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L’Iran va exécuter un agent de la CIA

L’Iran va exécuter un agent de la CIA

by Mali 79 juin 2020 in International 0Share on FacebookShare on Twitter

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Le porte-parole de la justice iranienne a indiqué qu’un citoyen du pays, qui a fourni des informations aux Etats-Unis, pour le meurtre du Général Qassem Soleimani, a été arrêté et sera exécuté.

Lors d’une conférence de presse télévisée, le porte-parole, Gholamhossein Esmaili, a indiqué qu’un espion, arrêté par les forces iraniennes, travaillait pour les Etats-Unis et a été condamné à mort par la justice du pays. « Mahmoud Mousavi-Majd, l’un des espions de la CIA et du Mossad a été condamné à mort. Il a indiqué où se trouvait le martyr Soleimani à nos ennemis », a déclaré Gholamhossein.

Le 3 janvier, une frappe de drones américains en Irak a tué le général Qassem Soleimani, le chef de la force d’élite iranienne Al Quds. Ce meurtre, confirmé par la maison blanche, a fait monter les tensions entre les deux pays et la riposte iranienne n’a pas tardé. Téhéran a lancé plusieurs missiles contre une base américaine en Irak. Les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ont augmenté, depuis le retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien, en mai 2018.

Source: Bénin Web TV

https://mali7.net/2020/06/09/liran-va-executer-un-agent-de-la-cia/

Pendant que vous dormiezÉtats-Unis, Pologne, Syrie, Égypte, Airbnb : les informations de la nuit

Pendant que vous dormiezÉtats-Unis, Pologne, Syrie, Égypte, Airbnb : les informations de la nuit

3 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS) 

Donald Trump va dissoudre sa “task force” dédiée au coronavirus. Le président américain a fait cette annonce mardi, lors de la visite d’une usine de fabrication de masques en Arizona, après que son vice-président Mike Pence a déclaré un peu plus tôt que la Maison-Blanche pourrait confier fin mai à des agences fédérales la coordination de la lutte contre la crise sanitaire. “Alors que la bataille de sa réélection s’annonce rude pour le président américain, la Maison-Blanche semble chercher à mettre les questions relatives au bilan de la pandémie en arrière-plan, pour mettre davantage l’accent sur ses efforts pour relancer la croissance et l’emploi”, analyse le New York Times. Une décision qui suscite de nombreuses interrogations, alors que le rythme de décès quotidiens est reparti à la hausse mardi, avec 2 333 morts supplémentaires en 24 heures.

Le Sénat polonais refuse l’organisation de la présidentielle par correspondance. La chambre basse a rejeté mardi une proposition du gouvernement qui souhaitait organiser le scrutin prévu le 10 mai par voie postale. Droit et Justice (PiS), le parti nationaliste et conservateur au pouvoir en Pologne, tente de maintenir coûte que coûte l’élection malgré la crise sanitaire provoquée par le coronavirus. L’opposition polonaise et les groupes de défense des droits de l’homme estiment que l’organisation d’une élection dans les conditions fixées par le gouvernement ne réunirait pas les garanties requises d’équité et de transparence. “La détermination du parti au pouvoir à organiser ce scrutin est purement opportuniste”estime le Guardian, dans un éditorial. Le PiS “fait le calcul qu’en temps de crise nationale, les populations ont tendance à se rassembler autour de leur gouvernement”, analyse le quotidien qui considère que “dans l’intérêt de la démocratie, cette élection devrait être reportée”.

Israël promet de poursuivre ses opérations en Syrie jusqu’au retrait de l’Iran. Téhéran “n’a rien à faire en Syrie […] et nous n’arrêterons pas tant qu’ils (les Iraniens) n’auront pas quitté” le pays, a déclaré mardi le ministre de la Défense Naftali Bennett, après une série de frappes imputées à l’armée israélienne en territoire syrien. Le dirigeant israélien n’a toutefois pas revendiqué explicitement les raids que médias d’État syriens et ONG ont attribués à l’aviation israélienne et qui ont fait 14 morts, lundi soir, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Naftali Bennett dit craindre de voir les forces pro iraniennes s’enraciner dans le sud de la Syrie, notamment dans le Golan, à la frontière israélienne. Une source issue du renseignement dans la région a déclaré à Al Jazeera qu’Israël avait intensifié ses raids en Syrie à un moment où l’attention du monde et des acteurs de la région “étaient distraits par la pandémie de coronavirus”.

Égypte : un jeune critique du pouvoir décède en prison après un empoisonnement à l’alcool. Le procureur général égyptien a affirmé mardi que Chadi Habache, réalisateur d’un vidéoclip d’une chanson engagée contre le chef de l’État Abdel Fattah Al-Sissi, a succombé samedi après avoir bu un produit désinfectant, rapporte Ahram Online“Le défunt a informé le médecin de service qu’il avait bu une certaine quantité d’alcool à midi la veille de sa mort… disant qu’il avait confondu la bouteille qu’il remplissait avec de l’eau”, a précisé le procureur. Des produits désinfectants à base d’alcool ont été distribués aux détenus pour se protéger contre l’épidémie de coronavirus, selon la même source.

Covid-19 : Airbnb licencie un quart de ses salariés. La plateforme de réservation de logements a été “durement touchée” par l’épidémie qui a mis un coup d’arrêt aux voyages dans le monde entier, avec des prévisions de revenus pour cette année “de moins de la moitié” de ceux générés en 2019, a expliqué mardi son co-fondateur Brian Chesky, pour justifier ces près de 1 900 licenciements. Avant que la pandémie ne survienne, Airbnb préparait son entrée en Bourse pour 2020, rappelle le Wall Street Journal.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1970906/article/1970975

Un nouveau monde en gestation

Un nouveau monde en gestation

21 Mars 2020

Les rédacteurs de Foreign Policy lisent-ils nos Chroniques ? Quelques jours après notre billet sur la montée en puissance du soft power humanitaire chinois en ces temps pandémiques, la revue néo-impériale a publié un article qui fera peut-être date, intitulé « Le coronavirus pourrait remodeler l’ordre mondial« . Le chapeau – « La Chine manœuvre vers le leadership mondial pendant que les Etats-Unis fléchissent » – annonce clairement la couleur et les auteurs se lamentent :

Le statut des Etats-Unis en tant que leader global durant les sept dernières décennies a été bâti non seulement sur la richesse et la puissance mais également, tout aussi important, sur la légitimité d’une bonne gouvernance intérieure, la fourniture au monde de biens et la capacité de rassembler et coordonner une réponse globale aux crises. Le coronavirus teste ces trois éléments et Washington est en train de rater l’examen.

Pendant que les Etats-Unis fléchissent, Pékin avance rapidement pour profiter des erreurs américaines, comblant le vide pour se positionner en tant que leader global. Les Chinois vantent leur propre système, fournissent une assistance matérielle aux autres Etats et aident même les gouvernements à s’organiser (…) La Chine comprend que, si elle est vue comme leader dans cette crise et que Washington donne l’impression d’être incapable de le faire, cette perception pourrait fondamentalement affaiblir la posture américaine dans les relations internationales et grandement modifier la lutte pour le leadership mondial au XXIème siècle.

Des dizaines de pays bénéficient maintenant de l’aide chinoise et les euronouilles, totalement perdus par le reflux du suzerain US, ne savent plus à quel saint se vouer. Pendant que certains tentent encore maladroitement de sauver les meubles en pointant du doigt la « propagande chinoise », d’autres sont pris d’une nostalgie résignée :

L’histoire retiendra peut-être ces journées de mars 2020, lorsque la Chine est venue au secours de l’Europe. La semaine dernière, c’était en Italie, et hier, la Chine a envoyé un million de masques en France, où il existe un risque de pénurie.

Geste symbolique d’un pays devenu une grande puissance et qui le montre à la manière dont nous, les puissants du monde d’hier, le faisions autrefois, par l’action humanitaire. Il y a, au-delà du symbole, le reflet d’un nouveau rapport de force international qui change tout.

Un article de The Intercept résume parfaitement la situation : « Pendant que les Etats-Unis incriminent la Chine pour la pandémie du coronavirus, le reste du monde lui demande son aide » Le renversement de paradigme est en effet saisissant. L’hyperpuissance américaine n’est plus que l’ombre d’elle-même et se claquemure pour contenir une épidémie dont la courbe prend une dangereuse tangente (aucun autre pays n’a connu une telle progression après autant de semaines) :

Ce qui n’empêche d’ailleurs pas les illuminés de Washington-sur-Potomac de débattre d’une escalade contre l’Iran, pourtant très durement touché par le corona. Les faucons, où l’on retrouve sans surprise Pompeo et O’Brien, le Conseiller à la Sécurité nationale, se sont toutefois cognés au mur des militaires (Esper, supremo du pentagone, ou encore Milley, le chef d’état-major), bien moins enthousiastes d’aller en découdre avec Téhéran, ce qui est d’ailleurs la ligne de Donaldinho lui-même.

