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Sortir de la guerre contre la Syrie

Sortir de la guerre contre la Syrie

La Maison-Blanche ne parvient pas à se retirer de la guerre en Syrie. Le président Trump se heurte à la fois à l’auto-proclamé « État stable » (selon l’éditorial anonyme du New York Times), qui poursuit la stratégie Rumsfeld-Cebrowski, et aux ambitions réactivées de ses alliés israéliens, français, britanniques et turcs. La logique de ces intérêts pourrait déplacer la guerre au lieu de la résoudre.

| Damas (Syrie)

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Powerpoint extrait d’une conférence de l’amiral Cebrowki au Pentagone, le 23 juillet 2003. À gauche, en mauve, la zone dont il convient de détruire les structures étatiques.

Alors que la Maison-Blanche et la Russie se sont accordées pour mettre fin à la guerre par jihadistes interposés en Syrie, la paix tarde à venir. Pourquoi donc ?

Pourquoi la guerre contre la Syrie ?

Contrairement à une idée répandue par sept années de propagande, la guerre contre la Syrie n’est pas une « révolution qui a mal tourné ». Elle a été décidée par le Pentagone en septembre 2001, puis longuement préparée, avec quelques difficultés il est vrai.

Une guerre préparée durant une décennie

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La préparation de la guerre est largement développée dans le dernier livre de Thierry Meyssan. Il est disponible en français, en espagnol, en russe et en turc. Il paraître en septembre en anglais, en arabe et en italien.

Rappelons les principales étapes de cette planification :
- En septembre 2001, le secrétaire US à la Défense, Donald Rumsfeld adopte la stratégie de l’amiral Arthur Cebrowski. Les structures étatiques de la moitié du monde devront être détruites. Les États-Unis contrôleront l’accès des États dont l’économie est globalisée aux ressources naturelles des régions non-connectées à l’économie globale. Le Pentagone commencera son œuvre en « remodelant » le « Moyen-Orient élargi » [1].
- Le 12 décembre 2003, George Bush Jr. signe la Loi sur la restauration de la souveraineté libanaise exigeant des comptes à la Syrie (Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act). Désormais, le président des États-Unis a le droit d’entrer en guerre contre la Syrie sans avoir à passer par le Congrès [2].
- En 2004, lors du sommet de la Ligue arabe à Tunis, le président Ben Ali tente de faire passer une motion autorisant la Ligue à légitimer l’usage de la force contre les États-membres qui ne respectent pas la toute nouvelle Charte des Droits de l’homme de la Ligue.
- En 2005, la CIA organise la révolution colorée du Cèdre au Liban. En assassinant le leader sunnite Rafic Hariri et en en rendant responsables les présidents chrétien libanais et alaouite syrien, il s’agit de provoquer un soulèvement sunnite contre la Force syrienne de maintien de la paix [3]. Alors que les Marines sont prêts à débarquer à Beyrouth, la Syrie se retire d’elle-même et le soufflé retombe [4].
- En 2006, Dick Cheney confie à sa fille, Liz, le soin de créer le « Groupe pour la politique et les opérations en Iran et en Syrie » (Iran Syria Policy and Operations Group). Elle organise l’attaque israélienne contre le Hezbollah, en pensant qu’il ne résistera pas longtemps. Les Marines US débarqueront à Beyrouth et continueront leur marche « libératrice » sur Damas. L’opération ne fonctionne pas et Israël doit battre en retraite après 33 jours de combats [5].
- En 2008, Washington tente à nouveau de créer le conflit à partir du Liban. Le Premier ministre Fouad Siniora décide de couper les communications internes de la Résistance et d’interrompre les transports aériens avec Téhéran. En quelques heures, le Hezbollah renverse le dispositif militaire occidental et remet en place l’ensemble de ses infrastructures.
- En 2010, Washington adopte le « leadership par derrière » (leading from behind). L’administration Obama confie l’attaque de la Libye et de la Syrie au Royaume-Uni et à la France (accords de Lancaster House).
- En 2011, début des opérations militaires en Syrie.

Il est donc absurde d’évoquer la guerre contre la Syrie comme un événement spontané sui generis [6].

Une guerre indirecte

L’originalité de la guerre contre la Syrie est d’avoir certes été déclarée par des États (les « Amis de la Syrie »), mais d’avoir en pratique été conduite presque exclusivement par des armées non-étatiques, les jihadistes.

Durant les sept années de cette guerre, plus de 250 000 combattants sont arrivés de l’étranger pour se battre contre la République arabe syrienne. Il s’agissait certes de chair à canon, de gens souvent insuffisamment formés, mais durant les quatre premières années, ces soldats étaient mieux armés que n’était l’armée arabe syrienne. Le plus important trafic d’armes de l’histoire a été organisé pour les approvisionner en matériels de guerre [7].

Lee Occidentaux n’avaient jamais eu recours à des mercenaires à cette échelle depuis la Renaissance européenne [8].

Il est donc absurde de parler de « révolution qui a mal tourné ».

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Le démantèlement du Proche-Orient planifié par le Pentagone dans le cadre de la stratégie de l’amiral Cebrowski. Cette carte a été publiée par le colonel Peters en 2006, mais il l’avait déjà commentée, juste avant les attentats du 11 septembre 2001.

Une guerre supervisée par des alliés ayant leurs propres buts

En recourant à Israël pour attaquer le Liban, puis en confiant les guerres de Libye et de Syrie au Royaume-Uni et à la France, et enfin en utilisant les installations de l’Otan en Turquie, le Pentagone a laissé son plan être perturbé par ses alliés.

Comme dans toutes les guerres, le pays leader doit promettre à ses alliés qu’ils trouveront un retour sur leur investissement à le suivre. Or, avec l’entrée en guerre de la Russie, la victoire occidentale devenait impossible. Chaque allié des États-Unis s’est donc progressivement retourné vers sa propre stratégie dans cette région. Avec le temps, les buts de guerre des alliés ont pris le dessus sur celui des États-Unis qui refusaient, eux, de s’investir autant qu’ils auraient dû le faire militairement.

Israël

Poursuivant l’idéologie coloniale de certains de ses pères fondateurs, Israël met en œuvre une politique de division de ses grands voisins en petits pays ethniquement ou religieusement homogènes. Il a ainsi soutenu en vain la division du Liban en un État musulman et un autre chrétien, ou encore la création d’un Kurdistan en Iraq, puis en Syrie. Nous ne disposons pas des documents stratégiques israéliens, mais rétrospectivement, la ligne suivie par Tel-Aviv correspond au « plan Yinon » de 1982 [9] ou à celle de l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies de 1996 [10].

La stratégie israélienne colle dans ses grandes lignes au « remodelage du Moyen-Orient élargi » de Rumsfeld et Cebrowski. Cependant, elle n’a pas du tout le même objectif : le Pentagone veut contrôler l’accès des pays développés aux richesses de la région, tandis qu’Israël veut s’assurer qu’aucun de ses voisins ne sera assez fort pour se dresser contre lui.

Le Royaume-Uni et la France

Le Royaume-Uni et la France renouent avec leur politique coloniale, telle qu’exprimée au moment de la chute de l’empire ottoman et de la division du Moyen-Orient (les accords Sykes-Picot).

Les Britanniques reprennent la « Grande révolte arabe de 1915 » que Lawrence d’Arabie avait mise en œuvre contre les Ottomans. À l’époque, ils avaient promis la liberté à tous les Arabes s’ils renversaient le joug ottoman et plaçaient les wahhabites au pouvoir, cette fois ils leur promettent la liberté s’ils renversent tous leurs gouvernements nationaux et les remplacent par les Frères musulmans. Mais, ni en 1915, lorsque l’Empire britannique remplaça l’Empire ottoman, ni en 2011, les Arabes ne trouveront leur liberté. C’est le plan du « Printemps arabe de 2011 » [11].

Les Français cherchent à rétablir le mandat que la Société des nations leur avait confié sur la Syrie. C’est ce qu’explique le petit-neveu de Picot (celui des accords Sykes-Picot), l’ancien président Giscard d’Estaing [12]. Et c’est ce que réclame le président Hollande lors de son voyage aux Nations unies, en septembre 2015. Comme en 1921 la France s’appuie sur la séparation ethnique des Kurdes des Arabes. Elle défend donc la création d’un Kurdistan, non pas sur son territoire historique en Turquie, mais n’importe où, sur des terres arabes en Syrie.

