appareil même qui a créé les semblables de Daech – et pas seulement Daech. Il leur a facilité les tâches. Il a agi comme cause.

Ce n’est pas seulement nous qui l’affirmons, ils l’ont eux-mêmes reconnu. L’individu qui est actuellement le Président des États-Unis avait l’habitude de souligner constamment, durant sa campagne électorale, que la création de Daech était une mesure adoptée par les Démocrates – le parti adverse. Il répétait cela sans cesse et il avait raison. Il y avait beaucoup d’indices et de preuves soutenant cette affirmation. À l’heure actuelle aussi, il y a de telles preuves. Ce sont eux qui ont créé Daech. Ce sont eux qui l’ont renforcé. Ce sont eux qui ont offert à Daech armes et soutien financier, entre autres. Très probablement, ce sont eux qui lui ont enseigné certaines méthodes.

Ces organisations américaines sauvages qui dépendent de l’administration américaine – comme Blackwater et autres – exécutent elles aussi les mêmes tâches. Elles connaissent ces méthodes à la perfection. Elles sont expertes dans ces actes sauvages contre l’humanité. Très probablement, ce sont elles qui ont enseigné de telles méthodes à Daech. Sinon, comment tel misérable venant du fin fond du Caucase saurait-il comment torturer un individu, comment torturer les gens en les noyant graduellement (waterboarding) et comment les brûler petit à petit ? Probablement, ce sont elles qui leur ont enseigné ces méthodes.

Malgré le fait que les États-Unis sont le gouvernement le plus cruel et le plus impitoyable du monde, ils se présentent, dans leur propagande, comme défenseurs des droits de l’homme ! Des défenseurs des droits des opprimés, et même des défenseurs des droits des animaux ! Eh bien, ils devraient être marqués du sceau de l’infamie par le monde entier. Ces choses devraient être dites. Ces choses devraient être répandues au niveau international.

Voyez l’oppression qu’ils ont commise contre la Palestine. À l’heure actuelle, les Palestiniens sont soumis à l’oppression et à la cruauté au quotidien. Cela fait maintenant une, deux, dix, vingt, soixante-dix années que cette oppression se poursuit et que les Américains la soutiennent. À l’heure actuelle, ils la soutiennent toujours. Eh bien, cela devrait être de notoriété publique.

Un autre exemple est leur oppression contre les Yéménites. À l’heure actuelle, le Yémen est bombardé quotidiennement. Le peuple est bombardé, divers endroits sont bombardés, les marchés sont bombardés, l’infrastructure du pays est bombardée. Par qui ? Par les alliés des États-Unis, qui sont approuvés par les Américains. Ce sont les Américains qui leur fournissent des armes. Ce sont eux qui les aident. Ils regardent la scène avec délice et ils ne soulèvent pas la moindre objection, pas le moindre froncement de sourcils n’apparait sur leurs visages. Bien sûr, il y a des gens parmi eux – par exemple, des intellectuels – qui font des objections, mais l’administration américaine n’y prête aucune attention. Et ce tandis qu’ils vont exposer des morceaux de ferraille avec une totale impudence, prétendant que ces pièces viennent du missile donné aux combattants yéménites par l’Iran !

C’est une affirmation dénuée de fondement. Les combattants yéménites et les moudjahidines sont assiégés. Il n’est pas possible de leur donner quoi que ce soit. Si c’était possible, nous leur donnerions des centaines de missiles – et pas seulement un ! Mais il n’est pas possible de leur donner quoi que ce soit. Ils sont opprimés : « Soyez un ennemi de l’oppresseur et un soutien de l’opprimé. » [Imam Ali, Nahj al-Balagha]. Si vous pouvez aider les opprimés, vous devez le faire. Nous sommes fermes sur la question de la Résistance. Les Américains ont décidé d’écraser la Résistance en Asie occidentale [Moyen-Orient] et ils étaient convaincus qu’ils accompliraient cette tâche. Nous sommes restés fermes et nous avons dit que nous ne les autoriserions pas à le faire. Aujourd’hui, le monde entier reconnait qu’ils voulaient le faire, mais ils ont échoué. Et ce que nous voulions faire, nous avons réussi à le faire. Le monde entier a compris cela.

Il faut faire face à l’injustice. J’ai parlé de l’injustice des puissances étrangères, mais il en va de même pour l’injustice domestique (à l’intérieur de l’Iran) qui est peut-être une plus grande priorité pour plusieurs raisons. […]

http://lesakerfrancophone.fr/ali-khamenei-les-usa-sont-plus-barbares-que-daech

 

La réalité du conflit post-syrien : qui contient qui ?

La réalité du conflit post-syrien : qui contient qui ?

The Post-Syria Conflict Reality: Who’s Containing Who?


thPar Alastair Crooke – Le 23 janvier 2018 – Source Strategic Culture

Les négociations de la Maison Blanche au Moyen-Orient, avec Mohammad bin Salman (MbS), Mohammad bin Zayed (MbZ) et Bibi Netanyahou pour un « deal du siècle » ont abouti, non seulement à « pas d’accord » mais ont plutôt exacerbé les tensions du Golfe en une crise quasi-existentielle. Les États du Golfe sont maintenant très vulnérables. L’ambition a incité certains dirigeants à ignorer les limites inhérentes aux petits émirats marchands tribaux et à prétendre participer à des jeux de pouvoir hors de leur portée, en tant qu’architectes, à la tête d’un nouvel ordre du Moyen-Orient.

L’équipe Trump – et quelques Européens – enivrés par cette nouvelle génération de trentenaires ambitieux, hommes de pouvoir issus des écoles de commerce du Golfe, ont tout bousculé. La First Family [la famille du président US] a endossé le récit – cul par dessus tête – faisant de l’Iran et des chiites des méchants archaïques et des terroristes, et a pensé tirer parti de cela dans un accord par lequel l’Arabie saoudite et Israël agiraient conjointement pour entraver l’Iran et ses alliés, et en retour, Israël gagnerait, enfin, sa normalisation longtemps recherchée avec le monde sunnite – l’affaire du siècle.

Eh bien, la décision mal inspirée sur Jérusalem a mis fin à ce jeu, ou plutôt, l’intervention de Trump a fait le contraire, elle a offert à la région un pôle autour duquel les anciens antagonistes du conflit syrien pouvaient se retrouver sur une cause partagée : défendre Jérusalem comme culture, histoire et source d’identité commune aux peuples musulmans et chrétiens. Une cause qui pourrait unir la région – après une période récente de tensions et de conflits.

Et les États du Golfe se trouvent maintenant, après la perte de la Syrie, entraînés dans une autre controverse hautement contentieuse – le djihad ostensiblement dirigé par les Américains, contre les chiites – dans toutes ses manifestations régionales (réelles et imaginaires). Un projet de grande ampleur qui n’est bon ni pour les affaires (Dubaï, par exemple, étant essentiellement un petit État commercial du Golfe qui survit grâce au commerce avec l’Iran et le Pakistan – ce dernier ayant une importante population chiite), ni pour une politique avisée : l’Iran est une vraie nation datant de 6 000 ans, avec une population de près de 100 millions d’habitants.

