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Israël : Benyamin Nétanyahou renonce à former un gouvernement

Israël : Benyamin Nétanyahou renonce à former un gouvernement

Le président Réouven Rivlin va demander au chef de file du parti centriste Bleu-Blanc, Benny Gantz, de composer un exécutif.

Publié hier à 20h18, mis à jour hier à 23h15

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Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou renonce. Il a annoncé lundi 21 octobre au soir sur son compte Facebook qu’il renonçait à former un gouvernement après les législatives du 17 septembre, dont les résultats étaient très serrés.

« Il y a peu de temps j’ai annoncé au chef de l’Etat [Réouven Rivlin] que je renonçais à former un gouvernement », a expliqué M. Nétanyahou dans une vidéo qui s’adresse aux « citoyens israéliens ». Il a accusé Benny Gantz d’avoir fait échouer toutes ses tentatives pour former un gouvernement d’union nationale.

Tous les groupes de la Knesset, le Parlement israélien, vont être informés que « le président a l’intention de transférer le mandat pour former le gouvernement, dès que possible, au président de Bleu Blanc, le député Benny Gantz », selon un communiqué des services de M. Rivlin, qui précise que ce transfert doit avoir lieu jeudi.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  En Israël, Benyamin Nétanyahou rate son pari

Vingt-huit jours pour former un gouvernement

M. Gantz, un ancien chef de l’armée, disposera comme son prédécesseur de vingt-huit jours pour remplir à bien cette tâche qui s’annonce d’ores et déjà difficile. Car à l’issue des élections, MM. Nétanyahou et Gantz ont récolté respectivement les soutiens de 55 et 54 élus pour diriger le prochain gouvernement, mais sans atteindre le seuil de 61 députés leur permettant de former une union majoritaire.

« Le temps est venu pour agir », a estimé dans un communiqué le parti Bleu Blanc, lundi soir. Il a affirmé sa détermination « à former un gouvernement d’union libéral » ce qui signifie qu’il cherchera à limiter l’influence des partis religieux dans la formation d’un gouvernement de coalition.

Selon les analystes, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz est susceptible lui aussi d’échouer à former un gouvernement d’union. Dans ce cas, le président Rivlin pourrait demander à une majorité de députés de désigner un candidat. Il a dit à plusieurs reprises qu’il ferait tout son possible pour éviter d’autres élections – qui seraient les troisièmes depuis avril – mais la poursuite de l’impasse politique pourrait les rendre inévitables.

Des négociations bloquées

Le président Rivlin avait mandaté M. Nétanyahou, qui cherche à prolonger son règne, déjà le plus long de l’histoire d’Israël, pour tenter de rallier M. Gantz dans un gouvernement d’union mais les pourparlers n’ont pas abouti.

Lors des négociations des dernières semaines, le Likoud (parti de Benyamin Nétanyahou) a tenté de faire accepter par les centristes de Bleu-Blanc un compromis, élaboré par le président Rivlin, selon lequel MM. Nétanyahou et Gantz occuperaient le poste de chef de gouvernement à tour de rôle. Cette proposition prévoyait que Benyamin Nétanyahou soit le premier à occuper la fonction de premier ministre, mais soit remplacé, dès sa probable inculpation pour corruption d’ici la fin de l’année, par M. Gantz. Mais ce dernier a estimé qu’ayant obtenu le plus grand nombre de sièges le 17 septembre – 33 à Bleu-Blanc contre 32 au Likoud – il devait être le premier à occuper le poste de chef du gouvernement.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  En Israël, les avocats de Benyamin Nétanyahou face au procureur général

Il a aussi affirmé à plusieurs reprises que son parti ne siégerait pas dans un gouvernement dirigé par un premier ministre sous le coup d’une inculpation pour corruption.

Benyamin Nétanyahou, de son côté, a également compliqué les discussions en promettant qu’il n’abandonnerait pas les petits partis religieux de droite qui l’avaient soutenu au Parlement, affirmant qu’il représentait l’ensemble du bloc de droite, fort de 55 députés, dans les négociations. M. Gantz a estimé cette condition inacceptable, car elle le reléguerait à un rôle de partenaire secondaire d’un gouvernement Nétanyahou.Lire aussi  Qui a vraiment gagné les élections israéliennes ?

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/21/israel-benyamin-netanyahou-renonce-a-former-un-gouvernement_6016371_3210.html

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Les Ayatollahs sautent de joie

Les Ayatollahs sautent de joie


Par Dmitry Orlov – Le 15 octobre – Source Club Orlov

Lors de la récente Assemblée générale des Nations Unies, il y avait une personne qui paraissait plus heureuse que les autres, surtout en comparaison des Européens, aux mines plutôt sombres. C’était le président iranien Hassan Rouhani. Il rayonnait positivement de plaisir et de bonne humeur. Bien que son discours ait été dur, contenant des termes tels que « terrorisme économique » et « piraterie internationale », dont il accusait le régime de Washington, son comportement n’était que joie. En passant, il a anéanti les espoirs de Boris Johnson de négocier un rapprochement entre l’Iran et les Washingtoniens, estimant clairement que toute nouvelle tentative de négociation avec eux était tout à fait inutile.


Rohani n’est certainement pas le seul à adopter cette position, même s’il est peut-être le seul parmi les dirigeants nationaux à le faire ouvertement. Les Chinois ont fait traîner les négociations commerciales sans aucune intention de parvenir à un accord. Les Russes considèrent les négociations de maîtrise des armements avec les Washingtoniens comme plutôt inutiles, promettant une réponse symétrique (mais beaucoup moins coûteuse) à toute escalade américaine.

En effet, à quoi bon négocier avec les Américains si, comme l’expérience l’a montré, ils peuvent par la suite revenir à l’improviste sur un accord conclu ? Ils le font soit sans aucune justification (comme ce fut le cas récemment avec les Kurdes syriens), soit sur la base d’un quelconque caprice du moment (comme l’abandon du traité FNI entre les États-Unis et la Russie).

Ce point semble encore mériter d’être répété quelques fois, bien qu’il ait été soulevé à maintes reprises par de nombreux analystes et qu’il devienne de plus en plus flagrant. (Les Russes ont même inventé un nouveau mot pour décrire cette condition : недоговороспособный (« nedogovorosposóbny », littéralement « incapable-de-passer-un-accord ».) Mais il y a un autre point à faire valoir et la plupart des observateurs géopolitiques semblent passer à coté jusqu’à présent. Soit dit en passant, cela explique l’humeur joyeuse de Rohani à l’ONU, et je suis également heureux de le partager avec vous.

Négocier des accords avec le régime de Washington n’est pas seulement inutile, c’est aussi non nécessaire, car il est désormais possible pour tous les grands acteurs géopolitiques d’atteindre leurs objectifs stratégiques sans aucun accord avec les États-Unis, et parfois même sans avoir à engager un dialogue sérieux avec eux. Les exceptions sont le Japon et l’UE, dont la capacité d’affirmer leur volonté souveraine est très limitée, ayant cédé une grande partie de leur souveraineté aux États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et pendant la guerre froide.

Même des joueurs mineurs, comme la Corée du Nord, ont appris cette leçon. Après avoir tenté de négocier avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont rapidement découvert que les Américains venaient souvent les mains vides, essayant d’obtenir des concessions sans rien donner en retour, et qu’ils se livraient à des effets de manche, comme les commentaires spectaculaires et contre-productifs de John Bolton sur l’application du « modèle libyen » en Corée du Nord. (Le dirigeant libyen, si vous vous souvenez, a été sauvagement assassiné par des forces soutenues par les États-Unis.)