La Turquie

La Turquie, quant à elle, rêve de réaliser la promesse de son fondateur, Mustafa Kemal Atatürk, le « Serment national » (Misak-ı Millî) [13], adopté par le Parlement ottoman le 12 février 1920. Elle entend à la fois annexer le Nord de la Syrie, y compris Alep, et éliminer les chrétiens, y compris les catholiques à Maaloula et les Arméniens à Kessab.

Elle entre en conflit avec les autres alliés : avec les Israéliens parce qu’elle veut annexer le Nord de la Syrie et non pas l’autonomiser ; avec les Britanniques parce qu’elle veut rétablir le Califat ottoman ; et avec les Français parce qu’elle s’oppose à la création d’un Kurdistan indépendant en Syrie. Surtout, elle entre en conflit avec les États-Unis eux-mêmes parce qu’ils ne font pas mystère de vouloir la détruire après avoir démantelé la Syrie [14].

Comment sortir de cette guerre ?

À l’issue de sept ans de combats, l’État syrien est toujours debout. La République arabe syrienne et ses alliés, la Russie, l’Iran et le Hezbollah sont victorieux. Les armées étrangères (les jihadistes) ont essuyé une cuisante défaite, mais pas leurs commanditaires : les États-Unis, Israël, le Royaume-Uni et la France, la Turquie.

Non seulement la guerre a réveillé les ambitions du début du XXème siècle, mais aucun des protagonistes n’ayant connu la défaite dans sa chair n’est prêt à abandonner le combat.

Il paraît stupide de vouloir reprendre à zéro une guerre déjà perdue par les jihadistes. La présence de l’armée russe rend désormais impossible toute confrontation directe. Loin d’être anéantie, la population syrienne est désormais aguerrie, prête à supporter plus encore, et beaucoup mieux armée. Surtout, elle a beaucoup réfléchi et est moins manipulable qu’en 2011. Pourtant, comme à l’époque, la rhétorique politique occidentale a repris son antienne du « Bachar doit partir ».

La logique voudrait donc que le conflit se poursuive sur un autre terrain. Si par le passé, l’amiral Cebrowski avait prévu de porter la guerre dans un second temps à l’Asie centrale et du Sud-Est, ses successeurs doivent d’abord en finir avec le Moyen-Orient élargi. Ils se donnent actuellement la possibilité de rallumer le foyer iraquien, comme on le voit avec le spectaculaire retournement de l’administration Rohani et les émeutes à Bassorah.

[1] « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[2] “Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act”, Voltaire Network, 12 December 2003.

[3] La guerre civile libanaise (1978-90) se termine par les Accords de Taëf. À la demande de la Ligue arabe et avec l’assentiment du Conseil de sécurité de l’Onu, l’armée arabe syrienne vient aider l’armée libanaise à désarmer les milices, puis elle stabilise le pays en tant que Force de maintien de la paix. Par la suite, Israël accusera la Syrie d’avoir occupé le Liban, ce qui est faux.

[4] « Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 29 novembre 2010.

[5] L’Effroyable Imposture, Tome 2, Thierry Meyssan, éditions Alphée, 2007. Cet ouvrage, qui reste de loin le meilleur sur la guerre d’Israël contre Liban en 2006, sera prochainement réédité en français avec quelques mises à jour. Il est également disponible en espagnol. Je déconseille la version arabe qui est très mal traduite.

[6] Sui generis, en latin « de son propre genre », impossible à comparer avec quoi que ce soit.

[7] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[8] C’est dans ce sens, selon un témoin présent sur place, qu’il faut comprendre la déclaration du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à la conférence des « Amis de la Syrie » de Marrakech : « Al-Nosra fait du bon boulot » (c’est-à-dire nos mercenaires d’Al-Qaïda nous rendent, à nous la France et au Conseil de coopération du Golfe, le service pour lequel nous les payons).

[9] “A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (The « Yinon Plan »)”, by Oded Yinon, Translation Israel Shahak, Kivunim (Israel) , Voltaire Network, 1 February 1982.

[10] « A Clean Break, a New Strategy for Securing the Realm », Institute of Advanced Strategic and Political Studies, Jérusalem-Washington.

[11] Voir les e-mails du Foreign Office révélés, en 2005, par Derek Pasquill.

[12] « Il faut envoyer l’ONU pour pacifier la Syrie », Propos recueillis par Henri Vernet et Jannick Alimi, Le Parisien, 27 septembre 2015.

[13] « Serment national turc », Réseau Voltaire, 28 janvier 1920.

[14] “Stability, America’s Ennemy”, Ralph Peters, Parameters, Winter 2001-02, pp. 5-20. « Blood borders : How a better Middle East would look », Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006.

http://www.voltairenet.org/article202832.html

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REVOILA ENCORE ET TOUJOURS LE ‘SCENARIO DU DIABLE’ : VERS UNE REUNIFICATION DE DAECH ET D’AL-QAIDA ET LA RELOCALISATION DES DJIHADISTES

REVOILA ENCORE ET TOUJOURS LE ‘SCENARIO DU DIABLE’ : VERS UNE REUNIFICATION DE DAECH ET D’AL-QAIDA ET LA RELOCALISATION DES DJIHADISTES

Publié par Brujitafr sur 6 Septembre 2018, 13:33pm

Catégories : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE, #POLITIQUE

REVOILA ENCORE ET TOUJOURS LE ‘SCENARIO DU DIABLE’ : VERS UNE REUNIFICATION DE DAECH ET D’AL-QAIDA ET LA RELOCALISATION DES DJIHADISTES
Et voilà qu’on parle au cœur de l’actualité du Levant, avec des
implications directes inévitables en Europe, en Asie centrale et en Afrique, d’une réunification de Daech et d’Al-Qaida, les frères ennemis du terrorisme djihadiste, séparés depuis 2016 !

Réunification déjà effective au niveau local en Irak …

Et voilà qu’on évoque un plan américain de « délocalisation des
djihadistes » de Syrie vers des bases dans des pays arabes pro-US.
Plan qui évoque inévitablement la relocalisation, effective celle-là,
de forces djihadistes de Daech de Syrie et d’Irak en Afghanistan !
Et voici que la presse israélienne fait des révélations sur l’aide
directe de Tel-Aviv aux djihadistes du Golan !
Derrière toute cette agitation, il y a une réalité immédiate : la
bataille pour le contrôle par l’Etat syrien de la province d’Idlib,
dernier refuge des djihadistes de Syrie jusque là protégés par Ankara.
Ce que j’ai appelé « la mère de toutes les batailles » (1), l’ultime
combat de la Guerre de Syrie. Qui n’est pas une « guerre civile » mais
une guerre d’agression menée par le Bloc américano-occidental, les
israéliens et leurs alliés réactionnaires arabes. Et il y a surtout,
encore et toujours, le jeu diabolique des USA et de l’OTAN avec les
djihadistes : ce que j’ai appelé le « scénario du diable » …

