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L’étrange message vidéo de Netanyahu : “Nous nous préparons aux prochaines étapes”

L’étrange message vidéo de Netanyahu : “Nous nous préparons aux prochaines étapes”

Publié par Brujitafr sur 16 Novembre 2018, 05:43am

Catégories : #ACTUALITES, #POLITIQUE, #3 ème guerre mondiale

L’étrange message vidéo de Netanyahu : “Nous nous préparons aux prochaines étapes”

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est désolidarisé jeudi de son ministre de la Coopération régionale, Tzahi Hanegbi, qui a minimisé les attaques dans le sud.

“Suite aux propos scandaleux entendus ce matin, je me dois de rétablir la vérité. Il n’y a pas de différence entre Sderot et Tel Aviv à mes yeux. La sécurité des habitants du sud est toute aussi importante que celle des habitants des autres régions d’Israël”, a déclaré le dirigeant israélien dans un message vidéo diffusé à l’issue d’une réunion avec les maires des conseils régionaux du sud du pays.

Une guerre à Gaza n’était pas conforme avec l’agenda des sionistes.

Ils ont évité de s’engager dans plusieurs semaines de combats inutiles.
C’est le signe que quelque chose de plus important se prépare..

Qu’en pensez vous ?

Message codé de Netanyahu aux israéliens : “Nous nous préparons aux prochaines étapes »

Je vous avais bien dit que quelque de gros se prépare. Ce n’est pas ce que vous croyez, c’est pire !
Et bombarder Gaza est un luxe qu’ils ne peuvent plus se permettre ….

 

 

“Suite aux propos scandaleux entendus ce matin, je me dois de rétablir la vérité. Il n’y a pas de différence entre Sderot et Tel Aviv à mes yeux. La sécurité des habitants du sud est toute aussi importante que celle des habitants des autres régions d’Israël”, a déclaré le dirigeant israélien dans un message vidéo diffusé à l’issue d’une réunion avec les maires des conseils régionaux du sud du pays.

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FBenjaminNetanyahou%2Fvideos%2F265712227477070%2F&show_text=1&width=560

“Nous sommes au coeur d’une opération. Nous devons faire preuve de patience, de sang-froid et de détermination. Nous nous préparons aux prochaines étapes”, a-t-il ajouté.

“Les tirs de roquettes du Hamas étaient mineurs et principalement concentrés sur les localités du sud du pays, près de Gaza”, a déclaré Hanegbi à la radio militaire jeudi matin.

Selon le ministre, bien que les souffrances des Israéliens dans les zones proches de Gaza aient été “un cauchemar” et “non-négligeables”, la situation aurait été “différente” si le Hamas avait tiré sur Tel Aviv ou l’aéroport Ben Gourion.

Hanegbi s’est ensuite excusé pour ses propos.

Yaakov Tanenbaum – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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Démission du ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman

Démission du ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman

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Le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman, a démission de ses fonctions, le 14 novembre 2018, après la signature du cessez-le-feu avec le Hamas.

M. Lieberman est entré en confrontation avec le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, lors de l’accord israélien autorisant le Qatar à approvisionner en fuel et à transférer des liquidités au Hamas. Il s’est également opposé au cessez-le-feu avec le Hamas.

Partisan de la séparation physique des juifs et des arabes, M. Lieberman considère comme une folie de donner un pouvoir illégitime au Qatar à Gaza et des moyens au Hamas. Selon lui, il ne fait aucun doute que si cette décision fait tomber la tension à court terme, elle permettra un regain des activités terroristes des Frères musulmans à long terme.

Contrairement à la présentation qui en est faite par la presse internationale, Avigdor Lieberman est intéressé à la paix, tandis que l’appareil militaire entend maintenir le statu quo et que Benjamin Netanyahu poursuit le projet de Grand Israël de Zeev Jabotinsky.

Le sioniste religieux Naftali Benett, beaucoup plus extrémiste que M. Lieberman, a posé un ultimatum au Premier ministre, menaçant de sortir de la Coalition gouvernementale et de la faire chuter s’il n’obtenait pas le ministère de la Défense.

Selon un sondage réalisé dans la journée, près des trois quart des Israéliens soutiennent l’analyse de M. Liberman. De nombreux Israéliens résidant à moins de 30 kilomètres de la Bande de Gaza —région cible de roquettes depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, en 2006— ont manifesté à l’annonce du cessez-le-feu, réclamant une politique de sécurité à long terme.

On ne dispose pas de sondage sur l’opinion des Gazaouis. Les dirigeants du Hamas, quant à eux, se sont félicités de la démission d’Avigdor Lieberman, saluant une victoire pour leur mouvement.

L’Autorité palestinienne n’a pas encore réagi.

http://www.voltairenet.org/article203930.html

Gaza: une opération israélienne qui tourne mal remet en cause les efforts d’apaisement

Gaza: une opération israélienne qui tourne mal remet en cause les efforts d’apaisement

Un immeuble détruit après une frappe israélienne à Khan Younès dans la bande de Gaza, le 12 novembre 2018 / © AFP / SAID KHATIB

Une opération des forces spéciales israéliennes à Gaza s’est conclue dimanche par la mort d’un officier et de sept Palestiniens, menaçant les efforts menés depuis des mois pour empêcher une nouvelle guerre dans l’enclave.

La mort d’un lieutenant-colonel israélien et de plusieurs membres des forces armées du Hamas, dont un commandant local, ainsi que le retour prématuré de Paris du Premier ministre Benjamin Netanyahu confèrent une acuité accrue aux évènements de dimanche soir.

Même si l’Etat hébreu et le mouvement islamiste qui gouverne sans partage à Gaza ont, à plusieurs reprises ces derniers mois, paru proches d’un quatrième conflit en dix ans, le calme est revenu au moins provisoirement lundi matin dans et autour du territoire éprouvé coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée.

L’officier, dont l’identité n’a pas été divulguée officiellement, est le deuxième soldat israélien tué depuis la montée des tensions entre Israël et la bande de Gaza fin mars.

Au moins 228 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date, principalement lors de manifestations et de heurts avec l’armée le long de la frontière, mais aussi dans des frappes israéliennes en réponse à des tirs de roquettes.

– Incursion risquée –

Le Premier ministre israélien doit réunir lundi le cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles, ont rapporté les médias.

Malgré les crispations des derniers mois, les violences de dimanche soir sont survenues de manière inattendue, rappelant la volatilité de la situation même dans une période de relative accalmie. Les circonstances en demeurent obscures bien que l’origine paraisse résider dans une incursion risquée de soldats israéliens en territoire gazaoui.

Les forces spéciales israéliennes menaient une opération de renseignement à l’intérieur de la bande de Gaza, a indiqué l’armée israélienne. Elle a démenti qu’il s’agissait d’assassiner ou de capturer des Palestiniens, comme l’a dit le Hamas. Mais l’unité israélienne semble avoir été repérée.

La branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, ont affirmé que les soldats israéliens avaient tenté de s’infiltrer à bord d’un véhicule civil.

Un lieutenant-colonel israélien a été tué dans l’échange de coups de feu, et un autre officier blessé, a dit l’armée. Il souffre de blessures modérées, a-t-elle précisé.

– Netanyahu rentre de Paris –

Sept Palestiniens ont été tués, a indiqué le ministère gazaoui de la Santé, sans qu’il apparaisse clairement s’ils ont perdu la vie dans l’affrontement ou dans les frappes israéliennes consécutives à celui-ci.

Parmi eux figurent un responsable local des brigades Ezzedine al-Qassam, identifié comme Nour Baraka, ainsi que cinq autres membres des forces armées du Hamas, ont indiqué des sources de sécurité.

La morgue d’un hôpital où ont été entreposés les corps de cinq des six Palestiniens tués lors d’échanges de tirs à Gaza, qui ont également coûté la vie à un soldat israélien, le 11 novembre 2018 à Khan Younis / © AFP / Said KHATIB

Fait exceptionnel, l’armée israélienne a indiqué que tous ses soldats, vivants et mort, avaient été exfiltrés, tant la capture par les Palestiniens d’un militaire en vie ou tué aurait compliqué la donne, constituant potentiellement un casus belli.

