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La Russie et le Japon commencent des exercices navals conjoints dans le golfe d’Aden, selon la marine russe

La Russie et le Japon commencent des exercices navals conjoints dans le golfe d’Aden, selon la marine russe

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 11/11/2018 05:56

Des exercices navals anti-piratage ont été conjointement lancés par la Russie et le Japon au large du golfe d’Aden, a fait savoir samedi la flotte du Nord de la Russie.

Les navires de combat russes et la force maritime japonaise d’autodéfense participent aux exercices, notamment le navire anti-sous-marin Severomorsk de la flotte du Nord de la Russie et le destroyer japonais Ikazuchi, selon le porte-parole de la flotte du Nord de la Russie, Vadim Serga.

« Ces interactions entre les marins de la flotte du Nord de la Russie et la force maritime japonaise d’autodéfense ont lieu pour la première fois dans l’histoire de la marine russe », a dit M. Serga, cité par l’agence de presse russe Interfax.

Les exercices navals ont pour objectif d’augmenter la coopération entre les navires de guerre russes et japonais dans la lutte contre le piratage et le terrorisme, a déclaré M. Serga, cité par l’agence de presse Sputnik.

Pendant les exercices, les équipages des navires échangeront leurs informations, détecteront les vaisseaux suspects, formeront les équipages aux sorties en hélicoptères à partir de bateaux, conduiront des attaques simulées et effectueront des excursions, selon M. Serga.

https://chine.in/actualite/asie/russie-japon-commencent-des-exercices_19242.html

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Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?


Par Dan Glazebrook – Le 17 août 2018 – Source RT

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entraînent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions « sont la goutte qui fait déborder le vase », selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs « continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut ». Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3 500 milliards  de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits « émergents » comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un « refuge » par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme « aussi solides que l’or », se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, « le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein » (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement « s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan ».

Ainsi, le coup porté par les États-Unis à la Turquie est quadruple – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la roupie indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de les Accords du Plaza de 1985 n’était pas exactement de l’assouplissement quantitatif, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marché, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement « encaissée » lorsque les Accords du  Plaza a été « inversé », 10 ans plus tard [par les Accords du Louvre, NdT], un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux États-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse « ce qu’elle doit faire » pour « rassurer les marchés » – le Times de mardi, par exemple, exige que « Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt [c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupes plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump » – car, après tout, « le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir ».

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les « mondialistes » et les « nationalistes économiques » de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les « marchés émergents ».

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, « l’économie américaine dépend … de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales ». Wall Street en particulier « dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents ». Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du « nationalisme » et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la « mondialisation ». Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les « libéraux de l’establishment » et les « insurgés nationalistes » attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT ; Counterpunch ; Z magazine ; le Morning Star ; le Guardian ; le New Statesman ; l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, Divide and Ruin : The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’« austérité ». Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere

Vostok-18 : à bon entendeur, salut

Vostok-18 : à bon entendeur, salut

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Vostok-18 : à bon entendeur, salut

En Syrie, dans la région d’Iblid, et en Méditerranée orientale au large de la Syrie, se poursuivent les péripéties de la tragédie-bouffe autour du dernier montage d’une Attaque-Chimique-Bidon, sous “faux-drapeau” largement déployé et extrêmement identifié, – les Russes ne cessant de diffuser informations et matériels de communication divers, y compris des images, sur les activités de la chose ; jusqu’à les communiquer à leurs “partenaires” du département d’État pour les informer de ce qu’ils (ces susdits-“partenaires”) sont en train de préparer eux-mêmes. Pendant ce temps, les Russes affutent leurs forces aériennes pour soutenir avec force l’attaque syrienne contre cette région devenue un point de rassemblement massif pour les djihadistes extrémistes soutenus par les USA, comme il se doit, et dernière région de la Syrie hors du contrôle du gouvernement. Du point de vue naval, les flottes US et russe se renforcent au large de la Syrie, avec semble-t-il un net avantage numérique et une technologie très avancée du côté russe, où l’on effectue des manœuvres

(Cette situation renouvelle la surprise horrifiée du CNO de l’US Navy d’alors, l’amiral Zumwalt, en septembre 1970, lors de la crise jordano-palestinienne dite “Septembre noir”. Dans une audition au Congrès peu après, Zumwalt avait déclaré que, pour la première fois depuis que l’US Navy avait une présence globale, depuis 1945, elle s’était trouvée en Méditerranée, lors d’une crise, face à une flotte russe [soviétique] supérieure numériquement et en puissance de feu.)

Mais pour l’instant, – avec à l’esprit la possibilité de changements très rapides de situation stratégique, – le point stratégico-militaire essentiel se trouve plutôt à Omsk, à partir d’où l’on pourra suivre l’exercice Vostok-2018, ou Vostok-18, dans la région Trans-Baïkal de la Sibérie Orientale, du 11 au 15 septembre. Andrei Akoulov nous donne, dans Sytrategic-Culture.org ce 31 août une idée de la massivité de cet exercice, qui peut prétendre être le plus “grand exercice de toute l’histoire militaire” (qualification à débattre, mais qui a nombre d’arguments en sa faveur) :

« [Vostok-18]verra la participation d’à peu près 300 000 hommes, 36 000 pièces d’équipements militaires d’artillerie, blindés et motorisés, plus de 1 000 avions de combat, l’implication de deux Flottes [celles du Pacifique et de la Mer du Nord] et toutes les unités aéroportées. A peu près un tiers de toutes les forces armées russes participeront à Vostok-18… […]La contribution chinoise[à cet exercice russe] est très significative, avec 3 200 hommes, 900 pièces d’équipements d’artillerie, blindés et motorisés, et une trentaine d’avions de combat et d’hélicoptères. »