# INTRODUCTION

POUR COMPRENDRE CE QU’EST LE « SCENARIO DU DIABLE » …

L’Union Européenne, avec les américains et les pays de l’OTAN, a tenté
« ce scénario du diable », c’est-à-dire qu’ils ont crus qu’ils
pouvaient instrumentaliser le terrorisme djihadiste pour servir leurs
intérêts géopolitiques. Mais comme dit le vieux proverbe français «
pour dîner avec le diable, il faut prendre une longue cuillère sans
quoi on se brûle les doigts », aujourd’hui les puissances européennes,
les services secret européens, se sont brûlés non pas les doigts mais
les bras et jusqu’au coude !
* Lire l’interview de Luc MICHEL pour SITA :
INTERVIEW DE LUC MICHEL PAR LE SITE ARABE ‘SITA INSTITUTE’ :
DJIHADISMES – TERRORISME – IMMIGRATION. QUAND L’AGENDA PROCHE-ORIENTAL
S’IMPOSE EN EUROPE …
La grande interview du géopoliticien Luc MICHEL par Jan Vanzeebroeck
et Samar Radwan (Beyrouth), pour le site arabe libanais ‘SITA
INSTITUTE’
POUR COMPRENDRE  CE QUI OPPOSE LA « GUERRE AU TERRORISME » OCCIDENTALE
A LA GUERRE CONTRE LE TERRORISME POUR L’ANNIHILER …
Poutine, Bachar El Assad, Idriss Deby Itno : comment trois chefs
d’Etat patriotes mènent seuls la guerre contre les forces du mal ?
la Guerre pour annihiler le terrorisme VS le Théâtre occidental de la
« guerre au terrorisme » (Plus de trente ans d’imposture et le
prétexte de toutes les ingérences occidentales) …
* Voir sur PCN-TV/ LUC MICHEL :
POUTINE – ASSAD – DEBY ITNO.
LES TROIS PRESIDENTS QUI COMBATTENT VRAIMENT LE DJIHADISME !
Au milieu  de ce « scénario du diable », il y a évidement la
différence fondamentale  qu’il faut faire entre  la guerre
américano-occidentale « au terrorisme » et la guerre « contre le
terrorisme ». La guerre au terrorisme, elle, a été lancée à l’époque
par Bush II, c’est un grand théâtre, une comédie, le but ce n’est pas
d’annihiler les terroristes, c’est de les utiliser au service de la
grande géopolitique américaine. Le terrorisme est aujourd’hui, voir
les cas de la Syrie ou de l’Irak, mais aussi et surtout de l’Afrique,
un prétexte à l’ingérence occidentale, à l’ingérence des armées
occidentales, à la neutralisation  des armée africaines.

# I-

VERS UNE EVENTUELLE FUSION DE DAECH ET D’AL-QAÏDA?

Une fusion éventuelle des groupes terroristes Daech et Al-Qaïda n’est
plus exclue …
« Al-Qaïda et le groupe terroriste Daech auraient l’intention de
former une grande organisation d’une haute capacité de destruction »,
a averti ce 3 septembre Sergueï Kojtev, le chef adjoint de l’un des
services de renseignement de la Confédération de Russie, cité par
‘Mehr news’. « Une fusion éventuelle des groupes terroristes Daech et
Al-Qaïda représente une nouvelle menace potentielle à l’échelle
mondiale », a déclaré le directeur du Comité exécutif régional pour la
lutte antiterroriste au sein de l’Organisation de coopération de
Shanghai (OCS),a écrit ‘Tass’.
LES USA CREENT DES «ZONES D’OMBRE» POUR LES TERRORISTES EN SYRIE ET EN IRAK
Les USA créent des «zones d’ombre» pour les terroristes en Syrie pour
justifier ainsi leur présence dans la région, commente ‘Mehr News’.
« Les États-Unis créent les conditions qui pourraient favoriser la
réapparition de Daech en Syrie après que les troupes américaines
auront quitté les zones qu’elles contrôlent actuellement », estime
Dmitri Polansky, représentant permanent par intérim de la Russie
auprès de l’ONU. « La réalité est que les États-Unis cherchent à
épargner des milliers de terroristes capturés en Syrie, engendrant
ainsi le risque d’une renaissance de Daech dans les zones proches de
l’Euphrate, après le retrait des troupes américaines », a déclaré
Dmitri Polansky lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.
Au même moment, en Irak Daech et al-Qaïda s’unissent ! Selon un
responsable de la province irakienne d’al-Anbar, « Daech et al-Qaïda
se sont unis pour créer un nouveau groupe dans la province de Diyala
».
IRAK : DAECH ET AL-QAÏDA ONT FORME UN NOUVEAU GROUPE DANS LA PROVINCE DE DIYALA
Le porte-parole du conseil de la province irakienne d’al-Anbar, Eid
Amash, a déclaré que « le nettoyage des régions désertiques de l’ouest
du pays de la présence de Daceh n’était pas suffisant pour mettre fin
au terrorisme ». Amash a insisté sur le fait que « les reliquats de
Daech et de son homologue terroriste, al-Qaïda, ont formé un nouveau
groupe terroriste ». Il a ajouté que « ces éléments se sont rassemblés
dans la région montagneuse de Hamrin, dans la province de Diyala, et
qu’ils y ont formé le groupe appelé Ahrar al-Sunnah ». La chaîne de
télévision ‘Al-Alam al-Harbi’, citant un responsable irakien, a
rapporté qu’un terroriste nommé al-Mansouri dirigeait ce groupe
nouvellement formé. Amash a encore indiqué que « le groupe se
composait de 450 éléments armés et que jusqu’à présent personne ne
connaît leurs tendances ».
Concernant les opérations de l’armée dans les zones désertiques de la
province al-Anbar, Amash a affirmé : « La province est sûre et il n’y
a plus d’activités terroristes, et ce pour la simple raison que les
forces de sécurité irakiennes sont toujours présentes sur place. » Le
porte-parole du conseil de la province d’al-Anbar, expliquant que « le
terrorisme émergerait de nouveau si les forces de sécurité quittaient
la zone », a appelé à la « formation d’une unité militaire dont la
mission serait de protéger exclusivement les zones désertiques ».
Les sources de sécurité présentes dans la province d’al-Anbar ont
annoncé la semaine dernière que « plus d’un millier de daechistes sont
présents dans les zones désertiques de la province d’al-Anbar et que
les forces de sécurité sont en train de les pourchasser ». Toujours
selon ces sources, « les terroristes de Daech assiégés dans le désert
occidental d’al-Anbar fuient la région avec l’avancée des troupes
irakiennes, mais ils ne peuvent se rendre pour autant en Syrie à cause
des chasseurs irakiens qui survolent continuellement la région ».

# II-

ISRAËL DIT AVOIR FOURNI DES ARMES AUX TERRORISTES EN SYRIE

Ce « scénario du diable » a sa version israélienne ! Israël reconnaît
avoir fourni une grande quantité d’armes aux terroristes syriens dans
les hauteurs du Golan (2). Le ‘Jerusalem Post’ a publié un rapport
révélant les aides de l’armée israélienne aux terroristes en Syrie. «
L’armée israélienne a admis, pour la première fois, qu’elle
fournissait des sommes d’argent, des armes et des munitions aux
terroristes retranchés dans les hauteurs du Golan à la frontière
syrienne », écrit le journal cité par ‘4jewish’.
Alors que l’armée israélienne avait prétendu jusque là ne pas
intervenir dans la guerre civile en Syrie, elle a annoncé ce 3
septembre que dans le cadre de la soi-disant opération « Bon Voisin »
(sic), Israël fournissait régulièrement aux terroristes en Syrie des
armes légères, des munitions et une quantité substantielle d’argent.
Dans le cadre de l’opération « Bon Voisin » d’aide humanitaire aux
Syriens (resic) lancée en 2016, « l’armée israélienne a fourni plus de
1.524 tonnes de nourritures, 250 tonnes de vêtements, 947.520 litres
de carburant, 21 générateurs, 24.900 équipements médicaux et
médicaments » …
GOLAN: ISRAËL S’APPRETE A LIQUIDER SES PROPRES AGENTS
« Opérant un revirement à 180 degrés, Tel-Aviv s’apprête à présent à
liquider ses agents.
Bien auparavant, le gouvernement syrien avait annoncé dans de
multiples rapports la saisie d’armes et de munitions en provenance
d’Israël ». Israël a armé « au moins sept groupuscules terroristes
différents implantés sur le plateau du Golan en Syrie. Au groupe
terroriste Fursan al-Joulan, qui compte environ 400 membres, le régime
israélien a fourni une aide financière mensuelle évaluée à environ
5.000 dollars ». « Israël s’est tenu à nos côtés d’une manière
héroïque au point que nous n’aurions pas survécu sans l’aide d’Israël
», a déclaré le porte-parole du groupe Motasem al-Joulani, au ‘Wall
Street Journal’ dans un rapport de janvier 2017. Notons encore que le
‘Jerusalem Post’ a supprimé l’information révélée sur son site
quelques minutes après sa publication, mais le site ‘4jewish’ l’a
republiée.
NOTES :
(1) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
SYRIE : VERS L’AFFRONTEMENT FINAL A IDLIB EN SYRIE ?
Et LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
FLASH VIDEO/ SYRIE – IDLIB LA MERE DE TOUTES LES BATAILLES ? (VERS
L’AFFRONTEMENT FINAL A IDLIB II)
(2) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
OU VA ISRAEL ? (III) : LE GOLAN, DE BUTIN DE GUERRE ANNEXE A ENJEU
GEOSTRATEGIQUE
(Sources : Mehr News – Tass – Jerusalem Post – 4jewish – Wall Street
Journal – EODE Think Tank)
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire –
Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme
(Vu de Moscou et Malabo) :
PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
________________
* Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ) :
PAGE OFFICIELLE III – GEOPOLITIQUE
* EODE :