Fidèle à elle-même, l’inénarrable Union européenne brille, quant à elle, par sa mollesse impuissante. Même ses thuriféraires habituels ne peuvent cacher le fiasco monumental. Comme le dit un autre article de Foreign Policy, le virus a réduit en cendres l’héritage de Merkel. Quatorze années d’européisme acharné, de péroraisons sur la « solidarité européenne » ou l’austérité financière parties en fumée en quelques jours…

Nous avions déjà vu dans un billet précédent que le président serbe ironisait sur le « conte de fée » eurocratique. Clou dans le cercueil, la Lombardie, région la plus touchée d’Italie, a fait une croix sur le soutien de Bruxelles et vient de demander l’aide de la Chine, de Cuba et… du Venezuela ! Ô ironie.

Un dernier mot sur la Russie qui, bien que de manière moins spectaculaire que Pékin, aide aussi son (proche) prochain. Des dizaines de milliers de kits de dépistage ont été fournis à tous les membres de l’Union économique eurasienne (où la solidarité semble mieux fonctionner que chez sa consœur européenne) et de l’Organisation du traité de sécurité collective, regroupant plusieurs ex-républiques de l’URSS. D’autres alliés/pays amis ont bénéficié ou bénéficieront dans les prochains jours de l’aide de Moscou : Iran, Serbie, Venezuela, Mongolie, Egypte, Italie

La presse américaine, elle, regrette que les sanctions impériales d’hier contre la Russie lui aient permis d’être bien mieux armée, aujourd’hui, que l’immense majorité des États de la planète face à la pandémie. Nous avons montré à plusieurs reprises (ici ou ici par exemple) que ces sanctions, parfois gênantes à court terme, étaient en réalité une bénédiction à long terme pour l’ours, réduisant sa dépendance vis-à-vis de l’Occident et l’obligeant à ne compter que sur lui-même.

Auto-suffisante sur le plan agricole, libre de dette et disposant de réserves considérables, la Russie va désormais empocher les dividendes de cette politique clairvoyante. « Gouverner, c’est prévoir » : personnifié par Colbert qui, en son temps, fit planter un million d’hectares d’arbres pour servir de bois de construction à la marine pour les siècles à venir, ce célèbre adage est repris avec sérénité du côté de Moscou.

Ce vieux fond de sagesse russe, ou chinoise, contraste avec le spectacle de dirigeants occidentaux sautant en tout sens comme de petites puces affolées tentant de se raccrocher aux branches. Le temps long face à l’esclavage de l’immédiateté, encore et toujours…Tag(s) : #Chine#Etats-Unis#Europe#Russie

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/03/un-nouveau-monde-en-gestation.html

Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain!

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Kassem Soleimani

Politique

Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain!

La France n’est plus audible et surtout elle n’est plus crédible. Depuis qu’elle a abandonné toute « politique arabe », c’est-à-dire depuis que les néoconservateurs atlantistes font la loi au Quai d’Orsay, elle n’a cessé de se discréditer au Proche-Orient, où elle était autrefois respectée et écoutée.Partager sur facebookPartager sur twitterPartager sur linkedin

NICOLAS GAUTHIERAprès l’assassinat du général Kassem Soleimani, l’un des personnages-clés les plus populaires de la scène politique iranienne, dans l’une de ces « frappes ciblées » dont les États-Unis ont le secret, beaucoup s’attendaient à une rapide montée aux extrêmes. La riposte iranienne a pourtant été plutôt modérée. Mise en scène ou jeu de dupes ?

ALAIN DE BENOIST : L’assassinat du général Soleimani était pourtant un acte de guerre. Et même, si les mots ont un sens, un crime de guerre – ce qui ne l’a pas empêché d’être accueilli avec jubilation par Jaïr Bolsonaro et par Matteo Salvini, président du fan club des supporters italiens de Nétanyahou. Ce meurtre, organisé à partir de la base américaine de Ramstein, en Allemagne, grâce à des renseignements fournis par le Mossad à la CIA, est aussi un événement historique, car c’est la première fois que les USA revendiquent ouvertement l’élimination d’un dirigeant de premier plan d’un État souverain avec lequel ils ne sont pas officiellement en guerre. Rien à voir par conséquent avec l’élimination de Ben Laden ou d’Abou Bakr al-Baghadi. Pour trouver un précédent, il faut remonter à l’assassinat de l’amiral Isoroku Yamamoto en avril 1943, mais c’était dans le cadre de la guerre du Pacifique. Depuis, ce sont plutôt les services secrets qui tuent dans l’ombre ceux qu’ils veulent éliminer. Pour en avoir une bonne idée, lisez Lève-toi et tue le premier, le livre que vient de faire paraître Ronen Bergman, journaliste au quotidien israélien Yediot Aharonot, qui dresse une liste de 2.700 assassinats ciblés perpétrés depuis sa création par le Mossad (plus que la CIA et le KGB réunis).

À cet assassinat, les Iraniens ont en effet répondu de façon somme toute modérée, en faisant savoir à l’avance aux Américains, par l’intermédiaire des Irakiens, qu’ils allaient frapper une de leurs bases situées en Irak, ce qui a permis l’évacuation des soldats qui s’y trouvaient. Il est probable que l’Iran a bien compris que Trump voulait avant tout séduire ses électeurs « sionistes évangéliques » et qu’il n’avait pas l’intention de s’engager dans une nouvelle guerre avant l’élection présidentielle de novembre prochain. Cela dit, le Proche-Orient étant ce qu’il est, Trump, avec sa brutalité et son mépris du droit international habituels, a pris des risques considérables car dans cette région du monde, le moindre accident peut facilement dégénérer. Attendons la suite, car il y en aura une. Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain.

NICOLAS GAUTHIERLorsque Emmanuel Macron a tenté de jouer les intermédiaires entre Téhéran et Washington, Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, a déclaré que le président français était un naïf ou un complice de l’Amérique. La voix de la France semble ne plus être entendue au Proche-Orient. Pourquoi ?

ALAIN DE BENOIST : Parce qu’elle n’est plus audible et surtout parce qu’elle n’est plus crédible. Depuis qu’elle a abandonné toute « politique arabe », c’est-à-dire depuis que les néoconservateurs atlantistes font la loi au Quai d’Orsay, la France n’a cessé de se discréditer au Proche-Orient, où elle était autrefois respectée et écoutée. Elle a assisté sans mot dire au démantèlement de l’Irak de Saddam Hussein. Elle a pris une part active au lynchage de Kadhafi, et s’entête à soutenir en Libye le gouvernement fantoche de Fayez el-Serraj. Alors que, depuis l’ère Obama, les États-Unis semblaient avoir amorcé un désengagement, au moins partiel, dans la région, tandis que les Anglais s’embourbaient dans leurs affaires intérieures, au lieu de tenter d’exploiter la situation à notre profit, nous avons rompu toute relation avec Damas pour soutenir objectivement des groupes terroristes hostiles au gouvernement syrien (al-Nostra, aujourd’hui Hayat Tahrir al-Cham). Vis-à-vis de la Turquie, nous ne savons pas sur quel pied danser. Au lieu de soutenir les chiites dans leur lutte contre les sunnites, nous n’avons pas réagi à des sanctions contre l’Iran qui nous visaient indirectement aussi, et nous nous sommes aplatis devant la prétention américaine à faire reconnaître par le monde entier la monstrueuse extraterritorialité de leurs réglementations juridiques et commerciales. Plus récemment encore, Macron n’a rien trouvé à redire au plan Donald Trump pour la « paix au Proche-Orient », qui n’était qu’une déclaration de guerre aux Palestiniens destinée à conforter dans ses positions un Nétanyahou menacé d’être jugé pour corruption aggravée. Alors que Vladimir Poutine est aujourd’hui devenu l’incontournable maître du jeu au Proche-Orient, parce qu’il est le seul à pouvoir parler avec les mollahs iraniens comme avec Nétanyahou, avec les Américains comme les Syriens, avec Erdogan comme avec les pays du Golfe, nous n’avons plus personne comme interlocuteur et nous n’avons quasiment plus de renseignements sur quoi que ce soit.

NICOLAS GAUTHIEREt la guerre qui se poursuit au Sahel ? Peut-elle être gagnée ?

ALAIN DE BENOIST : Compte tenu de la disproportion des forces engagées (quelques milliers d’hommes censés « pacifier » un territoire aussi grand que l’Europe), elle ne peut l’être en aucun cas. On peut en revanche gagner du temps et espérer stabiliser la situation pour qu’elle ne s’aggrave pas. Mais encore faut-il se demander au profit de qui. Cette guerre n’aura en effet aucun sens aussi longtemps que l’on n’aura pas compris que le problème est avant tout politique, et non pas militaire, et que l’agitation « islamiste » dans la région n’est que la surinfection de conflits ethniques séculaires opposant, dans les pays de la bande saharo-sahélienne, les agriculteurs sédentaires du Sud et les pasteurs nomades du Nord (Peuls et Touaregs). Aussi longtemps que nous n’imposerons pas aux gouvernements que nous aidons – ce dont ils ne nous sont guère reconnaissants d’ailleurs – de procéder aux réformes politiques qui seules permettraient d’apaiser ces conflits, nous perdrons notre temps et mettrons la vie de nos soldats en danger pour rien. Le drame est que l’opinion publique, qui ne comprend pas que la politique extérieure est sur le long terme la seule qui compte, ne connaît pas plus ce dossier qu’elle ne connaît les autres – puisqu’elle prend la Crimée pour une partie de l’Ukraine et les séparatistes de Hong Kong pour des militants « pro-démocratie » !

