Archives pour la catégorie ITALIE

Italie, tiens-toi sur tes gardes…

Italie, tiens-toi sur tes gardes…


… Bruxelles se fiche de toi comme de l’an quarante


Par Tom Luongo – Le 22 novembre 2018 – Source Strategic Culture

Tom LuongoConstater la trahison complète du Brexit par la première ministre britannique Theresa-dame de plâtre-May est un réveil en fanfare pour les Italiens. Les derniers résultats des sondages en Italie montrent que, si la coalition populiste est impopulaire à Bruxelles, elle est toujours très appréciée des Italiens.


Take Heed Italy, Brussels Doesn’t Care One Whit About You
Photo Twitter

Et c’est une bonne chose, car si vous regardez de près les négociations sur le Brexit, il est clair que tout ce qui compte, c’est que l’UE conserve le pouvoir sur le Royaume-Uni, et non ce qui est dans l’intérêt supérieur de quiconque, britannique ou non.

Les partenaires de la coalition italienne détiennent toujours près de 60% du soutien de tous les Italiens, seule leur préférence a changé. La Ligue du Nord dépasse maintenant le Mouvement 5 étoiles (M5S), 33% contre 26%, tandis que les autres partis de centre-droit, à savoir Forza Italia-Cheval-de-Troie de Silvio Berlusconi se sont effondrés – de 14% à seulement 7% actuellement aux élections de mars.

Et à peu près le même nombre d’Italiens voit maintenant l’UE maltraiter leur pays. Ces chiffres ne feront qu’empirer si l’UE impose des amendes pour avoir présenté un budget que Bruxelles n’aime pas.

De plus, nous constatons maintenant une augmentation du soutien à Italeave. Un récent sondage réalisé par le magazine Politico posté par  Zerohedge montre qu’une petite majorité des Italiens de moins de 45 ans est prête à quitter l’Union européenne.

La foule des plus de 45 ans est toujours éprise de l’idéal de l’Union européenne qui la lie une Europe belliqueuse au lieu de faire face à la réalité de ce qu’elle est vraiment, une oligarchie lointaine et tyrannique dirigée par des technocrates non élus étroitement liés à argent et au vieux pouvoir indestructible.

Je pense que la source de ce soutien vient du contraste saisissant entre la volonté d’apaisement de May, face à la position hargneuse de l’UE contre la témérité du peuple britannique de vouloir sortir de leur union misérable, et la façon dont le vice-Premier ministre Matteo Salvini s’attaque à l’hypocrisie de Bruxelles sur les restrictions budgétaires.

Salvini fait exactement ce qu’il doit faire pour renforcer son soutien et éloigner l’électorat italien de Bruxelles. Ce fut un coup de génie politique de présenter un budget qui apaisait les deux moitiés de la coalition – réductions des impôts et des réglementations et revenu universel de base – tout en respectant les règles budgétaires de l’UE.

Salvini et son partenaire d’insurrection, Luigi Di Maio, ont conçu un parfait poison politique à avaler pour l’UE. Rien dans la proposition de budget n’est vraiment désagréable. Cela ne résoudra aucun des problèmes de l’Italie, ni ne les aggravera matériellement.

Il a été mis en avant pour faire échec aux dirigeants européens qui sont devenus gros et paresseux après avoir tout organisé en leur faveur. Et ils ont sur-réagi de la manière la plus prévisible.

Réfléchissez à ce que l’UE fait avec ce budget : ils menacent de milliards de dollars d’amendes un gouvernement italien endetté jusqu’au cou.

Telle est la définition même d’une «vue basse».

Mais considérez la façon dont ils ont géré le Brexit. Ils ont exigé des sommes énormes du Royaume-Uni pour son départ. Cela s’ajoute aux sommes qu’il verse déjà chaque année dans le budget de l’UE.

Et n’oubliez pas que la seule raison pour laquelle la question de la dette souveraine italienne ne fait pas la une des journaux, c’est que la Banque centrale européenne est le seul acheteur marginal de celle-ci. Et le président de la BCE, Mario Draghi, n’est pas motivé par la charité chrétienne apprise chez Goldman-Sachs.

Il le fait parce que, sinon, tout le système bancaire européen s’effondrerait. Donc tout cela n’est rien de plus que du théâtre kabuki. Et Salvini le sait. Il comprend que l’euro est un piège mortel pour l’Italie. Il sait également qu’il dispose de tous les atouts en raison de la taille de la dette du pays.

Et pourtant, en regardant l’UE agir maintenant, on peut constater la copie exacte de la façon dont elle a négocié le traitement de la dette grecque en 2015.

Elle a refusé de négocier en faisant des demandes déraisonnables. Dans le cas de la Grèce, ils faisaient face à un électorat grec irresponsable qui n’aurait pas soutenu le Grexit, mais, en même temps, donnait au Premier ministre le soutien tout aussi irresponsable, dont il avait besoin pour sortir la Grèce de l’euro.

