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Israël contre les Vénézuéliens

Israël contre les Vénézuéliens

par Thierry Meyssan

Une nouvelle tentative de coup d’État a eu lieu le 24 juin au Venezuela. Thierry Meyssan relève qu’elle était dirigée à la fois contre l’administration de Nicolás Maduro et contre son opposant pro-US Juan Guaidó. En outre, selon les enregistrements des conversations des comploteurs, elle était supervisée par des Israéliens.

RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 2 JUILLET 2019 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙDEUTSCH

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Le 24 juin 2019, Nicolás Maduro et Juan Guaidó devaient être éliminés au profit de Raúl Baduel.

Une énième tentative de coup d’État a eu lieu le 24 juin 2019 au Venezuela. Tous les protagonistes ont été arrêtés les 22 et 23 et le ministre de l’Information, Jorge Rodríguez, a longuement expliqué à la télévision les tenants et les aboutissants de l’affaire. Elle a été éclipsée par le malaise d’un des chefs lors de sa comparution au tribunal, puis de sa mort à l’hôpital. Elle est pourtant très instructive.

À la différence des fois précédentes, ce complot était observé depuis 14 mois par une unité du Renseignement militaire qui avait été formée par le Renseignement cubain. Durant toute cette période, les Vénézuéliens ont pénétré le groupe et surveillé ses communications audio et vidéo. Ils disposent ainsi de 56 heures d’enregistrement qui fournissent autant de preuves irréfutables.

Plusieurs des individus arrêtés avaient déjà été mêlés aux complots précédents de sorte qu’il est difficile de concevoir cette opération distincte de celles commanditées précédemment par la CIA.

Pas plus d’avenir pour l’opposition que pour le gouvernement

Deux remarques s’imposent. En premier lieu, ce complot était à la fois dirigé contre le président constitutionnel Nicolás Maduro et contre le président autoproclamé Juan Guaidó pour porter un troisième homme au pouvoir, le général Raúl Isaías Baduel.

Ce dernier, ancien chef d’état-major, puis ministre de la Défense, avait été démis de ses fonctions par le président Hugo Chávez, s’était retourné contre lui et avait pris la tête de l’opposition en 2009. Cependant, il s’avéra qu’il avait détourné de l’argent de son ministère. Il fut jugé et condamné à 7 ans de prison ferme qu’il purgea. Il fut à nouveau incarcéré durant le mandat du président Nicolás Maduro et est toujours emprisonné. Un commando devait le libérer et l’emmener à la télévision nationale pour annoncer le changement de régime.

Le fait de promouvoir un troisième président confirme notre analyse, publiée il y a deux ans [1], selon laquelle le but des États-Unis n’est pas de remplacer le régime bolivarien par un autre plus obéissant, mais de détruire les structures étatiques du pays. Du point de vue US, ni la majorité nationaliste ni l’opposition pro-US ne doivent espérer d’avenir.

Les Vénézuéliens qui suivent Guaidó et croient que le soutien US les amènera à la victoire doivent aujourd’hui constater leur erreur. L’Irakien Ahmed Chalabi et le Libyen Mahmoud Jibril sont retournés dans leurs pays dans les bagages des GI’s. Ils n’ont jamais connu le destin qu’ils espéraient.

Les analyses classiques du XXème siècle selon lesquelles les États-Unis préfèrent des gouvernements vassaux à des égaux sont dépassées au stade actuel du capitalisme financier transnational. C’est le sens de la doctrine militaire Rumsfeld/Cebrowski en vigueur depuis 2001 [2] qui a déjà dévasté le « Moyen-Orient élargi » et s’abat aujourd’hui sur le « Bassin des Caraïbes ».

Selon les enregistrements du complot, celui-ci n’était pas organisé par les États-Unis, même s’il est probable qu’ils l’aient supervisé, mais par des Israéliens. Au cours des 72 dernières années, la CIA a organisé une invraisemblable quantité de « changements de régime » par des « coups d’État » ou des « révolutions colorées ». Par souci d’efficacité, l’Agence peut confier simultanément des missions identiques à plusieurs unités, voire déléguer à des sous-traitants certaines opérations. C’est souvent le cas du Mossad qui loue également ses services à de nombreux autres clients.

Ainsi, il y a quatre ans, une autre tentative de coup d’État avait eu lieu au Venezuela. L’opération prévoyait alors divers assassinats et une manifestation qui devait prendre d’assaut le palais présidentiel de Miraflores. TeleSur avait montré que cette tentative était encadrée par des étrangers qui arrivèrent spécialement dans le pays dans les jours la précédant. Ils ne parlaient pas l’espagnol. Aussi le parcours de la manifestation avait-il était mystérieusement fléché avec des graffitis d’étoiles de David et d’instructions en hébreu.

Israël en Amérique latine

Prudemment le ministre Jorge Rodríguez a évité de se prononcer publiquement pour dire si les Israéliens qui dirigeaient le complot du 22 juin étaient ou non mandatés par leur État. De nombreux exemples attestent que c’est tout à fait possible.

Le rôle des services secrets israéliens en Amérique latine remonte à 1982. Au Guatemala, le président judéo-chrétien Efraín Ríos Montt [3] massacra 18 000 Indiens. Pendant qu’Ariel Sharon envahissait le Liban, le Mossad poursuivait dans son ombre les expériences sociales qu’il avait menées depuis 1975 dans l’Afrique du Sud de l’apartheid : créer des Bantoustans pour les Mayas ; un modèle qui sera appliqué aux Palestiniens après les Accords d’Oslo (1994). Contrairement à une lecture optimiste des événements, le fait que le Premier ministre Yitzhak Rabin ait personnellement supervisé les expérimentations sociales en Afrique du Sud [4] ne plaide pas pour sa bonne foi lorsqu’il s’est engagé à Oslo à reconnaître un État palestinien démilitarisé.

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Dans les dix dernières années, les services secrets israéliens 
 ont « autorisé » la société « privée » israélienne Global CST à conduire l’opération « Jaque » de libération d’Íngrid Betancourt, otage des FARC colombiennes (2008) [5]. 
 ont envoyé au Honduras des snipers assassiner les leaders des manifestations pro-démocratie lors du coup d’État contre le président constitutionnel Manuel Zelaya (2009) [6]. 
 ont activement participé au renversement de la présidente brésilienne Dilma Rousseff au sein de la Banque centrale, de la sécurité des Jeux olympiques de Rio de Janeiro et du Sénat (2016).

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Al-Watan #3181
(PDF – 177.9 ko)
http://Al-Watan #3181 (PDF – 177.9 ko)
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https://youtu.be/ODSmn-8s2PU

En outre, les Forces de défense israéliennes 
 ont loué une base sous-marine au Chili ; 
 ont envoyé des milliers de soldats suivre des stages de deux semaines dans la propriété de Joe Lewis en Patagonie argentine [7].Thierry Meyssan

Source 
Al-Watan (Syrie)

https://www.voltairenet.org/article206889.html


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 Al-Watan #3181
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[1] Vídéo : « Thierry Meyssan : El plan de Estados Unidos contra America latina » (entrevista con Russia Today), 22 de Mayo de 2017.