Source : Boulevard Voltaire

Syrie – Une brève note sur les développements récents

Syrie – Une brève note sur les développements récents


La situation actuelle en Syrie est confuse


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Par Moon of Alabama − Le 1er mars 2020

L’aviation et la défense aérienne russes se sont tues après le bombardement du bataillon d’infanterie turc. Poutine veut vraisemblablement un accord sur Idleb, mais ni Damas ni Ankara ne sont prêts à accepter ce qu’il a proposé. Malheureusement, il n’y a eu aucun commentaire officiel sur la situation de la part de Moscou ou de Damas. Tous les «experts» ne font que supputer.

La Turquie a profité de la pause de la défense aérienne russe pour envoyer des drones armés derrière les lignes syriennes. Ceux-ci ont causé des dommages, bien que moins importants que ce que la Turquie a prétendu.

Des troupes du Hezbollah et de l’Iran ont été touchées et la Turquie a reçu des avertissements de l’Iran et du Liban que cela aurait des conséquences pour les soldats turcs à Idleb.

Aujourd’hui, la défense aérienne syrienne a de nouveau été activée et a abattu six drones turcs. Les djihadistes ont pensé que c’était un avion syrien et ont manifesté leur joie.

La Turquie a riposté en abattant un avion syrien au-dessus d’Idleb. Le missile a été tiré depuis la Turquie.

Un autre drone a été abattu près de la base aérienne russe de Lattaquié.

L’armée syrienne avance sur Saraqib.

Le ministre syrien des Affaires étrangères a rencontré son collègue libyen de l’Accord national libyen sous la direction du général Haftar. Ils ont critiqué « l’agression turque » contre les deux pays et signé certains accords.

Hier, Sputnik a publié un article sur Hatay [une province turque] intitulé:

La «province volée» : pourquoi la Turquie a obtenu un coin de la Syrie grâce à la France il y a 80 ans

Aujourd’hui, la Turquie a arrêté le chef du bureau Spoutnik à Istanbul [libéré depuis, NdT].

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/syrie-une-breve-note-sur-les-developpements-recents

LA CONFRONTATION « CALCULÉE »ENTRE L’IRAN ET ES ETATS-UNIS

LA CONFRONTATION « CALCULÉE »ENTRE L’IRAN ET ES ETATS-UNIS

 
Iran, Drapeau, Middle East, Grunge

Lundi 3 janvier 2020, près de l’aéroport de Bagdad en Irak, le Général Qassem Soleimani, chef de la Force du Corps des gardiens de la révolution iranienne (IRGC-QF), est éliminé par une frappe de drone. Il était l’un des hommes les plus puissants du Moyen-Orient, selon le journal Le Monde. Cette frappe, ordonnée par le président des États-Unis Donald Trump, sort totalement du cadre diplomatique habituel. Elle crée ainsi, selon l’économiste français Thierry Coville, une réalité stratégique différente et beaucoup d’incertitudes qui pourraient amener à une situation dramatique. Une conséquence possible serait une internationalisation immédiate du conflit avec la participation des milices chiites en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban. Ainsi, pour le politologue français Bruno Tertrais, nous faisons face aujourd’hui à  « une situation d’attente ». Selon lui, le scénario est tel que ce sont deux grands acteurs qui ne veulent pas d’un conflit ouvert, ni d’une grande guerre mais pourtant la tension est palpable. Alors comment en sommes-nous arrivés là ? Qui a pris l’avantage sur l’autre ? Et que peut-on envisager pour la suite ?

Une crise diplomatique entre enjeux historiques et politiques 

Cette tension entre l’Iran et les États-Unis s’explique en premier par un facteur historique. En 1979, en pleine période de guerre froide, 52 ressortissants américains sont pris en otage à l’ambassade américaine de Téhéran lors de la révolution islamique visant à renverser l’État impérial d’Iran. Un souvenir douloureux qui a résonné auprès de l’administration américaine lorsque, quarante ans plus tard, en 2020, l’ambassade américaine à Bagdad a été la cible de violences de la part de milices chiites protestant contre un raid aérien américain qui avait tué 25 personnes quelques jours plus tôt. Cette riposte américaine faisait suite à la mort d’un de leur compatriote lors de tirs de roquettes contre des installations militaires. Le président Trump a ainsi réagi en supprimant  celui qui était suivi depuis des années par les services de renseignement américains. À la suite de cela, le chef d’État américain a prévenu l’Iran que les États-Unis n’avaient « pas de limites » et qu’il serait prêt à ordonner la destruction de 52 sites iraniens « d’importance culturelle » pour la population en cas de représailles suite à l’élimination du Général Soleiman”.

Pour les observateurs outre-Atlantique, cet épisode ne peut pas se rattacher uniquement à une symbolique historique. Effectivement, en cette année 2020, le président américain est en campagne pour un second mandat. Il se devait de réagir auprès de son électorat.

C’est ce que Ardavan Amir-Aslani, avocat spécialisé sur les questions liées au Moyen-Orient, constate lorsque l’administration Trump se justifie de cet acte en présentant Qassem Soleimani comme un « terroriste », l’assimilant même à Oussama Ben Laden ou Al-Baghdadi, deux chefs d’organisations terroristes abattus par l’armée américaine en 2011 et 2019. Or, pour Me Amir-Aslani, il est difficile de mettre sur le même plan un haut dignitaire d’un pays souverain et des hors-la-loi revendiquant attentats, massacres et mise en esclavage. Il réduit donc l’élimination du général iranien à un argument de campagne. Donald Trump veut s’affirmer auprès de la population américaine comme capable de protéger les intérêts américains et d’avoir un meilleur bilan que son prédécesseur, le démocrate Barack Obama. Enfin, sur un aspect stratégique, le but semblait être de renforcer la dissuasion américaine afin de s’assurer que les Iraniens n’agissent pas plus contre les intérêts américains.

Pour Thierry Coville, cette élimination a apporté un « sursaut nationaliste » iranien bénéfique au régime. Poussé par la ferveur populaire, dans la nuit du 7 au 8 janvier 2020, l’Iran réplique à son tour de plusieurs missiles – une douzaine selon le Pentagone, vingt-deux selon le commandement militaire irakien, une trentaine selon plusieurs sources iraniennes – ciblant les bases américaines d’Al-Assad et d’Erbil en Irak. Le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, indique quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux que les représailles iraniennes sont « terminées » et « qu’elles furent proportionnées », tout en affirmant que l’Iran ne cherchait pas « la guerre ».

Cependant, cette « attaque » est à prendre avec précaution quand on apprend selon des informations concordantes qu’elle fut arrangée en amont. Téhéran aurait informé le premier ministre irakien Adel Abdel-Mehdi de l’imminence des frappes deux heures avant qu’elles n’aient lieu, ainsi que des cibles visées, permettant aux forces présentes de s’éloigner. En procédant ainsi, selon Fabrice Wolf, rédacteur du Blog Meta-Defense, Téhéran a créé « un contexte favorable à la désescalade », puisque le sentiment de vengeance auprès de la population iranienne est assouvi. Aux États-Unis, cette attaque fut rapidement saisie et instrumentalisée comme signe de domination pour le président Trump. Pourtant, ce qui n’est pas dit par l’administration américaine c’est que les frappes iraniennes ont étonné jusqu’au plus haut sommet de l’État par leur précision et leur portée. Cependant, en Iran la dynamique positive derrière le pouvoir sera rapidement stoppée, constate Ardavan Amir-Aslani. Après la disparition d’un personnage emblématique du régime chiite, un avion de ligne d’une compagnie ukrainienne, comportant plusieurs civils d’origine iranienne à bord, se crashe près de la capitale iranienne. Un épisode qui stoppe toute sympathie de la population auprès de l’appareil du pouvoir, surtout lorsqu’il reconnaîtra être à l’origine de « l’erreur humaine » causant le drame, c’est à dire l’envoi de deux missiles sur l’appareil.

La menace économique : l’atout de la puissance américaine 

Aujourd’hui, alors que la plupart des secteurs de l’économie iranienne sont encore sanctionnés par un embargo, Washington continue « d’étrangler » économiquement Téhéran en durcissant ses sanctions. Dans ce cadre, seul le commerce des denrées alimentaires et des médicaments reste possible. Par ailleurs,  aucune banque ne souhaitant commercer avec l’Iran, le pays rencontre des difficultés à s’approvisionner.  Les regards se tournent vers l’Europe où l’on peut se demander pourquoi les États sont restés si discrets face à ces événements. Pour Clément Therme, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences-Po à Paris, le succès de la médiation française, en particulier à l’été 2018 en vue du maintien du plan d’action global conjoint (JCPOA) sur le nucléaire iranien, est néanmoins très improbable aujourd’hui.

