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La splendeur de l’Anderson

La splendeur de l’Anderson

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 14 septembre 2019

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La splendeur de l’Anderson

14 septembre 2019 – Jusqu’il y a peu, je restais encore et tout à fait accessoirement pour le peu d’intérêt que je portais au cas, sur un jugement au mieux dérisoire et un peu méprisant pour l’actrice Pamela Anderson. Je connaissais vaguement sa notoriété de mannequin sexy, de playmate pour Playboy (recordwoman des photos de couverture, treize fois entre 1989 et 2011), de vedette de la série Alerte à Malibu, de ses innombrables mariages et liaisons tonitruantes, vidéos dites “porno-érotiques” avec l’un ou l’autre de ses maris, etc., bref l’archétype de celles qu’on catégorise également comme des bimbos.

Entretemps, j’appris, là encore tout à fait accessoirement, qu’elle défendait des causes, notamment celle de la défense des animaux, ce qui n’était pas antipathique. Mais cela restait bien accessoire, et mon jugement restait celui d’une pauvre créature à la fois victime et complice du système de l’entertainment-sexy, qui constitue une des branches actives de déstructuration du Système. Tout cela, jusqu’au jour où j’appris qu’elle était devenue une visiteuse assidue de Assange, coincé dans son ambassade équatorienne de Londres. Cela éveilla mon intérêt pour elle, quoique certains pouvait y voir des missions du type “repos du prisonnier”. On se défait difficilement des jugements accessoires suggérés pour le Système, tant qu’on ne les a pas explorés au plus près pour les pulvériser.

Ces dernières semaines, j’ai enfin complètement révisé ce jugement, et ne considère plus qu’il soit accessoire. Anderson, qui est aussi une véritable actrice, s’est révélée comme une femme courageuse, sinon héroïque. Elle continue à suivre Assange et elle a été l’un de ses premiers visiteurs (deux heures en mai dernier) dans l’ignoble prison de Belmarsh où la démocratie britannique le retient dans des conditions féroces, que ni la Gestapo ni le NKVD ne désapprouveraient. (« Quand je l’ai vu, il était mince. Mais ses yeux étaient clairs et concentrés. Ses cheveux étaient peignés. Il était rasé de près. Il était prêt. Comme un soldat… Il a tant sacrifié et il est vulnérable maintenant. Il compte sur nous tous pour le sauver et il sait que nous l’emporterons si nous restons concentrés et implacables. »)

Désormais, tout le monde prend Anderson au sérieux, politiquement parlant. Elle a figuré avec un brio étonnant et une belle maîtrise de soi dans le fameux talk-show politique de ABC, ‘The View’. A la suite de cette performance, l’austère et spartiate site trotskiste que nous connaissons bien, WSWS.org, a consacré deux articles de suiteà celle dont les jugements rapides, dont le mien, faisaient une bimbo sans la moindre profondeur. Dans le premier, du 9 septembre (version française du 12 septembreWSWS.org rendait compte de l’émission du 6 septembre

« …Anderson a répondu de façon tranchante en posant la question: “Combien de personnes innocentes le gouvernement américain a-t-il tuées, et combien WikiLeaks en a-t-il tuées ?[…] L’armée a mis de nombreuses vies innocentes en danger”, a-t-elle déclaré.
» Un certain nombre de membres de l’auditoire ont applaudi aux déclarations factuelles et franches d’Anderson, qui sont si rares à la télévision commerciale. Meghan McCain[la fille du sénateur McCain, récemment décédé], visiblement en colère, a ordonné aux interrupteurs de “se calmer”.
» Anderson, malgré l’intervention provocatrice de McCain, a continué: “Des crimes de guerre ont été commis et ils doivent être punis et ils ne l’ont pas été. Personne ne s’est occupé des crimes de guerre qu’Assange a exposés, mais ils l’ont mis en prison pour le faire taire.” »

Le 13 septembre, donc, un deuxième article de WSWS.org était consacré à Anderson, cette fois avec une interview de l’actrice par le site trotskiste.

« WSWS.org a interrogé Anderson sur l’expérience de sa participation à ‘The View’. Elle a répondu : “Je suis toujours prête à avoir une conversation solide et j’en ai tant entendu. Mais là, j’ai vu avec stupéfaction cinq femmes intelligentes, pour lesquelles j’ai beaucoup de respect, avec tant de points de vue déformés, négatifs, désinformés et complètement propagandistes.”
» Elle a noté que cela était lié à une longue campagne de diffamation contre Assange : “J’entends les mêmes choses de beaucoup de gens : ‘Cet homme est mauvais’, ‘Il blesse des gens’, etc. Mais quand vous demandez pourquoi ou qui, ils ne savent pas ! Et il faut habituellement du temps, des heures ou des liens vers des faits avérés pour faire comprendre aux gens qu’ils ont été intoxiqués par la campagne de diffamation. Ça a malheureusement marché, et Julian n’a pas eu le soutien dont il avait besoin. »

Voilà… désormais, Anderson est complètement sur la liste noire du Système, car il apparaît bien qu’une défense et un activisme sérieux et politique en faveur d’Assange relèvent du “crime contre le Système” parmi les plus impardonnables. J’en veux pour un signe de plus une petite félonie de Wikipédia, qu’on peut mettre dans la même poubelle que les GAFA à cet égard, pour ce qui est du respect des consignes du Système. Dans le sujet que Wiki consacre à Pamela Anderson, – qui n’est pas rien : 25 003 signes ou 4 260 mots, – le nom d’Assange apparaît en tout et pour tout UNE SEULE FOIS, et accessoirement, sans aucune explication ni information sur l’activisme d’Anderson pour AssangeWikiveut bien vous dire qu’elle a pris position pour les Gilets-Jaunes et soutenu Mélenchon aux présidentielles (elle a vécu ces 3-4 dernières années en France), mais Assange, avec la description des conditions de sa détention, l’argument de son cas, etc., c’est du off limits pour le Système. (La phrase où le nom est mentionné cette SEULE FOIS : « En 2017, elle soutient la cause des migrants des camps de Calais et de Grande-Synthe en leur apportant des livres. La même année, elle apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon en vue de l’élection présidentielle française, appréciant son positionnement concernant Julian Assange et les droits des animaux… »)

Il y a tout de même des enseignements bien singuliers à tirer de ce cas Pamela Anderson. Voilà une femme qui, par faiblesse, à cause des circonstances, par jugements fautifs et passions factices, par entraînements des apparences-clinquantes et du plaqué-or de pacotille des célébrités faussaires et des obsessions de cette étrange époque invertie, en était arrivée à présenter l’image que j’ai décrite, et à laquelle moi-même j’ai complètement succombé. Mais les circonstances s’y mettent, et les événements incontrôlables que l’on sait, et la voilà qui révèle un caractère de rédemption où se glisse de l’héroïsme, – car il en faut pour affronter ces épreuves épouvantables mises en place par la communication-Système, ces charmantes conversations où se glissent des monstres type-Meghan McCain, qui se transforment alors en autant d’opérations de lynch public et télévisé. Et Anderson l’emporte haut la main malgré l’acharnement des Fouquier-Tinville de la philogynie guerrière, et alors “chapeau bas”… 

Manifestement, s’il fallait donner un classement politique, Anderson serait mise à gauche, ce qui serait complètement trompeur. Meryl Streep,  Robert De Niro et toute la bande progressiste-sociétale de Hollywood se disent également “de gauche” et ne souhaitent qu’une chose, mise à part une bonne petite guerre de plus : l’enfermement d’Assange dans une prison de torture où le Système vous rend fou, ce qui est son sort probable si l’Angleterre, entre deux Brexit manqués, le livre au Moloch qui attend son dû sur les terres du Mordor d’outre-Atlantique. Toute cette partie de ce monde qui sombre s’accroche à la défense de ses pauvres illusions, comme des privilèges de l’arrogance et de la facticité de la renommée et de la fortune en argent de papier-mâché. Il faudrait les avertir que, vous savez, les temps changent si vite, si vite, – par les temps qui courent… Et il n’y a qu’un seul classement acceptable, qui est par rapport au Système : Delenda Est Systemum, ou bien tant pis pour vous.

On peut et on doit ne pas s’empêcher une seule seconde, sans avoir froid aux yeux, d’observer à quel point cette lutte titanesque autour du Système, emporté dans son effondrement catastrophique, brouille toutes les images, tous les jugements faciles auxquels il nous obligeait jusqu’alors. Aucun lieu, aucune personne, fût-ce la plus futile et la plus factice comme semblait être si injustement Anderson, n’échappe aux obligations et aux pressions de l’immense Grande-Crise qui déchire notre civilisation, celle-là qui se croyait universelle et qui s’achève en une contre-civilisation catastrophique. Il faut le réaliser, chacun à sa manière, et assumer la responsabilité qui va avec ; Anderson le fait, « comme un soldat »…

Je voudrais tant insister sur cet aspect de la pénétration des psychologies d’une telle vérité-de-situation, cela qui influence nos pensées puis nos jugements, sans que nous en ayons pleine conscience ni, parfois, la moindre conscience. Il y a quelque chose d’un phénomène collectif en marche, sans que les composants de cette collectivité, – nous-mêmes, sapiens-sapiensde si grande prétention, – ne s’en avisent, sans qu’il y ait la moindre manigance humaine à son origine. La métahistoire, désormais, nous parle directement, par le biais de ces grands élans collectifs qui nous emportent ; écoutez-là, ce n’est pas inintéressant… C’est cette pénétration de toutes les psychologies, ce bouleversement jusqu’à la désintégrationdes simulacres patiemment élaborées pour nous tromper qui me fascinent, qui renforcent mon ardeur sans fin, mon élan sans compter, comme quelque chose d’extérieur à moi. Nul n’échappe à cette bataille immense, cet Armageddon de la postmodernité.

 https://www.dedefensa.org/article/la-splendeur-de-landerson

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Civilisation-voyou

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Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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1962

Civilisation-voyou

2 juin 2019 – Bien que la connaissant depuis peu mais l’ayant aussitôt adoptée, je suis décidément un amateur éclairé et très goûteux du travail de Caitline Johnstone, de son entrain, de son enthousiasme, de la façon qu’elle a de nous entraîner et de faire de nos velléités des actes décisifs. Elle est sans guère de doute, dans le temps actuel où les plumes abondent et où les meilleures se révèlent vite à votre regard, une des meilleures chroniqueuses de cette incroyable descente dans la cruauté sanguinaire, la fureur morbide, la brutalité d’une stupidité sans fin, le totalitarisme de l’aveuglement du “salopard” sartrien à qui l’on donnerait en sus une dimension néo-platonicienne et une dimension nietzschéenne, je veux dire pour faire le compte ronbd, c’est-à-dire pour parvenir à identifier ce salopard-postmoderne qu’est le Système dans le traitement qu’il inflige à Assange.

