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Économie et Finance Renault: l’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur

Carlos Ghosn, le 1er octobre 2018 à Paris © AFP/Archives ERIC PIERMONT

Économie et Finance

Renault: l’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur

le 17 janvier 2019

L’Etat français a officiellement lâché le PDG de Renault Carlos Ghosn mercredi, deux mois après son arrestation, et demandé la nomination d’un successeur dans les prochains jours pour prendre la tête du constructeur automobile.

Détenu au Japon depuis le 19 novembre, Carlos Ghosn va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi l’ayant révoqué du poste de président du conseil d’administration dès la fin novembre.

« J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a déclaré le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur LCI.

« Dans cette nouvelle étape, nous avons besoin maintenant d’une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a-t-il ajouté. « J’ai demandé explicitement, comme actionnaire de référence, que le conseil d’administration de Renault soit convoqué dans les prochains jours », a-t-il aussi indiqué.

« Nous souhaitons que ce conseil d’administration désigne une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a souligné M. Le Maire. Alors qu’on lui demandait si cela signifiait que M. Ghosn allait être remplacé, il a répondu: « Tout à fait ».

Le ministre n’a pas précisé si le nouveau PDG prendrait aussi la tête de l’alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi: « Ce sera au conseil d’administration de lui dire exactement les contours de ses fonctions ».

Interrogé sur l’éventuelle candidature de Jean-Dominique Sénard, le président sortant de Michelin dont le nom circule comme possible président non exécutif de Renault, M. Le Maire en a loué les qualités sans se prononcer pour autant.

« C’est un grand industriel, un homme qui a une conception sociale de l’entreprise et qui l’a démontré à plusieurs reprises », a-t-il déclaré, soulignant qu’il était aussi « un spécialiste du secteur automobile ».

Il a toutefois souligné que « l’Etat se prononcera sur la base des candidats qui lui seront soumis comme actionnaire de référence ».

Scénario le plus souvent évoqué, la direction de Renault pourrait être scindée en deux, avec un président du conseil d’administration d’un côté et un directeur général exécutif de l’autre, le nom de Thierry Bolloré, nommé il y a un an adjoint de Carlos Ghosn, revenant le plus souvent pour ce dernier poste.

– Emissaires français à Tokyo –

Au moment où les tensions affleurent entre Français et Japonais, le ministre a en revanche rejeté clairement une redistribution des participations au sein de l’Alliance, qui est devenue sous la direction de M. Ghosn le premier constructeur mondial.

« Nous souhaitons la pérennité de l’alliance. La question des participations au sein de l’alliance n’est pas sur la table », a-t-il assuré.

L’Etat français est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital. Nissan en détient 15%, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43% de Nissan, qu’il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans.

Nissan possède par ailleurs 34% de Mitsubishi Motors, dernier venu dans l’alliance née en 1999.

Dans ce contexte chahuté, plusieurs émissaires du gouvernement français dépêchés à Tokyo se sont entretenus mercredi avec des protagonistes du dossier Renault-Nissan.

Participent notamment à ce voyage Martin Vial, directeur général de l’Agence des participations de l’État (APE), et Emmanuel Moulin, directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, selon Le Figaro.

Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, devait les rencontrer, a précisé à l’AFP une source proche du constructeur japonais.

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi et pourrait rester des mois en prison, ce qui rendait difficile son maintien à la tête de Renault dont il est toujours PDG.

Parmi les dernières accusations de Nissan, le PDG de l’Alliance aurait reçu une rémunération de plus de 7 millions d’euros en 2018 de la part d’une filiale néerlandaise détenue à égalité par Nissan et Mitsubishi (NMBV), sans approbation des patrons de Nissan (M. Saikawa) et Mitsubishi (Osamu Masuko), a détaillé une source proche du dossier.

LNT avec Afp

 

https://lnt.ma/renault-letat-francais-lache-carlos-ghosn-cherche-successeur/

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Garde à vue de Carlos Ghosn prolongée jusqu’au 11 janvier

Un tribunal de Tokyo a décidé lundi de prolonger jusqu’au 11 janvier la garde à vue du PDG de Renault, Carlos Ghosn © AFP Kazuhiro NOGI

International

Garde à vue de Carlos Ghosn prolongée jusqu’au 11 janvier

le 31 décembre 2018

Un tribunal de Tokyo a décidé lundi de prolonger de nouveau de 10 jours, jusqu’au 11 janvier, la garde à vue du PDG de Renault, Carlos Ghosn, sur des soupçons d’abus de confiance.

