Archives pour la catégorie JAPON

L’empereur Akihito laisse place à une nouvelle ère pour le Japon

L’empereur Akihito laisse place à une nouvelle ère pour le Japon

L’ère Heisei prend fin ce 30 avril au Japon. Après 30 ans de règne, l’empereur Akihito a pris la décision d’abdiquer. À 85 ans, sa fonction et l’agenda qu’elle impliquait devenaient trop lourds à porter. Son fils, le prince héritier Naruhito, lui succèdera le 1er mai à l’âge de 58 ans. Il ouvrira ainsi l’ère Reiwa. Ce nom évoque l’idée d’harmonie ordonnée, d’espoir. Il est tiré d’un poème issu du Man’yôshû – première anthologie de waka, un genre de la poésie japonaise. Shinzô Abe a souligné que pour la première fois, le nom de l’ère était issu d’un texte japonais, et non chinois.

L'empereur Akihito et l'impératrice Michiko. Derrière, le prince héritier Naruhito.
L’empereur Akihito et l’impératrice Michiko. Derrière, le prince héritier Naruhito.

Empereur, un rôle symbolique contourné par Akihito

Comme inscrit dans la Constitution du Japon votée en 1946, et entrée en vigueur en 1947, l’empereur est le symbole de l’État et de l’unité du peuple. Il est également le chef de la religion shinto, la plus ancienne pratique religieuse de l’histoire de l’archipel. Néanmoins, il est dénué de tout pouvoir politique et doit faire preuve de réserve.

L’empereur Akihito a tout de même fait preuve d’un certain engagement. En 1990, lors d’une visite officielle du président sud-coréen Roh Tae-woo, il exprime lors de leur entrevue « le plus profond remords » face aux exactions japonaises passées. Il renouvellera ces regrets par la suite. L’empereur Akihito a également évoqué « [la] période tragique pendant laquelle [le Japon] causa de grandes souffrances au peuple de Chine » en octobre 1992. Plus généralement et plus récemment, le 15 août 2015 lors d’une cérémonie d’anniversaire de la capitulation du pays en 1945, il déclare à nouveau de « profonds remords » pour toute la période de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit d’une première pour un empereur.

En parallèle, Akihito fut représentatif d’une certaine modernité et d’une ouverture. Marié à une roturière, l’impératrice Michiko, il part à la rencontre du peuple. Il est le premier empereur à autant aller au contact de la population comme en mars 2011, suite à la catastrophe de Fukushima. Le couple impérial effectue des visites aux victimes.

L’abdication, un chamboulement dans l’organisation officielle

L’abdication n’étant pas légalement prévue, le Parlement a dû voter une loi d’exception en 2017 afin que l’empereur Akihito puisse quitter le trône. Un chamboulement puisque les documents administratifs, officiels, les calendriers ou encore les agendas citent la date en fonction de l’ère. 2019 est par exemple l’an 31 de l’ère Heisei. Akihito deviendra empereur émérite suite à son abdication. Cette dernière devait avoir lieu à une date fixée par décret dans un délai qui ne dépasse pas 3 ans après sa promulgation.

Le prince Naruhito, à 58 ans, devient donc le nouvel empereur du Japon aux côtés de son épouse Masako. Nul doute qu’après la relative mais nouvelle modernité adoptée par son père, sa posture sera scrutée. Le prince héritier a néanmoins exprimé le désir de poursuivre sur la voie tracée par son père, notamment en ce qui concerne le passé militariste japonais. Le système impérial demeure néanmoins très conservateur, les femmes ne pouvant par exemple pas prétendre à la succession. Ce sujet fait débat au Japon aujourd’hui.

About Jessy PÉRIÉ

Diplômée d’un Master 2 en Géopolitique et prospective à l’IRIS, Jessy Périé est analyste géopolitique et journaliste, spécialisée sur la zone Asie orientale. Elle s’intéresse particulièrement aux questions de politique extérieure chinoise et japonaise.
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Shinzô Abe à Paris : France et Japon élaborent un plan commun

Shinzô Abe à Paris : France et Japon élaborent un plan commun

Du 22 au 29 avril, le Premier Ministre japonais Shinzô Abe s’est rendu dans six pays (ainsi qu’à Bruxelles en parallèle) afin de préparer le G20, dont le Japon assurera la présidence en juin prochain à Osaka. Sa rencontre avec le Président Emmanuel Macron était particulièrement importante dans la mesure où la France présidera de son côté le G7 en août. Cette visite en France, mais aussi l’étape à Bruxelles le 25 avril démontrent cette volonté de renforcer une proximité dans un contexte de tensions entre les deux premières puissances mondiales.

France et Japon s'apprêtent à lancer un plan de coopération commun.
France et Japon s’apprêtent à lancer un plan de coopération commun.

Le 23 avril, Shinzô Abe et Emmanuel Macron se sont rencontrés au Palais de l’Elysée. Une entrevue qui intervient dans un contexte favorable pour les relations franco-japonaises. En effet, les deux pays ont fêté 160 ans de relations diplomatiques en 2018. Cet anniversaire fut fêté en France à travers une saison culturelle nippone nommée « Japonismes 2018 : des âmes en résonance ». L’intérêt mutuel entre le Japon et la France ayant une forte dimension culturelle, cette initiative a connu un grand succès auprès du public.

Shinzô Abe et Emmanuel Macron : deux présidences pour le multilatéralisme

La visite du Premier Ministre japonais intervient alors que Japon et France présideront respectivement le G20 fin juin à Osaka et le G7 fin août à Biarritz. Les deux leaders ont ainsi pu discuter et se coordonner sur les axes directeurs de ces sommets. Emmanuel Macron l’a formulé lors de sa déclaration à l’issue de la rencontre : « Nous avons la même ambition pour rebâtir la confiance dans le système multilatéral. Nous savons tout des obstacles et des tensions, des impasses qui existent aujourd’hui (…). Entre Osaka et Biarritz, il y aura une même volonté de rebâtir cet axe multilatéral ». La lutte contre les inégalités contemporaines d’une manière générale sera « un fil rouge »[1].

Le multilatéralisme, Shinzô Abe et Emmanuel Macron souhaitent notamment l’aborder sur le plan commercial. Le commerce international est en effet soumis à de fortes tensions actuellement. D’une part, on peut évoquer la politique menée par le président américain Donald Trump en la matière – remise en cause de l’OMC, mesures protectionnistes. Cette « rupture profonde avec les normes sur lesquelles s’appuie le système commercial multilatéral, dont les États-Unis ont [pourtant] été historiquement l’architecte et le leader », comme le souligne le directeur du CEPII Sébastien Jean n’est néanmoins pas la seule raison de ces tensions. L’émergence de nouveaux pays, de nouveaux modèles et un retournement d’avantages comparatifs observé dans certains secteurs ont joué dans le chamboulement du système commercial international ces dernières décennies[2].

