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Le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem et ses conséquences

Le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem et ses conséquences

Le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem et ses conséquences

Par Michel Leblay, patron d’émission à Radio Courtoisie ♦ La décision du président Donald Trump de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, entraînant par voie de conséquence, aux yeux de chacun, la validité d’une nouvelle capitale d’Israël, fait beaucoup de bruit. Radio Courtoisie consacre même un Libre Journal à cet événement, et Polémia en a reçu une des notes préparatoires dont elle fait bénéficier ses lecteurs.
Polémia


Le mercredi 6 décembre, le président Donald Trump a annoncé le transfert à Jérusalem de l’ambassade des États-Unis en Israël. Cette décision n’est qu’une application de la loi du 23 octobre 1995, le Jerusalem Embassy Act, votée par le Congrès. Le gouvernement américain était appelé à transférer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, reconnue comme la capitale de l’État d’Israël. Trump a ainsi franchi le pas capital qui traduit dans les faits la volonté de la classe dirigeante américaine et probablement d’une large partie de la population sans que cette dernière soit pour autant particulièrement préoccupée par les questions touchant à la politique étrangère. Ni Bill Clinton, président en 1995, ni George Bush, ni Barack Obama ne s’étaient risqués à suivre la résolution du Congrès. Néanmoins, le prédécesseur de Donald Trump avait déclaré dans une allocution prononcée en juin 2008 devant l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), important groupe de pression des juifs américains : « And Jerusalem will remain the capital of Israel, and it must remain undivided » (Jérusalem restera la capitale d’Israël et elle doit rester non divisée).

Il faut se rappeler que, six mois exactement avant l’annonce de la Maison-Blanche, le 6 avril 2017, le ministère russe des Affaires étrangères publiait un communiqué aux termes duquel « La Russie réaffirme son attachement aux principes approuvés par l’ONU pour un règlement du conflit israélo-palestinien, avec Jérusalem-Est comme capitale du futur État palestinien. En même temps, nous devons affirmer que, dans ce contexte, nous considérons Jérusalem-Ouest comme la capitale d’Israël. »

En effet, depuis la première guerre israélo-arabe de 1948 et l’accord israélo-jordanien signé sous l’égide de l’ONU, le 3 avril 1949, Jérusalem est officiellement divisée en deux parties : l’ouest étant une partie prenante du territoire israélien ; l’est avec la mosquée Al-Aqsa et le Mur des Lamentations relevant alors du royaume de Jordanie. Les deux secteurs étaient séparés par une ligne de démarcation ou « ligne verte ». Les tentatives de l’ONU pour aboutir à un statut international de la ville restèrent vaines. La partie est de la ville fut conquise par l’armée israélienne durant la Guerre des six jours déclenchée le 5 juin 1967. Depuis lors, la Jordanie ayant perdu la région de Cisjordanie, située à l’ouest du Jourdain, la question de la création d’un Etat palestinien et de sa capitale se pose de manière récurrente. Car Jérusalem n’est pas une ville comme une autre : le judaïsme y trouve ses origines, le christianisme y est né et les musulmans qui conquirent la ville au VIIe siècle en firent leur troisième lieu saint avec l’édification de la mosquée Al-Aqsa.

En droit international, l’annexion de la partie est de la ville par Israël n’a pas été reconnue. Les ambassades demeurent à Tel Aviv et la Russie, qui entretient par ailleurs d’excellentes relations avec Israël, a refusé le transfert de son ambassade en le subordonnant à un accord entre Israéliens et Palestiniens sur le statut de la ville.

Si les considérations d’ordre intérieur ont certainement été déterminantes dans la décision de Donald Trump, il importe d’en mesurer les conséquences internationales et d’abord au Proche-Orient.

Il est fort probable que la position américaine ne fera que renforcer l’animosité d’une grande part du monde musulman à l’égard des États-Unis. Néanmoins, auprès des capitales, il faut prévoir un retentissement mesuré. Depuis 1995 et le vote du Congrès, la géopolitique de la région a été profondément bouleversée. Nous sommes loin du conflit israélo-arabe et des quatre guerres qui l’ont jalonné (1948, 1956, 1967, 1973). Le panarabisme qu’incarnait Nasser a définitivement sombré avec les Printemps arabes de 2011. L’islamisme et l’Iran sont devenus les facteurs de cristallisation des oppositions dans la région.

L’Arabie saoudite, fief du sunnisme le plus radical, est, au moins, l’allié objectif d’Israël dans la volonté de faire front face à l’Iran. Les deux États craignent l’emprise croissante de Téhéran dans la région et la formation de ce croissant chiite évoqué en 2004 par le roi de Jordanie Abdallah. Si un conflit direct avec l’Iran demeure hypothétique, Israël redoute la force représentée par le Hezbollah, bras armé de l’Iran au Liban, aguerri par sa participation majeure au conflit syrien. Déjà en 2006, il se montra un redoutable adversaire pour Tsahal, l’armée de l’État hébreu. Pour l’Arabie saoudite, l’Iran est l’ennemi à abattre. Elle s’y oppose en Syrie où elle appuie les groupes islamistes ; elle a rompu avec le Qatar, suspecté de proximité dans ses relations avec l’ancien empire Perse (le Qatar partage un immense gisement gazier dans le Golfe persique) ; enfin, elle s’est engagée dans une intervention hasardeuse au Yémen pour contrer une rébellion houthiste supposée recueillir le soutien de Téhéran. Riyad, dont les relations avec les États-Unis avaient été plus distantes du temps de la présidence de Barack Obama qui, le 14 juillet 2015, avait conclu l’accord sur le programme nucléaire iranien a reçu un appui renouvelé de la part du nouveau président américain. En visite dans la capitale saoudienne, le 20 mai dernier, il a notamment déclaré que l’Iran est le fer de lance du terrorisme mondial.

L’Iran chiite n’est pas indifférent à la cause palestinienne. Il apporte un soutien au Hamas, mouvement sunnite et à l’origine proche des Frères musulmans avec lesquels il aurait officiellement pris ses distances en mai dernier.

Si la Turquie condamne l’initiative américaine, son implication dans le conflit syrien et sa préoccupation vis-à-vis des Kurdes ne l’inciteront guère à aller au-delà de la réprobation diplomatique.

Quant aux Palestiniens, les premiers concernés, ils sont d’abord divisés entre l’Autorité palestinienne, née des accords signés à Washington le 13 septembre 1993, entre Israël et l’OLP, dont le pouvoir s’exerce en Cisjordanie, et le Hamas, maître de la Bande de Gaza. Il semblerait que la population palestinienne éprouve une certaine lassitude vis-à-vis de sa représentation politique. La position américaine pourrait être un nouveau facteur de mobilisation.

Si la création d’un Etat palestinien indépendant est défendue par les chancelleries, sa constitution effective est encore lointaine. Outre l’opposition israélienne, des difficultés essentielles demeurent : la séparation en deux entités territoriales, la Cisjordanie et Gaza qui relèvent de pouvoirs distincts et loin de s’accorder malgré des rapprochements apparents ; l’absence de ressources économiques qui engendrent nécessairement un lien de dépendance ; enfin, les autres États musulmans sont-ils prêts à laisser aux Palestiniens le contrôle du troisième lieu saint de l’islam situé à Jérusalem ?

Face à ce nouvel élément de confusion dans un Proche-Orient ravagé par les conflits, lieu de convergence des oppositions et des concurrences d’intérêts entre les grandes puissances de ce monde, l’une des questions est la place que doit y occuper la diplomatie française. L’action de celle-ci ces dernières années, dominée par l’idéologie et l’alignement sur les États-Unis, a été particulièrement déplorable. Le recul de l’Amérique dans la région comme le rôle de la Russie qui est une partie prenante majeure du conflit syrien offre à la France l’occasion de retrouver une place dans le jeu mondial. À condition aussi qu’elle s’affranchisse de toute politique menée au nom de l’Union européenne.

Michel Leblay
10/12/2017

https://www.polemia.com/le-transfert-de-lambassade-des-etats-unis-a-jerusalem-et-ses-consequences/

Quel projet pour Israël en Argentine ?

Quel projet pour Israël en Argentine ?

Les autorités argentines s’interrogent sur l’achat massif de terres par un milliardaire britannique en Patagonie et les « vacances » que des dizaines de milliers de soldats israéliens passent dans ses propriétés.

| Beyrouth (Liban)

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Propriétaire de 175 sociétés, dont des chaînes de restaurant et le club de football de Tottenham —auto-proclamé « Armée des Yid »—, le très discret milliardaire Joe Lewis spécule sur le marché des changes en partenariat avec son ami George Soros.

Au XIXème siècle, le gouvernement britannique avait hésité à installer Israël dans l’Ouganda actuel, en Argentine ou en Palestine. En effet, l’Argentine était alors contrôlée par le Royaume-Uni et, à l’initiative du baron français Maurice de Hirsch, était devenue une terre d’accueil pour les juifs fuyant les pogroms d’Europe centrale.

Au XXème siècle, après le coup d’État militaire contre le général Juan Domingo Perón, président démocratiquement élu du pays, un courant antisémite se développa au sein des armées. Il diffusa une brochure accusant le nouvel État d’Israël de préparer une invasion de la Patagonie, le « Plan Andinia ».

Il apparaît aujourd’hui que si l’extrême-droite argentine avait exagéré les faits dans les années 70, il existait bien alors un projet d’implantation (et non pas d’invasion) de la Patagonie.

Tout a changé avec la guerre des Malouines, en 1982. À l’époque la junte militaire argentine tente de récupérer les îles Malouines, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, occupées de son point de vue depuis un siècle et demi par les Britanniques. L’Onu reconnaît la légitimité de la revendication argentine, mais le Conseil de sécurité condamne le recours à la force pour recouvrer ces territoires. L’enjeu est considérable car les eaux territoriales de ces archipels donnent accès à toutes les richesses du continent antarctique.

À l’issue de cette guerre, qui fit plus d’un millier de morts (les chiffres officiels britanniques sont largement minorés), Londres impose un Traité de paix particulièrement dur à Buenos Aires. Ses Forces armées sont limitées à leur plus simple expression. Surtout, le contrôle de l’espace aérien du Sud de leur territoire et de l’Antarctique leur est retiré au profit de la Royal Air Force et elles doivent informer le Royaume-Uni de toutes leurs opérations.

En 1992 et 1994 deux mystérieux attentats, particulièrement meurtriers et dévastateurs, détruisent successivement l’ambassade d’Israël et le siège de l’association israélite AMIA. Le premier survient alors que les chefs de poste du Renseignement israélien en Amérique latine viennent de quitter le bâtiment. Le second se déroule dans le contexte des recherches conjointes égypto-argentines pour les missiles balistiques Condor. Dans la même période, l’usine principale des Condors explose, tandis que les fils des présidents Carlos Menem et Hafez el-Assad décèdent accidentellement. Les diverses enquêtes donneront lieu à une succession de manipulations.