La raison est l’incapacité de la France, et plus largement de l’Europe, à affirmer sa souveraineté économique face à Washington. Ainsi les entreprises françaises et européennes appliquent les décisions de l’administration Trump concernant les relations économiques et commerciales avec l’Iran. De Total à Air France en passant par le domaine bancaire, Clément Therme constate que tous s’alignent sur les ordres américains. L’objectif étant de préserver leur marché, et en particulier de protéger leur accès au marché américain. Dans une économie globalisée et très interdépendante, il y a peut-être moins d’espace qu’auparavant pour réagir…

Pourtant, à la suite de la sortie des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, déterminés à sauver le JCPoA et à contourner les sanctions américaines, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne avaient mis en place un « instrument de soutien aux échanges commerciaux » [INSTEX], reposant sur le principe d’une chambre de compensation. Mais aujourd’hui, pour Clément Therme, le fait de ne pas s’être dissocié des Américains décrédibilise tout rôle diplomatique des chancelleries européennes aux yeux des conservateurs en Iran.  Malgré cela, le nouveau chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a insisté sur un objectif clair « nous (l’Union européenne) voulons préserver l’accord (JCPOA) et parvenir à une solution diplomatique (…) ». Avant d’ajouter « Nous appelons l’Iran à participer de manière constructive au processus de négociation qui commence maintenant. » Malheureusement, face aux sanctions américaines qui ne cessent de se durcir et malgré la volonté européenne affichée, ces derniers n’ont pas grand-chose à offrir en contre partie aux Iraniens. Pour l’Iran, cet effort n’est pas à la hauteur de ses attentes. Cela pousse l’État chiite à s’affranchir de plus en plus de ses obligations prises dans le cadre de l’accord de Vienne. Au final, Téhéran qui est écrasé économiquement par les sanctions américaines, n’a plus d’autre moyen d’action que de provoquer l’Occident, avec pour menace de relancer son programme nucléaire. Une attitude que n’accepte pas l’Union européenne ; les ministres des Affaires étrangères français, britannique et allemand, dans une déclaration commune ont expliqué le 12 janvier 2020 que l’Iran “n’a aucun fondement en droit pour cesser de mettre en œuvre les dispositions de l’accord » et que de facto, cela pourrait mener à terme au rétablissement des sanctions de l’ONU contre la République islamique. Une annonce à laquelle Josep Borrell a réagi en tentant de temporiser.

Finalement, pour Ardavan Amir-Aslani, l’Iran se comporte comme s’il n’y avait plus d’accord même si, officiellement, Téhéran ne s’est pas retiré. Quant à Michel Duclos, conseiller à l’Institut Montaigne, il argumente que vu d’Europe, la disparition de Soleimani est bel et bien une « surprise stratégique » qui semble diviser la position des Européens sur la question. Sa suppression pourrait signifier la fin du (JCPOA), le chaos général dans la région et plus précisément la fin de la présence américaine en Irak qui équivaut à la fin de la coalition contre le terrorisme. Ainsi, malgré le poids des contraintes américaines, l’Iran semble sortir vainqueur de cet affrontement. Pour Thierry Coville, cela s’explique par le renforcement de l’arc chiite contre l’ingérence américaine au Moyen-Orient. Le conflit économique entre l’Iran et les États-Unis va-t-il ainsi muer en conflit ouvert ?

Une rivalité politico-militaire très mesurée

Un début de réponse est apporté par France24 : le vendredi 17 janvier 2020, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a pris la parole lors de la grande prière, ce qui ne s’était pas produit depuis 2012. Il a réaffirmé que son objectif à long terme restait d’évincer les forces américaines de la région. La tension reste ainsi présente entre les deux protagonistes. Selon le Stockholm International Peace Research Institute, les États-Unis consacrent plus d’argent à leur armée que le total des budgets de la défense des neuf autres pays qui les suivent au classement. Pourtant, la puissance de leur armée n’est pas invulnérable et cela n’a pas vraiment permis d’assurer la paix. La question d’un affrontement militaire se pose donc. Warren Getler prédit dans le quotidien israélien Haaretz que l’étincelle viendra sans doute du terrain militaire au Moyen-Orient.  Il parie sur « une attaque de groupes armés pro-chiites et donc pro-iraniens, contre des troupes américaines ou leurs alliés, en Syrie ou en Irak ». Selon lui, à la Maison Blanche, des conseillers du président américain comme Mike Pompeo, Secrétaire d’État des États-Unis, n’attendent que cela pour justifier une intervention américaine. Une tentation que le New York Times dénonce. Selon le journal, un conflit en Iran est un piège et il appelle la population à ne pas se laisser “berner” : « qui peut encore croire, après avoir vécu le bourbier en Irak et en Afghanistan, qu’une guerre contre l’Iran ne serait pas longue et impitoyable ? » Le journal américain rappelle également que dans ces deux autres conflits, « la puissance militaire écrasante des États-Unis s’est heurtée à la culture locale, à la géographie, aux rivalités ethniques et religieuses, mais surtout à la détermination d’un ennemi opiniâtre capable de se fondre aisément dans la population ».

De plus, les forces militaires iraniennes, contrairement aux forces irakiennes ou celles affrontées en Afghanistan, disposent d’un arsenal non conventionnel extrêmement sophistiqué (missiles balistiques et drones). Alex Ward sur le site d’informations Vox, ajoute que la République islamique contrôle un grand nombre de milices alliées dans tout le Moyen-Orient soit à peu près 250000 miliciens chiites. Un point de vue partagé par le géopolitologue français Didier Billion.  Selon lui, avec les groupes chiites présents au Liban, en Syrie et en Irak, l’Iran peut cibler des intérêts américains au Moyen-Orient. Une tendance qui semble se confirmer puisque le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a juré de venger de la mort de Soleimani en désignant les soldats américains comme une cible.

Pour le centre de recherche britannique Chatham House, il est peu probable que l’Iran utilise le Liban et la Syrie comme espace de vengeance contre les États-Unis. Contrairement à 2006, lorsque les actions militaires du Hezbollah contre Israël ont rallié le public autour de lui, il n’y a pas aujourd’hui d’engouement public pour entraîner le Liban dans une guerre. Ne serait-ce qu’à cause des répercussions économiques qui exacerberaient une crise financière déjà grave au Liban. De plus, le Liban ne dispose pas non plus de bases militaires américaines qui pourraient être la cible du Hezbollah. Quant à la Syrie, leurs bases militaires sont en partie occupées par des forces de la coalition internationale anti-E, les attaquer mettraient donc l’Iran en confrontation avec d’autres pays que les États-Unis, ce qui n’est pas dans son intérêt. Enfin, attaquer des soldats américains dans le nord-est de la Syrie irait également à l’encontre des intérêts kurdes car cela affaiblirait le front de la coalition anti-EI dont les forces kurdes font partie. Au final, l’Iran se retrouverait alors à combattre sur plusieurs fronts à la fois, ce qu’il n’a pas la capacité de gérer. Plus probablement, les alliés et les mandataires de l’Iran au Levant vont s’engager dans une rhétorique forte sans prendre de mesures précipitées.

Alex Ward rappelle que la puissance chiite dispose également de capacités sophistiquées dans le domaine de la cyberguerre. Un argument qui donne à la République islamique de redoutables capacités dans le domaine de la « guerre hybride » (un type de conflit qui implique à la fois des moyens conventionnels et non conventionnels). Pour Foreign Policy, ces moyens pourraient être utilisés par l’Iran pour endommager les lieux stratégiques non pas des États-Unis mais de leurs alliés. Par exemple, l’Arabie saoudite, comme ce fut le cas lors de l’attaque sur des sites pétroliers au mois de septembre dernier et qui n’a suscité aucunes réactions de la part de Washington. Ce ne serait pas le cas envers Israël car cela risquerait de créer de vives tensions dans la région comme le mentionne Fabrice Wolf. L’État hébreux est très vigilant à l’influence chiite dans la région, souhaitant en particulier sauvegarder son avantage dans le domaine nucléaire militaire mais surtout, aurait les capacités de répondre aux cyber-attaques. Une autre possibilité développée par Monsieur Billion, est un impact iranien sur la circulation dans le Détroit d’Ormuz et du Golfe persique. L’Iran ne serait pas en mesure de bloquer la circulation mais plutôt de sérieusement la perturber comme en mai et juin 2019. Une analyse partagée par le centre de recherche britannique Chatham House. L’Iran a le potentiel de déstabiliser sérieusement les marchés pétroliers et ses prix mais pas de fermer la circulation dans le détroit malgré sa position stratégique. Cela entraînerait une action militaire sérieuse de la part des Américains et de nombreux de ses alliés. La réaction iranienne devra en outre prendre en compte les préoccupations sécuritaires russes et les intérêts économiques de la Chine, qui importent notamment une partie significative de ses hydrocarbures du Moyen-Orient. Ainsi le conclut Ward : « Une guerre américano-iranienne serait un véritable enfer, tant pendant qu’après les combats. »

En reprenant le constat fait par Fabrice Wolf, il apparaît donc que le statu quo qui prévaut actuellement vis à vis de l’Iran représente probablement la situation la plus dangereuse à moyen terme. Elle ne laisse à Téhéran d’autres choix que de reprendre le développement de son programme nucléaire militaire. Selon une note de Foreign Affairs, publiée par l’organisation à but non lucratif américaine Council on Foreign Relations, la prolifération nucléaire à l’échelle régionale et probablement mondiale est une face de la pièce dangereuse que représentera l’Iran, l’autre est le déploiement d’un terrorisme financé par le pouvoir chiite, entraînant une escalade militaire régionale potentiellement critique. Malheureusement, les clés pour sortir de ce cycle à l’issue dramatique (la levée des sanctions économique contre l’abandon du programme nucléaire iranien militaire accompagnée d’une surveillance internationale très étroite) ne sont pas du ressort des Européens mais sont dans les mains du Président américain dont la politique au Moyen-Orient semble de plus en plus indécise et isolée. Le compte à rebours, lui, ne cesse de tourner.