Le juge a accepté la requête du procureur qui estime avoir besoin de plus de temps pour décider ou non d’inculper M. Ghosn sur ces nouvelles charges, a indiqué le tribunal.

L’ex-président de Nissan est détenu au Japon depuis le 19 novembre et déjà inculpé une première fois pour avoir minoré ses revenus sur 5 ans dans des documents remis aux autorités boursières japonaises.

La décision judiciaire de ce jour prolonge ainsi sur l’année prochaine la saga qui passionne le Japon et le monde des affaires depuis que ce titan du monde de l’automobile a été arrêté soudainement à Tokyo.

La décision de lundi ne signifie pas que l’ancien patron de Nissan sera automatiquement libéré le 11 janvier ou le jour suivant, le parquet pouvant en théorie relancer une garde à vue sur de nouvelles charges.

En outre, parallèlement, M. Ghosn est aussi en détention provisoire suite à la première inculpation, ce qui signifie qu’une libération ne peut avoir lieu qu’après la fin de toute garde à vue et sur acceptation par le tribunal d’une demande de mise en liberté sous caution.

Dans le troisième volet en cours de cette affaire, le parquet soupçonne Carlos Ghosn d’avoir « failli à sa fonction de PDG et d’avoir causé un préjudice à Nissan ».

 

Concrètement, le bureau des procureurs lui reproche d’avoir fait couvrir par Nissan « des pertes sur des investissements personnels » au moment de la crise financière d’octobre 2008, ce qu’il nie selon les médias citant ses avocats. La somme incriminée s’élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d’euros).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu’un ami d’Arabie saoudite se porte garant et aurait effectué des virements d’un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d’une filiale de Nissan.

Ce type de délit est normalement prescrit au bout de 7 ans, mais la loi permet de suspendre le décompte lors des séjours à l’étranger, nombreux dans le cas de M. Ghosn qui passait seulement un tiers de son temps au Japon.

L’Américain Greg Kelly, administrateur de Nissan arrêté le 19 novembre au Japon en même temps que Carlos Ghosn, a en revanche été relâché la semaine passée sous caution, la raison pour laquelle M. Ghosn est désormais encore retenu ne le concernant pas.

La longue garde à vue qui se poursuit depuis l’arrestation de M. Ghosn a étonné à l’étranger et le système judiciaire japonais s’est trouvé sous le feu des critiques, notamment en raison du fait que l’avocat de M. Ghosn ne peut assister aux interrogatoires.

Retenu au départ dans une petite cellule, celui qui est encore PDG de l’Alliance Renault-Nissan bénéficie cependant depuis plusieurs semaines de conditions de détention améliorées. Et même s’il a maigri, il reste combatif, selon les médias citant des proches.

Les avocats pourront exceptionnellement voir leur client les 2 et 3 janvier, même si la pause du Nouvel an se prolonge durant ces deux jours, d’après l’agence Jiji.

Un menu spécial traditionnel sera servi au centre de détention le soir du 31 ainsi que le 1er janvier, selon les médias.

Pendant ce temps, l’alliance Renault-Nissan est dans la tourmente. Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont déjà révoqué à l’unanimité M. Ghosn de la présidence de leur conseil d’administration, mais le groupe français Renault l’a maintenu jusqu’à présent à son poste, confiant « à titre provisoire » la direction exécutive à son numéro deux Thierry Bolloré.

POUR ALLER PLUS LOIN

 

Le Japon va reprendre officiellement la chasse commerciale des baleines

Le Japon va reprendre officiellement la chasse commerciale des baleines

Un bateau quitte le port japonais de Shimonoseki pour une campagne de chasse à la baleine dans l’Antarctique, le 1er décembre 2015 / © JIJI PRESS/AFP/Archives / JIJI PRESS

Le Japon a annoncé mercredi son retrait de la Commission baleinière internationale (CBI) dans le but de reprendre la chasse commerciale dès juillet prochain, défiant ouvertement les défenseurs des cétacés 30 ans après y avoir mis fin, du moins sur le papier.

En réalité, l’archipel n’a jamais complètement cessé cette pratique : il utilise en effet une faille du moratoire mis en place en 1986, qui autorise la chasse aux cétacés pour des recherches scientifiques.

Mais cette fois, il renoue publiquement avec la chasse à des fins commerciales, rejoignant l’Islande et la Norvège.

