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La Russie privée de Jeux Olympiques : une décision éminemment géopolitique ? [2/2]

La Russie privée de Jeux Olympiques : une décision éminemment géopolitique ? [2/2]

Solène VIZIER 13 décembre 2019 ActualitéActualités analyséesEuropeInternationalRussie Leave a comment

Mise au ban par l’Agence mondiale antidopage (AMA), la Russie ne participera pas aux prochains Jeux Olympiques. C’est le dernier rebondissement d’une affaire incroyable de dopage institutionnel qui dure depuis plus de quatre ans. Mêlant gouvernement russe, agents secrets et falsification d’échantillons et de données informatiques, la tempête s’est abattue sur le sport russe. La suspension par l’AMA est un nouveau coup porté à la Russie, qui utilise le sport à des fins politiques. Au-delà du théâtre sportif, la suspension de la Russie s’inscrit dans un jeu de pouvoir entre Moscou et l’Occident.

A Paris, Vladimir Poutine a critiqué la “décision politique” de l'AMA de suspendre la Russie des prochains Jeux Olympiques.
A Paris, Vladimir Poutine a critiqué la “décision politique” de l’AMA de suspendre la Russie des prochains Jeux Olympiques.

La Russie dénonce une décision politisée et une “hystérie anti-russe”

Lundi 09 décembre, l’Agence mondiale antidopage a approuvé à l’unanimité les recommandations de son comité de conformité, visant à interdire à la Russie d’accueillir et de participer à de grands événements sportifs internationaux pendant quatre ans. La Russie n’a pas tardé à réagir aux sanctions de l’AMA. Le Premier ministre Medvedev a critiqué des “décisions qui se répètent contre des sportifs qui ont déjà été punis”. Le chef du gouvernement russe a dénoncé la “poursuite d’une hystérie antirusse devenue chronique”. Annonçant que la Russie ferait appel, il a cependant reconnu que Moscou avait un “sérieux problème de dopage”.

Comme son ministre des sports Pavel Kolobkov, Vladimir Poutine a condamné une “décision politique”. Le président russe s’est élevé contre une décision collective qui “contredit la charte olympique”. Pour le président russe, l’absence d’une plainte contre le Comité national olympique russe autorise, selon la charte, son pays à concourir sous le drapeau national. “Tout châtiment – comme il l’a été depuis l’époque du droit romain – doit être individuel et découler de ce qui a été commis par une personne. Les châtiments ne peuvent pas être de nature collective et s’appliquer à des personnes qui n’ont rien à voir avec certaines violations”, a-t-il ajouté à Paris. Stanislav Pozniakov, à la tête du Comité national russe, a appuyé les propos de son président. Il s’est dit “déçu” par les sanctions “prévisibles” mais “inadéquates et excessives”.

Le sport, un instrument géopolitique ordinaire

Pour pallier aux faiblesses de son soft-power, le sport a été réactivé par la Russie comme l’un des outils principaux de puissance depuis le milieu des années 2000. Le gouvernement de Vladimir Poutine utilise le sport au service de la puissance globale de la Russie. Moscou cherche à améliorer, par ce biais, l’image et la réputation de la Russie sur la scène internationale. Le sport est (re)devenu la vitrine de la puissance russe et l’instrument de ses ambitions.

À ce titre, la Russie s’est imposée comme un maître en matière d’organisation de grands événements sportifs au cours des dix dernières années. Le Kremlin est parvenu à faire des Jeux de Sotchi en 2014 et de la Coupe du Monde de football en 2018 des réussites organisationnelles et sportives, en mobilisant pour cela l’ensemble de la société, des oligarques aux supporters. Bien plus que des événements sportifs majeurs, les Jeux Olympiques d’hiver et la Coupe du Monde de football ont été utilisés comme un outil multifonctionnel, à la fois politique, économique et social.

Pour Vladimir Poutine, les succès sportifs sont autant de succès diplomatiques et cela a contribué à améliorer pendant un temps l’image de la Russie à l’international. Le “sport-power”, en tant que composante du soft-power d’un pays, est cependant à double tranchant. Le président du CIO, Juan Antonio Samaranch déclarait en 1975 lors du congrès de Neuchâtel : “nul doute que les compétitions sportives, et en particulier les Jeux Olympiques, reflètent la réalité du monde et constituent un microcosme des relations internationales”. Les oppositions sur les terrains géopolitiques ordinaires se transposent au monde du sport. Si la diplomatie sportive peut prouver la puissance d’un État, elle peut également jeter le discrédit sur ce même État lorsque ses failles sont révélées.

Un jeu de pouvoir entre la Russie et l’Occident

Alors que la pression s’intensifie sur la Russie, le Kremlin ne reconnaît qu’à demi-mots le dopage institutionnel. Il mène en Russie une campagne de propagande présentant les sanctions comme un complot occidental.  Suite à la publication du premier rapport McLaren en juillet 2016, le Kremlin dénonçait “une récidive dangereuse de la politique dans le sport [dont la] forme a changé, mais le but est le même : faire du sport un instrument de pression géopolitique et donner une image négative de certains pays et de leurs peuples”.

Pour l’Occident, la suspension des athlètes russes est un coup d’arrêt à la politique de puissance sportive russe. La révélation des problèmes de dopage en Russie par l’AMA témoignerait “des failles du régime poutinien (difficulté à coordonner une politique sportive efficace et cohérente), des difficultés de la société russe contemporaine (corruption endémique), comme des problèmes inhérents à la société sportive internationale (concurrence accrue, appât du gain et des victoires, nécessité des performances, intensité de la profession sportive, difficulté de coordination entre les instances internationales)”.

