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La news la plus lue hier : Gouvernement en Italie: accord des partis antisystème sur un programme et un 1er ministre

La news la plus lue hier : Gouvernement en Italie: accord des partis antisystème sur un programme et un 1er ministre

Rome – Luigi Di Maio et Matteo Salvini, chefs de file des partis antisystème, ont trouvé un accord sur un programme de gouvernement et un nom pour le poste de Premier ministre, ont annoncé dimanche soir les médias italiens en citant des sources des deux partis.

Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 Etoiles (M5S) « a passé un bref coup de téléphone au secrétaire général de la présidence (de la République italienne) pour annoncer qu’ils (lui et le chef de la Ligue Matteo Salvini, ndlr) sont prêts dès demain (lundi) à rendre compte de tout, y compris le nom du futur Premier ministre », a indiqué l’agence AGI.

Ce dernier devra être validé par le chef de l’Etat, qui pourrait annoncer sa nomination en début de la semaine.

Ce sera « un politique et non un technicien », a indiqué M. Di Maio à l’issue d’une deuxième journée de tractations, à Milan (nord), avec son homologue de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini et leurs principaux lieutenants.

Les deux hommes doivent se voir à nouveau lundi à Rome, avant d’être reçus au Quirinal, le palais présidentiel.

Un représentant du M5S, joint par l’AFP, a indiqué que Luigi Di Maio tenait à réserver la primeur des informations sur le programme avec la Ligue et le nom du chef du gouvernement au président Mattarella.

Selon les médias, le candidat pour diriger la troisième économie de la zone euro devrait être une « tierce personne » n’appartenant ni à la Ligue ni au M5S. Elle devra aussi faire autorité au plan international et être en mesure de rendre compatible avec Bruxelles la tonalité eurosceptique du futur exécutif.

(©AFP / 13 mai 2018 20h18)

https://www.romandie.com/news/La-news-la-plus-lue-hier-Gouvernement-en-Italie-accord-des-partis-antisysteme-sur-un-programme-et-un-1er-ministre_RP/917532.rom

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Les intérêts économiques des Européens en Iran, pays par pays

Les intérêts économiques des Européens en Iran, pays par pays

Le président américain Donald Trump montre le document ordonnant de rétablir les sanctions contre Téhéran le 8 mai 2018 à la Maison Blanche / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le rétablissement des sanctions américaines à l’encontre de l’Iran, annoncé par Donald Trump, pourrait avoir des conséquences économiques importantes pour les signataires européens de l’accord nucléaire de 2015. Tour d’horizon des principaux pays concernés.

Allemagne

L’Allemagne est le premier exportateur européen vers l’Iran. Elle a vu ses échanges avec la République islamique progresser depuis 2015, livrant pour 2,57 milliards d’euros de biens en 2016 (+22% sur un an), puis 2,97 milliards l’an dernier (+15,5% sur un an). Berlin y exporte surtout des machines, produits pharmaceutiques et produits alimentaires. Téhéran a de son côté vendu pour 314 millions d’euros de biens en 2016 et 410 millions l’an dernier.

Siemens, présent dans le pays depuis 1868, s’était relancé en Iran en mars 2016 en s’associant à l’iranien Mapna dans les turbines à gaz et les générateurs pour centrales électriques, puis avait signé en janvier dernier un contrat portant sur 12 compresseurs pour deux usines de traitement du gaz naturel. Daimler avait de son côté signé dès janvier 2016 des protocoles d’accord avec deux groupes iraniens pour produire et commercialiser des camions Mercedes-Benz.

Italie

Les exportations vers l’Iran ont crû en 2016 de près de 30% sur un an, dépassant 1,5 milliard d’euros. En 2017, elles ont de nouveau connu une hausse de 12,5%, à 1,7 milliard d’euros.

En janvier, l’Italie avait accordé une ligne de crédit de 5 milliards d’euros afin de soutenir les investissements italiens dans le pays.

Si le groupe Eni n’a pas, par prudence, signé d’accord avec Téhéran depuis la fin des sanctions, la société de chemins de fer Ferrovie dello stato italiane en a conclu un pour la construction de deux lignes ferroviaires à grande vitesse. Le groupe de construction navale Fincantieri a aussi signé plusieurs accords de coopération et développement.

L’AFP a également interrogé vendredi l’entrepreneur italien Alberto Presezzi, présent en Iran via une société de compresseurs et turbines, et qui se trouvait mercredi à Téhéran afin de « négocier un contrat important » lors d’un salon international.

Il a souligné que tout retard ou hésitation côté européen « donnerait un avantage aux autres acteurs, surtout aux Chinois, qui sont très agressifs dans le pays et qui se présentent avec des lignes de financement importantes ».

France

Selon une source diplomatique, les exportations tricolores sont passées de 562 millions d’euros en 2015 à 1,5 milliard en 2017, un niveau proche de celui constaté avant la mise en place des sanctions renforcées. Les importations ont elles explosé, atteignant 2,3 milliards d’euros – leur niveau le plus élevé depuis 2008 – contre 66 millions d’euros en 2015.

Depuis l’accord, Total s’est associé au groupe chinois CNPC pour investir 5 milliards de dollars dans l’exploitation du gisement South Pars. Mais pour l’heure, le groupe pétrolier n’y a pas dépensé plus de 100 millions de dollars, selon une source proche du dossier.

Le constructeur automobile PSA, qui jouit en Iran d’une part de marché de 30%, a évoqué l’an dernier un accord de distribution pour la marque DS en Iran et des discussions pour d’autres partenariats. Renault vend également ses voitures en Iran.

Royaume-Uni

Les exportations de biens du Royaume-Uni vers l’Iran ont atteint 167 millions de livres (191 millions d’euros) en 2016, un plus haut depuis 2011. Ce chiffre est toutefois bien loin de celui du début des années 2000 quant les exportations pesaient autour de 400 millions de livres. Les importations sont bien plus faibles, à 41 millions de livres en 2016.

Peu de grosses entreprises britanniques sont présentes en Iran: BP, dont les origines remontent pourtant à l’Anglo-Persian Oil Company au début du 20e siècle, n’y a ainsi aucune activité. De même pour Royal Dutch Shell, qui a toutefois signé fin 2016 des accords pour explorer la possibilité d’investissements en Iran dans des champs gaziers et pétroliers.

