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Déclin impérial, cas d’école

Déclin impérial, cas d’école

Publié le 10 Mai 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisMoyen-Orient

C’est un grand classique de l’Histoire auquel nous sommes en train d’assister. Le monde a beau entrer dans le troisième millénaire, la technologie être partout et les intellectuels spéculer sur le post-modernisme, certaines choses ne changeront jamais…

On sait que le propre de tout empire est de satisfaire les éléments qui le composent. Ce réflexe naturel s’accentue à mesure que la tête impériale décline, dans des proportions parfois telles qu’elles en accélèrent la chute. Washington vient encore de prouver cet axiome en envisageant de placer les Frères musulmans sur sa liste des organisations terroristes. A première vue, cela n’a rien d’illogique et montre le poids qu’ont, sur l’actuelle administration américaine, l’Arabie saoudite, Israël, les Emirats Arabes Unis ou encore l’Egypte, tous horrifiés par la confrérie créée par Hassan el-Banna au début du XXème siècle.

Ironie du sort, si les Etats-Unis franchissent le pas, ils rejoindront dans le club des pays qui ont mis les Frères musulmans sur liste noire, non seulement leurs chers alliés sus-cités, mais aussi la Syrie et la Russie ! Et là, ça risque d’être assez drôle. Comment, par exemple, continuer à financer et appuyer publiquement les White Helmets et autres barbus modérément modérés de l’Idlibistan s’ils sont formellement blacklistés ? Ces considérations n’ont certes jamais empêché la CIA de soutenir des groupes insoutenables (Al Qaïda), mais on parle ici d’opérations clandestines, pas de politique officielle. Cela risque de créer un véritable casse-tête dans les corridors impériaux tandis qu’on imagine déjà le fabuleux retournement de veste des bobos hollywoodiens, en adoration devant les Casques blancs il y a peu encore. L’état-major russe, lui, est mort de rire…

Mais la joie de l’ours va bien au-delà. En satisfaisant leurs alliés les plus proches, les Américains risquent de se couper du reste. En effet, le nombre de gouvernements influencés à des degrés divers par les Frères musulmans est considérable au Moyen-Orient et au-delà. Parmi eux, des pays-clé, théoriquement alliés, qui risquent de très mal prendre la décision américaine et de s’éloigner encore plus de l’orbite impériale sur laquelle ils ont déjà de plus en plus de mal à rester. Vous l’avez compris, on parle ici de la Turquie et du Qatar…

La crise du Conseil de Coopération du Golfe va bientôt entrer dans sa troisième année et ce que nous écrivions il y a 23 mois est toujours d’actualité :

Notre bon vieux Moyen-Orient ne changera donc jamais. Rebondissements, renversements, retournements de veste… une vraie telenovela brésilienne.

La grande affaire très commentée de ces derniers jours est la mise au ban du Qatar par l’Arabie saoudite et ses quelques affidés de circonstance. Si c’était dans les tuyaux depuis une bonne semaine, c’est un véritable séisme dans la région, les précédentes querelles n’ayant jamais conduit à une rupture des relations diplomatiques (…)

D’abord un coup d’oeil sur les pays qui viennent de rompre avec Doha : outre Riyad, l’on trouve principalement l’Egypte, Bahreïn et les Emirats Arabes Unis. Point commun : ces pays sont excédés du soutien qatari bien réel aux Frères musulmans, à la pointe rappelons-le des « printemps arabes » libyen, égyptien et syrien.

Pour le reste, c’est une auberge espagnole qui mêle allègrement farce et réalité. Oui, le Qatar a soutenu l’Etat Islamique et Al Qaeda en Syrak comme nous l’avons montré à plusieurs reprises sur ce blog ; mais voir les Saoudiens l’en accuser est à pleurer de rire étant donné qu’ils ont fait exactement la même chose.

Oui, le Qatar a paradoxalement de bonnes relations avec l’Iran, ce qui passe très mal à Ryad mais aussi à Bahreïn (en proie au printemps chiite passé sous silence dans la MSN occidentale). De même, le Qatar voit d’un mauvais oeil le front américano-israélo-saoudien qui se met en place. Mais est-ce suffisant pour expliquer la soudaine crise ? Sans doute pas, car c’est un véritable noeud gordien auquel nous avons affaire (…)

Cette crise tue dans l’oeuf le projet d’OTAN arabe évoqué par le Donald il y a quinze jours. Soit il aime se tirer des balles dans le pied (pas impossible), soit il n’est pas réellement derrière cette rupture.

Le Qatar accueille la principale base US au Moyen-Orient ; le Pentagone ainsi que le Département d’Etat sont loin d’être aussi ravis que leur commandant en chef. Par le biais de son porte-parole, le Pentagone a d’ailleurs remercié le Qatar et refusé de commenter les déclarations trumpiennes. Quant à Tillerson, il est bien embarrassé, qui appelle les membres du Conseil de Coopération du Golfe à « rester unis » (…)

Car le CCG est la pierre angulaire de l’empire américain dans la région – un peu comme l’UE en Europe – et il est aujourd’hui au bord du gouffre. Après le Brexit, le Qatarxit ? A Washington, les stratèges impériaux ne doivent pas être aux anges… Le Koweït et Oman ont en tout cas refusé de suivre leurs collègues et de rompre leurs relations avec Doha, ce qui fissure encore un peu plus le CCG (…)

Deux piliers du pétrodollar et soutiens du djihadisme en conflit, CCG en crise, Turquie ballotée, Etat profond US divisé… Il faut prendre la rupture saoudo-qatarie pour ce qu’elle est : une énième convulsion du « camp du Bien », un émiettement supplémentaire de l’empire (…)

Officiellement, le Kremlin ne prend pas position. Mais si un coin durable peut être enfoncé entre l’axe américano-saoudo-israélien et la paire turco-qatarie, c’est du pain béni pour Moscou ainsi que pour Téhéran.

On imagine aisément que le classement des Frères musulmans comme organisation terroriste n’arrangera rien. On se demande d’ailleurs dans ces conditions ce que deviendrait la base US au Qatar…

Quant à la Turquie, ses brouilles avec tonton Sam depuis le putschinho de juillet 2016 pourrait remplir une pleine encyclopédie : soutien US aux Kurdes syriens, achat des S-400 russes et même une querelle pastorale ! On imagine la réaction de l’AKP d’obédience frériste si Washington passe à l’acte.

L’empire se retrouve à la croisée des chemins, en pleine quadrature du cercle. Déclinant, il n’a d’autre ressource que de s’arc-bouter sur ses bases et de satisfaire son dernier carré d’alliés. Ce faisant, il s’isole, est en passe de perdre le reste de ses associés et… accélère son déclin.

 

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Les Palestiniens demandent à l’UE de défendre la solution à deux Etats

l’Orient le Jour par AFP

Les Palestiniens demandent à l’UE de défendre la solution à deux Etats

Les Palestiniens ont demandé à l’Union européenne de défendre la solution à deux Etats pour résoudre leur conflit avec Israël, dont l’évocation ne devrait pas figurer dans le plan de paix américain attendu en juin, selon leur ambassadeur à l’ONU.

« Nous en avons parlé » aux Européens lors de récentes réunions à Bruxelles et « ils doivent agir », a précisé mardi Riyad Mansour lors d’une rencontre avec des journalistes. Les Palestiniens ont demandé à l’UE une conférence internationale pour réaffirmer le consensus international en faveur d’une solution prévoyant la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, a-t-il ajouté.

« Nous serions très heureux de montrer qu’il y a plus d’un joueur sur le terrain pour essayer de définir comment nous devons avancer », a précisé le diplomate alors que les Palestiniens ne reconnaissent plus les Etats-Unis comme un médiateur impartial.
Les Palestiniens réclament aussi depuis longtemps aux pays européens – notamment la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, la Belgique et le Luxembourg – de reconnaître la Palestine comme un Etat.

Plusieurs résolutions de l’ONU évoquent la solution de deux Etats en précisant qu’elle doit être agréée par les deux parties.

Début mai, le gendre du président des Etats-Unis, Jared Kushner, chargé depuis deux ans par Donald Trump de proposer un plan de paix pour le Proche-Orient, a affirmé qu’il ne devrait pas faire référence aux « deux Etats » prônés par la communauté internationale.

« Si vous dites +deux Etats+, ça veut dire une chose pour les Israéliens, ça veut dire une autre chose pour les Palestiniens ». « Alors on a dit, vous savez, on a qu’à ne pas le dire », a-t-il ajouté sans autre précision.

