Archives pour la catégorie ITALIE

Grèce, France et Italie manœuvrent de concert en Méditerranée. Face à la Turquie

Grèce, France et Italie manœuvrent de concert en Méditerranée. Face à la Turquie

 Nicolas Gros-VerheydeExercice aéronavalFranceGrèce-TurquieMéditerranée orientale  2 min read

(B2) Les marines grecque, chypriote avec le renfort de l’Italie et de la France ont démarré ce mercredi (26 août) un exercice aéronaval en Méditerranée orientale

(crédit : État-major grec)

Solidarité européenne face à la Turquie…

En pleine réunion informelle des ministres de la Défense, comme des Affaires étrangères de l’UE, à Berlin, c’est une manière pour les pays européens du rivage sud de la Méditerranée, les plus concernés (Grèce, Chypre, France, Italie), d’affirmer leur pleine solidarité face aux prétentions turques dans la zone. Dénommé ‘Eunomia’, l’exercice se déroulera en effet tout le temps de la réunion de mercredi à vendredi (26 – 28 août). 

… en pleine réunion ministérielle européenne

Cette initiative « vise à faire prendre conscience de la situation », confirme le ministre grec de la défense Nikos Panagiotopoulos. Il s’agit de « démontrer l’engagement des quatre pays méditerranéens européens en faveur de l’état de droit dans le cadre de la politique de désescalade des tensions ». Athènes, Nicosie, Paris et Rome répliquent aussi à l’annonce par la Turquie d’un exercice semblable, organisé « avec d’autres Alliés » selon Ankara.

La Méditerranée : un bien commun, pas un terrain de jeu des tensions

« La Méditerranée orientale se transforme en un espace de tensions. Le respect du droit international doit être la règle et non l’exception », renchérit la ministre française des Armées. « Notre message est simple : priorité au dialogue, à la coopération et à la diplomatie pour que la Méditerranée orientale soit un espace de stabilité et de respect du droit international. Elle ne doit pas être un terrain de jeu des ambitions de certains, c’est un bien commun », détaille Florence Parly dans une série de tweets.

Des frégates, sous-marins et avions

Participent côté grec, des frégates, des sous-marins et des forces spéciales, précise l’état-major grec. La frégate Spetsai (F-453), bien connue pour avoir tout récemment participé à l’opération européenne EUNAVFOR Med Irini, et la frégate Lίmnos III (F-451) sont de la partie selon nos informations. Du côté français sont engagés une frégate et un hélicoptère et trois avions Rafale.

L’inauguration de l’initiative Quad

Le quatuor compte bien ne pas s’arrêter là. Chypre, Grèce, France et Italie ont « convenu d’entrer dans une présence conjointe en Méditerranée orientale dans le cadre de l’Initiative de coopération du Quatuor (QUAD) », indique N. Panagiotopoulos. Ceci n’est donc que l’activité « inaugurale » d’une initiative plus complète. Objectif : « renforcer la présence militaire navale et aérienne collective dans la région » et pousser la Turquie au dialogue.

NB : un autre exercice, plus limité, avait eu lieu à la mi-août, entre la Grèce et la France uniquement (lire : La France positionne deux Rafale et une frégate face à la Turquie).

(Nicolas Gros-Verheyde)


Un autre exercice avec les Américains

Face aux velléités turques, les Grecs multiplient les signaux de solidarité. En début de semaine, lundi (24 août), s’est déroulé un autre exercice aéronaval, avec les États-Unis cette fois, dans la zone maritime au sud de la Crète. Y participaient, côté grec, la frégate Egée ou Aegean (F-460), un sous-marin type 214 et six avions F-16, tandis que du côté américain, le destroyer USS Winston S. Churchill (81), et les hélicoptères de bord des deux navires, précise l’état-major grec.

L’USS Winston Churchill et la frégate Aegean (crédit : US 6th fleet)

FacebookTwitterLinkedInWhatsAppPrintFriendlyPrintPartager

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l’université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

https://www.bruxelles2.eu/2020/08/exercice-franco-italien-grec-en-mediterranee-orientale/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=les-newsletter-total-derniers-articles-de-notre-blog_2

Sous le drapeau tricolore qui flotte à Camp Darby

« L’ART DE LA GUERRE »

Sous le drapeau tricolore qui flotte à Camp Darby

par Manlio Dinucci

L’armée italienne s’intègre un peu plus aux Forces états-uniennes. Jusqu’ici, elles participaient aux opérations conçues par les États-Unis, mais se trouvaient alors sous commandement des officiers US de l’Otan. Désormais, par la grâce d’un habile tour de passe-passe, elles seront directement placées sous les ordres du Pentagone.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 14 JUILLET 2020ESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSTÜRKÇEJPEG - 48.8 koLe ministre de la Défense, Lorenzo Guerini, inspecte le nouveau quartier général du Comfose.

Tandis que de nombreuses activités bloquées par le confinement ont du mal à repartir après le relâchement des restrictions, il en est une qui, ne s’étant jamais arrêtée, est actuellement en train de s’accélérer : celle de Camp Darby, le plus grand arsenal US dans le monde en dehors de la mère patrie, situé entre Pise et Livourne. La coupe d’environ 1 000 arbres dans l’aire naturelle « protégée » du Parc régional de San Rossore étant terminée, a commencé la construction d’un tronçon ferroviaire qui reliera la ligne Pise-Livourne à un nouveau terminal de chargement et déchargement, traversant le Canal des Navicelli sur un nouveau pont tournant métallique.

Le terminal, d’une hauteur d’une vingtaine de mètres, comprendra quatre quais pouvant accueillir chacun neuf wagons. Au moyen de chariots élévateurs de containers, les armes en arrivage seront transférées des wagons à de grands poids-lourds et celles en partance des poids-lourds aux wagons. Le terminal permettra le transit de deux convois ferroviaires par jour qui, en transportant des charges explosives, relieront la base au port de Livourne à travers des zones densément peuplées. Avec l’augmentation du mouvement d’armes, la liaison par canal et par route de Camp Darby avec le port de Livourne et l’aéroport de Pise devient insuffisante. Dans les 125 bunkers de la base, continuellement approvisionnés par les États-Unis, plus d’un million de projectiles d’artillerie, bombes pour avions et missiles, auxquels s’ajoutent des milliers de chars d’assaut, véhicules et autres matériaux militaires sont stockés (selon des estimations approximatives).

Depuis 2017 de nouveaux grands navires, pouvant transporter chacun plus de 6 000 véhicules et cargaisons sur roues, font escale chaque mois à Livourne, chargeant et déchargeant des armes qui seront transportées dans les ports d’Aqaba en Jordanie, Djeddah en Arabie Saoudite et autres escales moyen-orientales pour être utilisées à l’étranger par les forces états-uniennes, saoudiennes et autres dans les guerres en Syrie, en Irak et au Yémen. Au moment même où est en cours la potentialisation de Camp Derby, le plus grand arsenal à l’étranger, un journal toscan en ligne titre : « Il était une fois Camp Darby », en expliquant que « la base a été redimensionnée, à cause des coupes dans le budget de la Défense décidées par les gouvernements des USA ». Et le quotidien Il Tirreno annonce : « À Camp Darby flotte seulement le drapeau tricolore : le drapeau US est amené après presque 70 ans ». Le Pentagone est-il en train de fermer la base, rendant à l’Italie le territoire sur lequel elle a été créée ? Pas du tout.