Il n’est pas surprenant que ce projet controversé démantèle le Conseil de coopération du Golfe (CCG) : Oman, avec ses liens anciens avec l’Iran, n’a jamais joué un rôle ; le Koweït, avec son importante composante chiite, pratique la coexistence et l’inclusion de ses chiites. Dubaï s’inquiète pour ses perspectives économiques ; et le Qatar… Eh bien, le harcèlement contre le Qatar a fini par inclure ce pays dans un nouvel axe régional avec l’Iran et la Turquie.

Mais pire que cela, l’Art du contrat concerne aussi le revanchisme économique américain : l’Amérique récupère un territoire économique perdu à cause de la négligence (prétendue) des administrations américaines précédentes – selon l’analyse de la Stratégie de sécurité nationale américaine (NSS). Washington serait en train de jouer avec des droits de douane contre la Chine, des sanctions contre la Russie et une guerre économique destinée à renverser le gouvernement en Iran. Si le président Trump poursuivait cette politique (et il semble que ce soit effectivement son intention) il y aurait alors, en représailles, une forme de riposte économique de la part de la Chine, de la Russie et de l’Iran. Déjà la superficie et la population, couvertes par le système du pétro-dollar, ont diminué – et pourraient encore diminuer davantage (peut-être même inclure l’Arabie saoudite acceptant un paiement en yuans, pour son pétrole).

En bref, la base de liquidité – les gisements de pétrodollars – sur laquelle repose l’hyper-sphère financiarisée du Golfe, et une grande partie de son bien-être économique, va se resserrer. Et cela arrive à un moment où les revenus pétroliers ont déjà faibli – la première étape du rétrécissement du pétrodollar est en cours – obligeant les États du Golfe à un retranchement fiscal au détriment de leurs citoyens. La Chine a récemment contré les plans de guerre commerciale des États-Unis, en laissant fuiter intentionnellement – puis en se rétractant – l’idée que la Banque centrale de Chine arrêterait d’acheter des bons du Trésor américain ou se débarrasserait de ceux qu’elle a. Et la grande agence de notation chinoise, Dagong, a dégradé la note de la dette souveraine américaine de A- à BBB+, suggérant effectivement que les avoirs du Trésor américain possédés par les pays du Golfe ne sont plus les actifs sans risque qu’ils étaient supposés être, et pourraient même se trouver dévalués, si les taux d’intérêt augmentent ; ou si un nouveau QE4 (assouplissement quantitatif) se produit aux US.

Comment se fait-il alors que le Golfe soit devenu aussi exposé ? Essentiellement, en ne reconnaissant pas, puis en dépassant ses propres limites intrinsèques, c’est la réponse rapide. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, c’était le Qatar et son dirigeant, Hamad bin Khalifa, qui étaient perçus comme politiquement puissants, bien au-delà du minuscule poids du Qatar (200 000 habitants). Le Qatar avait créé le réseau d’information al-Jazeera, une innovation choquante dans le monde arabe à l’époque, mais qui allait devenir un outil vraiment efficace pendant le soi-disant printemps arabeAl-Jazeera été crédité – du moins c’est ce que l’Émir m’avait dit à l’époque – de l’éviction du Président Moubarak et de la mise en place du cadre politique pour la vague de manifestations populaires en 2011. Peut-être que l’Émir avait raison dans son estimation. Il semblait alors qu’une grande partie des pays du Golfe (y compris les EAU) pourrait être renversée par la guerre de l’information menée par Al-Jazeera et tomber aux mains des Frères musulmans, que le Qatar nourrissait comme un moyen pour réformer le monde arabe sunnite.

Pour être clair, le Qatar était précisément en train de défier l’Arabie saoudite – et pas seulement sur le plan politique. En parrainant les Frères musulmans, il contestait la doctrine même qui sous-tendait les fondements religieux de la monarchie absolue de l’Arabie saoudite – les Frères musulmans, contrairement aux Al-Saoud, soutiennent que la souveraineté spirituelle repose sur la communauté des musulmans, la Oumma – et non sur le roi saoudien. Les Saoudiens détestaient cet orgueil qatari révolutionnaire qui menaçait complètement la domination des Al-Saoud. Mohammed bin Zayed (MbZ) aussi, qui croyait que les Frères musulmans visaient son royaume Abu Dhabi – et c’était le cas. Il y avait aussi d’anciens griefs et de la rivalité entre Abu Dhabi et le Qatar. L’Émir qatari avait finalement dépassé les bornes, il fut chassé de son trône et exilé en 2013.

Historiquement, Abu Dhabi avait toujours eu une relation quelque peu fragile avec l’Arabie saoudite, qui condescendait à l’existence de ces émirats mineurs, mais avec le prince héritier qui dirige l’Arabie saoudite,  Mohammed ben Salmane (MbS), MbZ a détecté une chance pour lui (et Abu Dhabi) non seulement d’influencer le jeune MbS, mais aussi pour Abu Dhabi de devenir le nouveau Qatar, boxant bien au dessus de sa catégorie, avec son léger poids politique. Mais, contrairement au Qatar, ne cherchant pas à rivaliser avec l’Arabie saoudite, mais devenant le Magicien d’Oz derrière le rideau, tirant les ficelles de l’Arabie saoudite pour gagner en influence aux États-Unis, et obtenir ainsi l’approbation et la faveur américaines pour MbS, et pour lui, contre les Frères musulmans laïques, néo-libéraux et anti-iraniens.

Et d’une certaine manière, le succès de MbZ, à la suite de la guerre israélienne de 2006 contre le Hezbollah, dans l’établissement d’un lien avec les Américains – grâce au  général Petraeus, alors commandant du CentCom – lien centré sur la menace de l’Iran ; son utilisation habile de la peur de l’infiltration par les Frères musulmans pour ouvrir une porte à l’expansion du contrôle d’Abu Dhabi sur Dubaï et le reste des principautés, au niveau de la sécurité ; et son utilisation de l’assistance financière d’Abu Dhabi aux autres émirats à la suite de la crise financière de 2008, devaient devenir LE prototype pilote pour l’élimination des rivaux politiques, et l’acquisition d’un pouvoir sans limites. Ce chemin vers le sommet devait être un exemple pour l’ascension ultérieure de MbS vers l’autorité absolue en Arabie saoudite, sous la férule du vieux MbZ. Le duo avait l’intention d’inverser le cours du Moyen-Orient, pas moins, en entravant l’Iran, et avec l’aide américaine et israélienne, restaurer la primauté de l’Arabie Saoudite.

