Archives pour la catégorie ITALIE

LES MINI-BOTS ITALIENS VONT-ILS TUER L’EURO ?

LES MINI-BOTS ITALIENS VONT-ILS TUER L’EURO ?

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 13 JUIN 2019 | ARTICLES1710 

Une dizaine de jours après l’élection européenne, la Commission européenne, par la voix de son commissaire Pierre Moscovici, a annoncé une « procédure de déficit excessif fondée sur la dette » envers l’Italie (bizarrement pas la France, qui souffre pourtant d’un déficit public supérieur…). Comme pour répondre à cet affront, le Parlement italien a voté – à l’unanimité, il faut le signaler – une motion concernant la création de « mini-BOTs », c’est-à-dire de Bons du Trésor ordinaires (Buoni Ordinaro del Tresorio) de montant unitaire faible (« mini »), du niveau d’un billet de banque, pour pouvoir être utilisé couramment. Ils n’offriraient pas d’intérêts et seraient sans échéance, ce qui les assimileraient à des monnaies traditionnelles.

Ces mini-BOTs répondraient à un problème concret et lancinant : l’État italien a des arriérés de paiement d’environ 60 milliards d’euros envers les entreprises italiennes. Solder cette dette creuserait le déficit et l’endettement public de façon importante, ce que Bruxelles interdit. D’où l’idée des mini-BOTs, qui seraient émis pour le montant de cette dette, versés aux entreprises, qui pourraient ensuite s’en servir pour payer leurs impôts, sans que les « critères de Maastricht » ne soient affectés.

Ensuite, ce circuit fermé (État-entreprises-État) pourrait s’élargir : les entreprises pourraient utiliser ces mini-BOTs entre elles, puis pour payer une partie des salaires de leurs salariés et, ainsi, les particuliers pourraient les utiliser. Ces mini-BOTs deviendraient alors une véritable monnaie parallèle. Dans ce modèle, 1 mini-BOT = 1 euro, on resterait dans le cadre de l’euro, même si cette création monétaire irait à l’encontre des traités européens qui imposent une monnaie unique.

L’étape suivante consisterait à décréter que 1 mini-BOT = 1 « nouvelle lire », par exemple, et qu’elle soit cotée sur le marché des changes aux côtés des autres devises, dont l’euro, pour se retrouver dans un système à deux monnaies. La marche ultime serait de convertir, du jour au lendemain, les avoirs en euros dans la nouvelle monnaie (1 euro = 1 nouvelle lire). Et voilà l’Italie sortie de l’euro ! L’Italexit est mis en œuvre. Tout ceci relève de la fiction, bien entendu, mais les Italiens viennent tout de même de décider d’en écrire la première page avec cette motion parlementaire.

Il y a juste un petit oubli dans ce scénario : la balance Target2. Ce système de compensation entre les banques centrales de la zone euro traduit les déséquilibres des balances des paiements entre les pays (quand un Italien achète une Mercedes, cela se concrétise par une créance de la Banque centrale allemande sur la Banque centrale italienne). Le déficit se creuse pour l’Italie (500 milliards d’euros) tandis que les créances explosent pour l’Allemagne (plus de 900 milliards d’euros), qui serait ainsi la grande perdante d’un Italexit ! Un cataclysme susceptible de faire exploser la monnaie unique.

Alors, finalement, peut-être que ces mini-BOTs ne sont qu’un moyen de pression sur Berlin, le vrai patron en Europe, pour que le gouvernement italien puisse légèrement accroître son déficit budgétaire (qui restera inférieur au déficit français, mais personne ne vient embêter Macron, moins turbulant que Salvini il est vrai…). Ou peut-être pas ; les Italiens auraient déjà pris la décision de s’affranchir de la monnaie européenne, et ils y vont pas à pas. Les mois qui viennent seront cruciaux, et la perspective d’une nouvelle crise de l’euro, d’un niveau nettement supérieur à la crise grecque en 2011, se renforce.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

https://or.fr/actualites/mini-bots-italiens-vont-ils-tuer-euro-1559

Publicités

Européennes: Salvini renforce son emprise sur l’Italie

Européennes: Salvini renforce son emprise sur l’Italie

  • 27/05/19 à 14:45
  • Mise à jour à 14:45
  • Source : AFP

L’homme fort de la politique italienne, Matteo Salvini, a encore renforcé son emprise sur le gouvernement populiste au pouvoir à Rome, après les élections européennes où la Ligue a dépassé les 34% tandis que son allié le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) est tombé à 17%, selon des résultats quasi-définitifs.