Selon Riyad Mansour, le futur plan américain vise à être un « prétexte » permettant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’annexer davantage de territoires palestiniens.
« Si c’est ce qu’ils veulent nous imposer – la réalité d’un Etat -, les Palestiniens vont accélérer leur capacité reproductive et augmenter le nombre de Palestiniens confrontés à l’apartheid », a-t-il averti.

 

http://www.france-palestine.org/Les-Palestiniens-demandent-a-l-UE-de-defendre-la-solution-a-deux-Etats

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

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04.05.2019

Israël envisage de construire le plus long gazoduc sous-marin au monde en collaboration avec Chypre et la Grèce pour acheminer le gaz de la Méditerranée orientale vers l’Italie et les États du sud de l’UE. Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, vient d’approuver le projet. Il se heurtera à un gazoduc concurrent turco-turc, Turk Stream, à un éventuel pipeline Qatar-Iran-Syrie-Syrie, ainsi qu’à saper de facto la tentative de Washington de fournir davantage de gaz naturel liquéfié à l’UE pour réduire la dépendance de la Russie.

Le projet, en discussion depuis plusieurs années depuis qu’Israël a découvert d’importantes réserves de gaz dans le champ offshore de Leviathan, est connu sous le nom de projet de pipeline East Med. Le gaz naturel viendra de Leviathan via Chypre, la Crète et la Grèce pour atteindre son terminal à Otrante, au sud-est de l’Italie. Les projets prévoient un oléoduc de 2 100 kilomètres traversant trois kilomètres de profondeur sous la Méditerranée. Le coût est estimé à 7 milliards de dollars pour une période de construction de cinq ans  .

Nouvelles lignes de faille

L’East Med fait partie d’un complexe de nouvelles lignes de fracture géopolitiques à travers tout le Moyen-Orient. Le fait que l’Emirat du Golfe, les Emirats Arabes Unis, a déjà investi 100 millions de dollars dans un projet appelé le Jerusalem Post, « une pierre angulaire  secrète  sous-tendant le changement des relations entre certaines parties du monde arabe et l’État juif ». faire référence à la proposition des États-Unis de 2017 de créer une «OTAN arabe» avec l’Arabie saoudite et d’autres États arabes du Golfe, appuyée par les services de renseignement israéliens, afin de contrer l’influence de l’Iran dans la région. On parle peu aujourd’hui de l’OTAN arabe, mais les liens entre Israël de Netanyahou et les principaux pays arabes musulmans sunnites demeurent solides.

La Turquie d’Erdogan est un acteur régional qui n’est certainement pas satisfait du projet de pipeline dans la Méditerranée orientale. Quand Israël a proposé pour la première fois la Méditerranée orientale il y a deux ans, Erdogan s’est rapidement tourné vers la Russie pour signer un accord portant sur la construction du flux turc de Gazprom pour rivaliser avec Israël. L’East Med serait raccordée à des champs de gaz dans la partie grecque de l’UE appartenant à Chypre. Au cours des derniers mois, Erdogan a rapproché la Turquie de l’Iran et plus particulièrement du Qatar, siège des personnalités des Frères musulmans, alors que les tensions avec l’Arabie saoudite et Israël s’intensifient. Le conflit sunnite / chiite semble céder le pas au pouvoir géopolitique et au contrôle des pipelines.

En été 2017, il y avait une scission dramatique entre les pays arabes du Golfe, l’Arabie saoudite déclarant un embargo contre le Qatar pour son «soutien au terrorisme». En réalité, cette initiative visait à couper court aux pourparlers de plus en plus importants entre le Qatar et l’Iran, partagent le plus grand gisement de gaz naturel au monde dans le golfe Persique. La section du Qatar s’appelle North Field et on dit que son GNL est le moins cher à extraire au monde, faisant du Qatar au cours des dernières années le plus grand exportateur de GNL. La section iranienne voisine s’appelle South Pars.

Après avoir dépensé 3 milliards de dollars pour financer des groupes terroristes anti-Assad et anti-Iran en Syrie, dans le but vain de créer un gazoduc reliant la Syrie à la Turquie et sur le marché gigantesque du gaz de l’UE, il semble que les Qataris hésitants à un moment donné, après l’entrée décisive de la Russie dans la guerre en Syrie fin 2015, il a compris qu’elle pourrait gagner davantage en changeant de camp et en travaillant secrètement avec l’Iran, Assad et Erdogan pour amener le gaz qatari et le gaz iranien sur le marché. C’est la véritable raison de la rupture brutale entre le Qatar et les Saoudiens. Il est à noter que l’Iran et la Turquie sont venus en aide au Qatar lorsque les Saoudiens ont tenté de les mettre sous  embargo  .

Ruisseau Turc de Russie

En plus du cocktail géopolitique d’intérêts concurrents, les tronçons du gazoduc Russie-Turquie situés sur la mer Noire ont été achevés à la fin de 2018 et devraient commencer à fonctionner plus tard en 2019, offrant 31,5 milliards de mètres cubes de gaz par an, la moitié, quelque 16 milliards de m3 , disponible pour les marchés de l’UE. Turk Stream, tout comme North Stream, autorisent tous deux le gaz russe dans l’UE, indépendamment des routes de l’oléoduc en Ukraine, politiquement hostiles. Depuis le terminal de Kiyikoy en Turquie, le gaz russe peut être acheminé vers la Bulgarie ou la Grèce, membre de l’UE, ou les  deux.

La Serbie, qui n’est pas membre de l’UE, vient de commencer la construction de son tronçon du gazoduc TurkStream destiné à acheminer le gaz naturel russe en Europe. Le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a récemment déclaré à Moscou que les projets de la Serbie pour la construction du conduit de gaz ne dépendaient pas du travail de la Bulgarie. TurkStream acheminera du gaz russe via la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie. Bruxelles n’est pas folle de joie.

Maintenant, Israël entre en jeu, dans une relation plus étroite avec l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, soutenue par Washington, avec le financement également d’une société française, IGI Poseidon, une filiale d’Edison, offrant une autre option rivale au Qatar, à l’Iran et à la Turquie, ainsi qu’à en Russie. La Turquie menace de forer pour le pétrole et le gaz dans la partie turque de Chypre tandis que le Liban conteste les revendications offshore du pipeline israélien vers Chypre. Et ExxonMobil vient d’annoncer une découverte majeure de gaz dans les eaux au large de Chypre,  disputée  entre la Turquie et la Grèce ou Chypre.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une boule de cristal pour constater que les futurs conflits énergétiques géopolitiques en Méditerranée orientale sont en cours de programmation. Surveillez cet endroit…

http://katehon.com/article/ever-more-complex-eu-gas-pipeline-geopolitics

http://katehon.com/article/ever-more-complex-eu-gas-pipeline-geopolitics

« Poutinyahou et Rusraël »

« Poutinyahou et Rusraël »


Par Andrew Korybko – Le 12 avril 2019 – Source eurasiafuture.com

andrew-korybkoLe président Poutine et le premier ministre « israélien » Netanyahou sont des compagnons d’armes : le premier a contribué à la ré-élection historique du second au moyen d’une séance photo éclair de dernière minute, qui s’est révélée capitale dans cette victoire ; et l’on voit à présent la Russie et« Israël » emprunter le chemin du « deux États, une seule nation », suite à l’étroite coopération qui les lie depuis le lancement de l’opération russe anti-terroriste en Syrie en 2015 ; à présent, l’ère du « Rusraël de Poutinyahou » a commencé.

Poutine-Netayahou

Une nouvelle ère pour le « nouveau Moyen-Orient »

La ré-élection de Netanyahou pour un cinquième mandat fait de lui le premier ministre « israélien » le plus longtemps en poste depuis Ben-Gourion, « fondateur »  du pays, et elle n’aurait pas été possible sans l’intervention de dernière minute de Poutine : il s’est agi d’une diffusion de photos montrant la remise des dépouilles de 20 soldats de Tsahal, morts en Syrie, par l’armée russe, faisant suite à une demande expresse de la part de Tel Aviv. Les deux dirigeants russe et « israélien » constituent à présent des compagnons d’armes, juste au moment où leurs deux gouvernements s’engagent sur la voie du « deux États, une seule nation », suite à l’étroite coopération qui les lie depuis le lancement de l’opération russe anti-terroriste en Syrie en 2015. 2019 sera donc l’année de lancement de l’ère du « Rusraël de Poutinyahou », et il va falloir en tenir compte sur la scène internationale.