Les critiques n’ont pas tardé, le gouvernement australien se disant « extrêmement déçu » et exhortant le Japon à revoir sa position. Le ministre des Affaires étrangères néo-zélandais Winston Peters a adressé à Tokyo un message similaire, fustigeant « une pratique dépassée et inutile ».

Le Japon s’abstiendra cependant d’aller chasser « dans les eaux de l’Antarctique ou dans l’hémisphère sud », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’un point presse.

La pêche sera « limitée aux eaux territoriales et à la zone économique exclusive », « en accord avec les quotas de prises calculés selon la méthode de la CBI afin de ne pas épuiser les ressources », a-t-il précisé sans donner de chiffres.

La Commission sera formellement notifiée « d’ici à la fin de l’année », ce qui permettra au retrait d’être effectif le 30 juin prochain.

La chasse à la baleine / © AFP / Gal ROMA

– « Le chemin à suivre » –

M. Suga a justifié cette décision par « l’absence de concessions de la part des pays uniquement attachés à la protection des baleines », « bien que des éléments scientifiques confirment l’abondance de certaines espèces », selon lui.

Un désaccord « évident » est apparu lors de la réunion de la CBI en septembre dernier, a-t-il expliqué.

L’instance avait alors rejeté le texte phare porté par le Japon, intitulé « le chemin à suivre ».

Il visait à mettre en place une double voie au sein de la CBI, instance de 89 pays membres, afin de faire co-exister la préservation et la chasse commerciale des baleines.

La proposition aurait aussi mis fin au moratoire de 1986, dont le Japon est signataire.

Un bateau baleinier quitte le port d’Ayukawa, escorté par des gardes-côtes japonais, pour une campagne de chasse, le 26 avril 2014 / © AFP/Archives / KAZUHIRO NOGI

Mais les pays défenseurs des baleines, conduits par l’Australie, l’Union européenne et les Etats-Unis, ont torpillé le texte nippon, par 41 voix contre 27, ce qui a conduit le Japon à l’option de quitter la CBI.

« Un retrait n’est pas la meilleure option, mais c’est ce qui est préférable afin de parvenir à notre objectif principal qui est de reprendre la pêche commerciale », a souligné Hideki Moronuki, un responsable de l’Agence des pêches.

– « Nation pirate » –

Le Japon ouvre ainsi un nouveau front entre les détracteurs et défenseurs de la pêche aux cétacés, que les Japonais, notamment la frange nationaliste, considèrent comme une importante tradition nippone multiséculaire.

De nombreux membres du Parti libéral-démocrate (PLD), formation conservatrice du Premier ministre Shinzo Abe, défendent « la richesse de cette culture », selon les termes du porte-parole du gouvernement. « Nous espérons que cette décision permettra de la transmettre à la prochaine génération. »

Les organisations écologistes ont aussitôt condamné la nouvelle.

Qui sont les chasseurs de baleines ? / © AFP / Florian SOENEN

« Il est clair que le gouvernement tente de faire passer cette annonce en douce à la fin de l’année, loin des projecteurs des médias internationaux, mais le monde n’est pas dupe », a réagi Sam Annesley, responsable de la branche japonaise de Greenpeace.

« La décision du Japon est en décalage total avec la communauté internationale, et fait fi de la nécessité de protéger nos océans et ces créatures majestueuses », a-t-il insisté.

L’association américaine Humane Society International (HSI) a déploré que l’archipel « devienne une nation pirate des baleines ».

L’ONG Sea Shepherd, habituée à traquer les baleiniers japonais, voit paradoxalement dans cette décision « une bonne nouvelle pour les baleines ». Le Japon, dit-elle, ne chassera plus dans le sanctuaire existant dans l’Océan austral sous couvert scientifique et son retrait de la CBI pourrait permettre à la Commission de voter en faveur d’un nouveau sanctuaire dans l’Atlantique sud.

« Nous sommes ravis de voir la chasse prendre fin dans le sanctuaire baleinier antarctique », indique son fondateur, Paul Watson, dans un communiqué.

Le Japon est le plus gros contributeur financier de la Commission baleinière, qui va donc devoir remplacer les fonds manquants.

La saison dernière, les pêcheurs nippons ont tué près de 600 baleines au titre des expéditions scientifiques, à la fois dans l’Antarctique et le Pacifique. En dépit de ce motif officiel, la chair de cet animal finit souvent sur les étals des poissonniers, même si la plupart des Japonais disent aujourd’hui ne pas en manger, ou très rarement.