[2The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[3] Le général Efraín Ríos Montt était évangélique. Il ne se définissait pas comme « chrétien », mais comme « judéo-chrétien ». NdlR.

[4] « Mandela et Israël », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 décembre 2013.

[5] « Israël accroît sa présence militaire en Amérique latine », Réseau Voltaire, 2 novembre 2009.

[6] « Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 29 juin 2009.

[7] « Quel projet pour Israël en Argentine ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 décembre 2017.

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Brouille & brouillage

Brouille & brouillage

3 Juillet 2019

Après que l’envoyé russe au sommet de Jérusalem ait renvoyé Washington et Tell Aviv dans les cordes concernant l’Iran, des accusations avaient paru dans la presse israélienne faisant état de brouillages systématiques de la part de l’ours. Peut-être pas tout à fait à tort…

On sait que l’OTAN avait déjà pleurniché en novembre de l’année dernière, lorsque sa petite fiesta scandinave avait été sérieusement perturbée par le brouillage, forcément intentionnel, du GPS de ses appareils. L’Alliance atlantique en est encore toute retournée. Si on ne peut plus organiser de grandes manœuvres militaires aux portes de la Russie, où va-t-on, ma bonne dame ? On savait aussi que les false flags d’avril avaient vu un flop retentissant de la petite démonstration américaine, la plupart des missiles tirés sur la Syrie étant descendus ou brouillés. Le couac français a même poussé Paris à s’équiper en urgence et à installer des récepteurs plus fiables sur ses navires. Pas sûr que ça change grand chose, tant l’avance russe en matière de guerre électronique est connue de tous, particulièrement des Etats-Uniens qui en bavent de rage et tentent aux aussi de trouver la parade.

« Là où Poutine passe, les GPS trépassent » titre joliment un magazine. A ses moments perdus, l’ours s’amuse régulièrement à brouiller ou à usurper, selon son humeur, les signaux GPS. Les deux ne doivent en effet pas être confondus. Le brouillage consiste simplement à envoyer un puissant signal radio qui empêche les signaux des satellites d’atteindre les appareils destinataires, fermant de facto la zone à la navigation par GPS. L’usurpation est bien plus subtile et vise à envoyer carrément de faux signaux, transmettant des coordonnées de géolocalisation incorrectes.

Ces dernières années, les incidents d’usurpation se sont multipliés autour de la Crimée, spécialement près du fameux détroit de Kertch, théâtre d’une provocation ukrainienne il y a sept mois afin de torpiller le sommet entre le Donald et Vladimirovitch. Des dizaines de navires de la zone ont vu leur système de navigation indiquer des lieux farfelus.

On comprend dans ces conditions que Tel Aviv et le CentCom, tout occupés à leur croisade hystérique contre l’Iran, soient quelque peu troublés par l’irruption électronique russe au Moyen-orient. Il se murmure d’ailleurs que le récent bombardement israélien sur la Syrie a profité de l’ouverture du ciel par les Russes pour permettre une étonnante frappe US sur Al Qaeda à Idlib (la première en deux ans !) Les deux événements ont eu lieu le même jour, à savoir le 30 juin. Washington ayant, comme chacun sait, la furieuse habitude de bichonner les barbus de l’Idlibistan plutôt que de les fesser, on peut même se demander si cette mascarade n’a pas été un simple prétexte pour aider le petit ami israélien dans le ciel syrien.

Toujours est-il que les Russes entendent conserver une franche longueur d’avance dans la guerre électronique. Ils viennent de tester une nouvelle méthode de brouillage en combinant trois systèmes différents qui avaient déjà fait leurs preuves. Quand les inévitables récriminations otanesques se feront entendre, vous en connaitrez la raison…

Tag(s) : #Russie#Etats-Unis#Moyen-Orient

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/07/brouille-brouillage.html

Un avion avec des pneus déchirés transportant 152 personnes en toute sécurité atterrit chez Ben Gourion en Israël (vidéo)

Ben Gurion international airport

Un avion avec des pneus déchirés transportant 152 personnes en toute sécurité atterrit chez Ben Gourion en Israël (vidéo)

MOYEN-ORIENT15:58 01.07.2019(mise à jour 16:40 01.07.2019) Obtenir une URL courte1  5  1

Plus d’une centaine d’ambulances ont été envoyées lundi à l’aéroport principal d’Israël, Ben Gurion, après qu’un avion de 152 passagers à bord ait annoncé un atterrissage d’urgence. Une condition d’urgence de niveau 3 a été annoncée par l’aéroport.

L’Electra Air 737 a atterri en toute sécurité à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv après l’annonce d’une situation d’urgence de niveau 3.

Avant d’atterrir, des avions militaires israéliens ont survolé l’avion pour examiner les dommages, et l’avion tournoyait au-dessus de la Méditerranée dans le but de faire fondre du carburant et de réduire son poids.

Au moins un pneu de l’Electra Air 737 aurait explosé lorsque l’avion aurait décollé de Cologne, en Allemagne.

Le vol devait atterrir à l’aéroport Ben Gourion à 16 h 05, heure locale.

PLUS DE DÉTAILS À SUIVRE

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://sputniknews.com/&prev=search

Atterrissage d’urgence d’un avion à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, plus de 100 ambulances sur place – images

urgent

Atterrissage d’urgence d’un avion à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, plus de 100 ambulances sur place – images

© Sputnik .INTERNATIONAL15:05 01.07.2019(mis à jour 15:19 01.07.2019)URL courte120

Ayant annoncé avoir des problèmes avec une de ses roues, un avion effectuant un vol en provenance de Cologne est en train de se préparer à atterrir en urgence dans l’aéroport de Tel Aviv-David Ben Gourion, indique la presse locale. Des équipes de secours sont présentes en nombre sur place.

Les services de secours ont été dépéchés en nombre dans l’aéroport de Tel Aviv-David Ben Gourion après qu’un avion a signalé des problèmes avec une de ses roues. 

​100 ambulances ont été dépechées sur place, selon les médias.

https://fr.sputniknews.com/international/201907011041563237-atterrissage-durgence-dun-avion-a-laeroport-ben-gourion-de-tel-aviv-100-ambulances-sur-place/

Israël sera détruit en une demi-heure si les USA attaquent l’Iran, selon un parlementaire iranien

urgent

Israël sera détruit en une demi-heure si les USA attaquent l’Iran, selon un parlementaire iranien

© Sputnik .INTERNATIONAL14:27 01.07.2019(mis à jour 15:08 01.07.2019)URL courte16324

Israël sera détruit en une demi-heure si les USA attaquent l’Iran, selon Mojtaba Zonnour, président du comité nucléaire du parlement iranien, à la chaîne d’information Al-Alam.

Israël sera détruit en une demi-heure si les États-Unis attaquent l’Iran, a déclaré ce lundi 1er juillet Mojtaba Zonnour, président du comité nucléaire du parlement iranien, dans une interview à la chaîne d’information iranienne Al-Alam.

«Si les États-Unis nous attaquent, il ne restera plus qu’une demi-heure de vie pour Israël», a indiqué Mojtaba Zonnour cité par l’agence Mehr.