Un plan d’action commun entre la France et le Japon, au sein de l’axe indo-pacifique

Concernant particulièrement le Japon et la France, les deux leaders ont annoncé un nouveau plan d’action commun sur cinq ans. Il sera acté lors de la visite bilatérale du président français sur l’archipel, en amont du G20 en juin prochain. Le projet concernera la coopération industrielle, d’innovation et de sécurité.

Ce plan commun s’inscrira à travers des liens bilatéraux, mais également au sein de « l’axe indo-pacifique ». Il s’agit d’un concept ravivé en grande partie par le Japon depuis 2017. Il s’appuie initialement sur le Quadrilateral Security Dialogue ou Quad, formé par le Japon, l’Inde, les États-Unis et l’Australie. À travers sa ZEE (Zone économique exclusive) de 9 millions de km² dans cette région, la France se montre pleinement concernée et engagée[3]. Le Japon, seconde puissance d’Asie orientale, représente ainsi un partenaire précieux. Cependant, l’archipel a également besoin du soutien américain. Un allié essentiel afin de donner un poids conséquent à cet espace indo-pacifique, face à la montée de l’influence chinoise.

Des intérêts communs, mais Shinzô Abe demeure prudent face à Washington

Ce ménagement nécessaire de Washington par Tôkyô s’observe justement dans la défense du commerce international multilatéral. Emmanuel Macron a cité le projet de réforme de l’OMC, où l’Union européenne souhaite entre autres un élargissement de l’organe d’appel de l’organisation, faisant passer de sept à neuf le nombre de juges[4]. Si Tôkyô a acté une nécessité de réforme de l’OMC, il n’a en revanche pas soutenu cette proposition de Bruxelles. Cet écart de position révèle une prudence vis-à-vis de son partenaire américain, qui souhaite exactement l’inverse, à savoir réduire le pouvoir de cet organe d’appel.

Au vu de leurs intérêts communs, de leurs atouts communs – en matière d’innovation par exemple – Japon et France ont tout intérêt à coopérer et poursuivront indéniablement en ce sens. Ce constat s’élargit de même aux liens nippo-européens. L’Europe est par exemple divisée sur la nature des liens à entretenir avec la Chine et son projet de BRI. L’adhésion récente de l’Italie, le Brexit sont autant de facteurs non exhaustifs qui fragilisent une position européenne commune face à ce qui est en train de devenir une nouvelle forme de mondialisation. Le Japon a ainsi une occasion de renforcer ses positions sur le continent. L’archipel possède des valeurs plus proches des puissances européennes occidentales que la Chine. De plus, il existe un accord de libre-échange Japon-UE, le JEFTA, entré en vigueur en février 2019.

Sources

[1] Élysée, « Déclaration avec Shinzô Abe, Premier ministre du Japon », 23 avril 2019.

[2] JEAN Sébastien, Désaccords commerciaux internationaux : au-delà de Trump », Politique étrangère, IFRI, Printemps 2019.

[3] Ministère des Armées, « La France et la sécurité en Indo-Pacifique », juin 2018.

[4] BUTAUD-STUBBS Emmanuelle (rapporteur), Conseil économique et social européen,Réformer l’OMC pour s’adapter aux évolutions du commerce mondial (avis d’initiative), 24 janvier 2019.

About Jessy PÉRIÉ
Diplômée d’un Master 2 en Géopolitique et prospective à l’IRIS, Jessy Périé est analyste géopolitique et journaliste, spécialisée sur la zone Asie orientale. Elle s’intéresse particulièrement aux questions de politique extérieure chinoise et japonaise.

Ghosn de nouveau inculpé au Japon pour abus de confiance aggravé

22 AVRIL 2019 / 11:27 / IL Y A 6 HEURES

Ghosn de nouveau inculpé au Japon pour abus de confiance aggravé

TOKYO (Reuters) – Le président déchu de Nissan Carlos Ghosn a été inculpé lundi d’un chef d’accusation supplémentaire d’abus de confiance aggravé par le parquet de Tokyo, rapporte la presse japonaise.

Le président déchu de Nissan Carlos Ghosn a été inculpé lundi d’un chef d’accusation supplémentaire d’abus de confiance aggravé par le parquet de Tokyo, rapporte la presse japonaise. /Photo prise le 9 avril 2019/REUTERS/Issei Kato

Libéré le 6 mars contre le versement d’une caution de neuf millions de dollars (7,9 millions d’euros) après 108 jours de détention au Japon, Carlos Ghosn a de nouveau été arrêté le 4 avril sur ordre du parquet de Tokyo.

Cette nouvelle inculpation, la quatrième depuis le début des procédures judiciaires engagées à son encontre, était attendue ce lundi, jour de l’expiration de son actuelle période de détention.

Les avocats de l’ancien chef d’entreprise ont déposé une demande de mise en liberté sous caution.

 

Les avocats de Carlos Ghosn ont également entamé une procédure contre la décision du parquet de placer leur client en détention, mesure qu’ils qualifient d’”illégale”, selon des documents consultés par Reuters.

Carlos Ghosn, qui clame son innocence, est retourné en prison en raison de soupçons d’enrichissement personnel, à hauteur de cinq millions d’euros, au détriment de Nissan.

Le constructeur automobile nippon a engagé des poursuites pénales après être parvenu au constat que des fonds ont transité à la demande de Carlos Ghosn par un détaillant à Oman vers le compte d’une filiale détenue par le dirigeant, rapporte l’agence de presse Kyodo.

Le but de cette opération était un enrichissement personnel de Carlos Ghosn d’un montant de cinq millions de dollars aux dépens de l’entreprise, estime Nissan. Un porte-parole a estimé que l’attitude de l’ancien patron avait été préjudiciable à l’entreprise.

 

“Un tel comportement frauduleux est totalement inacceptable et Nissan réclame de strictes sanctions appropriées”, affirme Nissan dans un communiqué.

Le parquet de Tokyo doit faire une déclaration lundi et les avocats de Carlos Ghosn ont, eux aussi, prévu de s’exprimer devant la presse dans la journée.

Chris Gallagher, Naomi Tajitsu et Tim Kelly; Arthur Connan pour le service français

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1RY0I1-OFRTP

Crash du F-35A Nippon : Washington utilise l’avion espion U-2 pour surveiller d’éventuelles tentatives de recherches chinoise ou russe

Crash du F-35A Nippon : Washington utilise l’avion espion U-2 pour surveiller d’éventuelles tentatives de recherches chinoise ou russe

Un avion de reconnaissance Lockheed U-2 de l’US Air Force participe aux operations de recherche du pilote du F-35A Nippon qui s’est écrasé dans l’océan pacifique le 09 avril 2019. L’intervention de ce type d’appareil viserait avant tout la surveillance des activités chinoise et russe près de la zone du crash.

