Archives pour la catégorie Israêl

Nouveaux raids israéliens sur Gaza et tirs palestiniens sur Israël

Nouveaux raids israéliens sur Gaza et tirs palestiniens sur Israël

Photo prise le 14 juillet 2018 montrant un nuage de fumée après une frappe aérienne israélienne dans la ville palestinienne de Gaza / © AFP / MAHMUD HAMS

Israël a mené une nouvelle série de frappes aériennes samedi après-midi dans la bande de Gaza après une confrontation dans la nuit avec le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l’enclave palestinienne.

Ces raids, qui ont suivi une première série de frappes nocturnes, interviennent au lendemain d’affrontements à la frontière entre Israël et l’enclave, où deux Palestiniens ont été tués et plus de 200 blessés par les forces israéliennes. Un soldat israélien a été également blessé.

Selon le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne, les raids de samedi après-midi sont « la plus importante opération diurne (de l’armée de l’air) dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014 ».

Quarante cibles ont été touchées, dont deux tunnels et un quartier général du Hamas dans le nord de l’enclave palestinienne, d’après lui.

« Le Hamas a dépassé la limite avec sa soi-disant +Marche du retour+ qui consiste dans les faits en des actes de violence, des attaques contre la clôture de sécurité, des tirs de roquettes contre le territoire israélien et des lancements de ballons et cerfs-volants incendiaires », a par ailleurs averti le porte-parole militaire.

Depuis le 30 mars, la frontière entre la bande de Gaza et Israël est le théâtre de manifestations contre le strict blocus israélien et pour le « droit au retour » des Palestiniens chassés de leurs terres ou qui ont fui à la création d’Israël en 1948.

Au moins 141 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et plus de 4.000 blessés par balle depuis le début de ces manifestations. Aucun Israélien n’a été tué.

Photo prise le 14 juillet 2018 montrant des tirs de roquettes de la ville de Gaza vers Israël. / © AFP / Bashar TALEB

Accusée d’usage excessif de la force, l’armée israélienne dit tirer en dernier recours pour protéger ses frontières et accuse le Hamas de se servir du mouvement de protestation pour couvrir des attaques et des tentatives d’infiltration.

– « Réponse immédiate » –

Les raids israéliens de samedi après-midi ont fait trois blessés, deux à Rafah, dans le sud du territoire, et un dans la ville de Gaza, selon des sources médicales palestiniennes.

Samedi matin, l’armée israélienne avait dit avoir effectué des raids aériens nocturnes contre des cibles du Hamas en riposte à des « actes de terreur pendant les violentes émeutes qui avaient eu lieu (quelques heures auparavant) le long de la clôture de sécurité » qui sépare le territoire israélien de l’enclave palestinienne. Ces raids n’ont pas fait de victime, selon les Palestiniens.

Une trentaine de tirs de roquettes et d’obus de mortiers vers le sud d’Israël depuis la bande de Gaza ont eu lieu quasiment simultanément à ces raids nocturnes.

Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a revendiqué ces tirs vers Israël en expliquant dans un communiqué qu’il s’agissait d’une « réponse immédiate de la résistance » aux raids nocturnes israéliens.

Photo prise le 14 juillet 2018 à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, montrant des Palestiniens portant la dépouille de Mohamad Nassir Shurab, décédé de ses blessures après avoir été blessé par balles par les forces israéliennes vendredi lors d’affrontements à la frontière entre l’enclave et Israël / © AFP / SAID KHATIB

Au total, d’après l’armée israélienne, une soixantaine de roquettes et d’obus de mortiers ont été tirés vers le territoire israélien depuis l’enclave de samedi à l’aube jusqu’au milieu de l’après-midi, sans faire de blessé.

Selon le ministère palestinien de la Santé à Gaza, un adolescent de 15 ans a été tué et 220 autres Palestiniens ont été blessés par les tirs israéliens lors des les violences qui ont émaillé vendredi les manifestations à la frontière.

Un autre manifestant, âgé de 20 ans, grièvement blessé par balle vendredi, est décédé samedi de ses blessures, selon la même source.

D’après l’armée israélienne, des grenades, des engins explosifs, des cocktails Molotov, des pneus enflammés et des pierres ont été lancées en direction des soldats, dont un a été blessé.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres depuis 2008 et observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu.

Fin mai, les forces israéliennes et les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza avaient connu leur plus sévère confrontation depuis la guerre de 2014.

