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Le divorce : les Juifs étasuniens et Netanyahou, voire avec l’Etat israélien

Le divorce : les Juifs étasuniens et Netanyahou, voire avec l’Etat israélien

Publié par Gilles Munier sur 4 Janvier 2020, 19:03pm

Catégories : #Sionisme#Palestine#Israel

Le président Barack Obama devant l’AIPAC (2011)

Par Maurice Buttin (revue de presse : Courrier du CVPR n°75 –Octobre à décembre 2020)*

Nul n’ignore plus les difficultés du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, encore en exercice à l’heure où j’écris ces lignes.

Le Procureur général de l’Etat l’a mis en examen, le 20 novembre, le jour même il renoncait à former le nouveau gouvernement, faute de majorité à la Knesset, retenant trois chefs d’accusation à son encontre : « corruption », « fraude fiscale » et « abus de confiance » dans diverses affaires. Une décision qui pourrait coûter très cher à Netanyahou. Il risque jusqu’à 16 années de prison ! 

C’est la première fois dans l’histoire du pays qu’un Premier ministre en poste était mis en examen. Un comble, le Procureur général avait été nommé par Netanyahou lui-même ! Mais, celui-là n’hésitait pas à dire à la télévision : « Je prends cette décision le cœur lourd, mais sans hésitation ».

Netanyahou a crié « au coup d’Etat » à son encontre, tandis que son rival Benny Gantz l’a accusé de « s’être barricadé au pouvoir ». Lui demandant de démissionner, il lui a rappelé : qu’il « n’y avait pas de coup d’Etat en Israël ».

A noter que dans la législation en cours en Israël, rien n’oblige Netanyahou à démissionner tant qu’il n’a pas été condamné et épuisé toutes les voies de recours. Ainsi, pour l’ancien Premier ministre Olmert, sept années de procédures se sont poursuivies, et il n’était plus alors en fonction…

Faute de voir l’installation d’un nouveau gouvernement majoritaire de 61 voix à la Knesset, le pays semble se diriger vers des élections, les troisièmes en un an. Mais, ne serait-ce pas ce que recherche Netanyahou, persuadé que celles-ci renforceront sa force dans le pays et qu’il pourra ainsi renvoyer à plus tard les risques d’une condamnation, en obtenant même une loi d’immunité de la Knesset ? 

Au cours de la première campagne, Netanyahou avait attaqué très violemment les « Arabes israéliens », et posé un étonnant slogan devant les électeurs : « Bibi ou Tibi » (ce député palestinien israélien, vétéran de la Knesset). C’était dire : « moi ou le chaos », voire « les Arabes au pouvoir » !

Que va-t-il demain inventer pour se maintenir à son poste à tout prix ? Décider une nouvelle guerre contre Gaza, qui lui a été refusée hier par l’état-major ? Tenter une opération contre le Hezbollah, ce « danger existentiel pour Israël » ? Ou lancer une nouvelle opération contre les Iraniens en Syrie ?

Netanyahou rencontre depuis des mois une nouvelle difficulté, et de taille. Elle va même plus loin que sa personne. Elle se trouve dans ce qui touche, à ce qui fut, jusqu’ à ce jour, le plus fidèle appui d’Israël, les Juifs étasuniens

Depuis la création de l’Etat israélien, en effet, les organisations juives étasuniennes traditionnelles, comme l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) ou l’AJC (American Jewish Committee) ont toujours eu une seule ligne politique : s’aligner sur celle des gouvernements israéliens, de gauche ou de droite. Leur rôle était capital et dictait souvent la politique des Présidents.

Tant qu’il y eut à la tête de ces mouvements, ou parmi les membres des militants gradés, pendant les années d’après la Deuxième Guerre mondiale, les choix politiques demeurèrent ainsi. Mais les jeunes générations se posent aujourd’hui beaucoup plus de questions. Deux points de discorde ont ces derniers mois, voire ces dernières années, mis le feu aux poudres :

Le refus des rabbins ultra-orthodoxes israéliens d’admettre les revendications des juifs libéraux étasuniens de prier en commun, hommes et femmes, au Kotel (Le Mur des lamentations). Or, Netanyahou, trouvant ses électeurs dans les partis religieux disposant de nombreux élus à la Knesset, n’a pas eu le courage de passer outre au refus de ces rabbins. Et, il est revenu sur un accord conclu en janvier 2016, avec le rabbin Jacobs, président du très puissant courant réformé des Etats-Unis, assurant aux juives et juifs non orthodoxes de prier dans un espace qui leur aurait été aménagé au sud du Mur. Le rabbin Jacob s’est déclaré « surpris par cette décision » et a dénoncé « un nouveau pas vers l’obscurantisme ». D’autres rabbins ont déclaré que leurs ouailles « réfléchiraient désormais deux fois avant de soutenir Israël, puisque ce pays les considère comme des juifs de seconde zone ».

Le constat de la politique négative des gouvernements israéliens successifs quant à la résolution de la question palestinienne (invoquée à tort « conflit israélo-palestinien », car il n’y a pas de conflit, mais l’occupation par l’Etat d’Israël de son voisin, l’Etat de Palestine, depuis près de cinquante ans). 

En 2004 déjà, un rapport américain alertait Israël sur le fait que : « jamais dans l’histoire de l’Etat hébreux, il n’y avait eu autant d’oppositions s’exprimant publiquement parmi l’élite des campus contre les principes mêmes d’Israël » et ajoutait que, si la tendance se confirmait, l’alliance entre Israël et les Etats-Unis pourrait ne pas y survivre. (1) 

La terrible guerre contre Gaza, dite « Bordure protectrice », de l’été 2014, a, elle aussi, entraîné une critique de beaucoup de juifs étasuniens à l’encontre de Netanyahou et de sa politique.