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(©AFP / (26 décembre 2018 17h21)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-Japon-va-reprendre-officiellement-la-chasse-commerciale-des-baleines/983024.rom

Le Japon va se doter de porte-avions, une première depuis la Deuxième guerre mondiale

Le Japon va se doter de porte-avions, une première depuis la Deuxième guerre mondiale

Tokyo – Le gouvernement japonais a approuvé mardi un plan de défense quinquennal comprenant l’entrée dans l’arsenal de deux porte-avions, une première depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Tokyo justifie cette approche par la présence militaire croissante de la Chine dans la région.

Deux bâtiments initialement conçus pour des manoeuvres d’hélicoptères vont être modifiés pour permettre également les décollages courts et atterrissages verticaux de chasseurs.

Il ne s’agira toutefois pas de porte-avions ayant toutes les capacités d’un porte-avion classique en particulier du fait que les appareils ne resteront pas stationnés sur ces navires, a cependant insisté un fonctionnaire du ministère de la Défense.

Par ailleurs, le gouvernement prévoit l’acquisition sur la prochaine décennie de 42 avions furtifs compatibles avec ces destroyers (les modèles F35B sont favoris), ainsi que l’achat de 105 F35A, des commandes qui, si elles se confirment, devraient en partie satisfaire le souhait de rééquilibrage des échanges commerciaux nippo-américains maintes fois exprimé par le président Donald Trump.

Le Japon dispose déjà d’un important arsenal militaire et d’une armée forte d’environ 250.000 hommes.

Le plan de défense quinquennal, qui englobe aussi des mesures pour la cybersécurité et la surveillance spatiale, est assorti jusqu’à mars 2024 d’un budget de l’ordre de 27.470 milliards de yens (environ 215 milliards d’euros).

L’équipe du Premier ministre Shinzo Abe juge nécessaire que le Japon se dote de moyens plus performants compte tenu de la menace « très inquiétante » que représente, selon lui, l’extension des activités maritimes et aériennes de la Chine en Asie, de même que la Corée du Nord, toujours jugée imprévisible.

« Nous allons garantir les moyens nécessaires sur les plans tant qualitatif que quantitatif pour répondre à un environnement qui change très vite », a insisté lors de son point de presse quotidien le porte-parole de l’exécutif, Yoshihide Suga.

Et d’après lui, cette intention entre dans le cadre de ce qu’autorise la Constitution pacifiste où est notamment inscrit, dans son article 9, le principe du renoncement à la guerre.

L’opposition japonaise, elle, estime que ces nouvelles initiatives gouvernementales éloignent encore plus le pays du principe de limiter son arsenal à l’autodéfense.

Le gouvernement rétorque que c’est se méprendre que de penser que la transformation de deux navires va doter le pays de puissants porte-avions.

Le but est, selon lui, de « donner plus de flexibilité opérationnelle » aux forces d’autodéfense (nom de l’armée nippone) face à une Chine qui se montre menaçante en dépêchant régulièrement des navires autour d’îles inhabitées que les deux pays se disputent depuis des décennies.

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré mardi que les inquiétudes du Japon vis-à-vis de l’armée chinoise « n’aidaient pas au développement et à l’amélioration des relations sino-japonaises ».

Pékin a fait part à Tokyo de « ses fermes mécontentement et opposition » et l’a appelé « à adhérer à une politique de défense purement défensive », a-t-elle indiqué lors d’un point de presse régulier.

La Chine dispose du deuxième budget militaire mondial derrière celui des États-Unis. Elle a un seul porte-avions en service (le « Liaoning »). Le deuxième est actuellement en phase d’essais.

(©AFP / 18 décembre 2018 10h57

https://www.romandie.com/news/Le-Japon-va-se-doter-de-porte-avions-une-premi-re-depuis-la-Deuxi-me-guerre-mondiale_RP/980877.rom

Nissan échoue à choisir un successeur à Ghosn

Le président exécutif de Nissan Hiroto Saikawa répond aux journalistes le 17 décembre 2018 à Yokohama © AFP Behrouz MEHRI

International

Nissan échoue à choisir un successeur à Ghosn

le 17 décembre 2018

Le groupe automobile japonais Nissan, dans la tourmente depuis l’arrestation de son ancien président Carlos Ghosn, a échoué lundi à nommer un remplaçant, et la tâche s’annonce difficile alors que son principal actionnaire, Renault, accentue la pression.

Nissan souhaitait le choisir parmi les administrateurs restants après la révocation de leurs fonctions de M. Ghosn et de son bras droit, Greg Kelly, également interpellé le 19 novembre sur des soupçons de malversations financières.

