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L’Oncle Sam exige que l’Union européenne intègre tous les pays des Balkans


L’Oncle Sam exige que l’Union européenne intègre tous les pays des Balkans

le 05 novembre 2019

Diplomate US

L’envoyé spécial américain insiste pour accélérer l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l’UE, alors que le sujet suscite l’opposition des dirigeants français et néerlandais, inquiets de l’impopularité d’une telle perspective.

L’émissaire spécial des Etats-Unis pour les Balkans est en tournée dans cette région. Après s’être rendu au Kosovo puis en Macédoine du Nord, Matthew Palmer était le 4 novembre à Belgrade, où il a notamment rencontré le président serbe, Aleksandar Vucic.

Le diplomate américain a saisi l’occasion pour critiquer vertement la décision récente de l’Union européenne : lors du Conseil européen des 17 et 18 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept n’ont pu se mettre d’accord sur le lancement des discussions d’adhésion à l’UE de la Macédoine du Nord et de l’Albanie. Cela revient dans les faits à geler cette perspective.

« L’Amérique souhaite une perspective européenne pour les Balkans occidentaux et nous ferons notre possible afin de convaincre l’UE de changer sa position » – Matthew Palmer

« A notre avis, c’est une erreur historique et un mauvais message pour toute la région » a tancé M. Palmer. Et l’envoyé spécial d’enfoncer le clou : « l’Amérique souhaite une perspective européenne pour les Balkans occidentaux et nous ferons notre possible afin de convaincre l’UE de changer sa position » d’ici le prochain sommet de mai 2020.

En réalité, la position européenne découle d’un veto émis par trois pays : la France, les Pays-Bas et le Danemark. Emmanuel Macron, en particulier, est opposé à un nouvel élargissement de l’Union tant que celle-ci « n’arrive pas à fonctionner correctement à 27 », et, selon lui, ce n’est certainement pas à « 29, 30, ou 32 » qu’on améliorera les choses. En outre, comment plaider pour limiter le budget communautaire, et en même temps vouloir accueillir de nouveaux membres avait persiflé le maître de l’Elysée – une pierre dans le jardin de l’Allemagne.

Ce n’est sans doute pas un hasard si la France et les Pays-Bas sont vent debout contre de nouvelles adhésions

Mais derrière ces arguments se profile la crainte que l’arrivée de nouveaux pays « à bas coûts » soit particulièrement impopulaire dans l’Hexagone. Ce n’est sans doute pas un hasard si la France et les Pays-Bas sont vent debout contre de nouvelles adhésions, deux pays où de mémorables référendums avaient infligé des Non retentissants à une intégration européenne plus poussée, et ce en 2005, soit juste un an après l’adhésion de dix nouveaux Etats (et l’arrivée du fameux « plombier polonais »).

Le dossier des futures adhésions constitue donc un des très nombreux sujets d’affrontement actuels au sein des Vingt-sept. Par  ailleurs, la position franco-néerlandaise a indisposé les gouvernements concernés, non seulement à Skoplje et à Tirana, mais également dans d’autres pays issus de l’ex-Yougoslavie, comme la Serbie. Belgrade, avec qui les « négociations » d’adhésion sont déjà engagées, redoute que ces dernières s’ensablent, du fait de l’état d’esprit « frileux » de certains dirigeants européens.

Du reste, rien n’indique – en Serbie tout particulièrement, où la bienveillance euro-atlantique a laissé quelques souvenirs cuisants en 1999 – que les peuples concernés soient particulièrement enthousiastes pour intégrer l’Union européenne.

Cette région stratégique a été récupérée par le camp occidental dans la foulée de l’éclatement de la Yougoslavie

Mais évidemment, ce point importe peu à l’envoyé américain. Ce dernier a tout autre chose en tête : cette région stratégique a été en quelque sorte récupérée par le camp occidental dans la foulée de l’éclatement de la Yougoslavie. Or à Washington, on redoute que l’influence de la Russie (un allié historique traditionnel de la Serbie) ne revienne dans les parages. La Chine elle-même a fait de certains pays balkaniques des partenaires économiques importants.

Les dirigeants américains considèrent qu’il faut vite endiguer cette « menace », un point de vue partagé notamment à Berlin et donc à Bruxelles.

Ce qui explique que, dans ces dernières capitales, on se soit diplomatiquement abstenu de faire remarquer qu’en s’octroyant la responsabilité de définir les frontières européennes, l’Oncle Sam faisait preuve d’une inventive arrogance.

