Archives pour la catégorie Kurdistan

Les muscles américains en Syrie pour effrayer la Turquie et l’Iran

Les muscles américains en Syrie pour effrayer la Turquie et l’Iran

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11.05.2018

Les Etats-Unis ont achevé la construction d’une troisième base dans la région de Manbij, où la Turquie voulait envoyer ses troupes pour évincer les milices kurdes. La présence militaire américaine pourrait être un bastion pour attaquer l’Iran.

La majorité de l’ordre de 15 bases militaires américaines, à l’exception d’Eth-Tanf, se trouve sur les territoires contrôlés par la milice kurde dans le nord de la Syrie, à l’est de l’Euphrate. L’expansion de la présence militaire américaine inquiète les participants au format Astana: la Turquie, la Russie et l’Iran, qui sont les garants des quatre «zones de désescalade» en Syrie.

Au début du mois de mai, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a blâmé Washington à plusieurs reprises pour avoir tenté de détruire la Syrie, a déclaré que les Etats-Unis préparaient des militants contre le gouvernement de Bashar Assad.

La même position est tenue par l’Iran, qui considère toute présence militaire sans le consentement de ses alliés comme illégale. Téhéran est également préoccupé par l’alliance américaine avec les Kurdes, dont le nombre en Iran, selon diverses estimations, est de huit millions.

La Turquie est le plus inquiet, le seul pays à avoir mené une opération militaire ouverte contre les YPG, sur les territoires desquels les Etats-Unis ont établi leurs bases. En janvier-mars, les forces armées turques ont chassé les miliciens kurdes d’Afrin (opération Olive Branch) au nord-ouest de la Syrie. Ensuite, ils se préparaient à aller plus loin – à Manbij. Mais, contrairement à Afrin, que la coalition américaine contre l’Etat islamique a annoncé en dehors de sa zone de responsabilité, le Pentagone a fourni aux Kurdes des garanties claires pour Manbij. Non seulement il y a eu des renforts militaires envoyés face à trois cents forces spéciales américaines, mais il y a trois mois, la construction d’une autre base militaire a commencé.

Dans la nouvelle garnison de Manbije, filmée par le photographe de l’agence Reuters, les militaires français sont également stationnés, a précisé Sharfan Darwish, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (SDF), basé sur les YPG kurdes. Les militaires américains et français patrouillent le front entre le SDF et les forces pro-turques après qu’Ankara ait lancé la «branche d’olivier». Darvish a noté:

Après l’attaque turque sur Afrin et l’augmentation des menaces turques contre Manbiju, les forces de la coalition ont construit une base pour surveiller et protéger la frontière (entre les belligérants)

La Turquie considère les YPG comme une organisation terroriste et la continuation du Parti des travailleurs du Kurdistan, avec lequel la Turquie se bat sur son propre territoire. Le programme d’Erdogan est de nettoyer toute la frontière de 800 kilomètres avec la Syrie des partisans kurdes, en recourant à une intervention sur le territoire étranger si nécessaire. L’activation des Etats-Unis dans la région et le manque d’intérêt pour les négociations avec Erdogan éloignent de plus en plus Ankara de Washington.

Le docteur en sciences historiques de l’université d’Istanbul Mehmet Perincek considère que la nouvelle base militaire américaine dans le nord de la Syrie est plus qu’une simple menace pour la Turquie:

La nouvelle base de l’Amérique à Manbij n’est pas seulement contre Assad, l’intégrité territoriale de la Turquie, mais aussi contre la Russie et même la Chine. Après tout, s’il y a un Kurdistan indépendant, il va s’imposer contre toute l’Eurasie. La Turquie, l’Iran et la Russie devraient unir leurs forces non seulement contre la terreur des fondamentalistes, mais aussi contre les séparatistes « 

Lors du dernier sommet d’Ankara, les dirigeants de la Russie, de l’Iran et de la Turquie ont, dans une déclaration commune, évoqué précisément la lutte contre les «agendas séparatistes», faisant allusion aux plans américains d’effondrement de la Syrie.

Le renforcement de la présence militaire des États-Unis en Syrie est également pertinent à la lumière de l’escalade de la confrontation israélo-iranienne près des hauteurs du Golan après la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran. Les points forts dans les territoires kurdes, en plus des bases américaines dans les pays du Golfe Persique, sont de nouvelles têtes de pont du Pentagone pour attaquer l’Iran.

Le renforcement des Américains à Manbij n’est pas rentable à la fois pour Téhéran et pour Ankara. Mais cela signifie-t-il que dans le cas d’Israël et des frappes américaines contre l’Iran, la Turquie soutiendra son voisin?

Réalisant que les plans américains sont sérieux, et que la situation est au final, un résultat déplorable pour l’Iran, la Turquie peut soutenir ces coups, car il y a un an Ankara critiquait l’Iran, disant qu’il essayait de transformer la Syrie et l’Irak en Etats chiites.

Les Etats-Unis ont un puissant levier sur la Turquie sous la forme de sanctions pour l’achat de S-400 russes et en contournant le boycott américain de l’Iran, ce qui pourrait contraindre Ankara à s’abstenir de toute solidarité avec la République islamique d’Iran.

Perincek estime que parmi les principaux objectifs des possiles frappes américaines contre l’Iran est l’intention de détruire le format Astana.

Les États-Unis et Israël ont longtemps voulu gâcher le processus d’Astana, qui les empêche de réaliser leurs plans dans la région. L’attaque contre l’Iran est une continuation des provocations, comme les Khimataks de Salisbury et la Douma syrienne, appelés à diviser l’alliance de la Turquie, de l’Iran et de la Russie.

« En cas de guerre avec l’Iran, la Turquie devrait montrer sa solidarité avec elle, car seule la coopération avec Téhéran Ankara peut combattre le séparatisme et garantir son intégrité territoriale » – a résumé Perincek.

Comme Ankara va réagir, c’est difficile à dire. La Turquie est membre de l’OTAN, dépendante de plusieurs aspects des États-Unis, mais en même temps elle est mécontente de l’alliance de Washington avec les Kurdes et de la dissimulation de Fethullah Gülen en Pennsylvanie. D’autre part, Ankara est dans une alliance situationnelle avec Téhéran en Syrie et a des liens commerciaux étroits avec les Iraniens. L’histoire montre que les alliances sont vérifiées non par des mots, mais par des actions concrètes. L’état tendu actuel des relations turco-américaines et turco-israéliennes suggère que le pays sur les rives du Bosphore n’a plus d’incitation à l’intervention américaine et israélienne contre l’Iran que lors de l’agression américaine contre l’Irak en 2003, quand Ankara a refusé de fournir ses bases à ses alliés de l’OTAN.

http://katehon.com/article/us-muscles-syria-scare-turkey-and-iran

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Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali

Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali


Par Andrew Korybko – Le 9 avril 2018 – Source Oriental Review

French and Syrian flagsLa France a déclaré qu’elle envoyait des troupes au nord de la Syrie pour soutenir les Kurdes.

Le président Macron a annoncé la décision sans précédent de Paris après avoir rencontré des dirigeants kurdes dans la capitale française la semaine dernière, une décision dénoncée en résumé par Ankara comme le « dépassement d’une ligne rouge ». Ankara dénonce un pays d’Europe occidentale soutenant le terrorisme avec ce que la Turquie considérerait ironiquement comme une « invasion » de la Syrie. Les conflits intra-OTAN atteignent un point d’ébullition avec les États-Unis, la Grèce et maintenant la France s’alignant tous contre les intérêts régionaux de la Turquie en réponse à l’approche multipolaire d’Ankara après le coup d’État. Cela exerce une énorme pression sur le président Erdogan pour reculer ou faire dangereusement face aux conséquences de cet acte. Le dirigeant turc a refusé de reculer et il est maintenant contraint d’affronter les perspectives d’un soutien conjoint américano-français à ce que son gouvernement considère comme des terroristes kurdes, ce qui ne fera que renforcer son désir d’intensifier la réorientation stratégique de son pays vers l’Est.