De l’« équilibrage » à l’alliance

Une grande partie de la communauté des médias alternatifs connaît en ce moment un état de dissonance cognitive : presque tout ce que leur ont relayé  leurs « médias de confiance » ces dernières années s’est prouvé faux, en particulier les fables de « vœux pieux » selon lesquelles le président Poutine aurait fait de la Russie un « État de croisade anti-sioniste allié à la Résistance ». Rien n’est plus faux : le président russe n’a aucune intention de prendre parti dans un quelconque conflit ne présentant pas d’enjeu quant à la sécurité de son pays, et il a donc simplement positionné son pays comme force d’« équilibrage » ultime dans l’hémisphère oriental. Mais pour ce qui concerne le sujet des relations russo-« israéliennes », il a dépassé le stade de l’« équilibrage » et s’est mis sur la trajectoire d’une alliance totale : cela s’inscrit dans son pari risqué qui consiste à « saisir l’instant » et qui vise à remplacer le parrainage historique étasunien sur le soi-disant « État Juif ».

Au nez et à la barbe du monde

J’ai documenté en long, en large et en travers la création du « Rusraël de Poutinyahou », et je recommande fortement au lecteur peu familier de mes travaux de consulter les analyses qui suivent, qui lui permettront de se mettre à jour et de comprendre le contexte stratégique dans lequel ce développement  change la donne internationale :

Vérités irréfutables

Disons-le sans ambage, les faits sont vérifiables : au cours des quatre années écoulées, le président Poutine a plus rencontré Netanyahou (13 rencontres) que n’importe quel autre dirigeant ; un lien personnel s’est noué entre eux, qui est devenu fraternel et pourrait expliquer pourquoi la Russie a fait tant de cadeaux à « Israël » depuis un an ou deux. Igor Konashenkov, porte-parole du ministère de la Défense russe, l’a reconnu en septembre après l’accident aérien que le président Poutine avait notoirement qualifié d’« enchaînement tragique de circonstances », on compte parmi ces cadeaux l’« approbation passive » de plus de 200 frappes aériennes « israéliennes » anti-iraniennes et anti-Hezbollah sur le sol syrien rien qu’au cours des 18 mois précédent l’accident ; la découpe d’une zone tampon anti-iranienne de 140 kilomètres à partir du plateau du Golan (où il est dit que le président Poutine a passé des vacances en famille au cours des années 90) ; « la préservation des lieux sacrés et des tombes juives dans la ville d’Alep » ; et le risque encouru par les soldats russes à la recherche des restes des soldats de Tsahal au beau milieu d’une zone d’échange de feu entre l’armée arabe syrienne et État islamique.

En outre, le président Poutine a refusé de tenir « Israël » pour responsable de l’incident de septembre dernier, et n’a pas une seule fois ordonné à ses armées de suspendre ce qu’on appelle le « mécanisme de désescalade » sur lequel il s’était mis d’accord avec Netanyahou trois ans avant le lancement de l’intervention anti-terroriste. Le déploiement tant vanté de S-300 par la Russie en Syrie n’aura constitué qu’un écran de fumée : à ce jour encore, l’armée arabe syrienne ne dispose d’aucun contrôle opérationnel indépendant de ces systèmes. Ils sont donc neutralisés et il est garanti qu’ils ne constituent en rien une menace envers « Israël » dès lors que le soi-disant « État Juif » se coordonne avec Moscou pour bombarder les positions soupçonnées de l’Iran ou du Hezbollah sur le territoire de la République arabe. Et puisqu’on est sur ce sujet, le président Poutine a confirmé à l’issue de sa rencontre de février [2019] avec Netanyahou que la Russie et « Israël » constituent un « groupe de travail » visant à accélérer le retrait de toutes les armées étrangères de Syrie, ce qui induisait que l’armée iranienne était concernée par ce processus. Et enfin, la « diplomatie des dépouilles » de la semaine dernière [première semaine d’avril 2019, NdT] aura constitué un signe de solidarité sans précédent entre la Russie et « Israël ».

Le plan Yinon-Poutine

Tout ceci lève une question évidente : qu’attend le président Poutine en retour de cette loyauté sans faille envers Netanyahou ? Mais la réponse ne ressemble certes aucunement à ce que le public habituel des médias alternatifs a été amené à croire au fil des années. Le dirigeant russe ne joue bien évidemment pas au jeu parodique des « échecs en 5D » et n’est pas « à l’affût et prêt à poignarder Bibi dans le dos » au « moment opportun » ; il espère en revanche qu’« Israël » va laisser son pays prendre un rôle plus important dans le succès partiel qui couronnera à son avis le plan Yinon. En échange de son « approbation passive » des desseins « israéliens » en Syrie (et malgré le fait qu’elle a elle-même enrayé la réussite totale de son intervention anti-terroriste de 2015), la Russie espère recevoir d’Israël de généreux investissements étrangers, dès lors qu’Israël aura adhéré formellement à l’Union Eurasiatique, à laquelle Moscou a également réussi le miracle de faire adhérer son ennemi juré iranien.

Et si la Russie réussit à faire accepter à la Syrie le « brouillon de constitution » que Moscou a rédigé pour le pays, et que Damas finit par abandonner ses prétentions légales sur le plateau du Golan, comme cela est fortement induit par le document en question (ce qui, par transition, reviendrait à « reconnaître ‘Israël’ »), Moscou pourrait dès lors « légalement » rattacher les approvisionnements syriens en gazsous son propre contrôle avec le gazoduc de la Méditerranée orientale, appartenant à Tel Aviv, et donc « coopter » le méga-projet et éviter qu’il entre en concurrence avec ses propres exportations énergétiques vers l’Europe. En outre, la Russie et « Israël » pourraient joindre leurs influences sur les kurdes de la région pour s’implanter plus solidement, par kurdes interposés, dans l’espace central du Moyen-Orient ; cela répondrait aux préceptes du plan Yinon, qui visent à pouvoir gérer cette démographie stratégiquement positionnée à cheval sur plusieurs frontières. Au vu du considérable impact géo-stratégique que l’alliance russo-« israélienne » promet de prendre dans la région, il devient donc plus pertinent de requalifier le plan Yinon en plan Yinon-Poutine.

Le positionnement russe : rhétorique contre réalité

Les réalités que nous venons de décrire sont aux antipodes de la rhétorique émise par la Russie, mais ce fait est voulu : Moscou dit souvent ce que le grand public veut entendre, tout en agissant selon ses propres intérêts, que cela plaise au public international ou non. Par exemple, on a souvent entendu la Russie condamner les frappes « israéliennes » en Syrie contre l’Iran et le Hezbollah, et l’on sait à présent, de la propre bouche d’un porte parole de la Défense russe en septembre, que ces frappes étaient coordonnées entre Moscou et Tel Aviv depuis le début, de par le « mécanisme de désescalade ». Idem pour la réaction russe à la « reconnaissance » par Trump de l’annexion par « Israël » du plateau du Golan, facilitée dans les faits par la zone tampon anti-iranienne que Moscou avait elle-même mise en place à l’été 2018 après avoir repoussé les ennemis auto-déclarés de l’« État Juif » à 140 kilomètres de la région occupée, et ce sur demande de Tel Aviv.

Le motif établi en est que la Russie modèle des déclarations sur le calque des lois internationales pour maximiser son attractivité auprès des populations de la région à majorité arabe, mais finit systématiquement par laisser faire les actions unilatérales d’« Israël », pour des considérations de « realpolitik » pragmatiques, et faute d’une volonté politique d’imposer des coûts inacceptables à Tel Aviv pour la forcer à changer de positionnement. Ce modus operandi suggère fortement que la Russie n’est pas en réalité si opposée qu’elle le prétend à l’« Accord du siècle »  de Trump. Cela transparaît d’autant plus quand l’on considère que Netanyahou est soupçonné d’avoir agi comme médiateur informel entre les dirigeants étasunien et russe. Il est donc tout à fait possible que la Russie ait même encouragé sous le manteau l’« Accord du Siècle », pour autant qu’elle l’estime « inévitable » et non « incompatible » avec le plan Yinon-Poutine, et d’autant plus qu’elle disposerait de « garanties » d’« Israël » en ce sens.