On jugera remarquable de l’évolution de la puissance militaire russe que la Russie puisse ainsi tenir deux points stratégiques d’activité militaire, – bien sûr pour deux buts très différentes, – avec autant de moyens et autant de capacités de coordination et d’organisation. Même si la stratégie russe insiste sur sa posture défensive et son peu de goût pour la projection de forces, les circonstances poussent sinon obligent la Russie à manifester sa puissance militaire dans le sens de l’expansion et, au moins, d’une “projection de communication” de ses capacités militaires. Au reste, Vostok-18 aura un complément stratégico-économique puisque se tiendra les 11-13 septembre le Eastern Economic Forum, à Vladivostok, où Poutine tiendra sommet avec l’allié Xi Jinping et saluera le président sud-coréen Moon et le premier ministre japonais Abe qui seront également présents. Tout cela vu dans les jumelles à infra-rouges otaniennes-BAO, c’est du lourd

Pour explorer la chose (Vostok-18) plus en détails, nous avons choisi le texte d’un vieux renard du commentaire sur les choses russes et de la sphère euro-asiatique avec un intérêt penchant vers l’Est, l’ancien diplomate indien M.K. Bhadrakumar. C’est du point de vue de la grande stratégie politique que Bhadrakumar observe l’exercice, notamment en explorant les aspects politiques du fait que Vostok-18 marque la réalisation opérationnelle de l’alliance russo-chinoise, – et Bhadrakumar insiste bien sur ceci : Russes et Chinois ne sont, ni des “partenaires”, ni des “partenaires stratégiques”, mais bien des “alliés” ; cela implique de facto un engagement stratégique conséquent, qui se retrouve dans l’exercice certes, mais qui se manifeste d’une façon concrète voire opérationnelle sur les “théâtres” de la Corée du Nord, de l’Iran avec l’accord sur le nucléaire, et bien entendu de la Syrie. Bhadrakumar expose l’avancement de la formidable “alliance” entre la Chine et la Russie d’une façon détaillée et convaincante, impliquant en contrepartie l’effrayante nullité stratégique du bloc-BAO qui, depuis 2007-2010, et à fond la caisse depuis 2014, porte la responsabilité quasi-directe de ce rapprochement stratégique décisif.

Bhadrakumar, comme nombre de commentateurs, met d’autre part en évidence que Vostok-18 est le plus grand exercice de l’armée russe bien entendu, mais surtout le plus grand de l’armée rouge/russe depuis Zapad-81, avec plus de 100 000 hommes, dans la partie occidentale de l’URSS, avec des forces de pays du Pacte de Varsovie, à la fin de l’automne 1981 comme un avertissement donné à la Pologne en pleine révolution-Solidarnosc sur les capacités d’intervention de l’URSS. Les Polonais comprirent le message et le général Jaruzelski déclara l’état de siège fin-décembre 1981, empêchant l’intervention soviétique et jouant un rôle remarquable pour éviter dans les années qui suivirent l’irréparable (l’intervention soviétique) et préparer la transition démocratique. On ne fait certes pas une comparaison de situation, qu’on verrait presque inversée, mais une comparaison sur la teneur du message : comme l’URSS en 1981, pour la mauvaise cause dira-t-on, il y a des choses que la Russie, pour la bonne cause estime-t-elle cette fois, n’acceptera pas. Pechkov, porte-parole de Poutine, a observé que Vostok-18 se déroule dans le contexte d’« une situation internationale courante qui est fréquemment marquée par une grande agressivité et un caractère inamical pour notre pays » ; cela, sans le moindre doute à destination de l’OTAN...

… On espère que c’est informé de ce contexte que nous avons développé, – ce qui impliquerait qu’il est au courant des choses de la stratégie du monde, – que le président français Macron a lancé l’idée de la nécessité d’un « “aggiornamento complet de notre relation avec la Russie” pour ne pas rester sur “des erreurs ou des incompréhensions des deux dernières décennies”. “Notre intérêt est d’avoir des partenariats stratégiques, y compris en matière de défense, avec nos voisins les plus proches”, a-t-il ajouté en évoquant notamment la relation entre l’UE et la Russie. » (L’intervention de Macron, lors de sa visite en Finlande, est notamment développé ici, sur le pourvoyeur spécialisé de FakeNews en France, soit RT-français du 31 août.)

Ci-dessous, le texte MK Bhadrakumar, sur Strategic-Culture.org, le 31 août 2018.

dedefensa.org

Russia and China in Alliance Conditions

Three things stand out in the remarks made by the Kremlin spokesman Dmitry Peskov on Tuesday in the context of Russia’s forthcoming Vostok-2018 military exercise in the Trans-Baikal Region in East Siberia during September 11-15.

At the obvious level, Peskov was speaking from the picturesque southwestern city of Omsk where he was accompanying President Vladimir Putin. Nothing that Peskov says can be unintentional and his remarks from Omsk carried added resonance, because he was also speaking from a vantage point in Russian history – from a garrison town founded by the Siberian Cossacks four centuries ago.

Second, Peskov was speaking about the forthcoming Vostok-2018, which is already being noticed in the international opinion, including in western media, as a military exercise of strategic significance. Peskov indirectly referred to the NATO’s belligerent military posturing toward Russia when he said that Vostok-2018 is taking place in the backdrop of “the current international situation, which is frequently quite aggressive and unfriendly for our country.”

Only a few hours before Peskov spoke, Russian Defense Minister Sergey Shoigu had said that the drills will be unprecedented in their scope and will involve about 300,000 troops and over 1,000 aircraft. The Vostok-2018 will focus on “traditional security” (read wars, external territorial aggression) as against “non-traditional security” (terrorism, separatism, religious extremism, etc.) and it is billed as the biggest Russian exercise since the famous Zapad-81 drills. Of course, the former Soviet Union’s Warsaw Pact allies had participated in the Zapad-81.

Taking all of the above into account, it was Peskov’s remark regarding China’s participation in the Vostok-2018 strategic drills that acquires salience. Peskov said, « This (China’s participation) speaks about the expansion of interaction of the two allies in all the spheres. »

Now, this is a profoundly significant choice of words. In all these decades since the 1960s, it is impossible to recall a top Kremlin official characterizing Russia and China as “two allies in all the spheres.” The common idiom is that they are “partners”. Officially, the Sino-Russian relations are described as “comprehensive strategic partnership of coordination.”