L’armée israélienne avait notamment dit avoir frappé 65 positions militaires du Hamas dans l’enclave en représailles au tir d’une centaine de roquettes et d’obus de mortiers contre son territoire.

(©AFP / 14 juillet 2018 17h29)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Nouveaux-raids-isra-liens-sur-Gaza-et-tirs-palestiniens-sur-Isra-l/936539.rom

 

 

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Irlande: les sénateurs votent l’interdiction d’importer des colonies israéliennes

Irlande: les sénateurs votent l’interdiction d’importer des colonies israéliennes

Dublin – Les sénateurs irlandais ont voté mercredi pour l’interdiction des importations de biens et services en provenance de colonies à travers le monde, dont les colonies israéliennes implantées dans les territoires palestiniens.

La proposition de loi – votée par 25 sénateurs, contre 20 – veut rendre passible de poursuites toute importation en provenance de colonies.

Israël a immédiatement réagi en condamnant un vote qui vient en soutien d' »une initiative de boycott d’Israël populiste, dangereuse et extrémiste », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, affirmant envisager « une réponse en conformité avec les développements concernant cette législation ».

L’ambassadrice d’Irlande en Israël, Alison Kelly, a été convoquée au ministère israélien des Affaires étrangères pour jeudi matin, a annoncé le porte-parole du ministère Emmanuel Nahshon.

Le haut responsable palestinien Saëb Erekat a lui salué un vote « historique » et un « geste courageux », qui « envoie un message clair à la communauté internationale et en particulier au reste de l’Union européenne: parler d’une solution à deux Etats n’est pas suffisant sans mesures concrètes ».

Le texte introduit par une sénatrice indépendante, Frances Black, a reçu le soutien de tous les partis irlandais, à l’exception du Fine Gael au pouvoir.

Il doit maintenant être examiné par un comité parlementaire, avant d’être éventuellement présenté aux députés irlandais. S’il est adopté, l’Irlande serait le premier pays de l’Union européenne à bannir le commerce en provenance des colonies.

Mais le gouvernement irlandais y est fermement opposé, faisant notamment valoir que cela enfreindrait les règles communes européennes en instaurant une barrière commerciale au sein du marché unique et pourrait nuire à l’influence irlandaise dans la région.

Actuellement, l’UE autorise simplement ses Etats membres à identifier les produits en provenance des colonies.

L’organisation de citoyens Avaaz a salué un vote « sans précédent » et estimé que « les citoyens irlandais, les syndicats et la société civile comme la sénatrice Black sont déterminés à profiter de cette dynamique pour que les sanctions deviennent loi ».

« C’est un premier pas mais important », a tweeté Frances Black. Qualifiant les colonies israéliennes de « crime de guerre », elle a comparé son initiative aux premiers efforts de l’Irlande pour s’opposer à l’apartheid en Afrique du Sud, affirmant que l’Irlande « défendra toujours (…) la justice et les droits de l’Homme ».

L’ambassadrice irlandaise avait déjà été convoquée en janvier pour fournir des clarifications sur le texte, dont l’examen avait finalement été repoussé.

Mme Kelly avait souligné que le projet de loi n’était « pas une initiative du mouvement BDS » (Boycott, désinvestissements, sanctions).

La campagne mondiale non gouvernementale BDS est destinée à exercer des pressions sur Israël pour mettre notamment fin à l’occupation des Territoires palestiniens, jugée illégale par la communauté internationale.

Le gouvernement israélien combat farouchement tout ce qui ressemble à une entreprise de boycott, qu’il dénonce comme une remise en cause de la légitimité de l’Etat d’Israël.

Emmanuel Nahshon a estimé mercredi que le vote aurait « un impact négatif sur le processus diplomatique au Proche-Orient ».

(©AFP / 11 juillet 2018 17h51)

https://www.romandie.com/news/Irlande-les-s-nateurs-votent-l-interdiction-d-importer-des-colonies-isra-liennes/935655.rom

Les Kurdes pro-US contre les chrétiens iraquiens et syriens

Les Kurdes pro-US contre les chrétiens iraquiens et syriens

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Le gouvernement régional du Kurdistan iraquien a institué une taxe islamique sur les entreprises appartenant à des chrétiens.

Apparue fin juin à Ankawa (district d’Erbil), une ville à 80 % chrétienne, cette taxe correspond à l’ancien Djizîa, l’impôt collecté sur les chrétiens à défaut de les incorporer dans les armées. Alors que l’on avait d’abord dénoncé une initiative des autorités de la ville, cette taxe vient d’être étendue à la ville de Semel.