Après avoir désigné la Syrie, le procureur Alberto Nisman se tourne contre l’Iran qu’il accuse d’avoir commandité les deux attentats et contre le Hezbollah qui les aurait exécutés. L’ancienne présidente péroniste Cristina Kirchner est accusée d’avoir négocié la fin des poursuites contre l’Iran en échange de prix avantageux du pétrole. Le procureur Nisman est trouvé mort à son domicile et la présidente Kirchner est inculpée pour haute trahison. Cependant, la semaine dernière un coup de théâtre détruit tout ce que l’on croyait savoir : le FBI états-unien rend des analyses ADN qui attestent de l’absence parmi les victimes du terroriste présumé et de la présence d’un corps jamais identifié. 25 ans plus tard, on ne sait plus rien sur ces attentats.

Au XXIème siècle, profitant des avantages que leur confère le Traité de la guerre des Malouines, le Royaume-Uni et Israël mènent un nouveau projet en Patagonie.

Le milliardaire britannique Joe Lewis acquiert d’immenses territoires dans le Sud argentin et même au Chili voisin. Ses propriétés couvrent plusieurs fois la taille de l’État d’Israël. Elles sont situées en Terre de feu, à l’extrême Sud du continent. Elles entourent notamment le Lago Escondido empêchant désormais son accès, malgré une décision de justice.

Un aéroport privé, ayant une piste d’atterrissage de 2 kilomètres, est aménagé par le milliardaire pour recevoir des avions de transport civils et militaire.

Depuis la guerre des Malouines, l’armée israélienne organise des « camps de vacances » (sic) pour ses soldats en Patagonie. Chaque année, ce sont désormais 8 à 10 000 d’entre eux qui viennent passer deux semaines sur les terres de Joe Lewis.

Si dans les années 70, l’armée argentine avait fait observer la construction de 25 000 logements vides donnant naissance au mythe du plan Andinia, des centaines de milliers auraient été construits aujourd’hui.

Il est impossible de vérifier l’état des travaux, ces terres étant privées et Google Earth neutralisant les photographies satellitaires de la zone, comme il le fait avec les installations militaires de l’Alliance atlantique.

Le Chili voisin a cédé une base sous-marine à Israël. Des tunnels y ont été creusés pour survivre à l’hiver polaire.

Les Indiens Mapuche qui peuplent la Patagonie tant argentine que chilienne ont eu la surprise d’apprendre la réactivation à Londres de la Resistencia Ancestral Mapuche (Résistance ancestrale mapuche – RAM), une mystérieuse organisation revendiquant l’indépendance. D’abord accusée d’être une ancienne association récupérée par les services secrets argentins, la RAM est aujourd’hui considérée par la gauche comme un légitime mouvement sécessionniste, mais par les leaders Mapuche comme une initiative financée par George Soros.

Le 15 novembre 2017, la Marine a perdu tout contact avec le sous-marin ARA San Juan, qui a finalement été déclaré abîmé en mer. C’est un des deux sous-marins diésel-électriques TR 1700 qui constituaient le fleuron de la petite armée argentine. La Commission préparatoire de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBTO) a annoncé avoir enregistré un phénomène acoustique inhabituel dans l’Atlantique, à proximité de la zone où le San Juan avait envoyé son dernier signal. Le gouvernement a finalement admis que le sous-marin effectuait une « mission secrète » non précisée, dont Londres avait été informé. Alors que l’armée US avait lancé des recherches, la Marine russe a dépêché un drone capable d’explorer les fonds marins à 6 000 mètres de profondeur qui n’a rien trouvé. Le San Juan a probablement explosé. La presse argentine est convaincue qu’il a soit heurté une mine, soit a été détruit par une torpille ennemie.

Il est à ce jour impossible de déterminer si Israël s’est engagé dans un programme d’exploitation de l’Antarctique ou s’il construit une base de repli en cas de défaite en Palestine.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump.

 

Le bilan et les perspectives de Donald TrumpRéseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

http://www.voltairenet.org/article198963.html

Trump-Jérusalem et la comète-Haley

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Trump-Jérusalem et la comète-Haley

Nous avons attendu quelques jours pour prendre la mesure de la décision du président Trump à propos de Jerusalem. Nous mettons de côté d’une part les interprétations légalistes tendant à mettre en évidence que la décision n’a pas de portée pratique, qui nous paraissent infondées et trop sophistiquée pour la personnalité de Trump. Par exemple, Justin Raimondo écrivant le 7 décembre 2017 que ceux qui voient cette décision comme très grave et comme un acte d’une politique pro-israélienne la plus dure, type-neocon, se trompent, – et lui-même montrant l’absence de substance de la décision avant d’en donner l’explication réelle selon lui :

« Donc les experts avaient tort – mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a dans Trump qui les a conduits à mal calculer et à se tromper à chaque tournant crucial où un vrai jugement s’imposait ? L’ironie est que c’est un élément de la propre critique des Trump-haters sur le caractère du Président, auquel ils ne parviennent pas à donner l’importance qu’il mérite : il est plein de vent. C’est un narcissique qui aime s’écouter et entendre le son de sa propre voix. En fait, c’est un acteur, et du coup ses critiques autant que ses fans prennent ses performances théâtrales pour des déclarations politiques. Ses partisans et ses ennemis prennent littéralement au mot ses déclarations les plus spontanées et les plus irresponsables, – et ils en tiennent compte d’une façon sélective, – et pour ses amis comme pour ses ennemis, il s’agit d’une erreur majeure. »

Le problème est que cet argument de l’impulsion théâtrale et narcissique de Trump, s’il veut atténuer l’intention politique de Trump avec cette décision, atténue également jusqu’à la contredire la version selon laquelle c’est une déclaration calculée, habile, manœuvrière, selon laquelle Trump donne peu à Israël et gagnant un répit complet de ce côté (pour poursuivre ce que Raimondo croit être sa politique de désengagement type American-Firster), – tout en installant une dramatisation qui va forcer à un accord… Tout cela paraît bien sophistiquée pour la spontanéité théâtralo-narcissique du président. Reste la décision elle-même, hors du théâtre de Trump, dont on a pu mesurer ces derniers jours qu’elle a une grande force symbolique et qui a été perçue, quoi qu’il en soit de sa substance juridique, comme un acte symbolique très puissant de soutien à Israël. De fait, les réactions ne vont pas et n’iront pas, dans cette époque de tension crisique maximale qui est réglée par une continuelle “montée aux extrêmes”, vers une dynamique de la nécessité d’un arrangement, mais absolument et complètement le contraire.

De ce fait, nous partageons plutôt l’analyse du colonel Pat Lang, sur son site STT (Sic Semper Tyrannis), qui a également attendu plusieurs jours pour pouvoir se faire une opinion. Lang exprime son attitude dans un court texte de commentaire le 10 décembre 2017, notamment en faisant intervenir un élément important (l’ambassadrice US à l’ONU Nikki Haley) : « La décision des États-Unis de donner à Israël le titre de propriété de TOUTES les parties de Jérusalem sans compensation diplomatique apparaîtra de de plus en plus déplorable au fil du temps. Les manifestations de rue qui éclatent dans des villes comme Beyrouth et Amman ne sont que le début du processus de condamnation. Presque tous les pays d’Europe ont condamné la décision. La Ligue arabe a condamné la décision. Cela mettra les États arabes (Égypte et Jordanie surtout) dans la position de devoir prendre des décisions fondamentales concernant leurs relations avec Israël et les Etats-Unis. Dans ces deux cas de la Jordanie et de l’Égypte, de grandes quantités d’aide financière en provenance des États-Unis et de l’Arabie saoudite seront en jeu mais … La Russie, la Chine et de nombreuses entreprises européennes attendent ce moment de la quasi-rupture pour développer leur influence et leur activité. Dans le même temps, le sultan Tayyip Erdogan a invité l’OCI à se réunir en Turquie pour examiner la réaction du monde islamique au cadeau que Trump fait à Israël. Trump a apparemment décidé d’agir sur la base du conseil de son beau-fils sioniste agissant au nom des Likudniks qui ne veulent rien de moins qu’un Israël de la mer au Jourdain qui soit débarrassé des Arabes, sauf pour une population convenable d’hilotes.

» Il a été intéressant ce dimanche matin de voir Jake Tapper demander à Nikki Haley comment cette décision portant sur un territoire va promouvoir un règlement. Elle a fait un sourire entendu évoquant des réunions et des connaissances privées. Nous avons parlé aux deux parties, a-t-elle dit, et vous verrez que nous avons rétabli le processus. Tapper l’a pressée sur cela et elle s’est bornée à dire, toujours avec cet air entendu, qu’elle pouvait seulement dire que Tapper comprendrait bientôt quel grand changement de politique est impliquée par l’intervention de Trump. Tapper n’était pas convaincu. IMO Trump, poussé par Kushner, croit que les Palestiniens n’ont aucun recours et qu’ils accepteront d’être traités comme des chiens… »

C’est le passage sur Haley qui est important. Cette personne, ambassadrice des USA à l’ONU, d’une inculture complètement stupéfiante et d’une compétence à mesure, ne reculant devant aucun mensonge imposé par sa narrative, totalement guidée d’une part par son ambition politique sommaire et brutale, d’autre part par son engagement neocon selon les tendances évangélistes chrétiennes, pèse d’un poids extrêmement important dans l’administration et exerce une influence primaire mais dévastatrice en son sein, hors de toutes les normes hiérarchiques dont elle se fiche sans hésiter. Dans un tel désordre qu’est le pouvoir américaniste à “D.C.-la-folle“, les plus stupides qui suivent une idée simple et fixe sont les plus efficaces parce qu’ils ne sont retenus par aucune nuance ni considération de finesse, ni considération morale bien entendu, considérant le mensonge qui satisfait leur but comme un outil utile, enfin sans le moindre sens de la responsabilité et de la solidarité (“Les con ça ose tout, c’est même à ça…”, etc.). Les autres, les sophistiqués, sont plus intelligents et pèsent les choses dans leur nuance, mais le désordre leur interdit d’agir et ils sont impuissants et sans influence.

Ce n’est pas un hasard, – IOO (In Our Opinion), comme dirait Lang, – si, en même temps deux faits viennent renforcer ce que nous pensons de Haley, et par conséquent l’interprétation de ses interventions avec Tapper, avec les sous-entendus signalés.