Mais le conclave de trois personnes chargé de proposer un nom, dans lequel figure un ex-responsable de Renault, n’a pas réussi à s’entendre. « Le conseil a pris acte de la poursuite des discussions » du comité et le patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, a appelé à ne pas agir « dans la précipitation ».

« Nous n’avons pas d’échéance précise en tête. Même si la décision n’est pas prise d’ici fin mars, je pense que cela ne pose pas problème », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au siège du groupe à Yokohama (banlieue de Tokyo).

Nissan a reçu une lettre de son partenaire français réclamant la convocation au plus vite d’une assemblée générale d’actionnaires, selon une source proche du dossier, confirmant des informations du Wall Street Journal (WSJ).

– Gouvernance d’abord, AG ensuite –

Mais la priorité, selon M. Saikawa, est de renforcer la gouvernance du groupe, dont l’affaire a révélé les lacunes. Un comité spécial a été créé, il devra fournir des recommandations dans les mois à venir, et c’est sur cette base que pourra se tenir une AG, a estimé M. Saikawa.

« Je veux aller de l’avant tout en écoutant notre partenaire Renault, mais au final c’est nous qui sommes responsables de la gouvernance de Nissan », a-t-il insisté.

Un mois après l’arrestation pour dissimulation de revenus présumée de l’homme fort de l’alliance, depuis mis en examen et toujours en détention dans une prison de Tokyo, la situation entre les deux alliés s’envenime.

« Notre compagnie est sous le choc, nous ne sommes pas dans une situation normale, mais mon sentiment est que nous devions définitivement mettre un terme à des agissements aussi graves », a justifié M. Saikawa. L’enquête interne menée depuis des mois dans le secret accuse M. Ghosn d’abus de biens sociaux, en particulier d’avoir utilisé des appartements de luxe aux quatre coins du monde aux frais de la compagnie.

Sur ce point, le patron de Nissan s’est « redit prêt » à fournir des explications au conseil d’administration de Renault. La direction de la marque au losange avait rejeté cette proposition la semaine dernière, souhaitant que la communication se fasse uniquement par le biais d’avocats, ce que M. Saikawa a regretté.

« Je pense que les détails crus des malversations commises n’ont pas été transmis à chacun des administrateurs de Renault », a-t-il souligné, espérant qu’à terme Renault parvienne à la même conclusion que Nissan. Pour le moment, la marque au losange a décidé de maintenir Carlos Ghosn comme PDG après n’avoir constaté aucune anomalie sur sa rémunération française.

– « Risques importants » –

Le dirigeant de 64 ans, dont la chute brutale a été un coup de tonnerre dans le monde des affaires, est poursuivi pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières japonaises environ 5 milliards de yens (38 millions d’euros) de revenus durant cinq années, de 2010 à 2015. Il est en outre soupçonné d’avoir fait de même entre 2015 et 2018 pour un montant de 4 milliards de yens (31,1 millions d’euros).

Nissan a également été inculpé dans cette affaire en tant qu’entité morale.

Dans la lettre adressée à Nissan, le directeur général de Renault, Thierry Bolloré, qui assure l’intérim, juge que cette « inculpation crée des risques importants pour Renault, en tant que plus important actionnaire de Nissan, et pour la stabilité de notre alliance industrielle ».

Une AG permettrait de « discuter de la gouvernance et d’autres sujets, comme des personnes nommées par Renault au conseil d’administration de Nissan et dans ses hauts rangs », selon ce courrier cité par le WSJ.

Renault, qui a sauvé naguère Nissan de la faillite, détient 43,4% du constructeur japonais, qui possède de son côté 15% de son partenaire français mais sans droits de vote.

Au fil des ans, les rancoeurs se sont accumulées au sein du constructeur japonais face à ce déséquilibre. Mais, si certains de ses responsables avaient pu espérer profiter de l’éviction de M. Ghosn pour revoir les termes de l’alliance, Nissan et M. Saikawa apparaissent aujourd’hui fragilisés, d’autant que le groupe est aussi secoué par un scandale lié à l’inspection de véhicules.

LNT avec AFP

https://lnt.ma/nissan-echoue-a-choisir-successeur-a-ghosn/

Moscou et Washington ont un « besoin identique » d’une rencontre Trump-Poutine (Kremlin)

Moscou et Washington ont un « besoin identique » d’une rencontre Trump-Poutine (Kremlin)

Moscou – Les Etats-Unis et la Russie ont « un besoin identique » d’une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine au sommet du G20 à Buenos Aires, a assuré mercredi le Kremlin.

