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Alliance germano-japonaise contre « America First » : des retours de flamme importants à venir ?

Alliance germano-japonaise contre « America First » : des retours de flamme importants à venir ?


Par Andrew Korybko – Le 9 février 2019 – Source orientalreview.org

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Le Japon vient de s’allier à l’Allemagne contre Trump. Le premier ministre Abe a reçu la chancelière Merkel en début de semaine, et s’est engagé à approfondir ce qu’il a décrit comme l’« alliance de multilatéralistes », en place entre les deux pays, et surtout entre les deux dirigeants. Ces deux grandes puissances s’opposent à l’idéologie de Trump « America First », qui vise à prioriser les intérêts de son pays dans toutes les décisions de politique étrangère et économiques, au lieu de « se sacrifier pour les autres » au nom d’un soi-disant « bien général » de ses « alliés » supposés et du reste du monde.

La chancelière allemande Angela Merkel, à gauche, accueillie par le premier ministre japonais Shinzo Abe, à son arrivée à la résidence officielle de ce dernier à Tokyo, au Japon, le 4 février 2019.

Abe et Merkel se rangent parmi les libéro-mondialistes, idéologiquement opposés aux visions hyper-réalistes de Trump des relations internationales, et c’est pour cela qu’ils mettent en commun leurs efforts pour entraver ses ambitions mondiales.

Les marges de manœuvre de ces deux pays occupés par les USA sont en réalité fortement limitées en la matière, mais le fait qu’ils aient signé ensemble récemment un Accord de partenariat économique [Economic Partnership Agreement, NdT], qui donne à l’Allemagne et au reste de l’UE un point d’ancrage dans le Comprehensive and Progressive Agreement for Trans-Pacific Partnership (CPTPP, ou TPP sans les USA) : cela montre à quel point ils veulent défier les dimensions économiques de la vision « America First » de Trump. Et sur le plan géopolitique, l’Allemagne avance fièrement son projet de Nord Stream II, malgré les fortes résistances étasuniennes, tandis que le Japon s’engage dans des pourparlers avec la Russie pour enfin signer un traité de paix concluant la seconde guerre mondiale.

Ce n’est pas tout : l’initiative allemande de créer une soi-disant « Armée européenne », et les différents latents entre le Japon et la Corée du Sud montrent à qui veut le voir que les USA sont en train de perdre le contrôle de leurs partenaires mineurs, ou plutôt, n’ont plus le niveau de contrôle absolu qu’ils ont connu, et doivent s’adapter en conséquence à ces changements, en usant du stratagème « Diriger Depuis l’Arrière », qui consiste à sous-traiter les responsabilités du contrôle régional à des partenaires de même sensibilité. Mais même dans ce nouvel environnement, les deux grandes puissances peuvent essayer d’employer leur partenariat, en cours d’approfondissement, et les possibilités qu’elles partagent, comme leviers dans leurs relations individuelles avec les USA.

Économiquement, et sur le plan géopolitique, les USA ont encore la main sur chacun des deux pays : leur niveau de dépendance envers le marché étasunien est important, et ils sont tous deux désespérément incapables de se débarrasser de la présence militaire étasunienne sur leur sol ; mais Washington pourrait se voir néanmoins contrainte à « trouver des compromis » avec eux sur les sujets commerciaux, s’ils jouent leur jeu intelligemment et de manière coordonnée. Par exemple, les deux pays étendent en ce moment leurs relations avec la Chine, au travers des Routes de la soie, et cela pourrait être interprété par les USA comme à leur désavantage, dans un jeu à somme nulle, sauf si ces derniers acceptent de négocier des accords plus favorables à l’Allemagne et au Japon pour les empêcher de remplacer l’importance stratégique étasunienne dans leurs économies.

Mais dans le même temps, cet affront stratégique pourrait provoquer l’ire de Trump, et le faire doubler la mise avec les rivaux régionaux des deux pays, ici la Pologne et la Corée du Sud. Washington veut diriger « l’initiative des trois mers », constituée des États d’Europe Centrale et de l’Est, et Séoul a prouvé aux USA qu’elle constituait un allié fiable, et sans désir de trop « secouer la barque » en cas de désaccord avec Washington. Les USA pourraient donc essayer de les « récompenser » pour leur « loyauté », en leur accordant des avantages géopolitiques pour la Pologne et économiques pour la Corée du Sud.

Pour ces raisons, l’alliance germano-japonaise pourrait bien engendrer des retours de flamme vers ces deux grandes puissances, si Trump décidait de les punir plutôt que d’essayer de négocier un accord pragmatique avec elles. Leurs marges de manœuvres stratégiques sont déjà très limitées en l’état, et un soutien étasunien accordé à leurs rivaux géostratégiques respectifs pourrait leur compliquer la tâche encore davantage. Les USA ne permettraient jamais que ni l’un ni l’autre n’en appelle à un soutien russe ou chinois, dans l’hypothèse improbable où un tel soutien serait demandé, mais ils peuvent quand même essayer de faire jouer leurs partenariats stratégiques à des fins constructives.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 8 février 2019.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/alliance-germano-japonaise-contre-america-first-des-retours-de-flamme-importants-a-venir

 

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Pourquoi le Japon a-t-il du mal à avaler l’ascension irrésistible de la Chine ?

Pourquoi le Japon a-t-il du mal à avaler l’ascension irrésistible de la Chine ?


Par Andre Vltchek − Le 11 janvier 2019 − Source New Eastern Outlook


Non loin d’un vieux temple dans la campagne de la préfecture de Mie, il y avait une paire de magnifiques vieilles balançoires pour enfants, près desquelles je me promenais quand j’étais en mal d’inspiration pour mes romans. Il y a deux ans, je remarquais que les balançoires avaient rouillé, laissées à l’abandon. Hier, j’ai remarqué la présence d’un ruban jaune entourant la structure et en interdisant l’accès. Il semble que la décision ait été prise de détruire l’aire de jeux pour de bon.


Un jour plus tôt, je remarquais un sans-abri age dormant sous un grand panneau publicitaire vantant un groupe de restaurants de luxe dans l’impressionnante gare de Nagoya.