© Belga

Après le dépouillement de plus de 99,9% des bulletins, la Ligue obtient 34,3% des voix, alors qu’elle avait à peine dépassé les 6% aux européennes de 2014 et atteint 17% aux législatives de mars 2018.

C’est un triomphe pour M. Salvini, qui avait repris en 2013 cet ancien parti sécessionniste du Nord, alors en perdition, pour en faire une formation nationaliste désormais en plein essor, même dans le Sud.

Surtout, il a complètement renversé le rapport de force avec le M5S, grand perdant du scrutin avec 17% des voix, très loin de ses 32,5% de mars 2018.

« C’est un peu comme une secousse, et quand ils iront en Europe, ils se feront entendre un peu, pas comme ceux d’avant qui ont tout donné à l’Europe en laissant l’Italie derrière », a déclaré à l’AFPTV Leone Di Vincenzo, un électeur de 71 ans.

Lundi matin devant la presse, M. Salvini a martelé qu’il n’entendait pas remettre en cause le gouvernement de Giuseppe Conte ni le « contrat de gouvernement » signé l’an dernier. Mais « nous voulons simplement mettre les priorités ».

« Nous dirons non »

Il a cité les promesses phares de la Ligue jusqu’à présent freinées par le M5S: réduction des impôts, autonomie réclamée par les riches régions du nord, ligne ferroviaire Lyon-Turin…

Il ne s’est pas attardé sur les possibles alliances de la Ligue au Parlement européen, où le grand groupe souverainiste qu’il visait semble impossible à réunir.

Mais il a prévenu que l’éventualité d’une procédure d’infraction contre l’Italie en raison de son déficit budgétaire ne l’émouvait pas: « Si la lettre de la Commission dit comme toujours +taillez, taillez, taillez+ (dans les budgets), nous dirons non ».

Et il a relevé les excellents scores de la Ligue sur l’île italienne de Lampedusa (45%) qui voit encore débarquer des migrants, ou dans le village calabrais de Riace (30%), ancien modèle d’accueil.

« Cela montre que la demande d’une immigration limitée, contrôlée, n’est pas seulement un caprice de Salvini. Les Italiens le demandent et c’est l’une des premières batailles que nous allons gagner dans la nouvelle Europe », a relevé le chantre des « ports fermés ».

Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, doit s’exprimer en début d’après-midi et a convoqué les députés et sénateurs M5S dans la soirée.

Pour Giovanni Orsina, politologue à l’université Luiss de Rome, il est possible que le M5S refuse de rester un satellite de la Ligue et rompe l’alliance.

« Ombres noires »

« La possibilité d’aller aux élections à l’automne est supérieure à 50%, à moins qu’il y ait un alignement très marqué du M5S sur le leadership salvinien, ce qui pour eux est difficile », a-t-il ajouté, prédisant « une semaine de tractations frénétiques ».

Le bon résultat de l’autre parti d’extrême droite italien, Fratelli d’Italia (FdI, frères d’Italie), qui a obtenu environ 6,4% des voix, pourrait inciter M. Salvini à chercher ses alliés ailleurs. « Ombres noires », titrait d’ailleurs lundi la Repubblica, journal de centre gauche inquiet de voir l’extrême droite à plus de 40% en Italie.

En mars 2018, la Ligue s’était présentée aux côtés de FdI et de Silvio Berlusconi, redescendu dans l’arène malgré de sérieux ennuis de santé pour tenter d’enrayer la chute de son parti Forza Italia (FI, droite), qui n’a pas fait mieux que 8,8%.

Le vieux milliardaire retrouve à 82 ans un siège de parlementaire à Strasbourg, six ans après avoir été exclu du Sénat italien.

La coalition de droite/extrême droite n’a pas de majorité au Parlement mais dirige nombre de régions et communes et est donnée gagnante des régionales organisées dimanche dans le Piémont (nord-ouest).