« Les deux parties ont un besoin identique de cette rencontre », a déclaré aux journalistes le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, alors que le président américain a menacé d’annuler la rencontre prévue en raison de l’incident armé entre l’Ukraine et la Russie en mer Noire.

« Le 1er décembre, aura lieu un entretien du président de la Russie avec le président américain Donald Trump. Cela se fera en deux parties : un tête-à-tête et un entretien avec les membres clés des délégations des deux pays », a assuré Iouri Ouchakov.

« La nature des entretiens, leur contenu et leur durée dépendent totalement des deux leaders », a-t-il ajouté, ne tenant pas compte des menaces d’annulation de la rencontre proférées par Donald Trump.

Dans un entretien avec le Washington Post, M. Trump a affirmé mardi soir ne pas « aimer cette agression », faisant allusion à l’incident entre des navires russes et ukrainiens au large de la Crimée. « Peut-être que je ne ferai pas cette entrevue » avec M. Poutine, a-t-il ajouté.

« La préparation de la rencontre « se poursuit » et « la rencontre est convenue », a toutefois assuré mercredi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Outre Donald Trump, Vladimir Poutine doit s’entretenir en tête-à-tête à Buenos Aires avec les présidents chinois Xi Jinping et français Emmanuel Macron le 30 novembre, ainsi qu’avec la chancelière allemande Angela Merkel le 1er décembre.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre japonais Shinzo Abe sont également au programme des rencontres bilatérales de Vladimir Poutine, a déclaré M. Ouchakov.

(©AFP / 28 novembre 2018 14h57)

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Carlos Ghosn nie les accusations qui le visent, selon la chaîne NHK

Carlos Ghosn nie les accusations qui le visent, selon la chaîne NHK

L’ex-patron du groupe Renault-Nissan Carlos Ghosn nie toute dissimulation de revenus et les malversations dont il est accusé, a affirmé dimanche la chaîne de télévision publique japonaise NHK.

Le Franco-Libano-Brésilien, qui est resté formellement PDG de Renault, ne s’était pas exprimé depuis son arrestation lundi à Tokyo.

Interrogé par la justice, M. Ghosn n’a pas fait usage de son droit à garder le silence et a indiqué n’avoir jamais eu l’intention de dissimuler des revenus, selon des sources non identifiées citées par NHK.

M. Ghosn, toujours en garde à vue au Japon, a été arrêté lundi dernier en même temps que son bras droit, l’Américain Greg Kelly.

Il est soupçonné d’avoir dissimulé ses revenus de président du conseil d’administration de Nissan à hauteur de 5 milliards de yens entre juin 2011 et juin 2015. Il lui est reproché d’avoir fait la même chose pour les trois exercices comptables suivants, ont indiqué vendredi les quotidiens nippons Asahi Shimbun et Nikkei, soit un total de 8 milliards de yens, l’équivalent de plus de 62 millions d’euros de revenus dissimulés aux autorités financières japonaises.

Celui qui a été révoqué jeudi de la présidence du conseil d’administration de Nissan est également suspecté de ne pas avoir déclaré un bonus de plus de 30 millions d’euros lié à des plus-values dégagées sur les actions, selon Nikkei.

L’agence de presse Kyodo a de son côté affirmé que Nissan avait payé la soeur de Carlos Ghosn 100.000 dollars (87.900 euros) par an depuis 2002 pour une mission de conseil fictive.

M. Kelly a lui aussi nié les allégations dont M. Ghosn fait l’objet, indiquant que les salaires de ce dernier avaient été versés comme il se devait, selon des informations de médias japonais publiées dimanche.

Nisssan avait mis en place une équipe « secrète », incluant des membres du conseil d’administration, pour enquêter en interne cette année sur des soupçons de destruction de preuves par M. Ghosn, selon des sources citées par l’agence de presse Kyodo News.

(©AFP / (25 novembre 2018 09h51)

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Les trois premières leçons de l’affaire Carlos Ghosn

Carlos Ghosn, le patron du groupe Nissan/Renault au mondial de l’auto de 2014.
PHOTO : ©Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA
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Analyse

Les trois premières leçons de l’affaire Carlos Ghosn

Le 19 novembre 2018, on apprend que Carlos Ghosn, à la tête du plus grand constructeur automobile mondial, est retenu en garde à vue au Japon. Il est suspecté de fraude fiscale en ayant dissimulé la moitié de ses revenus durant plusieurs années, et d’avoir piqué dans la caisse ou, en langage plus policé, d’avoir utilisé « des biens de l’entreprise à des fins personnelles ». Concrètement, il aurait utilisé l’argent de l’entreprise pour acheter deux villas, une à Rio, au Brésil, l’autre à Beyrouth, au Liban.