Le président Trump a complètement (et apparemment irrévocablement) endossé MbS et MbZ. Mais cela s’est avéré être un autre cas de surestimation du Golfe, celui-ci ne pouvait rien faire pour la normalisation de Jérusalem en Israël et Netanyahou ne pouvait rien pour alléger la situation des Palestiniens – que ce soit avec la coalition existante, ni en former une autre. Et, dans tous les cas, même Mahmoud Abbas ne pouvait rien concéder sur le statut de Jérusalem. Alors Trump a tout simplement donné la ville sainte à Israël, déclenchant ainsi un moment emblématique d’isolement diplomatique quasi-complet de l’Amérique. Politiquement, MbS, MbZ, Netanyahou et Jared Kushner ont tous échoué et sortent humiliés et affaiblis. Mais surtout, le président Trump est maintenant coincé dans son étreinte avec un dirigeant saoudien agité, et dans son antipathie radicale envers l’Iran, comme cela a été démontré à l’ONU dans son discours de septembre à l’Assemblée générale.

En restant sur ce projet anti-iranien, le président Trump se trouve maintenant – à travers son jugement erroné sur les capacités de MbS et de MbZ d’apporter quelque chose de substantiel – sans troupes armées sur le terrain. Le Conseil de coopération du Golfe est en miettes, l’Arabie saoudite est en ébullition, l’Égypte dérive vers Moscou en achetant à la Russie des systèmes anti-missiles S300 pour 1 milliard de dollars, et 50 avions de combat Mikoyan MiG-29 pour 2 milliards de dollars. La Turquie est aliénée et joue sur les deux tableaux, Moscou et Washington, et une grande partie de l’Irak se range du côté de Damas et de Téhéran. Même les Européens se moquent de la politique américaine en Iran.

Bien sûr, Trump peut encore frapper l’Iran. Il peut le faire, même, sans résilier le traité anti-nucléaire JCPOA. Sa position, en créant l’incertitude du retrait ou non du JCPOA, ainsi que ses menaces de sanctions alternatives sont probablement suffisantes pour faire fuir les entreprises européennes (et quelques autres importantes) qui voudraient commencer des projets commerciaux en Iran. Aussi douloureux que cela puisse être pour le peuple iranien, cela ne peut dissimuler la nouvelle réalité du conflit post-syrien : que ce soit au Liban, en Syrie ou en Irak, peu de choses peuvent se produire sans la participation iranienne, d’une manière ou d’une autre. La Turquie aussi ne peut poursuivre une stratégie kurde réaliste sans l’aide iranienne. Et la Russie et la Chine ont toutes deux besoin de l’aide iranienne pour s’assurer que le projet de Route de la Soie, One Belt, One Road, ne soit pas déraillé par les extrémistes djihadistes.

Voici la réalité : alors que les dirigeants américains et européens parlent sans cesse de leurs plans pour contenir l’Iran, celui-ci et ses alliés régionaux (Syrie, Liban, Irak – et dans une mesure imprévisible, la Turquie) sont, de fait, en mesure de contenir – c’est-à-dire, dissuader militairement – l’Amérique et Israël. Et le centre de gravité économique de la région, inexorablement, s’éloigne du Golfe, vers la Chine et le projet eurasien de la Russie. La force économique du Golfe a dépassé son apogée.

Déployer une petite force d’occupation américaine dans le nord-est de la Syrie n’est pas une menace pour l’Iran, mais offre plutôt un otage à Damas et à Téhéran. Tel est le glissement de l’équilibre des pouvoirs entre les États du Nord de la région et ceux du Sud. Une force militaire américaine en Syrie, ostensiblement pour contenir l’Iran – indiquant que les États-Unis pourraient par la suite se repentir, si la Turquie devait agir – ou, finalement, abandonner en laissant leurs anciens alliés kurdes tourner en rond dans le vent sec syrien.

Alastair Crooke

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/la-realite-du-conflit-post-syrien-qui-contient-qui

 

Un F-16 israélien s’écrase après une frappe en Syrie

Moyen-Orient

Un F-16 israélien s’écrase après une frappe en Syrie

© Jack Guez, AFP | Un F16 israélien s’est écrasé dans le nord d’Israël, samedi 10 février.

Vidéo par Antoine MARIOTTI

Texte par FRANCE 24 https://platform.twitter.com/widgets/follow_button.36c0c29c73929bf937f4c70adb1a29e4.fr.html#dnt=false&id=twitter-widget-2&lang=fr&screen_name=France24_fr&show_count=false&show_screen_name=false&size=m&time=1518276997658

Dernière modification : 10/02/2018

L’armée syrienne a indiqué samedi avoir repoussé « une nouvelle agression » d’Israël contre une base militaire dans le centre de la Syrie. L’armée israélienne indique pour sa part qu’un de ses F16 a été abattu alors qu’il frappait « une base iranienne ».

Un avion de combat F-16 israélien s’est écrasé en Israël, samedi 10 février, après avoir essuyé des tirs de la défense anti-aérienne syrienne alors qu’il frappait des « cibles iraniennes » en Syrie.

Le F-16 est tombé dans le nord du territoire israélien, mais un porte-parole de l’armée n’a pas précisé si l’appareil avait été effectivement touché par les tirs anti-aériens ou s’il était tombé à la suite d’un incident technique. Un des pilotes est gravement blessé.

C’est la première fois que l’armée israélienne dit ouvertement avoir visé des « cibles iraniennes » en Syrie depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, où l’Iran aide militairement le régime de Bachar al-Assad.

L’Iran crie au mensonge

Immédiatement, l’Iran a accusé Israël de « mensonges » et souligné le droit de la Syrie à la « légitime défense », en riposte à des raids israéliens lancés après l’interception, selon l’État hébreu, d’un drone présenté comme iranien.

« Les allégations à propos du survol d’un drone iranien sont trop ridicules », a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi. « Pour couvrir ses crimes dans la région, les dirigeants israéliens recourent à des mensonges contre les autres pays », a-t-il ajouté. « La Syrie a le droit à la légitime défense » face à Israël.

Les hostilités semblaient se poursuivre. L’agence officielle syrienne Sana a rapporté que la défense anti-aérienne avait repoussé quelques heures plus tard une nouvelle attaque de l’armée de l’air israélienne, près de la capitale Damas.

Un drone iranien à l’origine de l’échange d’hostilité

L’accès de fièvre a commencé dans la nuit avec l’interception par l’armée israélienne d’un drone présenté comme iranien au-dessus de son territoire.

« Un hélicoptère de combat a procédé à l’interception réussie d’un appareil sans pilote qui avait été lancé de Syrie et est entré en Israël », a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué.

L’aviation israélienne a frappé 12 objectifs, y compris trois batteries de défense anti-aériennes et quatre cibles iraniennes non précisées mais « appartenant au dispositif militaire iranien en Syrie. »

Les avions israéliens ont alors essuyé « de multiples tirs de missiles anti-aériens », a-t-elle dit. Les pilotes de l’un des avions ont dû s’éjecter et sont retombés en territoire israélien, où ils ont été emmenés à l’hôpital.

Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, les raids israéliens ont visé des cibles dans l’est de la province de Homs (centre), dans une région où sont présents, a-t-il dit, des forces iraniennes et des membres du Hezbollah libanais pro-iranien.