Cyber-espionnage : « Les Émirats collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans »

Politique

Cyber-espionnage : « Les Émirats collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans »

05 septembre 2018 à 15h37 | Par

L’affaire de la mise sur écoute de certains dirigeants du Qatar par les Émirats arabes unis, via une société israélienne, n’impactera pas à l’avenir leur usage des cybertechnologies, selon Andreas Krieg, spécialiste des questions de sécurité, qui décrypte la politique émiratie en la matière.

Le New York Times a révélé fin août comment les Émirats arabes unis, via une société de cyber-espionnage israélienne, NSO Group, ont placé sur écoute plusieurs citoyens émiratis, ainsi que de nombreux membres de la famille régnante du Qatar, dont l’émir lui-même, sans oublier Mutaib Bin Abdulaziz Al Saoud, rival potentiel de Mohamed Ben Salmane avant la désignation de ce dernier comme prince héritier en 2015.

Andreas Krieg, spécialiste des questions militaires et de sécurité au Moyen-Orient au King’s College de Londres, décrypte pour JA les dessous de l’affaire.

De quand datent ces liens « contre-nature » entre les Émirats et des entreprises israéliennes ?

Les Émirats ont depuis longtemps investi dans la cyber-sécurité et collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans. Des entreprises comme NSO sont des poids lourds du marché du cyber-espionnage, de la subversion et du sabotage. Et depuis les Printemps arabes, les Émirats se sont transformés en un État obsédé par la crainte de la dissidence intérieure et des troubles populaires. En tant qu’État policier, les Émirats ont simplement recruté les meilleurs pour parvenir à pénétrer en profondeur la vie privée de ses citoyens.

Les Émirats ne se montreront pas plus gênés à l’avenir, tant c’est un outil puissant d’infiltration et d’influence cachée

Peut-on imaginer que Mohamed Ben Salmane soit complice de la mise sur écoute de son cousin et rival Mutaib ?

Les Émirats font depuis longtemps un usage agressif des cybertechnologies. Récemment, ils ont hacké l’Agence de presse du Qatar pour légitimer les mesures prises contre leur voisin. Il est plausible que les Émirats offrent de tels services à leurs agents et partenaires. Dans le cas de l’espionnage du prince saoudien, il paraît hautement probable que Mohamed Ibn Zayed ait voulu montrer à son protégé Mohamed Ben Salmane qu’il pouvait l’aider. Les Émirats ne se sont jamais gênés d’avoir recours au cyber-espionnage vis-à-vis de leurs voisins et citoyens. Et ils ne se montreront pas plus gênés à l’avenir, tant c’est un outil puissant d’infiltration et d’influence cachée.

NSO n’aurait jamais pu travailler avec les Émirats sans la permission du gouvernement israélien

Quels sont les liens entre NSO et le gouvernement israélien ?

Le développement du secteur high-tech israélien est très fortement lié à l’industrie de la défense israélienne, en particulier celui des technologies de l’information. NSO recrute d’anciens spécialistes de la sécurité d’Israël et maintient d’étroites relations avec le gouvernement. Il s’agit d’une politique délibérée où secteur privé et public partagent informations et équipes. NSO n’aurait jamais pu travailler avec les Émirats sans la permission du gouvernement israélien. Et je suis convaincu que ce partage d’informations avec Israël, qu’il soit volontaire ou non, rend vulnérable les Émirats.

Ce partage peut-il s’analyser à la lumière du rapprochement politique entre les deux pays ?

Mohamed Ibn Zayed et le gouvernement de Benyamin Netanyahou partagent un agenda commun. Ils partagent la peur et la haine de quelque forme d’activisme civil islamique que ce soit. Ils voient tous deux l’islamisme comme la plus grave menace dans la région. En termes d’intérêts et de valeurs, Israël et les Émirats de Mohamed Ibn Zayed ont beaucoup en commun.

Je présume que le gouvernement saoudien actuel a largement bénéficié de ce cyber-espionnage

Comment ceux qui ont été mis sur écoute, et notamment les officiels qataris, peuvent-ils riposter ?

Je ne crois pas que les cibles puissent faire quoi que ce soit. Le cyber-espionnage et le hacking vont de paire avec le déni des responsables. Et c’est pratiquement impossible à tracer, par conséquent il est compliqué d’imaginer une action en justice contre les Émirats. Et je présume que le gouvernement saoudien actuel a largement bénéficié de ce cyber-espionnage. D’ailleurs il perçoit Mohamed Ibn Zayed comme un grand frère, non comme un ennemi.

Qui veut relancer la guerre en Syrie ?

Qui veut relancer la guerre en Syrie ?

Sept ans après le début de la guerre contre la Syrie, par jihadistes interposés, les partisans de sa destruction veulent la relancer. Pourtant, ils ont essuyé une défaite certaine sur le terrain où la population, un instant hésitante, a massivement choisi de soutenir la République. Cette tentative de reprendre la guerre à son début ne peut se comprendre que si son objectif a évolué.

| Damas (Syrie)

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La petite Hala (six ans) a été choisie par le MI6 pour annoncer une nouvelle attaque chimique attribuée au « régime » syrien contre la population civile d’Idleb.

Créé en janvier 2018 à Washington, sous la présidence de David Satterfield, le « petit groupe » avait pour but de relancer le projet Rumsfeld-Cebrowski de destruction des structures étatiques du Moyen-Orient en général et de la Syrie en particulier. Il comportait initialement l’Arabie saoudite, les États-Unis, la France, la Jordanie et le Royaume-Uni (étant entendu que les pays arabes membres ne seraient pas détruits à court terme).

Secrète à sa création, cette entité est progressivement devenue publique tandis que l’Allemagne et l’Égypte l’ont rejointe. Elle semble être devenue plus raisonnable et chercher maintenant une honorable sortie de crise. Aussi a-t-elle noué des contacts avec le groupe d’Astana (Iran, Russie, Turquie).

Pourtant, le Royaume-Uni a relancé le projet contre la Syrie en préparant une opération sous faux drapeau à Kafr Zita. Pour cela des spécialistes de la société Olive ont été envoyés sur place et des armes chimiques ont été acheminées dans le gouvernorat d’Idlib. Les Casques blancs ont enlevé 44 enfants. Le MI6 prévoyait de les sacrifier et d’attribuer leur assassinat à une attaque chimique de l’Armée arabe syrienne contre les « rebelles ».

Le MI6 avait organisé à l’avance la dissémination de cette intoxication à partir du témoignage à venir d’une petite enfant, Hala (photo). Il avait créé un compte Twitter à son nom, le 29 juillet, et une trentaine de médias s’y sont immédiatement abonnés, attendant son signal (opération « Eyes on Idlib »). Parmi eux on compte la BBC [1], Radio Free Europe/Radio Liberty [2], BuzzFeed et The Huffington Post [3] ; des médias qui participent sciemment à la propagande de guerre britannique.

Simultanément, le Pentagone a déployé dans le Golfe le destroyer USS The Sullivans (DDG-68) avec 56 missiles de croisière à son bord et envoyé un bombardier stratégique В-1В doté de 24 missiles de croisière air-sol AGM-158 JASSM sur la base aérienne Al-Udeid au Qatar.

Si la responsabilité du Premier ministre britannique Theresa May est établie concernant les actes du MI6, on ignore qui a ordonné le déploiement militaire US.