L’US Army a concédé au ministère italien de la Défense une toute petite portion de la base (34 hectares, environ 3 % de toute la zone de 1 000 hectares), auparavant zone de détente, pour qu’y soit transféré le Commandement des forces spéciales de l’armée italienne (Comfose), initialement accueilli dans la caserne Gamerra de Pise, siège du Centre d’entraînement de parachutisme [1]. Le transfert a eu lieu silencieusement pendant le confinement et maintenant le Comfose annonce que son quartier général est situé dans le « nouveau domaine militaire », de fait annexé à Camp Darby, base où se déroulent depuis longtemps des entraînements conjoints de militaires états-uniens et italiens.

Le transfert du Comfose dans une aire annexée à Camp Darby, formellement sous bannière italienne, permet d’intégrer en fait les forces spéciales italiennes aux états-uniennes, en les employant dans des opérations secrètes sous commandement US. Le tout sous la chape du secret militaire. En visite au nouveau quartier général du Comfose, le ministre de la Défense Lorenzo Guerini l’a défini comme « centre névralgique » non seulement des Forces spéciales mais aussi des « Unités Psyops de l’Armée ».

La tâche de ces unités est de « créer le consensus de la population locale à l’égard des contingents militaires employés dans des missions de paix l’étranger », c’est-à-dire de la convaincre que les envahisseurs sont des missionnaires de paix. Enfin le ministre Guerini a qualifié le nouveau quartier général de modèle du projet « Casernes Vertes ».

Un modèle de « bien-être et d’écodurabilité », qui repose sur un million de têtes explosives.Manlio DinucciTraduction
Marie-Ange Patrizio
Source
Il Manifesto (Italie)

Version à imprimer
RSS
Twitter

[1] « Les forces spéciales italiennes à Camp Darby », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 5 mars 2019.

https://www.voltairenet.org/article210538.html

Chine, Etats-Unis, UE : qui gagnera la guerre ?

Chine, Etats-Unis, UE : qui gagnera la guerre ?

Louis-Vincent Gave De Louis-Vincent Gave1 avril 2020 Dans AsieEconomie, énergies et entreprisesEurope 15 Minute de lectureLe masque, la solution à l’épidémie (c) Unsplash

Face à la pandémie de Covid-19, les politiciens des pays du monde entier – la Suède et le Japon sont parmi les rares exceptions – ont eu recours à la rhétorique martiale des dirigeants en temps de guerre et, dans de nombreux cas, ont invoqué des pouvoirs de guerre pure et simple. Les médias ont été mobilisés pour diffuser l’information selon laquelle le monde est en « guerre » contre ce nouveau fléau – une guerre totale qui ne permettra pas aux objecteurs de conscience ou aux réfractaires de s’enfuir et qui remodèlera les sociétés une fois la victoire remportée. Comme dans toute guerre totale, les contraintes monétaires et budgétaires ont été jetées par la fenêtre. La seule chose qui compte, c’est la victoire.

Par conséquent, dans les mois à venir, la plupart des pays enregistreront de nouveaux records en matière de dette publique et d’agrégats monétaires. Prenons l’exemple des États-Unis, où la dette publique a atteint 30 % du PIB pendant la guerre civile américaine, a diminué, est revenue à 30 % pendant la Première Guerre mondiale, puis a rebondi à 120 % du PIB pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, les semaines à venir devraient voir ce record de 120 % battu grâce aux mesures de relance déjà annoncées et à l’effondrement inévitable du PIB.

La logique des guerres est qu’elles détruisent d’énormes quantités de capitaux, ruinent des vies, renversent les structures politiques – la Première Guerre mondiale a vu la fin des empires russe, ottoman, allemand et austro-hongrois – et que quelqu’un finit généralement par gagner (même si c’est une victoire à la Pyrrhus). Par exemple, à la fin de la guerre de Trente Ans, le traité de Westphalie a consacré la domination de la France sur l’Europe pendant les 140 années suivantes, jusqu’à la Révolution française.

En 1815, après Waterloo, la perfide Albion s’est imposée comme la superpuissance qui allait dominer le monde entier tout au long du XIXe siècle. Et bien sûr, les deux guerres mondiales ont vu la Grande-Bretagne passer le flambeau aux États-Unis.

Qui sortira vainqueur ?

La guerre contre Covid-19 aura-t-elle donc un vainqueur ? Si nous acceptons que nous vivons dans un monde avec trois grandes puissances – les États-Unis, l’Europe et la Chine – alors la guerre contre Covid-19 pourrait avoir quatre gagnants potentiels : les trois superpuissances, plus l’idée générale de « mondialisation » – la notion que nous sommes tous dans le même bateau et que les problèmes mondiaux devraient être abordés par le biais d’échanges, d’une intégration et d’une bonne volonté accrus entre les trois grands blocs.

Hélas, si l’idée peut paraître sympathique sur le papier, il semble aujourd’hui que le monde s’éloigne rapidement de cet idéal. Aussi, par souci de concision, je vais écarter ce quatrième « gagnant » possible. À l’heure actuelle, la poursuite de l’intégration mondiale ne semble pas tant un scénario à faible probabilité qu’une chimère enfiévrée. Il reste donc trois gagnants potentiels.

L’Europe, un moment de Tchernobyl

La crise actuelle a mis à nu toutes les verrues de l’Europe. Premièrement, contrairement aux rêves des europhiles et des eurocrates, l’Europe n’est tout simplement pas une nation.

Au XIXe siècle, pour contrer les vues raciales prussiennes sur les origines de la nation, le savant français Ernest Renan a soutenu qu’une nation se définit avant tout par une « volonté de vivre ensemble ». Avec le temps, cela conduit à la création d’un État, qui assume le rôle de protéger les citoyens contre les ennemis, tant étrangers (par des moyens diplomatiques ou militaires) que nationaux (avec une force de police et le système judiciaire). Pour remplir ces fonctions « régaliennes », l’État conserve le monopole de l’usage légal de la violence et prélève des impôts dans sa propre monnaie – à l’intérieur de ses propres frontières. Et ces frontières ne sont essentiellement que les cicatrices de l’histoire et de la géographie.

Aujourd’hui, l’Europe, comme le reste du monde, est attaquée ; une attaque qui justifie une réponse gouvernementale. Si l’Union européenne était une nation, ses dirigeants seraient à l’avant-garde de la contre-offensive. Au lieu de cela, à part une vidéo du chef de la Commission européenne Ursula von der Leyen se lavant les mains en fredonnant l’Ode à la joie (l’hymne européen), la réponse des institutions européennes à la crise a été assourdissante dans son silence. Cela soulève plusieurs questions.

– Si les institutions européennes ne protègent pas les Européens contre quoi que ce soit et, à l’évidence, ne servent à rien en temps de crise, en particulier de crise internationale, à quoi servent-elles alors ?

– Si les institutions européennes ne remplissent pas ces fonctions régaliennes de base, pourquoi les nations européennes ont-elles abandonné à ces mêmes institutions la souveraineté sur leurs budgets, leurs frontières, leurs lois et leurs monnaies ?

– Et, bien sûr, pourquoi les Européens devraient-ils payer avec leurs impôts pour financer cette couche supplémentaire de gouvernement inutile ?

