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IRAN: UN DRONE ABATTU PAR L’ARMÉE SYRIENNE PROCHE DU GOLAN POURRAIT ÊTRE IRANIEN

ISRAEL#SYRIA 22.09.2019 – 399 vues    5 ( 1 votes)

IRAN: UN DRONE ABATTU PAR L’ARMÉE SYRIENNE PROCHE DU GOLAN POURRAIT ÊTRE IRANIEN

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Le véhicule aérien sans pilote (UAV) abattu par l’Armée arabe syrienne (SAA) près des hauteurs du Golan occupées par les Israéliens le 21 septembre pourrait être un Iranien, a déclaré le lieutenant-colonel Avichay Adraee, porte-parole de l’armée israélienne.

«Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit pas d’un UAV des Forces de défense [israéliennes]. Nous parlons donc d’autres explosifs iraniens travaillant sans coordination dans la partie syrienne du Golan», a écrit le lieutenant-colonel Adraee. sur Twitter.

Le porte-parole a également affirmé que le drone avait été abattu dans la même région, à partir de laquelle des membres du Corps des gardes de la révolution islamique iraniens (IRGC) auraient tenté de lancer des « drones tueurs » contre Israël le mois dernier.

Israel Says Drone Downed By Syrian Army Near Occupied Golan May Be Iranian

«La main droite ne sait pas ce que fait la main gauche», a publié une affiche publiée par Adraee.

En affirmant cela, Adraee a contredit la propre histoire de l’armée israélienne concernant la prétendue attaque par un drone iranien. Le 25 août, l’armée israélienne a affirmé que les forces de l’IRGC prévoyaient de lancer les drones depuis la ville d’Aqraba, dans le sud de Damas, et non depuis la ville d’Erneh près d’Al Golan, où le drone armé avait abattu le drone armé.

Israël aurait utilisé des drones similaires à celui que l’armée syrienne a abattu près d’Erneh lors de l’attaque du 25 août dans le sud de Beyrouth , qui visait un centre de presse du Hezbollah.

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La menace de Netanyahou

La menace de Netanyahou

Israël est aujourd’hui ce pays qui peut accepter que son principal dirigeant réduise un peuple à l’état d’enjeu électoral. Qui osera encore parler de démocratie dans ces conditions ?

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En annonçant son intention d’annexer la vallée du Jourdain s’il remporte l’élection du 17 septembre, Benyamin Netanyahou dit beaucoup de lui-même et plus encore de l’état moral de son pays. Ainsi, on peut aujourd’hui en Israël pour un profit électoral, et pour le destin personnel d’un homme politique aux abois, s’approprier un territoire peuplé de 65 000 habitants, palestiniens, dépossédés de leur terre et soudain déclarés étrangers chez eux. Israël est aujourd’hui ce pays qui peut accepter que son principal dirigeant réduise un peuple à l’état d’enjeu électoral. Qui osera encore parler de démocratie dans ces conditions ? 

La promesse ultra-colonialiste de Netanyahou est l’expression d’un mépris raciste à l’image du personnage, et hélas, d’une partie importante de la société israélienne. Mais on peut aussi creuser dans l’histoire pour relier la sortie du Premier ministre au projet sioniste. En 1947, le « père » fondateur d’Israël, David Ben Gourion, voulant convaincre la droite sioniste d’accepter le partage de la Palestine décidée par l’Onu, avait fait une promesse qui résonne aujourd’hui fortement : « L’acceptation de la partition ne nous engage pas à renoncer à la Cisjordanie (…). Nous accepterons un État dans les frontières fixées aujourd’hui – mais les frontières des aspirations sionistes sont les affaires des Juifs et aucun facteur externe ne pourra les limiter » (cité par l’historien israélien Simha Flapan, La Naissance d’Israël, mythes et réalités). 

40 % de la Cisjordanie

Pour une sordide visée électoraliste, Netanyahou prétend donc à sa façon accomplir le projet sioniste. Et c’est pourquoi sa menace doit être prise au sérieux, et condamnée énergiquement par la France et l’Union européenne. Et des condamnations qui vont au-delà de la pétition de principe.

Cela dit, la menace ne sera mise à exécution que si Netanyahou l’emporte le 17 septembre – ce qui n’est pas acquis – et si le grand parrain américain donne son feu vert. Ce qui n’est pas certain. La fenêtre n’est pas forcément ouverte au moment où Trump limoge son conseiller le plus droitier, John Bolton, et alors qu’il n’exclut plus d’ouvrir un dialogue direct avec l’Iran. Au grand dam de Netanyahou qui pousse au conflit avec la république islamique. Le Premier ministre israélien se sent évidemment encouragé par les décisions de Trump de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, et de reconnaître l’annexion du Golan, mais il n’est pas sûr en l’occurrence que le calendrier électoral de Netanyahou coïncide avec le calendrier politique de Donald Trump.

Si elle devait intervenir, l’annexion de la vallée du Jourdain prendrait encore 40 % de la Cisjordanie. On ne dira pas ici que cela condamnerait le « processus de paix » et la solution à deux États. De processus de paix, il n’y a plus depuis au moins vingt ans, et la solution à deux États n’est plus guère envisageable avec quelque 600 000 colons. Le paradoxe colonial est qu’il nous rapproche d’une reconfiguration de la résistance palestinienne à partir de la notion de citoyenneté égale de tous les habitants dans cet espace qui va du Jourdain à la Méditerranée.


Denis Sieffert
PAR DENIS SIEFFERT
PUBLIÉ LE 12 SEPTEMBRE 2019
https://www.politis.fr/articles/2019/09/la-menace-de-netanyahou-40803/

Les représailles asymétriques du Yemen

Les représailles asymétriques du Yemen …


… Une attaque massive de drones, bien ciblée, cause des dégâts considérables au complexe pétrolier le plus important d’Arabie Saoudite


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 16 septembre 2019

L’attaque de samedi contre le complexe de traitement de pétrole et de gaz saoudien à Abqaiq a touché ses capacité de stabilisation du brut :

Le processus de stabilisation est une forme de distillation partielle qui adoucit le pétrole brut acide, en éliminant le sulfure d'hydrogène, et réduit la pression des vapeurs, rendant ainsi le pétrole brut sans danger pour l'expédition dans les pétroliers. Les stabilisants optimisent la production d'hydrocarbures liquides de valeur tout en rendant ceux-ci sûrs pour le stockage et le transport, en réduisant les émissions atmosphériques d'hydrocarbures volatils. En résumé, les équipements de stabilisation sont utilisés pour réduire la volatilité du pétrole brut et du condensat stockés.