Un porte-parole du Hamas a dénoncé une « attaque israélienne lâche ».

Dix-sept roquettes ont été tirées de la bande de Gaza vers Israël, a indiqué l’armée israélienne. Trois ont été interceptées par le système de défense anti-missiles, a-t-elle ajouté. Aucune victime n’a été rapportée.

Les cours ont été annulés lundi dans les écoles israéliennes autour de la bande de Gaza.

Benjamin Netanyahu a décidé quant à lui d’interrompre sa visite à Paris, où il s’était rendu pour prendre part à la commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

Ces échanges de tirs surviennent alors que les signes d’une possible détente se sont succédé ces dernières semaines dans et autour de Gaza.

Les autorités israéliennes ont ainsi récemment autorisé le Qatar à acheminer 15 millions de dollars afin de payer les salaires des fonctionnaires dans la bande de Gaza.

M. Netanyahu avait justifié cette décision en arguant que cela contribuerait à ramener le calme.

« Je fais ce que je peux, en coordination avec les services de sécurité, pour que le calme revienne dans les localités du sud (d’Israël), mais aussi pour éviter une crise humanitaire », avait-il dit.

« Je ne reculerai pas devant une guerre nécessaire mais je veux l’éviter si elle n’est pas indispensable », avait-il dit.

Au total, ce sont 90 millions de dollars qataris qui doivent être distribués en six mensualités de 15 millions, selon le Hamas, principalement pour payer au moins partiellement les fonctionnaires du mouvement qui ne sont plus rétribués que sporadiquement depuis des mois.

L’opération s’inscrit plus largement dans les efforts déployés, notamment par le voisin égyptien et les Nations unies, en vue d’une trêve durable entre Israël et le Hamas.

(©AFP / (12 novembre 2018 11h32)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Gaza-une-op-ration-isra-lienne-qui-tourne-mal-remet-en-cause-les-efforts-d-apaisement/970589.rom

Critiquer la politique israélienne n’a rien à voir avec l’antisémitisme

Antisémitisme ?

Critiquer la politique israélienne
n’a rien à voir avec l’antisémitisme

James J. Zogby

Lundi 5 novembre 2018

Par James J. Zogby (revue de presse : lobelog – extrait -6/10/18)*

J’ai été poussé à écrire ce papier sur ce qui constitue et ne constitue pas être antisémite suite à l’article publié dans Ha’artez sur la controverse suscitée par l’attribution du prix Nobel 2018 de chimie à George P. Smith. Selon l’article, Smith est non seulement un scientifique brillant dont le travail a permis la mise au point de nouveaux médicaments pouvant traiter le cancer et une panoplie de maladies auto-immunes. Smith est aussi un fervent défenseur des droits des Palestiniens et un détracteur de la politique israélienne.

L’article de Ha’aretz note que Smith a « longtemps été la cible de groupes pro israéliens » et apparaît « sur le très controversé site de la Canary Mission » utilisé par les partisans d’Israël pour harasser et faire taire les opposants.

En cherchant dans l’article les preuves du péché originel de Smith, j’ai trouvé des citations dans lesquelles il déclarait « qu’il ne souhaitait pas que les juifs israéliens soient expulsés » mais « la fin du régime discriminatoire contre les Palestiniens ». Plus loin, Ha’aretz reprend des propos publiés dans une tribune écrite par Smith dans laquelle il condamne la politique israélienne à Gaza et finit par exprimer son soutien au Boycott, Divestment, and Sanctions movement (BDS) qu’il qualifie « d’un appel de la société civile palestinienne à la conscience de la communauté internationale pour ostraciser le milieux des affaires et les institutions israéliens jusqu’à ce que le pays renonce à la violence faite aux Palestiniens et que ces derniers, y compris les exilés obtiennent les mêmes droits que les juifs dans sur les terres qu’ils partagent ».

J’ai lu tout cela en le replaçant dans le contexte actuel d’une campagne inquiétante, qui se déroule aux Etats-Unis, visant à faire taire toute critique à l’encontre d’Israël ou de sa vision politique d’un sionisme exclusif.

Elle est le fruit d’un effort concerté et massivement financé qui repose sur le site web Canary Mission, qui publie les noms, photos et informations d’étudiants et professeurs pro-palestiniens, en les traitants d’antisémites ou de sympathisants terroristes. Leur but est de nuire à leur carrière. La liste de la Canary Mission sert aussi à souiller et à dénigrer ces militants ainsi qu’à dissuader les hommes politiques de les rencontrer. La liste sert aussi au gouvernement israélien pour refuser l’entrée aux Palestiniens d’origine américaine ou aux juifs américains libéraux qui veulent voir leur famille, étudier, enseigner ou simplement visiter le pays.

Malgré tous les efforts de la Canary Mission pour garder secrets ses opérations, dirigeants et sources de financement, de récents articles publiés dans la presse juive révèlent que le projet est soutenu financièrement par des entités philanthropiques juives-américaines ayant pignon sur rue.

A cela d’ajoute la campagne visant à criminaliser le soutien porté au BDS ou à pénaliser les partisans de mouvements exigeant qu’Israël soit tenu responsable des violations systématiques des droits des Palestiniens. Celle-ci est financée massivement par des gens comme Sheldon Adelson, mais aussi, comme cela a été révélé par un journal juif américain réputé, par le gouvernement israélien à hauteur de millions de dollars.

Ceci est sans compter avec les propositions de loi en discussion au Congrès dont l’objectif est de criminaliser le boycott d’Israël, ce qui viendrait s’ajouter aux lois adoptés par 25 Etats aujourd’hui, qui leur permettent de refuser le paiement de salaires ainsi que l’attribution de contrats et autres bénéfices aux individus qui soutiennent le BDS.

…(…)… Tous ces développements appellent à la réflexion : tout d’abord l’antisémitisme existe, il est laid et dangereux. Ensuite, critiquer Israël n’équivaut pas à être antisémite. Finalement, l’amalgamation des deux réduit au silence un débat qui est nécessaire et nuit aux efforts d’éradication du véritable antisémitisme, un fléau qui a créé de grandes souffrances dans l’histoire de l’humanité.

D’un côté, il y a l’antisémitisme, qui est la haine des Juifs, pris individuellement et en tant que groupe. Cela consiste aussi en l’attribution d’intentions négatives à ces individus ou groupe parce qu’ils sont juifs. De l’autre, critiquer la politique d’Israël n’est pas un acte antisémite. Lorsque Smith critique Israël au sujet de massacres de Palestiniens à la frontière de Gaza ou son refus d’accorder aux Palestiniens les mêmes droits et la même justice, il n’attribue pas ce comportement au fait qu’il soit juif. Il ne dit pas «Israël opprime les Palestiniens en raison du comportement des Juifs ». Il ne dit pas non plus que tous les Juifs, en tant que groupe, sont responsables de ces actions, car ceci serait antisémite. La seule raison pour laquelle on vise Smith et d’autres comme lui qui critiquent la politique de l’Etat israélien (qui par ailleurs, n’est pas soutenue par tous les Israéliens ou Juifs dans le monde) est la volonté de  faire taire leur voix.

L’idée que critiquer Israël est un acte antisémite (ce qu’on appelle « le nouvel antisémitisme ») n’est pas nouvelle. Elle a refait surface récemment, renforcée par une campagne visant à inclure dans la définition de l’antisémitisme toute critique dirigée contre Israël en particulier qui ne serait pas applicable à d’autres pays. Ceci n’est au mieux qu’un effort désespéré de protéger Israël. Alors que ses partisans soutiennent qu’ils ne visent que ceux qui pointent du doigt Israël, ce qu’ils cherchent à obtenir c’est une stigmatisation d’Israël comme étant le seul pays ne pouvant être critiqué.