Non seulement cela, mais la Turquie pourrait contrer asymétriquement le déploiement militaire hostile de la France via les forces pro-Ankara dans le nord de la Syrie. Les médias turcs ont divulgué l’emplacement de chaque base où les forces françaises seraient censées être déployées comme ils l’ont fait pour les Américains l’été dernier, ce qui peut être interprété comme une menace tacite que les troupes des deux pays pourraient être ciblées par des groupes armés sympathisants de la Turquie dans le cadre de la « guerre civile de la Rojava » qui se déroule dans le nord de la Syrie. Les plans de la France pour aider les États-Unis sur ce champ de bataille et même de les remplacer, dans une certaine mesure. Si Trump confirme « très bientôt » ses intentions de quitter le pays, cela pourrait inévitablement conduire Paris à un second bourbier malien. Elle serait alors contrainte de lutter contre les rebelles dans ce qui est devenu une « guerre civile à plusieurs niveau dans une guerre civile » et non contre les terroristes.

Les développements rapides montrent que l’ancien modèle de colonialisme ne fonctionne plus dans les sociétés post-coloniales où les anciens colonisateurs cherchaient à exploiter les groupes minoritaires contre la majorité. Les habitants du nord-est de la Syrie ne permettront pas à leur ancien colonisateur de retourner dans leur pays et d’utiliser les Kurdes pro-occidentaux comme outil de substitution pour supprimer la majorité arabe. En outre, la Turquie coopère avec la Russie via le processus de paix d’Astana et atteindra vraisemblablement un éventuel « compromis » pour au moins restituer nominalement les territoires que ses groupes rebelles alliés contrôlent à l’autorité du gouvernement syrien. Cela se fera probablement après avoir sécurisé sa position géopolitique par la prochaine « révision constitutionnelle » mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui conduira probablement à un certain degré de « décentralisation ». La France, cependant, n’a pas l’intention de faire la même chose vis-à-vis de ses mandataires et de la Russie, de sorte qu’elle représente une menace beaucoup plus grave pour la souveraineté syrienne que la Turquie en ce moment.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/macron-pourrait-pieger-la-france-dans-un-bourbier-au-nord-de-la-syrie-comme-au-mali

False flag III, le retour

False flag III, le retour

9 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Etats-Unis, #Russie

Vous en rêviez, vous l’attendiez, les coupeurs de tête modérés l’ont fait. Alors qu’ils se prennent une fessée prison-style à Douma, dernière enclave de la désormais quasi-reconquise Ghouta orientale, les djihado-takfiris si chers au système impérial US ont lancé leur dernier atout sur le tapis : « attaque chi-mi-que » crient-ils en coeur, bien que sans grande originalité. Il est vrai que les précédents de 2013 (déjà dans la même zone) ou de 2017 à Khan Cheikhoun nous ont vaccinés contre ce genre de comédie imbécile…

Ce que nous écrivions l’année dernière dernière n’a pas pris une ride :

Tout part de ce qui ressemble à un énième false flag barbu : le supposé bombardement chimique par l’aviation syrienne. Comme d’habitude, aucune preuve et aucun temps de réflexion – quel serait donc l’intérêt d’Assad de perpétrer ces attaques en un point non stratégique alors qu’il est en train de gagner la guerre et que l’administration américaine venait de lui donner un blanc-seing ? Ca n’a strictement aucun sens.

Cela a encore moins de sens aujourd’hui alors que 95% de la Ghouta a été reprise et que la réduction de la dernière poche de Jaish al-Islam n’est qu’une question de jours. Mais la journaloperie ne s’arrête évidemment pas à ce genre de détail tout comme elle ne rapportera jamais la découverte jour après jour de labos chimiques rebelles…

Sans surprise, les habituels trolls de l’empire – McCainistan, Israël – s’empressent d’éructer et de pousser à l’action contre l’ogre Assad, dévoreur de son peuple. Chose plus curieuse, les réactions de l’Arabie saoudite et de la Turquie sont relativement inverses de ce que l’on pourrait attendre. La première, pourtant marraine de Jaish al-Islam, se contente de condamner l’attaque chimique sans désigner de coupable et d’appeler à la résolution pacifique du conflit. Signe du rapprochement russo-saoudien de ces derniers temps ?

Par contre, le sultan semble tout prêt d’une nouvelle crise de nerfs, Ankara accusant Damas de crime de guerre. Malgré l’optimisme d’excellents sites (ici ou ici), on a quand même la légère impression que la réunion tripartite Erdogan-Poutine-Rohani d’il y a quatre jours n’a pas été un franc succès (durée largement raccourcie, dispute entre Iraniens et Turcs à propos d’Afrin…)

Outre les accusations téléguidées contre Damas à propos du false flag de la Ghouta, on sent plus généralement une certaine mauvaise volonté ottomane. Ainsi, le plan russe de transporter les restes de Jaish al-Islam de Douma au nord d’Alep, dans la zone contrôlée par Ankara, a été rejeté. Simple souhait de ne pas ajouter encore plus de chaos dans la région ou volonté délibérée de faire dérailler les négociations sur l’évacuation des barbus et la reconquête totale de la Ghouta par les loyalistes ? Seul l’avenir nous le dira mais il n’est pas impossible que nous assistions aux prémices d’une nouvelle dégradation des relations russo-turques. A suivre.

Pour le moment, tous les yeux sont braqués sur ce qui va se passer entre Washington et Moscou. Se faisant plus deepstatiste que le Deep State, Donaldinho a de nouveau endossé l’habit de Cretinho. Son hoquet twitterique contre « l’animal Assad et la Russie et l’Iran qui le soutiennent » nous fait venir à l’esprit les sages pensées de Michel Audiard sur un certain chef d’escadrille…

Il ne peut pas ne pas savoir que cette « attaque chimique » est une mauvaise farce. Pourquoi alors se griller avec ces déclarations incendiaires et infantiles ? Regagner en popularité intérieure, louvoyer avec l’Etat profond ? Ce qui importe, ce sont les actions à venir.

Assistera-t-on à un scénario à la Khan Cheikhoun, possible false flag au carré (quelques tirs de vieux Tomahawk au milieu de nulle part pour sauver la face) ? Ou les Follamour états-uniens vont-ils cette fois franchir le Rubicon et affronter la Russie en Syrie ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit et Moscou ne rigole plus désormais. Il y a un mois, l’état-major russe avait déjà averti qu’il répondrait à toute attaque américaine. Les forces russes sont en état d’alerte et le Ministère des Affaires étrangères s’est lâché contre la propagande occidentale et menacé une intervention US des « plus graves conséquences ». Âmes sensibles, s’abstenir…

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La Turquie publie la localisation des cinq bases militaires françaises secrètes en Syrie

La Turquie publie la localisation des cinq bases militaires françaises secrètes en Syrie

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L’Agence Anadolu a publié une carte des cinq bases militaires secrètes de la France en Syrie (dont l’usine de Lafarge-Holcim).

L’Agence précise que le 1er RPIMa (régiment parachutiste d’infanterie de Marine) est déployé sur le sol syrien. En outre 30 soldats français supplémentaires sont présents à Rakka et 70 sur divers autres sites.