Peu de temps après l’attaque, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, est passé en mode blâmer l’Iran :

Secrétaire Pompeo @SecPompeo - 21h59 UTC · 14 septembre 2019
 
Téhéran est à l'origine de près de cent attaques contre l'Arabie saoudite, tandis que Rouhani et Zarif prétendent s'engager dans la diplomatie. Au milieu de tous les appels à la désescalade, l’Iran a lancé une attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial. Il n'y a aucune preuve que les attaques sont venues du Yémen.
 
Nous appelons toutes les nations à condamner publiquement et sans équivoque les attaques de l'Iran. Les États-Unis collaboreront avec leurs partenaires et alliés pour faire en sorte que les marchés de l'énergie restent bien approvisionnés et que l'Iran soit tenu pour responsable de son agression.

Le complexe d’Abqaiq est au cœur de l’infrastructure pétrolière saoudienne. Il traite plus de la moitié de sa production pétrolière.

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Le gouvernement américain a publié deux images détaillées du résultat de l’attaque.

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Les images montrent environ 17 points d’impact. Une voiture visible dans la seconde image, plus détaillée, permet de constater la taille gigantesque de l’endroit. Les cibles ont été soigneusement sélectionnées. Au moins 11 d’entre elles étaient des réservoirs ovoïdes d’un diamètre d’environ 30 mètres. Ce sont probablement des réservoirs de gaz sous pression – liquide – qui reçoivent les vapeurs de condensat provenant du processus de stabilisation. Ils ont tous maintenant des trous assez nets dans leur coquille supérieure.

La tuyauterie qui va et vient des réservoirs en forme d’œuf montre que ceux-ci ont été configurés en groupes à double redondance. Deux réservoirs l’un à côté de l’autre partagent un système de tuyauterie. Deux de ces réservoirs jumeaux sont adjacents avec des tuyaux allant au système de traitement. Il existe au total trois groupes de ce type. Les dommages causés à un réservoir ou à un groupe n’arrêteraient pas le processus de production. Les produits seraient acheminés vers un autre réservoir ou groupe similaire. Mais avec tous les réservoirs de ce type particulier inutilisables, la chaîne de production est maintenant interrompue.

Deux zones de traitement ont été touchées et présentent des dégâts d’incendie. L’équipement de contrôle des deux a été probablement complètement détruit :

Rapidan Energy Group, société de conseil, a déclaré que les images de l'installation d'Abqaiq après l'attaque montraient qu'environ cinq tours de stabilisation semblaient avoir été détruites et qu'il faudrait des mois pour les reconstruire, ce qui pourrait réduire la production pendant une période prolongée.
 
«Cependant, Aramco conserve une certaine redondance dans le système pour maintenir la production pendant la maintenance», a ajouté Rapidan, signifiant que les opérations pourraient revenir plus tôt au niveau précédant l'attaque.

Le ciblage de cette attaque a été réalisé avec une connaissance détaillée du processus et de ses dépendances.

La flèche indiquant le nord, en haut à droite de ces images, pointe vers la gauche. Les ombres visibles confirment la direction. Les trous dans les réservoirs sont du côté ouest. Ils ont été attaqués de l’ouest.

Les frappes étaient extrêmement précises. Les forces armées yéménites ont affirmé avoir attaqué l’installation avec dix drones ou missiles de croisière. Mais les résultats sur ces cibles ne ressemblent à rien de tel. Un total de 17 résultats avec un ciblage aussi précis laisse supposer qu’il s’agissait d’une sorte de drone ou de missile avec un contrôle humain dans le processus. Ils peuvent avoir été lancés à partir de l’Arabie saoudite.

Il n’y a pas encore d’information sur les dégâts causés à Khurais, la deuxième cible des attaques.

Les États-Unis et Israël peuvent réaliser de telles attaques. L’Iran probablement aussi. Le Yémen semble peu susceptible de disposer de cette capacité sans s’appuyer sur un soutien important ailleurs. La planification de cette opération a dû prendre des mois.

Un producteur de la BBC au Moyen-Orient a déclaré :

Riam Dalati @Dalatrm - 22h44 UTC · 15 sept. 2019
 
17 points d'impact. Aucun drone ou missile n'a été détecté / intercepté. Les Saoudiens et les Américains ne savent toujours pas d'où l'attaque a été lancée. #KSA a sérieusement besoin de se fournir ailleurs et de remplacer le Patriot ou de le renforcer avec un réseau de canons AA à commande radar tels que le Oerlikon.
 
Une source familière avec la situation de #Aramco nous a dit dans la journée qu’il s’agissait d’une «attaque en essaim», d’un mélange de plus de 20 drones et missiles, dont au moins la moitié étaient des drones suicides. #USA & #KSA, a-t-il dit, sont "certains" que l'attaque a été lancée depuis #Iraq mais "une preuve indiscutable est toujours manquante"
 
Ils sont également "à peu près certains" que #IRGC [Gardiens de la révolution en Iran] était derrière l'opération car, même si les missiles utilisés étaient identiques à ceux des #Houthis, une inspection des débris trouvés dans le désert a révélé "deux nouvelles mises à jour" et un "savoir-faire nettement meilleur"

Le Wall Street Journal commente les dégâts :

Les frappes ont détruit 5,7 millions de barils de production quotidienne, et les responsables ont déclaré croire toujours pouvoir la compenser dans les prochains jours. Cela nécessiterait de puiser dans les stocks et d'utiliser d'autres installations pour traiter le pétrole brut. L’une des principales cibles de l’attaque était une grande usine de traitement du brut à Abqaiq. ...
 
