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Prévisions 2019 pour le Moyen-Orient

Prévisions 2019 pour le Moyen-Orient


Par Andrew Korybko – Le 31 décembre 2018 – Source orientalreview.org

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Dans la même dynamique qu’observée au cours des dernières années, la situation géopolitique du Moyen-Orient a connu de profonds changements au cours des 12 derniers mois. Par ordre d’importance, la région a connu le retour de sanctions unilatéralement imposées par les USA envers l’Iran ; les processus de paix en Syrie et au Yémen ont connu des progrès, encore superficiels, mais prometteurs ; la fracture régionale entre d’une part la Turquie et le Qatar et d’autre part l’Arabie saoudite et Israël a continué de croître ; et l’influence de la Russie, agissant comme force d’équilibre et de stabilité, s’est encore accrue. Nous allons à présent passer en revue l’influence que chacun de ces développements exercera sur la situation régionale au cours de l’année 2019.

Le théâtre romain de Palmyre, en Syrie

La situation en Iran risque de basculer vers une instabilité socio-économique prononcée si les USA n’étendent pas les dispenses de sanctions déjà accordées, et si les partenaires internationaux de la République Islamique freinent leurs échanges commerciaux avec ce pays via des canaux alternatifs, par peur de voir leurs entreprises subir des « sanctions subsidiaires » étasuniennes en répercussion. Ceci dit, l’Iran dispose déjà d’une solide expérience de survie aux sanctions économiques les plus sévères du monde, et pourrait de ce fait éviter une crise politique. Le point à surveiller est de voir si le pays décide de réorienter sa stratégie d’Asie de l’Ouest vers l’Asie centrale, et l’Asie du Sud-Est en réponse à ces pressions : un tel repositionnement géopolitique peut se produire très rapidement, si le pays considère que son influence au Machrek a atteint son apogée.

Cette refonte stratégique pourrait constituer l’un des ingrédients du processus de paix en Syrie, lui-même hautement simplifié par le projet de retrait étasunien, prévu dans les premiers mois de 2019. On pourrait voir la Russie « encourager » l’Iran à opérer un « retrait planifié », avec les honneurs, comme prochaine mesure de détente, ce qui constituerait un pari selon lequel il serait préférable de voir Israël reprendre ses bombardements sur les positions syriennes du Corps des gardiens de la révolution et du Hezbollah. Quant au Nord-Est de la Syrie, on ne saurait dire pour l’instant s’il va subir une occupation turque sur la durée, ou si des groupes « rebelles » soutenus par la Turquie vont y prendre position ; dans les deux cas, une solution politique « décentralisée » à définir reste sans doute inévitable, ce qui compliquerait la vie de l’Iran si le pays voulait maintenir une présence militaire en Syrie.

Si nos regards se portent au delà du Levant, vers la péninsule Arabique, le Yémen présente également des signes qui pourraient laisser présager un processus de paix, mais de manière bien plus lente qu’en Syrie : il s’agit d’un processus qui vient de commencer fin 2018. À l’instar de la République arabe, une solution politique « décentralisée » pourrait se voir mise en œuvre pour assurer la souveraineté régionale regagnée ces derniers temps par la région du Sud-Yémen, et afin de laisser s’auto-administrer dans une certaine mesure les Houthis du Nord-Yémen. Une telle sortie de crise aurait moins d’impact sur l’Iran que sur l’Arabie Saoudite, mais cette dernière semble avoir épuisé tant sa volonté politique et sa puissance de feu militaire que ses ressources financières, et se montrera sans doute disposée à adopter ce type de compromis (possiblement facilité par la Russie).

Pour ce qui concerne l’Arabie saoudite, elle travaille en tandem avec Israël, son allié – non officiel mais tout le monde l’a compris, pour « contenir » non seulement l’Iran, mais aussi – et c’est plus récent – la Turquie : chacun des deux membres du tandem a identifié cette dernière comme une menace sérieuse pour ses intérêts, pour des raisons différentes. Riyad est également en rivalité avec Doha, mais Tel Aviv n’est pas plus impliquée que cela dans la guerre froide du CCG. Dans tous les cas, un déshabillage simplifié de la région révèle que l’Arabie saoudite & Israël travaillent plus ou moins ensemble contre la Turquie et son allié qatari, dans une compétition à l’échelle du Moyen-Orient, c’est à dire de l’Est de la Méditerranée au golfe Persique, y compris la mer Rouge si l’on parle par exemple du Soudan.

Le Moyen-Orient, au vu de la vaste étendue de ces incertitudes, peut apparaître en premier regard comme la région la plus instable du monde à ce jour, mais le fait est que la stratégie d’« équilibrage » de la Russie a apporté un semblant de stabilité là où, sans cette influence, il n’y en aurait aucune. Moscou n’est pas en mesure de gérer seule le Moyen-Orient, mais peut se positionner – et l’a fait non sans une certaine réussite – comme intermédiaire neutre entre divers acteurs, ou à tout le moins en se comportant comme un pont entre eux. Ce positionnement russe constitue la constante la plus stable de la situation actuelle du Moyen-Orient, et il devrait jouer un rôle déterminant dans la sortie du guerre en Syrie – en soi l’un des événements les plus significatifs de la région depuis une génération – et sans doute également sur les autres dossier évoqués au long du présent article.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le Vendredi 28 décembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/previsions-2019-pour-le-moyen-orient

 

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Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens


Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision d’y transférer l’ambassade US, le président Trump a fait un premier pas pour briser l’un des réflexes les mieux ancrés des Européens. Car, comme l’avait remarqué l’ancien commissaire européen Chris Patten, sur le dossier proche-oriental en particulier « le principal déterminant du comportement politique de l’Europe » a été jusqu’ici « le refus pavlovien de toute ligne de conduite qui pourrait éloigner l’Europe des Américains ».

Toujours est-il que, si le suivisme mécanique ne s’est pas produit cette fois-ci, les principales puissances européennes désapprouvant la décision US, l’Union européenne est loin de présenter un front uni. L’Europe est divisée, comme à presque chaque fois où l’alignement commun sur le grand allié n’est pas possible. A ceci près que l’administration Trump a considérablement changé la donne, et Jérusalem n’est que le premier d’une série de défis en provenance d’outre-Atlantique qui se profilent à l’horizon.

L’Europe prend ses distances

Une fois n’est pas coutume, sur la question de Jérusalem, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous les trois fait part de leur désaccord par rapport à la relocalisation de l’ambassade des Etats-Unis. Ils ont tous les trois soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui « déplore au plus haut point » les décisions américaines relatives à Jérusalem et juge qu’elles sont « nulles et non avenues » du point de vue juridique. Paris, Berlin et Londres ont également été unanimes à boycotter le gala d’ouverture de l’ambassade US relocalisée. Le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a quant à elle exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à l’annonce américaine. Elle n’a également eu de cesse de répéter que « la position de l’UE reste inchangée ».

Cette position commune se limite, par définition, à l’appel au respect du droit international. Ainsi, « L’UE reste fermement engage à continuer de travailler avec les deux parties et avec ses partenaires dans la communauté internationale en vue de la reprise de véritables négociations avec l’objectif d’arriver à la solution des deux Etats, et Jérusalem capitale des deux ».  Ceci implique également, comme elle tient à le souligner, le respect du consensus international tel qu’il s’incarne dans la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies, appelant au retrait de toute représentation diplomatique de Jérusalem. A cette approche légaliste viennent s’additionner en Europe d’autres considérations, plus politiques. Tel le souci d’enrayer l’escalade de la violence dans son voisinage immédiat, de même que d’éviter les provocations inutiles susceptibles de radicaliser ses propres minorités musulmanes.

De surcroît, les Européens se sentent souvent inconfortables avec certaines caractéristiques de la prise de décision US qui leur paraissent comme faisant partie d’un même schéma. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli international par le président américain pour des raisons qu’ils estiment être en grande partie d’ordre électoral. Étroitement lié à cela, il existe une forte réticence en Europe vis-à-vis de ce qu’ils voient comme la contamination du discours politique par le fait religieux, la réduction des problèmes complexes à une simple opposition entre le Bien et le Mal. De même, les Européens se méfient de l’option unilatérale, a fortiori sous une forme brutale, qu’ils considèrent à la fois comme source de ressentiments, donc d’instabilité future et, dans un monde de plus en plus multipolaire, comme un précédent dangereux.

L’Europe se divise, pour les mêmes raisons que d’habitude

Malgré cette large convergence des considérations juridiques, politiques et stratégiques, les 28 Etats membres de l’UE n’ont pas été capables de publier ne serait-ce qu’une seule déclaration commune. La première, dès l’annonce du président Trump a été bloquée par la Hongrie, et la seconde, à la veille du transfert de l’ambassade US a été opposée par la Hongrie, La République tchèque et la Roumanie. Entretemps, l’Union européenne n’a pas pu soutenir en tant que telle la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU déplorant la décision US, du fait de l’abstention de six de ses Etats membres (les trois ci-dessus rejoints par la Pologne, la Lettonie et la Croatie). Pour terminer, si 24 pays européens ont boycotté la soirée de gala organisée pour l’ouverture de l’ambassade US, quatre s’y sont rendus (la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et l’Autriche).