La présence militaire française en Syrie est illégale au regard du Droit international.

Cette publication constitue un avertissement à la France qui a annoncé soutenir les terroristes du YPG, une organisation kurde pro-atlantiste.

http://www.voltairenet.org/article200469.html

http://www.voltairenet.org/article200469.html

Des dizaines d’officiers français seraient arrivés dans le Kurdistan syrien

Des dizaines d’officiers français seraient arrivés dans le Kurdistan syrien

50 officiers français auraient été envoyés dans le nord-ouest de la Syrie, à Manbij, pour prêter main forte aux Kurdes syriens dans la région.

La France a envoyé 50 officiers dans la ville syrienne de Manbij, dans le nord-ouest du pays, afin de soutenir les Kurdes syriens, relate le journal Yeni Safak.

Selon le média, ces militaires français sont arrivés en ville vendredi à bord de quatre avions.

Dans le même temps, le journal précise que des officiers pourraient être envoyés à Manbij à partir de différentes bases situées en Syrie ainsi que depuis l’étranger.

Cette information n’a pas été confirmée par des sources officielles.

Le 29 mars, Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée une délégation venue de Syrie incluant des responsables militaires kurdes mais également des personnalités issues des institutions civiles liées à la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS). Lors de cette rencontre, le Président français a assuré les Kurdes du «soutien» de la France.

 

Plus tard, selon Le Parisien, une des représentantes kurdes, Asiya Abdellah, a annoncé que la France allait envoyer des soldats à Manbij.

«La coopération va être renforcée», a-t-elle affirmé.

«La France va renforcer son dispositif militaire», a précisé le représentant du Kurdistan syrien (Rojava) en France, Khaled Issa.

Le 30 mars, Paris a toutefois nié l’envoi annoncé par les Kurdes de renforts militaires, assurant «ne pas prévoir de nouvelle opération militaire sur le terrain dans le nord de la Syrie en dehors de la coalition internationale anti-Daech*».

 

Le ministre turc de la Défense nationale, Nurettin Canikli, a appelé la France à ne pas tenter une aventure en envoyant ses forces armées en Syrie pour soutenir les Kurdes, qualifiant une telle initiative d’«occupation du territoire syrien».

*Organisation terroriste interdite en Russie

source

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/04/des-dizaines-d-officiers-francais-seraient-arrives-dans-le-kurdistan-syrien.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La France renvoie des troupes en Syrie

La France renvoie des troupes en Syrie

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Le 29 mars 2018, le président Emmanuel Macron a reçu à une délégation des Forces démocratiques de Syrie. Selon « l’ambassadeur » du « Rojava » à Paris, Khaled Issa, il a annoncé que la France envoie des troupes à Manbij (Syrie).

Les Forces démocratiques de Syrie sont un habillage du PYD, le parti des kurdes pro-atlantistes de Syrie. Pour la forme, la délégation était composée à part égale d’arabes et de kurdes, bien que sur le terrain les FDS soient presque exclusivement des membres du PYD sous encadrement états-unien. Selon l’Élysée, le président Macron a rappelé que la France considérait le PKK turc comme une organisation terroriste, bien que, dans les faits, le PYD soit une excroissance du PKK.

Identiquement, l’idéologie du « Rojava », l’anarchisme, est un habillage visant à la fois à faire oublier le retournement du PKK marxiste-léniniste en un instrument de l’Otan, et à le rendre sympathique aux Occidentaux.

Les Forces spéciales françaises qui étaient présentes dans la ghouta orientale ont été exfiltrées sur ordre du numéro 2 de l’Onu, le faucon Jeffrey Feltman, dans des voitures diplomatiques des Nations unies vers le Liban. Elles seront de retour, plus nombreuses, au Nord de la Syrie. Si leur présence dans la banlieue de Damas était un secret de polichinelle, leur arrivée à Manbij est officieuse, dans la mesure où elle a été annoncée par le PYD, mais non confirmée par l’Élysée.

La présence militaire française est illégale au regard du droit international. Elle est permanente depuis le début de la guerre, en 2011, à l’exception des trois mois de la fin du mandat Sarkozy, soit la période allant de la libération de Baba Amr (Homs) à la conférence des Amis de la Syrie à Paris.

La France d’Emmanuel Macron semble abandonner son soutien aux jihadistes d’al-Qaïda pour se concentrer sur la création d’un « Kurdistan » en territoire arabe, le « Rojava ».

Aux conférences de Versailles (1918) et de Sèvres (1920), les États-Unis soutinrent la création d’un État indépendant pour les populations nomades (« kurdes ») de la vallée de l’Euphrate qui s’étaient sédentarisée en Anatolie après y avoir massacré les chrétiens arméniens (le génocide du sultan Abdulhamid II, puis des Jeunes Turcs). Depuis au moins 1921, la France a repris la revendication d’un État pour les kurdes, mais plus en Turquie.

Les bureaux du « Rojava » à Paris sont aimablement prêtés par Bruno Ledoux, un richissime propriétaire de presse (Libération, L’Express, i24news…) lié à Israël.

http://www.voltairenet.org/article200397.html

Trump et Assad sont du même côté à Afrine

Trump et Assad sont du même côté à Afrine


Par Andrew Korybko – Le 1er mars 2018 – Source Oriental Review

Afrin Kurds

La convergence des intérêts américains et syriens contre la campagne antiterroriste de la Turquie est une coïncidence et n’implique pas une « conspiration »  mais elle est également instructive dans la mesure où elle prouve qu’il est possible que le couple le plus improbable s’entende tacitement sur un sujet d’intérêt partagé, bien que cela soit prétendûment impossible selon le récit dominant des médias alternatifs.

Battle for Afrin Feb 20, 2018
Bataille d’Afrine le 20 février 2018

Cela semble probablement absurde la première fois qu’une personne moyenne l’entend, mais les présidents Trump et Assad sont du même côté à Afrine, malgré l’héritage de sept années de guerre hybride que les États-Unis ont mené contre la Syrie. Comme le dit le proverbe « il n’y a pas d’amis ou d’ennemis en politique internationale, seulement des intérêts » et cela n’est nulle part plus évident que dans l’interprétation similaire de Washington et de Damas sur la façon dont la résolution 2401 de l’ONU se rapporte à « l’Opération anti-terroriste Rameau d’olivier » de la Turquie contre les Kurdes « fédéralistes ».

La position de la Syrie est bien connue. Toutes les troupes étrangères sur son territoire sans le consentement du gouvernement légitime sont des envahisseurs illégaux qui doivent quitter le pays immédiatement, mais celle des USA pourrait surprendre certaines personnes parce qu’il y a eu cette fausse idée circulant dans les médias alternatifs que les États-Unis et la Turquie sont toujours du même  « côté » malgré l’échec du coup d’État pro-américain contre le président Erdogan à l’été 2016.

Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a définitivement condamné cette semaine son interlocuteur américain pour avoir « suggéré » avec condescendance que « la Turquie est plus que bienvenue à relire le texte exact de cette déclaration du conseil de sécurité de l’ONU » s’ils pensent qu’ils ne violent pas le dernier cessez-le-feu en poursuivant leur opération antiterroriste à Afrine. La réponse d’Aksoy a été que la « position » des États-Unis est sans fondement et indique qu’elle [Heather Nauert] n’a pas compris comment cette décision devrait être appliquée, ou qu’elle veut la déformer.