"C’est certainement pire que ce à quoi nous nous attendions dans les premières heures qui ont suivi l’attaque, mais nous veillons à ce que le marché ne connaisse aucune pénurie jusqu’à ce que notre système soit de nouveau en ligne", a déclaré un responsable saoudien. ...

Même si les autorités saoudiennes réussissent à rétablir la totalité ou la quasi-totalité de la production perdue, l'attaque témoigne d'une nouvelle vulnérabilité des lignes d'approvisionnement dans le Golfe, une région riche en pétrole.
 
Les pétroliers doivent payer des primes d’assurance nettement plus élevées, tandis que les coûts de transport ont grimpé en flèche dans la région après une série d’attaques maritimes contre des navires chargés de pétrole, que les États-Unis ont imputées à l’Iran. ...
 
Khurais produit environ 1,5 million de barils par jour et Abqaiq, la plus grande installation de stabilisation du brut au monde, traite sept millions de barils de pétrole saoudien par jour, transformant le brut en produits spécifiques plus légers, tels que l'Arabian Extra Light.

Les réparations à Abqaiq prendront probablement des semaines, pas des jours. Les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 19,5% à 71,95 dollars le baril, soit la plus forte hausse depuis le 14 janvier 1991 :

Aramco n'a donné aucun calendrier pour la reprise de la production. Une source proche du dossier a confié à Reuters que le retour à la pleine capacité pétrolière pourrait prendre "des semaines, pas des jours".
 
Riyad a indiqué qu'il compenserait les dommages subis par ses installations en puisant dans ses stocks, qui s'élevaient à 188 millions de barils en juin, selon les données officielles.

Le président américain Donald Trump était beaucoup plus prudent dans l’attribution de la responsabilité de la frappe que son secrétaire d’État.

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 00h50 UTC · 16 sept. 2019
 
L’approvisionnement en pétrole de l’Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes l'arme au pied en attendant les vérifications, le Royaume nous dira qui, selon lui, est la cause de cette attaque et dans quelles conditions nous allons agir !

Toute attaque directe de l’Iran aurait pour conséquence que des essaims de missiles frapperaient des installations militaires américaines aux Émirats arabes unis et au Qatar. Les usines de dessalement d’eau saoudiennes, les raffineries et les ports seraient également visés.

Il est peu probable que Trump ou les Saoudiens soient prêts à risquer une telle réponse.

L’attaque sur Abqaiq n’était pas la dernière et toutes les installations saoudiennes sont extrêmement vulnérables :

Les rebelles houthis du Yémen ont déclaré que les installations pétrolières en Arabie Saoudite restaient parmi leurs cibles après que les attaques contre deux sites majeurs aient réduit de moitié la production du royaume et provoqué une flambée des prix du brut.

Le groupe rebelle soutenu par l’Iran, cité par la chaîne de télévision Houthi, a déclaré que ses armes pouvaient atteindre n’importe quelle cible en Arabie saoudite. Les attaques de samedi ont été menées par des "avions" utilisant de nouveaux moteurs, a précisé le groupe, faisant probablement référence aux drones.

Middle East Eye, un média financé par le Qatar, a annoncé hier que l’attaque avait été lancée depuis l’Irak par les forces alignées avec l’Iran pour se venger des attaques israéliennes en Syrie. L’auteur, David Hearst, est connu pour ses reportages diffamatoires. Le rapport est basé sur une source de renseignement irakienne anonyme et unique. Le Qatar, en dispute avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour son soutien aux Frères musulmans, aimerait voir un conflit plus important opposer ses rivaux à l’est et à l’ouest du golfe Persique. Le rapport devrait donc être ignoré.

L’Arabie saoudite ne dispose d’aucun moyen de défense contre ce type d’attaque. Les États-Unis ne disposent d’aucun système pouvant être utilisé à cette fin. La Russie est le seul pays à pouvoir fournir le matériel nécessaire. Il serait extrêmement coûteux, et toujours insuffisant, de protéger toutes les installations vitales des Saoudiens contre des attaques d’essaims similaires.

Des attaques de ce type ne prendront fin que lorsque l’Arabie saoudite conclura la paix avec le Yémen et lorsque les États-Unis mettront un terme à leurs sanctions concernant les exportations de pétrole iranien. Il est grand temps que les faucons comme Pompeo le reconnaissent.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-represailles-asymetriques-du-yemen

Petites et grandes manoeuvres

Petites et grandes manoeuvres

14 Septembre 2019

Temps incertains et passionnants, faits de continuités et de recompositions, d’alliances inamovibles ou d’étonnants retournements de veste…

Le limogeage de John Bolton continue de faire couler de l’encre. Peut-être trop d’ailleurs car, malgré l’erratisme du Donald, il n’est pas du tout sûr que Washington change de ligne du jour au lendemain. Ces précautions d’usage formulées, le toujours excellent Bhadrakumar s’essaie au petit jeu du qui gagne/qui perd. A première vue, le débarquement du néo-con moustachu est une bonne nouvelle pour l’Iran et pour la Chine, une mauvaise pour Israël. Quant à la Russie, c’est business as usual.

Curieusement, et contrairement à la grande majorité du Deep State US, Bolton n’a en effet jamais présenté Moscou comme l’ennemi absolu à abattre. Ceci ne devrait nous étonner qu’à moitié, tant il est vrai que l’Etat profond, constitué de courants variés, n’est pas un tout homogène. Si sa stratégie fondamentale – diviser l’Eurasie – est forgée dans le bronze, les moyens pour y arriver font l’objet de débats et de divisions parfois importantes.

A ceux (establishment de la CIA, hauts pontes Démocrates) qui considèrent l’ours comme la Némésis suprême s’oppose la branche « kissingérienne », souhaitant au contraire jouer la Russie contre la Chine. Cette ritournelle est dans l’air depuis quelques années, autour de revues influentes (The National Interest), depuis que la folie des grandeurs impériale de la fin des années 90 puis les gaffes bushesques et obamesques ont fortement rapproché Moscou et Pékin.