Donc, la stratégie de l’UE a fonctionné.

Et la même chose se passe avec le Brexit. L’aristocratie britannique ne veut pas quitter l’UE. Theresa May est une adepte du No-Brexit, et de manière si évidemment corrompue qu’elle n’est même plus drôle à ce point-là. Depuis le début, elle a tout le pouvoir et elle agit comme si elle ne le possédait pas.

Alors maintenant, elle a élaboré l’accord que voulait exactement Bruxelles depuis toujours : contrôler la politique fiscale et commerciale de la Grande-Bretagne tout en retirant sa voix au chapitre dans l’UE. Honnêtement, le statut de la Grande-Bretagne, une fois cet accord signé, ne constitue qu’un aperçu de l’avenir de tous les pays restant en Europe, à savoir les impôts sans la représentation1

Cela ne devrait donc choquer personne que l’UE traite Salvini et son gouvernement avec le même dédain et la même dérision. Et c’est exactement ce que veut Salvini. Il doit faire en sorte que Bruxelles devienne le méchant.

Parce que, s’il veut libérer l’Italie de Bruxelles, ce ne peut être seulement son idée. Ce doit être une vague de fond populaire.

Heureusement pour lui et les Italiens en général, les imbéciles en haut-lieu à Bruxelles ne sont que trop heureux de mettre de l’huile sur le feu. Franchement, je pense qu’ils aiment se comporter comme des imbéciles odieux.

Ils pensent vraiment pouvoir se défendre en toute légalité. Mais la vérité est qu’ils ne peuvent pas.

Pourquoi pensez-vous que le président français, Emmanuel Macron, et la potiche qu’est devenue la chancelière allemande, Angela Merkel, souhaitent si ardemment une grande armée de l’UE ? C’est pour envahir et occuper des États membres capricieux et pas pour se protéger de la Russie.

Plus l’UE essaiera d’intimider et de forcer l’Italie à faire ce qu’elle veut, plus les Italiens, même les plus âgés, soutiendront la croisade de Salvini contre eux. Le populisme est populaire dans toute l’Europe.

Et les élections législatives de l’UE, en mai, seront probablement un tournant majeur dans la trajectoire de l’UE. Tous les partis eurosceptiques sont considérablement sous-représentés, par rapport à leur nombre dans l’électorat, selon les sondages actuels. Des centaines de sièges vont changer de mains en mai.

Et beaucoup de nouveaux arrivants n’émargeront pas sur la feuille de paye de la Mafia de Davos. L’UE comprendra peut-être à quel point le projet dans son ensemble est fragile.

Tom Luongo

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

  1. Il est intéressant de rappeler que cette situation a conduit les colonies britanniques à la guerre d’indépendance en 1776

 

http://lesakerfrancophone.fr/italie-tiens-toi-sur-tes-gardes

 

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Pacte de l’ONU sur les Migrations : l’Italie n’ira pas à Marrakech, le texte sera soumis au Parlement italien

8 novembre 2018

« Le Pacte Global sur les Migrations est un document qui aborde des thèmes qui posent question y compris parmi les citoyens: il nous paraît donc opportun de parlementariser le débat, et de renvoyer toute décision définitive à l’issue de cette discussion, comme a décidé de le faire la Suisse.

Le Gouvernement ne participera donc pas à [la réunion de] Marrakech, se réservant d’adhérer ou pas au traité seulement après que le Parlement se sera prononcé. » C’est ce qu’affirme le Premier ministre, Giuseppe Conte.

ANSA

lire : http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/11/pacte-mondial-pour-les-migrations-l-individu-tout-puissant-contre-les-peuples.html

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/11/pacte-de-l-onu-sur-les-migrations-l-italie-n-ira-pas-a-marrakech-le-texte-sera-soumis-au-parlement-italien.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

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Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël sont parvenus à conclure un accord sur la construction commune d’un gazoduc en Méditerranée. Il s’agira de l’ouvrage le plus long et le plus profond en mer. Il n’aura qu’une capacité modeste de 12 milliards de m3 par an. Estimé à 8 milliards de dollars, il devrait être mis en service dans 5 ans. Cependant la date de début des travaux n’a pas été annoncée.

L’Égypte, la Palestine, le Liban, la Syrie et la Turquie ne font pas officiellement partie de cet accord alors qu’ils sont concernés par le champ gazier découvert en 2011.

Note : la Turquie n’a aucun rapport avec ce champ, mais occupe Chypre-Nord qui est concerné par lui. En février 2018, la marine militaire turque avait empêché un navire d’exploration italien de sonder les fonds dans les eaux territoriales chypriotes du Nord. En juin, le président Recep Tayyip Erdoğan avait menacé toute entité qui s’aviserait d’entreprendre des recherches sans son autorisation dans cette zone occupée.