Simultanément, les Kurdes du YPG (soutenus par les États-Unis, Israël et la France) ont envahi et occupent deux localités chrétiennes de Syrie, Tel Jazira et Tel Baz (sur la rivière Khabour). Au cours des trois dernières années, le YPG a remplacé de force les professeurs des écoles chrétiennes du Nord de la Syrie. Les enfants ont été contraints d’abandonner la langue arabe, et d’adopter un cursus enseigné par des professeurs kurdes étrangers en langue kurde [1].

Documents joints

[1] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

 

http://www.voltairenet.org/article201862.html

Mission accomplie pour le Hezbollah en Syrie

A LA UNE

GMT+2 08:36

Israël: prolongation de la détention d’un avocat franco-palestinien

Israël: prolongation de la détention d’un avocat franco-palestinien

Jérusalem – La détention d’un avocat franco-palestinien emprisonné depuis août dernier a été prolongée dimanche de trois mois par un tribunal de district siégeant à Jérusalem-est occupée et annexée, a indiqué son avocat à l’AFP.

Salah Hamouri, 33 ans, avait été arrêté à Jérusalem le 23 août 2017. Il est détenu dans une prison située dans le Neguev, dans le sud d’Israël. Les accusations portées contre lui sont restées confidentielles comme c’est généralement le cas pour les détentions administratives.

Le régime de détention administrative, très critiqué par les défenseurs des droits de l’Homme, permet à Israël de priver de liberté des personnes pendant plusieurs mois renouvelables indéfiniment sans leur en notifier les raisons.

« Salah n’a aucun moyen de savoir ce qu’il y a dans son dossier. Ils (les Israéliens) se contentent d’affirmer qu’il constitue un danger en Cisjordanie », a affirmé à l’AFP son avocat Me Mahmoud Hassad.

Salah Hamouri devrait être libéré à l’issue de ces trois mois, a ajouté l’avocat.

Le ministère français des Affaires étrangères avait affirmé vendredi qu’il n’avait « cessé, depuis l’arrestation de M. Hamouri, de transmettre des demandes précises aux autorités israéliennes, pour qu’il soit mis fin au régime de sa détention administrative ».

Les autorités françaises n’ont pas connaissance des charges retenues contre lui.

« C’est une torture aussi bien pour lui que pour nous », a déclaré à l’AFP son épouse, Elsa Lefort, qui n’a pas pu le voir depuis plus d’un an car elle est interdite d’entrée sur le territoire israélien.

« Notre fils et moi ne pouvons pas lui rendre visite, nous ne pouvons pas l’appeler non plus », a-t-elle ajouté.

Né à Jérusalem de mère française et de père palestinien, Salah Hamouri avait déjà été emprisonné entre 2005 et 2011, un tribunal israélien l’ayant reconnu coupable de projet d’assassinat du rabbin Ovadia Yossef, le dirigeant spirituel et fondateur du parti ultra-orthodoxe Shass, décédé en 2013.

Salah Hamouri avait été libéré en décembre 2011 dans le cadre d’un échange de prisonniers et a toujours clamé son innocence.

Selon l’ONG palestinienne Addameer, plus de 6.000 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes, dont environ 500 en détention administrative.

(©AFP / 03 juillet 2018 09h34)

https://www.romandie.com/news/Isra-l-prolongation-de-la-d-tention-d-un-avocat-franco-palestinien/933048.rom

Le prince William parle des Territoires palestiniens comme un « pays »

Le prince William parle des Territoires palestiniens comme un « pays »

Le prince William rencontre le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie occupée, le 27 juin 2018 / © POOL/AFP / Alaa BADARNEH

Sa visite se veut apolitique, mais le prince William a paru bousculer mercredi le langage diplomatique usuel en qualifiant les Territoires palestiniens de « pays », lors de sa rencontre avec le président Mahmoud Abbas à Ramallah.

Après avoir été reçu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu la veille à Jérusalem, le duc de Cambridge poursuivait en Cisjordanie, occupée par Israël, la première visite officielle d’un membre de la famille royale en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Ses premiers mots pour le président palestinien ont dénoté avec le discours communément employé par les diplomates occidentaux confrontés aux complexités linguistiques du conflit israélo-palestinien.

« Merci de m’accueillir, et je suis très heureux d’une collaboration aussi étroite entre nos deux pays, et des succès enregistrés dans les domaines de l’éducation et de l’humanitaire », a-t-il dit, parlant sans notes.

La communauté internationale se garde généralement de se référer aux Territoires palestiniens comme à un Etat ou à un pays.

