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Comment réagir face à l’entrisme islamique en entreprise

Comment réagir face à l’entrisme islamique en entreprise

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Le 2 Juillet 2020, par La rédaction

Interview d’Adel Paul Boulad, coach de dirigeants
Propos recueillis par Eric Denécé
Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R)

Eric Denécé : Vous êtes depuis 2001 coach de performance et de leadership. Aujourd’hui, pourquoi traitez-vous du fait religieux ?

Adel Paul Boulad : Mon intérêt a pris corps au cours d’un RV avec un DG d’une PME de 600 personnes. Il s’agissait d’une visite de qualification en vue d’un coaching de motivation. Au passage je relève la diversité importante parmi les salariés et je lui demande « comment ça se passe ? » Il évoque des faits religieux qui perturbent l’organisation des équipes et leur fonctionnement. Il me montre un guide interne sur le fait religieux et ajoute, fier : « Et les cartouches sont prêtes ». Étonnant !
L’entretien se poursuit à propos de sa démotivation, du manque d’ambition du comité de direction. Quelques minutes plus tard, je reviens sur le sujet de la diversité et lui pose la question : « Mais dites-moi, ce règlement intérieur, comment ça se passe sur le terrain ? »
Déjà affaissé dans son siège, il baisse les bras. Il ne trouve pas de mots assez forts pour exprimer son désarroi. Rien ne se passe sur le terrain, le règlement dort dans un tiroir et les « cartouches » ont disparu.
C’est à ce moment que je fais le lien entre la démotivation du DG, la faiblesse du projet d’entreprise et l’individualisme régnant au CODIR : « Comment voulez-vous que vos cadres, vos chefs de plateformes se dressent avec ce règlement pour défendre le projet d’entreprise auquel vous-même vous ne croyez plus ! »
Les pièces du puzzle s’assemblent.
Le défi du fait religieux en entreprise a pour avantage de révéler les faiblesses propres à l’équipe dirigeante et son projet. Renforcer le leadership et le projet du Collectif : C’est mon métier en tant que coach depuis 2001.
De surcroît mon expérience opérationnelle en entreprise et en sport, en France et en Égypte confronté à l’entrisme islamique, je sais décrypter les comportements et agir en conséquence.
Depuis ce jour, ma priorité est de coacher les dirigeants et les managers confrontés à l’entrisme islamique, et ceux qui souhaitent le connaître pour l’anticiper.

Comment réagir face à l'entrisme islamique en entreprise

ED. Pourquoi l’appelez-vous « entrisme islamique » ?

APB : D’abord, je dirais que plus de 80 % de mes interlocuteurs ne connaissent pas ce terme. Plus connu parmi les sexagénaires, il reflète bien ce qui se passe.
Le 10 juillet 1934, l’entrisme avait fait l’objet d’un article publié dans le journal trotskiste La Vérité. Il s’agissait pour les partisans de Trotski d’infiltrer des partis politiques plus importants pour s’y imposer. En 1919, à sa période bolchévique, Trotski avait décrété l’autorisation de prises d’otages et leur exécution, justifiant la violence par la « cause prolétarienne ».
En France, dans les années 70, l’entrisme est une tactique adoptée par certaines organisations (syndicat, parti politique) et visant à faire entrer dans une autre organisation certains de leurs membres en vue d’en modifier la pratique et les objectifs. Les leaders politiques tels que Rocard, Krivine, Jospin, Arlette Laguillier et Cambadélis en étaient familiers. Ils militaient alors au sein d’organisations d’obédience trotskyste, l’AJS, la Ligue Communiste Révolutionnaire ex Rouge, Lutte Ouvrière ou ayant des courants trotskystes, notamment au PSU et plus tard au Parti Socialiste.

ED. Alors, l’entrisme islamique, comment ça marche ?

Je vais vous parler de l’Égypte puis de la France.
En Égypte, il est utile de savoir que près de 80 % des pharmaciens ne sont pas musulmans. Ils sont « coptes », c’est-à-dire des Égyptiens chrétiens. Leur faiblesse collective donne un résultat étonnant. Le syndicat des pharmaciens, résultat du noyautage et de l’entrisme, est totalement sous le contrôle de l’islam politique porté par le courant des Frères musulmans !
En France, les syndicats (CGT, FO, UNSA…), en pénurie de militants, sont parmi les cibles faciles d’entrisme de l’islam politique sur les sites industriels, dans les secteurs du transport, de la logistique, du service du numérique, etc. Chez les opérateurs télécoms, les syndicats sont dominés par l’islam militant et communautaire. Une fois installé, le syndicaliste islamique négocie avec les dirigeants, à parts égales, il s’établit dans les comités d’entreprise avec sexisme et omerta sur le mot « laïcité ». Il alterne les postures et les revendications sociales et religieuses. Comme le militant trotskiste au XXe siècle, il s’impose dans les organisations, en entreprise et au sein de son propre syndicat, et en modifie les pratiques pour son propre projet. L’islam politique s’y développe à coups d’acquis successifs et irréversibles : à la cantine, pour la tenue, les horaires, les dérogations, etc. Il entre dans les esprits des salariés et des dirigeants.
Est-ce que l’entrisme islamique sert le projet d’entreprise ?
Est-ce que la Sharia est porteuse de compétitivité ? Y aurait-il des références ?

