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Le boss, c’est lui

Le boss, c’est lui

14 Février 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Alors que s’embrasent les flammes du conflit syrien entrant dans sa dernière phase, un intéressant et quelque peu pessimiste article a paru dans la presse israélienne sur l’épisode du week-end. Retour sur la dernière flambée…

La veille du 39ème anniversaire de la Révolution iranienne, les Gardiens de ladite Révolution, présents sur la base T4, ont fait décoller aux petites heures de l’aube un drone afin de survoler Israël. Une demi-heure plus tard, il est abattu par un hélicoptère et l’aviation israélienne réplique en bombardant le T4.

Las pour Bibi la terreur, déjà englué dans une inopportune affaire judiciaire et qui a par ailleurs réussi l’exploit de rendre furieuse à propos des colonies une administration Trump pourtant complaisante… Un F16 est abattu par la défense anti-aérienne syrienne et l’un des pilotes meurt de ses blessures.

Vexés par cette gifle à leur aviation théoriquement toute puissante et voulant sauver la face, les Israéliens ripostent par une deuxième vague plus massive de bombardements, d’ailleurs applaudie des deux mains par Al Qaeda. Quant aux tirs de missiles, une partie aurait également été abattus par la défense syrienne.

C’est là qu’intervient le boss. Extrait de l’article d’Haaretz :

Le président russe Vladimir Poutine a mis fin à la confrontation entre Israël et l’Iran en Syrie et les deux pays ont accepté cette décision. (…)

Samedi après-midi, après la seconde vague de bombardements par l’aviation israélienne sur des cibles syriennes et des installations iraniennes en Syrie, de hauts responsables militaires israéliens tenaient encore une ligne dure et paraissaient considérer des opérations militaires supplémentaires. Ces discussions ont pris fin peu après une conversation téléphonique entre Poutine et Netanyahou. (…)

Le calme après la discussion Netanyahou-Poutine montre à nouveau qui est le véritable patron au Moyen-Orient. Pendant que les Etats-Unis continuent de briller par leur absence – les recherches continuent pour trouver une politique américaine cohérente -, la Russie dicte le tempo.

Tout est dit…

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule pour le système impérial, le risque potentiel, quoique encore improbable, d’une confrontation intra-OTAN avec la Turquie augmente chaque jour en Syrie du nord. Notez la bravade du général US menaçant de « répondre agressivement » si les Turcs attaquent Manbij, joyeuseté à laquelle le sultan a rétorqué en promettant une « gifle ottomane ». Ambiance, ambiance…

Quant à l’armée syrienne, elle masse des renforts vers Deir ez-Zoor pour reprendre du terrain aux proxies SDF de l’empire après le bombardement de loyalistes par l’US AIr Force la semaine dernière, qui a également tué un certain nombre de mercenaires russes présents avec les forces pro-Bachar. La situation est encore peu claire sur ce qui s’est réellement passé et les Américains avaient apparemment immédiatement contacté les Russes pour les prévenir de l’attaque des loyalistes avant de répliquer.

Moscou reste étrangement muet, comme après le bombardement israélien du week end. On a vu qu’un coup de fil de Vlad l’empaleur (agrémenté de menaces voilées ?) a suffi à calmer les ardeurs puériles de Netanyahou. L’arrivée de renforts syriens sur Deir ez-Zoor signifie peut-être que le Kremlin a assuré Damas du parapluie des S400 contre les Américains dans ce qui pourrait devenir une situation relativement brûlante. A suivre..

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/02/le-boss-c-est-lui.html

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Bibizuté

Bibizuté

16 Février 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Histoire

Décidément, le crash du F16 israélien fait parler dans les chaumières et le Hezbollah n’a pas tout à fait tort de parler d’une « nouvelle phase stratégique », comme le montre un très intéressant article d’Atimes.

Il faut remonter à 1983 (!) pour voir le dernier avion de l’aviation israélienne abattu. Durant des décennies, cette dernière s’est cru maîtresse des ciels moyen-orientaux et agissait en toute liberté – Irak (réacteur d’Osirak en 1981), Liban en 2006, Syrie (le mystérieux bombardement de 2007 puis les nombreuses incursions depuis le début de la guerre civile en 2011).

Trente-quatre ans d’impunité jusqu’à ce fatal 10 février 2018. On comprend que la pilule ait du mal à passer à Tel Aviv…

Pire, la cause de tout ce ramdam ne serait qu’un vulgaire et antique S-200, peut-être tout de même amélioré par les Russes. Cela donne en tout cas du crédit à un autre incident que nous avions rapporté il y a quatre mois :

Coïncidence ou pas, il s’est encore passé quelque chose d’intrigant dans le ciel syrien il y a quelques jours. Le 16 octobre, un énième incident aérien a eu lieu entre Tel Aviv et Damas, des jets israéliens bombardant une batterie antiaérienne prétextant un tir syrien contre deux avions ayant auparavant survolé le Liban. Jusqu’ici, rien que de très habituel même si l’affaire était presque concomitante à la visite de Choïgu en Israël, ce que d’aucuns ont vu comme une petite démonstration de force vis-à-vis de Moscou (précisons tout de même que les Russes ont été prévenus de l’attaque).

Manque de bol pour Bibi la Terreur, il y a comme un air de couac. Que le ministre syrien de la Défense déclare que l’un des deux F-35 israéliens ait été touché par un missile participe de la traditionnelle guerre de l’information et il est difficile de confirmer ou d’infirmer les dires de Damas. Plus intéressant, la presse israélienne a reconnu que le même jour, un F-35 avait été endommagé par… des oiseaux (!) et qu’il prenait la direction du garage.

D’ici à penser que l’avion a en réalité été touché par un vieux S200 syrien de l’époque soviétique, démontrant encore une fois l’inanité du chasseur furtif le plus cher de l’histoire, il n’y a qu’un pas que beaucoup envisagent de franchir.

F35 endommagé et F16 abattu par les S-200, confirmant ce que nous rapportions l’année dernière, à savoir que les Russes avaient décidé de réhabiliter et améliorer la défense anti-aérienne syrienne (désolé cher lecteur, je ne retrouve plus le billet en question).

Pour Israël, c’est tout sauf une bonne nouvelle et cela rappelle le flop stratégique de la guerre du Kippour de 1973. Lors de celle des Six jours (1967), la supériorité aérienne israélienne avait fait merveille et permis une victoire rapide. L’URSS avait alors décidé de fournir à son allié égyptien des systèmes anti-aériens performants. Résultat six ans plus tard : 102 avions israéliens abattus sur 383. Seule la livraison en urgence de jets par les Américains avait permis à l’IAF de rester opérationnelle.