L’armée israélienne a prévenu qu’elle considérait « l’attaque iranienne et la riposte syrienne comme une violation grave de la souveraineté israélienne ». Elle surveille la situation « et est totalement prête à de nouvelles actions, en fonction de son évaluation de la situation et des nécessités ».

« L’Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne », a tweeté le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

« Prêts à tous les scénarios »

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël suit avec la plus grande attention l’évolution de la situation chez son voisin, veillant à ne pas être aspiré dans le conflit tout en frappant ponctuellement des positions du régime syrien ou des convois d’armes à destination du Hezbollah, sa bête noire, en fonction de ce qu’il présente comme ses intérêts.

>> À lire aussi : Le Hezbollah, la milice libanaise devenue acteur incontournable au Moyen-Orient

Israël et la Syrie restent officiellement en état de guerre depuis des dizaines d’années. Les relations sont d’autant plus tendues que le régime syrien est soutenu par le Hezbollah et l’Iran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’a cessé au cours des derniers mois de mettre en garde contre l’expansion de l’Iran dans la région et de prévenir vigoureusement qu’Israël ne permettrait pas que la présence iranienne en Syrie menace ses intérêts.

Mardi, il s’était rendu avec des membres de son gouvernement sur le plateau du Golan syrien occupé par Israël pour un briefing de sécurité. « Nous sommes pour la paix, mais nous sommes prêts à tous les scénarios et nous ne conseillons à personne de nous chercher », avait-il averti.

Avec AFP

Première publication : 10/02/2018

http://www.france24.com/fr/20180210-syrie-israel-f16-affirme-avoir-repousse-agression-israelienne-armee-iran?xtor=EPR-300-[Quotidienne]-20180210-[contenu]-1044053310412

La France s’oppose au Consensus de Sotchi

La France s’oppose au Consensus de Sotchi

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Interrogé par BFM TV, le 7 février 2018, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a accusé « la Turquie, le régime de Damas, l’Iran et tous ceux qui attaquent la Ghouta orientale et Idleb » de violer le droit international.

L’expression « régime de Damas » désigne la République arabe syrienne, État membre de l’Onu. La Ghouta orientale abrite des combattants encadrés par les Frères musulmans et les Forces spéciales britanniques. Idleb est contrôlé par Al-Qaïda.

Contrairement aux propos du ministre, les opérations militaires de la Syrie sur son propre territoire ne violent pas le droit international. Elles se situent au contraire dans le cadre de la Charte de l’Onu et de la résolution 2625 de l’Assemblée générale. La participation de l’Iran aux combats, à la requête du président el-Assad, est tout aussi légale en droit international.

Par contre, la présence de Forces spéciales françaises sans autorisation du gouvernement internationalement reconnu de la Syrie contrevient à la Charte de l’Onu et à la résolution 2625.

Le 13 novembre 2017, le secrétaire à la Défense US, James Mattis, avait déjà prétendu que la présence des troupes de son pays sans autorisation de la Syrie était autorisée par le Conseil de sécurité. Ce qui est faux.

M. Le Drian intervenait pour s’opposer au Consensus de Sotchi. Il a accusé la Syrie d’utiliser des armes chimiques et a rappelé que la France n’accepterait de paix que négociée à Genève sous l’autorité du Département des affaires politiques de l’Onu (c’est-à-dire de Jeffrey Feltman) et incluant la Ghouta orientale et Idleb. Or, le Conseil de sécurité interdit toute négociation de ce type avec Al-Qaïda, ce qui rend la position française impossible à satisfaire.

 

http://www.voltairenet.org/article199625.html

Consensus entre Syriens à Sotchi

Consensus entre Syriens à Sotchi

Si le Congrès du Dialogue national syrien n’a pas réglé le conflit, il a balayé les groupuscules qui prétendaient représenter les Syriens pour le compte des Occidentaux. Il a également dégagé un consensus, adopté par les représentants de la presque totalité des Syriens, et décidé de la création d’une Commission constituante. Les bases de la paix ont été posées, mais sans les Occidentaux.

| Damas (Syrie)

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Pour la première fois depuis le début du conflit, en 2011, une conférence réunissant 1 500 délégués syriens, de toutes origines, confessions, et de presque toutes les opinions politiques s’est tenue à Sotchi : le Congrès du Dialogue national syrien.

Cette initiative du président Vladimir Poutine était placée sous le haut-patronage de l’Iran, de la Russie et de la Turquie [1]. Elle a été dénigrée, voire rejetée, sans motif, par les autres puissances impliquées dans la guerre. De facto, l’idée d’une conférence inter-syrienne les excluait du processus de paix.

Le Congrès est-il représentatif des minorités ?

De multiples pressions ont été exercées par les partisans de la guerre pour que ce Congrès ne soit pas représentatif du peuple syrien. Dans l’esprit des étrangers, Russes compris, la Syrie abrite des minorités qui aspirent à l’autonomie. Ce serait le cas des Kurdes et des Druzes. Or, cette vision des choses ignore ce qu’est le projet syrien depuis plusieurs milliers d’années.

Ce territoire asiatique, qui va de l’Ouest de l’Euphrate jusqu’au Sinaï, est peuplé d’une multitude de minorités, certes des Kurdes et des Druzes, mais aussi des Tukmènes, des Tchétchènes, des Géorgiens, des Bédouins, des Arméniens, etc., etc. Ces minorités ethniques sont elles-mêmes composées de minorités religieuses avec des confessions antiques comme les alaouites (par la suite christianisés, puis islamisés), des chrétiens de toutes sortes d’Églises et des musulmans sunnites et chiites. Ce territoire est situé entre les cinq mers, de sorte qu’il constitue un point de passage obligé aussi bien pour les commerçants que pour les conquérants. Tout au long de leur histoire, ces peuples ont adhéré à un projet commun : la Syrie. Ils ont appris qu’ils avaient besoin les uns des autres pour résister à toutes sortes d’envahisseurs. Et ils se sont mélangés partout, au point qu’au début du XXème siècle, aucune minorité ne s’identifiait avec une région particulière. Il aura fallu la colonisation britannique et française pour tenter de transformer la Palestine en État juif, le Liban en chrétien, et la Jordanie en musulmane. De ce vaste espace, seule l’actuelle République arabe syrienne conservait, il y a encore dix ans, cette profonde mixité.

En préparant le Congrès de Sotchi, les diplomates russes ont d’abord spontanément pensé qu’il suffirait de fédéraliser le pays selon ses minorités pour y rétablir la paix. Dans sa première mouture, cette conférence devait d’ailleurs s’appeler « Congrès des peuples de Syrie ». En discutant avec les uns et les autres, ils ont pris conscience que l’histoire de la Syrie est différente de celle de la Russie et que, géographiquement, il n’est pas possible de fédéraliser ce pays de mixité. Au contraire, les Israéliens ont poursuivi l’idée de séparer les Kurdes des Arabes, les Français de distinguer les chrétiens des musulmans, etc. Ce faisant, ils plaçaient leur action dans la continuité des accords coloniaux Sykes-Picot-Sozonov.