L’Assemblée générale des Nations unies a accordé en 2012 le statut d’Etat observateur non-membre à la Palestine. Les Territoires palestiniens sont censés composer un jour l’Etat indépendant auquel aspirent les Palestiniens.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat des Affaires étrangères britanniques ou des services du prince.

En 2016, une députée de la droite israélienne s’était attirée les protestations en donnant l’impression de remettre en question l’existence du peuple palestinien parce que la lettre P n’existerait pas en arabe et que la Palestine serait un nom d’emprunt.

Une partie de la droite est hostile à la création d’un Etat palestinien, et certains membres du gouvernement israélien sont favorables à l’annexion d’au moins une partie de la Cisjordanie.

La visite du prince William a lieu alors que l’horizon de la paix n’a pas paru plus bouché depuis longtemps et pour le duc de Cambridge, l’exercice diplomatique est délicat.

Des membres de la droite israélienne ont critiqué le fait que la partie de la visite du prince à Jérusalem-Est et dans la Vieille ville jeudi était présentée par les Britanniques comme se déroulant en Territoires palestiniens occupés.

L’annexion de Jérusalem-Est par Israël n’a jamais été reconnue par la communauté internationale, qui considère Jérusalem-Est comme territoire occupé.

(©AFP / 27 juin 2018 17h18)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-prince-William-parle-des-Territoires-palestiniens-comme-un-pays/931418.rom

Jared Kushner et le « droit au bonheur » des Palestiniens

Jared Kushner et le « droit au bonheur » des Palestiniens

C’est à tort que nous avons considéré le projet états-unien pour le Moyen-Orient comme un plan de paix pour la Palestine. Malgré la communication de la Maison-Blanche, ce n’est pas ce que recherche le président Trump. Il aborde cette question sous un angle radicalement différent de celui de ses prédécesseurs : il ne cherche pas, tel un empereur, à rendre la Justice entre ses vassaux, mais à débloquer la situation pour améliorer la vie quotidienne des populations.

| Damas (Syrie)

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Lors de l’emprisonnement de son père pour fraude fiscale, Jared Kushner reprit l’entreprise familiale malgré le mépris que la classe dirigeante états-unienne manifestait à l’égard de sa famille. Il apprit à se fondre dans le paysage en donnant l’image d’un garçon se conformant à tous les codes de bonne conduite puritains. Devenu le seul homme de confiance de son beau-père, Donald Trump, il l’a suivi à la Maison-Blanche. Il travaille désormais en secret pour le président, sans jamais rendre de compte au département d’État.

Le conflit israélo-arabe, qui était initialement un épisode tardif de la conquête coloniale européenne, a été développé pour prévenir l’unité arabe. Il ne s’agissait plus d’affirmer la puissance des Occidentaux sur le Moyen-Orient, mais de veiller à ce que les arabes ne constituent pas un bloc qui la concurrence. De coloniale, sa logique était devenue impériale en s’alignant derrière les États-Unis.

Or, aujourd’hui, les puissances occidentales qui dominent le monde depuis quelques siècles sont en déclin, tandis que l’Asie, porteuse d’autres civilisations, redevient le centre du monde. Il s’ensuit que la pression exercée contre les arabes diminue. C’est dans ce contexte que le président Trump met fin à la doctrine Cebrowski de destruction des structures sociales et étatiques de la région et tente de pacifier le conflit israélien.

L’équipe personnelle de Donald Trump pour les négociations internationales —composée de ses fidèles lieutenants Jared Kushner (son gendre) et Jason Greenblatt (l’ex-vice-président de son conglomérat, la Trump Organization)— aborde donc la question palestinienne sous son angle géopolitique. N’ayant aucune expérience diplomatique, il ne s’agit pas pour eux de trouver une solution qui satisfasse tous les protagonistes, mais de diminuer la pression sur cette population pour qu’elle puisse vivre normalement selon l’idéal du droit au bonheur inscrit dans la Constitution US. C’est un objectif majeur pour Donald Trump qui entend dissoudre l’impérialisme états-unien et le remplacer par une logique de compétition commerciale.

Bien sûr, il est plus facile pour Kushner et Greenblatt, deux juifs orthodoxes, de comprendre les Israéliens que les arabes, mais du point de vue où il se placent, cela n’a guère d’importance. Quoi qu’ils en disent, leur objectif n’est pas d’arriver à la paix, mais juste de débloquer la situation. Ils utilisent leur judéité comme un atout car elle leur intime de ne pas creuser la question des responsabilités ; une question qui se poserait s’ils cherchaient à établir une paix juste et définitive.