Bis repetita ? Dans un contexte de montée de tension entre Israël et le binôme Hezbollah-Iran (dont la présence en Syrie, notamment du sud près de la frontière israélienne, se fait sentir chaque jour un peu plus, profitant du relatif flou de l’accord Poutine-Trump), Tel Aviv ne dispose que d’un atout majeur : sa supposée supériorité aérienne. Que celle-ci soit mise à mal et c’est son château de cartes stratégique qui s’écroule.

D’autant qu’en face, le Hezbollah posséderait 100 000 missiles pointés vers le sud et qui ne demandent qu’à décoller en cas de conflit. Sans compter les énormes dividendes retirés de sa participation dans le conflit syrien, comme nous l’expliquions il y a deux ans déjà :

Le Hezbollah a vu avec horreur l’avancée des takfiris sunnites en Syrie à partir de 2012. Idéologiquement et stratégiquement (rupture du croissant chiite, donc de l’approvisionnement iranien), une Syrie qatarisée ou saoudisée était un coup mortel porté au mouvement chiite libanais. Aussi, personne n’a vraiment été surpris quand Hassan Nasrallah décida de voler au secours de Bachar en 2013, envoyant des milliers de combattants, d’abord à la frontière syro-libanaise puis partout en Syrie.

Par contrecoup, Israël a longtemps flirté avec Al Qaeda, soignant quelques djihadistes par-ci, fournissant quelques armes par-là, sans doute plus pour embêter Assad et le Hezbollah que pour réellement provoquer une victoire djihadiste.

On en était là quand l’intervention russe a sérieusement rebattu les cartes, Tel Aviv et Beyrouth-Sud se mettant sur leur 31 pour courtiser Poutine.

L’alliance entre Moscou et le Hezbollah est logique, presque naturelle. Mêmes alliés (Assad, Téhéran), même farouche opposition à l’islamisme sunnite. La tolérance absolue du Hezbollah envers les chrétiens d’Orient (voir ces étonnantes photos des combattants chiites au garde-à-vous devant Jésus dans des villages chrétiens syriens libérés) joue également en sa faveur, la Russie se considérant comme la protectrice du christianisme moyen-oriental. Alarmé, Netanyahou s’est alors précipité à Moscou faire des ronds de jambe à Poutine. On avait connu Bibi la Terreur moins placide…

Ce voyage n’a pas empêché le Hezbollah de mettre la main sur des armements russes. Qu’ils aient été livrés par les Syriens qui les avaient eux-mêmes reçus (plus probable) ou livrés directement par Moscou selon les dires de hauts responsables du mouvement chiite, cela importe somme tout assez peu.

L’état-major de Tsahal est plus que remué, notamment par le fait que le mouvement libanais est vraisemblablement en possession de missiles de croisière supersoniques Yakhont. Les récentes déclarations de Nasrallah – « les stock de gaz ammoniac d’Haïfa sont notre bombe nucléaire » – ont également provoqué la panique en Israël où l’on considère sérieusement transférer les usines chimiques dans le sud du pays, à un coût exorbitant.

Les sacrifices auxquels se soumet le Hezbollah en Syrie pourraient finalement lui rapporter gros. L’espèce d’équilibre de la terreur en train de s’installer avec Israël est une assurance contre toute intervention militaire future de l’Etat hébreux et pérennise la présence du « parti de Dieu » au Liban. Il convient de mettre tout cela en relation avec la brusque décision de l’Arabie saoudite de couper son aide financière militaire à Beyrouth et des pétromonarchies fondamentalistes du Golfe d’appeler sans rire leurs ressortissants à quitter le pays, arguant de la « mainmise du Hezbollah sur l’Etat libanais ».

On imagine aisément la sueur perler au front des stratèges dans les officines de Washington, Tel Aviv et Riyad. Quant aux Russes, ils se retrouvent plus que jamais au centre du jeu, Le Kremlin est créditeur de Damas, du Hezbollah et de Téhéran qui lui doivent tout ou presque. Les Israéliens, Saoudiens ou Turcs quant à eux sont obligés de passer par la case Moscou pour quémander des concessions face à leurs adversaires.

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/02/bibizute.html

Syrie: échange théâtral et menaçant entre Netanyahu et l’Iran

Syrie: échange théâtral et menaçant entre Netanyahu et l’Iran

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu brandit un morceau de métal présenté comme provenant d’un drone iranien abattu par Israël, le 18 février 2018 pendant la Conférence de Munich sur la sécurité / © MSC Munich Security Conference/AFP / Lennart PREISS

Le Premier ministre israélien a menacé de façon très théâtrale dimanche les « tyrans de Téhéran » de représailles en cas d’agression, une sortie « caricaturale » selon l’Iran, une semaine après leur première confrontation ouverte en Syrie.

« Ne testez pas la détermination d’Israël! » a lancé Benjamin Netanyahu à la Conférence sur la sécurité de Munich, brandissant un morceau de métal présenté comme une pièce d’un drone iranien abattu la semaine dernière au-dessus d’Israël.

Il a ensuite interpellé le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif : « Voilà un bout du drone iranien! M. Zarif, vous le reconnaissez? Vous devriez, c’est le vôtre! »

L’intéressé, aussi présent à Munich mais qui n’a pas été témoin directement de la scène, a répondu peu après en dénonçant un « cirque caricatural » et en accusant Israël de mener « une politique d’agression, de représailles massives contre ses voisins ».

Le Premier ministre israélien est un habitué des interventions scénarisées. En 2012, à la tribune de l’ONU, il avait marqué les esprits avec le dessin simpliste d’une bombe sur le point d’exploser pour dénoncer le programme nucléaire iranien.

Israël affirme avoir détruit le week-end dernier un drone iranien au-dessus de son territoire. En réponse, l’armée de l’air israélienne a détruit la base d’où l’appareil serait parti en Syrie.

Un F-16 israélien a cependant été abattu au cours de l’opération, une première depuis 1982, entraînant des raids contre des cibles syriennes et iraniennes présumées en Syrie.

Cette première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran sur la scène syrienne laisse craindre une escalade du conflit, même si jusqu’ici les deux pays semblent vouloir éviter une guerre ouverte.

Face à l’escalade verbale, un responsable parlementaire russe, Alexeï Poushkov, a lui lâché: « Vous bombardez l’Iran, et quid de la suite? La question iranienne nécessite d’agir avec responsabilité ».

– Le ‘cran’ des Syriens –

M. Zarif a dans ce contexte accusé Israël « d’incursions quotidiennes en Syrie (…) et de bombarder quotidiennement, de manière routinière, la Syrie ».