Concluons par une citation du regretté Uri Avnery, évoquant Netanyahou : « Ceux qui obtiennent trop de succès deviendront inévitablement mégalomanes. Leur équilibre mental sera bouleversé. Ils iront un kilomètre trop loin et tomberont dans l’abîme. Et quand ils tomberont, ils entraineront tout le pays avec eux ». (2)

(1)Relevé par Eyal Sivan dans « Un boycott légitime », page 60

(2)Dans un article publié sur le site de Gush Shalom, le 26 mai 2018

*Maître Maurice Buttin est président d’honneur du CVPR PO (Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient)

http://www.france-irak-actualite.com/2020/01/le-divorce-les-juifs-etasuniens-et-netanyahou-voire-avec-l-etat-israelien.html

» La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d'une nouvelle "guerre sans fin"

 » La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d’une nouvelle « guerre sans fin »INTERNATIONAL04 janvier 2020© MEHDI GHASEMI / ISNA / AFP

IRAK TER REPETITA

La mort de Ghassem Soleimani pourrait bien sonner le début d’une nouvelle « guerre sans fin »

Au lendemain de l’assassinat du général iranien Ghassem Soleimani par une frappe américaine en Irak, les tensions sont vives entre les Etats-Unis et l’Iran. Les obsèques du général iranien se sont déroulées ce samedi à Bagdad. Une nouvelle frappe américaine a visé le 4 janvier les soutiens de l’Iran en Irak. Ce raid a visé un convoi du Hachd al-Chaabi.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN740Avec Ardavan Amir-Aslani

L’année 2020 commence sous les plus mauvais auspices pour le Moyen-Orient. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, des tirs de drone américains ont frappé, non loin de l’aéroport international de Bagdad, un convoi composé de membres de la milice paramilitaire pro-iranienne Hachd Al-Chaabi et de plusieurs « personnalités ». Parmi elles se trouvait le général iranien Ghassem Soleimani, commandant en chef de la force Al-Qods (l’unité d’élite des Gardiens de la Révolution), très populaire en Iran et considéré comme le fer-de-lance de la politique étrangère iranienne au Moyen-Orient, ainsi que son lieutenant irakien et chef de la milice, Abou Mehdi Al-Mouhandis. 

Cette frappe spectaculaire survient après une semaine d’incidents quotidiens entre les Etats-Unis et l’Iran qui se jouent en Irak, zone-tampon prise au piège d’une lutte d’influence de plus en plus agressive entre les deux belligérants. Vendredi 27 décembre, des tirs de roquette ont visé une base américaine dans le nord de l’Irak, tuant un sous-traitant américain. Deux jours après, les Américains opéraient des raids contre les Brigades du Hezbollah en Irak et en Syrie. En réaction, mardi 31 décembre, des milliers de membres des Hachd Al-Chaabi ont pris d’assaut l’ambassade américaine de Bagdad, pourtant située dans la zone verte et réputée la plus sécurisée au monde, sans que les forces irakiennes censées la garder ne se soient interposées.

L’évènement a non seulement humilié les Etats-Unis, mais surtout rappelé de douloureux précédents à Washington, l’attaque de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, et à Benghazi en 2012.  Il a surtout entamé la confiance des Etats-Unis envers leur allié irakien : Donald Trump s’est ainsi rapidement entretenu au téléphone avec le Premier Ministre irakien Adel Abdel-Mahdi, lui rappelant l’impératif de sécuriser la chancellerie américaine. Mais la passe d’armes s’est surtout jouée sur Twitter avec le Guide Suprême Ali Khamenei, selon un mode observé de façon récurrente depuis mai 2018 : le président américain menaçant l’Iran de lui faire « payer le prix fort » après l’assaut de l’ambassade, tandis que l’ayatollah niait toute implication de son pays dans ces attaques, imputant l’escalade des violences à l’agressivité des Etats-Unis et rappelant qu’il réagirait à toute attaque sur son territoire. 

Cependant, avec l’assassinat de Ghassem Soleimani, le jeu de dupes vient sans doute de franchir un point de non-retour. Mis en place en 48h par le Pentagone sur ordre du président américain – sans doute poussé par son état-major – l’évènement prouve que les faucons de l’administration Trump ont repris la main sur le dossier iranien, ajoutant désormais aux sanctions économiques la possibilité de représailles militaires de grande ampleur. L’élimination du puissant général iranien, cible de longue date du Pentagone après avoir été pourtant allié de circonstance contre les talibans lors de l’invasion de l’Afghanistan en 2001, et négociateur du premier gouvernement intérimaire d’Irak en 2003, restait une option systématiquement rejetée par les prédécesseurs de Donald Trump. Barack Obama, mais également Georges W. Bush, craignaient en effet de déclencher une nouvelle « guerre sans fin ». 

Bien que le Pentagone ait présenté l’attaque de l’aéroport de Bagdad comme un moyen de « prévenir de futures attaques iraniennes », l’annonce du décès de Ghassem Soleimani résonne aujourd’hui comme une terrible menace sur l’équilibre déjà précaire du Moyen-Orient et du Golfe Persique. 

Etrange et imprévisible Donald Trump, qui entre dans une année de campagne électorale et avait fait de l’arrêt de ces « guerres sans fin » l’un de ses principaux arguments, et qui pourtant publie sur son compte Twitter un simple drapeau américain en réaction à l’attaque qu’il a commanditée.  Aux Etats-Unis, les critiques pleuvent déjà face à ce « bâton de dynamite jetée dans une poudrière », selon l’expression de l’ancien vice-président Joe Biden, candidat à l’investiture démocrate. Le bellicisme radical de Donald Trump risque bel et bien de faire basculer une région entière du globe dans le chaos et d’entraîner une nouvelle fois les Américains dans une guerre aux interminables conséquences. 

Pour le régime iranien, la mort de Ghassem Soleimani, « fils spirituel » de l’ayatollah Ali Khamenei au sens politique aigu et maître d’oeuvre des opérations extérieures de la République islamique depuis ces vingt dernières années, constitue une perte considérable. Seuls les conservateurs doivent voir dans la mort du « martyr » l’occasion inespérée d’écarter définitivement les solutions diplomatiques des réformateurs et de servir leurs intérêts. Les appels à la vengeance émanant du Guide Suprême, mais aussi du président Rohani, laissent peu de doute quant aux intentions de l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, après avoir dénoncé « l’escalade extrêmement dangereuse et imprudente des Etats-Unis », a finalement résumé l’enjeu en termes limpides : les Américains « porteront la responsabilité de toutes les conséquences de leur aventurisme renégat ». Et celles-ci pourraient se manifester plus tôt qu’ils ne l’imaginent. 

Au lendemain de l’assassinat de l’emblématique général iranien, le monde attend en tremblant la riposte de Téhéran. Celle-ci ne se manifestera évidemment pas par une attaque frontale contre les Etats-Unis. Fidèle à sa stratégie de la « guerre par procuration », l’Iran pourrait en revanche mettre l’Irak à feu et à sang, comme le craignent déjà certains analystes. Le fait est que du point de vue américain comme iranien, l’Irak n’apparaît plus comme un allié fiable. Côté américain, la montée en puissance des pro-iraniens et l’absence de réaction du gouvernement irakien face à l’attaque de l’ambassade américaine l’ont prouvé. Côté iranien, la divulgation des informations concernant la venue de Ghassem Soleimani à Bagdad, qui ont mené à son assassinat, entraînera sans doute une purge au sein des soutiens irakiens de l’Iran. 