• Son ambition se lit dans son absence totale de loyauté pour Trump, qu’elle ignore autant qu’elle ignore Tillerson. Ainsi l’a-t-on entendu sur CBS Face The Nation exalter “la cause des femmes” (contre le harcèlement sexuel), et applaudir le fait qu’elles parlent contre les prédateurs sexuels. Interrogée alors sur le fait de savoir si cet engagement, – qui et un bon investissement électoral pour ses ambitions présidentielles à venir très vite et qu’elles ne dissimule pas, – concernait les accusations portées contre Trump, elle a répondu sans barguigner ni hésiter qu’elle comprenait les femmes qui s’étaient plaintes de conduites déplacées du président, sans soulever le moindre doute à l’encontre de leurs plaintes alors que la plupart d’entre elles ont été téléguidées par les démocrates lors de la campagne présidentielle : « Eh bien, je dirais la même chose, vous savez, les femmes qui accusent quelqu’un devraient être entendues. Elles devraient être entendus et elles devraient recevoir l’attention et le soutien qu’elles méritent. Et je pense que nous en avons entendu parler avant les élections [notamment, justement à propos de Trump]. Et je pense que toute femme qui s’est sentie violée ou s’est sentie maltraitée, humiliée de quelque façon que ce soit, a le droit de s’exprimer. »

• Comme l’écrit BretbartNews, qui est dans ce cas pro-Système parce que pro-israélien tendance dure à 100% comme toute cette frange de l’électorat populiste de Trump, les chrétiens évangélistes se trouvent relancés dans leur alliance objective avec Israël (fondée sur une approche religieuse fondamentaliste extrêmement passionnée, qui est expliquée dans le texte). Le site de Steve Bannon écrit : « Contrairement à ce que disent les élites de la côte Est, la décision audacieuse du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de déplacer l’ambassade des États-Unis montre l’incroyable pouvoir des chrétiens évangéliques américains et leur allié naturel en Israël et dans la communauté juive américaine. » Les évangélistes forment un électorat considérable (entre 45 et 70 millions de votants). Si cette force électorale est mise dans ce texte à l’avantage de Trump, elle l’est encore plus à celui de Haley, qui est complètement dans ce courant évangéliste et qui peut se targuer d’une action encore plus résolue en faveur du maximalisme religieux israélo-sioniste, qu’elle peut présenter à la différence de Trump comme fondamentale plutôt que tactique et électoraliste, – quoi qu’il en soit de la vérité à cet égard.

Il faut tenir, – IOO, à nouveau, – Haley comme la meilleure informatrice indirecte dans ce cas, de la véritable signification de la décision de Trump : un soutien direct à la politique religieuse maximaliste d’Israël. On peut ici opposer à l’analyse de Raimondo un autre aspect du caractère de Trump : la brutalité de sa communication qui vient de sa culture de businessman et de faiseur de deal où l’on croit qu’affirmer brutalement une position permet de forcer à des négociations où l’on sera en position de force ; mais nous sommes dans une époque où la communication domine tout, influence tout, fait office de remplaçant des événements réels qui en général n’ont pas lieu (réalité pulvérisée par les narrative et le déterminisme-narrativiste), donc dans une époque où la brutalité dans la communication ne prépare rien (surtout pas la négociation) mais s’impose justement comme brutalité pure et pousse à la montée aux extrêmes. Comme toujours, l’important est dans l’effet sur la psychologie, bien entendu… Dans tous les cas, et toujours en nous tenant à son caractère qui ne tient compte d’aucun facteur stratégique sur le long terme, ni idéologique, ni philosophique si c’est concevable dans son cas, il nous semble que Trump doit certainement cultiver fort peu de sympathie pour les Palestiniens, qu’il devrait tenir pour des losers, incapables de se sortir de leur situation par l’habileté capitalistique, — sans compter leur condition de musulmans, – tout cela au contraire des Israéliens.

La conclusion à laquellon on est conduit est que, quoi qu’il en soit de l’événement lui-même et des interprétations et arrière-pensées des uns et des autres, la psychologie impose la perception d’une radicalisation de l’événement donc elle crée la radicalisation de l’événement quoi qu’il en soit. Si les neocons, qui sont des publicitaires et des “communicants” et nullement des stratèges ni des penseurs politiques, savent une seule chose c’est bien la puissance dominatrice de la communication. Haley est parfaitement une neocon de ce point de vue, et l’on peut tenir son comportement et ses déclarations bien tempérées par l’interprétation comme une des indications les plus justes possibles de l’état de la situation et de la signification qui sera donnée, qui est déjà donnée à la déclaration de Trump.

Bien entendu, une réserve ultime se niche également dans le cœur de l’étrange caractère de Trump. Demain, dans trois semaines ou dans deux mois, il peut aussi bien prendre une décision brutale qui irait exactement dans le sens contraire de celui qu’indique la question de Jerusalem : la seconde décision n’annulerait pas la première, elle la contrarierait radicalement et aggraverait la confusion confrontationnelle ; elle participerait donc de la seule chose que Trump sait produire avec un art exceptionnel et un rythme admirable – le désordre, encore le désordre, toujours le désordre, en politique notamment et surtout en politique extérieure.

 

Mis en ligne le 11 décembre 2017 à

http://www.dedefensa.org/article/trump-jerusalem-et-la-comete-haley

« La résistance palestinienne » – 3 questions à Bernard Ravenel, par Pascal Boniface

Source : Blog Mediapart, Pascal Boniface, 07-11-2017

Bernard Ravenel, agrégé d’histoire, fut responsable des relations internationales du PSU. Ancien président de l’AFPS (2001-2009) et de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine (2001-2011), il répond à mes questions à l’occasion de la parution de l’ouvrage : « La résistance palestinienne : des armes à la non-violence », aux éditions L’Harmattan.

Pourquoi, selon vous, le succès de la première Intifada tient-il à son caractère à 95% non violent ?

En 1987, l’Intifada a éclaté au sein d’un contexte caractérisé par un climat de désobéissance civile. En effet, la société civile palestinienne (syndicats, mouvements étudiants, organisations de femmes, etc.) s’est organisée à travers la création de multiples associations et d’organisations non gouvernementales. Considérant comme impossible toute résistance armée dans les territoires occupés, les organisations politiques membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), en particulier l’influent Parti communiste jordano-palestinien, ont fondé ce réseau associatif de masse, guidé par un double objectif : prendre en charge les secteurs vitaux négligés par les autorités israéliennes (hôpitaux, agriculture) d’un côté, et développer la conscience nationale pour une mobilisation politique de masse contre l’occupation de l’autre côté. Toujours en 1987, la société palestinienne, soumise à une occupation qui couvre une accélération de la colonisation après l’arrivée de Sharon en 1979 comme ministre de l’Agriculture, connaît une effervescence grandissante. La tendance principale est alors l’affirmation d’un processus d’autonomie de vie face à l’occupant, ce qui suppose de désobéir à ses injonctions et à ses contraintes. Il faut enfin prendre en compte la grande défiance dans le processus politico-diplomatique du moment. Il suffira alors d’un grave incident meurtrier (mort de quatre ouvriers palestiniens causée par un chauffeur de camion israélien à Gaza) pour qu’éclate le soulèvement, qui se diffusera rapidement sur l’ensemble des territoires occupés.

Quelques jours après, la direction extérieure de l’OLP à Tunis et son stratège, Abou Djihad, demande et ordonne que ne soit utilisée aucune arme à feu. Cette décision, historique, fut respectée intégralement pendant de nombreux mois, démontrant ainsi l’incontestable légitimité populaire de la centrale palestinienne. À partir de ce moment, se développe une insurrection civile sans précédent dans le monde arabe.

La véritable surprise a été sa nature durablement non violente. Certains ont voulu contester cette qualification en insistant sur la violence que constitue l’usage de la pierre comme moyen de résistance : ils parlèrent ainsi de « guerre des pierres ». En réalité, la fonction des « lanceurs de pierres » a été de jouer, en accord explicite avec le « mouvement », le rôle d’avant-poste du territoire de leur communauté. Bien que constituant un certain niveau de violence – ciblant essentiellement les véhicules blindés israéliens – elle se situe à l’intérieur de la stratégie de résistance populaire non violente, contrainte à déployer et à maîtriser une certaine dose de violence, mais ne visant jamais à tuer. Mais, surtout, il faut considérer comment le recours aux pierres, mais non aux armes à feu, a démontré aux yeux du monde, et en particulier aux citoyens israéliens, que la « menace » palestinienne venue de l’Intifada ne mettait pas en cause, même symboliquement, l’existence physique ou la « sécurité » d’Israël, au nom de laquelle il justifiait ses guerres. La menace potentielle vise l’occupant israélien, mais non le territoire israélien au sein des frontières de 1949.

En dernière analyse, le fait majeur de l’Intifada est d’ordre stratégique : la puissance destructrice de la machine de guerre israélienne a été en bonne partie neutralisée face à une population entièrement désarmée. Elle n’a pas réussi à écraser l’Intifada. Tel est le sens profond de la défaite militaire d’Israël et de la victoire politique des Palestiniens.

Vous expliquez qu’Israël avait pour objectif la militarisation de la seconde Intifada. Pouvez-vous développer ?

Il ne faut jamais oublier qu’Israël est déterminé à se vouloir victime. Les Palestiniens n’eurent jamais les moyens de constituer une menace militaire. Mais, pour le pouvoir israélien, le fait de se trouver face à une « force » armée, fût-elle fictive, confère sa légitimité à la stratégie militaire d’occupation et de colonisation. Face à cette nouvelle insurrection qu’est la seconde Intifada, la stratégie israélienne est claire : éviter à tout prix le renouvellement d’une Intifada du type de la première, restée longtemps non armée et dont la tentative de répression militaire avait été délégitimée par l’opinion internationale, permettant ainsi une victoire politique palestinienne. D’où la décision de militariser le conflit en provoquant une réaction armée des Palestiniens, afin de se voir reconnu le droit d’employer les armes, y compris les plus lourdes (chars, hélicoptères). Ce qui s’est d’ailleurs effectivement produit.

Vous expliquez également que le mouvement palestinien a pris conscience qu’un principe essentiel était de se battre sur un autre terrain que celui choisi par l’adversaire. Pourquoi ?

C’est précisément à partir de la pratique de la non-violence, c’est-à-dire en passant explicitement de la violence armée à la non-violence, que les Palestiniens ont compris que les Israéliens avaient perdu un pouvoir essentiel : celui de se présenter devant l’opinion publique internationale comme victime des armes palestiniennes. De fait, l’état de victime du pacifisme ou de la non-violence est peu glorieux. Les Israéliens ont alors inventé le terme de « terrorisme pacifiste » pour être plus crédibles et justifier leur violence armée contre une population désarmée…mais sans réussir.

En réalité, le terrain de la non-violence choisi par les Palestiniens, largement médiatisé, qui a rendu simultanément visibles l’image de la non-violence palestinienne et celle de la violence israélienne, a abouti à une chute sans précédent de la légitimité de la violence israélienne. Elle a ruiné la totalité des efforts du système médiatique israélien visant à légitimer l’usage de l’extrême violence, ou de la riposte « disproportionnée ». D’où, aujourd’hui, la volonté des autorités israéliennes de mettre en place une stratégie de communication, où le poids des mots et des photos peut pencher en leur faveur : c’est l’actuel objet de la bataille médiatique et sémantique pour assimiler toute résistance palestinienne, en particulier celle non violente, au terrorisme et à l’antisémitisme.

Dans ce monde où règne la communication télévisée en temps réel, la transmission de la résistance non violente est devenue un enjeu majeur pour l’image de la lutte palestinienne, mais aussi pour le pouvoir israélien très soucieux de présenter les Palestiniens comme l’ennemi terroriste, et de se présenter comme potentielle victime d’une menace permanente des Arabes.