Le patron de l’USADA, l’agence antidopage américaine, a quant-à-lui dénoncé une sanction trop clémente de la part de l’AMA. “Permettre à la Russie d’échapper à une mise au ban totale est un nouveau coup dévastateur porté aux sportifs propres, à l’intégrité du sport et à la force des règlements”, a déclaré Travis Tygart. On assiste alors à une véritable guerre informationnelle entre la Russie et l’Occident sur la question du dopage. Quand les occidentaux accusent la Russie de tricherie, la Russie répond que le problème du dopage est mondial. Comme au temps de la Guerre Froide, la Russie et les États-Unis, à défaut de pouvoir s’affronter directement par des moyens militaires, rivalisent sur les terrains de sport.

La difficulté de la gouvernance du sport mondial

Le scandale de dopage d’État russe est représentatif des difficultés que rencontre la gouvernance mondiale du sport et du poids des États dans les décisions de celle-ci. Si le Comité international olympique se déclare apolitique, le sport, lui, ne l’est pas. Le CIO doit alors composer avec les tensions géopolitiques qui régissent la société internationale. Son éternelle stratégie du balancier a été critiquée, quand l’organisation n’a pas exclu les sportifs russes des Jeux Olympiques de Rio.

Selon Pascal Boniface, “le CIO n’a pas voulu imposer à la Russie l’humiliation d’être le troisième pays exclu des JO de façon globale après l’Afrique du Sud de l’apartheid et de l’Afghanistan en 2000”. Une telle décision aurait pu créer une ligne de fracture durable et majeure au sein du CIO. Les intérêts sont aussi commerciaux. L’exclusion d’un pays des Jeux Olympiques nuit à l’image de neutralité et d’universalité que le CIO souhaite véhiculer. Par corrélation, cela porte également préjudice aux retombées économiques des compétitions.

L’exclusion de la Russie des Jeux Olympiques de Pyeongchang en 2018 est aussi le fruit d’une solution négociée. Les athlètes concourraient sous drapeau olympique mais la dénomination de la délégation olympique, “Athlètes olympiques de Russie” prêtait à confusion. Des pays comme l’Afrique du Sud ou le Koweït n’ont pas eu droit à l’inclusion du nom de leur pays dans la dénomination officielle des athlètes neutres. Cela crée donc un double standard dans les décisions du CIO, avec une impossibilité d’écarter la politique du sport. L’annulation de la suspension de 28 athlètes russes par le Tribunal arbitral du sport, comme le retour de la Russie en tête du tableau des médailles de Sotchi est aussi un revers important pour le CIO et l’AMA, démontrant toute la difficulté de lutter contre le dopage dans le sport.

Le CIO soutiendra l’AMA

Alors que les affaires de dopage relèvent habituellement de sanctions individuelles, c’est ici tout un État qui a été pénalisé pour le rôle qu’il a joué dans l’organisation d’un “dopage d’État” dans plus de trente sports. L’AMA sanctionne aujourd’hui sévèrement la non-coopération et les malversations de la Russie. D’autant que le CIO a fait savoir qu’il n’irait pas à l’encontre des décisions de l’AMA. Signataire du Code mondial antidopage, le CIO doit désormais appliquer de manière obligatoire les injonctions de l’organisation.

Fidèle à sa position, il a cependant rappelé que la responsabilité du Comité olympique russe n’est pas mise en cause. Il a insisté sur l’importance de protéger les athlètes russes “propres”. Tous les espoirs de la Russie reposent maintenant sur les épaules du Tribunal arbitral du sport. Le TAS devra statuer sur le bienfondé de l’exclusion de la Russie des compétitions internationales pour les quatre prochaines années. A l’examen des preuves à charge contre Moscou, l’appel semble perdu d’avance. Le drapeau russe ne flottera pas lors des prochains Jeux Olympiques.

Sources

VIZIER Solène, Le sport, arme diplomatique de la puissance russe au XXIe siècle, Mémoire de recherche, Université Paris XIII, 2018.Share

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About Solène VIZIER

Solène Vizier est diplômée d’un Master 2 Etudes Stratégiques. Passionnée de géopolitique, ses domaines de spécialisation concernent les mondes hispanophone et russophone, le désarmement nucléaire et la géopolitique du sport. Elle est rédactrice aux Yeux du Monde depuis avril 2019.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/42405-russie-privee-jeux-olympiques-decision-eminemment-geopolitique-2

La Russie privée de Jeux Olympiques : une décision éminemment géopolitique ? [1/2]

La Russie privée de Jeux Olympiques : une décision éminemment géopolitique ? [1/2]

Solène VIZIER 11 décembre 2019 ActualitéActualités analyséesEuropeInternationalRussie Leave a comment

Mise au ban par l’Agence mondiale antidopage (AMA), la Russie ne participera pas aux prochains Jeux Olympiques. C’est le dernier rebondissement d’une affaire incroyable de dopage institutionnel qui dure depuis plus de quatre ans. Mêlant gouvernement russe, agents secrets et falsification d’échantillons et de données informatiques, la tempête s’est abattue sur le sport russe. La suspension par l’AMA est un nouveau coup porté à la Russie, qui utilise le sport à des fins politiques. Au-delà du théâtre sportif, la suspension de la Russie s’inscrit dans un jeu de pouvoir entre Moscou et l’Occident.

Suspendue pour dopage et falsifications de preuves, la Russie ne participera pas aux prochains Jeux Olympiques.
Suspendue pour dopage et falsifications de preuves, la Russie ne participera pas aux prochains Jeux Olympiques.

