Archives pour la catégorie KURDE

Washington réarme des Kurdes en Syrie

Washington réarme des Kurdes en Syrie

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Les États-Unis viennent de faire parvenir à des Kurdes du Nord de la Syrie une très importante cargaison d’armes (environ 250 camions).

Il est impossible de dire en ce moment, contre qui Washington entend utiliser ces armes.

Les États-Unis relancent-ils la guerre contre la Syrie ou s’apprêtent-ils à instrumenter des Kurdes contre la Turquie ?

http://www.voltairenet.org/article202460.html

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Damas se prépare-t-elle à négocier un accord avec les Kurdes ?

Damas se prépare-t-elle à négocier un accord avec les Kurdes ?


Par Andrew Korybko – Lundi 23 juillet 2018 – Source orientalreview.org

Damas aurait déjà conclu deux ententes pragmatiques avec des groupes dits « rebelles » au nord-est du pays.

Le président syrien Bachar El Assad (photo wikipedia.org)

Sputnik a signalé que le gouvernement syrien légitime touche un tiers des revenus des champs de pétrole d’al-Rmeilan et de Jabsah, tandis que Rudaw – un média tenu par des Kurdes – annonçait que l’État avec accepté d’exploiter le barrage de Tabqa conjointement avec les « Forces démocratiques syriennes » (FDS). Chacun de ces deux accords implique les Kurdes à des niveaux différents, les faibles informations sur l’accord pétrolier semblant indiquer que l’accord a été négocié directement entre les Kurdes et Damas, tandis que l’accord sur l’eau apparaît comme multilatéral, avec l’implication de la coalition des FDS. Si on les considère comme un tout et si l’on dépasse la rhétorique maximaliste toujours prêchée par les autorités syriennes et leurs affiliés – pour des raisons de politique intérieure et pour maintenir un moral de « résistance » – on constate que Damas se réjouit évidemment de parvenir à des accord pragmatiques de facto avec l’organisation même que le gouvernement syrien avait juré de déloger de sa région nord-est.

En soi, ces accords nous indiquent que la promesse du président Assad de libérer « chaque mètre carré » de la Syrie pourrait finir dans un processus beaucoup moins spectaculaire que beaucoup d’observateurs ne l’auraient cru ; il apparaît moins probable que jamais que l’Armée arabe syrienne (AAS) ne pénètre la ligne de « désescalade » non déclarée, le long de l’Euphrate, et ne lance une grande offensive militaire dans cette zone, comme elle l’a fait récemment dans la zone de désescalade officielle autour de Deraa. La libération de cette région, riche en ressources énergétiques et agricoles, reste probablement à l’agenda du gouvernement, mais pourrait se voir réalisée par des moyens diplomatiques, intégrés dans un accord russo-américain et facilités par les efforts de médiation russes avec les Kurdes.

Damas, prenant en compte le fait qu’elle n’a aucun moyen de jamais contrôler militairement la zone nord-est du pays – du moins tant que cette zone demeure un protectorat américain – pourrait en venir à reconnaître la « fédération » auto-déclarée administrée par les Kurdes, dans un cadre garantissant un partage des bénéfices issus de l’exploitation des ressources naturelles et une gestion partagée élargie des infrastructures de la zone. Cette position, totalement inversée par rapport à ce que le gouvernement prévoyait, pourrait être présentée comme seule solution pacifique à cette impasse, et comme une décision courageuse de la part des autorités syriennes, en vue d’impulser une réforme constitutionnelle et un processus de paix conjoints. Prendre l’initiative de cette manière pourrait même permettre à Damas de regagner une aura internationale auprès de l’Occident, et rapprocher le pays d’un allégement des sanctions qu’il subit, si un accord mettant fin à la guerre venait à être conclu.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 20 juillet 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/damas-se-prepare-t-elle-a-negocier-un-accord-avec-les-kurdes

 

Les Kurdes pro-US contre les chrétiens iraquiens et syriens

Les Kurdes pro-US contre les chrétiens iraquiens et syriens

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Le gouvernement régional du Kurdistan iraquien a institué une taxe islamique sur les entreprises appartenant à des chrétiens.