Dans la ville de Yokkaichi, qui compte 350 000 habitants, presque toutes les lignes d’autobus ont été annulées. Un élégant et unique signe du zodiaque, qui était gravé dans le parvis de marbre en face de la gare de la Ligne Kinetsu a également disparu, alors qu’il représentait le centre de gravité de la ville. Les ferrys rapides qui traversent la baie entre Yokkaichi et l’aéroport international Centrair qui dessert Nagoya et toute la région centrale du Japon, ont cessé leur service suite au tarissement des subventions municipales. Maintenant les gens doivent conduire 70 kilomètres autour de la baie pour pouvoir prendre leur vol, gaspillant essence, frais de péages extravagants et frais de parking de l’aéroport. Ce qui était des espaces publics, ou même des rizières, sont soudainement convertis en parcs de stationnement au design déprimant. Cela se passe dans la plaine centrale du Japon, mais aussi dans des villes éloignées du sud-ouest comme Nagazaki, ou du nord comme Nemuro.

Il y a des sans-abris partout. Les voitures (le Japon a maintenant plus de voiture par habitant que les États-Unis) pourrissent sur place au milieu de rizières ou aux abords de forêts autrefois vierges, à cause de leur dépréciation rapide, et du coût prohibitif pour s’en débarrasser de façon responsable. Des villages ruraux entiers se sont dépeuplés, au point de devenir des villages-fantômes. La rouille, la mauvaise gestion, et un manque cruel de services publics menacent le pays tout entier.

Le Japon est en état de décomposition. Il était possible pendant de nombreuses années de ne pas regarder la réalité en face, grâce à l’inertie émanant d’un des pays les plus riches de la planète. Mais cela n’est plus possible : la détérioration du pays est trop flagrante.

La décrépitude n’est pas aussi avancée que ce qu’on peut constater dans certaines parties de la France, des États-Unis ou du Royaume-Uni. Mais il s’agit bien de décrépitude. Les jours heureux des trente glorieuses sont terminés. L’industrie automobile et les autres grands groupes cannibalisent littéralement le pays, lui dictant son mode de vie. Dans des villes de taille plus modeste, les automobilistes ne laissent plus les piétons traverser en priorité comme avant. La voiture est au cœur des préoccupations des urbanistes, et certains d’entre eux sont rémunérés en sous-main par les lobbys automobiles. Nombreux sont les endroits où on ne peut désormais se rendre qu’en voiture. Il n’y a presque plus d’équipement sportif public dans les parcs, et presque plus aucun nouveau parc. Le Japon, fier de son industrie agroalimentaire sophistiquée, est maintenant envahi de chaînes d’épiceries de quartier, qui ne vendent pour la plupart que des denrées alimentaires de mauvaise qualité.

Durant des générations les Japonais se sont sacrifiés pour la construction d’une société prospère, puissante et juste. Aujourd’hui, il n’y a aucun doute que le rôle des citoyens n’est que de soutenir les grands groupes industriels. Le Japon avait son propre modèle de développement, mais de nos jours, le mode de vie n’est pas si différent de celui qu’on peut observer en Amérique du Nord ou en Europe. Pour la deuxième fois dans son histoire, le Japon a été contraint de « s’ouvrir au monde » (comprendre « s’ouvrir aux intérêts occidentaux et au capitalisme libéral »), et d’accepter des concepts qui sont fondamentalement étrangers à la culture asiatique. Les conséquences ne se sont pas faites attendre, et pour faire court, elles ont été désastreuses dans tous les domaines.

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Après la Deuxième guerre mondiale, le Japon n’avait pour autre choix que d’accepter la situation. Sa Constitution fut rédigée par les États-Unis. Vaincu, mais déterminé à rebâtir et à rejoindre les rangs des pays les plus riches de la planète, le Japon commença à collaborer avec l’Occident, d’abord en soutenant l’invasion violente de la Corée (la soi-disant « Guerre de Corée »). Le Japon abandonna totalement son indépendance, et mit sa diplomatie au service des États-Unis.

Les médias de masse sont depuis la fin de la guerre contrôlés et censurés par le gouvernement à Tokyo. Les grands quotidiens japonais, tout comme sa télévision nationale NHK, n’oseraient jamais diffuser ou publier une quelconque information internationale importante, sauf si un des grands groupes médiatiques américains ou britanniques ouvraient la marche et donnaient leurs instructions sur la façon dont les informations doivent être couvertes dans les médias des États vassaux. Vu sous cet angle, les médias japonais ne différent en rien de leurs collègues indonésiens ou kenyans.

Le Japon n’est pas non plus une « démocratie », si la définition de démocratie correspond au pouvoir dans les mains du peuple. Traditionnellement, les Japonais vivaient principalement pour servir la nation, ce qui n’était d’ailleurs pas une mauvaise idée. Cela a fonctionné pendant un moment, en tout cas pour la majorité. Mais de nos jours, les Japonais sont censés sacrifier leur existence pour servir les grandes sociétés.

Les Japonais n’ont pas l’habitude de se rebeller, même lorsque leurs dirigeants leur font les poches. Ils sont étonnamment dociles.

Le Japon est non seulement en état de décomposition, mais il tente de répandre sa décomposition, telle une épidémie. En réalité, le Japon étend et glorifie sa politique de soumission dans les domaines de la diplomatie et des politiques publiques. Par l’octroi de bourses, le gouvernement japonais n’a de cesse d’endoctriner et de castrer intellectuellement des dizaines de milliers d’étudiants provenant des nations pauvres du sud-est asiatique et d’autres parties du monde.

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Au même moment, la Chine, qui est vraiment la porte à côté, est à la pointe des avancées technologiques, de l’urbanisme et des politiques sociales. La « civilisation écologique » faisant désormais partie de la Constitution, la Chine est en avance sur la Japon dans le développement de sources d’énergies alternatives, des transports publics ainsi qu’en terme de d’agriculture biologique. D’ici 2020, les dernières poches de pauvreté extrême en Chine auront disparues de cet immense territoire.

Et toutes ces avancées ont été réalisées sous la houlette du Parti communiste chinois, que les Japonais ont appris à détester et rejeter.

