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Une menace pour la Russie : Poutine dénonce l’expansion continue de l’OTAN

Une menace pour la Russie :

Poutine dénonce l’expansion continue de l’OTAN 3 déc. 2019, 14:43 © Sputnik/Alexei Druzhinin/Kremlin via REUTERS Source: Reuters Le président russe Vladimir Poutine, le 23 novembre 2019 (image d’illustration)

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN ouvre ses portes, le chef d’Etat a rappelé qu’il était prêt à coopérer avec l’Alliance militaire, dont il déplore toutefois la politique d’expansion jusqu’aux frontières de la Russie.

En dépit du comportement «pas correct voire grossier» de l’OTAN envers Moscou, la Russie est prête a coopérer avec l’Alliance atlantique, a fait savoir le président russe Vladimir Poutine à l’occasion d’une réunion avec des responsables militaires à Sotchi ce 3 décembre.

Lire aussi Le sommet de l’OTAN s’ouvre sur fond de désaccords majeurs entre ses membres (EN CONTINU) «Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre volonté de coopérer avec l’OTAN, sur des menaces réelles comme le terrorisme international, les conflits armés locaux et le danger de la prolifération des armes de destruction massives», a ainsi déclaré le président russe, cité par les agences de presse.

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN se tient les 3 et 4 décembre dans un contexte de fortes tensions internes – notamment en raison de l’intervention turque en Syrie qui divise en son sein –

le Kremlin s’est par ailleurs refusé à tout commentaire sur le sujet. «Ce ne sont pas nos affaires», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence Tass. «Cela devient nos affaires quand l’Alliance menace la sécurité de la Russie», a-t-il précisé.

L’OTAN traverse une crise majeure, révélée par la sortie d’Emmanuel Macron début novembre, sur l’«état de mort cérébrale» de l’alliance, suite aux désaccords entre ses membres concernant l’intervention turque en Syrie.

Des propos violemment critiqués par le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi que par le chef d’Etat américain Donald Trump. En amont du sommet, le chef d’Etat turc a prévenu qu’il avait l’intention de bloquer un plan de l’Alliance militaire concernant les pays baltes et la Pologne tant que celle-ci ne reconnaîtra pas comme «terroriste» la milice kurde des YPG, combattue par Ankara.

Lire aussi : «Personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France» : Trump tire à boulets rouges sur Macron International

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68517-menace-pour-russie-poutine-denonce-expansion-continue-otan?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Edgar VAUQUELIN 22 novembre 2019 Proche et Moyen-OrientSituations décryptéesSujets chaudsSyrieSyrieTurquie Leave a comment

Entre août 2016 et octobre 2019, la Turquie a mené trois opérations militaires d’envergure en Syrie. L’objectif principal était de repousser le plus loin possible de sa frontière les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition arabo-kurde alliée des Occidentaux a aidé à vaincre Daech en Syrie. Elle est menée par les Unités de protection du peuple (YPG), ennemi désigné d’Ankara sur le théâtre syrien. En effet, la Turquie leur reproche leur affiliation au PKK, organisation politique kurde qu’Ankara considère terroriste.

Au cours de ses incursions en Syrie, l’armée turque a ainsi pu compter sur le soutien de groupes rebelles syriens. Ces derniers ont assuré pour elle le rôle de supplétifs. Ces groupes pro-turc étaient rassemblés au sein de deux coalitions, le Front national de libération et l’Armée nationale syrienne. Elles ont annoncé leur fusion en octobre dernier. Bien qu’il soit impossible de traiter de ces groupes de façon exhaustive étant donné leur diversité, nous pouvons en distinguer deux types : ceux issus de l’ASL et ceux proches du djihadisme.

Partie I : Les groupes issus de l’Armée syrienne libre

Supplétifs syriens de la Turquie
Le major Yasser Abdel Rahim, chef du groupe Faylaq al-Cham, en octobre 2015.

Formée en juillet 2011, l’Armée syrienne libre (ASL) constituait la principale force d’opposition au régime d’Assad au début du conflit. Des groupes plus radicaux l’ont ensuite supplantée. Les groupes qui en sont issus, combattant aujourd’hui aux côtés de l’armée turque, représentent un éventail idéologique extrêmement large.

Après la perte de leur bastion d’Alep-est, reconquis par les forces loyalistes en 2016, les groupes de l’ASL ont retrouvé du service avec les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier, menées par la Turquie au nord de la Syrie entre 2016 et 2018. Ce nouvel engagement, dicté en grande partie par l’opportunisme, a conduit ces supplétifs à délaisser le combat contre le régime, au profit des intérêts de leur parrain turc, qui les arme, les forme et les finance.

Les chiffres sur le nombre de combattants au sein de l’Armée nationale syrienne varient en fonction des sources. L’on estime qu’ils seraient entre 50 000 et 110 000 hommes, en comptant les groupes proches du djihadisme. Il faut cependant considérer ces chiffres avec précaution. L’on peut de plus dégager deux tendances parmi ces forces dites « modérées » : les groupes arabes, pouvant être tant laïcs qu’islamistes, et les groupes turkmènes.

Groupes rebelles arabes

Il n’existe pas d’unité idéologique au sein des forces rebelles arabes. La guerre menée par la Turquie contre les Forces démocratiques syriennes est en effet l’occasion pour des groupes rebelles ayant connu la défaite dans d’autres régions du pays de prendre une forme de revanche. Parmi les groupes les plus importants, on peut citer notamment Faylaq al-Cham, constituant le bras armé des Frères musulmans syriens. Le groupe comptait entre 8500 et 10 000 combattants en septembre 2018. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, c’est l’un des groupes rebelles les plus importants au nord de la Syrie.

C’est à cette époque que, dans la logique de l’accord russo-turc sur la poche rebelle d’Idlib, le groupe acceptait de quitter ses positions dans la zone démilitarisée prévue par ledit accord, preuve de l’influence de la Turquie sur le groupe. La tendance Frères musulmans est donc représentée au sein des rebelles pro-turc, bien qu’elle soit loin de constituer un vecteur commun à l’ensemble des forces arabes sunnites.

Groupes turkmènes en Syrie

Les combattants d’origine turkmène constituent l’autre tendance importante. La Syrie compte historiquement une minorité ethnique turkmène, en grande partie turcophone et proche de la culture turque. Cela explique la présence de groupes de combattants dont l’idéologie est souvent proche du néo-ottomanisme. Ces groupes, qui défendent la particularité culturelle de leur minorité, constituent donc des alliés naturels pour Ankara. Le plus important d’entre eux est sans doute la Division Sultan Mourad. Créée en mars 2013, elle tire son nom de Mourad II, sultan ottoman au XVe siècle. Après avoir été très actif dans la bataille d’Alep, le groupe participe en août 2016 à la prise de la ville de Jarablous, à la frontière turco-syrienne, par les forces turques.