En face, le Parti démocrate (PD, centre gauche), tombé à 18% des voix en 2018, amorce une remontée en atteignant 22,7% des voix. En revanche, la poussée écologiste enregistrée dans nombre de pays d’Europe n’atteint pas l’Italie: les Verts récoltent à peine 2,3% des voix.

https://www.levif.be/actualite/international/europeennes-salvini-renforce-son-emprise-sur-l-italie/article-news-1145065.html?utm_source=Newsletter-27/05/2019&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBAVULV&&cookie_check=1558971771

Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Les rivalités entre les pays européens et ceux du Golfe se jouent en Libye, mais les intérêts du peuple sont bien loin des préoccupations des puissants
Cette capture d’écran d’une vidéo publiée le 16 avril par l’ANL montre des combattants qui avancent sur Tripoli (division de l’information de guerre de l’ANL/AFP)

La crise en Libye se caractérise par de multiples discours, chacun servant les intérêts d’un ou de plusieurs des nombreux acteurs en compétition sur le terrain pour les restes de l’ancienne Jamahiriya du colonel Mouammar Kadhafi.

Cependant, la dramatique réalité est un conflit déterminé presque exclusivement par des intérêts internationaux très éloignés de la société.

La Libye est particulièrement façonnée par la crise dans le Golfe : le Qatar, la Turquie et l’Italie s’opposent à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis (EAU), à l’Égypte et à la France – les États du Golfe étant les acteurs les plus importants.

Par conséquent, croire que l’Italie, la France ou l’Égypte sont les principaux acteurs extérieurs du conflit libyen est une grave erreur.

La crise économique mondiale a radicalement transformé les relations entre ces acteurs et les monarchies du Golfe, lesquelles constituent la principale source de financement des programmes industriels européens, faisant ainsi d’eux des alliés dociles et accommodants pour les politiques régionales les plus controversées.

La Libye est par ailleurs devenue le théâtre d’une guerre par procuration entre ces différents acteurs, les Saoudiens et les Émiratis soutenant Khalifa Haftar contre des groupes financés par le Qatar et qualifiés par le général de terroristes islamistes.

Renverser Kadhafi

En 2011, l’intervention du Qatar et de la France, qui ont transformé un soulèvement local spontané en un conflit de grande envergure, a déterminé l’effondrement du régime de Kadhafi.

Le Qatar a offert un soutien politique – et probablement financier – aux islamistes traditionnels dont les positions n’étaient pas hostiles envers les monarchies autoritaires du Golfe.

La faiblesse de la plupart des organisations politiques confessionnelles locales l’a toutefois conduit à se concentrer exclusivement sur les Frères musulmans, révélant ainsi les limites et les ambiguïtés idéologiques du groupe.

La France s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché de l’énergie et le secteur des infrastructures en Libye

La France, pour sa part, considérait la Libye principalement d’un point de vue économique, et s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché local de l’énergie et le secteur des infrastructures.

Le soutien initial de la France au Qatar en Libye a également répondu à la nécessité d’apaiser ses partenaires économiques dans le Golfe.

La chute de Kadhafi – obtenue grâce à une campagne de désinformation à grande échelle et à l’intervention de l’OTAN – a constitué à la fois un succès et un échec pour le Qatar, avec la résurgence des Frères musulmans, la colère des Émirats et le début d’une nouvelle phase de conflit.

Finalement, cela a conduit à la marginalisation du Qatar grâce au puissant soutien accordé à l’Égypte et au général Khalifa Haftar.

De cette polarisation, des discours contrastés et contradictoires ont émergé. D’un côté, la campagne de Haftar contre Tripoli s’est muée en bataille des forces laïques contre le terrorisme et le radicalisme islamique, tandis que de l’autre, il s’agissait d’un affrontement entre les forces révolutionnaires – celles qui avaient promu la révolte contre Kadhafi – et réactionnaires.

Le tissu de discours et d’accusations réciproques entre milices, tribus, partis et familles n’en est pas moins complexe.

La guerre par procuration du Golfe

La polarisation du conflit libyen a alimenté la fragmentation politique et territoriale. L’apogée de la confrontation est représentée par la dichotomie entre la vision politique du Qatar et celle des Émirats arabes unis, soutenus par l’Arabie saoudite. Immédiatement derrière cette dimension se trouvent les intérêts d’autres acteurs régionaux.