Il est vrai que c’est une habitude – dans cette région en particulier.

https://ruptures-presse.fr/actu/palmer-balkans-adhesion-macedoine-albanie/

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LES RAIDS DES FORCES DU KOSOVO DANS LES ZONES À MAJORITÉ SERBE SUSCITENT UNE NOUVELLE VAGUE DE TENSIONS DANS LES BALKANS

LES RAIDS DES FORCES DU KOSOVO DANS LES ZONES À MAJORITÉ SERBE SUSCITENT UNE NOUVELLE VAGUE DE TENSIONS DANS LES BALKANS New Round Of Tensions In Balkans

 

Kosovo Forces Raids In Serb-majority Areas Spark New Round Of Tensions In Balkans

Le 28 mai, l’unité de soutien opérationnel régional de la police du Kosovo (ROSU) a mené des raids collectifs dans les zones de peuplement compact des Serbes de souche dans la partie nord-ouest de la région séparatiste. Les unités de ROSU, soutenues par plus de 70 véhicules, auraient arrêté plus d’une douzaine de personnes d’ethnie serbe, principalement des personnes influentes au sein de la communauté locale. En outre, le ROSU a brièvement arrêté et battu un membre russe de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo.

La zone ciblée est peuplée à 90% de Serbes, qui refusent de faire partie de la République autoproclamée du Kosovo.

Les actions de ROSU ont rencontré la résistance de la population locale. Selon la partie kosovare, au moins deux policiers ont été blessés. Plusieurs médias ont également signalé des coups de feu, mais aucun détail de l’utilisation supposée du tir réel n’a été publié à ce jour.

Le Premier ministre du Kosovo, Ramush Haradinaj, a justifié les raids en affirmant qu’ils faisaient partie d’une «opération de lutte contre la contrebande et le crime organisé». La Serbie a réagi à l’escalade en mettant ses troupes en alerte totale et en dénonçant publiquement les actions de Pristina. Le 29 mai, des informations sont apparues selon lesquelles plusieurs unités de l’armée serbe avaient commencé à se déployer sur la ligne de contact.

Au cours de la guerre du Kosovo en 1998-1999, les forces albanaises soutenues par l’OTAN, alors connues sous le nom d’Armée de libération du Kosovo, ont été reconnues pour leurs crimes de masse contre la population non albanaise. Les Serbes de souche, la majorité de la population vivant historiquement dans la région, ont été déplacés de force. La plus grande communauté serbe restante se situe près de la ligne de contact entre le Kosovo et la zone contrôlée par le gouvernement serbe.

Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié les provocations du 28 mai de provocation et a déclaré que le but principal de Pristina était « d’intimider et de chasser la population non albanaise et d’établir de force le contrôle de la région ». La Russie a également souligné que « l’indulgence perpétuelle » était donnée par l’UE et les États-Unis incite les actions agressives de Pristina.

Les actions de l’administration du Kosovo appuyée par l’OTAN et de ses forces sapent systématiquement les efforts de désescalade et conduisent à une augmentation des tensions dans les Balkans. Par exemple, en décembre 2018, le Parlement du Kosovo a approuvé à une écrasante majorité la décision de transformer la Force de sécurité du Kosovo en forces armées à part entière. Cette décision constituait une violation flagrante de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui autorise uniquement la présence de contingents multinationaux sous contrôle international sur ce territoire. Rien ne garantit que cette force ne sera pas utilisée contre la population serbe. Une autre préoccupation sérieuse est que le Kosovo reste une zone commode pour recruter des radicaux de retour de Syrie et d’Irak. Selon certaines informations, certains de ces radicaux, même d’anciens membres de l’Etat islamique, ont rejoint les forces du Kosovo.

La série de tensions en cours met le gouvernement serbe dans une situation difficile. D’une part, la Serbie ne peut ignorer les actions de l’administration du Kosovo appuyée par l’OTAN et doit réagir au moins symétriquement. D’autre part, les dirigeants serbes comprennent que les États-Unis et l’OTAN pourraient utiliser n’importe quelle action directe de la Serbie comme prétexte pour une nouvelle vague d’agression contre le pays et son nouveau démantèlement.

southfront.org

L’OTAN est en train de cibler les Serbes bosniaques afin de « terminer le boulot » dans les Balkans.

L’OTAN est en train de cibler les Serbes bosniaques afin de « terminer le boulot » dans les Balkans.