Damien Bour

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Dérive de l’Iran vers le comportement US et israélien

Dérive de l’Iran vers le comportement US et israélien

par Thierry Meyssan

Au-delà de l’épreuve de force à laquelle se livrent Washington et Téhéran, Thierry Meyssan met en évidence le changement profond de comportement de l’Iran. Ce pays, jadis sourcilleux sur le respect du Droit international, l’ignore aujourd’hui, rejoignant ainsi les États-Unis et Israël qui ne l’ont jamais admis.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 21 JANVIER 2020 DEUTSCHENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSРУССКИЙTÜRKÇEROMÂNĂفارسى

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JPEG - 29.7 koL’Iran captait l’attention du monde entier lors de ses interventions devant les Nations Unies. Il portait haut les couleurs des peuples face à l’impérialisme. Il ne reste rien aujourd’hui de cet héritage.Le président Mahmoud Ahmadinjed à la tribune de la 65ème session de l’Assemblée générale de l’Onu, le 23 septembre 2010, remet en cause la version officielle des attentats du 11-Septembre 2001 aux USA.

Les 195 États membres de l’Onu prétendent vouloir résoudre leurs conflits sans recourir à la guerre, mais au Droit. Celui-ci repose depuis sa création par la Conférence de La Haye de 1899 sur une idée simple : de même que les particuliers —y compris les dirigeants politiques— acceptent de se préserver de la guerre civile en se soumettant au Droit national, de même les États peuvent se préserver de la guerre en se soumettant volontairement au Droit international.

Par « Droit international » j’entends les procédures qui régissent les relations entre les États, pas celles qui, de Nuremberg au TPI, légalisent le jugement des vaincus par leurs vainqueurs.

Trois membres de l’Onu affichent désormais leur incompréhension du Droit international, tandis que d’autres n’y font plus référence et, après avoir dénaturé le concept de « Droits de l’homme » [1], préfèrent un « multilatéralisme fondé sur des règles » [2].

Trois États hors du Droit

- Le premier, ce sont les États-Unis, qui depuis leur création il y a deux siècles, s’affirment une nation « à nulle autre pareille ». Selon leur mythe national, ils furent un refuge pour la secte puritaine des « Pères pèlerins » du Mayflower et le sont aujourd’hui pour tous les persécutés, religieux et politiques. Au nom de quoi ils ont toujours refusé d’appliquer les traités internationaux en droit interne ; jugent les comportements d’autrui avec sévérité, mais absolvent a priori leurs ressortissants qui agissent de même ; et refusent que toute juridiction internationale s’intéresse à leurs affaires intérieures [3]. C’est la raison profonde pour laquelle ils poussèrent les autres pays à adhérer à la Société des Nations, mais s’y refusèrent. S’ils acceptèrent les principes du Droit international durant la Guerre froide, de la création de l’Onu à la disparition de l’URSS, ils revinrent dès qu’ils le purent à leur comportement antérieur. Ainsi, en 1999, ils attaquèrent en toute illégalité la République fédérale de Yougoslavie, emportant avec eux leurs vassaux de l’Alliance atlantique. Puis, ils lancèrent sous de faux prétextes des guerres en Afghanistan, en Iraq, et en Libye. Leurs attaques contre des Iraniens, dans deux pays du Moyen-Orient, l’Iraq et le Yémen, le 3 janvier 2020, sont toutes aussi illégales.

- Le second fut Israël dès sa proclamation unilatérale, le 14 mai 1948, en violation du processus de partage de la Palestine géographique imaginé par les Nations Unies. Depuis soixante-dix ans, Tel-Aviv observe le Conseil de sécurité voter des résolutions qu’il bafoue. Chaque fois que des sanctions sont envisagées contre lui, il peut compter sur la protection des États-Unis et n’y est pas soumis. Il se considère comme éternellement menacé et ne peut survivre que par la guerre ; une position culturelle qui prendra peut-être fin lorsque ses citoyens se définissant comme juifs (Likoud) seront moins nombreux que ceux se définissant comme Israéliens (Blanc-Bleu).

- Il en existe désormais un troisième : l’Iran. Depuis toujours, Téhéran a exécuté ses leaders opposants à étranger, partout dans le monde, mais jamais des ressortissants étrangers. Par exemple, le shah Mohammad Reza Pahlavi fit assassiner le philosophe Ali Shariati à Londres puis, après 1978, le gouvernement islamique fit assassiner des contre-révolutionnaires en Europe. Jamais ces meurtres n’étaient officiellement revendiqués. Durant la guerre imposée par l’Iraq, l’Iran fit attaquer des intérêts de ses ennemis à l’étranger ; par exemple, l’attentat contre les forces états-uniennes et françaises de l’Onu à Beyrouth en 1983. Mais celui-ci fut réalisé par des proxys libanais (qui plus tard participèrent à la fondation du Hezbollah) et dirigé contre les activités illégales de soldats de cette force (la réunion secrète régionale de la CIA). Or, depuis deux ans, des forces iraniennes ont plusieurs fois tiré, sans le revendiquer, des missiles sur Israël depuis le territoire syrien en violation du cessez-le-feu syro-israélien de 1973. Et, ce mois-ci, des missiles ont officiellement été tirés depuis l’Iran sur des forces états-uniennes en Iraq, en violation de la souveraineté de Bagdad [4].

Les États-Unis se pensent comme la nation des persécutés et ne sauraient donc recevoir de conseils des autres, les persécuteurs. Israël s’imagine comme le refuge d’un peuple menacé et ne saurait donc recevoir de conseils de ceux qui l’ont ignoré ou pire violenté. Mais l’Iran ?

L’évolution de l’Iran

Comment expliquer cette évolution, sinon par un changement profond du Pouvoir ? Tout a commencé à se dérégler fin 2013 et l’on assiste depuis 2017 à des manifestations, non seulement à Téhéran et à Ispahan, mais dans tout le pays. Petit à petit les institutions se sont transformées. Le système judiciaire indépendant de l’Exécutif et du Législatif est devenu un organe de répression politique [5], allant jusqu’à condamner à huis-clos à 15 ans de réclusion pour des motifs secrets l’ancien vice-président nationaliste Hamid Baghaie [6]. Le Conseil des Gardiens, qui —durant la Révolution— devait veiller à écarter des élections les agents de l’étranger, est devenu un organe de censure de l’opposition allant jusqu’à qualifier l’équipe de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad de « mauvais musulmans » (sic). Alors qu’en islam, la fonction cléricale est de dire le droit, nous assistons à une reprise en main du pouvoir par un clergé qui viole tous les principes juridiques.

Nous ne cessons de le dire depuis 6 ans : ceci n’a rien à voir avec l’opposition entre pro et anti-Occidentaux, ni avec la question des croyances. C’est le retour du problème séculaire des Iraniens : la vénération aveugle de la fonction cléricale, quelque soit la confession dominante. Il n’aura pas de solution sans séparation constitutionnelle des pouvoirs civils et religieux. À toutes les époques, sous toutes sortes de religions dominantes, sous toutes sortes de régimes, il s’est posé.

Je le répète, cela n’a rien à voir avec la Révolution de 1978, laquelle contrairement à une idée reçue en Occident, ne s’est pas faite avec le clergé, mais aussi contre lui. L’ayatollah Khomeiny avait été rejeté par ses pairs qui ne se sont ralliés à lui qu’après sa victoire. Ils ont alors fait du zèle pour faire oublier leurs excès antérieurs. Si nous nous référons aux documents officiels états-uniens déjà déclassifiés [7], le conseiller de Sécurité nationale d’alors, Zbigniew Brzeziński, considérait le clergé comme l’allié des USA face à un shah devenu trop gourmand. Il organisa le retour de l’imam Khomeiny en pensant à tort qu’il était comme les autres religieux. Il fut désappointé dès son discours anti-impérialiste au cimetière Behesht-e Zahra.