En réalité, il semble que le Hamas et l’Égypte soient parties prenantes à cet accord.
- L’autorisation donnée au début du mois par Israël au Qatar de prendre en charge les fonctionnaires de Gaza serait la contrepartie de la reconnaissance par le Hamas de la frontière maritime de la Palestine tracée unilatéralement par Israël. Le gaz palestinien serait donc exploité par Israël et les droits reversés par le Qatar au Hamas.
- Israël a également signé un accord avec l’Égypte pour lui exporter du gaz. Cet accord parallèle a été conclu via la société East Gas, dont les services secrets égyptiens sont l’actionnaire majoritaire. Là encore, du gaz offshore égyptien serait exploité par Israël, puis ré-acheminé en Égypte pour y être liquéfié et exporté.

Ces contournements visent à masquer les contradictions entre les rhétoriques officielles des dirigeants et la réalité de leurs pratiques.

L’ensemble de ces accords a été parrainé par l’Union européenne et le Qatar.

http://www.voltairenet.org/article204084.html

L’UE rejette de nouveau le budget italien et ouvre la voie à des sanctions

L’UE rejette de nouveau le budget italien et ouvre la voie à des sanctions

L'UE rejette de nouveau le budget italien et ouvre la voie à des sanctions © Filippo Montefore
Le vice-président du Conseil italien et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, le président du Conseil italien Giuseppe Conte et le vice-président du Conseil italien et ministre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales Luigi Di Maio.
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La Commission européenne a une fois encore rejeté ce 21 novembre le projet de budget 2019 de la coalition au pouvoir en Italie, qu’elle juge largement en dehors des clous européens. Elle a ainsi ouvert la voie à de possibles sanctions financières.

«Avec ce que le gouvernement italien a mis sur la table, nous voyons un risque que le pays s’enfonce aveuglément dans l’instabilité […] L’ouverture d’une « procédure de déficit excessif » fondée sur la dette est justifiée», a annoncé le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis ce 21 novembre.

Une telle procédure peut aboutir, à terme, à des sanctions financières contre l’Italie. De son côté, le gouvernement italien, composé de membres du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue, a d’ores et déjà annoncé qu’il maintiendrait le cap.

Le 23 octobre, la Commission européenne avait déjà rejeté une première fois le projet de budget 2019 de l’Italie, qui disposait alors de trois semaines pour réviser sa copie. Une première historique pour l’Union européenne. «[Rome] va ouvertement, consciemment à l’encontre des engagements pris», avait déclaré à Luxembourg Valdis Dombrovskis, en faisant cette annonce. «Nous ne sommes pas face à un cas « borderline » mais face à une déviation claire, nette, assumée et par certains, revendiquée», a renchéri le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, lors de cette conférence de presse à Strasbourg.

Malgré les avertissements de la Commission européenne, la coalition au pouvoir avait décidé de présenter un budget creusant le déficit à 2,4% du PIB en 2019, contre 0,8% pour le précédent gouvernement, puis à 2,1% en 2020 et à 1,8% en 2021. Dans le même temps, Rome s’est engagé à ramener la dette publique, actuellement à quelque 131% du PIB, à 126,5% en 2021.

Le budget de l’Italie respecte ainsi un des deux points des critères de convergence dits «de Maastricht» avec un déficit contenu en dessous de 3% du PIB. Mais les remarques de la Commission se fondent juridiquement sur deux nouveaux règlements européens, entrés en vigueur en mars 2013 avec le fameux «pacte budgétaire européen». Ils prévoient qu’en cas d’excès de dette par rapport à la référence des 60% du PIB, l’écart doit se réduire au rythme moyen d’un vingtième par an. Et c’est là le cœur du problème, dans la mesure où le budget italien s’écarte de la trajectoire de désendettement recommandée par les textes de l’Union européenne.

LFI et RN soutiennent le gouvernement italien

Après la première annonce par la Commission européenne du rejet du budget italien 2019, le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a tenu à apporter son soutien à l’Italie, et ce bien qu’il «désapprouve le gouvernement italien». Interrogé à ce sujet le 24 octobre, le député des Bouches-du-Rhône s’est ainsi justifié : «Dans cette affaire, les Français ont intérêt à défendre ceux qui défendent la souveraineté populaire. L’identité nationale française est une identité républicaine qui se confond avec l’idée de souveraineté populaire. C’est la raison pour laquelle il faut évidemment prendre parti pour le gouvernement italien contre la Commission européenne.»

Réagissant, le même jour, sur le plateau de LCI, l’ex-premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis s’est indigné : «C’est la première fois qu’un mouvement de gauche soutient un gouvernement d’extrême-droite, c’est un tournant majeur. Je ne sais pas où on va.»

De manière plus attendue, le Rassemblement national de Marine Le Pen a lui aussi soutenu l’Italie dans le bras-de-fer qui l’oppose à la Commission européenne. Philippe Loiseau, eurodéputé RN, a récemment dénoncé l’attitude de Bruxelles face à Rome et ses «menaces à demi-mots».

