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Crise diplomatique avec l’Italie : l’ambassadeur de France sera de retour « aujourd’hui » à Rome

Crise diplomatique avec l’Italie : l’ambassadeur de France sera de retour « aujourd’hui » à Rome

Christian Masset a été rappelé la semaine dernière par Paris en signe de protestation après une série de déclarations jugées « outrancières » de responsables italiens.

La ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau, le 6 février 2019 au palais de l\'Elysée.
La ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau, le 6 février 2019 au palais de l’Elysée. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Christian Masset va retrouver son poste. L’ambassadeur de France en Italie, rappelé il y a un peu plus d’une semaine par le Quai d’Orsay en signe de protestation après une série de déclarations jugées « outrancières » de responsables italiens, va faire « aujourd’hui » son retour à Rome, a annoncé la ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau, vendredi 15 février, sur RTL.

« Le président de la République italienne, M. Mattarella, a appelé le président Macron, ils se sont parlés, ils ont dit ensemble à quel point l’amitié entre la France et l’Italie était importante, à quel point les deux pays avaient besoin l’un de l’autre », a-t-elle rappelé.

« Nous avons aussi entendu des leaders politiques qui s’étaient laissé aller à des paroles ou à des comportements franchement inamicaux et inacceptables montrer qu’ils le regrettaient », a-t-elle ajouté à propos des deux vice-présidents du Conseil italien, Luigi Di Maio et Matteo Salvini.

https://www.francetvinfo.fr/monde/italie/crise-diplomatique-l-ambassadeur-de-france-en-italie-sera-de-retour-aujourd-hui-a-rome-annonce-la-ministre-chargee-des-affaires-europeennes_3191585.html#xtor=EPR-51-%5Bcrise-diplomatique-l-ambassadeur-de-france-en-italie-sera-de-retour-aujourd-hui-a-rome-annonce-la-ministre-chargee-des-affaires-europeennes_3191585%5D-20190215-%5Btitre%5D

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La France rappelle son ambassadeur à Rome, dénonçant les « attaques » de l’Italie

La France rappelle son ambassadeur à Rome, dénonçant les « attaques » de l’Italie

Par Reuters et AFP  |   |  1049  mots
(Crédits : Reuters)
La France a rappelé son ambassadeur en Italie jeudi 7 février après une série de déclarations « outrancières » de responsables italiens, une rare escalade entre deux pays de l’UE qui cristallise un peu plus les lignes de fracture en Europe à quelques mois des élections européennes. Dans le même temps, le vice-président du Conseil italien Luigi Di Maio a réaffirmé qu’il n’y aura pas de ligne Lyon-Turin tant que le M5S sera au pouvoir.

[Article publié le 08.02.2019 à 9h46, mis à jour à 10h50 avec les déclaration de Di Maio sur la ligne Lyon-Turin]

La querelle diplomatique entre la France et l’Italie s’est brusquement envenimée jeudi 7 février avec la décision de Paris de rappeler son ambassadeur à Rome pour « consultations » – une initiative sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à laquelle Rome a répondu par un appel à l’apaisement.

La France dénonce de la part des deux vice-présidents du Conseil italien – Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 Etoiles (anti-système) et Matteo Salvini, leader de la Ligue (extrême droite) – des « accusations répétées » et des « déclarations outrancières » qu’elle juge sans « précédent depuis la fin de la guerre ». En janvier, Matteo Salvini avait notamment accusé Emmanuel Macron de « gouverner contre son peuple ».

Paris ne digère pas la visite italienne aux « Gilets jaunes »

Jusqu’ici, Paris avait choisi de ne pas surréagir afin d’éviter la surenchère. Mais la rencontre mardi en France de Luigi Di Maio avec des représentants des « Gilets jaunes » – auxquels il avait déjà publiquement manifesté son soutien début janvier -, a été la « provocation » de trop.

« Avoir des désaccords est une chose, instrumentaliser la relation à des fins électorales en est une autre », déclare Agnès Von Der Mühll, porte-parole du Quai d’Orsay, en faisant référence aux élections européennes à venir.

Les termes de la déclaration émise jeudi par le ministère français des Affaires étrangères sont désormais sans détour :

« Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable. Elles violent le respect dû au choix démocratique, fait par un peuple ami et allié. Elles violent le respect que se doivent entre eux les gouvernements démocratiquement et librement élus. »

Mais Di Maio assume

Matteo Salvini, qui est également le ministre de l’Intérieur, a répondu dans un communiqué que l’Italie ne cherchait pas de conflit avec la France et marqué sa volonté de « tourner la page », tout en demandant à la France de cesser de refouler les migrants à la frontière et d’héberger des « terroristes » italiens.

Quant à Luigi Di Maio, il a pour sa part rappelé, dans une lettre au Monde ce vendredi, les liens unissant l’Italie au peuple français, « notre ami et notre allié », avant d’expliquer que sa rencontre avec des représentants du mouvement des « Gilets jaunes », était tout à fait légitime.