Apparue fin juin à Ankawa (district d’Erbil), une ville à 80 % chrétienne, cette taxe correspond à l’ancien Djizîa, l’impôt collecté sur les chrétiens à défaut de les incorporer dans les armées. Alors que l’on avait d’abord dénoncé une initiative des autorités de la ville, cette taxe vient d’être étendue à la ville de Semel.

Simultanément, les Kurdes du YPG (soutenus par les États-Unis, Israël et la France) ont envahi et occupent deux localités chrétiennes de Syrie, Tel Jazira et Tel Baz (sur la rivière Khabour). Au cours des trois dernières années, le YPG a remplacé de force les professeurs des écoles chrétiennes du Nord de la Syrie. Les enfants ont été contraints d’abandonner la langue arabe, et d’adopter un cursus enseigné par des professeurs kurdes étrangers en langue kurde [1].

Documents joints

[1] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

 

http://www.voltairenet.org/article201862.html

Les USA pourraient se retirer de Syrie

Les USA pourraient se retirer de Syrie

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Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a invité les États-Unis à retirer leurs troupes du pays en préalable au retrait de forces étrangères pro-gouvernementales. Le Pentagone est présent à la fois au Sud (Al-Tanf) et au Nord (zone occupée par le YPG kurde).

Dans le cas d’un retrait d’Al-Tanf, le Hezbollah se retirerait du Sud. D’ores et déjà ses combattants préparent leur départ. L’ordre serait rétabli avec l’aide de la Russie, conformément à un accord antérieur.

Planifiant leur possible retrait du Nord du pays, les États-Unis seraient en train d’installer une nouvelle base dans le Sinjar iraquien d’où ils pourraient intervenir à la fois en Syrie et en Turquie.

http://www.voltairenet.org/article201369.html

Les muscles américains en Syrie pour effrayer la Turquie et l’Iran

Les muscles américains en Syrie pour effrayer la Turquie et l’Iran

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11.05.2018

Les Etats-Unis ont achevé la construction d’une troisième base dans la région de Manbij, où la Turquie voulait envoyer ses troupes pour évincer les milices kurdes. La présence militaire américaine pourrait être un bastion pour attaquer l’Iran.

La majorité de l’ordre de 15 bases militaires américaines, à l’exception d’Eth-Tanf, se trouve sur les territoires contrôlés par la milice kurde dans le nord de la Syrie, à l’est de l’Euphrate. L’expansion de la présence militaire américaine inquiète les participants au format Astana: la Turquie, la Russie et l’Iran, qui sont les garants des quatre «zones de désescalade» en Syrie.

Au début du mois de mai, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a blâmé Washington à plusieurs reprises pour avoir tenté de détruire la Syrie, a déclaré que les Etats-Unis préparaient des militants contre le gouvernement de Bashar Assad.

La même position est tenue par l’Iran, qui considère toute présence militaire sans le consentement de ses alliés comme illégale. Téhéran est également préoccupé par l’alliance américaine avec les Kurdes, dont le nombre en Iran, selon diverses estimations, est de huit millions.

La Turquie est le plus inquiet, le seul pays à avoir mené une opération militaire ouverte contre les YPG, sur les territoires desquels les Etats-Unis ont établi leurs bases. En janvier-mars, les forces armées turques ont chassé les miliciens kurdes d’Afrin (opération Olive Branch) au nord-ouest de la Syrie. Ensuite, ils se préparaient à aller plus loin – à Manbij. Mais, contrairement à Afrin, que la coalition américaine contre l’Etat islamique a annoncé en dehors de sa zone de responsabilité, le Pentagone a fourni aux Kurdes des garanties claires pour Manbij. Non seulement il y a eu des renforts militaires envoyés face à trois cents forces spéciales américaines, mais il y a trois mois, la construction d’une autre base militaire a commencé.

Dans la nouvelle garnison de Manbije, filmée par le photographe de l’agence Reuters, les militaires français sont également stationnés, a précisé Sharfan Darwish, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (SDF), basé sur les YPG kurdes. Les militaires américains et français patrouillent le front entre le SDF et les forces pro-turques après qu’Ankara ait lancé la «branche d’olivier». Darvish a noté:

Après l’attaque turque sur Afrin et l’augmentation des menaces turques contre Manbiju, les forces de la coalition ont construit une base pour surveiller et protéger la frontière (entre les belligérants)

La Turquie considère les YPG comme une organisation terroriste et la continuation du Parti des travailleurs du Kurdistan, avec lequel la Turquie se bat sur son propre territoire. Le programme d’Erdogan est de nettoyer toute la frontière de 800 kilomètres avec la Syrie des partisans kurdes, en recourant à une intervention sur le territoire étranger si nécessaire. L’activation des Etats-Unis dans la région et le manque d’intérêt pour les négociations avec Erdogan éloignent de plus en plus Ankara de Washington.