Par Aleksandar Pavic – Le 28 février 2018 – Source Strategic Culture

L’Occident « libéral » qui en train de s’effondrer, est désespérément pressé d’en finir dans les Balkans. Plus d’un quart de siècle après que les premiers États occidentaux, poussés par l’Allemagne, ont reconnu unilatéralement la sécession des anciennes républiques fédérales yougoslaves de Slovénie, de Croatie et de Bosnie-Herzégovine et environ 19 ans après l’attaque aérienne et terrestre de l’OTAN contre ce qui restait du pays (la République fédérale de Yougoslavie, comprenant la Serbie et le Monténégro) qui a entraîné l’occupation par l’OTAN et l’amputation forcée de la province serbe du Kosovo-Metohija (par la reconnaissance de son indépendance unilatéralement déclarée en février 2008 par les principales puissances occidentales, par certains pays musulmans, mais pas tous, et tous les petits pays dont l’Oncle Sam pouvait soit tordre les mains soit y glisser une poignée de dollars), les maîtres de l’OTAN montrent de plus en plus des signes de nervosité parce qu’ils n’ont pas réussi à établir un contrôle complet sur le territoire de l’ancien pays multiethnique modèle. En conséquence, les appels pour que l’Alliance « termine le boulot » dans la région gagnent en volume.

L’été dernier, le Monténégro a été expressément absorbé par l’OTAN, grâce à un complot invoquant une prétendue « tentative de coup d’État » soutenue par la Russie (dont les « preuves » sont équivalentes à celles qui ont été présentées jusqu’à présent pour étayer les affirmations de la prétendue collusion de la campagne Trump avec les Russes pendant la campagne présidentielle américaine de 2016), des intimidations et une campagne médiatique alarmiste s’y rattachant, ont servi à justifier l’entrée du pays dans l’Alliance sans qu’il soit nécessaire de passer par quelque chose d’aussi lourd qu’un référendum. À  première vue, cette opération spéciale pouvait sembler banale, compte tenu de la taille minuscule du Monténégro et de sa population d’environ 600 000 habitants. Jusqu’à ce que l’on regarde une carte et que l’on se rende compte que ce pays traditionnellement allié à la Russie était le dernier pays non-membre de l’OTAN à résister dans la Méditerranée septentrionale.

Puis ce fut le tour de la Macédoine. Premièrement, son gouvernement nationaliste, qui a eu l’audace de courtiser activement les investissements chinois et chercher de bonnes relations avec la Russie, a dû être rappelé à l’ordre. Cela a été accompli grâce à une campagne déstabilisatrice de George Soros, soutenue par les États-Unis, les inévitables revendications sans preuves d’« ingérence russe » et l’installation d’un nouveau gouvernement pro-occidental en mai 2017, négocié par l’UE et les États-Unis, après une importante torsion du bras par le diplomate américain Hoyt Brian Yee (le même à qui Victoria Nuland a dit « F*ck the EU » pendant le coup d’État ukrainien), avec l’aide cruciale de la minorité albanaise de Macédoine, la carte maîtresse des atlantistes dans les Balkans au cours de ces trois dernières décennies. En plus de promettre aux Albanais un statut égal à celui de la majorité des Macédoniens (qui sont des Slaves du Sud et représentent environ 65 % de la population, contre 25 % d’Albanais), le nouveau Premier ministre Zoran Zaev a pour tâche principale de pousser la Macédoine à adhérer à l’UE et d’exprimer son souhait d’adhérer à l’OTAN, comme vous pouvez le deviner. À cette fin, des négociations hâtives sont maintenant menées avec la Grèce, qui bloque les aspirations de la Macédoine à l’OTAN depuis une bonne vingtaine d’années, jusqu’à ce que le pays change de nom, c’est-à-dire qu’il renonce à prétendre être la Macédoine historique d’Alexandre le Grand. Depuis le début de l’année 2018, le nouveau gouvernement macédonien a pris des mesures en ce sens, en rebaptisant l’aéroport de la capitale, Skopje, (de « aéroport Alexandre le Grand » à « aéroport international de Skopje ») ainsi que sa route principale vers la Grèce (de « Alexandre le Grand » à « l’autoroute de l’Amitié »). Cela n’a pas encore pleinement satisfait la Grèce, mais la diplomatie macédonienne fait tout son possible pour accélérer le processus afin d’être prêt pour le prochain sommet de l’OTAN en juillet 2018. En sécurisant la Macédoine, l’OTAN ajoute non seulement un autre bijou, mais elle obtient aussi le contrôle ferme d’une communication essentielle le long de la branche balkanique de la nouvelle route chinoise de la soie et du gazoduc russo-turc.