« Il ne s’agissait pas d’une provocation contre le gouvernement français mais au contraire d’une réunion importante avec une force politique avec laquelle nous avons beaucoup en commun, notamment sur le besoin de démocratie directe afin de donner plus de pouvoir aux citoyens », a-t-il écrit sur Facebook.

Le chef de file du M5S a également rappelé qu’Emmanuel Macron avait à plusieurs reprises critiqué le gouvernement italien parce qu’il ne partageait pas sa vision de l’Europe.

De Beyrouth, Giuseppe Conte a insisté sur la profondeur des liens bilatéraux. « J’aimerais dire que la relation entre l’Italie et la France est ancrée dans l’Histoire et qu’elle ne peut pas être remise en question par des incidents », a-t-il dit lors de ce déplacement officiel. « Je crois que la situation peut être immédiatement réglée », a-t-il poursuivi.

Une situation inédite depuis la fin de la guerre

Ce rappel d’un ambassadeur « pour consultations » est sans précédent entre la France et un voisin européen depuis 1945, tout comme les attaques frontales d’un pays de l’UE envers un autre, apprend l’AFP auprès de source diplomatique.

Si la riposte française est inédite sur le plan bilatéral, elle ne l’est pas au niveau européen. Ainsi la Grèce avait-elle rappelé son ambassadeur en Autriche en 2016 à la suite d’une réunion à Vienne sur la crise migratoire européenne à laquelle elle n’avait pas été conviée.

En 2017, c’est la Hongrie qui avait rappelé son ambassadeur aux Pays-Bas après des critiques contre Viktor Orban.

La France en fait-elle trop ?

Le gouvernement français a démenti ce vendredi 8 février toute volonté de « dramatisation » dans son conflit avec Rome et a appelé l’Italie à s’occuper des intérêts d’un pays « en récession » plutôt que de s’atteler à des « ingérences malvenues ». Chez nos confrères de Radio Classique, Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes, est restée ferme :

« Un membre d’un gouvernement étranger qui vient en France soutenir, non pas un leader politique, mais quelqu’un qui a appelé à la guerre civile, au renversement du président et à un gouvernement militaire, ça n’est jamais arrivé non plus. »

Et d’ajouter :

« Il ne s’agit pas de dramatisation, il s’agit de dire « la récréation c’est fini (…) C’est une ingérence malvenue, un geste inamical de la part de gens qui sont censés être des gouvernants, dont la priorité doit être les intérêts des Italiens. »

Et d’enfoncer le clou, en guise de conclusion :

« Ce que je vois aujourd’hui, c’est une Italie en récession, une Italie en difficulté, je ne m’en réjouis pas parce que l’Italie c’est un partenaire important pour la France. »

Pas de ligne Lyon-Turin avant que le M5S sera au pouvoir

La liaison ferroviaire transalpine à grande vitesse Lyon-Turin (TAV) est l’un des nombreux points de discorde qui pèsent sur les relations diplomatiques entre la France et l’Italie. Dans un entretien accordé au quotidien Il Messaggero, le vice-président du Conseil italien Luigi Di Maio a réaffirmé qu’elle ne sera pas construite tant que le M5S sera au pouvoir. Selon lui, le projet « n’a pas d’avenir ».

Si l’Italie ne devait pas poursuivre le projet TAV, elle encourrait une pénalité comprise entre 2,8 et 3,5-4 milliards d’euros, selon Il Sole 24 Ore de vendredi. Ces chiffres figurent dans un document qui accompagne une analyse du projet menée par une commission nommée par le ministre italien des Transports, ajoute le quotidien.

Cette analyse coûts-bénéfices du projet, qui n’a pas été rendue publique, a été envoyée par Rome à Paris et à l’Union européenne.

La ligne Lyon-Turin, longue de 270 kilomètres environ, a vocation à être en partie financée par des fonds européens.

Vassaux et résistants

Vassaux et résistants

Publié le 8 Février 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis

Depuis l’élection trumpienne, la tête de l’empire tangue. On sait que le Donald doit louvoyer avec son Deep State au bord de la crise de nerfs, donnant là (Iran, Israël, Chine, Venezuela) ce qu’il souhaite retirer ici (Russie, Syrie, Asie centrale). Mais si le système impérial pensait reprendre la Maison Blanche en 2020, il voit avec horreur émerger un présidentiable plus dangereux encore.

Nous avons plusieurs fois évoqué Tulsi Gabbard, notamment sur la Syrie :

Des membres clairvoyants du Congrès (si si, il y en a) ont très vite réagi en introduisant le Stop Arming Terrorists Act. Le nom parle de lui-même… La proposition a été présentée par la délicieuse Tulsi Gabbard, qui en plus d’être jolie est intelligente :

“Si vous ou moi finançons, armons ou supportons Al Qaeda ou l’EI, nous serions mis en prison selon la loi. Or le gouvernement américain viole cette loi depuis des années, en soutenant avec de l’argent, des armes et des renseignements* les partenaires d’Al Qaeda, de Jabhat Fateh al Sham et d’autres groupes terroristes qui luttent pour renverser le gouvernement syrien. Il est temps d’arrêter cette folie. »

Elle était même allée plus loin en janvier 2017 :