Le docteur en sciences historiques de l’université d’Istanbul Mehmet Perincek considère que la nouvelle base militaire américaine dans le nord de la Syrie est plus qu’une simple menace pour la Turquie:

La nouvelle base de l’Amérique à Manbij n’est pas seulement contre Assad, l’intégrité territoriale de la Turquie, mais aussi contre la Russie et même la Chine. Après tout, s’il y a un Kurdistan indépendant, il va s’imposer contre toute l’Eurasie. La Turquie, l’Iran et la Russie devraient unir leurs forces non seulement contre la terreur des fondamentalistes, mais aussi contre les séparatistes « 

Lors du dernier sommet d’Ankara, les dirigeants de la Russie, de l’Iran et de la Turquie ont, dans une déclaration commune, évoqué précisément la lutte contre les «agendas séparatistes», faisant allusion aux plans américains d’effondrement de la Syrie.

Le renforcement de la présence militaire des États-Unis en Syrie est également pertinent à la lumière de l’escalade de la confrontation israélo-iranienne près des hauteurs du Golan après la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran. Les points forts dans les territoires kurdes, en plus des bases américaines dans les pays du Golfe Persique, sont de nouvelles têtes de pont du Pentagone pour attaquer l’Iran.

Le renforcement des Américains à Manbij n’est pas rentable à la fois pour Téhéran et pour Ankara. Mais cela signifie-t-il que dans le cas d’Israël et des frappes américaines contre l’Iran, la Turquie soutiendra son voisin?

Réalisant que les plans américains sont sérieux, et que la situation est au final, un résultat déplorable pour l’Iran, la Turquie peut soutenir ces coups, car il y a un an Ankara critiquait l’Iran, disant qu’il essayait de transformer la Syrie et l’Irak en Etats chiites.

Les Etats-Unis ont un puissant levier sur la Turquie sous la forme de sanctions pour l’achat de S-400 russes et en contournant le boycott américain de l’Iran, ce qui pourrait contraindre Ankara à s’abstenir de toute solidarité avec la République islamique d’Iran.

Perincek estime que parmi les principaux objectifs des possiles frappes américaines contre l’Iran est l’intention de détruire le format Astana.

Les États-Unis et Israël ont longtemps voulu gâcher le processus d’Astana, qui les empêche de réaliser leurs plans dans la région. L’attaque contre l’Iran est une continuation des provocations, comme les Khimataks de Salisbury et la Douma syrienne, appelés à diviser l’alliance de la Turquie, de l’Iran et de la Russie.

« En cas de guerre avec l’Iran, la Turquie devrait montrer sa solidarité avec elle, car seule la coopération avec Téhéran Ankara peut combattre le séparatisme et garantir son intégrité territoriale » – a résumé Perincek.

Comme Ankara va réagir, c’est difficile à dire. La Turquie est membre de l’OTAN, dépendante de plusieurs aspects des États-Unis, mais en même temps elle est mécontente de l’alliance de Washington avec les Kurdes et de la dissimulation de Fethullah Gülen en Pennsylvanie. D’autre part, Ankara est dans une alliance situationnelle avec Téhéran en Syrie et a des liens commerciaux étroits avec les Iraniens. L’histoire montre que les alliances sont vérifiées non par des mots, mais par des actions concrètes. L’état tendu actuel des relations turco-américaines et turco-israéliennes suggère que le pays sur les rives du Bosphore n’a plus d’incitation à l’intervention américaine et israélienne contre l’Iran que lors de l’agression américaine contre l’Irak en 2003, quand Ankara a refusé de fournir ses bases à ses alliés de l’OTAN.

http://katehon.com/article/us-muscles-syria-scare-turkey-and-iran

Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali

Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali


Par Andrew Korybko – Le 9 avril 2018 – Source Oriental Review

French and Syrian flagsLa France a déclaré qu’elle envoyait des troupes au nord de la Syrie pour soutenir les Kurdes.