But there is no big surprise that the Sino-Russian relations have reached alliance conditions. The fashionable western interpretation is that the Kiev Euromaidan (2014) and the sanctions against Russia that followed had pushed Russia reluctantly into a Chinese embrace. But this is more of a self-serving western notion, since Russia’s “pivot to China” by far predates the regime change in Ukraine and had much to do with Moscow’s strategic focus on the global shift in power to the East and about turning Russia into a hub of intra-Asian trade and cooperation.

Equally, Western analysts faltered in their estimation that “Unfortunately for Putin, Moscow has limited capacity to make its pivot dreams a reality” – to quote from a 2013 essay by Fiona Hill who presently serves in the National Security Council in the White House. But then, these alliance conditions have been consciously fostered through sustained efforts, often at the highest levels of leadership in Moscow and Beijing, and it is all too obvious today that they stand on firm foundations of mutual understanding and a rapidly expanding economic cooperation that is to mutual advantage.

What is the kind of alliance that Russia and China could have? For a start, what the two countries will not have is at once obvious if the obsolete North Atlantic Treaty Organization (NATO) is taken as the readily available benchmark. Evidently, no alliance headquarters is going to be built at a cost of 1.17 billion euros and there isn’t going to be any interest to define the casus foederis of the Russian-Chinese alliance. Nor is there going to be anything like NATO’s $6 billion defence budget in 2017 (which is expected to jump to $7.8 billion in 2020.)

Most certainly, the Russia-China alliance will not be riveted on cost-accounting principles of the sort US President Donald Trump is constantly dinning into the ears of his European allies. Needless to say, there aren’t going to be any “standing forces” on active duty on a permanent basis – or any grandiose notions that some day the Russian-Chinese alliance will blossom into a global security organization, with its tentacles reaching out into the heart of Africa.

On the other hand, the Russia-China alliance will also be a “unique community of values”, as NATO keeps proclaiming itself. Conceivably, these “values” will include strict adherence to international law and the UN Charter, respect for national sovereignty – no Libya or Iraq-style interventions, for example – and the peaceful resolution of disputes and differences without the use of force. However, one cardinal difference with the NATO will be that unlike the latter, which takes cover behind inchoate “values” such as “liberty”, “rule of law”, “democracy”, et al, the Russian-Chinese alliance will be focused and purposive on the strengthening of a multipolar world order.

Arguably, the Russian-Chinese alliance will be in sync with the spirit of our times – unlike NATO, which must constantly justify its raison d’etre through the juxtaposition of an “enemy”, caught up in the tragic predicament of having to stir up paranoia and xenophobia among member states in order to simply keep the herd from wandering away toward greener pastures.

Where the Russia-China alliance has an advantage is that it is a new type of alliance that allows the two countries to pursue their national interests while also creating space for each other through mutual support and foreign-policy coordination to maneuver optimally in the prevailing volatile international environment where it is no longer possible for any single power to exercise global hegemony. Indeed, the Sino-Russian coordination is working well in the Syrian conflict, the situation on the Korean Peninsula, Iran nuclear issue or the struggle against terrorism and has become a factor of peace and regional stability.

Peskov’s meaningful description of China as Russia’s ally provides a new perspective on the forthcoming visit by Chinese President Xi Jinping to Russia and his expected participation in the Eastern Economic Forum summit in Vladivostok next month.

MK Bhadrakumar

http://www.dedefensa.org/article/vostok-18-a-bon-entendeur-salut

L’Asian African Growth Corridor : dernier avatar de la course à la puissance en Asie

L’Asian African Growth Corridor : dernier avatar de la course à la puissance en Asie

En marge de la tournée impériale de Xi Jinping en Afrique, Narendra Modi s’est rendu au Rwanda, en Ouganda et en Afrique du Sud. Le choix de ces trois pays, tout autant que le moment choisi pour effectuer ces visites, révèle les ambitions géopolitiques indiennes sur le continent africain. Le projet « Asia-Africa Growth Corridor » (AAGC), conçu avec le Japon, doit permettre de contrecarrer l’influence grandissante de la Chine sur ce nouveau théâtre de la course à la puissance asiatique.    

La main mise de la Chine en Afrique 

Narendra Modi et Shinzo Abe

La Chine dispose d’une influence grandissante en Afrique. Tout d’abord ses besoins en matières premières en font une des principales importatrices des produits du continent. Elle compte ainsi pour 10% des exportations africaines. D’autre part, elle participe a des nombreux projets de création d’infrastructures. A titre d’exemple, elle a offert son siège à l’Union africaine en 2012. Enfin, son modèle économique est repris par de nombreux pays. Le Rwanda notamment s’est rallié au Consensus de Pékin qui défend une émergence économique grâce à un modèle politique autoritaire. L’Afrique symbolise donc la prise de poids géopolitique chinoise.

L’histoire du corridor 

Par conséquent, l’Inde et le Japon entendent concurrencer leur rival asiatique sur ce nouveau terrain de jeu. Le projet de l’Asia-Africa Growth Corridor est donc évoqué en 2017  afin de proposer une alternative à l’initiative OBOR chinoise. Il ambitionne de valoriser des routes maritimes, seule interface entre les puissances asiatiques et l’Afrique. Ainsi, les ports indiens et ceux en Asie du Sud-Est où l’Inde et le Japon détiennent des parts stratégiques seront reliés avec les ports africains sur la façade Pacifique. Pour cela, les deux puissances asiatiques proposent de financer des réseaux industriels en Afrique afin de mieux desservir les ports. Le projet concernerait en priorité l’agriculture, la santé et la gestion des risques.

Deux approches complémentaires 

La force du potentiel partenariat indo-japonais réside dans sa combinaison de deux apports stratégiques. Le Japon dispose d’une part d’un savoir faire reconnu pour la construction d’infrastructures. Il possède donc à la fois un savoir-faire et une importante capacité de financement. D’autre part, l’Inde connait particulièrement bien les marchés africains grâce à la diaspora indienne présente sur le continent. Elle utilise en outre un levier historique. L’Inde a en effet constamment soutenu la démocratie contre le colonialisme, ce qui lui assure un certain écho. Dès lors, les deux rivaux asiatiques de la Chine exploitent une opportunité : ils associent leurs forces afin de compter sur les marchés émergents africains.