Qu’est-ce qui nous inspire le plus ? La fougue et la vigueur de Johnstone ou l’ignominie du salopard-postmoderne qui tourmente Assange ? Les deux sont complémentaires et l’on s’aidera bien entendu de l’une pour mieux afficher le sentiment évident et accablant pour le destin de l’autre. Johnstone se bat pour Assange dans la séquence actuelle, avec une ardeur rarement égalée. Elle met en évidence dans un de ses plus récents textes une interview du plus grand intérêt (sur Democracy Now !), qui donne une bonne mesure de l’extrême illégalité, de la cruauté, du cynisme du traitement qui est appliqué à Assange, – essentiellement par trois pays, le Royaume-Unis, la Suède et les États-Unis.

La personne interviewée est le Suisse Nils Melzer, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les traitements cruels, inhumains ou dégradants notamment pour les faits de torture et de mauvais traitements des prisonniers, cela depuis le 1er novembre 2016. Melzer a finalement accepté d’intervenir dans le cas Assange après des hésitations qu’il ne cache nullement, en décembre 2018. Dans son interview, il parle longuement du cas Assange, qu’il a été visiter dans sa prison britannique au début du mois de mai, accompagné de deux médecins, et qu’il a trouvé dans un état de santé extrêmement alarmant.

(Craig Murray, ancien ambassadeur du Royaume-Uni et conseiller d’Assange, nous précise à propos de cet homme : « Le professeur Melzer est le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture. Le professeur Melzer est suisse. Il est un avocat extrêmement distingué et professeur de droit international à l’Université de Glasgow ainsi que professeur de droit international humanitaire à l’Académie de Genève. Il a été délégué de la Croix-Rouge pendant 12 ans. Il n’y a aucun doute sur l’expertise du professeur Melzer ou sur son indépendance en la matière. Lorsque le professeur Melzer dit que “les tribunaux britanniques n’ont pas fait preuve de l’objectivité et de l’impartialité requises par la loi”, les gens devraient se lever et écouter.»)

Johnstone signale un passage de l’interview de Melzer, qu’elle juge particulièrement intéressant, – et je partage sans aucun doute son avis au moins pour trois raisons :

• ce passage montre combien l’information sur ces cas sensibles est mauvaise, particulièrement et précisément chez des hauts fonctionnaires aux plus hautes fonctions, y compris celles qui sont destinées à prendre en charge ces cas. (Mais cette dernière remarque sans étonnement tant les hauts fonctionnaires jugent eux-mêmes et assez naturellement être très bien informés, notamment par leurs propres autorités, et ils n’ont aucunement l’idée de mettre en cause la validité, l’honnêteté, la rigueur de leurs sources. J’ai la conviction que c’est certainement dans cette catégorie que l’on rencontre les gens les plus mal informés.)  ;

• ce passage montre comment l’on peut arriver à combler cet état de mésinformation ou de désinformation où l’on se trouve, sans aucun doute par des voies que le Système réprouve mais qu’il ne parvient pas à empêcher tant elles sont nombreuses et rigoureuses. (Il serait intéressant de savoir comment Melzer a procédé pour se former son opinion finale sur le cas Assange, comme il est passé d’une posture méfiante vis-à-vis d’Assange, acceptant la version officielle, à son inverse.) ;

• ce passage montre combien la disposition de l’information pour entretenir son jugement dans une direction honorable et conforme à la vérité-de-situation est une bataille de tout les instants, au sein du système de la communication, sans qu’aucune piste, aucune possibilité ne soit complètement fermée, et à la condition que le doute vis-à-vis de l’information officielle soit entretenu comme une vertu première : Je doute, donc je suis, et “toute information officielle doit être considérée comme fausse tant qu’elle n’a pas été vérifiée comme juste par des moyens hors-Système”.

Johnstone cite donc ceci, extrait des déclarations de Melzer :

« Je pense que nous devons prendre du recul et examiner toutes ces procédures, la manière dont elles ont été menées, et parvenir à nos propres conclusions quant à leur équité. Nous devons aussi prendre du recul et examiner avec attention toute cette histoire de violeur présumé, de narcissique, d’égoïste, d’ingrat, de hacker, [quelques-unes des accusations et appréciations portées sur Assange], nous devons écarter les apparences et voir ce qu’il y a derrière. Lorsque j’ai été approché pour la première fois par son équipe de défense pour demander que j’excipe de mon mandat [pour m’occuper du cas Assange], en décembre de l’année dernière, j’étais réticent parce que, moi aussi, j’étais influencé par ce préjugé que je m’était formé à partir des récits publics, vous savez, ceux qui sont diffusés dans les médias grands publics [la presseSystème] depuis des années. Et ce n’est que lorsque j’ai eu écarté ces apparences que j’ai pu voir à quel point le fondement pour appuyer tout cela était faible, combien il y avait de fabrication et de manipulation dans ce cas. J’encourage donc tout le monde à regarder derrière les apparences dans cette affaire. »

Est-ce un cas important ? Je veux dire par là qu’on doit se demander, avecx la réponse évidente dès que la questioin est posée, si une évolution comme celle de Melzer et les conclusions qu’il en tire (règle générale : “Faites comme moi, ne prenez plus rien pour du comptant”) est exemplaire et nous autorise à tirer des conclusions plus générales sur les divers canaux d’information. Au départ de cette séquence, il y a un rapport, naturellement explosif, de Melzer sur les conditions de détention d’Assange, puis des réactions en cascade pour tenter de boucher la voie d’eau d’officiels, surtout UK (voir chez Johnstone), l’affaire ayant pris une tournure publique extrêmement délicate et impliquant la presseSystème elle-même. On distingue aisément dans les divers détails disponibles, les réactions des uns et des autres, une vulnérabilité de plus en plus grande du Système.

Cela me renvoie à un extrait d’un article très récent d’Orlov, qui parle des américanistes mais c’est comme s’il parlait de tous les bandits de nos contrés : « Comme les temps ont changé ! Les politiciens et les fonctionnaires américains ont abandonné toutes les tentatives de maintien du décorum et ne dissimulent plus leurs manières rapace et accrocheuses. Au lieu de menaces voilées, ils déploient maintenant de gros mensonges et de fausses menaces. Se concentrant sur la fabrication et la diffusion de faux, ils ont tenté de les utiliser pour forcer l’obéissance. Il y a les fausses menaces, – russes, chinoises, iraniennes, nord-coréennes, cubaines, –  qui sont utilisées pour appeler à la discipline au sein de l’OTAN et au respect des sanctions unilatérales américaines. »

Je crois que c’est exactement ce que veut exprimer Orlov tel que je l’entends, disons avec mon interprétation : tous ces gens n’ont plus aucun frein, livrés à leurs vices, à leur sottise insondable, à leur cruauté que suscite cette sottise, sans souci d’être vus pour ce qu’ils sont, agissant en roue libre, – c’est-à-dire en sottise libre et en cruauté libre. Ainsi s’observe à visage découvert le comportement des pays qui s’occupent du cas Assange qui, tous, se trouvent réunis dans une attitude de profonde cruauté, d’inhumanité complète, en même temps que d’aveugle stupidité. Que leur apporte donc le fait ignoble et sans aucun doute écœurant pour la majorité des gens informés de tourmenter Assange comme ils le font ? Ils n’ont plus rien à apprendre de lui, et cet exemple de martyre imposé à un homme, s’il pouvait à l’origine faire peur et décourager certains qui étaient du parti d’Assange, aujourd’hui donne à tous une telle nausée que ceux-là qui en ont la vocation ne songent plus qu’à une chose : prendre le relais d’Assange pour taper sur le Système. Car il s’agit du Système, nous y sommes car nous le savons bien.

C’est lui, le Système, qui impose leur conduite ignoble et indigne à ses pauvres serviteurs, aussi bêtes, aussi aveugles qu’un sapiens sapiens dégénéré peut arriver à être, réfugiés dans une pathologie de la psychologie en phase ultime de dégénérescence et dans la déshérence d’une âme inféconde. Les robots, de Bolton à Pompeo, de la “justice” britannique aux palinodies des Suédois, à la trouille des Australiens qui renient la qualité de citoyen australien à Assange, à l’addition mécanique des chefs d’accusation contre Assange du DoJ américaniste, tous débitent leurs insanités et leurs mensonges, et leurs ricanements de cruauté. Avec eux la Contre-Civilisation dont a accouché le Système inaugure un comportement qui n’a pas de précédents dans l’exaltation des vices moraux et des perversions de la psychologie, comme on n’en vit jamais auparavant dans l’Histoire.

Ainsi, et une fois de plus, ce qui m’arrête avec toujours plus de force, moi, c’est le tort irréparable que le Système est en train de se faire à lui-même en tourmentant Assange comme il le fait. S’il y en a pour être fascinés par le Système, il y en a d’autres, dont moi-même, qui sont fascinés par sa sottise, et par son habileté extraordinaire à transformer sa surpuissance eu autodestruction.

Cinq pays sont complices et coquins ignobles dans cette affaires, liés par un sordide enchaînement de cruauté et de mensonges qu’ils ont eux-mêmes suscités à l’origine : l’Australie, l’Équateur, le Royaume-Uni, la Suède et les États-Unis. Vous remarquerez la présence massive des pays de l’“Anglosphère”, qui prétendent détenir la formule-magique de la civilisation et de futur du bonheur de l’humanité : leur puanteur dans ces actes est tout simplement insoutenable et lève quelques nausées révélatrices. Sur le site The Automatic Earth, Raul Ilargi Meijer écrit : « Ils pensent qu’ils vont s’en tirer avec le meurtre de Julian Assange. Sans être gênés par aucune loi. Cela signifie qu’il n’y a plus de système juridique international fonctionnel. Il ne reste que des États voyous. »

Barbares postmodernes, bien pires que les Barbares originels, car chargé d’hypocrisie, de bonnes conscience rachetées au rabais, puant de servilité puisque créature du Système absolument. Jamais dans l’Histoire le devoir de l’honnête homme fut aussi clairement tracé : détruire, absolument détruire cette chose ignoble qu’est le Système, et balayer avec tous ses serviteurs.

Civilisation des bas-fonds, puante et agonisante, civilisation-voyou… Evites de te regarder dans un miroir, droit dans les yeux, – ou bien alors non, fais-le donc ! Et qu’on en soit débarrassé une bonne fois….

https://www.dedefensa.org/article/civilisation-voyou

Julian Assange : l’ingérence impérialiste inouïe des États-Unis

Julian Assange : l’ingérence impérialiste inouïe des États-Unis


Actualité
Philippe ARNAUD

Samedi 27 avril 2019

Le vendredi 12 avril, ni le journal de France 3 de 19 h 30, ni celui de France 2 de 20 h n’ont évoqué ce qui s’était passé (pourtant pas plus tard que la veille) à Londres, à savoir l’arrestation, dans les locaux de l’ambassade de l’Équateur, de Julian Assange, l’homme qui, par Wikileaks, avait révélé une myriade d’informations embarrassantes pour les États-Unis. Cette nouvelle, le lendemain, n’a pas laissé plus de traces qu’un trou dans la mer. Et c’est regrettable, car cette affaire est révélatrice des rapports de force dans le monde – révélatrice aussi des méthodes employées par les États pour éliminer les « gêneurs », les lanceurs d’alerte, et révélatrice, in fine, des mentalités des médias, sur ce qu’ils montrent et sur ce qu’ils taisent.