Lockheed U-2 Dragon Lady

Le Lockheed U-2 Dragon Lady est un avion de reconnaissance évoluant en haute altitude

Le F-35A Lightning II (JSF) des forces d’autodéfense aériennes japonaises avait disparu des radars le 09 avril 2019 lors d’un vol d’entraînement au combat nocturne en compagnie de trois autres appareils du même type à l’est de la base aérienne de Misawa, leur base de rattachement.

Les autorités japonaises ont affirmé que le F-35A s’est écrasé en mer.

Le pilote, identifié comme étant le commandant Akinori Hosomi, 41 ans, accumulant 3200 heures de vol dont 60 sur le F-35A, est toujours porté disparu.

Le Japon a deployé des navires, des hélicoptères et un submersible de secours pour tenter de retrouver le pilote et les restes de l’appareil.

Les États-Unis participent activement à ces opérations avec des avions de reconnaissance maritime P-8 A Poseidon, le destroyer Stethem (7e Flotte US), des satellites espions et un avion de reconnaissance de haute altitude U-2.

P8 Poseidon flying over a Japanese navy vessel

Un P-8 Poseidon US survole un navire des Gardes-côtes japonais dans la zone présumée du crash du F35 A japonais.

Interrogé par la presse sur les craintes relatives à une éventuelle récupération de l’épave ou des restes du F-35A par la Chine ou la Russie, le ministre japonais de la défense, Takeshi Iwaya, s’est contenté de souligner vendredi dernier que son pays n’avait détecté aucune activité inhabituelle. Il a surtout tenu à réaffirmer l’engagement du Japon a acquérir 105 F-35A et 42 F-35B en dépit du tollé que cette décision suscite au sein d’une partie de l’opinion nipponne, laquelle considère ces acquisitions comme un marché de dupes, voire une véritable escroquerie.

La zone océanique où s’est écrasé le F-35A est assez profonde (1500 mètres) et seuls des pays disposant de certains moyens pourront accéder à cette profondeur. A Washington, on ne veut surtout pas entendre parler d’une offre d’assistance de la part de la Chine ou de la Russie, soupçonnées de vouloir mettre la main sur les restes du F-35 à des fins d’espionnage technologique.

Le crash du F-35A nippon dans l’océan pacifique suit celui du F-35B US en Caroline du Sud. Ce sont les deux crashs reconnus officiellement par le Pentagone et Lockheed. Les incidents ayant affecté les F-35 israéliens, dont un touché « officiellement » par un pauvre volatile migrateur de retour d’une mission de combat en Syrie (jamais confirmé) demeurent des sujets tabous.

Dans tous les cas et en dépit du coût exorbitant de son développement, le F-35 n’inspire aucune confiance quant à ses capacités extraordinaires supposées telles que véhiculées par les campagnes de marketing et les films d’action ou de science-fiction hollywoodiens visant à l’écouler à des pays alliés ayant des économies assez solides pour s’offrir le luxe rarissime de se doter d’un avion de combat fort onéreux en termes de service et de maintenance sans la moindre preuve de son efficacité opérationnelle.

https://strategika51.org/archives/62448

Un avion de chasse japonais « disparaît du radar » au-dessus du Pacifique

Un avion de chasse japonais « disparaît du radar » au-dessus du Pacifique

Un avion de chasse japonais "disparaît du radar" au-dessus du Pacifique
Selon des sources locales, un avion de chasse furtif japonais aurait disparu des radars au-dessus de l’océan Pacifique lors d’une mission d’entraînement. Un contact radio aurait également été perdu avec l’avion.

Le chasseur furtif F35A a disparu mardi vers 19h30, heure locale, a rapporté Asahi Shimbun . L’avion a décollé avec plusieurs autres avions de la base aérienne de Misawa, à environ 135 km au nord-est de la ville de Misawa, pour un exercice d’entraînement nocturne régulier environ une demi-heure avant la disparition.

L’avion aurait un pilote à bord. Une opération de recherche et de sauvetage est déjà en cours et les garde-côtes japonais ont déployé deux navires de patrouille pour rechercher l’avion et le pilote.

Liveuamap

@Liveuamap

Japanese F35 fighter, disappears from the radar over the Pacific, no radio contact https://avia.liveuamap.com/en/2019/9-april-japanese-f35-fighter-disappears-from-the-radar-over  via @TrafficNewsJp

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Le F35A est un avion de décollage et d’atterrissage classique. Il s’agit du plus petit et du plus léger de la série de chasseurs multirôles Lockheed Martin.

L’avion est déployé à la base depuis janvier 2018. Le ministère de la Défense du Japon envisage actuellement de déployer un total de 42 avions à la base.

Le Japon est l’un des plus gros acheteurs mondiaux de chasseurs furtifs de cinquième génération. Cependant, l’avion F35 a été en proie à des problèmes; En septembre dernier, l’armée américaine avait immobilisé la moitié de sa flotte de F35 à la suite d’un accident survenu en Caroline du Sud. L’année précédente, une F35 américaine déployée au Japon avait perdu une partie de son fuselage au milieu d’une mission d’entraînement de routine.

LIRE LA SUITE: Un avion de combat japonais s’écrase dans la mer du Japon, un équipage retrouvé vivant

En février, un avion de combat japonais F-2 s’est écrasé dans la mer du Japon à environ 130 km de sa base aérienne de Fukuoka, mais heureusement, les deux membres de l’équipage ont été récupérés avec succès par les équipes de recherche et de sauvetage.

https://www.rt.com/news/455978-japan-jet-fighter-disappears-sea/

De nouveau détenu, l’ancien chef de Nissan, Ghosn, dit que la dernière arrestation est « scandaleuse »

De nouveau détenu, l’ancien chef de Nissan, Ghosn, dit que la dernière arrestation est « scandaleuse »

TOKYO (Reuters) – Les procureurs japonais ont arrêté jeudi pour la quatrième fois le président japonais renversé, Carlos Ghosn, accusé d’avoir tenté de s’enrichir de 5 millions de dollars aux frais du constructeur automobile, selon des informations parues dans la presse concernant des versements à un concessionnaire omanais.

DOSSIER DE PHOTO: L’ancien président de Nissan Motor, Carlos Ghosn, assis dans une voiture alors qu’il sortait du bureau de son avocat, après avoir été libéré sous caution du Tokyo Detention House, à Tokyo, au Japon, le 6 mars 2019. REUTERS / Issei Kato / File Photo

La dernière arrestation, que le radiodiffuseur national NHK a qualifiée de très inhabituelle pour une personne qui a déjà été libérée sous caution, marque le dernier bouleversement dramatique dans la chute de la chute du haut dirigeant.