La « méthode Trump » à laquelle ils ont été formés durant de longues années se résume ainsi :
- d’abord prendre acte de la réalité, même si cela implique d’abandonner une rhétorique officielle bien rodée ;
- deuxièmement, considérer tous les avantages qu’il peut tirer des accords bilatéraux antérieurs ;
- et troisièmement, tenir compte autant que faire se peut du Droit multilatéral [1].

Les deux hommes, qui s’abstiennent de toute déclaration publique, sillonnent la région, sans révéler leur agenda du lendemain. Cependant leurs interlocuteurs sont beaucoup plus loquaces. Par bribes, ils laissent se dessiner le plan qu’ils élaborent.

En définitive, Kushner et Greenblatt sont en train de redonner vie à l’initiative du prince Abdallah (2002) [2]. À l’époque, le futur roi d’Arabie saoudite avait fait évoluer les points de vue arabe, non pas en s’appuyant sur les Accords d’Oslo (1991), mais à partir des résolutions 194 (1948) [3] de l’Assemblée générale et 242 (1967) [4] et 338 (1973) [5] du Conseil de sécurité des Nations unies. Son principe de base était « la terre contre la paix » : les arabes étaient prêts à reconnaître Israël et à vivre paisiblement avec lui s’il se retirait dans ses frontières de 1967. Il fut rejeté par le Premier ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon. Celui-ci avait débuté sa carrière, en 1948, en commandant une des unités terroristes qui assassinèrent des arabes au hasard et forcèrent les survivants à fuir (la Nakba). Pétri d’idéologie coloniale, il ambitionnait de conquérir toutes les terres du Nil à l’Euphrate.

Kushner et Greenblatt reprennent le principe du prince Abdallah, mais constatant le grignotage quotidien de terres par Israël, ils envisagent d’en céder beaucoup plus, pourvu que cela s’arrête.

Aujourd’hui, environ un tiers des Israéliens pensent leur destin en faisant référence au racisme du Talmud. La majorité de la population juive israélienne, quant à elle, est née en Israël et n’a aucun rapport avec les fantasmes du passé. Ce sont juste des gens qui souhaitent vivre paisiblement. Sauf à établir une responsabilité collective, ils ne sont pas responsables des crimes de leurs grands-parents. Ils peuvent donc accepter de se replier dans les frontières de 1967.

Identiquement, il ne reste presque plus de survivants arabes de la Nakba. Le droit international condamne ce nettoyage ethnique et fait obligation à Israël de reconnaître le droit inaliénable des victimes et de leurs descendants à retourner sur la terre dont ils ont été chassés. Mais les arabes palestiniens ont perdu la guerre israélo-arabe de 1948. Ils peuvent donc exiger des indemnités, mais pas prétendre recouvrir les propriétés immobilières que leurs grands-parents avaient abandonnées, puis ont perdu. Ce dernier point avait été acté par l’initiative de paix du prince Abdallah, mais n’a toujours pas été assimilé par les opinions publiques arabes.

Par ailleurs, il y a aujourd’hui autant d’arabes palestiniens en Jordanie qu’en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et à Jérusalem-Est réunies. Revenant à une vieille hypothèse britannico-arabe, Kushner et Greenblatt proposent de fusionner les quatre territoires en un seul État. La Nouvelle Jordanie serait toujours un royaume hachémite, gouverné par le roi Abdallah II (ne pas confondre avec le prince saoudien précédent) et un Premier ministre palestinien. Kushner et Greenblatt ont imaginé qu’en absorbant la Cisjordanie indépendante, dans le Royaume jordanien, ils placeraient le président Mahmoud Abbas (83 ans) à la retraite ; raison pour laquelle ce républicain les voue à la géhenne et refuse de les recevoir.

Jusqu’en 1967, la Jordanie incluait la Cisjordanie et Jérusalem-Est, l’équipe Trump veut y ajouter Gaza. Ce dernier point reste en suspend. Une autre hypothèse serait de conserver la situation actuelle d’autonomie de Gaza. Dans ce cas, ce territoire serait rattaché à l’Égypte. Une zone de libre-échange serait organisée avec une partie du Sinaï pour permettre son développement économique. Les pays du Golfe, Arabie saoudite en tête, y financeraient la réfection du système de collecte des eaux usées, une centrale électrique solaire, un port et un aéroport.

