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Près de 100 000 kits de tests au covid-19 importés lors d'une opération menée par le Mossad…

Près de 100 000 kits de tests au covid-19 importés lors d’une
opération menée par le Mossad…
Une opération menée par le Mossad, en coopération avec le Shin Beth
et Tsahal, a permis d’importer près de 100 000 kits de tests au
coronavirus en Israël depuis l’étranger, a rapporté jeudi le site
d’information Channel 12. Ce dernier rapporte également que les
équipes de sécurité de l’agence de renseignement assistent
actuellement le ministère de la Santé dans la création d’un logiciel, mais
aussi d’applications permettant de gérer l’épidémie du coronavirus.
Depuis ces derniers jours, les services de sécurité israéliens sont de
plus en plus impliqués dans la gestion de la crise aux côtés du ministère
de la Santé. Le commandement du Front intérieur a par exemple dirigé
la réquisition d’établissements hôteliers afin d’accueillir des personnes
contaminées, dont l’hôtel Dan Panorama à Tel-Aviv. L’armée israélienne
a quant à elle lancé l’opération Rayon de Lumière afin de trouver du
matériel et de l’importer en urgence. Mardi, le Premier ministre Benjamin
Netanyahu a affirmé qu’il n’hésiterait pas à imposer le confinement total
si le public ne respectait pas les directives.
(I24News, le 19-03-2020)

https://cf2r.org/wp-content/uploads/2020/03/Renseignor-1120.pdf

L’unité israélienne 8200 et les Casques Blancs d’Idlib frappés par le COVID-19…

vendredi, mars 20, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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L’unité israélienne 8200 et les Casques Blancs d’Idlib frappés par le COVID-19…

L’unité 8200 ou Yehida Shmone-Matayim, responsable de la collecte du signal, des opérations SIGINT et du cryptage dans le renseignement israélien est frappée de plein fouet par la variante iranienne du SRAS-nCov-2:

Le commandant-en-second de l’équivalent de la NSA en Israël, dont l’identité est classée secret défense et un membre de la cellule renseignement électronique ont été infectés et mis en quarantaine.

Dans l’extrême Nord de la Syrie et plus précisément dans l’enclave rebelle d’Idlib, des agents de liaison étrangers ont été infectés par le SRAS-nCov-2. Ce qui a amené les pays soutenant la rébellion à Idlib à équiper l’organisation controversée des « Casques Blancs » (White Helmets) d’un équipement sommaire de protection. Une infection de l’enclave rebelle d’Idlib n’est plus à exclure.

Certains agents des renseignements turcs en poste à Idlib seraient aussi suspectés d’être des vecteurs du SRAS-nCov-2.

Des médias proches du complexe informationnel des « Cinq Yeux+ » propagent depuis deux semaines des informations selon lesquelles le COVID-19 aurait obligé des unités pro-iraniennes de se retirer du front d’Idlib et que des militaires syriens en seraient atteints. Ces mêmes médias soutiennent depuis 15 jours que 200 soldats Nord-coréens auraient succombé des suites du COVID-19.

Damas a démenti ces informations mais estime ne pas connaître la situation sanitaire à l’intérieur du territoire rebelle d’Idlib où des forces militaires turques sont stationnés aux côtés d’agents de liaison de six pays de l’Otan (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), de pays du Golfe et d’Israël.

Bref à la guerre comme à la guerre, il semble que cette histoire de COVID-19 serve de plus en plus d’autres agendas cachés plus en adéquation avec le cadre général d’une troisième guerre mondiale en cours depuis des années sur fond d’un effondrement du système financier international que les tenants du marché boursier veulent aplatir pour bâtir un nouveau système plus pérenne car la configuration du système économique mondial tel qu’il a été hérité des Accords de Bretton Woods n’est plus tenable et n’est plus viable depuis plus d’une douzaine d’années.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBroken

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https://strategika51.org/2020/03/18/lunite-israelienne-8200-et-les-casques-blancs-didlib-frappes-par-le-covid-19/

Le message symbolique et non verbal du président Assad qui affole les analystes israéliens et les cabbalistes du monde entier

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Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Le message symbolique et non verbal du président Assad qui affole les analystes israéliens et les cabbalistes du monde entier

Lors d’un discours commémorant la victoire d’Alep le 17 février dernier, le président de la République Arabe de Syrie est apparu dans un bureau où il n’y avait aucun drapeau syrien ou armoire de l’Etat syrien.

Attablé derrière un bureau vide mis à part un moniteur discret, le président Assad a délivré son discours en mettant à sa droite un faucon dont les yeux étaient tournés vers la droite:

et une très étrange fiole en verre remplie de liquide de couleur ambre à sa gauche:

Le président Bashar Al-Assad a tenu à ce que ces deux objets remplacent respectivement le drapeau national syrien et les armoiries de l’État avant la diffusion d’un message destiné à célébrer la victoire d’Alep. Ce message aurait pu passer inaperçu si ce n’est l’affolement qui a commencé à s’emparer des cabbalistes et des analystes israéliens qui ont commencé à décoder la symbolique cachée des images de ce discours. C’est en fait un message dans le message destiné au mouvement sioniste international et à la Cabbale talmudiste au pouvoir en Israël et imprégnant les États profonds aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, aux Pays-Bas, au Danemark et en Allemagne. Le décryptage de ce message non verbal affole l’internationale sioniste et les dirigeants israéliens dont la superstition est toujours sans aucune limite. Il implique trois éléments importants:L’absence de drapeau syrien et de tout signe représentatif de la République Arabe Syrienne indique que la guerre en cours ne concerne pas la Syrie mais relève d’un conflit plus grand et plus étendu impliquant des acteurs non toujours identifiés par la communication verbale, conventionnelle et formatée.

La présence de la statue d’un faucon tourné vers la droite signifie que Assad ne se rendra jamais et continuera à se battre. Le faucon est la figure tutélaire des pilotes syriens et c’est également le symbole du Chef de l’Etat. Le père de Bashar Al-Assad, Hafez, était à l’origine un pilote de chasse et un stratège hors-pair. C’est d’ailleurs grâce à lui que l’État syrien ne s’est pas totalement effondré après neuf ans de guerre. C’est la raison pour laquelle le gouvernement syrien fait tout son possible pour utiliser coûte que coûte son aviation militaire en dépit de la perte de 120 000 militaires et de plus de 2800 blindés. L’ État syrien tel qu’il a été structuré depuis le milieu des années 60 est un État de pilotes de chasse.

La fiole ambrée est l’objet ayant le plus affolé les destinataires du message symbolique d’Assad: cette fiole contiendrait de l’eau issue du lac de Tibériade ou mer de Galilée, un lac emblématique situé entre le plateau du Golan et la Galilée. Cette eau a été ramenée dans une gourde par deux soldats syriens ayant pénétré derrière les lignes israéliennes lors de la guerre d’octobre 1973, haut fait d’arme pour lequel ils ont été condamnés à mort par une cour martiale pour désobéissance en temps de guerre. Peine commuée plus tard en peine à perpétuité avant qu’ils ne soient graciés. Le second soldat avait rempli son sac à dos avec du sable des rives du lac de Tibériade et ce sac lui a d’ailleurs sauvé la vie. Les deux militaires tentèrent de rencontrer le Commandant-en-Chef de l’Armée syrienne et après beaucoup de difficultés ils purent être reçus en audience par le président Hafez Al-Assad a qui ils confèrent l’eau et le sable de Tibériade. Le sable fut transformé en fiole de verre par l’un des meilleurs artisans de Damas et cette fiole servit de réceptacle à l’eau de Tibériade. Cet objet devint le symbole du serment du Golan: tôt ou tard, la Syrie récupérera le plateau du Golan et ses soldats, les siens ou ceux de ses alliés, arriveront au lac Tibériade et livreront une bataille mémorable près du site d’Armageddon. C’est cette référence apocalyptique qui effraie le plus les analystes israéliens. Le discours diffusé sur les chaînes syriennes n’a pas été saisi par les populations syriennes mais parfaitement reçu par les Cabbalistes sionistes et leurs relais.