A la stupéfaction de la volaille médiatique états-unienne, elle vient de passer quatre jours en Syrie et a osé rencontrer « le monstre ». A son retour, pas repentante pour un sou, elle a doublé la mise sur la nécessité de voter le Stop Arming Terrorist Act avec cet argument de simple bon sens : « Beaucoup de Syriens m’ont demandé pourquoi Washington et ses alliés soutiennent les groupes terroristes alors que c’est Al Qaeda qui a attaqué les Etats-Unis le 11 septembre, pas la Syrie. Je ne pouvais rien leur répondre… »

Dans ces conditions, on imagine aisément que l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2020 a envoyé des ondes de choc dans l’Etat profond et la presstituée à son service. Il n’en fallait pas plus pour qu’un torrent de boue et de propagande s’abatte sur elle. Tout y passe : groupies des dictateurs, nationaliste hindoue, islamophobe, suprémaciste blanche (!), anti-LGBT (la grande mode bobo occidentale). Mais évidemment, l’accusation suprême, celle qui doit faire trembler Hollywood et frissonner dans les chaumières, n’est jamais loin : a-g-e-n-t   r-u-s-s-e.

Tulsi ne se démonte pas et double la mise en dénonçant les désastreuses opérations de changement de régime, en refusant la tentative de putsch au Venezuela et en déclarant tout de go qu’Assad n’est pas un ennemi des Etats-Unis. CNN en a avalé sa parabole de travers…

La journaloperie a d’ailleurs fort à faire par ailleurs. Pour vous donner une idée du niveau d’hystérie outre-Atlantique, la dernière en date est d’ors et déjà à classer au rang des perles rares. Sachez, bonnes gens, que Poutine et les Chinois menacent de faire mourir de froid les habitants… du Dakota ! Eh oui, vous ne le saviez pas, eux non plus, mais les andouilles de la MSN nous l’assurent la bouche en cœur. Mais après tout, n’est-ce pas Mika Brzezinski, la fifille de l’éminence grise lui-même, qui, dans un lapsus merveilleusement révélateur, confirmait que le rôle des médias était de « contrôler la pensée des gens » ?

A mesure qu’il dégringole et que les voix dissidentes sont chaque jour plus nombreuses, le système impérial s’arc-boute. L’Europe symbolise admirablement cet état de chose. Morts de trouille devant la montée des z’horribles populistes, les euronouilles se sont engagées dans une fuite en avant éperdue. Dans le rôle du parfait vassal, Micron excelle. Non content de brader les atouts de la France (fleurons industriels, siège à l’ONU etc.), il semble carrément vouloir hypothéquer son stock d’or ! Alors que les grands pays de la planète amassent le précieux métal pour se prémunir de la crise monétaire qui pointe son nez ou ne plus dépendre du dollar, Paris fait exactement l’inverse… en toute discrétion. Volonté d’entraîner la France dans une voie de non-retour et de ligoter tout futur gouvernement qui aurait des tendances souverainistes ? Connaissant l’eurolâtrie bêlante du pensionnaire de l’Elysée, c’est tout sauf impossible.

A l’inverse, l’Italie ne cesse d’étonner par son indépendance. Nous avons déjà vu que la nouvelle direction transalpine fait frémir l’euronouillerie et refuse de se soumettre aux diktats de Washington, notamment sur le Venezuela. Rome n’arrête pas de faire souffler le chaud et l’effroi sur l’échine impériale. La présidente du Sénat remet par exemple ouvertement en cause les sanctions anti-russes, ce que Salvini avait déjà fait publiquement en Pologne (!) lors d’une visite officielle le mois dernier.

Cerise sur le gâteau, la récente visite du vice Premier ministre italien aux Gilets Jaunes a offusqué le pygmée élyséen, scandalisé devant cette « ingérence inacceptable ». Il était une fois un certain hôpital et une certaine charité Blessé dans son incommensurable orgueil, il a rappelé son ambassadeur à Rome, du jamais vu depuis 1940. Enième exemple de l’hystérisation d’un système qui se dirige vers sa fin.

France-Italie : la grande dispute

France-Italie : la grande dispute

France-Italie : la grande dispute
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Avant, la France et l’Italie étaient amies. Mais ça, c’était avant. Quoique dise le Président du Conseil italien au sujet de l’amitié historique entre Rome et Paris, les relations ne cessent de se détériorer…

Après les propos polémiques des dirigeants italiens sur l’attitude de la France envers l’Afrique et sa responsabilité dans le dossier de l’immigration, Matteo Salvini a poursuivi hier ses attaques dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, des attaques cette fois ciblées sur Emmanuel Macron :

« Il nous donne des leçons de générosité, de bonté, d’hospitalité, de solidarité, puis il rejette des milliers de migrants à la frontière italienne, à Vintimille et dans le Piémont. J’espère que les Français seront bientôt en mesure de se débarrasser d’un très mauvais président. »

« Combines »

Luigi Di Maio, le vice-président du Conseil italien, accuse de son côté la France d’appauvrir l’Afrique et favoriser l’immigration : « Si la France n’avait pas les colonies africaines, parce c’est bien comme ça qu’il faut les appeler, elle serait la 15e force économique mondiale. Au lieu de cela, elle est parmi les premières grâce à ses combines en Afrique ».