À quand la fin de l’euro ?

Avec un vide au centre de l’Europe, les gouvernements nationaux confrontés à l’Armageddon économique et social ont réagi en (i) reprenant le contrôle de leurs budgets (au diable le pacte fiscal), (ii) reprenant le contrôle de leurs frontières et (iii) reprenant le contrôle de leurs lois (par exemple, en interdisant l’exportation d’équipements médicaux essentiels, contre toute la législation européenne).

Cela soulève la question de savoir combien de temps il faudra pour qu’un ou plusieurs gouvernements européens décident de reprendre le contrôle de leurs monnaies. Si, comme l’a dit Rahm Emmanuel, il ne faut « jamais laisser une crise grave se perdre », alors quel meilleur moment pour instituer un long jour férié et réintroduire une monnaie nationale que lorsque l’économie nationale est de toute façon en panne, et l’année un effacement économique complet ? Comme l’a écrit William Shakespeare : « Quand le chagrin arrive, il ne vient pas d’espions isolés, mais de bataillons ».

Il y a quelques semaines, des experts occidentaux se demandaient si la mauvaise gestion de l’épidémie de Covid-19 pouvait être le « moment Tchernobyl » du Parti communiste chinois – le moment où l’homme et la femme de la rue perdent confiance dans leurs institutions gouvernementales. Oubliez la Chine. Il est beaucoup plus probable que ce soit le moment Tchernobyl de l’Europe qui se déroule sous nos yeux.

Si vous vouliez parier sur la structure politique la moins susceptible de survivre à la « guerre » actuelle, alors l’Union européenne serait sûrement la favorite des bookmakers. Aujourd’hui, il faudrait en effet un homme politique courageux pour affirmer que l’Union européenne est synonyme de force et que la poursuite de l’intégration européenne est la voie de la prospérité et du bonheur.

A lire aussi : Coronavirus : la Corée a endigué l’épidémie sans confiner les villes

Des systèmes médicaux à bout de souffle

Au lieu de cela, la question qui se pose déjà dans toute l’Europe est de savoir si la stricte austérité budgétaire imposée à l’Espagne, à l’Italie, au Portugal et à d’autres pays dans le sillage de la crise de l’euro de 2012-13 a semé les graines de la crise actuelle. Les gens se plaignent que pour sauver le sacro-saint euro, les budgets nationaux ont été réduits. Et comme il n’était plus possible de réduire les dépenses militaires, la réduction des budgets nationaux a entraîné une diminution des dépenses de santé. Dans toute l’Europe, des hôpitaux ont fermé (surtout dans les campagnes) et le nombre de lits d’hôpitaux par habitant a diminué malgré le vieillissement de la population. En conséquence, lorsque la pandémie a frappé, les systèmes médicaux déjà à bout de souffle se sont rapidement effondrés.

Cela m’amène à la vidéoconférence de jeudi dernier, qui a été organisée par les chefs de gouvernement européens. N’ayant pas réussi à faire preuve d’une quelconque unité européenne dans un style épique, les dirigeants européens se sont disputés sur l’idée que la crise actuelle devrait être la sage-femme de la naissance des obligations d’État paneuropéennes. De telles obligations sont constitutionnellement interdites en Allemagne (et un changement constitutionnel nécessiterait un vote des deux tiers au Bundestag). Pourtant, le Premier ministre italien a activement (et de manière compréhensible) fait pression en leur faveur. Pour l’instant, les dirigeants européens ont accepté de ne pas être d’accord et de se réunir à nouveau deux semaines plus tard. Toutefois, d’ici là, trois choses pourraient se produire.

– Le Premier ministre italien Giuseppe Conte se plie et accepte de faire appel au mécanisme européen de stabilité pour faire face à la crise. Mais pour ce faire, il placerait son pays sous la tutelle économique de Bruxelles. Dans le climat politique actuel de l’Italie, qui est très chargé émotionnellement en raison de l’impression (légitime) que ni Berlin ni Bruxelles n’ont fait quoi que ce soit pour aider l’Italie dans son heure de gloire, ce serait un suicide politique.

– La chancelière allemande Angela Merkel se plie et accepte de faire pression pour un changement de la constitution allemande et la création d’un marché paneuropéen des obligations souveraines. Cependant, il n’est pas du tout certain que les deux tiers du Bundestag (ou même son propre parti ?) suivraient Merkel dans cette voie.

– Les dirigeants nationaux européens, physiquement épuisés et émotionnellement vidés après deux mois pénibles, ne parviennent pas à trouver un compromis fonctionnel au cours de vidéoconférences qui durent toute une nuit, et l’Europe commence vraiment à imploser.

À ce stade, quel scénario semble le plus probable ?

Les États-Unis

Dans toute discussion sur les rapports de force relatifs, les États-Unis commencent généralement par des as de poche. Cependant, dans la crise actuelle des coronavirus, les choses ne vont pas très bien pour les États-Unis.

A lire aussi : L’Italie : abandonnée par l’Europe, courtisée par la Chine et la Russie

  1. La façon dont le système de santé est organisé semble avoir entravé la réponse politique dans tout le pays. Avec le temps, cela va probablement accroître les appels à une nationalisation du secteur de la santé aux États-Unis – certainement un sujet brûlant lors de la prochaine élection présidentielle américaine ?
  1. Derrière la crise de Covid-19 se cache un autre défi : la faillite imminente de grandes sections du complexe énergétique américain. En termes simples, à 20 dollars US le baril de pétrole, les centaines de milliards de dollars US investis en des temps plus heureux dans les gisements de schiste américains devront être amortis. Cela causera une douleur considérable.
  1. La hausse de 30 signes du chômage aux États-Unis, elle-même une conséquence directe de la crise Covid-19, complique les tentatives de stabilisation économique du gouvernement pour la simple raison que les États-Unis ne disposent pas de beaucoup d’infrastructures d’indemnisation du chômage. En conséquence, le gouvernement américain est obligé de diriger son aide par l’intermédiaire des entreprises. Malheureusement, il y a peu de garanties que cet argent aidera ceux qui en ont le plus besoin. Au lieu de cela, l’aide finit par ressembler soit aux dépenses habituelles des porcs de Washington (la facture de la semaine dernière comprenait une subvention de 25 millions de dollars US pour le centre artistique Kennedy), soit à l’aide sociale habituelle des entreprises (la chaîne d’approvisionnement de Boeing a reçu une jolie somme de 60 milliards de dollars US).

La combinaison de ces facteurs fera en sorte que les élections de novembre seront encore plus chargées d’émotion que ce à quoi tout le monde s’attendait (et avant Covid-19, tout le monde s’attendait déjà à des élections plus chargées d’émotion que d’habitude). Il en résulte une incertitude encore plus grande pour les investisseurs.

Il y a trois mois, le large consensus parmi les investisseurs était que, dans un monde rempli d’incertitudes, les États-Unis étaient de loin le « pays le plus propre et le plus sale ». La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si cette conviction a été ébranlée et si elle va commencer à s’effriter à mesure que Covid-19 s’impose dans tout le pays et que la politique intérieure américaine devient encore plus agressive et intransigeante.