Il y a fort à parier que ce n’est pas un soudain accès d’illumination sur les complexités du processus de paix israélo-palestinien qui aurait amené les pays d’Europe centrale et orientale à prendre le contre-pied de la majorité de leurs partenaires européens. Tout comme lors de la division en « vieille Europe » et « jeune Europe » au sujet de l’intervention américaine de 2003 en Irak, quoique dans une proportion bien moindre cette fois-ci, certains Etats membres préfèrent se démarquer de la solidarité européenne s’ils l’estiment aller à l’encontre de la loyauté atlantiste.

Dans ces conditions, la position commune de l’UE, exprimée par sa Haute représentante Mogherini, est réduite au plus petit dénominateur commun qu’est le respect du droit et du consensus international. Toutefois, même avec cette approche minimaliste, l’équilibre fragile à 28 risque d’être mise à mal, sur deux points. Premièrement, il ne s’agit que d’une pause momentanée qui ne durera que jusqu’à la présentation du plan de paix américain. Comme l’a dit le ministre français des Affaires étrangères « dès lors qu’un plan est en préparation, il serait malvenu pour la France ou l’Union européenne de décider d’une initiative unilatérale ». Par contre, si le plan américain n’est pas jugé par tous comme suffisamment équilibré, le projet d’un accord d’association UE-Palestine ou la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien pourraient se retrouver en tête de l’agenda. D’ici là, l’Union sera occupée à maintenir tous les Etats membres dans le rang, qu’il s’agisse du non-transfert des ambassades (la République tchèque hésite, paraît-il) ou de la mise en œuvre parfois difficile de la distinction de principe entre territoire israélien et territoires occupés.

Au-delà de Jérusalem : d’autres épreuves transatlantiques en vue

Au lendemain de la crise irakienne, la directrice de l’Institut de l’UE pour les Etudes de sécurité a mis en exergue l’un des obstacles les plus persistants à une politique étrangère européenne : « Il est beaucoup plus facile aux Européens de s’entendre sur l’analyse des crises extérieures que sur l’analyse de la politique américaine. Autrement dit, le monde rassemble, l’Amérique divise. Si les Européens parviennent assez facilement à une vision à peu près commune du monde, ils se divisent en revanche sur le rôle de l’Union dans la gestion des crises. Parce que ce rôle est en effet largement fonction du type de relations que chacun souhaite construire avec la puissance américaine, à titre bilatéral ou au sein de l’OTAN ». En d’autres termes, du moment où l’alignement collectif pur et simple n’est pas une option, le positionnement des uns et des autres se fait, en premier lieu, en fonction de son impact sur les relations transatlantiques. Assument-ils de se démarquer de leur plus grand allié ou, au contraire, estiment-ils que l’essentiel est de faire preuve de loyauté vis-à-vis des Etats-Unis ?

Ce dilemme perpétuel apparaît aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Au-delà de la question de Jérusalem, deux sujets éminemment chers au cœur, et au portefeuille, des Européens sont en suspense : les tarifs douaniers et l’accord nucléaire avec l’Iran. Ajoutez à cela le style extrêmement « franc » du président Trump, et une opinion publique européenne de plus en plus eurosceptique qui risque de s’aliéner encore plus si elle ne voit qu’une Union dépendante et impuissante. Il s’agit d’un mélange explosif, où les réflexes européens d’alignement et de concessions disproportionnées pourraient avoir plus de mal que d’habitude à l’emporter.

De ce point de vue, peu importe qui « a raison » ou quelle politique serait « la bonne » sur tel ou tel dossier. Sur Jérusalem, l’Iran, les tarifs douaniers – il peut y avoir des arguments valables des deux côtés. L’essentiel ici est de savoir s’il y a une quelconque utilité pour les Européens d’essayer de défendre collectivement leurs intérêts, voire de définir, ne sait-on jamais, une politique. Ou ces efforts sont-ils d’emblée voués à l’échec, dès que le dossier en question implique, de près ou de loin, les Etats-Unis. Grâce à la propension du président Trump à soulever les sujets les plus sensibles, sans ménagement et à un rythme accéléré, les premiers éléments de réponse tangibles ne sauraient tarder.

Ce texte est la version française de l’article original: Hajnalka Vincze, Jerusalem: President Trump Challenges Europe’s “Pavlovian” Reflexes, In The American Review of Books, Blogs, and Bull, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 18 May 2018.

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens


Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision d’y transférer l’ambassade US, le président Trump a fait un premier pas pour briser l’un des réflexes les mieux ancrés des Européens. Car, comme l’avait remarqué l’ancien commissaire européen Chris Patten, sur le dossier proche-oriental en particulier « le principal déterminant du comportement politique de l’Europe » a été jusqu’ici « le refus pavlovien de toute ligne de conduite qui pourrait éloigner l’Europe des Américains ».

Toujours est-il que, si le suivisme mécanique ne s’est pas produit cette fois-ci, les principales puissances européennes désapprouvant la décision US, l’Union européenne est loin de présenter un front uni. L’Europe est divisée, comme à presque chaque fois où l’alignement commun sur le grand allié n’est pas possible. A ceci près que l’administration Trump a considérablement changé la donne, et Jérusalem n’est que le premier d’une série de défis en provenance d’outre-Atlantique qui se profilent à l’horizon.

L’Europe prend ses distances

Une fois n’est pas coutume, sur la question de Jérusalem, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous les trois fait part de leur désaccord par rapport à la relocalisation de l’ambassade des Etats-Unis. Ils ont tous les trois soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui « déplore au plus haut point » les décisions américaines relatives à Jérusalem et juge qu’elles sont « nulles et non avenues » du point de vue juridique. Paris, Berlin et Londres ont également été unanimes à boycotter le gala d’ouverture de l’ambassade US relocalisée. Le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a quant à elle exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à l’annonce américaine. Elle n’a également eu de cesse de répéter que « la position de l’UE reste inchangée ».

Cette position commune se limite, par définition, à l’appel au respect du droit international. Ainsi, « L’UE reste fermement engage à continuer de travailler avec les deux parties et avec ses partenaires dans la communauté internationale en vue de la reprise de véritables négociations avec l’objectif d’arriver à la solution des deux Etats, et Jérusalem capitale des deux ».  Ceci implique également, comme elle tient à le souligner, le respect du consensus international tel qu’il s’incarne dans la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies, appelant au retrait de toute représentation diplomatique de Jérusalem. A cette approche légaliste viennent s’additionner en Europe d’autres considérations, plus politiques. Tel le souci d’enrayer l’escalade de la violence dans son voisinage immédiat, de même que d’éviter les provocations inutiles susceptibles de radicaliser ses propres minorités musulmanes.

De surcroît, les Européens se sentent souvent inconfortables avec certaines caractéristiques de la prise de décision US qui leur paraissent comme faisant partie d’un même schéma. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli international par le président américain pour des raisons qu’ils estiment être en grande partie d’ordre électoral. Étroitement lié à cela, il existe une forte réticence en Europe vis-à-vis de ce qu’ils voient comme la contamination du discours politique par le fait religieux, la réduction des problèmes complexes à une simple opposition entre le Bien et le Mal. De même, les Européens se méfient de l’option unilatérale, a fortiori sous une forme brutale, qu’ils considèrent à la fois comme source de ressentiments, donc d’instabilité future et, dans un monde de plus en plus multipolaire, comme un précédent dangereux.

L’Europe se divise, pour les mêmes raisons que d’habitude

Malgré cette large convergence des considérations juridiques, politiques et stratégiques, les 28 Etats membres de l’UE n’ont pas été capables de publier ne serait-ce qu’une seule déclaration commune. La première, dès l’annonce du président Trump a été bloquée par la Hongrie, et la seconde, à la veille du transfert de l’ambassade US a été opposée par la Hongrie, La République tchèque et la Roumanie. Entretemps, l’Union européenne n’a pas pu soutenir en tant que telle la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU déplorant la décision US, du fait de l’abstention de six de ses Etats membres (les trois ci-dessus rejoints par la Pologne, la Lettonie et la Croatie). Pour terminer, si 24 pays européens ont boycotté la soirée de gala organisée pour l’ouverture de l’ambassade US, quatre s’y sont rendus (la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et l’Autriche).

Il y a fort à parier que ce n’est pas un soudain accès d’illumination sur les complexités du processus de paix israélo-palestinien qui aurait amené les pays d’Europe centrale et orientale à prendre le contre-pied de la majorité de leurs partenaires européens. Tout comme lors de la division en « vieille Europe » et « jeune Europe » au sujet de l’intervention américaine de 2003 en Irak, quoique dans une proportion bien moindre cette fois-ci, certains Etats membres préfèrent se démarquer de la solidarité européenne s’ils l’estiment aller à l’encontre de la loyauté atlantiste.

Dans ces conditions, la position commune de l’UE, exprimée par sa Haute représentante Mogherini, est réduite au plus petit dénominateur commun qu’est le respect du droit et du consensus international. Toutefois, même avec cette approche minimaliste, l’équilibre fragile à 28 risque d’être mise à mal, sur deux points. Premièrement, il ne s’agit que d’une pause momentanée qui ne durera que jusqu’à la présentation du plan de paix américain. Comme l’a dit le ministre français des Affaires étrangères « dès lors qu’un plan est en préparation, il serait malvenu pour la France ou l’Union européenne de décider d’une initiative unilatérale ». Par contre, si le plan américain n’est pas jugé par tous comme suffisamment équilibré, le projet d’un accord d’association UE-Palestine ou la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien pourraient se retrouver en tête de l’agenda. D’ici là, l’Union sera occupée à maintenir tous les Etats membres dans le rang, qu’il s’agisse du non-transfert des ambassades (la République tchèque hésite, paraît-il) ou de la mise en œuvre parfois difficile de la distinction de principe entre territoire israélien et territoires occupés.