ED. Alors, que font les dirigeants, et les DRH ?

Comme dans le cas évoqué au début de notre entretien, les DG ont tendance à se délester du sujet et le confient aux DRH, parfois associés au juriste. Pourtant, les premiers impactés sont les DG et les managers opérationnels : performance des équipes et résultats opérationnels.
La suite est une convergence inattendue entre les ambitions des DRH avec celles des militants islamiques. 
Les résultats de cette convergence sont édifiants.
Rappelons que le métier du DRH a évolué. Ses ambitions actuelles sont la gestion et le développement des talents, l’établissement et le maintien du bien-être au travail, la motivation, et la conception d’organisations efficaces.
La première ambition est transformée par les militants islamistes en recrutement communautaire, conversion et collecte des dons pour les ONG islamiques.
Les trois autres ambitions deviennent : l’installation d’un cadre spatiotemporel islamique dans le planning opérationnel et le lieu de travail, l’imposition de Dieu au-dessus de toute gouvernance humaine, le développement et le contrôle de la communauté des musulmans au sein de l’entreprise.
Les DRH se retrouvent piégés face à une revendication présentée comme « culturelle ».
L’application de cette dimension culturelle aboutit à l’éviction des RH femmes d’instances telles que les CSE.

ED. Alors, si aucune des deux options, arrangement ou confrontation, ne convient quelle voie suivre ?

Loi ou règlement intérieur mis de côté, la transformation des risques en opportunités fait partie des prérogatives managériales.
Il en est de même pour la connaissance de l’autre et l’empathie à des fins de développement et d’organisation efficace. C’est le job des DRH, des cadres opérationnels des dirigeants.
Ces derniers portent en plus les obligations fiduciaires, les priorités, et le sens de l’intérêt général.
Tous les ingrédients sont réunis pour se recentrer sur le projet commun, gagner quelques crans de leadership avec discernement, humanité et autorité.
Un projet inspirant porté par un comité de direction solidaire va :

  • répondre aux attentes de la majorité des salariés musulmans que ne veulent pas de religion en entreprise,
  • donner envie aux salariés communautarisés de s’engager dans le projet collectif au lieu de rester dans l’impasse du séparatisme.
  • Donner l’occasion aux militants islamistes de choisir leur destinée, s’aligner au projet de l’entreprise ou quitter la société pour désaccord stratégique,

Néanmoins, il y a quelques pré requis à vérifier…

  • Est-ce que le sens de l’urgence a été communiqué au plus haut niveau : au Comex, au Codir, au Copil ? 
  • Est-ce que les dirigeants sont impliqués auprès des cadres sur le terrain ? Comment ?
  • Y a-t-il un diagnostic courant et traçable des faits et attitudes ?
  • Est-ce qu’un coach connaisseur du sujet est engagé ? Pour quelle mission ?

ED. Ne faudrait-il pas d’abord réformer l’islam ?

Certains disent que réformer l’islam c’est le dénaturer. L’impasse.
Quand le Président de la République au cours de son discours sur le séparatisme islamiste en mars 2020 a évoqué son intention « d’organiser le culte musulman dans le respect des règles de la République », j’ai réagi en lui écrivant et en publiant la lettre.
En résumé j’ai souligné que

  1. l’islamisme est le problème de l’islam. C’est un problème interne qu’il porte en lui depuis des siècles, depuis sa naissance. Les nombreux débats à propos des textes, de leur assemblage, de leurs interprétations contradictoires, etc. n’ont jamais réussi à extirper du corpus des textes islamiques (Coran, Hadith et Sirat Nabaweyya) les éléments sur lesquels les djihadistes et autres fanatiques justifient leur violence et leur sectarisme.
  2. En voulant former et contrôler les imams, il entre dans le système islamique. De facto, il en devient le DRH en charge du recrutement, le Responsable de la Formation et le Directeur des Opérations. 

Et, je lui ai aussi rappelé que pour sortir des ambiguïtés propres aux textes, en décembre 2014, le Président Sissi somme les oulémas (savants) et imams d’El Azhar (autorité sunnite égyptienne) de procéder à une réforme religieuse. En le mettant en perspective avec son homologue égyptien, j’ai pu relever que malgré la légitimité du Président Sissi en tant que musulman Président d’un pays musulman, ce dernier se heurte au mur de l’autorité d’El-Azhar en 2015, en 2016,… sans succès.
À ce jour, aucun religieux n’oserait toucher aux textes.
Ceci étant dit, il reste une double possibilité, applicable pour les deux présidents :

  1. cadrer l’externe à l’islam, tout ce qui est autour, et légiférer si nécessaire. Partout où il a y a un collectif et un projet commun (sport, association, ville, entreprise, école…), remettre les responsables dans leurs prérogatives, les y encourager,
  2. laisser l’islam régler son problème, avec le risque à terme qu’il prend, celui que ses associations plus ou moins représentatives soient considérées comme sectes, en France par la MIVILUDES.

ED. D’après votre expérience, quels sont les modes d’intervention utiles en entreprise ?