Le président Macron a annoncé la décision sans précédent de Paris après avoir rencontré des dirigeants kurdes dans la capitale française la semaine dernière, une décision dénoncée en résumé par Ankara comme le « dépassement d’une ligne rouge ». Ankara dénonce un pays d’Europe occidentale soutenant le terrorisme avec ce que la Turquie considérerait ironiquement comme une « invasion » de la Syrie. Les conflits intra-OTAN atteignent un point d’ébullition avec les États-Unis, la Grèce et maintenant la France s’alignant tous contre les intérêts régionaux de la Turquie en réponse à l’approche multipolaire d’Ankara après le coup d’État. Cela exerce une énorme pression sur le président Erdogan pour reculer ou faire dangereusement face aux conséquences de cet acte. Le dirigeant turc a refusé de reculer et il est maintenant contraint d’affronter les perspectives d’un soutien conjoint américano-français à ce que son gouvernement considère comme des terroristes kurdes, ce qui ne fera que renforcer son désir d’intensifier la réorientation stratégique de son pays vers l’Est.

Non seulement cela, mais la Turquie pourrait contrer asymétriquement le déploiement militaire hostile de la France via les forces pro-Ankara dans le nord de la Syrie. Les médias turcs ont divulgué l’emplacement de chaque base où les forces françaises seraient censées être déployées comme ils l’ont fait pour les Américains l’été dernier, ce qui peut être interprété comme une menace tacite que les troupes des deux pays pourraient être ciblées par des groupes armés sympathisants de la Turquie dans le cadre de la « guerre civile de la Rojava » qui se déroule dans le nord de la Syrie. Les plans de la France pour aider les États-Unis sur ce champ de bataille et même de les remplacer, dans une certaine mesure. Si Trump confirme « très bientôt » ses intentions de quitter le pays, cela pourrait inévitablement conduire Paris à un second bourbier malien. Elle serait alors contrainte de lutter contre les rebelles dans ce qui est devenu une « guerre civile à plusieurs niveau dans une guerre civile » et non contre les terroristes.

Les développements rapides montrent que l’ancien modèle de colonialisme ne fonctionne plus dans les sociétés post-coloniales où les anciens colonisateurs cherchaient à exploiter les groupes minoritaires contre la majorité. Les habitants du nord-est de la Syrie ne permettront pas à leur ancien colonisateur de retourner dans leur pays et d’utiliser les Kurdes pro-occidentaux comme outil de substitution pour supprimer la majorité arabe. En outre, la Turquie coopère avec la Russie via le processus de paix d’Astana et atteindra vraisemblablement un éventuel « compromis » pour au moins restituer nominalement les territoires que ses groupes rebelles alliés contrôlent à l’autorité du gouvernement syrien. Cela se fera probablement après avoir sécurisé sa position géopolitique par la prochaine « révision constitutionnelle » mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui conduira probablement à un certain degré de « décentralisation ». La France, cependant, n’a pas l’intention de faire la même chose vis-à-vis de ses mandataires et de la Russie, de sorte qu’elle représente une menace beaucoup plus grave pour la souveraineté syrienne que la Turquie en ce moment.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/macron-pourrait-pieger-la-france-dans-un-bourbier-au-nord-de-la-syrie-comme-au-mali

False flag III, le retour

False flag III, le retour

9 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Etats-Unis, #Russie

Vous en rêviez, vous l’attendiez, les coupeurs de tête modérés l’ont fait. Alors qu’ils se prennent une fessée prison-style à Douma, dernière enclave de la désormais quasi-reconquise Ghouta orientale, les djihado-takfiris si chers au système impérial US ont lancé leur dernier atout sur le tapis : « attaque chi-mi-que » crient-ils en coeur, bien que sans grande originalité. Il est vrai que les précédents de 2013 (déjà dans la même zone) ou de 2017 à Khan Cheikhoun nous ont vaccinés contre ce genre de comédie imbécile…

Ce que nous écrivions l’année dernière dernière n’a pas pris une ride :

Tout part de ce qui ressemble à un énième false flag barbu : le supposé bombardement chimique par l’aviation syrienne. Comme d’habitude, aucune preuve et aucun temps de réflexion – quel serait donc l’intérêt d’Assad de perpétrer ces attaques en un point non stratégique alors qu’il est en train de gagner la guerre et que l’administration américaine venait de lui donner un blanc-seing ? Ca n’a strictement aucun sens.