1. Le premier point est l’inquiétante propension (et, surtout, l’inquiétante capacité) des États à intervenir hors de leurs frontières – y compris en temps de paix, surtout en temps de paix – pour éliminer ceux qu’ils considèrent comme des criminels, des ennemis – ou même, simplement, comme des dangers. Certes, cela au début, est apparu éminemment moral, lorsqu’il s’est agi de traquer des criminels nazis (comme Adolf Eichmann, enlevé par les services secrets israéliens en 1960), ou des mafieux, ou des trafiquants de drogue, ou des meurtriers, etc. Mais, au fil des années, les critères de définition des « ennemis » de l’État n’ont cessé de s’élargir, ainsi que les méthodes et les moyens de ces éliminations.

2. D’abord parce que le sujet à éliminer ne représente plus forcément un danger immédiat, mais parce qu’à travers cette élimination, on cherche à lui faire payer ses actions passées ou à intimider ses sympathisants ou ceux qui seraient tentés de l’imiter. Et la France, à cet égard, a été – ou n’a pas été – exemplaire (selon le point de vue où l’on se place), en enlevant le duc d’Enghien, dans le grand-duché de Bade, en 1804, et en le faisant fusiller cinq jours plus tard. Ou en faisant enlever à Munich, en 1963, le colonel Argoud, ancien de l’OAS, et en le condamnant à la perpétuité (il fut, en fait, libéré en 1968). [Ce qui confirme toutefois que cette action n’était pas considérée comme « normale » au regard des usages internationaux de l’époque, est que, dans les deux cas, elle donna lieu à de vigoureuses protestations diplomatiques.]

3. Ensuite, ce qui aggrave ces éliminations, c’est qu’elles ne mettent pas seulement en œuvre les services secrets du pays concerné (comme ceux d’Israël, qui liquida les Palestiniens responsables de l’assassinat des athlètes israéliens à Munich, en 1972), mais qu’elles recourent à la collaboration (ou à la complicité) d’autres services secrets ou de polices parallèles – ou de gangsters. Par exemple l’enlèvement et l’assassinat de Mehdi ben Barka, en 1965, pour le compte des services secrets marocains, par les services secrets français et des hommes du grand banditisme. Ou l’opération Condor qui, dans les années 1970, vit la collaboration des services secrets de plusieurs dictatures d’Amérique latine (et la bienveillance des États-Unis), pour éliminer des militants ou anciens responsables politiques de gauche. Ou, après les attentats du 11 septembre 2001, les enlèvements d’un certain nombre de sujets (dont le tort, souvent, était d’avoir un nom musulman) par la CIA, et leur remise pour détention et torture, dans des pays d’Europe centrale et orientale ou des dictatures musulmanes.

4. Application à Julian Assange. C’est à ce type de « collaboration » qu’on a assisté dans son cas. Les Etasuniens ont poursuivi Assange (qui n’est même pas étasunien, mais Australien) de leur vindicte, les Équatoriens ont commencé par lui accorder l’asile, puis, ayant changé d’orientation politique, lui ont « pourri » la vie pour l’inciter à se rendre. Enfin, les autres pays, sollicités de lui accorder l’asile, se sont prudemment défilés les uns après les autres (en particulier la France). Comme ceux qui, de 1940 à 1944, fermèrent leur porte à des gens poursuivis, par crainte de la Kommandantur, de la Gestapo ou de la police de Vichy…

5. Mais les États élargissent sans cesse la définition de l’ennemi, en ne se contentant plus seulement du terroriste, de l’espion ou du comploteur. Une extension a eu lieu avec la définition de « l’ennemi » comme celui qui dévoile un secret. C’est effectivement ce dont est accusé Julian Assange. Mais ce fut déjà le cas de Mordechai Vanunu, technicien nucléaire israélien, enlevé à Rome en 1986 par les services secrets israéliens, pour avoir révélé des secrets nucléaires israéliens. Mordechai Vanunu passa pour cela 18 ans en prison, et, à l’issue de sa peine, continua à être en butte à l’hostilité de son pays (notamment en étant interdit de sortie du territoire).

6. Le paradoxe – et même le scandale – de l’affaire Assange est qu’au départ, le fondateur de Wikileaks révèle des faits scandaleux, immoraux, illégaux commis par les Etats-Unis (par exemple la tuerie gratuite de plusieurs personnes, en Irak, par des pilotes d’un hélicoptère). C’est un scandale du même type que celui qui voit le dénonciateur d’une fraude fiscale être poursuivi par les banques ou les officines qui aident à dissimuler cet argent : on ne punit pas le malfaiteur mais celui qui dénonce le méfait ! Cela me rappelle le tableau qui m’avait tant frappé lorsque, adolescent, je l’avais vu pour la première fois : Les porteurs de mauvaises nouvelles, de Lecomte du Nouÿ (1871). On y voit, sous un auvent, un pharaon à l’air sombre, le regard rivé sur l’horizon, et, à ses pieds, trois corps dénudés et inertes, baignant dans leur sang. Le pharaon a châtié les messagers…

7. Mais souvent, les États coupables de ces méfaits ont conscience de l’irrégularité de leur action : ils la nient ou la dissimulent. Toutefois un saut juridique a eu lieu avec le vote, par les États-Unis, de lois extra-territoriales (comme les lois Helms-Burton ou d’Amato-Kennedy, votées en 1996, sous la présidence Clinton). Ces lois permettent, entre autres, de sanctionner tous les États, toutes les entreprises ou tous les individus qui commercent avec des États-parias (Iran, Cuba, Corée du Nord, Venezuela…), et qui, dans leurs transactions, utilisent le dollar ou vendent des produits qui ne comprennent ne serait-ce qu’un boulon ou une ligne de programme issus des États-Unis.

8. C’est en vertu (si l’on peut dire…) de telles lois (et d’autres de même calibre) que les Américains se permettent des intrusions dans la vie privée des ressortissants des autres pays, en exigeant, par exemple, des renseignements détaillés sur ceux qui se rendent aux États-Unis ou même survolent brièvement le territoire américain. C’est ainsi qu’en avril 2009, il y a exactement 10 ans, un avion où se trouvait le journaliste Hernando Calvo Ospina, collaborateur du Monde diplomatique, et qui se dirigeait vers Mexico (en survolant un bout de territoire américain) fut dérouté sur La Martinique, entraînant un retard et un surcoût considérable pour Air France et pour les passagers. Et tout cela parce qu’Hernando Cavo Ospina était critique de la politique d’Alvaro Uribe, président de la Colombie et protégé des Etasuniens !

9. Pis encore (si l’on peut dire…). On rappellera qu’en juillet 2013, l’avion qui ramenait de Moscou en Bolivie le président bolivien Evo Morales fut interdit de survol du territoire national par la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal parce que les Etasuniens soupçonnaient Evo Morales de ramener de Russie en Bolivie Edward Snowden, poursuivi par les Américains. L’avion présidentiel dut atterrir à Vienne, en Autriche, et il fallut qu’Evo Morales se gendarme pour que son avion ne fût pas fouillé ! Autre violation (et grossière) de l’immunité et des usages diplomatiques. Aurait-on osé agir ainsi à l’égard du président chinois ?

10. Un trait – qui a d’ailleurs été noté par les journalistes – était l’abondante barbe de Julian Assange au moment de son arrestation. Barbe si fournie qu’elle lui conférait, de loin, une allure de vieillard. Or, une telle barbe a été courante chez nombre de sujets ayant soit subi une longue captivité – soit des épreuves particulièrement dures, comme Bobby Sands en 1981, soit ayant été obligés de se cacher dans des conditions précaires : que ce fût Saddam Hussein lors de sa capture, en décembre 2003, ou Radovan Karadzic, en juillet 2008. On peut se demander si la vision d’une telle barbe ne serait pas de nature à suggérer (peut-être lointainement, peut-être inconsciemment, car peu de gens se souviennent des photos de Bobby Sands, de Saddam Hussein ou de Radovan Karadzic dans ces circonstances) une identification des uns aux autres. Peut-être, plus récemment, y aurait-il aussi eu une identification avec Cesare Battisti, capturé en juillet de cette année ? Manière de suggérer : tous, autant qu’ils sont, sont des gibiers de potence car qui se ressemble s’assemble…

Remarques d’ensemble. Les médias ont passé bien vite (trop vite) sur cette affaire, qui apparaît comme la partie émergée d’un inquiétant iceberg :

1. Aujourd’hui, sauf lorsqu’on est dans un pays hors de portée des Américains (Russie, Chine, Corée du Nord…), il est difficile d’échapper à leur vindicte.

2. Les Etasuniens ignorent totalement la souveraineté nationale ou l’immunité diplomatique lorsqu’ils ont quelqu’un dans le viseur : que l’on songe à la capture du président Manuel Noriega, pourtant réfugié à la nonciature de Panama, et qui dut se rendre début janvier 1990, son pays ayant été envahi par l’armée américaine. Ou au bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade, en mai 1999. Et les Etasuniens n’ont pas élevé non plus beaucoup de protestations lorsque, en 1992, les talibans sont allés chercher, dans un bâtiment de l’ONU, le dernier président communiste d’Afghanistan, Mohammed Najibullah, qu’ils l’en ont sorti avec son frère, qu’ils les ont torturés puis tués tous les deux.

3. Non seulement, par leurs lois extra-territoriales, les Etasuniens s’arrogent le droit de punir n’importe qui dans le monde, mais aussi, en ne reconnaissant pas la compétence de la Cour Pénale Internationale pour juger leurs ressortissants. [Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls].

4. La plupart des pays appartenant à leur aire (notamment les pays européens) n’osent rien faire contre eux. Qu’ont fait les Européens après la dénonciation de l’accord sur le nucléaire iranien par Donald Trump ? Rien. Qu’ont-ils fait après la reconnaissance, par le même Donald Trump, de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan ? Toujours rien. Qu’ont-ils fait lorsqu’il a reconnu illégalement, comme président du Venezuela, l’autoproclamé Juan Guaido ? 28 d’entre eux, et non des moindres, l’ont servilement suivi…

Certes, les Etasuniens ne sont pas seuls à opérer ainsi à l’étranger. Mais ils sont les seuls à le faire à cette échelle et avec cette ampleur et, surtout, à donner un fondement juridique à leurs malversations. Cela n’est-il pas lourd de menaces si, à l’avenir, d’autres pays s’avisent de les imiter ?