Les procureurs de Tokyo ont déclaré que Ghosn avait causé à Nissan Motor Co Ltd une perte de 5 millions de dollars sur une période de deux ans et demi, jusqu’en juillet 2018, en violation de ses obligations juridiques envers Nissan et dans le but de s’enrichir.

L’agence de presse Kyodo a indiqué que ces pertes impliquaient le transfert de fonds par l’intermédiaire d’un courtier à Oman au compte d’une société que Ghosn détenait effectivement. L’agence n’a cité aucune source. « Mon arrestation ce matin est scandaleuse et arbitraire », a déclaré M. Ghosn dans un communiqué envoyé par un porte-parole des États-Unis.

«Cela fait partie d’une autre tentative de certaines personnes chez Nissan de me faire taire en trompant les procureurs. Pourquoi m’arrêter sauf pour essayer de me briser? Je ne serai pas brisé. Je suis innocent des accusations sans fondement et des accusations portées contre moi. « 

Plus d’une douzaine de responsables du bureau du procureur de Tokyo se sont rendus jeudi matin à son domicile et lui ont demandé de se soumettre à un interrogatoire, a déclaré NHK. Une camionnette en argent transportant Ghosn aurait quitté la résidence plus tard, a-t-il déclaré.

 

Des images du véhicule sortant de la résidence montraient ses fenêtres couvertes de rideaux, rendant impossible de voir qui conduisait à l’intérieur.

Personne n’était immédiatement disponible pour commenter au bureau du procureur de Tokyo.

Cette arrestation intervient juste un jour après que Ghosn ait annoncé sur Twitter qu’il tiendrait une conférence de presse le 11 avril pour « dire la vérité » sur les allégations portées contre lui.

«Après avoir été emprisonné à tort pendant 108 jours, mon plus grand espoir et mon souhait aujourd’hui est d’avoir un procès équitable», a ajouté Ghosn dans un communiqué.

«Je devais présenter mon histoire lors d’une conférence de presse la semaine prochaine. en m’arrêtant à nouveau, les procureurs m’ont refusé cette opportunité, mais je suis déterminé à ce que la vérité soit révélée. Je suis convaincu que si j’essaie avec équité, je serai justifié. « 

Ghosn a été arrêté pour la première fois à Tokyo en novembre. Il fait face à des accusations d’inconduite financière et d’abus de confiance aggravé pour avoir omis de déclarer un salaire d’environ 82 millions de dollars et de transférer temporairement des pertes financières personnelles dans les livres de Nissan pendant la crise financière

Libéré sous caution de 9 millions de dollars le 6 mars, Ghosn se dit victime d’un coup d’Etat dans une salle de conférence.

L’avocat de Ghosn, Junichiro Hironaka, a qualifié la dernière arrestation de « inappropriée ».

PAIEMENTS SUSPECTES

Des sources ont déclaré à Reuters plus tôt cette semaine que le constructeur français et partenaire de Nissan, Renault SA, avait alerté les procureurs français après avoir découvert des paiements suspects à un partenaire commercial de Renault-Nissan à Oman, alors que M. Ghosn était le directeur général du constructeur français.

Le porte-parole de M. Ghosn a déjà déclaré que les paiements de 32 millions de dollars effectués en neuf ans étaient une récompense pour le cabinet Oman, qui est l’un des principaux concessionnaires Nissan. M. Ghosn n’a pas dirigé ces incitations versées aux distributeurs et les fonds n’ont pas été utilisés pour payer une dette personnelle, a déclaré le porte-parole.

Nissan avait précédemment établi sa propre filiale régionale et effectué des paiements douteux de plus de 30 millions de dollars au distributeur d’Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).

Les éléments de preuve envoyés aux procureurs français à la fin de la semaine dernière ont montré qu’une grande partie de l’argent était par la suite acheminée vers une société libanaise contrôlée par des collaborateurs de Ghosn, ont indiqué ces sources.

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Reuters n’a pas été en mesure de contacter la SBA pour commenter l’affaire.

Le conseil d’administration de Renault a décidé de supprimer la pension de M. Ghosn d’environ 770 000 euros par an, ont annoncé mercredi trois sources au courant.

Les administrateurs ont également recommandé aux actionnaires de bloquer 224 000 euros supplémentaires dans la rémunération variable de Ghosn pour 2018, ont déclaré deux sources à Reuters, à l’issue d’une réunion approuvant également des modifications de la gouvernance réduisant le nombre de membres du conseil à 18 membres.

Autres reportages de Malcolm Foster, Naomi Tajitsu, Linda Sieg et Billy Mallard; Écriture de David Dolan et Chang-Ran Kim; Édité par Stephen Coates

TraditionsLe Japon va (littéralement) entrer dans une nouvelle ère

TraditionsLe Japon va (littéralement) entrer dans une nouvelle ère

Lundi 1er avril, le gouvernement nippon annoncera le nom de la nouvelle ère, car l’abdication de l’empereur Akihito, prévue le 30 avril, marquera la fin de l’ère Heisei. L’éditorialiste de l’Asahi Shimbun explique ce système, ce qui le mène à une réflexion sur notre conception du temps.

[À l’approche de l’abdication de l’empereur Akihito le 30 avril], le nom de la nouvelle ère va être annoncé. Des expressions comme “la fin de Heisei [l’ère actuelle depuis 1989]” ou “les trenteannées de Heisei” fleurissent dans les médias, y compris dans l’Asahi. Les Japonais sont nombreux à penser qu’une époque s’achève et qu’une autre est sur le point de s’ouvrir.

Mais réfléchissons un instant. Que signifie cette division du temps en ères ? Et d’abord, qu’est-ce que le temps ? Que penser de la coutume qui consiste à fixer une nouvelle ère et à donner un nom à une époque ?

Dans l’Union soviétique de Staline, les montres étaient interdites dans les camps de concentration. C’est Alexandre Soljenitsyne, Prix Nobel de littérature, qui l’écrit. Il explique que c’étaient les autorités pénitentiaires qui connaissaient l’heure pour les prisonniers. Les détenus n’avaient aucun moyen d’être informés sur le temps. L’heure de se mettre au travail, celle de finir le repas étaient contrôlées unilatéralement par les responsables, en partie à des fins disciplinaires.

Si l’on se penche sur l’histoire, on constate que de nombreux régimes ont utilisé le temps comme un outil de pouvoir. Le système des ères japonaises est lui-même issu de la culture chinoise, dans laquelle l’empereur contrôlait le temps.

Gouverner le temps

C’est l’empereur Wu, de la dynastie des Hans antérieurs (206 av. J.-C. – 8 apr. J.-C.), qui a commencé à donner un nom aux époques. Le souverain le choisissait lui-même et, en s’y référant, le peuple faisait acte d’allégeance. Des pays voisins ont repris cette coutume, en particulier le Japon, où Taika a été le nom de la première ère [débutée en 645 de l’ère chrétienne].