L’hymne russe ne retentira pas lors des prochains Jeux Olympiques. L’Agence mondiale antidopage (AMA) a décidé ce lundi d’exclure la Russie de toutes les compétitions mondiales pendant quatre ans. La sanction affecte, entre autres événements, les prochains Jeux Olympiques d’été à Tokyo en 2020 et d’hiver à Pékin en 2022, ainsi que la Coupe du monde de football au Qatar en 2022. L’AMA accuse la Russie d’avoir falsifié des données et caché des cas présumés de dopage positif de ses athlètes.

De lourdes sanctions

L’AMA a suivi à l’unanimité les recommandations formulées le mois dernier par son comité de conformité (CRC). La Russie est ainsi bannie de toute compétition multisport (Jeux Olympiques et paralympiques d’été et d’hiver, Jeux olympiques de la jeunesse, Jeux Européens, Universiades) et de tout championnat du monde régi par le code mondial antidopage. Le journal sportif l’Équipe a listé tous les événements concernés, du football à l’haltérophilie.

La Russie ne pourra pas non plus accueillir, candidater ou se voir attribuer l’organisation de ces événements. Les fédérations concernées devront réattribuer le Championnat du monde masculin de volley-ball en 2022 et l’Universiade d’été en 2022. Les Mondiaux de lutte à Krasnoïarsk en 2022 pourraient également être concernés par la mesure. En revanche, la participation de la Russie à des compétitions continentales telles que l’Euro 2020 de football n’est pas remise en cause. De même, elle pourra accueillir des compétitions “étapes” d’un circuit mondial, comme le Grand Prix de F1 de Sotchi. En outre, aucun officiel, représentant du gouvernement russe ou dirigeant des comités olympique et paralympique russe ne sera accepté sur ces théâtres sportifs. Ils auront également l’interdiction de siéger au sein des instances sportives internationales en tant que représentants du Kremlin.

L’AMA a cependant tenu à laisser une porte ouverte aux athlètes “propres”. Ceux-ci, s’ils montrent patte blanche, pourront concourir sous bannière neutre. Ce fut le cas à Pyeongchang où la sélection avait été rebaptisée “athlètes olympiques de Russie”. En athlétisme aussi, les athlètes russes participent aux compétitions depuis 2015 avec un maillot neutre.

Des accusations de dopage d’État organisé

Depuis 2014, une tempête s’est abattue sur le sport russe. La Russie est accusée d’avoir mis en place un programme de dopage généralisé à grande échelle entre 2011 et 2015. Selon un premier rapport publié fin 2015 et conduit par Dick Pound, ex-dirigeant de l’AMA, la Russie aurait donné l’assentiment du gouvernement et aurait dissimulé les cas de dopage avec l’implication des services secrets russes[1]. Le rapport McLaren (du nom du juriste canadien qui l’a mené), publié en 2016, est encore plus accusateur. Il dénonce un “système de dopage d’État, touchant 30 sports”, particulièrement pendant les Jeux de Sotchi (2014)[2].

Le second volet du rapport “étend la fraude à l’ensemble des grandes compétitions […]. La manipulation systématique et centralisée des contrôles antidopage a évolué et a été affinée au fur et à mesure de son utilisation. […] Plus de 1 000 athlètes russes participant à des disciplines d’été, d’hiver ou paralympiques ont été impliqués”. Selon les enquêteurs, il apparaît “hors de tout doute raisonnable” que le ministère russe des sports, le Centre of Sports Preparation of the National Teams of Russia, le FSB et le laboratoire accrédité par l’AMA à Moscou ont opéré pour la protection des athlètes russes dopés grâce à une “méthode de dissimulation des résultats positifs”.

Le sport russe mis au ban des Jeux Olympiques

Le Kremlin aurait mis en place le programme après le naufrage de l’équipe olympique russe aux Jeux Olympiques de Vancouver en 2010. De bons résultats devaient permettre à la Russie de rayonner sur la scène internationale. Si Vladimir Poutine plaidait pour des sanctions individualisées et non collectives, l’AMA a suspendu l’agence antidopage russe RUSADA. La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), n’a, à ce jour, pas réintégré la Fédération russe d’athlétisme. Si le Comité international olympique (CIO) a laissé libre choix aux Fédérations internationales pour décider de la participation ou non des sportifs russes aux Jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016, aucune délégation russe n’a été autorisée aux Jeux paralympiques.

Le 05 décembre 2017, la Commission exécutive du CIO a suspendu le comité olympique russe. La Russie s’est vue interdite de participer aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2018 à Pyeongchang en tant que nation. Les athlètes russes ont cependant pu concourir sous drapeau olympique. 43 athlètes seront suspendus pour dopage, dont 37 médaillés olympiques. La Russie perdra treize des médailles obtenues lors des Jeux de Sotchi – dont quatre en or –, dégringolant à la quatrième place du tableau des médailles derrière la Norvège, le Canada et les États-Unis. Le CIO l’a aussi condamnée à une amende de 15 millions de dollars pour réparer le préjudice subi par l’organisation internationale. En septembre 2018, l’AMA lèvera finalement la suspension de la RUSADA.