Titre et illustration : LGS

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Source : Le Grand Soir
https://www.legrandsoir.info/…

Julian Assange : l’ingérence impérialiste inouïe des États-Unis

ASSANGE | Hilare Hillary et autres ricanements

Hillary Clinton semble prédestinée par son prénom à accueillir chaque bonne nouvelle par un éclat de rire. En 2011, quand elle visionne la mise à mort de Khadafi par ses sbires. Il y a quelques jours lorsqu’on lui annonce qu’Assange a été trahi par ses hôtes de l’Ambassade d’Equateur et livré aux bons soins de la police britannique. Elle justifie ainsi sa satisfaction hilare : « Assange doit répondre de ses actes. Il ne s’agit pas de punir le journalisme, mais de sanctionner l’assistance qu’il a donnée au piratage d’ordinateurs militaires dans le but de nuire aux Etats-Unis ». Puisqu’elle le dit!

Dévoiler au monde entier l’ignominie et le sadisme de pilotes américains dans le ciel irakien mitraillant des civils comme des lapins ne relève donc pas du devoir du journaliste, mais constitue une atteinte à la sécurité des USA. De même les centaines de milliers de dépêches, montrant comment la secrétaire d’Etat Clinton corrompait sans remords ses homologues étrangers, pour les faire entrer dans son jeu de va-t-en-guerre sous le regard débonnaire d’Obama. Sadique aussi sa plaisanterie doublée d’un nouvel éclat de rire sardonique: « Assange est peut-être le seul étranger que l’administration de Trump aurait du plaisir à accueillir sur le sol des Etats-Unis ». Pour y être torturé et exécuté ?

Le sort du martyr emmuré depuis sept ans, sans droit de promenade, dans des conditions pires que la plus dure des prisons n’a pas mobilisé jusqu’ici les bonnes consciences occidentales, ni ému le cercle de ses confrères. On lui reconnaît certes le mérite d’avoir mis en place une gigantesque banque factuelle où les journalistes peuvent puiser abondamment, mais il plane sur lui une réputation de violeur sulfureux même après que toutes les charges portées contre lui ont été abandonnées. A croire qu’il mérite d’être gardé en quarantaine pour éviter de nuire à la profession.

Une exception : la rédactrice en chef de la chaîne Russia Today, Margarita Simonian, voit en Assange un des plus grands journalistes de notre temps, qui n’hésite pas à se sacrifier au nom de la vérité. Son équipe était la seule à tenir la garde sur les lieux pour filmer ce moment que l’histoire enregistrera comme une trahison de nos prétendues valeurs occidentales : sept baraqués en civil emmènent de force le tribun de la liberté affaibli par sept ans de captivité. Ils ont seulement oublié de le ligoter et Assange parvient encore à esquisser un ultime geste de défi.

J.-M. Bovy/Vendredi saint 19.04.2019

https://log.antipresse.net/assange-hilare-hillary-et-autres-ricanements/?utm_source=Lecteurs+d%27Antipresse&utm_campaign=564657616b-EMAIL_CAMPAIGN_12_26_2017_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_f9e9755c0e-564657616b-439842509&mc_cid=564657616b&mc_eid=1d2d687fa5

 

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 avril 2019

Après l’arrestation de Julian Assange par la police britannique et le dévoilement de l’acte d’accusation américain, la question qui se pose est de savoir pourquoi les États-Unis agissent ainsi et pourquoi maintenant.

L’acte d’accusation allègue qu’Assange a « conspiré » avec Chelsea Manning en l’aidant dans sa tentative de trouver un mot de passe pour un compte qui lui aurait permis de dissimuler son vol de documents américains. Glenn Greenwald affirme que l’affaire est assez mince et constitue clairement une atteinte à la liberté de la presse. Qu’un journaliste, ou un éditeur, aide une source à dissimuler son identité fait partie du métier.

L’administration Obama, pourtant pour peu connue pour sa réticence à poursuivre les lanceurs d’alerte, avait déjà examiné le cas de « conspiration » et avait décidé de ne pas engager de poursuites.

Il est donc probable que l’affaire, telle qu’elle est maintenant scellée, n’est qu’un prétexte pour extrader Assange de Grande-Bretagne. Le but réel ne sera connu que si Assange est entre les mains des États-Unis.

Le journaliste de la sécurité nationale William Arkin, qui a quitté NBC News à cause de son bellicisme, a probablement raison lorsqu’il écrit que l’enjeu derrière tout cela est la publication par Wikileaks des outils de piratage de la CIA connus sous le nom de Vault 7.

Bien que la publication des fichiers Vault 7 ait été peu couverte par les médias, cela a sérieusement endommagé les capacités de la CIA. Arkin a écrit le 11 avril au sujet de Vault 7. Le Guardian et le Daily Beast se sont vus proposer les fichiers mais ont refusé de le publier :

La procédure judiciaire américaine, qui a complètement changé en mars 2017, est basée sur la publication, par WikiLeaks, des documents dits Vault 7, un ensemble complet de secrets sur le cyberespionnage de la CIA.

Vault 7 a été éclipsé par le scandale naissant de collusion entre la nouvelle administration Trump et la Russie, mais les 10 000 documents - environ - de la CIA que WikiLeaks a commencé à publier en mars constitue une violation sans précédent, largement plus dommageable que tout ce que ce site Web anti-secret a jamais fait, selon de nombreux responsables américains.

« Il y a eu de sérieuses alertes - y compris celles de Manning et Snowden - mais jusqu'en 2017, personne n'avait jeté le gant à l'Agence depuis des décennies », a déclaré un haut responsable des services de renseignement impliqué directement dans l'évaluation des dommages.

« Vient alors Vault 7, la quasi-totalité des archives de la cellule de piratage informatique de la CIA », explique le responsable. « La CIA a piqué une crise après la fuite. » Le responsable fait référence à une organisation peu connue de la CIA, le Center for Cyber ​​Intelligence, un équivalent obscur de la National Security Agency, qui dirige et supervise les efforts de piratage secrets menés par le gouvernement des États-Unis.

Wikileaks a acquis les fichiers Vault 7 à la fin de 2016 ou au début de 2017. En janvier 2017, l’avocat de Julian Assange a tenté de conclure un accord avec le gouvernement des États-Unis. Assange s’abstiendrait de publier certains contenus critiques des fichiers de Vault 7 en échange d’une immunité limitée et d’un canal de communication sûr avec les autorités américaines. L’un des problèmes à aborder était la recherche de l’origine des fichiers DNC publiés par Wikileaks. Des responsables américains du camp anti-Trump ont affirmé que la Russie avait piraté les serveurs de la DNC. Assange a toujours dit que la Russie n’était pas la source des fichiers publiés. Il a apporté des preuves techniques pour le montrer.

Le 23 mars 2017, Wikileaks  a publié des fichiers de Vault 7 d’un intérêt mineur.

Le ministère de la Justice US voulait un accord et a fait une offre à Assange. Mais l’intervention de Comey, alors directeur du FBI, l’a sabotée :

« Plusieurs sources me disent que l’équipe du contre-espionnage du FBI était au courant de la stratégie du ministère de la Justice et s’y était ralliée, mais ne pouvait expliquer ce qui avait motivé Comey à envoyer un message différent à propos des négociations ... »

Avec l’accord apparemment mal parti, Wikileaks a publié deux fichiers de Vault 7  : « Marble Framework » et « Grasshopper ». Ces logiciels de la CIA changeaient systématiquement l’origine du piratage pour lui donner un aspect russe ou iranien en insérant des chaînes de caractères en langue étrangère dans leur code source. La publication a prouvé que l’attribution, par la DNC, du vol et d’autres piratages à la Russie était un non-sens. La publication de ces fichiers a mis fin à toutes les négociations :

Le 7 avril 2017, Assange a publié des documents contenant des informations sur certains des logiciels malveillants de la CIA utilisés pour les cyber-attaques. Cela a eu un impact immédiat : le gouvernement américain, furieux, s'est retiré des négociations et le directeur de la CIA de l'époque, Mike Pompeo, a critiqué WikiLeaks en le qualifiant de « service de renseignement hostile ».

Un certain Joshua Schulte, le responsable présumé des fichier de Vault 7, est en détention aux États-Unis mais n’a toujours pas été présenté à un tribunal. Il est probable que les États-Unis veulent lui proposer un marché s’il acceptait de témoigner contre Assange.

Dans un autre article, Arkin développe sa première opinion en plaçant l’affaire dans un contexte plus large :

Quelques mois auparavant, Edward Snowden et un groupe appelé Shadow Brokers avaient annoncé des fuites massives. Compte tenu de la notoriété acquise par WikiLeaks, Vault 7 a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le gouvernement. Non seulement c'était une expérience sans précédent de piratage de la CIA, organisation qui échappait à toute faille de ce type depuis les années 1970, mais elle montrait que tous les efforts déployés par le gouvernement américain après Chelsea Manning et Edward Snowden n’avaient pas réussi à dissuader, ni à attraper, les « pirates du millénaire ».

L’attaque contre Assange ne vise pas uniquement la vengeance, bien que celle-ci en fasse partie. L’objectif plus large est d’arrêter les fuites :

La pensée des responsables gouvernementaux - actuels et anciens - auxquels j'ai parlé, est de fermer WikiLeaks une fois pour toutes - ou du moins le séparer des médias traditionnels pour le rendre moins attractif en tant que source pour les secrets du gouvernement américain. Ce sera au moins un pas vers une plus grande sécurité intérieure.

Assange sera d’abord condamné en Grande-Bretagne pour n’avoir pas respecté les règles de la liberté sous caution. Il va écoper d’environ six mois de prison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que le combat juridique autour de l’extradition vers les États-Unis commencera. Cela peut prendre jusqu’à trois ans.

Le plus grand espoir d’Assange pour échapper à une extradition est un changement de gouvernement en Grande-Bretagne :

Jeremy Corbyn @jeremycorbyn - 19:34 utc - 11 avril 2019
 
Le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités en Irak et en Afghanistan.

Le temps nécessaire au traitement de l’affaire d’extradition devant les tribunaux britanniques et européens est probablement suffisamment long pour permettre aux travaillistes de remporter des élections générales. Avec Jeremy Corbyn, Assange serait probablement en sécurité. C’est une raison de plus pour l’establisment transatlantique de tout faire pour empêcher une victoire de Corbyn.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/jjla-cia-attaque-assange-en-justice-pour-empecher-dautres-fuites

Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

 

    https://www.investigaction.net/fr/sur-fond-de-scandales-de-corruption-et-daccords-avec-le-fmi-et-washington-le-gouvernement-equatorien-trahit-assange/La décision prise par le gouvernement équatorien du président Lenín Moreno d’inviter la police britannique dans son ambassade de Londres à enlever Julian Assange, ouvrant la voie à l’extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis, constitue une violation flagrante du droit international et un honteux nouveau chapitre de la lâcheté et de la soumission de la bourgeoisie de l’Amérique latine à l’impérialisme américain.