Source : Blog Mediapart, Pascal Boniface, 07-11-2017

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9 réponses à « La résistance palestinienne » – 3 questions à Bernard Ravenel, par Pascal Boniface

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Centenaire Balfour : La Palestine cent ans après, par René Naba

Source : Madaniya, René Naba, 27-11-2017

Texte publié en partenariat avec Golias http://www.golias-editions.fr/http://golias-news.fr/.

« Si j’étais un dirigeant arabe, je ne signerai jamais un accord avec Israël. C’est normal : Nous avons pris leur pays. Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : Nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ?»

David Ben Gourion, premier chef du gouvernement israélien, le 18 juillet 1948, dans les semaines qui suivirent la déclaration unilatérale d’indépendance de l’État Hébreu.

LA PERMANENCE DU GÉOTROPISME OCCIDENTAL OU LE COMPLEXE DE GIBRALTAR

Il serait fastidieux et vain de dresser une chronologie de l’Histoire de la Palestine, c’est-à-dire le récit linéaire des événements tels qu’ils se sont produits depuis la promesse Balfour jusqu’à nos jours, plus exactement depuis la promesse de création d’un Foyer National Juif en Palestine, jusqu’à la prolifération et la consolidation de bantoustans sous occupation israélienne, autour des grandes agglomérations urbaines palestiniennes, Ramallah, Bethléem, Naplouse, Hébron et Djénine.

Des Bantoustans, en guise de Foyer National Palestinien, ayant vocation à constituer le futur état palestinien que les pays occidentaux veulent ériger en guise de solde de tout compte d’un conflit centenaire et dont la responsabilité première incombe exclusivement aux pays occidentaux.

Pas une histoire totale donc, mais une histoire problématisée, c’est-à-dire une histoire qui essaye d’expliquer les raisons de ces événements. Il incombe, pour ce faire, de procéder à un décryptage de l’histoire récente ou plutôt à la déconstruction des mythes fondateurs de la stratégie occidentale à l’égard de la rive méridionale de la Méditerranée, sa rive arabo-musulmane.

LA THÉORIE DU VACUUM, « LE RES NULLUS »

L’Europe, qui a longtemps symbolisé l’Occident, n’a jamais pardonné aux Arabes non seulement la conquête de la rive méridionale de la Méditerranée mais aussi la rive africaine de l’Océan Atlantique. A une époque où la navigation maritime constituait la principale voie de ravitaillement des Métropoles, la présence de l’Islam sur les rives africaines de l’Atlantique a été perçue par l’Europe une menace stratégique sur la navigation transocéanique occidentale, celle reliant l’Europe à l’Amérique Latine (via Dakar).

Au delà de la conquête de marchés captifs et des réserves de matières premières, la colonisation de la Méditerranée a répondu au souci de neutraliser cette menace potentielle ou virtuelle. Cela quand bien même nulle poussée arabe n’a été enregistrée en direction de l’Europe depuis près de quatre siècles, soit pour les Arabes, depuis la perte de Grenade en 1492 et la restauration de la souveraineté catholique sur l’Espagne. Nulle poussée musulmane, non plus, depuis le retrait des troupes musulmanes de l’Empire ottoman des portes de Vienne, le 13 avril 1683. Sous couvert d’une motivation religieuse (la libération du tombeau du Christ à Jérusalem), les Croisades répondaient à cette préoccupation. La colonisation aussi.

Les grands principes universels découlent rarement de considérations altruistes. Elles répondent davantage à des impératifs matériels. Du temps des Croisades, le mot d’ordre mis en avant était la « libération du tombeau du Christ ». Le sac de Constantinople constituera, à cet égard, selon l’historien Jacques Le Goff, une des pages honteuses de l’histoire de l’Occident.

Du temps de la colonisation, ce sera « le fardeau de l’homme blanc » et son double corollaire économique, -la liberté de navigation et la liberté du commerce et de l’industrie-, c’est-à-dire la liberté pour l’Europe de façonner à son image les territoires conquis, d’asservir les peuples, et sous prétexte de civilisation et de modernité, de coloniser leurs territoires pour son expansion économique.

Le promontoire de Gibraltar qui contrôle la jonction Mer Méditerranée-Océan Atlantique est bien revenu sous souveraineté européenne, en fait anglaise, mais les Occidentaux ne se sont jamais libérés du complexe de Gibraltar. Gibraltar (Jabal Tareq), qui tire son nom du conquérant arabe Tarek Ben Ziad continue de retentir dans le subconscient occidental comme un camouflet stratégique majeur.

Toutes les voies de communications maritimes de l’espace arabe sont ainsi depuis quatre siècles sous contrôle occidental. Gibraltar pour la jonction Méditerranée-Océan atlantique, l’île de Massirah, -dans le sultanat d’Oman, qui contrôle le détroit de Bab et Mandeb-, pour la jonction Golfe arabo-persique/Océan indien, enfin Chypre, ou plutôt les bases d’Akrotiri et de Dekhélia pour la jonction Méditerranée- Golfe-Océan indien, via le Canal de Suez.

Les deux bases de souveraineté anglaise de Chypre ont été aménagées en base anglaise de repli après la perte du Canal de Suez, auparavant sous condominium franco-anglais. La nationalisation de la voie d’eau, en 1956 par Nasser a d’ailleurs donné lieu à une expédition punitive franco-anglo-israélienne, première opération militaire conjointe israélo-occidentale contre le Monde arabe destinée à châtier un dirigeant nationaliste arabe, Gamal Abdel Nasser, coupable d’avoir cherché à récupérer sa principale richesse nationale, le Canal de Suez.

D’autres expéditions punitives ont eu lieu depuis Suez. Les guerres croisées des États-Unis en Irak pour le compte d’Israël, depuis 2003, la guerre d’Israël au Liban contre le Hezbollah pour le compte de l’Amérique, en 2006, constituent de parfaites illustrations de l’intrication d’Israël dans la stratégie occidentale.

DE LA VACUITÉ GÉOGRAPHIQUE : UN PEUPLE SANS TERRE POUR UNE TERRE SANS PEUPLE

Le Foyer National Juif s’est déployé en Palestine, précisément, et non à Madagascar ou en Argentine comme cela était prévu dans le projet originel pour l’évidente raison que la mise en place de cette entité occidentale au cœur du Monde arabe répondait avant tout à un géotropisme permanent des puissances coloniales :

Le verrouillage de l’espace arabe au prétexte de la liberté de navigation et de la sécurité de la route des Indes : Gibraltar, le Canal de Suez, l’île de Massirah, la côte des pirates auront ainsi tout au long de l’histoire moderne constitué autant de jalons de l’expansion européenne, autant de places fortes de garnison et de vigiles de l’Empire britannique.

L’implantation du Foyer National Juif en Palestine a été précédée de la conquête de l’Algérie, en 1830, du protectorat de la France sur la Tunisie, en 1881, du protectorat anglais en Égypte, en 1882. Elle est concomitante du Mandat français sur la Syrie et le Liban, en 1920 et du Mandat anglais sur l’Irak et la Palestine.

Soixante dix ans après l’indépendance des pays arabes, au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, la présence militaire occidentale est plus forte qu’à l’époque coloniale.
L’ensemble arabo-musulman est ainsi enserré dans un maillage, sans doute l’un des plus denses au monde. Qu’on en juge : le Qatar abrite la base du centcom, la plus importante base américaine du tiers monde dont la zone de compétence s’étend de l’Afghanistan au Maroc et le Bahreïn le QG de la V me flotte américaine opérant dans la zone Golfe-Océan indien.
Zone de pré positionnement des troupes américaines dans le golfe, le Koweït sert de base arrière pour le ravitaillement stratégique des troupes combattantes américaines dans la zone.

L’Arabie saoudite abrite sur la base du prince sultan, -dont la superficie excède la superficie de Paris, les avions radars Awacs-, et le Maroc, la base aérienne de Kénitra pour la surveillance aérienne depuis la rive arabe du passage de Gibraltar. Enfin le Sultanat d’Oman, sur l’île de Massirah relevant de sa souveraineté, une base aéronavale anglaise verrouille la jonction Océan Indien-Golfe arabo-persique.

Au passage, relevons que la quasi-totalité des monarchies arabes se trouvent en situation de subordination ou, pour être charitable, de « servitude volontaire » vis-à-vis des puissances occidentales. L’importance de l’implantation du Foyer National Juif en Palestine apparaît rétrospectivement ainsi comme un élément du maillage.

Le choix de la Palestine s’est fait en vertu du principe de la vacuité géographique. L’habillage idéologique à cette entreprise de prédation se résumait par ce slogan « Un peuple sans terre pour une terre sans peuple». Un slogan mystificateur car il revenait à nier l’existence d’une population dont les ancêtres s’étaient frottés victorieusement aux Croisés, en Palestine.

Nier l’existence d’une civilisation, marquée par une économie agricole réputée pour son huile, ses vins, le vin de Latroun, ses agrumes, les oranges de Jaffa célèbres dans l’ensemble de la Méditerranée, bien avant la fertilisation du désert par les vaillants Kibboutznik, autre mystification de la légende sioniste.

LES DIVERSES DÉCLINAISONS DE LA NOTION DE VACUITÉ

La notion de vacuité s’est depuis lors déclinée dans toutes ses variantes. De la vacuité géographique nous sommes ainsi passés à la vacuité culturelle puis à la vacuité politique.
-La vacuité culturelle : La Palestine a été décrétée en situation de vacuité par application de la théorie de Metternich « le Res Nullus » , tout simplement parce qu’elle a eu la mauvaise idée de se situer du mauvais côté de la frontière et de l’imperium européen :
« En dehors des frontières de la civilisation, il était loisible d’insérer librement, au milieu des populations plus ou moins arriérées -et non contre elles- des colonies européennes qui ne pouvaient être que des pôles de développement», expliquera benoîtement le chancelier autrichien.
Autrement dit, la Palestine n’était pas un territoire vide démographiquement, mais culturellement, vide d’une sorte de vacuité culturelle, car ne répondant pas au standard européen. Près de cent ans plus tard, l’Irak était, à son tour, frappé de « vacuité politique », qu’il importait de lui appliquer la démocratie américaine, avec les déplorables conséquences que l’on constate quotidiennement sur le terrain.

LA VACUITÉ POLITIQUE OU LA NÉGATION DE L’IDENTITÉ PALESTINIENNE

La théorie de la vacuité palestinienne s’applique d’ailleurs d’une manière discontinue depuis 1948 sur le plan politique.

L’absence de progrès dans la recherche de la paix a toujours été imputée à l’absence de volonté de paix chez les Arabes, ce qui a été vrai un certain temps, mais qui n’est plus vrai depuis 1982 (adoption du plan de Fès-Maroc), et surtout à l’absence d’interlocuteurs palestiniens, ce qui n’a jamais été vrai.