Il y a d’abord les interventions d’éveil : des sessions en « matinale » ou en « soirée » pour des clubs de dirigeants, des sessions pour les comités de direction. Dans les deux cas, elles s’adressent aux dirigeants qui soupçonnent un sujet important. Je les informe sur l’histoire et sur la stratégie d’entrisme, à travers mon expérience en Égypte et en France. Le débat qui s’ensuit permet d’évoquer des cas concrets. La session permet aux participants de prendre conscience de l’impact négatif sur la performance des équipes et sur le climat social. Elle donne la possibilité de prioriser les actions à mener.
Les autres interventions sont de type formation. Elles s’avèrent utiles aux managers et aux DRH confrontés ou soucieux d’anticiper. Elles permettent aux managers de se réaligner à leurs prérogatives, en

  • sortant de la confusion,
  • dépassant les complexes historiques, ceux postcoloniaux, post-croisades, post-collaboration avec les idéologies fortes (nazisme, etc.), les diverses formes de racisme (anti-blanc, anti-juif, anti-…), le sectarisme culturel, ethnique, etc.
  • traitant des cas concrets,
  • s’entraînant dans des jeux de rôle, à distinguer d’une part les revendications militantes (minoritaires) et d’autre part les simples conflits hiérarchiques sous couvert de revendications religieuses,
  • retrouvant et activant leurs talents d’empathie et de connaissance de l’autre à des fins de motivation,
  • élaborant un plan d’action approprié.

Dans certains cas, le coaching individuel est demandé.

ED. Pour couvrir les milliers de PME et les grands groupes, quelles sont vos ressources ?

Un collectif d’intervenants est en cours de constitution avec des coachs de dirigeants, certains d’origine maghrébine, des arabophones, des ex-expatriés qui ont dépassé leurs préjugés.
Pourvu que d’autres nous rejoignent, les critères de regroupement sont :

  • engagement au projet de l’entreprise, au collectif et à sa performance mesurable,
  • avoir dépassé ses préjugés, et être capable de ne pas se laisser rattraper par son histoire, sa culture d’origine, etc.
  • participer à la journée de formation, y évacuer les restes de préjugés, et s’entraîner avec des jeux de rôle sur des cas concrets,

ED. Finalement pourquoi tout ça, le GUIDE INTERNE, celà ne suffit-il pas ?

J’en ai consulté suffisamment depuis mon retour en France en septembre 2017. Circulant d’entreprise à une autre, ces guides ont évolué sur la durée. Ils se sont bonifiés notamment sur la forme, les illustrations, le vocabulaire, les définitions, les cultures et les lois. Ils ont parfois un début de tentative opérationnelle.
À part quelques très rares exceptions, ces guides internes ont en général pour,

  1. avantage de cultiver le lecteur,
  2. principal inconvénient d’être inutilisé parce qu’inefficace,
  3. effet nocif de leurrer en donnant bonne conscience aux dirigeants et aux DRH,
  4. perversion d’être aux dépens des projets des équipes et des collectifs, au profit du religieux,
  5. conséquence d’acter le fait religieux en entreprise, de le banaliser malgré les impacts socio-économiques,

Le manque majeur de ces guides est celui du concret.
Ils ne sont tout simplement pas opérationnels.

ED. Alors, comment produire un guide interne efficace et utilisé ?

Sans soutien effectif de la direction générale, point de salut !
Un guide interne, validé et incarné par les dirigeants, se matérialise par des formations produites d’abord pour les dirigeants eux-mêmes. Le guide n’est pas seulement qu’un copier-coller d’un autre guide. Il s’agit d’un outil développé à partir des réalités opérationnelles de l’entreprise concernée, et des « best practice » éprouvées ailleurs. L’ensemble est intégré dès la première formation, celle dédiée aux dirigeants.
Les formations d’environ six heures, pour 8-10 managers et DRH, comportent des cas concrets et des jeux de rôle. Ils sont animés par un coach spécialisé, sur des situations vécues dans la dite-entreprise et au-delà.
Adel Paul BouladAdel Paul Boulad

www.journaldeleconomie.fr/Comment-reagir-face-a-l-entrisme-islamique-en-entreprise_a8934.html

À Madagascar, « l’Église est confrontée à l’islamisation du pays »

 DÉCRYPTAGE

À Madagascar, « l’Église est confrontée à l’islamisation du pays »

GIANLUIGI GUERCIA I AFPPrière à la mosquée, Antananarivo (Madagascar), 19 juillet 2019.Partager26Amélie de La Hougue/AED | 05 mars 2020

Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, évêque de Port-Bergé, au nord de Madagascar confie dans une interview les défis auxquels l’Église de Madagascar est confrontée. Parmi eux, l’islamisation de l’île et l’importance de la sorcellerie.

Si près de 45% des 25 millions d’habitants de Madagascar sont chrétiens, dont 25% de catholiques, la majorité des Malgaches pratique encore la religion traditionnelle basée notamment sur le culte des ancêtres. Sur place, l’Église catholique constitue une force de développement social, économique et humain. Une église locale qui grandit et dont la figure majeure, Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, évêque de Port-Bergé, détaille les grands défis.

Les chrétiens sont-ils présents sur toute l’île ?
Mgr Georges Varkey : Leur présence varie beaucoup selon les diocèses. Le catholicisme est très présent dans la région des plateaux (région montagneuse située dans le centre, ndlr) évangélisée il y a 160 ans, mais dans mon diocèse, ce n’est pas le cas. Sur 800.000 habitants, il y a seulement 25 à 30.000 catholiques et quelques croyants d’autres confessions mais les gens sont animistes à 95% (c’est à dire croyants en un esprit qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, ndlr).