L’Italie, la Turquie, l’Algérie et la Tunisie soutiennent le Qatar, tandis que les Émirats arabes unis sont alignés avec l’Arabie saoudite, l’Égypte, la France et, pour des raisons différentes, la Russie. Il est plus difficile de définir le rôle des États-Unis, qui sont passés d’une position plus proche du Qatar sous l’administration Obama à une approche plus confuse et souvent changeante sous le président Donald Trump.

Le général Khalifa Haftar participe à une conférence sur la Libye à Paris, le 29 mai 2018 (AFP)

L’Italie tente de défendre ses intérêts énergétiques et infrastructurels en Libye, ainsi que son influence politique et son désir de limiter les migrations à travers cet État nord-africain.

La Tunisie, seul pays du Maghreb où survit une alliance politique associant forces laïques et islamiques, partage des préoccupations communes en matière de sécurité avec la Libye, le long de sa frontière sud.

Pour sa part, la Turquie a toujours manifesté son soutien à l’entité politique de Tripoli, à la fois en raison de la présence de forces islamistes, mais également en raison de réserves croissantes quant aux politiques régionales de Riyad et d’Abou Dabi.

L’Arabie saoudite n’a pas accordé une attention particulière à la Libye, se concentrant davantage sur le fait de repousser des Frères musulmans en Égypte. Riyad soutient les Émirats arabes unis en Libye davantage en raison de leur vision générale commune.

Menace existentielle

L’Égypte est le principal allié des EAU dans la crise en Libye, à la fois en raison de leur lutte commune contre les Frères musulmans et en raison d’inquiétudes stratégiques quant à la sécurité de la longue frontière occidentale entre l’Égypte et la Libye.

La prolifération de combattants armés dans le Sinaï constitue une menace existentielle pour le Caire et la possibilité d’un autre front de crise à l’ouest constitue un danger concret.

La France, pour sa part, considère la Libye à travers les multiples strates d’intérêts locaux liés à la production d’énergie et au développement des infrastructures, et d’opportunités régionales, grâce à l’apaisement de celles qui alimentent l’industrie française.

L’attitude de la Russie à l’égard de la Libye est plus fluide et plus incertaine, reposant sur un mélange d’opposition aux États-Unis et de volonté de se projeter davantage vers la Méditerranée.

Libye : une nouvelle année sanglante causée par l’ingérence occidentale

Lire

Au niveau local, la Libye est divisée entre le Gouvernement d’union nationale (GNA) et la Chambre des représentants. Le contrôle du territoire libyen reste toutefois l’apanage d’un niveau inférieur, représenté par un grand nombre de milices territoriales dont la cohérence et l’orientation politique varient de l’une à l’autre.

Elles ne s’intéressent guère à la définition d’une solution collective au niveau national, mais se concentrent plutôt sur les intérêts locaux.

Haftar est le commandant de l’autoproclamée armée nationale libyenne (ANL), qui, malgré son nom grandiose, est en réalité un groupe de milices très différentes en nombre, en capacité et en extraction politique. L’ANL comprend des unités militaires proches des anciens dirigeants de Kadhafi et des milices salafistes, ainsi que des groupes plus petits formés à la suite de la guerre civile de 2011.

Impasse militaire

Haftar peut compter sur le soutien – plutôt ambigu et souvent versatile – de certaines milices de Zintan, ainsi que de plusieurs mercenaires d’origine européenne, russe et de la région.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar

Ce n’est que récemment que le GNA a réussi à sceller une union formelle, mais extrêmement instable, des principales milices engagées dans la défense de Tripoli. La force de protection de Tripoli a repoussé l’attaque lancée récemment par Haftar. Le GNA est également soutenu par plusieurs milices de Misrata.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar qui, à la suite des réunions de réconciliation nationale à Ghadamès, a tenté d’assurer son propre leadership et l’appui de la communauté internationale, lançant un conflit sous prétexte de lutter contre le terrorisme.

Cependant, faute d’un soutien matériel de leurs alliés du Golfe, les forces de Haftar ont subi des pertes considérables, ce qui a entraîné une impasse militaire sans solution immédiate.