Parmi ces « combines » dont parle le Numéro Deux italien, le fait que la France imprime la monnaie, les francs CFA, de quatorze pays africains, de quoi les appauvrir et favoriser l’immigration selon lui.

Hier l’ambassadrice italienne a été convoquée au ministère français des Affaires Etrangères.

« A vomir »

Les relations entre Paris et Rome se sont rafraîchies quand cet été, quelques semaines après l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en Italie, les ports italiens ont été fermés aux migrants, suscitant les critiques françaises.

« L’attitude du gouvernement italien est à vomir« , avait même déclaré Gabriel Attal, le porte-parole de la République en Marche.

Des dirigeants italiens ont aussi prétendu que la France, afin de préserver ses intérêts pétroliers, n’avait pas intérêt à stabiliser la situation en Libye.

« Nous continuerons à travailler avec les institutions du gouvernement français, avec les institutions européennes et les autres pays, pour trouver des solutions partagées« , a dit Giuseppe Conte, tentant d’apaiser l’incendie.

 

https://fr.euronews.com/2019/01/22/france-italie-la-grande-dispute

Italie, tiens-toi sur tes gardes…

Italie, tiens-toi sur tes gardes…


… Bruxelles se fiche de toi comme de l’an quarante


Par Tom Luongo – Le 22 novembre 2018 – Source Strategic Culture

Tom LuongoConstater la trahison complète du Brexit par la première ministre britannique Theresa-dame de plâtre-May est un réveil en fanfare pour les Italiens. Les derniers résultats des sondages en Italie montrent que, si la coalition populiste est impopulaire à Bruxelles, elle est toujours très appréciée des Italiens.


Take Heed Italy, Brussels Doesn’t Care One Whit About You
Photo Twitter

Et c’est une bonne chose, car si vous regardez de près les négociations sur le Brexit, il est clair que tout ce qui compte, c’est que l’UE conserve le pouvoir sur le Royaume-Uni, et non ce qui est dans l’intérêt supérieur de quiconque, britannique ou non.

Les partenaires de la coalition italienne détiennent toujours près de 60% du soutien de tous les Italiens, seule leur préférence a changé. La Ligue du Nord dépasse maintenant le Mouvement 5 étoiles (M5S), 33% contre 26%, tandis que les autres partis de centre-droit, à savoir Forza Italia-Cheval-de-Troie de Silvio Berlusconi se sont effondrés – de 14% à seulement 7% actuellement aux élections de mars.

Et à peu près le même nombre d’Italiens voit maintenant l’UE maltraiter leur pays. Ces chiffres ne feront qu’empirer si l’UE impose des amendes pour avoir présenté un budget que Bruxelles n’aime pas.

De plus, nous constatons maintenant une augmentation du soutien à Italeave. Un récent sondage réalisé par le magazine Politico posté par  Zerohedge montre qu’une petite majorité des Italiens de moins de 45 ans est prête à quitter l’Union européenne.

La foule des plus de 45 ans est toujours éprise de l’idéal de l’Union européenne qui la lie une Europe belliqueuse au lieu de faire face à la réalité de ce qu’elle est vraiment, une oligarchie lointaine et tyrannique dirigée par des technocrates non élus étroitement liés à argent et au vieux pouvoir indestructible.

Je pense que la source de ce soutien vient du contraste saisissant entre la volonté d’apaisement de May, face à la position hargneuse de l’UE contre la témérité du peuple britannique de vouloir sortir de leur union misérable, et la façon dont le vice-Premier ministre Matteo Salvini s’attaque à l’hypocrisie de Bruxelles sur les restrictions budgétaires.

Salvini fait exactement ce qu’il doit faire pour renforcer son soutien et éloigner l’électorat italien de Bruxelles. Ce fut un coup de génie politique de présenter un budget qui apaisait les deux moitiés de la coalition – réductions des impôts et des réglementations et revenu universel de base – tout en respectant les règles budgétaires de l’UE.

Salvini et son partenaire d’insurrection, Luigi Di Maio, ont conçu un parfait poison politique à avaler pour l’UE. Rien dans la proposition de budget n’est vraiment désagréable. Cela ne résoudra aucun des problèmes de l’Italie, ni ne les aggravera matériellement.

Il a été mis en avant pour faire échec aux dirigeants européens qui sont devenus gros et paresseux après avoir tout organisé en leur faveur. Et ils ont sur-réagi de la manière la plus prévisible.

Réfléchissez à ce que l’UE fait avec ce budget : ils menacent de milliards de dollars d’amendes un gouvernement italien endetté jusqu’au cou.

Telle est la définition même d’une «vue basse».

Mais considérez la façon dont ils ont géré le Brexit. Ils ont exigé des sommes énormes du Royaume-Uni pour son départ. Cela s’ajoute aux sommes qu’il verse déjà chaque année dans le budget de l’UE.