Des projets concrets

L’AAGC s’appuierait ainsi sur plusieurs réalisations. Il concernerait d’abord les ports de Chabahar en Iran et de Dawai au Myanmar. Ces deux ports sont respectivement financés par des groupes indiens et japonais. Ils constituent, de fait, une réponse au « collier de perle » chinois. En outre, plusieurs corridors ferroviaires ont déjà été construits grâce à l’aide japonaise en Afrique. C’est notamment le cas du Nacala Corridor au Mozambique.

Si l’AAGC en est encore au stade de projet, il n’aura certainement pas la même ampleur que l’initiative OBOR du rival chinois. Toutefois, il témoigne de la volonté indo-japonaise de s’associer afin de compter dans la course à la puissance en Asie. Alors que le multilatéralisme semble en panne, ce type d’initiatives, centrées sur la connexion à l’aide d’infrastructures pourrait donc s’imposer comme l’avenir des relations commerciales.

 

About Hugo CARRIE

Étudiant à HEC Paris, en double diplôme à l’Ensae ParisTech, après deux années en classe préparatoire au lycée Sainte Geneviève. Européen convaincu, passionné par les enjeux géopolitiques de l’innovation technique et des infrastructures d’échange.

Des métaux attirants : l’élément manquant du puzzle coréen

Des métaux attirants : l’élément manquant du puzzle coréen


Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, connaît l’importance des terres rares, et la Corée du Nord aurait découvert l’un des plus grands gisements du monde à 150 km de Pyongyang. Serait-ce un autre facteur à l’origine du récent dégel avec les États-Unis ?


Par Pepe Escobar – Le 20 juin 2018 – Source Asia Times

Il ne s’agit peut-être pas d’immeubles de vacances sur les plages nord-coréennes après tout. Il semblerait que la principale motivation de l’administration Trump pour courtiser Kim Jong-un est l’un des plus grands gisements de terres rares au monde, situé à seulement 150 km au nord-ouest de Pyongyang et valant potentiellement des milliards de dollars américains.

Tous les outils de la vie quotidienne axée sur la technologie du XXIe siècle reposent sur les propriétés chimiques et physiques de 17 éléments précieux du tableau périodique également connu sous le nom d’ETR (éléments de terres rares).

Actuellement, on estime que la Chine contrôle plus de 95 % de la production mondiale des métaux de terres rares, avec environ 55 millions de tonnes de gisements. La Corée du Nord, de son coté, en détient au moins 20 millions.

Les éléments de terres rares ne sont pas les seuls minéraux et métaux hautement stratégiques dans ce jeu de pouvoir. Les mêmes gisements sont des sources de tungstène, de zirconium, de titane, d’hafnium, de rhénium et de molybdène ; tous ces gisements sont absolument essentiels non seulement pour une myriade d’applications militaires, mais aussi pour l’énergie nucléaire.

La métallurgie des terres rares est également essentielle pour les systèmes d’armes américains, russes et chinois. Le système THAAD a besoin d’éléments de terres rares, tout comme les systèmes de défense antimissile russes S-400 et S-500.

Il n’est pas exagéré de considérer que « l’art de la négociation » s’applique aussi aux éléments de terres rares. Si les États-Unis n’essaient pas d’être sérieux sur les ressources en terres rares de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), le vainqueur, une fois de plus, pourrait être Pékin. Et Moscou aussi – compte tenu du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine, désormais explicitement reconnu dans le dossier.

Le puzzle peut donc tourner autour de qui offre le meilleur retour sur investissement ; non pas sur l’immobilier mais sur les métaux rares, avec le gouvernement de Pyongyang potentiellement capable de collecter une immense fortune.

Pékin est-il capable d’égaler un éventuel accord américain ? Cela pourrait bien avoir été un sujet clé des discussions lors de la troisième réunion, en quelques semaines seulement, entre Kim Jong-un et le président Xi Jinping, exactement au moment où tout l’échiquier géopolitique est en jeu.

Donc les métaux ne sont pas attirants ?

Le chercheur Marc Sills, dans un article intitulé « Strategic Materials Crises and Great Power Conflicts » (« Crises des matériaux stratégiques et grands conflits de pouvoir ») écrit : « Les conflits à propos des minéraux stratégiques sont inévitables. Les drames se dérouleront probablement au niveau ou à proximité des mines, ou le long des lignes de transport que les matériaux doivent parcourir, et en particulier aux points d’étranglement stratégiques mondiaux que l’armée américaine est maintenant généralement chargée de contrôler. Encore une fois, l’équation du pouvoir est écrite de manière à inclure à la fois le contrôle de la possession et le déni de possession par d’autres.

Cela s’applique, par exemple, au puzzle ukrainien. La Russie a grandement besoin du titane, du zirconium et de l’hafnium ukrainien pour son complexe militaro-industriel.

Plus tôt cette année, des chercheurs japonais ont découvert un gisement de 16 millions de tonnes d’éléments de terres rares (moins que les réserves nord-coréennes) sous le fond marin du Pacifique occidental. Mais il est peu probable que cela change la prédominance chinoise, ni celle de la RPDC. La clé de tout le processus des terres rares est de concevoir une chaîne de production rentable, comme l’ont fait les Chinois. Et cela prend beaucoup de temps.

Des documents détaillés tels que « China’s Rare Earth Elements Industry », (« L’industrie chinoise des éléments de terres rares ») de Cindy Hurst (2010), publié par l’Institute for the Analysis of Global Security (IAGS) ou « Rare Earth in Selected US Defense Applications », (« Terres rares dans certaines applications de défense des États-Unis ») de James Hedrick, présenté au 40e Forum du Geology of Industrial Minerals en 2004, cartographient de manière convaincante toutes les connexions. M. Sills souligne toutefois que les minéraux et les métaux semblent n’attirer l’attention que des publications spécialisées dans le secteur minier : « Et cela semble expliquer en partie pourquoi la course à l’ETR en Corée a échappé à l’attention. Les métaux ne sont pas si attirants. Mais les armes le sont. »

Les métaux sont certainement attirants pour le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Il est assez révélateur de se rappeler comment Pompeo, alors directeur de la CIA, expliquait à un comité sénatorial, en mai 2017, que le contrôle étranger des éléments des terres rares était « une préoccupation très réelle ».