Les groupes turkmènes, dont les noms font souvent référence à des figures emblématiques de l’Empire ottoman, communiquent largement sur les réseaux sociaux. Leurs membres s’y affichent alors en faisant de la main le signe de ralliement des Loups gris, organisation d’extrême-droite turque. En effet, ces groupes, qui comptent parmi leurs membres des combattants étrangers venus de Turquie ou d’Asie centrale notamment, sont souvent proches du nationalisme turc.Share

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About Edgar VAUQUELIN

Edgar Vauquelin est étudiant en Master 2 science politique à l’IEP d’Aix-en-Provence. Il s’intéresse à la géopolitique du Moyen-Orient, notamment aux groupes armés non-étatiques et au facteur religieux dans la politique de la région

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/42171-qui-sont-suppletifs-syriens-turquie-1.

La milice turkmène syrienne reçoit des chars allemands

La milice turkmène syrienne reçoit des chars allemands

RÉSEAU VOLTAIRE | 30 NOVEMBRE 2019 ESPAÑOL

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La milice turkmène syrienne, qui s’est illustrée en appuyant l’armée turque contre le PKK/YPG, vient de recevoir au moins deux tanks Leopard 2A4 (version à calculateur numérique) et peut-être beaucoup plus.

Ces blindés sont fabriqués par la société allemande Krauss-Maffei. Ils ont équipé presque toutes les forces de l’Otan dans les années 80. L’armée turque, qui en a acheté 340, en avait déployé une cinquantaine en Syrie et en a perdu une dizaine lors des combats.

C’est la première fois qu’une milice dispose de blindés modernes sur le théâtre moyen-oriental.

On ignore qui sont les pilotes de ces chars et où ils ont été formés. L’apprentissage de ces engins est estimé à 4 mois minimum avant d’oser s’aventurer sur un champ de bataille. On ignore également qui forme les équipes techniques et d’où proviendront les pièces de rechange, la maintenance étant indispensable au fonctionnement de ce matériel.

On ignore si l’Allemagne a été informée à l’avance de ce transfert d’armement. Sous l’appellation d’« Armée nationale syrienne » (ANS), la milice turkmène est basée à Idleb où elle protège les éléments d’Al-Qaïda qui s’y sont regroupés. Ces derniers sont soignés et nourris par des « ONG » françaises et allemandes.

Le gouvernorat d’Idleb est séparé par une zone de cessez-le-feu du reste de la Syrie dans laquelle des forces terrestres russes patrouillent. Les accords précédents, signés par la Turquie, prévoyaient le retrait de toutes les armes lourdes du gouvernorat d’Idleb. Ces accords n’ayant pas été respectés, l’Armée arabe syrienne s’est déployée pour chasser les jihadistes d’Al-Qaïda. Elle est appuyée par l’aviation russe.

Nul ne sait ce que serait la réaction russe si ces blindés entraient en confrontation avec ses soldats. En 2015, l’armée turque avait abattu un Sukhoï russe et la milice turkmène dirigée par le loup gris Alparslan Celik avait achevé en toute connaissance de cause un des pilotes, Oleg Pechkov. Il s’en était suivi une crise majeure entre d’un côté la Fédération de Russie et de l’autre la Turquie et l’Otan.

https://www.voltairenet.org/article208449.html

ANKARA MENACE DE REPRENDRE SON OFFENSIVE EN SYRIE

ANKARA MENACE DE REPRENDRE SON OFFENSIVE EN SYRIE

FacebookVKBloggerLiveJournalTwitterEmailPrintPartagerGÉOPOLITIQUE

22.11.2019Syrie

La Turquie a menacé de reprendre son offensive Source de Paix si les milices kurdes ne se retirent pas complètement de la frontière turco-syrienne, a annoncé le 18 novembre le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu.

Selon le ministre cité par l’agence Anadolu, Moscou et Washington «n’ont pas encore rempli» leurs engagements. «Cela doit être fait», sinon, comme l’a promis M.Cavusoglu, Ankara «fera ce qu’il faut» pour assurer la sécurité de ses frontières.

«Si nous n’obtenons pas le résultat escompté, nous ferons ce qu’il faut, comme ce que nous avons déjà fait dans l’opération [lancée, ndlr.]», a déclaré M.Cavusoglu.

«Nous devons éliminer la menace terroriste à nos portes», a-t-il ajouté.

La Turquie a lancé le 9 octobre une offensive en territoire syrien contre les milices kurdes YPG, qu’elle considère comme terroristes. Après des rencontres séparées entre Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine et Donald Trump, deux accords ont été conclus avec Moscou et Washington en vue du retrait des YPG du nord-est de la Syrie.

Selon le Centre russe pour la réconciliation en Syrie, les forces kurdes ont abandonné leurs positions à la frontière et des patrouilles menées par l’armée turque et l’armée russe ont été mises en place. La première a eu lieu le 1er novembre.

Source: Sputnik

https://katehon.com/fr/article/ankara-menace-de-reprendre-son-offensive-en-syrie

TRUMP ERDOGAN ET LES KURDES

TRUMP ERDOGAN ET LES KURDES

Le 9 octobre 2019, La Turquie présidée par Recep Tayyip Erdogan lance une offensive au au nord de la Syrie, région hautement conflictuelle contrôlée par les Kurdes depuis quelques années. Cette attaque orchestrée par Ankara avait pour objectif la prise de contrôle sur la région en y siégeant son armée et ainsi, créer une zone tampon tant espérée. Quelques jours avant l’attaque, Erdogan s’entretient avec le président américain à la recherche d’une alliance. Trump aura finalement étrangement tweeté son support à Ankara, interprété par plusieurs telle une trahison à la cause kurde. Quels rapports entretiennent ces trois acteurs et quel débouché les attends?

La Turquie et les Kurdes, retour en arrière

Historiquement, la Turquie maintient depuis longtemps un rapport conflictuelles avec l’entité kurde. Tantôt sur son propre territoire, parfois sur les zones frontalières, Ankara se bat vigoureusement depuis plus d’un siècle contre la menace d’une nation sans état qui cherche désespérément une souveraineté territoriale nommée Kurdistan. 

En 1978, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation politique et militaire qualifiée de terroriste par la Turquie et ses alliées, a été fondée à Ankara. Mouvements de révoltes et combats armés, le PKK se bat pour l’indépendance et a réussi à inspirer la création d’autres groupes armées (Parti de l’union démocratique (PYD), en Syrie, et le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK)) et à se faire des alliés. Le plus gros bassin de la population kurde se trouve au sud de la Turquie et présente une menace à l’unité territoriale turque. Ankara est depuis à l’offensive et son seul objectif est le contrôle de son territoire et cela, à n’importe quel prix.