Pour pouvoir vivre en collectivité, il est indispensable de disposer d’un système commun de mesure du temps. C’est pour cette raison que différents calendriers ont été créés dans le monde : le calendrier grégorien ou calendrier chrétien, le calendrier hégirien ou calendrier islamique, le calendrier bouddhiste et le calendrier juif.

Le système japonais, lui, se distingue par des kaigen [changements d’ère]. À partir de l’ère Meiji (1868-1912), le Japon a adopté la règle “issei ichigen” [un règne, une ère], en vertu de laquelle chaque empereur est associé à une ère. Chaque fois qu’un empereur monte sur le trône, une nouvelle ère commence.

En 1979, quand cette règle a été érigée en loi, l’essayiste Kiyoshi Watanabe, ancien membre de la marine impériale, a écrit dans Watashi no Tenno kan [“Ma vision de l’empereur”] : “Le temps sera divisé par la mort des empereurs. Son passage, autrement dit toute notre vie quotidienne, sera placé sous le contrôle de l’empereur.”

Le temps “ne peut exister en dehors du contexte social”

Les ères se distinguent par les événements qui les marquent. Quand elles coïncident avec une période sombre telle que la guerre, elles peuvent inspirer un sentiment de rejet [comme l’ère Showa, 1926-1989, marquée par la Seconde Guerre mondiale]. Cependant, aujourd’hui, il semble que le sujet laisse nombre de Japonais indifférents. Selon un sondage réalisé début mars par l’Asahi, 40 % des personnes interrogées souhaitent continuer à se référer aux ères impériales dans leur vie quotidienne et 50 % préféreraient passer entièrement au calendrier grégorien [les deux sont utilisées aujourd’hui]. Par ailleurs, 37 % pensent qu’avec l’intronisation d’un nouvel empereur et l’inauguration d’une nouvelle ère, le climat social changera, alors que 57 % ne sont pas de cet avis.

Ces préférences soit pour le système d’ères impériales, soit pour le calendrier grégorien s’expliquent sans doute par des sentiments personnels. Elles sont assez naturelles dans la mesure où il n’existe pas de système universel de mesure du temps.

Le mot chinois yuzhou [pris comme référence culturelle classique au Japon] signifie “univers”. Dans ce mot composé de deux idéogrammes, le premier représente l’espace et le second le temps. Comme ce terme l’illustre, le temps est indissociable de l’espace ; il ne peut exister en dehors du contexte social.

La diversité de la conception du temps

Cependant, même s’il existe divers moyens de délimiter les époques, chaque personne a sa propre notion du temps. Le poète d’après-guerre Saburo Kuroda a écrit dans un poème intitulé Yugata no Sanjuppun (“Trente minutes d’une soirée”) : “Je suis un bon cuisinier/un ivrogne/un papa.” En préparant le dîner, une dispute éclate avec sa fillette. “Ma petite Yuri pleure.” Mais “un beau moment de sérénité” succède très vite à la querelle. “Je retrouve mon calme/ma petite Yuri aussi/et nous nous asseyons à table face à face.”

Tous les êtres humains connaissent des moments précieux dans leur vie. Des moments passés avec un être cher, d’autres absorbés dans leurs pensées, d’autres encore à évoquer des souvenirs avec des amis… La division du temps relève de la latitude de chacun et peut-être aussi de la conscience collective de l’histoire née du contexte social.

S’il existe des marqueurs du temps comme le “bel âge”, il y en a d’autres comme l’“après-guerre” ou la “génération du baby-boom”. Et à l’échelon mondial, on trouve aussi des expressions comme la “guerre froide” et l’“ère de la mondialisation”. La référence au temps – en tant qu’étape importante de la vie ou en tant qu’évolution d’un pays ou du monde – sert peut-être à adapter notre pensée et notre champ de vision aux différents moments.

On peut bien sûr conserver le système japonais des ères. Mais il est essentiel d’avoir une perspective suffisamment large et ouverte pour saisir le temps dans toute sa diversité. Car c’est à l’individu, et à lui seul, que revient la liberté de passer sur ces moments ou de les graver.

Cet article a été publié dans sa version originale le 21/03/2019.
Source

Alliance germano-japonaise contre « America First » : des retours de flamme importants à venir ?

Alliance germano-japonaise contre « America First » : des retours de flamme importants à venir ?


Par Andrew Korybko – Le 9 février 2019 – Source orientalreview.org

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Le Japon vient de s’allier à l’Allemagne contre Trump. Le premier ministre Abe a reçu la chancelière Merkel en début de semaine, et s’est engagé à approfondir ce qu’il a décrit comme l’« alliance de multilatéralistes », en place entre les deux pays, et surtout entre les deux dirigeants. Ces deux grandes puissances s’opposent à l’idéologie de Trump « America First », qui vise à prioriser les intérêts de son pays dans toutes les décisions de politique étrangère et économiques, au lieu de « se sacrifier pour les autres » au nom d’un soi-disant « bien général » de ses « alliés » supposés et du reste du monde.

La chancelière allemande Angela Merkel, à gauche, accueillie par le premier ministre japonais Shinzo Abe, à son arrivée à la résidence officielle de ce dernier à Tokyo, au Japon, le 4 février 2019.

Abe et Merkel se rangent parmi les libéro-mondialistes, idéologiquement opposés aux visions hyper-réalistes de Trump des relations internationales, et c’est pour cela qu’ils mettent en commun leurs efforts pour entraver ses ambitions mondiales.

Les marges de manœuvre de ces deux pays occupés par les USA sont en réalité fortement limitées en la matière, mais le fait qu’ils aient signé ensemble récemment un Accord de partenariat économique [Economic Partnership Agreement, NdT], qui donne à l’Allemagne et au reste de l’UE un point d’ancrage dans le Comprehensive and Progressive Agreement for Trans-Pacific Partnership (CPTPP, ou TPP sans les USA) : cela montre à quel point ils veulent défier les dimensions économiques de la vision « America First » de Trump. Et sur le plan géopolitique, l’Allemagne avance fièrement son projet de Nord Stream II, malgré les fortes résistances étasuniennes, tandis que le Japon s’engage dans des pourparlers avec la Russie pour enfin signer un traité de paix concluant la seconde guerre mondiale.

Ce n’est pas tout : l’initiative allemande de créer une soi-disant « Armée européenne », et les différents latents entre le Japon et la Corée du Sud montrent à qui veut le voir que les USA sont en train de perdre le contrôle de leurs partenaires mineurs, ou plutôt, n’ont plus le niveau de contrôle absolu qu’ils ont connu, et doivent s’adapter en conséquence à ces changements, en usant du stratagème « Diriger Depuis l’Arrière », qui consiste à sous-traiter les responsabilités du contrôle régional à des partenaires de même sensibilité. Mais même dans ce nouvel environnement, les deux grandes puissances peuvent essayer d’employer leur partenariat, en cours d’approfondissement, et les possibilités qu’elles partagent, comme leviers dans leurs relations individuelles avec les USA.