Un an plus tard, Pompeo, prenant le relais au département d’État, a mis l’accent sur une nouvelle « approche » de la politique étrangère américaine. Qui s’est révélée encore plus tard, il y a quelques semaines seulement, comme étant l’organisation par Pompeo de la réunion avec Kim Jong-un.

Bien au-delà d’une intrigue à la Netflix, un récit tout à fait possible est celui d’un Pompeo cherchant à impressionner Kim sur la beauté d’une bonne affaire d’éléments de terres rares, chapeautée par les États-Unis. Mais la Chine et la Russie doivent en être exclues. Ou alors… Il n’est pas difficile de voir Xi en comprendre les implications.

La RPDC – ce mélange unique de Turkménistan et de Roumanie post-URSS – pourrait être sur le point d’être intégrée à une vaste chaîne d’approvisionnement via une Route de la soie du métal, le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine investissant simultanément dans les chemins de fer, les pipelines et les ports parallèlement aux zones économiques spéciales (ZES) nord-sud-coréennes, à la chinoise, qui se développent actuellement.

Comme l’a révélé le directeur général adjoint de Gazprom, Vitaly Markelov : « La Corée du Sud a demandé à Gazprom de relancer un projet clé – un gazoduc traversant la Corée du Nord, un cordon ombilical entre la Corée du Sud et la masse continentale eurasienne. »

Depuis les discussions clés du sommet de Vladivostok en Extrême-Orient, en septembre 2017, la feuille de route prévoit que la Corée du Sud, la Chine et la Russie associent la RPDC à l’intégration eurasienne, en développant son agriculture, son hydroélectricité et, surtout, ses richesses minérales.

Même si l’administration Trump est en retard dans ce jeu, il est impensable que Washington abandonne la partie.

Pepe Escobar

Traduit par Wayan, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/des-metaux-attirants-lelement-manquant-du-puzzle-coreen

 

Japon : douze sites chrétiens inscrits au patrimoine mondial

Japon : douze sites chrétiens inscrits au patrimoine mondial

NAGASAKI CHRISTIANS

© Nagasaki Préfecture
L’église d’Egami.
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Douze sites chrétiens cachés dans la région de Nagasaki (Japon) ont été ajoutés ce week-end à la liste du Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Ils sont d’authentiques témoignages de la foi des premiers chrétiens de l’Archipel à la fin du XVIe et du miracle catholique qui s’est joué sur ces terres pendant plusieurs siècles.

Dans la région de Nagasaki, dans la partie nord-ouest de l’île de Kyushu, douze sites ont été ont été ajoutés samedi à la Liste du Patrimoine mondial de l’Unesco : ils comprennent dix villages, le château Hara et la cathédrale d’Oura, construits entre le XVIIe et XIXe siècle. Présent depuis le XVIe siècle au Japon, le christianisme n’a réellement émergé qu’à partir de l’inauguration de la cathédrale d’Oura en 1865, accordée par le gouvernement de Tokyo aux missionnaires français. Avant cette date, et depuis 1549 — date à laquelle le missionnaire jésuite espagnol François-Xavier est venu évangéliser la région avec deux compagnons — les chrétiens restaient relativement cachés, les dirigeants militaires du Japon voyant d’un mauvais œil l’influence croissante des missionnaires sur le territoire.

Pus de 250 ans de persécutions

Dès 1589, les chrétiens japonais sont victimes de persécutions terribles. En 1597, 26 chrétiens appelés les « 26 martyrs de Nagasaki » refusent d’abjurer et sont crucifiés. Ce premier supplice collectif ne sera que le début. En 1622, 23 chrétiens sont brûlés et 22 décapités, toujours à Nagasaki. Pendant plus de 250 ans, les chrétiens japonais vont être ainsi persécutés au fils des gouvernements successifs.

Les sites classés apportent un témoignage culturel unique de cette longue période où les chrétiens, obligés de se cacher, ont continué malgré tout à transmettre de génération en génération la foi qui les nourrissait au quotidien. Sans prêtre, ils baptisaient eux-mêmes leurs enfants à la naissance et les éduquaient dans l’amour du Christ. La fin de la politique isolationniste japonaise en 1853 permet aux prêtres catholiques de retourner au Japon. Le 17 mars 1865, vient enfin l’heure de la délivrance. Un petit groupe de chrétiens cachés rencontrent Louis Furet et Bernard Petitjean, deux prêtres français des Missions étrangères de Paris venus au Japon dans le désir de rallumer la flamme du christianisme au Japon.

Cette année-là, les deux prêtres décident de construire l’église d’Oura, considérée comme la plus ancienne église du Japon, et la dédient aux 26 premiers martyrs exécutés. Désignée trésor national par le gouvernement en 1933, elle a malheureusement été endommagée par l’explosion de la bombe atomique larguée par les États-Unis sur Nagasaki le 9 août 1945. En 2015, le diocèse de Nagasaki a célébré le 150e anniversaire de la découverte des chrétiens cachés. Une histoire incroyable que le pape François a qualifié « d’exemplaire » et qui a inspiré le grand cinéaste Martin Scorsese pour son film Silence sorti en 2016.

Pour découvrir les 10 villages, le château et la cathédrale classés au Patrimoine mondial de l’humanité, cliquez sur le diaporama :

Diplomatie mondiale du wrassling

Diplomatie mondiale du wrassling


Par James Howard Kunstler – Le 11 juin 2018 – Source kunstler.com

wrassling / child wrestling / catch pour les enfants

Pourquoi ne pas faire la guerre avec le Canada ? Cette insignifiante « nation » encombre la moitié septentrionale de NOTRE continent, pour lequel nous avons lutté puissamment afin de nous libérer de la méchante vieille Europe. Qu’est-ce que Justin Trudeau ne comprend pas à ce propos ? Et quand nous en aurons fini avec lui, que diriez-vous de faire quelques « reprises » avec Frau Merkel et cette petite grenouille de Monsieur Macron ? J’aimerais voir le Golem d’Or de la Grandeur dans un justaucorps et un de ces masques de lutte mexicains, jetant ces méchants nains internationaux hors du ring comme autant de sacs de patates.