L’ENTITÉ KURDE

L’entité Kurde

L’entité Kurde

Entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, les kurdes aux origines Indo-européennes (perses) majoritairement sunnite, vivent depuis des siècles sur ces territoires et se battent encore à ce jour pour la création d’un État nommé Kurdistan. L’autonomie territoriale a été inscrite dans le traité de Sèvre en 1920 et envisageait la création du Kurdistan en Turquie. Les turques combattent farouchement l’idée et trois années plus tard, le projet est retiré du Traité de Lausanne de 1923. Quelques décennies plus tard,  les kurdes maintiennent leurs efforts grâces à différentes alliances et parviennent à créer une région autonome au Nord de l’Irak. Malgré les conflits politiques au sein même des différents groupes kurdes, les combattants continues leurs campagnes afin de garder le contrôle de la région et se retrouvent aujourd’hui au front contre la menace grandissante du groupe armée Daesh. Malgré toutes les difficultés, le souhait de voir naître un pays souverain persiste.

Les américains, tantôt allié kurde, tantôt l’allié des turques?

L’agenda américain est présent au dans la zone moyen-orientale/

Kurdistan,  pétrolement riche

La guerre syrienne

Quel sera le prochain Tweet

 Cette attaque a eu pour conséquence la remise en cause des alliances stratégiques de la région, commençant par l’alliance américano-kurde. Q

https://cafeactualite.wordpress.com/

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Edgar VAUQUELIN 22 novembre 2019 Proche et Moyen-OrientSituations décryptéesSujets chaudsSyrieSyrieTurquie Leave a comment

Entre août 2016 et octobre 2019, la Turquie a mené trois opérations militaires d’envergure en Syrie. L’objectif principal était de repousser le plus loin possible de sa frontière les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition arabo-kurde alliée des Occidentaux a aidé à vaincre Daech en Syrie. Elle est menée par les Unités de protection du peuple (YPG), ennemi désigné d’Ankara sur le théâtre syrien. En effet, la Turquie leur reproche leur affiliation au PKK, organisation politique kurde qu’Ankara considère terroriste.

Au cours de ses incursions en Syrie, l’armée turque a ainsi pu compter sur le soutien de groupes rebelles syriens. Ces derniers ont assuré pour elle le rôle de supplétifs. Ces groupes pro-turc étaient rassemblés au sein de deux coalitions, le Front national de libération et l’Armée nationale syrienne. Elles ont annoncé leur fusion en octobre dernier. Bien qu’il soit impossible de traiter de ces groupes de façon exhaustive étant donné leur diversité, nous pouvons en distinguer deux types : ceux issus de l’ASL et ceux proches du djihadisme.

Partie I : Les groupes issus de l’Armée syrienne libre

Supplétifs syriens de la Turquie
Le major Yasser Abdel Rahim, chef du groupe Faylaq al-Cham, en octobre 2015.

Formée en juillet 2011, l’Armée syrienne libre (ASL) constituait la principale force d’opposition au régime d’Assad au début du conflit. Des groupes plus radicaux l’ont ensuite supplantée. Les groupes qui en sont issus, combattant aujourd’hui aux côtés de l’armée turque, représentent un éventail idéologique extrêmement large.

Après la perte de leur bastion d’Alep-est, reconquis par les forces loyalistes en 2016, les groupes de l’ASL ont retrouvé du service avec les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier, menées par la Turquie au nord de la Syrie entre 2016 et 2018. Ce nouvel engagement, dicté en grande partie par l’opportunisme, a conduit ces supplétifs à délaisser le combat contre le régime, au profit des intérêts de leur parrain turc, qui les arme, les forme et les finance.

Les chiffres sur le nombre de combattants au sein de l’Armée nationale syrienne varient en fonction des sources. L’on estime qu’ils seraient entre 50 000 et 110 000 hommes, en comptant les groupes proches du djihadisme. Il faut cependant considérer ces chiffres avec précaution. L’on peut de plus dégager deux tendances parmi ces forces dites « modérées » : les groupes arabes, pouvant être tant laïcs qu’islamistes, et les groupes turkmènes.

Groupes rebelles arabes

Il n’existe pas d’unité idéologique au sein des forces rebelles arabes. La guerre menée par la Turquie contre les Forces démocratiques syriennes est en effet l’occasion pour des groupes rebelles ayant connu la défaite dans d’autres régions du pays de prendre une forme de revanche. Parmi les groupes les plus importants, on peut citer notamment Faylaq al-Cham, constituant le bras armé des Frères musulmans syriens. Le groupe comptait entre 8500 et 10 000 combattants en septembre 2018. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, c’est l’un des groupes rebelles les plus importants au nord de la Syrie.

C’est à cette époque que, dans la logique de l’accord russo-turc sur la poche rebelle d’Idlib, le groupe acceptait de quitter ses positions dans la zone démilitarisée prévue par ledit accord, preuve de l’influence de la Turquie sur le groupe. La tendance Frères musulmans est donc représentée au sein des rebelles pro-turc, bien qu’elle soit loin de constituer un vecteur commun à l’ensemble des forces arabes sunnites.

Groupes turkmènes en Syrie

Les combattants d’origine turkmène constituent l’autre tendance importante. La Syrie compte historiquement une minorité ethnique turkmène, en grande partie turcophone et proche de la culture turque. Cela explique la présence de groupes de combattants dont l’idéologie est souvent proche du néo-ottomanisme. Ces groupes, qui défendent la particularité culturelle de leur minorité, constituent donc des alliés naturels pour Ankara. Le plus important d’entre eux est sans doute la Division Sultan Mourad. Créée en mars 2013, elle tire son nom de Mourad II, sultan ottoman au XVe siècle. Après avoir été très actif dans la bataille d’Alep, le groupe participe en août 2016 à la prise de la ville de Jarablous, à la frontière turco-syrienne, par les forces turques.

Les groupes turkmènes, dont les noms font souvent référence à des figures emblématiques de l’Empire ottoman, communiquent largement sur les réseaux sociaux. Leurs membres s’y affichent alors en faisant de la main le signe de ralliement des Loups gris, organisation d’extrême-droite turque. En effet, ces groupes, qui comptent parmi leurs membres des combattants étrangers venus de Turquie ou d’Asie centrale notamment, sont souvent proches du nationalisme turc.Share

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About Edgar VAUQUELIN

Edgar Vauquelin est étudiant en Master 2 science politique à l’IEP d’Aix-en-Provence. Il s’intéresse à la géopolitique du Moyen-Orient, notamment aux groupes armés non-étatiques et au facteur religieux dans la politique de la région.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/42171-qui-sont-suppletifs-syriens-turquie-1

Syrie : l’armée russe protège les populations chrétiennes

Syrie : l’armée russe protège les populations chrétiennes

RÉSEAU VOLTAIRE | 19 NOVEMBRE 2019 DEUTSCH

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L’armée russe s’est déployée à Tal Tamr, au Nord de la Syrie, afin de protéger la population des exactions de l’armée turque et des Kurdes du PKK-YPG.