BISHOP
Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, évêque de Port-Bergé (Madagascar).

La population reste-t-elle encore fortement liée à la sorcellerie ?
Oui, beaucoup ! L’entrée de certains villages m’est interdite à cause des croyances de la sorcellerie. Par exemple dans mon diocèse, une femme est venue faire du catéchisme dans un village qui m’est interdit, et sa maison a été brûlée à deux reprises. Elle a dû déménager. La sorcellerie est encore très présente dans les villages de brousse ; par manque d’éducation, les gens ne connaissent pas autre chose.PUBLICITÉ

Quelles sont les relations avec l’islam ?
Les relations avec les musulmans étaient bonnes mais depuis quelques temps nous voyons des islamistes. Nous sommes confrontés à l’islamisation du pays. Le nombre de musulmans augmente fortement : avant il n’y avait que des Comoriens, des Pakistanais et quelques Malgaches mais maintenant, certains arrivent de l’étranger, on ne sait comment, et des recrutements se font également dans le pays. Des mosquées sont construites partout. Il y a eu un accord avec le gouvernement pour en construire 2.400 ! Dans mon diocèse par exemple, il n’y a pas de musulmans, mais beaucoup de constructions de mosquées. Ils viennent aussi convertir les gens, ils installent des écoles coraniques et donnent des bourses pour les enfants qui y vont. On a appris que dans les universités, les jeunes filles (non musulmanes) sont payées 3 euros par jour pour porter la burka. Ils profitent de la pauvreté des gens, surtout des étudiants qui ont besoin d’argent ! Ici, 85% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.Lire aussi :Asia Bibi à Aleteia : « À chaque instant, j’ai gardé Dieu dans mon cœur »

Quel est le défi majeur de l’Église de Madagascar aujourd’hui ?
L’un des défis les plus importants pour nous est l’éducation. Dans mon diocèse, environ 70% des jeunes sont analphabètes car il n’y a pas d’écoles à proximité et pas assez de moyens de locomotion et de communication. J’essaye de faire venir des communautés mais c’est difficile. 53% de la population a moins de 18 ans. Nous voulons éduquer les jeunes pour leur redonner leur dignité humaine, les aider à trouver du travail, à mieux éduquer leurs enfants, leur parler de Dieu, les aider dans leur vocation… Mais c’est difficile de trouver des instituteurs qui puissent venir dans des régions isolées.

Le pays est aussi confronté à une forte corruption…
Oui, cette corruption est terrible. Le gouvernement met en place des plans pour lutter contre cette corruption mais c’est difficile car elle est vraiment enracinée… Nous essayons aussi de lutter contre « la justice populaire », c’est-à-dire que les gens se font justice eux-mêmes. Et vue la pauvreté existante (qui diminue dans les grandes villes mais augmente dans les villages), parfois, pour un simple vol de poulet, une personne va être jugée par les gens du village et le voleur va être retrouvé mort. Nous travaillons beaucoup dans l’Église pour éduquer les gens, à travers nos homélies, l’enseignement du catéchisme et aussi par les Commissions Justice et Paix, présentes dans tous les diocèses. Nous essayons d’être au plus proches de Malgaches, quelles que soient leurs religions ou croyances, pour les aider et leur redonner espoir pour lutter contre cette corruption.

Madagascar a prévu de planter 100 millions d’arbres pour lutter contre les catastrophes naturelles…
Oui car à Madagascar, nous sommes confrontés à deux extrêmes : des inondations dans le Nord (dans mon diocèse, récemment, à causes des inondations, 1.600 maisons ont été endommagées) et des sécheresses au sud. L’Église et le gouvernement incitent les gens à planter des arbres pour lutter contre la déforestation. Par exemple, sur le terrain qui a été donné pour accueillir la grande messe avec le Pape en septembre dernier, une pépinière va être plantée. J’invite aussi les Malgaches à planter des arbres fruitiers mais aussi du riz, du manioc etc… pour qu’ils puissent se nourrir.Lire aussi :Regain de l’islamisme au Nigeria : « Les chrétiens sont les premières victimes »

La venue du pape François en septembre dernier a-t-elle suscité de l’espoir ?
Elle a été une bénédiction pour tout le pays ! Toutes les confessions se sont réunies pour venir l’écouter, même ceux qui critiquaient l’Église. Il y a eu plus d’un million de personnes à la messe. Tout le monde a oublié ses problèmes pour profiter de sa présence, il a vraiment été reconnu comme un homme de Dieu, attentif à tous. Sa venue a durablement marqué les cœurs.