Conclusions

L’examen des faits, même s’il apparaît au départ incroyable aux lecteurs qui auront subi un lavage de cerveau quelques années durant par les barons des médias alternatifs, montre que le président Poutine n’est absolument pas un « croisé anti-sioniste » : tous les faits sont alignés pour montrer l’inverse. Loin d’être positionné comme « anti-israélien », le dirigeant russe est probablement l’une des personnes les plus pro-« Israël » du monde, lui qui a engagé son pays à garantir la sécurité du soi-disant « État juif » face aux menaces de destruction proférées par l’Iran et son allié du Hezbollah. Ses liens fraternels avec Netanyahou ont amené au développement de relations tout aussi fraternelles entre la Russie et « Israël », engagés à présent sur le chemin du « deux États, une seule nation » et d’une force stratégique unifiée, d’où le nom de l’ère du « Rusraël Poutinyahou », dont nul être doté de raison ne pourra dénier l’existence.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/poutinyahou-et-rusrael

Après Bibi, Poutine essaye d’aider à la ré-élection de Modi

Après Bibi, Poutine essaye d’aider à la ré-élection de Modi


Par Andrew Korybko – Le 15 avril 2019 – Source eurasiafuture.com

andrew-korybko

Le président Poutine a décoré le premier ministre Modi de la plus haute distinction civile russe, l’Ordre de Saint-André, juste après le lancement du processus électoral d’un mois en Inde : il s’agit d’améliorer ses chances de ré-élection, à l’instar du service rendu il y a peu pour Bibi en « Israël » : Poutine lui a fait remettre les restes de 20 soldats de Tsahal, retrouvés en Syrie par les Russes à la demande de Tel Aviv.

L’intervention diplomatique de Poutine

La Russie tient à ce que Modi soit ré-élu, et ne craint pas que cette préférence soit connue du reste du monde en décorant le premier ministre indien sortant de la plus haute et plus prestigieuse distinction civile russe juste après le lancement du processus électoral en Inde. Cette décoration souligne sans ambage le soutien russe pour Modi, à l’instar de la remise par Poutine au premier ministre d’« Israël », Netanyahu (« Bibi ») des restes de 20 soldats de Tsahal retrouvés spécialement par l’armée russe en Syrie à la demande de Tel Aviv. Dans le dernier cas, la mise en place du « Rusraël de Poutinyahu » constituait la motivation évidente de l’aide sans précédent accordée par Moscou à son partenaire du Moyen-Orient ; les motivations poussant Poutine à soutenir la ré-élection de Modi sont moins lumineuses.

Le sauvetage de « frère » Bibi

Soyons clairs : les actions du dirigeant russe ne relèvent pas de l’« ingérence », malgré le fait qu’elles visent clairement à améliorer les résultats électoraux des sortants : elles sont réalisées ouvertement, à la tête de l’État, et non pas de la manière clandestine que les médias établis occidentaux ont conditionné les masses à imaginer quand on utilise ce terme d’ingérence. Il ne fait aucun doute que l’intervention diplomatique de dernière minute consentie par Poutine en faveur de Netanyahu a permis de faire basculer l’élection vers la victoire de ce dernier, mais personne en « Israël » n’accuse sérieusement le premier ministre de constituer une « marionnette russe ». En fait, ceux qui ont voté pour lui à cause de l’énorme faveur que la Russie a faite à « Israël » en restituant les restes des « FDI »l’ont fait précisément parce qu’ils veulent que le titulaire continue à renforcer les relations bilatérales et perpétue indéfiniment l’existence du « Rusraël de Putinyahu ».

La vache à lait russe

Et l’on pourrait de fait assister à quelque chose de très proche en Inde, quoique les raisons diffèrent. Aucun dessein géopolitique profond n’est à constater derrière la décoration par Poutine de Modi : les deux dirigeants ne semblent s’intéresser qu’à poursuivre leurs affaires en matière d’industrie de la défense et en matière d’énergie nucléaire. Les contrats que cela ouvre à la Russie sont plus importants que jamais : ils soulagent le pays de ses sanctions, cependant que les indiens en retirent un accès aux technologies de pointe, malgré la poursuite de leur stratégie de diversification des approvisionnements hors de Russie et vers les nouveaux partenaires occidentaux que constituent les USA, la France, et « Israël ». Mais au train où vont les choses, le remplacement ne sera pas effectif avant une bonne décennie, et la Russie sait que cinq années de Modi supplémentaires lui garantiront beaucoup plus d’affaires à signer au cours de ce mandat.

Les « élites » n’y comprennent plus rien

Mais les experts indiens sont complètement déboussolés : le Pakistangate apparaît comme décisif dans les élections, après que le premier ministre Khan a déclaré qu’une réélection de Modi constituerait la meilleure perspective de paix au Cachemire. Les « intellos » des milieux réactionnaires se sont dès lors mis à propager l’information selon laquelle le BJP [le parti politique de Modi, NdT] et la coalition qu’il dirige, à l’opposé de celle qui tient le Congrès indien, constituerait le « premier choix du Pakistan ». Mais voici que le président Poutine en personne affiche son soutien au sortant, au point de synchroniser la remise d’une distinction honorifique avec le lancement du processus électoral. Il est tabou en Inde pour tous les partis politiques de s’en prendre ouvertement à la Russie et à ce qu’elle défend, mais le fait est là : le « choix de Poutine » coïncide avec le « choix du Pakistan », et le dirigeant russe est peut-être en train de marcher sur les traces du dirigeant pakistanais, en soutenant Modi indirectement.

Des paroles ou des actes

Des influences manipulatrices au seins des médias pourraient commencer à affirmer l’existence d’un complot russo-pakistanais pour exercer une guerre hybride sur le monde entier, mais en réalité, la seule preuve qui est faite est celle du pragmatisme des dirigeants des deux grandes puissances. Le président Poutine veut simplement signer de nouveaux contrats en milliards de dollars lors du possible second mandat de Modi, tandis que le premier ministre Khan anticipe avec sagesse que la résistance de la droite indienne à un accord sur le Cachemire sera moins virulente sous Modi qu’elle ne le serait si la gauche, qui a la main sur le Congrès en Inde, prenait également la tête du gouvernement. Et la différence existe, en outre, entre le Premier ministre Khan qui n’a fait qu’exprimer son opinion sans mener aucune action, alors que le président Poutine a sorti le tapis rouge pour accorder les plus hauts honneurs à Modi, à un instant très stratégique, en vue de lui faciliter la tâche, en jouant sur la nostalgie du « Bhai Bhai russo-indien ».

De la pakistophobie à la russophobie ?

Quiconque vient dès lors dénoncer une « ingérence » pakistanaise dans les élections indiennes est donc obligé d’en dire autant de la variante russe : le président Poutine a fait bien plus pour faciliter la ré-élection de Modi que le premier ministre Khan. On n’essaye pas d’établir ici qui s’est « ingéré », mais de mettre le doigt sur le deux poids, deux mesures, qui a amené la classe « intellectuelle » indienne en état de dissonance cognitive, et de ne plus savoir à quel saint se vouer. Continuer à s’en prendre au Pakistan pour une variante bien plus légère que celle livrée par les russes impliquerait Moscou par sous-entendu, mais le Pakistan constitue une telle obsession pour nombre d’entre eux lors de cette élection qu’il est quasiment impossible pour les Indiens de cesser d’en parler. Il sera intéressant de voir si la pakistanophobie se tarit ou si elle mute en russophobie d’ici à la fin du processus électoral indien.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

 

https://lesakerfrancophone.fr/apres-bibi-poutine-essaye-daider-a-la-re-election-de-modi

Des violations israéliennes de l’espace aérien et maritime du Liban risquent ne pas perdurer

Des violations israéliennes de l’espace aérien
et maritime du Liban risquent ne pas perdurer
PressTV

lundi 29 avril 2019, par Comité Valmy

 

Des violations israéliennes de l’espace aérien
et maritime du Liban risquent ne pas perdurer

Il y a deux jours le ministre libanais de la Défense s’est rendu sur les frontières avec les territoires occupés pour inspecter l’état de ses troupes. Pas loin des fermes de Chebaa, bout de territoire libanais qu’occupe Israël, le ministre a lancé un appel particulièrement significatif : le Liban frappera l’aéroport de Tel-Aviv si Israël prenait pour cible l’aéroport du Liban. Cette annonce n’a pas fait l’objet d’analyse des commentateurs sans doute à tort puisqu’elle renvoie, à vrai dire, aux capacités balistiques supposées de l’armée libanaise. Que veut dire très exactement l’annonce du ministre de la Défense alors que le régime israélien viole régulièrement le ciel du Liban dont il s’en sert comme base arrière à des frappes contre la Syrie ? Cela veut dire très exactement que les missiles de la Résistance sont désormais à la portée de l’armée libanaise et que celle-ci dans tout face-à-face à venir avec le régime israélien, n’hésitera pas à prendre pour cible Israël.