    Le gouvernement équatorien a non seulement ouvert les portes de son ambassade au peloton d’intervention policière britannique, mais il a annoncé jeudi que le jour précédent, sans notification à Assange ni à ses avocats, le ministère des affaires étrangères du pays avait sommairement déchu le journaliste de sa citoyenneté équatorienne, qui lui avait été accordée en 2017 dans le but d’obtenir sa liberté de l’ambassade sous couverture diplomatique.

    Des responsables gouvernementaux ont affirmé que la décision d’octroyer la citoyenneté à Assange avait été entachée «d’irrégularités» non spécifiées. Le motif de l’abrogation de la décision était clair: la constitution équatorienne interdit l’extradition des ses citoyens et exige qu’ils soient jugés pour tout crime en conformité avec ses propres lois.

    Le président Lenín Moreno a annoncé son sale marché avec l’impérialisme américain et britannique dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, dans laquelle il affirmait avoir obtenu la garantie de Londres que Assange ne serait pas extradé vers «un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». Ce mensonge a été immédiatement contredit du fait que le ministère américain de la Justice ait publié un acte d’accusation, et les autorités britanniques ont clairement indiqué qu’elles attendaient de mettre à exécution l’extradition d’Assange vers un pays où la peine de mort est en vigueur et qui pratique la torture à l’échelle internationale.

    L’avocat équatorien d’Assange, Carlos Poveda, a dénoncé les actions arbitraires, antidémocratiques et extrajudiciaires du gouvernement. «Au minimum, nous aurions dû être informés afin que nous puissions exercer le droit de la défense», a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait que la loi stipule que tout arrêt d’asile doit d’abord être examiné avec le demandeur d’asile, qui a le droit de plaider sa cause.

    Le ministre des affaires étrangères d’Équateur, Jose Valencia, s’est présenté jeudi devant l’Assemblée nationale du pays pour justifier l’acte illégal commis par le gouvernement visant à priver Assange sommairement de son asile.

    La présentation de Valencia, qui a été interrompue par des cris de «traître» et de vendepatria, de la part des législateurs de l’opposition, comprenait neuf points, composés de mensonges et d’absurdités.

    Il a affirmé qu’Assange, qui avait été détenu dans des conditions de plus en plus draconiennes dans l’ambassade, en grande partie coupé du monde extérieur, s’était livré à «d’innombrables actes d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres États», s’était mal comporté envers les représentants de l’ambassade et avait «proféré des menaces insultantes» contre le gouvernement équatorien, y compris l’accusation «infâme et diffamatoire» selon laquelle il «agissait sous la pression de pays étrangers».

    Ce même Valencia avait, la semaine dernière, dénoncé l’avertissement « insultant » de WikiLeaks selon lequel son gouvernement était parvenu à un accord avec les autorités britanniques pour confier Assange à la police britannique.

    Valence alla jusqu’à prétendre que la remise d’Assange avait été effectuée en partie pour préserver sa santé. Il s’est ensuite plaint des dépenses considérables que l’ambassade avait encourues pour sa nourriture, ses frais médicaux et sa lessive.

    Le contexte immédiat de l’action du gouvernement équatorien est un scandale de corruption qui fait rage et qui implique le président Moreno et sa famille. Les «papiers INA», un vaste ensemble de documents, courriels et autres communications via les médias sociaux, ont impliqué Moreno dans des crimes allant de la corruption officielle au parjure en passant par le blanchiment d’argent.

    Au centre du scandale se trouve un projet dans lequel la société chinoise Sinohydro, qui a construit un barrage hydroélectrique en Équateur, a versé 18 millions de dollars de pots de vin à une société offshore, qui a ensuite transféré les fonds à un ensemble de 10 sociétés-écran comprenant INA Investments Corp, appartenant à Edwin Moreno, le frère du président. Le nom de la société est tiré de la syllabe commune aux noms des trois filles du président, Irina, Cristina et Karina.

    Le législateur de l’opposition Ronny Aleaga, qui a déclaré avoir reçu le dossier anonymement, a insisté pour que les documents établissent que la société avait été placée sous la direction de prête-nom afin de dissimuler les liens du président avec la combine.

    Les documents ont été publiés pour la première fois en février 2019, suscitant une enquête du Congrès. Le 26 mars, le compte Twitter de WikiLeaks a attiré l’attention sur l’enquête, citant un reportage du New York Times selon lequel Moreno était en discussion avec l’administration Trump – via un voyage à Quito en mai 2017 de l’ancien président de la campagne de Trump, Paul Manafort – de la remise d’Assange en échange d’un allégement de la dette.

    Le ministre des affaires étrangères, Valencia, a réagi immédiatement au tweet, le traitant «de mensonge absurde afin de porter atteinte à la dignité de notre pays», et a juré que le gouvernement prendrait des mesures.

    Par la suite, Moreno et ses subordonnés ont tenté de déformer le tweet des informations de Wikileaks, déjà diffusées et bien éventées en Equateur comme la preuve qu’Assange, dans l’isolement quasi-total à l’ambassade de Londres, était personnellement responsable du piratage du téléphone et des courriels du président.

    Dans les deux jours qui ont suivi le tweet de WikiLeaks, l’Assemblée nationale équatorienne, dans laquelle le parti de Moreno et les autres partis de droite détiennent la majorité, a adopté une résolution appelant le ministère des affaires étrangères à exercer des représailles contre Assange à propos la fuite des papiers INA.

    Le président équatorien a mené une campagne cynique, affirmant qu’il était victime d’une atteinte à la vie privée et que les documents de l’INA comprenaient des «photos privées» de lui-même et de sa famille, dans le but de détourner l’attention du public des nombreuses preuves de sa corruption sans bornes.

    A travers l’expulsion d’Assange de l’ambassade de Londres, le gouvernement de Moreno a intensifié sa campagne. Maria Paula Romo, ministre équatorienne de l’Intérieur, a déclaré qu’Assange et WikiLeaks étaient impliqués dans un complot visant à «déstabiliser» le gouvernement Moreno, qui impliquait prétendument deux «pirates informatiques russes» travaillant en Équateur, Ricardo Patiño, ancien ministre équatorien des affaires étrangères, et éventuellement, le gouvernement vénézuélien du président Nicolas Maduro. Elle a affirmé que les preuves de ce complot seraient bientôt transmises aux procureurs équatoriens.

    Tout cela est un tas de mensonges destinés à détourner l’attention des accusations de corruption portées contre Moreno et à détourner la colère populaire croissante contre son gouvernement de droite. Les sondages récents ont placé sa popularité à peine 17 pour cent.

    Moreno a clairement indiqué son intention de trahir Assange dès son entrée en fonction en 2017. Il a qualifié le journaliste né en Australie de «pirate informatique», de «problème hérité» et de «cailloux dans notre chaussure».

    Le précédent gouvernement du président Rafael Correa avait accordé l’asile à Assange en 2012 en raison des preuves évidentes de ses persécutions politiques pour avoir révélé les crimes de guerre impérialistes du gouvernement américain, la surveillance de masse et les complots antidémocratiques perpétrés par Washington, d’autres gouvernements et des sociétés transnationales.

    Lorsque le gouvernement de Quito a décidé d’accorder l’asile à Assange dans son ambassade à Londres, son ministre des affaires étrangères de l’époque, Ricardo Patiño, déclara que la vendetta de Washington contre le journaliste «pourrait mettre en danger sa sécurité, son intégrité et même sa vie». Il continua : «Les preuves montrent que si M. Assange est extradé aux États-Unis, il ne bénéficiera pas d’un procès équitable. Il n’est absolument pas impossible qu’il puisse être soumis à des traitements cruels et dégradants et condamné à la réclusion à perpétuité ou même à la peine capitale.»

    Qu’est-ce qui a changé depuis presque sept ans qu’Assange s’est retrouvé pris au piège dans l’ambassade équatorienne? L’administration Trump n’a fait qu’expliciter les menaces qui pèsent sur le journaliste. L’ancien directeur de la CIA et secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que WikiLeaks était un «service de renseignement non-étatique hostile» dont les activités ne sont pas protégées par le premier amendement de la constitution. L’ancien procureur général Jeff Sessions a insisté sur le fait que ramener Assange aux États-Unis enchaîné pour faire face à un procès truqué était une «priorité» pour le ministère de la justice des États-Unis.

    Le changement ne réside pas dans la menace qui pèse sur Assange, mais plutôt dans le virage à droite brutal du gouvernement de Lenín Moreno, qui fait partie d’une vague de réaction qui a accompagné le reflux de la fameuse marée rose dans toute l’Amérique latine.

    Nulle part cela n’a été plus évident que dans les politiques suivies par Moreno, successeur trié sur le volet par l’ancien président Correa qui s’était déclaré partisan de la «révolution bolivarienne» et du «socialisme du XXIe siècle».

    Moreno a poursuivi une politique visant à subordonner l’Équateur aux banques et institutions financières internationales sur le plan économique et à l’impérialisme américain sur le plan politique. Plus tôt cette année, il a conclu des accords avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales pour un crédit de 10 milliards de dollars en échange de la mise en œuvre de mesures d’austérité draconiennes qui ont entraîné la suppression de plus de 10.000 emplois dans le secteur public, ainsi que la moitié des ministères du gouvernement, ainsi que la réduction des impôts sur les riches, la destruction du droit de travail et la suppression des subventions aux prix du carburant.

    Ces politiques ont provoqué des manifestations de masse et une grève générale contre le gouvernement Moreno.

    En même temps, Moreno a sollicité l’approbation du département d’État américain et du Pentagone, devenant l’un des partisans les plus enthousiastes du coup d’État impulsé par les États-Unis au Venezuela et du prétendu «président par intérim» Juan Guaidó.

    Correa, l’ancien président de l’Équateur, a condamné l’action du gouvernement Moreno. «Lenín Moreno, le plus grand traître de l’histoire de l’Équateur et de l’Amérique latine, a autorisé la police britannique à pénétrer dans notre ambassade à Londres pour arrêter Assange», a-t-il déclaré. Moreno, a-t-il ajouté, «a démontré son manque d’humanité devant le monde en rendant Julian Assange – non seulement un demandeur d’asile, mais aussi un citoyen équatorien – à la police britannique», ce qui a mis à la fois sa vie «en danger» et a «humilié l’Équateur».

    De même, l’ancien ministre des affaires étrangères équatorien, Guillaume Long, a publié jeudi une déclaration dans laquelle il dénonçait cette arrestation. «La reddition de Julian Assange, traîné par la police britannique après être entrée dans notre mission diplomatique pour l’enlever, est une honte nationale et une erreur historique qui laissera une marque profonde sur l’Équateur pendant longtemps», a-t-il déclaré.