Cette stratégie consistant à diviser les deux poids lourds continentaux est un grand classique de la thalassocratie anglo-saxonne. En 1900, âge d’or de l’Angleterre victorienne, Joseph Chamberlain (père de Neville, signataire des fameux accords de Munich en 1938), résumait parfaitement l’objectif fondamental de l’empire maritime : « Il est de notre intérêt que l’Allemagne s’oppose aux Russes. Notre principale crainte est de les voir s’allier. Nous devrions faire tout notre possible pour accentuer la cassure entre l’Allemagne et la Russie, ainsi qu’entre la Russie et le Japon« . Londres tentait tour à tour, selon ses gouvernements, de s’allier avec l’Allemagne contre la Russie ou avec la Russie contre l’Allemagne, l’essentiel étant que ces deux-là demeurent dans des camps opposés.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis reprennent le flambeau laissé par un Royaume-Uni déclinant, l’Eurasie remplace l’Europe et le Grand jeu passe à l’échelle-monde. Les fondamentaux, eux, ne changent guère. Dans les années 70, Kissinger (déjà) est l’artisan de la visite de Nixon en Chine populaire pour profiter de la rupture sino-soviétique et soutenir Mao contre l’URSS. Si le vénérable vieillard a aujourd’hui changé son fusil d’épaule et préfère jouer la carte russe, le scénario reste le même : séparer les deux géants eurasiatiques.

Ainsi va la pieuvre à tentacules multiples qu’est le Deep State US, uni par un même but stratégique fondamental mais divisé quant aux moyens pour y parvenir. La situation est encore compliquée par des électrons du type Soros, qui veulent s’attaquer aussi bien à la Russie qu’à la Chine tout en défendant les intérêts de sa caste oligarchique en promouvant l’afflux de réfugiés, point sur lequel Bolton et son Gatestone Institute ont toujours été, par contre, en désaccord total.

En parlant des « élites » financières de la planète, un article détonnant de William Engdahl se pose la question de savoir si elles ne vont pas abandonner le dollar. Certes, ce n’est pas la première fois qu’on le murmure mais les signes commencent à s’accumuler. Voir le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre, la patronne du FMI Christine Lagarde ou le récent président de la New York Federal Reserve Bank évoquer, sous des angles différents, la nécessaire dédollarisation de l’économie mondiale laisse rêveur… et prouve une fois de plus que l’empire américain, dont le pilier est la prééminence du billet vert, ne peut être confondu avec les lobbies dont on parle souvent, qu’il soient pétrolier, pro-israélien ou, en l’occurrence, financier. Ce n’est ni Exxon, ni Nétanyahou, ni Wall Street qui font la politique étrangère américaine, même s’ils peuvent l’influencer ponctuellement…

Sur la Chine, les multinationales sont également vent debout contre les sanctions commerciales voulues par les stratèges de Washington afin de torpiller l’envol du dragon et ses Routes de la Soie. Les petits génies du Potomac continuent d’ailleurs d’appuyer sur le bouton Hong Kong qui, à en croire notre bonne vieille presstituée, serait un merveilleux symbole de « révolution démocratique », rien que ça. La réalité est quelque peu différente, comme nous l’expliquions fin juillet :

Est-ce tout à fait un hasard si Russie et Chine ont récemment vu l’éclosion de manifestations qui fleurent bon la révolution colorée si chère à Soros ? Le « philanthrope », comme l’appellent amoureusement nos petits plumitifs, prévenait d’ailleurs au début de l’année : « La Chine est notre ennemi le plus dangereux ».

Fin mars, des manifestations éclatent à Hong Kong contre un amendement permettant l’extradition vers la Chine. Si le projet de loi est certes maladroit et l’inquiétude bien réelle chez beaucoup de Hongkongais, sourcilleux quant à l’indépendance de leur système judiciaire, il est impossible de ne pas voir que plusieurs meneurs protestataires sont financés par le N.E.D.

Rappelons que le National Endowment for Democracy, fondation bipartisane créée au début des années 80 par le Congrès américain, a repris officiellement à sa charge les coups tordus de la CIA. Comme le disait l’ancien directeur de l’agence, William Colby : « Il n’est plus nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui étaient menés en sous main, peuvent désormais l’être au grand jour, sans controverse ».

Cette dangereuse proximité des manifestants avec les officines de l’empire et le fait que les protestations continuent et s’amplifient malgré le retrait de l’amendement ne trompent personne, et surtout pas les Chinois. Pour Pékin, c’est clair : tonton Sam est à la manœuvre.

Le but, évident : mettre une épine dans le pied du dragon et le fixer sur un point sensible (Hong Kong est la cinquième bourse mondiale) afin d’entamer son prestige en Asie et entraver sa marche.

Les drapeaux étoilés régulièrement et fièrement brandis par les manifestants ainsi que les appels au « sauveur américain » ne devraient pas nous étonner. Il y a cinq ans, un think tank reconnaissait déjà les énormes sommes déversées chaque année par le N.E.D à Hong Kong. La participation d’un des leaders du mouvement, Joshua Wong, à une petite sauterie récemment organisée en compagnie du dirigeant des Casques blancs et du putschiste ukrainien Klitschko n’est évidemment pas pour nous surprendre…

A plusieurs milliers de kilomètres de là, le Moyen-Orient est en feu, littéralement. Les drones houthis, et peut-être quelques missiles les accompagnant, se sont abattus sur les principales raffineries saoudiennes, obligeant le royaume wahhabite à stopper la moitié de sa production pétrolière, soit 5% de la production mondiale ! Les systèmes de défense anti-aérienne américains, eux, n’ont rien vu passer.

On se rappelle avec délice ce grassouillet prince saoudien, un petit comique celui-là, qui assurait la bouche en cœur il y a quelques jours que son pays pourrait annihiler l’Iran en huit heures. Apparemment, les Houthis en pyjama ne sont pas encore au courant de cette toute-puissance saoudienne et, à Téhéran, on en rit encore…

La seule chose que Riyad semble réaliser à peu près correctement, c’est manigancer contre ses adversaires diplomatiques. Enlisés jusqu’à la moelle au Yémen, incapable de faire quoi que ce soit contre l’Iran sans geindre pour que leurs parrains américains viennent à la rescousse, les Saoudiens ne trouvent rien de mieux à faire que tenter d’isoler… la Turquie à Chypre.