Au-delà de Jérusalem : d’autres épreuves transatlantiques en vue

Au lendemain de la crise irakienne, la directrice de l’Institut de l’UE pour les Etudes de sécurité a mis en exergue l’un des obstacles les plus persistants à une politique étrangère européenne : « Il est beaucoup plus facile aux Européens de s’entendre sur l’analyse des crises extérieures que sur l’analyse de la politique américaine. Autrement dit, le monde rassemble, l’Amérique divise. Si les Européens parviennent assez facilement à une vision à peu près commune du monde, ils se divisent en revanche sur le rôle de l’Union dans la gestion des crises. Parce que ce rôle est en effet largement fonction du type de relations que chacun souhaite construire avec la puissance américaine, à titre bilatéral ou au sein de l’OTAN ». En d’autres termes, du moment où l’alignement collectif pur et simple n’est pas une option, le positionnement des uns et des autres se fait, en premier lieu, en fonction de son impact sur les relations transatlantiques. Assument-ils de se démarquer de leur plus grand allié ou, au contraire, estiment-ils que l’essentiel est de faire preuve de loyauté vis-à-vis des Etats-Unis ?

Ce dilemme perpétuel apparaît aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Au-delà de la question de Jérusalem, deux sujets éminemment chers au cœur, et au portefeuille, des Européens sont en suspense : les tarifs douaniers et l’accord nucléaire avec l’Iran. Ajoutez à cela le style extrêmement « franc » du président Trump, et une opinion publique européenne de plus en plus eurosceptique qui risque de s’aliéner encore plus si elle ne voit qu’une Union dépendante et impuissante. Il s’agit d’un mélange explosif, où les réflexes européens d’alignement et de concessions disproportionnées pourraient avoir plus de mal que d’habitude à l’emporter.

De ce point de vue, peu importe qui « a raison » ou quelle politique serait « la bonne » sur tel ou tel dossier. Sur Jérusalem, l’Iran, les tarifs douaniers – il peut y avoir des arguments valables des deux côtés. L’essentiel ici est de savoir s’il y a une quelconque utilité pour les Européens d’essayer de défendre collectivement leurs intérêts, voire de définir, ne sait-on jamais, une politique. Ou ces efforts sont-ils d’emblée voués à l’échec, dès que le dossier en question implique, de près ou de loin, les Etats-Unis. Grâce à la propension du président Trump à soulever les sujets les plus sensibles, sans ménagement et à un rythme accéléré, les premiers éléments de réponse tangibles ne sauraient tarder.

Ce texte est la version française de l’article original: Hajnalka Vincze, Jerusalem: President Trump Challenges Europe’s “Pavlovian” Reflexes, In The American Review of Books, Blogs, and Bull, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 18 May 2018.

Si vous boycottez Israël nous vous boycotterons

Si vous boycottez Israël nous vous boycotterons


Les députés fédéraux ou étatiques donnent la priorité à une puissance étrangère


Par Russia Today – Le 8 janvier 2018

Le Sénat américain entame sa rentrée 2019 avec un projet de loi visant à protéger Israël du boycott, une loi similaire au niveau des États faisant face à une certaine opposition. Ainsi, un journal de l’Arkansas poursuit cet État, qualifiant cette interdiction de boycott d’anticonstitutionnelle.

Étant donné que le gouvernement est encore partiellement fermé en raison du projet du président Trump de construire un mur à la frontière mexicaine, on pourrait imaginer que le premier projet de loi présenté par le Sénat cette année aurait pour priorité de sortir de l’impasse et de mettre fin à la fermeture. Ce n’est pourtant pas le cas.

Au lieu de cela, S.1 est un ensemble de mesures de politique étrangère visant à renforcer la coopération militaire entre les États-Unis et la Jordanie, à réitérer l’opposition au dirigeant syrien Bachar Assad, à affecter des fonds d’aide étrangère à Israël et, plus controversé encore, à donner aux gouvernements locaux le pouvoir de refuser de passer contrat avec des entreprises qui boycottent Israël.

Marco Rubio✔@marcorubio 11h22 – 4 janvier 2019

Le premier article que le Sénat examinera au nouveau congrès sera notre projet de loi pour faire face à la crise en Syrie et soutenir nos alliés au Moyen-Orient.

Vous pouvez lire le texte de notre projet de loi sur le renforcement de la sécurité des États-Unis au Moyen-Orient de 2019 ici

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Ce projet de loi est parrainé par le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, un opposant de longue date au mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) et allié de l’AIPAC, le puissant lobby pro-Israël. À part Rubio, le projet de loi devrait recevoir l’appui bipartite nécessaire pour obtenir une majorité au Sénat. Un projet de loi similaire présenté par Rubio l’année dernière a été coparrainé par plusieurs démocrates, et le leader de la minorité au Sénat Chuck Schumer (D-New York) devrait soutenir ce dernier effort, selon The Intercept.

Même si le projet de loi de Rubio est une version édulcorée d’une loi présentée par le démocrate Ben Cardin (Maryland) en 2017 qui aurait en fait criminalisé le boycott d’Israël, l’American Civil Liberties Union a quand même sonné l’alarme.

« La législation… envoie un message aux Américains qu’ils seront pénalisés s’ils osent ne pas être d’accord avec leur gouvernement », a déclaré Kathleen Ruane, conseillère législative principale de l’ACLU, à The Intercept. « Nous demandons donc aux sénateurs de voter non à cette loi sur la lutte contre le BDS la semaine prochaine. »

Les législations déjà actées au niveau étatique offrent un aperçu de ce à quoi le projet de loi de Rubio pourrait ressembler une fois voté. Une législation anti-BDS a déjà été promulguée dans 26 États, où elle a déjà coûté leur emploi à certains employés, et fait l’objet de contestations judiciaires.

Bahia Amawi, orthophoniste travaillant pour le district scolaire indépendant de Pflugerville au Texas, a perdu son emploi en août dernier lorsqu’elle a refusé de signer un contrat promettant de s’abstenir de toute action « visant à pénaliser, à nuire économiquement ou à limiter les relations commerciales avec Israël, ou avec une personne ou entité faisant affaire en Israël ou dans un territoire contrôlé par Israël ».

Amawi, une citoyenne américaine qui estime qu’Israël occupe illégalement le territoire palestinien et qui boycotte les produits israéliens, a déposé une plainte alléguant une violation de son droit à la liberté d’expression. Le procès est actuellement en cours, mais la législation anti-BDS du Texas a l’appui total du gouverneur Greg Abbott (de droite), qui a déclaré que « toute politique anti-israélienne est une politique anti-Texas ».

Des poursuites similaires ont été intentées en Arizona et au Kansas, envers deux entrepreneurs travaillant avec l’État qui, comme Amawi, ont refusé de signer un serment promettant de ne pas boycotter l’État juif.

La dernière contestation contre ces lois anti-BDS vient de l’Arkansas, où un journal a décidé de combattre cet engagement, par principe. L’Arkansas Times n’a jamais publié d’éditorial critiquant Israël, mais lorsque l’Université de l’Arkansas a refusé de faire de la publicité dans le journal à moins que celui-ci ne signe cet engagement, le personnel du journal a décidé de porter plainte.

Ayman Mohyeldin✔@AymanM – 10 h 30 – 7 janvier 2019

Répondant à @AymanM

« Pourquoi un citoyen américain devrait-il prendre position en faveur de la politique étrangère d’un gouvernement étranger juste pour pouvoir faire des affaires avec son propre gouvernement », a déclaré Jan Everett, éditeur de l’Arkansas Times à MSNBC. « Qu’est-ce que c’est que cette façon de penser ? »

520 j’aime – 262 personnes en parlent

La première loi anti-BDS au niveau étatique a été adoptée par le Tennessee en 2015. Dans les 26 États qui ont adopté des lois anti-BDS depuis lors, les dispositions de ces lois sont globalement les mêmes et interdisent aux entreprises ou aux individus qui boycottent Israël de faire des affaires avec le gouvernement. Dans certains États, comme la Louisiane, la loi ne vise que les gros entrepreneurs. À part cela, les projets de loi sont presque tous identiques.

Quels que soient les partis auxquels sont affiliés les responsables de la loi, le langage utilisé pour l’appuyer est le même. Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, s’est fait l’écho du républicain texan, Greg Abbott, lorsqu’il a décrit le BDS comme une « attaque économique » contre Israël et a déclaré : « Si vous boycottez Israël, New York vous boycottera ».

Finalement nuisible à la communauté juive

Alors que les deux partis essayent de se montrer plus pro-Israël l’un que l’autre ces dernières années, même certaines voix pro-israéliennes ont réalisé que forcer les Américains à faire passer le soutien à une puissance étrangère avant leurs propres droits constitutionnels n’est probablement pas un bon point pour Israël au niveau relations publiques.

Alors que la première série d’États a commencé à adopter une législation anti-BDS en 2016, des documents internes de l’Anti-Defamation League révèlent que, malgré son soutien public à de telles lois, le personnel du groupe de pression juif pense que c’est une mauvaise idée.