Des « animaux à quatre pattes », selon l’expression de l’ancien premier ministre Golda Meir, aux « cafards » d’Avigdor Liberman, le chef de file de la droite radicale, les Palestiniens ont rarement été identifiés pour eux mêmes, pour ce qu’ils sont, des Palestiniens, les habitants originels de la Palestine.
Quand ils n’étaient pas qualifiés de « terroristes », ils ont été tour à tour, arabes israéliens ou habitants des territoires (lesquels ?) ou alors, selon leur appartenance communautaire ou ethnique (druzes, bédouins) jamais arabes palestiniens ou tout simplement palestiniens.

La négation de l’identité palestinienne a trouvé son illustration la plus achevée avec la mise en résidence forcée de Yasser Arafat, Président démocratiquement élu de la Palestine et Prix Nobel de la Paix, par le dirigeant israélien le plus controversé pour ses pratiques terroristes, le premier ministre Ariel Sharon avec la complicité des pays occidentaux. En revanche, les tortuosités israéliennes relèvent elles du registre de la générosité.

Tout le monde se souvient des « offres généreuses » d’Ehoud Barak, le prédécesseur de Sharon, lors des négociations israélo-palestiniennes de Way Plantation sous l’égide du président Bill Clinton.
La mystification des « offres généreuses » n’a pas tenu longtemps car elle a été vite dénoncée par des journalistes israéliens eux-mêmes, puisqu’elles consistaient à obtenir de Yasser Arafat une reddition sans condition tant sur le statut futur de Jérusalem que sur le statut des réfugiés palestiniens, que sur leur Droit au retour).

La promesse Balfour est en fait une promesse faite, le 2 novembre 1917, par le ministre anglais des Affaires étrangères Arthur James Balfour à Lord Walter Rothschild d’aménager un « Foyer National Juif en Palestine».
Arthur Koestler, un écrivain nullement suspecté d’antisémitisme, en tirera un accablant constat qui se passe de commentaires : « Pour la première fois dans l’histoire, écrira cet auteur hongrois anticommuniste philo sioniste, « une nation promet solennellement à une autre (nation en gestation) le territoire d’une troisième nation».
Une fraction de la Palestine est promise aux Juifs non pour les dédommager des atrocités commises à leur égard par les Palestiniens ou les Arabes, mais en compensation des persécutions qu’ils ont eu à subir en Europe. En somme, comme cela se dit vulgairement, c’est à dire dans le langage populaire, « on les dédommage sur le dos de la bête».

Plus cruellement, l’Occident chrétien a pensé purger son passif avec le judaïsme et lui témoigner sa solidarité expiatoire en créant l’état d’Israël en vue de normaliser la condition juive diasporique dans des composantes nationales claires (Abraham B. Yehoshua).

Mais il a dans le même temps transmuté son contentieux bimillénaire avec une religion longtemps considérée comme « déicide » en un conflit israélo-arabe et un conflit islamo-judaique, en négation avec la symbiose andalouse. Ce faisant, l’Occident a transféré en terre arabe les problèmes lancinants de l’antisémitisme récurrent des sociétés occidentales.

L’histoire du Monde arabe contemporain demeurera incompréhensible à quiconque ne prendra en considération la blessure originelle représentée par l’implantation de l’état d’Israël en Palestine tant il est vrai que de toutes les grandes dates qui jalonnent l’Histoire des Arabes, la date du 15 Mai 1948, est sans doute la plus traumatique.

LA RUPTURE DU CONTINUUM STRATÉGIQUE DU MONDE ARABE

Au-delà des considérations bibliques, la création d’une entité occidentale au cœur du Monde arabe à l’intersection de sa rive asiatique et de sa rive africaine, scellait la rupture définitive de la continuité territoriale de l’espace national arabe, la rupture du point d’articulation entre la voie continentale et la voie maritime de la « Route des Indes », la voie marchande des caravanes reliant le couloir syro-palestinien à son prolongement égyptien, une rupture stratégique du continuum au point de confluence des voies d’eau arabes (le Jourdain, le Yarmouk, le Hasbani et le Zahrani) et de ses gisements pétroliers, source de sa richesse, de son décollage économique et de sa puissance future.

Un choc à tous égards traumatique. Il sera vécu à juste titre comme tel, comme une amputation du patrimoine national, une spoliation de l’identité arabe. Il conditionnera durablement la relation du Monde arabe et de l’Occident à l’époque contemporaine et explique une large part de sa nature conflictuelle, de ses dérives successives, de ses déflagrations répétitives, et, enfin dernière et non la moindre des conséquences, l’aversion révulsive et la méfiance instinctive que continue de nourrir le camp arabe face à toute initiative occidentale.

DÉCOUPLAGE GOLFE MÉDITERRANÉE : LA PAIX COMME APPÂT À LA CAUTION ARABE D’UNE POLITIQUE BELLICISTE OCCIDENTALE

Au delà de la théorie du vacuum, la stratégie occidentale a toujours cherché à opérer un double découplage :

  • Découpler la zone du golfe de la zone méditerranéenne du monde arabe, c’est-à-dire la zone d’abondance repue et docile de la zone de pénurie, découpler sa chasse gardée pétrolière de la turbulence de la démographie frondeuse de la Méditerranée.
  • Découpler les problèmes du golfe arabo-persique du conflit israélo-arabe, utilisant le règlement de la question palestinienne comme un appât pour obtenir une caution arabe à sa politique belliciste à l’égard du monde arabe, quand bien même elle a, elle-même, pris l’initiative de subordonner le règlement du problème palestinien au règlement des problèmes plus généraux du Moyen-Orient.
  • La conférence de Madrid, en 1991, s’est tenue, en novembre-décembre 1990, dans la foulée de la première guerre contre l’Irak. Une belle parade diplomatique sans lendemain. La première percée significative sur la voie de règlement du conflit israélo-palestinien a eu lieu avec les accords d’Oslo, en 1993.

Elle a pu se produire car elle a été opérée, en catimini, entre Israéliens et Palestiniens, à l’insu des impératifs de la diplomatie américaine, non par un élan de générosité israélienne à l’égard des Palestiniens mais pour la simple raison que le premier ministre israélien de l’époque Yitzhak Rabin était parvenu à la conclusion, au terme de la première Intifada, que ce conflit de basse intensité, saignait l’économie israélienne en une lente hémorragie, altérait l’image d’Israël, alors que l’occupation pervertissait la moralité de la jeunesse israélien.

Les accords d’Oslo prévoyaient la constitution d’un État palestinien dans un délai de cinq ans. La feuille de route de George Bush, lancée en 2003 dans la foulée de l’invasion américaine de l’Irak, prévoyait, elle aussi, l’édification d’un État palestinien dans un délai de cinq ans, c’est-à-dire en 2008. Le dernier forcing de Condoleeza Rice au Moyen-Orient, trois voyages au premier trimestre 2007, vise à soulager la pression anti-américaine sur l’Irak.

LE PÉRIL CHIITE : L’OBJECTIF DE DIVERSION DE LA DIPLOMATIE OCCIDENTALE

Entre temps, la diplomatie occidentale s’est fixée un objectif de diversion :

  • Combattre le péril chiite, suscité par les Américains en décapitant les deux adversaires idéologiques -et sunnites- de l’Iran chiite révolutionnaire, les Talibans, en Afghanistan, en 2001, et l’Irak baasiste et laïc de Saddam Hussein, en 2003.
  • Combattre la menace nucléaire iranienne suscitée par la prépondérance militaire israélienne et son hégémonie régionale du fait de sa possession de l’arme atomique et son refus de se soumettre aux contrôles prévus par le Droit International quand bien même l’Iran est devenue une puissance régionale redoutée non pas tant sous l’effet d’une politique volontariste, mais par effet d’aubaine consécutive à la politique erratique américaine.

L’Islam sunnite, sous l’égide du président égyptien, Gamal Abdel Nasser, puis de Yasser Arafat, chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, a été diabolisé lorsqu’il s’est identifié au combat nationaliste arabe pour la restauration des Droits Nationaux Palestiniens. Nasser comme Arafat ont été traités d’ « Hitler » par les médias israéliens et leurs alliés occidentaux, alors que les Chiites sous l’autorité du Chah d’Iran étaient cités en modèle de modernité et d’intégration occidentale.

Alors que l’équation se retourne, les dirigeants arabes sunnites, affidés de l’Occident, se voient gratifiés d’un vocable qui se veut flatteur « l’axe de la modération », quand bien même figurent au sein de cette alliance certains des dirigeants les plus rétrogrades de la planète.

C’est Israël qui a introduit la course aux armements atomiques au Moyen Orient et cela depuis cinquante ans et c’est l’Iran qui constitue l’unique danger nucléaire de la zone.
Ce sont quinze Saoudiens qui participent aux attentats aériens du 11 septembre 2001 contre des objectifs américains et c’est l’Irak baasiste et laïc qui est soupçonnée de connivence avec l’organisation fondamentaliste sunnite Al Qaida, quand bien même il est de notoriété publique que l’ordonnateur des attentats du 11 septembre 2001 est le poulain commun des Saoudiens et Américains, Oussama Ben Laden.

Cette drôle de logique illustre le discours disjonctif occidental à l’égard du monde arabo-musulman, une logique variable en fonction des intérêts des occidentaux. Un discours qui explique largement les déboires occidentaux en terre arabe.

Au passage signalons, qu’Israël est le seul état du Monde à vouloir désigner au préalable ses interlocuteurs, en délimitant au préalable l’ordre du jour, en anticipant, au préalable, ses propres résultats, sans que cette morgue ne suscite la moindre critique dans les cercles dirigeants occidentaux, plongés dans une sorte de léthargie amnésique pour tout ce qui concerne le problème palestinien.

Au delà de la diversité des composantes de la fédération américaine, l’Amérique s’est dotée par la force d’un état fédéral de cinquante états -« les États-Unis d’Amérique »- et cherche à s’adjoindre le Canada et le Mexique au sein de l’ALENA, l’Europe, à son tour, s’applique à édifier une Union Européenne de 27 membres, mais tant l’Amérique que l’Europe veillent à maintenir le monde arabe dans un état de balkanisation.

Le bloc atlantiste répugne à la constitution d’un ensemble arabe au nom du particularisme des diverses composantes du Monde arabe (sunnites, chiites, druzes et alaouites, kurdes et arabes, chrétiens et musulmans, Machreq et Maghreb, arabes, kabyles), alors que cet ensemble de près de 400 millions de personnes représente davantage de similitude culturelle et linguistique qu’un plombier polonais et un pécheur maltais ou qu’un résident de l’État huppé du Massachusetts et un texan de San Antonio, ou encore qu’un basque et un breton.

Les Occidentaux s’acharnent ainsi à vouloir appliquer vigoureusement la légalité internationale au Monde arabe, tout en s’exonérant de cette obligation envers Israël, un état « hors la loi », sur le plan international, du fait de son propre comportement, détenteur d’un record mondial absolu des résolutions de l’ONU non respectées par l’État hébreu. Pas moins d’une quarantaine.