    Long a ajouté que la décision du gouvernement violait les décisions des Nations Unies et de la Cour interaméricaine des droits de l’homme et que «les générations futures d’Équatoriens s’en souviendront comme un acte infâme, de servilité, et de dégradation éthique.»

    La trahison d’Assange fait partie intégrante du virage à droite du gouvernement Moreno et de l’adaptation à l’impérialisme américain, qui a jeté les bases d’une attaque frontale contre la classe ouvrière équatorienne. La défense d’Assange et des droits démocratiques fondamentaux dépend de la lutte pour unifier les travailleurs en Équateur, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans le monde entier dans la lutte contre le système capitaliste.

     

    Source: https://www.investigaction.net/fr/sur-fond-de-scandales-de-corruption-et-daccords-avec-le-fmi-et-washington-le-gouvernement-equatorien-trahit-assange/

    La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites

    La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites


    2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 avril 2019

    Après l’arrestation de Julian Assange par la police britannique et le dévoilement de l’acte d’accusation américain, la question qui se pose est de savoir pourquoi les États-Unis agissent ainsi et pourquoi maintenant.

    L’acte d’accusation allègue qu’Assange a « conspiré » avec Chelsea Manning en l’aidant dans sa tentative de trouver un mot de passe pour un compte qui lui aurait permis de dissimuler son vol de documents américains. Glenn Greenwald affirme que l’affaire est assez mince et constitue clairement une atteinte à la liberté de la presse. Qu’un journaliste, ou un éditeur, aide une source à dissimuler son identité fait partie du métier.

    L’administration Obama, pourtant pour peu connue pour sa réticence à poursuivre les lanceurs d’alerte, avait déjà examiné le cas de « conspiration » et avait décidé de ne pas engager de poursuites.

    Il est donc probable que l’affaire, telle qu’elle est maintenant scellée, n’est qu’un prétexte pour extrader Assange de Grande-Bretagne. Le but réel ne sera connu que si Assange est entre les mains des États-Unis.

    Le journaliste de la sécurité nationale William Arkin, qui a quitté NBC News à cause de son bellicisme, a probablement raison lorsqu’il écrit que l’enjeu derrière tout cela est la publication par Wikileaks des outils de piratage de la CIA connus sous le nom de Vault 7.

    Bien que la publication des fichiers Vault 7 ait été peu couverte par les médias, cela a sérieusement endommagé les capacités de la CIA. Arkin a écrit le 11 avril au sujet de Vault 7. Le Guardian et le Daily Beast se sont vus proposer les fichiers mais ont refusé de le publier :

    La procédure judiciaire américaine, qui a complètement changé en mars 2017, est basée sur la publication, par WikiLeaks, des documents dits Vault 7, un ensemble complet de secrets sur le cyberespionnage de la CIA.
    
    Vault 7 a été éclipsé par le scandale naissant de collusion entre la nouvelle administration Trump et la Russie, mais les 10 000 documents - environ - de la CIA que WikiLeaks a commencé à publier en mars constitue une violation sans précédent, largement plus dommageable que tout ce que ce site Web anti-secret a jamais fait, selon de nombreux responsables américains.
    
    « Il y a eu de sérieuses alertes - y compris celles de Manning et Snowden - mais jusqu'en 2017, personne n'avait jeté le gant à l'Agence depuis des décennies », a déclaré un haut responsable des services de renseignement impliqué directement dans l'évaluation des dommages.
    
    « Vient alors Vault 7, la quasi-totalité des archives de la cellule de piratage informatique de la CIA », explique le responsable. « La CIA a piqué une crise après la fuite. » Le responsable fait référence à une organisation peu connue de la CIA, le Center for Cyber ​​Intelligence, un équivalent obscur de la National Security Agency, qui dirige et supervise les efforts de piratage secrets menés par le gouvernement des États-Unis.

    Wikileaks a acquis les fichiers Vault 7 à la fin de 2016 ou au début de 2017. En janvier 2017, l’avocat de Julian Assange a tenté de conclure un accord avec le gouvernement des États-Unis. Assange s’abstiendrait de publier certains contenus critiques des fichiers de Vault 7 en échange d’une immunité limitée et d’un canal de communication sûr avec les autorités américaines. L’un des problèmes à aborder était la recherche de l’origine des fichiers DNC publiés par Wikileaks. Des responsables américains du camp anti-Trump ont affirmé que la Russie avait piraté les serveurs de la DNC. Assange a toujours dit que la Russie n’était pas la source des fichiers publiés. Il a apporté des preuves techniques pour le montrer.

    Le 23 mars 2017, Wikileaks  a publié des fichiers de Vault 7 d’un intérêt mineur.

    Le ministère de la Justice US voulait un accord et a fait une offre à Assange. Mais l’intervention de Comey, alors directeur du FBI, l’a sabotée :

    « Plusieurs sources me disent que l’équipe du contre-espionnage du FBI était au courant de la stratégie du ministère de la Justice et s’y était ralliée, mais ne pouvait expliquer ce qui avait motivé Comey à envoyer un message différent à propos des négociations ... »

    Avec l’accord apparemment mal parti, Wikileaks a publié deux fichiers de Vault 7  : « Marble Framework » et « Grasshopper ». Ces logiciels de la CIA changeaient systématiquement l’origine du piratage pour lui donner un aspect russe ou iranien en insérant des chaînes de caractères en langue étrangère dans leur code source. La publication a prouvé que l’attribution, par la DNC, du vol et d’autres piratages à la Russie était un non-sens. La publication de ces fichiers a mis fin à toutes les négociations :

    Le 7 avril 2017, Assange a publié des documents contenant des informations sur certains des logiciels malveillants de la CIA utilisés pour les cyber-attaques. Cela a eu un impact immédiat : le gouvernement américain, furieux, s'est retiré des négociations et le directeur de la CIA de l'époque, Mike Pompeo, a critiqué WikiLeaks en le qualifiant de « service de renseignement hostile ».

    Un certain Joshua Schulte, le responsable présumé des fichier de Vault 7, est en détention aux États-Unis mais n’a toujours pas été présenté à un tribunal. Il est probable que les États-Unis veulent lui proposer un marché s’il acceptait de témoigner contre Assange.

    Dans un autre article, Arkin développe sa première opinion en plaçant l’affaire dans un contexte plus large :

    Quelques mois auparavant, Edward Snowden et un groupe appelé Shadow Brokers avaient annoncé des fuites massives. Compte tenu de la notoriété acquise par WikiLeaks, Vault 7 a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le gouvernement. Non seulement c'était une expérience sans précédent de piratage de la CIA, organisation qui échappait à toute faille de ce type depuis les années 1970, mais elle montrait que tous les efforts déployés par le gouvernement américain après Chelsea Manning et Edward Snowden n’avaient pas réussi à dissuader, ni à attraper, les « pirates du millénaire ».

    L’attaque contre Assange ne vise pas uniquement la vengeance, bien que celle-ci en fasse partie. L’objectif plus large est d’arrêter les fuites :

    La pensée des responsables gouvernementaux - actuels et anciens - auxquels j'ai parlé, est de fermer WikiLeaks une fois pour toutes - ou du moins le séparer des médias traditionnels pour le rendre moins attractif en tant que source pour les secrets du gouvernement américain. Ce sera au moins un pas vers une plus grande sécurité intérieure.

    Assange sera d’abord condamné en Grande-Bretagne pour n’avoir pas respecté les règles de la liberté sous caution. Il va écoper d’environ six mois de prison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que le combat juridique autour de l’extradition vers les États-Unis commencera. Cela peut prendre jusqu’à trois ans.

    Le plus grand espoir d’Assange pour échapper à une extradition est un changement de gouvernement en Grande-Bretagne :

    Jeremy Corbyn @jeremycorbyn - 19:34 utc - 11 avril 2019
     
    Le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités en Irak et en Afghanistan.

    Le temps nécessaire au traitement de l’affaire d’extradition devant les tribunaux britanniques et européens est probablement suffisamment long pour permettre aux travaillistes de remporter des élections générales. Avec Jeremy Corbyn, Assange serait probablement en sécurité. C’est une raison de plus pour l’establisment transatlantique de tout faire pour empêcher une victoire de Corbyn.

    Moon of Alabama

    Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

    https://lesakerfrancophone.fr/jjla-cia-attaque-assange-en-justice-pour-empecher-dautres-fuites

    LE PUBLIC EST À LA DÉFENSE D’ASSANGE. QUELLE EST LA RAISON?

    LE PUBLIC EST À LA DÉFENSE D’ASSANGE. QUELLE EST LA RAISON?

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    15.04.2019

    La détention à Londres du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, reste au sommet des tendances mondiales en matière d’information. Et ce n’est pas surprenant: les sept années d’emprisonnement volontaire du dénonciateur à l’ambassade de l’Équateur ont finalement été livrées aux autorités britanniques. Cependant, deux jours après cet événement très médiatisé, on assiste à une dégringolade et Assange n’est pas seulement qualifié de criminel.

    La nouvelle de l’arrestation d’Assange, qui s’est répandue dans le monde entier, a ému la communauté internationale et ne l’a pas laissé tranquille pour le deuxième jour. Le flux d’informations thématiques ne peut être comparé qu’avec les élections présidentielles de 2016 ou le vol de 2013 de l’ancien employé de l’Agence de sécurité nationale (NSA) Edward Snowden. C’est-à-dire que cet événement est une échelle mondiale et rien d’autre.

    La chose la plus intéressante est que pendant les années que Assange a passées en détention volontaire à l’ambassade équatorienne, lui, Assange, a été presque oublié. Le public occidental l’a qualifié de criminel qui a reçu des informations secrètes par des moyens malhonnêtes et l’a rendu public. Et beaucoup avaient des doutes sur l’exactitude des informations publiées par WikiLeaks.

    Cependant, la campagne présidentielle aux États-Unis en 2016, la victoire électorale de Donald Trump, puis l’enquête notoire sur le «cas russe» ont de nouveau partiellement ravivé l’intérêt pour le personnage d’Assange. L’une des accusations du procureur spécial Robert Muller est un accord entre Trump et son équipe avec WikiLeaks, par lequel les irrégularités commises au siège des démocrates, Hillary Clinton, ont été révélées.

    Un des employés du siège de Trump, un Roger Stone, s’est vanté par inadvertance, au cours de la campagne électorale de 2016, de ses «canaux de communication» avec le fondateur de WikiLeaks. Muller soupçonnait Stone d’être à l’origine de la publication de milliers de courriels de membres du parti démocrate presque immédiatement avant l’élection présidentielle. Et ce qui est lié à cet Assange.

    Il semblerait que le puzzle ait été formé et que l’anneau autour de Stone, Assange et Trump soit fermé. Mais Robert Muller n’a pas réussi à prouver cette connexion. Et cette conclusion extrêmement importante a servi de fondement aux véritables excuses d’Assange, qui fait maintenant l’objet d’une dénonciation tout à fait différente, le qualifiant de combattant de la liberté de parole, un journaliste innocemment blessé qui pourrirait en prison pour le prix Pulitzer.