De nombreux acteurs du Proche-Orient ont compris cette évolution à commencer par le Hezbollah et la Syrie. Ils ont tous deux pris leurs distances avec la politique intérieure iranienne. En pleine guerre, Damas n’a pas eu d’ambassadeur d’Iran pendant plus d’un an. Les Occidentaux, eux, n’ont pas perçu ce changement parce qu’ils sont prisonniers de leur propre propagande contre la Révolution de 1978. Ils interprètent les mouvements actuels en Iran en fonction de leurs innombrables tentatives de renversement de régime et pas en observant les comportements des Iraniens.

Les explications des USA et de l’Iran devant le Conseil de sécurité

Comme à chaque intervention militaire à l’étranger, après leurs échanges de bombes, les USA et l’Iran ont assuré le Conseil de sécurité qu’ils agissaient dans le respect de la Charte des Nations unies.

La lettre de l’ambassadrice Kelly Craft annonçant l’assassinat du général Qassem Soleimani, le 2 janvier 2020, est surréaliste [8].
- Elle ne fait pas référence à la tentative simultanée d’assassinat de son adjoint, le très secret Abdul Reza Shahlai, au Yémen [9].
- Elle égrène une série d’accusations contre des alliés de l’Iran, mais aucune contre la cible elle-même.
- Les accusations du président Trump d’attaque imminente de quatre ambassades US par Soleimani n’y sont plus évoquées. Elles ont d’ailleurs été infirmées par le secrétaire à la Défense, Mark Esper [10].
Le seule accusation contre l’Iran lui-même est la réplique du 7 janvier.

La lettre de l’ambassadeur Majid Takht Ravanchi est tout aussi affligeante [11].
- Elle établit la légalité d’une réplique iranienne, mais pas de cette réplique. Rien n’autorise l’Iran à frapper le territoire iraquien sans autorisation du gouvernement de Bagdad.

D’ailleurs, l’Iraq a immédiatement protesté contre les agissements des Etats-Unis et de l’Iran [12]

L’intérêt du Droit international

Beaucoup pensent qu’il n’y a pas de raison de respecter le Droit si les autres s’en moquent. C’est qu’ils le perçoivent comme une contrainte et non comme une protection.

Dans son Léviathan, le philosophe Thomas Hobbes, qui avait vécu la guerre civile anglaise (1642-1651), montrait que les individus doivent tout entreprendre pour se protéger du chaos. Ceux qui ont affronté les armées jihadistes savent à quel point il avait raison, les autres, endormis par leur confort, l’ignorent. Hobbes allait même jusqu’à penser qu’il vaut mieux un État autoritaire que les affres du chaos. Il acceptait des dérives de l’État qu’il comparait au Léviathan, la bête monstrueuse qui ferme les enfers.

Au demeurant, le Droit international n’a rien de monstrueux. Il ne heurte aucune conscience. S’en écarter menace la paix et donc notre vie à tous.Thierry Meyssan

https://www.voltairenet.org/article208953.html

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[1] « Théorie et pratique des Droits de l’homme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er octobre 2019.

[2] « Multilatéralisme ou Droit international ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2019.

[3] Lire les actes du colloque organisé par le Carr Center for Human Rights Policy : American Exceptionalism and Human Rights, Michael Ignatieff, Princeton University Press (2005).

[4] « Estados Unidos / Irán : a propósito de sus recientes cartas remitidas al Consejo de Seguridad de Naciones Unidas relativas a sus acciones militares », Nicolas Boeglin, Derecho Internacional Público. Costa Rica, 13 de enero de 2020.

[5] « La Justice iranienne défie les partis politiques… sauf un », Réseau Voltaire, 15 août 2017.

[6] « Procès secret : 15 ans de prison ferme pour le vice-président d’Ahmadinejad », Réseau Voltaire, 28 mars 2018.

[7Foreign Relations of the United States. Iran : Revolution, January 1977–November 1979 (Under Declassification Review) ; Iran : Hostage Crisis, November 1979–September 1980 (In Production) ; Iran : Hostage Crisis, September 1980–January 1981 (Under Declassification Review), US Secretary of State.

[8] « Notification US de l’élimination de Qassem Soleimani », par Kelly Craft, Réseau Voltaire, 8 janvier 2020.

[9] “On the day U.S. forces killed Soleimani, they targeted a senior Iranian official in Yemen”, John Hudson, Missy Ryan and Josh Dawsey, The Washington Post, January 10, 2020.

[10] “Esper says he « didn’t see » specific evidence showing Iranian threat to 4 U.S. embassies”, Melissa Quinn, Face The Nation, CBS, January 12, 2020.

[11] « Notification iranienne du bombardement de bases US », par Majid Takht Ravanchi, Réseau Voltaire, 8 janvier 2020.

[12] « Violations iraniennes de la souveraineté iraquienne », par Mohammed Hussein Bahr Aluloom‎‎, Réseau Voltaire, 9 janvier 2020.

Chef d’état-major français: tuer le général iranien Soleimani en Irak n’était «pas une bonne idée»

François Lecointre

Chef d’état-major français: tuer le général iranien Soleimani en Irak n’était «pas une bonne idée»

© AFP 2019 CHRISTOPHE ARCHAMBAULTDÉFENSE14:28 22.01.2020(mis à jour 15:15 22.01.2020)URL courte18236S’abonner

Le puissant général iranien Qassem Soleimani était «un véritable agitateur» mais son assassinat par les Américains en Irak n’était «pas une bonne idée», car il a contribué à déstabiliser un peu plus ce pays, a estimé mercredi le chef d’état-major français.

«Soleimani n’était pas un saint, c’était très évidemment un véritable agitateur et un élément de déstabilisation très efficace des Iraniens», mais «aller tuer Soleimani sur le terrain irakien me semble ne pas avoir été une bonne idée», a déclaré le général François Lecointre lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes de défense, écrit l’AFP.

«Cela affaiblit la position de l’Irak et très clairement, la volonté de la coalition (internationale anti-Daech, ndlr), des Occidentaux, c’est de consolider l’Irak, c’est de l’aider à se reconstruire comme un état stable et souverain dans la région», a-t-il fait valoir.

Meurtre de Soleimani 

Le 3 janvier, Washington a tué dans une attaque de drone à Bagdad le commandant des Gardiens de la Révolution (armée idéologique) et architecte de la stratégie d’influence régionale iranienne.

Manifestations après la mort de Qassem Soleimani à Téhéran

© REUTERS / EBRAHIM NOROOZITrump raconte la frappe contre Soleimani: un compte à rebours et puis «boum»

Les Etats-Unis et l’Iran, ennemis jurés, ont ensuite paru au bord de l’affrontement militaire direct.

Interrogé sur le risque d’actions du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires irakiens dominée par des forces pro-Iran et intégrée aux forces régulières irakiennes, le général a répondu: «nous sommes sur le fil du rasoir».

«Est-ce qu’on sera capable de continuer le processus de (leur) intégration progressive à l’armée irakienne, et on travaille dans ce sens-là, ou est-ce qu’au contraire ça va devenir de façon plus ouverte un instrument de déstabilisation à la main de l’Iran? je n’en sais rien», a-t-il admis.

Au Moyen-Orient, la France compte un millier de militaires au sein de l’opération Chammal, volet français de l’opération internationale anti-EI menée en Irak et en Syrie.

https://fr.sputniknews.com/defense/202001221042946144-chef-detat-major-francais-tuer-le-general-iranien-soleimani-en-irak-netait-pas-une-bonne-idee/

Dérive de l’Iran vers le comportement US et israélien

Dérive de l’Iran vers le comportement US et israélien

par Thierry Meyssan

Au-delà de l’épreuve de force à laquelle se livrent Washington et Téhéran, Thierry Meyssan met en évidence le changement profond de comportement de l’Iran. Ce pays, jadis sourcilleux sur le respect du Droit international, l’ignore aujourd’hui, rejoignant ainsi les États-Unis et Israël qui ne l’ont jamais admis.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 21 JANVIER 2020 DEUTSCHENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSРУССКИЙTÜRKÇE

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JPEG - 29.7 koL’Iran captait l’attention du monde entier lors de ses interventions devant les Nations Unies. Il portait haut les couleurs des peuples face à l’impérialisme. Il ne reste rien aujourd’hui de cet héritage.Le président Mahmoud Ahmadinjed à la tribune de la 65ème session de l’Assemblée générale de l’Onu, le 23 septembre 2010, remet en cause la version officielle des attentats du 11-Septembre 2001 aux USA.

Les 195 États membres de l’Onu prétendent vouloir résoudre leurs conflits sans recourir à la guerre, mais au Droit. Celui-ci repose depuis sa création par la Conférence de La Haye de 1899 sur une idée simple : de même que les particuliers —y compris les dirigeants politiques— acceptent de se préserver de la guerre civile en se soumettant au Droit national, de même les États peuvent se préserver de la guerre en se soumettant volontairement au Droit international.

