Archives pour la catégorie Jeux olympiques

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?

Par Estelle MENARD, Fabien HERBERT, Pierre VERLUISE, Valérie NIQUET, le 16 février 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Valérie Niquet, Maitre de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS). Auteure de « La puissance chinoise en 100 questions », Paris, éd. Tallandier. Elle répond aux questions de Pierre Verluise, fondateur du Diploweb.com. Images, son et montage : Fabien Herbert. Résumé : Estelle Ménard.

Le monde entier a les yeux tournés vers l’Asie, avec les Jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud et la scénarisation d’un apaisement des relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. C’est l’occasion de prendre de la hauteur pour s’interroger sur les enjeux de stabilité stratégique en Asie. (7 minutes)

QUESTIONS :

. Quelles sont les idées fausses sur les enjeux de stabilité stratégique en Asie ?
. Quels sont les points importants à retenir sur la sécurité en Asie ?
. Quel est le rôle de la Chine dans la crise nord-coréenne ?
. Quelles sont les relations entre la Chine et les Etats-Unis sur le dossier nord coréen ?
. Quels sont les temps forts à suivre en Asie pour 2018 ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé par Estelle Ménard pour Diploweb.com

En Asie, la forte croissance économique et la stabilité des gouvernements peuvent parfois occulter les risques sécuritaires qui pèsent sur la région. Si l’on prend souvent le Moyen-Orient comme zone emblématique des crises de notre époque, la situation géopolitique de l’Asie a également des répercussions importantes sur le reste du monde en raison de son statut de leader économique et aussi par la forte présence étatsunienne sur le territoire. Mais surtout, l’urgence est à la question nord-coréenne. La manière dont le problème évoluera va certainement reconditionner les rapports de forces entre les acteurs de la région. En 2018, c’est la trajectoire de la Corée du Nord qu’il faudra observer. Cette situation inquiète aussi les voisins Chinois et Japonais, mais si les premiers semblent peu enclins à agir, les seconds n’ont point encore de capacité d’intervention assez déstabilisatrice, bien qu’ils y travaillent. L’autre scénario est celui de l’apaisement, car une escalade de la crise nord-coréenne n’est dans l’intérêt de personne. Le début des Jeux olympiques s’inscrit plutôt dans ce scénario d’apaisement, avec des effets de mise en scène dont il ne faut pas être dupes cependant.

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?
Valérie Niquet
Maitre de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS)

Bien qu’elle soit en position de force aujourd’hui, la Chine fait face à des défis sur le long terme, comme la pollution et le vieillissement de la population. À moyen terme, le risque consiste surtout en la capacité du régime à poursuivre la croissance économique, sans quoi ses pratiques autoritaires pourraient être perçues comme moins légitimes et l’on pourrait s’interroger sur sa capacité à se maintenir en place. À cela s’ajoute les risques que posent une armée mécontente et un parti inquiété par la campagne anti-corruption. En termes de relations extérieures, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche est d’abord apparue comme une bonne nouvelle pour la Chine, qui pensait trouver en lui un allié plus manipulable qu’Hillary Clinton ou que son prédécesseur. Elle est moins confiante aujourd’hui face à son imprévisibilité et son incohérence. Trump est même entré dans la provocation face à son homologue à Pékin lors de sa dernière visite, en saluant la capacité du gouvernement Xi Jinping à user des faiblesses de ses adversaires pour servir ses intérêts.

Enfin, la réélection du Premier ministre Shinzo Abe est susceptible d’accélérer l’adoption de nouvelles lois qui donneraient plus de pouvoir au Japon dans la zone. Sa réélection pose aussi la question de la reconstitutionnalisation des Forces d’autodéfense japonaises – qui n’ont pas encore d’existence théorique – une mesure qu’il souhaite mettre en avant. Du côté des Philippines, il s’agira de voir s’il y aura rapprochement vers Pékin ou plutôt vers ses alliés de l’Asie du Sud-est ou des États-Unis pour contrebalancer la puissance chinoise.

Copyright pour le résumé Février 2018-Ménard Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Video-Valerie-Niquet-Quels-enjeux-de-stabilite-strategique-en-Asie.html

Publicités

Corées : la diplomatie du CIO à l’épreuve de la realpolitik

Corées : la diplomatie du CIO à l’épreuve de la realpolitik

La succession des actes de rapprochement entre les deux Corées à l’occasion des Jeux olympiques de Pyeongchang soulève l’espoir d’un dialogue durable entre le Nord et le Sud, alors que les tensions dans la péninsule sont toujours bien présentes. Quels sont les objectifs de la diplomatie sportive entre les deux pays ? S’agit-il d’une stratégie ponctuelle ou s’inscrit-elle dans le long terme ? Ainsi, la participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques de Pyeongchang peut-elle constituer un tournant dans les relations entre les deux Corées ? Retour sur une diplomatie olympique intercoréenne, qui bien que porteuse d’espoir, n’a rien d’une nouveauté.

Corées: La diplomatie du CIO à l'épreuve de la realpolitik
Moon Jae-in

Un outil diplomatique pas si nouveau

C’est à travers le Comité International Olympique (CIO) – que Séoul intègre en 1947 et Pyongyang dix ans plus tard – que les deux Corées communiquent pour la première fois, de manière indirecte, à la fin des années 50. S’en suivent divers rapprochements au grès de l’organisation des Jeux, qui constituent cependant plus un cumul d’interactions que des résultats concrets en matière de coopération. En témoignent le boycott des JO de Séoul par la Corée du Nord en 1988 ou les jeux asiatiques de Pékin de 1990, au cours desquels la volonté de créer une équipe commune et unifiée de Corée s’était soldée par un échec.