Lire aussi : Pourquoi le budget italien pose tant de problèmes à la Commission européenne

https://francais.rt.com/international/55681-ue-rejette-nouveau-budget-italien-ouvre-voie-sanctions

L’Italie refuse de plier face à Bruxelles et maintient son budget

L’Italie refuse de plier face à Bruxelles et maintient son budget

Le Premier ministre Giuseppe Conte au centre entouré de ses deux vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio (à gauche) et Matteo Salvini (le 15 octobre 2018 à Rome) / © AFP/Archives / Filippo MONTEFORTE

La coalition populiste en Italie refuse de plier face à la Commission européenne et ne devrait présenter mardi aucune modification de son budget pour 2019, prenant le risque de sanctions financières, dont la mise en oeuvre reste néanmoins assez hypothétique.

Pour la coalition formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), le budget anti-austérité va relancer la croissance exsangue qui va, elle-même, permettre de réduire le déficit public et la dette.

L’Italie, qui a jusqu’à mardi soir pour revoir sa copie, devrait se prononcer après une réunion entre le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et ses deux vice-Premiers ministres, Matteo Salvini (Ligue) et Luigi Di Maio (M5S), puis un conseil des ministres prévu à partir de 20H00 (19H00 GMT).

Les autorités européennes, soutenues par l’ensemble de la zone euro, restent sourdes aux arguments italiens et fustigent ce budget annonçant un déficit à 2,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2019 et à 2,1% en 2020.

Le 23 octobre, elles ont rejeté ce projet, une première dans l’histoire de l’Union européenne.

La Commission ne croit pas que Rome respectera ce seuil. Selon elle, les mesures prévues dans le budget risquent de pousser le déficit à 2,9% l’an prochain et à 3,1% en 2020.

Elle table en effet sur une croissance de 1,2%, alors que Rome prévoit 1,5%.

– 1%, 1,2% ou 1,5% de croissance ? –

« Le taux de croissance ne se négocie pas, c’est le résultat d’une évaluation extrêmement technique », a martelé mardi le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria, démentant des informations de presse sur des discussions en vue d’une révision.

Mais dans un rapport publié mardi après une mission à Rome la semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé tabler sur 1% de croissance en Italie en 2020 et s’est montré sceptique sur les réformes annoncées par le gouvernement italien.

« L’accent des autorités sur la croissance et l’inclusion sociale est bienvenu », a estimé le fonds, mais les prévisions actuelles devraient maintenir la dette publique autour de 130% du PIB pour les trois prochaines années, mettant le pays à la merci de « chocs mineurs » susceptibles d’imposer des mesures d’austérité qui transformeraient une croissance ralentie en nouvelle récession.

Ces derniers jours, M. Tria a accusé Bruxelles de « défaillance technique » dans ses calculs et expliqué que le gouvernement entendait confirmer les « piliers » de son projet de budget, tout en maintenant le dialogue.

Il a en outre répété que le gouvernement était prêt à prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que le déficit ne dépasse pas le seuil de 2,4%.

En refusant de changer son budget, Rome s’expose à l’ouverture d’une « procédure pour déficit excessif », susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant à 0,2% de son PIB (soit quelque 3,4 milliards d’euros).

– Les marchés, « vrais gardiens » –

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a cependant multiplié les appels au dialogue, espérant arriver à « un compromis ».

Selon Lorenzo Codogno, fondateur du cabinet LC Macro Advisors, « la Commission fera un premier pas pour mener l’Italie vers la procédure de déficit excessif (PDE) avec la publication d’une mise à jour du rapport sur la dette attendue le 21 novembre ».

« D’ici fin janvier, l’Italie sera en PDE mais le délai prévu pour préparer des plan de correction (environ trois à six mois) permettra à l’Italie d’atteindre les élections européennes sans obstacle », a précisé l’ancien économiste en chef du Trésor italien. Et « rien ne se passera avant que la nouvelle Commission ne soit en place » à l’automne 2019.

D’après M. Codogno, faute d’action rapide au niveau européen, les marchés financiers seront, « comme d’habitude, les vrais gardiens de la discipline budgétaire ».

Depuis mi-mai, date du début des discussions pour la formation de la coalition populiste, le spread, l’écart très surveillé entre les taux d’emprunt italien et allemand, a doublé, oscillant désormais autour de 300 points. Selon la Banque d’Italie, cela représente un coût supplémentaire de 1,5 milliard d’euros en intérêts sur six mois.