La Russie suspendue pour de nouvelles falsifications de preuves

La réintégration de la Russie était cependant conditionnée à la remise de l’intégralité des données brutes des contrôles de l’ancien laboratoire de Moscou. Ce geste de transparence devait permettre aux fédérations internationales de sanctionner les sportifs russes dont le laboratoire avait falsifié les contrôles positifs. Or, ces données, remises en janvier 2019 à l’AMA, ont fait l’objet de très nombreuses manipulations. Les autorités russes auraient effacé des centaines de résultats suspects. Selon le CRC, “de nombreuses suppressions ou modifications supplémentaires ont été faites en décembre 2018 et janvier 2019, après que le comité exécutif de l’AMA a imposé la remise de ces données”. Le CRC accuse également la Russie d’avoir introduit de faux éléments de preuve dans la base de données. Ceux-ci voulaient faire croire à une conspiration orchestrée par le docteur Rodchenkov, devenu la bête noire de Moscou.

L’AMA ciblait pour leurs données biologiques suspectes 298 sportifs russes. Selon l’agence antidopage, la manipulation des données empêchera la suspension d’au moins 145 athlètes. Ces dernières malversations ont motivé la décision de l’AMA de suspendre la Russie. La RUSADA a désormais 21 jours pour faire appel de la décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). La juridiction suprême du sport devrait, malgré la complexité du dossier, rendre son arbitrage avant les Jeux de Tokyo. Nul doute que la Russie, qui continue de nier fermement bon nombre des allégations à son encontre, fera appel.



About Solène VIZIER

Solène Vizier est diplômée d’un Master 2 Etudes Stratégiques. Passionnée de géopolitique, ses domaines de spécialisation concernent les mondes hispanophone et russophone, le désarmement nucléaire et la géopolitique du sport. Elle est rédactrice aux Yeux du Monde depuis avril 2019.



Sources

[1] AMA, The Independent Commission Report, Commission d’enquête indépendante, 09 novembre 2015.

[2] AMA, McLaren Independent Investigation Report, 2016

VIZIER Solène, Le sport, arme diplomatique de la puissance russe au XXIe siècle, Mémoire de recherche, Université Paris XIII, 2018.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/42397-russie-privee-jeux-olympiques-decision-eminemment-geopolitique-1

JO : quand certains Russes refusent de devoir brandir le drapeau blanc par Karine Bechet Golovko

JO : quand certains Russes refusent de devoir brandir le drapeau blanc par Karine Bechet Golovko

mercredi 11 décembre 2019, par Comité Valmy

La nouvelle suspension annoncée de la Russie aux JO et aux évènements sportifs « majeurs », cette fois-ci, commence à mal passer dans les milieux politiques et sportifs, où le refus de participer sans hymne et sans drapeau, c’est-à-dire sans pays, fait son chemin. La fédération russe de boxe a déjà déclaré refuser de participer aux JO dans ces conditions et des députés émettent la possibilité d’organiser un évènement parallèle. La Russie va-t-elle se souvenir des Spartakiad des peuples soviétiques ?

4 ans de suspension pour la Russie et une sélection plus que douteuse de ses athlètes pour une participation neutre aux JO provoquent, cette fois-ci, plus de réactions négatives que la dernière fois. Il semblerait que les yeux s’ouvrent, il ne s’agit pas de résoudre des problèmes liés au dopage pour ensuite tranquillement pouvoir être réintégré dans la communauté internationale du sport. Et des contrats qui vont avec. Non. L’expérience vient de le montrer, peu importe les réformes réalisées, validées par les instances sportives olympiques, de toute manière la Russie doit être rayée du monde sportif. Comme pays. Parce que c’est la Russie. Ces décisions n’ont rien à voir ni avec la lutte contre le dopage, ni avec le sport. (voir notre texte ici)

La fédération russe de boxe vient de refuser d’aller participer aux JO de 2020 sans le drapeau russe, comme l’a déclaré son secrétaire général Oumar Kremlev :

« Les sportifs vont défendre devant la justice leur droit à participer sous drapeau russe. Il faut regarder ce que vont faire maintenant le comité olympique russe et RUSADA, mais nous aussi nous analysons la possibilité de contester cette décision. (…) Pour nous, le plus important est que nos boxeurs puissent participer sous drapeau russe et que résonne notre hymne national. Sans cela, il n’y a aucun sens à participer.« 

Le sentiment que ces sanctions sont sur le point de devenir permanentes, car le conflit géopolitique qui en est à la source n’est pas près de se résoudre demain, fait son chemin, ce qui oblige à voir la situation sous un autre angle. C’est notamment la position que développe le député russe Pietr Tolstoï : »Encore quelques mots au sujet de cette révoltante interdiction faite à nos sportifs de participer aux championnats du monde et aux JO. Et au sujet des mesures à prendre au cas où l’appel serait rejeté.

Il est clair que la décision est politique. C’est une interdiction à l’égard de la Russie et non pas de certains sportifs. Renie et va-y. En effet, « on s’est entraîné toute notre vie, et c’est une chance d’obtenir une médaille et une prime, et sous quel drapeau et avec quel hymne, ça n’a aucune importance ».

C’est important. Parce que nos sportifs ne se représentent pas eux-mêmes, individuellement, mais notre pays. Et nous les soutenons, tant qu’il y a ce « nous » commun. Les victoires des athlètes neutres, comme l’AMA propose d’appeler nos athlètes, ce ne sont déjà plus nos victoires. C’est pourquoi il vaudrait mieux ne pas participer à ces compétitions, et organiser les nôtres. Ce serait une réponse normale et sensible pour les personnes malveillantes.

Un Russe ne peut pas brandir un drapeau blanc, jamais. Ni dans le sport, ni dans la vie. C’est mon opinion »

Il est vrai qu’il est plus facile d’être « patriote » quand tout va bien. Aujourd’hui, il n’y a pas de place pour la neutralité. Chacun est libre de faire ses choix – et de les assumer.