À leur instigation, les Kurdes du PYD ont boycotté ce Congrès. Mais, contrairement à un préjugé répandu en Occident, si le PYD est le seul parti politique exclusivement kurde, il est minoritaire parmi les Kurdes de Syrie. Dans la culture nationale, tout parti ethnique est illégitime, le PYD étant une exception.

Quoi qu’il en soit, les présents au Congrès étaient soit des élus au suffrage universel, soit des leaders d’associations, soit des personnalités reconnues. Les invitations avaient été lancées au plus large de manière à n’oublier personne.

Le Congrès est-il représentatif des opinions politiques ?

Chaque puissance impliquée dans la guerre sponsorise des Syriens qui représentent leur intérêt. Au début, la Turquie et l’Arabie saoudite organisèrent et financèrent le Conseil national syrien à Istanbul. Puis, avec l’entrée en jeu du Qatar ce fut la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution. Au fur et à mesure des événements, plusieurs groupes sont apparus, chacun directement instrumenté par une partie étrangère.

Un groupe a refusé à l’avance de participer au Congrès de Sotchi : le Haut-Comité des négociations qui, contrairement à ce que son nom indique, refuse toute négociation. Il est basé à Riyad et représente les intérêts saoudiens (qui sont dans la population syrienne censés correspondre à ceux des tribus bédouines du désert syro-iraqo-saoudien). S’il tient —face caméras— un discours démocrate, il promeut les valeurs du désert —tribalisme, religion unique et refus de l’Histoire—.

L’absence du Haut-Comité de négociations illustre l’impossibilité d’étendre à l’ensemble de la Syrie les valeurs de sa minorité bédouine. Cependant, de même qu’il y a eu par le passé une alliance entre le Royaume saoudien et la République arabe syrienne, il n’est pas impossible de coexister. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le baasiste Riad Hijab, après avoir été retourné par les services secrets français, accepta de présider le Haut-Comité. Il avait été gouverneur, ministre, puis président du Conseil des ministres (et non pas Premier ministre comme le disent les médias occidentaux sans comprendre le système présidentiel syrien). Issu de la même tribu que le roi d’Arabie, il avait déjà expérimenté la solution avant la guerre et en avait été pleinement satisfait.

Un second groupe a physiquement boycotté le Congrès, mais ne l’a fait savoir qu’une fois arrivé à Sotchi et s’y est fait représenter. Composé principalement de certains Frères musulmans et de Turkmènes, il est sponsorisé par la Turquie. Ankara, qui hésitait à l’exhiber, l’a encouragé à dénoncer la partialité des organisateurs —dont il faisait partie—, de sorte qu’il était absent du Congrès mais a donné pouvoir en son nom aux diplomates turcs.

Ses membres ont prétexté que le logo du Congrès incluait le drapeau de la République arabe syrienne et excluait le leur (celui de la colonisation française qui était resté en vigueur au début de l’indépendance). Ce faisant, ils illustraient l’impasse dans laquelle ils se sont fourvoyés : en assimilant le drapeau syrien au parti Baas et en promouvant celui de la colonisation, ils manifestaient leur mépris pour les héros de l’indépendance et leur ralliement à l’occupation étrangère. C’est en réalité peu important puisqu’ils s’en sont remis à la puissance qui les paye, la Turquie, et sont repartis à Istanbul sans sortir de l’aéroport.

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Les représentants de la presque totalité des factions syriennes, à l’exception du Haut-Comité des négociations (pro-Saoudiens) et du YPG (pro-Français), ont adopté la Déclaration finale et la Commission constituante.

Le Congrès a-t-il acté des accords inter-Syriens ?

Certes Non, mais Oui. La Déclaration finale en douze points ne comporte rien de nouveau, mais elle a été signée par toutes les factions syriennes, sauf le PYD et le Haut-Comité des négociations qui étaient absents [2]. Des délégués de l’opposition extérieure ont chahuté le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, durant son discours introductif. Pourtant, après s’être fait remarqués par leur comportement infantile devant les caméras occidentales, ils ont adopté la Déclaration.

Même en imaginant une vaste représentativité aux deux groupes absents, le Congrès représentait au moins 90 % des Syriens, ce qui renverse complètement l’équation diplomatique. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, bien qu’ils aient brocardé cette initiative, ne peuvent pas ignorer le consensus qu’elle a établi.

Cela fait six ans que les factions syriennes discutent en vain, à Genève, Vienne, Astana et Sotchi. Leur échec provient exclusivement de l’existence d’un plan caché, successivement soutenu par l’administration Obama et par celle des Nations unies : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne et l’installation au pouvoir des Frères musulmans sous protection de l’Otan [3].

Les principaux points du Plan Feltman

-  la souveraineté du Peuple syrien sera abolie  ;
-  la Constitution sera abrogée  ;
-  le Président sera destitué (mais un Vice-président restera en charge des fonctions protocolaires)  ;
-  l’Assemblée du Peuple sera dissoute  ;
-  au moins 120 dirigeants seront considérés comme coupables et interdits de toute fonction politique (il s’agit probablement de la liste des personnes sanctionnées par l’Union européenne)  ;
-  la Direction du Renseignement militaire, la Direction de la Sécurité politique et la Direction de la Sécurité générale seront décapitées ou dissoutes  ;
-  les «  prisonniers politiques  » seront libérés et les Cours antiterroristes abrogées  ;
-  le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution devront se retirer  ; alors et alors seulement, la communauté internationale luttera contre le terrorisme.

Dans une période de 2 à 3 semaines, un «  Organe de transition gouvernemental  » sera constitué et disposera de tous les pouvoirs politiques, exécutifs, législatifs et judiciaires. Il comprendra  :
-  2/5 de représentants de la République arabe syrienne incluant les membres de l’opposition loyaliste,
-  2/5 de représentants de l’opposition non loyaliste,
-  et 1/5 de personnalités de la société civile choisies par un représentant du secrétaire général de l’Onu.

Source : Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

Aucun des points figurant dans ce plan n’a été adopté par le Congrès de Sotchi.

En outre, le Congrès a décidé la création d’une commission constituante composée de 150 délégués désignés par tiers par Ankara, Moscou et Téhéran.

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Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, Stefan De Mistura, est acclamé par les délégués, représentant la quasi totalité des Syriens, lorsqu’il reconnaît la Déclaration finale et la Commission constituante.

Le Congrès pèsera-t-il sur les négociations de Genève ?

Espérant saboter le processus de paix, la France avait organisé, le 23 janvier à Paris, une conférence contre le président el-Assad. Il s’agissait de s’appuyer sur les rapports de la Mission de l’Onu relative aux armes chimiques de manière à accuser Bachar el-Assad et à empêcher qu’il se présente aux suffrages de ses concitoyens ; ce que l’on peut résumer ainsi : la démocratie oui, mais sans el-Assad [4]. Rappelons que la Mission de l’Onu avait refusé de vérifier sur place les éléments qu’elle avait recueillis et que le Conseil de sécurité avait rejeté ses rapports [5].