(©AFP / (13 novembre 2018 17h07)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-Italie-refuse-de-plier-face-Bruxelles-et-maintient-son-budget/971108.rom

Le bras d’honneur de l’Italie à Bruxelles

Le bras d’honneur de l’Italie à Bruxelles

Alexandre-Mirlicourtois-AMI-Le-bras-d-honneur-de-l-Italie-a-Bruxelles

3746433Alexandre Mirlicourtois

22/10/201804:47

Qui y-a-t-il dans le budget italien qui fasse autant frémir Bruxelles et les marchés ? Il y a d’abord une grande rupture. En bons élèves de la zone euro, les prédécesseurs du Mouvement 5 Etoiles et de la Ligua prévoyaient le maintien de l’excédent primaire (c’est-à-dire du solde budgétaire hors intérêt) à un niveau très élevé et s’étaient engagés à ramener le déficit public à 0,8% du PIB en 2018 avec comme cible l’équilibre ou presque en 2020 afin d’entamer de façon décisive le désendettement du pays.
Avec la nouvelle coalition au pouvoir, l’Italie tourne définitivement le dos à l’austérité et se lance dans un vaste plan de relance keynésien, dont les ménages seront les premiers bénéficiaires. Tout d’abord, c’est la stérilisation des hausses prévues de TVA, pour un coût estimé de 12,5 milliards d’euros. Ce n’est pas à proprement dit du pouvoir d’achat donné en plus aux Italiens mais c’est autant qui ne leur sera pas pris. C’est ensuite, l’instauration du « revenu de citoyenneté ». Il consiste à donner un revenu ou un complément de revenu pour que chaque personne résidant depuis plus de 10 ans en Italie dispose d’au moins 780 euros par mois pour vivre. Coût estimé 9 milliards d’euros. C’est enfin une réforme des retraites à contre-sens de ce qui se fait en Europe avec l’abaissement de l’âge de départ. C’est le principe du « quota 100 », un système simple qui ouvre le droit à la retraite lorsque la somme de l’âge et des années de cotisation est égale à 100, à partir de 62 ans, donc avec 38 années de cotisations. A 63 ans avec 37 années de cotisations ainsi de suite. Le coût de cette mesure est estimé à 7 milliards d’euros en 2019.
Toutes ces prises de décisions sont à analyser à l’aune, 1) de l’évolution du taux de pauvreté et d’exclusion sociale en Italie qui a considérablement augmenté depuis 2008 et qui est 7 points supérieurs environ à la moyenne de la zone euro.2) De la faiblesse de la consommation par habitant au regard du reste de la zone euro et dont le niveau en 2017 est nettement inférieur à celui d’avant crise.

 

Autofinancer le déficit
Deuxième volet, la relance de l’investissement public pour 3,5 milliards d’euros en 3 ans. Là aussi, il faut prendre du recul. Alors que l’investissement public représentait 3,4% du PIB en 2009, il est désormais inférieur à 2% et c’est un effort structurellement inférieur à celui de la zone euro.
L’axe du troisième volet tourne plutôt autour de l’offre avec pêle-mêle des allègements fiscaux sur les bénéfices réinvestis en R&D ou équipement permettant de garantir des embauches stables, c’est aussi l’instauration d’une flat tax pour les travailleurs indépendants (y compris microentreprises). C’est un peu léger face à l’ampleur des problèmes de productivité en Italie dont la courbe est plate depuis plus de 15 ans maintenant.
Le coût total de ce budget a été estimé par l’Observatoire des finances italien entre 108 et 126 milliards d’euros sur 5 ans soit de 6 à 7 points de PIB. Un budget ambitieux financé en partie par emprunt, c’est à dire en laissant filer le déficit public qui selon la feuille de route du gouvernement atteindrait 2,4% du PIB en 2019 pour revenir à 1,8% en 2021. Mais tout l’enjeu réside dans la capacité de l’économie italienne à créer de la croissance et de l’emploi et donc à autofinancer ce déficit au fil du temps. Le gouvernement italien, c’est normal, y croit avec une croissance du PIB prévue de 1,5% environ sur les trois prochaines années, soit une croissance relevée de 0,5 point environ par rapport aux années précédentes avec un multiplicateur qui serait de l’ordre de 1. Pas certain mais pas impossible.
Quoi qu’il en soit le projet de budget sera très vite confronté aux jugements des agences de notation (Moody’s a déjà abaissé sa note) et des marchés. Une envolée des taux serait bien évidemment fatale et menacerait la soutenabilité de la dette publique à moyen terme dans un pays où le taux d’endettement public dépasse 130% du PIB.
Mais si le gouvernement italien parvient à mener à bien ses réformes sans crises financières cela serait un sacré pied de nez aux politiques de rigueurs prônées par Bruxelles et montrerait une bonne fois pour toute que la rigueur ça marche quand cela s’arrête. Ce n’est pas impossible : le Portugal le montre depuis deux ans. Il sera alors temps de se demander pourquoi l’Europe refuse les politiques qui marchent.

Mots clés : Europe / Zone euro, Budget, Déficit, Endettement, Italie, Europe

 

Bruxelles rejette le budget italien, le bras de fer se durcit

Bruxelles rejette le budget italien, le bras de fer se durcit

Le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria (à gauche), et le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, le 18 octobre 2018n / © AFP / Alberto PIZZOLI

La Commission européenne a durci mardi son bras de fer avec la coalition populiste au pouvoir en Italie en rejetant son projet de budget 2019, une première dans l’histoire de l’UE, a-t-on appris auprès d’une source européenne.