PS : Comme l’URSS avait refusé de reconnaître les dettes de la Russie tsariste, la communauté internationale avait mis en place un système d’isolement international, auquel le CIO avait pris part. Déjà à l’époque, les instances olympiques étaient un élément de l’idéologie libérale, bref étaient impliquées dans le combat idéologique, tout comme aujourd’hui. En réponse au boycott des instances olympiques, l’URSS avait organisé dans les années 20 les Spartakiad, auxquelles participaient les sportifs des républiques de l’Union soviétique. Les premières Spartakiad furent organisées en été 1928, elles comprenaient 21 catégories sportives et 7000 sportifs. Pour comparaison, à la même époque des Jeux d’été, il y avait à Paris 17 catégories sportives et 3000 sportifs. Après la participation de l’URSS à partir de 1952 aux JO, les autorités soviétiques eurent l’intelligence de maintenir les Spartakiad, elles aussi en deux sessions, d’été et d’hiver. Elles prirent fin en 1991 avec l’arrivée triomphante de la démocratie atlantiste, qui a ainsi mis, en ce domaine, les autorités russes sous dépendance internationale – comme nous le voyons aujourd’hui. Le sport aurait pu être une excellente diplomatie entre les ex-républiques soviétiques, mais les temps n’étaient pas à cela. Gazprom fut plutôt choisi pour être le héraut du Monde russe, plus en phase avec les nouvelles valeurs occidentales, mais avec des résultats discutables lorsque l’on regarde la propagation des révolutions de couleur.

En image et en musique :

Karine Bechet-Golovko
11 décembre 2019
Russie politics

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11581

Le Vatican représenté aux JO des plus petits États d’Europe

Le Vatican représenté aux JO des plus petits États d’Europe

© Athletica Vaticana
L’équipe de l’Athletica Vaticana devant Saint-Pierre de Rome

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Des prêtres, des gendarmes ou encore des gardes suisses : voilà l’équipe qui, probablement, représentera le Vatican aux prochains jeux Olympiques des plus petits États d’Europe ! Un évènement qui aura lieu au Monténégro du 27 mai au 1er juin 2019.

L’Athletica Vaticana ! Il s’agit de la première association sportive reconnue par le Saint-Siège dont la gestion a été confié au Conseil pontifical de la Culture qui a désormais un département consacré au sport, dirigé par Melchor Sanchez de Tosca. Constituée de 70 membres travaillant au sein du Vatican, tous les membres ont en commun la passion du sport. Au programme : marathon, ultra-marathon, course de haies, sprint, demi-fond. Mais l’association ne veut pas se limiter à l’exploit sportif et cherche aussi par ce biais à promouvoir la solidarité, la spiritualité et l’amitié.

« Les marathoniens du Pape »

Mais comment est née l’Athletica Vaticana ? L’idée de constituer cette équipe est née de façon totalement spontanée par la rencontre de nombreux travailleurs du Vatican lors de leur course matinale sur les bords du Tibre. Car courir c’est créer des liens d’amitié et faire acte de charité. Par la suite, la Secrétairerie d’État a décidé de donner à cette association une position juridique officielle en la confiant au Conseil pontifical de la Culture. L’Athletica Vaticana est alors née !

Depuis sa création, « les marathoniens du Pape », comme on les appelle, tentent d’appliquer au mieux le message du Saint-Père. Il y un an, deux migrants ont rejoint les rangs et, avec le soutien de l’aumônerie du Vatican, le groupe organise des repas pour les plus démunis et participe à des courses caritatives.

Thierry a troqué la hallebarde pour les baskets

Parmi les participants, on compte de nombreux membres de la Garde suisse, corps militaire ayant la responsabilité de veiller en permanence sur le Pape. Conscients de l’héritage de cette charge instituée par Jules II en 1506, les Gardes tentent, tant bien que mal, de concilier une vie normale avec le service.

© Athletica Vaticana

Parmi eux, l’hallebardier Thierry Roch, originaire de la région de la Glâne (canton de Fribourg) et arrivé à Rome au début du mois de février 2017. Ce sportif, passionné de courses depuis cinq ans, est un membre actif de l’association : « La course à pied est pour moi l’un des moyens les plus efficaces pour s’évader et évacuer le stress du quotidien. De plus, on a l’occasion de reprendre contact avec la nature, que ce soit en forêt, en montagnes, près de la mer, nous sommes toujours près du Créateur », confie-t-il à Aleteia.

Mais, la Garde suisse ne laisse pas beaucoup de temps et le service prend énormément de temps. Il est donc parfois difficile de concilier le sport et l’engagement auprès du Pape : « À la fin de la journée, nos jambes nous le rappellent assez vite généralement. Mais il est très important de garder une activité physique. Généralement, je pars courir avant le service. Même si celui-ci commence très tôt le matin. J’aime l’ambiance qui règne à Rome à l’aube. C’est presque parfois incroyable de se trouver près de monuments tels que le Colisée ou la fontaine du Trevi sans même une âme qui vive. Si le service me le permet, j’enfile mes chaussures de course chaque jour. Je dirais que c’est également un moyen de ne pas avoir le mal du pays et de retrouver un peu de Suisse entre les pins parasols de la Villa Pamphili. »

© Athletica Vaticana

Prière du marathonien

Découvrez  la « prière du marathonien », composée par l’Athletica Vaticana et traduite en 36 langues :

Merci, Seigneur,
Parce que tu me fais courir
Et ne me laisses pas seul au km 35
Du grand marathon de la vie.