Et maintenant c’est parti à Singapour pour un combat de catch avec cet autre adversaire connu sous le nom de « Little Rocket Man ». Il y a une attente étrange que ces deux avatars d’irréalité régleront le hachis qui a mijoté pendant soixante ans entre la Corée divisée et les USA. M. Trump conclura un accord pour transformer la Corée du Nord en paradis pour les golfeurs et M. Kim promettra de réduire son arsenal nucléaire en fers 9 et en putters. Et puis ils vont célébrer cet accord sur Air Force One avec des sacs de Big Macs et du poulet frit. (Laissez les aides et les conseillers se battre pour les nouilles de Singapour et les becs de calmars à la sauce à l’ail.)

Le New York Times a posé un gros caca lundi matin avec un éditorial remettant en scène le plus gros méchant de la collection d’épouvantails internationaux du Times : la Russie.

Si un président des États-Unis devait esquisser un plan secret et détaillé pour rompre l’alliance atlantique, ce plan aurait une ressemblance frappante avec le comportement de Trump. Cela impliquerait une hostilité visible envers les dirigeants du Canada, de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne et du Japon. Spécifiquement, il s’agirait de choisir des combats sur des questions artificielles – pas de gagner de grandes concessions pour les États-Unis, mais de créer des conflits juste pour faire chauffer l’ambiance. Un plan secret visant à diviser l’Occident aurait également pour effet que les États-Unis cherchent de nouveaux alliés pour remplacer ceux qui ont été mis au rebut. Le plus évident serait la Russie, le plus grand rival en Europe de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne. Et tout comme la Russie le recherche, l’intention des États-Unis de détruire l’alliance atlantique se mêlerait de la politique intérieure des autres pays pour installer de nouveaux gouvernements qui rejetaient également l’ancienne alliance.

Ainsi donc … pour « The Times », le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon ne sont guère plus qu’un club d’ex-épouses vous cassant le cul, la Corée du Nord serait une irrésistible star du porno très bien carrossée, et la Russie un vieux et diabolique proxénète, dans un jeu sans-fin pour fatiguer l’adversaire. Ils ont tous couru après M. Trump depuis avant même qu’il ne descende de sa tour dorée de la Cinquième avenue par son fatidique escalator. Assurément, le méchant Poutine a truffé l’hôtel de Singapour avec ses meilleurs espions et il a chargé les placards du président avec des prostituées et des promoteurs immobiliers pour tenter M. Trump dans toutes sortes d’actes artificiels imaginés dans les laboratoires Kompromat de Iassenevo.

Je suis pour la paix dans le monde, et j’aimerais essayer de prendre la réunion de Kim-Trump au sérieux, mais il est difficile d’imaginer deux personnages moins préparés par les rigueurs de la réalité que cette paire-là. Chacun a vécu dans le royaume magique de sa propre vie. Les deux présentent des comportements typiques d’enfants : bouderie, menaces, fanfaronnades et changements d’humeur mystérieux. Les adultes supposés sérieux autour de M. Trump doivent s’enfiler des Xanax comme des Tic-tacs. Les attachés militaires autour de l’impénétrable Kim se souviendront peut-être de l’exécution en 2016 de deux ministres du NK abattus avec des canons antiaériens pour avoir déplu au chef [C’est probablement une fake news d’État, organisée par les service secrets sud-coréens, NdT] – l’un d’entre eux pour s’être simplement endormi pendant un discours de Kim. Qui a nettoyé les restes, je me le demande.

Peut-être que quelque chose de bon peut sortir de cette configuration improbable. J’attends une sorte d’acte de vaudeville : quelques moments avec les deux prétendant qu’ils comprennent ce que l’autre dit… un communiqué plein d’espoir annonçant la floraison d’un million de fleurs, et un éclatement fatidique quelques heures après la lune de miel quand Kim, Trump et tous les porteurs de lances des deux côtés se rendront compte qu’ils n’avaient aucune idée de ce dont ils parlaient.

Puis, jeudi, le rapport tant attendu de l’inspecteur général du ministère de la Justice sortira, après un « filtrage » par les gens du FBI dont la conduite fait l’objet de cet examen. Je m’attends à une nouvelle couche dans l’énorme gâteau cuisiné par les chevaliers blancs de la « Résistance ». Celui-ci s’appellera le Redacto-Gate.

James Howard Kunstler

Too much magic : L'Amérique désenchantéePour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/diplomatie-mondiale-du-wrassling

 

L’Inde est-elle en train de se tourner vers la Chine ?

L’Inde est-elle en train de se tourner vers la Chine ?


Par Vladimir Terehov − Le 10 mai 2915 − New Eastern Outlook

New Eastern Outlook [ainsi que le Saker Francophone, NdT] essaye de ne pas perdre de vue les événements importants qui jalonnent les relations entre la Chine et l’Inde. Avec les États-Unis, le Japon et la Russie, les deux géants asiatiques ont une influence décisive sur l’évolution de la situation dans la région Indo-Pacifique, dont dépend en grande partie le climat politique mondial.

Pourtant, au cours des dernières années, les relations entre la Chine et l’Inde n’ont pas semblé au mieux, montrant plutôt une tendance constante à la détérioration. Et bien que ce processus négatif dépende en grande partie de l’actualisation périodique de problèmes dit « historiques » (par exemple, les revendications mutuelles sur certains territoires frontaliers), le facteur principal en a toujours été l’ascension de la Chine au statut de deuxième puissance mondiale. C’est cela qui pousse l’Inde à adopter une attitude de plus en plus prudente envers la Chine.