Lors d’une conférence de presse mardi après-midi à Strasbourg, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, va demander à l’Italie « de réviser son budget », qui sort largement des clous, a déclaré cette source à l’AFP.

Cette décision a été prise en début d’après-midi par le collège des commissaires de l’UE, réuni dans l’enceinte du Parlement européen.

Selon les règles européennes, l’Italie dispose maintenant de trois semaines pour présenter un budget révisé.

Dans le cas contraire, elle se heurte à l’ouverture d’une « procédure pour déficit excessif », susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant, en théorie, à 0,2% de son PIB (soit 3,4 milliards d’euros en prenant les chiffres de 2017).

La marge de manoeuvre de la Commission est étroite, entre recherche de fermeté, afin d’assurer sa crédibilité, et volonté de dédramatiser, pour éviter un choc frontal avec Rome qui affolerait les marchés.

« Dès demain, nous continuerons à expliquer cette loi de finances », a déclaré avant même l’annonce de la Commission le vice-Premier ministre italien, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) l’un des deux partis de la coalition italienne avec la Ligue (extrême droite).

« Les prochaines semaines seront des semaines de grand dialogue avec l’Europe, les marchés », a-t-il promis.

« Nous écoutons tout le monde, mais nous ne revenons pas en arrière », a pour sa part prévenu le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, le patron de la Ligue, lors d’un déplacement en Roumanie.

– « Pas la prochaine Grèce » –

Bruxelles avait déjà pointé du doigt dans un courrier à Rome la semaine passée le dérapage budgétaire « sans précédent » de l’Italie depuis les nouvelles règles mises en place en 2013 et le risque de « non-conformité grave » de son budget avec les règles européennes.

Mais en dépit de ces critiques, le gouvernement italien avait maintenu lundi ses prévisions.

Alors que le précédent gouvernement de centre gauche avait promis un déficit public de 0,8% du PIB en 2019, Rome prévoit désormais d’atteindre 2,4% l’an prochain, puis 2,1% en 2020 et 1,8% en 2021.

Quant à la dette publique, actuellement à quelque 131% du PIB, soit le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce, Rome a promis de la ramener à 126,5% en 2021.

En gage de sa bonne volonté, le gouvernement italien a dit qu’il respecterait à la lettre ces objectifs, sans creuser davantage le déficit ou la dette.

Il a aussi réaffirmé lundi son attachement à l’UE et à la zone euro, assurant qu’il n’y avait « aucune chance » que l’Italie en sorte.

Les échanges entre Rome et la Commission sont observés de près par les autres pays de la zone euro, soumis aux mêmes règles budgétaires que l’Italie.

« Personne ne peut s’affranchir de ces règles, qui sont les mêmes pour tous », a rappelé, avant la décision de Bruxelles, le ministre français des Finances Bruno Le Maire.

« C’est aussi dans l’intérêt des Italiens d’avoir des règles solides, une monnaie stable, une zone euro qui se renforce », a-t-il ajouté lors d’un déplacement à Strasbourg.

Klaus Regling, le patron du Mécanisme européen de stabilité (MES), une organisation de l’UE chargée de venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté, a lui assuré mardi que l’Italie n’était « pas la prochaine Grèce ».

« Il ne faut pas paniquer (…) Le risque de contagion à d’autres pays est très limité », a-t-il ajouté.

(©AFP / (23 octobre 2018 15h46)

https://www.romandie.com/news/Bruxelles-rejette-le-budget-italien-le-bras-de-fer-se-durcit/964644.rom

Bruxelles tente d’éliminer tous les insatisfaits de l’UE du gouvernement italien

Bruxelles tente d’éliminer tous les insatisfaits de l’UE du gouvernement italien

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20.07.2018

Moins de deux mois après la formation du nouveau gouvernement italien, les forces invisibles ont lancé le processus de son effondrement. Ou, plus précisément, d’en retirer les «éléments nuisibles».

Aujourd’hui, les médias italiens ont rapporté que le ministre italien des Affaires européennes Paolo Savona est soupçonné de fraude bancaire.

Le ministre des Affaires européennes, Paolo Savona, fait l’objet d’une enquête dans le cadre de l’affaire Campobasso sur l’usure des banques alors qu’il était le directeur de la plus grande banque italienne, Unicredit. L’enquête comprend 22 personnes de plus, selon des sources judiciaires,

– Agence de presse italienne ANSA.

Savona, comme d’autres membres du cabinet actuel, est connue pour son attitude, pour le moins, sceptique à l’égard de l’intégration européenne. Avant de rejoindre le gouvernement, il était l’un des partisans les plus actifs du retrait de l’Italie de la zone euro.