L’exceptionnelle détermination des Chinois, leur entrain, leur génie et leur attachement à un certain socialisme sont de toute évidence les clés du succès, en comparaison avec l’esprit sclérosé, conservateur et revanchard du Japon moderne et de ses chaperons occidentaux. Le contraste est vraiment flagrant et immédiatement palpable même pour le plus perplexe des observateurs.
Quant à la scène internationale, pendant que les grands groupes japonais sont occupés à exploiter des pays entiers et à corrompre leurs gouvernements, la Chine redresse des continents entiers, à l’aide des bons vieux idéaux de l’Internationale communiste. L’Occident fait de son mieux pour discréditer la Chine et ses efforts colossaux, tout comme le Japon, allant jusqu’à inventer de nouvelles insultes, mais la vérité est de plus en plus difficile à dissimuler. Il suffit de parler à des Africains pour se rendre compte rapidement de la situation. Il suffit de voyager en Chine pour que tout devienne plus limpide. Sauf à être payé par un tiers pour refuser de voir.

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Plutôt que de s’inspirer du modèle chinois et de changer totalement de modèle économique et social, le Japon préfère prendre l’attitude du mauvais perdant. Le Japon se complait à détester la Chine d’avoir réussi son développement grâce à des politiques publiques indépendantes de toute influence étrangère, et sous la direction d’un gouvernement communiste. Le Japon déteste la Chine qui a construit de belles villes pensées pour le peuple, qui fait de son mieux pour préserver son environnement et ses campagnes. Et plus que tout le Japon déteste la Chine d’avoir réussi à garder son indépendance totale, politique et sociale, ainsi que dans le champ académique.

La Chine a bien tenté de faire du pied aux universités occidentales, mais cela s’est révélé une voix sans issue, menant à une infiltration idéologique, jusqu’au quasi-effondrement de l’indépendance intellectuelle de la Chine. Heureusement le danger fut identifié, et la subversion occidentale fut rapidement stoppée, pour ainsi dire « cinq minutes avant minuit », avant qu’il ne soit trop tard pour réagir.
Au Japon, la soumission et la collaboration avec le régime impérialiste occidental sont arborées avec fierté. Les diplômés japonais d’universités américaines et britanniques accrochent leurs diplômes au mur, comme si cela était une preuve de succès, au lieu d’une preuve de collaboration à un système qui est en train de mettre à feu et à sang une grande partie de la planète.

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Je me souviens qu’il y a une quinzaine d’années, on pouvait voir les touristes chinois sur tous les quais des gares du Japon photographier les trains à grande vitesse, fascinés. Lorsque les trains passaient, on pouvait les entendre soupirer. Aujourd’hui, la Chine a le réseau ferroviaire à grande vitesse le plus étendu et les trains les plus rapides du monde. Les trains chinois sont plus confortables que les japonais et les prix des billets chinois défient toute concurrence comparés aux billets japonais et français, à des niveaux de prix établis pour que tout le monde puisse se payer un déplacement à grande vitesse.

Les femmes chinoises enviaient à l’époque le choix de marchandises dans les grands magasins japonais. Posséder un iPhone était le rêve de la classe moyenne. Aujourd’hui les Chinois sont habillés avec les mêmes vêtements que les Japonais, l’iPhone n’est plus un luxe et en fait, les téléphones Huawei et d’autres marques chinoises proposent des téléphones de technologie bien supérieure à ceux d’Apple.

Je me souviens aussi de l’impression que laissait l’architecture moderne japonaise aux touristes chinois, les salles de concert internationales, les cafés à la mode et les belles boutiques. Aujourd’hui, la vie culturelle de Beijing et Shanghai est sans conteste plus riche que celle de Tokyo ou Osaka. L’architecture moderne est plus impressionnante, et il existe des innovations à la fois à la ville et à la campagne en Chine qui ne sont même pas au stade de projet au Japon.
Alors que les aires de jeux publiques au Japon sont abandonnées ou transformées en aires de stationnement, la Chine construit des nouveaux parcs, petits et immenses, et réaménage des lacs et des rivières en aires de loisirs publics.

Au lieu de la publicité omniprésente du Japon, la Chine placarde sur ses avenues et dans les transports en commun des bandes dessinées éducatives sur les thèmes des vertus du socialisme, de la solidarité, la compassion, l’égalité. La civilisation écologique fait l’objet d’une « publicité » à peu près partout.
Les Japonais sont de plus en plus d’humeur maussade, mais en Chine, des sourires plein de confiance dans l’avenir sont sur beaucoup de visages.

La Chine est dans une phase d’ascension inexorable. Pas grâce à sa croissance économique (le gouvernement n’en fait plus sa priorité comme auparavant), mais grâce à la qualité de vie des citoyens chinois qui ne fait qu’augmenter.
Et c’est le plus important, n’est-ce pas? On peut réellement améliorer la vie d’un peuple sous la houlette d’un système communiste tolérant et moderne. Tant que les gens sourient, tant qu’ils peuvent recevoir une éducation, qu’ils sont en santé et heureux, cela ne peut être considéré que comme une victoire !


Certaines personnes continuent de fantasmer sur l’image d’Épinal des forêts vierges et des lacs japonais. Ils existent toujours, si vous les cherchez bien, comme les maisons de thé, les arbres et les petites criques. Mais il faut les trouver, et il faut bien choisir l’angle de sa photo, car les villes et les campagnes japonaises sont jonchées d’épaves automobiles, de poutres métalliques rouillées, d’espaces publics à l’abandon, des câbles électriques qui pendent et dépareillent le paysage. Tant que des économies peuvent être faites et qu’un profit peut être réalisé, tout est permis.

Les Japonais ont du mal à formuler leur sentiment sur la question. Mais on peut le résumer ainsi : ils se sentent frustrés que le pays qu’ils occupaient et exploitaient est aujourd’hui plus prospère que le leur. Pour les impérialistes japonais, les Chinois étaient simplement des sous-hommes. Cela ne fut jamais exprimé comme cela, mais le Japon n’a jamais respecté que la culture et le pouvoir occidentaux. Aujourd’hui, les « sous-hommes » chinois explorent le fin fond des océans, construisent des avions, les trains les plus rapides du monde et produisent un magnifique cinéma d’auteur. Et ils font de la libération du monde opprimé leur objectif, par le biais de leur projet Une ceinture, une route [Les Nouvelles routes de la soie, NdT], et d’autres idées incroyables.