En outre, en évoquant « les nations libres de la région », le président iranien Hassan Rohani a rappelé à dessein ce qui constitue depuis très longtemps la principale faiblesse des Etats-Unis au Moyen-Orient : un anti-impérialisme de plus en plus radical, une haine contre « l’envahisseur » venu non pas apporter la liberté et la démocratie, mais exploiter les ressources et les peuples. Il n’est pas invraisemblable de penser que l’Iran dispose désormais des circonstances favorables pour faire de l’Irak un allié utile contre un « ennemi commun », contre lequel il ne sera guère difficile d’attiser la haine. Par la voix de son Premier ministre, l’Irak a d’ailleurs immédiatement estimé que le raid américain était une « agression » qui allait « déclencher une guerre dévastatrice ». La présence des 5200 soldats américains stationnés dans le pays est d’ores et déjà remise en cause… Mais pour l’heure, le grand perdant de cette semaine de violences reste l’Irak. Tout porte à croire qu’il deviendra pour de bon le champ de bataille d’un règlement de comptes, ce qu’il cherchait à tout prix à éviter, et continuera malheureusement à vivre en état de guerre permanente. Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :

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A la communauté internationale d’agir» : le dirigeant d’HWR expulsé d’Israël témoigne pour RT 30/11/2019

«A la communauté internationale d’agir» : le dirigeant d’HWR expulsé d’Israël témoigne pour RT  30/11/2019

«A la communauté internationale d’agir» : le dirigeant d’HWR expulsé d’Israël témoigne pour RT

Dans une interview accordée à RT, Omar Shakir est revenu sur son expulsion d’Israël le 25 novembre. Selon lui, la stratégie de l’Etat hébreu vise à interdire, sous des prétextes fallacieux, aux ONG de travailler sur le terrain.

Expulsé d’Israël le 25 novembre, parce qu’accusé par le gouvernement de soutenir la campagne internationale «Boycott, désinvestissement et sanctions» (BDS) visant l’Etat hébreu, le directeur de l’ONG Human Rights Watch (HWR) pour Israël et la Palestine, Omar Shakir, a tiré la sonnette d’alarme pour RT.

«Depuis trois ans déjà, le gouvernement israélien essaie d’expulser Human Rights Watch sous différents prétextes. Récemment, le gouvernement israélien nous a accusé de préconiser le boycott d’Israël, se focalisant sur notre travail dans le domaine des colonies illégales», a-t-il souligné, précisant que l’organisation ne prenait pas «position sur le boycott d’Israël» mais que son «travail dans le monde entier consiste à établir les faits attestant de violations [des droits de l’homme] commises par tous les acteurs».

Pour le responsable de 41 ans, la stratégie israélienne est «claire». «Cela vise à montrer aux autres [ONG] que s’ils couvrent des abus dans le domaine de droits de l’homme, ils risquent de faire face à des sanctions. Cet acte montre à quel point Israël ne veut même plus faire semblant de respecter les normes internationales les plus élémentaires», s’est-il insurgé, se désolant qu’«en dépit des critiques venues de nombreux pays du monde entier, Israël m’expulse […] et m’empêche de réaliser mon travail de défense des droits de l’homme».

Pour Omar Shakir, «le gouvernement prévoit non seulement de continuer les répressions continues contre les organisations des droits de l’homme, mais ils comptent poursuivre leur politique d’abus de la force que nous exposons et mettons en lumière.» Le 9 mai 2018, le ministère israélien de l’Intérieur avait annoncé mettre fin au permis de séjour du directeur de l’ONG sur la foi d’informations selon lesquelles il était «depuis des années un militant du BDS soutenant le boycott d’Israël de manière active».

Bête noire des autorités israéliennes, le BDS est une campagne mondiale de boycott économique, culturel ou scientifique d’Israël destinée à obtenir la fin de l’occupation et de la colonisation des Territoires palestiniens. Le gouvernement israélien considère qu’il s’agit d’une menace stratégique et dénonce l’entreprise de boycott comme une remise en cause de la légitimité d’Israël. Il accuse le BDS d’antisémitisme, ce que le mouvement dément. La Cour suprême israélienne avait finalement donné son aval à l’expulsion du dirigeant le 5 novembre. Après avoir épuisé tous les recours, il a finalement été contraint de quitter le pays le 25 novembre.

https://francais.rt.com/international/68430-a-communaute-internationale-dagir-dirigeant-hwr-expulse-israel-temoigne-rt

https://www.alterinfo.net/notes/A-la-communaute-internationale-d-agir-le-dirigeant-d-HWR-expulse-d-Israel-temoigne-pour-RT_b40243402.html

Abdallah II : « Sans le règlement de la question palestinienne, Israël n’aura pas véritablement un avenir au Moyen-Orient »

Abdallah II : « Sans le règlement de la question palestinienne, Israël n’aura pas véritablement un avenir au Moyen-Orient »

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par Gilles Munier.

Le roi de Jordanie, Abdallah II, a fait savoir que sans le règlement de la question palestinienne, Israël n’aura pas véritablement un avenir au Moyen-Orient.

Dans un communiqué, le Palais royal jordanien rapporte que le roi Abdallah qui a reçu le « Titre d’homme d’Etat de l’année 2019 » remis par l’Institut des études sur le Proche-Orient à Washington, a déclaré lors d’une session de dialogue que « les relations avec Israël sont aussi mauvaises que jamais ».

Selon le roi jordanien, cette situation est due en partie aux problèmes intérieurs d’Israël.

« L’avenir d’Israël dépend de son appartenance au Moyen-Orient. Là est le problème. Sans le règlement de la question palestinienne, cet avenir n’aura pas véritablement lieu » a dit Abdoullah II concernant la question palestinienne et l’avenir d’Israël dans la région.

Le roi Abdallah a mis l’accent sur le rôle des États-Unis pour l’instauration d’une paix en Palestine.