Économiquement, et sur le plan géopolitique, les USA ont encore la main sur chacun des deux pays : leur niveau de dépendance envers le marché étasunien est important, et ils sont tous deux désespérément incapables de se débarrasser de la présence militaire étasunienne sur leur sol ; mais Washington pourrait se voir néanmoins contrainte à « trouver des compromis » avec eux sur les sujets commerciaux, s’ils jouent leur jeu intelligemment et de manière coordonnée. Par exemple, les deux pays étendent en ce moment leurs relations avec la Chine, au travers des Routes de la soie, et cela pourrait être interprété par les USA comme à leur désavantage, dans un jeu à somme nulle, sauf si ces derniers acceptent de négocier des accords plus favorables à l’Allemagne et au Japon pour les empêcher de remplacer l’importance stratégique étasunienne dans leurs économies.

Mais dans le même temps, cet affront stratégique pourrait provoquer l’ire de Trump, et le faire doubler la mise avec les rivaux régionaux des deux pays, ici la Pologne et la Corée du Sud. Washington veut diriger « l’initiative des trois mers », constituée des États d’Europe Centrale et de l’Est, et Séoul a prouvé aux USA qu’elle constituait un allié fiable, et sans désir de trop « secouer la barque » en cas de désaccord avec Washington. Les USA pourraient donc essayer de les « récompenser » pour leur « loyauté », en leur accordant des avantages géopolitiques pour la Pologne et économiques pour la Corée du Sud.

Pour ces raisons, l’alliance germano-japonaise pourrait bien engendrer des retours de flamme vers ces deux grandes puissances, si Trump décidait de les punir plutôt que d’essayer de négocier un accord pragmatique avec elles. Leurs marges de manœuvres stratégiques sont déjà très limitées en l’état, et un soutien étasunien accordé à leurs rivaux géostratégiques respectifs pourrait leur compliquer la tâche encore davantage. Les USA ne permettraient jamais que ni l’un ni l’autre n’en appelle à un soutien russe ou chinois, dans l’hypothèse improbable où un tel soutien serait demandé, mais ils peuvent quand même essayer de faire jouer leurs partenariats stratégiques à des fins constructives.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 8 février 2019.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/alliance-germano-japonaise-contre-america-first-des-retours-de-flamme-importants-a-venir

 

Pourquoi le Japon a-t-il du mal à avaler l’ascension irrésistible de la Chine ?

Pourquoi le Japon a-t-il du mal à avaler l’ascension irrésistible de la Chine ?


Par Andre Vltchek − Le 11 janvier 2019 − Source New Eastern Outlook


Non loin d’un vieux temple dans la campagne de la préfecture de Mie, il y avait une paire de magnifiques vieilles balançoires pour enfants, près desquelles je me promenais quand j’étais en mal d’inspiration pour mes romans. Il y a deux ans, je remarquais que les balançoires avaient rouillé, laissées à l’abandon. Hier, j’ai remarqué la présence d’un ruban jaune entourant la structure et en interdisant l’accès. Il semble que la décision ait été prise de détruire l’aire de jeux pour de bon.


Un jour plus tôt, je remarquais un sans-abri age dormant sous un grand panneau publicitaire vantant un groupe de restaurants de luxe dans l’impressionnante gare de Nagoya.

Dans la ville de Yokkaichi, qui compte 350 000 habitants, presque toutes les lignes d’autobus ont été annulées. Un élégant et unique signe du zodiaque, qui était gravé dans le parvis de marbre en face de la gare de la Ligne Kinetsu a également disparu, alors qu’il représentait le centre de gravité de la ville. Les ferrys rapides qui traversent la baie entre Yokkaichi et l’aéroport international Centrair qui dessert Nagoya et toute la région centrale du Japon, ont cessé leur service suite au tarissement des subventions municipales. Maintenant les gens doivent conduire 70 kilomètres autour de la baie pour pouvoir prendre leur vol, gaspillant essence, frais de péages extravagants et frais de parking de l’aéroport. Ce qui était des espaces publics, ou même des rizières, sont soudainement convertis en parcs de stationnement au design déprimant. Cela se passe dans la plaine centrale du Japon, mais aussi dans des villes éloignées du sud-ouest comme Nagazaki, ou du nord comme Nemuro.

Il y a des sans-abris partout. Les voitures (le Japon a maintenant plus de voiture par habitant que les États-Unis) pourrissent sur place au milieu de rizières ou aux abords de forêts autrefois vierges, à cause de leur dépréciation rapide, et du coût prohibitif pour s’en débarrasser de façon responsable. Des villages ruraux entiers se sont dépeuplés, au point de devenir des villages-fantômes. La rouille, la mauvaise gestion, et un manque cruel de services publics menacent le pays tout entier.

Le Japon est en état de décomposition. Il était possible pendant de nombreuses années de ne pas regarder la réalité en face, grâce à l’inertie émanant d’un des pays les plus riches de la planète. Mais cela n’est plus possible : la détérioration du pays est trop flagrante.

La décrépitude n’est pas aussi avancée que ce qu’on peut constater dans certaines parties de la France, des États-Unis ou du Royaume-Uni. Mais il s’agit bien de décrépitude. Les jours heureux des trente glorieuses sont terminés. L’industrie automobile et les autres grands groupes cannibalisent littéralement le pays, lui dictant son mode de vie. Dans des villes de taille plus modeste, les automobilistes ne laissent plus les piétons traverser en priorité comme avant. La voiture est au cœur des préoccupations des urbanistes, et certains d’entre eux sont rémunérés en sous-main par les lobbys automobiles. Nombreux sont les endroits où on ne peut désormais se rendre qu’en voiture. Il n’y a presque plus d’équipement sportif public dans les parcs, et presque plus aucun nouveau parc. Le Japon, fier de son industrie agroalimentaire sophistiquée, est maintenant envahi de chaînes d’épiceries de quartier, qui ne vendent pour la plupart que des denrées alimentaires de mauvaise qualité.

Durant des générations les Japonais se sont sacrifiés pour la construction d’une société prospère, puissante et juste. Aujourd’hui, il n’y a aucun doute que le rôle des citoyens n’est que de soutenir les grands groupes industriels. Le Japon avait son propre modèle de développement, mais de nos jours, le mode de vie n’est pas si différent de celui qu’on peut observer en Amérique du Nord ou en Europe. Pour la deuxième fois dans son histoire, le Japon a été contraint de « s’ouvrir au monde » (comprendre « s’ouvrir aux intérêts occidentaux et au capitalisme libéral »), et d’accepter des concepts qui sont fondamentalement étrangers à la culture asiatique. Les conséquences ne se sont pas faites attendre, et pour faire court, elles ont été désastreuses dans tous les domaines.