Un lanceur d’alerte a informé la direction qui a discrètement mené une enquête interne révélant les pratiques douteuses de leur patron, arrêté à son arrivée à Tokyo.

En attendant d’en savoir plus sur cette affaire, on peut d’ores et déjà proposer trois leçons inspirées par cet acte de délinquance en col blanc.

Trois clichés

Le livre du sociologue Pierre Lascoumes et de la criminologie Clara Nagels, Sociologie des élites délinquantes, dont la seconde édition vient tout juste de sortir, met en garde dès l’introduction contre les trois clichés qui accompagnent généralement ce genre d’affaire.

Le premier rattache ce type de comportement à des « forbans des affaires », des outsiders, peu implantés dans le monde du business. Une explication qui ne fonctionne pas pour Carlos Ghosn qui dirige sa première usine à l’âge de 26 ans et n’a de cesse de grimper dans la hiérarchie des grandes entreprises, haut responsable chez Michelin, numéro 2 de Renault, numéro 1 de Nissan, grand patron de l’alliance des deux constructeurs. C’est un insider.

« Brebis galeuse » ou « tous pourris », évitons les clichés

Le deuxième cliché est un classique bien connu et renvoie au statut de brebis galeuse ou de pomme pourrie, bref à une exception. De Serge Dassault à Stéphane Richard en passant par Bernard Tapie ou Jean-Claude Mas, plusieurs dirigeants ont eu maille à partir avec la justice. Du travail fondateur de l’Américain Edwin Sutherland aux études les plus récentes résumées par Lascoumes et Nagels, on comprend que les comportements déviants des hauts responsables d’entreprise ne sont malheureusement pas une exception.

Face à ce constat, le dernier cliché est celui du « tous pourris ». Tous les patrons seraient des fraudeurs (ce n’est heureusement pas le cas). Et ces délinquants en col blanc seraient donc les révélateurs des valeurs amorales du capitalisme néolibéral contemporain. C’est oublier les John Law, Fouquet et autres grands « patrons », la liste est longue, de la monarchie, tout autant impliqués que les dirigeants contemporains sans vivre dans une économie libérale. Comme l’écrivait l’économiste libéral anglais John Stuart Mill dès 1848 dans ses Principes d’économie politique, « toutes les classes privilégiées et puissantes ont utilisé leur pouvoir au profit de leur égoïsme ». C’est toujours vrai mais cela fait longtemps que ça l’est.

Les 5 techniques de neutralisation de la faute

Confrontés à leurs comportements délictueux, les grands patrons et cadres dirigeants ont tous recours au même type d’argumentation pour se défendre. En attendant de connaître les résultats de l’enquête sur celle de Carlos Ghosn, on peut s’appuyer sur la présentation qu’en font Lascoumes et Nagels

Première technique : « j’ai été obligé, j’ai reçu l’ordre ». Carlos Ghosn ne pourra pas recourir à cet argument. Hiroto Saikawa, le dirigeant japonais de Nissan qui a révélé l’affaire, affirme ainsi que « trop de pouvoir a été donné à une personne en termes de gouvernance ».

Un autre argument largement utilisé consiste à souligner que « tout le monde le fait »

Un autre défense largement utilisée consiste à souligner que « tout le monde le fait ». Que ce comportement délictueux correspond à une pratique traditionnelle du milieu d’affaire concerné. On en a retrouvé un écho dans la chronique économique de Dominique Seux sur France Inter le 20 novembre indiquant « ce qu’on reproche à Ghosn est courant au Japon ». Deux autres raisons sont avancées pour minimiser la faute : ce n’est pas si grave, ce n’est pas un meurtre ou un hold up ; il n’y a pas vraiment de victimes. Les conséquences pour les entreprises concernées, pour leurs salariés, pour le manque de recettes fiscales des Etats ne sont pas prises en compte.

Enfin, le dernier point consiste à dire que les lois sont mal faites et les réglementations tatillonnes, appelant toute personne censée à les contourner. Là encore, l’argument ne tiendra pas pour Carlos Ghosn. Il bénéficiait d’une rémunération hors normes, de 12 à 15 millions d’euros par an, bien au-delà des pratiques japonaises pour la partie Nissan et sans contrainte pour la partie Renault, le conseil d’administration ayant même validé son augmentation de revenu après un vote défavorable des actionnaires.