Toujours à la traîne de Londres, le président français Emmanuel Macron a déjà théorisé la reprise de la guerre devant ses ambassadeurs réunis à Paris. Ainsi, méprisant le Peuple syrien, qui a élu démocratiquement son président, s’est-il proposé de choisir pour lui : « Respectons la souveraineté de la Syrie, mais respectons-la vraiment, en permettant au peuple de s’exprimer et de l’incarner », a-t-il déclaré.

Les auteurs de ce plan savent très bien qu’ils ont déjà perdu la guerre si on la considère uniquement d’un point de vue syrien. Leur nouvel objectif semble aller bien au-delà. Il s’agit pour eux de provoquer un conflit avec la Russie ; c’est à dire une guerre qui deviendrait rapidement mondiale.

La Syrie et la Russie ont réagi en révélant les faits. Puis la Russie a envoyé quantité de matériels militaires à Tartous via le porte-container Sparta-3. Moscou a également renforcé sa présence au large de la Syrie (actuellement dix navires et deux sous-marins) en planifiant de vastes manœuvres militaires, impliquant vingt-cinq navires et une trentaine d’avions.

Affolé, le département d’État vient d’envoyer l’ambassadeur James Jeffrey apaiser les pays de la région. Il est attendu en Israël, en Jordanie et en Turquie. Il est accompagné de l’adjoint de David Satterfield, le colonel du Renseignement militaire Joel Rayburn. La délégation US assurera à tous ses interlocuteurs que Washington ne se prépare pas à bombarder la Syrie sous un prétexte fabriqué.

Dont acte.

Si les hôtes de la délégation US en ont le courage, ils ne manqueront pas de demander des précisions : l’assistant du secrétaire d’État pour le Moyen-Orient élargi, David Satterfield, poursuit-il la politique de George Bush Jr et de Barack Obama ou met-il en œuvre la nouvelle politique de Donald Trump ? Si la position de Londres est clairement anti-Russe, et celle de la Maison-Blanche pro-US [4], qu’en est-il exactement de celle du Pentagone ?

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] La BBC est l’organisme britannique public de radio-diffusion.

[2] Radio Free Europe/Radio Liberty est une radio publique créée par la CIA durant la Guerre froide et directement financée par le Congrès.

[3] BuzzFeed et le Huffington Post ont tous les deux été créés par Jonah Peretti. Ils poursuivent aujourd’hui une ligne éditoriale violemment anti-Trump et anti-Russes.

[4] C’est toute la différence avec ses prédécesseurs, George Bush Jr et Barack Obama. Ceux-ci défendaient des intérêts financiers transantionaux au détriment de l’économie états-unienne.

http://www.voltairenet.org/article202685.html

Washington ne financera plus l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

samedi 1er septembre 2018
Gilles Paris, Le Monde

Washington ne financera plus l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

Les Etats-Unis envisagent par ailleurs d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés.

La menace s’est concrétisée vendredi 31 août pour l’Autorité palestinienne. Après des mois de tensions, Washington a annoncé par la voix du département d’Etat qu’il allait réduire à néant sa participation au fonctionnement de l’agence des Nations unies (ONU) chargée spécifiquement des réfugiés palestiniens (UNRWA).

Cette suppression s’ajoute à celle de 200 millions de dollars (172 millions d’euros) d’aide bilatérale décidée le 25 août. L’aide globale des Etats-Unis aux Palestiniens s’élevait en 2017 à plus de 350 millions de dollars. Une somme liée au rôle longtemps prépondérant des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien.

Un peu plus tôt, Berlin avait annoncé une augmentation « substantielle » de sa contribution à l’UNRWA et appelait ses partenaires européens à faire de même. L’agence aide plus de trois millions de Palestiniens, parmi les cinq millions enregistrés comme réfugiés, notamment à travers ses écoles et ses centres de santé. Sa capacité de travail est en « jeu », a écrit le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, dans une lettre à ses homologues européens, réunis à Vienne jeudi et vendredi.

Ces ressources, poursuit-il dans la lettre, ne suffiront pas à compenser le retrait américain et, par conséquent, l’Union européenne (UE) doit « faire de nouveaux efforts ». La présence de cette agence est « un facteur clé pour la stabilité, en particulier dans la bande de Gaza ». Sa paralysie pourrait « déclencher une réaction en chaîne incontrôlable », met en garde M. Maas.

« Expansion sans fin et exponentielle »

Début 2018, l’administration de Donald Trump avait déjà coupé de moitié sa participation à l’UNRWA. L’aide avait été réduite à environ 60 millions de dollars.

Le 25 août, le département d’Etat avait ensuite annoncé son intention de réorienter vers « des programmes hautement prioritaires ailleurs » la somme de 200 millions de dollars prévus pour des programmes en Cisjordanie et à Gaza. Cinq jours plus tard, le Washington Post avait assuré sans être démenti que la dernière tranche d’aides à l’UNRWA serait également supprimée prochainement.

S’exprimant devant la Foundation for Defense Democracies, un think-tank pro israélien de Washington, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, avait laissé entendre, le 30 août, que son pays interrompra cette aide jusqu’à ce que l’agence des Nations unies se réforme, citant le contenu des enseignements qu’elle dispense dans ses très nombreux établissements scolaires, jugés agressifs vis-à-vis d’Israël.

Tout en invitant les pays arabes du Golfe à plus s’impliquer financièrement auprès de l’agence, elle avait également ajouté comme condition la définition par l’UNRWA d’un « nombre juste » de réfugiés palestiniens. Vendredi, la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, a indiqué que « l’expansion sans fin et exponentielle de la communauté de bénéficiaires n’est pas viable ».
Modifier les paramètres de la négociation

Cette mention renvoie aux courriers internes à l’administration de Donald Trump publiés le 3 août par le magazine Foreign Policy. Chargé depuis l’arrivée à la Maison Blanche de son beau-père de la préparation d’un plan de paix israélo-palestinien, son gendre et conseiller Jared Kushner y fait état de son intention de liquider « une agence qui perpétue le statu quo, qui est corrompue, inefficace et qui n’aide pas à la paix ».

Selon le Washington Post, les Etats-Unis envisagent d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés, qui s’élève aujourd’hui à cinq millions de personnes. L’administration Trump souhaiterait que ce statut soit limité aux personnes en vie au moment de la création de l’agence, il y aura bientôt soixante-dix ans, soit environ un dixième du total. « Il ne revient pas à l’administration américaine de définir le statut des réfugiés palestiniens », a réagi le représentant de l’Autorité palestinienne à Washington, Husam Zomlot.

Il ne s’agit pas de la première tentative de la part des Etats-Unis de modifier les paramètres de la négociation entre Israël et les Palestiniens en violation des résolutions de l’ONU. En décembre 2017, le locataire de la Maison Blanche avait ainsi reconnu unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, alors que les Palestiniens souhaitent établir la leur dans la partie annexée par la force en 1967.
Donald Trump a estimé, le 28 janvier, aux côtés du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, à Davos, en Suisse, que cette décision a retiré la question du partage de Jérusalem, particulièrement délicate, de la table d’éventuelles négociations. « Nous n’avons plus à en parler », a-t-il affirmé.
La mesure « la plus anti-israélienne » de Trump

La réduction a minima du nombre de réfugiés palestiniens s’inscrit dans la même logique qui épouse fidèlement les positions israéliennes. Elle est accompagnée par le feu vert tacite donné par Washington à l’expansion des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, une autre rupture de taille avec les administrations précédentes, démocrates comme républicaines.

Le coup de force américain sur Jérusalem a cependant entraîné une crise sans précédent avec l’Autorité palestinienne. La préparation du plan de paix de Jared Kushner, annoncé de longue date mais qui tarde à se concrétiser, se limite pour l’instant au dialogue du gendre du président des Etats-Unis avec les autorités israéliennes, élargi ponctuellement aux capitales arabes alliées de Washington.