La raison pour laquelle les États-Unis s’opposent à « l’Opération Rameau d’olivier » est qu’ils craignent que cette campagne empêche les Kurdes de jouer un tour à Damas et qu’un jour le gouvernement soutienne une offensive à venir contre la province turque contestée de Hatay que la Syrie revendique comme son territoire légitime, avec l’intention de déclencher une guerre conventionnelle turco-syrienne qui pourrait alors permettre aux Kurdes pro-américains d’étendre leur statut de « Rojava » de facto jusqu’à la côte de la Méditerranée orientale.

La Syrie, d’un autre côté, considère la Turquie comme un « plus grand mal » que les Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes à ce stade, c’est pourquoi elle a même envoyé des milices pro-Damas pour affronter les forces de son voisin du nord à Afrine. Elle a évité d’y envoyer l’Armée arabe syrienne (AAS) par prudence, car toute attaque contre elle, pourrait contraindre le gouvernement à réagir en fonction du scénario désastreux attendu que les Kurdes conspirent à créer.

Malgré tout, Damas aurait pu faire une grave erreur en protégeant les mêmes Kurdes américano-sionistes que la Turquie considère comme des terroristes parce que le gouvernement est maintenant responsable d’assurer la sécurité dans cette région. Cela signifie que les YPG pourraient concevoir des attaques terroristes contre les Turcs depuis cette « zone sécurisée » et provoquer ainsi Ankara à frapper les milices pro-AAS et risquer dangereusement de catalyser un conflit d’État à État.

Néanmoins, les autorités syriennes sont prises entre le marteau et l’enclume et les États-Unis le savent.

Qu’importe les condamnations véhémentes de Damas au sujet des Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes dont même le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, assez favorable aux kurdes, a été forcé de reconnaître comme leur « quasi-État (…) les rives orientales de l’Euphrate » les acteurs tenant le terrain qui réalisent ce complot géopolitique sont toujours des citoyens syriens, et le gouvernement craint que l’utilisation de mesures énergiques pour les pacifier ou permettre passivement à la Turquie de les tuer ne déclenche par inadvertance une guerre civile arabo-kurde dans le pays.

Non seulement cela, mais ce serait un aveu implicite que le YPG – un satellite du PKK, dont le dirigeant a été accueilli en Syrie de 1979 à 1998 – est en fait, à tout le moins, devenu une organisation anti-étatique, sans parler de son potentiel terroriste dénoncé par la Turquie. Cela pourrait alors involontairement faciliter l’interprétation « militarisée » de la décision de l’ancien président Hafez al-Assad d’accueillir le parrain YPG Abdullah Ocalan comme un moyen de « discréditer » son fils et successeur.

Damas ne peut donc pas se permettre, au moins à ce stade et selon la façon dont ses dirigeants perçoivent actuellement la situation, de répondre directement ou indirectement aux Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes parce que cela pourrait « provoquer » une guerre civile arabo-kurde, minant la légitimité du gouvernement et détournant l’attention de la volonté collective de la nation cosmopolite d’expulser les troupes turques de leur territoire.

Les calculs stratégiques de Washington sont beaucoup plus simples, comme expliqué ci-dessus, mais le curieux réalignement des États-Unis et de la Syrie d’une part, et de la Turquie et de la Russie d’autre part, est instructif car il prouve qu’il est possible que deux pays s’entendent tacitement sur un sujet d’intérêt commun, même si cela semble les placer du même côté que leurs « ennemis » ou dans le « camp opposé » à leurs « alliés ».

La Turquie veut écraser les Kurdes « fédéralistes » américano-sionistes, et la Russie a passivement donné son feu vert à « l’Opération Rameau d’olivier » en retirant ses unités militaires d’Afrin en préparation de cette campagne. Il est beaucoup plus important pour Moscou de maintenir d’excellentes relations avec ses partenaires du Turkish/Balkan Stream à Ankara que de risquer de mettre en péril les perspectives de multipolarité dans le « Nouveau Moyen-Orient » pour des Kurdes non étatiques ou leurs partenaires syriens. Moscou estime que ces derniers sont « gérables » quoi qu’il arrive.

Par ce dernier point, la Russie a essayé d’« encourager » la Syrie tout au long de l’année dernière à appliquer les « suggestions » de « décentralisation » qu’elle a écrites dans le « projet de Constitution » du pays car Moscou comprend qu’elles sont un « compromis » nécessaire qui pourrait simultanément amener la « solution politique » tant attendue à la guerre tout en permettant aussi à la grande puissance eurasienne d’« équilibrer » ses relations entre ses pairs au Proche-Orient en obligeant Damas à « officialiser » les « sphères d’influence » dans le pays comme attendu par la Russie.

À cette fin et face à la résistance syrienne (polie mais ferme) à ce plan de la géopolitique typique de la Grande Russie du XIXe siècle, Moscou a pris la décision calculée de retirer la plupart de ses forces militaires de la République arabe afin d’envoyer à Damas le message qu’elle ne soutiendra pas ses efforts continus pour accomplir la promesse du Président Assad de libérer « chaque centimètre » du pays.

En réponse, la Syrie se rapproche de l’Iran pour conserver ce qu’elle considère comme son « indépendance stratégique » ce qui explique pourquoi Damas et Moscou sont désormais « opposées » en ce qui concerne Afrine. Cela aligne de manière intéressante les intérêts de l’Iran sur ceux des États-Unis dans ce cas spécifique et ceux de la Russie sur ceux de la Turquie. Encore une fois, cela n’implique pas une « conspiration » mais fournit plutôt aux observateurs deux éléments constructifs.

Le premier est que cela prouve que le concept d’intérêt personnel néo-réaliste joue effectivement un rôle de guide dans les actions de tous les acteurs de la guerre en Syrie, parfois avec des résultats curieux, et le second est que les récits maximalistes dogmatiques propagés par de nombreux médias alternatifs sur l’impossibilité supposée des présidents Trump et Assad d’être du même côté « contre » leurs homologues turcs et russes est catégoriquement faux à la lumière de la position commune des États-Unis et de la Syrie vis-à-vis de cette résolution 2401.

Cela ne veut pas dire, comme ces mêmes médias alternatifs ont tendance implicite à le simplifier, que les lignes dans le sable ont encore changé ou que quelqu’un a « vendu » et « trahi » ses « alliés » (ce qui n’est même pas possible quand il s’agit des Kurdes) mais simplement que les complexités de la guerre du XXIe siècle sont caractérisées par des couches d’intérêts nuancés qui aboutissent à une « zone grise » à partir de laquelle il est parfois difficile de faire des jugements de valeur à propos du comportement de l’un ou de l’autre joueur à un moment donné, sans parler de maintenir constamment son évaluation initiale tout au long d’un conflit donné.

En conséquence, ce « fait gênant » expose la superficialité de la plupart des récits des médias alternatifs contemporains sur la Syrie et les expose à juste titre comme de véritables médias de propagande pour les masses désespérées, façonnées de manière opportuniste selon la situation quotidienne pour soutenir le sens que « leur camp » est « toujours juste » et « toujours gagnant » évitant ainsi l’analyse réelle, pour favoriser la satisfaction des désirs diaboliques de leur auditoire en offrant un service narcotique de « bien-être » d’une « réalité alternative ».

Que quelqu’un pense que c’est « bon », « mauvais » ou qu’il soit « indifférent » à la réalité objective de la situation, on ne peut pas contourner le fait indéniable que les présidents Trump et Assad sont du même côté à Afrine et que toute cette agitation fébrile pour prouver le contraire n’est rien d’autre que de la propagande de guerre propagée par les responsables des médias alternatifs dans l’esprit de leur public naïf.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/trump-et-assad-sont-du-meme-cote-a-afrin

 

Syrie : Trictrac Turc à l’américaine… Par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 05-03-2018

Genève, 5 mars 2018.

