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Huit Français sur dix jugent la laïcité « menacée »

Huit Français sur dix jugent la laïcité « menacée »

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Huit Français sur dix jugent la laïcité "menacée"

En 2005, seuls six Français sur dix (58%) jugeaient la laïcité menacée (illustration)©PASCAL PAVANI / AFPA lire aussi

Voile: la polémique se poursuit, Macron appelle à ne pas "stigmatiser nos concitoyens"

FranceVoile: la polémique se poursuit, Macron appelle à ne pas « stigmatiser nos concitoyens »FranceMacron tranche sur le voile dans l’espace public: « Ce n’est pas l’affaire de l’Etat »

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 27 octobre 2019 à 11h00

Le Journal du dimanche a publié ce 27 octobre une enquête approfondie qui révèle la méfiance croissante de la population face aux manifestations religieuses dans l’espace public.

Huit Français sur dix jugent la laïcité aujourd’hui menacée en France, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. L’enquête d’opinion montre une inquiétude partagée toutes appartenances politiques confondues.

D’après cette étude, 78% des personnes interrogées pensent que la laïcité est menacée (« tout à fait » pour 35%, « plutôt » pour 43%), contre 22% d’un avis contraire. La proportion est semblable à celle enregistrée en novembre 2015. Dix ans auparavant, en 2005, seuls six Français sur dix (58%) jugeaient la laïcité menacée.

L’inquiétude pour la laïcité est majoritaire quelle que soit la préférence partisane. Dans le cadre de ce sondage, les sympathisants du RN sont les plus inquiets (91%), devant les proches de LR (85%), ceux de LREM (79%), ceux de LFI (68%) et ceux du PS (64%). Les sondés sont également 80% (contre 20% d’un avis contraire) à penser que « la question de la laïcité se pose aujourd’hui différemment en France s’agissant de la religion musulmane ». Ils sont encore 61% à penser que « l’islam est incompatible avec les valeurs de la société française ».

Interrogés sur les forces politiques les plus à même de lutter contre l’islamisme en France, les sondés citent en premier lieu le RN (37%), puis le gouvernement et la majorité LREM (20%), LR (15%), LFI (13%), EELV (9%) et le PS (6%).  Les Français interrogés sont très majoritairement favorables à l’interdiction des prières de rue (82%), et à l’interdiction du port de signes religieux (croix, voie, kippa, …) pour les usagers des services publics (75%), les accompagnants de sorties scolaires (73%), et les salariés du secteur privé (72%). Le sujet avait été abordé par Emmanuel Macron mercredi dernier, disant que le « port du voile dans l’espace public n’était pas (son) affaire ».
Emmanuel Macron : « Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire »par franceinfo
Une proposition de loi LR sur le sujet sera examinée mardi 29 octobre au Sénat. Selon l’élue du Val d’Oise Jacqueline Eustache-Brinio, le texte vise « à assurer la neutralité religieuse des personnes qui participent au service public de l’éducation ».Ils sont en revanche favorables en majorité aux menus de substitution sans porc dans les cantines scolaires (61%)

.https://actu.orange.fr/france/huit-francais-sur-dix-jugent-la-laicite-

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Menaces sur l’anthropologie chrétienne (Antoine Martin) —

Enregistrement de la conférence d’Antoine Martin consacrée aux menaces sur l’anthropologie chrétienne.

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https://www.medias-presse.info/menaces-sur-lanthropologie-chretienne-antoine-martin/107121/

La recomposition du paysage politique en marche…

La recomposition du paysage politique en marche...

La recomposition du paysage politique en marche…

Par Alain de Benoist, philosophe, écrivain et essayiste ♦ Nous reproduisons ci-dessous un entretien avec Alain de Benoist, paru sur Boulevard Voltaire et cueilli sur Métapo infos dans lequel il évoque la recomposition du paysage politique français provoquée par l’élection d’Emmanuel Macron… Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et L’écriture runique et les origines de l’écriture (Yoran, 2017).


Alain de Benoist : « L’élection d’Emmanuel Macron a été un véritable fait historique, parce qu’elle a entraîné une recomposition générale du paysage politique »

Depuis quelque temps, vous vous faites un peu rare sur Boulevard Voltaire. L’actualité politique ne vous inspire plus ?

La politique n’a jamais été mon principal centre d’intérêt, et je la trouve en général extrêmement ennuyeuse. Je n’aime pas, non plus, répéter ce que d’autres ont déjà dit : faire du commentaire de commentaire, toujours à propos de péripéties qui, dans trois mois, auront été complètement oubliées, je trouve que c’est une perte de temps. Beaucoup de gens sont des réactifs, qui ne perdent pas une occasion de manifester leurs obsessions. À la réactivité, je préfère la réflexivité. En politique, les seuls événements dignes d’intérêt sont ceux qui ont une certaine portée et qui nous disent quelque chose de l’avenir

Alors, quelles sont aujourd’hui les tendances lourdes ?