Pour aller plus loin sur ce sujet

La liste des résolutions de l’ONU non respectées par Israël http://www.monde-diplomatique.fr/2009/02/A/16775

L’Amérique veut imposer par la force la démocratie dans le Monde arabe, mais n’en tire pas toutes les conséquences lorsque les résultats d’un scrutin démocratique lui sont défavorables.
Elle récuse le Hamas au prétexte qu’il ne reconnaît pas Israël, mais ne souffle mot ni des assassinats extrajudiciaires des dirigeants palestiniens (160 en quatre ans), illégaux au regard du Droit international, ni de l’annexion rampante de la Cisjordanie et du Golan syrien, ou de la judaïsation de Jérusalem, ou enfin du blocus quasi permanent aux populations palestiniennes sous occupation israélienne

RAPPEL À L’ORDRE DES CIRCONVOLUTIONS DES DIVERS PLANS DE PAIX

Le « Plan de partage » des Nations unies aux Palestiniens proposait 47% des 100% du territoire de la Palestine du mandat britannique qui appartenait aux Palestiniens à l’origine. Puis par une sorte de réduction successive, toutes les autres initiatives de paix proposaient des plans dégressifs :

  • Les « Accords d’Oslo » (1993) proposaient aux Palestiniens une superficie réduite de moitié : 22% des 100% qui leur appartenaient à l’origine.
  • L’« Offre généreuse » d’Ehoud Barak aux Palestiniens, réduisait l’offre à sa portion congrue : 80% des 22% des 100% de votre territoire d’origine.
  • La « Feuille de route » envisagée par Bush pour les Palestiniens en vue d’obtenir la caution arabe à la guerre contre l’Irak soumet la création d’un État palestinien à diverses conditions qui constituent un chef d’œuvre d’hypocrisie diplomatique et de mauvaise foi.

La création d’un État palestinien est soumise aux conditions suivantes :

  • La renonciation à la lutte armée, c’est-à-dire la résistance à l’occupation, ainsi que la neutralisation de tous les combattants et leur démobilisation
  • La renonciation au Droit au retour des réfugiés vers les maisons de leurs ancêtres
  • La désignation de représentants politiques agréés par les États-Unis et Israël
  • L’acceptation des faits accomplis sur le terrain notamment la séparation de la Cisjordanie de Jérusalem via le Mur de Sharon, ainsi que les routes de contournement militaire des agglomérations palestiniennes, réservées à l’usage exclusif des Israéliens. Ce dispositif brise la continuité territoriale palestinienne, de la même manière que l’État d’Israël avait brisé le continuum stratégique arabe
  • La renonciation à Jérusalem pour capitale
  • La modification des programmes scolaires dans un sens agrée par les Américains et les Israéliens.
  • L’instauration d’un planning familial et de la limitation des naissances en vue de brider la démographie galopante des Palestiniens

La satisfaction de ces sept conditions pourrait ouvrir la voie à la constitution d’un état palestinien au terme de négociations avec les Israéliens qui porteraient sur 80% des 22% des 47 % du territoire palestinien d’origine.

CENT ANS APRÈS BALFOUR, LE MOUVEMENT NATIONAL PALESTINIEN DANS L’IMPASSE

Un quart de siècle après les accords israélo-palestiniens d’Oslo, le Mouvement National Palestinien est dans l’impasse et sa refondation sur une base révolutionnaire s’impose comme une question de survie, sous peine de dépérissement.

Ayant accédé aux responsabilités suprêmes par défaut, par suite de l’élimination des principaux dirigeants palestiniens par les services israéliens, notamment Abou Djihad, chef de la branche militaire de la centrale, et Abou Iyad, chef des services de renseignenemt, Mahmoud Abbas apparaît comme président par défaut d’une République bananière.

Captif de la puissance occupante, sans charisme, discrédité par l’affairisme de son entourage, président d’une « République Bananière » sous contrôle rigoureux de son ennemi israélien, Mahmoud Abbas, est néanmoins partisan d’une coopération sécuritaire avec l’État Hébreu.

Sa présence à la tête de l’Autorité Palestinienne est perçue comme « le moindre mal », par ses parrains occidentaux, trop heureux de cet abcès de fixation, oubliant que « politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal est que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal » (Hannah Arendt (Responsabilité et Jugement).

Le Mouvement National Palestinien est l’unique Mouvement de Libération Nationale au Monde à avoir commis deux fautes stratégiques à l’effet de le projeter dans une impasse tragique, au point de dénaturer son combat, en dépit d’un lourd tribut payé à la reconnaissance de la légitimité de sa cause, en dépit du bien fondé de sa revendication.

1ère faute : La renonciation à la lutte armée de l’OLP

La renonciation à la lutte armée avant la satisfaction de ses objectifs nationaux, autrement dit la répudiation guérilla, la marque de fabrique des guerres de Libération, un des fondements du combat national, a constitué la première faute majeure, rendant le mouvement palestinien captif de l’agenda des parrains d’Oslo, les États-Unis.

2e faute : La dérive stratégique du Hamas lors de la guerre de Syrie (2011-2017)

La décision du Hamas de privilégier une alliance avec les pétromonarchies, sur une base sectaire, en reniant ses anciens frères d’armes, -la Syrie, l’Iran et le Hezbollah libanais, pourtant artisans de sa propulsion militaire-, a constitué une dérive rarissime dans les annales des guerres de libération nationale, en même temps qu’un acte d’ingratitude absolu mettant en question la crédibilité politique du mouvement et la pertinence de son appréciation des rapports de force régionaux.

Cette aberration idéologique explique la suspicion et la perplexité que le Hamas projette parmi les nombreux sympathisants de la cause palestinienne à travers le Monde.

Suprême infamie : L’Arabie saoudite a capitalisé une rente de situation sur une position maximaliste à connotation antisémite sur le conflit israélo-arabe, au cours du premier demi siècle de son existence, pour finir par détourner les combattants vers l’Afghanistan, à cinq mille km du champ de bataille de la Palestine, dans la décennie 1980 ; par une instrumentalisation de l’islam contre arme de combat contre l’athéisme soviétique, avant de basculer, pour la survie du trône wahhabite, vers une normalisation rampante avec Israël, à la mesure de l’annexion rampante de la Palestine par l’État Hébreu, pour la survie du trône wahhabite au prétexte de combattre l’Iran schismatique chiite.

Pour toutes ses raisons, il m’a paru nécessaire de vous offrir cette lecture en contrechamp de l’Histoire de la Palestine tant il est vrai que le passé éclaire très cruellement le présent, et sans doute l’avenir, qu’il est tout aussi vain de vivre dans la pénombre et la périphrase, et, d’admettre enfin, et là je m’adresse aux amis de l’état hébreu qui se déclarent attacher à son existence, qu’Israël ne connaîtra une légitimité que lorsqu’il aura été pleinement reconnu par sa victime, les Palestiniens, librement, souverainement, sans condition préalable.

Les Occidentaux soutiennent le droit à la sécurité d’Israël et le Droit à l’existence du peuple palestinien, sans l’assortir de considérations sur sa sécurité.

À en juger par les multiples actions préventives menées par Israël au cours de son histoire, l’équation vraie, le bon droit, consiste à réclamer non un droit à la sécurité d’Israël et un devoir d’insécurité pour les pays arabes, mais un droit égal à la sécurité pour l’ensemble des pays de la zone, y compris la Palestine, car il est tout aussi légitime pour Israël que pour les pays arabes de disposer d’un droit égal à la Sécurité.

Souvenons nous, in fine, que tant qu’existe un revendicateur un Droit ne se perd pas et une fausse symétrie ne sert pas une bonne administration de la justice.

Source : Madaniya, René Naba, 27-11-2017

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Le monde musulman réagit à la décision de Trump sur Jérusalem

Le monde musulman réagit à la décision de Trump sur Jérusalem

La Ligue arabe d’une part, et l’Organisation de coopération islamique présidée par la Turquie d’autre part, se réunissent pour définir quelle réponse donner à la décision de Donald Trump d’installer l’ambassade américaine à Jérusalem.

Des manifestants Palestiniens à Gaza réagissent à l’annonce de Donald Trump le 5 Décembre 2017.

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Des manifestants Palestiniens à Gaza réagissent à l’annonce de Donald Trump le 5 Décembre 2017. / Mahmud Hams/AFP

Face à la volonté inflexible du président américain, les dirigeants du monde musulman s’organisent.

Ligue arabe réunie samedi

Après une première réunion mardi 5 décembre qui a rassemblé les délégués permanents de ses États membres, la Ligue arabe organise samedi 9 décembre, à la demande des délégations palestiniennes et jordaniennes, une réunion d’urgence des ministres des affaires étrangères des pays membres.

Par ailleurs, le président turc Recep Tayyip Erdogan convoque à Istanbul un sommet de l’Organisation de coopération islamique (OCI) mercredi 13 décembre.

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Ces réunions extraordinaires ont pour objectif de définir rapidement une réponse collective à la décision, qui doit être confirmée mercredi 6 décembre par Donald Trump, de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

L’Organisation de coopération islamique, un sommet mercredi

Recep Tayyip Erdogan, est particulièrement mobilisé. Le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a appelé mercredi l’administration américaine à « revenir immédiatement » sur sa « grave erreur ». « Jérusalem est notre honneur, Jérusalem est notre cause commune, a-t-il ajouté. Comme l’a dit notre président hier, Jérusalem est notre ligne rouge. »

Le président turc, président de l’OCI, a déclaré s’être entretenu mercredi avec les chefs d’État ou de gouvernement des principaux pays membres de l’organisation, la Malaisie, la Tunisie, l’Iran, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Indonésie.

La question de Jérusalem sera aussi au centre d’entretiens que Recep Tayyip Erdogan doit avoir mercredi à Ankara avec le roi de Jordanie Abdallah II, dont le pays est le gardien des Lieux saints musulmans de Jérusalem.

La Syrie condamne la décision

Mercredi 6 décembre dans la matinée, le ministère syrien des affaires étrangères a lui aussi condamné la décision américaine. « Cette initiative dangereuse de l’administration américaine montre clairement le mépris des États-Unis à l’égard de la loi internationale », a indiqué une source au ministère des affaires étrangères citée par l’agence officielle Sana.

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« Le président américain n’aurait pas osé prendre cette initiative sans son alliance avec des régimes arabes qui ont comploté et continuent de comploter contre la Syrie et contre la cause palestinienne », poursuit-elle, en faisant allusion à l’Arabie saoudite, alliée de Washington au Moyen-Orient.

Une décision fruit d’un « complot », estime l’Iran

Le président iranien Hassan Rohani a lui-aussi réagi lors d’un discours prononcé dans la matinée à Téhéran. L’Iran «ne tolérera pas une violation des lieux saints musulmans», a-t-il affirmé lors d’un discours devant des responsables politiques et religieux de plusieurs pays musulmans réunis dans la capitale iranienne.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui s’est exprimé plus tôt, a lui vu dans la décision américaine un geste désespéré, fruit de l’«incompétence» des Etats-Unis. «Le monde islamique s’opposera assurément à ce complot», a-t-il déclaré.

Jérusalem, au carrefour des trois religions monothéistes

Jérusalem, au carrefour des trois religions monothéistes

Depuis sa conquête par David, Jérusalem est à la fois la ville du Père, la ville du Fils sacrifié et la Ville sainte

Jerusalem 

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Jerusalem  / Kyrylo Glivin/kirill4mula – stock.adobe.com

Comment Jérusalem est-elle devenue la capitale spirituelle du monde juif ?