Dans un communiqué publié samedi 27 avril, l’armée libanaise fait part de la violation de l’espace maritime du sud du Liban par une vedette israélienne. Dans son communiqué, l’armée libanaise a annoncé qu’une vedette d’assaut israélienne dotée d’un canon a illégalement pénétré à 7 h 49 les eaux territoriales libanaises et avancé au large libanais à 535 mètres de la localité sudiste de Ras-Naqoura.

Selon l’agence de presse officielle du Liban, la vedette d’assaut israélienne a patrouillé pendant 26 minutes dans les eaux libanaises, avant de quitter la région.

Samedi 13 avril, un drone israélien avait violé l’espace aérien du Liban en même temps qu’une vedette militaire israélienne s’était introduite dans l’espace maritime du pays.

Le 4 avril, l’espace aérien libanais a été à trois reprises violé par les avions de combat israéliens dans le sud du pays. Un bateau israélien s’était également introduit dans les eaux territoriales libanaises en patrouillant pendant cinq minutes à Ras-Naqoura.

« Maintenant, la Force intérimaire de l’ONU au Liban (FINUL) repère les récentes violations des frontières aérienne et maritime libanaises », annonce le communiqué de l’armée libanaise.

Or lors d’une conférence de presse tenue peu de temps après sa visite dans le siège militaire de la FINUL au sud du Liban, à Naqoura, mercredi 24 avril, le ministre libanais de la Défense, Elias Bou Saab, a affirmé que le Liban défendrait ses droits territoriaux .

« Le Liban n’abandonnera jamais une parcelle de son territoire », a ajouté le ministre libanais, accompagné par le commandant en chef des forces armées libanaises, Joseph Aoun.

Bou Saab a averti que les forces de l’armée de l’air libanaise attaqueraient l’aéroport israélien Ben Gourion en cas de conflit militaire avec Israël.

« Si Israël bombarde notre aéroport, nous bombarderons son aéroport. S’il frappe nos installations pétrolières, nous frapperons ses installations pétrolières, a déclaré Elias Bou Saab, lors d’une visite dans le sud du Liban », a rapporté le site d’information Al-Manar.

Les médias en Israël parlent régulièrement de la peur des autorités de Tel-Aviv au sujet d’une guerre des missiles entre ce régime et les mouvements de la Résistance libanaise et palestinienne (Hezbollah et Hamas). Le site web israélien Walla faisait part de profonds désaccords entre l’armée israélienne et le Centre de l’état d’urgence du régime sur la question de la préparation du front intérieur à une guerre potentielle. Selon les analystes, les manœuvres hostiles des USA contre la Résistance relève en grande partie des plans américains destinés à affaiblir la puissance de frappe du Hezbollah. L’inscription de la Résistance libanaise sur la liste noire renvoie aussi à cette même logique. Mais le Liban semble bien organiser sa riposte. En cas de guerre, ce sera le Liban entier- et non pas une partie de lui-qui défendra le pays, note un analyste à Téhéran.

28 avril 2019

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11165

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…

Le 25 février dernier, l’excellent Cercle Aristote – espace d’intelligence, de liberté et de rigueur – nous a convié à une soirée qui s’annonçait des plus passionnantes : « Israël, le 6ème GAFAM ? ».

Comme à son habitude, Pierre-Yves Rougeyron introduit la soirée avec toutes les hauteurs et l’humour qui le caractérisent précisant bien qu’il ne s’agira pas de dévier sur les sujets classiquement tendus du conflit israélo-palestinien. Rien de plus raisonnable, dont acte !

Les trois intervenants du soir co-signent un opuscule dont la quatrième de couverture précise : « les auteurs, Eloïse Brasi, Eric Laurençon, Patrick Nouma Anaba sont experts en intelligence économique et titulaire d’un MBA en management Stratégique et Intelligence Economique de l’Ecole de Guerre Economique. Ils occupent de hautes fonctions dans le secteur privé et l’administration qui les amènent à s’interroger, notamment sur les enjeux et les perspectives de demain (NDLR : sic). Cette richesse de parcours leur a permis d’explorer avec un prisme nouveau, le développement de la puissance d’Israël au travers des NBIC. Le préfacier : Dominique Bourra, expert en stratégie et cybersécurité, préside la commission Cybersécurité de commerce France-Israël ».

Un peu plus haut, on peut lire aussi : « Israël est un pays singulier par sa géographie, sa culture et son histoire. La culture israélienne s’est construite au rythme de conflits récurrents et autour de l’émergence d’un Etat démocratique et prospère dans le morceau de désert qu’est la Terre Promise » (NDLR : re-sic). Hosanna au plus haut des cieux…

D’emblée, les jeunes gens annoncent la couleur en plongeant dans l’essentialisme le plus éculé à l’antienne toute aussi rebattue : Israël, seul pays démocratique du Proche-Orient, assiégé par une bande de méchants au couteau entre les dents, pays élu et miraculeux qui arrive à faire pousser des roses dans le désert grâce à son intelligence unique, son abnégation et sa « résilience inouïe ».

TROIS DRÔLES DE MOUSQUETAIRES

Logiquement, on cherche dans la bibliographie de fin, La formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard ou quelques autres solides références épistémologiques, en vain… Bref, honneur aux dames, à son tour Eloïse Bras de nous mettre en garde, mais beaucoup plus laborieusement et sans habiller ses préjugés idéologiques : « son existence physique (d’Israël) est menacée en permanence et doit chercher à gagner les guerres en cas d’attaque ». On l’a compris : l’Etat en question est « menacé » en permanence et ne saurait mener aucune espèce de guerre offensive d’annexion ou d’occupation. Après nous avoir prévenu qu’il s’agissait de faire fi de tout égarement géopolitique pour se concentrer sur les miracles technologiques de l’Etat hébreu, cet a priori ainsi posé referme la question sur des affirmations « fermées » qui feraient hurler, non seulement Karl Popper, mais bien d’autres experts de la région, sans parler des femmes et des enfants des Territoires occupés quotidiennement assassinés par la soldatesque du pays en question.

Mais le meilleur restait à venir avec le jeune Eric Laurençon – deuxième intervenant – nous assénant avec arrogante certitude une autre vérité historique des plus curieuses – reprise quelque part dans le livre par le préfacier de la Chambre de commerce France-Israël : le grand bond en avant technologique israélien a eu lieu (à cause ou plutôt grâce) et je cite « au blocus décrété par la France au début des années 1960 ». Là, les bras nous en tombent… et faut-il conseiller à ce jeune impertinent de lire quelques bons ouvrages d’histoire pouvant rappeler notamment que les plus hauts responsables de notre IVème République ont transféré – dès 1957 – les hautes technologies permettant à Israël de construire la centrale de Dimona pour la mise au point de sa bombe nucléaire… dont il nie toujours officiellement l’existence. Ce n’est qu’à partir de la guerre d’annexion de juin 1967 que le général de Gaulle a effectivement et légitimement instaurer un strict embargo sur les armes à destination de ce pays. Nulle trace dans la « conférence », ni dans le livre des résolutions 242 et suivantes de conseil de sécurité des Nations unies qui condamnent ces annexions. L’ONU, qui n’est pas encore une Start-up, n’intéresse visiblement pas nos jeunes gens…

Troisième intervenant : Patrick Nouma Anaba, qui se présente d’emblée comme « philosophe ». Bigre ! Emmanuel Kant et Hegel n’ont certainement qu’à bien se tenir. N’ayant visiblement pas lu une ligne de L’Emile, le garçon nous transmet une autre vérité transcendantale : « l’or brut d’Israël, c’est sa concentration d’intelligence » et « son pari sur l’éducation » avec cette merveilleuse alliance de l’armée, des universités et du secteur privé !