La ville de Tal Tamr avait été annexée par le PKK-YPG au « Rojava », cet État imaginé par le Pentagone en 2013 dans le cadre du remodelage du Moyen-Orient élargi. Le PKK-YPG en avait alors expulsé de nombreux habitants assyriens chrétiens, alors majoritaires, afin de « Kurdiser » la ville.

De son côté, l’armée turque détruit les monuments non-musulmans sur son passage, donc les traces de la présence chrétienne.

https://www.voltairenet.org/article208367.html

Les insolubles contradictions de Daesh et du PKK/YPG

Les insolubles contradictions de Daesh et du PKK/YPG

par Thierry Meyssan

Nous ne connaissons ce qui se passe au Levant qu’au travers de la propagande de guerre du pays dans lequel nous vivons. Nous ignorons les autres points de vue et, plus encore, comment nos armées se sont comportées. Pour démêler le vrai du faux, les historiens devront examiner les documents disponibles. Or, ce que nous dit la documentation militaire occidentale contredit les déclarations des politiciens et la narration des journaux. Ce n’est qu’en prenant conscience de l’existence de la stratégie du Pentagone depuis 2001 que l’on pourra comprendre ce qui s’est vraiment passé et pourquoi on en arrive aujourd’hui à de telles contradictions.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 12 NOVEMBRE 2019 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙ

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Le remodelage du Levant selon l’état-major du Pentagone au Levant. Cette carte a été décrite par le colonel Ralph Peters dans un article, le 13 septembre 2001, mais il ne l’a publié qu’en 2006.

Nous ne comprenons pas ce qui se passe au Nord de la Syrie parce que nous croyons a priori qu’un combat y opposait les méchants jihadistes de Daesh aux gentils Kurdes du PKK/YPG. Or, c’est absolument faux. Cette lutte n’existait que pour limiter leurs territoires respectifs ou par solidarité ethnique, jamais pour des raisons idéologiques ou religieuses.

Par ailleurs, nous ne voyons pas le rôle qu’a joué Donald Trump. La presse passant son temps à insulter le président élu des États-Unis, on ne peut compter sur elle pour analyser et comprendre sa politique au Moyen-Orient élargi. Il a pourtant une ligne directrice claire : la fin de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski, héritage du 11-Septembre. Il s’oppose en cela à ses généraux —tous formés sous les mandats Bush Jr et Obama à régenter le monde— et à la classe politique ouest-européenne.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut prendre les faits en amont et non pas en aval. Revenons au plan élaboré par le Pentagone au début de l’administration Bush, en 2001 et révélé, deux jours après les attentats du 11-Septembre, par le colonel Ralph Peters dans Parameters [1], la revue de l’Armée de Terre US : le « remodelage » du monde, à commencer par le Moyen-Orient élargi. Ce plan fut confirmé un mois plus tard, par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui nomma son principal concepteur, l’Amiral Arthur Cebrowski, directeur du Bureau de Transformation de la Force. Il fut explicité par l’assistant de ce dernier, Thomas Barnett, en 2005, dans The Pentagon’s New Map [2]. Et illustré par le même Ralph Peters lorsqu’il en publia, en 2006, la carte dans l’Armed Forces Journal du premier épisode : ce que devait devenir le Moyen-Orient élargi [3]. Compte tenu des difficultés rencontrées sur le terrain, elle fit l’objet d’un amendement publié par une chercheuse du Pentagone, Robin Wright, dans le supplément dominical du New York Times [4], en 2013.

Selon ces documents cinq États devaient être démembrés en quatorze entités : la Syrie et l’Iraq, le Yémen, la Libye et l’Arabie saoudite.

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Carte publiée par Robin Wright en 2013, c’est-à-dire un an avant la transformation de Daesh et avant celle du PKK/YPG.

Concernant la Syrie et l’Iraq, ces deux États devaient être divisés en quatre. La carte publiée en 2013 dessine les contours d’un « Sunnistan » et d’un « Kurdistan », tous deux à cheval sur les deux États actuels. L’année suivante, le premier a été créé par Daesh, le second par le YPG. Au moment où cette carte a été publiée, Daesh n’était qu’une minuscule organisation terroriste anti-syrienne parmi des centaines d’autres ; tandis que le YPG était une milice pro-gouvernementale dont les salaires des combattants étaient payés par la République arabe syrienne. Rien sur le terrain ne permettait de prévoir la création du Califat et du Rojava voulue par le Pentagone.

Le quotidien kurde turc Özgür Gündem [5] a publié le relevé de décision de la réunion au cours de laquelle la CIA a préparé la manière dont Daesh envahirait l’Iraq depuis Raqqa. Ce document indique que Masrour « Jomaa » Barzani, alors chef du Renseignement du gouvernement régional du Kurdistan iraquien, participait à cette réunion de planification, le 1er juin 2014, à Amman (Jordanie). Il est devenu le Premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan iraquien en juillet dernier.

Il importe de retenir que, selon la carte de Robin Wright, le « Kurdistan » US devait inclure le Nord-Est de la Syrie (comme le « Kurdistan » français de 1936) et la région kurde d’Iraq (ce que les Français n’avaient pas envisagé).

Le soutien du gouvernement régional du Kurdistan iraquien à l’invasion de l’Iraq par Daesh est incontestable : il a laissé les jihadistes massacrer les Kurdes de religion yazidie au Sinjar et réduire leurs femmes en esclavage. Ceux qui ont été sauvés l’ont été par des Kurdes turcs et syriens venus spécialement sur place leur prêter main-forte sous l’œil goguenard des peshmergas, les soldats Kurdes iraquiens.

Daesh a commis quantité d’atrocités, imposant son règne par la terreur. Il a pratiqué un nettoyage religieux contre les Kurdes yazidis, les Chrétiens assyriens, les Arabes chiites etc. Ces « rebelles » ont bénéficié de l’aide financière et militaire de la CIA, du Pentagone et d’au moins 17 États, ainsi que l’ont rapporté, documents à l’appui, les quotidiens bulgare Trud [6] et croate Jutarnji list [7]. Avec un personnel dûment formé à Fort Benning (USA), Daesh a prélevé des impôts et ouvert des services publics jusqu’à se constituer en « État » bien que nul ne l’ait reconnu comme tel.

Nous ne savons pas comment le PKK s’est transformé en 2005 d’un parti politique marxiste-léniniste pro-soviétique en une milice libertaire et écologiste pro-atlantiste. Et encore moins comment le YPG syrien a opéré sa mue, en 2014. Il est passé sous le commandement opérationnel d’officiers turcs du PKK et de l’Otan. Selon le côté de la frontière turco-syrienne, le PKK-YPG est internationalement qualifié différemment. S’il est positionné en Turquie, c’est « une organisation terroriste », mais s’il se trouve en Syrie, il devient « un parti politique d’opposition à la dictature ». Pourtant jusqu’en 2014, il ne voyait pas de dictature en Syrie. Il se battait pour la défense de la République arabe syrienne et le maintien du président Bachar el-Assad au pouvoir.