L’incompatibilité des potentiels des deux pays (le PIB de l’Inde est cinq fois moins élevé que celui de la Chine) semble être le facteur naturel qui pousse New Delhi « sous la protection » de Washington. En général, et il en est ainsi depuis le début du nouveau millénaire et cela n’a rien à voir avec les fameuses « manigances américaines », Washington a simplement ouvert les bras, dans lesquelles l’une de ces deux grandes puissances d’Asie était censée tomber naturellement et rapidement.

En prévision de ces développements, il y a deux ans, le projet de création d’un « Quatuor » politico-militaire, composé des États-Unis, du Japon, de l’Inde et de l’Australie, a été extrait d’une malle poussiéreuse, une sorte d’« OTAN asiatique » dont l’orientation anti-chinoise semble évidente. L’entrée dans une telle configuration signifierait le franchissement d’une « ligne rouge » pour l’Inde dans son positionnement sur la scène internationale globale, ainsi que dans ses relations avec la Chine et les États-Unis, en particulier.

Dans ce cas, l’Inde serait finalement libérée de toute trace du neutralisme résultant de la période du « Mouvement des pays non alignés » (qui est presque oublié aujourd’hui) et passerait irréversiblement de l’autre côté de la barricade mondiale, en opposition à la République Populaire Chinoise (RPC). Le pays tomberait inévitablement dans « l’étreinte amicale » du principal adversaire de la Chine que sont les États-Unis.

Il s’agit d’un scénario de type « roulette russe », associé à des risques extrêmement graves. La réalité de sa mise en œuvre explique le scepticisme passé de l’auteur à l’égard des perspectives de relations Chine-Inde et de formation d’un triangle « Russie-Inde-Chine ».

Cependant, au tournant des années 2017-2018, le gouvernement indien (apparemment sous l’influence d’un conflit de près de trois mois sur le Plateau du Doclam) a décidé de rompre ce scénario imposé et d’établir un dialogue avec la RPC.

Pour cette raison, un ancien ambassadeur indien à Pékin a été nommé à un poste élevé au ministère des Affaires étrangères, et les événements organisés par le « gouvernement tibétain en exil » à l’occasion du 60e anniversaire du séjour du Dalaï Lama en Inde ont été ignorés. Ces deux actes ont été accueillis avec satisfaction à Pékin, qui appelle depuis longtemps au développement d’une coopération mutuellement bénéfique, notamment sur la base du projet de Nouvelle route de la soie.

Selon les experts, l’évaluation de l’état actuel des relations Chine-Inde et de leur développement futur sera possible après les réunions des dirigeants des deux pays en marge du sommet de l’OCS, qui se tiendra dans la ville chinoise de Qingdao en juin 2018.

Cependant, Xi Jinping et Narendra Modi ont décidé de ne pas attendre une « opportunité appropriée » et les 27 et 28 avril, une réunion « informelle » s’est tenue à Wuhan − l’un des centres culturels, historiques et industriels importants de la Chine moderne.

Comme cela se produit habituellement en de telles occasions (en particulier lors des réunions de dirigeants asiatiques), beaucoup de mots chaleureux ont été prononcés, parmi lesquels la phrase de M. Modi rappelant que  « pendant 1600 des 2000 dernières années, l’Inde et la Chine ont été les moteurs de la croissance économique mondiale » mérite une attention particulière.

En plus de compliments verbaux quasi obligatoires, il y eut des messages méritant une attention accrue dans l’espace politique moderne. Nous parlons principalement des mentions concernant un « protectionnisme commercial et un nationalisme repliés sur soi » vus négativement. Ces déclarations ont été utilisées par les deux dirigeants en relation avec le mot « Occident ».

Il est important de préciser ici que la plupart des pays dit « occidentaux » avaient, jusqu’à maintenant, une mauvaise opinion envers le « protectionnisme-nationalisme », se référant en particulier à leur propre chef de file, les États-Unis.

En gardant cela à l’esprit, nous allons nous poser une question importante : M. Mody a-t-il l’intention de tourner radicalement son pays vers le principal « globalisateur » et ennemi du « protectionnisme », c’est-à-dire la Chine ? Et la question qui en résulte est la suivante : est-il possible d’espérer une réponse positive du gouvernement indien aux appels répétés de Pékin à rejoindre le projet de Nouvelle route de la soie ?

La réponse de l’auteur à ces deux questions est : « Si oui, alors pas immédiatement. Des manœuvres trop rapides ne sont pas dans la tradition d’un navire géopolitique aussi lourd que l’Inde. » Et la confirmation de ce point de vue est le fait que le ministre des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, n’a pas signé la clause du document final de la réunion ministérielle de l’OCS, qui prévoit la participation des membres de l’Organisation au projet de la Route de la soie. Cette réunion s’est tenue à Qingdao trois jours avant les négociations entre Xi Jinping et N. Modi.

La vigilance de l’Inde à l’égard de ce projet est compréhensible, car l’un de ses principaux éléments pratiquement réalisés (le Corridor économique Chine-Pakistan) traverse en partie le territoire de l’ancienne principauté du Cachemire contrôlée par le Pakistan. Entre-temps, en raison de différends concernant la souveraineté sur cette ancienne principauté, ces deux pays (nucléaires) se battent ou se trouvent en situation de pré-guerre.

Quant à la réunion « inattendue et informelle » entre Xi Jinping et N. Modi, son principal résultat positif est l’intention des dirigeants chinois et indiens d’augmenter considérablement la fréquence des contacts bilatéraux. Il n’y a apparemment aucun moyen de nettoyer les débris dans les relations bilatérales sans cela.

La complexité des travaux à venir est due au fait que les deux géants asiatiques sont impliqués dans différents types de relations avec les pays tiers. Plus tôt, nous avons noté que l’Inde est en position de chercher sa place et son rôle sur le nouvel échiquier mondial. À cet égard, la tournée européenne de N. Modi en Suède, au Royaume-Uni et en Allemagne, qui s’est déroulée du 16 au 20 avril, mérite d’être notée.

Lors de sa visite à Londres, le Premier ministre indien a été l’une des figures centrales du sommet des membres du « Commonwealth of Nations », regroupant 54 pays. Cette organisation relativement insignifiante du point de vue de la « Grande politique mondiale » (sa sphère d’intérêts et d’activités se limite aux questions humanitaires) a été ignorée par l’Inde pendant pratiquement toute la période de son existence indépendante.