C’est là que les choses se compliquent. Depuis qu’ils ont signé une paix séparée avec Israël, les Égyptiens ont des relations difficiles avec les Gazaouis. Ils participent régulièrement au siège du Territoire. Il y a quelques années, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit (l’actuel secrétaire général de la Ligue arabe), fermait la frontière et menaçait les civils qui souhaitaient s’échapper de cette prison à ciel ouvert de « leur briser les jambes ».

Les Jordaniens historiques, qui sont issus de tribus bédouines, ne représentent quant à eux que 20 % de la population de leur pays noyés dans un océan de réfugiés palestiniens. Après la fusion, ils ne seraient plus que 10 %. Ils pourraient tenter de renforcer leur culture en naturalisant ceux des réfugiés syriens issus de tribus bédouines qu’ils hébergent. Surtout, la monarchie hachémite n’existe qu’en raison du rêve du fondateur de la dynastie, le Cherif Hussein, de réaliser l’unité arabe (la « Grande révolte arabe de 1915 »). Si les Palestiniens interprétaient la fusion comme un échec de ce projet face à Israël, une révolte comparable à celle de 1970 (« Septembre noir ») serait inévitable et la monarchie pourrait être renversée.

Toutes les tractations en cours visent à évaluer comment rendre ce projet viable et comment s’assurer que les autres forces de la région ne le sabotent pas. Car au fil du temps, ce qui était au départ un conflit colonial localisé s’est mué en une guerre d’Israël avec toute la région ; pas seulement avec les arabes, mais aussi avec les Turcs et les perses. Si l’un des protagonistes se trouvait lésé par la nouvelle configuration, il ne manquerait pas de faire échouer le projet.

Durant soixante dix ans, les Nations unies ont dit le droit et condamné Israël qui ne le respecte pas, mais presque personne n’a agi pour qu’il soit appliqué. Aujourd’hui, non seulement la situation politique des Palestiniens continue à s’aggraver, mais leur vie quotidienne est devenue insupportable.

Le plan de la Maison-Blanche soulève d’ores et déjà de vives récriminations parmi de dirigeants de la région et les États occidentaux qui tirent profit de cette situation. Il semble être beaucoup mieux accueilli par les populations concernées.

[1] « Jared Kushner réordonne le Moyen-Orient », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 décembre 2017.

[2] « L’Initiative de paix arabe présentée par le prince Abdullah bin Abdul-Aziz », Réseau Voltaire, 28 mars 2002.

[3] « Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU », ONU (Assemblée générale) , Réseau Voltaire, 11 décembre 1948.

[4] « Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU », ONU (Conseil de sécurité) , Réseau Voltaire, 22 novembre 1967.

[5] « Résolution 338 du Conseil de sécurité de l’ONU », ONU (Conseil de sécurité) , Réseau Voltaire, 22 octobre 2003.

http://www.voltairenet.org/article201637.html

L’Égypte pose les conditions de sa levée du siège de Gaza

L’Égypte pose les conditions de sa levée du siège de Gaza

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Alors que les envoyés spéciaux US, Jared Kushner et Jason Greenblatt, sont arrivés en Égypte après avoir été reçus en Jordanie et en Arabie saoudite, le cabinet du président al-Sissi a annoncé qu’il soutenait un volet du plan de paix US.

Le Caire lèverait le siège de Gaza si les pays du Golfe construisaient un port et un aéroport à Gaza et si le Hamas restituait les prisonniers israéliens qu’il détient.

http://www.voltairenet.org/article201610.html

Israël tente de salir Razan al-Najjar, l’infirmière palestinienne qu’il a abattue, en disant qu’elle n’était « pas un ange ». Par Robert Mackey

23.juin.2018 // Les Crises

Israël tente de salir Razan al-Najjar, l’infirmière palestinienne qu’il a abattue, en disant qu’elle n’était « pas un ange ». Par Robert Mackey

Source : The Intercept, Robert Mackey, 08-06- 2018

L’armée israélienne a publié jeudi une vidéo montée de façon trompeuse dans l’espoir de ternir l’image de Razan al-Najjar, une secouriste palestinienne tuée par les tirs israéliens à Gaza la semaine dernière.

Selon les témoignages, al-Najjar, qui avait 21 ans, a été abattue vendredi dernier après qu’elle et d’autres médecins, marchant les mains en l’air et portant des vestes blanches, se sont approchés du périmètre qui confine les Palestiniens à Gaza pour soigner un manifestant blessé.