Le message est clair: la guerre est entre Assad et l’internationale sioniste et l’enjeu de cette guerre de presque une décennie est le plateau du Golan. La perte du plateau du Golan par Israël signifie sa fin et sa fin ne saurait intervenir sans de grands troubles et bouleversements violents dans la structure des relations internationales héritées ou mises en place depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945 et l’instauration d’un nouvel ordre mondial où le Sionisme international eut un rôle de plus en plus évident depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948 et plus encore depuis les attentats sous fausse bannière du 11 septembre 2001 visant à détourner l’éveil des populations et leur prise de conscience vis à vis de cette réalité à travers le fardeau d’un système économique et financier mondiale profondément injuste et prédateur méprisant l’humain et toute forme d’éthique.

A travers ce message, Assad démontre qu’il connaît à qui il a affaire et cette donne effraie les commanditaires des guerres en Syrie et ailleurs. La propagande universelle va sans doute noyer le poisson et diaboliser davantage Assad (il l’est déjà suffisamment depuis près de deux décennie dont une en conflit hybride violent) et qualifier ce message de these complotiste invraisemblable. Les faits sont têtus et Assad vient de démontrer qu’il maîtrise la communication symbolique avec son pire adversaire caché derrière une multitude de masques et de paravents. Un adversaire implacable et toujours cachés derrière un mur sémantique et conceptuel façonnent sa propre conception de la réalité imposée au monde par un très puissant appareil de propagande. La guerre en Syrie comporte de ce fait un aspect eschatologique certain.

On est en 2020 et le 15 mars la guerre au Levant entrera dans sa dixième année.

https://strategika51.org/2020/03/08/le-message-symbolique-et-non-verbal-du-president-assad-qui-affole-les-analystes-israeliens-et-les-cabbalistes-du-monde-entier/

Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs

Strategika 51

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Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs

Décidément, les israéliens persistent à utiliser des avions civils comme des boucliers derrière lesquels ils cachent leurs avions pour lancer des attaques contre des objectifs militaires à l’intérieur de la Syrie. La dernière attaque impliquant des F-16D et des F-35I confirme encore une fois cette tactique de l’aviation de combat israélienne: Deux appareils civils, l’un assurant le vol Beyrouth(Liban)-Doha (Qatar) et l’autre Basel (Suisse)-Doha (Qatar), ont servi à leur insu de boucliers aux avions de combat israéliens ayant lancé des dizaines de missiles de croisière de type Delilah sur des objectifs situés à Homs.

Les pilotes israéliens ont non seulement mis en danger les équipages et les passagers de ces deux vols mais escomptaient tromper les radars de la défense aérienne syrienne et russe afin de les amener à abattre les deux appareils civils. L’un des deux avions civils est un Airbus A330-243F de Qatar Cargo qui a été dérouté par la défense aérienne syrienne après l’activation des batteries SAM à Homs tandis que l’autre appareil reçut une consigne d’interdiction de survol à la dernière minute. Cela signifie que les opérateurs syriens et russes ont appris à gérer ce type de piège.

Cela signifie également que les avions de combat israéliens, y compris l’avion de combat furtif de cinquième génération F-35I dans sa variante israélienne ne parviennent toujours pas à pénétrer l’espace aérien syrien par l’Ouest.

Les israéliens accusent depuis longtemps leurs adversaires palestiniens d’utiliser des boucliers humains pour justifier leurs bavures. Or force est de constater que dans le conflit du Levant, les israéliens n’hésitent nullement à se planquer derrière des avions civils se dirigeant vers l’espace aérien libanais ou syrien pour tenter de leurrer les radars militaires syriens et lancer leurs missiles de croisière en toute sécurité. Une sur-réaction de la défense aérienne syrienne pourrait causer la perte d’un avion civil tiers. Ce qui donnera aux médias des pays hostiles à la Syrie et à la Russie une occasion de plus pour accuser Damas et Moscou d’abattre des avions civils.

Cela démontre le degré de sang-froid nécessaire pour contrer ce type d’attaques vicieuses menés par un ennemi connu pour abhorrer toute forme de Fair-Play ou des règles d’engagement.

La plupart des missiles de croisière Delilah ont été interceptés et contrés lors de la phase d’approche finale de la cible pour éviter toute erreur possible. Encore une fois, le bon vieux système Buk-M2E a démontré sa remarquable efficacité. Une efficacité dépassant celle du Pantsir S-1 même si les deux systèmes ne sont pas destinés à la même catégorie.

Personnel d’une batterie SAM Buk-M2E de la défense aérienne syrienne

Le conflit au Levant est l’un des plus complexes de l’histoire contemporaine et ce type de tactiques déloyales utilisés par les israéliens démontrent que l’absence apparente de réaction syrienne ou russe ne s’apparente pas à une inertie mais à une adaptation des moyens de riposte.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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3 Replies to “Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs”

  1.  gossebo dit :A signaler que ce vol aussi risque un jour de se retrouver menace: https://zupimages.net/up/20/10/kiif.jpgchargement…Répondre
  2.  gossebo dit :Je me doutai que ldes vols en question c’etaient de Qatar Airways, ils passent toujours par la a des heures bien precises et ce tout les jours, il faudrait que les dirigents de la compagnie qatari se penchent serieusement sur cette question, s’ils ne veulent pas qu’un de leur A320, qui passe par la toutes les nuits ne se retrouve au tapis avec des centaines de morts sur les bras!chargement…Répondre
  3.  rocbalie dit :les Russes sont toujours dans la réaction c’est sans doute ce qui les perdra car seul l’effet de surprise désorganise des forces militaires !
  4. https://strategika51.org/2020/03/06/les-avions-de-combat-israeliens-f-16d-et-f-35i-ont-utilises-deux-vols-civils-comme-boucliers-pour-leurrer-la-defense-aerienne-syrienne-et-lancer-des-missiles-de-croisiere-delilah-sur-des-objectifs-sit/

Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain!

 Politique > Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain!

Kassem Soleimani

Politique

Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain!

La France n’est plus audible et surtout elle n’est plus crédible. Depuis qu’elle a abandonné toute « politique arabe », c’est-à-dire depuis que les néoconservateurs atlantistes font la loi au Quai d’Orsay, elle n’a cessé de se discréditer au Proche-Orient, où elle était autrefois respectée et écoutée.Partager sur facebookPartager sur twitterPartager sur linkedin

NICOLAS GAUTHIERAprès l’assassinat du général Kassem Soleimani, l’un des personnages-clés les plus populaires de la scène politique iranienne, dans l’une de ces « frappes ciblées » dont les États-Unis ont le secret, beaucoup s’attendaient à une rapide montée aux extrêmes. La riposte iranienne a pourtant été plutôt modérée. Mise en scène ou jeu de dupes ?