Que fait le Japon pendant ce temps-là ? Des selfies ; des jeux vidéos ; des dessins animés débiles; nihilistes et dénués d’intérêt ; des réseaux sociaux pour idiots ; une avalanche gigantesque de pornographie en mal de créativité ; des « arts » décoratifs ; de la musique pop et une production automobile de masse. Ses citoyens sont déprimés. J’ai passé trente ans au Japon, je le connais dans ses moindres recoins, et j’aime toujours ce pays, par beaucoup de ses aspects, mais je le vois aussi changer, s’effondrer en fait. Et ce pays refuse de l’admettre et de se réformer.

Je travaille avec la Chine, car j’aime la direction qu’elle prend. J’aime son modèle communiste moderne (je n’ai jamais été un grand admirateur de la Bande des Quatre, du culte et de la glorification qu’elle vouait à la pauvreté) dont l’objectif est d’enrichir rapidement le peuple chinois, et d’enrichir les pays encore opprimés !

Mais cela n’est pas l’objectif du Japon. Ce pays s’est senti « unique » pendant un certain temps. Il était le seul pays riche en Asie. Le seul pays asiatique autorisé, par l’Occident, à être riche. Pendant la période de l’apartheid en Afrique du Sud, les Japonais étaient appelés des « Blancs honoraires », parce qu’ils avaient intériorisé la culture occidentale, parce qu’ils avaient choisi de piller le monde en développement, de concert avec les Européens et les Nord-américains, plutôt que d’aider ces peuples en développement. Sous bien des aspects, il s’agissait d’une forme de prostitution politique et morale, mais qui payait si bien qu’on ne discutait pas de la question morale.

Maintenant la Chine passe en tête simplement grâce à son courage, son travail acharné, le génie de son peuple et tout ceci sous la houlette éclairée du Parti communiste et de sa planification centralisée. Exactement les choses que l’on a appris au peuple japonais à rejeter.

C’est une situation frustrante et effrayante. Cela voudrait dire que toute cette soumission, cette humiliation et ces courbettes à l’Empire n’ont servi à rien ? À la fin, c’est la Chine et le Communisme qui l’emportent et qui rendront le plus grand service à l’humanité.

Oui, le Japon est frustré. Les derniers sondages évoquent des chiffres de 80% de Japonais qui n’aiment pas les Chinois.

Au plus j’interagis avec des Japonais des quatre coins du pays, au plus je suis convaincu que le public japonais perçoit instinctivement qu’il a parié sur le mauvais cheval pendant des décennies. Le Japon est trop fier pour le mettre en mots, et trop effrayé de vraiment l’analyser. Mais la vie au Japon, pour la majorité des gens, est devenue clairement ennuyeuse, sombre et déprimante. Et aucune révolution à l’horizon qui puisse redonner espoir, car sa population a été dé-politisée avec succès.

La Chine construit, invente, se bat et avance, avec confiance, entourée d’amis, mais toujours de façon indépendante.

Le Japon est restreint dans ses mouvements par ses chaînes. Il est immobilisé. Il ne sait même plus comment bouger, résister.

Et c’est la source de son aversion pour la Chine !

Andre Vltchek

Andre Vltchek est un philosophe, écrivain, réalisateur et journaliste d’investigation. Il est le fondateur de Vltchek’s World in Word and Images, et a écrit un certain nombre d’ouvrages dont Optimisme révolutionnaire, Nihilisme occidental. Il écrit en particulier pour le magazine New Eastern Outlook

Traduit par Laurent Schiaparelli, édité par Hervé, relu par Cat pour Le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-le-japon-a-t-il-du-mal-a-avaler-lascension-irresistible-de-la-chine

Le Myanmar accepte le yuan chinois et le yen japonais comme devises de règlement

Le Myanmar accepte le yuan chinois et le yen japonais comme devises de règlement

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 30/01/2019 19:37

La Banque centrale du Myanmar (CBM) a annoncé mercredi qu’elle acceptait désormais le yuan chinois et le yen japonais comme devises de règlement pour les paiements et transferts internationaux.

Ceux-ci seront conditionnés à l’ouverture de comptes auprès de banques agréées, cette pratique n’étant pas permise pour des individus ou des personnes morales, a-t-elle précisé dans sa directive.

Jusqu’ici, seuls l’euro, le dollar américain et le dollar de Singapour étaient acceptés comme devises de règlement pour les paiements internationaux.

https://chine.in/actualite/cn/myanmar-accepte-yuan-yen-japonais_116257.html

Économie et Finance Renault: l’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur

Carlos Ghosn, le 1er octobre 2018 à Paris © AFP/Archives ERIC PIERMONT

Économie et Finance

Renault: l’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur

le 17 janvier 2019

L’Etat français a officiellement lâché le PDG de Renault Carlos Ghosn mercredi, deux mois après son arrestation, et demandé la nomination d’un successeur dans les prochains jours pour prendre la tête du constructeur automobile.

Détenu au Japon depuis le 19 novembre, Carlos Ghosn va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi l’ayant révoqué du poste de président du conseil d’administration dès la fin novembre.

« J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a déclaré le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur LCI.

« Dans cette nouvelle étape, nous avons besoin maintenant d’une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a-t-il ajouté. « J’ai demandé explicitement, comme actionnaire de référence, que le conseil d’administration de Renault soit convoqué dans les prochains jours », a-t-il aussi indiqué.

« Nous souhaitons que ce conseil d’administration désigne une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a souligné M. Le Maire. Alors qu’on lui demandait si cela signifiait que M. Ghosn allait être remplacé, il a répondu: « Tout à fait ».

Le ministre n’a pas précisé si le nouveau PDG prendrait aussi la tête de l’alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi: « Ce sera au conseil d’administration de lui dire exactement les contours de ses fonctions ».

Interrogé sur l’éventuelle candidature de Jean-Dominique Sénard, le président sortant de Michelin dont le nom circule comme possible président non exécutif de Renault, M. Le Maire en a loué les qualités sans se prononcer pour autant.