A partir de 1998, un relatif dégel a lieu à l’initiative de Séoul. Le dialogue intercoréen connait alors une avancée significative avec l’arrivé au pouvoir du camp progressiste au Sud. C’est la naissance de la « politique de rayon de soleil », qui représente un début de coopération économique et culturelle, et vise à réduire la perception de menace réciproque. A cette période, la diplomatie du sport était déjà d’actualité puisque les deux Corées défilaient sous le même drapeau en 2000 et 2004 lors de la cérémonie d’ouverture des JO d’été à Sydney et Athènes. Il en fut de même en 2006 à Turin lors des Jeux d’hiver. Pour autant, on ne peut dire que cela a débouché sur un véritable réchauffement. Les relations se sont même détériorées par la suite, comme l’illustrent les JO de Pékin de 2008 où les deux Etats défilent séparément.

La rupture de 2008

La participation de la Corée du Nord aux côtés de son voisin du sud lors des JO est tributaire de la situation politique et militaire dans la péninsule. 2008 marque en effet la fin de la politique de rayon de soleil avec l’accession à la présidence de Lee Myung-bak au Sud, qui fait de la dénucléarisation de la Corée du Nord la priorité de sa politique étrangère. A partir de cette période, les essais nucléaires se multiplient, ce qui dégrade encore les relations entre les deux dirigeants et empêche tout dialogue. Malgré l’arrivée au pouvoir de Moon Jae-in en mai dernier et sa volonté de rapprochement avec Kim Jong-un, Les JO de Pyeongchang s’inscrivent dans une décennie de tensions et de rupture diplomatique.

Le rapprochement à l’occasion des « JO de la Paix »

Lors de son discours du Nouvel an, le dirigeant nord-coréen évoque la participation d’une délégation de la République populaire et démocratique de Corée. Suite à plusieurs rencontres entre des représentants des deux Corées, le Nord et le Sud ont pu défiler une nouvelle fois sous le même drapeau lors de la cérémonie d’ouverture le 9 février dernier.  La constitution d’une équipe de hockey commune et la rencontre entre la sœur de Kim Jong-un et le Président sud-coréen Moon Jae-in, sont le signe d’un rapprochement significatif dans un contexte international pourtant particulièrement tendu suite à l’enchaînement des essais nucléaires au Nord.

Ce rapprochement inattendu entre la Corée du Nord et la Corée du Sud a le mérite de faire momentanément baisser les tensions dans la péninsule et de favoriser le dialogue avec Moon Jae-in. Cependant, ce genre de stratégie n’a jusqu’à présent jamais débouché sur un tournant concret et durable dans les relations intercoréennes.

Depuis 1953, les deux Corées sont officiellement toujours en guerre, celle-ci n’ayant pris fin que par la signature d’un armistice, et non d’un traité de paix. Bien que des périodes de dégels aient lieu de manière ponctuelle, les relations entre le Nord et le Sud restent particulièrement tendues.  Ainsi, le soft power sportif est un outil efficace permettant d’améliorer symboliquement les relations interétatiques. Mais ce ne sont pas les JO qui ont poussé les deux Corées à reprendre le dialogue. Les Jeux servent de prétexte à ce rapprochement, comme symbole de baisse des tensions, mais ils n’incarnent pas une réalité géopolitique en termes de résolution de conflits.

 

About Amélie METEL

Etudiante en master 2 coopération internationale à l’université Grenoble Alpes. Passionnée par la géopolitique, elle se spécialise dans l’analyse des conflits armés et la diplomatie.

JO d’hiver 2018 : le biathlète Martin Fourcade sacré champion olympique en poursuite, deuxième médaille d’or pour la France

JO d’hiver 2018 : le biathlète Martin Fourcade sacré champion olympique en poursuite, deuxième médaille d’or pour la France

Il égale ainsi le record de Jean-Claude Killy, sportif français le plus titré de l’histoire des Jeux d’hiver.

Martin Fourcade lors de l\'épreuve de poursuite du biathlon des Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), le 12 février 2018.
Martin Fourcade lors de l’épreuve de poursuite du biathlon des Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), le 12 février 2018. (FRANCK FIFE / AFP)
avatar

franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

image il y a 4 minutes

« La loi française prévoit que les successions s’ouvrent au dernier domicile » : ce qui pourrait permettre à Laura Smet de contester la succession de Johnny Hallyday

Deuxième médaille d’or pour les Français ! Le biathlète Martin Fourcade est monté sur la première marche du podium de l’épreuve de poursuite, lundi 12 février, lors des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang (Corée du Sud). Il a réussi à inverser la vapeur, après sa décevante 8e place en sprint, dimanche. Le Français s’est imposé en 32 minutes et 51 secondes, devant le Suédois Sebastian Samuelsson (+12 secondes) et l’Allemand Benedikt Doll (+15 secondes).

Emmanuel Macron a aussitôt félicité le porte-drapeau français sur Twitter. « Les plus grands champions sont ceux qui savent se relever d’une déception. Martin Fourcade est de ceux-là », a écrit le président de la République sur le réseau social.