La vidéo diffusée par le ministère de la santé de Gaza, qui montre al-Najjar et les autres juste avant que les Israéliens n’ouvrent le feu, semble confirmer que leurs mains étaient en l’air pendant qu’ils avançaient.

Le tir mortel sur la jeune femme, qui avait parlé avec éloquence de son rôle de sauvetage à un journaliste vidéo du New York Times et à la télévision libanaise, a été une catastrophe en matière de relations publiques pour Israël.

Le meurtre d’al-Najjar, qui ne représentait clairement aucune menace pour ses soldats, a rendu difficile pour l’armée israélienne d’affirmer que ses tireurs d’élite ne visaient que des ” émeutiers ” à Gaza et ne tiraient pas indistinctement sur des manifestants pacifiques, des journalistes et des médecins.

(Razan Alnajjar “Repose en paix✌🏼 ange de miséricorde 💔 tuée aujourd’hui par des tireurs d’élite sionistes israéliens à la frontière #رزان_النجار)

En réaction à un tollé international au sujet de sa mort, les Forces de défense israéliennes ont déclaré plus tôt cette semaine qu’al-Najjar avait été tué accidentellement par un soldat qui visait quelqu’un d’autre. Puis, jeudi, l’unité des médias sociaux de l’armée a lancé une campagne de diffamation coordonnée contre elle, en suggérant faussement dans une vidéo qu’elle avait participé à des émeutes et avait assisté aux manifestations pour servir de bouclier humain aux militants déguisés en manifestants.

(Le Hamas doit cesser d’utiliser des boucliers humains.)

Comme preuve de « participation à des émeutes », l’armée n’a offert que 10 secondes de vidéo, étayées par de la musique digne d’un film d’horreur, qui montrait une femme habillée comme al-Najjar en train de jeter une bombe lacrymogène tirée sur les manifestants par les forces israéliennes. Si la femme était al-Najjar, la vidéo ne montrait que sa participation à un rituel familier aux manifestants du monde entier – lancer les bombes lacrymogènes les visant aussi loin que possible. La vidéo montre également qu’elle n’a lancé la bombe qu’à une courte distance et qu’elle n’a pas atterri près des soldats israéliens.

La deuxième partie de la vidéo qui est censée excuser le meurtre d’al-Najjar est la moitié d’une phrase tirée d’une interview qu’elle a donnée à la chaîne libanaise Al Mayadeen News, dans laquelle elle avait dit que son rôle de secouriste dans les manifestations était de servir « de bouclier humain pour protéger et sauver les blessés sur les lignes de front ». Un monteur de l’armée israélienne a coupé cette phrase en deux pour donner l’impression qu’al-Najjar a été prise en train d’admettre qu’elle n’était présente que pour couvrir les militants.

Malgré ces failles évidentes, une version de la vidéo a été partagée par Ofir Gendelman, porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui, en tant que locuteur arabe, devait savoir que les commentaires de l’infirmière avaient été sortis de leur contexte.

(Voici #RazanNajjar, qui est venue à la frontière de Gaza la semaine dernière en tant que “secouriste”, et y a malheureusement perdu la vie. Mais les secouristes participent-ils aux émeutes et disent-ils qu’ils sont des boucliers humains pour les terroristes ?

Le Hamas l’a utilisée comme bouclier humain pour ses terroristes qui ont pris d’assaut notre frontière.)

Joe Dyke de l’Agence France-Presse a rapporté que Gendelman « a nié que le montage de la vidéo pour enlever le contexte complet sur le service aux blessés puisse être considéré comme une manipulation politique ». Si al-Najjar a agi comme un bouclier humain, Gendelman a dit à l’AFP, cela signifiait qu’elle n’était « pas secouriste ».

La vidéo a également été partagée par l’ancien porte-parole de Netanyahou, Mark Regev, qui est maintenant ambassadeur d’Israël en Grande-Bretagne, le ministère des Affaires étrangères d’Israël et le major Avichay Adraee, un porte-parole de l’armée israélienne en langue arabe, qui a affirmé sur Twitter que la vidéo prouvait d’une manière ou d’une autre qu’al-Najjar n’était pas un « ange ».

La campagne de diffamation a scandalisé les observateurs palestiniens et israéliens qui s’opposent à l’occupation et aux mensonges d’Israël.

(L’armée israélienne a tiré sur Razan al-Najjar, une infirmière palestinienne, et l’a tuée.

Aujourd’hui, l’armée israélienne a monté et publié de manière trompeuse une vidéo visant à la calomnier.