Redoutant une déstabilisation des territoires palestiniens, l’ancien négociateur américain Aaron David Miller a jugé, jeudi sur son compte Twitter, que l’assèchement des fonds de l’UNRWA serait la mesure « la plus anti-israélienne » prise par Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Gilles Paris, correspondant à Washington

http://www.france-palestine.org/Washington-ne-financera-plus-l-agence-de-l-ONU-pour-les-refugies-palestiniens

Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée

Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée


Stephen Lendman

Par Stephen Lendman – Le 3 août 2018 – Source son blog

L’UE entretient des relations normales avec Israël sur les plans politique, économique, financier, technologique et culturel.

La critique, lorsqu’elle est formulée, exclut tout ce qui pourrait donner lieu à des démarches concrètes pour obliger l’État juif à rendre compte de ses actes criminels.

Bruxelles n’a jamais rien fait pour s’opposer à ses décennies d’occupation illégale, sa violation des lois, normes et standards internationaux fondamentaux, son blocus suffoquant de Gaza, ses trois guerres d’agression sur la bande de Gaza, quantités d’autres violations des droits de l’homme et des droits civils, sa guerre non déclarée contre la Syrie, son soutien à EI et à d’autres terroristes, ainsi que quantités d’autres crimes trop graves pour qu’on puisse les ignorer.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, soutient les agendas impérialistes américains et israéliens, leur militarisme et leur belligérance, leur mépris pour la paix et la stabilité du monde.

Ses médias ont rapporté les critiques creuses qu’elle a adressées au ministre d’extrême-droite israélien de la sécurité publique, Gilad Erdan :

« L’UE rejette fermement les accusations selon lesquelles elle est impliquée dans le financement d’activités qui soutiennent le terrorisme ou les terroristes. »

ajoutant :

« Les accusations israéliennes sont ‘sans fondement et inacceptables, vagues et non étayées’. » Mogherini répondait à Erdan qui avait accusé l’UE et ses partenaires de soutenir des groupes qu’Israël qualifie faussement de terroristes, et de boycotter Israël.

Le régime de Netanyahou accusait les groupes palestiniens de défense des droits de l’homme d’avoir des liens avec le Front populaire de libération de la Palestine qu’il qualifie mensongèrement d’organisation terroriste comme le Hamas, le Hezbollah et tous les groupes qui résistent au terrorisme d’État israélien.

Par ailleurs, jeudi, les chefs de mission de l’UE à Jérusalem et à Ramallah ont déclaré qu’ils « expriment leur vive inquiétude devant l’inauguration officielle, le 1er août, d’un centre touristique, géré par une organisation de colons, dans le quartier Batn al-Hawa/Silwan de Jérusalem-Est occupée, dans un bâtiment d’où cinq ménages appartenant à la famille palestinienne Abu Nab ont été expulsés en 2015 ».

ajoutant :

« Environ 180 ménages palestiniens à Jérusalem-Est, dont une centaine dans la seule ville de Batn al-Hawa, risquent d’être expulsés de leurs maisons, ce qui favorisera la poursuite de la colonisation de la ville, comme dans le cas présent.

 Les missions de l’UE à Jérusalem et à Ramallah rappellent les conclusions et déclarations successives du Conseil des affaires étrangères dans lesquelles l’UE a réitéré sa forte opposition à la politique de colonisation d’Israël et aux mesures prises dans ce contexte, y compris les expulsions et les démolitions.

Les activités de colonisation à Jérusalem-Est compromettent sérieusement la possibilité que Jérusalem serve de future capitale des deux États, elles sont illégales en vertu du droit international et compromettent la solution à deux États et la perspective d’une paix durable. »

Ni l’UE, ni les États-Unis, ni l’ONU, ni les dirigeants du monde n’ont fait quoi que ce soit pour contraindre Israël à répondre de plus d’un demi-siècle de développement illégal de colonies de peuplement sur des terres palestiniennes volées.

Ils n’ont jamais rien fait de concret pour s’opposer aux crimes d’Israël dont la liste est trop longue et l’horreur trop grande  pour qu’on puisse les ignorer.

La critique purement formelle et non-accompagnée de démarches concrètes pour obtenir qu’Israël rende des comptes est vide de sens, cela revient à donner un feu-vert à l’État hébreu pour faire ce qui lui plaît.

La dernière fois que l’UE a formulé un de ses vaines critiques à l’encontre du régime de Netanyahou, c’est quand il a alloué 4,5 millions de shekels au Centre du patrimoine juif yéménite pour mettre en place un projet illégal d’implantation près de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée.

Cela fait partie du projet de longue date d’Israël de coloniser toutes les terres de Judée et de Samarie qui ont quelque valeur, de déposséder les habitants autochtones de la Palestine, de voler tout ce qui leur appartient.

Stephen Lendman est né en 1934 à Boston, Massachussets. Après avoir travaillé pendant sept ans comme analyste en recherche marketing, il a rejoint l’entreprise familiale où il est resté jusqu’à sa retraite à la fin de l’année 1999. Il a commencé à écrire sur les grands enjeux mondiaux et nationaux à l’été 2005, et participe à des émissions de radio sur le Progressive Radio Network trois fois par semaine, où sont débattues les grandes questions mondiales et nationales. Lendman est lauréat du Project Censored 2008 et lauréat du prix international de journalisme 2011 du Club des journalistes mexicains.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/les-critiques-formelles-disrael-par-lue-ne-sont-quun-ecran-de-fumee

 

Gaza: les groupes palestiniens cessent les tirs de roquettes après une nuit d’hostilités

Gaza: les groupes palestiniens cessent les tirs de roquettes après une nuit d’hostilités

Frappes israéliennes sur la bande de Gaza, dans la nuit du 8 au 9 août 2018 / © AFP / MAHMUD HAMS

Le Hamas et ses alliés ont fait taire les armes jeudi après un barrage de roquettes contre Israël dont la lourde riposte aérienne contre des dizaines de cibles dans la bande de Gaza a coûté la vie à une Palestinienne enceinte et son bébé.

Le calme était revenu en fin d’après-midi dans les bande de Gaza et sur ses pourtours israéliens après les hostilités de la nuit poursuivies jusque dans la matinée, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Mais une quatrième guerre dans la bande de Gaza depuis 2008 continue à menacer. L’issue de discussions indirectes engagées par Israël et le Hamas avec l’entremise de l’Egypte et de l’ONU pour dissiper ce spectre et tenter d’établir une trêve durable est plus incertaine que jamais.

Les groupes armés palestiniens « ont cessé vers midi (09H00 GMT) toutes les opérations de représailles contre l’agression israélienne », a déclaré un membre de leur commandement conjoint dans une possible référence à la mort, mardi, de deux membres de la branche armée du Hamas dans une frappe israélienne.

Le Hamas et ses alliés « considèrent cet épisode d’escalade comme terminé », a-t-il ajouté.

L’ordre a été globalement respecté. Une roquette a cependant atterri après l’annonce de l’arrêt des tirs près de Beer-Sheva, à une quarantaine de kilomètres de Gaza. L’engin n’a pas fait de dégât ni de victime. Mais, selon les médias israéliens, c’est la première fois depuis la guerre de 2014 qu’une roquette est envoyée à une telle distance, et non pas à proximité immédiate de Gaza, comme un avertissement possible lancé à Israël.

Les environs israéliens de Gaza ont essuyé entre mercredi soir et jeudi plus de 180 tirs de roquettes et de mortier, auxquels l’aviation israélienne a riposté en frappant plus de 150 sites militaires du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige l’enclave, selon des chiffres fournis par l’armée israélienne.

Le cercueil renfermant les corps d’une Palestinienne de 23 ans, Enas Khammash, et de sa fille de 18 mois, Bayan, transporté lors de leurs funérailles à Deir al-Balah dans la bande de Gaza, le 9 août 2018 / © AFP / SAID KHATIB

Le territoire reclus, appauvri et coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, a résonné des frappes israéliennes pendant des heures, d’imposants panaches de fumée et des boules de feu s’élevant dans les airs.

Trois Palestiniens, dont une femme enceinte de 23 ans, Enas Khammash, et sa fille Bayan de 18 mois, ont été tués dans ces raids israéliens, ont rapporté les secours gazaouis. Le troisième Palestinien tué a été identifié par le Hamas comme appartenant à sa branche armée.

Abdullah Khammash, 31 ans, un cousin de la femme et de l’enfant tuées, a interpellé à distance le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman.