Cela a encore moins de sens aujourd’hui alors que 95% de la Ghouta a été reprise et que la réduction de la dernière poche de Jaish al-Islam n’est qu’une question de jours. Mais la journaloperie ne s’arrête évidemment pas à ce genre de détail tout comme elle ne rapportera jamais la découverte jour après jour de labos chimiques rebelles…

Sans surprise, les habituels trolls de l’empire – McCainistan, Israël – s’empressent d’éructer et de pousser à l’action contre l’ogre Assad, dévoreur de son peuple. Chose plus curieuse, les réactions de l’Arabie saoudite et de la Turquie sont relativement inverses de ce que l’on pourrait attendre. La première, pourtant marraine de Jaish al-Islam, se contente de condamner l’attaque chimique sans désigner de coupable et d’appeler à la résolution pacifique du conflit. Signe du rapprochement russo-saoudien de ces derniers temps ?

Par contre, le sultan semble tout prêt d’une nouvelle crise de nerfs, Ankara accusant Damas de crime de guerre. Malgré l’optimisme d’excellents sites (ici ou ici), on a quand même la légère impression que la réunion tripartite Erdogan-Poutine-Rohani d’il y a quatre jours n’a pas été un franc succès (durée largement raccourcie, dispute entre Iraniens et Turcs à propos d’Afrin…)

Outre les accusations téléguidées contre Damas à propos du false flag de la Ghouta, on sent plus généralement une certaine mauvaise volonté ottomane. Ainsi, le plan russe de transporter les restes de Jaish al-Islam de Douma au nord d’Alep, dans la zone contrôlée par Ankara, a été rejeté. Simple souhait de ne pas ajouter encore plus de chaos dans la région ou volonté délibérée de faire dérailler les négociations sur l’évacuation des barbus et la reconquête totale de la Ghouta par les loyalistes ? Seul l’avenir nous le dira mais il n’est pas impossible que nous assistions aux prémices d’une nouvelle dégradation des relations russo-turques. A suivre.

Pour le moment, tous les yeux sont braqués sur ce qui va se passer entre Washington et Moscou. Se faisant plus deepstatiste que le Deep State, Donaldinho a de nouveau endossé l’habit de Cretinho. Son hoquet twitterique contre « l’animal Assad et la Russie et l’Iran qui le soutiennent » nous fait venir à l’esprit les sages pensées de Michel Audiard sur un certain chef d’escadrille…

Il ne peut pas ne pas savoir que cette « attaque chimique » est une mauvaise farce. Pourquoi alors se griller avec ces déclarations incendiaires et infantiles ? Regagner en popularité intérieure, louvoyer avec l’Etat profond ? Ce qui importe, ce sont les actions à venir.

Assistera-t-on à un scénario à la Khan Cheikhoun, possible false flag au carré (quelques tirs de vieux Tomahawk au milieu de nulle part pour sauver la face) ? Ou les Follamour états-uniens vont-ils cette fois franchir le Rubicon et affronter la Russie en Syrie ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit et Moscou ne rigole plus désormais. Il y a un mois, l’état-major russe avait déjà averti qu’il répondrait à toute attaque américaine. Les forces russes sont en état d’alerte et le Ministère des Affaires étrangères s’est lâché contre la propagande occidentale et menacé une intervention US des « plus graves conséquences ». Âmes sensibles, s’abstenir…

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/04/false-flag-iii-le-retour.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La Turquie publie la localisation des cinq bases militaires françaises secrètes en Syrie

La Turquie publie la localisation des cinq bases militaires françaises secrètes en Syrie

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L’Agence Anadolu a publié une carte des cinq bases militaires secrètes de la France en Syrie (dont l’usine de Lafarge-Holcim).

L’Agence précise que le 1er RPIMa (régiment parachutiste d’infanterie de Marine) est déployé sur le sol syrien. En outre 30 soldats français supplémentaires sont présents à Rakka et 70 sur divers autres sites.

La présence militaire française en Syrie est illégale au regard du Droit international.