Selon Allie Rennison, une responsable de l’organisation patronale Institute of Directors, les entreprises britanniques ont en revanche de gros contrats en Iran dans les infrastructures, le solaire, l’ingénierie ou encore la santé.

Airbus

Le groupe européen Airbus, qui a des sites en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne, a pour sa part enregistré des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions au total, dont des A320neo, valorisés à près de 10 milliards de dollars.

(©AFP / 11 mai 2018 08h19)

https://www.romandie.com/news/916898.rom

Alerte rouge: Le Royaume Uni aurait ordonné d’envoyer des sous-marins à distance de frappe de la Syrie. De possibles frappes dans les 72H…+ BILAN DE LA SITUATION DURANT CES DERNIERES HEURES

Publié par Brujitafr sur 13 Avril 2018, 05:38am

Catégories : #3 ème guerre mondiale

BILAN DE LA SITUATION

DURANT CES DERNIERES HEURES

 

– Avec déjà deux destroyers US plus un sous marin britannique et d’éventuels Rafales français, ça commence à faire du monde qui arrive en Syrie.

 

– même l’Arabie Saoudite se dit prête à frapper

 

– L’Allemagne et l’Italie refusent de rejoindre les frappes aériennes en Syrie
https://www.zerohedge.com/news/2018-04-12/germany-italy-refuse-join-syria-airstrikes

 

– Le canada refuse aussi de s’associer.
Une source, qui a parlé sous condition d’anonymat, a déclaré à CNBC que les Etats-Unis envisageaient de frapper huit cibles potentielles sous réserve de confirmation car Trump doit recevoir ses généraux.
https://www.cnbc.com/2018/04/12/trump-decision-on-syria-strikes-coming-fairly-soon.html

– Poutine réclame la réunion du conseil de sécurité.

 

– De mieux en mieux. La télé russe invite les gens à acheter de l’eau et des masques à gaz…
http://www.newsweek.com/russia-prepares-nuclear-war-us-instructing-citizens-buy-water-and-gas-masks-881823

 

 

 

Alerte rouge: Le Royaume Uni aurait ordonné d'envoyer des sous-marins à distance de frappe de la Syrie. De possibles frappes dans les 72H...+ BILAN DE LA SITUATION DURANT CES DERNIERES HEURES
Les sous-marins britanniques doivent s’approcher à portée de tir de la Syrie conformément à un ordre émis par la Première ministre Theresa May. Londres pourrait porter sa frappe dès jeudi, d’après le journal The Daily Telegraph.

 

Theresa May aurait ordonné d’envoyer des sous-marins britanniques opérant en Méditerranée à distance de frappe de la Syrie, a annoncé mercredi soir le journal The Daily Telegraph qui se réfère à des sources au sein du gouvernement.
Selon le journal, Mme May a convoqué une réunion urgente du cabinet des ministres, interrompant ainsi leurs vacances pascales, pour discuter de l’éventuelle opération militaire britannique.

Djibouti : déclencheur d’une déstabilisation trans-régionale

Djibouti : déclencheur d’une déstabilisation trans-régionale


Par Andrew Korybko – Le 8 mars 2018 – Source Oriental Review

Djibouti seizes control of Dubai-run Doraleh portLe fragile équilibre des forces dans la Corne de l’Afrique pourrait bientôt être brisé par la situation intérieure à Djibouti au sujet de la future propriété de son port principal. Une éventuelle réaction américano-émirati pourrait servir de déclencheur pour activer militairement le complexe système trans-régional d’alliance qui s’est formé dans cette partie du monde au cours des deux dernières années.

Faire une montagne d’un petit rien

Le minuscule État de Djibouti fait à nouveau la une des journaux après que son gouvernement a mis fin à un contrat avec un opérateur portuaire émirati, le mois dernier, qui contrôlait le plus important terminal de conteneurs du pays. Cette décision fait suite à un différend de plusieurs années qui a abouti à ce que Abu Dhabi dénonce comme une  « saisie illégale » de son actif, mais que les autorités nationales ont qualifiée d’action nécessaire pour sortir de l’impasse. Cette insulte commerciale apparemment insignifiante serait restée sans rapport avec la politique internationale si les États-Unis n’avaient pas décidé de peser plus tôt cette semaine pour soutenir leur allié émirati.

Reuters a rapporté que le général américain Thomas Waldhauser, un général de l’armée américaine, a répondu au Congrès que Djibouti était censé « donner [le port] à la Chine en cadeau » en avertissant que « si les Chinois prenaient le contrôle du port, les conséquences pourraient être importantes ». Le représentant républicain Bradley Byrne est allé encore plus loin en spéculant que « s’il s’agissait d’une saisie illégale de ce port, que diriez-vous si le gouvernement mettait illégalement fin à notre bail avant la fin de son mandat ? ». Ces déclarations ont donc transformé un différend ordinairement mineur et destiné à la Cour internationale d’arbitrage en un scandale géopolitique à part entière.

Djibouti regional map
Djibouti carte régionale

Les dimensions trans-régionales de Djibouti

Djibouti est d’importance mondiale en raison de son emplacement dans le détroit de Bab el Mandeb qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et sert de lieu de transit maritime entre l’Europe et l’Asie. Outre les États-Unis, la Chine, la France, l’Italie, le Japon et bientôt l’Arabie saoudite ont des bases dans le pays, l’Inde pouvant utiliser celle de l’Amérique au moyen de l’accord LEMOA de l’été 2016 qui donne à chaque pays accès aux installations militaires de l’autre, sur une base « logistique » au cas par cas. En outre, Djibouti est l’emplacement terminal du chemin de fer Djibouti-Addis Abeba (DAAR) qui fonctionne essentiellement comme le « CPEC de la Chine » ou route de la Soie de la Corne de l’Afrique, expliquant ainsi l’une des raisons stratégiques pour lesquelles la Chine a ouvert sa première base militaire à l’étranger.

L’Éthiopie, cependant, est au centre d’un système d’alliance trans-régional qui a vu le jour dans la région au cours des deux dernières années en raison de ses efforts ambitieux pour construire le barrage Renaissance de la Grande Éthiopie (BRGE) sur le Nil Bleu qui fournit le débit majeur du Nil plus célèbre. L’équilibre des forces a vu l’Éthiopie se joindre au Soudan tandis que l’Égypte – qui prétend que le BRGE affectera négativement ses approvisionnements en eau et la rendra donc stratégiquement dépendante de l’Éthiopie – a cherché a se rapprocher de l’ennemi juré d’Addis-Abeba, l’Érythrée. En outre, la guerre froide du Golfe s’est étendue à la région, le Qatar se rangeant plus étroitement aux côtés de l’Éthiopie et des EAU, qui ont conclu un partenariat avec l’Érythrée, par lequel il dispose d’installations militaires liées à la guerre au Yémen.