Selon le plan des partis « Liga » et « Five Star » qui formèrent le gouvernement, Savona devint ministre de l’Economie et des Finances. Mais le président italien Sergio Mattarella, préoccupé par les vues du banquier sur la politique monétaire européenne, n’a pas approuvé sa candidature. Mattarella a déclaré sans ambages qu’il ne pouvait pas donner un tel poste au « ministre qui plaide pour la sécession de la zone euro ». A sa place a décidé de mettre le partisan de l’intégration européenne – Giovanni Tria.

Bien que, après son entrée au gouvernement, l’accusé de corruption Savona a officiellement renié l’idée d’abandonner l’euro, il a continué à exprimer périodiquement de telles pensées. Le 12 juin, s’exprimant devant les commissions parlementaires au Sénat, le politicien a précisé que la sortie de la zone euro – bien que n’étant pas l’objectif principal, mais il doit être préparé.

Savona est devenu célèbre non seulement pour ses attaques acharnées contre Bruxelles, mais aussi pour Berlin. Une fois, il a publiquement comparé la chancelière Angela Merkel avec Adolf Hitler. Malgré ses déclarations, le nouveau ministre italien des affaires européennes n’a pas fait d’efforts sérieux pour retirer le pays de la zone euro. Cependant, les enquêtes menées contre lui témoignent que Bruxelles et les éléments pro-européens en Italie étaient sérieusement inquiétés.

Le nouveau gouvernement italien ne convient pas aux mondialistes non seulement avec sa rhétorique dure sur la politique monétaire et la migration, personnifiée par le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, mais aussi par des vues sur la Russie.

À l’initiative de l’un des partis au pouvoir, la Ligue et son dirigeant Salvini, dans l’accord de coalition, ont fixé la thèse de l’abolition des sanctions anti-russes. Aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur de l’Italie a qualifié l’adhésion de la Crimée à la Russie de légitime et le coup d’État en Ukraine en 2014 a été une « fausse révolution ». Bien que l’arrivée au pouvoir des eurosceptiques et des « amis de Poutine » en Italie ne se soit pas traduite en actions concrètes, comme Italexit ou un veto au vote sur la Russie au Conseil de l’Europe, la présence de tels éléments dans plusieurs pays européens, y compris l’Autriche, la Hongrie, la République tchèque, etc., semble forcer les mondialistes à prendre des mesures préventives. Savona est sur le point de prendre sa retraite. Qui est le prochain?

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Rome refuse le débarquement en Italie à ses propres navires

Rome refuse le débarquement en Italie à ses propres navires

(B2) Après les navires des ONG, le gouvernement italien continue dans la voie du blocage des ports italiens aux navires ayant recueilli des migrants en mer. Mais cette fois il s’attaque à ses propres navires, dépendant de l’Etat — garde-côtes, marine, Guardia di Finanza — bien décidé à mettre les autres pays européens au pied du mur.

Ce qui pourrait conduire à une crise politique mais aussi intérieure. Le secours en mer étant une obligation intrinsèque

Nouveau refus

Cela commence mercredi (11 juillet). 67 personnes rescapées d’un naufrage sont à bord du Diciotti (CP 941), un navire des garde-côtes italien. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, refuse que les migrants débarquent une fois le navire accosté au port de Trapani (Sicile).

Argument : des délinquants

Le ministre italien se sert d’un nouvel argument pour suspendre l’autorisation de débarquer : certaines personnes (deux) à bord sont soupçonnées d’avoir menacé le premier équipage qui les avait secouru (le remorqueur italien, le Vos Thalassa) au large des côtes libyennes, avant d’être transbordés lundi sur le Diciotti. Ces migrants auraient craint d’être ramené en Libye. Puis, le ministre parle de passeurs, de pirates, de délinquants.

L’intervention du président

Dans l’après-midi, le président de la République italienne, Sergio Mattarella, intervient. Il est le garant de l’indépendance de la magistrature (présidant le conseil supérieur de la magistrature). L’ordre donné par le ministre de l’Intérieur aux magistrats devient un acte non constitutionnel. Il s’en explique au chef du gouvernement, Giuseppe Conte. Le 9 juillet, le président avait d’ailleurs rencontré le ministre italien de l’Intérieur, indiquait son agenda.

La confirmation du chef du gouvernement

Finalement, l’autorisation de débarquer au port de Trapani est accordée, jeudi (12 juillet) soir. Dans un communiqué, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, annonce le débarquement « imminent » des migrants du Diciotti, précisant que les procédures d’identification ont été « achevées, en particulier pour ceux qui pourraient avoir commis un délit ».

Le ministre ne lâchera rien

Dans les jours suivants, le ministre Matteo Salvini ne lâche rien. Il reste d’ailleurs très véhément dans ses tweets contre les migrants, n’hésitant pas à afficher des « va-t-en » plusieurs fois de suite… Difficile d’être plus clair.