© AP PHOTO / ALEX BRANDONTrump dit avoir suspendu les frappes prévues contre des sites iraniens 10 minutes avant l’heure fixéeD’après Mehr, M.Zonnour a qualifié de «bluff politique» la déclaration du Président Trump qui avait affirmé sur Twitter le 21 juin avoir suspendu les frappes prévues contre trois cibles en Iran 10 minutes avant l’heure où elles auraient dû avoir lieu.

«S’ils [les Américains, ndlr] croyaient que leur attaque réussirait, ils ne l’auraient pas annulée», a-t-il ajouté.

Le commandement central de l’US Air Force a annoncé vendredi 28 juin que les États-Unis avaient déployé pour la première fois leurs avions de chasse furtifs F-22 au Qatar afin de renforcer la protection des forces américaines sur fond de tensions avec l’Iran. L’Armée américaine a publié sur son site des photos montant plusieurs F-22 en train d’atterrir sur la base.

Donald Trump

© AP PHOTO / EVAN VUCCI«Cela ne durerait pas très longtemps»: Trump se dit certain de l’issue d’un conflit ouvert avec l’IranLes tensions sont montées d’un cran entre Washington et Téhéran après la destruction par l’Iran d’un drone américain RQ-4A Global Hawk se trouvant, selon Téhéran, dans son espace aérien, ce que les États-Unis contestent. Le 24 juin, Donald Trump a annoncé avoir signé un décret instaurant de nouvelles sanctions «lourdes» à l’encontre de l’Iran et de son Guide suprême, Ali Khamenei. D’après le Président, ces mesures pourraient rester en vigueur «pendant des années».

Le Pentagone avait déjà envoyé mi-mai dans le Golfe un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et une batterie de missiles Patriot, s’ajoutant au déploiement dans la région d’un porte-avions dont la présence a été justifiée par des menaces d’attaques «imminentes» attribuées à l’Iran. Fin mai, les États-Unis avaient aussi annoncé le déploiement de 1.500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Des appareils de reconnaissance et de surveillance et un escadron de douze avions de chasse renforçaient le dispositif.

https://fr.sputniknews.com/international/201907011041563057-israel-sera-detruit-en-une-demi-heure-si-les-usa-attaquent-liran-selon-un-parlementaire-iranien/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

Syrie : Damas Affirme Que Ses Défenses Aériennes Syriennes Ont Abattu Des Dizaines De Missiles Hostiles…

Syrie :  Damas affirme que ses défenses aériennes syriennes ont abattu  des dizaines de missiles hostiles au dessus de Damas et de Homs, des explosions et des bruits de bang supersonique entendues à la frontière libanaise 25

Analysis

Syrie : Damas Affirme Que Ses Défenses Aériennes Syriennes Ont Abattu Des Dizaines De Missiles Hostiles Au Dessus De Damas Et De Homs, Des Explosions Et Des Bruits De Bang Supersonique Entendues À La Frontière Libanaise

Posted on 30/06/2019 AuthorStrategika51Comments(2)    4.9(398)

La télévision syrienne vient d’affirmer que des dizaines de missiles et de bombes guidées israéliennes ont été interceptés par les défenses aériennes de l’Armée Arabe Syrienne au dessus des confins syro-libanais, Damas et Homs (centre).

Des avions de combat auraient survolé le Liban à des vitesses supersoniques selon de très nombreux témoignages.

Israël a reconnu avoir mené en Syrie des centaines de raids aériens et de missiles en soutien aux rebelles et groupes terroristes syriens sous le fallacieux prétexte de lutter contre l’influence iranienne dans ce pays

.https://strategika51.org/archives/64140

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Tribune
14 juin 2019

Depuis 2009, l’activité d’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale a permis la découverte de plusieurs gisements de gaz naturel, et de nouvelles campagnes d’exploration sont en cours. La mise en production dépend en revanche de la rentabilité financière attendue, et notamment des possibilités de transporter le gaz vers des marchés de consommation attractifs.

Les relations entre les différents pays impliqués au niveau de la production et du transport (Égypte, Israël, potentiellement Chypre, Liban, Turquie et Grèce) posent des défis au parfait développement de cette filière.

Rappels historiques

Les premiers succès significatifs de l’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale se sont produits entre 2009 et 2011, avec trois découvertes importantes : les champs Tamar et Leviathan, au large d’Israël, et Aphrodite, au large de la côte sud de Chypre, dans la zone économique exclusive (ZEE) de la République de Chypre (RC)[1].

Est venu ensuite, en 2015, Zohr, le champ gazier géant au large des côtes de l’Égypte, considéré comme le plus important jamais découvert en Méditerranée, avec des réserves estimées à 850 milliards de m3. Il a fait l’objet d’une mise en service très rapide, dès la fin de 2017. D’autres gisements ont été mis au jour, au large de l’Égypte, dans les zones dénommées West Nile Delta et Greater Nooros.

En 2018, de nouvelles explorations ont été couronnées de succès au large de la côte sud de Chypre, dans le Bloc 6 (Calypso-1) et dans le Bloc 10 (Glaucus-1), dont les réserves sont en cours d’évaluation.

2018 a également marqué l’entrée en jeu du Liban, avec la signature de deux accords d’exploration et de production entre Beyrouth et un consortium international. Un deuxième round d’attribution de licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore est prévu en 2019.

Enjeux économiques

Les découvertes n’ont de sens que si les réserves sont ensuite converties en capacités de production, elles-mêmes dépendantes du prix du gaz, de la disponibilité d’options d’exportation et de moyens de transport, ainsi que de la stabilité de l’environnement réglementaire, fiscal et politique des pays. En prenant en compte ces divers aspects, les enjeux économiques pour les trois pays principaux (Égypte, Israël et Chypre) diffèrent significativement.

L’Égypte bénéficiait d’une situation d’indépendance énergétique jusqu’à la fin de la première décennie du XXIe siècle et pouvait même exporter du gaz grâce à deux usines de liquéfaction, situées à Idku et Damiette et aux gazoducs la reliant à Israël (gazoduc East Mediterranean Gas – EMG) et à la Jordanie (Arab Gas Pipeline). Par la suite, la réduction de la production et l’augmentation de la demande domestique l’ont rendue importatrice nette. La découverte de Zohr en 2015 a été donc accueillie très positivement et le lancement rapide du développement du champ a été rendu possible par l’existence d’une forte demande intérieure. La production de Zohr est l’un des facteurs principaux de la reprise économique du pays, avec une croissance du PIB réel pour l’année 2018 de 5,3 % selon les estimations de la Banque mondiale. Le Caire devrait recommencer à exporter du gaz de façon régulière en 2019, en utilisant l’infrastructure existante des terminaux de liquéfaction. Le pays aspire aussi à devenir un hub gazier, en centralisant des flux destinés à l’exportation en provenance d’Israël et de Chypre.