– Nicola Pedde est le directeur de l’ISG-Institute for Global Studies, basé à Rome et à Bruxelles, un think tank indépendant sur le Moyen-Orient et l’Afrique. Il a travaillé pendant près de vingt ans en tant qu’analyste de la politique et la sécurité au Moyen-Orient pour le ministère italien de la Défense.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Nicola Pedde
Nicola Pedde is the Director of the Rome and Brussels based IGS-Institute for Global Studies, an independent think tank focusing on Middle East and Africa. He has worked for almost two decades as an analyst on Middle East politics and security for the Italian MoD.

La Russie en tête du classement mondial des acheteurs d’or alors qu’elle se détourne du dollar américain

La Russie en tête du classement mondial des acheteurs d’or alors qu’elle se détourne du dollar américain

La Russie en tête du classement mondial des acheteurs d'or alors qu'elle se détourne du dollar américain

Les réserves mondiales d’or ont augmenté de 145,5 tonnes du début de l’année à la fin du mois de mars, soit une augmentation de 68% par rapport à la même période de 2018. C’est la plus forte augmentation des réserves mondiales pour cette période depuis 2013, selon le Rapport du World Gold Council (WSG), publié jeudi.

La banque centrale russe a ajouté 55,3 tonnes à ses voûtes au premier trimestre, portant ses vastes réserves d’or à 2 168,3 tonnes, ce qui en fait de nouveau le premier acheteur d’or, a indiqué le rapport.

AUSSI SUR RT.COMCinq pays avec les plus grandes réserves d’or au monde« La Russie a acheté 274,3 t en 2018 – la quatrième année consécutive d’augmentation de + 200 t – tout en réduisant de manière drastique ses avoirs dans le Trésor américain, dans le cadre de sa campagne de » réduction du dollar « , a déclaré le conseil.

La Chine s’est classée deuxième parmi les plus gros acheteurs au cours de la période, avec 33 tonnes. Beijing a repris ses achats en décembre, après une pause de plus de deux ans. Plusieurs autres pays ont considérablement augmenté leurs réserves d’or, notamment l’Équateur, la Turquie, l’Inde et le Kazakhstan.

AUSSI SUR RT.COMJusqu’à ce que la dette nous SÉPARE: la Russie et la Chine continuent de se débarrasser des trésors américainsLe désir d’acheter le métal précieux a été motivé par «l’incertitude économique causée par les tensions commerciales, une croissance atone et un environnement de taux d’intérêt bas / négatifs» , a noté le WSG.

La Russie est actuellement le cinquième plus grand détenteur d’or au monde et si la tendance haussière actuelle se maintient, elle pourrait devancer la France et l’Italie et entrer parmi les trois premiers détenteurs d’or d’ici un an.

https://www.rt.com/business/458281-russia-leading-gold-buyer/

Les équipes d’EUBAM Libya ont quitté la Libye

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l’université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Les équipes d’EUBAM Libya ont quitté la Libye

Des Frappes Aériennes Non- Identifiées (FANI) En Libye

Analysis

Des Frappes Aériennes Non- Identifiées (FANI) En Libye

La question du jour : quel est le pays tiers qui fournit ces fameux avions de combat fantômes dont l’un d’eux a bombardé certaines pistes de l’aéroport militaire de Mitiga près de Tripoli ?

La guerre de faible et moyenne intensités en Libye fut l’occasion pour l’usage d’aéronefs de guerre anonymes et non-identifiés pour assister l’un ou l’autre des principaux belligérants.

Des aéronefs pilotés et sans pilote des États-Unis, du Royaume-Uni, de France, d’Italie, d’Égypte, des Émirats Arabes Unis, du Qatar, de Turquie et même de certains pays d’Europe orientale (en sous-traitance avec cahier de chargé) ont participé à ces frappes aériennes non identifiées en Libye. Ce phénomène passé sous silence par les grands médias a un nom : FANI ou Frappes Aériennes Non-Identifiées.