Il est clair que dans beaucoup de cas, la lutte contre le véritable antisémitisme recule devant cette volonté effrénée de protéger Israël. Par exemple, alors que certains groupes pro-israéliens ont accusé Jeremy Corbyn, le chef du Parti Travailliste britannique de tolérer l’antisémitisme, ils ont largement ignoré les virulences antisémites des groupes d’extrême droite qui opèrent sur la scène politique anglaise. Ceci a conduit beaucoup de travaillistes à conclure que Corbyn avait été ciblé pour son soutien sans faille aux droits des Palestiniens. La même chose pourrait être dite des relations de Benjamin Netanyahou avec les leaders européens antisémites d’extrême droite, en raison de leur fort soutien à son gouvernement.

En résumé, on ne cherche pas à combattre l’antisémitisme mais à faire taire la critique, et ce faisant,  on assène un coup à la critique méritée légitime et nécessaire de la politique israélienne, à la réputation de personnes telles que Smith et des étudiants militants qui dénoncent les injustices infligées aux Palestiniens, et enfin à la lutte contre ce fléau qu’est le véritable antisémitisme.

James J. Zogby est le président de l’Arab American Institute.

*Source : Loblog.com

Traduction et Synthèse : Z.E pour France-Irak Actualité

Pour info : le site de la Canary Mission

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.gilles_munier.051118.htm

 

L’Europe face à son destin

L’Europe face à son destin


Le piège du nationalisme israélo-compatible


Par Youssef Hindi − Le 2 octobre 2018 − Source youssefhindi.fr

Le Brexit, les crises économiques et politiques à répétition que connaissent les pays membres de l’Union européenne, et l’élection de Donald Trump, sont les symptômes avant-coureurs du décès de la globalisation. Ce qui laisse naturellement place à une remontée en puissance de l’idée de nation en Occident. Dans un article du 14 novembre 2016 – titré « L’élection de Trump : mort de la globalisation et renaissance de la nation ? » – j’annonçais que l’élection du protectionniste et isolationniste Donald Trump à la tête des États-Unis indiquait un tournant idéologique majeur qui aurait à terme un impact, d’une manière ou d’une autre, sur la réalité matérielle, car les structures et l’idéologie qui les sous-tend sont interdépendantes. Et j’ajoutais que cette fenêtre historique qui venait de s’ouvrir offrait à l’Europe une marge de manœuvre qui permettrait éventuellement au continent de s’émanciper de la tutelle américaine et de réorienter sa politique.

J’émettais cette hypothèse partant du fait que les États-Unis sont, dans le monde occidental contemporain, à l’avant-garde idéologico-politique, puisqu’ils sont au centre de la production « culturelle » de l’Occident. Si le président américain Donald Trump est favorable à un démantèlement de l’Union européenne (voire de l’OTAN), ce n’est pas uniquement pour servir sa politique relativement isolationniste – Trump a suggéré, en avril 2018, au président français Emmanuel Macron de quitter l’UE – mais surtout parce que l’oligarchie sioniste et anglo-américaine a pris acte de la renaissance en Europe de l’idée de nation sur fond de décomposition de l’Union européenne. Aujourd’hui, le danger pour l’Europe n’est pas la montée du populisme et du nationalisme, mais plutôt leur reprise en mains par Israël. La présente analyse exposera comment l’État hébreu, via ses relais aux États-Unis et en Europe, tente de récupérer et détourner la vague souverainiste qui balaye le Vieux Continent.

Vers la fin de l’Union européenne ?

La première fissure idéologique dans l’édifice globaliste a été le Brexit de juin 2016. Je posais alors la question, dans un article du 26 juin 2016 : « La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union va-t-elle entraîner un effet domino ? » L’oligarchie semblait alors commencer à paniquer. Georges Soros avait déclaré (pour ne pas dire menacé) que les Britanniques seraient appauvris en cas de Brexit (il faut rappeler que ce financier judéo-américain s’était considérablement enrichi, en 1992, en spéculant contre la monnaie britannique). D’ailleurs, dès l’annonce du résultat du vote, la bourse de Londres avait chuté.

Mais, en soi, la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne n’a pas de conséquences directes, car elle n’y avait qu’un pied ; en effet, elle n’a adhéré ni à l’Euro ni à l’espace Schengen. Toutefois, comme je l’expliquais, la crainte affichée des oligarques et des européistes aux ordres venait de ce que pouvait inspirer aux autres peuples d’Europe le Brexit. Et je prévoyais un effet domino s’étendant à toute l’Europe, avec la sortie future de l’Union européenne et de l’Euro d’un important pays d’Europe comme la France ou l’Italie.

Le cas italien

Déjà en 2012, le grand reporter britannique Ambrose Evans-Pritchard, dans un article publié dans le Daily Telegraph 1, expliquait en substance que le principal handicap économique de l’Italie était l’Euro. Et il appuyait notamment son argumentation sur des chiffres qui ne mentent pas : en terme de revenu par habitant, l’Italie est plus riche que l’Allemagne, avec une richesse privée qui s’élève à plus de 9 000 milliards d’Euros. Elle avait, en outre, le plus fort excédent budgétaire primaire des membres du G7 ; et sa dette, publique et privée, de 265% du PNB, était plus basse que celle de la France, de la Hollande, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Japon.

Andrew Robert, de RBS (Royal Bank of Scotland) expliquait quant à lui : « Les Italiens ont un secteur d’export très dynamique et un excédent primaire. S’il y a un pays dans l’Union monétaire européenne (UME) qui bénéficierait d’une sortie de l’Euro, c’est évidemment l’Italie. »

Une simulation de la Bank of America concluait que l’Italie gagnerait plus que les autres membres de l’Union monétaire européenne (UME) à se libérer et à restaurer son contrôle souverain sur ses politiques. Evans-Pritchard pointait du doigt Mario Monti, l’homme de la banque américaine Goldman Sachs (pour laquelle il a été consultant) alors président du Conseil des ministres italien (de 2011 à 2013).

Le grand reporter expliquait : « Rome possède une poignée d’atouts. Mais le grand obstacle est son Premier ministre, Mario Monti, installé à la tête d’une équipe de technocrates, lors du putsch de novembre 2011, par la Chancelière allemande Angela Merkel et la Banque centrale européenne, sous les applaudissements de la classe médiatique et politique. M. Monti est peut être un gentilhomme d’Europe mais il est aussi un grand prêtre du projet d’Union européenne et un acteur clé de l’appartenance de l’Italie à l’Euro. Plus vite il partira et plus vite l’Italie cessera de glisser vers la dépression chronique. »

La politique d’austérité qu’a mené Mario Monti était totalement injustifiée : une fiscalité de 3,2% du PNB en 2012, et 4,9% en 2013, ce qui a conduit à une contraction de l’économie et une augmentation du ratio de la dette. Résultat de cette politique ? Un taux de chômage qui a atteint 11,9% en 2015. Ambrose Evans-Pritchard prédisait alors : « Il serait étonnant que les électeurs italiens tolèrent cette débâcle longtemps. »

Plus récemment, l’économiste américain (ancien économiste en chef de la Banque mondiale) Joseph Stiglitz prédisait, lors d’une interview accordée le 5 octobre 2016 au quotidien allemand Die Welt : « À moins de deux mois du référendum constitutionnel, crucial pour l’Italie comme pour Matteo Renzi (Président du Conseil des ministres italien de 2014 au 12 décembre 2016), les signaux d’alarme sur un possible ‘Italexit’ (ou d’un « Quitaly ») se multiplient. Ce pourrait être l’événement cataclysmique qui pulvérisera l’Union européenne », et il précise ainsi sa pensée « Il faut s’attendre à ce que, dans les prochaines années l’Italie quitte la zone euro. Les principaux facteurs économiques responsables de cette débâcle sont l’Allemagne et sa politique d’austérité, ainsi que la monnaie unique, l’Euro. »

Une étape décisive menant probablement à cette sortie attendue de l’Euro a été franchie en mai 2018 avec l’arrivée au pouvoir de la coalition réunissant les deux partis anti-systèmes : le Mouvement 5 étoiles et la Ligue.

Outre les réactions hostiles de la presse ouest-européenne vis-à-vis de ce gouvernement de coalition, l’agence de notation anglo-américaine Fitch Rating (de même que ses consœurs Standard & Poor’s et Moody’s) a dégradé, le 31 août 2018, la note (BBB) de la dette souveraine à long terme de l’Italie, en l’assortissant d’une perspective « négative » contre « stable » auparavant.