Il s’agit du troisième titre olympique pour Martin Fourcade, le deuxième en poursuite. Le biathlète égale ainsi le record de Jean-Claude Killy, sportif français le plus titré de l’histoire des JO d’hiver. Huit ans après sa première médaille olympique à Vancouver, en argent sur la mass-start, Martin Fourcade a encore quatre épreuves au programme. Il devra notamment défendre son titre olympique en individuel.

https://www.francetvinfo.fr/sports/jo/jo-d-hiver-2018-le-biathlete-martin-fourcade-decroche-l-or-en-poursuite-deuxieme-medaille-d-or-pour-la-france_2607190.html#xtor=EPR-51-[jo-d-hiver-2018-le-biathlete-martin-fourcade-decroche-l-or-en-poursuite-deuxieme-medaille-d-or-pour-la-france_2607190]-20180212-[bouton]

Corée du Nord : Kim Jong-un invite son homologue sud-coréen à Pyongyang

Corée du Nord : Kim Jong-un invite son homologue sud-coréen à Pyongyang

L’invitation a été transmise par Kim Yo-jong, la sœur du leader nord-coréen, actuellement en visite en Corée du Sud pour assister aux Jeux olympiques d’hiver.

Kim Jong-un, le 1er février 2018, à Pyongyang (Corée du Nord).
Kim Jong-un, le 1er février 2018, à Pyongyang (Corée du Nord). (KCNA VIA KNS / AFP)
avatar

franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Cet épisode pourrait marquer une étape importante dans le réchauffement des relations entre les deux Corée. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a invité le président sud-coréen, Moon Jae-in, à participer à un sommet à Pyongyang, a annoncé Séoul, samedi 10 février.

>> Jeux olympiques de Pyeongchang : suivez en direct les épreuves de la journée

L’invitation a été transmise par Kim Yo-jong, la sœur du dictateur nord-coréen, actuellement en visite au Sud pour les Jeux olympiques d’hiver. Dans ce document, Kim Jong-un indique qu’il est prêt à rencontrer  Moon Jae-in « aussi tôt que possible », selon un porte-parole de la présidence sud-coréenne.

Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, Moon Jae-in et le haut-dignitaire nord-coréen Kim Yong-nam avaient déjà échangé une poignée de main.

Le président sud-coréen rejette l’appel du PM japonais à reprendre rapidement les manoeuvres conjointes américano-sud-coréennes

Le président sud-coréen rejette l’appel du PM japonais à reprendre rapidement les manoeuvres conjointes américano-sud-coréennes

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 10/02/2018 20:13

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rejeté l’appel du Premier ministre japonais Shinzo Abe à reprendre rapidement les manoeuvres militaires conjointes entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, ont rapporté samedi les médias locaux.

Lors de leur rencontre au sommet vendredi, M. Abe, présent dans le pays pour assister à la cérémonie d’ouverture des 23e Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, a indiqué à M. Moon qu’il considérait qu’il n’était pas approprié à l’heure actuelle de reporter les manoeuvres militaires annuelles entre Séoul et Washington, selon un responsable anonyme du palais présidentiel sud-coréen.

A ses dires, M. Abe a argué qu’il serait important de procéder aux exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle à la date initialement prévue.

En réponse, M. Moon a déclaré que cette question concernait la souveraineté de la Corée du Sud et ses affaires intérieures, et qu’il n’était donc pas approprié que le Premier ministre japonais la mentionne directement.

Dans une conversation téléphonique le 4 janvier, M. Moon et son homologue américain Donald Trump avaient décidé de reporter leurs exercices militaires annuels, qui devaient se tenir pendant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

Le président sud-coréen cherche à maintenir une ambiance favorable au dialogue entre les deux Corée en faisant des Jeux de Pyeongchang un événement de paix.

https://chine.in/actualite/asie/president-sud-coreen-rejette-appel_18101.html

Le président sud-coréen rencontre le chef de la délégation olympique de la RPDC

Le président sud-coréen rencontre le chef de la délégation olympique de la RPDC

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 09/02/2018 20:21

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rencontré vendredi le chef d’une délégation de haut niveau de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) lors d’une réception à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, ont rapporté les médias locaux.

M. Moon a salué Kim Yong Nam, président de l’Assemblée populaire suprême de la RPDC, lui serrant la main lors de cette réception organisée en l’honneur des responsables invités dans le pays pour assister à la cérémonie d’ouverture de la 23e édition des JO d’hiver.

La réception s’est tenue à 18h heure locale, deux heures avant la cérémonie, qui se tiendra à Pyeongchang, dans l’est de la Corée du Sud.

M. Kim et une délégation de haut niveau comprenant Kim Yo Jong, soeur cadette du dirigeant de la RPDC Kim Jong Un, qui est par ailleurs Première vice-présidente du Comité central du Parti des travailleurs de Corée (au pouvoir), sont arrivés en Corée du Sud plus tôt dans la journée par un jet privé.

Choe Hwi, président du Comité directeur national des sports, et Ri Son Gwon, président du Comité pour la réunification pacifique de la patrie, font également partie de cette délégation.

Ces quatre délégués de la RPDC rencontreront samedi le président sud-coréen Moon Jae-in et déjeuneront avec lui, selon la Maison bleue, palais présidentiel sud-coréen.

https://chine.in/actualite/asie/president-sud-coreen-rencontre-chef_18097.html

Jeux Olympiques en Corée du Sud

Jeux Olympiques en Corée du Sud


Opportunité parfaite pour une attaque sous faux drapeau ?