« C’est un grand industriel, un homme qui a une conception sociale de l’entreprise et qui l’a démontré à plusieurs reprises », a-t-il déclaré, soulignant qu’il était aussi « un spécialiste du secteur automobile ».

Il a toutefois souligné que « l’Etat se prononcera sur la base des candidats qui lui seront soumis comme actionnaire de référence ».

Scénario le plus souvent évoqué, la direction de Renault pourrait être scindée en deux, avec un président du conseil d’administration d’un côté et un directeur général exécutif de l’autre, le nom de Thierry Bolloré, nommé il y a un an adjoint de Carlos Ghosn, revenant le plus souvent pour ce dernier poste.

– Emissaires français à Tokyo –

Au moment où les tensions affleurent entre Français et Japonais, le ministre a en revanche rejeté clairement une redistribution des participations au sein de l’Alliance, qui est devenue sous la direction de M. Ghosn le premier constructeur mondial.

« Nous souhaitons la pérennité de l’alliance. La question des participations au sein de l’alliance n’est pas sur la table », a-t-il assuré.

L’Etat français est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital. Nissan en détient 15%, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43% de Nissan, qu’il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans.

Nissan possède par ailleurs 34% de Mitsubishi Motors, dernier venu dans l’alliance née en 1999.

Dans ce contexte chahuté, plusieurs émissaires du gouvernement français dépêchés à Tokyo se sont entretenus mercredi avec des protagonistes du dossier Renault-Nissan.

Participent notamment à ce voyage Martin Vial, directeur général de l’Agence des participations de l’État (APE), et Emmanuel Moulin, directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, selon Le Figaro.

Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, devait les rencontrer, a précisé à l’AFP une source proche du constructeur japonais.

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi et pourrait rester des mois en prison, ce qui rendait difficile son maintien à la tête de Renault dont il est toujours PDG.

Parmi les dernières accusations de Nissan, le PDG de l’Alliance aurait reçu une rémunération de plus de 7 millions d’euros en 2018 de la part d’une filiale néerlandaise détenue à égalité par Nissan et Mitsubishi (NMBV), sans approbation des patrons de Nissan (M. Saikawa) et Mitsubishi (Osamu Masuko), a détaillé une source proche du dossier.

LNT avec Afp

 

https://lnt.ma/renault-letat-francais-lache-carlos-ghosn-cherche-successeur/

Garde à vue de Carlos Ghosn prolongée jusqu’au 11 janvier

Un tribunal de Tokyo a décidé lundi de prolonger jusqu’au 11 janvier la garde à vue du PDG de Renault, Carlos Ghosn © AFP Kazuhiro NOGI

International

Garde à vue de Carlos Ghosn prolongée jusqu’au 11 janvier

le 31 décembre 2018

Un tribunal de Tokyo a décidé lundi de prolonger de nouveau de 10 jours, jusqu’au 11 janvier, la garde à vue du PDG de Renault, Carlos Ghosn, sur des soupçons d’abus de confiance.

Le juge a accepté la requête du procureur qui estime avoir besoin de plus de temps pour décider ou non d’inculper M. Ghosn sur ces nouvelles charges, a indiqué le tribunal.

L’ex-président de Nissan est détenu au Japon depuis le 19 novembre et déjà inculpé une première fois pour avoir minoré ses revenus sur 5 ans dans des documents remis aux autorités boursières japonaises.

La décision judiciaire de ce jour prolonge ainsi sur l’année prochaine la saga qui passionne le Japon et le monde des affaires depuis que ce titan du monde de l’automobile a été arrêté soudainement à Tokyo.

La décision de lundi ne signifie pas que l’ancien patron de Nissan sera automatiquement libéré le 11 janvier ou le jour suivant, le parquet pouvant en théorie relancer une garde à vue sur de nouvelles charges.

En outre, parallèlement, M. Ghosn est aussi en détention provisoire suite à la première inculpation, ce qui signifie qu’une libération ne peut avoir lieu qu’après la fin de toute garde à vue et sur acceptation par le tribunal d’une demande de mise en liberté sous caution.

Dans le troisième volet en cours de cette affaire, le parquet soupçonne Carlos Ghosn d’avoir « failli à sa fonction de PDG et d’avoir causé un préjudice à Nissan ».

 

Concrètement, le bureau des procureurs lui reproche d’avoir fait couvrir par Nissan « des pertes sur des investissements personnels » au moment de la crise financière d’octobre 2008, ce qu’il nie selon les médias citant ses avocats. La somme incriminée s’élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d’euros).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu’un ami d’Arabie saoudite se porte garant et aurait effectué des virements d’un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d’une filiale de Nissan.

Ce type de délit est normalement prescrit au bout de 7 ans, mais la loi permet de suspendre le décompte lors des séjours à l’étranger, nombreux dans le cas de M. Ghosn qui passait seulement un tiers de son temps au Japon.

L’Américain Greg Kelly, administrateur de Nissan arrêté le 19 novembre au Japon en même temps que Carlos Ghosn, a en revanche été relâché la semaine passée sous caution, la raison pour laquelle M. Ghosn est désormais encore retenu ne le concernant pas.

La longue garde à vue qui se poursuit depuis l’arrestation de M. Ghosn a étonné à l’étranger et le système judiciaire japonais s’est trouvé sous le feu des critiques, notamment en raison du fait que l’avocat de M. Ghosn ne peut assister aux interrogatoires.

Retenu au départ dans une petite cellule, celui qui est encore PDG de l’Alliance Renault-Nissan bénéficie cependant depuis plusieurs semaines de conditions de détention améliorées. Et même s’il a maigri, il reste combatif, selon les médias citant des proches.

Les avocats pourront exceptionnellement voir leur client les 2 et 3 janvier, même si la pause du Nouvel an se prolonge durant ces deux jours, d’après l’agence Jiji.

Un menu spécial traditionnel sera servi au centre de détention le soir du 31 ainsi que le 1er janvier, selon les médias.

Pendant ce temps, l’alliance Renault-Nissan est dans la tourmente. Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont déjà révoqué à l’unanimité M. Ghosn de la présidence de leur conseil d’administration, mais le groupe français Renault l’a maintenu jusqu’à présent à son poste, confiant « à titre provisoire » la direction exécutive à son numéro deux Thierry Bolloré.