Ghouta dernière : Il n’aura échappé à personne – cherchant à s’informer un tant soit peu – que les derniers affrontements de la Ghouta orientale donnent lieu à la même désinformation qui prévalut lors de la libération d’Alep fin 2016. Chaque jour, on nous annonce la destruction d’un hôpital comme si cette banlieue nord-est de Damas en abritait une dizaine, voire plus. Qui connaît bien ces quartiers populaires sait qu’ils ne disposent que de deux antennes sanitaires secondaires qui dépendent de l’hôpital Chami, le grand établissement de la partie Est de la capitale syrienne. On nous annonce aussi que ce quartier abrite quelque 400 000 personnes, ce qui est parfaitement exagéré, même si dernièrement la Ghouta a accueilli nombre de jihadistes en déshérence. Toujours est-il que ce chiffre de 400 000 « habitants » tombe du ciel ! On voit aussi ressurgir les fameux « Casques blancs », chevaliers présumés d’une ONG au service de la veuve et de l’orphelin, alors qu’il est établi sans conteste, depuis la bataille d’Alep, que cette officine est une création des services spéciaux britanniques (MI6) au service de Jabhat al-Nosra, c’est-à-dire la Qaïda en Syrie… Enfin, on nous annonce aussi que de nouvelles attaques à l’arme chimique sont en préparation – du côté des forces gouvernementales s’entend et – pour faire bonne mesure – que les armes chimiques syriennes ont été fabriquées avec l’aide de … la Corée du nord ! L’OIAC (Organisation de l’interdiction des armes chimiques) est une agence technique liée aux Nations unies basée à La Haye aux Pays-Bas. Curieusement, on ne parle plus de cette Organisation ni de ses inspecteurs depuis que Washington a évincé son premier directeur général – le diplomate brésilien José Bustani, qui avait eu l’audace de vouloir envoyer ses équipes en Irak avant le déclenchement de l’invasion anglo-américaine du printemps 2003.

Par conséquent, on ne peut qu’être dubitatif devant le nouveau déferlement de propagande qui accompagne les événements de la Ghouta, alors qu’au même moment l’armée israélienne multiplie les opérations en Syrie, notamment sur le Golan – Washington essayant, de son côté, de se réconcilier avec Ankara qui mène aussi ses propres opérations sur territoire syrien. Ce dernier imbroglio américano-turco-kurde qui fait prendre à la guerre civilo-globale de Syrie de nouvelles orientations mérite toute notre attention.

CURIEUSE ARRESTATION

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 février, le chef kurde syrien Salih Muslim a été arrêté par la police tchèque à l’hôtel Marriott de Prague, en vertu d’une demande d’Interpol formulée par la Turquie. Ressortissant syrien, Salih Muslim (67 ans) a été placé par Ankara sur la liste dite « rouge » des terroristes les plus recherchés le 13 février dernier, soit trois semaines après le début de l’offensive turque sur Afrin, en Syrie. De 2010 à 2017, Salih Muslim a été président du Parti de l’Union démocratique kurde (PYD), la branche syrienne du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan de Turquie). Incarnant le projet d’une entité kurde autonome dans le nord de la Syrie, Salih Muslim a été le grand allié des Américains dans la lutte menée contre l’organisation « Etat islamique » (Dae’ch). Il était invité à une « conférence » organisée à Prague par un centre d’études proche-orientales rattaché à une université de Californie.

Selon un officier européen de renseignement, les Américains « qui font ce qu’ils veulent en Tchéquie – poste avancé d’écoute, d’observation et d’implantation de missiles de l’OTAN -, ont certainement tendu un piège au responsable kurde, afin de donner un gage à une Turquie de plus en plus remontée contre la politique syrienne de Washington. Muslim qui voyage sans arrêt entre la Finlande, où il vit partiellement, la Grande Bretagne, la France et la Pologne, aurait pu être arrêté depuis longtemps ». Toujours est-il que le 26 février dernier, le ministère turc de la justice a précisé qu’une demande d’extradition serait soumise aux autorités tchèques dans l’heure. Pour aboutir, elle devait seulement être approuvée par un tribunal tchèque et par le ministre de la justice.

MARCHANDAGE IMPROBABLE

Coup de théâtre : le 27 février, le tribunal de Prague remettait Saleh Muslim en liberté au grand dam d’Ankara. Le même jour, le ministre tchèque des Affaires étrangères Martin Stropnicky niait tout lien entre l’arrestation de Saleh Muslim et l’emprisonnement – en Turquie – de deux ressortissants tchèques accusés d’avoir combattu dans les rangs du PYD. Miroslav Farkas et Marketa Vselichova avaient été condamnés, l’an dernier, à six ans et trois mois de prison par une cour turque. Notre source provenant d’un service européen de renseignement en poste en Tchéquie affirme qu’il y a bel et bien eu marchandage « serré », mais que devant l’inflexibilité d’Ankara, les autorités tchèques ont alors décidé d’élargir Saleh Muslim, « malgré les insistantes pressions répétées de Washington ».

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis s’est refusé à commenter l’affaire, se bornant à dire : « c’est un tribunal tchèque qui en décide, je ne connais pas cette affaire ». La Turquie s’est immédiatement élevée contre la décision de cette remise en liberté. « La conclusion de cette affaire constitue une marque de soutien très claire au terrorisme », a déclaré le porte-parole du gouvernement turc, Bakir Bozdag, ajoutant que la remise en liberté de Saleh Muslim aurait « un impact négatif durable sur les relations entre son pays et la République tchèque ». De son côté, l’ambassade des Etats-Unis à Prague a effectué, elle-aussi, plusieurs démarches infructueuses pour empêcher la libération du chef kurde.

Au-delà de cette péripétie trilatérale, de quoi l’arrestation de Saleh Muslim est-elle le nom ? Il faut revenir à la longue rencontre du chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, le 15 février dernier à Ankara, avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour tenter d’apaiser des relations rendues explosives par l’offensive turque en Syrie contre les milices kurdes alliées de Washington.

Selon des sources turques, le président Erdogan a « transmis de façon claire » au secrétaire d’Etat toutes « les attentes de la Turquie » sur la Syrie, l’Irak, mais aussi sur la longue liste de contentieux qui empoisonnent les relations entre leurs deux pays, pourtant alliés au sein de l’OTAN, depuis le putsch raté de 2016 en Turquie. A ce propos, Washington n’a jamais donné suite aux demandes d’extradition du prédicateur Fethullah Gülen – vivant aux Etats-Unis -, désigné par Ankara comme le cerveau de la tentative du coup d’Etat.

MISE AU POINT AMERICANO-TURQUE

Un porte-parole du département d’Etat américain s’est borné à évoquer une « conversation fructueuse et ouverte pour permettre d’avancer de manière bénéfique aux deux pays ». Le chef de la diplomatie américaine n’a en revanche pas fait de déclarations : « nos relations sont à un moment très critique. Soit, nous améliorons nos relations, soit elles vont s’effondrer complètement », avait-il mis en garde avant la visite. Symbole de cette mauvaise passe : la capitale turque a rebaptisé une avenue longeant l’ambassade des Etats-Unis Rameau d’olivier, du nom de l’opération militaire turque déclenchée le 20 janvier dans le nord de la Syrie.

Or, c’est cette offensive contre l’enclave d’Afrine et les unités du PYD qui envenime plus que jamais la situation. Ankara considère cette milice kurde comme « terroriste », alors qu’elle est l’un allié-clé des forces spéciales américaines dans la lutte contre Dae’ch. Après les appels à la « retenue » adressés à Ankara, Rex Tillerson avait protesté contre une opération qui « détourne » les forces anti-jihadistes de leur combat prioritaire, estimant que des éléments kurdes ont déjà quitté l’Est syrien pour prêter main forte aux unités du PYD engagées à Afrine.