Mais en ne parvenant pas à un accord avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont obtenu quelque chose de précieux : la reconnaissance universelle que les États-Unis sont militairement impuissants à s’y opposer. Oui, ils peuvent les détruire, mais la Corée du Sud et le Japon seraient également détruits, et comme il s’agit de deux nations que les États-Unis sont tenus de défendre en vertu d’un traité, prendre des mesures qui entraînent leur destruction n’est pas exactement une stratégie. Ainsi, les États-Unis sont passés d’une position belligérante contre la Corée du Nord, la menaçant militairement, à devoir se contenter d’appliquer des sanctions économiques presque totalement impuissantes étant donné la nature largement autarcique de l’État nord-coréen et son manque de commerce avec les États-Unis.

C’est un exemple intéressant, parce qu’il montre que même des acteurs relativement faibles et mineurs peuvent maintenant obtenir des Américains qu’ils fassent ce qu’ils veulent sans négocier aucun accord avec eux. Mais cette même logique s’applique encore plus aux grandes entités géopolitiques, comme la Chine, la Russie et l’Iran. Pour reprendre quelques métaphores religieuses, ces trois pays forment la Sainte Trinité que le destin a désignée pour vaincre le Grand Satan (les États-Unis, du moins dans le langage politique iranien). Chacun d’eux joue un rôle essentiel.

La fonction de la Russie est de tirer parti de sa technologie militaire supérieure pour contrecarrer militairement les États-Unis et de rendre tout son complexe militaro-industriel fantastiquement surévalué, impuissant et obsolète, avant de le faire disparaître dans l’oubli. La Réserve fédérale américaine imprime maintenant 60 milliards de dollars par mois, un chiffre qui correspond à peu près au coût mensuel du budget de la défense américaine.

La technologie russe a déjà transformé toute la flotte des porte-avions américains en une pile de déchets flottants inutiles. La Russie a mis au point des armes qui peuvent détruire des porte-avions à une distance de sécurité supérieure à la portée utile de leurs jets. Les missiles hypersoniques russes ont fait la même chose pour l’ensemble des systèmes de défense antimissile américains. De même, tout l’argent que les États-Unis ont dépensé pour développer des avions « furtifs » (1 500 milliards de dollars pour le seul chasseur F-35) a été annulé par les nouveaux systèmes radar russes qui peuvent parfaitement bien voir ces avions supposés invisibles. Ironiquement, le développement de la technologie « furtive » était basé sur les travaux d’un scientifique soviétique, Peter Ufimtsev, qui a émigré aux États-Unis après l’effondrement de l’URSS : ce que la Russie donne, la Russie le reprend aussi.

La Russie a également mis sa technologie de défense à la disposition d’autres pays, notamment les deux autres membres de la Sainte Trinité. À la surprise générale, Vladimir Poutine a annoncé récemment que la Chine sera en mesure d’utiliser le système russe d’alerte rapide en cas d’attaque nucléaire pour détecter les attaques lancées contre le territoire chinois. Cela étendra effectivement les capacités de dissuasion nucléaire de la Russie à la Chine. Et l’Iran a acheté des systèmes de défense aérienne russes S-300 et discute activement de l’achat du S-400 encore plus perfectionné. Ces systèmes feront de l’espace aérien au-dessus de l’Iran et de certaines parties de la Syrie des zones d’interdiction de vol pour les avions américains et de l’OTAN [et israéliens, NdT].

Si les objectifs de la Russie sont de pousser doucement les États-Unis vers l’oubli dans une tentative futile de les suivre dans le développement de nouveaux systèmes d’armes (les systèmes russes ont tendance à être non seulement plus efficaces mais aussi moins chers) tout en réalisant un profit en vendant leurs armes aux pays qui cherchent à s’assurer contre l’agression américaine, les objectifs chinois sont plus ambitieux encore. Au cours des cinquante dernières années, la Chine, qui était un pays agraire rustique, est devenue la plus grande superpuissance industrielle du monde. Entre-temps, aux États-Unis, le segment industriel s’est réduit à environ un dixième de l’ensemble de l’économie, le reste étant maintenant composé de baristas, de toiletteurs de chiens, de moniteurs de yoga et d’autres types de gratte-dos mutuels.

En raison de ce changement spectaculaire, les États-Unis enregistrent un important déficit commercial structurel avec la Chine. Alors qu’auparavant la Chine finançait ce déficit commercial en achetant de la dette américaine sous forme de bons du Trésor, elle a cessé de le faire il y a quelque temps et vend maintenant des bons du Trésor et achète de l’or. Elle n’est pas la seule à le faire (par exemple, la Russie a déjà vendu toutes ses obligations du Trésor américain), ce qui provoque d’importantes perturbations financières aux États-Unis, au point où les institutions financières refusent d’accepter des titres de créances américains en garantie de prêts à un jour [Marché Repo, NdT]. C’est cette évolution qui a forcé la Réserve fédérale à imprimer 60 milliards de dollars par mois tout en empilant dans son bilan les titres de créances américains désormais boudés. La tendance à long terme est indubitable : au cours des 77 derniers mois, les banques centrales étrangères ont vendu les deux tiers des bons du Trésor américain qu’elles avaient accumulés au cours des 35 dernières années.

Il est curieux de constater que, jusqu’à présent, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’a fait qu’aggraver le déficit commercial. Ainsi, la tactique de négociation non négociatrice de la Chine semble fonctionner brillamment. Les États-Unis n’ont que deux moyens de financer leur déficit commercial : 1. vendre des déchets financiers ; et 2. vendre des terres, des usines et du matériel, la propriété intellectuelle, les reins de leur population et tout ce qui a de la valeur. Il n’y a vraiment pas d’autres options. Et comme la vente de déchets financiers ne fonctionne plus, l’option 2 est tout ce qui reste. Cela rappelle le démembrement d’actifs qui a eu lieu dans l’ex-URSS après son effondrement (et qui se poursuit toujours en Ukraine, pays qui se prépare à commencer à vendre ses terres aux sociétés transnationales).

Certains pourraient penser qu’il existe également l’option 3 : ramener l’industrie aux États-Unis. Mais il a fallu 50 ans à la Chine pour devenir une puissance industrielle, avec des taux de croissance réguliers à deux chiffres. Aux États-Unis, le taux de croissance jusqu’à présent au cours de ce siècle, si l’on ne tient pas compte de l’effet du gonflement de la dette, a en fait été négatif. Les États-Unis n’ont pas 50 ans, même pas 10. Et si, au cours de cette hypothétique transformation, elle doit financer son déficit commercial en vendant les usines et les équipements dont elle aurait besoin pour se réindustrialiser, elle n’y parviendra jamais.

Et cela nous amène en Iran avec ses ayatollahs rieurs et souriants. La quête sacrée de l’Iran en tant que partie intégrante de la Sainte Trinité consiste à paralyser les États-Unis et leurs mandataires au Moyen-Orient, rendant la région sûre pour une théocratie démocratique (ou peut être autre chose). Il y a deux proxys américains sur place : l’Arabie Saoudite et Israël. Cette attrition finira sans doute aussi par se produire pour eux, dans le cas de l’Arabie saoudite, lorsque ses plus anciens et plus grands gisements pétroliers, comme celui de Ghawar, cesseront finalement de produire ; dans le cas d’Israël, cela arrivera lorsque le flux d’argent du Trésor américain vers ce pays cessera en raison des difficultés financières mentionnées ci-dessus, malgré le pouvoir considérable du lobby pro-israélien aux États-Unis.

Mais c’est une vision à plus long terme ; dans le cas présent, ce qui fait sourire les ayatollahs, c’est que la séquence récente des événements est une comédie. Les Américains ont renié l’accord avec l’Iran laborieusement négocié sous l’administration Obama et réimposent des sanctions unilatérales (et essentiellement illégales) contre l’Iran. En réponse, la Chine continue d’acheter du pétrole iranien, tout comme la Turquie et plusieurs autres pays.