L’agence de notation dit s’attendre à un relâchement de la discipline budgétaire ; et par « discipline budgétaire » il faut comprendre « austérité économique menant à un appauvrissement de la population »… Ce qui est donc reproché au nouveau gouvernement italien c’est de vouloir mener une politique de relance économique, par une baisse d’impôts, accompagnée de hausses des dépenses sociales. Les agences de notations ne sont rien d’autre qu’une arme sournoise du système financier international, lequel augmente ainsi les taux d’intérêts sur les emprunts des pays que l’ont veut punir et mettre à genou. Aujourd’hui, dans la zone euro, seule la Grèce emprunte plus cher que l’Italie, avec un emprunt à 10 ans qui se négociait à 4,29%, le 30 août 2018.

Chose intéressante : le quotidien Corriere della Sera affirmait que le président américain « Donald Trump aurait offert à l’Italie une aide des États-Unis pour financer la dette l’année prochaine ». Des propos qui auraient été tenus lors de la visite à Washington début août, du chef du gouvernement italien Giuseppe Conte. La visite (fin août) du ministre italien de l’économie à Pékin fait par ailleurs l’objet de nombreuses spéculations sur la demande éventuelle aux Chinois d’une aide financière. Ce qui indiquerait, si l’information est confirmée, une volonté du gouvernement italien de se défaire de l’emprise de la finance judéo-protestante et de sortir de la sphère d’influence géopolitique anglo-américaine. Tout cela ne peut conduire l’Italie qu’à l’inéluctable sortie de l’Euro.

En juillet 2018, un autre économiste, Charles Gave, affirmait avec aplomb : « L’Italie va sortir de l’Euro. Elle va sortir de l’Euro parce qu’ils (les dirigeants italiens) vont faire l’analyse très rapidement qu’ils ne peuvent pas s’en sortir s’ils ont des taux de change fixe avec l’Allemagne, et donc, qu’est-ce qui va se passer en Italie ? Les deux partis au pouvoir vont demander des choses que l’Europe de Bruxelles ne peut pas accepter. On va donc tout droit vers un clash. Le gouvernement italien à ce moment là démissionnera et fera de nouvelles élections et à ce moment vous aurez probablement un seul candidat pour les deux partis au pouvoir… Et ils auront 90% du Parlement. »

Depuis 2012, les analystes et observateurs cités (et d’autres) arrivent à la même conclusion : l’Italie sortira de l’Euro et la monnaie unique explosera. Il est par conséquent inconcevable que les tenants du système oligarchique occidental n’aient pas anticipé ces événements.

Le plan B de l’oligarchie euro-atlantiste

La question qui se pose aujourd’hui concernant l’avenir de l’Union européenne avec la sortie italienne de l’Euro se posait déjà au moment du Brexit en juin 2016. Au lendemain du Brexit, l’on a entendu des responsables politiques déclarer, à l’instar de Manuel Valls que « c’est le moment d’être digne des pères fondateurs, de refonder une nouvelle Europe » 2.

La même année, en novembre 2016, Hubert Védrine (ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2002), qui bénéficie d’une certaine crédibilité politique et d’une image de démocrate-souverainiste, a publié un livre au titre explicite Sauver l’Europe, dans lequel il propose une rénovation de l’Union européenne pour « préserver la souveraineté des nations »… Sauver l’Union européenne et préserver la souveraineté des nations, c’est là une contradiction politique insoluble. « La nation renaît, feignons d’en être les instigateurs », c’est ainsi que l’on pourrait résumer l’attitude des tenants du système face à l’inéluctable décomposition de l’Union européenne et la renaissance de l’idée de nation. La stratégie proposée par Hubert Védrine aux élites, dès 2016, à la suite du Brexit, est la suivante : il préconisait une réconciliation avec les peuples, pour sauver le projet européen et se prémunir de la colère qui gronde.

Dans son livre Sauver l’Europe ! (paru en novembre 2016 aux éditions Liana Lévi), Hubert Védrine proposait un plan, une stratégie, consistant à se réconcilier avec les peuples pour sauver le projet européen et éviter un inéluctable retour de flamme venant du bas de la société. Une colère qui gronde et qui se traduit par des « insurrections électorales. » 3

Hubert Védrine mettait ainsi en garde : « Le populisme c’est la réaction violente de peuples qui se sentent abandonnés et méprisés… Il faut comprendre les causes du populisme et essayer de les désamorcer. Apporter une réponse raisonnable pour canaliser ces demandes qui, sinon, prendront des formes extrêmes. Mais si le système européen demeure incapable d’entendre ces demandes et de se réformer en conséquence, tout peut arriver… Le risque de divorce remonte à longtemps. La prise de conscience, pour moi, c’est le très faible score du oui dans le résultat du référendum de Maastricht. Plus tard, il y a quinze ans déjà, lors d’un Conseil européen à Laaken, on reconnaissait déjà que certains citoyens européens avaient l’impression que leur identité était menacée par la construction européenne !

Mon essai Sauver l’Europe ! est un appel pour réconcilier les peuples et l’Europe.

Pour cela, il faut une révolution mentale des élites qui ont voulu faire l’Europe par le haut et à marche forcée. Méditons ce qu’a dit récemment Wolgang Schäuble : ‘Cela devient difficile de ne jamais tenir compte des peuples.’

Les chefs d’État doivent donc prendre une initiative spectaculaire. Il faut montrer au peuple qu’on l’a entendu et pour cela faire une pause. Organiser une conférence refondatrice qui commencerait sans les institutions européennes (Commission, Parlement, Cour de justice). Avec une déclaration solennelle qui affirmerait, en substance : nous ne serons plus une usine bureaucratique, notre principal objectif sera de garantir la survie du mode de vie européen dans le monde. On distinguerait mieux ce qui doit être traité au niveau européen et ce qui relève, encore ou à nouveau, de la souveraineté des États membres. Ce préalable permettrait ensuite l’organisation d’un nouveau référendum, en même temps, dans tous les pays qui accepterait ce processus de relégitimation. » 4

Jacques Attali, qui a visiblement bien reçu le message d’alerte envoyé par Hubert Védrine, a fini par revoir sa copie mondialiste pour l’adapter au contexte actuel.

Jacques Attali actualise sa stratégie

Le 8 juillet 2018, le Cercle des économistes a organisé une conférence intitulée « Vers un choc des nationalismes ? », où étaient invités, entre autres, Jacques Attali et Mario Monti. Conférence organisée pour répondre à l’inquiétude de ces élites qui voient « la construction européenne menacée par le retour du sentiment de préférence nationale ».

Signe de cette panique, les déclarations de Jacques Attali lors de cette conférence qui contrastent avec l’idéal mondialiste et l’éradication des identités qu’il préconise depuis des décennies. Ainsi, il propose : « Il ne faut pas laisser la nation aux nationalistes… La nation c’est le cœur des choses… Je pense que la francophonie devrait être un espace aussi intégré, aussi puissant politiquement que l’Union européenne. On peut appartenir à deux ensembles structurés… »

Et il termine son raisonnement par cette contradiction dans les termes : « La nation n’est pas un obstacle à la globalisation » Or, la globalisation a pour principe la destruction des nations, ou du moins le transfert de leur souveraineté (politique, juridique, monétaire et militaire) à des institutions supranationales.
La globalisation consiste, en définitive, à faire de la nation une coquille vidée de sa substance.