Par Brandon Smith – Le 17 janvier 2018 – Source alt-market.com


La rhétorique de guerre entourant la Corée du Nord, des deux côtés du Pacifique, n’a jamais été aussi agressive que l’année dernière (du moins depuis la guerre de Corée). Il y a des gens qui considèrent toute l’affaire comme une « distraction » une distraction qui ne débouchera jamais sur un conflit réel. Je suis en désaccord avec ce sentiment pour un certain nombre de raisons.

La Corée du Nord est en effet une distraction, mais cependant une distraction qui cache de grandes manœuvres bien réelles. C’est-à-dire que les coups de menton et le cliquetis des sabres ne sont que le prélude à une distraction beaucoup plus efficace pour une guerre et une invasion au nom d’un changement de régime et de la « sécurité nationale ».

Comme je l’ai noté dans mon article « Guerre de Corée Partie II : Pourquoi il est probable qu’elle se produira » la vaste mise en scène des actifs militaires dans la région qui n’a pas été vu depuis plus d’une décennie, l’avancement extrêmement rapide de la technologie des missiles nord-coréens dont des ICBMs capables d’atteindre la partie continentale des États-Unis, le discours étrange et sans précédent de la Chine indiquant qu’elle n’interviendra pas contre une invasion de la Corée du Nord par les États-Unis « si Pyongyang attaque d’abord… » Tout cela et plus montre clairement le déplacement de pièces d’échecs pour une action soudaine.

Selon ces facteurs, je suis porté à croire qu’un événement sous faux drapeau attribué à la Corée du Nord, ou une incitation de la Corée du Nord à prendre une posture d’attaque, est probable. Les objectifs d’une telle guerre seraient multiples. Principalement, l’implosion finale des vastes bulles financières créées par les mesures de relance des banques centrales pourraient être entreprises alors que les banques elles-mêmes échapperaient aux reproches publics ou aux poursuites.

Une crise géopolitique assez importante fournirait un bouc émissaire idéal pour une crise économique qui allait se développer de toute façon. Et si cette crise géopolitique était provoquée par un « État voyou » ainsi que par les mauvaises décisions d’un président « populiste » conservateur (Trump), alors le récit historique serait parfait. Les générations futures parleront de la « grande bavure » des États souverains et des nationalistes ou comment l’orgueil, la cupidité et l’ego ont conduit à un désastre financier mondial et à des destructions inutiles. La raison d’être d’une autorité gouvernementale mondiale serait ancrée dans l’esprit de la population.

Une guerre en Corée du Nord sera-t-elle l’événement déclencheur de ce récit ? C’est difficile à dire, car il y a tellement de poudrières géopolitiques potentielles dans le monde. Cependant, d’importants atouts pour susciter ce genre d’événement sont présents autour de la Corée du Nord. Et, contrairement aux points chauds comme la Syrie et l’Iran, la Corée du Nord offre la menace la plus immédiate et la plus tangible dans l’esprit de beaucoup de gens avec son arsenal nucléaire.

La panique pure et la pensée réactionnaire aveugle qui peuvent être provoquées chez les gens non préparés quand le danger des armes nucléaires se présente, sont assez puissantes. Cela n’aurait pas pu être exposé plus clairement que la semaine dernière quand un avertissement « accidentel » d’un lancement d’ICBM a eu lieu à Hawaï.

L’Agence de gestion des urgences d’Hawaï prétend maintenant que cette fausse alerte a été déclenchée par un seul employé, qui n’a pas été nommé. Comment ? Ils ont en quelque sorte « pressé le mauvais bouton »… deux fois !

Je trouve cette explication absurde. Je ne peux trouver qu’un seul exemple de fausse alerte similaire à celle d’Hawaï, et cela remonte à 1971 où un mélange de bandes son a entraîné la diffusion d’un avertissement au sujet d’une attaque imminente sur les États-Unis. Après cet événement, le système d’alerte a fait l’objet d’une rationalisation et d’un système palliatif conçu pour empêcher que cela se reproduise. Au cours de la fausse alerte de 1971, plus de six tentatives ont été faites pour annuler ses émissions, la première environ dix minutes après la fausse alarme initiale. À Hawaï, aucune annulation n’a été tentée pendant près de 40 minutes.

Pour ajouter à l’étrangeté globale, il y encore eu une autre fausse alarme de missile au Japon dans la même semaine ! Encore une fois, cette alerte a été immédiatement attribuée à la Corée du Nord, mais au moins cette fois, l’alerte a été corrigée 5 minutes plus tard au lieu de 40.

Pour moi, ça sent la PsyOp ; un test pour évaluer les réactions du public à une menace, sans parler de planter des idées préconçues d’un épouvantail en particulier dans l’imaginaire collectif. Le public n’a pas été déçu.