Les forces du maréchal Khalifa Haftar avancent sur Tripoli où siège le Gouvernement d’union nationale présidé par Al-Sarraj, le seul qui soit reconnu par la communauté internationale. Cette avancée des forces de la Cyrénaïque vers la Tripolitaine aggrave un vieux clivage historique entre l’Est et l’ouest de la Libye.

https://strategika51.org/archives/62275

Xavier Moreau – Midterms : « Pour Trump, un immense soulagement »

 Zoom – Xavier Moreau – Midterms : « Pour Trump, un immense soulagement »

Zoom – Xavier Moreau – Midterms : « Pour Trump, un immense soulagement »

Xavier Moreau, directeur du Centre d’analyses politico-stratégiques Stratpol, évoque les résultats des élections intermédiaires aux Etats-Unis qui annoncent un affrontement entre deux Amériques. L’expert de la Russie revient aussi sur les déclarations d’Emmanuel Macron proposant la création d’une vraie armée européenne face à la prétendue menace de Moscou.

Guerre contre la Yougoslavie – Comment l’Italie a conquis le “statut de grand pays”

Guerre contre la Yougoslavie – Comment l’Italie a conquis le “statut de grand pays”

 26

Le 24 mars 1999, la séance du Sénat italien reprend à 20h35 avec une communication de l’onorevole Sergio Mattarella, alors vice-président du gouvernement D’Alema (Ulivo, Pdci, Udeur) : “Onorevolisénateurs, comme informé par les agences de presse, à 18h45 ont commencé les opérations de l’Otan”.

Dans ce moment-là, les bombes des F-16 du 31èmeescadron USA, décollé d’Aviano (Frioul), ont déjà frappé Pristina et Belgrade. Et sont en train d’arriver de nouvelles vagues de chasseurs-bombardiers USA et alliés, partis d’autres bases italiennes.

De cette façon, violant la Constitution (articles 11, 78 et 87), l’Italie est entraînée dans une guerre, dont le gouvernement informe le parlement après les agences de presse, quand désormais elle a commencé.

Vingt jours avant l’attaque contre la Yougoslavie, Massimo d’Alema – comme il le racontera lui-même dans une interview à Il Reformista(24 mars 2009)- avait été convoqué à Washington où le président Clinton lui avait proposé : “L’Italie est tellement proche du scénario de guerre que nous ne vous demandons pas de participer aux opérations militaires, il suffit que vous mettiez à disposition vos bases”.

D’Alema lui avait orgueilleusement répondu “nous prendrons nos responsabilités à égalité avec les autres pays de l’Alliance”, c’est-à-dire que l’Italie allait mettre à disposition non seulement ses bases mais aussi ses chasseurs-bombardiers pour la guerre en Yougoslavie. Participeront en effet aux bombardements 54 avions italiens, attaquant les objectifs indiqués par le commandement USA.

“C’était moralement juste et c’était aussi la façon d’exercer pleinement notre rôle”, explique D’Alema dans l’interview. “Pour le nombre d’avions nous n’avons été seconds que par rapport aux USA. L’Italie est un grand pays et on ne doit pas s’étonner de l’engagement montré dans cette guerre”, avait-il déclaré en juin 1999 en habit de président du Conseil, soulignant que, pour les pilotes, cela avait été “une grande expérience humaine et professionnelle”.

L’Italie joue ainsi un rôle de première importance dans la guerre contre la Yougoslavie. Des bases italiennes décolle la plus grande partie des 1.100 avions qui, en 78 jours, effectuent 38 mille sorties, larguant 23 mille bombes et missiles (beaucoup à l’uranium appauvri) sur la Serbie et le Kosovo.

Ainsi est activé et testé tout le système des bases USA/Otan en Italie, préparant sa montée en puissance pour les guerres à venir. La suivante sera celle contre la Libye en 2011.

Alors que la guerre contre la Yougoslavie est encore en cours, le gouvernement D’Alema participe à Washington au sommet Otan des 23-25 avril 1999, qui rend opérationnel le “nouveau concept stratégique” : l’Otan est transformée en alliance qui engage les pays membres à “mener des opérations de riposte aux crises non prévues à l’article 5, en-dehors du territoire de l’Alliance”.

De là commence l’expansion de l’Otan à l’Est. En vingt années, après avoir démoli la Fédération Yougoslave, l’Otan s’étend de 16 à 29 pays (30 si on englobe maintenant aussi la Macédoine), s’étendant de plus en plus au bord de la Russie.