ALAIN DE BENOIST : L’assassinat du général Soleimani était pourtant un acte de guerre. Et même, si les mots ont un sens, un crime de guerre – ce qui ne l’a pas empêché d’être accueilli avec jubilation par Jaïr Bolsonaro et par Matteo Salvini, président du fan club des supporters italiens de Nétanyahou. Ce meurtre, organisé à partir de la base américaine de Ramstein, en Allemagne, grâce à des renseignements fournis par le Mossad à la CIA, est aussi un événement historique, car c’est la première fois que les USA revendiquent ouvertement l’élimination d’un dirigeant de premier plan d’un État souverain avec lequel ils ne sont pas officiellement en guerre. Rien à voir par conséquent avec l’élimination de Ben Laden ou d’Abou Bakr al-Baghadi. Pour trouver un précédent, il faut remonter à l’assassinat de l’amiral Isoroku Yamamoto en avril 1943, mais c’était dans le cadre de la guerre du Pacifique. Depuis, ce sont plutôt les services secrets qui tuent dans l’ombre ceux qu’ils veulent éliminer. Pour en avoir une bonne idée, lisez Lève-toi et tue le premier, le livre que vient de faire paraître Ronen Bergman, journaliste au quotidien israélien Yediot Aharonot, qui dresse une liste de 2.700 assassinats ciblés perpétrés depuis sa création par le Mossad (plus que la CIA et le KGB réunis).

À cet assassinat, les Iraniens ont en effet répondu de façon somme toute modérée, en faisant savoir à l’avance aux Américains, par l’intermédiaire des Irakiens, qu’ils allaient frapper une de leurs bases situées en Irak, ce qui a permis l’évacuation des soldats qui s’y trouvaient. Il est probable que l’Iran a bien compris que Trump voulait avant tout séduire ses électeurs « sionistes évangéliques » et qu’il n’avait pas l’intention de s’engager dans une nouvelle guerre avant l’élection présidentielle de novembre prochain. Cela dit, le Proche-Orient étant ce qu’il est, Trump, avec sa brutalité et son mépris du droit international habituels, a pris des risques considérables car dans cette région du monde, le moindre accident peut facilement dégénérer. Attendons la suite, car il y en aura une. Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain.

NICOLAS GAUTHIERLorsque Emmanuel Macron a tenté de jouer les intermédiaires entre Téhéran et Washington, Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, a déclaré que le président français était un naïf ou un complice de l’Amérique. La voix de la France semble ne plus être entendue au Proche-Orient. Pourquoi ?

ALAIN DE BENOIST : Parce qu’elle n’est plus audible et surtout parce qu’elle n’est plus crédible. Depuis qu’elle a abandonné toute « politique arabe », c’est-à-dire depuis que les néoconservateurs atlantistes font la loi au Quai d’Orsay, la France n’a cessé de se discréditer au Proche-Orient, où elle était autrefois respectée et écoutée. Elle a assisté sans mot dire au démantèlement de l’Irak de Saddam Hussein. Elle a pris une part active au lynchage de Kadhafi, et s’entête à soutenir en Libye le gouvernement fantoche de Fayez el-Serraj. Alors que, depuis l’ère Obama, les États-Unis semblaient avoir amorcé un désengagement, au moins partiel, dans la région, tandis que les Anglais s’embourbaient dans leurs affaires intérieures, au lieu de tenter d’exploiter la situation à notre profit, nous avons rompu toute relation avec Damas pour soutenir objectivement des groupes terroristes hostiles au gouvernement syrien (al-Nostra, aujourd’hui Hayat Tahrir al-Cham). Vis-à-vis de la Turquie, nous ne savons pas sur quel pied danser. Au lieu de soutenir les chiites dans leur lutte contre les sunnites, nous n’avons pas réagi à des sanctions contre l’Iran qui nous visaient indirectement aussi, et nous nous sommes aplatis devant la prétention américaine à faire reconnaître par le monde entier la monstrueuse extraterritorialité de leurs réglementations juridiques et commerciales. Plus récemment encore, Macron n’a rien trouvé à redire au plan Donald Trump pour la « paix au Proche-Orient », qui n’était qu’une déclaration de guerre aux Palestiniens destinée à conforter dans ses positions un Nétanyahou menacé d’être jugé pour corruption aggravée. Alors que Vladimir Poutine est aujourd’hui devenu l’incontournable maître du jeu au Proche-Orient, parce qu’il est le seul à pouvoir parler avec les mollahs iraniens comme avec Nétanyahou, avec les Américains comme les Syriens, avec Erdogan comme avec les pays du Golfe, nous n’avons plus personne comme interlocuteur et nous n’avons quasiment plus de renseignements sur quoi que ce soit.

NICOLAS GAUTHIEREt la guerre qui se poursuit au Sahel ? Peut-elle être gagnée ?

ALAIN DE BENOIST : Compte tenu de la disproportion des forces engagées (quelques milliers d’hommes censés « pacifier » un territoire aussi grand que l’Europe), elle ne peut l’être en aucun cas. On peut en revanche gagner du temps et espérer stabiliser la situation pour qu’elle ne s’aggrave pas. Mais encore faut-il se demander au profit de qui. Cette guerre n’aura en effet aucun sens aussi longtemps que l’on n’aura pas compris que le problème est avant tout politique, et non pas militaire, et que l’agitation « islamiste » dans la région n’est que la surinfection de conflits ethniques séculaires opposant, dans les pays de la bande saharo-sahélienne, les agriculteurs sédentaires du Sud et les pasteurs nomades du Nord (Peuls et Touaregs). Aussi longtemps que nous n’imposerons pas aux gouvernements que nous aidons – ce dont ils ne nous sont guère reconnaissants d’ailleurs – de procéder aux réformes politiques qui seules permettraient d’apaiser ces conflits, nous perdrons notre temps et mettrons la vie de nos soldats en danger pour rien. Le drame est que l’opinion publique, qui ne comprend pas que la politique extérieure est sur le long terme la seule qui compte, ne connaît pas plus ce dossier qu’elle ne connaît les autres – puisqu’elle prend la Crimée pour une partie de l’Ukraine et les séparatistes de Hong Kong pour des militants « pro-démocratie » !

Source : Boulevard Voltaire

Danse autour de la patience russe

Danse autour de la patience russe

Bloc-Notes

   mercredi 19 février 2020

   Forum

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Danse autour de la patience russe

D’une façon générale, on comprend la situation du monde, dans son aspect chaotique, simulacre, irresponsable. La plupart des principaux acteurs de ce cirque à la fois tragique et bouffe, qui sont essentiellement du côté de la civilisation occidentale proprement dite (ditto, bloc-BAO), suivent un comportement complètement accordé à un simulacre général, et selon les règles du  déterminisme-narrativiste que nous avions définies à l’occasion de la crise ukrainienne lors de sa phase paroxystique. Certains y croient (au simulacre), d’autres se forcent à y croire, d’autres encore (les acteurs américanistes essentiellement) se fichent complètement de savoir s’il s’agit ou pas d’un simulacre, du moment que cela correspond à la satisfaction de leurs intérêts, de leur rapacité et à leur hybris.

Dans ce cadre général, la Russie est l’acteur à la fois le plus actif, et à peu près le seul à montrer un sens des responsabilités parce qu’il n’ignore pas que toute tangente vers un conflit ouvert, essentiellement avec les USA, conduirait à un conflit nucléaire avec la très-grande possibilité des conséquences extrêmes qu’on sait. Pour cette raison, les Russes montrent une très grande retenue dans leurs actes, une très grande patience dans leurs interventions de communication, – que certains estiment épisodiquement être de la pusillanimité, de la crainte, sinon une faiblesse extrême confinant à la lâcheté ou à l’impuissance. On peut certes juger de cette façon, mais on ne peut pas laisser entendre que l’extrême prudence et la patience que seuls les Russes montrent devant le risque d’un conflit nucléaire, donc le risque d’une destruction mutuelle sinon d’une destruction de la civilisation, soient en soi en eux-mêmes et dans ces circonstances un et l’autre de ces traits qui leur sont reprochés (lâcheté, impuissance).