Chine

La fiabilité des données fournies par les autorités est l’un des défis à relever pour tenter de surmonter la crise de Covid-19 en Chine. La Chine affirme avoir identifié son premier cas de Covid-19 le 17 novembre 2019 dans un hôpital de Wuhan. Cela pourrait bien être vrai, bien qu’il soit tout à fait possible que le virus se soit propagé dans le Hubei bien avant que le premier patient ne soit admis à l’hôpital et identifié comme ayant quelque chose d’ »atypique ».

Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est que la Chine n’a pas fait grand-chose contre le virus jusqu’au 23 janvier 2020, date à laquelle Wuhan a été mis en quarantaine. Cela signifie que le virus a eu au moins deux mois, et peut-être plus, pour se propager sans contrôle dans toute la Chine centrale et au-delà.

C’est là que cela devient intéressant. Selon les chiffres officiels de la Chine, Covid-19 est responsable de 3 305 décès sur les 1,4 milliard d’habitants du pays. En termes absolus, cela représente moins d’un tiers des 11 591 décès subits en Italie, qui ne compte que 60 millions d’habitants.

Ainsi, la Chine, avec une population beaucoup plus importante, une densité de population beaucoup plus élevée et un système de santé publique bien inférieur, n’a subi qu’une fraction des décès en Italie, en Espagne et maintenant très probablement en France. Comment expliquer cette différence spectaculaire ?

  1. Au cours de son voyage, le virus a peut-être muté en des formes plus mortelles. C’est une pensée inquiétante.
  1. Les décès en Chine sont peut-être massivement sous-déclarés, soit par les autorités locales qui n’osent pas être porteuses de mauvaises nouvelles, soit simplement par les hôpitaux ruraux qui ne s’attardent pas trop sur les causes de décès de leurs patients âgés. Il s’agit là d’une possibilité bien réelle. Mais il est intéressant de noter que chez les voisins de la Chine (où les données sont fiables), le bilan des décès dus à la maladie de Covide-19 est loin d’être aussi lourd qu’en Europe. La Corée du Sud a enterré 158 âmes, le Japon a enregistré 54 décès (bien que son économie soit restée largement ouverte aux affaires), la Malaisie 37, Hong Kong quatre et Singapour trois. Chaque décès est une tragédie. Mais dans toute l’Asie, tout comme en Chine, le virus semble être beaucoup moins mortel qu’en Europe.
  1. Il se pourrait que les sociétés asiatiques soient tout simplement mieux préparées à faire face à une pandémie comme celle de Covid-19 que les pays occidentaux. Les aéroports asiatiques disposent depuis longtemps de dispositifs de surveillance de la température, les gouvernements ont rapidement suivi les contacts potentiels avec les transporteurs grâce aux données des téléphones portables. Depuis l’épidémie de SRAS en 2003, les hôpitaux sont bien équipés en matériel de protection et les gens portent des masques dès qu’ils toussent ou qu’ils ont le nez qui coule.

Cette explication est logique. Il faut toutefois noter que le virus a pu se propager sans contrôle pendant au moins 10 semaines avant que les autorités chinoises et asiatiques n’entrent en action. Même alors, tous ne l’ont pas fait. Le Japon a, dans l’ensemble, continué à vivre normalement et n’a jusqu’à présent connu ni une augmentation du nombre de décès ni un afflux de patients qui ont submergé son système de santé – même si, en termes démographiques, c’est le pays le plus « ancien » du monde.

  1. Il est concevable que l’exposition au Sars-CoV, le coronavirus qui a causé le SRAS en 2003, et à d’autres coronavirus ait conféré aux populations asiatiques un élément d’immunité au Sars-CoV-2, le coronavirus qui cause le Covid-19. Au risque de l’hyperbole, dans ce scénario, Covid-19 s’apparenterait à l’apparition de la variole dans le Nouveau Monde, mais cette fois ce sont les Européens qui se trouvent dans la position des Amérindiens. Il s’agit bien sûr d’une exagération ; Covid-19 n’anéantira pas 90% de la population européenne, et contrairement au monde du XVIe siècle, le monde actuel – et beaucoup de ses germes – est déjà globalisé. Néanmoins, les Européens pourraient peut-être regarder d’un œil méfiant les cadeaux de couvertures gratuites en provenance de Chine ?
  1. L’écart entre les taux de mortalité en Asie et en Europe pourrait refléter le sous-financement et la préparation inadéquate des systèmes de soins de santé européens. Ou du moins, certains d’entre eux – jusqu’à présent, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Scandinavie semblent avoir été beaucoup moins touchés que l’Italie, l’Espagne et la France (même si la Suède a continué à mener une vie à peu près normale). Cette divergence intra-européenne pourrait simplement être une question de minutage ; l’Italie l’a eu en premier, et l’Allemagne devrait suivre. Ou pourrait-elle refléter des échecs de politiques publiques à l’échelle épique en Italie, en Espagne et en France ?

Si l’on examine ces explications possibles de la divergence des taux de mortalité entre l’Europe et l’Asie, il me semble que les trois dernières politiques mises en œuvre dans les pays asiatiques, une meilleure immunité des troupeaux en Asie et des systèmes de santé inadéquats dans les pays occidentaux aboutissent toutes à la même conclusion : les investisseurs devraient déployer plus de capitaux en Asie et moins en Europe.

La bonne performance des actifs asiatiques

Cela m’amène à une simple observation : c’est la première fois de ma carrière qu’en pleine crise, les prix des actifs asiatiques sont non seulement surperformants (généralement en période de récession, les prix des actifs asiatiques sont battus comme une mule louée), mais ils le sont aussi avec une volatilité beaucoup plus faible que les actifs occidentaux.

Prenons l’exemple de la dette en renminbi. Dans cette crise, les obligations en renminbi se sont avérées être l’actif « anti-fragile » que nous avons toujours espéré qu’elles seraient. Bien sûr, elles ont été moins performantes que les obligations du Trésor américain. Mais les obligations en renminbi ont surpassé les obligations d’entreprises américaines, les obligations d’État de la zone euro et les obligations japonaises. Mieux encore, elles continuent d’offrir un minimum de rendement positif – qui soit promet des gains en capital futurs soit amortira au moins le coup si les rendements ailleurs dans le monde recommencent à augmenter.

Plus intéressant encore, alors que la corrélation entre les obligations d’État américaines et les marchés d’actions américains a changé de manière spectaculaire en février et mars (voir Quatre paniers pour quatre quadrants), les obligations chinoises ont continué à offrir des rendements non corrélés.

Une fois la poussière retombée après une crise où les corrélations croisées entre les actifs sont devenues encore plus fortes, la capacité quasi unique du marché obligataire chinois à tracer sa propre voie attirera probablement l’attention des réparateurs d’actifs du monde entier. Et ce sera d’autant plus vrai que, contrairement à 2008 ou 2016, et contrairement à d’autres gouvernements en 2020, Pékin n’a pas réagi à la crise actuelle en plongeant tête baissée dans une expansion budgétaire massive et dans l’expansion des agrégats monétaires.

En bref, face à cette crise :

– Les réponses politiques en Asie ont été supérieures aux réponses politiques en Occident.

– Le niveau de préparation à la pandémie en Asie a été supérieur à celui de l’Occident.

– Le niveau d’incertitude politique en Occident est maintenant bien plus élevé que celui de l’Asie. L’Union européenne survivra-t-elle à cette crise ? Sous quelle forme ? L’élection présidentielle américaine entraînera-t-elle la nationalisation du système de santé américain ? Les États-Unis peuvent-ils se permettre d’apporter des réponses politiques ?