Il ne reste plus que la Serbie et la Bosnie-Herzégovine (B-H) comme derniers pays de l’ex-Yougoslavie qui ne soient pas membres de l’OTAN. La Serbie est encore difficile à briser, en raison de sa taille relative, de son indépendance traditionnelle et de sa tradition militaire – bien qu’elle soit soumise à des pressions croissantes, comme en témoigne le récent avertissement du ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, selon lequel l’Occident poussait la Serbie vers un scénario ukrainien en l’obligeant à choisir entre l’UE et la Russie.

Cela fait de la B-H le maillon le plus faible à briser. Les partis politiques représentant la majorité musulmane ne sont pas un obstacle, pas plus que les Croates (environ 17% de la population). Cependant, les Serbes de Bosnie, qui représentent environ un tiers de la population, mais qui contrôlent 49% du territoire à la suite des accords de paix de Dayton de 1995 (selon lesquels la B-H sera composée de deux entités : la Republika Srpska, à majorité serbe, et la Fédération de B-H, à majorité croate et musulmane, qui comprend 51% du pays) sont résolument opposés à l’adhésion à l’OTAN, pour trois raisons principales : a) les souvenirs de la diabolisation des Serbes par les puissances de l’OTAN et de son appui à la direction islamiste fondamentaliste de Sarajevo pendant la sanglante guerre civile de 1992-1995, encore aujourd’hui, b) le refus d’être en désaccord avec la Serbie voisine, qui a déclaré sa neutralité militaire et son refus d’adhérer à tout bloc militaire, c) le désir de maintenir son amitié avec la Russie et d’autres pays non-membres de l’OTAN.

En conséquence, depuis l’adoption de sa propre résolution de l’automne dernier sur sa neutralité militaire, qui empêche la B-H d’être officiellement invitée à adhérer à l’OTAN, les dirigeants serbes de B-H ont fait l’objet de diverses campagnes de désinformation et de provocations concoctées dans divers médias anglo-américains, ainsi que dans les arrière-cuisines militaires et diplomatiques.

D’abord, il y a eu des allégations selon lesquelles, le 9 janvier, un groupe « formé par la Russie » portant le nom d’« Honneur serbe » (ou « Srbska čast » en serbe) a pris part à un défilé marquant l’anniversaire de la Republika Srpska. Le Washington Post et le Guardian ont rapidement lancé les appels de détresse avec des gros titres alarmistes appropriés comme « La Russie recrute des jeunes hommes qui aiment les armes à feu et les entraînent » et « Des mercenaires formés par la Russie soutiennent les séparatistes serbes de Bosnie ». Mais, comme c’est devenu la coutume dernièrement avec ce que Donald Trump a baptisé les médias d’infos bidon, ces allégations ne sont soutenues par aucune preuve.

D’abord, alors qu’il existe bien un groupe appelé « Honneur serbe » le ministre de la police de la Republika Srpska, Dragan Lukac, a déclaré que celui-ci n’avait pas participé au défilé. Ensuite, absolument aucune preuve n’a démontré que ses membres sont « formés par la Russie » à l’exception des allégations creuses de liens supposés entre ce groupe obscur et le Centre humanitaire russo-serbe établi dans la ville serbe de Nish en 2012. L’ironie est d’autant plus grande que l’activité principale du Centre depuis sa création est de fournir du personnel et des ressources pour aider à éliminer les milliers de bombes à sous-munitions et bombes non explosées laissées par les bombardements illégaux de l’OTAN sur la Serbie, en 1999. C’est un fait : les ressources russes sont utilisées pour nettoyer la scène de crime de l’OTAN. Et pourtant, le principal pays de l’OTAN accuse la Russie d’exercer une « influence néfaste » dans la région.

Le Centre a également fourni une aide vitale lors des inondations catastrophiques qui ont frappé la Serbie en 2014. Pourtant, encore une fois, les principaux pays de l’OTAN ont toujours tenté de dépeindre ce petit avant-poste accueillant, comme l’a dit le ministre serbe des Affaires étrangères, un total de « cinq Serbes, quatre Russes et un chien » comme une sorte d’espion sinistre, ou même comme une base militaire. Tout ce qui manque sont, comme vous l’avez deviné, des preuves pour étayer ces affirmations ridicules. Même Reuters l’admettait en précisant qu’aucune source n’avait été citée dans l’article original pour étayer l’affirmation selon laquelle des « mercenaires » s’y entraînaient. Mais, comme nous l’avons appris, surtout au cours de ces dernières années, un inconvénient mineur comme la vérité ne doit pas faire obstacle au « plus grand bien » que représente la reprise de la guerre froide, même au risque de la rendre sensiblement plus « chaude » que sa version précédente.