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Après la Deuxième guerre mondiale, le Japon n’avait pour autre choix que d’accepter la situation. Sa Constitution fut rédigée par les États-Unis. Vaincu, mais déterminé à rebâtir et à rejoindre les rangs des pays les plus riches de la planète, le Japon commença à collaborer avec l’Occident, d’abord en soutenant l’invasion violente de la Corée (la soi-disant « Guerre de Corée »). Le Japon abandonna totalement son indépendance, et mit sa diplomatie au service des États-Unis.

Les médias de masse sont depuis la fin de la guerre contrôlés et censurés par le gouvernement à Tokyo. Les grands quotidiens japonais, tout comme sa télévision nationale NHK, n’oseraient jamais diffuser ou publier une quelconque information internationale importante, sauf si un des grands groupes médiatiques américains ou britanniques ouvraient la marche et donnaient leurs instructions sur la façon dont les informations doivent être couvertes dans les médias des États vassaux. Vu sous cet angle, les médias japonais ne différent en rien de leurs collègues indonésiens ou kenyans.

Le Japon n’est pas non plus une « démocratie », si la définition de démocratie correspond au pouvoir dans les mains du peuple. Traditionnellement, les Japonais vivaient principalement pour servir la nation, ce qui n’était d’ailleurs pas une mauvaise idée. Cela a fonctionné pendant un moment, en tout cas pour la majorité. Mais de nos jours, les Japonais sont censés sacrifier leur existence pour servir les grandes sociétés.

Les Japonais n’ont pas l’habitude de se rebeller, même lorsque leurs dirigeants leur font les poches. Ils sont étonnamment dociles.

Le Japon est non seulement en état de décomposition, mais il tente de répandre sa décomposition, telle une épidémie. En réalité, le Japon étend et glorifie sa politique de soumission dans les domaines de la diplomatie et des politiques publiques. Par l’octroi de bourses, le gouvernement japonais n’a de cesse d’endoctriner et de castrer intellectuellement des dizaines de milliers d’étudiants provenant des nations pauvres du sud-est asiatique et d’autres parties du monde.

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Au même moment, la Chine, qui est vraiment la porte à côté, est à la pointe des avancées technologiques, de l’urbanisme et des politiques sociales. La « civilisation écologique » faisant désormais partie de la Constitution, la Chine est en avance sur la Japon dans le développement de sources d’énergies alternatives, des transports publics ainsi qu’en terme de d’agriculture biologique. D’ici 2020, les dernières poches de pauvreté extrême en Chine auront disparues de cet immense territoire.

Et toutes ces avancées ont été réalisées sous la houlette du Parti communiste chinois, que les Japonais ont appris à détester et rejeter.

L’exceptionnelle détermination des Chinois, leur entrain, leur génie et leur attachement à un certain socialisme sont de toute évidence les clés du succès, en comparaison avec l’esprit sclérosé, conservateur et revanchard du Japon moderne et de ses chaperons occidentaux. Le contraste est vraiment flagrant et immédiatement palpable même pour le plus perplexe des observateurs.
Quant à la scène internationale, pendant que les grands groupes japonais sont occupés à exploiter des pays entiers et à corrompre leurs gouvernements, la Chine redresse des continents entiers, à l’aide des bons vieux idéaux de l’Internationale communiste. L’Occident fait de son mieux pour discréditer la Chine et ses efforts colossaux, tout comme le Japon, allant jusqu’à inventer de nouvelles insultes, mais la vérité est de plus en plus difficile à dissimuler. Il suffit de parler à des Africains pour se rendre compte rapidement de la situation. Il suffit de voyager en Chine pour que tout devienne plus limpide. Sauf à être payé par un tiers pour refuser de voir.

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Plutôt que de s’inspirer du modèle chinois et de changer totalement de modèle économique et social, le Japon préfère prendre l’attitude du mauvais perdant. Le Japon se complait à détester la Chine d’avoir réussi son développement grâce à des politiques publiques indépendantes de toute influence étrangère, et sous la direction d’un gouvernement communiste. Le Japon déteste la Chine qui a construit de belles villes pensées pour le peuple, qui fait de son mieux pour préserver son environnement et ses campagnes. Et plus que tout le Japon déteste la Chine d’avoir réussi à garder son indépendance totale, politique et sociale, ainsi que dans le champ académique.

La Chine a bien tenté de faire du pied aux universités occidentales, mais cela s’est révélé une voix sans issue, menant à une infiltration idéologique, jusqu’au quasi-effondrement de l’indépendance intellectuelle de la Chine. Heureusement le danger fut identifié, et la subversion occidentale fut rapidement stoppée, pour ainsi dire « cinq minutes avant minuit », avant qu’il ne soit trop tard pour réagir.
Au Japon, la soumission et la collaboration avec le régime impérialiste occidental sont arborées avec fierté. Les diplômés japonais d’universités américaines et britanniques accrochent leurs diplômes au mur, comme si cela était une preuve de succès, au lieu d’une preuve de collaboration à un système qui est en train de mettre à feu et à sang une grande partie de la planète.

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Je me souviens qu’il y a une quinzaine d’années, on pouvait voir les touristes chinois sur tous les quais des gares du Japon photographier les trains à grande vitesse, fascinés. Lorsque les trains passaient, on pouvait les entendre soupirer. Aujourd’hui, la Chine a le réseau ferroviaire à grande vitesse le plus étendu et les trains les plus rapides du monde. Les trains chinois sont plus confortables que les japonais et les prix des billets chinois défient toute concurrence comparés aux billets japonais et français, à des niveaux de prix établis pour que tout le monde puisse se payer un déplacement à grande vitesse.

Les femmes chinoises enviaient à l’époque le choix de marchandises dans les grands magasins japonais. Posséder un iPhone était le rêve de la classe moyenne. Aujourd’hui les Chinois sont habillés avec les mêmes vêtements que les Japonais, l’iPhone n’est plus un luxe et en fait, les téléphones Huawei et d’autres marques chinoises proposent des téléphones de technologie bien supérieure à ceux d’Apple.

Je me souviens aussi de l’impression que laissait l’architecture moderne japonaise aux touristes chinois, les salles de concert internationales, les cafés à la mode et les belles boutiques. Aujourd’hui, la vie culturelle de Beijing et Shanghai est sans conteste plus riche que celle de Tokyo ou Osaka. L’architecture moderne est plus impressionnante, et il existe des innovations à la fois à la ville et à la campagne en Chine qui ne sont même pas au stade de projet au Japon.
Alors que les aires de jeux publiques au Japon sont abandonnées ou transformées en aires de stationnement, la Chine construit des nouveaux parcs, petits et immenses, et réaménage des lacs et des rivières en aires de loisirs publics.