– Le coût humain de la crise semble être beaucoup moins important en Asie qu’en Occident.

– La mise en œuvre des réponses de politique économique a été beaucoup plus conventionnelle en Asie qu’en Occident.

Compte tenu de tout cela, faut-il s’étonner que les actifs asiatiques soient désormais plus performants que les actifs occidentaux ? Et y a-t-il une raison pour que cette surperformance ne se poursuive pas ?

Conclusion

En 1944, le dramaturge juif français Tristan Bernard est arrêté par la Gestapo à son domicile à Paris. Traîné par la police secrète nazie, il enjoint à sa femme désemparée de le suivre : « Ne pleure pas. Nous vivions dans la peur. Mais désormais, nous vivrons dans l’espoir ».

Aujourd’hui, il y a beaucoup de raisons d’avoir peur.

– Une maladie qui semble particulièrement dangereuse pour les personnes de plus de 60 ans

– Un bouleversement économique tel que le monde en a rarement connu auparavant en temps de paix.

– Des points d’interrogation sur l’avenir de l’Union européenne et sur l’existence de l’euro.

– Les menaces qui pèsent sur la poursuite de la mondialisation, l’un des principaux moteurs des gains de productivité de ces dernières décennies.

La liste pourrait s’allonger encore. Mais si les lecteurs ne se sentent pas aussi angoissés que Mme Bernard, il est peu probable qu’ils dansent de joie. Néanmoins, au milieu de ce désastre, nous devrions nous rappeler ces points:

– Pour certains pays européens, notamment l’Italie, les 20 dernières années d’union monétaire européenne ont été un exercice d’autoflagellation, désormais interdit par l’Église catholique. Le vieux proverbe allemand « mieux vaut une fin avec horreur qu’une horreur sans fin » n’a certainement jamais été aussi applicable qu’à l’expérience économique de l’Italie en tant que membre de l’euro. Dans cette optique, les investisseurs pourraient commencer à dresser une liste des actifs européens susceptibles de faire des achats intéressants de l’autre côté d’un effondrement de la zone euro.

– Si l’euro implose, les Européens devront encore trouver un logement pour leurs économies. La destination initiale évidente serait le dollar américain. Mais la Réserve fédérale a clairement indiqué qu’elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher la hausse du dollar américain. Ainsi, une implosion de l’euro pourrait déclencher une explosion encore plus importante du bilan de la Fed. Une telle poussée pourrait contribuer à mettre un plancher sous les marchés financiers partout.

– Une autre destination pourrait être les autres monnaies européennes, que ce soit le franc suisse (qui pousse la Banque nationale suisse à acheter encore plus d’actions américaines ?), la livre (qui reste grotesquement sous-évaluée) ou les monnaies scandinaves (également sous-évaluées).

– Par ailleurs, certaines économies européennes à la recherche de rendements intéressants pourraient se diriger vers les monnaies des marchés émergents, que ce soit le peso mexicain, très sous-évalué et à haut rendement, le renminbi, très stable, ou peut-être même le dollar canadien (je sais que ce n’est pas une monnaie des marchés émergents, mais le huard ne l’est évidemment pas, car il continue à se comporter comme tel).

Il y a toujours de l’or.Vous appréciez nos articles ? Partagez-les sur vos réseaux sociaux !

Tags:ChineEpidémie

Louis-Vincent Gave

Louis-Vincent Gave

Louis-Vincent Gave est cofondateur de Gavekal Resarch, il vit et travaille à Hong Kong depuis de nombreuses années. Il est l’auteur de six livres dont Clash of Empires : Currencies and Power in a Multipolar World (2019).

https://www.revueconflits.com/louis-gave-covid-19-chine-europe-euro/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=revue_conflits_les_dernieres_mises_en_ligne&utm_term=2020-04-01

L’Italie : abandonnée par l’Europe, courtisée par la Chine et la Russie

L’Italie : abandonnée par l’Europe, courtisée par la Chine et la Russie

Alphonse Moura De Alphonse Moura24 mars 2020 Dans ActualitésAsieAsie de l’EstEuropeMédias 5 Minute de lectureUn avion en provenance de Chine atterrit à Vienne avec du matériel médical à destination de l’Italie, Auteurs : Ronald Zak/AP/SIPA, Numéro de reportage : AP22441111_000001.

Le monde est contaminé. Le covid-19 – ou coronavirus – infecte toute la planète. L’Italie, le pays le plus touché en Europe, est face à un défi titanesque et encore une fois les Italiens se sentent ignorés et abandonnés.

Christine Lagarde est la cible de la furie italienne après ses propos désobligeants sur la situation dans le Belpaese. De la droite à la gauche tous sont d’accord pour dire que les organisations européennes devraient tacler la pandémie avec véhémence, sans retenues comptables ni calculs bureaucratiques. La Française a rétropédalé, en disant que la BCE veut éviter une quelconque fragmentation de la zone euro. Peu importe, son commentaire sur le spread reste gravé dans les têtes cisalpines.

A lire aussi: Coronavirus : la Corée a endigué l’épidémie sans confiner les villes

Dans la péninsule italique au temps du coronavirus

Le Partito Democratico, où l’européisme fervent est souvent visible, a dû se coller aux propos de von der Leyen et a désavoué la froideur de Lagarde. Emanuele Felice, l’un des responsables des questions économiques du parti, a dit que les paroles de la présidente de la BCE sont surprenantes. Il a aussi appelé à un changement de cap : « Aujourd’hui plus que jamais il faut que les institutions européennes mettent en marche tout le nécessaire pour affronter une émergence sans précédent. »

Giorgia Meloni, meneuse des Fratelli d’Italia, tire à boulets rouges sur l’establishment bruxellois. Elle est profondément convaincue que l’UE est dirigée par un axe franco-allemand qui se soucie peu des autres pays. Elle craint que la crise actuelle puisse être instrumentalisée par les forces étrangères pour affaiblir l’Italie et lui enlever ses ressources. Selon Meloni, le gouvernement italien doit demander la démission de Christine Lagarde. Elle a rappelé à travers les réseaux sociaux que la BCE doit être la banque centrale des Européens et non la banque centrale allemande ou française. On ajoutera que la fragilité de l’euro peut réapparaître, une monnaie que Meloni classifia jadis comme inadaptée.

Un échange tendu entre un journaliste italien et Matteo Renzi est la preuve que les Italiens se méfient de plus en plus des structures européennes. Renzi voulait amoindrir l’importance des mots de Lagarde et déclara que dire que l’Europe est immobile est populiste. Le journaliste, Massimo Giletti,  s’exalta et rétorqua enflammé : « Vous devez avoir le courage de demander la démission de ce type de personne, parce que sinon, ce pays, l’Italie, n’est même pas pris en considération. »

L’Italie courtisée par plus d’un

Les contradictions d’un système à bout de souffle rappellent aux Italiens le sort des Grecs. Avant que la situation ne devienne trop sérieuse nous étions témoin des colonnes qu’Erdogan voulait lâcher sur la Grèce, pays martyr s’il en est. Malgré les inimaginables privations qu’elle a subies, la Grèce essayait de tenir tête à l’État turc. Les Autrichiens continuent leur tradition, vieille de six siècles, de résistance face au projet européen de la Sublime Porte, en envoyant des hommes pour protéger la frontière grecque. La focalisation médiatique sur la pandémie détourne les yeux des Européens des nouvelles vagues populationnelles venues d’ailleurs ; l’administration turque s’empresse d’en profiter.