« Une fois, les Syriens ont le cran de descendre un de leurs avions, et c’est présenté comme un désastre », a-t-il remarqué.

Une entrée d’Israël dans la guerre en Syrie pourrait entraîner une dérive catastrophique, alors qu’Américains, Turcs, Russes et Iraniens y sont déjà parties prenantes avec des objectifs concurrents et impliquant forces pro-régime, jihadistes, l’opposition armée ou encore les milices kurdes.

Des frappes américaines ont ainsi récemment tué des militaires russes et des forces du régime de Bachar al-Assad.

« Jamais depuis quatre ans on avait vu des grands pays s’engager militairement, directement à l’intérieur de la Syrie. Cela a entraîné des incidents et c’est inquiétant », a relevé Staffan de Mistura, l’envoyé spécial pour la Syrie de l’ONU.

« Nous espérons que ces pays vont continuer à se montrer responsables, car sinon la situation pourrait échapper à tout contrôle », a-t-il averti.

M. Netanyahu n’en a pas moins prévenu qu' »Israël ne laissera pas le nœud du terrorisme lui enserrer la gorge », menaçant aussi des forces pro-iraniennes comme le Hezbollah au Liban.

Le dirigeant israélien reparti, le ministre libanais de la Défense, Yacoub Riad Sarraf, a rétorqué : « Nous nous défendrons, nous aussi avons des gens prêts à mourir pour leur pays ».

– ‘Similarités’ avec les nazis –

M. Netanyahu a enfin accusé une fois de plus l’Iran de continuer de développer en cachette l’arme nucléaire, malgré l’accord international ayant mis fin à son programme.

Selon lui, dans « un peu plus d’une décennie » Téhéran disposera de la bombe atomique.

Accusant l’Iran d’avoir des « similarités frappantes » avec les Nazis, il a dressé un parallèle entre l’accord sur le nucléaire iranien négocié avec les grandes puissances et celui de Munich de 1938 signé pour apaiser Adolf Hitler.

« Un accord destiné à apaiser, comme il y a 80 ans, a seulement rendu plus déterminé le régime et rendu la guerre plus probable », a-t-il dit.

« Une fois équipée d’armes nucléaires, l’agression iranienne sera incontrôlable et elle visera le monde entier », a affirmé M. Netanyahu.

L’ancien secrétaire d’Etat américain John Kerry, l’un des architectes de l’accord en question, a lui estimé que considérer que Téhéran était proche de détenir une capacité nucléaire militaire était « fondamentalement incorrect ».

(©AFP / 18 février 2018 13h29)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Syrie-echange-theatral-et-menacant-entre-Netanyahu-et-l-Iran/891514.rom

Netanyahu juge « scandaleux » des propos du Premier ministre polonais sur les « auteurs juifs » de la Shoah

Netanyahu juge « scandaleux » des propos du Premier ministre polonais sur les « auteurs juifs » de la Shoah

Munich (Allemagne) – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jugé samedi « scandaleux » des propos de son homologue polonais sur les « auteurs juifs » de la Shoah.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki défendait la récente loi controversée punissant ceux qui établiraient une responsabilité polonaise dans l’Holocauste.

Interrogé en Allemagne par un journaliste israélien, Ronen Bergman, qui demandait s’il serait puni en Pologne en racontant l’histoire de membres de sa famille déportés après avoir été dénoncés à la Gestapo par leurs voisins polonais durant la Seconde Guerre mondiale.

« Ce ne sera pas puni, ce ne sera pas considéré comme criminel que de dire qu’il y avait des auteurs polonais (du génocide juif), tout comme il y avait des auteurs juifs, des auteurs ukrainiens ou allemands », a dit Morawiecki en anglais lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.

« Bien sûr qu’il n’y aura pas de poursuites contre les gens qui disent qu’il y avait des auteurs polonais, car il y en avait. Mais nous ne pouvons mélanger auteurs et victimes car ce serait une insulte envers tous les Juifs et tous les Polonais qui ont tant souffert pendant la Seconde Guerre Mondiale », a-t-il ajouté.

M. Netanyahu, également présent à la Conférence de Munich sur la sécurité, a qualifié les propos de son homologue polonais de « scandaleux ».

« Il y a un problème lié à une incapacité de comprendre l’histoire et un manque de sensibilité face à la tragédie de notre peuple », a-t-il déclaré dans un communiqué de ses services.

M. Netanyahu a ajouté qu’il avait l’intention de s’entretenir immédiatement de ce sujet avec Mateusz Morawiecki.

Noa Landau, du journal israélien Haaretz, a réagi sur Twitter en dénonçant des propos « scandaleux », accusant par ailleurs la salle, qui avait applaudi la question du journaliste, de rester silencieuse face à la réponse du dirigeant polonais.

Ronen Bergman a lui relevé sur Twitter que « la réaction (du Premier ministre polonais) était incroyable ».

(©AFP / 17 février 2018 20h41)

https://www.romandie.com/news/Netanyahu-juge-scandaleux-des-propos-du-Premier-ministre-polonais-sur-les-auteurs-juifs-de-la-Shoah_RP/891450.rom

Jim Mattis réfute les « Fake News » d’Israël et de l’Otan

Jim Mattis réfute les « Fake News » d’Israël et de l’Otan

Voilà des années que la presse atlantiste l’affirme : le président Bachar el-Assad utiliserait des armes chimiques contre son propre peuple. Sauf que, selon le secrétaire US à la Défense, le général Jim Mattis, il s’agit d’une fake news. Comme les armes chimiques de Saddam Hussein, cette histoire qui remplit les colonnes des journaux depuis cinq ans est de la pure propagande de guerre.

| Damas (Syrie)

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Cela aurait dû faire la « une » de tous les journaux occidentaux. Mais seul Newsweek l’a relaté [1]. Durant son point de presse, le 2 février, le secrétaire à la Défense, le général Jim Mattis, a indiqué que s’il « pensait » que Damas avait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, personne au Pentagone n’en avait la moindre preuve.

Le journaliste, qui connaît personnellement le général Jim Mattis, l’a entendu off the record (c’est-à-dire en privé) déclarer son aversion pour le mythe des armes chimiques syriennes. Il lui offre la possibilité de se répéter, cette fois en public. Voici la transcription (publiée avec un léger retard) de cette rencontre.

- Question : Y a-t-il des preuves que des armes au chlore ont été utilisées, des preuves d’armes au chlore :

- Jim Mattis : Je pense que oui.

- Question : Non, je sais, je vous ai entendu.