Au lieu de la publicité omniprésente du Japon, la Chine placarde sur ses avenues et dans les transports en commun des bandes dessinées éducatives sur les thèmes des vertus du socialisme, de la solidarité, la compassion, l’égalité. La civilisation écologique fait l’objet d’une « publicité » à peu près partout.
Les Japonais sont de plus en plus d’humeur maussade, mais en Chine, des sourires plein de confiance dans l’avenir sont sur beaucoup de visages.

La Chine est dans une phase d’ascension inexorable. Pas grâce à sa croissance économique (le gouvernement n’en fait plus sa priorité comme auparavant), mais grâce à la qualité de vie des citoyens chinois qui ne fait qu’augmenter.
Et c’est le plus important, n’est-ce pas? On peut réellement améliorer la vie d’un peuple sous la houlette d’un système communiste tolérant et moderne. Tant que les gens sourient, tant qu’ils peuvent recevoir une éducation, qu’ils sont en santé et heureux, cela ne peut être considéré que comme une victoire !


Certaines personnes continuent de fantasmer sur l’image d’Épinal des forêts vierges et des lacs japonais. Ils existent toujours, si vous les cherchez bien, comme les maisons de thé, les arbres et les petites criques. Mais il faut les trouver, et il faut bien choisir l’angle de sa photo, car les villes et les campagnes japonaises sont jonchées d’épaves automobiles, de poutres métalliques rouillées, d’espaces publics à l’abandon, des câbles électriques qui pendent et dépareillent le paysage. Tant que des économies peuvent être faites et qu’un profit peut être réalisé, tout est permis.

Les Japonais ont du mal à formuler leur sentiment sur la question. Mais on peut le résumer ainsi : ils se sentent frustrés que le pays qu’ils occupaient et exploitaient est aujourd’hui plus prospère que le leur. Pour les impérialistes japonais, les Chinois étaient simplement des sous-hommes. Cela ne fut jamais exprimé comme cela, mais le Japon n’a jamais respecté que la culture et le pouvoir occidentaux. Aujourd’hui, les « sous-hommes » chinois explorent le fin fond des océans, construisent des avions, les trains les plus rapides du monde et produisent un magnifique cinéma d’auteur. Et ils font de la libération du monde opprimé leur objectif, par le biais de leur projet Une ceinture, une route [Les Nouvelles routes de la soie, NdT], et d’autres idées incroyables.

Que fait le Japon pendant ce temps-là ? Des selfies ; des jeux vidéos ; des dessins animés débiles; nihilistes et dénués d’intérêt ; des réseaux sociaux pour idiots ; une avalanche gigantesque de pornographie en mal de créativité ; des « arts » décoratifs ; de la musique pop et une production automobile de masse. Ses citoyens sont déprimés. J’ai passé trente ans au Japon, je le connais dans ses moindres recoins, et j’aime toujours ce pays, par beaucoup de ses aspects, mais je le vois aussi changer, s’effondrer en fait. Et ce pays refuse de l’admettre et de se réformer.

Je travaille avec la Chine, car j’aime la direction qu’elle prend. J’aime son modèle communiste moderne (je n’ai jamais été un grand admirateur de la Bande des Quatre, du culte et de la glorification qu’elle vouait à la pauvreté) dont l’objectif est d’enrichir rapidement le peuple chinois, et d’enrichir les pays encore opprimés !

Mais cela n’est pas l’objectif du Japon. Ce pays s’est senti « unique » pendant un certain temps. Il était le seul pays riche en Asie. Le seul pays asiatique autorisé, par l’Occident, à être riche. Pendant la période de l’apartheid en Afrique du Sud, les Japonais étaient appelés des « Blancs honoraires », parce qu’ils avaient intériorisé la culture occidentale, parce qu’ils avaient choisi de piller le monde en développement, de concert avec les Européens et les Nord-américains, plutôt que d’aider ces peuples en développement. Sous bien des aspects, il s’agissait d’une forme de prostitution politique et morale, mais qui payait si bien qu’on ne discutait pas de la question morale.

Maintenant la Chine passe en tête simplement grâce à son courage, son travail acharné, le génie de son peuple et tout ceci sous la houlette éclairée du Parti communiste et de sa planification centralisée. Exactement les choses que l’on a appris au peuple japonais à rejeter.

C’est une situation frustrante et effrayante. Cela voudrait dire que toute cette soumission, cette humiliation et ces courbettes à l’Empire n’ont servi à rien ? À la fin, c’est la Chine et le Communisme qui l’emportent et qui rendront le plus grand service à l’humanité.

Oui, le Japon est frustré. Les derniers sondages évoquent des chiffres de 80% de Japonais qui n’aiment pas les Chinois.

Au plus j’interagis avec des Japonais des quatre coins du pays, au plus je suis convaincu que le public japonais perçoit instinctivement qu’il a parié sur le mauvais cheval pendant des décennies. Le Japon est trop fier pour le mettre en mots, et trop effrayé de vraiment l’analyser. Mais la vie au Japon, pour la majorité des gens, est devenue clairement ennuyeuse, sombre et déprimante. Et aucune révolution à l’horizon qui puisse redonner espoir, car sa population a été dé-politisée avec succès.

La Chine construit, invente, se bat et avance, avec confiance, entourée d’amis, mais toujours de façon indépendante.

Le Japon est restreint dans ses mouvements par ses chaînes. Il est immobilisé. Il ne sait même plus comment bouger, résister.

Et c’est la source de son aversion pour la Chine !

Andre Vltchek

Andre Vltchek est un philosophe, écrivain, réalisateur et journaliste d’investigation. Il est le fondateur de Vltchek’s World in Word and Images, et a écrit un certain nombre d’ouvrages dont Optimisme révolutionnaire, Nihilisme occidental. Il écrit en particulier pour le magazine New Eastern Outlook

Traduit par Laurent Schiaparelli, édité par Hervé, relu par Cat pour Le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-le-japon-a-t-il-du-mal-a-avaler-lascension-irresistible-de-la-chine

Le Myanmar accepte le yuan chinois et le yen japonais comme devises de règlement

Le Myanmar accepte le yuan chinois et le yen japonais comme devises de règlement

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 30/01/2019 19:37

La Banque centrale du Myanmar (CBM) a annoncé mercredi qu’elle acceptait désormais le yuan chinois et le yen japonais comme devises de règlement pour les paiements et transferts internationaux.

Ceux-ci seront conditionnés à l’ouverture de comptes auprès de banques agréées, cette pratique n’étant pas permise pour des individus ou des personnes morales, a-t-elle précisé dans sa directive.

Jusqu’ici, seuls l’euro, le dollar américain et le dollar de Singapour étaient acceptés comme devises de règlement pour les paiements internationaux.

https://chine.in/actualite/cn/myanmar-accepte-yuan-yen-japonais_116257.html

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Revue de presse nationale et internationale.

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