Pendant ce temps, l’UE regroupe et forme l’INSTEX – un système commercial qui évite le dollar américain et le système de virements électroniques SWIFT et qui est spécialement conçu pour contourner les sanctions commerciales unilatérales américaines, en particulier dans le cas de l’Iran. Ensuite, les Américains se sont lancés dans une guerre de pétroliers – et l’ont perdue rapidement de la façon la plus humiliante possible, car il devient clair qu’ils sont militairement impuissants à patrouiller dans le si important détroit d’Ormuz. Et puis deux événements vraiment ridicules ont eu lieu.

Premièrement, les Yéménites, qui ont été attaqués par une coalition dirigée par les Saoudiens pendant plusieurs années et qui ont subi d’horribles privations, sont parvenus à bloquer la moitié de la production pétrolière de l’Arabie saoudite avec des roquettes et des drones. Les États-Unis ont immédiatement blâmé l’Iran… sauf que cela implique que les batteries de défense aérienne saoudiennes fabriquées par les États-Unis, dont la plupart sont dirigées contre l’Iran, sont des tas de ferraille inutiles incapables d’arrêter de petits drones lents, et volant bas. Pour ajouter à l’humour de la situation, les Américains ont décidé alors d’expédier en Arabie Saoudite encore plus de ces mêmes batteries Patriot inutiles.

Deuxièmement, les Yéménites ont reconquis une parcelle de territoire frontalier que l’Arabie saoudite leur a confisquée il y a plusieurs décennies, détruisant ainsi près de la moitié de la partie relativement fonctionnelle de l’armée saoudienne, avec des soldats réellement Saoudiens (le reste étant essentiellement composé de mercenaires provenant de tout le Proche-Orient). Les Américains, qui ont récemment vendu aux Saoudiens pour 100 milliards de dollars de systèmes d’armement devenus manifestement inutiles, refusent de lever le petit doigt pour les aider.

Pour faire monter l’hilarité d’un cran, Vladimir Poutine, lors d’une conférence de presse conjointe avec le turc Erdoğan et notre vieil ami Rohani, a proposé de vendre des systèmes russes de défense aérienne à l’Arabie Saoudite. Ceux-ci ont été testés au combat sur des drones lancés contre la base aérienne russe de Hmeimimim, en Syrie, par ce qui reste de l’EI. Peu ont pu passer au travers, donc arrêter les drones n’est pas un problème pour les Russes. Il ne fait aucun doute que cela coûterait aux Saoudiens un peu moins cher que les 100 milliards de dollars qu’ils ont donnés aux Américains – et dont ils n’ont rien obtenu d’efficace en retour.

À la lumière de tout cela, ma nouvelle et importante thèse est que les nations souveraines du monde entier, grandes et petites, mais surtout la Sainte Trinité de la Chine, la Russie et l’Iran, peuvent amener les États-Unis à faire ce qu’ils veulent sans négocier avec elle.

Enfin, la photo suivante, qui montre Rohani refusant de serrer la main de Boris Johnson en riant, semble mériter un concours de légendes. Que pensez-vous qu’il a dit à Johnson dans son excellent anglais qui a rendu Johnson et Macron si désorientés ?

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, relu par Kira pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ayatollahs-sautent-de-joie

La Fin De L’hégémonie

STRATEGIKA 51

An Asymmetric Bilingual Strategic Perspective on the Go!

Analysis

La Fin De L’hégémonie

Posted on 13/05/2018 AuthorStrategika51Comments(84)

Pour la première fois depuis 44 ans, une partie non identifiée soutenant les forces loyales au gouvernement syrien a lancé une salve de missiles sur des objectifs militaires israéliens précis au Golan.

La partie qui a pris une telle initiative l’a fait en ayant au préalable examiné toutes ses répercussions possibles dont une réponse israélienne massive assurée afin de sauvegarder la dissuasion israélienne.

La réponse israélienne a été relativement forte: officiellement, 28 avions des meilleurs avionsde  combat de l’Armée de l’air israélienne- ce qui est en soi un chiffre assez important- menèrent des raids visant des objectifs militaires syriens. Aux 60 missiles Air-Sol tirés s’ajoutent l’usage de dix missiles balistiques tactiques. Une première en Israël.

Selon le gouvernement syrien et le ministère russe de la défense, plus de la moitié des missiles israéliens furent interceptés et abattus par les défenses anti-aériennes syriennes.

Pour la partie ayant ciblé à coup de missiles des cibles militaires israéliennes très sensibles, cela ne compte guère en comparaison avec l’ampleur de la réponse israélienne, jugée bien en deçà des prévisions initiales.

Cela veut dire que la partie ayant lancé des missiles sur Israël s’attendait à une réponse massive, intense, étalée sur le temps et s’est organisée en conséquence.

Il n’y eut pas de conflit à grande échelle. C’était l’objectif.  La dissuasion assymétrique, intermittente,  progressive et croissante face à une gigantesque puissance de feu adverse  prônée par le pouvoir syrien semble avoir fonctionné. Pour la première fois.

Le principal facteur ayant dissuadé les israéliens est l’entrée du Hezbollah dans une guerre active non pas à partir du Sud-Liban mais du Golan.

L’Iran ne dispose pas d’infrastructures militaires en Syrie. Cette option leur aurait coûté beaucoup trop cher et leur semble inutile. Les conseillers militaires iraniens en Syrie utilisent ceux de l’Armée Arabe syrienne tandis que les milices  sous influence iranienne disposent de facilités au sein des Forces populaires de défense, un corps de milices de volontaires et de membres des services des renseignements syriens.  Les israéliens affirment avoir visé des cibles militaires iraniennes. Cependant, les missiles israéliens ont détruit une station Radar, un site de missiles SAM et un Sa-22 Greyhound ou Pantsir S1 à court de munitions appartenant à l’Armée syrienne.

La partie ayant lancé des missiles sur des cibles militaires israéliennes au Golan dispose d’une base de données sur les cibles militaires les plus importantes en Israël et semble avoir des plans pour une infiltration en profondeur et, selon certains analystes, la désactivation de certains sites israéliens de lancement de vecteurs d’armes de destruction massive. Cette dernière perspective hante l’état-major israélien.

Après des années de liberté totale en matière de raids aériens visant ses voisins et des pays éloingnés, Israël ne peut plus frapper impunément la Syrie sans une riposte et cela marque la fin de l’hégémonie stratégique israélienne et le début d’une nouvelle période où la capture du Golan par Israël peut faire l’objet à tout moment d’un changement subit.

https://strategika51.org/2018/05/13/la-fin-de-lhegemonie/

Guerre Du Levant: Israël Principal Belligérant Du Conflit

Analysis

Guerre Du Levant: Israël Principal Belligérant Du Conflit

Posted on 12/01/2019 AuthorStrategika51Comments(5)

La Syrie a officiellement accusé Israël de vouloir faire perdurer la « crise syrienne » en soulignant que les raids aériens israéliens ayant visé le territoire syrien ont été menés sous couverture US.

Damas a également lié la poursuite des raids israéliens à une fuite en avant du gouvernement israélien pour ne pas faire face à ses problèmes internes.

C’est la première réaction officielle syrienne suite au raid aérien du 12 janvier 2019 ayant visé les alentours de l’aérodrome militaire d’Al-Mezza, au Sud-Ouest de Damas.

De son côté, les israéliens reconnaissent pour la première fois avoir mené des « milliers de frappes clandestines » en Syrie et au Liban depuis le début de la guerre en Syrie, et le New York Times, l’un des médias US les plus pro-israéliens aux États-Unis a commencé à créer la légende de Gadi Eizenkot, le Chef d’état-major des armées d’Israël d’origine marocaine comme un chef militaire providentiel ayant pu infliger de terribles humiliations à l’Iran et au Hezbollah à l’intérieur de la Syrie.