Merci, Seigneur,
Pour la beauté de la course tout seul
Dans les bois et parmi les gens, avec le froid et la chaleur,
La pluie et le vent.

Merci, Seigneur,
D’être à mes côtés dans les moments de fatigue
Quand la sueur voile mes yeux,
la fatigue plie mes jambes
et que je voudrais m’arrêter.

Mais j’avance avec toi.
Cette course faite avec humilité et passion
Est une prière de louange pour toi
Que je répète aussi dans les derniers, interminables,
195 mètres du marathon de ma vie.

Et je te remercie, Seigneur,
Pour les années avec lesquelles je partage la joie
De courir épaule contre épaule.

Seigneur, en me faisant le signe de la croix
Je commence à courir, certain que ton sourire
Accompagnera mes foulées.

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?

Par Estelle MENARD, Fabien HERBERT, Pierre VERLUISE, Valérie NIQUET, le 16 février 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Valérie Niquet, Maitre de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS). Auteure de « La puissance chinoise en 100 questions », Paris, éd. Tallandier. Elle répond aux questions de Pierre Verluise, fondateur du Diploweb.com. Images, son et montage : Fabien Herbert. Résumé : Estelle Ménard.

Le monde entier a les yeux tournés vers l’Asie, avec les Jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud et la scénarisation d’un apaisement des relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. C’est l’occasion de prendre de la hauteur pour s’interroger sur les enjeux de stabilité stratégique en Asie. (7 minutes)

QUESTIONS :

. Quelles sont les idées fausses sur les enjeux de stabilité stratégique en Asie ?
. Quels sont les points importants à retenir sur la sécurité en Asie ?
. Quel est le rôle de la Chine dans la crise nord-coréenne ?
. Quelles sont les relations entre la Chine et les Etats-Unis sur le dossier nord coréen ?
. Quels sont les temps forts à suivre en Asie pour 2018 ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé par Estelle Ménard pour Diploweb.com

En Asie, la forte croissance économique et la stabilité des gouvernements peuvent parfois occulter les risques sécuritaires qui pèsent sur la région. Si l’on prend souvent le Moyen-Orient comme zone emblématique des crises de notre époque, la situation géopolitique de l’Asie a également des répercussions importantes sur le reste du monde en raison de son statut de leader économique et aussi par la forte présence étatsunienne sur le territoire. Mais surtout, l’urgence est à la question nord-coréenne. La manière dont le problème évoluera va certainement reconditionner les rapports de forces entre les acteurs de la région. En 2018, c’est la trajectoire de la Corée du Nord qu’il faudra observer. Cette situation inquiète aussi les voisins Chinois et Japonais, mais si les premiers semblent peu enclins à agir, les seconds n’ont point encore de capacité d’intervention assez déstabilisatrice, bien qu’ils y travaillent. L’autre scénario est celui de l’apaisement, car une escalade de la crise nord-coréenne n’est dans l’intérêt de personne. Le début des Jeux olympiques s’inscrit plutôt dans ce scénario d’apaisement, avec des effets de mise en scène dont il ne faut pas être dupes cependant.

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?
Valérie Niquet
Maitre de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS)

Bien qu’elle soit en position de force aujourd’hui, la Chine fait face à des défis sur le long terme, comme la pollution et le vieillissement de la population. À moyen terme, le risque consiste surtout en la capacité du régime à poursuivre la croissance économique, sans quoi ses pratiques autoritaires pourraient être perçues comme moins légitimes et l’on pourrait s’interroger sur sa capacité à se maintenir en place. À cela s’ajoute les risques que posent une armée mécontente et un parti inquiété par la campagne anti-corruption. En termes de relations extérieures, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche est d’abord apparue comme une bonne nouvelle pour la Chine, qui pensait trouver en lui un allié plus manipulable qu’Hillary Clinton ou que son prédécesseur. Elle est moins confiante aujourd’hui face à son imprévisibilité et son incohérence. Trump est même entré dans la provocation face à son homologue à Pékin lors de sa dernière visite, en saluant la capacité du gouvernement Xi Jinping à user des faiblesses de ses adversaires pour servir ses intérêts.

Enfin, la réélection du Premier ministre Shinzo Abe est susceptible d’accélérer l’adoption de nouvelles lois qui donneraient plus de pouvoir au Japon dans la zone. Sa réélection pose aussi la question de la reconstitutionnalisation des Forces d’autodéfense japonaises – qui n’ont pas encore d’existence théorique – une mesure qu’il souhaite mettre en avant. Du côté des Philippines, il s’agira de voir s’il y aura rapprochement vers Pékin ou plutôt vers ses alliés de l’Asie du Sud-est ou des États-Unis pour contrebalancer la puissance chinoise.

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Corées : la diplomatie du CIO à l’épreuve de la realpolitik

Corées : la diplomatie du CIO à l’épreuve de la realpolitik

La succession des actes de rapprochement entre les deux Corées à l’occasion des Jeux olympiques de Pyeongchang soulève l’espoir d’un dialogue durable entre le Nord et le Sud, alors que les tensions dans la péninsule sont toujours bien présentes. Quels sont les objectifs de la diplomatie sportive entre les deux pays ? S’agit-il d’une stratégie ponctuelle ou s’inscrit-elle dans le long terme ? Ainsi, la participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques de Pyeongchang peut-elle constituer un tournant dans les relations entre les deux Corées ? Retour sur une diplomatie olympique intercoréenne, qui bien que porteuse d’espoir, n’a rien d’une nouveauté.