POUR ALLER PLUS LOIN

 

Le Japon va reprendre officiellement la chasse commerciale des baleines

Le Japon va reprendre officiellement la chasse commerciale des baleines

Un bateau quitte le port japonais de Shimonoseki pour une campagne de chasse à la baleine dans l’Antarctique, le 1er décembre 2015 / © JIJI PRESS/AFP/Archives / JIJI PRESS

Le Japon a annoncé mercredi son retrait de la Commission baleinière internationale (CBI) dans le but de reprendre la chasse commerciale dès juillet prochain, défiant ouvertement les défenseurs des cétacés 30 ans après y avoir mis fin, du moins sur le papier.

En réalité, l’archipel n’a jamais complètement cessé cette pratique : il utilise en effet une faille du moratoire mis en place en 1986, qui autorise la chasse aux cétacés pour des recherches scientifiques.

Mais cette fois, il renoue publiquement avec la chasse à des fins commerciales, rejoignant l’Islande et la Norvège.

Les critiques n’ont pas tardé, le gouvernement australien se disant « extrêmement déçu » et exhortant le Japon à revoir sa position. Le ministre des Affaires étrangères néo-zélandais Winston Peters a adressé à Tokyo un message similaire, fustigeant « une pratique dépassée et inutile ».

Le Japon s’abstiendra cependant d’aller chasser « dans les eaux de l’Antarctique ou dans l’hémisphère sud », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’un point presse.

La pêche sera « limitée aux eaux territoriales et à la zone économique exclusive », « en accord avec les quotas de prises calculés selon la méthode de la CBI afin de ne pas épuiser les ressources », a-t-il précisé sans donner de chiffres.

La Commission sera formellement notifiée « d’ici à la fin de l’année », ce qui permettra au retrait d’être effectif le 30 juin prochain.

La chasse à la baleine / © AFP / Gal ROMA

– « Le chemin à suivre » –

M. Suga a justifié cette décision par « l’absence de concessions de la part des pays uniquement attachés à la protection des baleines », « bien que des éléments scientifiques confirment l’abondance de certaines espèces », selon lui.

Un désaccord « évident » est apparu lors de la réunion de la CBI en septembre dernier, a-t-il expliqué.

L’instance avait alors rejeté le texte phare porté par le Japon, intitulé « le chemin à suivre ».

Il visait à mettre en place une double voie au sein de la CBI, instance de 89 pays membres, afin de faire co-exister la préservation et la chasse commerciale des baleines.

La proposition aurait aussi mis fin au moratoire de 1986, dont le Japon est signataire.

Un bateau baleinier quitte le port d’Ayukawa, escorté par des gardes-côtes japonais, pour une campagne de chasse, le 26 avril 2014 / © AFP/Archives / KAZUHIRO NOGI

Mais les pays défenseurs des baleines, conduits par l’Australie, l’Union européenne et les Etats-Unis, ont torpillé le texte nippon, par 41 voix contre 27, ce qui a conduit le Japon à l’option de quitter la CBI.

« Un retrait n’est pas la meilleure option, mais c’est ce qui est préférable afin de parvenir à notre objectif principal qui est de reprendre la pêche commerciale », a souligné Hideki Moronuki, un responsable de l’Agence des pêches.

– « Nation pirate » –

Le Japon ouvre ainsi un nouveau front entre les détracteurs et défenseurs de la pêche aux cétacés, que les Japonais, notamment la frange nationaliste, considèrent comme une importante tradition nippone multiséculaire.

De nombreux membres du Parti libéral-démocrate (PLD), formation conservatrice du Premier ministre Shinzo Abe, défendent « la richesse de cette culture », selon les termes du porte-parole du gouvernement. « Nous espérons que cette décision permettra de la transmettre à la prochaine génération. »

Les organisations écologistes ont aussitôt condamné la nouvelle.

Qui sont les chasseurs de baleines ? / © AFP / Florian SOENEN

« Il est clair que le gouvernement tente de faire passer cette annonce en douce à la fin de l’année, loin des projecteurs des médias internationaux, mais le monde n’est pas dupe », a réagi Sam Annesley, responsable de la branche japonaise de Greenpeace.

« La décision du Japon est en décalage total avec la communauté internationale, et fait fi de la nécessité de protéger nos océans et ces créatures majestueuses », a-t-il insisté.

L’association américaine Humane Society International (HSI) a déploré que l’archipel « devienne une nation pirate des baleines ».

L’ONG Sea Shepherd, habituée à traquer les baleiniers japonais, voit paradoxalement dans cette décision « une bonne nouvelle pour les baleines ». Le Japon, dit-elle, ne chassera plus dans le sanctuaire existant dans l’Océan austral sous couvert scientifique et son retrait de la CBI pourrait permettre à la Commission de voter en faveur d’un nouveau sanctuaire dans l’Atlantique sud.

« Nous sommes ravis de voir la chasse prendre fin dans le sanctuaire baleinier antarctique », indique son fondateur, Paul Watson, dans un communiqué.

Le Japon est le plus gros contributeur financier de la Commission baleinière, qui va donc devoir remplacer les fonds manquants.

La saison dernière, les pêcheurs nippons ont tué près de 600 baleines au titre des expéditions scientifiques, à la fois dans l’Antarctique et le Pacifique. En dépit de ce motif officiel, la chair de cet animal finit souvent sur les étals des poissonniers, même si la plupart des Japonais disent aujourd’hui ne pas en manger, ou très rarement.

mis-kap-anb-laf/alu/bh

(©AFP / (26 décembre 2018 17h21)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-Japon-va-reprendre-officiellement-la-chasse-commerciale-des-baleines/983024.rom

Le Japon va se doter de porte-avions, une première depuis la Deuxième guerre mondiale

Le Japon va se doter de porte-avions, une première depuis la Deuxième guerre mondiale

Tokyo – Le gouvernement japonais a approuvé mardi un plan de défense quinquennal comprenant l’entrée dans l’arsenal de deux porte-avions, une première depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Tokyo justifie cette approche par la présence militaire croissante de la Chine dans la région.

Deux bâtiments initialement conçus pour des manoeuvres d’hélicoptères vont être modifiés pour permettre également les décollages courts et atterrissages verticaux de chasseurs.

Il ne s’agira toutefois pas de porte-avions ayant toutes les capacités d’un porte-avion classique en particulier du fait que les appareils ne resteront pas stationnés sur ces navires, a cependant insisté un fonctionnaire du ministère de la Défense.

Par ailleurs, le gouvernement prévoit l’acquisition sur la prochaine décennie de 42 avions furtifs compatibles avec ces destroyers (les modèles F35B sont favoris), ainsi que l’achat de 105 F35A, des commandes qui, si elles se confirment, devraient en partie satisfaire le souhait de rééquilibrage des échanges commerciaux nippo-américains maintes fois exprimé par le président Donald Trump.

Le Japon dispose déjà d’un important arsenal militaire et d’une armée forte d’environ 250.000 hommes.

Le plan de défense quinquennal, qui englobe aussi des mesures pour la cybersécurité et la surveillance spatiale, est assorti jusqu’à mars 2024 d’un budget de l’ordre de 27.470 milliards de yens (environ 215 milliards d’euros).

L’équipe du Premier ministre Shinzo Abe juge nécessaire que le Japon se dote de moyens plus performants compte tenu de la menace « très inquiétante » que représente, selon lui, l’extension des activités maritimes et aériennes de la Chine en Asie, de même que la Corée du Nord, toujours jugée imprévisible.

« Nous allons garantir les moyens nécessaires sur les plans tant qualitatif que quantitatif pour répondre à un environnement qui change très vite », a insisté lors de son point de presse quotidien le porte-parole de l’exécutif, Yoshihide Suga.

Et d’après lui, cette intention entre dans le cadre de ce qu’autorise la Constitution pacifiste où est notamment inscrit, dans son article 9, le principe du renoncement à la guerre.

L’opposition japonaise, elle, estime que ces nouvelles initiatives gouvernementales éloignent encore plus le pays du principe de limiter son arsenal à l’autodéfense.

Le gouvernement rétorque que c’est se méprendre que de penser que la transformation de deux navires va doter le pays de puissants porte-avions.

Le but est, selon lui, de « donner plus de flexibilité opérationnelle » aux forces d’autodéfense (nom de l’armée nippone) face à une Chine qui se montre menaçante en dépêchant régulièrement des navires autour d’îles inhabitées que les deux pays se disputent depuis des décennies.

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré mardi que les inquiétudes du Japon vis-à-vis de l’armée chinoise « n’aidaient pas au développement et à l’amélioration des relations sino-japonaises ».

Pékin a fait part à Tokyo de « ses fermes mécontentement et opposition » et l’a appelé « à adhérer à une politique de défense purement défensive », a-t-elle indiqué lors d’un point de presse régulier.

La Chine dispose du deuxième budget militaire mondial derrière celui des États-Unis. Elle a un seul porte-avions en service (le « Liaoning »). Le deuxième est actuellement en phase d’essais.

(©AFP / 18 décembre 2018 10h57

https://www.romandie.com/news/Le-Japon-va-se-doter-de-porte-avions-une-premi-re-depuis-la-Deuxi-me-guerre-mondiale_RP/980877.rom

Nissan échoue à choisir un successeur à Ghosn

Le président exécutif de Nissan Hiroto Saikawa répond aux journalistes le 17 décembre 2018 à Yokohama © AFP Behrouz MEHRI

International

Nissan échoue à choisir un successeur à Ghosn

le 17 décembre 2018

Le groupe automobile japonais Nissan, dans la tourmente depuis l’arrestation de son ancien président Carlos Ghosn, a échoué lundi à nommer un remplaçant, et la tâche s’annonce difficile alors que son principal actionnaire, Renault, accentue la pression.

Nissan souhaitait le choisir parmi les administrateurs restants après la révocation de leurs fonctions de M. Ghosn et de son bras droit, Greg Kelly, également interpellé le 19 novembre sur des soupçons de malversations financières.

Mais le conclave de trois personnes chargé de proposer un nom, dans lequel figure un ex-responsable de Renault, n’a pas réussi à s’entendre. « Le conseil a pris acte de la poursuite des discussions » du comité et le patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, a appelé à ne pas agir « dans la précipitation ».

« Nous n’avons pas d’échéance précise en tête. Même si la décision n’est pas prise d’ici fin mars, je pense que cela ne pose pas problème », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au siège du groupe à Yokohama (banlieue de Tokyo).

Nissan a reçu une lettre de son partenaire français réclamant la convocation au plus vite d’une assemblée générale d’actionnaires, selon une source proche du dossier, confirmant des informations du Wall Street Journal (WSJ).

– Gouvernance d’abord, AG ensuite –

Mais la priorité, selon M. Saikawa, est de renforcer la gouvernance du groupe, dont l’affaire a révélé les lacunes. Un comité spécial a été créé, il devra fournir des recommandations dans les mois à venir, et c’est sur cette base que pourra se tenir une AG, a estimé M. Saikawa.

« Je veux aller de l’avant tout en écoutant notre partenaire Renault, mais au final c’est nous qui sommes responsables de la gouvernance de Nissan », a-t-il insisté.

Un mois après l’arrestation pour dissimulation de revenus présumée de l’homme fort de l’alliance, depuis mis en examen et toujours en détention dans une prison de Tokyo, la situation entre les deux alliés s’envenime.

« Notre compagnie est sous le choc, nous ne sommes pas dans une situation normale, mais mon sentiment est que nous devions définitivement mettre un terme à des agissements aussi graves », a justifié M. Saikawa. L’enquête interne menée depuis des mois dans le secret accuse M. Ghosn d’abus de biens sociaux, en particulier d’avoir utilisé des appartements de luxe aux quatre coins du monde aux frais de la compagnie.

Sur ce point, le patron de Nissan s’est « redit prêt » à fournir des explications au conseil d’administration de Renault. La direction de la marque au losange avait rejeté cette proposition la semaine dernière, souhaitant que la communication se fasse uniquement par le biais d’avocats, ce que M. Saikawa a regretté.

« Je pense que les détails crus des malversations commises n’ont pas été transmis à chacun des administrateurs de Renault », a-t-il souligné, espérant qu’à terme Renault parvienne à la même conclusion que Nissan. Pour le moment, la marque au losange a décidé de maintenir Carlos Ghosn comme PDG après n’avoir constaté aucune anomalie sur sa rémunération française.