Cette publication constitue un avertissement à la France qui a annoncé soutenir les terroristes du YPG, une organisation kurde pro-atlantiste.

http://www.voltairenet.org/article200469.html

http://www.voltairenet.org/article200469.html

La France renvoie des troupes en Syrie

La France renvoie des troupes en Syrie

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Le 29 mars 2018, le président Emmanuel Macron a reçu à une délégation des Forces démocratiques de Syrie. Selon « l’ambassadeur » du « Rojava » à Paris, Khaled Issa, il a annoncé que la France envoie des troupes à Manbij (Syrie).

Les Forces démocratiques de Syrie sont un habillage du PYD, le parti des kurdes pro-atlantistes de Syrie. Pour la forme, la délégation était composée à part égale d’arabes et de kurdes, bien que sur le terrain les FDS soient presque exclusivement des membres du PYD sous encadrement états-unien. Selon l’Élysée, le président Macron a rappelé que la France considérait le PKK turc comme une organisation terroriste, bien que, dans les faits, le PYD soit une excroissance du PKK.

Identiquement, l’idéologie du « Rojava », l’anarchisme, est un habillage visant à la fois à faire oublier le retournement du PKK marxiste-léniniste en un instrument de l’Otan, et à le rendre sympathique aux Occidentaux.

Les Forces spéciales françaises qui étaient présentes dans la ghouta orientale ont été exfiltrées sur ordre du numéro 2 de l’Onu, le faucon Jeffrey Feltman, dans des voitures diplomatiques des Nations unies vers le Liban. Elles seront de retour, plus nombreuses, au Nord de la Syrie. Si leur présence dans la banlieue de Damas était un secret de polichinelle, leur arrivée à Manbij est officieuse, dans la mesure où elle a été annoncée par le PYD, mais non confirmée par l’Élysée.

La présence militaire française est illégale au regard du droit international. Elle est permanente depuis le début de la guerre, en 2011, à l’exception des trois mois de la fin du mandat Sarkozy, soit la période allant de la libération de Baba Amr (Homs) à la conférence des Amis de la Syrie à Paris.

La France d’Emmanuel Macron semble abandonner son soutien aux jihadistes d’al-Qaïda pour se concentrer sur la création d’un « Kurdistan » en territoire arabe, le « Rojava ».

Aux conférences de Versailles (1918) et de Sèvres (1920), les États-Unis soutinrent la création d’un État indépendant pour les populations nomades (« kurdes ») de la vallée de l’Euphrate qui s’étaient sédentarisée en Anatolie après y avoir massacré les chrétiens arméniens (le génocide du sultan Abdulhamid II, puis des Jeunes Turcs). Depuis au moins 1921, la France a repris la revendication d’un État pour les kurdes, mais plus en Turquie.

Les bureaux du « Rojava » à Paris sont aimablement prêtés par Bruno Ledoux, un richissime propriétaire de presse (Libération, L’Express, i24news…) lié à Israël.

http://www.voltairenet.org/article200397.html

Trump et Assad sont du même côté à Afrine

Trump et Assad sont du même côté à Afrine


Par Andrew Korybko – Le 1er mars 2018 – Source Oriental Review

Afrin Kurds

La convergence des intérêts américains et syriens contre la campagne antiterroriste de la Turquie est une coïncidence et n’implique pas une « conspiration »  mais elle est également instructive dans la mesure où elle prouve qu’il est possible que le couple le plus improbable s’entende tacitement sur un sujet d’intérêt partagé, bien que cela soit prétendûment impossible selon le récit dominant des médias alternatifs.

Battle for Afrin Feb 20, 2018
Bataille d’Afrine le 20 février 2018

Cela semble probablement absurde la première fois qu’une personne moyenne l’entend, mais les présidents Trump et Assad sont du même côté à Afrine, malgré l’héritage de sept années de guerre hybride que les États-Unis ont mené contre la Syrie. Comme le dit le proverbe « il n’y a pas d’amis ou d’ennemis en politique internationale, seulement des intérêts » et cela n’est nulle part plus évident que dans l’interprétation similaire de Washington et de Damas sur la façon dont la résolution 2401 de l’ONU se rapporte à « l’Opération anti-terroriste Rameau d’olivier » de la Turquie contre les Kurdes « fédéralistes ».