Il est vrai que les Russes sont dans une position inconfortable, pas vraiment pour une raison de puissance ou de capacités insuffisantes, mais simplement parce qu’ils sont les seuls à montrer en toutes occasions un sens de la responsabilité. Par ailleurs, cette attitude a ses limites, puisqu’à un certain point, à laisser faire les autres sans réagir avec l’extrême fermeté des armes on risque d’être défait. Plusieurs fois, on a cru ce point proche d’être atteint pour la Russie, chaque fois dans des conditions plus délicates, à cause de la dégradation des conditions intérieures de certains des acteurs, avec accroissement de leur irresponsabilité.

Nous nous trouvons à nouveau dans une de ces circonstances, et là encore avec cet aspect d’un dangereux affaiblissement des situations intérieures de différents acteurs, notamment sinon essentiellement les Etats-Unis. On a alors une mesure de l’évolution psychologique des Russes lors de trois interventions de communication, le choix des mots et l’intensité du propos mesurant une démonstration peut-être plus évidente et s’imposant d’elle-même que calculée d’une patience qui est en train de parvenir à son point de rupture. Cela concerne la situation en Syrie, où les Russes sont directement engagés.

• La première de ces trois interventions est celle  du porte-parole de Poutine, Dimitri Pechkov, pourtant bien connu pour ses déclarations apaisantes, sinon complaisantes et lénifiantes. Cette fois, le ton change dans cette intervention qui suit l’annonce par Erdogan, hier, de l’intention de la Turquie de lancer son armée dans une offensive de renforcement d’Iblid, où elle pourrait affronter directement et sur une échelle importante l’armée syrienne.

« “S’il s’agit d’une opération contre les forces terroristes à Idlib, ce serait certainement dans l’esprit” des accords de la Russie avec la Turquie, a déclaré[Pechkov]. “Mais s’il s’agit d’une opération contre les forces armées syriennes légitimes, ce serait certainement le pire des scénarios.”
» La Russie et la Turquie se sont mises d’accord sur le processus de désescalade à Idlib, le dernier bastion des forces anti-gouvernementales en Syrie. Selon l’accord dit de Sotchi, la Turquie est censée utiliser son influence parmi les groupes armés pour réduire et finalement arrêter les attaques depuis l’intérieur de la province. L’accord a été pris comme une alternative à une offensive militaire majeure de Damas, qui, selon Ankara, provoquerait un exode important de réfugiés de Syrie vers la Turquie.
» “En réalité, cela ne s’est pas produit”, a déclaré Pechkov.
» “Nous étions satisfaits des accords qui ont été conclus à Sotchi il y a plus d’un an et la satisfaction était mutuelle. Nous n’avons absolument plus été satisfaits après que des militants et des groupes terroristes aient commencé à lancer des attaques depuis le territoire d’Idlib contre les forces armées syriennes et les sites militaires russes”, a-t-il déclaré. “C’est à ce moment que notre satisfaction a pris fin”. »

• La deuxième intervention est celle du porte-parole du ministère russe de la défense, pour commenter l’attaque israélienne contre Damas de la semaine dernière, qui a été effectuée au moment où un Airbus A320 civil allait se poser sur l’aéroport de la capitale syrienne ; le A320 a été obligé de se détourner en catastrophe vers un autre aéroport dans des conditions extrêmement dangereuses pour l’avion et donc les passagers civils qu’il transportait. C’est Gordon Duff, de Veterans Today, qui cite le commentaire officiel et souligne sa dureté :

« “Tel Aviv est parfaitement au courant des routes aériennes et de l’activité aérienne des civils autour de Damas, de jour comme de nuit, et de telles attaques imprudentes prouvent que les stratèges israéliens ne se soucient pas des éventuelles victimes civiles, a déclaré le porte-parole du Ministère de la Défense, le Général Igor Konachenkov”.
» La Russie a fait preuve d’une grande patience avec Israël depuis très longtemps et le langage utilisé par le Général Konachenkov est un changement distinct à cet égard. »

• Troisième intervention, celle du ministre russe de la défense Sergei Shoigou, qui se trouvait mardi en visite d’Etat à Rome. Il a commenté dans des conditions non précisées, mais selon un langage  également très dur tel qu’il est rapporté spécifiquement et précisément par des sources officielles russes, le comportement des USA en Syrie, là où se trouve le pétrole…

« “Les champs de pétrole… sont contrôlés par les États-Unis. Il y a un pillage éhonté et impudent des richesses qui appartiennent à la Syrie et au peuple syrien”, a déclaré Shoigou.
» Il a souligné que ce vol de ressources, combiné à un régime de sanctions américaines extrêmes, crée des conditions horribles pour la population civile qui doit faire face à des températures hivernales glaciales. “La plupart des gens, qui souffrent maintenant en Syrie, ont besoin de chaleur, d’eau chaude et d’électricité, qui, – comme nous le comprenons, – proviennent d‘hydrocarbures dont l’approvisionnement est interdit dans ce pays”, a ajouté le ministre. »

On dira qu’il ne s’agit que de paroles et du ton de ces paroles, mais on ne peut écarter l’évidence que ces paroles et leur ton commentent des événements pressants et à potentialité explosive qui sont actuellement en cours. Ce qui nous impressionne le plus, finalement, c’est l’absence de ce qui est fait pour impressionner facticement ; c’est-à-dire l’absence de la recherche d’un effet de communication, – ce qui indique en général qu’on veut en rester à la seule communication, même si la situation est difficile.

Ici, il s’agit de démarches sans liens directs entre elles, sinon celui de refléter un climat général qui est en train de s’installer au sein de la direction russe, nous dirions presque spontanément. Même si Pouchkov ou Konachenko sont intervenus avec sans doute l’instruction plus ou moins directe, plus ou moins exprimée, d’avoir des paroles dures, ils ne sont pas nécessairement coordonnées, et pas plus avec le ministre Shoigou au même moment. Notre sentiment est bien qu’ils ne le sont pas expressément, mais que leurs interventions, qui prennent pour cibles les trois principaux acteurs agissant contre Assad et soutenant en sous-mains les terroristes djihadistes tout en affirmant qu’ils les combattent, cristallisent une exaspération qui touche tous les responsables de la sécurité nationale russe.