Corées: La diplomatie du CIO à l'épreuve de la realpolitik
Moon Jae-in

Un outil diplomatique pas si nouveau

C’est à travers le Comité International Olympique (CIO) – que Séoul intègre en 1947 et Pyongyang dix ans plus tard – que les deux Corées communiquent pour la première fois, de manière indirecte, à la fin des années 50. S’en suivent divers rapprochements au grès de l’organisation des Jeux, qui constituent cependant plus un cumul d’interactions que des résultats concrets en matière de coopération. En témoignent le boycott des JO de Séoul par la Corée du Nord en 1988 ou les jeux asiatiques de Pékin de 1990, au cours desquels la volonté de créer une équipe commune et unifiée de Corée s’était soldée par un échec.

A partir de 1998, un relatif dégel a lieu à l’initiative de Séoul. Le dialogue intercoréen connait alors une avancée significative avec l’arrivé au pouvoir du camp progressiste au Sud. C’est la naissance de la « politique de rayon de soleil », qui représente un début de coopération économique et culturelle, et vise à réduire la perception de menace réciproque. A cette période, la diplomatie du sport était déjà d’actualité puisque les deux Corées défilaient sous le même drapeau en 2000 et 2004 lors de la cérémonie d’ouverture des JO d’été à Sydney et Athènes. Il en fut de même en 2006 à Turin lors des Jeux d’hiver. Pour autant, on ne peut dire que cela a débouché sur un véritable réchauffement. Les relations se sont même détériorées par la suite, comme l’illustrent les JO de Pékin de 2008 où les deux Etats défilent séparément.

La rupture de 2008

La participation de la Corée du Nord aux côtés de son voisin du sud lors des JO est tributaire de la situation politique et militaire dans la péninsule. 2008 marque en effet la fin de la politique de rayon de soleil avec l’accession à la présidence de Lee Myung-bak au Sud, qui fait de la dénucléarisation de la Corée du Nord la priorité de sa politique étrangère. A partir de cette période, les essais nucléaires se multiplient, ce qui dégrade encore les relations entre les deux dirigeants et empêche tout dialogue. Malgré l’arrivée au pouvoir de Moon Jae-in en mai dernier et sa volonté de rapprochement avec Kim Jong-un, Les JO de Pyeongchang s’inscrivent dans une décennie de tensions et de rupture diplomatique.

Le rapprochement à l’occasion des « JO de la Paix »

Lors de son discours du Nouvel an, le dirigeant nord-coréen évoque la participation d’une délégation de la République populaire et démocratique de Corée. Suite à plusieurs rencontres entre des représentants des deux Corées, le Nord et le Sud ont pu défiler une nouvelle fois sous le même drapeau lors de la cérémonie d’ouverture le 9 février dernier.  La constitution d’une équipe de hockey commune et la rencontre entre la sœur de Kim Jong-un et le Président sud-coréen Moon Jae-in, sont le signe d’un rapprochement significatif dans un contexte international pourtant particulièrement tendu suite à l’enchaînement des essais nucléaires au Nord.

Ce rapprochement inattendu entre la Corée du Nord et la Corée du Sud a le mérite de faire momentanément baisser les tensions dans la péninsule et de favoriser le dialogue avec Moon Jae-in. Cependant, ce genre de stratégie n’a jusqu’à présent jamais débouché sur un tournant concret et durable dans les relations intercoréennes.

Depuis 1953, les deux Corées sont officiellement toujours en guerre, celle-ci n’ayant pris fin que par la signature d’un armistice, et non d’un traité de paix. Bien que des périodes de dégels aient lieu de manière ponctuelle, les relations entre le Nord et le Sud restent particulièrement tendues.  Ainsi, le soft power sportif est un outil efficace permettant d’améliorer symboliquement les relations interétatiques. Mais ce ne sont pas les JO qui ont poussé les deux Corées à reprendre le dialogue. Les Jeux servent de prétexte à ce rapprochement, comme symbole de baisse des tensions, mais ils n’incarnent pas une réalité géopolitique en termes de résolution de conflits.

 

About Amélie METEL

Etudiante en master 2 coopération internationale à l’université Grenoble Alpes. Passionnée par la géopolitique, elle se spécialise dans l’analyse des conflits armés et la diplomatie.

JO d’hiver 2018 : le biathlète Martin Fourcade sacré champion olympique en poursuite, deuxième médaille d’or pour la France

JO d’hiver 2018 : le biathlète Martin Fourcade sacré champion olympique en poursuite, deuxième médaille d’or pour la France

Il égale ainsi le record de Jean-Claude Killy, sportif français le plus titré de l’histoire des Jeux d’hiver.

Martin Fourcade lors de l\'épreuve de poursuite du biathlon des Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), le 12 février 2018.
Martin Fourcade lors de l’épreuve de poursuite du biathlon des Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), le 12 février 2018. (FRANCK FIFE / AFP)
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« La loi française prévoit que les successions s’ouvrent au dernier domicile » : ce qui pourrait permettre à Laura Smet de contester la succession de Johnny Hallyday

Deuxième médaille d’or pour les Français ! Le biathlète Martin Fourcade est monté sur la première marche du podium de l’épreuve de poursuite, lundi 12 février, lors des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang (Corée du Sud). Il a réussi à inverser la vapeur, après sa décevante 8e place en sprint, dimanche. Le Français s’est imposé en 32 minutes et 51 secondes, devant le Suédois Sebastian Samuelsson (+12 secondes) et l’Allemand Benedikt Doll (+15 secondes).