Des témoins oculaires ont décrit des gens « courant et pleurant dans les rues »  complètement déconcertés quant à ce qu’ils devaient faire. Une de mes associées (qui est également expérimentée dans le domaine de la préparation) était à Hawaï au moment de l’événement. Elle m’a raconté que sa famille avait décidé de se mettre à l’abri chez eux parce qu’il n’y avait aucune indication que des abris contre les retombées étaient disponibles de toute façon. D’autres personnes ont essayé de cacher leurs enfants dans les égouts afin d’échapper à une explosion nucléaire. Voici une vidéo montrant l’hystérie causée par la fausse alerte au missile à Hawaï :

En aparté, s’abriter dans un égout lors d’un événement nucléaire est le comble de la bêtise : les explosions nucléaires envoient des particules irradiées dans l’air, qui se déposent dans les rues ou sont emportées par les pluies. Une dose très concentrée de particules irradiées sont ensuite drainées dans les égouts. Vous pourriez survivre à l’explosion initiale ou pas, mais vous êtes certain de mourir de l’exposition aux radiations si vous attendez l’attaque dans un égout. Gardez à l’esprit que quelque soit l’endroit où vous choisissez de vous abriter, vous devrez y rester pendant au moins deux semaines ou jusqu’à ce que la demi-vie nucléaire des particules ait suivi son cours.

De toute évidence, l’Américain moyen n’est absolument pas préparé à une véritable attaque d’une ampleur même mineure, sans parler de l’ampleur d’une explosion nucléaire. Peut-être que cette réaction à Hawaï a été aussi forte parce que Hawaï tend à pencher politiquement vers l’extrême-gauche, et les gauchistes sont généralement mal préparés à tout sauf à une annulation de leur rendez-vous chez leur manucure. Cela dit, le fait que cette « erreur » ait eu lieu à Hawaï et au Japon, qui sont déjà stressés par les essais de missiles balistiques de la Corée du Nord, est une coïncidence intéressante.

Voyant à quoi ressemble la réaction à Hawaï, une véritable attaque présente une occasion séduisante pour l’establishment. La terreur pure visible autour d’une potentielle attaque nucléaire est palpable, et cette peur rend les masses faciles à manipuler. Si une attaque réelle a lieu, que ce soit par la Corée du Nord ou par d’autres agences sous faux drapeau, quel est le moment le plus favorable ?

L’histoire du conflit coréen suggère qu’une attaque surprise est une stratégie probable. Les autorités nord-coréennes se souviennent du succès des attaques surprises qu’elles ont lancées en juin 1950 pour lancer la première guerre de Corée. Ces attaques ont permis aux communistes de la Corée du Nord de déborder les forces sud-coréennes en quelques jours [durant la guerre de Corée, NdT].

Si on parle d’événements sous faux drapeau, ils semblent, de manière récurrentes, se produire au milieu d’autres « exercices d’entraînement » ou d’événements distrayants. Je ne vois rien de plus distrayant pour la Corée du Sud que les Jeux olympiques d’hiver, qui se dérouleront du 9 au 25 février à Pyeongchang.

Je note le soudain comportement amical entre la Corée du Nord et la Corée du Sud juste avant les Jeux olympiques, y compris l’offre de la Corée du Nord de participer avec une équipe de hockey féminin mixte (ce qui n’est jamais arrivé auparavant). Ne serait-ce pas une honte si cette flamme naissante de bonne volonté devait être étouffée par un essai de missile nord-coréen ou une attaque de quelque sorte ? La « trahison » serait un excellent carburant pour la guerre, comme un nouveau Pearl Harbor.

Comme l’a récemment déclaré le secrétaire d’État Rex Tillerson, la menace de guerre avec la Corée du Nord « augmente » malgré le récent « dégel » des relations dû aux Jeux Olympiques. Le dégel est partiellement basé sur la demande de la Corée du Nord que tous les exercices militaires sud-coréens et américains soient annulés pendant les négociations.

La réponse typique des sceptiques sera que toute attaque de la Corée du Nord se heurterait à une réponse nucléaire massive. Je tiens à souligner qu’une réaction nucléaire à grande échelle est peu probable dans la région. Premièrement, une attaque nucléaire contre la Corée du Nord expose également ses voisins (nos alliés) à un risque d’exposition considérable aux rayonnements. On peut faire valoir que seul un assaut conventionnel serait sans danger pour les pays environnants, sans parler de la côte Pacifique des États-Unis, qui pourrait également subir une exposition aux rayonnements.

Deuxièmement, une attaque nucléaire ne va pas nécessairement empêcher la nécessité d’une invasion terrestre. La Corée du Nord possède plus de 8 000 installations souterraines que nous connaissons et qui se préparent au bombardement depuis plus de 60 ans. Son relief montagneux présente également de sérieux doutes quant à l’efficacité du bombardement. Ce n’est pas seulement mon évaluation mais l’évaluation du ministère de la Défense. L’idée qu’un gros bouton nucléaire puisse résoudre le problème est une illusion enfantine de gens qui regardent trop de films.

Espérons que les Jeux olympiques se tiendront sans incident et que les sceptiques auront eu raison, les tensions nord-coréennes n’étant rien d’autre qu’un jeu de guerre se résumant à beaucoup de fanfaronnades. Mais pour l’instant, le niveau de conflit en hausse au cours de l’année écoulée devrait être pris au sérieux, et la panique qui pourrait se développer si une guerre éclate devrait nous concerner tous. En temps de crise, les gens agissent stupidement et demandent l’aide de quiconque la leur offre, même si c’est quelqu’un qui a une intention malveillante. Les individus craintifs abandonneront presque tout pour échapper à l’incertitude, y compris leur liberté et leur bon sens. Et rien ne cause autant la peur que la pensée d’une guerre et des nuages en forme de champignon.