Le YPG a respecté les lois de la guerre et n’a pas commis d’atrocités comparables à celles de Daesh, mais il n’a pas hésité à nettoyer ethniquement le Nord-Est syrien pour créer le « Rojava », ce qui constitue un crime contre l’humanité. Il a spolié et expulsé des centaines de milliers d’Assyriens et d’Arabes. Il croyait se battre pour son peuple, mais il ne faisait que réaliser les rêves du Pentagone. Pour cela, il a publiquement bénéficié de l’armement du Pentagone ainsi que l’hebdomadaire britannique des marchés militaires Jane’s [8] et le quotidien italien Il Manifesto [9] l’ont montré, et de la France, ainsi que François Hollande l’a révélé. Le Rojava n’a pas eu le temps de fusionner avec la région kurde d’Iraq.

Après la chute du Califat, entre autres sous les coups du PKK/PYG, celui-ci a demandé l’autorisation du gouvernement de Damas de traverser les lignes de l’armée arabe syrienne pour voler au secours des Kurdes du Nord-Est menacés par l’armée turque. Ce qu’il a obtenu. Mais lorsque le PKK/YPG s’est déplacé, il faisait transiter des officiers de Daesh en fuite qui ont été arrêtés par la République arabe syrienne.

Ces documents et ces faits ne nous disent pas quels protagonistes ont raison ou tort, c’est une autre question. Nous voulons juste relater comment des hommes ont été manipulés et conduits à faire ce qu’ils n’auraient pas dû.

Sur le terrain, il est impossible d’être à la fois contre Daesh et pour le PKK/YPG sans tomber dans d’irréconciliables contradictions.

Les actes de Donald Trump ont consisté à détruire les pseudos-États fabriqués par le Pentagone : le Califat et le Rojava ; ce qui ne signifie ni la fin de Daesh, ni celle du PKK/YPG.

Thierry Meyssan

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[2The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004.

[3] “Blood borders – How a better Middle East would look”, Colonel Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006

Digg

[4] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, 28 septembre 2013.

RSS

[5] « Yer : Amman, Tarih : 1, Konu : Musul », Akif Serhat, Özgür Gündem, 6 juillet 2014.

[6] “350 diplomatic flights carry weapons for terrorists”, Dilyana Gaytandzhieva, Trud, July 2, 2017.

[7] “TAJNA LETOVA JORDANSKIH AVIONA S PLESA Sirijski pobunjenici dobivaju oružje preko Zagreba !”, Krešimir Žabec, Jutarnji list, 23 veljača 2013. « TRANSFER HRVATSKOG ORUŽJA POBUNJENICIMA U SIRIJI Sve je dogovoreno prošlog ljeta u Washingtonu ! », Krešimir Žabec, Jutarnji list, 26 veljača 2013. “VIDEO : JUTARNJI OTKRIVA U 4 mjeseca za Siriju sa zagrebačkog aerodroma Pleso otišlo 75 aviona sa 3000 tona oružja !”, Krešimir Žabec, Jutarnji list, 7 ožujak 2013. “PUT KROZ ASADOVU SIRIJU Nevjerojatna priča o državi sravnjenoj sa zemljom i njezinim uništenim ljudima : ’Živote su nam ukrali, snove ubili…’”, Antonija Handabaka, Jutarnji list, 9 ožujak 2013.

[8] “US arms shipment to Syrian rebels detailed”, Jeremy Binnie & Neil Gibson, Jane’s, April 7th, 2016.

[9] “Da Camp Darby armi Usa per la guerra in Siria e Yemen”, Manlio Dinucci, Il Manifesto, 18 aprile 2017. Version française : « De Camp Darby, des armes US pour la guerre contre la Syrie et le Yémen »,

Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire.

https://www.voltairenet.org/article208272.html

Kurdes, le président Erdogan contre attaque sur l’Afrique

Kurdes, le président Erdogan contre attaque sur l’Afrique

By La redaction de Mondafrique -23 octobre 2019

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a avancé que derrière une grande partie des crises et conflits qui éclatent en Afrique se trouvent les sociétés occidentales d’armes et de pétrole.

Le préisdent Erdogan a déclaré, samedi, lors du 3ème Sommet des Leaders religieux musulmans d’Afrique, que ceux qui imposent un embargo sur les armes à la Turquie en raison de l’opération Source de Paix, livrent des armes aux terroristes au Rwanda. 

42 ambassades en Turquie

Recep Tayyip Erdogan a d’abord voulu rappeler la vision de la Turquie en Afrique.Il a souligné que depuis l’arrivée de son parti au pouvoir en 2002, le nombre d’ambassades turques sur le continent africain est passé de 12 à 42, faisant de la Turquie l’un des pays les mieux représentés en Afrique.

Le président turc a également donné l’exemple des jeunes africains choisissant de poursuivre leurs études supérieures en Turquie. »10 480 étudiants qui ont étudié en Turquie travaillent aujourd’hui pour nos frères africains en tant qu’ambassadeurs de coeur de la Turquie », a-t-il dit.

Massacres, invasion et colonisation

Erdogan a également exprimé son souhait de voir le volume des échanges commerciaux Turquie-Afrique passé de 24 milliards de dollars aujourd’hui à 50 milliards de dollars dans les prochaines années. »Les pays occidentaux ne veulent pas le développement de l’Afrique, que son potentiel immense soit exploité et que l’ensemble du continent vive en paix », a-t-il lancé, ajoutant : « Ceux qui veulent nous donner des leçons aujourd’hui ont, pratiquement tous, un passé entaché de massacres, d’invasions et de colonisation ».

Pour Erdogan, nombre de malheurs en Afrique sont le résultat des politiques colonialistes des Occidentaux. Pour cela, il a rappelé la tragédie du Rwanda.

« Vous savez sans doute mieux que nous tous quels pays colonisateurs se cachent derrière le génocide au Rwanda. L’Occident et l’ONU se sont contentés, pendant exactement 3 mois, d’observer sans agir le massacre de 800 mille personnes au Rwanda », a-t-il dénoncé.

Pour le président turc, il ne s’agit là que d’un des tout derniers exemples. Car pour lui, « derrière une grande partie des crises et conflits qui éclatent en Afrique se cachent les sociétés occidentales d’armes et de pétrole ».

Le Chef de l’Etat turc a terminé son intervention en soulignant une nouvelle fois que la Turquie n’a jamais et ne partagera jamais cette approche des pays occidentaux.