Emmanuel Macron a aussitôt félicité le porte-drapeau français sur Twitter. « Les plus grands champions sont ceux qui savent se relever d’une déception. Martin Fourcade est de ceux-là », a écrit le président de la République sur le réseau social.

Il s’agit du troisième titre olympique pour Martin Fourcade, le deuxième en poursuite. Le biathlète égale ainsi le record de Jean-Claude Killy, sportif français le plus titré de l’histoire des JO d’hiver. Huit ans après sa première médaille olympique à Vancouver, en argent sur la mass-start, Martin Fourcade a encore quatre épreuves au programme. Il devra notamment défendre son titre olympique en individuel.

https://www.francetvinfo.fr/sports/jo/jo-d-hiver-2018-le-biathlete-martin-fourcade-decroche-l-or-en-poursuite-deuxieme-medaille-d-or-pour-la-france_2607190.html#xtor=EPR-51-[jo-d-hiver-2018-le-biathlete-martin-fourcade-decroche-l-or-en-poursuite-deuxieme-medaille-d-or-pour-la-france_2607190]-20180212-[bouton]

Corée du Nord : Kim Jong-un invite son homologue sud-coréen à Pyongyang

Corée du Nord : Kim Jong-un invite son homologue sud-coréen à Pyongyang

L’invitation a été transmise par Kim Yo-jong, la sœur du leader nord-coréen, actuellement en visite en Corée du Sud pour assister aux Jeux olympiques d’hiver.

Kim Jong-un, le 1er février 2018, à Pyongyang (Corée du Nord).
Kim Jong-un, le 1er février 2018, à Pyongyang (Corée du Nord). (KCNA VIA KNS / AFP)
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Cet épisode pourrait marquer une étape importante dans le réchauffement des relations entre les deux Corée. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a invité le président sud-coréen, Moon Jae-in, à participer à un sommet à Pyongyang, a annoncé Séoul, samedi 10 février.

>> Jeux olympiques de Pyeongchang : suivez en direct les épreuves de la journée

L’invitation a été transmise par Kim Yo-jong, la sœur du dictateur nord-coréen, actuellement en visite au Sud pour les Jeux olympiques d’hiver. Dans ce document, Kim Jong-un indique qu’il est prêt à rencontrer  Moon Jae-in « aussi tôt que possible », selon un porte-parole de la présidence sud-coréenne.

Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, Moon Jae-in et le haut-dignitaire nord-coréen Kim Yong-nam avaient déjà échangé une poignée de main.

Le président sud-coréen rejette l’appel du PM japonais à reprendre rapidement les manoeuvres conjointes américano-sud-coréennes

Le président sud-coréen rejette l’appel du PM japonais à reprendre rapidement les manoeuvres conjointes américano-sud-coréennes

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 10/02/2018 20:13

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rejeté l’appel du Premier ministre japonais Shinzo Abe à reprendre rapidement les manoeuvres militaires conjointes entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, ont rapporté samedi les médias locaux.

Lors de leur rencontre au sommet vendredi, M. Abe, présent dans le pays pour assister à la cérémonie d’ouverture des 23e Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, a indiqué à M. Moon qu’il considérait qu’il n’était pas approprié à l’heure actuelle de reporter les manoeuvres militaires annuelles entre Séoul et Washington, selon un responsable anonyme du palais présidentiel sud-coréen.

A ses dires, M. Abe a argué qu’il serait important de procéder aux exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle à la date initialement prévue.

En réponse, M. Moon a déclaré que cette question concernait la souveraineté de la Corée du Sud et ses affaires intérieures, et qu’il n’était donc pas approprié que le Premier ministre japonais la mentionne directement.

Dans une conversation téléphonique le 4 janvier, M. Moon et son homologue américain Donald Trump avaient décidé de reporter leurs exercices militaires annuels, qui devaient se tenir pendant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

Le président sud-coréen cherche à maintenir une ambiance favorable au dialogue entre les deux Corée en faisant des Jeux de Pyeongchang un événement de paix.

https://chine.in/actualite/asie/president-sud-coreen-rejette-appel_18101.html

Le président sud-coréen rencontre le chef de la délégation olympique de la RPDC

Le président sud-coréen rencontre le chef de la délégation olympique de la RPDC

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 09/02/2018 20:21

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rencontré vendredi le chef d’une délégation de haut niveau de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) lors d’une réception à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, ont rapporté les médias locaux.

M. Moon a salué Kim Yong Nam, président de l’Assemblée populaire suprême de la RPDC, lui serrant la main lors de cette réception organisée en l’honneur des responsables invités dans le pays pour assister à la cérémonie d’ouverture de la 23e édition des JO d’hiver.

La réception s’est tenue à 18h heure locale, deux heures avant la cérémonie, qui se tiendra à Pyeongchang, dans l’est de la Corée du Sud.

M. Kim et une délégation de haut niveau comprenant Kim Yo Jong, soeur cadette du dirigeant de la RPDC Kim Jong Un, qui est par ailleurs Première vice-présidente du Comité central du Parti des travailleurs de Corée (au pouvoir), sont arrivés en Corée du Sud plus tôt dans la journée par un jet privé.

Choe Hwi, président du Comité directeur national des sports, et Ri Son Gwon, président du Comité pour la réunification pacifique de la patrie, font également partie de cette délégation.

Ces quatre délégués de la RPDC rencontreront samedi le président sud-coréen Moon Jae-in et déjeuneront avec lui, selon la Maison bleue, palais présidentiel sud-coréen.

https://chine.in/actualite/asie/president-sud-coreen-rencontre-chef_18097.html