Avez-vous un message à transmettre aux bienfaiteurs de votre diocèse ?
Oui, je les remercie pour leur aide. Grâce à l’AED (Aide à l’Église en détresse, ndlr) nous avons pu construire une chapelle dans la prison ou j’étais aumônier, ainsi qu’une salle où on a pu faire une bibliothèque, enseigner le catéchisme et lutter contre l’analphabétisation. Cela a redonné espoir aux prisonniers et ils peuvent voir le visage miséricordieux de l’Église qui est là pour les aider et améliorer ainsi leurs conditions de vie. Je demande aussi de prier pour mon diocèse : il fait 33.367 km2 et je n’ai que 33 prêtres. J’ai vraiment besoin de vocations, de missionnaires pour évangéliser et annoncer la Bonne Nouvelle. Nous avons beaucoup de défis mais Dieu et la Vierge Marie nous donnent le courage d’avancer. Nous avons la croix mais nous gardons confiance avec Dieu.  Et nous prions aussi pour tous nos bienfaiteurs et bienfaitrices pour œuvrer ensemble à la gloire de Dieu.

https://fr.aleteia.org/2020/03/05/a-madagascar-leglise-est-confrontee-a-lislamisation-du-pays/

Développement de la langue arabe : Éric Zemmour et Jack Lang s’affrontent sur CNews

Editoriaux – Immigration et diversité – Médias – Polémiques – Radio – 26 février 2020

Développement de la langue arabe : Éric Zemmour et Jack Lang s’affrontent sur CNews

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Quand Christine Kelly le présente, mardi soir, dans l’émission « Face à l’info », où il doit débattre avec Éric Zemmour, Jack Lang est aux anges devant l’énumération de ses titres : président de l’Institut du monde arabe, plusieurs fois ministre sous des gouvernements de gauche, maire, député, patron de théâtre, créateur de la fête de la Musique, auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier en date, La langue arabe, trésor de France. Éric Zemmour n’a pas de mal à démonter son argumentation.

Il est vrai que Jack Lang paraît plus jeune que ses 80 ans, mais ses idées fleurent le passé. Selon l’ancien ministre, son livre « vise à expliquer au lecteur que nous sommes liés à la culture orientale, à la culture arabe, à la langue arabe depuis des siècles », le titre signifiant que « la langue arabe et la culture arabe appartiennent à notre histoire ». Ce n’est évidemment pas l’avis d’Éric Zemmour, dont les explications ont un effet immédiat : son interlocuteur passe de la suffisance à l’irritation.

Jack Lang est venu faire la promotion de son ouvrage, à cette heure de grande écoute sur CNews, et voici qu’on oppose des arguments à son arabophilie ! Si le polémiste reconnaît son « affection » et son « admiration » pour cette langue « poétique » dans laquelle a baigné son enfance, il conteste que ce soit « une langue de science », encore moins « une langue de France ». Ses connaissances historiques semblent désarçonner son interlocuteur, qui s’accroche à ses certitudes au point que, perdant ses nerfs, il dit à Christine Kelly qu’« [il n’est] pas venu ici pour ça ». Il évoque même le « fanatisme » et l’« obscurantisme » des propos de Zemmour.

La journaliste, avec son habileté coutumière, permet au débat de se poursuivre. Éric Zemmour précise qu’« il y a des spécialistes de l’allemand, aussi, et en 1940, on n’aurait pas dit que l’allemand était un trésor et une langue de France […], que l’arabe, aujourd’hui, c’est aussi une langue que cherchent à développer les services secrets parce que c’est la langue du terrorisme ». Il déclare à Jack Lang : « En parlant de l’arabe comme vous le faites, vous êtes l’idiot utile des Frères musulmans. Ils essayent de réarabiser pour réislamiser. Ça fait trente ans qu’ils font ce boulot-là et vous leur apportez votre caution de républicain. »

Le pauvre Jack Lang en reste coi. Il ne trouve pas d’autre moyen de défendre sa position que de dénoncer les « contre-vérités » et les « mensonges » de son contradicteur. « Ce n’est pas vrai ! », proteste-t-il, comme un enfant pris en faute. Quand, à la fin de l’émission, le polémiste lui lance que son point de vue découle de son « idéologie » et de sa responsabilité à la tête de l’Institut du monde arabe, il l’accuse encore, avant de s’écrouler sur le ring, de « proférer un mensonge ». Zemmour résume la question en soulignant que « les langues sont des outils de conquête ». Jack Lang, comme enfermé dans ses préjugés et ses intérêts, ne l’admet pas. Ainsi passe la gloire d’un vieil éléphant socialiste. 

Eric ZemmourJack Lang

Philippe Kerlouan

https://www.bvoltaire.fr/developpement-de-la-langue-arabe-eric-zemmour-et-jack-lang-saffrontent-sur-cnews/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=006ef5a818-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-006ef5a818-30450793&mc_cid=006ef5a818&mc_eid=d973bb6006

Prisons au Royaume-Uni. Les gangs musulmans recrutent et forcent à la conversion à l’islam

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Prisons au Royaume-Uni. Les gangs musulmans recrutent et forcent à la conversion à l’islam

Les gangs musulmans islamistes recrutent des prisonniers pour en faire leurs fantassins et les tabassent s’ils refusent de se convertir à l’islam. C’est ce que l’on peut lire dans un article du Daily Mail du 7 juin.

Souvent dirigés par des islamistes qui purgent des peines pour terrorisme – le même genre d’individus ayant fait allégeance à l’État islamique et à qui des avocats français veulent empêcher la peine de mort – ces islamistes recrutent des prisonniers violents selon un rapport. Les détenus qui refusent de se convertir à l’islam et de rejoindre leurs rangs sont ostracisés ou attaqués.