La Chine a apporté son aide aux Italiens, en envoyant un avion plein d’objets utiles pour faire face à la pandémie – des masques, des vêtements de protection, des gants, etc. La Russie, à son tour, est montée au créneau; Poutine a pris la décision d’envoyer neuf avions en Italie. Huit groupes mobiles de virologues sont attendus sur place pour fournir leur expertise aux autorités italiennes. La Russie a également mis à la disposition de l’Italie des véhicules de désinfection hautement performants. Il va sans dire que la présence russe est vue comme suspecte au-delà de l’Atlantique.

Le gouvernement nord-américain sait que l’Italie reste dans sa sphère d’influence depuis 1945, mais au fur et à mesure que le temps s’écoule elle regagne une autonomie préoccupante. Pensons tout simplement aux relations tendres entre Silvio Berlusconi et Vladimir Poutine ou aux liens supposés entre Matteo Salvini et des agents d’influence dans l’orbite de Moscou. Ces deux exemples montrent que l’angoisse nord-américaine n’est pas forcément dépourvue de raison. Sur ce point, l’Italie partage le même destin que l’Allemagne – trop émotionnellement et économiquement liées à la Russie.

Et que dire de la somptueuse pompe des Italiens quand ils ont reçu les Chinois en 2019. À l’époque, le gouvernement était constitué par une alliance entre la Ligue de Salvini et le Mouvement 5 Étoiles de di Maio. Les images d’Antonio Conte et Xi Jinping parcoururent la planète et les accords signés furent promptement dénoncés par Washington. La rupture du gouvernement giallo-verde a un rapport direct avec cette entente entre Rome et Pékin. La diplomatie trumpienne a fait comprendre à Salvini qu’un rapprochement avec les  Russes pourrait être accepté pour les séparer des Chinois, mais qu’une entente avec ces derniers était hors de question. La suite déboucha sur un coup de théâtre, Salvini essaya de forcer les élections, mais fut désarmé par un accord entre le Mouvement 5 Étoiles et le Parti Démocrate, anciens rivaux devenus alliés pour lui barrer la route.

A lire aussi: L’Amérique latine face au coronavirus

L’éternelle lumière de Rome

La guerre d’influence entre l’Amérique, la Russie et la Chine atteint des niveaux paroxystiques en Italie. Bien au milieu de la Méditerranée le pays de Dante se trouve coincé entre un nord riche, mais vieux et un sud pauvre, mais en pleine explosion démographique. Le conflit géoéconomique sino-américain autour de Gênes et Trieste s’accentue et il demeure l’une des données pour saisir si notre siècle appartiendra à l’aigle ou au dragon. La Russie poutinienne pourra être le kingmaker, cet élément qui tranchera en choisissant entre les deux colosses. Durant les pénibles épreuves actuelles, à cause du coronavirus, l’Italie renforce sa centralité dans cette guerre de propagande pour conquérir âmes et cœurs.Vous appréciez nos articles ? Partagez-les sur vos réseaux sociaux !

Alphonse Moura

Alphonse Moura

Géopolitologue, Master en sciences politiques et relations internationales.

https://www.revueconflits.com/italie-coronavirus-chine-russie-alphonse-moura/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&

Image du jour: les généraux russes et italiens planifiant des opérations à Bergame depuis la base de Pratica di Mare près de Rome

mercredi, mars 25, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

Menu Button

Image du jour: les généraux russes et italiens planifiant des opérations à Bergame depuis la base de Pratica di Mare près de Rome

Le général major Sergueï Kikot, commandant en second des forces russes de défense radiologique, chimique et biologique planifiant avec l’état-major italien le déplacement des troupes russes de la base Pratica di Mare près de Rome jusqu’à Bergame dans le nord de la péninsule italienne.

La Russie considère la crise connue sous le nom du COVID-19 comme une guerre biologique et chimique. L’envoi de forces russes spécialisées dans le combat NBCR (Nucléaire, Biologique, Chimique et Radiologique) en Italie sous le commandement d’un général-major indique l’extrême importance que Moscou accorde à ce type de menaces.

Les forces russes stationnées sur la base de Pratica di Mare près de Rome planifient avec l’état-major italien une « marche » de 600 kilomètres qui devrait leur faire atteindre Bergame où se trouve l’un des foyers de contamination COVID-19.

Outre la lutte contre le vecteur biologique (le SRAS-nCov-2), les spécialistes militaires russes ont pour objectif de déterminer si oui ou non d’autres vecteurs chimiques ou biologiques auraient pu aggraver la situation sanitaire au nord de la péninsule italienne. Les russes suspectent l’usage d’un vecteur chimique aggravant sous couvert de pandémie.

La Pologne fait tout son possible pour entraver le couloir établi par les forces aérospatiales russes vers l’Italie. Des avions de combat de l’Otan multiplient les tentatives d’interception des avions cargo russes vers l’Italie.

Le monde a définitivement changé. Cela ce passe en Italie, un pays de l’Otan où se trouve des bases militaires US disposant de dizaines de têtes nucléaires.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

Share/Partager:

https://strategika51.org/2020/03/25/image-du-jour-les-generaux-russes-et-italiens-planifiant-des-operations-a-bergame-depuis-la-base-de-pratica-di-mare-pres-de-rome/

Blocage de l’aide chinoise destinée à l’Italie à Prague

PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADSkip to contentsamedi, mars 21, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

Menu Button

Blocage de l’aide chinoise destinée à l’Italie à Prague

La République Tchèque a pris la décision de retourner vers l’envoyeur un lot de 101 600 masques médicaux offert par la République Populaire de Chine à l’Italie. Prague rejoint ainsi la liste des pays européens qui ont répondu aux pressions de Washington pour entraver l’aide chinoise partout ou c’est possible de le faire.

La Chine ne compte nullement baisser les bras et a déclaré vouloir aider 82 pays à affronter le COVID-19.

Washington continue à vouloir détourner l’attention sur la situation délabrée du système de santé US en accusant la Chine d’être responsable de la pandémie du COVID-19 et voit d’un très mauvais œil l’activisme chinois à travers le monde.

Le Choc des Titans continue. Un média chinois influent a souligné aujourd’hui qu’il était inévitable que les médias des deux pays « se rentrent dedans » en espérant que les dirigeants sauront garder leur sang-froid.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

Share/Partager:

https://strategika51.org/2020/03/21/blocage-de-laide-chinoise-destinee-a-litalie-a-prague/

Pandémie COVID-19: mutineries et évasion massive de détenus en Afghanistan, au Brésil et en Italie

mardi, mars 17, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

Menu Button

Pandémie COVID-19: mutineries et évasion massive de détenus en Afghanistan, au Brésil et en Italie

Un climat délétère se répand dans un nombre croissant de pays à cause de la peur du COVID-19.

Ainsi en Afghanistan, plus de cinquante personnes détenues à Herat suite à des suspiscions de COVID-19 ont réussi à s’évader.

Au Brésil, plus de 1350 détenus sont parvenus à s’échapper d’un centre pénitencier près de Sau Paulo après une mutinerie et une prise d’otage.