En Israël, le potentiel des différents champs dépasse la consommation locale. L’accès à des marchés étrangers est donc une condition nécessaire au plein développement de la production. Des accords ont été signés avec l’Autorité palestinienne et la Jordanie, mais ils rencontrent l’opposition des opinions publiques locales. La possibilité d’exporter du gaz d’Israël vers l’Égypte pour satisfaire la demande locale et/ou pour exporter le gaz vers les marchés internationaux à travers les terminaux GNL paraît plus prometteuse, en particulier depuis l’acquisition en 2018 d’une participation dans le capital du gazoduc EMG par l’entreprise Noble Energy, principale actionnaire du consortium qui gère le champ Leviathan.

Pour Chypre, du fait du faible potentiel de la demande domestique, l’existence de marchés d’exportation est une condition nécessaire pour la mise en production des découvertes gazières. Différentes hypothèses ont été étudiées :

    • la construction d’un gazoduc vers l’Égypte dans le but d’utiliser les usines de liquéfaction pour réexporter le gaz vers les marchés internationaux sous forme de GNL. Ce projet a fait l’objet de plusieurs déclarations politiques, mais il se heurte au développement de la production égyptienne, qui réduira la disponibilité d’utilisation des installations de GNL ;
    • la construction d’une usine de liquéfaction a également été envisagée. Soit sous la forme d’un terminal onshore construit sur la côte sud de Chypre, soit via une installation flottante (Floating LNG). Si transformer le gaz en GNL permet d’avoir accès au marché mondial, avec des cargaisons allant vers l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Sud, la faisabilité de cette option est actuellement rendue difficile par les coûts de construction élevés et par la surcapacité actuelle sur le marché du GNL ;
    • le projet Eastern Mediterranean Natural Gas Pipeline (Israël-Chypre-Grèce-Italie), qui prévoit quant à lui de relier Israël et Chypre aux marchés européens, a été approuvé par la Commission européenne comme un projet d’intérêt commun, ce qui le rend ouvert à un financement de l’Union. Cependant, un tel projet est coûteux, techniquement difficile et pourrait causer de sérieux problèmes politiques avec la Turquie en raison de différends sur la délimitation maritime.

Enjeux sécuritaires

L’exploitation et l’exportation des ressources gazières en Méditerranée orientale présentent de nombreux enjeux sécuritaires liés aux relations politiques instables entre les pays de la région et aux risques d’actions terroristes.

La localisation de certains champs pourrait réanimer des disputes préexistantes au sujet de la délimitation des frontières maritimes et des zones économiques exclusives (ZEE), notamment concernant la frontière maritime entre le Liban et Israël, qui n’a jamais été agréée officiellement. Des différends ne sont pas à exclure non plus au sujet de la délimitation des structures géologiques des gisements de gaz – notamment lorsqu’elles se situent près des limites des ZEE, puisqu’elles pourraient alors les chevaucher. Il est intéressant de noter que le champ Zohr se trouve dans la ZEE égyptienne, à seulement quelques milles de la ZEE de Chypre, et qu’Aphrodite est situé dans la ZEE de Chypre et se prolonge légèrement dans les eaux israéliennes. Dans le cas de réservoirs à cheval entre différentes ZEE, il faudrait envisager une exploitation conjointe du champ, mais des tensions entre les pays concernés sont aussi à attendre.

Un cas particulièrement complexe concerne la Turquie, la République de Chypre (RC) et la République turque de Chypre du Nord (RTCN). Outre la question des délimitations maritimes illustrée par l’épisode de février 2018 qui a vu le navire de forage Saipem 12000, affrété pour effectuer des travaux sur le Bloc 3, au sud-est de l’île, être bloqué par un navire militaire turc et finalement contraint de quitter la zone, Ankara s’oppose plus généralement, à toute activité de recherche et de production tant qu’aucun accord entre la RC et la RTCN n’est trouvé. La Turquie et la RTCN estiment que les éventuels revenus dérivant de la production d’hydrocarbures devraient être partagés entre toute la population de l’île de Chypre, ce qui implique une résolution du conflit entre la RC et la RTCN.

La situation d’Israël est aussi particulière. Les conflits persistants entre Israël et ses voisins – état de guerre formel avec le Liban, antagonisme avec le Hezbollah, tensions avec les Palestiniens, instabilité en Syrie – exposent les installations gazières à des risques d’attaques militaires ou terroristes. Ces mêmes risques d’attaques terroristes pèsent aussi sur les installations énergétiques en Égypte, pays qui connaît de façon régulière des actions menées par des groupes islamistes, présents notamment dans le Sinaï (région par laquelle transite le gazoduc EMG).

De manière générale, la prolifération de plates-formes d’extraction, de pipelines, de navires, voire de terminaux méthaniers implique une multiplication de cibles sensibles et des besoins de surveillance croissants. En Israël, par exemple, les champs de production sont situés dans des zones relativement proches des côtes. Ainsi, le champ Tamar est situé à 56 milles à l’ouest d’Haïfa et le champ Leviathan à 80 milles, près de la frontière avec le Liban. Le gaz de Tamar est transporté par pipeline jusqu’à Ashkelon, à quelques kilomètres de la frontière avec Gaza. Toutes ces installations industrielles sont donc exposées au risque d’attaques terroristes ou militaires de l’extérieur. Les risques de sabotage et de frappe militaire ou terroriste représentent ainsi de nouveaux défis pour les appareils de sécurité des différents pays, en particulier pour les forces navales.

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La découverte et l’exploitation d’hydrocarbures seront un élément important de l’avenir des pays de la Méditerranée orientale. Ils pourront agir comme facteurs de coopération régionale tout comme alimenter des affrontements et ajouter des frictions à une région déjà volatile.

Dans ce cadre, l’UE a tout intérêt à promouvoir toutes les formes possibles de coopération régionale et à défendre son intérêt d’un point de vue énergétique, économique, comme politique. En ce qui concerne l’énergie, le gaz de la Méditerranée orientale peut renforcer sa sécurité et la diversification de l’offre pour un certain nombre d’États membres, en particulier dans l’Europe du Sud-Est et l’Europe centrale – des régions qui dépendent aujourd’hui presque exclusivement du gaz russe. Économiquement, les compagnies européennes sont les plus actives dans l’exploration et la production dans la région (notamment l’italienne ENI, la française Total et l’anglo-néerlandaise Shell) et il serait légitime de défendre leurs intérêts en cas de nécessité. Enfin, du point de vue politique, la République de Chypre est membre de l’Union européenne et la mise en valeur de ses réserves gazières représenterait un puissant atout de développement.

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[1] Sauf indication contraire, le mot « Chypre » dans cet encadré fait référence au nom de l’île et à la République de Chypre (RC), non reconnue par la Turquie. La République turque de Chypre du Nord, qui est seulement reconnue par la Turquie, est mentionnée comme RTCN.

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France/Iran : reprise de la guerre des services ? Alain RODIER

France/Iran : reprise de la guerre des services ? Alain RODIER

(Note de Un passant : cet article date d’octobre 2018 mais j’ai trouvé intéressant de le rebloguer car il évoque toute une série de problématiques qui me semblent tout à fait absentes dans l’angélisme pratiqué par certains blogs « anti-Nouvel Ordre mondial » vis-à-vis du régime iranien.) (Et lorsque l’un de ces blogs se dit anarchiste anti-Etat et anti-religions, cela ajoute de l’incongru aux fadaises propagandistes.)

via France/Iran : reprise de la guerre des services ?

