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Zones reprises à Israël: la décision d’Amman dictée par la pression interne

Zones reprises à Israël: la décision d’Amman dictée par la pression interne

Une photo prise du côté israélien de la barrière à Baqoura (appelé Naharayim du côté israélien) montre le drapeau jordanien sur un poste militaire, le 22 octobre 2018 / © AFP / MENAHEM KAHANA

La décision du roi de Jordanie Abdallah II de récupérer des zones prêtées à Israël en vertu de leur accord de paix a été dictée par des pressions intérieures et un contexte économique difficile, estiment des experts.

Ces derniers mettent en garde contre une possible crise entre les deux pays voisins qui ont signé la paix en 1994.

Dimanche, Abdallah II a annoncé que son pays avait notifié Israël de sa volonté de récupérer deux secteurs frontaliers: Baqoura, à l’est du Jourdain dans la province d’Irbid (nord), et Ghoumar dans la province d’Aqaba (sud).

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répondu qu’il voulait ouvrir des négociations pour maintenir le statu quo. Amman a dit être prête à parler avec Israël tout en insistant sur son droit de récupérer ses terres.

Après la guerre israélo-arabe de 1967, Israël a occupé des territoires jordaniens dont Ghoumar. Il s’était emparé de Baqoura lors d’une infiltration en territoire jordanien en 1950.

Lors des négociations de paix, la Jordanie a accepté de maintenir pendant 25 ans ces deux secteurs sous contrôle israélien mais avec une reconnaissance de la souveraineté jordanienne. Les Israéliens y avaient construit des infrastructures ainsi que des installations agricoles. Le délai de 25 ans est renouvelable automatiquement si aucun des deux camps ne donne un préavis pour mettre fin aux dispositions de l’accord.

L’annonce d’Abdallah II est intervenue à quelques jours de la fin du préavis.

« Le roi avait deux choix: soit risquer une crise avec Israël, soit risquer une agitation de la rue et une aggravation de la situation interne », affirme à l’AFP Oraib Rantawi, directeur du Centre Al-Quds pour les études politiques à Amman.

« La rue gronde pour de multiples raisons surtout économiques et (les Jordaniens) n’ont pas besoin de nouvelles crises ou déceptions », ajoute l’expert.

– « Carte du nationalisme » –

Des soldats israéliens patrouillent à la barrière de Baqoura dans la vallée du Jourdain, le 22 octobre 2018 / © AFP / MENAHEM KAHANA

Le royaume, largement dépendant des aides étrangères et dépourvu de ressources naturelles, est en proie à une crise économique avec 18,5% de chômage, 20% des habitants vivant à la limite du seuil de pauvreté et des hausses de prix répétées.

Des manifestations et des mouvements de protestations de députés, de partis, de syndicats et de militants pour récupérer Ghoumar et Baqoura ont précédé l’annonce du roi.

« Revenir sur cette décision (du roi) est impossible, et coûterait cher à la stabilité de la Jordanie et à la direction jordanienne », selon M. Rantawi.

De nombreux Jordaniens ont exprimé leur joie après cette annonce.

« Le peuple jordanien est heureux de cette décision courageuse », a dit à l’AFP Mohammed Hassan, un enseignant.

Souad Youssef, femme au foyer, l’a qualifiée de « moment historique ».

Pour Kirk H. Sowell, analyste auprès de la firme Utica Risk Services, « c’est le moins que le roi puisse faire s’il veut jouer la carte du nationalisme ».

Il y a quatre mois, une délégation parlementaire du bloc islamiste de l’opposition al-Islah s’est rendue à Baqoura où les Jordaniens doivent obtenir une autorisation pour entrer.

A la tête de la délégation, Salah al-Armouti, a déclaré à l’AFP que « la décision est celle du roi, du gouvernement du peuple et du Parlement. Nous la soutenons fermement et la défendrons ».

Un fermier israélien Eitan Guedj inspecte ses plantations près de la frontière israélo-jordanienne le 23 octobre 2018 / © AFP / JACK GUEZ

« Nous allons encore aller plus loin en réclamant l’annulation de tous les accords signés avec l’ennemi sioniste », a-t-il ajouté.

– « Choix suicidaire » –

Le peuple jordanien dont plus de la moitié est d’origine palestinienne est opposé à l’accord de paix avec Israël.

Baqoura est une zone de quelque 6 km2 située à l’est du Jourdain, tandis que Ghoumar est une zone de 4 km2 environ. Israël y cultive entre autres céréales, fruits et légumes.

M. Rantawi n’exclut pas qu’Israël « entrave l’application de la décision » jordanienne.

« La Jordanie pourrait être confrontée à une bataille politique, économique et juridique avec Israël », selon lui. « Netanyahu veut des négociations pour prolonger le contrat, ce qui serait un choix suicidaire pour la Jordanie ».

Les relations entre les deux pays sont tendues depuis un incident impliquant un garde de l’ambassade israélienne à Amman, qui a tué deux Jordaniens en 2017.

M. Sowell estime toutefois qu’Israël ne dispose pas de moyens légaux pour contester la décision jordanienne.

« Israël peut réagir, en coupant (par exemple) l’eau ou en arrêtant d’obtenir des soutiens au Congrès (américain) pour la Jordanie, mais le fera-t-il? Le mieux pour lui est de se résoudre à accepter (la décision jordanienne) même à contrecoeur ».

(©AFP / (25 octobre 2018 09h56)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Zones-reprises-Isra-l-la-d-cision-d-Amman-dict-e-par-la-pression-interne/965276.rom

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La « route de la soie » passera par la Jordanie, l’Égypte et Israël

La « route de la soie » passera par la Jordanie, l’Égypte et Israël

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Après l’attaque de Daesh contre Palmyre, la Chine a renoncé au tracé traditionnel de la route de la soie historique (Bagdad, Palmyre, Damas, Tyr). Un tracé alternatif avait été envisagé, non plus à travers la Syrie, mais la Turquie. Il a également été abandonné.

Au cours de l’Antiquité, il existait aussi une route secondaire par Petra (Jordanie) et Alexandrie (Égypte). En définitive, la nouvelle route devrait passer par la Jordanie, puis se scinder vers l’Égypte et Israël.

Le tracé par l’Égypte a été validé par l’administration Obama. Washington a autorisé le doublement du Canal de Suez (déjà opérationnel) et la création d’une vaste zone industrielle (en cours).

L’administration Trump aurait autorisé le tracé par Israël. Le Shanghai International Port Group vient d’acheter la concession d’exploitation des ports d’Haïfa et d’Ashdod. La Chine construira également le tunnel du Mont Carmel pour doubler l’approvisionnement du port d’Haïfa.

En 2021, 90 % du commerce international d’Israël sera alors contrôlé par la Chine, ce qui signifie que celle-ci deviendra avec les États-Unis le co-protecteur du pays ; une perspective qui suscite une indignation dans les cercles militaires israélo-US.

Cette décision bouleverse complètement la géopolitique régionale. Jusqu’ici, Beijing était un partenaire commercial d’Israël (sauf en matière d’armement) et politique du Hamas (qui dispose d’une représentation à Beijing). Identiquement, la Chine fournissait des missiles au Hezbollah libanais. Désormais, le Hamas et le Hezbollah ne pourront plus attaquer des objectifs routiers, ferroviaires et portuaires israéliens sans entrer en conflit avec la Chine. On se souvient par exemple que le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avait expliqué qu’en cas d’attaque israélienne du Liban, il pourrait bombarder les matières nucléaires stockées à Haïfa, se félicitant ainsi de disposer de sa propre « bombe atomique ».

Cette décision bouleverse également la géopolitique mondiale. L’accord sino-israélien suppose l’autorisation de Washington. La stratégie commerciale chinoise bouscule les contraintes politiques qu’elle ignore. Elle modifie profondément le sens du Partenariat de l’Eurasie élargie, conclu entre la Chine et la Russie, qui sert aujourd’hui de fondement à l’alliance entre les deux pays.

En définitive, l’annonce de ce nouveau trajet révèle un accord secret entre Beijing et Washington, malgré l’escalade mutuelle des droits de douanes entre les deux Grands.

Si ce projet arrive à son terme, chaque État du Moyen-Orient va devoir se repositionner. Puis, ce sont tous les États du monde qui vont devoir s’adapter à cette nouvelle donne.

http://www.voltairenet.org/article203516.html

Réouverture lundi d’un poste-frontière clé entre la Jordanie et la Syrie

Réouverture lundi d’un poste-frontière clé entre la Jordanie et la Syrie

Des membres de la police militaire russe, le 14 août 2018, au poste-frontière de Nassib, dont la réouverture lundi a été annoncée par la Syrie et la Jordanie / © AFP/Archives / Andrei BORODULIN

Le principal point de passage entre la Syrie et la Jordanie, autrefois vital pour le transit de marchandises au Moyen-Orient, sera rouvert lundi après trois ans de fermeture, ont annoncé dimanche les autorités des deux pays.

Ce poste appelé Nassib du côté syrien et Jaber du côté jordanien, était fermé depuis 2015 sur décision d’Amman. Sa réouverture a été décidée après la reprise en juillet dernier par le régime syrien aidé de son allié russe, de la région bordant la frontière jordanienne, contrôlée alors par les rebelles.

A Amman, la ministre d’Etat chargée des médias et porte-parole du gouvernement, Joumana Ghneimat, a annoncé dans un communiqué « la réouverture lundi du poste-frontière ».

A Damas, le ministre de l’Intérieur Mohammed al-Chaar a annoncé un accord avec la Jordanie pour rouvrir le passage frontalier.

Il a indiqué à l’agence de presse officielle Sana qu’un comité technique syro-jordanien avait convenu lors d’une réunion dimanche au poste-frontière « des préparatifs et des mesures en vue de la réouverture du passage lundi ».

Des travaux de rénovation du poste-frontière et la réhabilitation des routes qui y mènent ont commencé afin de rétablir la circulation et de faciliter le transport des passagers et des marchandises entre les deux pays, selon Sana.

Après plus de sept ans de conflit, le régime syrien ne contrôle que la moitié des 19 points de passage avec ses voisins, le Liban, la Jordanie, l’Irak et la Turquie.

Damas, dont l’économie est en lambeaux, espère la réouverture de Nassib, où des centaines de camions transitaient quotidiennement avant la guerre, transportant les importations et les exportations et assurant la connexion entre la Syrie et la Jordanie ou les pays du Golfe.

Sa réouverture serait aussi une bonne nouvelle pour les agriculteurs et commerçants libanais, dont les activités commerciales vers les pays du Golfe ont été durement affectées depuis sa fermeture.

(©AFP / (14 octobre 2018 17h25)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-R-ouverture-lundi-d-un-poste-fronti-re-cl-entre-la-Jordanie-et-la-Syrie/961951.rom

Jordanie : remise en question de la politique gouvernementale

Jordanie : remise en question de la politique gouvernementale

Flambée des prix des principaux services de base tels que le pain et le carburant, déficit financier s’élevant à 1,75 milliard de dollars, tel est le quotidien que subissent les Jordaniens depuis le début de l’année. A ceci, s’ajoute un manque de confiance grandissant envers le gouvernement. Cette saturation générale a engendré de nombreuses manifestations nocturnes pendant une semaine, début juin. Cette contestation, initialement populaire, a peu à peu gagné la sphère politique.

Début juin, des manifestations ont eu lieu dans les principales villes du pays notamment dans la capitale, Amman.

Arrière-plan : d’une politique d’austérité fortement contestée à une crise politique

Le lundi 4 juin 2018, Hani al-Mulki, alors Premier ministre jordanien depuis mai 2016 a été contraint à la démission. Cette décision a été causée par la politique sociale défendue par le gouvernement. En effet, depuis l’annonce de nombreuses mesures d’austérité (dont l’annonce d’un projet étendant l’impôt sur le revenu à des salaires plus modestes tout en souhaitant la hausse des prix sur le pétrole et l’électricité), la population jordanienne martèle qu’elle « ne s’agenouillera pas » devant de telles décisions. Elle a alors multiplié les manifestations dans le pays. Dans ce pays où le chômage touche plus de 18% de la population, et où 70% des habitants a moins de trente ans, la colère se fait de plus en plus sentir. Les faibles perspectives d’évolutions, ainsi que les carences dans les domaines de la santé et de l’éducation n’arrangent pas la situation.

La démission de Hani al-Mulki, ainsi que la volonté du roi Abdallah II de proposer une révision complète du projet tant contesté, n’ont pas calmé le bruit de la rue. Après une semaine de manifestations nocturnes, dans plus d’une cinquantaine de villes, le nouveau Premier ministre, Omar al-Razzaz, a fait part de sa décision de renoncer au précédent projet de loi, pourtant présenté sur les recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Outre la forte contestation du projet, les manifestants (essentiellement des classes moyennes) ont également pour objectif « d’accuser la classe politique de corruption et de gaspillage des fonds publics », témoignant ainsi d’une forte défiance à l’égard du pouvoir. Le peuple jordanien n’est plus satisfait de la manière (traditionnelle) dont il est gouverné.

Les multiples soutiens financiers des différents donateurs

Face à cette crise économique et sociale démesurée, plusieurs pays se sont mobilisés pour fournir une aide financière à la Jordanie, lors d’une réunion à La Mecque. A titre d’exemple, nous pouvons citer l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït. Les trois États sont assemblés pour accorder une aide de 2,5 milliards de dollars. Selon certaines sources, cette aide financière ne serait pas le fruit d’une pure générosité mais serait somme toute, motivée par la crainte de voir surgir un nouveau « printemps arabe ». Outre cette aide, les pays promettent également un soutien budgétaire sur cinq ans ainsi que la participation financière à des projets de développement. Quant à l’Union européenne, elle a affirmé sa volonté de sortir la Jordanie de la crise en lui fournissant une aide d’environ vingt millions d’euros.

De son côté, le Qatar, grand ennemi de l’Arabie saoudite, a annoncé un ensemble d’investissements s’élevant à hauteur de 500 millions de dollars à destination de la Jordanie. Il s’agit principalement de projets d’infrastructures et touristiques. Le gouvernement qatari propose également de mettre à disposition environ dix mille emplois aux jeunes Jordaniens à Doha.

Un pays fragilisée par son économie, mais également par les stratégies diplomatiques menées par Riyad et Washington

Depuis plusieurs décennies, la « survie » du royaume jordanien, pauvre en ressources, dépend d’aides dispensées par des pays comme les États-Unis ou les pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite. Cette aide est jugée d’autant plus nécessaire qu’avec la guerre en Syrie, de nombreux Syriens (à hauteur d’un million) viennent trouver refuge en Jordanie, pesant ainsi fortement sur l’économie du pays, son marché du travail ainsi que sur ses infrastructures.

En raison de différends géopolitiques avec les pétromonarchies du Golfe, les relations se sont quelque peu tendues. En effet, les positions diplomatiques régionales jordaniennes (la cause palestinienne, la guerre au Yémen…) se trouvent à l’opposé de celles soutenues par l’Arabie saoudite. De ce fait, cette dernière cherche à faire pression sur la Jordanie, en suspendant son aide financière. Concernant le conflit qui fait rage au Yémen, le roi Abdallah II a refusé d’engager pleinement ses troupes, ce qui a eu pour effet de froisser Mohammed ben Salmane. La Jordanie a également offensé les États-Unis en protestant contre leur décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. En effet, près de 65% de la population jordanienne est d’origine palestinienne.

Partagée entre plusieurs camps, subissant une pression de ses principaux alliés, luttant contre une corruption gangrenant la société, devant faire face au problème des réfugiés dans une économie en déroute, comment la Jordanie parviendra-t-elle à sortir de ce conflit multidimensionnel ?

 

About Alysée RAGANOT

Après une CPGE littéraire au lycée Chaptal à Paris, je rentre en L3 d’Histoire à Paris-Sorbonne IV ainsi qu’à l’INALCO pour apprendre l’arabe. J’aimerais travailler dans les Relations Internationales (Sécurité/Défense) en lien avec l’aire géographique Afrique du Nord/Moyen-Orient.

 

Mission accomplie pour le Hezbollah en Syrie

A LA UNE

GMT+2 08:36

Visite surprise de Netanyahu en Jordanie

Visite surprise de Netanyahu en Jordanie

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Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réalisé une visite surprise à Amman. Il était accompagné du directeur du Mossad, Yossi Cohen. La délégation a été reçue par le roi Abdallah II.

Selon nos informations, les entretiens ont porté sur l’implantation de force pro-iraniennes au Sud de la Syrie et —avant l’arrivée de la délégation US composée de Jared Kushner et Jason Greenblatt— sur le plan de paix états-unien.

- Israël et la Jordanie observent avec inquiétude la préparation d’une offensive de l’armée arabe syrienne et de ses alliés au sud du pays. Les deux pays ont reconnu qu’il n’y a pas de troupes iraniennes en Syrie, mais uniquement des conseillers militaires. Cependant, ils craignent que le Hezbollah et des milices chiites afghanes et irakiennes pro-iraniennes ne s’installent dans la région.

- Israël et la Jordanie tentent de rapprocher leurs points de vue pour faire bloc face au plan de paix US. Ils se seraient accordés sur la « solution à deux États », dont l’État palestinien serait la Jordanie élargie à la Cisjordanie. Dans cet esprit, les deux leaders ont examiné les moyens de faciliter le transport et le commerce entre la Jordanie et la Cisjordanie. La question de la souveraineté jordanienne sur les sanctuaires religieux, juifs, chrétiens et musulmans de Jérusalem a également été actée.

 

http://www.voltairenet.org/article201577.html

Finalisation du plan de paix US pour le Proche-Orient

Finalisation du plan de paix US pour le Proche-Orient

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Jared Kushner et Jason Greenblatt débutent un voyage au Proche-Orient qui les mènera en Israël, en Jordanie, en Égypte, en Arabie saoudite et au Qatar, mais ni dans les Territoires palestiniens, ni en Syrie.

Jared Kushner et Jason Greenblatt sont deux collaborateurs de longue date de Donald Trump. Ils sont tous deux juifs orthodoxes. N’ayant pas d’expérience diplomatique, ils sont désormais chargés d’élaborer le plan de paix au Proche-Orient sans en référer au département d’État. Durant leur voyage, David Friedman (ici au centre de la photo), l’ambassadeur des États-Unis en Israël sera à Washington dans le cadre de consultations routinières. Également juif orthodoxe, il est connu pour ses positions outrancières.

Le plan US devrait être basé sur la « solution à deux États » ; l’État palestinien étant la Jordanie élargie à la Cisjordanie avec notamment un quartier de Jérusalem comme capitale (Abou Dis et éventuellement Jabel Mukaber, Issawiya et Shuafat).

Ce plan vise à améliorer la situation des Palestiniens, pas à répondre à toutes leurs attentes. Il est d’ores et déjà combattu par Mahmoud Abbas, mais pas par la plupart des factions palestiniennes (y compris par une aile du Fatah et le Hamas qui le soutiennent). La France, la Suède et le Royaume-Uni tentent dès à présent de le saboter. Il devrait être intégralement rendu public fin juillet.

http://www.voltairenet.org/article201538.html

Pourquoi Washington fait pression sur la Jordanie ?

Pourquoi Washington fait pression sur la Jordanie ?

Les manifestations jordaniennes marquent-elles un nouvel épisode du printemps arabe ou, au contraire, exercent-elles une pression sur le roi Abdallah II en vue de son acceptation du plan US pour la Palestine ?

| Damas (Syrie)

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Début juin, la Jordanie a été secouée par une semaine de manifestations pacifiques contre un projet de loi fiscale. Il prévoyait une hausse des impôts de 5 à 25 % pour toute personne ayant un revenu annuel supérieur à 8 000 dinars (11 245 $). Les manifestants, dont le niveau de vie a gravement souffert des retombées de la guerre occidentale contre la Syrie, ont exigé et obtenu la démission du Premier ministre et le retrait du projet de loi.

En réalité, le Royaume n’a guère le choix : ce dispositif était conforme aux engagements pris en 2016, lors de la souscription d’un prêt auprès du Fonds monétaire international. Il a été plusieurs fois repoussé en raison de la guerre et n’a été présenté au Parlement que lorsque celle-ci touche à sa fin. Le modifier supposerait un changement complet de politique économique qui n’est pas à l’ordre du jour. La seule solution serait d’obtenir un soutien financier de l’Arabie saoudite pour rembourser la dette.

De nombreux médias ont évoqué la possibilité d’un nouvel épisode du « printemps arabe ». Cela est peu probable : en 2011, les manifestations se tarirent d’elles-mêmes, sans recours à la force. Il aura suffi que le front uni des premiers jours éclate, que les islamistes se séparent des laïques. C’est tout à fait logique lorsque l’on considère les liens du Royaume avec les Britanniques et les Frères musulmans.

Rappelons que, loin d’être un mouvement spontané, le « printemps arabe » est une opération du MI6, conçue dès 2004-5, pour placer les Frères musulmans au pouvoir sur le modèle de ce que les services secrets anglais avaient déjà organisé en 1915 avec Lawrence d’Arabie (la « Grande révolte arabe ») [1]. Or, la Jordanie a toujours contrôlé chez elle la Confrérie, dont le Guide honoraire national fut le prince Hassan, l’oncle du roi. Aujourd’hui, le Royaume continue à entretenir d’excellentes relations avec le Hamas (qui s’était déclaré « branche palestinienne des Frères musulmans »). C’est pourquoi, lors du « printemps arabe », la Confrérie ne réclama pas « la chute du régime », comme elle le fit partout ailleurs, mais un gouvernement composé par ses membres.

Par la suite, la Jordanie rejoignit le camp contre-révolutionnaire en devenant « associé » du Conseil de coopération du Golfe (malgré les réticences du Koweït qui lui reproche toujours d’avoir soutenu son invasion par l’Iraq de Saddam Hussein, en 1990).

Les manifestations de début juin trouvent localement leur justification, mais il a fallu des soutiens précis pour qu’elles aient lieu dans un pays redevenu autoritaire.

Ces manifestations constituent peut-être une pression sur Amman avant la présentation par la Maison-Blanche de son plan de paix pour la Palestine. Rappelons que le Royaume s’est toujours considéré comme celui des Palestiniens et que le roi Abdallah II est le « protecteur » des lieux saints musulmans de Jérusalem et le « gardien » des lieux saints chrétiens de la ville sainte (titre reconnu par le pape Jean-Paul II en 2000). Jusqu’au début d’application des accords d’Oslo, la Jordanie gérait administrativement la Cisjordanie (même si celle-ci était occupée par Israël depuis la guerre des Six jours). Yasser Arafat lui-même avait alors envisagé de faire allégeance à la monarchie. Au moins les trois quarts des Jordaniens sont des Palestiniens. Seul le dernier quart est composé de Bédouins autochtones.

Actuellement, toutes les puissances régionales tentent de s’implanter en Palestine. Par exemple, la Turquie tente de ravir le Jihad islamique à l’Iran. Simultanément, les États-Unis et Israël tentent d’exercer des pressions sur chaque protagoniste.

Quel que soit le plan élaboré par Jared Kushner, le conseiller spécial et gendre du président Donald Trump, la Jordanie devra y jouer un rôle. Actuellement, de nombreux documents, dont certains n’ont jamais publiés, ressortent des archives. Il apparaît que la création de la capitale d’un État indépendant pour les Palestiniens à Abous Dis a déjà été discutée. Selon le Plan de partage de la Palestine, en 1947, Abous Dis est un quartier de la ville de Jérusalem. Et lors des accords d’Oslo, le second de Yasser Arafat, Mahmoud Abbas (son successeur actuel), avalisa l’idée d’y établir la capitale palestinienne. D’ailleurs, à l’époque, l’Autorité palestinienne y débuta la construction du futur Parlement. Cependant, le « processus de paix » s’enlisa, ce point ne fut jamais ratifié et les travaux furent interrompus. Revenant sur cette discussion, les Israéliens isolèrent Abous Dis du reste de la ville par un mur, tandis que les Palestiniens considérant que ce n’est qu’un minuscule quartier de Jérusalem, réclamèrent la moitié de la ville. Quoi qu’il en soit, il n’est pas impossible que la Jordanie devienne l’État des Palestiniens avec une double capitale, Amman et Abou Dis. Dans ce cas, la question de la forme de ce régime se reposera : Royaume ou République ?

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] On consultera notamment les e-mails internes du Foreign Office que l’un de ses employés, Derek Pasquill, fit fuiter en 2004. Voir les premiers commentaires dans When progressives threat with reactionaries. The British State flirtation wih radical Islamism, Martin Bright, Policy Exchange, 2004. Et mes conclusions dans Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump. Editions Demi-lune, 2017.

 

http://www.voltairenet.org/article201440.html

La mer Morte, un enjeu géopolitique fort entre Israël et la Jordanie

La mer Morte, un enjeu géopolitique fort entre Israël et la Jordanie

La mer Morte se caractérise par un taux de sel de 275g/litre.

L’assèchement de la mer Morte recouvre plusieurs causes. Dans les années 1970, le royaume jordanien inaugure une politique de grand travaux hydrauliques afin de subvenir au besoins de sa population, en fort accroissement sous la pression des nombreux réfugiés palestiniens arrivés en 1948 et 1968. Elle mène alors une «politique de l’offre» concernant l’adduction en eau. Cela entraîne le développement d’une agriculture extensive sous serre, fortement consommatrice en eau et dopée par des tarifs relativement bas.

Après la victoire israélienne à l’issue de la guerre des six jours, l’État hébreux lance de grands travaux de diversion des nappes phréatiques en Cisjordanie. Il détourne les eaux du lac de Tibériade via un aqueduc : le Nation Water Carrier. En 1994 l’accord de paix israélo-jordanien initie une relation de «vassalité» entre Israël, château d’eau de la région, et la Jordanie. Par ailleurs, le développement d’industries minières d’extraction de potassium – utilisé dans la fabrication d’engrais et de cosmétiques – de part et d’autre de la mer Morte, entraîne la construction de nombreux bassins d’évaporations de potasse. Cette situation contribue à l’assèchement de la mer Morte, d’où sont extraits 600,000 tonnes de sel annuellement.

Aujourd’hui, alors que l’agriculture jordanienne exporte certains produits, la situation est encore problématique : l’agriculture représente 7 % du PIB, mais ponctionne peu ou prou 70 % des réserves en eau du pays. Cette politique agricole a donc pour effet mécanique d’accroître les pompages dans les fleuves alimentant la mer Morte, le Jourdain et le Yarmouk, ce qui entraîne une baisse constante du niveau de la mer. En outre, le stress hydrique auquel est soumise la Jordanie a encore augmenté ces dernières années avec l’arrivée de près d’1,4 millions de réfugiés syriens depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011. Ainsi, la demande en eau a cru de 21 % dans le royaume et de 40 % dans les gouvernorats du nord, où sont établis la plupart des réfugiés. Actuellement, le phénomène d’assèchement de la mer Morte lui fait perdre près d’un mètre par an.

Un projet hydraulique de coopération régionale ambitieux 

La première pierre du JRSP, d’un coût total évalué à un milliard de dollars, a été posée en 2013 entre Israéliens, Jordaniens et Palestiniens. Ce projet se caractérise par la construction, dans la ville côtière d’Aqaba, d’une station de pompage ainsi que d’une station de dessalement, tandis que 210 km de conduits entre Aqaba et la mer Morte seront également creusés. L’objectif est d’alimenter, outre la vallée du Jourdain, la capitale Amman et les grandes villes soumises à des rationnements, qui sont autant de sources de tension et de préoccupations pour la population. Des programmes de luttes contre les gaspillages ont d’ailleurs été mis en place par les autorités.

Le JRSP vise à terme quatre objectifs : sauver la mer Morte et son écosystème, désaliniser l’eau par le principe d’osmose inverse, générer de l’énergie à un coût abordable et enfin promouvoir un symbole de paix et de coopération au Proche-Orient. Ce projet, s’il est mené à bien, peut donc renforcer et équilibrer le traité de paix de 1994 dans lequel la Jordanie est en situation de vassalité hydrique face à Israël. Le JRSP vise donc à corriger cet état de fait et à sauver la région d’un assèchement programmé.

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/34555-projet-de-canal-mer-rouge-mer-morte-enjeu-strategique-regional

EXCLUSIF – L’armée de Terre russe à Damas 01

EXCLUSIF – L’armée de Terre russe à Damas

Publié par wikistrike.com sur 1 Mars 2018, 08:42am

Catégories : #Politique internationale

Tous les commentateurs ont souligné au cours des quatre dernières années l’impossibilité pour la Russie de déployer des troupes terrestres face aux jihadistes en Syrie au risque de revivre leur défaite d’Afghanistan. Mais ce qui est vrai si Moscou s’affronte par proxies interposés à Washington, est faux si les deux Grands s’accordent sur l’avenir non seulement de la Syrie, mais de la région. Thierry Meyssan a été le premier au monde à annoncer l’arrivée de l’armée russe en Syrie, en 2015. Il est aujourd’hui le premier à annoncer le déploiement de son infanterie.

Vladimir Poutine (président de la Fédération de Russie) et le général Alexander Bortnikov (directeur du contre-espionnage russe — FSB)

Vladimir Poutine (président de la Fédération de Russie) et le général Alexander Bortnikov (directeur du contre-espionnage russe — FSB)

Washington a décidé de reléguer le projet de destruction des États et des sociétés du Moyen-Orient élargi au second plan de ses préoccupations, et de concentrer ses forces pour s’opposer au projet chinois de route de la soie. C’est ce qui aurait été acté par le président Donald Trump et le Premier ministre australien (représentant les Britanniques) Malcolm Turnbull, le 24 février à la Maison-Blanche.

Il ne s’agit pas simplement du conflit traditionnel entre l’Empire maritime anglo-saxon d’une part et le projet commercial terrestre chinois d’autre part. Mais aussi du danger que fait courir l’industrie chinoise à celle de l’ensemble du monde développé. Pour faire vite, alors que dans l’Antiquité, les Européens étaient avides des soies chinoises, aujourd’hui tous les Occidentaux craignent la concurrence des voitures chinoises.

Beijing ayant renoncé à faire passer la route de la soie sur son tracé historique de Mossoul et de Palmyre, les États-Unis n’ont plus d’intérêt à sponsoriser des jihadistes pour créer un Califat à cheval sur l’Iraq et la Syrie.

C’est également le 24 février que la Russie et les États-Unis ont présenté la résolution 2401 au Conseil de sécurité ; texte qui était déjà prêt depuis la veille et dont pas un mot n’a été changé tandis que l’on faisait mine de poursuivre des tractations.

Prétendument adoptée en réponse à la campagne médiatique française pour sauver la population de la Ghouta, cette résolution traite en réalité de la solution pour presque toute la Syrie.

Elle laisse en suspens la question du retrait des troupes turques et états-uniennes. Concernant ces dernières, il n’est pas impossible qu’elles rechignent à quitter l’extrême Nord-Est du pays. En effet, si la Chine décidait de faire passer la route de la soie par la Turquie, Washington soufflerait sur les braises pour créer un Kurdistan en territoire kurde (si l’on admet que l’Anatolie du Sud-Est n’est plus un territoire arménien depuis le génocide) et couper la route de Beijing.

Moscou a déplacé de nouveaux avions sur sa base d’Hmeimim, dont deux avions furtifs Su-57 ; des bijoux de technologie que le Pentagone n’imaginait pas opérationnels avant 2025.

Surtout, Moscou, qui jusqu’à présent limitait son engagement en Syrie à son armée de l’Air et à quelques Forces spéciales, a secrètement acheminé des troupes d’infanterie.

Le 25 février au matin, l’Armée de Terre russe est entrée aux côtés de l’Armée arabe syrienne dans la Ghouta orientale.

Il est désormais impossible, pour qui que ce soit, d’attaquer Damas ou de tenter de renverser la République arabe syrienne sans provoquer automatiquement de riposte militaire russe.

L’Arabie saoudite, la France, la Jordanie et le Royaume-Uni, qui avaient secrètement constitué le « Petit Groupe », le 11 janvier, afin de saboter la paix de Sotchi, ne pourront plus rien entreprendre de décisif.

Les gesticulations des ministres britannique et français des Affaires étrangères, Boris Johnson et Jean-Yves Le Drian, ne peuvent masquer le nouvel accord entre la Maison-Blanche et le Kremlin ainsi que la légalité internationale de la présence militaire russe et son action en faveur des civils prisonniers des jihadistes.

Ils ne peuvent espérer remettre cet accord en question comme leurs pays respectifs le firent en juillet 2012, tant les situations sur le terrain et dans le monde ont changé.

Si nécessaire, nous feindrons tous de ne pas savoir que les deux principales factions armées présentes dans la Ghouta orientale (la pro-saoudienne et la pro-qatarie) dépendaient d’Al-Qaïda. Elles seront discrètement exfiltrées. Les officiers du MI6 britannique et de la DGSE française (qui agissaient sous couvert de l’ONG Médecins sans frontières) seront rapatriés.

La guerre n’est pas terminée sur l’ensemble du territoire, mais elle l’est déjà à Damas.

Source
Al-Watan (Syrie)

——————————- Document joint

Al-Watan, #2847

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