    Journaliste ou espion?

    La première et la plus importante question que se posent les médias et les représentants de l’établissement est de savoir si Assange est un journaliste? Comme vous le savez, ils veulent juger l’Australie en vertu de la loi américaine, et la loi américaine a un concept clair du Premier amendement à la Constitution – des garanties de la liberté d’expression. Si nous considérons Assange en tant que journaliste, il est sous la protection de cet amendement. Et si comme un espion ou un pirate informatique – pas du tout.

    L’essentiel des accusations portées contre l’Australien ne tient pas au fait qu’il a publié illégalement aucune information, mais au fait qu’il a aidé l’ex-soldat Bradley Manning à pirater des systèmes informatiques militaires.

    Donc, Assange sera jugé comme un espion? Encore non. Le fait est qu’il n’a pas encore été accusé d’espionnage. Cette confusion au seuil de tout acte d’accusation clair ouvre un large champ de discussion. «Quand on lit l’acte d’accusation, on ne dirait pas qu’Assange est un journaliste», a déclaré Bruce Brown, directeur exécutif du Comité américain des journalistes pour la lutte pour la liberté d’expression.

    Barry Pollack, l’avocat d’Assange, estime qu’Assange devrait être traité exactement comme un journaliste, malgré le fait que son statut ne soit pas évident jusqu’à présent. L’avocat est convaincu que l’Australien a reçu et distribué des informations d’intérêt général, qu’il s’agisse de journalisme.

    Vol de secrets

    Toutefois, l’accusation tire très habilement sa conclusion: Assange est accusée non pas de divulgation d’informations secrètes, mais de son vol et de la dissimulation de Bradley Manning.

    Suivant – les points. Il est à noter que l’acte d’accusation Assange présentait de telles dispositions, que tout journaliste peut facilement reprocher. « Une partie du complot » est ce que Assange a pris des mesures pour se soustraire à l’enquête de Bradley Manning en tant qu’informateur pour WikiLeaks.

    «La plupart des journalistes d’investigation, sinon tous, prennent de telles mesures pour protéger leurs sources. L’acte d’accusation indique également: « Cela faisait partie d’un complot lorsqu’Assange a demandé à Manning de fournir des informations et des enregistrements provenant de ministères et d’agences américains ».

    Une autre accusation – Assange et Manning ont utilisé un dossier partagé dans le stockage en nuage WikiLeaks pour transférer des informations sensibles.

    En un mot, bien que l’accent soit mis sur le vol de secrets, l’enquête n’a pas échappé aux accusations d’Assange de la majorité coupable de journalistes.

    Combattant de la liberté

    Le nouveau rôle d’Assange n’est pas seulement un journaliste qui sera jugé comme journaliste. Certains pensent que la figure d’Assange est en train de devenir un symbole du double standard auquel ont recours les médias occidentaux.

    Et en effet, rappelons-nous comment il a été noirci à l’amiable par tout le monde. La raison – l’enquête de Muller contre Trump. Et le dénonciateur australien de facto est devenu un maillon de la chaîne d’accusations contre le président de la Maison-Blanche.

    Mais la situation est hétérogène. Assange, une partie du public auparavant blanchie à la chaux, l’attaque maintenant, et une autre partie était ses ennemis déclarés, et ils parlent maintenant de la liberté d’expression.

    A ce stade, il est important de préciser l’essentiel: la figure d’Assange acquiert progressivement un caractère symbolique.

    Assange n’est plus seulement un Australien détenu, le fondateur de WikiLeaks, mais il est pour certains le coupable de certains vols d’informations secrètes et, pour d’autres, d’un symbole de la lutte pour la liberté d’expression. Et dans le monde occidental, on repense déjà cette image, ça donne à réfléchir. Cependant, cela sauvera-t-il Assange de son extradition vers les États-Unis et d’une peine de prison à vie? À peine.

    http://katehon.com/article/public-defense-assange-what-reason

    Julian Assange : 10,2 milliards de dollars contre la vie d’un homme ?

    Julian Assange : 10,2 milliards de dollars contre la vie d’un homme ?

    Julian Assange arrested What now for the Wikileaks founder-Capture d’écran Chanel4 News

    L’histoire retiendra que le 11 avril 2019 le droit d’asile a été bafoué par l’Équateur et son président. Un triste jour pour les lanceurs d’alerte, un triste jour pour la vérité !

    Par Yannick Chatelain.

    Comme je l’avais évoqué le jour même de son arrestation, l’information – au conditionnel – sur une arrestation imminente de Julian Assange avait été jugée suffisamment crédible pour que Nils Melzer, le Rapporteur spécial de l’Organisation des Nations Unies sur la torture, mette en garde le 5 avril 2019 le gouvernement équatorien du Président Lenín Moreno en l’invitant à « s’abstenir d’expulser M. Assange… ou de cesser ou de suspendre son asile politique de toute autre manière », rappelant que si Assange était renvoyé de l’ambassade, il risquait « que les autorités britanniques l’arrêtent et que les États-Unis l’extradent ».

    Il pointait le fait qu’« une telle réponse pourrait l’exposer à un risque réel de violations graves de ses droits humains, notamment sa liberté d’expression, son droit à un procès équitable et l’interdiction des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

    Cette mise en garde et exhortation n’a nullement impressionné le gouvernement de Lenín Moreno qui a laissé procéder le 11 avril à l’arrestation de Julian Assange. Pour justifier cette arrestation, et son placement en garde à vue, Scotland Yard a dans un premier temps évoqué un mandat délivré en juin 2012 par un tribunal londonien pour non-présentation à la justice. Un délit passible d’un an de prison. Délit pour lequel il a été immédiatement reconnu coupable.

    Dans un second communiqué, la police britannique a indiqué que nonobstant ce mandat, son arrestation répondait  également à « une demande d’extradition » formulée par les autorités américaines. Ce que Julian Assange et ses défenseurs redoutaient le plus.

    En 2015 Julian Assange avait à ce sujet déclaré depuis l’ambassade ne pas redouter la peine de mort (encore pratiquée dans une majorité des États américains).

    « Ça ne veut pas dire que le risque n’existe pas que je finisse comme un mort vivant. Il y a aux États-Unis des lois pour les cas de sécurité nationale et de terrorisme. Ils mettent des gens au secret. (…) Il faut être réaliste. Ce n’est pas un système où, si vous êtes un cas de sécurité nationale, vous pouvez attendre de la justice. Il ne faut pas s’attendre à de la justice pour moi. »

    Le monde a pu découvrir le 11 avril un Julian Assange dans la fleur de l’âge, 47 ans, aux allures de vieillard, une image qui fait mal et qui fait (devrait faire) honte. Le 11 avril le monde entier pouvait voir les effets sur un homme de ce qui relève d’une torture psychologique dans la durée.

    Quant à l’extradition, on peut aisément comprendre le fondement des craintes de Julian Assange au regard du traitement inhumain qui est réservé à Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte que la justice américaine tente actuellement par tout moyen de briser !

    UN CALENDRIER QUI INTERROGE

    Le mercredi 10 avril, le chef de l’état Lenin Moreno annonçait triomphalement à la télévision équatorienne :

    « Nous allons recevoir plus de 10 milliards de dollars à des taux inférieurs à 5 % en moyenne et sur des durées jusqu’à 30 ans », a déclaré le chef de l’État à la télévision équatorienne. » Il peut pour cela remercier : le FMI qui  prendra en charge 4,2 milliards de dollars, pour ce qui concerne les 6 milliards restants. »

    Lenin Moreno peut remercier la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque intéraméricaine de développement (BID), la Banque de développement d’Amérique latine et le Fonds de réserves latino-américain.

    Je laisse chacun juge d’un calendrier des événements les plus marquants dans cet imbroglio et cette issue inédite en matière de droit d’asile.

    • Depuis le 8 mars, Chelsea Manning est torturée psychologiquement pour la contraindre par l’emprisonnement à se renier à huis clos devant un grand jury. Ce qu’elle refuse.
    • Le 5 avril, alerte de Wikileaks sur une arrestation imminente d’Assange. Injonction le même jour de Nils Melzer très inquiet de la situation…
    • Le 10 avril l’Équateur reçoit plus de dix milliards de dollars…
    • Le 11 avril le sort de Julien Assange était scellé : arrêté dans l’ambassade et de fait désormais sous le coup d’une extradition. Quant à l’argumentation du chef d’état équatorien, qu’en dire sans en être stupéfait ?

    Vidéo intégrée

    Lenín Moreno

    @Lenin

    Ecuador decidió soberanamente retirar el asilo diplomático a Julian Assange por violar reiteradamente convenciones internacionales y protocolo de convivencia.

    23,9 k personnes parlent à ce sujet

    « J’annonce aujourd’hui que le comportement irrespectueux et agressif de Julian Assange, les déclarations discourtoises et les menaces formulées par Wikileaks à l’encontre de l’Équateur, et surtout la violation des règles internationales de matière d’asile, ont rendu insoutenable le maintien de cet asile pour Julian Assange. Et la patience de l’Équateur est arrivée à sa limite »

    La limite de la patience de l’équateur intègre-t-elle dans cet imbroglio la somme évoquée ? Il est notable que les relations entre l’ambassade équatorienne et Julian Assange s’étaient tendues ; en 2018 le fondateur de WikiLeaks avait reçu une liste des « règles de la maison » à respecter s’il voulait pouvoir continuer d’utiliser Internet : nettoyer sa propre salle de bain, payer sa propre nourriture, son linge et ses appels téléphoniques, prendre soin de son chat…  Une approche jugée humiliante par Julian Assange qui avait alors attaqué l’Équateur à propos de ses conditions de vie.

    Comme l’avait alors fait remarquer lors d’une conférence de presse son avocat Baltasar Garzon :  « Il est détenu dans des conditions inhumaines depuis plus de six ans » soulignant que « même les personnes emprisonnées ont des appels payés à l’État »

    HAUTE TRAHISON DU DROIT D’ASILE MENSONGES ÉHONTÉS ET RETOURNEMENT DE VESTE

    Même si des tensions préexistaient depuis le changement de gouvernance, l’argumentation de Lenín Moreno sur sa patience limitée est pour le moins légère – pour ne pas la qualifier de ridicule – pour justifier une décision qui expose désormais Julian Assange à un risque réel de violation de ses droits humains les plus fondamentaux.