Puis, au début du mois de février, un autre scandale (présumé) est survenu : la police serbe bosniaque est maintenant devenue une ordure puisqu’elle est en train de s’armer. « La livraison d’armes aux Serbes de Bosnie attise les craintes de l’UE » avertit le si crédible Guardian, faisant écho à la presse musulmane bosniaque. Sauf qu’il s’est avéré que la police de la Republika Srpska avait finalement décidé d’acheter son premier lot de fusils en 20 ans. Et que tout avait été autorisé par les autorités centrales de Bosnie-Herzégovine. Et que, comme l’a précisé Darko Hudelist, journaliste croate très respecté, d’autres unités de police des cantons à majorité musulmane de Bosnie avaient récemment acheté de nouvelles armes. Bien sûr, il n’y a pas eu de gros titres dans le Guardian pour remettre les pendules à l’heure.

Enfin, à la mi-février, un site d’information bosniaque a révélé qu’il était prévu de tenir un exercice militaire de l’OTAN en Bosnie-Herzégovine en 2019. Naturellement, ces manœuvres doivent se dérouler dans la partie du pays à majorité serbe, résolument anti-OTAN, près de sa capitale Banja Luka. Cependant, la vraie nouvelle est l’utilisation prévue d’avions de combat américains pour le soutien aérien rapproché, des A-10 Warthog, et leur possible utilisation de munitions à uranium appauvri. Comme on pouvait s’y attendre, c’est un scandale pour la Republika Srpska. L’OTAN a bombardé à deux reprises des positions de l’armée serbe pendant la guerre civile de Bosnie-Herzégovine, en 1994 et 1995. La population vivant dans les zones où des munitions à l’uranium appauvri ont été utilisées a assisté à une augmentation alarmante des taux de cancer au cours des années suivantes, comme cela a été le cas en Serbie voisine, où des munitions à uranium appauvri ont été encore plus souvent utilisées pendant la guerre aérienne illégale de l’OTAN en 1999.

L’ambassade des États-Unis à Sarajevo a émis des démentis, mais les documents publiés ont effectivement montré que l’utilisation d’avions A-10 et de munitions à uranium appauvri était envisagée. Milorad Dodik, le président de la Republika Srpska, a clairement averti l’OTAN de « ne pas oser » utiliser des munitions à uranium appauvri, tandis que les habitants des villages proches du site d’exercice militaire proposé ont juré d’empêcher les manœuvres.

C’est un classique de la guerre psychologique, et cela ne peut que s’intensifier. En effet, dans le cadre du renforcement continu de ses activités le long des frontières occidentales de la Russie, l’OTAN semble chercher à utiliser tous les points de faiblesse qui s’offrent à elle. Et c’est précisément ce que sont la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Quand les Balkans font face à la guerre, en particulier dans les régions à majorité serbe, ce genre de calcul a un caractère familier. Ce sont les Serbes qui se sont levés pour rejeter la tentative du gouvernement royal yougoslave d’apaiser l’Allemagne nazie en signant un pacte avec elle le 25 mars 1941. En conséquence, Hitler a dû reporter son attaque contre l’URSS pendant plusieurs semaines cruciales jusqu’à ce que la rébellion dirigée par les Serbes puisse être pacifiée (Cela s’est passé brièvement quand deux mouvements de guérilla majoritairement serbes se sont soulevés au cours de l’été 1941 et se sont battus jusqu’à la libération du pays). Certains pensent que cela a contribué au moins en partie à l’échec de la machine de guerre nazie à briser Staline avant l’arrivée de l’hiver russe, ce qui a finalement coûté la guerre à l’Allemagne.

Certains trouveront peut-être l’analogie surprenante. Mais les actes sont plus éloquents que les mots. Comme aux États-Unis, c’est maintenant pratiquement toujours « la Russie ! La Russie ! La Russie ! » dans les Balkans, les Serbes traditionnellement pro-russes subissent des pressions politiques, de propagande et militaires de plus en plus fortes pour adhérer au « Nouvel ordre mondial »  abandonnant finalement leur cœur historique et spirituel du Kosovo et tournant le dos à leur allié russe traditionnel et aux coreligionnaires chrétiens orthodoxes, la croisade anti-serbe et, par extension, la croisade anti-russe de l’Occident, qui dure depuis un quart de siècle, s’intensifie, et les choses pourraient bien s’aggraver dans un avenir proche.

Et nous savons ce que cela peut signifier quand les choses tournent mal dans les Balkans…

Aleksandar Pavic

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

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