« Autrement dit, l’ADL ne pense pas que la législation anti-BDS soit un moyen subtil de combattre le mouvement BDS ou de défendre Israël et qu’elle est finalement nuisible à la communauté juive », a déclaré M. Forward dans une note de service.

Ces projets de loi, poursuit-il, font de la publicité au mouvement BDS tout en donnant « l’impression que la communauté juive exerce une influence indue sur le gouvernement », un trope séculaire a la base des théories du complot antisémites.

En outre, le journaliste Max Brantley a écrit, vendredi dernier dans l’Arkansas Times, que s’il n’avait jamais envisagé de boycotter Israël auparavant, il pourrait maintenant avoir un argument pour le faire.

« Je pensais ce matin », écrit-il, « que je devrais peut-être préconiser le boycott d’Israël pour protester contre les législateurs de l’Arkansas qui ne respectent pas le premier amendement. »

Russia Today

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/si-vous-boycottez-israel-nous-vous-boycotterons

 

La Turquie rejette le nouveau plan américain sur la Syrie et humilie John Bolton

La Turquie rejette le nouveau plan américain sur la Syrie et humilie John Bolton

2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 8 janvier 2019

Dimanche, le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a tenté de poser les conditions d’un retrait américain de la Syrie :

Bolton, lors d’un voyage en Israël et en Turquie, a déclaré qu’il insisterait dans les discussions avec les responsables turcs, y compris le président Tayyip Erdogan, sur le fait que les forces kurdes doivent être protégées…

À la question de savoir si un retrait américain n’aurait pas lieu en Syrie tant que la Turquie ne garantirait pas la sécurité des combattants kurdes, Bolton a répondu : « En gros, c’est ça. »…

« Nous ne pensons pas que les Turcs devraient entreprendre une action militaire qui ne soit pas entièrement coordonnée et acceptée à minima par les États-Unis » a déclaré Bolton, « afin de ne pas mettre en danger nos troupes, mais également pour respecter l’exigence du président qui demande que les forces de l’opposition syrienne qui se sont battues avec nous ne soient pas mises en danger. »

La Turquie n’a pas trouvé ça drôle. Les Kurdes du YPG, que les États-Unis utilisent en Syrie comme chair à canon pour combattre État islamique, sont la même organisation que le PKK, qui agit en tant que groupe terroriste en Turquie. La Turquie ne peut permettre à ce groupe d’exister à sa frontière en tant que force militaire organisée.

Lorsque Bolton a atterri en Turquie aujourd’hui, il a reçu un accueil très froid. La rencontre prévue avec le président turc Erdogan n’a pas eu lieu. La réunion entre John Bolton, le chef d’état-major adjoint, Joe Dunford, et l’envoyé spécial pour la Syrie, James Jeffrey, avec le conseiller turc pour la sécurité nationale, Ibrahim Kalin, a été rétrogradée et a pris moins de deux heures. Une conférence de presse conjointe prévue a été annulée.

La délégation américaine n’avait pas l’air heureuse ni même unie lorsqu’elle quitta les bâtiments présidentiels à Ankara.

via Vivian Salaman

Peu de temps après la réunion de Bolton, Erdogan a prononcé un discours devant son groupe parlementaire. C’était une gifle au visage de Bolton. Selon Raqip Solyu :

Erdogan dit qu’il ne peut pas accepter ou avaler les messages donnés par le conseiller américain à la sécurité nationale, Bolton, en Israël.

Erdoğan : « YPG / PKK sont des terroristes. Certains disent : ‘ne les touchez pas car ils sont kurdes’. C’est inacceptable. Tout le monde peut être un terroriste. Ils pourraient être Turkmènes. Leur appartenance ethnique n’a pas d’importance. Bolton a commis une grosse erreur avec ses déclarations ».

Erdogan à propos du chaos politique à Washington sur la Syrie : « Comme ce fut le cas par le passé, malgré notre accord clair avec Trump sur le retrait américain de la Syrie, différentes voix ont commencé à se faire entendre à différents niveaux de l’administration américaine ».

Erdogan a déclaré que la Turquie continuait de s’appuyer sur le point de vue de Trump sur la Syrie et sur son esprit de décision concernant le retrait. « Nous avons en grande partie terminé nos préparatifs militaires contre ISIS conformément à notre accord avec Trump ».

« Dire que la Turquie cible les Kurdes de Syrie, ce qui est un mensonge, est la calomnie la plus basse, la plus déshonorante, la plus laide et la plus banale de tous les temps », a ajouté Erdogan.

Le directeur de la communication d’Erdogan a enfoncé le clou :

Fahrettin Altun @fahrettinaltun – 14h17 utc – 8 janvier 2019

Le conseiller américain à la sécurité nationale @AmbJohnBolton s’est entretenu aujourd’hui avec son homologue turc @ikalin1 au complexe présidentiel d’Ankara.
J’espère qu’il a pu goûter à la célèbre hospitalité turque lors de sa visite.

Un éditorial du quotidien Daily Sabah, dans l’alignement d’Erdogan, a qualifié les idées de Bolton de coup bas contre Trump.

Avec cela, Bolton a été humilié et la solution du retrait américain de la Syrie est revenue à Trump.

Nous avons vu un schéma similaire dans les négociations américaines avec la Corée du Nord. Trump a conclu un accord en quatre étapes avec Kim Jong Un. Ensuite, le secrétaire d’État Pompeo a tenté de modifier l’accord et a demandé à la Corée du Nord de remplir l’étape quatre avant que les États-Unis ne réalisent les étapes un, deux et trois. Lorsqu’il s’est ensuite rendu en Corée du Nord, il a été ignoré par Kim Jong Un et n’a rencontré que du personnel de niveau inférieur. Il a fallu l’intervention de Trump pour maintenir les discussions en vie.

Erdogan a également passé un accord avec Trump sur le retrait américain de la Syrie. Bolton a essayé de modifier le contrat, d’ajouter des conditions et de prolonger le calendrier. Lorsqu’il est arrivé à Ankara, Erdogan l’a ignoré, il l’a réprimandé. Il faudra l’intervention de Trump pour remettre la question sur ses rails.

Si Trump ne bouge pas, Erdogan cherchera probablement une escalade militaire. Son armée va utiliser l’artillerie contre telle ou telle position kurde près de la frontière turque. Il peut même envahir quelques villes. Pas nécessairement pour les tenir, mais pour augmenter la pression sur la force d’occupation américaine.

La Turquie avait initialement prévu de prendre Manbij sur la rive occidentale de l’Euphrate. Mais Manbij est bloquée par les troupes syriennes, maintenant renforcées par des patrouilles de la police militaire russe. Erdogan n’osera pas les attaquer.

Erdogan souhaite que les États-Unis quittent la Syrie et emportent avec eux les armes qu’ils ont remises au YPG pour lutter contre ISIS. Il souhaite que le gouvernement syrien reprenne possession du nord-est de la Syrie et mette les Kurdes sous contrôle. Cela éliminerait le danger pour la Turquie.

Depuis que Trump a annoncé que les troupes américaines quitteraient bientôt la Syrie, la lutte contre le reste des forces de État islamique à proximité de la frontière irakienne s’est intensifiée. La position territoriale de État islamique est maintenant réduite à deux ou trois villages. Dimanche soir celui-ci a profité d’une autre période de mauvais temps durant laquelle l’armée de l’air américaine n’a pas pu fournir de soutien aérien à la force par procuration, dirigée par les Kurdes, qui combat ISIS. Une contre-attaque de État islamique s’ensuivit et tua 25 des combattants soutenus par les États-Unis. C’était probablement la dernière bataille importante pour ISIS. État islamique ne compte plus que quelques centaines de combattants qui n’ont aucun moyen de s’échapper. Ils seront réduits en miettes.


Dans le gouvernorat d’Idleb, al-Qaïda, alias Hayat Tahrir al Sham, continue de consolider son emprise. Il a lancé plusieurs ultimatums à Ahrar al-Sham et à d’autres groupes de « rebelles modérés » qui occupent encore une partie de la région. Quand il aura fini d’éliminer ses concurrents, il va probablement bombarder la ville d’Alep et attaquer les lignes du gouvernement syrien. Cela va relancer la guerre à Idleb.

La dernière fois que le gouvernement syrien avait prévu de nettoyer Idleb des djihadistes, les États-Unis sont intervenus et ont menacé d’attaquer l’armée syrienne. La Russie a forgé l’accord Astana en vertu duquel la Turquie a accepté d’éliminer al-Qaïda. Elle n’a pas tenu sa promesse. L’armée syrienne est donc libre de résoudre le problème.

Mais que fera la Maison Blanche ? Est-ce que Bolton – s’il est encore au Conseil de sécurité US à ce moment-là – va insister pour que al-Qaïda soit défendue ? Trump acceptera-t-il cela ?

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/la-turquie-rejette-le-nouveau-plan-americain-sur-la-syrie-et-humilie-john-bolton

 

Florilège de la nouvelle année

Florilège de la nouvelle année

Publié le 3 Janvier 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis, Asie centrale, Moyen-Orient, Russie, Gaz

Chers lecteurs, chers amis,

cette nouvelle année, que je vous souhaite excellente, commence sur les chapeaux de roue et nous promet de très belles surprises géopolitiques. Le Grand jeu a ceci de féerique qu’en plus d’être fondamental pour la compréhension du monde, il nous scotche sur nos fauteuils comme le ferait le meilleur Hitchcock…

A tout saigneur tout honneur, l’empire est toujours pris dans les insondables remous provoqués, on le sait, par l’élection de Trump il y a deux ans. Ceux qui pensaient que le Donald se rangerait sagement derrière les injonctions du Deep State en sont pour leurs frais. Pas étonnant que le sinistre McCainistan ait été derrière – c’est officiel maintenant – le dossier Steele, intox assez lamentable laissant entendre que les Russes avaient des informations compromettantes sur le nouveau président américain.