Nous dirions ainsi qu’il n’y a pas une consigne expresse de l’un ou l’autre, – c’est-à-dire essentiellement Poutine,  – mais l’expression d’une attitude consensuelle à laquelle Poutine lui-même est fort probablement partie prenante. Cette présence de Poutine dans un concert collectif est sensible dans la déclaration de Pechkov, qui fait part d’un mécontentement russe qui n’étonnera personne, mais sur un ton assez tranchant, avec la recherche d’une tournures des phrases autant que du choix des mots faits pour affirmer une présence fondamentale, qui est celle de la force russe, partie prenante en Syrie, et partie qui pèse d’un poids considérable et qui n’est pas satisfaite du tout, d’une façon qui fleure l’ultimatum : « Nous étions satisfaits… […] Nous n’avons absolument plus été satisfaits… […]  C’est à ce moment que notre satisfaction a pris fin… »

Ce faisant, les Russes signifient dans tous les cas, – alors que certains doutes avaient été émis à cet égard ces dernières semaines, – qu’ils sont à fond derrière Assad dans son offensive vers Idlib, qu’ils ne sont pas loin de considérer, au-delà des accords de Sotchi et puisque la Turquie ne les respecte plus, que cette région illégalement occupée par les Turcs ou les protégés des Turcs, doit revenir à la légalité syrienne. Plus encore, et en fonction de la démonstration faite ces derniers jours où les Russes ont frappé très fort après la destruction de deux hélicoptères syriens pour avertir qu’ils ne veulent pas que les terroristes islamistes reçoivent un armement avancés, les Russes signifient la possibilité d’un engagement maximal de leur part en soutien des Syriens ; on n’est plus très loin d’ajouter : “si, pour cela, ils doivent se heurter directement aux Turcs et aux forces US qui s’emploient à semer le désordre et à piller les Syriens, qu’il en soit ainsi…”

… En d’autres mots et pour faire place nette dans le raisonnement, nous dirions qu’il y a, pour les Russes, quelle que soit leur capacité de patience et de prudence, un point où le duo Erdogan-Trump et ses palinodies devient insupportable. Les Russes ont noté, grâce aux démonstrations iraniennes, que les forces US se font très facilement prendre au piège et que la guerre n’éclate pas pour cela. L’enseignement vient peut-être à point pour que la prudence et la patience soient à leur terme pour ne pas devenir un signe mortel de faiblesse.

Mis en ligne le 19 février 2020 à 16H25

https://www.dedefensa.org/article/danse-autour-de-la-patience-russe

Israël bloque les exportations agricoles palestiniennes

Israël bloque les exportations agricoles palestiniennes

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Les importations de produits agricoles israéliens dans les Territoires palestiniens ont avoisiné 600 millions de dollars en 2018.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les importations de produits agricoles israéliens dans les Territoires palestiniens ont avoisiné 600 millions de dollars en 2018.

Éhossam Ezzedine – Agence France-Presse à Ramallah

10 février 2020

Israël a décrété dimanche le blocage des exportations agricoles palestiniennes, une mesure prise dans le cadre d’une querelle commerciale qui va crescendo depuis l’annonce du plan controversé du gouvernement Trump visant à résoudre le conflit israélo-palestinien.

« À partir d’aujourd’hui […] l’exportation à l’étranger de produits agricoles palestiniens via le passage d’Allenby ne sera pas autorisée », a indiqué dans un communiqué le Cogat, l’unité du ministère israélien de la Défense qui supervise les activités civiles dans les Territoires palestiniens.

Contrôlé par Israël, le point de passage d’Allenby relie la Cisjordanie occupée à la Jordanie voisine, d’où les produits pouvaient ensuite être acheminés vers le reste du monde. Fermer cette option met donc fin à l’ensemble des exportations agricoles palestiniennes, car les autorités avaient déjà bloqué l’accès de ces produits agricoles en Israël, d’où ils pouvaient être acheminés vers l’Europe.

Dans la vallée du Jourdain, langue de terre fertile en Cisjordanie occupée, Moeïn Achtiyeh, un agriculteur ayant accumulé 400 tonnes de dattes de qualité prêtes à l’exportation, dénonçait dimanche la mesure du gouvernement israélien.

« Si je ne parviens pas à exporter ces dattes, cette décision me coûtera 10 millions de shekels [3,8 millions de dollars canadiens] », dit-il à l’AFP, précisant que ses fruits étaient destinés au Royaume-Uni, à l’Allemagne et à la Turquie.

Querelle commerciale

Cette mesure israélienne est une réponse au « boycottage palestinien des veaux, qui a gravement nui aux éleveurs de bétail israéliens », a affirmé Israël. Les Palestiniens ont cessé il y a cinq mois les importations de veaux dans le cadre d’une politique de « désengagement » économique progressif avec Israël, qui occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

La semaine dernière, quelques jours après l’annonce par le président américain, Donald Trump, de son plan de règlement pour le Proche-Orient, rejeté par les Palestiniens, qui le jugent trop favorable à Israël, le ministre israélien de la Défense a suspendu l’importation de produits agricoles de Cisjordanie. Selon le ministère palestinien de l’Économie, les exportations de produits agricoles palestiniens vers Israël se sont élevées à environ 88 millions de dollars en 2018, ce qui représente les deux tiers des exportations agricoles depuis les Territoires.

En réponse à cette mesure, l’Autorité palestinienne avait décidé la semaine dernière de bloquer l’entrée de certains produits de consommation israéliens sur son territoire.

« Le gouvernement a décidé d’empêcher l’entrée de légumes, de fruits, de boissons gazeuses, de jus et d’eau minérale provenant d’Israël », a confirmé à l’AFP le porte-parole du gouvernement palestinien Ibrahim Melhem.

Les importations de produits agricoles israéliens dans les Territoires palestiniens ont quant à elles avoisiné 600 millions de dollars en 2018, et représentent 71 % des importations dans ce secteur, selon les données palestiniennes.

Israël a souligné dimanche que sa décision de bloquer les exportations de Cisjordanie prendrait fin « dès que l’Autorité palestinienne aura cessé de nuire au commerce du bétail et au libre marché ».

Selon le ministre palestinien de l’Agriculture, Riad Attari, la décision d’Israël est « très dangereuse », car elle « affectera » les agriculteurs palestiniens. Et « cela nous poussera à prendre de nouvelles mesures » de rétorsion, a-t-il déclaré à l’AFP.

De là à évoquer une guerre commerciale, il y a un pas que Nasser Abdel Karim ne franchit pas pour le moment. « Il ne s’agit pas d’un véritable affrontement économique », mais plutôt de mesures « ciblées » et « calculées », note cet analyste palestinien.

« Ni les Palestiniens ni les Israéliens ne sont prêts à un affrontement », dit-il à l’AFP. « Depuis l’annonce du supposé « accord du siècle » des États-Unis, les Israéliens veulent s’assurer d’éviter les débordements de violence dans les Territoires palestiniens et s’assurer du calme. »

Côté palestinien, il n’y a pas de « volonté d’en arriver à un affrontement économique », soutient Nasser Abdel Karim.

Mais ces nuances n’apaisent pas pour autant Nasser Abdel Razek, grand producteur d’oignons et de pommes de terre. « Nous sommes en pleine saison des oignons et des patates, si je ne peux exporter, je vais perdre des sommes importantes », déplore-t-il.

DES MILLIERS DE MANIFESTANTS À RABAT CONTRE LE PLAN DE TRUMP

Rabat — Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Rabat, au Maroc, contre le plan du président américain, Donald Trump, pour résoudre le conflit israélo-palestinien, et ont appelé à boycotter les produits américains. Une manifestation contre le plan américain, reprenant les mêmes slogans, a également rassemblé des centaines de manifestants dimanche à Sfax, dans l’est de la Tunisie.

Le Maroc, pays allié des États-Unis, « apprécie les efforts constructifs de paix déployés par le gouvernement américain actuel en vue de parvenir à une solution juste, durable et équitable au Proche-Orient », avait réagi son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, au lendemain de l’annonce du plan de paix au Moyen-Orient de Donald Trump, tout en réitérant la traditionnelle position de Rabat en faveur d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.

Interpellé mardi dernier par un député, M. Bourita a ajouté qu’il ne fallait pas être « plus palestinien que les Palestiniens eux-mêmes », selon des médias locaux. Ces propos ont suscité la polémique dans ce pays où la cause palestinienne bénéficie d’un très large soutien populaire.