Vendredi (13 juillet), c’est au tour de la Guardia di Finanza et de Frontex de subir les foudres du ministre. Le navire britannique HMC Protector (Royaume-Uni) qui travaille pour l’opération Frontex et le navire italien Monte Sperone (P-01) de la Guardia di Finanza ont, à leur tour, été bloqués. Le premier transporte 266 personnes, le second 176 personnes, récupérées sur un bateau en bois de migrants. Quelques personnes, huit femmes et enfants, sont transférées à Lampedusa vu leur état de santé. Les autres devront attendre. Ils finiront par être débarqués, après maintes négociations avec les autres pays européens, sur l’île de Pozzalo. Plusieurs pays — la France, l’Allemagne, l’Italie, Malte, l’Espagne et le Portugal — s’engagent à accueillir certains des passagers.

Un modèle pour le HCR

Selon le Haut commissaire aux réfugiés des Nations unies, la façon dont les États européens « ont accepté de partager le traitement des 450 personnes, […] bloquées en mer dans une bataille de débarquement, donne un exemple positif de la façon dont, en travaillant ensemble, les pays peuvent soutenir le sauvetage maritime et gérer les frontières tout en respectant les obligations internationales en matière d’asile ». Mais, souligne-t-il dans un communiqué, « il faut des solutions qui vont au-delà des arrangements fragmentaires ou navire par navire ».

(Emmanuelle Stroesser)

 

Crise migratoire : Trump pourrait voler au secours de l’Italie pour diviser l’Europe

Crise migratoire : Trump pourrait voler au secours de l’Italie pour diviser l’Europe


Par Andrew Korybko – le 20 juin 2018 – Source Oriental Review

Matteo Salvini, vice président du Conseil et ministre de l’intérieur italien

Le gouvernement populiste, qui vient d’arriver au pouvoir, a promis de traiter en priorité la crise des migrants, et il n’est donc pas surprenant qu’il ait déjà pris des mesures visant à apporter des résultats tangibles à ses électeurs. Matteo Salvini, dirigeant du parti euro-réaliste de la Ligue du Nord, et actuellement vice président du conseil et ministre de l’intérieur, a déclaré : « Je suis partisan de l’OTAN, mais nous sommes attaqués. Nous demanderons à l’OTAN de nous défendre. Nos préoccupations sont nombreuses quant à des infiltrations terroristes. L’Italie est attaquée par le sud, pas par l’est. » Cette déclaration importante réaffirme l’engagement de son pays comme pilier de l’euro-atlantisme, mais réinterprète la finalité de cet engagement, le faisant basculer du sentiment anti-russe répandu dans l’establishment vers une utilisation plus pratique, en réponse aux réseaux de traite des personnes.

Se donnant les moyens de ses promesses, il a refusé l’accostage d’un bateau empli de centaines de migrants dans tout port italien, écrivant sur Facebook que « Malte n’accepte personne. La France renvoie les gens à la frontière, l’Espagne défend sa frontière les armes à la main. À compter d’aujourd’hui, l’Italie va également se mettre à refuser la traite humaine, et à refuser le commerce de l’immigration illégale. » Son projet anti-migrant se déploie donc en deux volets, la première partie s’occupant de sécurité extérieure en empêchant l’infiltration de nouveaux migrants illégaux en Italie, alors que la deuxième est intérieure, et prévoit de s’occuper de ceux qui sont déjà rentrés sur le sol italien. L’Italie demande l’aide de l’OTAN sur le premier volet, ce qui se justifie dans la mesure où l’Italie est bien membre de l’alliance, et paye une contribution annuelle pour en faire partie.

Crise de migrants

Mais le problème réside en ce que l’establishement euro-libéral de l’Union Européenne s’oppose à voir un quelconque de ses membres s’élever contre les migrations illégales ; et c’est ici que les euro-réalistes de Rome peuvent tirer parti du déchirement transatlantique en cours entre Washington et Bruxelles. La sixième flotte américaine est ancrée à Naples, et porte la responsabilité de l’ensemble de la Méditerranée, et avec Trump sur la même longueur d’onde que Salvini, il est possible que le Pentagone prenne la main sur cette mission. L’action serait favorable aux intérêts américains, en ce qu’elle approfondirait les relations avec l’Italie dans l’organisation d’une mission de patrouille vers le sud, face à l’Afrique ; un équivalent aux actions organisées avec la Pologne face à la Russie, les États du sud et de l’est européen gagnant en importance stratégique face à des États plus centraux que sont le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, qui voient dans le même temps leurs liens avec les USA se dégrader sur fond de différends commerciaux.

L’invocation de Salvini d’une assistance de l’OTAN aux fins de briser les réseaux de trafic de personnes, pourrait donc bien donner aux USA l’opportunité d’agir dans la division européenne, qui prendrait sa place dans le cadre de leur offensive multi-facettes contre l’UE.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio CONTEXT COUNTDOWN, diffusée sur Sputnik News le 15 juin 2018.

Traduit par Vincent, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/crise-migratoire-trump-pourrait-voler-au-secours-de-litalie-pour-diviser-leurope

 

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