On sait qu’entre le sultan néo-ottoman tendance Frères musulmans et le Seoud wahhabite, ça n’a jamais été le grand amour. Le grand écart a encore été accentué par le fiasco de toute ce joli monde en Syrie, conflit qui pendant un temps a pu les rabibocher. L’alliance turco-qatarie après la rupture de juin 2017 au sein du Conseil de Coopération du Golfe et la bonne entente entre Ankara et Téhéran n’ont évidemment rien fait pour arranger les choses. Qu’il semble loin le temps, pas si lointain en réalité (40 ans), où l’empire américain avait sous sa coupe Saoudiens, Iraniens, Turcs, Qataris et Israéliens.

Tell Aviv justement. En pleine campagne de réelection, Bibi la Terreur a une nouvelle fois pris le chemin de Sochi pour rencontrer Poutine et montrer sa stature internationale à son électorat. Il a dû déchanter… Vladimirovitch l’a fait attendre trois heures et lui aurait opposé un niet abrupt aux futures incursions aériennes israéliennes en Syrie. Le conditionnel reste de mise tant le Moyen-Orient est habitué aux retournements de situation, mais l’info, d’abord donnée par l’édition en arabe de The Independent avant d’être reprise par la presse israélienne puis par Zero Hedge, semble solide.

Les Russes auraient d’ailleurs, à trois reprises, empêché des frappes israéliennes sur des cibles chiites/iraniennes. Cela fait d’ailleurs écho à ce qu’a rapporté un site russe d’aviation il y a quelques jours : des Sukhois-35 déployés dans la province de Deraa pour empêcher un bombardement israélien.

Toujours est-il que Poutine aurait remis (conditionnel toujours de mise) les pendules à l’heure en traçant une ligne rouge devant Nétanyahou : désormais, tout avion bombardant la Syrie sera abattu par les chasseurs russes ou les S-400. Apparemment, le maître du Kremlin est même allé, fait nouveau, jusqu’à condamner « l’agression israélienne au Liban » (l’incident du drone la semaine dernière, ndlr) et a prévenu son interlocuteur de se garder de renouveler la chose.

Israël qui pleure, Iran qui rit ? Oui et non. Si l’un et l’autre peuvent se lamenter/se réjouir de la disgrâce de Bolton et de la nouvelle intransigeance russe (si elle est confirmée), les choses ne sont pas si simples. Malgré le départ du moustachu fou, le Donald ne va pas lâcher Israël et envisage même de discuter un possible traité de défense mutuelle. Proposition sérieuse ou simple manière de faire passer la pilule du renvoi de son conseiller très pro-israélien ainsi que ses légères ouvertures à l’Iran ? Impossible de le dire à ce stade…

Du côté de Téhéran, les sanctions continuent leur travail de sape et ont réussi à éloigner l’Inde, qui a pourtant des relations traditionnellement excellentes avec son presque voisin. L’ambassadeur iranien à New Delhi a exprimé sa frustration devant ce lâchage : « Il est maintenant acté que l’Inde a arrêté ses importations de pétrole iranien à cause de ce qu’elle appelle ses intérêts nationaux. C’est son droit, mais d’autres ont agi différemment [Chine, Russie, Turquie]. L’Inde a lutté difficilement pour son indépendance et ne devrait pas se plier devant les décisions unilatérales des Etats-Unis« .

Le plus étrange est que le gouvernement Modi renâcle même à développer Chabahar, pourtant exempt du régime de sanctions américaines. Pour mémoire, ce port est le pendant de ce que fait la Chine à Gwadar et que le fidèle lecteur connaît par cœur. Le projet irano-indien de Chabahar était, pour New Delhi, une manière de prendre l’axe sino-pakistanais de revers.

Dans la grande Eurasie qui se met en place sous l’égide de l’OCS, marquée par le spectaculaire réchauffement des relations entre Pékin et New Delhi, ces deux projets devenaient moins concurrents que complémentaires. Si rien n’est encore perdu, encore faut-il que l’Inde se réveille et décide à quel camp elle appartient… sous peine de voir Chabahar lui filer sous le nez et terminer dans l’escarcelle chinoise.

Cette affaire, notamment les propos de l’ambassadeur, permettent en tout cas de confirmer en creux la véracité du plan gargantuesque d’investissements chinois dans le secteur énergétique iranien à hauteur de 280 milliards d’équivalent-dollars, pour le plus grand malheur des stratèges US qui ont d’ailleurs bien d’autres raisons de s’arracher les cheveux.

Sueurs froides américaines riment souvent avec énergie russe et les derniers développements ne démentent pas cet axiome. Après tant d’autres, les Serbes de Bosnie veulent également une branche du Turk Stream qui passera par la Serbie voisine et irriguera les Balkans. Belgrade devrait d’ailleurs se méfier. Premier pays à avoir connu une « révolution de couleur » made in Soros en 2000, la Serbie pourrait bien renouveler ce type de mésaventure. L’achat de drones militaires chinois (une première en Europe), les exercices militaires anti-aériens communs avec la Russie (une autre première) et surtout la volonté de rejoindre l’Union Economique Eurasienne malgré les « avertissements » de l’Union Européenne pourraient donner quelques idées aux excités de Washington et Bruxelles. Tout ressemblance avec des faits, l’Ukraine par exemple, etc. etc.

En parlant de l’UEE, le prochain pays à signer un accord de libre-échange avec le bloc eurasiatique sera Singapour, le1er octobre. Un succès supplémentaire pour cette organisation si décriée par nos experts journalistiques, quand elle n’est pas tout simplement passée sous silence. Il est vrai que nos plumitifs n’en ont que pour leur sacro-sainte UE, bien bancale quant à elle malgré les communiqués officiels. Si l’establishment en place, y compris ce faux rebelle de Jeremy Corbyn, tente par tous les moyens de torpiller le Brexit, le public de Sa Gracieuse Majesté n’est pas dupe. Une majorité de Britanniques veut voir respecté le résultat du référendum.