« Je dis à Lieberman: +Venez voir vous-mêmes les dégâts. Qu’est-ce que cette petite fille avait fait de mal? », s’est-il ému. La famille n’a aucun lien avec les groupes armés, a-t-il protesté.

La maison touchée se trouve à quelques centaines de mètres d’une importante base du Hamas.

Un porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a dit ne pas avoir d’informations sur cet évènement, mais, « par définition, nous avons seulement visé des cibles militaires utilisées par le Hamas ». Douze autres Palestiniens ont été blessés dans les raids.

Une voiture endommagée par les tirs de roquettes venus de Gaza à Sdérot, localité israélienne, le 9 aout 2018 / © AFP / JACK GUEZ

Côté israélien, la pluie de roquettes venue de Gaza a ranimé les scènes connues de civils se précipitant vers les abris.

A Sdérot, localité atteinte par plusieurs projectiles, Hagit Shitert, 45 ans, a elle aussi couru pour se protéger. Dans la panique, un de ses fils s’est blessé dans l’escalier quand une roquette est tombée près de leur immeuble, criblant la bâtisse d’éclats, pulvérisant l’arrière d’une voiture et laissant un trou béant dans le sol. Mais « jamais, jamais, je ne partirai », assure-t-elle.

Hormis Sdérot, la plupart des projectiles sont tombés dans des zones inhabitées et le système de défense anti-aérien israélien a intercepté plus de 30 engins, selon l’armée.

Une Thaïlandaise d’une trentaine d’années a cependant été gravement touchée au ventre par des éclats jeudi matin. Trois autres personnes ont été atteintes de la sorte, ont indiqué les secours.

Ces hostilités sont la troisième confrontation majeure depuis juillet, ébranlant une nouvelle fois le cessez-le-feu tendu observé depuis 2014 par Israël et le Hamas ainsi que ses alliés de part et d’autre de la barrière de sécurité israélienne qui ferme hermétiquement la frontière avec Gaza.

Les accès de fièvre se multiplient depuis le 30 mars et le début d’un mouvement de protestation palestinien le long de la barrière pour dénoncer, entre autres, le blocus imposé par l’Etat hébreu à l’enclave. Les tensions ont été exacerbées par le transfert, le 14 mai par les Etats-Unis, de leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

Gaza Strip / © AFP / Sophie RAMIS

Au moins 165 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars. Un soldat israélien a été tué le 20 juillet près de Gaza, pour la première fois depuis 2014.

– « Croisée des chemins » –

L’envoyé spécial de l’ONU Nickolay Mladenov, a appelé toutes les parties à « s’éloigner du bord du gouffre ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu réunit jeudi après-midi le cabinet de sécurité, forum restreint examinant les questions stratégiques.

L’un des membres du cabinet, le ministre de l’Energie Youval Steinitz, a reflété le pessimisme à la radio publique.

« Nous sommes à la croisée des chemins. La question est de savoir si nous allons vers un arrangement (avec le Hamas) ou vers une escalade et une opération militaire (israélienne) lourde. Pour le moment, il semble que nous nous acheminions vers la deuxième option ».

(©AFP / (09 août 2018 17h13)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Gaza-les-groupes-palestiniens-cessent-les-tirs-de-roquettes-apr-s-une-nuit-d-hostilit-s/944076.rom

L’évacuation des Casques blancs en Syrie est-elle le prélude de l’ultime bataille ?

L’évacuation des Casques blancs en Syrie est-elle le prélude de l’ultime bataille ?

Trahis par les Etats-Unis à l’issue des discussions entre Trump et Poutine, les rebelles syriens seraient-ils sur le point d’essuyer l’assaut final? Le grand reporter Robert Fisk en pointent les signes. Mais la fin de la guerre dépend aussi d’autres facteurs, notamment le retour des millions de refugiés… (IGA)


S’agira-t-il de la dernière bataille ? Pendant trois ans, Idlib a été le dépotoir de toutes les milices islamistes syriennes en retraite, la dernière citadelle de tous les combattants qui ont préféré continuer le combat plutôt que de se rendre à l’armée syrienne et à l’armée de l’air russe – et au Hezbollah et, dans une moindre mesure, aux Iraniens.

Le général de brigade Suheil al-Hassan, le « Tigre » de la légende et du mythe militaire syrien – qui peut citer le poète Mutanabi par cœur mais préfère être comparé à Erwin Rommel plutôt qu’à Bernard Montgomery – conduira sûrement ses « Forces du Tigre » vers le dernier combat, le combat qui soldera les comptes entre le régime de Damas et les islamistes salafistes, armés par les occidentaux, qui ont osé essayer de renverser Bachar al-Assad. et ont échoué.

Grâce à Donald Trump, c’en est fini pour les « rebelles » de Syrie qui ont été trahis par les Américains – sûrement en fin de compte par Trump lui-même au cours des discussions secrètes qu’il a eues avec Vladimir Poutine à Helsinki, peut-être le plus important des « inconnus » de ces conversations à laquelle seuls les interprètes étaient présents- comme ils ont été trahis par les Arabes du Golfe.

Trois semaines plus tôt, les Américains avaient dit aux  » rebelles  »  qui se trouvaient au sud-ouest de la Syrie, près du plateau du Golan occupé par Israël, qu’ils ne devaient plus compter que sur leurs propres forces et qu’ils n’auraient plus de soutien militaire étasunien. Même les Casques blancs, les premiers intervenants, secouristes héroïques ou propagandistes de la guerre menée par les  » rebelles  » (faites votre choix, mais soyez sûrs qu’ils seront bientôt qualifiés de  » controversés « ) ont été évacués avec leurs familles des lignes rebelles par les Israéliens et mis à l’abri en Jordanie.

Les Israéliens sont un peu contrariés de ne pas avoir été remerciés par les unités de défense civile des Casques blancs pour leur aide humanitaire – mais qu’espèrent-ils, eux qui ont passé leur temps à attaquer les forces iraniennes, syriennes et du Hezbollah pendant la guerre, à fournir une aide médicale aux combattants islamistes de Nusrah et n’ont jamais – jamais – bombardé l’EI? Les Casques blancs veulent-ils être associés à Israël en ce moment ?

Mais les Israéliens ont obtenu ce qu’ils voulaient vraiment : une promesse russe que les Iraniens resteraient loin du plateau du Golan syrien occupé par Israël. Cela semble un peu étrange, puisqu’il y a peu de troupes iraniennes en Syrie – et ne prêtez pas attention aux sottises des  » experts  » de Washington – mais cela correspond à la conviction morbide et théâtrale de Benjamin Netanyahou que l’Iran est  » un nœud coulant terroriste  » autour du cou d’Israël. Quoi qu’il en soit, Poutine sait tout ce qu’il faut savoir sur la guerre de Syrie : les bombes ont leur mot à dire, mais le cash aussi.

Pour quelle autre raison Poutine viendrait-il d’annoncer un investissement russe de 43 milliards d’Euros dans l’industrie pétrolière et gazière iranienne ? Ne s’agirait-il pas tout simplement de rétribuer l’Iran pour son investissement dans la guerre de Syrie ? Un cadeau de Moscou qui signifierait  » merci de ce que vous avez fait mais vous pouvez partir maintenant  » qui serait couronné par la marche triomphale à Téhéran des forces  » victorieuses « , de retour en Iran après avoir fait leur devoir révolutionnaire islamique en Syrie ?

Après avoir rencontré Poutine au Kremlin il y a moins de deux semaines, Ali Akbar Velayati, le conseiller principal du  » Guide suprême  » Khamenei pour les affaires étrangères, a convenu que leurs entretiens  » concernaient la coopération russo-iranienne… ainsi que la situation dans la région, y compris l’évolution de la situation en Syrie « . Et voilà ! La Russie soutient l’économie iranienne, et en échange Poutine décide pour l’Iran en Syrie.