« Notre pays et notre peuple n’ont jamais couru derrière le but de détourner les ressources d’un autre pays, quitte à faire couler le sang, pour sa propre prospérité », a-t-il conclu.

https://mondafrique.com/kurdes-le-president-erdogan-contre-attaque-sur-lafrique/

OUTRE LES KURDES : DECHIFFRER LES MINORITES D’ORIENT…

OUTRE LES KURDES : DECHIFFRER LES MINORITES D’ORIENT…

Le dernier livre de Tigrane Yégavian1 arrive à point nommé pour nous aider à comprendre les tenants et les aboutissants de la dernière intervention turque dans le nord de la Syrie. Non seulement, l’ouvrage déconstruit méthodiquement la « kurdolâtrie » parisienne ambiante, mais il remet en perspective historique les dernières carabistouilles de notre politique étrangère. La rédaction de prochetmoyen-orient.ch l’écrit sur tous les tons depuis plusieurs années : depuis le début, le Quai d’Orsay a tout faux sur le dossier syrien. Nos décideurs politiques et diplomatiques ont pris les mauvaises décisions et n’ont pas défendu correctement les intérêts de la France éternelle. Tigrane Yégavian nous démontre – preuves à l’appui – que ces erreurs prolongent une tradition désastreuse, ancienne et profonde. Notre actuel ministre des Affaires étrangères aurait été bien inspiré de lire ce livre lumineux avant d’entreprendre son dernier voyage à Canossa…

Après la « claque Sylvie Goulard », le dernier revers essuyé par Jean-Yves Le Drian à Bagdad discrédite encore un peu plus notre diplomatie. Que s’est-il passé ? Avec tambours, trompettes et équipes de télévision, notre ministre des Affaires étrangères s’est rendu à Bagdad pour demander le transfert et le jugement en territoire irakien des jihadistes français détenus par des factions kurdes de Syrie sur le territoire syrien. Orient compliqué : malgré une excellente relation bilatérale, les autorités irakiennes ont vertement éconduit notre ministre en lui expliquant qu’elles avaient bien d’autres priorités en ce moment.

Un peu peu capon, Jean-Yves Le Drian s’est donc abstenu de tout commentaire et les envoyés spéciaux de France-3, France-2 et des autres télévisions ont dû remballer leurs outils. Le Quai d’Orsay, comme l’Elysée, sont restés muets comme des carpes de l’Euphrate. « Il est clair qu’on ne touche plus une bille dans tout ce qui concerne de près ou de loin les évolutions de la guerre civilo-globale de Syrie, et encore moins celles qui touchent à la reconstruction économique du pays », déplore un haut fonctionnaire du Quai, « alors l’Irak… ».

TROIS REMARQUES

1) Il eût été plus judicieux – comme l’avaient proposé les services de l’ambassade de France à Bagdad – de mener cette mission discrètement, sinon selon les modalités de la « diplomatie secrète ». Mais l’Elysée tenait absolument à communiquer pour bien montrer au peuple français que le pouvoir exécutif se souciait, au plus haut point, de sa sécurité.

2) Comme l’a illustré le dernier attentat de l’abruti de la Préfecture de police de Paris, la principale menace terroriste à laquelle est désormais confronté notre pays est principalement endogène et domestique. Elle est le fait de « loups » – plus ou moins solitaires ou en meute -, à la suite de différents processus d’auto-radicalisation numérique ou d’autres formes de recrutement actionnées dans certaines mosquées, madrassas (écoles coraniques) et ONGs islamiques. Une menace persistante concerne le déploiement de l’opération Barkhane (4 500 soldats français) dans la bande sahélo-saharienne. Les groupes jihadistes de cette vaste région disposent de réseaux dormants en Europe et tout particulièrement en France. Par conséquent, la menace terroriste la plus préoccupante ne concerne pas les quelques dizaines jihadistes français cantonnés entre la Syrie et l’Irak (dont une majorité de femmes et d’enfants) mais bien les « radicalisés » qui poussent sur notre propre sol.

3) Plutôt que d’aller quémander à Bagdad, nous aurions pu nous tourner vers les autorités syriennes pour qu’elles jugent elles-mêmes ces jihadistes ayant commis des crimes en Syrie. Mais depuis qu’Alain Juppé a fermé l’ambassade de France à Damas en mars 2012, depuis que Laurent Fabius a fait livrer des armes à la rébellion syrienne et depuis qu’Emmanuel Macron persiste à ne pas rouvrir notre ambassade, il est effectivement bien difficile de reprendre toute espèce de coopération anti-terroriste avec les services syriens.

TROIS MALEDICTIONS

En lisant Tigrane Yégavian, on comprend mieux aussi que l’Orient reste victimes de trois grandes malédictions historiques : imminemment redondante, la première est organiquement liée au pétrole et au gaz, notamment depuis la signature du Pacte du Quincy – premier accord pétrole contre sécurité – (14 février 1945) signé par le président des Etats-Unis Franklin Delano Roosevelt et le roi d’Arabie saoudite Ibn Séoud.

La deuxième s’inscrit dans une géographie qui place l’Orient sur la route des Indes, obsession centrale et durable de l’empire britannique. Et les effets induits par cette malédiction profonde n’en finissent pas de perdurer puisque la plupart des « merdiers actuels » sont bel et bien des séquelles de l’héritage colonial britannique : Palestine, Egypte, Soudan, Irak, Iran, Afghanistan, Inde, Pakistan, Bangladesh, Afrique du Sud, Malouines, Gibraltar, Irlande, Hong Kong et Brexit… Ca fait beaucoup quand même !

La troisième des malédictions de l’Orient est d’avoir été le creuset commun des trois religions du Livre. Celles-ci ont généré d’innombrables « minorités » confessionnelles, politique, théologico-politiques, théocratiques et terroristes ! Et c’est là que Tigrane Yégavian fait merveille en nous rappelant que les tragédies récentes des Yézidis du Sinjar ou des Chrétiens de la plaine de Ninive fuyant l’organisation « Etat islamique », constituent autant de répétitions de 1915 et de la fameuse « Question d’Orient ». En la matière, on a la mauvaise impression que nos grands penseurs du Quai et de l’Elysée sont parfaitement amnésiques et – ce qui serait plus grave – ignorants, oublieux de l’Histoire – et souvent pétris d’une arrogance tellement française !

Revenant sur une « instrumentalisation historique », Tigrane Yégavian puise aux meilleures sources : « L’exploitation des minorités, placées bon gré mal gré au centre d’enjeux géopolitiques par les puissances régionales et internationales, a sapé les fondements séculaires de ces sociétés plurielles, les rendant davantage vulnérables. Telle est la thèse soutenue par l’historien du Proche-Orient Georges Corm, pour qui la perception et la conception des minorités religieuses ou ethniques ont été façonnées par le jacobinisme français2. Suivant cette logique, toute forme de particularisme mettrait en péril l’Etat-nation naissant, une fois les empires multi-ethniques et pluri-confessionnels disparus. Il revient alors aux Etats en mesure de projeter leur puissance de se trouver une communauté dont ils s’érigeront en ‘protecteur’ ».

Plus loin : « un siècle après le génocide des Arméniens, des Assyro-Chaldéens, des Syriaques et des Grecs pontiques perpétré par le gouvernement Jeune turc et parachevé par le pouvoir kémaliste, il convient de proposer un examen critique sur la responsabilité morale accablante des puissances occidentales dont les atermoiements n’ont fait qu’accroître la souffrance de ceux qu’elles prétendaient protéger ».