Observons que la Turquie ne s’est pas contentée de représenter une délégation qu’elle a fait repartir à Istanbul. Adepte du double langage et des retournements in extremis de position, elle a participé à la conférence de Paris et co-organisé le Congrès de Sotchi.

Pour que le consensus de Sotchi ait un impact sur le terrain, il faut qu’il soit avalisé par l’Onu. D’où les manœuvres pour écarter l’Organisation de ce processus.

Or, contrairement à toute attente, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, Stefan de Mistura, est venu à Sotchi. Il a reconnu la légitimité de ce Congrès et a donné l’onction de son organisation à la Commission constituante. S’il ne se ravise pas, c’est un pas décisif pour la mise en œuvre du plan el-Assad du 12 décembre 2012, adopté par la communauté internationale comme résolution 2254 du Conseil de sécurité. C’est aussi, par conséquent, une lourde défaite pour le numéro 2 de l’Onu, Jeffrey Feltman, qui agit en sous-main depuis six ans (et même depuis 13 ans sous d’autres fonctions) pour contraindre la République arabe syrienne à une capitulation sans condition.

Quelles sont les conséquences diplomatiques du Congrès de Sotchi ?

Les puissances qui ont minimisé le Congrès de Sotchi parce qu’elles craignaient qu’il n’acte le rôle central de la Russie et de ses alliés turcs et iraniens ont perdu. Personne jusqu’à présent n’avait été capable de réunir tant de personnalités représentatives du peuple syrien, personne non plus n’était parvenu à faire adopter un document commun à des groupes de l’intérieur et de l’extérieur. Oui, la Russie et ses alliés sont désormais au centre du jeu, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Arabie saoudite se sont eux-mêmes exclus.

L’Arabie saoudite et la France sont les grand perdants de cette opération. Le Haut-Comité des négociations, qui représentait seul l’opposition syrienne à Genève, est désormais en concurrence avec le consensus de la presque totalité des Syriens. Le PYD, que la France était parvenue à présenter comme représentative des Kurdes de Syrie, s’est révélé n’être qu’une formation parmi de nombreuses autres, sans autre représentativité que ses armes offertes par le Pentagone.

[1] “Sergey Lavrov’s opening remarks at a plenary meeting of the Syrian National Dialogue Congress”, Voltaire Network, 30 January 2018.

[2] “Final statement of the Congress of the Syrian national dialogue”, Voltaire Network, 30 January 2018.

[3] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[4] « Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques », Réseau Voltaire, 23 janvier 2018.

[5] « À l’Onu, l’incapacité US d’admettre la réalité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 novembre 2017.

http://www.voltairenet.org/article199560.html

Reconceptualiser le rôle de l’Iran en Eurasie

Reconceptualiser le rôle de l’Iran en Eurasie


Par Andrew Korybko – Le 2 janvier 2018 – Source Oriental Review

Iran's role in EurasiaLa République islamique a jusqu’ici placé son objectif stratégique sur la sécurisation de ses flancs occidentaux et méridionaux. Cet objectif étant largement réalisé dans la mesure du possible dans les circonstances géopolitiques actuelles, il est temps que l’Iran redirige son attention vers le Nord et l’Est afin de maximiser son rôle eurasien dans les clubs complémentaires de Grandes Puissances, le « CENTO multipolaire » et « Cercle d’Or ».

Syrie : Victoire totale contre Règlement par « compromis »

La phase militaire de la guerre contre la Syrie se termine rapidement et on passe à la prochaine étape politique. Mais c’est loin d’être la victoire absolue comme cette campagne est populairement présentée dans la Communauté des médias alternatifs. Il y a encore plusieurs problèmes non résolus qui vont nécessiter de tous les côtés un « compromis » dans le futur. La République arabe syrienne a été sauvée d’un effondrement de type libyen et ses minorités ont échappé au destin génocidaire imminent qui leur aurait été réservé si les terroristes avaient gagné, et bien que ces réalisations soient en elles-mêmes remarquables, elles ne représentent pas une victoire totale parce que le sort politique du président Assad n’est toujours pas résolu et que les Kurdes syriens, soutenus par les États-Unis, occupent actuellement le tiers le plus riche en énergie et en agriculture du pays. Non seulement cela, mais « l’opposition armée » contrôle Idlib, la frontière sud près des hauteurs du Golan occupées, et quelques autres régions du pays, conformément aux accords de « désescalade » (DEZ) conclus à Astana, montrant que l’État n’a pas encore complètement rétabli son contrôle sur l’ensemble du pays.

Le souhait sincère de Damas est de voir le Président syrien continuer à assumer le reste de son mandat avec les mêmes pouvoirs que ceux qui lui ont été conférés par la Constitution de 2012 et de libérer les parties restantes du pays qui sont encore au-delà de la portée administrative et politique de la capitale. Le processus de réforme constitutionnelle mandaté par la résolution UNSC Res. 2254 et la loi d’« équilibrage » régional de la Russie façonnent l’environnement stratégique de telle sorte qu’il semble inévitable que le gouvernement soit obligé de « faire des compromis » sur ces questions d’une manière ou d’une autre. L’Iran, cependant, partage l’opinion de son allié syrien selon laquelle une victoire totale est possible avec le temps et que la guerre devrait être poursuivie, attirant ainsi l’attention sur une différence majeure de vision à long terme entre Téhéran et Moscou. En outre, le retrait militaire massif de la Russie et l’accord conclu entre les présidents Poutine et Trump au Vietnam fin novembre font pression sur l’Iran et ses partenaires du Hezbollah pour qu’ils réduisent leurs forces, maintenant que Moscou a officiellement déclaré que le terrorisme était une menace éliminée en Syrie.

Une rivalité russe ?

La complication des relations russo-iraniennes malgré les déclarations rassurantes en public de chacun des deux côtés à propos de l’autre et de leur partenariat, vient du fait que la stratégie d’équilibrage de Moscou a ouvertement inclus les rivaux saoudiens, haïs de Téhéran. Pour la défense de la Russie, elle le fait pour stabiliser la situation régionale et faire des avancées multipolaires dans le Royaume wahhabite aux côtés de la Chine. Une des manifestations de cette politique est que Moscou se prononce davantage en faveur du président yéménite déchu Abdrabbuh Mansour Hadi. En outre, la Russie entretient d’excellentes relations avec Israël et ne condamne pas Tel-Aviv lorsqu’elle bombarde l’armée arabe syrienne et ses forces alliées (dont certaines seraient le Hezbollah et même parfois le Corps des gardiens de la révolution iranienne). Comme dernier point de divergence stratégique entre la Russie et l’Iran au Proche-Orient, il est bien connu que Moscou cultive des relations très étroites avec les Kurdes syriens et irakiens, bien que tout comme ses relations avec les Saoudiens, elle le fasse pour défier l’ancienne position dominante des États-Unis concernant ces acteurs.