Une heure et demi durant nos mousquetaires vont rivaliser d’enthousiasme pour nous décrire le meilleur des mondes israéliens, non seulement devenu l’admirable « start-up nation » dont la France devrait mieux s’inspirer, mais aussi pour nous faire partager avec émotion comment « Israël ouvre une nouvelle ère, celle des cyber-Etats en s’inspirant du modèle de développement supranational des GAFAM1 ». Encore mieux, Israël – selon nos mousquetaires – dont la suprême obsession est de « se rendre utile », de « réparer », sinon d’« améliorer » notre triste monde est, aussi devenu l’un des champions du « transhumanisme », cette idéologie technologique proprement délirante qui veut produire voitures, métros et avions sans chauffeur pour « augmenter » l’humain, pour nous vendre le consommateur et le soldat « augmentés » dans le monde merveilleux où les hommes seront enfin devenus les animaux des robots. En effet, ce sera tellement mieux…

Et cette soupe nous fut servie sans le moindre doute (n’osons pas dire cartésien), ni la moindre mise à distance, en nous promettant tous les délices d’un monde mondialisé, néo-libéral et, enfin libéré de toutes frontières (ne parlons pas non pas des murs, ce n’était vraiment pas le soir !) où enfin, les hommes et les femmes – hors sol – pourraient enfin se dépasser pour être… meilleurs. S’il faut obtenir un MBA de l’Ecole de Christian Harbulot (remercié en fin de volume) pour débiter ce genre de fadaises, c’est bien à désespérer de l’éducation actuelle. Effectivement, on se dit qu’une salutaire lecture ou relecture de Rousseau serait bien nécessaire à ces jeunes gens…

UN MANIFESTE A LA GLOIRE DE NETANYAHOU

Après une telle conférence, l’auteur de ces lignes ne pouvait que se mettre courageusement à la lecture de la plaquette des trois mousquetaires. Et là, c’est encore plus grandiose. Passé l’apologie boursouflée du sens inné du peuple d’Israël pour les nouvelles technologies orwelliennes, les start-up, l’armée, le capital-risque, les fonds de pension et toutes les joies du capitalisme new-look, plusieurs messages sublimi-novlangue sont bien à l’ouvrage, citations à l’appui de Benjamin Netanyahou, un type… formidable !

C’est un peu laborieux, mais les têtes de chapitre méritent d’être citées tant elle traduisent à elles seules le traitement apologétique au détriment d’une approche critique minimale conforme aux critères de base des sciences humaines : chap 1) Mesure de la puissance de l’Etat d’Israël au travers du développement du secteur des nouvelles technologies ; chap 2) La performance des start-ups israéliennes : une garantie de puissance pour l’Etat hébreu ?; chap 3) Les facteurs clés de construction de la matrice israélienne ; chap 4) Une culture fortement axée sur l’esprit d’entreprise, la prise de risque et l’innovation : la stratégie du bouclier d’Israël ; chap 5) Une base éducative intégrée et initiée dès la création d’Israël ; chap6) L’immigration un élément central du développement de l’Etat hébreu ; chap7) Tsahal « incubateur » de la Start-up Nation ; chap8) ; chap 9) Du 6ème GAFAM à l’Etat « d’E-sraël » ? Et le préfacier qui nous dit qu’« Israël ne joue pas aux dés », ajoute : « les Israéliens aiment sans limites l’information, le traitement de l’information et l’intelligence au sens anglo-saxon du terme, ils aiment « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ».

D’autres perles : « en tant qu’éclaireurs et phalange avancée du peuple du Livre, ils savent les limites de l’emprise humaine sur le cours des choses (…) Le sionisme est paradoxal, métal pur et alliage complexe à la fois ». Encore : « on ne voit bien Israël qu’avec le cœur (…) Les learning expeditions de succèdent, on vient à Herzliya en exploration comme Livingstone remontant le Zambèze (…) les Israéliens ont toujours préféré les questions aux réponses et répondent aux questions, avec un sourire désarmant ». Bref, ces drôles de jésuites « ne jurent que par l’unité 8200, devenue la plus importante de l’armée israélienne ». En résumé, et c’est la première ligne du chap 1) : « L’innovation israélienne sert de modèle pour le monde entier ». Que c’est beau !

Mais pourtant, « l’existence d’Israël ne fait pas l’unanimité. 21 Etats n’ont jamais reconnu Israël ou n’ont pas entretenu de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu ». On se demande pourquoi, mais nos trois mousquetaires ont trouvé et évacué l’explication en trois lignes : « Israël fait régulièrement l’objet d’appel aux boycotts. L’opinion publique est sensible à la cause palestinienne et des appels aux boycotts des produits israéliens sont régulièrement lancés ». Le monde est méchant et nous n’en sauront pas plus !

Quand même, mais en pointillé il est vaguement suggéré qu’Israël constitue la tête de pont des intérêts américains au Proche-Orient : « L’Etat hébreu multiplie les intérêts américains pour son bien-être et sa survie », mais arrive à « transformer progressivement la dépendance en interdépendance ». Ouf, nous voilà rassuré !

Page 48 : « l’actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou déclarait lors de la septième conférence annuelle sur la cybersécurité de l’Université de Tel-Aviv : la cybersécurité est un secteur florissant. Il prend de plus en plus d’ampleur, car la cybersécurité n’est jamais une solution permanente, c’est un business sans limite (…) en 2016, nous détenions environ 20% de l’investissement mondial de la sécurité privée ». Il est précisé que ce miracle s’inscrit dans la continuité d’une politique développée depuis les années 1990 par un autre criminel de guerre : Ariel Sharon.

En fait, ce miracle technologique remonte, dès l’origine dans un autre miracle théologicio-politique (page 153) : « l’Etat d’Israël est définitivement proclamé le 14 mai 1948. L’objectif principal du sionisme est alors réalisé. Néanmoins, cette notion reste encore très prégnante puisque, en 2009, Benjamin Netanyahou posait, comme préalable à la création d’un Etat palestinien, la reconnaissance d’Israël comme Etat-nation du peuple juif, par la communauté internationale, l’Autorité palestinienne et l’ensemble des Etats arabes. Il a déposé un projet de loi en novembre 2014 qui, dans les Lois fondamentales qui servent de constitution, remplacerait la définition d’Israël, Etat juif et démocratique par celle d’Etat-nation du peuple juif ». Belle justification d’un nouvel apartheid qui instaure deux catégories très inégales de citoyens : les Juifs et les autres, un vrai cyber-progrès en effet !

Mais comme l’explique encore Dominique Bourra : « il suffit de chercher dans le Livre pour comprendre et analyser sur quelles bases reposent les actions menées aujourd’hui par l’Etat d’Israël. Il s’agit en fait d’un long processus… » Amen, si c’est le Livre qui le dit !

ORANGE COLLABORE

Créée par des anciens du Mossad en 2014 et basée à Beer-Sheva dans le sud d’Israël, la start-up MORPHISEC ouvre un bureau à Boston en 2016. Page 42 : « en outre, sa croissance a été accélérée et financée notamment par le fonds JVP à Jérusalem, GE Capital, Deutsche Telekom. Depuis le 20 février 2018, ORANGE Digital Ventures a annoncé sa participation au financement de MORPHISEC ». Avec La Maison et Kodem Growth Partners, ORANGE rejoint ainsi les investisseurs historiques de la start-up et prend part à son développement.

Page 43 : « l’investissement de ORANGE Digital Ventures va permettre à MORPHISEC d’accélérer ses réductions de coûts et, en France, d’acquérir un positionnement dans le haut de gamme dans le mobile et l’Internet haut débit (40% du marché français) ». Question : comment MORPHISEC va-t-elle pouvoir suivre l’évolution potentielle de sa valeur, notamment au sein du groupe ORANGE dont il est dit de sa stratégie que « l’Etat français y exerce une forte intervention » ?

Réponse : « l’évolution des tensions avec TF1 à propos de la poursuite de la diffusion des chaînes du groupe TF1 sur les box Orange est un véritable enjeu ; la poursuite des acquisitions dans le secteur de la sécurité, après l’achat du français Lexsi ; le lancement de la banque mobile Orange Bank, avec pour objectifs deux millions de clients et 400 millions d’euros de produit net bancaire à fin 2018 ».

Chaque année à Tel-Aviv, dans la plus grande discrétion, le groupe ORANGE participe à une semaine de colloque consacré à la cybersécurité et au renseignement numérique, touchant évidemment à des secteurs sensibles de la défense nationale. Au sein du groupe ORANGE, cette politique est animée notamment par un certain Luc Bretones2et Roseline Kalifa dont le profil Linkedin indique qu’elle consacre principalement sa vie à des partenariats d’ORANGE en Israël.