UNE SERIE D’ABANDONS

L’abandon par la France de territoires comme la Cilicie, les territoires de l’Est, le Sandjak d’Alexandrette, et l’abandon massif du Hakkâri par les Britanniques, constituent autant de plaies béantes dans la mémoire des communautés chrétiennes et de leurs diasporas. Dans ses mémoires, l’officier français Paul du Véou3 – ayant servi en Cilicie dans les rangs de la Légion d’Orient – rappelle : « l’Arménie expire, dit Anatole France, mais elle renaîtra. Après la victoire de nos armées qui combattent pour la justice et la liberté, les Alliés auront de grands devoirs à remplir. Et le plus sacré de ces devoirs sera de rendre la vie aux peuples martyrs, à la Belgique, à la Serbie. Alors ils assureront la liberté et l’indépendance de l’Arménie. Penchés sur elle, ils lui diront : ‘Ma sœur lève-toi’. Deschanel, Briand, Clémenceau, Poincaré, Millerand renouvelaient la promesse solennelle… ».

Citant Aristide Briant : « pour la première fois notre pays s’est trouvé impuissant à poursuivre en Turquie sa mission civilisatrice et à s’y dresser en face de la barbarie de ses gouvernants, mais quand l’heure aura sonné des réparations légitimes, il ne mettra ps en oubli les douloureuses épreuves de la nation arménienne et d’accord avec ses alliés, il prendra les mesures nécessaires pour lui assurer une vie de paix et de progrès ».

Le second acte de la tragédie s’est joué dans l’immédiat après-guerre. Une nouvelle donne s’impose avec la montée en puissance du kémalisme, bien décidé à bouter les troupes étrangères hors d’Anatolie, considéré par les partisans de Mustafa Kémal comme l’ultime sanctuaire de la « turcité ». L’année 1922 parachève en Anatolie occidentale l’entreprise de destruction systématique et programmée de l’élément non-musulman avec la prise de Smyrne par les nationalistes turcs et le martyr de ses populations arméniennes et grecque sous le regard placide des alliés dont les 28 bateaux de guerre restent à quai sans broncher.

Grigoris Balakian4 : « qui pouvait imaginer qu’on fermerait lâchement les yeux sur l’expulsion d’Asie mineure du reste des Chrétiens et que les grands Etats alliés protecteurs des minorités chrétiennes changeraient tout à coup de langage et diraient : ‘qu’est-ce qu’on peut y faire ? Comme la cohabitation avec le Turc n’est plus possible pour vous, il n’y a pas d’autre solution pour vous que de quitter le territoire de l’Etat turc’ ».

Les descendants de l’ancien royaume médiéval arménien (saignés à blanc par les massacres proto-génocidaires de 1895 – 1896, ceux d’Adana en 1909 et le génocide de 1915), avaient placé leurs espoirs en une victoire alliée. Les dispositions de l’accord Sykes-Picot scellent le partage de l’aire syro-mésopotamienne, plaçant sous influence française directe la Cilicie au même titre que la Syrie littorale, les régions d’Alep et de Damas. La suite est malheureusement connue : « les tractations secrètes entre le très turcophile général Gouraud, en poste à Beyrouth depuis novembre 1919, comme Haut-commissaire de la France au Levant et les Kémalistes – considérés hors-la-loi – commencent. De fait, un canal de communication a été ouvert par son prédécesseur Georges Picot qui avait rencontré les dirigeants nationalistes turcs à Konya et à Sivas ».

En avril 1920, la conférence de San Remo statue sur le tracé définitif de la frontière syro-turque qui est déplacée plus au sud, actant l’abandon définitif de Marache. En 1921, la conférence de Londres révise le traité de Sèvres qui projetait la création d’un Etat arménien adossé à un Kurdistan indépendant mais enclavé.

Tigrane Yégavian : « changeant son fusil d’épaule, la France abandonne à leur sort les Arméniens – Grecs et Syriaques. Ce qui fera dire au colonel Brémond que l’histoire de l’abandon de la Cilicie par la France ‘est la digne continuation des trahisons qui ont fait perdre à la France les Indes, le Canada et l’Egypte’. Les officiers français qui ne cautionnent pas cette nouvelle politique sont remerciés ou mutés. La France brade tout sans la moindre contrepartie ou presque : en échange de ses abandons, elle décroche un lot substantiel de consolation : l’établissement d’un ‘régime administratif spécial’ pour la région d’Alexandrette, un transfert de la ligne de chemin de fer de Bozanti-Nousseibine pour un groupe de financiers désigné par Paris. Il n’est pas question de défendre l’intérêt national mais bien celui de quelques groupes capitalistes qui font le pari d’une Turquie nationaliste, pro-occidentale et partenaire économique de la France ».

Cent ans après, les leçons n’ont toujours pas été retenues. La France a fait plus que légitimer, sinon faciliter la concrétisation de la révolution kémaliste. Ce faisant, notre pays s’est retrouvé perdant sur tous les plans. L’indulgence française appréhendée comme une politique d’abdication et de faiblesse aux yeux des Turcs desservira ses véritables intérêts. Situation pour le moins inattendu, à partir de 1922, les intérêts français en Turquie sont systématiquement ciblés : fermeture d’écoles, d’hôpitaux et de missions en Anatolie, confiscations de bien appartenant à des Français, intimidations, gel des avoirs, tout est employé pour encourager le départ des ressortissants français.

GUERRES MARONITES

Le dernier acte de cette série d’abandon se joue en 1938 lorsque Paris cède le Sandjak d’Alexandrette, sans la moindre contrepartie si ce n’est une vague assurance que la Turquie restera à l’écart du conflit qui s’annonce. La suite est aussi connue et cette amputation est encore vécue par les Syriens comme une humiliation. Aux côtés de l’indiscutable et non moins accablante culpabilité morale des Occidentaux, les historiens ne s’attardent que rarement sur un sujet aussi sensible qu’ignoré : la part de responsabilité des élites minoritaires dans leur funeste destin.

La guerre du Liban (1975 – 1990) illustre de manière paroxystique l’impéritie des dirigeants chrétiens, surtout des Seigneurs maronites de la guerre. Les dégâts atteignent des sommets à la fin du conflit lorsque les affrontements inter-chrétiens opposant les partisans du général Aoun aux Forces libanaises de Samir Geagea se poursuivent pendant quatre mois en 1990, faisant plus de 740 morts et 2400 blessés.

Tigrane Yégavian : « à ces blessures viennent se greffer les plaies profondes héritées de la rivalité entre familles et clans maronites (les Frangié au nord, les Gemayel et les Chamoun au Mont-Liban et dans le Chouf). A cet égard, le souvenir de la tuerie d’Ehden5 lorsqu’en 1978 un commando de Phalangistes, conduit par Samir Geagea – futur leader des Forces libanaises – décapitait la famille Frangié ainsi que vingt-huit villageois demeure vivace, sans oublier le meurtre de membres de la famille Chamoun en 1990 »6.