L’élection d’Emmanuel Macron a été un véritable fait historique, parce qu’en mettant fin au clivage droite/gauche tel que nous le connaissions, elle a entraîné une recomposition générale du paysage politique comme on n’en avait pas connu en France depuis cinquante ans. Cette recomposition n’en est, aujourd’hui, qu’à ses débuts. Toute la question est de savoir si Macron, qui n’a pas fait de faute majeure jusqu’à présent, pourra imposer durablement son bloc contre-populiste et libéral-libertaire ou si, à la faveur de quelque événement imprévu, son projet va capoter. Pour l’heure, plus il se tourne vers les centristes, et plus il dégage à gauche un espace que Mélenchon n’a pas encore préempté. Laurent Wauquiez, dans le même temps, n’a de chance de tirer son épingle du jeu qu’en s’employant à rendre irréversible la coupure entre les conservateurs et les libéraux.

Une autre tendance lourde, à laquelle on n’attache pas assez d’importance, c’est la décomposition progressive des classes moyennes, qui se retrouvent aujourd’hui de plus en plus menacées de déclassement. Les bénéficiaires de la mondialisation ont, jusqu’ici, bénéficié du soutien de deux secteurs protégés : les fonctionnaires et les retraités. Or, les fonctionnaires sont en passe de perdre leurs « privilèges » et les retraités, qui ont largement voté pour Macron, sont les principaux perdants des dernières réformes fiscales. Les puissants savent très bien que nous ne sommes plus à l’époque des Trente Glorieuses qui avaient vu enfler les classes moyennes parce que tout le monde finissait par bénéficier peu ou prou des profits accumulés au sommet de la pyramide. Aujourd’hui, la pyramide a cédé la place au sablier : les profits ne redescendent plus jusqu’à la base, les pauvres sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux, et les plus riches cherchent à rafler la totalité du gâteau parce qu’ils voient bien que sa taille ne cesse de diminuer.

Le « capital culturel », disait Bourdieu, joue autant que le « capital économique ». Une grande partie de la moyenne bourgeoisie se sentait, jusqu’ici, en état d’insécurité culturelle, mais non d’insécurité sociale : en clair, elle déplorait l’immigration, mais ne craignait pas pour son pouvoir d’achat, son patrimoine ou son statut social. C’est elle qui a voté pour Fillon, alors que les classes populaires l’ont boudé. Le Front national, au contraire, a surtout recueilli le vote des classes populaires de la France périphérique, c’est-à-dire de ceux qui se sentent à la fois en situation d’exclusion sociale et d’exclusion culturelle : non seulement ils sont frappés par le chômage, mais ce sont eux qui subissent de plein fouet les conséquences de l’immigration. La tendance actuelle devrait logiquement faire basculer une grande partie de la classe moyenne vers les classes populaires. Exclusion sociale et exclusion culturelle vont donc s’ajouter l’une à l’autre dans des proportions croissantes, ce qui va faire s’évaporer une partie de la majorité actuelle. Peut-être est-ce ainsi que l’alliance des conservateurs et des populistes pourra se réaliser.

Quelques questions plus anecdotiques, quand même. L’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

Comme Philippe de Villiers, je me félicite de l’abandon de ce projet aussi destructeur qu’insensé. Et permettez-moi d’ajouter, pour être franc, que j’ai beaucoup plus de sympathie pour les « crasseux » zadistes que pour le très convenable PDG du groupe Lactalis !

L’offensive contre les crèches municipales ?

Nous en avions déjà parlé l’an dernier. Tout le monde sait qu’il y a deux sortes de laïcité : celle qui réside dans la simple séparation de l’Église et de l’État : l’État reconnaît tous les cultes, mais ne s’identifie à aucun, formule qui jusqu’à une date récente satisfaisait tout le monde. Et puis, il y a le fanatisme laïciste qui prétend privatiser intégralement la foi en interdisant le moindre signe religieux dans le secteur public, ce qui est à la fois impossible et absurde. La grotesque offensive contre la tradition à la fois religieuse et culturelle 1 des crèches municipales relève évidemment de la seconde catégorie. Il en va de même de la croix de Ploërmel – même si, à titre personnel, je la trouve absolument hideuse tant elle écrase par sa disproportion la statue placée en dessous d’elle !

Alain de Benoist,
propos recueillis par Nicolas Gauthier
(Boulevard Voltaire, 19 janvier 2018)

Source : metapoinfos.hautetfort.com (25/01/2018)

Correspondance Polémia – 26/01/2018

Crédit photo : thierry ehrmann via Flickr (cc)

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