De source sûre, on estime que les israéliens ont mené plus de 9 600 raids clandestins en Syrie depuis le mois de juillet 2012, soit lors de la décapitation du conseil national de sécurité syrien (mort du ministre de la Défense, les chefs des renseignements et des principaux planificateurs militaires syriens lors d’une frappe cinétique présentée par l’ensemble des médias comme un attentat au camion piégé). Ce chiffre serait sous-évalué puisqu’il exclut les frappes de missiles Sol-Sol, les pilonnages d’artillerie et les missions de sabotage de forces spéciales infiltrées derrière les lignes de l’Armée syrienne ou au sein des groupes terroristes activant en Syrie.

Depuis 2016, l’aviation israélienne évite d’envoyer ses avions de combat opérer à l’intérieur de l’espace aérien syrien mais continue de survoler allégrement le Liban, un pays dépourvu de la moindre forme de défense anti-aérienne.

Gadi Eizenkot, Rav Alouf ( Général-Major, à prononcer comme Rab Halouf) de Tsahal est chef d’état-major depuis le 16 février 2015. Il est le concepteur de la doctrine de la Dahya, ou le recours systématique à des bombardements massifs sur des zones peuplées de civils en cas où un seul obus tomberait sur Israël. Il vient d’être adoubé par le New York Times comme le général ayant humilié le général iranien Suleimani, principal responsable militaire iranien en Syrie et commandant en chef des Bassidj dans ce pays. De ce fait, il est présenté comme le premier général israélien à avoir préconisé une lutte frontale et directe avec les iraniens en Syrie.

C’est pour cela que la guerre en Syrie n’a jamais été une simple « guerre civile » comme tant de médias dominant ont tenté de nous la présenter mais un conflit régional où Israël est le principal protagoniste et belligérant. Tout le reste n’est que médiaguerre et opérations d’enfumage psychologique.

Techniquement, la Syrie et Israël sont en guerre depuis 1973

https://strategika51.org/2019/01/12/guerre-du-levant-israel-principal-belligerant-du-conflit/

Israël : le président demande à Benjamin Netanyahou de former le prochain gouvernement

Israël : le président demande à Benjamin Netanyahou de former le prochain gouvernement

25 sept. 2019, 19:14

Israël : le président demande à Benjamin Netanyahou de former le prochain gouvernement

© RONEN ZVULUN Source: ReutersLe Premier ministre Benjamin Netanyahou et le président israélien Reuven Rivlin le 25 septembre 2019 à Jérusalem.

Le président israélien Reuven Rivlin a demandé à Benjamin Netanyahou de tenter de former le prochain gouvernement après des élections législatives qui ont plongé le pays dans une impasse politique. Celui-ci a tendu la main à son rival Benny Gantz.

«La responsabilité de former le prochain gouvernement sera donnée au Premier ministre et leader du Likoud Benjamin Netanyahou», a déclaré la présidence dans un communiqué le 25 septembre. 

Reuven Rivlin@PresidentRuvi

The meeting between Benjamin Netanyahu and Benny Gantz has concluded. In a short time, the responsibility for forming the government will be given to Benjamin Netanyahu, after which President Rivlin and Prime Minister Netanyahu will give remarks.39219:05 – 25 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité299 personnes parlent à ce sujet

Dans la foulée de cette annonce, Benjamin Netanyahou a demandé à son rival Benny Gantz de le rejoindre dans un gouvernement d’union. «Je pense que nous devons former un gouvernement d’union ensemble», a déclaré Benjamin Netanyahou à l’attention de Benny Gantz, en évoquant une «direction commune et égalitaire» dans un gouvernement «d’union nationale élargi».

Benny Gantz oppose une fin de non-recevoir à Benjamin Netanyahou

Une proposition rejetée catégoriquement par l’intéressé, justifaint son refus par les enquêtes visant Benjamin Nétanyahou. «Le parti blanc-bleu que je dirige n’acceptera pas de siéger dans un gouvernement dans lequel son chef est sous le coup d’un grave acte d’accusation», a-t-il ainsi fait savoir sur sa page Facebook.Lire aussiLégislatives en Israël : Benjamin Netanyahou échoue à obtenir une majorité

Le Premier ministre sortant, avec ses alliés de droite et des partis religieux, compte pour l’instant 55 soutiens sur les 120 du Parlement et le centriste Benny Gantz, avec le ralliement des partis de gauche et majoritairement arabes, ne rassemble que 54 députés.

Aucun n’est parvenu pour l’instant à obtenir le soutien de 61 députés, seuil de la majorité absolue au Parlement israélien, d’où l’appel plus tôt cette semaine du président à un «gouvernement d’union».

Pourtant, à l’issue de pourparlers depuis le 23 septembre entre les deux chefs de file des partis Likoud (droite) et «Bleu-blanc» (centre), le président israélien a décidé d’accorder le mandat de former le gouvernement au Premier ministre sortant. 

«Celui qui a le plus de chances c’est Netanyahou soutenu par 55 députés alors que Gantz n’a que 54 mais 10 sur les 54 ont annoncé qu’ils ne siègeraient pas au gouvernement», a déclaré Reuven Rivlin lors d’une conférence de presse aux côtés de Benjamin Netanyahou.

Dix députés de la Liste arabe unie, devenue la troisième force politique en Israël à l’issue des élections législatives du 17 septembre, avaient soutenu la candidature de Benny Gantz pour le poste de Premier ministre sans toutefois s’engager à entrer dans le prochain gouvernement.

Lire aussi : Législatives en Israël : Benjamin Netanyahou échoue à obtenir une majorité

International

Raconter l’actualité

https://francais.rt.com/international/66167-israel-president-demande-benjamin-netanyahou-de-former-le-prochain-gouvernement?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

IRAN: UN DRONE ABATTU PAR L’ARMÉE SYRIENNE PROCHE DU GOLAN POURRAIT ÊTRE IRANIEN

ISRAEL#SYRIA 22.09.2019 – 399 vues    5 ( 1 votes)

IRAN: UN DRONE ABATTU PAR L’ARMÉE SYRIENNE PROCHE DU GOLAN POURRAIT ÊTRE IRANIEN

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Le véhicule aérien sans pilote (UAV) abattu par l’Armée arabe syrienne (SAA) près des hauteurs du Golan occupées par les Israéliens le 21 septembre pourrait être un Iranien, a déclaré le lieutenant-colonel Avichay Adraee, porte-parole de l’armée israélienne.

«Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit pas d’un UAV des Forces de défense [israéliennes]. Nous parlons donc d’autres explosifs iraniens travaillant sans coordination dans la partie syrienne du Golan», a écrit le lieutenant-colonel Adraee. sur Twitter.

Le porte-parole a également affirmé que le drone avait été abattu dans la même région, à partir de laquelle des membres du Corps des gardes de la révolution islamique iraniens (IRGC) auraient tenté de lancer des « drones tueurs » contre Israël le mois dernier.

Israel Says Drone Downed By Syrian Army Near Occupied Golan May Be Iranian

«La main droite ne sait pas ce que fait la main gauche», a publié une affiche publiée par Adraee.

En affirmant cela, Adraee a contredit la propre histoire de l’armée israélienne concernant la prétendue attaque par un drone iranien. Le 25 août, l’armée israélienne a affirmé que les forces de l’IRGC prévoyaient de lancer les drones depuis la ville d’Aqraba, dans le sud de Damas, et non depuis la ville d’Erneh près d’Al Golan, où le drone armé avait abattu le drone armé.

Israël aurait utilisé des drones similaires à celui que l’armée syrienne a abattu près d’Erneh lors de l’attaque du 25 août dans le sud de Beyrouth , qui visait un centre de presse du Hezbollah.

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://southfront.org/&prev=search

La menace de Netanyahou

La menace de Netanyahou

Israël est aujourd’hui ce pays qui peut accepter que son principal dirigeant réduise un peuple à l’état d’enjeu électoral. Qui osera encore parler de démocratie dans ces conditions ?