À la suite d’interrogations sur la position marocaine, le chef de la diplomatie marocaine a rencontré samedi le président palestinien, Mahmoud Abbas, à Amman pour lui réaffirmer la position du Maroc sur la question palestinienne, selon Rabat. Nasser Bourita s’est également entretenu avec son homologue jordanien, Ayman Safadi, les deux pays partageant les mêmes « positions » et « principes » sur la « question palestinienne », d’après un communiqué du ministère jordanien.Agence France-Presse

https://www.ledevoir.com/monde/moyen-orient/572616/moyen-orient-israel-bloque-les-exportations-agricoles-palestiniennes

Ne soyez pas surpris si la Russie soutient tacitement l’Accord du siècle

Ne soyez pas surpris si la Russie soutient tacitement l’Accord du siècle


Par Andrew Korybko − Le 29 janvier 2020 − Source oneworld.press

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Au cours des dernières années, les relations de la Russie avec « Israël » se sont faites plus profondes et plus stratégiques que les relations historiques que le pays a pu avoir avec la Palestine ; il est donc impensable que Moscou ne soutienne pas tacitement le dénommé « accord du siècle », ce qui ne l’empêchera pas d’émettre des réserves du bout des lèvres en public dans le but de maintenir son soft power régional.

Trump a fini par dévoiler ce mardi 28 janvier son « accord du siècle », qui a fait couler beaucoup d’encre et provoqué un battage médiatique ; cet accord correspond plus ou moins à ce que l’on croyait en savoir. En pratique, il traite les Palestiniens comme un peuple conquis, contraint à accepter à perpétuité l’hégémonie d’« Israël«  – il suffit de constater que cet État pourra maintenir ses colonies déjà implantées, et continuer d’exercer une dominance sur les Palestiniens dans presque tous les domaines de la vie. Ni les réfugiés palestiniens ni leurs descendants ne seront autorisés à retourner sur leurs terres originelles, sauf dans la zone reconnue par les États-Unis et « Israël » comme leur soi-disant « État », ce qui signifie que même en théorie, ils ne pourront jamais prendre la main de manière démocratique sur l’état actuel des choses entre eux et leurs oppresseurs, même s’ils votaient en nombre pour démanteler l’auto-proclamé « État juif » et le remplacer par quelque chose de plus inclusif, par exemple. Le dirigeant étasunien a décrit son projet comme la soi-disant « seule option pour la paix », ce qui n’est pas surprenant : personne n’aurait attendu une autre position de la part des États-Unis.

L’« accord du siècle » est basiquement une tentative d’attirer un soutien étranger plus large à l’occupation par « Israël » de la Palestine qui dure depuis des décennies ; le tout se trouvant « adouci » par des promesses d’aide économique pour créer le prétexte « publiquement plausible » pour les pays musulmans, comme ceux du Conseil de coopération du Golfe (CCG), de soutenir ce projet. Le fait que ces mêmes pays soient en excellents termes avec « Israël » constitue d’ores-et-déjà un secret de polichinelle, surtout au vu des stratégies de coordination régionales s’opposant à leur adversaire commun iranien : il faut s’attendre à ce qu’ils finissent (ou commencent) par utiliser cette proposition comme excuse pour formaliser ouvertement leurs relations. Au plan international, le marketing dramatique sous-jacent à ce projet met également les soutiens de la Palestine, qu’ils soient sincères ou superficiels, en porte-à-faux : ils se verront désormais décrits comme des supposés « opposants à la paix promouvant leurs intérêts (‘antisémites’) » s’ils ne se rallient pas au projet. C’est d’autant plus le cas que la mémoire du 75ème anniversaire de la libération d’Auschwitz, qui contribua à « justifier » l’établissement d’« Israël », est frais dans tous les esprits.

Chose importante, Netanyahou se rendra directement en Russie après sa visite aux États-Unis, pour informer le président Poutine, son ami proche, de son projet. Cette rencontre fera suite à celle qui remonte à la semaine passée, au forum « Souvenir de l’holocauste : combat contre l’antisémitisme«  à Jérusalem. Le dirigeant russe parle régulièrement à son homologue « israélien », et l’a rencontré plus d’une dizaine de fois au cours des quelques dernières années, ce qui suggère fortement qu’il positionnera au moins son pays comme « neutre » (chose qui, au vu du contexte, reviendra à soutenir tacitement « Israël ») ; on verra probablement Poutine ré-affirmer que « la Russie soutient la paix et s’accordera sur toutes les décisions que pourront prendre les Palestiniens », c’est-à-dire une répétition des platitudes dans le protocole diplomatique standard. Il est impensable que la Russie soutienne ouvertement l’« accord du siècle » : une grande partie de son soft power régional repose dans son soutien historique à la cause palestinienne durant l’ancienne guerre froide ; pour autant, il est tout aussi impensable que la Russie s’oppose à cet accord, du fait de ses liens étroits avec « Israël ». Le gouvernement russe a d’ores-et-déjà qualifié l’hypothèse de tout progrès sous le terme de « réussite commune« .

Le positionnement le plus réaliste que la Russie prendra sera sans doute d’occuper un « terrain d’entente » et de se présenter comme « équilibreuse« , conformément au rôle qu’elle a essayé de jouer ces dernières années. Après tout, même dans l’hypothèse peu probable où le président Poutine penserait que les intérêts de son pays seraient mieux servis en s’opposant frontalement à l’« accord du siècle », la Russie n’adoptera aucune action tangible pour l’empêcher. Moscou ne réduira pas (et ne coupera certainement pas) ses liens avec Tel Aviv : l’incident de septembre 2018, qui avait vu un chasseur « israélien » manœuvrer de manière irresponsable face à un S-200 syrien, et avait débouché sur la destruction d’un avion espion russe et de son équipage, n’avait lui-même pas suffi à altérer ces relations. En outre, le président Poutine a fièrement annoncé en plus d’une occasion qu’il considère la population d’« Israël » constituée de descendants de Soviétiques au même rang que ses propres compatriotes, allant même jusqu’à avancer en septembre 2019 que leur migration de masse vers cette destination faisait d’« Israël » un pays « russophone », et que leurs deux peuples constituaient désormais une « vraie famille commune » ; il s’agit de l’honneur le plus élevé qu’un dirigeant russe puisse accorder à des étrangers.

Les analyses suivantes, produites par le même auteur, expliquent plus en détail les liens fraternels reliant la Russie et « Israël » :

Aussi, sur la base des intérêts d’État de la Russie, ce pays ne s’opposera-t-il pas significativement à l’« accord » proposé.

Contrairement aux « vœux pieux » que l’on peut voir proférés ci et là dans la communauté des médias alternatifs, le président Poutine ne va pas punir « Israël » pour ce dernier développement en date, indépendamment du volume qu’emploieront ses représentants pour commenter cet « accord ». On ne verra pas non plus la Russie armer les Palestiniens pour qu’ils puissent combattre plus efficacement en vue d’obtenir de meilleurs « leviers de négociations », sans parler d’entrer en guerre contre « Israël » directement. Pour le dire simplement, la Russie moderne est un État de statu-quo qui ne soutient que des changements itératifs dans le système international, rien de révolutionnaire comme le faisait l’Union soviétique. Dans ce contexte contemporain, elle est également farouchement opposée à tout ce qui pourrait délégitimer « Israël », et ne soutiendrait donc en aucun cas quelque option pouvant courir le risque, même lointain, de démanteler cet État, fût-ce de manière démocratique ou autrement, contrairement par exemple à l’Iran, qui appelle régulièrement à ce dénouement. Indépendamment de ce que l’on peut ressentir quant à cette réalité, chacun se doit d’admettre que la Russie et « Israël » sont des alliés non-officiels, et qu’il faut s’attendre à ce que Moscou soutienne tacitement Tel Aviv plutôt que de s’y opposer significativement.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par José Martí, relu par Marcel pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/ne-soyez-pas-surpris-si-la-russie-soutient-tacitement-laccord-du-siecle