La position de la Syrie est bien connue. Toutes les troupes étrangères sur son territoire sans le consentement du gouvernement légitime sont des envahisseurs illégaux qui doivent quitter le pays immédiatement, mais celle des USA pourrait surprendre certaines personnes parce qu’il y a eu cette fausse idée circulant dans les médias alternatifs que les États-Unis et la Turquie sont toujours du même  « côté » malgré l’échec du coup d’État pro-américain contre le président Erdogan à l’été 2016.

Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a définitivement condamné cette semaine son interlocuteur américain pour avoir « suggéré » avec condescendance que « la Turquie est plus que bienvenue à relire le texte exact de cette déclaration du conseil de sécurité de l’ONU » s’ils pensent qu’ils ne violent pas le dernier cessez-le-feu en poursuivant leur opération antiterroriste à Afrine. La réponse d’Aksoy a été que la « position » des États-Unis est sans fondement et indique qu’elle [Heather Nauert] n’a pas compris comment cette décision devrait être appliquée, ou qu’elle veut la déformer.

La raison pour laquelle les États-Unis s’opposent à « l’Opération Rameau d’olivier » est qu’ils craignent que cette campagne empêche les Kurdes de jouer un tour à Damas et qu’un jour le gouvernement soutienne une offensive à venir contre la province turque contestée de Hatay que la Syrie revendique comme son territoire légitime, avec l’intention de déclencher une guerre conventionnelle turco-syrienne qui pourrait alors permettre aux Kurdes pro-américains d’étendre leur statut de « Rojava » de facto jusqu’à la côte de la Méditerranée orientale.

La Syrie, d’un autre côté, considère la Turquie comme un « plus grand mal » que les Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes à ce stade, c’est pourquoi elle a même envoyé des milices pro-Damas pour affronter les forces de son voisin du nord à Afrine. Elle a évité d’y envoyer l’Armée arabe syrienne (AAS) par prudence, car toute attaque contre elle, pourrait contraindre le gouvernement à réagir en fonction du scénario désastreux attendu que les Kurdes conspirent à créer.

Malgré tout, Damas aurait pu faire une grave erreur en protégeant les mêmes Kurdes américano-sionistes que la Turquie considère comme des terroristes parce que le gouvernement est maintenant responsable d’assurer la sécurité dans cette région. Cela signifie que les YPG pourraient concevoir des attaques terroristes contre les Turcs depuis cette « zone sécurisée » et provoquer ainsi Ankara à frapper les milices pro-AAS et risquer dangereusement de catalyser un conflit d’État à État.

Néanmoins, les autorités syriennes sont prises entre le marteau et l’enclume et les États-Unis le savent.

Qu’importe les condamnations véhémentes de Damas au sujet des Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes dont même le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, assez favorable aux kurdes, a été forcé de reconnaître comme leur « quasi-État (…) les rives orientales de l’Euphrate » les acteurs tenant le terrain qui réalisent ce complot géopolitique sont toujours des citoyens syriens, et le gouvernement craint que l’utilisation de mesures énergiques pour les pacifier ou permettre passivement à la Turquie de les tuer ne déclenche par inadvertance une guerre civile arabo-kurde dans le pays.

Non seulement cela, mais ce serait un aveu implicite que le YPG – un satellite du PKK, dont le dirigeant a été accueilli en Syrie de 1979 à 1998 – est en fait, à tout le moins, devenu une organisation anti-étatique, sans parler de son potentiel terroriste dénoncé par la Turquie. Cela pourrait alors involontairement faciliter l’interprétation « militarisée » de la décision de l’ancien président Hafez al-Assad d’accueillir le parrain YPG Abdullah Ocalan comme un moyen de « discréditer » son fils et successeur.

Damas ne peut donc pas se permettre, au moins à ce stade et selon la façon dont ses dirigeants perçoivent actuellement la situation, de répondre directement ou indirectement aux Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes parce que cela pourrait « provoquer » une guerre civile arabo-kurde, minant la légitimité du gouvernement et détournant l’attention de la volonté collective de la nation cosmopolite d’expulser les troupes turques de leur territoire.

Les calculs stratégiques de Washington sont beaucoup plus simples, comme expliqué ci-dessus, mais le curieux réalignement des États-Unis et de la Syrie d’une part, et de la Turquie et de la Russie d’autre part, est instructif car il prouve qu’il est possible que deux pays s’entendent tacitement sur un sujet d’intérêt commun, même si cela semble les placer du même côté que leurs « ennemis » ou dans le « camp opposé » à leurs « alliés ».