La sécession des élites

Le comportement d’un dirigeant ultra fortuné pour qui les lois s’appliquent aux autres semble malheureusement refléter une forme de rejet du peuple par certaines élites économiques.

« Je le vois, vous demandez moins à être distingués par vos concitoyens, que vous ne cherchez à être distingués de vos concitoyens » Sièyes, 1788

Dans son Discours sur l’économie politique, publié en 1755 dans l’Encyclopédie, Jean-Jacques Rousseau prévenait déjà : « le plus grand mal est déjà fait quand on a des pauvres à défendre et des riches à contenir ». Mais plus personne n’est là pour contenir les riches. La droite s’en moque, y compris la droite macronienne, qui les encourage à s’enrichir. La gauche a abandonné le combat : c’est désormais ringard et passéiste que de vouloir s’attaquer au sujet. Quant aux patrons du CAC40, payés en moyenne plusieurs siècles de SMIC, ils vivent dans un autre monde. Dans la ferveur révolutionnaire montante de 1788, l’abbé Sièyes dénonçait dans son Essai sur les privilèges cette volonté de rupture des élites : « je le vois, vous demandez moins à être distingués par vos concitoyens, que vous ne cherchez à être distingués de vos concitoyens ».

Nos sociétés finissent par subir les coûts de cet abandon. Comment ne pas y voir l’une des motivations des Gilets jaunes, au-delà de l’écologie ? Tous ceux qui se sentent socialement rejetés ou incapables de franchir les obstacles d’une progression sociale finissent par se rebeller. Leur révolte passe aujourd’hui par des mouvements type Nuit debout ou Gilets jaunes ou bien par le rejet de tout ce qui est étranger – l’immigré, l’Europe, la mondialisation – et de ceux tenus pour responsables de leur situation, dans le désordre, le riche, Bruxelles, le patron, la Chine, l’énarque, l’homme politique, etc. Et par le vote extrême : hier, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Demain en France ?

https://www.alternatives-economiques.fr//trois-premieres-lecons-de-laffaire-carlos-ghosn/00087014?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=NL_Quotidienne%2F20112018

Carlos Ghosn arrêté au Japon pour malversations

Carlos Ghosn arrêté au Japon pour malversations

Le patron du groupe Renault et l’un des plus grands industriels au monde a été arrêté au Japon pour malversations.

C’est un fait très rarissime au Japon où l’on ménage souvent les grands patrons industriels, a fortiori étrangers.

C’est après une enquête interne au sein de Nissan que la justice nipponne a ordonné l’arrestation du PDG français d’origine libanaise.

Cependant cette affaire peut très bien en cacher d’autres puisque il pourrait s’agir d’un règlement de comptes sur fond d’espionnage et de sabotage technologique au profit de puissances tierces.

La justice nipponne ira t-elle jusqu’au bout ou est-ce elle devra se taire comme de coutume, raison d’État oblige ?

Carlos Ghosn arrêté au Japon pour malversations

La Russie et le Japon commencent des exercices navals conjoints dans le golfe d’Aden, selon la marine russe

La Russie et le Japon commencent des exercices navals conjoints dans le golfe d’Aden, selon la marine russe

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 11/11/2018 05:56

Des exercices navals anti-piratage ont été conjointement lancés par la Russie et le Japon au large du golfe d’Aden, a fait savoir samedi la flotte du Nord de la Russie.

Les navires de combat russes et la force maritime japonaise d’autodéfense participent aux exercices, notamment le navire anti-sous-marin Severomorsk de la flotte du Nord de la Russie et le destroyer japonais Ikazuchi, selon le porte-parole de la flotte du Nord de la Russie, Vadim Serga.

« Ces interactions entre les marins de la flotte du Nord de la Russie et la force maritime japonaise d’autodéfense ont lieu pour la première fois dans l’histoire de la marine russe », a dit M. Serga, cité par l’agence de presse russe Interfax.

Les exercices navals ont pour objectif d’augmenter la coopération entre les navires de guerre russes et japonais dans la lutte contre le piratage et le terrorisme, a déclaré M. Serga, cité par l’agence de presse Sputnik.

Pendant les exercices, les équipages des navires échangeront leurs informations, détecteront les vaisseaux suspects, formeront les équipages aux sorties en hélicoptères à partir de bateaux, conduiront des attaques simulées et effectueront des excursions, selon M. Serga.

https://chine.in/actualite/asie/russie-japon-commencent-des-exercices_19242.html