Israël et l’Union européenne en rupture

Le 11 décembre 2017, la cheffe de la politique étrangère, Fédérica Mogherini, recevait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou au siège du conseil européen, mais en refusant, au nom des États membres, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu. Dans la même journée, Netanyahou a rencontré les 28 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne pour une discussion durant laquelle le Premier ministre israélien a tenté d’assouplir la position de l’UE concernant la politique expansionniste d’Israël au détriment des Palestiniens. Mais les Européens n’ont visiblement pas été convaincus par l’outrecuidant Bibi ; ce dernier a, suite à ce revers, annulé à la dernière minute la rencontre prévue avec le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Commentant cet épisode, une source diplomatique a affirmé au journal Times of Israël : « Netanyahou a le sentiment que c’est une cause perdue. Nous sommes dans une crise très profonde. C’est une crise réelle, authentique. Et si les choses ne changent pas, on va aller très rapidement dans le mur. »

La crise avait déjà atteint un pic en 2015 lorsque l’Union européenne a pris la décision d’étiqueter les produits provenant des implantations coloniales israéliennes. À tout cela s’est ajouté, en 2018, le refus de Bruxelles de s’aligner sur la décision américaine de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien. Les ministres israéliens, furieux, multiplient depuis lors les attaques contre l’UE, qu’ils accusent de financer le boycott anti-Israël et des organisations liées à des groupes terroristes. Le diplomate israélien cité précédemment a déclaré à ce propos : « L’UE défend encore âprement l’accord sur le nucléaire iranien que nous considérons comme une menace existentielle. Comment sommes-nous supposés la traiter ? »

La crise que connaît l’Union européenne et les relations diplomatiques tendues entre Tel-Aviv et Bruxelles conduisent les dirigeants israéliens à faire un choix évident : favoriser des accords bilatéraux passés avec les États-membres au niveau individuel.

Le repositionnement israélien face à la remontée du nationalisme européen

Dans l’actuelle séquence historique, qui tend vers un retour aux nations, Israël s’est repositionné en vue d’accompagner la vague populiste aux États-Unis et en Europe. Plus que cela, l’État hébreu tente de faire une OPA sur le souverainisme renaissant sur le Vieux Continent, souverainisme qui défie l’Union européenne. La manœuvre de récupération a démarrée dès 2016, comme nous le verrons plus loin.

Et ce processus de récupération est aujourd’hui à un stade avancé, notamment avec un livre écrit par le journaliste israélien Anshel Pfeffer, correspondant de The Economist et éditorialiste au journal israélien Haaretz. Son ouvrage, intitulé Bibi, est une biographie valorisante de Netanyahou, dont Anshel Pfeffer redessine les traits pour en faire un homme cultivé, un brillant visionnaire, un leader mondial et un exemple que suivraient des dirigeants tel qu’Orban, Trump et Poutine.

Dans un entretien – titré « Pour les Trump, Poutine, Orban… Netanyahou fait office de patriarche » – accordé au journal Libération, le journaliste israélien tente de nous faire croire que « pour les Trump, Orban, Salvini, Duterte, Abe ou même Modi et Poutine – toute une génération de leaders qui défient le modèle progressiste occidental fondé sur le respect des droits de l’homme – Netanyahou fait office de patriarche, de modèle. Ils se disent : ‘‘Ce type est en poste depuis si longtemps, gagnant élections après élections, et il fait ce qu’on a toujours voulu faire : dire à la gauche et aux médias d’aller se faire foutre’’. La conséquence, c’est que dans le club des grands de ce monde, les dirigeants à la Macron ou Merkel sont mis en minorité. Il est plus difficile que jamais de peser sur Netanyahou… »

Le but de la manœuvre est de raccrocher au wagon israélien les nations occidentales qui tentent de s’émanciper des structures mondialistes (Union européenne, OTAN…), alors que Netanyahou et son pays sont de plus en plus isolés diplomatiquement, et mis en difficulté sur le plan géopolitique, avec la défaite quasi-totale des groupes terroristes en Syrie et en Irak, et la présence de l’armée iranienne et du Hezbollah à la frontière israélienne.

Mais cette récupération de la vague populiste européenne ne peut pas se faire par Israël seul. L’étude de l’histoire des communautés juives a mis en évidence que leurs élites ont, depuis l’Antiquité, utilisé des tiers, des relais, pour accomplir leur projet eschatologique ; et cette stratégie est aussi usitée sur le court terme, pour prendre le pouvoir politique et économique. 5

Soros/Bannon : une opposition contrôlée

Dans un article du 7 août 2018, titré « Les milliardaires américains s’affrontent pour le contrôle politique de l’Europe », Eric Zuesse rapporte : « Un concours pour le contrôle politique de l’Europe se prépare entre deux camps américains, l’un dirigé par Soros, établi de longue date, et l’autre mis sur pied par Steve Bannon, l’ancien directeur de campagne de Donald Trump. Soros a longtemps conduit les milliardaires libéraux américains à contrôler l’Europe, et Bannon est en train d’organiser une équipe de milliardaires conservateurs américains pour arracher ce contrôle aux milliardaires libéraux… »

Le 20 juillet 2018, le site américain The Daily Beast se faisait l’écho de cette compétition entre Soros et Bannon pour le contrôle de l’Europe. On y apprend que Soros a « donné 32 milliards de dollars a des causes libérales » tandis que Bannon s’installe en Europe pour créer The Movement, une « fondation populiste, afin de rivaliser avec Georges Soros et déclencher une révolte de droite à travers le continent ».

Interviewé par The Daily Beast, Steve Bannon a déclaré qu’il était en train de créer une fondation en Europe appelée The Movement qui, espère-t-il, mènera une révolte populiste de droite à travers le continent à partir des élections du Parlement européen au printemps 2019. Steve Bannon serait alors en mission sur le continent européen pour mener les partis politiques populistes et anti-systèmes d’Europe dans une lutte finale contre le mondialisme.

Depuis le premier trimestre 2018, il fait le tour des pays européens pour coordonner les partis populistes en vue des élections européennes à venir. Ainsi, il fit une grande tournée, en Italie, en Suisse, en Allemagne (pour rencontrer la droite alternative). Il s’est aussi rendu, en mars 2018, au congrès du FN, où il a rencontré Marine Le Pen ; et à cette occasion, il a déclaré à propos de Marion Maréchal : « Elle n’est pas simplement une étoile montante en France, elle est l’une des personnes les plus impressionnantes au monde ».

Une façon d’expliquer à sa tante, Marine, que l’oligarchie qu’il représente en Europe lui ordonne de s’écarter gentiment au profit de Marion. Bannon nous est présenté comme une sorte de philanthrope de droite, nationaliste, opposé au philanthrope libéral, internationaliste, Soros. Mais celui qui a étudié l’histoire du rapport dialectique entre capitalisme et communisme, verra aisément dans cette lutte entre les réseaux de Soros et ceux que représente Bannon une opposition contrôlée.

Qui est Steve Bannon ?

Bannon est un ancien officier de renseignement dans la Marine, qui a eu une grande carrière dans la finance, notamment au sein de la banque américaine Goldman Sachs, pour finir producteur dans le cinéma et la télévision. 6

Il fut le président exécutif (de 2012 à 2016, puis du 18 août 2017 au 9 janvier 2018) du média américain Breitbart News, lequel ambitionne, paraît-il, de « remplacer Fox News » 7

Breitbart, le média de l’alt-right (droite alternative), fut fondé en 2007 en Israël. Et à ce propos, le consultant stratégique, André Archimbaud, explique : « Bannon a relancé Breitbart, organe conçu en Israël pour les États-Unis avec la bénédiction de Netanyahou afin d’utiliser, à droite, les méthodes de disruption de l’extrême gauche »

D’ailleurs, Breitbart a lancé, le 17 novembre 2015, le site Breitbart Jerusalem, qui traite de l’actualité israélienne et proche-orientale.

Bannon et le lobby pro-israélien

Alors que durant la campagne électorale de 2016 Steve Bannon (qui était directeur de campagne de Donald Trump) se voit accusé d’être antisémite, la Zionist Organization of America (ZOA) prend sa défense.

Dans un communiqué publié sur son site internet, Morton A. Klein, le président de ZOA, déclare, en réponse à l’Anti-Defamation League (ADL) : « Steve Bannon est un patriote américain qui défend Israël et qui a une profonde empathie pour le peuple juif… Le site Breitbart News de M. Bannon lutte courageusement contre la haine du Juif et d’Israël…

Est-ce que les extraordinaires conseillers pro-israéliens de Trump, tels que Newt Gringrich, Rudy Giuliani, Mike Pence, Mike Huckabee, Sheldon Adleson, et le gendre juif de M. Trump, Jared Kushner, ou David Friedman, et Jason Greenblatt, permettraient à un antisémite et anti-israélien de travailler avec eux ? Est-ce qu’Ivanka Trump, convertie au judaïsme et dont les enfants vont à l’école juive orthodoxe, permettrait à un antisémite de travailler avec son père ?  ».