Oh, au fait, l’armée israélienne est chargée d’”enquêter” sur l’armée israélienne.)

(Quand les professionnels israéliens disent que les données provenant de sources palestiniennes ne sont pas fiables, souvenez-vous du montage malveillant de la vidéo de Razan al Najjars. par l’Armée de défense d’Israël. Quiconque pense encore qu’on peut faire confiance à l’armée israélienne pour enquêter sur elle-même ou raconter les faits – vraiment sur n’importe quoi – se berce d’illusions.)

Michael Omer-Man, le rédacteur en chef du magazine israélien +972, a noté que l’armée israélienne a fait ses preuves lorsqu’il s’agit de publier des vidéos fortement retouchées montrant une éthique douteuse.

(Il y a quelques semaines à peine, l’Armée de défense d’Israël a mis un homme de Gaza menotté et capturé, sur un fond de croix gammée et a ensuite publié une vidéo fortement retouchée (8 coupures en 1 minute) de lui dénigrant le Hamas. Vous percevez un schéma ?)

En 2010, l’armée israélienne a également publié ce qui semblait être un faux enregistrement, destiné à discréditer la flottille turque de Gaza, dans lequel un activiste était censé dire à un officier israélien à la radio : « Tais-toi, retourne à Auschwitz » et « Nous aidons les Arabes à aller à l’encontre des États-Unis. N’oubliez pas le 11 septembre, les gars ».

Si ces vidéos n’ont pas réussi à convaincre les critiques de l’armée israélienne, un public israélien qui soutient massivement l’usage de la force à Gaza pourrait être plus facilement influencé. (Un récent sondage a révélé que 62 % des Israéliens juifs pensent que leurs militaires ont utilisé un juste usage de la force en réponse aux protestations à Gaza, où plus de 3 500 manifestants palestiniens ont été victimes de tirs et au moins 120 ont été tués. Un autre 28 pour cent du public juif israélien dit que l’armée n’a pas fait un assez grand usage de la force.)

« Le porte-parole de l’armée israélienne a publié une vidéo, composée de clips qui n’ont aucun lien entre eux ni avec le jour où al-Najjar a été tuée, pour justifier le meurtre de la jeune auxiliaire médicale, pour prouver qu’elle n’était pas simplement une infirmière innocente, et pour la présenter comme une terroriste ou une terroriste potentielle », a observé Yael Marom dans le magazine +972.

« La vidéo dit : C’était bien de la tuer, c’était une Arabe », a-t-il ajouté. « Et les grands médias israéliens, pour prouver leur patriotisme et augmenter leur audience, ont complètement gobé la propagande de l’armée israélienne. Ils ont publié le clip sans questions ou clarifications ou avertissements qu’il n’a pas été vérifié, et que cela ne justifie en aucune façon son assassinat. Un animateur de l’une des chaînes les plus regardées d’Israël a même déclaré, sans aucune preuve dans la vidéo, qu’al-Najjar a lancé la bombe lacrymogène “lors d’une violente manifestation”. »

Source : The Intercept, Robert Mackey, 08-06- 2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

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Visite surprise de Netanyahu en Jordanie

Visite surprise de Netanyahu en Jordanie

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Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réalisé une visite surprise à Amman. Il était accompagné du directeur du Mossad, Yossi Cohen. La délégation a été reçue par le roi Abdallah II.

Selon nos informations, les entretiens ont porté sur l’implantation de force pro-iraniennes au Sud de la Syrie et —avant l’arrivée de la délégation US composée de Jared Kushner et Jason Greenblatt— sur le plan de paix états-unien.

- Israël et la Jordanie observent avec inquiétude la préparation d’une offensive de l’armée arabe syrienne et de ses alliés au sud du pays. Les deux pays ont reconnu qu’il n’y a pas de troupes iraniennes en Syrie, mais uniquement des conseillers militaires. Cependant, ils craignent que le Hezbollah et des milices chiites afghanes et irakiennes pro-iraniennes ne s’installent dans la région.

- Israël et la Jordanie tentent de rapprocher leurs points de vue pour faire bloc face au plan de paix US. Ils se seraient accordés sur la « solution à deux États », dont l’État palestinien serait la Jordanie élargie à la Cisjordanie. Dans cet esprit, les deux leaders ont examiné les moyens de faciliter le transport et le commerce entre la Jordanie et la Cisjordanie. La question de la souveraineté jordanienne sur les sanctuaires religieux, juifs, chrétiens et musulmans de Jérusalem a également été actée.

 

http://www.voltairenet.org/article201577.html