« Si un membre de la communauté internationale estime qu’une paix est possible entre Israël et la Palestine sans les États-Unis, c’est qu’il ne connait pas notre région » a-t-il indiqué.

source :

 http://www.france-irak-actualite.com/2019/11/abdallah-ii-sans-le-reglement-de-la-question-palestinienne-israel-n-aura-pas-veritablement-un-avenir-au-moyen-orient.

htmlhttps://reseauinternational.net/abdallah-ii-sans-le-reglement-de-la-question-palestinienne-israel-naura-pas-veritablement-un-avenir-au-moyen-orient/

En Israël, la proposition du centriste Benny Gantz pour sortir de l’impasse politique

ISRAËL

En Israël, la proposition du centriste Benny Gantz pour sortir de l’impasse politique

Par Euronews avec AFP• Dernière MAJ: 24/11/2019 – 08:37
En Israël, la proposition du centriste Benny Gantz pour sortir de l'impasse politique

Tous droits réservésREUTERS/Nir Elias, Amir Cohen

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C’est peut-être le dernier acte d’une longévité politique hors norme. Inculpé jeudi dans trois affaires pour fraude et abus de confiance, Benyamin Netanyahou s’est vu proposer par son grand rival une sorte d’arrangement à l’amiable.

Le centriste Benny Gantz plaide pour une coalition avec la droite si Netanyahou démissionne. Gantz prendrait prendre le fauteuil de Premier ministre pendant deux ans et le restituerait au chef de la droite les deux dernières années du mandat, à condition que ce dernier soit blanchi.

« Je demande à Netanyahou qu’il respecte le résultat des élections qu’il a perdues, a déclaré son rival centriste_. Qu’il respecte les décisions du système judiciaire dirigé par les personnes qu’il a choisies, qu’il respecte la volonté d’une majorité d’Israéliens en démissionnant et en luttant pour établir son innocence. Les citoyens d’Israël ne seront les otages de personne, d’aucun dirigeant. »_

Des citoyens très divisés à l’image des manifestants pro et anti-Netanyahou qui se font face régulièrement. Il faut dire que deux scrutins législatifs en moins d’un an n’ont pas sorti le pays de l’impasse politique, ni la droite de Netanyahou ni le parti centriste de Gantz ne parvenant à former une majorité.

Si d’ici trois semaines, la situation n’est pas débloquée, de nouvelles élections seront convoquées, d’où cette proposition d’un gouvernement d’unité. Peu de chances toutefois que Benyamin Netanyahou accepte. Après 10 ans au pouvoir sans discontinuer, son sort est entre les mains de son parti, et certains commencent à appeler à des primaires.

https://fr.euronews.com/2019/11/24/en-israel-la-proposition-du-centriste-benny-gantz-pour-sortir-de-l-impasse-politique

Israël : Benjamin Netanyahou mis en examen pour corruption, fraude et abus de confiance 21 nov. 2019, 18:55

Israël : Benjamin Netanyahou mis en examen pour corruption, fraude et abus de confiance 21 nov. 2019, 18:55 Le procureur général d’Israël a décidé de mettre en examen le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance dans différentes affaires, a annoncé le ministère de la Justice. «Le procureur général Avichaï Mandelblit a décidé d’inculper le Premier ministre Benjamin Netanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance dans l’affaire 4000», a fait savoir le ministère dans un communiqué le 21 novembre. Le procureur général d’Israël a ainsi mis en examen Benjamin Netanyahou. Lire aussi Israël : Netanyahou renonce à former un gouvernement Dans cette «affaire 4000», aussi appelée dossier «Bezeq», du nom d’un groupe israélien de télécoms, la justice soupçonne Benjamin Netanyahou d’avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de Bezeq en échange d’une couverture médiatique favorable d’un des médias de ce groupe, le site Walla. Le procureur général a aussi décidé de mettre en examen Benjamin Netanyahou pour «fraude et abus de confiance» dans les deux autres dossiers sur lesquels il devait se prononcer, soit les affaires «1000», dans laquelle le Premier ministre est soupçonné d’avoir reçu de luxueux cadeaux de la part de richissimes personnalités, et «2000», dans laquelle le chef du gouvernement aurait tenté de s’assurer une couverture favorable dans le plus grand quotidien du pays. Benjamin Netanyahou, le plus pérenne des Premiers ministres de l’histoire d’Israël, devient aussi le premier chef de gouvernement de l’histoire de ce pays à être mis en examen alors qu’il est toujours en fonction. Cette décision du procureur général pourrait avoir d’importantes conséquences politiques alors que les députés israéliens ont maintenant trois semaines pour trouver un Premier ministre qui a le soutien d’au moins 61 d’entre eux  (sur 120). La mise en examen de Benjamin Netanyahou pourrait minimiser ses chances de rallier sur son nom certains députés de la Knesset, le Parlement israélien. Un jour très triste pour Israël Selon la loi israélienne, Benjamin Netanyahou peut demeurer Premier ministre malgré cette mise en examen mais il ne peut pas devenir simple ministre dans un éventuel gouvernement de coalition. Après l’échec de Benjamin Netanyahou et Benny Gantz à former un gouvernement, le président Reuven Rivlin a chargé le 21 novembre le Parlement de trouver un Premier ministre pour sortir Israël d’une impasse politique unique dans son histoire et éviter la tenue d’un troisième scrutin législatif en moins d’un an, après ceux d’avril et de septembre. Pour «la première fois de l’histoire d’Israël» selon le président, aucun candidat n’a été en mesure de former un gouvernement à l’issue de législatives, celles du 17 septembre, qui se sont soldées sur une quasi-égalité entre les deux prétendants. Après cette mise en examen, Benny Gantz a pour sa part réagi en confessant qu’il s’agissait d’«un jour très triste pour Israël». Détails à suivre… Lire aussi : Israël : Gantz échoue à former un gouvernement, nouvelles législatives en vue International Raconter l’actualité

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68188-israel-benjamin-netanyahou-mis-examen-corruption-fraude-abus-confiance?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

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Israël lance des «frappes de grande ampleur» sur la Syrie en «réponse à des tirs de roquettes»

   Israël lance des «frappes de grande ampleur» sur la Syrie en «réponse à des tirs de roquettes» 20 nov. 2019, 10:16 © Sana Source: AFP Un cliché mis en ligne par l’agence de presse officielle syrienne montrant un bâtiment endommagé par les frappes israéliennes dans la banlieue ouest de Damas, le 20 novembre 2019, en Syrie. Selon Sana, deux civils seraient morts dans une vaste opération menée par l’aviation de l’Etat hébreu visant «des bases militaires» en territoire syrien.

Tsahal a précisé vouloir «agir fermement contre l’implantation de l’Iran» dans le pays. «Nous venons de mener des frappes de grande ampleur contre des cibles iraniennes de la Force al-Qods [branche des Gardiens de la Révolution chargée des opérations extérieures] et des forces armées syrienne en Syrie en réponse à des tirs de roquettes contre Israël.»