La Turquie veut écraser les Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes, et la Russie a passivement donné son feu vert à « l’Opération Rameau d’olivier » en retirant ses unités militaires d’Afrin en préparation de cette campagne. Il est beaucoup plus important pour Moscou de maintenir d’excellentes relations avec ses partenaires du Turkish/Balkan Stream à Ankara que de risquer de mettre en péril les perspectives de multipolarité dans le « Nouveau Moyen-Orient » pour des Kurdes non étatiques ou leurs partenaires syriens. Moscou estime que ces derniers sont « gérables » quoi qu’il arrive.

Par ce dernier point, la Russie a essayé d’« encourager » la Syrie tout au long de l’année dernière à appliquer les « suggestions » de « décentralisation » qu’elle a écrites dans le « projet de Constitution » du pays car Moscou comprend qu’elles sont un « compromis » nécessaire qui pourrait simultanément amener la « solution politique » tant attendue à la guerre tout en permettant aussi à la grande puissance eurasienne d’« équilibrer » ses relations entre ses pairs au Proche-Orient en obligeant Damas à « officialiser » les « sphères d’influence » dans le pays comme attendu par la Russie.

À cette fin et face à la résistance syrienne (polie mais ferme) à ce plan de la géopolitique typique de la Grande Russie du XIXe siècle, Moscou a pris la décision calculée de retirer la plupart de ses forces militaires de la République arabe afin d’envoyer à Damas le message qu’elle ne soutiendra pas ses efforts continus pour accomplir la promesse du Président Assad de libérer « chaque centimètre » du pays.

En réponse, la Syrie se rapproche de l’Iran pour conserver ce qu’elle considère comme son « indépendance stratégique » ce qui explique pourquoi Damas et Moscou sont désormais « opposées » en ce qui concerne Afrine. Cela aligne de manière intéressante les intérêts de l’Iran sur ceux des États-Unis dans ce cas spécifique et ceux de la Russie sur ceux de la Turquie. Encore une fois, cela n’implique pas une « conspiration » mais fournit plutôt aux observateurs deux éléments constructifs.

Le premier est que cela prouve que le concept d’intérêt personnel néo-réaliste joue effectivement un rôle de guide dans les actions de tous les acteurs de la guerre en Syrie, parfois avec des résultats curieux, et le second est que les récits maximalistes dogmatiques propagés par de nombreux médias alternatifs sur l’impossibilité supposée des présidents Trump et Assad d’être du même côté « contre » leurs homologues turcs et russes est catégoriquement faux à la lumière de la position commune des États-Unis et de la Syrie vis-à-vis de cette résolution 2401.

Cela ne veut pas dire, comme ces mêmes médias alternatifs ont tendance implicite à le simplifier, que les lignes dans le sable ont encore changé ou que quelqu’un a « vendu » et « trahi » ses « alliés » (ce qui n’est même pas possible quand il s’agit des Kurdes) mais simplement que les complexités de la guerre du XXIe siècle sont caractérisées par des couches d’intérêts nuancés qui aboutissent à une « zone grise » à partir de laquelle il est parfois difficile de faire des jugements de valeur à propos du comportement de l’un ou de l’autre joueur à un moment donné, sans parler de maintenir constamment son évaluation initiale tout au long d’un conflit donné.

En conséquence, ce « fait gênant » expose la superficialité de la plupart des récits des médias alternatifs contemporains sur la Syrie et les expose à juste titre comme de véritables médias de propagande pour les masses désespérées, façonnées de manière opportuniste selon la situation quotidienne pour soutenir le sens que « leur camp » est « toujours juste » et « toujours gagnant » évitant ainsi l’analyse réelle, pour favoriser la satisfaction des désirs diaboliques de leur auditoire en offrant un service narcotique de « bien-être » d’une « réalité alternative ».

Que quelqu’un pense que c’est « bon », « mauvais » ou qu’il soit « indifférent » à la réalité objective de la situation, on ne peut pas contourner le fait indéniable que les présidents Trump et Assad sont du même côté à Afrine et que toute cette agitation fébrile pour prouver le contraire n’est rien d’autre que de la propagande de guerre propagée par les responsables des médias alternatifs dans l’esprit de leur public naïf.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/trump-et-assad-sont-du-meme-cote-a-afrin