Interrogé par nos soins sur ses activités en Israël, ORANGE n’a pas jugé utile de nous répondre, nous renvoyant aux bons soins de l’ambassade d’Israël à Paris ! Vive la communication…

Dans leur plaquette, les trois mousquetaires – qui, décidément fâchés avec l’histoire n’en ratent pas une -, citent aussi lord Alfred Balfour comme un héros de l’Ancien Testament. On ne peut que les renvoyer à la lecture du livre définitif de Philippe Simonnot – Le Siècle Balfour – 1917/20173 -, qui démontre (archives à l’appui) comment Balfour fut l’un des principaux architectes et responsable de la catastrophe qui provoqua l’exil de plus de 800 000 Palestiniens en 1948, avant de servir de référence à un demi-siècle de guerres israéliennes contre ses voisins.

La dernière guerre en date – durant l’été 2006 – contre le Liban fut une vraie déculottée. Le Hezbollah détruisit plusieurs centaines de chars Merkava réputés invincibles, des dizaines d’hélicoptères en donnant quelques fessées aux forces spéciales israéliennes chargées d’enlever Hassan Nasrallah dans la région de Baalbek au nord de la plaine de la Bekaa.

Il est vrai que le Mossad et l’Aman (services du renseignement militaire) ne sont plus ce qu’ils étaient, d’autant que les soldats startupers passent plus de temps sur leurs portables à parler aux copains et copines qu’à faire la guerre. Désolant, mais vrai.

Et, à cette glorieuse occasion qui prétendait alors ramener le Pays du Cèdre à l’âge des cavernes, la hiérarchie militaire israélienne découvrit avec stupeur que ses soldats startupers fumaient plus de pétards que les junkies de Brooklyn…

ESSENTIALISME D’UN MODELE « CYBERLIBERTARIEN »

Au terme de notre édifiante lecture symptômale, on se demande encore comment ce florilège de propagande et de contresens historiques a pu être édité. Page 121 : « dans ‘guerres et contre-guerres’ de Alvin et Heidi Toffler, ces derniers dévoilent que les Etats-Unis d’Amérique ont planifié un renouveau stratégique sur la base des progrès techniques induits par les nouvelles technologies du savoir, mais aussi par l’exemple de Tsahal (NDLR : l’armée israélienne) pendant la guerre du Kippour ». Ca, c’est quand même la meilleure ! En octobre 1973, les forces égyptiennes et syriennes percent les lignes israéliennes dans le Sinaï et sur le plateau du Golan. Sans l’organisation – en catastrophe – d’un pont aérien par les Etats-Unis, la transmission de renseignements militaires stratégiques américains et la trahison de Sadate, la vaillante « armée israélienne de défense » était cuite et recuite. Comme souvent, Washington sauva donc la mise à Tel-Aviv par de nouvelles livraison d’armes, instaurant un versement annuel d’aide civilo-militaire de plus de 3 milliards de dollars.

Mais aux yeux de nos trois zélateurs, ces précisions ne sont sûrement que des détails de l’Histoire parce que la seule grande leçon à retenir est bien que : « la mondialisation fait partie intégrante de l’histoire de ce jeune pays. Israël a toujours eu une vision globale et l’économie et des échanges… »

Mais conclusion finale de nos trois starto-penseurs est des plus paradoxales. D’un côté, ils nous disent que « l’objectif du sionisme est de donner ou de rendre (NDLR : sic) aux Juifs un territoire perdu (NDLR : re-sic) depuis l’Antiquité et les royaumes hasmonéen et hérodien » et de l’autre ils s’émerveillent de « l’a-territorialité » hors-sol de l’Etat israélien plus mondialisé que tout autre. Faudrait savoir !

En s’appuyant sur le « Tikkoum Olam », la « philosophie porteuse de la singularité technologique », les trois rigolos finissent par nous vendre un modèle « cyber-libertarien » selon, – je cite – « une philosophie politique pour laquelle une société juste est une société dont les institutions respectent et protègent la liberté de chaque individu d’exercer son plein droit de propriété sur lui-même ainsi que les droits de propriété qu’il a légitimement acquis sur des objets extérieurs » ! Fort de cette idéologie en bois et en suivant le « Tikkoum Olam », il s’agit en définitive de réparer, sinon d’augmenter l’humain !

Avec Israël, nation pionnière du transhumanisme, à terme, on va « réparer nos organes, à des échelles de plus en plus petites, modéliser et changer notre ADN, réparer nos cellules, créer des organes artificiels entier et mettre des implants électroniques ». Bref, qu’est-ce qu’on va se marrer…

Conclusion, et comme tout le reste c’est écrit à la charrue : « ainsi Israël ne peut se contenter d’être un Etat souverain, il doit aussi se déployer en peuple nation, au travers, notamment de communautés imaginées ». Bien-sûr, le message s’adresse aussi aux femmes et aux enfants des Territoires palestiniens occupés. Inch’Allah…

QUE L’ECOLE DE GUERRE ECONOMIQUE SE RESSAISISSE !

En définitive, une telle « conférence » des trois mousquetaires (qui a dû faire se retourner Aristote dans sa tombe) et la lecture de leur opuscule ne peut qu’amener sur une sage mise en garde : lorsqu’on parle de la Terre promise, il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages… Toujours est-il que les courageuses VA-Editions auraient du mieux relire le manuscrit avant de le mettre en fabrication. Personnellement, on pense avec tristesse aux écureuils expulsés des arbres abattus pour faire la pâte à un tel papier…

Rien d’étonnant à ce que la dernière livraison de la revue Challenges4 fasse sa couverture avec la photo d’un ahuri barbu arborant un sourire niais, casquette de baseball vissée sur la tête, barrée du titre : « Israël, le modèle mondial de la tech – Les Français qui ont réussi ». En revanche, il est assez piquant de voir la même entreprise de propagande relayée par d’anciens extrémistes armés repentis. Peut-être est-ce une partie du prix à payer pour s’acheter leur nouvelle vertu ? Les connaisseurs apprécieront…

Mais qu’une Ecole de guerre économique – qui prétend former les jeunes cadres de l’intelligence économique française – s’adonne ainsi à la banalisation subjuguée d’un régime d’apartheid sous couleurs de nouvelles technologies, constitue une imposture parfaitement lamentable… Ressaisissez-vous les amis, vous en avez les capacités !

Malgré tout, bonne semaine et bonne lecture.

A la semaine prochaine.

Richard Labévière

25 mars 2019

Proche et Moyen-Orient.ch

http://prochetmoyen-orient.ch/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

Notes

1 GAFAM est l’acronyme des géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

2 Luc Bretones travaille pour le groupe Orange depuis 1997. En juillet 2013, il prend la direction du Technocentre du groupe, puis en octobre 2013 d’Orange Vallée. Il est administrateur des sociétés SoftAtHome et La cité de l’objet connecté d’Angers. Il est également président de l’association de bénévoles Orange solidarité. Spécialisé dans le business des nouvelles technologies, Luc Bretones est administrateur de divers think tanks, comme l’institut G9+ ou encore Renaissance numérique.

3 Philippe Simonnot : Le Siècle Balfour – 1917/2017. Editions Pierre-Guillaume de Roux, mars 2018.

4 Challenges – numéro 600, du 7 au 13 mars 2019.

LA RUSSIE VA-T-ELLE SE BATTRE AVEC ISRAËL POUR L’IRAN?

LA RUSSIE VA-T-ELLE SE BATTRE AVEC ISRAËL POUR L’IRAN?

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16.04.2019

Alors que certains journalistes recherchent les causes de l’incendie de Notre-Dame de Paris, alors que d’autres s’inquiètent du sort de Julian Assange publié par l’ambassade équatorienne, une autre raison d’une grande guerre est apparue au Moyen-Orient. À partir d’octobre de cette année, l’Iran louera un port à Lattaquié à la Syrie et construira une base pour la marine. La décision a été prise lors de la rencontre de Bachar Assad avec Hassan Rouhani en février à Téhéran.

Je dois dire que l’Iran est déjà fort en Syrie, il a environ une douzaine de points forts et environ 12 mille militaires. Mais s’il acquiert une base sur la côte est de la Méditerranée, l’Iran ne sera tout simplement pas arrêté. Quelque chose comme cela, ces mouvements sont perçus en Israël, où la République islamique est considérée comme « l’ennemi numéro un ».