« La situation est assez compliquée comme ça, n’aggravons pas les choses », a dit un membre de la délégation de Rex Tillerson. Le ministre turc de la Défense Nurettin Canikli, qui a rencontré à Bruxelles son homologue américain Jim Mattis, a dit avoir « demandé la fin de tout type de soutien au PYD et le retrait de cette structure des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde dominée par les Kurdes.

La situation pourrait s’aggraver si la Turquie avance, comme prévu, vers Manbij, à une centaine de kilomètres à l’Est d’Afrine, également contrôlée par le PYD, mais avec des militaires américains à leur côté ; le président Erdogan ayant menacé Washington de lui infliger une « claque ottomane ». « Nous allons à Manbij et s’ils sont là, tant pis pour eux », a lâché un haut responsable turc à l’AFP, « nous n’avons pas besoin de leurs recommandations, mais de mesures concrètes sur le terrain ».

Ainsi, Ankara a exigé que Washington rompe avec le PYD et reprenne les armes fournies à cette milice. « Nous n’avons jamais donné d’armes lourdes au PYD, donc il n’y en a aucune à reprendre », a rétorqué Rex Tillerson depuis Beyrouth, juste avant d’arriver à Ankara. Il avait auparavant prévenu que les Etats-Unis allaient « continuer à former des forces de sécurité locales », tout en veillant à ce qu’elles « ne représentent pas une menace » pour les « voisins ». On est rassuré !

CONFORMEMENT AU TELEGRAMME BRITANNIQUE

Conformément au télégramme diplomatique britannique de Benjamin Norman – « Syrieleaks » – que prochetmoyen-orient.ch a révélé depuis Munich le 17 février (numéros 166 et 167), le « Petit Groupe sur la Syrie » – Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie – a recentré la « stratégie occidentale » en Syrie selon trois priorités : 1) endiguer l’influence iranienne en militarisant durablement l’Est de la Syrie ; 2) faire échouer le plan de paix russe ; 3) enfin, poursuivre une guerre de basse intensité afin de diviser la Syrie pour aboutir à une partition territoriale et politique.

Pour le premier objectif, les forces spéciales américaines se sont beaucoup appuyées sur les combattants du PYD. « La guerre contre le terrorisme a été un alibi extraordinaire pour que les Américains reprennent militairement pied en Syrie », commente un officier supérieur européen en poste en Jordanie, « ainsi espèrent-ils garder le contrôle de la région Raqqa, Deir ez-Zor, Assaké, soit une zone de 50 000 km2, riche de potentiels agricoles et pétroliers. Mais aujourd’hui, le PYD – qui a pleinement rempli sa mission – est devenu un obstacle. D’une part, il commence à formuler des exigences politiques d’autonomie, sinon d’indépendance sur ces fameux 50 000 km2, mais surtout il inquiète fortement Ankara qui se rapproche dangereusement de Moscou au détriment de l’OTAN. Très clairement, les Américains doivent changer la donne en faisant des concessions aux Turcs (ainsi la dernière arrestation de Saleh Muslim), mais surtout en restructurant les FDS, majoritairement kurdes elles-aussi. Autrement dit, Washington doit « dé-kurdiser » ses forces supplétives engagées en Syrie… »

ELARGIR LE « PLAN MANBIJ »

Cette dé-kurdisation comprend principalement trois volets : 1) laisser les forces armées turques « sécuriser » leur longue frontière avec la Syrie ; 2) « arabiser » les FDS en dotant leurs unités d’officiers arabes d’encadrement. Et pour ce faire, les forces spéciales américaines n’hésitent pas à recycler d’anciens terroristes de Dae’ch et d’Al-Qaïda… tout en proclamant haut et fort qu’il s’agit d’empêcher toute résurgence du terrorisme dans la région ; 3) enfin, il faut faire sortir les unités kurdes de Manbij pour les remplacer par des forces américano-arabes.

Selon le nouveau plan américain, cette arabisation des FDS doit s’effectuer grâce aux 1000 combattants du Conseil militaire de Manbij et aux 200 soldats des forces spéciales américaines qui étaient cantonnées à Kobané. Ce « plan Manbij » s’inscrit dans une approche plus large englobant l’ensemble de l’Est de la Syrie jusqu’à la frontière avec l’Irak afin de « casser » le « corridor chi’ite » entre l’Irak, la Syrie et l’Iran. « Washington annonce un recours accru à la ‘société civile syrienne’ afin d’imposer une solution de ‘fédéralisme modernisé’, autrement dit cette partition territoriale et politique de la Syrie qui est redevenue la priorité des Etats-Unis, des Européens, des pays du Golfe et d’Israël », précise un diplomate de haut rang en poste à Genève.

Toujours en conformité avec le télégramme britannique, Washington cherche à « optimiser » une « diabolisation » de l’armée gouvernementale syrienne et des opérations aériennes russes en cours sur la Ghouta orientale. « Les opérations de l’armée syrienne dans la Ghouta doivent servir de ‘structurant’ à un rejet régional et international d’une reconquête complète de la Syrie historique par son armée nationale », ajoute notre source diplomatique ; « derrière la vitrine de la défaite de Dae’ch et du terrorisme, les Américains n’hésitent pas à embaucher les jihadistes, comme ils l’avaient fait en Afghanistan et ailleurs ».

Le Pentagone vient de débloquer un nouveau budget pour ce « plan Manbij élargi », soit 400 millions de dollars reconductibles. Comme ils l’ont fait en Irak, cet argent servira à acheter les tribus locales – Afaldas, Backara, Okeïdat, Bouchaban et Jabour – afin de mettre sur pied une nouvelle force de 30 000 combattants, épaulée par 1000 soldats des forces spéciales américaines pour contrôler la sous région de l’Est de l’Euphrate.

Appuis et soutiens logistiques s’effectuent, d’ores et déjà, à partir d’une dizaine de bases américaines : le grand aéroport de Tabqa ; la base stratégique de Manbij, et à l’est celle de Sirin ; la base Dirik à l’extrême-Est, à la frontière turque où les parachutistes américains forment et entraînent les FDS ; la base Sabah al-Kheir, au sud-ouest d’Hassaké, proche de la frontière irakienne ; la base Aïn Issa entre la frontière turque et Raqqa ; la base Tal as-Saman, centre d’écoute de la région de Raqqa ; la base al-Jalbiat au nord-ouest de Raqqa, dotée d’un aéroport, de plateformes destinées à lancer des missiles de moyenne et longue portée ; la base Harb Ishq, porte d’entrée des forces spéciales américaines et la base Mashtnour, dans l’extrême-nord de la Syrie, qui accueille des contingents français et britanniques. Ainsi toute une region est soumise à occupation américano-occidentale …pour combien de temps ?

La paix de Westphalie a été signée le 24 octobre 1648, mettant fin à une guerre de Trente ans. Espérons que la guerre civilo-globale de Syrie ne dure pas si longtemps et que les initiatives de paix, quelles qu’elles soient, viennent consolider enfin le travail de Staffan de Mistura à Genève…

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 05-03-2018

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5 réponses à Syrie : Trictrac Turc à l’américaine… Par Richard Labévière     Pour lire les 5 réponses , cliquez sur le lien :

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Des pions sur l’échiquier : une brève histoire de l’Amérique et des Kurdes, par Ted Snider

Source : Ted Snider, Consortium News, 05-02- 2018

Les Kurdes se retrouvent pris au milieu d’une lutte de pouvoir entre les États-Unis, la Russie, la Turquie, l’Iran et la Syrie – une situation familière qui fait suite à des décennies de conflits géopolitiques dans leur région, explique Ted Snider.