Tout était bon pour saboter sa présidence mais la bête résiste, dans son style caractéristique et inclassable, mêlant certains éléments propres à satisfaire le parti de la guerre et d’autres qui lui font littéralement s’arracher les cheveux. Sa dernière interview a encore fait perler quelques gouttes de sueurs au front des stratèges US et autres clients de l’empire, qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Ce qu’il dit en soi n’apprendra certes rien aux observateurs et il ne peut s’empêcher quelques petits moments de gloriole infantiles – non, Donald, l’Iran n’a pas changé depuis que tu es arrivé au pouvoir et Téhéran ne retire pas ses conseillers spéciaux/milices du Moyen-Orient pour faire face à la contestation intérieure…

Mais certaines admissions, certains commentaires pertinents, sont remarquables dans la bouche d’un président américain devant les caméras de télévision. Petit florilège.

En Afghanistan, l’URSS a eu raison d’intervenir dans les années 80 pour contrer les djihadistes [soutenus par Washington, ndlr]. Les Américains y sont depuis 19 ans, dépensant une fortune sans résultat. Les Talibans sont plus forts que jamais [aucune surprise pour le fidèle lecteur] et ils se battent contre l’EI ; laissons nos ennemis se battre entre eux, il serait stupide d’intervenir.

Ce qu’il ne dit pas, c’est que les Américains multiplient les pourparlers avec les Talibans, à Abu Dhabi il y a quelques jours, au Qatar prochainement, alors même qu’ils en accusaient les Russes il y a quelques mois encore. Sur le terrain, les « étudiants en théologie » ont mis la main sur un nouveau district et la carte du pays n’est guère rassurante pour le gouvernement central :

Avec sa décision de retrait partiel d’Afghanistan, le Donald ne fait qu’entériner la défaite programmée des Etats-Unis. Le Royaume de l’insolence, tombeau des empires, a encore frappé !

Sur la Syrie, il est tout aussi clair : La Syrie a été perdue il y a longtemps par Obama. Ce n’est que sable et mort, il n’y a même aucune richesse et nous n’avons rien à y faire. Je ne sais pas d’où sort l’échéance de quatre mois ; je n’ai jamais dit que le retrait se ferait en un jour, il sera progressif, mais il se fera. Nous allons faire en sorte que les Kurdes soient protégés même s’ils ont vendu du pétrole à l’Iran [??]. Les Iraniens, les Russes et Assad détestent encore plus Daech que nous [la presstituée en a avalé son stylo de travers], ne faisons pas le travail à leur place.

Si Israël pensait être rassurée sur les intentions US en dépit du retrait, la dernière sortie de Trump a dû rallumer quelques alarmes. D’autant plus que, outre ses paroles assez ambiguës sur l’Iran, il a prononcé une phrase plus qu’étrange et quelque peu hors contexte : « Franchement, ils peuvent faire ce qu’ils veulent en Syrie« . Crise de nerfs à Tel Aviv. Nous assistons peut-être d’ailleurs à un divorce entre le Donald et le lobby pro-israélien, ce dernier tournant ingratement le dos au président américain qui a pourtant, historiquement, été le plus favorable à Israël…

Mais revenons en Syrie. Chat échaudé craint l’eau froide. Le félin en question, ce sont les Kurdes qui, ne sachant plus quoi attendre des Etats-Unis, continuent leurs négociations avec Damas. Les mots de la porte-parole kurde sont intéressants : « Les FDS ne tiennent plus compte de la présence ou absence américaine en Syrie« . Propos confirmés par un autre officiel du Rojava. De quoi faire se retourner dans sa future tombe le néo-con Lindsay Graham, pour qui un rapprochement Assad-Kurdes serait « un désastre majeur ».

A Idlib, c’est le chaos et cette carte en donne une bonne idée :

La guerre civile inter-barbue a éclaté et cette fois, elle semble partie pour durer. HTS (Al Qaeda pour les intimes) a lancé une attaque en règle contre al-Zinki qui, avec ses alliés pro-Turcs, a répliqué. Dans l’affaire, il y aurait une cinquantaine de morts de chaque côté et HTS occuperait même un poste d’observation turc.

Le sultan, justement, n’est peut-être finalement pas mécontent de la soudaine flambée de violence. Ne sachant plus trop quoi faire de ses barbus après le report sine die de l’offensive prévue contre les Kurdes, il peut toujours les lancer contre Al Qaeda afin de respecter enfin la promesse faite aux Russes d’en finir avec l’Idlibistan.

A Moscou, on boit du petit lait. Les Kurdes continuent leurs avances à Damas, les soldats syriens et américains commencent à se côtoyer sans anicroches à Manbij, les djihadistes d’Idlib s’entretuent, qui s’ajouteront aux 23 000 déjà dégommés en 2018…

Ca n’empêche pas le Kremlin de passer la vitesse supérieure. Et nous ne parlons pas ici de l’inarrêtable missile hypersonique Avangard, qui vole à Mach 20 et devant lequel l’empire n’a aucun moyen de défense. Dans le bras de fer engagé avec Washington, Moscou a inculpé un Américain, Paul Wheelan, d’espionnage deux jours après son arrestation.

Certains ne manquent évidemment pas d’y voir une monnaie d’échange pour faire libérer Maria Butina. Mais il se pourrait que l’accusation soit bien réelle. Les deux faits n’ont peut-être aucun lien mais Wikileaks a révélé il y a peu que les ambassades américaines à travers le monde étaient en train d’accumuler équipement d’espionnage et logiciels de hacker. A suivre…

Quant au Nord Stream II, la pose des tubes a commencé dans les eaux territoriales suédoises. Là encore, le fidèle lecteur aura été prévenu. Washington ne peut rien y faire et c’est d’ailleurs ce qu’a déclaré il y a quelques jours la Commission de Bruxelles, pourtant connue pour son masochisme et sa sainte horreur du gaz russe dont elle a néanmoins plus que jamais besoin.

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/01/florilege-de-la-nouvelle-annee.html

Tentatives d’assassinat d’Assad et négociations israéliennes

Tentatives d’assassinat d’Assad et négociations israéliennes

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Selon un officiel anonyme, cité abondamment dans la presse israélienne, le général Aviv Kochavi (directeur du Renseignement militaire de 2010 à 2014 et futur chef d’état-major de Tsahal) aurait organisé plusieurs tentatives d’assassinat du président élu syrien, Bachar el-Assad.

Le général Kochavi (photo) estimait que sa mort aurait permis à Tsahal d’envahir la Syrie et d’y détruire les implantations syriennes.

Au contraire, le directeur du Mossad, Yossi Cohen, aurait tenté de négocier avec la République arabe syrienne, considérant que sa chute aurait favorisé le chaos.

http://www.voltairenet.org/article204596.html

S-300 : la tactique confirme la communication

S-300 : la tactique confirme la communication

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S-300 : la tactique confirme la communication

Plusieurs faits intéressants marquent l’évolution de la situation au Moyen-Orient, “autour de la Syrie”. Le texte repris ci-dessous en privilégie un aspect, que nous développons plus loin, qui illustre, au-delà de la tactique du combat aérien, l’évolution de l’état des esprits vis-à-vis des diverses forces en présence, et essentiellement vis-à-vis des capacités russes, perçues directement ou indirectement, au-delà de toutes les “révélations”, les “sources”, les querelles d’experts et le marais général du FakeNewsisme.

D’abord, les faits nouveaux indiquant l’évolution de la situation générale sur le terrain et dans les relations entre les uns et les autres autour du désordre syrien.

• Il y a eu accord entre les Kurdes et le gouvernement syrien, avec entrée de l’armée syrienne dans la ville de Manbij pour renforcer décisivement le dispositif des milices kurdes contre une éventuelle offensive turques, ou des groupes soutenus par les Turcs. Ce déploiement syrien à Manbij est effectif, et pour la première fois depuis le début de la guerre le drapeau syrien flotte à Manbij. Ce développement (accord Kurdes-Assad) était prévisible dès lors que les USA se retiraient et laissaient les mains libres aux Turcs, – dont nul ne sait encore s’ils vont partir à l’offensive ou plutôt suivre le conseil des Russes et tenter de régler cette situation du Nord de la Syrie autour d’une table de négociation.

… En attendant, il reste au parti des salonards, des divers progressistes-sociétaux et interventionnistes-humanitaristes (type-Kouchner, par exemple) qui encensent les USA et veulent la tête d’Assad au bout d’une pique, à tourner leur pompe à encens de 180° pour applaudir le dit-Assad, et derrière lui les Russes, de venir au secours des Kurdes. Ils n’en feront rien, bien entendu, préférant le silence distrait et un peu méprisant pour ces vérités-de-situation qui se permettent d’introduire un peu de désordre dans leur simulacre si bien rangé en deux colonnes, entre “gentils” et “méchants”, avec la vertu de simplifier radicalement “la complication de l’Orient compliqué”.