Et n’oubliez pas que la seule raison pour laquelle la question de la dette souveraine italienne ne fait pas la une des journaux, c’est que la Banque centrale européenne est le seul acheteur marginal de celle-ci. Et le président de la BCE, Mario Draghi, n’est pas motivé par la charité chrétienne apprise chez Goldman-Sachs.

Il le fait parce que, sinon, tout le système bancaire européen s’effondrerait. Donc tout cela n’est rien de plus que du théâtre kabuki. Et Salvini le sait. Il comprend que l’euro est un piège mortel pour l’Italie. Il sait également qu’il dispose de tous les atouts en raison de la taille de la dette du pays.

Et pourtant, en regardant l’UE agir maintenant, on peut constater la copie exacte de la façon dont elle a négocié le traitement de la dette grecque en 2015.

Elle a refusé de négocier en faisant des demandes déraisonnables. Dans le cas de la Grèce, ils faisaient face à un électorat grec irresponsable qui n’aurait pas soutenu le Grexit, mais, en même temps, donnait au Premier ministre le soutien tout aussi irresponsable, dont il avait besoin pour sortir la Grèce de l’euro.

Donc, la stratégie de l’UE a fonctionné.

Et la même chose se passe avec le Brexit. L’aristocratie britannique ne veut pas quitter l’UE. Theresa May est une adepte du No-Brexit, et de manière si évidemment corrompue qu’elle n’est même plus drôle à ce point-là. Depuis le début, elle a tout le pouvoir et elle agit comme si elle ne le possédait pas.

Alors maintenant, elle a élaboré l’accord que voulait exactement Bruxelles depuis toujours : contrôler la politique fiscale et commerciale de la Grande-Bretagne tout en retirant sa voix au chapitre dans l’UE. Honnêtement, le statut de la Grande-Bretagne, une fois cet accord signé, ne constitue qu’un aperçu de l’avenir de tous les pays restant en Europe, à savoir les impôts sans la représentation1

Cela ne devrait donc choquer personne que l’UE traite Salvini et son gouvernement avec le même dédain et la même dérision. Et c’est exactement ce que veut Salvini. Il doit faire en sorte que Bruxelles devienne le méchant.

Parce que, s’il veut libérer l’Italie de Bruxelles, ce ne peut être seulement son idée. Ce doit être une vague de fond populaire.

Heureusement pour lui et les Italiens en général, les imbéciles en haut-lieu à Bruxelles ne sont que trop heureux de mettre de l’huile sur le feu. Franchement, je pense qu’ils aiment se comporter comme des imbéciles odieux.

Ils pensent vraiment pouvoir se défendre en toute légalité. Mais la vérité est qu’ils ne peuvent pas.

Pourquoi pensez-vous que le président français, Emmanuel Macron, et la potiche qu’est devenue la chancelière allemande, Angela Merkel, souhaitent si ardemment une grande armée de l’UE ? C’est pour envahir et occuper des États membres capricieux et pas pour se protéger de la Russie.

Plus l’UE essaiera d’intimider et de forcer l’Italie à faire ce qu’elle veut, plus les Italiens, même les plus âgés, soutiendront la croisade de Salvini contre eux. Le populisme est populaire dans toute l’Europe.

Et les élections législatives de l’UE, en mai, seront probablement un tournant majeur dans la trajectoire de l’UE. Tous les partis eurosceptiques sont considérablement sous-représentés, par rapport à leur nombre dans l’électorat, selon les sondages actuels. Des centaines de sièges vont changer de mains en mai.

Et beaucoup de nouveaux arrivants n’émargeront pas sur la feuille de paye de la Mafia de Davos. L’UE comprendra peut-être à quel point le projet dans son ensemble est fragile.

Tom Luongo

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

  1. Il est intéressant de rappeler que cette situation a conduit les colonies britanniques à la guerre d’indépendance en 1776

 

http://lesakerfrancophone.fr/italie-tiens-toi-sur-tes-gardes

 

Pacte de l’ONU sur les Migrations : l’Italie n’ira pas à Marrakech, le texte sera soumis au Parlement italien

8 novembre 2018

« Le Pacte Global sur les Migrations est un document qui aborde des thèmes qui posent question y compris parmi les citoyens: il nous paraît donc opportun de parlementariser le débat, et de renvoyer toute décision définitive à l’issue de cette discussion, comme a décidé de le faire la Suisse.

Le Gouvernement ne participera donc pas à [la réunion de] Marrakech, se réservant d’adhérer ou pas au traité seulement après que le Parlement se sera prononcé. » C’est ce qu’affirme le Premier ministre, Giuseppe Conte.

ANSA

lire : http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/11/pacte-mondial-pour-les-migrations-l-individu-tout-puissant-contre-les-peuples.html

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/11/pacte-de-l-onu-sur-les-migrations-l-italie-n-ira-pas-a-marrakech-le-texte-sera-soumis-au-parlement-italien.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

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Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël sont parvenus à conclure un accord sur la construction commune d’un gazoduc en Méditerranée. Il s’agira de l’ouvrage le plus long et le plus profond en mer. Il n’aura qu’une capacité modeste de 12 milliards de m3 par an. Estimé à 8 milliards de dollars, il devrait être mis en service dans 5 ans. Cependant la date de début des travaux n’a pas été annoncée.