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En annonçant son intention d’annexer la vallée du Jourdain s’il remporte l’élection du 17 septembre, Benyamin Netanyahou dit beaucoup de lui-même et plus encore de l’état moral de son pays. Ainsi, on peut aujourd’hui en Israël pour un profit électoral, et pour le destin personnel d’un homme politique aux abois, s’approprier un territoire peuplé de 65 000 habitants, palestiniens, dépossédés de leur terre et soudain déclarés étrangers chez eux. Israël est aujourd’hui ce pays qui peut accepter que son principal dirigeant réduise un peuple à l’état d’enjeu électoral. Qui osera encore parler de démocratie dans ces conditions ? 

La promesse ultra-colonialiste de Netanyahou est l’expression d’un mépris raciste à l’image du personnage, et hélas, d’une partie importante de la société israélienne. Mais on peut aussi creuser dans l’histoire pour relier la sortie du Premier ministre au projet sioniste. En 1947, le « père » fondateur d’Israël, David Ben Gourion, voulant convaincre la droite sioniste d’accepter le partage de la Palestine décidée par l’Onu, avait fait une promesse qui résonne aujourd’hui fortement : « L’acceptation de la partition ne nous engage pas à renoncer à la Cisjordanie (…). Nous accepterons un État dans les frontières fixées aujourd’hui – mais les frontières des aspirations sionistes sont les affaires des Juifs et aucun facteur externe ne pourra les limiter » (cité par l’historien israélien Simha Flapan, La Naissance d’Israël, mythes et réalités). 

40 % de la Cisjordanie

Pour une sordide visée électoraliste, Netanyahou prétend donc à sa façon accomplir le projet sioniste. Et c’est pourquoi sa menace doit être prise au sérieux, et condamnée énergiquement par la France et l’Union européenne. Et des condamnations qui vont au-delà de la pétition de principe.

Cela dit, la menace ne sera mise à exécution que si Netanyahou l’emporte le 17 septembre – ce qui n’est pas acquis – et si le grand parrain américain donne son feu vert. Ce qui n’est pas certain. La fenêtre n’est pas forcément ouverte au moment où Trump limoge son conseiller le plus droitier, John Bolton, et alors qu’il n’exclut plus d’ouvrir un dialogue direct avec l’Iran. Au grand dam de Netanyahou qui pousse au conflit avec la république islamique. Le Premier ministre israélien se sent évidemment encouragé par les décisions de Trump de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, et de reconnaître l’annexion du Golan, mais il n’est pas sûr en l’occurrence que le calendrier électoral de Netanyahou coïncide avec le calendrier politique de Donald Trump.

Si elle devait intervenir, l’annexion de la vallée du Jourdain prendrait encore 40 % de la Cisjordanie. On ne dira pas ici que cela condamnerait le « processus de paix » et la solution à deux États. De processus de paix, il n’y a plus depuis au moins vingt ans, et la solution à deux États n’est plus guère envisageable avec quelque 600 000 colons. Le paradoxe colonial est qu’il nous rapproche d’une reconfiguration de la résistance palestinienne à partir de la notion de citoyenneté égale de tous les habitants dans cet espace qui va du Jourdain à la Méditerranée.


Denis Sieffert
PAR DENIS SIEFFERT
PUBLIÉ LE 12 SEPTEMBRE 2019
https://www.politis.fr/articles/2019/09/la-menace-de-netanyahou-40803/

Les représailles asymétriques du Yemen

Les représailles asymétriques du Yemen …


… Une attaque massive de drones, bien ciblée, cause des dégâts considérables au complexe pétrolier le plus important d’Arabie Saoudite


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 16 septembre 2019

L’attaque de samedi contre le complexe de traitement de pétrole et de gaz saoudien à Abqaiq a touché ses capacité de stabilisation du brut :

Le processus de stabilisation est une forme de distillation partielle qui adoucit le pétrole brut acide, en éliminant le sulfure d'hydrogène, et réduit la pression des vapeurs, rendant ainsi le pétrole brut sans danger pour l'expédition dans les pétroliers. Les stabilisants optimisent la production d'hydrocarbures liquides de valeur tout en rendant ceux-ci sûrs pour le stockage et le transport, en réduisant les émissions atmosphériques d'hydrocarbures volatils. En résumé, les équipements de stabilisation sont utilisés pour réduire la volatilité du pétrole brut et du condensat stockés.

Peu de temps après l’attaque, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, est passé en mode blâmer l’Iran :

Secrétaire Pompeo @SecPompeo - 21h59 UTC · 14 septembre 2019
 
Téhéran est à l'origine de près de cent attaques contre l'Arabie saoudite, tandis que Rouhani et Zarif prétendent s'engager dans la diplomatie. Au milieu de tous les appels à la désescalade, l’Iran a lancé une attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial. Il n'y a aucune preuve que les attaques sont venues du Yémen.
 
Nous appelons toutes les nations à condamner publiquement et sans équivoque les attaques de l'Iran. Les États-Unis collaboreront avec leurs partenaires et alliés pour faire en sorte que les marchés de l'énergie restent bien approvisionnés et que l'Iran soit tenu pour responsable de son agression.

Le complexe d’Abqaiq est au cœur de l’infrastructure pétrolière saoudienne. Il traite plus de la moitié de sa production pétrolière.

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Le gouvernement américain a publié deux images détaillées du résultat de l’attaque.

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Les images montrent environ 17 points d’impact. Une voiture visible dans la seconde image, plus détaillée, permet de constater la taille gigantesque de l’endroit. Les cibles ont été soigneusement sélectionnées. Au moins 11 d’entre elles étaient des réservoirs ovoïdes d’un diamètre d’environ 30 mètres. Ce sont probablement des réservoirs de gaz sous pression – liquide – qui reçoivent les vapeurs de condensat provenant du processus de stabilisation. Ils ont tous maintenant des trous assez nets dans leur coquille supérieure.

La tuyauterie qui va et vient des réservoirs en forme d’œuf montre que ceux-ci ont été configurés en groupes à double redondance. Deux réservoirs l’un à côté de l’autre partagent un système de tuyauterie. Deux de ces réservoirs jumeaux sont adjacents avec des tuyaux allant au système de traitement. Il existe au total trois groupes de ce type. Les dommages causés à un réservoir ou à un groupe n’arrêteraient pas le processus de production. Les produits seraient acheminés vers un autre réservoir ou groupe similaire. Mais avec tous les réservoirs de ce type particulier inutilisables, la chaîne de production est maintenant interrompue.

Deux zones de traitement ont été touchées et présentent des dégâts d’incendie. L’équipement de contrôle des deux a été probablement complètement détruit :

Rapidan Energy Group, société de conseil, a déclaré que les images de l'installation d'Abqaiq après l'attaque montraient qu'environ cinq tours de stabilisation semblaient avoir été détruites et qu'il faudrait des mois pour les reconstruire, ce qui pourrait réduire la production pendant une période prolongée.
 
«Cependant, Aramco conserve une certaine redondance dans le système pour maintenir la production pendant la maintenance», a ajouté Rapidan, signifiant que les opérations pourraient revenir plus tôt au niveau précédant l'attaque.

Le ciblage de cette attaque a été réalisé avec une connaissance détaillée du processus et de ses dépendances.

La flèche indiquant le nord, en haut à droite de ces images, pointe vers la gauche. Les ombres visibles confirment la direction. Les trous dans les réservoirs sont du côté ouest. Ils ont été attaqués de l’ouest.

Les frappes étaient extrêmement précises. Les forces armées yéménites ont affirmé avoir attaqué l’installation avec dix drones ou missiles de croisière. Mais les résultats sur ces cibles ne ressemblent à rien de tel. Un total de 17 résultats avec un ciblage aussi précis laisse supposer qu’il s’agissait d’une sorte de drone ou de missile avec un contrôle humain dans le processus. Ils peuvent avoir été lancés à partir de l’Arabie saoudite.

Il n’y a pas encore d’information sur les dégâts causés à Khurais, la deuxième cible des attaques.

Les États-Unis et Israël peuvent réaliser de telles attaques. L’Iran probablement aussi. Le Yémen semble peu susceptible de disposer de cette capacité sans s’appuyer sur un soutien important ailleurs. La planification de cette opération a dû prendre des mois.

Un producteur de la BBC au Moyen-Orient a déclaré :

Riam Dalati @Dalatrm - 22h44 UTC · 15 sept. 2019
 
17 points d'impact. Aucun drone ou missile n'a été détecté / intercepté. Les Saoudiens et les Américains ne savent toujours pas d'où l'attaque a été lancée. #KSA a sérieusement besoin de se fournir ailleurs et de remplacer le Patriot ou de le renforcer avec un réseau de canons AA à commande radar tels que le Oerlikon.
 
Une source familière avec la situation de #Aramco nous a dit dans la journée qu’il s’agissait d’une «attaque en essaim», d’un mélange de plus de 20 drones et missiles, dont au moins la moitié étaient des drones suicides. #USA & #KSA, a-t-il dit, sont "certains" que l'attaque a été lancée depuis #Iraq mais "une preuve indiscutable est toujours manquante"
 
Ils sont également "à peu près certains" que #IRGC [Gardiens de la révolution en Iran] était derrière l'opération car, même si les missiles utilisés étaient identiques à ceux des #Houthis, une inspection des débris trouvés dans le désert a révélé "deux nouvelles mises à jour" et un "savoir-faire nettement meilleur"

Le Wall Street Journal commente les dégâts :

Les frappes ont détruit 5,7 millions de barils de production quotidienne, et les responsables ont déclaré croire toujours pouvoir la compenser dans les prochains jours. Cela nécessiterait de puiser dans les stocks et d'utiliser d'autres installations pour traiter le pétrole brut. L’une des principales cibles de l’attaque était une grande usine de traitement du brut à Abqaiq. ...
 
"C’est certainement pire que ce à quoi nous nous attendions dans les premières heures qui ont suivi l’attaque, mais nous veillons à ce que le marché ne connaisse aucune pénurie jusqu’à ce que notre système soit de nouveau en ligne", a déclaré un responsable saoudien. ...

Même si les autorités saoudiennes réussissent à rétablir la totalité ou la quasi-totalité de la production perdue, l'attaque témoigne d'une nouvelle vulnérabilité des lignes d'approvisionnement dans le Golfe, une région riche en pétrole.
 
Les pétroliers doivent payer des primes d’assurance nettement plus élevées, tandis que les coûts de transport ont grimpé en flèche dans la région après une série d’attaques maritimes contre des navires chargés de pétrole, que les États-Unis ont imputées à l’Iran. ...
 
Khurais produit environ 1,5 million de barils par jour et Abqaiq, la plus grande installation de stabilisation du brut au monde, traite sept millions de barils de pétrole saoudien par jour, transformant le brut en produits spécifiques plus légers, tels que l'Arabian Extra Light.

Les réparations à Abqaiq prendront probablement des semaines, pas des jours. Les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 19,5% à 71,95 dollars le baril, soit la plus forte hausse depuis le 14 janvier 1991 :

Aramco n'a donné aucun calendrier pour la reprise de la production. Une source proche du dossier a confié à Reuters que le retour à la pleine capacité pétrolière pourrait prendre "des semaines, pas des jours".
 
Riyad a indiqué qu'il compenserait les dommages subis par ses installations en puisant dans ses stocks, qui s'élevaient à 188 millions de barils en juin, selon les données officielles.

Le président américain Donald Trump était beaucoup plus prudent dans l’attribution de la responsabilité de la frappe que son secrétaire d’État.

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 00h50 UTC · 16 sept. 2019
 
L’approvisionnement en pétrole de l’Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes l'arme au pied en attendant les vérifications, le Royaume nous dira qui, selon lui, est la cause de cette attaque et dans quelles conditions nous allons agir !

Toute attaque directe de l’Iran aurait pour conséquence que des essaims de missiles frapperaient des installations militaires américaines aux Émirats arabes unis et au Qatar. Les usines de dessalement d’eau saoudiennes, les raffineries et les ports seraient également visés.

Il est peu probable que Trump ou les Saoudiens soient prêts à risquer une telle réponse.

L’attaque sur Abqaiq n’était pas la dernière et toutes les installations saoudiennes sont extrêmement vulnérables :

Les rebelles houthis du Yémen ont déclaré que les installations pétrolières en Arabie Saoudite restaient parmi leurs cibles après que les attaques contre deux sites majeurs aient réduit de moitié la production du royaume et provoqué une flambée des prix du brut.

Le groupe rebelle soutenu par l’Iran, cité par la chaîne de télévision Houthi, a déclaré que ses armes pouvaient atteindre n’importe quelle cible en Arabie saoudite. Les attaques de samedi ont été menées par des "avions" utilisant de nouveaux moteurs, a précisé le groupe, faisant probablement référence aux drones.

Middle East Eye, un média financé par le Qatar, a annoncé hier que l’attaque avait été lancée depuis l’Irak par les forces alignées avec l’Iran pour se venger des attaques israéliennes en Syrie. L’auteur, David Hearst, est connu pour ses reportages diffamatoires. Le rapport est basé sur une source de renseignement irakienne anonyme et unique. Le Qatar, en dispute avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour son soutien aux Frères musulmans, aimerait voir un conflit plus important opposer ses rivaux à l’est et à l’ouest du golfe Persique. Le rapport devrait donc être ignoré.

L’Arabie saoudite ne dispose d’aucun moyen de défense contre ce type d’attaque. Les États-Unis ne disposent d’aucun système pouvant être utilisé à cette fin. La Russie est le seul pays à pouvoir fournir le matériel nécessaire. Il serait extrêmement coûteux, et toujours insuffisant, de protéger toutes les installations vitales des Saoudiens contre des attaques d’essaims similaires.

Des attaques de ce type ne prendront fin que lorsque l’Arabie saoudite conclura la paix avec le Yémen et lorsque les États-Unis mettront un terme à leurs sanctions concernant les exportations de pétrole iranien. Il est grand temps que les faucons comme Pompeo le reconnaissent.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-represailles-asymetriques-du-yemen

Petites et grandes manoeuvres

Petites et grandes manoeuvres

14 Septembre 2019

Temps incertains et passionnants, faits de continuités et de recompositions, d’alliances inamovibles ou d’étonnants retournements de veste…

Le limogeage de John Bolton continue de faire couler de l’encre. Peut-être trop d’ailleurs car, malgré l’erratisme du Donald, il n’est pas du tout sûr que Washington change de ligne du jour au lendemain. Ces précautions d’usage formulées, le toujours excellent Bhadrakumar s’essaie au petit jeu du qui gagne/qui perd. A première vue, le débarquement du néo-con moustachu est une bonne nouvelle pour l’Iran et pour la Chine, une mauvaise pour Israël. Quant à la Russie, c’est business as usual.

Curieusement, et contrairement à la grande majorité du Deep State US, Bolton n’a en effet jamais présenté Moscou comme l’ennemi absolu à abattre. Ceci ne devrait nous étonner qu’à moitié, tant il est vrai que l’Etat profond, constitué de courants variés, n’est pas un tout homogène. Si sa stratégie fondamentale – diviser l’Eurasie – est forgée dans le bronze, les moyens pour y arriver font l’objet de débats et de divisions parfois importantes.

A ceux (establishment de la CIA, hauts pontes Démocrates) qui considèrent l’ours comme la Némésis suprême s’oppose la branche « kissingérienne », souhaitant au contraire jouer la Russie contre la Chine. Cette ritournelle est dans l’air depuis quelques années, autour de revues influentes (The National Interest), depuis que la folie des grandeurs impériale de la fin des années 90 puis les gaffes bushesques et obamesques ont fortement rapproché Moscou et Pékin.