Aujourd’hui, l’ “aire atlantique-nord” s’étend jusqu’aux montagnes afghanes. Et les soldats italiens sont là-bas, confirmant ce que D’Alema définissait avec orgueil “le nouveau statut de grand pays”, conquis par l’Italie il y a vingt ans en participant à la destruction d’un pays qui n’avait ni attaqué ni menacé l’Italie ou ses alliés.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Come l’Italia conquisto’ lo «status di grande paese»By Manlio Dinucci, March 24, 2019

Édition du 22 mars 2019 deil manifesto,

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

LA GUERRE CONTRE LA YOUGOSLAVIE SERA UN DES THÈMES DU COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LES 70 ANS DE L’OTAN

Le thème “Yougoslavie : il y a 20 ans, la guerre fondatrice de la nouvelle Otan” sera traité, y compris avec documentation vidéo, dans le Colloque international

“Les 70 ans de l’Otan : quel bilan historique ? Sortir du système de guerre, maintenant”, qui se dérouledimanche 7 avril à Florence(Cinema Teatro Odeon, Piazza Strozzi, 10h15-18 heures). Parmi les autres thèmes “L’Europe en première ligne de la confrontation nucléaire”.

Intervenants : M. Chossudovsky, directeur de Global Research (Canada): V. Kozin, expert politico-militaire du Ministère des Affaires Étrangères (Russia); Ž. Jovanović, président du Forum de Belgrade (Serbie); D. Johnstone, essayiste (Usa); P. Craig Roberts, éditorialiste (Usa). Parmi les intervenants italiens : A. Zanotelli, G. Strada, F. Cardini, F. Mini, G. Chiesa, A. Negri, T. Di Francesco, M. Dinucci.

Organisateurs: Comitato No Guerra No Nato et Global Research, avec Pax Christi, Comboniani, Wilpf et autres associations. Pour participer au Colloque (entrée libre) communiquer nom et lieu de résidence à G. Padovano: Emailgiuseppepadovano.gp@gmail.com/ Cell. 393 998 3462

Des migrants déroutent un pétrolier vers Malte, refusant d’être débarqué en Libye

Des migrants déroutent un pétrolier vers Malte, refusant d’être débarqué en Libye

(B2) De peur d’être ramenés en Libye, les migrants et/ou demandeurs d’asile qui tentent la traversée vers l’Europe ont inauguré mercredi (27 mars) un nouveau mode d’action : le déroutage d’un navire

https://player.vimeo.com/video/327003816

Le pétrolier, son équipage et tous les migrants, escortés devaient arriver ce matin à Boiler Wharf à Malte.

Selon des informations confirmées par les autorités maltaises, le capitaine du pétrolier El Hiblu 1 (ou El Hibru), , battant pavillon de Palau, qui avait recueilli une centaine de migrants, en difficulté en mer, a été obligé de se diriger vers Malte, et non vers la Libye, où il avait prévu de débarquer ces 108 hommes et femmes. « Le commandant de bord a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne contrôlait pas le navire et qu’un certain nombre de migrants le forçaient ainsi que son équipage à se rendre à Malte » indique les forces maltaises (AFM) dans un communiqué parvenu à B2 ce matin. Les AFM « ont réussi à établir des communications avec le navire, alors qu’il se trouvait à environ 30 miles nautiques » et se dirigeait toujours vers Malte.

Escorte par un navire de patrouille

Un navire de patrouille, le P21, a alors « empêché le pétrolier de pénétrer dans les eaux territoriales maltaises ». Une équipe de l’unité d’opérations spéciales de l’AFM a été déployée « pour embarquer et sécuriser le navire » et reprendre « le contrôle du navire ». L’équipe était épaulée par un second navire de patrouille, le P51, deux engins Fast Interceptor et un des hélicoptères AW 139 des forces maltaises. « Le P21 a continué d’escorter et de surveiller le pétrolier tout au long de l’opération. »

Une enquête en cours

A leur arrivée, ce matin (vers 8h30), les passagers (migrants) devaient être « remis à la police aux fins d’enquêtes plus approfondies ». Il s’agit notamment de déterminer s’il s’agit d’un acte de piraterie. C’est-à-dire — selon la définition internationale — si un « acte illicite de violence ou de détention ou toute déprédation » a été commis par les ‘passagers’ , « agissant à des fins privées », dirigé contre « un autre navire ou aéronef, ou contre des personnes ou des biens à leur bord, en haute mer » (1).