• Il y a également une belle avancée, dont il est accessoirement question dans le texte ci-dessous, dans la situation de la Syrie dans le monde arabe. Après sept années de mise à l’index et d’excommunication de la Syrie, le monde arabe qui écoute toujours avec attention la musique saoudienne semble prêt à accueilli à nouveau le “frère syrien”, le président Assad. Les Émirats (EAU), si proche de l’Arabie, ont rétabli leurs relations diplomatiques avec Damas, et l’Arabie serait sur le chemin de le faire, tandis que la réintégration de la Syrie dans la Ligue arabe semble effectivement être une affaire qui marche, avec l’accord de l’Arabie. (MbS qui reste au pouvoir prend désormais ses aises avec l’alliance US et fait savoir que les adversaires des USA peuvent devenir ses amis.) Le retrait US, quoi qu’il en soit par ailleurs, semble avoir déclenché une mécanique de reconnaissance de la victoire de la Syrie d’Assad, après sept années d’une affreuse et cruelle mêlée où l’Occident, notre bloc-BAO, s’est enfermé dans une poubelle nauséabonde simulant un simulacre et s’est couvert, sans vergogne ni s’en apercevoir les deux à la fois, de honte, de stupidité et d’aveuglement.

DEBKAFiles résume la situation ce 28 décembre, selon un point de vue toujours intéressant à considérer en fonction des liens que ce site entretient avec les services de sécurité israéliens : « L’une des meilleures semaines de Bachar Assad – et l’une des pires de Tayyip Erdogan – a culminé vendredi 28 décembre. La sortie américaine du Nord-Est de la Syrie annoncée par le président Donald Trump le 19 décembre a laissé un vide irrésistible, avant même que le premier soldat américain ait quitté le sol syrien. À la suite de cette annonce, les Émirats Arabes Unis ont annulé leur projet d’envoi de troupes dans le nord de la Syrie et ont rouvert leur ambassade à Damas pour la reprise de relations normales, après des années de soutien à la rébellion syrienne contre le régime d’Assad. Les sources auprès de DEBKAFiles auprrès services de renseignements ont appris que l’Arabie saoudite ferait de même… »

• Accessoirement (?), on notera que la visite-surprise de Trump avant-hier en Irak, a montré les limites très élastiques de son initiative de retrait des forces US de Syrie. Trump a annoncé devant quelques troupes sélectionnées, dont les SEAL ultra-secrets qui sont ainsi mis à découvert par la pétulance de ce président, que les troupes retirées de Syrie seraient repositionnées en Irak d’où elles pourraient effectuer des raids en Syrie si nécessaire. Façon de se concilier “D.C.-la-folle” et de noyer dans l’habituel désordre tout ce que sa décision pouvait avoir de mobilisateur pour les antiguerres ; façon, aussi, de confirmer pour le reste du monde, et notamment les pays arabes, que les USA sont véritablement et décidément un partenaire totalement imprévisible, incontrôlable, non-fiable, en plus d’être en retraite. Il faut évidemment lier ce sentiment avec ce qui se passe du côté arabe avec Assad, mais aussi avec le refus du Premier ministre irakien de rencontrer Trump lors de sa visite en Irak… Non seulement les USA ne s’en vont pas vraiment, mais en plus ils paraissent aujourd’hui encore plus faibles et isolés que s’ils étaient vraiment partis.

… Mais Trump s’en fout et ses adversaires américanistes aussi. Ce qui compte pour lui, c’est la “guerre civile froide” obsessionnelle qu’il mène pour sa réélection de 2020, la même chose pour les antitrumpistes et leur obsession pour abattre Trump. Ainsi, la position et la politique américanistes semblent évoluer, sur ce théâtre du Moyen-Orient comme pour le reste, dans un monde à part, hors de la marche des affaires en général, un simulacre de monde où la puissance américaniste continue à régner, où la psychologie américaniste exacerbée continue à triompher de façon à ce que leur “guerre civile froide” continue à se développer sans entraves. Laissez-lez vivre et agir intensément dans leur simulacre !

• Enfin, le dernier point qu’on aborde ici et qui est traité par le texte ci-dessous, est celui du comportement militaire des Israéliens, après la frappe qu’ils ont effectué avant-hier contre la Syrie. Cette frappe (ou frappe “en plusieurs vagues”) a été particulièrement controversées. On se méfiera grandement des annonces officielles israéliennes, totalement subverties, d’une part par les mensonges de l’hybris d’une force militaire autrefois puissante et qui découvre ses limites de plus en plus contraignantes, d’autre part par la rhétorique guerrière de Netanyahou lancé dans une campagne électorale décisive pour lui (et sa survie juridique autant que politique, puisque avec une affaire de corruption lancée contre lu).

Des diverses versions, on comprend que la force aérienne israélienne a eu beaucoup de difficultés à atteindre une très faible partie de ses objectifs, devant une défense anti-aérienne syrienne qui ne cesse de gagner en efficacité. Mais surtout, nous rapporte l’entretien ci-dessous, il y a le fait de la tactique employée par la force aérienne israéliennes, reprenant la même technique d’une “couverture” de leurs propres avions de coimbat par des vols non impliqués dans la bataille : cela avait été l’affaire de l’Il-20 russe détruit en septembre par erreur provoquée de la défense syrienne, ce fut cette fois deux vols civils, l’un à Beyrouth, l’autre à Damas, qui conduisirent les Syriens à cesser le feu pour ne pas risquer la destruction d’un avion civil et la mort de ses passagers, laissant ainsi les avions de combat israéliens à l’abri d’une menace de destruction. DEBKAFiles, toujours lui, signale la fureur des Russes devant cette tactique, et la possibilité d’une riposte (russe), éventuellement avec l’extension du verrouillage anti-aérien de la Syrie au Liban pour interdire la pénétration de cet espace aérien d’où les avions israéliens effectuent leurs tirs.

La récente frappe aérienne israélienne contre la Syrie montre la généralisation d’une nouvelle tactique qui constitue paradoxalement une couverture défensive active d’opérations offensives. Il s’agit d’un tribut involontaire rendu par les Israéliens à l’efficacité mortelle supposée contre les avions israéliens eux-mêmes de la défense anti-aérienne syrienne en constante amélioration par l’apport russe. Au lieu d’attaquer et de détruire les sites des nouveaux S-300 russo-syriens, comme ils l’avaient promis, les Israéliens préfèrent se protéger de leurs tirs par des subterfuges… On ne sait ce que vaut exactement le S-300 (et le S-400, etc.) mais son effet dissuasif marche à plein : s’il n’est pas absolument assuré que le système est opérationnellement aussi formidable que la communication le dit, cette communication permet finalement de se passer de l’opérationnel pour parvenir à ce résultat.

Ci-dessous, principalement sur ce sujet, ce texte de Sputnik-News le 28 décembre 2018  (titre initial : « La récente frappe aérienne israélienne contre la Syrie montre une nouvelle tactique ».)

dedefensa.org

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La nouvelle tactique aérienne d’Israël

La récente frappe aérienne israélienne contre la Syrie, qui impliquait l’utilisation de vols civils comme couverture de l’opération, montre que les Israéliens changent de tactique à l’encontre de Damas, a déclaré à Spoutnik Peter Ford, l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Syrie.

La nouvelle tactique israélienne a été détaillée dans une déclarationfaite mercredi par le ministère russe de la Défense, selon laquelle six avions de combat F-16 israéliens utilisaient comme “couverture” pour se dissimuler deux avions commerciaux qui se préparaient à atterrir à Damas et à Beyrouth, respectivement.

Des photospubliées depuis par la société israélienne ImageSat cartographient une zone de 900 mètres carrés où des frappes auraient détruit un dépôt d’armes abritant des armes iraniennes. La frappe aérienne de mercredi a eu lieu après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu eut juré de poursuivre ses opérations militaires en Syrie pour contrer la présence militaire de l’Iran.

“Cela montre un nouveau mode opératoire, à savoir que les Israéliens ne sont plus aussi audacieux dans leurs actions tactiques, parce qu’ils craignent désormais de perdre des avions”, a déclaré Ford au cours de l’émission Loud and Clear de Sputnik Radio, jeudi 27 décembre. “Cela est causé par le fait que, grâce aux Russes, l’armée syrienne a nettement amélioré ses défenses anti-aériennes. Les Israéliens utilisent de nouvelles tactiques, et il semblerait que l’une d’entre elles consiste à se dissimuler derrière d’autres avions en vol”.

Comme le note Ford, ce n’était pas la première fois qu’Israël utilisait de telles mesures pour lancer ses attaques contre la Syrie voisine. Plus tôt cette année, en septembre, le ministère russe de la Défense avait accuséIsraël d’utiliser un de ses avions (un Il-20 de reconnaissance électronique en cours d’atterrissage) comme bouclier contre les systèmes anti-aériens syriens. Cependant, contrairement à la frappe de mercredi, la frappe aérienne de septembre sur la Syrie avait entraîné des pertes, les 15 membres d’équipage de l’avion russe ayant été tués à la suite de la destruction de leur avions par erreur, par un tir destiné aux chasseurs israéliens s’étant dissimulé derrière l’avion russe.

Considérant les deux opérations, Ford a déclaré à ses deux intervieweurs hôtes Brian Becker et John Kiriakou que de nouvelles règles d’engagement entreraient en vigueur pour la Russie à la suite de ces actions israéliennes. Les Russes “ont effectivement cessé de contraindre leurs partenaires syriens et ils ont dit aux Israéliens que ‘si les Syriens le peuvent et le veulent, ils détruiront vos avions. Ne comptez plus sur nous pour les retenir’”.

Pour l’avenir, et tenant compte de l’annoncepar les Émirats arabes unis de la réouverture de son ambassade en Syrie, M. Ford a suggéré que cette initiative ouvrirait la voie à la normalisation des relations entre la Syrie et son proche allié, l’Arabie saoudite, qui a soutenu les forces anti-gouvernementales dans  guerre civile longue de sept ans en Syrie. “Ce n’est qu’une question de temps avant la reprise des relations entre les Saoudiens et avant la réadmission de la Syrie dans la Ligue arabe”, a-t-il déclaré.

Sputnik-News

http://www.dedefensa.org/article/s-300-la-tactique-confirme-la-communication

Syricanements

 

 

 

Syricanements

Publié le 26 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Moyen-Orient

La froide période de Noël a ceci de paradoxal qu’elle réchauffe souvent l’atmosphère géopolitique. On se rappelle que c’est un 25 décembre (1979) que Moscou décida l’envoi en Afghanistan des troupes soviétiques, début d’une guerre dont on vit encore chaque jour les conséquences. Sans aller jusque là, notre bonne année 2018 ne départ pas…

C’est à nouveau en Syrie que l’eau arrive à ébullition. Le retrait américain annoncé envoie des ondes nerveuses dans les chancelleries. A Tel Aviv, Bibi la Terreur n’en peut plus et a donc ordonné le bombardement d’un entrepôt à Damas depuis le ciel libanais. Selon la Défense russe, généralement bien informée et peu encline aux communiqués ubuesques, 14 des 16 missiles israéliens ont été interceptés par les Syriens.

Surtout, les jets à kippa ont une nouvelle fois utilisé une tactique peu glorieuse, se cachant derrière deux avions de ligne civils pour éjaculer péniblement leurs missiles. La défense anti-aérienne syrienne a certes détruit la majorité des projectiles mais n’a évidemment rien fait contre les avions, afin d’éviter une tragédie. A Moscou, on n’est guère amusé et l’on parle d’« actes provocateurs » et de « grossière violation de la souveraineté ».

Quand on sait que l’ours ne parle jamais pour ne rien dire, on peut se demander quel est le petit jeu suicidaire des Israéliens. Ne comprennent-ils pas que c’est Moscou qui aura les clés du camion syrien, donc de la présence ou non des Iraniens. Une chose est sûre : Israël est assez désespéré de la tournure que prend les choses. Sa folle provocation (il peut y en avoir d’autres) est le signe de sa faiblesse, non de sa force.

Au nord, c’est toujours les corons. Nos prédictions semblent se réaliser : on ne va pas vers une improbable alliance Damas-Ankara mais plutôt un mariage de raison kurdo-syrien contre les Turcs. Une délégation kurde a pris le chemin de Moscou, dernier râtelier auquel se raccrocher avant une invsion turque. Les Kurdes accepteraient (conditionnel, quand tu nous tiens) la présence des troupes gouvernementales syriennes mais pas des milices chiites pro-iraniennes. De fait, les loyalistes se dirigent en masse vers Manbij et Arima leur a déjà été remise par les Kurdes. La présence de soldats russes devraient calmer les ardeurs ottomanes.

Après ses déclarations tonitruantes, et malgré l’envoi d’une kyrielle de blindés vers le front, le sultan semble s’être un peu calmé. Il accepterait (toujours ce maudit conditionnel) d’attendre plusieurs mois avant de lancer l’offensive contre les Kurdes et ne serait pas contre la prise de possession du Rojava par l’armée syrienne si les YPG sont désarmées, auquel cas l’offensive serait reportée sine die. Poutine et Erdogan devraient d’ailleurs bientôt se rencontrer pour en discuter.

Ankara semble tenir à sa triple entente avec Moscou et Téhéran pour régler le conflit syrien et on peut imaginer à terme un Kurdistan syrien autonome mais occupé par l’armée syrienne dans laquelle seraient intégrées les YPG. Sous contrôle de Damas, donc, mais aussi de Moscou. Acceptable pour les Turcs, acceptable pour les Kurdes, acceptable pour Assad et le Kremlin.

Tout irait donc pour le mieux si le Donald ne faisait encore des siennes. En visite surprise en Irak, il vient d’assurer que les troupes US ne s’en retireraient point et que des incursions en Syrie seraient toujours possibles à partir des bases américaines qui y sont présentes. Le voyage de la houppette blonde vise, dans le contexte du retrait et, plus généralement, de la perte de puissance de l’empire au Moyen-Orient, à s’assurer au moins partiellement de l’Irak face à l’Iran.

Reste à voir si les dirigeants irakiens, qui n’ont même pas été invités à la petite sauterie, seront d’accord et s’ils possèdent une marge de manœuvre suffisante pour refuser ce qui ressemble furieusement à un diktat de Washington. Ca ne plaît en tout cas pas à tout le monde puisque des explosions et des sirènes ont été entendues à l’ambassade états-unienne de Bagdad. D’ici à ce qu’une milice pro-iranienne soit accusée, il n’y a qu’un pas qui devrait être vite franchi…

Les États-Unis refusent de se battre pour des financiers transnationaux

Les États-Unis refusent de se battre pour des financiers transnationaux

Le retrait US de Syrie et d’Afghanistan ainsi que la démission du général Mattis attestent du basculement en cours de l’ordre du monde. Les États-Unis ne sont plus les premiers, ni au plan économique, ni au plan militaire. Ils refusent de continuer à se battre pour les seuls intérêts de financiers transnationaux. Les alliances qu’ils conduisaient vont commencer à se déliter sans pour autant que leurs anciens alliés admettent la montée en puissance de la Russie et de la Chine.

| Damas (Syrie)

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Donald Trump refuse que ses concitoyens continuent à payer pour réaliser le rêve impérial des financiers globaux.

L’annonce du retrait partiel des forces états-uniennes d’Afghanistan et total de Syrie a sonné comme un coup de tonnerre, le 19 décembre 2018. Il a été suivi le lendemain par la démission du secrétaire à la Défense, James Mattis. Contrairement aux affirmation des opposants au président Trump, les deux hommes s’estiment et leur divergence ne porte pas sur ces retraits, mais sur la manière d’en gérer les conséquences. Les États-Unis sont face à un choix qui va marquer une rupture et faire basculer le monde.

Avant toutes choses, pour ne pas se livrer à un contre-sens, il convient de rappeler les conditions et l’objectif de la collaboration de Trump et Mattis.

Lors de son accession à la Maison-Blanche, Donald Trump avait veillé à s’entourer de trois hauts militaires ayant suffisamment d’autorité pour réorienter les Forces armées. Michael Flynn, John Kelly et surtout James Mattis sont partis ou sont sur le départ. Tous les trois sont de grands soldats qui se sont ensemble heurtés à leur hiérarchie sous l’ère Obama [1]. Ils n’acceptaient pas la stratégie mise en place par l’ambassadeur John Negroponte de création de groupes terroristes chargés de fomenter une guerre civile en Iraq [2]. Tous les trois se sont engagés avec le président Trump pour retirer le soutien de Washington aux jihadistes. Cependant chacun d’entre eux avait sa propre vision du rôle des États-Unis dans le monde et a fini par se heurter au président.

La tempête que les élections de mi-mandat avait repoussée est arrivée [3]. Le moment est venu de repenser les Relations internationales.

La Syrie

Lorsqu’en avril, conformément à ses engagements, Donald Trump avait évoqué le retrait US de Syrie, le Pentagone l’avait convaincu de rester. Non que quelques milliers d’homme puissent inverser le cours de la guerre, mais parce que leur présence était un contrepoids à l’influence russe et un appui à Israël.

Cependant le transfert à l’Armée arabe syrienne d’armes de défense russes, notamment des missiles S-300 et des radars ultra-sophistiqués coordonnés par un système de gestion automatisée Polyana D4M1, a bouleversé l’équilibre des forces [4]. Désormais, depuis trois mois jour pour jour, l’espace aérien syrien est inviolable. Dès lors, la présence militaire US devient contre-productive : toute attaque au sol des mercenaires pro-US ne pourra plus être appuyée par l’aviation états-unienne sans risque de perdre des aéronefs.

En se retirant maintenant, le Pentagone évite l’épreuve de force et l’humiliation d’une inévitable défaite. En effet, la Russie a refusé successivement aux États-Unis et à Israël, de donner les codes de sécurité des missiles fournis à la Syrie. C’est-à-dire que Moscou, après des années d’arrogance occidentale, a décliné le partage du contrôle de la Syrie qu’il avait accepté lors de la première conférence de Genève, en 2012, et que Washington avait violé quelques semaines plus tard.

En outre, Moscou a reconnu, il y a longtemps déjà, que la présence US est illégale au regard du Droit international et que la Syrie peut légitimement se défendre.

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Le général Aharon Haliva est venu à la tête d’une délégation israélienne, le 17 décembre 2018, à Moscou. Il a informé ses homologues russes des opérations en cours de Tsahal et leur a demandé les codes des missiles syriens. En vain.

Ses conséquences

La décision de retrait de Syrie est lourde de conséquences.