La seule chose qui ait jamais été fidèle aux Kurdes, c’est l’histoire : elle les a fidèlement, sans exception, trahis. Les Kurdes ont été plongés dans un rôle de pions dans les jeux d’échecs des pays puissants. Ils font une grande partie du dur boulot seulement pour être sacrifiés quand l’échec et mat est en vue.

Plus récemment, les États-Unis ont redécouvert les Kurdes comme pions utiles dans la guerre contre l’État islamique. Mais, bien qu’étant l’une des forces les plus efficaces dans la lutte contre l’État islamique, maintenant que la fin est en vue, les Kurdes risquent à nouveau d’être abandonnés.

Contrairement à la Russie et à l’Iran, les États-Unis n’ont jamais été invités en Syrie. Les États-Unis ont toutefois insisté sur le fait qu’ils n’étaient là que pour sauver la Syrie de l’État islamique. Récemment, cependant, le secrétaire d’État Rex Tillerson a changé la donne américaine. L’Amérique n’a pas l’intention de quitter la Syrie une fois que l’État islamique sera maté, a-t-il dit. Les États-Unis resteront après la fin de la guerre, et ce séjour non sollicité concerne bien plus que le fait de contenir l’État islamique – il concerne le désir de tenir l’Iran à l’écart.

Conformément à l’axe stratégique actuel, qui va de la Syrie à l’Iran et au Hezbollah, le maintien des forces américaines en Syrie semble davantage orienté vers l’expulsion de l’Iran et son allié Bachar al-Assad hors de la Syrie plutôt que maintenir l’État islamique hors de la Syrie.

Mais pour faire échec à l’Ayatollah, l’Amérique doit employer ses pions, et ces pions, encore une fois, sont les Kurdes. La force frontalière de 30 000 soldats que les États-Unis déploieraient pour bloquer l’Iran serait composée principalement de Kurdes. Mais une présence kurde armée à la frontière nord avec la Turquie est une ligne rouge que, depuis longtemps, la Turquie a annoncé comme étant un pas qu’elle ne permettrait pas aux Kurdes de franchir. La décision américaine a donc provoqué la colère de la Turquie contre les Kurdes.

Alors que la Turquie envahit et bombarde Afrin et les villages environnants, des experts de la région, comme Patrick Cockburn, préviennent que les villages kurdes seront « réduits à des amas de maçonnerie détruite ». Au fur et à mesure que le nombre de morts et de blessés augmente, et que les médecins de la région mettent en garde contre « une aggravation rapide de la situation humanitaire », le haut responsable politique kurde Aldar Khalil a déclaré que les États-Unis “doivent s’acquitter de leurs obligations envers cette force qui a coopéré avec eux”.

« Comment peuvent-ils rester là à regarder ? » a-t-il demandé.

Mais ce n’est pas la première fois que les Kurdes posent cette épineuse question. En mars 1975, les Kurdes désespérés ont supplié la Central Intelligence Agency : « Le sort de notre peuple fait face à un danger sans précédent. La destruction complète plane au-dessus de notre tête. Il n’y a aucune raison pour tout ça. Nous vous appelons, vous et le gouvernement américain, à intervenir selon vos promesses. »

La promesse à laquelle ils faisaient référence était la promesse des États-Unis de soutenir les Kurdes s’ils fournissaient des troupes pour une action secrète contre Saddam Hussein – en fait s’ils seraient les pions du jeu des grandes puissances.

Dans les années 1970, l’Iran et l’Irak se querellaient à propos d’un certain nombre de litiges frontaliers. Dans l’espoir de garder les Irakiens préoccupés et occupés, le Shah a offert de l’argent et des armes aux Kurdes pour combattre Saddam Hussein. Mais les Kurdes, ne faisant pas confiance au Shah, ont subordonné leur acceptation à la garantie américaine que l’Iran ne détruirait pas la planche de salut du soulèvement kurde.

Selon l’expert iranien Trita Parsi, la CIA et le département d’État se sont prononcés contre cette action secrète en raison de l’inévitable trahison des Kurdes par le Shah. Mais Henry Kissinger a pris une position opposée et, à la suite d’une visite de Kissinger et du président Richard Nixon à Téhéran en 1972, les États-Unis ont promis le soutien des Américains au Shah pour les Kurdes : les Américains se sont engagés à soutenir les Kurdes.

Nixon a signé l’opération secrète le 1er août 1972; Kissinger a pris des dispositions pour cette guerre secrète et la CIA s’en est chargée. Le soutien a pris la forme de 5 millions de dollars et d’armes, mais l’année suivante, Kissinger a soutenu, et Nixon a approuvé, une aide accrue des États-Unis qui pourrait atteindre plus de 20 millions de dollars et plus de 1 250 tonnes d’armes et de munitions.

Mais en 1975, le soulèvement kurde soutenu par les États-Unis était en difficulté. Les États-Unis sont finalement arrivés à la conclusion que les Kurdes ne pouvaient être sauvés que par une intervention militaire iranienne. Le Shah fournissait beaucoup plus d’argent que les Américains, mais il n’était pas prêt à engager ses forces armées. Il a refusé et, au lieu de cela, a commencé à négocier un arrangement frontalier avec Saddam Hussein. Le Shah a reçu un territoire en échange de la fin du soutien aux Kurdes. Selon le journaliste d’investigation Robert Fisk, c’est Kissinger – l’un des garants de la promesse de soutien aux Kurdes – qui a forgé cet accord entre le Shah et Saddam, abandonnant ainsi les Kurdes.

L’aide financière et les armes ont cessé de parvenir aux Kurdes, et Saddam Hussein a massacré peut-être jusqu’à 182 000 Kurdes. Beaucoup d’autres se sont réfugiés en Iran. C’est alors que le premier appel kurde de 1975 a été lancé aux États-Unis. Le leader kurde, le mollah Mustapha Brazani ferait personnellement appel à Kissinger, l’un des auteurs de la garantie américaine, « nous estimons que les États-Unis ont une responsabilité morale et politique envers notre peuple qui s’est engagé envers la politique de votre pays ».

Kissinger n’a jamais répondu, cependant, selon l’expert de la CIA John Prados, son responsable en poste à Téhéran a fait valoir qu’il le devrait et lui a donné des choix. Kissinger a abandonné les Kurdes avec le fameux rappel que « l’action secrète ne doit pas être confondue avec un travail de missionnaire ».

Plusieurs années plus tard, lors de la première guerre du Golfe, les États-Unis ont demandé aux Kurdes de se soulever une deuxième fois contre Saddam Hussein. Cette fois, la demande venait de la CIA. Et, encore une fois, les Kurdes ont été abandonnés par les Américains. Et, encore une fois, des milliers d’entre eux sont morts sous les représailles de Saddam, et des dizaines de milliers d’entre eux ont été contraints de fuir.

Cette trahison des Kurdes fait suite à une longue histoire. Les Kurdes ont d’abord reçu leur propre terre lorsqu’un petit morceau de ce qui avait été la Turquie leur a été donné en 1920. Ils l’ont rapidement perdu en faveur d’Ataturk et des Turcs, et la communauté internationale les a délaissés. Les Kurdes se sont retrouvés dans la position vulnérable dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui, dispersés à travers la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak.

Depuis ces événements jusqu’à la situation actuelle en Syrie, l’Amérique utilise et abandonne ses pions kurdes dans un enchaînement continu. Des documents divulgués révèlent la volonté américaine d’acheter la coopération turque au détriment des intérêts et des vie kurdes.