- Jim Mattis : Je pense qu’elles ont été utilisées à plusieurs reprises. Et c’est, comme vous le savez, une catégorie quelque peu distincte, c’est pourquoi j’ai écarté le sarin comme quelque chose de différent – ouais.

- Question : Il y a donc des preuves crédibles que le sarin et le chlore…

- Jim Mattis : Non, je n’ai pas de preuve, pas spécifiquement. Je n’ai pas de preuve. Ce que je dis, c’est que d’autres groupes sur le terrain, des ONG, des combattants sur le terrain ont dit que le sarin a été utilisé. Nous cherchons donc des preuves. Je n’ai pas de preuve, crédible ou non crédible.

Source : “Media Availability by Secretary Mattis at the Pentagon”, Press Secretary, Departement of Defence, February 2, 2018.

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Au début de la guerre, la République arabe syrienne demanda à l’Onu de venir enquêter sur l’usage d’armes chimiques par les jihadistes. Les inspecteurs ne trouvèrent rien de probant. Mais en août 2013, les États qui soutenaient le projet des Frères musulmans renversèrent l’accusation et affirmèrent, sur la seule base d’une information de l’Unité 8200 du Mossad, que l’Armée syrienne venait de massacrer près de 1 500 civils dans la Ghouta avec un mélange de gaz incluant du sarin.

Attestant la bonne foi de la Syrie, la Russie proposa son adhésion à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Moscou et Washington, ensemble, détruisirent la totalité des armes chimiques syriennes ainsi que les précurseurs (c’est-à-dire les substances nécessaires à la fabrication de ces armes).

Pourtant, l’accusation d’utilisation de ces armes n’a toujours pas cessé. Alors même que le Pentagone en avait lui-même supervisé la destruction, la presse atlantiste persistait à prétendre que l’Armée arabe syrienne en utilisait. Certains médias comme l’Anglo-Saxon Bellingcat (dont le directeur est un employé de l’Atlantic Council) [2] ou le Français Le Monde [3] sont devenus des répétiteurs professionnels de cette Fake News.

Pour en finir avec cette rumeur, un mécanisme d’enquête conjoint était créé par l’Onu et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Après avoir mené depuis New York et Vienne une vaste collecte de renseignements, cette instance refusait d’aller les vérifier sur place et même de procéder à des prélèvements. Le ton montait au Conseil de sécurité où chacun pouvait observer l’ascendant du numéro 2 de l’administration des Nations Unies, le néo-conservateur Jeffrey Feltman [4], sur l’ambassadrice US, Nikki Haley. Finalement, on comptabilisa jusqu’à 5 vétos russes aux mensonges occidentaux sur ce seul sujet [5].

Au moment de l’affaire de Khan Cheikhoun, les États-Unis affirmèrent avec aplomb détenir des preuves de la responsabilité syrienne —preuves qui selon le général Mattis n’ont jamais existé— et punit la Syrie en bombardant la base de Cheyrat.

Le secrétaire à la Défense Robert McNamara a admis que les États-Unis ont menti pour lancer et poursuivre leur guerre contre les Vietnamiens. Son successeur Colin Powell a reconnu avoir menti au Conseil de sécurité pour lancer la guerre contre les Iraquiens. Etc. Mais tous l’ont fait après avoir fait couler le sang et avoir quitté leurs fonctions officielles. Nul n’a été poursuivi.

Comme dans leur droit commercial, les dirigeants US peuvent faire faillite, ne pas payer leurs créanciers et recommencer immédiatement leurs affaires à zéro comme si de rien n’était.

Pour la première fois, un secrétaire à la Défense en exercice a dénoncé les mensonges en cours d’Israël, de sa propre administration et de l’Otan. Bien qu’il ait pris soin de se présenter comme convaincu de la culpabilité syrienne, sa déclaration réfute les justifications des bombardements israéliens en Syrie, prétendument pour détruire des armes chimiques. Elle est sans appel pour ses collègues Rex Tilleron et Nikki Haley. Elle sonne comme un avertissement aux 23 ministres des Affaires étrangères qui, le 23 janvier, ont à nouveau accusé la Syrie d’emploi d’armes chimiques [6] ; des ministres qui se sont prononcés pour la « démocratie » au Levant… à la seule condition que Bachar el-Assad ne puisse pas se présenter à l’élection présidentielle et la gagner.

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] “Mattis Admits There Was No Evidence Assad Used Poison Gas on His People”, Ian Wilkie, Newsweek, February 8, 2018.

[2] Brown Moses, de son vrai nom Eliot Higgins, participe en outre à l’association Propaganda or Not ? qui accuse diverses sources, dont le Réseau Voltaire, d’être des instruments du Kremlin. Cf. « La campagne de l’Otan contre la liberté d’expression », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2016.

[3] Sur la base d’un résumé grossièrement mensonger, ce quotidien accuse le Réseau Voltaire de ne pas être fiable. Cf. « La vérité sur les « fake news » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 janvier 2018.

[4] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[5] « À l’Onu, l’incapacité US d’admettre la réalité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 novembre 2017.

[6] « Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques », Réseau Voltaire, 23 janvier 2018.

http://www.voltairenet.org/article199693.html

La nouvelle DCA syrienne : Le cauchemar d’Israël ?

La nouvelle DCA syrienne : Le cauchemar d’Israël ?

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12.02.2018

Israël a vu une fois de plus sa prétendue «supériorité aérienne» être mise à mal. Les changements de rapports des derniers mois sur le front syrien et plus généralement régional ne font que s’affirmer chaque jour un peu plus.

Dans notre article de décembre dernier, nous avions justement abordé ce changement de donne qui devenait de plus en plus évident sur la scène régional, en rapport avec l’arrivée de la fin de la supériorité aérienne de l’Etat sioniste au Proche-Orient. Evidemment, les critiques n’ont pas manqué de mettre en doute ce processus, prétendant que même si la DCA syrienne se montrait plus efficace que dans le passé et qu’elle ait pu abattre plusieurs missiles israéliens lancés contre des sites en territoire syrien, cela ne changeait en rien la capacité israélienne à dominer le ciel régional.

 

Tout change désormais. En réalité tout a commencé à changer bien avant. Depuis que les avions de Tsahal n’osaient plus s’aventurer dans le ciel syrien et menaient toutes leurs attaques contre la Syrie depuis l’espace aérien libanais: c’était déjà le début fortement révélateur. Quant à la Syrie, et comme on le disait dans les analyses précédentes, tant qu’elle était avec ses alliés focalisée à détruire les principaux foyers terroristes sur son territoire, le principal étant Daech et cet objectif a été atteint à plus de 95%, il lui était évidemment difficile de se focaliser sur les attaques sporadiques israéliennes et d’y répondre efficacement. Surtout que pour rappel et comme l’avait dit plusieurs fois le président syrien Assad la DCA syrienne était fortement affaiblie suite aux destructions menées par les terroristes vis-à-vis de ces installations, et ce depuis le début du conflit.