Selon plusieurs organes de presse, le Mossad serait à l’origine de la chasse déclenchée à travers toute l’Europe contre les services secrets iraniens. Celle-ci a officiellement débuté quand le service spécial hébreu a averti ses homologues du Vieux continent – vraisemblablement en mai/juin 2018 -de la préparation d’un attentat visant la réunion annuelle de l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI[1]) se tenant à Villepinte le 30 juin 2018, en présence de nombreuses personnalités[2].

À la suite de ces renseignements, un couple belgo-iranien- Amir et Nasimeh S., âgés d’une trentaine d’années – a été appréhendé par la police belge le 30 juin dans le quartier de Stockel, à Woluwe-Saint-Pierre, dans la banlieue bruxelloise. 500 grammes d’explosif TATP et un dispositif de mise à feu ont été trouvés dans deux paquets séparés dans leur voiture. Assadollah Assadi, un diplomate iranien en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne (Autriche), soupçonné d’être en contact avec ce couple, a été arrêté en Allemagne. En effet, n’étant pas accrédité dans ce pays, il ne bénéficiait pas de l’immunité diplomatique[3]. Les Israéliens l’ont désigné comme le responsable opérationnel de la tentative d’attentat. Il devrait être extradé vers la Belgique pour y être présenté à la justice.

Actions et décisions de la France

Début octobre, faisant – tardivement – suite à cette affaire, la France a gelé pour six mois les avoirs sur son territoire du ministère du Renseignement et de la Sécurité iranien (VAJA, ex VEVAK) qui serait lié à la tentative d’attentat. La même sanction a été prise à l’encontre d’Assadollah Assadi – le diplomate arrêté en Allemagne – et du chef des services de renseignement iraniens, le vice-ministre Saeid Hashemi Moghadam.

Ces mesures surviennent parallèlement à l’importante opération policière qui a visé, le 2 octobre, l’association musulmane chiite dénommée Centre Zahra France. Les forces de l’ordre ont perquisitionné son siège ainsi que le domicile de ses principaux dirigeants. 11 personnes ont été interpellées et trois ont été placées en garde à vue pour détention d’armes. Les avoirs du Centre Zahra France et deux organisations qu’il abrite dans ses locaux – France Marianne Télé et la Fédération chiite de France/Parti Antisioniste – ont également été gelés.

Les activités du Centre Zahra France étaient suivies depuis de très nombreuses années par les services de renseignement français pour « soutien à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République ». Selon l’AFP, le Centre Zahra France et les associations qu’il héberge sont soupçonnés de prôner la guerre sainte et de faire l’apologie de mouvements comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais, soutenus par l’Iran. Les branches militaires de ces organisations sont considérées comme « terroristes » par l’Union européenne.

Il est vrai que des intervenants tiennent au Centre Zahra des discours extrémistes, à l’exemple de ceux du cheikh Ali Talal qui a déclaré le 29 avril 2018 : « nous ne fermerons pas les yeux […] jusqu’à ce que le sionisme soit extirpé de tout le pays. » Lors d’un autre sermon, délivré le 15 mai, il proclamait : « Aujourd’hui, la boussole de l’unité doit être réglée sur notre union contre le sionisme ! Que nous nous acceptions mutuellement, qui que nous soyons, jusqu’à ce que nous en finissions avec les sionistes, et en débarrasser le monde, que le monde et les opprimés soient débarrassés d’eux. À ce moment, nous nous assiérons et nous parlerons de nos différends, s’ils existeront encore. Et je vous dis qu’il n’y en aura plus, car l’origine de tout différend vient de ces sionistes, ces arrogants, ces maudits qui ne veulent aucune forme de vie pour l’humanité ! ». À l’évidence, il s’agit là d’un appel lancé aux sunnites radicaux.

Certes, le Centre Zahra France était dans le collimateur des autorités françaises depuis des années, mais on peut se demander pourquoi elles ont décidé d’agir maintenant ? N’est-ce pas là un signe politique envoyé en direction de Washington pour faire oublier que la France était en pointe dans la défense du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), traité levant les sanctions contre l’Iran en échange de son engagement de cesser le développement des ses activités nucléaire militaire[4] et remis en cayse par Donald Trump ?

Par la voix de son porte-parole Bahram Ghassemi, la diplomatie iranienne a rejeté les accusations françaises : « Une fois encore, nous démentons avec véhémence ces accusations, nous condamnons l’arrestation de ce diplomate et nous appelons à sa libération immédiate». Suite à cette arrestation, le ministère des Affaires étrangères français a publié le 20 août une note interne demandant à ses personnels non accrédités en Iran d’éviter de se rendre dans ce pays. Ils pourraient être à leur tour arrêtés pour être ensuite échangés contre leur homologue iranien.

Une tentative d’attentat quelque peu étrange

Généralement, quand ils mènent des actions de type terroriste, les services spéciaux iraniens, agissent via des tiers comme le Hezbollah libanais ou des mouvements palestiniens pour ne pas apparaître en première ligne. Ces derniers se font un devoir de leur rendre ces services car ils dépendent presque totalement de Téhéran, en particulier sur le plan financier. Or, dans la tentative d’attentat visant Villepinte, ce ne semble pas avoir été le cas. Selon l’accusation, c’est Assadollah Assadi, le diplomate en poste à Vienne, qui aurait remis la charge explosive aux activistes lesquels, apparemment, n’appartiennent pas à une “structure extérieure“.

Ensuite, si les 500 grammes de TATP auraient pu provoquer des dégâts importants en explosant dans la foule, il s’agit d’une charge d’explosifs relativement faible, d’autant que l’on ignore si elle était entourée de projectiles métalliques qui, eux, sont extrêmement vulnérants. Pour le moment, aucune information n’a filtré sur la composition de l’engin… La clé de l’énigme réside dans cette preuve matérielle : est-ce un engin professionnel ou un bricolage ? Etait-il apte a être mis en oeuvre rapidement et comment ? Les enquêteurs détiennent les réponses à ces questions mais ne les ont pas encore dévoilées.

Rappelons également que l’OMPI vit quasi ouvertement au grand jour en France et tient sa réunion populaire annuelle tous les ans au même endroit, à Villepinte. Pour l’anecdote, les mauvaises langues prétendent que certains participants sont rémunérés pour faire la claque. Si le régime iranien avait voulu s’en prendre à l’OMPI, il aurait pu le faire depuis longtemps et de manière plus professionnelle. Quel est l’intérêt pour lui d’organiser en tel attentat en pleine crise sur la suspension de l’accord JCPOA ?

Enfin, lors de leur arrestation le jour même de la manifestation de l’OMPI, les deux « terroristes » se trouvaient à Bruxelles ce qui était un peu loin de leur objectif supposé. Même s’il n’est pas impossible d’envisager qu’ils se rendaient à Villepinte, une action de ce type se prépare soigneusement à l’avance et les opérateurs sont généralement présents sur place quelques temps auparavant.