Menace pour la Russie?

Le problème est que les Iraniens vont construire leur base à Lattaquié, à 72 kilomètres de la base de la marine russe à Tartous et de la base aérienne de Hmeimim.

Par son comportement, Israël a montré à maintes reprises qu’il ne tolérerait pas la présence iranienne en Syrie. Le transfert du S-300 russe, bien qu’il ait modifié les itinéraires de vol de l’armée de l’air israélienne, ne les a pas arrêtés. Israël effectue des frappes aériennes au départ du Liban et de l’Irak.

La distance entre l’endroit où la base iranienne sera créée et les bases russes est décente, mais pas sûre. Si demain Israël commence à bombarder Lattaquié, la situation du transporteur de l’IL-20 abattu pourrait se reproduire. Même si cela n’arrive pas là-dessus, l’agression militaire israélienne non loin des positions du VKS gâchera néanmoins les relations russo-israéliennes.

La situation peut prendre des proportions encore plus alarmantes si les États sont impliqués dans l’affaire. Après tout, Donald Trump, comme Benjamin Netanyahu, ne se reposera pas tant qu’il n’aura pas expulsé l’Iran de la Syrie. L’expansion de la présence militaire iranienne donnera donc une nouvelle raison aux États-Unis de lancer une frappe de missile. Le fondement juridique de l’attaque est prêt – Washington a récemment ajouté le Corps des gardiens de la révolution islamique à la liste des organisations terroristes.

Assad a choisi les Iraniens russes?

Un autre risque pour la Russie est associé à Bachar Asad. Certains experts estiment que le président syrien pourrait se retirer de l’influence de la Russie en se rapprochant de l’Iran. L’argument est que dans la confrontation avec Israël, le S-300 russe est silencieux, mais les défenses anti-aériennes iraniennes protégeront certainement la Syrie des raids aériens israéliens.

Asad sort doucement de l’influence de Moscou, et plus rarement qu’avant, il s’entretient avec le président russe Vladimir Poutine et ne demande pas d’assistance militaire. Ceci est normal pour le Moyen-Orient. De nombreux experts libéraux estiment que l’influence iranienne en Syrie est dangereuse pour Moscou et gâte ses relations avec les « partenaires » de Tel Aviv. Cependant, les libéraux ignorent le fait que la Russie, contrairement à l’Iran, a un cercle de partenaires plus large dans la région et peut communiquer directement avec Téhéran et ses opposants à Tel Aviv et à Riyad. Assad s’intéresse au désisolement dans le monde arabe et l’Iran ne peut le fournir, contrairement à la Russie. Cette caractéristique, alliée à la supériorité du VKS dans le ciel syrien, fait de Moscou un allié indispensable de Damas.

Pourquoi la Russie ne devrait pas abandonner l’Iran

Les risques de guerre ci-dessus peuvent être quelque peu exagérés, mais existent toujours. Mais signifient-ils que la Russie doit empêcher l’Iran de se consolider sur la rive orientale de la Méditerranée? Non.

Premièrement, en limitant l’Iran, la Russie renforce automatiquement les États-Unis et Israël. C’est-à-dire ceux qui essaient de démembrer la Syrie. Israël a capturé les hauteurs du Golan en 1967 et ne les retournera pas. Les États-Unis soutiennent la milice kurde et créent, de leurs mains, un Kurdistan indépendant au-delà de l’Euphrate. Contrairement aux Américains et aux Israéliens, l’Iran et la Russie s’emploient à rétablir l’unité de la Syrie et à lutter contre les terroristes.

Deuxièmement, l’Iran est un partenaire économique potentiellement important de la Russie. Il est déjà impliqué dans le projet Nord-Sud, reliant Moscou par l’océan Indien via Bakou et Téhéran. En outre, l’Iran peut donner à la Russie un accès direct à la mer Méditerranée. Téhéran tire le chemin de fer vers Lattaquié à travers l’Irak et la Syrie. Pour mener à bien ce projet interrompu par la guerre de Syrie, il est nécessaire de compléter quelques kilomètres de routes en Irak et 3% de la toile en Syrie. La Russie et l’Iran ont un trafic maritime à travers la mer Caspienne. Par conséquent, rien n’empêche Moscou de rejoindre ce corridor de transport.

La base militaire iranienne à Lattakia augmente le risque d’agression israélienne et américaine dans la région. Mais se quereller dans cette situation avec Téhéran pour le bien des États-Unis et d’Israël coûtera beaucoup plus cher à la Russie.

http://katehon.com/article/will-russia-fight-israel-iran

 

Tsahal inaugure ses Rampages contre la Syrie

Tsahal inaugure ses Rampages contre la Syrie

  

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L’armée israélienne aurait pour la première fois tiré des Rampages contre la Syrie.

Le 13 avril 2019, à 02 h 30, des avions israéliens opérant illégalement depuis l’espace aérien libanais ont détruit trois hangars dans une base militaire syrienne à Maysaf (district de Hama) blessant trois soldats.

Selon le Jerusalem Post, les missiles utilisés seraient les nouvelles armes supersoniques de haute précision, les Rampages. Ces projectiles d’une portée de 150 km et d’une précision de 10 m, sont faciles à détecter mais, compte tenu de leur vitesse, très difficiles à intercepter. Ils sont co-produits par Israel Aerospace Industries et IMI Systems pour un prix trois fois inférieur à celui de leurs concurrents.

Comme à son habitude, la presse israélienne justifie cette attaque en assurant qu’elle visait une installation iranienne située dans une base syrienne.

https://www.voltairenet.org/article206223.html

Israël sous-traite la « répression McCarthyite » aux Etats-Unis, Barghouti, co-fondateur de BDS, à RT après une interdiction de voyage

Israël sous-traite la « répression McCarthyite » aux Etats-Unis, Barghouti, co-fondateur de BDS, à RT après une interdiction de voyage

Israël sous-traite la "répression McCarthyite" aux Etats-Unis, Barghouti, co-fondateur de BDS, à RT après une interdiction de voyage
Omar Barghouti, qui a été interdit d’entrée aux États-Unis, a déclaré qu’Israël oblige Washington à supprimer le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), mais ne fait que renforcer le soutien populaire.

La semaine dernière, les autorités américaines de l’immigration ont interdit à Barghouti de se rendre d’Israël aux États-Unis malgré un visa valide. S’adressant à RT, le militant a déclaré que les États-Unis étaient en train d’adopter une politique «McCarthyite» pour faire plaisir à Israël.

« Nous voyons cela comme une externalisation par Israël de la répression anti-démocratique mccarthyite contre le mouvement BDS pour les droits de l’homme en Palestine aux États-Unis », a-t- il déclaré. « L’administration américaine est maintenant mobilisée pour tenter de faire taire par Israël les défenseurs des droits de l’homme palestiniens, israéliens et internationaux, actifs dans ce mouvement BDS non violent extrêmement efficace et très important. »

ÉGALEMENT SUR RT.COM, LESÉtats-Unis EMPÊCHENTle cofondateur de BDS de monter à bord d’un avion à destination de Washington en Israël, malgré des papiers de voyage valablesBarghouti a déclaré que la restriction de voyage lui avait valu de manquer plusieurs événements aux Etats-Unis, où il avait l’intention de défendre la cause du BDS. Il a ajouté que les tentatives faites par des dizaines d’États américains pour interdire le mouvement constituaient une violation flagrante du Premier amendement.

«Dès 1982, la Cour suprême des États-Unis avait décrété que le boycottage de changements politiques, sociaux et économiques était considéré comme une liberté d’expression», a-t- il déclaré. « Tous ces 27 États suivent les ordres d’Israël, tout en violant leur propre constitution. »

Il y a beaucoup d’indignation devant l’audace de l’administration américaine, cette administration américaine xénophobe, anti-musulmane, anti-arabe et anti-juive qui se cache derrière son soutien à Israël pour dissimuler ses propres violations des droits de l’homme autour de le monde, y compris sa suppression des droits démocratiques des citoyens américains eux-mêmes.

Les tentatives visant à saper le mouvement BDS « d’en haut » aux États-Unis ont été jusqu’ici en vain, estime-t-il. « Il a lamentablement échoué à empêcher l’immense croissance du mouvement à la base parmi les syndicats, les églises, les groupes de femmes, les groupes LGBT et ainsi de suite. »

https://www.rt.com/news/456514-bds-founder-travel-ban/