Par « Droit international » j’entends les procédures qui régissent les relations entre les États, pas celles qui, de Nuremberg au TPI, légalisent le jugement des vaincus par leurs vainqueurs.

Trois membres de l’Onu affichent désormais leur incompréhension du Droit international, tandis que d’autres n’y font plus référence et, après avoir dénaturé le concept de « Droits de l’homme » [1], préfèrent un « multilatéralisme fondé sur des règles » [2].

Trois États hors du Droit

- Le premier, ce sont les États-Unis, qui depuis leur création il y a deux siècles, s’affirment une nation « à nulle autre pareille ». Selon leur mythe national, ils furent un refuge pour la secte puritaine des « Pères pèlerins » du Mayflower et le sont aujourd’hui pour tous les persécutés, religieux et politiques. Au nom de quoi ils ont toujours refusé d’appliquer les traités internationaux en droit interne ; jugent les comportements d’autrui avec sévérité, mais absolvent a priori leurs ressortissants qui agissent de même ; et refusent que toute juridiction internationale s’intéresse à leurs affaires intérieures [3]. C’est la raison profonde pour laquelle ils poussèrent les autres pays à adhérer à la Société des Nations, mais s’y refusèrent. S’ils acceptèrent les principes du Droit international durant la Guerre froide, de la création de l’Onu à la disparition de l’URSS, ils revinrent dès qu’ils le purent à leur comportement antérieur. Ainsi, en 1999, ils attaquèrent en toute illégalité la République fédérale de Yougoslavie, emportant avec eux leurs vassaux de l’Alliance atlantique. Puis, ils lancèrent sous de faux prétextes des guerres en Afghanistan, en Iraq, et en Libye. Leurs attaques contre des Iraniens, dans deux pays du Moyen-Orient, l’Iraq et le Yémen, le 3 janvier 2020, sont toutes aussi illégales.

- Le second fut Israël dès sa proclamation unilatérale, le 14 mai 1948, en violation du processus de partage de la Palestine géographique imaginé par les Nations Unies. Depuis soixante-dix ans, Tel-Aviv observe le Conseil de sécurité voter des résolutions qu’il bafoue. Chaque fois que des sanctions sont envisagées contre lui, il peut compter sur la protection des États-Unis et n’y est pas soumis. Il se considère comme éternellement menacé et ne peut survivre que par la guerre ; une position culturelle qui prendra peut-être fin lorsque ses citoyens se définissant comme juifs (Likoud) seront moins nombreux que ceux se définissant comme Israéliens (Blanc-Bleu).

- Il en existe désormais un troisième : l’Iran. Depuis toujours, Téhéran a exécuté ses leaders opposants à étranger, partout dans le monde, mais jamais des ressortissants étrangers. Par exemple, le shah Mohammad Reza Pahlavi fit assassiner le philosophe Ali Shariati à Londres puis, après 1978, le gouvernement islamique fit assassiner des contre-révolutionnaires en Europe. Jamais ces meurtres n’étaient officiellement revendiqués. Durant la guerre imposée par l’Iraq, l’Iran fit attaquer des intérêts de ses ennemis à l’étranger ; par exemple, l’attentat contre les forces états-uniennes et françaises de l’Onu à Beyrouth en 1983. Mais celui-ci fut réalisé par des proxys libanais (qui plus tard participèrent à la fondation du Hezbollah) et dirigé contre les activités illégales de soldats de cette force (la réunion secrète régionale de la CIA). Or, depuis deux ans, des forces iraniennes ont plusieurs fois tiré, sans le revendiquer, des missiles sur Israël depuis le territoire syrien en violation du cessez-le-feu syro-israélien de 1973. Et, ce mois-ci, des missiles ont officiellement été tirés depuis l’Iran sur des forces états-uniennes en Iraq, en violation de la souveraineté de Bagdad [4].

Les États-Unis se pensent comme la nation des persécutés et ne sauraient donc recevoir de conseils des autres, les persécuteurs. Israël s’imagine comme le refuge d’un peuple menacé et ne saurait donc recevoir de conseils de ceux qui l’ont ignoré ou pire violenté. Mais l’Iran ?

L’évolution de l’Iran

Comment expliquer cette évolution, sinon par un changement profond du Pouvoir ? Tout a commencé à se dérégler fin 2013 et l’on assiste depuis 2017 à des manifestations, non seulement à Téhéran et à Ispahan, mais dans tout le pays. Petit à petit les institutions se sont transformées. Le système judiciaire indépendant de l’Exécutif et du Législatif est devenu un organe de répression politique [5], allant jusqu’à condamner à huis-clos à 15 ans de réclusion pour des motifs secrets l’ancien vice-président nationaliste Hamid Baghaie [6]. Le Conseil des Gardiens, qui —durant la Révolution— devait veiller à écarter des élections les agents de l’étranger, est devenu un organe de censure de l’opposition allant jusqu’à qualifier l’équipe de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad de « mauvais musulmans » (sic). Alors qu’en islam, la fonction cléricale est de dire le droit, nous assistons à une reprise en main du pouvoir par un clergé qui viole tous les principes juridiques.

Nous ne cessons de le dire depuis 6 ans : ceci n’a rien à voir avec l’opposition entre pro et anti-Occidentaux, ni avec la question des croyances. C’est le retour du problème séculaire des Iraniens : la vénération aveugle de la fonction cléricale, quelque soit la confession dominante. Il n’aura pas de solution sans séparation constitutionnelle des pouvoirs civils et religieux. À toutes les époques, sous toutes sortes de religions dominantes, sous toutes sortes de régimes, il s’est posé.

Je le répète, cela n’a rien à voir avec la Révolution de 1978, laquelle contrairement à une idée reçue en Occident, ne s’est pas faite avec le clergé, mais aussi contre lui. L’ayatollah Khomeiny avait été rejeté par ses pairs qui ne se sont ralliés à lui qu’après sa victoire. Ils ont alors fait du zèle pour faire oublier leurs excès antérieurs. Si nous nous référons aux documents officiels états-uniens déjà déclassifiés [7], le conseiller de Sécurité nationale d’alors, Zbigniew Brzeziński, considérait le clergé comme l’allié des USA face à un shah devenu trop gourmand. Il organisa le retour de l’imam Khomeiny en pensant à tort qu’il était comme les autres religieux. Il fut désappointé dès son discours anti-impérialiste au cimetière Behesht-e Zahra.

De nombreux acteurs du Proche-Orient ont compris cette évolution à commencer par le Hezbollah et la Syrie. Ils ont tous deux pris leurs distances avec la politique intérieure iranienne. En pleine guerre, Damas n’a pas eu d’ambassadeur d’Iran pendant plus d’un an. Les Occidentaux, eux, n’ont pas perçu ce changement parce qu’ils sont prisonniers de leur propre propagande contre la Révolution de 1978. Ils interprètent les mouvements actuels en Iran en fonction de leurs innombrables tentatives de renversement de régime et pas en observant les comportements des Iraniens.

Les explications des USA et de l’Iran devant le Conseil de sécurité

Comme à chaque intervention militaire à l’étranger, après leurs échanges de bombes, les USA et l’Iran ont assuré le Conseil de sécurité qu’ils agissaient dans le respect de la Charte des Nations unies.

La lettre de l’ambassadrice Kelly Craft annonçant l’assassinat du général Qassem Soleimani, le 2 janvier 2020, est surréaliste [8].
- Elle ne fait pas référence à la tentative simultanée d’assassinat de son adjoint, le très secret Abdul Reza Shahlai, au Yémen [9].
- Elle égrène une série d’accusations contre des alliés de l’Iran, mais aucune contre la cible elle-même.
- Les accusations du président Trump d’attaque imminente de quatre ambassades US par Soleimani n’y sont plus évoquées. Elles ont d’ailleurs été infirmées par le secrétaire à la Défense, Mark Esper [10].
Le seule accusation contre l’Iran lui-même est la réplique du 7 janvier.

La lettre de l’ambassadeur Majid Takht Ravanchi est tout aussi affligeante [11].
- Elle établit la légalité d’une réplique iranienne, mais pas de cette réplique. Rien n’autorise l’Iran à frapper le territoire iraquien sans autorisation du gouvernement de Bagdad.

D’ailleurs, l’Iraq a immédiatement protesté contre les agissements des Etats-Unis et de l’Iran [12]

L’intérêt du Droit international

Beaucoup pensent qu’il n’y a pas de raison de respecter le Droit si les autres s’en moquent. C’est qu’ils le perçoivent comme une contrainte et non comme une protection.

Dans son Léviathan, le philosophe Thomas Hobbes, qui avait vécu la guerre civile anglaise (1642-1651), montrait que les individus doivent tout entreprendre pour se protéger du chaos. Ceux qui ont affronté les armées jihadistes savent à quel point il avait raison, les autres, endormis par leur confort, l’ignorent. Hobbes allait même jusqu’à penser qu’il vaut mieux un État autoritaire que les affres du chaos. Il acceptait des dérives de l’État qu’il comparait au Léviathan, la bête monstrueuse qui ferme les enfers.