Le résultat est sans appel et, surprise, un tiers des votants qui ont choisi le Bremain veulent quand même que la décision souveraine du peuple soit mise en oeuvre. Mauvaise nouvelle pour le système impérial, qui n’est décidément pas gâté par les sondages. Une copieuse enquête du Conseil européen des relations internationales apporte d’intéressantes conclusions. La confiance envers tonton Sam s’étiole profondément et une question doit particulièrement faire se retourner dans sa tombe Dr Zbig :

Malgré une désinformation russophobe forcenée, malgré la lobotomisation des cerveaux par Hollywood, malgré une intox médiatique de tous les instants, aucun pays européen, pas même la Pologne, ne soutiendrait majoritairement les Etats-Unis dans une guerre contre la Russie. Les résultats de l’Autriche (!) et même de l’Allemagne (12%-7%) doivent être particulièrement durs à avaler du côté de DC la Folle.

On imagine les éclats de rire dans les couloirs du Kremlin, où l’on sait bien que le principe de réalité finit toujours par rattraper les belles envolées propagando-lyriques de l’empire, comme le montre ce dernier épisode en forme de clin d’œil. La Lituanie, pays bien comme il faut aux yeux de Washington (otanien, anti-russe), avait construit il y a cinq ans un terminal GNL pour échapper au gaz du méchant Poutine et se tourner vers le Freedom gas américain, quitte à le payer beaucoup plus cher. La « liberté » n’a pas de prix, n’est-ce pas. Ce lundi 16 septembre, un méthanier transportant du gaz russe en provenance du Yamal est attendu sur les quais…Tag(s) : #Etats-Unis#Histoire#Russie#Chine#Economie#Moyen-Orient#Pétrole#Sous-continent indien#Gaz#Europe

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/09/petites-et-grandes-manoeuvres.html

MISE À JOUR CARTOGRAPHIQUE: L’EXPANSION TERRITORIALE D’ISRAËL

#ISRAEL#MAPS 13.09.2019 – 50 vues    5 ( 1 votes)

MISE À JOUR CARTOGRAPHIQUE: L’EXPANSION TERRITORIALE D’ISRAËL

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Map Update: Israel’s Territorial Expansion

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Le 10 septembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait la grande promesse électorale d’annexer la vallée du Jourdain et le nord de la Mer Morte en Cisjordanie occupée s’il devait gagner les prochaines élections. Netanyahu a également promis que ces annexions de terres occupées seraient soutenues par le gouvernement Trump, et que le président américain Donald Trump dévoilerait son plan de «transaction du siècle», à la suite d’un vote réussi dans la «seule démocratie au Moyen-Orient».

Tenant compte de la position des États-Unis concernant les actions agressives israéliennes au Moyen-Orient, il est prévu que le gouvernement Trump soutienne pleinement tous les projets d’expansionnisme israéliens dans la région.

À son tour, la Russie est préoccupée « par ces plans israéliens, dont la mise en oeuvre peut entraîner une escalade dramatique des tensions dans la région et saper les espoirs d’une paix tant attendue entre Israël et ses voisins arabes ».

«En même temps, nous confirmons notre position cohérente et inchangée sur la nécessité d’un règlement politique global du conflit israélo-palestinien fondé sur la solution des deux États à mettre en œuvre à l’intérieur des frontières de 1967. Le seul moyen sûr de régler toutes les divergences existantes réside dans des discussions directes entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre du droit international, y compris les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, les Principes de Madrid et l’Initiative de paix arabe », a commenté le ministère russe des Affaires étrangères. problème

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Israël: accueil critique à la promesse de Netanyahu d’annexer un pan de la Cisjordanie

Israël: accueil critique à la promesse de Netanyahu d’annexer un pan de la Cisjordanie

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une déclaration à Ramat Gan, près de Tel-Aviv, le 10 septembre 2019

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une déclaration à Ramat Gan, près de Tel-Aviv, le 10 septembre 20191/3© AFP, Menahem KAHANAA lire aussi

Israël: Netanyahu promet d'annexer un pan stratégique de la Cisjordanie s'il est réélu

MondeIsraël: Netanyahu promet d’annexer un pan stratégique de la Cisjordanie s’il est rééluMondeIsraël: Netanyahu promet d’annexer un pan stratégique de la Cisjordanie s’il est réélu

AFP, publié le mercredi 11 septembre 2019 à 11h51

Trop peu, trop tard, rhétorique ou dangereuse: la classe politique et la presse israélienne ont réservé mercredi un accueil critique à la promesse du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer un vaste pan de la Cisjordanie occupée s’il est réélu la semaine prochaine.

Les Israéliens se sont réveillés avec les images du Premier ministre forcé d’interrompre un meeting électoral à Ashdod, ville située entre Tel-Aviv et la bande de Gaza, après des tirs de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas qui ont déclenché les sirènes d’alarme.

Les roquettes ont été interceptées par le système antimissile « Iron Dome » et n’ont fait aucun dégât ou blessé, mais servaient en quelque sorte de réponse au plan de Benjamin Netanyahu d’annexer les colonies juives –mais pas les villes et villages arabes–, dans la vallée du Jourdain en cas de réélection. 

Si le projet d’annexion est soutenu par des partis de droite proches du Likoud de M. Netanyahu, voire par une grande partie de ses adversaires politiques, le timing de l’annonce, à une semaine d’élections, a été critiqué.

« Pourquoi parler d’annexion à une semaine des élections alors que le gouvernement peut décider de l’appliquer quand il veut et aujourd’hui même? », a soutenu Betzalel Smotrich, actuel ministre des transports et un des ténors de la liste électorale Yamina, qui se situe encore plus à droite que le Likoud de M. Netanyahu.

– « Annexer des voix » –

M. « Netanyahu souhaite annexer des voix, pas la vallée du Jourdain (….) Il a été Premier ministre pendant 13 ans, pourquoi ne l’a-t-il pas déjà fait? », a réagi Yair Lapid, du parti centriste « Bleu-blanc », favorable à l’annexion de la vallée du Jourdain et au coude-à-coude dans les sondages avec le Likoud de M. Netanyahu.