La présence du premier ministre indien au dernier sommet du Commonwealth est due au renforcement significatif de la position de l’Inde sur la scène mondiale et à la recherche par New Delhi de ressources institutionnelles internationales qui pourraient être utilisées pour répondre à ses ambitions accrues.

Commentant la présence de N. Modi à cet événement, les experts indiens indiquent que le PIB de l’Inde a presque atteint le PIB du Royaume-Uni − le leader officieux du « Commonwealth » (2,43 et 2,56 milliards de dollars, respectivement), et le dépassera cette année. Et en outre, l’écart avec l’Inde augmentera rapidement, il apparaît alors clairement qui pourra mener des tentatives (bien qu’hypothétiques) de faire renaitre un « Empire 2.0 ».

Enfin, il semble que le moment soit venu d’aborder la question du positionnement de la Fédération de Russie sur ce nouvel  échiquier mondial. Malgré le déplacement assez évident du centre des processus mondiaux de la région euro-atlantique vers la région indo-pacifique (où se trouvent les deux tiers du territoire russe), si l’on se réfère au contenu thématique des médias nationaux russes nous pouvons en conclure qu’un ridicule eurocentrisme, datant de l’époque réformiste de la perestroika, continue d’être prédominant en Russie.

Pendant ce temps, les événements susmentionnés dans la région indo-pacifique peuvent donner un nouveau souffle à l’ancienne idée du ministre russe des Affaires étrangères Ievgueni Primakov qui voulait la création d’un triangle stratégique « Russie-Inde-Chine ». Mais avec l’inclusion d’autres acteurs régionaux importants dans cette configuration, principalement le Japon et le Pakistan.

L’idée n’est pas si folle si l’on tient compte, par exemple, des problèmes croissants minant les relations américano-japonaises. Il faudra pourtant encore y travailler.

Quant à la table de jeu autour de laquelle la Russie doit traiter avec « l’Europe occidentale », le moyen le plus rapide pour nous est d’y faire une « pause stratégique ». Nous devrions tourner le dos à cette table et y revenir seulement si les européens prennent des initiatives remarquables.

Car il ne faut pas perdre de vue que de l’autre côté de la table sont assis des escrocs primitifs et non des porteurs de « valeurs européennes − investissements − technologies ». Et leur comportement a été gravement affecté par leur relation avec l’« Ukraine », qu’ils chapeautent.

Vladimir Terekhov

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

: http://lesakerfrancophone.fr/linde-est-elle-en-train-de-se-tourner-vers-la-chine

 

 

Les dirigeants russe, français, japonais et la DG du FMI seront présents au Forum économique international de Saint-Pétersbourg

JAPON

Les dirigeants russe, français, japonais et la DG du FMI seront présents au Forum économique international de Saint-Pétersbourg

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 11/05/2018 05:23

Le président russe Vladimir Poutine, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre japonais Shinzo Abe et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde participeront le 25 mai à la session plénière du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF).

Le thème clé du SPIEF 2018 est la construction d’une économie de la confiance.

Le SPIEF est une plate-forme internationale d’échanges et de discussions des affaires économiques importantes. Le forum 2018 aura lieu du 24 au 26 mai.

https://chine.in/actualite/asie/les-dirigeants-russe-francais-japonais_18445.html

Le Vietnam va-t-il transformer le Quartette en Quintette?

Le Vietnam va-t-il transformer le Quartette en Quintette?


Par Andrew Korybko – Le 10 mars 2018 – Source Oriental Review

US aircraft carrier Carl Vinson VietnamUn porte-avions américain a récemment accosté au Vietnam pour la première fois depuis le retrait militaire américain en 1975.
 
Cette avancée sans précédent dans les relations d’après-guerre entre les États-Unis et l’ASEAN est clairement destinée à envoyer un signal à la Chine, avec laquelle le Vietnam est impliqué dans une dispute sur la mer de Chine méridionale et les ressources énergétiques sous ses eaux. Hanoï ne considère plus Washington comme un ennemi, mais comme un allié non officiel à cause de la volonté du Pentagone d’aider le pays à renforcer ses capacités militaires navales afin de compenser les avantages de la Chine dans ce domaine. Même si peu de choses ont été réalisées sur ce front, l’avenir est en effet très prometteur, et il est probable que le Vietnam pourrait jouer un rôle – même informel – dans le soi-disant « quartette » entre les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde dans son rôle de « contenir la Chine ».
Le pays bénéficie d’une position stratégique et il a des frontières maritimes et continentales avec la Chine, ce qui le rend idéal pour que le « quartette » puisse l’inclure de manière informelle jusqu’à devenir un « quintette » si le Vietnam y était pleinement intégré en développant une plateforme militaire d’intégration. Pékin se sent déjà mal à l’aise à propos du rôle de New Delhi dans son jardin, qui selon certains commentateurs indiens est « une manière de se payer » pour ce que fait la Chine en Asie du Sud, offrant ainsi aux États-Unis, au Japon et à l’Australie une place de choix qui mettrait définitivement la République populaire sur la défensive stratégique. Le risque, cependant, est que la Chine défende avec plus d’assurance ses revendications maritimes dans la région face aux provocations étrangères du « quintette » ce qui pourrait conduire à une tension accrue un de ces jours.

En fait, un soi-disant « scénario d’escalade contrôlée » pourrait être exactement ce que le « quartette » espère réaliser en générant une crise de faible intensité comme un moyen de « justifier » l’intégration du Vietnam dans ce partenariat militaire multilatéral. Cela pourrait bien sûr échapper à tout contrôle et conduire à une situation dangereuse. Il est trop tôt pour dire à ce stade si c’est exactement ce qui est prévu pour l’avenir, mais néanmoins, l’intérêt du Vietnam à approfondir sa coopération navale avec les États-Unis est un moyen de le faire avec tous les membres de le « quartette ». Cela pourrait avoir des conséquences imprévisibles sur les relations du bloc avec la Chine.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-vietnam-va-t-il-transformer-le-quartette-en-quintette