Dérive de l’Iran vers le comportement US et israélien

Dérive de l’Iran vers le comportement US et israélien

par Thierry Meyssan

Au-delà de l’épreuve de force à laquelle se livrent Washington et Téhéran, Thierry Meyssan met en évidence le changement profond de comportement de l’Iran. Ce pays, jadis sourcilleux sur le respect du Droit international, l’ignore aujourd’hui, rejoignant ainsi les États-Unis et Israël qui ne l’ont jamais admis.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 21 JANVIER 2020 DEUTSCHENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSРУССКИЙTÜRKÇEROMÂNĂفارسى

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JPEG - 29.7 koL’Iran captait l’attention du monde entier lors de ses interventions devant les Nations Unies. Il portait haut les couleurs des peuples face à l’impérialisme. Il ne reste rien aujourd’hui de cet héritage.Le président Mahmoud Ahmadinjed à la tribune de la 65ème session de l’Assemblée générale de l’Onu, le 23 septembre 2010, remet en cause la version officielle des attentats du 11-Septembre 2001 aux USA.

Les 195 États membres de l’Onu prétendent vouloir résoudre leurs conflits sans recourir à la guerre, mais au Droit. Celui-ci repose depuis sa création par la Conférence de La Haye de 1899 sur une idée simple : de même que les particuliers —y compris les dirigeants politiques— acceptent de se préserver de la guerre civile en se soumettant au Droit national, de même les États peuvent se préserver de la guerre en se soumettant volontairement au Droit international.

Par « Droit international » j’entends les procédures qui régissent les relations entre les États, pas celles qui, de Nuremberg au TPI, légalisent le jugement des vaincus par leurs vainqueurs.

Trois membres de l’Onu affichent désormais leur incompréhension du Droit international, tandis que d’autres n’y font plus référence et, après avoir dénaturé le concept de « Droits de l’homme » [1], préfèrent un « multilatéralisme fondé sur des règles » [2].

Trois États hors du Droit

- Le premier, ce sont les États-Unis, qui depuis leur création il y a deux siècles, s’affirment une nation « à nulle autre pareille ». Selon leur mythe national, ils furent un refuge pour la secte puritaine des « Pères pèlerins » du Mayflower et le sont aujourd’hui pour tous les persécutés, religieux et politiques. Au nom de quoi ils ont toujours refusé d’appliquer les traités internationaux en droit interne ; jugent les comportements d’autrui avec sévérité, mais absolvent a priori leurs ressortissants qui agissent de même ; et refusent que toute juridiction internationale s’intéresse à leurs affaires intérieures [3]. C’est la raison profonde pour laquelle ils poussèrent les autres pays à adhérer à la Société des Nations, mais s’y refusèrent. S’ils acceptèrent les principes du Droit international durant la Guerre froide, de la création de l’Onu à la disparition de l’URSS, ils revinrent dès qu’ils le purent à leur comportement antérieur. Ainsi, en 1999, ils attaquèrent en toute illégalité la République fédérale de Yougoslavie, emportant avec eux leurs vassaux de l’Alliance atlantique. Puis, ils lancèrent sous de faux prétextes des guerres en Afghanistan, en Iraq, et en Libye. Leurs attaques contre des Iraniens, dans deux pays du Moyen-Orient, l’Iraq et le Yémen, le 3 janvier 2020, sont toutes aussi illégales.

- Le second fut Israël dès sa proclamation unilatérale, le 14 mai 1948, en violation du processus de partage de la Palestine géographique imaginé par les Nations Unies. Depuis soixante-dix ans, Tel-Aviv observe le Conseil de sécurité voter des résolutions qu’il bafoue. Chaque fois que des sanctions sont envisagées contre lui, il peut compter sur la protection des États-Unis et n’y est pas soumis. Il se considère comme éternellement menacé et ne peut survivre que par la guerre ; une position culturelle qui prendra peut-être fin lorsque ses citoyens se définissant comme juifs (Likoud) seront moins nombreux que ceux se définissant comme Israéliens (Blanc-Bleu).

- Il en existe désormais un troisième : l’Iran. Depuis toujours, Téhéran a exécuté ses leaders opposants à étranger, partout dans le monde, mais jamais des ressortissants étrangers. Par exemple, le shah Mohammad Reza Pahlavi fit assassiner le philosophe Ali Shariati à Londres puis, après 1978, le gouvernement islamique fit assassiner des contre-révolutionnaires en Europe. Jamais ces meurtres n’étaient officiellement revendiqués. Durant la guerre imposée par l’Iraq, l’Iran fit attaquer des intérêts de ses ennemis à l’étranger ; par exemple, l’attentat contre les forces états-uniennes et françaises de l’Onu à Beyrouth en 1983. Mais celui-ci fut réalisé par des proxys libanais (qui plus tard participèrent à la fondation du Hezbollah) et dirigé contre les activités illégales de soldats de cette force (la réunion secrète régionale de la CIA). Or, depuis deux ans, des forces iraniennes ont plusieurs fois tiré, sans le revendiquer, des missiles sur Israël depuis le territoire syrien en violation du cessez-le-feu syro-israélien de 1973. Et, ce mois-ci, des missiles ont officiellement été tirés depuis l’Iran sur des forces états-uniennes en Iraq, en violation de la souveraineté de Bagdad [4].

Les États-Unis se pensent comme la nation des persécutés et ne sauraient donc recevoir de conseils des autres, les persécuteurs. Israël s’imagine comme le refuge d’un peuple menacé et ne saurait donc recevoir de conseils de ceux qui l’ont ignoré ou pire violenté. Mais l’Iran ?

L’évolution de l’Iran

Comment expliquer cette évolution, sinon par un changement profond du Pouvoir ? Tout a commencé à se dérégler fin 2013 et l’on assiste depuis 2017 à des manifestations, non seulement à Téhéran et à Ispahan, mais dans tout le pays. Petit à petit les institutions se sont transformées. Le système judiciaire indépendant de l’Exécutif et du Législatif est devenu un organe de répression politique [5], allant jusqu’à condamner à huis-clos à 15 ans de réclusion pour des motifs secrets l’ancien vice-président nationaliste Hamid Baghaie [6]. Le Conseil des Gardiens, qui —durant la Révolution— devait veiller à écarter des élections les agents de l’étranger, est devenu un organe de censure de l’opposition allant jusqu’à qualifier l’équipe de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad de « mauvais musulmans » (sic). Alors qu’en islam, la fonction cléricale est de dire le droit, nous assistons à une reprise en main du pouvoir par un clergé qui viole tous les principes juridiques.

Nous ne cessons de le dire depuis 6 ans : ceci n’a rien à voir avec l’opposition entre pro et anti-Occidentaux, ni avec la question des croyances. C’est le retour du problème séculaire des Iraniens : la vénération aveugle de la fonction cléricale, quelque soit la confession dominante. Il n’aura pas de solution sans séparation constitutionnelle des pouvoirs civils et religieux. À toutes les époques, sous toutes sortes de religions dominantes, sous toutes sortes de régimes, il s’est posé.