Une fuite d’un câble de l’ambassade en 2006 a révélé que la secrétaire d’État Condoleezza Rice avait promis au gouvernement de Recep Tayyip Erdogan que « les États-Unis donneraient un nouvel élan aux discussions trilatérales (US-Turquie-Irak) sur la question (kurde) ». Le câble énumère plusieurs « efforts importants que le gouvernement américain (des États-Unis) entreprend pour améliorer la situation concernant la menace représentée par le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) ». Le câble s’enorgueillit de ce que « le partage de renseignements sensibles sur les activités du PKK en Turquie a permis le succès des opérations COIN (contre-insurrectionnelles). Il comprend également des opérations importantes telles que “les vols de surveillance au-dessus des camps du PKK dans le nord de l’Irak » et « une cellule de fusion des renseignements, qui se réunit chaque semaine à Ankara pour transmettre des informations aux militaires turcs sur les activités du PKK ». En d’autres termes, les États-Unis ont donné à la Turquie des renseignements à utiliser contre les Kurdes.

L’année suivante, en 2007, le président Bush « promettait de fournir à la Turquie des “renseignements exploitables” à utiliser contre le PKK » [Wikileaks CRS-RL34642]. Le même câble dit que les Turcs ont utilisé ce renseignement : « Depuis lors, les forces turques ont lancé des frappes aériennes et terrestres ciblées contre les camps du PKK et d’autres installations situées dans les montagnes du nord de l’Irak ». Il conclut avec cette phrase : « Ils se sont dits satisfaits des résultats. »

Selon John Prados, dès 1948, la CIA avait déclaré que « les tribus de montagne connues sous le nom de Kurdes sont et continueront d’être un facteur d’une certaine importance dans toute évaluation stratégique des événements au Proche-Orient ».

Soixante-dix ans plus tard, les Kurdes sont toujours déçus par la teneur des assurances américaines concernant les mesures prises sur la base de ces évaluations. On ne sait pas comment l’Amérique négociera d’être coincée entre son allié kurde dans la guerre en Syrie et son allié de l’OTAN en Turquie, mais l’histoire ne chuchote pas exactement des garanties à l’oreille des Kurdes.

Ted Snider présente des analyses sur les tendances de la politique étrangère et de l’histoire des États-Unis.

Source : Ted Snider, Consortium News, 05-02- 2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

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9 réponses à Des pions sur l’échiquier : une brève histoire de l’Amérique et des Kurdes, par Ted Snider

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EXCLUSIF – L’armée de Terre russe à Damas 01

EXCLUSIF – L’armée de Terre russe à Damas

Publié par wikistrike.com sur 1 Mars 2018, 08:42am

Catégories : #Politique internationale

Tous les commentateurs ont souligné au cours des quatre dernières années l’impossibilité pour la Russie de déployer des troupes terrestres face aux jihadistes en Syrie au risque de revivre leur défaite d’Afghanistan. Mais ce qui est vrai si Moscou s’affronte par proxies interposés à Washington, est faux si les deux Grands s’accordent sur l’avenir non seulement de la Syrie, mais de la région. Thierry Meyssan a été le premier au monde à annoncer l’arrivée de l’armée russe en Syrie, en 2015. Il est aujourd’hui le premier à annoncer le déploiement de son infanterie.

Vladimir Poutine (président de la Fédération de Russie) et le général Alexander Bortnikov (directeur du contre-espionnage russe — FSB)

Vladimir Poutine (président de la Fédération de Russie) et le général Alexander Bortnikov (directeur du contre-espionnage russe — FSB)

Washington a décidé de reléguer le projet de destruction des États et des sociétés du Moyen-Orient élargi au second plan de ses préoccupations, et de concentrer ses forces pour s’opposer au projet chinois de route de la soie. C’est ce qui aurait été acté par le président Donald Trump et le Premier ministre australien (représentant les Britanniques) Malcolm Turnbull, le 24 février à la Maison-Blanche.

Il ne s’agit pas simplement du conflit traditionnel entre l’Empire maritime anglo-saxon d’une part et le projet commercial terrestre chinois d’autre part. Mais aussi du danger que fait courir l’industrie chinoise à celle de l’ensemble du monde développé. Pour faire vite, alors que dans l’Antiquité, les Européens étaient avides des soies chinoises, aujourd’hui tous les Occidentaux craignent la concurrence des voitures chinoises.

Beijing ayant renoncé à faire passer la route de la soie sur son tracé historique de Mossoul et de Palmyre, les États-Unis n’ont plus d’intérêt à sponsoriser des jihadistes pour créer un Califat à cheval sur l’Iraq et la Syrie.

C’est également le 24 février que la Russie et les États-Unis ont présenté la résolution 2401 au Conseil de sécurité ; texte qui était déjà prêt depuis la veille et dont pas un mot n’a été changé tandis que l’on faisait mine de poursuivre des tractations.

Prétendument adoptée en réponse à la campagne médiatique française pour sauver la population de la Ghouta, cette résolution traite en réalité de la solution pour presque toute la Syrie.

Elle laisse en suspens la question du retrait des troupes turques et états-uniennes. Concernant ces dernières, il n’est pas impossible qu’elles rechignent à quitter l’extrême Nord-Est du pays. En effet, si la Chine décidait de faire passer la route de la soie par la Turquie, Washington soufflerait sur les braises pour créer un Kurdistan en territoire kurde (si l’on admet que l’Anatolie du Sud-Est n’est plus un territoire arménien depuis le génocide) et couper la route de Beijing.

Moscou a déplacé de nouveaux avions sur sa base d’Hmeimim, dont deux avions furtifs Su-57 ; des bijoux de technologie que le Pentagone n’imaginait pas opérationnels avant 2025.

Surtout, Moscou, qui jusqu’à présent limitait son engagement en Syrie à son armée de l’Air et à quelques Forces spéciales, a secrètement acheminé des troupes d’infanterie.

Le 25 février au matin, l’Armée de Terre russe est entrée aux côtés de l’Armée arabe syrienne dans la Ghouta orientale.

Il est désormais impossible, pour qui que ce soit, d’attaquer Damas ou de tenter de renverser la République arabe syrienne sans provoquer automatiquement de riposte militaire russe.

L’Arabie saoudite, la France, la Jordanie et le Royaume-Uni, qui avaient secrètement constitué le « Petit Groupe », le 11 janvier, afin de saboter la paix de Sotchi, ne pourront plus rien entreprendre de décisif.

Les gesticulations des ministres britannique et français des Affaires étrangères, Boris Johnson et Jean-Yves Le Drian, ne peuvent masquer le nouvel accord entre la Maison-Blanche et le Kremlin ainsi que la légalité internationale de la présence militaire russe et son action en faveur des civils prisonniers des jihadistes.

Ils ne peuvent espérer remettre cet accord en question comme leurs pays respectifs le firent en juillet 2012, tant les situations sur le terrain et dans le monde ont changé.

Si nécessaire, nous feindrons tous de ne pas savoir que les deux principales factions armées présentes dans la Ghouta orientale (la pro-saoudienne et la pro-qatarie) dépendaient d’Al-Qaïda. Elles seront discrètement exfiltrées. Les officiers du MI6 britannique et de la DGSE française (qui agissaient sous couvert de l’ONG Médecins sans frontières) seront rapatriés.

La guerre n’est pas terminée sur l’ensemble du territoire, mais elle l’est déjà à Damas.

Source
Al-Watan (Syrie)

——————————- Document joint

Al-Watan, #2847

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Revue de presse nationale et internationale.

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