Brandon Smith

Traduit par Hervé relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/jeux-olympiques-en-coree-du-sud

JO d’hiver de Pyeongchang : la RPDC annule un événement culturel conjoint avec la Corée du Sud

JO d’hiver de Pyeongchang : la RPDC annule un événement culturel conjoint avec la Corée du Sud

© Chine Nouvelle (Xinhua)David Houstin, le 30/01/2018 09:51

La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a annulé un événement cultuel conjoint avec la Corée du Sud qui devait avoir lieu quelques jours avant le début des Jeux olympiques d’hiver de 2018, a annoncé mardi le ministère sud-coréen de l’Unification.

La RPDC a informé la Corée du Sud lundi à 10h10 heure locale (13h10 GMT) via la ligne téléphonique de communication directe intercoréenne que l’événement culturel conjoint intercoréen que les deux Corées avaient décidé d’organiser le 4 février au mont Kumgang serait annulé.

Les deux parties avaient pris la décision d’organiser cet événement culturel au cours des pourparlers intercoréens de haut niveau tenus le 17 janvier au poste-frontière de Panmunjeom.

Pyongyang a accepté d’envoyer des athlètes, supporters et artistes aux JO d’hiver 2018, qui auront lieu de février à mars à Pyeongchang, dans l’est de la Corée du Sud.

La RPDC a justifié l’annulation de l’événement culturel conjoint par la couverture médiatique négative que les médias sud-coréens ont réservé à la participation de la RPDC aux JO d’hiver .

Des médias conservateurs sud-coréens ont appelé les JO de Pyeongchang les « JO de Pyongyang », critiquant les efforts de paix du gouvernement du président sud-coréen Moon Jae-in.

Les deux Corées ont décidé de défiler ensemble sous un drapeau unifié à la cérémonie d’ouverture et de clôture des JO d’hiver et de former une équipe féminine conjointe de hockey sur glace, la première équipe olympique intercoréenne de l’histoire.

Certains médias conservateurs sud-coréens se sont opposés à cette équipe conjointe et au drapeau unifié au motif qu’ils ne feraient que servir la propagande de la RPDC

https://chine.in/actualite/asie/hiver-pyeongchang-rpdc-annule_18055.html.

Un commentaire sur l’expulsion de la Russie des Jeux olympiques

Un commentaire sur l’expulsion de la Russie des Jeux olympiques


Saker US
Saker US

Par le Saker – Le 5 décembre 2017 – Source The Saker

Enfin, c’est la fin du suspense : le Comité international olympique (CIO) a suspendu le Comité olympique russe (COR) des Jeux de 2018, décrétant que les athlètes russes « propres » ne pourront participer aux compétitions que sous un drapeau neutre en Corée du Sud, en février prochain.

Premièrement, je ne me soucie pas vraiment du sport ou des Jeux olympiques. Permettez-moi de le reformuler : j’aime les sports, mais pas l’immense business autour du sport qu’on regarde. Ensuite, je ne vois pas vraiment pourquoi des athlètes devraient représenter des pays, cette sorte de pseudo-patriotisme-qui-se-sent-vainqueur n’est pas ma tasse de thé. Troisièmement, je ne suis pas naïf au point de penser que la corruption qui prévaut partout en Russie n’affecterait aucun athlète russe et qu’il est impensable qu’aucun d’entre eux ait recouru à des substances interdites. Pourtant, il est également évident pour moi que :

  1. Le CIO est un instrument dans les mains de l’Empire anglosioniste, qui l’utilise pour humilier la Russie ;
  2. Il n’y a aucune preuve que le dopage en Russie soit pire que celui dans n’importe quel autre pays ou que le COR ou les autorités aient en aucune manière organisé et géré le dopage des athlètes russes ;
  3. En ne distinguant aucun athlète condamné mais en infligeant une punition collective à tous les athlètes russes, le CIO et ses maîtres essaient vraiment de stigmatiser la Russie dans son ensemble et tout ce qui est russe.

Ensuite, je pense que la réaction du Kremlin ne fait qu’aggraver les choses : Peskov s’est contenté d’annoncer que Poutine avait décidé personnellement de ne pas boycotter les Jeux olympiques. C’est une décision extrêmement peu judicieuse, non seulement parce que cela fait paraître la Russie coupable et faible, mais parce que cela fait peser maintenant sur chaque athlète russe individuellement la responsabilité de décider s’il faut participer activement à l’humiliation de la Russie. Très mauvais appel ! Je crains que la plupart d’entre eux y aillent pour toutes sortes de raisons plus ou moins compréhensibles, qu’il regretteront finalement. Après tout, les athlètes sont formés pour leurs sports et non pour accéder aux implications politiques de leurs actes.

Je suis sûr que beaucoup ne seront pas d’accord avec moi, mais je crois qu’un boycott total par les Russes des prochains Jeux olympiques est la moins mauvaise solution. Je recommanderais même que le Kremlin organise une compétition à Moscou, non pour essayer d’égaler l’énorme ampleur commerciale, sociale et politique des Jeux officiels à Séoul, mais uniquement pour permettre aux athlètes russes de non seulement se montrer à leur meilleur, mais pour montrer aux bâtards du CIO qu’ils ne « possèdent » pas le sport.

Rien de tout cela n’arrivera, je sais.