Des services iraniens de sinistre réputation

Il est vrai que les services iraniens traînent une sinistre réputation s’étant livrés au terrorisme d’État à de nombreuses reprises par le passé ; pour mémoire, l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban, Louis Delamare, le 4 septembre 1981 ; l’attentat contre les parachutistes français de Drakskaret les Marinesaméricains à l’aéroport de Beyrouth le 23 octobre 1983 (305 morts) ; celui de l’opposant Chapour Bakhtiar à Suresnes, le 6 août 1991 ; sans oublier les attentats terroristes contre les intérêts israéliens en Argentine et en Europe. La liste est longue et il convient de ne rien oublier ! Le régime des mollahs sait utiliser l’arme de la terreur quand il la juge utile à sa politique.

Les renseignement iranien est organisé autour de deux entités : le ministère du Renseignement et de la Sécurité(VAJA) et le directorat du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamiquedont le bras armé à l’étranger est la force Al-Qods. Ces deux services sont présents dans toutes les représentations diplomatiques iraniennes. Il est donc vraisemblable que Assadollah Assadi appartenait à l’un d’eux.

La première mission des services iraniens est la surveillance des opposants ; la seconde est la lutte contre Israël et contre l’Arabie saoudite. Ils agissent généralement de manière très professionnelle, mais il leur est cependant arrivé de commettre de graves erreurs techniques à plusieurs reprises, lesquelles ont permis de les confondre et de mettre en cause leurs responsables politiques, notamment suite aux attentats ayant eu lieu en Argentine ou en Bulgarie.

Il n’est pas exclu que Téhéran – dans le climat international actuel très tendu – ait de nouveau recours à des opérations violentes à l’étranger (attentats, assassinats). La sécurité autour des opposants iraniens réfugiés en Europe aurait d’ailleurs été renforcée ces dernières semaines. Il ne faut pas se faire d’illusions, les services iraniens sont en train de se préparer à mener une guerre secrète si la situation venait à se détériorer du fait de l’agressivité affichée des Américians et des Britanniques suivis – contraints et forcés – par les Européens.

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Il n’a échappé à personne que l’accord JCPOA est en train de se détricoter depuis que Donald Trump l’a rejetté et a rétabli les sanctions économiques à l’égard de Téhéran. De plus, Washington ne s’est pas privé de menacer directement de sanctions ses alliés ayant des relations économiques avec l’Iran. Résultat : presque tous les industriels européens et français (Total, Peugeot, etc.) se sont retirés du pays, laissant la place aux Chinois et aux Russes.

C’est dans ce cadre que cette affaire d’attentat survient fort opportunément. Elle a été servie avec délectation par les Israéliens qui considèrent l’Iran comme leur pire ennemi[5]. Comme par hasard, le président iranien Hassan Rohani entamait, début juillet 2018, un voyage officiel en Suisse et en Autriche. La révélation de cette tentative d’attentat et du « complot » iranien est donc venue fort à propos saboter son voyage et a été un signal fort à l’attention des Etats qui espéraient encore pouvoir négocier.

La stratégie des Américains et d’Israël est clairement d’asphyxier au maximum l’économie iranienne pour provoquer des mécontentements intérieurs qui pourraient changer la donne politique.Pour Washington, l’OMPI a un rôle central à jouer à l’avenir. C’est oublier un peu vite que cette organisation – dont l’idéologie est un mélange de marxisme et d’islamisme – n’est pas populaire du tout en Iran. Une grande majorité d’Iraniens – même ceux qui ne soutiennent pas le pouvoir des mollahs – considère que l’OMPI a trahi la Patrie en combattant dans les rangs de l’armée de Saddam Hussein lors de la « guerre imposée » ou « défense sacrée » (1980-1988). Les Iraniens restent des nationalistes fiers de leur histoire et ne pardonnent pas cette trahison. Mais si Washington appuie l’OMPI, c’est aussi parce ce mouvement a été un fidèle « collaborateur » des services de renseignement américains, ayant fourni dans le passé de précieuses informations sur l’effort nucléaire iranien.

Malheureusement, il y a bien longtemps que la politique du Quai d’Orsay suit celle du département d’État américain. Il est loin le temps où Paris et Berlin avaient refusé de participer à l’invasion de l’Irak de 2003. La fureur des Américains dénonçant la « lâcheté » des Français avait été à son comble. Aujourd’hui,ce n’est pas par conviction que Paris s’aligne sur Washington, mais tout simplement parce que la France n’a plus les moyens de s’y opposer. Les responsables politiques français savent que s’ils passent outre les “recommandations“ de Washington et continuent de commercer avec Téhéran, les sanctions américaines seront sans pitié. Le marché intérieur américain sera alors fermé à nos industriels et les sanctions (condamnations, amendes) ne tarderont pas. Or, le marché américain est vital pour les économies française et européenne alors que celui de l’Iran est, comparativement, négligeable.

[1] Mojāhedin-e Khalq (MEK).

[2] Dont : Rudy Giulani, avocat de Donald Trump et maire de New York au moment des attentats du 11 septembre 2001 ; Stephen Harper, l’ancien Premier ministre canadien ; Philippe Douste-Blazy, Bernard Kouchner, Rama Yade, etc.

[3] L’accréditation dans un pays ne couvre le diplomate que dans celui-ci, lors des trajets professionnels qu’il effectue ou s’il accompagne la « valise diplomatique.

[4] Signé le 14 juillet 2015 à Vienne par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-uni) + l’Allemagne, d’où son appellation « 5+1 ».

[5] Cela n’a pas été toujours le cas car durant la guerre Irak-Iran qui a duré de 1980 à 1988, l’État hébreu a discrètement fourni une aide militaire à Téhéran avec l’accord plus ou moins officiel de Washington. Il considérait à l’époque que Saddam Hussein était son adversaire potentiel le plus menaçant.

https://www.cf2r.org/actualite/france-iran-reprise-de-la-guerre-des-services/

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Sommet tripartite secret de Jérusalem

Sommet tripartite secret de Jérusalem

Un sommet des conseillers nationaux de sécurité états-unien, israélien et russe a été annoncé à Jérusalem. Il s’agit de démêler l’imbroglio autour de l’Axe de la Résistance, de garantir la sécurité de tous les États du Moyen-Orient et une suzeraineté partagée des États-Unis et de la Russie sur tous les acteurs, dont Israël.

 | DAMAS (SYRIE)  

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Nikolaï Patrouchev et John Bolton se rencontreront à Jérusalem, en présence de Meir Ben-Shabbat.

Un sommet des trois conseillers nationaux de Sécurité états-unien, israélien et russe se tiendra en juin 2019 à Jérusalem. Cet événement inédit a déjà donné lieu à des « révélations » et à des « démentis » sur ce qui devait y être discuté. La presque totalité des commentateurs glose à partir d’idées fausses que tous reprennent en chœur. Nous devons les rectifier avant d’évaluer ce qui est en jeu dans ce sommet.