L’Anti-Defamation League, qui a accusé Bannon d’être antisémite, est une organisation juive américaine fondée par la loge maçonnique juive B’naï B’rith (Les enfants de l’Alliance). Cette organisation, qui est l’équivalent américain de la LICRA, se charge de « soutenir les juifs contre toute forme d’antisémitisme et de discrimination ».

L’ADL, qui combat « l’extrême droite », serait, en France, classée à la gauche du spectre politique. Dans ce jeu d’opposition contrôlée, les juifs libéraux (à gauche) diabolisent Bannon, tandis que les juifs conservateurs (à droite) le soutiennent et le défendent. C’est ainsi qu’on borde la voie et qu’on maintient sous contrôle un pion qui aurait des velléités d’indépendance… S’il venait à l’esprit de Steve Bannon de s’émanciper, ses soutiens juifs de droite le jetteraient en pâture à l’ADL et aux grands médias américains. Steve Bannon a participé, en novembre 2017, à la conférence de la ZOA durant laquelle il a déclaré : « Je ne suis pas un modéré, je suis un combattant. Et c’est pourquoi je suis fier de soutenir l’État d’Israël. C’est pourquoi je suis fier d’être un sioniste chrétien. »

Il a aussi profité de l’occasion pour remercier Sheldon Adelson qui a « conseillé et guidé Trump pour surmonter le scandale sexuel » qui l’a touché en pleine campagne électorale. Adelson, qui se trouve être également le principal financier de la ZOA. Sheldon Adelson est un milliardaire juif d’origine ukrainienne. Il est roi des casinos, un des hommes les plus riches des États-Unis ; il est un ami proche de Benjamin Netanyahou, et un des principaux donateurs du parti républicain et de la campagne de Donald Trump : en 2016, il a versé 80 millions de dollars au parti républicain, et 25 millions pour la campagne de Trump. Une des raisons pour laquelle Bannon se montre si reconnaissant : « La victoire de Trump à l’élection ne serait pas advenue sans Sheldon Adelson. »

Toujours à la conférence de l’organisation juive sioniste, Bannon tint des propos contre l’establishment et la « global class » (l’hyper classe mondiale) : « Nous menons un mouvement insurrectionnel contre l’establishment républicain, contre la classe mondiale permanente à Washington. »

Bannon s’oppose verbalement à l’hyper classe, dans une organisation de l’hyper classe… C’est un peu comme si un commissaire politique soviétique tenait des propos anticommunistes devant le Politburo. En toute logique, comme le rapporte le Times of Israel, « cette phrase n’a pas reçu d’applaudissement de la majorité de l’assemblée juive ». Assemblée qui devait se sentir visée.

Sheldon Adelson n’était pas présent à cette conférence où Bannon lui a rendu ce vibrant hommage. Son absence s’explique sans doute par une volonté de ne pas apparaître comme un soutien de Bannon dans le combat que mène ce dernier contre des élus républicains.

Le site américain Politico rapportait (le 13 novembre 2017) que Sheldon Adelson ne soutiendrait pas Bannon en 2018 dans les élections (qui auront lieu le 6 novembre 2018) de mi-mandat (élections des deux chambres du Congrès) contre les Républicains. Mais depuis lors, Steve Bannon est concentré sur le projet de coordination des partis populistes européens.

Israël derrière « The Movement » de Steve Bannon

The Movement a été fondé dès le 9 janvier 2017 – alors que Bannon occupe le poste de conseiller du président des États-Unis à partir du 20 janvier 2017 – à Bruxelles par Steve Bannon et Mischaël Modrikamen, qui en est le directeur exécutif.

Mischaël Modrikamen est un avocat et homme politique belge qui a créé en novembre 2009 un parti politique, le Parti populaire, qui se situe à la droite de l’échiquier politique, plutôt sécuritaire et anti-immigration mais ultra-libéral sur le plan socio-économique. Le vice-président du Parti populaire est Joël Rubinfeld, ancien secrétaire général des amitiés belgo-israéliennes, et ancien président (de 2007 à 2010) du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB).

Il est aussi membre fondateur et président de la Ligue belge contre l’antisémitisme, vice-président du Congrès juif européen (EJC) en 2009 et 2010 et co-président du Parlement juif européen (EJP) de 2012 à 2014. L’on peut d’ailleurs trouver une photo de Joël Rubinfeld, tout sourire, aux côtés d’Avigdor Liberman (l’actuel ministre israélien de la Défense). Mais revenons à l’associé de Steve Bannon, le véritable fondateur de The Movement, Mischaël Modrikamen.

Il fut, de 2000 à 2003, le président de la Communauté israélite libérale de Belgique. Durant cette période, il fut l’avocat de la communauté juive dans les négociations sur les biens spoliés sous l’occupation. Au terme des négociations, les banques, les assurances et l’État belge ont versé plus de 100 millions d’euros aux survivants juifs des déportations nazies.

Information que je livre au passage : M. Modrikamen a été inculpé, le 25 mars 2010, pour faux et blanchiment, dans le cadre de la faillite de la société Donaldson dont il présidait le conseil d’administration. Mischaël Modrikamen est un agent d’Israël en Europe et un relais de la propagande sioniste. En décembre 2016, il participe à l’International Leaders summit à Jérusalem ; il fut reçu, en tant que président du Parti populaire, avec sa délégation, par le chef du Shomron (Samarie) Council et à la Knesset (le Parlement israélien).

À cette occasion, Modrikamen tint un discours qui témoigne bien de la stratégie sioniste de récupération de la vague populiste en Europe : « On me traite de populiste, cela ne me dérange pas. Le populisme c’est exprimer ce que les gens ordinaires souhaitent… Les élites ne se rendent pas compte de ce qui se met en place au niveau mondial. Le Brexit et Trump ont montré la voie. C’est une vraie révolution qui est en marche !  Nous sommes des citoyens du monde et nous ne rejetons personne, mais nous voyons que nous ne sommes pas souvent respectés dans nos pays et dans le monde. Cela nous fait un point commun avec Israël, souvent critiqué par des gens qui n’y ont jamais mis les pieds et se laissent intoxiquer par les médias occidentaux. Non, ce n’est pas un pays en guerre perpétuelle. Beaucoup de gens y vivent et travaillent normalement, Israéliens comme Palestiniens. Tout ne se résume pas à la situation à Gaza. Nous avons beaucoup à apprendre de ce pays, dans la lute contre le terrorisme, mais aussi en matière économique. »

Lors de ce sommet, co-organisé et dirigé par Yasmine Dehaen, qui se trouve être l’épouse de Mischaël Modrikamen, on trouvait des participants américains, belges, indiens, israéliens, et anglais ; des partis eurosceptiques comme le UKIP de Nigel Farage étaient également présents. Je rappelle ici que le principal financier du parti UKIP de Nigel Farage est Richard Desmond, un millionnaire juif anglais, détenteur, entre autres, du journal Daily Express, de OK magazine et de chaînes de télévision pornographiques. Précisons aussi, qu’il apportait son soutien financier au Parti travailliste puis au parti conservateur avant de se tourner vers le parti de Nigel Farage, afin de prendre le contrôle de cette opposition.