Le rapport, qui a étudié des faits dans trois prisons de haute sécurité en Angleterre – sans que les noms soient dévoilés – décrit également comment les gangs suscitent la peur chez le personnel surveillant. Des experts ont déjà averti que les prisons du Royaume-Uni sont devenues un terreau fertile pour que les islamistes diffusent leurs idées.

Il y a deux ans, trois hommes qui s’étaient rencontrés dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, ont été condamnés pour avoir préparé un attentat terroriste. Le trio, qui s’est surnommé les Trois Mousquetaires, avait prévu d’utiliser un hachoir à viande et une bombe à retardement sur des cibles policières et militaires.

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« Les 3 mousquetaires »

Ce dernier rapport a été réalisé par le ministère de la Justice avec des chercheurs de l’Université de Birmingham pour mieux comprendre la nature de ces gangs. À la suite d’entrevues avec 83 délinquants et 73 membres du personnel, il a conclu que les gangs étaient régis par la violence et l’intimidation.

« Il y a une pression sous-jacente pour que les gens se convertissent et se joignent au gang. La tactique qu’ils utilisent est de se lier d’amitié avec les nouveaux arrivants. S’ils ne se convertissent pas, ils commenceront alors à répandre des rumeurs à leur sujet, à savoir que la personne est un mouchard, de sorte qu’ils seront mis à l’écart. Alors les coups suivront » explique un prisonnier.

Le rapport indique que ceux qui avaient commis des crimes terroristes occupaient souvent des postes plus élevés au sein du gang, grâce au respect que certains jeunes détenus leur témoignaient. Les islamistes recruteraient désormais massivement parmi les gangs violents. Le rapport fait écho aux avertissements du pasteur Paul Song, qui était aumônier à la prison de Brixton. Il a raconté au Daily Mail, dimanche dernier, comment des gangs musulmans extrémistes ont fini par dominer sa prison : intimider les prisonniers pour qu’ils se convertissent à l’islam et attaquer ceux qui sont chrétiens. Il a déclaré que des islamistes avaient empêché ses cours de religion chrétienne, interrompant une discussion sur la grâce divine pour acclamer haut et fort les assassins de Lee Rigby, dont le meurtre par des islamistes dans une rue du sud de Londres avait choqué toute l’Europe.

Le révérend Song évoque enfin l’allégeance, prêtée à l’État islamique, faite par certains détenus, qui revendiquent publiquement celle-ci.

Si le Royaume-Uni est totalement gangréné par l’islamisme et le politiquement correct, cela n’empêche pas la publication de chiffres, d’études, de statistiques (ethniques, religieuses). En France, c’est « l’omerta républicaine » qui est pratiquée. Jusqu’à ce que nos prisons explosent ?

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

https://www.breizh-info.com/2019/06/08/120950/prisons-au-royaume-uni-les-gangs-musulmans-recrutent-et-forcent-a-la-conversion-a-lislam

PROFANATION DE SAINT-LOUIS DES INVALIDES  (Général Antoine Martinez)

PROFANATION DE SAINT-LOUIS DES INVALIDES
(Général Antoine Martinez)

Le 22 mai dernier, un événement particulièrement odieux, humiliant, insupportable et inacceptable s’est déroulé dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, haut lieu symbolique de nos armées et donc de l’histoire de France, de cette France qui est, faut-il le rappeler, la fille aînée de l’Eglise, depuis le baptême de Clovis.

 


 

Un concert y a, en effet, été donné à l’initiative de l’ambassadeur du Kosovo, représentant d’un Etat pour le moins controversé, sous le prétexte invoqué de vingtième anniversaire de « la paix au Kosovo ».

Et ce concert intitulé « L’homme armé, messe pour la paix » contient un appel à la prière musulmane qui a outrageusement résonné dans cette cathédrale. Il s’agit d’une inacceptable profanation délibérée. Car, il est de notoriété publique que cette œuvre comporte cet appel à la prière.

Et personne ne peut croire que l’ambassade du Kosovo, organisatrice de cet événement, a agi de façon irréfléchie et sans arrière-pensées. Bien sûr qu’elle a porté son choix pour ce concert sur ce haut lieu symbolique à la fois militaire et catholique. Avoir envisagé d’y réciter le coran c’est vouloir délivrer, sur une terre qui n’est pas terre d’islam,.le message de conquête imposé aux musulmans par leur texte sacré.

C’est, en outre, montrer la voie à suivre à l’exemple du Kosovo qui, avec l’arme démographique, a réussi, en l’espace d’un siècle à peine, à déposséder les Serbes du cœur historique de la Serbie.

Les Français doivent savoir que c’est exactement ce qui attend notre pays s’ils ne réagissent pas à cette folle politique immigrationniste prônée par nos élites politiques. Des pans entiers de notre territoire sont d’ailleurs déjà abandonnés à une autre loi que celle de la République.

Comment a-t-on pu laisser se dérouler un tel concert dans cette cathédrale qui porte les drapeaux des victoires de nos pères ?

Honte à ceux qui ont permis cette profanation humiliante et se sont rendus coupables de soumission et d’abdication face à l’inacceptable. Accepter cette démission, cette capitulation, c’est trahir l’âme de la France.

Pourtant, nombreux sont les signaux d’alarme émis depuis très longtemps par des lanceurs d’alerte – qu’on essaie de faire taire – sur les intentions véritables de l’islam conquérant, et par nature politique, qui sont d’ailleurs inscrites dans son texte sacré.