En Italie, la plupart des prisons de la péninsule sont en mutinerie ou en rébellion.

Des prisons en Iran, pays soumis à des sanctions US inhumaines, connaissent des troubles similaires.

En Jordanie, des mutineries dans des prisons de ce royaume ont été violemment réprimées dans le sang. Le nombre de tués est gardé secret même si les médias ont évoqué un premier bilan « officiel » de deux morts.

Aux États-Unis, le monde carcéral, le plus important au monde, est sous extrême tension et des mutineries ne sont pas à écarter.

Plus que le SRAS-nCov-2, la panique et l’effondrement du système économique commencent à exercer une pression sociale dans un nombre croissant de pays.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBroken

REPORT THIS AD

Share/Partager:

https://election-municipale.linternaute.com/resultats/saint-georges-du-vievre/ville-27542

https://www.euronews.com/2020/02/21/italy-s-coronavirus-cases-quadruple-after-8-infected-in-one-hospital

ITALIE

Flambée de COVID-19: l’Italie verrouille plusieurs villes alors que le nombre de cas augmente

COMMENTAIRESPar  Euronews avec  AP, AFP  •   dernière mise à jour:  23/02/2020 – 17:27

Un homme portant un masque chirurgical passe devant une station-service à Codogno, au sud-est de Milan, le 22 février 2020

Un homme portant un masque chirurgical passe devant une station-service à Codogno, au sud-est de Milan, le 22 février 2020   –  droits d’auteurAFP

Les autorités italiennes ont annoncé dimanche que les événements liés au célèbre carnaval de Venise seraient arrêtés car le pays est devenu le premier en Europe à faire mourir un national du virus COVID-19.

Le gouverneur régional de la Vénétie, Luca Zaia, a déclaré que la fermeture du carnaval commencerait dimanche soir. L’événement, qui attire des dizaines de milliers de visiteurs chaque année, devait se terminer mardi.

L’annonce est intervenue après qu’au moins dix villes du nord du pays ont été mises sous verrouillage à la suite d’un groupe de cas COVID-19.

Le nombre total de cas dans le pays est de 132, dont 89 personnes en Lombardie, 25 en Vénétie, neuf en Émilie-Romagne et six dans le Piémont, a déclaré dimanche après-midi le chef des services de protection civile du pays, Angelo Borrelli.

Les autorités italiennes ont annoncé samedi la mort d’une femme lombarde de 75 ans, à la suite de la mort d’un homme de 78 ans originaire de Vénétie.

Bon nombre des nouveaux cas représentaient les premières infections en Italie contractées par contagion secondaire.

Certains cas sont survenus au même hôpital de Codogno, l’une des villes de Lombardie actuellement en détention.

Un homme de 38 ans y a été hospitalisé et sa femme et un ami l’ont également contracté. Cinq membres du personnel médical, dont des infirmières et des médecins, se sont également révélés positifs.

«Groupe d’affaires»

Le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, a déclaré que l’Italie voyait maintenant le même type de groupe de cas que l’Allemagne et la France.

Le ministère italien de la Santé a ordonné à quiconque entrant en contact direct avec les trois d’être mis en quarantaine pendant 14 jours.

Environ 150 personnes, y compris du personnel médical, étaient isolées et subissaient des tests.

Le président régional de la Vénétie, Zaia, a déclaré que la contagion montrait que le virus se transmet comme n’importe quelle grippe et qu’essayer de localiser une seule source pour les cas ou d’établir un lien avec la Chine n’était plus une mesure de confinement efficace.

« Vous pouvez l’obtenir de n’importe qui », a-t-il déclaré aux journalistes. « On peut s’attendre à avoir des cas de patients n’ayant eu aucun contact » avec des porteurs suspects. Bien que le virus ne soit pas particulièrement mortel, il peut être destiné aux personnes âgées ou aux personnes souffrant de maladies existantes, a-t-il déclaré.

Villes fermées

Le maire de Codogno a publié un décret ordonnant la fermeture de tous les restaurants, cafés, écoles et lieux de rassemblement publics tels que les discothèques et les gymnases. Le ministère de la Santé a conseillé aux résidents de la région de rester à la maison par mesure de précaution.

Les autorités locales d’une autre ville, Casalpusterlengo, ont ordonné la fermeture des écoles locales jusqu’à mardi.

Une troisième ville, Castiglione d’Adda, a déclaré que ses bibliothèques, ses bureaux publics, ses gymnases et ses poubelles seraient fermés par précaution sanitaire.

L’hôpital de Codogno a fermé sa salle d’urgence et du personnel a été vu portant des masques alors que des déménageurs apportaient de nouveaux lits et de nouveaux meubles alors que la quarantaine commençait.

Le vice-ministre de la Santé, Pierpaolo Sileri, a déclaré que le responsable qui s’est rendu en Chine et a été mis en isolement n’est pas un patient zéro. Les résultats de laboratoire ont montré que l’homme n’a pas développé d’anticorps contre le virus.

L’hôpital des maladies infectieuses de Rome s’occupe actuellement de trois autres personnes infectées, dont un couple chinois de Wuhan durement touché et un Italien qui teste désormais le virus «  constamment négatif  » après deux semaines de traitement antiviral.

Malgré les appels à la sauvegarde, les Italiens ont du mal à trouver des masques protecteurs. Un échantillon de pharmacies de Milan a déclaré avoir vendu il y a des semaines, tout comme un pharmacien à Codogno.

Les médias locaux italiens ont déclaré samedi qu’au moins 10 villes étaient effectivement verrouillées: Casalpusterlengo, Codogno, Castiglione d’Adda, Fombio, Maleo, Somaglia, Bertonico, Terranova dei Passerini, Castelgerundo et San Fiorano.

Certaines villes en dehors de la zone couverte par l’ordonnance, telles que Crémone, ont émis leurs propres restrictions après avoir confirmé qu’il y avait des cas locaux.

Le Premier ministre Giuseppe Conte a tenu samedi une réunion d’urgence du cabinet avec la protection civile.

Conte a déclaré l’isolement obligatoire de toutes les personnes en contact avec celles qui avaient été testées positives pour le coronavirus et a déclaré que le gouvernement envisageait de nouvelles mesures pour contenir l’épidémie.

De nouveaux évacués retournent en France

Les autorités britanniques ont également annoncé dimanche que quatre nouvelles personnes avaient été diagnostiquées avec le virus, portant le nombre total de cas au Royaume-Uni à 13.

« Le virus a été transmis dans le bateau de croisière Diamond Princess et les patients sont transférés d’Arrowe Park vers des centres d’infection spécialisés du NHS », a déclaré Public Health England dans un communiqué .

Entre-temps, un nouvel avion rapatriant 28 Français et 36 autres citoyens de l’UE a quitté Wuhan, en Chine, vendredi, a confirmé une source diplomatique à l’AFP.

Les évacués français resteront en quarantaine dans le Calvados en Normandie.

Il s’agit du troisième avion envoyé de Paris à Wuhan, qui fait l’objet de mesures de quarantaine strictes empêchant les voyages depuis environ un mois.