Je le répète, cela n’a rien à voir avec la Révolution de 1978, laquelle contrairement à une idée reçue en Occident, ne s’est pas faite avec le clergé, mais aussi contre lui. L’ayatollah Khomeiny avait été rejeté par ses pairs qui ne se sont ralliés à lui qu’après sa victoire. Ils ont alors fait du zèle pour faire oublier leurs excès antérieurs. Si nous nous référons aux documents officiels états-uniens déjà déclassifiés [7], le conseiller de Sécurité nationale d’alors, Zbigniew Brzeziński, considérait le clergé comme l’allié des USA face à un shah devenu trop gourmand. Il organisa le retour de l’imam Khomeiny en pensant à tort qu’il était comme les autres religieux. Il fut désappointé dès son discours anti-impérialiste au cimetière Behesht-e Zahra.

De nombreux acteurs du Proche-Orient ont compris cette évolution à commencer par le Hezbollah et la Syrie. Ils ont tous deux pris leurs distances avec la politique intérieure iranienne. En pleine guerre, Damas n’a pas eu d’ambassadeur d’Iran pendant plus d’un an. Les Occidentaux, eux, n’ont pas perçu ce changement parce qu’ils sont prisonniers de leur propre propagande contre la Révolution de 1978. Ils interprètent les mouvements actuels en Iran en fonction de leurs innombrables tentatives de renversement de régime et pas en observant les comportements des Iraniens.

Les explications des USA et de l’Iran devant le Conseil de sécurité

Comme à chaque intervention militaire à l’étranger, après leurs échanges de bombes, les USA et l’Iran ont assuré le Conseil de sécurité qu’ils agissaient dans le respect de la Charte des Nations unies.

La lettre de l’ambassadrice Kelly Craft annonçant l’assassinat du général Qassem Soleimani, le 2 janvier 2020, est surréaliste [8].
- Elle ne fait pas référence à la tentative simultanée d’assassinat de son adjoint, le très secret Abdul Reza Shahlai, au Yémen [9].
- Elle égrène une série d’accusations contre des alliés de l’Iran, mais aucune contre la cible elle-même.
- Les accusations du président Trump d’attaque imminente de quatre ambassades US par Soleimani n’y sont plus évoquées. Elles ont d’ailleurs été infirmées par le secrétaire à la Défense, Mark Esper [10].
Le seule accusation contre l’Iran lui-même est la réplique du 7 janvier.

La lettre de l’ambassadeur Majid Takht Ravanchi est tout aussi affligeante [11].
- Elle établit la légalité d’une réplique iranienne, mais pas de cette réplique. Rien n’autorise l’Iran à frapper le territoire iraquien sans autorisation du gouvernement de Bagdad.

D’ailleurs, l’Iraq a immédiatement protesté contre les agissements des Etats-Unis et de l’Iran [12]

L’intérêt du Droit international

Beaucoup pensent qu’il n’y a pas de raison de respecter le Droit si les autres s’en moquent. C’est qu’ils le perçoivent comme une contrainte et non comme une protection.

Dans son Léviathan, le philosophe Thomas Hobbes, qui avait vécu la guerre civile anglaise (1642-1651), montrait que les individus doivent tout entreprendre pour se protéger du chaos. Ceux qui ont affronté les armées jihadistes savent à quel point il avait raison, les autres, endormis par leur confort, l’ignorent. Hobbes allait même jusqu’à penser qu’il vaut mieux un État autoritaire que les affres du chaos. Il acceptait des dérives de l’État qu’il comparait au Léviathan, la bête monstrueuse qui ferme les enfers.

Au demeurant, le Droit international n’a rien de monstrueux. Il ne heurte aucune conscience. S’en écarter menace la paix et donc notre vie à tous.Thierry Meyssan

https://www.voltairenet.org/article208953.html

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[1] « Théorie et pratique des Droits de l’homme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er octobre 2019.

[2] « Multilatéralisme ou Droit international ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2019.

[3] Lire les actes du colloque organisé par le Carr Center for Human Rights Policy : American Exceptionalism and Human Rights, Michael Ignatieff, Princeton University Press (2005).

[4] « Estados Unidos / Irán : a propósito de sus recientes cartas remitidas al Consejo de Seguridad de Naciones Unidas relativas a sus acciones militares », Nicolas Boeglin, Derecho Internacional Público. Costa Rica, 13 de enero de 2020.

[5] « La Justice iranienne défie les partis politiques… sauf un », Réseau Voltaire, 15 août 2017.

[6] « Procès secret : 15 ans de prison ferme pour le vice-président d’Ahmadinejad », Réseau Voltaire, 28 mars 2018.

[7Foreign Relations of the United States. Iran : Revolution, January 1977–November 1979 (Under Declassification Review) ; Iran : Hostage Crisis, November 1979–September 1980 (In Production) ; Iran : Hostage Crisis, September 1980–January 1981 (Under Declassification Review), US Secretary of State.

[8] « Notification US de l’élimination de Qassem Soleimani », par Kelly Craft, Réseau Voltaire, 8 janvier 2020.

[9] “On the day U.S. forces killed Soleimani, they targeted a senior Iranian official in Yemen”, John Hudson, Missy Ryan and Josh Dawsey, The Washington Post, January 10, 2020.

[10] “Esper says he « didn’t see » specific evidence showing Iranian threat to 4 U.S. embassies”, Melissa Quinn, Face The Nation, CBS, January 12, 2020.

[11] « Notification iranienne du bombardement de bases US », par Majid Takht Ravanchi, Réseau Voltaire, 8 janvier 2020.

[12] « Violations iraniennes de la souveraineté iraquienne », par Mohammed Hussein Bahr Aluloom‎‎, Réseau Voltaire, 9 janvier 2020.

Israël et la Palestine devraient résoudre les conflits par des négociations sur un pied d’égalité (envoyé chinois)

Israël et la Palestine devraient résoudre les conflits par des négociations sur un pied d’égalité (envoyé chinois)

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 22/01/2020 13:47

Le représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies, Zhang Jun, a déclaré mardi que la communauté internationale devrait encourager Israël et la Palestine à résoudre leurs conflits par le biais de négociations sur un pied d’égalité.

« La communauté internationale, en particulier les parties qui exercent une influence notable au Moyen-Orient, devraient déployer des efforts conjoints et sur la base de l’Initiative de paix arabe, du principe ‘terre contre paix’ et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, encourager Israël et la Palestine à résoudre leurs conflits par des négociations sur un pied d’égalité », a déclaré M. Zhang lors d’un débat public trimestriel du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient.

La résolution 2334 du Conseil de sécurité stipule clairement que la construction de colonies dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, se fait en violation du droit international, a signalé le diplomate chinois.

« Les parties concernées devraient sérieusement mettre en oeuvre la résolution 2334, cesser immédiatement toutes les activités de colonisation dans les territoires occupés, mettre fin à la démolition de maisons palestiniennes ainsi qu’à la destruction de leurs biens et empêcher la violence contre les civils », a-t-il ajouté.

« Nous devons continuer à promouvoir le dialogue, la négociation et la consultation politique. La question palestinienne ne peut être résolue que politiquement. La lutte contre la violence par la violence et la menace du recours à la force ne mènent à rien », a noté M. Zhang.

« Les territoires palestiniens occupés traversent une grave crise humanitaire et le processus de paix au Moyen-Orient n’est pas sur la bonne voie », a déploré le diplomate, soulignant que la Chine en était profondément préoccupée.

« Sans une solution juste et raisonnable à la question palestinienne, il n’y aura pas de paix ni de sécurité durables au Moyen-Orient », a-t-il averti.

« Nous devons continuer à adhérer à l’objectif global d’une solution à deux Etats. La solution à deux Etats est le seul moyen correct de résoudre le problème palestino-israélien. La création d’un Etat indépendant est un droit national inaliénable du peuple palestinien, un droit qui ne saurait être échangé », a conclu M. Zhang.

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