Des responsabilités doivent être établies dans cette affaire infâme, en particulier celles de l’autorité décisionnaire.
Mais aujourd’hui, face à cet événement gravissime, face à cette profanation scandaleuse et douloureuse à nos cœurs d’officiers et sous-officiers français et chrétiens, la Grande muette, gardienne du temple, ne peut pas rester silencieuse. Son silence dans ces circonstances sombres et inexcusables serait mal interprété, alors que dans le même temps nos soldats se battent à l’extérieur contre le terrorisme islamique et que certains y laissent leur vie avant que leurs cercueils soient accueillis dans ce temple symbolique pour leur rendre un dernier hommage.

Les chefs militaires doivent s’exprimer sur cet événement scandaleux et le dénoncer. Lorsqu’on porte l’uniforme, on est, certes, soumis au devoir de réserve et on peut comprendre que les généraux aient quelques réticences à exprimer leurs opinions. Ce n’est pas dans leur culture. Mais dans les circonstances présentes, se retrancher derrière ce devoir de réserve serait suicidaire pour la France.

Général (2s) Antoine Martinez
Président des Volontaires Pour la France (VPF)
1er juin 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Lire également la réaction de 100 officiers en cliquant ici)

https://www.minurne.org/billets/20835

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Par Paul Tormenen, juriste ♦ Lors de sa dernière conférence de presse, le 25 avril, le Président Macron a affirmé sa volonté d’être « intraitable » avec l’islamisme radical. Il a également annoncé qu’il demandait au gouvernement d’être beaucoup plus dur à l’égard de « cet islamisme politique, de ce communautarisme, de cette sécession au sein de notre république ». Si l’intention est louable, les dernières années nous ont montré qu’au-delà des intentions affichées, les politiques au pouvoir semblent impuissants à enrayer la progression de l’islamisme. Pourtant, les gouvernements sont loin d’avoir tout essayé en la matière.


Un discours déjà entendu

La déclaration du Président Macron promettant de s’engager dans une lutte résolue contre l’islamisme vient après d’autres engagements déjà entendus par les français. L’approche des élections européennes n’est peut-être pas étrangère à cet appel du piedà des franges de l’électorat pas forcément acquises au parti présidentiel. Pour ne citer que quelques exemples, en 2010, sous la présidence Sarkozy, le ministre de l’intérieur annonçait déjà la « totale mobilisation » du gouvernement contre l’islamisme radical (1). En juin 2015, le premier ministre de l’époque Manuel Valls envisageait la fermeture de mosquées et la dissolution d’associations islamistes et affirmait « la nécessité d’agir contre le salafisme le plus radical »(2).

Les témoignages de la progression de l’islamisme

 Il est difficile de dire que l’on découvre le phénomène : on ne compte plus les enquêtes de terrain rendant compte de la progression de l’islamisme en France(3). Parmi celles-ci, on peut citer :

– L’ouvrage collectif paru en 2002 « Les territoires perdus de la République ». A partir de l’exercice quotidien de leur métier, des professeurs de l’enseignement secondaire de la région parisienne dressaient le constat d’une décrépitude des valeurs républicaines et d’une offensive islamiste dans certains quartiers.

– En 2017, le journaliste Alexandre Mendel publiait une enquête intitulée « Partition », un livre accréditant « l’émergence de frontières invisibles qui divisent le territoire, géographiquement et culturellement ».

– La même année paraissait un ouvrage collectif intitulé « Une France soumise ». Alors que « Les Territoires perdus de la République » pointait le communautarisme dans des écoles de banlieue, les auteurs du livre faisaient le constat que ce sont maintenant de véritables territoires qui vivent en circuit fermés. « Cette enquête révèle le fossé existant entre une partie des élites médiatiques et la masse du peuple français, classes moyennes et populaires confondues. Le discours formaté des élites apparaît de moins en moins audible » affirmait un de ses auteurs(4).

– En 2018, deux journalistes du Monde, Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, faisaient dans le livre intitulé « La communauté » le récit de la progression du communautarisme et de l’islamisme à Trappes, dans les Yvelines.

– Toujours en 2018, des étudiants en journalisme coordonnés par Gérard Davet et Fabrice Lhomme présentaient ,dans le livre « Inch’allah, l’islamisation à visage découvert », le développement de l’emprise religieuse en Seine Saint Denis.

– En 2019, l’ouvrage intitulé « La voie de la radicalisationcomprendre pour mieux agir », écrit par Olivier Bobineau et Pierre N Gahane, analyse la montée de la radicalisation islamiste en France.