Renforcement de la profondeur stratégique

La trajectoire actuelle de la géopolitique du Proche-Orient et les différences post-Daesh croissantes entre la Russie et l’Iran dans la région suggèrent que les deux grandes puissances ont en réalité moins de points communs que les observateurs ne le pensaient à première vue. ils sont condamnés à se heurter les uns aux autres comme certains le spéculent. L’Iran a encore une profondeur stratégique considérable au Proche-Orient par son partenariat avec le Hezbollah et son influence au Liban, les alliances de guerre qu’il a nouées avec Damas et Bagdad, le soutien politique qu’il apporte aux rebelles houthis au Yémen, sa nouvelle relation avec le Qatar, et le leadership normatif qu’il exerce dans la communauté musulmane mondiale (« Oumma ») et en particulier chez les chiites vivant dans les monarchies du Golfe à majorité sunnite. Ce sont des références stratégiques impressionnantes en soi et il sera difficile pour les États-Unis et leurs alliés de « contenir » l’Iran même si certains des objectifs de Washington à cet égard semblent se chevaucher avec ceux de Moscou. Cela dit, on peut dire que l’Iran a atteint le zénith de son pouvoir régional et devrait maintenant se concentrer sur la défense de ses gains récents au lieu de se multiplier pour en faire plus.

La nouvelle stratégie de sécurité nationale des USA indique clairement que l’administration Trump accuse l’Iran de tous les problèmes du Moyen-Orient et fera tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer les plans de Téhéran pour la région, augmentant ainsi la possibilité de diverses guerres hybrides dans les domaines susmentionnés qui constituent sa profondeur stratégique. Couplé avec les divergences croissantes entre la Russie et les visions régionales de l’Iran, il sera extrêmement difficile pour la République islamique d’étendre son influence au-delà de ce qu’elle a déjà atteint, ce qui est déjà substantiel et éclipse largement celle de ses rivaux. Les prochaines années seront donc marquées par une lutte pour sécuriser ces acquis face à la résistance multidimensionnelle, en supposant que celle-ci connaîtra des niveaux de succès différents selon les arènes concernées. L’Iran ne doit pas devenir complaisant et tenir sa nouvelle influence pour acquise, mais continuer à protéger ses intérêts tout le long des flancs occidentaux et méridionaux, tout en comprenant que sa liberté d’action sera sévèrement limitée en raison des circonstances régionales plus difficiles qui vont former le nouveau cadre opératoire.

Démonstration pour le CENTO [Central Treaty Organization] multipolaire

Précédent de la guerre froide

Au lieu de se concentrer uniquement sur cette campagne défensive, l’Iran devrait ré-conceptualiser son rôle régional en Eurasie et se rendre compte que c’est maintenant le moment idéal pour réorienter beaucoup de ses efforts vers les fronts Nord et Est en saisissant pro-activement une initiative pour faire avancer le cause de l’intégration institutionnelle multipolaire, qui défendra le plus efficacement ses intérêts parce qu’ils seront « légitimés » par le biais du multilatéralisme des Grandes puissances. Pour le comprendre, il faut analyser la position géographique de l’Iran qui lui confère le potentiel de relier le Pakistan et la Turquie à travers ce que l’auteur a décrit comme le « CENTO multipolaire ». Téhéran connaît une renaissance de ces relations avec Islamabad et Ankara. Il serait donc avantageux de promouvoir ce concept. Les trois grandes puissances musulmanes ont été regroupées sous un parapluie de sécurité semblable à celui de l’OTAN avant la révolution islamique de 1979, et bien que ce format n’ait jamais été vraiment concrétisé, il constitue un précédent institutionnel pour le renouvellement de la coopération trilatérale entre ces États.

Map of Iran

La ceinture de stabilité

Faire progresser le concept du CENTO multipolaire doit devenir un point prioritaire pour la politique étrangère post-Daech de l’Iran. De nos jours, le Pakistan et la Turquie font l’objet d’énormes pressions américaines en raison de leurs étroites relations de travail avec la Chine et la Russie, respectivement. Ils partagent également les mêmes défis de sécurité que l’Iran quand il s’agit de la menace du séparatisme kurde et baloutche soutenus par les États-Unis. De plus, les trois pays ont l’intention de jouer un rôle important dans la vision globale de la Nouvelle Route de la Soie chinoise et de ses connectivités. En se réunissant sous ce CENTO multipolaire (ou quel que ce soit le nom qui pourrait être donné à cet arrangement trilatéral s’il entre en pratique), chacun d’entre eux peut collectivement aider l’autre sur un large éventail de questions coopératives allant de la sécurité à la sphère économique. Ce cadre a également le potentiel d’améliorer leur pouvoir de négociation vis-à-vis de la Chine lorsqu’il s’agira de négocier de meilleures affaires dans le cadre de cette Route de la Soie. Le CENTO multipolaire fonctionnerait comme une ceinture trans-régionale de stabilité s’étendant des Balkans à l’Asie du Sud et de l’Asie centrale au golfe Persique, et il a par conséquent la chance de se transformer en une puissance géopolitique.

Position stratégique

Le Pakistan et la Turquie sont des États à majorité sunnite tandis que l’Iran revendique une majorité chiite, et leur coopération trilatérale peut dissiper symboliquement le récit sectaire militarisé qui a été diffusé par les États-Unis et ses alliés saoudiens au fil des ans. En privilégiant leurs relations les uns avec les autres, ces pays réduisent leurs dépendances stratégiques vis-à-vis de la Russie et de la Chine et renforcent ainsi leur propre souveraineté en diversifiant leurs partenariats. Ceci est particulièrement pertinent pour l’Iran, qui sera soumis à une pression accrue dans les années à venir, alors que la campagne de « confinement » des États-Unis est réorganisée pour s’adapter au nouvel environnement de Daech. Téhéran a plus que jamais besoin de Moscou en dépit des différences de vision politique de la Russie sur la Syrie (et le Yémen, dans une autre mesure). Si l’Iran ne rationalise pas rapidement ses relations trilatérales avec le Pakistan et la Turquie, il n’aura d’autre choix que de dépendre économiquement de la Russie alors que l’Amérique élargit sa guerre hybride contre la République islamique. Moscou pourrait tirer parti de son influence croissante sur l’Iran. pour l’« encourager » à « compromettre » sa politique syrienne. Pour éviter ce scénario, l’Iran a un besoin urgent du débouché stratégique que seul le CENTO multipolaire peut lui fournir.