1— Le pseudo-Kurdistan

Le projet occidental de création d’un État colonial au Nord-Est de la Syrie qui serait attribué aux Kurdes ne verra pas le jour. Au demeurant de moins en moins de Kurdes le soutenaient, considérant que cette conquête serait comparable à la proclamation unilatérale d’un État, Israël, par les milices juives, en 1948.

Ainsi que nous l’avons souvent expliqué, le Kurdistan n’est légitime que dans les frontières qui lui furent reconnues en 1920 par la Conférence de Sèvres, c’est-à-dire dans l’actuelle Turquie et pas ailleurs [5]. Les États-Unis et la France envisageaient, il y a quelques semaines encore, de créer un pseudo-Kurdistan en terre arabe et de le faire administrer sous mandant de l’Onu par l’ancien ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner [6].

2— La stratégie Cebrowski

Le projet poursuivi par le Pentagone, depuis dix-sept ans, au « Moyen-Orient élargi » ne verra pas le jour. Conçu par l’amiral Arthur Cebrowski, il visait à détruire toutes les structures étatiques de cette région, à l’exception de celles d’Israël, de la Jordanie et du Liban [7]. Ce plan, qui a débuté de l’Afghanistan à la Libye et fonctionne encore, prend fin sur le sol syrien.

Il n’est plus question que les armées US se battent, aux frais du contribuable, pour les seuls intérêts des financiers globaux, fussent-ils états-uniens.

3— La suprématie militaire états-unienne

L’ordre du monde post-soviétique fondé sur la supériorité militaire états-unienne est mort. Que cela soit difficile à admettre ne change rien au fait. La Fédération de Russie est désormais plus puissante aussi bien en termes conventionnels (depuis 2015) que nucléaires (depuis 2018 [8]). Le fait que les armées russes soient un tiers moins nombreuses que celles des États-unis et ne disposent que de rares troupes à l’étranger écarte l’hypothèse d’un impérialisme de Moscou.

Vainqueurs et vaincus

La guerre contre la Syrie va se terminer dans les mois à venir faute de mercenaires. La livraison d’armes par certains États coordonnés par le fonds KKR peut faire durer le crime, mais n’offre pas d’espoir de changer le cours des événements.

Sans aucun doute, les vainqueurs de cette guerre sont la Syrie, la Russie et l’Iran, tandis que les vaincus sont les 114 États qui ont adhéré aux « Amis de la Syrie ». Certains n’ont pas attendu la défaite pour corriger leur politique étrangère. Ainsi, les Émirats arabes unis viennent d’annoncer la prochaine réouverture de leur ambassade à Damas.

Le cas des États-Unis est toutefois plus complexe. Les administrations Bush Jr. et Obama portent l’entière responsabilité de cette guerre. Ce sont elles qui l’ont planifiée et réalisée dans le cadre d’un monde unipolaire. Au contraire le candidat Donald Trump a accusé ces administrations de ne pas défendre les citoyens états-uniens, mais de servir la finance transnationale. Devenu président, M. Trump n’a eu de cesse de couper le soutien de son pays aux jihadistes et de retirer ses hommes du Moyen-Orient élargi. Il doit donc également être considéré comme un des vainqueurs de cette guerre et pourra logiquement défausser l’obligation de son pays de payer des dommages de guerre sur les sociétés transnationales impliquées [9]. Pour lui, il appartient désormais de réorienter les forces armées vers la défense du territoire, de mettre fin à l’ensemble du système impérial et de développer l’économie US.

L’Afghanistan

Depuis plusieurs mois, les États-Unis négocient discrètement avec les Talibans les conditions de leur retrait d’Afghanistan. Un premier round de contact autour de l’ambassadeur Zalmay Khalilzad s’est tenu au Qatar. Un second round vient de débuter aux Émirats arabes unis. Outre les deux délégations US et talibane, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Pakistan y participent. Une délégation du gouvernement afghan est arrivée sur place dans l’espoir de s’y joindre.

Cela fait dix-sept ans que les États-Unis et le Royaume-Uni ont envahi l’Afghanistan, officiellement en rétorsion pour les attentats du 11-Septembre. Cependant cette guerre fait suite aux négociations de 2001 à Berlin et à Genève. Elle ne vise pas à stabiliser ce pays pour l’exploiter économiquement, mais à y détruire toute forme d’État pour en contrôler l’exploitation. Ce qui est fait puisque chaque jour la situation y est pire que le précédent.

Rappelons que les malheurs de l’Afghanistan ont débuté lors de la présidence Carter. Le conseiller de Sécurité nationale, Zbigniew Brzeziński, fit appel aux Frères musulmans et à Israël pour lancer une campagne de terrorisme contre le gouvernement communiste [10]. Affolé, celui-ci fit appel aux Soviétiques pour maintenir l’ordre. Il s’en suivit une guerre de quatorze ans suivie d’une guerre civile, puis de l’invasion anglo-US.

Après quarante ans de destructions interrompues, le président Trump pose que la présence militaire US n’est pas la solution pour l’Afghanistan, c’est le problème.

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Le général James Mattis s’est engagé à dissocier les Forces armées US des jihadistes, pas à disloquer l’alliance autour des États-Unis.

La place des États-Unis aujourd’hui dans le monde

En retirant la moitié des troupes US légalement stationnées en Afghanistan et la totalité de celles occupant illégalement la Syrie, le président Trump réalise un de ses engagement électoraux. Il lui faudra encore retirer les 7 000 hommes restant sur place.

C’est dans ce contexte que le général Mattis a posé une question de fond dans sa lettre de démission [11]. Il écrit :
« Une de mes convictions fondamentales a toujours été que notre force en tant que nation est inextricablement liée à la force de notre système unique et complet d’alliances et de partenariats. Bien que les États-Unis demeurent la nation indispensable dans le monde libre, nous ne pouvons pas protéger nos intérêts ni jouer efficacement ce rôle sans maintenir de solides alliances et faire preuve de respect envers ces alliés. Comme vous, je dis depuis le début que les forces armées des États-Unis ne devraient pas être le gendarme du monde. Au lieu de cela, nous devons utiliser tous les outils du pouvoir américain pour assurer la défense commune, notamment en assurant un leadership efficace à nos alliances. 29 démocraties ont démontré cette force dans leur engagement à se battre à nos côtés après l’attaque du 11-Septembre contre l’Amérique. La coalition contre Daesh de 74 nations en est une autre preuve » [12].

En d’autres termes, James Mattis ne conteste pas le bien-fondé du retrait des troupes US d’Afghanistan et de Syrie, mais ce qui va probablement suivre : la dislocation des alliances autour des États-Unis, et en définitive le possible démantèlement de l’Otan. Pour le secrétaire à la Défense, les États-Unis doivent rassurer leurs alliés en leur donnant l’impression qu’ils savent ce qu’ils font et sont les plus forts. Peu importe que cela soit vrai ou pas, il s’agit de maintenir coûte que coûte la cohésion entre les alliés. Tandis que pour le président, il y a péril en la demeure. Les États-Unis ont déjà perdu leur première place économique au profit de la Chine et désormais leur première place militaire derrière la Russie. Il faut cesser d’être le borgne guidant les aveugles et s’occuper d’abord des siens.

Dans cette affaire, tous deux ont raison. James Mattis agit en militaire. Il sait qu’une nation sans alliés est perdue d’avance. Tandis que Donald Trump pense en chef d’entreprise. Il doit épurer les filiales déficitaires qui menacent de couler son entreprise.

[1] Cobra II : The Inside Story of the Invasion and Occupation of Iraq, Michael Gordon & Bernard Trainor, Atlantic Book, 2006.

[2] ISIS is US : The Shocking Truth Behind the Army of Terror, George Washington’s Blog, Wayne Madsen, Webster Griffin Tarpley, Syrian Girl Partisan, Progressive Press, 2016.

[3] « Relations internationales : le calme avant quelle tempête ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 octobre 2018.

[4] « Pourquoi les États-Unis déguerpissent soudain de Syrie ? », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 20 décembre 2018.

[5] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[6] « Bernard Kouchner entre illégalement en Syrie », Réseau Voltaire, 10 décembre 2018.

[7] The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[8] “Vladimir Putin Address to the Russian Federal Assembly”, by Vladimir Putin, Voltaire Network, 1 March 2018. « Le nouvel arsenal nucléaire russe rétablit la bipolarité du monde », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 mars 2018. « Les moyens russes de Défense hypersonique », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 28 mai 2016.

[9] « Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2018.

[10] « Brzezinski : « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » », par Zbigniew Brzeziński, Le Nouvel Observateur (France) , Réseau Voltaire, 15 janvier 1998. Charlie Wilson’s War : The Extraordinary Story of the Largest Covert Operation in History, George Crile III, Atlantic Monthly Press, 2003.

[11] “Resignation letter from James Mattis”, by James Mattis, Voltaire Network, 20 December 2018.

[12] “One core belief I have always held is that our strength as a nation is inextricably linked to the strength of our unique and comprehensive system of alliances and partnerships. While the US remains the indispensable nation in the free world, we cannot protect our interests or serve that role effectively without maintaining strong alliances and showing respect to those allies. Like you, I have said from the beginning that the armed forces of the United States should not be the policeman of the world. Instead, we must use all tools of American power to provide for the common defense, including providing effective leadership to our alliances. 29 democracies demonstrated that strength in their commitment to fighting alongside us following the 9-11 attack on America. The Defeat-ISIS coalition of 74 nations is further proof.”

http://www.voltairenet.org/article204430.html