– « Risques importants » –

Le dirigeant de 64 ans, dont la chute brutale a été un coup de tonnerre dans le monde des affaires, est poursuivi pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières japonaises environ 5 milliards de yens (38 millions d’euros) de revenus durant cinq années, de 2010 à 2015. Il est en outre soupçonné d’avoir fait de même entre 2015 et 2018 pour un montant de 4 milliards de yens (31,1 millions d’euros).

Nissan a également été inculpé dans cette affaire en tant qu’entité morale.

Dans la lettre adressée à Nissan, le directeur général de Renault, Thierry Bolloré, qui assure l’intérim, juge que cette « inculpation crée des risques importants pour Renault, en tant que plus important actionnaire de Nissan, et pour la stabilité de notre alliance industrielle ».

Une AG permettrait de « discuter de la gouvernance et d’autres sujets, comme des personnes nommées par Renault au conseil d’administration de Nissan et dans ses hauts rangs », selon ce courrier cité par le WSJ.

Renault, qui a sauvé naguère Nissan de la faillite, détient 43,4% du constructeur japonais, qui possède de son côté 15% de son partenaire français mais sans droits de vote.

Au fil des ans, les rancoeurs se sont accumulées au sein du constructeur japonais face à ce déséquilibre. Mais, si certains de ses responsables avaient pu espérer profiter de l’éviction de M. Ghosn pour revoir les termes de l’alliance, Nissan et M. Saikawa apparaissent aujourd’hui fragilisés, d’autant que le groupe est aussi secoué par un scandale lié à l’inspection de véhicules.

LNT avec AFP

https://lnt.ma/nissan-echoue-a-choisir-successeur-a-ghosn/

Moscou et Washington ont un « besoin identique » d’une rencontre Trump-Poutine (Kremlin)

Moscou et Washington ont un « besoin identique » d’une rencontre Trump-Poutine (Kremlin)

Moscou – Les Etats-Unis et la Russie ont « un besoin identique » d’une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine au sommet du G20 à Buenos Aires, a assuré mercredi le Kremlin.

« Les deux parties ont un besoin identique de cette rencontre », a déclaré aux journalistes le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, alors que le président américain a menacé d’annuler la rencontre prévue en raison de l’incident armé entre l’Ukraine et la Russie en mer Noire.

« Le 1er décembre, aura lieu un entretien du président de la Russie avec le président américain Donald Trump. Cela se fera en deux parties : un tête-à-tête et un entretien avec les membres clés des délégations des deux pays », a assuré Iouri Ouchakov.

« La nature des entretiens, leur contenu et leur durée dépendent totalement des deux leaders », a-t-il ajouté, ne tenant pas compte des menaces d’annulation de la rencontre proférées par Donald Trump.

Dans un entretien avec le Washington Post, M. Trump a affirmé mardi soir ne pas « aimer cette agression », faisant allusion à l’incident entre des navires russes et ukrainiens au large de la Crimée. « Peut-être que je ne ferai pas cette entrevue » avec M. Poutine, a-t-il ajouté.

« La préparation de la rencontre « se poursuit » et « la rencontre est convenue », a toutefois assuré mercredi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Outre Donald Trump, Vladimir Poutine doit s’entretenir en tête-à-tête à Buenos Aires avec les présidents chinois Xi Jinping et français Emmanuel Macron le 30 novembre, ainsi qu’avec la chancelière allemande Angela Merkel le 1er décembre.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre japonais Shinzo Abe sont également au programme des rencontres bilatérales de Vladimir Poutine, a déclaré M. Ouchakov.

(©AFP / 28 novembre 2018 14h57)

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Carlos Ghosn nie les accusations qui le visent, selon la chaîne NHK

Carlos Ghosn nie les accusations qui le visent, selon la chaîne NHK

L’ex-patron du groupe Renault-Nissan Carlos Ghosn nie toute dissimulation de revenus et les malversations dont il est accusé, a affirmé dimanche la chaîne de télévision publique japonaise NHK.

Le Franco-Libano-Brésilien, qui est resté formellement PDG de Renault, ne s’était pas exprimé depuis son arrestation lundi à Tokyo.

Interrogé par la justice, M. Ghosn n’a pas fait usage de son droit à garder le silence et a indiqué n’avoir jamais eu l’intention de dissimuler des revenus, selon des sources non identifiées citées par NHK.

M. Ghosn, toujours en garde à vue au Japon, a été arrêté lundi dernier en même temps que son bras droit, l’Américain Greg Kelly.

Il est soupçonné d’avoir dissimulé ses revenus de président du conseil d’administration de Nissan à hauteur de 5 milliards de yens entre juin 2011 et juin 2015. Il lui est reproché d’avoir fait la même chose pour les trois exercices comptables suivants, ont indiqué vendredi les quotidiens nippons Asahi Shimbun et Nikkei, soit un total de 8 milliards de yens, l’équivalent de plus de 62 millions d’euros de revenus dissimulés aux autorités financières japonaises.

Celui qui a été révoqué jeudi de la présidence du conseil d’administration de Nissan est également suspecté de ne pas avoir déclaré un bonus de plus de 30 millions d’euros lié à des plus-values dégagées sur les actions, selon Nikkei.

L’agence de presse Kyodo a de son côté affirmé que Nissan avait payé la soeur de Carlos Ghosn 100.000 dollars (87.900 euros) par an depuis 2002 pour une mission de conseil fictive.

M. Kelly a lui aussi nié les allégations dont M. Ghosn fait l’objet, indiquant que les salaires de ce dernier avaient été versés comme il se devait, selon des informations de médias japonais publiées dimanche.

Nisssan avait mis en place une équipe « secrète », incluant des membres du conseil d’administration, pour enquêter en interne cette année sur des soupçons de destruction de preuves par M. Ghosn, selon des sources citées par l’agence de presse Kyodo News.

(©AFP / (25 novembre 2018 09h51)

https://www.romandie.com/news/Carlos-Ghosn-nie-les-accusations-qui-le-visent-selon-la-chaine-NHK_RP/973843.rom