La connexion chinoise

Comme mentionné précédemment, le CENTO multipolaire peut également devenir une plate-forme pour chacun de ces trois États afin de renforcer leur engagement avec la Chine, ce qui a également une pertinence particulière pour l’Iran. Conformément à la proposition que l’Iran déplace la proactivité de son orientation stratégique de l’Ouest et du Sud vers le Nord et l’Est, Téhéran doit commencer à exécuter une grande stratégie en Asie centrale qui facilitera la création d’un chemin de fer trans-régional à grande vitesse vers la Chine lié aux Routes de la Soie. La coopération bilatérale avec la Chine et les pays d’Asie centrale pourrait ne pas donner les résultats escomptés, surtout si ces derniers ont des réserves sur la nature religieuse du gouvernement iranien et le potentiel de prosélytisme de la Révolution islamique. Mais ces craintes pourraient être immédiatement dissipées si l’Iran utilisait le CENTO multipolaire comme véhicule d’engagement régional. La majorité de la population est composée de Turcs ethniques qui ont aussi une histoire civilisationnelle commune avec le Pakistan à majorité sunnite et la « crédibilité » de ces deux grandes puissances voisines qui pourrait s’étendre à l’Iran contribuerait grandement à les rassurer sur les motivations du pays. Il lui sera alors plus facile de mettre en œuvre sa politique étrangère.

Remplacer l’OCS

En approfondissant ses relations avec les États d’Asie centrale qui se modernisent, et dont les racines plongent dans l’Empire Perse millénaire, l’Iran peut améliorer ses chances d’adhérer un jour à l’OCS, même si ses partenaires ethnolinguistiques du Tadjikistan sont récemment et de façon quelque peu surprenante devenus un obstacle à ce projet. Ce développement inattendu rendra l’entrée de l’Iran plus difficile, malgré l’hésitation actuelle du bloc à poursuivre son expansion après l’intégration récente du Pakistan et de l’Inde. La Turquie, cependant, considère également l’OCS comme une alternative à l’UE, bien qu’elle ne puisse pas maximiser son adhésion potentielle à ce bloc sans que l’Iran ne rejoigne l’organisation. À toutes fins utiles, cela signifie que l’OCS pourrait également être au zénith de sa croissance, tout comme l’influence de l’Iran au Moyen-Orient, même si, comme pour ce dernier, cela ne signifie pas qu’un déclin est inévitable. Il s’agit plutôt d’un nouveau paradigme stratégique qui sert de nouvelle règle du jeu asymétrique, tout comme le CENTO multipolaire. Mais la meilleure solution possible est le « cercle d’or ».

Organiser le cercle d’or

Certains analystes parlent des perspectives de coopération entre les géants eurasiens que sont la Russie, la Chine, le Pakistan, l’Iran et la Turquie depuis un certain temps, qualifiant ce format de coopération de Cercle d’Or car il semble visiblement tourner autour du Heartland, le super continent d’Asie centrale. Tout en demeurant un rêve géopolitique depuis des années, le premier véritable pas dans cette direction s’est produit fin décembre lorsque les chefs parlementaires des cinq États et de l’Afghanistan se sont rencontrés à Islamabad pour une conférence sur la paix et la stabilité dans la région. Le fait même que cet événement ait eu lieu prouve qu’il y a un intérêt naissant à élargir une coopération à large spectre entre ces pays du Cercle d’Or. Cet arrangement pourrait remplacer l’OCS, surtout si l’Iran est le fer de lance de ce projet à l’avenir. La création de nouvelles plate-formes peut donner naissance à de nouvelles institutions, ce qui peut permettre la mise en place de mécanismes de facilitation tels que des outils de financement, des banques, des groupes d’experts, des accords de libre-échange et une coopération collective.

Bien qu’apparemment redondant avec de nombreuses compétences de l’OCS, le Cercle d’Or serait en réalité assez différent en raison de l’inclusion des leaders régionaux, l’Iran et la Turquie, et de son exclusion de l’Inde pro-américaine. En outre, alors que les États d’Asie centrale ne feraient pas officiellement partie de cette organisation, ils pourraient naturellement avoir le statut d’observateur avant d’émarger de facto à l’OCS et au Cercle d’or. La clé de cette réussite, cependant, est que le CENTO multipolaire prenne forme en premier, puisque le Pakistan membre de l’OCS peut servir de pont pour combiner ces deux grands blocs de pouvoir en un seul. La politique étrangère post-Daech iranienne devrait donc dépasser son rôle traditionnel d’avant-garde de la Résistance au Moyen-Orient (Levant et Golfe) et réorienter son action proactive vers la promotion de l’intégration institutionnelle sous forme d’une Grande puissance le long des vecteurs nord et est (Asie centrale et du Sud). Cela pourrait attirer plus de pays à être parties prenantes dans la stabilité de la République islamique et donc atténuer l’impact de la nouvelle stratégie américaine de « confinement ».

Réflexions finales

Le CENTO multipolaire pourrait devenir la base de l’unification de la Oumma en raison de son caractère inclusif et sectaire et de sa position géopolitique avantageuse, l’Iran occupant le rôle central dans cette construction et étant par conséquent son membre le plus important. Grâce à ce format, l’Iran peut réduire sa dépendance stratégique croissante vis-à-vis de la Russie et parvenir ainsi à une relation plus équilibrée, ce qui pourrait permettre à l’Iran de maintenir une politique indépendante en Syrie malgré les différences avec la Russie à cet égard. C’est dans l’intérêt de la Turquie et du Pakistan de diversifier leurs partenariats avec la Russie et la Chine tout en développant les leurs. Il est donc parfaitement logique que l’Iran joue le rôle d’intermédiaire dans ce CENTO multipolaire. En outre, les trois puissances musulmanes pourraient utiliser leur nouveau format pour améliorer leur position collective de négociation avec la Route de la Soie en s’assurant que de meilleurs accords « gagnant-gagnant » soient conclus et en utilisant l’infrastructure construite pour approfondir l’intégration économique de leurs secteurs réels.

Le résultat final du CENTO multipolaire est la création d’une ceinture de stabilité trans-régionale qui pourrait même jouer un rôle politique dans la résolution des conflits syriens et afghans qui touchent sa périphérie. Non seulement cela, mais cette structure pourrait ensuite contribuer à la formation du Cercle d’Or en établissant une coopération institutionnelle officielle avec la Russie et la Chine, éventuellement par une fusion stratégique de facto avec l’OCS via l’adhésion du Pakistan aux trois organisations (l’OSC, le CENTO multipolaire et le Cercle d’Or). Rien de tout cela ne peut se passer sans que le leadership iranien prenne les mesures nécessaires pour concrétiser ce CENTO multipolaire. Mais cette vision à long terme exige une ré-conceptualisation du rôle de ce pays en Eurasie et la réorientation de son orientation stratégique proactive de l’Ouest et du Sud vers le Nord et l’Est. Voyant qu’il sera plus difficile que jamais d’étendre son influence dans les deux anciens vecteurs géographiques, l’Iran devrait plutôt considérer cette situation comme une bonne occasion de se diversifier dans de nouveaux domaines et de constituer une coalition, devenant une Grande Puissance pour défendre les intérêts collectifs du monde multipolaire.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/reconceptualiser-le-role-de-liran-en-eurasie