Il est temps pour les Iraniens, je pense. J’ai été fort choqué de voir les Iraniens de la classe moyenne, riches et très riches, arriver en masse à Belgrade le mois dernier, apportant à l’Ouest avec eux leur argent et leurs objets de valeurs à travers l’un des rares pays européens qui autorise encore l’entrée sans visa des Iraniens sanctionnés. Des vols bon marché en provenance de Téhéran et d’autres villes iraniennes atterrissent quotidiennement en Serbie, et les hôtels de Belgrade regorgent de clients parlant farsi, tous prêts – vraisemblablement – à entamer une nouvelle vie en occident. L’Union européenne, évidemment, menace le président de Belgrade de supprimer le droit qu’ont les citoyens serbes de circuler sans visa dans le reste de l’Europe, si la Serbie n’empêche pas les lucratifs  » touristes  » iraniens d’entrer sur son territoire.

Pendant ce temps, l’armée syrienne, qui combat les derniers groupes islamistes qui ne veulent pas se rendre autour de Deraa, va revenir au bord de la zone tampon des Nations Unies sur le Golan où elle était basée avant le début de la guerre civile en 2011. En d’autres termes, le « Front Sud » va tomber, ne laissant que la citadelle d’Idlib et la ville de Raqqa aux mains des milices encore fidèles aux Etats-Unis – sans doute plus pour très longtemps vu que Trump les a abandonnées à leur sort. Poutine peut probablement résoudre ce problème, s’il ne l’a pas déjà fait pendant son pow-wow avec Trump.

Mais Idlib est une autre paire de manches. Il ne fait aucun doute que nous assisterons à d’autres pourparlers de « réconciliation » parrainés par la Russie entre les autorités syriennes et les groupes rebelles à l’intérieur de la province. Il y aura des accords, privés et publics, grâce auxquels ceux qui souhaitent revenir en territoire gouvernemental pourront le faire. Mais étant donné qu’Idlib abrite les islamistes et leurs familles qui avaient auparavant rejeté de telles offres dans d’autres villes – beaucoup d’entre eux ont été évacués de la Ghouta et de Yarmouk à Damas, de Homs et d’autres villes où ils ont déposé les armes, vers la province d’Idlib – leur avenir semble plutôt sombre.

Nous voulons tous que les guerres se terminent par une « bataille finale », bien sûr. Jérusalem et Bagdad – assez étrangement – ont été les seules « capitales » ennemies envahies par les Alliés pendant la Première Guerre mondiale. Et nous savons que la prise de Berlin par les Russes a mis fin à la Seconde Guerre mondiale. On laissera de côté la chute de Saigon pour des raisons évidentes (le mauvais camp a gagné), et les différentes conquêtes des « capitales » du Moyen-Orient (Jérusalem en 1967, Beyrouth en 1982, le Koweït en 1990, Bagdad en 2003), parce qu’elles ont toutes engendré des conflits meurtriers qui perdurent jusqu’à ce jour.

Mais il ne faut pas oublier que l’armée syrienne est habitée à se battre. Tout comme l’armée de l’air russe. Il est certain que le siège par Al Nusrah de l’hôpital militaire de Jisr al-Shugour à Idlib – et le massacre de nombreux soldats syriens et de leurs familles il y a trois ans – sera dans toutes les têtes au moment de l’assaut. Moscou ne va pas laisser les islamistes rentrer « chez eux » en Tchétchénie. Et Ankara ne voudra pas laisser les vétérans d’Idlib s’installer dans les plaines d’Anatolie – surtout qu’Erdogan est toujours obsédé par le souvenir du  coup d’Etat « islamiste » d’il y a deux ans, et que des dizaines de milliers de prétendus soutiens du coup d’état languissent encore dans les luxueuses prisons turques.

L’Occident ne fera rien pour les aider. Il y a la vieille ONU à tout faire, qui pourrait, je suppose, être envoyé à Idlib dans le cadre d’une mission « temporaire » de maintien de la paix – mais cela ne plaira pas du tout à un président syrien qui a l’intention de remettre chaque kilomètre carré du pays sous le contrôle exclusif du régime. Les rebelles d’Idlib pourraient être repoussés dans un dépotoir encore plus petit dans l’enclave nord d’Afrin – déjà largement contrôlée et peuplée par les anciens amis turcs de l’EI. L’Occident ne voudra pas sûrement pas récupérer les restes de l’armée islamiste qu’il a contribué à armer. L’asile politique aux Casques blancs sera le maximum de sa générosité, avec l’aide habituelle aux réfugiés.

Mais nous devons aussi nous rappeler que les nations qui ont si longtemps cherché à renverser Assad vont maintenant essayer – tout doucement – de rétablir une certaine forme de relation avec le régime de Damas. Les diplomates français font discrètement des voyages touristiques en Syrie depuis près d’un an à partir du Liban. Il en va de même pour les autres nations européennes. Les Américains voudront aussi faire partie du casting – à la mode Trump – et à ce moment-là Poutine sera à sa disposition.

Mais qu’en est-il des cinq millions de réfugiés syriens dont les pays d’accueil – l’Europe, bien sûr, mais aussi la Turquie, le Liban, la Jordanie, l’Irak, le Koweït, l’Egypte – aimeraient beaucoup qu’ils rentrent « chez eux ». Et c’est peut-être là que se trouve la clé de la « fin de la guerre ».

Les Russes sont prêts à fournir des garanties de passage sûr pour les réfugiés – ce que ces promesses valent reste une question ouverte alors que des milliers de sans-abri craignent le régime – et les hommes de Moscou seraient déjà arrivés au Liban, qui accueille jusqu’à un million et demi de Syriens, pour discuter de la logistique. Les Arabes du Golfe – en particulier le Qatar – seraient intéressés par la reconstruction financière de la Syrie. Donc, s’ils ne se rendent pas militairement, les « rebelles » d’Idlib peuvent-ils être achetés ? Notamment par les nations arabes qui les ont soutenus en premier lieu. Ce sont les premiers jours. Mais toutes les guerres prennent fin. Et alors l’histoire recommence.

 

Source: Arrêt sur Info

https://www.investigaction.net/fr/levacuation-des-casques-blancs-en-syrie-est-elle-le-prelude-de-lultime-bataille/

 

 

 

L’Onu se redéploie sur la ligne de démarcation syro-israélienne

L’Onu se redéploie sur la ligne de démarcation syro-israélienne

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La Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (ou FNUOD) a réalisé, le 1er août 2018 (journée commémorative de l’Armée arabe syrienne), sa première patrouille le long de la ligne de démarcation syro-israélienne depuis quatre ans.

La FNUOD avait été chassée de ses positions, le 28 août 2014, et remplacée par Al-Qaïda avec l’aide de l’armée israélienne. Les Nations unies avaient versé par virement bancaire une rançon à l’organisation terroriste pour obtenir la libération de 45 Casques bleus fidjiens enlevés. Jamais l’Onu n’a révélé le nom du détenteur du compte bancaire.

Les Casques bleus ont été symboliquement escortés par la Police militaire russe ; laquelle a implanté 8 postes d’observation en avant de leurs lignes de manière à prévenir toute provocation, a confirmé le général Sergueï Roudskoï (photo)

http://www.voltairenet.org/article202263.html

 

 

Lancement d’un vol direct entre Canton et Israël

Lancement d’un vol direct entre Canton et Israël

© Chine Nouvelle (Xinhua)Xinhua, le 02/08/2018 21:23

Une nouvelle ligne aérienne a été lancée jeudi entre la ville de Guangzhou, dans la province chinoise du Guangdong (sud), et Tel Aviv, deuxième plus grande ville d’Israël.

Il s’agit du premier vol direct reliant Guangzhou à Israël.

Trois vols assurés par un Boeing 787 partiront chaque semaine, réduisant le trajet entre les deux villes à environ 11 heures, selon la compagnie Hainan Airlines.

La compagnie aérienne a respectivement lancé en 2016 et 2017 deux lignes reliant Tel Aviv à Beijing et à Shanghai.

Au cours des cinq premiers mois de 2018, le nombre de passagers ayant voyagé entre la Chine et Israël a atteint 80.000, en hausse de près de 100% par rapport à la même période en 2016, selon Rao Zhiteng, du département des ventes et du marketing de la compagnie aérienne. Ce nombre devrait atteindre 220.000 après l’ouverture de la nouvelle ligne.

https://chine.in/actualite/cn/lancement-vol-direct-entre-canton-israel_111886.html