L’Égypte, la Palestine, le Liban, la Syrie et la Turquie ne font pas officiellement partie de cet accord alors qu’ils sont concernés par le champ gazier découvert en 2011.

Note : la Turquie n’a aucun rapport avec ce champ, mais occupe Chypre-Nord qui est concerné par lui. En février 2018, la marine militaire turque avait empêché un navire d’exploration italien de sonder les fonds dans les eaux territoriales chypriotes du Nord. En juin, le président Recep Tayyip Erdoğan avait menacé toute entité qui s’aviserait d’entreprendre des recherches sans son autorisation dans cette zone occupée.

En réalité, il semble que le Hamas et l’Égypte soient parties prenantes à cet accord.
- L’autorisation donnée au début du mois par Israël au Qatar de prendre en charge les fonctionnaires de Gaza serait la contrepartie de la reconnaissance par le Hamas de la frontière maritime de la Palestine tracée unilatéralement par Israël. Le gaz palestinien serait donc exploité par Israël et les droits reversés par le Qatar au Hamas.
- Israël a également signé un accord avec l’Égypte pour lui exporter du gaz. Cet accord parallèle a été conclu via la société East Gas, dont les services secrets égyptiens sont l’actionnaire majoritaire. Là encore, du gaz offshore égyptien serait exploité par Israël, puis ré-acheminé en Égypte pour y être liquéfié et exporté.

Ces contournements visent à masquer les contradictions entre les rhétoriques officielles des dirigeants et la réalité de leurs pratiques.

L’ensemble de ces accords a été parrainé par l’Union européenne et le Qatar.

http://www.voltairenet.org/article204084.html

L’UE rejette de nouveau le budget italien et ouvre la voie à des sanctions

L’UE rejette de nouveau le budget italien et ouvre la voie à des sanctions

L'UE rejette de nouveau le budget italien et ouvre la voie à des sanctions © Filippo Montefore
Le vice-président du Conseil italien et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, le président du Conseil italien Giuseppe Conte et le vice-président du Conseil italien et ministre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales Luigi Di Maio.
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La Commission européenne a une fois encore rejeté ce 21 novembre le projet de budget 2019 de la coalition au pouvoir en Italie, qu’elle juge largement en dehors des clous européens. Elle a ainsi ouvert la voie à de possibles sanctions financières.

«Avec ce que le gouvernement italien a mis sur la table, nous voyons un risque que le pays s’enfonce aveuglément dans l’instabilité […] L’ouverture d’une « procédure de déficit excessif » fondée sur la dette est justifiée», a annoncé le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis ce 21 novembre.

Une telle procédure peut aboutir, à terme, à des sanctions financières contre l’Italie. De son côté, le gouvernement italien, composé de membres du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue, a d’ores et déjà annoncé qu’il maintiendrait le cap.

Le 23 octobre, la Commission européenne avait déjà rejeté une première fois le projet de budget 2019 de l’Italie, qui disposait alors de trois semaines pour réviser sa copie. Une première historique pour l’Union européenne. «[Rome] va ouvertement, consciemment à l’encontre des engagements pris», avait déclaré à Luxembourg Valdis Dombrovskis, en faisant cette annonce. «Nous ne sommes pas face à un cas « borderline » mais face à une déviation claire, nette, assumée et par certains, revendiquée», a renchéri le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, lors de cette conférence de presse à Strasbourg.

Malgré les avertissements de la Commission européenne, la coalition au pouvoir avait décidé de présenter un budget creusant le déficit à 2,4% du PIB en 2019, contre 0,8% pour le précédent gouvernement, puis à 2,1% en 2020 et à 1,8% en 2021. Dans le même temps, Rome s’est engagé à ramener la dette publique, actuellement à quelque 131% du PIB, à 126,5% en 2021.

Le budget de l’Italie respecte ainsi un des deux points des critères de convergence dits «de Maastricht» avec un déficit contenu en dessous de 3% du PIB. Mais les remarques de la Commission se fondent juridiquement sur deux nouveaux règlements européens, entrés en vigueur en mars 2013 avec le fameux «pacte budgétaire européen». Ils prévoient qu’en cas d’excès de dette par rapport à la référence des 60% du PIB, l’écart doit se réduire au rythme moyen d’un vingtième par an. Et c’est là le cœur du problème, dans la mesure où le budget italien s’écarte de la trajectoire de désendettement recommandée par les textes de l’Union européenne.

LFI et RN soutiennent le gouvernement italien

Après la première annonce par la Commission européenne du rejet du budget italien 2019, le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a tenu à apporter son soutien à l’Italie, et ce bien qu’il «désapprouve le gouvernement italien». Interrogé à ce sujet le 24 octobre, le député des Bouches-du-Rhône s’est ainsi justifié : «Dans cette affaire, les Français ont intérêt à défendre ceux qui défendent la souveraineté populaire. L’identité nationale française est une identité républicaine qui se confond avec l’idée de souveraineté populaire. C’est la raison pour laquelle il faut évidemment prendre parti pour le gouvernement italien contre la Commission européenne.»