Cet article a été corrigé pour indiquer que dix villes sont fermées. Une version antérieure disait qu’il y en avait douze.

https://www.euronews.com/2020/02/21/italy-s-coronavirus-cases-quadruple-after-8-infected-in-one-hospital

L’extrême-droite de Salvini et le M5S à genoux après l’élection en Émilie-Romagne

L’extrême-droite de Salvini et le M5S à genoux après l’élection en Émilie-Romagne

Logo Business AMPOLITIQUE

27/01/2020 | Sonia Romero | 5 min de lecture

Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord. (ELISABETTA BARACCHI/ EPA-EFE)

Les résultats de l’élection régionale en Émilie-Romagne sont tombés ce lundi, et avec eux, le Mouvement 5 étoiles anticonformiste ainsi que les espoirs de Matteo Salvini, chef du parti d’extrême-droite la Ligue.

C’est une élection régionale particulièrement suivie qui a eu lieu dimanche soir en Italie, et pour cause; Matteo Salvini espérait en profiter pour faire tomber le gouvernement de coalition précaire du pays et précipiter de nouvelles élections nationales. Au lieu de quoi, le Parti démocratique (PD), de centre-gauche, a remporté la majorité des suffrages en Émilie-Romagne, coiffant au poteau les illusions de l’extrême-droite et du Mouvement 5 étoiles (M5S) qui milite pour une démocratie directe.

Les élections d’hier ont donc rebattu les cartes dans une Italie incertaine quant à son avenir. La candidate de la Ligue Lucia Borgonzoni (43,73%) n’aura pas réussi à éjecter le gouverneur de la région, Stefano Bonaccini (51,36%), très en vue au sein du Parti démocrate et particulièrement populaire en Émilie-Romagne, connue pour être un bastion de centre-gauche. Notons le fort taux de participation de près de 68% qui a éclipsé les précédents chiffres de 2014 (37%), comme le note CNBC.

Le Mouvement 5 étoiles anéanti

Matteo Salvini comptait sur cette élection régionale à valeur de test national pour reconquérir le pouvoir. Mais il faut croire que les nombreux rassemblements (plusieurs par jour) de la Ligue militant pour la réduction des impôts et la lutte contre l’immigration n’auront pas porté leurs fruits. ‘Après 70 ans, il y a eu un vrai match (gauche/droite) en Émilie-Romagne. Autrefois, le match était fini avant d’avoir commencé’, a cependant affirmé Salvini devant la presse.

La coalition formée par le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles que Salvini a voulu faire tomber s’en retrouve cependant fragilisée, vu les faibles résultats du M5S dans la région. ‘Le M5S a été anéanti en Émilie-Romagne’, a déclaré Wolfango Piccoli, coprésident de la société de conseil politique Teneo Intelligence. ‘Avec le M5S en chute libre, le PD sera obligé d’assumer un rôle plus important (et éventuellement de faire face au coût politique qui en découle) dans le gouvernement de coalition.’

Une coalition chancelante

Selon Piccoli, cette nouvelle dynamique politique pourrait compliquer davantage l’équilibre délicat au sein de la coalition ‘chancelante’ dirigée par le Premier ministre Giuseppe Conte. Le M5S a en effet dû accuser plusieurs pertes ces dernières semaines, comme la démission de son leader et ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio, parti pour apaiser des tensions internes, mais aussi les départs d’un autre ministre et de plusieurs sénateurs. Le Mouvement 5 étoiles a ainsi vu son soutien dégringoler à deux chiffres lors des élections ce dimanche.

Selon l’ancien fonctionnaire du Trésor et économiste Lorenzo Codogno, ces résultats pourraient ‘entraîner des problèmes pour la stabilité du gouvernement’, mais également signifier que la politique italienne se simplifie toujours plus pour revenir à un système ‘bipolaire’. Nouvelle qui est selon lui plutôt positive ‘pour toute gouvernance future du pays’.

Il faudra pourtant encore attendre avant de se réjouir trop vite. Toute décision d’organiser des élections anticipées pourrait éventuellement déclencher une vente impulsive d’obligations italiennes, symbole de l’imprévisibilité de la politique du pays.

https://fr.businessam.be/lextreme-droite-de-salvini-et-le-m5s-a-genoux-apres-lelection-en-emilie-romagne/

Soupçonné de travailler pour un autre gouvernement que la France, le conseiller de Matignon Sandro Gozi démissionne

Soupçonné de travailler pour un autre gouvernement que la France, le conseiller de Matignon Sandro Gozi démissionne

partagezRéagir

Soupçonné de travailler pour un autre gouvernement que la France, le conseiller de Matignon Sandro Gozi démissionne

Sandro Gozi à Rome en mai 2014.©GABRIEL BOUYS / AFPA lire aussi

Le conseiller Sandro Gozi démissionne de Matignon

PolitiqueLe conseiller Sandro Gozi démissionne de MatignonPolitiqueLe conseiller de Matignon Sandro Gozi dément travailler pour un autre gouvernement que la France

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 23 octobre 2019 à 19h15

Sandro Gozi dénonce de « viles attaques » et souhaite ainsi « retrouver sa pleine liberté de parole » et « éviter toute instrumentalisation politique qui pourrait porter préjudice au chef du Gouvernement ». 

Soupçonné d’avoir collaboré avec le gouvernement maltais tout en travaillant pour Matignon, le conseiller d’Édouard Philippe Sandro Gozi a annoncé mercredi 23 octobre sa démission dans un courrier transmis à l’AFP. 

Ancien secrétaire d’État italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi était devenu fin juillet chargé de mission auprès du Premier ministre. Il s’est retrouvé lundi au cœur d’une polémique après que des médias ont affirmé qu’il travaillait également pour le Premier ministre maltais Joseph Muscat.

Matignon lui a alors demandé de s’expliquer. 

Dans sa lettre, Sandro Gozi dénonce de « viles attaques » et indique préférer démissionner pour « retrouver la pleine liberté de parole » afin de se défendre et « éviter toute instrumentalisation politique qui pourrait porter préjudice au chef du Gouvernement ». « Le contrat maltais mentionné dans la presse régit légalement une mission de conseil effectuée en tant que consultant externe auprès des autorités maltaises », écrit-il dans son courrier. Cette collaboration « a cessé à (sa) demande après le résultat des élections européennes en France« , poursuit-il. Il affirme également avoir remis des preuves de ses affirmations.

Après son embauche au cabinet du Premier ministre, l’Italien affirme avoir réalisé ses « obligations déclaratives en tant que conseiller ministériel auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique » (HATVP). Il ajoute qu’il a ensuite effectué « un complément déclaratif après avoir réalisé que la législation française exigeait la déclaration non seulement des activités publiques mais également des activités professionnelles privées ». Promettant que « ses activités professionnelles n’ont jamais été dissimulées« , Sandro Gozi assure « que la HATVP n’a pas encore rendu de résultat conclusif de l’examen de sa déclaration ».
Sandro Gozi, nouvellement chargé de mission à Matignon, taxé de trahison à Romepar euronews (en français)
Candidat LREM aux élections européennes où il a élu en 22e position, Sandro Gozi ne siégera qu’après le Brexit. Il est devenu fin juillet chargé de mission auprès du Premier ministre pour suivre la mise en place des nouvelles institutions européennes et des relations avec le Parlement européen. Cette nomination a fait polémique en Italie.

https://actu.orange.fr/politique/soupconne-de-travailler-pour-un-autre-gouvernement-que-la-france-le-conseiller-de-matignon-sandro-gozi-demissionne-magic-CNT000001kqQXR.html