 

Depuis, la Russie avait annoncé son intention de mettre à niveau la DCA syrienne avec la participation de spécialistes russes, et cela en complément de la présence des systèmes russes existants dans la République arabe — destinés à protéger les installations et le personnel russes en terre syrienne. Les ennemis de la Syrie, et aussi de la Russie, n’avaient pas manqué à chaque mauvaise occasion de mettre en doute les capacités défensives de la DCA russe, prétextant justement le manque d’action face aux attaques menées notamment par l’aviation israélienne contre des cibles syriennes. Ils souriront mois souvent dorénavant.

 

Tout d’abord, et n’importe quel expert en la matière le confirmera, mettre en place un système anti-aérien digne de ce nom demande du temps, ainsi qu’une formation adéquate pour le personnel qui va le gérer à terme. Surtout (!) en temps de guerre. Quoiqu’il en soit, l’événement qui s’est déroulé ce 10 février est plus que révélateur: lorsqu’un système de fabrication soviétique, le fameux S-200 utilisé par l’armée syrienne, vraisemblablement sérieusement amélioré par les spécialistes russes, a été en mesure d’abattre la fierté du Tsahal: en l’occurrence le fameux avion F-16 et ce d’autant plus dans le ciel israélien, seul un idiot pourrait encore mettre en doute les capacités des systèmes russes beaucoup plus sophistiqués.

 

Selon le commandement syrien, plusieurs avions israéliens auraient été touchés. Israël n’a reconnu que la perte d’un seul, ajoutant que les deux pilotes ont réussi à s’éjecter, tous deux étant hospitalisés, l’un deux dans un état grave. Connaissant la capacité du commandement militaire israélien à minimiser via ses communiqués officiels ses pertes, on peut effectivement se poser la question si seulement un avion ait été abattu par la DCA syrienne, ou à défaut d’être abattu comme le premier — mis hors d’état de nuire. En tout cas, le budget israélien peut désormais calculer les pertes mais surtout analyser la fameuse question: est-il encore maitre du ciel régional?

 

Par ailleurs et au-delà du F-16 abattu, la DCA modernisée de la République arabe a détruit durant ces derniers jours plusieurs dizaines de missiles israéliens tirés contre son territoire. Et là aussi c’est un changement majeur: si dans le passé un peu plus lointain la Syrie pouvait se vanter au mieux d’avoir abattu une partie des missiles tirés par les Israéliens à son encontre, depuis les derniers jours et avant même l’événement majeur du crash du F-16 en Galilée, Damas pouvait fièrement annoncer que la très grande majorité des missiles du Tsahal tirés contre les positions syriennes ont été interceptés.

 

Au-delà de ce succès stratégique indéniable, face à un Etat surarmé se permettant beaucoup plus qu’il ne devrait se permettre, la Syrie confirme une fois encore le statut de pays défendant la fierté et la dignité du monde arabe. Et ce après avoir cassé la colonne vertébrale des terroristes, issus d’une centaine de pays qui s’étaient déferlés en terre syrienne avec le « généreux » appui financier, militaire et médiatique des élites de grand nombre de pays: occidentaux, et golfistes. Sans oublier Israël — qui tout au long de ces dernières années n’a jamais été dérangé par la présence à ses « portes » de terroristes de Daech ou d’Al-Qaida, ne les ayant jamais frappé et en allant même à leur offrir des soins médicaux dans les meilleurs hôpitaux israéliens, tout en poursuivant à attaquer périodiquement l’armée gouvernementale syrienne, y compris lorsque celle-ci menait de rudes combats contre ces mêmes terroristes salafistes.

P.S. Simple supposition personnelle mais il est à penser que l’enquête russe sur l’origine des drones d’attaque utilisés par les terroristes dans la nuit de la célébration du Nouvel an 2018 contre la base russe de Hmeimim ait abouti. Et que le responsable ait été déterminé. Sachant que selon les experts militaires russes, les dits drones d’attaque sophistiqués ne pouvaient être que de production étasunienne, ou… israélienne. Sur le plan diplomatique, le ministère russe des Affaires étrangères, commentant les frappes israéliennes et la riposte syrienne, a rappelé que le respect de la souveraineté de la Syrie était primordial, tout en ajoutant qu’il était inacceptable de mettre en danger la vie de militaires russes opérant en Syrie contre les terroristes. A bon entendeur.

 

 

Source : Sputnik

http://katehon.com/fr/article/la-nouvelle-dca-syrienne-le-cauchemar-disrael

Poutine dit s’être entretenu avec Trump du conflit israélo-palestinien

Poutine dit s’être entretenu avec Trump du conflit israélo-palestinien

Moscou – Le président russe Vladimir Poutine a annoncé lundi, au début d’une rencontre à Moscou avec son homologue palestinien Mahmoud Abbas, s’être entretenu par téléphone avec Donald Trump du conflit israélo-palestinien.

« Je viens de m’entretenir avec le président américain Trump. Evidemment, nous avons parlé du conflit israélo-palestinien », a-t-il déclaré à M. Abbas.

La « situation est désormais très éloignée de celle que nous voudrions tous voir », a ajouté le président russe, assurant « avoir toujours soutenu le peuple palestinien ».

« Il est très important pour nous de connaître votre opinion personnelle pour mettre les pendules à l’heure et mettre en place des approches communes pour résoudre ce problème », a-t-il affirmé.

La Maison Blanche a pour sa part expliqué dans un communiqué que, informé par M. Poutine de sa prochaine rencontre avec M. Abbas, le président américain avait dit que « le temps est venu d’oeuvrer vers un accord de paix durable ».

Par ailleurs, selon l’exécutif américain, les deux présidents ont abordé « d’autres sujets d’intérêts communs et le président Trump a répété l’importance d’effectuer des actions supplémentaires pour assurer la dénucléarisation de la Corée du Nord ».

La visite en Russie de M. Abbas, qui intervient deux semaines après celle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, vise à s’assurer auprès de Vladimir Poutine du soutien de Moscou face à Washington.

Depuis la reconnaissance par Washington fin 2017 de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, Mahmoud Abbas refuse tout contact avec le gouvernement de Donald Trump.