D’ailleurs, Richard Desmond avait maintenu l’ambiguïté en déclarant, en 2015, qu’il était favorable au référendum mais qu’il ne savait pas s’il voterait pour ou contre. 8

Le sommet à Jérusalem a été l’occasion, pour les participants, d’exprimer, comme le rapporte Didier Swysen (envoyé spécial à Jérusalem), leur défiance vis-à-vis de l’Union européenne – conformément au repositionnement israélien que j’ai décrit précédemment – et d’ajouter : « Ils ont appelé au respect de l’État de droit trop malmené au goût des orateurs, s’inquiétant de la lutte contre le terrorisme et des flux migratoires incontrôlés, chevaux de bataille du Parti populaire et de ses alliés européens. »

Et le sommet s’est terminé par la signature de la « Déclaration de Jérusalem », un document qui, selon les termes de M. Modrikamen, « Réaffirme l’État de droit, la libre entreprise, les taxes sous contrôle, la défense des valeurs de la société occidentale ou la lutte contre l’islam radical. »

C’est donc à Jérusalem qu’a été officiellement élaborée la nouvelle stratégie attribuée à Bannon, et ce, le mois précédant la création de The Movement. Une stratégie qui ne vise pas à émanciper les peuples d’Europe, mais à les ramener dans l’escarcelle israélienne. Tel est le piège tendu aux peuples d’Europe.

Youssef Hindi

Youssef Hindi est l’auteur du livre Occident et Islam, Le paradoxe théologique du judaïsme Comment Yahvé usurpa la place de Dieu

Loin de remettre en cause le monothéisme, voici un récit historique inédit du dévoiement de l’idée monothéiste par un groupe d’Hébreux qui a cru bon d’adopter puis d’imposer au peuple d Israël une divinité qui lui était alors inconnue, Yahvé. Celui-ci s’est substitué, à la suite d’un lent processus, à El, le Dieu d’Abraham, des Patriarches et des prophètes. Contrairement à une idée répandue, les Hébreux n’ont pas inventé le monothéisme, mais une partie d’entre eux l’a dévoyé. C’est ce que démontre Youssef Hindi, après avoir remonté la trace de la croyance en un Dieu Unique dans l’Antiquité la plus reculée. L’enquête nous mène aux tous débuts de l’Histoire, aux deux extrémités du Croissant fertile, de Sumer à l’Égypte, en passant par Canaan. Il nous fait découvrir les preuves écrites de la croyance en Dieu, Unique et Universel, antérieures à la Torah de plus d’un millénaire. Malheureusement le monothéisme, présent dans la Torah originelle, fut perverti par la confusion opérée entre un dieu tribal, Yahvé, et le Dieu Universel, El. Cette usurpation a donné naissance au judaïsme et à son paradoxe théologique : l’universalisation d’un dieu tribal, avec des conséquences historiquement dévastatrices.

Livre disponible sur Amazon ou à la Librairie française.

Notes

  1. Ambrose Evans-Pritchard, « Mario Monti’s exit is only way to save Italy », 10/12/2012, Daily Telegraph
  2. Europe 1, Brexit : « révélateur d’un malaise trop longtemps ignoré au sein de l’UE », pour Manuel Valls
  3. Le Monde, « Hubert Védrine : ‘L’ère des insurrections électorales’ », 11/11/2016.
  4. Le Figaro, « Hubert Védrine : ‘Après le coup de gong, que faire ?’ », 12/13 novembre 2016.
  5. Cf. Youssef Hindi, Occident & Islam – Tome II : Le paradoxe théologique du judaïsme. Comment Yahvé usurpa la place de Dieu, 2018, Sigest, chapitre IV.
  6. Cf. André Archimbaud, « Présent au congrès du Front national, Steve Bannon construit patiemment son International populiste », Boulevard Voltaire, 10/03/2018.
  7. L’Observatoire du journalisme (OJIM), 15/09/2017.
  8.  Henry Mance, Ukip donor Richard Desmond unsure over EU exit, FT.com, 12/06/2016.

 

http://lesakerfrancophone.fr/leurope-face-a-son-destin

 

Le documentaire que le lobby israélien ne veut pas que vous voyiez

Le documentaire que le lobby israélien ne veut pas que vous voyiez


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 2 novembre 2018

Aujourd’hui, The Electronic Intifada a publié les deux premières parties de « Lobby-USA », une enquête secrète en quatre parties d’Al Jazeera sur les campagnes d’influence secrètes menées par Israël aux États-Unis.

La diffusion prévue du film a été interdite par le Qatar, propriétaire d’Al Jazeera, pour le compte d’Israël.

D’après la description de The Electronic Intifada :

« Pour obtenir un accès sans précédent aux rouages ​​internes du lobby israélien, le journaliste clandestin ‘Tony’ s’est présenté en tant que volontaire pro-israélien à Washington.
Le film qui en résulte expose les efforts d’Israël et de ses lobbyistes pour espionner, discréditer et intimider les citoyens américains qui soutiennent les droits de l’homme en Palestine, en particulier le BDS – le mouvement du boycott, du désinvestissement et des sanctions.

Il en ressort que le ministère des affaires stratégiques et l’agence gouvernementale israélienne des opérations clandestines à demi secrète, collabore avec un vaste réseau d’organisations basées aux États-Unis.

Celles-ci incluent : Israel on Campus Coalition, The Israel Project et Foundation for Defense of Democracies. »

Il est étonnant qu’Israël puisse s’en tirer avec de telles opérations d’espionnage et de renseignement contre des citoyens américains et à l’intérieur des États-Unis.

Israël et son lobby ont fait tout leur possible pour supprimer le film et sa distribution. Cela signifie que ça frappe juste et mérite un large auditoire.

Regardez le ici. (sous-titré en français)

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/jjle-documentaire-que-le-lobby-israelien-ne-veut-pas-que-vous-voyiez

« Lobby USA » (1) : La guerre secrète

BDS

« Lobby USA » (1) : La guerre secrète

BDS 34

Vendredi 2 novembre 2018

Voir la vidéo :
https://orientxxi.info/magazine/lobby-usa-1-la-guerre-secrete,2719

Le Monde diplomatique a publié au mois de septembre un article à propos d’une enquête réalisée par la chaîne Al-Jazira, propriété du Qatar, sur l’action du lobby pro-israélien aux États-Unis. Orient XXI en a publié les versions arabe et anglaise. Ce documentaire, réalisé notamment grâce à un journaliste infiltré, devait être diffusé au début de l’année 2018. Il ne l’a finalement pas été, suite à un accord entre le gouvernement du Qatar et une partie du lobby pro-israélien qui a, en échange, accepté d’adopter une attitude neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le petit émirat. Ayant eu accès au documentaire, Le Monde diplomatique et Orient XXI en avaient divulgué les éléments essentiels.

Orient XXI a décidé, avec Electronic Intifada aux États-Unis et Al-Akhbar au Liban, de rendre public ce documentaire. Il y va du droit à l’information. Car cette enquête, après celle réalisée par la même chaîne sur le lobby au Royaume-Uni, pose des questions de fond : dans une démocratie, a-t-on le droit d’espionner les citoyens sur la base de leurs convictions ? Est-il normal que le gouvernement israélien participe et orchestre ces campagnes sur le sol de pays dits « alliés » ?

Le Monde diplomatique a publié au mois de septembre un article à propos d’une enquête réalisée par la chaîne Al-Jazira, propriété du Qatar, sur l’action du lobby pro-israélien aux États-Unis. Orient XXI en a publié les versions arabe et anglaise. Ce documentaire, réalisé notamment grâce à un journaliste infiltré, devait être diffusé au début de l’année 2018. Il ne l’a finalement pas été, suite à un accord entre le gouvernement du Qatar et une partie du lobby pro-israélien qui a, en échange, accepté d’adopter une attitude neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le petit émirat. Ayant eu accès au documentaire, Le Monde diplomatique et Orient XXI en avaient divulgué les éléments essentiels.

Orient XXI a décidé, avec Electronic Intifada aux États-Unis et Al-Akhbar au Liban, de rendre public ce documentaire. Il y va du droit à l’information. Car cette enquête, après celle réalisée par la même chaîne sur le lobby au Royaume-Uni, pose des questions de fond : dans une démocratie, a-t-on le droit d’espionner les citoyens sur la base de leurs convictions ? Est-il normal que le gouvernement israélien participe et orchestre ces campagnes sur le sol de pays dits « alliés » ?