C’est par ces mots que l’armée israélienne a annoncé, sur Twitter, être intervenue, dans la nuit du 19 au 20 novembre, en territoire syrien après avoir intercepté, la veille, quatre roquettes tirées, selon elle, en direction d’Israël depuis la Syrie.

Tsahal a ajouté tenir «le régime syrien pour responsable des actes se déroulant sur son territoire», précisant le «mettre en garde contre […] de nouvelles attaques destinées à toucher Israël». L’armée israélienne a par ailleurs fait savoir que, au cours de ces «frappes contre des cibles terroristes iraniennes et syriennes, un missile antiaérien syrien avait été tiré malgré des mises en garde claires» et que «par conséquent, un nombre important de batteries de défense aérienne syriennes avaient été détruites».

Une version partiellement confirmée par l’agence de presse officielle syrienne. «Les systèmes de défense antiaériens syriens ont repoussé après minuit une agression israélienne intensive aux missiles contre la périphérie de la ville de Damas et en ont abattu la majorité avant l’accès à leurs cibles», a de son côté rapporté Sana.

Deux civils tués au sud-ouest de Damas, selon Sana Citant «une source militaire», l’agence de presse syrienne a précisé l’horaire et le lieu de l’opération : «A 1h20, le mercredi 20 novembre, les avions de combats israéliens ont tiré plusieurs missiles depuis le Golan occupé, et depuis Marjayoun au Liban, visant la banlieue de Damas.» Un reporter de Sana a fait état de la mort de deux civils à Sasa, ville située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, leur maison ayant été, selon lui, touchée par des «éclats d’obus de l’un des missiles».

Plusieurs civils ont été blessés. L’armée israélienne continuera d’agir fermement contre l’implantation de l’Iran en Syrie. Dans un communiqué diffusé sur son site, l’armée israélienne a rendu publique une carte pointant les localités syriennes dans lesquelles a été menée l’opération. Et l’une d’entre elles semble bien se situer dans les environs de Sasa.

Le document indique en outre que ces attaques visaient «des missiles sol-air, des quartiers généraux, des entrepôts et des bases militaires» et que «l’armée israélienne continuera d’agir fermement contre l’implantation de l’Iran en Syrie» se tenant prête à «divers scénarios».

L’agence syrienne a également publié plusieurs clichés de bâtiments de la banlieue de Damas, sur lesquels on peut constater les dégâts causés par l’aviation israélienne. Le gouverneur de la région, Alla Ibrahim, est intervenu à la télévision, assurant, toujours d’après Sana, qu’un soutien aux victimes de l’attaque allait être mis en place, comprenant la réhabilitation des habitations endommagées.

Il a souhaité un bon rétablissement aux victimes. Lire aussi Gaza : le cessez-le-feu n’aura duré que quelques heures

Dans une déclaration rapportée par l’agence TASS, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bodganov, par ailleurs représentant spécial de Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient, ambassadeur en Israël de 1997 à 2002, a fermement condamné l’entreprise de l’Etat hébreu. «Nous allons nous pencher sur les circonstances.

Tout cela est très mauvais […] [et] conduit simplement à une escalade inutile de la tension», a-t-il argué. L’intervention israélienne se déroule quelques jours après une offensive menée contre le Jihad islamique à Gaza, bande de terre palestinienne comptant deux millions d’habitants. Les deux jours de combat avaient fait plus d’une trentaine de morts dans l’enclave et avaient débouché sur un accord de cessez-le-feu qui n’aura finalement tenu que quelques heures.

Au cours de cette opération, une frappe avait visé la maison d’un membre important de la faction armée palestinienne, Akram Ajouri, située à Damas. Imputée par la Syrie à Israël, qui ne s’était livré à aucun commentaire, l’attaque avait tué le fils du leader islamiste, considéré comme une personnalité importante du Jihad islamique.

Lire aussi : La communauté internationale désapprouve la décision américaine sur les colonies israéliennes International Raconter l’actualité

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68137-israel-lance-frappes-grande-ampleur-syrie-reponse-tirs-roquette

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Israël : Benyamin Nétanyahou renonce à former un gouvernement

Israël : Benyamin Nétanyahou renonce à former un gouvernement

Le président Réouven Rivlin va demander au chef de file du parti centriste Bleu-Blanc, Benny Gantz, de composer un exécutif.

Publié hier à 20h18, mis à jour hier à 23h15

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Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou renonce. Il a annoncé lundi 21 octobre au soir sur son compte Facebook qu’il renonçait à former un gouvernement après les législatives du 17 septembre, dont les résultats étaient très serrés.

« Il y a peu de temps j’ai annoncé au chef de l’Etat [Réouven Rivlin] que je renonçais à former un gouvernement », a expliqué M. Nétanyahou dans une vidéo qui s’adresse aux « citoyens israéliens ». Il a accusé Benny Gantz d’avoir fait échouer toutes ses tentatives pour former un gouvernement d’union nationale.

Tous les groupes de la Knesset, le Parlement israélien, vont être informés que « le président a l’intention de transférer le mandat pour former le gouvernement, dès que possible, au président de Bleu Blanc, le député Benny Gantz », selon un communiqué des services de M. Rivlin, qui précise que ce transfert doit avoir lieu jeudi.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  En Israël, Benyamin Nétanyahou rate son pari

Vingt-huit jours pour former un gouvernement

M. Gantz, un ancien chef de l’armée, disposera comme son prédécesseur de vingt-huit jours pour remplir à bien cette tâche qui s’annonce d’ores et déjà difficile. Car à l’issue des élections, MM. Nétanyahou et Gantz ont récolté respectivement les soutiens de 55 et 54 élus pour diriger le prochain gouvernement, mais sans atteindre le seuil de 61 députés leur permettant de former une union majoritaire.

« Le temps est venu pour agir », a estimé dans un communiqué le parti Bleu Blanc, lundi soir. Il a affirmé sa détermination « à former un gouvernement d’union libéral » ce qui signifie qu’il cherchera à limiter l’influence des partis religieux dans la formation d’un gouvernement de coalition.

Selon les analystes, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz est susceptible lui aussi d’échouer à former un gouvernement d’union. Dans ce cas, le président Rivlin pourrait demander à une majorité de députés de désigner un candidat. Il a dit à plusieurs reprises qu’il ferait tout son possible pour éviter d’autres élections – qui seraient les troisièmes depuis avril – mais la poursuite de l’impasse politique pourrait les rendre inévitables.