L’auteur conclut cet examen de la responsabilité centrale des élites maronites à leur propre malheur, écrivant pourtant que « les Chrétiens sont pourtant les meilleurs agents du soft-power français en Orient via leur réseau éducatif porteur des valeurs de la francophonie : « nos dirigeants ont-ils saisi l’importance capitale que représente la diffusion du Français à travers les réseaux d’établissements chrétiens ouverts aux élèves musulmans et qui enseignent notre langue dans la région ? » Rien n’est moins sûr, le Quai d’Orsay ayant abandonné depuis longtemps le dossier de la francophonie à ses collaborateurs les plus mineurs…

QUAND L’HISTOIRE BEGAIE

L’autre grand mérite du livre de Tigrane Yégavian est de braquer toute la richesse des filiations historiques – qu’il a savamment reconstituées – en un puissant éclairage des guerres actuelles qui continuent à ravager les Proche et Moyen-Orient. Il y a d’abord un lâchage progressif des Palestiniens depuis la fin de la dernière présidence de Jacques Chirac et la scandaleuse résolution franco-américaine 1559 du conseil de sécurité des Nations unies (septembre 2004), annulant d’un trait de plume près de quarante années de diplomatie gaullienne en Orient7. Traditionnellement, le Quai d’Orsay renvoyait dos à dos les parties israélienne et palestinienne en cas d’attaques et d’attentats, « condamnant la violence d’où qu’elle vienne ». Aujourd’hui, la communication du ministère des Affaires étrangères ne fait même plus cet effort minimal laissant – de plus en plus – carte blanche à la soldatesque israélienne.

Mais le plus déplorable concerne la guerre civilo-globale de Syrie qui a vu notre pays s’aligner sur les Etats-Unis, les pays du Golfe et Israël voulant démanteler la Syrie comme cela fut fait de l’Irak en 2003 et de la Libye en 2011 ! Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama décrétaient que Bachar al-Assad devait partir pour faire place à une rébellion sunnite, inspirée des idéologies wahhabite et des Frères musulmans. François Hollande et Laurent Fabius – qui félicitaient les « p’tits gars de Nosra (Al-Qaïda en Syrie) pour leur « bon boulot » ! Aujourd’hui, les mêmes reconnaissent fièrement avoir livré des « armes modernes » à la rébellion syrienne « modérée », « laïque » et « démocratique », notamment à l’Armée syrienne libre (ASL), qui constituait l’anti-chambre des groupes jihadistes animés des mêmes mots d’ordre que les assassins ayant sévit dans les rues de Paris, que les terroristes qui tirent sur nos soldats déployés dans la bande sahélo-saharienne. Quelle diplomatie !

La honte – une honte indicible – nous submerge lorsque des Chrétiens de Syrie (Grecs-orthodoxes, Maronites, Syriaques ou autres) et d’autres membres des minorités alaouites, chi’ites et autres nous interpellent pour nous demander pourquoi les autorités françaises soutiennent tellement les factions islamistes qui cherchent à leur faire quitter le pays… Répétons : pourquoi les autorités françaises ont-elles livré des armes à des factions jihadistes criminelles obsédées par le renversement du gouvernement de Syrie ? Pourquoi, après avoir cédé le Sandjak d’Alexandrette à la Turquie, les autorités françaises veulent-elle favoriser l’arrivée des Frères musulmans au pouvoir à Damas ?

Dans le même ordre d’idées – à Paris – les dernières pantalonnades en kurdolâtrie rajoutent une couche d’ignorance et de fausses solidarités clairement opposées aux intérêts vitaux de notre pays. Que Bernard-Henri Lévy soutienne le « Rojava » – pure invention idéologico-géographique -, rien d’étonnant puisque les factions kurdes du YPG sont les meilleurs amis des services spéciaux israéliens. Mais que le Quai d’Orsay et l’Elysée lui emboitent le pas est d’autant plus inquiétant, d’autant que le déploiement de 500 soldats de nos forces spéciales dans ce même « Rojava » n’a jamais fait l’objet de quelque discussion ni évaluation parlementaire… Là-encore la question se pose : pour quels intérêts français cette opération extérieure très onéreuse a-t-elle été diligentée ?

Sur ce dossier aussi le livre de Tigrane Yégavian est des plus précieux puisqu’il nous explique que les mêmes factions kurdes « divinisées » se comportent de façon radicalement liberticide dans les régions sous leur contrôle. Elles n’hésitent pas à déporter des villages chrétiens et alaouites entiers lorsque ceux-ci ne se plient pas à leurs injonctions théologico-politiques.

L’auteur de Minorités d’Orient – Les oubliés de l’Histoire conclut : « les milieux germanopratins, l’essayiste Bernard-Henri Lévy en tête, ont voulu projeter sur la cause kurde, un miroir fantasmé de « l’Islam des lumières ». A en croire toute cette littérature engagée, les Kurdes, maintes fois trahis par leurs alliés occidentaux, constitueraient l’ultime rempart de la civilisation contre la barbarie jihadiste. Ce soutien unanime transcende les clivages politiques ; si les dirigeants français ne soutiennent pas les Kurdes pour les mêmes raisons, ils ont en partage une certaine myopie doublée d’une méconnaissance du sens tragique de l’histoire… ».

Redisons-le : on recommande chaleureusement – bien-sûr – la lecture de ce livre essentiel pour la compréhension de l’Orient à tous nos amis, mais aussi à Jean-Yves Le Drian…
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Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
21 octobre 2019

1 Tigrane Yégavian : Minorités d’Orient. Les oubliés de l’Histoire. Editions du Rocher, septembre 2019.
2 Georges Corm : Géopolitique des minorités au Proche-Orient. In Hommes et Migrations, Numéros 1172 – 1173 – Minorités au Proche-Orient, janvier/février 1994.
3 Paul du Véou : La Passion de la Cilicie 1919-1922. Editions Geuthner, 1954.
4 Grigoris Balakian : Le Golgotha arménien, traduit de l’Arménien par Hratch Bédrossian – Chamigny, Le Cercle d’écrits caucasiens, 2018.
5 Richard Labévière : La Tuerie d’Ehden ou la Malédiction des Arabes chrétiens. Editions Fayard, juin 2009.
6 Régina Sneifer : Guerres maronites. Editions de l’Harmattan, 1994. Et, Une Femme dans la tourmente de la Grande Syrie – D’après les mémoires de Juliette Antoun Saadé. Préface de Georges Corm. Editions Riveneuve, août 2019.
7 Richard Labévière : Le Grand retournement – Bagdad-Beyrouth. Editions du Seuil, 2006.

https://prochetmoyen-orient.ch/outre-les-kurdes-dechiffrer-les-minorites-dorient/