 

Le dossier BDS
Les dernières mises à jour

Source : BDS
https://bdsf34.wordpress.com/…http://www.palestine-solidarite.org/analyses.bds.021118.htm

Sécurité / Halloween : une France Orange mécanique

Sécurité / Halloween : une France Orange mécanique
C’est un peu la tradition d’Halloween ! La nuit précédant la fête de la Toussaint a encore donné lieu à des violences urbaines un peu partout en France. Des violences loin d’être anecdotiques et qui s’inscrivent dans un climat d’insécurité global.

Société / Espagne : l’éternel débat autoure de la tombe du général Franco
Francisco Franco n’en finit plus de faire parler de lui après sa mort. Après des années de lutte de la gauche pour sortir sa dépouille du Valle de los caídos, cette fois, c’est au tour d’un pseudo artiste de dégrader sa tombe pour se faire un coup de pub.

International / Asia Bibi sauvée de l’exécution… et après ?
Asia Bibi sauvée in extremis d’une exécution capitale au Pakistan. Acquittée par les juges, la chrétienne accusée de blasphème n’est pas pour autant complètement tirée d’affaire dans un pays où les chrétiens sont persécutés.

International / Israël contre les chrétiens

Serveur TVL
https://chaine.tvlibertes.com/widget/halloween-une-france-orange-mecanique-journal-du-vendredi-02-novembre-2018

Lien dailymotion

Washington veut mettre fin à la guerre au Yémen

Washington veut mettre fin à la guerre au Yémen

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Intervenant le 30 octobre 2018 devant l’US Institute of Peace, le général James Mattis, secrétaire à la Défense, a annoncé son intention de mettre fin à la guerre au Yémen sous 30 jours.

Washington entend s’appuyer sur le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, Martin Griffiths (Royaume-Uni), qui fut le directeur de l’European Institute of Peace. Cette institution, d’abord présidée par Steffan de Mistura (avant qu’il ne devienne le représentant spécial pour la Syrie), est l’organisation sœur de son homonyme US. L’Institut états-unien a été créé par Ronald Reagan en même temps que la NED pour être son équivalent auprès du Pentagone.

Martin Griffiths a été reçu la semaine dernière à Washington. Il y a donné une longue interview à la télévision saoudienne Al-Arabiya (photo). Il semble que sa mission soit d’aider l’Arabie saoudite à se sortir du guêpier où elle s’est fourrée. Le Yémen, comme l’Afghanistan, a toujours résisté aux envahisseurs et n’a jamais pu être occupé.

Les propos de Jim Mattis ont immédiatement été repris par Mike Pompeo, le secrétaire d’État.

Cette guerre est une initiative du prince héritier et ministre de la Défense saoudien, Mohamed Ben Salmane, visant à contrôler le gouvernement yéménite afin d’exploiter les réserves pétrolières du « Quart vide », cette région à cheval sur les deux pays. Elle a été entreprise avec l’aide d’Israël, qui dispose d’un état-major joint avec les Saoudiens au Somaliland. Elle semblait jusqu’ici s’intégrer à la stratégie générale du Pentagone de destruction des structures étatiques du Moyen-Orient élargi (doctrine Cebrowski).

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Syrie : ISIS défait la force par procuration américaine

Syrie : ISIS défait la force par procuration américaine


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 29 octobre 2018

Les mercenaires mandatés par les États-Unis dans l’est de la Syrie ont encore perdu du terrain au profit d’État islamique.

La carte montre les positions d’ISIS (en gris), de la force mandataire SDF (jaune) et de l’armée syrienne (rouge) à la frontière irakienne le 19 octobre.


Voici les positions à compter d’aujourd’hui.



La force américaine par procuration a perdu les villes de Susah, Hawi al-Susah, Safafinah, Mozan, Shajlah et Baghuz Fawqani et ISIS est de retour à la frontière irakienne. Les forces irakiennes ont été mises en alerte et ont scellé la frontière de leur côté.

La cause immédiate de la perte était une nouvelle tempête de sable qu’ISIS a utilisée pour contre-attaquer. Une contre-attaque similaire lors d’une tempête de sable s’est déjà produite il y a deux semaines. Cela rend la déclaration de ce porte-parole américain risible :

«La tempête de sable a permis une contre-attaque d’État islamique, ce qui était surprenant compte tenu des conditions, mais maintenant, l’air est dégagé et la coalition continuera à augmenter son soutien aérien et sa puissance de feu pour aider ses partenaires», a déclaré le colonel Ryan …

Les tempêtes de sable désactivent le soutien aérien et l’artillerie. C’est pourquoi ISIS, qui manque d’armée de l’air, utilise depuis des années toutes les tempêtes de sable pour attaquer. Ce n’est pas surprenant du tout, car c’est l’une de ses formes de combat caractéristiques. Les tempêtes de sable signifient que l’on peut s’attendre à une attaque d’État islamique. L’attaqué doit doubler sa garde et être prêt à défendre sa position. Les forces spéciales américaines censées diriger leurs mandataires semblent avoir négligé cela.

Les djihadistes d’État islamique ont attaqué de manière habituelle pendant la tempête de sable. Un kamikaze a fait exploser la première position sur la ligne de front et plus de 100 combattants ont pris d’assaut et encerclé les lignes ennemies. Depuis vendredi, entre 60 et 80 SDF [mercenaires kurdes] ont été tués, d’autres blessés et au moins 20 faits prisonniers. D’autres ont simplement fui paniqué et État islamique a pu reprendre plusieurs villages sans se battre. ISIS affirme que tous les combattants capturés étaient des Arabes, pas des Kurdes.

Les Kurdes ont décidé depuis longtemps que le combat sur l’Euphrate n’était pas leur principal problème. Ils se préparent à lutter contre une invasion turque. La force terrestre SDF qui attaque ISIS est principalement arabe. Certains ont été embauchés par les États-Unis, mais beaucoup d’entre eux ont été contraints à collaborer. Ils ne sont pas intéressés à risquer leur vie. Ils n’attaqueront que lorsque l’armée de l’air américaine aura bombardé leurs ennemis en miettes.

Après les lourdes pertes du SDF arabe, il a été demandé au YPG kurde d’envoyer quelque 300 de ses combattants pour reprendre les positions perdues et pour poursuivre l’attaque générale contre ISIS, qui n’a généré aucun gain depuis un mois.

État islamique détient toujours quelque 700 prisonniers et otages. Il avait menacé de les tuer s’il ne recevait ni nourriture ni médicaments. Il n’y a eu aucune nouvelle de leur destin.

Vendredi, les présidents russe, français et turc et la chancelière allemande Merkel se sont rencontrés à Istanbul. Les parties française et allemande ont renoncé à un changement de régime [en Syrie]. Ils ont un problème de réfugiés et veulent la fin de la guerre. Ils insistent toujours pour que la Syrie change sa constitution mais Damas n’a aucune raison de suivre de telles consignes. L’ancien ambassadeur de l’Inde en Turquie, MK Bhadrakumar, procède à une analyse plus approfondie du sommet. Sa grande question est de savoir comment évoluent les relations américano-turques.

Il y a peu de raisons de penser que cela ira mieux. Erdogan veut que les États-Unis quittent la Syrie presque autant que Damas elle-même. Erdogan a récemment menacé d’envahir la partie nord-est de la Syrie contrôlée par les États-Unis. Hier, l’artillerie turque a touché des positions de la force de procuration américaine en Syrie près de la frontière avec la Turquie.

Les États-Unis continuent d’insister pour que les “milices soutenues par l’Iran” quittent la Syrie avant le départ des États-Unis. Mais les “milices soutenues par l’Iran” en Syrie sont aujourd’hui des Syriens. L’Iran a soutenu des groupes composés de combattants afghans et irakiens et les soldats iraniens ont quitté le pays il y a quelque temps. Il reste tout au plus quelques officiers iraniens, payés par l’Iran, pour l’entraînement des groupes locaux. La demande n’a aucun sens. Elle vient probablement d’Israël, qui souhaite que les États-Unis restent en Syrie le plus longtemps possible.

La situation dans le gouvernorat d’Idlib et ailleurs n’a pas changé. Le prochain sommet américano-russe du 11 novembre traitera de la question de la Syrie. Jusque-là tout est figé.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-isis-defait-la-force-par-procuration-americaine

 

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