Des négociations bloquées

Le président Rivlin avait mandaté M. Nétanyahou, qui cherche à prolonger son règne, déjà le plus long de l’histoire d’Israël, pour tenter de rallier M. Gantz dans un gouvernement d’union mais les pourparlers n’ont pas abouti.

Lors des négociations des dernières semaines, le Likoud (parti de Benyamin Nétanyahou) a tenté de faire accepter par les centristes de Bleu-Blanc un compromis, élaboré par le président Rivlin, selon lequel MM. Nétanyahou et Gantz occuperaient le poste de chef de gouvernement à tour de rôle. Cette proposition prévoyait que Benyamin Nétanyahou soit le premier à occuper la fonction de premier ministre, mais soit remplacé, dès sa probable inculpation pour corruption d’ici la fin de l’année, par M. Gantz. Mais ce dernier a estimé qu’ayant obtenu le plus grand nombre de sièges le 17 septembre – 33 à Bleu-Blanc contre 32 au Likoud – il devait être le premier à occuper le poste de chef du gouvernement.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  En Israël, les avocats de Benyamin Nétanyahou face au procureur général

Il a aussi affirmé à plusieurs reprises que son parti ne siégerait pas dans un gouvernement dirigé par un premier ministre sous le coup d’une inculpation pour corruption.

Benyamin Nétanyahou, de son côté, a également compliqué les discussions en promettant qu’il n’abandonnerait pas les petits partis religieux de droite qui l’avaient soutenu au Parlement, affirmant qu’il représentait l’ensemble du bloc de droite, fort de 55 députés, dans les négociations. M. Gantz a estimé cette condition inacceptable, car elle le reléguerait à un rôle de partenaire secondaire d’un gouvernement Nétanyahou.Lire aussi  Qui a vraiment gagné les élections israéliennes ?

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/21/israel-benyamin-netanyahou-renonce-a-former-un-gouvernement_6016371_3210.html

Les Ayatollahs sautent de joie

Les Ayatollahs sautent de joie


Par Dmitry Orlov – Le 15 octobre – Source Club Orlov

Lors de la récente Assemblée générale des Nations Unies, il y avait une personne qui paraissait plus heureuse que les autres, surtout en comparaison des Européens, aux mines plutôt sombres. C’était le président iranien Hassan Rouhani. Il rayonnait positivement de plaisir et de bonne humeur. Bien que son discours ait été dur, contenant des termes tels que « terrorisme économique » et « piraterie internationale », dont il accusait le régime de Washington, son comportement n’était que joie. En passant, il a anéanti les espoirs de Boris Johnson de négocier un rapprochement entre l’Iran et les Washingtoniens, estimant clairement que toute nouvelle tentative de négociation avec eux était tout à fait inutile.


Rohani n’est certainement pas le seul à adopter cette position, même s’il est peut-être le seul parmi les dirigeants nationaux à le faire ouvertement. Les Chinois ont fait traîner les négociations commerciales sans aucune intention de parvenir à un accord. Les Russes considèrent les négociations de maîtrise des armements avec les Washingtoniens comme plutôt inutiles, promettant une réponse symétrique (mais beaucoup moins coûteuse) à toute escalade américaine.

En effet, à quoi bon négocier avec les Américains si, comme l’expérience l’a montré, ils peuvent par la suite revenir à l’improviste sur un accord conclu ? Ils le font soit sans aucune justification (comme ce fut le cas récemment avec les Kurdes syriens), soit sur la base d’un quelconque caprice du moment (comme l’abandon du traité FNI entre les États-Unis et la Russie).

Ce point semble encore mériter d’être répété quelques fois, bien qu’il ait été soulevé à maintes reprises par de nombreux analystes et qu’il devienne de plus en plus flagrant. (Les Russes ont même inventé un nouveau mot pour décrire cette condition : недоговороспособный (« nedogovorosposóbny », littéralement « incapable-de-passer-un-accord ».) Mais il y a un autre point à faire valoir et la plupart des observateurs géopolitiques semblent passer à coté jusqu’à présent. Soit dit en passant, cela explique l’humeur joyeuse de Rohani à l’ONU, et je suis également heureux de le partager avec vous.

Négocier des accords avec le régime de Washington n’est pas seulement inutile, c’est aussi non nécessaire, car il est désormais possible pour tous les grands acteurs géopolitiques d’atteindre leurs objectifs stratégiques sans aucun accord avec les États-Unis, et parfois même sans avoir à engager un dialogue sérieux avec eux. Les exceptions sont le Japon et l’UE, dont la capacité d’affirmer leur volonté souveraine est très limitée, ayant cédé une grande partie de leur souveraineté aux États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et pendant la guerre froide.

Même des joueurs mineurs, comme la Corée du Nord, ont appris cette leçon. Après avoir tenté de négocier avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont rapidement découvert que les Américains venaient souvent les mains vides, essayant d’obtenir des concessions sans rien donner en retour, et qu’ils se livraient à des effets de manche, comme les commentaires spectaculaires et contre-productifs de John Bolton sur l’application du « modèle libyen » en Corée du Nord. (Le dirigeant libyen, si vous vous souvenez, a été sauvagement assassiné par des forces soutenues par les États-Unis.)

Mais en ne parvenant pas à un accord avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont obtenu quelque chose de précieux : la reconnaissance universelle que les États-Unis sont militairement impuissants à s’y opposer. Oui, ils peuvent les détruire, mais la Corée du Sud et le Japon seraient également détruits, et comme il s’agit de deux nations que les États-Unis sont tenus de défendre en vertu d’un traité, prendre des mesures qui entraînent leur destruction n’est pas exactement une stratégie. Ainsi, les États-Unis sont passés d’une position belligérante contre la Corée du Nord, la menaçant militairement, à devoir se contenter d’appliquer des sanctions économiques presque totalement impuissantes étant donné la nature largement autarcique de l’État nord-coréen et son manque de commerce avec les États-Unis.

C’est un exemple intéressant, parce qu’il montre que même des acteurs relativement faibles et mineurs peuvent maintenant obtenir des Américains qu’ils fassent ce qu’ils veulent sans négocier aucun accord avec eux. Mais cette même logique s’applique encore plus aux grandes entités géopolitiques, comme la Chine, la Russie et l’Iran. Pour reprendre quelques métaphores religieuses, ces trois pays forment la Sainte Trinité que le destin a désignée pour vaincre le Grand Satan (les États-Unis, du moins dans le langage politique iranien). Chacun d’eux joue un rôle essentiel.