« Vu l’atmosphère créée par les actions des Etats-Unis, nous (…) refusons toute coopération avec les Etats-Unis en tant que médiateur », a insisté M. Abbas auprès de M. Poutine, selon la traduction en russe de ses propos.

« En cas de rencontre internationale, nous demandons que les Etats-Unis ne soient pas les seuls médiateurs mais fassent seulement partie des médiateurs », a-t-il ajouté.

Les Palestiniens voient dans la décision américaine, en rupture avec des décennies de diplomatie, un déni de leurs revendications sur Jérusalem-Est annexée et occupée.

La direction palestinienne a ainsi qualifié lundi les projets israéliens d’annexion de colonies en Cisjordanie occupée de « vol de terres organisé », avec la « complicité » de l’administration Trump.

Mahmoud Abbas, qui doit s’exprimer devant le Conseil de sécurité de l’ONU le 20 février, a promis à son peuple d’oeuvrer à la reconnaissance à part entière d’un Etat de Palestine par les Nations unies.

Le 29 novembre 2012, la Palestine est devenue un « Etat observateur non membre » de l’ONU, lors d’un vote historique à l’Assemblée générale. Fort de ce nouveau statut, l’Etat de Palestine a intégré des agences de l’ONU et a rejoint la Cour pénale internationale (CPI).

Mais la Palestine n’est pas encore devenue membre à part entière de l’ONU bien qu’elle soit reconnue par plus de 130 pays.

(©AFP / 12 février 2018 23h37)

https://www.romandie.com/news/Poutine-dit-s-etre-entretenu-avec-Trump-du-conflit-israelo-palestinien/889794.rom

Un F-16 israélien trop loin ?

Un F-16 israélien trop loin ?

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Un F-16 israélien trop loin ?

La destruction d’un F-16 biplace israélien qui volait pour disons une mission hostile à la Syrie et selon des circonstances encore mal déterminées, a fait grand bruit, outre celui que fait un avion en s’écrasant au sol. Malgré une certaine confusion qui a marqué et continue de marquer l’évènement, on peut raisonnablement affirmer que la destruction a été assurée par la défense anti-aérienne syrienne, dans la nuit de vendredi à samedi, après que la mission du F-16 ait été effectuée semble-t-il ; alors que cette “mission” semble avoir consisté  d’ailleurs en des évolutions de F-16 israéliens (sans doute pour abattre un drone ou participer à l’interception d’un drone dont certains jugent qu’il s’agissait d’un leurre de provocation), – sans doute dans l’espace aérien israélien, ou dans l’espace aérien syrien sur la frontière israélienne.

(D’une façon générale, les Israéliens effectuent souvent leurs missions sporadiques à l’aide de missiles air-sol contre des objectifs en Syrie à partir de leur espace aérien, ou de bien de l’espace aérien libanais, ou bien des marges syriennes des deux territoires avec celui d’Israël [y compris le Golan syrien occupé par Israël depuis 1973].)

Il est d’une très grande importance que cette affaire soit référencée comme ayant eu lieu dans l’espace aérien israélien, ce qui suppose une portée et une tactique spécifiques des systèmes syriens. Les deux hommes d’équipage se sont éjectés et ont atterri en territoire israélien bien entendu, l’un sain et sauf, l’autre grièvement blessé. C’est la première fois depuis 1982 qu’un avion israélien est abattu par la Syrie et, si c’est le cas, la première fois qu’un avion israélien est abattu dans l’espace aérien israélien par la Syrie depuis la Guerre d’Octobre (dite également “Guerre du Yom-Kippour”), en 1973. Ce cas (destruction de l’avion dans l’espace aérien israélien) est d’une énorme importance stratégique, symbolique et psychologique parce qu’il met en cause le mythe du sanctuaire israélien pour les forces aériennes.

(Il faut aussi noter l’hypothèse de dégâts israéliens plus importants qu’un seul F-16. Voir SouthFront.com, notamment avec relais d’Al-Arabya : un F-15E et deux autres F16 endommagés.)

A partir notamment des textes d’Elijah J. Magnier, de Mercouris sur TheDuran.com, de SouthFont.com, de RT, et en fonction des situations sur le terrain, on peut développer quelques hypothèses, que l’extrême complexité de la situation syrienne et les imbrications des uns et des autres permettent d’envisager.

Deux hypothèses dans le rangement des “hypothèses improbables”, avec des graduations :

• Il est quasi-complètement improbable que les Russes, qui ont en Syrie de puissantes installations anti-aériennes, aient agi seuls, au nom des Syriens, avec leurs propres installations.

• Il est assez à fort improbable que les Syriens aient agi seuls, avec leurs vieux équipements composés de systèmes déjà anciens, notamment les missiles sol-air d’origine russe vieux de près de quarante ans SA-5 (ou S-200).

Dans le rangement des hypothèses possibles :

• Il est possible que les Syriens aient agi seuls, avec du nouveau matériel russe qui leur aurait été livré ces dernières années (on peut citer comme hypothèse les fameux S-300, mais il existe d’autre type de missiles de nouvelle génération à portée moins longue, notamment les Bouk M2 et M3, et c’est bien plutôt un engin de cette portée [autour de 100 kilomètres] qui aurait été utilisé).

• Il est possible que les Syriens aient agi avec des conseillers russes dirigeant la manœuvre, également avec du nouveau matériel russe livré aux Syriens.

Dans le rangement des intentions possibles :

• De la part de la Syrie, montrer 1) qu’on est prêts à la riposte, 2) qu’on a des moyens de riposter efficacement et 3) qu’on a désormais la volonté de riposter.

• Montrer à Israël que le ciel israélien (et éventuellement le ciel libanais) n’est plus un sanctuaire pour les forces aériennes israéliennes.

• Indirectement, montrer aux Américains qu’ils s’exposent désormais à des pertes s’ils continuent leurs attaques comme celle de la semaine dernière.

• Montrer à tous, si l’option des Syriens agissant avec des conseillers russes est la bonne, que les Russes n’hésitent plus à s’impliquer dans la bataille. (Il est probable que dans le cas de l’une ou l’autre option envisagées où des Russes aient été impliqués, les Russes aient voulu faire savoir aux uns et aux autres [Israël et USA] la détermination russe à intervenir, avec risques & conséquences. Il est probable que dans l’un ou l’autre cas qu’on relève, les canaux officieux existant entre tous les acteurs aient fait passer de tels messages, en confirmant l’option hypothétique mentionnée, notamment pour ce qui concerne les hypothèse d’“avertissement”.)