La Bible évoque Jérusalem pour la première fois en Gn 14,18, où il est question de Melchisédec, roi de Salem. Le sacrifice d’Isaac a eu lieu sur le mont Moria où fut établi plus tard le Temple de Jérusalem (Gn 22,2 et 22,14). C’est David qui, remarquant les atouts naturels et stratégiques du lieu, quitta Hébron, où il avait installé sa capitale, pour Jérusalem, après avoir battu les Jébusites installés là depuis des temps reculés (2 S 5,5-9). Il revint à Salomon, fils de David et de Bethsabée, de construire au Xe siècle av. J.-C. le premier temple de pierre. Les tribus montaient vers ce sanctuaire unique pour adorer le Dieu unique.

Jérusalem devint ainsi de manière indissociable une capitale politique et religieuse où retentissait la voix des prophètes qui s’efforçaient de ramener le peuple au Seigneur Dieu. Détruit par les Babyloniens en 587 av. J.-C., le Temple fut reconstruit après le retour des exilés libérés par Cyrus, roi des Perses. Mais la ville ne retrouva jamais son autonomie politique. Elle tomba sous l’influence des Grecs, puis des Romains qui, au coeur de l’été 70 apr. J.-C., décidés à écraser une révolte juive, détruisirent le Temple reconstruit par Hérode le Grand. Une seconde insurrection juive, en 132, aboutit à la destruction totale de la ville.

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Reconstruite sous le nom d’Aelia Capitolina, celle-ci sera dès lors interdite à la population juive. Menacé de disparaître, le judaïsme va se redéfinir, apprendre à vivre sans le Temple, autour de l’étude de la Torah et de la piété. Le souvenir de Jérusalem sera néanmoins, et jusqu’à aujourd’hui, entretenu, prenant une place importante dans la prière, imprégnant les rites et la vie. Et le 9 du mois Av, date symbolique de la destruction du Temple, deviendra un jour de jeûne.

Puisque le Temple unique était détruit et la Ville sainte inaccessible, s’est également peu à peu développée parmi les juifs de la diaspora l’idée d’une Jérusalem « spirituelle ». Cité que Dieu s’est choisie, « lieu d’origine », « mère de toutes les nations », Jérusalem est le lieu de la promesse et du rassemblement des nations qui adoreront le même Dieu au temps de la venue du Messie attendu. Selon le Talmud : « Le jour où le sanctuaire a été détruit ici bas, le Saint, béni soit-il, a juré de ne pas entrer dans la Jérusalem d’en haut avant la rentrée d’Israël dans la Jérusalem d’en bas. »

Que représente Jérusalem pour les chrétiens ?

Tout le parcours de Jésus est une préparation à sa rencontre avec Jérusalem, où sa vie reçoit toute sa signification. Il y prend son dernier repas, veille dans le Jardin des oliviers, est crucifié sur le Golgotha, y est enterré… puis apparaît à ses disciples. C’est l’Évangile de Jean qui accorde le plus de place à Jérusalem. Jésus y monte plusieurs fois avec ses disciples pour célébrer la Pâque juive, fustigeant les marchands du Temple, guérissant le paralytique à la piscine de Bethesda, et l’aveugle de naissance qui se lave à la piscine de Siloé. Mais pour les quatre Évangiles, c’est à Jérusalem que s’accomplit le parcours de Jésus.

Ce n’est pourtant que trois cents ans après sa mort que l’on tenta de repérer les lieux où il avait vécu, été crucifié et enseveli. Des voix – comme Eusèbe de Césarée ou Grégoire de Nysse – s’élevèrent alors pour rappeler que Jérusalem n’avait, pour les chrétiens , plus de signification théologique, puisque Jésus avait proclamé une rupture – le Royaume n’est plus enraciné dans une terre , mais dans la personne de Jésus, sa vie et son enseignement – mais aussi parce que la Jérusalem terrestre est trop terrestre et que notre Jérusalem est au ciel, comme le chante l’Apocalypse, que seule l’Église en est déjà l’image, dans l’attente de la Jérusalem nouvelle de la fin des temps. Ces voix restèrent alors isolées.

En 324, Constantin, empereur chrétien de tout l’Empire romain, avait en effet rendu son nom à Jérusalem, fait effectuer des fouilles, mis en valeur les lieux saints, construit des sanctuaires, et Jérusalem était ainsi devenue une ville de pèlerinage. Dans les siècles suivants, elle sera objet de désamour, surclassée par Constantinople et par Rome, avant de redevenir simplement pour les chrétiens la ville où l’histoire du salut a pris corps, l’Église mère de toutes les Églises, vers laquelle les chrétiens font pèlerinage.

Pourquoi Jérusalem est-il un lieu saint pour les musulmans ?

Si Jérusalem fait partie des villes saintes de l’islam, elle n’occupe que la troisième place, derrière La Mecque et Médine. Au début de sa prédication, Mohammed se tournait vers Jérusalem pour prier. Il aurait alors vécu une expérience mystique qui l’aurait transporté de La Mecque à Jérusalem, où aurait eu lieu son ascension aux cieux.

Le Coran se fait l’écho de ce voyage mystique dans un passage devenu, pour toute la tradition musulmane, le fondement de son attachement à Jérusalem. C’est le début de la sourate 17 : « Gloire à celui qui a fait voyager de nuit son serviteur de la Mosquée sacrée (al masjid al harâm) à la mosquée très éloignée (al masjid al aqsâ) dont nous avons béni l’enceinte. » Le nom de Jérusalem n’est pas cité. Mais la tradition a identifié le lieu de ce voyage nocturne avec le mont du Temple. Quand l’islam est devenu une religion autonome, les fidèles vont se tourner vers la Ka’ba de La Mecque pour leurs prières rituelles.

Jérusalem perd alors de sa primauté, mais pas de son importance qui va s’affirmer quand en 638, la ville, alors exclusivement peuplée de chrétiens, sera conquise par le calife Umar. L’islam, qui s’affirme héritier du judaïsme et du christianisme, marquera alors la ville de ses propres références, soulignant ainsi qu’une nouvelle religion avait repris le flambeau. Durant le Moyen Âge, toute une littérature va glorifier Jérusalem – la ville noble, « la sainte maison de l’islam », « la résidence royale d’Allah ». « Venez à la ville du Sanctuaire, priez-y, car c’est le lieu de la Résurrection. » Depuis, les musulmans du monde entier attendent le moment de reprendre dans la paix le chemin de la Ville sainte.

https://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Jerusalem-au-carrefour-des-trois-religions-monotheistes-_NG_-2009-05-06-534433?from_univers=lacroix&from_univers=lacroix

DIRECT. Jérusalem : huit pays demandent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après la décision de Donald Trump

DIRECT. Jérusalem : huit pays demandent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après la décision de Donald Trump

« Le moment est venu de reconnaître officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël », a déclaré le président américain, mercredi.

Le Conseil de sécurité de l\'ONU, à New York (Etats-Unis), le 29 novembre 2017.
Le Conseil de sécurité de l’ONU, à New York (Etats-Unis), le 29 novembre 2017. (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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Vincent DanielFrance Télévisions

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Ce qu’il faut savoirHuit pays ont demandé, mercredi 6 décembre, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël. « Les missions de Bolivie, d’Egypte, de France, d’Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d’Uruguay demandent à la présidence » japonaise du Conseil de sécurité « d’organiser une réunion d’urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine », indique un communiqué de la mission suédoise. Suivez la situation dans notre direct.

Décision historique de Donald Trump. « Aujourd’hui, enfin, nous reconnaissons l’évidence, à savoir que Jérusalem est la capitale d’Israël », a martelé le président américain lors d’une brève allocution depuis la Maison Blanche, rompant avec des décennies de diplomatie américaine.

Emmanuel Macron condamne la décision. Pour le président français, ce qu’a déclaré Donald Trump « contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu »« Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute le communauté internationale, le statut de Jérusalem devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations unies », a poursuivi le chef de l’Etat.

Le Premier ministre israélien salue un « jour historique ». Benyamin Nétanyahou a aussi affirmé que la décision du président américain ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem, affirmant l’engagement israélien à maintenir le « statu quo ».

Pour le président palestinien, les Etats-Unis ne peuvent plus jouer leur rôle de médiateur. « Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies », a déclaré Mahmoud Abbas.

Pour le Hamas, Trump « ouvre les portes de l’enfer ». C’est ce qu’a déclaré Ismaïl Radouane, un haut responsable du mouvement islamiste palestinien aussitôt après la déclaration de Donald Trump. Il a appelé les pays arabes et musulmans à « couper les liens économiques et politiques » avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #PROCHE_ORIENT

00h05 : Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est convoquée demain matin, par la présidence japonaise, après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

23h46 : Emmanuel Macron, Angela Merkel, l’ONU, le pape François… La communauté internationale condamne la décision de Donald Trumpde reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël. Retrouvez ces réactions dans notre article.

23h29 : L’ensemble des formations politiques palestiniennes appellent à l’organisation de grèves et de rassemblements demain pour protester contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

23h05 : « Les missions de Bolivie, d’Egypte, de France, d’Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d’Uruguay demandent à la présidence » japonaise du Conseil de sécurité « d’organiser une réunion d’urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine », indique un communiqué de la mission suédoise auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.

23h03 : Huit pays, dont quatre européens, deux sud-américains et deux africains, demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël, selon des diplomates.

22h28 : A Istanbul (Turquie), des manifestants se sont rassemblés près du consulat américain pour protester contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

(YASIN AKGUL / AFP)

21h29 : L’Iran prévient que la décision de Donald Trump à propos de Jérusalem provoquera une « nouvelle Intifada ».

21h27 : Angela Merkel « ne soutient pas » la décision de Donald Trump sur Jérusalem

21h19 : L’Union européenne exprime sa « sérieuse préoccupation », par la voix de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, après la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

21h11 : La Première ministre britannique Theresa May annonce que le Royaume-Uni n’est « pas d’accord » avec la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

20h53 : La décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est-elle une surprise ? Pourquoi le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem est-il un choc pour la communauté internationale ? Cette annonce de Donald Trump peut-elle provoquer une flambée de violence ? Et pourquoi le président américain prend-il ce risque ? Franceinfo répond à ces questions pour comprendre les enjeux de l’annonce de Donald Trump.

20h25 : Jérusalem « est la capitale éternelle de l’Etat de Palestine », déclare Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

20h18 : Pour Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, Washington ne peut plus jouer son rôle de médiateur de paix.

20h14 : « Nous condamnons la déclaration irresponsable de l’administration américaine (…) cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l’ONU », réagit le ministre des Affaires étrangères turc, après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

19h57 : Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) appelle dans un communiqué le président Emmanuel Macron à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, à l’instar de son homologue américain Donald Trump. « Le Crif salue la décision historique« , ainsi qu’une « démarche courageuse » afin de « relancer un dialogue sincère pour aboutir par la négociation à une paix durable » entre Israël et les Palestiniens.