Au demeurant, le Droit international n’a rien de monstrueux. Il ne heurte aucune conscience. S’en écarter menace la paix et donc notre vie à tous.Thierry Meyssan

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[1] « Théorie et pratique des Droits de l’homme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er octobre 2019.

[2] « Multilatéralisme ou Droit international ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2019.

[3] Lire les actes du colloque organisé par le Carr Center for Human Rights Policy : American Exceptionalism and Human Rights, Michael Ignatieff, Princeton University Press (2005).

[4] « Estados Unidos / Irán : a propósito de sus recientes cartas remitidas al Consejo de Seguridad de Naciones Unidas relativas a sus acciones militares », Nicolas Boeglin, Derecho Internacional Público. Costa Rica, 13 de enero de 2020.

[5] « La Justice iranienne défie les partis politiques… sauf un », Réseau Voltaire, 15 août 2017.

[6] « Procès secret : 15 ans de prison ferme pour le vice-président d’Ahmadinejad », Réseau Voltaire, 28 mars 2018.

[7Foreign Relations of the United States. Iran : Revolution, January 1977–November 1979 (Under Declassification Review) ; Iran : Hostage Crisis, November 1979–September 1980 (In Production) ; Iran : Hostage Crisis, September 1980–January 1981 (Under Declassification Review), US Secretary of State.

[8] « Notification US de l’élimination de Qassem Soleimani », par Kelly Craft, Réseau Voltaire, 8 janvier 2020.

[9] “On the day U.S. forces killed Soleimani, they targeted a senior Iranian official in Yemen”, John Hudson, Missy Ryan and Josh Dawsey, The Washington Post, January 10, 2020.

[10] “Esper says he « didn’t see » specific evidence showing Iranian threat to 4 U.S. embassies”, Melissa Quinn, Face The Nation, CBS, January 12, 2020.

[11] « Notification iranienne du bombardement de bases US », par Majid Takht Ravanchi, Réseau Voltaire, 8 janvier 2020.

[12] « Violations iraniennes de la souveraineté iraquienne », par Mohammed Hussein Bahr Aluloom‎‎, Réseau Voltaire, 9 janvier 2020.

https://www.voltairenet.org/article208953.html

Lavrov confirme une information de Strategika 51, l’Iran poursuit une nouvelle stratégie asymétrique pour dégager les forces US/OTAN de l’ensemble de la région centrale du monde

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Lavrov confirme une information de Strategika 51, l’Iran poursuit une nouvelle stratégie asymétrique pour dégager les forces US/OTAN de l’ensemble de la région centrale du monde

ON: 18/01/2020  IN: ANALYSIS  WITH: 14 COMMENTS

Le Chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, a confirmé une information que Strategika 51 a été le seul à rapporter au sujet de l’attaque balistique iranienne du 08 janvier 2020 contre les bases US dans la province irakienne d’Al-Anbar et au Kurdistan irakien selon lesquelles des chasseurs-bombardiers US de type F-35 survolaient les confins irako-iraniens très peu de temps avant la destruction du Boeing 737-800 ukrainien par la défense aérienne iranienne.

«Il y a des informations selon lesquelles, après l’attaque [contre des bases US en Irak], les Iraniens s’attendaient à une nouvelle frappe américaine. Ils ne savaient pas sous quelle forme, mais il y avait au moins six F-35 en vol dans l’espace aérien juste à la frontière iranienne. Ce sont des informations, à mon avis, qui doivent être encore revérifiées. Mais je veux juste souligner que la nervosité est toujours présente dans de telles situations», a affirmé Serguei Lavrov selon le réseau d’informations russe Sputnik.

Strategika 51 a en effet reçu une information le 08 janvier 2020 sur le décollage d’avions de combat US de type Lockheed-Martin F-35 Lightning II et de Lockheed Martin F-22 Raptor de plusieurs bases de pays du Golfe peu après que les premières salves de missiles balistiques iraniens se soient abattus avec une violence inouïe sur la base aérienne d’Ain Assad dans la province irakienne d’Al-Anbar en Irak occidental. Ce qui a non seulement mis en état de combat l’ensemble du dispositif de défense anti-aérienne de la République islamique d’Iran mais a provoqué le décollage téméraire d’avions de combat iraniens pour intercepter la menace. Il est apparu plus tard que des avions de combat US se sont approchés des frontières iraniennes pour simuler une attaque aérienne en concomitance avec une solide cyberattaque et de multiples brouillages électromagnétiques pour leurrer la défense iranienne et lui faire croire à une attaque aérienne. Les radars iraniens étaient totalement saturés d’objets hostiles et il a fallu beaucoup de sang-froid aux officiers de la défense antiaériennes pour ne pas déclencher un tir de barrage massif et décharger la plupart des batteries de missiles SAM. Seule exception, l’équipage d’un système TOR M1 (9M331) modifié dépendant d’une des brigades du dispositif défensif de Téhéran, a lancé deux missiles Sol-Air contre un Boeing 737-800 civil ukrainien, tuant 180 personnes à bord.

La tragédie du Boeing 737-800 ukrainien dont la responsabilité a été courageusement assumée par Téhéran commence à livrer quelques secrets: les dizaines d’arrestations effectuées par les unites de la police militaire iranienne au sein des forces aérospatiales iraniennes ont permis la découverte de saboteurs et il n’est plus exclu à ce stade que l’ordre de tir adressé au chef de l’unité ou son absence soit un sabotage intelligent.

Dans tous les cas de figure, la succession des événements depuis l’assassinat du général-major Qassem Sulaimani indique que:

  1. Aucune défense antimissile ou anti-balistique US ne semble fiable et les performances supposées des systèmes d’armes du type Patriot ne sont que de l’emballage marketing pour booster les ventes à des pays alliés;
  2. Que la force Al-Quds, le petit corps de 15 000 hommes issus des Pasdarans et destinés aux opérations de guerre asymétrique à l’étranger a pu être inflitrée;
  3. Que les Etats-Unis ont déclenché l’une des plus importantes cyberattaques contre l’infrastructure informatique et communicationnelle de la défense iranienne avec des résultats limités;
  4. Que des avions de combat US avaient simulé une attaque contre l’Iran le 08 janvier 2020 pour renforcer la réalité virtuelle d’une attaque aérienne à des fins de déstabilisation;
  5. Que le pouvoir iranien et à sa tête le Guide Suprême de la Révolution iranienne, l’Ayatollah Ali Khamenei s’est mobilisé pour une guerre totale mais asymétrique avec les Etats-Unis et Israël avec pour objectif affiché: dégager l’ensemble des forces US/OTAN du Moyen-Orient et dans la foulée d’Afghanistan et du Golfe.

Que l’on s’y trompe pas. Par un seul acte, Washington s’est embourbé dans un labyrinthe géostratégique qui a déjà entamé l’image des Etats-Unis en tant que superpuissance globale. Le prêche de l’Ayatollah Ali Khamenei du 17 janvier 2020 dans une mosquée de Téhéran, le premier depuis 2012, a très fortement marqué les esprits. C’est le genre de discours que même un observateur très averti des affaires du Moyen-Orient n’aurait jamais cru entendre de son vivant. Le ton de Khamenei ne laisse subsister aucun doute sur la volonté de Téhéran de se doter de tous les moyens possibles de dissuasion face à une menace existentielle.

L’Iran semble avoir pris la mesure de la menace de la guerre de cinquième génération visant à créer des dissensions et des révoltes au sein de sa population par une nouvelle ingénierie du chaos interne, ce que Washington ne cache plus et il est fort probable qu’à ce jeu, le plus faible ne soit pas celui que l’on désigne. Les ennemis de l’Iran comptent beaucoup sur les sanctions économiques et financières dont l’impact sur la population et l’économie iraniennes sont plus qu’effroyables pour aboutir à une révolution colorée d’un nouveau type qui serait appuyé par toute la panoplie diplomatique, militaire et informationnelle de la guerre hybride totale. Mais l’Iran dispose encore de nombreuses cartes: l’Afghanistan est une cause totalement et irrémédiablement perdue pour les Etats-Unis; l’Irak est un terrain d’affrontement idéal et la Syrie et le Liban abritent des forces alliées aguerries par de très longues années de guerre. Cette guerre est celle de la résilience avec des camps non monolithiques ni d’un côté ni de l’autre.

Pour sa part, l’Ayatollah Khamenei, l’un des hommes d’Etat les plus intelligents et les plus fins actuellement au pouvoir, semble poursuivre une stratégie asymétrique d’un nouveau type dont les contours sont totalement étrangers à l’esprit occidental et l’efficacité dans la non-action est plus prononcée que dans l’action. Tout dépendra de la perception des pays Arabes des enjeux colossaux auxquels fait face la région MENA ou la partie centrale du monde et pour le moment tout indique que l’Iran a de grande chances de l’emporter sur le plan stratégique et politique.

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