On citera également, de façon plus complète, la version d’Elijah J. Magnier, très complète et la plus récente. Le commentateur affirme qu’il s’agit d’un piège tendu aux forces aériennes israéliennes pour pouvoir faire une démonstration de la volonté désormais affirmer de la Syrie de riposter, et même plus encore, – tout cela avec la connaissance et l’approbation de la Russie : la destruction du F-16 israélien « a pour effet de changer les règles d’engagement avec Israël et d’envoyer un message clair : la Syrie est prête à la guerre et ne tolérera plus de violations de son espace aérien. » La version qu’il donne de l’engagement, avec son contexte général qui est celui d’une mobilisation anti-israélienne de différents acteurs, est la suivante :

« La confusion israélienne est manifeste. Premièrement, Israël accuse l’Iran d’être derrière l’escalade. Ensuite, le commandement militaire affirme qu’un “drone iranien étant entré dans l’espace aérien israélien a été abattu”, mais en montrant des séquences d’un drone tombant en Syrie plutôt qu’en Israël. L’Iran a nié l’allégation israélienne. Ce n’est que quelques heures plus tard que le commandement israélien a reconnu l’écrasement du F-16 pour des “raisons techniques”, suivi d’une dernière version rapportée correctement, à savoir que le F-16 a été “abattu pendant qu’il volait au-dessus d’al-Sukhna”, proche de Tadmur.

» Un commandant des forces alliées en Syrie m’a révélé que ces forces dirigées par le commandement de l’armée syrienne ont convenu de tendre un guet-apens à l’armée de l’air israélienne, en mettant la défense antiaérienne syrienne en étant d’alerte maximale, prête à tirer. Un drone a été par la suite envoyé à la frontière syro-israélienne, d’où il a violé l’espace aérien israélien afin d’entraîner une réaction israélienne. Comme prévu, Israël a envoyé des F-16 abattre le drone dans la zone frontalière. Selon la source, il est impossible qu’un F-16 ait été abattu au-dessus d’al-Sukhna (la version israélienne que la source considère comme fausse). L’avion a été en fait abattu près de Kiryat Ata, à l’est d’Haïfa, à plus de 150 km d’al-Sukhna. Cela démolit la thèse israélienne, qui ne vise qu’à camoufler le fait que l’avion israélien a été frappé dans l’espace aérien israélien, ce qui met directement en question l’autorité d’Israël tout en livrant un message clair : “nous pouvons abattre vos avions dans votre propre espace aérien si vous violez le nôtre”, a précisé la source.

» “Si un missile SA-5 avait frappé le F-16, il aurait explosé dans les airs et aucune trace n’aurait subsisté. L’avion a été touché par un missile plus petit, mais plus moderne et précis, capable de manœuvrer comme le F-16”, a confirmé la source, en refusant d’en dire plus.

» Selon la source, “Israël est engagé dans une véritable bataille pour faire valoir sa propre version, afin de mieux cacher son incompétence dans la situation. Israël a cessé d’être une force dominante au Moyen-Orient, et est dirigé par des leaders arrogants qui continuent à attiser la guerre, parce qu’ils sont incapables de vivre en paix parmi leurs voisins”.

» “Le Hezbollah est non seulement prêt en cas de guerre contre Israël, mais il a amené toutes les factions palestiniennes et irakiennes à s’unifier contre Israël en cas de nouvelle guerre, mais seulement si Israël décide de choisir la guerre. Tel-Aviv peut prendre l’initiative de la guerre, mais il n’a pas le pouvoir de l’arrêter ni de la contrôler.” D’après la source, le Hezbollah est en train de réunir le plus grand nombre d’alliés jamais atteint dans toute guerre contre Israël depuis des décennies. »

Ce qui nous semble à la fois remarquable et important dans cet incident, c’est la publicité qui lui est faite de tous côtés, y compris des plus prudents qui, d’habitude, préfèrent glisser la cendre de cigarettes sous le tapis d’une situation si explosive qu’est la syrienne. Nous pensons aux Russes qui sont intervenus officiellement dès que l’incident a eu lieu pour recommander “de la retenue” aux deux parties, – ce qui revenait à officialiser l’incident et à fixer son importance. Il est certain qu’à cet égard, l’attaque US de la semaine dernière, dans son impudence, son illégalité et sa manière de trahison par rapport aux différentes ententes existantes, a agi comme une manière d’exacerber l’humeur.

(Car il importe de lier les interventions US et les interventions israéliennes en Syrie, non pas selon une entente cordonnée, un vaste de plan de coopération, – ce n’est pas leur genre, ni de l’un, ni de l’autre, – mais selon la même indifférence dédaigneuse et grossière de la légalité internationale, de la souveraineté, exactement comme feraient des pirates et des bandits sans foi ni loi. Cette attitude renforce la frustration et exacerbe l’humeur, et peut conduire à des décisions du type que recommande [ironie dans ce cas] l’ancien maître-espion israélien Yaakov Kedmi : « J’ai grandi dans la rue et j’ai appris dès mon enfance que vous ne pouvez pas parler poliment avec des gens agressifs. Vous devez parler aux voyous d’une façon telle qu’ils puissent comprendre. »)

L’impression générale qu’on recueille à lire divers textes et à noter, notamment dans le texte de Magnier, l’observation selon laquelle la Syrie (et éventuellement le Hezbollah, qui est décrit au sommet de sa puissance combattive, et même l’Iran) est (sont) incliné(s) finalement à rechercher l’affrontement, notamment avec Israël, et peut-être même plus, mais l’affrontement selon leurs règles, c’est-à-dire “boot on the ground, c’est-à-dire en mouillant les superbes treillis camouflés des combattants de leur sueur et de leur sang. Les matamores étoilés américanistes et israéliens, pour ces derniers depuis 2006 face au Hezbollah, traînent une trouille incommensurable de la vraie guerre, celle qui se fait avec les soldats contre d’autres soldats, et qui se solde dans le sang et les larmes. Ils préfèrent le “zéro-mort” pour soi, c’est-à-dire la tuerie de 5 000 mètres d’altitude pour l’adversaire à terre (y compris le civil, bien entendu), comme il fut édicté avec la guerre du Kosovo qui inaugura officiellement l’ère de la lâcheté technologique et postmoderniste du guerrier de la “tragédie-bouffe” américaniste-occidentaliste. Quel meilleur moyen de les attirer à terre pour qu’il nous montre leur véritable valeur, – ou bien leur faire lâcher prise dans leurs entreprises de développement du chaos, – que de leur démontrer que l’immunité méprisante et l’impunité arrogante n’existent plus, même à 5 000 mètres d’altitude, même pour des soldats devenus simples robots-tueurs ?