19h49 : « C’est une décision regrettable, que la France n’approuve pas et qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. »

Après la décision du président américain de reconnaître « unilatéralement » Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, Emmanuel Macron précise : « Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute le communauté internationale, le statut de Jérusalem devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations unies. »

19h42 : Le statut de Jérusalem ne peut être défini que par la négociation, rappelle l’ONU, après l’annonce de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

19h40 : Emmanuel Macron appelle à « éviter à tout prix les violences », après l’annonce de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

19h40 : a déclaration de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est « regrettable », affirme Emmanuel Macron. La France ne l’approuve pas, précise le chef de l’Etat.

19h35 : La déclaration de Trump sur Jérusalem « détruit » la solution à deux Etats, estime l’Organisation de libération de la Palestine.

19h33 : Donald Trump ouvre « les portes de l’enfer » pour les intérêts américains, réagit le mouvement islamiste palestinien Hamas.

19h32 : Benyamin Nétanyahou assure du maintien du « statu quo » sur les lieux saints à Jérusalem, après l’annonce du président américain.

19h30 : Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou salue un « jour historique » après l’annonce de Donald Trump sur Jérusalem.

19h26 : La décision de Donald Trump intervient malgré les vives réactions de pratiquement toute la communauté internationale contre cette initiative et elle rompt avec la ligne observée depuis des décennies par ses prédécesseurs. La communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur la totalité de la ville, qui abrite des lieux saints pour à la fois les religions juive, chrétienne et musulmane.

19h25 : Donald Trump affirme que Mike Pence, le vice-président des Etats-Unis, se rendra au Proche-Orient « dans les jours à venir. »

19h19 : Après son annonce, le président américain appelle au « calme » et à la « tolérance ».

19h16 : Donald Trump promet de faire tout son possible pour un accord de paix israélo-palestinien.

19h14 : Donald Trump annonce avoir engagé une réflexion pour le déménagement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

19h20 : « Aujourd’hui enfin nous reconnaissons l’évidence, à savoir que Jérusalem est la capitale d’Israël », martèle le président américain.

19h10 : « Le moment est venu de reconnaître officiellement Jérusalem comme étant la capitale d’Israël », déclare Donald Trump.

19h17 : Donald Trump va annoncer sa décision concernant une éventuelle reconnaissance de Jérusalem comme étant la capitale d’Israël. Un regain de tensions dans la région est redouté.

16h53 : Pourquoi le possible transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem inquiète une partie de la communauté internationale ? Pour tout comprendre, franceinfo a interrogé Vincent Lemire, maître de conférences à l’université de Paris-Est-Marne-la-Vallée et spécialiste de l’histoire de la ville sainte. « Jérusalem est le point central des négociations et du processus de paix. Ce serait une décision unilatérale gravissime : la première puissance mondiale déciderait de s’asseoir sur le droit international« , explique-t-il.

La Vieille ville de Jérusalem, et le dôme du Rocher, troisième plus important lieu saint musulman, le 5 décembre 2017.

(AMMAR AWAD / REUTERS)

16h26 : Tous craignent que cette décision ne ravivent les tensions dans la région. Les groupes palestiniens ont ainsi appelé à trois « jours de rage ». Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Un rassemblement est prévu demain à Ramallah en Cisjordanie.

(Ibraheem Abu Mustafa / Reuters)

16h26 : Les mises en garde, y compris celle du pape François, de la France, de l’Iran, du Pakistan, de l’UE, de l’Arabie saoudite ou de la Chine, affluent à l’adresse du président américain, qui s’apprête à prendre une décision historique en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël.

16h20 : Bonjour @question. Cette décision n’engage en rien les autres pays du monde, lesquels pourront continuer de considérer Tel Aviv comme la capitale israélienne. Comme l’explique Le Monde, « une telle décision isolerait totalement les Etats-Unis. »

16h15 : Bonjour, en quoi la nouvelle reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme siège de sa mission diplomatique vaut-elle la reconnaissance sine die de Jérusalem comme capitale de l’ état d’Israël ? Merci.

16h27 : La volonté de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël continue de rencontrer l’opposition des chefs d’état du monde. Le Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé au monde et allié des Etats-Unis depuis la guerre froide, s’est dit « opposé sans équivoque » à cette décision.

15h52 : « Une telle mesure ne servira qu’à faire le jeu des groupes terroristes. »

Le président turc estime que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Washington est une mesure dangereuse. Il s’est exprimé à l’issue d’un entretien à Ankara avec le roi Abdallah II de Jordanie.

13h21 : L’Iran « ne tolèrera pas une violation des lieux saints musulmans. Les musulmans doivent rester unis face à ce grand complot ».

Le président iranien Hassan Rohani a fustigé la décision que doit prendre son homologue Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, assurant que son pays ne le tolérerait pas.

13h19 : Bonjour @Anonyme Pour l’instant, les officiels français n’ont pas fait de déclarations. Cependant, nous savons qu’Emmanuel Macron s’est inquiété auprès de Donald Trump de cette décision de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël.

13h19 : Des réactions en France concernant la décision américaine sur Jérusalem?

12h38 : L’organisation basée au Caire, en Egypte, avait déjà mis en garde hier les Etats-Unis contre une décision de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Elle représenterait une « menace [pour] la stabilité régionale » , selon son secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit.

12h37 : Les délégations palestiniennes et jordaniennes à la Ligue arabe ont demandé une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères. Elles voudraient discuter de la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, annonce l’institution panarabe. Selon une source diplomatique, cette réunion au niveau ministériel devrait se tenir samedi.

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/la-france-n-approuve-pas-la-decision-regrettable-de-donald-trump-de-reconnaitre-jerusalem-comme-la-capitale-d-israel-reagit-emmanuel-macron-suivez-notre-direct_2502049.html#xtor=EPR-51-[la-france-n-approuve-pas-la-decision-regrettable-de-donald-trump-de-reconnaitre-jerusalem-comme-la-capitale-d-israel-reagit-emmanuel-macron-suivez-notre-direct_2502049]-20171206-[titre]

Statut de Jérusalem: les mises en garde affluent vers Trump, dont celle du pape

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Statut de Jérusalem: les mises en garde affluent vers Trump, dont celle du pape

Mercredi 6 décembre 2017 à 11h45
Statut de Jérusalem: les mises en garde affluent vers Trump, dont celle du pape
(AFP)

Les mises en garde, y compris celle du pape François, ont afflué mercredi à l’adresse de Donald Trump alors que le président américain s’apprête à prendre une décision historique en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël.

« Je ne peux taire ma profonde inquiétude », a déclaré le pape lors de son audience hebdomadaire, « j’adresse un appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l’ONU ». Il a exalté « sagesse et prudence » devant le risque d’ajouter aux convulsions mondiales.

Le souverain pontife, venu à Jérusalem en 2014 lors d’une visite chargée de symboles, ne peut qu’accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints de trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

Sa voix n’est que l’une de celles à s’être élevées mercredi pour s’alarmer des conséquences possibles et du risque de violences causé par la question de Jérusalem, haut lieu de spiritualité mais aussi chaudron diplomatique.

Dans une intervention prévue à 18H00 GMT, M. Trump doit rompre avec des décennies de diplomatie américaine et internationale et reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. A la différence d’autres présidents qui avaient fait la même promesse, il tiendra un engagement de campagne et ne fera là que reconnaître « une réalité » à la fois historique et contemporaine, a dit un responsable américain sous le couvert de l’anonymat.

– Sujet passionnel –

Repousser cette reconnaissance « n’a, pendant plus de deux décennies, en rien aidé pour arriver à la paix », a-t-il dit.

Le locataire de la Maison Blanche ordonnera par ailleurs de préparer le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Il ne fixera pas de calendrier pour ce déménagement qui devrait prendre « des années ».

Dans un apparent souci d’apaiser les Palestiniens, M. Trump est prêt à soutenir « une solution à deux Etats » sans rien imposer à personne, a dit le responsable, alors qu’il s’est jusqu’alors, à la grande frustration des Palestiniens, gardé d’adhérer à l’idée d’un Etat palestinien indépendant, solution référence de la communauté internationale.

Les experts s’accordent à dire que les décisions de M. Trump ne devraient avoir qu’un impact diplomatique limité, et qu’elles n’engagent que les Etats-Unis. Mais la question de Jérusalem et en particulier de ses lieux saints est éminemment passionnelle.

Toute reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Les groupes palestiniens ont appelé à manifester à partir de ce mercredi.

La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « éternelle et indivisible ».

L’ONU a répété mercredi que le statut de la ville devait être négocié entre Israéliens et Palestiniens.

– ‘Incendie’ régional –

« L’avenir de Jérusalem est quelque chose qui doit être négocié avec Israël et les Palestiniens assis côte à côte dans des négociations directes », a dit l’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, lors d’une conférence à Jérusalem.

Alors que chacun guettait sa réaction, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est au contraire resté totalement silencieux sur le sujet lors de son discours au cours de la même conférence.

M. Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, a aussi ordonné la discrétion à ses ministres pour ne pas attiser les tensions, selon les médias.

Plusieurs d’entre eux ont cependant salué l’augure, tel le ministre de l’Education Naftali Bennett qui a appelé d’autres pays à emboîter le pas aux Etats-Unis. Pour lui, « non seulement cette décision ne fait pas obstacle à la paix, mais elle constitue un pas spectaculaire vers la paix ».

L’Autorité palestinienne, interlocutrice des Etats-Unis, d’Israël et de la communauté internationale, a pourtant prévenu que les Etats-Unis se discréditeraient comme intermédiaire impartial de toute entreprise de paix et que l’effort actuellement mené par les collaborateurs de M. Trump pour tenter de ranimer une dynamique moribonde seraient considérés comme terminés.

Le Hamas islamiste, deuxième force palestinienne ostracisée par une bonne part de la communauté internationale, a estimé que « toute les lignes rouges (étaient) franchies ».

Le roi Salmane d’Arabie saoudite, grand allié de Washington, a prévenu qu’une telle décision risquait de provoquer « la colère des musulmans », tant Jérusalem, qui abrite le troisième lieu saint de l’islam (l’esplanade des Mosquées), est un cri de ralliement puissant pour les musulmans. La Turquie a brandi le spectre d’un « incendie » régional.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan compte réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul. Les délégations palestiniennes et jordaniennes à la Ligue arabe ont demandé mercredi une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères.

La Chine et le Royaume-Uni, deux membres permanents du conseil de sécurité, mais aussi la Syrie, ont joint leur voix au concert de réprobation.

Preuve de la tension que l’attente de cette décision suscite dans la région, les Etats-Unis ont interdit aux employés du gouvernement américain tout déplacement personnel dans la Vieille ville de Jérusalem et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël et contigu à Jérusalem.

https://www.medias24.com/filafp/afp-106409-Statut-de-Jerusalem-les-mises-en-garde-affluent-vers-Trump-dont-celle-du-pape.html

Revue de presse nationale et internationale.