L’Arabie saoudite est impartiale parce qu’elle entretient des relations militaires avec l’Érythrée mais agricoles avec l’Éthiopie, même si son partenaire égyptien (qui fonctionne pratiquement comme un État subordonné ou client à ce stade) souhaite une position plus ferme contre Addis-Abeba. La situation de Djibouti est beaucoup plus complexe que n’importe laquelle de ces parties parce qu’elle entretient des relations étroites avec chacun des pays qui ont ou auront des bases militaires sur son territoire et qu’elle avait auparavant entretenu des relations positives avec les EAU avant le conflit portuaire. Le Qatar avait l’habitude de stationner des gardiens de la paix le long de la frontière entre Djibouti et l’Érythrée depuis leur bref conflit frontalier de 2008 mais les a retirés l’été dernier après que les deux États se sont rangés du côté de l’Arabie saoudite.

Approche du point de rupture

Même si Djibouti a longtemps soupçonné des intentions beaucoup plus larges de l’Éthiopie, surtout après avoir été enclavée à la suite de l’indépendance de l’Érythrée en 1993, ses craintes se sont dissipées depuis que la Chine s’est impliquée dans le projet DAAR et l’a apparemment convaincue qu’Addis-Abeba n’a aucun intérêt à se comporter agressivement avec cette ville-État de facto tant que son accès est assuré à la République populaire pour le passage de la Route de la soie. En fait, le « CPEC africain » a fait plus pour établir la confiance entre ces deux pays asymétriques que quoi que ce soit, bien que ce ne soit pas une solution pour la stabilité régionale au sens géopolitique, comme on le voit au système d’alliance trans-régional décrit précédemment

En fait, l’instabilité structurelle qui caractérise maintenant la Corne de l’Afrique pourrait atteindre un point de rupture avec la déstabilisation potentielle de Djibouti qui pourrait être provoquée si les États-Unis et leurs alliés émiratis faisaient pression ensemble sur ce petit pays pour le faire changer d’avis après la reprise de contrôle de son port. Washington suggère déjà qu’il pourrait considérer cela comme une « menace à sa sécurité nationale » pour ses intérêts, tandis qu’Abou Dhabi prétend que ce qui s’est passé n’est pas différent du vol à main armée de l’un de ses atouts les plus précieux. Les bases ont été établies pour que ces deux pays coopèrent et fassent payer Djibouti pour ce qu’elle a fait.

Boite à outils politique

La raison pour laquelle cela a de l’importance pour le monde extérieur est que cela pourrait faire de la Corne de l’Afrique une version « XXIe siècle » des Balkans d’avant la Première Guerre mondiale. Cela dans le sens où un réseau d’alliances de grande envergure pourrait être militairement activé en raison d’un événement inattendu et apparemment insignifiant. Les deux options les plus réalistes et potentiellement liées que l’alliance des États-Unis et des EAU ont à leur disposition contre Djibouti suggèrent qu’un conflit plus large pourrait facilement éclater par une erreur de calcul, sans parler d’intentions machiavéliques rendant cette comparaison géographique pertinente.

Escarmouche à la frontière érythréenne

Le sous-fifre érythréen des EAU a déjà un différend frontalier avec Djibouti, et il ne serait pas difficile pour le riche État mécène de tenter son client, appauvri, de faire un pas contre le nouvel adversaire régional d’Abou Dhabi.

Révolution colorée

Djibouti a été brièvement secoué par les troubles pro-islamistes de type Révolution colorée à la fin 2015, qui ont été rapidement réprimés par les autorités. On ne peut cependant pas dire que la répétition d’un tel scénario pourrait être « encouragée » dans un proche avenir comme la première phase d’une campagne de pression américaine.

Guerre hybride

La fusion de l’agression érythréenne conventionnelle, l’utilisation asymétrique par Asmara du groupe terroriste Al Shabaab pour lequel le Conseil de sécurité des Nations Unies a sanctionné ce pays et l’agitation d’une Révolution colorée soutenue par les Américains dans ce centre urbain constitueraient une guerre hybride classique dans la Corne de l’Afrique.

Djibouti political map
Djibouti carte politique

Réponses réalistes

La prévision de scénario est un art difficile et l’on devrait aborder cet exercice avec un brin de scepticisme, tout en comprenant son utilité pour envisager les réponses les plus probables à chacune des deux options principales que les États-Unis et les EAU ont à utiliser contre Djibouti.

La deuxième guerre mondiale africaine

L’agression érythréenne contre Djibouti pourrait inciter l’Éthiopie et le Soudan à réagir, attirant ainsi l’allié égyptien d’Asmara et ses partenaires du CCG, ce qui pourrait créer une situation qui obligerait les États-Unis et la Chine à intervenir à différentes étapes selon leurs capacités, la fin restant incertaine.

Un effondrement éthiopien

L’Éthiopie est en proie à sa deuxième mise en état d’urgence en autant d’années, et le blocage de la Révolution colorée autour du DAAR pourrait suffire à inciter les Oromo à relancer leur campagne de guerre hybride et pousser le pays au bord de l’effondrement.

Retour de flamme pro-Pékin

La déstabilisation américano-émirati de Djibouti pourrait intentionnellement ou inconsciemment produire des conséquences qui mettent en danger les intérêts de la Chine dans la Corne de l’Afrique, mais il y a aussi la possibilité qu’à l’inverse, cela produise un renforcement du rôle de Pékin dans cette région.

La République populaire et le maintien de la paix

Tant que la Chine peut éviter le scénario de « pourrissement » que les États-Unis lui tendent, elle pourrait gérer toute tension frontalière érythréo-djiboutienne (et éventuellement d’autres) à travers une mission de maintien de la paix telle que celle proposée l’été dernier, et donc stabiliser la région.

Diplomatie et négociation

La Chine est la mieux placée pour servir de médiateur entre toutes les parties en conflit dans la région, surtout si elle engage des soldats de la paix, et cela pourrait aboutir à ce que sa diplomatie produise les fruits de la Route de la Soie, des accords gagnant-gagnant, soutenant la paix obtenue par ses soldats.

La paix n’est pas possible sans la République populaire

Les conséquences globales des efforts militaires et diplomatiques de la Chine pour obtenir, sécuriser et faire progresser la paix dans la Corne de l’Afrique pourraient permettre à Pékin de devenir une force stabilisatrice dans l’une des régions les plus instables du monde et faciliter son intégration dans l’Ordre mondial multipolaire.

Pensées finales

Les derniers développements dans ce petit pays qu’est Djibouti dans la Corne de l’Afrique peuvent sembler inintéressants pour la plupart des observateurs extérieurs, mais en examinant de plus près les dynamiques stratégiques plus larges et le délicat équilibre des forces entre les deux alliances trans-régionales, il devient évident que ces événements non résolus et s’emboitant pourrait servir de catalyseur à un conflit plus vaste. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, la « scène est prête » et tous les acteurs locaux sont prêts – et presque désireux, pourrait-on dire – de « jouer leur rôle » dans le « drame » à venir, seule la Chine a une chance réaliste de stabiliser la situation avant qu’elle ne devienne incontrôlable.

Cela dit, la Chine doit aussi rester consciente du désir des États-Unis de la piéger dans un bourbier en « pourrissant la situation » comme moyen de « contenir » son influence en Afrique, et les décideurs relativement « conservateurs » de Pékin ne sont pas prédisposés à intervenir ouvertement dans les affaires d’autres pays, bien que le cas récent du Myanmar se distingue comme une exception notable et puisse laisser présager d’un changement de politique. En tout cas, il est clair que la déstabilisation de Djibouti aura inévitablement des conséquences négatives sur ses intérêts régionaux et la Route de la soie, faisant ainsi des développements les plus récents un autre exemple de la façon dont la lutte pro-américaine touche rapidement tous les coins du monde.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/djibouti-declencheur-dune-destabilisation-trans-regionale

 

Libye, sept ans de malheur infligés par l’Otan

Libye, sept ans de malheur infligés par l’Otan

7 ans après l’intervention militaire de l’Otan contre la Libye, tous les observateurs s’accordent à reconnaître qu’elle était fondée sur d’énormes mensonges et contrevenait au mandat du Conseil de sécurité. Si les Occidentaux reconnaissent désormais que la population de ce pays était la plus riche d’Afrique et que son niveau de vie s’est effondré provoquant son exil massif, ils ne sont pas encore conscients que Mouamar Kadhafi y avait vaincu l’esclavage et le racisme. En détruisant l’État, l’Otan a délibérément ouvert les portes de l’enfer. Non seulement les travailleurs immigrés noirs ont été persécutés, mais aussi les citoyens libyens noirs de Tawergha. En outre, l’œuvre de la Jamahiriya de coopération africaine entre Arabes et Noirs a été réduite à néant dans l’ensemble du continent.

| Rome (Italie)

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Le drapeau de la dynastie wahhabite des Sénoussi est redevenu celui de la Libye. Aujourd’hui, l’esclavage aussi est redevenu une pratique courante comme avant le coup d’État de Mouamar Kadhafi, en 1969. La Libye, l’Arabie saoudite et dans une moindre mesure le Qatar et l’Émirat de Sharjat, sont quatre États wahhabites qui tolèrent ce crime.

Il y a sept ans, le 19 mars 2011, commençait la guerre contre la Libye, dirigée par les États-Unis d’abord par l’intermédiaire de l’AfriCom, puis par l’Otan sous commandement US. En sept mois, étaient effectuées environ 10 000 missions d’attaque aérienne avec des dizaines de milliers de bombes et missiles.

À cette guerre l’Italie participait avec des chasseurs-bombardiers et des bases aériennes, déchirant le Traité d’amitié et de coopération entre les deux pays. Avant l’attaque aéronavale déjà, des secteurs tribaux et des groupes islamistes hostiles au gouvernement avaient été financés et armés en Libye et des forces spéciales, notamment qataries avaient été infiltrées. Ainsi était démoli cet État qui, sur la rive sud de la Méditerranée, enregistrait « de hauts niveaux de croissance économique et des indicateurs élevés de développement humain » (comme documentait en 2010 la Banque Mondiale même). Environ deux millions d’immigrés, le plus souvent africains, y trouvaient du travail.

En même temps la Libye rendait possible avec ses fonds souverains la naissance d’organismes économiques indépendants dans l’Union africaine : le Fonds monétaire africain, la Banque centrale africaine, la Banque africaine d’investissement.

Les USA et la France —comme le prouvent les e-mails de la secrétaire d’État Hillary Clinton— se mirent d’accord pour bloquer tout d’abord le plan de Kadhafi de créer une monnaie africaine, alternative au dollar et au franc CFA imposé par la France à 14 ex-colonies africaines.

L’État démoli et Mouamar Kadhafi assassiné, le butin à partager en Libye est énorme : les réserves pétrolières, les plus grandes d’Afrique, et de gaz naturel ; l’immense nappe phréatique nubienne d’eau fossile, or blanc en perspective plus précieux que l’or noir ; le territoire même de la Libye, de première importance géostratégique ; les fonds souverains, d’environ 150 milliards de dollars investis à l’étranger par l’État libyen, « gelés » en 2011 par mandat du Conseil de sécurité de l’Onu.

Des 16 milliards d’euros de fonds libyens, bloqués à la Euroclear Bank en Belgique, 10 ont déjà disparu sans aucune autorisation de prélèvement. La même grande rapine advient dans les autres banques européennes et états-uniennes.

En Libye les recettes fiscales de l’export énergétique, descendues de 47 milliards de dollars en 2010 à 14 en 2017, se trouvent partageés entre groupes de pouvoir et multinationales ; le dinar, qui auparavant valait 3 dollars, est aujourd’hui changé à un taux de 9 dinars par dollar, tandis que les biens de consommation courante doivent être importés en les payant en dollars, avec une inflation annuelle consécutive de 30 %.

Le niveau de vie de la majorité de la population s’est écroulé, par manque d’argent et de services essentiels. Il n’existe plus de sécurité, ni de réel système judiciaire. La pire condition revient aux immigrés africains : sous la fausse accusation (alimentée par les médias occidentaux) d’être des « mercenaires de Kadhafi » ils ont été emprisonnés par les milices islamistes jusque dans des cages de zoo, torturés, voire assassinés.

La Libye est devenue la principale voie de transit, aux mains de trafiquants d’êtres humains, d’un chaotique flux migratoire vers l’Europe.

Sont aussi persécutés les Libyens accusés d’avoir soutenu Kadhafi. Dans la ville de Tawergha les milices islamistes de Misrata soutenues par l’Otan (celles qui ont assassiné Kadhafi) ont perpétré une véritable purification ethnique, en exterminant, torturant et violant. Les survivants, terrorisés, ont dû abandonner la ville.

Aujourd’hui ils sont environ 40 000 à vivre dans des conditions inhumaines, ne pouvant pas retourner à Tawergha. Pourquoi gardent-ils le silence ces représentants de la gauche qui il y a sept ans réclamaient à cor et à cri l’intervention en Libye au nom des droits humains violés ?

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 

http://www.voltairenet.org/article200236.html

Législatives italiennes : après les tensions, l’incertitude

Législatives italiennes : après les tensions, l’incertitude

Dimanche 4 mars les italiens étaient appelés à voter pour les élections législatives dont les résultats devaient donner un nouveau gouvernement au pays. A l’issu du vote, aucun parti n’a remporté la majorité absolue, et ni le Sénat ni la Chambre des députés ne disposent d’une majorité suffisante pour gouverner. La situation politique semble bloquée pour les semaines à venir.

Elections législatives italiennes: après les tensions, l'incertitude
Liugi Di Maio, dirigeant du M5S

Une campagne sous tension

La campagne électorale pour les élections législatives de mars 2018 était disputée par quatre partis principaux : le centre-gauche (PD) de l’ancien président du Conseil Matteo Renzi, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) mené par Liugi di Maio, la Ligue du Nord de Matteo Salvini, et Forza Italia, symbolisant l’énième retour de Silvio Berlusconi.

La période de campagne a été particulièrement mouvementée, marquée par de nombreux incidents. Diverses manifestations politiques, souvent accompagnées de heurts avec les forces de l’ordre, ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. Ce fut notamment le cas à Rome où s’étaient rassemblés des milliers de manifestants antifascistes, ou à Milan lors d’une démonstration de force de la Ligue du Nord. D’autres groupes d’extrême-droite se sont affrontés avec la police et des manifestants d’extrême-gauche, notamment à Bologne et à Turin.

En addition à ces troubles, un militant et ex-candidat de la Ligue du Nord a tiré à plusieurs reprises sur six Africains à Macerata (centre). Cet événement n’a fait qu’envenimer un contexte politique tendu où les tensions se sont cristallisées autour des questions migratoires, sécuritaires et identitaires.

Une coalition de droite mise en difficulté

Matteo Salvini (Ligue du Nord, extrême droite) ambitionnait de devenir chef du gouvernement en s’alliant avec la droite de S. Berlusconi et Fratelli d’Italia, parti conservateur nationaliste et eurosceptique. Bien que la coalition ait obtenu un score cumulé de 37%, elle ne détient pas la majorité parlementaire et n’a donc pas réussi à sortir victorieuse. Une grande partie des votes ont été attribués au M5S qui a remporté, à lui seul, 32,7% des scrutins, ce qui ne suffit cependant pas à le déclarer vainqueur. Le mouvement va donc devoir chercher des alliances, ce qui se révèle d’ores et déjà compliqué. Quand bien même ce dernier voudrait former une coalition avec le Parti Démocrate, Matteo Renzi s’y est déjà opposé. Ce score reste cependant une victoire relative étant donnée la nouvelle loi électorale de novembre 2017 qui tend à favoriser les coalitions, et est d’ailleurs considérée comme ayant été implémentée pour mettre le M5S en difficulté[1].

Lors de sa création en 2009 Le M5S se voulait antisystème. Incarné à ses débuts par Beppe Grillo, il avait pour but la réappropriation de la politique par les citoyens. Dans un contexte de démocratie représentative en crise, la stratégie était d’introduire un élément de démocratie directe à travers les réseaux sociaux. Le M5S avait alors séduit une partie des citoyens et avait pris la tête de Rome et Turin en 2016. Or, le mouvement, présidé par Luigi di Maio depuis 2017, semble aujourd’hui totalement inséré dans le moule de la démocratie représentative qu’il dénonçait avec ferveur à ses débuts. Pour autant, l’électorat ne semble pas en avoir une perception négative. Le rejet des autres forces politiques semble ainsi jouer en la faveur du Mouvement Cinq Etoiles.

Un contexte économique et politique incertain

Le grand perdant de ces élections reste l’ancien Premier Ministre Matteo Renzi, dont la coalition de centre-gauche n’obtient que 22,9%. Malgré la thématique de l’immigration qui était sur le devant de la scène pendant toute la campagne, la question reste secondaire pour les italiens, préoccupés par la situation économique. L’emploi, le pouvoir d’achat et les craintes liées à la crise des banques inquiètent les citoyens. Ces questions n’ont pas su être résolues par le Parti Démocrate lors de ses quatre années passées la tête du Conseil des ministres, ce qui peut expliquer la marginalisation de la coalition de centre-gauche à l’issu des votes.

Ainsi, à la suite d’une campagne mouvementée, le dépouillement, qui l’a été tout autant (des milliers de bulletins, majoritairement ceux provenant de l’étranger, n’ont pas été pris en compte), semble assurer au pays un avenir politique incertain. L’Italie va-t-elle, comme l’Allemagne qui a mis six mois à se constituer un gouvernement, ou la République Tchèque qui n’en a toujours pas après les législatives d’octobre, être elle-aussi confrontée à un blocage politique d’envergure ? Si le président de la République, Sergio Mattarella, ne réussi pas à constituer de gouvernement, de nouvelles élections pourraient bien avoir lieu et donneraient ainsi une seconde chance aux partis extrémistes de s’emparer du pouvoir. Dans tous les cas, il est intéressant de noter la vague d’affaiblissement des partis traditionnels au sein de l’Union européenne.

[1] Edouard Pflimlin, Elections en Italie : ce qu’il faut savoir sur le nouveau mode de scrutin, Le Monde, 03.03.2018, en ligne. Disponible sur : http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/03/03/elections-en-italie-ce-qu-il-faut-savoir-du-nouveau-mode-de-scrutin_5265241_3214.html

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Etudiante en master 2 coopération internationale à l’université Grenoble Alpes. Passionnée par la géopolitique, elle se spécialise dans l’analyse des conflits armés et la diplomatie.

Elections italiennes : un «triple tremblement de terre» selon Pierre Lévy

6 mars 2018
Elections italiennes : un «triple tremblement de terre» selon Pierre Lévy

Pour le rédacteur en chef de Ruptures, le résultat des élections italiennes, qui a été marqué par un rejet des électeurs de la classe politique et une montée des mouvements eurosceptiques, représente un triple tremblement de terre.

«Un triple tremblement de terre vient de se produire [en Italie]», analyse Pierre Lévy pour RT France, au sujet des élections législatives du 4 mars.

Le rédacteur en chef de Ruptures point tout d’abord du doigt le score «impressionnant» réalisé par le Mouvement cinq étoiles, formation anti-immigration et plus généralement antisystème : «Je vous rappelle que ce mouvement a été créé il y a moins de 10 ans et qu’il obtient presque les suffrages d’un électeur sur trois.»

«Le deuxième tremblement de terre, c’est qu’au sein de la coalition dite de droite/extrême-droite, [le parti anti-immigration] la Ligue et son leader Matteo Salvini devance, et largement, Forza Italia de [Silvio] Berlusconi» ce qui n’est «pas sans conséquences» selon Pierre Levy.

«Le troisième tremblement de terre, tout cela est lié bien entendu, c’est la dégringolade du parti démocrate de Matteo Renzi», résume le journaliste.

Auteur: RT France

Si l’avenir politique italien est incertain, Pierre Levy note néanmoins une certitude : le scrutin s’est caractérisé par un rejet de la classe politique.

 

source

[RussEurope en Exil] Séisme politique en Italie, par Jacques Sapir

Billet invité

Une défaite historique

Matteo Renzi

Les élections qui ont eu lieues en Italie le dimanche 4 mars ont donné lieu à un véritable séisme politique. Le parti du centre gauche (le PD) et son dirigeant ont été écrasés. Les partis euro-sceptiques ou qualifiés de “populistes” arrivent en tête. Il est probable que ce séisme se propagera, par effet de contagion et effets induits, dans d’autres pays de l’Union européenne dans les mois qui viennent. Ils convient d’en tirer les leçons. Il convient cependant de rappeler que le système électoral italien est complexe.

Si la Chambre des Députés contient 630 sièges, 232 sont élus à la majorité relative dans autant de circonscriptions uninominales tandis que 398 sont élus par la représentation proportionnelle nationale. Le Sénat de la République est, quant à lui, composé de 315 sièges. Sur ces 315 sénateurs, 116 sont élus à la majorité relative dans autant de circonscriptions uninominales tandis que 199 sont élus à la représentation proportionnelle dans des circonscriptions plurinominales régionales avec un seuil électoral de 20 % (régional) ou de 3 % (national). Aucun gouvernement ne pourra donc être constitué sans des systèmes d’alliances.

Vainqueurs et vaincus

Ces résultats font apparaître quatre phénomènes marquants[1]. Tout d’abord, la coalition menée par Berlusconi et composée de quatre partis, vire en tête avec environ 35% des voix. Ensuite, Le Movimente 5 Stelle (M5S), ce parti que l’on qualifie de populiste, fait une percée supérieure à ce qui était attendu et totalise environ 33% des suffrages. Cela met en lumière l’effondrement du Parti Démocrate (le PD) de Mattéo Renzi qui, avec environ 19% des suffrages (voire 22% si l’on y ajoute des petits partis dissidents) fait son plus mauvais résultat historique. Enfin, et c’est le quatrième point marquant de ces élections, la « Ligue du Nord » (Lega), qui a abandonné sa dimension séparatiste pour devenir un véritable parti national, fait mieux, au sein de la coalition de droite, que Forza Italia, le parti de Berlusconi.

Luigi Di Maio

Cela désigne deux vainqueurs à cette élection, M. Di Maio, qui a conduit la campagne du M5S, de M. Salvini, le chef de la Lega. Ajoutons à cela l’élection, sur les postes mis à la proportionnelle, de deux économistes bien connus pour leurs positions anti-Euro, Alberto Bagnai et Claudio Borghi. Cela indique les grands perdants ce cette élections : les partis « européistes ». C’est aussi la défaite, cinglante, de Mattéo Renzi, ce dirigeant du PD que l’on présentait comme la nouvelle étoile de la politique italienne et qui, comme Premier ministre, appliqua une politique pas si éloignée que cela de celle que conduit aujourd’hui Emmanuel Macron en France.

Matteo Salvini

Une campagne électorale polarisée

La campagne électorale avait été polarisée par deux problèmes clefs : la situation économique de l’Italie et le problème de l’afflux incontrôlé des migrants. Sur le premier point, il est clair que l’Euro a eu des effets dramatiques, tout comme en France, sur l’économie italienne. Cette dernière ne saurait cacher derrière une balance commerciale en excédent (mais un excédent dû essentiellement à la compression des importations), une situation générale catastrophique. Il faut signaler aussi que le fameux « job act » mis en place par Renzi, et dont la « loi travail » s’inspire en France, s’est avéré un échec spectaculaire, au point qu’il est question de l’abroger.

Mais, et on le voit bien tant à la poussée de la Lega qu’au changement d’attitude sur ce point du M5S, la question de l’immigration sauvage a été aussi un thème majeur de cette campagne. L’Italie, du fait de sa géographie, mais aussi de l’absence de réaction des autres pays de l’Union européenne, a été livrée à elle même face à des flux migratoires, dont une partie sont engendrés par la détestable situation en Lybie issue de l’intervention des pays de l’OTAN, qu’elle ne peut ni gérer ni maîtriser. La situation, sur ce point, est critique.

Deux hommes forts

Deux hommes émergent donc de cette élection, Luigi di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Lega). Di Maio a beaucoup fait pour donner un visage acceptable par une partie des élites italiennes au M5S. Avec son apparence de jeune technocrate, il peut rassurer, et d’ailleurs les bourses européennes n’ont que modérément réagi aux résultats de la nuit du 4 mars. Il apparaît, en un sens, comme plus respectable que Beppe Grillo, le fondateur du Mouvement. Il reste à savoir de quelle autonomie disposera Di Maio par rapport au chef historique. Mais, le succès du M5S (32% des suffrages) doit aussi beaucoup à ses scores au sud de Rome, où ce parti écrase le PD. Ces scores s’expliquent tant par ses attaques contre un système corrompu, que par la place qu’il a donné au problème de l’immigration sauvage.

Salvini a aussi beaucoup fait pour transformer un parti régionaliste, qui à l’époque faisait 4% aux élections générales, en un véritable parti national. Il y a réussi au-delà de toute espérance. Le fait qu’il devance Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi (18% contre 13,9%), et qu’il talonne le PD (avec 18% contre 19%), est une preuve de son succès. Il écrase aussi le mouvement populiste et nationaliste « Fratelli d’Italia », qui faisait partie de la coalition de droite et qui ne réalise que 4,3% des voix. Il a pu récupérer une partie des électeurs du M5S, troublés par la récente modération du Mouvement sur l’Euro. C’est incontestablement une force avec laquelle il faudra compter dans le futur. Mais, si elle veut enraciner son succès, la Lega devra parfaire sa couverture nationale.

Uixerunt le PD

Quand Cicéron, au petit matin de l’écrasement de la conjuration de Catilina à Rome même (« Qusque tandem, Catilina, abutere patientia nostra… ») parut en armure sur le Forum, il s’écria « Ils ont vécu » (Uixerunt), signifiant par là que les conjurés avaient été mis à mort.

Et l’on peut reprendre le mot en ce qui concerne ce qui restait de la social-démocratie italienne. Car, la lourde défaite qu’elle a subie va même au-delà de la défaite personnelle de Mattéo Renzi. Si cette défaite consacre le rejet d’un programme politique, elle consacre aussi – et peut-être surtout – l’échec d’une stratégie, celle de l’accommodement avec le néo-libéralisme ses dogmes et ses règles. Cet échec n’est pas le fait de la seule Italie. En Allemagne, le SPD en éprouve les effets lui qui, autrefois grand parti social-démocrate dictant sa loi aux « frères » socialistes européens, se trouve aujourd’hui dépassé par l’AfD (16% contre 18% dans les récents sondages). Cet échec, paradoxalement, explique le vote des membres du SPD pour la Grande Coalition (ou GroKo) de ce même dimanche 4 mars. Appelés à approuver ou désapprouver un accord d’alliance avec Angela Merkel, mais conscients qu’un refus renverrait les électeurs allemands devant les urnes, avec des conséquences désastreuses pour le SPD, ses membres se sont donc prononcés pour la GroKo. Ce faisant, ils échangent une mort rapide contre les affres d’un trépas qui s’étendront sur plusieurs années, mais qui n’en sera pas moins inévitable.

L’écrasement des partis européistes

Il reste une dernière chose à relever dans les résultats de cette élection du 4 mars, c’est l’écrasement des partis « européistes ». Quand on sait que même Berlusconi a fait preuve de réserves tant par rapport à l’Euro (il souhaite un système « à deux monnaies », système qui n’est pas praticable dans la réalité mais qui équivaut à une condamnation de l’Euro), et quand on se souvient des discours passés du M5S, ce sont plus de 68% des électeurs italiens qui se sont prononcés pour des partis peu ou prou eurosceptiques. De ce point de vue, ces élections ont valeur de référendum sur la question européenne aussi…

[1] https://www.leggo.it/politica/news/elezioni_2018_live_risultati_chi_ha_vinto_5_marzo_2018-3587165.html

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Elections en Italie: incertitude après un raz-de-marée des forces antisystème

Elections en Italie: incertitude après un raz-de-marée des forces antisystème

Alfonso Bonafede, du Mouvement populiste 5 Etoiles (M5S), s’exprime après la fermeture des bureaux de vote en Italie où se tiennent des élections législatives, le 4 mars 2018 à Rome / © AFP / Andreas SOLARO

Une percée historique des forces antisytème, eurosceptiques et d’extrême droite, majoritaires en voix et en sièges après les législatives dimanche en Italie, bouleversent la donne et plongent le pays dans l’incertitude politique.

« Pour la première fois en Europe, les forces antisystème l’emportent », a résumé l’éditorialiste du quotidien La Stampa.

« L’Union européenne va passer une mauvaise soirée », avait commenté dès dimanche soir sur Twitter, la présidente du front national français, Marine Le Pen.

Elle ne s’est pas trompée au vu des premiers résultats partiels et des estimations fournies par les télévisions italiennes.

La coalition formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue et le petit parti Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), obtient certes quelque 37% des voix, selon des résultats partiels portant sur 2/3 des bureaux de vote.

Mais à l’intérieur de cette coalition, c’est la Ligue de Matteo Salvini, formation eurosceptique et anti-immigration, alliée de Marine Le Pen en Europe, qui est en tête. Et si cette alliance devait l’emporter en termes de sièges, ce qui semblait hors de portée au vu des résultats partiels, Matteo Salvini, qui a promis d’expulser des centaines de milliers d’immigrés « clandestins », serait en droit de réclamer le poste de Premier ministre.

Les antisystème du Mouvement 5 Etoiles (M5S) réalisent de leur côté une percée historique, devenant le premier parti en Italie avec un score frolant les 32%, quelques mois après la victoire du Brexit en Grande-Bretagne et de Donald Trump aux Etats-Unis.

Désormais, « tout le monde devra parler avec nous », s’est réjoui l’un de ses dirigeants, Alessandro Di Battista, après une campagne dirigée contre la corruption et la « caste » politique italienne.

La Ligue a martelé de son côté tout au long d’une campagne émaillé d’incidents violents, un discours anti-immigration et méfiant à l’égard de « Bruxelles », qui semble avoir porté, dans un pays en proie à l’euroscepticisme et où quelque 690.000 migrants ont été accueillis depuis 2013.

« D’abord les Italiens », « Stop à l’invasion », …les affiches électorales au siège de la Ligue à Milan (nord) rappelaient dimanche ces grands thèmes martelés par Matteo Salvini, 44 ans, tout au long de sa campagne, du nord au sud de la péninsule. « Mon premier commentaire: merci! », a tweeté vers minuit le dirigeant de la Ligue, qui n’a pas prévu de s’exprimer avant lundi matin.

Silvio Berlusconi, qui s’était présenté à Bruxelles comme le seul rempart contre les populistes et les forces anti-euro, a donc perdu son pari.

Nigel Farage, ex-chef de l’Ukip, parti pro-Brexit en Grande-Bretagne, a d’ailleurs félicité sur Twitter ses « collègues » du M5S.

Ce mouvement, fondé par le comique Beppe Grillo en 2009, avait déjà créé la surprise en raflant 25% des voix aux dernières législatives de 2013, et s’assure une position centrale dans le futur parlement si son score est confirmé.

– ‘Les vainqueurs sont …

Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi a de son côté confirmé dans les urnes le mauvais résultat anticipé par les sondages avec un score inférieur à 20%, selon ces estimations, soit moitié moins que celui obtenu aux élections européennes de 2014.

L’absence de majorité pour la coalition de droite, si elle devait se confirmer, contraint les leaders politiques italiens à des calculs et des tractations, qui s’annoncent longs et complexes.

Une alliance des populistes du M5S et de l’extrême-droite de la Ligue, est la seule possible pour obtenir une majorité parlementaire, au vu des résultats partiels. Or, les dirigeants de ces deux formations ont jusqu’à présent catégoriquement rejeté cette éventualité.

« Les vainqueurs de cette bataille électorale sont Matteo Salvini et Luigi di Maio », le chef de file du M5S, mais « tout cela ne conduit à aucune forme de gouvernabilité », assure ainsi l’éditorialiste de La Stampa.

Il appartiendra donc au président italien, Sergio Mattarella, de démêler l’écheveau de ces résultats, dans les semaines qui suivent, et de confier un « mandat exploratoire » à celui ou celle qui lui paraitra en mesure d’obtenir une majorité devant le Parlement.

Mais ces consultations politiques officielles ne s’ouvriront pas avant la fin du mois au plus tôt, après l’élection des présidents des deux chambres, ouvrant une nouvelle période d’instabilité en Italie, qui pourrait déboucher à terme sur de nouvelles élections.

(©AFP / 05 mars 2018 07h49)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Elections-en-Italie-incertitude-apres-un-raz-de-maree-des-forces-antisysteme/895915.rom

Italie : Vote de toutes les incertitudes

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Italie : Vote de toutes les incertitudes

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le 04.03.18 | 11h05 Réagissez

 
	Le Palazzo Montecitorio abrite la Chambre des députés, l'une des deux branches du parlement italien.

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Le Palazzo Montecitorio abrite la Chambre des députés, l’une des deux branches du parlement italien.

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Les élections législatives qui se tiennent ce dimanche, seront un véritable suspense jusqu’au bout, tant les prévisions les plus attentives demeurent approximatives. Des 50 millions d’électeurs, 35% étaient encore indécis la veille du scrutin.

Rome
De notre correspondante
Franco, un romain de 67 ans, est un ancien entrepreneur dans le bâtiment, il n’a plus que sa maigre retraite pour vivre dignement. Depuis la crise économique de 2008, il s’est retrouvé au bord de la faillite car ses clients ne payaient plus ses travaux. Il est très mécontent du gouvernement actuel et votera pour le parti xénophobe de Fratelli d’Italia, fondé par les néofascistes, dont le leader, Giorgia Meloni a mené sa compagne électorale en jouant sur la peur des Italiens. Elle a même été jusqu’à rendre visite au premier ministre hongrois, Viktor Orban, louant sa politique répressive et scandaleuse contre les réfugiés syriens. ‘’L’Italie est envahie par les nègres qui augmentent la criminalité et les musulmans qui veulent enlever la croix de nos écoles. La gauche les maintient et les accueille à bras ouverts’’, nous explique-t-il pour justifier son choix électorale.
Outre Fratelli d’Italia, un autre parti politique La Ligue du Nord, tente de brasser large parmi les électeurs en colère contre le gouvernement de centre gauche de Paolo Gentiloni. Mais au-delà de la propagande hostile aux immigrés et aux musulmans que certains hommes politiques ont usé à outrance dans leurs discours, il faut dire que le Parti démocrate au pouvoir a déçu nombre d’Italiens, y compris ceux qui avaient voté en sa faveur. Les impôts sont toujours aussi asphyxiants pour les familles issues des couches moyennes et vulnérables, le chômage n’a pas été contenu de manière significative et les aides publiques aux plus démunis se sont drastiquement réduites par manque de couverture budgétaire. ‘’J’avais voté pour le Pd en 2013, mais à présent je regrette ce choix.
Matteo Renzi (l’ancien président du Conseil italien) n’a pas tenu ses promesses, pire il a introduit des mesures que la droite n’avait pas osé appliquer, comme la taxe sur la télévision publique incluse dans la facture de l’électricité, ou le fait d’avoir rendu payants plusieurs examens médicaux qui étaient gratuits ou subventionnés avant!’’, nous confie Massimo, un universitaire de gauche, qui votera pour la nouvelle formation politique Liberi e Uguali, fondée par le président du sénat, Pietro Grasso, ancien magistrat et la présidente du parlement Laura Boldrini. Ce parti plaide pour l’intégration des immigrés et pour un accueil plus humain des demandeurs d’asile. Mais les sondages l’accréditent d’un taux de vote inférieur à 7%.
Deux autres paramètres qui feront également la différence, dans ce vote, c’est d’abord la position des indécis, estimés entre 35 et 40% des électeurs, et le taux de participation, vu que la tendance enregistrée aux derniers scrutins, était à la hausse de l’abstentionnisme.
Les principaux partis politiques se disputeront donc le vote de 50 millions d’électeurs et devront obtenir selon les prévisions des instituts de sondages, les pourcentages suivants:35 à 39% pour la coalition de droite, scellée entre ForzaItalia, Fratelli d’Italia, La Lega del Nord et la formation de centre droite ‘’Noi con l’Italia, alors que le parti populiste fondé par le comique Beppe Grillo, le Mouvement 5 étoiles devrait pouvoir arracher entre 28 et 30% des voix. Son concurrent, le Parti Démocrate, s’arrêterait au seuil de 27%.
En effet, la grande inconnue dans ces élections, c’est le score que fera Le Movimento Cinque Stelle, qui n’a cessé de surfer sur le besoin réel et profond des Italiens d’une politique ‘’transparente et honnête’’.Ce parti qui avait arraché plusieurs villes et régions au Pd, lors des dernières élections régionales et locales, a montré une volonté de combattre la corruption, le clientélisme et le népotisme, même s’il a péché d’inexpérience et de naïveté. Mais les déclarations des leaders du M5S sur l’immigration flirtaient dangereusement avec les positions du parti xénophobe et islamophobe de la Ligue du Nord. Ce qui est certain, c’est que l’Italie qui se réveillera lundi matin, sera une nation anxieuse sur son avenir, plus que jamais. Speriamo bene!
Nacéra Benali

http://www.elwatan.com/international/italie-vote-de-toutes-les-incertitudes-04-03-2018-363742_112.php

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