Le jeu des Grandes puissances dans la région

Durant la Guerre froide, la stratégie états-unienne d’endiguement (containement) est parvenue à repousser l’influence soviétique au Moyen-Orient. Après l’effondrement de l’URSS, la Russie a quitté cette région et n’y est revenue que lors de la guerre occidentale contre la Syrie.

La Russie est présente au Levant (sauf durant la période 1991-2011) depuis la tsarine Catherine II qui, à la demande des habitants, envoya sa flotte défendre Beyrouth. Sa politique vise d’abord à protéger le berceau du christianisme (qui est Damas et non pas Jérusalem), fondement de la culture russe. Ce faisant, la Russie a étendu son influence en Méditerranée orientale et est parvenue aux eaux chaudes de l’Océan indien.

En 2011, la Russie a été le seul État à distinguer les révolutions colorées du Maghreb (les « printemps arabes ») des guerres contre la Libye et contre la Syrie. Les Occidentaux, qui ont leur propre interprétation de ces événements, n’ont toujours pas fait l’effort de comprendre leur lecture par la Russie. Il ne s’agit pas ici de déterminer qui a raison et/ou qui a tort —c’est un autre sujet [1]—, mais d’admettre qu’il existe deux narrations totalement différentes des faits. Il est à noter que les Occidentaux conviennent que Moscou n’a pas digéré la manière dont ils ont violé la résolution visant à protéger les populations civiles en Libye. Ils reconnaissent ainsi que ce ne sont pas les Russes, mais l’impérialisme occidental, qui a créé le problème que nous affrontons aujourd’hui.

Sur la base de sa propre analyse, la Russie a commencé à opposer son veto aux résolutions occidentales sur la Syrie au Conseil de sécurité. Simultanément, elle a, à la demande syrienne, mené des négociations avec Damas en vue de déployer des troupes de maintien de la paix de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) en Syrie. En définitive, Washington et Moscou se sont rencontrés à Genève, en présence des nations occidentales et en l’absence des acteurs moyen-orientaux, pour acter une suzeraineté partagée sur le Moyen-Orient. C’était en juin 2012. Ces noces n’ont duré que quelques jours. Elles furent brisées par la France, agissant pour le compte de la secrétaire d’État Hillary Clinton.

7 ans plus tard, Moscou réclame son dû. En effet, c’est la Russie —et non pas l’OTSC— qui s’est déployée militairement en Syrie et, aux côtés de l’armée syrienne et du Hezbollah, a vaincu les jihadistes —et absolument pas Washington et ses alliés qui, au contraire, les ont armés [2]—. Elle le réclame à Jérusalem car un million de russophones sont citoyens israéliens et que l’un d’entre eux, Avigdor Lieberman, vient de faire chuter deux fois de suite le gouvernement Netanyahu [3].

Cette évolution est difficile à admettre pour ceux qui en sont restés à l’alliance États-Unis/Israël qui caractérisait l’ère Bush Jr. Pourtant, les autorités israéliennes se sont rendu bien plus de fois à Moscou qu’à Washington depuis la défaite de Daesh.

Le jeu des puissances régionales face à Israël

Il existe un allant-de-soi selon lequel les forces de l’« Axe de la Résistance » (Palestine-Liban-Syrie-Iraq-Iran) seraient dévouées à l’anéantissement des Israéliens comme les nazis le furent à celui des juifs. C’est un copier-coller grotesque.

En réalité, le Hezbollah est originellement un réseau de Résistance chiite à l’occupation israélienne du Liban. Il a successivement été armé par la Syrie puis, après le retrait de la force syrienne de maintien de la paix au Liban en 2005, par l’Iran. Il n’a jamais eu comme objectif de « jeter les juifs à la mer », mais au contraire, il ne cesse d’affirmer son intention d’établir l’égalité en Droit pour tous. L’occupation israélienne du Liban fut une réalité allant bien au-delà de la volonté du gouvernement israélien qui fut dépassé par l’initiative de prendre Beyrouth du général Ariel Sharon. C’est aussi le fait de la Collaboration de milices chrétiennes et druzes libanaises, dont celles de Samir Geagea et de Walid Joumblatt.

Identiquement, la Syrie a réagi à l’expansionnisme israélien d’abord en se défendant, puis en se portant au secours des populations palestiniennes. Ceci est parfaitement légitime, sachant que la Palestine et la Syrie actuelles formaient une seule entité politique avant la Première Guerre mondiale [4]. Nul ne conteste, pas même les États-Unis, qu’Israël n’a cessé depuis soixante-dix ans de grignoter des territoires à ses voisins et continue de le faire.

Dès le début de la Guerre froide, les États-Unis, tout à leur politique d’endiguement des Soviétiques, avaient parfaitement conscience de cet expansionnisme israélien qui bouleversait la stabilité de la région. Ils armèrent la Syrie pour qu’elle puisse lui résister —pas l’attaquer— et armèrent identiquement d’autres forces, dont l’Iraq [5] . C’est le secrétaire d’État états-unien, John Foster Dulles, et lui seul, qui créa l’« Axe de la Résistance ». Il s’assurait ainsi que la Syrie et l’Iraq ne se tourneraient pas vers l’Union soviétique pour se défendre et obtenir son assistance militaire.

L’administration de Dwight Eisenhower savait qu’Israël était le fruit de la volonté de Woodrow Wilson et David Llyod George [6], mais il le considérait comme un cheval fou qu’il fallait à la fois protéger et dompter.

Washington se rallia donc aux idées britanniques : le traité d’assistance militaire entre Damas et Téhéran puis, en 1958, le Pacte de Bagdad permettant la création du CenTO (équivalent régional de l’Otan). Le contexte s’est modifié et les acteurs ont changé, mais pas leur mobile.

Le cas de l’Iran est le principal problème aujourd’hui. En effet, la majorité de ses dirigeants n’aborde pas cette question de manière politique, mais religieuse. Une prophétie chiite assure que les juifs reformeront un État en Palestine, mais qu’il sera rapidement détruit. Le Guide la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, tient ce texte pour canonique. Il égrène ce compte à rebours et a ainsi affirmé qu’Israël aura disparu dans 6 ans (en 2025).

La crispation des positions, en Iran autour de cette prophétie et en Israël autour de la loi « Israël, État-nation du peuple juif » (2018), est la source de la continuation de ce conflit qu’un peu d’intelligence permettrait de débloquer. C’est ce que Donald Trump et Jared Kushner ont essayé de faire et c’est là qu’ils ont échoué : si le développement économique peut effacer la question des réparations, aucune avancée ne sera possible sans faire évoluer les représentations du monde qu’ont les juifs, les arabes et les perses.

Qu’est-ce que l’« Axe de la Résistance » ?

Les responsables religieux iraniens utilisent souvent l’expression « Axe de la Résistance » pour désigner l’alliance face à Israël. Cependant aucun traité ne formalise cet axe. Jamais ses dirigeants n’ont tenu de sommet pour se concerter.

Depuis l’invasion états-unienne de l’Iraq, en 2003, les forces de cet axe se sont lentement divisées de sorte qu’aujourd’hui, ses conflits internes sont plus importants que son combat externe.