Pour se démarquer de ses adversaires, le Premier ministre cherche à mobiliser le vote de la droite nationaliste et des quelque 400.000 colons qui vivent en Cisjordanie occupée, selon nombre d’analystes.

Au cours des derniers mois, et d’ailleurs avant les élections d’avril –qui n’avaient pas réussi à déboucher sur un gouvernement d’union d’où le nouveau scrutin de septembre–, M. Netanyahu avait déjà promis l’annexion de colonies en Cisjordanie.

Mais c’est la première fois, ce mardi, qu’il présentait un plan concret d’annexion, d’ailleurs aussitôt fustigé par les Palestiniens et des dirigeants du monde musulman.

La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a averti que cette décision « entraînerait toute la région dans la violence ». La Turquie a pour sa part évoqué une promesse « raciste ». 

Qualifiant cette promesse de « dangereuse escalade », l’Arabie saoudite, qui se rapproche actuellement d’Israël, a demandé une « réunion d’urgence » des ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).

– « Vrais problèmes » –

L’annonce de M. Netanyahu a aussi reçu un accueil sévère dans la presse israélienne. 

« Les déclarations arrogantes à propos de l’annexion de territoires (…) et la décision de se fier complètement à un président américain sur lequel aucun leader responsable ne devrait se fier, rien de tout ça ne permettra de régler les vrais problèmes d’Israël », a commenté le Yediot Aharonoth, premier titre de la presse israélienne.

M. Netanyahu a dit vouloir procéder à l’annexion « immédiatement » après son éventuelle réélection, afin de profiter du « plan de paix » de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient devant être présenté après les législatives israéliennes.

Or, quelques minutes après l’annonce de M. Netanyahu, Donald Trump annonçait sur Twitter le limogeage de son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, considéré comme un allié d’Israël et un partisan de la ligne dure, comme M. Netanyahu, face à l’Iran.

Donald « Trump a cessé de coopérer avec Netanyahu au moment le plus critique pour Netanyahu », a soutenu l’influent commentateur politique Ben Caspit dans les pages du journal Maariv. 

L’annexion de la vallée du Jourdain aurait des « implications sécuritaires, politiques et économiques énormes, à long terme (…), et affecterait les relations d’Israël avec le monde arabe en général et les pays du Golfe en particulier », a-t-il prévenu.

Mais pour le quotidien gratuit Israel Hayom, réputé proche du parti du Premier ministre, la promesse de M. Netanyahu donne tout de de même « un nouveau souffle » à sa campagne électorale, https://actu.orange.fr/monde/israel-accueil-critique-a-la-promesse-de-netanyahu-d-annexer-un-pan-de-la-cisjordanie-CNT000001iOkXZ/photos/le-premier-ministre-israelien-benjamin-netanyahu-lors-d-une-declaration-a-ramat-gan-pres-de-tel-aviv-le-10-septembre-2019-baa1e840d07ed1f767aacdb11273dd86.html

Israël : Netanyahou promet d’annexer un pan stratégique de la Cisjordanie s’il est réélu

Israël : Netanyahou promet d’annexer un pan stratégique de la Cisjordanie s’il est réélu

10 sept. 2019, 17:39

Israël : Netanyahou promet d'annexer un pan stratégique de la Cisjordanie s'il est réélu

© Amir Cohen Source: ReutersLe Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Knesset à Jérusalem le 19 décembre 2018. (image d’illustration)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a promis d’annexer la Vallée du Jourdain, un pan stratégique de la Cisjordanie occupée s’il remporte les élections législatives du 17 septembre.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a déclaré qu’il annexerait la vallée du Jourdain, une partie de la Cisjordanie occupée, qui abrite les colonies de peuplement israéliennes, s’il remporte les élections législatives du 17 septembre.
Lors d’une conférence de presse tenue ce 10 septembre à Ramat Gan, près de Tel-Aviv, le dirigeant israélien a promis «d’appliquer la souveraineté israélienne» à la vallée du Jourdain, qu’il a qualifiée de «frontière orientale» et de «mur de défense» d’Israël.

«Aujourd’hui j’annonce mon intention d’appliquer, avec un futur gouvernement, la souveraineté d’Israël sur la vallée du Jourdain et la partie nord de la mer Morte», a-t-il déclaré.

Bien que se trouvant en territoire palestinien, la région est actuellement sous contrôle total d’Israël. La vallée du Jourdain représente 60% de la Cisjordanie.

Détails à suivre…

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Liban : le Hezbollah détruit un char israélien, Israël bombarde un village

Liban : le Hezbollah détruit un char israélien, Israël bombarde un village

1 sept. 2019, 15:54

Liban : le Hezbollah détruit un char israélien, Israël bombarde un village

© JALAA MAREY Source: AFPUn canon d’artillerie israélien est stationné près de la frontière libanaise à la périphérie de la ville de Kiryat Shemona, dans le nord d’Israël, le 1er septembre 2019.

Le Hezbollah, qui avait promis de répondre à une attaque contre ses infrastructures le 25 août, a annoncé avoir détruit un char israélien à la frontière. Tsahal a, dans la foulée, mené des bombardements dans le sud du Liban.

La chaîne télévisée du Hezbollah, Al-Manar, a rapporté ce 1er septembre que l’organisation chiite avait détruit un char de l’armée israélienne dans le secteur d’Avivim, dans le nord d’Israël, rapportant «des morts et des blessés». Le véhicule militaire de Tsahal touché par les missiles antichars se dirigeait vers «la caserne d’Avivim», selon la même source. 

Dans la foulée, l’armée israélienne a annoncé mener des frappes dans le sud du Liban. «Des missiles antichars ont été tirés depuis le Liban vers une base et des véhicules militaires. Des cibles ont été touchées. [L’armée] riposte avec des tirs vers la sources de ces frappes et cible le sud du Liban», a déclaré l’armée israélienne dans un communiqué. Par ailleurs, elle a annoncé que les échanges de tirs n’avaient pas engendré de victime dans ses rangs. Al-Manar a diffusé en direct des images montrant de lourds bombardements sur le village libanais de Maroun al-Ras. D’après l’armée libanaise, Tsahal a tiré plus de 40 roquettes sur le sud Liban. 

Saad Hariri demande l’intervention de Paris et Washington 

Lire aussiAttaque contre le Hezbollah : Nasrallah promet une réponse imminente à Israël

Face à cette nouvelle escalade, le Premier ministre libanais Saad Hariri a demandé l’«intervention» de Paris et Washington. Un communiqué précise que Saad Hariri s’est entretenu par téléphone avec le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et avec un conseiller du président français Emmanuel Macron. De son côté, la Force intérimaire de l’ONU a appelé à «la plus grande retenue».

Ces affrontements sporadiques interviennent sur fond de tensions croissantes entre Israël et le Hezbollah, qui avait accusé le 25 août l’Etat hébreu d’avoir mené des frappes de drones dans son fief de la banlieue sud de Beyrouth. Le leader du mouvement, Hassan Nasrallah, avait alors promis des représailles.

Cet incident était intervenu quelques heures après de nouvelles frappes israéliennes en Syrie voisine, à Aqraba, au sud-est de Damas. Selon Tsahal, cette opération militaire visait à empêcher une tentative iranienne de mener une attaque à son encontre au moyen de drones chargés d’explosifs de type «kamikazes».

Lire aussi : Attaque contre le Hezbollah : Nasrallah promet une réponse imminente à Israël

International

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Hezbollah : « La réponse sera une attaque d’un drone kamikaze ou l’intervention d’une force commando »

Hezbollah : « La réponse sera une attaque d’un drone kamikaze ou l’intervention d’une force commando »

31 août 2019

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La semaine dernière, les forces de Tsahal, notamment les forces terrestres, les forces aériennes et navales, ainsi que les services de renseignement, se sont mieux préparées à divers scénarios dans la zone du commandement nord et dans la région de la Galilée.

Une source anonyme proche du Hezbollah a confié à l’agence de presse anatolienne que la réponse prévue contre Israël était actuellement dans les mêmes proportions que ses trois derniers attentats. Ainsi, la seule politique qui guide le Hezbollah dans la réponse attendue est de dissuader Israël d’oser attaquer à nouveau le Liban et de faire de la Syrie une seconde guerre.

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La source a également déclaré qu’il n’y avait toujours pas de date convenue pour l’heure de l’attaque, mais que cela pourrait être après la cérémonie de disparition de Musa Alasder qui aura lieu ce soir ou après la cérémonie du boycott du 11 septembre.
Le commentateur militaire a déclaré que cette intervention se ferait vraisemblablement par un drone ou un kamikaze, ou par un commando limité en Haute Galilée ou par la mer. Il a clairement précisé que la réponse ne serait pas au moyen de roquettes, car personne ne s’intéressait à la guerre..

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré dans son discours : « La première réponse doit être de renverser les drones israéliens. Israël devrait avoir le sentiment que le ciel du Liban n’est pas ouvert. La résistance déterminera le moment et le lieu appropriés pour renverser les drones israéliens au Liban. »

Cette semaine, un énorme exercice était prévu depuis longtemps dans le nord du pays, mais compte tenu de la tension avec le Hezbollah, il a été décidé de différer cet exercice jusqu’à nouvel ordre.

L’exercice a été consolidé avec l’exercice d’état-major prévu pour une semaine et demie. Les réservistes invités à l’exercice ont été informés de la nouvelle date limite.

En outre, le chef d’état-major, le général Aviv Kochavi, a décidé que le porte-parole des FDI, le brigadier général Ronen Menalis, dont le plan de remplacement est prévu pour mardi, demeurera en fonction. Le remplacement par le général de brigade Hedy Silberman sera déterminé ultérieurement.

https://infos-israel.news/hezbollah-la-reponse-sera-une-attaque-dun-drone-kamikaze-ou-lintervention-dune-force-commando/

Le Hezbollah Décide De Riposter À L’attaque De Drones Israeliens, Renforts Militaires Israéliens Vers La Frontière Avec Le Liban


Le Hezbollah Décide De Riposter À L’attaque De Drones Israeliens, Renforts Militaires Israéliens Vers La Frontière Avec Le Liban

Posted on 31/08/2019 AuthorStrategika51Comments(9)

Après la disparition des patrouilles militaires israéliennes des frontières libanaise et leur remplacement par des leurres, des unités d’artillerie lourde se dirigent vers le nord.

Des chars se positionnent le long de la frontière et des renforts militaires ne cessent d’affluer vers le Nord.

Le mouvement politico-militaire du Hezbollah libanais a pris la décision de riposter aux attaques de drones israéliens ayant visé son fief au sud de Beyrouth. Cette riposte sera certainement stratégique.

Damas a très vite réagi à l’annonce du Hezbollah en affirmant que la Syrie était concernée par l’axe de la résistance et qu’elle sera partie prenante dans un conflit militaire avec Israël.

La décision du Hezbollah est moins motivée par des représailles que par la nécessité de recadrer l’équilibre stratégique dans l’ensemble de la région, notamment après l’engagement militaire israélien en Irak. Les raids israéliens en Irak confirment de façon définitive l’influence prépondérante d’Israël dans le Kurdistan irakien et expliquent pourquoi Israël soutient sans aucune réserve la création de zones autonomes ou séparatistes dans les zones à majorité kurde en Irak, en Iran et en Syrie.

Sur le terrain, l’Armée israélienne est en alerte maximale et ses unités se sont retirées de la frontière libanaise. La panique semble s’être emparée des analystes militaires israéliens et Netanyahou ne compte plus que sur le soutien des États-Unis d’Amérique et de l’ensemble de l’OTAN pour le sortir du fond de la bouteille dans laquelle il s’est engouffré sans vraiment y réfléchir vu qu’il ne raisonne plus qu’en termes de basse logique politicienne.

Le Hezbollah semble être sûr de sa force. Les heures qui viennent seront déterminantes.

https://strategika51.org/archives/67839