En attendant, voici un rapide aperçu des principaux sponsors du CIO :

 

et, seulement pour compléter l’image, voici la liste des gens qui composent actuellement le CIO :

Mr Thomas BACH, Allemagne
Mr Zaiqing YU, Chine
Mr Juan Antonio SAMARANCH, Espagne [il est mort en 2010, NdT]
Prof. Ugur ERDENER, Turquie
Ms Anita L. DEFRANTZ, USA
Mrs Gunilla LINDBERG, Suède
Mr Gian-Franco KASPER, Suisse
Mrs Angela RUGGIERO, USA
Mr Sergey BUBKA, Ukraine
Mr Ser Miang NG, Sindapour
Mr Willi KALTSCHMITT LUJÁN, Guatemala
Dr Robin E. MITCHELL, Fiji
Mrs Nicole HOEVERTSZ, Aruba
Mr Denis OSWALD, Suisse

À l’exception d’un seul Chinois (quelqu’un sait comment il a voté ?) tout le reste est formé de représentants de l’Empire ou de ses colonies. CQFD.

C’est tout ce que j’ai à dire. Je suis dégoûté au-delà de toute expression, surtout par le silence assourdissant d’un monde où la Russie a très peu d’amis. C’est bon – nous avons l’habitude. Mais c’est quand même dégoûtant.

The Saker

Liens

On vous conseille aussi cet article de Karine Bechet-Golovko paru sur Reseau International  dont la conclusion publiée ci-dessous est savoureuse:

D’autant plus que reste encore à venir la Coupe du monde de football 2018. Rien à ce jour ne permet d’affirmer que l’équipe russe, finalement, y participera. Les discussions commencent, cela a tellement bien marché pour les JO, pourquoi ne pas essayer avec le foot? Les installations sont construites, des investissements très importants ont été réalisés. Que ferait la Russie si son équipe était interdite de participer, à la veille de la Coupe du monde alors qu’elle l’organise sur ses terres? Rien n’est à exclure à ce jour et le pire est le plus rationnel. D’une manière générale, la tension internationale ne faisant qu’augmenter et la Russie gardant une position plus que retenue, il n’y a aucune raison objective pour que de nouvelles provocations, de plus en plus fortes, ne voient le jour.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/un-commentaire-sur-lexpulsion-de-la-russie-des-jeux-olympiques

 

Les Jeux olympiques et Jérusalem : la désillusion confirmée

Les Jeux olympiques et Jérusalem : la désillusion confirmée


Par Andrew Korybko – Le 7 décembre 2017 – Source The Duran


Les deux événements les plus dramatiques de cette semaine resteront dans l’histoire comme la fin des illusions autour des vœux pieux que tout le monde aurait pu avoir sur les politiques de l’administration Trump envers la Russie et Israël. Trump n’aime pas être comparé à Obama, mais cette fois il est impossible de ne pas voir les similitudes.

Les deux candidats représentaient une rupture prometteuse avec le passé et ont juré d’inverser les politiques ratées de leurs prédécesseurs, et chacun d’eux a été élu en surfant sur le désespoir que la plupart des Américains éprouvaient au moment de leur élection, qu’il soit réel ou imaginaire. Ils ont « beaucoup promis » et ont dit toutes les « bonnes  » choses [que les électeurs voulaient entendre], mais une fois en fonction, ils n’ont pas vraiment « tenu leurs promesses ». Obama a promis une nouvelle ère de relations avec le monde musulman, tandis que Trump a dit qu’il ferait la même chose vis-à-vis de la Russie.

Cependant, aucun d’entre eux n’a fini par remplir ses promesses électorales à cet égard en raison de la pression lourde et intrusive exercée sur eux par la bureaucratie permanente au sein de l’armée, des services secrets et de la diplomatie, appelée encore « État profond ». L’administration Obama restera tristement célèbre dans l’histoire pour avoir orchestré les révolutions colorées à l’échelle d’un théâtre bien connu sous le nom de « printemps arabe », alors que l’équipe de Trump est déjà la plus anti-russe jamais vue aux États-Unis.

En même temps, les signes étaient déjà présents de ce qui allait être leurs actions les plus controversées, avec le candidat Obama proclamant à plusieurs reprises qu’il était ouvert à la négociation avec l’Iran pour finalement conclure un accord nucléaire avec lui, alors que le candidat Trump n’a jamais perdu l’occasion de dire au monde à quel point il aime Israël et ferait n’importe quoi pour soutenir ses intérêts. C’est dans ce contexte global que l’on devrait interpréter les deux événements qui ont eu lieu en début de semaine.

La première concerne la décision du Comité international olympique (CIO) d’interdire à la Russie de participer aux Jeux olympiques d’hiver de 2018, dont beaucoup la soupçonnent d’avoir été provoquée par la pression de l’« État profond » américain sur l’organisation. Cette forme de guerre hybride institutionnelle est conçue pour infliger un maximum de dommages psychologiques à la population russe en l’humiliant. La plupart des gens sont à juste titre dégoûtés de cette décision, mais leur réaction indique également qu’ils croyaient vraiment que les Jeux étaient avant tout apolitiques, tout comme le prix Nobel de la paix est supposé l’être. Cela, cependant, est inexact, peu importe à quel point il est juste de souhaiter que ce soit le cas.