Un acte de légitime défense

Pour l’ONG Sea-Watch, active en Méditerranée, il faut examiner leur cas « avec un œil d’humanité. Nous comprenons qu’il ne s’agit pas d’un cas de piraterie, mais d’une légitime défense contre une politique meurtrière aux frontières européennes ».

Sea-Watch International@seawatch_intl

The rescued people who took over a merchant vessel after they realized they were being pulled back to Libya, were brought to Malta this morning.
We look to this with an eye of humanity, understanding this not as piracy but as self-defense against a deadly European border policy

(1) Article 101 de la convention du droit de la mer du 10 décembre 1982.

…DES MIGRANTS ONT DÉTOURNÉ UN PÉTROLIER QUI LES A SAUVÉS AU LARGE DE LA LIBYE….

NOUVEL ORDRE MONDIAL] MÉDITERRANÉE : DES MIGRANTS ONT DÉTOURNÉ UN PÉTROLIER QUI LES A SAUVÉS AU LARGE DE LA LIBYE ET SE DIRIGENT ACTUELLEMENT VERS L’EUROPE.LA MARINE REPREND LE CONTRÔLE ENSUITE (VIDEO MEDIA)

Publié le  par 2012nouvelmorguemondial

Des migrants refusant de retourner dans l’enfer libyen ont pris le contrôle d’un pétrolier turc en Méditerranée. Matteo Salvini dénonce « un acte de piraterie » et leur refuse l’accès aux ports italiens, tout comme Malte.
108 migrants ont détourné le cargo turc qui voulait les ramener en Libye après les avoir secourus en Méditerranée. Ce nouvel épisode de la crise migratoire entre l’Europe et l’Afrique est une première. Les rescapés fuyant l’enfer en Libye ont pris le contrôle du navire marchand alors que celui-ci était arrivé à une dizaine de kilomètres des côtes libyennes.

« Ce n’est plus du secours. Il s’agirait du premier acte de piraterie en haute mer », a réagi Matteo Salvini, le vice-premier ministre italien qui reste ferme sur sa décision de fermer tous les ports italiens aux navires portant secours à des migrants en Méditerranée. « Ces migrants ne verront l’Italie qu’à travers un télescope », a ajouté le ministre de l’Intérieur de la Ligue, un parti d’extrême-droite.

Le détournement du « Elhiblu 1 », un pétrolier turc battant pavillon de Palau, un petit Etat du Pacifique, a été confirmé par les autorités de Malte qui ont envoyé des unités navales pour empêcher le cargo d’approcher des côtes maltaises.

Le capitaine ne répond plus
Le capitaine du navire a lui aussi assuré que le cargo avait été détourné lors de sa dernière communication radio. Depuis, le commandant ne répond plus aux appels d’après les autorités maltaises.

L’ONG italienne Mediterranea Saving Humans suit le trajet du navire et rappelle que « selon la convention de Genève, aucun Etat n’a le droit d’expulser un réfugié vers un territoire où sa vie et sa liberté seraient menacés ».

En novembre dernier, 80 migrants qui avaient été ramenés dans le port de Misrata en Libye par un navire marchand avaient refusé de débarquer pendant plus d’une semaine. Des policiers libyens armés étaient intervenus pour les forcer à descendre à terre. En Libye, les migrants sont souvent enlevés et vendus à des trafiquants qui les réduisent en esclavage et les jeunes femmes sont violées.

 Ce détournement intervient alors que l’Union européenne a décidé ce mercredi d’arrêter les patrouilles maritimes de l’opération Sophia qui ont sauvé des milliers de migrants de la noyade en Méditerranée. Cette décision a été prise à la suite de menaces de l’Italie de mettre son veto à l’opération dont la mission est également de lutter contre les réseaux de passeurs et de former les garde-côtes libyens.

A LIRE AUSSI LA SUITE

Malte: la marine prend le contrôle d’un pétrolier détourné par des migrants

 

 

 

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités