Archives pour la catégorie JULIAN ASSANGE

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 avril 2019

Après l’arrestation de Julian Assange par la police britannique et le dévoilement de l’acte d’accusation américain, la question qui se pose est de savoir pourquoi les États-Unis agissent ainsi et pourquoi maintenant.

L’acte d’accusation allègue qu’Assange a « conspiré » avec Chelsea Manning en l’aidant dans sa tentative de trouver un mot de passe pour un compte qui lui aurait permis de dissimuler son vol de documents américains. Glenn Greenwald affirme que l’affaire est assez mince et constitue clairement une atteinte à la liberté de la presse. Qu’un journaliste, ou un éditeur, aide une source à dissimuler son identité fait partie du métier.

L’administration Obama, pourtant pour peu connue pour sa réticence à poursuivre les lanceurs d’alerte, avait déjà examiné le cas de « conspiration » et avait décidé de ne pas engager de poursuites.

Il est donc probable que l’affaire, telle qu’elle est maintenant scellée, n’est qu’un prétexte pour extrader Assange de Grande-Bretagne. Le but réel ne sera connu que si Assange est entre les mains des États-Unis.

Le journaliste de la sécurité nationale William Arkin, qui a quitté NBC News à cause de son bellicisme, a probablement raison lorsqu’il écrit que l’enjeu derrière tout cela est la publication par Wikileaks des outils de piratage de la CIA connus sous le nom de Vault 7.

Bien que la publication des fichiers Vault 7 ait été peu couverte par les médias, cela a sérieusement endommagé les capacités de la CIA. Arkin a écrit le 11 avril au sujet de Vault 7. Le Guardian et le Daily Beast se sont vus proposer les fichiers mais ont refusé de le publier :

La procédure judiciaire américaine, qui a complètement changé en mars 2017, est basée sur la publication, par WikiLeaks, des documents dits Vault 7, un ensemble complet de secrets sur le cyberespionnage de la CIA.

Vault 7 a été éclipsé par le scandale naissant de collusion entre la nouvelle administration Trump et la Russie, mais les 10 000 documents - environ - de la CIA que WikiLeaks a commencé à publier en mars constitue une violation sans précédent, largement plus dommageable que tout ce que ce site Web anti-secret a jamais fait, selon de nombreux responsables américains.

« Il y a eu de sérieuses alertes - y compris celles de Manning et Snowden - mais jusqu'en 2017, personne n'avait jeté le gant à l'Agence depuis des décennies », a déclaré un haut responsable des services de renseignement impliqué directement dans l'évaluation des dommages.

« Vient alors Vault 7, la quasi-totalité des archives de la cellule de piratage informatique de la CIA », explique le responsable. « La CIA a piqué une crise après la fuite. » Le responsable fait référence à une organisation peu connue de la CIA, le Center for Cyber ​​Intelligence, un équivalent obscur de la National Security Agency, qui dirige et supervise les efforts de piratage secrets menés par le gouvernement des États-Unis.

Wikileaks a acquis les fichiers Vault 7 à la fin de 2016 ou au début de 2017. En janvier 2017, l’avocat de Julian Assange a tenté de conclure un accord avec le gouvernement des États-Unis. Assange s’abstiendrait de publier certains contenus critiques des fichiers de Vault 7 en échange d’une immunité limitée et d’un canal de communication sûr avec les autorités américaines. L’un des problèmes à aborder était la recherche de l’origine des fichiers DNC publiés par Wikileaks. Des responsables américains du camp anti-Trump ont affirmé que la Russie avait piraté les serveurs de la DNC. Assange a toujours dit que la Russie n’était pas la source des fichiers publiés. Il a apporté des preuves techniques pour le montrer.

Le 23 mars 2017, Wikileaks  a publié des fichiers de Vault 7 d’un intérêt mineur.

Le ministère de la Justice US voulait un accord et a fait une offre à Assange. Mais l’intervention de Comey, alors directeur du FBI, l’a sabotée :

« Plusieurs sources me disent que l’équipe du contre-espionnage du FBI était au courant de la stratégie du ministère de la Justice et s’y était ralliée, mais ne pouvait expliquer ce qui avait motivé Comey à envoyer un message différent à propos des négociations ... »

Avec l’accord apparemment mal parti, Wikileaks a publié deux fichiers de Vault 7  : « Marble Framework » et « Grasshopper ». Ces logiciels de la CIA changeaient systématiquement l’origine du piratage pour lui donner un aspect russe ou iranien en insérant des chaînes de caractères en langue étrangère dans leur code source. La publication a prouvé que l’attribution, par la DNC, du vol et d’autres piratages à la Russie était un non-sens. La publication de ces fichiers a mis fin à toutes les négociations :

Le 7 avril 2017, Assange a publié des documents contenant des informations sur certains des logiciels malveillants de la CIA utilisés pour les cyber-attaques. Cela a eu un impact immédiat : le gouvernement américain, furieux, s'est retiré des négociations et le directeur de la CIA de l'époque, Mike Pompeo, a critiqué WikiLeaks en le qualifiant de « service de renseignement hostile ».

Un certain Joshua Schulte, le responsable présumé des fichier de Vault 7, est en détention aux États-Unis mais n’a toujours pas été présenté à un tribunal. Il est probable que les États-Unis veulent lui proposer un marché s’il acceptait de témoigner contre Assange.

Dans un autre article, Arkin développe sa première opinion en plaçant l’affaire dans un contexte plus large :

Quelques mois auparavant, Edward Snowden et un groupe appelé Shadow Brokers avaient annoncé des fuites massives. Compte tenu de la notoriété acquise par WikiLeaks, Vault 7 a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le gouvernement. Non seulement c'était une expérience sans précédent de piratage de la CIA, organisation qui échappait à toute faille de ce type depuis les années 1970, mais elle montrait que tous les efforts déployés par le gouvernement américain après Chelsea Manning et Edward Snowden n’avaient pas réussi à dissuader, ni à attraper, les « pirates du millénaire ».

L’attaque contre Assange ne vise pas uniquement la vengeance, bien que celle-ci en fasse partie. L’objectif plus large est d’arrêter les fuites :

La pensée des responsables gouvernementaux - actuels et anciens - auxquels j'ai parlé, est de fermer WikiLeaks une fois pour toutes - ou du moins le séparer des médias traditionnels pour le rendre moins attractif en tant que source pour les secrets du gouvernement américain. Ce sera au moins un pas vers une plus grande sécurité intérieure.

Assange sera d’abord condamné en Grande-Bretagne pour n’avoir pas respecté les règles de la liberté sous caution. Il va écoper d’environ six mois de prison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que le combat juridique autour de l’extradition vers les États-Unis commencera. Cela peut prendre jusqu’à trois ans.

Le plus grand espoir d’Assange pour échapper à une extradition est un changement de gouvernement en Grande-Bretagne :

Jeremy Corbyn @jeremycorbyn - 19:34 utc - 11 avril 2019
 
Le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités en Irak et en Afghanistan.

Le temps nécessaire au traitement de l’affaire d’extradition devant les tribunaux britanniques et européens est probablement suffisamment long pour permettre aux travaillistes de remporter des élections générales. Avec Jeremy Corbyn, Assange serait probablement en sécurité. C’est une raison de plus pour l’establisment transatlantique de tout faire pour empêcher une victoire de Corbyn.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/jjla-cia-attaque-assange-en-justice-pour-empecher-dautres-fuites

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Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

 

    https://www.investigaction.net/fr/sur-fond-de-scandales-de-corruption-et-daccords-avec-le-fmi-et-washington-le-gouvernement-equatorien-trahit-assange/La décision prise par le gouvernement équatorien du président Lenín Moreno d’inviter la police britannique dans son ambassade de Londres à enlever Julian Assange, ouvrant la voie à l’extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis, constitue une violation flagrante du droit international et un honteux nouveau chapitre de la lâcheté et de la soumission de la bourgeoisie de l’Amérique latine à l’impérialisme américain.

    Le gouvernement équatorien a non seulement ouvert les portes de son ambassade au peloton d’intervention policière britannique, mais il a annoncé jeudi que le jour précédent, sans notification à Assange ni à ses avocats, le ministère des affaires étrangères du pays avait sommairement déchu le journaliste de sa citoyenneté équatorienne, qui lui avait été accordée en 2017 dans le but d’obtenir sa liberté de l’ambassade sous couverture diplomatique.

    Des responsables gouvernementaux ont affirmé que la décision d’octroyer la citoyenneté à Assange avait été entachée «d’irrégularités» non spécifiées. Le motif de l’abrogation de la décision était clair: la constitution équatorienne interdit l’extradition des ses citoyens et exige qu’ils soient jugés pour tout crime en conformité avec ses propres lois.

    Le président Lenín Moreno a annoncé son sale marché avec l’impérialisme américain et britannique dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, dans laquelle il affirmait avoir obtenu la garantie de Londres que Assange ne serait pas extradé vers «un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». Ce mensonge a été immédiatement contredit du fait que le ministère américain de la Justice ait publié un acte d’accusation, et les autorités britanniques ont clairement indiqué qu’elles attendaient de mettre à exécution l’extradition d’Assange vers un pays où la peine de mort est en vigueur et qui pratique la torture à l’échelle internationale.

    L’avocat équatorien d’Assange, Carlos Poveda, a dénoncé les actions arbitraires, antidémocratiques et extrajudiciaires du gouvernement. «Au minimum, nous aurions dû être informés afin que nous puissions exercer le droit de la défense», a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait que la loi stipule que tout arrêt d’asile doit d’abord être examiné avec le demandeur d’asile, qui a le droit de plaider sa cause.

    Le ministre des affaires étrangères d’Équateur, Jose Valencia, s’est présenté jeudi devant l’Assemblée nationale du pays pour justifier l’acte illégal commis par le gouvernement visant à priver Assange sommairement de son asile.

    La présentation de Valencia, qui a été interrompue par des cris de «traître» et de vendepatria, de la part des législateurs de l’opposition, comprenait neuf points, composés de mensonges et d’absurdités.

    Il a affirmé qu’Assange, qui avait été détenu dans des conditions de plus en plus draconiennes dans l’ambassade, en grande partie coupé du monde extérieur, s’était livré à «d’innombrables actes d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres États», s’était mal comporté envers les représentants de l’ambassade et avait «proféré des menaces insultantes» contre le gouvernement équatorien, y compris l’accusation «infâme et diffamatoire» selon laquelle il «agissait sous la pression de pays étrangers».

    Ce même Valencia avait, la semaine dernière, dénoncé l’avertissement « insultant » de WikiLeaks selon lequel son gouvernement était parvenu à un accord avec les autorités britanniques pour confier Assange à la police britannique.

    Valence alla jusqu’à prétendre que la remise d’Assange avait été effectuée en partie pour préserver sa santé. Il s’est ensuite plaint des dépenses considérables que l’ambassade avait encourues pour sa nourriture, ses frais médicaux et sa lessive.

    Le contexte immédiat de l’action du gouvernement équatorien est un scandale de corruption qui fait rage et qui implique le président Moreno et sa famille. Les «papiers INA», un vaste ensemble de documents, courriels et autres communications via les médias sociaux, ont impliqué Moreno dans des crimes allant de la corruption officielle au parjure en passant par le blanchiment d’argent.

    Au centre du scandale se trouve un projet dans lequel la société chinoise Sinohydro, qui a construit un barrage hydroélectrique en Équateur, a versé 18 millions de dollars de pots de vin à une société offshore, qui a ensuite transféré les fonds à un ensemble de 10 sociétés-écran comprenant INA Investments Corp, appartenant à Edwin Moreno, le frère du président. Le nom de la société est tiré de la syllabe commune aux noms des trois filles du président, Irina, Cristina et Karina.

    Le législateur de l’opposition Ronny Aleaga, qui a déclaré avoir reçu le dossier anonymement, a insisté pour que les documents établissent que la société avait été placée sous la direction de prête-nom afin de dissimuler les liens du président avec la combine.

    Les documents ont été publiés pour la première fois en février 2019, suscitant une enquête du Congrès. Le 26 mars, le compte Twitter de WikiLeaks a attiré l’attention sur l’enquête, citant un reportage du New York Times selon lequel Moreno était en discussion avec l’administration Trump – via un voyage à Quito en mai 2017 de l’ancien président de la campagne de Trump, Paul Manafort – de la remise d’Assange en échange d’un allégement de la dette.

    Le ministre des affaires étrangères, Valencia, a réagi immédiatement au tweet, le traitant «de mensonge absurde afin de porter atteinte à la dignité de notre pays», et a juré que le gouvernement prendrait des mesures.

    Par la suite, Moreno et ses subordonnés ont tenté de déformer le tweet des informations de Wikileaks, déjà diffusées et bien éventées en Equateur comme la preuve qu’Assange, dans l’isolement quasi-total à l’ambassade de Londres, était personnellement responsable du piratage du téléphone et des courriels du président.

    Dans les deux jours qui ont suivi le tweet de WikiLeaks, l’Assemblée nationale équatorienne, dans laquelle le parti de Moreno et les autres partis de droite détiennent la majorité, a adopté une résolution appelant le ministère des affaires étrangères à exercer des représailles contre Assange à propos la fuite des papiers INA.

    Le président équatorien a mené une campagne cynique, affirmant qu’il était victime d’une atteinte à la vie privée et que les documents de l’INA comprenaient des «photos privées» de lui-même et de sa famille, dans le but de détourner l’attention du public des nombreuses preuves de sa corruption sans bornes.

    A travers l’expulsion d’Assange de l’ambassade de Londres, le gouvernement de Moreno a intensifié sa campagne. Maria Paula Romo, ministre équatorienne de l’Intérieur, a déclaré qu’Assange et WikiLeaks étaient impliqués dans un complot visant à «déstabiliser» le gouvernement Moreno, qui impliquait prétendument deux «pirates informatiques russes» travaillant en Équateur, Ricardo Patiño, ancien ministre équatorien des affaires étrangères, et éventuellement, le gouvernement vénézuélien du président Nicolas Maduro. Elle a affirmé que les preuves de ce complot seraient bientôt transmises aux procureurs équatoriens.

    Tout cela est un tas de mensonges destinés à détourner l’attention des accusations de corruption portées contre Moreno et à détourner la colère populaire croissante contre son gouvernement de droite. Les sondages récents ont placé sa popularité à peine 17 pour cent.

    Moreno a clairement indiqué son intention de trahir Assange dès son entrée en fonction en 2017. Il a qualifié le journaliste né en Australie de «pirate informatique», de «problème hérité» et de «cailloux dans notre chaussure».

    Le précédent gouvernement du président Rafael Correa avait accordé l’asile à Assange en 2012 en raison des preuves évidentes de ses persécutions politiques pour avoir révélé les crimes de guerre impérialistes du gouvernement américain, la surveillance de masse et les complots antidémocratiques perpétrés par Washington, d’autres gouvernements et des sociétés transnationales.

    Lorsque le gouvernement de Quito a décidé d’accorder l’asile à Assange dans son ambassade à Londres, son ministre des affaires étrangères de l’époque, Ricardo Patiño, déclara que la vendetta de Washington contre le journaliste «pourrait mettre en danger sa sécurité, son intégrité et même sa vie». Il continua : «Les preuves montrent que si M. Assange est extradé aux États-Unis, il ne bénéficiera pas d’un procès équitable. Il n’est absolument pas impossible qu’il puisse être soumis à des traitements cruels et dégradants et condamné à la réclusion à perpétuité ou même à la peine capitale.»

    Qu’est-ce qui a changé depuis presque sept ans qu’Assange s’est retrouvé pris au piège dans l’ambassade équatorienne? L’administration Trump n’a fait qu’expliciter les menaces qui pèsent sur le journaliste. L’ancien directeur de la CIA et secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que WikiLeaks était un «service de renseignement non-étatique hostile» dont les activités ne sont pas protégées par le premier amendement de la constitution. L’ancien procureur général Jeff Sessions a insisté sur le fait que ramener Assange aux États-Unis enchaîné pour faire face à un procès truqué était une «priorité» pour le ministère de la justice des États-Unis.

    Le changement ne réside pas dans la menace qui pèse sur Assange, mais plutôt dans le virage à droite brutal du gouvernement de Lenín Moreno, qui fait partie d’une vague de réaction qui a accompagné le reflux de la fameuse marée rose dans toute l’Amérique latine.

    Nulle part cela n’a été plus évident que dans les politiques suivies par Moreno, successeur trié sur le volet par l’ancien président Correa qui s’était déclaré partisan de la «révolution bolivarienne» et du «socialisme du XXIe siècle».

    Moreno a poursuivi une politique visant à subordonner l’Équateur aux banques et institutions financières internationales sur le plan économique et à l’impérialisme américain sur le plan politique. Plus tôt cette année, il a conclu des accords avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales pour un crédit de 10 milliards de dollars en échange de la mise en œuvre de mesures d’austérité draconiennes qui ont entraîné la suppression de plus de 10.000 emplois dans le secteur public, ainsi que la moitié des ministères du gouvernement, ainsi que la réduction des impôts sur les riches, la destruction du droit de travail et la suppression des subventions aux prix du carburant.

    Ces politiques ont provoqué des manifestations de masse et une grève générale contre le gouvernement Moreno.

    En même temps, Moreno a sollicité l’approbation du département d’État américain et du Pentagone, devenant l’un des partisans les plus enthousiastes du coup d’État impulsé par les États-Unis au Venezuela et du prétendu «président par intérim» Juan Guaidó.

    Correa, l’ancien président de l’Équateur, a condamné l’action du gouvernement Moreno. «Lenín Moreno, le plus grand traître de l’histoire de l’Équateur et de l’Amérique latine, a autorisé la police britannique à pénétrer dans notre ambassade à Londres pour arrêter Assange», a-t-il déclaré. Moreno, a-t-il ajouté, «a démontré son manque d’humanité devant le monde en rendant Julian Assange – non seulement un demandeur d’asile, mais aussi un citoyen équatorien – à la police britannique», ce qui a mis à la fois sa vie «en danger» et a «humilié l’Équateur».

    De même, l’ancien ministre des affaires étrangères équatorien, Guillaume Long, a publié jeudi une déclaration dans laquelle il dénonçait cette arrestation. «La reddition de Julian Assange, traîné par la police britannique après être entrée dans notre mission diplomatique pour l’enlever, est une honte nationale et une erreur historique qui laissera une marque profonde sur l’Équateur pendant longtemps», a-t-il déclaré.

    Long a ajouté que la décision du gouvernement violait les décisions des Nations Unies et de la Cour interaméricaine des droits de l’homme et que «les générations futures d’Équatoriens s’en souviendront comme un acte infâme, de servilité, et de dégradation éthique.»

    La trahison d’Assange fait partie intégrante du virage à droite du gouvernement Moreno et de l’adaptation à l’impérialisme américain, qui a jeté les bases d’une attaque frontale contre la classe ouvrière équatorienne. La défense d’Assange et des droits démocratiques fondamentaux dépend de la lutte pour unifier les travailleurs en Équateur, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans le monde entier dans la lutte contre le système capitaliste.

     

    Source: https://www.investigaction.net/fr/sur-fond-de-scandales-de-corruption-et-daccords-avec-le-fmi-et-washington-le-gouvernement-equatorien-trahit-assange/

    La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites

    La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites


    2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 avril 2019

    Après l’arrestation de Julian Assange par la police britannique et le dévoilement de l’acte d’accusation américain, la question qui se pose est de savoir pourquoi les États-Unis agissent ainsi et pourquoi maintenant.

    L’acte d’accusation allègue qu’Assange a « conspiré » avec Chelsea Manning en l’aidant dans sa tentative de trouver un mot de passe pour un compte qui lui aurait permis de dissimuler son vol de documents américains. Glenn Greenwald affirme que l’affaire est assez mince et constitue clairement une atteinte à la liberté de la presse. Qu’un journaliste, ou un éditeur, aide une source à dissimuler son identité fait partie du métier.

    L’administration Obama, pourtant pour peu connue pour sa réticence à poursuivre les lanceurs d’alerte, avait déjà examiné le cas de « conspiration » et avait décidé de ne pas engager de poursuites.

    Il est donc probable que l’affaire, telle qu’elle est maintenant scellée, n’est qu’un prétexte pour extrader Assange de Grande-Bretagne. Le but réel ne sera connu que si Assange est entre les mains des États-Unis.

    Le journaliste de la sécurité nationale William Arkin, qui a quitté NBC News à cause de son bellicisme, a probablement raison lorsqu’il écrit que l’enjeu derrière tout cela est la publication par Wikileaks des outils de piratage de la CIA connus sous le nom de Vault 7.

    Bien que la publication des fichiers Vault 7 ait été peu couverte par les médias, cela a sérieusement endommagé les capacités de la CIA. Arkin a écrit le 11 avril au sujet de Vault 7. Le Guardian et le Daily Beast se sont vus proposer les fichiers mais ont refusé de le publier :

    La procédure judiciaire américaine, qui a complètement changé en mars 2017, est basée sur la publication, par WikiLeaks, des documents dits Vault 7, un ensemble complet de secrets sur le cyberespionnage de la CIA.
    
    Vault 7 a été éclipsé par le scandale naissant de collusion entre la nouvelle administration Trump et la Russie, mais les 10 000 documents - environ - de la CIA que WikiLeaks a commencé à publier en mars constitue une violation sans précédent, largement plus dommageable que tout ce que ce site Web anti-secret a jamais fait, selon de nombreux responsables américains.
    
    « Il y a eu de sérieuses alertes - y compris celles de Manning et Snowden - mais jusqu'en 2017, personne n'avait jeté le gant à l'Agence depuis des décennies », a déclaré un haut responsable des services de renseignement impliqué directement dans l'évaluation des dommages.
    
    « Vient alors Vault 7, la quasi-totalité des archives de la cellule de piratage informatique de la CIA », explique le responsable. « La CIA a piqué une crise après la fuite. » Le responsable fait référence à une organisation peu connue de la CIA, le Center for Cyber ​​Intelligence, un équivalent obscur de la National Security Agency, qui dirige et supervise les efforts de piratage secrets menés par le gouvernement des États-Unis.

    Wikileaks a acquis les fichiers Vault 7 à la fin de 2016 ou au début de 2017. En janvier 2017, l’avocat de Julian Assange a tenté de conclure un accord avec le gouvernement des États-Unis. Assange s’abstiendrait de publier certains contenus critiques des fichiers de Vault 7 en échange d’une immunité limitée et d’un canal de communication sûr avec les autorités américaines. L’un des problèmes à aborder était la recherche de l’origine des fichiers DNC publiés par Wikileaks. Des responsables américains du camp anti-Trump ont affirmé que la Russie avait piraté les serveurs de la DNC. Assange a toujours dit que la Russie n’était pas la source des fichiers publiés. Il a apporté des preuves techniques pour le montrer.

    Le 23 mars 2017, Wikileaks  a publié des fichiers de Vault 7 d’un intérêt mineur.

    Le ministère de la Justice US voulait un accord et a fait une offre à Assange. Mais l’intervention de Comey, alors directeur du FBI, l’a sabotée :

    « Plusieurs sources me disent que l’équipe du contre-espionnage du FBI était au courant de la stratégie du ministère de la Justice et s’y était ralliée, mais ne pouvait expliquer ce qui avait motivé Comey à envoyer un message différent à propos des négociations ... »

    Avec l’accord apparemment mal parti, Wikileaks a publié deux fichiers de Vault 7  : « Marble Framework » et « Grasshopper ». Ces logiciels de la CIA changeaient systématiquement l’origine du piratage pour lui donner un aspect russe ou iranien en insérant des chaînes de caractères en langue étrangère dans leur code source. La publication a prouvé que l’attribution, par la DNC, du vol et d’autres piratages à la Russie était un non-sens. La publication de ces fichiers a mis fin à toutes les négociations :

    Le 7 avril 2017, Assange a publié des documents contenant des informations sur certains des logiciels malveillants de la CIA utilisés pour les cyber-attaques. Cela a eu un impact immédiat : le gouvernement américain, furieux, s'est retiré des négociations et le directeur de la CIA de l'époque, Mike Pompeo, a critiqué WikiLeaks en le qualifiant de « service de renseignement hostile ».

    Un certain Joshua Schulte, le responsable présumé des fichier de Vault 7, est en détention aux États-Unis mais n’a toujours pas été présenté à un tribunal. Il est probable que les États-Unis veulent lui proposer un marché s’il acceptait de témoigner contre Assange.

    Dans un autre article, Arkin développe sa première opinion en plaçant l’affaire dans un contexte plus large :

    Quelques mois auparavant, Edward Snowden et un groupe appelé Shadow Brokers avaient annoncé des fuites massives. Compte tenu de la notoriété acquise par WikiLeaks, Vault 7 a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le gouvernement. Non seulement c'était une expérience sans précédent de piratage de la CIA, organisation qui échappait à toute faille de ce type depuis les années 1970, mais elle montrait que tous les efforts déployés par le gouvernement américain après Chelsea Manning et Edward Snowden n’avaient pas réussi à dissuader, ni à attraper, les « pirates du millénaire ».

    L’attaque contre Assange ne vise pas uniquement la vengeance, bien que celle-ci en fasse partie. L’objectif plus large est d’arrêter les fuites :

    La pensée des responsables gouvernementaux - actuels et anciens - auxquels j'ai parlé, est de fermer WikiLeaks une fois pour toutes - ou du moins le séparer des médias traditionnels pour le rendre moins attractif en tant que source pour les secrets du gouvernement américain. Ce sera au moins un pas vers une plus grande sécurité intérieure.

    Assange sera d’abord condamné en Grande-Bretagne pour n’avoir pas respecté les règles de la liberté sous caution. Il va écoper d’environ six mois de prison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que le combat juridique autour de l’extradition vers les États-Unis commencera. Cela peut prendre jusqu’à trois ans.

    Le plus grand espoir d’Assange pour échapper à une extradition est un changement de gouvernement en Grande-Bretagne :

    Jeremy Corbyn @jeremycorbyn - 19:34 utc - 11 avril 2019
     
    Le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités en Irak et en Afghanistan.

    Le temps nécessaire au traitement de l’affaire d’extradition devant les tribunaux britanniques et européens est probablement suffisamment long pour permettre aux travaillistes de remporter des élections générales. Avec Jeremy Corbyn, Assange serait probablement en sécurité. C’est une raison de plus pour l’establisment transatlantique de tout faire pour empêcher une victoire de Corbyn.

    Moon of Alabama

    Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

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    LE PUBLIC EST À LA DÉFENSE D’ASSANGE. QUELLE EST LA RAISON?

    LE PUBLIC EST À LA DÉFENSE D’ASSANGE. QUELLE EST LA RAISON?

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    15.04.2019

    La détention à Londres du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, reste au sommet des tendances mondiales en matière d’information. Et ce n’est pas surprenant: les sept années d’emprisonnement volontaire du dénonciateur à l’ambassade de l’Équateur ont finalement été livrées aux autorités britanniques. Cependant, deux jours après cet événement très médiatisé, on assiste à une dégringolade et Assange n’est pas seulement qualifié de criminel.

    La nouvelle de l’arrestation d’Assange, qui s’est répandue dans le monde entier, a ému la communauté internationale et ne l’a pas laissé tranquille pour le deuxième jour. Le flux d’informations thématiques ne peut être comparé qu’avec les élections présidentielles de 2016 ou le vol de 2013 de l’ancien employé de l’Agence de sécurité nationale (NSA) Edward Snowden. C’est-à-dire que cet événement est une échelle mondiale et rien d’autre.

    La chose la plus intéressante est que pendant les années que Assange a passées en détention volontaire à l’ambassade équatorienne, lui, Assange, a été presque oublié. Le public occidental l’a qualifié de criminel qui a reçu des informations secrètes par des moyens malhonnêtes et l’a rendu public. Et beaucoup avaient des doutes sur l’exactitude des informations publiées par WikiLeaks.

    Cependant, la campagne présidentielle aux États-Unis en 2016, la victoire électorale de Donald Trump, puis l’enquête notoire sur le «cas russe» ont de nouveau partiellement ravivé l’intérêt pour le personnage d’Assange. L’une des accusations du procureur spécial Robert Muller est un accord entre Trump et son équipe avec WikiLeaks, par lequel les irrégularités commises au siège des démocrates, Hillary Clinton, ont été révélées.

    Un des employés du siège de Trump, un Roger Stone, s’est vanté par inadvertance, au cours de la campagne électorale de 2016, de ses «canaux de communication» avec le fondateur de WikiLeaks. Muller soupçonnait Stone d’être à l’origine de la publication de milliers de courriels de membres du parti démocrate presque immédiatement avant l’élection présidentielle. Et ce qui est lié à cet Assange.

    Il semblerait que le puzzle ait été formé et que l’anneau autour de Stone, Assange et Trump soit fermé. Mais Robert Muller n’a pas réussi à prouver cette connexion. Et cette conclusion extrêmement importante a servi de fondement aux véritables excuses d’Assange, qui fait maintenant l’objet d’une dénonciation tout à fait différente, le qualifiant de combattant de la liberté de parole, un journaliste innocemment blessé qui pourrirait en prison pour le prix Pulitzer.

    Journaliste ou espion?

    La première et la plus importante question que se posent les médias et les représentants de l’établissement est de savoir si Assange est un journaliste? Comme vous le savez, ils veulent juger l’Australie en vertu de la loi américaine, et la loi américaine a un concept clair du Premier amendement à la Constitution – des garanties de la liberté d’expression. Si nous considérons Assange en tant que journaliste, il est sous la protection de cet amendement. Et si comme un espion ou un pirate informatique – pas du tout.

    L’essentiel des accusations portées contre l’Australien ne tient pas au fait qu’il a publié illégalement aucune information, mais au fait qu’il a aidé l’ex-soldat Bradley Manning à pirater des systèmes informatiques militaires.

    Donc, Assange sera jugé comme un espion? Encore non. Le fait est qu’il n’a pas encore été accusé d’espionnage. Cette confusion au seuil de tout acte d’accusation clair ouvre un large champ de discussion. «Quand on lit l’acte d’accusation, on ne dirait pas qu’Assange est un journaliste», a déclaré Bruce Brown, directeur exécutif du Comité américain des journalistes pour la lutte pour la liberté d’expression.

    Barry Pollack, l’avocat d’Assange, estime qu’Assange devrait être traité exactement comme un journaliste, malgré le fait que son statut ne soit pas évident jusqu’à présent. L’avocat est convaincu que l’Australien a reçu et distribué des informations d’intérêt général, qu’il s’agisse de journalisme.

    Vol de secrets

    Toutefois, l’accusation tire très habilement sa conclusion: Assange est accusée non pas de divulgation d’informations secrètes, mais de son vol et de la dissimulation de Bradley Manning.

    Suivant – les points. Il est à noter que l’acte d’accusation Assange présentait de telles dispositions, que tout journaliste peut facilement reprocher. « Une partie du complot » est ce que Assange a pris des mesures pour se soustraire à l’enquête de Bradley Manning en tant qu’informateur pour WikiLeaks.

    «La plupart des journalistes d’investigation, sinon tous, prennent de telles mesures pour protéger leurs sources. L’acte d’accusation indique également: « Cela faisait partie d’un complot lorsqu’Assange a demandé à Manning de fournir des informations et des enregistrements provenant de ministères et d’agences américains ».

    Une autre accusation – Assange et Manning ont utilisé un dossier partagé dans le stockage en nuage WikiLeaks pour transférer des informations sensibles.

    En un mot, bien que l’accent soit mis sur le vol de secrets, l’enquête n’a pas échappé aux accusations d’Assange de la majorité coupable de journalistes.

    Combattant de la liberté

    Le nouveau rôle d’Assange n’est pas seulement un journaliste qui sera jugé comme journaliste. Certains pensent que la figure d’Assange est en train de devenir un symbole du double standard auquel ont recours les médias occidentaux.

    Et en effet, rappelons-nous comment il a été noirci à l’amiable par tout le monde. La raison – l’enquête de Muller contre Trump. Et le dénonciateur australien de facto est devenu un maillon de la chaîne d’accusations contre le président de la Maison-Blanche.

    Mais la situation est hétérogène. Assange, une partie du public auparavant blanchie à la chaux, l’attaque maintenant, et une autre partie était ses ennemis déclarés, et ils parlent maintenant de la liberté d’expression.

    A ce stade, il est important de préciser l’essentiel: la figure d’Assange acquiert progressivement un caractère symbolique.

    Assange n’est plus seulement un Australien détenu, le fondateur de WikiLeaks, mais il est pour certains le coupable de certains vols d’informations secrètes et, pour d’autres, d’un symbole de la lutte pour la liberté d’expression. Et dans le monde occidental, on repense déjà cette image, ça donne à réfléchir. Cependant, cela sauvera-t-il Assange de son extradition vers les États-Unis et d’une peine de prison à vie? À peine.

    http://katehon.com/article/public-defense-assange-what-reason

    Julian Assange : 10,2 milliards de dollars contre la vie d’un homme ?

    Julian Assange : 10,2 milliards de dollars contre la vie d’un homme ?

    Julian Assange arrested What now for the Wikileaks founder-Capture d’écran Chanel4 News

    L’histoire retiendra que le 11 avril 2019 le droit d’asile a été bafoué par l’Équateur et son président. Un triste jour pour les lanceurs d’alerte, un triste jour pour la vérité !

    Par Yannick Chatelain.

    Comme je l’avais évoqué le jour même de son arrestation, l’information – au conditionnel – sur une arrestation imminente de Julian Assange avait été jugée suffisamment crédible pour que Nils Melzer, le Rapporteur spécial de l’Organisation des Nations Unies sur la torture, mette en garde le 5 avril 2019 le gouvernement équatorien du Président Lenín Moreno en l’invitant à « s’abstenir d’expulser M. Assange… ou de cesser ou de suspendre son asile politique de toute autre manière », rappelant que si Assange était renvoyé de l’ambassade, il risquait « que les autorités britanniques l’arrêtent et que les États-Unis l’extradent ».

    Il pointait le fait qu’« une telle réponse pourrait l’exposer à un risque réel de violations graves de ses droits humains, notamment sa liberté d’expression, son droit à un procès équitable et l’interdiction des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

    Cette mise en garde et exhortation n’a nullement impressionné le gouvernement de Lenín Moreno qui a laissé procéder le 11 avril à l’arrestation de Julian Assange. Pour justifier cette arrestation, et son placement en garde à vue, Scotland Yard a dans un premier temps évoqué un mandat délivré en juin 2012 par un tribunal londonien pour non-présentation à la justice. Un délit passible d’un an de prison. Délit pour lequel il a été immédiatement reconnu coupable.

    Dans un second communiqué, la police britannique a indiqué que nonobstant ce mandat, son arrestation répondait  également à « une demande d’extradition » formulée par les autorités américaines. Ce que Julian Assange et ses défenseurs redoutaient le plus.

    En 2015 Julian Assange avait à ce sujet déclaré depuis l’ambassade ne pas redouter la peine de mort (encore pratiquée dans une majorité des États américains).

    « Ça ne veut pas dire que le risque n’existe pas que je finisse comme un mort vivant. Il y a aux États-Unis des lois pour les cas de sécurité nationale et de terrorisme. Ils mettent des gens au secret. (…) Il faut être réaliste. Ce n’est pas un système où, si vous êtes un cas de sécurité nationale, vous pouvez attendre de la justice. Il ne faut pas s’attendre à de la justice pour moi. »

    Le monde a pu découvrir le 11 avril un Julian Assange dans la fleur de l’âge, 47 ans, aux allures de vieillard, une image qui fait mal et qui fait (devrait faire) honte. Le 11 avril le monde entier pouvait voir les effets sur un homme de ce qui relève d’une torture psychologique dans la durée.

    Quant à l’extradition, on peut aisément comprendre le fondement des craintes de Julian Assange au regard du traitement inhumain qui est réservé à Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte que la justice américaine tente actuellement par tout moyen de briser !

    UN CALENDRIER QUI INTERROGE

    Le mercredi 10 avril, le chef de l’état Lenin Moreno annonçait triomphalement à la télévision équatorienne :

    « Nous allons recevoir plus de 10 milliards de dollars à des taux inférieurs à 5 % en moyenne et sur des durées jusqu’à 30 ans », a déclaré le chef de l’État à la télévision équatorienne. » Il peut pour cela remercier : le FMI qui  prendra en charge 4,2 milliards de dollars, pour ce qui concerne les 6 milliards restants. »

    Lenin Moreno peut remercier la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque intéraméricaine de développement (BID), la Banque de développement d’Amérique latine et le Fonds de réserves latino-américain.

    Je laisse chacun juge d’un calendrier des événements les plus marquants dans cet imbroglio et cette issue inédite en matière de droit d’asile.

    • Depuis le 8 mars, Chelsea Manning est torturée psychologiquement pour la contraindre par l’emprisonnement à se renier à huis clos devant un grand jury. Ce qu’elle refuse.
    • Le 5 avril, alerte de Wikileaks sur une arrestation imminente d’Assange. Injonction le même jour de Nils Melzer très inquiet de la situation…
    • Le 10 avril l’Équateur reçoit plus de dix milliards de dollars…
    • Le 11 avril le sort de Julien Assange était scellé : arrêté dans l’ambassade et de fait désormais sous le coup d’une extradition. Quant à l’argumentation du chef d’état équatorien, qu’en dire sans en être stupéfait ?

    Vidéo intégrée

    Lenín Moreno

    @Lenin

    Ecuador decidió soberanamente retirar el asilo diplomático a Julian Assange por violar reiteradamente convenciones internacionales y protocolo de convivencia.

    23,9 k personnes parlent à ce sujet

    « J’annonce aujourd’hui que le comportement irrespectueux et agressif de Julian Assange, les déclarations discourtoises et les menaces formulées par Wikileaks à l’encontre de l’Équateur, et surtout la violation des règles internationales de matière d’asile, ont rendu insoutenable le maintien de cet asile pour Julian Assange. Et la patience de l’Équateur est arrivée à sa limite »

    La limite de la patience de l’équateur intègre-t-elle dans cet imbroglio la somme évoquée ? Il est notable que les relations entre l’ambassade équatorienne et Julian Assange s’étaient tendues ; en 2018 le fondateur de WikiLeaks avait reçu une liste des « règles de la maison » à respecter s’il voulait pouvoir continuer d’utiliser Internet : nettoyer sa propre salle de bain, payer sa propre nourriture, son linge et ses appels téléphoniques, prendre soin de son chat…  Une approche jugée humiliante par Julian Assange qui avait alors attaqué l’Équateur à propos de ses conditions de vie.

    Comme l’avait alors fait remarquer lors d’une conférence de presse son avocat Baltasar Garzon :  « Il est détenu dans des conditions inhumaines depuis plus de six ans » soulignant que « même les personnes emprisonnées ont des appels payés à l’État »

    HAUTE TRAHISON DU DROIT D’ASILE MENSONGES ÉHONTÉS ET RETOURNEMENT DE VESTE

    Même si des tensions préexistaient depuis le changement de gouvernance, l’argumentation de Lenín Moreno sur sa patience limitée est pour le moins légère – pour ne pas la qualifier de ridicule – pour justifier une décision qui expose désormais Julian Assange à un risque réel de violation de ses droits humains les plus fondamentaux.

    Quant à  la déclaration du ministre des Affaires étrangères Jose Valencia qui a été rapportée par El Telegrapho – pour ce qui concerne la demande d’extradition formulée par les États-Unis – elle n’est pas moins folklorique :

    « Nous ne savions pas qu’il y avait une demande à cet égard, alors la décision de l’Équateur a été prise indépendamment de toute considération à cet égard. »

    L’ex-président de l’Équateur évoque lui une simple vengeance et fait une synthèse qui résume pour partie le sentiment de nombreux observateurs :

    « On ne livre pas une victime à ceux qui le persécutent, ou alors on s’humilie à la face du monde entier et on contrevient au principe de protection qui est la base de l’asile. »

    Au-delà de tous les tenants et aboutissants d’une telle issue, une piste de vengeance est souvent évoquée ; cette dernière semble crédible pour El Espectador, qui se demande également si Julian Assange n’est pas une « victime collatérale de la guerre larvée que se livrent l’ancien et l’actuel président de l’Équateur ».

    LE CRI D’ASSANGE : « LE ROYAUME-UNI DOIT RÉSISTER ! »

    À l’aune d’un nouveau combat qui va consister à éviter l’extradition, Assange appelle à la résistance. Aux États-Unis, inutile de dire qu’il ne pourrait pas compter sur le soutien de l’administration de Donald Trump. Comme le mentionne un article du Guardian, le soutien apporté lors des dernières élections présidentielles américaines à Julian Assange était dans le camp Trump sans aucune ambiguïté.

    Et si Donald Trump a déclaré à la presse, juste après l’arrestation de Julian Assange, avec une vulgaire désinvolture : «  Je ne connais rien de Wikileaks, ce n’est pas mon truc » ( « I know nothing about Wikileaks. It’s not my thing. »), il a une mémoire défaillante : The Guardianrappelle à Donald Trump et au monde entier que « Donald  Trump a vanté WikiLeaks durant la campagne électorale, plus de 164 fois au cours du dernier mois de la campagne. »

    « WikiLeaks – J’aime WikiLeaks », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement ». Lors d’un autre meeting son amour était débordant : « Ce WikiLeaks est comme un trésor. » Même après les élections son soutien ne s’est pas démenti : « Je dis simplement ce qu’il dit (en parlant de Julian Assange) c’est aux gens de se faire leur propre opinion sur ce qui est la vérité »…

    En attendant la suite des événements, l’histoire retiendra que le 11 avril 2019 le droit d’asile a été bafoué par l’Équateur et son président. Un triste jour pour les lanceurs d’alerte, un triste jour pour la vérité ! Si le président de l’Équateur a choisi de jouer la carte du déshonneur pour des raisons qu’il reste à éclaircir, le Royaume-Uni peut encore, dans un contexte où l’on sait – quoi que l’on pense de l’action de Wikilieaks et d’Assange – le traitement inhumain qui attendrait l’homme en cas d’extradition,  sauver ce qui peut être sauvé de l’honneur et écouter le cri d’Assange :

    « Le Royaume-Uni doit résister ! »

    Le cas échéant, si le cri d’Assange n’est pas entendu, si l’acharnement que subit Chelsea Manning se poursuit, la moralité de cette histoire serait la suivante : pour ne pas avoir à répondre de crimes de guerre et s’en laver les mains, l’important… in fine, c’est de gagner la guerre !

    « Si le juge était juste, peut-être que le criminel ne serait pas coupable. » (Fiodor Dostoïevski)

     

    https://www.contrepoints.org/2019/04/15/341634-julian-assange-102-milliards-de-dollars-contre-la-vie-dun-homme?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=c6b6e2b8d2-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-c6b6e2b8d2-114031913&mc_cid=c6b6e2b8d2&mc_eid=acae01963f

    Assange ? “C’est pas mon truc”

    Assange ? “C’est pas mon truc”

    Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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    1843

    Assange ? “C’est pas mon truc”

    12 avril 2019 – Pour commencer à propos de cette affaire si parfaitement illustrative de ces temps d’ignominie qu’on ne déguise même plus, on s’en tiendra, dedefensa.org et moi, à la transcription de deux commentaires (tous deux rapportés par ZeroHedge.com) qui ont le mérite de mettre dans la bonne perspective l’affaire Assange dans son dernier développement.

    (A côté de quoi, latéralement dirais-je, on doit signaler aussi que cette affaire a déclenché une avalanche de tweets dont bon nombre montrent une haine ricanante là aussi sans aucun apprêt de dissimulation, notamment de la part de journalistes de la presse britannique, de cette presse britannique “libé-chic” (type-GuardianThe Independent, BBC), réputée pour son libéralisme et son affection pour les “valeurs” auxquelles il nous est ordonné à tous de faire les dévotions qui importent, – droits de l’homme, liberté de la presse et autres viennoiseries ; lesquels journalistes, puisque c’est leur titre, s’affichent comme dotés d’une grande liberté d’esprit critique et s’alignant par conséquent et fort vertueusement pour la suite sur les méthodes cruelles, illégales et dignes du crime organisé des autorités anglo-saxonnes. Rien à redire à cet égard, dans le rangement duquel le caractère de zombie-luciférien a sa place là où il faut, et l’enthousiasme devant le sort épouvantable fait à un homme dont la situation constituait a contrario un éclairage constant de ce caractère.)

    • Le premier de ces commentaires est celui d’une autorité officieuse chinoise : « Le rédacteur en chef du Global Times [Hu Wjing], largement considéré comme le porte-parole de Pékin, a commenté vivement l’arrestation d’Assange, le comparant au dissident chinois Liu Xiaobo, le “Nelson Mandela chinois”. »
    Le tweet de Hu Wjing : « Assange et Liu Xiaobo ont défié [leur pouvoir respectif].Liu a reçu le prix Nobel de la paix en Occident, Assange a été chassé conjointement par les pays occidentaux. Si Assange avait visé la Chine, la Russie ou l’Iran, il n’aurait pas fini comme ça. Il a choisi la mauvaise cible. »
    • Le second de ces commentaires est celui du président Trump, commentaire pour une fois à découvert et sans stratagème, complètement piteux, montrant que le personnage de la téléréalité se trouve, cette fois hors-caméra et hors-maquillage, dans une position sans grandeur ni la moindre légitimité. Trump s’est rarement montré aussi médiocre et “déplorable”, cette fois selon un très juste emploi du mot, complètement différent de l’usage qu’en fit Hillary Clinton. Trump dit simplement qu’il n’a rien à voir avec Assange, donc avec l’arrestation d’Assange (“WikiLeaks, c’est pas mon truc”), dévoilant ainsi au monde stupéfait (qui devrait être stupéfait, s’il écoutait) que ce président si impératif et proclamateur de sa légitimité, s’occupant de tout et ayant son mot à dire de tout au nom de son autorité, s’arrange fort bien de n’en avoir aucune dans une affaire d’une telle importance symbolique. Trump n’est pas un neocon belliciste qui a trahi ses engagements, c’est un homme dont la force de caractère est mesurée, selon l’image de Theodore Roosevelt à propos du président McKinley, par le cas d’une étrange anatomie qui fait qu’il a un éclair au chocolat à la place de la colonne vertébrale.
    « Sentant clairement la pression de ses nombreux partisans qui sympathisent avec Assange, le président Trump a déclaré aux journalistes du pool de presse de la Maison-Blanche : “Je ne sais rien sur Wikileaks. C’est pas mon truc… Je n’ai pas vraiment d’opinion.”
    » Bien sûr, le candidat de l’époque [présidentielles de 2016], M. Trump, avait fait l’éloge de Wikileaks à plusieurs reprises au cours de la campagne après que cette organisation eut publié plusieurs livraisons de courriels prétendument volés au DNC et au directeur de la campagne Clinton, John Podesta (un des fils de Trump aurait également échangé des messages Twitter avec le groupe).
    » Quoi qu’il arrive ensuite, ce sera au procureur général de décider,  [laisse dire Trump]…
    » Pendant ce temps, les partisans d’Assange se sont mis à twitter pour rappeler au président son soutien à l’organisation pendant la campagne. Sean Hannity, un animateur de Fox News avec qui Trump entretient des relations étroites, avait même offert un jour de faire d’Assange l’invité de son show d’information. »
    Ainsi voici l’affaire exposée, sinon expédiée. On peut rajouter, pour renforcer ce sentiment de dégoût d’appartenir à ce qui est en général désigné comme l’espèce humaine, quelques-unes des remarques exubérantes des honorables parlementaires de l’exceptionnaliste et modèle de la plus grande démocratie du monde, inventrice du concept de la corruption ontologique comme manière d’être ; cela, ces citations, histoire de se laver l’estomac grâce à ce mécanisme biologique de rejet de l’inacceptable qui vous fait vomir. Il suffit de citer le sénateur Joe Machin : « Ce sera vraiment bien de le ramener sur le sol américain. Il est notre propriété et nous pouvons obtenir les faits et la vérité de lui. » Moi, j’aurais fait plus court, sénateur, quelque chose comme : “Il est à nous désormais, et on va pouvoir en faire ce qu’il nous plaît”, – et moi, je sais ce qui vous plaît, sénateur, de Guantanamo à Abou Graib.

    Je ne vais pas m’attarder au calvaire qu’a subi et que va continuer à subir Assange, à qui il ne reste plus qu’à se battre comme un lion dans les dédales des lois que ces gens bafouent comme les barbares qui pillent, brûlent, violent et massacrent. Quels que soient les traits de son caractères, ses actes, ses faiblesses et ses vertus, Assange est devenu le symbole du martyre que cette Bête monstrueuse et répugnante, – ce que je nomme le Système, – fait subir à ceux qui la défient. Nous sommes bien au-delà de l’effondrement d’une civilisation et de la loi de la jungle, qui paraissent pleins d’humanité à côté du spectacle du déchaînement de cette Bête monstrueuse. Aucun qualificatif n’est concevable hors ceux qui s’appliquent au Mal absolu et au rituel de la fureur du Diable.

    Il y a dans cette volonté aveugle de punition et de châtiment hors de tout calcul et au-delà du machiavélisme la marque même des affrontements suprêmes que nous enseignent les Livres Sacrés à propos des batailles livrées contre le Mal. Nous voyons confirmé encore une fois, par conséquent, que ce que nous désignons aujourd’hui comme la Grande Crise n’est pas un événement de plus, même tragique, dans l’histoire-Système que l’on enseigne dans les établissements universitaires. Il s’agit de se hausser au niveau de la métahistoire : à cette aune, Assange le martyre devient effectivement un symbole qui dépassera son propre destin. Il n’est pas assuré que le Système aura ainsi réalisé une “opération” habile, – car le Système prétend être un combattant habile, – parce que la cruauté nue et le goût de la vengeance sont des passions encombrantes pour la manœuvre, en plus d’être inhumaines.

    D’où j’en reviens à ma longue devise plusieurs fois reprise et répétée, comme un miroir de la Tradition primordiale que nous tend Guénon ; je crois et je pense que le sort que le Système réserve à Assange la justifie complètement : « On dit même que le diable, quand il veut, est fort bon théologien; il est vrai, pourtant, qu’il ne peut s’empêcher de laisser échapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature… »

    http://www.dedefensa.org/article/assange-cest-pas-mon-truc

    Les valeurs américaines: les ambassades sont pour couper les journalistes en morceaux, pas pour les protéger

    Les valeurs américaines: les ambassades sont pour couper les journalistes en morceaux, pas pour les protéger

    Bryan MacDonald
    Bryan MacDonald est un journaliste irlandais basé en Russie.
    Les valeurs américaines: les ambassades sont pour couper les journalistes en morceaux, pas pour les protéger
    Partout dans le monde, des personnes loyales ont à juste titre condamné l’arrestation de Julian Assange ordonnée par les États-Unis. Cependant, peu de gens ont remarqué comment cela s’inscrivait dans un schéma d’hypocrisie américaine en ce qui concerne le traitement des journalistes.

    Il y a six mois à peine, Jamal Khashoggi avait été assassiné et mis à mort par des agents saoudiens au consulat du royaume à Istanbul. Il a été chroniqueur au Washington Post et rédacteur en chef de la chaîne Al-Arab News, connue pour ses critiques acerbes sur la guerre illégale contre le Yémen soutenue par les États-Unis.

    En dépit d’une conclusion de la CIA selon laquelle le prince héritier Mohammed bin Salman avait ordonné l’assassinat macabre, le président Donald Trump restait aux côtés de son allié et aucune sanction ou sanction significative ne fut infligée à Riyad.

    La Turquie elle – même reste un membre de l’ OTAN, et proche partenaire américain, en dépit de la tenue plus de journalistes derrière les barreaux que toute autre nation sur la terre. Ce chiffre s’élevait à 68, à la fin de l’année dernière, environ le quart du total mondial de 251. 

    Nous avons maintenant l’acte d’accusation d’Assange, qui cherche à criminaliser les fonctions de base du journalisme. Par exemple, garder les sources anonymes ou supprimer des enregistrements de conversations. En effet, cela semble également être une violation du premier amendement américain.

    Il a été pris pour cible par Washington pour avoir révélé des preuves d’atrocités effroyables perpétrées par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Assange a donc cherché refuge dans la petite ambassade de Londres en Équateur.

    Ce qui a suivi a été une pression incessante sur Quito pour qu’il renverse l’asile qu’il a accordé au fondateur de Wikileaks et a abouti à son arrestation.

    Si ce mépris de la presse se limitait à la Maison-Blanche, l’établissement américain pourrait poursuivre sa tactique actuelle consistant à accuser Trump de tout ce qui est néfaste. Mais le parti d’opposition est tout aussi mauvais. Témoin du plus haut démocrate à Washington, Chuck Schumer, tweetant son plaisir de la détention d’Assange. 

    Chuck Schumer

    @SenSchumer

    Now that Julian Assange has been arrested, I hope he will soon be held to account for his meddling in our elections on behalf of Putin and the Russian government.

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    Cela dit, le déclin des normes morales et de la malhonnêteté rampante parmi les dirigeants américains est vaste. Par exemple, demandant cette semaine pourquoi Washington avait approuvé la saisie israélienne des hauteurs du Golan mais sanctionné la Russie pour sa réabsorption de la Crimée, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré aux sénateurs qu’il existait une  » doctrine de droit international « , qui serait expliquée plus tard. Bien sûr, il s’est avéré cela n’existait pas.

    Le patron de Pompeo lutte également avec la vérité. Jeudi, Trump a déclaré: « Je ne connais rien à WikiLeaks. Ce n’est pas mon truc.

    Pourtant, en 2016, il l’a qualifié de  » trésor  » en disant  » J’aime WikiLeaks « . 

    Embedded video

    CBS News

    @CBSNews

    President Trump: « I know nothing about WikiLeaks. It’s not my thing. »

    During the 2016 campaign, Trump called WikiLeaks « a treasure trove » and said, « I love WikiLeaks » https://www.cbsnews.com/news/south-korean-president-visits-trump-white-house-today-2019-04-11-live-updates/ 

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    La focalisation américaine incessante sur Assange et la détermination de le traquer font partie d’un manque de respect croissant envers le journalisme dans un pays qui se targuait autrefois de  » valeurs « . Ces jours-ci, le président qualifie la presse d ‘ » ennemi du peuple ». ”Et des éléments des mêmes médias se réjouissant de l’arrestation d’un collègue journaliste.

    Néanmoins, pourquoi la haine d’Assange est-elle si intense, car elle transcende les lignes de parti et les idéologies? C’est peut-être parce qu’il a montré à l’Amérique ce qu’elle est réellement, plutôt que la manière dont elle aime être perçue.

    Vous pensez que vos amis seraient intéressés? Partagez cette histoire!

    Les déclarations, opinions et opinions exprimées dans cette colonne sont celles de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celles de RT.

    https://www.rt.com/op-ed/456344-assange-khashoggi-embassy-us-values/

    Lanceurs d’alerte et journalistes: la vague collaborative lancée par Assange a dépassé Wikileaks

    Lanceurs d’alerte et journalistes: la vague collaborative lancée par Assange a dépassé Wikileaks

    Lanceurs d'alerte et journalistes: la vague collaborative lancée par Assange a dépassé Wikileaks
    portrait

    Des montagnes de données qui se transforment en vagues de révélations: Wikileaks et son fondateur Julian Assange ont transformé ces dernières années le travail des journalistes avec les lanceurs d’alerte.

    Le principe de l’ONG, fondée en 2006 par l’Australien Julian Assange, est simple: elle permet de mettre en ligne des documents compromettants, sans que la source soit identifiée.

    Ces documents ont permis à Wikileaks de révéler des scandales sur une bavure de l’armée américaine en Irak ou sur les dessous de la diplomatie américaine.

    Depuis, de nombreuses plateformes protégeant les lanceurs d’alerte ont éclos à travers le monde, sans atteindre l’envergure de Wikileaks. Et rares sont les grands médias qui n’ont pas une adresse où « Anne O’Nyme » peut déposer des documents brûlants.

    Ces révélations en masse, correspondant à l’exigence de transparence totale du fondateur de Wikileaks, posent pourtant de sérieuses questions éthiques et pratiques aux journalistes.

    Jeudi, les journalistes à travers le monde étaient partagés sur ce que signifiait l’arrestation du fondateur de Wikileaks à Londres, après 2.487 jours dans l’ambassade d’Equateur.

    Hacker dans sa jeunesse, activiste pour la liberté d’information, se présentant comme journaliste ou rédacteur en chef, Julian Assange est à l’image de ces contradictions.

    Les Etats-Unis, qui demandent son extradition, lui reprochent d’avoir aidé Bradley Manning –qui a depuis changé d’identité sexuelle pour devenir Chelsea Manning– à obtenir un mot de passe du ministère de la Défense: une accusation qui pourrait être portée contre de nombreux journalistes d’investigation.

    Reporters sans frontières a d’ailleurs demandé au Royaume-Uni de ne pas extrader Assange vers les Etats-Unis pour des demandes qui « viseraient à sanctionner ses activités liées au journalisme ».

    Pour Edward Snowden, « l’arrestation de cet éditeur -que ça vous plaise ou non- de journalisme multiprimé finira dans les livres d’histoire », a tweeté cet ex-employé de la NSA à l’origine de révélations sur des programmes de surveillance de masse.

    -« Répercussions partout »-

    « Ils ont changé le journalisme », a déclaré à l’AFP Stefania Maurizi du journal italien La Repubblica, qui travaille sur les dossiers de Wikileaks depuis 2009. « Leurs méthodes, leurs intuitions, ont été copiées partout ».

    Dès 2011, des journaux travaillant avec Wikileaks avaient pourtant estimé que les documents publiés étaient susceptibles de « mettre certaines sources en danger ». La critique sera également formulée par le lanceur d’alertes Edward Snowden.

    La publication d’emails internes au parti démocrate aux Etats-Unis, qui ont facilité l’élimination d’Hillary Clinton, ou celle de mails internes de la campagne d’Emmanuel Macron, ont notamment semé le doute. Des informations personnelles sensibles ont aussi été révélées, sans intérêt pour la société.

    « Jamais aucun document faux n’a été révélé », souligne Stefania Maurizi. « Et ils sont publiés au moment le plus adapté pour leur donner de l’impact ».

    Les services de renseignements américains ont depuis établi que les emails démocrates avaient été piratés par des hackeurs russes dans le cadre d’une campagne de Moscou pour influencer la présidentielle américaine.

    Avec ces énormes volumes de données, les journalistes ont surtout appris à collaborer pour leurs enquêtes, au-delà de leurs rivalités personnelles ou de celles de leurs titres.

    Le scandale des « Panama Papers » a pu être révélé en avril 2016 grâce au travail d’une centaine de journaux rassemblés dans le Consortium international des journalistes d’investigation. « Les faits ont désormais des répercussions partout. Nous avons besoin de plateformes globales », souligne Stefania Maurizi.

    De plus en plus de journalistes ont aussi appris à travailler avec ces lanceurs d’alertes qui, s’ils sont aussi vieux que la presse, apportent désormais avec eux des milliers de pages de preuves de ce qu’ils avancent.

    Le Parlement européen doit d’ailleurs voter lundi des mesures de protection accrue des lanceurs d’alerte face aux représailles économiques ou aux guerres d’usure juridiques lancées par leurs employeurs.

    Ces fuites d’informations sont devenues « l’élément d’un contre-pouvoir citoyen face aux multinationales », notamment en matière fiscale, souligne Virginie Rozière, députée européenne (Socialists and Democrats, gauche) et rapporteure du projet de directive.

    Plus largement, l’ensemble de ces affaires a poussé de plus en plus de journalistes à communiquer via des messageries cryptées, comme Signal ou Wire. Et à garder leurs documents sur des serveurs sûrs pour éviter une surveillance informatique généralisée dont ils sont maintenant conscients.

    https://pro.orange.fr/actualites/lanceurs-d-alerte-et-journalistes-la-vague-collaborative-lancee-par-assange-a-depasse-wikileaks-CNT000001eUr0b.html

    Wikileaks: Assange arrêté par la police britannique à Londres

    Wikileaks: Assange arrêté par la police britannique à Londres

    Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, réfugié depuis sept ans dans l’ambassade d’Equateur à Londres, a été arrêté, a annoncé aujourd’hui Scotland Yard.

    » LIRE AUSSI – Wikileaks: Julian Assange arrêté à Londres

    «Julian Assange, 47 ans, a été arrêté aujourd’hui, jeudi 11 avril, par des agents du service de la police métropolitain (MPS) à l’ambassade d’Équateur», a annoncé Scotland Yard, expliquant que l’arrestation a été menée en vertu d’un mandat de juin 2012 délivré par le tribunal londonien de Westminster, pour non présentation au tribunal. Julian Assange a été placé en garde à vue dans un commissariat londonien et sera «présenté au tribunal de Westminster dès que possible».

    Cheveux et barbe blanche, Julian Assange a été porté hors de la représentation diplomatique équatorienne peu après 9 heures par six policiers habillés en civil jusqu’à un fourgon de police, selon une vidéo de son arrestation. L’arrestation a été confirmée par le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid. «Près de 7 ans après être entré à l’ambassade équatorienne, je peux confirmer que Julian Assange est actuellement en garde à vue et fera face à la justice au Royaume-Uni», a tweeté Sajid Javid, ajoutant «personne n’est au-dessus des lois».

    VOIR AUSSI – «L’Equateur a souverainement décidé de mettre fin à l’asile diplomatique de M. Assange»

    «L’Equateur a souverainement décidé de mettre fin à l’asile diplomatique de M. Assange»
    Dans une allocution, le président de l’Equateur, Lenin Moreno a détaillé pourquoi il avait décidé « souverainement » de retirer l’asile diplomatique accordé à Julian Assange en 2012.
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    WikiLeaks a réagi sur le même réseau social en accusant l’Equateur d’avoir «illégalement mis fin à l’asile politique d’Assange, en violation du droit international» et avoir «invité» la police britannique dans l’enceinte de l’ambassade. De son côté, Moscou a rapidement réagi en accusant Londres d’«étrangler la liberté».

    Le président équatorien a défendu sur Twitter le retrait du statut d’asile à Julian Assange, une décisions présentée comme «souveraine» et prise «après ses violations répétées des conventions internationales et des protocoles de la vie quotidienne». «J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort. Le gouvernement britannique me l’a confirmé par écrit», a ajouté le président Moreno.

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    EN SAVOIR PLUS

    Son prédécesseur Rafael Correa, exilé en Belgique depuis 2017, a accusé son successeur Lenin Moreno d’être responsable de l’arrestation du fondateur de Wikileaks Julian Assange à Londres, le qualifiant de «plus grand traître de l’histoire latino-américaine». «Cela met la vie d’Assange en danger et humilie l’Equateur. Jour de deuil mondial», écrit Rafael Correa sur son compte Twitter, dénonçant également «un crime que l’humanité n’oubliera jamais» peu après l’arrestation d’Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres.

    VOIR AUSSI – Retour sur l’affaire Julian Assange

    Retour sur l’affaire Julian Assange
    Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, réfugié depuis 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres, a été arrêté le 11 mars par la police britannique. Retour sur les faits.
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    LIRE AUSSI :
    » Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, inculpé aux États-Unis

    Julian Assange a été arrêté par la police britannique, « illégalement » selon WikiLeaks

    Julian Assange a été arrêté par la police britannique, « illégalement » selon WikiLeaks

    BELGA ET AFP Publié le – Mis à jour le 

    13034
    INTERNATIONALLe fondateur de WikiLeaks Julian Assange, réfugié depuis sept ans dans l’ambassade d’Equateur à Londres, a été arrêté, a annoncé jeudi Scotland Yard.

    « Julian Assange, 47 ans, a été arrêté aujourd’hui, jeudi 11 avril, par des agents du service de la police métropolitain (MPS) à l’ambassade d’Équateur », a annoncé Scotland Yard, expliquant que l’arrestation a été menée en vertu d’un mandat de juin 2012 délivré par le tribunal londonien de Westminster, pour non présentation au tribunal.

    M. Assange a été placé en garde à vue dans un commissariat londonien et sera « présenté au tribunal de Westminster dès que possible ».

    Cheveux et barbe blanche, Julian Assange a été porté hors de la représentation diplomatique équatorienne peu après 09H00 GMT par six policiers habillés en civil jusqu’à un fourgon de police, selon une vidéo de son arrestation.

    L’arrestation a été confirmée par le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid. « Près de 7 ans après être entré à l’ambassade équatorienne, je peux confirmer que Julian Assange est actuellement en garde à vue et fera face à la justice au Royaume-Uni », a tweeté M. Javid, ajoutant « personne n’est au-dessus des lois ».

    WikiLeaks a réagi sur le même réseau social en accusant l’Equateur d’avoir « illégalement mis fin à l’asile politique d’Assange, en violation du droit international » et avoir « invité » la police britannique dans l’enceinte de l’ambassade.

    De son côté, Moscou a rapidement réagi en accusant Londres d' »étrangler la liberté ».

    Décision « souveraine »

    Le président équatorien a défendu sur Twitter le retrait du statut d’asile à Julian Assange, une décisions présentée comme « souveraine » et prise « après ses violations répétées des conventions internationales et des protocoles de la vie quotidienne ».

    Le gouvernement du président Lenin Moreno a récemment dénoncé des atteintes répétées de la part de Julian Assange aux règles régissant ses conditions d’asile dans l’ambassade équatorienne.

    Depuis octobre, Quito appliquait au fondateur australien de WikiLeaks un protocole qui régule notamment ses visites et ses communications à l’intérieur de la légation, et prévoyait aussi que son non-respect implique un retrait de l’asile.

    Julian Assange s’est réfugié dans l’ambassade en 2012 pour éviter d’être extradé vers la Suède, où il était accusé de viol, un dossier depuis classé.

    L’Australien de 47 ans, naturalisé équatorien en 2017, était sous le coup d’un mandat d’arrêt britannique pour violation de ses conditions de liberté surveillée. Ses soutiens redoutent avec cette arrestation qu’il soit extradé vers les Etats-Unis pour la publication en 2010 sur son site de milliers de documents confidentiels du département d’Etat et du Pentagone.

    Julian Assange a fondé en 2006 WikiLeaks, qui s’est fait connaître du grand public trois ans plus tard avec la publication de centaines de milliers de messages de bipeurs envoyés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001.

    L’ONG est ensuite allée crescendo dans ses révélations, publiant la vidéo d’une bavure de l’armée américaine en Irak, puis des milliers de documents militaires sur l’Afghanistan.

    Au total, le site revendique avoir publié « plus de 10 millions de documents » concernant la finance, le divertissement ou la politique.

    © AFP
    Belga et AFP
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