Réagissant, le même jour, sur le plateau de LCI, l’ex-premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis s’est indigné : «C’est la première fois qu’un mouvement de gauche soutient un gouvernement d’extrême-droite, c’est un tournant majeur. Je ne sais pas où on va.»

De manière plus attendue, le Rassemblement national de Marine Le Pen a lui aussi soutenu l’Italie dans le bras-de-fer qui l’oppose à la Commission européenne. Philippe Loiseau, eurodéputé RN, a récemment dénoncé l’attitude de Bruxelles face à Rome et ses «menaces à demi-mots».

Lire aussi : Pourquoi le budget italien pose tant de problèmes à la Commission européenne

https://francais.rt.com/international/55681-ue-rejette-nouveau-budget-italien-ouvre-voie-sanctions

L’Italie refuse de plier face à Bruxelles et maintient son budget

L’Italie refuse de plier face à Bruxelles et maintient son budget

Le Premier ministre Giuseppe Conte au centre entouré de ses deux vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio (à gauche) et Matteo Salvini (le 15 octobre 2018 à Rome) / © AFP/Archives / Filippo MONTEFORTE

La coalition populiste en Italie refuse de plier face à la Commission européenne et ne devrait présenter mardi aucune modification de son budget pour 2019, prenant le risque de sanctions financières, dont la mise en oeuvre reste néanmoins assez hypothétique.

Pour la coalition formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), le budget anti-austérité va relancer la croissance exsangue qui va, elle-même, permettre de réduire le déficit public et la dette.

L’Italie, qui a jusqu’à mardi soir pour revoir sa copie, devrait se prononcer après une réunion entre le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et ses deux vice-Premiers ministres, Matteo Salvini (Ligue) et Luigi Di Maio (M5S), puis un conseil des ministres prévu à partir de 20H00 (19H00 GMT).

Les autorités européennes, soutenues par l’ensemble de la zone euro, restent sourdes aux arguments italiens et fustigent ce budget annonçant un déficit à 2,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2019 et à 2,1% en 2020.

Le 23 octobre, elles ont rejeté ce projet, une première dans l’histoire de l’Union européenne.

La Commission ne croit pas que Rome respectera ce seuil. Selon elle, les mesures prévues dans le budget risquent de pousser le déficit à 2,9% l’an prochain et à 3,1% en 2020.

Elle table en effet sur une croissance de 1,2%, alors que Rome prévoit 1,5%.

– 1%, 1,2% ou 1,5% de croissance ? –

« Le taux de croissance ne se négocie pas, c’est le résultat d’une évaluation extrêmement technique », a martelé mardi le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria, démentant des informations de presse sur des discussions en vue d’une révision.

Mais dans un rapport publié mardi après une mission à Rome la semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé tabler sur 1% de croissance en Italie en 2020 et s’est montré sceptique sur les réformes annoncées par le gouvernement italien.

« L’accent des autorités sur la croissance et l’inclusion sociale est bienvenu », a estimé le fonds, mais les prévisions actuelles devraient maintenir la dette publique autour de 130% du PIB pour les trois prochaines années, mettant le pays à la merci de « chocs mineurs » susceptibles d’imposer des mesures d’austérité qui transformeraient une croissance ralentie en nouvelle récession.

Ces derniers jours, M. Tria a accusé Bruxelles de « défaillance technique » dans ses calculs et expliqué que le gouvernement entendait confirmer les « piliers » de son projet de budget, tout en maintenant le dialogue.

Il a en outre répété que le gouvernement était prêt à prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que le déficit ne dépasse pas le seuil de 2,4%.

En refusant de changer son budget, Rome s’expose à l’ouverture d’une « procédure pour déficit excessif », susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant à 0,2% de son PIB (soit quelque 3,4 milliards d’euros).

– Les marchés, « vrais gardiens » –

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a cependant multiplié les appels au dialogue, espérant arriver à « un compromis ».

Selon Lorenzo Codogno, fondateur du cabinet LC Macro Advisors, « la Commission fera un premier pas pour mener l’Italie vers la procédure de déficit excessif (PDE) avec la publication d’une mise à jour du rapport sur la dette attendue le 21 novembre ».

« D’ici fin janvier, l’Italie sera en PDE mais le délai prévu pour préparer des plan de correction (environ trois à six mois) permettra à l’Italie d’atteindre les élections européennes sans obstacle », a précisé l’ancien économiste en chef du Trésor italien. Et « rien ne se passera avant que la nouvelle Commission ne soit en place » à l’automne 2019.

D’après M. Codogno, faute d’action rapide au niveau européen, les marchés financiers seront, « comme d’habitude, les vrais gardiens de la discipline budgétaire ».

Depuis mi-mai, date du début des discussions pour la formation de la coalition populiste, le spread, l’écart très surveillé entre les taux d’emprunt italien et allemand, a doublé, oscillant désormais autour de 300 points. Selon la Banque d’Italie, cela représente un coût supplémentaire de 1,5 milliard d’euros en intérêts sur six mois.

(©AFP / (13 novembre 2018 17h07)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-Italie-refuse-de-plier-face-Bruxelles-et-maintient-son-budget/971108.rom

Le bras d’honneur de l’Italie à Bruxelles

Le bras d’honneur de l’Italie à Bruxelles

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3746433Alexandre Mirlicourtois

22/10/201804:47

Qui y-a-t-il dans le budget italien qui fasse autant frémir Bruxelles et les marchés ? Il y a d’abord une grande rupture. En bons élèves de la zone euro, les prédécesseurs du Mouvement 5 Etoiles et de la Ligua prévoyaient le maintien de l’excédent primaire (c’est-à-dire du solde budgétaire hors intérêt) à un niveau très élevé et s’étaient engagés à ramener le déficit public à 0,8% du PIB en 2018 avec comme cible l’équilibre ou presque en 2020 afin d’entamer de façon décisive le désendettement du pays.
Avec la nouvelle coalition au pouvoir, l’Italie tourne définitivement le dos à l’austérité et se lance dans un vaste plan de relance keynésien, dont les ménages seront les premiers bénéficiaires. Tout d’abord, c’est la stérilisation des hausses prévues de TVA, pour un coût estimé de 12,5 milliards d’euros. Ce n’est pas à proprement dit du pouvoir d’achat donné en plus aux Italiens mais c’est autant qui ne leur sera pas pris. C’est ensuite, l’instauration du « revenu de citoyenneté ». Il consiste à donner un revenu ou un complément de revenu pour que chaque personne résidant depuis plus de 10 ans en Italie dispose d’au moins 780 euros par mois pour vivre. Coût estimé 9 milliards d’euros. C’est enfin une réforme des retraites à contre-sens de ce qui se fait en Europe avec l’abaissement de l’âge de départ. C’est le principe du « quota 100 », un système simple qui ouvre le droit à la retraite lorsque la somme de l’âge et des années de cotisation est égale à 100, à partir de 62 ans, donc avec 38 années de cotisations. A 63 ans avec 37 années de cotisations ainsi de suite. Le coût de cette mesure est estimé à 7 milliards d’euros en 2019.
Toutes ces prises de décisions sont à analyser à l’aune, 1) de l’évolution du taux de pauvreté et d’exclusion sociale en Italie qui a considérablement augmenté depuis 2008 et qui est 7 points supérieurs environ à la moyenne de la zone euro.2) De la faiblesse de la consommation par habitant au regard du reste de la zone euro et dont le niveau en 2017 est nettement inférieur à celui d’avant crise.

 

Autofinancer le déficit
Deuxième volet, la relance de l’investissement public pour 3,5 milliards d’euros en 3 ans. Là aussi, il faut prendre du recul. Alors que l’investissement public représentait 3,4% du PIB en 2009, il est désormais inférieur à 2% et c’est un effort structurellement inférieur à celui de la zone euro.
L’axe du troisième volet tourne plutôt autour de l’offre avec pêle-mêle des allègements fiscaux sur les bénéfices réinvestis en R&D ou équipement permettant de garantir des embauches stables, c’est aussi l’instauration d’une flat tax pour les travailleurs indépendants (y compris microentreprises). C’est un peu léger face à l’ampleur des problèmes de productivité en Italie dont la courbe est plate depuis plus de 15 ans maintenant.
Le coût total de ce budget a été estimé par l’Observatoire des finances italien entre 108 et 126 milliards d’euros sur 5 ans soit de 6 à 7 points de PIB. Un budget ambitieux financé en partie par emprunt, c’est à dire en laissant filer le déficit public qui selon la feuille de route du gouvernement atteindrait 2,4% du PIB en 2019 pour revenir à 1,8% en 2021. Mais tout l’enjeu réside dans la capacité de l’économie italienne à créer de la croissance et de l’emploi et donc à autofinancer ce déficit au fil du temps. Le gouvernement italien, c’est normal, y croit avec une croissance du PIB prévue de 1,5% environ sur les trois prochaines années, soit une croissance relevée de 0,5 point environ par rapport aux années précédentes avec un multiplicateur qui serait de l’ordre de 1. Pas certain mais pas impossible.
Quoi qu’il en soit le projet de budget sera très vite confronté aux jugements des agences de notation (Moody’s a déjà abaissé sa note) et des marchés. Une envolée des taux serait bien évidemment fatale et menacerait la soutenabilité de la dette publique à moyen terme dans un pays où le taux d’endettement public dépasse 130% du PIB.
Mais si le gouvernement italien parvient à mener à bien ses réformes sans crises financières cela serait un sacré pied de nez aux politiques de rigueurs prônées par Bruxelles et montrerait une bonne fois pour toute que la rigueur ça marche quand cela s’arrête. Ce n’est pas impossible : le Portugal le montre depuis deux ans. Il sera alors temps de se demander pourquoi l’Europe refuse les politiques qui marchent.

Mots clés : Europe / Zone euro, Budget, Déficit, Endettement, Italie, Europe