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L’accord secret sur la question kurde

L’accord secret sur la question kurde

RÉSEAU VOLTAIRE | 8 OCTOBRE 2019 

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L’opération turque à la frontière syrienne a débuté dès l’annonce du soudain retrait des troupes d’occupation états-uniennes.

Rappelons qu’en 1998, le président Hafez el-Assad avait accordé aux Turcs le droit de poursuivre dans cette bande de 30 kilomètres de profondeur les artilleurs du PKK qui les menaçaient.

La presse présente l’opération d’Ankara comme comportant le risque d’un massacre des Kurdes en général, oubliant que de nombreux Kurdes occupent des fonctions importantes dans l’appareil d’État turc.

Surtout elle ne présente que la version US de l’affrontement entre le président Trump (partisan du retrait US) et certains officiels du Pentagone (partisans de la continuation de la guerre). C’est pourquoi elle insiste sur le sort des mercenaires kurdes qui travaillaient pour le Pentagone contre la Syrie.

Un élément est systématiquement occulté : le 16 septembre la Russie, la Turquie et l’Iran ont trouvé un accord sur la question kurde. Le projet russe de Constitution pour la Syrie pourrait prendre la forme d’une fédération culturelle (et non plus administrative comme envisagé initialement). Le retour des Kurdes syriens alliés aux USA dans le giron l’autorité de la Syrie pourrait être piloté par l’Iran dont les propres Kurdes ont patiemment infiltré le commandement du YPG.

La France, qui mise depuis un siècle sur la création d’un Kurdistan sur le modèle d’Israël, se trouve écartée par les États-Unis de ce règlement de la question kurde.

https://www.voltairenet.org/article207820.html

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L’échec des pourparlers nucléaires américano-iraniens est imputable à Trump – Rouhani (The Guardian)

L’échec des pourparlers nucléaires américano-iraniens est imputable à Trump – Rouhani (The Guardian)

11111 Rating 0.00 (0 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 2 octobre 2019  Mis à jour : 2 octobre 2019  Création : 2 octobre 2019 Écrit par folamour  Affichages : 9fShare

Si la France pouvoir retrouver son statut d’intermédiaire au niveau mondial, notre pays en ressortirait grandit plutôt que d’être systématiquement soumis à Washington…

Iran 02 10 2019

Hassan Rouhani a déclaré qu’une solution diplomatique était encore possible et a remercié Emmanuel Macron pour sesefforts à l’ONU. Photographie : Yana Paskova/Reuters

Le président iranien a déclaré au gouvernement que le pays était prêt à accepter les termes du plan français de l’ONU

Le président iranien, Hassan Rouhani, a déclaré à son cabinet que si le pays était prêt à mettre fin à son impasse nucléaire avec les Etats-Unis dans les termes définis par la France aux Nations Unies, Donald Trump n’était pas prêt à rendre publique une offre privée apparente de levée de sanctions.

Bien que son récit ne soit pas impartial en soi, c’est la version la plus complète de la diplomatie en coulisse fournie par les Iraniens à l’Assemblée générale de l’ONU.

La revendication de Rouhani est venue en tant que dirigeant suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a livré un message plus dur, disant que l’Iran continuerait à réduire ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire jusqu’à ce qu’il atteigne ses objectifs. Il a pris trois mesures pour s’écarter de l’accord, une tous les 60 jours depuis mai, et menace d’en prendre une quatrième en novembre.

Insistant sur le fait que la voie de la diplomatie n’était pas encore fermée, M. Rouhani a remercié le président français, Emmanuel Macron, pour les six heures intensives de diplomatie qu’il a consacrées à l’assemblée générale et a déclaré que l’échec des négociations était imputable à Washington.

Macron a fait la navette entre l’Iran et les États-Unis pour tenter de conclure un accord dans lequel l’Iran renonce à toute ambition nucléaire en échange de la levée des sanctions américaines sur les exportations pétrolières iraniennes, le moteur de l’économie iranienne. Le document en quatre points négocié par Macron dans les états de New York : « L’Iran n’acquerra jamais d’arme nucléaire  » et « respectera pleinement ses obligations et engagements nucléaires et acceptera une négociation sur un cadre à long terme pour ses activités nucléaires ». Elle s’abstiendra également de toute agression et s’efforcera d’instaurer une paix et un respect authentiques dans la région par le biais de négociations.

En retour, les États-Unis lèveraient les sanctions contre l’Iran. Macron a même préparé une ligne téléphonique pour que Rouhani puisse parler à Trump, Bur Rouhani a refusé de l’utiliser.

Bien que l’Iran affirme que le document français ne reflète pas pleinement la position iranienne, M. Rouhani a déclaré que l’Iran aurait pu accepter le compromis inhérent au plan français.

C’était le principe que la France avait proposé avec les Américains, et puis il avait été évoqué avec nous, donc le principe qui est maintenant largement diffusé dans les journaux et publications du monde entier, et le président français lui-même l’a confirmé, est correct.

« Nous nous sommes réunis, et celui qui a empêché le résultat, c’est la Maison Blanche, et l’Iran, Paris, Tokyo et le reste des pays n’étaient pas à blâmer ».

Il s’est plaint du fait que les États-Unis avaient dit aux Européens dans des messages privés qu’ils étaient prêts pour un accord, mais dans des déclarations ultérieures, ils ont déclaré à deux reprises qu’ils allaient renforcer leur boycott. Il a demandé : « Comment croire et persuader les Iraniens que nous ne serions pas trompés par le message privé ? »

Il a ajouté : « Le président américain a déclaré à deux reprises, une fois dans son discours aux Nations Unies et une autre fois, explicitement que nous voulons intensifier les sanctions. Je l’ai dit à ces amis européens, alors quelle partie devrions-nous accepter ? Devrions-nous vous croire sur parole que vous dites que l’Amérique est prête ? » Les Européens, a-t-il ajouté, n’ont pas de réponse.

En fin de compte, a dit M. Rouhani, une question aussi importante ne pouvait pas être résolue en quelques heures.

« Bien sûr, il était important pour les Américains d’en faire une bombe à retardement et de changer ainsi certaines de leurs conditions intérieures, mais nous nous moquons de savoir quel est leur but. Pour nous, les intérêts nationaux comptent. »

Dans l’ensemble, M. Rouhani a décrit un pays qui a résisté à des pressions économiques sans précédent et qui est maintenant un acteur de poids dans le monde. « Lors de la visite au siège des Nations Unies, la politique et la diplomatie tournaient autour de l’endroit où se trouvait la délégation iranienne, et tout le monde voulait entendre parler de la dynamique régionale et de la politique mondiale de l’Iran.

« Ils pensaient tous que les actions de l’Iran pouvaient même affecter la politique intérieure des États-Unis. »

a noté Rouhani : « Ce que nous avons ressenti à la fin de notre court séjour à New York, c’est que l’atmosphère négative que l’ennemi cherchait à créer autour de l’Iran avait été détruite et que d’autres conditions s’étaient créées, en particulier alors que nous annoncions la paix et discutions de l’initiative de paix Hormuz que nous avions présentée.

Affirmant que le lobby anti-iranien avait tenté de créer une atmosphère dans laquelle l’Iran serait dépeint comme le pays refusant de négocier, il a déclaré que dans les deux heures suivant son arrivée à New York, l’Iran avait réussi à briser la conspiration qu’ils avaient conçue et a insisté pour que l’Iran ne fuie pas la table des négociations.

« Tous les Européens m’ont dit que votre pouvoir aujourd’hui est plus grand qu’il y a un an », a déclaré le président à son cabinet.

Il a également donné un compte-rendu très optimiste de l’état de l’économie assiégée de l’Iran, affirmant que la valeur de la monnaie nationale était en hausse et l’inflation en baisse mois après mois.

Source : The Guardian

Informations complémentaires :

Crashdebug.fr : Qui a fait sauter le marché pétrolier ? (Le Sakerfrancophone)

https://www.crashdebug.fr/international/16612-l-echec-des-pourparlers-nucleaires-americano-iraniens-est-imputable-a-trump-rouhani-the-guardian

IRAN: UN DRONE ABATTU PAR L’ARMÉE SYRIENNE PROCHE DU GOLAN POURRAIT ÊTRE IRANIEN

ISRAEL#SYRIA 22.09.2019 – 399 vues    5 ( 1 votes)

IRAN: UN DRONE ABATTU PAR L’ARMÉE SYRIENNE PROCHE DU GOLAN POURRAIT ÊTRE IRANIEN

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Le véhicule aérien sans pilote (UAV) abattu par l’Armée arabe syrienne (SAA) près des hauteurs du Golan occupées par les Israéliens le 21 septembre pourrait être un Iranien, a déclaré le lieutenant-colonel Avichay Adraee, porte-parole de l’armée israélienne.

«Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit pas d’un UAV des Forces de défense [israéliennes]. Nous parlons donc d’autres explosifs iraniens travaillant sans coordination dans la partie syrienne du Golan», a écrit le lieutenant-colonel Adraee. sur Twitter.

Le porte-parole a également affirmé que le drone avait été abattu dans la même région, à partir de laquelle des membres du Corps des gardes de la révolution islamique iraniens (IRGC) auraient tenté de lancer des « drones tueurs » contre Israël le mois dernier.

Israel Says Drone Downed By Syrian Army Near Occupied Golan May Be Iranian

«La main droite ne sait pas ce que fait la main gauche», a publié une affiche publiée par Adraee.

En affirmant cela, Adraee a contredit la propre histoire de l’armée israélienne concernant la prétendue attaque par un drone iranien. Le 25 août, l’armée israélienne a affirmé que les forces de l’IRGC prévoyaient de lancer les drones depuis la ville d’Aqraba, dans le sud de Damas, et non depuis la ville d’Erneh près d’Al Golan, où le drone armé avait abattu le drone armé.

Israël aurait utilisé des drones similaires à celui que l’armée syrienne a abattu près d’Erneh lors de l’attaque du 25 août dans le sud de Beyrouth , qui visait un centre de presse du Hezbollah.

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://southfront.org/&prev=search

Prends garde, Iran, les Patriot arrivent !

Prends garde, Iran, les Patriot arrivent !

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 21 septembre 2019

   Forum

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Prends garde, Iran, les Patriot arrivent !

21 septembre 2019 – Normalement cette nouvelle devrait aller dans une des rubriques générales du site, du fait que toute l’affaire de l’attaque contre Aramco a été prise en charge de cette façon. Mais le dérisoire commande, et l’humour involontaire règne. Je veux parler de la “riposte” américaniste à l’attaque, décidée dans le cours de la consultation de Leurs Majestés golfiques et saoudiennes diverses par le diplomate hors-pair qu’est Mike Pompeo.

« Le 19 septembre, le WSJ a rapporté que le Pentagone, et en particulier le Général Kenneth Mackenzie, Commandant en chef du CENTCOM, avait demandé le déploiement de trois autres batteries Patriot en Arabie Saoudite, en plus des avions de combat F-22 Raptor supplémentaires [déjà annoncés avant l’attaque].
» Parce que les batteries de missiles Patriot actuelles font un merveilleux ‘job’.
» Le déploiement comprend également d’éventuelles capacités de surveillance supplémentaires dans la région.
» Pour sa part, Fox News a largement rapporté les mêmes nouvelles, citant en outre une source anonyme qui affirmait que si plus de personnel était déployé, ce ne serait que “quelques centaines”, puisque le Moyen-Orient accueille déjà environ 70 000 soldats américains, de toutes les façons. »

La chose a été prise au sérieux dans la presseSystème US, dans une atmosphère de complète zombification de toute appréciation critique. Les monarchies golfiques, par contre, ont montré beaucoup moins d’enthousiasme et même, dans certains cas, une franche hostilité. En témoigne indirectement cette présentation de SouthFront.org, qui reprend sur un ton moqueur et acerbe la présentation générale des événements, où l’on voit Pompeo adopter soudainement un ton beaucoup plus, et même incroyablement plus conciliant, presque sur le ton d’une brebis nullement galeuse mais devenue pacifiste, après avoir bouclé ses visites de la région par celle qu’il a rendue au cheikh et Prince héritier MbZ (Mohammed bin Zayed) d’Abou Dhabi.

Tous ses interlocuteurs royaux, devant l’énormité gargantuesque de l’engagement US à les défendre après le succès pantagruélique des défenses contre l’attaque d’Aramco, demandent sèchement et fermement aux émissaires US de n’agacer en rien désormais les Iraniens contre lesquels ils (les USA) ne semblent vraiment pas pouvoir ni vouloir grand’chose. La coalition anti-Iran que Pompeo annonce depuis plusieurs mois ne ferait pas de mal à une mouche saoudienne, et il s’agit désormais quasi-officiellement d’une complète fiction trumpiste qui n’intéresse plus personne. Il ne semble pas que l’administration Trump se soit fait beaucoup d’amis dans les monarchies golfiques après l’attaque d’Aramco.

« Le ton a changé après avoir rencontré le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed Al Nahyan. Interrogé sur les commentaires que le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a faits plus tôt dans la journée, Pompeo a cherché à minimiser la gravité de la situation.
» “Je suis venu ici pour une mission diplomatique. Alors que le ministre des Affaires étrangères de l’Iran menace de mener une guerre totale et de se battre jusqu’au dernier Américain, nous sommes ici pour mettre sur pied une coalition visant à parvenir à la paix et à un règlement pacifique de la question”, a dit la secrétaire d’État. “C’est ma mission, ce que le Président Trump veut certainement que je m’efforce d’accomplir, et j’espère que la République islamique d’Iran voit les choses de la même façon. Il n’y a aucune preuve de cela dans sa déclaration, mais j’espère que c’est le cas.”
» “Le président nous a ordonné de continuer à les empêcher d’avoir la capacité de soutenir le Hezbollah, les milices chiites en Irak, leur propre programme de missiles, tout ce qu’ils ont fait pour représenter une menace pour le monde, c’est la mission que nous nous sommes fixée avec nos sanctions économiques,” a-t-il dit. »

Il est vrai que, malgré notre cuir tanné par des années sinon des décennies de montages et de mensonges américanistes, je me trouve encore une fois pris de court par la stupéfaction avec cette affaire, sur ce point particulier, qui n’est rien de moins qu’un nouveau sommet plus haut que tous les précédents d’inconscience et d’inconséquence américanistes. La seule explication qui vaille, à mon sens, est celle de la plus complète indifférence de Trump à ces affaires du Moyen-Orient, et celles de politique étrangère en général, mis à part les $milliards qu’il peut extorquer des Saoudiens, des Sud-Coréens, des Polonais, etc., en leur refilant la camelote de Raytheon et la quincaillerie de Lockheed-Martin. Le fait de présenter un Pompeo avec trois batteries de Patriot dans sa besace comme principale “riposte” à l’attaque du 14 septembre serait perçu, dans un autre monde que le postmoderne trumpiste, comme une insulte jetée à la face de MbS et de toute sa bande. Peut-être même l’a-t-il été effectivement comme tel en même temps que la démonstration ultime et catastrophique de l’impuissance US, et peut-être même que les éminences des royaumes font marcher le téléphone arabe de la diplomatie secrète à destination de Téhéran, pour tenter de trouver quelque chose comme un terrain d’entente.

Il faut absolument revenir et insister, encore et encore, pour sembler y comprendre quelque chose, sur l’extraordinaire impuissance psychologique de l’américanisme. Je parle ici de l’absence totale d’empathie, qui concerne d’ailleurs (pour prolonger la citation ci-dessous) aussi bien l’impuissance à se mettre à la place de ses “alliés” qu’à celle de ses “ennemis” ; ce manque, ce vide, ce “trou” même comme une déchirure et une béance mortelle dans la psychologie est sans aucun doute le fondement de ce en quoi la psychologie de l’américanisme est une chose catastrophique, de sa cruauté extrême, de son inhumanité foncière, de sa capacité de triompher injustement lorsque les dieux en fer-blanc ont été suffisamment corrompues, et de s’engager vers un effondrement suicidaire lorsque les dieux ont décidé qu’ils en avaient marre, – comme les monarques du Golfe pour le coup :

« Le plus dramatique dans ce constat est évidemment ce qui se dit de plus en plus, et qui constitue l’élément fondamental de la psychologie de l’américanisme, cette impuissance totale de l’américanisme pour l’empathie, y compris et surtout cette absence complète d’empathie objective (se mettre à la place de l’autre pour mieux le comprendre) pour comprendre ce qui se passe dans “l’esprit” de l’adversaiere. Crooke/Porther le disent précisément : “ …la capacité de Washington de comprendre, ou de ‘bien lire’ dans ‘l’esprit’ de ses ennemis semble avoir été en quelque sorte perdue, – par impuissance de Washington à éprouver quelque empathie que ce soit pour “l’altérité” (iranienne, chinoise ou russe). ” Nous serions tentés de proposer une nuance, de taille au demeurant : cette capacité n’a pas été ‘perdue’, parce que, selon ce que nous croyons de la psychologie de l’américanisme faite d’inculpabilité et d’indéfectibilité et ainsi si parfaitement spécifique, cette capacité n’a jamais existé dans cette psychologie ; la raison étant simplement que, pour la psychologie américaniste et donc exceptionnaliste, l’‘autre’ ne peut exister sinon bien entendu à être aussitôt gobé et digéré subito presto par l’américanisme. »

Cette situation est extrêmement sérieuse et préoccupante, et cette chute des zombies américanistes l’est encore bien plus, bien réelle, bien considérable, emportée dans un tourbillon (“tourbillon crisique” dirais-je) qu’elle a elle-même créé. Ces gens sont désormais dans un autre monde, dans une simulation d’un autre monde, dans leur simulacre crevé de toutes parts, réparé par du sparadrap usagé, du chewing-gum pré-mâché, des rames collantes de billets de banques fraîchement imprimés et même pas massicotés tant plus personne n’y croit. La puissance américaniste ressemble à un champ de fauteuils-transat glissant n’importe comment sur le pont du Titanic à mesure de l’inclinaison de la chose, et où plus personne ne daigne poser son séant.

J’écrirais bien “Gone with the Wind” pour terminer sur un bon mot mais même le vent n’en veut plus. Alors, qu’ils aillent au Diable ? Le Diable n’en rit même plus et son accueil sera plutôt frais…

https://www.dedefensa.org/article/prends-garde-iran-lespatriotarrivent

T.C.-80 : Bye bye FDR

T.C.-80 : Bye bye FDR

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 17 septembre 2019

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T.C.-80 : Bye bye FDR

17 septembre 2019 – Trump marche sur des œufs et piétine l’Histoire… “Marcher sur des œufs”, c’est le moins qu’on puisse dire à propos de l’affaire de la très méchante et efficace attaque des installations de l’Aramco, comme un coup au cœur de l’Arabie dont le même Trump ne semble guère vouloir trop se préoccuper, et sans s’en dissimuler. Après que le chef de cabinet du vice-président, Marc Short, eût expliqué par ailleurs, en d’autre lieu et sur un ton apaisant que le tweet “locked and loaded” (“prêts et chargés”) de dimanche soir n’était nullement une menace de type militaire mais une image concernant la situation énergétique des USA face à des possibles remous de fournitures de pétrole après l’attaque, on a vu et entendu cette humeur apaisée hier lors d’une aimable rencontre du président avec la presse

Même si tout cela (l’attaque, etcetera) ressemble à l’Iran, gazouille le président, il est bien acquis que « Je ne veux pas faire la guerre à qui que ce soit» ; et il n’est pas question de représailles tant qu’il n’y a pas de « preuve définitive » (vaste programme) d’une éventuelle culpabilité de l’Iran, et alors on verra.

Ceci enfin, qui est historique n’est-ce pas, par rapport à ce qu’on sait et dit du “Pacte du Quincy” et de FDR-1945, ce président mourant qui vint sceller son legs ultime qui fit Empire de la Grande République, – et que Trump, ce va-nu-pieds, piétine de la sorte : « En outre, lorsqu’on lui a demandé s’il avait promis de protéger les Saoudiens, le président a répondu “Non, je n’ai pas promis cela aux Saoudiens…. Nous devons nous asseoir avec les Saoudiens et trouver une solution.” »

Non seulement ils ne peuvent plus, mais ils ne veulent plus (à moins qu’ils ne veuillent plus parce qu’ils ne peuvent plus ?)… Bref, et comme disait l’avisé Macron : « Nous sommes sans doute en train de vivre la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde. » (Le temps de traduire ce texte du discours macronien, d’une forme infâme cachant les pépites reposant sur le fond, nos amis anglophones de la communication antiSystème commencent à réaliser le caractère historique de la chose : iciiciici, etc.)

Tout cela se fait en douceur, avec grâce et comme sans y toucher, cette façon que l’Empire a de recevoir des directs en pleine poire (le drone abattu par les Iraniens, l’attaque contre l’Aramco) et de passer outre en sifflotant. Les Saoudiens, MbS en tête, ne s’y trompent pas une seconde, pour le cas il s’agit de noyer le poisson en douceur. L’officieux de la famille royale, Arab News, nous fait savoir qu’il y aura enquête sur l’attaque et sur les responsables, et comment, et encore avec experts venus de tous les horizons Inch Allah, et y compris de l’ONU mazette, et que, mon Dieu, l’on sera fixé alors, disons « dans des semaines, sinon des mois ». D’ici là, les poules auront des implants…

…Pendant ce temps, bien en verve et sur un ton assez léger ma foi, en pleine conférence de presse commune suivant un sommet d’importance sur la Syrie avec les présidents iranien et turc, Poutine a suggéré à l’Arabie, à l’aide d’une sidérante citation du Coran, d’acheter des S-300 ou des S-400 pour protéger ses biens si précieux, le sang noir de son or noir, – de cette façon on pourra exposer les Patriot de l’Empire ainsi démobilisés pour Alzheimer précoce au musée des technologies revues et incorrigibles…

« En ce qui concerne l’aide à l’Arabie saoudite, il convient de rappeler que le Coran sacré évoque l’inadmissibilité de toute sorte de violence autre que pour protéger les siens. Donc pour [qu’ils puissent] défendre les leurs et leur pays, nous sommes prêts à octroyer l’aide appropriée à l’Arabie saoudite. Il suffit que les autorités politiques saoudiennes adoptent une décision étatique sage comme celle prise par le passé par les dirigeants iraniens qui avaient acquis à l’époque des S-300 ou comme le Président Erdogan qui a acheté à la Russie les systèmes ultramodernes S-400. Ils protégeront solidement toute infrastructure saoudienne. »

Et le président iranien Rouhani, présent également, de se tourner vers Poutine pour lui demander lequel des deux systèmes il conseille aux Saoudiens de choisir pour mieux abattre les drones que lui-même, Rouhani, n’a certainement pas lancés contre l’Aramco ; et Poutine, diplomate-équilibriste comme toujours : « Qu’ils choisissent. » Et c’est sur ce ton léger, un peu tragédie-bouffe tout de même et certainement simulacre surréaliste, que s’achève le “tourbillon crisique” du jour (T.C.-bouffe)

Good Bye Lenin, disait le film ; bye bye FDR, dis-je pour mon compte. Ainsi s’ouvre, entre Offenbach et Wagner, le dernier chapitre de l’ultime phase de la partie finale de la Grande Crise d’Effondrement du Système

.https://www.dedefensa.org/article/tc-80bye-byefdr

LES ETATS-UNIS ET L’ARABIE SAOUDITE SUR LE SENTIER DE LA GUERRE CONTRE L’IRAN

LES ETATS-UNIS ET L’ARABIE SAOUDITE SUR LE SENTIER DE LA GUERRE CONTRE L’IRAN

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US And Saudi Arabia On Warpath Against Iran

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Les États-Unis et le Royaume d’Arabie saoudite plaident en faveur d’un conflit avec l’Iran, comme le montrent l’évolution de la situation au cours des derniers jours.

Riyad a affirmé que, selon les résultats préliminaires, les attaques sur ses infrastructures pétrolières ne venaient pas du Yémen. En effet, ses systèmes de défense aérienne sont orientés vers le pays et auraient bloqué une éventuelle attaque.

Aᴍɪʀ@AmirIGM

This graphic shows Saudi Air Defences around the Abqaiq oil facilities that were struck early Saturday. The drones were well within PAC-2 range, but outside Hawk range. It’s possible that the low-flying or the drones’ small size and composite materials helped it avoid detection.

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22711:34 – 14 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité189 personnes parlent à ce sujet

Le Wall Street Journal a cité des responsables américains non nommés, selon qui la responsabilité reviendrait à l’Iran, dans la mesure où l’attention des États-Unis et de l’Arabie saoudite s’est déplacée vers la frontière sud avec le Yémen, ouvrant la porte à des attaques venant d’autres directions.

Selon des sources non identifiées, l’attaque proviendrait d’Iran et il y aurait même eu des débris de ce qui semble être une technologie iranienne de missile de croisière.

« Tout leur convient », a déclaré un responsable saoudien sans personnel, faisant référence à l’Iran. « Les débris, l’intel et les points d’impact. »

Les défenses aériennes saoudiennes surveillaient également le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz, où des responsables américains accusent l’Iran de s’être emparé de pétroliers et de drones volants à proximité de navires de guerre américains.

Mais le flanc oriental de l’Arabie saoudite est resté ouvert. Et selon les Etats-Unis et le Royaume, l’Iran était derrière l’attaque.

L’Iran a été blâmé, même si un porte-parole houthi a même revendiqué la responsabilité de l’attaque du 14 septembre.

«Cette opération est l’une des plus grandes opérations menées par nos forces dans les profondeurs de l’Arabie saoudite. Elle a été réalisée après une opération de renseignement précise, une surveillance avancée et la coopération d’hommes honorables et libres au sein du Royaume.

Nous promettons au régime saoudien que nos futures opérations se développeront davantage et seront plus douloureuses que jamais tant qu’il poursuivra son agression et son siège.

Nous affirmons que notre banque d’objectifs s’agrandit de jour en jour et qu’il n’ya pas de solution pour le régime saoudien si ce n’est de mettre un terme à l’agression et au siège de notre pays. »

Dans le même temps, il a été annoncé qu’un porte-parole du ministère saoudien de la Défense tiendrait une conférence de presse le 18 septembre pour présenter des preuves de l’attaque sur Aramco.

La conférence présentera des preuves de l’implication de l’Iran dans les attentats d’Aramco , a ajouté la télévision d’Etat. Il montrera également les armes iraniennes qui ont été utilisées lors des attaques.

La conférence aura lieu à 14h30 GMT et présentera « des preuves matérielles et des armes iraniennes prouvant l’implication du régime iranien dans l’attaque terroriste ».

En réponse à l’attaque, le Royaume a annoncé qu’il se joindrait à la coalition maritime américaine pour assurer la sécurité dans le golfe Persique. Cela a été rapporté par l’agence de presse saoudienne gérée par l’État, citant un responsable anonyme.

Les Etats-Unis poursuivent leurs accusations en se disant prêts à frapper tout parti responsable qui aurait attaqué ses alliés.

Le vice-président américain Mike Pence, qui ne fait que répéter ce que le président américain Donald Trump a déclaré, a déclaré que les États-Unis étaient «sous le boitier» pour défendre les alliés des États-Unis en réponse à une attaque sur des sites pétroliers en Arabie Saoudite.

«À la suite de cette attaque non provoquée, je vous promets, nous sommes prêts», a déclaré Pence. «Nous sommes enfermés et chargés et nous sommes prêts à défendre les intérêts de nos alliés. Ne faites pas d’erreur à ce sujet. »

Pence a également déclaré qu’il « semblerait » que l’Iran était responsable de l’attaque contre les installations pétrolières saoudiennes, mais que les services de renseignements américains travaillaient à la confirmation des détails.

Pence a confirmé que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo se rendrait au Royaume le 18 septembre.

«Nous évaluons toutes les preuves, nous consultons nos alliés», a déclaré Pence.

Le 17 septembre, bien évidemment, par accident, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a accueilli le prince héritier Salman bin Hamad Al-Khalifa de Bahreïn au Pentagone.

Il n’a pas manqué de rappeler que la 5 e flotte américaine opère depuis Bahreïn depuis 1995.

« Votre pays s’est mobilisé pendant des décennies pour contribuer à dissuader les conflits dans l’une des parties les plus importantes du monde », a-t-il déclaré. « Nous sommes reconnaissants pour la volonté de longue date du royaume d’accueillir la 5ème flotte [américaine], un partenariat qui a débuté en 1995. Cela témoigne des liens étroits qui unissent nos pays. »

Esper a également mentionné l’Iran, affirmant que l’Iran continuait de violer les normes internationales et choisissait plutôt de promouvoir l’instabilité et le danger dans toute la région.

« Nous apprécions grandement que vous collaboriez avec nous et d’autres amis de l’état de droit et de la sécurité pour dissuader de nouveaux actes de provocation de l’Iran », a-t-il déclaré. «Les affaires en suspens sont regrettables et nous préoccupent tous, à tous ceux du monde, du moins ceux qui attachent de l’importance à l’ordre mondial de paix, de sécurité et de stabilité.»

Dans le même temps, sur la scène internationale, la France a annoncé qu’elle enverrait des experts enquêter sur l’attaque.

Dans un communiqué, l’Elysée a déclaré que le président avait fermement condamné l’attaque et assuré au prince héritier Mohammed bin Salman que la France était attachée à la stabilité du Moyen-Orient.

« En réponse à une demande saoudienne, le président Macron a confirmé au prince héritier que la France enverrait des experts en Arabie saoudite pour participer à des enquêtes visant à révéler l’origine et les modalités de ces attaques », ajoute le communiqué.

Le Japon a déclaré qu’il n’était au courant d’aucune implication de l’Iran dans l’attaque.

« Nous ne sommes au courant d’aucune information pointant vers l’Iran », a déclaré le ministre de la Défense, Taro Kono, à la presse. « Nous pensons que les Houthis ont mené l’attaque sur la base de la déclaration revendiquant la responsabilité. »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la chancelière allemande Angela Merkel ont discuté de ces attaques lors d’un appel téléphonique, s’accordant sur «la nécessité de travailler ensemble, aux côtés de partenaires internationaux, pour convenir d’une réponse collective», selon Downing Street.

L’Iran maintient qu’il n’a joué aucun rôle dans les attaques, plusieurs responsables ayant accusé les États-Unis d’être «négationnistes» face à ces attaques.

En outre, le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a accusé les États-Unis de la très apparente hypocrisie dont ils font preuve.

Javad Zarif@JZarif · 17 h

US is in denial if it thinks that Yemeni victims of 4.5 yrs of the worst war crimes wouldn’t do all to strike back.

Perhaps it’s embarrassed that $100s of blns of its arms didn’t intercept Yemeni fire.

But blaming Iran won’t change that.

Ending the war=only solution for all.

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Javad Zarif@JZarif

Just imagine: The US isn’t upset when its allies mercilessly BOMB babies in Yemen for over 4 years—with its arms and its military assistance.

But it is terribly upset when the victims react the only way they can—against the aggressor’s OIL refineries. #EndYemenWarNow2 43018:51 – 17 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité1 112 personnes parlent à ce sujet

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré lors d’une réunion du cabinet que les Houthis avaient attaqué les installations pétrolières saoudiennes comme un « avertissement » pour que Riyad mette un terme à sa longue guerre au Yémen.

«Nous ne voulons pas de conflit dans la région… Qui a déclenché le conflit? Pas les Yéménites. C’est l’Arabie saoudite, les Émirats, les États-Unis, certains pays européens et le régime sioniste [Israël] qui ont déclenché la guerre dans cette région », a déclaré Rouhani dans la vidéo.

Enfin, le brigadier général Amir Hatami, ministre iranien de la Défense, a déclaré que Téhéran n’était pas impliqué dans les attaques.

« Rejetant les commentaires sur le rôle de l’Iran dans l’opération, [Hatami] a déclaré que le problème était très clair: il y a eu un conflit entre deux pays [le Yémen et l’Arabie saoudite]. »

La situation est actuellement très volatile, les États-Unis et l’Arabie saoudite étant résolus à faire de l’Iran le coupable, en dépit de ce que toute autre preuve ou affirmation suggérerait.

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Le piège des guerres du Yémen

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L’Arabie saoudite n’est pas parvenue à vaincre la rébellion au Yémen des Houthis, soutenue par l’Iran. Elle est désormais attaquée sur son propre territoire.

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Par Jacques Hubert-RodierPublié le 16/09 à 19h22

L’intervention militaire au Yémen lancée en 2015 par l’Arabie saoudite et soutenu par huit états sunnites du Golfe avec l’appui des Etats-Unis, de la France et du Royaume Uni, devait être une opération éclair. Il s’agissait d’aider le président élu pro-saoudien Abdrabbo Mansour Hadi, à faire face à  une rébellion menée par les Houthis, du nom de famille de ses chefs, et dont la religion, le zaïdisme, est apparentée au chiisme.open in 3

Surtout  Riyad voulait contenir l’influence au Moyen Orient de l’Iran. Téhéran n’a en effet jamais cessé de contribuer, militairement et financièrement, à cette rébellion de l’« Arabie heureuse ». Certains ont même vu la main du général iranien Qasem Soleimani, commandant les forces spéciales iraniennes, derrière certaines opérations militaires des Houthis. Même si par rapport aux interventions en Syrie et au Liban, la présence iranienne semble plus limitée.

Mais au Yémen le piège s’est peu à peu refermé sur l’Arabie saoudite. Et ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, est devenu un véritable cauchemar pour son leader de facto, le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Non seulement il n’est pas arrivé à chasser les combattants houthis de Sanaa et assurer une victoire décisive, mais le territoire saoudien est désormais attaqué. Il est vraisemblable, comme le proclame Washington, que les raids aériens samedi contre des installations pétrolières ont été menés par les Iraniens avec peut-être une dizaine de drones « made in Iran », mais leurs affidés yéménites les ont revendiquées infligeant une claque à Riyad. L’incapacité de l’Arabie saoudite à se défendre en dépit de l’acquisition de matériels militaires sophistiqués, n’est pas son seul talon d’Achille. Elle a encore aggravé dans les opinions publiques son déficit d’image. Car  les guerres civiles du Yémen ont provoqué la pire crise humanitaire au monde. Et pour cela l’intervention militaire de l’Arabie saoudite, qui a été accusée de bombarder des populations civiles, est dénoncée. Et même soutenus par l’Iran, les Houthis risquent d’être perçus comme des David face au Goliath saoudien. A raison ou à tort !

Jacques Hubert-Rodier

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/le-piege-des-guerres-du-yemen-1132085#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=idees2_edito-20190917

Les représailles asymétriques du Yemen

Les représailles asymétriques du Yemen …


… Une attaque massive de drones, bien ciblée, cause des dégâts considérables au complexe pétrolier le plus important d’Arabie Saoudite


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Par Moon of Alabama − Le 16 septembre 2019

L’attaque de samedi contre le complexe de traitement de pétrole et de gaz saoudien à Abqaiq a touché ses capacité de stabilisation du brut :

Le processus de stabilisation est une forme de distillation partielle qui adoucit le pétrole brut acide, en éliminant le sulfure d'hydrogène, et réduit la pression des vapeurs, rendant ainsi le pétrole brut sans danger pour l'expédition dans les pétroliers. Les stabilisants optimisent la production d'hydrocarbures liquides de valeur tout en rendant ceux-ci sûrs pour le stockage et le transport, en réduisant les émissions atmosphériques d'hydrocarbures volatils. En résumé, les équipements de stabilisation sont utilisés pour réduire la volatilité du pétrole brut et du condensat stockés.

Peu de temps après l’attaque, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, est passé en mode blâmer l’Iran :

Secrétaire Pompeo @SecPompeo - 21h59 UTC · 14 septembre 2019
 
Téhéran est à l'origine de près de cent attaques contre l'Arabie saoudite, tandis que Rouhani et Zarif prétendent s'engager dans la diplomatie. Au milieu de tous les appels à la désescalade, l’Iran a lancé une attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial. Il n'y a aucune preuve que les attaques sont venues du Yémen.
 
Nous appelons toutes les nations à condamner publiquement et sans équivoque les attaques de l'Iran. Les États-Unis collaboreront avec leurs partenaires et alliés pour faire en sorte que les marchés de l'énergie restent bien approvisionnés et que l'Iran soit tenu pour responsable de son agression.

Le complexe d’Abqaiq est au cœur de l’infrastructure pétrolière saoudienne. Il traite plus de la moitié de sa production pétrolière.

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Le gouvernement américain a publié deux images détaillées du résultat de l’attaque.

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Les images montrent environ 17 points d’impact. Une voiture visible dans la seconde image, plus détaillée, permet de constater la taille gigantesque de l’endroit. Les cibles ont été soigneusement sélectionnées. Au moins 11 d’entre elles étaient des réservoirs ovoïdes d’un diamètre d’environ 30 mètres. Ce sont probablement des réservoirs de gaz sous pression – liquide – qui reçoivent les vapeurs de condensat provenant du processus de stabilisation. Ils ont tous maintenant des trous assez nets dans leur coquille supérieure.

La tuyauterie qui va et vient des réservoirs en forme d’œuf montre que ceux-ci ont été configurés en groupes à double redondance. Deux réservoirs l’un à côté de l’autre partagent un système de tuyauterie. Deux de ces réservoirs jumeaux sont adjacents avec des tuyaux allant au système de traitement. Il existe au total trois groupes de ce type. Les dommages causés à un réservoir ou à un groupe n’arrêteraient pas le processus de production. Les produits seraient acheminés vers un autre réservoir ou groupe similaire. Mais avec tous les réservoirs de ce type particulier inutilisables, la chaîne de production est maintenant interrompue.

Deux zones de traitement ont été touchées et présentent des dégâts d’incendie. L’équipement de contrôle des deux a été probablement complètement détruit :

Rapidan Energy Group, société de conseil, a déclaré que les images de l'installation d'Abqaiq après l'attaque montraient qu'environ cinq tours de stabilisation semblaient avoir été détruites et qu'il faudrait des mois pour les reconstruire, ce qui pourrait réduire la production pendant une période prolongée.
 
«Cependant, Aramco conserve une certaine redondance dans le système pour maintenir la production pendant la maintenance», a ajouté Rapidan, signifiant que les opérations pourraient revenir plus tôt au niveau précédant l'attaque.

Le ciblage de cette attaque a été réalisé avec une connaissance détaillée du processus et de ses dépendances.

La flèche indiquant le nord, en haut à droite de ces images, pointe vers la gauche. Les ombres visibles confirment la direction. Les trous dans les réservoirs sont du côté ouest. Ils ont été attaqués de l’ouest.

Les frappes étaient extrêmement précises. Les forces armées yéménites ont affirmé avoir attaqué l’installation avec dix drones ou missiles de croisière. Mais les résultats sur ces cibles ne ressemblent à rien de tel. Un total de 17 résultats avec un ciblage aussi précis laisse supposer qu’il s’agissait d’une sorte de drone ou de missile avec un contrôle humain dans le processus. Ils peuvent avoir été lancés à partir de l’Arabie saoudite.

Il n’y a pas encore d’information sur les dégâts causés à Khurais, la deuxième cible des attaques.

Les États-Unis et Israël peuvent réaliser de telles attaques. L’Iran probablement aussi. Le Yémen semble peu susceptible de disposer de cette capacité sans s’appuyer sur un soutien important ailleurs. La planification de cette opération a dû prendre des mois.

Un producteur de la BBC au Moyen-Orient a déclaré :

Riam Dalati @Dalatrm - 22h44 UTC · 15 sept. 2019
 
17 points d'impact. Aucun drone ou missile n'a été détecté / intercepté. Les Saoudiens et les Américains ne savent toujours pas d'où l'attaque a été lancée. #KSA a sérieusement besoin de se fournir ailleurs et de remplacer le Patriot ou de le renforcer avec un réseau de canons AA à commande radar tels que le Oerlikon.
 
Une source familière avec la situation de #Aramco nous a dit dans la journée qu’il s’agissait d’une «attaque en essaim», d’un mélange de plus de 20 drones et missiles, dont au moins la moitié étaient des drones suicides. #USA & #KSA, a-t-il dit, sont "certains" que l'attaque a été lancée depuis #Iraq mais "une preuve indiscutable est toujours manquante"
 
Ils sont également "à peu près certains" que #IRGC [Gardiens de la révolution en Iran] était derrière l'opération car, même si les missiles utilisés étaient identiques à ceux des #Houthis, une inspection des débris trouvés dans le désert a révélé "deux nouvelles mises à jour" et un "savoir-faire nettement meilleur"

Le Wall Street Journal commente les dégâts :

Les frappes ont détruit 5,7 millions de barils de production quotidienne, et les responsables ont déclaré croire toujours pouvoir la compenser dans les prochains jours. Cela nécessiterait de puiser dans les stocks et d'utiliser d'autres installations pour traiter le pétrole brut. L’une des principales cibles de l’attaque était une grande usine de traitement du brut à Abqaiq. ...
 
"C’est certainement pire que ce à quoi nous nous attendions dans les premières heures qui ont suivi l’attaque, mais nous veillons à ce que le marché ne connaisse aucune pénurie jusqu’à ce que notre système soit de nouveau en ligne", a déclaré un responsable saoudien. ...

Même si les autorités saoudiennes réussissent à rétablir la totalité ou la quasi-totalité de la production perdue, l'attaque témoigne d'une nouvelle vulnérabilité des lignes d'approvisionnement dans le Golfe, une région riche en pétrole.
 
Les pétroliers doivent payer des primes d’assurance nettement plus élevées, tandis que les coûts de transport ont grimpé en flèche dans la région après une série d’attaques maritimes contre des navires chargés de pétrole, que les États-Unis ont imputées à l’Iran. ...
 
Khurais produit environ 1,5 million de barils par jour et Abqaiq, la plus grande installation de stabilisation du brut au monde, traite sept millions de barils de pétrole saoudien par jour, transformant le brut en produits spécifiques plus légers, tels que l'Arabian Extra Light.

Les réparations à Abqaiq prendront probablement des semaines, pas des jours. Les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 19,5% à 71,95 dollars le baril, soit la plus forte hausse depuis le 14 janvier 1991 :

Aramco n'a donné aucun calendrier pour la reprise de la production. Une source proche du dossier a confié à Reuters que le retour à la pleine capacité pétrolière pourrait prendre "des semaines, pas des jours".
 
Riyad a indiqué qu'il compenserait les dommages subis par ses installations en puisant dans ses stocks, qui s'élevaient à 188 millions de barils en juin, selon les données officielles.

Le président américain Donald Trump était beaucoup plus prudent dans l’attribution de la responsabilité de la frappe que son secrétaire d’État.

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 00h50 UTC · 16 sept. 2019
 
L’approvisionnement en pétrole de l’Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes l'arme au pied en attendant les vérifications, le Royaume nous dira qui, selon lui, est la cause de cette attaque et dans quelles conditions nous allons agir !

Toute attaque directe de l’Iran aurait pour conséquence que des essaims de missiles frapperaient des installations militaires américaines aux Émirats arabes unis et au Qatar. Les usines de dessalement d’eau saoudiennes, les raffineries et les ports seraient également visés.

Il est peu probable que Trump ou les Saoudiens soient prêts à risquer une telle réponse.

L’attaque sur Abqaiq n’était pas la dernière et toutes les installations saoudiennes sont extrêmement vulnérables :

Les rebelles houthis du Yémen ont déclaré que les installations pétrolières en Arabie Saoudite restaient parmi leurs cibles après que les attaques contre deux sites majeurs aient réduit de moitié la production du royaume et provoqué une flambée des prix du brut.

Le groupe rebelle soutenu par l’Iran, cité par la chaîne de télévision Houthi, a déclaré que ses armes pouvaient atteindre n’importe quelle cible en Arabie saoudite. Les attaques de samedi ont été menées par des "avions" utilisant de nouveaux moteurs, a précisé le groupe, faisant probablement référence aux drones.

Middle East Eye, un média financé par le Qatar, a annoncé hier que l’attaque avait été lancée depuis l’Irak par les forces alignées avec l’Iran pour se venger des attaques israéliennes en Syrie. L’auteur, David Hearst, est connu pour ses reportages diffamatoires. Le rapport est basé sur une source de renseignement irakienne anonyme et unique. Le Qatar, en dispute avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour son soutien aux Frères musulmans, aimerait voir un conflit plus important opposer ses rivaux à l’est et à l’ouest du golfe Persique. Le rapport devrait donc être ignoré.

L’Arabie saoudite ne dispose d’aucun moyen de défense contre ce type d’attaque. Les États-Unis ne disposent d’aucun système pouvant être utilisé à cette fin. La Russie est le seul pays à pouvoir fournir le matériel nécessaire. Il serait extrêmement coûteux, et toujours insuffisant, de protéger toutes les installations vitales des Saoudiens contre des attaques d’essaims similaires.

Des attaques de ce type ne prendront fin que lorsque l’Arabie saoudite conclura la paix avec le Yémen et lorsque les États-Unis mettront un terme à leurs sanctions concernant les exportations de pétrole iranien. Il est grand temps que les faucons comme Pompeo le reconnaissent.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-represailles-asymetriques-du-yemen

La guerre en Iran est-elle imminente ? Trump répond que les États-Unis sont « verrouillés et chargés » pour répondre à l’attaque sur les installations saoudiennes (Zerohedge)

La guerre en Iran est-elle imminente ? Trump répond que les États-Unis sont « verrouillés et chargés » pour répondre à l’attaque sur les installations saoudiennes (Zerohedge)

511111 Rating 5.00 (6 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 16 septembre 2019  Mis à jour : 16 septembre 2019  Création : 16 septembre 2019 Écrit par folamour  Affichages : 101fShare

Les graines semées par Bolton sont en train de germer…

Iran 16 09 2019

Par Tyler Durden

Juste au moment où le prix du pétrole s’effondrait après sa flambée record, il a de nouveau grimpé en flèche, après un tweet du président Trump qui a rendu la guerre avec l’Iran pratiquement inévitable.

Juste avant 19h, Trump a tweeté que  » l’approvisionnement en pétrole de l’Arabie Saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, que nous sommes verrouillés et chargés en fonction de la vérification, mais que nous attendons des nouvelles du Royaume quant à la cause de cette attaque et aux conditions dans lesquelles nous allons procéder ! »

Donald J. Trump@realDonaldTrump

Saudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!76,7 k00:50 – 16 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité50,2 k personnes parlent à ce sujet

Au-delà de l’aveu implicite que la politique étrangère américaine au Moyen-Orient est désormais inexplicablement menée par l’Arabie saoudite, ce qui est beaucoup plus troublant, c’est la déclaration de Trump selon laquelle l’armée américaine est « verrouillée et chargée », et s’apprête à attaquer le pays qui a été à l’origine de l’attaque des installations saoudiennes, qui selon Mike Pompeo ne serait ni le Yémen ni ses rebelles Houthi mais plutôt l’Iran.

Maintenant, comme Javier Blas de Bloomberg le note correctement, le tweet de Trump a laissé le prince héritier saoudien MbS boxé : « s’il ne désigne pas #Iran, il risque de décevoir Trump, mais si il le fait, il pourrait commencer une guerre totale avec Tehran de fin inconnue« . Inutile de dire qu’il est clair quelle option l’Arabie saoudite – qui est en guerre avec l’Iran depuis des années – lchoisira.

Javier Blas@JavierBlas

“Locked and loaded”

And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

Et au cas où il n’est pas clair de quelle manière l’Arabie saoudite ordonnera aux États-Unis de « procéder », en mai dernier, The Arab News – un journal qui a longtemps été présidé par divers fils du roi Salman jusqu’en 2014, et est considéré comme reflétant la position officielle – a publié jeudi un éditorial en anglais, faisant valoir qu’après des incidents cette semaine contre des objectifs énergétiques saoudiens, la prochaine étape logique « devrait être des frappes chirurgicales ». On peut être sûr que cette fois-ci, elle sera encore plus vocale.

Entre-temps, on peut se demander à quel point le récit officiel de l’Iran à l’origine de ces attentats est crédible. Voici quelques réflexions :

Javier Blas@JavierBlas

“Locked and loaded”

And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

L’ironie de la situation, c’est que la semaine dernière, l’Iran semblait soudainement sur le point de reprendre les pourparlers avec les États-Unis après que Trump eut licencié sans cérémonie John Bolton, qui militait depuis des années pour une attaque contre l’Iran. Et pourtant, Bolton parti, son résultat le plus désiré a été atteint avec l’armée américaine maintenant « verrouillée et chargée » d’attaquer l’Iran… On se demande presque où était Bolton quand « l’Iran » lançait des drones en Arabie Saoudite.

D’ailleurs, tous ceux qui espèrent que les prix du pétrole chuteront une fois que les États-Unis envahiront l’Iran seront très déçus.

Javier Blas✔@JavierBlas



And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump✔@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

Pour l’instant, le marché est clairement conscient de ce qu’un tel résultat signifierait pour les prix du pétrole, et même le tweet suivant de Trump « PLENTY OF OIL !

Source : Zerohedge

https://www.crashdebug.fr/international/16534-la-guerre-en-iran-est-elle-imminente-trump-repond-que-les-etats-unis-sont-verrouilles-et-charges-pour-repondre-a-l-attaque-sur-les-installations-saoudiennes-zerohedge

Petites et grandes manoeuvres

Petites et grandes manoeuvres

14 Septembre 2019

Temps incertains et passionnants, faits de continuités et de recompositions, d’alliances inamovibles ou d’étonnants retournements de veste…

Le limogeage de John Bolton continue de faire couler de l’encre. Peut-être trop d’ailleurs car, malgré l’erratisme du Donald, il n’est pas du tout sûr que Washington change de ligne du jour au lendemain. Ces précautions d’usage formulées, le toujours excellent Bhadrakumar s’essaie au petit jeu du qui gagne/qui perd. A première vue, le débarquement du néo-con moustachu est une bonne nouvelle pour l’Iran et pour la Chine, une mauvaise pour Israël. Quant à la Russie, c’est business as usual.

Curieusement, et contrairement à la grande majorité du Deep State US, Bolton n’a en effet jamais présenté Moscou comme l’ennemi absolu à abattre. Ceci ne devrait nous étonner qu’à moitié, tant il est vrai que l’Etat profond, constitué de courants variés, n’est pas un tout homogène. Si sa stratégie fondamentale – diviser l’Eurasie – est forgée dans le bronze, les moyens pour y arriver font l’objet de débats et de divisions parfois importantes.

A ceux (establishment de la CIA, hauts pontes Démocrates) qui considèrent l’ours comme la Némésis suprême s’oppose la branche « kissingérienne », souhaitant au contraire jouer la Russie contre la Chine. Cette ritournelle est dans l’air depuis quelques années, autour de revues influentes (The National Interest), depuis que la folie des grandeurs impériale de la fin des années 90 puis les gaffes bushesques et obamesques ont fortement rapproché Moscou et Pékin.

Cette stratégie consistant à diviser les deux poids lourds continentaux est un grand classique de la thalassocratie anglo-saxonne. En 1900, âge d’or de l’Angleterre victorienne, Joseph Chamberlain (père de Neville, signataire des fameux accords de Munich en 1938), résumait parfaitement l’objectif fondamental de l’empire maritime : « Il est de notre intérêt que l’Allemagne s’oppose aux Russes. Notre principale crainte est de les voir s’allier. Nous devrions faire tout notre possible pour accentuer la cassure entre l’Allemagne et la Russie, ainsi qu’entre la Russie et le Japon« . Londres tentait tour à tour, selon ses gouvernements, de s’allier avec l’Allemagne contre la Russie ou avec la Russie contre l’Allemagne, l’essentiel étant que ces deux-là demeurent dans des camps opposés.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis reprennent le flambeau laissé par un Royaume-Uni déclinant, l’Eurasie remplace l’Europe et le Grand jeu passe à l’échelle-monde. Les fondamentaux, eux, ne changent guère. Dans les années 70, Kissinger (déjà) est l’artisan de la visite de Nixon en Chine populaire pour profiter de la rupture sino-soviétique et soutenir Mao contre l’URSS. Si le vénérable vieillard a aujourd’hui changé son fusil d’épaule et préfère jouer la carte russe, le scénario reste le même : séparer les deux géants eurasiatiques.

Ainsi va la pieuvre à tentacules multiples qu’est le Deep State US, uni par un même but stratégique fondamental mais divisé quant aux moyens pour y parvenir. La situation est encore compliquée par des électrons du type Soros, qui veulent s’attaquer aussi bien à la Russie qu’à la Chine tout en défendant les intérêts de sa caste oligarchique en promouvant l’afflux de réfugiés, point sur lequel Bolton et son Gatestone Institute ont toujours été, par contre, en désaccord total.

En parlant des « élites » financières de la planète, un article détonnant de William Engdahl se pose la question de savoir si elles ne vont pas abandonner le dollar. Certes, ce n’est pas la première fois qu’on le murmure mais les signes commencent à s’accumuler. Voir le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre, la patronne du FMI Christine Lagarde ou le récent président de la New York Federal Reserve Bank évoquer, sous des angles différents, la nécessaire dédollarisation de l’économie mondiale laisse rêveur… et prouve une fois de plus que l’empire américain, dont le pilier est la prééminence du billet vert, ne peut être confondu avec les lobbies dont on parle souvent, qu’il soient pétrolier, pro-israélien ou, en l’occurrence, financier. Ce n’est ni Exxon, ni Nétanyahou, ni Wall Street qui font la politique étrangère américaine, même s’ils peuvent l’influencer ponctuellement…

Sur la Chine, les multinationales sont également vent debout contre les sanctions commerciales voulues par les stratèges de Washington afin de torpiller l’envol du dragon et ses Routes de la Soie. Les petits génies du Potomac continuent d’ailleurs d’appuyer sur le bouton Hong Kong qui, à en croire notre bonne vieille presstituée, serait un merveilleux symbole de « révolution démocratique », rien que ça. La réalité est quelque peu différente, comme nous l’expliquions fin juillet :

Est-ce tout à fait un hasard si Russie et Chine ont récemment vu l’éclosion de manifestations qui fleurent bon la révolution colorée si chère à Soros ? Le « philanthrope », comme l’appellent amoureusement nos petits plumitifs, prévenait d’ailleurs au début de l’année : « La Chine est notre ennemi le plus dangereux ».

Fin mars, des manifestations éclatent à Hong Kong contre un amendement permettant l’extradition vers la Chine. Si le projet de loi est certes maladroit et l’inquiétude bien réelle chez beaucoup de Hongkongais, sourcilleux quant à l’indépendance de leur système judiciaire, il est impossible de ne pas voir que plusieurs meneurs protestataires sont financés par le N.E.D.

Rappelons que le National Endowment for Democracy, fondation bipartisane créée au début des années 80 par le Congrès américain, a repris officiellement à sa charge les coups tordus de la CIA. Comme le disait l’ancien directeur de l’agence, William Colby : « Il n’est plus nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui étaient menés en sous main, peuvent désormais l’être au grand jour, sans controverse ».

Cette dangereuse proximité des manifestants avec les officines de l’empire et le fait que les protestations continuent et s’amplifient malgré le retrait de l’amendement ne trompent personne, et surtout pas les Chinois. Pour Pékin, c’est clair : tonton Sam est à la manœuvre.

Le but, évident : mettre une épine dans le pied du dragon et le fixer sur un point sensible (Hong Kong est la cinquième bourse mondiale) afin d’entamer son prestige en Asie et entraver sa marche.

Les drapeaux étoilés régulièrement et fièrement brandis par les manifestants ainsi que les appels au « sauveur américain » ne devraient pas nous étonner. Il y a cinq ans, un think tank reconnaissait déjà les énormes sommes déversées chaque année par le N.E.D à Hong Kong. La participation d’un des leaders du mouvement, Joshua Wong, à une petite sauterie récemment organisée en compagnie du dirigeant des Casques blancs et du putschiste ukrainien Klitschko n’est évidemment pas pour nous surprendre…

A plusieurs milliers de kilomètres de là, le Moyen-Orient est en feu, littéralement. Les drones houthis, et peut-être quelques missiles les accompagnant, se sont abattus sur les principales raffineries saoudiennes, obligeant le royaume wahhabite à stopper la moitié de sa production pétrolière, soit 5% de la production mondiale ! Les systèmes de défense anti-aérienne américains, eux, n’ont rien vu passer.

On se rappelle avec délice ce grassouillet prince saoudien, un petit comique celui-là, qui assurait la bouche en cœur il y a quelques jours que son pays pourrait annihiler l’Iran en huit heures. Apparemment, les Houthis en pyjama ne sont pas encore au courant de cette toute-puissance saoudienne et, à Téhéran, on en rit encore…

La seule chose que Riyad semble réaliser à peu près correctement, c’est manigancer contre ses adversaires diplomatiques. Enlisés jusqu’à la moelle au Yémen, incapable de faire quoi que ce soit contre l’Iran sans geindre pour que leurs parrains américains viennent à la rescousse, les Saoudiens ne trouvent rien de mieux à faire que tenter d’isoler… la Turquie à Chypre.

On sait qu’entre le sultan néo-ottoman tendance Frères musulmans et le Seoud wahhabite, ça n’a jamais été le grand amour. Le grand écart a encore été accentué par le fiasco de toute ce joli monde en Syrie, conflit qui pendant un temps a pu les rabibocher. L’alliance turco-qatarie après la rupture de juin 2017 au sein du Conseil de Coopération du Golfe et la bonne entente entre Ankara et Téhéran n’ont évidemment rien fait pour arranger les choses. Qu’il semble loin le temps, pas si lointain en réalité (40 ans), où l’empire américain avait sous sa coupe Saoudiens, Iraniens, Turcs, Qataris et Israéliens.

Tell Aviv justement. En pleine campagne de réelection, Bibi la Terreur a une nouvelle fois pris le chemin de Sochi pour rencontrer Poutine et montrer sa stature internationale à son électorat. Il a dû déchanter… Vladimirovitch l’a fait attendre trois heures et lui aurait opposé un niet abrupt aux futures incursions aériennes israéliennes en Syrie. Le conditionnel reste de mise tant le Moyen-Orient est habitué aux retournements de situation, mais l’info, d’abord donnée par l’édition en arabe de The Independent avant d’être reprise par la presse israélienne puis par Zero Hedge, semble solide.

Les Russes auraient d’ailleurs, à trois reprises, empêché des frappes israéliennes sur des cibles chiites/iraniennes. Cela fait d’ailleurs écho à ce qu’a rapporté un site russe d’aviation il y a quelques jours : des Sukhois-35 déployés dans la province de Deraa pour empêcher un bombardement israélien.

Toujours est-il que Poutine aurait remis (conditionnel toujours de mise) les pendules à l’heure en traçant une ligne rouge devant Nétanyahou : désormais, tout avion bombardant la Syrie sera abattu par les chasseurs russes ou les S-400. Apparemment, le maître du Kremlin est même allé, fait nouveau, jusqu’à condamner « l’agression israélienne au Liban » (l’incident du drone la semaine dernière, ndlr) et a prévenu son interlocuteur de se garder de renouveler la chose.

Israël qui pleure, Iran qui rit ? Oui et non. Si l’un et l’autre peuvent se lamenter/se réjouir de la disgrâce de Bolton et de la nouvelle intransigeance russe (si elle est confirmée), les choses ne sont pas si simples. Malgré le départ du moustachu fou, le Donald ne va pas lâcher Israël et envisage même de discuter un possible traité de défense mutuelle. Proposition sérieuse ou simple manière de faire passer la pilule du renvoi de son conseiller très pro-israélien ainsi que ses légères ouvertures à l’Iran ? Impossible de le dire à ce stade…

Du côté de Téhéran, les sanctions continuent leur travail de sape et ont réussi à éloigner l’Inde, qui a pourtant des relations traditionnellement excellentes avec son presque voisin. L’ambassadeur iranien à New Delhi a exprimé sa frustration devant ce lâchage : « Il est maintenant acté que l’Inde a arrêté ses importations de pétrole iranien à cause de ce qu’elle appelle ses intérêts nationaux. C’est son droit, mais d’autres ont agi différemment [Chine, Russie, Turquie]. L’Inde a lutté difficilement pour son indépendance et ne devrait pas se plier devant les décisions unilatérales des Etats-Unis« .

Le plus étrange est que le gouvernement Modi renâcle même à développer Chabahar, pourtant exempt du régime de sanctions américaines. Pour mémoire, ce port est le pendant de ce que fait la Chine à Gwadar et que le fidèle lecteur connaît par cœur. Le projet irano-indien de Chabahar était, pour New Delhi, une manière de prendre l’axe sino-pakistanais de revers.

Dans la grande Eurasie qui se met en place sous l’égide de l’OCS, marquée par le spectaculaire réchauffement des relations entre Pékin et New Delhi, ces deux projets devenaient moins concurrents que complémentaires. Si rien n’est encore perdu, encore faut-il que l’Inde se réveille et décide à quel camp elle appartient… sous peine de voir Chabahar lui filer sous le nez et terminer dans l’escarcelle chinoise.

Cette affaire, notamment les propos de l’ambassadeur, permettent en tout cas de confirmer en creux la véracité du plan gargantuesque d’investissements chinois dans le secteur énergétique iranien à hauteur de 280 milliards d’équivalent-dollars, pour le plus grand malheur des stratèges US qui ont d’ailleurs bien d’autres raisons de s’arracher les cheveux.

Sueurs froides américaines riment souvent avec énergie russe et les derniers développements ne démentent pas cet axiome. Après tant d’autres, les Serbes de Bosnie veulent également une branche du Turk Stream qui passera par la Serbie voisine et irriguera les Balkans. Belgrade devrait d’ailleurs se méfier. Premier pays à avoir connu une « révolution de couleur » made in Soros en 2000, la Serbie pourrait bien renouveler ce type de mésaventure. L’achat de drones militaires chinois (une première en Europe), les exercices militaires anti-aériens communs avec la Russie (une autre première) et surtout la volonté de rejoindre l’Union Economique Eurasienne malgré les « avertissements » de l’Union Européenne pourraient donner quelques idées aux excités de Washington et Bruxelles. Tout ressemblance avec des faits, l’Ukraine par exemple, etc. etc.

En parlant de l’UEE, le prochain pays à signer un accord de libre-échange avec le bloc eurasiatique sera Singapour, le1er octobre. Un succès supplémentaire pour cette organisation si décriée par nos experts journalistiques, quand elle n’est pas tout simplement passée sous silence. Il est vrai que nos plumitifs n’en ont que pour leur sacro-sainte UE, bien bancale quant à elle malgré les communiqués officiels. Si l’establishment en place, y compris ce faux rebelle de Jeremy Corbyn, tente par tous les moyens de torpiller le Brexit, le public de Sa Gracieuse Majesté n’est pas dupe. Une majorité de Britanniques veut voir respecté le résultat du référendum.

Le résultat est sans appel et, surprise, un tiers des votants qui ont choisi le Bremain veulent quand même que la décision souveraine du peuple soit mise en oeuvre. Mauvaise nouvelle pour le système impérial, qui n’est décidément pas gâté par les sondages. Une copieuse enquête du Conseil européen des relations internationales apporte d’intéressantes conclusions. La confiance envers tonton Sam s’étiole profondément et une question doit particulièrement faire se retourner dans sa tombe Dr Zbig :

Malgré une désinformation russophobe forcenée, malgré la lobotomisation des cerveaux par Hollywood, malgré une intox médiatique de tous les instants, aucun pays européen, pas même la Pologne, ne soutiendrait majoritairement les Etats-Unis dans une guerre contre la Russie. Les résultats de l’Autriche (!) et même de l’Allemagne (12%-7%) doivent être particulièrement durs à avaler du côté de DC la Folle.

On imagine les éclats de rire dans les couloirs du Kremlin, où l’on sait bien que le principe de réalité finit toujours par rattraper les belles envolées propagando-lyriques de l’empire, comme le montre ce dernier épisode en forme de clin d’œil. La Lituanie, pays bien comme il faut aux yeux de Washington (otanien, anti-russe), avait construit il y a cinq ans un terminal GNL pour échapper au gaz du méchant Poutine et se tourner vers le Freedom gas américain, quitte à le payer beaucoup plus cher. La « liberté » n’a pas de prix, n’est-ce pas. Ce lundi 16 septembre, un méthanier transportant du gaz russe en provenance du Yamal est attendu sur les quais…Tag(s) : #Etats-Unis#Histoire#Russie#Chine#Economie#Moyen-Orient#Pétrole#Sous-continent indien#Gaz#Europe

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