Les Jeux olympiques et le Prix Nobel de la paix incarnent théoriquement la paix, l’harmonie et la coopération mondiale, mais ils sont en réalité souvent manipulés à des fins intéressées par les pays occidentaux qui exercent une influence disproportionnée sur leurs activités et leurs compétences décisionnelles. On peut en dire autant de l’ONU, car, aussi nobles soit les intentions affichées, le fait « politiquement incorrect » est que cela ne fonctionne pas normalement comme c’est censé le faire parce qu’il n’y a pas de mécanisme d’application universel pour contraindre toutes les parties à reconnaître ses décisions. Cela explique pourquoi les États-Unis et Israël les bafouent généralement à volonté.

Cela amène mon analyse à discuter de ce qui vient de se passer mercredi après que Trump ait unilatéralement reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël. Contrairement au scandale olympique qui aurait pu raisonnablement surprendre quelques personnes qui pourraient encore croire sincèrement en la capacité de Trump à tenir sa promesse électorale de rétablir les relations avec la Russie, la même « innocence » ne peut être feinte quand il s’agit de sa politique à l’égard d’Israël. Le slogan de Trump, « L’Amérique d’abord » pourrait facilement être compris comme un synonyme d’« Israël d’abord ». C’est ainsi qu’il a fait campagne avec enthousiasme au nom de la promotion des intérêts de ce pays. Conjugué à la suspicion du président à l’égard de l’ONU, du droit international et des organismes mondiaux en général, il n’est pas surprenant qu’il tienne sa promesse électorale de reconnaître Jérusalem.

Néanmoins, il y avait des gens qui pensaient que Trump ne ferait jamais une telle chose parce qu’ils l’avaient toujours vu comme un président pacificateur, et tout comme pour Obama, ils considéraient cet individu politiquement inexpérimenté comme une toile vierge sur laquelle projeter tous leurs désirs. Avec le recul, ce n’était pas une sage décision malgré le fait qu’elle aurait pu être justifiée à l’époque. Trump a en effet soulevé l’espoir qu’il allait réformer la stratégie des États-Unis envers la Russie. Mais quand il s’est agi des affaires du Moyen-Orient, il a été particulièrement candide en disant clairement ce qu’il voulait accomplir, en particulier en ce qui concerne Israël.

Comme je l’écrivais à l’époque dans un pronostic publié sur Sputnik publié le 11 novembre 2016 et intitulé « Voici à quoi ressemble la politique étrangère de Trump » Washington fera toujours tout ce qui est en son pouvoir pour promouvoir les intérêts de Tel-Aviv, et c’est une de ces constantes géostratégiques qui ne changera jamais dans la politique étrangère américaine. Quiconque a jamais pensé différemment n’a pas une compréhension assez solide de l’état symbiotique des relations américano-israéliennes, par lequel les États-Unis exploitent la position géostratégique d’Israël comme un avant-poste unipolaire dans un Moyen-Orient riche en énergie tandis qu’Israël tire parti de son puissant lobby pour s’assurer de la pérennité du soutien militaire et financier des États-Unis.

Les précédents présidents américains, comme Obama qui manipulaient la perception du public pour se présenter comme « pro-palestiniens », ne faisaient que jeter des bouts de carottes aux Arabes musulmans et induire les masses désespérées à se livrer à leur fantasme d’un « parti neutre » dans le processus de paix israélo-palestinien. Cela n’a jamais été et cela ne le sera jamais, et tout ce que Trump a fait en reconnaissant Jérusalem a été de supprimer le masque trompeur de la politique étrangère américaine et de montrer son vrai visage au monde. En fait, on peut même prétendre que Trump a fait de même vis-à-vis de son « État profond » faisant potentiellement pression sur le CIO pour qu’il interdise à la Russie de participer aux prochains Jeux olympiques d’hiver.

Les Jeux olympiques ne sont pas neutres, tout comme l’ONU, ou le prix Nobel de la paix, et surtout pas le rôle des États-Unis dans le processus de paix israélo-palestinien, bien qu’il aurait été jusqu’ici considéré comme « politiquement incorrect » de le reconnaitre. Il s’agit donc de soi-disant motifs appropriés pour condamner toute personne qui subirait une dissonance cognitive suite à ces deux affaires. Personne ne devrait se sentir coupable ou s’excuser pour la forte indignation qu’il exprime contre les États-Unis ou Trump à cause des décisions du CIO et sur Jérusalem, mais une partie de la raison de leur furie pourrait aussi avoir à voir avec leur propre désillusion, après avoir finalement découvert que leurs vœux pieux étaient démystifiés de la manière la plus évidente et la plus irréfutable possible.

Trump a déçu beaucoup de monde, surtout ses partisans à l’étranger, mais il a aussi réalisé les rêves de beaucoup d’autres qui rêvaient de voir la Russie expulsée des Jeux olympiques et les États-Unis reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël, sans parler de le faire dans la même semaine, peu importe à quel point ces deux décisions sont injustes pour beaucoup. C’est une vérité politique inconfortable, mais il y a beaucoup de gens, en particulier aux États-Unis, qui détestent la Russie et aiment Israël, qu’ils soient arrivés à ces conclusions par eux-mêmes ou à cause de la manipulation des médias. Accepter cela est encore une désillusion que certaines personnes devront surmonter douloureusement tôt ou tard.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/les-jeux-olympiques-et-jerusalem-la-desillusion-confirmee