Les rapports et enquêtes parlementaires sur la progression de l’islamisme

Au-delà des monographies et des récits de terrain, une abondante production éditoriale(rapports, enquêtes parlementaires, etc.) nous apprend également que l’islamisme progresse rapidement en France. L’état des lieux présenté dans ces études est plus général et quantitatif.On peut citer notamment :

  • L’enquête parue en avril 2018 de deux sociologues auprès de 7 000 lycéens « de territoires à dominante urbaine», qui aboutit au constat de « l’inquiétante radicalité d’une minorité de jeunes » et de la propension à la violence de certains d’entre eux (5).
  • Le rapport d’une commission d’enquête sénatoriale paru le 4 juillet 2018. Le constat est sans appel : « nous combattons un ennemi intérieur, nous sommes en guerre contre nous-mêmes» (6). Les rapporteurs constatent que l’on assiste dans certains quartiers à la propagation du salafisme (page 48) (7), ce qui « contribue à accroitre la menace intérieure ». Le nombre des fidèles salafistes serait passé de 5 000 en 2004 à 40 000 aujourd’hui. Parmi les individus relevant du « haut du spectre » qui sont dans une logique de « pré terrorisme », 3 000 seraient de nationalité étrangère.
  • Le rapport de l’institut Montaigne sur « la fabrique de l’islamisme» paru en septembre 2018 (8). Il fait le constat que « le discours salafiste, largement dominant [parmi les plus radicalisés, NDLR], veut démontrer l’idée d’une décadence occidentale ». « L’analyse de l’audience sur internet et plus particulièrement sur les réseaux sociaux, nous a permis d’évaluer l’incroyable impact de cette idéologie religieuse ». Le rapport mentionne une autre enquête réalisée en 2016 évaluant à 28% le nombre de musulmans classés comme « sécessionnistes et autoritaires ».

La progression de l’islamisme s’inscrit dans un contexte plus général de montée du communautarisme et de revendications identitaires d’une frange croissante de musulmans (9). Les mesures prises pour lutter contre l’islamisme n’ont jusqu’à présent pas réussi à enrayer ce phénomène :

– Le contrôle du financement des mosquées radicales tarde à produire ses effets. On continue à recenser les mosquées – des centaines – où des prêches radicaux sont tenus (10).

-Les écoles hors contrats où des enfants sont endoctrinés continuent à ouvrir avec un contrôle des enseignements largement lacunaire (11).

-Des réunions publiques où est véhiculé un islam radical sont régulièrement organisées (12).On pourrait malheureusement multiplier les exemples.

Impuissance, mais pas inaction

Trois plans successifs de lutte contre la radicalisation ont été mis en œuvre par les différents gouvernements depuis 2014 (13). Si l’éventail des mesures est large, il est patent qu’elles ne parviennent pas à enrayer le développement de l’islamisme.

Des mesures qui s’imposent… et qui sont ignorées

Alors que, selon un sondage réalisé en mars 2018 (14), les Français plébiscitent massivement des mesures « radicales » pour lutter contre l’islamisme, certaines pistes envisagées ne sont toujours pas retenues, ou ne sont pas appliquées systématiquement. Parmi celles-ci, on peut mentionner :

  • Des conditions d’accès à la nationalité française beaucoup plus exigeantes, notamment en matière d’acceptation de la mixité et de la laïcité,
  • Un financement des mosquées excluant toute ingérence idéologique extérieure,
  • La fermeture de toutes les mosquées radicales,
  • L’expulsion du territoire français des individus fichés S de nationalité étrangère,
  • La dissolution des associations islamistes.

Les voyants sont au rouge : l’islamisme continue sa progression dans la société française. Le président de la République ne bénéficie plus de l’a priori positif qu’il pouvait avoir auprès de certains français au début de son mandat. Le projet annoncé de « reconquête républicaine » (15) des « quartiers » vient après d’autres dispositifs aux appellations tout aussi grandiloquentes. Les milliards déversés dans le cadre de la politique de la ville n’ont pas réussi à enrayer le phénomène de radicalisation.
Pendant ce temps, l’islamisme tisse sa toile et ses réseaux, patiemment. Les mesures déjà employées montrent leurs limites. Il faut changer de logiciel. Urgemment.

Paul Tormenen
12/05/2019

(1) Question au gouvernement. Assemblée nationale. 1er juillet 2010.

(2) « Islamisme radical : Valls prêt à fermer des mosquées et à dissoudre des associations ». Public sénat. 30 juin 2015.

(3) « De la France interdite à l’islamisation des banlieues, le fantasme devenu réalité vu par des journalistes ». Observatoire du Journalisme. 19 octobre 2018.

(4) « Les voies du refus ». Revue politique et parlementaire. 1er février 2018.

(5) « L’inquiétante radicalité d’une minorité de jeunes ». Le Monde.3 avril 2018.

(6) « Rapport au nom de la commission d’enquête sur l’organisation et les moyens des services de l’État pour faire face à l’évolution de la menace terroriste après la chute de l’État islamique ». Sénat. 4 juillet 2018.

(7) Proposition de résolution. Sénat. 11 janvier 2018.

(8) « La fabrique de l’islamisme ». Institut Montaigne. Rapport intégral. Septembre 2018.

(9)« Montée de l’islamisme radical et banlieues populaires ». Arnaud Lacheret. Hal. Novembre 2017.

(10)« Mosquées radicales, ce qu’on y lit ». Observatoire de l’islamisation. 14 mai 2018.

(11) « Islamisme radical, ces écoles qui inquiètent la République ». France Info. 31 janvier 2017.

(12) Sondage Elab BFM. Mars 2018.

(13) Plans d’action contre la radicalisation 2014, 2016, 2018. Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation.

(14) Observatoire de l’islamisation.

(15) « Lancement des quartiers de reconquête républicaine ». Ministère de l’intérieur. 18 septembre 2018.

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/progression-islamisme-30-ans-renoncements/

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