 

Mis en ligne le 11 février 2018 à 13H06

http://www.dedefensa.org/article/un-f-16-israelien-trop-loin

Israël défend son occupation illégale du Golan

Israël défend son occupation illégale du Golan

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Le 6 février 2018, Israël a bombardé un centre de recherche militaire syrien à Jamraya, près de Damas [1]. Cette opération a été justifié par l’armée israélienne comme visant à anéantir un centre de recherche sur les armes chimiques. Cette rhétorique a été réfutée par le secrétaire US à la Défense, le général Jim Mattis, qui a déclaré le 8 février à un journaliste de Newsweek qu’il n’existait aucune preuve que la Syrie ait jamais utilisé des armes chimiques [2]. En réalité, le centre de Jamaraya abritait des techniciens iraniens chargés d’adapter des méthodes de guidance précises de missiles longue portée.

Israël craint que l’Iran n’aide la Syrie a récupérer le Golan qu’il occupe illégalement au regard du droit international. C’est tout au moins ce que l’on peut conclure de la carte publiée, le 11 février au soir, par l’armée israélienne, puis retirée par Tsahal. Le Golan y est décrit comme un « territoire disputé » et non pas comme une partie intégrante d’Israël.

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L’Iran aurait envoyé depuis sa base de Palmyre un drone comparable à un RQ-170 Sentinel états-unien au-dessus du Golan occupé. Tsahal l’aurait abattu et aurait lancé une vaste opération visant à détruire sept sites iraniens en Syrie. Un F-16 israélien a été abattu par la Syrie.

Un F-16 israélien s’écrase après une frappe en Syrie

Moyen-Orient

Un F-16 israélien s’écrase après une frappe en Syrie

© Jack Guez, AFP | Un F16 israélien s’est écrasé dans le nord d’Israël, samedi 10 février.

Vidéo par Antoine MARIOTTI

Texte par FRANCE 24 https://platform.twitter.com/widgets/follow_button.36c0c29c73929bf937f4c70adb1a29e4.fr.html#dnt=false&id=twitter-widget-2&lang=fr&screen_name=France24_fr&show_count=false&show_screen_name=false&size=m&time=1518276997658

Dernière modification : 10/02/2018

L’armée syrienne a indiqué samedi avoir repoussé « une nouvelle agression » d’Israël contre une base militaire dans le centre de la Syrie. L’armée israélienne indique pour sa part qu’un de ses F16 a été abattu alors qu’il frappait « une base iranienne ».

Un avion de combat F-16 israélien s’est écrasé en Israël, samedi 10 février, après avoir essuyé des tirs de la défense anti-aérienne syrienne alors qu’il frappait des « cibles iraniennes » en Syrie.

Le F-16 est tombé dans le nord du territoire israélien, mais un porte-parole de l’armée n’a pas précisé si l’appareil avait été effectivement touché par les tirs anti-aériens ou s’il était tombé à la suite d’un incident technique. Un des pilotes est gravement blessé.

C’est la première fois que l’armée israélienne dit ouvertement avoir visé des « cibles iraniennes » en Syrie depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, où l’Iran aide militairement le régime de Bachar al-Assad.

L’Iran crie au mensonge

Immédiatement, l’Iran a accusé Israël de « mensonges » et souligné le droit de la Syrie à la « légitime défense », en riposte à des raids israéliens lancés après l’interception, selon l’État hébreu, d’un drone présenté comme iranien.

« Les allégations à propos du survol d’un drone iranien sont trop ridicules », a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi. « Pour couvrir ses crimes dans la région, les dirigeants israéliens recourent à des mensonges contre les autres pays », a-t-il ajouté. « La Syrie a le droit à la légitime défense » face à Israël.

Les hostilités semblaient se poursuivre. L’agence officielle syrienne Sana a rapporté que la défense anti-aérienne avait repoussé quelques heures plus tard une nouvelle attaque de l’armée de l’air israélienne, près de la capitale Damas.

Un drone iranien à l’origine de l’échange d’hostilité

L’accès de fièvre a commencé dans la nuit avec l’interception par l’armée israélienne d’un drone présenté comme iranien au-dessus de son territoire.

« Un hélicoptère de combat a procédé à l’interception réussie d’un appareil sans pilote qui avait été lancé de Syrie et est entré en Israël », a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué.

L’aviation israélienne a frappé 12 objectifs, y compris trois batteries de défense anti-aériennes et quatre cibles iraniennes non précisées mais « appartenant au dispositif militaire iranien en Syrie. »

Les avions israéliens ont alors essuyé « de multiples tirs de missiles anti-aériens », a-t-elle dit. Les pilotes de l’un des avions ont dû s’éjecter et sont retombés en territoire israélien, où ils ont été emmenés à l’hôpital.

Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, les raids israéliens ont visé des cibles dans l’est de la province de Homs (centre), dans une région où sont présents, a-t-il dit, des forces iraniennes et des membres du Hezbollah libanais pro-iranien.

L’armée israélienne a prévenu qu’elle considérait « l’attaque iranienne et la riposte syrienne comme une violation grave de la souveraineté israélienne ». Elle surveille la situation « et est totalement prête à de nouvelles actions, en fonction de son évaluation de la situation et des nécessités ».

« L’Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne », a tweeté le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

« Prêts à tous les scénarios »

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël suit avec la plus grande attention l’évolution de la situation chez son voisin, veillant à ne pas être aspiré dans le conflit tout en frappant ponctuellement des positions du régime syrien ou des convois d’armes à destination du Hezbollah, sa bête noire, en fonction de ce qu’il présente comme ses intérêts.

>> À lire aussi : Le Hezbollah, la milice libanaise devenue acteur incontournable au Moyen-Orient

Israël et la Syrie restent officiellement en état de guerre depuis des dizaines d’années. Les relations sont d’autant plus tendues que le régime syrien est soutenu par le Hezbollah et l’Iran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’a cessé au cours des derniers mois de mettre en garde contre l’expansion de l’Iran dans la région et de prévenir vigoureusement qu’Israël ne permettrait pas que la présence iranienne en Syrie menace ses intérêts.

Mardi, il s’était rendu avec des membres de son gouvernement sur le plateau du Golan syrien occupé par Israël pour un briefing de sécurité. « Nous sommes pour la paix, mais nous sommes prêts à tous les scénarios et nous ne conseillons à personne de nous chercher », avait-il averti.

Avec AFP

Première publication : 10/02/2018

http://www.france24.com/fr/20180210-syrie-israel-f16-affirme-avoir-repousse-agression-israelienne-armee-iran?xtor=EPR-300-[Quotidienne]-20180210-[contenu]-1044053310412