En 2003, le chef religieux iraquien chiite Mohammad Sadeq al-Sadr était assassiné. À tort ou à raison, ses partisans en tinrent pour responsable le Grand ayatollah Ali al-Sistani. Celui-ci est un iranien vivant en Iraq où il dirige les séminaires chiites. Progressivement la communauté chiite iraquienne se divisa entre les pro-Iraniens d’al-Sistani et les pro-arabes du fils du défunt, Moqtada al-Sadr. Celui-ci coupa successivement avec Damas, puis avec Téhéran en 2017, et se rendit à Riyad auprès du prince Mohamed ben Salmane.

En 2006, profitant de sa victoire électorale locale lors des élections législatives dans les Territoires palestiniens, le Hamas réalisa un coup d’État contre le Fatah et se proclama autonome dans la Bande de Gaza [7]. En 2012, sa direction politique, qui vivait en exil à Damas, se transporta soudainement à Doha, alors que le Qatar finançait les jihadiste contre la Syrie. Le Hamas se déclara « Branche palestinienne des Frères musulmans », un parti politique interdit en Syrie. Ses hommes et des agents du Mossad israélien entrèrent dans la ville syrienne de Yarmouk pour y assassiner leurs rivaux marxistes du FPLP-Commandement général. L’armée syrienne encercla la ville et le président palestinien Mahmoud Abbas l’assura de son soutien.

Il est absurde pour les Occidentaux de vouloir détruire l’« Axe de la Résistance », qu’ils ont voulu et aidé à créer, uniquement parce qu’ils en ont perdu le contrôle. Il leur suffit d’attendre, celui-ci se délite tout seul.

Les Iraniens sont des amis fidèles, cependant ils ont culturellement tendance à embarquer leurs amis dans leurs affaires. Jamais les Syriens n’expulseront les Iraniens qui les protègent de l’expansionnisme israélien et à qui ils doivent d’avoir tenu au début de la guerre (2011-14). Mais si les Iraniens étaient de réels amis des Syriens, ils se retireraient militairement de ce pays au profit de la Russie, de sorte que les États-Unis puissent reconnaître la légitimité du gouvernement de Bachar el-Assad. Au lieu de quoi, ils utilisent la présence de leurs troupes pour provoquer Israël et tirer des roquettes sur son territoire depuis la Syrie.

Les trois conseillers nationaux de Sécurité

John Bolton (USA), Meir Ben-Shabbat (Israël) et Nikolaï Patrouchev (Russie), les trois conseillers nationaux de Sécurité, ont les mêmes fonctions, mais pas les mêmes expériences.

Bolton est persuadé de la supériorité ontologique de son pays sur tous les autres. Il a une expérience des relations internationales qu’il a acquise d’abord durant les négociations de désarmement et surtout lorsqu’il était ambassadeur au Conseil de sécurité (2005-06). Bien qu’il prenne des initiatives flamboyantes, il est tout à fait capable de reculer lorsqu’il pense avoir tort. C’est d’ailleurs parce qu’il a la capacité d’encaisser personnellement les erreurs de son camp que le président Trump l’a conservé à ce poste.

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Meir Ben-Shabbat

Meir Ben-Shabbat est un homme de foi, persuadé, quant à lui, d’appartenir à un peuple élu, mais maudit. Ce n’est pas un diplomate, mais un expert du contre-espionnage. Cependant lorsqu’il dirigeait le Shin Bet, il a manifesté une réelle finesse à la fois pour lutter contre le Hamas, pour le manipuler et éventuellement pour négocier avec lui. Son excellente connaissance des multiples forces du Moyen-Orient lui permet instantanément de saisir ce qui peut durer et ce qui ne sera qu’éphémère.

Enfin Nikolaï Patrouchev est un seigneur de la haute-fonction publique russe. Il est certainement celui des trois qui la plus haute vision de l’échiquier mondial. Lorsqu’il a succédé à Vladimir Poutine à la tête du FSB, il a dû affronter des tentatives de débauchage de ses directeurs par les États-Unis et par Israël. En définitive, après des années de turbulence, il a repris en main cette machine. Puis, il a affronté la déstabilisation de l’Ukraine par les États-Unis et l’Union européenne, qui s’est finalement soldée par l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie. Il ne négociera pas un dossier contre un autre, mais veillera au contraire à ce que toutes les décisions soient cohérentes.

Ces trois stratèges vont devoir définir les contours d’une distribution des cartes que, par la suite, des diplomates devront négocier. Leur rôle est d’imaginer un accord viable sur le long terme, tandis que celui des diplomates sera de compenser les pertes des perdants pour leur rendre cet accord acceptable.

[1] J’expose ma vision des choses dans Sous nos yeux, éditions Demi-Lune (2017).

[2] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[3] « Que sait Avigdor Lieberman ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2019.

[4] Le président syrien Adib Chichakli était membre du PSNS. Il militait donc pour la reconstitution de la Grande Syrie avec toutes ses minorités. À ce titre, il pouvait accepter que le Protectorat britannique de Palestine devienne un État binational (projet de l’Onu), mais pas qu’il se divise en deux États monoethniques (initiative de Genève et conférence d’Annapolis).

[5Syria and the United States. Eisenhower’s Cold War in the Middle East, David W. Lesch, Westview Press (1992)

[6] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

[7] Rappelons qu’à la différence de celui du Fatah, le programme du Hamas ne vise pas à lutter contre l’impérialisme en Palestine, mais à créer un califat dans l’ensemble du monde musulman.

https://www.voltairenet.org/article206703.html

La question religieuse fait exploser la vie politique israélienne

La question religieuse fait exploser la vie politique israélienne

  

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La Knesset (Parlement israélien) a voté sa dissolution le 29 mai 2017, cinq semaines après sa désignation. De nouvelles élections parlementaires ont été convoquées pour le 17 septembre.

C’est la question religieuse qui a fait exploser la Knesset : Yisrael Beiteinu exigeait que les élèves des instituts de théologie soient soumis au régime général de la Loi. Les ultra-orthodoxes avaient refusé son projet de loi définissant les conditions d’une période transitoire pour assujettir les étudiants de la Torah au service militaire.

Compte-tenu de ce conflit, le Premier ministre par intérim, Benjamin Netanyahu, n’a pas été capable de constituer un nouveau gouvernement dans le temps imparti. Craignant que le président d’Israël ne confie cette mission à son compétiteur, Benny Gantz, —ce qui aurait peut-être marqué la fin de sa carrière politique— il a préféré dissoudre le Parlement.

On aurait tort de sous-estimer le mobile de cette crise. Depuis 2003, un groupuscule transversal, incluant aussi bien Benjamin Netanyahu (Likoud) qu’Uzi Landau (Yisrael Beiteinu), a tenté d’imposer une vision théologique de la politique. Sa doctrine se situe dans la ligne de Vladimir Jabotinsky, mais s’en distingue nettement.

L’actuel leader d’Yisrael Beiteinu, Avigdor Lieberman, qui présida le banquet du Congrès fondateur du mouvement, en 2003, s’est rebellé contre lui. Il s’oppose désormais à cette confusion des genres.

https://www.voltairenet.org/article206633.html