Cette stratégie consistant à diviser les deux poids lourds continentaux est un grand classique de la thalassocratie anglo-saxonne. En 1900, âge d’or de l’Angleterre victorienne, Joseph Chamberlain (père de Neville, signataire des fameux accords de Munich en 1938), résumait parfaitement l’objectif fondamental de l’empire maritime : « Il est de notre intérêt que l’Allemagne s’oppose aux Russes. Notre principale crainte est de les voir s’allier. Nous devrions faire tout notre possible pour accentuer la cassure entre l’Allemagne et la Russie, ainsi qu’entre la Russie et le Japon« . Londres tentait tour à tour, selon ses gouvernements, de s’allier avec l’Allemagne contre la Russie ou avec la Russie contre l’Allemagne, l’essentiel étant que ces deux-là demeurent dans des camps opposés.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis reprennent le flambeau laissé par un Royaume-Uni déclinant, l’Eurasie remplace l’Europe et le Grand jeu passe à l’échelle-monde. Les fondamentaux, eux, ne changent guère. Dans les années 70, Kissinger (déjà) est l’artisan de la visite de Nixon en Chine populaire pour profiter de la rupture sino-soviétique et soutenir Mao contre l’URSS. Si le vénérable vieillard a aujourd’hui changé son fusil d’épaule et préfère jouer la carte russe, le scénario reste le même : séparer les deux géants eurasiatiques.

Ainsi va la pieuvre à tentacules multiples qu’est le Deep State US, uni par un même but stratégique fondamental mais divisé quant aux moyens pour y parvenir. La situation est encore compliquée par des électrons du type Soros, qui veulent s’attaquer aussi bien à la Russie qu’à la Chine tout en défendant les intérêts de sa caste oligarchique en promouvant l’afflux de réfugiés, point sur lequel Bolton et son Gatestone Institute ont toujours été, par contre, en désaccord total.

En parlant des « élites » financières de la planète, un article détonnant de William Engdahl se pose la question de savoir si elles ne vont pas abandonner le dollar. Certes, ce n’est pas la première fois qu’on le murmure mais les signes commencent à s’accumuler. Voir le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre, la patronne du FMI Christine Lagarde ou le récent président de la New York Federal Reserve Bank évoquer, sous des angles différents, la nécessaire dédollarisation de l’économie mondiale laisse rêveur… et prouve une fois de plus que l’empire américain, dont le pilier est la prééminence du billet vert, ne peut être confondu avec les lobbies dont on parle souvent, qu’il soient pétrolier, pro-israélien ou, en l’occurrence, financier. Ce n’est ni Exxon, ni Nétanyahou, ni Wall Street qui font la politique étrangère américaine, même s’ils peuvent l’influencer ponctuellement…

Sur la Chine, les multinationales sont également vent debout contre les sanctions commerciales voulues par les stratèges de Washington afin de torpiller l’envol du dragon et ses Routes de la Soie. Les petits génies du Potomac continuent d’ailleurs d’appuyer sur le bouton Hong Kong qui, à en croire notre bonne vieille presstituée, serait un merveilleux symbole de « révolution démocratique », rien que ça. La réalité est quelque peu différente, comme nous l’expliquions fin juillet :

Est-ce tout à fait un hasard si Russie et Chine ont récemment vu l’éclosion de manifestations qui fleurent bon la révolution colorée si chère à Soros ? Le « philanthrope », comme l’appellent amoureusement nos petits plumitifs, prévenait d’ailleurs au début de l’année : « La Chine est notre ennemi le plus dangereux ».

Fin mars, des manifestations éclatent à Hong Kong contre un amendement permettant l’extradition vers la Chine. Si le projet de loi est certes maladroit et l’inquiétude bien réelle chez beaucoup de Hongkongais, sourcilleux quant à l’indépendance de leur système judiciaire, il est impossible de ne pas voir que plusieurs meneurs protestataires sont financés par le N.E.D.

Rappelons que le National Endowment for Democracy, fondation bipartisane créée au début des années 80 par le Congrès américain, a repris officiellement à sa charge les coups tordus de la CIA. Comme le disait l’ancien directeur de l’agence, William Colby : « Il n’est plus nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui étaient menés en sous main, peuvent désormais l’être au grand jour, sans controverse ».

Cette dangereuse proximité des manifestants avec les officines de l’empire et le fait que les protestations continuent et s’amplifient malgré le retrait de l’amendement ne trompent personne, et surtout pas les Chinois. Pour Pékin, c’est clair : tonton Sam est à la manœuvre.

Le but, évident : mettre une épine dans le pied du dragon et le fixer sur un point sensible (Hong Kong est la cinquième bourse mondiale) afin d’entamer son prestige en Asie et entraver sa marche.

Les drapeaux étoilés régulièrement et fièrement brandis par les manifestants ainsi que les appels au « sauveur américain » ne devraient pas nous étonner. Il y a cinq ans, un think tank reconnaissait déjà les énormes sommes déversées chaque année par le N.E.D à Hong Kong. La participation d’un des leaders du mouvement, Joshua Wong, à une petite sauterie récemment organisée en compagnie du dirigeant des Casques blancs et du putschiste ukrainien Klitschko n’est évidemment pas pour nous surprendre…

A plusieurs milliers de kilomètres de là, le Moyen-Orient est en feu, littéralement. Les drones houthis, et peut-être quelques missiles les accompagnant, se sont abattus sur les principales raffineries saoudiennes, obligeant le royaume wahhabite à stopper la moitié de sa production pétrolière, soit 5% de la production mondiale ! Les systèmes de défense anti-aérienne américains, eux, n’ont rien vu passer.

On se rappelle avec délice ce grassouillet prince saoudien, un petit comique celui-là, qui assurait la bouche en cœur il y a quelques jours que son pays pourrait annihiler l’Iran en huit heures. Apparemment, les Houthis en pyjama ne sont pas encore au courant de cette toute-puissance saoudienne et, à Téhéran, on en rit encore…

La seule chose que Riyad semble réaliser à peu près correctement, c’est manigancer contre ses adversaires diplomatiques. Enlisés jusqu’à la moelle au Yémen, incapable de faire quoi que ce soit contre l’Iran sans geindre pour que leurs parrains américains viennent à la rescousse, les Saoudiens ne trouvent rien de mieux à faire que tenter d’isoler… la Turquie à Chypre.

On sait qu’entre le sultan néo-ottoman tendance Frères musulmans et le Seoud wahhabite, ça n’a jamais été le grand amour. Le grand écart a encore été accentué par le fiasco de toute ce joli monde en Syrie, conflit qui pendant un temps a pu les rabibocher. L’alliance turco-qatarie après la rupture de juin 2017 au sein du Conseil de Coopération du Golfe et la bonne entente entre Ankara et Téhéran n’ont évidemment rien fait pour arranger les choses. Qu’il semble loin le temps, pas si lointain en réalité (40 ans), où l’empire américain avait sous sa coupe Saoudiens, Iraniens, Turcs, Qataris et Israéliens.

Tell Aviv justement. En pleine campagne de réelection, Bibi la Terreur a une nouvelle fois pris le chemin de Sochi pour rencontrer Poutine et montrer sa stature internationale à son électorat. Il a dû déchanter… Vladimirovitch l’a fait attendre trois heures et lui aurait opposé un niet abrupt aux futures incursions aériennes israéliennes en Syrie. Le conditionnel reste de mise tant le Moyen-Orient est habitué aux retournements de situation, mais l’info, d’abord donnée par l’édition en arabe de The Independent avant d’être reprise par la presse israélienne puis par Zero Hedge, semble solide.

Les Russes auraient d’ailleurs, à trois reprises, empêché des frappes israéliennes sur des cibles chiites/iraniennes. Cela fait d’ailleurs écho à ce qu’a rapporté un site russe d’aviation il y a quelques jours : des Sukhois-35 déployés dans la province de Deraa pour empêcher un bombardement israélien.

Toujours est-il que Poutine aurait remis (conditionnel toujours de mise) les pendules à l’heure en traçant une ligne rouge devant Nétanyahou : désormais, tout avion bombardant la Syrie sera abattu par les chasseurs russes ou les S-400. Apparemment, le maître du Kremlin est même allé, fait nouveau, jusqu’à condamner « l’agression israélienne au Liban » (l’incident du drone la semaine dernière, ndlr) et a prévenu son interlocuteur de se garder de renouveler la chose.

Israël qui pleure, Iran qui rit ? Oui et non. Si l’un et l’autre peuvent se lamenter/se réjouir de la disgrâce de Bolton et de la nouvelle intransigeance russe (si elle est confirmée), les choses ne sont pas si simples. Malgré le départ du moustachu fou, le Donald ne va pas lâcher Israël et envisage même de discuter un possible traité de défense mutuelle. Proposition sérieuse ou simple manière de faire passer la pilule du renvoi de son conseiller très pro-israélien ainsi que ses légères ouvertures à l’Iran ? Impossible de le dire à ce stade…

Du côté de Téhéran, les sanctions continuent leur travail de sape et ont réussi à éloigner l’Inde, qui a pourtant des relations traditionnellement excellentes avec son presque voisin. L’ambassadeur iranien à New Delhi a exprimé sa frustration devant ce lâchage : « Il est maintenant acté que l’Inde a arrêté ses importations de pétrole iranien à cause de ce qu’elle appelle ses intérêts nationaux. C’est son droit, mais d’autres ont agi différemment [Chine, Russie, Turquie]. L’Inde a lutté difficilement pour son indépendance et ne devrait pas se plier devant les décisions unilatérales des Etats-Unis« .

Le plus étrange est que le gouvernement Modi renâcle même à développer Chabahar, pourtant exempt du régime de sanctions américaines. Pour mémoire, ce port est le pendant de ce que fait la Chine à Gwadar et que le fidèle lecteur connaît par cœur. Le projet irano-indien de Chabahar était, pour New Delhi, une manière de prendre l’axe sino-pakistanais de revers.

Dans la grande Eurasie qui se met en place sous l’égide de l’OCS, marquée par le spectaculaire réchauffement des relations entre Pékin et New Delhi, ces deux projets devenaient moins concurrents que complémentaires. Si rien n’est encore perdu, encore faut-il que l’Inde se réveille et décide à quel camp elle appartient… sous peine de voir Chabahar lui filer sous le nez et terminer dans l’escarcelle chinoise.

Cette affaire, notamment les propos de l’ambassadeur, permettent en tout cas de confirmer en creux la véracité du plan gargantuesque d’investissements chinois dans le secteur énergétique iranien à hauteur de 280 milliards d’équivalent-dollars, pour le plus grand malheur des stratèges US qui ont d’ailleurs bien d’autres raisons de s’arracher les cheveux.

Sueurs froides américaines riment souvent avec énergie russe et les derniers développements ne démentent pas cet axiome. Après tant d’autres, les Serbes de Bosnie veulent également une branche du Turk Stream qui passera par la Serbie voisine et irriguera les Balkans. Belgrade devrait d’ailleurs se méfier. Premier pays à avoir connu une « révolution de couleur » made in Soros en 2000, la Serbie pourrait bien renouveler ce type de mésaventure. L’achat de drones militaires chinois (une première en Europe), les exercices militaires anti-aériens communs avec la Russie (une autre première) et surtout la volonté de rejoindre l’Union Economique Eurasienne malgré les « avertissements » de l’Union Européenne pourraient donner quelques idées aux excités de Washington et Bruxelles. Tout ressemblance avec des faits, l’Ukraine par exemple, etc. etc.

En parlant de l’UEE, le prochain pays à signer un accord de libre-échange avec le bloc eurasiatique sera Singapour, le1er octobre. Un succès supplémentaire pour cette organisation si décriée par nos experts journalistiques, quand elle n’est pas tout simplement passée sous silence. Il est vrai que nos plumitifs n’en ont que pour leur sacro-sainte UE, bien bancale quant à elle malgré les communiqués officiels. Si l’establishment en place, y compris ce faux rebelle de Jeremy Corbyn, tente par tous les moyens de torpiller le Brexit, le public de Sa Gracieuse Majesté n’est pas dupe. Une majorité de Britanniques veut voir respecté le résultat du référendum.

Le résultat est sans appel et, surprise, un tiers des votants qui ont choisi le Bremain veulent quand même que la décision souveraine du peuple soit mise en oeuvre. Mauvaise nouvelle pour le système impérial, qui n’est décidément pas gâté par les sondages. Une copieuse enquête du Conseil européen des relations internationales apporte d’intéressantes conclusions. La confiance envers tonton Sam s’étiole profondément et une question doit particulièrement faire se retourner dans sa tombe Dr Zbig :

Malgré une désinformation russophobe forcenée, malgré la lobotomisation des cerveaux par Hollywood, malgré une intox médiatique de tous les instants, aucun pays européen, pas même la Pologne, ne soutiendrait majoritairement les Etats-Unis dans une guerre contre la Russie. Les résultats de l’Autriche (!) et même de l’Allemagne (12%-7%) doivent être particulièrement durs à avaler du côté de DC la Folle.

On imagine les éclats de rire dans les couloirs du Kremlin, où l’on sait bien que le principe de réalité finit toujours par rattraper les belles envolées propagando-lyriques de l’empire, comme le montre ce dernier épisode en forme de clin d’œil. La Lituanie, pays bien comme il faut aux yeux de Washington (otanien, anti-russe), avait construit il y a cinq ans un terminal GNL pour échapper au gaz du méchant Poutine et se tourner vers le Freedom gas américain, quitte à le payer beaucoup plus cher. La « liberté » n’a pas de prix, n’est-ce pas. Ce lundi 16 septembre, un méthanier transportant du gaz russe en provenance du Yamal est attendu sur les quais…Tag(s) : #Etats-Unis#Histoire#Russie#Chine#Economie#Moyen-Orient#Pétrole#Sous-continent indien#Gaz#Europe

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MISE À JOUR CARTOGRAPHIQUE: L’EXPANSION TERRITORIALE D’ISRAËL

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MISE À JOUR CARTOGRAPHIQUE: L’EXPANSION TERRITORIALE D’ISRAËL

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Map Update: Israel’s Territorial Expansion

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Le 10 septembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait la grande promesse électorale d’annexer la vallée du Jourdain et le nord de la Mer Morte en Cisjordanie occupée s’il devait gagner les prochaines élections. Netanyahu a également promis que ces annexions de terres occupées seraient soutenues par le gouvernement Trump, et que le président américain Donald Trump dévoilerait son plan de «transaction du siècle», à la suite d’un vote réussi dans la «seule démocratie au Moyen-Orient».

Tenant compte de la position des États-Unis concernant les actions agressives israéliennes au Moyen-Orient, il est prévu que le gouvernement Trump soutienne pleinement tous les projets d’expansionnisme israéliens dans la région.

À son tour, la Russie est préoccupée « par ces plans israéliens, dont la mise en oeuvre peut entraîner une escalade dramatique des tensions dans la région et saper les espoirs d’une paix tant attendue entre Israël et ses voisins arabes ».

«En même temps, nous confirmons notre position cohérente et inchangée sur la nécessité d’un règlement politique global du conflit israélo-palestinien fondé sur la solution des deux États à mettre en œuvre à l’intérieur des frontières de 1967. Le seul moyen sûr de régler toutes les divergences existantes réside dans des discussions directes entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre du droit international, y compris les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, les Principes de Madrid et l’Initiative de paix arabe », a commenté le ministère russe des Affaires étrangères. problème

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