La fonction de la Russie est de tirer parti de sa technologie militaire supérieure pour contrecarrer militairement les États-Unis et de rendre tout son complexe militaro-industriel fantastiquement surévalué, impuissant et obsolète, avant de le faire disparaître dans l’oubli. La Réserve fédérale américaine imprime maintenant 60 milliards de dollars par mois, un chiffre qui correspond à peu près au coût mensuel du budget de la défense américaine.

La technologie russe a déjà transformé toute la flotte des porte-avions américains en une pile de déchets flottants inutiles. La Russie a mis au point des armes qui peuvent détruire des porte-avions à une distance de sécurité supérieure à la portée utile de leurs jets. Les missiles hypersoniques russes ont fait la même chose pour l’ensemble des systèmes de défense antimissile américains. De même, tout l’argent que les États-Unis ont dépensé pour développer des avions « furtifs » (1 500 milliards de dollars pour le seul chasseur F-35) a été annulé par les nouveaux systèmes radar russes qui peuvent parfaitement bien voir ces avions supposés invisibles. Ironiquement, le développement de la technologie « furtive » était basé sur les travaux d’un scientifique soviétique, Peter Ufimtsev, qui a émigré aux États-Unis après l’effondrement de l’URSS : ce que la Russie donne, la Russie le reprend aussi.

La Russie a également mis sa technologie de défense à la disposition d’autres pays, notamment les deux autres membres de la Sainte Trinité. À la surprise générale, Vladimir Poutine a annoncé récemment que la Chine sera en mesure d’utiliser le système russe d’alerte rapide en cas d’attaque nucléaire pour détecter les attaques lancées contre le territoire chinois. Cela étendra effectivement les capacités de dissuasion nucléaire de la Russie à la Chine. Et l’Iran a acheté des systèmes de défense aérienne russes S-300 et discute activement de l’achat du S-400 encore plus perfectionné. Ces systèmes feront de l’espace aérien au-dessus de l’Iran et de certaines parties de la Syrie des zones d’interdiction de vol pour les avions américains et de l’OTAN [et israéliens, NdT].

Si les objectifs de la Russie sont de pousser doucement les États-Unis vers l’oubli dans une tentative futile de les suivre dans le développement de nouveaux systèmes d’armes (les systèmes russes ont tendance à être non seulement plus efficaces mais aussi moins chers) tout en réalisant un profit en vendant leurs armes aux pays qui cherchent à s’assurer contre l’agression américaine, les objectifs chinois sont plus ambitieux encore. Au cours des cinquante dernières années, la Chine, qui était un pays agraire rustique, est devenue la plus grande superpuissance industrielle du monde. Entre-temps, aux États-Unis, le segment industriel s’est réduit à environ un dixième de l’ensemble de l’économie, le reste étant maintenant composé de baristas, de toiletteurs de chiens, de moniteurs de yoga et d’autres types de gratte-dos mutuels.

En raison de ce changement spectaculaire, les États-Unis enregistrent un important déficit commercial structurel avec la Chine. Alors qu’auparavant la Chine finançait ce déficit commercial en achetant de la dette américaine sous forme de bons du Trésor, elle a cessé de le faire il y a quelque temps et vend maintenant des bons du Trésor et achète de l’or. Elle n’est pas la seule à le faire (par exemple, la Russie a déjà vendu toutes ses obligations du Trésor américain), ce qui provoque d’importantes perturbations financières aux États-Unis, au point où les institutions financières refusent d’accepter des titres de créances américains en garantie de prêts à un jour [Marché Repo, NdT]. C’est cette évolution qui a forcé la Réserve fédérale à imprimer 60 milliards de dollars par mois tout en empilant dans son bilan les titres de créances américains désormais boudés. La tendance à long terme est indubitable : au cours des 77 derniers mois, les banques centrales étrangères ont vendu les deux tiers des bons du Trésor américain qu’elles avaient accumulés au cours des 35 dernières années.

Il est curieux de constater que, jusqu’à présent, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’a fait qu’aggraver le déficit commercial. Ainsi, la tactique de négociation non négociatrice de la Chine semble fonctionner brillamment. Les États-Unis n’ont que deux moyens de financer leur déficit commercial : 1. vendre des déchets financiers ; et 2. vendre des terres, des usines et du matériel, la propriété intellectuelle, les reins de leur population et tout ce qui a de la valeur. Il n’y a vraiment pas d’autres options. Et comme la vente de déchets financiers ne fonctionne plus, l’option 2 est tout ce qui reste. Cela rappelle le démembrement d’actifs qui a eu lieu dans l’ex-URSS après son effondrement (et qui se poursuit toujours en Ukraine, pays qui se prépare à commencer à vendre ses terres aux sociétés transnationales).

Certains pourraient penser qu’il existe également l’option 3 : ramener l’industrie aux États-Unis. Mais il a fallu 50 ans à la Chine pour devenir une puissance industrielle, avec des taux de croissance réguliers à deux chiffres. Aux États-Unis, le taux de croissance jusqu’à présent au cours de ce siècle, si l’on ne tient pas compte de l’effet du gonflement de la dette, a en fait été négatif. Les États-Unis n’ont pas 50 ans, même pas 10. Et si, au cours de cette hypothétique transformation, elle doit financer son déficit commercial en vendant les usines et les équipements dont elle aurait besoin pour se réindustrialiser, elle n’y parviendra jamais.

Et cela nous amène en Iran avec ses ayatollahs rieurs et souriants. La quête sacrée de l’Iran en tant que partie intégrante de la Sainte Trinité consiste à paralyser les États-Unis et leurs mandataires au Moyen-Orient, rendant la région sûre pour une théocratie démocratique (ou peut être autre chose). Il y a deux proxys américains sur place : l’Arabie Saoudite et Israël. Cette attrition finira sans doute aussi par se produire pour eux, dans le cas de l’Arabie saoudite, lorsque ses plus anciens et plus grands gisements pétroliers, comme celui de Ghawar, cesseront finalement de produire ; dans le cas d’Israël, cela arrivera lorsque le flux d’argent du Trésor américain vers ce pays cessera en raison des difficultés financières mentionnées ci-dessus, malgré le pouvoir considérable du lobby pro-israélien aux États-Unis.

Mais c’est une vision à plus long terme ; dans le cas présent, ce qui fait sourire les ayatollahs, c’est que la séquence récente des événements est une comédie. Les Américains ont renié l’accord avec l’Iran laborieusement négocié sous l’administration Obama et réimposent des sanctions unilatérales (et essentiellement illégales) contre l’Iran. En réponse, la Chine continue d’acheter du pétrole iranien, tout comme la Turquie et plusieurs autres pays.

Pendant ce temps, l’UE regroupe et forme l’INSTEX – un système commercial qui évite le dollar américain et le système de virements électroniques SWIFT et qui est spécialement conçu pour contourner les sanctions commerciales unilatérales américaines, en particulier dans le cas de l’Iran. Ensuite, les Américains se sont lancés dans une guerre de pétroliers – et l’ont perdue rapidement de la façon la plus humiliante possible, car il devient clair qu’ils sont militairement impuissants à patrouiller dans le si important détroit d’Ormuz. Et puis deux événements vraiment ridicules ont eu lieu.

Premièrement, les Yéménites, qui ont été attaqués par une coalition dirigée par les Saoudiens pendant plusieurs années et qui ont subi d’horribles privations, sont parvenus à bloquer la moitié de la production pétrolière de l’Arabie saoudite avec des roquettes et des drones. Les États-Unis ont immédiatement blâmé l’Iran… sauf que cela implique que les batteries de défense aérienne saoudiennes fabriquées par les États-Unis, dont la plupart sont dirigées contre l’Iran, sont des tas de ferraille inutiles incapables d’arrêter de petits drones lents, et volant bas. Pour ajouter à l’humour de la situation, les Américains ont décidé alors d’expédier en Arabie Saoudite encore plus de ces mêmes batteries Patriot inutiles.

Deuxièmement, les Yéménites ont reconquis une parcelle de territoire frontalier que l’Arabie saoudite leur a confisquée il y a plusieurs décennies, détruisant ainsi près de la moitié de la partie relativement fonctionnelle de l’armée saoudienne, avec des soldats réellement Saoudiens (le reste étant essentiellement composé de mercenaires provenant de tout le Proche-Orient). Les Américains, qui ont récemment vendu aux Saoudiens pour 100 milliards de dollars de systèmes d’armement devenus manifestement inutiles, refusent de lever le petit doigt pour les aider.

Pour faire monter l’hilarité d’un cran, Vladimir Poutine, lors d’une conférence de presse conjointe avec le turc Erdoğan et notre vieil ami Rohani, a proposé de vendre des systèmes russes de défense aérienne à l’Arabie Saoudite. Ceux-ci ont été testés au combat sur des drones lancés contre la base aérienne russe de Hmeimimim, en Syrie, par ce qui reste de l’EI. Peu ont pu passer au travers, donc arrêter les drones n’est pas un problème pour les Russes. Il ne fait aucun doute que cela coûterait aux Saoudiens un peu moins cher que les 100 milliards de dollars qu’ils ont donnés aux Américains – et dont ils n’ont rien obtenu d’efficace en retour.

À la lumière de tout cela, ma nouvelle et importante thèse est que les nations souveraines du monde entier, grandes et petites, mais surtout la Sainte Trinité de la Chine, la Russie et l’Iran, peuvent amener les États-Unis à faire ce qu’ils veulent sans négocier avec elle.

Enfin, la photo suivante, qui montre Rohani refusant de serrer la main de Boris Johnson en riant, semble mériter un concours de légendes. Que pensez-vous qu’il a dit à Johnson dans son excellent anglais qui a rendu Johnson et Macron si désorientés ?

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, relu par Kira pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ayatollahs-sautent-de-joie

La Fin De L’hégémonie

STRATEGIKA 51

An Asymmetric Bilingual Strategic Perspective on the Go!

Analysis

La Fin De L’hégémonie

Posted on 13/05/2018 AuthorStrategika51Comments(84)

Pour la première fois depuis 44 ans, une partie non identifiée soutenant les forces loyales au gouvernement syrien a lancé une salve de missiles sur des objectifs militaires israéliens précis au Golan.

La partie qui a pris une telle initiative l’a fait en ayant au préalable examiné toutes ses répercussions possibles dont une réponse israélienne massive assurée afin de sauvegarder la dissuasion israélienne.

La réponse israélienne a été relativement forte: officiellement, 28 avions des meilleurs avionsde  combat de l’Armée de l’air israélienne- ce qui est en soi un chiffre assez important- menèrent des raids visant des objectifs militaires syriens. Aux 60 missiles Air-Sol tirés s’ajoutent l’usage de dix missiles balistiques tactiques. Une première en Israël.

Selon le gouvernement syrien et le ministère russe de la défense, plus de la moitié des missiles israéliens furent interceptés et abattus par les défenses anti-aériennes syriennes.

Pour la partie ayant ciblé à coup de missiles des cibles militaires israéliennes très sensibles, cela ne compte guère en comparaison avec l’ampleur de la réponse israélienne, jugée bien en deçà des prévisions initiales.

Cela veut dire que la partie ayant lancé des missiles sur Israël s’attendait à une réponse massive, intense, étalée sur le temps et s’est organisée en conséquence.

Il n’y eut pas de conflit à grande échelle. C’était l’objectif.  La dissuasion assymétrique, intermittente,  progressive et croissante face à une gigantesque puissance de feu adverse  prônée par le pouvoir syrien semble avoir fonctionné. Pour la première fois.

Le principal facteur ayant dissuadé les israéliens est l’entrée du Hezbollah dans une guerre active non pas à partir du Sud-Liban mais du Golan.

L’Iran ne dispose pas d’infrastructures militaires en Syrie. Cette option leur aurait coûté beaucoup trop cher et leur semble inutile. Les conseillers militaires iraniens en Syrie utilisent ceux de l’Armée Arabe syrienne tandis que les milices  sous influence iranienne disposent de facilités au sein des Forces populaires de défense, un corps de milices de volontaires et de membres des services des renseignements syriens.  Les israéliens affirment avoir visé des cibles militaires iraniennes. Cependant, les missiles israéliens ont détruit une station Radar, un site de missiles SAM et un Sa-22 Greyhound ou Pantsir S1 à court de munitions appartenant à l’Armée syrienne.

La partie ayant lancé des missiles sur des cibles militaires israéliennes au Golan dispose d’une base de données sur les cibles militaires les plus importantes en Israël et semble avoir des plans pour une infiltration en profondeur et, selon certains analystes, la désactivation de certains sites israéliens de lancement de vecteurs d’armes de destruction massive. Cette dernière perspective hante l’état-major israélien.

Après des années de liberté totale en matière de raids aériens visant ses voisins et des pays éloingnés, Israël ne peut plus frapper impunément la Syrie sans une riposte et cela marque la fin de l’hégémonie stratégique israélienne et le début d’une nouvelle période où la capture du Golan par Israël peut faire l’objet à tout moment d’un changement subit.

https://strategika51.org/2018/05/13/la-fin-de-lhegemonie/