    Quant à  la déclaration du ministre des Affaires étrangères Jose Valencia qui a été rapportée par El Telegrapho – pour ce qui concerne la demande d’extradition formulée par les États-Unis – elle n’est pas moins folklorique :

    « Nous ne savions pas qu’il y avait une demande à cet égard, alors la décision de l’Équateur a été prise indépendamment de toute considération à cet égard. »

    L’ex-président de l’Équateur évoque lui une simple vengeance et fait une synthèse qui résume pour partie le sentiment de nombreux observateurs :

    « On ne livre pas une victime à ceux qui le persécutent, ou alors on s’humilie à la face du monde entier et on contrevient au principe de protection qui est la base de l’asile. »

    Au-delà de tous les tenants et aboutissants d’une telle issue, une piste de vengeance est souvent évoquée ; cette dernière semble crédible pour El Espectador, qui se demande également si Julian Assange n’est pas une « victime collatérale de la guerre larvée que se livrent l’ancien et l’actuel président de l’Équateur ».

    LE CRI D’ASSANGE : « LE ROYAUME-UNI DOIT RÉSISTER ! »

    À l’aune d’un nouveau combat qui va consister à éviter l’extradition, Assange appelle à la résistance. Aux États-Unis, inutile de dire qu’il ne pourrait pas compter sur le soutien de l’administration de Donald Trump. Comme le mentionne un article du Guardian, le soutien apporté lors des dernières élections présidentielles américaines à Julian Assange était dans le camp Trump sans aucune ambiguïté.

    Et si Donald Trump a déclaré à la presse, juste après l’arrestation de Julian Assange, avec une vulgaire désinvolture : «  Je ne connais rien de Wikileaks, ce n’est pas mon truc » ( « I know nothing about Wikileaks. It’s not my thing. »), il a une mémoire défaillante : The Guardianrappelle à Donald Trump et au monde entier que « Donald  Trump a vanté WikiLeaks durant la campagne électorale, plus de 164 fois au cours du dernier mois de la campagne. »

    « WikiLeaks – J’aime WikiLeaks », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement ». Lors d’un autre meeting son amour était débordant : « Ce WikiLeaks est comme un trésor. » Même après les élections son soutien ne s’est pas démenti : « Je dis simplement ce qu’il dit (en parlant de Julian Assange) c’est aux gens de se faire leur propre opinion sur ce qui est la vérité »…

    En attendant la suite des événements, l’histoire retiendra que le 11 avril 2019 le droit d’asile a été bafoué par l’Équateur et son président. Un triste jour pour les lanceurs d’alerte, un triste jour pour la vérité ! Si le président de l’Équateur a choisi de jouer la carte du déshonneur pour des raisons qu’il reste à éclaircir, le Royaume-Uni peut encore, dans un contexte où l’on sait – quoi que l’on pense de l’action de Wikilieaks et d’Assange – le traitement inhumain qui attendrait l’homme en cas d’extradition,  sauver ce qui peut être sauvé de l’honneur et écouter le cri d’Assange :

    « Le Royaume-Uni doit résister ! »

    Le cas échéant, si le cri d’Assange n’est pas entendu, si l’acharnement que subit Chelsea Manning se poursuit, la moralité de cette histoire serait la suivante : pour ne pas avoir à répondre de crimes de guerre et s’en laver les mains, l’important… in fine, c’est de gagner la guerre !

    « Si le juge était juste, peut-être que le criminel ne serait pas coupable. » (Fiodor Dostoïevski)

     

    https://www.contrepoints.org/2019/04/15/341634-julian-assange-102-milliards-de-dollars-contre-la-vie-dun-homme?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=c6b6e2b8d2-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-c6b6e2b8d2-114031913&mc_cid=c6b6e2b8d2&mc_eid=acae01963f

    Assange ? “C’est pas mon truc”

    Assange ? “C’est pas mon truc”

    Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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    1843

    Assange ? “C’est pas mon truc”

    12 avril 2019 – Pour commencer à propos de cette affaire si parfaitement illustrative de ces temps d’ignominie qu’on ne déguise même plus, on s’en tiendra, dedefensa.org et moi, à la transcription de deux commentaires (tous deux rapportés par ZeroHedge.com) qui ont le mérite de mettre dans la bonne perspective l’affaire Assange dans son dernier développement.

    (A côté de quoi, latéralement dirais-je, on doit signaler aussi que cette affaire a déclenché une avalanche de tweets dont bon nombre montrent une haine ricanante là aussi sans aucun apprêt de dissimulation, notamment de la part de journalistes de la presse britannique, de cette presse britannique “libé-chic” (type-GuardianThe Independent, BBC), réputée pour son libéralisme et son affection pour les “valeurs” auxquelles il nous est ordonné à tous de faire les dévotions qui importent, – droits de l’homme, liberté de la presse et autres viennoiseries ; lesquels journalistes, puisque c’est leur titre, s’affichent comme dotés d’une grande liberté d’esprit critique et s’alignant par conséquent et fort vertueusement pour la suite sur les méthodes cruelles, illégales et dignes du crime organisé des autorités anglo-saxonnes. Rien à redire à cet égard, dans le rangement duquel le caractère de zombie-luciférien a sa place là où il faut, et l’enthousiasme devant le sort épouvantable fait à un homme dont la situation constituait a contrario un éclairage constant de ce caractère.)

    • Le premier de ces commentaires est celui d’une autorité officieuse chinoise : « Le rédacteur en chef du Global Times [Hu Wjing], largement considéré comme le porte-parole de Pékin, a commenté vivement l’arrestation d’Assange, le comparant au dissident chinois Liu Xiaobo, le “Nelson Mandela chinois”. »
    Le tweet de Hu Wjing : « Assange et Liu Xiaobo ont défié [leur pouvoir respectif].Liu a reçu le prix Nobel de la paix en Occident, Assange a été chassé conjointement par les pays occidentaux. Si Assange avait visé la Chine, la Russie ou l’Iran, il n’aurait pas fini comme ça. Il a choisi la mauvaise cible. »
    • Le second de ces commentaires est celui du président Trump, commentaire pour une fois à découvert et sans stratagème, complètement piteux, montrant que le personnage de la téléréalité se trouve, cette fois hors-caméra et hors-maquillage, dans une position sans grandeur ni la moindre légitimité. Trump s’est rarement montré aussi médiocre et “déplorable”, cette fois selon un très juste emploi du mot, complètement différent de l’usage qu’en fit Hillary Clinton. Trump dit simplement qu’il n’a rien à voir avec Assange, donc avec l’arrestation d’Assange (“WikiLeaks, c’est pas mon truc”), dévoilant ainsi au monde stupéfait (qui devrait être stupéfait, s’il écoutait) que ce président si impératif et proclamateur de sa légitimité, s’occupant de tout et ayant son mot à dire de tout au nom de son autorité, s’arrange fort bien de n’en avoir aucune dans une affaire d’une telle importance symbolique. Trump n’est pas un neocon belliciste qui a trahi ses engagements, c’est un homme dont la force de caractère est mesurée, selon l’image de Theodore Roosevelt à propos du président McKinley, par le cas d’une étrange anatomie qui fait qu’il a un éclair au chocolat à la place de la colonne vertébrale.
    « Sentant clairement la pression de ses nombreux partisans qui sympathisent avec Assange, le président Trump a déclaré aux journalistes du pool de presse de la Maison-Blanche : “Je ne sais rien sur Wikileaks. C’est pas mon truc… Je n’ai pas vraiment d’opinion.”
    » Bien sûr, le candidat de l’époque [présidentielles de 2016], M. Trump, avait fait l’éloge de Wikileaks à plusieurs reprises au cours de la campagne après que cette organisation eut publié plusieurs livraisons de courriels prétendument volés au DNC et au directeur de la campagne Clinton, John Podesta (un des fils de Trump aurait également échangé des messages Twitter avec le groupe).
    » Quoi qu’il arrive ensuite, ce sera au procureur général de décider,  [laisse dire Trump]…
    » Pendant ce temps, les partisans d’Assange se sont mis à twitter pour rappeler au président son soutien à l’organisation pendant la campagne. Sean Hannity, un animateur de Fox News avec qui Trump entretient des relations étroites, avait même offert un jour de faire d’Assange l’invité de son show d’information. »
    Ainsi voici l’affaire exposée, sinon expédiée. On peut rajouter, pour renforcer ce sentiment de dégoût d’appartenir à ce qui est en général désigné comme l’espèce humaine, quelques-unes des remarques exubérantes des honorables parlementaires de l’exceptionnaliste et modèle de la plus grande démocratie du monde, inventrice du concept de la corruption ontologique comme manière d’être ; cela, ces citations, histoire de se laver l’estomac grâce à ce mécanisme biologique de rejet de l’inacceptable qui vous fait vomir. Il suffit de citer le sénateur Joe Machin : « Ce sera vraiment bien de le ramener sur le sol américain. Il est notre propriété et nous pouvons obtenir les faits et la vérité de lui. » Moi, j’aurais fait plus court, sénateur, quelque chose comme : “Il est à nous désormais, et on va pouvoir en faire ce qu’il nous plaît”, – et moi, je sais ce qui vous plaît, sénateur, de Guantanamo à Abou Graib.

    Je ne vais pas m’attarder au calvaire qu’a subi et que va continuer à subir Assange, à qui il ne reste plus qu’à se battre comme un lion dans les dédales des lois que ces gens bafouent comme les barbares qui pillent, brûlent, violent et massacrent. Quels que soient les traits de son caractères, ses actes, ses faiblesses et ses vertus, Assange est devenu le symbole du martyre que cette Bête monstrueuse et répugnante, – ce que je nomme le Système, – fait subir à ceux qui la défient. Nous sommes bien au-delà de l’effondrement d’une civilisation et de la loi de la jungle, qui paraissent pleins d’humanité à côté du spectacle du déchaînement de cette Bête monstrueuse. Aucun qualificatif n’est concevable hors ceux qui s’appliquent au Mal absolu et au rituel de la fureur du Diable.

    Il y a dans cette volonté aveugle de punition et de châtiment hors de tout calcul et au-delà du machiavélisme la marque même des affrontements suprêmes que nous enseignent les Livres Sacrés à propos des batailles livrées contre le Mal. Nous voyons confirmé encore une fois, par conséquent, que ce que nous désignons aujourd’hui comme la Grande Crise n’est pas un événement de plus, même tragique, dans l’histoire-Système que l’on enseigne dans les établissements universitaires. Il s’agit de se hausser au niveau de la métahistoire : à cette aune, Assange le martyre devient effectivement un symbole qui dépassera son propre destin. Il n’est pas assuré que le Système aura ainsi réalisé une “opération” habile, – car le Système prétend être un combattant habile, – parce que la cruauté nue et le goût de la vengeance sont des passions encombrantes pour la manœuvre, en plus d’être inhumaines.

    D’où j’en reviens à ma longue devise plusieurs fois reprise et répétée, comme un miroir de la Tradition primordiale que nous tend Guénon ; je crois et je pense que le sort que le Système réserve à Assange la justifie complètement : « On dit même que le diable, quand il veut, est fort bon théologien; il est vrai, pourtant, qu’il ne peut s’empêcher de laisser échapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature… »

    http://www.dedefensa.org/article/assange-cest-pas-mon-truc

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